Journal de l'instruction publique, 1 janvier 1860, Janvier
ÀcLIclScï^Çj __T/n u ‘v é/PEUpZ?is?* Volume IV.Montréal, (Bas-Canada) Janvier, I860- No, 1.SOMMAIRE.—Science: Comptes-rendus des Cours Publics: Cours d’Histoire du Canada de M.Ferland ù l’Université Laval, rapporté par IM.Arthur Casgrain.élève de l’Université (suite).—Education : Pédagogie.—Quelques remarques sur la meilleure méthode d’épellation, par M.Miller.-—Du système d’instruction publique eu France, par M.E.Morin.—Exercices pour les élèves des écoles.—Vers à apprendre par cœur.—Les plaisirs de l’étude, par Lebrun.—Exercices de grammaire.—Avis Officiels : Erection de municipalité scolaire.—Nominations.—Inspecteurs d’école.—Commissaires d’école.—Diplômes accordés par les Bureaux d’Examinateurs.—Instituteurs demandés.—Instituteurs disponibles.—Dons offerts il la bibliothèque du département.—Editorial: Première séance du Conseil de l’Instruction Publique.—Rapport du Surintendant de l’Instruction Publique pour l’année 1858.—Extraits des Rapports des Inspecteurs d’ecole (suite).—Petite Revue Mensuelle.—Nouvelles et Faits Divers : Bulletin de l’Instruction Publique.Bulletin des Lettres.—Bulletin des Beaux-Arts,—Bulletin des connaissances utiles.—Documents Officiels : Rapport du Surintendant de l’éducation sur la répartition de la subvention de l’éducation supérieure pour l’année 1859.—Tableau de la distribution de la subvention des Collèges, Académies et Ecoles-Modèles.—Tableau de la distribution de l’aide supplémentaire aux Municipalités pauvres.—Etat de la correspondance du département pour l’année 1859.SCIENCE.HISTOIRE HIT CANADA.COMPTE-RENDU DU COURS DE M.l’aBBÉ FERLAND, A L’UNI-VERSITÉ LAVAL.XII.(Suite.) A mesure qu’on avançait on découvrait un pays extrêmement beau.C’était partout des forêts magnifiques, entrecoupées de p ram es verdoyantes et dans les anses on apercevait une quantité de gibier et le castor à l’ouvrage.Tout appelait la présence de I homme sur ces bords enchanteurs et pourtant ils étaient déserts.C était un heu de passage pour les Iroquois et les Algonquins lorsqu ils allaient en guerre les uns contre les autres et les sauvages qui l’habitaient d’abord s’en étaient éloignés.Le Capitaine français avait remarqué que le^soir, après le retour des coureurs qu on envoyait à une ou deux lieues dans toutes les directions, tous les sauvages s’abandonnaient au sommeil, il leur reprocha leur imprudence, mais ils lui répondirent qu’apres avoir-bien travadle le jour on devait se reposer la nuit.Néanmoins lorsqu ils se crurent dans le voisinage de l’ennemi, ils ne marchaient plus qu après le coucher du soleil.On avait laissé la chute le 2 juillet, et à la fin du mois on n’était pas encore arrive dans Je pays des Iroquois.Cependant les sau- il Sh8aks°!'lriI'enIp A Champlain les montagnes derrière lesquelles j, abitaient.Tous les matins ils se contaient leurs rêves, ueptus quelques jours ils demandaient à Champlain s’il avait rêvé, ^pondiut négativement, et ils se retiraient tout tristes.Une avah erelil I8 aVT1Sa tantôt muette, tantôt aspiree.Apres P”" mération que je viens de faire je demande : Comment l’eu fant p^nt-iiqà savoir lire?Je réponds : ce n’est pas par une mé hode logique qu’.l y parvient, mais par une espece de routine rarnent à force de répétitions sans nombre.M li crois donc agir dans l’intérêt de la jeunesse en soumettant explications à l’intelligence des instituteurs et en les recomman dant à leur examen.M.Miller, Gradué de l’Université de Bonn Québec, Décembre 1859.Havre-Aubert, Iles de la Magdeleine, le 26 août 1859.Exercices pour les Élèves des Ecoles.Vers d apprendre par cœur.LES PLAISIRS DE L’ÉTUDE.L’étude bien souvent vient charmer les hivers.Dans la saison brumeuse où les champs sont déserts, Où la ville elle-même et s’attriste et s’ennuie^ Lorsqu’à travers la vitre ou voit la froide pluie JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Tomber, tomber encore, ou de légers flocons La neige au loin blanchir le faîte des maisons, Ob 1 que l’étude alors est douce et délectable ! A couvert de3 frimas, quel charme inexprimable De lire et de rêver tranquille en son réduit, Près du feu rayonnant qui brûle à petit bruit I Le soir, quand le Bilence occupe nos demeures, Que seules de la nuit se répondeut les heures, Qu’on aime à prolonger le doux travail des jours 1 Le temps fuit, l’airain sonne, et l’on veille toujours, Et, dans la longue extase où se perd la pensée, On ne se souvient plus de la nuit avancée.Mais qui n’a pas joui des charmes du matin ?De bonne heure éveillé par le timbre argentin, Je me lève, avant l’aube, alors que tout sommeille, Et ranime au foyer la cendre de la veille.Il fait nuit : du matin le calme et la fraîcheur D’un plaisir inconnu font palpiter mon coeur.Dans le sommeil de tous trouvant ma solitude, Près du froyer brillant, doux ami de l’étude, En l’absence du bruit, des hommes et du jour, Les livres, mieux goûtés, m'inspireut plus d’amour ; Ils parlent à mon âme avec plus de puissance.Heureux qui, dès le temps de son adolescence, A connu cette ivresse, en a rempli son cœur ! Le vase qui d'abord d’une pure liqueur A rempli son argile encor vierge et nouvelle, A son premier parfum reste longtemps fidèle ; Et l'homme, dont l’étude eut longtemps les amours, De son premier penchant se ressouvient toujours.Soyez bénis cent fois, lieux où notre jeune âge Tendre et docile encore en fit l’apprentissage ; Où, dans un calme heureux, d’aimables compagnons, L’un par l’autre excités, s’en donnent des leçons : Où l’âme en sa fraîcheur en sent partout l’empire, Où c’est l’étude enfin qu’avec l’air on respire ! Je me rappelle encor, non sans ravissement, La classe, son travail, son silence charmant ; Je tressaille en songeant aux paisibles soirées Sous les regards du maître, au devoir consacrées, Quand, devant le pupitre en silence inclinés, Nous n’entendious parfois, de nous-même étonnés, Que, d'instant en instant, qnelques pages froissées, Ou l'insensible bruit des plumes empressées.Qui toutes à l’envi courant sur le papier, De leur léger murmure enchantaient l’écolier.O jeunesse I ô plaisirs I jours passés comme un songe ! Du moins, ces temps heureux, l’étude les prolonge.Elle laisse à nos coeurs cette première paix Que les autres plaisirs ne prolongent jamais.Celui qui dans l’étude a mis sa jouissance Garde sa pureté, ses moeurs, son innocence : Le miroir de sa vie est riant à ses yeux ; Les jours ne sont pour lui que des moments heureux- P.Lebrun.Exercices de Grammaire.§ 32.Formation des temps et sujet des verbes.L écureuil.L’écureuil est un joli petit animal qui n’est qu’à demi sauvage, et qui, par sa gentillesse, par sa docilité, par l’innocence de ses mœurs, mériterait d’être épargné ; il n’est ni carnassier, ni nuisible, quoiqu’il saisisse quelquefois des oiseaux: sa nournture ordinaire sont des fruits, ues amandes, des noisettes, de la, faine et du gland; il est propre, vif, très-alerte, très-éveillé, res-industneux ; il a les yeux pleins de feu, la physionomie fine, coips nerveux, les membres très-dispos ; sa jolie figure est encore rehaussée, paree par une belle queue en forme de panache, qu’il se servant de ses pieds de devant comme d’une main, pour poiter sa nournture a sa bouche ; au lieu de se cacher sous terre, il est comme “J a“’ *i aPProch,e des oiseaux par sa légèreté ; il demeure, dpî!"n ?Ui*’ sur a P‘me des arbres, parcourt les forêts en sautant ne deseen re’ y falt SOn cueille les graines, boit la rosée, et desvent«d A* ?Ue qUaiK 68 arbles sont aSités par la violence découverts ri™ T 6 “^T P?'"1 dans les chamPs- dans les lieux tâtions il no .eS Pa.yj de Plalnef n’approche jamais des habitent su.- I116 r®Sle P01!!1 dans 63 ,ail;is> mais dans les bois de eur, sur les vieux arbres des plus belles futaies.Il craint 1 plus encore que la terre, et l’on assure que lorsqu’il a besoin de la passer, il se sert d’une écorce pour vaisseau, et de sa queue pour voile et pour gouvernail.Il ne s’engourdit pas, comme le loir, pendant l’hiver ; il est en tout temps très-eveillé, et pour peu qu’on touche au pied de l’arbre sur lequel il repose, il sort de sa petite bauge, luit sur un autre arbre, ou se cache à l’abri d’une branche.Il ramasse des noisettes pendant l’été, en remplit les troncs, les fentes d’un vieux arbre, et a recours, en hiver, à sa provision ; il les cherche aussi sous la neige qu’il détourne en grattant.Il a la voix éclatante et plus perçante encore que celle de la fouine ; il a, de plus, un murmure à bouche fermée, un petit grognement de mécontentement, qu’il fait entendre toutes les fois qu’on l’irrite.L est trop léger pour marcher, il va ordinarremerit par petits sauts, et quelquefois par bonds; il a les ongles si pointus et les mouvements si prompts, qu’il grimpe en un instant sur un hêtre dont l’écorce est fort lisse.Questionnaire.I.Relevez les verbes attributifs de cet exercice depuis le commencement jusqu’à II est pour ainsi dire : donnez-en les temps primitifs et formez les temps qui en dérivent.CorinrGÉ.- 1.mériterait : mériter, méritant, ayant mérité, je mérite, je méritai ;—mériter: je mériterai, je mériterais ;—méritant: je méritais, nous méritons, vous méritez, ils méritent, que je mérite, que je méritasse ;—ayant mérité : j’ai mérité, j’eus mérité, j’avais mérité, j’aurai méritai, j’aurais mérité, que j’aie mérité, que j’eusse mérité, avoir mérité -,—je mérite : mérite ‘,—je méritai : que je méritasse;—2.etre épargné: épargner, épargnant, épargné, j’épargne, j’épargnai ;—épargner : j’épargnerai, d’où vient j’épar- trierais :-p/oarpnavl • i’pnaro-naia r.nnc frrnnnc rmnr épargne -—j’épargnai: que j’épargnasse ;—3.il saisisse: saisissant, saisi, je saisis ;—saisir : je saisirai, d’où vieut je saisirais ;—saisissant : nous saisissons, vous saisissez, ils saisissent, je saisissais, que je saisisse ;—saisi : j’ai saisi, j’avais saisi, j’eus saisi, j’aurai saisi, j’aurais saisi -—je saisis : saisis ;—je saisis : que je saisisse, etc.II.Relevez les verbes attributifs depuis il est pour ainsi dire, jusqu’à il craint l’eau, donnez-en le temps, le mode, le nombre, la personne, la conjugaison ; indiquez aussi s’ils sont à un temps primitif ou à un temps dérivé, et faites connaître, dans ce dernier cas, de quel temps ils dérivent.Corrigé.—Se tient : présent de l’indicatif troisième persoune du singulier, temps primitif de se tenir, seconde conjugaison.—Assis, de s'asseoir : particijre passé, temps primitif.—Rencontrerez; •• futur de l’indicatif, seconde personne du singulier, temps secondaire de rencontrer, première conjugaison—Se servant: participe présent, temps primitif de se servir, seconde conjugaison, etc.III.Relevez les sujets des verbes depuis il craint l’eau, jusqu’à la fin et donnez en même temps la proposition entière.Corrigé.