Journal de l'instruction publique, 1 octobre 1860, Octobre
fuwm urn™ procès® gyfpEupg ’@PG§§9f 1 Volume IV.Montréal, (Bas-Canada) Octobre, I860- No.10.SOMMAIRE.— Science : Ornithologie Canadienne : Faucons, par M.J.Lemoine, (suite).—Education.—Pédagogie: Des enfants indolents et apathiques, Fénélon.—Sur la manière de lire avec fruit, par Em.Blain.—Exercices pour les élèves des écoles.—Vers à apprendre par cœur.—Travail et charité, par A.Guiraud.— Exercice de grammaire.—Avis Officiels : Diplômes accordés par les Bureaux d’examinateurs.—Instituteurs disponibles.—Editorial : Relation du voyage de S.A.R.le Prince de Galles, (suite).—Adresses présentées à S.A.R.par des institutions d’éducation, (suite).—Collège de St.François à Richmond.—Trinity College.—Douzième conference de l’Association des instituteurs de l’Ecole Normale Jacques-Cartier.—Rapport du Surintendant de l’instruction publique du Bas-Canada pour 1859, (suite).—Bulletin des publications et des réimpressions récentes.—Paris, Londres, Boston, Québec, Montréal.—Petite Revue Mensuelle.—Nouvelles et Faits Divers: Bulletin de l’Instruction Publique.— Bulletin des Lettres, Bulletin des Scieiices.SCIENCE .HISTOIRE NATl’BELLE.ORNITHOLOGIE CANADIENNE.LA CHASSE A L’OISEAU.L’art de la Fauconnerie, qui a été rapporté de l’Orient par Jes Croisés et que l’invention des armes à feu a fait tomber en désuétude, n’est rien moins qu’oublié dans certaines villes de l’Angleterre et de l’Allemagne.Il y a en Belgique, près de Namur, un village nommé Falken-Hauzer, dont les habitants ont pour unique industrie l’éducation du Faucon.Ils vont chercher ces oiseaux dans le Hanovre, revenant les dresser dans leur village, et les vendent ensuite dans le nord de l’Europe, à laide de correspondances qu’ils y entretiennent avec soin.Lorsqu’ils ont placé un raucon dressé, ils restent chez l’acheteur jusqu’à ce que le Faucon soit habitué à obéir à la voix de son nouveau maître." Réduire l’animal sauvage à abdiquer l’exercice de sa volonté et a perdre toute confiance en ses propres ressources ; lui faire voir tans homme l’arbître suprême de son repos et de son bien-être ; en un mot, l’assujettir par la crainte et le fixer par l’espérance, e .es* e jlue se propose le fauconnier ; l’art d’apprivoiser les animaux en général est basé sur les mêmes principes.taut d’abord, pour dresser le Faucon, le faire consentir à de-teurei immobile à la même place et privé de la lumière du jour ; ,11 suppnee de soixanle-douze heures suffit pour cela.Pendant u ce temps, le fauconnier porte continuellement sur le poing oiseau armé d’entraves nommées jets ; ce sont de menues courtes, teimmées par des sonnettes, qui servent à lier ses jambes, us cette position, on l’empêche soigneusement de dormir, et, PI, 8e reyolte, on lui plonge la tête dans l’eau.Au tourment de nar îv18'8-8st alout® celui de la faim; et bientôt l’animal vaincu Inr J“on e} la lassitude, se laisse coiffer d’un chaperon.sent« U!i’ etant décoiffé, il saisit la viande qu’on a soin de lui pré-‘ i8 *®mPs e,! temps, et qu’ensuite il se laisse docilement re-e e chaperon, on juge qu’il a renoncé à sa liberté et qu’il accepte pour maître celui de qui il tient la nourriture et le sommeil.C’est alors que pour augmenter sa dépendance, on augmente ses besoins : pour cela on stimule artificiellement son appétit en lui nettoyant l’estomac, avec des pelotes de filasse retenues par un fil, qu’on lui fait avaler et qu’on retire ensuite, cette opération, nommée en terme de vénérie cure, produit une faim dévorante, que l’on satisfait après l’avoir excitée ; et le bien-être qui en résulte, attache l’oiseau à celui même qui l’a tourmenté.” Lorsque cette première leçon (qu’il faut quelquefois réitérer) a réussi, on porte l’oiseau sur le gazon dans un jardin ; là, on lui enlève son chaperon, et le fauconnier lui présente un morceau de viande : s’il saute de lui-même sur le poing pour s’en repaître, son éducation est déjà fort avancée et l’on s’occupe de lui"faire connaître le leurre.Le leurre est un morceau de cuir garni d’ailes et de pieds d’oiseau, c’est une effigie de proie, sur laquelle est attaché un morceau de viande; il est destiné à réclamer l’oiseau, c’est-à-dire à le faire revenir, lorsqu’il se sera élevé dans les airs.Il est important que le Faucon soit, non seulement accoutumé, mais affriandé à ce leurre, qui doit toujours être la récompense de sa docilité: ainsi, après l’avoir dompté par la faim, on consolide sa servitude par la gourmandise ; mais le leurre ne suffirait pas sans la voix du fauconnier.Lorsque l’oiseau obéit au réclame dans un jardin, on le porte en pleine campagne, on l’attache à une filière ou ficelle de soixante pieds de longueur, on le découvre, et, en l’appelant à quelque pas de distance, on lui montre le leurre ; s’il fond dessus, on lui donne de la viande ; le lendemain, on la lui montre d’un peu plus loin, et quand il fond sur son leurre de toute la longueur de la filière, il est complètement assuré.Alors, pour achever l’éducation du Faucon, il faut lui faire connaître et manier le gibier spécial auquel il est destiné ; on en conserve de privés pour cet usage : cela s’appelle donner l’esca-p.On attache d’abord la victime à un piquet, et ou lâche dessus le Faucon, retenu par sa filière.Quand il cannait le vif ^s’élance dessus), on le met hors de filière et on le lance sur une proie libre, à laquelle on a préalablement cousu les paupières pour l’empêcher de se défendre.Enfin, quand on est bien assuré de son obéissance, on le lait voler pour bon .c’est-à-dire on le laisse libre.La chasse à l’Oiseau, dont la noblesse d’autrefois faisait ses délices, avait moins souvent pour but de procurer au chasseur une proie comestible, que de lui offrir un spectacle récréatif: le vol du Faisan, de la Perdrix, du Canard sauvage, était, disait-on, plaisir de gentilhomme ; mais ce qu’on nommait plaisir de prince, e’était le vol du Milan, du Héron, de la Corneille et de la Pie, véritable gibier de luxe, sans aucune valeur culinaire.Le vol du Milan était le plus rare de tous.La première difficulté à vaincre était de le faire descendre des hautes régions de l’atmosphère, où le Faucon lui même n’aurait pu l’atteindre ; pour cela on prenait un Grand Hibou ou Duc ; on affublait ce Duc d’une queue de Renard pour le rendre plus remarquable, et on le laissait ainsi, dans une prairie, voltiger à fleur de terre.Bientôt le Milan, planant dans la nue pour guetter une proie, destinguait de sa vue perçante 18 162 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.un objet bizarre, s’agitant sur le sol ; il descendait pour l’examiner de plus près; aussitôt on lançait sur lui un Faucon qui, dès l’abord, s’élevait au-dessus du Milan, pour fondre sur lui verticalement ; alors commençait un combat, ou plutôt des évolutions de l’intérêt le plus varié; le Milan, fin voilier, fuyait devant le Faucon en s’élevant, s’abaissant, croisant brusquement sa route, et prenant, à angle aigu, les directions les plus imprévues ; le Faucon non moins agile que lui, mais plus courageux, et en outre stimulé par la faim, le poursuivait avec ardeur dans ces mille évolutions : il le saisissait enfin et l’apportait à son maître.Le vol du Héron et de la Grue était non moins amusant pour le spectateur, et plus dangereux pour le Faucon : l’oiseau poursuivi se laissait plus facilement atteindre, mais il se défendait avec plus de courage, et l’assaillant recevait quelquefois de sa victime des blessures auxquelles il ne survivait pas longtemps.On employait même le Faucon, et surtout le Gerfaut, à la chasse du Lièvre ; on faisait d’abord partir celui-ci au moyen d’un limier : puis le Faucon, lancé à l’avance, et voiant au-dessus de la plaine, apercevait le lièvre et tombait sur lui.Mais de tous les vols, le plus amusant, le plus riche en incidents, le plus commode à observer, le plus facile, sinon le plus noble, était le vol de la Corneille : on se servait, comme pour le Milan, d’un Duc, afin de l’attirer puis on lançait sur elle deux Faucons.L’oiseau poursuivi s’élevait d’abord au plus haut des airs, les Faucons parvenaient bientôt à prendre le dessus ; alors la Corneille, désespérant de leur échapper par le vol, descendait avec une vitesse incroyable, et se jetait entre les branches d’un arbre ; les Faucons ne l’y suivaient pas et se contentaient de planer au-dessus.Mais les fauconniers venaient sous l’arbre où s’était réfugiée la Corneille, et, par leurs cris, la forçaient de déserter son asile.Elle tentait encore toutes ies ressources de la vitesse et de la ruse, mais le plus souvent elle demeurait au pouvoir de ses ennemis.Le vol de la Pie est aussi vif que celui de la Corneille : mais le Faucon n’attaque pas en partant du poing ; ordinairement on le jette à mont, parce qu’on attaque la Pie lorsqu’elle est dans un arbre.Souvent elle est prise au moment du passage ; mais quand le Faucon l’a manquée, on a beaucoup de peine à la faire partir de l’arbre qui lui a servi de refuge : sa frayeur est telle, qu’elle se laisse prendre par le chasseur, plutôt que de s’exposer à la terrible descente du Faucon.Lorsqu’il s’agit de la chasse de la Perdrix ou du Canard sauvage, on emploie la même manœuvre.On lance le Faucon dans les airs avant que le gibier soit levé ; et lorsque le Rapace plane, le fauconnier, aidé d’un chien, fait partir la Perdrix, sur laquelle l’oiseau descend.Pour le Canard, on lance dans ies airs jusqu’à trois Faucons, puis on fait lever le Canard : la terreur que lui inspirent les Faucons le fait gagner l’eau—alors des chiens se jettent à la nage pour lui faire reprendre son vol.Ce n’est pas seulement en Europe que l’on cultivait la fauconnerie ; elle florissait dans toute l’antiquité et florit encore aujourd’hui chez les peuples de l’Asie et de l’Afrique Septentrionale.Les Persans et les habitants du Mogol poussent même plus loin que les Européens l’éducation du Faucon : ils le dressent à voler sur toutes sortes de proie, et pour cela ils prennent des Grues et d’autres oiseaux, qu’ils laissent aller, après leur avoir cousu les yeux : aussitôt ils font voler le Faucon qui les prend fort aisémeut.Il y a des Faucons pour la chasse du Daim et de la Gazelle, qu’ils instruisent, dit Thevenot, d’une manière très-ingénieuse.Ils ont des Gazelles empaillées, sur le nez desquelles ils donnent toujours à manger à ces Faucons et non ailleurs.Après qu’ils les ont ainsi élevés, ils les mènent à la campagne, et lorsqu’ils ont découvert une Gazelle, ils lâchent deux de ces oiseaux, dont l’un va fondre sur le nez de la Gazelle, et s’y cramponne avec ses griffes.La Gazelle s’arrête et se secoue pour s’en délivrer ; l’oiseau bat des ailes pour se tenir accroché, ce qui empêché encore la Gazelle de bien courir, et même de voir devant elle; enfin, lorsqu’avec bien de la peine elle s’en est défaite, l’autre Faucon, qui est en Pair, prend la place de celui qui est en bas, lequel se retire pour succéder à son compagnon lorsqu’il sera tombé ; et de cette sorte, ils retardent tellement la course de la Gazelle, que les chiens ont le temps de l’attraper.Il y a d’autant plus de plaisir à ces chasses que le pays est plat et découvert.Ce même procédé, rapporte un autre voyageur célèbre, s’applique à la chasse au Sanglier (1).On emploie en France, le Hobereau ou Epervier, à la chasse (1) La presque totalité de ces détails ont été puisés chez un savant contemporain, auquel nous sommes redevable de plusieurs élégantes traductions et d’extraits des ornithologistes américains.des Alouettes et autres gibiers (2) ; pourquoi nos amateurs cana-diens n’essaieraient ils pas d’après la méthode que nous venons d’indiquer, de dresser pour la chasse de la Perdrix, du Canard sauvage et du petit gibier de mer, le Faucon pèlerin, le Gerfaut d’Islande, l’Autour, l’Epervier et l’Emerillon canadiens ?On sait avec quel succès et avec quel éclat le vicomte d’Eglington, longtemps vice-roi rie l’Irlande, à ressuscité, ces années dernières, les chasses, les joutes et les tournois du moyen âge.Est ce que la principale objection à cette tentative serait sa nouveauté en nos climat?Pourquoi bannir de ce pays, où abonde le gibier, un plaisir attray'ant et facile ?Est-ce que la vie de château est disparue de nos bords ?Est-ce que dans chaque paroisse que côtoyé notre majestueux fleuve, il n’existe pas au moins un vieux manoir dont le respecté seigneur, pendant la belle saison, va chercher dans les plaisirs de la chasse une distraction aux lettres, à la politique ou à la vie champêtre ?Le millionnaire de Montréal qui a, dit-on, offert £20,000 pour fêter dignement le vice-roi présomptif de l’Amérique Britannique, que jurllet doit nous amener avec ses zéphirs, aurait-il oublié, dans son programme des “Plaisirs de Prince'’ qu’il réserve à ce royal visiteur, d’organiser une chasse canadienne où le Daim, le Chevreuil, le Renard et le Faucon canadiens joueraient leur tôle?.Nous ne pousserons pas plus loin ces détails de vénérie que nos aïeux et surtout nos aïeules eussent lu avec un vif intérêt : le vol au Faucon était en effet la chasse favorite des Dames.J.M.Lemoine.