Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Journal de l'instruction publique
Revue publiée par le Département de l'instruction publique à l'intention des acteurs du milieu de l'éducation. Des textes officiels du gouvernement côtoient des retranscriptions de discours et de conférences, des nouvelles nationales et internationales, des textes sur la pédagogie, des textes littéraires et de la documentation variée en support à l'enseignement.
Éditeur :
  • Montréal :Département de l'instruction publique,1857-1879
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Journal de l'instruction publique, 1863-03, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
Volume VII.Montréal, (Bas-Canada) Mars, 1863- No.3.SOMMAIRE.—Science : Les nations à l’Exposition Universelle de Londres, en 1862.—L’Angleterre et ses colonies, par M.E.Levasseur, (suite).—Education: De la Calligraphie.IX.Des divers genres d’écriture, (Taiclet).—De la colère, (Orfila).— Exercices pour les élèves des écoles.—Vers à apprendre par cœur : Le Lézard, (Lamartine).—Les deux cortèges, (Soulary).—Exercice de grammaire : Analyse logique, par M.N.Laçasse.—Dictée homonymique.—Avis Officiels : Nomina- TL - “ 1 1-—-uilicc UHUI(MI) llllijUL'.-AVIS C/I* 1 r IClbLs .ixlMIUIia- tion d’examinateurs.—Avis concernant l’engagement des instituteurs.—Diplômes aceordés par les bureaux d’examinateurs.-—instituteurs disponibles.—Dons offerts à la bibliothèque du département.— Editorial : Distribution de la subvention annuelle aux Universités, Collèges, etc.—Engagement des instituteurs.—Dix-huitième conférence de l’association des instituteurs à l’Ecole Normale Laval.— Extraits des rapports de MM.les inspecteurs d’école pour 1859-1860.(suite).— Petite Revue Mensuelle.—Nouvelles et Faits Divers ; Bulletin de l’Instruction Publique.Bulletin des Lettres.—Tableau de la distribution de la subvention de l’éducation supérieure, pour 1862.SCIENCE.Les nations à l'Exposition Universelle de Londres en 1S62.L’ANGLETERRE ET SES COLONIES.(Suite et fin.) C’est en face d’elle, sur le continent africain, que se portent aujourd’hui les espérances et les efforts des Anglais ; ils s’appliquent a attirer le coton sur ces marchés africains, où l’on n’avait été acheter jusqu’ici que des esclaves, de l’ivoire ou de la poudre d’or.Le climat est favorable, et de temps immémorial le coton est cultive dans ces contrées, mais il l’est en trop petite quantité; l’in-dustrie, Jes capitaux, les moyens de transport manquent aux indi-genes.^ Le génie anglais voudrait leur communiquer la vie : de quel coté se porteront ses efforts?Le docteur Livingstone, qui a revele à l’Europe l’existence de l’Afrique australe, appelle ses concitoyens sur les rives du Zambèze ; d’autres préféreraient les cotes de la Guinée, qui sont plus voisines de l’Angleterre et d’un abord plus facile.L’association commerciale d’Abeokuta avait reuni de curieux échantillons des productions de ces parafes: ivoire, fourrures, huile de palme et de coco, grossières, mais solides étoffes de coton bleu, blanc, rayé.Ces étoffes servent à confectionner les vêtements des indigènes et commencent déjà à fournir la matière d’une exportation assez régulière pour le Brésil.Le coton est lilé à la main dans ie pay’s même ; quant au coton brut, il est assez abondant pour suffire non-seulement à la consotn-mation intérieure, mais à quelques demandes de l’Europe, qui, en b en a *'r® plus de 2,000 balles.C’est principalement des districts montagneux de l’intérieur, surtout de l’Yoruba, que vient Je coton, ainsi que le jute et le fer, qu’on dit de très-bonne qualité, si la Grande-Bretagne parvient à introduire la navigation à vapeur sur le Niger, et, ce qui est beaucoup plus difficile, à mettre fin aux guerres perpétuelles des tribus nègres, elle aura sans doute ouvert une mine féconde à son industrie, qui peut y trouver aujourd’hui du coton au prix très-modique de 50fr.les 100 kil.; mais il ne faut pas se dissimuler que Ja tâche est loin d’être accomplie.Le docteur Baikie pénétra plus loin encore, au delà du Niger, dans les profondeurs du Soudan ; il a rapporté des tissus du Noupi, des calebasses, des nattes de Kano, du Haoussa, du Borriou ; mais, de ce côté, aussi bien que dans Ja partie découverte par Livingstone, les difficultés sont grandes ; il faudra bien des années avant qu’il s’établisse entre ces vastes contrées et l’Europe un échange réo-ulier de produits.Il faut se défier de l’enthousiasme en pareilTe manière et se garder de croire que nous soyons près du jour où le Zambèze et le Niger détrôneront le Mississipi ; mais on ne doit pas non plus désespérer de l’industrie humaine.L’opiniâtreté des Anglais a déjà force plus d’une barrière réputée infranchissable : ne pourrait-elle pas, en étendant peu à peu jusqu’au centre de l’Afrique le marché du coton, s’affranchir de plus en plus de la dépendance exclusive de 1 Amérique, et donner à ses manufactures la clientèle d’un inonde nouveau ?L’Angleterre a une colonie qui possède le privilège de commercer avec l’intérieur de l’Afrique : c’est Malte ; mais Malte est plutôt une forteresse qu’une manufacture anglaise.L’île a conservé son caractère.Voyez ces dentelles de soie noire et blanche qui rappellent, de fort loin sans doute, le point de Venise, c’est le °oût italien ; ces grosses étoffes de coton rayé, ce sont celles que depuis des siècles les caravanes portent sur les marchés de Tripoli et du boudan.Malte ne se rattache que par un côté au mouvement actuel des colonies anglaises ; elle produit du coton.Les îles Ioniennes ont été classées parmi les Etats libres; nous ne croyons pas faire tort à la réalité en les rangeant ici au Milieu des colonies qui, certes, ne dépendent pas d’une manière plus directe et plus étroite du gouvernement britannique.Comme Malte cependant, .es sept îles ont conservé leur physionomie originale et protestent contre une protection qu’elles considèrent à l’égal d une servitude.En y abordant, on se croit déjà en