La Quête : journal de la rue, 1 août 1999, Août
journal de rue numéro 19 Août 1999 contribution volontaire —- d’aujourd’hui La Quête est entièrement recyclable AIRE SOMM L’orignal et la face de carême pages 6 & 7 L’enfance chassée à coup de poing page 12 Faits divers pages 14 et 15 L’incompréhension de la jeunesse page 16 Jeunesse d’aujourd’hui, page 21 |gjf caution: ¦>/ Quand les solutions à un problème.pages 22 & 23 Thème du prochain numéro : Droit et justice Parution : Septembre 99 Remerciements Nous remercions la députée de Taschereau et ministre de la Culture et des Communications, madame Agnès Maltais ainsi que le Club Rotary de Québec.Ces personnes et organismes, par leur soutien financier, ont contribué à la production de ce numéro.Éditeur : L’Archipel d’Entraide Coordonnateur : Christian Massé Collaborateur-trice-s : Bernard St-Onge, Antoine Faucher, Joseph Patrick, Jean-Pierre Chénard, Nancy McKinnon, Louise Gagné, Yolaine Chénard, Lise Rioux, Emilie Raymond, Nico, Anaî Bergeron, Bernard Bégin, Tommy Létourneau, Patricia D’Anjou, Pascal Herman, Jean A.Gagné, Michel Deslauriers.Promotion, distribution & montage : Christian Massé, Richard Turcotte.Infographie : Christian Massé Imprimeur : IMPRIMERIE Québécor inc.La Quête est distribuée sur la rue en échange d'une contribution volontaire de 2 $, dont 1 $ revient directement au camelot.Tirage : 3 000 exemplaires La Quête.729, côte d'Abraham Québec (Québec), GIR 1A2 Téléphone : (418) 649-2388 Télécopieur : (418) 649-7770 laquete@globetrotter.qc.ca Dépôt légal 457621 Bibliothèque nationale du Québec Les propos tenus clam les pages de La Quête n 'engagent que la responsabilité de leurs auteur-e-s.La Quête est membre de la NASNA L'Association nord-américaine des journaux de rue Distri/bution Asser/mentee 1999 - Une réalité différente des années 1960-1980 pour les jeunes.À l’aube de l’an 2000, les jeunes font face à des problématique très différentes de celles des anneés 1960 à 1980.ils sont beaucoup plus informés que nous ne l’étions : les médias, Internet, etc., apportent une foule d’informations et permettent des échanges entre les groupes.Ils ont connaissance des horreurs et des guerres qui se passent à travers le monde, mais aussi proche d’eux.Ils ne sont pas insensibles à 1 injustice et revendiquent comme nous, le droit à une vie décente et une justice sociale.Mais quand ils manifestent leur mécontentement, il faut que ce soit bien encadré, avec l’approbation des autorités policières et municipales.Comme si les jeunes n’étaient pas capables de manifester sans tout casser.À mon avis le risque de casse lors des manifestations est beaucoup plus grand lorsqu’il s’agit de manifestations sportives ( voir La Coupe Stanley - Montréal); la répression n’a jamais été le meilleur mode de conciliation, donnons leurs le droit d’exprimer leurs opinions, laissons leurs une place, un lieu où ils pourront échanger et remodeler le monde comme nous l’avons fait dans les années 1960-1980.Après tout, les jeunes 1999 seront les pré-retraités de 2030.La principale barrière des aînés devant les jeunes est l’oubli.La grande expérience de vie que certains de nos aînés ont emmagasinée dans leurs bagages, leur a peut-être fait oublier qu ils ont été eux aussi jeunes et fous.Qu’ils ont voulu eux aussi changer le monde.Qu’ils ont eux aussi adopté une tenue vestimentaire différente de celle de leurs parents.Dans le fond, les jeunes ne demandent pas grand chose.Ils revendiquent comme dans les années 1960-1980 qu’on leur laisse leur place dans cette société, avec un peu d’espace, ils pourront grandir et réaliser de très belles choses.Christian Massé Coordonnateur Attention aux fraudeurs! Nous tenons à vous rappeler que personne n'a le droit de faire du porte-à-porte ou de solliciter des dons auprès des commerçants au nom de La Quête.Le journal La Quête n’est pas responsable des gestes des camelots sur la rue.Toutefois, si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des camelots, communiquez sans hésiter avec le journal.