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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1965-01, Collections de BAnQ.

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MONTRÉAL NOUVELLE SÉRIE —VOLUME 11 NUMÉRO 5 FlDfS sommai r e Les propos de Jean Rostand p.118 Le poisson pêché de Georges Cartier p.119 Histoire de la philosophie de Fré- déric Copleston p.120 La littérature et sa conscience d'Hen- ri Bars p.122 Document: Jean-Paul Sartre et le Prix Nobel de Gabriel Marcel .p.140 Dr Georges Durand: Lettre de France p.143 Page d'anthologie: "Je trace des sentiers dans mon hiver." (Jean Montaurier) .p.148 JANVIER 1965 M.le chanoine Lionel GROULX (photo prise le 21 décembre, lors du lancement de Chemins de l'avenir) | ; % | EDITORIAL Les propos de Jean Rostand En fin d'octobre dernier, le journal Les nouvelles littéraires publiait une interview de Jean Rostand menée par Gilbert Ganne.Ce texte est extrêmement intéressant par les détails qu'il apporte sur l’enfance du célèbre biologiste français qui est, comme on le sait, fils d'Edmond Rostand et de Rosemonde Gérard.Il donne aussi d'utiles précisions sur sa carrière d'écrivain qui a débuté assez curieusement par de petits ouvrages satiriques pamphlétaires, des ouvrages que, dit-il, il n'écrirait plus: « A partir d'une certaine époque, qui va jusqu’à maintenant, je n'ai plus eu envie de m’attaquer aux travers des riches, au mariage.Je trouve ça mesquin.J’ai traversé des périodes de grand pessimisme, j'ai réfléchi davantage à la condition humaine.J'ai plus réfléchi sur l’homme que sur la médiocrité bourgeoise.J ai eu l’impression que je dominerais ce marécage.» Il parle aussi de ce qu'il envisage comme le problème le plus important de l'heure — un problème qui n’est pas par conséquent propre aux Québécois ! — celui de la pédagogie.Il estime que les enfants sont écrasés par les programmes scolaires, et que presque tout est inutile de ce qu'on leur apprend, qu'il faudrait « miniaturiser » le savoir et que, étant donné qu'on ne peut tout enseigner, il importe de former un esprit en lui donnant le moins de connaissances possible; pour lui, on ne devrait donner à l’enfant que le suc de chaque connaissance, une espèce de « gelée royale ».Questionné par Gilbert Ganne, Jean Rostand parlera aussi de son incroyance.Son honnêteté et son évidente bonne volonté nous valent des propos à la fois savoureux et touchants: « Si un jour vous aviez la grâce ?[question de Gilbert Ganne].— Ce n'est pas possible! — Si, je vous assure, ça peut vous arriver.— Pour moi, on est tout seul dans cette espèce de folie ! — Vous n'avez jamais pensé au Christ ?— Jamais ! — Vous êtes baptisé ?— Oui, j’ai même fait ma première communion et je me suis marié à l'église avec une femme très croyante.Mais je suis scientifique et moraliste: les grenouilles et les hommes, et c’est tout.— Vous croyez à la responsabilité de l’écrivain ?— Oui, elle est énorme.D'autant plus que, quoi qu'on en dise, il n’est pas possible de faire une censure.Combien de fois ai-je entendu mon père dire: « J’ai un sujet, je peux écrire telle pièce, mais je n'ai pas le droit de le faire.» Mon père aurait refusé d'écrire un chef-d'œuvre plutôt que de pervertir.De telles idées ne sont plus de notre époque.C'est peut-être ça qui me rend incohérent.J'ai un côté progressiste, et des racines qui plongent de l’autre côté.Pour la sensibilité, je tiens du christianisme.Comme certains animaux qu'on appelle « chimères », en biologie, moitié crapauds, moitié grenouilles, je suis un peu une chimère spirituelle.J'ai des morceaux chrétiens et des morceaux antichrétiens.Je me demande parfois si j’ai le droit d'avoir certains sentiments.Au moment de l’affaire de la Thalidomide, j’étais de ceux qui trouvaient inconcevable de supprimer une vie.D'un autre côté, pour un matérialiste comme moi, quelle importance de supprimer un être difforme, qui est à charge.— Vous réprouvez aussi l'avortement ?— Oui.ça me choque.Naturellement, il faut arriver à un contrôle des naissances.Mais l'avortement est un infanticide.Ce sont des idées qui ne vont pas avec le matérialisme.Je sens en moi des choses suspectes.— Si vous aviez la foi, vous trouveriez une unité.Vous croyez qu'il y a des gens qui prient pour vous?— Oui.c'est gênant à dire.— Parmi les académiciens ?— Non, ce sont des gens très simples et des gens très bien.Non.Je n’ai pas l’impression que Daniel-Rops prie pour moi.Cuitton peut-être.— Vous ne croyez pas à l'efficacité de la prière-J — Mais non.voyons! — Et ça ne vous agace pas.tous ces gens qui prient pour vous?— Non, ça me touche énormément.C'est une preuve de sympathie, d'amour.— Vous ne parlez pas de religion avec votre femme ?— Jamais ! Je l'accompagne à la messe, mais je l'attends au café.J’aime surtout sa foi.Mon fils, François, est terriblement catholique.— Pourquoi terriblement ?— Parce qu’il est très fort.Il vit sa foi.c’est un grand croyant.Vous pensez que ça m'ennuie?— Non, vous avez trop de respect pour les autres.— Mais si, je vois que vous êtes choqué.— Je pense seulement que vous êtes cerné, pourchasse comme un cerf aux abois.— Ah! ah! ah! Je ne suis pas traqué par ma femme et mon fils, mais plutôt par des étrangers.— Je me demande pourquoi tant de gens essaient de vous convertir?— C'est charmant, c’est joli, c'est touchant.D'habitude on se /.des autres.— Pas les bons chrétiens ?— C'est vrai.— Alors, vous êtes rassuré?— Je ne suis pas content.Je trouve effroyable de penser que d'une minute à l'autre, tout peut s'arrêter.C’est enfantin de trouver la mort scandaleuse.Mais, moi, ça me révolte ! » 1 Et la longue interview se termine sur cette note douloureuse.Comment ne pas avouer que ces « choses suspectes » que Jean Rostand sent en lui nous le rendent bien sympathique.Rita LECLERC (1) Les nouvelles littéraires, 29 oct.1964, pp.1 et 11.118 LECTURES «Ualoque Avec (et Ctvnec D’HIER ET D’AUJOURD'HUI Georges CARTIER : Le poisson pêché \ Henri-Paul Bergeron Le roman de Georges Cartier, Le Poisson pêché est la confession lyrique d'un boursier québécois enlisé depuis sept ans dans une vie de paresse abrutissante à Paris.Ce dernier prix du Cercle du Livre de France, en dépit d'un effort criant de réalisme sordide pour « faire Goncourt », maintient l’intérêt au long de ses deux cents pages de monologue ininterrompu.Le bavard inlassable qui est censé écrire sa confession sans pénitence dans la nuit du 18 juillet 1960 est une sorte de Clamence d’Albert Camus, mais dépouillé de préoccupation métaphysique et s’évertuant à imiter le langage ordu-rier du Roquentin de Jean-Paul Sartre.Je ne conteste pas à l’auteur le droit de faire porter à son héros le masque de la faune existentialiste qui hantait les caves de Saint-Germain-des-Prés dans les premières années de l’après-guerre, mais je ne crois pas que cela soit dans les registres de son talent.Ce qui intéresse le lecteur dans ce roman, ce n’est pas le Pascal Richer d’un amoralisme animal, aussi vulgaire dans ses propos que dans ses sentiments, dont la nostalgie du pays ne dépasse guère les réactions d'un castor canadien qui s'ennuierait dans le jardin zoologique de Vincennes et rêverait aux forêts, aux lacs et aux montagnes du Canada.Derrière ce masque, l’on devine le vrai Pascal, sincère, émouvant, qui cherche à travestir ses sentiments.Le lecteur qui résiste à l'agacement que produit cette espèce de jeu de cache-cache des deux Pascal ou du vrai Pascal et de son masque, verra dans ce roman non seulement une étude psychologique de la déchéance morale qui guette le « déraciné » canadien-français à Paris, mais aussi une sorte de parabole de notre révolte nationale.Les jeunes Lorrains « déracinés », auxquels Maurice Barrés rêvait d’insuffler son « énergie nationale », venaient eux aussi d'un pays dont la culture était menacée.Le jeune Canadien français qui vit à l'étranger a souvent l’impression de ne jamais avoir eu de véritable patrie.Les trois quarts du Canada lui semblent moins accueillants que la plupart des pays étrangers, et la « belle