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Titre :
Journal de l'instruction publique
Revue publiée par le Département de l'instruction publique à l'intention des acteurs du milieu de l'éducation. Des textes officiels du gouvernement côtoient des retranscriptions de discours et de conférences, des nouvelles nationales et internationales, des textes sur la pédagogie, des textes littéraires et de la documentation variée en support à l'enseignement.
Éditeur :
  • Montréal :Département de l'instruction publique,1857-1879
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Journal de l'instruction publique, 1866-12, Collections de BAnQ.

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PEUPdf ïinj*! ?'fml Volume X.Montréal (Bas-Canada), Décembre 1866.No.12.SOMMAIRE.—Beaux-Arts : L’Architecture en Canada.III.Les Monuments Civils, par S- V- (suite et fin).—Agriculture : Colonisation des Cantons du Nord, lecture faite par le Rév.M.T.S.Provost, au Cabinet de Lecture Paroissial (à continuer).— Avis Officiels.: Aux Instituteurs.—Nominations : Inspecteur d’école- — Commissaires et Syndics d’école.— Diplômes accordés par les Bureaux d’Examinateurs.—Erections, etc., de Municipalités Scolaires.Dons offerts à la Bibliothèque.—Enseignement de l’exercice militaire dans les Ecoles Normales du Bas-Canada.— Avis aux Commissaires et aux Syndics d’école.—Avis aux Instituteurs.—Institutrices demandées.— Partie Editoriale : Décision Judiciaire.—Bulletin des Publications et des Réimpressions les plus récentes : Canada, France — Petite Revue Mensuelle.—Nouvelles et Faits Divers : Bulletin de l’Instruction Publique.—Bulletin des Arts.—Annonce : Arithmétique, par M.F.E.Juneau.H E A 17 X - A R T S ^’Architecture en Canada.III LES MONUMENTS CIVILS.(Suite.) Dans cette revue des principaux monuments du Canada, nous n’avons pas mentionné tous les édifices qui intéressent l’esprit et le coeur, notre sujet ne le comportait pas j mais nous ne voudrions pas finir ce travail sans dire quelques mots sur les institutions consacrées à l’instruction et aux sciences en ce pays.C’est ce que nous semble, d’ailleurs, réclamer le recueil spécial dans lequel nous avons fait paraître cet essai.Nous allons donc passer en revue quelques-uns des édifices consacrés en Canada aux universités, aux collèges, aux écoles et aussi aux associations académiques et littéraires.*** On a souvent dit qu’en arrivant en rade de Québec, on voyait se dérouler l’un des plus grands spectacles du monde ; nous le croirions volontiers en réfléchissant à l’émotion vive que nous avons éprouvée en voyant ces beautés dès la première fois ; nous avons ressenti alors cette impression que font naître les grandes choses, et ensuite, quand nous avons cherché à nous en rendre compte’ nous avons.en effet découvert tout ce qui concourt à la beauté d’uu’ ensemble riche et imposant.On contemple d’abord cet immense bassin de plusieurs lieues de pourtour, avec ces eaux si calmes et si pures mais si profondes, que le Great-Eastern lui-même s’y est trouvé à l’aise, et que les plus grands vaisseaux de guerre peuvent y voguer et en aborder les rives ; on voit encore les versants de terrain des deux côtés du fleuve, couverts sur leur penchant d’arbres, de fleurs et de feuillage jusqu’au niveau même des eaux ; à l’une des extrémités on a le spectacle gracieux de cette grande Ile d'Orléans qui apparaît sur la ligne des flots comme une corbeille immense de verdure ; enfin, comme constraste à ce riant aspect, on voit les assises graves et sévères des parois gigantesques de granit du Cap Diamant s’élevant à pic à près de 500 pieds de hauteur, et supportant d'un côté les contreforts et les remparts de la citadelle, et de l’autre les constructions imposantes renfermées dans l’enceinte de l’Université.Or, cette réunion n’a-t-elle pas toutes les conditions des plus grands et des plus admirables spectacles ; la grâce et la force, ce qui plait, ce qui touche et ce qui fait réfléchir ?Le commerçant verra la richesse de ces champs et de ces collines, ce port ouvert aux bâtiments de haut bord qui peuvent traverser les grandes mers ; le militaire admirera les