(418) 649-2388 Atout-Lire Jeanne pleure.D’émotion.De bonheur, presque.Elle tient dans ses mains une lettre à l’écriture malhabile, mais pleine de mots.Des mots qui ont un sens.Des mots qui s’accrochent les uns aux autres pour former des phrases.Des phrases que Jeanne peut lire.Des phrases auxquelles elle va répondre.Jean-Philippe se sent seul.Il se voit comme un dinosaure à une époque où l’école est obligatoire depuis longtemps.Quand on va à l’école jusqu’à seize ans, on devrait être capable de bien lire et écrire, non?Non.On oublie vite quand on n’a pas souvent l’occasion de pratiquer.Presque dix ans de dissimulation et de honte, c’est assez pour faire perdre son latin élémentaire à n’importe qui.mm La lettre est de Jean-Philippe, le fils de Jeanne.C’est la première qu’il lui destine.C’est aussi la première qu’il écrit.La lettre a même failli ne jamais être envoyée.Jean- Philippe avait peur.Peur d’être ridiculisé par des traits rouges sang soulignant ses erreurs d’orthographe ou de conjugaison.Peur d’être humilié à nouveau, comme au temps des classes spéciales de l’école secondaire.Des années pendant lesquelles il a subi l’étiquette de bon à rien: «T’es trop stupide pour apprendre à maîtriser ta langue, fais-nous donc des paniers en osier!» Jean-Philippe a maintenant 25 ans.De jobine en jobine, de combine en combine, il a toujours réussi à fuir les situations où il aurait eu à lire ou à écrire, où il serait encore mis en échec.Pourtant, Jean-Philippe sait qu’il n’est jamais trop tard, surtout pour une belle jeunesse comme lui, tel que le lui répète continuellement Jeanne.C’est pour ça qu’il s’est inscrit il y a six mois dans une école pour adultes un peu spéciale, où il n’y a pas d’examens ni de temps limite pour apprendre.Où on rencontre du monde, où on se sent respecté et apprécié.C’est sa mère Il se débrouille pas mal.Mais comment est-ce qu’on peut améliorer sa situation quand, à l’aube de l’an 2000, à l’ère du règne de la performance et des fibres optiques, on a la hantise du guichet automatique et de ses instructions multiples à déchiffrer en mode turbo?Quand on a la chienne d’avoir à remplir un formulaire interminable devant un témoin pressé et excédé?Quand la vue d’un ordinateur nous donne à elle seule des sueurs froides parce qu’on n’en a jamais ouvert un ?Pas drôle l’autoroute de l’information quand on y roule en bicyclette.qui lui en a parlé la première.Elle aussi suit des cours dans un endroit comme ça.Depuis trois ans, elle refuse de baisser la tête et de faire semblant de chercher ses lunettes quand la serveuse lui donne le menu au restaurant.Elle se dit que ça n’est pas parce qu’elle a dû quitter l’école à dix ans pour s’occuper de ses frères et sœurs, qu’elle est condamnée à se fier aux autres pour signer ses contrats ou lire ses souhaits d’anniversaire.Et aujourd’hui, Jeanne est fière.Fière de lire la lettre de son fils.Fière de savoir qu’elle sera capable de lui répondre.Jean-Philippe, lui, a déjà commencé à composer sa prochaine lettre sur l’ordinateur de seconde main qu’il vient de s’offrir.Saviez-vous que près d’un million de Québécois et de Québécoises éprouvent des difficultés à lire ou à écrire?Un million de personnes de tous les âges qui n’ont pas eu la chance de fréquenter l’école assez longtemps pour être à l’aise avec le code écrit.Un million de personnes en marge de notre société.Si vous connaissez quelqu’un qui pourrait se reconnaître dans notre histoire, parlez-lui donc d’Atout-Lire.Atout-Lire est un groupe populaire en alphabétisation qui offre des cours de français et de calcul de base aux adultes qui ont des difficultés à lire, écrire et calculer, ou encore qui veulent améliorer leurs habiletés dans ce domaine.Il est aussi possible de s'initier à l’ordinateur et de participer à des activités socio-culturelles : théâtre, café-rencontre, comités, etc.À Atout-Lire, on apprend à son rythme, dans une ambiance amicale et respectueuse.Toutes nos activités sont gratuites et les inscriptions se font en tout temps.Nous sommes situés en basse-ville, au 266, de la rue St-Vallier ouest.Vous pouvez aussi nous téléphoner au 524-9353.Bonne lecture! Émilie Raymond pour Atout-Lire 4 Journal La Quête 6 Août 1999 La Quête à Cleveland Congrès 1999 de la Nasna ( Association nord-américaine des journaux de rue ) par Richard Turcotte Vous pensez que d’acheter de votre camelot votre journal La Quête constitue un acte isolé de solidarité ?Eh bien, voici une nouvelle encourageante.Il existe de par le monde des centaines de joumeaux de rue, tous établis dans ce même but de favoriser l’intégration des plus démunis.Ces multiples joumeaux, fruits d une pensée communautaire, se sont très tôt regroupés, l'un donnant parfois naissance à l’autre, chacun recherchant le soutien du groupe.Au Canada et aux États-Unis, et bientôt au Mexique, c’est la NASNA