Journal de l'instruction publique, 1 septembre 1860, Septembre
Volume IV.Montréal, (Bas-Canada) Septembre, I860- No.9.I WuB£RtfÂRI$isPm^ 1Z- Vf/PEUPif 1PI1III mm SOMMAIRE.Littérature.—Poésie : Ode au Prince de Galles, parM.i/ouis Fiset.—Education— Pédagogie : Des obstacles que les défauts des enfants offrent à l’éducation, par Th.Barrau.—Avis Officiels : Erection de municipalités.—Avis Secrétaires-Trésoriers.— Nominations: Ecoles Normales.—Commissaires d’école.—Diplômes accordés par les Bureaux d’Examinateurs.— Dons offerts au Département.Editorial: Relation du voyago du Prince de Galles en Amérique, (à commuer.)—Adresses présentées par des institutions d’éducation au Prince de ualles.—Onzième conférence de l’association des instituteurs de la circonscription de l’école normale Laval.—Rapport du Surintendant de l’Instruction Publique du Bas-Canada pour 1859, (suite.)—Extraits des rapports des Inspecteurs d’école pour lba8.(suite.)—Petite Revue Mensuelle.—Nouvelles et Faits Divers : Bulletin de l’instruction publique.— Bulletin des sciences.—Ann-, nce—Worcester’s Dictionary.LITTERATURE.POESIE.ODE A son .lltcsse Royale le Prince de Galles.l’attente.Le calme de la nuit règne sur la nature ; Les troupeaux mugissants ont laissé la pâture ; Le chant des oiseaux a cessé : Tout dort.Seule au balcon, la vierge au front timide, Le cœur ivre d’espoir, parcourt d’un œil humide L’image de son fiancé.“ 11 va venir : au loin scintille son étoile.“ L’aurore annoncera demain sa blanche voile.(l .11 Zéphyr, sois docile à sa voix 1 Lieux, soyez tout d’azur! forêts, soyez moins sombres1 Il va goûter enfin la fraîcheur de vos ombres “ Demain, pour la première fois.“ U.1est si jeune encor ! dans leur course brillante, Dix-huit printemps n’ont pu de sa lèvre riante 11 Bannir la sainte illusion !.» xt011 re?ard doux et fier> que «ni autre n'efface, Nous dit qu’en le créant d’une si grande race “ Dieu lui fit un cœur de lion ! “ Sous les suaves lois d’une reine adorée, “ Son enfance a reçu la semence sacrée u , “Qui forme ie héros chrétien ; !, son peuple, charmé de sa sagesse austère, ' Aime à voir dans le fils les vertus de la mere, “ Sa gloire et son digne soutien.Demain !”.Oh! qui dira de la vierge ingénue Le solitaire émoi, l’ivresse contenue Qui se mêle à ses rêves d’or !.xa lampe s’est éteinte, et, calme, elle sommeille • oa voix n’a plus d’accents, mais son âme qui veille Vers son ami prend son essor.l’arrivée.Trince, tu l’as compris : la chaste fiancée, Dont la prière enfin par le ciel exaucée, S'exhalait ainsi nuit et jour, Du vaste Saint-Laurent c’est la rive sublime, Dont les peuples divers, qu’un môme espoir anime, T’ont donné leur foi, leur amour 1 Pour toi, brille aujourd’hui sa plus belle parure ; Elle a de ses joyaux orné sa chevelure, Et veut plaire à son bien-aimé.De la nature ainsi la robe se décore Des festons et des fleurs que soudain fait éclore Du printemps le souffle embaumé.L'air est plein d’harmonie ; entends ces cris de fèle ! Monte sur le pavois ! sois fier de ta conquête ! Elle n’a pas coûté de pleurs ; Et ccs hommes vaillants qui vont te rendre hommage, De l’antique Albion, quand grondera l’orage, Ne trahiront pas les couleurs.Tous viennent à l’appel de ton royal sourire : Le digne enfant d’Erin, le Saxon qui t’admire, Le Pieté fidèle à son roi, Et ces braves colons si joyeux, si prospères, Dont les aïeux jadis ont combattu tes pères, Et dont les fils mourront pour toi ! Rivaux, frères, amis, à tes yeux équitables, Tous ont des droits égaux et des destins semblables Sous les plis de ton pavillon.Tel, l’astre bienfaisant que chaque jour ramène, Ne cessant de veiller sur ton futur domaine, Verse à tous le même rayon.l’adieu.Puissent long-temps ccs bords jouir de ta présence Vain désir ! il le faut, le deuil de ton absence Bientôt va commencer pour nous !.La nuit va dérober l’astre toujours fidèle !.A travers l’océan, la gentille hirondelle Va fuir vers des climats plus doux.Il faut que le soleil éclaire une autre plage ; Il faut que le bonheur, dans sa course volage, Brille et s’efface tour à tour ! Il faut rendre à son fils ta glorieuse mère Dont l’amour inquiet, dont la tristesse amère Demande à Dieu ton prompt retour ! Pour nous, elle a bravé l’angoisse maternelle ! De ce sublime effort la mémoire éternelle Dans ces lieux bénira son nom ! 146 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Du-lui que pour louer ses vertus intrépides, Sur le fleuve géant, l’écho des Laurentides Domine la voix du canon ! Prince, adieu I va remplir tes grandes destinées ! La gloire, souriant à tes jeunes années, Te convie au festin des rois! Nous te suivrons, de loin, dans ta noble carrière ; Pour toi, de nos enfants la naïve prière Monte au ciel du pied de la Croix! Lodis Fiset.EDUCATION.PEDAGOGIE.DES OBSTACLES QUE LES DÉFAUTS DES ENFANTS OPPOSENT a l’éducation.Les obstacles que les défauts des enfants opposent à leur bonne éducation ne viennent que trop souvent des torts et des erreurs des parents, car le naturel de l’enfant peut se résumer en ces deux mots : sympathie et imitation ; et, si nous savions vouloir fortement et avec persévérance, il ne pourrait s’assimiler que ce qui est bien, jusqu’au moment où sa raison est assez éclairée et son énergie assez développée pour repousser ce qui est mal.Remontons à l’origine, et nous reconnaîtrons que, trop souvent, les défauts les plus graves de l’homme ont leur cause dans son éducation même.Ce jeune homme, par exemple, quoique excellent au fond, est brusque et même dur ; on dirait volontiers de lui, comme d’un ancien Romain, qu’il a embrassé la vertu pour la faire haïr.Est-ce surprenant?Son père, sombre et violent à la fois, tenait continuellement sa famille dans la crainte : le morne silence qui régnait autour de lui n’était interrompu que par les éclats de sa colère, souvent injuste.Cet autre manque de franchise.Ne vous en étonnez pas : dans son enfance, on se faisait de ses aveux une arme contre lui, et on le châtiait pour avoir été sincère.Ce troisième est atteint d’une timidité incurable.Pourrait-il en être autrement?Dans son jeune âge, on accueillait ses naïves questions par des risées ; il était obligé de refouler tous ses sentiments en lui-même ; et ainsi s’est établie entre sa pensée et ses organes une barrière qu’il ne peut plus rompre.Cet autre enfin est vindicatif jusqu’à la perfidie-Sans l’excuser, je le conçois : à l’école ou au collège, il était livré en proie aux moqueries de ses camarades, qui mettaient leur joie à le persécuter, et qui, vaillamment, se réunissaient tous contre lui seul.L’énumération des défauts dus à l’éducation serait interminable, et elle serait inutile ; car tous