Journal de l'instruction publique, 1 juin 1857, Juin
Volume I.&JËÜ itfriS 'LlMMPROtksk mrWPEUPif ^/.eupI Montreal, (Bas-Canada) Juin, 1857- No.6.SOMMAIRE.—Biographie :—Le Dr.Jean Blanches par J.C.Taché —Littérature :—L’honnête famille, traduit de l’anglais de Miss Edgeworth, (suite et fin).— Agriculture : De la plantation, de la taille et de la greffe des arbres fruitiers, par J.L.—Education : De l’emploi du temps dans les écoles.—Exercices pour les élèves des écoles.—Vers à apprendre pas cœur.—L’oraison dominicale, par Lamartine.—Adieu d’une petite fille à l’école, par Mme Desbordes Valmore.—Sujet de composition.—Le coucher du soleil sur la mer.par Chateaubriand.—Statistiques pour former au calcul et exercer la mémoire des chiffres.—Avis Officiels : Diplômes accordés par les bureaux des examinateurs des districts de Kamouraska.de Québec, des Trois-Rivières et de Montréal.—Dons faits à la bibliothèque du département de l’instruction publique.—Avis Divers : Troisième conférence de l’association des instituteurs de la circonscription de l’école normale Jacques-Cartier.—Institutrice disponible.—Etat des sommes payées par le département depuis le premier Janvier au 30 Juin 1857.—Editorial : Compte-rendu de la seconde conférence des instituteurs de la circonscription de l’école normale Jacques-Cartier.—Lecture de M.le professeur Verreau.—Projet de constitution de l’association des instituteurs en rapport avec l’école normale Jacques-Cartier.—Lecture de M.le professeur Devisine.— Architecture des écoles, 2me article.—Revue bibliographique.—Expédition du Dr.Kane aux régions arctiques.—Bulletin des publications et réimpressions les plus récentes.Paris, New-York.Montréal, Québec.—Petite revue mensuelle.—Gravure : Portrait du Docteur Jean Blanchet.Le Or.Jean Blanchet.Les citoyens de Québec viennent de confier au repos de leur dernière demeure sur cette terre les restes mortels d’un de nos plus distingués concitoyens.Recueillons quelques-uns des détails de cette existence si pleine, puisqu’elle a été marquée par les œuvres de la charité.Feu le Docteur Jean-Baptiste Blanchet naquit le 17 mai 1795.dans la paroisse de Saint-Pierre de la Rivière du Sud.Ses parents, Joseph Blanchet et Marie Pélagie Cloutier, étaient des cultivateurs aisés et ayant conservé ces mœurs patriarcales qui distinguent les habitants canadiens.Il nous semble assister à la cérémonie du baptême qui fut faite par le vénérable curé, M.Paquet, entendre du haut du Coteau le son argentin de la cloche de la jolie église, et prendre part aux réjouissances qui saluèrent l’arrivée d’un nouveau membre de la brave famille.Les années d’enfance et de première jeunesse de Jean Blanchet s’écoulèrent au sein de sa famille, jusqu’à l’époque où dut commencer son éducation dont se chargea le Docteur François Blanchet, son oncle, qui a laissé son nom dans l’histoire de nos luttes politiques comme dans celle de Part médical canadien.Mis de bonne heure au séminaire de Québec, Jean Blanchet en sortit à l’âge de dix-sept ans pour commencer, sous les soins de son oncle, les études de la profession médicale à laquelle il se destinait.En 1818, à l’âge révolu de vingt-deux ans, il partit pour l’Europe afin d’y compléter des études brillamment commencées.Le jeune élève, en compagnie de ses camarades, les docteurs Parent et Mercier, étudia à Londres durant une partie de l’année 1818, puis se rendit à Paris où il suivit à l’Hôtel-Dieu les cours de Dupuy-tren, et, à l’Hôpital du Gros Caillou, la clinique chirurgicale de Larrey.Revenu à Londres, il continua à suivre les leçons de Sir Astly Cooper, de Sir William Blizard, de Curry et de Blundell.En 1820, il subit un examen dont le résultat fut l’obtention du diplôme du Collège Royal des Chirurgiens de Londres.Revenu dans son pays, le Docteur Blanchet s’établit à Québec, où, en société avec son oncle, il pratiqua sa profession en même temps qu’il se livrait à Renseignement de l’anatomie à l’Hôpital des émigrés, qui se trouvait situé près de l’endroit où s’élève maintenant l’église du faubourg saint Jean.Au décès de son oncle, en 1830, Jean Blanchet fixa sa demeure dans l’ancienne maison de son protecteur, au coin des rues du Palais et des Pauvres, maison qu’il a toujours habitée depuis et dans laquelle il vient de terminer sa carrière.L’affreuse épidémie de 1832, le choléra, qui ravagea Québec, fit ressortir dans tout son éclat le dévouement de Jean Blanchet dans l’exercice de sa profession.Il serait impossible de dire à combien de fatigues et de dangers il fut exposé pendant les plusieurs mois que dura le fléau : nuit et jour il était sur pied, et, tombant de lassitude, il se relevait pour courir à qui demandait son secours, sans voir dans ceux qui l’appelaient, pauvres ou riches, autre chose que des frères et des concitoyens.En 1834, il fut appelé par le Comté de Québec à la représentation arlementaire, et siégea comme député de ce Comté dans l’Assem-lée Législative du Bas-Canada jusqu’en 1837, époque de l’insurrection.En politique, Jean Blanchet se montra fidèle aux traditions de famille à lui léguées par son oncle, François Blanchet, qui, en 1812, avait été emprisonné, conjointement avec les Taschereau, les Bédard et les Lefrançois, pour avoir défendu les droits du payrs contre l’oligarchie coloniale du temps.De 1838 à 1847, Jean Blanchet se consacra exclusivement à la pratique de sa profession, et vécut complètement retiré, ne jouissant du commerce de la société qu’avec quelques amis, et vouant son temps à l’étude et à l’exercice de ses pénibles devoirs ; tenant le sceptre de la chirurgie à Québec, médecin hors ligne, accoucheur célèbre, il avait la cïientelle la plus vaste qu’il soit possible à un praticien de servir, et tout le monde, et ses confrères plus que tous les autres, s’étonnaient qu’il pût y suffire.Le plus beau titre de gloire de Jean Blanchet, celui que nous voudrions voir gravé sur son tombeau, seul et à l’exclusion de tout autre, ce titre il le reçut de la voix commune de ses concitoyens et le voici : Le Médecin des Pauvres.Il était le médecin de bien des riches par droit de conquête du talent ; mais il était le médecin des pauvres par droit d’affection.Citons un trait qui nous a été raconté, alors que nous étions étudiant en médecine et qu’élève de feu Denis Blanchet, fils de François Blanchet et cousin de Jean, nous étions admis à la faveur d’assister aux opérations chirurgicales que pratiquait ce dernier.C’était, si notre mémoire ne nous fait défaut, en 1834, à l’époque du second choléra : un carrosse, attelé de deux chevaux échauffés par une course rapide, s’arrêtait à la porte d’une pauvre maison, à l’extrémité d’un de nos faubourgs, et l’un de nos plus riches citadins en descendait pour frapper à l’humble logis, en donnant des signes d’une agitation et d’une inquiétude mortelles.Qu’y avait-il donc dans cette pauvre demeure qui pût attirer vers ’ elle ce riche équipage ?Il y avait une malheureuse femme en proie : aux douleurs d’un enfantement laborieux et souffrant en mêrire temps A1C 114 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.j&t-Aiyvws fissïir.8RSSJ liai d’une atteinte du choléra ; il y avait encore, au lit de cette pauvre femme, Jean Blanchet, son médecin, que M.*** venait en grande hâte chercher pour l’enmener auprès de son père tombé malade.Aux coups qu’on venait d’entendre frapper à la porte, la malheureuse femme dirigea vers Jean Blanchet des regards suppliants.On vient vous chercher, Docteur, ah ! par pitié ne m’abandonnez pas.Non, mon amie, répond le médecin des pauvres, pour aucuue raison je ne vous abandonnerai.—Mon cher Docteur, dit à notre héros M.***, dans le court entretien qui eut lieu à travers la porte entrebâillée, hâtez-vous de monter dans ma voiture, mon père est bien malade.—Impossible, mon cher monsieur, dit Jean Blanchet, j’ai ici une pauvre malade qui requiert tous mes soins.—Mais je vais envoyer mon domestique en toute hâte chercher un autre médecin pour votre malade, et alors, n’est-ce pas, vous viendrez voir mon père ?Vous savez, qu’il a confiance en vous, vous êtes notre médecin.—Je suis aussi le médecin de cette pauvre femme ; impossible de la laisser ; après, je suis à vos ordres.Le brave citoyen s’inclina devant cette fermeté du devoir ; et Dieu, récompensant son respect pour cette vertu publique et son amour pour son père, sauva celui-ci dont Jean Blanchet est demeuré le médecin.Jean Blanchet avait été médecin visiteur et professeur de l’Hôpital des émigrés, comme nous l’avons dit, et de plus membre des différents bureaux provinciaux pour l’examen des élèves et l’admission des récipiendaires à la pratique des différentes branches de l’art de guérir ; en 1847, il fut nommé médecin visiteur de l’Hôpital de la Marine et professeur de clinique chirurgicale à l’école de médecine.Les immenses travaux, imposés à Jean Blanchet par le service médical de sa vaste clientelle, le forcèrent à résigner, en 1848, sa charge de médecin visiteur de l’Hôpital de la Marine.Lorsque fut fondée la faculté de médecine de l’université Laval, en 1853, Jean Blanchet fut nommé doyen de la faculté et professeur d’institutes de médecine et de physiologie.Jusqu’à l’époque où nous sommes rendu de la vie de notre digne compatriote, sa santé n’avait jamais subi la moindre atteinte ; il avait traversé les épidémies sans en être touché ; mais, vers le commencement de 1854, il fut frappé d’une attaque de fièvres typhoïdes dont il ressentit pendant six mois les effets.En 1854, il fut élu député à la Chambre d’Assemblée par la cité de Québec et, malgré l’état précaire d’une santé ruinée par les fati-ues, il assista régulièrement aux séances de la session législative e la même année.Ce fut encore en 1854 qu’il prononça le discours d’inauguration de la faculté de médecine, à la grande fête universitaire du mois de septembre.Au printemps de 1855, il commença à ressentir les atteintes de la terrible maladie de la pierre, qui le forcèrent d’interrompre presqu’entièrement l’exercice des fonctions multiples dont il était investi.Ce fut en mai 1856 qu’il 6e soumit avec un courage incroyable à l’opération cruelle de lithotomie, que lui-même il avait pratiquée quinze fois avec un succès presque constant.Le Docteur Landry, choisi par lui comme opérateur, accomplit la dangereuse opération avec un succès complet, qui fut suivi d’une guérison assez prompte.Mais la santé ne pouvait reprendre le dessus sur cette constitution ruinée par les veilles et les travaux d’une longue vie consacrée à de pénibles fonctions, et le médecin des pauvres dut payer le commun tribut de la nature, le 22 avril 1857, à l’âge de soixante-deux ans.C’est Monseigneur de Tloa, confesseur du défunt, qui l’assista dans les derniers moments de sa vie, et qui, fondant son espérance sur tant d’œuvres de bienfaisance île l’illustre mourant, a dû lui dire avec confiance ces sublimes paroles de l’église : “ Allez, âme cliré-tienne.,, Comme médecin, Jean Blanchet se place parmi les hommes les plus distingués qu’ait produits le Canada.Son immense pratique en obstétrique lui a fourni un champ d’observations qui s’étendait au chiffre considérable de 12,000 cas.C’est surtout comme chirurgien qu’il était connu ; son aphorisme de prédilection était : sat cité, si sat benè, “ c’est assez tôt fait, quand c’est bien fait.” Aussi, avec quelle précision et quelle sûreté il procédait, et combien il était habile dans les soins à donner, soit avant, soit après les opérations ! Jean Blanchet a exécuté les opérations les plus difficiles de la chirurgie et avec un succès étonnant ; il a pratiqué plus de cinquante fois les différentes opérations de la hernie, et nous avons nous-même assisté à une ablation du maxillaire supérieur faite par lui avec parfaite réussite sur une dame, dans un cas d’ostéosarcome.Nous avons déjà dit qu’il a pratiqué quinze fuis la lithotomie.Nos lecteurs viennent de voir que lui-même fut obligé, de se soumettre à cette opération ; au moment où le Dr.Landry allait commencer son incision, Jean Blanchet, attirant son attention, répéta avec un calme remarquable cette maxime qui l’avait guidé dans toute sa vie chirurgicale : “ Mon cher docteur, dit-il à son jeune chirurgien, “ la sûreté avant la célérité.” Jean Blanchet est mort garçon ; sa famille, c’étaient les enfants de ses frères qu’il a comblés de bienfaits, ses pauvres et ses élèves, dont deux sont ses neveux, et l’un, M.Hilarion Blanchet , est son successeur dans la pratique.Les funérailles du Docteur Blanchet ont eu lieu à Québec : les dépouilles mortelles du défunt ont été accompagnées d’abord de sa demeure à la cathédrale, puis, de l’église au cimetière Saint Charles, à la suite du service, par un concours immense de citoyens.Les professeurs et élèves de l’Université-Laval et du Séminaire de Québec , au nombre d’à-peu-près trois cents personnes , suivaient le corps ; les coins du poêle étaient tenus par MM.les Docteurs Pain-chaud, Morin, Bardy, Sewell, Nault et Landry.Le service funèbre, auquel assistait sa Grâce Monseigneur l’Archevêque avec toute sa maison, a été chanté par M.le curé de Québec.J.C.Tache’. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.115 LITTERATURE.L’honnête Famille.V.(suite et fin.) Cependant Frank, par sa bonne conduite, son zèle et son aptitude au travail, avait trouvé chez son patron, M.Barlow, d’aussi excellentes dispositions en sa faveur que son frère James chez M.Cleghorn.“ Vous êtes un brave et bon jeune homme, lui disait un jour M.Barlow, et je ne suis nullement surpris de votre alfection pour le père qui vous a inspiré les sentiments que vous montrez et les principes qui vous servent de règle de conduite.Mais quelle honte qu’un tel père soit dans une maison de charité ! Vous dites qu’il ne veut pas consentir à être à charge à aucun d’entre vous et qu’il ne veut recevoir aucun secours de ses propres enfants.C’est une fierté louable et qui convient à un honorable laboureur ; mais je ne le blâme pas.Mais, mon cher Frank, dites à votre père qu’il peut accepter les secours de votre ami aussi bien que les vôtres.Vous aurez chez moi un crédit de 500 livres sterling, quand il vous plaira.Ne me remerciez pas, mon garçon, je vous dois la moitié de cet argent pour les services que vous me rendez comme clerc dans mon étude, et l’autre moitié m’est suffisamment garantie par votre aptitude et vos succès futurs dans les affaires.Vous pourrez me payer dans un an ou deux ; ainsi vous ne m’aurez aucune obligation.Je prendrai même votre billet pour la moitié de la somme, si cela peut satisfaire votre fierté et celle de votre père.” La manière dont cette proposition était faite toucha le cœur de Frank.Il était trop sensible pour ne pas être ému de tant de bonté.Il allait exprimer dans les termes les plus vifs toute sa reconnaissance, lorsque M.Barlow l’interrompit : “ Venez, venez, pourquoi perdez-vous votre temps ici à parler sentiment quand nous avons à écrire sur papier timbré 1 Voici de l’ouvrage qui exige quelque diligence : un contrat de mariage à expédier pour M.Folingsby, neveu de Mme Hungerford.” Frank se mit à dresser le contrat.Tandis qu’il écrivait avec son patron, ils furent interrompus par l’arrivée de M.Josiah Crampe.Il venait annoncer à M.Barlow la mort de mistriss Crampe et requérir son assistance pour ouvrir le testament.La pauvre dame avait langui plusieurs mois de plus qu’on ne pensait ; et pendant toute sa maladie, Patty, avec une inépuisable douceur de caractère, avait enduré tous ses caprices et ses mauvais traitements.Ceux qui supposaient qu’elle agissait par intérêt croyaient qu’elle avait usé de tout son empire sur l’esprit de sa maîtresse pour son propre avantage.Ils étaient certains qu’elle lui avait laissé une grande partie de sa fortune.Les parents de mistriss Crampe en étaient tellement persuadés que, lorsqu’ils se trouvèrent réunis pour entendre la lecture du testament par le ministère de M.Barlow, ils se disaient déjà l’un à l’autre en murmurant : “ Nous passerons par-dessus le testament ; nous l’attaquerons en justice.Mistriss Crampe n’était pas dans son bon sens quand elle a fait cet acte de dernière volonté ; elle avait éprouvé deux attaques de paralysie, cela est facile à prouver.Nous passerons pardessus le testament.” M.Josiah Crumpe ne faisait pas partie de ceux qui murmuraient ; il se tenait à l’écart, appuyé sur sa canne, et gardait le silence.M.Barlow rompit les cachets du testament, l’ouvrit et le lut à ces gens avides.Quel ne fut pas leur étonnement quand ils apprirent que toute la fortune de Mme Crumpe était laissée à M.Josiah Crumpe ! Les motifs de ce legs étaient formulés en ces termes : “ M.Josiah Crumpe étant la seule personne de ma famille qui ne m’ait jamais tourmentée pour mon argent depuis que je suis sur mon lit de douleur, je lui lègue tous mes biens.Je me fie à sa loyauté pour assurer un sort convenable à l’excellente Patty Frankland, pour laquelle il connaît mes intentions.C’est pour me rendre aux désirs de cette jeune personne que je ne lui ai rien laissé.Je lègue seulement 50 guinées pour subvenir aux besoins de son vieux père.” M.Josiah Crumpe fut le seul qui entendit sans s’émouvoir la lecture des dernières volontés de sa parente.Tous les autres étaient bruyants dans leurs reproches ou hypocrites dans leurs félicitations.Aussitôt que le tumulte causé par le désappointement général fut apaisé, M.Crampe se leva, et comptant avec sa canne les personnes présentes ; “Vous voilà dix, je crois, dit-il.Eh bien! chacun de vous me déteste ; mais cela ne change rien à mes desseins.Je soutiendrai ma réputation de franc et loyal marchand anglais, par respect pour moi-même.non par amour pour vous.Je n’ai pas besoin de l’argent de la défunte : j’ai assez de ma fortune et de mon commerce, sans courir après les héritages.Pourquoi tourmentiez-vous une femme mourante ?51 vous vous étiez mieux conduits, vous auriez été mieux traités ; mais c’est assez pour l’instant.Chacun de vous touchera une somme de 1000 guinées, de laquelle il déduira 50 livres pour les donner à cette généreuse enfant.Je suis sûr que vous regrettez votre injustice à son égard.” Les assistants étaient trop intéressés à satisfaire M.Crumpe pour ne pas, à l’envi l’un de l’autre, rendre justice à Patty.Quelques-uns même déclarèrent qu’ils n’avaient jamais eu de soupçons contre elle.Ils consentirent très-volontiers à donner les cinquante guinées en déduction de ce qui leur revenait, et comme une sorte d’hommage au mérite de Patty.Maîtresse alors de cinq cents guinées, elle s’écria : “ O mon cher père ! vous ne resterez pas plus longtemps dans une maison de charité ! Demain sera le plus heureux jour de ma vie.Je ne sais comment vous remercier, monsieur, continua-t-elle en se tournant vers son bienfaiteur.—Vous m’avez remercié comme vous le deviez et comme je l’aime le mieux, dit le marchand d’un ton simple, et maintenant n’en parlons plus.Patty se tut pour ne pas contrarier M.Crumpe ; mais elle était impatiente de raconter sa bonne fortune à son frère Frank.Aussi, voulut-elle s’en retourner à Monmouth avec M.Barlow, dans l’espérance de le voir au plus tôt.“ ^ oils trouverez, lui dit-il, votre frère très-occupé à mettre en ordre des papiers afin de dresser un contrat de mariage.” Cependant le contrat était terminé, M.Barlow, en rentrant à son étude, l’examina avec soin, et comme il le trouva parfaitement en règle, il envoya Frank le porter aussitôt chez M.Folingsby.Quand Frank arriva, M.Folingsby était seul.“ Asseyez-vous, je vous prie, monsieur, lui dit-il.Quoique je n’aie jamais eu le plaisir de vous voir, votre nom m’est pourtant bien connu.Vous êtes le frère de Fanny Frankland.C’est une excellente jeune fille ! Vous avez raison d’être fier de votre sœur.Je serais heureux de pouvoir rendre quelque service à vous ou à votre famille.Parlez, et dites-moi ce que je puis faire pour vous.” Frank baisa les yeux et garda le silence ; car il pensait que M.Folingsby devait se souvenir de l’injustice que lui ou son agent avait commise en renvoyant le vieux Frankland de sa ferme.Il était trop fier pour demander un service à celui dont il pensait devoir attendre une réparation.En réalité, M.Folingsby avait,comme il le disait, “ laissé tous ces soins à son agent,” et il connaissait si peu les affaires de ses fermiers, leurs personnes et même leurs noms, qu’il n’avait pas en ce moment la moindre idée que Frank fût le fils d un des plus anciens tenanciers de ses propriétés.Il ignorait que le vieux Frankland avait été réduit à dhercher un asile dans une maison de charité, par suite de l’injustice 116 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.de sou homme d’affaires.Etonné du silence glacial de Frank, il le pressa de questions et ce fut avec une surprise mêlée de honte qu’il apprit la vérité.“ Grand Dieu ! s’écria-t-il, ma négligence à donc été la cause de tous les malheurs de votre père, du père de Fanuy Frankland! Je me rappelle, maintenant que vous me mettez sur la voie, quelque chose d’un vieillard avec une belle chevelure blanche, qui vint me parler d’affaires, précisément au moment de mon départ pour les courses d’Ascot.C’était donc votre père 1 Je me souviens que je lui dis que j’étais très-pressé, et que mon homme d’affaires, M.Deal, lui rendrait certainement justice.En cela j’ai été indignement trompé, et j’ai eu beaucoup à souffrir d’avoir donné ma confiance à un tel homme.Grâce à Dieu, je m’occuperai désormais de mes affaires et je suis bien résolu à y voir clair à l’avenir.Ma tête n’est plus occupée de chevaux, de voitures et de courses.Il y a temps pour tout ; mes jours de folie sont passés ; je désire seulement que ma négligence ne fasse de tort qu’à moi-meme.Tout ce que je puis faire maintenant, continua M.Folingsby, c’est de réparer autant que possible le passé.Je commencerai par votre père.Fort heureusement, j’en ai les moyens en mon pouvoir.Je puis disposer en ce moment de sa ferme, et demain elle lui sera rendue.Le fermier qui l’avait remplacé vient de résilier son bail, sur lequel il me doit un arriéré considérable ; mais il y a bâti mie bonne maison, et j’en suis ravi pour votre père.Dites-lui qu’il pourra l’occuper, et que je suis prêt à le remettre en possession.J’ai hâte de réparer le tort que je lui ai fait, ou du moins que je lui ai laissé faire en mon nom.” Frank était si transporté de joie qu’il pouvait à peine trouver un mot de remercîment.En revenant à la maison, il entra chez Mme Hungerford pour raconter cette bonne nouvelle à sa sœur Fanny.C’était la veille du jour anniversaire de la naissance de leur père.L’heureux jour arriva.Le vieux Frankland était occupé dans son petit jardin, lorsqu’il entendit la voix de ses enfants qui venaient à lui : “ Fanny, Patty, James, Frank, soyez les bienvenus, mes enfants! soyez les bienvenus! Je savais que vous seriez assez bons vour venir voir aujourd’hui votre vieux père ; aussi, j’ai cueilli quelques-unes de mes groseilles pour vous afin de fêter de mon mieux votre bienvenue.Mais, je m’étonne que vous ne soyez pas honteux de me rendre visite dans une telle maison.Quels joyeux garçons ! quelles rieuses fillettes! Je vois bien que j’avais raison d’être fier de vous tous ; mais je crois ne vous avoir jamais vu l’air si heureux, tous tant que vous êtes.