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Titre :
Journal de l'instruction publique
Revue publiée par le Département de l'instruction publique à l'intention des acteurs du milieu de l'éducation. Des textes officiels du gouvernement côtoient des retranscriptions de discours et de conférences, des nouvelles nationales et internationales, des textes sur la pédagogie, des textes littéraires et de la documentation variée en support à l'enseignement.
Éditeur :
  • Montréal :Département de l'instruction publique,1857-1879
Contenu spécifique :
Juillet - Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Journal de l'instruction publique, 1870-07, Collections de BAnQ.

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fEUPff W&.mm imitni Volume XIV.Québec (Province de Québec), Juillet et Août 1870.Nos.7 et 8.SOMMAIRE.—Littérature.—Poésie : Le Ravin, épisode de 1792, par André Theuriet; Spencerwood, par J.M.Le Moine.—Education : La première éducation, par J.Rarabosson.—Les Pères et les Enfants, par P.J.Stahl.— Le Charpentier Villeneuve et son fils l’ingénieur, par E.Legouvé.—Les écoles de Nègres aux Etats-Unis, Magasin Pittoresque.—Avantages de la propreté, par De Gérando.—Science : Un Revenant Microscopique, par Ed.Grimara.—Revue Géographique de 1870, par Vivien de Saint-Marfin.—Avis Officiels : Avis aux Dissidents de St.Joachim, comté des Deux-Montagnes.—Nominations de Commissaires d’écoles.—Division, réunion et annexion de Municipalités Soolaires.—DiplOmes octroyés par les Ecoles Normales.—Di-plôrnos octroyés par les Bureaux d’Examinateurs-—Partie Editoriale: Le Prince Arthur et la Littérature Canadienne.—Distributions de Prix et de Diplômes dans les Ecoles Normales.—Examens publics dans les Universités, Collèges, Académies et autres maisons d’éducation.—Petite Revue Mensuelle.—Nouvelles et Faits Divers : Bulletin de l’Instruction Publique.—Bulletin des Sciences.—Bulletin Historique.—Bulletin des Statistiques —Documents Officiels : Liste additionnelle de subventions sur le fonds des Municipalités Sauvres pour l’année 1869.—Liste additionnelle de la Distribution du fonds e l’éducation supérieure pour l’année 1869.—Distributions de Prix dans les Ecoles Normales Jacques Cartier et Laval, et dans les Ecoles Modèles annexes- LITTER ATTIRE.POESIE.LE RAVIN EPISODE DE L’INVASION DE 1792 Verdun s’était rendu.Serrés en noires lignes, Les bataillons prussiens escaladaient nos vignes.Vers l’Argonne, aux grands bois noyés dans les brouillards, Ils s’avançaient nombreux, insolents et pillards, Et les corbeaux, trompés par ces voix allemandes, Se croyaient eu famille et saluaient leurs bandes.Tous se voyaient déjà triomphants, et le soir, Leurs généraux, grisés par les vins du terroir, Taillaient la France entre eux comme un cerf qu’on démembre.La route cependant était rude.Septembre Versait à flots les pleurs de son ciel pluvieux, Les fourgons dans la boue entraient jusqu’aux essieux, Et les hommes juraient et faisaient triste mine, Ayant au front la pluie, au ventre la famine.Les bourgs étaient déserts, les paysans lorrains Cachaient dans les forêts leurs troupeaux et leurs grains, Et quand chez un fermier les fourrageurs avides Arrivaient, l’écurie et la huche étaient vides.Leurs premiers régiments, à demi morts de faim, Avaient atteint Grandpré ; devant eux, à la fin, L'Argonne se dressait, sombre, profonde et haute, Quand un des espions rapporta qu’à mi-côte, Dans un taillis coupé par des fossés bourbeux, Des paysans s'ctaient enfuis avec leurs bœufs.D’abord ce fut un rauque et brutal cri de joie, Puis en silence, et pour ne pas manquer de proie, On cerna le taillis.Au milieu des halliers, Cent hommes environ, fermiers ou journaliers, Pâles, armés de faux et de vieilles épées, Faisaient le guet, tandis qu’à l’entour des cépêe3, Leurs grands bœufs ruminaient d’un air indifférent.Tout à coup, un rayon de soleil éclairant L’épaisseur du fourré, laissa voir sous les ormes Les fusils des Prussiens et leurs noirs uniformes.“ A nous ! dit un berger.Sa voix vibrait encor, Quand un coup de mousquet l’étendit roide mort.Ils étaient dix contre un ; d’ailleurs, que peuvent faire De pauvres paysans contre des gens de guerre ï.On se rendit.Un chef écrivit le détail Des parts que chacun d’eux avait dans le bétail, Et leur remit, avec d’amères railleries, Un bon sur le Trésor, payable aux Tuileries ; Puis en criant hurrah ! les soldats, deux à deux, Défilèrent, poussant le troupeau devant eux.En mugissant, les bœufs et les génisses rousses Tournaient le front d’un air plaintif, et leurs voix douces Retentissaient au loin.Les paysans navrés Les regardaient partir, muets, les poings serrés, Et des larmes de feu brûlaient leur peau tannée.Amour de la maison où notre race est née, Haine de l’étranger, qui vient prendre au pays Le blé de ses sillons et le sang de ses fils, Fier sentiment du droit écrasé par la force, C’est vous qui pénétrez nos eceurs à rude écorce ! Nous ne comprenons rien, nous autres laboureurs, Aux querelles des rois avec les empereurs, Nous ne connaissons pas la gloire et ses chimères, Mais nous savons que les enfants sont à leurs mères, Que nos champs sont à nous, que le sang veut du sang, Et nous nous soulevons comme un flot menaçant.,.Les paysans, avec des pleurs dans les paupières, Demeurèrent longtemps au milieu des bruyères.Tout à coup, brandissant leurs faux, mêlant leurs voix, Ils jetèrent un crqqu’au loin l’écho des bois Répercuta comme un tonnerre, et l'œil farouche, La rage dans le cœur, la vengeance à la bouche, Ils bondirent parmi les ronces des halliers, Comme un fauve troupeau de rude sangliers.Ils coururent ainsi jusqu’aux âpres falaises Où les noirs charbonniers surveillaient leurs fournaises.Tout un groupe vaillant vivait sur ces hauteurs : Braconniers, bûcherons hardis et fiers lutteurs.4784 82 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Hors d'haleine, tremblant de hâte et de colère, Le doyen des fermiers leur raconta l’affaire, Et quand il eut fini, le maître charbonnier Remplit sa poire a poudre et boucla son caruier.C’était un grand vieillard aux traits durs et moroses; Il avait vu beaucoup de pays et de choses Et savait lire.“ Amis, leur dit-il, vengeons-nous, Vengeons-nous dès ce soir !.Ces Prussiens sont des loups Qui nous dévoreront, si nous les laissons faire.Ils nous prendront jusqu’au dernier lopin de terre, Ils viendront se gorger de notre vin vermeil Et dégourdir leur sang à notre chaud soleil.Nous sommes la lumière, eux, ils sont les ténèbres I Donc, en marche, et traquons à mort ces loups funèbres ! Je sais où doit passer un de leurs régiments.Venez tous, et ce soir, contre les Allemands Ce que nous défendrons, avec notre existence, Ce sera le joyeux et libre sol de France 1 ” Il dit et se leva.Son profil maigre et fier Se découpait en noir sur le couchant d’or clair.Ayant pris son fusil, il partit, l’air tranquille, Comme pour une chasse, et derrière, à la file, Dans un sentier bordé de genêts et de houx, Graves, silencieux, ils le suivirent tous.Ils marchaient, et la nuit tombait, et les nuées Où les éclairs perçaient de blafardes trouées, Dans le ciel orageux amassaient leurs plis lourds.L’averse ruisselait.Ils avançaient toujours.Enfin le charbonnier sur le bord d’une pente Fit halle, et, leur montrant la profondeur béante, Murmura lentement : “ C’est par là qu’ils viendront.” Dans la roche un ravin s’ouvrait, et d’un seul bond Descendait brusquement au fond d’une clairière.Un torrent s’y creusait un étroit lit de pierre, Et la route longeait à pic le cours de l’eau.Du creux de ce couloir au sommet du plateau, Selon l’effort du vent, la voix d’une cascade Arrivait jusqu’aux gens placés en embuscade, Tantôt comme un fracas de chevaux au galop, Et tantôt comme un faible et limpide sanglot.Les paysans ayant barricadé la route, Attendaient, accroupis, pleins d’angoisse et de doute.Soudain, vers le ravin penchant son front noirci, Le charbonnier leur dit : “ Écoutez !.les voici.” En effet, à travers la pluie et la rafale, On distinguait un bruit confus.Par intervalle La rumeur s’accroissait ; de brefs commandements Retentissaient pareils à des croassements, Et les éclairs faisaient briller les baïonnettes, Et déjà des soldats le3 voix montaient plus nettes.Le charbonnier cria : “ Mort aux brigands ! à mort !.” Et ce fut le signal.Sur ces hommes du Nord Les troncs d’arbres noueux et les quartiers de roche Croulèrent, comme si l’Argonne, à leur approche, Eût convulsivement secoué de son front Les rocs et les forêts pour venger son affront.Les grès lourds écrasaient les Prussiens par vingtaines.“ En avant! en avant! ” hurlaient les capitaines Avec d’affreux jurons, mais ils hurlaient en vain ; Les plus braves soldats tombaient dans le ravin, Fous de peur, et mouraient avec un cri sauvage, En songeant au clocher lointain de leur village.Les rouges coups de feu se croisaient ; les blessés Râlaient en se tordant au revers des fossés.“Et maintenant, mes fils, marchons à l’arme blanche.” Dit un vieux paysan.Et comme une avalanche De démons, dans la gorge on les vit se ruer, Pour armes ayant pris tout ce qui peut tuer Le hoyau du sarcleur, le fléau, de la grange Et la serpe.Ce fut une sombre vendange, Et les torrents gonflés, dans leur flot écumant Roulèrent plus d’un froidcadavre d’Allemand.Lorsque tout fut fini, lorsque leur dernier homme, Le front dans les roseaux, dormit son dernier somme, Il se fit un silence ; alors, terrible et fier, Debout sur le talus, tandis qu’un large éclair Promenait sur les bois sa silhouette immense, Le maitre charbonnier cria : “ Vive la France ! ” André Theürilt.Le Correspondant.Spencer Wood, Résidence de notre Gouverneur, Sir N.F.Relleau.“ J’aime les nobles parcs aux arbres réguliers, Comme on n’en voit hélas ! plus guère qu’en gravure, Avec de la charmille et de grande escaliers Montés et descendus par des gens en parure.” Emile Aügier.Le plus beau domaine de Sillery, l’on peut dire du Canada, es*1 sans contredit, Spencer Wood.Il a pris ce nom au temps où l’hon* H.M.Perceval, percepteur impérial des douanes à Québec, l’habi’ tait,—c’est-à-dire de 1815 à 1830.Avant cette date, cette résidence était connue sous le nom de PoioelV s Place, d’après le général anglais Powell qui y résidait.Comme bien des royales villas de France et d’Angleterre, Spencer Wood a eu ses périodes de splendeur et ses années de décadence.En se référant aux œuvres du poète anglais Kidd, publiées en 1830, on voit que du temps de l’hon.M.Perceval Spencer Wood, qu’il avait nommé ainsi d'après l’hon.Spencer Perceval, homme d’Etat en Angleterre et son parent, sinon son protecteur, on s’aperçoit, disons-nous, que Spencer Wood était en renom pour ses paysages,-Kidd y consacre un poème entier.Spencer Wood contient maintenant quatre-vingts acres de terre, qui s'étendent en pelouse verte jusqu’à la cime du cap.Aux jours de sa plus grande splendeur, quand M.H.Atkinson, riche négociant de Québec, le possédait, cette demeure comprenait la propriété avoisinante, Spencer Grange ; son étendue était d’au moins cent vingt acres.Les galeries de peinture, objets d’arts, statues, fontaines, jardins d’hiver, serres à raisins, serres à fruits exotiques de Spencer Wood, taisaient l’admiration de tous les étrangers.Non satisfait des serres déjà construites autour de son petit château, M.Atkinson, éleva à grands trais pour les espèces tropicales une nouvelle serre de 100 pieds, sur la partie ouest de Spencer Wood, à Spencer Giange, qu’il venait de fonder.Au moyen de dalles de fer recouvertes de tuiles, il réussit à donner à la légère couche de terre superposée, une chaleur constante de 80 ° à 90 °, en introduisant l’eau chaude.Lorsque la température au dehors était à 40 ° au dessous de zéro, que l’ouragan sévissait, que les froids atroces de janvier assombrissaient la nature entière, l’intérieur de la serre étalait à l’œil ébloui, des massifs de verdure, des bosquets parfumés, où l’oranger, l’amandier, le figuier, l’ananas, le laurier exhibaient leurs fruits d’or ou empourprés.Nous nous rappelons encore avoir vu à un des banquets de Lord Elgin un ananas monstrueux exhalant un parfum exquis, offert en don au noble comte par le propriétaire de Spencer Wood.Le plus grand triomphe de l’habile jardinier de M.Atkinson, M.Lowe, fut d’avoir conduit à maturité une banane (musa cavendis hûui) pesant 90 lbs.Celle produite en Angleterre par le célèbre horticulteur sir John Paxton, ne pesait que 112 lbs.On trouva si étrange un tel résultat dans le climat hyperboréen de Québec, qu’un dessin en fut envoyé et inséré avec un compte rendu dans VIllustrated News de Londres.A d’autres temps, c’était des surprises adroitement ménagées.Il y avait une fleur exqtique, qui n’était en floraison que tous les cinq ans et dont la détonation se faisait entendre au moment où elle s’épanouissait comme un coup de fusil,—objet d’intérêt pour les convives.Nous n’en finirions pas, si nous voulions examiner toutes les merveilles d’art que l’habile M.Lowe savait créer.Le jardin de Spencer Wood est décrit à la page 341 de London's Encyclopedia of Gardening et dans le Gardener s Magazine pour 1837, publiés à Londres.Mais, si fontaines, statues, tableaux et serres ont disparu, les ravissants paysages, les pittoresques points de vue existent encore.On y admire un réseau d’avenues ombragées par des chênes séculaires, des grands pins, de verdoyants érables.L’historique ruisseau St.Denis, par où Wolfe atteignit les hauteurs d’Abraham, borne le domaine à l’est, tandis que le ruisseau Belle-Borne, du temps de M.Atkinson, était la ligne de démarcation entre Spencer Wood et Woodfield, maintenant la résidence de M.J.Gibb, et en 1731.la villa de l’évêque Dosquet, qui lui donna le nom de Samos.L’extrémité Est est ornée d’un petit cap, où l’on a érigé un Belvédère, et la pointe ouest est également couronnée d’un vide-bouteilles.De ces deux endroits, l’on obtient des points de vue ravissants; mais laissons à un grave historien, (l’abbé Ferland), la tache de nous parler de ce paysage de Sillery si bien décrit dans ses notes sur Sillery : “ Une carte de Québec, par Champlain, marque à environ une lieue au-dessus de la ville naissante une pointe qui s’avance dans le Saint Laurent, et qui est désignée comme étant fréquemment habitée par les sauvages.Plus tard, elle rerut le nom de Puiseaux, du premier possesseur du fief Saint-Micfiel, qu’elle borne au sud-ouest. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.83 Aujourd’hui, sur la Pointe-à-Puiseaux, se trouve la jolie église de Saint-Colomb, environnée d’un village.De ce point, on jouit d’une des plus belles vues qu’offrent les environs de Québec.Vis-à-vis est la côte de Lauzon avec sa rivière Bruyante, ses nombreux vaisseaux, le terminus du chemin de fer du Grand-Tronc, les villages et les églises de Notre-Dame de Lévis, de Saint-Jean Cbrysostôme et de Saint-lîomuald.A droite et à gauche, le fleuve se déroule sur une longueur de douze à quinze milles, sans cesse sillonné par les vaisseaux qui arrivent au port de Québec ou qui en partent.Vers l’est, le tableau, fermé a plus de douze lieues par le Cap Tourmente et par les hauteurs cultivées de la Petite Montagne et de Saint-Ferréol, présente successivement la côte de Beaupré, les verdoyants coteaux de l’île d’Orléans, le cap aux Diamants couronné de sa citadelle et ayant à ses pieds une forêt de mâts ; les plaines d’Abraham, les foulons avec tout le mouvement du commerce de bois, Spencer-Wood et la résidence vice-royale, l’Anse Saint-Michel se courbant gracieusement depuis la côte de Wolfe jusqu’à la Pointe à-Puiseaux.Autour de ces lieux se rattachent les souvenirs historiques les plus intéressants de l’Amérique du Nord : le contact de la civilisation française avec la barbarie des indigènes ; la lutte de deux puissantes nations pour la souveraineté du Nouveau-Monde; un épisode important de la révolution qui a créé la puissante république des Etats-Unis: voilà les grands mouvements qui ont tour-à-tour agité ce théâtre resserré.Partout vous y trouverez l’empreinte des pas de quelque personnage remarquable dans l’histoire de l’Amérique: Jacques-Cartier, Champlain, Frontenac, Laval, Phipps, d’Iberville, Wolfe, Montcalm, Arnold, Montgomery ont tour-à-tour foulé quelque coin de cet espace.Tout près d’ici, dans l’Anse Saint-Michel, M.de Maisouneuve et mademoiselle Mance passèrent leur premier hiver en Canada, avec la colonie qui sous leur conduite allait fonder Montréal.Si l’on se tourne vers l’ouest, la vue, quoique moins étendue, rappelle encore de glorieux souvenirs.Là, au détour du Cap-Rouge, Jacques-Cartier établit ses quartiers, la seconde fois qu'il hiverna sur les bords du Saint Laurent.Roberval le remplaça, au même lieu, à la tête de sa colonie éphémère.Près de l’embouchure dê la rivière Chaudière se dressaient les tentes des Abénakis, des Etchemins, des Souriquois, lorsque des côtes de la Nouvelle-Angleterre, ils venaient fumer le calumet de paix avec leurs frères les Français ; la rivière Chaudière était alors le grand chemin qui reliait leur pays au Canada.“ Plus près de la Pointe-à-Puiseaux est l’Anse de Sillery où les Jésuites réunirent les Algonquins et les Montagnais qui voulaient se convertir au christianisme, et formèrent une réduction florissante.De là les lumières de la foi étaient portées par les néophytes au sein des plus profondes forêts ; là venaient s’exercer pour leurs missions lointaines les apôtres qui se préparaient à annoncer la bonne nouvelle au pays des Hurons, aux bords du Missisipi ou sur les côtes glacées de la Baie d’Hudson.De là, le P.Druillètes partait pour aller porter quelques paroles de paix, de la part des chrétiens de Sillery, aux Abnaquiois de Kennebecki et aux puritains de Boston.Près de ce lieu, le Frère Liégeois était massacré par les Iroquois, et le P.Poucet fait prisonnier et amené par les barbares.’’ C'est’au milieu de cette grandiose nature et sur ce terrain classique de notre histoire, que s’élève le château de Spencer Wood, certainement peu remarquable sous le rapport de l’architecture, mais ayant toutes les conditions de confort voulues.Voilà le charmant site que la munificence du gouvernement d’Ottawa assure à notre Lieut-Gouverneur, loin des miasmes délétères de la cité, tout en épargnant à la Proviuce uue somme de $50,000.Quand le fastueux comte d’Elginy tenait ses levers, il était loin de prévoir lui, que parmi ses successeurs, y trônerait un gouverneur d’extraction française, car l’on était alors d’avis que Vaudreuil avait pour toujours clos en Canada l’illustre phalange des Champlain, des Moutmagny, des Fronteuac, des Longueuil, des La Gallissonière, des Vaudreuil.L’hôte de céans est doue maintenant, un Canadien-Français offrant l’hospitalité de son château à Son Altesse Royale, le fils de notre Souveraine, le prince Arthur.Spencer Wood avait aussi ses fêtes champêtres en 1809, au temps de Sir James Craig; la parole est à l’auteur des “Anciens Canadiens ” : “ Dès huit heures et demi du matin, par une belle journée du mois de juillet, je dis une belle journée, car pendant trois années consécutives le soleil le plus brillant éclaira ces belles fêtes, l’élite de la société laissait Québec pour se rendre à l’invitation de sir James Craig.Arrivés à Powell-place, les convives descendent de voiture sur la voie royale, et s’enfoncent dans la forêt en suivant un sentier qui, après maints détours, vous conduit à un charmant cottage ayaut vue sur le magnifique Saint-Laurent qui semble surgir, tout à coup, des bosquets qui le couronnent.Des tables de quatre, de six et de huit couverts chacune sont dressées en face du cottage, sur une immense plateforme de madriers polis qui servira ensuite de salle de danse en plein air.u Au fur et à mesure que les convives arrivent, ils forment une petite société pour déjeuner en famille.Je dis en famille, car, à part un aide-de-camp qui fait les honneurs aux principaux personnages, et à part les servants, rien ne vint troubler les petits groupes d’amis intimes qui prennent ensemble ce premier repas composé de viandes froides, beurre, raves, tbé et café.Ceux qui l’ont terminé cèdent la place à d’autres et se promènent dans les jardins et les bosquets environnants.A dix heures, toutes les tables sont enlevées et les convives sont dans l’attente de ce qui va suivre.“ En effet, le cottage, comme le château dans l’opéra de Zémire et Azor, semble attendre que la baguette d’une fée lui donne la vie.Après quelques minutes d’attente, la porte principale s’ouvre et livre passage au petit roi Craig, suivi de son brillant état-major ; au même instant, un orchestre invisible, perché au sommet de hauts peupliers, joue le God save the King ; les têtes se découvrent et chacun écoute en silence l’air national de la Grande-Bretagne.u Les convives les plus distingués s empressent d aller présenter leurs hommages au gouverneur; ceux et celles d entre-eux qui ne doivent point prendre part à la danse s’asseyent sur les galeries où trône Son Excellence ; un aide-de-camp crie : Gentlemen, take your partners ! (messieurs prenez vos danseuses) et le bal commence.u Soixante-ans se sont écoulés depuis ce jour où, danseur infatigable, je dansais comme un tourbillon une contredanse de trente couples.Mes pas qui se traînent aujourd’hui pesamment laissaient alors à peine la trace de leur passage.Toute la jeunesse qui animait cette fête des anciens temps dort aujourd’hui dans le sileuce du sépulcre ! celle même, la belle d’entre les belles, celle qui a partagé mes joies et mes douleurs, celle qui, ce jour même, accepta la première lois pour la conduire à la danse une main qui, deux ans plus tard, devait la conduire à l’autel de l’hyménée, celle-là aussi a suivi depuis longtemps le torrent inexorable de la mort qui entraîne tout sur son pas-sage.u Ces souvenirs rappellent à ma mémoire ce beau passage d Ossian : “ But why art thou sad, son of Fingal ?why grows the cloud of 11 thy soul ?the sons of future years shall pass away : another race il shall arise.The people are like the waves ot the ocean ; like the u leaves of woody Morven : they pass away in the rustiug blast, and u other leaves lift their green heads on high.” 11 En effet, pourquoi ces nuages sombres attristent-ils mon âme ?les enfants de la génération future passeront bien vite, et une nouvelle surgira.Les hommes sont comme les vagues de l’océan ; comme les feuilles innombrables des bosquets de mon domaine, comme les vents d’automne qui dépouillent mes bocages, mais d autres teuilles aussi vertes couronneront leurs sommets.Pourquoi m attrister?quatre-vingt-six enfants, petits enfants et arrière-petits entants porteront le deuil du vieux chêne que le souffle de Dieu aura renversé ! Et si je trouve grâce au tribunal de mon souverain juge, s il m est donné de rejoindre l’ange de vertu qui a embelli le peu de jours heureux que j’ai passés dans cette vallée de tant de douleurs, nous prierons ensemble pour la nombreuse postérité que nous avons laissée sur la terre.li Je retourne à la fête où m’attend le lecteur.Il est deux heures et demie, nous sommes au milieu d'une contredanse des plus gaies, speed the plow, peut-être ; l’orchestre cesse tout à coup de jouer ; les uns restent les bras étendus, les autres une jambe en l’air tout en cherchant à deviner ce qui cause ce contre-temps, L’arrivée des deux Evêques, Monseigneur Plessis et le Lord Bishop Mountain, nous donne le mot de l’énigme ; en effet, un aide-de-camp avait d un signe imposé silence à l’orchestre en voyant s’avancer les deux grands dignitaires de leurs églises respectives.La danse avait cessé pour ne recommencer qu’après le départ des deux évêques.Sir James, par égard pour leur caractère, avait établi cette étiquette.u A trois heures, le-son d’un cor se fait entendre dans le lointain, et tout le monde s’enfonce à la suite du gouverneur dans un sentier pratiqué dans la forêt, alors vierge, de Powell-place.Quelques personnes, vu la longueur de la promenade, commençaient à croire que Sir James faisait faire uu tour d’appétit, avant le dîner, aux convives qui n’avaient pas pris part à la danse, quand au détour d'un sentier, une immense table couverte d'un dôme de feuilles de différentes espèces apparaît tout à coup comme une oasis bienfaisante.En effet, M.Petit, chef de cuisine de Son Excellence, s’était surpassé pour l’occasion, et comme Vatel, il se serait percé le cœur s'il n’eùt recueilli les plus grands éloges sur l'ordonnance du festin dont nos généreux patrons l’avaient chargé.u Rien de plus beau, de plus splendide que l’ordonnance de ce repas aux yeux non-seulement des enfants du sol, peu accoutumés alors à ce luxe, mais aussi aux yeux des convives européens ; toutefois, il y avait un petit inconvénient pour les dits convives : celui de 84 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.ne pas connaître un seul des plats qu’on nous avait servis, tant était monsieur Petit un artiste français.“ La danse recommença environ une demi heure après dîner qu’eut lieu le départ des évêques, et continua avec une ardeur toujours croissante, lorsque les cruelles mamans, commençant à s’inquiéter de certaines promenades sentimentales que faisaient leurs demoiselles, dans les entre-actes de la danse, après la disparition de Phœbus, rappelèrent leurs jeunes nymphes, non eu les menaçant et armées de javelots comme la déesse Calypso, mais d’un ton assez maussade au dire des cavaliers.A neuf heures, tout le monde était rentré dans l’enceinte des murs de Québec.” Il parait que nos gouverneurs Sir John Young et Sir N.F.Belleau affectionnent Spencer Wood, autant et plus que Sir James Craig.Puisse le noble château, où se sont assis à diverses reprises, nos Princes du sang : le Prince de Galles, le Prince Alfred, le Prince Arthur, continuer à ajouter à l’éclat de la ville capitale et à faire les délices de ses hôtes.Sillery, 28 Juin 1870.J.M.LeMoine.EDUCATION.La première éducation.Tout ce qui entoure le début de la vie a une influence profonde, intime sur l’individu, lui imprime un cachet, lui donne des tendances et des aptitudes : Heureux les enfants lien nés, dit la sagesse des nations.Les soins donnés à la première enfance ont une importance que l’on ne saurait exagérer ; c’est sur elle qu'il faut agir pour régénérer l’homme, car il serait difficile et le plus souvent impossible de modifier le tempérament, le caractère, les tendances de ceux qui procréent ; mais l’enfant qui vient de naître est comme une cire molle, tout peut être modifié et corrigé chez lui : son corps débile peut facilement devenir fort et robuste, et ses facultés naissantes se développer selon leurs lois sans qu’il y mette obstacle.Ceux qui l’entourent sont presque tout-puissants sur lui, car toutes les fibres de l’organisation étant alors souples et obéissantes, elles se soumettent sans peine aux expressions, aux habitudes iutelleetuelles et morales que l’on inspire.Les influences de toutes sortes que subit l’enfant, et qui constituent la première éducation, peuvent changer les prédispositions, les penchants et les goûts, et l’enfant ainsi réformé, perfectionné, devenu homme, procréera des descendants qui participeront au perfectionnement qu’il aura acquis ; eux, à leur tour, pourront faire de même.De perfectionnement en perfectionnement légués aux générations successives, l’humanité arriverait à se modifier jusqu’à un point qu’il serait difficile d’assigner.C’est donc à la première enfance, à la première éducation qu’est attaché le véritable progrès de l’humanité.Aussi, peut-on dire en toute vérité que l’avenir des nations comme l’avenir de l’individu, dépendent des soins que l’on donne à la première enfance.Le germe de tout progrès, de toute prospérité est là.Si la première éducation est bonne, chez une nation, elle est inébranlable et n’a rien à craindre ; la vie généreuse et puissante circulant à flots dans toutes ses parties, la rendra victorieuse des plus graves blessures ; elle se relèvera triomphante de tous les échecs.Si au contraire, elle pèche dans la première éducation, c’est en vain qu’elle brille à l’extérieur par le développement des sciences, des arts et de l’industrie ; c’est le fruit piqué au cœur ; l’enveloppe peut pendant quelque temps masquer le travail de destruction intérieur qui s’opère, mais la vie n’en est pas moins atteinte et le mal souvent irrémédiable.Il est difficile même après avoir profondément étudié le sujet, de se faire une juste idée de toute l'importance des soins donnés à la première enfance, surtout des soins maternels.Les caresses, les regards, les souris d'une mère ont une onction divine.Us transmettent une âme, un feu subtil qui pénètre, réveille, vivifie toutes les fibres de la tendre enfance.Les baisers, les regards, les souris de l’étrangère, auprès de ceux d’une mère, sont âpres et secs.Us ne contiennent pas, ils ne transmettent pas l’intelligence, l’amour, la vie intime qu’une mère donne à son enfant.Ils empêchent de naître ou éteignent tous les germes nobles dans leur source.Ces germes demandent à être couvés par les effluves maternels.Voyez ce jeune homme dont le regard est doux et compatissant comme celui d’une femme, fort et vainqueur comme celui du héros ; sa physionomie mobile comme les cordes d’une harpe fait rêver à tous les nobles et grands sentiments ; ainsi qu’une suave poésie, il vous inspire une sympathie irrésistible.Soyez bien sûr que ce jeune homme s’est développé sous le regard d’une tendre mère.C’est ce regard qui a pétri sa chétive organisation dès les premiers jours de son existence, et qui lui a infusé toutes les grandes et nobles passions.Toute mère est sainte et héroïque auprès du berceau de son enfant, et son influence magnétique donne une seconde vie à celui qui est sorti de ses entrailles.“ Commence, jeune enfant, dit Virgile, à connaître ta mère à son sourire ; ta mère ! elle a, pendant dix mois, souffert bien des ennuis ! Commence, jeune enfant ; celui à qui n’ont pas souri ses parents, ne fut jamais admis à la table des dieux, ( jamais au lit d’une déesse.”) (Églogue V.) Aux premiers jours de l’existence, l’organisation était comme une cire molle, toute l’âme d’une mère s’y infiltre, s’y incorpore par les doux regards incessamment répétés, par les sons inarticulés d’amour, par les inflexions profondes de sensibilité, de dévouement sans borne.L’enfant grandissant, se développant dans cette atmosphère de bonté, de tendresse, de sainteté, en un mot, de tout ce qui est beau et noble dans l’humanité, son organisation s’imbibe de tous ces sentiments, elle se les incarne, les condense, les exprime, les cristallise, pour ainsi dire, dans tout son être, et comme un diamant vivant et animé, il réfléchit toute l’âme sanctifiée de celle qui, après l’avoir mis au monde une fois, continue à l’enfanter tous les jours.Rien de semblable pour la première enfance élevée sous le toit de l’étrangère.Pour faire comprendre toute l’influence qu’une mère peut avoir sur la première enfance, rappelons que les êtres faibles peuvent être atteints de tics nerveux, de maladies nerveuses en imitant les phénomènes que ces affections présentent ou même simplement en les voyant sur autrui, et ici nous pourrions citer des faits aussi curieux qu’instructifs.Puisque l’influence physiologique est si puissante que de remuer et d’atteindre, par sa seule présence, une organisation étrangère jusque dans ses profondeurs, que doit-ce être du rayonnement maternel sur la petite créature qui vient de naître.Les pauvres êtres infortunés qui sont privés de ce soleil divin font peut-être bien de quitter au plus vite la terre ! L’enfant grandissant, se fortifiant, les pensées généreuses, les sentiments nobles qui lui ont été inspirés, incorporés, se développent et se fortifient en même temps que son organisme d’après les lois harmonieuses établies entre le corps et l’âme.La tige naissante se plie, obéissant à la plus faible impulsion ; mais à mesure que les années s’écoulent, elle se fortifie dans la position qu’on lui a imprimée, et bientôt, grâce à la sollicitude maternelle, l'homme fait nous présentera un noble type de l’humanité dans lequel resplendiront tous les grands sentiments, auréole qui distingue les hommes destinés à tracer la route lumineuse du progrès, et à rayonner à travers les âges comme les astres qui indiquent le port.Quel noble et généreux orgueil doit faire tressaillir une mère quand elle songe à l’œuvre qu’elle est appelée à faire.“ C’est à notre sexe, sans doute, qu’il appartient de former des géomètres, des tacticiens, des chimistes, etc.; mais ce que l’on appelle l'homme, c’est-à-dire l’homme moral, est peut-être formé à dix ans: et s’il ne l’a pas été sur les genoux de sa mère, ce sera toujours un grand malheur.Rien ne peut remplacer cette éducation, si la mère surtout s’est fait un devoir d’imprimer profondément sur le front de son fils le caractère divin, on peut être à peu près sûr que la main du vice ne l’effacera jamais.Le jeune homme pourra s’écarter sans doute ; mais il décrira, si vous vou- JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.85 lez me permettre cette expression, une courbe rentrante qui le ramènera au point d’où il était parti.” (Soirées de Saint-Péters-hourg, entr.III.).J.Rambosson.Le Correspondant Ees Pères et les Enfants.