Journal de l'instruction publique, 1 juin 1864, Juin - Juillet
Volume VIII.Montréal, (Bas-Canada) Juin et Juillet, 1864- Nos.6 et 7.»HOMES if ^LVâ*] '¦Mè .O ¦- SOMMAIRE.—Littérature : Souvenirs de ma paroisse natale, par M.E.Renault.— Science : Les deux abbés de Fénélon, par H.V.(suite) —Avis Officiels.—Nominations : Examinateur- — Commissaires d’école.—Livres approuvés par le Conseil de l’instruction publique.—Amendement du règlement des écoles normales.—Avis aux Commissaires d’école —Avis aux Instituteurs.—Avis aux maisons d’éducation.—Diplômes accordés par les Bureaux (^Examinateurs.— Instituteurs disponibles.— Instituteur demandé.— Dons offerts à la Bibliothèquo du Département.—Partie Editoriale : Publication des rapports sur l’instruction publique-—Décision judiciaire.—Rapport du îSurinteudant de l’éducation du Bas-Canada, pour l’année 1863.—Extraits des Rapports des Inspecteurs d’école, pour 1861 et 1862, (suite).—Vingt-deuxième conférence de l’Association des Instituteurs de la circonscription de l’école normale Jacques-Cartier: Compte-rendu des travaux de l’Association, par M- Archambault.—Revue Bibliographique : Lu bon ton et du bon langage, par Mde.Lrohojowskct,—Le Cart de la conversation et de la charité dans les conversations, par le Père Huguet (suite).—Bulletin des publications et des réimpressions les plus récentes : Paris, Toronto, Québec, Montréal.—Petite Revue Mensuelle.—Nouvelles et Faits Divers : Bulletin de l’Instruction Publique.—Bulletin des Lettres.LITTERATURE.Souveuir» de uia Paroisse natale.SAINT THOMAS DK LA CÔTE DD SUD.Chers souvenirs de mon enfance, Apparaissez.Il semble que dans l’espérance Vons me bercez, Quand en passant dessus mon âme Si mollement, Vous l’enivrez comme un dictame, Si doucement.0 chansons de ma mère, Récits de mes aïeux, Histoires du grand-père Contes des vieux, Revenez tous, je vous appelle .I J.c.T.DÉDICACE A LA MÉMOIRE DE MON VIEUX CURÉ, FEU MESSIRE JEAN LOUIS BEAUBIEN.' O mon bon vieux curé !—car tu m’entends, sans doute, du séjour de bonheur où t’ont conduit tes vertus—ô mon vieux curé ! quand l’idée me vint d’écrire cette petite légende, tu vivais encore, entouré du respect et de l’amour de tes nombreux paroissiens.Aujourd’hui tu n’es plus de ce monde ; la tombe s’est fermée sur tes cheveux blancs.J’avais résolu de te faire l’hommage de ce modeste travail ; mais j’ai trop tardé pour cela : la mort a marché plus vite que ma plume ; et c’est sur ta tombe que je viens déposer ce faible tribut de reconnaissance que j’aurais été si heureux d’offrir à toi vivant.Pendant quarante ans, tu as présidé aux destinées spirituelles de la paroisse de St.Thomas ; pendant quarante ans, tes mains ont régénéré les nouveaux venus, béni les partants ; pendant quarante ans, ta bouche a pardonné à tous ceux que j’ai connus et aimés.C’est au milieu des roses des berceaux et des cyprès des tombes de deux générations que ton image m’apparaît, quand, à la lueur du feu du foyer, je rêve le soir aux choses qui ne sont plus.Accepte, ô mon vieux curé, ce témoignage tardif mais sincère de respect d’un de tes enfants ; accepte-le en souvenir du jour où lu ver.-ais sur mon front l’eau sacrée du baptême, en souvenir du beau jour de ma première communion.Du haut du Ciel où tu veilles encore sur les destinées des enfants de St.Thomas, daigne continuer auprès de moi la mission d’ange protecteur que tu remplissais, avec taut de sollicitude, sur la terre.1 LA VIEILLE ÉGLISE.Si jamais il vous arrive, dans une de vos excursions nautiques rie côtoyer, à marée haute, le rivage du St.Laurent vis-à-vis la paroisse de St.Thomas, vous appercevrez de loin, prés de l’embouchure d’urte modeste petite rivière appelée la Rivière-à-la-Caille, une masse blanchâtre ressemblant à un monceau d’os calcinés que le reflux aurait jetés sur le sivage.A mesure que vous approcherez, cet amas revêtira des formes plus distinctes et vous arriverez devant des pans de murailles éparpillés dans un rayon d’une quarantaine de pieds seulement.Si vous êtes étranger à la paroisse, il ne vous sera pas facile d’expliquer la présence de ces débris de murs, dans ce lieu baigné deux fois par jour par les flots du fleuve et distant de plus dhm mille des plus proches habitations.Voulez-vous avoir le mot rie l’énigme ?Questionnez le premier petit écumeur de mer que vous rencontrerez sur le rivage ; il vous dira :—“ C’est la Vieille Eglise, monsieur.” Ces vieux quartiers de murs, que le temps et le flot D’ont pu démolir, sont en effet les ruines d’une église.Il n’y a pas, dans toute la paroisse de St.Thomas, un seul chasseur, un seul pêcheur qui n’ait lié une connaissance intime avec ces ruines éparses auxquelles on a conservé, bien pieusement, le nom de Vieille Eglise.Lorsque le veut de nord-est, soufflant avec violence, fait moutonner ta mer, c’est derrière ces débris d’un autre siècle que le chasseur attend, l’œil au guet, le doigt sur la détente, que les camps de canards et de sarcelles, poussés par le reflux vers !e rivage arrivent à la portée de son fusil.° ’ C’est là que, par un beau soir d’automne, le patient pêcheur attend, à côté d’un bon feu de copeaux du rivage, que les flots de la marée montante viennent baigner les pierres de la Vieille Eglise sur lesquelles il établit ses quartiers de pêche.C’est autour de ces ruines que j’allais, enfant et jeune écolier folâtrer avec mes petits cam;.rades lorsque arrivaient ces jours tant désirés des vacances.C’est sur ce pan de muraille à moitié ensablé que nous uous rangions en oignons, lorsque le conteur de la JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.82 bande interrompait nos courses sur le sable par l’annonce d’un nouveau conte appris, la veille, d’un mendiant.C’est encore là que, plus tard, à l’âge où la passion des jeux d’enfance tait place au désir d’apprendre, j’écoutais, avec l’avidité du jeune âge, l’histoire de ces vénérables ruines racontée par mon père.Ah ! c’est que, voyez-vous, pour moi, ces vieilles ruines ont plus d’un attrait, à paît de l’attrait religieux qui s’attache à toute ruine et surtout aux ruines d’un temple du vrai Dieu ; c’est que la vieille église était construite sur une terre propiieté de mes ancêtres maternels; c’est que cette terre est devenue depuis le bien paternel ; c’est que ces ruines sont celles de l’église où mes aïeux ont été baptisés et mariés, où leurs restes mortels ont été reçus par le clergé et le peuple avant de retourner à la terre.C’est que ces vieilles ruines ont élé, depuis qu’elles sont ruines, réunies à la terre de la famille ; que ces ruines, enfin, sont nos ruines.Il ) a de cela près de deux siècles, le 24 août de l’année 1679, au lieu même où gisent ces précieuses reliques du bon vieux temps, les habitants de la paroisse alors très-petite île St.Thomas de la Pointe-à-la-Caille (1), célébraient en un même jour deux grandes fêtes: c’étaient l’arrivée, tant et depuis si longtemps désirée, d’un missionnaire résidant, et la bénédiction d’une nouvelle chapelle de pierre, achevée depuis peu et qui avait coûté bien des sueurs, bien des sacrifices aux pauvres colons.Comme ils étaient joyeux ces braves enfants de la France devenus enfants des bois ! Avec quels transports de bonheur ils serraient dans leurs mains endurcies par les travaux du défrichement les mains du prêtre que leur envoyait la Providence ! Toute la population de l’endroit, hommes, femmes et enfants, était réunie dans la petite église dont le clocher, tout pavoisé aux couleurs de la France, dépassait à peine la cime des arbres environnants.Comme il devait être touchant le spectacle que présentait l’intérieur de la petite église ! Comme ils priaient avec ardeur ces pauvres exilés de la terre natale ! La cérémonie de la bénédiction solennelle de l’église fut suivie d’une touchante fête de famille: c’était le baptême du premier enfant du donateur du terrein de l’église, Sieur Guillaume Fournier, dont l’épouse, dame Françoise Hébert, était la fille de la première Française venue en Canada.Ainsi, c’est dans la pauvre chapelle de St.Thomas de la Pointe-à-la-Caille qu’a été baptisée la petite fille de la hardie aventurière qui osa, la première, franchir le grand océan pour venir habiter les solitudes du Canada.Après le baptême, le nouveau missionnaire, M.l’abbé Morel, et tous les colons de l’endroit, au nombre d’environ une vingtaine, furent invités par l’heureux père de famille, à un dîner donné sous les rameaux des grands érables qui encadraient la coquette petite chapelle dans leur réseau de feuillage.On causa de la France, des parents et des amis restés là-bas.On chanta les larmes aux yeux les vieilles chansons de la Normandie et de la Bretagne.Une formidable décharge de mousqueterie, répétée au loin par les échos de la forêt, couronna selon l’usage du temps