—Peut-être, mon père, dit Fanny, est-ce parce que vous ne nous avez jamais vus si heureux depuis que nous sommes au monde.Asseyez-vous, cher père, là, sous ce berceau; nous nous mettrons sur le gazon, à vos pieds, et chacun vous contera son histoire et dira ses bonnes nouvelles.—Mes enfants, reprit le vieillard, faites comme vous voudrez ; mon vieux cœur nage dans la joie de vous voir tous si heureusement réunis autour de moi.Le père s’assit sous le berceau et ses enfants se placèrent à ses pieds.Patty parla la première ; puis Fanny, puis James, puis Frank.Quand ils eurent raconté toutes leurs petites histoires, ils offrirent à leur père, dans une bourse, leur fortune réunie ; c’était la récompense de leur bonne conduite.“ Mes enfants chéris, dit Frankland, qui ne pouvait plus retenir ses larmes, c’est trop de bonheur pour moi ! c’est le plus heureux moment de ma vie ! Personne, si ce n’est le père de tels enfants, ne peut savoir ce que je ressens ! Votre réussite dans le monde me fait dix fois plus de plaisir, parce que je sais que vous ne la devez qu’à vous-mêmes.—Oh ! non, mon cher père, s’écrièrent-ils d’un commun accord ; non, mon cher père, nous ne devons nos succès qu’à vous seul ! Tout ce que nous avons est dû aux soins que vous nous avez prodigués dès notre plus tendre enfance.Si vous n’aviez pas veillé sur nous, si vous ne nous aviez pas si bien élevés, nous ne serions pas si heureux maintenant.” Ici, ils furent interrompus par la fidèle Anna, qui demeurait toujours avec le vieux Frankland.Elle traversa le jardin en courant si vite, qu’en arrivant près du berceau elle ne pouvait plus ni respirer ni parler.“ Chers cœurs, Dieu vous bénisse tous ! s’écria-t-elle aussitôt qu'elle put respirer.Mais ce n’est pas le moment de rester assis où vous êtes.Rentrez, monsieur, pour l’amour du ciel, dit-elle en s’adressant à son vieux maître, rentrez pour être prêt.rentrez tous pour être prêts.—Prêts ! prêts à quoi 1 —Oh ! prêts à de belles choses ! à de bien belles choses! Rentrez seulement, et je vous dirai tout en chemin.Comme je me suis piqué la main après ces groseilliers !.Mais ce n’est rien que cela.Vous n’avez donc pas entendu un mot de ce qui se passe !.Non, comment l’auriez-vous pu ! Est-ce que vous avez seulement pris garde à moi quand vous êtes entrés 1 —Il faut nous le pardonner, bonne Anna ; nous étions si pressés de voir notre père que nous ne pensions à rien ni à personne.—C’est très naturel.Eh bien ! miss Fanny, je suis allée à la grande maison, chez votre dame ; une bien bonne dame, vous savez.Mme Hungerford m'a envoyé chercher pour lui parler, et j’ai appris des choses que vous ne savez pas encore.Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a une voiture qui vient ici pour emmener mon maître à sa nouvelle habitation, et il y a des chevaux et des selles pour vous, et vous, et puis vous, et moi.Mme Hungerford vient dans sa calèche ; M.Folingsby arrive dans son char-à-bancs ; M.Barlow dans la voiture de M.Josiah Crumpe, et M.Cleg-horn et sa jolie fille dans un cabriolet ; et.et une foule d’autres voitures des amis de Mme Hungerford ; et il y a une grande foule dans la rue.et je suis venue pour préparer le déjeûner.—Oh ! mon père, s’écria Frank, dépêchez-vous et quittez cet uniforme avant qu’ils viennent.Nous avons acheté des vêtements neufs pour vous.Frank lui ôta l'uniforme, comme il disait, et le jeta loin de lui en disant : “ Mou père ne te portera plus désormais.” Fanny finissait de nouer la cravate de son père, et Patty avait à peine lissé ses cheveux blancs, lorsqu’on entendit le bruit des voitures.Tout ce qu’Anna venait de dire était vrai.Mme Hungerford avait invité tous ses amis et toutes les persomies qui connaissaient la bonne conduite des Frank-land à l’accompagner dans cette joyeuse occasion.“ Les cavalcades et les processions triomphales, disait-elle, sont ordinairement de pures folies., de simples satisfactions accordées à la vanité, tandis qu’anjourd’hui c’est un hommage rendu à la vertu.Nous donnerons un bon exemple au pays eu montrant que nous respectons et que nous admirons la vertu partout oû elle se rencontre.Voici toute une famille dont la conduite est admirable ; ces enfants ont fait tous leurs efforts pour arracher leur père à la pénible condition où il se trouvait réduit, sans qu’il eût la moindre faute à se reprocher.Ils ont réussi.Donnons-leur ce qu’ils estimeront plus que de l’argent, le témoignage de notre estime.” Convaincus et entraînés par les discours de Mme Hungerford, tous ses amis, toutes ses connaissances l’accompagnèrent à la maison de charité.Une grande foule suivait, et le vieux Frankland fut emmené comme en triomphe par ses enfants à sa nouvelle habitation.L’heureux père vécut encore d’assez longues années pour voir s’accroître la prospérité de sa famille.Puissent tous les bons pères avoir des enfants aussi reconnaissants ! (Traduit de l’anglais de miss Edgeworth.) JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.117 AGRICULTURE.i>e la plantation, «le la grett'c et de la taille des arbres fruitiers.Depuis quelques années, la culture des arbres fruitiers est devenue très importante dans le Bas-Canada II est de fait notoire que la pomme entre pour beaucoup dans notre commerce local et qu’elle contribue à donner à certains cultivateurs des alentours de Montréal une aisance qu’ils auraient difficilement pu acquérir sans la culture qu’ils en font.Les profits qu’ils eu retirent sont d’autant plus considérables qu’elle n’exige comparativement que peu de soins.Or, il est certain qu’un champ, quelque fertile qu’il soit, ne produit jamais autant qu’un verger bien entretenu ; ce dernier rapportera même trois fois autant sur une étendue d’égale grandeur.Mais le verger n’est pas seulement utile : c’est encore un ornement.L’agriculteur devrait, partout où la nature du sol l’admet, planter des arbres fruitiers autour ou auprès de sa demeure.Le printemps, ils se couvrent de fleurs odorantes; durant les chaleurs de l’été, ils donnent un ombrage salutaire, et, quand vient l’uu-tomne, rien n’égale la beauté des teintes que prend leur feuillage et la saveur ries fruits qu’ils offrent.11 serait à désirer que l’on comprit bien tout le parti qu’on en peut tirer.Parmi les moyens que l’on emploie pour en perpétuer ou améliorer l’espece, la plantation, la greffe et la taille sont les principaux.lo.La première de ces opérations demande de l’intelligence et beaucoup de soins.“ L’arbre, dit M.Louis du Bois, dans son livre intitulé “ Pratique simplifiée du jardinage,” ayant été tiré du sol, soit à racines nues soit en motte, ce qui est préférable, doit être sans délai transporté au lieu où on doit le mettre en terre, afin d’éviter l’égrainage des mottes, et les effets du hàle, de la gelée, de la pluie, qui altèrent le tissu des racines du bon état desquelles dépend le succès de la reprise.“ Quelquefois il se trouve des racines difformes ou endommagées : il faut les couper net à la serpe, ainsi que celles qui, trop mal disposées, menaceraient de s’enchevêtrer.En général, moins on mutile les extrémités des arbres, mieux ils réussissent.” Les plantations se font avec succès à la fin de l’automne.On doit s’abstenir de cet important travail durant les pluies : la terre adhérerait trop alors aux racines et se distribuerait mal.On doit pareillement s’en abstenir quand il gèle, “ parce que, ajoute le même auteur, la gelée durcit par grumeaux la terre qu’on ne saurait distribuer meuble entre les petites racines.“ Autant qu’on le peut, il faut planter des sujets qui soient jeunes; moins ils seront âgés, plus aisément ils reprendront.“ Un terrein profond, sain et meuble, un peu pierreux est celui qui convient le mieux à la plupart des arbres fruitiers.“ Dans le cas où le verger serait livré au pâturage, il n’aura pas besoin d’engrais, pour peu d’ailleurs que le terrein en soit substantiel ; mais, si on le fait faucher, il faudra nécessairement étendre tous les deux ou trois ans, soit du fumier.soit du terreau au pied de chacun des arbres, surtout de ceux qui sont les moins vigoureux.” 2o.La greffe se fait ordinairement an printems, au moment où la sève monte, quand l’écorce cesse d’adhérer au bois, et aux approches de l’automne, à l’époque de la seconde sève.Elle consiste dans l’union que l’on fait d’une paitie végétale vivante que l’on détache d’un arbre avec une autre.Les plus usitées sont la greffe en écussou, la greffe à couronne et la greffe en fente ; cette dernière se pratique avant que la sève ait détaché l’écorce du bois.La greffe en écusson se fait de la manière suivante.On coupe d’un bon arbre une petite portion triangulaire d’écorce un peu plus longue que large, mais au milieu de laquelle on puisse appercevoir les traces d’une branche avec au moins un œil ou bourgeon.Pour écussonner un sujet on ouvre dans son écorce avec le greffoir deux incisions qui forment le T, puis, avec la spatule du greffoir on soulève légèrement l’écorce Je dessus le bois du sujet.On dépouille l’œil de l’écusson de ses feuilles, dont on casse ou coupe le pédoncule ou queue sans ébranler le bourgeon ; on l’insère sous l’écorce, de manière qu’à l’exception de l’œil, il soit à peu près entièrement recouvert par (die.Il faut couvrir le tout, mais toujours en laissant l’œil à nu avec un peu de terre et de mousse fine, et on le lie avec un cordon mince de filasse que l’on coupe, sans l’enlever ni le déplacer un mois après, seulement pour ne pas gêner la circulation de la sève.La greffe en couronne se fait en séparant l’écorce d’avec le bois, en difiérens endroits, en y enfonçant un petit coin ; on glisse ensuite dans ces diverses ouvertures autant de rameaux ou greffes que l’on juge convenable; mais chacune de ces greffes doit avoir quatre ou cinq bons yeux et être taillée aux extrémités de façon à s’adapter parfaitement aux ouvertures que l’on a faites.Cette greffe ne convient qu’aux gros arbres, dont on doit préalablement enlever la cime à l’aide d’une scie.La greffe en fente se pratique comme suit : on commence par enlever la tête de l’arbre ou de la branche sur lesquels on veut la faire, puis, à l’aide d’un couteau ou d’un autre instrument tranchant on ouvre la partie que l’on vient d’étêter, et on y enfonce un coin afin de la tenir ouverte.La branche que l’on ente ainsi doit avoir aumoins 15 à 18 pouces de longueur et être garnie d’aumoins quatre à cinq bons yeux ou bourgeons.Après en avoir taillé l’extrémité en lame de couteau, on l’introduit dans la plaie, puis on retire le coin.On rapproche ensuite les écorces de la greffe et du sujet greffé et on enduit le tout de terre glaise, après l'avoir entouré soigneusement d’écorces flexibles taillées en lanières.Les greffes doivent avoir autant que possible le diamètre des sujets sur lesquels on les pose.3o.La taille se fait à l’époque ou la sève commence à se mettre en mouvement, c’est-à-dire, vers la fin de Mars.Un autre moment qui lui est favorable, c’est l’époque de la chute des feuilles.Son but est de forcer les rameaux à produire de plus beaux fruits.On doit bien se garder de faire cette opération dans le tems où la sève est en pleine expansion ; car alors elle subirait des pertes préjudiciables au sujet, s’il était faible et jeune surtout.Il n’y a cependant pas de mal à tailler, durant cette période, les arbres qui, à cause de la richesse du sol ou ils se trouvent plantés, poussent beaucoup trop de bois.L’excellent- travail de M.du Bois contient sur ce sujet, d’utiles définitions.Le lecteur en fera sans doute profit : “ On