(l,r volume : l'enfance et l’adolescence.—2* volume : la jeunesse Par Ernest Legouvé, de l’Académie française.L’excellent livre de M.Ernest Legouvé est aujourd’hui corn" plet.La seconde partie, qui a pour object la Jeunesse, a paru il y a quelque temps.Les Pères et les Enfants sont une de ces œuvres heureuses qui marquent dans la vie des meilleurs écrivains et prennent dans l’ensemble de leurs travaux comme dans l’estime publique une place à part, parce qu’ils sont essentiellement les livres que seuls ils pouvaient faire.Avec du talent, de la volonté, de l’esprit, un écrivain peut arriver à écrire le livre qu’un autre aurait fait ; mais les œuvres qui sont l’homme même, l’auteur les produit comme à son insu : il ne les fait pas exprès.Il les avait en soi, s’en sans douter, et si elles tombent un beau jour de sa plume, c’est comme ud fruit mûr se détachant de l’arbre qui l’a porté.Telle est dans l’œuvre nouvelle de M.Legouvé la qualité saisissante tout d’abord.Ce livre est de lui et ne pouvait être d’un autre.Tous les problèmes qu’il y aborde s’agitent vaguement dans la conscience des pères, des mères et des fils du 19° siècle.Il ne manquait qu’une voix à ces inquiétudes, à ce malaise, à ce trouble ; M.Ernest Legouvé aura été cette voix.Il nous dit à tous ce que nous cherchions, soit à nous dire, soit à nous cacher à nous-mêmes, et nous le dit avec cette raison, cette certitude, cette sûreté, cette émotion d’honnête homme, qui font la lumière jusque dans les ténèbres.Nous regrettons quelquefois de n’avoir pas seulement des abonnés de vingt ans au moins (1).Notre plume s’est arrêtée bien souvent dans nos Essais de morale familière devant l’âge de nos plus jeunes lecteurs.Nous leur avons fait bien souvent le sacrifice de tout ce qui ne pouvait pas leur être dit encore.C’est ce surplus que les pères et les mères de nos jeunes lecteurs trouveront dans la seconde partie surtout du livre de M.Legouvé, celle qu’il intitule : la jeunesse.Dans les pages de ce remarquable ouvrage, il en est quelques-unes cependant que nous pouvons offrir à tous.Celles que nous donnons aujourd’hui traitent du plus délicat des sujets : les différences qu’apporte parfois l’inégalité de l’éducation entre les pères et les enfants.Le père a été l’artisan de sa fortune.Né pauvre, dans ce qu’on est convenu d’appeler la plus humble des conditions, comme si le caractère n’était pas là pour relever toute condition, il n’a pu dans son enfance et dans son adolescence recevoir les bienfaits de l’instruction et de l’éducation.Il est arrivé cependant par le travail opiniâtre à une sorte d’aisance relative.Il a souffert de son ignorance, il ne veut pas qu’à son tour son fils puisse souffrir du même mal.Il le fait instruire ; il passe s’il le faut, les nuits après les jours, à travailler pour subvenir aux frais de cette éducation : son fils est dans un collège 1 Le père est encore un artisan, le fils est bientôt un lauréat de l’éducation et de l’instruction nouvelle; à qui l’honneur d'un tel progrès, sinon au père, sans lequel il n’eût pu s’accomplir ?C’est par l’incessant sacrifice de la vie du père que ce résultat est obtenu.Le résultat est clair, au point de vue du bonheur du fils; est-il aussi clair toujours au point de vue du bonheur du père?Non, car le sacrifice du père est sans fin : plus il a aidé son fils à monter, plus il semble qu’il l’a éloigné de lui.Le père a donc fait son devoir en se sacrifiant de la sorte.Mais le devoir du fils est de le méconnaître jamais.Il faut qu’il sente, presque avant l’âge de le comprendre, qu’il serait un misérable, coupable (1) Pour l’intelligence de ce paragraphe, nous devons prévenir le lecteur que cette article est extrait du Magasin d'Education et de Récréation, publié par la librairie Hetzel, recueil déjà connu et apprécié depuis longtemps.du pire des crimes de l’ingratitude du fils envers son père, quelque chose comme un parricide moral, s’il retournait jamais contre ce père et cette mère qui se dévouent à son avenir, les armes que le sang de leur cœur, que la sueur de leur front va mettre dans ses mains.Le fils sera un jour un grand industriel, un grand artiste, un grand écrivain, un homme d’Etat peut-être; il arrivera à la fortune et aux honneurs, qu’il ne faut pas confondre avec l’honneur.Son père restera ce qu’il a toujours été, un ouvrier, un petit commerçant, un bottier, un tailleur, un maçon plus ou moins à l’abri de la misère, plus ou moins libéré de son humble et rude labeur, mais en dépit de tout, conservant dans tout son être la trace de son laborieux passé.Quelle sera l’attitude du fils lettré, élevé, instruit devant le père demeuré ignorant ?Le fils comprendra-t-il toujours ce qu’il doit de respect et de tendresse sans borne, à ce père dont l’amour, désintéressé jusqu’à la plus sublime abnégation, n’a pas craint de le faire supérieur à lui-même, du moins par l’éducation, pour assurer plus sûrement son avenir.Comprendra-t-il que le beau rôle reste, dans tous les cas où il y a sacrifice, à celui qui a fait le sacrifice, plutôt qu’à celui qui en a profité ?L’épisode que nous empruntons ici au livre de M.Ernest Legouvé met en action cette question qu’il fallait oser poser de nos jours, car elle est une des questions vitales dans la nouvelle famille française.Du plus haut au plus bas de l’échelle sociale, grâce aux efforts des pères, le niveau de l'éducation a monté, il monte tous les jours.Nos fils sauront, s’il veulent travailler, ce que les plus laborieux, ce que les plus savants d’entre nous ont ignoré ; nous leur laisserons à tous, en un mot, un héritage dont aucun de nous n’aura pu jouir.En possession de ce domaine nouveau que le progrès du temps va leur ouvrir, ce serait à désespérer des générations nouvelles si nos enfants en venaient à oublier jamais que cet héritage, c’est l’effort seul de leur père qui l’a mis dans leurs mains, et à renier ainsi leur origine.P.-J.Stahl.Le Charpentier Villeneuve et son Fils l’Ingénieur.“Il y a quelques années, me trouvant en Touraine dans un petit bourg nommé Dammartin, le hasard me mit en relations avec un charpentier nommé Villeneuve dont le caractère énergique, l'intelligence vive, quoique inculte, m’avaient frappé.Son savoir se bornait à la lecture, l’écriture, quelques notions de dessin linéaire; mais nul ne conduisait mieux un atelier, nul ne gouvernait plus fermement dix ou quinze hommes dans un travail difficile ; il avait le don de l’autorité.Dans un grand hiver, \ un pont de bois ayant été emporté par la débâcle des glaçons, Villeneuve avait montré dans cette circonstance critique de singulières ressources d’invention et de courage.Resté veuf avec son fils, il voulut que cet enfant fût élevé autrement que lui.A douze ans, il le fit entrer dans une école professionnelle; à quinze, il l’envoyait à l’École centrale.Voisins et amis le blâmèrent d’instruire son fils comme un monsieur: “ J'ai” trop souffert de mon ignorance, dit-il, pour faire de mon fils “ un ignorant.” Le jour du départ pour l’Ecole centrale, je fus témoin des adieux du fils et du père, et je demeurai profondément touché de la déférence affectueuse de l’un, de la tendresse digne de l’autre.Je les revis un an après le retour.Quel changement 1 Ce n’est pas que le jeune homme eût trompé les espérances du père.Entré le premier à l’École centrale, il en est sorti le premier.On le compte parmi les ingénieurs civils distingués; mais c’en est fait de la joie du père.Son fils ne vient plus chez lui que par hasard, au moment des chasses ou des vacances.Ses succès, les éloges de ses chefs, l’admiration bête des habitants du bourg lui ont tourné la tête.A peine de retour, il a tout changé dans la maison : le mot de charpentier inscrit sur la porte blessait sa vanité, il l’a fait effacer sous prétexte de je ne sais plus quelle réparation, et ne l’a pas fait remettre ; le père en a souffert, comme un gentilhomme de voir enlever ses armes sur son écusson ; il s’est tû pourtant, résolu à boire en silence et jusqu’à la 86 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.lie son calice.La veste de travail de Villeneuve humiliait le fils, il a voulu que le vieil ouvrier renonçât à cette fidèle compagne de sa vie et s’affublât de je ne sais quel ridicule habit de bourgeois.Mais cette fois le père s’est redressé et lui a dit d’un ton ferme : “ Ab ! quant à ça, non ! ” Il est sombre, silencieux, amer ; les larmes sont au fond de son coeur, mais il ne les montre pas.“ L’attitude du jeune homme vis-à vis de lui ajoute à son amertume.Ce n’est pas qu’il soit devenu mauvais fils.Rien de dur ni d’irrespectueux dans son langage.Je le calomnierais en disant qu’il n’aime plus son père, il l’aime, mais il le dédaigne.Son père est devenu pour lui un bonhomme.Le bonhomme a voulu l’interroger sur ses études et ses travaux, il a éludé et souri.Un petit incident dont je fus témoin me révéla toute la profondeur du mal.“ L’administration municipale de Blois ayant mis au concours un projet de barrage contre les grandes crues du Cher, le jeune homme a envoyé un plan ingénieux où l’ont aidé ses premières études de charpentier.Ce plan a emporté tous les suffrages.Le Préfet, notre ancien camarade de collège, que sa tournée électorale a amené dans le bourg, a voulu que le jeune homme lui, fût présenté.Vous devinez quel fut l’effet dans tout le village.J’y étais ; le père y était aussi ; mais, hélas ! â l’écart, perdu parmi les spectateurs, sans que son fils, enivré de cet honneur songeât même à le nommer au Préfet.“ Révolté de cet oubli, j'allai chercher le vieil ouvrier dans la foule, et je l’amenai, presque malgré lui, à notre camarade en lui disant : “ Monsieur le préfet, félicitez aussi le père, car le “ fils ne serait rien sans lui.“ Hé bien ! vous l’avouerai-je?le fils alors n’a pas racheté sa passagère ingratitude par un bon élan de cœur.Il paraissait plus embarrassé de la profession de son père qu’empressé de l’associer à son succès.Et je partis navré de cette triste solution du problème qui nous occupe.“ Quelques jours après, de funeste nouvelles se répandirent dans le pays.La Loire et le Cher était débordés et menaçaient d’envahir toute la vallée.On alla chercher des ingénieurs à Blois, à Amboise; ils étaient tous partis pour Onzain, plus menacé encore, nous courûmes à la levée de Rambourg, notre seule défense.Le fleuve, grossi et jaunâtre, lançait contre elle des débris d’arbres, de bateaux, de toitures, comme autant de béliers ; un vent effroyable tordait et courbait presque jusqu’à terre d’immenses peupliers ; qui sont plantés dans toute la longueur de laleyée.De tous côtés arrivaient des communes voisines des paysans, des ouvriers qui venaient s’offrir pour la défense commune ; mais que faire ?Pas de chef, de guide ; nous étions tous paralysés, désespérés.“ Tout à coup pàraît au loin une masse d’hommes agitant des mouchoirs, des bâtons, des instruments de travail et poussant des cris de joie.Us approchent.C’étaient les habitants de Dam-martin qui amenaient, non, je me trompe, qui apportaient comme en triomphe le jeune Villeneuve! A ce seul mot: “Un ingé-“ nieur ! ” cette foule se précipite au-devant du jeune homme et presque à ses genoux ; les uns l’entraînent à droite, en lui disant : “ C'est là qu’est le danger! ” les autres l’entraînent à gauche.Le jeune homme, travaillé dans tous les sens, assailli par mille cris désordonnés, pâle de peur, non de peur physique, mais de peur morale, de peur du danger des autres, fléchissant sous le poids de la responsabilité, courait d’un point à un autre, faisait réparer quelques brèches, donnait quelques ordres intelligents, mais incertains ; organisait les ouvriers par escouades, mais en paraissant plutôt les consulter que les commander.Le danger pourtant croissait toujours, les fissures devenaient des brèches! Les troncs des peupliers ébranlés par l’ouragan communiquaient leur balancement aux racines qui, à leur tour, agitaient le sol et disjoignaient tous les travaux de rebouchage.Un morceau de la crête de la vallée venait d’être emporté.La perte était certaine.Mais soudain accourt de notre côté le vieux Villeneuve: “ Quit-“ tez les brèches.” s’écria-t-il aux ouvriers, “c’est l’ordre de “mon fils!.” On hésite.“Je vous dis que c’est l’ordre de “mon fils!.” répète-t-il d’une voix tonnante.“Prenez vos “ haches, prenez vos pioches ! Tout le monde aux arbres ! Abat-“ tez les arbres !.” Ob ! comme l’homme se soumet vite à la voix faite pour le commander ! A cet accent, à ce mot sauveur que chacun a compris; “Abattez les arbres!” nous nous précipitions tous sur les peupliers, la hache en main ; les troncs s’ouvrent.Tous ces géants penchent et tombent l’un après l’autre, et, à peine tombés, nous servent au lieu de nous nuire 1 Les racines, débarrassées de leurs troncs et de leurs branches, s’affermissent comme autant de pieux énormes dans cette terre qu’elles ébranlaient tout à l’heure; la masse même des arbres étendus contient les éboulements ; la confiance revient, le courage renaît.Electrisée par ces deux hommes qui s’électrisaient l'un l’autre, cette foule devient une armée d’élite ! Deux heures après, toutes les brèches étaient réparées : trois heures plus tard, s’élevait sur la jetée un bâtardeau d’un mètre, et au coucher du soleil, quand les ingénieurs de Blois arrivèrent enfin à notre aide, ils trouvèrent toute cette population groupée autour de ses deux sauveurs.Il y avait quelque chose de plus touchant encore que l’admiration reconnaissante de cette foule, c’était la vue de ce fils et de ce père dans les bras l’un de l’autre, et réunis pour toujours désormais par leur héroïque association d’un moment, par leur communauté de courage, de dévouement et de périls.“ Aussi le lendemain, quand le Préfet, averti par les rapports des ingénieurs, arriva à Dammartin pour récompenser le jeune homme., je n’eus pas besoin d’aller chercher le père, c’est le fils qui l’amena.C’est le fils qui s’écria; “Ne me félicitez pas, “ Monsieur le Préfet, voilà celui à qui on doit tout ! Je conçois “ l’erreur des ingénieurs, car pendant tout le travail, mon père “ s’écriait : “ C’est l’ordre de mon fils, obéissez à mon fils.” La “ vérité est que j’ai obéi, et qu’il commandait.J’avais perdu la “ tête ! La responsabilité m’écrasait ! c est lui qui a tout sauvé.“ Si donc, Monsieur le Préfet, vous croyez mes efforts dignes de “ quelque éloge,, rendez publique la conduite de mon père, et “j’aurai reçu de vous la plus belle récompense!” “ J’entends d’ici votre objection : c’est sans doute là un fait touchant, mais un fait très exceptionnel.On ne saurait compter toujours sur des inondations et des sauvetages pareils pour ramener les fils aux pères et obvier aux inconvénients de la différence d’éducation.Il montre d’abord aux jeunes gens enflés de la science des livres, que tout n’est pas dans les livres, et que la seule pratique des hommes et des choses donne une supériorité qu’aucune étude théorique ne remplace.Je vais plus loin.Béranger, que j’aime à citer, disait ce mot charmant et profond : “ La “ modestie n'est que l'esprit de comparaison.“ En effet, nous ne sommes vaniteux que parce que nous nous comparons aux autres par le point où nous l’emportons sur eux.Pourquoi, en France surtout, l’homme d’esprit, l’homme de savoir, l’homme riche et l'homme noble regardent-ils avec le dédain de la supériorité, l’ignorant, le pauvre, l’obscur ?Parce qu’ils ne mesurent la distance qui le sépare de lui qu’à l’échelle de proportion de la richesse, du savoir ou de la noblesse.Mais combien les plus orgeuilleux deviendraient-ils humbles, que dis-je ?combien le deviennent-ils, quand tout à coup une catastrophe, une guerre, une révolution font éclater à côté d’eux, et parfois pour eux, le dévouement de cet ignorant, 1 énergie morale de ce travailleur obscur, la richesse de cœur de ce pauvre! Alors la vérité se fait jour, l’équilibre se rétablit, et l’orgueil paraît ce qu’il est : le plus aveugle et le plus bête de tous les vices.Eh bien ! il faut apprendre aux enfants cette grande loi des compensations morales 1 Les torts du cœur ne sont souvent que des torts d’intelligence ; l’homme, et surtout le jeune homme, la plupart du temps, ne fait le mal que parce qu’il ne voit pas le bien.Le jour où les jeunes gens comprendront que le savoir n’arrive qu’en troisième ou quatrième ordre sur l’échelle des supériorités, le jour où ils seront convaincus que Dieu compte plus tel être humble qui ne se compte pas, que tel être illustre qui est tout rempli de lui-même, ce jour-là l’intelligence seule de l’enfant suffira à le défendre do l’ingratitude.Voilà pourquoi je vous ai fait ce récit, parce que ce récit renferme cette leçon.” Ernest Legouvé.(Journal d’Éducation de Bordeaux). JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.87 I^es écoles de Nègres aux Etats-Unis.Dans la Nouvelle-Angleterre, malgré les préventions qui leur rendent encore toute les carrières difficiles, quelques nègres, à force d’énergie, sont devenus instruits et riches : ils plaident au barreau, enseignent dans les églises, et exercent avec succès d’autres professions libérales.L’intelligence déployée en mainte occasion par ces hommes, que I on prétendait rabaisser au niveau de la brute, est vraiment remarquable, et rien ne prouve mieux combien ils sont susceptibles de développement, que la manière dont ils ont accueilli la création des écoles à leur usage.L’armée fédérale avait déjà établi, sur différents points où elle avait stationné, des écoles poui l’éducation des soldats de couleur.Ces établissements furent maintenus et ouverts à toute la population nègre ; un plus grand nombre encore furent créés par les sociétés de bienfaisance du Nord.Même, quelques Etats du Sud, animés d’un généreux esprit de conciliation, en instituèrent plusieurs.Les noirs se prêtèrent admirablement à cette innovation ; ils comprirent, avec une promptitude d’intelligence qui eût fait honneur à des blancs civilisés, combien il était important pour eux de s’instruire; et l’on vit ces pauvres gens s’imposer les plus grands sacrifices pour contribuer à la fondatiom des écoles.Ainsi, dans Je Texas, la population de couleur créa, par ses seuls efforts et avec ses seules ressources, vingt-six écoles du jour et du soir ; ce fut elle encore qui, en Géorgie, prit l’initiative des premiers établissements d’instruction publique destinés à ses enfants.Nulle parties résultats ne furent aussi remarquables que dans la Louisiane.L’autorite militaire avait organisé sur une vaste échelle l’enseignement public.On avait déclaré solennellement que l’Etat était tenu de mettre l’instruction à la portée des noirs, et des impôts avaient été levés à cet effet.Mais une réaction violente éclata.Il fallut supprimer les taxes en faveur des nègres.La nouvelle de cette mesure causa parmi les affranchis une véritable consternation.Pendant le court intervalle où l’accès des écoles leur avait été ouvert, 50,000 d’entre eux avaient appris à lire ; des milliers d’autres se disposaient à suivre leur exemple.Ces germes féconds allaient-ils être étouffés ?L’avenir et le développement intellectuel de la race seraient-ils compromis ?Les noirs se réunirent, et, quoiqu’ils n’eussent presque tous d’autre ressource pour vivre que leur travail, ils prirent la noble résolution de demander à fournir une contribution spéciale pour l’éducation de leurs enfants, sans être déchargés néanmoins de l’impôt commun.Une multitude de pétitions, couvertes de croix représentant la signature des parents qui ne savaient pas écrire, sollicitèrent le bienfait de l’instruction pour la caste deshéritée ; les postulants ajoutaient qu’ils supporteraient eux-mêmes la dépense.On ne pouvait rester sourd à cet appel ; des écoles furent ouvertes aux élèves de couleur, et les nègres, employés à différents travaux par les bureaux des affranchis, prirent sur leur modeste salaire de chaque jour la somme nécessaire pour la location du local et le traitement des professeurs.Partout une soif ardente d’instruction se manifeste chez les esclaves émancipés : au seuil des plus pauvres demeures, on rencontre de petits enfants feuilletant leur abécédaire ; des hommes que l'âge a déjà courbés s’efforcent de suppléer par l’énergie de la volonté aux facultés de la jeunesse.Suivez ces.nègres qui, le soir, parcourent d'un pas rapide les rues des grandes villes ; les uns se dirigent vers de misérables mansardes, les autres vers des sous-sols malsains : c’est là que sont établies les écoles, car l’argent est rare et les besoins sont nombreux ; quelques bancs, des tables, un petit nombre delivres, voilà tout l’ameublement.M.Alvord, inspecteur-général de l’enseignement public dans le Sud, estime à un million an moins, sur les cinq millions d’affranchis, le nombre des nègres, enfants et adultes, prêts à entrer dans les écoles.Un voyageur anglais, M.le docteur Zincke, quoique peu disposé à croire que les nègres puissent jamais s’élever dans la civilisation au même degré que les blancs, a écrit les lignes suivantes, à la suite d’une visite qu ’il avait faite à une école de petits nègres : “En raison môme de mes opinions, je me regarde comme obligé de tenir compte de tous les faits qui semblent les contredire.J’avouerai donc mon étonnement extreme à la vue de la vivacité d’esprit de ces quatre cents enfants de couleur.En fort peu de temps, ils avaient acquis une somme de connaissances véritablement remarquable.Jamais, dans une école d’Angleterre, et j’en ai visité beaucoup, je n’ai trouvé chez les élèves autant de promptitude à comprendre le sens des leçons lues devant eux ; jamais je n’ai entendu de réponses aussi judicieuses et montrant une aussi claire intelligence du texte.” A l’Université d'Uberlin, dans l’Ohio, les nègres concourent avec les blancs pour les mathématiques, l’astronomie et les sciences naturelles.Les fils du général Lee se sont faits maîtres d’école de nègres pour combattre les préjugés d’une partie de leurs compatriotes , plusieurs jeunes gens, appartenant aux familles les plus riches, ont suivi cet exemple.Quels progrès l’instruction ne ferait-elle pas en France si nous étions animés d'autant de zèle ! N’est-il pas étrange de voir que, tandis que les Américains des États-Unis parviennent à vaincre leurs préjugés contre les noirs jusqu’à se dévouer a leur instruction, une partie de la population française reste encore tout au moins indifférente à l’ignorance d’un si grand nombre de ses concitoyens ! Cependant, que l’on y songe bien ! l’ignorance du peuple est une cause d’infériorité pour la nation tout entière.Magasin Pittoresque.Avautages de la Propreté.Parmi les soins que l’on donne au corps, il en est qui ont une influence morale, peu sensible en apparence, mais très-réelle.Tels sont ceux de la propreté.La propreté sur la personne, dans les vêtements, est l’une des règles les plus certaines de l’hygiène : elle prévient une foule de maladies ; elle entretient la fraîcheur, et facilite le jeu de tous les organes ; elle entretient aussi les idées de décence, les habitudes d’ordre ; elle concourt à inspirer le respect que l’homme se doit à lui-même, elle l’accoutume à la vigilance sur soi ; elle commande la modération, l’attention, la retenue en beaucoup de choses ; elle dispose au travail ; elle répand une certaine sérénité dans l’esprit ; elle offre l’image sensible de la pureté intérieure de l'innocence ; elle est aussi un égard pour les autres ; elle plaît, elle attire la bienveillance ; elle facilite le commerce de la vie ; elle est un lien de sociabilité.La propreté peut être observée dans toutes les situations ; il y a une propreté compatible avec la pauvreté elle-même.De Gérando.SCIEN CE .(Jn Revenant Microscopique.Fous avez du courage, n’est-ce pas ?Hé bien ! écoutez-moi, voici le portrait de mon revenant ; je le copie d’après nature, car en ce moment même, il est là, sous mes yeux, s’agitant et se débattant avec violence.Ah I mais c’est qu’il est énorme, savez-vous ?il est bien de la taille d’un gros mouton.Son corps entièrement noir est tout hérissé de formidables barbes, grosses, longues et aigues comme des poignards.Dressé sur ses six grandes pattes non moins épineuses que son corps, il grimpe contre la muraille, où s’enfoncent ses griffes recourbées.Sur son front luisant s’abaissent deux cornes, deux sortes d’antennes qui, lorsqu’il les rabat entièrement, s’y enfoncent dans une alvéole à bords velus.Une forte trompe coudée, allant et venant d’une façon peu rassurante, s’élance du milieu d’une paire de moustaches bien autrement rébarbatives que celles d’un tigre.De part et d’autre de sa tête s’arrondissent deux protubérances qui ne sont autre chose que ses gros yeux, puis enfin sur son dos s’agitent convulsivement deux grandes ailes membraneuses, solidement 88 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.ramifiées et hérissées sur les bords de ces mêmes piques noires, de ces dagues luisantes dont il a le corps entièrement recouvert.Vous voyez qu il ne s agit ni d’un rossignol ni d’un colibri.— Non, il s’agit d’une mouche.— D’une mouche !.— Tout simplement, mais d’une mouche vue au microscope solaire : ce bel et curieux instrument, où une lentille de verre grossit, en la centuplant bien des fois, l’image de l’objet que l’on regarde C’est ce matin même qu'il m’est apparu, mon petit revenant ailé.Ne revenait-il pas en effet, grâce à un chaud rayon de soleil de l'engourdissement, de la mort apparente où l’avaient plongé les premiers froids de l’hiver ?Ma fenêtre étant ouverte, elle était entrée, la pauvre mouche, bourdonnant encore quelque peu, mais visiblement raide et transie.La chambre était tiède ; délices inattendues ! Et ne voilà-t-il pas que délicatement je l’attrape et la loge sous un globe de lampe, où, dès les premiers pas, elle trouve un goutte de lait abondamment saturée de sucre que je venais d’y placer à son intention.Une délicieuse chambre lumineuse et doucement attiédie, avec une délectable collation,—tous les bonheurs à la fois 1 Aussi fallait-il voir avec quel empressement joyeux ma pensionnaire s’était mise à table.De sa trompe immobile collée à son sucre fondu, elle pompait, pompait jusqu’à en perdre haleine, jusqu’à.mais n’anticipons point.Singulier retour des choses humaines ! Voilà pourtant une bestiole que j’eusse, il y a trois mois, impitoyablement chassée de ma chambre, surtout si la fantaisie lui était venue de se poser sur moi,— sévérité que je vous expliquerai tout à l’heure,— tandis qu’aujourd’hui je la loge, je la nourris et la dorlote avec la plus extrême sollicitude.Pourquoi ?Parce que la pauvre bête est inoffensive.Mourante tout à l’heure, elle serait morte demain si je la rejetais dans la rue.C’est à un ennemi désarmé que j’ai affaire, bien plus, à un hôte malheureux.Mais laissons le microscope solaire et prenons une loupe.A la bonne heure ; cette grande et horrible silhouette de monstre apocalyptique, qui vous a peut-être un peu effrayé, fait place à un insecte qu’à tout prendre on pourrait trouver charmant.Voyons, que l’on t’examine un peu, gourmande affolée de sucre.Regarde-moi, petit masque à moustaches, et dis-moi ce que tu penses.Mystère 1 Rien ne transpire au travers de ces enveloppes cornées et luisantes, de ces yeux éternellement immobiles.Et cependant, songez-y, cela doit penser, une mouche.Dans cette petite tête noirâtre passent de fugitives impressions, des ombres d’idées, moins encore si vous voulez, mais à coup sûr quelque chose qui touche à l’esprit.N’y a-t-il point désirs, lorsque, subitement arrêtée dans son vol par les émanations d’un morceau affriolant, elle s’arrête, cherche, trouve vite et vient y déposer.nous vous dirons quoi tout à l’heure.N’y a-t-il point crainte lorsque s’approche un ennemi et que d’un coup d’aile, de ces ailes si prodigieusement rapides qu’elles battent trois cent trente fois par seconde, elle disparaît comme un éclair ?N’y a-t-il point mémoire enfin, lorsque, pourchassée de tel endroit où l’attirait quelque pâture succulente, elle s’envole souvent fort loin et y retourne cependant ?Et penser que tout cela, mémoire, crainte, désirs et mille autres choses que nous ignorons, naissent, se formulent, passent et repassent dans cette microscopique cervelle grise que nous aurions peine à faire tenir à la fine pointe d'une aiguille !.N’importe, rien ne se manifeste au dehors.En ce moment même, où j’examine ma pensionnaire au bout d’une pince qui délicatement lui retient l’aile, elle doit, à coup sûr, avoir d’abord une très-grande peur, et en second lieu me haïr prodigieusement, oubliant, l’ingrate, et le lait sucré qui vient de moi, et la jolie chambre tiède où je la loge gratis.Hé bien ! voyez, la sournoise petite bête ne pâlit, ni ne fronce le sourcil, ni ne s’indigne ; com- bien l’on a eu raison de dire que l’insecte n’a point de physionomie ! En revanche, de quelles couleurs splendides sont teintés ce casque, ces brassards, ces gantelets, ces boucliers, toutes les pièces enfin de cette cuirasse merveilleuse dont sont revêtus les plus humbles de ces petits êtres ! Voyez, chez notre mouche, ce corselet de velours noir et cet abdomen dont les tons sombres se glacent à la lumière de si admirables reflets d’acier bleui, et ces ailes de gaze moirée, et ces yeux enfin, ces yeux sur lesquels sont rangées douze ou quinze mille facettes, multipliant ainsi presque sans limites les facultés visuelles de cet organe incomparable.Vous voyez que notre mouche est un personnage dont je dois, sans plus tarder, vous énumérer les noms, titres et qualités.Sachez donc qu’elle appartient aux muscides, formant la tribu la plus immense de l’ordre des diptères, puisque, dans l’Europe seule, elle compte plus de vingt mille espèces cataloguées.Maintenant, s’il faut tout vous dire, il en est parmi les vingt mille espèces de beaucoup plus intéressantes que la nôtre.Cette mouche bleue,— car c’en est une, je ne puis le céler plus longtemps,— a toutes sortes de vilains noms.Elle s’appelle mouche à viande, mouche vivipare, mouche sarcophage.Horreur I elle s’appelle encore mouche antropophage ! Et savez-vous pourquoi ?Parce qu’elle pond sur les matières animales des vers ou larves toutes formées, qui se mettent incontinent à la besogne, dévorant le plus possible et gâtant ce qu’elles ne peuvent absorber.Et encore si ces vilaines mouches bleues ne pondaient que sur les matières mortes ; mais c’est aussi sur les corps vivants qu’elles s’arrêtent volontiers, et l’on a parfois trouvé sur des hommes endormis des centaines de larves redoutables qui bien vite, en ces circonstances, s’introduisent au moyen de leurs crochets dans les yeux, dans le nez, dans la bouche et jusque dans la gorge, où elles occasionnent les plus affreux désordres.Une fois logées dans la chair,— chair morte ou chair vivante, peu leur importe,— elles y demeurent, comme bien vous pensez, déchirant, dévorant sans cesse, et cela pendant bien des jours, jusqu’à ce que l’heure soit venue de se transformer en nymphes.C’est dans leur propre peau, devenu écailleuse, que la révolution s’accomplit, puis un beau matin lentement elles s’en échappent.D’abord molles, blanchâtres, et ne pouvant voler, elles se traînent faibles et frissonnantes.Mais le soleil les sèche, quelques heures se passent, et les voilà mouches venues, et grandes personnes qui, sur leurs ailes raffermies, prennent tout-à-coup l’essor.Etais-je trop sévère tout à l’heure, et n’avais-je pas raison de faire vis-à-vis de ma mouche vivipare, sarcophage ou antropophage, toutes sortes de prudentes réserves î Certes ce n’est point à elle qu’il tient de n’être pas en ce moment pour moi presque aussi redoutable que telle des plus dangereuses créatures des pays tropicaux.Son innocence actuelle ne provient que de l’hiver ; mais s’il faisait chaud, ce serait bien une autre affaire.Et même sans parler des dangers dont elles nous menacent, quelles créatures désagréables que ces insectes qui toujours tiennent quelques larves à votre disposition, et dont les bourdonnements inquiètent si fort les cuisinières attentivss, alors qu’elles les voient voltiger autour de leur garde-manger.Malheureusement, les boucheries sont toujours ouvertes, et Dieu sait les fricassées de larves qui, pendant la belle saison, nous seraient servies sur nos gigots et sur nos côtelettes, sans l’intervention.deviriez de qui ?— Des guêpes.Oui, des guêpes.Ces élégants insectes sont la terreur des mouches de toutes couleurs ; non point qu’ils en détruisent un grand nombre, mais il suffit à ces dernières de les voir ou de les entendre voltiger dans leur voisinage pour décamper aussi vite que des polissons surpris en plein champ de maraude.C’est qu’elles savent qu’ils n’entendent nullement raillerie, ces gardes-champêtres au corps jaune rayé de noir, et, que s’ils n’ont ni sabre, ni baudrier, ni chapeau à claque, ils ont en revanche, ce qui est bien pis, une longue épée empoisonnée et, chose plus redoutable encore, de fortes et rapides ailes.Avez-vous quelquefois vu, par un beau soleil d’été, comment s’y prennent ces guêpes redoutées dans la chasse qu’elles font aux JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.89 mouches ?D’un air indifférent, distrait, sans avoir l’air de songer à mal, elles bourdonnent le long des murs, des planches, des fenêtres, puis subitement, d’un coup d’aile rapide, et semblables à un véritable oiseau de proie, elles se précipitent sur un point noir ou bleu, etc.Ce point est une mouche qui vainement se débat sous l’étreinte.Dix minutes après, plus rien de la victime ; c'est à peine s’il en reste les ailes et quelques pattes, ce qui n’empêche nullement le petit vautour fauve de se remettre en quête d’une nouvelle proie.Aussi faut-il voir la panique des mouches quand se présentent au milieu d’elles, aux premiers jours chauds du printemps, les sveltes chasseresses.