le frugal banquet.Le soir de^ce beau jour du 24 août, le nouveau curé invita à son tour ses paroisiens à venir faire le petit bout de veillée à son presbytère, et la prière du soir, faite en commun, vint clore religieusement cette (été si religieusement commencée.S'il était donné aujourd’hui à un des braves convives de Guillaume Fournier de sortir de sa tombe, quasi bi-séculaire, et de revenir visiter la Pointe-à-la-Caille, il ne lui serait pas très-facile de retrouver l’emplacement de la petite église bénite par M.l’abbé Morel.Quelles transformations ! quels changements depuis le jour où les bons colons de St.Thomas, assis à la table du généreux donateur du terrein de l’église, s’entretenaient familièrement avec leur nouveau missionnaire de la vieille et de la nouvelle France.Alors la forêt dominait encore en maîtresse sur la Pointe-à-la-Caille et à peine apercevait-on, par-ci par-là, de petites brèches faites par la hache du colon dans les rangs serrés des érables, des épinettes et des pins.Aujourd’hui la forêt a disparu et la charrue sillonne paisiblement ces lieux où, il y a deux siècles, le Sauvage farouche, un genoux sur la poitrine de son ennemi vaincu, lui enlevait la chevelure.Aujourd’hui, un guerrier iroquois cherche- (1) La paroisse de St.Thomas a emprunté la dernière partie de sou nom à la pointe sur laquelle était bâtie la Vieille Eglise.rait en vain, à plus d’u:i mille à la ronde, un arbre derrière lequel il pût se mettre en embuscade.La Rivière-à-la-Caille qui, alors, charroyait à plein lit l’eau rougeâtre de la forêt, n’est plus maintenant qu’un petit ruisseau qui, en été, traîne péniblement vers le fleuve ses eaux bourbeuses et ne sort de sa léthargie qu’au printemps ou à l’époque des grandes pluies d’automne.La Rivière-à-la-Caille a été, comme bien d’autres cours d’eau, victime du déboisement.Près d’un siècle après la bénédiction du premier sanctuaire élevé à Dieu sur la Pointe à-la-Caille, St.Thomas présentait l’aspect d’une petite colonie en pleine prospérité.De jolies maisonnettes avaient succédé aux cabanes de bois rond ; de beaux champs s’étendaient le long du fleuve, depuis l’embouchure de la Rivière-à-la-Caille, jusqu’à l’embouchure de la rivière du Sud, et la petite église, naguère isolée, était maintenant le centre d’un beau village à la physionomie riante et heureuse.La population de la paroisse s’était aussi considérablement accrue, et on reconnut bientôt la nécessité de bâtir une nouvelle église plus vaste et p'us spacieuse.Pour des raisons que nous allons voir, les colons décidèrent d’un commun accord de ne pas rebâtir le nouveau temple sur le terrein de l’ancien et choisirent l’emplacement même qu’occupe aujourd’hui, sur les bords de la rivière du Sud, la belle et vaste église de St.Thomas, à un mille environ de la Pointe-à-la-Caille.La raison du déplacement de l’église paroissiale tenait à un fait dont on n’avait pas assez tenu compte dans le choix premier d’un site, savoirj: au travail irrégulier mais constant que les grandes eaux du fleuve opèrent chaque année sur ses bords dans cet endroit.En effet, chaque printemps, et l’automne à l’époque des grandes marées accompagnées de tempêtes, des portions notables des escarpements de la côte sont enlevées pour aller se déposer sur les vastes battures du voisinage.Voilà comment les débris bouleversés de la Vieille Eglise, bâtie à une distance considérable des hautes eaux, se trouvent maintenant baignés deux fois par jour par la marée.Lorsque la nouvelle église fut terminée, le curé de la paroisse transporta ses pénates à son nouveau presbytère et on laissa au temps, qui ronge tout, le soin de détruire à sa guise la Vieille Eglise, dont, par respect, pas une pierre ne fut dérangép par les pieux habitants.Vers 1770,1e village entier avait disparu, et la Pointe-à-la-Caille était de nouveau devenue déserte ; il n’y restait plus qu’une seule maison, laissée là comme pour servir de garde d’honneur à la Vieille Eglise.Tous les colons avaient transporté leurs foyers au haut de leurs terres, tant pour se rapprocher de la nouvelle église que pour pouvoir continuer, avec plus de facilité, leurs travaux de défrichements dont le théâtre s’éloignait de plus en plus du St.Laurent.Bientôt la garde d’honneur disparut à son tour et la vieille et vénérable masure resta seule sur la rive déserte.Bien des années passèrent encore sur les murs de la Vieille Eglise sans les entamer, jusqu’à ce que le flot du, St.Laurent entreprît l’œuvre de destruction que cent cinquante ans n’avaient pu opérer.A force de ronger la falaise, le flot était arrivé, petit à petit, jusqu’à l’endroit où étaient jetées les fondations de l’église.En 1837, année mémorable sous bien d’autres rapports, le pan gauche s’éboula entraînant dans sa chute le rond point et la façade.Quelques années plus tard, le fleuve, jaloux de voir le pan droit encore debout et qui semblait le défier, fit un dernier effort et en sapa si bien les bases qu’il ne tarda pas, lui aussi, à tomber du haut de la falaise sur le rivage.On voit maintenant que ce n’est pas sans raison que les colons de St.Thomas avaient renoncé, bien à contre cœur sans doute, à bâtir leur nouvelle église sur le terrain de l’ancienne ; car, dans l’espace d’un siècle, pas moins de quinze arpents de côtes avaient été dévorées par le flot du fleuve géant.Les cultivateurs des environs avaient suivi avec intérêt les différentes péripéties de cet a-saut désespéré livré par les eaux du St.Laurent à la Vieille Eglise.J’ai connu particulièrement un vieillard qui venait tous les printemps visiter sa vieille, comme il l’appelait, et qui, après avoir scrupuleusement examiné les ravages du flot, disait en toisant la distan-e qui séparait l’église du rivage : “ Je ne sais lequel, de moi ou d’elle, fera le premier la culbute.” Le vieillard a survécu, mais de quelques mois seulement, à la chute du dernier pan de muraille.Chose étonnante, le flot rongeur, satisfait sans doute de son JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.83 triomphe, a cessé, depuis, d’attaquer la falaise à cet endroit, pen dant qu’il continue ses ravages sur les autres points du rivage.Les personnes qui n’ont jamais suivi de près les envahissements du flot du Si.Laurent au détriment des champs des cultivateurs du littoral, en certains endroits, peuvent difficilement s’ert faire une idée.Tous les ans, le lit du fleuve s’élargit de quelques pieds par les éboulis de la falaise et en certains endroits, plus exposés à l’action de la mer, on voit quelques fois des masses entières de terrein s’effondrer le printemps à l’époque des grandes mers des syzvgies.Des deux côtés du fleuve on remarque sur les côtes, de distance en distance, les vestiges de ces empiètements que les navigateurs appellent des écorchis, quand la côte élevée montre au loin ses flancs bouleversés par les grandes eaux.D’autre part, ces terres ainsi prises aux falaises, se déposent sur les hauts fonds du fleuve, soulevant, par cette opération de colmatage, les immenses battures sur lesquelles croissent les herbes marines qui attirent vers Je bas du fleuve ces innombrables volées d’outardes, de bernèches et de canards qui s’y donnent rendez-vous.II LE VIEUX CIMETIÈRE.Sons la garde de la Vieille Eglise, restait, à l’époque du changement signalé, le Vieux cimetière.J’aime, malgré tout ce qu’on puisse dire, j’aime ces cimetières autour des églises.C’est si beau, si naturel, si catholique, de mettre à côté du lieu de prière le champ du repos ! Entre le rivage et l’église était donc l’ancien cimetière, qu’on ne se proposait de relever que lorsque les empiètements du fleuve y forceraient.On se disait: “ Qui sait ?L’éboulis ne s’étendra peut-être jamais jusque-là et tant que l’église et le cimetière ne seront «point attaqués, pourquoi les déranger?Nous irons là rie temps à autre ; il sera toujours temps de déménager ces pauvres morts, quand il y aura du danger pour eux de se voir troublés dans leur repos.” A peine quelques années s’étaient écoulées depuis le changement d’église, quand arriva l’événement que je vais faire connaître.Je l’ai entendu plusieurs fois raconter dans mon enfance ; ce récit faisait chaque fois une profonde impression sur ma jeune imagination.On était au printemps.Le vent de nord-est avait soufflé pendant plusieurs jours avec fureur.Le temps avait été gris et froid, et la giboulée avait, pendant plusieurs jours, presque empêché les gens de sortir.Un après midi que le temps s’était un peu remis, un de mes aïeux eut l’idée d’aller reconnaître quel avait été l’effet de la tempête sur la falaise, ou, pour me servir d’une expression consacrée, d’aller faire un tour à l’écore.Voulant se donner la jouissance d’un compagnon d’excursion, il se rendit chez le voisin et tous deux se dirigèrent