masses imposantes de cette citadelle qui est le boulevard de la civilisation européenne en Amérique ; enfin, le politique et le penseur considéreront quelque chose de plus grand, de plus durable et de plus essentiel à la force et à l’avenir de ce pays, dans les principes qui sont représentés par ces immenses constructions de l’Evêché, du Séminaire et les différents corps de logis de l’Université Laval.Voilà donc ce qu’il y a de touchant dans cet ensemble ; ce n’est pas seulement l’aspect extérieur, mais ce qu’il représente ; ce que l’on voit est bien beau, mais ce n’est qu’un signe de tout ce qui constitue la force et l’avenir du pays tout entier.Cette riche nature, elle a pu suffire au développement rapide d’un grand peuple ; ces remparts offrent une garantie et une sauvegarde qui ne peuvent être facilement enlevées ; enfin, dans ces institutions de la science et de la vérité, on voit un appui encore plus sûr et plus impérissable que ne peut l’offrir tout ce développement de la richesse et de la force matérielle.Et en effet, que de bien a déjà été produit dans cette enceinte et peut en sortir encore ! Quelles grandes sources de la vérité et de l’intégrité doctrinale et morale ! Quelle impulsion puissante est partie de ces murs pour se répandre sur la contrée et pour exciter même l’émulation des grandes métropoles de la civilisation américaine ! Voilà la pensée quel’on peut justement avoir, quand, au-dessus des pentes rapides du Cap Diamant, on voit l’ensemble de constructions qui sont, pour la vieille capitale, ce que l’Acropole sainte était pour la noble cité d’Athènes.Nous n’avons donc pas seulement à examiner et à admirer les vastes constructions du Séminaire et de l’Université, mais avant tout nous RI RI RI n B RUE d .b b.b n n n b b n n sa iliiiiiiniii Hllllïïisi UNIVERSITÉ LAVAL.158 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.5049 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.159 devons contempler le bien qu’elles ont déjà produit et les immenses progrès auxquels elles peuvent concourir.Depuis cent ans, le Canada a pris un développement considérable, et cet accroissement ne menace en aucune manière de diminuer, comme l’ont prétendu certains esprits chagrins et absolument imprévoyants, puisque ce mouvement est encore plus sensible dans les dix dernières années qu’il ne l’a jamais été, à aucune période du siècle précédent.Si on lit les différentes statistiques de M.Stanislas Drapeau, on voit, entr’autres résultats, que, dans les dix dernières années la population n’a pas suivi une progression moindre que dans les années précédentes, tandis que l’occupation et l’aménagement du sol ont tellement avancé qu’ils ont très certainement doublé dans cette même période de temps ; mais qu’est-ce qui donne cette impulsion, l’empêche de se ralentir, et la porte toujours en avant ?De plus qu’est-ce qui la dirige, la contient dans de justes bornes ?C’est le développement intellectuel et moral de la population, qui, jusqu’à présent, l’a mise à même de bien user des moyens qu’elle a à sa disposition et des circonstances où ello se trouve.Or, à qui doit-on cet état intellectuel et moral, si ce n’est à la bonne et saine éducation judicieusement dispensée et sagement répartie jusqu’à présent dans toutes les classes de la population, par cet ensemble d’institutions répandues dans le pays tout entier et au milieu desquelles la grande institution du Séminaire a eu une si large part ?Nous n’estimons peut-être pas assez la valeur de cette action morale répandue par une saine instruction, et nous ignorons trop les résultats produits et obtenus ; et cependant, la multiplicité de l’enseignement en Canada est le sujet de l’admiration de tout étranger qui a pu en prendre connaissance.Ici l’on trouve 28 maisons d'instruction supérieure, dont les cinq sixièmes sont catholiques, dans lesquelles l’éducation est donnée à près de 5,000 élèves, tandis qu’il y a 200,000 élèves pour tous les autres degrés d’instruction ; il y a donc à peu près, en Canada, un élève par cinq de population, tandis que dans le pays d’Europe où l’on a obtenu le plus de résultats sérieux, en France, avec tous