qui unit votre mensuel aux autres pu-blications des grands centres; Montréal, Calgary, Edmonton, New-York, Buffalo, Seattle, Cleveland, etc.Pour la réunion de cette année de la NASNA, votre humble serviteur s’est vu confié la tâche de représenter La Quête.Située au nord de l’état de l’Ohio, sur les rives du lac Érié, et traversée de la rivière Cuyahoga, la ville de Cleveland mélange art et industrie, fait alterner espaces verts et grands boulevards.Son architecture riche et diversifiée en fait une ville d’une grande beauté.C'est dans l’auditorium du pavillon Rockefeller du campus universitaire que se déroulaient les réunions.J’ai eu le plaisir d’y rencontrer les fondateurs, éditeurs ou collaborateurs d’une trentaine de journaux.Certains d’entre eux animaient des ateliers sur des sujets concernant les journaux de me.Que ce soit pour l’implication des camelots, le recrutement de personnel ou la levée de fonds, les conseils des plus anciens s avèrent souvent profitables.Ces réunions de la NASNA poursuivent deux objectifs principaux: permettre aux gens de se rencontrer et d’échanger, de développer une solidarité nécessaire; puis regrouper les différents journaux pour leur donner la force de la cohésion, la force du nombre.Les gouvernements ne se laissant influencer que par les organisations représentant un large bassin d’électeurs, nous avons tout avantage à nous regrouper si nous voulons acquérir un poids significatif.Lors de cette réunion fût élu le nouveau conseil d’administration, que notre confrère de Montréal au journal L’Itinéraire, Éric Cimon, coprésidera cette année.De même, les objectifs prioritaires suivants ont été établis; - Assurer un support aux nouveaux journaux afin qu’aucun ne disparaisse; - En l’an 2005, chaque grande ville devra avoir son propre journal; - Organiser une structure d’échange de textes entre les journaux; -Assurer une présence permanente sur le WEB.À nous maintenant de nous atteler à la tâche! Permettez-moi en finissant de vous annoncer qu’à l’avenir, une rubrique régulière vous tiendra au courant des travaux de la NASNA et des progrès réalisés au sein de cette organisation.À bientôt! Journal La Quête 6 Août 1999 L’orignal et la face de carême ; W%m0&, Journal La Quête 6 Août 1999 Vous savez quoi?J’ai compris quelque chose de très idiot.Peu importe ce qui nous arrive, on se plaint pour mieux vivre ensuite.Quand le climat devient trop pesant et que plus rien ne fonctionne, rien ne vaut mieux qu’un grand cri cosmique pour tout remettre en place.On se plaint de l’égoïsme des gens, de leur manque de respect, de leur manque d’attention, de tendresse, d’affection, de disposition à faire un hug réconfortant pour l’autre qui rampe à quatre pattes en train de fondre dans sa misère.Mais quelle misère?La misère de cette personne-là bien sûr.Je côtoie des amis qui sont niaiseux depuis l’âge de six ans (et même avant) et qui n’ont toujours pas plus d’initiative aujourd’hui, qui ne diront pas ‘allons-y’ tant que la terre ne sera pas près d’exploser.Et ils s’en plaignent, ils chiaient et ne comprennent pas pourquoi les ‘imbéciles’, les ‘brutes’ d’à-côté sont si brusques avec eux.Ils ne sont pas brusques, ils veulent juste jouer voyons.C’est dans la tête que ça se passe.Pour les amis, j’en ai d’autres qui ont compris.Ils ont un matin décidé que les choses devraient changer, pour une raison ou une autre.Ils ont rangé leurs toutous et enfilé leurs habits de guerre.Je ne crois pas qu’ils soient plus heureux aujourd’hui, mais ils l’ont été pendant un petit boutte quand même, le temps que le changement s’installe en tant qu’habitude.En tant que personnes autonomes, ces amis de moi n’ont plus le temps d’écouter les P’tits bonshommes dans le confort de leur Lay-Z-Boy extra-moelleux.Et ils doivent forcer tout le temps, et ils doivent s’occuper de leur blonde qui se plaint de la moindre imperfection chez eux.C’est pénible par endroits, comme avant.Sauf que la douleur a changé de place et les anciennes marques se cicatrisent.