vers le rivage.Arrivés sur le bord de la falaise, ils crurent remarquer que le flot n’avait pas, apiès tout, fait tant de ravages, et ils descendirent sur la batture, comme cela se fait toujours, pour examiner le rapport de la marée.Les deux vieux amis marchaient tranquillement en suivant le pied de la falaise, examinant les bois de rapport et autres objets déposés par le flot maintenant retiré Ils allaient ainsi, se dirigeant, sans faire attention à la route, vers le lieu où la vieille église élevait son clocher si connu, lorsque l’un d’eux remarqua, au milieu des joncs et des bois du rapport, un objet que tous deux reconnurent aussitôt pour un morceau de cercueil.Levant alors la tête du côté de la vieille église, ils s’apetçurent que les eaux avaient, en cet endroit, fait une énorme entame à la côte et, pas bien loin d’eux, flottait au vent quelque chose île blanc qui semblait sortir du sein même de la falaise.Ils s’approchèrent résolument, bien que non sans quelque peur, de l’endroit ainsi indiqué à leur attention.Le flot du fleuve avait poussé une pointe vers la vieille église et venait d’atteindre le vieux cimetière.Le dernier cercueil déposé dans la dernière tombe avait été en partie brisé; il sortait a moitié de la falaise et le cadavre qu’il contenait, encore en son entier, laissait passer un bras, couvert d’un morceau de linceul maculé, qui se balançait au souffle de la brise comme pour faire un appel aux vivants.Les deux vieux examinèrent avec respect ces restes d’urte ancienne connaissance, puis, se mettant à genoux sur le sable, ils récitèrent le De profundis et dirent un chapelet pour les morts du vieux cimetière.Ces prières s’élevaient vers le ciel au moment où le jour tombait ; il faisait déjà presque nuit quand les deux amis atteignirent leurs demeures, où ils racontèrent ce qui leur était arrivé.Il se fit comme un pèlerinage vers le vieux cimetière, pour y contempler ce que les deux vieux avaient vu.On enleva le cadavre qui fut déposé de suite, dans un cerceuil neuf, au nouveau champ de paix.Dans le cours de l’année, on opéra le déménagement des habitants du vieux cimetière.III LA CHAPELLE DU ROCHER.Par un beau jour d’été du commencement du dix-huitième siècle, deux navires marchands, poitant pavillon français, s’éloignaient lentement et comme a regret des côtes de la Normandie et gagnaient la pleine mer.Ces deux navires étaient en destination de la Nouvelle-France.Deux familles bretonnes, dont le fils aîné de l’une était fiancé à la fille aînée de l’autre, avaient pris passage sur chacun des deux navires.La traversée fut assez heureuse, mais, à leur entrée dans Je golfe St.Laurent, les deux navires, qui avaient vogué tout le temps presque bord à bord, furent assaillis par une violente tempête qui les sépara l’un de l’antre.Quelques semaines après, un des navires, faisant eau, venait jeter l’ancre à quelques encêblures de la Pointe-à-la-Caille et y débarquait ses passagers.Ce navire était celui qui avait à son bord la famille de la fiancée.Les passagers, en mettant pied à terre, allèrent s’agenouiller pieusement au pied du modeste sanctuaire de la Pointe-à-la-Caille, pour remercier Dieu de les avoir sauvés du naufrage, et prier celle que les marins appel'ent a si juste titre “ l’étoile de la mer”, pour le retour de leurs compagnons.Les nouveaux colons furent reçus à bras ouverts par les habitants de St.Thomas, qui fêtèrent leur arrivée avec les mêmes transports de joie qu’un exilé fête le bienheureux messager qui lui apporte des nouvelles de la terre natale.La famille bretonne demeura quelque temps dans l’endroit pour se reposer des fatigues du long voyage qu’elle venait de faire.Elle consacra les premiers jours qui suivirent son arrivée à faire des excursions dans les environs afin de se familiariser avec le pays.Dans une de ces courses d’exploration dirigée dans l’intérieur des terres, les excursionnistes arrivèrent tout à coup en face d’un rocher abrupte et affectant les formes d’une pyramide tronquée, qui s’élevait sur les bords de la rivière du Sud, à moins d’une lieue du village ; ses flancs dénudés tranchaient sur le fond vert de la forêt alors dans toute sa splendeur.—Quel bel endroit pour une chapelle votive, s’écria tout à coup la pauvre fiancée qui, tout entière à ses tristes pressentiments, roulait déjà dans son esprit des idées de sacrifice.La famille bretonne prolongea encore quelque temps son séjour dans la petite colonie, puis elle partit, en chaloupe, pour Québec, lieu de sa destination, au grand regret des hospitaliers habitants de la Pointe-à-la-Caille, qui auraient voulu la garder au milieu d’eux.Avant de s’embarquer, la famille était allée se prosterner une dernière fois aux pieds de la statue de la Vierge, pour lui demander sa protection pour ses membres et prier aussi pour les absents dont on n’avait reçu encore aucune nouvelle.La jeune fiancée avait comme un pressentiment de malheur et sa tristesse s’ajoutait aux qualités du cœur, de l’esprit et de la personne qui la distinguaient, pour la rendre un objet d’intérêt à tous ceux qui l’avaient'connue durant son séjour au village de la Pointe-à-la-Caille.Les habitants du village et quelques familles du reste de la ra-roisse s’étaient joints à la familli bretonne dans cette pieuse prière.Au sortir de l’église, tous l’accompagnèrent au rivage où les attendaient l’embarcation, pour lui souhaiter, avec un bon voyage, le retour prochain des amis absents.Dans ces adieux de ces nouvelles connaissances, en peu de temps devenues si intimes, la jeune fiancée mettait une chaleur mêlée d’une douce mélancolie qui frappa tout le monde: à toutes les consolations que lui offraient les femmes et les jeunes filles de la paroisse, elle répondait : “ Ah ! je suis résignée ; je reviendrai avant longtemps ; au revoir, mes amis.” La chaloupe, poussée par un vent favorable, ne prit que quelques heures pour aller déposer ses intéressants passagers au pied du 84 JOURNAL DE L INSTRUCTION 1 UBLIQUE.roc de Québec, au sein de la ville de Champlain, alors encore bien peu peuplee.Deux aimées se sont écoulées depuis les événements qui précèdent.La nouvelle de la perte totale du second navire est devenu un tait avéré.Les colons de la Pointe-à-la-Caille n’avaient point encore perdu le souvenir de la jeune fiancée et de sa famille, mais ils n’avaient plus entendu parler d’eux depuis leur départ, lorsqu’un jour d’automne, une petite embarcation vint silencieusement aborder le rivage : c’étaient les Bretons qui revenaient.En moins d’un quart d’heure on sut, d’un bout à l’autre du village, qui venait d’arriver, et en un clin d’teil toute la population se réunit pour aller au devant des étrangers et leur souhaiter la bienvenue.Les habitants de St.Thomas n’eurent pas de peine à reconnaître leurs hôtes, bien que la jeune fille fût très-changée ; non qu’elle ne fût encore belle, mais le chagrin l’avait mûrie et elle portait le le costume des veuves de grande maison.Son aspect était tellement imposant, son maintien si grave et si sévère qu’on osait à peine lui adresser la parole; mais elle, se dirigeant vers les groupes, serrait affectueusement les main» des bonnes villageoises, leur disant : *• Je suis résignée; j’avais tout prévu ; je vous le disais bien que je reviendrais visiter votre paroisse.” r Elle venait aux pieds de ce même sanctuaire où elle avait prié si ardemment pour le letour de son fiancé, elle venait, inconsolable mais résignée, promettre solennellement de porter jusqu’à sa mort le deuil de l’infortuné jeune homme et de consacrer le reste de sa vie à la pratique exclusive des bonnes œuvres.Comme gage de la sincérité de cette promesse, faite en présence de toute la population du village, elle fit construire, sur le rocher dont les formes étranges l’avaient tant irappée, une modeste chapelle votive auquel on donna le nom de Chapelle du Rocher.Ce pieux acte accompli, la fiancée retourna à Québec, puis se fixa a la Poiute-Lévis où elle se dévoua aux œuvres de charité.Ses parents, parait-il, retournèrent en leur pays, lui laissant d’amples moyens d’existence.Elle vécut assez longtemps, connue de toute la population sous le nom de Mademoiselle la Veuve, et mourut en odeur de sainteté, pour aller rejoindre ces chœurs Je saintes vierges et de saintes veuves qu’invoquent nos belles litanies catholiques.Son souvenir était encore assez vivace, paraît-il, il y a quelque trois quarts de siècle ; mais il semble se perdre maintenant comme bien d’autres souvenirs intéressants.IV LE ROCHER DE LA CHAPELLE.S’il vous prend un jour envie de visiter St.Thomas, vous verrez de loin, eu remontant la rivière du Sud, un rocher isolé, haut d’une soixantaine de pieds et assis sur la rive sud, à environ trois quarts de lieue de la vaste église paroissiale qui se trouve