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Titre :
L'art musical
Éditeur :
  • Montréal :[L'art musical],1896-[1899?]
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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L'art musical, 1896-12, Collections de BAnQ.

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x-YM Jr Paraissant le 10 de cKaque/Aois 'Ife/ever/e/h iiMm, de/àrfmusic.w.mrwm iMMirt:»»!» ¦ ¦ ».•.••jgrjg^gjgjMBjrgj»-» m’tMMM?K.N )NTREAL.DECEMBRE 1896.VOL.1 ABONNEMENT (ville.fi.15 UN AN- (CAMPAGNE I.OO LE NUMÉRO.15 CTS ADRESSER LES ABONNEMENTS BOITE POSTALE No 2IHI, MONTREAL ou I67S Rue Notrc-Dnnic, SOMMAIRE DU NUMERO Causerie Musicale.Art et Mécanisme.La Messe de M.A.Portier.Correspondance d’Kukope.Correspondance des Etats-Unis.Nouvelles de partout.Soirées et Concerts, Maisons d'Kdu-cation, Sociétés Chorales, Etc.Notes et Informations.I)e l'Expression dans la Musique Vocale.Le Plain-Chant et la Musique Moderne.Mendelssohn et Gounod.Montréal.Le Concert d'Albani, (gravure).Les Héroïnes de Wagner, (gravure).De l'Origine et des Maîtres de la Symphonie.Mr.K.Gigout.ITaendel, (gravure).Instruments.MUSIQUE Berceuse - - - C.Ciiaminadk Tarentelle.- MaxVogrich Danse Champêtre - Ludwig Schyttk Arie.- G.H.I’ergoi.ése gé-t ¦ - ¦¦ ->T .A M.E.GIGOUT ME i L'HRT MUSICÏÏL R.OCT.P R LT, RI R R K NSKIUS KM K N T JH Piano, de l’Orgue et du Plain-Ghant 23 Rue Mansfield.- MONTREAL D.DUCHHRWE ACHILLE FORTIER Enseignement du Piano 1ST o.153 33LTTS ELjETTET MONTREAL.Professeur de Chant No 744': RUE SHERBROOKE Arthur • Letondâl PIANISTE Enseignement du pi uio.du :'harmonie, du contre-point ci de la fugue.2441 Rue Stc-Gatlieiine.- Montreal.WINDSOR CONCERT HALL Dominion Squah:- - MONTREAL.Cette nmgnillutie - tip «îom les qmilitKl7rt df ( liant (müthüdo Italienne), Piano et Violon.*.’ \* .* V V Conditions-: do doux à cinq piastres par mois.V Clause du Chant pour Daim s, a raison d une piastre par mois, v y *.’ *.* .*.*.v *.* v No 286, RUE ST-DENIS JOSEPH SAUCIER PROFESSEUR DE MUSIQUE No TL*, BUE VITKE ALEX.M.CLERK 300, ST-HUBERT CHS.E.A.HOUDE ENSEIGNEMENT DU PIANOS, DE L ORCUE ET DU SOLFEGE Lue attention particulière sera donnée 'nia Théorie do l'expression mu.sieale." No 39S, rue Amherst - - - Montréal DES XVlc, XVlle & XVIIle SIE,GLGS Edition à l’usage des Organistes et des Amateurs IM HI.l U'A PU iis I.US MANUSCRITS ut BOITIONS AirritUNTKJUUS, A vue ANNOTATIONS HT ADAPTATIONS At'X OIUIUKS MODKKNKS PAIS ALEXANDRE GUILMANT Organiste de la Trinité, à Taris Notices biographiques par Andre Pikku Cette collection, ‘ III I llllcc lies I tuxes, tel est le titre de l’opéra nouveau que le compositeur viennois, Antoine Riiekauf va faire représenter.Le sujet de cet ouvrage a été tiré d'un épisode de la vie du peintre Albert Dürer.— Au Volksthcater, où l’on a donné les .Logeuses rom mères île (I indsor, on y annonce maintenant llr»0 , • ; « KM i.H i: > f-3H cresc.—4 — c a c -r- -J-r i- .:p.:7: 7.=#=^ 7 7./ «r n ; ^ • EI ^ A, \ Z ?7 1 L V| • —4 14-^ '7 7 -I-:.?: .p-^-7- æHH —J1 E^= ^ a?»?i?-fJ-=- \ A« A< At A* W=f ere sc.1 fc_ & fe T '«5 3- p^nr v/‘ .ç/1 \ > -*>* L 7 #• 1 / 7 r^~~^ ¦ z! 7 - 7 r~' * • j i) 11 pen*."“I i ?"2rn ^ .3 • â fi 1 m / j j I LXS 'w w— J 1 J • » a r —«rt* T -/L 3 Æ 1 Æ m L «?r a g v • * rt r~r —f— i rri r— “— s f ^ ™ -d-—- 9 m r O«J.r»' S’ • s B T * g M C Ï ï i V1/ W i » ^ i i Fia 1 1— —r n —0 n—9 l t—S # i *T • 1 p 0 > «» * • f- f a T 2 J« f K/ T crrsr.r sfr) f Vi L l»j fi L —f* r~ r 1 41: a.a vs 1 If f /' 2| M » 4 * * ^ 1 T- s •.d r -» 1 r a ¦— \ ' - *« •r.: i r i -"r ; 1 .i) ^ w i l 1, » r 99 i*5 n « t?=¥$ mmm string, etfm D&nse Champêtre.LUDWIG SCHYTTE.Piano.> B •' 4— 4 1 L 4 , F i • e *r ¦ Η 6 1 9 a—»— jca: tEcai = a b i \ .LJ- mÀ "/ hàâà -r él a- 9 * s— -1 -0- wy L h — e.-9 > i > .J:.a 0± do/ce canfnbüe 8 Minore.p espress.= ^ V*?** ' * "7^ ¦-liy•* Ml*; *; -s>—, ri qFr- M a 1 • U F A J 7 /.mU Z \i- * T- % ^ ^ b> n A / F ‘—J JlLI z -S-# UffrTY J • > 1= ' (*- \2Ï 1 • xuJ s s s.lITt^ ®i—4 —^ a^ ri i i—»— 8 i in ——H-* r /^Zk < 'C- U— =4=5 IJ / — ^ t* 4y IZEZEi: * A——*?— i i1—9 9 13 F J-fl—T—T— J Z Z æA a.5—z—z— 0 •* i w-^—fcr= ^r-1—1— ïï a • ^ —P-î £ \«f- t* r ^=7* T »^f —i * c ;- =H*= = ^— £* < r 4L £ fË.j y 7 tut*.Îe4e -b *|f.p b|i L IriH =*-44— —.« * 7 f - / L -* X 1— ______ B 4 8 nt=-fl4- f r -a — *f Tf i .*?.4 1 B • If «< = u .1 \ “ = «ès îs Lui 4 // —j- p^= « t sF*!P — i / l>ij pzn J ^ />" 4 fl a — fl •- —m^fl • • • 1 < m D.C-senza repetizione al Fine. ARïE* G.B.Pergolese.dû f=à=t w=w=t 7± Mot 7?p7?FPFP JTPFP F?P?L^MÀÆ^^ÆhéMkéèà+éhàEk '?.**!'Tm -î/7; P mm %ù.# PM# ppn: J2J3JT13 mm PP[373 ggggE £g=jj^>^=fc £g=J=^= ‘Sa.*to.* ^QtlJ < - »J|Æ»Q ^ __¦>?_’cresc.*£rn ’[u y aæ mm mm mm —-1 r 0 ¦ -y dm.e rit.p ihwH w.