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Titre :
L'art musical
Éditeur :
  • Montréal :[L'art musical],1896-[1899?]
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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L'art musical, 1897-05, Collections de BAnQ.

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L’ART MUSICAL SOMMAIRE DU NUMERO DE MAI POURQUOI NOUS AVONS SI I'M' 1>K MUSICIENS.Critique Musicale.Causerie.I,K Nouvel, Ul'KHA-CoMIOUK UK PARIS.Victor Stauii.Musique he Chambre.Règlement sur i.a Musique Sacrée.Pr r va al.Johann Brahms.Marie Van Zandt.Notes et Informations.Chopin (Suite.) Dr i,’Origine des Maîtres uk i.a Svm-phonie (Suite).Petit Cours «’Harmonie Pratique.Académie de Musique de Québec.Correspondance d’Kuropk.CORRESPONDANCE D’AMÉRIQUK.Soirées-Concerts.Instruments.MUSIQUE Nocomis (Piano, à quatre mains) N.A.JWoi.i.enhaudt Rondel - - A.Chérton ABONNEMENT I Vll.l.E.fl.15 ÜN ANt (CAMPAGNE.1.00 Kn dehors du Canada | ( ET DES ÎÎTATS-I'NIS I CK NUMÉRO.15 CTS ADRESSER LES ABONNEMENTS BOITE POSTALE No 2181, MONTREAL ou 1676 Rue Notre-Dame. L'HRT 7VtUSIOHI_ R.OCT.PELLETIER KNSKIfî N KM KNT HI’ PIANO, cle l'ORGUE et du PLAIN - CHANT 23.IÎrk MANsi iKi.i).MONTREAL ARTHUR LETONDAL PIANISTE Enseignement du piano, de riiannonie.du contre-point et de la fugue.2441.rue Ste-Catherine, - - - - Montival Mené Marguerite Sym PROFESSEUR DK PIANO 6 Avu.vn-: Buckingham MONTRÉAL.E.NUCKLE PROFESSEUR : DK : PIANO 3111 MI E IXHîrilESTER MONTRÉAL.elle M.Poitevin Professeur dk Piano No.466, - - - AVENUE LAVAI.MONTRÉAL.A.Perreault PROFESSEUR : DK : PIANO 16S4 Rck Stiî-Cathkrink MONTRÉAL.Miss Lilia Simpson Professeur dk Piano 477 lin-; U.l'V MONTRÉAL.Melle D.Franchere PROFESSEUR DK PIANO 376 R U K I.At'.Al'CHKTliîRK MONTRÉAL.G.H.de Kermeno REDACTEUR DE L’ART MUSICAL TRAIMXTIOX FKAXVA18K.I>K I.ANGLAIS.I/AT.LKMAXI».I.KSI'AUXnl.KT l/ITAUKX Déduction dcciriMilitiics.«li.*-»** »ms.îiiIivsms et ai tides «U* journaux P O.B.317 413 Rue St-Hubert.U urea 11 x cl Ateliers : COTE - DES -NEIGES MONTREAL.Proprietaire de ( 'arriéres de Granits rouge, rose et gris.T "RT?TT1MTIT Manufacturier n Importateur *-'* tjllulijj 1 de (iranits pour la eoust ruei ion en généra! et la fourniture des tiimetién s.Gros et Détail.Kstimations fournies sur demande COTE-DES-NEIGES, MONTRÉAL.Tel.Hell llitil.( 'orrcspundnin-e gral idle avec Montreal.D.DUCHARME ixsKiiaoinTiii rmii MONTREAL.J.D.DUSSAULT Professeur d’Org't eet de Piano ORGANISTE DK NtiTUK-DAMK ll’A, rue St-Denis.Montreal Alexis Contant Proi-'KSSKI r :: dp: :: Muskjuk 178, RUE ST-HUBERT A.Tremblay PROFESSEUR : DK : PIANO Organiste de la Cathédrale R UK Sussex, - - OTTAWA.L.T.DESSANE PROFESSEUR I>K PIANO KT D'OROFE Un orgue a 4 claviers et pédalier est a la dipodtion des élèves.128 Ruk d’Aiguillon, - QUÉHKC.J.B.DENYS PROFESSEUR : DK : PIANO Organiste île Ste-Cunégomle No.792 Ruk A.miikkst, MONTRÉAL.Melle A.G.Henderson PROKKSSKUR DK PIANO No.|d kUK FORT MONTRÉAL.Madame PARRATT PROKKSSKUR DK HARKI-: 16 RUK MACKAV MONTRÉAL.LOUIS MITCHELL FACTEUR D’ORGUES s'oceCfl-: DK I.A h l-UMH ATIOX KT DK I.A UKSTAIHATION D'OHDt'K.S A TT'YAI'X No.797, Hue Saint-Jacques, Montréal.M Al »ON FOND K K KX 187Ü t • CASAVANT FRERES FACTEURS D'ORGUES —ST - H V A CIN T H K, P.Q.Orgues à Transmission Electrique, Pneumatique ou Tubulaire.Soufflerie Electrique et Hydraulique.lÎKi'KUKNCKs : Orgues de N.D.de Montréal, fl.e plus grand du aimda) ('a'iiédrale de Montréal, Cathédrale d'Ottawa CalhédraledeSt llyw-inlhe, N.D.de .-t llym-inlli-, SI-Joseph d'Ottawa.St-Patrice.Mont-féal, Ste-Anne de lieaupré St-Georges, Montréal.Orgues il'urfiisinti à tendre il bonne rtiiiijiitxiUnn.y.ACHILLE FORTIER Professeur de Chant No 744'.RUK SHERBROOKE MELLE LERICHE PROFESSER!t d- ('liant (méthode Italienne), Piano et Violon.-.' V Conditions: de deux il cinq piastres par mois.'.Classe de Chant pour Dames, à raison d'une piastre par mois, v v .'.'.V V .'.V No 286, RUE ST-DENIS Chs.E.A.Houde i:\sKiii\K.iiKM m riwn.h k i.'t mu i: 1:1 m soi.fdt.l'ne attention jiarlioulièn» sora donnée a la “Théorie do lVxpression musicale." No 398, rue Amherst A.Durand &.Fils Éditeurs de Musique 4 IMace de la Madeleine PARIS.GUSTAVE GAGNON PROKKSSKUR DK PIANO (( Irganiste de la Basilique) No.9 Ruk Hamki., - QUEBEC.WINDSOR CONCH RT IIAI.L Attenant à VHotel ll'inilsar Dominion Square, - MONTREAL.Cette magnifique salle, dont les qnnlitésacoustiques sont incomparables.1 ontieiit 1300 Sièges ou Fauteuils Kilo est admirablement construite, et peut être utilisée pour Concerts, Bals, Réunions Artistiques ou autres, Banquets, Bazars ou Entreprises do Charité.La lumière qui y régne ft profusion y permet les Expositions do Tableaux et généralement tonte cérémonie on solennité d’un ordre quelconque.Pour conditions et termes, s'adresser ft Mr.George J.Sheppard, Directeur, 167G rue Notre Dame, ou ft sa résidence personnelle, 10(i rue de l'Université.MAISON FONDÉE EN 1852.CHAS.LAVALLEE Successeur de A.Lavallée 35 COTE SAINT-LAMBERT, MONTREAL IMPORTATEUR D'INSTRUMENTS de MUSIQUE DK TOUT K ICSriCCK ftcjent pour les Instruments de Fanfare Des célèbres maisons de T.Besson & t'o., Londres, Ang.et de Pélisson Guinot & Cie.de Lyon, France.HT AUSSI l'OUK I.KS CKI.KHHKS MANDOLINES et GUITARES AMERICAINES De la maison T.Bruno & Fils, de New-York.Réparations do toutes sortes exécutées à bref délai.Violons de dames et d'artistes faits à ordre.Bonnes Mandolines Américaines garanties sons tout rapport pour-$1.45.Mandolines à 14cordes. Vol.I.No 8.MONTRÉAL, MAI 1897.COLLABORATEURS : MM.R.OCT.PELLETIER F.JEHIN-PRUME A rth u r LETO N D A L Achille PORTIER M.Ernest M.J, I).DUSSAULT Mlle Victoria CARTIER MM.Ed.Mac-MAHON Dr.S.DUVAL GAGNON POURQUOI NOUS AYONS SI PEU DE MUSICIENS Tout le monde joue du piano, tout le monde chante, tout le monde parle et discute musique.Cependant, combien peu de personnes trouvons-nous qui peuvent réellement se dire musiciennes ?Vous trouverez, autant que vous en désirerez, des jeunes gens, des jeunes filles qui jouent passablement trois ou quatre morceaux, appris par routine pour les besoins des veillées d’hiver.Mais, passez leur donc une page quelconque de musique, même très facile ! Vous allez les entendre aussitôt se récrier ! Vous leur demandez une impossibilité ! Vous supposez vraiment que le génie leur a été donné, etc., etc.Voilà quelle est à peu près la situation générale de nos