ne s’étant produits que par suite de notre imprudence et de notre mauvaise direction, ne sont en réalité que les effets, infiniment variés dans leur forme, d’une cause unique.Il ne s’agit donc pas de chercher, comme la médecine, des remèdes pour chaque maladie, mais d’établir les règles d’une bonne hygiène morale qui empêche les maladies de naître, et qui, sagement appliquée, procure aux jeunes âmes une constitution robuste.Cette hygiène, c’est une éducation sensee ; cette constitution robuste de l’àme, c’est l’amour et l’habitude du bien.Tout découle de là.Et de même que, à tous les défauts, quelle qu en soit la diversité il y avait un préservatif unique et souverain, de même quand, par notre négligence ou malgré nos soins, ces défauts se sont produits, il y a un unique et souverain remède.Ouel est-il?Remonter à la source et raviver fortement dans le cœur l’amour du bien.Cet amour donne des clartés pour discerner les penchants nuisibles, et en même temps de l’énergie pour les vaincre ; et alors la volonté généreuse de l’enfant étant secondée par les soins intelligents des parents et des maîtres, les défauts disparaissent et font insensiblement place, non aux qualités qui leur sont opposées, mais à celles qui leur sont congénères et dont ces mêmes défauts n’étaient qu'une exagération ou un affaiblissement.L'amour excessif du plaisir se règle ; la curiosité, l’indiscrétion ne sont plus qu’un légitime désir d’apprendre ; la prodigalité se change en une libéralité louable, et l’avarice égoïste plus commune à cet âge qu’on ne croit, en une sage économie ; les dispositions qui menaçaient de devenir pusillanimité, témérité, violence, orgueil, deviennent prudence, intrépidité, énergie, noble fierté.C’est ainsi que, grâce à une éducation forte et sensée, les penchants qui pouvaient dégénérer en vices se développent, en vertus.Sans qu’il soit nécessaire de s’occuper de chacun d’eux séparément, d’émonder, de tailler, de couper dans le vif, d’avoir sans cesse le sécateur à la main, l’arbre prospère et se couvre de fruits.Ces réflections générales ne nous dispensent pas d’étudier en particulier les défauts et les maladies morales qui entravent la marche de l’éducation.C’est ce que nous allons faire, après avoir répété que, très-probablement, si l’éducation dès le commencement est bien dirigée, ces défauts et ces maladies ne se produiront pas, ou que, du moins, il sera peu difficile de les guérir dès qu’on en aura vu poindre les premiers symptômes.Avant tout, distinguons bien les défauts qui sout naturels à l’enfance de ceux qui sont imputables à l’enfant.Les défauts naturels à l’enfance doivent à peine nous occuper ; ce ne sout pas, à proprement parler, des défauts ; ce sont des imperfections que le progrès de l’âge fera disparaître.Un enfant est léger, inconsidéré, étourdi ; vous vous en plaignez, et vous avez tort: ce n’est pas à lui qu’appartiennent la légèreté, l’inconsidération, l’étourderie ; c’est à l’enfance.Peut-il se séparer de son âge ?A en croire certains parents, la raison devrait pousser plus tôt que la barbe, et un jeune garçon devrait savoir se maîtriser aussi bien qu’un homme.Cette extrême vivacité, cette mobilité continuelle, dont on se plaint, sont inhérentes à cet âge ; s’en fâcher, c’est se fâcher de ce que le ruisseau coule, sautille et babille.Aimeriez-vous mieux une eau croupissante ?un enfant sournois ou toujours endormi dans un coin ?“ Mais il faut sans cesse veiller sur lui ; son bruit continuel me fatigue.” C'est grand dommage, en vérité ! Voilà un père bien digne de ce nom, qui, pour le développement de la santé physique et morale de son enfant, ne sait pas supporter un peu de tapage ! Si, au lieu de marcher, il aime mieux courir, s’il ne sait entrer dans une chambre qu’en sautant, s’il se roule sur le plancher, s’il se cache, pour vous surprendre, derrière les meubles ou sous les meubles, si tout l’amuse et l’attire, si la gaité dont son petit cœur surabonde éclate sans cause par des rires imprévus, savez-vous ce que cela veut dire 1 Cela veut dire que son enfance est heureuse.Ah ! iaissez-le pleinement savourer ce miel des premiers jours ; les jours d’absinthe viendront assez vite.Légèreté, irréflexion, étourderie pendant l’enfance et même au commencement de l’adolescence, n’ont donc rien qui m’inquiète, tant que la sagesse des parents veille, tant qu’elle contient tout dans de justes bornes, tant que l’enfant léger ne devient pas un enfant espiègle.Car, pour l’espièglerie, loin de l’encourager comme on le fait trop généralement, je ne saurais même la tolérer.Que de personnes cependant se divertissent des espiègleries pins ou moins malicieuses des enfants! Elles y applaudissent, elles en rient en leur présence.Je prendrai la liberté de JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.117 dire à ces personnes si gaies que l’enfance n’est pas destinée à leur donner la comédie.L’éducation est chose sérieuse et sainte.Ce qui les fait rire m’attriste; et je ne saurais trop recommander aux parents, tout en autorisant les innocents badinages, de réprimer sévèrement tout acte, toute parole qui blesserait la charité ou la bienséance.Quand, à l’âge de dix ans, un enfant qui devient ensuite un auteur célèbre, condamné (c’est lui qui nous le raconte) à aller au lit sans souper, dit adieu successivement aux personnes réunies en cercle autour du feu, et que, s’inclinant ensuite vers la cheminée où la broche tourne, il dit avec un soupir comique : “Adieu, rôti,” tout le monde rit, et moi aussi, et comme ses parents, je lui fais grâce.Mais, quand un jeune garçon, encouragé par une indulgence déplacée, joue quelque bon tour à un camarade ou fait quelque niche à un ami de la maison, l’on peut rire tant qu’on voudra, moi je m’afflige : car ces jeux, à les bien considérer, tiennent de la moquerie, et au fond de la moquerie il y a toujours quelque chose de malicieux et de cruel.Quand aux défauts qui sont réellement imputables à l’enfant et qui mettent de véritables obstacles à l’éducation, les plus fréquents sont le mensonge et l’indocilité.Disons-le franchement : quand un enfant devient menteur, il y a presque toujours un peu de notre faute.L’enfant est naturellement très-expansif ; il pense à haute voix ; il lui paraît aussi naturel d’exprimer un sentiment que de l’éprouver, et de raconter une action que de la faire ; et si, de bonne heure, ce penchant était habilement secondé par nous, si jamais sa sincérité ne lui était nuisible, jamais sa parole ne déguiserait sa pensée.Mais si, à un âge où il n’a ni assez de discernement pour distinguer le bien du mal, ni assez de force de caractère pour préférer toujours le bien, sa véracité