Orient, ou fout au moins en Grece ; vqyez ces coraux, ces étoffes rayées, ces bro-aerres d or sur velours qui rappellent les palhkars, celte orfèvrerie toute couverte de fihgrane, ces larges plaques de ceinture qui ornent la poitrine des femme*, et ces voiles qui leur cachent le visage • voyez ces modernes tableaux d’église qu’on prendrait volontfers pour de mauvaises toiles de l’ancienne école byzantine.Rien d anglais dans les mœurs ; cependant Je commerce anglais est flo-rissant a Corfou, parce qu’il tire du pays de l’huile d’olive, du sa von, du coton, un peu de soie, un peu de fin, quelques bons vins et des jambons ; la mer fournit d’excellentes éponges.L Angleterre a de riches colonies en Amérique.La plus puissante est le Canada, que le sort de la guerre a détaché de la France sous le régné funeste de Louis XV.Le Canada est aujourd’hui un iche pays, déployant ses belles cultures sur les deux rives d’un neUVle BasSCanUd’ T ®S vai,SSeauxde Suerre remontent sans pei-n.le Bas-Canada est encore français par les mœurs et le langage • fofohi ePV‘Si ,C01lqnete’ 6S ?101111iers anglais ont poussé leur défrichements le long des grands lacs, et formé un second Canada 4288 34 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.qui s’accroît tous les jours et appartient presque exclusivement à la race anglo-saxonne.C’est une contrée civilisée : caractère d’imprimerie, préparations pharmaceutiques, voitures et harnais, machines agricoles, meubles, livres, tous produits d’une industrie assez avancée : si les meubles sont lourds, la carosserie en revanche était remarquable par sa légèreté.Peu de nations auraient à produire une œuvre aussi belle que le fameux pont de Victoria, qui relie à Montréal la rive gauche du Saint-Laurent aux chemins de fer américains ; sur vingt-cinq piliers s’élève le pont, dont le tube seul mesure 2,000 mètres, et qui a coûté plus de 150 millions.Le Canada n’a pas reculé devant la dépense et les difficultés du travail, parcequ’il sait l’importance des communications iaciles, parce qu’il est et tient à rester un des grands chemins de l’émigration.Il fait tous ses efforts pour conserver cette situation ; il transforme, pour les longs parcours, ses wagons en appartements avec chambre à coucher, cabinet de toilette, etc.; les passagers qui y séjournent plusieurs jours peuvent se croire encore à bord du bâtiment qui les a amenés d’Europe.C’est un transit lucratif qu’on se dispute comme celui des marchandises, et d’ailleurs parmi ceux qui n’ont l’intention que de passer, il y en a toujours qui se plaisent dans le pays et qui s’y fixent?Or, le Canada est une des colonies qui sont en quête de travailleurs ; il en demande à grands cris ; la culture offre de prendre immédiatement plus de 15,000 ouvriers, promettant, avec le logement et la nourriture, des salaires de 48 à 72 fr.par mois pour les hommes, et de 6 à 18 pour les petites filles.L’agriculture s’y développe rapidement: céréales, légumes, graines oléagineuses, tabac, y viennent en abondance et s’exportent pour la métropole, ainsi que les jambons et les magnifiques bois de construction que l’on admirait à l’exposition.Le chêne blanc, excellent bois dur, qui atteint d’ordinaire 23 mètres en hauteur avec un diamètre de lm, 60 ; le frêne d’Amérique, dont la croissance est plus rapide ; l’orme ; les beaux sapins et pins du Canada ; le platane de l’Occident, qui élève à 40 mètres un tronc dont la base mesure quelquefois 2 mètres, se disputaient la palme et formaient la partie originale de l’exposition canadienne.Non loin du Canada se groupaient plusieurs autres colonies qui en sont, pour ainsi dire, les”rameaux.Le Nouveau-Brunswick avait envoyé de fort beaux outils : haches, couteaux et autres articles de quincaillerie, des ressorts de voitures, des machines agricoles, une assez belle cheminée en faïence émaillée, des meubles en bois sculpté qui avait le tort de manquer de grâce, une glace que le poids de ses ornements écrasait et un traîneau aussi gracieux que léger : c’est encore la civilisation.Le Nouveau-Brunswick,comme le Canada, cultive les céréales et les graines; il fabrique du biscuit de mer, des conserves de légumes et de poissons, et possède, parmi ses minéraux, le plus précieux de tous, la houille.L’île du Prince-Edouard, située sur la côte du Nouveau-Brunswick, appelle aussi des colons ; elle a quelque industrie, tartans grossiers, étoffes de laine filée et tissée à la main, bons souliers et fortes bottes, un peu de chapellerie et de fort médiocre sellerie; sa principale ressource consiste encore dans les céréales, le lin et surtout la pêche des morues et des maquereaux, qui est très-productive sur la côte septentrionale.Terre-Neuve est la reine de la pêche dans ces parages ; aussi exposait-elle ses poissons fumés et son huile de foie de morue à côté de son minerai de cuivre, de son blé, et de ses belles fourrures de martre et de renard.La Nouvelle-Ecosse était la plus prétentieuse du groupe.Elle ne compte encore que 330,000 habitants et se plaint d’être moins favorisée par l’émigration que ses heureuses voisines.Elle n’a pas encore d’industrie ; les bijoux qu’un certain Cornelius d’Halifax exposait n’était qu’une réclame en faveur des mines d’or, car la Nouvelle-Ecosse en possède aussi ; elle les a découvertes depuis deux ans, et elle tient à ce que l’Europe le sache : l’exemple de l’Australie et de la Californie ont appris à toutes les colonies que les mines d’or sont une amorce souveraine pour les colons, et qu’une terre vierge qui peut donner le précieux métal y gagne des habitants qui sont une richesse infiniment plus précieuse."En attendant que celle-ci puisse exposer ses lingots, elle produisait quelques perles, des améthystes, des fourrures de renard, un beau manteau de cygne, des conserves de saumon fort estimées et quelques productions agricoles.A l’autre extrémité du continent américain, la Nouvelle-Colombie affichait avec plus de raison, ou du moins plus de notoriélé, Jes mêmes