-rt m'A’m-is, mt\ VMVM.Lit'M m*r j, jmrw r.i-aii r-f lmi nui \T-fH Lin'M- zrw 1 -M M l/»U g fcg 1-^ J uni'.ar Décembre 1896 L'HRT MUS1CHL L’ORGUE {Suite et fin.) Je il’oublierai jamais, alors que je dirigeais la Concordia, les heures consacrées à faire travailler et exécuter cette admirable série d’œuvres lyriques que nous avons couronnée par la Passion suivant St-Mathieu, au Conservatoire .Pour disculper un peu nos aînés, disons qu’en Allemagne Bach a été longtemps délaissé.Rendons hommage à Mendelssohn, qui, le 29 mars 1829, dirigea à la Siug-Académie de Berlin cette œuvre prodigieuse, dormant dans un fond de bibliothèque depuis cent ans, la Mattkœus Passion.On l’avait entendu pour la première fois à Leipzig, le Vendredi-Saint 1729.Eu 1840, pour encourager les souscriptions au monument à la mémoire de Bach, Mendelssohn donna un concert d’orgue à l’église St-Thomas de Leipzig sur l’instrument jadis touché par le grand homme.En voici le programme : 1.Fugue eu mi b.2.Improvisation sur les thèmes de Iiacli.3.Prélude et Fugue eu ta mineur.4.Passacaglia 5.Pastorale, Toccata.6.Fantaisie sur les chorals.Puis dans la même église St-Thomas, le 5 avril 1841, il conduisit encore la Passion, à l’endroit même où Jean Sébastien l’avait dirigée, il y avait 112 ans.Enfin, le 23 mars 1843, grand concert symphonique : 1.Suite d’orchestre, (ouverture, arioso, gavotte, trio, bourrée et gigue).2.Motet en double cœur .1 Capot ta.3.Concerto pour clavecin (Mendelssohn joua lui-même le solo .4.Air de la Passion (Isch will bei nteinen Jesu waehen).5.Fantaisie sur un thème de Bach (Mendelssohn exécuta).6.Cantante (pour l’élection des conseillers de la ville de Leipzig).7.Prélude pour violon (F.David exécuta).8.Sauctus (de la messe en si mineur).La souscription avait réussi, et le monument venait alors d’être achevé.A la suite du concert, on enleva tous les voiles qui cachaient le buste du maître des maîtres.Ch.M.AVidor.MONTRÉAL Par lettre spéciale, l'auteur du livret de la Navarraise nous prie de démentir l’annonce que nous avions reproduite, d’après les journaux parisiens, de son mariage avec Mlle Calvé.C'est un simple canard, nous dit le spirituel auteur.Quelques personnes nous ayant demandé ce qu’il y avait de fondé dans certaine rumeur relative à la prochaine venue eu Amérique de l’orchestre Colonne, nous répondrons que rien, malheureusement, 11e nous fait présager pareille aubaine.Voici quelle sera la composition probable des solistes de la Société Philarmonique.Soprano, Miss Marie Hollenshead, de Montréal.Contralto, Miss Jeannie Spencer, de Boston.Tenor, W.J.H.McKinley, de New-York.Basse, W.Wyren to Whitney, Boston.Trompette, W.E.N.Lafricain, Boston.Nous invitons tous nos compatriotes à se rendre aux concerts que donnera cette Société, dont le programme des plus attrayants contient l’audition d'œuvres classiques susceptibles d’exercer le goût et le jugement de nos connaisseurs.LE PIANO La première condition d’un legato chantant et onctueux est la complète inertie de l’avant-bras supporté par les doigts eu contact avec le clavier, tandis que le poignet contribue, par sou plus ou moins de résistance, à régler l’intensité du son.11 arrive, cependant, qu’en dépit d’un jeu parfaitement libre et reposé, le toucher conserve de la sécheresse et une dureté relative provenant, ou d’une conformation particulière de la main, ou d'une attaque trop perpendiculaire et distante des doigts.Cette méthode, excellente pour obtenir de la force et du brio serait avantageusement remplacée, dans le cas ci -dessus, par une pression accompagnée d’un petit glissé du doigt sur la touche et parallèlement à celle-ci.Madame Marie Jaël, la célèbre pianiste, recommande ce procédé, de l’exagérer même au début en posant le doigt tout à plat, puis de le ramener peu à peu vers la paume de la main, et ce, non seulement en vue d’un beau can labile, mais aussi comme moyen d’éviter toute erreur de lecture, en imposant à l’élève un travail lent et réfléchi.R.Oct.Pku.ktikk.MENDELSSOHN ET GOUNOD Dans les mémoires extrêmement intéressants de Gounod parus tout dernièrement, nous lisons ce qui suit relatif à la visite, que tout jeune encore, il fit à l’illustre compositeur allemand.Mendelssohn dit-il, me reçut admirablement et, durant mon séjour à Leipzig, me prodigua toutes les marques de la plus sincère comme de la plus vive amitié.J’en étais d’autant plus touché, que j’étais jeune alors, à peine connu, et que sa renommée à lui n’avait plus rien à envier.Il me questionna sur mes études et mes travaux avec l’intérêt le plus sincère, et me demanda de lui jouer sur le piano ma dernière composition pour laquelle je reçus de lui de précieuses paroles d’approbation et d’encouragement.Une fois, entre autres, ce dont je reste extrêmement fier, comme je venais de jouer le Dies hcr de mon Requiem de Vienne, il plaça sa main sur la partie écrite pour cinq voix sans accompagnement et me dit “ mon ami, ceci pourrait être signé Chérubini.” De semblables paroles provenant d’un pareil maître, sont de véritables décorations mille fois plus précieuses que tous les rubans de la création.Mendelssohn était, à l’époque où je le visitai, directeur de la Société Philarmonique qui jouissait d’une célébrité à nulle autre égale, aussi, et encore que la saison musicale fut passée, il eut l’aimable bienveillance de la réunir expressément pour moi, afin, disait-il, que je l’entendisse interpréter sa splendide Symphonie écossaise en A mineur dont il me remit une copie avec dédicace de sa propre main.Hélas ! la mort prématurée de ce grand et charmant génie devait bientôt faire une relique, de ce qui n’était tout d’abord qu’un souvenir !.Mendelssohn était aussi un organiste de tout premier ordre et désirait, depuis longtemps, me faire faire connaissance avec quelques unes des admirables compositions de Sébastien Bach.A cet effet, il demanda que l’on mît en bonne condition le vieil orgue de St-Thomas sur lequel