province » lui paraît tellement veule sous son masque de colonie anglo-américaine.11 est alors tenté de se dire: « Pourquoi troquer le mirage d'une patrie d'élection contre les avantages matériels d'une vie coloniale déguisée ?» Ce n'est pas par hasard que le héros du roman s'éveille à la nostalgie du Canada et renonce au suicide à la suite de la possession d’une Anglo-Canadienne de l’Alberta, éduquée à Boston: c'est un amour qui ressemble au désir de néantisation de Sartre.En dominant ce bel animal nord-américain dont il vient de faire la rencontre, l’exilé rêve uniquement aux beautés sauvages du Canada.11 consent à y revenir en tenant en laisse ce représentant de la race dominante.Le sentiment de regagner son pays en maître et de recommencer à neuf lui fait oublier janvier 1965 119 tous ses efforts pour « saboter les derniers ponts qui pouvaient le relier au sol natal, à une patrie qu'il avait toujours reniée ».Ce n’est pas par hasard non plus que ce monologue qui veut être « Le film du documentaire objectif d’une masse de subjectivité » s’adresse à cette Anglo-Canadienne endormie sur la lecture d’un roman de Hemingway.C’est le symbole parfait des « deux solitudes »: une confession masochiste devant un personnage endormi.A ce point de vue, certaines paroles de Pascal prennent une résonance plus profonde: « C’était une chance inespérée que tu sois Canadienne, sans être de langue française.Il ne faut pas faire erreur sur nous-mêmes: immense est la distance entre nous, même si nous sommes du même pays.Notre langue, notre culture nous séparent.Quoi nous unit, hors un paysage commun ?et encore ! » Malgré son aspect caricatural, ce pauvre hère de Pascal Richer nous émeut comme un frère dévoyé manifestant la dépersonnalisation moutonnière des « déracinés » canadiens qui suivent le cours de la Seine au lieu de suivre les cours de la Sorbonne, qui troquent leur langage avachi contre l’argot des cafés pour étrangers à Paris, qui émaillent leur conversation d’une douzaine de mots orduriers ou vulgaires que pas un Parisien qui se respecte n’emploie (con.connerie, fiche, foutre, dégueulasse.), qui se croient promus philosophes en répétant sans cesse les mêmes formules stéréotypées de 1945 (« La vie est une vacherie », « l’enfer c’est les autres », « J’en ai marre de masturber l’antiquité, etc.», « l'univers paradisiaque formé d’îles féminines que sont les amantes successives », « j’inexiste », etc.), qui font dévier contre Dieu, l’Eglise, la morale, leur rancœur de se sentir apatrides.Pour tous ceux-là, la lecture du Poisson pêché pourrait être une source d'une réflexion salutaire.A tous ces poissons à la dérive dans les eaux sales de la Seine, il faut autre chose que l’appât d’un sentiment de domination sur une Anglo-Canadienne endormie; il faut le sentiment d'une patrie bien à eux où il fait bon œuvrer.Mais avant de revenir, qu’ils enlèvent leur masque d’emprunt et n'hésitent pas à le jeter dans la Seine ou sous une rame de métro comme le piètre Pascal Richer se proposait de le faire pour sa carcasse de raté, et qu’ils écrivent comme lui: « Ci-gît.Pascal Richer, mort, vif et enterré.Mort au monde, à sa vie, à deux pays.» Qu’ils renaissent à l'espérance en disant les derniers mots du monologue du Pascal véritable et non de son masque: « J'ai su de façon certaine, irréfutable, que j’étais descendu assez bas pour être à présent sauvé.» Un roman qui fait réfléchir mérite d’être lu et critiqué.Georges Cartier a certainement l’étoffe d'un romancier de valeur pour avoir soutenu cette gageure d'intéresser son lecteur tout au long de ce monologue de deux cents pages tenu par un personnage aussi peu sympathique.Il a traité sans complaisance les détails scabreux, la plupart du temps inutiles, qui déparent son étude psychologique.Son œuvre peu banale mérite l’attention de tout lecteur averti.(1) CARTIER (Georges) LE POISSON PECHE.Roman.[Montréal] Le Cercle du Livre de France [1964], 229p.20.5cm.^drédéric C^opleôton : Jdiôtoire de (a philosophie Henri-Paul Bergeron Tout lecteur intéressé aux maîtres de la pensée occidentale se réjouira de voir les éditions Casterman entreprendre la publication en français de l’Histoire de la Philosophie 1 * 111 composée par le Père Frédéric Copleston, s.j.Il s'agit d’une étude en six volumes de plus de cinq cents pages chacun, dont la première édition en langue anglaise s’échelonna de 1946 à 1960.Le premier volume, consacré à la pensée gréco-romaine, et le deuxième à la philosophie médiévale, viennent de paraître pour la première fois en français.Le troisième volume qui étudie la pensée de la Renaissance a connu une édition française en 720 LECTURES 1958.11 taut espérer que les trois autres volumes au sujet de la philosophie moderne verront bientôt le jour.L’ensemble de cette œuvre n’est pas simplement une étude historique, mais une synthèse des découvertes philosophiques en Occident, à partir des philosophes antésocratiques jusqu’au célèbre pédagogue de la philosophie moderne, Emmanuel Kant.Les maîtres les plus prestigieux se voient accorder une attention plus ou moins marquée selon leur importance et leur influence.Ainsi, la moitié du volume au sujet de la pensée antique traite des œuvres de Platon et d'Aristote, tandis qu’un quart est attribué à leurs prédécesseurs et un quart à leurs successeurs.A première vue, ce partage semble très judicieux.Peut-être certains lecteurs auront-ils l’impression que la métaphysique plotinienne, inspiratrice de saint Augustin, de Bergson et de tant d’autres philosophes, ne reçoit pas une attention proportionnée à son importance.Il faut considérer que l’auteur en embrassant une synthèse aussi vaste dans le dessein de la mettre à la portée de ses étudiants et d’un public cultivé devait nécessairement sacrifier bien des développements de sa pensée.La préface nous éclaire sur le but de cet ouvrage qui s'adresse non pas aux érudits et aux spécialistes mais à ceux qui s’initient à la philosophie.L'auteur y avoue son désir de respecter la pensée traditionnelle du réalisme tout en demeurant ouvert avec le plus d’objectivité possible aux autres opinions.Il exprime son souci de tenir compte des découvertes les plus récentes dans le domaine de l’histoire de la philosophie antique.Il explique pourquoi il a dû alléger le plus possible sa bibliographie et tout l’appareil scientifique des œuvres destinées à des spécialistes.Après une douzaine de pages d’introduction sur les caractéristiques de l’histoire de la philosophie, l’auteur entreprend successivement l’étude des philosophes antérieurs à Socrate et de ses contemporains.Cette partie semble bien documentée et supérieure à la moyenne des exposés de vulgarisation en ce domaine.Les deux géants de la pensée antique, Platon et Aristote, sont étudiés en deux cent cinquante pages fort denses, très précieuses non seulement pour celui qui commence à explorer les œuvres de ces génies mais même pour un lecteur ordinaire, soucieux de connaître les inspirateurs de notre civilisation.Le lecteur appréciera le souci pédagogique constant de l'auteur, son art de faciliter l’approche des œuvres les plus difficiles, sans cependant les simplifier à outrance.Cet art est particulièrement sensible dans les vingt pages de conclusion qui dressent le bilan de la pensée philosophique gréco-romaine et mettent de nouveau en lumière les deux figures de proue.Platon et Aristote.A la suite de certains Pères de l'Eglise comme Clément d'Alexandrie, l’auteur souligne la mission providentielle de ceux qui ont préparé l'humanité à recevoir le message chrétien par la doctrine philosophique d’un Dieu transcendant et d’une morale élevée, et qui ont fourni aux théologiens une riche provision d’instruments dialectiques et de concepts métaphysiques.Le deuxième volume du Père Copleston est conçu de la même façon que le premier: il laisse dans l'ombre certains philosophes moins importants pour jeter plus de lumière sur les principaux.Dans la centaine de pages réservées aux influences prémédiévales, saint Augustin se taille la part du lion.Les deux cents pages qui suivent nous présentent les penseurs antérieurs aux deux maîtres les plus marquants de la scolastique, saint Thomas d’Aquin et Duns Scot, qui se partagent la dernière moitié du volume.En dépit de cette préférence pour les grands systèmes, l’auteur nous renseigne suffisamment sur les philosophes arabes et la plupart des écoles philosophiques du moyen âge.Un exposé qui aurait voulu être exhaustif aurait pris des proportions trop considérables.Tous ceux qui s'intéressent à la philosophie ne se borneront pas à souhaiter l’édition complète en français de l’ouvrage du Père Copleston, mais ils en voudront le prolongement par une étude des philosophes contemporains.L’auteur devrait pouvoir se trouver des collaborateurs pour l’aider à poursuivre ce travail d’un vif intérêt non seulement pour les étudiants de philosophie mais pour un vaste public.