Le Canada musical : revue artistique et littéraire, 1 mars 1867, vendredi 1 mars 1867
vol.i.LE MUSICAL REVUE ARTISTIQUE ET LITTERAIRE - ./ * S' ' •: PARAISSANT LE 1er DE CHAQUE MOIS.MONTREAL, 1er.MARS, 1867.No.' îà CANADA MUSICAL, Publié le 1er de chaque mois Pab ADELARD J.BOUCHER, Editeur- Propriétaire.Bureau, à Montréal, Rue Notre Dame, A'o.260.ABONNEMENT, avec PRIME, $1.00 par année, .Rigoureusement payable d’avance.10 centins le Numéro.PRIME EXCEPTIONNELLE présentée aux Abonnés du OA.NTAÜS.A ]VIT7SICA.Xj.Chaque abonné, en acquittant le montant de son abonnement, ($1.00 par année,) aura droit de reprendre,en morceaux de musique désignés ci-dessous, q son choix,—pour la valeur d’une piastre,—montant entier de son abonnement.-o- Morceaux offerts au choix des abonnés.La Mascarade Quadrille .Dorémus.50 cts.Jacques Cartier Quadrille-De Terlac___.50 “ Hippocrate Quadrille .Valade .50 “ Les Acadiens Quadrille.Desjardins .50 “ Les Canotiers du St.Laurent.Boucher.50 “ La Confédération Quadrille .Casorti.60 « Platon Polichinelle Quadrille.Legendre.50 “ Ijoberval Quadrille.De Terlac .50 “ Russian Carriage SongGalop.Relié.50 “ La Couronne de lauriers .Lavallée.75 •< Souvenir de,Sabatier, Valses.Boucher.50 “ L’oiseau-mouche.Lavallée.50 « The Bonnie Blue Flag.Southern____.50 “ Lœtitia—Caprice de Salon.Casorti___ .3$ “ Notre Religion, (Chant national)01ivier.30 “ 11 me l’avait promis, Romance.Henrion.30 “ Dieu, ipon enfant,.Robillard .30 “ Jolly dogs Galop.1.Boucher.30 “ Rosée amère, Romance._____Abt.25 “ ]je Dr.Grégoire, Chansonnette.Nadaud.25 « Petite Alouette, Romance.Peltier.25 “ Grande Marche Canadienne.Sabatier.26 “ Mazurka des Etudiants.Mignault.15 “ -—-—o- ¦» , , • ,., , ; Les abonnés de la campagne, devront., inclure Tin imbre de poste de .05 cgujuis, pour payer le port dqs.morceaux qu’ils chqisiront et qui leur Miont OpM*««, jmr b "$t*yr èt le mrU*.SOMMAIRE.—Gluck et Mehul, par Adolphe Adam, (suite et fii•).— Liste d’abonnés au Canada Musical, (suite).—Nouvelles publications musicales.— Gioacchino Rossini, {suite) par Eugène da Mire-court.-—Mouvement musical à l'étranger.— Faits Divers.—De l’enseignement du piano, (suile et fin): Des qualités accessoires du professeur.—De ses rapports avec l'entourage de ses élèves: Considérations générales.—dernieis conseils,par Félix le Couppey.—Conseils de RoDert SchumanH aux Jeunes Musiciens, {suite).—Correspondance de Québec.—Concerts particuliers a Paris.—Mozart et l’accordeur.—Calendrier.—Annonces.GLUCK WMEHUL/ (Suite.) Cependant les., répétitions i’Iphigénie en Tau-ride avançaient beaucoup : la première représentation était fixée au 18 mai, et la répétition générale au 17.i Gluck avait fait.entcndrc quelques fragments de ce chef-d’œuvre à son élève, qui brûlait du désir de le connaître tout entier ; puais jamais il n’avait, osé avouer sa misère à son maître,et il était d'une pauvreté qui ne lui permettait pas de payer au spectacle ; il fallut que ce fût Gluck lui-ir.Gine,qui l’engageât à la répétition générale.“ Viens me prendre chez moi, petit, lui dit-il, et je te conduirai à la répétition.” Méhul arriva au rendez-vous ayant l’heure, et il ne fut pas peu orgueilleux do sortir avec son illustre protecteur.En marchant daps la rue û côté du compositeur, scs regards se pif menaient avec hauteur sur les passants, qui ne prenaient pas garde à lui.“ Voyez, semblait-il leur dire, voilà le premier musicien du monde qui me mène voir la répétition de son opéra, et il cause aveo moi comme aveo son égal !” Arrivés au théâtre, ce fut bien autre chose, plusieurs personnes étaient réunies devant l’entrée dçs acteurs, et toutes témoignaient par leurs respectueuses salutations l’admiration qu’elles portaient.à Gluck ; Méhul se croyait obligé do rendre tous ces saluts qui ne s’adressaient pas à lui.L’ommc ils montaient l’escalier du théâtre, la porjiep, qui s’était aussi, incliné devant l’autour.