Bach, lui-même, avait autrefois joué, et là, pendant deux heures qui passèrent, à ce qu’il me parût, avec une rapidité inouïe, il me révéla ce dont je n’avais alors pas la moindre conception.Lors de mon départ, il me remit une collection de motets écrits par Bach pour lequel il avait une religieuse vénération, et une copie de la Passion selon St-Mathieu qu’il accompagnait de mémoire alors qu’il n’avait encore que 14 ans.Le vrai musicien doit bien se pénétrer que le plus sûr effet de la musique est de disposer l’âihe à recevoir l’impression du poème ; en un mot de donner au langage une plus grande énergie, une plus grande intensité d’expression. L’HRT MUSICHL Décembre 1896 72 LE CONCERT D’ALBANI / T ’est toujours une tâche relativement malaisée que de I v faire le compte-rendu d'une soirée, mais combien cette tâche est rendue plus difficile encore lorsqu’il s’agit d’un concert donné par Albaui, dans sa bonne ville de Montréal ! C’est certainement une grande artiste que notre Albani—je ne me prévaux nullement de cette découverte—et, une fois de plus, elle a tenu à le prouver lundi soir à une salle des plus combles comme aussi des plus sympathiques.A quoi bon analyser ce qui tant de fois déjà a été analysé ?A quoi bon redire ce qui tant de fois a été dit?Contentons - nous, modestes encore parmi tous, de décerner à notre grande artiste l’adjectif admirable dans son acception la plus complète car c’est vraiment là l'exacte expression de notre sentiment.Souvenir de mes premieres années, de Hérold, Ave Maria, de Gounod, Tristan et Yseult (le Liegestodt) de Wagner, le trio final de Faust valurent à Albani une série d'applaudissements qui durent lui faire bien chaud au cœur.La Berceuse de Godard et le Noël des Petits Oiseaux deCha-minade ont mis en relief l’extrême pureté de sa diction.Bref, nous aimons à penser que notre grande artiste n’ott-biiera pas de longtemps les ovations que surent lui préparer des compatriotes enthousiastes et fermement convaincus.C’est bien dommage, bien dommage, qu’il y ait eu si peu d’homogénéité entre le talent d’Albani et celui des personnes qui l’accompagnaient.La disproportion était notoire.Ça faisait trop, ce qu’en terme de littérature on appelle antithèse, et eu peinture “ opposition.’’ C’est vrai que notre étoile n’en ressortait que mieux, et à ce titre, nous serions mal venus de nous en plaindre.*** Signalons particulièrement Mlle Longley, une violoniste dont sûrement nous entendrons parler plus tard.Son jeu sobre et large a su donner à son interprétation un caractère de remarquable élégance.Elle a du reste de qui tenir dans son maître Wilhemj.Mlle Beverley Robinson, chante avec beaucoup de goût.Elle a certainement droit à nos remerciements, ayant fait tout ce qu’elle a pu.Or chacun sait que lorsqu’on fait ce qu’on peut.Si M.Lemprière Pringle, baryton, veut continuer à travailler sa voix et sa diction une année encore, nous sommes persuadés qu’il n’aura pas lieu de le regretter par la suite.Avec un registre pareil il peut offrir beaucoup plus qu’il n’a fait jusqu’ici.M.Braxton Smith sera un artiste très intéressant à écouter lorsqu’il saura donner à sa voix plus de chaleur et à sa diction plus d’expression.M.A.Sappielli qui sur le piano accompagnait, est un musicien consciencieux.—Au moment de mettre souspresse, Mme Albani a la gracieuseté de faire parvenir à I’Art Musical un de ses plus récents portraits que nous sommes heureux d’offrir à nos lecteurs.LE PLflIN-GHflNT ET Lft MUSIQUE MODERNE C’est alors que le concile de Trente ; occupé à réparer tant d'autres maux, songea aussi à réprimer les ridicules et déplorables abus introduits dans les chants sacrés.Il semblait qu’il n’y eût d’autre remède efficace que la proscription absolue de la musique figurée, lorsque Palestrina suspendit la sentence en composant trois messes dans un style vraiment religieux.Mais nous ne sommes qu’au XYIe siècle et ce que nous appelons musique moderne n’existait pas encore.Elle était sans doute en germe dans les premiers essais d'organisation et de déchant dans le contrepoint du XlVe et du XYe siècle.Mais, en réalité, elle n’existait pas avec le caractère particulier qui la distingue.Palestrina et les grands maîtres du XYIe siècle ont encore écrit dans la tonalité grégorienne (i).Ce ne fut qu’à la fin du XYIe siècle ou plutôt au cominmeneement de XYIIe que Claude de Monteverde introduisit dans la mélodie et dans l’harmonie un élément nouveau qui opéra une immense révolution dans la musique et lui donna des bases toutes différentes.L’intervalle de quarte majeure connu sous le nom de triton, parce qu’il représente une succession de trois tons entiers, était proscrit et abhorré dans la tonalité grégorienne.L’oreille le repoussait, et l’horreur qu’il inspirait l’avait fait appeler diabolus in musica.Claude de Monteverde par une hardiesse de génie, aborda directement cette intervalle dissonnant condamné par toute la tradition musicale.Cette simple innovation changea bientôt les lois de la musique.Enfin cet intervalle de fa contre si appelle, soit en montant, soit en descendant la note suivante ; l’oreille n’est satisfaite que par le repos qu’elle trouve ensuite.C'était donc un élément nouveau de transition, d'attraction qui venait s’introduire dans la tonalité ancienne ; c’était la note sensible, c’étaient, par une conséquence nécessaire, les accords dissonnants et appellatifs et ce que nous appelons maintenant modulation.Dès ce moment, le genre chromatique reparut.La gamme sudivisée en douze demi-tons, et les huit modes de l'église disparurent pour faire place aux deux modes majeur et mineur.On comprend que toutes ces choses, qui font la base de la musique actuelle, établirent une ligne de démarcation bien tranchée entre l’ancien et le nouveau système.Ainsi, au lieu des accords consonnants, les seuls admis jusque là, on se permit des accords dissonnants dont la résolution était habilement ménagée.