—Craint : quatrième conjugaison, a pour sujet il, pronom de la troisième personne de craindre, masculin singulier, parce qu’il représente écureuil /—Proposition : il craint l’eau plutôt encore que la terre.—-Issure : d’assurer, premiere conjugaison, a pour sujet on, nom général, pouvant servir aux deux genres et aux deux nombres.—Proposition : l’on assure;—a, d’avoir, troisième conjugaison a pour sujet il pronom de la troisième personne, masculin singulier, parce qu’il représente écureuil.—Proposition : lorsqu’il a besoin de la passer.—Il se sert : de se servir, seconde conjugaison, a pour sujet il, représentant écureuil.—Proposition : il se sert d'une ccorce pour vaisseau, et de sa queue pour voile et pour gouvernail, etc.r IV.—Relevez les noms depuis l’écureuil jusqu’à il craint l’eau, et donnez pour chacun d’eux un verbe de la même famille.Corrigé.—Animal : animer (première conjugaison) ;—innocence : innocenter (première conjugaison),—mœurs : moraliser (première conjugaison);—nourriture: nourrir (deuvième conjugaison);______ fruits: fructifier (première conjugaison);—corps : incorporer (première conjugaison) ¦—membres : démembrer (première conjugaison) \—figure : défigurer (première conjugaison) j—forme : former (première conjugaison) -—panache : empanacher (première conjugaison) -,—tête: s’entêter (première conjugaison) -—ombre: ombrager (première conjugaison) —pieds : empiéter (première conjugaison) ;—main : manier (première conjugaison) ;—bouche : débou-cher (première conjugaison) -—terre : enterrer (première conjugai-ïO*rtr — avr :~aèter (première conjugaison) ; — légèreté : alfégir nid: nicher (première conjugaison);— ¦onjugaison) ;—violence : violenter (pre- arroser « 6 ¦i JOURNAL DE L’INSTRUCTION PLLLIQUE.mière conjugaison! ;—vents : éventer (première conjugaison) ;— champs: camper (première conjugaison); —pays: dépayser (première conjugaison) ;—plaine : aplanir (deuxième conjugaison) ;— habitation : habiter (première conjugaison).AVIS OFFICIELS.ERECTION ET SEPARATION DE MUNICIPALITES SCOLAIRES.Son Excellence, le Gouverneur Général en Conseil, a bien voulu, le 14 décembre dernier, séparer le township d’Harvey, dans le comté de Chicoutimi, de la municipalité scolaire de St.Joseph, et de l’ériger en municipalité scolaire séparée, avec le nom et les limites qu'il a comme township.NOMINATIONS.INSPECTEURS D’ECOLE.SI.Henry Hubbard, M.A., ancien principal de l’Académie de Danville, a été nommé, le 24 de décembre dernier, Inspecteur des écoles des comtés de Stanstead, Richmond, Compton, "Wolfe, et de celles de partie du comté de Drummond, en remplacement de M.Marcus Child, décédé ; les écoles catholiques des townships de Chester, Tingwick, Kingsey et Durham, étant confiées à l’inspection de M.Bourgeois.COMMISSAIRES D’ECOLE.Son Excellence, le Gouverneur-Général, a bien voulu approuver les nominations suivantes : Comté de Gaspé.—Pabos : MM.Etienne Joncas, James Couday, Narcisse Dupuis, Hubert Duclos, James Miles, et Thomas Raymond, secrétaire-trésorier.BUREAU DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES DU DISTRICT DE MONTREAL.piles Adéline Adam, Adéline Béchard, Flore Généreux, Héloïse Gravel Octavie Legros, Philomène Montpetit, Odve Ouimet, Marie Pri-meau, Catherine Turcotte, et MM.Jérémie Laporte et Pierre Lacroix, ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.F.X.Valade, Secrétaire.BUREAU DES EXAMINATEURS DU DISTBICT DE STANSTEAD.DUes Lucretia B.Lovejoy, Ellen M.Moulton, Emelme F.Libby, et MM Elisha G.Miller, Jonathan R.Foss, Moses D.Church et Abel E.Drew, ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.c A Richardson, irp.BUREAU DES EXAMINATEURS DES TROIS-RIVIERES.Dame Marie Caroline Conette, Dlles Léa Lavergne, Philomène La-Derrière Louise Larivière et Basilisse Morin ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.Sécrétaire.INSTITUTRICE DI8PONIELE.Dlle.Muuroe, protestante, enseignera les éléments de la langue tran-çaise et l’anglais dans toutes ses parties, la couture, etc.lue Bona venture, 30, d Montréal.DONS OFFERTS AU DEPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.M.le Surintendant accuse avee recpnnaissance réception des dons suivants faits d la bibliothèque du Département de l’Instruction Publique : De M.le Ministre de l’Intérieur et de l’Instruction publique de Belgique : Exposé de la situation du Royaume, 1 vol.in 4o ; Documents statistiques fesant suite d l’exposé de la situation du Royaume, 3 vols, in 4o ; Bulletin de la Commission centrale des statistiques, 4 vols in 4o; bulletin du Conseil Supérieur d’Agriculturc, 14 vols, in 4o ; Exposé des motifs accompagnant le projet de loi qui règle le régime commercial des principales denrées alimentaires, 1 vol.in 4o ; Exposé des motifs accompagnant le projet de loi qui organise l’enseignement agricole en Belgique, 1 vol.in-folio ; Traité pratique de l’irrigation des prairies par M.Z.Keeloff, 2 vols.De M.Alphonse Leroy, professeur d l’Université de Liège, Belgique : Motifs et détails d’architecture gothique, 1 vol.in-4o.texte et atlas ; questions psychologiques, brochure in 12 ; Rapport sur un concours littéraire ; brochure in 12.JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.MONTREAL, (BAS-CANADA,) JANVIER, 1860.Première Séance «lu Conseil «le l’Instruction Publique.Le 10 janvier, à deux heures de l’après-midi, le Conseil de l’Instruction Publique s’est réuni pour la première fois.Tous les membres étaient présents à l’exception de l’Hon.M.Terrill et de MM.Polette et Garneau, dont l’absence était due à des circonstances sur lesquelles ils n’avaient eu aucun contrôle.Sur la proposition de Sa Seigneurie, l’évêque anglican de Montréal, secondée par Monseigneur l’évêque catholique de Cydonia, Sir Etienne Paschal Taché a été élu unanimement président du Conseil.Le Conseil a fixé l’époque de ses assemblées ordinaires au second mardi des mois de Février, Mai, Août et Novembre ; on sait que la-loi donne au Surintendant le pouvoir de convoquer en tout temps le Conseil pour des affaires particulières.Il a été nommé trois comités qui devront faire rapport à la séance ordinaire de Février prochain.Le premier de ces comités est chargé de préparer un projet de réglement pour la discipline du conseil tel que voulu par la loi, le second doit s’occuper du choix des livres, cartes, globes, etc.pour les écoles communes, le troisième est chargé des réglements d’école, et de ceux qui concernent l’établissement et la direction des bureaux d’examinateurs, pour l’admission à l’enseignement, ainsi que de la direction des écoles normales.Les comités se sont mis à l’œuvre de suite et ont siégé le onze la plus grande partie de la journée.INSTITUTEURS DEMANDES.Trois instituteurs, capables d’enseigner l’anglais et le français et.munis de diplômes trouveraient de l’emploi dans la municipalité scolaire de Ste.Brigitte.Un salaire libéral leur sera accordé.S’adresser à M.Marcel Marcoux, président des Commissaires d’Ecoles à Ste.Brigitte.On aura besoin, le 1er d’Avril prochain, pour l’Académie d’Aylmer, dans le comté de l’Ottawa, d’un instituteur muni d’un diplôme lui permettant d’enseigner dans les Ecoles Académiques ou dans les Ecoles S adresser à ce Bureau ou au Rév.Pere Michel, Ptre., à Aylmer de l'Ottawa.Rapport du Surintendant de l’Instruction Publique du Bas-Canada pour l’année 1858.EXTRAITS DES RAPPORTS DES INSPECTEURS DES ECOLES.Extraits d’un rapport de M.l’Inspecteur Bardy.{Suite et Fin.) COMTÉ DE QUÉBEC.Beauport.—Il y a dans cette municipalité six écoles.Cinq d’entre elles, qui réunissent 400 enfants, sont dirigées de maniéré JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.à faire honneur à la paroisse.Les élèves font des progrès particulièrement dans la grammaire et dans l’arithmétique.M.Paquet, qui dirige l’école No.3, a produit des éleves très capables dans la composition littéraire et le calcul.Mlle Vallée, qui enseigne a plus de 100 enfants, dirige son école avec méthode et régulante.On enseigne l’anglais à plus de 80 enfants dans cette municipalité.Charlesbourg.—11 y a dans cette municipalité, outre une école de filles indépendante, cinq écoles sous contrôle qui instruisent 200 enfants.Deux de ces écoles ne me paraissent faire que peu de progrès, il est vrai qu'elles sont établies dans les arrondissements les “plus pauvres et que les enfants manquent d’assiduité.Celle de M.Blais, (arrondissement No.3) et l’école modèle (No.1) tenue par Mlle Paradis, donnent de bons résultats, Mlle Paradis montre beaucoup de zele et enseigne l’anglais à 18 de ses élèves.St.Ambroise.—Cette municipalité contient 8 écoles sous contrôle et 2 écoles au villar e des sauvages.Elles forment eri tout environ 330 éleves.Ces écoles sont généralement très bien tenues, elles sont surveillées activement et avec succès par M.le curé Boucher.L’école du centre dirigée par Mlle Dubuc continue à se distinguer par les progrès que l’on y fait dans la grammaire et la composition épistolaire.La jeune institutrice qui dirige l’ecole des sauvages est parvenue à y rétablir la discipline.Ancienne Lorette.—Il y a dans cette municipalité 6 écoles, 4 sont confiées à des instituteurs et 2 à des institutrices.Elles contiennent en tout 280 élèves.L’école du centre, tenue par ML Gilbert, mérite d’être signalée par les progrès que l’on y a fait dans l’analyse grammaticale.Celles de M.Hamel (No.4) de Mlle Roberge (No.1) et de Mlle Drolet (No.9) méritent également une mention honorable.Cette dernière école avait été négligée et la nouvelle institutrice a fait faire aux élèves beaucoup de progrès.St.Dunstan.— [I n’y a qu’une école sous contrôle dans cette municipalité, qui est pauvre, elle est fréquentée par 31 élèves, ils commencent à taire des progrès sous la condui'e de Mme.Paré, institutrice capable de les bien former.Stoneham.—Cette municipalité n’a qu’une école, qui est sous la régie de syndics protestants.En été les enfants n’assistent pas régulièrement, en hiver j’y ai trouvé jusqu’à 40 élèves, parmi lesquels quelques-uns de 18 ans et au-delà.Valcartier.—Vous savez les efforts qui ont déjà été faits pour organiser des écoles dans cette municipalité.M.McBain vient de m’apprendre que l’on en a mis deux sur pieds sous le système des contributions volontaires et qu’on y admettra indistinctement les protestants et les catholiques.Sle.Foye.—Cette municipalité n’a qu’une école, fréquentée par 60 enfants, qui n’y font point tous les progrès désirables.Les commissaires devraient engager un maître muni du brevet pour école primaire-supérieure.St.Colomban.