les moyens d’influence, de richesse et de tradition, on ne peut obtenir qu’un élève par douze.Ceci n’est que pour la quantité ; que n’a-t-on pas à dire sous un rapport plus essentiel 1 Voilà donc la grande force qui est restée à la population canadienne et qu’on n’a jamais pu lui enlever ; elle a conservé sa langue, elle est éclairée et elle est moralisée autant qu’aucune population sur le globe.Elle le doit à tous ces collèges qui, à Ste.Anne, à Nicolet, à Trois-Rivières, à St.Hyacinthe, à Ste.Thérèse, à Terrebonne, à Ottawa, à Kingston, à Toronto, répandent le bienfait d’une bonne éducation ; elle le doit à ces milliers d’écoles répandues partout, elle le doit en grande partie à l’impulsion venue de cette grande enceinte du Séminaire de Québec, qui apparaît si digne de respect quand on considère le bien qu’elle a accompli de près comme de loin.Ce que l'on a le plus’jà remarquer dans ces constructions, c’est leur réunion.L’ensemble forme comme un quadrilatère entouré d’une enceinte continue, présentant une surface de près de 400 mille pieds carrés : comprenant plusieurs chapelles, les bâtiments du Collège, ceux du grand Séminaire, ceux consacrés aux différentes facultés, la grande construction portant le nom de l’Université Laval et que nous reproduisons dans une planche ci-jointe ; le tout entouré de plusieurs cours, et d’un jardin d’une étendue considérable, pouvant servir, dans l’une des subdivisions, aux jeux des écoliers, et dans les autres à l’usage des étudiants de théologie, de droit et de médecine.On trouve dans ces constructions toutes les dispositions nécessaires et les séparations exigées par tant de différentes destinations.Les établissements sont indépendants les uns des autres, ayant leurs séparations respectives et, de plus, leurs entrées et leurs sorties à part sur les différentes rues qui environnent l’ensemble des constructions.Le Collège et le grand Séminaire ont un développement de près de 700 pieds ; le bâtiment de l’Université a 300 pieds de longueur sur 60 pieds de profondeur, avec 80 pieds d’élévation ; on y trouve plusieurs salles de cours, de musées pour l’histoire naturelle, la médecine, la mécanique etc., etc., une grande bibliothèque divisée en deux nefs parallèles ayant chacune plus de 100 pieds de longueur sur 30 pieds de largeur et 30 pieds de hauteur ; elles sont occupées, à moitié de la hauteur, par une galerie qui fait tout le tour des nefs, qui peuvent contenir près de cent mille volumes et qui sont déjà remplies aux deux tiers.Enfin, les pièces principales sont celles qui sont destinées aux réunions du Conseil de l’Université, et aux exercices publics ; cette dernière a près de 100 pieds de longueur, elle est de toute la largeur du bâtiment et elle occupe deux étages avec un rang de tribunes faisant tout le tour de la salle ; le musée médical, le musée de géologie, de minéralogie et de botanique, le cabinet de physique sont pourvus avec une abondance et une richesse que l’on ne peut trouver plus grandes dans tout le continent américain.L’Université, le grand Séminaire et le Collège réunis présentent un ensemble de plus de 50 professeurs et d’environ 400 élèves.Nous ne donnons pas d’autres détails qui ont déjà paru en plusieurs recueils et qui n’ajouteraient rien d’essentiel à ce que nous voulions exposer sur la disposition et la bonne appropriation des constructions.Car c’est là ce qu’il y avait de plus à rechercher et c’est ce qu’on a le plus parfaitement réalisé.Quant à l’oeuvre d’art en elle-même, nous pouvons reconnaître qu’elle laisse encore beaucoup à désirer, mais nous ne doutons pas qu’elle ne soit un jour résolue d’une manière satisfaisante : ce sera une amélioration qui accompagnera toutes celles que l’on a l’intention d’effectuer.Les constructions sont d’un style grave, sévère, d’une suite assez uniforme, mais elles doivent être relevées plus tard dans la construction des bâtisses que l’on doit ajouter.Ce qui nous frappe surtout, c’est qu’on ait accompli tant de travaux en si peu de temps, et de plus, que l’on ait réalisé une œuvre devant laquelle ont reculé tant d’autres contrées.Ouvrir un lieu de réunion et d’étude