{A suivre.) (i) Ce mot (le tonalité qui reviendra souvent, demande à être compris de tous.Il exprime les divers systèmes de musique qui existent, et la manière dont chacun d’eux affecte notre oreille et notre organisation.Par exemple : la gamme des Chinois, qui commence par une suite de trois tons entier, et dont les demi-tons sont égaux, donne à leur musique un caractère particulier qui constitue une tonalité spéciale.Les Arabes divisent leurs gammes en 24 tous différents; tons, demi-tons et quarts de tons, ou bien eu iS sons composés de tous et de tiors de tons.La gamme chromatique de notre musique moderns se divise en 12 demi-tout inégaux ; celle du plain-chant n’admet que cinq tons et deux demi-tons ; mais la position de ces demi-tons occupe une place différente dans chacun des huit modes sans altération de la marche diatonique.Ou comprend que les mélodies composées d’après ces divers systèmes font siu l’oreille une impression différente.C’est ce qui constitue les différentes totalités.Celui qui est habitué-à 1111e tonalité quelconque et qui voudrait y rapporter tous les autres genres de musique porterait nécessairement un jugement à faut.C’est ainsi qu’en jugeant le plain-chant d’après l'impression que uoiis a laissée la tonalité moderne, on le juge mal, et qu’en l’exécutant ou en l'accompagnant selon nos modes modernes, on le dénature et on lui enlève toute sa beauté propre.mi' ALBANI —1896 Décembre 1896 L'HRT MUS1CHL LES HEROINES DE WAGNER MEDAILLONS LÆUSICA.L7IC — iSuil, i AVANT PROPOS Il nous a paru, qu'une îles misons pour Icsipiellrs le publie runu-ilien ne prenait pus autant d'intérêt à l'audition îles leurres de Wagner, était le peu de connaissance sérieuse ipi'il omit des lirrels sur lesquels le maître allemand a écrit ses ]inrliHons.Xmis tirons donc pense, qa un court expose de lu partie scénique, prise sous son inij/'c le plus saillant, les heroines, intéressera il, familiariserait quelque peu, ceux qui.n'onl îles icurrcs de ee compositeur qu'une notion incomplete, et leur permet!rail, dans une certaine mesure, de se rendre compte de l'importance des sujets Imiles et des parlies musicales qui s'i/ rattachent.RIENZI ( liien::i) Avec ses cheveux noirs, ses yeux brillants, son teint mut.ses traits nobles et réguliers, Irène représente le type romain dans toute sa pureté.Ses parents sont morts et c'est son frère Cola Rienzi ipti a pris soin île sa jeunesse.Il l’a élevée dans l'amour de Rome et de la liberté, dans la haine des nobles oppresseurs, dans rattachement au peuple opprimé.Grâce il lui, l'ame d’Irène s’est ouverte à tous les grands sentiments, à tous les élans généreux.Rienzi a fait de sa sieur une vraie romaine dans l’exception morale du mot.Aussi, Irène éprouve-t-elle pour celui qui fut le père de son esprit, pour le tribun libérateur de la ville, une affection sans bornes.Malgré sa naissance plébéienne, sou éducation républicaine, Irène aime un jeune noble, Adriano Colonna, et en est aimée.Mystères étranges du cœur ! Ces deux êtres, si peu faits l’un pour l'autre par la destinée, ont juré de s’appartenir.Rien/.i lui-même a laissé tomber ses préventions devant le sentiment de sa sieur.Tout semble donc favoriser l’amour il’Irène.Mais le peuple insensé et inconstant, comme toujours, se révolte contre l’homme ipti lui a donné la liberté et demande sa mort à grands cris ; 1 Eglise excommunie Ricuzi, et le tribun tombe du faite du pouvoir où son génie l'avait élevé.Irène n’a qu’à fuir pour être heureuse ; Adriano est là tpii lui tend les bras.Mais l'affection fraternelle l’emporte.Rienzi est, maudit, abandonné ; ses espérances île grandeur, ses rêves de gloire pour l’Italie sont anéantis par une révolte absurde ; ses amis l’ont trahi : il reste seul, désespéré, devant les ruines de son œuvre.Dans la fuite de tous, seule Irène lui restera lidèle.Pour 11e pas abandonner son frère en ces instants tragiques elle fait le saerilice de son amour.Impuissante à sauver Rienzi, elle veut, au moins partager, sa mort.Le cœur d’Irène devine que, pour le malheureux, ce dévouement, qu’il refuse d’accepter, sera la consolation suprême.Elle u’iiesitc pas ; elle va vers ce qu’elle croit être le devoir.Son saerilice sera stérile.Qu’importe ! Elle aura adouci les derniers moments du tribun en lui donnant une preuve qu’ici-bas tout n’est pas ingratitude' Et, librement, elle s’élance dans l’incendie rejoindre le frère bien-aimé.Toujours elle s’est tenue à ses côtés dans les jours de gloire ; au jour de désastre et de deuil, elle veut y paraître encore.BRUNNHILDE (I,'Anneau du j\Jihélninj) De toutes les \Valkyries Rrünuhilile est la plus radieusement belle.8a beauté est faite de fierté et de grâce ; en elle tout respire la noblesse et le charme.Ses longs cheveux dorés descendent du casque en boucles soyeuses ; ils encadrent un visage de l’ovale le plus pur où brillent deux yeux pleins d’éclat, ombragés de longs cils : son nez.aux narines frémissantes, est d’un dessin parfait ; sa bouche purpurine découvre, quand elle sourit, l’éblouissant ivoire des dents : son cou et ses bras sont d’une blancheur marmoréenne et l’harmonieux dessin de sa poitrine virginale est encore affirmé par la souplesse des écailles d argent de sa cuirasse.De ses neuf lilies, c’est Briinnhilde que V otait préfère.II a pour elle une adoration véritable ; il ne peut se passer d’elle ; c’est toujours elle qu’il désigne pour l’accompagner dans ses chevauchées a travers les espaces azurés du ciel.En Briinnhilde.le dieu a mis toutes ses complaisances.