(H continuer.) EDUCATION.PEDAGOGIE.DES ENFANS INDOLENTS ET APATHIQUES.Il faut avouer que de toutes les peines de l’éducation, aucune n’est comparable à celle d’élever des enfants qui manquent de sensibilité.Les naturels vifs et sensibles sont capables de terribles égarements : les passions et la présomption les entraînent ; mais aussi ils ont de grandes ressources, et reviennent souvent de loin ; l’instruction est en eux mi germe caché, qui pousse et qui fructifie quelquefois, quand l’expérience vient au secours de la raison, et que les passions s’attiédissent : au moins on sait par où on peut les rendre attentifs, et réveiller leur curiosité ; on a en eux de quoi les intéresser à ce qu’on leur enseigne, et les piquer d’honneur ; au lieu qu’on n’a aucune prise sur les naturels indolents.Toutes les pensées de ceux-ci sont des distractions ; ils ne sont jamais où ils doivent être : on ne peut même les toucher jusqu’au vif par les corrections ; ils écoutent tout, et ne sentent rien.Cette indolence rend l’enfant négligent, et dégoûté de tout ce qu’il fait.C’est alors que la meilleure éducation court risque d’échouer, si on ne se hâte d’aller au-devant du mal dès la première enfance.Beaucoup de gens, qui n’approfondissent guère, concluent de ce mauvais succès que c’est la nature qui fait tout pour former des hommes de mérite, et que l’éducation n’y peut rien : au lieu qu’il faudrait seulement conclure qu’il y a des naturels semblables aux terres ingrates, sur qui la culture fait peu.C’est encore bien pis quand ces éducations si difficiles sont traversées, ou négligées, ou mal réglées dans leurs commencements.Il faut encore observer qu’il y a des naturels d’enfants auxquels on se trompe beaucoup Ils paraissent d’abord jolis, parce que les premières grâces de l’enfance ont un lustre qui couvre tout ; on y voit je ne sais quoi de tendre et d’aimable, qui empêche d’examiner de près le détail des traits du visage.Tout ce qu’on trouve d’esprit en eux surprend, parce qu’on n’en attend point de cet âge ; toutes (2) Le succès des Chinois-à s’e mparer, au moyen d’Aigles-pêcheuM dressés à ce manège, du poisson dans la nier, a fort intéressé tous e voyageurs qui en ont été témoins. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.163 le.j fautes de jugement leur sont permises, et ont la grâce de l’ingénuité ; on prend une certaine vivacité du corps, qui ne manque jamais de paraître dans les enfants, pour celle de l’esprit.De là vient que l’enfance semble promettre tant, et qu’elle donne si peu.Tel a été célèbre par son esprit à l’âge de cinq ans, qui est tombé dans l’obscurité et dans le mépris à mesure qu’on l’a vu croître.De toutes les qualités qu’on voit dans les enfants, il n’y en a qu’une sur laquelle on puisse compter, c’est le bon raisonnement ; il croît toujours avec eux, pourvu qu’il soit bien cultivé : les grâces de l’enfance s’effacent, la vivacité s’éteint ; la tendresse de cœur se perd même souvent, parce que les passions et le commerce des hommes politiques endurcissent insensiblement les jeunes gens qui entrent dans le monde.Tâchez donc de découvrir, au travers des grâces de l’enfance, si le naturel que vous avez à gouverner manque de curiosité et s’il est peu sensible à une honnête émulation.En ce cas, il est difficile que toutes les personnes chargées de son éducation ne se rebutent bientôt dans un travail si ingrat et épineux.Il faut donc remuer promptement tous les ressorts de l'âme de l’enfant pour le tirer de cet assoupissement.Si vous prévoyez cet inconvénient, ne pressez pas d’abord les instructions suivies, gardez-vous bien de charger sa mémoire, car c’est ce qui étonne et qui appesantit le cerveau ; ne le fatiguez point par des règles gênantes ; égayez-le ; puisqu’il tombe dans l’extrémité contraire à la présomption, ne craignez point de lui montrer avec discrétion de quoi il est capable ; contentez-vous de peu ; faites-lui remarquer ses moindres succès ; représentez-lui combien mal à propos il a craint de ne pouvoir réussir dans des choses qu’il fait bien : mettez en .œuvre l’émulation.La jalousie est plus violente dans les enfants qu’on ne saurait se l’imaginer ; on en voit quelquefois qui sèchent et qui dépérissent d’une langueur secrète, parce que d’autres sont plus aimés et plus caressés qu’eux.C’est une cruauté trop ordinaire aux mères, que de leur faire souffrir ce tourment ; mais il faut savoir employer ce remède, dans les besoins pressants, contre l’indolence : mettez devant l’enfant que vous élevez d’autres enfants qui ne fassent guère mieux que lui ; des exemples disproportionnés à sa faiblesse achèveraient de le décourager.Donnez-lui de temps en temps de petites victoires sur ceux donc il est jaloux ; engagez-le, si vous le pouvez, à rire librement avec vous de sa timidité ; faites-lui voir des gens timides comme lui, qui surmontent enfin leur tempérament ; apprenez-lui par des instructions indirectes, à l’occasion d’autrui, que la timidité et la paresse étouffent l’esprit ; que les gens mous, inappliqués, quelque génie qu’ils aient, se rendent imbéciles, et se dégradent eux-mêmes.Mais gardez-vous bien de lui donner ces instructions d’un ton austère et impatient ; car rien ne renfonce tant au dedans de lui-même un enfant mou et timide, que la rudesse.Au contraire, redoublez vos soins pour assaisonner de facilités et de plaisirs proportionnés à son naturel le travail que vous ne pouvez lui épargner ; peut-être faudra-t-il même de temps en temps le piquer par le mépris et par les reproches.Vous ne devez pas le faire vous-même; il faut qu’une personne inférieure, comme un autre enfant, le fasse sans que vous paraissiez le savoir.Fénelon.Sur la mar 1ère de lire avec fruit.“ C’est un homme qui a beaucoup lu ” me disait un de mes amis en sortant de chez un personnage, dont la conversation brillante et (acile nous avait charmés durant tout le temps d’une visite qui avait duré près de deux heures.Sans dire un mot pour approuver la remarque de mon ami, je lui pris le bras et, d’un ton confidentiel je lui adressai la parole en ces termes : -Un jour e fus invité à dîner chez un ministre, les ministres traitent bien leurs amis, et une immense variété de mets couvrait la table.Voulant faire honneur à l’invitation et me sentant bien disposé, je mangeai Irès-honnétement de presque tous les plats, moi qui sais ordinairement me contenter de la soupe et du rôti.Mais aussi, je vous l’avouerai à ma honte, tout le reste de la semaine je ne fus pas bien portant.je ne sais pourquoi la con- versation de notre personnage m’a remis cette petite mésaventure ; n’est-ce pas une chose étrange que la liaison des idées ?—En effet, répliqua mon ami, je ne m’explique pas bien où vous voulez en venir.—Eh bien ! lui répondis-je, la personne que nous venons de quitter à beaucoup lu en effet, mais elle n’a pas digéré.ce qu’elle a lu.Si je voyais souvent ce monsieur, sa conversation ne tarderait pas à me devenir insipide.Voilà cependant une espèce de gens qui est bien répandue de par le monde ! Us lisent et lisent beaucoup, mais ils ne savent point comment lire avec fruit.Souvent même, ce ne sont point de bons livres que les liseurs infatigables aiment à parcourir : Vous connaissez mademoiselle X?cette jeune personne a toujours un roman à la main : causez avec elle, vous l’entendrez plaindre de tout son cœur les infortunes “ d’Indiana ” ou les malheurs de la “ Dames aux perles elle est devenue avide d’émotions romanesques, elle est sortie de la sphère de la vie commune pour aller vivre avec les héros et les héroïnes.Ce n’est pas en suivant cette route que mademoiselle X deviendra une bonne mère de famille et une habile maîtresse de maison.Le petit Z est encore plus curieux : Dans sa jeunesse il n’a eu qu’une éducation superficielle, mais aujourd’hui qu’il a trente ans, il a lu Voltaire et Rousseau et il les a trouvés profonds sans les « jmprendre.Il les cite à tout propos et porte sur les questions les plus difficiles des jugements qu’il croit être sans appel.Le petit Z.a beaucoup lu et cependant il ne serajamais qu’un homme moins qu’ordinaire, imbu d’une foule d’idées fausses et entêté dans les préjugés les plus ridicules.Que faut-il donc entendre par lire ?Lire, c’est prendre connaissance des faits et des idées qu’un auteur a consignés dans un livre.Ce livre a été conçu dans un but et rédigé d’après un plan ; de plus on doit y trouver ce qu’on appelle le style.Le but de l’ouvrage est indiqué sommairement par le titre et expliqué dans l’introduction.En continuant le lecteur doit s’assurer si l’écrivain ne s’est pas écarté de son but et si définitivement il l’a rempli.Il ne doit jamais perdre de vue J’intention qui a présidé à l’ouvrage.En agissant ainsi il entre dans l’esprit du livre et il en comprend le sens logique, car d’un livre bien fait on doit pouvoir tirer un syllogisme qui conclut à l’établissement de quelque grande vérité morale, historique, ou scientifique.Le plan d’un livre doit être lacile à saisir dès les premiers chapitres.En rapportant à ce plan les différentes parties de l’ouvrage on sera à même de juger si ces parties sont disposées dans un ordre convenable, si la suite des idées ou des raisonnements est bonne, si, en un mot.il y a harmonie dans l’ensemble.Beaucoup d’ouvrages, même célèbres, pêchent par le plan tout comme certains édifices.Le lecteur doit pouvoir se prononcer sur ce point très important.Examinez, si vous voulez un exemple, l’ouvrage de Montesquieu qui a pour but de rechercher les “ causes de la grandeur et de la décadence des Romains.” Il vous semblera que^le plan ne pouvait être que ce que l’auteur l’a fait.Le chapitre que vous lisez vous semble le plus important et il vous conduit naturellement à un autre qui vous semble indispensable à la recherche que l’auteur s’est proposée.Le plan de cet ouvrage est bon.Le style d’un ouvrage mérite une attention toute particulière de la part du lecteur.Remarquez tour à tour les passages sublimes et ceux où l’auteur revient au style tempéré ; assurez-vous si le style est simple, clair et rapide, et tachez de fixer dans votre esprit les tournures de phrase heureuses, pour en tirer partie à l’occasion.On vous a sans doute recommandé au collège de prendre des notes lorsque vous lisez.C’est une habitude qui produit les meilleurs résultats.J’ai connu en Europe un homme d’une vaste science, qui a passé une partie de sa vie dans les bibliothèques et qui est aujourd’hui un écrivain distingué.Je me suis trouvé à même de juger de sa manière de lire et je la donne ici comme la meilleure qu’on puisse employer.Il portait toujours avec lui un petit carnet : au milieu de ses lectures, il s’arrêtait pour consigner sur le carnet les pensées qui l’avaient frappé et les phrases qui lui avaient semblé remarquables.Par sa grande habitude de lire il était devenu très difficile dans ses choix et son portefeuille no renfermait que la quintessence de ses lectures : néanmoins en parcourant ses notes il peut vous rendre compte d’ouvrages tout 164 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.entiers, (car autour de ces idées principales viennent aisément se grouper les détails) et on peut dire de lui avec vérité qu’il parle comme un livre.Par cette pratique constante, sa mémoire s’est développée à un haut degré.C’est un autre lésultat certain de l’emploi de cette manière de lire.Vous avez souvent entendu quelqu’un vous dire : “ Ah ! quand j’étais jeune j’avais une bonne mémoire mais je n’en ai plus aujourd’hui.” Quelque foi6 c’est un homme de quarante ans qui vous parle de la sorte ; il a perdu la mémoire parce qu’il ne l’a pas exercée.Je suis certain que cet homme n’a jamais su lire avec fruit.Et n’allez pas croire que prendre des notes soit une chose fastidieuse ! C’est une habitude à contracter, une habitude qui vous donne l’esprit d’analyse, une habitude qui devient un besoin pour vous et qui fait que vous allez toujours au fond des choses que vous lisez.Je parlais il y a un instant de “ La grandeur