musiciens et musiciennes de salon.Il y a là quelque chose qui, évidemment est défectueux.Ce quelque chose, nous semble-t-il, est que le cerveau, l’intelligence, ne travaillent pas assez chez les jeunes personnes qui débutent dans un art difficile,'lequel demande de longues années d’étude et de réflexion.Dans notre dernier numéro, nous avons déjà appelé l’attention sur ce point capital : La tête d’abord, les mains ensuite ! Il est indispensable que l’esprit comprenne avant tout ce que l’âme va demander aux doigts d’exécuter sur le clavier du piano.Voici malheureusement quelle est la routine générale suivie pour apprendre la musique.On prend un enfant, on lui enseigne ses notes, puis on le met devant un piano et là, après lui avoir montré la position des doigts, on commence à lui faire exécuter les notes.On passe ensuite d’exercices eu exercices, et cela pendant des mois, des années, l’élève ne songeant à la musique que pendant l’heure journalière où il est assis sur le tabouret/lu piano.Alors qu’arrive-t-ib?Les veux deviennent solidaires des doigts et l’enfant est à peu près incapable d’exécuter un exercice convenablement.11 y a des élèves qui pratiquent le même exercice pendant un mois sans en connaître seulement une note ! La pratique chez eux consiste à exécuter mécaniquement, automatiquement un morceau, sans goût, sans idée intime de ce qu’est et doit être la musique.Dans ces conditions, comment voulez-vous qu’une jeune personne, qui n’est pas capable de comprendre un morceau très facile, qui ne sait que l’esquisser, puisse, à première vue, en jouer un, tant soit peu compliqué ! Et cependant, que de ressources renferme l’intelligence, même moyenne, d’un jeune enfant ! C’est une cire molle que l’on peut pétrir à volonté, à laquelle on peut donner toutes les formes désirées et qui peut, un jour venant, être un sujet de gloire pour le professeur qui aura su le comprendre et le façonner.D’ailleurs, il est toujours amusant et encourageant de voir la figure d’un enfant s’animer lorsqu’il comprend ce qu’il joue, lorsqu’il saisit un mouvement, une idée, et se rend compte qu’il les a bien exécutés.Cultivez l’intelligence de vos élèves et vous en serez récompensés ; puis vous verrez que nous aurons dans les salons plus de musiciens et un peu moins de machines à jouer.*** Puisque nous sommes sur ce sujet, laissez-moi encore vous dire la fâcheuse impression que m’a produite l’attitude de la salle au Monument National, pendant la magnifique exécution du Paradis Perdu.Chacun causait avec son voisin, remuait bruyamment ou froissait le papier du programme, s’interrompant seulement de temps à autre pour applaudir, lorsque des auditeurs plus sérieux donnaient le signal.En voyant cette façon d’assister à un concert, je n’ai pu m’empêcher de faire une réflexion triste, la voici : Les jeunes gens, les jeunes filles, les personnes qui sont ici aiment la musique sans doute, mais il n’v en a pas une qui en ait le sentiment véritable, ni qui suive l’esprit du compositeur ! Il n’en serait pas de même si le professeur des premiers ans s’était adressé à l’âme avant de s’adresser aux doigts.Jean de Pierkeville. L’HRT MUSIOKL Mai 1897 176 L’ART MUSICAL REVUE MENSUELLE CANADIENNE - - BOITE POSTALE 2181 - - Telephone 1080.L E.N.PRATTE Proprietaire l(!7t>, rue Notre-Dame.CONDITIONS D'ABONNEMENT : Un An (Campagne) .$1.00 Un An (Ville ot distribution a domicile) .1.15 En dehors du Canada et des Etats-Unis .1.25 Le Numéro 15 Cts NOTE; DE L’ADMINISTRATION Ou demande des agents dans tout le Canada et les Etats - Unis, pour la vente au numéro, les abonnements et les annonces de L'Art Musical.Inutile de faire application sans fournir les plus sérieuses références.S’adresser ou écrire à L’Art Musical, 1676 rue Notre-Dame, Montréal.PRIM ES Rappelons que nous offrons toujours UN ABONNEMENT GRATUIT d'un an à toute personne nous faisant parvenir le montant de cinq abonnements recueillis par elle.Les abonnements partent du ter avril.CRITIQUE MUSICALE Graxh Theatre he Lyon.— l'endée.drame lyrique en quatre actes, de MM.Charles Foley et Adolphe Brisson, musique de M.Gabriel Pierné.Voici Vendée, un opéra nouveau en quatre actes, de Gabriel Pierné, une partition de vrai musicien, sagement conduite, délicatement ouvragée, mélodieuse et forte, et qui fait le plus grand honneur à l’école française.Jusqu’ici, encore que le nom de Pierné soit fort en faveur auprès du public, on ne connaissait guère que le musicien aimable, le compositeur élégant de maintes partitions artistiques.qui firent le charme et la joie des théâtres de genre ; mais le Pierné robuste, à larges idées, à chaud tempérament, le compositeur, dont certaine Nuit de Noël, exécutée aux concerts de l’Opéra, indiquait les futures tendances, restait pour ainsi dire ignoré et n’avait pas encore pu donner l’exacte mesure de son vigoureux talent, et, avec Vendée, M.Pierné prend place au rang de nos meilleurs musiciens dramatiques.Il faudra désormais compter avec lui.Le poème sur lequel M.Pierné a écrit ses quatre actes est conçu, par nos confrères Brisson et Foley, en forme d’opéra.C’est un drame historique comme beaucoup d’autres, avec l’épisode amoureux de rigueur, mais d’où surgit la haute et originale figure d’un prêtre vendéen devenu soldat pour défendre son Dieu et sa Patrie.Le rôle est d’un beau souffle, puissamment théâtral et très lyrique.La pièce fort simple, et valant surtout par les milieux pittoresques où elle se déroule, peut être contée en peu de lignes.L’abbé Jagault a enflammé de son ardente foi de patriote les nobles et les paysans de sa contrée.Il s’agit de vaincre ou de mourir.Les conjurés se rendront par bandes au chêne d’Armor où doivent camper les républicains, et, dissimulés dans les forêts aux abris propices, ils attendront le signal convenu et profiteront du sommeil des ennemis pour les massacrer jusqu’au dernier.Mais un bataillon de bleus a envahi la métairie, où se cachaient le prêtre, le duc de Guérande et la comtesse de Juliguac, les trois têtes de la révolte, et les ont faits prisonniers.Tout serait perdu sans le dévouement d’une jeune fille que le duc a séduite et qui, n’écoutant que son amour, revêt les habits de la comtesse, se substitue à elle, et lui pet met ainsi de fuir et d’aller avertir les chefs de l’armée royaliste.On emmène les prisonniers au chêne d’Armor.Là, les soldats se dispersent et préparent tout pour le bivac.Ils allument des feux, s'asseoient par terre, mangent et boivent ; d’autres se couchent pour dormir ; le duc, le piètre et la jeune fille, gardés à vue, songent.L’heure a sonné des représailles ; l’abbé Jagault, quoique prisonnier, pourra donner le signal attendu.Il saisit une branche morte, l’allume au feu d’un bivac proche et met le feu dans le feuillage et le gui du vieux chêne.Peu à peu la fumée s’élève ; à la lueur de l’immense incendie, on aperçoit le prêtre dressé contre le chêne et levant son crucifix vers les bois et la campagne lointaine.La fusillade des blancs éclate ; on voit confusément les républicains, réveillés en sursaut, cherchant vainement à se rallier.Jagault est toujours debout sous le chêne, le crucifix tendu, mais la jeune vendéenne est morte, frappée par une balle.Le duc, au désespoir, voudrait aussi mourir ; Jagault le lui défend: “Tu mourras pour notre Vendée!’’ Les gars surgissent innombrables, toute la scène s’embrase, et le rideau baisse sur un puissant appel aux armes lancé par l’abbé Jagault frémissant.Cette fin, d’un magnifique effet théâtral, a été longuement applaudie.La musique de M.Pierné, bien que très soignée et très nourrie symphoniquemeut, ne s’attarde pas en d’oiseux développements ; elle suit l’action et demeure constamment scénique.De mélodie abondante et distinguée, elle reste personnelle; c’est à peine si, de-ei, de-là, on retrouve quelques vestiges décelant le lait massenétique, dont l'enfance musicale de Pierné fut nourrie.Pierné fut, en effet, l’un des meilleurs élèves de Massenet, à qui il a le bon goût — devenu rare — de garder de la reconnaissance.Son orchestration est extrêmement remarquable et de coloris finement approprié.Appuyée toujours et solidement sur le quatuor, réellement savante et non pas emphatique, elle ignore les paquets de sons dont d’autres vous giflent si désagréablement les oreilles.Ce sont de larges ondes sonores, aux harmonies pleines et moelleuses, qui savent se faire puissantes,[sans se déchaîner en “boucan.” Un acte, en forme épisodique, fête la Saint-Jean et assemble des thèmes vendéens en forme de rondes chantées et dansées.Il est, d’un bout à l’autre, exquis de forme et d’écriture, avec une allure champêtre qui fleure bon la lande.Enfin, c'est de la musique, de la vraie, de la bonne.De combien de drames burlesco-lyriques pourrait-on en dire autant ! L’interprétation a excellente tenue en sou ensemble.C’est M.Delvoye qui fait l’abbé Jagault.Il a toujours la remarquable voix de baryton que j’ai constatée dans Beekmesser, des Maîtres chanteurs ; cependant, malgré la richesse de eel organe étonnant, on souhaiterait des sons plus sérieux, plus sombres pour ce prêtre de combat.Bucognani, Chelmin et Mlle Duperret ne gâtent rien clans ce bon ensemble.Je dois une mention spéciale a Mme Chrétien-Vaquet qui joue le rôle de la jeune vendéenne amoureuse et dévouée.Sa voix énergique, son soprano dramatique, son incontestable art du chant, s’emploient aux meilleurs effets du personnage vocal écrit par Pierné, et Mme Cossira, clans une servante maternelle, fait preuve cl’émotion communicative.L’orchestre, excellent, est excellemment dirigé par Vizen-tini lui-même et les chœurs ont la belle discipline rythmique qui assure les belles exécutions théâtrales.C est donc encore une superbe soirée dont témoigneront les trop rares ciitiques qui ont pris la peine — tournée en plaisir — de se déranger Léon Kerst. Mai 1897 L'HRT T^USIOHL- 177 CAUSERIE 3L.A.MUSIQUE JL L’EGLISE Madame de Sévigné raconte quelque part que Baptiste, (c’est ainsi que les gens de ce temps-là appelaient Lulli), en entendant un jour chanter à la messe un air qu’il avait composé pour le théâtre s’écria : 11 Seigneur, je vous demande pardon, je ne l’avais pas fait pour vous ! ” Eu reconnaissant sa muse profane affublée de paroles sa.crées, et se donnant sous ce travestissement des airs de dévote, le compositeur s’était justement récrié.Comme on le voit, la manie des arrangements fut de tout temps.Ce n’est donc pas d’hier que les compositeurs sont exposés à voir leurs œuvres transportées à l’église, sous toutes formes d’adaptations.Il semble qu’on ne puisse rien contre cette tendance, cet attrait irrésistible qu’éprouvent eu grand nombre les maîtres-de-chapelle, vers une collaboration qui a pour but, sans aucun doute, d’augmenter leur répertoire de morceaux inédits, mais surtout de mettre en vedette leur nom, à côté de celui de l’auteur qu’ils auront pillé.On s’exerce alors à trouver dans toutes les partitions des pages pouvant convenir à l’église, et, avec de la bonne volonté, la chose est toujours praticable.Avec quelques coupures, l’adaptation plus ou moins prosodique de paroles latines à une coupe de phrase plus ou moins compatible, on arrive à donner quelques allures honnêtes à la muse théâtrale.L’odeur de musc se devine bien un peu à travers le parfum de l’encens, le fard se découvre quelque peu sous l’apparence de fresques pieuses ; mais tout de même, grâce à ces petits remaniements, la voilà à peu près avec l'attitude édifiante d’une bonne fille.On n’en demande pas davantage.Aussi, s’en est-on donné ; et, comme la pente était glissante, après s’être contenté d’adapter à l’église de la musique religieuse de théâtre, on a fini - par ne plus se gêner du tout en quoi que ce soit.Les plus humbles ont dévalisé Mozart, les plus savants ont dilapidé le Tannhaùser, et cherché, dans Parsifal des motets pour les saluts.On objectera peut-être que la musique n’ayant pas de sens précis, il peut bien se faire que certains morceaux conviennent également au théâtre et au saint lieu.Ici nous toucherions à une question d’esthétique très délicate : ia position respective du texte et de la musique.Une semblable étude nous entraînerait trop loin.Je me contenterai de signaler pour le moment une raison qui, de l’avis de tout le monde, peut à elle seule défendre l’accès du temple à la musique d’opéra.Cette raison, .disons-le d’un mot, réside dans le phénomène mental que les psychologues appellent “l’association des idées.” “ Vous jouez délicieusement,” disait un dilettante, après la messe, à un organiste qui s’était, à l’offertoire, permis des réminiscences de la scène.