à1 Iphigénie, voyant une figure ineonnne p:»*rr 98 LE CANADA MUSICAL.devant lui,et esclave de sa consigne comme tous les portiers de théâtre, qui sont bien les cerbères les plus intraitables du monde, voulut l’arrêter un iustant: — Monsieur, on ne peut pas monter, lui dit-il en le retenant par la basque de son habit.Méhul tremblait déjà de se voir arrêter en si beau chemin, lorsque Gluck, se retournant, mit fin à ce débat en disant au portier d’une voix de tonnerre : — C'est mon hami.Lu portier, tout confus, n'opposa plus d’obstacle, vît Méhul se crut plus grand d’un pied : Gluck l’avait appelé, son ami.Pourquoi fallait-il qu’il n’y eût que le portier do l’Opéra pour lui entendre donner ce titre glorieux.Sur le théâtre, Gluck fût bientôt entouré d'acteurs, d’autours,de grands seigneurs même,qui alors ne manquaient pas une solennité dramatique ; car ¦ dans ce temps-là, une nouvelle production daus les arts était un grand événement à la cour et à la ville, et l’annonce d’une pièce nouvelle à l’Opéra ou .à la Comédie-Française ou Italienne suffisait pour .mettre en émoi Paris et Versailles.Aussi, de toutes parts avait-on sollicité la faveur d’assister à cette dernière répétition d’Iphigénie, ¦ et le théâtre offrait un singulier amalgame de gens de tous les costumes et de toutes les conditions : .les plus grands seigneurs de la cour s’y trouvaient • confondus avec les gens de lettres, les artistes de toutes sortes, glukistes ou piccinistes,venus les uns pour tout admirer les autres pour tout blâmer.Tous les acteurs et actrices du chant et de la danse, même ceux qui ne paraissaient pas dans l'ouvrage, étaient venus à cette solennité.Un cercle nombreux était formé autour d’une de ces dames: c’était la célèbre Sophie Arnoud, qui, quoique jeune encore, avait quitté le théâtre l annéo précédente ; chacun se pressait autour d’elle pour recueillir un de ses bons mots, et elle ne s'en faisait pas faute.On riait alors beaucoup do l'aventure arrivée à un des plus enragés piccinistes.1! avait écrit au prince d’Andore, en Italie, de lui envoyer la partition de l’opéra qui avait le plus de renommée daus ce.pays, et, quelque temps après, il en avait reçu YOrfeo de Gluck : on peut juger de son dés-appoiutemeut ; les quolibets n’avaient pas manqué au pauvre bouftbnniste.Sophie n’avait encore rien dit ; mais, le vîyant passer rapidement auprès d’elle, elle ne put s’empêcher de lui adresser la parole.— Eh bien ! mon pauvre ami, est-ce que nous voulons uous raccommoder avec la musique allemande ?avons-nous toujours le cœur déchiré ?Du tout,mademoiselle,repartit avec humeur l'individu blessé de se voir rappcller eu public sa mystification, jamais ÀL lo chevalier Gluck ne pourra se vanter de m’avoir déchiré lo cœur ; c'est bien assez de mes oreilles.— Vraiment?c’est fort heureux pour vous surtout s’il se charge de vous eu donner d’autres.Les éclats do rire accueillirent l'épigraiumc, et Sophie, une fois lancée, allait continuer son fou roulant, lorsqu’un petit homme, à l’air affairé, un gros rouleau de papier de musique soüs le bras, vint l'inviter à faire place au théâtre.— Je vous cifprie, Mademoiselle, laissez-nousla scène libre, nous ne pouvons pas commencer ; voyez tout le monde est sur k théâtre, et il n'y a personne dans la salle.— Ah! c’est juste, M.Gossec, je n'y avais pas fait attention, c’est absolument,comme quand on joue Sabiutis ou La fête au village.Gossec lui tourna le dos sur-le-champ, il avait eu son compte, et la citation de deux de ses ou-vrages, qui n'avaient pas été heureux, ne pouvait pas lui être assez agréable pour qu’il fût disposé à continuer la conversation.S’adressant alors aux musiciens : — Allons, monsieur le chef-d’orchestrc, nous vous attendons.Nous sommes prêts, quand vous voudrez, monsieur le chef du chant lui répondit Franeœur, qui depuis longtemps était à son poste, faites baisser le j rideau.A cc signal chacun se précipita dans la salle, et la répétition commença.Iphigénie en TaurUle est un chef-d'œuvre trop connu pour que j’entreprenne d’en rappcller les beautés.Qui n'a été profondément ému dès les premières'notes de l'introduction par ce sublime ta-i blcauplu calme auquel succède bientôt cette tempête j rendue encore plus terrible par les cris de terreur d’Iphigénie et.des prêtresse» de Diane ! Get ouvrage qui, après cinquante ans de succès, excitait encore «ie telles impressions, quel effet ne devait-il pas produire sur une génération presque neuve en musique et chez qui les chefs-d’œuvre de l’art succédaient sans transition à des essai* presque informes ! Hameau était sans contredit un homme de génie ; mais il y eut une distance immense de scs ouvrages à ceux de Gluck, et depuis l’époque où Hameau avait cessé d’écrire (1700) jusqu’à l’apparition des premiers opéras de Gluck en France (1770), il y avait eu une