Ça c’est pour la misère.Il y a toujours un moyen de s’en sortir, sinon on n’a plus de raison de croire que c’est encore bon de vivre.Oui, et c’est pas nécessairement un QI de 500 qui va réussir dans la vie.J’entends partout des gémissements, des miaulements et des cris de désespoir.mais voyons donc: le temps est précieux.On est tous à quatre pattes, même quand on est heureux.La différence c’est que des gens sont là pour nous faire tenir pendant qu’il le faut.Si vous rencontrez un penseur, un philosophe ou un beau parleur du genre, sachez qu’il a dû passer toute son enfance à préparer son avenir de beau parleur.Et qu’il n’a pas tondu les pelouses, et qu’il n’a pas fait son lit, et qu’il a envoyé promener ses parents quand ils lui ont demandé de faire la vaisselle.Parce que ces mecs voulaient bien parler.Ils se foutaient du reste, même si leurs parents, d’un autre côté, leur donnaient tout.Mais les parents n’étaient guère mieux, parce qu’ils leur faisaient tout plein de tendresses pour ne pas paraître gratteux aux yeux des voisins.Les bonnes actions ont souvent (toujours!) une raison d’être faites.Sinon, l’intérêt n’y est pas.Et c’est en pataugeant dans la merde qu’on s’aperçoit qu’en aidant son voisin à s’en sortir, on va peut-être être aidé à son tour.C’est souvent ce qui arrive en effet.Mais de la merde il y en a tellement épais qu’on en sort jamais.On dit que c’est le voisin qui nous a tout foiré ça dessus, que c’est à cause de lui que ça pue.Mais nous, est-ce qu’on chie pas aussi, des fois?On contribue souvent à l’amélioration de notre patrimoine, mais on le salit en même temps.Tout ça parce que nous sommes différents l’un de l’autre et que ce qui fait plaisir à l’un va faire vomir l’autre.Alors, avant de crier au loup, de dire que le vendeur de crème glacée n’est qu’un pervers ou que les gens sont tous des cons, il serait bon de vous faire une petite fouille intestinale pour voir où se trouve vraiment la vraie pourriture dans ce système.Combien d’obèses ai-je entendus brailler dernièrement parce que ‘tout le monde nous regardent avec mépris’.bon, moi je ne suis pas obèse mais je comprends que la graisse n’est pas un cadeau de Madame Nature elle-même.Des fois on n’y peut rien, elle inonde sa victime comme un raz-de-marée.On est dans le monde de la perfection, de l’idéal, du rêve et de l’illusion (c’est mon avis, oui, oui).Un monde artistique qui recherche les apparences.La graisse c’est pas beau parce qu’on n’a pas encore trouvé d’avantage à la graisse.Si on prend une pétasse de 400 kilos pour faire la messe du dimanche et que toutes les actrices du cinéma américain sont des torches incendiaires de dimension éléphantesque, est-ce qu’on va avoir le même avis sur vous qui trimballez vos réserves en trop?C’est peut-être juste une question de confiance.Les gens préfèrent dire la Parole du Plus Fort que d’y aller de leur propre strophe au risque de manger une volée au dépens de l’autre qui emploiera la Parole du Plus Fort pour venir le contredire.Nous sommes malades, 100% malades.Et le monde avance (ou croit avancer) parce qu’il a peur de rester sur place.Parce qu’il ne sait pas quelle sorte d’horreur cosmique et putride viendra le pêcher s’il reste planté à rien faire.Certains se cloîtrent, d’autres se pendent, d’autres courent dans une direction et d’autres encore suivent ceux qui courent.Je vois l’humanité comme une grosse batche de céréales «Mini-Wheats»: givrés d'un côté et nutritifs de l’autre.Mais ils sont rares ceux qui veulent nous montrer leur côté nutritif.C’est plutôt le sempiternel côté sucré et délicieux qu’on nous impose depuis notre arrivée dans la boîte à céréales.Le côté qui goûte bon mais qui donne des caries à force d’être consommé.«Allez, montrez votre côté nutritif, bande de céréales»! C’est pas bon au début le côté nutritif, mais au moins avec ça on obtient quelque chose de solide, pas juste des ennuis — des caries.Alors, où est la différence entre l’homme d’affaires qui fait des claques d’un millions US par jour et le mendiant qui reçoit un million de claques par jour?L’habillement diffère.Mais pour le bonheur, je pense que les deux ont leurs hauts et leurs bas.Et le mendiant se fait moins mal que l’Autre quand il tombe.L’argent se gagne si on en veut vraiment.Est-ce que Bill Gates appartient encore à la race humaine?Est-ce qu’il souhaite bonne fête à sa mère?Ou s’il est trop occupé pour le faire, transi dans son monde d’ordis et d’électricité?Je ne crois pas que ce cher Bill soit un grand humoriste.Ni qu’il soit très intéressant à jaser.il est devenu une machine à calculer, à écrire et à chier (chier des OS difformes).Je le respecte beaucoup, parce que je connais tous ses bons côtés.Mais il n’y a pas le moindre doute que j’en aurais long à dire sur ses défauts si c’était mon meilleur pote.Et voilà le problème: la Perfection N’EXISTE PAS.On a beau le