Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Journal de l'instruction publique
Revue publiée par le Département de l'instruction publique à l'intention des acteurs du milieu de l'éducation. Des textes officiels du gouvernement côtoient des retranscriptions de discours et de conférences, des nouvelles nationales et internationales, des textes sur la pédagogie, des textes littéraires et de la documentation variée en support à l'enseignement.
Éditeur :
  • Montréal :Département de l'instruction publique,1857-1879
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Journal de l'instruction publique, 1878-01, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
K«.1.Volume XXII.Québec, Province de Québec, Janvier, 18ÏS.-SOMMAIRE.—Partie officielle : Règlements de la commission ! scolaire à Paris.—Brevets d’instituteurs.Partie non-officielle: j Tableau des oiseaux du Canada.—Enseignement modèle.— “ L'Abeille ”, Tribune libre : L’enseignement intuiiil'par M.B.Lippens.—Mathématiques (suite) par M.A.Lamy.Pédagogie : Leçons de choses : le télégraphe.Bulletins: Bibliographe : Une colonie féodale en Amérique, l’Acadie, par M.E.Rameau.—Sciences, etc.Annonces.PARTIE OFFICIELLE Département de l’instruction publique EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS Règlements adoptés par Son Excellence le Lieutenant-Gouverneur en Conseil, le 7 décembre 1877, pour ¦la tenue et la direction d’une Exposition Scolaire à l’Exposition Universelle de Paris.40 Viet., Chap.22, sec.52.1.La commission se réunira, à la demande du surintendant, lorsqu’il le jugera nécessaire et à l’endroit qu’il indiquera.2.La commission, si elle le juge apropos, fera des règlements pour régulariser ses délibérations et ses travaux.3.Elle choisira les objets qui seront exposés, livres, dessins, cartes géographiques, etc.4.Elle s’efforcera de recueillir, tant dans les écoles primaires que dans les maisons d’éducation supérieure, tout ce qui est de nature à faire connaître notre système.5.Elle distribuera dans les écoles un cahier-unique, ou des feuilles volantes, dans le but de recueillir les devoirs des écoliers, et, après avoir examiné ces devoirs, elle les exposera, si elle le juge à propos.G.Elle aura pouvoir de donner tous ordres nécessaires pour atteindre le but de ses travaux et rendre cette exposition scolaire aussi complète et aussi intéressante que possible ; elle pourra entrer en communication avec les départements publics et en obtenir tout ce qu’elle croira de nature à lui être utile.7.Elle fera, à sa discrétion, des annonces dans les journaux ; elle publiera un catalogue ou fera imprimer une notice historique des principales maisons d’éducation ; elle fera en général tous les frais d’impression jugés nécessaires.8.Elle fera de temps en temps rapport de ses travaux a l'exécutif.Gédéon Ouimet.Surintendant.BUREAU DES EXAMINATEURS DRUMMOND, RICHMOND ET WOLFE Ecole élémentaire, 1ère classe IF) : Dites.Marie Eléonore Lemieux, VIarie Rose Anna Moreau, Marie Zélire Pothier, Marie Elizabeth Verville et (F et A) : Marie Julie Soucy.Ecole élémentaire, 2ème classe (A) : Dtle.Sarah L.Twohey.Danville, novembre 1877.1 1 2 3 4 5 t llninl! CAAr’ll! O 1 PARTIE NON-OFFICIELLE Tableau synoptique «les Oiseaux du Canada Monsieur J.M.Le Moine, bien connu par ses savantes recherches sur l’ornithologie, vient de publier un grand Tableau synoptique des Oiseaux du Canada, qu il a donné au Dépôt de livres du département de l’instruction publique.Cet acte de générosité sera apprécié, comme il le mérite, par les amis de l’éducation.Pour dresser ce tableau, M.Le Moine a adopté la j nomenclature et la classification du Smithsonian Institute 1 de Washington, qt\;.est généralement c.onsidéié, croyons- 55945354 2 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE nous, comme la première des autorités américaines en 1 fait d’histoire naturelle.Celte classification est aussi adoptée par notre Université Laval.Elle diffère beaucoup de celle d’Audubon, qui a été longtemps admise sur tout le continent, mais que les travaux plus récents des successeurs de l’illustre naturaliste finissent par détrôn®, et il importait, pour la suite des études dans ce pays, de prendre une méthode qui nous mette en relations directes et faciles avec les savants des Etats-Unis.C’est le meil-l leur moyen de profiter de leurs recherches et de leurs publications.Avec le peu de ressources que nous possédons pour les recherches scientifiques, nous ne pourrions que perdre à rester isolés.M.Le Moine nous a fait remarquer qu’il n’en est pas des oiseaux absolument comme des autres animaux, les mammifères, par exemple, dont la zone d’habitation reste toujours la même et dont les migrations ne varient pas Les oiseaux, exposés aux accidents des tempêtes, ne suivent pas un parcours invariable dans leurs déplacements, et il est parfois bien difficile de dire si telle ou telle espèce appartient vraiment à la contrée où, quoique rare, elle fait un certain séjour.Ainsi, M.Le Moine possède dans son musée particulier un ibis de la Floride, tué à Deschambault, près Québec.Celui-là est un étranger, il n’y a pas à s’y tromper ; mais d’autres oiseaux sont plus difficiles à reconnaître.C’est pourquoi M.Le Moine pense que, dans une seconde édition, il fera à son tableau un petit nombre de retranchements et d’additions.« Tel qu’il est, ce tableau est précieux pour les écoles, pour toutes les maisons d’éducation.Il contribuera grandement, à populariser une étude intéressante entre toutes.Le prix en est de §0.25.Enseignement modèle Dans son dernier rapport sur l'école normale Laval, M.l’abbé Lagacése livre à des considérations très-élevées sur la méthode d’enseignement qui convient le mieux à l’enfance, à l’esprit humain dans la première période de son développement.On lira avec intérêt cette partie du rapport : Les élèves des deux dépa-tements—instituteurs et institutrices—m'ont donné la plus entière satisfaction, soit par leur conduite morale, soit par leur application à l’étude.Mais il y a surtout deux points, monsieur le Surintendant, sur lesquels je désire attirer votre attention : la rapidité des progrès, et le goût de l’étude.Dans un temps deux fois, trois fois plus court, arriver au même but, avec une plus grande satisfaction intellectuelle et un amour plus prononcé pour la science, voilà un résultat réel, évident et que tout le monde peut constater.A quoi ce résultat est-il dû ?A la supériorité de la méthode.Et cette supériorité elle-même, à quoi tient-elle ?A ce que le maître sait mettre à contribution les forces intellectuelles de l’élève ; il s’adresse à sa raison et non a sa mémoire ; il applique rigoureusement cet aphorisme : d'abord,, comprendre ; ensuite, apprendre.Une méthode est plus ou moins bonne, suivant qu’elle répond plus ou moins à cette définition de l’enseignement donnée .par Saint Thomas: “Enseigner, dit-il, c’est produire la science chez les autres, en favorisant le ! développement de leur raison naturelle.” 11 ne dit pas, en favorisant le développement de leur mémoire, mais de leur raison naturelle.Il suit de là qu’un maître qui s’adresse à la mémoire de l’enfant plutôt qu’à son intelligence, qui oblige l’élève à apprendre par cœur et à réciter des leçons que souvent même il ne comprend pas, met en pratique une méthode 'fausse, contraire à tous les principes pédagogiques et aux notions les plus élémentaires de la psychologie ; il manque son but, perd son temps et impose à l’enfant un travail ingrat.L’homme est avant tout un être intelligent.Chez lui la raison domine ; la mémoire obéit- Elle est comme un instrument, comme un outil entre les mains de l’ouvrier.La raison saisit la vérité ; la mémoire la retient.La raison la perçoit, la comprend ; la mémoire la conserve.Or, pour conserver une chose, il faut d’abord la posséder.Le travail de l’intelligence doit donc précéder celui delà mémoire.Alors, chaque faculté jouant son rôle propre et le jouant à son heure, tout se simplifie, tout se facilite ; et comme ce qui se fait plus facilement se fait plus rapidement, l'élève gagne du temps ; il arrive au but d’autant plus vite qu’il a plus d’intelligence.Les concours sont des luttes de la raison et non des luttes de la mémoire ; les talents sont appréciés à leur juste valeur, et le premier rang est accordé à celui qui le mérite réellement.Alors aussi, dégagé de toute entrave, de tout bagage inutile, l’élève aime le travail, aime l’étude.Pouvant marcher par lui-même, voler de ses propres ailes, comprendre, il se sent heureux ; et ce.bonheur, il veut se le procurer souvent, il y revient volontiers.Il y a les jouissances de l’intelligence, comme il y a les jouissances du cœur ; mais il n’y a pas ce qu’on pourrait appeler les jouissances de la mémoire.Quand on comprendra bien cette vérité et qu’on voudra se donner la peine de l’appliquer dans toutes nos institutions, depuis les maisons de haute éducation jusqu’aux plus petites écoles du village, on verra alors une véritable révolution s’opérer dans le domaine de l’instruction publique; les jeunes gens feront leurs études dans un temps beaucoup plus court, et ils seront animés d’une bien plus noble ardeur pour le travail.D’un autre côté, notre province prendra le devant sur ses sœurs voisines, et on ne l’accusera,plus d’être arriérée.Le jour où nous nous préparerons ainsi à la lutte, la concurrence ne nous sera pas défavorable ; car, Dieu merci, nous ne sommes pas dépourvus d’intelligence.Non, ce n’est pas l’intelligence qui nous manque, c.’est plutôt l’esprit d’initiative.Nous sommes apathiques, nous sommes routiniers, voilà ! Nous n’aimons pas à changer nos habitudes, et quand nous nous décidons à marcher, ce n’est qu’après les autres et le plus tard possible : nous suivons, nous imitons.U y a progrès, sans doute ; nous avançons, quoique lentement ; mais quand il [s’agit de l’instruction et de l’éducation, c’est dans l’esprit et le cœur de l’enfant qu’il faut pouvoir constater le véritable progrès.Or, pour arriver là.il ne suffit pas de renouveler le matériel de nos écoiès ; il faut surtout transformer notre enseignement, mettre de côté les vieilles routines, et adopter enfin une méthode plus rationnelle, plus en harmonie avec les facultés d : l’esprit humain,; cultiver l’intelligence avant la mémoire ; faire comprendre avant de faire apprendre.Je suis heureux de vous dire, monsieur le surintendant, que c’est sur ce principe qu’est fondée la pratique de l’enseignement à l’école normale Laval.Voilà pourquoi les progrès des élèves y sont si rapides et leur amour pour l’étude si prononcé. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 3 Ici, point de leçons par cœur.Le professeur s’adresse à l’intelligence do l’enfant, et quand l’intelligence a bien saisi la vérité qui lui est proposée, la mémoire fait ensuite son travail d’elle-même et aisément.Avec cette méthode, des élèves qui n’avaient aucune notion de la langue latine, ont été mis en état d’étudier la philosophie morale dans un ouvrage latin, FAementa philosophise moralis, par le P.Jouin, S.J., et cela, dans l’espace de huit mois, du 1er septembre au 1er de mai suivant, en recevant une leçon d’une heure par jour, soit cinq heures par semaine.Dans le même temps—cinq heures par semaine pendant huit mois—les mêmes élèves ont suivi le cours de philosophie de Sansévérino—834 pages in-8o—et les concours écrits ont donné les résultats suivants : Sur 10 points, ont conservé, — 23 octobre.29 novembre. < * 11 = 1040 "ST = 13 Rép.13 hommes. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE PROBLÈME 10e 1.Le premier terme d’une progression arithmétique croissante est 5, la différence commune 4, et la somme des termes 152.Quel est le nombre des termes ?n inconnu.( Dans les solutions des données de ce pro- a = 5 I blême, il faut se servir de deux formules : d = 4 j d’abord, on cherche 1 par la première formule, s = 152 1 puis on termine l’opération par la 3e formule | en substituant à 1 sa valeur qui, dans le pré-| sent cas, est 1 + 4».1ère formule : ?= « + (»— l)d ( = 5 + (re — 1)4 2 = 5+4» — 4 1 = 1 + 4»(I) 3e formule : S = (a + l)n (1) 152 = (5 + 1 + 4»)n 2 304 = 5» + » + 4)12 304 = 6» + 4«2 4?i2 + 6» = 304 2»2 + 3» = 152 »2 + _ 76 n2 l'l + O)2 = 76 + 1 2 4 ^ 16 22 3» (3)2 _ 1216 + 9 = 1225 dont â + 4 ~ 16 16 la racine carrée égale 35 4 35 + 3 38 32 Donc n = T_5=Tou- Dans ce cas-ci c’est 32 Q 4 =8 Rép.8.2.Le dernier ternie d’une progression est 30, la difference commune 3, et la somme des termes 156 ; on demande le nombre des termes.n inconnu.( 1ère formule : l = a 4- (n l)d 1 = 30 \ 30 isr-a + (n — 1)3 d = 3 \ 30 = a + 3» — 3 s = 156 ( a = 30 + 3 on a = 33 — 3» (1) 3e formule : S = (a + l)n 3e formule : S = (a + l)n (1) 1750 = (40 + 35 + 5n)n 2 35CO = (75 + 5n)n ; 3500 = 75» + 5»2 Divisant l’équation par 5 : 700 = 1570 + »2 n2 + 15n = 700 .+ 15„ + = 700 + 222 = 2800 ± 222 = ^ :t'f = | Donc .= “ + “ = ™ ou « 20.Rép.20 jours.4.Un voyageur augmentant sa marche de 7 arpents tous les jours, fait 5 lieues le dernier jour de marche, et 147 lieues en tout.Combien de jour a-t-il marché ?n inconnu.7 1 d = 7 arpents = lieues = 1=5 lieues, s = 147 lieues.1ère formule: l — a + (n— l)d 5 = a + (n — 1) p 156 = 33 - 3n + 30 jn 312 = 63» — 3n2 104 = 21» — n2 (2) 712 — 21)1 = — 104 »2 = 21)1 + (21)2 = _ 104 + ™ 441 4 »2 (2 n + (21)2______416 + 441 _ 25 T 4 4 dont la racine carrée est 5 2 „ = 5_+21=26ou_ L6 = Squi Z— 2 2 2 satisfait à la réponse d’après l’équation, soit l’équation 104 = 21» — »2 104 = 168 — 64 : et 168 — 64 = 104.Rép.8.3.Un journalier a 2s pour sa première journée de travail ; on lui augmente ses gages de 3d par jour, et au bout de son temps, il se trouve avoir £4 7s 6d en tout.Combien de jours a-t-il travaillé ?n inconnu, a = 2s ou 40 cts.d = 3d ou 5 cts.-s = £4 7s 6d ou $17.50 cts.1ère formule : ( = a + (» — 1)6 ( = 40 + (n—1)5 l = 40 + 5» — 5 ( = 35 + 5n (1) : Oj + n — l HT 60 = 12a + » — 1 12a + n — 1 =60 12 a = 61 — n 61 — n a = Î2 (,) 3e formule : S = (a + l)n 2 (1) 147 = (61 — n + 5)n 12 2 294 = (61 ~-ll + 5)11 3528 = (61 = + 60)n 3528 = 61» — »2 + 60» (2) 121» — «2 = 3528.»2 — 121» = — 3528 • »2 — 121» + Ü^L> 2 = — 3258 + 14^41 2 4 14112 + 14641 _ 529 4 _ 4 V—529 _ 23 ^ouil4 9 2 D’où » = 23 + 121 2~ — 2 Mais ici pour satisfaire aux équations il faut 98 _ ^ 2 Preuve : (2) 121» — »2 = 3528.121» x 49 = 5929 »2 ou 49 x 49 = 2401 "3528.Rép.49 jours.PROBLÈME lie 1 Les deux extrêmes d’une progression arithmétique croissante sont 10 et 70, et la différence commune 3.Quelle est la somme des termes ?Il faut, comme dans le problème précédent, se servir de deux formules, de la première et de la troisième.s inconnu.( a = 10 ) 1 = 70 ) d= 3 ( 1ère formule : ( = a + (»— 1)4 70 = 10 + (» — 1)3 70 = 10 + 3» — 3 * 60 = 3» — 3 63 = = 3» n = 21 (1) 8 JOURNAL LE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 3e formule : S = (a + l)n 2 (U S = (10 + 70)2i 2 S = 40 x 21 = 840 Rép.840, somme des termes.2.Un voyageur fait 20J lieues la première journée de marche, et augmentant sa marche de 3 lieues par jour, il fait 29^ lieues le dernier jour Combien fait-il de chemin en tout ?s inconnu.( 1ère formule .! = a + (n — l)d a = 20 J > 29^ =20j+(n —1)3 1 = 29.4 ) 9 = 3n - 3 : 3 = n — I d = 3 ( n = 4.(1) 3e formule : S •.= (a = l)n "2 (U S : = (20J + 294)4 2 S : = 25 x 4 = 100 Rép.100 lieues.3.Un homme part de Québec pour Montréal et fait 8 lieues la première journée, et augmentant de 2 lieues chaque jour, il fait 16 lieues le dernier jour, et arrive à Montréal.Combien a-t-il fait de chemin ?s inconnu, a = 8 d = 2 1 = 16 \ l 1ère formule : l — a + (n — l)d 16 = 8 + (w — 1)2 16 = 8 + 2n — 2 18 = 8 + 2n 9 = 4 + n n — 5.3e formule : S = (a + ()n 2 S = (8 + 16)5 2 S = 60.~ Rép.60 lieues.4.Une personne commence un petit négoce avec 12s 6d et gagne 3s 3d la première semaine et continue ainsi, augmentant son gain de 3s 3d.par semaine.Au bout d'un certain temps elle se trouve à gagner £8 15s dans une semaine.Combien a t-elle d’argent en tout ?s inoonnu.( 1ère formule : l — a + (n — I )d a = 12s 6d = $2.50 ) 35 0 = 250 + (n — 1) 65 d 3s 3d = 65 cts.j 3500 = 250 + 65re — 65 1 £8 15s = $35.00 y 3250 = 65n — 65 3315 = 65n n = 3315 ,, “ST 51 n = 51 (1) 3e formule S.= (a + l,n ~2~ (1) S = (250 + 3500)5i 2 S = 3750 + 51 2 d’où S = 191250 2 S = $956.25 cts = £239 ls 3d Rép.£239 ls 3d.PROBLÈME 12e 1.Le premier terme d’une progression arithmétique est 1, le dernier 100, le nombre des termes 10.Quelle est la somme des termes ?£ inconnu ( 3e formule : S = (a + l)n a = 1 \ 2 1 = 100 ) & II o X o ,n = 10 ( A 2 D’où S = 1010 2 S = 505.2.Un homme achète 17 verges de drap ; pour la première il donne 3s., et augmentant en progression, il donne lus.de la dernière.Combien paie-t il le tout ?3e formule : S = (a + ?)n s inconnu, n = 17 a = 2s 1 = 10s S = (2+10)17 3.Combien de coups frappe heures ?le 6 + 17 = 102s ou Rép.£5 2s.timbre d’une horloge en 11 s inconnu r 3e formule : S = (o + ()n a = 1 1 = 12 n = 12 N s = s = 13 _ x ü 156 12 78 Rép.78.4.Un ouvrier entre dans un chantier à raison de premier mois, e.t on lui promet d’augmenter d’une somme égale chaque mois.Le dix-neuvième mois reçoit £3 10s.Combien a-t-il gagné en tout ?7s pour le son salaire s inconnu, a = 7s 1 = 17s n = 19 3e formule : S = (a + La (7 + 70) 19 ü X 19 S = 1463 2 S = 731s 6d = £36 Ils 6d.Rép.£36 Ils 6d.(d continuer) A Lamy, inst.PÉDAGOGIE • Leçon de choses LE TÉLÉGRAPHE I.c Maître.—Vous êtes éloignés de quelqu’un, d’un parènt, d’un ami : c’est votre frère qui est soldat, c’est un de vos camarades qui habite Paris, et vous avez quelque chose à lui demander, à lui communiquer ; comment vous y prendrez-vous ?Les Elèves.—Nous lui écrirons une lettre.Le M.—Et cette lettre, comment lui parviendra-t-elle ?Les E.—Par la poste.Le M.—Très-bien.Grâce aux chemins de fer, la poste transmet rapidement les nouvelles ; mais il est parfois nécessaire que la lettre ou la dépêche arrive plus vite encore à destination : que faire alors ?Les E.—On envoie une dépêche télégraphique.Le M.—Pourquoi cette dépêche s’appelle-t-elle ainsi ?Les E.—Parce qu’elle part par le télégraphe.Le I/.—Le télégraphe ! voilà une chose dont vous avez souvent entendu parler, sans vous être demandé ce que ce peut bien être.Les A — Nous savons ce que c’est, Monsieur ; ce sont des fils de fer qui suivent le long des chemins de fer on des routes.Le J/.—En effet, ces fils de fer qui ont attiré votre attention servent pour les télégraphes actuels, mais ces télégraphes comprennent bien d’autres appareils que je désire vous faire connaître.Je vous dirai d’abord ce qu’en général on appelle télégraphe.Ce nom, mes amis, signifie appareil servant à écrire de loin ; il désigne donc tout appareil qui transmet, avec une JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 9 grande rapidité, des dépêches quelconques, au moyen de signaux.L’invention du télégraphe électrique ne date pas de loin : c’est à peine depuis trente ans que l’usage s’en est introduit en France.Mais auparavant n’existaient-il pas d’autres télégraphes ?Les E.—Pardon, Monsieur, vous nous avez dit l’autre jour qu’il y en avait sur les hauteurs.Le M.—Oui, mes unis ; et ce" télégraphes élevés, qui faisaient 'les signaux en l’air, p étaient le nom de.Les E.—Télégraphes aériens.Le M.—C’est bien cela.Pour créer un télégraphe aérien, on choisissait entre deux villes, Paris et Lille, par exemple, les lieux les plus élevés, distants d’environ 12 à 15 kilomètres.Sur chacune de ces hauteurs, on établissait une station télégraphique.C’était bien simple : un mât ou gros poteau de bois s’élevait de 4 à G mètres au-dessus du toit d’une tourelle.Tout au haut et eu travers de ce mât était une pièce de bois qui, par son milieu, pouvait tourner à volonté : cette pièce s’appelait le régulateur.Enfin, à chaque bout de ce régulateur, était un bras en bois nommé indicateur, mobile autour du régulateur.