telle disette de compositeurs que l’on avait été obligé de fouiller dans le vieux répertoire de Lully, et qu’on avait remis quelques-uns de ses ouvrages, revus et réorchestrés par Franeœur, Gossec, ou Derton- (le père de fauteur de Montano).Et c’est après ces replâtrages de médiocre musiqne, que Gluck parut avec toute sa puissance et toute son énergie.Son orchestration qui nous paraît encore vigoureuse, malgré le vide de quelques parties, était alors la plus pleine que l’on put concevoir.Un simple accord de trombonnes suffisait alors pour faire.frémir.Ces instruments, importés depuis peu d'Aller magne par Gluck, ne s’employaient guère que pour annoncer l’approche des Euménides et des divinités infernales.Aujourd’hui nous nous en servons pour fairo danser et personne n'.ignore l’immense consommà-tion qu’il s’en fait à l’orchestre des bals de l’Opéra.Cotte répétition produisit un effet singulier : 1er LE CANADA MUSICAL.grands seigneurs attendaient pour applaudir que le signal leur fût donné par les artistes et les jugeurs de profession, au milieu desquels ils se trouvaient., Mais l'émotion était trop profonde pour permettre aux applaudissements d’éclater, et les exclamations de surprise et de terreur étaient les seules marques d'admiration qui échappassent de temps en temps aux spectateurs.Celles-là du reste, valent bien les battements de mains si banalement prodigués._ Mais il y a des gens qui ne comprennent pas d’autres témoignages de satisfaction.Ces personnes-là vous disent : L’Ave vernm de Mozart ne produit pas d'effet, je ne l’ai jamais entendu applaudir.Mais si on l’applaudissait, c’est que l’effet en | serait manqué.Vous qui avez entendu la messe funèbre de Chérubin!, avez-vous jamais été tenté d’applaudir après { les dernières mesures du Duna eis requiem «ter- \ nam.Applaudir ! bon Dieu! et comment le pourrait-j on?il semble, quand on a entendu ce morceau,j qu’on a six pieds de terre et un manteau de marbre ; sur la tête.Je plains ceux qui ont trouvé la force d’applau-j dir après ce chef-d’œuvre : ils ne l’ont pas coin-1 pris.Il en fut ainsi à la répétition de VIphigénie en Taurida et plus d’un sot sortit en disant: — Cela n’a point produit d’effet.Gluck était enchanté, mais il écoutait d’un air distrait les fades compliments qu’on lui addressait de tous côtés, quand il se sentit saisir la main ; c’était Mélml qni venait aussi lui offrir ses félicitations.Mais la joie et l'admiration l'étouffaient, il se sentait oppressé et il ne pût proférer que ces trois mots : — Mon cher maître ! .Et deux grosses larmes roulèrent de ses yeux sur la main du grand homme.Gluck se sentit louché à son tour, il pressa allée-j turusement son élève dans ses bras : — Merci, petit, je suis ausssi content de toi que tu l’es de moi, Puis, presque honteux et pour cacher son émotion, il se tourna vers un gros monsieur tout doré, ! qui l’importunait depuis un instant : — Monsieur le duc, ce n’est pas ma faute s'il ne reste plus de place à louer, moi je n’en ai qu’une \ pour ma femme, certainement elle ne s’en privera ! pas pour vous.Le gros duc ne trouva pas la franchise de l’Aile- i tnand extrêmement polie, mais cependant, en j homme de cour, il ne pouvait se fâcher avec le chevalier, le protégé de la Heine, et l’idole du jour, il se contenta de saluer le musicien et se retira fort confus.Mais le pauvre Mélml n’avait pas perdu un mot delà réponse de son maître.Il refuse au Duc, il n’y a plus de place h louer! Je ne pourrai donc pas voir la première représentation de ce clief-i d’oeuvre ! 9»£ Tout à opup une idée lui vient, il regarde s’il n’est pas observé ; personne ne faisait attention à.lui, il rentre dans la salle, enfile le premier escalier qui se présente et monte, monte tellement1 qu’au | bout de quelques minutes il se trouve tout essoufflé, à l’amphithéâtre des quatrièmes, lieu obscur s’il en fut jamais, et offrant mille recoins pour se cacher ; il se blottit dans un angle et alors il se mit à rire .comme un fou.