ptétenlions.La découverte des mines du Fraser, qui ne sont que la suite des immenses gisements de la Californie, a fait quelque bruit en Europe, et de nombreux colons sont venus peupler la petite ville de Victoria, à la pointe de Vancouver.Toutefois, ce n’est qu’une colonie naissante ; à la carte de ses placers, qui s’étendent sur une vingtaine de lieues dans la vallée inférieure du Fraser et à ses échantillons de minerai, elle ne pouvait joindre qu’un peu de céréales, fruit de ses premières cultures, quelques poissons fumés, des paniers tressés par les sauvages et un magni- fique sapin de Colombie, dont ta.tigè s’élance à plus de cent mètres du sol.Les Indes occidentales forment le second groupe des colonies anglaises d’Amérique.Les Bermudes, sur les côtes desquelles on pêche encore la baleine, leur servent de sentinelle avancée ; ses madrépores n’ont qu’une médiocre utilité, mais ses écailles de tortues et sa nacre sont estimées ; son sol produit l’arrow-root et le coton.Les Bahamas, qui couvrent les Antilles du rempart de leurs récifs, donnent les mêmes produits, et leur soleil plus chaud leur permet de cultiver avec succès les oranges et les ananas qui se vendent à Londres, le tabac et le coco, diverses fibres textiles ; les côtes fournissent des éponges.Le rhum suffirait pour faire la réputation et la fortune de la Jamaïque, mais la nature, prodigue envers elle, lui a donné de plus d’excellent café, du coton qui a besoin d’être encore amélioré, de l’écaille, de fort beaux bois, du tabac et des minerais de cuivre et de fer.Le Honduras anglais n’est qu’un grand chantier de bois ; l’acajou domine, mais il n’est pas sans rivaux et l’ébénisterie peu trouver des ressources nombreuses dans les essences qu’exposait cette colonie.La Dominique, la Barbade, Saint-Vincent, La Trinité présentaient les productions des climats tropicaux : manioc, arrow-root, sucre, café, coton, quelques beaux bois d’ornement; d’ailleurs peu d’industrie; les Indes occidentales sont des exploitations agricoles dans lesquelles la pauvreté des serviteurs se contente de peu, et le luxe des maîtres demande ses satisfactions à l’Europe.La Guyane a le même caractère : bois admirables, coton, colophane, sucre et rhum ; elle y avait joint une collection fort curieuse d’insectes, parmi lesquels figuraient les plus beaux papillons bleus qu’on puisse imaginer.Il y a quatre-vingts ans, le Pacifique était une mer à peine explorée, et de savants navigateurs s’immortalisaient en découvrant ses côtes et ses îles.C’est là que sont aujourd’hui les colonies anglaises les plus actives, les plus originales, les plus riches d’avenir ; la race blanche prend possession de l’Océanie comme au XVIIe et au XVIIIe siècle elle a pris possession de l’Amérique du Nord.C’est sur le continent australien que se porte l’effort principal de la colonisation, et déjà se sont formés à la pointe sud-est deux Etats importants.La Nouvelle-Galles du sud est le plus ancien, si l’on peut se servir de ce mot pour un pays où le premier établissement européen date de 1788; sa capitale est une ville de plus de 80,000 habitants ; elle a ses fabriques et même des industries de luxe ; elle montrait ses châles, ses mérinos, sa cordonnerie, sa reliure, qui a obtenu une médaille, son orfèvrerie, à qui on a fait le même honneur, quoiqu’elle ne soit qu’une caricature de la mauvaise orfèvrerie anglaise, ses draps, dont quelques-uns sont fort beaux, des chapeaux de paille faits avec des fibres de palmier, qui valent bien les panamas, et de petits objets de forge., Mais c’est l’agriculture qui fait sa richesse et son originalité: céréales, maïs, vins que le jury a distingués, rotins, soies, laines surtout, qui sont l’objet le plus productif de son commerce et dont quelques lots étaient d’une rare finesse.La Nouvelle-Galles ne voit pas sans chagrin sa jeune voisine du sud l’éclipser par le prestige de son or, et elle faisait de la réclame, comme un marchand, pour attirer la clientèle.Elle avait placardé ses affiches en pleine exposition : “ Le pays possède des mines de charbon dont l’exploitation s’étend chaque jour.Ses champs d’or sont maintenant les plus prospères de l’Australie.La colonie possède 200 millions d’acres de terres qui sont encore entre les mains de la couronne, attendant les colons.” Et en même temps, elle indiquait les prix de la traversée, de 375 fr.à 1,000 fr.selon les bourses.D’ailleurs Victoria, sa rivale, n’est pas restée au-dessous de son aînée en fait de charlatanisme.C’est elle qui devant la porte principale avait dressé une pyramide de quarante pieds de haut, représentant la masse d’or extraite de ses mines; à l’entrée du transept où elio occuDait la première place, elle s’était fait un rempart de tonneaux pleins de terres aurifères de toutes qualités, que les curieux pouvaient voir et presque manier ; un ouvrier lavait de temps à autre un peu de minerai pour montrer à la foule, qui se pressait ébahie autour de la cuve, comment le brillant métal se dégage de la poussière : de nombreuses caries des divers gisements, et surtout des 200 placers du mont Ballarat, étaient^ suspendues de tous côtés; des pépites en imitation ou en nature étaient étalées sous des vitrines, entre autres le fameux Koh-I-Noor qui n’obtenait pas moins de succès que le diamant dont il emprunte le nom ; il provient des mines de Ballarat et vaut 33,450 fr.Depuis sa découverte, on en a extrait d’autres plus pesants encore ; les pépites de 35,000 fr.ne sont plus une rareté, il y en a même une qui a été trouvée a Kingowa, en 1857, à treize pieds du sol, et qui a une valeur de 172,625 fr.Trouver en un instant une fortune avec quelques coups de pioche, quel merveilleux appât pour de pauvres émigrants .cependant, on leur cache les déceptions, les miseres : qu ils arrivent, et quand ils seront dégoûtés du travail souvent ingrat des JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.35 lavages aurifères, l’industrie, l’agriculture surtout les recueilleront et la