‘ Voici les guêpes!” s’écrient joyeusement les bouchers en déposant leurs plumeaux, et le fait est qu’à partir de ce jour les mouches noires se dipersent en partie, tandis que les mouches bleues s’en vont déposer leurs larves ailleurs.Mais revenons à la nôtre.La pauvre petite bête transie ne pense guère à pondre.Non certes.car elle vient de mourir ! — Mourir I — Elle est morte.Elle n’a joui de mon hospitalité que deux ou trois heures tout au plus.Revenu dans ma chambre après une courte absence, je l’ai trouvée renversée sur le dos, les ailes inertes, les pattes crispées, les yeux déjà éteints.Je suis encore à me demander ce qui, en si peu de temps, a pour ainsi dire, foudroyé cette fragile vie.Est-ce d’une indigestion que ma gourmande convive est morte, après un trop long jeûne ?Est-ce d’une congestion cérébrale causée par la chaleur ?Je l’ignore.Mais est-il, après tout, bien nécessaire de faire intervenir un accident pour rendre compte d’une mort qui, peut-être, est fort naturelle ?Qui me dit que je n’ai pas eu affaire à une vieille mouche pleine de jours, à une mouche patriarche, née aux premières semaines du printemps, et qui, rassasiée de la vie, est venue chez moi s’endormir du dernier sommeil ?Certes, ses débauches de lait sucré peuvent bien avoir hâté quelque peu le dénouement ; la chaleur de la chambre est bien capable, elle aussi, d’avoir porté à son comble l’exaltation d’une tête dont j’avais eu l’occasion de constater la nature un peu volcanique, et qui de plus, était affaiblie par l’âge et la fatigue, mais rien ne prouve en définitive que ces causes aient été les seules.Quoiqu’il en soit, si mon hospitalité a pu adoucir un peu ses derniers moments, je n’ai pas perdu ma journée.Une mouche qui arrive à la fin de sa carrière sans avoir passé par les griffes d’une araignée est en somme une mouche favorisée.Toujours est-il qu’elle était morte, ma pauvre bestiole ailée, elle qui, par sa seule présence, avait évoqué devant moi le brillant mirage des beaux jours évanouis.En une seconde, un seul bourdonnement de l’insecte entrant dans ma chambre, j’avais tout revu : le ciel bleu, le soleil d’or, la mare aux roseaux de laquelle se balancent les libellules veloutées, et le ruisseau qui scintille sous l’herbe et les lointainshorizons violacés—tout le glorieux été, en un mot, surgissant au milieu de l'hiver.Et tout cela n’était plus : éteint le soleil, mortes les libellules, glacé le ruisseau, brumeux les horizons.Tout cela venait de disparaître une seconde fois avec mon petit revenant parti sans retour ; aussi, lorsque le regardant de nouveau à la loupe, je le vis déjà desséché, le dos plissé et les yeux enfoncés dans leur orbite, je ne pus m’empêcher de me perdre en de longues réflexions sur ce problème sérieux de la vie qui, non moins mystérieux devant le petit cadavre d’une mouche que devant une tombe humaine, a défié jusqu’ici et défiera peut-être éternellement nos curiosités les plus légitimes et nos recherches les plus passionnées.Ed.Grimard.Revue Géographique, 1870.I.Livingstone et ses dernières lettres.Le réseau hydrographique du plateau de l’Afrique australe, et ses rapports supposés avec le bassin du NU___JL Remarques à ce sujet.Fausses inductions que l’on tire des latitudes des sources du Nil dans Ptolémée.Savoir douter et attendre __Esquisse du plateau central, construite par M.Aug, Petermann sur les données contenues jusqu’à présent dans les lettres du voyageur.__III.Livingstone sur le plateau central.Système hydrographique.Rivières et vallées.Vues et conjectures.—IV.Découverte d’un nouveau lac.Description d’un pays inconnu.—V.Les grands lacs à l’ouest et au sud-ouest du Tanganika.Scènes d’inondations.La ville de Cazembé.Remarques sur les explorations portugaises.—VI.Coup d’œil sur quelques autres expéditions en diverses parties de l’Afrique.MM Baker et de Bizemont au fleuve Blanc ; le docteur Schweinfurth au Bahr-el-Ghazal ; M.Walker à l’Ogovaï —Ce que nous savons des grands fleuves de l’Afrique ; pas une seule de leurs sources n’est connue.De quel intérêt serait un voyage au centre de l’Afrique par le Gabon ou l’Ogovai—Vil.M.Reade au Soulimana ; tentative vers les sources du Dhioliba.Attente déçue.—Sur notre récente expédition militaire vers le Ghir, dans le Sahara marocain.Réminiscences classiques.VIII.Les prix décernés par les sociétés de géographie.Prix de l’Impératrice à M.Ferdinand de Lesseps.Généreux abandon des dix mille francs du prix à l’oflScier français qui s’est joint, pour les informations scientifiques, à l'expédition égptienne dirigée en ce moment vers le haut bassin du Nil.—Les expéditions polaires.Situation.M.Lambert.La Qermania.I Au moment même où j’écrivais, au mois de novembre dernier, ma dernière Revue trimestrielle, on recevait à Londres des lettres du docteur Livingstone ; ces lettres ont été publiées depuis (au mois de février), et je puis en résumer le contenu.Elles sont bien loin encore de répondre à la vive impatience avec laquelle nous attendons, en Europe, le résultat que le nom et la persévérance courageuse du grand explorateur, aussi bien que son habileté éprouvée, promettent à la géographie positive du plateau de l’Afrique australe.Néanmoins elles nous apportent déjà des faits d’un grand intérêt et des indications précieuses ; surtout elles nous rassurent de plus en plus sur le voyageur lui-même, dont la constance ne faiblit pas au milieu des épreuves parfois très-rudes, qu’il lui faut traverser sous le climat du tropique et au milieu de populations souvent hostiles.Les dernières lettres un peu circonstanciées de Livingstone étaient du 2 février 1867 (voir notre revue du premier semestre de 1869) ; elles laissaient le voyageur dans une localité appelée Bamba, vers le dixième degré de latitude australe, à peu près à mi-chemin entre le Nyassa du sud ou lac maravi et le Tanganîka que nous appelons par excellence le grand lac central de l’Afrique du sud ; c’est de ce point que part le récit sommaire des lettres actuelles écrites le 8 juillet 1868, au voisinage d’un lac appelé Bangoucolo, situé vers le sud-ouest du Tanganîka à une distance d’une dizaine de journées.Une lettre adressée au docteur Kirk, consul britannique à Zanzibar, en même temps que les dépêches destinées à l’Angleterre, présente sous une forme résumée les principales observations géographiques du voyageur, en même temps que les vues qu’il s’est formées sur la position des sources du Nil.“ Pour le capitaine Fraser et pour nos amis de Zanzibar, lit-on dans cette lettre intime, je puis dire que j’ai trouvé ce que je crois être les sources du Nil, entre le dixième et le douzième degré de latitude sud, par conséquent dans la position à peu près que Ptolémée leur assigne.Ce n’est pas seulement une source sortant d’un lac, mais au delà de vingt sources.U y a un lac appelé Liemba, peut-être en communication avec le Tanganîka, où affluent déjà quatre rivières considérables.L’une de ces rivières dont j’ai pris les mesures, apporte au lac les eaux de onze gros ruisseaux qu’elle reçoit.Prenant ces quatre rivières (et l’on peut en ajouter une cinquième qui passe à Maroungou) comme formant un système particulier d’écoulement ou de drainage, le Tchambèzé forme un autre système latéral, centre d’une grande vallée où se trouvent trois grands cours d’eau aussi forts que l'Isis à Oxford ou l'Avon à Hamilton.Le Tchambézé se déverse dans le lac Bangouéolo, reçoit deux affluents, puis change son I nom pour celui de Louapoula ; puis, coulant au nord, il reçoit JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.deux nouveaux tributaires larges d’une cinquantaine de mètres, et va se déverser dans le lac Moero où arrivent cinq autres rivières, dont l’une de quatre-vingts mètres de large que l’on ne peut traverser qu’en canot.A sa sortie du Moero la rivière est appelée Loualaba ; elle se grossit encore de deux courants assez forts avant d’aller former l’Oulènghé.Ce dernier nom s’applique soit à un lac avec beaucoup d’îles, soit à une division de la rivière avec beaucoup d'affiuents ; le tout va se réunir au Lou-fira, rivière considérable formée de cinq branches qui réunit les eaux du côté occidental de la grande vallée, laquelle, probablement, n’est autre que celle du Nil.Il me reste à descendre la Loualaba, et à vérifier si, comme le disent les indigènes, elle passe à 1 ouest du Tanganîka, ou bien si elle s’y jette pour en ressortir sous le nom de Loanda, d’où e.le arriverait au lac Tchouambé que je conjecture être celui que M.Baker a découvert (1).“ S'il arrive des lettres pour moi, ajoute le docteur Livingstone en finissant, veuillez me les adresser à Oudjidji, jusqu’à nouvel avis (2).’’ II Quelques courtes observations sur cette lettre d’envoi au docteur Kirk, avant de reproduire les missives plus détaillées que le voyageur adresse à Londres.Notre première remarque est que la lettre que nous venons de transcrire, très-rapidement est très-incorrectement écrite, n’est pas très-claire quant à la disposition relative des lacs et des affluents.Une simple esquisse, insérée par le voyageur dans son message, aurait donné de tout ce réseau hydrographique une notion infiniment plus nette.Les voyageurs ne songent pas assez aux mille accidents qui peuvent couper court à leurs communications, ce qui devrait les porter, chaque fois que l’occasion s’en présente, à les rendre aussi nettes et aussi arrêtées que possible, au moins pour les choses essentielles.Les voyageurs allemands dout les explorations africaines ont été inspirées et dirigées par le comité de Gotha, les Heuglin, les Munzinger, les Beurmann, les Rholfs, les Mauch et autres, donnent sous ce rapport un exemple que l’on ne saurait trop rappeler et qui devrait toujours être suivi dans l’intérêt de la science.Il est triste de penser, dans l’intérêt même du voyageur et de sa gloire, qu’à un moment donné, un accident, une catastrophe peuvent anéantir les résultats de plusieurs années d’explorations, de fatigues, de périls, d’études, de recherches locales et d’informations, dont l’explorateur aura cru pouvoir réserver l’exposé circonstancié pour le moment de son retour en Europe.L’habile directeur des Mittheilungen, dans le cas actuel comme en bien d’autres, s’est efforcé d’atténuer ce grave danger.Avec son esprit éminemment pratique, toujours en éveil sur ce qui peut servir la science de la manière la plus effective, le docteur Augustus Petermann a fixé sur une carte spéciale, dans le dernier numéro de son précieux journal (qui doit être entre les mains de tout ami de la géographie, ne serait-ce que pour les cartes qui en sont la substance), a fixé, dis-je, sur une carte spéciale, les données (si vagues qu’elles soient encore) contenues dans les dernières lettres du docteur Livingstone (3).Ceux-là seulement qui ont essayé de pareilles constructions sur des données de cette nature peuvent en apprécier la difficulté.Les indications souvent indécises et flottantes, données par les lettres trop rapides du voyageur, prennent un corps et présentent un ensemble, ainsi fixées sur l’esquisse du savant cartographe ; d’autant plus que M.Petermaum y a fait entrer les données antérieures fournies par les explorateurs et les pombeiros portugais dans la même région depuis la fiu du dernier siècle, aussi bien que celles que l’on doit aux communications de Ladislaùs Magyar.C’est un point de comparaison fort utile, que fait encore mieux ressortir le commen- (1) .L’Albert Nianza.(2) .On se rappellera qu’Oudjidji, localité visitée par Burton etSpeke en 1859, est sur la côte orientale du Tanganîka.3.Mittheilungen, 1870, no.6, carte no.9.taire do M.Petermann contenu dans une note additionnelle.Quoique bien des points de cette esquisse aient dû être laissés à l’à-peu-près et à la conjecture, elle n’en sera pas moins d’un grand secours pour y rapporter les informations ultérieures.Notre seconde remarquo est que dans les dernières communications du docteur Livingston, à côté de notes personnelles et des observations directes du voyageur, une large part est faite non pas seulement aux informations orales, mais aussi aux conjectures.Il va sans dire qu’il y a une grande différence à faire entre ces deux ordres de faits ; nous n’aurions pas même à nous y arrêter s’il ne s’agissait pas d’un voyageur dont la parole a tant d’autorité.Dans sa juste préoccupation de la question des sources du Nil, rencontrant sur le plateau entre le huitième et le onzième de gré de latitude australe, un système d’eaux qui se porte de là vers le nord, mais dont l’issue finale est encore inconnue, Livingstone pense tout d’abord au grand fleuve d’Egypte.Son hypothèse, parfois réservée comme on le verra tout à l’heure, se laisse aller parfois aussi à l’affirmation absolue ; et l’une de ses raisons est l'accord qui se trouverait ainsi entre sa conjecture et la carte de Ptolémée.Mais Livingstone, et bien d’autres avec lui, oublient ici un fait capital : c’est l’énorme déplacement de toutes les latitudes du géographe alexandrin, par suite de sa méthode prodigieusement erronée de réduire les distances.Dans le cas actuel, ce que Ptolémée porte au douzième degré de latitude australe doit se ramener aux environs de l’équateur; de même que la source du Nil d’Abyssinie, qu'il met sous l’équateur, est en réalité vers le douzième degré de latitude nord.Ce sont là des choses familières à quiconque a fait une étude tant soit peu critique de l’œuvre géographique de Ptolémée (1) ; ce qui n’empêche pas quetdéjà en Angleterre, les raisonnements et les discussions pour ou contre vont leur train, sans que nul semble avoir soupçon du point de départ.Laissons donc là Ptolémée et ses fausses latitudes pour nons attacher aux faits constatés par l’observation ; et si l’on oublie si aisément, à Londres, la leçon de réserve que devrait donner l’exemple de Speke et de sa prétendue découverte “ des sources du Nil,” u’oublions pas, nous, combien il est difficile de réagir contre la fausseté d’une première impression.Que le système d’eaux dont Livingstone n’a eu jusqu’à présent qu’une vue très-rapide et très-limitée à deux on trois cents lieues au sud de l’équateur, appartient au haut bassin du Nil, la chose n’est pas impossible sans doute, bien qu’il y ait à cela de sérieuses objections ; mais sachons attendre, avant de nous prononcer, que l’explorateur ait vu les choses par lui-même, et qu’il ait pu fixer ainsi ses doutes et les nôtres.III Nous arrivons maintenant à la lettre adressée par le docteur Livingstone au comte de Clarendon ; c’est dans cette dépêche que l’explorateur expose avec le plus de détails la suite de ses recherches ;2|.“ Mylord, lorsque j’eus l’honneur d’écrire à Votre Seigneurie, au mois de février 1807, j’étais persuadé qno je me trouvais alors sur la ligne de faîte qui sépare le Zambézi soit du Congo, soit du Nil.Des observations plus étendues m’ont convaincu, depuis, de l’exactitude générale de mon impression à ce sujet; et tant parce que j’ai vu que par ce que j’ai appris de natifs intelligents, je crois pouvoir assurer que les sources principales du Nil se trouvent entre le dixième et le douzième degré de latitude sud, c’est-à-dire presque dans la position que leur assigne Ptolémée, dont le fleuve RhajHus est probablement la Ravouma (3).Sachant tou- (1) Voir la discussion fondamentale de ce point de critique dans l’ouvrage couronné par l’Académie des inscriptions en 1860: Le Nord de l’Afrique dans l'antiquité grecque et romaine, p.477 et suiv.Paris, 1863, in-8 2.Nous y avons introduit un certain nombre d’additions, qui précisent certains faits particuliers, tirées des autres lettres écrites sous la même date à d’autres personnes.Ces additions accidentelles ont été renfermées entre crochets [ ].3.Le docteur Livingstone est là dans une immense erreur.La position du fleuve Rhaptus, très-approximativement fixée par les Périples où JOURNAL DE L’INSTÈUCTION PUBLIQUE.9l tefois que d’autres se sont trompés, et n’ajant aucune prétention à l’infaillibilité, je n’affirme rien d’une manière positive, particulièrement sur les contrées qui sont à l’ouest et au nord-ouest du Tanganîka, attendu que mes observations n’ont pas encore atteint ces parties du plateau ; mais si Votre Seigneurie veut bien parcourir la courte esquisse que je vais lui tracer de mes découvertes, elle verra que les sources du Nil ont été cherchées jusqu’à présent beaucoup trop dans le nord.Le grand fleuve prend naissance à quatre cents milles environ au sud de la partie méridionale du Victoria Nyanza, en deçà de tous les lacs, sauf le Bangouélo.Quittant la vallée de Loangoua (au douzième degré de latitude sud,) rivière qui va se jeter dans le Zambézi àZumbo, nous commençâmes à gravir ce que nous prîmes d’abord pour une grande masse de montagnes, mais ce qui n’est en réalité que l’escarpement méridional d’une région élevée de mille à deux mille mètres au-dessus du niveau de la mer (1).On peut dire d’une manière générale, que ce plateau occupe, au sud du Tanganîka, un espace de trois cent cinquante milles de côté (2).Il est couvert en partie de forêts plus ou moins épaisses ; sa surface est ondulée, parfois montueuse.Le sol est riche, de nombreux ruisseaux l’arrosent, et, pour l’Afrique, l’air y est frais.Son inclinaison est au nord et à l'ouest, mais je n’y ai trouvé aucune partie au-dessous de mille mètres d’altitude.Le pays d’Ousango, situé à l’est de l’esp^pe indiqué, est aussi un plateau qui donne des pâturages aux immenses troupeaux de bétail des Bazango (les Ouasango des Arabes) (3), race remarquable par la teinte claire de sa peau, et qui se montre très-amicale envers les étrangers.Ousango forme le côté oriental d’une grande vallée encore élevé i malgré sa dépression.L’autre côté, le côté occidental, est formé par ce que l’on nomme les monts Koné, au-delà des mines de cuivre de Catanga.C’est encore plus loin à l’ouest, au-delà de la chaîne ou du plateau de Koné, que se trouve, dit-on, sous le nom de Djambadji, l’origine de notre vieille connaissance le Zambézi.L’extrémité méridionale de la grande vallée comprise entre Ousango et la chaîne de Koné est entre onze et douze degrés de latitude sud.Il est rarement possible ici de voir une étoile; mais une nuit, m’étant éveillé entre deux et trois heures, j’en trouvai une qui me donna ponr latitude onze degrés cinquante-six minutes sud, et nous étions alors en plein sur le plateau.A mesure que nous avancions, les cours d’eau, évidemment permanents, devenaient nombreux.Quelques-uns se dirigeaient à l’ouest vers la Loangoua ; d’autres (en plus grand nombre) allaient (au nord) et au nord-ouest se réunir au Tchambézé.Trompé par une carte qui applique à cette rivière la dénomination de “ Zambézi, branche orientale,’’ je la pris en effet pour la rivière méridionale de ce nom ; mais le Tchambézé, avec tous ses tributaires, coule de l’est vers le centre de la grande vallée du plateau, laquelle probablement est la vallée du Nil.C’est une rivière intéressante en ceci qu’elle contribue à former trois lacs, et qu’elle change trois fois de nom dans les cinq ou six cents milles (huit ou neuf cents kilomètres) de son cours.Les premiers qui la traversèrent furent les Portugais, qui cherchaient de l’ivoire et des esclaves et ne s’enquéraient de rien autre.Une personne qui a tout recueilli, même les ouï-dire géographiques des Portugais, sait par le fait si peu de chose du pays, qu’elle met ici une grande rivière qui remonte une montagne de trois mille pieds et qu'elle appelle “ Nouveau Zambézi.” “ Je traversai le Tchambézé par dix degrés trente-quatre minutes sud, ainsi que plusieurs de ses affluents sud et nord aussi Ptolémée avait puisé les éléments de cette partie de sa carte, n6 peut se chercher qu’aux environs de Zanzibar, probablement à la rivière Pnn-gani, un peu au-delà du cinquième degré ou 125 lieues plus loin, au-delà du 10e degré.(1) .Livingstone dit de trois mille à six- mille pieds anglais, ce qui est un peu au-dessous de notre conversion ; mais pour des approximations de cette nature, il n'y a pas lieu de chercher une précision illusoire.(2) de cinq à six cents kilomètres.(3) Oua, va, ba, ma sont des particules initiales qui, dans toute l’Afrique australe, depuis la frontière des Hottentots jusqu’à l'équateur et au-delà, servent à former les noms de peuples ou de tribus.grands que l’Isis à Oxford, mais plus rapides et dans lesquels il y a des hippopotames.Je mentionne ces animaux parce que dans ma navigation de Zarnbézi j’ai toujours pu conduire hardiment le steamer là où je les voyais, sûr de n’y pas trouver moins de deux mètres et demi d’eau.Le Tchambézé va se jeter dans le lac Bangouéolo, et quand il en sort il prend le nom de Louapoula.Le Louapoula coule au nord jusqu’au delà de la ville de Cazem-bé ; à douze milles au-dessous de cette place il entre dans le lac Moero.A sa sortie du Moero, à l’extrémité nord du lac, il franchit une fissure des montagnes de Roua ; et sous le nom de Lou-alaba, prenant son cours au nord-nord-ouest, (il devient très-large) et forme l’Oulènghé dans le pays à l’ouest du Tanganika.Je n’ai vu le Loualaba qu’au point où il sort du Moero et se fraye son passage à travers les hauteurs de Roua ; mais je ne doute pas que même avant d’avoir reçu le Sofunso qui vient du Maroun-gou, et le Sobouri qui vient du pays de Baloba, il ne suffise à former l’Oulènghé, soit que ce nom désigne un lac avec beaucoup d’îles, comme le disent quelques-uns, ou, comme d’autres l’assurent, que ce soit seulement une séparation du courant en plusieurs branches,— une sorte de pendjab, si je puis employer ce terme.Ces branches, dans tous les cas, portent toutes leurs eaux à la Loufira, grande rivière (qui a ses sources entre onze et douze degrés sud), et qui par elle-même et ses nombreux tributaires arrose le côté occidental de la “ grande vallée.” Je n’ai pas vu la Joufira ; mais partout on me l’a désignée vers l’ouest au-delà du onzième degré sud, on m’a toujours dit qu’on n’y pouvait naviguer qu’en canot.Ceci est une information purement native.Des hommes intelligents m’ont assuré qu’après avoir reçu les eaux de l’Oulènghé, la Loufira coule au nord-nord-ouest vers le lac Tchowambé, que je conjecture être le même que le lac découvert par Mr.Baker (1).D’autres croient qu’elle va se jeter dans le Tanganîka à Ouvira, et que le Tanganîka lui-même se déverse au nord dans le Tchowambé par une rivière appelée la Loanda.Sur tout cela je suspends mon jugement.Si je suis ici dans l’erreur et que je vive assez pour la reconnaître, je me rectifierai.Mon opinion, quant à présent, est que si le grand volume d'eau que j'ai vu se portant au nord ne suit pas, à l’ouest, une direction parallèle au Tanganîka, il doit s’écouler du Tanganika même, et, selon toute probabilité, par la Loanda.” IV Après avoir exposé ses vues sur ce grand problème dont l’observation directe peut seule donner la solution,— et nous devons tous désirer qu’elle soit réservée au docteur Livingstone lui même,—le voyageur reprend sa narration.Il va nous faire connaître un nouveau lac qu’il a vu le premier non loin de l’extrémité méridionale du Tanganîka.et déerire sommairement l’aspect et la nature d’une région lacustre avant lui complètement inconnue.“ Je reviens au plateau.Il est partagé en districts : Lobisa, Lobemba, Oubengou, Itava, Lopéré, Ivabouïré, Maroungou, Lounda ou Londa, et Roua.Le nom des tribus est précédé de l’initiale Ba ; les noms de pays sont précédés de Lo ou de Ou.Les Aarabes adoucissent Lacn oua, conformément à leur dialecte souahéli ; les indigènes, jamais.Sur la pente nord du plateau, (dans le pays de Baloungou (2), le 2 avril 1867, j’ai découvert le lac Liémba.Il est situé dans un creux dont les côtés descendent en pentes rapides à une profondeur de six cents mètres ; le site est fort beau, les côtes, le sommet et le fond étant également couverts d’arbres et d’arbustes.Les éléphants, les buffles et les antilopes paissent sur les pentes escarpées, tandis que les eaux pullulent de crocodiles, d’hippopotames et de poissons.Le canon étant inconnu, les éléphants ont ici leurs coudées franches, si ce n’est que çà et là il y en aura un de pris dans les fosses.C’est un véritable paradis naturel, tel que Xénophon aurait pu le souhaiter.Sur deux îles rocheuses, des pêcheurs cultivent le sol (1) L’Albert Nyauza.Je ne puis, sur ce point, que m’en référer à mes remarques précédentes.(2) Ou Maroungou. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.élèvent des chèvres et prennent du poisson ; les villages qui entourent le lac disparaissent sous les palmiers à huile de la côte occidentale d Afrique.Quatre cours d’eau considérables descendent dans le Lièmba, et un grand nombre de ruisseaux de dix à douze pieds de large,— ce qu’en Ecosse on appelle bums, ruisseaux à truites.— se précipitent en franchissant les rochers de schistes argileux d’un rouge brillant, où ils forment de magnifiques cascades devant lesquelles s’arrêtaient même les plus stupides de mes hommes.Un des courants, le Lofou, que je mesurai à cinquante milles de son embouchure, avait quatre-vingt-dix mètres de large au gué, l’eau venant jusqu’à la cuisse ou à la ceinture, et coulant avec rapidité sur un lit de grès durci : c’était au mois de septembre, et les dernières pluies étaient tombées le 12 mai.Partout ailleurs le Lofou exige des canots.Le Louzua, dont le cours est semé d'îles herbeuses, apporte au Lièmba un volume considérable d’eau calme.Le lac a dix-huit à vingt mètres de profondeur.Un autre des quatre courants est, dit-on, plus considérable que le Lofou ; mais la circonspection exagérée d’un chef officieux a fait que de ce dernier affluent et du quatrième je n ai vu que les embouchures.Le lac n'est pas grand ; il peut avoir une trentaine de kilomètres dans un sens, et de cinquante-cinq à soixante dans l’autre.Son inclinaison est au nord-nord-ouest, et un prolongement pareil à une rivière de trois kilomètres de large, d’après ce qu’on m’en a dit, verse ses eaux dans le Tanganîka.Je l’aurais regardé comme un appendice de ce dernier lac, n’était-ce que sa surface est à huit cent cinquante-trois mètres au dessus du niveau de la mer (deux mille huit cents pieds anglais), tandis que d’après Speke, le Tanganîka n’est qu’à cinq cent soixante-deux mètres (dix-huit cent quarante-quatre pieds).(1) J’essayai de suivre le déversoir qui communique d’un lac à l’autre, mais j’en fus empêché par un conflit qui venait d’éclater entre le chef d'Itava et un parti de traitants d’ivoire arrivés de Zanzibar.Je redescendis alors au sud, dans l’intention d’aller à cent cinquante milles tourner vers l’ouest du Tan-ganika ; mais après une marche de quatre-vingts milles (cent trente kilomètres) je rencontrai le parti d’Arabes.Je leur montrai une lettre du sultan de Zanzibar que je dois aux bons officés de Son Excellence sir Bartle Frere, gouverneur de Bombay, et ils me fournirent aussitôt de provisions, d'habits et de verroteries; bref, ils eurent pour moi toutes les prévenances possibles, et ils me témoignèrent la plus grande sollicitude pour ma sûreté et pour ma réussite.Les chefs de la caravane s’aperçurent bientôt que la continuation des hostilités était synonyme de clôture du marché d’ivoire ; mais il n’en fallut pas moins trois mois et demi pour rétablir la paix et la bonne entente.Je dus séjourner avec eux dans un village dont l’altitude au-dessus du niveau de la mer est de quatorze cent trente-deux mètres, (quatre mille sept cents pieds, anglais).Je fus charmé de voir comment ces gens procédaient dans leur commerce d’ivoire et d’esclaves,— un parfait contraste avec les us et coutumes des bandits de Kiloa, et les procédés atroces des Portugais de Tetté, avec lesquels le gouverneur d’Almeida a été de connivence.” V Les derniers paragraphes de cette dépêche, d’un si grand intérêt malgré sa concision, nous conduisent aux parties du plateau les plus occidentales ou Livingstone eût pénétré à la date de ses lettres, c’est-à-dire au milieu de la large dépression lacustre où coule du sud au nord, à l’ouest du Tanganîka, la rivière que le voyageur croit être la tête tant cherchée du fleuve d’Egypte.Que cette conjecture soit vraie ou fausse, les aperçus entièrement nouveaux que nous trouvons ici n’en promettent pas moins des acquisitions précieuses, quand viendra la relation complète du grand explorateur.“ Après que la paix fut conclue, continue-t-il, je fis une visite à Msama, le chef d’Itava ; et ayant quitté les Arabes, je me diri- (1) Cette difficulté n’en est pas une, attendu que l'on sait, par Speke lui-même, que son observation ne mérite aucune confiance, à cause de l’état de son baromètre.geai vers le lac Moero que j’atteignis le 8 septembre 18G7.Dans sa partie du nord, le Moero a de trente à cinquante kilomètres de large ; plus au sud sa largeur est bien de cent kilomètres.Du sud au nord, il peut mesurer quatre-vingts kilomètres.Des rangées de montagnes boisées en bordent les deux côtés ; mais dans la partie la plus large, les montagnes s’élèvent hors de vue.Longeant le côté oriental du Moero nous arrivâmes à la ville du roi Cazembé, (1) dont les prédécesseurs ont été visités trois fois par les Portugais.Sa ville est située sur le bord nord-est du petit lac de Mofoué, dont les dimensions sont de trois à quatre kilomètres sur six à sept.Il est semé d’îlots bas couverts de roseaux, et ses eaux nourrissent une grande abondance de poisson, —une sorte de perche.Il ne communique ni avec la rivière Loua-poula, ni avec le Moero.“Je passai quarante jours dans la ville de Cazembé.J’aurais pu aller au Bangouelo, le plus grand des lacs de cette région de l’ouest ; mais on était arrivé au temps des pluies, et le lac, d’après ce qu’on m’en rapportait, est alors très-insalubre.N’ayant plus un atome de médicaments d’aucune sorte, et la fièvre, quand on ne peut pas la couper, produisant des effets forts désagréables, je pensai qu’il serait très-imprudent de m’avancer dans un canton ou le gonflement de la glande thyroïde et l’éléphantiasis (scroti) sont très-communs.Je me remis donc en route vers le nord pour Oudjidji, où m’attendaient des envois de la côte, et, je l'espérais, des lettres : car depuis deux ans et plus je n’avais aucune nouvelle du monde.Mais j’étais encore à treize journées du Tanganîka, lorsque l’inondation du pays qui s’étendait devant moi m’arrêta court.Une troupe de gens du pays qui venait de traverser ces cantons me représenta la plaine comme tellement couverte d’eau qu’on en avait souvent jusqu’à mi-corps, et qu’il était difficile de trouver des endroits à sec pour y passer la nuit.Cette inondation dure jusqu’en mai ou en juin.Il fallut m’arrêter ; mais bientôt l’inactivité me pesa au point que je rebroussai chemin et revins à Cazembé.(Nous étions en avril).“ Pour donner en petit une idée de l’inondation qui a lieu plus bas dans cette partie de la vallée du Nil (2), je mentionnerai un seul cas.J’avais à franchir deux cours d’eau qui débouchent dans la partie nord du lac Moero, l’un qui est large d’une trentaine de mètres, l’autre de trente à trente-cinq, et qui sont traversés par des ponts ; or, l’inondation couvrait le sol de chaaue côté de l’un de ces ruisseaux sur une largeur de quatre cents mètres au moins, et l’autre sur une étendue totale d’un kilomètre et demi.Il nous fallut traverser ces plaines noyées, ayant de l’eau jusqu’à mi-cuisse, et parfois jusqu’à la ceinture.De plus le débordement de l’un des deux, le Luao, avait couvert une plaine voisine du Moero, si bien qu’il nous fallut barboter dans une vase noire, à travers des arbres qui nous allaient au-dessus de la tête.Les pieds de ceux qui avaient passé là avant nous y avaient creusé des ornières et des trous où nous glissions à chaque pas, amenant chaque fois à la surface des centaines de bulles qui répandaient en éclatant une effroyable odeur.Nous eûmes quatre heures de cet agréable exercice, et le dernier quart d’heure fut le pire ; aussi ce fut avec un véritable bonheur que nous atteignîmes la plage du Moero, où nous pûmes nous plonger dans les eaux claires et tièdes du lac.“ Continuant de remonter la rive du lac, nous eûmes de nouveau à passer quatre torrents d’eau, jusqu’à mi-cuisse ; puis une rivière large de soixante-quinze mètres, avec près de trois cents mètres de terrain détrempé sur l’autre rive .puis enfin quatre ruisseaux encore larges de quatre, dix et quinze mètres (avant d’atteindre Cazembé,) L’un de ces derniers ruisseaux, le Tchungou, présente un triste intérêt : c'est là que mourut le (1) Nous rappellerons que le nom de Cazembé, sous lequel cette place est communément désignée dans ses relations, n’est proprement que le titre royal du prince qui y a sa résidence ; le vrai nom de la ville est Lucenda, ou, comme le mot doit se prononcer, Loucenda.