Lectures, 1 novembre 1964, novembre
K ,?-fe''IfÉSs! F4- ' ff# f% • -3:’i*'-;’ ';5;:.;; IS9P» SKK*vfS NOUVELLE SÉRIE — VOLUME 11 NUMERO 3 MONTRÉAL FIDES sommaire Un nouveau directeur pour la revue LECTURES .p.52 Gabrielle Roy ou la difficulté de s'a- juster à la réalité par P.-E.Roy .p.55 La mission des prêtres-ouvriers de G.Seifer p.62 Synopse de L.Deiss p.63 Béatrice Clément, écrivain pour la jeunesse par T.Perrault p.71 Le Courrier des lecteurs p.76 Lettre de France par le Dr G.Durand p.81 Page d'anthologie : La vieille Mouser de Julien Green p.84 NOVEMBRE 1964 Gabrielle KO V (voir à la page 55) *?« $¦ nèi • ' I I BH I 6 IS Un nouveau directeur à Lectures : le R.P.R.Charland succède au R.P.P.-A.Martin Depuis quelques jours, la revue LECTURES a un nouveau directeur en la personne du R.P.Roland Charland, c.s.c.Il remplace le Père Martin qui, on le sait, a fondé la revue en 1946 et en a jusqu'à maintenant dirigé les destinées.Accaparé de plus en plus par les écrasantes responsabilités de son rôle de directeur de la Corporation des Editions Fides, le Père Martin a demandé et obtenu qu'un autre lui succède à la direction de la revue.Le choix s’est porté sur le R.P.Roland Charland.Dans un prochain numéro, nous ferons une revue rétrospective de l'histoire de la revue alors qu’elle était sous la direction éclairée et prudente du R.P.Martin.Pour l'instant, nous nous bornerons à présenter à nos abonnés la sympathique personnalité de notre nouveau directeur.Donnons d’abord quelques notes tirées de son curriculum vitae.Il est né à Côte St-Paul, à Montréal, le 6 mai 1919.Il a fait ses études au collège de St-Laurent où il obtint son baccalauréat ès arts en 1940.En août de la même année, il entrait au noviciat de la Congrégation de Ste-Croix, et le 27 août 1944, il était ordonné prêtre par Son Exc.Mgr J.Charbonneau.Dès septembre 1943, il commençait une fructueuse carrière de professeur: il enseigna tour à tour le latin, le français et la civilisation grecque.Entretemps, il ne cessait d’accroître son bagage intellectuel: de septembre 1947 à mai 1949.nous le retrouvons inscrit à la Faculté des Lettres de l'Université de Montréal pour l'obtention d’une licence ès lettres (classiques), puis d'un diplôme de langue et de littérature espagnoles.En 1937, le Père Charland était nommé directeur des études au collège Saint-Laurent, poste qu’il occupera jusqu'en 1962.Cette année-là, il s'embarque pour Paris où il séjournera pendant deux ans, tout occupé à la préparation d’une thèse inscrite à la Sorbonne sous le titre de: Alain-Fournier et le roman poétique.De retour au Canada depuis deux mois à peine, le Père Charland a repris sa carrière de professeur au collège Saint-Laurent.Mais désormais, il ajoutera, à ses responsabilités d'éducateur, celles, somme toute assez connexes, de la direction de la revue LECTURES.Est-il besoin d'ajouter que le nom du Père Charland n'est pas inconnu des fidèles abonnés de notre revue.Pendant plusieurs années, en effet — plus précisément depuis 1943 —.ils ont pu lire son nom au bas de nombreuses études critiques ou recensions que nous avons publiées.Ces articles, on s'en souvient, portaient la marque d’un esprit fin et lettré, et d'un humaniste largement ouvert à toutes les disciplines de la connaissance.A ces qualités dont témoignaient déjà ses écrits et qui lui seront précieuses pour son rôle de directeur, nous savons que le Père Charland en joint d’autres dont notre revue ne pourra que profiter au maximum: l’enthousiasme communicatif, l'aimable entregent et le dynamisme toujours en éveil.Le sort de LECTURES est encore entre bonnes mains.Rita LECLERC 54 LECTURES cUalcque avec éec tivnec D’HIER ET D’AUJOURD’ n Gabrielle Koy ou s’ajuster à Paul-Emile L'œuvre de Gabrielle Roy nous incline à des interprétations bien différentes selon qu'on l'aborde par Bonheur d'occasion ou par La Montagne secrète.Bonheur d'occasion nous apparaît avant tout comme un roman social, inventoriant toutes les misères d’un quartier pauvre et défavorisé.La Montagne secrète, au contraire, semble échapper à toute localisation précise pour se dérouler dans un espace presque étranger, de sorte que ce roman s’écarte de la veine réaliste de Bonheur d'occasion pour rejoindre l'univers intemporel de la parabole ou de l'allégorie.Pourtant, si on y regarde de près, la continuité n'est pas rompue du premier roman au cinquième.Les thèmes de La Montagne secrète étaient déjà annoncés dans Bonheur d'occasion, mais ils sont cette fois isolés du complexe social pour apparaître dans toute leur immédiate nécessité.Rue Deschambault Comment définir l'intuition première qui préside a l'élaboration des thèmes et au développement de l'œuvre de Gabrielle Roy ?Il semble que Rue Deschambault nous fournisse des indications précieuses.Ce livre n'est pas un roman.Il est constitué d’un ensemble de récits différents mais réunis par un personnage central qui n’est autre qu’une petite fille, Christine, que nous pouvons suivre de l'enfance à lage adulte.A huit ans, Christine est atteinte d'une maladie qui l'isole des autres enfants, la coqueluche.Son père lui achète alors un hamac afin de rendre sa convalescence* plus supportable.