colonie s’enrichira de nouveaux citoyens.C’est ainsi que Melbourne, née il y a trente ans à peine, a plus de 250,000 habitants, qu’elle s’étend chaque jour, et que la colonie tout entière, faisant le recensement de sa population mâle, comptait, en 1861, 303,927 mâles dont 79,547 seulement employés aux mines: encore, dans ce nombre, ne comprenait-elle pas 24,000 Chinois, qu’elle classe à part comme une race proscrite.Grâce à cette armée de travailleurs, la colonie de Victoria pouvait non-seulement présenter les richesses naturelles que l’Europe lui achète, belles laines blanches et noires, laines angora, suif, peaux, bois, soies et fibres de l’agave, mais les produits manufacturés par elle, dont quelques-uns peuvent un jour fournir une ample matière à l’exportation, les savons par exemple et les chandelles, qui sont d’une très-bonne fabrication.Elle produit pour elle-même toutes les céréales d’Europe, des vins ; elle a des sangsues, (le belles plumes, du liège ; elle fabrique non-seulement des outils, mais des machines agricoles et des locomotives, des voitures, des lainages fins, d’assez bons châles de qualité ordinaire, des brosses, des habits confectionnés, des meubles et des billards ; comme la Nouvelle-Galles, elle a des reliures qui lui ont valu une médaille, quoique le goût n’en soit pas irréprochable ; elle imprime des livres, de la musique, cultive la la gravure ; elle s’est bâti une bibliothèque dont la salle de lecture, supportée par des colonnes ioniques comme l’intérieur d’un temple grec, éclairée au gaz comme un club de Londres, a reçu, en 1862, 18,000 lecteurs.Quel contraste offre cette civilisation éciose d’hier pour ainsi dire, sur une terre dont la race indigène, après des milliers d’années d’existence, ne possède pour toute richesse que des casse-tête et des lances de bois ! Les autres établissements sont encore purement agricoles.Queensland, au nord de la Nouvelle-Galles, montrait seulement quelques beaux bois, entre autres des cyprès et des pins, de la laine, de l’huile, du sayon et des fourrages, mais surtout les produits des pays chauds que 6on climat lui permet de cultiver: soie, arrow-root, canne à sucre et coton longue-soie.Toutefois elle est encore à ses premiers débuts et n’a pu guère donner que des espérances.L’Australie du sud est plus avancée, et date de 1836 ; elle possède déjà 130,000 habitants, et construit des chemins de fer.Elle a des terres très-propres à la culture du blé, des coteaux qui donnent du vin, de vastes pâturages dont les moutons fournissent leur laine à l’exportation, et où l’on a récemment introduit l’al-paca; des mines de cuivre, au nombre de seize eu exploitation, et dont les principales, celles de Burra-Burra, de Kapunda, de Wallaroo, sont déjà bien connues en Europe.Adélaïde avait même envoyé de [’orfèvrerie, qui péchait, comme toute l’orfèvrerie de la race anglo-saxonne, par une servile imitation des détails de la nature; elle se distinguait pourtant par ses motifs empruntés à la flore indigène ; un modèle de châle, dont les palmes et les entredeux étaient tout formés de feuillages indigènes, avait le même mérite et était de fort bon goût : exemple dont nos dessinateurs devraient profiter pour s’affranchir quelque peu du (ype invariable de la palme indienne.L’Australie occidentale est,comme Queensland, dans la première période de son développement ; Perth, avec ses maisons entourées de jardins et disséminées au milieu des arbres, marque son caractère exclusivement agricole ; à ses bois, joignez du minerai de cuivre, des peaux, de belles fourrures de cygne, et vous aurez une idée de sa modeste exposition.La Tasmanie, grande île située au sud de l’Australie, faisait plus d’étalage.Ses bois, dressés en forme de tour, montaient presque jusqu’au faite de l’édifice et méritaient réellement de fixer l’attention des armateurs.Des cannes, des rotins l’entouraient.8es fruits étaient aussi beaux que ceux de nos jardins ; ses laines avaient obtenu une médaille.Elle montrait avec orgueil de belles fourrures et principalement celle de l’opossum et de l’ornithorynque, le plus singulier des animaux, et du charbon de terre qui est avec l’or le rêve de toutes les colonies.Placé en face de l’océan antarctique, Hobart-Town est un des points de relâche des baleiniers ; aussi la Tasmanie exposait-elle des fanons et une huile de baleine parfaitement épurée.La Nouvelle-Zélande a le même privilège.Comme les colonies australiennes, elle brille aussi par ses céréales, ses bois et ses laines; elle possède un peu de coton; le phormium tenax croît spontanément sur son sol ; ses mines, dont l’exploitation commence à peine, rendent ou promettent du cuivre, du fer, de l’acier et de la houille; on y trouve même, comme partout, quelques terrains aurifères.Le siège du gouvernement, Auckland, muni d’un double port sur deux mers, est appelé à devenir une grande place de commerce ; Nelson, la principale ville du sud, a déjà des fabriques et exposait d’assez bons lainages.Pourquoi faut-il que le développement de la civilisation européenne, qui s’étend en ce moment sur l’Océanie par la loi naturelle de sa supériorité, soit accompagné de violences et que les colons anglais agissent trop souvent avec les sauvages qui sont assez intelligents pour leur résister, de manière à mettre le bon droit du côté de la barbarie ?Néanmoins l’occupation de l’Australie, de la Tasmanie, de la Nouvelle-Zélande, est aujourd’hui un fait accompli ; le génie anglais s’y est implanté et il rayonnera de là dans les îles voisines.Quel sera un jour le sort de ce monde que l’Angleterre peuple de ses enfants et anime de son esprit?que deviendra ce magnifique empire colonial qui s’étend dans quatre parties du globe et compte même des possessions dans notre vieille Europe ?Quand le fruit sera mûr, chaque colonie se détachera de l’arbre à son tour, comme ont déjà fait les Etats-Unis d’Amérique : voilà l’opinion commune et probablement la plus juste.Beaucoup d’Anglais même envisagent