(I) COPLESTON (Frédéric) HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE.T.I: La Grèce et Home — T.Il: La philosophie médiévale.[Tournai] Caster-man, 1964.548p.et 660p.22cm.Relié.Dorénavant, pour connaître la cote morale des ouvrages qui font l’objet d’une étude critique ou d'une recension dans LECTURES, on voudra bien se reporter à la rubrique Cote morale des nouveautés où sont groupées les cotes morales de chaque numéro.Comme on pourra le constater, tous les ouvrages tie sont plus cotés, mais seulement ceux qui ont besoin de l’être, tels que les romans, les ouvrages qui appellent des réserves.Janvier 1965 121 Henri Bars: La littérature et sa conscience Bernard-M.Mathieu, o.p.Le 20 mai dernier, Henry Bars recevait le Grand Prix catholique de littérature pour le présent volume ' " et l'ensemble de son œuvre.Dans le lexique des auteurs catholiques qui terminent son ouvrage, Histoire de la littérature catholique contemporaine Gonzague Truc nous donne une courte biographie de Bars.Son premier ouvrage.Croire ou l'Amen du salut, a paru en 1956.L'auteur ordonné prêtre en 1933.professeur de lettres et de philosophie pendant vingt ans, avait « attendu l'âge de la maturité pour confier au public son premier livre », écrit Truc.Si les précédents ouvrages étaient de la valeur de celui-ci, je regrette de ne pas les avoir lus.Maintenant je suis convaincu qu’il est un excellent écrivain et qu'il a bien mérité ce prix.* * * Ce livre est une longue réflexion sur la condition d'écrivain.Quoi de plus normal que cette interrogation, cet examen de conscience sur un métier qu’on exerce tous les jours.Dès le début l'auteur force le lecteur à la réflexion.Ce dernier ne sera peut-être pas toujours d'accord, mais il ne pourra s'empêcher d'admirer la '''ituosité de Bars; celle-ci apparaît dès les premières pages.Il s'agit des grands écrivains qui malgré le poids des ans noircissent sans cesse du papier; le passage mérite d’être cité: « Je pense au drame de ces grands écrivains chargés d'ans et d’ouvrages, et que rien n'arrête plus.Ni la prudence, car ils n'ont plus rien à gagner.Ni la crampe: jamais leur main ne fut plus alerte.Ni les chances de la publication: quel éditeur, quel journal dédaignerait une plume aussi auguste, corrosive comme une pointe à pyro-graver.déchirante comme un stradivarius ?Mais de servante elle est devenue maîtresse, d'instrument organe, et voici qu'elle court jusqu'à la mort, traînant après elle le bras et l'esprit, exigeant chaque jour sa ration de pages noircies, vampire qui suce le génie, et obtient de sa complaisance un debit croissant de choses intelligentes (saugrenues parfois) sur tous sujets.Il semble que la victime — je ne parle pas ici de son lecteur — ait conscience par éclairs de son étrange maladie, de son incontinence littéraire.Mais cette conscience même lui fournit la matière vraiment irrésistible d'un nouveau développement: il écrit alors des pages brillantes qui seront éternellement admirées, sur la vanité d’écrire.» (P.17) L'auteur n'a pas mis de nom, mais ce portrait ressemble étrangement à celui de Mauriac.Toutefois I’ « incontinence littéraire » de l'auteur des Mémoires intérieurs ne me déplaît pas; nous lui devons des pages écrites dans une langue incomparable.Mais il y a d'autres écrivains de sa génération, académiciens aussi, à qui je ne ferais pas le même compliment.N'en déplaise à la jeune génération, elle peut trop facilement et à trop bon marché se procurer des livres, pour pouvoir les aimer vraiment.On ne se prive pas de fumer pour acheter par exemple l'Odyssée d'Homère; le « livre de poche » est à la portée de toutes les bourses.« Pour aimer vraiment les livres, il faut avoir eu faim de livres, et précisément de tel livre, et n'avoir pas toujours été rassasié; il 122 LECTURES faut avoir gagné Le spleen de Paris sur son tabac mensuel, Y Histoire du sentiment religieux sur beaucoup de petits déjeuners.» (P.27) Peut-on être en même temps prêtre et écrivain de vocation ?Ou y a-t-il incompatibilité entre les deux ?Henry Bars est très bien placé pour en parler, puisqu’il est prêtre et qu'il fait de la littérature, de l'excellente.La question est très importante; la réflexion de Julien Green que cite l’auteur, beaucoup de chrétiens peuvent la faire: « Pourquoi un religieux s’occupe-t-il de littérature ?C'est ce que je ne comprendrai jamais » (p.75).Le vrai, c'est que le prêtre qui veut être pleinement prêtre, et qui a une réelle vocation d’écrivain est un homme déchiré par deux appels.« Plus l’écrivain est doué, écrit Bars, plus il se sent heureux d'écrire, plus vite et plus puissamment il s’avise que les chevaux du langage supportent malaisément ce mors que la fonction du prêtre leur met dans la bouche.Ce n'est pas que le consacré devienne l’esclave de son instrument, mais il ne fait rien qui vaille s'il n’est pas possédé par la passion propre à son art: c'est une passion noble comme on dit, mais c'est une passion naturelle et terriblement despotique.Il ne s'agit pas d’ambition, il ne s'agit pas de vanité; il s'agit d’amour; et c’est le mariage de cet amour avec un autre amour, infiniment supérieur, terriblement exigeant lui aussi, c’est cela qui coûte cher.» (P.83) Je pense avec l’auteur que le prêtre écrivain doit accepter loyalement cet état de tension qui, à certaines heures, peut être tragique, et vivre ce drame « de tout son cœur et selon sa vérité » (p.85).Le chapitre sixième La gloire ardente du métier nous plonge au cœur de la profession d’écrivain: la fabrication d’un livre.Si l’écrivain doit être un artiste, il doit être aussi un bon ouvrier, et bien édifier la charpente d'un ouvrage n’est pas facile.A ce propos l’auteur écrit que le critique Albert Thibaudet se moquait un peu de « la parfaite fabrication d'un Bourget, dont les romans se moulaient si bien sur les livraisons de la Revue des deux mondes » (p.228).Et Bars ajoute: « Et il est vrai que l'artiste est aussi faber, qu'il n'a pas à en rougir » (p.228).Au contraire, il doit s'en réjouir; un Roger Martin du Gard qui était un grand artiste, était aussi un architecte de premier ordre.Si son roman Les Thibault reste une des grandes œuvres romanesques de l’entre-deux-guerres, cela est dû sans aucun doute à sa parfaite composition.Un livre comme celui-ci se devait d’avoir un chapitre sur le critique littéraire, cet homme qui écrit sur les livres des autres.La meilleure définition du critique et de la critique, nous la devons à Sainte-Beuve.et Henri Bars la cite au début de son chapitre Qu’est-ce qu’un critique ?