est pour lui une occasion de.punitions et de reproches ; et si, à l’idée de la sincérité et de la franchise s’associe une fois dans son esprit quelque idée effrayante ou même seulement pénible, le voilà devenu menteur, et je crains qu’on n’ait ensuite bien de la peine à le guérir.Pourquoi ce même enfant, menteur avec ses parents et ses maîtres, ne cache-t-il rien à ses camarades?c’est qu’il n’a rien à craindre des suites de sa confiance en eux.Et bien, que cette observation nous éclaire : veillons à ce que sa sincérité ne lui soit jamais nuisible.Voici mie autre règle : il ne faut jamais induire l’enfant à mentir.Or, c’est l’y induire que de l’interroger sur des choses dont nous ne sommes pas sûrs.Cette manie de questionner ainsi les enfants constitue une véritable tentation.Nos menaces, qui, dans ce cas, demeurent souvent sans effet, affaiblissent notre autorité sur lui, et, quand une foté il nous a menti impunément, son respect pour nous n’est plus le même.Voici donc ce qu’on peut faire pour le préserver de ce vice : quand nous sommes sûrs de la vérité et quand, en même temps, il ignore que nous la savons, interrogeons-le : s’il dit vrai, ne le louons pas : car de quoi et pourquoi le louerions-nous ?Mais s’il ment, mettons l’occasion à profit ; faisons en sorte qu’à l’idée du mensonge s’associe très-fortement dans son esprit l’idée de la honte et de la douleur, et qu’il ait peur du mensonge plus que les enfants à qui l’on a fait des contes de revenants n’ont peur des ténèbres.Cela nous sera facile si nous savons profiter de l’occasion favorable ou la faire naître, et si nous avons assez d’empire sur nous-mêmes pour nous résigner à ignorer quelquefois ce que nous voudrions savoir.Il est mille moyens, mille ruses innocentes dont nous pouvons nous aider.L’enfant ne manque pas d’esprit ; mais nous en avons plus que lui ; et h serait bien étrange qu’il remportât la victoire dans cette lutte de notre intelligence contre la sienne.Si les précautions que je viens d’indiquer ont été négligées et si l’enfant est devenu menteur, que faire ?Etre sans pitié lorsque le mensonge sera évident, et faire parler honneur lorsque ce sentiment commencera à s’éveiller.Mais n’y comptons pas trop : car le sentiment de l’honneur, qui est le résultat de l’éducation, ne saurait guère être un élément, du moins dans les premières années, et ne peut que bien rarement contribuer à la fortifier, puisque c’est à elle à le produire.Surtout n’exagérons rien, “ On méprise les menteurs.’ Disons cela à un adolescent, je le veux bien, mais ne le disons pas à un enfant, qui ne nous comprendrait pas.“ Un menteur est aussi coupable qu’un voleur.” Fi donc ! Un calomniateur, passe.Mais parce que, pour échapper à une punition, un enfant aura dit faussement : “ Je ne l’ai pas fait exprès,” ou : “ J’avais oublié,” doit-on lui présenter en perspective la cour d’assises ?N’est-ce pas là mentir pour corriger le mensonge ?—Manuel Général de l'Instruction Primaire.Barrau.CA continuer.) AVIS OFFICIELS.ERECTION DE MUNICIPALITES- Son Excellence, le Gouverneur-Général en conseil, a bieu voulu, le 28 septembre dernier : lo.Eriger en municipalité scolaire séparée la localité connue sous le nom de Mont-Louis, dans le comté de Gaspé, et lui donner les limites suivantes : Depuis l’Anse Pleureuse, inclusivement, vers l’Est, jusqu’au Ruisseau-aux-Rebours, vers l’Ouest, formant une étendue de cinq lieues de front ; 2o.Diviser la municipalité scolaire du Cap des Rosiers en deux parties et ériger chacune d’elles en municipalité scolaire séparée, la première devant être connue sous le nom de municipalité scolaire du Cap des Rosiers et devant avoir une étendue de trois lieues depuis les trois Ruisseaux, au nord, jusqu’au Cap Bon-Ami, au sud ; et la seconde devant être appelée municipalité scolaire de la Grande-Grève et s’étendre, au nord, depuis le cap Bon-Ami, jusqu’à la limite aetuelle de la municipalité scolaire du Cap des Rosiers, et au nord-ouest, comprendre le Petit Gaspé et s’étendre jusqu’au Cap aux Os.NOMINATIONS.Son Excellence, le Gouverneur-Général, a bien voulu, le 28 du courant, approuver les nominations suivantes : ECOLE NORMALE JACQUES-CARTIER.M.Tancrède Dostaler, ancien élève de l’école et de l’Université Laval et muni du diplôme pour école-modèle, est nommé professeur adjoint.ECOLE NORMALE LAVAL.M.Norbert Thibault, ancien élève de l’école et muni du diplôme pour académie est nommé professeur adjoint.COMMISSAIRES D’ECOLE.Son Exeellence, le Gouverneur Général, a bien voulu, le 26 courant faire les nominations suivantes de Commissaires d’Ecole : Comté de Témiscouata,—St.George de Kakouna: MM.François Rancourt et Joseph Lessard.Comté de Témiscouata.—Village St.Edouard : Le Révérend Dominique Racine.Comté de Rimouski—Ste.Flavie : Le Révérend Moïse Duguay MM.Fabien Gauvreau et Clovis St.Amand.Comté d’Arthabaska.—Stanfold : MM.Etienne Sylvain et Olivier Desrochers.Comté de la Beauce.—St.François : MM.Gilbert Léger et Macloire Pilet dit Jolicœur.Comté de Gaspé.—Mont-Louis : MM.François Lapointe, Michel La-flamme,(Jacques Henley, Théodore Boucher et Alexandre Campion avec François Xavier Thibauld, pour secrétaire-trésorier.Comté de Huntingdon.—Ilemmingford : M.Arthur Mc Aller.Comté de Rimouski.—St.Anaelet : MM.Hubert Lavoie, Laurent Proux et Hubert Lepage, • Comté de Gaspé —Cap des Rosiers : MM.Jacques Eve, James Whelan John Packwood, Michel de Ste.Croix et Joseph O’Connor, avec Peter Wheian, pour secrétaire-trésorier.Comté de l’Ottawa.—Wakefield : MM.Joseph Irwin et George Hall Comté de Montmorency.—St.Joachim: MM.Gilbert Roberge et Olivier Ferland.6 118 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Comté de Maskinongé.—Peterborough: Le Révérend C.T.Turgeon et M.Louis Prévost.Comté de Gaspé.—Malbaie : M.Jean Fauvel.Comté de Rimouski.