être la troisième bâtie dans la paroisse.La chapelle de Mademoiselle la Veuve couvrait le sommet de ce rocher où l’on arrivait par une rampe naturelle ; elle avait environ vingt-quatre pieds carrée.Les habitants avaient une grande vénération pour ce petit temple ; mais, comme souvent on abuse des choses les plus innocentes et les meilleures, i; arriva que beaucoup de gens se mirent en tête de transformer cette chapelle en église paroissiale pour le voisinage, et, de ce qui n’était qu’uu ex-voto pieux, on voulut constituer un moyen de division de paroisse.Sous ces circonstances, l’évêque île Québec admonesta d’abord les paroissiens, puis, comme un certain nombre d’entre eux ne tenait aucun compte de l’avis de leur premier pasteur, ceiui-ci frappa la chapelle d’interdit, défendant sous les peines ecclésiastiques d’y aller faire des prières publiques.Dès lors la chapelle ne fut plus qu’un objet de curiosité pour les étrangers.On cessa de l’entretenir et-bientôt elle tomba en ruine.Les restes de la charpente détraquée couronnèrent cependant longtemps encore le sommet de la roche qui lui servait de base.11 existe probablement encore des vieillards qui se rappellent d’en avoir vu les ruines.Aujourd’hui il n’eu reste rien et voilà pourquoi, ne pouvant plus parler de la Chapelle du Rocher et ne voulant pas perdre le souvenir qui s’y rattache, le peuple dit maintenant : le Rocher de la Chapelle.E.Renault.SCIENCE.Les deux Alslrés de Fénelon.(Suite.) VIL Dans une colonie aussi étendue que le Canada, les lois n’étaient pas toujours scrupuleusement observées et l’on pouvait voir se glisser plus d’un abus à mesure qu’on s’éloignait du centre des habitations.Un des plus regrettables était certainement le mépris des ordonnances qui réglaient le commerce des pelleteries et la traite avec les sauvages.A Montréal, M.Perrot, qui trouvait dans ce commerce un moyen facile d’augmenter sa fortune, ne craignait pas de les violer et de les laisser violer ouvertement par ses créatures : si les habitants, poussés à bout, voulaient lui faire des représentations sur des désordres dont ils avaient souvent beaucoup à souffrir, il jetait en prison le téméraire qui se chargeait de piésenter leurs remontrances (1).Vers la fin de 1673, le mal commençait à devenir général ; M.de Frontenac entreprit d’y remédier; mais il apporta à cette réforme toutes les qualités et tous les défauts de son caractère.M.de Frontenac était de ces hommes qui repoussent les demi-mesures et qui dans un parti se placent presque toujours à l’extrême.Unissant une volonté puissante à un coup d’œil juste et ferme, il savait presque toujours proportionner les ressources aux difficultés.Il avait de la souplesse et de la soumission dans ses rapports avec la cour et les secrétaires d’Elat ; mais, pour ses inférieurs, moins il les voyait redoutables, plus il leur faisait sentir son autorité et son despotisme, le mot n’est pas trop fort.C’est ainsi que, pour se venger des sermons des PP.Jésuites et des ordonnances rie l’Evêque, il faisait jouer Tartufe chez de timides religieuses, sommées par un ordre impérieux d’assister à cette représentation plus que mondaine.Faut-il s’étonner après cela de le voir s’abandonner à des mesures arbitraires (2) ?Comme toutes les natures vives, il était accessible aux (1) “ M.Perrot, gouverneur de l’ile de Montréal malgré les ordon-“ nance3 qui interdisaient la vente des boissons enivrantes anx Sauvages “ et le commerce aux magistrats, avait un magasin ouvert à Ville-Marie, “ où on le voyait lui-même remplir des barriques d’eau de 7ie, et vendre “ toutes sortes de marchandises aux Sauvages, les forçant même quel-“ quefois de ne vendre qu’à lui seul leur pelleterie.Enfin il trafiquait “ d'une manière si indigne de son caractère qu’un jour il vendit à un “ Sauvage, son chapeau, son habit, son baudrier, sou épée, jusqu’à ses “ rubans, ses bas et ses souliers; et qu’au lieu de rougir de ce commerce “ honteux, il s'applaudissait ensuite d’avoir gagné 30 pistoles à ce “ marché, tandis que le Sauvage paraissait dans la place publique, vêtu “ en Gouverneur.” ( Vie de Mlle LeBer par M.Faillon, p.306.) M.Perrot avait un comptoir dans 1 île qui porte son nom : c’était l’habitation la plus avancée sur la route des Sauvages : il retirait encore d’assez bons profits des congés qu’il accordait à ses créatures.11 fallait qu’il eût dans ses alliances et dans sa fortune de puissants moyens de protection, car il fut maintenu daus son gouvernement en dépit de toutes les réclamations, surtout de celles du Séminaire.M.de la Barre eut seul le courage de le défendre.(2) Exiger, par exemple, que les lettres, qui arrivaient deux fois par année d’Europe, lui fussent remises avant d'être distribuées à leurs adresses.Cette mesure, qui arrêtait les affaires, gênait les particuliers sans beaucoup de profit pour l’autorité, serait à peine croyable, si elle n'était attestée par les documents de l’époque.Parmi ceux-ci, je choisis une lettre du vénérable Pere Dublon, supérieur des Jésuites.Je la citerai toute entière à cause des détails intéressants qu’elle renferme.Elle est adressée à M.de Villiers, au Cap de la Magdeleine.Québec, 24 Juin 1675.Monsieur, la Paix en N.S.J’ai reçu par M.la Vigne vostre lettre du 15 de ce mois.J’ay bien à vous remercier des peines que vous avez prises de visiter les terres de Batiscan.Je vous en suis bien obligé car sans doute un si mauvais pais vous aura fait bien du mal J’espère néantmoins que je trouveray quelques moyens de faire habiter (?) Mont serat, non seulement par desfrauçois ; mais aussi peut être par des sauvages ainsy que je vous en escrivois, il n’y a que quelques jours, c’est pourquoy vous pourrez tenir les français en espérance que la chose se fera, mais il n’est pas nécessaire qu’elle éclate jusqu'à ce que je vous en escri^ï Le fils de Mous, de la Vigne demande un contract d’un arpent et demi de front et égale profondeur aux autres que je luy ay accordée sur les six arpents de front que nous nous sommes réservées proche du moulin, je vous prie de luy délivrer son contract. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.85 préjugés, et ces préjugés s'effaçaient difficilement.Les âpres doctrines du jansénisme, des chagrins domestiques avaient jeté dans son âme quelque chose de rude, que les formes du grand seigneur ne dissimulaient pas toujours; mais quand il se livrait à la pente naturelle de son esprit, il attirait tout le monde par la finesse et le charme de sa conversation ; une louange, un mol bienveillant tombé de sa bouche électrisait d’autant plus qu’ds semblaient partir de plus haut, car il aspirait à être dans la Nouvelle-France l’imago du grand roi qui gouvernait l’ancienne.S’il ne disait pas : “ l’état, c'est moi,” il ne craignait pas de répéter qu’il pouvait faire tout ce qu’il voudrait, sauf à en répondre de sa tête.M.de Frontenac est tout entier dans ce mot, à la fois plein d’audace et de grandeur.Pour tout dire, il était plus militaire qu’homme d’état: il a porté bien haut la gloire de nos armes ; mais il a tellement divisé le pays qu’aujourd’hui encore il trouve difficilement, dans la postérité et dans l’histoire , l’impartialité qu’il refusa à ses contemporains (1).M.de Frontenac commença par renouveler les ordonnances de ses prédécesseurs avec le ton d’un homme qui veut être obéi, enjoignant à tous les juges de procéder contre les délinquants.Aussitôt le juge civil et criminel de Montréal envoj’a un sergent arrêter deux fameux coureurs de bois logés chez le lieutenant de Perrot, M.de Canon.La mission n’était pas facile à remplir chez un homme comme M.de Carion, qui ne craignait pas d’attaquer ses ennemis l’épée à la main, pendant que Mme de Carion allait bâtonner leurs femmes.Le malheureux sergent fut insulté, maltraité, et, paraît-il, jeté en prison.M.de Frontenac, apprenant cet outrage fait à la justice, crut qu’il devait intervenir directement, sans égard pour le gouverneur particulier, et il envoya le lieutenant de ses gardes, Bizard, arrêter de Carion.A cette nouvelle, Perrot fait prendre les armes à sa garnison et court chez M.LeBer, où logeait Bizard, pour punir l’audacieux lieutenant.En vain celui-ci lui montre-t-il un ordre signé du Gouverneur-Général ; Perrot le lui rejetant à la figure :—“ Reportez-le à votre maître, dit-il, et qu’il apprenne une autre fois à mieux faire son métier.”