(Le maître dessine au tableau noir les diverses parties du télégraphe).L’employé du télégraphe, ou le guetteur, placé dans la tourelle, faisait prendre à volonté, au régulateur et aux indicateurs, des positions différentes, dont chacune avait sa signification particulière ; c’étaient là les signaux.Ces signaux étaient parfaitement distingués du télégraphe voisin par le guetteur qui s’y tenait, muni d’une longue-vue ; ce guetteur répétait les signaux et les transmettait ainsi à la station suivante, et toujours de même jusqu’à l’extrémité de la ligne.—Une dépêche pouvait être j transmise de Paris à Lille (222 kilomètres) en deux; minutes.Le télégraphe aérien rendait de grands services ; mais il avait deux défauts.Ne les devinez-vous point ?Les E.—Pardon, Monsieur ; il ne pouvait marcher pendant la nuit, ni même parfois pendant le jour, quand ! la pluie ou les brouillards empêchaient de voir les! signaux.j Le M.—Revenons au télégraphe électrique, dont la j première ligne a été inaugurée aux Etats-Unis, en 1844.! Vous savez sans doute pourquoi l’on a donné ce nom au 1 nouveau télégraphe ?Les A.—Oui Monsieur; c’est parce qu’il marche par! l’électricité.Le M.—Et qu’est-ce que l’électricité ?Les E.—C’est quelque chose qui est dans l’air, dans les! nuages, et qui fait les orages, les éclairs, le tonnerre.Le M.—L’électricité, en effet, produit les orages ; mais elle n’est pas seulement dans l’air, dans les nuages ; on la rencontre partout ; elle est absolument partout, même en nous ; mais elle se tient si tranquille que nous ne la sentons pas.On ne peut la voir ni la saisir, et pourtant elle existe.Cela vous étonne ; ne connaissez-vous donc rien autre chose qui existe, et que pointant vous ne voyez point, vous ne pouvez saisir ?Les E.—Pardon, Monsieur, Pair, la chaleur.Le M.—Eh bien ! l’air est-il visible ?n’est-il pas insaisissable ?et, s’il était toujours en repos, en soupçonneriez-vous jamais l’existence ?Mais prenez un éventail, votre cahier, par exemple, ou votre chapeau ; agitez-le près de votre visage ; aussitôt, l-’air se fait sentir, vous ne doutez plus qu’il existe, et cela pour l’avoir mis en mouvement.Le vent n’est-il pas d’ailleurs de Pair qui coule avec plus ou moins de violence d’un pays dans un autre ?Il en est de l’électricité comme de Pair.L’électricité est-elle en repos, rien ne dévoile sa présence ; mise en I mouvement, elle produit de tels effets qu’on est bien! forcé d’v croire, Tenez, voici un bâton de cire d’Espagne ; je le frotte sur le drap de ma manche, et je l’approche de ces petites parcelles de papier : qu’arrive-t-il ?Les E.—Eh ! voilà que les petits bouts de papier se soulèvent tout seuls et vont se coller au bâton.Le M—C’est cette chose invisible qui attire le papier après qu’elle a été mise en mouvement par le frottement, que l’on nomme l’électricité.Mais comment cette électricité, qui habiterons les corps, peut-elle être mise en mouvement ?C’est que, mes amis, il y a deux sortes d’électricités : quand elles sont réunies, on ne les voit pas, on ne les sent pas ; mais dès qu’on les sépare, soit par le frottement, soit de toute autre manière, elles cherchent à se réunir de nouveau.Elles courent alors avec une vitesse prodigieuse à travers les corps et suivent de préférence les métaux, le fer, le cuivre, etc.Puis, quand elles sont assez rapprochées, elles s’élancent au-devant l’une de l’autre en jetant une flamme ; c’est l’éclair dans l’orage, et en produisant en même temps une explosion ou un grand bruit, c’est le tonnerre.Après bien des recherches, bien des essais, les savants ont trouvé plusieurs moyens de séparer les deux électricités ot de les réunir ensuite.De plus, ils ont fait une découverte importante qui a amené la construction des télégraphes électriques.Voici ce qu’ils ont reconnu.Si l’on fait courir l’électricité dans un fil de cuivre enveloppé de soie et enroulé autour d’un barreau de fer pur, ou fer doux, ce barreau s’aimante aussitôt.Ah ! voilà un mot qui n’est pas nouveau pour vous : qui de vous n’a pas eu entre les mains un aimant '! Les E.—Charles en a un dans sa poche, Monsieur ; il s’amusait tout à l’heure avec des plumes.Le M.—Charles fera bien de ne plus l’apporter en classe ; mais dites-moi quelle est la propriété de ce petit fer à cheval aimanté ?Les E.—Il attire à soi les plumes, les aiguilles, les pointes, les clous et tous les petits objets en fer.Le M.—Oui, l’aimant attire le fer.Qu’arrivera-t-il donc, lorsque le barreau de fer doux sera aimant par le courant électrique ?Les E.—Ce barreau attirera et retiendra collés après lui les morceaux de fer qui seront assez proches.Le M.—Oui, mes amis, mais il y a encore ceci de particulier, c’est que, si le courant électrique cesse de circuler dans les fils de cuivre, toute aimantation cesse, et alors ?Les E.—Le barreau quitte le morceau de fer.Le M.—Bien, très bien.Ce barreau ainsi aimanté par l’électricité a reçu le nom d'électro aimant.On lui donne généralement la forme d’un fer à cheval.Le fil de cuivre enroulé passe de la première branche à la seconde, autour de laquelle il s’enroule pareillement.Avez-vous bien compris ce que l’on entend par l’électricité ?Les E.—Oh ! oui, Monsieur, c’est une chose qui est dans tous les corps, qu’on ne voit pas et qu’on ne peut pas sentir quand elle est tranquille.Le M—Et quand devient-elle sensible ?Les E.—Lorsqu’on sépare les deux élccti icités.Le M.—Qu’arrive-il alors ?Les E.—Les deux électricités courent vite, très-vite, à travers les corps pour se rencontrer, et quand elles arrivent l’une sur l’autre, elles se réunissent avec flamme et explosion.Le .1/.—Comment peut-on aimanter le fer par l’électricité ?Les E.—On fait courir l’électricité dans un fil de cuivre enveloppé de soie qui tourne autour du fer.Le M.—Les savants, vous ai-je diC, ont découvert le moyen de séparer les deux électricités et de les faire courir dans des fils métalliques, des fils de fer ou de to JOURNAL DÏÏ L’INSTRUCIION PUBLIQUE cuivre.On y arrive de plusieurs façons, je me contenterai de vous en indiquer une.On a un vase de faïence qui contient de l’eau, à laquelle on a mêlé un liquide nommé acide sulfurique ou huile de vitriol ; on plonge dans ce vase un cylindre creux ou gros tuyau de zinc ; puis dans ce cylindre on place un vase poreux en terre et plein d’un liquide appelée acide azotique ou eau forte ; enfin, dans ce dernier liquide, on plonge une plaque épaisse de charbon.Cet appareil porte le nom de pile, parce que le premier qu’on ait fait se composait de rondelles de cuivre et de zinc rangées en pile les unes sur les autres.Si on attache un fil métallique au charbon, un autre fil au cylindre de zinc, dans la pile que je vous ai décrite, l’électricité de la pile se met en mouvement ; les deux sortes d’électricités se séparent ; l’une va dans le premier fil, l’autre dans le second fil, et, si l’on rattache l’une à l’autre les extrémités des fils, le courant électrique circule dans le fil sans s’arrêter.Qu’arrivera-t-il donc si ce fil, dans sa route, s’enroule autour d’un morceau de fer ?Les E—Le fer sera aimanté.Le M.—Et si l’on arrête le courant ?Les E.—Il n’y aura plus d’aimantation.Le M.—Supposez maintenant que la pile soit à Nancy, que l’un des fils, celui qui s’attache au charbon, aille s’enrouler à Lunéville sur un électro-aimant et qu’il retourne ensuite à Nancy, où il se rattache au zinc de la pile.Supposez aussi qu’à Lunéville, un peu au-dessus de l’électro-aimant, on dispose une plaque de fer retenue par un ressort qui la ramène toujours à la même place, quand on la lâche, après l’avoir tirée en bas.Les choses ainsi arrangées, que se passe-t il à Lunéville, dès qu’à Nancy on fait partir le courant électrique ?Les E.—La plaque de fer se précipite sur l’électro-aimant.Le M.—Et si, à Nancy, on interrompt le courant ?Les E.—L’aimantation cesse, et le ressort ramène la plaque à sa première position.Le il.—Parfaitement.Ainsi la plaque peut être attirée et repoussée à Lunéville, comme on le veut à Nancy ; elle peut être retenue plus ou moins longtemps contre l’électro-aimant.Comprenez-vous qu’il soit possible de faire à Nancy des signaux qui se répètent tout de suite à Lunéville ?Les E.—Oh ! mais oui, Monsieur.Le M.—Allons, voilà que nous sommes sûrs que par l’électricité il devient possible de communiquer rapidement d’une ville à une autre.Vous devinez bien déjà, qu’outre la pile, il faut un appareil qui produise ies signaux dans la station de départ, et un autre appareil qui reçoive ces signaux à la station d’arrivée.Le premier de ces appareils se nomme le manipulateur, le second le récepteur.Reprenons Nancy pour la station de départ, et Lunéville pour la station d’arrivée.Entrons donc au bureau télégraphique de Nancy.Une dépêehe va être envoyée à Lunéville.Voici l’employé qui s’approche du manipulateur : il appuie sur une poignée qui en fait partie ; le courant est établi et part pour Lunéville.Si vous étiez en ce moment au bureau de Lunéville, le bruit d’une sonnerie, que le courant fait marcher, frapperait vos oreilles : elle avertit l’employé de Lunéville qu’il va recevoir une dépêche ; cette sonnerie lui dit : u Attention 1 ” Mais voilà qu’une sonnerie se fait entendre près de nous ; ne vous étonnez point, c’est l’employé de Lunéville qui répond : “ Allez, dit-il, je suis là.” Regardez bien : l’employé envoie la dépêche qu’il a sous les yeux ; le voilà qui pousse sur la poignée, il la quitte, la presse de nouveau pour la quitter encore, et toujours ainsi, en appuyant plus ou moins longtemps.Presse-t-il sur la poignée ?le cornant marche ; cesse-t-il de presser?le courant est interrompu.Et que se passe-t-il à Lunéville pendant ce temps ?voyons, dites-le moi vous-mêmes.Les E.—Quand on presse à Nancy sur la poignée, l’électro-aimant attire à Lunéville la plaque de fer ; quand on ne la presse plus, la plaque repart à sa place.Le M.