—Cette paroisse possède une académie et cinq écoles élémentaires.Le nombre total des élèves est de 364.A l’académie l’enseignement des classes supérieures se fait exclusivement en ang ais.Les classes élémentaires sont dirigées par un instituteur Canadien, qui n’a qu’un petit nombre d’élèves.Une école anglaise et française, dirigée par Mlles Miller et Wickstead donnerait de meilleurs résultats si elle pouvait être divisée en deux-classes séparées, ce qui est impossible avec le local actuel.Telle qu’elle est actuellement les progrès des élèves sont remarquables.Il y a aussi dans l’arrondissement appelé Bergtrville, une école anglaise et Irançaise où les classes se tiennent dans un même appartement ; il ne s’y fait point de progrès.St.Roch.—Toute la banlieue de St.Roch, qui composa cette municipalité, n’a que deux arrondissements.L’école No.1 est dirigée par un instituteur qui enseigne à 72 élèves, cette école offre peu de progrès.Il y a aussi 22 filles sous la direction d’une institutrice laïque.Les Sœurs de la Congrégation Notre-Dame tiennent l’école No.2, où elles instruisent 280 petites filles divisées en 4 classes.Le bien que ces religieuses opèrent est immense.CITÉ DE QUÉBEC.Cité dé Quebec.—L’école élémentaire de M.Dugal, au faubourg St.Jean, a 76 élèves, dont plusieurs sont assez avancés.L’instituteur enseigne avec beaucoup de zèle l’arithmétique, la grammaire française avec analyse, la géographie et l’histoire.M.Dion, instituteur muni du diplôme pour école-modèle, tient au faubourg St.Roch une excellente école fréquentée par 83 élèves dont plusieurs sont très avancés dans l’analyse grammaticale et la composition épistolaire.Les examens publics de cette école ont toujours mérité à M.Dion l’approbation des autorités et des amis de l’éducation.Les sœurs de la Congrégation de N.-D., à St.Roch, ont placé sous le contrôle des commissaires une école de 40 petites filles qui est plutôt une classe de leur grande institution.Ces élèves très jeunes ont fait des progrès sensibles dans la lecture, l’écriture, la grammaire, l’analyse grammaticale et la géographie, elles sont toutes exercées à la musique vocale.Les Frères des Ecoles Chrétiennes ont aussi, dans cette partie de la ville, une école composée de six classes françaises et de trois classes anglaises, réunissant 660 éléves, dans les deux classes supérieures anglaises et Françaises, on enseigne avec succès toutes es branches exigées par le programme des écoles primaires-supé-rieures et même au-delà, la gréographie avec usage des globes, l’algèbre, la géométrie, le mesurage, et des notions de littérature, de mythologie, de physique, d’astronomie, d’agriculture, de mécanique et d’histoire naturelle.On enseigne de plus la musique vocale à 60 enfants et la musique instrumentale à 27.Au faubourg St.Jean, les frères tiennent à leur maison de la rue des Glacis, six classes, dont 3 sous contrôle et contiennent 103 élèves, il y a deux classes supérieures où s’enseignent les mêmes matières que dans les classes correspondantes à St.Roch.J’y ai vu des échantillons de dessein linéaire très remarquables.Les trois autres classes élémentaires réunissent 197 élèves.La musique vocale est enseignée à 60 enfants et la musique instrumentale à 18.Les Frères tiennent aussi, sous l’église St.Jean, 3 classes élémentaires françaises, contenant 315 élèves.Au même faubourg, les Sœurs de Charité dites Sœurs Grises tiennent 4 classes françaises et 2 anglaises pour 350 élèves.Dans la première classe française on enseigne la grammaire française, l’analyse, l’arithmétique, la tenue des livres, la géographie avec l’usage des globes, la composition et l’ait épistolaire.Dans la plus haute classe anglaise on voit à peu près les mêmes matières, les 4 autres classes sont purement élémentaires.Environ 40 élèves apprennent le chaut et 70 sont exercées à la couture et au tricot.Les Sœurs du Bon Pasteur, au faubourg St.Louis, tiennent aussi six classes, dont 4 françaises et 2 anglaises, ayant 280 élèves.Dans la classe française supérieure on enseigne avec succès la grammaire, l’histoire, la composition littéraire, la mythologie et la musique vocale.Les autres classes sont bien tenue et l’on y enseigne les matières exigées dans les écoles élémentaires.Mlle Brophy tient toujours à la Basse-Ville une école que suivent une trentaine d’enfants ; il ne s’y fait aucun ptogrès, à peine trois ou quaire enfants peuvent-ils lire d’une manière passable.Les Frères des Ecoles Chrétiennes tiennent, au Cap Blanc, une école qui comprend trois classes anglaises et une classe française, elle est fréquentée par 275 enfants.Dans la classe supérieure on enseigne les matières que j’ai déjà mentionnées.Les Sœurs de Charité envoient aussi dans cette localité trois religieuses.Elles y ont trois classes, deux anglaises et une française et 141 élèves.Ces écoles sont un grand bienfait et une véritable providence pour la population de ce quartier.En général les écoles des trois comtés que je visite fonctionnent d’une manière satisfaisante.La distribution de livres en prix lors de mes visites m’a paru exciter l’émulation.Je recommanderais aux instituteurs de donner des points pour les divers exercices, pour l’assiduité, l’application, des récompenses pourraient être vendues à l’enchère moyennant ces points comme cela se pratique dans quelques écoles.C’est un moyen très simple, mais très efficace d’obtenir de l’assiduité et de la diligence.Il serait aussi désirable que l’instituteur eut un règlement approuvé par les commissaires et qu’il tint des notes sur la conduite, l’application et les succès de ses élèves pour les montrer à chaque visite de l’inspecteur, du curé ou des commissaires.Il me parait aussi important que l’enseignement de la langue française fût obligatoire dans toutes les écoles pour les élèves de cette langue, et l’instituteur devrait se faire un devoir d’obtenir une prononciation correcte des mots, une lecture aisée et naturelle, et d’épurer autant que possible le langage des élèves, en leur faisant comprendre toute la honte qu’il y a à ne point parler correctement sa langue maternelle.En général l’arithmétique fait de grands progrès et j’ai vu résoudre parfaitement bien et avec la plus grande célérité des problèmes difficiles, particulièrement chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, à St.Roch et aux Glacis : et dans les académies de M.Mignault, à St.Jean de l’Ile d’Orléans, de M.Belleau, à Deschambault, et de M.Gallagher, à St.Colomban.Extrait des Rapports de M.l’Inspecteur Dorval.S’il est vrai de dire que le maître fait l’école, comme dan» ce s JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.pays ce sont les commissaires qui choisissent et rétribuent les instituteurs, il serait encore plus juste de dire “ tels commissaires, telles écoles.” Vous avez dû voir dans mes rapports précédents que généralement toutes les écoles d’une même municipalité se ressemblaient ; et cette circonstance frappe très vivement dans la visite de l’inspecteur.Partout où j’ai des éloges à faire des écoles, c’est que les commissaires ont choisi de bons instituteurs et de bonnes institutrices, les ont payés libéralement et régulièrement, les ont surveillés avec activité, ont visité leurs écoles avec zèle et intelligence, ont fait rentrer ponctuellement toutes les contributions, ont eu le courage de poursuivre les retardataires, enfin ont mis de côté dans le choix d’un secrétaire-trésorier toute faveur, toute intrigue et toute mesquinerie, tout esprit de parti, pour ne s’occuper que de la probité, de l’habileté, et de l’activité qui sont les qualités indispensables à cet important fonctionnaire de l’instruction publique.Malheureusement le nombre des commissaires, zélés et actifs, n’est pas encore aussi grand que l’on pourrait le désirer et fait regretter que la législature n’ait pas donné suite à vos suggestions en exigeant comme condition d’éligibilité à cette charge publique la preuve d’une certaine instruction.On craint que l’absence de cette condition ne soit pendant longtemps encore un mauvais exemple et ne contrecarre puissamment les efforts que l’on fait pour inculquer aux pères de famille toute l’importance de l’éducation.Cependant malgré le nombre encore très grand d’administrateurs faibles et incapables, j’ai à constater encore cette année dans l’ensemble des écoles de mon district un progrès qui prouve que l’impulsion donnée ne se ralentit nullement.La proportion des élèves inscrits sur le journal d’école à la population totale de ce district, en tenant compte de l’augmentation probable de cette population depuis le dernier recensement, est de 1 sur 7 et celle des enfants fréquentant assidûment l’école est de 1 sur 10.J’ai classé, d’après leurs progrès, les écoles de mon district d’inspection, comme suit : Excellente, 37, bonne, 48, médiocre, 55, mal tenue, 16.Enfin, les résultats obtenus qui me paraissent les plus sensibles sont lo.plus d’uniformité dans les livres d’enseignement ; 2.plus d’uniformité dans les matières de l’enseignement ; .3.plus de rapport entre ces matières et les besoins ordinaires des enfants qui fréquentent les écoles et, par là même, suppression de plusieurs branches qui ne devraient selon moi faire partie que du cours des écoles primaires supérieures; 4o.meilleur ameublement, cartes géographiques, tableaux noirs moins rares que ci-devant ; 5o.un peu plus de régularité dans les actes et délibérations des commissaires d’école et des syndics ; 6o.une petite augmentation dans le salaire des instituteurs dans plusieurs municipalités ; 7o.plus d’assiduité dans la fréquentation des écoles de la part des élèves.Je ne puis pourtant terminer sans dire un mot d’un mal généralement senti dans mon district ; je veux parler de la trop grande facilité avec laquelle on obtient le diplôme d’instituteur et surtout celui d’institutrice.Le mal que cette facilité produit est incalculable dans l’école et dans l’administration des affaires des commissaires ; il l’est encore par rapport au corps enseignant en général, car cette facilité est cause d’une concurrence injuste entre des instituteurs d’une capacité bien différente quoique munis du même diplôme ; ce qui fait que leur engagement est une affaire qui se traite tout simplement au rabais surtout dans certaines municipalités où l’on ne veut que de l’éducation à bon marché.Je présenterai maintenant une rapide esquisse de l’état des choses dans chaque municipalité.Lachenaie.—Les deux écoles de cette municipalité sont bien meublées et pourvues de belles cartes géographiques, tableaux noirs, régistres, etc.L’instituteur de l’arrondissement No.1, M.Trépanier, qui a remplacé les DUes.Filiatrault, reçoit un salaire de £65.M.Bourgoing, instituteur de l’arrondissement No.2, ne reçoit que £36.Les commissaires méritent des éloges pour la manière avec laquelle ils suivent les suggestions du département et les miennes.St.Henri de Mascouche.