—En vain se revêt-il des insignes de sa dignité, en vain veut-il dresser un procès-verbal des violences dont il était l’objet, il est traîné en prison avec M.LeBer qui avait osé signer le procès-verbal.L’affaire se compliquait: il ne s’agissait plus de prêter main-forte à la justice méprisée : c’était une question d’autorité et d’amour-propre ; elle pouvait en un instant prendre les proportions d’une guerre civile.S: M.de Frontenac, dans le premier transport de son indignation, avait envoyé ses soldats saisir Perrot, celui-ci était homme à se défendre énergiquement, et les coureurs de bois, gens déterminés atout, n’auraient pas facilement laissé enlever leur protecteur.D’un autie côté, il était impossible de se dissimuler que si cette affaire n’était promptement réglée, elle allait avoir des conséquences fâcheuses pour l’autorité du gouverneur général, et que 1 audace des traitants ne connaîtrait bientôt plus de bornes.Mais M.de Frontenac comprit que pour le moment la violence était dangereuse, sinon inutile, et qu’il fallait avoir recours à d’autres voies.Comptant sur l’amitié et le dévouement de l’abbé de Fénélon, il lui envoie une lettre pressante, le priant de voir Perrot et de lui faire comprendre dans quelle mauvaise position il s’est placé ; que le meilleur moyen de conjurer l’orage e.-t de descendre s’expliquer à Québec.En même temps, M.de Frontenac répétait tout haut qu’il désirait la paix et qu’il rie manquerait pas de s’entendre avec le gouverneur de Montréal.Perrot, cédant aux instances de M.de Fénéion, rassuré d’ailleurs sur son titre de gouverneur, Je luy ay aussy permis d’abattre jusqu'à six arpents de bois qny luy nuisent sur les dix arnents qui nous restent en cet endroit là.Nous attendons tousles jours les lettres de France qui ont été poitées à Mons.le Comte à ta baye St.Paul où il est allé visiter les mines.Je continuerai à prier Dieu pour Mlle de Villiers.Tout à vous en J.C.Mons.Votre très humble et obéis.Claude Dablon.Nous apprenons par quelques personnes arrivées de la baye St.Paul que la mine y est excellente, que .M.le Comte y a fait chanter le Te Deum ; que le Roy a défait 50 mil allemands au moi9 d’Avril et qu’il a pris trois places, dont Gand est une des plus considérables.Mais ce qu’il y a de fâcheux c’est qu’on dit que l’Angleterre est contre la France.Nous attendons aujourd'huy ou demain M.le Comte et nous saurons par son moyen toutes choses.Je vous prie de faire part de cec.y an P.Richard en attendant que je luy en escrive davantage.(Greffe de Montréal).(1) Documents, fyc., of the States of New York, t.IX., (Greffe de Montréal) Ms.de la Bibliothèque du Parlement, 2e série, vol.II, IV, Greffe de Basset, Montréal, Reg.du Cons.Sup., Oraison funèbre de Frontenac, Ms.cité.sur sa qualité de parent de Mme de Frontenac et de M.Talon, se met en route, quoiqu’on fût alors au milieu de l’hiver.Mais à peine est-il arrivé â Québec, qu’il se voit arrêté avec éclat, emprisonné au Château St.Louis, et gardé aussi étroitement que l’ennemi le plus dangereux de l’Etat.M.de Frontenac avait-il usé de ruse ou s’était-il laissé emporter à ia fougue de son caractère, en voyant son ennemi entre ses mains?Il est assez difficile de le dire.On crut alors, du moins à Montréal, que Perrot avait été victime d’un guet-apens (1).Il est certain que M.de Frontenac se faisait parfois de singulières illusions, pour ne rien dire de plus, sur ses propres actes.Quand on a suivi les événements tels que nous les venons de raconter d’après ses lettres et les registres du Conseil Supérieur, on est surpris de lui entendre dire à la fin du procès, que toute l’affaire n’avait été qu’un complot de certaines gens pour le commettre avec Perrot, et lui susciter des embarras (2).M.de Fénélon fut profondément blessé du rôle qu’on lui avait fait jouer dans cette affaire : sa bonne foi avait été surprise et son amitié avec le chef de la colonie n’avait abouti qu’à compromettre les intérêts du Séminaire.Car M.de Frontenac ne s’était pas contenté d’arrêter Perrot, il avait envoyé à Montréal un commandant et un juge (3) sur le dévouement desquels il pût compter, quoique la nomination de ces deux officiers appartînt de droit au Séminaire.Pendant que le supérieur, M.Dollier de Casson, protestait contre cette espèce de violence avec toutes les précautions d’un homme qui craint d’irriter un maître puissant, M.de Fénélon, dont on a pu apprécier suffisamment la décision de caractère, ne craignit pas d’agir et de parler très-ouvertement en faveur de Perrot, comme pour réparer le tort qu’il lui avait involontairement causé.Ses premières démarches furent auprès du comte, qu’il tâcha de fléchir ; mais toutes ses instances furent inutiles; il ne put pas même obtenir de voir le prisonnier qui était tenu au secret le plus rigoureux.De retour à Montréal, indigné de la faiblesse du juge qui refusait à Mme Perrot la permission, dont elle croyait avoir besoin, de faire signer une requête en faveur de son infortuné mari, il prit 6ur lui de voir les particuliers et de prendre leurs signatures.Toutes ces démarches déplurent extrêmement à M.de Frontenac, qui les regardait comme un défi audacieux porté à son autorité ; mais son mécontentement fut porté au comble par un sermon de M.de Fénélon.Comme cet incident fit beaucoup de bruit, amena le procès de M.de Fénélon et compliqua celui de Perrot, nous allons nous y arrêter un peu.C’était le jour de Pâques, 25 mars 1674 : la fête avait attiré une foule nombreuse dans la petite église de l’Hôtel-Dieu qui servait d’église paroissiale.M.de Fénélon prit pour sujet de son instruction la solennité du jour, disant que tous les chrétiens doivent mourir de la mort de J.-C.et ressusciter de sa résurrection.Il insista sur les effets que cette résurrection doit produire dans les différents états de la société, chez les inférieurs et chez les supérieurs, pour ceux qui commandent, comme pour ceux qui obéissent.Ses remarques parurent des allusions blessantes : les amis du pouvoir, et ils étaient nombreux, y virent une critique amére du gouverneur et de sa conduite arbitraire.La Salle surtout, avec celte fougue de caractère qui causa plus tard son malheur et que l’âge ne tempérait pas encore, il n’avait que vingt ans, se leva de (1) Histoire du Canada par M.de Betmont.(2) Lettre de Frontenac à Colbert, 14 Novembre 1674, Ms.do la Bibliothèque du Parlement.Il est assez étrange de voir M.de Frontenac s’accuser ainsi de peu de perspicacité auprès du ministre.Il faut lire ie passage même : “ J’avais cru le Séminaire de Montréal dans d'antres dispositions I “ qu'ils ne sont et vous savtz de quelle manière je vous en écrivis, I “ l’année dernière, mais je vois bien présentement qu’ils se sont laissés “ aller anx sentiments des autres, qui étant plus fins qu’eux leur ont peut- être fait faire plus qu’ils ne voulaient, puisque tout ceci n’a été pro-“ prement qu’un complot formé pour nous commettre M.Perrot et moi 11 ensemble, et nous faire des affaires à tons les deux.” Allons donc ! M.de Frontenac aurait été comme le Séminaire de Montréal victime de certaines gens plus fins qu’eux.C’est alors assurément qu’il aurait en tort de répéter si souvent dans ses 'ettres, en parlant des Jésuites, qu'il n’avait qu’à se louer de leurs procédés à son égard.(3) M.de la Nonguère, dont le nom, après diverses transformations, est devenu de La Naudière, et Mtre Boysvinet, lieuteuantde la sénéchaussée de Trois-Rivières.Lo premier, par sa femme, était parent de M.de Tilly chargé d'instruire le procès de Perrot.La présence du second a privé le greffe de Montréal des archives des audiences pour les premiers mois de 1674. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.son siège, et s’avança vers le haut de l’église, faisant des signes à ceux de sa connaissance et aux principaux citoyens, soit pour les avertir de bien noter tout ce qu’ils entendaient, soit pour intimider le prédicateur, en provoquant contre lui des marques générales de désapprobation.