et décadence des Romains ” de Montesquieu ; en lisant le premier chapitre, vous devez remarquer que c’est un résumé très-clair de l’histoire romaine jusqu’à la prise de Rome par les Gaulois, et vous pouvez noter plusieurs phrases dignes d’attention, ces deux-ci par exemple : « Les places que la postérité donne sont sujettes comme les autres au caprice de la fortune.” « Les Romains ne firent jamais la paix que vainqueurs.” Appliquez ce procédé à toutes vos lectures et lorsqu’on dira de vous: “ C’est un homme qui a beaucoup lu” on pourra ajouter: “ Et qui a beaucoup retenu.” C’est un grand éloge que vous devez tâcher de mériter.EMM.BLAtN, Professeur.Québec, octobre 1860.Exercices pour les Elèves des Ecoles.Vers à apprendre par cœur.TRAVAIL ET CHARITE.Voici venir, mes sœurs, le dernier mois d'automne; Un beau jour, maintenant, est rare et passager.Le pauvre, demi-nu, des premiers froids s’étonne ; Travaillons pour le soulager.Toi, reprends, Aglaé, l’aiguille intelligente Qui nous rend nos bouquets de fleurs ; Toi, la navette diligente Qui marie, en courant, leurs joyeuses couleurs.Donnez-moi mes pinceaux ; la nature éveillée Se dégage de l’ombre et rit de toutes parts : Un rayon de soleil court sur l’herbe mouillée ; Et ces pâles bouleaux rassemblent les brouillards Autour de leur cime éffeuillée.Poursuivons un projet par le cœur entrepris ; Appliquons-nous, mes sœurs, faisons de beaux'ouvrages Que les pauvres vendront aux riches de Paris.Nous, à Dieu seulement demandons-en le prix, San3 rechercher d’autres suffrages.L’hiver sera, mes sœurs, plus rude qu’on ne croit, Et déjà, dans la cour, d’un ton piteux et triste, Un tout petit enfant demande qu’on l’assiste, En soufflant dans ses mains toutes rouges de froid.Vous avez vu souvent, au seuil du presbytère, Cette femme encor jeune et d’un maintien tremblant, Qui nourrit un enfant, pâle comme sa mère, Et qui pleure en le consolant.Au sortir de l’église, hier, je l’ai cherchée ; On m’a dit que, malade et n’ayant point d’abri, Dans la grange prochaine elle s’éteit couchée, Et que l’enfant souffrait d’être si mal nourri.Ma mère en a pleuré, puis m’a donné pour elle, Et j’ai couru bien vite apporter ce secours ; Mais ce n’est point assez : travaillons avec zèle, Mes sœurs, et de tous deux nous sauverons les jours.Dans notre livre de prières (Je l’ai lu bien souvent, mes sœurs) il est écrit Que tous les panvres sont nos frères ; Oui, qu’ils sont, comme nous, enfants de Jésus-Chrit.La fortune, ici-bas, n’est pour nous qu’une épreuve.Qui possède beaucoup, doit donner beaucoup d’or ; Et qui possède peu, devra donner encor; C’est le cœur qui fait tout : le denier de la veuve Sera compté comme un trésor.Tel est des livres saints l’enseignement suprême, Qu’un ange suit le pauvre et veille sur ses pas ; Qu’un refus est, là-haut, puni comme un blasphème ; Qu’un cri de faim maudit tous ceux qu’il n’émeut pas, Et qu’en donnant au pauvre, on prête à Dieu lui-même.A.Guiraud.Exercices de Grammaire.Formation des temps.Le pêcheur.—C’était aux approches de l’hiver, lorsque lamer est plus furieuse et que les arbres, agités par le vent d’automne, courbent leurs branches dépouillées: souvent un vent violent soulevait les flots; vous auriez entendu mugir la mer et vous eussiez vu de grosses vagues venir jusque dans le port soulever des barques attachées au rivage.Un matin le ciel paraissait pur ; le vieux Germain, pêcheur, voulut aller à la pêche avec Paul, son fils, ils montèrent sur leur barque, apprêtèrent les voiles et les cordages ; et bientôt lancés en pleine mer, ils perdirent de vue et le rivage et leur chaumière.Ils avaient péché toute la journée.Déjà le soleil avait fini sa course et touchait à l’horizon, quand les nuages s’obscurcirent ; le vent commença à souffler, et alors ils s’empressèrent de tourner les voiles vers le port.Mais la tempête fut plus rapide que la course de leur petite barque : le vent souffla bientôt avec violence, les vagues s’amoncelèrent tout à coup, et le vent redoublant ses efforts, la barque eut bientôt penché sur les flots, et alla se briser contre la pointe d’un rocher.Plus d’espoir, la mort était certaine ; une grande distance séparait les pauvres pêcheurs du rivage, l’homme le plus vigoureux n’aurait pu qu’avec peine la franchir à la nage par un temps calme et serein.Paul ne songeant qu’à son père (et qui n’agirait pas comme lui ?), prit un cordage et essaya de l’attacher autour du vieillard, afin qu’il le traînât en nageant, aimant mieux mourir avec lui que de se sauver tout seul ; mais son père le repoussa.“ Mon fils, dit-il, tu es jeune encore, moi je suis vieux ; j’ai fait mon temps, laisse-moi, laisse-moi.” Mais Paul n’y consentait pas ; la barque s’affaissait à chaque instant et allait périr, mais il restait là attaché à son père, le serrant dans ses bras et lui disant : “ Quoi ! je vous laisserais périr ! non, non ! je succomberai avec vous ! ” Alors le père prit une voix solennelle : “ Mon fils, la voix d’un père est sacrée ; c’est cel’e de Dieu pour un fils, obéis; j'exige que tu te sauves afin que tu soulages ta mère dans ses vieux jours.” En même temps il poussa Paul, et le lança dans les flots.Quand le jeune homme revint au-dessus de l’eau, tout avait disparu ; ses yeux ne rencontrèrent plus ni la barque ni son père.Il lutta longtemps encore contre les vagues, et gagna enfin le rivage où il arriva presque expirant.Le lendemain on trouva le corps du père parmi des rochers et de la mousse.Questionnaire.I.Relevez les propositions qui renferment des verbes à un temps primitif.CoRRiGÉ.-^Lorsque la mer est plus furieuse ;—vous auriez entendu mugir la mer et vu de grosses vagues venir jusque dans le port soulever des barques attachées au rivage, etc.IL Relevez les propositions qui renferment des verbes à un temps dérivé.Corrigé.—Les arbres agités par le vent d’automne courbent leurs branches dépouillées un matin le ciel paraissait pur ils avaient péché toute la journée, etc.Iir.Relevez les verbes qui sont ici à un temps primitif et donnez pour chacun d’eux les temps qui en dérivent.Corrigé.—Agités : j’ai, j’avais, j’eus, j’aurais, que j’aie, que j’eusse, avoir agité -—Mugir : je mugirai, je mugirais, etc.IV.Relevez les verbes qui sont ici à un temps dérivé et faites connaître le temps dont ils sont formés.Corrigé.—Etait : formé du participe présent étant courbent : formé du participe présent courbant soulevait de soulevant vous auriez entendu, formé du participe passé entendu, etc.V.Donnez les temps primitifs des verbes contenus dans les trois premiers alinéas de cet exercice. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.165 Corrigé.— Etait : etre, étant, ayant été, je suis, je fus ;—agités : agiter, agitant, agité, j’agite, j’agitai -—courbent : courber, courbant, courbé, je courbe, je courbai, etc.VI.Faites connaître le temps, le mode, le nombre, la personne des verbes contenus dans le 4e alinéa de cet exercice.Corrigé-—Etait : indicatif imparfait, 3e personne du sing, du verbe être;—séparait : indic.imparfait, 3e pers.du sing, du verbe séparer;—aurait pu : cond.passé, 3e pers.du sing, du verbe pouvoir, etc.VII.Indiquez le sujet et le complément des verbes contenus dans cet exercice depuis Mais Paul n’y consentait pas jusqu’à la fin.Corrigé.—Conseillait : sujet, Paul; complément, y, c’est-à-dire à cela, à laisser son père ;—s’affaissait: sujet, la barque ; complément, à chaque instant ;—restait : sujet, il, représentant Paul ; complément, lo à, 2o attaché à son pcre, 3o le serrant dans ses bras, etc.\ III.Relevez les noms et les adjectifs de cet exercice et donnez des verbes de la même famille, toutes les fois que cela sera possible, en ayant soin d’en indiquer la conjugaison.Corrigé.—Approches : approcher (Ire conjug.) ;—hiver: hiverner (Ire) ;—mer : mariner (Ire) ;—vent : éventer (Ire) ;—violent : violer, violenter (Ire) -—flots: flotter (Ire) ;—grosses : grossir (2e) ; barques : embarquer ( Ire) ;—rivage : arriver (Ire) ;—pur : purifier (Ire) ;—vieux : vieillir (2e);—pêcheur: pêcher (Ire) -fils : affilier (Ire) ;—voiles: voiler (Ire);—pleine: remplir (2)-,—journée: ajourner (Ire);—tempête: tempêter (Ire);—course: courir (*e), petite : rapetisser (Ire) ;—efforts : s’efforcer (Ire) espoir : espérer (Ire) ;—mort: mourir (2e), immortaliser (Ire);—grande: grandir (2e) ;—pauvre : appauvrir (2e) ;—neige : neiger (Ire);— temps : temporiser (Ire) ;—calme : calmer (Ire) ;—vieillard : vieillir (2e) ;—bras : embrasser (Ire);—solennelle: solenniser (Ire); sacrée: consacrer (Ire); — mousse: mousser (Ire) ; —corps : incorporer (Ire).IX.Relevez les verbes de l’exercice et donnez un nom et un adjectif de la même famille.Corrigé.—agités: agitation, agile; — courbent: courbe; — dépouillées: dépouillement soulevait : soulèvement;—auriez entendu: entente;—mugir: mugissement;—auriez vu: vue, visuel ;—attachées: attachement ;—paraissait : apparence, apparent; voulut: volonté, volontaire;—aller: allée, allure;—montèrent : mont, montueux ;—apprêtèrent : apprêt, apprêté ;—lancés : élancement ;—perdirent : perte ;—avaient pêché : pêche ;—avait fini: fin, infini ;—s’obscurcirent : obscurcissement, obscur;—commença : commencement; — souffler: soufflé;—s’empressèrent : empressement, empressé ;—tourner : tournure ;¦—s’amoncelèrent : monceau ;— redoublant : redoublement, double ;—eût penché : penchant -—briser : débris;—séparait: séparation, inséparable;— franchir infranchissable ; — songeant : songe ;— essaye : essai ;— prit: prise;—attacher: attache;—tramât: tramée;—sauver: sauveur;—consentait : consentement ;—s’affaissait : affaissement ; —périr : dépérissement, impérissable -,—exige : exigence, exigible ; soulager : soulagement ;—rencontrèrent : rencontra ;—était disparu : disparition ;—lutta : lutte ; — gagna : gain expirant : soupir;—trouva : trouvaille, introuvable.iVVIS OFFICIELS.BUREAU DES EXAMINATEURS DU DISTRICT DE TROIS-RIVIERES.M.Alexandre Poiiier, a obtenu un diplôme l’autorisant à enseigner flans les école-modéles.Mu ^ar'e hsllemare, Anna Bergeron, ÎCélie Bourgoin, Louise Bourke ; «a.Charles Blais, George Biron ; Déliés.Albine Bailli, Joséphine Doucher Philomène Béland ; Dame Eloïse Boisvert, (née Chevrefils,) eues, liane Ph.Champoux, Félicité Côté, Rébecca Cloutier, Aurélie r, la.r'* :esneiSea Charest, Clarisse Deshayes, Julie Duguay, Philomène pe°i ; M.Denis Désaulniers ; Déliés.Julio Forcier, Emilie Gariépy, V'iD°”eTnerLeblailc’ *Iermiue Lami, Olivine Lauzière, Sarah Leclerc, .‘ Lefebvre, Mario Letendre, Marie R.Loranger, Julie Morel, Anas-Pri Wor‘n> Virginie Manseau, Alix Marmet, Olivine Peltier ; M.Louis tin \ n il6, -fdéliD.e Pothier ; Dame H.Ringuette, (née Ph.Dumon-Tes ' e e k'ma P'Tard 1 Dame Vve.Emma Rhéaume ; et Delle.Adèle A,.iu r’„°,nt obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les 1 cotes élémentaires.J.M.Desilbts.BUREAU DES EXAMINATEURS DE L’OTTAWA.MM.Joseph Moss et John McLernon, ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.John R.Woods, Secrétaire.INSTITUTRICE DISPONIBLE.Madame Charles Guy, institutrice munie d’un diplôme d’école élémentaire, enseigne l’anglais et le français et toute espèce d’ouvragee à l’aiguille, le dessiD, la peinture.Adresse : rue Dufresne, faubourg Québec, Montréal.JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.MONTREAL, (BAS-CANADA,) OCTOBRE I860.Relation du voyage de Son Altesse Royale le Prince de Galles en Amérique.