répéter aux ‘adultes’, ils ne comprennent pas tous.croire à la perfection ou aux fantômes, la chose est la même.On a juste changé le mal de place comme dirait l’autre.Et par le fait même: la MÉDIOCRITÉ N’EXISTE PAS.Enfin, la parfaite médiocrité.parce qu’elle est tout le contraire de la perfection.On a tous nos qualités et nos défauts.J’écris bien et je suis beau.Mais je suis snob et j’envoie promener la terre entière.Mes admirateurs me voient comme un poète, mes ennemis me voient comme un truand égoïste.Mais ceux qui m’apprécient tout en connaissant mes défauts, qui sont-ils?Bof, quelques amis.Bref, c’est pas vraiment l’fun d’entendre pleurer des gens parce qu’ils ont mal et que c’est la faute de x personne qui n’est qu’un déchet, un fumier, un monstre de la pire espèce.Il n’est pas qu’un monstre voyons, il est un être humain, ce petit être fragile, tantôt beau tantôt idiot, qui n’a pas encore compris à quel point il peut être minus dans l’immensité du monde (qui n’appartient pas qu’à lui d’aillleurs).Mot de Nico Mes amis ont remarqué que j’écris bien.Les filles qui m’aiment aussi.Ces étrangers qui me regardent de loin ont vu que je me fous éperdument de ce qu’ils pensent.C’est le prix à payer pour bien être, pas seulement paraître.Jk Journal La Quête 6 Août 1999 O e S 'e* Lumière de justice Des lueurs attirent mon cœur de feu Dans des régions inconnues Pour revivre la force éternelle de l’âme Au sein d’une vie très mouvementée C’est que la société ne favorise pas toujours La possibilité de s’accomplir, de grandir Mais pour le simple du cœur, c’est plus facile D’en sortir en puisant l’énergie dans le spirituel Car dans le fond, que reste-t-il du matériel?Que des ombres plus ou moins saines L’amour demeure parmi les âges Tant qu’il y aura de la sincérité Tant qu’il y aura du don de soi Et, tant qu’on s’oubliera pour ceux Qui ont soif et faim de Justice.Michel Deslauriers 8 Journal La Quête 6 Août 1999 Désir de mon âme Un amour oublié déjà Au plus profond de mon cœur Semble remonter au-delà De ma pensée pleine de bonheur C’est que la vie passe Sans qu’un jour se ressemble Pourtant j’ai besoin d’une passe Où mon âme désire à la base L’amour et la joie Où mon cœur serait jouet Se laissant manier par des mains Douces comme le velours d’autrefois Emportant mes désirs lointains Dans un rêve plein de voix Des rêves qui chantent dans la nuit Pour pouvoir rassasier mon corps D’un désir qui reluit Au fond de moi encore Comme lumière au fond De la clairière Attirant un regard profond Pour oublier ses peines d’hier Et vouloir s’ennivrer Pour mieux savoir aimer Ah! me sentir à l’aise Dans mon être d’enfant Que j’aime tendrement Voilà ce qui m’apaise Toi ma douce, je t’aime Pas comme les autres Non comme une chose Mais en ami bohème Donnant joie et espérance Comme aux jours de l’enfance Avec naturel et sérénité.Michel Deslauriers Journal La Quête 6 Août 1999 jÇe courrier du cœur de Madame Jderma Xhrodite Chère Herma, Je suis une fille qui ne pogne pas, ou plutôt pas avec les bonnes personnes.Le premier ami de cœur que j’ai eu était quadraplégique aveugle.Je l’ai rencontré dans un centre de personnes handicapées où je travaille.Il était très gentil, mais j’avais de la difficulté à le comprendre et c’était difficile de faire des activités avec lui.Je voulais aller à la Ronde avec lui, mais son fauteuil roulant n’embarquait pas dans tous les manèges.En plus, il ne me regardait jamais dans les yeux quand je lui parlais.J’ai donc décidé de le laisser tomber.J’ai eu beaucoup de remords, car il s’est fait mal en tombant.Je suis restée seule un bout de temps, puis j’ai rencontré quelqu’un.Une fille qui était très insistante.Elle était très gentille, mais je lui ai dit que je n’étais pas lesbienne.Quelques mois plus tard, j’ai rencontré un Africain.Tout allait très bien Il voulait se marier avec moi le plus vite possible.J’ai accepté.M a 1 - heureusement, il m’a quité tout de suite après qu’il ait reçu sa citoyenneté canadienne.Puis j’ai tenté en vain de rencontrer un homme ordinaire, citoyen canadien, mais sans succès.Mes copines m’ont dit que je n’étais pas féminine.Elles ont dit que je devais me laisser pousser les cheveux.C’est vrai que je me les rase à toutes les semaines, Mais c’est tellement plus pratique de se laver la tête à la débarbouillette! Elles ont dit aussi que je devrais me faire les jambes, mais ce n’est pas si pire que ça! J’ai déjà vu une fe me 11 e orang-outan