“Nulle comme elle ne pénétra jamais sa pensée.” Elle est l’Elue de sou cœur, la tille de son Désir, son propre \ ouloir.“ Qui suis-je, si je ne suis ta Volonté”, lui dit-elle.La communion la plus étroite existe entre le père et l’enfant, Briinnhilde est lu reflet du meilleur de l’âme de Wotan.La vierge guerrière entoure son père d’une ardente affection filiale.Accomplir ses ordres divins lui semble le plus doux des devoirs.Fille aimante et soumise, elle est choisie par Wotan pour être sa messagère et son interprète.Un jour vient pourtant où elle désobéit au Maître des dieux, et encore, en lui désobéissant, croit-elle lui demeurer lidèle, car si elle enfreint son ordre verbal, elle sait qu’elle suit pourtant son secret désir.La Hère guerrière, dont jamais le cœur n’a tremblé, sent, ce jotir-ià, un trouble immense pénétrer dans son être.Devant l.a misère humaine son âme s’attendrit, sa volonté devient faible et la déesse s’évanouit pour faire place à la femme.Ces deux êtres, que V otan vient 78 d’abandonner au courroux de Fricka, sont issus du même sang qu’elle, comme elle ils sont les enfants du dieu infortuné dont elle vient de recevoir l'amère confidence.Elle oublie alors, volontairement, les ordres reçus, et généreuse autant que brave, elle se résout à protéger Siegmund.Désobéissance vaine qui n’écarte pas la mort du front du Valse condamné et attire sur elle la colère de Wotan.Elle gronde, terrible, cette colère ! lïriinnhilde 11’a que le temps de fuir, et pourtant ce n’est pas il elle qu elle songe d’abord.Si elle n’a pu sauver Siegmund, du moins veut-elle maintenant sauver Siegiinde.De toute la vitesse de son cheval ailé, elle accourt vers ses sœurs, l’ourla première fois la crainte est entrée dans son âme.La pitié tout à l’heure, la peur a présent ; elle connaîtra désormais toutes les faiblesses féminines.Mais son dévouement surmonte encore celte peur.Malgré la juste terreur que lui inspire le dieu irrité, elle reste à l’attendre pour donner à Siegiinde le temps de se mettre en sûreté.Le cœur vaillant de la vierge divine n'a faibli qu'un instant.Résignée elle se pré sente à Votait.‘•Ordonne, père, décide la peine," et elle attend le châtiment.Mais quand elle ap-le dieu, dans sa fureur, veut la donner au premier venu, son orgueil reparaît, sa pudeur frémit.Elle, la déesse, qu'aucun dieu n'approcha jamais, sacrifiée â ce point !.Oh alors ! avec quelle éloquence, quel sentiment élevé île sa dignité propre et de celle de son itère, elle supplie Wotan de lui épargner ee mortel affront.Et quand celui-ci lui a accordé enfin son vœu suprême, elle s’endort, tranquille, au milieu des Humilies protectrices qui ne laisseront passage qu'au Brave dos Braves dont le thème héroïque prophétise, à l'orchestre, la venue future.Les al nées s'écoulent et, toujours jet.ne, toujours mcrveillcu-meut belle sous les blanches ailes rabaissées de son casque de Val-kyrie, lit vierge guerrière dort sur la roche moussue à l'ombre du haut sapin, son magique sommeil.Mais, au loin, retentit une fanfare joyeuse, les flammes s'abaissent et livrent passage à tnt homme.Voici ton Mme Anixv, dans /irunnln'lilc vainqueur, o Bruno- liildo I Siegfried est là et.d’un baiser sur les lèvres fermées depuis si longtemps, il t’éveille et te rappelle à la vie ' Quand elle se voit prête à tomber dans les bras d’un mortel, un sentiment instinctif de révolte se fait jour en elle; la déesse n’est pas entièrement disparue.Cependant la vierge finit par céder il l’ardeur de Siegfried, de l'homme quelle a sauvé alors qu’il était il peine formé et qu'aitjourd’hui elle prend librement pour époux.Briinnhilde, maintenant n’est plus qu’une femme, une femme qui va aimer et souffrir.Toute, sans restriction, elle se donne à celui qu elle a souhaité jadis pour sauveur, à celui qu’elle croit être digne d’elle.Elle boit avec avidité à la coupe des ivresses de cœur, sans se douter que son bonheur litiira par un coup de foudre.Siegfried l’oublie ; bien plus, il la jette tti-mème dans les bras de Gunther.Comme cette pensée d’être à un autre homme l'indigne, comme elle revendique hautement Siegfried ]lotir sien I avec quelle énergie elle déclare que tout son être a appartenu à celui qui la renie aujourd’hui, et comme elle maudit les dieux barbares qui lui ont fait cette destinée ! I Trahie, elle ne songe plus qu’à se venger de l’homme in lidèle : elle le voue à la mort, mais pour l’y suivre.Dans le tombeau, plus du trahison.Briinnhilde consent au pacte meurtrier, mais elle a soin quand même de la gloire de celui que, malgré tout, elle