« J'ai dû passer tout l'été, presque tout l’été, au fond de mon hamac.et pourtant il ne m'apparaît que comme un seul instant chaud et tranquille, un instant fixé dans une petite musique claire comme le soleil.* C’est la fin de l’enfance.« Dans mon hamac, toute seule la ““ '' de la réalité ROY, c.s.c.et bercée par le vent seulement, je découvrais d'autres jeux combien plus rares et fascinants ! Celui du vent par exemple! Car c'était bien lui, le musicien.J’ai découvert en ce temps-là presque tout ce que je n'ai cessé de tant aimer dans la nature: le mouvement des feuilles d'un arbre quand on les voit d’en bas, sous leur abri; leur envers, comme le ventre d'une petite bête, plus doux, plus pâle, plus timide que leur face.Et, au fond, tous les voyages de ma vie, depuis, n’ont été que des retours en arrière pour tâcher de ressaisir ce que j'avais tenu dans le hamac et sans le chercher.» ',l Mais qu'cst-cc donc que Christine avait « tenu dans le hamac » ?Pourquoi y avait-elle été si heureuse ?C’est semble-t-il, quelle avait réussi à être vraiment elle-même, à coïncider pleinement avec sa propre existence.« Mais en moi-même, où je pouvais plonger à tout instant, si proches de moi qu elles auraient pu rester invisibles, là étaient les pures merveilles ! Comment ne sait-on pas plus tôt qu'on est soi-même son meilleur, son plus cher compagnon ?Pourquoi tant craindre la solitude qui n’est qu’un tête-à-tête avec ce seul compagnon véritable ?Est-ce que sans lui toute la vie ne serait pas un désert ?«•'-• Cette coïncidence de l’être avec lui-même, s’il est possible dans l'enfance, le sera-t-il quand l'homme sera devenu un être pleinement ouvert sur la vie, pleinement confronté aux prolèmes de l'existence ?Devenue adolescente, Christine entendra sa mère lui reprocher: Tu étais bien mieux avant, simple et naturelle, toi-même » Et Christine sait déjà qu’« être soi-même est justement la chose la plus difficile » ,4'.Nous sommes ici situés, il me semble, au cœur de l'œuvre de Gabrielle Roy.C'est cette intuition qui Novembre 1964 55 6377 commande son univers romanesque ei rend compte de la disposition de ses matériaux.Elle exprime un effort de l'homme pour s'ajuster à l'existence, conquérir sa vérité, être lui-même dans l'univers.Bonheur d'occasion Dans Bonheur d'occasion, l'ajustement de l'homme à 1 existence est traité sur plusieurs plans à la fois, soit les plans familial, social, personnel et existentiel.La famille apparaît ici comme un milieu étouffant, repoussant.Florentine y souffre de la promiscuité et du désordre occasionné par les inévitables déménagements.Elle se sent bousculée, elle se croit incomprise.Eugène sans doute n'est pas plus heureux et c’est pourquoi il a quitté la maison pour s'engager dans l'armée.Rose-Anna porte le poids de son petit troupeau et jamais elle ne connaît la sécurité qui pourrait lui permettre de se reposer.Elle a conscience que ses enfants lui échappent, quelle ne les connaît pas, qu’ils vivent à côté d'elle presque comme des étrangers.Quant à Azarius, comment serait-il à l’aise, lui qui ne peut même pas assurer la subsistance de sa femme et de scs enfants ?Tous les membres de la famille sont ainsi mal à l'aise et la vie familiale pèse sur chacun d'eux.Sur le plan social, la situation n'est pas plus confortable.Tout le quartier est victime du chômage, de la pauvreté sous toutes ses formes.Les sans-travail n’ont pas de place dans le quartier dont ils sont pourtant prisonniers.Nous voyons au début du roman Azarius chauffeur de taxi.Mais cette occupation ne lui permet pas de faire vivre sa famille.