« Je pense sur la critique deux choses qui semblent contradictoires et qui ne le sont pas: 10 Le critique n'est qu’un homme qui sait lire, et qui apprend à lire aux autres.2° La critique, telle que je l’entends et telle que je voudrais la pratiquer, est une invention et une création perpétuelle.» (P.261) Savoir lire au sens de Sainte-Beuve est très difficile et les critiques qui y parviennent sont rares.La lecture doit être un dialogue, et comme tel demande un oubli de soi.Le critique doit s’efforcer de se mettre à la place de l’auteur.On n’abdique pas son jugement pour cela; on le suspend pour mieux saisir les intentions de l’écrivain.Faire de la critique une invention, une création est plus rare encore.Le véritable critique est un artiste, et qui dit artiste dit aussi créateur.Le genre littéraire de la critique, comme les autres genres littéraires « est, écrit l’auteur, une certaine manière de mettre au monde des œuvres » (p.275).De plus, pour être un bon critique, il faut posséder une grande culture et une information étendue.C’est ce qui a fait la force d’Albert Thibaudet, et actuellement de Pierre-Henri Simon.Je pense que le manque d’information est une lacune chez beaucoup de critiques du Canada français.Leurs connaissances théologiques, philosophiques et historiques sont assez rudimentaires.D’où le résultat: des pages qui sont souvent maigres.* * * « Mais je songe que ce volume est déjà bien lourd », écrit l’auteur, en terminant, « qu’il n’est pas le premier de ma façon, que j’ai peut-être encore quelques années de travail devant moi, que tant de projets encombrent ma cervelle.» (P.356) Ce volume est surtout lourd d’une riche matière traitée par un maître écrivain, qui a une érudition tenant du prodige.Je souhaite que les nombreux « projets » soient mis à exécution pour la plus grande joie du lecteur.Suis-je trop pessimiste ?Il me semble que les livres de cette qualité sont de plus en plus rares.(1) BARS (Henry) LA LITTERATURE ET SA CONSCIENCE.Paris, Bernard Grasset [1963] 380p.20.5cm.(2) Gonzague TRUC.Histoire de lu littérature catholique contemporaine.Tournai.Casterman.1961.P.297.Janvier 1965 123 TIoHjcca, bihlioqAjapJiijCfMsiA.Littérature canadienne Lifté ratu re BASILE (Jean) LA JUMENT DES MONGOLS.Montréal.Editions du Jour (19641.179p.21cm.(Coll.Les romanciers du Jour, no 13) Ce roman de Jean Basile, le premier d’une tétralogie intitulée Roma-Anwr, amènera-t-il tous ses lecteurs à réfléchir profondément ?Je l'espère.Bien entendu, je ne parle pas ici tic cette réflexion facile que provoque spontanément toute vraie découverte de valeurs humaines.Plutôt, je dirais que la réflexion suscitée par ce roman viendrait de la simple horreur du vide, et plus précisément d'un sens du tragique retrouvé en mouvement second et surgissant comme à rebours du remuement de « vieilles (ristesses » qu'opère le romancier dans la description de ses personnages déshumanisés.Tel peut être, il me semble, l'effet bénéfique de ce roman, à la condition toutefois que le lecteur soit capable de tous les courages.Il y a, en premier lieu, l'utilisation d'une technique romanesque qui nous horripile.C’est la recette du roman servi à la moderne et sans plus de succès retentissant, toujours remarquable à sa massi-veté: un texte d une seule volée, coupé en six chapitre, sans paragraphes, farci de phrases qui n'ont de proustien à mon sens que leurs dimensions filandreuses et dans lequel s'affolent d'hésitantes virgules.C'est une autre agacerie que cet emploi du style petit nègre tout en ellipses, soit du genre suivant: « .si envie de culture écouter Wagner, si pas envie repasser les pantalons.», soit d'un autre genre qui est le dispositif à laisser aux pièces de théâtre: Moi: « Tu sais bien que.» Elle: « Si on peut », etc.Moi: « Si tu veux, cessons de jouer la comédie ».etc.Mais le courage le plus sollicité du lecteur, c'est l'effort de réflexion dans les pauses ou l'ultime pause de sa lecture.Aussi surprenant et contradictoire que cela puisse être, le roman ne présente de valeur qu’indirectement par la densité plus ou moins consistante de son affabulation et de sa psychologie.A la réalité, il n'y a qu’une image à voir, celle « de pauvres sinistrés sur un ilôt insalubre »: « La Maine (alias boulevard Saint-Laurent), dit l'un deux, c’est notre dimension tragique ».Dans ce cadre et sous le signe de la double dimension du sexe et du parfait désoeuvrement remue un « petit monde » d'individus qui s’assemblent parce qu'ils se ressemblent.On se trompe sans trop de déplaisir sur le chapitre de l’amour, on agite mille arguties sur toute chose sans jamais faire le point sur ce qu’on est ou devrait être, on twiste sur des airs de Mozart, on ripaille à la chandelle ou l'on va de nuit promener son petit bonheur, ici et là, dans des bouges portant grandes enseignes lumineuses.La dolce vita montréalaise, quoi ! vécue par des gens oui ont décidé de prendre la ville aux tripes et de faire feu de leurs quatre fers.« Quand on sera vieux, prétend l'un d’eux, nous habiterons Outremont et deviendrons de charmants petits intellectuels »! Il arrive que ces rêveurs d’utopies, tout incapables qu’ils soient de solitude et de silence, s'interrogent en entremêlant des aphorismes de tout acabit, comme seraient les propos entendus à la fois d’enfants de chœur et d’enfants de bohème: « Qui sommes-nous ?nous sommes des voyous, des paresseux, des vicieux et des imbé-béciles.des prétentieux, des salauds.Dieu nous aime pour ce que nous sommes.Nous n’avons pas le courage des vraies solutions.Tout est pur aux intelligents impurs.» etc., etc.Ainsi tournent dans le cercle inscrit de leur désert d'ennui ces cavaliers et leurs amazones qui tous ensemble n'ont d’autres lois que les leurs, qui vivent vraisemblablement de l’air du temps ou des apanages du lit.La symbolique jument de ces mongols, Armande, les devance tous: un jour, se voyant enceinte, elle se bourre de quinine, s'applique une sonde et vient mourir au cénacle, sans trop créer d'émoi, au milieu de ses comparses.Bref, une curieuse anecdote que Jean Basile aurait pu condenser pour donner plus de corps et aussi plus d'âme à l'ensemble de son roman: c’est en somme un récit qu’il nous fait, dans lequel les menus détails sont livrés sans plus de complaisance, mais du même coup se révèle le peu de profondeur humaine de ses personnages qui deviennent factices.Il est vrai qu’on ne trouvera pas ici l’embryon d’une quelconque philosophie, comme l'auteur a pris soin de nous en avertir.De plus, nous dit-il, « je n'invente rien, ni héros, ni décor, ni situations ».Ce dont on se rend compte d’emblée ! Dommage pour un auteur qui se propose de nous entretenir « des quatre choses importantes de la vie, l'amour, la création, l'enfance et la mort ».Nous sommes vraiment à l'heure du lecteur ! Roland CHARLAND 124 LECTURES Lisle des ouvrages canadiens récents Afin de mettre nos abonnés plus rapidement au courant de la production canadienne, dans tous les domaines, nous publierons dorénavant chaque mois, une liste des dernières nouveautés parues.Il s’agit là d’une simple nomenclature d'ouvrages, sans indication de leur valeur.Bon nombre de ces ouvrages seront ultérieurement l’objet d'une recension ou d’une étude critique qui en établira la valeur.Généralités V1NET (Bernard) Travaux semestriels — Dissertations et thèses.Comment les préparer, comment les présenter.Montréal.Centre de psychologie et de pédagogie [1964], 98p.22cm.Relié.Religion CREPEAULT (P.-E.) Le célibat (lu prêtre.|S.l.n.e.n.d.] 23p.22.5cm.Education EN COLLABORATION La structure du premier cycle universitaire.Montréal, Centre de psychologie et de pédagogie, 1964.68p.18cm.Sciences pures et appliquées CiHEDIN (Josette) Votre visage, madame.Montréal.Editions de l’Homme [1964J.126p.ill.(h.-t.) 20cm.LEBEL (Wilfrid) Les mesures équivalentes.2 volumes en 1 seul.Français et Anglais.Montréal.Centre de psychologie et de pédagogie [1964).184p.19.5cm.Poésie BEAUDOIN (Jean Gibea) Guerre de sang (ou le Juif).|Montréalj Editions du lys [ 1964J.95p.21cm.BLAIS (Marie-Claire) Existences.Poèmes.Québec, Editions Garneau 11964).51p.21cm.CHAURETTE (Andrée) La cellule enneigée.Montréal.Editions de l'Hexagone (1964).40p.20cm.MAILLET (Andrée) Elémentaires.(1954-1964) Montréal, Librairie Déom [ 1964).57p.21cm.(Coll.Poésie canadienne, no 8) PAGEAU (René) Solitude des îles.Illustré par Bruno Hébert.Montréal, Editions de l’Atelier [1964].77p.ill.(h.