—Parmi les élèves du collège industriel, 16 dans les classes les plus avancées m’ont paru avoir fait du progrès.Les autres écoles des commissaires ont des instituteurs et des institutrices capables.Les écoles des Elles.Beau-champ et Mayé, et de M.Garraty, méritent une mention honorable ; malheureusement les maisons d’école ne sont pas toutes bien bâties et n’offrent guères dans leurs distributions les avantages nécessaires ; il n’y a point non plus de cartes géographiques ; et comme il n’y avait point de régistres des visites d’école, je n’ai pas pu donner de récompenses.Je compte beaucoup cependant sur l’intelligence et le zèle des nouveaux commissaires.Les affaires monétaires sont bien conduites sauf qu’on a un peu ménagé quelques débiteurs riches qui devraient cependant donner l’exemple de l’exactitude.C’est par erreur que l’école de M.Garraty se trouve indiquée comme école dissidente dans mon dernier rapport ; elle est sous le contrôle des commissaires, presque tous les élèves appartiennent cependant à des dénominations religieuses différentes de la leur.Le collège reçoit des commissaires £75, le couvent £40, et M.Garraty £30.St.Lin.—Les écoles sont bien tenues, les élèves ont fait des progrès, et les maisons d’école sont bien meublées ; mais elles manquent de cartes géographiques.Les dissidents n’ont plus qu’une école, celle qu’ils avaient à Wesleyville n’est plus qu’une école indépendante.Leurs affaires pourraient être conduites avec plus de régularité et de ponctualité.Il en est de même des commissaires à qui il est dû de très forts arrérages.St.Cali.vte de Kilkenney.—Cette municipalité se divise en quatre arrondissements.Les commissaires ont bâti depuis deux ans deux jolies maisons d’écoles qui font le plus grand éloge des habi-tans en contrastant avec leur pauvreté.Les enfans dans cette municipalité sont aussi très assidus à l’école et ne peuvent manquer de faire des progrès.Les maisons d’école sont bien meublées, bien entretenues, et munies de tableaux noirs.On se propose d’acheter des cartes de géographie.Une seule institutrrce est munie de diplôme ; les autres m’ont paru assez capables en tenant compte des circonstances.Les commissaires sont endettés envers ces institutrices.J’augure mieux de la future régie de leurs affaires sous la présidence de M.le curé Desmarais.St.Roch de PAchigan.—Il y a une école primaire supérieure tenue par des clercs de St.Viateur.Les élèves font de certains progrès; mais elle a besoin de meubles, cartes géographiques, etc.Les commissaires visitent très rarement les écoles, et ne les ont point non plus pourvues de régistres des visites.On a élevé un très bel édifice destiné à un couvent enseignant.Ile du Pads et Ile aux Castors.—M.Marchessault a remplacé Mlle.Grinsell ; les affaires de cette municipalité ont été admirablement bien gérées par feu M.le curé Filiatrault.Ile St.Ignace.—La partie sud de l’isle est pauvre.Les commissaires n’ont point établi de rétribution mensuelle ; ils doivent le faire cependant, ne fût-ce que pour contraindre les parents à envoyer leurs enfants à l’école, qui est assez bien dirigée, mais qui manque de cartes, tableaux noirs, etc.Cette municipalité à aussi de grandes obligations à feu M.le curé Filiatrault.St.Alphonse de Kildare.—Les difficultés qui existent dans cette municipalité sont en voie d’arrangement ; les commissaires cependant sont loin de montrer du zèle ou de l’activité ; ils paraissent peu entendus dans la direction de leurs affaires.M.Rogan après une interruption de plusieurs mois a été remplacé dans l’arrondissement No.1 par une institutrice qui enseigne les deux langues.L’école de l’arrondissement No.2 tenue par M.Brault fait preuve d’assez de progrès ; celle de l’arrondissement No.3 est bien médiocre.St.Ambroise de Kildare.—L’école de M.St.André est assez bien tenue ; il en est de même de l’académie de filles des religieuses de Ste.Anne, et de l’école des dissidents.Les autres écoles sont bien mal conduites.Elles manquent de tableaux noirs, cartes géographiques, etc.Les salaires des instituteurs sont plus minces que dans aucune autre municipalité de mon district sans en excepter les plus pauvres.Les commissaires sont on ne peut plus apathiques et ne visitent point les écoles ; j’ai exigé d’eux qu’ils missent dans l’arrondissement No.3 un instituteur capable, et convenablement salarié.Ste.Mêlante.—Cette municipalité est située dans un pays de montagnes où la population est pauvre et dispersée sur un vaste espace.Les écoles y font nécessarrement peu de progrès ; les enfants manquent le plus souvent de livres, de papier, et de tout ce qui leur est nécessaire.Quoique les salaires des instituteurs soient très minimes il leur est dû de fort arrérages.L’école de M.J.Robillard mérite une mention honorable à raison du travail du maître et du succès des élèves.Ce bon instituteur reçoit £49 de salaire.Ste.Elizabeth.—Sauf l’école de la côte St.Martin dont l’état stationnaire est dû en grande partie au peu d’assiduité des élèves, les autres écoles de cette paroisse ont fait des progrès satisfaisants.Elles sont en général bien meublées ; quelques-unes manquent encore de régistres des visites.Les instituteurs sont en général assez habiles.Les affaires des commissaires sont tenues en bon JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.9 imite par M.le notaire Laçasse.Les dissidents n’ont point d’école en opération.Rawdnn, St.Patrick.—Deux écoles ont été fermées une partie de l’année pour des raisons bien futiles, bes instituteurs sont mal payés.On ne prélève point de rétribution mensuelle; on prétend y suppléer par une souscription volontaire payable en partie en bois de chauffage.Il suffit de dire que plusieurs écoles sont restées souvent fermées faute de bois de chauffage pour faire voir combien cette ressource est illusoire.R'iwdon, Ste.Julienne— Cette paroisse est pauvre, cependant les écoles sont bonnes, propres et bien meublées de bancs, tables, cartes, régistres, etc.Les affaires des commissaires sont tenues dans un ordre parfait par leur secrétaire-trésorier, M.de Caussin.Les examens des écoles des arrondissements No.1 et ‘2 ont donné des résultats satisfaisants.Celle de l’arrondissement No.3 obtient peu de succès.L’école des dissidents est en opération depuis peu.Elle paraît bien tenue par Mme.McAdams.St.Esprit.—Les finances des commissaires de cette municipalité et par suite leurs écoles sont dans le plus triste état.Depuis environ un an et demi pas moins de cinq secrétaires-trésoriers ont eu la main à l’œuvre.Ces changements fréquents rendent la régie des affaires presqu’impossible.Les écoles manquent de mobilier nécessaire, de cartes, de régistres, etc.Plusieurs institutrices ne sont point munies de diplômes.St.Jacques.—Cette municipalité entretient sept écoles, deux instituteurs, cinq institutrices laïques, et cinq sœurs de Ste.Anne.L’Académie tenue par ces dernières est très bien dirigée.Parmi les autres écoles, celle de l’arrondissement No.5 est excellente, deux sont passables, et les deux autres sont très mal et très irrégulièrement tenues.L’école primaire supérieure est aussi tenues.Le secrétaire-trésorier me paraît faire son possible ; mais sa tâche est difficile.(A continuer.') Petiie Revue Mensuelle.L’année 1860, qui s'est levée sur le monde à la suite des années les plus sanglantes que l’humanité ait vues depuis le3 grandes guerres de la Révolution et de l’Empire, sera-t-elle une année de paix ou une année de carnage ?Deux guerres signalent déjà sa naissance, celle de la Chine et celle du Maroc, et le congrès, qui doit se tenir dans le premier mois de l’année, à Paris, ne serait pas non plus d’un augure bien pacifique, si le mot célèbre que nous avons déjà cité, que ce sont les diplomates qui font les guerres, et les généraux qui font la paix, devait y recevoir son application.Il n’est pas encore dit, cependant, que le génie de Louis Napoléon ne surmontera point la gravité de la situation, et cette gravité peut-être même, en dominant les représentants des diverses puissances, tendra à faire trouver, dans la sagesse et la modération de tous, une issue pacifique aux plus grandes difficultés : “ Les embarras de la situation, nous écrit,-on, sont ce qui fait vivre les journalistes et les politiques de salon.J‘en connais qui seraient au désespoir de voir le monde en paix, qui se font un jeu du pessimisme, et ne redoutent rien tant que la solution d’un problème quelconque.Que dis-je, non contents de compliquer sans cesse, dans leur imagination, ceux que les évènements ont crées, ils trouvent dans la fertilité de cette même imagination les moyens d’en inventer de nouveaux.Les choses s’éclaircissent, leur dites-vous.—Pas du tout, répondent-ils ; elles se compliquent.—Il y a encore, en effet, quelque difficultés, ripostez-vous, croyant leur donner raison.—Bah, répliquent-ils, elles ne sont rien comparées à celles qui se préparent ! Et là-dessus ils vous montrent comment tout ce qui pourrait être proposé est impossible à exécuter ; comment tout ce qui est bon en théorie est mauvais dans la pratique ; ils connaissent les populations des duchés et celles de la Romague un peu mieux que s’ils les tenaient dans le creux de la main : ils savent au juste ce que l’Autriche repoussera : comment l’Angleterre ne saurait consentir à rien, ni le Piémont abandonner une seule de ses espérances, ni le Souverain Pontife rétablir aucune des mesures qu’il avait adoptées avant la république ; comment, enfin, le pauvre congrès, quoiqu’il fasse, ne pourra qu’aller de fièvre en chaud mal, et l’Europe elle-même tomber de la poêle à frire dans le feu.C’est contre l’avis de ces politiques que la France et l'Angleterre ont attaqué la Russie; c’est malgré lenrs prédictions qu’elles ont pris Sébastopol ; c’est encore sans les consulter que l’empereur a déclaré la guerre à l’Autriche ; si les Croates ne sont pas entrés du coup dans Turin, ça été par un malentendu dont ils ne peuvent encore aujourd'hui se rendre compte; Magenta et Solferino ont eu pour eux tout le mérite de l’imprévu.Lors de l’entrevue de Villa-franca, ils prédisaient que les empereurs ne pourraient jamais s’entendre ; les préliminaires ne contenaient que des choses absurdes; la conférence de Zurich ne devait mener à rien ; et, aujourd’hui, c’est du congrès qu’ils attendent leur triomphe définitif dans le bouleversement de l’Europe.Sans vouloir trop espérer de la sagesse collective des^ nations, je fais des vœux pour que Pie IX et l’Italie voient disparaître les sombres présages qui se sont depuis si longtemps accumulés et une solution avantageuse de la question italienne, ne me paraît pas être au rang des choses impossibles.” Nous