(l) (.Suite.) VII.ILE DU PRINCE EDOUARD.L’Ue du Prince Edouard, appelée Ile St.Jean par les Français, a été colonisée vers 1663.Elle leur fut enlevée par les Anglais, en même temps que Iç Cap-Breton.Ils lui donnèrent, en 1800, le nom qu’elle porte aujourd’hui, en l’honneur du Duo de Kent qui y avait séjourné à différentes époques et qui, en sa qualité de Commandant en chef, y avait fait exécuter d’importants travaux militaires.Quoique cette colonie soit la plus petite de celles que possède l’Angleterre dans l’Amérique du Nord, elle a dû, à raison de ces circonstances, intéresser vivemeDt le Prince.L’Ile du Prince Edouard a presque la forme d’un croissant dont certaines parties font face au Nouveau-Brunswick, à la Nouvelle-Ecosse et au Cap-Breton.Elle a 130 milles de long sur 30 de large.Elle est séparée des deux autres provinces par le détroit de Northumberland dont la largeur n’est que de neuf milles.Sa surface est de 2,173 milles carrés et sa population de 72,000 âmes, chiffre beaucoup moindre probablement que celui de la population actuelle de Montréal.Les colons qui l’habitent sont des Ecossais, des Acadiens, des Irlandais et des Sauvages.Environ la moitié de cette population est Catholique Romaine.Les Presbytériens sont ensuite les plus nombreux.On y trouve aussi des Episcopa-liens, des Méthodistes et des Anabaptistes.La constitution de cette province date de 1773.La responsabilité de l’Exécutif envers ies chambres y a été admise en 1851.Douze membres composent la Chambre Haute et trente membres la Chambre Basse.Walter Paterson, Ecuyer, en fut nommé le premier gouverneur, lorsqu’en 1770 elle fut séparée de la Nouvelle-Ecosse pour former un gouvernement colonial distinct.Sir Dominick Daly, qui a longtemps occupé la charge de Secrétaire de la Province du Canada, et celle de Secrétaire de la province dn Bas-Canada avant l’Union, a été nommé gouverneur de Pile du Prince Edouard en 1854.Il a été remplacé, en 1859, par M.Dallas, le gouverneur actuel.La capitale, Charlottetown, a une population de 5,000 âmes ; Pile entière, il y a quatre-vingts ans, n’avait pas un plus grand nombre d’habilans.Cette ville est située sur la Baie de Hillsboro’, un des nombreux petits golfes qui échancrent la côte méridionale de Pile.Ses constructions ont de l’élégance ; elle a de larges rues et le site qu’elle occupe est superbe.Le palais de la Province, Province building, est d’architecture grecque.Il a 140 pieds de long sur 40 de large et renferme des salles où se tiennent les séances du parlement et de la Cour supérieure et ies bureaux publies.Quelques mois avant l’inauguration des écoles normales dans le Bas-Canada, on y a ouvert une institution du même genre.On y remarque de plus un collège fondé depuis peu par l’évêque catholique de la Province, une académie, diverses autres écoles, un asile pour les aliénés et cinq églises.(1) Erratum.Dans notre dernière livraison, nos imprimeurs noos font dire, que M.Gibb avait inspiré au jeune prince, le goût de l’étude en prenant tous les moyens de la lui rendre peu agréable.Nos lecteurs'ont dû trouver la recette un pou étrange.Il faut lire plus agréable. 166 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Les autres villes sont Georgetown, Princetown, St.David et Dartmouth.On ne publie pas moins de six journaux dans Pile.Un tiers du revenu de la Province est consacré à l’éducation.On y compte 280 écoles communes fréquentées par 15,000 élèves.Le Prince arriva à Charlottetown, le 9 août, de bonne heure dans la matinée, et débarqua à onze heures.Un grand nombre d’étrangers s’y étaient rendus en steamer du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse et du Cap-Breton ; les colons de leur côté y affluaient de toutes les parties de l’île.Quoique la pluie tombât abondamment, une immense multitude s’était massée sur les quais et sur les vaisseaux ancrés dans le port.Charlottetown n’avait jamais vu un pareil spectacle.A leur arrivée, le Hero et P Ariadne furent salués par le vaisseau de Sa Majesté Britannique le Valorous et le navire de guerre français la Pomonc, commandant de Montaignac; ces deux derniers vaisseaux s’étaient pavoisés de mille couleurs et les marins français, montés sur les vergues, mêlaient leurs joyeuses acclamations à celle des matelots anglais.Des sauvages, dans des canots d’écorce, suivaient le navire royal.On forma pour conduire le Prince à sa résidence une processsion où se firent remarquer, par leur bonne tenue et leur discipline, six compagnies de milice dont trois appartenaient à la ville et trois à la campagne, et une escorte de cavalerie.Durant le lever le Prince reçut des adresses où l’on fit allusion aux services importants rendus par le Duc de Kent à la colonie ; et, dans ses réponses, il fit voir combien il était sensible aux bons souvenirs que Pon a gardés de son aïeul.' Ce lever eut lieu dans la salle des séances du Conseil Législatif que Pon avait eu soin d’orner de verdure.Des festons s’enroulaient autour des colonnes d’ordre ionique qui en supportent les galeries.On remarquait un transparent sur lequel on lisait la légende suivante : Thy grandsire’s name distinguishes this Isle : We love thy mother’s sway and court her smile.Les officiers de la frégate française, au nombre de vingt, se présentèrent au lever, et le Commandant fut invité à dîner avec son Altesse Royale.Vint ensuite le bal, qui se donna dans la salle de l’Assemblée Législative que Pon avait décorée de feuillage, de lanternes de couleur et de transparents.Le Prince laissa l’île le 11, et toute la flotte, composée de six vaisseaux, fit voile pour le Bas-Canada.VIII.IMPORTANCE COLLECTIVE DES PROVINCES DU GOLFE.Le voyage de l’héritier présomptif aura de lui-même un résultat important pour les colonies d’Amérique.Le Prince et les hommes d’état de sa suite ont pu étudier par eux-mêmes et leur condition présente et les ressources dont elles disposent.Après avoir suivi Son Altesse Royale dans ce que Pon peut appeler la partie maritale des domaines de Sa Majesté Britannique en Amérique, nous croyons devoir présenter l’ensemble de leur puissance sous le triple point de vue financier, agricole et commercial et la comparer aux forces productives de la province que nous habitons.Tôt ou tard nous aurons à traiter avec elles, soit qu’elles fassent partie d’une confédération qui embrassera notre propre territoire, soit que, devenues un puissant état, elles soient, par leur position, maîtresses de l’entrée du St.Laurent et par conséquent de nos relations avec l’Europe.Evidemment, si les petits gouvernements de ces provinces ne forment pas avec nous une fédération qui nous soit commune, nous les verrons un jour ou l’autre se confédérer entre eux.Il suffit d’y songer pour voir que ce dernier résultat est pour nous peu désirable.Parlons en premier lieu de Terreneuve.L’aspect de ses côtes et le fait que ses habitants se consacrent presque exclusivement à la pêche, porteraient à croire que le sol de cette île n’est point cultivable; cependant ses ressources agricoles ne manquent pas d’importance.Plus d’un tiers de son sol, dont la surface est égale à celle de l’Irlande, est couvert de lacs et sillonné de rivièies.On y trouve à peu prés 26,000 carrés de terres arables.Supposons, si l’on veut, que l’agriculture n’en puisse utiliser que la moitié, il en reste encore bien assez pour subvenir aux besoins d’une nombreuse population.Le climat de Terreneuve, quoique rigoureux, est très salubre.L’hiver y commence plus tard qu’au Canada.Les étés sont courts et chauds; la longévité de ses habitants est remarquable.La pomme de terre, les légumes, les fruits de jardin ou d’autre espèce croissent abondamment.La colonisation ne s’est étendue que sur 300,000 miiles du sol de l’île, et encore n’y a-t-il qu’un peu plus d’un tiers de cette étendue qui soit en culture.Les minéraux, tels que le charbon, le gypse, le cuivre, l’argent, le fer et le plombVy trouvent, dit-on, en grande quantité.La compagnie du télégraphe exploite avec profit une mine de ce dernier métal.(1).Mais les principales sources de prospérité de cette colonie seront, durant des siècles sans doute, ses pêcheries inépuisables renfermant tous les trésors de l’Océan depuis la gigantesque baleine et la marsouin, jusqu’au hareng, au maquereau, à la morue et au caplan.Le Labrador, sur plus de 100 milles de côtes, fait passer par Terreneuve la plupart de ses produits ; ce qui se trouve par conséquent à déduire du chiffre officiel des exportations de cette colonie.Le Labrador possède à lui seul autant de territoire que la F rance, l’Espagne et l’Allemagne réunies.Plus de vingt milles personnes s’y rendent tous les étés et s’y livrent à la pêche et à la traite des fourrures avec les Sauvages.Cette multitude se compose d’Ecossais, d’Irlandais, d’Américains, de Français, de Canadiens-Français et d’Acadiens.La population résidente, principalement composée de Sauvages, d’Ecossais et d’Acadiens, ne dépasse pas 9,000 âmes.On porte à $4,000,000 la valeur des produits exportés de ce territoire.Le total des exportations de Terreneuve, en 1857, a été de $8,250,000.Elles consistaient principalement en poisson, en huile et en fourrures.Ses importations se sont élevées à $7,100,000.La pêche du phoque, que l’on commence le printemps, au milieu de bancs de glace flottants, occupe plus de 10,000 hommes et met en mouvement 400 goélettes et autres petitesembarcations.On calcule que 35 à 40,000 individus montant plus de 10,000 petits navires et bateaux s’adonnent constamment, durant la saison favorable, sur les côtes et les bancs de Terreneuve, à la pêche de la morue, du hareng et du maquereau.Les revenus de cette province sont, en moyenne, d’un million de dollars et ses dépenses absorbent à peu près ce montant.Les produits du sol sont un des principaux éléments de prospérité de la Nouvelle-Ecosse.Cette presqu’île et l’île du Cap-Breton renferment 12,000,000 d’acres de terre dont environ 5,000,000 sont colonisés et un peu plus d’un million sont en culture.La Nouvelle-Ecosse, au moyen de digues, a conquis sur l’Océan 40,000 acres qui sont d’une inépuisable fécondité.Quoiqu’ils soient sous la même latitude que le Canada, la Nouvelle-Ecosse et le Cap-Breton ont cependant un climat plus doux et moins sujet aux variations de la température: ce qui est dû sans doute à leur position isolée et au grand courant qui vient du golfe du Mexique.Le blé et l’orge s’y cultivent avec plus de profit que dans 14 des Etats de la république voisine ; aucun d’entre eux non plus ne réussit aussi bien dans la production d’avoine, de sarrasin, de patates, de foin, et de beurre que la Nouvelle-Ecosse.Les revenus que lui donnent ses forêts sont considérables.Les exportations se composent en grande partie de bois de charpente.L’industrie de la construction des navires y est exploitée sur une grande échelle.La péninsule de la Nouvelle-Ecosse et l’ile du Cap-Breton sont toutes deux renommées pour leurs richesses minérales.Le charbon, le fer, Je gypse et le manganèse y sont abondants.On extrait chaque année des entrailles de leur sol environ 150,000 chaldrons (2) de charbon.Les colons de la Nouvelle-Ecosse se livrent avec succès aux travaux de la pêche ; ceux du Cap-Breton s’y adonnent également, et en tirent encore plus de profit.La valeur des exportations en poisson et en huile est annuellement de plus de trois millions de piastres.Le total des exportations est en moyenne de sept à huit millions de piastres; mais plusieurs item tels que navires construits dans la colonie et vendus hors de ses limites, ne figurent pas dans ce dernier montant.Le total des importations est en moyenne de huit à neuf millions.Les revenus de la province sont d’à peu près sept cent cinquante mille piastres, et ses dépenses absorbent environ cette somme.Suivant le Juse Haliburton, la Nouvelle-Ecosse posséderait à peu près trois mille navires représentant une capacité collective de deux cent mille tonneaux.On y trouve quarante trois ports d’entrée.Celui d’Halifax seul est fréquenté chaque année par plus de mille vaisseaux de toutes grandeurs et appartenant à toutes les nations.“ Une (1) La géographie moderne de M.l’abbé Holmes, édition publiée par MM.Crémazie, en 1854 ; celle de M.Hodgins, député surintendant de l’éducalion, pour le Haut-Canada ; le livre de M.Taché, intitulé .provinces de l’Amérique Britanniqua du nord et d'une union fédérale.; enhn la lecture de M.A.Morris, Nomi-Britamia, faite à Montréal en 185», sont les sources où nous avons puisé la plupart de nos renseignemens statistiques et géographiques.(2) Mesure qui contient 36 boisseaux. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.167 bonne politique, dit M.Taché, le désigne comme port d’hiver naturel de toute l’Amérique britannique du Nord.” Les pêcheries et les mines du Nouveau-Brunswick sont très productives ; mais les principales sources d’où la province tire ses revenus sont les forêts qui couvrent une partie de son sol, l’agriculture et l’industrie de la construction des navires.Sur à peu près 18,000,000 d’acres, la Couronne, avant 1857, en a concédé environ 7 000,000 ; des 11,000,000 qui restent on assure qu’il s’en trouve sept millions et demi de propres à la culture.Il n’y en a cependant que 800,000 qui soient cultivés.