-t.) 19cm.PALLASCIO-MORIN (Ernest) Autopsie du secret.Québec.Editions Garneau [1964].78p.20.5cm.ROBERT (Guy) Littérature du Québec.T.I: Témoignages de 17 poètes.Montréal.Librairie Déom 11964], 333p.20.5cm.SCHENDEL (Michel van) Variations sur la pierre.Montréal.Editions de l’Hexagone [1964].46p.21cm.VALOIS (Frédérique) Reflets de bérvlune.Poèmes.Préface de Gilles Hénault.[Montréal.Centre de psychologie et de pédagogie.1964.] 55p.ill.24.5cm.Romans, contes et nouvelles ANNE-MARIE L'Aube de la joie.Roman.Montréal, Tides [1964].215p.15cm.(Coll.Alouette bleue, no 15) CARON (Albert Ena) Les mauvais bergers.Montréal, Editions de l'Homme [1964].157p.20.5cm.LANDRY (Louis) Fables.Illustrations de Jean Landry.Couverture de Michel Landry.[Montréal, Le Cercle du Livre de France, 1964.] 159p.ill.2!cm.LECOURS (Raymond) Gésine.Montréal, Editions de l’Homme [1964].174p.20.5cm.PARIZEAU (Alice) Survivre.[Montréal] Le Cercle du Livre de France [1964], 315p.20.5cm.RENAUD (Jacques) Le cassé.[Montréal] Editions Parti-Pris [1964].126p.15.5cm.(Coll.Paroles, no 1) Essais TOUPIN (Paul) L’écrivain et son théâtre.|Montréal] Le Cercle du Livre de France [1964].97p.20.5cm.Biographie MITCHELL (Sœur Estelle), s.g.m.A1ère Jane Slocombe, neuvième supérieure générale des Sœurs grises de Montréal (18I2-1872).Montréal.Fides [ 1964].495p.ill.(h.-t.) 22cm.Histoire MINISTERE DES AFFAIRES CULTURELLES Inventaire des greffes des notaires du régime français.T.XX: Louis Chambalon (1692-1716).Québec, Roch Lefebvre, I964.98p.25.5cm.RIOUX (Jean-de-la-Croix) Gabriel Sagard.Théodat.Montréal, Fides [ 1964].94p.I6cm.(Coll.Classiques canadiens, no 26) Janvier 1965 125 Littérature étrangère Morale MORIN (Violette) et MARAULT (Joseph) UN MYTHE MODERNE: L'EROTISME.[Tournai] Cas- terman, 1964.128p.19cm.(Coll.Toute la question) Lerotisme n’est pas né d'hier, il est vieux comme le monde.La différence — elle est grosse de conséquences — c’est que maintenant il est partout.La première partie de ce livre est une analyse sociologique, très bien conduite, de lerotisme, par Violette Morin.La seconde, écrite par Joseph Majault, a comme titre: Erotisme et valeurs morales.Notre civilisation, si elle est splendide, est aussi sordide : elle est une civilisation du plaisir: il faudrait être totalement inconscient pour ne pas l’admettre.Dans l'introduction, on signale qu’une enquête auprès d'ouvriers et d'étudiants a montré que 63% de ceux-ci et 75% de ceux-là ambitionnent une existence facile, débarrassée de soucis, avec « des plaisirs passifs immédiats » (p.8).Ces plaisirs, l'érotisme les apporte.L'amour véritable est dialogue de deux personnes, et il prend sa véritable dimension dans le temps.L’érotisme, au contraire, refuse cette notion de personne; seul le sexe-objet l’intéresse, et l’instant lui suffit.« Tout entier dans l'instant — « il n'y a plus d'après », dit une chanson à la mode — il meurt aussitôt né.Au lieu d’être partage et échange, il tend à devenir un en-soi stérile, étouffé, étouffant.» (P.9) Ce qu’il y a de terrible, c’est que lerotisme s’insinue partout.Il fait maintenant partie de notre vie quotidienne; nous pouvons être contre, mais nous ne pouvons pas ne pas le voir.« On en voit même tant, partout et tout le temps, qu'on en est voyeur : voyeur indifférent ou pervers, accoutumé, myope.lucide ou amateur, voyeur pour ou voyeur contre, mais voyeur.Notre civilisation à images mobiles ou immobiles (cinéma, télévision, affiches, photos de magazines et de publicité), est une civilisation à images érotisées.» (P.13) Veut-on des exemples ?La publicité, entre autres, nous en offre par milliers.Cette dernière «est là comme une musique de fond à bercer et à imbiber nos vies quotidiennes, tout en stimulant nos fonctions consommatrices.Cette persuasion clandestine se drape d’érotisme, irrigue de l erotisme » (p.16).Tous les moyens sont bons pour vendre un produit.Même si certains de ces produits sont pauvres en érotisme, la publicité va leur en donner.« Pour le dentier, nous verrons l’image d'une bouche gourmande s'approchant du fruit d'Eve : « Avec lui vous pouvez croquer une pomme »; le cirage : « la crème de beauté de la chaussure »; la casserole: « un miroir ».(P.18) La deuxième partie, Erotisme et valeurs morales, m'apparaît assez faible.Sur le dos de la couverture du livre, je lis : « Des questions nettement posées.Des réponses claires, nuancées, précises.» La question est posée, mais les réponses ne sont ni « claires », ni « précises ».Mais je dois dire que sur les causes de l'envahissement de l’érotisme, l'auteur a des vues justes.« Par réaction contre la pruderie victorienne et les horreurs de deux guerres successives, par défense aussi contre les perspectives d'un nouveau cataclysme, l’homme, pressé de vivre et menacé de mourir avant d'avoir vécu, fatigué, affolé par le rythme de la civilisation contemporaine, se hâte, tant qu’il en a la force et le goût, d'épuiser ses bonheurs.» (P.103) Ce livre est très riche d’enseignement pour la pastorale.Il est difficile plus que jamais de faire passer le message évangélique dans un monde livré à la frénésie du plai- sir.Et pour un chrétien soucieux de vivre sa vie de baptisé et d'enfant de Dieu, une forte vie spirituelle est nécessaire plus que jamais.Sinon, les chances sont grandes que lerotisme devienne une « religion nouvelle » comme l'a bien montré Violette Morin.Bernard-M.MATHIEU, o.p.Religion HAYEK (Michel) LITURGIE MARONITE.Histoire et textes eucharistiques.|Tours] Marne [1964].435p.21.5cm.fColl.Lumine in Fidei) Le Père Michel Hayek vient de nous donner, pour la liturgie maronite, un ouvrage que nous souhaiterions voir imité pour chacune des liturgies orientales.Un beau volume composé dans une typographie élégante, imprimé sur papier de qualité, nous présente cette ancienne liturgie d’abord dans une introduction historique de 220 pages, ensuite dans une partie documentaire de 190 pages (choix de textes eucharistiques traduits en français).Le tout, muni de bons index et d’une bibliographie.L’attention croissante portée par les chrétiens occidentaux aux liturgies orientales, les découvertes et échanges provoqués par le Concile, le mouvement actuel d'œcuménisme qui touche de près les Eglises orthodoxes, tout cela nous amène à souhaiter des études plus nombreuses et plus poussées, de même que des collections de textes plus complètes sur ce patrimoine de la chrétienté qui vit à l’Orient.Dans la première partie, la sûreté d'information et la clarté d’exposition de l’auteur (qui appartient au patriarcat maronite d’Antioche), nous permettent une saisie très attachante de cette partie ancienne et originale de l’Eglise qu’est le groupe maronite.126 LECTURES Et d’autre part, les textes choisis et bien traduits (quoique bien des phrases soient longues.), nous permettent encore une fois de toucher à ce mode d’expression si different du nôtre, d’avancer dans cette vertu de religion vécue de façon peut-être plus affective, mais plus riche aussi, par les orientaux, et d’assister à ces effusions de prières aimantes et respectueuses remplies de doctrine, qui caractérisent nos frères de l’Est.Citons en terminant la belle action de grâces de l’anaphore « Cha-rar » : « Louange à loi, pour la grâce envers nous, et pour la majesté ineffable, ô Feu dévorant que nos doigts ont porté, ô Braise vivante sur laquelle nos lèvres se sont posées .Je t’ai porté, ô Dieu, dans le creux de ma main, et je t’ai baisé sur mes paumes, ô Maître des mondes, toi que les univers ne peuvent contenir, toi qui contiens tout, je t'ai posé dans ma bouche.Que par la manducation de ton Corps, mes désirs s’évanouissent, et par l'abreuvement à ton Calice, mes passions s’éteignent.et que, par toi, je mérite la rémission des péchés dans l’un et l’autre siècle.Amen.• (P.221) Guy-M.BERTRAND, c.s.c.il Mini il mini il ni mi iimiiii ni min ni i RAHNER (Karl) ELEMENTS DE THEOLOGIE SPIRITUELLE.Essais.Paris, Desclée de Brouwer [1964].298p.20cm.