“ Ma foi, se dit il bien m’en a pris d’entendre le refus lait à ce gros duc, sans cela, j'aurais été tout uniment demander demain un billet à M.Gluck qui ne me l’aurait pas donné et je n’aurais pas vu ; son ouvrage.Tandis que je vais tranquillement j passer la nuit et la journée dç demain ici, et, à I l’ouverture des portes, je serai à mon poste ut le ! premier placé, c’est réellement fort bien imaginé.Et notre jeune homme, enchanté de son stratagème, se mit à repasser dans sa tête toutes les beautés de l’ouvrage qu’il venait d’entendre, se promettant un bien plus vif plaisir pour le lendemain en entendant une deuxième fois cette musique qu’il apprécierait alors bien mieux.Cependant il faut convenir que le temps lui parut fort long.Enveloppé dans d’épaisses ténèbres; son estomac put seul l’avertir de l’heure qui s’écoulait si lentement au gré de ses désirs; il n’avait rien pris depuis son modeste déjeuner du matin et,, à son compte, il croyait déjà avoir passé la nuit à rêvasser; mais son appétit allait plus vite que le temps, et la nuit venait à peine de commencer.Le sommeil vint heureusement a son secours : et il se coucha par terre entre deux banquettes, craignant sans doute de rouler au bas d’un lit aussi étroit s'il avait essayé de se mettre dessus, et, malgré, la dureté du plancher, il ne tarda pas à s’endormir.Mais son sommeil fut extrêmement agité, iron esprit avait été fortement remué par ce qu’il avait entendu, et cela, joint sans doute au vide complet de son estomac lui lit enfanter les rêves les plus bizarres.Plus d’une fois il se reveilla en sursaut niais il se sentait comme cloué à terre ; un pouvoir, invincible l'empêchait de se relever et il se hâtuit de refermer les yeux pour échapper aux visions diaboliques qui le poursuivaient.Il se rendormit ainsi plusieurs lois et un sommeil de plomb finit par appesantit ses paupières.Puis de nouveaux rêves vinrent le poursuivre.II se crut mort ; des furies venaient le tourmenter ; comme Oreste, il entendait leurs serpents sillier autour de lui ; leurs torches enflammées lui brûlaient les yeux, leurs ongles crochus s’enfonçaient dans,ses chairs ; une eflroyable musique ne cessait de bourdonner à ses oreilles.Pour échapper à cet horrible cauchemar, il fit un mouvement et s'éveilla.Mais il n’éprouva pas ce bien-être quo l’on ressent ordinairement, lorsque l’on se retrouve tranquillement couché dans son lit après un soncc funeste et tpi on se dit: ah! quel, bonheur! ce n’était qu’un rêve!, fson corps se,, réveilla, mais son esprit était encore endormi ; i' LE CANADA MUSICAL.ÏOO Toulut faire un mouvement pour se relever, mais sa main rencontra un obstacle au-dessus de sa tête : sa terreur fut au comble, c’était la continuation de .son rêve, il se croyait enseveli : ce qu’il prenait pour les parois supérieures de sa bière était tout uniment la banquette sous laquelle il avait roulé.Il fit de nouveaux efforts pour se dégager, et parvint enfin à sortir de sa position, mais sa terreur ne fit qu’augmenter: il enjambe d’autres banquettes, qui, pour lui.sont autant de tombes qu'il croit franchir, puis un gouffre immense se présente devant lui, Cependant, il croit voir une lueur lointaine ; effectivement un point lumineux lui apparaît aü-dessous de lui, et comme au fond du gotiftre, puis un mauvais violon exécute quelques mesures d'un vieil air avec lequel il avait été bercé, et de grands fantômes blancs viennent se promener lentement; petit à petit ils se rapprochent entre-eux, se groupent, se prennent par la main, et exécutent une danse qui,lui paraît d’autant plus satanique, que ses yeux distinguent alors une espèce de démon noir qui semble régler tous leurs mouvements.Les fantômes ooéissent à son moindre signe et répètent chaque geste qu’ils lui voient faire.Une sueur froid couvre tout le corps-du pauvre Méhul, le peu de raison qui lui reste s’égare sa tête se perd, il se retourne pour fuir cet horrible spectacle ; il retrouve encore les tombes dans l’une desquelles il se trouvait enseveli- un instant auparavant; la peur lui donne des forces, il franchit tous ces obstacles, ses yeux se sont habitués- aux ténèbres et il se trouve en haut d’un interminable > escalier,, qu’il descend quatre à quatre, croyant n’en , jamais trouver la fin ; mais il va toujours devant lui, il avance de plus en plus, à chaque pas il lui semble qu’il- change de nature de terrain ; petit à‘ , petit, un jour sombre et une'lueur rougeâtre lui apparaissent, il se croit au fond des enfers, et il , n’en est que mieux persuadé quand il se voit entouré des fantômes blancs qu’il avait aperçus de loin.En l’apercevant, les fantômes poussent un cri et s’éloignent avec terreur, et le démon noir vient à lui.Méhul veut en- finir et s’avance à