—1Township McNider: MM.Marcel Santerre, Joseph St.Pierre, Charles Senécal, Cyprien Bérubé et Pierre Bouchard, avec Zéphirin Lanouette, pour secrétaire-trésorier.BUREAU DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES DU DISTRICT DE MONTREAL.MM.Antoine Martel, Magloire Lalonde, Isaac Hogue, Pierre Auclaire, Joseph Casimir Michaud, Aristide Beaudoin, Joseph Tanguay, Louis Maxime Durocher ; Dlles.Marie Georgina McKerty, Emma Peltier, Marie Eliza Archambault, De Lima Perrault, Marie De Lima Lestage, Eléonore Lavalée, Henriette Groux, Tharsile Gervais, Laura Driscol, Philomène Demers, Rosalie Poulin, Mélina Minier, Catherine Hamel, Victorine Bousquet, Léocadie Lampront, Philomène Labelle, Adèle Alix, Christine Grénier, Marie Célina Poyer, Adéline-Raby, Julie Breault, Adèle Léger, Restitue Gendron, Philomène McKie, Marguerite Labelle, Marie Reine Catineau, Zéphirine Malo, Artliémise Chenevert, Julie Duval, Marie Hermine Picard, Marie Adéline Crevier, Marie Rose Peltier, Léopoldine Beauchamp, Thomas Charland, Delphine Richard, Mélina Tellier ; MM.Césaire Désormeau, Charles Codebecq, Thomas McGowan, Joseph Rainville, Maxime Réjimbal, Timothy Donahoe, ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.M.Urgèle Fontaine ; Dlle.Adéline Lecuyer ; MM.Pierre Bériault, Narcisse St.André, Adolphe Fontaine, Louis Labelle et Joseph Paradis, ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles modèles.F.X.Valade, Secrétaire.BUREAU DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES DU DISTRICT DE QUEBEC.M.George Burton ; Dlles.Angèle Blais, M.Célina Boivin, Augustine Elizabeth Bouchard, M.Constance Caron, M.Josephto Côté, Mary Car-roll, M.Eugénie Drouin, M.Célina GiDgras, Caroline Giroux, M.Adèle Gagné, M.Philomène Jobin, Mary Ann Kelly, Marg.Ludivine Kerson, Marie Zélire Lemay, M.Philomène Mercier, Anna Magher, M.Marguerite Naud alias Labrie, Marie Sara Adélaïde Perrault, M.Célina Roy, Eléonore Réaume, M.Léda Vallière et Mr.Michel Vigilant, ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.Napoleon Laçasse, Secrétaire.DONS OFFERTS AU DEPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.M.le Surintendant accuse avec reconnaissance réception des dons suivants : De M.John Gilmary Shea, de New-York: Histoire Généra’e des Voyages, par Laharpe, 29 vols in-18o ; Historia General de las Hechos de las Castollanos en la islas y tierra firme del Mar Oceano, par Antonio de Herrera, 1 vol.in-18o.De M.Alphonse LeRoy, professeur à l’Université de Liège, Belgique : Rapport du Comité de Littérature et des Beaux-Arts, par lui-même, 1 brochure in-8o ; La Philosophie au Pays de Liège, (XVII et XVIII siècles) par lui-même, 1 brochure in-8o.De M.H.Perley, de Frederickton, New-Brunswick : Reports on the Sea and River Fisheries of New-Brunswick, par lui-même, brochure in-8o., double exemplaire ; A Hand-Book of information for emigrants to New-Brunswick, par lui-même, brochure in-12o , cinq exemplaires: De M.David N.Camp, de Hartford, Connecticut : Mitchell’s series of Outline Maps for the use of academies and schools, 10 cartes ; Camp's Geography, embracing the key to Mitchell’s series of Outline Maps, 1 vol.petit in-4o.,3 exemplaires.De M.James S.Eaton, M.A., à Andover, Massachusetts : Easy lessons on Mental arithmetic, par lui-même, 1 vol.in-18 ; A Treatise on Arithmetic, combining analysis and synthesis, par lui-même, 1 vol.in-12.A key to Eaton’s Arithmetic, par lui-même, 1 brochure in 12o ; Intellectual Arithmetic, par M.Warren Colburn, 1 vol.in-18o ; Catalogue of Phillips Academy, 1 brochure, in-8o.INSTITUTEURS DISPONIBLES.M.Laurent Giguière, Rivière du Loup, en haut.Diplôme pour école modèle.M.Thimothy O’Donohoe, No.295, Rue Ste.Marie, Montréal.M.P.A.Parent, diplôme pour école-modèle, anglais et français.Rimouski.Mlle.Caroline Gibeau, enseigne l’anglais et le français, diplôme pour école élémentaire.89, rue Ste.Catherine, Montréal.M.Godfroy Gagnon, diplôme pour école élémentaire.St.Janvier.Mlle.Marceline Ethier, diplôme pour école élémentaire.127, rue Montcalm, Montréal.JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.MONTREAL, (BAS-CANADA,) SEPTEMBRE I860.Relation du voyage de Son Altesse Royale le Prince de Galles en Amérique.I.INTRODUCTION.Notre journal ne traite d’ordinaire que de sujets qui se rapportent à l’éducation, aux sciences et à la littérature ; cependant, quand de grands évènements s’accomplissent, nous ne nous faisons jamais faute de les enrégistrer dans nos colonnes.L’instituteur, du reste, ne doit pas ignorer l’histoire contemporaine ; elle lui est utile de mille manières, et il en tire surtout profit en enseignant l’histoire, la géographie, etc.Il peut, en la racontant à ses élèves, la faire servir à développer leur mémoire et leur intelligence ; mais il doit, dans ce cas, se donner de garde de provoquer chez eux, par ses récits, tout sentiment qui s’assimilerait à ce que l’on est convenu d’appeler esprit de parti.Parmi les événements récents qui feront époque dans lesannalet de ce pays, les plus importants sans doute sont l’achèvement du pont Victoria et son inauguration solennelle par l’héritier présomptif du plus grand empire du monde.Le 14 mai 1859, nos deux chambres du parlement votaient une adresse à Sa Majesté la Reine, en l’informant que le travail gigantesque qu’avait entrepris la colonie touchait à sa fin et en demandant humblement qu’il plût à Sa Majesté, ou à tout autre membre de ia famille royale de visiter le Canada et d’inaugurer le pont Victoria.L’honorable H.Smith, Président de l’Assemblée Législative, ayant été chargé de l’adresse, la porta en Angleterre et la déposa au pied du Trône.Sa Majesté voulut bien répondre qu’il lui était impossible de se rendre au désir de ses sujets du Canada ; mais que le Prince de Galles y viendrait à sa place et l’y représenterait.II.BIOGRAPHIE DU PRINCE.Son Altesse Royale Albert-Edouard est né au palais de Buckingham, le 9 novembre 1841.Voici la liste de ses titres : “ Prince de Galles, Duc de Saxe, Prince de Saxe-Cobourg-Gotha, Duc de Cornwall et Rothsay, Comte de Chester, Carrick et Dublin, Baron de Renfrew et Lord des Iles, Chevalier de la Jarretière.” Une partie de ces titres lui appartient par droit de naissance ; les autres ont été expressément* créés pour lui.Pour complaire aux chefs gallois, Edouard I ayant fait son fils Prince de Galles, ce titre a toujours été accordé depuis a l’héritier présomptif du trône anglais.Les titres écossais du Prince remontent à Robert III, sous le règne duquel ils furent affectés à l’héritier présomptif de la couronne d’Ecosse.Le 10 septembre 1849, Sa Majesté contera à son fils et à ses descendans, à perpétuité, la dignité de comte de Dublin du Royaume-Uni, en souvenir de son voyage dans cetle partie de ses domaines.C’est sous les yeux même de sa mère qu’a eu lieu ia première éducation du Prince de Galles.Des maîtres, choisis expressément à cause de leur haute capacité et de leur aptitude, l’ont aidé dans l’étude des langues, des classiques, de l’histoire naturelle, des mathématiques et de diverses autres branches d’instruction.' Quand l’âge du Prince eut rendu nécessaires les soins dTin précepteur, M.Gibbs fut appelé à remplir auprès de lui cette charge confiance.On inspira au jeune Prince le goût de l’étude en la lui rendant peu agréable par tous les moyens possibles.M.Gibbs inculqua rapidement à son élèves les premièies connaissances et s’aida dans cette tâche d’anecdotes et d’historiettes qu’il sait conter avec un rare talent.Les premières vérités utiles que connut ainsi le Prince éveillèrent en lui le désir de s’instruire davantage et l’encouragement qu’il reçut de son piécepteur développa largement ce sentiment dans son esprit et dans son coeur.Tous deux se mirent donc en frais d’étudier ensemble les phe-nomènes ordinaires de la nature ; et des explications données apropos répandirent la lumière sur des sujets hors de la portée JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.149 parfois de la jeune intelligence que M.Gibbs avait mission de cultiver.