(1) ' Les commissaires nommés par le gouvernement impérial pour explorer la route d’une ligne ferrée d’Halifax à Québec, s’expriment ainsi dans leur rapport : “ On ne saurait trop vanter le climat, le sol et les ressources du Nouveau-Brunswick.Il n’est pas de pays au monde dont les forêts soient plus riches et qui soit arrosé en tout sens de rivières plus belles et plus nombreuses.” On se fera une idée plus exacte de son importance comme pays agricole si l’on songe qu’il est constaté que l’on y récolte plus de blé que dans 14 Etats de l’Union, où la culture de ce végétal est le plus étendue.La république américaine n’a peut-être pas non plus un seul Etat ou un seul Territoire ou les autres produits du sol soient plus abondants que dans cette colonie.Lee produits agricoles ont été évalués, en 1857, à $8,000,000.Cette valeur s’élève probablement aujourd’hui à près de $9,000,000.Les forêts de cette province, comme les nôtres, sont inépuisables et fournissent des bois de toute espèce.Celui qui a flotté sur la rivière St.Jean, en 1852, valait S2,000,000.Outre la consommation que font des produits de leurs pêcheries les habitants du Nouveau Brunswick, ils en exportent tous les ans une quantité valant 175 à 225,000 piastres.Le charbon, le 1er, le manganèse, la plombagine, le plomb, le cuivre, le gypse s’y trouvent en abondance, et les mines récompensent largement ceux qui les exploitent.Le nombre des manufactures tend de plus en plus à s’accroître ; et la quantité Ae pouvoirs d’eau qu’offrent ses belles rivières, feront sans doute avant peu du Nouveau-Brunswick un pays à la fois manufacturier et agricole.La principale industrie qu’exercent les colons est la construction des navires ; c’est aussi la principale branche de commerce de la Province.Durant les 8 années finissant en 1855, ou y a annuellement construit de 566 à 827 vaisseaux, représentant une capacité de 110 à 122 mille tonneaux.Ceux que l’on fit en 1854 furent évalués à environ £800,000 sterling.Les importations sont en moyenne de $7,000,000 chaque année, et les exportations, non compris les navires vendus hors de la province, d’d peu près le même montant.Les revenus sont en moyenne de six à sept cent mille dollars, et les dépenses absorbent rarement plus que cette somme.Quoique ce soit dans de moindres proportions, I’île du Prince Edouard offre cependant un exemple d’accroissement de prospérité supérieur à celui du Nouveau-Brunswick.En effet, l’extrême fertilité de son sol a porté quelques auteurs et des statisticiens à émettre l’opinion que cette colonie pourrait aisément nourrir un million d’habitants.Ceci peut sembler exagéré ; mais cependant, sur 1,365,000 acres, à peine trouverait-on une seule portion de ce sol qui ne fût propre à la culture.L’avoine, le blé, l’orge, la patate et le navet en sont les principaux produits.Les progrès de l’agriculture tout aujourd’hui rapidement disparaître ses riches forêts.On y construit environ 100 vaisseaux par année et les colons en possèdent à peu près 400.Les pêcheries sont très pioductives.Les exportations sont évaluées à $1,250,000, et les importations à $1,500,000.Les revenus et les dépenses sont de soixante à soixante-cinq mille piastres.Ainsi les provinces du golfe réunissent tous les éléments qui sont de nature à constituer un empire puissant et prospère.Elles sont plus rapprochées du vieux monde qu’aucune autre partie de l’Amérique.Terrcneuve n’est gnères qu’à 1,640 milles géographiques de l’Irlande.Elles possèdent des chemins de fer et des canaux, lesquels naturellement ont une étendue moindre que ceux du Canada.Une voie ferrée qui relierait Halifax à notre Grand Tronc de chemin de fer ne serait pas une entreprise difficile à réaliser, aujourd’hui surtout qu’il a atteint la Rivière du Loup et que l’on a construit dans les autres provinces des chemins qui pourraient se relier facilement à cette grande voie ferrée.Si l’on réfléchit que le gouvernemet impérial est maintenant plus intéressé que le Canada lui-même à l’exécution de se projet, on ne saurait attribuer son indifférence qu’au peu de renseignements qu’il possède à leur sujet et à ces questions de politique européenne et asiatique qui, depuis quelques années, ont absorbé son attention.Récapitulons : (1) A Hand-Book of information for Emigrants to New-Brunswick, Par M.H.Perley, Londres, 1857.La superficie des provinces du golfe, non compris le Labrador, est d’à peu près 34,000,000 d'acres carrés.Comme nous venons de le voir, il n’y en a qu’une très petite partie qui soit en culture ; le reste qui se compose de millions et de millions d’acres d’un sol des plus féconds n’attend pour produire que la volonté de l’agriculteur.Elles ont, dans leurs pêcheries, non seulement une source inépuisable de richesses, mais encore une grande école de marine où se forment les équipages d’une flotte plus importante que celle de beaucoup d’Etats européens.Les mines de charbon dont il semblerait que le Canada fût dépourvu leur assureront ces avantages qui ont tant contribué à faire de la mère-patrie une des plus florissantes nations du monde.Le total de leurs exportations est d’à peu prés $26,000,000, et celui de leurs importations d’environ $23,000,000.Leurs revenus réunis sont d’environ $2,0C0,000 annuellement.Leur population, en 1857, était de 725,000 individus, dont plus d’un tiers- étaient catholiques, et à peu près un septième Acadiens.(1) Les quelques individus de cette race qui avaient pu se soustraire à l’exil auquel on l’avait condamnée toute entière, se sont merveilleusement multipliés et il est probable que le grand poète américain Longfellow, ignorait cet accroissement de population, quand il écrivait ces beaux vers de son charmant poème d’Ëvangéline : Still stands the forest primeval ; but under the shade of its branches, Dwells another race, with other customs and language.Only along the shore of the mournful and misty Atlantic Linger a few Acadian peasants whose fathers from exile AVandered back to their native land to die ip^its bosom.In the fisherman’s cot the wheil and the loom are still busy, Maidens still wear their Norman caps and their kirtles ofliomespun, And by the evening fire repeat Evangeline’s story, AVhile from its rocky caverns the deep voiced neighbouring ocean Speaks, and in accents disconsolate answers the wails of the forest.Les Acadiens d’aujourd’hui montrent autant d’attachement que les Acadiens d’autrefois pour le sol que leurs ancêtres avaient cultivé au milieu de tant de périls.M.Taché compare éloquemment dans son livre leurs disposions avec celles dont ont récemment fait preuve quelques uns de ses propres compatriotes : “ Ces descendants des braves Acadiens qui, chassés par la persécution, ont fini par triompher d’elle et par revenir vers la terre natale, ne la laissent pas :—aucun d’eux ne va demander la vie et le bonheur à une terre étrangère.Laissés dans l’ombre, ne participant que dans une proportion infiniment petite à la régie des affaires de leur patrie si chère, ils n’émigrent pas cependant vers les Etats-Unis: moins favorisés que nous, sous un grand nombre de rapports, ils tiennent néanmoins au sol qu’ont défriché leurs pères et transmettent à leurs entants le précieux héritage de leurs traditions.Ah ! c’est que les idées extravagantes, les rêves creux des utopies, la soif de l’or, l’esprit d’insubordination n’ont pas affaibli, chez eux, les liens sacrés de la famille, l’attachement aux jouissances modérées de la vie de paroisse.c’est encore qu’ils préfèrent le travail des champs à tous les autres labeurs.Us cultivent la terre ou exploitent leurs belles pêcheries.Leurs jeunes gens ne vont pas charger et décharger les Durham boats du canal de l’Erié, et leurs jeunes filles ne vont pas se faire servantes dans les villes.La mode chez eux n’est pas de s’affranchir le plus vite possible de l’autorité paternelle, et de se croire un personnage, avant que d’être un chef de famille ou un citoyen utile et respecté.” IX.BAS-CANADA.Le premier endroit dans le Bas-Canada que le Prince a honorée de sa présence a été Gaspé.La péninsule connue sous, ce nom comprend les deux comtés de Bonaventure et de Gaspé.Sa superficie est de 7,289 milles carrés, dont une bien petite partie est en culture.On eu défriche aujourd’hui l’intérieur et les colons s’apperçoivent déjà que les produits de ce sol qui est presque partout aussi fertile que les cantons voisins du Nouveau-Brunswick, sont plus assurés que ceux qu’ils tirent de la mer.D’après le recensement de 1851, la population était de 21,748 âmes ; mais elle doit s’être considérablement accrue depuis cette (1) Le chilfre de 1» population catholique donné par M.Taché diffère beaucoup de celui que donne de son coté M.Hodgins.M.Taché compte 90,000 catholiques dans la province de Terreneuve, 35,000 dans celle de l’Ile du Prince Edouard, 100,000 dans la Nouvelle-Ecosse ; 98.000 dans le Nouveau-Brunswick ; en tout 323,000.C’est environ la moitié de la population totale. 168 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.époque.La valeur annuelle du produit des pêcheries de ces deux comtés y compris les Iles de la Magdeleine qui font partie du comté de Gaspé est de plus de cent cinquante mille piastres.Le total des exportations des ports de New-Carlisle et de Gaspé a été, en 1S59, de $497,953 et celui des importations de $235,589.Le Bassin de Gaspé a été institué port franc quelques semaines seulement avant l'arrivée du Prince.Son Excellence le Gouverneur-Général, Sir Edmund Head et tous les membres du cabinet provincial montèrent à bord du steamer Victoria et se rendirent de Québec à Gaspé où ils rencontrèrent Son Altesse Royale, dimanche, le 12 août.Le jour suivant, ils lui furent présentés, et après eux le shérif et une députation du comté de Gaspé ; ils eurent, ensuite l’honneur de déjeuner avec le Prince à bord du Hero.L’escadre royale partit du Bassin de Gaspé pour se rendre au Saguenay, à deux heures de l’après-midi.Les vapeurs Victoria et Lady Head ayant à bord Son Excellence et sa suite, avaient pris les devants.Au départ comme à l’arrivée du Prince, une salve d’artillerie fut tirée de la résidence de M.LeBouthillier, représentant du comté, laquelle occupe un des points les plus saillants du beau bassin de Gaspé.Les magnifiques paysages du bas du St.Laurent et les nombreuses maisons blanches qui s’échelonnent le long de ses rives formant comme une rue continuelle, furent l’objet de la plus vive admiration.On rapporte que, dans la soirée, l’Honorable M.Cartier, premier ministre du Canada, et les autres voyageurs, chantèrent quelques-unes de nos chansons canadiennes, le Prince en répétant le refrain avec les autres.La Claire Fontaine, la plus populaire de ces chansons, a été, à cette occasion, publiée dans les journaux de New-York, et cet air-canadien fut mis au nombre de ceux que l’on jouait en l’honneur du Prince dans le cours de son voyage aux Etats-Unis.A l’entrée du Saguenay, le Hero donna sur des récifs, et, quoiqu’il n’eût pas subi d’avaries, les commandants des autres vaisseaux crurent plus prudent de ne pas s’aventurer plus loin.Le Prince monta alors sur le vapeur Victoria, et, précédé du Tadous-sac, bateau appartenant à M.Price, il remonta la rivière l’espace de quarante milles et dépassa le Cap Eternité.La température était froide et humide, et de gros nuages sombres ajoûtaient encore, dit-on, à l’aspect sauvage et à la grandeur du paysage.Le Saguenay est navigable depuis son embouchure jusqu’à Chicoutimi.Il prend sa source dans le lac St.Jean, étendue d’eau de 30 milles de longueur sur 20 milles de largeur, qt distante de 120 milles.Il arrose un immense pays, dont le sol est presque partout d’une fécondité extrême.Le climat de la vallée du lac St.Jean est plus doux que celui de la rive nord du St.Laurent.Le comté de Chicoutimi, qui ne renfermait que 6000 habitants en 1851, a aujourd’hui probablement le double de cette population.La plupart des colons sont d’origine française.Partout on y ouvre des écoles fréquentées par de nombreux éleves.On y fait un très grand commerce de bois, qui d’ici à bien des années ne peut que s’accroître, le pionnier portant partout la hache dans les vastes forêts vierges.Le saumon abonde dans le Saguenay.Le jour suivant, jeudi, le froid se fit sentir ; mais le temps était beau.Le Prince qui, à la tombée de la nuit, était revenu à bord du Hero, remonta ensuite de nouveau la rivière sur le Victoria, et débarqua à environ 15 milles de son embouchure, sur les bords de la rivière Ste.Marguerite, un de ses affluents.On avait p'anté des tentes sous lesquelles avait été transporté tout un appareil de pêche.Après s’étre auelque temps livrés au plaisir de la pêche et de la chasse, le Prince et sa suite remontèrent en canots d’écorce la rivière Ste.Marguerite.Les avirons de celui de Son Altesse, qui tenait les devants, étaient maniés par deux Canadiens-Français.Son Altesse Royale put de la sorte jeter un rapide coup d’œi sur ce qu’a d’intéressant une des parties les plus reculées des