(2) De la vallée supposée, bien entendu.Nous sommes toujours obligé de tenir le lecteur en garde contre la manière affirmative dont le voyageur s'exprime ici, affirmation si opposée à la sage réserve qu’il montrait tout ù l’heure. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.docteur Lacerda.Lacerda est le seul voyageur portugais dans ces parties qui ait eu quelque éducation scientifique, et cependant sa latitude de la ville de Cazembé sur le Tchungou est en erreur de cinquante milles (80 kilomètres'.Il est probable qu au moment de sa dernière observation son attention était obscurcie par la fièvre ; et quiconque sait quelle est alors la prostration de l’esprit et du corps verra cette erreur avec compassion.” Qu’on nous permette, avant d’aller plus loin, de rapporter^ ce sujet une remarque essentielle du docteur Petermann.“bans aucun doute, fait observer le savant directeur des Miltheilungen Livingstone rabaisse par trop la valeur des travaux portugais ; et, lorsqu’il dit que la latitude de la ville de Cazembé, déterminée par Lacerda en 1798, est en erreur de cinquante milles anglais, il oublie qu’en réalité nous n’avons pas la détermination de latitude obtenue par Lacerda.Il est très-douteux que Livingstone ait eu en main une construction faite avec le soin nécessaire des itinéraires portugais conduisant à Cazembé.Nous ne doutons pas que Livingstone ait aussi apporté une grande attention à la détermination astronomique de ce point important, bien que les seules observations de latitude dont il ait jusqu à présent donné communication soient celle de son point de passage du Tcham-bézé (10° 34' S.), et sa détermination de la ville de Bemba 10° 10' S., et 31° 50' E.de Greenw.).Au total, le grand mérite e Livingstone en regard des portugais est à nos yeux dans les reconnaissances d’ensemble, dans la liaison que ses travaux établissent entre tous les grands traits de cette configuration géographique.” Ces remarques nous paraissent fort justes, surtout si l’on ajoute à ces mérites éminents du grand voyageur, sans parler de sa rare et froide énergie, l’autorité scientifique qui s’attache a ses longues explorations, et le caractère de certitude qu elles donnent à la carte d’une immense région, naguère inconnue ou peu s’en faut, malgré les indications vagues et flottantes de ses prédécesseurs.Nous reprenons la suite des tribulations du voyageur, au milieu d’un pays que les pluies tropicales venaient de transformer en immenses nappes d’eau présentant plus d’une sorte de dangers.“ Les eaux gonflées du Tchungou nous venaient à la poitrine, et il fallait nous hausser autant qu’il nous était possible pour éviter de nous mettre à la nage.L’état des rivières et du pays m avait obligé de ne prendre qu’un très léger bagage ; j’avais du me borner aux instruments les plus nécessaires.Je n’avais d autre papier qu’un couple de calepins et ma Bible.Ayant fait la rencontre inattendue de gens qui allaient à la côte, j’empruntai quelques feuilles de papier à un Arabe ; vous serez assez bon pour excuser les défectuosités inévitables en de telles circonstances.(Te confie mes lettres actuelles à la caravane qui se rend à la côte par l’Ousango).Quatre de mes hommes seulement sont venus jusqu’ici et les autres ont lâché pied sous un prétexte ou sous un autre.Le fait est qu’ils sont fatigués de ce piétinement perpétuel, et véritablement je le suis aussi.N’était-ce que je ne puis prendre sur moi de céder devant les difficultés sans avoir fait l’impossible pour les vaincre, j’aurais renoncé, moi aussi.Mais je puise de nouvelles forces dans l’espérance qu’en faisant mieux connaître ce peuple et ce pays j’aurai servi les vues de la Providence.” Rappelons en finissant que les lettres dont nous venons de donner le texte sont datées du 8 juillet 1868 ; elle vont avoir tout à l’heure deux ans de date.L’explorateur, durant ces deux années, a sûrement agrandi encore le cercle de ses recherches et beaucoup ajouté à ses reconnaissances.Pas un mot, dans ses dépêches, ne fait pressentir l’intention de reprendre le chemin de la côte avant d’avoir poussé aussi loin que possible dans le nord l’investigation du plateau central et de son réseau hydrographique.VI Livingstone nous a retenu longtemps près de lui : c’est que là est toujours le grand intérêt des explorations africaines, et nous pouvons ajouter de toutes les explorations actuellement entreprises ou projetées.Rien encore n’a pu nous arriver de l’expédition égyptienne conduite par M.Baker, assisté d’un officier français, M.de Bizemont, aux hautes contrées du Fleuve Blanc ; si la grandeur des résultats répond de ce côté à la grandeur des préparatifs, nous pouvons compter, là aussi, sur des découvertes importantes.Un naturaliste allemand, le docteur Sehweinfurth, familiarisé de longue date avec le climat des contrées tropicales, remonte également de son côté le haut Nil, et doit en ce moment avoir pénétré au-delà du Bahr el-Ghazal, se dirigeant, lui aussi, vers les lacs équatoriaux.Ce serait un grand jour dans les fastes de la science, celui où nos intrépides explorateurs, partis des points opposés de l’horizon, se donneraient la main au milieu de la région où affluent les courants supérieurs dont se forme le JNil.H°y a eu sur d’autres points de l’Afrique des tentatives intéressantes.C’est toujours vers les fleuves que se portent ces tentatives : et cela doit être, car dans un continent fermé tel que celui-ci, les grandes artères fluviales sont les routes naturelles.Ces routes, malheureusement, sont elles-mêmes semées d obsta-bles.Il faut bien remarquer que de tous les grands fleuves du continent africain il n’en est pas un seul dont on connaisse 1 origine.Non-seulement le Nil, dont on cherche les sources depuis tant de siècles, mais le Dhioliba, qui arrose toute la Nigritie, et le Zambézi qui porte ses eaux à la mer des Indes, et le Zaïre qui débouche dans l’Atlantique, et l’Ogavaï, dont le large delta se trouve presque sous l’équateur, tous, jusqu’à présent, cachent leur point de départ dans les profondeurs inexplorées du continent.Du cours du Zambézi, on connaît la moitié inférieure,, et c’est aux deux premiers voyages de Livingstone lui-même qu est due en très-grande partie cette conquête.Du Zaïre, on n a vu que la partie inférieure ; de 1 Ogovaï, moins encore.Très-voisin de notre colonie du Gabon, ce dernier fleuve, dont le nom même était a peine connu il y a dix ans, doit à cette proximité la notoriété qu’il a conquise.Des tentatives de reconnaissances, parmi lesquelles il faut mettre en première ligne celles de du Chaillu, à cause du retentissement que la polémique leur a donné, n ont pas conduit bien loin dans l’intérieur.Nous ne parlons ^pas des relevés nautiques qu’y ont effectués nos officiers sous 1 habile direction du contre-amiral Fleuriot de Langle, quoique ces opérations, dont les résultats ont toute la rigueur scientifique, donnent à la carte d’une contrée nouvelle des points d attache certains qui manquent trop souvent aux courses des voyageurs.Tout récemment encore, un résident anglais du Gabon, M.Walker, a renouvelé la même tentative avec moins de succès encore que du Chaillu (1).La ligne d’exploration qui, partant du delta de l’Ogovaï, réussirait à s’enfoncer au loin dans l’intérieur, aurait un intérêt géographique.Elle aurait d abord tout 1 intérêt de 1 inconnu, car la région intérieure, dans cette partie de la zone tropicale du sud, présente sur la carte un vide absolu, un vide de cinq cents lieues au moins à partir de la côte.En inclinant légèrement sa route au sud, le voyageur se porterait directement sur la dépression lacustre que Livingstone vient de reconnaître à l’ouest du Tanganîka ; en s’élevant un peu au nord, au contraire, il irait droit aux lacs équatoriaux vers lesquels Baker et Sehweinfurth s’avancent en ce moment, et sûrement il trouverait devant lui une région de hautes montagnes d’où nous croyons, quant à nous, que "doivent rayonner, en même temps que les premiers courants dont se forme le Nil, les grandes rivières qui s’écoulent dans toutes les directions, vers le Tchad (le Chari), vers le Dhioliba (la Binoué), vers l’Atlantique et la mer des Indes.Chaque pas ici, serait marqué par une découverte, et chaque découverte avancerait la solution de quelque grand problème.VII Les sources du Dhioliba, à l’autre extrémité de 1 Afrique, ont été aussi le but d’une entreprise, qui, sans avoir eu un grand déploiement, présente de l’intérêt par son objet seul.Uu jeune voyageur anglais, M.Winwood Reade, déjà connu par une très-intéressante relation des contrées qui bordent le fond du golfe de Guinée, a conçu le projet d’une exploration des contrées qui (1) La tentative de M.Walker est du mois de février 1866 ; mais la notice n’en a été publiée qu’au mois de janvier dernier. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.bordent la côte de Guinée à l’ouest du nays d’Achânti.C’est encore là, eu effet, un des grands desiderata de la géographie africaine.Depuis Sierra Leone jusqu’à l'Achânti, sur une étendue de trois cents lieues que bordent les côtes du Poivre et de l’Ivoire, il y a une large zone de pays aussi inconnus que le centre de 1 Australie, quoique le littoral soit bordé d’établissements européens.La nature justement redoutée du climat, l’accès difficile des rivières obstruées de barres et de rapides, le caractère farouche des tribus toujours en défiance contre les projets européens, peut-être aussi la crainte un peu exagérée de tous ces obstacles, ont jusqu’à présent détourné de ces contrées le courant des voyageurs.Pas un seul Européen ne s’est jamais avancé à dix lieues de la côte.Le grand système de montagnes connues sous le nom de Kong, que l’on sait vaguement couvrir au nord les plaines de la Guinée qu’elle séparent du Soudan, n’a été visité dans aucune de ses parties ; le prolongement oriental de cette chaîne, tel que nos cartes le tracent jusqu’au delta du bas Dhio-liba, est même un objet de doute.M.Reade voulait courageusement attaquer ce champ de découvertes.Encouragé par la Société de géographie de Londres, il quitta l’Angleterre dans ce dessein, au mois de mai 1868.Son plan était de remonter l’Assinî, grande rivière où le commerce français a des établissements et qui borde à l’ouest la Côte d’Or et le pays d’Achanti ; mais l’opposition des chefs indigènes et l’état de guerre où se trouvait le pays, joint à la nature de la rivière où les canots mêmes des indigènes ne peuvent pas naviguer à cause des rochers dont elle est coupée, l’arrêtèrent, dès les premiers pas.Il tenta sans plus de succès de s’ouvrir d’autres routes sur la Côte d’Or ; mais tandis qu’il était là, il se trouva en rapport avec le gouverneur en chef des établissements britanniques de la Côte d’Or, qui suggéra l’idée de porter l’exploration plus à l’ouest, au-dessus de Sierra Leone.C’était un tout autre voyage, plus important aux yeux du gouverneur ; il y aurait à examiner l’état et les ressources du pays qui confine à la colonie anglaise, et peut-être ne serait-il pas impossible d'arriver aux sources probablement peu distantes du Dhio-liba.Cette dernière considération était surtout de nature à séduire le voyageur.Il accepta avec empressement l’ouverture qui lui était faite.Le voyage a été entrepris au mois de janvier 1869.On n’en a pas encore le détail ; on en connaît seulement les premiers résultats.M.Reade, dans ce voyage du mois de janvier, ne dépassa pas Falaba, ville où réside le roi de Soulimana, à deux cents milles anglais de la côte ; c’est exactement le voyage que fit Gordon Laing en 1822.Falaba n’est pas éloignée de la pente occidentale des montagnes qui limitent ici le bassin des rivières de la côte.Il est bien certain que le grand fleuve du Soudan passe à l’orient de ces montagnes ; mais il n’est pas aussi sûr que les sources soient aussi rapprochées que semblent l’indiquer les vagues indications recueillies par les voyageurs.L’exploration de la vallée, en remontant jusqu’au point où le fleuve surgit du sol, fixera seule nos incertitudes à cet égard.Une lettre postérieure de M.Reade, écrite de Sierra Leone au commencement de janvier 1870, nous apprend que le voyageur a renouvelé sa tentative.Cette fois, en effet, il a passé les montagnes et il est arrivé au fleuve.Mais une guerre qui agitait le pays l’empêcha de se porter vers le point désigné.Ne pouvant monter au sud, il se retourna vers le nord.Il croisa la route que Caillé a suivie le premier en 1827 dans cette région élevée, et vit quelques uns des lieux que notre célèbre compatriote a visités ou signalés dans son mémorable voyage.Cette seconde course de M.Reade dans la haute vallée du Dhioliba sera certainement suivie avec un grand intérêt, quand nous en aurons le récit ; mais elle ne résout rien quant aux sources.La voie est ouverte, néanmoins, et là encore on a lieu d’espérer d’importantes et prochaines informations.Je voudrais pouvoir annoncer dès à présent que l’expédition française qui s’est avancée, au mois d’avril dernier, de la province d’Oran dans le bassin du Ghir à la poursuite de tribus insoumises dont nous avions à châtier les brigandages, en a rapporté de bonnes reconnaissances militaires propres à fixer la carte de cette contrée frontière de l’Algérie; je ne puis encore en exprimer que l’espoir.Le nom du Ghir éveille des réminiscences cl issiques et géographiques qui donnent à cette rivière du Sahara marocain un intérêt tout particulier.VIII J’ai nommé M.de Bizemont, officier distingué qui a obtenu du vice-roi d’Egypte et de notre gouvernement l’autorisation de se joindre à l’expédition égyptienne envoyé vers les hauts pays du Nil: dégagé de toute préoccupation et de responsabilité militaire dans cette expédition à double fin, M.de Bizemont en représente plus spécialement le côté scientifique.Signalons à ce sujet un acte d’inspiration généreuse, qui doit aider aux résultats que la science en peut at tendre.Le premier prix de l'Impératrice, dont notre Société de Géographie est appelée à disposer désormais chaque année en faveur du travail, du voyage, de l’entreprise ou de la publication française la plus utile à l'avancement des découvertes ou à la paopagation des études géographiques, a été décerné d’une voix unanime à M.Ferdinand de Lesseps ; on ne pouvait l'inaugurer d’une manière plus digne.L’illustre instigateur du canal de Suez, en répondant à cet honneur par quelques paroles bien senties, a déclaré que son intention était d’ajouter la valeur du prix, — qui est de dix mille fr incs, — à la somme déjà réunie pour subvenir aux dépenses du voyage de M.de Bizemont.Le sentiment public ne saurait trop applaudir à de pareils exemples de munificenee individuelle.Les récompenses honorifiques et les prix annuellement décernés par les corps savants méritent à leur tour d’être rappelés avec distinction, parce qu’en signalant les travaux qui marquent dans la science, ils en accusent la direction et le progrès.Nous avons vu avec plaisir, cette année, la Société de géographie de Londres décerner la médaille d’or de la reine ( Victoria medal) au lieute nant Garnier, de la marine française, pour la grande exploration de Mékong et la reconnaissance du Yang-Tse-kiang, dont il a eu la direction après la mort du commandant de Lagrée.Cette distinction est d'autant plus flatteuse pour celui qui l’a reçue, qu’il est bien rare que les récompenses décernées par la Société anglaise sortent du cercle des voyageurs nationaux.Aujourd’hui, pas un mot à dire de la question polaire, qui nous a tant occupés depuis deux ans.M.Gustave Lambert et son navire sont toujours embossés dans les bassins du Havre, attendant que les souscripteurs, toujours invoqués, leur envoient un vent propice.Je ne reviendrai pas sur cette regrettable situation, dont j’ai précédemment fait connaître la cause.De la Germania et de son hivernage à la côte orientale du Groenland, aucune nouvelle jusqu’à l’heure actuelle.Mais la saison arrive qui va rouvrir cette partie des mers boréales.Nous allons savoir très-prochainement comment la petite flottille allemande a passé la rude saison d’hiver, et l’expédition interrompue va reprendre son cours.Vivien de Saint-Martin.10 juin 1870.AVIS OFFICIELS.Ministère «le l’Instruction Publique.AVIS.Québec, 6 août 1870.Avis est donné par la présente que les dissidents de St.Joachim, dans le Comté des Deux-Montagnes, n’ayant pas eu d’école en opération pendant plus d’un an, soit dans leur propre municipalité, soit conjointement avec d’autres syndics dans une municipalité voisine, et paraissant ne pas mettre, de bonne foi, la loi scolaire à exécution, et ne prendre aucune mesure pour avoir des écoles, je recommanderai au Lieutenant- JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.95 Gouverneur en Conseil que la corporation des syndics des écoles dissidentes de la dite municipalité soit déclarée dissoute, quand trois mois se seront écoulés depuis la date du présent avis, en conformité de la seizième section de la 32e Victoria, Cbapt.16.(Signé) P.J.O.Chauveau, Ministre de l’Instruction Publique- NOMINATIONS.COMMISSAIRES D’ÉCOLES.Le Lieutenant-Gouverneur a bien voulu, par un ordre en conseil en date du 27 juin, faire les nominations suivantes de commissaires d’écoles : lo Pour la Cité de Montréal—Louis Bélanger, écuier, pour les catholiques de la dite cité, et le Révd.Donald Harvey McVicar, pour les protestants de la dite cité.2o Pour la Cité de Québec—Le Rév.lames Neville pour les catholiques de la dite cité, et Robert Herbert Smith, pour les protestants de la dite cité.DIVISION, RÉUNION ET DÉLIMITATION DE DIVERSES MUNICIPALITÉS SCOLAIRES.Le Lieutenant-Gouverneur a bien voulu, par un ordre en conseil en date du 19 juillet courant, lo réunir en une seule municipalité celle du Poste des Forges de St Maurice et celle du Fief de St.Maurice, sous le nom de municipalité du Fief St.Maurice.2o diviser en deux municipalités distinctes, pour fins scolaires, la municipalité de Buckland et celle de Mailloux, dans le comté de Bellecbasse, ainsi qu’elles sont divisées pour fins municipales.3o annexer le lot vingt-huit du second rang de Chester Est, dans le comté d’Arthabaska, à la municipalité de St.Norbert, dans le même comté, pour fins scolaires.4o annexer, pour fins scolaires, à la municipalité de McNider, dans le comté de Rimouski, la portion du Canton Matane, dans le même comté, qui s’étend, à partir de la terre de Vilbon Gosselin, écuier, exclusivement courant au sud jusqu’il la rivière Fortigon, et de là en suivant le côté sud-ouest de la dite rivière, jusqu’à la ligne qui sépare le dit Canton Matane de la municipalité McNider, y compris les lots numéros un, deux, et trois du second rang, qui faisaient ci-devant partie de la municipalité scolaire du dit Canton Matane tels qu’existant actuellement, pour fins civiles.5o ériger en municipalité scolaire la paroisse de St.Hippolyte, dans les comté et district de Terrebonne, telle que reconnue pour les fins civiles par proclamation du Lieutenant-Gouverneur, en date du seize avril mil huit cent soixante et dix.6o distraire de la municipalité de Kamouraska le terrain appelé Pointe Sèche, pour l’annexer à la municipalité de St.André, dans le comté de Kamouraska.7o établir, pour fins scolaires, les limites suivantes, entre les municipalités de St Roch et de Ste.Louise, dans le comté de l'Islet.Toutes les propriétés dont les propriétaires ont leur domicile situé au sud du chemin de fer, dans le second rang, depuis la route de l’église de St.Roch jusqu’à la ligne seigneuriale, feront partie de la municipalité de Ste.Louise ainsi que la portion de leur terre qui se trouve au nord de la dite ligne.Toutes les propriétés dont les propriétaires ont leur domicile situé au nord de la dite ligne dans le même second rang, appartiendront à la municipalité de St.Roch, avec aussi la partie de leurs terres située au sud.Le Lieutenant-Gouverneur a bien voulu, par un ordre en Conseil en date du 16 novembre dernier, ériger en municipalité scolaire, sous le nom de St.Jérôme du Lac St.Jean, la partie de chacun des townships Carou et Metabetchouan, dans le comté de Saguenay, borné c mme suit, savoir : An nord par le Lac St.Jean, à lest, par la Belle-Rivière et Hiberville, commençant au vingt-cinquième lot, dans le premier, deuxième, troisième et quatrième rangs de Caron, et au cinquante-huitième lot dans les rangs à nord et sud du susdit township ; à Test par la rivière Metabetchouan, et au sud par des montagnes et terres incultes servant de limites au quatrième rang de Caron.(Considérer comme nulle la publication du 16 novembre dernier dans le Journal de VInstruction Publique relative à la dite érection.) P.J.O.Chauveau, Ministre de l’Instruction Publique.DIPLOMES OCTROYÉS PAR LES ECOLES NORMALES.Session de 1869-70.m’gILL, MONTRÉAL.Diplômes pour Académie—MM.Sampson P.Robins, M.A.; Caleb S.Holiday, B.A., et Dlle.Jane Hart.Diplômes pour École Modèle.—MM.Ernest M.Taylor, A.Humphrey, DUes Ellen H.Cribb, Hannah E.Smith, Eva Rexford, Margaret Rodger, Elizabeth C.Craig, Isabella Boa, Maria Guy, Henrietta Bourne, Elizabeth McDonald, Mary Jane Millan, Adelia M.McMartin, Annie Cliff, et Frances A.Hutcheson, Charles A.Humphrey.Diplômes pour Ecole Elémentaire.—Dlles Sarah Lawless, Airris L.Cutting, Esther Sicotte, Bridget McShane, Celia Pearson, Marie C.Blanchard, Madeline Gibb, Joseph Anne McDonald, Ottilie A.E.Führer, Mary E.Fallon, Edith Dalglish, Alice E.Charlton, Callista Burnham, Cora Hunsaker, Sarah Henry, Bridget McCollam, Mary Jane Taylor, Mary Ann Peyton, Marguerite Lucas, Eliza McCleary, Elisabeth S.Stark, Josette F.Blanchard, Clara H.Bulmer, Elizabeth Goodfellow, Elizabeth A.Fowler, and Margaret McGill, MM.Hans Stevenson, Alfred S.Hutchinson, Willard C.Edridge, Joseph Nickel et Mary E.Patterson.LAVAL, QUÉBEC.Diplômes pour Académie.—MM.Zéphir Chandonnet, Théophile Bélanger, John Ahern, Thomas Gravel, Louis Savard, et Cléophas Talbot.Diplômes pour École Modèle.—MM.Jean Guitté, Auguste Nadeau, Nerée Lévesque, Moïse Laplante, René Beaulieu, Phidime Simard, Alexis Boiviu, Jérémie-Marland, Georges B.Tremblay, Dlles Marie-Thérèse Larue, Scholastique Tremblay, Malvina Deschênes, Marie Ouellet, Aurélie Cormier, Philomène Roberge, Sophie Gravel, Adeline Rhéaume, M.Clara Lefebvre, Joséphine Vallières, Emélie Morin, Hermine Fortin, Anna Pâ-quet, Malvila Langlois, Orpha Généreux et Georgina Dorion.Diplômes pour Ecole Elémentaire.—MM.Télesphore Bélanger, Alphonse Lelaidier, Ernest Filteau, Aristide Pinard, F.X Bélanger, Cyrial Lacroix, Firmin Létourneau, Dlles Belzémire Marchand, Sophie Masse, Marie Marion, Apolline Beaudet, Rose Descormiers, Esther Fiset, Elvine Chail-liez, Caroline Valin, Malvina Duval, Octavie Richard, Octavie Fluet, Philomène Blouin, Hermine Lafond, Marie Cauchon, Marceline Marceau, Déli-na Jobin, Léonie Beauchesne, Joséphine Lamarre, Emélie Bernier, Zélie Michaud, Georgina Fournier, Célestine Bélanger, Ursule Jacob, Joséphine Garthwaite, et Eugénie Audet dite Lapointe.** JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL.Diplômes pour Académie.—MM.Marcel Ethier et Pierre Gosselin.Diplômes pour Ecole Modèle.—MM.Joseph Lefebvre, Adolphe Gougeon, Pacifique Nantel, Joseph Miller, Albiui Cléroux, Ernest Gagnon, Eugène Leroy, Wilfrid Guillemette et Dosithée Sabourin.Diplômes pour Ecole Elémentaire.—MM.Henri Ostigny, Dosithée Godin, Benjamin Joaunette, Joseph Leroux, Hilaire Leroux, Alexandre Lamirande, et Edmond Généreux.DIPLOMES OCTROYÉS PAR LES BUREAUX D’EXAMINATEURS.BUREAU DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES DE QUÉBEC.Ecole élémentaire 1ère classe (F).—Melles.Victorine Bernard, M.Her-sélie Catellier, M.Emilie Labrecque, M.Louise Lamothe, et M.Zéphirine Pandelette dit Plaisance.Ecole élémentaire 1ère classe (A).—Mlle.Martha Murphy.Ecole élémentaire 2e classe (F;.—Mlles.Emilie Blanchet, M.Célina Chamberland, M Ursule Couture, M.Virginie Gagné di' Belleavance, M Adeline Elizabeth Giroux, M.Joséphine Arthémise Lemieux, Aurélie Morin, Julie Hermine Pandelette dit Plaisance, M.Claire Magdeleine Pelletier, M Héloïse Rhéaume, M.Josephte Richard, M.Emilie Samson, M.Laure Sévigny, et M.Luce Turgeon.3 Mai 1870.N.Laçasse, Secrétaire.BUREAU DE BEAUCE.Ecole élémentaire 1ère classe (Fl.—Mlle.Apolline Veilleux.Ecole élémentaire 2e classe (F).— Mlles.Catherine Lemieux, Marie Eléonore Lebreux, Lucie Lessard, Célina Roy, Clotilde Cloutier, Rachel Gagner, Julie Virginie Lessard et Marie Sara Bilodeau.2 août 1870.J.T.P.Proulx, Secrétaire.BUREAU DE CHARLEVOIX.Ecole élémentaire 1ère classe (F).—Mlles.Philomène Boulianne, Marie-Louise Claveau, Malvina Gaudreault et Marie Ombéline Villeneuve.Ecole élémentaire 2e classe (F).—Mlle.Louise Tremblay.2 août 1870.Chs.Boivin, Secrétaire.BUREAU DE SHERBROOKE.Ecole modèle 2e classe (A).—Mlle.Sarah Lacy.Ecole élémentaire 1ère classe (A).—Mlle.Elisabeth J.Barnard.2 août 1870.S.A.Hurd, Secrétaire. 96 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.BUREAU CATHOLIQUE DES COMTÉS DE DRUMMOND, RICHMOND ET WOLFE.Ecole élémentaire 1ère classe (A).—Mlle.Mary Ann Kennedy.Ecole éléméntaire 2e classe (F).—Mlles.Mary B.Cowan, Marie Letourneau et Alphonsine Pilon.2 août 1870.F.A.Brien, Secrétaire.BUREAU PROTESTANT DE WATERLOO ET SWEETHBURG.Ecole élémentaire 1ère classe (A).—MM.Benjamin H.Booth, Charles Flanders, Alfred Jones; Mlles.Helen R.Brown, Emily C.Savage, et Julia F.Whitten.6 août 1870.Wm.Gibson, Secrétaire.BUREAU DE KAMOÜRASKA.Ecole élémentaire 1ère classe (F).—Mlle.Adèle M.Hudon.Ecole élémentaire 2de classe (F).—Mlles.Antoinette Côté, Marie Octa-vie Dionne et Hélène M.Hudon.2 août 1870.P.Dumais, Secrétaire.BUREAU CATHOLIQUE DE MONTRÉAL.Ecole modèle 1ère classe (F).—Dlle Eléonard Tétreault.Ecole modèle 2de classe, MM.Pierre de Narbonne, Narcisse Longtin et Dlle.Cécile Dupuis.Ecole élémentaire 1ère classe (F).—Déliés.Elmire Aubry, Ellen Barker (F.A.), Octavie Beaulieu (F), Mélina Bélair, Alphonîkie Benoit, Caroline Lumina Bibeau, Adèle Bisson, Aglaé Bourdelais, Vitalline Chabot, Angé-line Charbonneau, Hermine Charetier, Octavie Charpentier, Angelina Daviau, Estelle David, Adèle Dewitt, Zéphirine Dufault, Marie Gaudet, Virginie Guérin, Ida Labelle, Georgina Laferrière, Georgina Lalande, Carmélite Lassale, Hannie Leahy (A).Marcelline Leroux, Emma Lefebvre, Malvina Leboeuf, Anastasie Létourneau, Ellen McQuinn l A).Lucie Nadeau IF).Marguerite Péladeau, Delphine Poirier, Hélène Robert, Thècle Séné, Henriette Stébenne, Carmélie Trottier et Justine Vincent.Ecole élémentaire 2de classe (F).—Mlles Joséphine Barthe dit Belleville, Marguerite Beauchamp, Philomène Bélair, Alphonsine Brosseau, Aglaé Cardin.Sophie Couture, Parmélie Côté, Marie Demers, Salomé Déry, Perpétue Dorais, Victorine Fortier, Delphine Fournier, Eliza Garand, Elizabeth Grégoire, Virginie Hurteau, Elodie Lamoureux, Marie A.Laporte, Scholastique Leblanc, Rose Anne Lorange, Mary McGuire (A.F.) Elizabeth McGill et Anna Moore (A).Georgiana Marquette (F).Emérentienne Maxwell McSwellan, Célina Noyer, Marie Paquet, Mathilde Pigeon, Uthal-ride Poirier, Alexma Renaud, Alphonsine Ricard, Célina Robert, Célina Têtu, Exilda Vincelet, Elidia Wilson et Valérie Ryan.2, 3 et 4 août 1870.F.X.Valade, Secrétaire.BUREAU PROTESTANT DE MONTRÉAL.Académie 1ère classe (A).—M.Wm.John Crothers.Ecole modèle 1ère classe (A).—Melle.Margt.J.Crothers et M.Louis Norman Tueker (A.F).Ecole élémentaire 1ère classe (A).—Dlles.Elizabeth Carroll, Mary Haney, Jane Henry, Annie McNaughton, Annie E.Row et Elizabeth Wilson.Ecole élémentaire 2de classe (A).—Dlles.Mary Ann Adams, Annie M.Sayer, Mary Ann Smith et Sarah Welch.2 août 1870.T.A.Gibson, Secretaire.BUREAU DE WATERLOO ET SWEEGSBURT.Ecole élémentaire 1ère classe (F).—Dlle.Marie Desmarais.Ecole élémentaire 2de classe (F).—Dlles.Rose Délima Senécal, Rose Délima Jauron, Marie C.David, Onésime Collette et Clotilde Belleûeur.2 août 1870.J.F.Léonard, Secrétaire.BUREAU D’OTTAWA.Ecole élémentaire 1ère classe (F).—Dlles.Catherine Gunn, Margaret Lochnen, Sophronie Lebel, Amélia E.McCrea et M.Thomas Thorpe.Ecole élémentaire 1ère classe (A).—Mlle.Catherine Horo.Ecole élémentaire 2de classe (F).—Mlles.J.Olive Beaudry et Bridget E.Smith.2 août 1870.John R.Woods, Secrétaire.BUREAU DE BONAVENTURE.Ecole élémentaire 2de classe (A).—Dlle.Louise Cyr.2 août 1870.J.A.LeBkl, Secrétaire.JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.QUEBEC, PROVINCE DE QUEBEC, JUILLET ET AOUT 1870.La Littérature Canadienne et le Prince Arthur.Son Altesse Royale le Prince Arthur, pendant son séjour en Canada, ayant manifesté le plus vif intérêt pour la littérature et l'histoire du pays, le gouvernement de la Province de Québec n’a pas cru pouvoir lui donner un souvenir plus agréable de son séjour en Canada, que de lui offrir un choix d’ouvrages publiés dans cette province.Nous pensons que la correspondance qui suit intéressera nos lecteurs.Nous croyons savoir que plusieurs ouvrages qui ne figurent point dans la liste avaient déjà été offerts par les auteurs ou les éditeurs au jeune Prince, qui se trouve ainsi posséder toute une petite bibliothèque canadienne.Les livres sont tous magnifiquement reliés.Bureau du Secrétaire de la Province, Québec, 22 Juin 1870.Au Lieutenant-Colonel Elphinstone, Gouverneur de S.A.R.le Prince Arthur.Monsieur, J’ai l’honneur de la part du Lieutenant-Gouverneur et du gouvernement de la Province de Québec, de prier Son Altesse Royale le Prince Arthur, de vouloir bien accepter les ouvrages dont une liste est ci-jointe, comme souvenir de sa résidence en ce pays.Le Lieutenant-Gouverneur et les membres du gouvernement osent espérer que ces ouvrages donneront à Son Altesse Royale une opinion favorable du progrès que font les sciences, la littérature et les arts en cette Province.J’ai l’honneur d’être, Monsieur, Votre très-obéissant serviteur, Pierre J.O.Chauveau, Secrétaire de la Province et Ministre de l’Instruction Publique.Réponse.Spencer Wood.3 Juillet 1870.Cher Monsieur, Je regrette vivement que votre lettre en date du 22 juin dernier ne nous ait été remise qu’au retour de Son Altesse Royale ici ce matin.Son Altesse Royale me charge de vous exprimer combien elle se trouve flattée de l’attention qu’ont eus pour lui le Lieutenant-Gouverneur et le gouvernement de la Province de Québec, et c’est vraiment avec le plus grand plaisir qu’il accepte les ouvrages qu’ils lui ont fait l’honneur de lui offrir. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 97 Son Altesse Royale les reçoit comme un bien heureux souvenir de sa résidence si agréable et si intéressante dans ce pays, ils formeront une addition bien utile à sa bibliothèque, en lui permettant de se former une idée exacte de tout ce qui a rapport au Canada.Croyez moi, cher Monsieur, Votre tout dévoué, W.Elphinstone.Liste.Auteurs.Ouvrages.Vols.Les Relations des Jésuites ou Relations de la Nouvelle-France 3 Les Soirées Canadiennes 1 La Littérature Canadienne 2 Garneau .Histoire du Canada 3 2 3 Lit.and Hist.Society of Quebec.Transactions of, 1837-69, and MSS.relating to the early History of Canada 4 Société Hist.de Montréal Mémoires 1 6 Miles History of Canada (Nos.1 and 2 of Series).2 Bedard Histoire de Cinquante Ans 1 Lemoine Maple Leaves 1 Bibaud Etudes Historiques 1 Taylor British Americans 1 Morgan Bibliotheca Canadensis 1 DeGaspé Les Anciens Canadiens.1 Mémoires 1 Maurault.Histoire des Abénakis 1 Casgrain .Vie de la Mère Marie de l’Incarnation I Dawson, Prin.Archaia 1 Dawson Acadian Geology 1 Provencher.Flore Canadienne 1 Brunet Botanique 1 Cuoq Etudes Philologiques sur quelques langues Sauvages de l’Amérique 1 Jugement erroné de M.Renan sur les Langues Sauvages I Taché Les Provinces Britanniques de l’Amérique et I la Confédération 1 McGee J Canadian Ballads.1 Fréchette Mes Loisirs 1 Heavysege.Saul—A drama 1 Suite l Nantel Fleurs de la Poésie Canadienne 1 Gagnon Chansons populaires du Canada J Lemay Evangeline de Longfellow (Traduction) 1 Dewart Selections from Canadian Poets 1 LeMoine .Oiseaux du Canada 1 Leprohon Antoinette de Mirecourt 1 Bourassa .Jacques et Marie 1 Dawson, Revd Æn.McD.Our Strength 1 Distributions «le l»rlx et de Diplômes dans les Écoles normales.La distribution des prix et des diplômes dans nos trois écoles normales a eu lieu cette année comme à l’ordinaire, et a donné une fois de plus la preuve de 1 intérêt que nos classes instruites prennent au développement de ces institutions.La séance du département des élèves instituteurs de l’école normale Laval a eu lieu au Vieux Château.Elle était présidée par M.le Ministre de l’Instruction publique.L’élite de la société de Québec se fait toujours un plaisir d’honorer ces séances de sa présence, et mieux que cela, des dames et des messieurs consentent à y prendre part et l’éclat en est souvent relevé par le talent d’amateurs distingués.C’est donc plus encore une fête qu’une séance académique.M.le Ministre, à la fin de la séance, a spécialement félicité ces volontaires qui, ici comme ailleurs a-t-il dit, ont fait une vive concurrence aux réguliers.