distingue, dit-il, dans les parties essentielles des arbres à pépins, soumis à la taille : lo les boutons à bois, tenant à la branche sans support intermédiaire, se prolongeant en pointe d’abord un peu recourbée ; 2o les boutons à fleurs, de forme arrondie, et tenant à de petits supports que l’on appelle lambourdes, dans le poirier et bourses dans le pommier, et qui sont les véritables rameaux à fruits dans les arbres à pépins ; 3o les brindilles, petites branches, issues d’un œil à bois, qui ne leur a donné qu’un développement de 2 à 5 pouces; elles peuvent donner du fruit, et doivent par conséquent être ménagées par la serpe ; 4o les lambourdes, supports des boutons à fleurs, et qui naissent souvent sur les brindilles comme sur les branches à bois proprement dites, tant jeunes que vieilles, employant au moins trois ans* à se former.” “ En général, dit M.Gaubert, dans un article sur la taille des arbres fruitiers qu’il a publié dans le Dictionnaire de la Conversation,—en général, on doit tailler court toutes les branches du bas et du dessous des branches principales, parce que ce sont les plus faibles ; mais, en coupant les branches à bo s, il faut s’occuper des branches à fruits pour les annése suivantes.Les boutons à fleurs étant toujours visibles à l’époque de la taille, on en conserve plus ou moins ; le jardinier éclairé qui sait, d’une part, que plus les fruits sont nombreux, moins ils sont gros et savoureux, et, de l’autre, qu’un arbTe qui porte trop de fruits une année n’en donne pas la suivante, ou s’épuise, n’en laisse que la quantité qu’il doit strictement nourrir.Tous les yeux des branches à bois poussent des bourgeons qui deviennent lambourdes, brindilles ou branches à bois, suivant la foice de l’arbre ou la longueur de la taille.Si on laissait les blanches à bois de toute leur longueur sans les tailler, et qu’on les inclinât horizontalement, il n'en sortirait que des lambourdes ou boutons à fruits.D’apès cela, les premières années, taillez court pour avoir des brarches à bois, ensuite long pour avoir du fruit.” Les amputations considérables doivent se faire à la scie ; on polit ensuite à la serpe, et l’on recouvre la plaie de terre glaise mêlée avec de la bouse de vache.Le lecteur doit comprendre que les procédés que nous venons d’indiquer s’appliquent également à la plantation, à la greffe et à la taille de tous les autres arbres fruitiers.Nous n’avons parlé que du pommier, parce que c’est le seul arbre à fruits dont la culture nous intéresse aujourd’hui réellement par les résultats qu’il donne.On conçoit aussi qu’il ne nous était pas possible de nous étendre bien longuement sur ce sujet, l’espace nous faisant défaut.Nous avons étudié les méthodes les plus en usage, consulté le livre de tel maitre, analysé celui de tel autre, recueilli les préceptes partout où nous les avons trouvés, et réuni tout cela de manière à en faire un travail qui sera peut-être utile, quels que soient d’ailleurs ses défauts.J.L.I 118 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.EDUCATION.PEDAGOGIE.de l’emploi du temps dans les écoles.Nécessité d'un plan d'études.Dans l’un de nos derniers articles sur la discipline, nous avons dit qu’un des grands obstacles au maintien de cette discipline dans les écoles est le défaut d’occupation d’une partie des élèves.Nous avons déclaré que c’est un obstacle immense, et que, pour en comprendre toute l’étendue, il faut avoir vécu dans les écoles et avoir vu les instituteurs aux prises avec les difficultés de leur tâche.Afin d’en donner une idée à ceux qui ne se rendent pas encore un compte bien exact de la position de la plupart des instituteurs dans leur école, nous avons présenté un résumé d’une partie de ces difficultés.Nous avons voulu montrer par là, avons-nous dit, tout ce qu’on doit avoir d’estime et de reconnaissance pour les maîtres qui parviennent à les surmonter à force d’intelligence, de zèle et de dévouement.Mais signaler ces difficultés est la moindre chose, le plus important est d’y apporter remède.Or, le principal, l’unique remède au défaut d’une occupation suffisante des élèves, consiste dans un bon emploi du temps.Il faut, avons-nous dit, “ par une bonne organisation de l’enseignement dans les écoles, par un heureux choix d’études et surtout d’exercices, par une bonne classification des élèves, par une intelligente répartition du travail et par une distribution bien raisonnée des heures de leçons et d’études, il faut arriver à tenir tous les élèves en haleine, à faire que pas un d’eux ne reste oisif un seul instant pendant la durée de la classe.” En même temps nous avons reconnu que rien n’est aussi difficile que d’établir un bon emploi du temps dans les écoles primaires, et surtout dans celles qui sont les plus nombreuses, c’est-à-dire celles qui sont dirigées par un sevd maître.Aussi, comprenant l’importance de la question pour les instituteurs, nous avons dit que la première chose que nous ferions serait d’examiner les moyens d’arriver à un bon emploi du temps ainsi qu’à une organisation régulière de l’enseignement dans les écoles.Nous venons aujourd’hui nous acquitter de cette promesse en commençant une série d’articles où nous nous proposons d’étudier la question sous ses différentes faces.Mais avant de nous occuper de l’emploi du temps, avant de faire connaître les plans qui nous paraissent les plus dignes d’attention parmi ceux qui ont été proposés et d’exposer celui qui nous semble réunir le plus d’avantages, nous croyons devoir indiquer les bases sur lesquelles doit reposer une bonne organisation de l’enseignement.Nous croyons donc devoir nous attacher à faire ressortir les graves inconvéniens où l’on tombe si souvent, en procédant pour ainsi dire au hasard et sans plan arrêté d’avance.On se plaint généralement du peu de succès qu’on obtient dans les écoles primaires : les instituteurs eux-mêmes sont les premiers à le constater ; et s’ils ne le disent pas toujours tout haut de crainte de discréditer leur école, ils le sentent généralement, et, dans l’intimité ou lorsqu’ils ne craignent plus de parler avec franchise, ils n’hésitent pas à exprimer leurs regrets et la faible satisfaction que leur fait éprouver le résultat de leurs efiorts.A quoi cela tient-il ?Sans doute cela tient pour beaucoup au peu de temps que les enfants passent dans les écoles, à leurs absences trop nombreuses et surtout à leur éloignement de la classe pendant une partie de l’année.Il est certain que ce qu’il est possible d’enseigner à de jeunes enfants est bien peu de chose, lorsque ces enfants ne viennent à l’école que pendant trois ou quatre années, et qu’ils la quittent environ à l’âge de douze ans, après l’avoir fréquentée d’une manière très-irré- gulière.Qu’enseigner, en effet, dans un laps de temps si court, à des enfants qui ne savent rien et auxquels il faut tout apprendre 1 Cependant, même en tenant compte de tant de circonstances défavorables, on n’est pas satisfait des résultats, les instituteurs le reconnaissent eux-mêmes : ceux qui réfléchissent sérieusement sur l’objet de l’instruction primaire sentent qu’ils ne font pas tout ce qu’il y aurait à faire, tout ce qu’on devrait ou qu’on pourrait faire.L’insuffisance de ces résultats ajoute chez eux à l’ennui que leur causent souvent les difficultés de leur position.A quoi tient donc cette insuffisance ?Ce n’est pas, hâtons-nous de le dire, au défaut d’instruction des instituteurs.Leur instruction, beaucoup plus étendue aujourd’hui que par le passé, répond généralement aux besoins de leur position ; et d’ailleurs ce sont les maîtres les plus instruits qui se plaignent le plus de la faiblesse des résultats.Ce n’est pas davantage au défaut de zèle ; les maîtres les plus dévoués, ceux qui montrent le plus de zèle dans l’accomplissement de leur devoir, sont au contraire ceux que nous avons entendus exprimer le plus souvent leurs regrets de voir le succès répondre si peu à leur attente.La cause de l’insuffisance des résultats des écoles primaires est essentiellement dans la mauvaise organisation de l’enseignement et dans le mauvais emploi du temps.Je ne crains pas d’affirmer que, par une meilleure organisation des études, par un choix mieux raisonné d’exercices, et conséquemment par un meilleur emploi du temps, on pourrait obtenir dans un temps moitié moindre, et par suite avec moins d’ennui de la part du maître, des résultats égaux à ceux qu’on obtient avec tant de peine aujourd’hui.Dans le même temps par conséquent, on arriverait à des résultats infiniment supérieurs.J’en ai pour garant ce qui se fait déjà dans beaucoup d’écoles, où d’importantes améliorations de divers genres ont été apportées dans la répartition de l’enseignement.Aujourd’hui la chose qui nuit le plus au succès des études dans les écoles, c’est qu’on ne sait pas y mettre le temps à profit.Dans la plupart trop souvent l’emploi du temps est ce qu’on peut voir de plus défectueux, ou plutôt il n’y a pas d’emploi régulier.J’entends par là qu’il n’y a pas de distribution régulière des leçons et des exercices pour chaque division de l’école, pour les différentes heures de la journée et pour chaque jour de la semaine ; il y a encore moins une répartition déterminée de l’enseignement entre les différentes divisions d’élèves, et pour les différentes époques de l’année.On vit en un mot au jour le jour, sans plan arrêté d’avance, faisant une année une chose et l’année suivante une autre, aujourd’hui donnant une leçon à une heure, demain faisant la même leçon à une heure différente, tantôt donnant un devoir, tantôt en donnant un d’une autre espèce, et cela le plus souvent suivant l’inspiration du moment et sans autre motif que de se tirer d’embarras en fournissant de l’occupation aux élèves.Mais pourquoi donc n’y a-t-il pas un emploi régulier du temps dans les écoles ?Est-ce que la nécessité ne s’en fait pas sentir ?Non, c’est qu’avant tout la chose est excessivement difficile.Et elle est difficile, nous l’avons dit, à cause de la nature même des écoles et de la position du maître, obligé de vaquer seul, dans la plus grande partie des classes, à un aussi grand nombre d’occupations différentes.Et cependant, c’est précisément parce que ces occupations sont nombreuses et variées, que les instituteurs ne peuvent s’en tirer qu’à l’aide d’un emploi bien déterminé de tous leurs instants et en n’abandonnant rien au hasard.Mais indépendamment de la difficulté inhérente à la constitution d’un bon emploi du temps dans les écoles primaires, il est une autre raison qui empêche d’en établir un.C’est que, pour déterminer quand, quels jours, et à quelles heures JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.119 on enseignera telle ou telle chose, à tels ou tels élèves, il faut avoir un plan d’études exactement tracé d’avance.Or, nous ne craignons pas d’être démenti en disant que le nombre des écoles oü il existe un véritable plan d’études est excessivement restreint.Qu’on veuille bien le remarquer toutefois, nous n’en faisons pas un grief aux instituteurs.Notre reproche est plus général, il s’adresse à l’instruction primaire elle-même, dont l’objet et le but sont encore si peu déterminés dans la plupart des esprits.— On ne sait réellement pas ce qu’on veut ou ce qu’on doit enseigner aux enfants de nos écoles, c’est-à-dire qu’on ne sait pas dans quel ordre et dans quel temps on veut ou on peut leur enseigner ce qu’on se propose ou ce qu’il y aurait à leur apprendre.On remarque à cet égard une différence énorme entre l’instruction primaire et l’instruction secondaire, différence qui est tout à l’avantage de celle-ci.