ignorons toutefois si, à la date de cette lettre, notre correspondant avait pu apprécier l’effet produit par la brochure intitulée: “.Le Pape et le Congrès,” et les énergiques protestations dont elle a été suivie de la part de l’Evêque d’Orléans et de presque tous les journaux catholiques.D’après la dernière lettre de M.Gaillardet, au Courrier des Etats.Unis, le Congrès serait indéfiniment ajourné, et l’on serait sérieusement menacé d’une nouvelle guerre d’Italie.Du reste, malgré la doctrine Malthusienne, le monde n’a pas absolument besoin du sabre et du canon pour empêcher que les hommes, devenus trop nombreux, ne trouvent plus de pain ni d’espace sur ce pauvre globe.Le vieux moissonneur, que les anciens avaient si bien symbolisé, fait toujours son œuvre et de ce pied égalitaire (on nous pardonnera le barbarisme,) qu’Horace et Malherbe ont si bien décrit, il va heurter sans cesse à la porte des palais et à celle des chaumières.Nous avons constaté, dans nos divers bulletins et dans notre petite revue mensuelle, la perte d’un grand nombre de personnages distingués, dans les sciences, les lettres et le3 arts, que 1859 n’a pas épargnés, et nous avons donné, de temps à autres aussi, de courtes notices nécrologiques des sommités canadiennes qui ont payé leur tribut à la grande loi de l’égalité.La fin de l’année a encore emporté deux membres de notre législature et un magistrat distingué du Haut-Canada.L’honorable Joseph Dionne, conseiller législatif et résident à St.Pierre les Becqueta, est mort à un âge avancé; ses dépouilles ont été inhumées dans l’église des Ursulines deB Trois-Rivières.M.Hartman, jeune député haut-canadien du p arti appelé clear-grit, connu surtout par l’échec qu’il fit éprouver, en 1831, à M.Baldwin, contre qui il se fit élire, est mort il y a déjà quelques mois.C’était un homme de talents, qui, avec peu d’instruction, avait su s’avancer rapidement.Peu de temps après, les journaux de Toronto nous ont appris la mort de Sir James Macaulay, chevalier et ancien juge en chef de la Cour des Plaids Communs.Sir James, second fils du Dr.James Macaulay et d’Elizabeth Hayter, est né à Niagara, le 2 décembre 1792.Il fut instruit par le Dr.Stra-chan, l’évêque anglican actuel de Toronto, et à 16 ans il entra comme enseigne dans le 98e régiment, et fut bientôt promu au grade de lieutenant du régiment de Glengary, dont il continua à faire partie jusqu’à l’époque où il fut licencié, après la guerre de 1812.Peu de temps après être entré dans ce régiment, il fut fait adjudant, et prit part à l’attaque de Sackett’s Harbor et de Ogdensburgh, et aux batailles du Fort Erié et de Lundy’s Lane.A la paix, il se livra à l’étude de la loi, sous le patronage du feu juge Boulton.Licencié avocat en 1821, il se maria la même année à Mlle Rachel Gamble, qui lui survit.Il fut fait juge des Plaid3 Communs, huit ans après, et siégea dans cette cour jusqu’en 1849, époque à laquelle il devint juge en chef de la même cour ; mais il se démit de cette charge en 1856, pour cause de surdité.Cependant, il accepta subséquemment un siège dans la cour d’appel, et il avait siégé le matin du jour qu’il mourut, d’une affection du cœur.Sir James avait été l’un des conseillers exécutifs de Sir Peregrine Maitland ; il fut l'un des commissaires qui revisèrent les statuts haut-canadiens, en 1840, et il venait de terminer les travaux delà seconde révision lorsque la mort le surprit.On fait les plus grands éloges de son intégrité, de son urbanité, de son amour du travail et de sa science légale.La fin de Tannée a été assombrie par une exécution, qui est la troisième seulement qu’il y ait eu dans le Bas-Canada depuis les exécutions politiques de 1838.Jusqu’ici, sans nier à la société humaine le droit du talion en cas de meurtre, nos gouvernements avaient toujours eu le bonheur de trouver dans quelques circonstances particulières du témoignage quelque raison de commuer les sentences de mort en celle des travaux forcés pour la vie.Le nommé Desforges et la femme Belisle Tété dernier, ainsi que le nommé Beauregard cet hiver n’ont pas eu le bénéfice d'aucune circonstance de ce genre, et ils ont subi la peiue suprême de la loi.Tout ce qui était possible d’ailleurs pour inviter les fidèles à prier pour eux a été fait par les autorités religieuses.La multiplication des crimes en Canada y est du reste en partie la conséquence d’une augmentation de la population et de ses déplacements.Tandis qu’autrefois les familles restaient générations après générations dans les mêmes paroisses, leur trop grand accroissement, l’amour des aventures et des voyages, ont opéré un mouvement presque continuel surtout dans certaines parties du pays.Les journaux des Etats-Unis constatent aussi depuis quelque temps une augmentation de crimes, d’accidents et de malheurs de tout genre, auxquels vient de se joindre un nouveau désastre, l’écroulement d’une fabrique à Lawrence, dans l’état de Massachussets,où près de 400 personnes ont trouvé la mort.L’exécution du vieux Brown a été promptement suivie de celle de cinq de ses complices, et, tandis que le parti abolitionniste du Nord fulmine dans ses journaux et dans tes réunions publiques contre l’esclavage, les populations des Etats du Sud, fanatisées par la peur, ont, pour bien dire, décrété la loi des suspects, et battent, maltraitent et emplument, sous les plus légers prétextes, les hommes du Nord qui s’aventurent au milieu d’eux sans trop de précautions En même temps, le chemin de fer souterrain, the under-ground railway, fonctionne avec une incroyable rapidité.On appelle a:nsi une sorte d’association ou de franc-maçonnerie, au moyen de laquelle les abolitionistes favorisent l’évasion des esclaves, et leur procurent, d’étape en étape, une heureuse arrivée en Canada, qui, pour eux, est, à tout évènement, la véritable terre de liberté.La situation politique se complique de la condition sociale et 10 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.l’accumulation de la population dans les grandes villes commence à y engendrer, comme en Europe, la misère, le paupérisme et tout leur hideux cortège de vices et d’horreurs.Après avoir reproduit une récapitulation singulièrement franche que fait un journal de New-York de toutes ces choses, Y Ami des Campagnes, journal publié à Sorel, fait les réflexions suivantes sur l’émigration canadienne.“ Parmi les malheureux dont nous parle cet historien, n’y a-t-il pas de nos concitoyens i hélas! il est bien probable que parmi le grand nombre de familles canadiennes qui émigrent aux Etats-Unis, quelques-unes reçoivent ce triste sort en partage.Combien de nos compatriotes, qui laissant le pays où ils pourraient vivre assez a l'aise, vont chercher chez nos voisins la pauvreté, la misère et la dégradation.“ ^a>3 quoi! n’avons-nous pas en Canada le pain nécessaire à l’existence?N’avons-nous pas une étendue considérable de terres encore vierges et n’avons-nous pas une assez grande somme de libertés?enfin n'avons-nous pas le progrès et la civilisation de notre patrie à transmettre à nos descendants ?Oui, et pourtant, chaque année, la jeunesse de nos campagnes et de nos villes abandonne le toit paternel, abandonne son pays natal et le clocher de son village où se rattachent tant de souvenirs, pour aller faire fortune aux Etats-Unis.Et quelle est la fortune qu’un jeune homme ou toute une famille canadienne s’est jamais créée, dans les villes des Etats-Unis ?aucune.Après avoir été pendant plusieurs années les fidèles serviteurs d’une race étrangère, après avoir perdu leurs forces, leur jeunesse et souvent la religion de leur3 pères, les deux tiers des canadiens émigrés aux Etats-Unis reviennent au Canada, la honte sur le front, quand par bonheur ils ne restent pas à l’étranger pour être les acteurs des scènes dégoûtantes peintes dans le tableau que nous publions plus haut.“ Nous espérons que nos concitoyens prendront en considération ce fidèle portrait de ce qui se passe dans les villes des Etats-Unis et qu’ils ne se feront plus illusion à ce sujet.“ L’immigration qui se fait tous les jours dans notre pays, n’est-elle pas une preuve assez forte, que nous avons tout ce qu’il faut ici pour vivre honorablement ?Pourquoi donc émigrerions-nous et laisserions-nous à des étrangers les nombreux avantages qu’offre notre pays.C’est un fait certain qu’en Canada avec du travail et de l’économie, l’on vit tout aussi bien et même mieux que dans bien d’autres pays.Les horreurs de la misère, de la honte et de la dégradation ne se voient pas ici ; restons donc 3ur la terre natale, et n’allons pas augmenter le trop grand nombre de malheureux de toutes espèces, que renferment les grands centres de population des Etats-Unis.” Il y a cependant quelque chose de trop absolu dans ces remarques.Nous connaissons des localisés, aux Etats-Unis, où bon nombre de nos compatriotes émigrés ont su se maintenir dans une position respectable et faire, pour leur religion et 1 tr nationalité, de généreux sacrifices.Il fut aussi un temps où la difficulté d’obtenir des terres était trè3 grande et ceux qui ont émigré à cette époque étaient presque justifiables ; mais depuis une dizaine d’années ce qui a été fait pour encourager la colonisation, l’agriculture et l’éducation, quoiqu’il reste encore beaucoup à faire, ne laisse guères de prétexte à ceux qui aiment leur pays, pour l’abandonner.Nos pères ont eu des épreuves bien autrement rudes à subir, et, cependant, ils n’ont point désespéré de l’avenir ; ils n’ont point déserté leur patrie pour une terre étrangère.Que chaque bon canadien, que chaque instituteur surtout, s’efforce donc de faire comprendre à la nouvelle génération, que sur quelque sol et sous quelque gouvernement que l’on soit placé, notre succès dépend beaucoup plus de notre courage, de notre activité, de notre bonne conduite, que de tout ce qui nous entoure ; que la Providence nous a donné cette terre, où nous sommes, en héritage, et qu’il ne tient qu’à nous d’y vivre, sinon riches et puissans, du moins heureux et vertueux.NOUVELLES ET FAITS DIVERS.BULLETIN DE l’iNSTBCOTION PUBLIQUE.