au zoo qui en avait plus que moi.En plus, c’est tellement plus chaud l’hiver.Elles disent aussi que je devrais faire plus attention à mon maquillage.C’est vrai que mon rouge à lèvre dépasse un peu ma bouche.Un centimètre de plus ou de moins, ce n’est pas vraiment important! Je n’ai jamais été bonne en coloriage! Je suis 10 Journal La Quête 6 Août 1999 désespérée.Est-ce que l’apparence compte tant que ça pour un homme?Conseillez-moi, s’il vous plait! Tête d’œuf Chère Tête d’œuf D’entrée de jeu, j’ai envie de vous répondre que l’apparence extérieure ne compte pas tant pour un homme que pour une femme.Ce sont les femmes qui sont prêtes à donner 10$ pour une revue de mode et qui pensent que Claudia Schiffer ne mérite pas de vivre.Ce sont aussi les femmes qui vous ont dit que vous n’étiez pas féminine.Et, malheureusement, ce sont toujours les femmes qui ont raison.En effet, si vous ne voulez pas en être réduite à flirter avec nos bons vieux ancêtres les primates n’est-ce pas d’ailleurs inquiétant que vous vous consoliez de votre problème de pilosité en vous comparant avec un orang-outan vous auriez avantage à vous préoccuper un peu plus de votre apparence physique.Composez immédiatement le 9-1-1.On vous internera de toute urgence à l'Institut Édith Serei.Bien sûr, ce sera un bien mauvais moment à passer.On vous mettra le peignoir de force et on vous fera des traitements d’électrolyse.On obligera votre peau à absorber toutes sortes de substances médicamenteuses.On vous fera vivre d’intenses séances de maquillage couchée sur le divan.Tout le personnel de l’Institut essaiera de vous convaincre que c’est pour votre plus grand bien.Faites semblant de les croire; nous n’avons pas tous compris comme vous et Saint-Exupéry que l’essentiel est invisible pour les yeux.Dites-vous que vous êtres un.bijou non-réclamé qui n’a besoin que d’un petit polissage supplémentaire.Car, à la lumière de votre lettre, il n’y a pas de doute, Tête d’œuf, vous êtres un bijou.Vous êtes naïve peut-être, mais vous témoignez d’une qualité rarissime de nos jours; l’ouverture d’esprit.Vos mésaventures avec un quadraplégique aveugle sont touchantes et montrent à l’évidence que vous êtes prêtes à relever de beaux défis.Finalement, j’aurais envie de vous répondre qu’il faut renouer avec lui à votre sortie de l’Institut.Ne me dites-vous pas que vous regrettez au fond de l’avoir laisser tomber?Lâche pas ma belle! Herma Phrodite Journal La Quête 6 Août 1999 11 L’Enfance chassée à coup de poing Vous croyez-vous à l’abri de la violence?Si oui, vous êtes bien naïf! Car sachez qu’un jour ou l’autre, toutes les personnes sur terre devront y faire face.Personnellement, j’ai vécu cette réalité pendant ma jeunesse.Je vous décrirai une partie de mon enfance et ensuite je vous donnerai mon opinion à propos de l’un des problèmes de notre société tout en l’appuyant à l’aide de statistiques.La première fois que ma mère m’a présenté son nouveau copain, je me suis naïvement dit qu’il avait l’air gentil.Malheureusement, un mois plus tard, les rêves de ma mère s’envolaient en fumée et le cauchemar commençait.J’avais cinq ans à peine et à chaque matin ma mère m’apparaissait avec une nouvelle blessure.Perdue dans mes rêveries d'enfant, j’acceptais sans contester les excuses idiotes qu’elle me donnait.Et puis un soir, l’enfant innocent qui m’habitait s’est envolé.Le nez poudré et l’estomac brûlant dans les feux de l’alcool, il la battit jusqu’à ce que son corps soit incapable de se relever.Moi, apeurée par les pleurs et les cris de ma mère, je regardais la scène.J’étais figée sur place, beaucoup trop effrayée par le bras de ce lâche qui s’acharnait sur le pauvre corps fébrile de ma mère.Ma mère est restée cinq années avec cet homme sans confiance.Vous vous dites sûrement qu’elle n’avait qu’à le quitter, mais elle disait qu’elle l’aimait.Cela vous paraît peut-être ridicule, mais cette phrase sort souvent de la bouche des femmes violentées.Lui, il ne la frappait jamais au visage, il tenait quand même à sa Journal La Quête 6 Août 1999 réputation.De peur d’être traitée de menteuse, elle n’en a parlé à personne.C’est une des erreurs les plus fréquentes que les femmes battues commettent.Il ne faut pas garder ce problème sous silence.La violence rôde autour de nous à chaque jour de notre vie.En effet, 10% des jeunes filles du secondaire connaissent la violence dans leur relation amoureuse.Ce chiffre ne représente que