“ Les élèves, dit le Courrier du Canada dans son compterendu, ont lu et déclamé avec une diction que tout le monde a admiré plusieurs morceaux qui ont été fort applaudis.Nous avons remarqué surtout un discours sur le génie et la méthode par M.John Ahern.M.Moïse Laplante a récité evec un grand naturel la magnifique pièce de vers de M.Pamphile Lemay, intitulée : ' Ironie et prière." Deux compositions très bien écrites ont été lues, l’une par M.Ed.Rousseau ; elle avait pour titre : les tribulations d’un jeune homme timide ; l’autre par M.Thibault, professeur et ancien élève de l’école.Ce dernier morceau était l’histoire du vieux Château St.Louis.M.Thibault a passé en revue tous les événements qui ont eu lieu en cet endroit depuis la fondation du véritable vieux château par Champlain jusqu’à l’époque actuelle.Le château de Champlain successivement agrandi, occupait en effet l’espace où se trouve maintenant la terrasse Durham ou plateforme ; et le vieux château où est maintenant l’école normale fut construit sous la domination anglaise par le gouverneur Haldimand, dont il porta le nom.Un travail archéologique de ce genre, fait par M.l’abbé Verreau, sur l'ancien hôtel du gouvernement à Montréal, où est installée l’école normale Jacques-Cartier, a été publié dans le premier volume de notre journal.Il fut distribué dans cette séance six diplômes pour académie ; neuf pour écoles-modèles, et sept pour écoles élémentaires.Le prix du Prince de Galles pour les deux départements a été déféré à M.Joseph Marquis.La séance au pensionnat des élèves institutrices a eu lieu dans la grande salle des Ursulines.Il a été donné seize diplômes pour écoles-modèles, et vingLcinq diplômes pour écoles élémentaires.Le Courrier du Canada cite, comme s’étant particulièrement distinguées dans les récitations, Mlles Cormier, Marchand, La-france et Lefebvre.Après la collation des diplômes, M.Auclair, curé de Notre-Dame de Québec qui présidait, prononça une allocution dont nous empruntons l’analyse au même journal : “ Dans quelques phrases, cumme il sait toujours en trouver, il fit comprendre à celles qui venaient de recevoir des diplômes, l'importance de cette cérémonie pour elles.“ Que pour sa part, cette séance ne se résumait pas dans la distribution de quelques livres et de quelques morceaux de parchemin ; mais que ces brevets étaient, non-seulement, des gages certains de la capacité scientifique et de la moralité de celles qui les recevaient, mais encore un rayon d’espérance pour l’avenir que chacune d’elles tenait dans sa main ; que c’était l’espoir de la société qu’elles emportaient de l’enceinte sacrée qu’elles quittaient à jamais pour aller, de par le monde, répandre à pleines mains la science et les vertus qu’elles y ont puisées.Il finit par exhorter son jeune auditoire à continuer dans le siècle les bonnes et saintes choses qu’elles avaient apprises, et pratiquées sous la vigilante tutelle des bonnes dames qui leur avaient servi de mères et de guides pendant si longtemps ; enfin, d’être aussi bonnes institutrices qu’elles avaient été bonnes élèves.“ Il n’oublia pas non plus de leur rappeler combien elles étaient redevables à leurs laborieux professeurs pour toute l’ardeur et tous les soins qu’ils avaient sans cesse apportés dans leur tâche importante.“ Il fit sentir aussi toute la satisfaction que devaient éprouver ces champions de l’enseignement en voyant aujourd’hui, comme à chaque année, le succès couronner leurs travaux.“ Le révérend Principal eut aussi une large part dans les remarques que fitM.le curé sur le bon fonctionnement des écoles Normales.” A l’école Normale Jacques-Cartier il a été donné, deux diplômes pour académie, huit pour écoles modèles, sept pour écoles élémentaires.Le prix du Prince de Galles a été accordé à M, Pacifique Nantel. 98 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Nous empruntons à la Minerve le compte-rendu de la séance : “ La distribution des prix à l’école Normale J.-Cartier a eu lieu lundi après-midi en présence d’une assistance inusitée par le nombre, car bien que tous les ans, ces exercices aient amené un auditoire toujours choisi, nous pouvons dire que cette année, la proportion a été de beaucoup dépassée.Les membres du clergé étaient au nombre d’une cinquantaine.On y voyait des représentants de la maison de St.Sulpice, des RR, PP.Oblats des Jésuites, de quelques Collèges, etc.L’Hon.M.Chauveau, ministre de l’Instruction Publique, présidait la séance, ayant à sa droite l’Hon.M.Archibald, Lt.-Gouverneur de Manitoba et des territoires du Nord-Ouest.On y remarquait encore la présence de l’Hon.M.Ryan, Sénateur, de l’Hon.M.Dostaler, M.C.S., de M.C.S.Cherrier, membre du Conseil de l’Instruction Publique, Dr Beaubien, etc.“ La séance qui a duré 2J heures a été des plus intéressantes.On avait eu la bonne idée de choisir pour salle la cour même, qui, par son pavage en bois, par ses ombrages de toutes sortes est des mieux adaptées pour cette fin.On y avait fabriqué une toiture en toile qui disparaissait en partie sous les drapeaux.Les écussons des familles canadiennes rangés autour du theatre formaient une des plus belles décorations que nous ayons jamais vues.“ Le programme était bien simple.Un discours, six morceaux de chant et la distribution des prix.Mais le discours était excel lent, les morceaux de chant tout à fait choisis et bien exercés, malgré l’indisposition depuis quelques mois du professeur, M.Brauneis, et la distribution des prix s’est faite avec une simplicité expéditive qui a son mérite.C’est M.le Professeur Casse-grain qui a fait le discours.Ce Monsieur a traité de l’éducation d’une manière abstraite et s’est élevé à de hautes considérations morales dans un langage noble et calme.“Les morceaux de chant étaient : Chœur des Montagnards, de Boieldieu ; La Foi, Rossini ; Chœur des Sauvages, Pelicien David ; Aoce de village, L.de Rille ; Tout est sombre, Meyerbeer ; Fuyons le fracas de la ville, Gluck.Après la séance, l’Honorable Ministre de l’Instruction Publique se leva pour adresser quelques remarques aux élèves : “ Je suis heureux, dit-il, de pouvoir me trouver, cette année, aux exercices annuels de la fin de l’année.Cette école, dont j’ai été le fondateur, a toutes mes sympathies.L’importance des Ecoles Normales est aujourd’hui si bien démontrée que je n’en parlerai pas.Je me permettrai seulement de constater le succès des élèves et le nombre des élèves qui ont reçu des diplômes.Ce nombre même est la preuve du succès.“Je dois offrir des remerciements à la nombreuse assistance qui se fait remarquer aujourd’hui et je forme des vœux pour que les élèves reçoivent partout où ils iront enseigner les sympathies qu’on leur témoigné ici.Jusqu’à présent, la grande majorité des anciens élèves munis des diplômes ont donné dans l’enseignement plus que le temps voulu par la loi.Il s’est formé ici des élèves remarquables.M.Dostaler, qui est mort il y a plusieurs années, était un professeur dis ingué.M.Archambault, le Principal de l’Ecole Commerciale, est un élève de cette maison.M.Cassegrain, que nous avons eu l’avantage d’entendre il y a quelques instants, est un élève de cette maison.“ Il ne pourra en être autrement de cette école, tant qu’elle sera sous les soins d’un Principal qui possède à bon droit la réputation d’un des hommes les plus instruits dans l’histoire et l’archéologie du Canada.Nous en avons la preuve dans les écussons qui remettent sous les yeux des élèves les plus beaux souvenirs de notre histoire et qui apprennent de bonne heure aux enfants les leçons du véritable patriotisme.” M.C.S.Cherrier prend ensuite la parole : “Je dois commencer par des félicitations pour le succès des élèves, qui est un signe infaillible de diligence et d’application.La science est une puissance ; mais elle a besoin d'être contrôlée, si l’on veut qu’elle ne tourne pas à la tyrannie.Notre système nous fournit les moyens d’exercer ce contrôle par le3 avantages qu’il nous offre.Sans être parfait, il donne des garanties solides et il jouit de deux sources d’effioacité : les Ecoles Normales et le journalisme.“ Dans ces derniers temps, on a assez parlé des Ecoles Normales pour que je ne dise que peu de choses.Les Ecoles Normales sont jugées par leurs élèves qui ont brillé.11 serait bien étrange, quand on voit l’exercice de tous les arts soumis à la nécessité de l’apprentissage et que, comme le disait le P.Lacordaire, les plus beaux dons non cultivés demeurent sans effet, il serait bien étrange, dis-je, que le plus difficile des arts pût s’acquérir comme par intuition.Les Ecoles Normales ont quelques adversaires; mais ils sont peu nombreux et ils diminuent tous les jours.“Le journalisme est un moyen non moins efficace et il faut savoir gré à l’Hon.M.Chauveau de la fondation du Journal de VInstruction Publique.L’organe a fait connaître et accélère les progrès de l’école.Ce journal est excessivement intéressant pour l’homme sérieux.La partie consacrée aux publications sur le Canada est excellent.Il observe de près le mouvement des opinions étrangères sur notre pays, et quand, en France, par exemple, des voyageurs superficiels cherchent à jeter le ridicule sur notre pays, on y lit de ces refutations fines, spirituelles, comme sait en produire l’Honorable Ministre de l’Instruction Publique.“ Ce n’est pas avec moins de tact qu’il observe les^’ravages opérés par la mort dans nos rangs et les mentions nécrologiques qu’il renferme sont si délicatement tournées que parfois je passe du plaisir de lire ces notices au désir de mourir moi-même pour avoir l’avantage de me faire regretter par un aussi habile biographe.Néanmoins, dans les moments de retour, je me couvains que ce vigoureux talent ne peut jamais vieillir et je finis par revenir à l’amour de la vie quand je pense que j’aurai autant d’avantage à attendre encore dix ans.(Rires et applaudissements).“ Je suis d'autant plus fier de pouvoir féliciter le pays de posséder un homme comme l’IIon.Ministre de l’Instruction Publique, que je vois qu’il est généreusement secondé dans cette œuvre par le digne Principal de l’Ecole Normale, dont les hautes capacités sont si vivement appréciées et dont le concours est si précieux à la cause de l’éducation en Canada.” Nous avons pu voir à l’occasion de^a distribution des piix de l'Ecole Normale, qu’on y a enseigné, cette année, l’agriculture théorique et l’horticulture pratique.Ce sont les élèves de l’Ecole Normale qui ont, cette année, cultivé le jardin du gouvernement près du Palais de Justice : L’Hon.M.Chauveau a annoncé que l’an prochain, on prendrait des mesures pour y enseigner aussi l’agriculture pratique.” La collation des diplômes à l'école normale McGill était présidée par M.le Ministre de l’Instruction Publique qui avait auprès de lui, M.Miles, Assistant Secrétaire du Ministère de l’Instruction Publique, les Révds.MM.Bond et Wilkes, et les directeurs de l'Université McGill.La séance fut ouverte par un discours du Ministre que l’on trouvera dans notre journal anglais.M.Chauveau rendit en terminant un juste tribut d’hommage au mérite du Dr.Dawson, principal de l’Université qui jusqu’à présent avait été aussi Principal de l’Ecole Normale et qui vient d'abandonner cette dernière position.Faisant allusion à la nomination de son successeur, M.Hicks, il dit qu’il voyait avec plaisir la promotion de cet homme distingué qui avait rempli une chaire de professeur dans cette école depuis son établissement.M.le Principal Hicks prit alors la parole et prononça un intéressant discours dont nous donnons quelques extraits.“ Le nombre de diplômes que l’on a distribués cette année, dit-il est de 49, trois pour académie dont deux à de jeunes bacheliers de l’Université et un à une élève-institutrice ; quinze pour écoles-modèles et 31 pour école élémentaire ce qui porte ajoute-t-il depuis l’ouverture de l’école le nombre de diplômes donnés à 584 et le nombre de ceux qui en ont reçu (la même personne reçoit quelquefois plusieurs diplômes) à 444.Il y a maintenant un très grand nombre de nos élèves qui enseignent dans cette Province, et je dois dire qu’en général nos élèves trouvent assez facilement de l’emploi dès qu’ils ont reçu leurs diplômes, et se montrent tous disposés à tenir la promesse qu’ils ont faite en entrant à l’école d’enseigner un certain nombre d’années.En JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.99 jetant un coup d’œil sur la liste des élèves qui ont obtenu des diplômes l’année dernière, je trouve que sur 46, 20 ont obtenu des situations dans des écoles et 17 sont revenus à cette école pour obtenir un diplôme d’un plus haut dégré.En remontant plus loin dans nos archives je trouve que sur quinze élèves qui avaient reçu des diplômes la première année de l’établissement de cette institution, dix enseignent encore actuellement et ont par conséquent enseigné pendant treize années.Je crois que l’on commence maintenant à être persuadé de la supériorité des instituteurs sortis de l’école normale sur ceux qui n’ont point fait d’études pédagogiques.S’il y a un défaut dans cette école, c’est peut-être que l’on s’occupe trop de l’étude et pas assez de l’enseignement pratique.Pour que les élèves maîtres ipupil teachers) pussent enseigner une plus grande partie du temps, il faudrait qu’ils entrassent à l'école mieux préparés.C’est là un résultat qui s’obtiendra peu à peu par le fonctionnement de notre système.Déjà bon nombre de nos anciens élèves nous ont envoyé des sujets bien préparés, et ce ne serait peut être pas trop exiger du Bureau des Commissaires d’écoles protestants de la cité de Montréal, qui dispose de si grandes ressources et qui n’a pas eu moins d'une trentaine d’anciens élèves de notre institution sous son contrôle, d’envoyer ici les meilleurs élèves de ses écoles, ceux qui auraient quelque vocation pour l’enseignement.L’objet principal, l’objet essentiel d’une école normale est de développer, si je puis m’exprimer ainsi, les facultés enseignantes des futurs instituteurs.Ainsi dans mon opinion, quelque brillants talents que puisse avoir un élève-maître, lorsqu’il est bien constaté qu’il n’a point de goût ni de disposition, ni de talent pour l’enseignement, on devrait lui conseiller de suivre une autre carrière et d’aller continuer ses études dans une autre institution.Mais le temps viendra peut-être où l’on se convaincra qu’il n’y a pas que les instituteurs qui ont besoin de connaissances pédagogiques.” Le savant principal termina son intéressante allocution en .assurant les élèves-maîtres de ses vives sympathies, “ les sympathies d’un homme qui est depuis bien des années dans l’enseignement et qui il y a déjà 17 ans a quitté l’Angleterre pour venir ici travailler à former des instituteurs.” Après la collation des diplômes, le prix du Prince de Galles ; fut décerné à M.Ernest Taylor, de North Potton, cantons de l’Est, et Mlle Bourne lut le discours d’adieu adressé aux profes- j seurs au nom de ses compagnons et compagnes.M.Darey, professeur de langue et de littérature française lut un excellent essai en français, et le Révérend M.Bond, cha- ] noine de l’église auglicane fut invité à prendre la parole ce qu’il i fit au nom de ses confrères des divers cultes protestants chargés ( de l’enseignement religieux de leurs ouailles respectives dans t l’école.( “ De toutes les institutions anglaises d’éducation de cette ville, s dit M.Bond, je ne crois pas qu’il y en aît une seule qui soit plus utile ni mieux dirigée.Si l’on compare l’état de l’éducation 1 dans ce pays avec ce qui existait il y a vingt ans, on trouvera un immense progrès.Quant à ce qui est de 1 utilité de cette ins- t titution elle ne consiste point seulement à produire et à lancer [ chaque année dans le monde un certain nombre de jeunes gens I et de jeunes filles bien instruits ; elle va bien au-delà.Très- e souvent depuis quelque temps on s’adresse à moi et l’on me demande un instituteur ou une institutrice ; mais si c’est possible 1 ajoute-t-on donnez-nous quelqu'un qui vienne de l’école nor- 1 male.”—Pourquoi cela ai-je demandé souvent ?—Parce que, m’a- 1 t-on répondu, ceux qui viennent de l’école normale savent leur 5 métier (they know their business.') c “ C’est aussi avec le plus grand plaisir que je profiterai de cette e occasion de rendre justice au mérite de l’honorable Ministre de r de 1 instruction publique et de faire connaître mon entière approbation des mesures qu’il a adoptées depuis qu’il est à la tête de t ce departement.Tout le monde connaît les grandes difficultés t qu il rencontre dans sa tâche délicate ; cependant il a su s’y c prendre de manière à rencontrer autant que la chose est possible e l’approbation universelle.s “ Je dois aussi féliciter cette institution sur la promotion que vient d’obtenir M.le Professeur Hicks.Il y a plus de dix-sept ans que je le connais intimement et que je suis attentivement ses travaux dans son utile carrière.Je ne connais pas un homme qui sache mieux enseigner à chacun des individus qui composent une classe ce qu’ils doivent apprendre ni mieux faire ressortir ce qu’ils ont appris.M.Hicks est pénétré d’une vive sympathie pour les instituteurs et si je lui connais une passion c’est celle de vouloir absolument et constamment améliorer leur position.” Après une prière du Rev.Dr.Wilkes et le God save the Queen chanté par les élèves la nombreuse et intéressante réunion se dispersa.Examens publics dans les Universités, Collèges, Académies et autres maisons d’éducation.Les mois de juillet et d’août ramènent chaque année, pour nos différentes maisons d’éducation, l’époque des brillantes séances publiques, où les jeunes élèves, les parents, les professeurs eux-mêmes, trouvent une source d’émotions bien douces et un plaisir bien légitime.Depuis sa fondation, le Journal de VInstruction Publique a toujours donné un compte-rendu sommaire de ces solennités, dans l’impuissance où il était d’entrer dans les détails en ce qui concerne chacune de ces institutions.Nous commencerons cette année par la plus ancienne, pour ne pas dire la plus importante de tout le pays, le Séminaire de Québec qui ne fait qu’un avec l’Université Laval.Nous empruntons notre compte-rendu au Journal de Québec : “ Hier, les deux grandes institutions, qui font l’honneur de notre ville: le Séminaire de Québec et l’Université Laval, donnaient congé à leurs élèves.“ A trois heures de l’après-midi, les séminaristes et les universitaires se réunissaient dans la grande salle de l’Université Laval.Lin immense concours de personnes de la ville et de la campagne assistaient à cette fête de famille.“ Parmi les personnes présentes, nous avons remarqué l'hon.M.Chauveau, le Rév.M.Cazeau, Y.G., M.le curé de Québec, M l'abbé A.Racine, M.l’abbé Bolduc, M.l’abbé Lemoine, M.l’abbé Déziel, M.l’abbé Provancher, et un grand nombre de prêtres venus des campagnes voisines.“ A l’ouverture de la séance, la musique du Petit Séminaire joua un charmant morceau, et, de suite, l’on commença la distribution des prix.“ Après la distribution des récompenses, la classe des finissants parut sur la scène, et M.Bérubé, élève de philosophie, parla au nom de ses confrères.Il prononça un discours d’adieu à ses directeurs et à ses plus jeunes condisciples.Le jeune orateur sut trouver des paroles éloquentes pour peindre la reconnaissance des élèves qui laissent le Séminaire, cette année, et les chagrins de la séparation.“ Le nombre des élèves finissant cette année est de vingt cinq.De ce nombre, treize embrassent l’état ecclésistique.“ Les élèves qui ont obtenu des prix d’excellence sont : en rhétorique, M.Labrecque ; en seconde, P.Roy ; en troisième, Thomas Casgrain ; en quatrième, Jean Gosselin ; en cinquième, M.Landry ; en sixième, A.Lemieux; en septième, P.Hamel ; en huitième, Eugène Baby.“Après la distribution des prix aux élèves du Séminaire, MM.les professeurs de l’Université entrèrent dans la grande salle de l’Université.M.le recteur, MM.les abbés B.Paquet, L.Paquet et Bégin, de la faculté de théologie ; MM.les Drs.Sewell, Jackson, Lemieux, Landry, Simard, Verge et Catellier, de la faculté de médecine; MM.le recorder Crémazie, Langelier et Coltson, de la faculté de droit; MM.les abbés Méthot, Léga-ré et Brunet, de la faculté des arts, prirent place sur l’estrade.” “ M.l’abbé Benjamin Pâquet prononça un discours sur la théologie.M.Pâquet a parfaitement traité son sujet, en montrant l’objet de cette science dont les principes sont immuables comme Dieu lui-même, en faisant voir que l’autorité qui l’inspire est infaillible et qu’elle s’élève au-dessus de toutes les autres sciences.“ L’orateur a su, en termes magnifiques, parler de la théologië, 100 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.lui donner la place qui lui convient.Assise aux pieds de Dieu, elle trône au-dessus de toutes les autres sciences qui lui sont subordonnées ; elle en est la reine, les corrige et les gouverne.“ Après le discours de M.Pâquet eut lieu la collation des grades dans l’ordre suivant : “ Doctorat en droit.—M.Colston.“ Licence en théologie.—M.l’abbé Faure.“ Bacheliers en théologie.—MM.A.Papineau et G.Côté.“ Licence en médecine.—MM.Archambault, G.Garon, E.de Salles Laterrière, Miville Dechène, Ed.Rouleau, Charles Dela-grave, P.Beauchamp, N.Fiset, A.Larue, W.Mayrand.“ Bacheliers en médecine.—MM.Guay, A.Collet, B.Blouin, E.Dubé, B.Desrochers.“ Bacheliers en droit.—F.Maloney, J.Perrault, H.Dela-grave, R.Dupont, F.Rouleau.“ Prix Morrin—3e et 4e année.—1er prix, M.A.Collet; 2e prix, M.Archambault.2e et Ire année.—1er prix, M.Bradley ; 2e prix, A.Dubé.“ MM.Crémazie et M.Langelier, de la faculté de droit, et M.Hamel, secrétaire de l’Université, introduisirent ensuite le docteur, M.Colston dans l’assemblée, et M.Colston prêta le serment d’usage.Le recteur lui remit alors l’anneau de docteur et les insignes de son grade.“ M.le recteur de l’Université prononça ensuite quelques paroles pleine d’apropos et donna d’excellents conseils à ceux qui, grâce à un travail assidu, venaient de cueillir des lauriers, les invitant à persévérer dans la bonne voie où ils étaient entrés, et à se souvenir que les titres qu’ils venaient de recevoir appartenaient à une noblesse et que noblesse oblige.“ Les professeurs et les élèves se rendirent ensuite à la Cathédrale où l’on chanta le cantique d'actions de grâce.La séance annuelle de l’Université McGill se tient à une époque beaucoup moins avancée de la saison et nos lecteurs en trouveront un compte rendu dans le Journal of Education du mois de Mai.Les High Schools de Québec et de Montréal ont eu aussi leurs séances publiques qui se trouvent rapportées dans la dernière livraison du même journal.Au Sigh School ou lycée de Montréal, M.Howe, recteur de l’institution, le Révd.Dr.Jenkins et M.Miles, assistant-secrétaire au Ministère de l’Instruction publique, prirent la parole.Des récitations par les élèves eurent lieu avant la distribution des prix.La médaille Davidson fut décernée à M.Archibald D.Taylor de Montréal.Au High School de Québec, des discours furent prononcés par le Revd.Dr.Cook, recteur du Collège Morrin auquel cette institution est affiliée, par M.Wilkie, recteur du High School, par le Dr.Henderson, et par M.Fletcher.On procéda en public à de véritables examens, ce qui ne se fait plus maintenant que dans un petit nombre d’institutions ; d’après les journaux de Québec ces examens donnèrent des résultats très-satisfaisants.L’Université anglicane de Lennoxville a réuni comme à l’ordinaire un grand nombre d’ecclésiastiques et de laïcs pour sa distribution de prix et de diplômes.Le métropolitain de Montréal, l’évêque de Québec, l’Hon.M.Haie, chancelier de l’institution, l’évêque Neeling du Maine, M.Henneker et plusieurs autres personnages distingués prononcèrent des discours.M.Haie, élève de l’institution, lut un essai sur l’art de la photographie, M.Motherwell prononça le discours d’adieu des élèves, et le prix annuel fondé par M.Mackie fut décerné à M.Thorncloe.Dans la soirée une conversazione eut lieu dans la grande salle du collège : un grand nombre de Messieurs et de dames y assistaient.°M.Hethrington, maire de Melbourne et Vice-Président du Bureau des directeurs du Collège de St.François à Richmond, présidait aux exercices publics de cette institution.Le Principal M.Graham qui enseigne dans ce collège depuis 17 ans fit un historique de son établissement et de scs progrès ; et attira particulièrement l’attention de ses auditeurs sur la nouvelle classe d'agriculture qui a été établie cette année et qui compte déjà 54 élèves.Les élèves déclamèrent des morceaux de poésie ou d'éloquence en français et en anglais, et l’on termina par des exercices militaires, qui prouvèrent que les jeunes gens avaient fait de grands progrès dans cette branche qui leur est régulièrement enseignée.Après avoir jeté un coup d’œil à la hâte sur les principales institutions anglaises et protestantes, revenons aux institutions françaises et catholiques, parmi lesquelles nous trouverons en première ligne après l’Université Laval, le collège de la vénérable maison de St.Sulpice qui a joué dans la fondation et le développement de Montréal le même rôle que jouèrent à Québec, Mgr.de Laval et ses courageux compagnons.L’édifice de la Montagne vient d’être presque doublé en étendue.Cette vaste et sévère construction donne, tout d’abord, l'idée des ressources, de l’énergie de cette puissante maison qui, nulle part, n’épargne rien pour remplir la mission qui lui est confiée, mission qui ne s’étend point seulement au Canada mais qui embrasse une partie de l’Amérique du Nord ; car le petit et le grand séminaire, ce dernier surtout, ont de nombreux élèves des Etats-Unis.Un très grand nombre des curés du diocèse de Montréal sont d’anciens élèves du séminaire et l’on ne sera pas surpris d’apprendre qu’au-delà de cinquante d’entre-eux se trouvaient dans la grande salle neuve des séances, qui avait été décorée pour la circonstance.Une thèse latine sur le libre arbitre fut soutenue par MM.Blanchard et Lennon, élèves de philosophie.L’auditoire savant qui se trouvait réuni parut goûter ce genre d’éloquence, qui est malheureusement un peu passé de mode parmi nous.Les expériences de physique, aussi brillantes qu’intéressantes, qui illustrèrent des conférences données par MM.Major et Normandeau étaient plus dans le goût de notre siècle et l’on admira surtout un nouveau genre de bateau à vapeur qui fut inauguré., dans un bocal 1 Cette nouvelle invention supprime presque tout le mécanisme ordinaire, la vapeur déchargée à l’arriere du vaisseau détermine un courant d’air qui devient la force motrice.Le chœur et le corps de musique du collège ont relevé cette séance par l’exécution de plusieurs morceaux de musique ; on a surtout remarqué la belle voix de M.Larivière.Le même jour, le collège Ste.Marie dirigé par les RR.PP.de la compagnie de Jésus avait aussi sa distribution de prix.Un public nombreux, dans lequel on distinguait plusieurs sommités ecclésiastiques et laïques, honoraient cette solennité de leur présence.Un drame en trois actes, Joseph, sujet tiré de l’écriture sainte occupa une grande partie de la séance, après lequel fut chanté un Te Deum dans la belle église du Gésu.Le Collège de Saint Hyacinthe a eu l’excellente idée d’orner la salle de ses séances des portraits des fondateurs, et des bienfaiteurs de cette institution, qui a si vaillamment combattu les luttes de la science et de la religion dans des circonstances quelquefois difficiles.C’est en présence de ces nobles images, qui sont en même temps de grands modèles, que professeurs, élèves et public se rencontrent chaque année.La séance est ordinairement consacrée à quelque discussion littéraire ou philosophique, œuvre du savant supérieur de la maison.Le sujet choisi cette année ne pouvait être ni plus grand ni plus actuel : la Papauté.Les discutants MM.Horace Durocher, L.R.Bourque, Cyrille Davignon, Cléophas Choquette, Victor Coté, et Hugues Desrosiers, ont, nous assure-t-on, rendu justice au travail consciencieux de leur digne supérieur.Cette œuvre doit, nous dit-on, être livrée à la publicité et elle s’ajoutera à la série d’écrits judicieux et élégants que l’on doit au même auteur.Le collège de Nicolet avait réuni pour sa distribution de prix plus de cent membres du clergé, et un grand nombre de laïcs distingués des districts de Trois-Rivières et de Montréal.Nicolet jouit parmi les collèges d'une réputation pour bien dire romanesque que la chanson “ Nicolet qu'embellit la nature," a peut-être autant qu’autre chose contribué à propager.Comme nous avons déjà eu occasion de le faire remarquer lors de la grande fête qui fut donnée il y a quelques années par les anciens élèves, il y a peu d’institutions où l’esprit de corps entre anciens camarades se maintienne aussi longtemps dans la vie, et il y en a peu aussi qui aient fourni autant d hommes remarquables.M.Louis Dionne, élève de rhétorique, prononça le discours de circonstance.On joua ensuite un drame (Fernando) où MM.Tremblay, Blais, Dionne, Désaulniers, Piché, Brassard, Landry JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.101 et Trudel se distinguèrent par une excellente élocution.Six élèves de rhétorique se sont ensuite disputés le prix d'éloquence qui a été remporté par M.Ernest Duguay.M.Raymond Caisse obtint une mention honorable.Une cantate (Les Zouaves) fut chantée avec un succès remarquable, et le corps de musique du collège sut relever l’éclat de la séance par une habile exécution de plusieurs morceaux difficiles.Après la distribution des récompenses, M.Bellemare supérieur du séminaire adressa des remerciements au public et des félicitations aux élèves.“ La veille de l’examen ajoute le Journal des Trois-Rivières auquel nous empruntons ces détails, il y avait eu grande revue militaire.M.l’administrateur de ce diocèse, adressa quelques mots aux miliciens après la revue les félicitant de leur habileté et de leur précision dans léxécution des évolutions qu’ils venaient de faire et leur disant qu’ils étaient capables d'être les généreux et courageux successeurs des zouaves qui avaient fait briller de tant d’éclat en Europe le nom canadien.” Le collège des Trois-Rivières fondé en 1859 a déjà pris une position importante parmi nos institutions classiques ; quoique voisin du collège de Nicolet, il a de 120 à 130 élèves par année et est affilié l’Université Laval.Un grand nombre de membres du clergé et de notabilités du district des Trois-Rivières assistaient à la distribution des prix : on a joué le même drame qu’à Nicolet, et M.le grand-vicaire Caron, administrateur du diocèse, a couronné les élèves et prononcé le discours de circonstance.Le collège de Ste.Thérèse de Blainville, dans le comté de Ter-rebonne, fondé en 1825, a déjà fourni toute une génération de prêtres et d’hommes importants dans les carrières professionnelles, On y fait des études très-sérieuses et “ l'éducation dit la Minerve, y est rude et sévère ; mais elle est solide.” Voici le compte-rendu que ce journal nous a donné des derniers exercices littéraires de cette institution.“ La petite séance académique qui a précédé la distribution des récompenses nous en a fourni une nouvelle preuve.Outre l’accompagnement ordinaire de musique et de chant, dont l’auditoire a admiré la justesse et l’harmonie nous avons beaucoup goûté une intéressante discussion sur le mérite et la valeur des diverses branches d’études qui composent un cours d’études classiques complet, à commencer par l’étude du latin, du grec et des belles-lettres jusqu’aux sciences abstraites de la philosophie, des mathématiques et autres.Le but de la discussion, tout en faisant valoir le mérite individuel de chacune de ces branches, était de montrer comment elles s’enchaînent toutes degré par degré pour conduire l’enfant au grand but de l’éducation, développer l'intelligence et former le cœur.L’idée certes était très-belle, et nous devons dire que c’était, peut-être, toutes proportions gardées, le plus beau plaidoyer que l’on pût faire en faveur de l’éducation classique.“ Le grec et le latin furent bien défendus par MM.H.Cor-beil, P.Brady et N.Bourbonnais; M.A.Nantel nous fit un plaidoyer admirable, comme œuvre littéraire en faveur des Belles-Lettres, tandis que MM.S.Ouimet, A.Cherrier, et C.Lebœuf prirent la défense de la philosophie morale, des mathématiques et de la chimie.Tous s’en acquittèrent avec un talent digne d’éloges, tant pour le style que pour l’élocution.“ Nous ne pouvons résister à la tentation de reproduire les paroles de M.N.Lemoine, le Président de l’académie St.Charles, qui termina la discussion.“ Il est temps, je pense, dit M.Lemoine, de conclure et de terminer.MM.de la rhétorique et de la philosophie, je vous félicite du zèle que vous avez mis à défendre vos études favorites; mais vous avez eu tort dans votre discussion d’apposer les Lettres aux Sciences et d’essayer à faire triompher les unes aux dépens des autres.Ce n’est pas la lutte, ce n’est pas l’antagonisme qu’il faut établir entre ces nobles puissances de l’esprit humain ; c’est l’accord, c’est l’harmonie, c’est l’union Bien loin de se nuire, bien loin de se combattre, elles se fortifient, elles se complètent l’une par l’autre.Les Sciences sont les éléments de la pensée ; les Lettres sont la lumière et font la splendeur des sciences.Ce sont deux forces, unies et parallèles, dont 1 une s affaiblit, si elle refuse le secours de l’autre.