son tour vers le démon, qui recule alors avec effroi, car l’aspect du jeune homme n’est pas rassurant.La poudre qui couvrait ses cheveux était retombée sur son visage, et, détrempée par la sueur r{ qui découlait de son front, elle avait formé sur sa1 .; figure un masque hideux ; joignez il cela son-air [ exténué, ses yeux- hagards, ses vêtements en- désordre, et vous concevrez la frayeur qu’il devait ; inspirer au démon- noir, qui parcourait le théâtre ip en s’écriant ; , —Ah! pergrazia, qué ce qué celoui là, c’est ’ : Belzobout oui Mandrin-: Ze zouis perdou 1.A cette voix, l’espèoc do somnambulisme de Méhul cesse presque tout à-coup; ses souvenirs lui reviennentjihse retrouve sur le théâtre de l’Opéra, t le» fantômes-de «m imagination disparaissent rem- placés par des figurantes qui répétaient un pas, et il reconnaît dans le démoli noir son sauveur,Vcstris, qui faisait répéter ses élèves.La frayeur qu’il inspire aux autres lui donne du courage; et il parvient enfin à se saisir dtl danseur, qui peut à peine1 le'reconnaître.Il lui raconte' alors le projet qu'il avait fait d’attendre jusqu’au soir pour la représentation ; mais il lui avoue qu’il n'a rien pris depuis vingt-quatre heures, et qu’il est prêt de se trouver mal.Vestris rit beaucoup de l’aventure.Bientôt Méhul se voit entouré d’une foule d’acteurs et d’actrices â qui il faut recommencer son' récit ;• les- éclats de rire couvrent souvent sa voix, et le désordre de sa toilette et de toute sa personne ajoute encore au comique de sa narration.Tout à coup- Gluck paraît, et, reconnaissant Méhul au milieu ds ce groupe de monde.— Eh bien, petit, est-ce que tu ne veux pas voir mon opéra, ce soir ?Pourquoi donc n’es-tu pas venu chercher ton billet ?—Mats monsieur Gluck, je vous ai entendu dire hier à un Duc que vous n’en aviez pas.— Certainement, je n’en ai pas pour les Ducs, mais pour un musicien, pour mon ami, tiens le voilà.Méhul ne se sent pas de joie.il s'esquive lestement, court chez lui déjeuner d’abord, c’est ce dont il a le plus besoin, puis réparer le' préjudice causé â son bel et unique habit noir par ila poussière de l’amphithéâtre, et la poudre dont il était couvert, puis il va se mettre à la queue à.l’Opéra, où il fut un des mieux placés, non plus à l’amphithéâtre des quatrièmes, mais à la meilleure place du parterre.Mon historiette doit finir là, car vous savez tous l’immense succès qu’-obtint Iphigénie en Tau-ride; lalleirte, le comte d’Artois, les princes,:tout ce qu’il'y avait de noble et de distingué à la cour, assista à’cette représentation qui fut un triomphe pour Gluck, qui voulait faire ses adieux à la France par oc chef-d’œuvre; mais il céda à de' puissantes sollicitations, et écrivit encore un petit ouvrage : Echo et Narcisse, où se trouve le chœur charmant: Dieu de Paphos et de Guide.Puis il retourna à Vienne ; mais avant son dép:irt ilhivait fait travailler son élève, et lui avait fait composer trois opéras pour son instruction.Après-lo'départ de son maître, Méhul composa un ouvràge qu’il no put parvenir à faire jouer au grand Opéra.Fatigué d'interminables délais, il écrivit Eu-phrosinc et Coradin, qu’il fit.représenter à l’Opéra Comique.- Ce fut son début, et dès lors il marcha de succès-sn succès.En-1803", Méhul jouissait d’une grande réputation.Il voulut revoir son pays, ce fut une grande fête dans-son endroit que le séjour d’un homme aussi célébré.Le mnirô'se'saoliant pas de plus bel hommageà-lus rendre que 1r>représentation d’un de «es ohef»^ LE CANADA MUSICAL 101 d’œuvre, fît prévenir le directeur du spectacle d'avoir à représenter à tel jour un des ouvrages do Méhul, auquel l’auteur assisterait en personne.L’embarras du directeur fut très-grand, vu qu’il n'avait à sa disposition qu’une troupe de comédie, mais il ne recula pas devant les obstacles et voici pomment il se tira de la difficulté.Le grand jour venu on vit placardée dans toute )a ville une affiche ainsi conçue: THÉÂTRE DE QIVET.Aujourd’hui, pour célébrer la présence dans nos murs de notre célèbre compatriote, M.MÉHUL, Ra première représentation de • PNÇ FOLIE, Opéra-comique en deux actes, deMM, Bouilli et Méhul.Nota.Dans l’intérêt de la pièce on a cru devoir supprimer les morceaux de musique qui ralentissaient la marche de l’action.Le public ne manqua pas à l’appel.Méhul fut amené en grande pompe dans la loge de iVl.le maire, .et