—On a inauguré, le 12 octobre, à Dinkelsbuhl (Bavière), le monument élevé à la mémoire du chanoine Schmid, le célèbre auteur des Œufs de Pâques, si connu dans le monde littéraire et dans les écoles par ses nombreux contes qui ont fait les délices de tant d’enfants.Christophe Schrrid était né dans cette ville en 1768.Après avoir fait de bonnes études à Dœllingen, il embrassa d’abord la carrière de l’enseignement, puis il reçut les ordres sacrés en 1791, fut nommé curé à Sfadion en 1816 et il obtint en 1827 un canonicat à Augsbourg ; c’est là qu'il est mort en 1854, à l'âge de quatre-vingt-six ans.Son nom est devenu justement populaire en Allemagne et en France, grâce au Recueil de contes qu’il a composés pour l’enfance et dont quelques-uns tel3 que les Œufs de Pâques; Comment le jeune Henri apprit à connaître Dieu, etc., sont des modèles du genre, et se distinguent presque tous par des détail! charmants et par un style plein de grâce et de naturel.On lui doit aussi des Histoires tirées de l'Ancien et du Nouveau Testament, qui sont peut-être la meilleure Histoire sainte, à l’usage des jeunes enfants qui ait été publiée jusqu’à ce jour.C’est à la mémoire de ce vénérable écrivain que sa ville natale inaugurait un monument le mois dernier.Ce jour là la ville de Dinkelsbuhl présentait un spectacle très-animé : des oriflammes blanches et bkues des bannières aux couleurs de la ville, des guirlandes de fleurs, des emblèmes variés pendaient à toutes les f nêtres.Dés le matin, malgré le froid assez piquaut et le brouillard, une foule immense .-’était réunie, sur la place de l'église paroissiale, autour de la statue cachée sous une toile grise.Vers onze heures, le cortège solennel, parti de l'hôtel de ville, déboucha sur le théâtre de la fête, précédé de la musique militaire de la ville.On y remarquait les parents de l’illustre défunt et parmi eux le dernier des frères du chanoine Schmid encore vivaDt, U.Aloïse Schmid, ancien juge, en retraite à Augsbourg, beau vieillard de quatre-viugt-trois ans.Après eux venait les deux nrtistes, auteur du monument, la députation du chapitre de la cathédrale d’Augsbourg, le président du gouvernement d’Anspacb, le bourguemestre de Dinkelsbuhl, le9 députations des cités d'Augsbourg et de Nordlingue, et enfin, les nombreux amis et admirateurs de Christophe Schmid.Les enfants des écoles, en habits de fête, se formèrent en chœur et exécutèrent un chant après lequel M le doyen de Dinkelsbuhl, s’avançant au pied de la statue, prononça uu discours plein d’éloquentes paroles.Ce discours achevé, les enfants exécutèrent un nouveau chant, et au moment où ils chantaient ce vers : Que l’enveloppe s’écarte, etc.la toile tomba et les acclamations de la foule saluèrent l’image du vénéré chanoine.Cet ami des enfants est représenté ayant à sa droite une petite fille et à sa gauche un petit garçon qui l’écoutent pieusement.Le monument est vraiment digne des artistes distingués qui l’ont exécuté.Le président remit ensuite au bourguemestre 1 acte de la donation faite par Sa Majesté le roi régnant.Ce jour se trouvant être en même temps le jour de la fête de S.M.le roi Maximilien II, la solennité se termina par l’hymne national : Salut à notre Roi ! salut ! Au banquet qui suivit la cérémonie, des toasts nombreux furent portés, et, par la plus délicate attention, il en fut porté, dans le nombre, aux traducteurs étrangers de6 œuvres du chanoine Schmid.Le soir, l’église et la ville étaient splendidement illuminées.—Journal des Instituteurs.— Lord Brougham vient d’être élu Lord Chancelier de l’Université d’Edinburgh, son concurrent était le duc de Buccleugh.On a changé le titre de Lord Recteur en celui de Lord Chancelier.Lord Elgin, notre ancien gouverneur-général a été élu Lord Recteur de l’Université de Glasgow, contre le célèbre orateur politique et littérateur d’israeli par une majorité de 142 voix.Lord Elgin avait de plus la majorité dans chacune des quatre Nations ou facultés.— L’article suivant, que nous empruntons à l'Echo du Pacifique, montre quelle variété il y a dans la population californienne , cette variété paraîtrait encore beaucoup plus grande si, au lieu d'indiquer le lieu de naissance des enfants, la statistique locale indiquait le lieu de naissance de leurs parents.Qu’il y ait 53 enfants nés au Canada, par exemple, parmi ceux qui fréquentent les écoles publiques de San Francisco, c’est déjà beaucoup ; mais, comme la plupart de ceux qui ont émigré en Californie sont des jeunes geDS non-mariés, qui vont y chercher fortune, il est certain que la population canadienne de la Californie doit être très-considérable.“ M.Denman, le surintendant des écoles publiques à San Francisco, a présenté un rapport annuel concernant la situation de cette branche intéressante de l’administration à la date du 31 octobre dernier.Dans sa partie statistique ce document contient des renseignements que nous devons recueillir.—Le recensement de la population des enfants qui résident à San Francisco donne le nombre total de 7,767 individus âgés de 4 à 18 ans.Ce chiffre se décompose ensuite dans les conditions qui suivent : Enfant mâles .3,885 Filles.3,882 Orphelins.341 Entants de couleur.168 Le nombre total des enfants de San Francisco au-dessous de 18 ans est dé.13,858 Au-dessous de 4 ans on en compte.6,091 Nés sur te sol californien.7,588 Si nous consultons le tableau indicatif des lieux divers où sont nés les enfants qui fréquentent nos écoles, nous nous trouvons en face d’une longue nomenclature où figurent presque tous les points importants du globe.En dehors des différents Etats de l’Union, qui, à l’exception du Kansas-Nebraska, sont tous plus ou moins largement représentés dans les rangs de cette jeunesse, nous avons sous les yeux la curieuse liste que voici : Enfants nés en Californie, 1,010 ; Orégon, 5 ; Angleterre, 150 ; Ecosse, 35 ; Irlande, 73 ; France, 81 ; Allemagne, 160 ; Australie, 190 ; Van Diemen, 5 ; Pérou, 3 ; Mexique 47 ; Canada, 53 ; Prusse, 15 ; Russie, 8 ; Iles Sandwich, 13 ; nés au Cap Horn (1), 9 ; Amérique du Sud, 17 ; Italie, 7 ; Nouvelle Zélande, 16 ; Autriche, 14 ; Chili, 69 ; Hollande, 1 ; Ile Madère, 1 ; Danemark, 2 ; Ile du Prince Edouard, 2 ; Nouvelle-Grenade, 5 ; Belgique, 4 ; Chine, 29 ; Suède, 1 ; côte d'Afrique, 1 ; Indes Occidentales, 2 ; océan Atlantique, 1; océan Pacifique, 1.—Certes, il est JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.peu de Tilles au monde qui, arec une population égale, puisse produire “Tl y'a6 àSanTrauc'isco, 43 écoles privées suivies par 1,345 élèves U nombre des écoles publiques est de 16.Ces établissements on àtiesédépent3sPtortoles0deés éaoles se sont élevées cette année à 134,731 dollars.” d’un genre d’intérêt.C’était plaisir, en vérité, de voir ces jeunes nourrissons des Lettres venir débiter avec aisance et naturel diverses compositions dont quelques unes offrent de sérieuses difficultés._ “ Entre les divers exercices littéraires,MM.Tanguay et Georg sur le piano, et M.Desjardins, sur le violon, variaient, par leurs accorda l'intérêt de la séance.“ Pour clore la soirée, M.Jos.Marmette, éttve de cmjuiime, a chanté lo phnnqnn dfi circonstance.” _ vous ayons reproduit dans une de nos dernières livraisons une admirable piece de vers par une institutrice, Mlle Ernestine Drouet, couronnée par l’Académie Française.C’est encore une institutrice qui a “emoorté le prix offert par l’Académie Royale de Belgique, pour une cantate à être donnée comme thème du grand concours de composition musicale de 1359.L'Abeille, excellent recueil pédagogique, publié a Bruxelles et que nous sommes heureux de compter depuis quelque temps oarmi les journaux qui échangent avec nous, contient cette piece de vers nu “ pour titre le Juif Errant.Mde Pauline Braquaval institutrice a Warcoing (Hainault)/ l’heureuse concurrente, a été présentée a son altesse'royale Mme la duchesse de Brabant, dont les paroles bienveillantes dit le journal que nous venons de citer, on encore ajouté a l’éclat d'un triomphe dont toutes les institutrices ont le droit de sénor- gueillir._ Les cours publics de l’Université Laval sont ouverts nouveau.Les premiers cette année seront le cours d histoire de M.cours de physique de M.Hamel.BULLETIN DES LETTRES.— Le premier jour de l’année ne manque jamais d’apporter chez nous quelques pages de plus à notre littérature naissante.C’est une heureuse occasion qui a fait naître au moins la moitié des poésies dont se compose le Répertoire de M.Huston.Parmi les poètes de I860, nous retnar-quons MMj Crémazie et Fiset, dont les journaux de Québec ont publié les vers élégants et faciles.M.Fiset s’est emparé d un sujet qui n avait pas encore été traité aussi longuement par la muse canadienne, et il a fait de l’aurore boréale le thème de ses premieres strophes.Nous oitmia pp inli mnrf.eaii : _ Les Fêtes de Noël et du Jour de l’an sont depuis quelques années célébrées dans nos collèges et dans plusieurs écoles par des examens et de petites solennités littéraires.Les institutions protestantes ont généralement une vacance d’une quinzaine de jours a cette époque, et elles sont assez souvent précédées d’examens publics.Nous avons assiste a ceux de l’orphelinat de la Lady’s benevolent society et de 1 école dite British and Canadian et nous n’avons pu qu’applaudir aux progrès qu ont faits ces deux institutions surtout dans la lecture raisonnée et dans les leçons de choses L’étude du français dans la dernière de ces école3 nous a paru aussi avoir eu le plus grand succès.La salle d’asile catholique du faubourg St.Joseph, a eu aussi une séance des plus intéressantes a laquelle uou3 avons remarqué la présence de MM.Holton, Lunn, et de plusieurs autres de nos concitoyens protestants.Nous avons pu assister aussi à une soirée littéraire et musicale donnée par les éleves du Collège de Montréal le premier de janvier, où l’on a discuté sur les trois âges de la vie, la jeunesse, l’âge mur et la vieillesse, ce qui était assez de circonstance et en harmonie avec l’ordre d’idées qui doit prédominer à cette époque de l’année.La composition de ce plaidoyer, que nous croyons être original, était des plus remarquables comme essai littéraire et philosophique et la déclamation a été des plus heureuses et constate un progrès marqué chez les élèves de cette maison.La musique et le chant, sans oublier la jolie fable du Bouc et du Renard, donnée avec un entrain et une finesse qui ont charmé l’auditoire, ont été vivement et justement applaudis.L’école normaleLaval à Québec a eu, le jour de la St.Jean, une solennité littéraire, dont nous empruntons le récit au Courrier du Canada, ainsi que celui d’une séance de l’académie de St.Louis de Gonzague, au petit séminaire de Québec.“ Les élèves de l’école Normale-Laval ont donné, hier, à l’occasion delà fête de M.l’abbé Jean Langevin, leur Principal, une soirée extrêmement intéressante.Plusieurs élèves ont récité, presque toujours avec bonheur et naturel, des morceaux choisis, tirés des auteurs français ou anglais ; quelques-uns ont lu leurs propres compositions inscrites au cahier d’honneur.Ces compositions sont assez remarquables et accusent des études saines et bien dirigées.11 A la fin de la soirée, une comédie en deux actes, par M.l’abbé Lebardin : Le retour des colonies, a été jouée par les élèves et a fréquemment excité les rires de l’assemblée.Nos jeunes amis se sont bien acquittés de leur tâche.