cette perspective sans effroi : quelques-uns vont jusqu’à souhaiter une séparation et à demander que l’Angleterre se débarrasse d’une tutelle qui lui coûte et ne lui rapporte pas; le refus qu’a fait dernièrement le Canada de pourvoir de ses deniers et de ses bras à sa propre défense n’a pas peu contribué à la mauvaise humeur britannique.Toutefois, quoi qu’il ne soit guère de mode chez nous de faire des vœux en faveur de nos voisins d’outre-Manche, je souhaite qu’ils ne commettent pas une pareille faute ; ce faisceau de colonies constitue une importance partie, non-seulement de la puissance maritime, mais de la puissance commerciale de l’Angleterre qui, malgré la liberté des ports, malgré les tarifs restrictifs par lesquels on la gêne quelquefois, conserve néanmoins la haute direction, expédie les colons, pousse la culture vers les produits dont elle a besoin, se fait de ces Etats nouveaux d’immenses champs d’approvisionnement pour ses matières premières et leur donne l’unité de son gouvernement et de ses mœurs, si précieuse pour faciliter les relations de tout genre.J’aimerais mieux que nos voisins cherchassent au contraire les moyens de prévenir une rupture.La liberté d’action et de gouvernement qu’ils laissent à leurs colonies est un système dont les heureux effets sont suffisamment prouvés par l’expérience : il ne faut pas s’en départir ; il est bon que l’Angleterre, comme Rome autrefois, laisse ses colonies se modeler à l’image de la métropole, avec l’indépendance individuelle, les deux chambres, dont l’une, prépondérante, exprime la volonté des colons et le gouverneur qui représente le pouvoir royal et le gouvernement de Saint-James.Mais, à l’exemple de Rome et à peu près comme le proposait récemment un des grands économistes de l’Angleterre, M John Stuart Mill, ne pour-rait-on pas imaginer un autre lien qui, sans rien ôter à la liberté, resserrât l’intimité et la communauté d’intérêts ?ne pourrait-on pas accorder aux colonies quelque chose d’équivalent à ce'que les Romains appelaient le droit latin ; donner, par exemple, aux membres de la chambre basse et aux principaux magistrats des villes le droit de nommer, selon l’importance de la colonie, un ou deux membres au Parlement de Londres?par là, ils ne recevraient plus seulement l’impulsion de la métropole, ils contribueraient et défendraient leur propre cause dans la grande assemblée.Ce serait sans doute introduire un élément nouveau dans la Chambre des communes, et les politiques qui sont au pouvoir accueillent rarement avec faveur la perspective de pareils hasards ; mais il faut savoir consentir à un léger sacrifice pour conserver un grand avantage.Em.Levasseur.(Revue Contemporaine.) EDUCATION, De la Calligraphie.IX.DES DIVERS GENRES D’ÉCRITURE.11 importe en toute chose de bien débuter, c’est-à-dire, de commencer par ce qui est le plus facile et le plus utile, et de suivre, en outre, dans les leçons un ordre logique et progressif.Ainsi, l’instituteur qui a à faire choix d’une méthode d’écriture, et quiconque veut en dréer une, ne doivent pas seulement s’adresser cette question : quelle est la meilleure écriture, celle qu'il.Jaut adopter de préférence, et s’arrêter à cette réponse: c'est la plus prompte à tracer et la plus facile à lire ?Il est encore nécessaire que l’un et l’autre cherchent à résoudre cette autre question : Dans quel ordre convient-il de présenter et de faire exécuter aux élèves les divers genres d’écriture?Car une gradation sagement calculée dans les exercices calligraphiques peut seule faciliter le travail des élèves. 36 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Une amélioration très-sensible s’est opérée dans l’enseignement de l’écriture depuis une trentaine d’années.Alors, la Bâtarde et la Coulée étaient à peu près les seules écritures enseignées au plus grand nombre ; certains maîtres ne montraient que la Bâtarde avec ses lenteurs ; d’autres ne faisaient voir que la Coulée avec son illisibilité : quelques-uns seulement démontraient la Cursive à leurs élèves.Aussi quelle diversité se remarquait dans les écritures, même dans celles des élèves d’un même canton et souvent de la même ville ! On a successivement renoncé à la Bâtarde et à la Coulée, pendant trop longtemps écriture de prédilection des anciens maîtres, pour se mettre à la Cursive, aujourd’hui généralement enseignée, la première, dans toutes les écoles.C’est là un progrès véritable, un progrès immense, dû en grande partie aux écoles normales où les élèves-maîtres, sous la direction de directeurs et de professeurs éclairés, ont appris, avant tout, à apprécier et à pratiquer l’écriture cursive, comme la plus facile et la plus avantageuse sous tous les rapports.Mais d’où vient que, bien que la Cursive serve à présent de base à l’enseignement de la calligraphie, les écritures laissent encore tant à désirer sous le rapport de l’uniformité, même dans les écoles dirigées par des maîtres non moine habiles que dévoués, non moins désireux d’avancer leurs élèves que de bien remplir leur tâche ?D’où vient qu’il n’est pas rare, an dire de MM.les Inspecteurs primaires, de trouver dans certaines classes autant de sortes d’écriture qu’elles comptent d’élèves qui écrivent, quand ces élèves sont cependant tous dirigés d’après les mêmes principes, les mêmes procédés, et que tous reçoivent les soins et les conseils du même maître ?Cette question, que se font plus particulièrement les autorités qui surveillent l’instruction primaire, attend encore sinon une réponse, du moins une solution qui éclaire sur les causes de cet état de choses, à la fois si décourageant pour les maîtres, et si contraire à la réalisation des vœux manifestés, de toute part, de voir notre pays en possession d’une écriture nationale.Le peu d’uniformité qui existe encore dans les écritures provient : lo de ce que presque toutes les méthodes en usage sont, sous le rapport du plan, plutôt appropriées à l’enseignement particulier qu’à l’enseignement collectif, la