(Coll.Christus, no 15) La collection Christus, où l’on compte déjà plusieurs ouvrages précieux sur la vie chrétienne, vient de s’enrichir d’un livre où sont groupées les traductions de la plupart des essais du volume 3 de Schrif-ten zur Théologie, publié par le P.Karl Rahner chez Benziger en 1957.Karl RAHNER A cause de l’intérêt grandissant des lecteurs catholiques pour les écrits du Père Rahner, nous donnons ici un bref sommaire des études ici traduites : Première partie, problèmes fondamentaux : La perfection chrétienne; L'humanité de Jésus et notre rapport avec Dieu; Le renoncement; Passion et ascèse; De la bonne intention.— Deuxième partie, sur les sacrements : Eucharistie et confession.— Troisième partie, sur la vie quotidienne du chrétien ; De la prière et de quelques autres sujets.— Quatrième partie, sur les états de vie dans l’Eglise : Consécration du laïc pour la pastorale, et vie sacerdotale.Le feuillet de publicité prétend que ces Eléments de théologie spirituelle s'adressent à tous, non seulement aux spécialistes, mais aussi aux prêtres et aux laïcs « qui veulent suivre les développements actuels de la recherche théologique et nourrir leurs réflexions chrétiennes ».— Nous voudrions bien que tous soient capables de lire ces pages où la vaste culture philosophique, théologique et historique du Père Rahner, s'allie à la profondeur de scs intuitions surnaturelles et à la lucidité étonnante de son zèle sacerdotal; mais il nous faut rappeler que cet écrivain, par la puissance même de sa réflexion et par la complexité de son style, a de quoi dérouter les lecteurs trop faciles.On pourrait aussi déplorer que certains lecteurs, peu préparés, peu décidés à profiter sérieusement de ces richesses, utilisent de façon superficielle, et parfois fausse, les idées rahnériennes, avec un plus grand désir de se justifier ou de paraître, peut-être, que d'être objectif.Mais de iouie façon, les richesses sont incontestablement là, dans cette pensée très personnelle, mais aussi très orthodoxe et très actuelle, qui aborde avec un calme et un courage étonnants la plupart des grands problèmes qui confrontent les chrétiens de nos jours.Dans l'ouvrage qui nous occupe, l'auteur consacre assurément plusieurs pages à la problématique des questions abordées, mais les sujets sont quand même traités sous un angle plus pratique que spéculatif, et leur méditation serait sûrement profitable à tous ceux qui cherchent un ressourccment des valeurs chrétiennes fondamentales.Peut-être la meilleure façon d'utiliser ce livre, pour ceux qui ne sont pas experts dans les sciences telles que la philosophie et la théologie, serait d'en entreprendre l’étude en équipe: on aurait ainsi plus de chance de découvrir les divers aspects, multiples et très féconds, de ce modeste ouvrage d’un grand penseur chrétien.G.-M.BERTRAND, c.s.c.Illlllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll DANIELOU (Jean) et MAR-ROU (Henri) NOUVELLE HISTOIRE DE L'EGLISE.T.I : Des origines à saint Grégoire le Grand.Introduction de Roger Aubert.Paris, Editions du Seuil [1963].614p.20cm.Relié.Cette Histoire de l'Eglise comptera cinq volumes; la qualité du tonie premier est de très bon augure pour les suivants.L’Eglise étant le Peuple de Dieu, son histoire n'est donc pas seulement celle de ses chefs, mais aussi celle des membres; trop ouvent jadis, les historiens se limitaient à Janvier 1965 J 27 Jeon DANIÉLOU montrer l'action des papes et des évêques.« Il faut, écrit Roger Aubert dans l'introduction, que l'histoire de l'Eglise s'intéresse en outre et dans une large proportion, au peuple fidèle lui-même, à ces laïcs dont le nom vient précisément du terme grec laos qui signifie peuple.Ceux-ci constituent numériquement la part la plus importante de l'Eglise dans sa réalité concrète et sont loin de n'avoir tenu dans sa vie qu'un rôle passif.» (P.12) Les auteurs de cette Nouvelle Histoire de l'Eglise tiennent donc à signaler le rôle actif des laïcs au sein de l'Eglise; même les simples fidèles doivent intéresser l'historien, parce qu'ils constituent dans l'Eglise « des membres à part entière » (p.12).Il va de soi aussi que cet ouvrage tiendra compte du mouvement œcuménique actuel, et de l’esprit de notre temps.L'historien doit montrer honnêtement que l’Eglise du Christ, tout en demeurant ferme, a souffert des schismes et des hérésies, et reste affaiblie par les pertes subies.Les collaborateurs veulent écrire « l'histoire de l'unique Eglise de Jésus-Christ, qui n’oublie pas la place qu'ont tenue et que continuent à tenir de fait dans cette histoire les autres Eglises » (p.26).Le premier volume a été écrit par le Père Jean Daniélou et M.Henri Marrou, deux spécialistes de l'Eglise ancienne.Le premier a rédigé la partie couvrant les trois premiers siècles.Son récit est très serré, mais l'image qu’il présente des origines du christianisme est bien vivante.Très au courant des plus récentes recherches, notre auteur se montre un historien bien informé.M.Marrou avait la partie plus belle; la période étudiée — de la persécution de Dioclétien à la mort de Grégoire le Grand, 303-604 — étant mieux connue.Par contre cette période, celle de luttes théologiques très dures, présente des difficultés, et ici l'auteur, un laïc comme on sait, se montre d’une haute compétence.Saint Augustin et son œuvre sont bien connus de M.Marrou.L’Eglise vénère en l’évêque d’Hippone, le Docteur de la Grâce; mais Jansénius, Saint-Cyran et leurs disciples ont-ils entièrement tort dans l’interprétation de la pensée augustinienne ?Cette question je me la suis posée bien souvent, sans trouver la solution: elle nous est donnée par Marrou dans un texte éclairant.Face à un rude adversaire, Pélage, le grand Docteur a été amené « à raidir sa garde, à durcir sa pensée, à utiliser des formules qui dépassaient peut-être sa conviction profonde, et certainement la foi authentique professée par l'Eglise.Si celle-ci n'a cessé de vénérer en lui le Docteur de la Grâce.il est bien vrai aussi qu’elle s'est toujours tenue en deçà de certaines majorations contenues dans ces traités antipélagiens; qu'il y ait eu là au moins l’amorce d'un péril, l'erreur où s'engagèrent tant de lecteurs l'atteste, de Gottschalk à Jansénius, en passant par Wycliff, Luther et Baius » (p.455).Cette Nouvelle Histoire de l'Eglise, si elle est destinée à un large public, n'est pas de la simple vulgarisation.Bien au contraire: les nombreuses notes, une bibliographie couvrant trente-cinq pages, la chronologie des principaux événements, et l'index analytique font de ce livre un ouvrage de première valeur pour les étudiants et les professeurs.Bernard-M.MATHIEU, o.p.DHEILLY (J.) DICTIONNAIRE BIBLIQUE.[Tournai] Desclée [1964].1259p.22.5cm.Relié.L’auteur de ce dictionnaire est manifestement un chercheur d’une admirable patience.Il s'était fixé comme but de son ouvrage de rassembler brièvement les innombrables renseignements susceptibles d'aider à mieux comprendre la Sainte Ecriture.Il a très bien réalisé son intention.Il convient de souligner d’abord que ce volume contient 2500 articles, qui traitent des multiples domaines ayant des incidences bibliques, tels que l’archéologie, l’histoire, la géographie, les institutions, la littérature biblique, les personnages, les thèmes bibliques, la théologie.Les titres de tous ces articles sont groupés, par ordre alphabétique, dans des tables spéciales.En appendice, l'auteur ajoute notamment des détails très intéressants sur l’équivalence actuelle du calendrier babylonien, des mesures de longueur et de capacité, des poids, des monnaies grecques et romaines.Ainsi, il indique notamment que, en 1964, un statère vaut environ 47 francs, une obole 4 francs, un denier 1,70 franc, un talent 140,000 francs, une mine 2350 francs, une coudée 45 centimètres, un stade 185 mètres, un métrète 39,4 litres, etc.: autant de détails qui peuvent ajouter une coloration intéressante à la compréhension des textes bibliques concernés.Quand les articles s'y prêtaient, l'auteur n’a pas négligé les compléments connexes à la spiritualité et à la liturgie.De plus, ses exposés tiennent compte des résultats actuels des sciences bibliques et, pour les points qui comportent encore plusieurs hypothèses, il s’est efforcé de combiner tradition et progrès et de proposer l’opinion qui semble actuellement la plus certaine.Sans doute, en un seul volume, l’auteur devait se limiter aux renseignements essentiels sur chacun des sujets abordés; néanmoins, il a 128 LECTURES indique les réferences qui pouvaient orienter le lecteur vers des ouvrages plus spécialisés et plus détaillés sur les questions traitées.Toutes les qualités de cet ouvrage, énumérées ici très sommairement, en font un instrument de travail très précieux pour tous ceux qui désirent étendre leur culture biblique et théologique.Ovila MELANÇON, c.s.c.Illlllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll STEINMANN (Jean) LITTERATURE D'HIER ET D'A UJOURD'HUl.