aime encore I avec une sombre fierté elle déclare que Siegfried est invulnérable, car il ne peut être atteint que par derrière et jamais il 11e montrera le dos à l’ennemi ! Tout en voulant la mort du héros, elle espère, au fond du cœur, qu’il ne sera pas frappé.Comment un llagen tuerait-il un Siegfried ! Mais la trahison est là, Siegfried meurt, et Briinnhilde, l'épouse trompée, mais obstinément fidèle, s’apprête à le suivre.Avant de s’élancer dans le bûcher comme Didon, cette autre délaissée, elle fait entendre de sages, de sublimes paroles.A cette heure suprême, tout devient clair à ses yeux et, restituant aux filles du Rhin l'Anneau fatal, cause de tous les maux, elle proclame que l’Amour seul donne le bonheur, (pie ni l’Or ni la Puissance n’en sont capables, Alors, pendant que le radieux motif de la llédemplion pur I Amour monte et grandit à l’orchestre, l'épouse rejoint, dans les flammes, 1e cadavre de l'époux.Cette grande, cotte admirable ligure de Briinnhilde, la déesse qui, selon la juste expression d’un critique, s’élève de la divinité à l’humanité, domine toute la Tehidispe ; elle est l'une des plus magnifiques conceptions de Wagner.(A suivre J 352^ 74 L-’HRT MUSICHL Décembre 1896 M.E.GIGOUT DE L’ORIGINE ET DES MAITRES DE LA SYMPHONIE M.E.Gigout, de qui, en première page, nous donnons le portrait, est un des maîtres contemporains de l’orgue.Sa réputation comme organiste est universellement reconnue, quant à ses compositions, elles l'ont placé, dans sa sphère, sur le même rang que nos meilleurs compositeurs modernes.M.Gigout est originaire de Lorraine.Il provient de ces provinces si riches en illustrations, si grandes en dévouements qui ont donné à la France une bonne partie de ses grands hommes.Depuis longtemps nous connaissions l’œuvre du maître organiste, et savions encore combien profond est son patriotisme.Aussi celui qui écrit ces lignes, saisit-il avec empressement l’occasion d’envoyer à son illustre compatriote, le faible témoignage de sa respectueuse admiration.M.Gigout eût comme maître Saint-Saëns dont il fût l'élève de prédilection.Il suivit également les cours de l’école de musique religieuse, fondée par Niedermeyer.Outre son cours d’orgue qu’il ouvrit en 1885, il publia de nombreuses œuvres.Nous citerons seulement : i° Une série de 6 pièces d’orgue dans laquelle nous signalerons un chœur dialogué qui est un chef-d’œuvre ; 20 LTn Recueil de : roo petites pieces brèves que César Frank prédisait, ce qu’également nous pensons, devenir classiques ; 30 Une autre série de 12 pièces d’une puissante originalité, entre lesquelles nous signalerons tout particulièrement le Minuctto, le Scherzo, la Toccata qui sont de vraies perles musicales, Y hymne à la France, les chants du Graduel et du Vespéral romains, un Ave metum (chœur) un Tantum ergo, des Méditations pour violon et orchestre, une Romanza pour orgue, etc., etc.M.Eugène Gigout ne se contente pas de produire des œuvres remarquables ; il tient souvent la plume du critique dans plusieurs de nos grandes publications musicales et nous avons tout lieu de penser que 1’Art Musical aura sous peu l’honneur de compter le grand organiste au nombre de ses collaborateurs.Virtuose, compositeur, critique d’art, professeur éminent, M.E.Gigout est tout cela, et à un rare degré de perfection.Toutefois, il est un talent qui surpasse, à nos yeux tous les autres, peut-être parce qu’à lui seul il constitue une magnifique synthèse des qualités les plus désirées de l’artiste: nous voulons parler du don merveilleux de l’improvisation.Ce don, M.Gigout le possède avec une supériorité incontestable, et l’on peut même affirmer avec assurance qu’il est un des rares organistes capables de réaliser les choses surprenantes que les biographes de J.S- Bach, de Mozart et de Mendelssohn nous ont apprises sur ces gloires de l’art allemand.Saint-Saëns dont la compétence en ces matières quelque peu transcendantes ne saurait être mise en doute, a bien souvent dit, au sortir de ces auditions, qu’il tenait M.Gigout pour le plus original et le plus fécond de nos improvisateurs.Ce jugement, dans la bouche d’un homme qui est peut-être le plus puissant de nos compositëurs français, devient le plus-bel éloge qu’un artiste puisse recevoir./JLLI - SCARLATTI - BACH - HAYDN - MOZART-BEETHOVEN ’origine de la symphonie est très lointaine ; mais, comme la plupart des créations esthétiques de l’homme, elle a eu de bien humbles commencements, et ce n’est qu’après une suite prolongée de transformations qu’elle a pu atteindre son complet développement.Le terme même de symphonie a beaucoup varié dans sa signification.Chez les anciens comme au moyen-âge et jusqu’au siècle dernier il a été employé avec des acceptions très différentes pour exprimer tantôt le concert de plusieurs instruments, tantôt des mélodies reproduites à l’unisson ou à l’octave par des instruments ou par des voix.Vers la fin du XVIe siècle, on s’en servait pour désigner un morceau de musique quelconque tandis qu’au XVUIe siècle il s’appliquait soit à un accompagnement instrumental, soit à l’orchestre lui-même qui était chargé de cette exécution.Au sens où nous l’entendons aujourd’hui, la symphonie à orchestre est née du jour où, sans le secours de la voix humaine, plusieurs instruments furent joués simultanément.Mais ces instruments primitifs devaient