“ Vous m’avez littéralement transporté.au théâtre ! ”.Sous forme d’éloge, le reproche était cuisant.Mais à vrai dire, il s’agit ici de la pire des choses ; un motif d’opéra à l’orgue constitue pour tout fidèle éclairé, la plus brutale des invasions.C’est pis que les adaptations vocales, car celles-ci peuvent encore avoir un prétexte, tandis que les pièces instrumentales n’en ont jamais.J’ai entendu un soir, pendant la bénédiction du Saint-Sacrement, l’orgue jouer le motif d’amour de Manon, de Massenet.Ceci se passe de commentaires.Evidemment, par association d’idées, nous voilà eu piètre compagnie ; et, si vous avez eu comme moi l’occasion d’entendre pette exquise partition de Manon, bâtie sur le livret le plus infâme, toute la lamentable histoire du chevalier des Grieux vous reviendra en mémoire.Mais revenons aux œuvres vocales.Celles-ci sont parfois extraites de très belles et très nobles situations dramatiques, et prenons tout de suite pour exemple le chœur des pèlerins de Tannhaùser, dont on a fait un Tantum ergo.Ce chœur est grandiose, cette prière est sublime dans son intense supplication.Mais tout-à-coup, j’y pense ; savez-vous que c’était un triste sire que ce chevalier Tannhaiiser, et que les aventures qu'il courait n’étaient pas ce qu’il y a de plus édifiant ?Et me voilà transporté au milieu de ses folles équipées, dans le tourbillon de la bacchanale du ier acte, par exemple, ce qui n’est pas très liturgique.Il s’agit évidemment, dans ce que je viens de dire, d’adaptations musicalement correctes.Et que dire de ces arrangements bâtards, entachés de fautes et de gaucheries sans nom, —ou encore de ces exécutions telles quelles à voix égales, pour chœurs écrits à voix mixtes ?Et cependant, la chose est encore assez commune, et beaucoup de gens n’v voient rien de bien choquant ! Avant de nous quitter, laissez-moi vous citer l'idée drôle d'un brave maître-de-chapelle qui, pour concilier les choses en pareille matière, réduisait le nombre de ses ténors de moitié, et même davantage, prétendant produire ainsi, au-dessus du premier dessus, une manière d’harmonie comparable aux jeux de mutation dans l’orgue.Je signale le trait aux amateurs de curiosités musicales.Dulciank.LE NOUVEL OPÉRfl-GOMIQUE DE PARIS L’Opéra-Comique est aujourd’hui sorti de ses cendres.Un peu chaque jour, il se débarrasse de sa chrysalide de poutres et de planches.Le gros œuvre est terminé.Ou travaille avec ardeur à la décoration extérieure du monument.Quant à la décoration intérieure, on ne tardera guère à l’entreprendre.Les artistes à qui elle a été confiée préparent leurs palettes.M.Benjamin-Constant est chargé de la décoration du plafond de la salle.Il représentera Manon, Carmen, Mignon, ces trois idéales créations de l'Opéra-Comique.Puis un groupe allégorique, la Renommée et la Postérité distribuant des couronnes.Les panneaux des deux grands escaliers donnant accès à l’avant-foyer sont confiés à MM.Luc Olivier-Merson et François Flameng.Le premier représentera la Poésie, la Musique, puis la Chanson, l’Elégie et l’Hymne.Le second la Danse et la Poésie dramatique.La décoration de l’avant-foyer a été commandée à M.Joseph Blanc.La pantomime sous ses divers attribut., fournira les motifs du tableau.Avec M.Aimé Morot, qui peindra le plafond en trois parties du foyer, nous sommes en pleine actualité.C’est l’arrivée des souverains russes à Paris, que l’artiste fixera sur la toile, dont l’esquisse est très avancée.MM.Raphaël Collin et Edouard Toudouze sont chargés de la décoration des deux petits salons qui se trouvent aux deux extrémités du foyer.Le Poète, sur lequel planent la Musique et la Poésie, puis la Vérité, tenant à la main le masque du théâtre ; le Drame, la Danse, que domine, dans les nuages, un Eros qui brandit un flambeau, tels sont les sujets dont s’inspirera M.Raphaël Collin.M.Edouard Toudouze figurera le Drame, la Satire et un somptueux ballet avec costumes du XlIIe siècle. 178 L’HRT 7^1 USICHL Mat 1897 VICTOR STAUB tlmm .•¦••:•'-.V ?*r>> Saluons dans la personne de Victor Staub, un des niaitres d'aujourd’hui, une des étoiles de demain ! Malgré son jeune âge—il n’a pas encore vingt-cinq ans M.Staub est déjà une des plus belles gloires de l’école française contemporaine, représentée actuellement par Diémer, Puguo, et tant d’autres.___________ Le jeune artiste, dont j’ai à esquisser en quelques lignes la biographie, débuta comme pianiste à l’âge de cinq ans, de même que Mendelssohn et Meyerbeer.Comme ces maîtres, c’est dans sa ville natale, Lima, qu’il donna ses premières auditions.Staub est né à Lima, (Pérou) le 16 octobre 1872 ; son père était suisse, originaire de Zurich, et sa mère, née à Dax, était française.A l’âge de 12 ans, le jeune pianiste quittait son pays d’origine pour venir se perfectionner à Paris.L’année suivante, il entrait au Conservatoire.Là, il suivit la classe de composition de Théodore Dubois et de Guiraud, et les cours d’harmonie de Théodore Dubois, le directeur actuel du Conservatoire.Il eut pour camarade et ami à ce dernier cours, notre distingué compatriote, M.Achille Fortier.De ce moment date sans doute l'amitié de .Staub pour les Canadiens, amitié très vive et très bien partagée d’ailleurs, si l’on en juge par le nombre de nos compatriotes qui assistaient àj[son dernier concert de la Salle Krard, à Paris.Staub étudia aussi l’orgue, sous le grand et regretté maître César Franck, et tint pendant quelque temps l’orgue d’accompagnement à l’église Saint-Vincent de Paul.Pour le piano, auquel il se consacra tout spécialement, il eut comme profes- seur Diémer.qui le proclama son meilleur élève.E11 1888, il recevait le premier prix du Conservatoire.Depuis cette époque, Staub a donné, en province, ainsi qu’à l’étranger, un grand nombre de concerts qui furent pour lui autant de triomphes.A Lille, notamment, ou lui fit les plus enthousiastes ovations ; à Lyon, on le couvrit de fleurs, de palmes et de couronnes.Succès égal à Zurich, Berlin, Leipzig, Vienne, Moscou, etc., pour 11e mentionner que les principales villes.Il joua plusieurs hivers à Nice, 011 il se fit entendre chez la Reine Victoria, durant son séjour eu cette ville.A Moscou, on lui offrit presque séance tenante la place de professeur au Conservatoire, poste envié, qu’il crut cependant devoir refuser.II joua à l'Elysée au temps du président Carnot.Staub fait actuellement en Russie une tournée absolument triomphale.Il a promis à un de nos compatriotes que la saison prochaine, ce serait vers l’Amérique, et en Amérique surtout vers le Canada qu’il se dirigerait.Puisse-t-il tenir sa promesse : son succès est assuré d’avance ! Si j’ajoute que Victor Staub a remporté en 1S95, le premier prix du concours international de Berlin, qu’il a autant de modestie que de talent, je suis sur que tous les lecteurs de I’Akt Musical, verront en lui un grand artiste et un homme excessivement sympathique, deux choses qui s’excluent malheureusement trop souvent.