“ En effet, que seraient les Lettres sans les Sciences, dans l’éducation ?Une culture brillante, mais superficielle.Vous auriez beaucoup de mots, mais peu de choses ; une surabondance d’images, de sentiments, de vagues idées, mais une pénurie extrême de ces connaissances positives si nécessaires pour la conduite de la vie.Vous seriez semblables à ces jeunes arbres dont le feuillage luxuriant étouffe les fruits dans leur fleur.“ Mais, d'un autre côté, que peuvent faire les Sciences sans les Lettres ?Elles peuvent enrichir et orner la mémoire, mais elles ne peuvent donner cette finesse de l’esprit, cette délicatesse du cœur, cette élégance du langage, en un mot, cette distinction de toute la personne qui forme le caractère de la vraie éducation.Elles peuvent donner la pensée, mais non l’instrument de la pensée, la parole, qui nous permet d’agir sur les autres hommes pour les éclairer et les rendre meilleurs.Soyez érudits, savants, philosophes ; selon le mot de la sagesse-antique, “ connaissez-vous vous-même ’’ jusque dans les plis les plus mystérieux de votre âme et connaissez Dieu autant qu’il se révèle à vous dans les lumières de votre raison et dans les splendeurs de ses œuvres visibles : connaissez tous les secrets de la nature, tous les êtres de la création depuis les soleils qui roulent dans l’espace à une distance incalculable jusqu’au chétif insecte que vous foulez à vos pieds ; en un mot, soyez sages comme Salomon ; si vous n’allez demander aux Lettres les ressources de la parole et du style pour agir à l’extérieur, vous êtes forcé de vous renfermer en vous-même dans une contemplation stérile de votre sagesse : et dès lors vous êtes un homme inutile à la société., “ Ce qu’il faut donc dans l’éducation, c’est l’alliance et l’union des Lettres et des Sciences.Il résulte de là une force incomparable pour cultiver, développer et mûrir les facultés intellectuelles et morales: en un mot pour former l’homme ; l’homme distingué, l’homme supérieur, jouissant dans toute leur plénitude de ces nobles prérogatives, la pensée et la parole ; l’homme utile, capable de servir à la fois les intérêts moraux et matériels de son pays, possédant la science, non comme un trésor enfoui, mais comme une source féconde d’où peuvent se répandre dans la famille et la société la connaissance et l’amour du vrai, du bien et du beau.“ M.Lemoine, qui a terminé son cours d’étude cette année, fit ensuite au nom des élèves de dernière année, un petit discours d’adieux et de remerciement, aux élèves et aux professeurs, dont la délicatesse et la sensibilité touchèrent profondément l’auditoire.” Le collège de l’Assomption a pour habitude de faire précéder le grand jour de la distribution des prix par une sorte de vigile ou de veillées des ai-mes, suivant les traditions de l’ancienne chevalerie.Il y a donc toujours deux grandes séances parfaitement remplies.Elles furent l’une et l’autre honorées delà présence d’un grand nombre de prêtres parmi lesquels nous remarquons les MM.suivants appartenant au clergé catholique des Etats-Unis : MM.Laporte curé d’Albany, Barnabé, curé de Keesville, Robil-lard, curé de Syracuse, Langlois, curé de Centreville, Sherry curé de Malone, McGean de St.Patrick d’Albany, Scanlon de Rouse’s Point, E.U.Archambault de Malone.Un grand nombre de laïcs distingués en têtes desquels figurait l’Hon.Louis Archambault, ministre de l’agriculture et des travaux publics, se trouvaient aussi à cette réunion.Un discours sur la papauté composé et prononcé par M.Giguère et deux drames firent les frais de la première séance.La seconde fut consacrée aux examens à la distribution des prix et à une discution sur les quatre grandes époques de l’histoire ecclésiastique.M.Bavo'.et s’était chargé de l'église primitive des martyrs, M.Charles Lemire de l’invasion des barbares et de leur conversion au christianisme, M.Vaillant du moyen âge, et M.Henry Archambault, fils de l’Hono-rable ministre de l’agriculture, a su dignement parler des luttes et des conquêtes de l'église dans les temps modernes.Les journaux parlent avec éloge et de la dissertation et du talent oratoire des jeunes discutants, ainsi que d’un discours sur l’éloquence prononcé par M.Ecrément.Un drame, Olivier de Clisson, et une opérette terminèrent la séance qui fut agréablement diversi- 102 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.fiée par la musique instrumentale et vocale dans laquelle les élèves ont fait des progrès notables.M.Dorval supérieur du collège, dans un éloquent, discours, rappela les rapports de cette institution avec les différentes classes de la société, exprima le plaisir qu’il avait de voir réunis d’anciens élèves de la maison, membres du clergé et des professions libérales venus d’aussi loin auprès de leur Alma Mater, et faisant aliusion aux nombreux élèves de l’Assomption qui se sont distingués dans le monde, il mentionna MM.Cassidy et Jetté du barreau de Montréal qu’un procès célèbre venait de mettre en évidence.La Minerve dit, en parlant des constructions nouvelles qui ont été faites à l’Assomption : “ L’aspect de cette institution a fait depuis quelques années des progrès considérables.De vastes et splendides constructions ont remplacé les modestes proportions de l’édifice primitif.Une majestueuse coupole en porte au loin la nouvelle.La façade n'attend plus que les travaux de terrassement pour offrir une entrée splendide.La disposition de l’intérieur promet aux élèves un comfort qui ne manquera pas d’être vivement apprécié.” Les examens de l’école d’agriculture qui a été fondée par le collège et en est comme une annexe, avait eu lieu la veille.Ces exercices ont été faits à buis clos ; les élèves selon la recommandation du conseil agricole ayant donné tout l’été huit heures par jour de travail, ils ne pourront subir d’examen public sur la théorie qu’en juin prochain.Cinq élèves ont terminé leurs cours cette année : MM.Wilfred de St.Valentin, Napoléon Prud homme de Ste.Philomène, J.B.Laporte de St.Paul, Pierre Lépine de l’Assomption et Ernest Gaudet de St.Jacques de l’Achigan.Ces élèves sortants laissent cinq demi bourse?vacantes ; ce sont les seules qu’on puisse réclamer pour le présent.Le directeur de l’école a décidé d’ouvrir un pensionnat à l’automne ; elle possède un édifice en brique à deux étages récemment construit et de grandes dimensions.La distribution des prix au Collège de Ste.Anne de la Poca-tière a été présidée par Mgr.de Birtha ; Mgr.Vinet et un grand nombre de membres du clergé y assistaient.Les académies ou sociétés littéraires organisées dans l’institution ; l’une sous le nom de St.Thomas d’Aquin, l'autre sous le nom d’Académie Painchaud avaient donné précédemment des séances littéraires.A celle qui eut lieu pour la distribution des prix, MM.Arthur Desjardins et Charles Richard, prononcèrent des discours, et Mgr.de Birtha qui avait couronné les élèves, les félicita sur leurs succès.Sa Grandeur prit pour texte de son discours les mots : vertu, respect, exactitude, qui se trouvaient inscrits sur un drapeau.Il leur commenta ces paroles et en tira d’utiles leçons.Comme le collège de l’Assomption, le collège de Sainte Anne a aussi une école d’agriculture subventionnée par le gouvernement, sur laquelle ce journal a déjà attiré l’attention de ses lecteurs.Le collège de St.Germain de Rimouski fondé en 1862 prend chaque année de nouveaux développements.Il compte de 120 à 130 élèves, et de grands efforts sont faits par l’évêque pour le rendre digne de l’avenir qui attend son nouveau diocèse.Mgr.Langevin à peine arrivé de Rome, présidait aux examens et à la distribution des prix.Un discours de circonstance fut prononcé par M.Napoléon Lapierre.Les élèves furent interrogés publiquement sur la plupart des matières d’études de l’année et répondirent -avec assurance et exactitude.Le drame de Vildac fut joué par les élèves et après la distribution des prix, Monseigneur Langevin et l’Honorable sénateur Tessier prirent la parole et dans de chaleureux discours engagèrent la population du diocèse à donner à son séminaire tout l’appui qu’une telle institution mérite.Le collège pour un vaste et nouveau district, c’est en effet la pierre angulaire de toute la fabrique sociale et nous oserons dire la place forte de la science, de la morale et aussi de la liberté civile.Parmi les collèges industriels, deux seulement ont donné des comptes-rendus de leurs exeroices publics, celui des Frères de St.Joseph à St.Laurent, et le collège Masson à Terrebonne.Le collège de St.Laurent, dans la paroisse de ce nom, près de Montréal, a pris depuis quelques années un développement remarquable.On y enseigne la langue anglaise sur le même pied que la langue française et cela est d’autant plus facile qu’un grand nombre d’écoliers viennent des Etats-Unis ou du Haut-Canada.La nouvelle province de Manitoba y est même représentée par deux élèves.M.le Grand-vicaire Crevier présidait aux examens.La séance fut terminée par deux discours, l’un en anglais et l’autre en français.Après M.le Grand-vicaire, M.Clarke, avocat de Montréal, prit la parole.Le Nouveau Monde a publié un compte-rendu très détaillé des exercices publics du Collège Masson et donne en même temps des renseignements utiles sur cette belle institution.Nous en reproduisons ce qui suit : “ La partie littéraire avait été confiée à MM.Jos.Haynes et Edmond Ermatinger.Le premier dans un discours aussi bien dit que bien pensé nous a fait voir le doigt de Dieu dans toutes les merveilles de l’industrie.Le second a fort intéressé l’auditoire en débitant une petite pièce de poésie anglaise qu’il avait composée sur le “ Collège Masson.” “ Quant à la partie scientifique, elle se composait d’expériences de physique.“ Nous avons passé une heure agréable à entendre expliquer et à voir démontrer les phénomènes que produisent l’air, l’électricité etc.Malgré que ce soit la première année qu’on enseigne la physique au collège Masson, on peut dire que les élèves ont paru bien préparés.“ M.le Supérieur du collège annonça ensuite qu’il allait être procédé à la distribution des prix.Il donna des explications sur le programme de l’enseignement, et la manière dont il entendait qu’il fut exécuté.11 conseilla fortement aux parents de laisser leurs enfants suivre le cours régulier, qui comprend, outre la classe dite classe d’affaires, consacrée plus particulièrement à l’étude des opérations commerciales, l’enseignement de la grammaire française et anglaise, un cours de littérature en français et en anglais, et l’étude de Ja philosophie intellectuelle et morale, la physique, l'histoire, la géographie, l’économie politique, le catéchisme politique, où se trouvent de bonnes notions sur notre constitution et notre régime politique, etc., etc.Cinq années ne sont certainement pas plus qu’il ne faut pour toute l’étude de ces matières dont la connaissance est indispensable au cultivateur, au mécanicien et à quiconque aspire à une bonne position dans la société.“ Les élèves de la classe d’affaires ont subi leur examen à Montréal, il y a quelques temps, en présence de Messieurs Barbeau, de Cotté, Béliveau et de plusieurs autres de nos principaux hommes d’affaires.D’après leur témoignage, cet examen a été encore plus satisfaisant que ceux des années précédentes.Quelques-uns de ces écoliers sont porteurs de diplômes.“ Ce diplôme n’est accordé qu’à ceux qui, au jugement de ¦ leurs examinateurs et des directeurs du collège, s’en sont rendus dignes par un succès complet.C’est le petit nombre des élus.“ Outre les services continuels que la famille Masson rend au Collège qui porte son nom, M.le Supérieur cita particulièrement un trait de générosité de Messieurs Rodrigue et Jean P.R.Masson.Le premier a donné la machine électrique et le second la machine pneumatique dont on s’est servi pour les expériences de physique qui faisaient partie du programme de cette séance.“ La classe d’affaires du Collège a été dotée par la famille Masson, d’un prix annuel de $40 en or.Cette somme est offerte, chaque année, par un des membres de la famille, à l'élève qui a eu le plus de succès dans l’étude des différentes matières enseignées dans cette classe.Cette année, il se présentait une difficulté dans la distribution de ce prix.Deux élèves : MM.A.Durocher et J.Deslongchamps, avaient également bien réussi.“ Les Supérieurs ne sachant pas s’ils devaient diviser la somme, ou décider par le sort à qui elle serait donnée tout entière, soumirent la question à M.R.Masson.Pour réponse, ils reçurent une autre somme de $40.De cette façon, ceux qui avaient également mérité furent également récompensés.Cette bonne nouvelle fut accueillie par les plus chaleureux applaudissements.“ Après la distribution des prix qui, soit dit en passant, étaient magnifiques, M R.Masson, sur invitation de M.le Supérieur, prit la parole et s’acquitta de sa tâche avec un rare bonheur.” JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.103 Les nombreux pensionnats de filles de la Province ont toutes eu comme à l’ordinaire leurs séances solennelles de fin d’année, comme leurs distributions de prix, car dans plusieurs de ces institutions les élèves ont généreusement consacré leurs prix aux incendiés du Saguenay.Au pensionnat de Villa-Maria les élèves dos Sœurs de la Congrégation ont de plus confectionné une foule d’effets, hardes, linge de ménage qui formaient une notable part de l'exposition d’industrie domestique qui s’y fait chaque année.Ces simples objets par leur utilité et par l’intention charitable dont ils faisaient preuve ont excité plus d’intérêt que les belles peintures, les riches tapisseries, les élégantes broderies et les autres objets d’art qu’ils entouraient.M.le grand vicaire Truteau, administrateur du diocèse, qui présidait à la séance, dans le discours qu’il prononça, ne manqua point de faire allusion à ce bel acte de patriotisme et de générosité.L’IIon.Ministre de l’Instruction Publique, l’Hon.M.Archambault et un grand nombre de membres du clergé faisaient partie de l’auditoire.Le drame de Ste.Agnès qu’exécutèrent Mlles.Saddlier, Pouliot, Venner, Chauveau et quelques autres, plusieurs discours et plusieurs morceaux de musique, parmi lesquels l’ouverture de Guillaume Tell, firent les frais de la séance.Des couronnes et des attestations remplacèrent les livres dont on avait fait le sacrifice.La déclamation, correcte et naturelle, fait l’éloge de M.Petitpas professeur d’élocution depuis quelque temps, et le chant, celui de M.Adélard Boucher chargé de ce département.On donne à la fin du cours complet, après des examens sévères, un certificat ou diplôme: 14 élèves en ont obtenu.Les visiteurs de cette année purent admirer tout un nouvel édifice contenant de jolies chambrettes pour les élèves, de belles salles pour les classes, toutes fournies de sièges et de pupitres faits d’après les plans publiés dans le premier et le second volumes de notre journal, et une élégante chapelle, ornée de fresques, de candélabres, et de dorures du goût le plus parfait.Dans cette nouvelle construction les règles de l’hygiène ont été strictement observées, et si l’on ajoute les bocages, les jardins, la belle pièce d’eau et l’avenue de ce pensionnat on ne sera pas surpris si les riches familles des autres provinces du Canada et des Etats voisins y envoient de très loin leurs enfants.Le grand pensionnat des Ursulines à Québec a fait preuve comme les années précédentes, non pas de progrès mais ce qui vaut mieux de la conservation des excellentes traditions de cette maison religieuse la plus ancienne du pays.La déclamation, la musique vocale et instrumentale, et les parties plus importantes de l’éducation n’y laissent rien à désirer.Un dialogue Le Missionnaire, récité par Mlles.Naud, Renaud et Rivard, fit une vive impression sur l'auditoire.Le discours d'adieu fut prononcé par Mlle.Chapais, fille de l’honorable Ministre fédéral.La séance était présidée par M.le grand vicaire Cazeau qui prononça une de ces heureuses allocutions dont il a le secret.Nous n’en finirions jamais si nous transportions dans ces colonnes les comptes rendus des séances de nos nombreux pensionnats, de nos académies, de nos écoles modèles et des grandes écoles des Frères des Ecoles Chrétiennes.Qu’il nous suffise de dire que partout le public s’est porté avec empressement et que partout aussi il a trouvé des preuves de l’abondance avec laquelle l’instruction est maintenant répandue sur le pays à tous ses degrés.Nous avons choisi dans les comptes-rendus ce qui nous a paru propre à mieux faire connaître les différentes institutions et nous engageons fortement ceux qui se chargent de les écrire de substituer autant que possible aux longs éloges, quelque mérités qu’ils puissent être, les traits les plus saillants qui caractérisent chaque institution et les détails propres à indiquer les progrès qui se font de toutes parts.Petite Revue Mensuelle.Lorsque nos descendants parleront dejj’été qui va finirais pourront bien dire “ le terrible'Jti de 1870 ! ” Nous avions commencé notre dernière revue par ces mors : wtsll “ A travers le feu, le fer des bataillons ” faisant allusion à la fois aux incendies et à l’invasion des feniens.Les incendies dans notre pays ont continué leurs ravages et un fléau bien autrement redoutable dévaste le pays de nos ancêtres Aux sinistres de Québec et du Saguenay sont venus se joindre ceux de la Gaspésie, plusieurs grands incendies à Montréal et dans ses environs, ainsi qu’à Sherbrooke et les terribles dévastations du territoire de l'Ottawa.Notre capitale fédérale a été comme entourée pendant plusieurs jours d'une ceinture de feu, il y faisait nuit et une pluie de cendres éclairées parfois de rougeurs subites donnait l’idée de ces scènes d’éruptions volcaniques dont on a lu tant de descriptions Ceux qui connaissent le bassin de l’Ottawa au pied des Chaudières et autour de la ville, ceux qui ont vu tout cet espace couvert d’énormes piles de bois, qui ont vu les immenses établissements de moulins à scie et de manufactures de tout genre qui sont groupés en cet endroit n’ont pu que frémir en songeant qu’un ouragan de feu s'avançait vers ce grand dépôt de combustibles.On a craint à Ottawa bien sérieusement; mais un changement de vent et la précaution que l’on a eue de faire une saignée au canal du Rideau et d’inonder une partie des environs ont sauvé la ville qui était réellement dans un très-grand danger.Les pertes sont immenses et là comme au Saguenay une nombreuse population de pionniers et de cultivateurs s'est vue soudainement privée de tout ce qu’elle possédait.Mais au point de vue de l’industrie et du commerce le désastre est encore plus grand, car d'importants établissements, des scieries où des milliers et des milliers de billots étaient entassés, ont été détruites en un instant.Un appel a été fait à la charité publique qui s’empresse d’y répondre.Entr’autres souscriptions est celle de Sir John Young, notre gouverneur-général qui a donné cinq cents piastres.La terrible guerre qui vient d’éclater en Europe si soudainement a coïncidé d’une manière bien étrange avec l’ajournement du Concile écume-nique et la proclamation de l’infaillibilité papale.Elle a fait perdre do vue, au moÏDS temporairement, les conséquences de cet acte solennel, de cette complète affirmation du principe d’unité dans l’église catholique.Le décret du concile a été voté sur une division de 500 placets, 88 non placets et 62 placets juxtà-modum.Le placet juxtà-modum équivaut à un amendement dans la forme seulement.A la dernière épreuve, il n’y a eu que deux voix dissidentes, tous les autres opposants s’étant ralliés ou abstenus.Le nombre des placets était de 538.Depuis, l’éloquent et célèbre évêque d’Orléans, Mgr.Dupanloup qui était considéré comme un des prélats les plus opposés à la proclamation de l’infaillibilité, s’est soumis d’une manière très franche et très complète à la decision du concile.Parmi les évêques du Canada, deux seulement, Monseigneur Connolly, archevêque d’Halifax et Monseigneur Rogers, évêque de Chatham au Nouveau-Brunswick, ont voté dans l’opposition Les deux prélats qui ont voté négativement jusqu’au dernier moment sont Mgr Fitzgerald, évêque de Little-Rock, aux Etats-Unis (Arkansas), et Mgr.Riccio, évêque de Cajazzo dans le ci-devant royaume de Naples La guerre qui fait de si grands ravages sur le territoire français, qui a placé la plus belliqueuse nation de l’Europe dans une position si critique, était aussi imprévue, il y a deux mois qu’elle l’était il y a un an.Ce n’était sans doute un secret pour personne qu’un tel conflit dût éclater un jour.Depuis Sadowa, la France n’a fait qu’endurer impatiemment l'agrandissement de la Prusse et songer à des compensations.Le résultat du plébiscite, qui avait donné une si écrasante majorité à l’Empire a dû faire croire à Napoléon qu’il pouvait assurer la couronne ù son fils à deux conditions, la première celle de maintenir et d’étendre au besoin les concessions libérales qu’il avait faites et de préparer au jeune Prince, ou à la régente, un gouvernement purement constitutionnel; la seconde de tenir haut et ferme le drapeau de la France et de donner satisfaction au sentiment national.L’affaire Hohenzollern lui a fourni une occasion qui était presqu’nue nécessité de donner suite ù cette dernière disposition Nous n’examinerons point si après le retrait de la candidature de Léopold, c’est la France qui a provoqué l’incident Benedetti, ou si c’est le Roi de Prusse qui se sentant parfaitement prêt pour la guerre a voulu, tout en mettant le bon droit apparent de son côté, prendre une revanche de la concession qu’il venait de faire et humilier l’Empereur ; il est certain que dans tous les cas, la guerre était au fond de la situation et que les puissances Européennes qui avaient intérêt à l’empêcher, l’Angleterre surtout, n’ont pas agi au moment décisif d’une manière suffisamment énergique.Maintenant comment se fait-il que la France se soit trouvée dès le début vaincue et que jusqu’à la date où nous écrivons (30 août) la Prusse ait, pour bien dire, marché de victoire en victoire ?Trois raisons principales répondent à cette question.L’Empereur croyait à la neutralité de la Bavière et peut-être à celle de toute la confédération du Sud, la France n’avait point sous les armes une force suffisante et enfin, chose inexplicable, la tactique adoptée par l’armée française était toute contraire à celle des guerres du premier empire que les Prussiens ont su copier dans la guerre contre l’Autriche et qu’ils n’ont eu garde d’oublier dans la campagne actuelle.Laissons sur ces trois points la parole à la “ Revue des deux-Mondes.” “ A voir la rapidité avec laquelle tout se précipitait, on ne pouvait douter que nos armées ne fussent prêtes à prendre l’offensive, à passer le Rhin, et pénétrer dans le Palatinat, tout au contraire après une première et vaine démonstration dont on ne comprend plus même le sens, ce sont les Prussiens qui prennent le rôle offensif et débordent sur notre sol sans JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.qn’on ait pu prévoir l’attaque.Par une faiblesse d’orgueil national à laquelle nous nous laissons trop facilement aller, si l’on veut, nous comptions sur des victoires, nous avions une confiance entière dans notre puissance et la fortune nous a été infidèle, elle est allée un moment aux plus auda-cieux ; nous avons vu subitement deux de nos corps décimés, nos lignes percees, nos provinces ouvertes.On nous disait sans cesse que nous étions prêts, ce sont les Prussiens qui se sont trouvés prêts lorsque nous ne l’étions pas Ons est trompé, on n’a pas bien calculé nos forces ou l’on n’a pas bien mesuré celles de l'ennemi, et de là cette entrée en campagne douloureuse, poignante, où notre armée s’est vue du premier coup exposée à des revers immérités, qui a provoqué instantanément en France une véritable explosion.Le rêve avait duré quelques jours, le réveil a été terrible.La veille on vivait encore dans l’illusion ; le lendemain il a fallu s’arrêter un moment devant la grandeur de la lutte, rappeler les chambres, faire appel à tous les patriotismes, multiplier les moyens de combat, mettre la nation toute entière sous les armes en la laissant en face de cette extrémité cruelle, l’invasion.Et tout celà s’est passé en quelques jours, en quelques heures 1 “ La guerre une fois engagée, il fallait au moins savoir exactement à quelle puissance on avait affaire : on avait sous les yeux l’exemple si récent de la campagne de Bohême.La tactique, les ressources, les procédés delà Prusse étaient là tout entiers.On ne pouvait ignorer qu’en divisant ses forces sur une longue frontière, on s'exposait à ces marches en grandes masses d armées ennemies se dirigeant sur un même point, à ces concentrations puissantes qui presque à heure fixe, viennent écraser toutes les resistances, si on leur en laisse le temps, si on ne les déjoue pas à propos.Nos états majors avaient leur plan, nous n’en doutons pas, et même on dit que ce plan, minutieusement étudie, n’était pas loin d’être exécuté.Malheureusement, pendant qu’on étudiait, les Prussiens marchaient un peu étonnés eux-mêmes de n’avoir pas été attaqués.La situation changeait à chaque instant.On croyait l’ennemi à Trêves ou vers Mayence, quand il était à Saarbruck, on le croyait au-delà du Rhin dans la Forêt Noire quand il était à Wissembourg.On était débordé tout-à-coup, et le plan longuement médité pour l'offensive ne servait plus à rien.On était pris au dépourvu.Les premiers faits de la campagne de Bohême se renouvelaient sur notre frontière, dans des conditions moins favorables encore, il faut le dire ; de la part des Prussiens c’est absolument la même stratégie qu'on n a pas pu ou qu’on n’a pas su déjouer.L’insuffisance des préparatifs, la multiplicité des commandements, l’extension de notre ligne, la confusion des marches et des mouvements, une confiance pleine d’illusions devant un ennemi audacieux et habile, tout devait contribuer à ces premiers revers.L héroïsme de l’armée n’y pouvait rien, il ne pouvait que défier la mort en faisant éclater plus vivement encore à tous les yeux ces premières causes d’un désastre immérité.” Ceci s écrivait à la date du 15 août.Depuis ce temps malheureusement tout est venu confirmer cette manière de voir.Héroïques partout, les armées françaises n’ont eu de succès qu’à Gravelotte, et à l’heure présent, Mac-Mahon et Bazaine s’épuisent en efforts impuissants pour rejoindre les tronçons de ce qui eut dû être la grande armée française d'invasion.Le Prince Royal de Prusse s’avance sur Paris, tandis que les autres armées tiennent à Metz les forces de Bazaine en échec.Rien ne saurait décrire l’intérêt que cette grande lutte a fait naître dans notre pays, surtout chez la population française.Il a été prouvé une fois de plus que la vieille mère-patrie, après un siècle de séparation, avait encore ici un écho bien sincère a ses joies comme à ses douleurs.A Montréal, à Québec, à Trois-Rivières, à St.Hyacinthe, et en plusieurs antres endroits, on a tenu des assemblées, voté des résolutions de sympathie pour la France et organisé des souscriptions pour les blessés, les veuves et les orphelins.À Québec et à St.Hyacinthe, on a chanté la Marseillaise et fait des processions dans les rues comme en France.Les dépêches contradictoires du télégraphe transatlantique, les commentaires souvent assez peu aimables des journaux anglais du pays et du Times de Londres et de la plupart des journaux américains sont lus avec passion, avec joie, espoir, douleur ou colère.On s'enthousiasme au moindre succès, on refuse de croire à toute mauvaise nouvelle jusqu’à ce qu’elle ait été deux ou trois foi3 confirmée, et malheureusement celles-là le sont plus souvent que les bonnes.C’est ainsi que l'on a appris la déclaration de guerre aux applaudissements de toute la France, le départ de l’Empereur avec le Prince Impérial, la première action de Saarbruck, favorable à la Franco et la pari qu’y avait prise le jeune prince, le départ d’une flotte puissante pour la Baltique, flotte qui jusqu'ici à peine a donné de ses nouvelles, la surprise de Wissembourg, les combats meurtriers de Forbach et d’Hagueneau, l’invasion marchant à pas de géants, la glorieuse résistance de Strasbourg et de Metz, la chute du ministère Olivier et la formation du ministère Cousin-Mon-tauban, la substitution de Bazaine à l’Empereur et au maréchal Leboeuf, comme commandant en chef, les agitations de Paris et les gigantesques préparatifs de défense de la grande cité, la noble conduite de l’Impératrice, les proclamations du général Trochu, gouverneur et commandant de Paris et celles du Roi de Prusse qui traite déjà la France en pays conquis ; la glorieuse affaire de Gravelotte et les engagements qui la suivent et dont les résultats ne nous apparaissent pas encore bien clairs.Car dans tout cela que de confusion, que d’épisodes brillants ou tristes racontés par les journaux de France et de suite jetés dans l’ombre par les coups de foudre du télégraphe ! Rien de frappant comme les contrastes des nouvelles de la malle avec celles du cable électrique ! Ainsi l’on en était encore aux gravures des journaux illustrés représentant la séance du Corps Législatif où M Emile Olivier, d'un cœur léger (mot malheureux et qui restera) annonçait la déclaration de guerre au milieu de l’enthousiasme des députés, que déjà, l’on apprenait la chûte de son ministère sous le Coup de l’indignation publique portée à son comble contre lui et Contre le maréchal Lebœufl A qui cependant revenait la plus forle part de blâme, à ceux qui notaient point prêts ou bien au Corps Législatif lui-même qui avait rejeté les admirables plans du maréchal Niel avec lesquels la France eut été prête ?Mais ce que nous éprouvons, ce n’est pas uniquement une sympathie purement sentimentale, ni cet intérêt passionné qu’inspirent par eux-mêmes ces drames de l’histoire contemporaine qui ne le cèdent aucunement en horreur et en grandeur aux plus belles épopées du monde ancien ; c'est une visible et légitime anxiété pour les conséquences que ces événements peuvent avoir pour notre mère-patrie actuelle et pour nous-mêmes.On se demande, non sans effroi, si l’Angleterre pourra toujours se tenir à l’écart, si la politique de non-intervention n’aura point pour elle les funestes résultats qu’elle parait devoir léguer à la France, et si enfin la Russie et les Etats-Unis ne doivent point profiter prochainement de l’amoindrissement des deux vieilles puissances qui ont si longtemps ébranlé le monde par leurs luttes et qui jusqu’à ces années dernières assuraient par leur alliance la paix des nations et les progrès du commerce etde l'industrie.Au premier rang parmi les journaux anglais du pays qui ont traité cette grande question avec impartialité et dans l’intérêt de l’Empire auquel nous appartenons se trouve le Daily News de Montréal et nous nous permettrons de reproduire un de ses nombreux et vigoureux articles.“ Nous nous cramponnons encore, dit-il, à l’idée de voir la nation française faire un gigantesque effort pour repousser l’invasion, mais nous devons dire qu’après tous les exemples d’une tactique stupide qu'on nous a donnés après toutes les hésitations et l’incapacité qu’on a laissé voir, nous considérons l’état de la France comme désespéré.Si les deux adversaires eussent été d’égale force, s'il y avait eu une série de combats avec des défaites et des retours de fortune, on aurait pu espérer que l'épuise-sement des belligérants mettrait fin à la lutte ; mais la Prusse en possession de Paris avec une armée victorieuse d’un demi million d’hommes pourra dicter la loi à tout le continent de l'Europe Les rumeurs changeantes et mensongères de la guerre nous disent que l'Angleterre et la Russie vont bientôt faire l’offre de leurs bons services.Nous doutons sérieusement que la Russie contrecarre les projets de la Prusse.Elles étaient grandes amies à l’époque de la guerre de Crimée.L’Angleterre n’avait hier qu’une seule alliée sur le continent; c’était la France.Elle a laissé étrangler le Denmark et l’Autriche sans seulement tendre la main pour les secourir, et aujourd’hui elle demeure inactive et regarde tranquillement écraser l’Empereur des fiançais, qui malgré toutes ses fautes fut toujours un ami vrai et solide.Il y avait naguère trois pouvoirs sur lesquels elle avait lieu de compter, le Denmark, l’Autriche et la France.L’un après l'autre, ils sont tombés sous les coups de la Prusse.L’Angleterre peut à bon droit sentir la plus poignante inquiétude, lorsqu’elle ne compte plus que sur la Russie I II est bien plus probable que le Ozar jouera le jeu de la Prusse et ira droit à Constantinople et dans l’extrême Ori nt.Avec la France écrasée et la Prusse pour amie, rien ne lui est plus facile, et nous ne voyons pas comment l’Angleterre pourra éviter les conséquencas de sa politique suicide.Elle aurait pu sauver le Denmark et l’Autriche ; elles le3 a sacrifiés.Elle aurait pu en donnant à la France la garantie que le Roi Guillaume lui refusait, s'attacher cette alliée plus fortement que jamais ; par sa politique de non-interventionelle se l’est aliénée, sans avoir acquis le bon vouloir de la Prusse.La presse anglaise évite de discuter ces grandes questions ; elle craint d'être forcée d’avouer que la politique de ses hommes d'état n’a été qu’une série de bévues, et que de fait dans ce moment ils s 'nt sans un seul allié de l’un ou de l’autre côte de l’Atlantique.La presse des Etats-Unis a vu du premier coup que les succès de la Prusse entraînaient la destruction de l’alliance anglo-française, calamité que tout homme attaché de cœur à la vieille Angleterre ne peut envisager qu'avec effroi.’’ Nous pourrions multiplier les citations, car de fait, depuis la déclaration de la guerre, notre journalisme s’en est occupé presqu’uniqueraent et même à l’exclusion des choses locales du plus grand intérêt Mais pour notre part, comme nou3 tenons à ce que cette petite revue soit aussi complète que possible, il est d'autres événements européens et américains dont nous devons tenir compte, quoiqu’en les mentionnant bien brièvement.Au moraant m me ou allait éc ater le grand conflit franco-prussien, une affreuse nouvelle nous arrivait de l’extrême Orient, nouvelle qui a toute autre époque aurait suffi pour remuer longtemps la sensibilité publique ; quoique démentie plus tard, elle vient d’être confirmée II lie s’agit de rien moins que du massacre des chrétiens et surtout des catholiques à Tien-tsien en Chine.Des mandarins fanatiques ont soulevé la population et provoqué cette catastrophe Parmi les victimes, se trouvent M Fontainier, consul de France, et sa femme, le secrétaire du consulat, le Père Cherrier, prêtre, plusieurs officiers russes, neuf sœurs de charité, un grand nombre d’autres européens, presque tous français ; dix-huit églises et lieux consacrés au culte dont huit chapelles protestantes ont été détruits.11 parait que déjà sur une démonstration de la flotte française, un des mandarins coupables a été livré.Mais cela ne suffit point La Russie, L’Angleterre et la France toute la chrétienneté de fait est intéressée à infliger à ces misérables un châtiment éclatant.Tandis que cette calamité affligeait l’église catholique, un incident de la guerre, portait à son comble l’anxiété des nombreux enfants de Pie IX. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.105 L’Empereur a cru devoir retirer ses troupes de Rome ; et le souverain Pontife est laissé à la merci du Roi Victor Emmanuel qui, à son tour, est à la merci de Garibaldi et de Mazzini.Il est vrai que l’Empereur a exigé la parole du roi d’Italie, et qu’il laisse sinon son drapeau à Rome, du moins le pavillon français dans la rade de Civitta-Vecchia ; mais dans les circonstances où se trouve l’Europe, qui peut tenir compte de telles garanties ! C’est là, de la part du régime impérial, une erreur d’autant plu3 grave que la situation précaire du Pape est le résultat de la guerre d’Italie et de la fameuse maxime de non-intervention.Les garnisons inutiles qu’on laisse dans les villes de l’Ouest et du Midi auraient remplacé avec avantage les troupes que l’on retire de Rome, et l’on n’aurait point affaibli par cette triste concession à l’ingrate Italie, les sympathies des populations catholiques de l’Europe et peut-être diminué l’énergie et l’élan d’une grande partie de la France elle-même.Tandis que la fille ainée de l’Eglise abandonnait ainsi son poste, la fille aînée de la Franc , longtemps abandonnée par elle, semble vouloir dans la mesure de ses forces substituer son dévouement catholique à celui de la vieille mère-patrie.Une centaine de nouveaux zouaves canadiens partent en ce moment pour Rome et vont remplacer ceux dont le temps était expiré et qui nous étaient revenus.Ils ont certainement le mérite d’aller s’exposer en pleine connaissance de cause à de très-grands dangers.Espérons que la Providence leur tiendra compte de leurs généreux sacrifices, et que leur patrie pourra un jour profiter de l’expérience et des connaissances qu’ils vont acquérir.Le départ prochain de presque tout ce qui restait de troupes anglaises en Canada, va maintenant rendre plus important le role de no3 volontaires canadiens.On sait qu’une motion faite par Lord Carnavon, pour qu’il fût voté des remerciements à notre vaillante milice, a soulevé dans la Chambre des Lords une vive discussion sur les rapports des colonies avec la métropole.Le ministre des colonies sîest opposé à cette proposition, considérant, que quelque fût le mérite des troupes et des volontaires, c'était faire un trop grand compliment à l’iuvasion fénienne, que d’avoir recours à une mesure inusitée et qui n’était prise qu’à la suite des plus graves et de3 plus difficiles circonstances.Lord Carnavon qui paraissait très au fait de ce qui s’était passé au Canada, a poursuivi les ministres de ses interpellations, leur a reproché les dangers auxquels ils laissaient les colonies exposées, et s’est montré mieux instruit des actes de l’administration que le3 ministres eux-mèmes.Son discours et ceux de quelques-uns de ses amis ont arraché à Lord Kimberley et à ses collègues des déclarations et des protestations, d’où il résulte que l’Angleterre entend simplement faire une concentration de ses troupes chez elle, et qu’au besoin, le Canada, ou toute autre colonie attaquée, pourront compter sur toutes les forces de l’empia».Un journaliste canadien a ajouté plaisamment que cette déclaration devrait être accompagnée d’un traité, par lequel les Etats-Unis s’engageraient à ne point attaquer le Canada pendant l’hiver, et à donner un mois d’avis dans toute autre saison.Le départ des troupes, et les articles de quelques journaux anglais ont fourni un excellent prétexte aux partisans de l’indépendance et de l’annexion pour s’agiter et faire une propagande plus active.A cette occasion, l’un des hommes les plus importants du parti libéral bas-canadien a cru devoir se séparer avec éclat de quelques-uns de ses amis, et les letttres de l’Hon.M Holton, en réponse à celles de l’Hon.M.Young et de M Huntingdon sur l’indépendance, ont pendant quelque temps intéressé vivement nos hommes politiques.En même temps, une question aussi grave que celle de la Rivière-Rouge et de la Nouvelle-Ecosse vient se poser devant la confédération C’est celle du partage de la balance de l’ancienne dette du Canada entre les provinces d'Ontario et de Québec, que l’acte d’union chargeait de tout ce qui excéderait soixante et deux millions cinq cents mille piastres, et de la distribution entre ces provinces de certains capitaux, créances et valeurs énumérés dans une cédule de l’acte Un des arbitres devait être nommé par la province de Québec, l’autre par la province d’Ontario, et le troisième par le gouvernement fédéral.Le Juge Day, homme d’une haute réputation comme jurisconsulte, d'une intégrité au-dessus du soupçon et qui s’était distingué dans la commission pour la rédaction du Code Civil du Bas-Canada, fut choisi par la province de Québec, M.McPherson, sénateur, fut choisi par la province d’Ontario, et le gouvernement fédéral nomma le Colonel Gray du Nouveau-Brunswick.Les arbitres aussitôt nommés demandèrent qu’il leur fut fourni un état détaillé de la dette, nécessaire pour teurs opérations.Un très long espace de temps s’écoula avant que cet état fut soumis aux deux provinces ; aussitôt une discussion s’éleva entre les provinces et le gouvernement fédéral sur certains items ; et par suite des longues absences en Angleterre des ministres des finances qui se succédèrent, ce ne fut qu’au mois de juillet 1869 qu’une conférence, que l’on croyait finale, eut lieu à Montréal entre quelques ministres fédéraux et des ministres locaux des deux provinces.A peine cependant la conférence eut elle fixée le montant de la dette que de nouvelles prétentions furent soulevées par la province d’Ontario.Enfin, de guerre lasse, les arbitres commencèrent l’audition des prétentions respectives des parties sans que la question préliminaire si importante surtout en ce qui concernait les items de la dette eut été finalement réglée, manière d’agir pour laquelle ils avaient toujours montré la plus grande répugnance Les avocats des provinces, M.Hyliard Cameron pour Ontario, et MM.Casault et Ritchie pour Québec, soumirent aux arbitres des mémoires exposant ces prétentions et furent entendus de vive voix.Deux des arbitres préparèrent une sorte de jugement interlocutoire repoussant la proposition du gouvernement de Québec, qui allait à exiger que l’on tînt compte d’abord des six millions de dettes à l’origine de l’union, et en même temps ils adoptèrent pour base du partage l’origine des dettes locales durant l’union.Cette sentence fut trouvé tellement injuste et contradictoire dans ses termes même, que le Juge Day protesta contre elle, demandant que si l’on ne voulait point accéder à sa manière de voir on réservât toutes les questions pour l’argument final.Et en m *me temps, le gouvernement de Québec souleva deux questions qu’il soumit aussi au gouvernement fédéral ; l’une était la nécessité de l’unanimité des arbitres, l’acte d’union n’ayant point délégué le pouvoir de décider à une majorité, ni fait de 1 arbitre nommé par le gouvernement fédéral un umpire ou tiers-arbitre dans le sens de la loi française; la seconde était l’incompétence du Colonel Gray, qui.contrairement aux termes du statut, était devenu résidant du Haut-Canada.Le Juge Day n’espérant point pou voir se mettre d’accord avec ses collègues résigna, et quoique les autorités même citées par les avocats d’Ontario disent clairement que dans tous les cas les arbitres ne pouvaient rendre de sentence lorsque la commission qu’ils constituaient cessait d’être au complet, MM.McPherson et Gray persistent actuellement à examiner tous les détails de l’arbitrage, et après avoir siégé à Montréal, où de3 procédures judiciaires ont été prises contre eux, ils siègent maintenant à Toronto Le gouvernement de Québec a protesté contre leurs errements auprès du gouvernement d’Ottawa.Tel est l’état actuel de cette question qui agite fortement toute la presse des deux provinces.La petite revue nécrologique par laquelle nous term inons d habitude, nous offre peu de noms à mentionner dan3 l’ancien mon de ; car la vieille moissonneuse semble s’être contentée là-ba3 de l’hécatombe immense que la guerre lui a faite, et elle a peu abattu de têtes célèbres dans les rangs de la politique, de la science ou de la littérature.Celui de Prévost Paradol se présente le premier et, en toute apparence, cet homme distingué a été lui-même une victime de la guerre.Le suicide par lequel il a étonné les deux mondes au moment même où il venait de prendre possession de l’ambassade de Washington, attribué d’abord à une démence causée en partie par les difficultés de sa position politique et en partie par l’excessive chaleur, aurait eu, prétend-t-on, pour cause principale la connaissance qu’il avait du fatal secret, qui nous a été révélé depuis : l’imprudence de cette déclaration de guerre qu’il n’a apprise qu’en mettant le pied sur le sol d’Amérique.Prévost-Paradol n’avait que quarante et un an, étant né à Paris, le 8 août 1829.Sorti de l’école normale supérieure, en 1851, il fut couronné par l’Academie française en 1851, pour son Eloge de Bemadin de Saint-Pierre.En 1855, il était nommé professeur de littérature à la Faculté d’Aix, poste qu’il abandonnait l’année suivante pour entrer à la rédaction du Journal des Débats.Ses principaux ouvrages sont Du rôle de la famille dans l'éducation, couronné par lAcadémie des sciences morales et politiques, et La France Nouvelle, publié il y a deux ou trois ans.Une brochure qu’il publia en I860, sous ce titre Les Anciens partis, lui attira un mois de prison et 1000 francs d’amende.Rallié à l’empire en même temps que M.Emile Olivier, il accepta de ce dernier l’ambassade de Washington, ce qui fut considéré par beaucoup de ses anciens amis politiques, comme une désertion honteuse.Ceux-ci ont dû regretter leur sévérité à son égard en voyant l’affreux malheur auquel elle avait contribué.Dans la nécrologie locale nous saluons avec douleur les noms de trois hommes estimables à divers titres, ceux de M.Joseph Maurault, prêtre distingué, de M.Kierkowski, député au parlement fédéral, pour le comté de St.Hyacinthe et de M Benoit, représentant du comté de Napierville à T Assemblé législative de Québec.Elève distingué du séminaire de Ste.Anne, puis de celui de Québec, M.Maurault termina ses études en 1837, et fut bientôt envoyé missionnaire dans les pays sauvages, puis chargé de la cure de la nouvelle paroisse de St.Thomas de Pierreville, en mime temps que de la mission du village abénakis de St.François.Il consacra une grande partie de son temps à l’étude de la langue et de l’histoire de cette héroïque nation, et publia un volume rempli de savantes recherches, qu’il intitula “ Histoire des Abénaquis.” Doué d’une grande énergie et d’une grande activité, de talents peu ordinaires, M.Maurault, par sa modestie et ses qualités aimables avait su se faire et conserver de nombreux amis.En même temps que lui, disparaissaient deux autres prêtres zélés et distingués, M.Charles Dion, archiprêtre et curé de St.Prosper et M.Duguay, dont les funérailles réunirent presque tous les curés du nouveau diocèse de Riraouski, où il exerça longtemps le saint ministère.L’Honorable M.Kierkowski était né dans le grand duché de Posen, en 1816.Sou père avait servi avec distinction dans les armées du premier empire Pendant la révolution de 1830 et 31, le jeune Kierkowski âgé de 14 à 15 ans, combattit en Pologne à côté de son père, pour la cause nationale et reçut deux blessures.Forcé de prendre avec son père et son frère cadet le chemin de l’exil, il étudia à Paris le génie civil, et vint en Amérique en 1841.Passant en Canada, où il se livra à sa profession et à diverses entreprises industrielles, il épousa en 1845, une des filles de l’Honorable M.de Bartzch, en même temps qu’un de ses compatriotes, aussi exilé, M.le comte de Ruttermund s’alliait à la même famille et devenait son beau-frère En | 1850, il eut la douleur de perdre son épouse et en 1868 il se remaria à lOfi JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Mlle de Saint Ours, fille de l'Hon.Roch de St.Ours.Elu en 1858 au Conseil Législatif pour la division de Montarville, et à l’Assemblée Législative en 1862 pour le comté de Verchères, il se vit privé de son siège dans ces deux occasions par la décision des comités nommés pour juger de la contestation de ces élections.Il fut plus heureux sous la nouvelle constitution.M.Kierkowski, partisan politique, dévoué et énergique avait su dans la vie privée s’attirer l’estime de ses adversaires par de nobles qualités.M Pierre Benoit qui appartenait aussi au parti de l’opposition, était né à Longueuil, le 15 avril 1824.Il était notaire de profession, et avait fait partie du dernier parlement de l’ancienne province avant la confédération Un grand sens pratique des affaires, un caractère studieux et persévérant, une habileté à manier la parole qui se développait rapidement et dont il était loin d'abuser, lui promettaient un rang distingué parmi nos hommes publics, lorsqu’une maladie longtemps combattue, l'enleva trop tôt à ses nombreux amis et à la carrière politique pour laquelle il montrait une rare aptitude.NOUVELLES ET FAITS DIVERS.BULLETIN DH L’INSTRUCTION PUBLIQUE.— Le gouvernement ottoman s’honorait dernièrement par une loi sur l’instruction publique.Voici les dispositions remarquables que contient cette loi : L’enseiguement dans les écoles publiques comprend : 1° L’enseiguement primaire donné dans le3 écoles primaires élémentaires et dans les écoles primaires supérieures ; 2° L’enseignement secondaire suivi dans les écoles préparatoires et , dans les lycées ; 3° L’enseignement supérieur suivi dans les écoles supérieures.L’enseignement primaire est gratuit et obligatoire.Les frais de construction et de réparation des écoles, ainsi que le traitement des instituteurs, sont à la charge des communes-.L’obligation d’aller à l’école s’étend, pour les filles, de l’âge de six ans à celui de dix ans, et pour les garçons de six à onze ans.Dans tout l’empire, chaque quartier et chaque village doit avoir au moins une école primaire.Dans les quartiers et les villages habités par des musulmans et des chrétiens, il y aura séparément une école musulmane et une école de la communauté chrétienne prépondérante.L’enseignement primaire, qui dure quatre années, comprend pour les écoles musulmanes : l’alphabet, le Coran, la morale, l’écriture, des éléments d’histoire ottomane, de géographie et un manuel de connaissances utiles Pour les communautés non musulmanes, le catéchisme sera enseigné, dans la langue de la communauté, par les chefs respectifs de la religion.—Revue de l'Instruction Publique de Paris.BULLETIN DES SCIENCES.—Dans sa dernière assemblée générale, la Société de Géographie a, sur le rapport de M.E Cortambert, décerné trois médailles d’or: l’une à M.Russel Wallace, pour son exploration de l’archipel Malais; la seconde à un pandit (lettré) hindou, qui a fait un remarquable vovage au Thibet, d’après un itinéraire tracé par le capitaine anglais Montgomerie ; la troisième à M.Nordenskiœld, pour ses voyages dans les régions arctiques, particulièrement an Spitzberg et dans les mers voisines ; ce dernier prix a été fondé par M.de la Roquette fils, qui a voulu honorer ainsi la mémoire de son père, dont les principaux travaux géographiques avaient été consacrés, comme on sait, aux contrées du Nord ; une médaille semblable sera accordée annuellement aux plus impoortantes explorations boréales.Enfin, le même rapport a attribué une médaille d’argent à M.Adolphe Joanne, pour les services qu’il a rendus à la vulgarisation géographique par ses nombreux et excellents ouvrages.On a entendu avec intérêt, dans cette séance, une lecture de M.Lera3-trom sur le Spitzberg ; une relation de M.Lejean sur les Mirdites, en Albanie, et une improvisation de M.Simonin sur son excursion aux bords du fleuve Saint-Laurent et des grands lacs d’ou il arrive.BULLETIN HISTORIQUE.—Le Castor.—Nous lisons dans une correspondance adressée par M.Verreau à la Minerve : L’emploi du castor, comme symbole du Canada, ou de l’élément canadien, me paraît remonter assez loin.Avant 1830, le commandeur Viger l’avait mis dans les aimes de la ville de Montréal : il l’avait aussi dessiné comme support dans un écusson de fantaisie qu’il s’était fait vers 1815.On voit le castor dans les vignettes de l’histoire de la Nouvelle France de Charlevoix.Sur la médaille que Louis XIV fit frapper pour rappeler la défaite de Phipps devant Québec, en 1690, un castor s’avance timidement ver3 une femme, qui trône avec majesté sur les trophées enlevés à l’ennemi, figures symboliques de la nouvelle et de l’ancienne France.C’est probablement M.de Frontenac qui donna au grand roi l’idée de représenter ainsi sa colonie naissante.Sou Honneur le juge Beaudry me communique l’extrait suivant de la correspondance de M.Frontenac, qui écrivait le 13 oct.1693, au ministre des colonies : “ C’est à quoi, Mgr., vous aviserez, s’il vous plait, comme aussi aux livrées et aux armes que le Roy voudra donner à la ville de Québec.Je croirais que des fleurs de lys sans nombre, au chef d’or, chargé d’un castor de sable luy conviendrait assez bien, avec deux originaux pour supports, et le bleu et le blanc pour les livrées de la ville.J’attendrai sur cela les ordres de Sa Majesté et les vôtres.” Je ne sais si Québec eut jamais, sous le gouvernement français, des armes particulières ; mais la Nouvelle-France et les autres colonies françaises de l’Amérique, aussi tard que 1736, portaient, comme la mère-patrie, trois fleurs de lys d'or.Quoi qu’il en soit de l’origine de cette partie de notre emblème national ; que le castor ait été choisi par Frontenac, par Charlevoix ou par Jacques Viger, il n’en est pas moins vrai que c’est un emblème tout-à-fait républicain.D’après ce que nous enseigue l’histoire naturelle, l’abeille est soumise au régime monarchique, mais le castor se gouverne en république.Le castor, c’est l’emblème du travail, de l’industrie et de la liberté.Sous le gouvernement des castors il n y a ni roi, ni reine, nifrélons; tous travaillent dans l’harmonie et aucun ne domine les autres.Est-ce là la signification qu’il faut donner à cette partie de notre blason ?Nous ne croyons pas qu’on puisse en trouver une autre.BULLETIN DES STATISTIQUES.—Statistiques à méditer.—M, Frédéric Passy, Secrétaire-général de la Ligue de la Paix, soumet la statistique suivante a nos méditations : 44 Le chiffre réel des pertes de la guerre de Crimée est de 785,000 morts, 44 d’après le travail irréfutable et irréfuté du Dr.Chenu, Bibliothécaire 44 au Val-de-Grace.La mortalité militaire en temps de paix, c’est-à-“ dire la mortalité résultant du seul fait de la vie de caserne et de 44 régiment (triple de la mortalité civile, d’après les cours professés au 14 Val-de-Grâce), représente à elle seule, en 60 années de paix armée, au 44 moins trois millions d’existences d hommes jeunes et vigoureux ; les 44 dépenses militaires dans le même temps, avec les intérêts atteignent au 44 moins trois cents milliards ; et le reliquat de dettes laissées par la guerre 44 et la paix armée à la charge des budgets, c’est-à-dire des contribuables, 44 est de 50 à 60 milliards.Quant aux pertes de travail, de population, 44 d'activité, de sécurité, de progrès industriel, scientifique et moral, elles 44 ne sont pas même susceptibles d’un calcul approximatif.Tout ce qu’on 44 peut dire, c’est que le fer, les hommes, et les capitaux employés à pro-44 duire au lieu d’être employés à détruire et à menacer, ce serait la trans-44 formation du monde, et qu’il est grand temps que cette transformation se 44 fasse.” (Extrait du Cosmos du 7 Mai 1870.) Quant au coût de la guerre depuis 50 ans, en hommes et en argent, voici ce qu’en dit encore le Coj nos .44 La guerre d’Orient a vu mourir 256,000 Russes, 107,000 Français, 44 45,000 Anglais, 1,600 Italiens.L’insurrection polonaise a fait 190,000 44 victimes.L’affranchissement de la Grèce 148,000.L’Afrique nous a coûté quelque chose comme 146,000 hommes.La guerre d’Italie a fait tuer 44 69,664 Autrichiens, 30,220 Français, 23,615 Italiens, 14,000 Napolitains 44 et 2,370 soldats du Pape ; pour abréger, depuis 1815 seulement, la po-44 pulation européenne a laissé deux millions sept cent soixante-deux mille 44 hommes sur les champs de bataille.44 Voyons maintenant les dépenses en argent : la guerre d’Italie a coûté, “ paraît-il aux trois puissances, la somme de 1,485,000,000; la guerre 44 d’Orient, 2,328,000,000 à la Russie, 1,348,000,000 à la France, 44 1.320,000,000 à l’Augleterre, 1,060,000,000 à la Turquie, et 470 mil-4 4 lions à l’Autriche.44 Total : un peu plus de huit milliards de francs /II'* (Extrait du Cosmos du 23 avril 1870.) JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.107 —Aperçu statistique de la librairie allemande.—Il existe actuellement en Allemagne, y compris l’empire d’Autriche, 2756 librairies, dont chacun a son commissionnaire à Leipzig, où comme l’on sait, se centralise la majeure partie des affaires de librairie de l’Allmagne.Ces 2756 librairies se répartissent entre 622 villes.Il y a en outre 381 librairies, représentées à Leipzig chacu ne par un commissionnaire et reparties entre 98 villes des autres pays de l’Europe, et encore 38 librairies duns 14 villes de l’Amérique et une en Asie, savoir : 27 librairies en 7 villes de la Belgique ; 18 — en 2 — du Danemark ; 1 _— en 1 — de l’Espagne ; 39 en 3 — de la France ; 1 — en 1 — de la Grèce ; de la Grande-Bretagne ; 24 — en 5 — 11 — en 7 — de l’Italie, y compris Rome ; des Pays-Bas ; 32 — en 9 — 83 en 20 — de la Russie ; 21 — en 7 — de Suède et de Norwege ; 116 — en 32 — de la Suisse ; 8 — en 4 — de la Turquie, y compris les princi- pautés.381 98 Ensuite 34 librairies en 11 villes des Etats-Unis du nord de l’Amérique ; 3 — en 2 — du Chili ; 3 — en 1 — du Pérou.38 14 Une librairie à Tiflis (Trans-Caucasie).De sorte qu'il y a en tout 3176 librairies de l’Allemagne et de l'étranger représentées h Leipzig, où se ceutralisent principalement leurs relations avec toute la librairie, et que, sur 206 librairies qui existent, on en compte 91 s’occupant de la commission.—Commerce de la France en 1866.—Il résulte d’un document important publié par l’administration des douanes que le total général des marchandises importées et exportées (commerce spécial) s'est élevé, en 1866, à 6 350 190 000 francs, non compris les métaux précieux, qui se sont élevés à 1 554 820 000 francs.Les importations de marchandises figurent pour le chiffre de 2 959 662 000 francs Les principaux articles importés sont le coton, les soies et la bourre de soie, les laines, la houille, les bois à construire, les peaux brutes et pelleteries, les sucres, le café, le lin, les cuivres, les merrains, les tissus de laine, les graines oléagineuses, les fils de coton etc.Les exportations figurent pour 3 390 528 000 francs.Les principaux articles exportés sont les tissus de soie et de laine, les vins, la tabletterie, la bimbeloterie, la mercerie et les boutons, les confections, la soie et la bourre bourre de soie, les tissus de coton, les eaux-de-vie, esprits et liqueurs, le coton en laine, le beurre, le sucre raffiné, les produits chimiques, les œufs, etc.— Vie moyenne—Le Moniteur universel a.donné dernièrement la statistique officielle de la France composée de tableaux, sous les multiples rapports des naissances, des décès, du nombre des mariages, des enfants légitimes et naturels dans les villes et dans les campagnes ; de la longévité dans chaque sexe et de la vie moyenne, etc.D’après ce document la durée de la vie moyenne varie, suivant le sexe, entre 34 ans II mois et 37 ans 10 mois pour un enfant qui vient de naitre, elle s’accroît ensuite rapidement jusqu’à Tige de 5 ans, où elle atteint son maximum (48 ans pour le sexe insensiblement jusqu’au terme de l’existence.La durée de la vie moyenne s'est accrue en un demi-siècle de près de six ans.Ce progrès n’est pas d'ailleurs parfaitement régulier ; c’est de 1825 à 1830, de 1835 à 1840, et de 1840 il 1850, enfin en 1860 et 1864, qu'il s’est fait particulièrement sentir.On peu s’en convaincre par le tableau suivant: Périodes Vie moyenne.Age moyen et années.des décès.1815-1825 32.2 36 8 18 5-1854 34 3 33.3 1847-1855 37.4 36.4 1855-1860 37.8 35 5 1860 38 2 37.4 1861 37.2 34 10 1862 37.7 36 9 1863 37.4 36 4 1864 37.7 37.6 DOCUMENTS OFFICIELS.LISTE ADDITIONNELLE DE SUBVENTIONS SUR LE FONDS DES MUC1CIPALITÉS PAUVRES POUR L’ANNÉE 1869.Comtés Argenteuil.Bellechasse Charlevoix.Bonaventure Huntingdon.Nicolet .— Mégantic— Ottawa.Portneuf.Témiscouata Richmond .Municipalités.Grenville, No.2.Buckland.St.Urbain.St.Irénée.Petite Rivière.Ile aux Coudres.St.Placide.St.Fidèle.Ste.Agnès.De Sales.Settrington.Miguasha .Huntingdon (diss).Ste.Gertrude.St.Calixte.Aylmer.Portneuf.Notre-Dame du Lac.Shipton (diss.).Motifs qui ont porté à recorder la subvention supplémentaire et qui en ont déterminé le montant.Il a déjà été accordé $16, cette nouvelle somme est pour un arrondissement nouveau.Pauvres et soutient trois écoles.do do do do do do do do .do do do do do do quatre écoles.do do deux écoles.A construit une maison, quatre écoles.A réparé une maison do do .Population peu nombreuse et pauvre, une école.do do trois écoles.Peu populeux, pauvre, une do .Population pauvre et dispersée, deux écoles.Pour deux arrondissements pauvres, soutient dix écoles.La dernièreloi leur fait perdre un montant considérable et une forte partie de la population est pauvre.Il leur faut bâtir une maison capable de contenir l’école modèle et lécole des filles.Etablissement nouveau et très pauvre.Sont peu nombreux et dispersés.sr a» n .tt S a aj o 90 68 90 44 86 52 112 82 82 30 70 14 50 70 94 52 149 68 45 00 61 04 24 21 25 70 164 04 288 74 157 94 210 68 93 83 ai .ai ^ o.O s 64 00 112 00 208 00 240 00 92 00 152 00 100 00 303 00 268 00 52 00 164 00 84 00 46 00 160 00 778 26 860 00 426 00 110 00 c ai .ai iai â.'g s S co a (— D *43 ai 30 00 30 00 40 00 40 00 30 00 40 00 40 00 40 00 40 00 40 00 40 00 30 00 30 00 30 00 40 00 400 00 100 00 30 00 -a> a» V"fl o 03 un ® c .ü ai c3 Æ c 3 g 02 O 20 00 30 00 30 00 30 00 30 00 30 00 30 00 30 00 30 00 20 00 30 00 20 00 30 00 20 00 30 00 150 00 80 00 80 00 20 00 108 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Liste additionnelle de la distribution du fonds de l’éducation supérieure pour l’année 1869.Comtés.Municipalités.Somme accor- dée.Somme addition- nelle.Total.Kamouraska Ste.Anne 73 00 73 00 146 00 Témiscouata Rivière du Loup (en bas) .73 00 50 00 123 00 Nieolet 56 00 69 00 125 00 Bonaventure Carleton 103 00 50 00 153 00 Champlain.St.Maurice 56 00 17 00 73 00 Nieolet Gentilly (Couvent) 100 00 100 00 Ecoles des sciences appliquées aux arts 1044 00 1403 00 DISTRIBUTIONS DE PRIX.ECOLE NORMALE LAVAL.DÉPARTEMENT DES ÉLÈVES-INSTITUTEURS, 1869-70.ÉLÈVES DE TROISIÈME ANNÉE.Thème Latin—1er pr Théophile Bélanger, 2 Thomas Gravel ; 1er ace.John Ahern, 2 Louis Savard.Version Latine—1er pr Théophile Bélanger, 2 John Ahern ; 1er ace.Ls.Savard, 2 Cléophas Talbot.Langue Française—1er pr Théophile Gauthier, 2 Thos.Gravel ; acc.Cléophas Talbot.Littérature—1er pr John Ahern, 2 Cléophas Talbot ; 1er acc.Ls.Savard, 2 Théophile Bélanger.Histoire universelle—1er pr John Ahern, 2 Cléophas Talbot; acc.Théophile Bélanger.Botanique—1er pr John Ahern, 2 Théophile Bélanger; 1er acc.Louis Savard et Thomas Gravel, 2 Cléophas Talbot.ÉLÈVES DE DEUXIÈME ANNÉE.Excellence—1er pr Joseph Marquis, Jean Guité ; 1er acc.Auguste Nadeau, 2 Nérée Lévêque, 3 Moïse Laplante.Instruction religieuse— 1er pr Nérée Lévêque, 2 Joseph Marquis ; 1er acc.Auguste Nadeau, 2 Moïse Laplante.Enseignement théorique—1er pr Jean Guité, 2 Auguste Nadeau et Moïse Laplante; 1er acc.Jeremiah Marland, 2 Simon Grenier.Dictée française—1er pr Joseph Marquis, 2 Jean Guité et Moïse Laplante; 1er acc.René Beaulieu, 2 Auguste Nadeau.Analyse grammaticale—1er pr Jean Guité, 2 Joseph Marquis; 1er acc Auguste Fadeau, 2 René Beaulieu.Analyse logique—1er pr Jos.Marquis, 2 Jean Guité; 1er acc.Moïse Laplante, 2 Nérée Lévêque.Littérature—1er pr Moïse Laplante, 2 Chs.E.Gauvin ; 1er acc.Alfred Trudelle, 2 Auguste Nadeau et René Beaulieu, 3 Nérée Lévêque et Joseph Marquis.Lecture expressive et raisonnée—2er pr Phi-dime Simard, 2 Moïse Laplante ; 1er acc.Nérée Lévêque, 2 Auguste Nadeau.Mythologie—1er pr Joseph Marquis, 2 René Beaulieu ; 1er acc.Nérée Lévêque, 2 Moïse Laplante.Histoire de France—1er pr Joseph Marquis, 2 Nérée Lévêque; 1er acc.Chs.E.Gauvin, 2 Phi-dime Simard.Histoire d’Angleterre—lerpr Joseph Marquis, 2 Moïse Laplante ; 1er acc.René Beaulieu, 2 Jean Guité.Géographie—1er pr Joseph Marquis, 2 Nérée Lévêque; 1er acc.Moïse Laplante, 2 Auguste Nadeau, 3 Jean Guité.Arithmétique—1er prPhidime Simard, 2 Moïse Laplante ; 1er acc Auguste Nadeau, 2 Joseph Marquis, 3 Nérée Lévêque.Tenue des livres—1er pr Joseph Marquis, 2 Nérée Lévêque, 3 Jean Guité ; 1er acc.Moïse Laplante, 2 Jeremiah Marland et Simon Grenier.Algèbre—lerpr Auguste Nadeau, 2 Phidime Simard; 1er acc.Nérée Lévêque, 2 Télesphore Belanger, 3 Moïse Laplante.Géométrie—1er pr Jean Guité, 2 Auguste Nadeau ; 1er acc.Moise Laplante, 2 Phidime Simard, 3 Joseph Marquis.Astronomie—1er pr Auguste Nadeau, 2 Nérée Lévêque et Jean Guité; 1er acc.Joseph Marquis, 2 Moïse Laplante.Physique—1er pr Auguste Nadeau, 2 Joseph Marquis ; 1er acc.Nérée Lévêque, 2 Jean Guité.Chimie—1er pr Auguste Nadeau, 2 Phidime Simard; 1er acc.Alexis Boivin, 2 Chs.Ed.Gauvin.Calligraphie—1er pr Chs.E.Gauvin, 2 Moïse Laplante ; 1er acc.Simon Grenier, 2 Jean Guité et Nérée Lévêque.ÉLÈVES DE PREMIÈRE ANNÉE.Excellence—1er pr Alphonse Lelaidier, 2 Ernest Filteau ; 1er acc.Eugène de Champlain, 2 Cyrial Lacroix, 3 Aristide Pinard.Instruction religieuse—1er pr Cyrial Lacroix, 2 Alphonse Lelaidier; 1er acc.F.X.Bélanger, 2 Firmin Létourneau.Enseignement théorique et pratique—1er pr George Mayrand, 2 Louis Claveau; 1er acc.Alph.Lelaidier, 2 Eug.de Champlain.Dictée française—1er pr Alphonse Lelaidier, 2 Eugène de Champlain, 3 Ernest Filteau ; 1er acc.Firmin Létourneau, 2 Philippe Roux, 3 Frs.X.Bélanger.Analyse grammaticale—1er pr Ernest Filteau, 2 Alph.Lelaidier; 1er acc.Alfred Dion, 2 Aristide Pinard.Histoire Sainte—1er pr Alphonse Lelaidier, 2 Cyrial Lacroix, 3 Louis Roberge ; 1er acc.Eug.de Champlain, 2 Félix Pagé, 3 Alfred Remy.Histoire du Canada—1er pr Aristide Pinard, 2 Alphonse Lelaidier, 3 Alfred Blanchard ; 1er acc.Napoléon Parent, 2 Ernest Filteau, 3 Eugène de Champlain.Arithmétique— 1er pr Cyrial Lacroix, 2 Alphonse Lelaidier ; 1er acc.Aristide Pinard 2 Frs.X.Bélanger.Tenue des livres—1er pr Aristide Pinard, 2 Cyrial Lacroix ; 1er acc.Nap.Parent et Odina Cloutier, 2 Alphonse Lelaidier.Géographie—1er pr Alphonse Lelaidier, 2 George Mayrand ; 1er acc.Eug.de Champlain, 2 Aristide Pinard.Physique— 1er pr Alphonse Lelaidier, 2 Aristide Pinard, 3 Ernest Filteau ; 1er acc.Eug.de Chamblain, 2 George Mayrand, 3 Samuel Rouleau.Calligraphie— 1er pr Napoléon Parent, 2 Eugène Turcotte et Edmond Bédard ; 1er acc.Alfred Reny, 2 Firmin Létourneau.Devoirs français de l’année—1er pr Alph.Lelaidier, 2 Ernest Filteau et Nap.Parent ; 1er acc.Eug.de Champlain, 2 Aristide Pinard.Progrès remarquables—1er pr Luc Maltais, 2 Firmin Létourneau et Florent Laliberté ; 1er acc.Philippe Roux et Herm.Vaillancourt, 2 Cyrial Lacroix et Frs.X.Bélanger.LES ÉLÈVES RÉUNIS, PREMIÈRE CLASSE ANGLAISE.Dictée—1er pr Joseph Marquis, 2 Nérée Lévêque ; 1er acc.Moïse Laplante, 2 Ch.Ed.Gauvin, 3 Ernest Filteau.Grammaire—1er pr Jos.Marquis, 2 Nérée Lévêque ; 1er acc.Moïse Laplante, 2 Alfred Dion, 3 Herménégilde Vaillancourt.Analyse grammaticale—1er pr Joseph Marquis, 2 Moïse Laplante; 1er acc.Simon Grenier, 2 Alfred Trudelle, 3 Nérée Lévêque.Traduction—1er pr Jos.Marquis, 2 Moïse Laplante, 3 Simon Grenier ; 1er acc.Cyrial Lacroix, 2 Nérée Lévêque.SECONDB CLASSE ANGLAISE.Dictée—Philippe Roux, 2 Félix Pagé, 3 Odine Cloutier; 1er acc.George Mayrand, 2 Joseph Pouliot.Traduction de l’anglais—1er pi Alph Lelaidier, 2 Philippe Roux et Félix Pagé ; 1er acc.Henri Ger- JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.tnain, 2 George Mayrand.Traduction du français 1er pr Philippe Roux, 2 Alphonse Lelaidier ; 1er acc.Henri Germai-, 2 Félix Page.Lecture et prononciation—1er pr Victorien Lévêque, 2 Henri Ger-main: 1er acc.Edmond Bédard et Odina Cloutier, 2 Joseph Pouhot.Harmonium—1er pr Thos.Alexis Boivin ; acc.Jeremiah Marland.Piano—Pr.J.