—Bulletin de l'Instruction Primaire.J.J.R.(a continuer.) Exercices pour les Eleves des Ecoles.Vers à apprendre par cœur.L’OR'AISON DOMINICALE.O père, source et fin de toute créature, Dont le temple est partout où s’étend la nature, Dont la présence creuse et comble l'infini ; Que ton nom soit partout, dans toute âme, béni ; Que ton règne éternel, qui tous les jours se 1ère, Arec l’œuvre sans fin recommence et s’achève ; Que par l’amour divin, chaîne de ta bonté, Toute volonté veuille avec ta volonté ! Donne à l’homme d’un jour que ton sein fait éclore Ce qu’il lui faut de pain pour vivre son aurore ! Remets-nous le tribut que nous aurons remis Nous-même, en pardonnant à tous nos ennemis ; De peur que sur l’esprit l'argile ne l’emporte, Ne nous éprouve pas d’une épreuve trop forte ; Mais toi-mème, prêtant ta force à nos combats, Fais triompher du mal tes enfans d'ici-bas.Lamartine.ADIEU D’UNE PETITE FILLE A L’ÉCOLE.Mon cœur battait à peine, et vous l’avez formé ; Vos mains ont dénoué le fil de ma pensée, Madame, et votre image est à jamais tracée Sur les jours de l'enfant que vous avez aimé ! Si le bonheur m’attend, ce sera votre ouvrage ; Vos soins l’auront semé sur mon doux avenir ; Et si, pour m’éprouver, mon sort couve un orage, Votre jeune roseau cherchera du courage, Madame I en s’appuyant sur votre souvenir.Madame Desbordes-Valmore.Sujet de Composition.PRIÈRE DU SOIR A BORD ü’uN VAISSEAU.Le globe du soleil, dont nos yeux pouvaient alors soutenir l’éclat, prêt à se plonger dans les vagues étincelantes, apparaissait entre les cordages du vaisseau et versait encore le jour dans des espaces sans bornes.On eût dit, par le balancement de la poupe, que l’astre radieux changeait à chaque instant d’horizon.Les mâts, les haubans, les vergues du navire étaient couverts d’une teinte de rose.Quelques nuages erraient sans ordre dans l’orient, où la lune montait avec lenteur.Le reste du ciel était pur, et l’horizon du nord formant un glorieux triangle avec l’astre du jour et celui de la nuit, une trombe, chargée des couleurs du prisme, s’élevait de la mer comme une colonne de cristal supportant la voûte du ciel.Il eût été bien à plaindre celui qui, dans ce beau spectacle, n’eût pas reconnu la beauté de Dieu ! Des larmes coulèrent malgré moi de mes paupières lorsque tous mes compagnons, ôtant leurs chapeaux goudronnés, vinrent entonner d’une voix rauque leur simple cantique à Notre-Dame-de-bon-Secours, patronne des mariniers.Quelle était touchante la prière de ces hommes qui, sur une planche fragile, au milieu de l’Océan, contemplaient un soleil couchant sur les flots ! Comme elle allait à l’âme cette invocation du pauvre matelot à la mère de douleur ! Cette humiliation devant celui qui envoie les orages et le calme ; cette conscience de notre petitesse à la vue de l’infini ; ces chants s’étendant au loin sur les vagues ; les monstres marins, étonnés de ces accents inconnus, se précipitant au fond de leurs gouffres ; la nuit s’approchant avec ses embûches ; la merveille de notre vaisseau au milieu de tant de merveilles ; un équipage religieux, saisi d’admiration et de crainte ; un prêtre auguste en prière ; Dieu penché sur l’abîme, d’une main retenant le soleil aux portes de l’occident, de l’autre élevant la lune à l’horizon opposé, et prêtant à travers l’immensité une oreille attentive à la faible voix de sa créature : voilà ce qu’on ne saurait peindre et ce que tout le cœur de l’homme suffit à peine pour sentir ! Chateaubriand.STATISTIQUES POUR EXERCER LA MEMOIRE DES CHIFFRES ET FORMER AU CALCUL.D’après les rapports officiels, la dette nationale de l’Angleterre, au 31 mars 1856, s’élevait à £775,312,674 sterling.Là-dessus, £769.000,280 portant intérêt à 2^ pour cent, £2,871,515 à 3j pour cent, £433,124 à 5 pour cent, et le reste à 2.^ pour cent.questions.—Quelle somme l’Angleterre a-t-elle dû payer en 1856 pour l’intérêt de sa dette ?— Exprimez le chiffre total de cette dette en livres courant, eu dollars et en francs.— Exprimez le chiffre de l’intérêt de la même manière.Les importations du Canada, dans les trois dernières aimées, ont été comme suit : 1854 1855 1856 De la Grande Bretagne,.$22,963,328 $13.303,460 $18,212,932 Des colonies de l’Am.du Nord, 675,112 865,984 1,032,592 Des Indes Occidentales,.2,673 14,132 17,612 Etats-Unis,.15,533,096 20,828,676 22,704,408 Autres pays étrangers,.1,355,108 1,073,708 1,616,732 Total,.$40,528,316 $36,086,160 $43,534,370 Montant des droits de douane payés,.4,899,004 3,525,750 4,508,880 questions.—Quelle proportion les importations de la Grande-Bretagne portent-elles avec celles de tous les autres pays réunis ?Combien pour cent a-t-il été payé de droits sur les importations de chaque année ?A.VIS officiels.NOMINATIONS.BUREAU DES MX AMIN ATEUBS DU DISTRICT DE KAMOURASKA.Dlles.Adélaïde Richard, Julie Couillard, Emilie Sirois, Arthémise Gagné, Adélaïde Casault, S.A.Mercier, ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles modèles ou écoles primaires supérieures.Dlles.Louise Dubé, Adèle Bouchard, Julie Gagné, Eliza Gagnon, Elizabeth Blanchet, Séraphine Jean, Caroline Boucher, Adéline, Saucier, Adéline Roy, Emérance Roy, Arthémise Dubé, Zélie Boucher Eveline 120 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Martin, Adèle LagasSé, Hermine Raymond, Demerise Dion, Marie Potvin, oophie Rioux, Olympe Ouellet, Aglaè Roy, Héloïse Terriault, Arthémise Pettigrew, Hélène Johnson, Honorine Dumais, Arthémise Dumais, Sophie Hudon, Héloïse Soucy, Henriette Soucy, Célina Lebel, et M.James Miller, ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.P.Dumais, Secrétaire.BUREAU DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES DU DISTRICT DE QUEBEC.M.Thomas Zozime Clouthier, Dlle.Marie Françoise Paradis, et M.1 riancis Gallagher, ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner ' dans les écoles modèles ou écoles primaires supérieures.M.Gabriel Labonté, Dlles.Bridget Brady, Elizabeth Falardeau, Philo-mene Blouin, Adèle Hardy, Délima Turgeon, Marie Charlotte Audet, Luce Ruel, Marie Rose Colomb.Marie Salomée Audet, Marie Césarie Gauthier, Sophie Ruel, Louise Blais, Mathilde Fournier, Marie Sophie Brochu, Angèle Alodie Languedoc, Marie Angèle Quéret, Marie Dina Cote, Marie Henriette Portelance, Marie Ombeline Rouleau, Marie Zoé Belanger, Marie Félicité Nadeau, Marie Rose Oly Harvey, Denise Trem-cüay, Marie Valère Harvey, Emérentisme Séraphine Simard, Marie Célina Leclerc, Marie Leclerc, Emélie Malherbes, Félicité Gosselin, Marie Henriette Talbot, Mathilda Wickstead, Mary Miller, MM.Joseph Patrice Lachance, Maxime Boucher, Narcisse Quérit, François Blais, Frédéric C.Letellier, Samuel Côté, Jean Moïse Précourt, Alphonse Vailleton, Dlles.Marie J.Phil.Baquet, Marie Philomène Asselin, Marie Agnès Dolbec, Flavie Gagnon, Marie Claire Houde, Hélène Virginie Mottard, Marie Marguerite Doncourt, Marie Adéline Genest, Marie Anastasie Martineau, Marie Edwidge Esilda Parent, Marie Sophie Hardy, Marie Drolet, Dorothée Sévigny, Marie Philomene Thibodeau, Sophie Paméla Pagé, Marguerite D.Philomène Roy, Marie Richard, Odile Baril, Zoé Mercier, Dame Charles Fortier (Marie Julie Célina Terrigny), Dlles.Marie Rose D.Pot-vin, Caroline Fortin, Marie Adéline Demers, Marie Célina Plante, Marie Adele Grégoire, Léonie Toussaint, Brigitte Caron, Eugénie Lebourdais, Marie Esther Terrigny, Marie Célina Aubé, Marie Louise Potvin, Marie Hermine Angers, Louise Hermine Bertrand, Célina Labrecque, Marie Julie Méthot, Marie Clémentine Noël, Marie Agrippine Boily, Marie Aurélie Célina Dalziel, Marie Phil.Renaud, Marie Olive Lepetit, Olympe Phil.Boivin, Delima Gingras, Dame Mary Cantillon veuve McGoldrick, Dlles.Adélaïde Kallon, Sophie Tremblay, Archange Roy, Marie Angélique Gauthier, Georgina Roy, Marie Desanges Paradis, Dame Cyprien Paquet (Louise Flore Elmina Dion), Dlle3.Zoé Euphémie Mofi'et, Arthémise Turcot, et Julienne Danglade, ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.C.Delagrave, Secrétaire.RUREAU DES EXAMINATEURS DU DISTRICT DES TROIS-RIVIERES.M.P.Z.Lemaître de Lottinville, Dame Sara G.Cartier (épouse de J.Robillard), Dlle.Emélie Robillard, M.Adolphe Lami, Dlle.Eliza Allarv, Dame Adélaïde Duval (épouse de A.D.Laplante), Dlles.Delima Belle-feuille, Marie Dupont, Basiiisse Turcot.Marguerite Leblanc, Héloïse Rhault, Dame Mathilde Desaulniers (épouse de Théodore Dufresne), Dlles.Caroline Levasseur, et Zoé Lemire, ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles modèles ou écoles primaires supérieures.Dlle.Joséphine Ducharme, M.Thomas Fréchette, Dlles.Tliirza Héon, Elodie Rhault, Delphine Vigneau, Célina Gauthier, Luce Milette, Flora Maguire, Adele Milette, Hermine Lacerte, Hermine Rousseau, Aurélie Boisvert, Philomène Theasdale.Julie Bellerive, Mary Wal3h, Marguerite Bergeron, Aurélie Milette, MM.Hubert Trépanier, Jessé Richard, Dlles.Philomene Turcotte, Anna Genest, Aurélie Hamel, Célina Vigneau, Juliette Perrin, Marguerite Béliveau, Zoé Bourgeois, M.L.S.Duplessis, Dlles.Zoé Descoteaux, Georgeann Bourk, Elmire Dufresne, Emélie Piché, Odile Malhiot, Delphine Doucet, Philomene Rhéaume, Rose Delima Décoteau, M.Onésime Dupuis, Dlles.Clodie Béliveau, Célina Béliveau, M.Calixte Roy, Dlles.Célina Bouvette, Marie Tourigny, Emélie Lacourse, Onésime Leblanc, Dame Mnrie Marguerite Marchand, épouse d’Ovide Brunelle, Dlles.Caroline Comeau, Delima Massicotte, Elmire Lacourse, Dame Marie Précourt, épouse de Théodore Deroin, Dlles.Elmire Beau-mier, Eléonore Leblanc, Adéline Lavergne, Mathilde Ouellette, Marie Alixte Moussette, et Dame Marie Louise Leblanc, épouse d’Ed.Toutant, ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.J.Hebert, Secrétaire.BUREAU DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES DU DISTRICT DE MONTREAL.MM.J.Guilbault et Narcisse Boulay ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles modèles ou écoles primaires supérieures.Dlles.Marie Simard, Célina Simard, Philomène Morelle, Marguerite Richard, Ursule Terriaux, Rose-de-Lima Huet, Elise Laporte, Léocadie Dufort, Delphine Saint Germain, Philomène Chagnon, Philomène Messier, Malvina Beaudry, Eugénie Lemieux, Odile Cadotte, Odile Bourgeois, Agnes Choquet, Philomene Choquet, Marguerite Quesnel, Julie Quevil-lon, Dina Gauthier dite Landreville, Henriette Desparois, Joséphine Ro- bert, Lucie Desparois, Emelina Desparois, Aurélie Lafleur, Geneviève Gaucher, Joséphine Demers, Domitilde Casavant, Philomène Messier, Sophie Gagnon, Marie Bourbon, Euphémie Benoit, Philomene Choquet, Philomène Semur, Olive Pilon, Julie Hade, Antoinette Lemay, Virginie Hudon, Elmire Carreault, Sophie Laroque, Philomène Cormier, Sophie Beaudoin, Euphrasie Guillet, Mathilde Guillet, Théotiste Perrault, Célina Bédard, Angele D al aire, Adée Lauson, Julie Huot, Marie Labelle, Arthémise Morand, Emélie Gaudry, Philomène Viau, Euphémie Desormeaux, Hélène Leblanc, Philomène Fontaine, Adéline Derouin, Flavienne Sava-riat, Philomène Martin, Josephte Daoust, Adéline Paquin, Christine Chap-delaine, Claire Mondor, Luce Renois, Eléonore Saint-Germain, Esther Vélieux, Claire O’Neil, Sophie Leclaire, Céline Lavoie, Marie Brisson, Marie Mélanie Primeau, Adèle Primeau, Elzire Fortin, Marie Primeau, Angèle Bidault, Mélina Lefebvre, Julienne Tellier, Adélaïde Mercure, Phélonise Mercure, Ursule Gendron, Adéline Cormier, Marie Louise Tartre, Adélaïde Myet, Justine Têtu, Marie Hélène Durand, Mélina Allard, Julie Chartrand, Domitilde Couillard, Rachel Tessier, Philomène Courtois, Edwidge Perrault, Philomène Brouillet, Aubéline Ferland, Adèle Renault, Agnès Fontaine, Clémence Fréjeau, Aglaé Hamilton, Philomène