[Bruges] Desclée de Brouwer [1963].238p.19.5cm.L’abbé Jean Steinmann est mort tragiquement en Palestine le 8 avril 1963.Quelques jours avant son départ pour la Terre Sainte, il avait remis à son éditeur le manuscrit de ce volume.Bien connu surtout comme exégète, Steinmann avait déjà publié des études littéraires remarquables sur Pascal et Léon Bloy.On trouve dans les présents essais les qualités et les défauts des deux livres que je viens de nommer: une riche information, un goût sûr, un style toujours alerte.Les défauts: une ironie souvent blessante, et une impertinence de gamin — les Jésuites en savent quelque chose, eux qui ont été durement secoués dans l’ouvrage sur Pascal — gâtent souvent les plus belles pages.Il y a dans ce livre un dialogue avec Péguy qui est savoureux et parfaitement réussi, et il vaut la peine qu’on s’y arrête.Non pas que les autres chapitres soient manqués, au contraire, mais celui-ci m’a particulièrement frappé par sa ferveur communicative.Jean Steinmann imagine une rencontre avec Péguy sur la route de Chartres, rencontre où il engage une conversation.Ceci se passe en 1949, et à cette date Claudel était de l’Académie; Péguy est très heureux: « J’ai toujours aimé l’Académie.Je la rêvais pour moi.C’est la grande promotion dans la famille de Corneille.J’aime voir un Jean STEINMANN vieux poète s’enfiler dans l’habit vert, tapir son ventre dans un buisson de laurier.» (P.92).On sait à quel point Steinmann tenait au sens littéral des Ecritures; il voulait a-voir lame juive pour lire l’Ancien Testament, et l’ânie chrétienne pour lire l’Evangile.Et sur ce point Péguy lui donne raison.« Faites-vous l’âme hébraïque d’Isaïe, de Jérémie et de Job », dit-il.Plus loin: « Quant à l’âme chrétienne, mon enfant, il est bien inutile que je vous en parle.Je ne peux prononcer le nom de Notre-Dame sans que cette âme me remonte aux lèvres avec toute ma race » (p.98).Péguy avant de quitter notre auteur lui dit qu’au Ciel il commente la Bible: « Il me suffit d’une ligne des vieux prophètes pour improviser d'immenses porches, proférer d’interminables Mystères et pour continuer les jours de prose, des notes conjointes sur Job ou la Seconde aux Corinthiens.» (P.100) L’ouvrage se termine par un entretien entre trois personnages à propos des Voix du Silence d’André Malraux.Un des personnages — il s’apparente beaucoup à Steinmann — aime à regarder, ce qui est très juste, les œuvres du passé à travers celles de son époque.« C’est à travers Proust que j’aime à relire Saint-Simon.Inversement Mauriac me fait souvent songer à Chateaubriand, Bosco à Gérard de Nerval, Gide est un Jean-Jacques déboutonné et Claudel notre nouvel Hugo.» (P.229) Et Malraux ?A Pascal, pas moins.Mais il avoue que « les deux auteurs ne sont guère des frères siamois » (p.229).Malraux fait penser à l’auteur des Pensées, parce qu’il est « l’homme sans Dieu, tel que l’a décrit Pascal.11 est hanté par le mystère.B a sans cesse sur les lèvres Nietzche et Dostoievsky » (p.233-234).Tout est brillant dans ce livre, trop peut-être; on aimerait une pensée plus réfléchie.Mais n’en demandons pas trop: Steinmann n’était pas un critique littéraire; homme d’une grande culture, il parle avec amour et vénération de quelques écrivains qu’il aimait beaucoup.Bernard-M.MATHIEU, o.p.Pour qu’une œuvre littéraire de quelque importance puisse exercer sur-le-champ une influence étendue et profonde, il faut qu’il y ait une secrète parenté, voire une véritable identité, entre le destin personnel de l’auteur et le destin anonyme de la génération contemporaine.Thomas MANN Janvier 1965 129 jKyjjlljf hi mse BRHhI V cLe ieimeA&o, LIVRES POUR ENFANTS GRIMM (Frères) BLANCHE NEIGE ET ROSE ROUGE.Images de Simonne Baudoin.Paris, Gautier-Lan-guereau, 1963.I20p.) ill.21cm.(Coll.Les albums merveilleux, no 120) Relié.Le merveilleux — lees et lutins, nains et gnomes, animaux parlants et humains changés en bêtes — captive toujours le jeune enfant.Les aventures des deux soeurs avec le bon ours et le méchant nain plairont aux petites filles jusqu'à 9 ans.Béatrice CLEMENT tiiimiiimmimiiiiiimimiiiiiiiiiiiiiii MARIE DE SAINT-DOMINIQUE (Mère) et DINGEON (J.-M.) JE SUIS TON DIEU.Ancien Testament pour enfants de 7 à 9 ans.|Tours] Manie [1964).47p.ill.15.5 cm.(Coll.Le Luminaire.tome I) Relié.Cet album, qui porte en sous-titre Ancien Testament pour enfants de 7 à 9 ans, s'ouvre sur une introduction d'une page suivie d'une préface de trois pages à l’usage des parents et des éducateurs.« On a moins cherché à expliquer qu’à faire vivre », lit-on p.4, et c’est bien là l'objectif fondamental de toute formation religieuse.Toutefois, on se demande, en tournant les pages de ce livre, à quels enfants il profi- tera.Il se compose de vingt courts extraits bibliques, habilement paraphrasés, et d'autant d’illustrations en couleurs.Des jeunes de 6 à 12 ans, élèves d'un atelier d’ari sacré, ayant écouté la lecture d’un texte, ont pris leur pinceau et ont essayé d’exprimer leurs impressions par l’image.Pour les camarades, il se peut que ces dessins rappellent l’expérience vécue en commun et suscitent des pensées d'adoration et d’amour, « attitude théocentrique » que souhaitent les auteurs.Quant au jeune lecteur en général, je doute qu'il ait une réaction analogue.Béatrice CLEMENT lllllllllllllllllllllllltlllllllllllllllllllllll MARIE DE SAINT-DOMINIQUE (Mère) et DINGEON (J.-M.) J'AI VU LE SEIGNEUR.Nouveau Testament pour enfants de 7 à 9 ans.[Tours] Manie [1964).47p.ill.15.5cm.(Coll.Le Luminaire, tome II) Relié.Ce second album de la collection Le Luminaire continue l’histoire de Dieu et des hommes; c'est le Nouveau Testament pour enfants de 7 à 9 ans.Il présente les mêmes caractéristiques que le premier.Autour d'un texte bien commenté pour les tout-petits, on trouve, d'une part, la gaucherie des dessins d'artistes de 6 à 14 ans (fort bien cependant, la pêche miraculeuse); d'autre part, une dédicace, un titre de collection et une préface « adultes ».A cause de leur aspect similaire, les titres de ces deux albums ne sont pas bien choisis.Je.Dieu.J'ai.Seigneur.La première fois, c'est ce Dieu Seigneur qui parle, pas la seconde.Béatrice CLEMENT llllllllllllllllllllllllllllllllllllllilllllllll BLYTON (Enid) LA BOUSSOLE DU CLUB DES CINQ.Illustrations de Jeanne Hives.[Paris] Hachette [1963].190p.ill.17cm.(Coll.Nouvelle bibliothèque rose, no 138) Relié.Le Club des Cinq, en vacances dans un phare désaffecté, dérange les projets de deux mauvais sujets, petits-fils d’un naufrageur de naguère.Guides, les deux hommes conduisent les touristes dans les grottes qui foisonnent non loin du phare.En même temps, ils cherchent un trésor, caché là par leur aïeul.Grâce à la boussole et au singe de Pilou, les enfants dénichent le trésor avant les deux frères.Amusantes aventures pour filles et garçons de 9 à 11 ans.Béatrice CLEMENT 130 LECTURES LIVRES POUR JEUNES DIELETTE I-LEURS D'ECOSSE.Illustrations de G.Pichard.Paris, Editions Gautier-Languereau, 1964.123p.ill.18cm.