(1) On sait avec quel succès la Reine et le Prince son époux se sont '‘VrLn/Ti “ 68 frt8', IU n’est par con^quent pas étonnant qu’lis aient desire que le talent qu’ils possèdent eux-mêmes leurs enfants e possédassent a leur tour ; mais ce qui est de nature à surprendre e est de voir jusqu’à quel point ce désir s’est réalisé.Le Punce de galles a appris a dessiner et à se servir utilement du crayon de 1 artiste, Ses promenades et ses voyages lui ont permis, en maintes circonstances, de donner des preuves de son On résolut d’abord de le faire voyager dans cette partie de l’An-gleterre qui comprend les comtés de Cumberland et de Westmoreland.Outre le plaisir qu’il eût d’entendre, sur les expéditions aux terres arctiques, les récits du Dr.Armstrong, gentilhomme qui formait partie de sa suite et qui, en qualité de chirurgien eî LTsil'w’ apait f?comPaSné ceux qui étaient allés à la recher-tnede ‘-|r John Franklin, cette excursion fournit au jeune Prince une heureuse occasion de compléter ses études géologiques.0 descendit dans les mines, gravit les montagnes, fit ampli collec- tion d eehantUlousd6,^,, croqua des paysageS) inPséra dans son carnet de voyage le compte-reridu de ses pérégrinations jour- h",'* danS d-eS 'ettres à sa famille tout ce quHui semblait digne d etre raconte, entremêlant ses narrations d’appré- c“ qUe U1 SU^éraient ies ™«=urs des habitants deuces n,m,tP|inCe d® GalJes son second voyage à l’étranger.Il parcourut les parties les plus intéressantes de l’Allemagne, de la dent^A ™ laSuisse- , Ce v°yage lui profita plus que' le précé-en i re^9,ur> on 1U1 assigna, pour y compléter son éduca- tion, la Maison Blanche ( White Lodge) dans le parc Richmond Z en PvamllLn?0nn,U en t0U' P°'nt aU but que P°'‘ * Posait en 1 y installant.Des princes de Galles, ses dévanciers, s’v étaient toui a tour, comme lui, livrés aux travail de l’étude et aux traite au’onTueiafit°nS -dU jeUne T' C’est dans charmante ava‘ ®nqnU 011 Jui fi.1 ™*vre avec plus de système encore qu’aupa- aTamke t d,n ractl0n "?êJé de Panades en bateau sur e cro™ e V dfekenSeSra '"Y*! danS ,e paro’ et Parfois de Pitiés ue crosse (cricket).^ Ces recreations et l’air pur pour lequel cet endroit est renomme contribuèrent à fortifier la santé du Prince.Apres avoir savouré à loisir les douceurs de cette retraite " le fttraits entivf«?rt1' "n tr°1BlélT V°yfge qni eut P°ur lui de nouveaux attraits.Monte sur le yacht royal, il cotoya l’Irlande visitant Ips Üe 1 jle,°Ù “ étaR le plus Pacde Saborde,• Tes paysaies enchanteuis de la verte Enn ne pouvaient manquer d’impression- éT1iIf21nt Son.Altesse I ses cartons de voyages en foi/foi.La fl>amnSp dainSf’HSl )U‘stement.ren°mmée, dut également contribuer d i amusement du jeune touriste.Je9n0vem, l858> le Prince qui atteignait ce jour là sa dix-ept eme annee fut nomme colonel dans l’armée.La Gazette de ondres du lendemain (the London Gazette) renfermait le décrèt A tPsspPJ' V an.nor>Çant Plein pouvoir de noble on Ire 1 • °* ® ?olh,er et les autres ^signes du très P ince de CaH J?rret!ere’ de ® asseoir dans la stalle réservée au et de ionî, G| ’ l ,allS a chaPelle r°yale de St.George, à Windsor, valier cnmn t0llS J.es,df01ts fî prerogatives appartenant à un che-ab«olM P?r°n ‘ f u®3 n°We ordre susdit, d'une manière aussi lement inlt n- ?arfait® qU?-S1 Son Altesse R°yale eût été formel-cment installée dans cette dignité.” virftaV?ir ®1 a!nsi mis au fait des devoirs qu’impose l’âge ïre’ses étnHef H d V,®na1 d ®ntrer’ !e Pr*nce résolut de poursuf-Kome da ‘UdeeS’Kdarani quelclues temps au moins, et de se rendre à Major aZln®1' Su-r ces entl'efaiteS, le frère de Lord Elgin, le Go verneur du P^nc S‘ n"11" ®* si aimfé- au Canada’ fllt nommé airture » „ ,,P ?®‘ ¦ °“ I16, pouvait faire un choix de meilleur à son ;nP ®et 6 C° °nie' A la suite d’une courte visite qu’il fit ^usse.rr/rfP,1'1CesSe Fréd.érick-Gurllaume, de Prussp ;i -:;v ‘¦•icueucK-uumaume, de c’e t au h !;Ta vers 1 Italle' accompagné de son gouverneur, de v S de ce voyage qu’il accomplit le premier acte gravé dans’la"1”® 5 acte, doat le souvenir restera éternellement gées par i! ^Canadiens.Les nobles luttes enga- de l’empire u d?a‘l naltle dans cette 8railde colonie nation^’| ’ii® .f de ,s ass°c,er aux sacrifices qui s’imposait la contribué8™., T ® ml0nde sad combien ce pays a magnifiquement mée, it cmZ soulaSenrent des victimes de la guerre de Cri-’ et quelques mois plus tard pour celui des victimes de la 11 ) Dumest>c memoirs of the Royal Family, par Sir Follcstonc William.guerre de l’Inde.Mais là ne devait pas se borner le zèle de cette colonie.Elle fit la levée d’un régiment qui fut appelé le 100e régiment, ou regiment canadien royal d’infanterie du Prince de Galles.Lors ue leur débarquement en Angleterre, ces troupes furent cantonnées a Shoincliffe, prés de Folkestone, où son Altesse Royale en fit la revue et, en leur donnant leurs drapeaux, leur fit le discours suivant: Go,ld Melville, Colonel de Rottenberg et officiers et soldats du e regiment, c’est avec bonheur qu’avec le gracieux assentiment de la Reine, j’accomplis aujourd’hui le premier acte de ma vie publique en donnant ses drapeaux à un régiment qui est l’of-trande spontanée du loyal et noble peuple canadien et auquel, suivant son désir, on a donné mon nom.Cette cérémonie est d’au-tant plus significative et solennelle qu’en confiant pour la première lois a votre garde ces emblèmes de la fidélité et de la valeur militaires, je dois non seulement parler en termes élogieux de votre enrôlement dans l’armée nationale, mais encore publier hautement un acte qui fait connaître par quels fermes liens se rattachent entre elles toutes Jes parties de notre vaste empire.Ma jeunesse et mon inexperience ne me permettent d’exprimer qu’imparfaitement tes sentiments que font naître en moi et votre loyauté et la prospérité dont jouit la grande province du Canada.Veuillez bien croire cependant que je suivrai avec un vif intérêt tous vos pas dans la noble carrière que vous avez embrassée ; je vous souhaite cordialement tout l’honneur et le succès qu’il est possible d’v atteindre.” 1 J ,oL® Pfi?