domaines de Sa Majesté, dont la position, à l’extrémité nord de l’Amérique civilisée, ne l’empêchera cependant pas de devenir une des plus riches et des plus importantes de notre pays.Jacques-Cartier rapporte que cette partie de la province que nous habitons, était autrefois divisée en trois royaumes appelés le premier Hochelaga, le second Canada (c’est-à-dire le district actuel de Québec) et le troisième Saguenay.Donnaconna, VAgouhanna ou roi du Canada, lui raconta des merveilles au sujet du dernier de ces royaumes.On découvre aujourd’hui des minéraux dans beaucoup d’endroits où l’on n’en soupçonnait guères l’existence ; et qui sait si les visions qui ont ébloui les yeux de Cartier ne pourront pas un jour ou l’autre devenir des réalités pour les habitants des régions, situées au nord, au-delà de Québec ?En attendant on aurait tort de mépriser les autres éléments de propriété que nous venons d’énumérer.A l’approche du Prince, Québec fit de grands préparatifs pour le recevoir.Parmi les étrangers et les personnes de distinction qui s’y rendirent de divers points du Canada et des Etats-Unis, on remarquait les membres des deux chambres du Parlement invités à se réunir par le gouvernement exécutif, dans le but de célébrer la bienvenue de l’héritier présomptif qui avait entrepris ce long voyage à leur demande ; tous les Evêques catholiques de la Province ; Lord Lyons, ministre britannique, le Baron de Guérolt, ministre de Prusse à Washington et plusieurs consuls anglais et étrangers de diverses parties de ce continent.Le 18 août, de bonne heure dans la matinée, un grand nombre de bateaux à vapeur venus de Montréal et de différentes autres localités audelà de Québec et de ses environs, descendirent le fleuve pour aller à la rencontre de l’escadre royale.Le Nil, qui portait l’Amiral Milne, le Styx et le Valorous étaient oéjà depuis plusieurs jours dans la rade.Un des vaisseaux de la ligne canadienne allant à Liverpool, quittait en même temps le port et s’arrêtait quelques instants auprès du Hero, à la Grosse Isle, pour recevoir les lettres et les dépêches qu’envoyaient en Angleterre le Prince et les autres personnes de sa suite.A 3 heures, le Hero, VAriadne et le Flying Fish, escortés par un grand nombre de steamboats et par d’autres embarcations de moindres dimensions, parurent au bout de la Pointe-Lévi.Aussitôt une salve d’artillerie lut tirée par les habitants de cette localité, dirigés par M.Lemoine, artiste pyrotechnique de Québec.Des démonstrations analogues, accompagnées du déploiement de bannières et de drapeanx et d’acclamations enthousiastes avaient partout accueilli l’escadre royale, durant son voyage sur le St.Laurent.La rive sud de ce fleuve, se compose des beaux comtés de Rimouski, de Témiseouata, de Kamouraska, de PIslet, de Montmagny et de Beilechasse, exclusivement habités par une population d’origine française, dont leséglises et les villages sont les plus riches ornements d’un paysage auquel rien ne saurait se comparer et qui, elle même, offre l’image parfaite de la paix, du bien-être, de la vertu et du bonheur.A l’arrivée du Hero, les échos du bassin de Québec s’éveillèrent au bruit du canon de la citadelle, des vaisseaux ancrés dans la rade et de toutes les batteries de la vieille cité ; en un instant, les dômes, les clochers et les remparts furent enveloppés d’une épaisse fumée.Les navires de l’escadre répondirent au salut, et à cet épouvantable fracas la pensée de plus d’un témoin de cette fête se reporta malgré soi aux jours de Montcalm et de Wolfe, alors que la flotte anglaise assaillait cette puissante forteresse.Mais les joyeuses sonneries de toutes les cloches, rappelèrent bientôt à la multitude que la cité de Champlain recevait comme son hôte l’héritier présomptif de la couronne d’Angleterre, un siècle précisément après la grande lutte à laquelle nous venons de laire allusion.La pluie était tombée toute la matinée et le ciel était encore couvert de nuages ; mais le temps finit heureusement par se mettre au beau, au gTand contentement de la foule qui couvrait la terrasse Durham, les batteries, les toits des maisons et des édifices publics, les quais et les bateaux à vapeur qui encombraient le port.Au débarquement du Prince, une nouvelle salve d’artillerie se fit entendre.Il fut reçu sur le quai, où l’on avait élevé un dais et un arc de triomphe, par Son Excellence le Gouverneur-Général et les ministres vêtus de leur nouvel uniforme bleu et or, par Son Excellence Sir Fenwick Williams de Kars, entouré d’un nombreux et brillant état-major, par le Député Adjudant Général de Sallaberry et l’état-major de la milice, par M.le Maire et MM.les Conseillers de la Cité de Québec, par Sa Seigneurie, l’Evêque Anglican de Québec, accompagné de plusieurs membres de son clergé et par tous les Evêques catholiques de la province, suivis de leurs vicaires généraux et secrétaires, par les supérieurs des séminaires de Québec et de Montréal, par les ministres de plusieurs autres cultes, et enfin par un grand nombre de personnes de distinction accourues de toutes les parties de la province.Une estrade élevée devant le marché Champlain avait été réservée aux dames qui s’y pressaient en foule.Après son débarquement, le Prince fut accueilli par M.le Maire Langevin, qui lut l’adresse du Conseil de la Cité, d’abord en français, puis en anglais.La réponse que fit le Prince fut suivie de trois joyeuses acclamations ; vint ensuite le défilé de la procession.Ce n’était cependant pas chose facile que de se mouvoir par les rues étroites et encombrées de la Basse-Ville, et sur la pente rapide de la colline que l’on a bien désignée par le nom de rue de la Montagne.La plus grande confusion se mit donc dans les rangs du cortège, lorsqu’il fut arrivé à la porte Prescott ; mais ce désordre même lui donnait un aspect de grandeur étrange.La multitude offre toujours un imposant spectacle, et ses ondulations désor- JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.169 données étaient la preuve éloquente de l’enthoueiasme qui s’en dait emparé.La procession se composait de plusieurs sociétés littéraires et nationales, des pompiers et de la mil ice.Les carosses des ministres, des évêques, des conseillers de la cité suivaient celui de Son Excellence le Gouverneur-Général, dans lequel étaien.assis le Prince, le Duc de Newcastle et le Général Bruce.En passant auprès du palais de l’Archevêque, Son Altesse apprenant que le vénérable prélat, trop malade pour prendre part à la fête, se tenait à sa fenêtre, lui fit un gracieux et respectueux salut.Les rues étaient bordées par la troupe de ligne et par la milice ; elles étaient ornées de drapeaux, de bannières et d’un grand nombre de beaux arcs de triomphe que l’on avait couverts de verdure.Dans la procession, on remarquait les Durons de Lorette.Parvenus à la plaine qui se trouve sur le chemin de Ste.Foye, précisément à l’endroit où leurs ancêtres, sous le commandement du chevalier de Lévis, engagèrent leur dernière lutte contre les Anglais, ils saluèrent le Prince en poussant en son honneur un de leurs terribles cris de guerre.Son Altesse Royale fut ainsi conduite à la résidence de Sir Edmund Head, où elle demeura deux jours avant de venir s’installer dans les édifices du Parlement que l’on avait préparés pour l’y recevoir.Malgré la pluie qui n’avait cessé de tomber, une magnifique illumination eut lieu dans le cours de la soirée.Les édifices publics, les églises, les couvents et l’Université Laval avaient été décorés avecTreaucoup de goût.Au loin, dans la campagne, on voyait le clocher de la cathédrale catholique, éclairé par la lumière de lanternes chinoises de couleurs variées.C’était à qui aurait les plus riches transparents et les plus belles devises en français et en anglais.L’illumination fut générale.Les pauvres comme les riches y avaient pris part et il n’y avait pas un carreau de vitre qui n’eut sa bougie ou son lampion.Toute la campagne s éclairait de feux de joie et les villages de Beauport et de la Pointe Lévi, s’étant également illuminées, le bassin parut tout en flamme.Vu de la terrasse Durham, ce spectacle surpassait toute imagination.Le lendemain, le Prince alla voir les chûtes de la Chaudière sur la rivière de ce nom au sud du St.Laurent.11 se rendit, le dimanche, à la cathédrale anglicane où Sa Seigneurie l’évêque Mountain le reçut avec le cérémonial accoutumé et piêcha le sermon.Lundi, le Prince et sa suite s’installèrent dans les édifices du Parlement, où dans le cours de la matinée eut lieu une réception officielle.Les deux chambres du Parlement y présentèrent leurs adresses que nous reproduisons avec les réponses qui lurent faites par le Prince : Qu’il plaise à Votre Altesse Royale,—Nous le Conseil Législatif du Canada, réunis en Parlement, approchons de Votre Altesse Royale en vous réitérant l’assurance de notre dévouement et de notre attachement à la personne et à la couronne de Votre Royale Mère, Notrs Keine bien-aimée.Tout en regrettant que des devoirs d’Etat aient empêché notre Souveraine de visiter cette partie considérable de ses vastes possessions, nous savons loyalement et vivement apprécier l’intérêt que Sa Majesté y témoigne, en envoyant auprès de nous Votre Altesse Royale pour la représenter ; et nous nous réjouissons, en commun avec tous ses sujets en cette Province, de la présence au milieu de nous de celui qui, à une époque future, mais que nous espérons éloignée, doit régner sur l’empire et porter, avec le même éclat, la couronne devenue son partage.Quoique l’inauguration du Pont Victoria, ce grand ouvrage connu du monde entier comme l’entreprise la plus gigantesque tentée dans les temps modernes par la science du génie civil, ait été l'occasion spéciale de la visite de Votre Altesse Royale, et si orgueilleux qu’en puissent être les Canadiens, nous osons cependant espérer que vous trouverez en Canada bien d’autres preuves de grandeur et de progrès qui vous intéresseront au bonheur et à la prospérité de vos futurs sujets.Jouissant, sous les institutions qui nous sont garanties, de toute liberté dans l'administration de nos propres affaires, et comme sujets anglais, participant de cœur et d'intérêt aux fortunes de l’empire, à ses gloires et à ses succès, nous espérons et nous croyons que cette visite de Votre Altesse Royale resscrera les liens qui unissent l’un à l’autre le Souverain et le peuple du Canada.N.F.Bulleau, Orateur.Son Altesse Royale a répondu : Messieurs,—Du fond de mon cœur, je vous remercie de cette adresse qui témoigne un sentiment d’amour et de dévouement à notre Reine, et l’intérêt bienveillant que vous portez à celui qui la représente.Chaque jour de mon progrès dans les colonies britanniques, et surtout dans le Canada, je deviens de plus en plus convaincu que je dois la cordialité éclatante de ma réception aux liens qui m’unissent à la personne à qui je suis redevable de tout, ma Souveraine et ma Mère.Je lui rapporterai avec orgueil l’expression de vos sentiments loyaux, et si à quelque époque future—assez éloignée, je l’espère, pour que je puisse y faire allusion sans faire naître de tristes prévisions,—il plaît à Dieu de m’appeler à la position que vous contemplez, je ne pourrais désirer une distinction plus honorable que de gagner pour moi-même l’expression d'attachement généreux que je dois maintenant à votre appréciation des vertus de la Reine.