aux jeunes gens qui ont terminé leurs classes, voilà ce que nos pères avaient accompli dans les siècles de foi, mais voilà ce qu’on avait presque complètement abandonné partout, depuis le bouleversement des révolutions.On revient, en France, à ces idées ; le gouvernement a plus d’une fois exposé ses vœux à cet égard, mais on n’a encore rien osé tenter ; combien a-t-on donc à louer cette grande œuvre de l’Université Laval qui a doté le pays d’une institution si excellente qui répond aux intérêts des familles et qui peut être si justement enviée de tous|ceux qui seraient appelés à la connaître ! Ce que l’on peut admirer le plus dans la belle œuvre de l’Université Laval, c’est le soin que l’on a pris de subvenir aux intérêts des jeunes gens sortis des collèges, et l’abondance des moyens que l’on a mis à leur disposition pour qu’ils puissent se préparer fructueusement à leurs professions.Ainsi, professeurs nombreux, dévoués et distingués, bibliothèques abondantes, musées, etc., recueillement et vie sérieuse à l’abri des dérangements et des distractions énervantes du monde.Si notre siècle ne veut pas tomber au-dessous de ceux qui l’ont précédé, il doit commencer par tenir compte des années de la jeunesse, puisque l’avenir est tout en elle.C’est surtout nécessaire après des années de révolution et de bouleversement.Nos pères ne s’occupaient pas seulement de l’instruction des enfants ; leur intelligence savait comprendre et embrasser d’autres devoirs ; ils ne se croyaient pas quittes envers ’la société en accomplissant seulement ce qu’ils regardaient comme les préliminaires de l’instruction ; ils avaient multiplié les œuvres d’éducation, mais surtout pour l’éducation de la jeunesse.Les hommes qui ont le plus brillé de notre temps par l’intelligence ont reconnu la sagesse de ces dispositions, et ils ont hautement proclamé l’importance qu’il y avait de s’attacher à faire produire à la jeunesse les trésors qui sont en elle.C’est l’œuvre qui a été poursuivie avec tant de succès mais isolément par le rév.P.Lacordaire, par M.Bautain, par Mgr.Dupanloup, que cette admirable communauté du Séminaire, avec les moyens collectifs dont elle dispose, a voulu réaliser et dont elle a doté le pays, en s’éclairant des dispositions des anciennes universités et en les appliquant sagement à notre temps.Nous espérons que leur œuvre sera comprise toujours de plus en plus ; rien ne répond mieux aux accroissements extraordinaires de ce pays, et à ses intérêts les plus chers. 160 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQNE.On a aussi cherché en d’autres villes, et par d’autres moyens, à parvenir au meme résultat en fondant des lieux de réunion pour la jeunesse.L une des œuvres les plus remarquables dans ce genre est le Cabinet paroissial de Montréal, élevé sur la rue Notre-Dame, en face du bâtiment du Séminaire.C’est une construction de cent pieds de longueur sur 40 de profondeur, qui doit être augmentée considérablement.Elle est assez admirée pour sa façade qui est du style grec le plus pur.Actuellement elle se compose de trois étages et renferme plusieurs salles vastes et spacieuses ; une grande salle de cent pieds de longueur pour ses réunions générales et les lectures publiques, une grande bibliothèque où sont réunis près de dix mille volumes, enfin des salles de jeux et des chambres de nouvelles.Cette institution comprend : lo un cercle littéraire qui se réunit tous les huit jours et tient sa séance dans la bibliothèque ; 2o des cours de lectures publiques qui ont lieu tous les quinze jours pendant l’hiver, dans la salle principale, et qui donnent aux jeunes gens les moyens de produire en public les travaux du cercle littéraire ; 3o une Revue qui paraît tous les quinze jours, Y Echo du Cabinet Paroissial, et qui est destinée à reproduire les travaux de cette œuvre ; 4o un club de jeux et de divertissement ; 5o un club militaire pour les exercices d’escrime.Les RR.PP.Jésuites ont une association du même genre et ont fait bâtir une salle immense qui est souvent comble.Cette œuvre fait également le plus grand bien.Enfin, les Irlandais construisent en ce moment un très-grand édifice qui renfermera une bibliothèque, des salles de jeux et une grande salle de réunions publiques.Le tout doit servir en grande partie aux œuvres de jeunes gens.Ce bâtiment a 140 pieds de longueur sur 100 pieds de largeur et 90 pieds de hauteur ; la salle principale aura 134 pieds de longueur sur 94 pieds de largeur et 46 pieds de hauteur ; il est d’un style qui répond à la même période que le style normand.