—Et ces signaux se produisent tellement vite, qu’un loustic voulant donner une idée originale de cette vitesse prodigieuse, dit à un ami qui le questionnait : “ Tu ne sais pas, lui dit-il, ce que c’est que le télégraphe ?Eh bien ! figure-toi un grand chien dont la tète serait à Lunéville et la queue à Nancy : quand on lui marche sur la queue à Nancy, il aboie à Lunéville.” Pour parler plus sérieusement (car il ne faut pas toujours rire en classe), je vous dirai qu’en une seconde, le courant électrique ferait trois fois le tour de la terre.Mais voyons, comment peut-on comprendre à Lunéville ce qui est indiqué à Nancy ?C’est ici l'affaire du récepteur établi à la station d’arrivée.La plaque de fer qui va et vient au-dessus de l’électro-aimant est remplacée par une barre de fer ou levier.Ce levier est assez long et peut osciller comme le fléau d’une balance : il comprend donc deux branches dont l’une s’élève quand l’autre s’abaisse.Une des branches ou bras est au-dessus et rapprochée de l’électro-aimant ; l’autre, dont l’extrémité porte une pointe en acier relevée en l’air, est attirée en bas par un ressort.A peu de distance et un peu au-dessus de la pointe d’acier, passe une bande de papier qui se déroule toujours avec la même vitesse.On vient d’appuyer à Nancy sur la poignée du manipulateur.le télégraphe marche ; vite au récepteur ! La première branche du levier s’abaisse et frappe l’électro-aimant ; l’autre branche se relève, et la pointe d’acier venant appuyer sur la bande de papier y laisse une trace, une ligne plus ou moins longue, suivant la durée de l’aimantation ; c’est-à-dire selon que fou presse plus ou moins longtemps la poignée du manipulateur.Si le courant n’agit qu’un instant, un point seulement est indiqué sur le papier.L’employé de Nancy trace donc à volonté des points ou des traits sur la bande de papier du récepteur de Lunéville.Reste maintenant à déchiirrer la dépêche écrite en traits et en points.On est convenu de ne se servir que du point et d’un trait toujours égal.Un point et un trait repx-ésentent la lettre a (—) ; Un trait et deux points, la lettre b (—), etc.On figure aisément, de cette manière, toutes les lettres et tous les chiffres, et une fois la dépêche transmise en points et en traits, c’est bientôt fait de l’exprimer en écriture ordinaire.Vous ne tomberez plus, n’est-ce pas, dans cette erreur de certaines gens qui croient que l’on envoie par le télégraphe des lettres, des paquets, etc.; et, à ce propos, je me rappelle une petite anecdote que je veux vous conter.Un brave paysan, une paire de bottes neuves à la main, se tenait près d’un poteau d’une ligne télégraphique.11 paraissait très-embarrassé.Enfin, il avise un monsieur et lui dit poliment : “ Pourriez-vous me renseigner, Monsieur ?Je voudrais envoyer ces bottes à mon fils qui est soldat ; il en est pressé, et on dit qu’il n’y a rien qu’il aille si vite que le télégraphe.” “ Parbleu ! lui répond l’autre, attachez vos bottes à ce poteau, et votre fils les aura bientôt.” Le paysan s’empresse de suivre ce malin conseil, va faire un tour en ville et repasse plus tard près du poteau si complaisant.O surprise ! deux vieux souliers tout usés, tout déchirés, se balancent à la place où il avait laissé les bottes neuves.Un nassant mal chaussé et peu scrupuleux avait profité de la circonstance pour faire un heureux échange.“ Diable ! s’écrie notre homme, ça va vite tout de même, v’ià mon gaillard qui a renvoyé ses vieux souliers ! ” JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 11 Nous avons va comment, a l’aide d’un manipulateur établi à Nancy, et d’un récepte r établi à Lunéville, on expédie n e dépêche de la première de ces deux villes à la seconde ; mais pourrait-on en envoyer une de Lunéville à Nancy ?Les E.—Non, Monsieur ; pour cela, il faut un manipulateur à Lunéville et un récepteur à Nancy.Le .1/.—Il nous reste à parler des fils conducteurs, qui vont d’une station à l’autre : ils sont de fer et recouverts d’une mince couche de zinc qui les préserve de la rouille.Et par quoi sont-ils soutenus en l’air ?Les E.—Par des poteaux de sapins plantés en terre à une certaine distance les uns des autres.Le M.—Sont-ils en contact avec ces poteaux ?Les E.—Non, Monsieur, les fils passent dans des crochets fixés dans le creux de petites cloches en porcelaine, attachés elles-mêmes aux poteaux.Le M.—Oui, et en voici la raison : la porcelaine ne conduit pas, comme le fer, le bois, etc., l’électricité ; sans ces cloches de porcelaine, une partie du courant d’électricité quitterait les fils conducteurs, et se perdrait en passant dans les poteaux.Le télégraphe que nous avons décrit se nomme le télégraphe écrivant.Savez-vous pourquoi ?Les E.—C’est parce qu’il écrit tout seul sur la bande de papier.Le M.—Vous avez deviné juste.D’autres télégraphes sont aussi en usage : il y a le télégraphe à cadran et le télégraphe à signaux.Les principaux appareils sont toujours les mêmes ; ainsi on y retrouve : Les E.—La pile, le manipulateur, le récepteur cl les fils conducteurs.Le M.—Dans le télégraphe à cadran, le manipulateur et le récepteur sont munis chacun d’un cadran sur lequel se meut une aiguille.L’employé qui envoie la dépêche fait tourner l’aiguille en s’arrêtant sur les lettres composant les mots de la dépêche.Alors que se passe-t-il sur le cadran du récepteur ?Ai-je besoin de vous le dire ?Les E.—Nous le devinons bien : l’aiguille du récepteur marche toute seule sur le cadran, s’arrête sur les mêmes lettres, et l’employé n’a qu’à les écrire les unes après les autres : il en forme des mots, et il a la dépêche.Le M.—Très-bien.Enfin, dans le télégraphe à signaux, le récepteur estmuni d’une boite sur le devant de laquelle est appliquée une plaque blanche.Sur cette plaque est tracée une bande noire qui est fixe ; aux extrémités de cette bande sont deux rayons mobiles qui servent d’indicateurs comme dans le télégraphe aérien.Ces rayons marchent par l’électricité et font quarante neuf signaux différents.J’allais oublier de vous dire que le retour du fil conducteur du récepteur au manipulateur est tout à fait inutile : il suffit, après l’avoir fait passer autour de l’électro-aimant du récepteur, à Lunéville, d’enfoncer ce fil dans le sol.On a mis aussi à Nancy, en communication avec le sol, le fil de la pile qui .l’est pas conduit à Lunéville.N’avez-vous jamais entendu parler des télégraphes sous-marins, c’est-à-dire.Les E.—Sous la mer.Le il/.—Ces télégraphes ne diffèrent des autres que par les fils conducteurs.Les fils ordinaires ne suffisent plus : plongés sous les eaux, ils seraient bientôt brisés par les agitations de la mer.On les remplace par des cables faits de quatre fils de cuivre, entourés de dix très-gros fil de fer.Ces cables pèsent plus de 4,000 kilogrammes par kilomètre.Le premier télégraphe sous-marin fut établi en 1804 entre Douvres (Angleterre) et Calais (France).Trois câbles renfermant des fils télégraphiques jetés au fond de l’Océan, relient l’Europe à l’Amérique : doux partent de l’Angleterre et le troisième part de la V rance.Celui d’Irlande à Terreneûve à une longueur de 3,000 kilomètres.L’Europe peut ainsi communiquer avec l’Amérique, et à travers l’Océan, en quelques secondes.Voulez-vous savoir, mes enfants, quelle fut la première de toutes les dépêches envoyées par l’Amérique à l’Europe après la pose du câble qui traverse l’Atlantique ?Ce furent des paroles de piété envers Dieu et de charité envers les hommes : “ Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! “Ce noble monument de la science et de l’industrie sera sacré pour tous les peuples, fût-ce dans le cours de la plus cruelle guerre ; ou plutôt annonçant la fin de la guerre, il sera un lien d’amitié et de paix entre les deux mondes ; il servira à répandre dans l’univers entier la fraternité, la justice et la civilisation.” Voilà, mes amis, que vous connaissez une des merveilleuses applications de l’électricité.Le télégraphe électrique est une de ces inventions qui font honneur à l’intelligence humaine.Mais que d’études, que d’essais n’a-t-il nas fallu avant d’atteindre à des résultats aussi surprenants !.La nature, mes enfants, est avare de ses secrets ; elle ne les révèle qu’à ceux qui ne se lassent point de chercher, et qui, à une intelligence supérieure, savent unir un travail persévérant et un ardent désir d’être utile à la société.—Honneur donc aux savants, qui consacrent leur vie, leur tranquillité, aux études et aux recherches laborieuses, dont plus tard nous recueillerons les fruits !—(Le Journal clcs Instituteurs).BULLETINS Bibliographie UNE COLONIE FÉODALE EN AMÉRIQUE L'Acadie (1604-1710), par M.Rameau.—1 vol.in-18.Paris, 1877.Didi r.(Du Moniteur Universel, 27 novembre) La destinée de nos établissements coloniaux rappelle les plus poignants souvenirs de notre histoire.La France a perdu, au 18e siècle, un empire dans l’Inde et un autre empire dans l’Amérique du Nord.La chute de sa domination dans l’Inde est un événement considérable, si l’on veut, mais il n’a pas l’importance de la perte du Canada et de la vallée du Mississipi, au point de vue de l’avenir de notre race.Sans les désastres de la guerre de Sept-Ans, on parlerait aujourd’hui français, au lieu de parler anglais, depuis l’embouchure du fleuve Saint-Laurent jusqu’aux frontières du Mexique et aux Montagnes Rocheuses.Quelques-uns des Etats de l’Union Américaine ont conservé leurs noms français : tels sont le Maine, le Vermont, la Louisiane.Deux ou trois cents villes des Etats-Unis sont dans le même cas ; il y a parmi elles la Nouvelle-Orléans et Saint-Louis du Missouri.Des noms français et des français d’origine qui ont été dépouillés de leur nationalité, il y en a ailleurs : il y a l’ile de France, Maurice, les Séchelles, Saint-Domingue, plusieurs autres îles de la merdes Antilles, celle du golfe St.Laurent, Terre Neuve entre autres.11 est possible que ces rameaux séparés du tronc disparaissent dans le gouffre du temps.Mais il y a une de nos anciennes colonies qui résistera : c’est le Canada.Depuis les confins de la Nouvelle-Angleterre jusqu’au fond du continent nord-américain, les rivières, les montagnes, les lieux habités et non 12 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE habités, ont conservé des noms français ; la race