eux-mêmes subir bien des modifications avant d’arriver à l’état où nous les voyons.Avec le moyen-âge reparaissent non-seulement tous les instruments usités dans l’antiquité, mais d’autres encore que nous trouvons représentés dans les statues, les bas-reliefs ou les miniatures de cette époque, et qui attestent le goût que de bonne heure les artistes du Nord aussi bien que ceux (lu Midi avaient pour la musique et la place qu’elle tenait déjà dans la vie de ce temps.Mais si, dès le XlIIe siècle, les instruments que nous voyons ainsi réunis dans ces ouvrages forment déjà des orchestres, on peut penser que bien des accouplements de sons hasardeux, ou tout à fait discordants, devaient s’y produire.Parmi ces instruments, il en est plusieurs qui, après des tentatives plus ou moins nombreuses de perfectionnement out disparu, et qu’il a fallu rejeter de la composition de l'orchestre parce qu'ils ne pouvaient s’harmoniser avec les autres.Quant à ceux qui s’y sont maintenus, ils ont dû subir des modifications profondes avant d’arriver jusqu’à nous.Si défectueux que ces instruments fussent encore au NUIe siècle, ils constituaient déjà des groupes dont le classement était calqué sur celui des voix humaines.C’est aussi à partir de cette époque que la musique, née comme les autres arts dans l’église et qui jusque-là y avait trouvé sa plus haute expression, tend à se répondre dans la société laïque.Déjà commence à se dessiner le contraste entre la musique italienne et la musique allemande, et tandis que le rôle de la voix humaine reste prédominant dans la première, l’instrumentation est plus nourrie dans la seconde.Mais les éléments de l’orchestre sont encore trop incohérents, les formes musicales trop peu fixées pour que les œuvres instrumentales et l’inter-pretation qu’elles sont susceptibles de recevoir offrent une ampleur et un intérêt suffisants.Par le développement qu’il donne à l’ouverture, par les instruments qu’il y introduit et la façon dont il les combine entre eux, Lulli imprime un nouvel essor à la musique instrumentale.La coupe de ses ouvertures demeure cependant assez uniforme.D’ordinaire, elles débutent par un thème lent et grave, auquel succède un motif d’une allure plus rapide ; puis elles se terminent par la reprise du premier mouvement.(A suivre.) Décembre 1896 L'KRT 7VYUSIOTÏL 7 a .:f v ' " ¦ ••/'•¦: ¦• -V-*.,.¦ ;¦'¦¦' :* ’ ' * rà-îA mmmm WpÇ> ts*£^> • vfi; 'W&iiît?.;¦ ' ;v- -.'¦ •* •:.* >-'• TV y *VV/: ; • Ir^stranr^epts DUS PIANOS KN APPROBATION L’autre jour, me trouvant avec un de mes vieux amis, l’avocat X.celui-ci me présenta M.K.K.Bartlett, d'Ormstown, P.Q., tout spécialement venu à Montréal afin d’entendre le prononcé d’une action qui, depuis plus de six mois, courait devant les différentes juridictions, et dont le premier jugement rendu en sa faveur> ava't été raP' pelé devant la cour d’ap-pel qui, purement et simplement, venait de confirmer par la voix de l’honorable jpge Mathieu, (No.1829), la première décision ; c’est-à dire donner cause gagnée à M.Bartlett.Comme il s'agit là d’un cas qui souvent se représente, je tiens à le signaler d’une façon toute spéciale à l’attention de nos lecteurs.Un agent d'une maison de pianos ayant vaguement entendu dire que M.Bartlett était sur le point d’acheter un instrument simplifia l'achat de la manière suivante : Un beau jour ce monsieur recevait, en même temps qu’un piano delà dite maison, la visite de l’agent de' cette maison qui lui tenait, à quelque chose près, ce langage ; “ Je sais que vous avez besoin d'un piano, et je vous en amène un que je tiens à vous laisser à l’essai, comme on dit généralement—en approbation — pendant quelque temps, afin que vous puissiez juger des bonnes qualités dont il est abondamment pourvu.Prenez-le, ça 11e vous engage à rien, et nous vous le reprendrons lorsque vous en témoignerez le désir.” Se croyant persuadé de la loyauté d’un pareil dire, M.Bartlett admit le piano chez lui.Mais au bout de quelques semaines, n'ayant pas reconnu dans l’instrument les qualités tant vantées, il avisait la maison d’avoir à le reprendre dans le plus bref délai.— Deux mois passèrent, M.Bartlett 11e reçevant aucune réponse, vint lui-même à Montréal vit la maison, où on lui répondit ‘‘ que du moment qu'il avait admis chez lui /'instrument, l’on considérait la veute comme parfaitement régulière.Puis, feignant de penser qu'il était venu dans le but d’obtenir des termes plus faciles ou une réduction de prix, on cherchât à l’amadouer.Le résultat ayant été négatif—M.Bartlett s’étant montré réfractaire à toute séduction, en refusant catégoriquement de remplir aucune des conditions de paiement —la maison en question essaya de l’intimidation en menaçant d’un procès.Heureusement notre ami 11’est pas un homme que facilement l’on intimide.Il plaida, et gagna s?cause.Mais que de temps perdu, que de dérangements, de tracas, de soucis.Renvoyé, pendant des mois, de cour en cour, il perdit un temps énorme à des démarches de tous genres simplement, pour avoir prêté trop complaisamment l'oreille aux captieuses paroles de l’agent d’une maison peu scrupuleuse dans le choix de ses moyens de vente.Il nous a paru bon de relater ce fait qui, nous dit-on, se traite sur une grande échelle, satisfait si nous avons pu mettre sur leurs gardes quelques-uns de nos lecteurs que nous engageons