plupart se ressentant du mode individuel généralement pratiqué autrefois; 2o de ce que les divers genres d’écriture ne sont pas toujours enseignés aux seuls élèves qui doivent les voir, et en temps opportun, et avec les précautions nécessaires.Une méthode d’écriture, pour être réellement avantageuse à l’enseignement, doit être complète, c’est-à-dire présenter les exercices propres à hâter les progrès des élèves, et les applications capables d’assurer à tous une écriture courante, non-seulement belle et rapide, mais encore semblable et lisible.Toute méthode qui ne contient que des principes et des modèles pour l’écriture en gros, ou seulement pour l’écriture en fin, n’est pas appropriée aux écoles, puisque généralement on y enseigne les diverses grosseurs ; une telle méthode est évidemment incomplète et peu convenable par conséquent pour les classes ; car elle oblige le maître à en adopter deux dont les principes, les procédés et la forme des caractères sont souvent fort opposés, ce qui présente plus d’un inconvénient.Une méthode d’écriture qui contient même des principes et des modèles pour les différentes grosseurs, ne convient encore à l’enseignement qu’autant qu’elle renferme une suite d’exemples d’application.fl ne faut pas seulement pour les écoles élémentaires une méthode d’écriture prompte, facile, d’un succès indépendant de moyens extraordinaires ; elle doit encore, outre \es exercices préparatoires et généraux, offrir pour chaque division d’une école, simuttanée ou mutuelle, une série suffisante de modèles gradués, préparés d’après les principes.Une méthode ainsi combinée et disposée épargne aux maîtres Je soin de préparer eux-mêmes les modèles nécessaires aux élèves, et leur laisse par là un temps précieux.Elle peut et doit encore faciliter la tâche de l’instituteur qui tient à exécuter ses exemples.Ne lui offre-t-elle pas, par ses applications graduées, des modèles à copier, des textes à employer, par conséquent, un canevas, un guide, et, de plus, le moyen le plus assuré de ne présenter à l’imitation des enfants que des formes connues et familières?C’est d’ailleurs ce que font les maîtres qui veulent soit s’approprier le trenre d’écriture de la méthode qu’ils suivent, soit se pénétrer à fond de la bonté des principes et de la sûreté des procédés de l’auteur.Rien de plus louable et de plus utile que ce travail, que cette étude pratique ; car pour apprécier toute l’utilité d’un exercice, d’un trait ou d’une forme de lettre, la main est toujours un meilleur juge que Vesprit.Cette méthode présente aux élèves le travail sous une forme constamment simple, compréhensible, et prévient ainsi l’ennui et le découragement inséparables de toute étude qui fatigue trop l’attention et l’esprit.Enfin, elle empêche la diversité des caractères représentant la même figure, par conséquent la confusion qu’occasionne inévitablement l’emploi de modèles préparés d’après des principes autres que ceux de la méthode suivie.De plus, en même temps qu’elle assure à tous les élèves une écriture semblable sous le rapport de la physionomie générale, elle rend seule possible la démonstration des formes au tableau.Le tableau noir, ce n’est pas seulement le meilleur moyen d’initier les commençants au secret que présente l’exécution de chaque caractère, et à la manière de diriger les mouvements de la main ; mais c’est encore le seul moyen de faire voir, en un instant, aux élèves avancés, des principes, des formes, des procédés particuliers d’exécution, toujours vite oubliés par les uns, et souvent entièrement négligés par les autres.L’instituteur doit tenir à avoir la facilité de les rappeler fréquemment à tous par une démonstration qui parle aux yeux et à l’esprit.D’après ces développements, on pourra reconnaître que l’unifor- • mité dans la forme graphique s’obtiendrait assez facilement : lo si les méthodes d’écriture présentaient toutes, comme les grammaires et les arithmétiques appropriées à l’enfance, des exercices bien gradués et en nombre suffisant pour fortifier les élèves sur les principes et les règles ; 2o si l’instituteur faisait ses modèles d’application sur ceux de la méthode employée par lui, au lieu de recourir aux exemples isolés qui se trouvent dans le commerce, exemples, en général, peu convenables non moins pour les textes que pour l’écriture.Les modèles détachés, bien qu’ils présentent sous le rapport de l’écriture des inconvénients moins graves que sous le rapport des leçons qu’ils renferment, sont loin aussi d’offrir, au point de vue de la calligraphie, les conditions capables de seconder le maître pour la propagation d’un même genre d’écriture.Qu’on examine seulement, avec le désir de s’éclairer, quelques-uns de ces modèles; on remarquera combien ils diffèrent par l’inégalité de la pente et de la force des pleins, et par le manque d’unité dans les dimensions des caractères de même corps, et dans les proportions des bouc'es, des queues, etc.On reconnaîtra que la plupart diffèrent encore par plusieurs autres points : que dans l’un, les lettres sont trop serrées ; que dans l’autre, elles sont trop écartées ; que celui-ci offre une écriture lente par suite de la grande rondeur des courbes, et celui-là une écriture illisible par la grande finesse des liaisons.Ces imperfections, graves sans doute, ne sont cependant pas des défauts essentiels ; car les principes d’écriture ont quelque chose d’arbitraire : une forme simple, une exécution naturelle, voilà ce que peut et doit exiger un critique sensé et juste.Les différences signalées ne sont, en effet, que des défauts de second ordre, qui ne sauraient empêcher qu’un instituteur zélé et habile n’obtienne de ses élèves des écritures satisfaisantes.Mais ces modèles présentent un défaut bien grand.En les examinant avec attention, on apeiçoit que la même forme, surtout pour les lettres d,J, k, p, r, s, t, v, x, y, z, est représentée par trois, quatre, et jusqu’à six caractères différents, souvent bizarres ou étrangers au