Ü* ujT-77-: ÜMeiigi 'hTriurrr IIMlKr Wgggjgg gjgg§§f| r-lÆïïlTg'» SALLE ST.PATRICE.vm _ suae Un autre édifice dans le pays, qui est aussi destiné à la jeunesse, est l’Université de Toronto, dont nous allons donner la description, parce qu’il nous semble être l’un des meilleurs spécimens de construction à consacrer à l’enseignement des jeunes étudiants.On ne peut donner une idée du palais de l’université sans parler du site, qui est admirablement choisi et qui ajoute beaucoup à la beauté du monument.On sait quelle importance les anciens attachaient à ces convenances de lieu et avec quel soin ils choisissaient les emplacements des édifices qu’ils construisaient.Ici, c’est par des allées larges, remplies d’ombre et de verdure, que l’on est conduit au site de l’université ; allées qui semblent comme les avenues majestueuses du parc splendide d’un château princier ; c’est là la première satisfaction que l’on goûte en sortant des rues de la ville, pour s’en aller vers ce palais de l’étude et de la science.Aprèj^avoir respiré l’air pur et frais sous ces avenues pleines de recueillement, de silence et d’abri pour la réflexion et la méditation, l’on arrive à une vaste esplanade circulaire, bordée d’arbres, occupée par d'immenses parterres de verdure, encadrée dans le fond par de verdoyantes collines, et a l’extrémité de ces parterres l’on voit se dessiner sur le ciel bleu, la ligne du bel édifice dentelé dans sa longueur de tours, de pignons, de pavillons et de clochetons, variés autant qu’il est possible de le faire sans enfreindre les règles harmonieuses de la symétrie et de l’ensemble.Cet aspect qui se présente tout-à-coup est comme une vision du temps passé apparaissant au milieu des forêts de l’Amérique.On croit voir réellement un de ces pieux asiles de la retraite et de l’étude, qui, avec les grands hommes des cloîtres d’autrefois, ont produit tant de merveilles. JOUKNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.161 Ce bâtiment a tout l’aspect des vieux monastères des siècles de foi, avec ses clochers, ses cloîtres, ses chapelles, ses salles conventuelles, reproduits avec une telle fidélité qu’on s’attendrait à voir apparaître sur le seuil quelques-uns de ces vieux bénédictins dont maintenant on admire tant la science.La façade principale, qui a 384 pieds de longueur sur 70 pieds de hauteur, est composée d’abord d’un corps de logis terminé par deux pavillons carrés, ayant au centre une énorme tour carrée de plus de cent vingt pieds de haut qui domine tout l’édifice et qui renferme l’entrée principale à sa base.A droite et à gauche de la tour qui est en saillie, s’étend la façade composée de trois étages, ornés d’ouvertures, à cintre et dans le style normand, couronnés de toits en cuivre bruni avec crête en serrurerie relevée de bronze et d’or.La tour du milieu est du plus majestueux aspect ; nous y reviendrons tout à l’heure.Les pavillons de chaque extrémité dominent le corps principal et ont des toits élevés accompagnés de lucarnes et de cheminées monumentales ; enfin, le tout est surmonté d’une galerie en serrurerie flanquée aux quatre coins de girouettes antiques supérieurement travaillées et éclatantes d’or ; à la suite du pavillon de droite on voit le pignon ou le chevet d’un édifice qui se relie avec l’autre façade en retour.De l’autre côté, à la suite du pavillon de gauche, se succèdent de charmants détails dont on peut voir quelqu’indication dans la gravure, un petit clocher à toit pointu, ensuite un petit cloître ouvert qui sert à mettre en communication le bâtiment principal avec un édifice assez grand à trois étages en forme de rotonde, et qui est destiné aux cabinets de chimie.Le style de cette construction est normand ; les portes, les ouvertures, les