‘Bien que je ne sois dans ce pays que depuis quelques jours, j’ai assez vu pour me former une idée du progrès actuel, et de la grandeur future du Canada-uni.L’enfance de cette province ressemble, sous quelques rapports, à celle de mon île natale, et, comme dans les siècles passés, la mère-patrie a réuni le3 diverses vertus des races Normandes at Anglo-Saxonnes, j’ose aussi prévoir que le caractère du Canada, dans sa maturité, réunira aussi les qualités éminentes de la double origine de ses habitants.Je désire aussi cordialement que vous que les relations qui subsistent entre la Souveraine et le peuple canadien soient fortes et cordiales.Qu’il plaise à Votre Altesse Royale :—Les communes du Canada assemblées en parlement, demandent la liberté d’approcher de la personne de Votre Altesse Royale, pour assurer Votre Altesse de leur loyauté et de leur profond attachement pour la personne et la Couronne de Notre Très-Gracieuse Souveraine.Les sujets de Sa Majesté en Canada eussent été remplis de joie, si ses devoirs d'Etat avaient pu permettre à leur Augusts Souveraine de visiter en personne ce pays et d’y recevoir elle-même l’expression de leur dévouement et de leur admiration pour la sagesse avec laquelle ellp administre l’empire dont il a plu à la diviue Providence de lui confier les destinées.Mais si nous ne pouvons cacher le regret si naturel de ne pas voir Notre Souveraine elle-même dans ses possessions du Canada, nous n’eu sommes pas moins profondément sensibles au désir qu’a si gracieusement montré Sa Majesté de se rendre au vœux de ses sujets, en leur donnant l’occasion de souhaiter la bienvenue, dans cette partie de ses domaines à l’héritier présomptif du trône.Nous désirons féliciter Votre Altesse Royale sur son arrivée au Canada, événement dont nous conserverons longtemps le souvenir, comme un témoignage du profond intérêt que porte Sa Majesté au bieu-être de ses sujets coloniaux.Dans cette heureuse circonstance où, pour la première fois, les colonies ont été honorées de la présence de l’héritier présomptif du trône, nous recevons un nouveau gage de la détermination de Notre Très-Gracieuse Souveraine de resserrer encore plus étroitement les liens d’affection et devoir qui nous unissent à l’empire britannique, et nous font participer à ses libertés, à ses gloires et à ses grands souvenirs historiques.L'inauguration du pout Victoria par Votre Altesse Royale est le principal objet de la visite de Votre Altesse au Canada ; nous avons donc la conviction que Votre Altesse verra, dans ce merveilleux ouvrage, l’exemple le plus frappant de l’union des capitaux et de la science de la mére-patrie avec l’énergie et l’esprit d’entreprise des habitants de cette province, dans la lutte contre les plus formidables obstacles de la nature.Mais nous espérons qu’en visitant davantage le pays, Votre Altesse Royale trouvera que c’est surtout dans la tranquillité et la prospérité du peuple et dans son attachement à Sa Souveraine, que se trouve la meilleure preuve de la force des liens qui nous tiennent unis à la mère-patrie, et des avantages mutuels pour l’empire et pour la colonie, de la durée de cette union qui a produit d’aussi grands et d'aussi heureux résultats.Nous prions Votre Altesse Royale de vouloir bien être, auprès de Notre Très-Gracieuse Souveraine l’interprète de nos sentiments d’attachement et de reconnaissance, l’assurer du bonheur que nous éprouvons d'être soumis à son autorité, et la remercier surtout de nou3 avoir donné l’occasion de souhaiter la bienvenue à Votre Altesse Royale en sa province du Canada.” Son Altesse a répondu : Messieurs,—Il n'y a pas de réponse que je pourrais faire à votre adresse qui suffirait à vous exprimer la reconnaissance, le plaisir, que je ressents des manifestations de loyauté et d’amour pour la Reine, ma Mère, avec lesquelles on m’a accueilli à mon arrivée dans cette Province.Comme Anglais, je suis fier de reconnaître dans ces manifestations votre sympathie avec la grande nation de laquelle tant do vous tracez votre origine, et avec laquelle vous partagez les honneurs d’une histoire glorieuse.Néanmoins, en vous adressant comme sujets Anglais, je n’oublie pas qu’une partie de mes compatriotes ue proviennent pas de la même origine.Aussi leur est-il dû une reconnaissance spéciale, et je reçois avec un contentement particulier les preuves de leur dévouement à la couronne d’Angleterre.Elles me témoignent le bonheur qu’ils ressentent en étaut assujettis à des loi3 impartiales, et la croyance bien posée que, quel que soit son origine, tout Canadien est également un objet d’intérêt à la Souveraine et à son peuple.Le Canada peut bien se vanter que dans ses limites deux races de langue et de mœurs différentes sont unies sous les mêmes lois, et sont dévouées à la même constitution par un même patriotisme.Mais à vous tous et aux trois millions de sujets Britanniques que vous représentez, je suis cordialement reconnaissant de vos sentimenuts d’attachement.Je n’oublierai pas facilement la manière dont on m'a reçu. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Je regrette, comme vous, que la Reine n’ait pas pu exaucer votre vœu, et venir visiter en personne cette partie de son empire.On m’a déjà prouvé le dévouement affectueux qui l’aurait suivie, mais le premier devoir et le plus agréable que je remplirai en Angleterre sera de lui taire connaître les sentiments d’amour pour sa personne, et de reconnaissance pour son gouvernement que vous venez d’exprimer, ainsi que 1 accueil cordial que vous avez offert à son fils.(A.continuer.) Adresses présentées par quelques Saistitutions d'Xàducation à Son Altesse Royale le Prince de dalles (Suite.) ADRESSE DU COLLEGE ST.FRANÇOIS.A Son Altesse Royale, Albert Edouard, Prince de Galles, etc., etc.: Qu’il plaise à votre Altesse Royale Nous, le Président de la Corporation et Faculté du Collège St.François, à Richmond, Bas-Canada, demandant avec le plus profond respect à Votre Altesse Royale de vouloir bien nous permettre de lui offrir nos plus sincères félicitations sur son heureuse arrivée dans cette partie des domaines de sa Majesté, et de lui exprimer notre invincible attachement, et notre loyauté à la personne et au trône de notre bien aimée Souveraine.C’est avec un sentiment de plaisir inaccoutumé que nous recevons 1 honneur de la visite de Votre Altesse Royale, non seulement comme 1 héritier présomptif du trône de la Grande Bretagne, mais comme le représentant immédiat de Notre Augeste Souveraine, qui règne dans le coeur de tous ses sujets, et dont les vertus commandent le.respect et 1 admiration de toutes les nations sur la face de la terre, capables d’apprécier l’excellence de ses qualités personnelles et tout ce qui sied à une puissante et intelligente souveraine.> L’institution d'enseignement que nous avons l’honneur de réprésenter, n est maintenant qu’à son entance, n’ayant été fondée que depuis quelques années, par la munificence de particuliers, et étant soutenue en grande partie par l’assistance protectrice du Département de l’Education de notre Gouvernement Provincial.Nous ne pouvons donc parler que de travaux commencés, d’espérances entrenues, de desseins formés, pour l’avancement d’un bon système d’éducation pour la jeunesse commise à noasoins.Il est inutile pour nous d’assurer à Votre Altesse Royale que vous ne manquerons pas dans l’accomplissement des devoirs importants que nous avons à remplir, de cultiver dans l’esprit de nos élèves, ces principes de fidélité et d’attachement à la Constitution Britannique, que nous avons toujours nous-mêmes chéris tendrement dans nos cœurs.En concluant, nous prirons donc instamment ce Dieu tout-puissant dont la gracieuse providence a voulu que Votre Illustre Maison succédât au trône de la Grande-Bretagne, de garder les libertés et présider aux destinées de ce puissant empire, de continuer à protéger et bénir Votre Altesse Royale dans le cours de votre voyage et vous ramener en sûreté à l’heureuse terre ou vous êtes né.Et si dans l’avenir, il plaisait au très-sage Dispensateur de toute destinée humaine, de vous appeler au trône de vos ancêtres, puissiez vous vous montrer le bienfaiteur de votre peuple, et après un règne long et heureux sur cette terre, être appelé à porter une couronne immortelle de gloire dans une plus haute sphère d’existence.AYLMER, Président de la Corporation, JOHN THORBURN, Ecr., Principal, D.FALLOON, D.D., Professeur, R.N.WEBBER, M.D., Professeur, JOHN H.GRAHAM, A.M., Professeur et Sec.du Col.Collège St.François, Richmond, B.C., août 1860.UNIVERSITE’ (TRINITY COLLEGE) DE LA TRINITE’.“ Qu’il plaise à Votre Altesse Royale, nous, le chancelier, maîtres et élèves de l’Université du Collège de la Trinité, à Toronto, prions Votre Altesse Royale de nous permettre de lui exprimer nos sincères félicitations à l’occasion de votre visite à cette province, et notre sentiment de reconnaissance pour le bienveillant intérêt que vous avez ainsi témoigné pour la prospérité de cette colonie.Tout en reconnaissant avec joie les nombreuses obligations que nous avon3 en commun avec tous nos co-sujets à notre loyal attachement au Trône de la Grande-Bretagne et à celle qui l’occupe maintenant avec tant de grâce, c’est aussi notre devoir spécial de reconnaître la faveur distinguée que Sa Majesté la Reine nous a accordée en nous donnant, sous sa charte royale, tous les privilèges d une université.Sa Majesté dans cette charte, a bien voulu déclarer sa volonté de favoriser l’établissement dans le diocèse de Toronto, d’un collège en rapport avec l’Eglise-Unie d’Angleterre et d’Irlande pour l’éducation de la jeunesse, dans les doctrines et les devoirs de la religion chrétienne, tels qu’inculqués par cette église, et pour leur instruction dans les différentes branches des sciences et de littérature qui sont enseignés dans les uni versités de ce royaume.Ce sera toujours notre orgueil, comme il devra toujours être notre devoir de répondre à la confiance ainsi gracieusement mise en nous, en inculquant tout à la fois de sains principes religieux et en donnant l’enseignement séculier le plus utile.En nou' efforçant de remplir ce devoir, nous sommes assurés que nous ne pouvons nous proposer de meilleurs modèles que celui de ces anciennes univer sites d’Angleterre, dans l’une des quelles Votre Altesse Royale a déi suivi un cours d’étude, et nous apprenons avec plaisir que c’est son intention de suivre celui de l’autre.Notre but, avec la bénédiction du Dieu tout-puissant, sera de perpétuer, dans cette colonie, cette vieille foi anglaise et cette loyauté qui, dans la mère-patrie, ont toujours di' tingué les membres de notre église et par lesquels nous espéron' etre reconnus partout ou elle sera établie sous la protection de 1 couronne britannique.Réponse du Prince : Messieurs,—Je vous remercie sincèrement pour les expressions de loyauté et d’attachement contenues dans votre adresse et pour le bienveil-laut accueil que vous m’avez fait dans cettebité.L’institution d’où vient cette adresse est de la plus grande importance pour cette colonie d'ai-tant plus qu’elle est destinée à former ceux aux soins desquels seront commis les intérêts spirituels des membres de l'Eglise d’Angleterre Je connais les difficultés que vous avez éprouvées, et j’espère que vous les surmonterez tontes avec succès.Douzième Conference de l’Association des Instituteurs en rapport avec l’Ecole Normale Jacques-Cartier, tenue vendredi, 31 Août I860.Furent presents L’honorable P.J.O.Chauveau, surintendant de l’instruction publique ; MM.Jes inspecteurs d’écoie L.Grondin et M.Caron ; MM.A.Dalaire, président, F.X.Hétu, vice-président, D.Boudrias, tiésorier, E.Simays, secrétaire; MM.U.E.Archambeault, F.X.Desplaines, J.C.Guilbault, P.Jardin, M.Emard, P.P.Auger, P.H.St.Hilaire, conseillers ; et MM.II.E.Martineau, A.Magnan, V.Coutu, L.A.Auger, T.H.Dagenais, O.Caron et L.Deslauriers, instituteurs et les élèves-maîtres de l’école normale.M.le Président ayant ouvert la séance, le secrétaire fit lecture du compte rendu des délibérations de la conférence précédente et MM.T.Amyrault et F.Gauvreau ayant été nommés par le Conseil, furent désignés pour préparer des lectures et le sujet de discussion suivant fut indiqué pour la prochaine conférence.“ Quels sont les meilleurs moyens à prendre par les instituteurs, “ pour empêcher l’émigration aux Etats-Unis ?” Ensuite M.le Trésorier soumit i’état de ses comptes pour l’année qui vient de s’écouler, et il procéda à la perception des contributions pour l’année courante.Elections pour 1860-61.lo.Sur motion de M.F.X.Desplaines, secondé par M.U.E.Archambeault, M.F.X.Hétu, fut nommé président.-o.Sur motion de M.P.Jardin, secondé par M.P.H.St-Hilaire, M.J.C.Guilbault, fut nommé vice-président.3o.Sur motion de M.P.Auger, secondé par M.P.H.St.-Hi-laire, M.D.Boudras, fut réélu trésorier.4o.Sur motion de M.J.C.Guilbault, secondé par M.L.A.Auger, M.F.X.Desplaines fut nommé secrétaire.Toutes ces élections furent unanimes.5o.M.F.X.Desplaines, proposa, secondé par M.E.Simays, que MM.A.Moffatt, P.H.St.-Hilaire, P.Auger, E.Moineau, U.E.Archambeault, R.Martineau, L.A.Auger, H.E.Martineau et T.Amyrault fussent élus conseillers.M.D.Boudrias fit motion en amendement, secondé par M.F.X.Hétu, que MM.P.P.Auger, U.E.Archambeault, L.A.Auirer, O.Coutu, E.Simays.M.Emard, P.Jardin, P.H.St.-Hilairë et H.E.Martineau, fussent nommés conseillers.Pour la motion principale : MM.F.X.Desplaines, E.Simays U.E.Archambeault, J.C.Guilbault, L.A.Auger, P.Jardin, O.Caron et A.Magnan, et Pour la motion en amendement : MM.D.Boudrias, F.X.Hétu, M.Emard, P.H.St.