Remillard, Eulalie Yelli, Edwidge Phaneuf, Sophie Dubois, Julie Dubois, Cécile Coupai, Adéline Duquet, Célina Robin, Rose Ethier, Cléophé Laviolette, Philomène Laviolette, Azilda Poulin, Olive French, Adéline Bertrand, Philomène Jacques, Angélique Hervieux, Claire Hervieux, Marie Davignon, Adéline Gosselin, Casélie Lespérance, Adélaïde Patenaude, Philomène Guertin, Philomène Hétu, Victoire Richard, Rosalie Guilbert, Hélène Hefferman, Mary Ann Brady, Mary Maran, Johanna Tobin, Mary Dunn, Héloise Lorandeau et MM.Joseph Gaudry, Elzéar Gaudry, Alexis Cadotte, Pierre Giroux, Hubert Cagnon, Godefroi Gagnon, Herménégilde Côté, Narcisse Blanchard, Joseph Laurent, Samuel Robert, Pierre Blan-chet, Joseph Casavant ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.F.X.Valade, Secrétaire.DONS OFFERTS AU DEPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PURLIQUE.Les dons suivans ont été reçus avec reconnaissance par le Surintendant de l’Education :— De M.Walshe, principal du Lower Canada College, Montréal : “ Lessons in General Knowledge,” par Robert James Mann, M.D., 1 vol.in-18.De M.P.B.Casgrain, avocat, Québec : u Questions et réponses sur le droit criminel du Bas-Canada,” par J.F.Perrault, 1 vol.in-12 Québec, 1814.De M.J.B.Meilleur, L.L.D.et M.D., ex-surintendant de l’instruction publique : 11 Cours abrégé de Leçons de chimie,” par lui-même, 1 vol.in-12 ; 11 Nouvelle Grammaire anglaise,” par lui-même, 1 vol.in-18 ; u A Treatise on the pronunciation of the French language,” par lui-même ; “ Court traité sur l’art épistolaire,” par un Canadien, 1 vol.32o; “ Guide de l’Instituteur,” par F.X.Valade, 1 vol.18o ; “ Cathéchisme, recueil de prières et de cantiques, à l’usage des sauvages d’Albany,” 1 vol.in-12.De MM.Childs et Peterson, Philadelphie : “ Arctic explorations,” par le Dr.E.K.Kane, 3 vols.8o ; “ Familiar astronomy,” par H.M.Bouvier, 1 vol.8o ; “ Familiar science,” par David AJWells, 1 vol.in-8o ; lltThe Constitutional text book” par Furman Sheppard, 1 vol.in-12 ; “ Familiar science,” par R.E.Peterson, 1 vol.12o; 11 The Practical elocutionistpar J.W.S.Hows, 1 vol.12o.De M.Charles L.Flint, secrétaire du bureau d’agriculture de l’état de Massachusetts, par l’entremise de M.L.A.H.Latour: “ Abstract of returns of the Agricultural societies of Massachusetts, 1356,” 1 vol.8o ; u Fourth annual report of the secretary of the Massachusetts Board of Agriculture, 1856,” 1 vol.8o et 7 brochures.De M.Joseph Lovering, Cambridge: u Proceedings of the American Association for the advancement of science1 vol.8o.De John AV.Dawson, M.A.F.G.S.&c., de Montréal: “ Agriculture in Nova Scotia,” 1 vol.8o et une brochure.De M.Henry Barnard, L.L.D., surintendant des écoles dans l’Etat de Connecticut : “ The Connecticut Common school Joumalf de 1838 à 1842, 1 vol.4o; “ Journal of the Rhode-Island Institute of Instruction” pour les années 1846, 1847 et 1848, 3 vols.8o ; u Barnard on Normal Schools,” 1 vol.8o ; “ School Architecture,” par H.Barnard, 1 vol.8o ; “ National Education in Europe,” par H.Barnard, 1 vol.8o et 10 brochures.AVIS DIVERS.TROISIEME CONFERENCE DE L’ASSOCIATION DES INSTITUTEURS DE LA CIRCONSCRIPTION DE L’ECOLE NORMALE JACQUES CARTIER.La troisième conférence de l’association des instituteurs de la circonscription de l’école normale Jacques Cartier, aura lieu à Montréal, dans la grande salle de l’école, vendredi, le 28e jour d’août prochain, à dix heures du matin.Il y sera fait des lectures.INSTITUTRICE DISPONIBLE.Mlle Emilie Sirois, munie de diplôme pour école modèle, enseignera le français, l’anglais, différentes sortes de dessins, à faire des fleurs, fruits, etc., en cire et en papier, et plusieurs ouvrages à l’aiguille, tels que broderies, etc.Adresse : Mlle Emilie Sirois, Kamouraska. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 121 ETAT DES SOMMES TAYEES PAR LE DEPARTEMENT DE L’iNSTRDCTION PUBLIQUE, DD 1er janvier au 30 juin 1857, inci.: Montant payé jusqu’au 30 avril dernier ainsi qu’il en appert par états déjà publiés.£38,642 9 2 Payé entre le 1er mai et 30 juin, savoir : Pour subventions sémeslrielles aux écoles ?communes, 1 serai de 1856.S £ 19 0 1 u u 2 do 1856.366 3 11 u u Ecoles normales 745 1 1 u u Education supérieure.105 0 0 u u Municipalités pauvres 20 0 0 u u Bibliot.paroissiale.48 10 6 u u Continge ts 172 12 4 1,476 7 11 £40,118 17 1 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.MONTREAL, (BAS-CANADA,) JUIN, 1857.SECONDE CONFERENCE DES INSTITUTEURS DE LA CIRCONSCRIPTION DE L’ECOLE NORMALE JACQUES CARTIER.Cette conférence a eu lieu, sous la présidence temporaire de M.Boudrias, lundi, le premier jour de juin courant, dans la grande salle de l’école normale.Vingt-cinq à trente instituteurs s’y trou-voient réunis.A l’ouverture de la séance M.le principal Verreau prononça le discours suivant : Messieurs les Instituteurs, Il me semble que pour nous c’est un devoir de réunir tous nos efforts et nos travaux, quelque faibles qu’ils soient, puisque nous travaillons tous à la même œuvre, et que nous cherchons à nous rendre de plus en plus dignes de la place qui nous est marquée dans la société.Voilà pourquoi je me suis rendu sans trop me faire prier à l’invitation honorable de M.le surintendant à vous adresser la parole dans cette conférence.Obligé de consacrer à l’école normale tous mes instants du jour, je dirais presque de la nuit, je ne pourrai vous présenter que quelques idées assez incomplètes, recueillies bien à la hâte, mai9 j’espère que vous me tiendrez compte de ma bonne volonté, regardant comme fait à vous mêmes ce que nous avons fait pour ceux d’entre vos confrères que nous avions le plaisir de voir parmi nos élèves.Toutefois, je ne vous cacherai pas que si je commence aujourd’hui, c'est à condition que vous continuerez ; dans des cas comme celui-ci, je suis scrupuleusement Taxiôme du siècle “rien pour rien”: je vous prête aujourd’hui : à vous de faire fructifier et de me rendre prochainement, Avant l’oût.Intérêt et principal.Lorsque l’homme, dans son avidité de tout savoir, eut perdu la véritable science, et qu’une ignorance profonde se fut faite dans son intelligence, une sentence terrible, mais juste, fut prononcée contre lui : “ Tu mangeras ton pain d la sueur de ton front.” Cette sentence, il faut l’entendre non seulement du pain grossier et matériel qui soutient notre vie, mais encore de ce pain plus pur, de cette nourriture des intelligences, la science, à quelque dégré qu’on la suppose.Nous ne l’acquérons réellement qu’à la sueur de notre front, et souvent au prix des plus grands sacrifices ; par un dernier reste de l’instabilité attachée à toutes les choses humaines, cette science, si péniblement et si longuement acquise, s’affaiblit et disparaît bientôt si on n’a pas le soin de l’entretenir au prix de nouvelles fatigues et de travaux continuels, semblable au flambeau qui, pour briller au milieu des ténèbres, a sans cesse besoin d’un nouvel aliment.Messieurs, ce serait donc une erreur que de croire tout fini pour vous lorsque vous aurez étudié quelque temps et que vous posséderez certaines connaissancs.Non, tout ne sera pas fini : ces connaissances il vous faudra les conserver, les développer graduellement et même en acquérir de nouvelles, c’est-à-dire qu’il vous faudra étudier, étudier encore, étudier toujours ; c’est, à mon sens, une des plus puissantes obligations de l’instituteur.N’allez pas, messieurs, vous récrier contre cette proposition : gardez-vous de croire que ce soit là un de ces systèmes plus ou moins praticables, que l’on aime quelquefois à exposer avec une certaine ostentation, laissant ensuite à chacun le soin d’en retirer le plus de profit qu’il pourra.Il s’agit ici de la réalité, de cette triste réalité qui nous environne tous, que vous trouverez surtout dans vos écoles, quand vos élèves, attentifs à la moindre de vos paroles, attendront avec une espèce d’impatience des explications que vous ne serez pas capables de leur donner, ou quand ils sembleront triompher de l’embarras que vous causeront des objections que vous auriez dû prévoir et que vous ne pourrez résoudre.Je le sais, plusieurs nous diront : “ On s’instruit en enseignant.” Oui, messieurs, on s’instruit en enseignant, mais à condition d’étudier et de préparer ce qu’on doit enseigner.Ne croyez pas que des paroles jetées à l’improviste sur une matière quelconque puissent vous profiter plus qu elles ne profitent à vos élèves.L’enseignement suppose non seulement une préparation, que j’appellerais éloignée, sur toutes les matières qui sont inscrites au programme d’une école ; mais encore une autre préparation spéciale et particulière sur un sujet donné.Par ce moyen, on se préserve de la routine, la plus funeste des choses dans l’enseignement : on doit se garder d’appliquer à tous les âges et à toutes les intelligence des méthodes préparées une fois pour toutes, qui étaient bonnes hier et qui ne vont plus aujourd’hui : on a dû prévoir, et on a prévu en effet, que certains élèves ne comprendront rien à des explications qui sont très claires pour d'autres.Il y a une objection plus grave : “ On n’a pas le temps d’étudier.’ Oui,'je sais qu’il y a pour l’instituteur des circonstances bien pénibles : souvent, aux fatigues de deux longues classes, il faut joindre les fatigues et les travaux d’un autre genre, les inquiétudes et quelquefois les souffrances.Mais grâce au changement qui s’opère sous nos yeux et à l’élan qu’une main habile imprime à l’éducation, il y a lieu d’espérer que cet état de choses ne subsistera pas toujours.Toutefois, n’oubliez pas combien d’instants précieux se perdent chaque jour au coin du feu, ou chez un ami ; n’oublions pas, messieurs, cette maxime de nos voisins : “ time is money.” Je crois qu’une sage économie de votre temps, qu’une prévoyante distribution de vos occupations pourraient vous donner pour l’étude, chaque jour, du moins chaque semaine, beaucoup plus de loisir que vous ne pensez.Je voudrais donc que le maitre d’école préparât d’avance un tableau de ses jours de classes et de congé, et que, connaissant les matières qu’il doit enseigner, il les partageât à peu près semaines par semaines, afin de leur consacrer à chacune le temps nécessaire et de prévoir celles qui demanderont plus ou moins d’étude.De cette manière, vous saurez seulement les instants dont vous pourrez disposer, mais encore l’ordre que vous devrez suivre dans vos études.D’abord, et avant toutes les autres, étudiez les choses que vous enseignez.