française s est en outre assise sur les bords du Saint-Laurent et de ses affluents de manière à n’en pouvoir être délogée.Elle y forme un groupe compact de plus de 1,600,000 âmes qui descendent de 69,500 colons abandonnés en vertu du traité de 1763.Dans l’intervalle de 1810 à 1870, la population française du Canada s’est accrue de 82,000 âmes.La mère-patrie ne s’intéresse point assez au sort d un peuple qui est sorti d’elle-même, qui lui est resté fidèle par les mœurs, par la religion, par la langue.Il continue pourtant de préoccuper quelques personnes chez nous.On peut citer parmi elles M.Rameau, qui a fait un long séjour parmi les Canadiens-Français, qui les a étudiés avec soin, et a essayé de les faire connaître dans uneœuvre du plus vif intérêt, et qui n’a pas obtenu le retentissement qu’elle mérite,—La France aux colonies, I vol.in 8o, Paris, 1859—et qu’on consultera plus tard comme une source autorisée.M.Rameau s’est demandé depuis par quels moyens s’était développée la colonisation du Canada.11 répond à cette question à propos de l’Acadie.L’Acadie, maintenant appelée la Nouvelle-Ecosse, est un canton isolé de notre ancienne colonie du Canada.Elle occupe à l’extrémité du golfe Saint-Laurent une presqu’île dont le chef-lieu, Port-Royal, devenu Anna-polis en mémoire de la reine Anne Stuart, lors de la cession de l’Acadie à l’Angleterre par le traité d’Utrecht (1713), a été notre premier établissement en Amérique (1604).Il y avait environ 2,0u0 colons en Acadie au moment de la conquête anglaise (1710) et 14, 000 en 1750.Cinq ans après (1755), la colonie fut réduite à 2,500 âmes par l’effort que tentèrent les Anglais en vue d’y détruire l’élément français.Les colons furent déportés ou dispersés brutalement.Cet épisode de l’histoire de l’Acadie a été depuis l’objet du poème cl'Evangéline, par Longfellow.Cependant les Acadiens ont survécu à cette épreuve, car au recensement de 1871, ils étaient au nombre de 88,790, ce qui est un exemple de fécondité peu commun.L’Acadie, comme le Canada du reste, n’a pas été colonisée par les procédés en usage au 19e siècle.L’émigration moderne a un caractère particulier.Elle n’eût pas été possible à une autre époque.Elle se compose, en effet, du trop plein de la population européenne.Les émigrants sont en majorité des aventuriers ; parmi ceux fort nombreux néanmoins qui ne sont pas aventuriers, la plupart sont dépourvus de ressources.Ils arrivent dénués et réussissent souvent malgré tout, parce qu’ils abordent sur une terre défrichée et déjà riche.On peut ajouter que les trois quarts sont d’origine urbaine et vont recruter de préférence les villes industrielles des Etats-Unis et de l’Amérique espagnole où, quoique l’émigration afflue, la colonisation agricole est lente.Le développement rapide et continu de la colonisation française en Acadie et au Canada consiste dans le fait qu’elle fut d’abord et qu’elle demeure à peu près exclusivement agricole.Elle s’est emparée du sol et le conserve, ce que ne font pas les flots d’émigrants urbains qui vont d’un centre industriel à un autre, sans sc fixer ni créer de famille.Pourquoi les anciens colons de l’Acadie et du Canada étaient-ils des agriculteurs ?D’abord parce que le régime industriel, qui est le cachet actuel de la civilisation, n’existait pas ; puis, parce que sur un sol vierge il est toujours nécessaire de commencer par le défrichement, sous peine de mort.Il y a encore une autre raison ; il n’y avait de ressources dans le bassin du Saint-Laurent que dans l’exploitation du sol.Au Mexique et au Pérou, les Espagnols trouvèrent de l’or à prendre et une société à exploiter ; aux Antilles, les flibustiers français trou-4'èrent à faire la course.Au nord du continent américain, il n’y avait rien de pareil à faire, sauf la pèche et le commerce des pelleteries.Enfin le système colonial du temps différait du nôtre.D’une part, il n’y avait gnères à réclamer l’intervention de l’Etat ; de l’autre, les classes laborieuses n’avaient aucun moyen pratique de s’expatrier.Ce fut la noblesse féodale qui colonisa l’Acadie et le Canada ; elle le fit d’après les principes en vigueur en matière de propriété.Ceci exige une courte explication.Le progrès récent des études historiques a permis de constater, contrairement aux opinions accréditées par les publicistes du 18e siècle, qu’au moyen âge la propriété en France était très divisée.Chaque famille avait une maison d’habitation et un lopin de terre attenant : les mœurs en faisaient un devoir, tradition qui subsiste dans les pays comme l’Angleterre et l’Allemagne, qui ont un passé féodal, et ouJa possession du foyer domestique est une institution sociale.Les fiefs n’étaient guère la grande propriété telle qu’on se la figure volontiers.Les petits fiefs, c’est-à-dire ceux composés de terres que le maître pouvait exploiter lui-même, occupaient une étendue énorme du territoire.Les autres se composaient de deux parts ; l’une sous la dépendance directe du seigneur, exploitée par lui ou de compte à demi—métairies,—l’autre formée de terres accensécs.Le possesseur de ces dernières terres devait au seigneur, outre la foi et l’hommage, une rente perpétuelle, en argent ou en nature, soit parce qu’il les tenait du seigneur, soit parce qu’il en recevait des services ; il était tenancier.Au 15e siècle, le fait est que l’agriculteur est propriétaire ou tenancier de la terre qu’il exploite.Mais une révolution est commencée ; les villes sont devenues les centres de la richesse publique ; le bourgeois commerçant, l’artisan aisé, achètent des biens ruraux qu’ils afferment, absolument comme de nos jours, fl en résulte bientôt que le seigneur terrien et le propriétaire rural, habitant sur son champ, ne trouvent plus à établir leurs cadets.Ce sont eux qui, à partir du 16e siècle, vont chercher dans le nouveau monde les terres qu’ils ne trouvent plus autour d’eux.Là, ils s’établissent suivant les règles du droit féodal : ils créent des seigneuries sur lesquelles ils placent des métayers aménés par eux et à leurs frais ; ils cèdent le restant de leur domaine à des tenanciers censitaires également amenés par eux.“ L’émigration, dit M.Rameau, vint d’en haut et non d’en bas ; ce ne fut point le désir de la fortune qui poussa les paysans à aller se faire métayers ou tenanciers en Amérique ; ce furent les seigneurs qui, ayant obtenu des concessions seigneuriales, vinrent solliciter et engager les familles de cultivateurs à les suivre, afin de peupler leurs fiefs déserts de feudataires et de tenanciers agricoles.Ces fermiers vinrent de confiance prendre dans le Nouveau-Monde, auprès du seigneur terrien, la place traditionnelle qu’ils occupaient depuis plusieurs générations.Seulement tout le monde, gentilshommes, bourgeois, paysans tenanciers, furent en même temps frappés de cette considération que désormais l’expansion et l’établissement de leurs familles s’opéreraient plus facilement autour de la maison paternelle, dans les terres désertes et immenses vers lesquelles on se dirigeait.” Ils obéissent donc à deux mobiles : l’idée féodale et l’idée de famille.Les choses se sont passées de cette façon en Acadie, comme au Canada, comme dans l’Etat actuel de New-York, colonisé par les Hollandais, comme dans le Maryland et la Virginie, peuplés par les cadets des grandes familles anglaises, avant que les cavaliers du temps de Charles 1er et de la guerre civile allassent y chercher un asile et y constituer la famille sur le modèle des familles de l’aristocratie rurale de la Grande-Bretagne.Cette méthode de colonisation n'était pas nouvelle en JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 13 Europe.C’était la méthode séculaire de l’Occident, où la majeure partie du sol fut défrichée d’après le même procédé.Durant les croisades, on avait vu des milliers de cadets de famille se comporter ainsi, en Terre-Sainte, dans l’ile de Chypre, en Grèce, dans les provinces du Bas-Empire conquises par l’armée de Baudouin, comte de Flandres, qui prit Constantinople en 1205.La pensée d’agrandir la patrie entrait aussi pour une part considérable dans les expéditions des premiers colons de l’Acadie.Marc Lescarbot, un des chefs de l’expédition de 1G04, est l’auteur d’une Histoire de la nouvelle France (1609), dans la préface de laquelle on lit ces paroles bizarres, mais significatives : u A la France ! bel œil de l’univers, ancienne nourrice des lettres et des armes, secours des affligés, ferme appui de la religion chrétienne, très-chère mère, ce serait vous faire tort de publier ce mien travail,—chose qui vous époinoonnera— sans votre nom, sans parler à vous et vous en déclarrrle sujet ; il vous faut, chère mère, faire une alliance imitant^ le cours du soleil, lequel comme il porte chaque jour sa' lumière d’ici (Paris] en la Nouvelle France, ainsi que continuellement votre civilité, votre justice, votre piété, bref votre lumière se transporte là même par vos enfants.” Ce ne sont, d’ailleurs, pas des richesses que les premiers colons de l’Acadie convoitaient.Lescarbot le proclame hautement.u Chacun dit : Y a-t-il des trésors ?y a-t il des mines d’or et d’argent ?et personne ne demande : Ce peuple là est-il disposé à entendre la doctrine chrétienne ?Quant aux mines, il y en a vraiment, mais il faut savoir les fouiller ; lapins belle mine que je sache, c’est du blé et du vin avec la nourriture du bestail ; qui a ceci, il a de l’argent, et des mines, nous n’en vivons point.’’ Ce jovial personnage est un pharmacien qui herborise, tandis que scs compagnons construisent des huttes, sèment du blé, parquent le bétail, amené de France, défrichent les bois, explorent les alentours, s’abouchent avec les indigènes.Ils ne sont qu’une poignée (40 environ) sous la conduite de DeMonts et de Poutrincourt qui ont formé une société agricole et commerciale avec privilège de la couronne.Le golfe de Port-Royal-Annapolis, tel qu’il apparut aux émigrants de 1604, est ainsi décrit par Lescarbot : “ Ce port est environné de montagnes du côté du nord ; vers le nord, ce sont coteaux, lesquels versent mille ruisseaux qui rendent lelieu agréable plus que nul autre du monde, et il y a de fort belles chutes pour faire des moulins de toutes sortes.A l’est est une rivière entre les dits coteaux et montagnes, dans laquelle les navires peuvent faire voile jusqu’à quinze lieues, et, durant cet espace, ce ne sont que prairies d’une part et d’autre de ladite rivière, laquelle fut appelée l'Egaillé.Mais ledit port, pour sa beauté, fut appelée Port-Royal.Le sieur de Poutrincourt, ayant trouvé le lieu à son gré, il le demanda avec les terres y continentes au sieur de Monts, ce qui lui fut octroyé, et, depuis, en a pris lettres de ! confirmation de Sa Majesté avec intention de s’v retirer avec sa famille, pour y établir le nom chrétien et1 françois, tant que son pouvoir s’étendra.” Les indigènes, bien traités par les nouveaux venus, se j tirent leurs alliés.La recherche de leur amitié est un j point.de la politique coloniale de la France sur lequel les instructions de la mère-patrie n’ont pas varié.Les Indiens, refoulés ou détruits comme des fauves par les colons anglais, ont été, durant un siècle et demie, dans l’Amérique du Nord, les constants alliés de la France, et cette alliance a survécu à notre domination.Les j chasseurs jadis au service de la compagnie de la Baie j d’Hudson ont laissé dans lout l’ouest de l’Amérique j anglaise des souvenirs que perpétue une race de métis fort nombreuse relativement.Les métis canadiens tiennent le centre du continent depuis la Baie d’Hudson jusqu’à l’océan Pacifique.La bataille livrée en 1759 dans les plaines d’Abraham, près de Québec, et où succombèrent à la fois le marquis de Montcalm et le général Wolfe, fut l’arrêt de mort des populations Indiennes.Québec avait été fondé en 1G04 par Champlain.Champlain accompagnait DeMonts et Poutrincourt lors de leur débarquement en Acadie.C’était un découvreur poussé par l’esprit d’aventure bien plus que par l’envie d’acquérir des terres.Tandis que les colons de la baie de Port-Royal défrichaient et bâtissaient, lui explorait la vallée du Saint-Laurent, le lac auquel il a laissé son nom, préparait les voies à de futurs établissements plus importants que celui de Port-Royal.Ceux-ci n’en sont moins les ancêtres de cette race énergique de pas ______ _ - paysans acadiens que n’ont pu décourager ni l’âpreté du climat, ni l’abandon de la métropole, ni la guerre, ni la déportation, etqui compte aujourd'hui près de cent mille âmes issues de moins de cinquante familles normandes du 17e siècle.Ce petit peuple n’avait guère d’histoire ; l’œuvre laborieuse de M.Rameau n’en est pas encore une, mais c’est un rayon de soleil qui luit à l’improviste sur les origines de cette race héroïque.L.Derome.Ce que sont les pierres et les cailloux.Pierres précieuses naturelles et artificielles.Production à bas prix des agates, des rubis et des saphirs.Ce que les hommes méprisent ou dédaignent sous les noms de sable, de cailloux et de pierres, ils le recherchent et s’en parent sous le nom de marbre, d’onyx, de perles, de rubis, d’émeraudes.Le chimiste qui examine avec un égal intérêt ces productions si variées de la nature n’a ni ces dédains irréfléchis ni ces préférences exclusives ; chaque partie de la création inerte ou vivante a sa part de son admiration ; ses recherches, quand elles n’ont pas un but exclusivement scientifique, ont pour mobile le désir d’être utile à ses semblables, bien plus que l’amour du gain.C’est par des analyses faites en dehors de toute préoccupation intéressée que l’on a trouvé la composition chimique de la plupart des pierres précieuses Le diamant est du charbon pur ; la perle et le marbre sont, comme la craie, du carbonate de chaux.Le cailloux, la pierre à feu, le sable, le grès sont de la silice (acide cilicique) comme le cristal de roche ou quartz, l’agate, le jaspe, l’opale, la cornaline, l’améthyste.L’alumine (oxyde d’aluminium), corps très répandu dans la nature, puisqu’il est la base des aluns et des argiles, constitue le rubis, le corindon, le saphir oriental.Les deux corps précédents, la silice et l’alumine se combinent .entre eux dans le silicate d’alumine pour former tantôt la terre glaise, l’argile, de si peu de valeur, tantôt la topaze, l’émeraude, le grenat, l’hyacinthe, si recherchés des joailliers Ajoutons que toutes ces pierres précieuses doivent leur prix élevé à leur rareté et leur réputation à leur éclat et à leur dureté, en sorte qu’elles sont employées aussi bien par les horlogers et les opticiens que par les bijoutiers.De même que les anciens alchimistes avaient rêvé de changer les métaux communs en or et en argent, de même les chimistes modernes, en s’appuyant sur des données très-certaines, ont voulu réaliser la transmutation des pierres communes en pierres précieuses.Remarquons que la tranformation du sable en verre à vitre, autrement dit du silex en silicate de potasse, obtenue fortuitement dans l’antiquité, semble être un premier pas dans cette voie.Aujourd’hui le problème paraît scienti fiquement résolu ; de magnifiques échantillons de pierres précieuses sont sortis des creusets des chimistes, et la publicité donnée par les inventeurs à leurs procédés opératoires montre bien que l’amour seul de la science présidait à leurs travaux.Citons d’abord une récente expérience de M.Emile Monnier.En plaçant une solution de silicate de soude ou dépotasse dans un flacon, et en faisant couler lentement dans l’intérieur une dissolution d’acide oxalique, il se forme deux couches bien dis tinctes ; peu à peu par endosmose, l’acide oxalique passe dans la liqueur renfermant le silicate, la décomposition de ce sel s’effectue, et, au bout de quelques jours, il s’est formé au fond lï JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE du flacon un dépôt de silice qui présente tous les caractères de 1 agate naturelle'' comme celle-ci, l’agate artificielle de M, pionnier est cl une dureté telle qu’elle raie le verre ; elle présente d’ailleurs la même forme rubanée.Une seconde expérience faite avec du silicate de potasse et de 1 oxyde de nickel a donné des résultats analogues.La silice s’est déposée lentement et a pris une coloration bleue.Enfin, dans une troisième expérience, M.Monnier a mis en presence du sulfate d’alumine et de l’ammoniaque liquide.L alumine s est déposée sous une forme grenue et dans un état de cohérence telle qu’elle est capable de rayer le verre.M ( luimet, de Lyon, prépare aussi artificiellement un minerai assez rare et d’un prix très-élevé, le lapis lazuli, qui rie se rencontre guere qu’en Asie et qui sert à fabriquer la belle couleur bleue, dite outre-mer, très employée en peinture.Ce résultat a eti obtenu en combinant dans un creuset, sous l’influence d’une temperature très-élevée, les éléments mêmes de cette pierre précieuse, la silice, l’alumine, la soude et le soufre.Mais la communication la plus importante faite dans cet ordre d idées, le mois dernier, à l’Académie des sciences est celle de M.Frémy sur la production artificielle du corindon, du rubis, du saphir et de divers silicates cristalisés.Le corindon est constitué par de l’alumine pure; c’est la substance la plus dure que l’on connaisse après le diamant.Le mbts oriental favec sa teinte rouge, le saphir oriental avec sa teinte bleue, la topaze orientale avec sa teinte jaune, l’émeraude orientale avec sa teinte verte, ne sont que des variétés de corindon.Sous ces différents aspects le corindon constitue des pierres •précieuses dont la valeur est souvent comparable à celle du diamant.On a même vu des rubis plus chers que des diamants Ainsi, dit M.Frémy, la collection du marquis de Drée renfermait un diamant de deux carats, du prix de huit cents francs, tandis qu un rubis du même poids valait mille francs, et qu’un autre de deux carats et demi était estimé quatorze mille francs.On comprend par ce petit aperçu toute l’importance qu’offre la reproduction en grand du corindon, qui de tout temps a exercé la sagacité des chimistes.MM.Feil et Frémy ont opéré en maintenant à une température très élevée, pendant vingt jours, un double creuset contenant un mélange à poids égaux d’alumine et de minium.On retrouve au fond du creuset une magnifique masse cristalline de corindon.Pour obtenir le rubis, on ajoute au mélange d’alumine et de minium, du chromate de plomb.Veut-on produire le saphir ?on se sert de cobalt et de bichromate.Ces rubis artificiels comme les rubis véritables, perdent leur coloration rose quand ils sont fortement chauffés, et la reprennent par le refroidisse ment.L’horlogerie et la bijouterie pourront vraisemblablement utiliser cette découverte.—Depuis quelque temps, on fabrique à Dresde, dans la verre rie de M.Siemens, un verre comprimé qui aurait, paraît-il, les mêmes propriétés résistantes que le verre trempé.La pression étant donnée au moyen de laminoirs, on peut obtenir par cette méthode des plaques de verre de grandes dimensions, d’un bel aspect et susceptibles de recevoir les dessins les plus compliqués.M.Siemens attribue à son verre comprimé une résistance à la rupture qui serait, à celle du verre trempé, dans le rapport de 5 à 3 ; la cassure du premier est fibreuse, tandis que celle du second est cristalline.A épaisseur égale, la résistance d’une plaque comprimée est de sept à dix fois supérieure à celle d’une plaque de verre ordinaire.Des expériences ont été faites devant la Société polytechnique de Berlin sur deux plaques de verre comprimé et ordinaire, de mêmes dimensions et disposées horizontalement, de manière à n’être supportées qu’aux quatre angles.La plaque ordinaire a été brisée par une balle de plomb du poids de 120 grammes tombant d'une hauteur de 3 décimètres, tandis que, pour briser celle de verre comprimé, il a fallu laisser tomber la balle de 3 mètres, et encore la fracture ne s’est-elle pas produite du premier coup.