fenêtres, les colonnes et les chapiteaux qui les accompagnent, les corniches qui décorent le haut des murs, les cordons qui séparent les étages, les plinthes qui surmontent les soubassements sont très exactement et très habilement exécutés dans le caractère de cette architecture remarquable.Une partie de la pierre, qui est d’une belle apparence, brillante et nette, vient de l’Ohio ou de Georgetown pour le massif même du bâtiment, tandis que les parties sculptées sont exécutées en pierre de Caen qui est, comme on le sait, d’un si riche aspect et qui s’accorde si bien avec les matériaux susmentionnés.Nous n’avons parlé que de la façade principale ; celle que l’on peut contempler sur la droite a 260 pieds de long, présente une suite de constructions intéressantes qui sont indiquées sur la gravure.Deux tours énormes, l’une octogone, l’autre, carrée avec un porche monumental, servent d’entrée à cette partie de l’édifice.UNIVERSITÉ DE TORONTO.iff a ¦rrmfln POT fg Le tout conservait l’harmonie désirable avec les autres parties du monument.L aile à gauche en retour a 336 pieds de long et renferme 45 appartements pour le logement des étudiants ;"à l’extrémité se trouve le bâtiment destiné au réfectoire.L’entrée principale est dans la tour massive du centre ; c’est un portique romain avec cinq colonnes de chaque côté, ayant la variété d’ornements propres à ce style.Les colonnes sont à torsade, ou à lacs, en spirales, avec perles, fcêtes de diamants en entrelacs, chevrons droits et chevrons brisés.Les chapiteaux sont également variés.Us sont cordés ou à cloche ou en corbeille, suivant toute la variété des chapiteaux du même style.Il nous a semblé voir une reproduction magnifique de la porte principale de la basilique de Saint-Denis en France.Au-dessus de cette entrée, deux grandes croisées comprises entre les deux contreforts do la tour.Plus haut une galerie à arcades élégantes qui règne sur les quatre faces de la tour, ensuite les ouvertures qui correspondent à la chambre de la grosse cloche de l’université, qui est d'un poids considérable ; enfin, au-dessus un double couronnement en saillies avec encorbellements à machicoulis qui correspond parfaitement à la majesté et à l’ampleur de oette partie principale de l’édifice.Du reste, il y a tant à voir à cette entrée et à cette première façade, qu’il faudrait plusieurs paragraphes de détails, que nous supprimons, pour compléter notre description.On entre enfin et l’on se trouve dans un vestibule parfaitement orné et qui met en communication avec les différents étages et les différentes parties de l’édifice ; à droite et à gauche on trouve de vastes portes qni conduisent aux appartements principaux.L’extrémité est traversée par le cloître à arcades qui fait tout le tour de la grande cour intérieure ; enfin, à gauche, en retour, on voit un magnifique escalier d’une forme octogone découpé à jour jusqu’en haut, qui à lui seul est une œuvre d’art remarquable et qui conduit directement aux étages et aux corridors supérieurs.En face du vestibule on voit trois grandes arcades, et de là on passe dans la grande salle d’entrée, qui a 45 pieds de longueur, 25 pieds de largeur et 30 pieds d’élévation.Elle est éclairée dans le fond par cinq grandes fenêtres à vitraux.Le plafond est tout en bois sculpté avec poutres et chevrons, dans le grand style ; le pavé est en mosaïque de la plus grande richesse ; enfin, au-dessus de l’arcade qui sert de communication entre cette salle et le vestibule, il y a une galerie supérieure qui répond aux corridors de l’étage supérieur.r 162 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Les salles principales sont le laboratoire de chimie bâti en rotonde avec une lanterne sur le haut pour l’éclairer.Ensuite le musée d’histoire naturelle, de 70 pieds de longueur sur 40 de largeur et 36 pieds de hauteur ; la bibliothèque, qui a les mêmes dimensions, et la salle de convocation qui a 85 pieds de longueur, 40 de largeur et 50 pieds d’élévation.Ces deux dernières salles sont particulièrement remarquables.La bibliothèque est éclairée par deux étages de fenêtres ; il y en a 24 en tout; celles du haut sont les plus