“ Le tout a été entremêlé de musique et de chant sous la direction de M.Ernest Gagnon, l’habile organiste de St.Jean, et professeur à l'école Normale-Laval.“ On a surtout remarqué une ballade de la “ Dame Blanche ” de Boïeldieu, un chœur de “ Judas Machabée ” de Haendel ; une barcarolle “ La muette de Portici,” de Auber, et un air de l’opéra de “ Joseph ” de Méhul.“Souvenir de Vénise” nocturne, exécuté sur piano par M.Ernest Gagnon, et un duo de “ La fille du régiment” exécuté sur piano et sur violon par M.Ernest Gagnon et M.Paré, ont été très remarqués et vivement applaudis, “ Monseigneur Baillargeon présidait cette séance ayant à sa droite Son honneur le maire, ei à sa gauche, M.le Principal de l’école noimale.“ L’assistance était nombreuse On y remarquait spécialement les R.P.Jésuites, des magistrats, des messieurs du Séminaire, un grand nombre de prêtres, des professeurs de l'Université Laval, des écrivains, etc.“ Pour clore la séance, l’élève Thibault a remercié l’assemblée en quelques mots bien sentis.“ Nous devons mentionner aussi la séance qui a été donnée, mercredi dernier, dans la petite salle de récréation des élèves du Petit Séminaire de Québec, par la Société Saint Louis de Gonzague.Les jeunes sociétaires étaient réunis autour de leur président, M.Jos.Bédard, sur un théâtre au fond duquel deux larges banderolles offraient aux yeux ces inscriptions : S'instruire en s’amusant et Jeunesse demande indulgence.“ La séance, présidée par M.le Grand-Vicaire Cazenu, a offert plut Quand la nuit se fait belle au bord du Saint-Laurent, Voyez-vous quelquefois au fond du firmament Courir ces météores, Fantômes lumineux, esprits nés des éclairs, Qui dansent dans la nue étalant dans les airs Leurs manteaux de phosphores ?Parfois, en se jouant, ils offrent à nos yeux Des palais, des clochers, des dômes radieux, Des forêts chancelantes, Des flots d’hommes armés pressant leurs bataillons, Des flottes s’engouffrant dans les vastes sillons Des ondes écumantes.Mais tandis qu’admirant leurs jeux toujours nouveaux, Votre âme s’intéresse aux magiques travaux De leurs essaims sans nombre, A vos regards charmés se dérobant soudain, Comme un léger brouillard sous les leux du matin, Ils s’effacent dans l’ombre.Tels que l’ange déchu, spectres bannis des cieux, Quel présage ont porté vos flancs mystérieux?De l’humaine vie Qui toujours varie Son tableau mouvant, Ils tracent l’image Où le sot, le sage, Inculte ou savant, Poursuivent sur terre Chacun sa chimère Qu’emporte le vent, J’y vois de l’enfance Riche d’espérance Les joyeux ébats ; L’ardente jeunesse Y trouve l’ivresse De ses premiers pas, Et 1 homme plus grave, Roi, berger, esclave, Ses rudes combats.J’y vois de l’année Hier terminée L'aurore et la fin, Ses luttes sanglantes Bientôt renaissantes.Peut-être demain ! Dont la brise apporte Jusqu’à notre porte Un écho lointain.Ris, grandeurs et gloire, Coupes où vont boire Les sens éperdus, Trésors de ce monde, Où l’homme en vain fonde Ses vœux assidus, Ainsi tout s'envole Avec l’auréole De nos jour» perdus. is JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.M.Orémazie est le poète des souvenirs historiques, des champs de ataille et de la prosopopée militaire.Sa dernière pièce, dont la campagne d Italie a fait les frais, se termine par de beaux vers que nous aimons a citer, dans l’impuissance où nous sommes de la reproduire en entier.Cette citation suffira pour prouver qu’elle ne le cède en lien aux poésies du même auteur, que l’on trouve dans notre journal.Dans ce siècle d’argent où l’impure matière Domine en souveraine, où l’homme sur la terre, A tout ce qui fut grand semble avoir dit adieu ; Où d’un temps héroïque on méprise l’histoire, Où, toujours prosternés devant une bouilloire, Les peuples vont criant : la Machine, c’est Dieu ! Dans ce siècle d’argent où même le génie Vend aussi pour de l’or sa puissance et sa vie, N’est-ce pas qu il est bon d’entendre dans les airs Retentir comme un chant d’uDe immense épopée, Les accents du clairon et ces grands coups d’épée Qui brillent à nos yeux ainsi que des éclairs ?Guerriers des temps anciens, Paladins magnifiques, Héros éblouissants des poèmes épiques Dont les récits charmaient nos rêves de quinze ans, Quand la fièvre de l’or, comme un torrent l’inonde Vous êtes revenus pour consoler le monde En montrant à ses yeux vos exploits éclatants.De ce foyer de foi, d’art et de poésie, Qui sauvait autrefois l’autel et la patrie Et brillait comme un glaive au milieu du combat, Deux rayons sont restés pour le bonheur de l’homme, Rayons que Dieu bénit et que l’univers nomme : Le Prêtre et le Soldat !” — M.Charles Lenormant, fondateur et longtemps rédacteur-en-chef de la revue catholique le Correspondait, célèbre par ses recherches archéologiques sur la Grèce, est mort, à Athènes, le 17 novembre dernier.Cet évènement a ravivé, dans la capitale de la Grèce, le souvenir de la perte de l’illustre archéologue Karl Vlüller, et la commune d’Athènes, dans une adresse à M.Lenormant, fils, pleine de regrets pour la mort du savant français, a demandé que son cœur lui fut remis pour être placé dans un monument, qui sera érigé près de celui de Müller, à 1 académie.La dépouille mortelle de M.Lenormant, ramenée en France par son fils, à bord du vapeur le Gange, a reçu, dans l’église de St.Sulpice, les bénédictions de l’Eglise ; et le' cortège s’est ensuite dirigé vers le cimetière de Montmartre.Quatre discours ont été prononcés sur la tombe de M.Lenormant, par MM.Wallon et Vincent, au nom de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; par M.Dragoumis, au nom de la Grèce, et par M.de Rosny, au nom de la Société d’Ethno-graphie.— On connaît la passion de M.Jules Janin pour Horace.Se3 amis mêmes l’ont souvent plaisanté à ce sujet, et Alph.Karr, entre autres, quand il lui arrivait de citer dans ses Guêpes quelques vers du poète latin, ne manquait jamais de les signer du nom de l’illustre critique Cette passion, plus ou moins heureuse, a eu pour résultat une traduction en prose qui paraîtra incessamment à la librairie Hachette, et en attendant cette publication où les latinistes trouveront de quoi se réjouir, M.Janin a inséré dans la Revue Européenne (15 octobre et 1er novembre) deux grands articles sur Horace et son temps.La Correspondance a parlé, il n’y a pas bien longtemps (numéro du 20 octobre, p.511), de la lettre qu’^uguste écrivit à Horace, et qui est rapportée par Suétone.Voici la traduction qu’en donne M.Janin : “ Dyo-nisius m’a fidèlement remis ton petit livre, et, si petit qu’il soit, j’y trouve une énorme ambition.Quoi ! dis-tu, si le livre est petit, le poète esc grand.Dis plutôt le poète est gros.Ton livre aurait une grosseur plus que raisonnable, s’il luttait en rotondité avec le petit homme qui l’écrivit.” Lisez le texte, et vous y chercherez en vain les jolis traits que le traducteur a mis dans la bouche d’Auguste et d’Horace.Dans la sixième satire du premier livre, Horace nous raconte comment il va flâner seul quand cela lui plaît, demandant ici le prix des légumes, là le prix du froment ; comment le soir il se promène au Cirque, rempli de filous, et au Forum, “ puis, ajoute-t-il, assisto divinis, et de là je m’en retourne trouver mon plat de poireaux, de pois chiches et de beignets, etc.” Cet assisto divinis a fait transformer Horace, par M.J.Janin, en un dévot assistant pieusement aux cérémonies religieuses de sa paroisse, et “ allant aux offices,” suivant son expression Hélas ! jusqu’ici on s’éta’t obstiné à rendre ces mots assisto divinis par : je me place auprès des devins, j’écoute dire la bonne aventure.Et cette opinion est tellement enracinée chez les traducteurs et les commentateurs d’Horace, qu’il nous paraît bien difficile que, malgré tout son esprit, M.Janin parvienne jamais à les convertir.—Coiresjiondunce Littéraire.— Un littérateur espagnol de grand mérite, Don Florencio Janer, connu par ses travaux d’érudition et d’histoire, vient de se déclarer en faveur du projet d’une langue universelle, de l’abbé Ochando, dont nous avons parlé dans notre compte rendu du congres scientifique de 1857, premier volume de notre journal pp.182 et 197.Don Janer souhaite que cette langue universelle, créée de toutes pièces, s’établisse partout sans préjudice des idiomes divers qui sont actuellement en vigueur, et il en considère l’introduction comme un puissant élément de civilisation.Le docte écrivains, dit la Revue de VInstruction Publique de Paris, est si fortement persuadé de l’efficacité du plan du docteur Ochando qu’il demande que le projet soit discuté dans un congrès international convoqué à cet effet ” Comme tout congrès ressemble beaucoup à la tour de Babel, ceci nous paraîtrait un remède tant soit peu homœopathique apporté à la confusion des langues.Lia Rtoista de Instruction Publica,publiée à Madrid, annonce la publication d’une nouvelle édition de la célèbre collection historique de Florez, par 1 Académie Royale d’Histoire.Le même journal annonce aussi la publication d un nouveau journal rédigé par des étudiants, qui aura pour titre El Sofiscopo, et pour sous-titre ses mots ; “journal rédigé par des savants et dédié aux ignorants,” ce qui n’est pas trop modeste de la part des rédacteurs, ni très poli à l’égard de leurs abonnés.De Quincey, écrivain anglais, connu dans le monde des lettres sous le nom de Mangeur d’opium, vient de mourir à Edinburgh.Il était ne à Manchester en 1786 et avait par conséquent tout près de 84 ans.bes ou\ rages consistent principalement dans des études psychologiques, et des romans intimes écrits avec la plus grande originalité et dans un genre tout à fait fantastique.On croit qu’il y a retracé en beaucoup d endroits les études qu’il a faites sur sa propre imagination, dans une existence des plus bizarres.Ses écrits qui ont paru originairement dans Blackwood’s Magazine.—Confessions of an opium eater.—Suspiria de Pro-fundis, etc., passent pour être plus goûtés aux Etats-Unis qu’en Angleterre.n ° L institut polytechnique, de Montréal, a fait dernièrement ses élec-tions pour 1 année courante.Elles ont donné les résultats suivants : 1 résident, le Dr.Bibaud, 1er vice-Président, M.le professeur Regnaud, 2e vice-président, M.Patrice Lacombe, Secrétaire, M E.de Bellefeuille, Trésorier, M.P.Letondal.Classe des sciences: Président, le Dr Pelletier: classe des belles-lettres, l’hon.P.J.O.Chauveau; classe des beaux-arts, M.A.Lévêque.BULLETIN DES BEAUX-ARTS.Meyerbeer, le grand compositeur, faisant dernièrement un tour de promenade sur le boulevard, s’arrêta, par hasard, devant un étalage de libraire et se mit d’un air distrait à bouquiner.Il lui tomba sous la main un petit volume, dont voici le titre: L’Office de la Ste.Vierge, par Pierre Corneille, Pans, Robert Ballard, 1670, in-12.Ce grand nom ayant eveillé sa curiosité, il lut quelques stances et fut frappé de l’âpre et simple majesté de cette poésie ; puis il ferma le livre et s’en alla rêvant.Ce ne fut que plus tard que l’idée lui vint de mettre en musique quelques unes de ces belles prières et d’en faire cadeau à son vieil ami, M.Joseph d’Ortigue, pour le recueil de la Maîtrise.C’est par un cantique, emprunté à la traduction en vers de l’Imitation de Jésus-Christ, que Meyerbeer va commencer cette série de morceaux religieux.BULLETIN DES CONNAISSANCES UTILES.