(De notre Correspondant de Paris.) C’est dimanche, 9 mai, que la messe de M.Alexis Contant va être chantée à l’église St Jean-Baptiste.Dans notre dernier numéro, nous avons donné à nos lecteurs une analyse suceinte de cette messe.Il 11e nous est pas possible d’en donner un compte-rendu dans notre numéro de ce mois ; mais nous nous réservons d’y revenir le mois prochain.Tout présage un brillant succès.Mlle Célinie Marier, qui était à Liège depuis plusieurs mois, poursuivant ses cours de chaut et d’harmonie, est maintenant à Paris, rue de Lubeck, 26.Elle compte passer là les derniers mois de l’année scolaire, sous l’égide du professeur M.Romain Bussine.Nous accusons réception de trois pièces de genre pour piano, signée par M.Arthur Letondal et dont l’éditeur est M.Edmond Hardy.Le No 1 est intitulé Carillon.L’ensemble répond parfaitement au titre.Le No 2, Mazurka sentimentale.Le No 3, Gavotte à l’Antique.Tous 110s compliments à l’auteur et tous nos remerciements à l’éditeur.M.l’abbé Chérion, le zélé maître de chapelle de la cathédrale de Moulins (Prance), a été appelé à remplir la même charge à l'église de la Madeleine de Paris, à la place de M.Fauré, qui devient titulaire du grand orgue de la même église. Mat 1897 L'HRT MUSICHL 179 mmm mm: jy; SSSI?ii& 9M»' ¦•• l," a ; i -o -t< .' .læj§»|S ¦ .>• : • i ¦'¦•¦ : ¦ 1 • fe ' .v tmz ^xT-HÎ"'^ KfvCfV ' .' ,j|Élj3|5;q( mmm g|S9j rifim -, ’&!¦.t, '¦ • *my- mi} users .V'SC* ’.T^ARr.: Lu: .35»5« m few MUSIQUE DE CHAMBRE “ Uue femme d’esprit disait qu’en entendant les quatuors d’Haydn, elle croyait assister à la conversation de quatre personnes aimables.Elle trouvait que le premier violon avait l’air d’un homme de beaucoup d’esprit, de moyen-âge, de beau parleur, qui soutenait la conversation dont il donnait le sujet.Dans le second violon, elle reconnaissait un ami du premier, qui cherchait par tous les moyens possibles à le faire briller, s'occupait rarement de soi,et soutenait la conversation plutôt en approuvant ce que disaient les autres, qu’en avançant des idées particulières.L'alto était un homme solide, savant et sentencieux ; il appuyait les discours du premier violon par des maximes laconiques, mais frappantes de vérité.Quant à la basse, c’était une bonne femme un peu bavarde, qui ne disait pas grand’chose et cependant voulait toujours se mêler à la conversation ; mais, elle y apportait de la grâce, et pendant qu’elle parlait, les autres interlocuteurs avaient le temps de respirer.On voyait cependant qu’elle avait du penchant pour l’alto, qu’elle préférait aux autres instruments.” Ce que cette femme d’esprit (qui n’était autre vraisemblablement que l’auteur des Lettres sur Haydn') disait à propos des instruments composant le quatuor, on pourrait avec un peu d’extension, l’appliquer à toute cette musique de chambre où des parties peu nombreuses se répondent, dialoguent, comme on dit, parlant, se taisant tour à tour, ou ne reprenant la voix quand elles n’ont plus à soutenir le thème qui sert de motif principal, que pour appuyer et confirmer leur interlocuteur, rarement pour le contredire ou glisser quelqu’idée nouvelle.Mais, si la comparaison a quelque vérité, ne pourrait-on pas la retourner, et dire par réciprocité que la conversation entre personnes aimables et de bonne compagnie doit ressembler au dialogue des instruments, qui ne cherchent pas à briller aux dépens l’un de l’autre, mais, se soutiennent, se font valoir, et, malgré la diversité et parfois le contraste des caractères, ne rompent jamais l’accord, de telle sorte que les dissonances mêmes ont leur place et contribuent à l'harmonie générale ?REGLEMENT SUR LA MUSIQUE SACRÉE ( S.C.fins Kites, 7 ut, 12 juin 18114.) PREMIÈRE .— Aktici.k i’kkmikr.- -Toute composition musicale .Connue il est bien reconnu qu’une composition du chant polyphonique, même on soi excellente, peut devenir inconvenante par une exécution mauvaise, dans les cas où l’on craindrait une exécution qui ne fut pas bonne, il faudrait remplacer cette composition par léchant grégorien.dans les fonctions strictement liturgiquos.Art..La musique dite figurée, pour l'orgue, doit se conformer à la nature de cet instrument et avoir une marche liée harmonique et grave.L’accompagnement doit décemment soutenir le chant ot non le couvrir.Dans les préludes et les interludes, les orgues, aussi bien que les autres instruments, conserveront tou jours le caractère sacré conforme à l’esprit de la cérémonie.Art.7.—La langue à employer dans les chants exécutés pendant les fonctions liturgiques doit être la langue propre du rite, et les textes ad lildtum doivent être tirés de l’Ecriture sainte, des ofticcs, des hymnes et des prières approuvées par l'Eglise.Art.8.—Dans les autres cérémonies, on pourra faire usage de la langue vulgaire, en prenant les paroles dans des compositions pieuses et approuvées.Art.!t.— Est sévèrement prohibée dans les églises toute musique vocale ou instrumentale d’un caractère profane, surtout si elle s'inspire do motifs, de variantes ou de réminiscences de théâtres.Art.10.— Afin de garantir le respect dft aux paroles liturgiques et d'empêcher que les fonctions sacrées ne deviennent trop longues, sont interdits tous les chants où les paroles, même en minime partie, sont transposées hors du contexte ou répétées sans discernement.Art.IL—Il est défendu de partager en morceaux complètement détachés les versets qui sont nécessairement liés entre eux.Art.12.— Les improvisations dites à fantasia, ou d’imagination, sont défendues sur l’orgue à quiconque ne sait s’y livrer convenablement, c’est-à-dire de manière à respecter les règles de l’art et à sauvegarder le recueillement et la piété de* fidèle*.(A suivre) W69 180 L’HRT MUSIOÏÏL Mat 1897 FERVÏÏÏÏL Théâtre Royal lie la Monnaie, a Bruxelles.