grandes.Le pourtour de la salle au premier étage des fenêtres est disposé en autant de cellules qu’il y a de fenêtres; elles sont destinées à servir de cabinets de travail pour les lecteurs ; une galerie supérieure règne tout autour de la salle avec des rayons et d’immenses fenêtres.Toutes les bibliothèques disposées ainsi en cellules sont admirablement sculptées et exécutées en bois de chêne du plus bel aspect.Le plafond est en bois sculpté, le parquet en mosaïque ; le centre de la bibliothèque est occupé par d’immenses tables où sont encore réunis beaucoup de livres et d’atlas d’un grand format.Tout a été réuni dans cette salle pour l’avantage de ceux qui viennent y travailler ; le nombre des livres est déjà considérable, il doit augmenter encore.La salle de convocation mérite d’être visitée et admirée.Les dimensions en sont vraiment imposantes.Le plafond est tout en bois admirablement sculpté ; le toit de la salle jusqu’en haut à l'intérieur est tout à jour, et l’on voit dans tout le détail l’ensemble des poutres et des chevrons qui supportent le toit.Les poutres transversales ayant leur clef au centre reposent au mur sur des chapiteaux soutenus par des demi-colonnes engagées dans le mur et reposant sur des pendentifs.Sur la porte d’entrée il y a une galerie ; à l’autre extrémité il y a une estrade entourée de boiseries seulptées.Au milieu l’on voit un dais sculpté avec plusieurs marches, destiné au président des réunions.Ce bâtiment, qui est élevé sur le plan des vieux couvents d’Oxford ou de Cambridge, a dans son ensemble 980 pieds de longueur.Il renferme dix salles principales ayant chacune leur caractère particulier ; on y voit quatre escaliers dans le genre monumental.De plus, il y a le logement du président, des professeurs, de 45 étudiants ; enfin, l’on voit en outre des bâtiments de dépendances considérables.Tout est exécuté dans un style très orné et avec des matériaux de prix.La plupart des salles sont pavées de carreaux émaillés, le reste est parqueté, les murs sont garnis de boiseries sculptées, les fenêtres sont fournies de vitraux peints, les plafonds sont en grandes boiseries travaillées avec soin etc, etc., et cependant on assure que les architectes, MM.Cumberland et Storm, de Toronto, n’ont dépensé que la somme relativement convenable de 75 mille louis.On quitte ces merveilles avec le souvenir des âges de foi auxquels elles se rapportent, et l’on aime à croire que ceux qui ont si bien reproduit la physionomie des vieux édifices catholiques, iront encore plus loin dans leur sympathie pour l’antique doctrine, et admettront l’esprit intime du symbole admirable dont ils conservent si admirablement et si respectueusement les magnifiques formes extérieures.S.V.AGRICULTURE.Hectare sur la Colonisation des Cantons du Nord, par le Rév.M.Provost.Hkssiiuks, Au mois de juillet dernier, je fus chargé par le gouvernement de l’ouverture d’une grande artère de colonisation qui aurait son point de départ a l’établissement de l’hon.Edouard Masson, dans le township Wexford, et qui se poursuivrait en profondeur à travers les terrains encore inexplorés de la chaîne des Laurentides jusqu’à la vallée de la rivière Mantawa.J’avais reconnu, dans l’exploitation de 1864 la partie de ce territoire qui s’étend au sud de cette rivière sur une distance assez considérable pour autoriser la demande de l’ouverture d’un chemin qui arriverait à cette vallée par une douzaine de lieues plus à l’ouest que celui qui est ouvert aujourd’hui par l’Energie.L’exploration que je viens de faire et dont je fais ici rapport avait pour but spécial de localiser le chemin sur tout son parcours, aussi approximativement que possible.Il a fallu pour cela examiner tout avec soin, les montagnes, les plateaux, les vallées, les rivières et les pouvoirs d’eau: nous avons également examiné les bois et le terrain d’une manière assez minutieuse pour pouvoir en parler sûrement, sans danger de contradictions dans l’avenir.Je dis nous, car j’ai fait le voyage avec Joseph Deslauriers, écr., de Ste.Anne de la Pocatière, envoyé, lui aussi, en mission spéciale dans ces parages : homme estimable et plein de mérite, dont