(Coll.Nouvelle bibliothèque de Suzet-le, no 58) Relié.En Ecosse, un vieux laird s’inquiète de l’avenir de ses arrière-petites-filles, orphelines et sans parenté dans les Highlands.Leur père, aux jours de la Terreur, avait sauvé de la guillotine le chevalier de Serviniac qui lui jura une reconnaissance éternelle.C’est au chevalier qu'écrit l'aïeul, le priant d’obtenir pour Rosalinde un brevet de dame d’honneur à la cour de France, car la mère des adolescentes était française.En France, des jeunes gens qui conspirent contre le roi Charles X cherchent des fonds pour « la cause ».Résultat ?Un mariage par procuration, des compagnes de voyage qui embarrassent singulièrement le chevalier, une réception déroutante pour les deux soeurs.Et tout le monde se retrouve sur la barricade de la rue Saint-Antoine, par ce beau jour de juillet 1830.Ce joli roman captivera les filles de 10 à 13 ans.Béatrice CLEMENT iiiiiimiiiiiiiiiiimimiiiiimiiiiiiimiii QUI NE (Caroline) ALICE ET LES DIAMANTS.Texte français d'Anne Joba.Illustrations d’Albert Chazelle.[Paris] Hachette [1963].252p.ill.17cm.(Coll.Bibliothèque verte, no 224) Relié.Fille d'un criminaliste de renom, Alice — 18 ans — s’amuse à jouer aux détectives avec un succès surprenant.Ici, elle retrouve les diamants d’une amie; une fortune, volée à la suite d’une négligence.L’auteur ne manque pas d’imagination et mène l’intrigue avec assez de vraisemblance.Les personnages n'ont guère de profondeur.L'intérêt du roman tient tout entier dans l'énigme à résoudre.Les filles de 13 à 15 ans se délasseront en lisant ce volume.Marcel CLERMONT llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll HUBLET (Albert) MAMMY.[Paris] Desclée de Brouwer [1963].152p.19cm.(Coll.Belle Humeur, no 16) Relié.Ce livre raconte une histoire vécue durant la guerre; cependant, seuls quelques événements en sont relatés: ceux qui touchent de très près nos héros.Une bombe éclate, un petit orphelin blessé est sauvé par une jeune infirmière; ils s'attachent profondément l’un à l’autre.L’enfant se sent bien délaissé: Claire Ar-cueil, qui l'a soigné avec tendresse et affection, l’emmène demeurer chez elle où tous l’accueillent avec joie.C’est la première fois que Jacky goûte la chaude atmosphère d’un foyer vraiment familial.Il n’avait pas connu sa mère, et de son père VISITEZ LA LIBRAIRIE 245 EST, BOULEVARD DORCHESTER, MONTRÉAL, Tel.: 861-9621 Moderne, spacieuse, climatisée, la librairie Fides offre un choix unique de collections de livres d'art, d'encyclopédies, de littérature générale, de livres de spiritualité, d'albums pour enfants.Invitation spéciale aux éducateurs et aux étudiants, le samedi, alors que la librairie est ouverte de 9 heures du matin à 5 heures de l'après-midi.Un vaste terrain de stationnement à l’arrière de l’immeuble, ouvert sur les rues Sainte-Elisabeth et Hôtel-de-Ville, permet à nos clients de garer leur voiture gratuitement.janvier 1965 131 il dit un jour : « Papa me comblait de cadeaux, mais je les aurais volontiers donnés tous pour qu’il me prît une fois sur ses genoux.il n'en avait pas le temps.» Sous l'influence de la piété de tous, Jacky se convertit et désormais il juge les gens avec son âme de néophyte.Il est à même de comparer l’hon- BOURLIAGUET (Léonce) LE PARC AUX PRELES.[Brugesl Desclée de Brouwer (1964].154p.ill.18.5cm.(Coll.Belle Humeur, no 112) Relié.Deux camarades se lancent un défi: lequel découvrira, le premier, la « créature invisible, insaisissable.séduisante, qu'ils nomment la Biche » ?Ils ont repéré sa présence dans un vaste parc à l'abandon, domaine des braconniers et du garde-chasse.Situations désopilantes, dénouement inattendu, jeux de mots, humour.le lecteur sourit du commencement à la fin.Mais ce feu roulant finit par agacer.C’est à se demander si boutades et facéties, saillies et pointes n'ont pas plus d’importance, pour l’auteur, que le récit lui-même.Garçons de 14 ans et plus.Béatrice CLEMENT IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII FERRET (Claude) LA FOSSE-DES-AILS.Illustrations de Willy Copay.(Tournai) Casterman, 1963.143p.il).23cm.(Coll.Relais-Aventure) Relié.Quatre jeunes spéléologues et une adolescente qui débute dans l'exploration souterraine, décou- nêteté des uns et la malhonnêteté des autres lors de son séjour dans une famille riche.Mais tout s'arrange et il retrouve Mammy (Claire) pour de bon.Ce récit très attachant nous démontre qu'une fortune modeste avec de grandes qualités de cœur l'emporte sur le luxe dans la degradation.Il nous fait voir aussi combien une âme d’enfant est malléable et que le bon exemple est ce qu’il y a de mieux pour la conduire vers le droit chemin.La reliure est solide et bien présentée, mais les jeunes seront peut-être désolés du manque d’illustrations.M.D'AMOUR POUR ADOLESCENTS vrent des grottes inconnues.Coincé par un éboulis, Jean-Pierre risque la mort; mais Nathalie parvient à sortir seule et à alerter les camarades.Malgré une intrigue des plus simples (et en dépit d'une disposition typographique déplaisante et des dessins fort laids qui ne « collent » pas au texte), voici un très beau roman.Les personnages sont bien choisis, réels et sympathiques.Ni « païens » ni mièvres, ces sportifs croient en Dieu, créateur des beautés qui les emballent, et à la Vierge, secourable à ceux qui lui font confiance.Garçons et filles de 14 ans et plus.Béatrice CLEMENT llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll! # * * HISTOIRE DES CIVILISATIONS.(Tournai) Casterman ( 1963J.190p.ill.25cm.(Coll.Gloherama) Relié.Chaque page de cette encyclopédie s'accompagne d’une pleine page d'illustrations: carte, personnages importants, reproductions de tableaux, et ainsi de suite.Malheureusement, le moins qu'on puisse dire, c’est que le texte manque d'objectivité trop souvent pour que ce soit l’effet du hasard.Par exemple, page 64, on dit simplement des Turcs qu'ils « rendirent impossibles les pèlerinages au tombeau du Christ », alors qu’on dit des croisés qu’ils « terminent leur victoire en massacrant la population ».On nous apprend (p.64) que, « pour des raisons personnelles », Henri VIII se fait reconnaître chef de l’Eglise d'Angleterre; qu'Eliza-beth « s'efforça de rendre l’Eglise d'Angleterre acceptable à la majorité de ses sujets ».Mais, de Marie Tudor, catholique, on écrit qu'elle « fit mettre à mort un grand nombre d’anglicans et de protestants ».En Russie (p.156), des travailleurs s’étant massés devant le palais impérial pour demander des réformes au tsar: « Cette foule fut brutalement dispersée.Il y eut des centaines de morts et de blessés.» Plus bas: «En mars 1917.Nicolas II abdique.» De l’assassinat de la famille impériale, par un mot ! On consacre une page aux Nations Unies « espoir de paix mondiale ».et une au Conseil de sécurité « facteur de paix », mais aucune à la papauté.On pourrait continuer.Ces quelques exemples suffisent à renseigner sur l’état d'esprit des rédacteurs.En somme il s’agit d’un livre dont la lecture est peu utile.Béatrice CLEMENT 132 LECTURES vous offre à prix extraordinaire TOUTE [A COLLECTION “Alouette des jeunes” 11 titres VÉNUS, VIA ATLANTIDE par Guy Bouchard PRISONNIERS DES CAVERNES par Guy Boulizon L'ANNÉE DE CARILLON par Georges Cerbelaud-Salagnac LES ÉGARÉS DE LA LOUISIANE par Georges Cerbelaud-Salagnac LA VILLE SOUS LE FEU par Georges Cerbelaud-Salagnac LE PARCHEMIN DE LA REINE par Pierre Fuval LE SERMENT DU PETIT CHANTEUR par Pierre Fuval LE BEAU RISQUE par François Hertel LES DEUX ÉCLAIREURS DE L'OHIO par Albert Merglen LE TRÉSOR DE DURFORT par Norbert Romain LES HABITS ROUGES par Robert de Roquebrune Format de poche • Couverture vernie illustrée en quatre couleurs 145 pages • Pour les enfants de 10 à 13 ans Achat tout désigné pour les livres de récompenses et livres de bibliothèques PRIX RÉGULIER : $0.50 chacun; soit $5.50 Pour janvier et février seulement : $1.98 net pour les \\ titres (Frais de port compris) BULLETIN DE COMMANDE S.V.P.expédiez .série(s) complète(s) NOM .ADRESSE .FIDES Venez visiter 245 est, boulevard Dorchester, Montréal notre mognifique libroirie.Stationnement gratuit *861-9621 FIDES à l'arrière de l'immeuble Janvier 1%5 133 - mÊmÊmÊm ^ N ^ mmM fflmÊÊË'": i $*% ¦% '.I *• Religion LEGARE (Romain), o.f.m.La grotte de Notre-Dame-de-Lourdes à Lachute.2e édition revue et complétée.Lachute, Pères Franciscains, 1964.32p.ill.17.5cm.S=
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