genre cursive.De plus, on constate que la lettre initiale de certains mots est quelquefois précédée d’ornements inutiles, et que les liaisons finales qui, lorsqu’elles sont convenablement remontées et disposées, contribuent si puissamment à la régularité et à la beauté de l’écriture, sont presque toujours et partout jetées au hasard, et de la manière la plus capricieuse et la plus ridicule.Toute personne qui a observé les enfants, étudié leurs tendances naturelles, sait combien les captive la nouveauté, en écriture, et combien ils sont tous portés à imiter les formes nouvelles offertes à leurs regards, qu’elles soient même laides et d’une exécution difficile.L’attrait de la nouveauté l’emporte chez eux sur les habitudes prises par la main, et sur les recommandations journalières du maître.Tout instituteur s’expose donc en mettant sous les yeux des élèves avancés un exemple non conforme aux principes, à voir des écritures agréables et lisibles se changer subitement en écritures irrégulières et indéchiffrables, tant pour l’étrangeté des formes, que par la complication des traits.Les mêmes inconvénients peuvent également résulter de l’enseignement des autres genres d’écriture, si l’on ne suit une marche fondée sur la nature et indiquée par la raison.On ne doit pas enseigner aux élèves plusieurs genres d’écriture en même temps : en faisant cela, on ne peut obtenir pour résultats que confusion dans les idées, et diversité dans les formes.On doit, en outre, n’enseigner les différents genres d’écriture usités qu’aux élèves avancés, qu’à ceux, par conséquent, qui ont quelques dispositions pour la calligraphie, et à qui il peut être avantageux de connaître les principes généraux de la Ronde, de la Goth ique et 37 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.de la Bâtarde.Il convient que toujours la Cursive, I’expédiée surtout, soit la base de l’enseignement calligraphique : les autres genres, même la Ronde, ne doivent être enseignés aux élèves que comme exceptions à une règle générale.A moins de dispositions toutes particulières, un enfant ne doit pas commencer avant l’â^e de 10 ans l’étude d’aucun de ces genres.Il ne faut pas attendre non plus jusque vers le milieu de l’année scolaire, ainsi que cela se fait généralement, pour faire commencer la Ronde, que tous les élèves avancés doivent savoir écrire au moins passablement ; car il serait peut-être difficile, sinon impossible, d'obtenir de bons lésultats pour la fin de l’année.Voici la marche la plus rationnelle, déjà suivie par la plupart des maîtres : Faire revoir, à la rentrée des classes, à tous les élèves, les principes de la Cursive ; et, dès qu’on a obtenu des écritures aisées et bien formées, commencer la Ronde, et la continuer jusqu’à ce que la forme et l’exécution en soient familières au plus grand nombre ; montrer alors immédiatement et successivement à ceux qui doivent s’en occuper, la Gothique et la Bâtarde ; revenir ensuite à la Cursive, enseigner simultanément ces trois genres pendant le reste de cette première année, même la Gothique, si rien ne s’y oppose.Cette écriture, parfois utile, plait aux élèves, et répand sur Jes exercices de calligraphie une variété qui excite et soutient l’émulation.Quelques leçons suffisent pour que les enfants mêmes la fassent bien, surtout quand des chiffres sont placés sur les éléments et sur les lettres principales pour indiquer par où il faut commencer et finir.J.Taiclet.(.Conférences sur l’Ecriture.) De la Colère.Quels sont les effets de la colère sur le corps ?La colère est là passion qui se manifeste avec le plus d’éclat et de véhémence : son action sur le corps est aussi violente qu’elle-même, puisque de fréquents exemples prouvent qu’elle peut occasionner une mort subite, ou du moins des maladies très-graves.Les plus ordinaires de ces maladies sont: lo la jaunisse ; 2o des inflammations aiguës qui surviennent principalement dans Je foie ; 3o la rupture des cicatrices ; 4o des accès de fièvre ardente ; 5o de fortes hémorrhagies ; 60 l’épilepsie ; 7o des convulsions, et autres maladies nerveuses extrêmement graves.Quels sont les effets moraux que produit la colère ?Outre les accidents physiques dont il vient d’être question, la colère a encore pour effet : lo d’aigrir le caractère et le rendre de plus en plus emporté, à mesure qu’on se laisse entraîner plus souvent par cette passion ; 2o de nous porter à des violences coupables qui vont quelquefois jusqu’au délire ; 3o de maintenir dans une contrainte fatigante qui empêche souvent l’intimité dans les liens de la famille, tous ceux qui sont obligés de vivre avec nous ; 4o d’éloigner de nous toutes les personnes d’un caractère doux et timide, qui évitent soigneusement la société de celles qui sont violentes et emportées.Les femmes, à cause de leur plus grande sensibilité, sont plus sujettes à la colère que les hommes ; il en est que ia moindre contrariété irrite et jette dans des emportements violents.Cette habitude de céder si facilement au penchant qui les domine, leur aigrit Je caractère et les rend acariâtres.Quels sont les moyens de combattre le penchant à la colère ?Le moyen le plus efficace de combattre l’inclination à la colère, est de la réprinier dans l’enfant lorsqu’on voit qu’elle est très-déve-lonnce chez lui, et cette répression doit se faire au moyen de la i ou.eur, du raisonnement et du sang-froid, et jamais par la viole ice, qui ne fait qu’exciter la passion au lieu de la calmer, (-om.ii ¦ cette passion fongueuse ne fait que s’accroître dans la jeu-ne.-se et dans l’âge mûr, lorsqu’elle n’a pas été combattue dans eri.xmce, il n’y a alors qu’une raison supérieure, qui n’appartient qu aux personnes d’une haute intelligence, et une volonté ferme qjn p-Jssedi la dompter.