-Bte.Savard ; acc.Eug.Turcotte.Musique vocale— 1er pr J.-Bte.Savard, 2 Simon Grenier, 3 Moïse Laplante ; 1er acc.George Mayrand et Jean Guité, 2 Eugène Turcotte et Ernest Filteau, 3 Lous Roberge et Jeremiah Marland.DÉPARTEMENT DES ÉLÈVES-INSTITUTRIBES, 1869-1870.ÉLÈVES DE DEUXIÈME ANNÉE.Excellence—1er pr M.Thérèse LaRue, 2 Scholastique Tremblay ; 1er acc.Malvina Deschènes, 2 Marie Ouellet, 3 Belzèmire Marchand.Instruction religieuse—1er pr Malvina Deschènes et Malvina Lan-glois, 2 Aurélie Cormier ; 1er acc.Marie Ouellet et Sophie Gravel, 2 M.Thérèse LaRue et Hermine Fortin.Enseignement théorique et pratique—1er pr M.Thérèse LaRue, 2 Malvina Deschènes, 3 Marie Ouellet; 1er acc.Clara Lefebvre, 2 Anna Paquet.Dictée française— 1er pr M.Thérèse LaRue, 2 Malvina Deschènes; 1er acc.Marie Ouellet, 2 Belzèmire Marchand, 3 M.Clara Lefebvre.Analyse grammaticale—1er pr Belzèmire Marchand, 2 M.Thérèse LaRue; 1er acc.Malvina Deschènes, 2 Aurélie Cormier et Phil.Roberge, 3 Marie Ouellet, et Scholastique Tremblay.Analyse logiqne—lerpr Scholastique Tremblay, 2 M.Thérèse LaRue; 1er acc.Marie Ouellet et Malvina Deschèues, 2 Belzèmire Marchand, 3 Aurélie Cormier.Littérature—1er pr Malvina Deschènes, 2 M.Thérèse LaRue, 3 Alice Kimlin ; 1er acc.Aurélie Cormier, 2 Elizabeth Topping, 3 Georgina Dorion.Histoire du Canada—1er pr M.Thérèse LaRue, 2 Scholastique Tremblay ; 1er acc.Marie Ouellet et Belzèmire Marchand, 2 M.Clara Lefebvre, 3 Adéline Rhéaume.Histoire de France—1er pr M.Thérèse LaRue et Scholastique Tremblay, 2 Malvina Deschênes ; 1er acc.Sophie Gravel, 2 Marie Ouellet, 3 Célina Blanchet.Histoire d’Angleterre—lerpr Scholastique Tremblay, 2 M.Thérèse LaRue ; 1er acc.Malvina Deschênes, 2 Célina Blanchet, 3 Alice Kimlin.Arithmétique—1er pr Malvina Langlois, 2 Aurélie Cormier ; 1er acc.Elizobeth Topping, 2 Scholastique Tremblay, 3 Adéline Rhéaume.Tenue des livres—1er pr Scholastique Tremblay, 2 Malvina Deschènes ; 1er ace.Malvina Langlois et M.Thérèse LaRue, 2 Philomène Roberge, 3 Odile Simoneau.Géométrie—1er pr Scholastique Tremblay, 2 Sophie Gravel ; 1er acc.M.Thérèse LaRue, 2 Malvina Deschènes, 3 Aurélie Cormier.Algèbre—1er pr Adéline Rhéaume, 2 Célina Blanchet ; 1er acc.Elyse Daveluy, 2 Odile Simoneau, 3 Anna Paquet.Géographie—1er pr Scholastique Tremblay, 2 Odile Simoneau ; 1er acc.Belzèmire Marchand, 2 Adéline Rhéaume, 3 Célina Blanchet.Calligrabhie—1er pr M.Thérèse LaRue, Georgina Dorion et Alice Kimlin, 2 Marie Onellet et Malvina Deschènes ; 1er acc.Aurélie Cormier, 2 Philomène Roberge et Elizabeth Topping, 3 Orpha Géuéreux.Dessin des Cartes géographiques—1er pr Odile Simoneau et Philomène Roberge, 2 Emélie Morin et Sophie Gravel.ÉLÈVES DE PREMIÈRE ANNÉE.Excellence—1er pr Apolline Beaudet, 2 Rose Descormiers; 1er acc.Esther Fiset, 2 Elvine Chayer, 3 Caroline Valin.Instruction religieuse—1er pr Esther Fiset, 2 Luce Guimont; 1er acc.Rose Descormiers, 2 Marcéline Marceau, 3 Caroline Valin.Enseignement théorique et pratique—1er pr Esther Fiset, 2 Rose Descormiers; 1er acc.Marcéline Marceau, 2 Philomène Blouin, 3 Caroline Valin.Dictée française—1er pr Apolline Beaudet, 2 Esther Fiset; 1er acc.Ursule Jacob, 2 Elvine Chayer, 3 Rose Descormiers.Analyse grammaticale— lerpr Apolline Beaudet, 2 Caroline Valin ; 1er acc.Esther Fiset, 2 Rose Descormiers, 3 Octavie Fluet.Histoire Sainte—1er pr Esther Fiset, 2 Rose Descormiers; 1er acc.Apolline Beaudet et Annie Bogue, 2 Marcéline Marceau.Histoire du Canada—1er pr Malvina Duval, 2 Apolline Beaudet ; 1er acc.Esther Fiset, 2 Rose Descormiers, 3 Philomène Blouin.Arithmétique —1er pr Rose Descormiers, 2 Mathilde Beaulieu ; 1er acc.Caroline Valin, 2 Apolline Beaudet, 3 Marie Cauchon.Tenue des livres—1er pr Odile Laçasse, 2 Apolline Beaudet; 1er acc.Rose Descormiers, C.Valin et Octave Fluet, 2 Hermine Lafond, 3 Octavie Richard et Esther Fiset.Géographie—1er pr Rose Descormiers, 2 Malvina Duval ; 1er acc.Apolline Beaudet et Elvine Chayer, 2 Marie Cauchon.3 Philomène Blouin.Calligraphie—1er pr Joséphine Garthwaite et Délina Jobin, 2 Joséphine Lamarre et Marie Cauchon.Dessin de Cartes géographiques— 1er pr Emélie Brock, 2 Marie Cauchon.LES DEUX DIVISIONS RÉUNIES.PREMIÈRE CLASSE ANGLAISE.Lecture—1er pr Esther Fiset, 2 Anna Beaudry ; acc.Aurélie Cormier et Belzèmire Larose.Dictée— 1er pr Georgma Dorion, 2 Malvina Deschènes ; acc.Marguerite Trumble et Emma Trumble.-traduction—1er pr Marie Ouellet, 2 Malvina Langlois; acc.Philomene Roberge et Emélie Brock.Grammaire—1er pr M.Clara Lefebvre, i M.Thérèse LaRue ; acc.Belzèmire Marchand et Elizabeth Topping.Littérature—1er pr Joséphine Garthwaite, 2 Mme Jane Benson, 3 Annie Bogue; M.Clara Lefebvre, M.Thérèse LaRne et Emma Trumble.DEUXIÈME CLASSE ANGLAISE.Lecture—1er pr Anna Pâquet, 2 Scholastique Tremblay, acc.Luce Vallée et Hermine Lafond.Dictée—1er pr Célestine Bélanger, 2 Scholastique Tremblay; acc.Philomène Blouin et Odélie Pélisson.Traduction—1er pr Joséphine Vallières, 2 Marie Cauchon; acc.Sophie Masse et Scholastique Tremblay.TROISIÈME CLASSE ANGLAISE.Lecture—1er pr Méthaïde Santerre, Henriette Rouleau ; acc.Georgina Fournier et Apolline Beaudet.Traduction—1er pr Elvine Chayer, 2 Rose Descormiers; acc.Caroline Valin et Eugénie Richard.Etude des physionomies—1er pr Philomène Roberge, 2 Hermine Fortin et M.Thérèse LaRue ; 1er acc.Adéline Rhéaume et Emélie Brock, 2 Sophie Masse.Paysages—1er pr Apolline Beaudet et Rose Descor-raiers, 2 Marcéline Marceau et Emélie Morin ; 1er acc.Léonille Beau-chène et Octavie Fluet, 2 Malvina Duval.Piano et harmonium—1er pr Alice Kimlin, 2 Thérèse LaRue, 3 Aurélie Cormier ; acc.Sara Laflamme.Musique vocale—1er pr Malvina Lafrance, 2 M.Clara Lefebvre, 3 Belzèmire Larose ; 1er acc.Elizabeth Topping, 2 Odile Simoneau.Peinture—1er pr Georgina Dorion, 2 Mme Jane Benson ; acc.Odile Simoneau.Ouvrage—1er pr Hermine Fortin, 2 Malvina Langlois; acc.Philomène Roberge etM.Thérèse LaRue.CLASSE ANGLAISE DES GARÇONS.Première Division.Instruction religieuse : 1ère classe—Daniel McSweeny, 2 Lewis Brown.Seconde classe—1er pr Johu Maguire, 2 James Thomas ; 1er acc.William Quinn, 2 Charles McSweeny.Histoire du Canada—1er pr Louis Brown, 2 Patrick Ahern.Histoire Sainte—1er pr William Quinn et Charles McSweeny, 2 John Maguire et Robert McDonald ; 1er acc.James Thomas, 2 Martin Hammon.Lecture : Seconde classe — 1er pr David Dufresne, 2 Paul Blouin; 1er acc.Louis Dufresne, 2 Emile Plante.Troisième classe—1er pr Jean-Bte.Sirois, 2 Alexis Chaudonuet et Joseph Cloutier.Quatrième classe—1er pr Adjutor Bergevin, 2 J.-Bte.Morissette ; 1er acc.Arthur Fiset, 2 J.-Bte.Emmond.Cinquième classe—1er pr Louis Généreux, 2 h rançois Dumas ; 1er acc.Alphonse Belleau, 2 Alphonse Godbout.Dictée : Première classe—1er pr Daniel McSweeny, 2 Louis Brown.Secoude classe—1er pr David Dufresne, 2 Emile Plante; 1er acc.Charles McSweeny, 2 Louis Dufresne.Troisième classe—lerpr John Maguire, 2 Alexis Chandonnet; 1er acc.William Porter, 2 J.-Bte.Sirois.Quatrième classe—1er pr Adjutor Bergevin, 2 Martin Hannon ; 1er acc.J.-Bte.Morissette, 2 François Julien.Cinquième classe—1er pr Louis Généreux, 2 Alphonse Belleau; 1er acc.François Dumas, 2 Alphonse Godbout.Grammaire anglaise: Première classe—1er pr Daniel McSweeny, 2 Louis Brewn.Seconde classe—1er pr Emile Plante, 2 Charles McSweeny et Louis Dufresne ; 1er acc.Paul Blouin, 2 David Dufresne.Troisième classe—1er pr John Maguire, 2 Joseph Cloutier ; 1er acc.J.-Bte.Sirois, 3 William Porter.Quatrième classe— 1er pr Martin Hannon, 2 J.-Bte.Morissette ; lee acc.François Julien, 2 Olivier Clouet.Cinquième classe—1er pr François Dumas, 2 Alphonse Godbout; 1er acc.Alphonse Belleau, 2 Louis Généreux.Traduction : Première classe—1er pr Daniel McSweeny, 2 Louis Brown.Seconde classe—1er pr Charles McSweeny, 2 David Dufresne; 1er acc.Robert McDonald, 2 Louis Dufresne.Troisième classe—1er pr John Maguire, 2 Alexis Chandonnet ; 1er acc.William Porter, 2 Joseph Cloutier.Quatrième classe—1er pr Adjutor Bergevin, 2 Martin Hannon ; 1er acc.J.-Bte.Morissette, 2 Olivier Clouet.Cinquième classe—1er pr François Dumas, 2 Alphonse Belleau; 1er acc.Alphonse Godbout, 2 Louis Généreux.Analyse grammaticale : Première classe—1er pr Daniel McSweeny, 2 Louis Brown.Seconde Classe—1er pr Emile Plante, 2 Charles McSweeny ; 1er acc.David 110 JOURNAL DE L INSTRUCTION PUBLIQUE.Dufresne, 2 Louis Dufresne.Troisième classe—1er pr J.Bte.Sirois, 2 Joseph Cloutier; 1er acc.Alexis Chandonnet, 2 John Maguire.Tenue des livres 1er pr Duniel Mc Sweeny, 2 Louis Brown.Géogra-phie : Première classe—1er pr D.McSweeny, 2 Louis Brown et Robert McDonald ; 1er acc.Patrick Ahern, 2 Ed.English.Seconde classe 1er pr Ch.McSweeny, 2 John Maguire ; 1er acc.James Thomas, 2 Wm.Quinn.Seconde Division.Lecture : Première classe—1er pr Henry Defoie, 2 Joseph Gingras ; 1er acc.Alfred Gingras, 2 Léon Bélanger.Seconde classe—1er pr Léonidas Dion, 2 Thomas Paradis ; 1er acc.Aimée Toussaint, 2 Charles Parent.Lecture et épellation : Trois&me classe—1er pr P.A.Casgrain et Gonzague Defoie, 2 Ernest Gingras ; 1er acc.Arthur \ anfelson, 2 George Workman.Quatrième classe—1er pr Ernest Cloutier, 2 François Bélanger; 1er acc.Pierre Charest, 2 Arthur Desjardins.Dictée : Première classe—1er pr Henry Defoie, 2 Joseph Gingras; 1er acc.Alfred Gingras, 2 Louis Rousseau.Seconde classe 1er pr Thomas Paradis, 2 Léonidas Dion; 1er acc.Charles Parent, 2 Aimée Toussaint.Traduction: Première classe—1er pr Joseph Gingras, 2 Henry Defoie; 1er acc.Achille Grenier, 2 Louis Rousseau.Seconde classe—1er pr Thomas Paradis, 2 Charles Parent ; 1er acc.Déonidas Dion, 2 Aimée Toussaint.PETITE CLASSE ANGLAISE.PREMIÈRE DIVISION.Instruction religieuse—1er pr.Alice Murphy et Ellen Crotty, 2 Ellen Nolan et Margaret Smith ; 1er acc.Ellen Jane Shanley, 2 Lizzie Noonan.Bonne Conduite et Application—1er pr.Alice Murphy et Louisa Mylett, 2 Ellen Nolau ; 1er acc.Lizzie Noonan, 2 Maria Boyce.Grammaire Anglaise et Géographie—1er pr Alice Murphy Lizzie Noonan, 2 Ellen Crotty et Ellen Nolan ; 1er acc Henrietta O’Sullivan, 2 Annie Nolan.Histoire Sainte—1er pr.Sarah Ford, 2 Ellen Jane Shanley ; 1er acc Ellen Crotty, 2 Lizzie Noonan Lecture—1er pr.Louisa Mylett, 2 Mary Atherden ; 1er acc Henrietta O'Sullivan, 2 Margaret Smith.Lecture française—1er pr.Horty McEnery, 2 Ellen Crotty et Julia Wyse ; 1er acc.Ellen Jane Sha-ley, 2 Esther Casgrain.Arithmétique—1er pr.Lizzie Noonan, 2 Margaret Smith et Ellen Jane Shanley ; 1er acc.Annie Nolan, 2 Maria Boyce.Ecriture—1er pr.Clarisse Chandonnet, 2 Annie Nolan et Catherine Pount ; 1er acc.Louisa Mylett, 2 Ellen Nolan.DEUXIÈME DIVISION.» Instruction Reiigieuse—1er pr.Horty McEnery, 2 Agnes Foley ; 1er acc, Bridget Headen, 2 Elizabeth Newton.Bonne conduite et Application— lerpr Horty McEnery et Bridget Headen, 2 Jane O’Mally et Clarisse Chandonnet; 1er acc.Elizabeth Newton, 2 Fanny Hogan.Histoire Sainte—1er pr.Fanny Hogan, 2 Agnes Foley ; 1er acc.Bridget Headen, 2 Horty McEnery.Géographie—lei' pr.Maria Boyce, 2 Sarah Ford ; 1er acc.Marg Smith, 2 Mary Atherden.Arithmétique—1er pr Elizabeth Newton, 2 Esther Casgrain ; 1er acc Horty McEnery, 2 Jane O’Mally.Lecture et épellation—1er pr.Elizabeth Newton, 2 Clarisse Chandonnet et Rosannah Graham ; 1er acc.Horty McEnery, 1 Agnes Foley.Ecriture— 1er pr.Annie Harding, 2 Henrietta O’Sullivan ; 1er acc.Sarah Anderson, 2 Jane O’Mally.TROISIÈME DIVISION.Instruction religieuse—1er pr.Fanny Hogan, 2 Ellen Moore ; 1er acc Bridget Staples, 2 Mina McNamara Bonne conduite et Application—1er pr.Alma Dugal et Emma O’Mally, 2 Mina McNamara ; 1er acc Ellen O’Mally, 2 Ellen Moore.Lecture et épellation—1er pr.Sarah Anderson, 2 Elizabeth Mullin ; 1er acc.Alma Cugal, 2 Sarah Smith Arithmétique— 1er pr.Sarah Smith, 2 Bridget Hogan ; l3t acc.Elizabeth Mullin, 2 Marie Patry.Ecriture—1er pr.Ellen O’Mally, 2 Joséphine Patry ; 1er acc.Alma Dugal, 2 Sarah Smith.QUATRIÈME DIVISION.Lecture—1er pr.Bridget Staples, 2 Ellen Staples ; acc.Bridget Hogan.PREMIÈRE CLASSE ANGLAISE.PREMIÈRE DIVISION.Excellence—pr.Catherine Hetherington ; 1er acc.Bidelia McNamara, 2 Mary Kelly.Bonne conduite—1er pr.Catherine Hetherington, 2 Mary Kelly ; 1er acc.Catherine Mylett, 2 Sarah Piper.Instruction religieuse— 1er pr.Catherine Hetherington, 2 Mary Ann Quinn ; 1er acc.Alice Cannon, 2 Ellen Noonan.Application—pr Mary Ann Quinn ; 1er acc.Margareth McNamara, 2 Ellen Nolan.Grammaire et devoirs anglais— 1er pr.Catherine Hetherington, 2 Mary Kelly; 1er acc.Julia McEnery, 2 Catherine Mylett.Analyse et dictée anglaise—1er pr.Bidelia McNamara, 2 Mary AnnQuinu; 1er acc.Ellen Nolan, 2 Ellen Noonan.Lecture et dictée française—1er pr.Catherine Mylett, 2 Almanda Déry ; 1er acc.Sarah Piper, 2 Adrienne Plamondon.Arithmétique—1er pr.Julia McEnery et Sarah Piper, 2 Margaret McNamara et Audélie Audy ; 1er acc.Ellen Nolan, 2 Ellen Noonan.Histoire du Canada—1er pr.Catherine Hetherington, Ellen Nolan ; 1er acc.Alice Canon, 2 Ellen Noonan.Géographie—1er pr Ellen Nolan, 2 Ellen Noonan ; 1er acc.Alice Cannon, 2 Sarah Piper.Traduction—1er pr.Catherine Hetherington, 2 Mary Ann Quinn; 1er acc.Bidelia McNamara, 2 Julia McEnery.Ecriture—lerpr.Eugénie Bouchard, 2 Annie Proctor ; 1er acc.Catherine Hetherington, 2 Bidelia McNamara.SECONDE DIVISION.Bonne conduite et instruction religieuse—1er pr.Catherine Hogan, 2 Alice Cannon et Ellen Noonan ; 1er acc.Ellen Nolan, 2 Mary Ann Piper.Application—1er pr.Adrienne Plamondon ; 1er acc Marg Mulcare,2 Alice Ryan.Géographie—lerpr.Ida Wyse, 2 Margaret Mulcare , 1er acc.Susan Mullin, 2 Eliza Jennings.Arithmétique—1er pr.Alice Ryan, 2 Catherine Hogan ; 1er acc.Margaret Mulcare, 2 Eliza Jennings.Histoire Sainte—1er pr.Catherine Hogan, 2 Alice Ryan ; 1er acc Marg Mulcare, 2 Kate Proctor.Grammaire et Lecture française—1er pr.Ellen Nolan et Catherine Hogan, 2 Margaret Mulcare ; 1er acc.Alice Ryan, 2 Ellen Noonan.Ecriture—1er pr.Margaret McNamara, 2 Mary Ann Piper ; 1er acc.Kate Clancy, 2 Kate Procter.TROISIÈME DIVISION.Instruction religieuse—1er pr.Mary Jane Hawley, 2 Isabella Walters ; 1er acc Maria Maguire.2 Fanny Walsh.Bonne conduite et application.1er pr.Eliza Jennings, 2 Kate Proctor ; 1er acc.Maria Maguire, 2 Hono-rah Maloney.Grammaire anglaise—1er pr.Honorah Maloney, 2 Johannah Walsh; 1er acc.Annie Workman, 2 Mary Noonan Lecture et épellation anglaise—1er pr Annie Donahoe, 2 Mary Jane Hawley ; 1er acc.Mary Noonan, 2 Annie Workman Géographie—1er pr Annie Workman, 2 Mary Noonan ; 1er acc.Mary Jane Hawley, 2 Florence Loftus Lecture et vocabulaire—1er pr.Margaret Hearn,2 Maria Maguire; 1er acc Annie Workman, 2 Mary Noonan.Arithmétique—1er pr.Honorah Maloney, 2 Mary Ann Wilson; 1er acc.Annie Workman, 2 Mary Noonan.Histoire Sainte—1er pr Florence Loftus, 2 Mary Noonau ; 1er acc.Annie Donahoe et Arjnie Workman, 2 Adrienne Plamondon et Mary J.Hawley.Ecriture—pr.Maria Maguire ; 1er acc Alice Ryan, 2 Joannah Walsh.Analyse grammaticale—1er pr.Julia McEnery, 2 Adrienne Plamondon ; 1er acc.Alice Cannon, 2 Catherine Mylett.RÉCOMPENSES POUR LES PLUS PETITES.Fanny Noonan, Rachel Nealey, Ellen Cortney, Jane Cortney, Margaret Hawley, Mary Theresa Cummings, Lizzie Ellis, Lizzie Hamilton, Christine Walsh, Rosannah Griffiths, Olivia Griffiths.PETITE CLASSE FRANÇAISE.PREMIÈRE DIVISION.Bonne conduite et instruction religieuse—Prix Marie Bergeron ; 1er acc.Alexandrine Bureau, 2 Rébecca Allaire.Grammaire et lecture française—lerpr Céiina Gingras, 2 Célina Ouellet; 1er acc.Célina Morency, Marie Bergeron.Ecriture et lecture anglaise—1er pr Célina Morency, 2 Sophie Renaud ; 1er acc.Léa Cannon, 2 Marie Moisan.Histoire Sainte et géographie—1er pr Alexandrine Bureau, 2 M.Louise Gingras; 1er acc.Julienne Lacroix, 2 Sara Poitras.Arithmétique—1er pr Joséphine Patoine, 2 Rose Allen; 1er acc.Flore Guilmet, 2 Célina Gingras.DEUXIÈME DIVISION.Bonne conduite et instruction religieuse—Prix Josephine Valin ; 1er acc.Luce Lamarre, 2 Clara Tremblay.Grammaire et lecture française—lerpr Florida Guilmet, 2 Emélie Côté; 1er acc.Geor-gianna Bureau, 2 Malvina Marceau.Ecriture et lecture anglaise— lerpr Valérie Déry, 2 Clara Boisjoly ; 1er acc.Alslda Pageau, 2 Georgianne Demieux.Histoire Sainte et géographie—1er pr Emélie Letourneau, 2 Malvina Mongeon ; 1er acc.Amérilda Lamarre, 2 Emélie Côté.Arithmétique—1er pr Rébecca Allaire et Marie Moisan, 2 Hermeleine Grenier; 1er acc.Clarisse Chandonnet, 2 Léda Charest. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Ill TROISIÈME DIVISION.Instruction religieuse, lecture, écriture—lerpr Virginie DeBlois, 2 Alphonsine Cloutier ; 1er ace.Célina Boivin, 2 Marie Lemieux.Histoire Sainte et Arithmétique-—1er pr Cézarine Gingras, 2 Célina Guéuet; 1er acc.Sophie Jobin, 2 Clara Tremblay.QUATRIÈME DIVISION.Instruction religieuse et lecture—1er pr Eugénie Rouillard, 2 Elise Wayner; 1er acc.Victoria Zingarlav, 2 Alphonsine Gingras.Assiduité—Prix Malvina Marceau ; acc.Eugénie Rouillard.PREMIÈRE CLASSE FRANÇAISE.PREMIÈRE DIVISION.Excellence—Prix Cédulie Bergeron ; 1er acc.Maria Lemieux, 2 Louise Simard.Bonne conduite—1er pr Cédulie Bergeron, 2 Louise Simard; 1er acc.Maria Lemieux, 2 Emma Pichette.Instruction religieuse—1er pr Maria Lemieux, 2 Emma Pichette ; 1er acc.Cédulie Bergeron, 2 Marie Pelletier.Assiduité—Prix Maria Lemieux et Fmma Pichette; 1er acc.Valéda Lortie, 2 Louise Simard.Dictée française —1er pr Malvina Marois, 2 Emma Pichette ; 1er acc.Cédulie Bergeron, 2 Marie Motard.Analyse, grammaticale et logique—1er pr Cédulie Bergeron et Malvina Marois, 2 Louise Simard; 1er acc.Emma Pichette, 2 Elizabeth Noël.Grammaire et devoirs français—1er pr Louise Simard, 2 Marie Pelletier ; 1er acc.Cédulie Bergeron, 2 Maria Lemieux.Anglais—1er pr Maria Lemieux, 2 Marie Pelletier et Louise Simard ; Malvina Marois, 2 Emma Pichette.Arithmétique et calcul mental—1er pr Cédulie Bergeron, 2 Malvina Marois; 1er acc.M.A.Quinn, 2 Maria Lemieux.Tenue des livres—1er pr Cédulie Bergeron, 2 Joséphine Motard; 1er acc.Malvina Marois, 2 Marie Voyer.Histoire du Cauada—1er pr Maria Lemieux, 2 Louise Simard ; 1er acc.Cednlie Bergeron.2 Joséphine Motard.Géographie—lerpr Maria Lemieux, 2 Emma Pichette ; 1er acc.Louise Simard, 2 Cédulie Bergeron.Ecriture et lecture française—1er pr Cédulie Bergeron, 2 Marie Pelletier ; 1er acc.Joséphine Motard, 2 Aurélie Marceau.DEUXIÈME DIVISION.Bonne conduite et instruction religieuse—1er pr Elizaheth Noël, 2 Josépqine Motard ; 1er acc.Zoé Béland, 2 Audélie Audy.Dictée française—lerpr Odile Côte, 2 Lédie Gauthier; 1er acc.Zoé Béland, 2 Louise Béland.Analyse grammaticale—1er pr Anna Matte, 2 Camille Couillard ; 1er acc.Audélie Audy, 2 Aurélie Marceau.Anglais — 1er pr Cédulie Bergeron, 2 Elizabeth Noël ; 1er acc.Camille Couillard, 2 Joséphine Motard.Arithmétique et calcul mental—1er pr Adéline Frénette et Alexina Soucy, 2 Marie Motard ; 1er acc.Joséphine Motard, 2 Marie Voyer.Histoire du Canada—lerpr Emma Pichette et Elizabeth Noël, 2 Marie Voyer; 1er acc.Marie Motard, 2 Alexina Soucy.Géographie—1er pr Marie Motard, 2 Alexina Soucy; 1er acc.Odile Côté, 2 M.Louise Patoine.Ecriture et lecture française- 1er pr Marie Pelletier, 2 Arthémise Moisan ; 1er acc.Adéline Frénette, 2 M.Louise Patoine.TROISIÈME DIVISION.Bonne conduite et instruction religieuse—Prix Emélie Pampalon et Emélie Defoy ; 1er acc.Adéline Frénette, 2 Valéda Lortie.Dictée française—1er pr Mathilda Fournier, 2 Marie Lyonnais; 1er acc.Caroline Trudelle, 2 Arthémise Moisan.Analyse grammaticale—1er pr Valéda Lortie, 2 Célina Marticotte; 1er acc.Adèle Lachance, 2 Emélie Defoy.Anglais—1er pr Léda Simard, 2 M.Louise Patoine ; 1er acc.Anna Matte, 2 Adéline Frénette.Arithmétique—1er pr Adèle Machance, 2 Eulalie Gauthier ; 1er acc.Aurélie Marceau, 2 Emelie Pampalon.Histoire Sainte—1er pr Zoé Béland, 2 Célina Marticotte ; 1er acc.Louise Béland, 2 Alma Cloutier.Géographie— 1er pr Aurélie Marceau, 2 Louise Desjardins ; 1er acc.Julie Wayner, 2 Arthémise Moisan.Ecriture et lecture française—1er pr Adéla Erust, 2 Caroline Trudelle ; 1er acc.Valéda Lortie, 2 Rébecca Côté.QUATRIÈME DIVISION.Instruction religieuse—Prix Marie Voyer; 1er acc.Adéla Erust, 2 Arthémise Moisan.Dictée française—Prix Alice Morencv ; 1er acc.Alma Binet, 2 Emma Darveau.Analyse grammaticale—Prix Délima Trudelle ; 1er acc.Zoé Laçasse, Elmire Lafrance.Anglais—1er pr Louise Béland, 2 Adèle Lachance; 1er acc.Georgianna Trudelle, 2 Arthémise Moisan.Arithmétique—1er pr Zoé Béland, 2 Valéda Ivortie ; 1er acc.Alvina Trudelle, 2 Malviua Drolet.Histoire Sainte —Prix M.Louise Pelletier; 1er acc.Emélie Defoy, 2 Rébecca Fré-dérick.Géographie—Prix Zoé Laçasse ; 1er acc.Célina Marticotte, 2 Eloïse Bertrand.Ecriture et lecture française—1er pr Eloïse Bertrand, 2 Cézarine Roussin ; 1er acc.Odile Côté, 2 Eulalie Gauthier.RÉCOMPENSES POUR LES PLUS PETITES.Emma Simoneau, Loréta Patoine, Victoria Zingarley, Amanda Trudelle, Flore Dubé.Alphonsine Côté, Eugénie Bédard, Délima Côté, Mary Lemieux, Loréta Lortie, Emma Roberge, Alexina Du-chesneau.Ecole Normale Jacques-Cartier.Prix du Prince de Galles—M.Pacifique Nantel, de St.Jérôme.QUATRIÈME ANNÉE.Prix—Marcel Ethier et Pierre Gosselin.TROISIÈME ANNÉE.Excellence—1er pr Joseph Miller, 2 Joseph Lefebvre ; 1er acc.Pacifique Nantel, 2 (ex-æquo) Albini Cléroux et Ernest Gagnon.Instruction religieuse—1 pr Pacifique Nantel, 2 Joseph Miller ; 1er acc.Joseph Lefebvre, 2 Victor Leblanc.Pédagogie et enseignement —1er pr (ex-æquo) Joseph Lefebvre et Adolphe Gougeon, 2 ex-uequo Henry Ostigny et Ernest Gagnon ; 1er acc.Eugène Leroy, 2 Joseph Miller.Langue française—1er pr Albini Cléroux, 2 Pacifique Nantel; 1er acc.Joseph Miller, 2 Victor Leblanc.Thème anglais—1er pr Joseph Miller, 2 Ernest Gagnon ; 1er acc.Victor Leblanc, 2 Adolphe Gougeon.Version anglaise—1er pr Albiui Cléroux, 2 Joseph Miller ; 1er acc.Pacifique Nantel, 2 Victor Leblanc.Prononciation anglaise —1er pr Joseph Miller, 2 Ernest Gagnon ; 1er acc.Joseph Lefebvre, 2 Albini Cléroux.Epellation et orthographe anglaises—1er pr J.Miller, 2 E.Gagnon, 1er acc.J.Lefebvre, 2 A.Cléroux.Histoire générale—1er pr P.Nantel, 2 J.Miller ; 1er acc.V.Leblanc, 2 E.Gagnon.Algèbre—lerpr Joseph Lefebvre, 2 P.Nantel; 1er acc.A.Cléroux, 2 E.Leroy.Géométrie—-1er pr P.Nantel, 2 A.Cléroux ; 1er acc.H.Ostigny, 2 J.Lefebvre.Physique—1er pr P.Nantel, 2 J.Miller ; 1er acc.A.Gougeon, 2 J.Lefebvre.DEUXIÈME ANNÉE.Excellence—1er pr Benjamin Joannette, 2 Gélase Boudrias ; 1er acc.Dosithée Godin, 2 Joseph Leroux.Instruction religieuse—1er pr Benjamin Joannette, 2 J.Leroux ; 1er acc.Dosithée Godin, 2 Edmond Généreux.Pédagogie et enseignement—1er pr (ex-æquo) J.Nadon, Dosithée Godin et Gélase Boudrias, 2 Hilaire Leroux ; 1er acc.Joseph Leroux, 2 Ed.Généreux.Langue française—1er pr B.Joannette, 2 G.Boudrias ; 1er acc.Alexandre Lamirande, 2 J.Leroux.Thème anglais—1er pr G.Boudrias, 2 B.Joannette ; 1er acc.D.Godin, 2 J.Leroux.Version anglaise— 1er pr G.Boudrias, 2 B.Joannette ; 1er acc.D.Godin, 2 J.Leroux.Prononciation anglaise — 1er pr B.Joannette, 2 G.Boudrias ; 1er acc.D.Godin et Alex.Lamirande, 2 J.Leroux et Télesphore Généreux.Epellation et orthographe anglaises—1er pr G.Boudrias, 2 B.Joannette ; 1er acc.D.Godin, 2 A.Lamirande.Histoire du Canada—1er pr B.Joannette, 2 D.Godin ; 1er acc.A.Lamirande et J.Nadon, 2 Ed.Généreux.Arithmétique—1er pr G.Boudrias, 2 J.Leroux ; 1er acc.B.Joannette, 2 D.Godin.Calcul mental—1er pr G.Boudrias, 2 J.Leroux; 1er acc.B.Joannette, 2 D.Godin.Tenue des livres—1er pr G.Boudrias, 2 J.Nadon ; 1er acc.J.Leroux, 2 H.Leroux.Géographie— 1er pr D.Godin, 2 J.Leroux ; 1er acc.B.Joannette, 2 Alexandre Lamirande et G.Boudrias.Cartographie—1er pr J.Nadon, 2 B.Joannette ; 1er acc.H.Leroux, 2 D.Godin.CLASSE PRÉPARATOIRE.Excellence—1er pr Julien Fifle, 2 Philippe Laferrière ; 1er acc.Aimé Bénard, 2 Hercule Desrosiers.Instruction religieuse—1er pr Aimé Bénard, 2 Julien Fifle ; 1er acc.Edouard Bruneau, 2 Philippe Laferrière.Langue française—1er pr J.Fifle, 2 Aimé Bénard ; 1er acc.Philippe Laferrière, 2 Delphis Martin.Thème anglais—1er pr J.Fifle, 2 Philippe Laferrière ; 1er acc.Hercule Desrosiers, 2 Joseph Bénard.Version anglaise—1er pr J.Fifle, 2 P.Laferrière ; 1er ace.J.Bénard, H.Desrosiers.Lecture et prononciation—1er pr J.Fifle, 2 Napoléon Paulet et P.Laferrière ; 1er acc.A.Bénard, 2 D.Martin et U.Lamy.Epellation et orthographe anglaises—1er pr J.Fifle, 2 N.Paulet ; 1er acc.U.Lamy et J.Bénard, 2 H.Desrosiers.Arith- 112 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE métique—1er pr Delphis Martin, 2 J.Fifle ; 1er acc.Ismaël Longtin, 2 A.Bénard* Histoire Sainte—1er pr A.Bénard, 2 J.Fille ; 1er acc.P.Laferrière, 2 Ed.Bruneau.COURS élémentaire de droit.Première division—1er pr P.Nantel, 2 J.Miller ; 1er acc.J.Lefebvre, 2 E.Gagnon.Seconde division—1er pr Dosithée Godin, 2 Alexandre Lamirande ; 1er acc.Ed.Généreux, 2 Hilaire Leroux et J.Leroux.Troisième division—1er pr P.Laferrière, 2 H.Desrosiers et J.Fifle: 1er acc.A.Bénard, 2 E.Bruneau, 1.Longtin et D.Martin.cours d’agriculture.Première division—1er pr P.Nantel, 2 J.Lefebvre; 1er acc.V.LeBlanc, 2 E.Gagnon.Deuxième division—1er pr G.Boudrias, 2 J.Nadon ; 1er acc.B.Joannette, 2 J.Leroux.HORTICULTURE.1er pr H.Ostijgny, 2 B.Joannette ; 1er acc.J.Lefebvre et Ed.Généreux, 2 B.Leroy.CALLIGRAPHIE.Première division—lerpr J.Miller, 2 E.Gagnon; 1er acc.W.Guillemette, 2 E.Leroy.Deuxième division—1er pr J.Nadon, 2 B.Joannette ; 1er acc.D.Godin, 2 A.Lamirande.Troisième division— 1er pr P.Laferrière, 2 A.Bénard et I.Longtin ; 1er acc.H.Desrosiers et J.Fifle, 2 E.Bruneau.MUSIQUE.Chant: Première division—1er pr W.Guillemette, 2 J.Lefebvre et E.Gagnon; 1er acc.J.Miller et P.Nantel, 2 J.Leroux et D.Godin.Deuxième division—1er pr J.Fifle, 2 Antoine Viger ; 1er acc.I.Longtin, 2 N.Paulet.Piano: Première division—1er prW.Guillemette, 2 E.Gagnon ; 1er acc.J.Leroux.Deuxième division—Prix B.Joannette et A.Bénard.Harmonium et enseignemeut du chant— Prix, Marcel Ethier.Ecole Modèle Jacques-Cartier.CLASSES FRANÇAISES ET ANGLAISES RÉUNIES.Bonne conduite, comprenant l’assiduité—1er pr George Bélanger, 2 Ubalde Lacaille, 3 Napoléon Bétournay et John Kavanagh ; 1er acc.P.Phydime Bourque, 2 Adolphe Dumaine, 3 Dominique Du-charme, 4 Joseph Mathieu.Instruction religieuse, 3e classe 1ère partie (française)—1er pr Pierre Drouin, 2 Arthur Francœur; 1er acc.Avila Poitevin, 2 Edouard Poitevin, 3 Henri Bienvenu.Instruction religieuse, 3e classe, 2de partie (angl.)—Prix, Robert Ranson ; 1er acc.Martin Barry, 2 John McLoughlin.Instruction religieuse, 2de classe—Prix, Joseph Melançon ; 1er acc.Zotique Mathieu, 2 Oe-tavien Rolland.Instruction religieuse, 1ère classe, 1ère partie (fr) —1er pr Théophile Lorti, 2 P.Phydime Bourque, 3 George Bélanger; 1er acc.Elzéar Papineau, 2 Alexandre Boivin, 3 Léon Lespé-rance, 4 Adolphe Dumaine.Instruction religieuse, 1ère classe, 2de partie (angl.)—Prix, Patrick Kavanagh; 1er acc.Thomas Brennan, 2 John Connelly.Musique vocale, 4e classe—Prix, Robert Ranson ; 1er acc.Pierre Drouin, 2 Gustave Laliberté.Musique vocale, 3e classe—Prix, George Bélanger; 1er acc.Alexandre Boivin, 2 Joseph Vannier.Musique vocale, 2de classe—Prix, Henri Bienvenu ; 1er acc.Arthur Francœur, 2 Gustave Lenoir.Musique vocale, Ire classe __1er pr Adolphe Dumaine, 2 P.Phydime Bourque ; 1er acc.Zotique Mathieu, 2 George Villeneuve, 2 Ubalde Lacaille.Arithmétique, 6e classe—Prix (ex-æquo) Octave Vallée et Casimir Brazeau ; 1er acc.William Barry, 2 Gustave Laliberté.Arithmétique, 5e classe—Prix, Henri Bienvenu ; 1er acc.Alexandre Boivin, 2 Arthur Francœur.Arithmétique,4e classe—1er pr Edouard Poitevin, 2 Théophile Lortie ; 1er acc.Ephrem Lenoir, 2 Gustave Lenoir, 3 Joseph Carrière.Arithmétique, 3e classe—Prix, Elzéar Papineau; 1er acc.P.Phydime Bourque.2 Léon Lespérance.Arithmétique, 2de classe—lerpr Adolphe Dumaine, 2 Thomas Brennan ; 1er acc.Charles Lapierre, 2 Syriac Pesant, 3 Emmanuel Soucisse.Arithmétique, Ire classe—Prix, Napoléon Bétournay ; 1er acc.Donat Brodeur, 2 Paul Drouin.Calcul mental 6e classe—Prix (ex-æquo) Casimir Brazeau et Frédéric Gadoua; 1er acc.Octave Vallée, 2 Joseph Melançon.Calcul mental, 5e classe—Prix, Henri Bienvenu; 1er acc.Octavien Rolland, 2 Arthur Francœur.Calcul mental, 4e classe—1er pr Théophile Lortie, 2 Ephrem Lenoir ; 1er acc.George Bélanger, 2 Zotique Mathieu, 3 Joseph Vannier.Calcul mental, 3e classe—Prix, Elzéar Papineau; 1er acc.Ubalde Lacaille, 2 P.Phydime Bourque.Calcul mental, 2de classe—1er pr Thomas Brennan, 2 Adolphe Dumaine ; 1er acc.Charles Lapierre, 2 Francis Barbeau, Syriac Pesant.Calcul mental, Ire classe—Prix, Donat Brodeur; 1er Napoléon Bétournay, 2 Jules Gauthier.Ecriture, 4e classe—1er pr Casimir Brazeau, 2 Martin Barry, 3 Henri Bienvenu; 1er acc.Frédéric Gadoua, 2 Casimir Ar-couet, 3 Edouard Poitevin, 4 Avila Poitevin.Ecriture, 3e classe— Prix, Joseph McLoughlin ; 1er acc.Gustave Laliberté, 2 Johu Kavanagh.Ecriture, 2de classe—Prix, Zotique Mathieu; 1er acc.Gustave Lenoir, 2 Francis Barbeau.Ecriture, Ire classe—1er pr Alfred Barbeau, 2 (ex-æquo) Wilfrid Collerette et Napoléon Bétournay; 1er acc.Dominique Ducharme, 2 Aimé Chartraud, 3 Rodolphe Mercier.CLASSE FRANÇAISE—TROISIÈME DIVISION.Epellation— 1er pr Robert Ranson, 2 Gustave Laliberté ; 1er acc.Avila Poitevin, 2 Octave Vallée, 3 Joseph Octave Drouin.Mémoire —1er pr Pierre Drouin, 2 Joseph Octave Drouin; 1er acc.Joseph McLoughlin, 2 John Kavanagh, 3 Robert Ranson.Langue française —1er pr John Kavanagh, 2 Frédéric Gadoua; 1er acc.Joseph McLoughlin, 2 Avila Poitevin, 3 Pierre Drouin.Traduction anglaise —lerpr Joseph McLoughlin, 2 John Kavanagh; 1er acc.Gustave Laliberté, 2 Robert Ranson, 3 Octave Vallée.Composition—1er pr Avila Poitevin, 2 Frédéric Gadoua; 1er acc.Gustave Laliberté, 2 Pierre Drouin, 3 Octave Vallée.Lecture—1er pr Robert Ranson, 2 Avila Poitevin ; 1er acc.John Kavanagh, 2 Arthur Francœur, 3 Joseph Octave Drouin.DEUXIÈME DIVISION, SECONDE PARTIE.Lecture—lerpr Edouard Poitevin, 2 Frédéric Francis; 1er acc.Théophile Lortie, 2 Alexandre Boivin, 3 George Bélanger.Epellation— 1er pr Frédéric Francis, 2 Alexandre Boivin; 1er acc.George Bélanger, 2 Edouard Poitevin, 3 Théophile Lortie.Mémoire—lerpr George Bélanger, 2 Joseph Vannier; 1er acc.Théophile Lortie, 2 Frédéric Francis, 3 Joseph Carrière.Langue française—1er pr Joseph Carrière, 2 Théophile Lortie ; 1er acc.George Bélanger, 2 Maximilien Laliberté, 3 Frédéric Francis.Traduction anglaise—1er pr William Barry, 2 Martin Barry; 1er acc.Frédéric Francis, 2 George Bélanger, 3 Maximilien Laliberté.DEUXIÈME DIVISION, lRE PARTIE.Lecture—1er pr Ubalde Lacaille, 2 (ex-æquo) Gustave Lenoir el P.Phydime Bourque; 1er acc.Léon Lespérance, 2 Joseph Lamoureux, 3 John Hughes.Epellation—lerpr Gustave Lenoir, 2 Ubalde Lacaille ; 1er acc.Edouard Villeneuve, 2 John Hughes, 3 P.Phydime Bourque.PREMIÈRE DIVISION, 2dE PARTIE.Lecture—Prix, Napoléon Bétournay; 1er acc.George Villeneuve, 2 Patrick Kavanagh.Epellation—Prix, Donat Brodeur; 1er acc.Napoléon Bétournay, 2 George Villeneuve.PREMIÈRE DIVISION, lRE PARTIE.Epellation—1er pr Thomas Brennan, 2 Wilfrid Mathieu, 3 Thomas Yeoman ; 1er acc.Joseph Mathieu, 2 Bernard Collerette, 3 Stubenger Delorme, 4 Henri Lamontagne.Prix d’accessit — George Bélanger, Gustave Laliberté, Arthur Francœur, Avila Poitevin, P.Phydime Bourque, Alexandre Boivin.CLASSE SUPÉRIEURE.Excellence—Prix, Donat Delinelle; acc.(ex-æquo) Emile Vanier et D.Bélair.Instruction religieuse—Prix, Donat Delinelle; acc.Louis Bélanger.Langue française—Prix, Donat Delinelle ; acc.Emile Vanier.Thème anglais—Prix, Donat Delinelle ; acc.Emile Vanier.Version anglaise—Prix, Donat Delinelle ; acc.Emile Vanier.Lecture et prononciation anglaise—Prix, D.Bélair ; acc.Donat Delinelle.Epellation et orthographe—Prix, D.Delinelle ; acc.D.Bélair.Arithmétique—Prix, Donat Delinelle : acc.Louis Bélanger.Histoire Sainte—Prix, Donat Delinelle ; acc.Emile Vanier.IMPRIMÉ PAR EUSÈBE SENÉCAL, MONTRÉAL.
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