— Première représentation de Fermai ; action musicale en trois actes et un prologue ; poème et musique de M.Vincent d’Indy.Cette première de l’œuvre d’un auteur français, répétée depuis un an au théâtre de la Monnaie—la scène, par excellence, hospitalière aux Français—a pris les proportions d’un grand événement artistique, à ce point qu’il serait plus aisé de compter ceux des Parisiens du monde musical qui n’y étaient pas que ceux qui y étaient.Un tel mouvement ne se crée point sans impliquer eu soi la valeur réelle de celui qui en est la cause, et, en fait, Fcrvaal vaut qu’on se déplace.C’est un drame lyrique d’une fière allure, de très grande élévation et de plénitude qu'on n’avait pas encore atteinte.Vous verrez que l’Opéra de Paris sera obligé de le monter à assez bref délai et que ce “retour de Bruxelles ” marquera une fois de plus l’heure du succès à l’horloge de notre grand théâtre, laquelle ne parait vraiment se décider à sonner qu’en l’honneur de Wagner.Wagner ?Eu nommant Wagner, il me semble que je viens de nommer M.d’Indy, tant la façon d'esthétique est semblable, tant l’identification est absolue.Non seulement M.d’Indy, écrit lui-même le poème qui devra lui inspirer sa musique, mais, ce poème, il le crée dans un ordre d’idées à ce point appropriées qu’elles évoquent les souvenirs waguériens dans ce qu’ils ont de plus tangible, et Fervaal, le héros, fait songer à la fois à Siegfried, à Parsifal et à Tristan—ce qui pourrait bien être plutôt une critique.Mettons même que c’est une critique ; car lorsque, comme M.d’Iudy, on possède une technique souveraine mise au service d’une imagination créa trice capable d’enfanter de toutes pièces, un poème comme celui de Fervaal, et traité, eu tant que moyens, avec une théâtralité aussi serrée, aussi mouvementée, aussi grandissante, c’est à dire aussi parfaitement française, ou se devrait à soi-même tout autant qu’à son pays, de cesser d’être le disciple pour devenir le maître, de ne plus chausser les souliers de personne, et de s’affirmer enfin le pionnier d’un art lyrique nouveau, mais résolument et exclusivement national.Cette partition magistrale, où l’on sent une foi d’apôtre et une noblesse de visées qui n’ont d’égales que la perfection de l’écriture et la prodigieuse maîtrise de l’orchestration, demeurera comme l’une des plus étonnantes manifestations de l'esprit humain.Du coup, M.d’Iudy est à la place qu’il doit occuper : la première.Je ne saurais assez célébrer la vaillance artistique de ces braves directeurs de la Monnaie, MM.Stoumon et Calabresi.qui, au prix d’efforts invraisemblables, ont triomphé de toutes les difficultés et fait de Fervaal un rare spectacle d’art.Leur part dans le succès est considérable, comme aussi celle de M.Flou, le remarquable chef d’orchestre, dont la conviction et le savoir ont engendré des miracles.Les chœurs jouaient la partie la plus difficile qui soit ; ils l’ont hautement gagnée.Enfin les artistes ont fait leur devoir, presque en supériorité, linbart de la Tour est un Fervaal ardent qui, vocalement, soutient sans faiblir le poids d’un rôle écrasant.Mme Rauuay a de belles et emportées qualités dramatiques dans Guilhen, et Seguin, l’un des plus solides chanteurs qu’on connaisse, fait du druide Arfagard une fière et majestueuse figure.Je sais plus d’un Parisien qui, ces temps-ci, fera le voyage de Bruxelles.X.X.X.JOHÏÏNN BRÏÏHMS Johann Brahms, le compositeur allemand bien connu est mort tout récemment à Vienne, à l’âge de soixante-quatre ans.Il était né le 7 mai 1S33 à Hambourg, où son père était contrebasse dans un orchestre.On peut dire que c’est Schumann qui devina la vocation de Brahms et contribua le plus puissamment à sa réputation future.On doit à Brahms un grand nombre de compositions du plus grand mérite.Le cadre de notre journal est malheureusement trop restreint pour que nous puissions en donner la liste.Brahms était docteur de l’université de Cambridge et de Breslau, membre de l'Académie de Berlin et chevalier de l’ordre du mérite de Prusse.Il était citoyen honoraire de la ville de Hambourg.C’est le 7 d’avril qu’ont eu lieu, à Vienne, au milieu d’une foule énorme et avec une pompe exceptionnelle, les obsèques du maître Johann Brahms.Obsèques solennelles et bien dignes d’un des musiciens dont l’Allemagne a grandement le droit de s’enorgueillir.L’œuvre de Brahms est de taille en effet à résister aux enthousiasmes exagérés des uns comme aux mesquines déni-gratious des autres.Evidemment ils avaient tort les Allemands qui, considérant l’auteur du Requiem comme un second Beethoven, l’opposaient à Richard Wagner pour diminuer d’autant celui-ci.Que de fois n’avons-nous pas entendu soutenir, à Leipzig, à Berlin, à Vienne, que Brahms était un bien autre musicien que Wagner ; que ce qui faisait vraiment la force de ce dernier c’était son œuvre poétique qui se trouverait encore debout lorsque ses créations musicales seraient depuis longtemps oubliées .Il est évident qu’une telle opinion est aussi bizarre que celle émise par un certain nombre de nos confrères qui ont coutume de parler de Brahms avec une sorte d'indifférence.bien amusante.Ceux-ci se retranchent derrière un grand maître français qui prétend-on, 11e trouve à louer pleinement dans l’œuvre du maître allemand que la Sonate en la pour piano et violon.Ce nom vivra dans l’école allemande presque aussi longtemps, nous croyons, que vivront chez nous celui de César Frank et celui d’un autre maître, duquel nous sommes encore en droit d’attendre, Dieu merci, plus d’un chef-d'œuvre.Nous donnons ce mois le portrait du regretté musicien.UNE STATUE A BEAUMARCHAIS Après avoir, dans un bon mouvement, décidé d’élever à la mémoire de l’auteur du livret du Buriner de Sérille et du Mariage de Figaro, un monument, à Paris, au carrefour formé par les rues Saint-Antoine, dos Tournellos et de la Bastille, à deux pas du boulevard qui porte son nom et où il avait son hôtel, les conseillers municipaux se sont pris à rougir de leur acte.L’écrivain, chez Beaumarchais, n’était-il pas doublé d’un homme à expédients, d’un spéculateur modérément scrupuleux, suivant l’expression de Sainte-Beuve ?Les vertueux édiles parisiens pouvaient-ils célébrer publiquement la vie d’un tel homme, quel qu’ait été son talent en l’art d’écrire ! Ils ne l’ont pas pensé.Voilà pourquoi, sans doute, le service des beaux-arts de la ville de Paris a fait procéder dernièrement, sans cérémonie, à l’installation de la statue de Beaumarchais.Confiée, après un concours public, à M.Clausade, second grand prix de Rome, l’exécution on est digne