(1) Par quelles paroles imprudentes M.de Fénélon avait-il pu susciter ce scandale ?jusqu’à quel point était-il coupable ?Nous ne le savons point.Des détails et une courte analyse du sermon nous sont bien donnés par La Salle dan9 l’enquête ordonnée par le Conseil Supérieur ; mais il ne faut pas oublier que La Salle était jeune, tout dévoué an comte; que, de son aveu même, il avait déjà discuté avec M.de Fénélon les événements qui étaient naturellement le sujet de toutes les conversations.Remarquons encore qu’entre le sermon et l’enquête, il s’èiait écoulé plus d’un iong mois, pendant lequel bien des commentaires, bien des exagérations avaient dû avoir une grande influence sur ce qu’il croyait avoir entendu.Voici donc ce que rapporte La Salle : Le prédicateur “dit que celui qui est nanti de l’autorité ne doit pas inquiéter les peuples qui dépendent de lui ; mais qu’il est obligé de les regarder comme ses enfants et de les traiter en père ; qu’il ne faut pas qu’il trouble le commerce du pays en maltraitant ceux qui ne lui fout pas part du gain qu’ils y peuvent faire, qu’il doit se contenter de gagner par des voies honnêtes ; qu’il ne doit fouler le peuple ni le vexer par des corvées extraordinaires qui ne servent qu’à ses intérêts; qu’il ne faut pas qu’il fasse des créatures qui le louent partout, ni qu’il opprime, sous des prétextes recherchés, des personnes qui servent les mêmes princes, lorsqu’elles s’opposent à ses entreprises ; qu’il doit punir les fautes commises contre le service du Roi, et pardonner celles qui sont contre sa personne, qu’il ail du respect pour les prêtres et les ministres de l’Eglise.” (2) Tel est le témoignage de La Salie.MM.les abbés Souart et Perrot, interrogés à leur tour, affirmèrent qu’ils n’approuvaient pas le sermon “à cause des mauvaises interprétations qu’on pouvait y donner ” M.de Frontenac, dans sa plainte au minisire, dit que tes MM.du Séminaiie lui écrivirent “ en corps pour faire des excuses ” de la conduite de leur confrère.La seule conclusion que nous puissions tirer de ces affirmations c’e-t que le prédicateur avait eu tort de ne pas imiter la sage réserve de snn supérieur.Du moment que ses paroles pouvaient donner lieu à des interprétations malveillantes, il lui fallait de puissants motifs et une très-grande habileté pour venir les jeter au milieu d’une multitude où régnait déjà l’excitation.Mais nous ne croyons pas qu’on puisse le condamner d’après le seul témoignage de La Salle, témoignage donné dans les circonstances que nous avons vues.C’est ce que comprit très-bien le Gouverneur lui-même, qui fit les plus grands efforts pour arracher à M.de Fénélon une preuve veibale ou écrite de sa prétendue eu pabilité.Le procès qui va s’instruire jettera encore plus de lumière sur celte question.H.V.(A continuer.) AVIS OFFICIEIiS.NOMINATIONS.Comté de Châteaugnay.—St.Malachie d’Ormstown : MM.George McCleneghan et John Gibson.Comté d’Arthabaska.—Chester-Ouest : M.Etienne Bruneau.LIVRES APPROUVÉS PAR LE CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Le Conseil de l’Instruction Publique du Bas-Canada, à sa réunion du 10 et du 11 du mois de mai dernier, a approuvé les livres dont suivent les titres.Cette approbation a été confirmée par Son Excellence, le Gouverneur-Général, par minutt en Conseil du premier jour du présent mois de juin : lo.History of Canada for the use of schools and families, by J.Roy.Seventh Edition.1864, (Pour les académies.) 2o.First Greek Reader : for the use of schools.By Archibald H.Bryce A.B.Third Edition.1863.3o.First Latin Reader : for the use of schools.By Archibald H.Bryce, LL.D.Fourth Edition.1864.4u.Second Latin Reader : consisting of Extracts from Nepos, Cresar and Ovid.With notes and a copious Vocabulary, &c.By Archibald H.Bryce, A.B.1863.5o.English Word-Book, for the use of schools : a manual exhibiting the structure and etymology of English words.By John Graham.1863.(Pour les académies et les écoles modèles.) 6o.First Lessons in Scientific Agriculture.For schools and private instruction.By J.W.Dawson, LL.D , F.R.S.Principal of McGill University.1864.(Pour les écoles modèles.) 7o.Word Expositor and Spelling-Guide : a school manual exhibiting the s’ielling, pronunciation, meaning and derivation of all the important and peculiar words in the English language.With copious exercises for examination and dictation.By George Coutie, M.A.1863.8o.A comprehensive system of Book-Keeping, by simple and double entry, etc., By Thomas R.Johnson, Accountant, Montreal.1864.(Pour les écoles élémentaires.) 9o.The Four Seasons : Being a New No.Ill, Nelson’s School Series.AMENDEMENT au Règlement général des écoles normales du Bas- Canada, pas é par le Conseil de VInstruction Publique, à sa réunion du 10 et du 11 du mois de mai dernier, et approuvé en Conseil par Son Excellence, le Gouverneur Général, par minute en Conseil du premier jour du présent mois dejmn.Le Règlement général des écoles normales du Bas-Canada e9t amendé : lo De manière à ce qu’il soit à l’option du principal de chaqne école, avec la sanction du surintendant de l'éducation, d’accorder une bourse de quatre-vingts piastres à tout élève faisant une troisième année d'études pour se préparer au diplôme d’académie, ou à tout élève qui entrera à l’école avec le degré de connaissances nécessaires pour commencer de suite à s’y préparer ; pourvu toutefois que l’excédant de telles bourses soit pris sur le nombre de bourses à accorder chaque année, et que la dépense de l’école ne soit point par là augmentée ; 2o.De manière à ce que toute personne munie du diplôme de bachelier ès-Lettres, ou du diplôme de maître ès-arts d’une des universités du Bas-Canada, puisse être admise à recevoir le diplôme d’académie à l’école normale sans être obligée d’en suivre, les cours, ni d’être examinée sur les matières qui auront fait partie du programme de9 examens du baccalauréat par elle obtenu ; mais elle devra suivre, toutefois, les cours de pédagogie et tout autre cours qui n’auraient point fait partie de tels examens antérieurs, et elle subira en consequence l’examen sur telles matières.Louis Gtard, Secrétaire-Archiviste.EXAMINATEUR.Son Excellence, le Gouverneur Général, a bien voulu, par minute en Conseil du 28 de mai dernier, nommer Flavien Dubergès Gauvreau, Ecuyer, membre du Bureau d’Examinateurs de Bonaventure, en remplacement du Révérend Pierre J.Saucier, Curé, démissionnaire.COMMISSAIRES D’ÉCOLE.Son Excellence, le Gouverneur Général, a bien voulu, par minut6 e n Conseil du 6 du présent mois de juin, approuver les nominations suivantes de commissaires d école : Comté de Wolfe.—St.Gabriel de Stratford : M.François Boudrault, Comté de Richmond.—Brompton : M.Winslow WisweH.Comté de i'0 ita tuais—Aylwin : Mil.Charles Chamberlain, William H-»en y Janes McClelland, William Gaiuforl, Simuel Day.Et eu date du 23 de juin courant : (1) Information faite par Ch.de Tdly, etc.M.l’abbé Ferland qui a copié ce d icu nsntà Paris, s’est empressé ds ms le communiquer avec sa complaisance ordinaire.(2) Information, etc.déjà citée, AVIS AUX COMMISSAIRES ET AUX SYNDICS D’ÉCOLE.MM- les Commissaires et Syndics d'école voudront bien se rappeler qu’ils sont tenus de transmettre à ce département les noms des personues élues pur les contribuables, soit dans le mois de juillet ou dans tout autre temps.Ces renseignements sont indispensables et la subvention sera retenue aux municipalités qui négligeront de les fournir.On doit aussi se rappeler que les noms de baptême doivent être donnés au long et que l’on doit écrire aussi lisiblement que possible, afin d’éviter toute erreur.AVIS AUX INSTITUTEURS.Les instituteurs et les institutrices doivent signer sur les rapports semestriels les mêmes noms et prénoms qu’ils ont donnés au secrétaire du bureau d’examinateurs duquel ils ont obtenu leurs diplômes, afin que les municipalités dans lesquelles ils enseignent n’éprouvent aucun retard dans la réception de leur part de subvention.AVIS AUX DIRECTEURS DE MAISONS D’ÉDUCATION QUI VEULENT SE PRÉVALOIR DES DISPOSITIONS DE L’ACTE 19 VICT., CHAP.54.lo Aucune maison d éducation n’aura droit, cette auDée, à 1 aide accordée par la Légi iature, à moins que le rapport et la demande qui l’accompagnent n’aient été reçus à ce bureau avant le premier jour JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.87 d’août prochain.Il ne sera fait d’exception sous quelque prétexte que ce soit.2o.Un accusé de réception du rapport et de la demande sera immédiatement transmis à la personne qui les aura faits.3o.Quiconque n’aura pas reçu cet accusé de réception dans les huit jours qui suivront le dépôt au bureau de poste des documents dont il s’agit, sera tenu de s’en enquérir auprès du maître de poste de sa localité et au Bureau de l’Education, à défaut de quoi, la demande et le rapport seront censés n’avoir jamais été transmis.4o.Des formules imprimées ont été envoyées, dans la première quinzaine de juin, à toutes maisons d’éducation qui ont déjà été portées sur la liste des subventions, et celles qui n’ont pas reçu ces formules devront en faire la demande.5o.Les maisons d’éducation qui ne sont pas inscrites sur la liste, mais dont les directeurs désirent faire un rapport et une demande, pourront obtenir de ce bureau les formules nécessaires.Pierre J.O.Chauveau, Surintendant de l’Education.Pour écoles élémentaires, 2ème classe F : Mlles Marie ^e_^|?oariÇ*ï“ geron, Marie Delphine Brassard, Adélaïde Côté, Adèle ou Adélia Cote, Apolline Ducharme, Pbilomène Fréchette, Marie Alphonsine Lariviere, Marie Elise Lamothe.Marie Adélaïde Morissette.Oct.le 3 mai, 1864._ J.M.Desilets.BUREAU CATHOLIQUE DE QUÉBEC.Diplômes d’écoles élémentaires de 2ème classe F : Mlles Philomène Chalifour, Philomène Fortier.Diplômes d’écoles élémentaires de 2ème classe A • Mlle M.Virginie Plante.Oct.le 7 juin, 1864.