— De Berlin, on mande que l’administration militaire s’occupe de la nouvelle découverte du téléphone, et qu’elle a soumis cet appareil a un examen minutieux.Les expériences faites avec cet instrument ne sont pas encore terminées, mais, d’après les journaux allemands, elles ont déjà conduit à cette conclusion que le téléphone peut être parfaitement utilisé pour des usages militaires.On ajoute qu’une maison de Berlin, connue pour construire des appareils télégraphiques, songe à munir de téléphone les télégraphes construits par elle dans les derniers temps, en sorte qu on puisse, avec les appareils ainsi disposés, correspondre tant par écrit que de vive voix.Des appareils de ce genre, livrés à Saint-Pétersbourg, seraient, dit-on, déjà en usage sur le théâtre de la guerre en Orient.—lTn nouvel engin de destruction vient d’être inventé ; le nom donné à cette machine est : le ballon torpille.Des expériences se font, paraît il, en ce moment à Bridgeport, Etat de Connecticut, aux Etats-Unis, sur cette nouvelle espèce de ballon, qui emporterait dans l’air des torpilles, lesquelles, au moyen d’un mécanisme automatique, se détacheraient elles-mêmes du ballon lorsqu’elles seraient au-dessus de l’armée ou de la ville ennemies, s'allumeraient et causeraient de grands ravages sur les points où elles éclateraient.Seulement, le difficile serait précisément de les amener à ce point voulu.Les Bibliothèques et le dernier Congrès à Londres.—Nous rece' vons de Londres le Literary Record de Trùbner, qui contient un compte rendu complet des séances du congrès international des bibliothécaires, tenu en cette ville dans les premiers jours d’octobre.Ce ne sont pas encore les procès-verbaux officiels, mais c’est le premier compte-rendu un peu détaillé des séances entières du congrès.Un des premiers sujets de discussion était : “ De l’introduction des romans dans les bibliothèques populaires.” Il s’agis-seit de savoir s’ils devaient y être admis ou en être exclus.A ce propos, M.le baron O.de Watteville, directeur des sciences et des lettres au ministère de l’instruction publique en France, et qui a dans son service les bibliothèques, est entré dans des détails intéressants.Il a dit que cette question de l’introduction du roman,—du roman moral,—dans les bibliothèques publiques occupait depuis longtemps l’attention du ministère de l’instruction publique.Pendant les dix dernières années, il n’a pas été fondé en France moins d’un millier de bibliothèques populaires, ni moins de 17,01X1 bibliothèques scolaires.Dans ces dernières il se trouve actuellement plus de 1,500,000 volumes, et la circulation des livres prêtés est de près de 2 millions-de volumes par an.Or, voici le résultat des observations recueillies dans ces établissements.Dès qu’une bibliothèque est établie dans un village, les premiers livres que demandent les lecteurs, ce sont des romans : après les romans, ce sont les voyages; après les voyages, les ouvrages d’histoire, et quand toutes ces phases ont été parcourues, on peut dire que le goût de la lecture est implanté dans la population.L’orateur a terminé très-finement en disant qu’il s’étonnait que la question fût soulevée dans le pays où il se trouvait.Toute l’Europe, a-t-il dit, rend hommage au talent et à la moralité des Romanciers anglais, et partout on est heureux d’admettre leurs productions dans les bibliothèques populaires.C’est l’appât avec lequel on attire les lecteurs.La discussion sur la con faction des catalogues de manuscrits a fourni de nouveau à M de Watteville l’occasion de montrer ce qui se faisait en ce moment en France • le Catalogue des manuscrits de la Biblioth ;ue nationale de iJaris e,.t en voie de publication; il a déjà par 4 volumes d ; catalogue des manuscrits des bibliothèques de départements ; 2 volumes de la même série sont sur le point d’être publiés ; en outre, on prépare les catalogues des manuscrits de la Mazarine, de Sainte-Geneviève et de l’Arsenal.Ajoutons que le catalogue des manuscrits éthiopiens de la Bibliothèque nationale déjà citée, vient de paraître, que celui des manuscrits arabes est sous presse, enfin qu’au département des médailles, du même établissement, on prépare le catalogue des médailles gauloises en même temps que celui des médailles orientales.On voit par cette énumération l’activité qui règne dans ce service.Enfin, dans la dernière séance, le délégué du ministère de l’instruction publique a donné aux savants qui se trouvaient là rendez vous pour l’année prochaine, à Paris, lors de l’Exposition universelle; ils pourront s’y rendre compte par eux-m;mes de l’état des bibliothèques et des travaux qui y ont été accomplis.Un autre délégué, M.Guillaume Depping, bibliothécaire de la bibliothèque Sainte-Geneviève, a présenté plusieurs observations que nous trouvous énoncées dans le journal que nous avons cité plus haut.L’une est relative aux dommages que peut causer aux livres, surtout aux reliures, l’action du gaz, ou d’une chaleur trop intense.C’est une question qui a été JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 15 soulevée, pour la première fois, l’an dernier, aux Etats-Unis.M.Depping a demandé qu’elle fût étudiée par un comité mixte de bibliothécaires et d’hommes de science.Ce débat a conduit à examiner la question beaucoup plus générale de l’aménagement intérieur et de la construction des bibliothèques ; il a été reconnu que ce point laissait beaucoup à désirer.Aussi, en Espagne, a-t-on pris le parti d’avoir toujours, parmi les biblio thécaires, un architecte ou du moins une personne connaissant assez le métier pour guider l’architecte chargé de la construction ou des réparations.Une autre proposition a été faite par le même délégué.M.Depping a demandé qu’on passât de la théorie à la pratique pour l’exécution d’une idée qui a été émise en Angleterre et en Amérique.Il s’agit do la confection des catalogues de bibliothèques.Dans l'état actuel, chaque bibliothèque dresse son propre catalogue, ce qui fait autant de catalogues à dresser qu’il y a de bibliothèques : or, toutes les bibliothèques n’ont pas lés mêmes ressources, il s'en faut.La matière à cataloguer étant la même pour un même ouvrage, que cet ouvrage se trouve à Paris, à Marseille, à Bordeaux, â Lille, ou dans toute autre ville, ne serait il pas plus simple que la besogne fût faite une seule fois et bien faite, soit par une seule bibliothèque, la principale du pays, soit par un groupe de bibliothèques spéciales qui se partageraient le travail ?On ferait ensuite des reproductions, par un procédé mécanique ([uelconque, lesquelles seraient distribuées aux différentes bibliothèques.Dans les autres contrées, on pourrait opérer de même.Ce qui conduirait à un système d’échanges.Evidemment, il y a beaucoup à faire de ce côté ainsi que de bien d'autres.Les rapports des bibliothèques entre elles sont à peine ébauchés.Le congrès aura eu pour effet de consacrer une entente désirable et de créer des liens qu’il ne s’agira plus que de rendre plus étroits.La situation des bibliothécaires qui, en beaucoup de pays, est loin de ce qu’elle devrait être, s'en trouvera améliorée.En attendant, il a été convenu qu’il serait dressé un état oomparatif des traitements des bibliothécaires et des employés de bibliothèques aux Etats-Unis et en Angleterre.Ce tableau sera un premier pas fait pour montrer ce qui manque en telle ou telle contrée.Le bibliothécaire est un éducateur public, comme l’a si bien défini le président du congrès.Partant, ce fonctionnaire devrait être assimilé en tout aux professeurs, comme du reste on commence à le reconnaître en plusieurs pays.Enfin, les délégués français, MM.de Watteville, Léopold Delisle, Guill.Depping et Octave Sachot ont examiné avec attention la curieuse exposition préparée par les soins de MM.E.-B.Nicholson et H, T.Tedder, les deux organisateurs si méritants du congrès.Cette exposition temporaire d’objets servant au matériel des bibliothèques, va bientôt se changer en un musée permanent, semblable à celui que l’association américaine a déjà fondé aux Etats-Unis.—On lit dans le Journal de Genève du 23 : Une des expériences de physique les plus intéressantes de notre temps vient d’être exécutée à Genève avec un rare bonheur dans les ateliers de la société par la fabrication des instruments de physique.Notre concitoyen, M.Raoul Pictet a réussi à obtenir, à l’aide d’appareils ingénieusement combinés la liquéfaction du gaz oxygène, un des éléments constitutifs dé l’air atmosphérique.Voici en deux mots les principes à l’aide desquels on a obtenu ce curieux résultat : par une double circulation d’acide carbonipue, ce dernier gaz est liquifié à une température de 65 degrés de froid, sous une pression de quatre à six atmosphères.L’acide carbonique liquifié est conduit dans un tube long de quatre mètres ; deux pompes à action combinée produisent un vide barométrique sur cet acide qui se solidifie par suite de la différence de pression.Dans l’intérieur de ce premier tube, contenant, ainsi qu’il vient d’être dit, de l’acide carbonique solidifié, passe un tube d’un plus petit diamètre où circule un courant d’oxygène produit dans un générateur contenant du chlorate de potasse et dont la forme est celle d’un volumineux obus aux parois assez épaisses pour prévenir tout danger d’explosion.La pression peut aller ainsi jusqu’à 800 atmosphères.Hier matin, tous les appareils étaient disposés comme nous venons de l’indiquer et sous une pression qui n’a pas dépassé 300 atmosphères un jet liquide d’oxygène a jailli de l’extrémité du tube au moment où ce gaz comprimé et refroidi passait de cette haute pression ’à la pression atmosphérique.Ce qui fait le grand intérêt scien titique de cette expérience c’est qu’elle démontre expérimen- talement la vérité de la théorie mécanique de la chaleur, en établissant que tousles gaz sont des vapeurs pouvant passer par les trois états, solide, liquide et gazeux.Il y a une quinzaine de jours, M.Cailletet avait réussi à liquifier le bioxyde d’azote sous une pression de 14G atmosphères et à une température de 11 degrés de froid.Après l’expérience de M.Raoul .Pictet, il ne reste plus que trois gaz qui aient encore échappé à l’épreuve de la liquéfaction : l’hydrogène, l’azote et le gaz des marais.