—On les a vues cent et cent fois, il est vrai; mais, croyez-en les hommes d'expérience, c’est là le seul moyen de vous rendre “ maîtres et maîtres passés.” Je prends pour exemple la lecture, l’exercice le plus fréquent, et peut-être le plus monotone de toute la classe.Si vous voulez que vos élèves l’aiment, il faut qu’ils comprennent ce qu’ils lisent et jamais ils ne comprendront qu’à l'aide de vos explications qui doivent être claires, variées et données de manière à frapper leur imagination encore jeune et impressionnable.Il en est de même de l'arithmétique ; après vous être efforcés de trouver la meilleure maniéré de faire comprendre la règle, même à l’intelligence la plus rebelle, au lieu de donner comme exercice les problèmes de votre auteur, problèmes que tout le monde connaît et qui ne présentent souvent aucun intérêt ; cherchez dans la vie pratique quelqu’une de ces opérations que l'enfant devra peut-être appliquer le jour même dans sa famille, ou rattachez-les à des choses qu’il connaît et auxquelles il porte déjà de l’intérêt.Eh bien, messieurs, préparer ainsi ses classes, c’est ce que j’appelle étudier.Après les matières que vous enseignez, viennent les ouvrages qui traitent de l’enseignement et de la pédagogie ; c’est dans de pareilles lectures que vous découvrirez souvent un moyen, un art, un secret que vous cherchiez depuis longtemps sans savoir où le trouver.Dans le Journal de l’Instruction Publique, vous verrez des articles qui devront être le sujet de vos plus sérieuses réflexions ; dans les bibliothèques de paroisses, chez un ami complaisant, vous trouverez encore de ces livres que vous pouvez étudier avec avantage ; mais, de grâce, messieurs, gardez-vous de ces lectures frivoles, légères et qui, sans rien apprendre, trompent l’imagination et faussent les plus belles qualités du cœur et de l’esprit.A tout autre je dirais : ces lectures ne servent à rien de bon ; à vous j’ajouterai : de pareilles lectures seraient sacrilèges ; vos instants sont trop précieux, votre mission est trop importante : vous n’êtes plus à vous, vous vous devez tout entiers aux enfants que la confiance publique a remis entre vos mains.En terminant, messieurs, je vous redirai ce que j’ai répété bien souvent devant un auditoire plus jeune, mais non moins désireux que vous de s'instruire.Etudions, messieurs, étudions sans cesse, s'il est possible : la condition de notre avenir est là : tout marche et progresse autour de nous; ne restons pas en arrière ; un quart d’heure, dix minutes par jour, c’est si peu de chose et cependant quel résultat étonnant au bout de plusieurs années, d’une année même !.Vous connaissez tous la fable de Tantale : assis, et assis pour l’éternité, au milieu d’une eau fraiche et limpide, c’est en vain qu’il voulait se désaltérer ; il approchait ses lèvres brûlantes ; mais Tonde fuyait et fuyait toujours.Il en est un peu comme cela de l’étude : plus on étudie plus on veut étudier : à mesure qu’on avance, le désir augmente ; commencez et je vous réponds du résultat.Ce discours fut vivement applaudi.Lecture du projet de constitution de l’association fut alojs faite par M.le président. 122 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.CONSTITUTION de P Association des Instituteurs de la circonscription de l’école normale Jacques-Cartier, en rapport avec cette école.ARTICLE PREMIER.Cette association a pour objet de réunir fréquemment les instituteurs qui la composent, de leur fournir l’occasion de se perfectionner dans l’art de l'enseignement et dans toutes les sciences, d’améliorer leur condition sociale, d’entretenir avec l’école normale Jacques-Cartier des rapports qui les mettent à même de profiter des ressources de cette institution, et de s’encourager mutuellement à la pratique de la religion et de toutes les vertus qui peuvent contribuer à leur faire remplir leurs devoirs importans avec honneur pour eux-mêmes et avec avantage pour la société.ARTICLE SECOND.Tout instituteur muni de diplôme, résidant dans les limites fixées parle règlement général du G octobre 1856 pour la circonscription de l’école normale Jacques-Cartier, aura droit d’être membre de l’association en se fesant inscrire sur le régistre de l’association.ARTICLE TROISIEME.Le refus de payer les contributions ou de se conformer aux règlemens de l’association ou la révocation du diplôme par le conseil de l’instruction publique pourra entrainer l'expulsion.Excepté en cas de révocation du diplôme, où l’expulsion aura lieu ipso facto, elle devra être prononcée par le conseil d’administration de l’association à une majorité des deux tiers des membres présens.Le conseil pourra, à la même majorité, pour des irrégularités ou des contraventions aux règlemens, décréter la suspension d’un membre pour un tems n’excédant pas trois mois ou jusqu’à l’accomplissement d’une condition prescrite.ARRICLE QUATRIEME.L’association sera divisée en sections et chaque section se composera d’un des districts d’inspection compris dans la circonscription de l’école normale Jacques-Cartier.ARTICLE CINQUIEME.L'association sera dirigée par un conseil général et chaque section par un conseil de direction.ARTICLE SIXIEME.Le conseil général se composera des officiers généraux et de neuf membres élus.ARTICLE SEPTIEME.Les officiers généraux seront le président, le vice-président, le secrétaire et.le trésorier.ARTICLE HUITIEME.Les officiers et les membres du conseil d’administration seront élus annuellement; la même personne ne pourra pas être réélue comme président plus de deux fois consécutivement.ARTICLE NEUVIEME.Il se tiendra trois assembléas ou conférences générales de l’association à l’école normale, le dernier vendredi de chacun des mois de Janvier, Mai et Août de chaque année.L’élection des officiers et des membres du conseil général aura lieu à l’assemblée du mois d'Août.ARTICLE DIXIEME.Le président pourra convoquer une assemblée extraordinaire de l’association, par avis donné un mois d’avance dans le journal de l’instruction publique, de son propre mouvement, lorsqu’il le croira convenable pour l’intérêt de l’association, et il devra toujours le faire sur la demande qui lui en sera faite par le surintendant de l’instruction publique, par le principal de l’école normale ou par cinq membres de l’association.ARTICLE ONZIEME.L’on délibérera, dans l’assemblée générale, de tout ce qui concerne l’instruction publique et les intérêts de l'association ; l’on y votera par assis et levé, et les noms de3 votans, lorsque la division aura été demandée par un membre, seront enrégistrés par le secrétaire et publiés.On y discutera des questions de pédagogie, de science, d’histoire ou de littérature ; mais on ne prendra pas les voix sur ces sortes de questions.Le président de l’association résumera les débats.Ces questions devront être proposées par le surintendant, le principal ou le conseil général.ARTICLE DOUZIEME.Dans le cas d’une question concernant la législation sur l’instruction publique ou les règlemens faits par le surintendant ou par le conseil de l’instruction publique, débattue pour la première fois en conférence générale, les voix ne seront prises et une résolution ou délibération ne sera arrêtée qu’avec le consentement du surintendant de l’instruction publique, s’il est présent à la séance, ou de la personne qu’il aura chargée de le représenter; et, s’il s’y oppose, la question devra être remise à la prochaine assemblée générale ou à une assemblée spéciale dont avis devra être donné un mois d’avance, et à laquelle, sur la demande de l’un des membres présens, les voix pourront être prises.ARTICLE TREIZIEME.Le surintendant de l’instruction publique et lo principal de l’école normale, lorsqu’ils assisteront à une séance, auront un siège d’honneur auprès du président.ARTICLE QUATORZIEME.Les inspecteurs d’école auront droit d'assister aux assemblées générales et d’y prendre part, sans avoir droit de vote et, eu l’absence du surintendant et du principal de l’école normale, le plus ancien de ceux qui seront présens occupera tm siège d’honneur auprès du président.ARTICLE QUINZIEME.Le surintendant de l’instruction publique et le principal de l’école normale pourront aussi assister aux séances du conseil général.ARTICLE SEIZIEME.Le conseil général s’assemblera, sur l’ordre du présideut ou sur la demande du surintendant de l’instruction publique, du principal de l’école normale ou de deux de ses membres.ARTICEE DIXSEPTIEME.11 sera prélevé une contribution annuelle de cinq chelins par chaque membre pour le soutien de l'association.ARTICLE DIXHÜITIEME.Il sera fait à chaque assemblée générale au moins deux lectures sur des sujets liés avec l’éducation, par ceux des membres que le conseil de l’association désignera, sans préjudice aux membres qui voudront s’inscrire, mais qui devront indiquer le sujet de leur lecture afin d’obtenir l’approbation du conseil général.Aucun membre ne pourra se refuser à faire une lecture, lorsqu’il aura été désigné par le conseil.ARTICLE DIXNEUVIEME.Chaque section s’assemblera au chef-lieu de la section tous les deux mois, au jour qui sera fixé par le règlement particulier de chaque section.Il ne pourra être discuté dans les assemblées de section aucune question concernant la législation sur l’instruction publique, ou les règlemens faits par le conseil de l’instruction publique ou par le surintendant.On n’y devra discuter que des questions de pédagogie, de science ou de littérature, ou des matières concernant les règlemens particuliers ou les affaires particulières de la section.ARTICLE VINGTIEME.Le conseil de section se composera d’un président, d'un secrétaire-trésorier, d’un bibliothécaire et de cinq membres élus annuellement.En l’absence du président, le doyen d'âge présidera.ARTICLE VINGT—UNIEME.Le conseil de section fera de tems à autre les règlemens particuliers pour la section et fixera la contribution annuelle.Cette contribution sera employée principalement à former une bibliothèque pour la section ; elle pourra aussi être employée à soulager l’indigence de quelques-uns des membres, lorsqu’il y aura lieu.Elle sera entièrement gérée et administrée par le.conseil de section.Il sera transmis de temps à autre au surintendant de l’instruction publique des catalogues de chaque bibliothèque pour son approbation.ARTICLE VINGT-DEUXIEME.L'inspecteur des écoles de la section, en l’absence du surintendant dans les assemblées de section, aura les mêmes privilèges que celui-ci dans les assemblées générales de l’association.ARTICLE VINGT-TROISIEME.Le conseil de section sera convoqué par le président ou, sur la demande qui sera faite au président, par l’inspecteur qui pourra prendre part aux assemblées de ce conseil, sans avoir droit d'y voter, ou par deui de ses membres.ARTICLE VINGT-QUATRIEME.Le conseil général de l’association gérera les fonds généraux de l’association et toute somme qui sera votée par la législature fera partie des fonds généraux.Le conseil de l’association pourra cependant, après que les dépenses générales auront été payées, répartir la balance qu’il aura en mains entre les diverses sections pour l’entretien de leurs bibliothèques respectives.ARTICLE VINGT-CINQUIEME.Les institutrices munies de diplôme pourront avoir accès aux bibliothèques et part, dans l’indigence, aux secours des sections, en payant une contribution annuelle qui ne devra pas être de plus de la moitié de celle fixée pour les instituteurs.ARTICLE VINGT-SIXIEME.Il sera fait, à chaque conférence de section, au moins deux lectures par les instituteurs désignés par le conseil de section.Aucun instituteur de la section ne pourra s’y refuser.ARTICLE VINGT-SEPTIEME.Les règlemens particuliers des sections ne devront rien contenir de contraire aux règlemens généraux de l’association. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.123 ÀBTIOLE VINGT-HUITIEME.L’inspecteur convoquera la première assemblée ou conférence de sec" tion au lieu qu’il considérera le plus 'propre à être le chef-lieu de la section • si son choix n’est pas confirmé par la majorité des membres présens à la première assemblée, il sera choisi un autre endroit pour chet-lieu ; mais s’il n’y a pas une majorité d’au moins les deux tiers des membres présens en faveur d’aucun endroit, il en sera fait rapport au surintendant de l’instruction publique qui fixera le chef-lieu.Sur la proposition de M.Grondin, secondé par M.Auger, il est ensuite unanimement résolu : Que le projet de constitution de l’association des instituteurs en rapport avec l’école normale Jacques Cartier soit adopté tel que soumis par M.le Président.M.le professeur Devisme prononça immédiatement après un discours sur la nécessité de la discipline dans les écoles.Au nombre des mille et une qualités qui doivent caractériser le bon maître, le maître véritablement à la hauteur de sa mission, il en est une dont l'importance, je dirai la nécessité, se trouve universellement recon-uue et sur laquelle je me permettrai d’appeler aujourd'hui votre attention.Je veux parler du maintien de la discipline dans nos écoles, tâche beaucoup plus difficile qu’on n'est généralement porté à le croire.En effet, prenons l’instituteur dans les meilleures conditions possibles.Supposons-le éminemment doué, au double point de vue moral et intellectuel.Il pourra bien être pénétré des principes qui rendent l’enseignement efficace, posséder une connaissance parfaite des méthodes et des procédés les mieux adaptés aux jeunes intelligences, être lui-même complètement maître des diverses branches d’instruction qu’il est chargé de communiquer aux autres.Après avoir su opérer le classement judicieux des élèves de sa classe, chacun suivant sa force, et introduire ainsi une sage organisation dans son école, il pourra bien enfin se mettre à l’œuvre, plein d’ardeur, de confiance, et avec les meilleures intentions ; et cependant, en dépit de cette multiplicité de belles qualités qui semblent être autant de garanties de succès, il verra tous ses efforts rester sans résultat, son temps et ses leçons perdus, s’il ne remplit pas une derniere condition, s’il ne sait pas amener ses élèves à suivre la direction qu’il leur imprime, à respecter les règlements établis, à entendre dans le silence et le recueillement l'enseignement qui leur est donné ; en un mot, s’il ne sait pas maintenir la discipline.La question de discipline, messieurs, est donc pour nous une question de première importance.L’établissement de l’ordre est une condition indispensable de succès pour un instituteur.Voilà le but vers lequel il doit tendre tout d’abord, et pour s’épargner à lui-même mille peines inutiles, et pour l'efficacité de l’instruction qu’il doit donner, et aussi, et surtout pour l’avancement moral des enfants.Le défaut d’ordre (plusieurs d’entre vous, messieurs, en ont sans doute fait la triste expérience), le défaut d'ordre fait le supplice du maître ; c'est la négation de tout progrès, le vice capital, le fléau d’une école.Quel spectacle que celui d’une classe livrée à l’indiscipline! Vainement le maître serait-il plein de zèle, de dévouement, de savoir ; vainement sacri-fieraitril ses veilles, épuiserait-il sa santé : on ne l'écoute point ; il se voit forcé d’interrompre à chaque instant ses explications pour adresser des avis à celui-ci, des reproches à celui-là ; pour infliger des punitions à un troisième.Heureux encore doit-il s’estimer, quand les déplorables habitudes d'insubordination ne se traduisent pas, chez les élèves réprimandés, en réponses inconvenantes, quelquefois grossières, scandaleuses.La classe se passe ainsi, au milieu du tumulte et de l’agitation, sans utilité pour les élèves, sans autre résultat pour l’instituteur que la fatigue, l’ennui, le découragement, et peut-être le dégoût.Le bon ordre, au contraire, si propre par le silence et le recueillement qu’il fait naître, à rendre la tâche du maître plus légère, à lui faire aimer sa modeste profession, n’est pas moins nécessaire pour soutenir l’attention des élèves, pour les mettre à même de recueillir ces fruits de l’enseignement qu’ils ne sauraient goûter dans l’enceinte d’une école en proie à l’esprit de désordre et d’insoumission.Ces deux bienfaits, toutefois, si précieux qu’ils puissent être, ne sont pas les seuls qui découlent du maintien de l’ordre dans nos écoles.Ce serait en effet se tromper étrangement que de voir dans l’instruction, dans les progrès intellectuels des élèves, le premier, l’unique but que qous ayons à nous proposer.Nous devons viser plus haut, aspirer à un plus noble succès.En exigeant le maintien de l’ordre, nous devons avoir pour objet d’éveiller dans le cœur des enfants, l’amour de la bonne tenue, de la soumission, de la régularité, plus encore (j’insiste sur ce point) plus encore que songer aux moyens de donner facilement l’instruction proprement dite.Nous devons faire de la sage observation du réglement un moyen d'éducation, prouvant par là que la discipline n'est pas un auxiliaire moins puissant pour développer les facultés morales que pour féconder celles de l’esprit dans nos élèves.L’ordre n’est pas une abstraction.Il se montre, il éclate aux yeux de l'intelligence.Tout être, créé à l’image de Dieu, voit et sent la beauté de l’ordre.Les enfants ont, sous ce rapport, la même organisation que les hommes ; il ne s’agit que de cultiver, de développer en eux un sentiment qu’ils tiennent du créateur.Mais de ce que l'enfant reçoit dès sa naissance le sentiment de l’ordre, n’allons pas conclure que, pour maintenir la discipline dans son école, un maître, quelqu’il soit d'ailleurs, n’a besoin que de vouloir ; qu’il lui suffira de posséder une certaine dose de termeté et d’énergie.Non, certes, il n’est pas donné à tout maître de réussir dans l’accomplissement de cette tâche, dût-il être doué du carac- tère le plus ferme et le plus énergique.Le bon maître, le bon maître seul peut obtenir cet heureux résultat.Ecoutez ce que dit à ce sujet un de nos écrivains les plus compétents en matière d’éducation populaire.11 (Je dont nous devons être bien persuadés d’abord, dit M.Matter, c’est “ qu’il n'y a pas de discipline possible pour les mauvais maîtres.Ensei-“ gnez mal, dites des choses qui passent l'intelligence de vos élèves; “ expliquez-vous d’une manière obscure et défectueuse, laissez apercevoir “ que vous parlez à tort et à travers, et vous provoquerez avec l’hilarité “ un esprit d’insurbordination qu’aucun châtiment ne saurait réprimer.’ Désirons-nous, au contraire, messieurs, que la discipline s’établisse parmi nos élèves ?Sachons à fond nous-mêmes ce que nous voulons enseigner.Que nos leçons, mises à la portée des jeunes intelligences auxquelles elles s’adressent, portent un cachet de lucidité, d'animation, d’intérêt.Tachons de lesrendre attrayantes, en tempérant ce qu’elles peuvent avoir de difficile et de rebutant, au moyen d’explications à la fois simples, claires et agréables.Si nous parvenons à nous faire écouter avec plaisir, nous aurons fait un grand pas dans la voie de l’ordre ; disons mieux, les rigueurs disciplinaires, tristes satellites du désordre, nous seront inutiles avec des éleves dont nous aurons su captiver 1 attention.Malheureusement, nous ne saurions nous dissimuler qu’il est bien rare de posséder au plus haut degré l’art si difficile de plaire en instruisant, ignorons-nous d’ailleurs que le maître le plus zélé, le plus capable, aura constamment à combattre les défauts inhérents au jeune âge, la légéreté, la paresse, la turbulence.Pour triompher de tant d'ennemis, sans cesse renaissants, il est d’un homme prudent de bien se préparer, de n’entrer en lice qu’armé, pour ainsi dire, de toutes pièces.Que l’instituteur ne compte donc pas sur ses seuls talents ; mais qu'il appelle à lui toutes les ressources que peuvent lui procurer son intelligence et son caractère.Bien que les moyens à employer pour arriver au but désiré puissent varier suivant les usages reçus, suivant 1 âge et le caractère des élèves, il existe pourtant certains principes applicables partout et dont l’expérience a démontré l’efficacité.Voulons-nous obtenir l’ascendant sans lequel rien de bon n’est possible dans une école, essayons de convaincre nos élèves que nous sommes leurs amis, et, pour ne leur laisser aucun doute à cet égard, montrons-nous constamment soucieux de leur bien être, heureux quand il nous est donné de récompenser, affligés quand le devoir nous impose l’obligation de punir.En un mot, ainsi que le prouve si bien un excellent article dont vous avez pu lire tout récemment la reproduction dans le Journal de l'Instruction Publique, aimons nos élèves, et nous serons très avancés dans la science difficile de gouverner une école.Outre cette condition principale, essentielle, il en est d'autres qui en sont tout simplement les corollaires et dont le concours est aussi d’une grande utilité pour l'instituteur.Je me hâte de vous les présenter aussi succinctement que possible, tels qu’indiquées par un écrivain dévoué au progrès intellectuel des classes populaires.Prévenons nos élèves contre les funestes effets de l’insoumission et de la paresse, en leur mettant sous les yeux l’exemple de tels et tels jeunes gens tombés dans le vice et la misère, après avoir commencé par être mauvais écoliers, après avoir été, dès leurs premières années, un sujet de scandale pour leurs condisciples.Inspirons-leur un désir ardent d’atteindre le but de leurs études, en leur montrant, d’un côté, l’ignorant voué au mépris, condamné, en quelque sorte, à vivre pauvre et misérable, dans les basses régions de la société ; de l’autre, le jeune homme bien élevé, entouré de la considération publique, et pouvant aspirer aux plus hautes positions sociales.Soyons impartiaux dans la distribution des récompenses et dans l’infliction des châtiments.Les enfants ont un regard d’aigle pour découvrir une injustice, et un seul acte de cette nature suffirait, sachons-le bien, pour détruire à jamais la confiance des élèves dans leur maître.Enfin, pour ôter aux enfants la plus grande partie des occasions de troubler l'ordre, pour faire disparaître presque tous les obstacles que le désœuvrement suscite contre le maintien d'une bonne discipline, rappelons-nous ce vieux proverbe, axiome pour les enfants aussi bien que pour les hommes : “ L’oisiveté est la mère de tous les vices.” Veillons donc à ce que chaque élève soit constamment et utilement occupé pendant les heures d’étude.De ce que l’ordre est un bien, une condition vitale de succès, tandis que le désordre est un mal, un principe de ruine pour nos écoles, nous sommes conduits à reconnaître la nécessité d’y maintenir le premier et d’en exclure le second.De là aussi la nécessité évidente d’employer, si nous voulons parvenir à ce double but, les récompenses et les punitions.Sans me hasarder à donner ici ma faible opinion en faveur de tel système plutôt que de tel autre, je crois qu’il est bon d’user, mais avec tout le tact, toute la prudence possibles, de cette double ressource pour affermir les principes -de discipline dans le cœur des élèves.Soyons donc sobres de punitions et de récompenses ; mais gardons-nous bien d’adopter ces théories ignorantes qui proscrivent, pour la direction des enfants, les punitions et les récompenses, quand Dieu les a jugées nécessaires pour diriger les hommes.Je craindrais, messieurs, d’abuser de vo3 instans, en réclamant plus longtemps votre attention.Je me résume : De la discipline naît le bon ordre dans une école.Cet ordre matériel, utile dans toutes les phases de l’existence do l’homme, présente ici des avantages tout particulièrement précieux.Au point de vue intellectuel, il est la condition du succès des études, dont il garantit la suite et la régularité.Au point de vue moral, il est 124 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.essentiel pour la conservation des bonnes mœurs qui ne se maintiennent dans toute réunion d'enfants qu'à l'aide de la plus stricte surveillance.0 est donc en assurant l’ordre matériel, que vous pourrez établir, mes-sieurs, 1 ordre intellectuel et l’ordre moral ; c'est ainsi seulement que vous pourrez accomplir votre triple tâche d’instituteurs chrétiens, l’éducation du corps, l’éducation de Pesprit, l’éducation du cœur.A propos de question de discipline, je me permettrai d’ajouter un der-^ a
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