°e ar,ri,va dans la ville éternelle vers la fin de Janvier looa; et lorsqu il en eut passé en revue les monuments anciens et modernes, on Je vit se remettre à l’étude avec calme et sans osten-tation.Avant de s’y livrer cependant, il fit une visite au Pape Cette visite est destinée à faire époque dans les fastes du Vatican ou, depuis des siècles, aucun Prince du sang royal d’Ano-leterre n avait mis le pied.Suivant le désir qu’en avait formulé la Reine sa reception y eut lieu sans beaucoup d’apparat.En voyant entrer le Prince dans 1 appartement où elle devait se faire.Sa Sainteté alla a sa rencontre et l’accueillit avec toute l’affabilité possible Puis, 1 ayant conduit à un siege où Elle le fit asseoir, Elle lia en français conversation avec lui.Cette entrevue, qui fut des plus | agréables, quoique de courte durée, n’eut que le général Bruce pour témoin.Le Pape et le Prince se complimentèrent mutuellement et s entretinrent de divers sujets se rapportant à la ville pontificale.Un dit que Sa Sainteté, charmee par les manières et le carac-ere de son jeune visiteur, manifesta ensuite la plus haute opinion a son sujet.Comme le Prince se levait pour se retirer, Je Pape le reconduisit jusqu’à l’entree de l’appartement, en lui donnant tou-purs des marques du plus vif intérêt.Le séjour de son Altesse ,Yal?% Ror?e fut lnterromPu Par la guerre d’Italie.Il se rendit de la a Gibraltar et passa ensuite en Espagne et au Portugal II revint en Angleterre, le 25 juin 1859.3 Ayant été puiser le goût de la littérature latine aux lieux mêmes qui lurent son berçeau, le Prince, peu de temps après son retour, suivit un cours classique régulier à l’Université d’Edinbourg, assistant chaque jour aux leçons qui s’y donnent, montrant beaucoup duplication et fesant de grands progrès dans les belles-lettresi II le continua ensuite à Oxford, où son éducation se complétait de plus en plus, grace aux soins de professeurs célèbres dans le monde entier par leur erudition, quand on le chargea de venir en Canada.III.DÉPART DU PRINCE POUR L’AMÉRIQUE.Le 9juiHet, le yacht Albert et Victoria, à bord duquel se trouvaient son Altesse Royale et son auguste père, le Prince-Albert entra dans la rade de Plymouth.Sa Majesté la Reine, les avai’t accompagnes quelque temps à bord du Fairy.A 9 heures et demie, le Prince, ayant été harangué par la corporation du boure de Devonport, s’embarqua a bord du Hero, navire de 91 canons Ce vaisseau commandé par le Capitaine Seymour, C.R.et accompagné de 1 Armdne, quitta la rade le lendemain à 7 heures du matin,°au milieu du bruit des salves tirées par le St.George et PFsmerald la citadelle et les batteries du mont Edgmont.Comme le Hero approchait, a flotte de la Manche qui était ancrée à quatre milles du port s échelonna sur deux lignes elle puissant navire passant majestueusement entre elles prit les devants.Les personnes su -vantes, composant son entourage, s’embarquèrent avec son Altesse oyaie .le Duc de hew Castle, secrétaire cl’élat pour les colonies e comte de St.Germains, grand-chambellan de la maison dé la Reine, le Major général Bruce, Gouverneur du Prince ;Te Dr! 150 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Auckland, chirurgien du Prince ; le Major Teesdale et Je Capi-raine Grey, écuyers du Prince, et M.Eglenherst, secrétaire du Duc de New-Castle.IV.TERRENEUVE.Treize jours après, l’escadre royale était en vue de Terreneuve, et le 23 juillet, a 7 h.du soir, le Hero et VAriadne jetaient l’ancre dans le havre de St.Jean.Le lendemain, à midi, Son Altesse Royale foulait pour la première fois le sol des immenses domaines de Sa Majesté dans l’Amérique du Nord.Cet évènement mémorable, dont la nouvelle fut de suite communiquée par le télégraphe dans toutes les colonies, créa partout la plus vive sensation.Dans plusieurs endroits, des salves d’artillerie et le son des cloches, se joignirent aux joyeuses acclamations du peuple.Suivant les historiens, Terreneuve est la première partie de l’Amérique que découvrirent les explorateurs européens.On rapporte qu’on 936, Biarne, fils d’Eric le Rouge, comte de Norvège, y pénétra le premier.En mai 1497, Cabot, navigateur au service d’Henri VIII, lui donna le nom de Prima Vista, qu’a gardé une petite ile qui l’avoisine.Les Portugais y fondèrent les premieis établissements de pêche en 1502 ; les espagnols, les français et les anglais les suivirent de près, et comme toutes les autres contiees del’Amérique du Nord, elle fut successivement prise, perdue et reprise par ces deux dernières nations, jusqu’à la paix d Utiecht, en 1713, époque à laquelle Louis XlV la céda à l’Angleterre.Cette cession précéda d’environ 50 ans celle du Canada.On peut par conséquent regarder Terreneuve comme la plus ancienne des colonies que l’Angleterre possède en Amérique.En 1729, elle lut séparée de la Nouvelle-Ecosse, et le capitaine Osborne en fut nommé gouverneur ; Sir Alexander Bannerman en est maintenant le quarante-unième gouverneur.L’ile est de forme triangulaire et à une étendue de 4-0 mules sur une largeur d’a peu près 300 ; sa superficie est de 36,000 milles carrés., » La population de Terreneuve, en 1857, était ue 129,000 âmes, dont 50,000 catholiques, 42,000 protestants appartenant à 1 eglise d’Angleterre, 20,000 méthodistes.Elle possède une école normale, 12 écoles de grammaire {grammar schools) ou académies, 300 écoles élémentaires fréquentées par 18,000 élèves.Le système d’éducation que l’on y a adopté paraît également convenir aux catholiques comme aux protestants ; chacun administre ses propres affaires suivant sa croyance : les catholiques ont leur bureau et leur inspecteur catholiques ; les protestants, de leur cote, ont leur bureau et leur inspecteur protestants, etc.Terreneuve ne renferme qu’une cité, St.Jean, et cinq villes, lesquelles sont: Havre de Grâce, Carbonear, Bngnes, Fort de Grâce et Placentia, autrefois Plaisance.St.Jean est le port de mer le plus oriental de l’Amérique.Ce havre est excellent ; il est entouré de deux montagnes et son entrée est defendue par de nombreuses batteries.La cité est bâtie sur une erninence , e le est éclairée au gaz et bien approvisionnée d’eau.En I8U7, il ne se publiait qu’un seul journal à St.Jean ; les lecteurs de Terreneuve en ont maintenant neuf à leur disposition.Le gouvernement responsable y a été établi en 1854.En 1852, on y fonda un Conseil Législatif et une Assemblée Législative, qui furent reunis en laid, puis séparés en 1848.Les membres de la chambre basse sont au nombre de 20., Les principaux édifices sont : la cathédrale catholique erigee depuis l’incendie de 18-16 ; la cathédrale anglicane, monumen élégant dans ie style gothique ; la maison du Parlement egalement appelée la Maison coloniale (colonial building) et renfermant les bureaux