quelques adolescentes au Québec.Maintenant, essayez d’imaginer la place qu’occupe la violence à travers le monde.La meilleure solution qui se présente à nous en présence d’un conflit violent est la communication.Il faut passer pardessus la peur que l’autre récidive encore plus fort.Pourtant, 25% des adolescentes victimes de violence refusent généralement d’en parler à qui que ce soit.L’avenir est entre nos mains, entre celles de tous les jeunes ici-bas.Il nous faut tous comprendre qu’un coup en entraîne un autre et que si nous voulons que la violence cesse, il faut la combattre avec nos paroles de sagesse.Je crois parler au nom de plusieurs d’entre nous qui n’osent pas parler.Je souhaite de tout mon cœur qu’il n’y ait plus d’enfants à l’enfance gâchée, que les femmes qui s’écrasent sans rien dire disparaissent (!) et que les hommes comprennent enfin qu’il est possible de vivre dans un monde où la violence n’existerait pas.Il y a bien longtemps de ça, un homme, Gandhi, avait compris.Pensez à cette phrase avant de frapper la prochaine fois: « Œil pour œil, est une loi qui finira par rendre le monde aveugle.» Anaî Bergeron des journàp UlÉiP* I Extrait de la publication de juillet de l’AMECQdote Le bulletin de l’association des médias communautaires du Québec « Un sondage réalisé il y a deux ans, en février 1997, par le groupe Mallette Maheu de Sherbrooke, met clairement en évidence le haut degré de lecture et de satisfaction du lectorat, face aux journaux communautaires.Les sondeurs écrivent : «Les journaux sont appréciés par les lecteurs, ils recueillent dans l’ensemble une note positive d'appréciation dans une proportion supérieure à 83,9%.» L'étude établit aussi qu en moyenne, dans 75,9% des foyers où il pénètre, le journal est lu.Ce pourcentage atteint même 94,7%, dans les petites communautés.Précisons : « Les lecteurs consacrent en moyenne 28 minutes à la lecture de leur journal.Environ 58,6% relisent plus d'une fois leur journal ».Quelles données encourageantes! Nous ne pouvons que vous remercier, cher lectorat, et renouveler notre invitation à écrire dans votre journal, qui se veut le support privilégié pour publier un texte d’inspiration personnelle et d’intérêt public.En marge des quotidiens, mais au centre de vos préoccupations, le journal de rue n’attend que votre contribution textuelle pour toujours mieux servir une population en quête de mieux-vivre.Merci encore, et au plaisir de vous lire! Les artisans de La Quête.Journal La Quête 6 Août 1999 -Faits divers- Le gars qui avait hâte d’arriver Ces péripéties arrivèrent en hiver en plein mois de février, par une glaciale et venteuse nuit dans la région de Québec.Un voyageur de commerce, dans la quarantaine avancée, pressé d’arriver chez lui, car il est près de minuit, exécute une fausse manœuvre au volant de son automobile et se retrouve dans le décor.St-Christophe, le patron des automobilistes, était sûrement avec lui car il ne souffre que de contusions mineures.Mais comme quelqu’un a appelé l’ambulance, il décide prudemment de se rendre à l’hôpital malgré tout pour subir des examens plus poussés.L’ambulance arrive, on embarque le patient et on repart sur les chapeaux de roues.Il ne faut surtout pas conclure que les ambulanciers exagéraient, car le blessé souffrait peut-être de lésions internes et on devait s’en assurer.111 ¦ Mais comme la chaussée ce soir-là est très glissante, voilà l’ambulance qui rate une courbe après trois ou quatre kilomètres et se retrouve en pleine nature, rien à faire pour le déprendre, il faut en faire venir un autre.Heureusement, personne n’est blessé, sauf notre premier passager, lequel bien attaché sur sa civière est en sécurité, espère-t-il.Un autre véhicule se présente peu après et hop! on embarque le client qui en est à son deuxième accident et qui commence à trouver le temps long avec ces déménagements et désagréments qui se succèdent par cette froide nuit hivernale.Et c’est reparti de plus belle, on roule, on roule, mais il ne faut pas oublier que la chaussée est toujours aussi dangereuse.Malheureusement, malgré la virtuosité de son conducteur qui ne veut faire que son métier, i.e.ramener le blessé le plus vite possible à l’hôpital, cette deuxième ambulance se retrouve en fâcheuse position elle aussi après avoir quitté la route dix kilomètres plus loin.Même scénario, impossible de la dégager, elle est prise jusqu’aux essieux dans la neige.On parle à voix basse