accueilli par les plus vives acclamations.Puis on joua le poème d’Une Folie sans musique, et chaque fois que la prose de M.Bouilly faisait naître des applaudissements, Méhul était obligé de se lever et de saluer pour remercier ses concitoyens de la manière dent ils savaient honorer les artistes, leurs compatiiotes, Je sais, pour ma part, plus d’un compositeur qui, en s’entendant exécuter, à souvent formé le désir d’obtenir une ovation comme Méhul et de voir supprimer sa musique, comme ralentissent la marche de l'action.Adolphe Adam.Fin, LISTE D'ABONNES AU CANADA MUSICAL QUI qnt ACQUITTE LEUR ABONNEMENT Gaspard Beaudoin.Joliette.N.Turcotte.Montréal.M.l’abbé Beaubien.St.Valentin.J.E.U.Labadie.Montréal.M.l’abbé Chisholm.Perth, IL.CL Pierre Valois.Montréal.Mdlle.Delphine Duval.Fort Schuyler N.Y.M.l’abbé Wurtele.Acton Vale.NOUVELLES PUBLICATIONS MUSICALES.DONNACONA— QUADRILLE.Donnacona ! ! Brrr I !., No craignez rien, braves lecteurs, rassurez-vous timides lectrices.Il ne s’agit pas ici de faire la guerre avec le fameux chef algonquin, qui trônait autrefois à Sta-daconé,—Tout au contraire—le nom à l’apparence un peu farouche, vous annonce tout simplement une des plus belles productions musicales de la saison.Ne méditez pas sur le titre, mais tournez vite le feuillet, et avant que vous ayez entendu la fin des huit premières mesures, nous parions que vous serez déjà en place, impatient de commencer la danse.C'est que voyez-vous ce Quadrille, comme le violon du bonhomme Riohard, a la vertu toute particulière de faire danser malgré soi.Nous renonçons à analyser les beautés de cette nouvcllo composition, car, franchement, la tâche serait trop longue.— Nous dirons seulement que depuis la 1ère mesure jusqu’à la dernière, ees beautés vont toujours crescendo et se succèdent prestissimo.Achetez une copie do Donnacona, et vous jugerez de la véracité de nos avancés.Mais n’oublions pas de dire quo co nouveau quadrille, publié par la maison Laurent, Laforce & Cie.a pour auteur Mr.Gustave Gagnon, organiste à Québec, et avantageusement connu du public Montréalais, AVE MARIA.Il y a déjà quelques temps que nous avons reçu des éditeurs (Messrs.Laurent Laforce et Cie.) un Ave Maria (duo et chœur) par Mr.Adolphe Hamel, organiste à l’église St.Patrice de Qué-heo.Les nombreux articles dont nos tablettes éditoriales sont surchargées nous ont empêchés d’en parler plus-tôt ; mais nous nous empressons aujourd’hui de réparer ce retard en offrant aux éditeurs nos plus sincères félicitations pour avoir enrichi leur répertoire musical d’une aussi excellente publication, et à l’auteur nos remerciements pour la copie qu’il a bien voulu nous offrir.Maintenant, à qui voudrait une charmante mélodie religieuse nous conseillons hardiment l’Ave Maria de Mr.Hamel : prix 50 cents.Singularité.—On a mis en cours récemment une charge attribuée à l’excellent comédien A mal.Celui-ci, dit-on, aurait adressé un jour cette demande à l’auteur du Chalet:—Monsieur Adam, vous qui ôtes passé maître en choses de musique, dites-moi donc, je vous prie, s'il est vrai que le Caïd soit la même chose qu’Haydêe ?—Mais non, mais non, mon cher Arnal, on vous a trompé ; le Caïd est un opéra-comique, et Haydée eu est un autre.—C’est singulier, ou m’a pourtant 1 ¦~R affirmé que le Caïd C A ID (c’est Haydte) ! (p 102 LE CANADA MUSICAL.GIOACCHINO ROSSINI.(Suite') ! I Sr»’ f Is â ¦ Lus événements politiques replaçaient alors l’Italie sous l'intiuuuce autrichienne.Depuis dix grands mois, les héros de la république Cisalpine rongeuint leur frein.Mais une nouvelle imprévue ranima les audaces patriotiques.Napoléon, débarqué à Cannes, marchait sur Baris et allait reprendre son trône aux Bourbons.D’un bout de la péuiusule a l’autre éclate un cri de révolte, Joachim fait cause commune avec les plus exaltés et compose un hymne d’indépeudanec, que l ltulie tout entière chante en chœur.Malheureusement, trois semaines plus tard, l’avant-garde des troupes d’Autriche pénètre dans les murs de Bologne, et le général Btephauir.i dresse des listes de proscription, en tête desquelles il a soin d’écrire le nom de l’illustre auteur de la Marseillaise italienne• — Sauve-toi! sauve-toi, mon fils! disait eu pleurant le père'Stanislas à son ancien élève Ils te passeraient par les armes, je te le jure, absolument comme si tu n’étais pas le plus grand compositeur d'Italie.Va-t’en! ne fais pas mourir ton vieux maître de frayeur et de désespoir ! — Bali : dit Joachim, gageons que le général me donne un sauf-conduit?