publics, etc.Elle est dans le style grec.La population est de 20 à 25,000 âmes.,, .Le correspondant du Montreal (Jazetlt décrit ainsi le premier de ces monuments : “ Sur un site des plus beaux, forme par un tertre au cœur de la cité, s’élève la cathédrale avec le palais de l’évêque.Elle est dans le style italien et flanquée de tours qui dominent les édifices avoisinants.Elle m’a semble etre d un tiers ou d’un quart moins grande que celle de Notre-Dame a Montreal, mais l’intérieur en est infiniment mieux décoré, lien n y es sombre ; la lumière v ruisselle.L’évêque, Mgr.Mallock, aime les beaux-arts ; et j’ai vu ici djadmirables copies de quelques chefs-d’œuvres des grands maîtres italiens.” L’arrivée du Prince eut Jieu au bruit du canon des vaisseaux ancrés dans le port qui se pavoisèrent et dont les haubans se couvrirent de matelots.Le vaisseau de guerre français, le Sesoslns s’y trouvait par hasard.Quoiqu’il eut plu toute la matinee, au débarquement de Son Altesse, le temps se remit au beau.Le gouverneur, les autorités civiles et militaires, les sociétés nationales et autres lui souhaitèrent la bienvenue sur le quai et lui firent cortège à travers les rues décorées de beaux arcs de triomphe jusqu’à la=résidence du gouverneur.Après la lecture des adresses, eut lieu la réception officielle (levee.) Vint ensuite une revue de la milice volontaire passée par ie Prince.Cette journée se teimma par un souper auquel furent conviés les évêques catholique et protestant de l’ile, le juge en chef Sir Francis Brady et les autres juges.Le soir il y eut leu d’artifice ; vu du rivage, le spectacle qu il a offert a dû être magnifique.Le second jour, le ciel lut très seiein et enthousiasme de la population éclata de mille sortes.Dans la matinée, Son Altesse Royale visita les deux cathédrales, a 1 entiee desquelles les deux évêques à la tête de leur clergé vinrent ie recevoir ; le Prince ne put s’empêcher d’admirer hautement ces deux beaux édifices dont les orgues firent, dans cette circonstance, entendre l’air de l’hymne national, au grand contentement de la tou e qui l’entourait.A la suite d’une légère collation, donnee chez Je gouverneur, eurent lieu des régattes sur le lac Quidi-vidi, en presence d’un immense concours de peuple qui acclamait le prince.On ne saurait imaginer de scène plus gaie ni plus animee.Les régattes terminées, Son Altesse Royale se rendit jusqu au village pittoresque de Quidi-Vidi, où on le vit examiner avec interet les procédés employés dans la salaison et la dessiccation du poisson.On lui offrit, ce jour là, au nom des habitants de 1 de un magnifique Terreneuve portant un beau collier sur lequel, entr autres choses, étaient gravées les armes d’Ang eterre.Son Altesse Royale fut enchantée de ce présent et appela le chien Cabot en l’honneur du célèbre navigateur qui avait découvert le pays.Dans la soirée, le Prince prit part à un grand bal qu il ouvrit par un quadrille avec Lady Brady, femme du juge en chef, qui eut 1 honneur de danser avec lui.C’est durant ce bal qu une jeune dame allemande née à Gotha, capitale des Etats du Prince son pere, eut également celui de lui être présentée d’une maniéré toute spéciale par le Dr.Auckland.Son Altesse Rayale l’accueillit avec la plus grande affabilité en lui adressant la parole en allemand.Le 27, eut lieu le départ du Prince pour Halifax.L’enthousiasme fut poussé à un tel point qu’on détela les chevaux de son carosse que traina la population depuis le palais du gouveinemen jusqu’au quai de la Reine.Le temps était magnifique.Au momen où il s’embarquait, des salves furent tirées par les vaisseaux et les acclamations des marins montés sur leurs vergues se meierent en même temps à la voix du canon et a celle de la multitude qui bor dait le rivage.La description suivante de la personne et des manières du jeune Prince, écrite à St.Jean par un correspondant du Montreal Cazette, s’accorde en tout point avec le jugement que l’on en a porté dans tous les endroits qu’il a honores de sa presence, et quelque flatteur que ce jugement lui puisse être, le language la presse et celui des personnes qui ont pu l’approcher, ne laiss pas que de l’être bien davantage.“ La danse est 1 amusemen favori du Prince ; il s’y livre avec entrain et sans affectation, Se manières sont empreintes de douceur.L air de calme dignt q règne dans toute sa personne ne l’abandonne jamais.H W l’uniforme de colonel des gardes du corps (Life Guards) en temps que l’ordre de la Toison d’Or et ie ruban et l’etoile de celui de la Jarretière.Tout ce qu’il voit semble l’enchanter et sa conduite aura l’effet de cimenter l’union des provinces.Il est exac tement semblable à la Reine ; sa figure est douce et a presque: es contours harmonieux de celle de la femme Ses formes sont fole et enfantines.Sa taille est d’a peu près 5 pieds S1X P°uces' bord de son vaisseau, il ne montra aucune raideur dans ses ma nières, dont le naturel et la grâce lui gagnent, au contraire, tou.les cœurs.” V.NOUVELLE-ECOSSE.La seconde province honorée de la présence de i’hentier pie sortiptif a été la Nouvelle-Ecosse.C’est la plus grande et la plus importante des provinces du Golfe.Cependant Terreneu ^ ^ sesPpêcheries et l’influence qu’elles exercent sur le commerce navigation de l’Empire Britannique et sa forte position mar ‘ ^ semble, sous le dernier rapport, ne point devoir luii ceder e ^ ^ province de la Nouvelle-Ecosse renferme la pe î - o80 et l’ile du Cap-Breton.La longueur de la péninsule est de ^ milles et sa plus grande largeur de 120 E"6JJ un£ “^goper- 15,627 milles carres et une population de —7,500 ames- R dc ficie de l’île est de 3120 milles carres et sa population 58,500 habitants.nar les La Nouvelle-Ecosse était autrefois appelée Acad ' Français qui la colonisèrent les premiers en 15.8. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.