d’en faire venir une autre, car il n’y a rien ¦ - Journal La Quête 6 Août 1999 de glorieux dans cette suite de malchances.Mais voilà que le blessé, dont l’état n’a pas varié et qui n’a jamais perdu conscience, commence à avoir l’oreille fine, car lui, il en est à son troisième accident.Il commence à avoir littéralement son voyage.Malgré l’hiver, il commence à avoir chaud et il avise les policiers, lesquels ont assisté à tous ces incidents, que l’ambulance, c’est fini pour lui.Il leur demande en pleurant de le prendre avec eux dans leur autopatrouille car selon lui, les ambulanciers sont tous des fous et autres noms que je ne peux décemment rapporter ici.Il est toujours sanglé sur sa civière, heureusement, car il commence à s’agiter drôlement et menace même de faire un mauvais parti à ces conducteurs malchanceux.Les policiers tentèrent de le raisonner, puis à bout d’arguments, réveillèrent le propriétaire de cette compagnie d’ambulances qui arriva peu après, l’air furibond, les yeux encore endormis, un peu désorienté, mais son professionalisme repris vite le dessus et il rassura le blessé en lui disant qu’il conduirait lui-même l’ambulance salvatrice.Il paraît qu’il partit tout doucement vers l’hôpital avec son blessé, lequel commença à respirer mieux, peut-être avait-il frôlé la crise cardiaque avec tous ces accidents en série.Comme les chemins étaient presqu’impraticables ce soir-là, personne ne fût vraiment fautif.En y repensant peu après, je suis sûr que certains se firent rabrouer discrètement mais tout ceci bien sûr, restera secret! Le blessé qui finalement fût conduit à bon port s’en tira sans aucune séquelle.Mais quelque chose me dit que s’il le peut, il doit se ranger prudemment sur l’accotement lorsqu’il entend venir une ambulance.Il doit sûrement se faire le plus petit possible sur son siège en priant tout ce qu’il sait! Je ne peux que louer le travail des ambulanciers mais les circonstances de la vie font qu’il y a des journées comme cela où tout va de travers malheureusement! Bernard Bégin '* { S: V M ¦ I *Æi *M Journal La Quête 6 Août 1999 L’incompréhension de la jeunesse La jeunesse est incomprise, puisqu’en prenant de l’âge, on oublie ce qu’on était.Et cette jeunesse aurait tout avantage elle, à comprendre les plus vieux, et leur monde, afin d’en être moins victime.Inutile de nier, les plus vieux plument les plus jeunes lorsqu’ils le peuvent.La génération parvenue est peut-être la première à vivre dans le but ultime de jouir immédiatement de la vie, et ce aux dépens des autres et de son propre avenir.L’État Providence nous a fait perdre nos habitudes de coopération, et maintenant qu’il nous laisse tomber, nous nous retrouvons tous ennemis car trop habitués à profiter de bienfaits désormais au-dessus des moyens de la majorité.Derrière l’image d’une communauté enthousiaste et bon enfant se cache la réalité d’un système basé sur l’exclusion.Trouverons-nous des intellectuels en mesure de démontrer à la génération montante, les mécanismes par lesquels sa propre société risque de la bannir?Ainsi se trouverait-elle en mesure de se réchapper, et d’éventuellement modifier ces règles si dures.¦ Du microcosme de la cour d’école jusqu’aux institutions adultes, on retrouve cette loi du plus fort qui l’emporte encore.Plus fort en muscles, en gueule, ou en porte-feuille, le matamore, futur président, s’en donne à cœur joie et frappe allègrement le plus faible.Par quel travers nous trouvons-nous incapables d’imposer la paix même dans nos cours d’école?La compréhension du monde dans lequel ils se trouvent est la meilleure chance des jeunes de s’en sortir à bon compte.Une des choses les plus faciles et importantes que l’on puisse faire pour eux est de leur dire la vérité.Le savoir est la garantie de l’affranchissement.L’ignorance permet la perpétuation de ces conditions de vie difficilement supportables.Saisir les structures de la société et amorcer son retour vers une communauté coopérative ne sont pas des incongruités, mais simplement des buts à atteindre, éloignés mais tout à fait à la portée de ceux qui détiennent du savoir et peuvent faire preuve d’initiative.Qu'il en soit ainsi des jeunes.Richard Turcotte 16 Journal La Quête 6 Août 1999 par Tommy Letourneau HEm{£^ ENECo^x jÊWtv'-v -*Cé J ÇKS Veà QO^VÏt* 18 Journal La Quête 6 Août 1999 v\eOe^ >rS àe w ^ 1 \°* cV?# AO\'^Lc.Qc Y** ^ j^vlu^ »&»*¦ pe"0
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