fort, s’ils ne veulent se créer des embarras et du trouble, de ne jamais accepter un piano qu'ils Sauraient point acheté.L’académie des sciences de Paris a reçu de l’inventeur, M.Rivoire, la description d’un appareil ingénieux destiné à écrire automatiquement les improvisations que font au piano les compositeurs.Dans cet appareil, chacune des quatre-vingts notes du clavier est représentée sur une bande de papier sans fin, réglée comme le papier ordinaire de musique, d'une hauteur de o"1 21, par un trait à l’encre, dont la longueur, soit 50 mètres, correspond à sa durée, la hauteur à sa position et qui se déroule à la vitesse de im 25 par minute.Une barre de mesure, manœuvré avec le pied droit, vient décomposer les phrases en temps et en permet la lecture, avec un peu d’habitude, aussi facilement, paraît-il que la lecture de la musique ordinaire.Le rouleau de papier sans fin contient donc la position, la hauteur des notes, leur durée et les éléments de la mesure.L’inscription des sons se fait au moyen du frottement d’une molette contre le papier recouvert d’un ruban de soie sensible, analogue à celui dont on se sert dans les machines à écrire.% On dit qu’un luthier de Paris vient de se rendre acquéreur, au prix de quatre-vingts mille francs du célèbre violoncelle ayant appartenu à Davidow.l’éminent artiste russe.Un facteur de pianos a construit un instrument à plusieurs usages, d’une combinaisons ingénieuse et originale.Ou peut en jouer comme à l’ordinaire, le faire jouer mécaniquement à l’aide d’un levier, ou le laisser jouer automatiquement à l’aide d’un moteur actionné par une lampe à esprit de vin.La Compagnie de Pianos Pratte nous prie d'annoncer que depuis qu’elle existe, aucune contestation relative à la mise à l'essai ou en approbation d’un piano 11e s’est jamais présentée et que, à l’encontre d’autres maisons, elle n’envoie un instrument à domicile qu’en cas d’achat, ou sur demande.Les acheteurs sont priés de bien noter la différence de ces loyaux procédés qui ont su créer à cette maison une réputation de confiance difficile à égaler.La maison Pratte a expédié dans la même semaine un piano Pratte à Paris, un autre à Londres (Angleterre) et un troisième à Vancouver (Colombie Anglaise).Ce dernier est destiné à l’une des plus jolies résidences de la Côte du Pacifique.Ces trois instruments ont été choisis entre tous les autres par des musiciens compétents.:j: ' ;|î Le public commence à être un peu plus connaisseur dans 1 appreciation d une caisse de piano.Il exige des bois plus beaux, exempts de teintures et apprécié davantage les styles simples et élégants.•I; *'* L Art Musical prévient ses lecteurs qu’à partir du mois de Janvier prochain, il inaugurera un nouveau et beaucoup plus important système de PRIMES dont nos abonnés seront seuls à bénéficier. Décembre 1896 L’HRT MUSIOHL I I L’EOLIEN T^S I un instrument musical du plus haut mérite artistique, ainsi J qu'en font preuve les attestations qu’en ont donné les soin-II mités musicales du monde entier, et les artistes qui ont / V examiné et acheté I’Eoi.ien, J y L’Eolien est devenu l’instrument fashionable dans toutes les classes de la société, en Europe comme en Amérique.L’Eolien est acheté par les personnes qui ont un goût musical très développé mais qui n’ont pas le temps de pratiquer les morceaux difficiles.Il n’y a que les personnes qui aiment la bonne musique qui l’achètent.Acheteurs Eminents:.r Sa Sainteté le PAPE LEON XIII.Sa Majesté la REINE VICTORIA.Sa Majesté la REINE MARIE - CHRISTINE d’Espagne.Son Altesse Impériale, GRAND DUC ALEXANDRE MICHAILOVITCH.PORFIRIO DIAZ, Président du Mexique.RAFAEL NUNEZ, Président des Etats de Colombie.Le Gouverneur Général EMILIO CALLEJA, de Cuba.GROVER CLEVELAND, Président des Etats-Unis.ARTISTES CELEBRES:——— CALVE, SCALCHI, MELBA, NORDICA, SEIDL, ARDITI, SARASATE, ISAYE, PADEREWSKI, De RESKE, CAMPANINI.Une personne qui n’a jamais joué d’aucun instrument, mais qui possède un peu de sens musical, peut, dans quelques jours, exécuter sur l’EOLIEN les œuvres les plus difficiles.Le répertoire comprend déjà une dizaine de mille morceaux de tous genres.PRIX:-DE, $225 fl $750 • CATALOGUES ILLUSTRES EXPEDIES SUR DEMANDE LA COMPAGNIE EOLIENNE 18 west 23rd Street, NEW YORK L’EOLIEN est en vente aux salles de la Compagnie de Pianos Pratte, Mo; treal, où les visiteurs, acheteurs ou non, seront reçus avec courtoisie, et pourront examiner l’instrument à leur aise.^ CONCERTS CRATIS TOUS LES SAMEDIS A 3 HRS P.M.kJ 78 L’ART MUSICÏÏL Décembre 1896 LISTE MENSUELLE DES- PIANOS D’OCCASION Les Pianos suivants pris en échange pour des PIANOS PRATTE, ont tous été réparés.Plusieurs sont connue neufs, d’autres ne valent pas grand chose, cependant le PK.IX de chacun a été REDUIT de manière à ce que ce soit pour l’acheteur une Bonne Occasion.La plupart sont encore supérieurs comme qualité à une foule de Pianos neufs communs.pianos A queue New-York Piano Co.î?nn Rpaniph 0/ Repli c^° Now-York, 7:': octaves.Grand piano de concert, et 825 par 3 mois.iptüUU Ivrnlllull 06 Babil caisse très riche en bois de rose.Le plus beau piano IWoenn Bjnli de Toronto, 7 octaves.Moyen format, caisse de cette marque en très bon ordre, payable 850 comptant $4 7E HldoUll 06 Illüll en u,,Ver.en bonne condition, payable 825
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