—Très prochainement, disent les Débats, il va être fait une importante application des nouvelles règles élaborées, l’année dernière, par une commission spéciale de savants et d'ingénieurs, pour la protection des édifices de la ville de Paris contre les dangers de la foudre.Aux termes d’une délibération du 6 novembre dernier, le conseil municipal a autorisé, dans la limite d’une dépense de 71,665 fr., l’exécution de travaux ayant pour objet l’établissement de paratonnerres sur les bâtiments de l’abattoir général de la Villette.Ce chiffre, bien qu’il soit considérable, ne comprend pas l’établissement de paratonnerres sur le marché aux bestiaux contigu à l’abattoir, travail spécial qui sera entrepris par la société concessionnaire du marché, simultanément avec celui que la-ville va exécuter pour la préservation de l’abattoir.Les tiges de paratonnerre à ériger par la ville sont au nombre de 105 ; 39 ont 10 mètres de hauteur, 5 ont 8 mètres et 3 n’ont que 6 mètres.Les conducteurs auront un développement de 3,724 mètres ; ils seront fabriqués en fer carré de 0,02 galvanisé, les raccords à mi-fer étant soudés à l’étain ; ils plongeront dans neuf puits revêtus en maçonnerie avec échelons, et d’une profondeur moyenne de i0 mètres environ.On sait que les paratonnerres ont été .longtemps considérés comme attirant le fluide électrique répandu dans les nuées, pour le conduire dans le sol, sans secousse, sans production de ces étincelles intenses qui constituent le coup de foudre, et dont l’effet est si terrible.La commission de savants qui a rédigé les instructions servant à la pose des paratonnerres de la ville a, au contraire, émis l’avis que les paratonnerres soutirent du sol humide une des deux électricités pour la répandre sans ^commotion dans les parties nuageuses de l'atmosphère chargées d’électricité contraire, et rétablissent ainsi l'équilibre.Les installations de paratonnerres faites récemment sur les édifices publics, à Paris, ont été conçues d’après cette nouvelle théorie ; mais il n'en avait pas encore été fait une application aussi étendue que celle qui va être effectuée à l’abattoir général de La Villette, où la surface à protéger est de plus de 80,000 mètres.C’est ce qui donne un intérêt particulier à l’expérimentation qui résultera de l'entreprise projetée.—Nous avons entretenu nos lecteurs des belles expériences faites presque en même temps par M.Cailletet, de Chatillon-sur Seine, et M.Pictet, de Genève, sur la liquéfaction du gaz oxygène.Cette découverte a donné lieu, au cours de M.Sainte-Claire Deville, à la Sorbonne, une scène des plus attendrissantes, que raconte le XIXe Siècle : “ Après avoir donné la description des appareils employés par les deux expérimentateurs et énuméré les résultats obtenus par eux, l’éminent professeur fit l’éloge de M.Pictet.Il a rappelé que de nombreux savants avaient illustré sa famille.“ M.Deville a raconté ensuite en termes émus les circonstances qui avaient accompagné la découverte de M.Cailletet.Ce chimiste, aujourd’hui célèbre, était candidat au titre de membre correspondant de l’Académie des sciences.Quelques jours avant sa nomination il fit part à son illustre maître, M.Deville, de sa belle découverte, en lui recommandant expressément de ne la point divulguer.Il craignait d’influencer, à la dernière heure, le suffrage de ses juges, par les résultats qu’il avait obtenus.Cependant M.Deville déposait entre les mains du secrétaire de l’Académie, sous pli cacheté, la lettre de son ami afin de prendre date.Après la nomination de M.Cailletet et comme membre correspondant de l’Académie, M.Deville fit part à la savante assemblée de la découverte de son nouvel élu.“ Cette loyauté fit éclater les applaudissements de tous les auditeurs de M.Deville à la Sorbonne.Lui-même ne put retenir ses larmes et il prononça d’une voix émue ces simples paroles : “ Messieurs, je pleure de joie, ” et il joignait ses applaudissements à ceux de la salle entière.11 annonçait ensuite qu’à l’époque même de la nomination do M.Cailletet, l’Académie était informée de la découverte du fameux chimiste de Genève, SG JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE L’honnêteté de M.Cailletet faillitainsi priver notre concitoyen de l’honneur d’avoir le premier liquéfié le gaz oxygène.C’est grâce à la prévoyance de M.Deville que la France peut compter parmi ses enfants, si nombreux déjà, celui qui fit une découverte si importante.“ Les applaudissements redoublèrent, plus frénétiques encore.La loyauté, le patriotisme, réveillaient alors, pendant un cours de chimie, l’enthousiasme de tous les auditeurs.” ANNONCES RÈGLEMENTS CONCERNANT LE Concours «l'Eloquence Française établi par S'ius-titut-Canadien «le Québec Art.I.—L’Institut-Canadien de Québec, grâce à la générosité de l'un de ses membres, ouvre un deuxième concours d’éloquence française auquel sont appelés tous les Canadiens.Art.II.—Chaque concurrent devra adresser, le ou avant le premier septembre prochain, deux plis cachetés au secrétaire-archiviste de l’Institut-Canadien ; le premier contenant son travail et une épigraphe ; le second, la déclaration signée que l’ouvrage est inédit, avec la reproduction de l’épigraphe susdite suivie du nom de l’auteur et de l'indication de sa demeure.Art.III.—Les juges de l'ouvrage seront : filon.J.O.Beaubien, le docteur Hubert LaRue et Siméon Lesage, écr.; ils décideront d’après le mérite absolu.Art.IV.—La lecture des pièces envoyées au concours devra exiger un temps variant de une heure à une heure et demie, ni plus ni moins.Art.V.—Les lauréats seront proclamés en séance solennelle de l'Institut et recevront : le premier prix, une médaille d’or : le deuxième prix, une médaille d'argent, portant les armes de l’Institut-Canadien de Québec, avec la date et l’inscription : “ Prix d'éloquence.” Art.V'I.—Nul n'est exclu du concours, si ce n'est celui qui, d'une manière ou d’une autre, se fera connaître comme concurrent, avant la proclamation du lauréat.Art.VII.—L'Institut-Canadien se réserve la propriété de toute pièce envoyée au concours.Art.V1ÏL—Le sujet du concours sera : Eloge de l'agriculture.Ce qu’est l’art agricole on Canada.Des moyens de l’y faire progresser.Par ordre, Achille LaRue, Sec.-archiviste.LIVRES DE F.X.TOUSSAINT lo.Géographie Moderne ; 2o.Abrégé de Géographie ; 30 Le même traduit en Anglais par une Dame Ursuline ; 4o Traité d'Aridini'¦tique suivi d’un Toisé des surfaces et des solides, et d'un traité d'Algèbre à l'usage des Instituteurs qui désirent obtenir un Diplôme pour école Modèle ou Académique ; âo.Traité Elémentaire (l’Arithmétique ; Go' Abrégé (l'Histoire du Canada avec questionnaire.Tous ces'ouvrages sont mieux cartonnés que les éditions precedentes et sont imprimés sur do meilleur papier.Les libraires de Québec qui ne peuvent livrer aux acheteurs ces différents ouvrages n’ont pas voulu les acheter lorsque l’auteur les leur a offerts., .T ¦ , r, ¦ , .1 On peut se les procurer au Depot de Livres du Departement de l'Instruction Publique.Aux Commissaires «l’Ecoles pour la reprise «les Cours Élémentaires.PREMIÈRE MISE EN VENTE DES INTÉRESSANTS LIVRES DE LECTURE DE 3XI.1ST, MONTPETIT Adoptés par le Conseil de l'Instruction Publique dans le concours de 1874.Seule Série approuvée parle Conseil de l'Instruction Publique de la Province de Québec, par S.G.l’Archevêque de Québec et par NN.SS.les Evêques du Canada.LE PREMIER LIVRE DE LECTURE, vol.format in-18, d’environ 1G0 pages, texte encadré, illustré de 32 gravures, cartonnage, couverture imprimée, la doz.$1.20.LE DEUXIEME LIVRE DE LECTURE, vol.format in-18, 240 pages, texte encadré, illustré de 40 gravures, cartonnage, couverture imprimée, la doz.$1.80.LE TROISIÈME LIVRE DE LECTURE, vol.forme in-18 de 320 pages, texte encadré, illustré de 56 gravures, cartonnage, couverture imprimée, la doz $2.40.LES QUATRIÈME ET CINQUIÈME LIVRES sont en vente.NOUVELLE MÉTHODE POUR APPRENDRE A BIEN LIRE— nouvelle édition complètement revue et augmentée, par F.E.Juneau, inspecteur d’écoles, vol.format in-12 de 96 pages, texte encadré, cartonnage, couverture imprimée, la doz.$1.50 NOUVEAU TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE* D’ARITHMÉTIQUE A L'USAGE DES ECOLES.Deuxième édition, complètement revue et augmentée par L.H.Bellerose, instituteur, vol.format n-12 de 180 pages, cartonnages, couverture imprimée, la doz.$2.50.NOUVELLE MÉTHODE D’ÉCRITURE THÉORIQUE ET PRATIQUE, approuvée par le Conseil de l'Instruction Publique.Cetto méthode comprend une série de sept cahiers gradués de 24 pages chaque, la doz.80 cts.NOUVELLE CARTE DE LA PUISSANCE DU t N AD A, comprenant les provnciesde Qi ce, Ontario, Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick, Manitoba, les territoire du îv rd-Ouest.Tile du Prince-Edouard, Terre-Neuve, et une partie ues Etats-Unis, TEXTE EN FRANÇAIS, format 20 par 38 pouces, coloriés, collée sur toile, vernie ! et montée sur rouleaux, $2,50.NOUVEL ABRÉGÉ DE GÉOGRAPHIE MODERNE, à l'usage de la jeunesse, par M.l’abbé Ls.Gauthier, vol.in-12 cartonné, la doz.$4.00.ÉLÉMENTS DE GÉOGRAPHIE MODERNE, à l'usage des ecoles élémentaires ; nouvelle édition avec questionnaire,vol.in-12, cartonné la doz.$1.20.MÉTHODE DE LECTURE ET DE PRONONCIATION, préparée d’après la méthode de L.C.Michel, pour les écoles élémentaires ; par Montpetit et Mahquette ; vol.format in-18 de 36 pages, illustré de 62 gravure, broché, couverture imprimée ; livre de l'élève, la doz.$0.40.' LE MÊME ; livre du mailre ; chaque $0.10.TABLEAUX LE LA MÉTHODE DE LECTURE de L.C.Michel, en rapport avec la méthode préparéee par Montpetit et Marquette, 2 tableaux in-folio, la doz.$0.50.LES MEMES collés sur 10 cartons, la doz.$0.20.En vente chez J.B.ROLiLANO & FILS», Éditeurs-Propriétaires, Et chez les Libraires et les principaux marchands.Imprimerie de Léger Brousseau, 9, rue Buade, Québec
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.