îsi anglais de la Virginie s’en emparèrent en 1614 et c’est sur son sol qu’eurent lieu les premières hostilités entre les Anglais et les Français en Amérique.Elle fut, ainsi que le Canada, durant des années, le théâtre de guerres sanglantes, et les premiers coloris de la péninsule et de l’ile sont renommés dans l’histoire pour leurs hauts faits et leur courage héroïque.La NouvePe-Ecosse fut cédée à l’Angleterre en 1748, et le Cap-Breton le fut en même temps que le Canada.Telle était l’idée que l’on s’était formée de l’entêtement opiniâtre des Acadiens et de leur attachement sans bornes à la mère-patrie, qu’une politique cruelle et aveugle porta le conquérant à les réunir sirr divers points, sous le prétexte de s’entendre avec eux, puis à les contraindre de monter a bord de vaisseaux qui en dispersèrent la plupart par toute l’Amérique.Si on ne les eût pas traités de la sorte ils eussent sans doute dans la suite, comme l’on fait depuis les Canadiens, reporté sur l’Angleterre l’amour et la loyauté qu’ils avaient voués à la France, et les Provinces du golfe renfermeraient aujourd’hui une population double de celle qu’elles peuvent montrer.Plusieurs paroisses du Bas-Canada ont été peuplées par ces exilés, qui ne sont pas les moins paisibles ni les moins fortunés de ses habitants.Les marques auxquelles on reconnaît la race acadienne se retrouvent encore dans leurs descendants.Un certain nombre retourna dans l’Acadie, après la paix de 1760 et se réunit à ceux qui avaient pu se soustraire au sort fatal dont avait été frappé le reste de la nation.Leurs descendants forment maintenant une importante partie de la population du Nouveau Brunswick, du Cap-Breton et de l’île du Prince-Edouard.M.Rameau, écrivain français, qui a voyagé dans ces provinces, et qui a pu se procurer dans les archives de France des renseignements statistiques très précieux sur ces colons, a remarqué que la population acadienne s’accroît dans des proportions encore beaucoup plus fortes que celle des Canadiens.Il la porte à 95,000 âmes, chiffre que l’on sera peut-être tenté de croire exagéré, mais qui doit être exact, puisque J\4.Rameau s’est renseigné à ce sujet auprès des missionnaires mêmes des diverses paroisses acadiennes (1).L’éducation n’y a, en général, jusqu’à cette heure’ fait que peu de progrès ; on doit cependant excepter Arichat et quelques autres localités où des acadiens instruits ont acquis une fortune e.t une influence considérables.(2) Il est à désirer que l’on prenne des mesures qui les induisent à profiter des sacrifices que fait cette Province pour l’instruction publique.On y compte trois collèges, un grand nombre d’académies, 1200 écoles communes, fréquentées par 35,000 enfants, et une école normale à Truro.La responsabilité de l’exécutif envers les chambres a été admise en 1848.Le Conseil Législatif se compose de 21 membres nommés a vie par la Couronne et l’Assemblée Législative de 53 membres, dus par les comtés.L’honorable E.Cornwallis, premier gouverneur delà province a été nommé en 1749; son 13e successeur est aujour-(1 lun le comte de Mulgrave.Parmi ces gouverneurs, il s’en trouve quelques uns qui sont également venus administrer les affaires de notre province, tels sont : Sir George Prévost, Sir J.C.Sherbrooke, e comte de Dalhousie, Sir J.Kempt et Sir Peregrine Maitland.La capitale, Halifax, renferme une population de 28,000 âmes.Annapolis (Port Royal, sous la domination française) Pictou, Yarmouth, Truro, Windsor, Arichat et Sydney, sont les plus grandes villes.Louisbourg, l’ancienne capitale du Cap-Breton et si renommée dans l’histoire, avait autrefois sa ceinture de ramparts et une grande importance comme ville commerçante.Ce n’est plus aujourd’hui qu’un obscur village.Halifax est dans une position très agréable ; l’étendue de terrein quelle occupe s’incline en pente douce de la citadelle au port, a pierre en usage dans les constructions est d’un gris brun ; mais ¦a plupart des maisons sont en bois.Les deux cathédrales, dix douze autres églises, les édifices du Parlement et les deux colles sont les principaux monuments que l’on y remarque.Halifax un archevêque catholique et est la métropole de la province çciesiastique qui renferme les diocèses de St.Jean de Terreneuve, Chatham* C Arichat, d® Charlottetown, tie Frederickton et de la vil ueri°’ o,/ln"n”e e- Ie Fhjins fÜh’ entrèrent dans le port de monté Lftp * iul le*’ ,a 7 J'enres du matin.Le Nile, vaisseau navli-p ^ t amiral Milne, le Cossack, la Valorous et ies autres es de Ia station le saluèrent; aussitôt le canon de la 2 to 3L8„Fp„ T,*1'1-.Acadiens et Canadiens, par E.Rameau, chiffre dea ncnn’r'8 ' D,e-!>U1S S°a VoyaSe’ M- Rameatl affirme que le 1 donné dans son fivreaCad,ennCS CS enC°re pl“3 élevé f>ue celui qu’il •Mrienenr.d?.‘’S00’0 normale Jacques-Cartier, à Montréal, guent aiijourd hui a Tigmsh, dans l’île du Prince Edouard.citadelle et des batteries fit écho.Plusieurs bateaux à vapeur, chargés de passagers, et une flottille composée de canots d’écorce montés par les indiens du pay's se détachèrent du quai et allèrent souhaiter la bienvenue au Prince.On était convenu d’avance que l’on rendrait, au moyen de la photographie, la scène du débarquement ; par conséquent, lorsque le Prince eût atteint le haut de l’escalier du quai, il s’arrêta un moment, tandis que la garde d’honneur qui lui fesait escorte lui présentait les armes et que le Lieutenant-Gouverneur le saluait profondément.Les orateurs des deux chambres du Parlement, l’amiral, le général et le maire de la ville lui furent a'ors présentés, après quoi le maire offrit une adresse à laquelle Son Altesse Royale répondit d’un ton de voix et d’une manière qui rappelèrent de suite Sa Majesté elle-même à ceux qui l’avaient entendue dans des circonstances analogues.La ressemblance du Prince avec Notre Auguste Souveraine les frappa également.Dans tous les lieux ou il a passé, on s’est accordé à ’’faire la même observation.La procession défila par les rues magnifiquement décorées d’arcs de triomphe couverts de feuillage, dont les plus beaux, sans contredit et par une coincidence anomale, se trouvaient être ceux qui avaient été élevés par l’archevêque et les Francs-maçons.Dans le cortège qui avait plus d’un mille d’étendue, on remarquait les indiens dont le costume étrange est indescriptible et les nègres qui semblent être très nombreux'» Halifax ; ces derniers portaient une bannière sur laquelle on lisait cette inscrrption : “ Liberté à l’esclave ! ” Les entants noirs et les enfants blancs marchaient pêle-mêle ; les petite filles, cela va sans dire, étaient toutes vêtues de la dernière couleur.Au passage du Prince, ils entonnèrent le chant suivant sur Pair de l’hymne national : Welcome our Royal guest 1 Welcome from every breast, From ev’ry tongue, From hearts both warm and true, Hearts that beat high for you ; Loudly our welcome due To thee be sung.Prince of a lofty line, The virtues all be thine, Which grace Our Queen ; To her we pay through thee, Love faith and loyalty, Homage which fits the free God save the Queen ! Durant le défilé de la procession, le Prince et son Etat Major étaient achevai ; le bruit du canon et les décorations des rues tourmentant sa monture, il eut occasion de faire parade de son habileté comme cavalier.Dans la soirée,8on Altesse Royale dina avec les principaux tonctionnaires de la colonie, et il y eut une illumination "énérale de la ville et de la flotte, accompagnée d’un feu d’artifice du p
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