(Séance ajournée).N.Laçasse, Secrétaire.DIPLOMES OCTROYÉS PAR LES BUREAUX D’EXAMINATEURS.BUREAU PROTESTANT DE MONTREAL.Pour académies, 1ère classe A : M.S.Ingersoll Briant.Pour écoles modèles, 1ère classe A : MM.Samuel Henry Dewart, John McIntosh, Mlles Jane Balfour, Abigail A.Canfield, Sarah Isabella Derick, Ellen Augusta Marsh.Pour écoles élémentaires, 1ère classe F.et A : Mlle Rosalie Therrien.Pour écoles élémentaires, lere classe F : Mlle Henriette Feller La-moureux.Pour écoles élémentaires, 1ère classe A : MM.Robert Boyd, James Cunningham, William M.Jameson, James A.Reed, Mme Margaret Chambers, Mlles Hannah Allbright, Margaret Cleland, Catherine Glines, Catherine J.McNaughton, Jane McOuat, Anne Adamena Young.Pour écoles élémentaires, 2ème classe A : Mlles Anna Louisa Hyde, Elizabeth McOuat, Maria Jane Revel, Jemima Agnes Robson, Sarah E.Taggart, Sarah Whittle.Oct.le 3 mai, 1864.T.A.Gibson.Secrétaire.BUREAU DE STANSTEAD.INSTITUTEURS DISPONIBLES.M.Sévérin Pepin dit Lachance muni d’un diplôme d’écoles élémentaires et pouvant fournir de bonnes recommandations.S’adresser à lui-même, à Ste.Elisabeth, comté de Joliette.Un instituteur, muni du diplôme d’écoles modèles, offrant les raeil-ltures recommandations et pouvant enseigner les deux langues.S’adresser à M.Elie Marsolais, à l’Assomption.INSTITUTEUR DEMANDÉ.On a besoin d’un instituteur muni d’un diplôme d’écoles élémentaires) pour la municipalité scolaire de j3t.Aricet No.1.U faudra qu il soit marié et qu’il puisse enseigner les éléments de la langue anglaise.S’adresser, franc de port, à M.Fabien S.Bourgeault, secrétaire-trésorier des commissaires.DONS OFFERTS A LA BIBLIOTHÈQUE DU DÉPARTEMENT.Le Surintendant accuse, avec reconnaissance, réception des ouvrages suivants : De M.Jean-Baptiste Marcoux : “ La Nouvelle Maison rustique ou Economie générale de tous les biens de campagne, ” Pour écoles élémentaires, 1ère classe A : Mlles Sarah B.Allen, Susan L.Davis, Eliza Hollister, Henrietta Quimby, Carrie Tmker, Harriet N.Wilson.Pour écoles élémentaires, 2me classe A : Eliza Jane Brown, Florence J.Baldwin, Evelyn Blandin, Louisa Boyle, Emma Chamberlin, Melvina L.Heath, Flora A.Humphrey, Marietta S.Kinney, Carrie Kingsley, Carrie E.Maloney, Achsa A.McClarey, Harriet Mears, Annie Maria Oliver, Harriet Smith, Lorana Thomas, Sarah Worth.Oct.le 3 mai, 1864.C.A.Richardson, Secrétaire.BUREAU DE RICHMOND.Pour écoles élémentaires, 1ère classe F : Madame Desanges Généreux, (née Savoie,) Mlles Adéline Blais, Julie Germain, Athénaïs Pratte, Marie Louise Richard, Lucie Roy, Elmire Thibodeau.Pour écoles élémentaires, 1ère classe A: M.Charles Cutter, Mlle.Mary Armstrong.Pour écoles élémentaires, 2ème classe A : MM.Oscar Daniel Woodward, Nelson Woodward, "William Watters, Mlles Ann Johnson, Sarah McLean, Margaret Wood.Oct.le 3 mai, 1864.J.H.Graham.Secrétaire BUREAU DE K A M O U R A S K A.Pour écoles élémentaires, 1ère classe F : Mlles Henriette Gagnon, Zéphirinc Hudon, Semire Lapointe, Victoria Tremblay.Pour écoles élémentaires, 2ème classe F : Mlles Malvina Côté, Elisa Langlais, Emma Plourde, Angélique Therriault, M.Virginie Verret, Oct.le 3 mai, 1864.P.Dumais, Secrétaire.BUREAU DE TROIS-RIVIERES.Pour écoles modèles, 1ère classe F.et A : Mlles Marie Lucie Virginie Hébert, Caroline Hamel, Henriette la duc, Marie Delphine Laplante.Pour écoles modèles, 1ère classe F : Mlle Eut.Victoire Asilda Lor.Pour écoles modèles, 2ème classe F : Madame Sophie Plamondou.Pour écoles élémentaires, 1ère classe F : Mlles Marie Edwige Bastien, Eutichéenne Blais, Héloïse Philomène Caron, Elisabeth Champagne, Marie Janelle, Eutichéenne Lacerte, Marie Adéline Lebœuf, Marie Elisabeth Leblanc, Marie Philomène Métivier, Marie Zélia Part, Marie Anne Richard, Marie Olive Roberge, Marie Adelphiue Tourigny, Marie Louise Voisard.JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE MONTRÉAL, (BAS-CANADA,) JUIN ET JUILLET, 1864.De la pjbliratlon des Rapports sur l'instruction publique.Nous publions dans cette livraison, à l’exclusion d’autres matières, le rapport du Surintendant de l’Instruction Publique du Bas-Canada pour l’année 1863.Les journaux se plaignent chaque aunée du retard qui est apporté à la publication et à la distribution des rapports sur l’instruction publique tant pour le Haut que pour le Bas-Cauada.Si les éditeurs jetaient un coup d’œil sur nos colonnes, ils verraient que, dans tous les cas, le département ne saurait être blâmé pour ce retard, puisque chaque année, longtemps avant la distribution du document imprimé par l’ordre de l’Assemblée Législative, le rapport personnel du Surintendant, qui contient un résumé de tous les tableaux statistiques et autres documents qui y sont annexés, est publié dans notre journal.Nous ne voulons blâmer ni les officiers du Parlement, ni les imprimeurs de la Chambre qui conduisent, croyons-nous, cette publication avec toute la diligence possible ; nous désirons seulement constater que les chefs des deux départements de l’instruction publique se trouvent sous ce rapport dans une position plus désavantageuse que les ministres des terres de la couronne et des travaux publics, à qui il est I permis de faire imprimer leurs rapports sous leur propre JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.contrôle et à mesure qu'ils se rédigent ; la suggestion d’un pareil arrangement a été faite à plusieurs reprises par les deux burintendants ; mais il paraît que le contrat qui est f it avec les imprimeurs du Parlement ne permet point que l’ordre de choses actuel soit changé.O Dccisïo» Judiciaire.Dans une poursuite intentée par les commissaires d’école de Repentigny contre un des contribuables de cette municipalité, 1 Hon.Juge Laberge a décidé que le statut 27 ^ ictoria, chapitre 11, qui donne aux commissaires d'école les pouvoirs conférés aux conseils municipaux pour le recouvrement sommaire des cotisations, n’empêchait point de poursuivre comme ci-devant, si on le jugeait préférable.Lu un mot, le statut de 1863 n’abroge aucun des pouvoirs préexistants, mais en confère seulement de nouveaux.Rapport sur l’instruction publique pour ÏSG3.( Bureau de l’Education, £ Montréal, ce 15 mai, 1864.Hon.Secrétaire Provincial, * Québec.Monsieur, J ai l’honneur de vous transmettre mon rapport sur l’état de l’instruction publique dans le Bas-Canada, pour l’année 1863.Le comité de l’assemblée législative chargé de diriger l’impression des documents publics, ayant décidé de ne publier les tableaux statistiques au long et les extraits des rapports des Inspecteurs que tous les trois ans, et cette publication ayant eu lieu, il y a deux ans, je ne vous transmets que le résumé des statistiques et quelques autres documents, qui font exception à la règle établie par le comité.Je ne répéterai point les observations que j’ai faites dans tous mes rapports précédents sur l'insuffisance des sommes affectées à plusieurs branches du service de l’instruction publique, et je me contenterai de renvoyer au dernier, notamment en ce qui concerne la demande que j’ai laite à plusieurs repiises d’une augmentation de la subvention de la Caisse d’Economie des instituteurs: cette demande s’y trouve motivée très-au long.Le petit tableau des affaires de cette institution, donné l’année dernière, se complète comme suit pour l’année courante et confirme les observations déjà soumises : Années.Nombre d’institu- teurs qui se sont inscrits chaque an- née.II 1 Nombre de pension- naires chaque année.Il Taux de la pension pour chaque année d’enseignement.Total des pensions payées.$ cts.$ cts.1857.150 63 4 00 886 90 1858.74 91 4 00 2211 74 1859.18 128 4 00 3115 36 1860 9 130 3 00 2821 57 1861 9 160 3 00 3603 58 1862.10 164 1 75 2522 09 1863.13 171 2 25 3237 00 La somme totale du progrès de l’instruction publique, dans les dix dernières années, se répartit comme suit : Tableau du progrès de l’instruction publique dans le Bas-Canada, depuis 1853.1853.1854.1855.1856.1857.1858.1859.1860.1861.1862.1863.Augmentation sur 1853.Augmentation sur 1858.Augmentation sur 1862.Institutions 2352 2795 2868 2919 2946 2985 3199 3264 3345 3501 3552 1200 567 51 Elèves 108284 119733 127058 143141 148798 156872 168148 172155 180845 188635 193131 84847 36259 4496 Contributions 165848 238032 249136 406764 424208 459396 498436 503859 526219 542728 564810 398962 105414 22082 L'augmentation du nombre des élèves de l’année dernière est moindre que celle des deux années précédentes et n’est guere plus considérable que celle de 1860.L’augmentation annuelle a toujours été, du reste, sujette à des fluctuations auxquelles on ne saurait assigner de cause ; excepté, peut-être, les maladies qui sévissent quelquefois sur les enlauts en âge de fréquenter les écoles, telles queja scarlatine et la petite véiole La sévérité que le Département a dû montrer à l’égard des diplômes, a aussi empêché l’ouverture de plusieurs nouvelles écoles, et en a même fait fermer queiqnes-unes ; mais il paraîtra évident que la réforme commencée sous ce