— Malheureux enfant ! n’y compte pas.Il est impitoyable.— Allons donc! C’est un Autrichien, je le mystifierai,ou je ne veux plus m’appeler Gioacchino Ilossini ! L’intrépide jeune homme se présente effective-meat, à deux heures de là.chez le commandant eu chef des forces militaires.— Général, dit-il, en lui offrant un rouleau de papier, noué de rubans aux couleurs du l’Autriche, j’ai cru devoir rendrè hommages notre magnanime empereur François, et mettre eu musique lu Retour de l'Astréc.Je vous apporte cet hymne que les fanfares de vos régiments exécuteront, si tel est votre bon plaisir.Le chef autrichien déroule gravement le papier, s’assure par ses propres yeux que les paroles de la cantate sont bien celles que dit Gioacchino, prend Une plume et trace rapidement sur une feuille de ses tablettes : “ Sauf-conduit pour le signor Rossini, patriote ‘ saus importance.“ StEPHANIN'I.” Cela fait, il détache la feuille èt la remet en •souriant au jeune maestro, qui vient retrouver son professeur., il lui cric du plus: loin qu’il l’aperçoit : — Mystifié l’autrichien ! Oh ! die liella com-media ! ô l'excellente farce ! Que je voudrais être luprès d'eux, lorsqu’ils vont exécuter ma mu-j tique! Sans répondre aux questions inquiètes do son l'ieu x inaitre,il l’embrasse et se h étende partir pour Naples, où Barbaja, le roi des impresarii, l’invitait à se rendre Le lendemain, un grande scandale eut lieu.Tout Bologne entendit les fanfares allemandes jouer la Marseillaise italienne, que Joachin avait donnée à Stcphanini, sans en retrancher une note, et après avoir seulement écrit sous la musique les vers du Retour de VAstric, Ou chercha partout l’audacieux maestro ; mais il était hors d'atteinte.Nous avons entendu Rossini lui même raconter devant nous, en 1S43, ce tour pendable.Malgré l'énorme retentissement qu'obtenait scs œuvres, notre virtuose était loin do marcher â la fortune.En Italie, on paye beaucoup eu gloire, mais très-peu eu numéraire.Ou les impi'esarii sont pauvres, ou leurs intendants sont ladres.Dans tous les cas, on est sûr de né pas outrepasser les bornes de la simple médisance, eu traitant ecs derniers de voleurs.Plus le maestro se montre sensible du côté de l’orgueil, plus ils le font applaudir ; mais aussi plus ils rognent sur la modeste part de sequins qui lui est duo.Rossini, à son arrivée à Naples, c’est-à-dire à l’àge de vingt-quatre ans, était donc fort illustre.Seulement il logeait le diable au fond de son escarcelle.En conséquence, il accueillit avec la plus vive gratitude les offres pécuniaires du fameux Barbaja, ancien garçon de café, devenu plus riche que le roi do Naples, à force de tailler le pharaon dans les brelans.Outre la ferme des jeux.Barbaja s’était fait donné par la cour la ferme des théâtres.Rusé, matois, doue d’un talent d’exploitation remarquable, il étudiait, depuis deux ans, la marche de Gioacchino, lesptogrès de sa renommée dans le monde musical, ut disait en confidence ù ses intimes : .Quand ce gaillard-là sera mûr, je me charge de le cueillir, et de gagner avec lui deux ou trois cent mille sequins.Or, à l’époque où nou3 sommes de cette histoire, Barbaja trouvait lu juuue maestro en état satisfai-salit, du maturité.Ilossini, à sa descente de voiture,rendit visite ù ce personnage.— Vous m’avez écrit à Bologne, signor, lui dit-il, pour me proposer quatre mille écus d’appointements fixes.1 e viens savoir le travail que vous exigez de moi.— Oh! dit Barbaja, presque rien.Deux partitions par année, voilà tout.Seulement,’1 je vous prierai d’arranger, de temps à autre, £our mes chanteuses, quelques anciens opéras, au moyeu desquels je soutiens le répertoire.