du jeune sculpteur, que la ville de Limoges chargea du monument do Carnot.Beaumarchais est représenté les bras croisés, sa canne sous le bras, dans une attitude méditative. Mai 1897 L'HRT MUSICHL 181 MARIE VAN ZANDT Le gouvernement français vient de décorer Melle Marie Yau'Zandt clîs'palmes académiques.Un mot seulement de la célèbre prima doua que Paris foula aux pieds après’Tavoir adorée, et à laquelle il semble aujourd’hui vouloir exprimer de tardifs regrets de son injustice.Marie Van Zandt naquit à New-York en 1S66.Sa mère était une chanteuse de grand renom.Elle quitta New-York de bonne heure et n'y est revenue que deux fois, eu 1873, où elle dirigea un chœur de 300 voix de jeunes filles et en 1891-92 pourj une ’ courte saison, pendant laquelle son nom fut synonyme de gloire et de succès.A 17 ans, elle débutait à l’Opéra Comique de Paris, et chacun se rappelle ses succès dans Lackmê, Mignon, etc.LeÂ) novembre 1884, fut pour elle une date néfaste.Sur la demande du directeur, elle consentit, à sou corps défendant, à paraître dans le Barbier de Séville.Elle était indisposée et se trouva mal en scène.Les bruits les plus malveillants et les moins fondés coururent les journaux, et le public ne voulut plus revoir son idole.Pendant onze ans, elle parcourut l’Europe, ajoutant de nouveaux triomphes à ses succès.Enfin, en 1895, Paris lui fit derechef une ovation, en dépit d’une cabale de journalistes de bas étage et de claqueurs sans vergogne qui avaient projeté de la siffler.La distinction honorifique accordée à Mlle Van Zandt est pour elle des plus flatteuses, car les palmes académiques s'accordent rarement à des artistes étrangers.LES HYMNES NATIONAUX Dans un article intéressant sur les hymnes nationaux des différentes nations, publié récemment par une revue anglaise, l’auteur remarque que la plupart de ces hymnes ne s’occupent point de la nation, comme il serait logique, mais bien du monarque ou du chef de l’Etat.Dans certains pays, comme en Suède par exemple, on chante la légende d’un roi plus ou moins historique et le peuple continue à prier Dieu qu’il veuille préserver de tous les maux un roi mort depuis tort longtemps.Les hymnes et marches pour honorer les souverains ne se comptent plus en Angleterre, en Espagne, en Autriche, au Danemark, dans le Portugal, la Russie, la Prusse et la Suède.Les hymnes nationaux et patriotiques sont ceux des Etats-Unis, de la Hollande, de la Hongrie et de la Norvège.Une tr lisième classe d’hymnes, qu’on pourrait appeler rmilnliimnnim, comprend la Marseillaise, en France ; la Briibiinçonm, en Belgique ; et le Dieu murs l'Irlande, en Irlande.Tous les hymnes nationaux sont relativement modernes, ils remontent à deux cents ans d’existence au plus et leurs auteurs sont presque tous ignorés.Le seul hymne (pie l'on doive à un grand poète est l’hymne norvégien Va vi chl;er qui signifie: Aimons untn1 pmjx et fut écrit par Bjaerustjerne Bjaern.L’auteur de la poésie de l’hymne grec, Constantin lligos, naquit à Valeshini, en 1753, et sa statue se trouve à Athènes, dans une salle de l’Université.Deux ans après la révolution française de 178!», Rigos conçut le projet d’affranchir sa patrie.A cet eflet, il forma une vaste association de patriotes et gagna à sa cause quantité de Turcs de tous rangs.Durant son apostolat, il écrivit plusieurs chants patriotiques que chantaient tous ses adeptes.Celui qui demeura le plus célébré fut de mode tour à tour chez les Grecs et les Turcs habitant Constantinople.L’auteur de la musique de l’Hymne de Rigos est demeuré inconnu ; on suppose qu’il était un improvisateur populaire, car la marche en question no comporte aucune difficulté rythmique ou harmonique.Le quatuor Kueisel fera une tournée sur la Cote du Pacifique en septembre ou octobre, après sou retour de Londres.En 1855, Wagner dirigeait à Londres une série de concerts philharmoniques.Plusieurs critiques et fanatiques trouvèrent à redire à ce que Wagner dirigea son orchestre sans se servir de la partition.Lorsque Eroica fut mise à l’étude et vint en répétition, les directeurs l’invitèrent à renoncer à cette habitude et à suivre l’usage général des chefs d’orchestre.Le jour du concert arrivé, Wagner remporta un succès colossal et les directeurs s’empressèrent de le féliciter d’avoir suivi leurs conseils, mesure très sage, grâce à laquelle prétendaient-ils, l’œuvre avait eu un si brillant succès.L’un des admirateurs de Wagner s’étant approché de son pupitre, fit remarquer avec stupéfaction à ses collègues, que le maestro avait devant lui.la partition du Barbier de Séville, tournée la tête eu bas ! ! NOTES ET INFORMATIONS Saint-Saëns annonce qu’il a pris la détermination de ne plus composer d’opéras.Le maître déclare ce travail trop absorbant.Les médecins qui soigueut Mme Emma Raines disent qu'elle se rétablit rapidement et qu’elle pourra sous peu retourner à la scène.Miss Adèle Ans (1er Olie remplit actuellement les engagements que le pianiste Moritz Rosenthal a été obligé de résilier pour cause de maladie.Hans Richter dirigera cet été le festival musical de Stuttgard.Le festival durera trois jours, et le morceau de résistance sera le “ Messie " de Handel.On dit que M.Jean Lassai le s’est rendu acquéreur pour la France des droits de “ La Sérénade," opéra de Herbert et Smith, dont est concessionnaire la Société des Bostoniens.A la réunion annuelle des directeurs du conservatoire de musique rie la Nouvelle-Angleterre, M.Georges \V.Chadwick, compositeur, a été élu directeur musical, pour succéder à M.Cari Faelten, démissionnaire.Verdi travaille a un oratorio et non pas à un opéra, comme on l’avait d’abord annoncé.Il n’y travaille d’ailleurs que dans ses moments de loisir.11 est donc probable que l'œuvre n’est pas sur le point d'être achevée.Le morceau de musique le plus ancien du monde est intitulé : “ Bénédiction des prêtres.” Il se chantait au temple de Jérusalem, du temps du roi Salomon et il est encore en usage dans les synagogues juives d'Espagne et de Portugal.Kullak, le fameux pianiste, fut invité à diner une fois chez un riche berlinois, propriétaire d’une manufacture de chaussures et (pii, dans son jeune âge, avait été simple cordonnier.Après le repas, durant lequel il n’avait point été question d'art, Kullak fut prié de jouer quelque chose au piano.Il s’exécuta de bonne grâce.A quelque temps do là le virtuose invita à son tour le fabricant du chaussures, et après le dîner il tendit à son invité une paire de vieux souliers.