-.e penchant à la colère tenant entièrement au tempérament’ le regime habituel a une grande influence sur lui.Le régime qui convient pour tempérer cette passion, consister lo à éviter soigneusement les excès de table, le café et le vin ; 2o à ne faire u.,age que d’une nourriture douce, rafraîchissante et peu substantielle : 3o à prendre le plus de bains tièdes ou frais que peut le comporter 1 état de la santé ; 4o si la force du tempérament résiste a tous ces moyens, qui ont tous pour but de calmer les nerfs trop irrites, on peut même recourir à la saignée, que l’on pratique à des époques plus ou moins rapprochées ; 5o enfin, à éviter, autant que possible, toutes les circonstances qui peuvent irriter le caractère.—Oreila.—Hygiène Populaire.(1) Exercices pour les Elèves des Ecoles.Vers d apprendre par cœur.LE LEZARD.Un jour, seul dan3 le Colisée, Ruine de l’orgueil romain, Sur l’herbe de sang arrosée Je m’assis, Tacite à la main.Sur la muraille qui l’incru6te, Je recomposais lentement Les lettres du nom de l’Auguste Qui dédia le monument.J’en épelais le premier signe : Mais déconcertant me3 regards, Un lézard dormait sur la ligne Où brillait le nom des Césars.Seul héritier des sept collines, Seul habitant de ces débris, Il remplaçait sous ses ruines Le grand flot des peuples taris.Sorti des fentes des murailles, Il venait, de froid engourdi, Réchauffer ses vertes écaille3 Au contact du bronze attiédi.Consul, César, maître du monde, Pontife, Auguste, égal aux dieux, L’ombre de ce reptile immonde Eclipsait ta gloire à mes yeux ! La nature a son ironie : Le livre échappa de ma main.O Tacite! tout ton génie Raille moins fort l’orgueil humain ! (Lamartine,—écrit à Rome, en 1846.) LES DEUX CORTÈGES.Deux cortèges se sont rencontrés à l’église : L’un est morne,—il conduit la bière d’un enfant ; Une femme le suit, presque folle, étouffant Dans sa poitrine en feu le sanglot qui la brise.L’autre, c’est un baptême.—Au bras qui le défend, Un nourrisson bégaye une note indécise ; Sa mère, lui tendant le doux sein qu’il épuise, L’embrasse tout entier d’un regard triomphant ! On baptise, on absout, et le temple se vide.Le3 deux femmes, alors, se croisant sous l’abside, Echangent un coup d’œil aussitôt détourné ; Et,—merveilleux retour qu’inspire la prière,— La jeune mère pleure en regardant la bière, La femme qui pleurait sourit au nouveau-né ! Soulart.Exercice de Grammaire.analyse logique.La légion thébaine était forte d’environ six mille six cents soldats, qui rendaient au prince l’obéissance et le respect qui lui étaient dus.Les simples soldats, les officiers même menaient une vie humble, quoique souvent leur conduite fût héroïque.Abréviations des différents termes.Princ.abs.ou rel.—Principale absolue ou relative.Inc.dét.ou expi.—Incidente déterminative ou explicative.(1) Extrait du Journal d Education publié à Bordeaux, par M.Clouzet. 38 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Sub.—Subordonnée.Suj.ou att.—Sujet ou attribut.Simpl.ou comp.—Simple ou composé.Compl.—Complexe ou Complément.Incompl.—Incomplexe.1ère Prop.—La légion thébaine était forte d’environ six mille six cents soldats, Princ.abs.lo.Légion—suj.simpl.1 nom, compl.son compl.thébaine, 2o.Etait—verbe, 3o.Porte—att.simpl.1 adj.compl.son compl.d’environ six mille six cents soldats.2ème.Prop.—Qui rendaient au prince l’obéissance et le respect, Inc.expi.lo.Qui—suj.simpl.1 pro.inc.sans compl.2o.Etaient—verbe.3o.Rendant—att.simpl.I p.prés, compl.son compl.au prrnce l’obéissance et le respect.3ème.Prop.—Qui lui étaient dus.Inc.dét.lo.Qui—suj.simpl.1 pro.incompl.sans compl.2o.Etaient—verbe.3o.Dus—att.simpl.1 p.pass, compl.son compl.lui.4ème.Prop.—Les simples soldats, les officiers même menaient une vie humble, Princ.abs.lo.Soldats et officiers—suj.comp.2 noms, le 1er compl.son compl.simples, 2o.Etaient—verbe.3o.Menant—att.simp!.1 p.prés, compl.son compl.meme une vie humble., Sème.Prop.—Quoique souvent leur conduite lut héroïque, suD.lo.Conduite—suj.simpl.1 nom, compl.son compl.leur, 2o.Fût—verbe.3o.Héroïque—att.simpl.1 adj.compl.son compl.souvent Napoléon Laçasse, Prof.E.N.L.AVIS OFFICIELS.NOMINATIONS: EXAMINATEURS.Il a plu à Son Excellence, le Gouverneur Général, par minute en Conseil du 19 de ce mois courant, de nommer le Révérend Archibald Duff et Frederick William Terrill, Ecuyer, membres du Bureau d’Exa-minateurs de Sherbrooke, le premier en remplacement du Rév.A.J.Parker, et le second en remplacement de J.S.Walton, Ecuyer, démissionnaires.AVIS CONCERNANT L'ENGAGEMENT DES INSTITUTEURS.MM.les Commissaires et les Syndics d’école sont prévenus que l’emploi d’instituteurs ou d’institutrices non munis de diplômes ne sera plus toléré par ce Département sous quelque prétexte que ce soit.Les municipalités, sans exception, qui engageront des instituteurs ou des institutrices sans diplômes pour l’année scolaire prochaine, seront privées de leur part de subvention.Par ordre, Louis Giard.Secrétaire.Bureau de l’Education, Montréal, 25 mars, 1863.SMctée Mouionjsnique.1.Matin, n.m., la première partie du jour.Matin, n.m., gros chien de basse-cour.2.Maux, n.de mal.^Menton1, mm., la partie du visage qui est au-dessous de la bouche.Mentons, du verbe menUr.4.Mer, n.f.y grande étendue d eau salee.Mère n.f-t celle qui a donné la vie.Maire, n m., premier magistrat d’une ville, d’une commune.application.MIGRATIONS DES PLANTES MARINES.r migrations des plantes marines ne paraissent, au premier L „m P aue de simples jeux du hasard; mais nous ne menions coup d œd,.qu 6 P J l’homme de touchantes relations.PaN:usa*uTpromenion.: an matin à Brest, le maire de cette ville Mous "0U^Pr°™iens même que je tenais en laisse un énorme et moi , je me so |aJmère d,un de raes amis, lors- W nous aperçûmes au bord de la mer une pauvre femme du peu-que nousW?sur la lête un mouchoir noué sous le menton, et P e* .rnnrbée entre des rochers, considérant sans mot dire les TTis d’un naufrage- et surtout les plantes qui s’étaient attachées debus d un nam'H , e-t cherché à deviner, par leur plus à ces debris, “ l’époque, hélas ! trop sûre de son malheur, ou moins de .„a|ets qu’avaient amoncelés les flots de la E"e iée0dUeVc s bo -
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.