la société a fait disparaître les ennuis et les privations de la vie des bois.Je crois que son rapport, en ce qu’il peut avoir de commun avec celui-ci, concourt parfaitement à établir les mêmes choses.Voici maintenant mes observations, tel que mon journal crayonné en marchant et sur les lieux, me permet, joint au souvenir qui m’en reste, de les donner.Je pense qu’elles ne seront pas sans quelque utilité ; Dieu veuille surtout qu’elles ne soient pas sans résultat.Le 24 septembre au matin, je quittais donc mon presbytère et ma paroisse pour aller jouir des douceurs d’une excursion à pied dans les quinze lieues de forêt boisée qui se déroulent comme une mer de verdure jusqu’à Mantawa.A huit heures tous les paquets pleuvent dans la voiture.Pendant que le cheval piétine à la porte, je fais une dernière ronde dans la maison.Je saisis violemment trois volumes qui protestent en vain par leur âge contre ma détermination, et je cours faire mes adieux dans ma chambre à coucher.Je ramasse un peigne, une brosse et du savon en cas de besoin, je renfonce une larme secrète à la vue de mon lit de plumes, puis le sac à la main, je reviens à la porte.Adieu vaisselle et plats couverts de la cuisine, et toi, propreté, suis-moi si tu peux.L’atmosphère semblait avoir pris à tâche de nous faire rebrousser chemin en déversant sur nos épaules une pluie serrée qui les battit à outrance pendant deux jours.L’épreuve enfin se termina et nous pûmes continuer notre route.En quittant l’établissement de Mr.Masson, nous suivîmes pendant une demi-journée la ligne où le chemin doit passer, et nous parvînmes le soir à la dernière maison, dans les montagnes de Doncaster, occupée par un nommé Narcisse Ménard.Ce courageux colon a déjà fait un défrichement considérable à l’entour de son chantier ; il va recueillir cette année le fruit de son énergie; il nous a conté son travail et ses espérances ; nous avons vu sa récolte dont une partie, qui mérite mention, consiste en 600 gerbes d’avoine qu’il a récoltées d’une semence de 4 minots.La longueur de la tige de cette avoine est généralement de 6j pieds; l’épi a 30 pouces.En voici quelques échantillons que je suis bien aise d’exhiber.c’était la seconde récolte sur ce morceau de terre ; avis aux cultivateurs qui ont besoin de prendre des lots.Dans les 15 ou 16 milles parcourus jusque là, le sol ne peut être meilleur, la couche d’engrais végétal est très-épaisse, elle se conservera longtemps ; le sous-sol est une terre jaune très grasse qni est elle-même d’une qualité excellente.Le bois qui domine est l’érable, le merisier, le cèdre, l’épinette rouge et blanche.Il existe de grands espaces où l’on ne trouve pas une seule pierre, il en est d’autres où elles sont moins rares, mais elles ne sont nulle part en assez grande quantité pour nuire considérablement aux travaux de l’agriculture.La vallée dans laquelle est tracé le chemin jusque sur le 25ème lot du 6ème rang de Doncaster n’offre pas le moindre accident de terrain.Elle est suffisamment large partout, et l’on y arrive facilement par des chemins de traverse.Il n’y a qu’un cours d’eau un peu considérable à traverser et déjà le jour est fait.Les alentours de l’établissement où nous nous sommes arrêtés sont admirablement calculés pour devenir un centre de circulation plus tard.Le terrain est plan de tous côtés, l’abord en est facile, il y a un pouvoir d’eau à quelques arpents sur lequel un colon de l’endroit doit bientôt construire un moulin ; nous avons vu chez lui quelques machines destinées à cet usage.De plus, cet endroit forme le centre du township de Doncaster, et il n’y a plus de doute que l’autorité ecclésiastique fixera là, quand le temps en sera venu, la place d’une église pour la population de ce township, comme elle vient de le faire au centre du township Wexford, son voisin en deçà.A ce premier poste sur la route, nous avons établi un méridien astronomique afin de connaître exactement la direction de la ligne que nous nous proposions de suivre.Devant nous s’ouvrait une vallée très-longue qui nous laissait une échappée de vue jusque sur la'mon-ta
de

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