¦: • — Accepté! dit Joachim.Déjà au courant de'beaucoup de détails intimes sur la vie du fermier des jeux et des théâtres, il devina pourquoi celui-ci posait comme condition d .ns le truité cet arrangement de-vieux airs.Isabella Côlbrand, première cantatrice de San Carlo, manifestait, chaque jour, de nouvelles exi- LE CANADA MUSICAL.103 gcnces, Elle faisait changer une quantité de morceaux, et voulait qu’on les remît à neuf, en les façonnant aux caprices de sa voix.L’habile compositeur lui arrangea tous les airs qu’elle voulut.Il écrivit pour elle la partition d' ElisuLettu, regina d’Inghilterra, où elle obtint, dans le rôle d’ Elisabeth, un succès plus incontestable eneoie, s'il est possible, que celui de la Malanote dans l'opéra de Tancrède.Cette partition donnait la mesure du‘large talent magistral etdelagrande manièrequi devaient plus tard enfanter le ilJosé, YOiello, la Simiromidc et aboutir à.Guillaume Hill.Il ne faut pas croire néanmoins que Gioacchino ne trouvât que des admirateurs.L;f critique, et une critique très rigou reuse, élevait sa voix à côté de l'éloge.On lui reprochait le défaut d’études, le défaut de science ; on épluchait ses œuvres, ou le prenait en flagrant délit d’ignorance au sujet des règles les plus élémentaires de la syntaxe musicale.Rien n’amusait le jeune maître comme ces reproches.Il continua de laisser son travail incorrect, désignant lui-même les passages sur lesquels allait s’exercer le blâme.Vingt fois il a écrit en marge de ses cahiers cette phrase moqueuse : “ Fer sôddis/uzionc de'pedunli, pour la satisfaction des pédants.” " ';Soit indifférence réelle, soit système, on a toujours vu llossini traiter sa gloire par dessous la jambe, rire d’enthousiasme de ses admirateurs, et mystifier ceux qui lui addressaient le plus de louanges.Son existence à Naples était fort agréable.Il touchait scs mille francs par mois et travaillait fort peu.A force d’étudier et de chanter avec la diva de San Carlo tous deux finirent par être tellement d’accord, qu’ils s’épousèrent au nez et à la barbe du pauvre fermier des jeux.Barbaja n’avait point prévu cet excès d’harmonie.Mademoiselle Colbrand, outre son talent d’artiste, avait au moins une vingtaine de mille livres de rente, ce qui ne fut point un obstacle au mariage.Le virtuose méprisait la gloire; mais il commençait il tenir l’argent eu fort haute estime.Pour exécuter les clauses du traité Barbaja, il fit jouer à Naples, de 1S1G à 1S22, la Gazella,— Olcllo,—Armida,— Mosc,—Ricciardo c Zoraide, —Ermionc,—la Doua del Dago,—Maometto II.et Zelmia.Sa fécondité prodigieuse lui permit en outre, de donner à Rome Torcaldo e d Orliska —Barbicre di Siuiglia,—la Ccncrcntola—Adelaide di Borgogna et Mutildc di Sabran.Venise obtint Edoarclo et Cristina ; Lisbonne eut • i >' ’¦ î - Monday Popular Concerts.1859 Musique vocale et instrumentale de chambre.1 - ’’ Martins national Choral Society.1860 Oratorios (700 exécutants).Vocal Association, rétablie ’ en.j' "- 1866 Divers.Il avait été question, cette année, de la fondation d’un Conservatoire dont la direction aurait été confiée au célèbre chef d’orchestré, M.Costa) Ce projet semble abandonné.Par contre, l’Université d’Edimbourg a créé une chaire de théorie musicale, dont M.Herbert S.Oakley a été nommé' titulaire.1 Les journaux de musique publiés â Londres sont les suivants : ' 1 ’ The Musical World, paraissant chaque semaine.The Musictd Standard, paraissant tous les deux jours.The Musical Times, paraissant tous les mois.The Choir, paraissant tous les mois.The Orchestra, journal hebdomadaire important.On y a aussi publié cette année deux' petits ouvrages du genre du présent Almanach : .'> Musical Directory, rtjister and Almanach, 1866 (London, Rudall, Rose', Carte et Co., in-12).Dramatic and Musical Almanach for I860 by J.W.Anson, (London, J.Diprose in-18.) ESPAGNE.On sait combien peu la musique est florissaute sur l’autre versant des Pyrénées.Il existe bien à Madrid un Conservatoire dont le directeur est M.Julian Komea, mais cet établissement fait fort peu parler de lui.O’autre part si l’on compte en Espagne un certain nombre de théâtres lyriques, ces théâtres sont â peu prés exclusivement affectés au répertoire italien, et, à part quelques zarzuelas exécutées ici ou là, i’opéra national est encore a créer.Cependant, un mouvement semble se' former, le public espagnol paraît prendre un goût de plus en plus vif aux choses de la musique, et plusieurs journaux se sont fondés à Madrid, il Artista, et la Esccna.; à.Barcelone, la lberia ar-' tistica et la Espana musiral.Cette dernière feuille a imaginé récemment un expédient fort heureux: dans le corps même du journal, mais paginé spécialement et disposé de façon à pouvoir être détaché et réuni souS férme de volume, elle a entrepris la publication d’un ouvrage ainsi intitulé : Biogrufvis de los mviieos mas distinguidos de todos los pà
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.