— Divers journaux français ont publié dernièrement la note suivante : “ Il ne se passe guère de semaine sans que les journaux aient à enré-gistrer la mort horrible d'une femme brûlée dans ses vêtements.Mais jusqu à ce jour, je ne sache pas qu’il soit venu à personne la pensée d’indiquer les moyens propres à atténuer les conséquences de l’incendie d’une robe.“Une seule fois on nous a signalé la présence d’esprit d’une jeune fille qui, voyant sa jupe en flammes, s’est fourrée dans son lit et est parvenue à étouffer le feu en s’entourant de ses couvertures.“ Dans tous les autres cas, les malheureuses victimes, perdant la tête cherchent leur salut dans une fuite précipitée et ne font qu’accélérer les ravages du feu.“ Si en pareille circonstance on savait ce qu’il convient de faire, et surtout de ne pas faire, ces accidents auraient rarement une issue funeste.“Il est évident qu’en courant on active la combustion; il est plus évident qu’en restant debout on met le feu dans les conditions les plus favorables à son rapide développement.Les flammes, qui tendent toujours à s’élever, entourent bientôt le torse, les bras et la figure, et la mort, une mort affreuse, devient inévitable.Au contraire, si, lorsqu’une femme voit le bas de sa robe enflammée elle avait la salutaire pensée de se coucher sur le plancher, en se contentant d'appeler au secours, il est à peu près certein qu’elle en serait quitte par quelques brûlures aux jambes.“ Premièrement, le feu ne se propagerait pas dans la partie des vêtements comprimée entre le corps et le plancher, et le dessus des dits vêtements serait seul à brûler.“ En second lieu, les flammes s’élévant perpendiculairement au corps n’atteindraient ni le torse, Di les bras, ni la figure ; elles ne gagneraient que lentement la partie supérieure des jupes, et, grâce aux gages d’acier qui tiennent ces jupes éloignées des jambes elles-mêmes ne seraient que faiblement endommagées.“Un exemple : “ Tenez horizontalement un morceau de papier allumé par le bout • la flamme n’avancera que peu à peu, et elle pourra arriver jusqu’auprès de la main sans que la main soit incommodée. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.13 11 Au contraire, tenez le papier verticalement, la partie en bas, la main sera brûlée aussitôt, et vous aurez a peine le temps de 'â‘‘hDonc!3îe meilleur parti à prendre pour une femme dont la robe prend feu est de se coucher à terre le plus tôt possible et d attendre reso u i dans cette position que l’on vienne à son aide.“ Ou bien si elle croit devoir aller au devant des secours, il faut qu elle le fasse eu se traînant sur le sol sans quitter la position horizontale.« j’ajouterai que dans les chambres où il y aune cbeminee, il y a gêné râlement un tapis de pied, dit foyer.“Prendre ce tapis, et, dès qu’on est couché a terre, en couvrir n entourer la partie enflammée, serait un moyen presque infaillible d é- tU'“Avis donc aux dames, et puissent les indications qui précédent arracher quelques victimes à l’horrible supplice dont nous avons a déplorer, depuis quelques semaines, de si fréquents exemples .DOCUMENTS OFFICIELS.Rapport sur la Repartition de la Subvention de l’Education Supérieure.Bureau de l’Education, Montréal, 1er octobre 1859.à VHonorable Secrétaire Provincial, Québec- de l’Académie de Missisquoi.La legere augmentation de $87.75 dans l’allocation de la Société d’Education des Trois-Rivieres qu1 a mis sur un bien meilleur pied les écoles modèles qu elle soutient, se justifie par l’accroissement et les développements que prend cette localité.Quant à l’académie protestante—il est à remarquer, que, comme elle avait été interrompue pendant une année, je n’avais pas cru devoir lui rendre l’année dermere (quoiqu elle eut ! été rétablie,) son ancienne allocation de $360; mais, seulement la somme de $195.L’augmentation qui est proposée pour cette année porte sa subvention à $"229.13 ce qui est encore moins que I l’allocation de l’année 1856., , J’ai reçu sur le compte de cette institution les témoignages les plus favorables de la part d’A.Polette, écuyer, ancien membre du parlement, et de plusieurs autres citoyens respectables et amis : de l’Education., , ., le crois devoir aussi exempter cette annee de la reduction les écoles des sauvages qui n’ont guere d’autres ressources que les ; sommes qu’elles reçoivent de ce département Le college de Chambly dont je vous avais signale la condition i peu florissante dans mon dernier rapport a été ferme depuis, et il n’a été fait aucune demande de la part de cette institution.L’Académie de Potton n’ayant non plus, fait aucune demande cette année, j’ai cru devoir recommander d’ajouter les deux tiers de son allocation à la subvention de l’Académie ou High School de Missisquoi.11 Les institutions suivantes n’ont pas transmis de rapport, dans le temps voulu et conséquemment ne sauraient recevoir de subvention .11A„X Ho Pntton .l’Académie d’Abbotsford, l’Académie Monsieur, J’ai l’honneur de soumettre mon rapport sur la distribution de la subvention, en faveur des Universités, Collèges, Academies et Ecoles modèles du Bas-Canada, en vertu du statut 19 Viet.chap.54, pour l’année 1859.„ , - , Je me vois dans l’impossibilité, vû la condition actuelle du tonds de l’Education Supérieure, de recommander des allocations en laveur d’aucune nouvelle académie ; et pour pouvoir donner des subventions de quatre vingt piastres dans certains cas et de soixante piastres dans d’autres cas aux écoles modèles établies dans des localités oui n’en possédaient point encore et où l’existence de ces écoles a été créée par le zèle et les sacrifices des commissaires et des contribuables, je me vois encore dans la nécessite de recommander une diminution de deux et demi par cent sur toutes les subventions qui excèdent la somme de $100.Je dois suggérer respectueusement que ces diminutions successives que l’on se trouve obligé de faire dans la subvention des institutions d’Education Supérieure, sont très regrettables sous quelque point de vue qu’on les envisage, et qu’il devient urgent d augmenter la somme totale à distribuer.Je ne propose d’exception qu’en faveur de la Société d Education des Trois-Rivières, de l’Academie protestante de la meme ville et de filles de Terrebonne., .Je joins un tableau des allocations des années precedentes contenant aussi le nombre des élèves de chaque institution et la somme recommandée pour cette année., Le montant de toutes les allocations payees dans I annee 185» s’élevait à la somme de $68,291.35, dépassant par conséquent la subvention al ouée par la loi.Le montant total des^ subventions recommandées par le présent rapport n’est que de $6/,325.48, laissant une balance de $674.52 qui fait plus que couvrir le déficit de l’année dernière.Je demande respectueusement qu’un warrant émané pour cette somme.J’ai l’honneur d’être, Monsieur, Votre très obéisant serviteur, P.J.O.Chauveau.Surintendant de l’Education.Approuvé par Son Excellence le Gouverneur Général en Conseil le cinq de janvier 1860.Tableaux de la distribution de la subvention de l’Education Supérieure, pour l’année 1859, en vertu de l’Acte 18 Viet., chap.54.LISTE No.1.—UNIVERSITÉS.NOM DE L’INSTITUTION.McGill College.•• • •- Au même, pour une annee de salaire du secrétaire de l’Institution Royale, du messager, et des dépenses casuelles .• Bishop’s College.Total oo r—I c O) to O» > IfS 'b a» s-> B O £ 174 15 1855.1856.1857.1858.1859.Subvention annuelle.- Subvention pour construction d’édifices et solde de dettes.Total de la subvention.Subvention annuelle.Subvention pour construction d’édifices et solde de dettes.Total de la subvention.Total de la subvention.Total de la subvention.Total de la subvention.£ s.d.500 £ 1250 £ s.d.I 1750 £ s.d.500 £ 500 £ s.d.1000 £ s.(1.700 $ cts.2730 > cts.2661:75 167 15 4 450 167 15 4 450 167 15 4 450 167 15 4 450 167 15 4 450 671:07 1950 671:07 1901:25 I ! 1 5234:07 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.LISTE No.2.—COLLÈGES CLASSIQUES.NOM DE L’INSTITUTION.Nicolet.St.Hyacinthe.Ste.Thérèse.Ste.Anne.L’Assomption.Ste.Marie.High School du McGill Coll, do do Québec, pour l’instruction de 30 élèves désignés par le gouvernement.Au même.St.Francis, Richmond.Totaux.227 312 176 246 153 285 278 134 77 1855.> -O 3 CO CX© Q) g *"b ^ 0 _ «U 1 !» > O X) = o GG *- G © O Xi G jG s.400 500 400 400 300 300 282 282 300 d.O O X 200 1000 300 900 300 500 3 .t2 © g *G £2 _ ~ "D O 0) S-B® > o3 X) 3 O —t *~! CO CG -O 3 £ s.d.£ s.d.X X 600 500 80 580 1500 500 400 900 700 400 120 520 1300 500 355 865 600 400 120 520 800 400 200 600 282 282 282 282 282 282 300 300 300 d.1857.?J3 H £ s.d, 500 500 500 500 400 400 282 282 50 300 1858.> J3 3 H $ cts 1950 1950 1560 1950 1560 1560 1128 1128 200 1170 1859.CD !» •O 3 H $ cts.1901 25 1901 25 1521 1901 25 1521 1521 1128 1128 195 1140 75 13858 50 LISTE No.3.—COLLÈGES INDUSTRIELS.NOM DE L’INSTITUTION.Nombre d’élèves en 1859.1855.1856.1857.1858.1859._© "© 3 G G ce G O © > -O GG CO © «- ç2 «i g a» C ~ ^ ZX T5 O © ~ c-o ©Æ® ^ o 19 -Q G O 3 ~ (C Zi 2-G D O O G O © > Xi G CO "U "ce o H ~© 3 G 3 G _o G D > X 3 CG CO 0) Xi 3 CO -2 © -G rt o H G O G © î> Xi 3 (O ü5 © “O le o H G _o G © Xi 3 co ci © ¦G Ü O Joliette Masson Notre-Dame de Lévi St.Michel Laval Rigaud St.Marie de Monnoir Ste.Marie de Beauce Rlmouski Lachute Ve rc hères Varennes Mascouche Sherbrooke Total 291 246 226 126 90 132 1501 89 80 132 155 132 36 77 X 100 250 250 200 100 250 100 75 100 75 75 75 X 150 300 150 150 100 100 200 X 100 400 550 350 250 350 200 200 75 100 75 75 75 X 250 250 250 250 100 250 100 100 100 100 100 75 75 75 X 60 120 60 60 40 40 80 X 250 310 370 310 160 290 140 180 100 100 100 75 75 75 X 250 250 250 250 100 250 1 100 100 100 100 100 75 75 75 $ cts.975 975 975 975 390 975 390 390 390 390 390 292 50 292 50 292 50 $ cts.950 63 950 63 950 63 950 63 380 25 950 63 380 25 380 25 380 25 380 25 380 25 285 19 285 19 285 19 | 7890 22 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 15 LISTE No.4.—ACADÉMIES DE GARÇONS, OU MIXTES.NOM DE L’INSTITUTION.OS 00 1855.1886.1857.1 1858.1859.CO 0) '
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