rapport devait être poursuivie avec vigueur, au risque même de présenter des résultats numériques moins satisfaisants.Que'ques districts d’inspection ont subi une diminution : ce sont ceux de M.Crépault, inspecteur des comtés de Bellechasse, Montmagny et l’Islet ; de M.Maurault, inspecteur des comtés d’Yamaska et Nicolet, et de M.Béland, inspecteur des comtés de la Beauce et île Lotburiére ; dans ce dernier district, la diminution n’est pas moins de 699.Le district voisin, celui de M.Juneau, qui comprend les comtés de Lévis et Dorchester, ne présente aucune augmentation.L’augmentation numérique la plus considérable, est celte du district de M.Valade, comprenant les écoles catholiques de la cité de Montréal et celles des comtés de Jacques Cartier, Hochelaga, Vaudreuil et boulanges.Ce chiffre, qui étai1 de 17,431 l’année dernière, est, cette année, de 18,498.La plus forte partie de cette augmentation a eu lieu dans les écoles sous contrôle, le chiffre représentant les élèves des écoles indépendantes n’ayant augmenté que de 111.L’augmentation proportionnelle la plus considérable qui ait eu lieu est celle du district d’inspection de M.Martin, qui comprend le comté de Chicoutimi : elle est de 1024 à 1573, c’est-à-dire un peu plus de cinquante pour cent.Vient ensuite celle du district de M.Boivin, qui comprend les comtés de Charlevoix et Saguenay : elle est de 2043 à 2495, c’est-à-dire de près de vingt-cinq pour c nt.si l’on ajoute au nombre total des enfants fréquentant les écoles primaires, (lesquels sont presque sans exception au-dessous de 16 ans,) celui des élèves au dessous de cet âge qui fréquentent les autres institutions, on aura un total de 184.661.Le chiffre des personnes de cinq à quinze ans, d’après le recensement de 1861, est de 289,429 ; en ajoutant 15,000 pour les personnes de 15 ans et pour l’augmentation survenue de 1861 à 1863, on aurait 304,429.La propoition du nombre d’enfants de 5 à 16 ans fréquentant les JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE, écoles, en 1863, serait donc de 60.60 pour cent.En 1855, cette proportion n’etait que de 47.33 p.c., ce qui donne un progrès de 13.37 p.c.(1) Mais on doit observer que l’âge de 5 à 16 ans, d’après la loi, r.’est que la limite de la population scolaire facultative, et que ce n’est que de 7 à 14 ans que s’établit la rétribution mensuelle, ce qui peut être considéré comme indiquant les limites de la population scolaire obligée.Le chiffre des enfants Iréquentant les écoles dans cette limite donnerait une proportion d’au moins 75 pour cent.La proportion du chiffre total des élèves, 193,131, donne sur la population totale du dernier recensement, en y ajoutant 44,000 pour l’augmentation survenue depuis, savoir : sur 1,156,000 depopulation 16.07 p.c.Le nombre des écoles primaires et de leurs élèves sous le rapport de leur régie, se répartit comme suit : écoles en opération sous le contrôle des commissaires, 2762, ayant 131,641 éléves ; 50 écoles sous le contrôle de syndics dissidents catholiques, ayant 1874 élèves ; 123 écoles dissidentes protestantes, ayant 4263 élèves, et 350 écoles indépendantes, ayant 23,812 élèves.Les écoles primaires se répartissent, de plus, comme suit: 4 écoles modèles annexes des écoles normales, ayant 759 élèves; 291 écoles primaires supérieures, ayant 19,276 élèves, et 3030 écoles élémentaires, ayant 142,314 éléves.Le tableau suivant de l’augmentation des cotisalions, depuis les 7 dernières années, montre un progrès soutenu.L’augmentation de l’année 1863 est, comme on voit, aussi considérable que celle de l’année précédente: elle porte exclusivement sur .les rétributions mensuelles.J’ai déjà fait observer que cet état n’est que celui des sommes imposées et qu’il reste toujours des arrérages en partie compensés, cependant, par les'arrérages prélevés de l’année précédente.Tableau des cotisations imposées annuellement, depuis l’année 1856.1856.1857.1858.1859.1860.1861.1862.1863.Cotisation pour égaler la subvention.Cotisation an delà de la subvention.Rétribution mensuelle Cotisation pour construction d’édifices.$ cts.113,884 87 93,897 90 173,488 98 25,493 80 $ cts.113,887 08 78,791 17 208,602 37 22,928 63 $ cts.115,185 09 88,372 69 231,192 65 24,646 22 $ cts.115.792 51 109,151 96 251,408 44 22,083 57 § Cts.114,424 76 123.939 64 249,717 10 15,778 23 $ cts.113,969 29 130,560 92 264,b89 11 17,000 00 8 cts.110,966 75 134,033 15 281,930 23 15,798 84 $ cts.110.534 25 134.888 50 307,635 14 11,749 76 406,765 55 424,209 25 459,396 65 498,436 48 503,859 73 526,219 32 542,728 97 564,810 65 Le tableau suivant du progrès fait dans le nombre d’élèves apprenant chacune des branches de l’instruction primaire, prouve ie même progrès que les années précédentes.Tableau comparé du nombre d’enfants apprenant chaque branche de l’enseignement, depuis 1853.Aug- Aug- Aug- 1853.1854.1855.1856.1857.1858.1859.1860.1861.1862.1863.mentation sur mentation sur mentation sur 1853.1858.1862.Elèves lisant bien.27367 32861 43407 46940 48833 52099 64362 67753 75236 77108 77676 50309 25577 568 Elèves écrivant 50072 47014 58033 60086 61943 65404 80152 81244 87115 92572 970S6 47014 316S2 4514 Apprenant l’arithmétique simple 18281 22897 30631 48359 52845 55847 63514 63341 69519 74518 75719 57438 19872 1201 Apprenant l’arithmétique composée.12428 18073 22586 23431 26643 28196 30919 31758 41812 44357 45727 33299 17534 1370 Apprenant la tenue 799 1976 5012 5500 6689 7135 7319 9347 9G14 9630 9630 2941 16 Apprenant la géographie 12185 13826 17700 30134 33606 37847 45393 49462 55071 56392 60585 48400 22738 4193 Apprenant l’histoire.6738 11486 15520 17580 26147 42316 45997 46324 51095 54461 59024 52286 16718 4563 Apprenant la grammaire française.15353 17852 23260 29328 39067 43307 53452 54214 60426 61314 63913 58560 20606 2599 Apprenant la grammaire anglaise.7066 7097 9004 11824 12074 15348 19773 25073 27904 28462 27358 20292 12010 Apprenant l’analyse grammaticale .4412 9283 16439 26310 34064 40733 44466 46S72 49460 50893 52244 47832 11511 1351 (1) Le chiffre du recensement fait en vertu de la 7le clause du chap.15 des Statuts Refondus, donne un chiffre beaucoup moindre; mais, comme ce recensement n'est point fait dans un certain nombre de municipalités et que, dans beaucoup d'autres, j’ai lien de le considérer comme très-inexact, je prends celui du recensement décennal. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.On remarquera que quelques branches sont rendues maintenant a un point qui ne laisse presque plus à désirer autre chose que le progrès naturel par l’augmentation du nombre des écoles et de leurs élèves.Ainsi, 63,913 élèves apprennent la grammaire française ce nombre approche de celui îles élèves lisant couramment ; 60,585 apprennent la géographie ; 59,024 apprennent l’histoire ; / 5,719, l’arithmétique simple, et 45,727, l’arithmétique composée.Tandis qu’il y a encore, en 1863, une augmentation de 2599 dans le nombre des élèves qui apprennent la grammaire française, il y a, au contraire, une diminution de 1104 dans le nombre des élèves qui apprennent la grammaire anglaise.Comme il est certain que l’élude de la langue anglaise fait du progrès dans les écoles lrançaises, ce fait vient à l’appui de l’observation souvent faite par plusieurs inspecteurs dans leurs rapports : que, dans beaucoup d’écoles anglaises, l’étude de la grammaire est négligée.Parmi les documents annexés à ce rapport, se trouvent, comme à l’ordinaire, les comptes-rendus de l’année scolaire dernière dans les écoles normales, par MM.les directeurs de ses institutions.Ces documents contiennent des renseignements favorables sur les résultats de l’œuvre importante de l’instruction normale, et l’on ne verra pas sans intérêt la vive sollicitude que montrent les directeurs pour les succès des élèves qu’ils ont formés à l’enseignement.Ils visitent leurs écoles et entretiennent des rapports constants avec eux, et ils prennent aussi une part active aux conférences qui se tiennent trois fois l'année aux écoles Jacques-Cartier et Laval, et annuellement à l’école McGill, non-seulement pour les anciens élèves, mais encore pour tous les instituteurs munis de diplôme qui veulent s’y joindre.Le tableau suivant des admissions aux écoles normales, depuis leur fondation, fait voir que l’année, terminée en juillet deinier, a réuni le nombre d’éleves le plus élevé que puissent attendre ces institutions dans les édifices qui leur sont actuellement destinés, au moins en ce qui concerne les écoles JacquesCartier et Laval.Tableau du nombre d’élèves qui ont fréquenté les écoles normales.Ecole Jacques-Cartier.Ecole McGill Ecole Laval 1 en p 1 en a?.> en •» g J ?E- Années scolaires.Elèves- instituteurs.m en 3 K O S s en en C ¦ S en O P ¦V s wS en .S
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