-Hilaire, P.P.Anger, O.Coutu, H.E.Martineau et F.X.Dagenais.Alors les voix étant également divisées et M.Je Président, en vertu de l’article 3, de nos règlements, ayant donné sa voix prépondérante en faveur de l’amendement, MM.P.P.Auger, U.E.Archambeault, L.A Auger, O.Coutu, E.Simays, M.Emard, P.Jardin, F.H.St.-Hilaire et H.E.Martineau, furent déclarés élus conseillers pour l’année courante, (1860-61.) 6o.Et sur proposition de M.F.X.Desplaines, secondé par M- JOURNAL DE L’INSTUCTION PUBLIQUE.171 p Jardin, des remercîments furent unanimement votés à MM.A.Il'alai re, ex-président, F.X.Hétu, ex-vice-président, D.Boudrias, trésorier et E.Simays, ex-secrétaire, pour 1 exactitude avec Ja-quelJe ils ont rempli leurs devoirs respectifs pendant 1 annee qui vient de s’écouler.f ¦ M.le Président ayant apptllé les membres désignés pour taire jps lectures, M.Desplaines présente le» raisons qui l’ont empeche ,le se préparer, lesquelles sont [acceptées et M.St.-Hilaire tait une lecture sur la nécessité et la grandeur de L’education de ^SuTproposition de M.Simays, secondé par M.Auger, il est ensuite unanimement résolu, avec l’approbation de M le Surintendant, que, vu l’importance du sujet à être discuté, ce sujet soit remis à la prochaine conférence pour que la discussion en soit continuée., ., Puis M.le Surintendant, voulut bien leur adresser la parole.M.l’Inspecteur Valade porta aussi la parole.Et sur motion de M.Desplaines, secondé par M.Guilbault, la conférence est ajournée au dernier vendredi du mois de janvier prochain.A Dalaire, Président.£.Simays, Secrétaire.Rapport «lu Suriuleudant de l’Education pour le Bas-Canada, pour l’année IS59.(Suite.') Le montant total des contributions est de $498,436 ; l’année dernière, il n’était que de $459,396 ; ce qui donne une augmentation de $39,040, tandis que celle de 1858 sur 1857 n’était que de $35,188.La colonne des rétributions mensuelles pour cette année offre le chiffre de $251,408.L’augmentation des trois dernières années pour cette sorte de contributions se formule comme suit.1856 1857 1858 1859 $173,384.$208,500.$231,192.$251,408.Ce qui donne, dans l’espace de quatre années, une augmentation de $78,024.Je dois faire observer qu’une partie seulement de ces sommes représente les rétributions mensuelles imposées par les commissaires et les syndics des écoles en dehors des cités de Québec et de Montréal ; le reste étant porté au tableau, d’après un calcul approximatif, pour représenter les honoraires d’école payés tant dans les écoles indépendantes que dans les écoles sous contrôle, dans ces deux dernières villes où il n’est point perçu de rétribution mensuelle.L’état des sommes imposées pour rétribution mensuelle, dans les autres municipalités du Bas-Canada, serait donc comme suit : 1856 1857 1858 1859 $48,784.$83,896.$95,312.$91,243.Ce qui indique une diminution de $4,069 sur le chiffre de l’année dernière, diminution qui s’explique facilement par la grande augmentation du chiffre de la cotisation.Ce tableau indique, de 1856 à 1859, dans les rétributions mensuelles qui ont dû être prélevées dans les municipalités autres que celles des deux grandes cités de Montréal et de Québec une augmentation de $42,459.Le chiffre en serait beaucoup plus considérable si un grand nombre de municipalités n’avaient point préféré augmenter leur cotisation foncière que de recourir à la rétribution mensuelle, dans tous les cas où les municipalités ne suppléent point de cette manière au prélovement de la rétribution mensuelle, le département insiste sur l’exécution de cette disposition de la loi.Il y a aussi un bon nombre de municipalités qui ont élevé leur cotisation foncière jusqu’au double du montant exigible, tout en maintenant la rétribution mensuelle ; ces localités se sont trouvées par là en état de se procurer pour toutes leurs écoles des instituteurs et des institutrices habiles, de fournir ces écoles du matériel nécessaire ; en un mot, de faire fructifier l’argent qu’elles emploient à l’éducation.Les cotisations nécessaires, pour avoir droit à la subvention annuelle, se sont élevées à la somme de $111,792 ; les cotisations que les municipalités se sont volontairement imposées au-delà de la somme requise par la loi, comme cotisation annuelle et toutes les autres espèces de cotisations spéciales ou de contributions v°lontaires, à l’exception des cotisations pour construction ou réparation de maison d’école, se sont élevées à la somme de $108,151 ; Ce qui fait un montant presqu’égal à celui de la cotisation que l’on est strictement tenu d’imposer, et offre une augmentation de $20,779 sur les cetisations imposées de la même manièie en 1858.Les cotisations spéciales ou supplémentaires des quatre dermeres années sont donc comme suit : 1856 1857 1858 1859 $93,896.$78,781.$88,372.$109,151.On voit par ces chiffres de quelle immense utilité a été la disposition de la loi, qui a permis aux commissaires d’école et aux syndics dissidents d’élever le montant de la cotisation annuelle et d’imposer, avec l’autorité de ce département, des cotisations spéciales pour le paiement de leurs dettes.Si le chiffie a été plus élevé en 1856 que l’année suivante, c’est que beaucoup de municipalités attendaient la passation de cette nouvelle loi pour pourvoir au paiement d’anciennes dettes j mais la disposition à angmenter la cotisation annuelle pour subvenir d’une manière honorable au salaire des maîtres et aux autres charges de l’éducation, paraît se soutenir et s’accroître, comme on peut le voir par la progression des chiffres donnés pour les années 1857, 1858 et 1859.Le montant des cotisations imposées pour construction d’édifices s’élève a $22,083 ; elles s’élevaient en 1858 à $24,646 : il y a donc eu une diminution de $2,563.Dans les quatre années dernières, ces cotisations ont été comme suit : $24,491.$21,928.$24,646.$22,083.1856 1857 1858 1859 Ce genre de cotisations sera nécessairement sujet aux mêmes fluctuations.11 serait urgent, comme je l’ai déjà suggéré dans plusieurs de mes rapports, de faire une allocation spéciale pour aider à la construction des maisons d’école ; ce qui permettrait en même temps de contraindre les localités qui voudraient avoir leur part daus cette allocation à construire d’après des plans améliorés et plus favorables aux progrès de l’éducation et à la santé des maîtres et des élèves.Le Journal de l’Instruction Publique a publié sur cet important sujet une série d’articles accompagnés de plans et de gravures et indiquant tous les progrès et toutes les améliorations qui ont été faits dans l’art de construire des maisons d’école ; mais l’utilité de cette publication ne saurait être très grande, tant que le département ne sera pas mis en état de prendre l’initiative et de donner lui-même l’impulsion à cette réforme si désirable et si essentielle.Les commissaires d’école catholiques de la cité de Montréal, qui ont déjà construit une maison d’école spacieuse, où se tiennent les classes de leur Académie Commerciale, dans la rue Côté, ont affecté, cette année, la somme de $6000 à d’autres constructions ; mais comme cette somme n’avait pas été prélevée par cotisation spéciale, mais faisait partie des revenus ordinaires de la commission déjà portés au tableau, elle n’a point été comprise dans l’état des cotisations prélevées pour la construction des maisons d’école.Les statistiques de l’année, sous le rapport du nombre des institutions et du nombre des élèves qui les fréquentent, offrent un progrès assez remarquable.Je donne, comme dans mes rapports précédents, l’état des contributions, des institutions et du nombre d’élèves depuis 1853.L’augmentation de 1859 sur 1858 pour le nombre des institutions est de 214 ; l’augmentation de 1858 sur 1857 n’avait été que de 39.L’augmentation du nombre des élèves est de 11,276 ; en 1858, elle était de 8,074.Le tableau du recensement des enfants de cinq à seize ans pour l’année 1859, n’a pas encore été complété.Les rapports, comme je l’ai déjà fait observer, sont, en général, tellement incorrects qu’ils exigent une correspondance très longue avec les secrétaires-trésoriers avant que le recensement puisse être co-ordonné ; et même alors, il est, comme j’ai tout lieu de le craindre, très incomplet.Comme c’était là une des principales causes du retard dans la publication de mon propre rapport, j’ai cru devoir omettre ce tableau pour cette année.Le tableau suivant du progrès fait dans les diverses branches d’instruction comprend, à l’exception des deux premières branches, ceux des élèves des maisons d’éducation supérieure qui reçoivent une éducation semblable à celle des écoles primaires, ainsi que les élèves de ces dernières.L’augmentation, dans chacune de ces branches, depuis 1853, est considérable.Je joins à ce rapport le rapport annuel sur les institutions d’éducation supérieure, ainsi que le tableau de la subvention annuelle à ces institutions J’ai encore à exprimer le regret que j’éprouve d’être forcé, par l’insuffisance de la somme mise à ma disposition, de refuser la plupart des nouvelles demandes et de réduire la part accordée aux anciennes.Le tableau des statistiques de l’éducation supérieure donne, comme total du nombre des élèves des universités et des écoles supérieures 509 ; comme total du nombre des élèves des collèges classiques 2,756 ; comme total du nombre des élèves des collèges 172 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.industriels 1,962 ; des académies de garçons ou mixtes 6,563 : des académies de filles 14,278; des écoles normales 219; en tout ~6,287 ; donnaut sur l'année 1858 une augmentation de 412.Un collège industriel, celui de Chambly, se trouve fermé, par suite du petit nombre d’élèves qui le fréquentaient.Les édifices très vastes qui ont été censtruits pour ce collège pourraient être utilisés par le gouvernement, pour quelqu’institution ou école spé-ciale.Le sujet mérite qu’on s’en occupe.Deux nouvelles écoles spéciales d’une très grande importance quant à leur nature et, on doit l’espérer aussi, quant à leur avenir, figurent au tableau, l’Ecole d’Agriculture établie à Ste.Anne Lapocatière par le Collège de Ste.Anne et l’Ecole des Arts et Manufactures à Montréal.° La première de ces institutions a, pour le présent, deux professeurs ; et, en y comprenant toutes les personnes qui fréquentent ses cours, 60 éleves.La seconde a 6 professeurs et 211 élèves.Les deux instituts de sourds-muets qui ont été depuis longtemps établis à Montréal, l’un sous la direction des clercs de St.Viaten l’autre sous celle des Sœurs de la Providence, sont, quant ¦!’ nombre des élèves et faute de moyens pécuniaires, dans un étr stationnaire.L’enseignement s’y donne cependant avec un «ran‘J succès et les résultats obtenus font vivement regretter que je, sommes plus considérables ne soient pas employées à l’entretien d’institutions de ce genre.Je dois, à cette occasion, renouveler la remarque que j’ai déjà faite à plusieurs reprises dans mes rapnom qu’une somme de £15,000 a été votée, il y a plusieurs années pour la construction d’édifices pour des instituts destinés aux sourds-muets et aux aveugles.L’emploi de ces sommes n’a jamais été fait, et il serait, pour bien dire, inutile de le faire si l’on n’assurait en même temps une subvention permanente à ces institutions.Le tableau des statistiques recueillies par les inspecteurs et revues et corrigées par ce département, à l’aide d’autres renseigne- 1 1853 1 1854 ! 1 in QO rH 1 1856 1857 1858 1859 Augmen- tation sur 1858.Augmen- tation sur 1857.Augmen- tation sur 1856.Augmen- tation sur 1855.Augmen- tation sur 1854.Augmen- tation 6ur 1853.1 Institutions Elèves 2352 108284 165848 2795 119733 238032 2869 127058 249136 2919 143141 406764 2946 148798 424208 2985 *156872 459396 3199 168148 498436 214 11276 39040 253 19350 74228 280 25007 91672 330 41090 249300 404 48415 260404 747 59864 332588 Contributions Elèves lisant bien Elèves écrivant.Appr.l’arith.simple.“ “ composé Tenue des livres.Géographie.Histoire.Grammaire française.“ anglaise.Analyse grammaticale.27367 50072 18281 12428 12i85 6738 15353 7066 4412 Te oo 32861 47014 22897 18073 799 13826 11486 17852 7097 9283 43407 58033 30631 22586 1976 17700 15520 23260 9004 16439 46940 60086 48359 23431 5012 30134 17580 39328 11824 26310 o IC 00 48833 61943 52845 26643 5500 33606 26147 39067 12074 34064 oo ro OO 52099 65404 55847 28196 *6689 37847 42316 43307 15348 40733 cr> *o 00 64362 80152 63514 30919 7135 45393 45997 53452 19773 44466 œ c § S-2 2 trï = ~ 3 oo 12263 14748 7667 2723 447 7546 3681 10145 4425 3733 G C-5 G «5 go® tele ^ => ~ a 15529 18209 10669 4276 1635 11787 19850 14385 7699 10402 G to J cm c o oo tea 7!
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