—Que voulez-vous que je fasse de ça { questionna l'homme riche.Avec un sourire génial Kullak répondit : —Comme l’autre jour, après dîner, vous m’avez demandé de vous faire un peu de musique, je vous [trie maintenant de me raccommoder ces vieux souliers.A chacun son métier.Tête du Berlinois ! ___________________ Dans les théâtres allemands on a pris la bonne habitude de servir aux artistes des mets véritables quand les exigences scéniques lo réclamont.C’est ainsi que le célèbre ténor Bœtel mange pour de bon dans toutes les représentations de Fra Diavalo auxquelles il prend part, un morceau de poulet rôti à point.Dernièrement, à Mayence,—patrie du jambon !— au lieu d’un poulet en chair et en os on lui apporta une volaille en carton.Après une minute d’indiirnation, l’artiste résolut de se venger.Il fit mine de vouloir découper le poulet, et, à la suite de violents efforts, il leva les bras au ciel pour montrer que cette tâche était au-dessus de ses forces.Le public, amusé, applaudit à tout rompre.Dorénavant les directeurs des théâtres allemands se garderont bien de présenter à Bœtel des substances alimentaires en carton pâte ! MORCEAU CARACTERISTIQUE A QUATRE MAINS.Secondo.Allegretto.N.A.WOLLENHAUPT./ .«T-.rr r- A - c——- £ K i / - !> 44—3-.g =44- r- '4 i î « F 3 S 3' # ¦# ¦ÿ *fgf i »î f f , * P ri mu.£#£ 8 p___*t~ *—£ ff u f * f ^, ?fe .fT'ÿ^ im l*»Vi rwfar a*a: -# ¦#—*-> test F^T' + f V * ! 7-.# t pL»— NC 1)11)1 •-tive, la liasse de l’accord de Dominante (Ré) monte d’un degré sur la Sous-Médiante (Mi) : la Note Sensible (Fa dièse de l’alto) monte d’un degré sur la Tonique (Sol) ; la Quinte, contrairement à la résolution normale, descend toujours d’un degré afin d’éviter des quintes parallèles entre la liasse et le soprano :1e redoublement de la fondamentale (Ré du ténor) marche sur la quinte do l’accord suivant.17o La progression du troisième au quatrième et du quatrième au cinquième accord suivent la règle de l’enchainement par la note commune.(Voir paragraphe 14ième, page 167).18o Lorsque l’accord du second degré précédé celui du cinquième, il est généralement préférable d’employer le mouvement contraire.(Comparez les accords ciiii| et six du présent exercice, dernier numéro).l!)o 11 y a résolution normale entre le sixième et le septième accord.Pour la résolution de cette progression, voyez l“2ième paragraphe.Comme la liste, des questions («osées, ce mois, à I’Art Music ai, est assez longue, nous ue commencerons nos études sur les renversements qu’avec le numéro de juin.(A xiiiire ) Réponses aux questions posées à l’Art Musical Mde.J.G.L.—Le premier prélude du clavecin bien tempéré de 13ach, sur lequel Gounod a écrit son immortel Are Murin, se divise en trois périodes bien distinctes : La première comprend les onze premières mesures; la seconde, qui ne renferme que huit mesures, Huit avec la dix-neuvième, et enfin la dernière comprend les seize dernières mesures.Cette dernière période est considérée connue la coda, vu «lu’elle en a toutes les caractéristiques : d’abord il y a deux fois modulation à la Sous-Dominante, de plus il y a une Pédale sur la Dominante qui commence avec la cinquième mesure de cette dernière période et une Pédale sur la Tonique qui commence avec la treizième.M.J.B.—Pour faire apprendre rapidement par cœur un passage difficile, nous vous conseillons de* faire jouer à l’élève dix fois ce passage sur le livre et ensuite, essayer ce qu’il peut faire par cœur ; naturellement, au premier essai, il jouera à peine une mesure sans fautes.Tl faut avoir soin de faire marquer par l’élève le nombre de fois qu’il joue ce passage avec la musique par 12 8 4 5 6 7 >8 b 0.Lorsque ce premier essai ne réussit pas.faites recommencer de nouveau avec le livre encore dix fois, «pie vous faites marquer par une petite ligne diagonale sur les chiffres au fur et à mesure qu’il répète ce passage ; encore nouvelle épreuve sans le livre, alors il jouera probablement deux mesures cette fois et recommencez ce travail tous les jours, jusqu'il ce que l’élève ait parfaitement vaincu la difficulté.Cette manière de procéder parait longue, mais c'est, sûrement la plus courte, et vous arrivez aux meilleurs résultats possibles dans un temps relativement court.M.Art h.B.Briiekner est né le 4 septembre 1824 à Ausfelden, Autriche.Mde.L.R — Je vous dirai que je ne connais personne (pii puisse transposer parfaitement à vue.Avec beaucoup d’expérience, un musicien peut tout au plus transposer des chansonnettes et petites pièces assez faciles.Je vous accorde que le violoncelliste peut transposer, attendu que la musique de violoncelle est écrite partie en clef de Fa, partie en clef (Y Ut, ceci évite les lignes supplémentaires que l’on ne peut éviter dans la musique d’orgue ou de piano.\ nus me dites avoir vu transposer une partie «le cor a vue : cela est.très possible, étant donné, «pie la partie de cor est généralement très simple a l'orchestre et que «le plus cet instrument, aussi bien que le violon et ia flûte, ne joue «pi une seule note à la fois, tandis «pie dans la miisiipie «1 orgue, il faut suivre trois lignes a la fois el chaque ligne contient plusieurs notes et très souvent il faillirait détruire un dièze et un bémol en même temps.Si votre client veut bien tenter une petite épreuve de transposition a vue.nous nous ferons un plaisir «le publier son nom au prochain numéro dans les colonnes de l'Airr Misicai.Mill1 1.I.Pour bien exécuter trois notes contre deux il faut avoir soin de compter d'après la division ternaire : ainsi, lorsque vous exécutez trois croches contre deux, il faut dire une.deux.et trois, en ayant soin de jouer la seconde des croches du rythme binaire sur le mot et.Vous trouverez un très bel exemple de ce genre «le travail dans le No 8 du beau livre de Gigoiit, intitulé: Cent pièces brèves dans la tonalité Grégorienne.” M.•).G.-Le nombre «le vibrations «lu diapason normal A est «le 87(1 par seconde : ci' chillre a été fixé en 1858 par l’Académie française et ensuite adopté à la Conférence internationale tenue :'i Vienne en 1885.M.A.D.- Adaijiu, dans l'ancienne musique indiquait plutôt un mouvement convenable tan dis que dans la musique moderne, il se traduit par lent, et même très lent.¦ I.I».1).— - • -
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