« Une vraie vie de chien.» « Le chauffeur, comme sa fille, se sentait peu fait pour sa besogne et mal ajusté à la vie quotidienne.Tant qu’il jonglait avec les mots, se retenait à de grandes causes qu'il estimait nobles, tout allait bien, mais dès qu’il s'agissait de reprendre contact avec la réalité de tous les jours, il perdait pied.» 1 •’ ' Jean Lévesque, lui-même, qui a pourtant une bonne position, ne veut pas rester dans Saint-Henri.Il n’y est que temporairement, en attendant mieux.Tous les habitants du quartier souffrent des mêmes difficultés sociales, de la même insécurité.Les nombreux déménagements qui se produisent chaque année sont la traduction concrète de cette insécurité qui menace toute la société.Le malaise va plus loin encore car ce n’est pas seulement sur le plan social et familial qu’il est difficile de s'ajuster à la vie, c’est aussi et surtout sur le plan des relations personnelles.Les conditions matérielles seraient supportables si les hommes pouvaient au moins se rejoindre dans la misère commune, mais même sur le plan personnel, l’ajustement est impossible.Rien de plus significatif que l’attitude de Jean et de Florentine qui se cherchent et se fuient, se désirent et s’évitent mutuellement.Jean est violent, révolté, cassant.Il n’arrive jamais à se montrer tel qu’il est naturellement.Il n’existe plus de liens formels entre lui et les vivants, et c’est parce que Florentine a peur de le perdre quelle l’invite chez .à 22 «ns Gabrielle Roy à 5 ans.56 LECTURES à Chartres, Roy dam les plaines à Percé en excursion de pêche à la avec son mari, M.Marcel Carhotte G.de morue elle de façon très imprudente, en un moment d’accablement, et quelle succombe avec lui.Il y a dans cette faiblesse de Florentine et de Jean beaucoup de maladresse, de hâte, d’angoisse, parce qu’on ne peut pas arriver à se rencontrer dans des circonstances normales.Leur union est ainsi l’effet d’un malentendu, de la surprise, nullement 1 accomplissement d’un mouvement d amour et de compréhension.Il arrivera dès lors que Florentine, enceinte de Jean, épousera Emmanuel.Elle n arrive pas à s'ajuster à l'un ni à l'autre.L’espèce de bonheur auquel elle parviendra en épousant Emmanuel sera extrêmement précaire, incomplet, compromis.Quelque chose qui n'est « pas tout à fait de ia comédie », «pas tout à fait un mensonge»"1'.Et d'ailleurs, Emmanuel épouse Florentine pendant son congé et il n est pas aussitôt uni à elle qu’il lui est retiré par la guerre.Ce n’est pas que pour Florentine que L-s relations personnelles sont difficiles.Tous les personnages souffrent les uns des autres, malgré pourtant des dispositions souvent excellentes.Ils n’arrivent pas à se comprendre, à se rejoindre dans un accord qui les comblerait.Si nous poussons plus loin notre enquête, nous nous apercevons que c’est finalement l'existence prise dans sa totalité qui est problématique.L'insécurité ou le malaise que nous retrouvons sur le plan familial, social, inter-personnel, est inhérente à la condition humaine.L homme, considéré dans sa situation existentielle première, est déjà en lui-même une énigme, une réalité insaisissable.Il n’arrive pas à saisir sa vérité, à s'ajuster à sa propre identité.Si Bonheur d'occasion est à première vue un roman social, il est en fait surtout un roman existentiel et c’est sous cet angle que l’on peut le plus facilement le comprendre et le situer dans la même perspective que les quatre autres qui le suivent et l’explicitent.C'est l’acte d’exister qui fait problème chez Gabrielle Roy.C'est lui qui pose la suprême interrogation.La lucidité et la générosité tentent de résoudre cette difficulté, mais sans y réussir.L’angoisse ne cesse de percer et de mettre le destin en accusation.Le drame de Florentine se situe sur ce plan beaucoup plus que sur celui de la misère sociale ou des déboires sentimentaux.« Alors Florentine s’aperçut qu’elle était seule au monde avec sa peur.Elle comprit qu’il y a des sentiments qui placent l'être humain en face de lui-même, entièrement seul.Elle entrevit la solitude, non seulement sa solitude à elle, la solitude qui guette tout être vivant, qui l’accompagne inlassablement, qui rejette soudain sur lui comme une ombre, comme un nuage.Et pour elle, la solitude, cer horrible état quelle découvrait, prenait un goût de pauvreté, car elle s’imaginait encore que dans le luxe, dans l’aisance même, il n’y a point de pareille découverte.Ses pensées ne la conduisaient à rien.» 171 La pauvreté, la misère sociale, les déceptions du cœur ne sont que l’enveloppe d’un tourment intérieur, d’une solitude irrémédiable.Le drame intime d’Emmanuel se situe encore sur le même plan.Pour lui aussi l'homme est voué à lui-même, sans comprendre, sans solution.« Un sentiment de détresse s’empara de lui.II lui apparut qu’il était seul dans l’univers, au bord de l'abîme, et tenant entre ses mains le fil le plus ténu, le plus fragile qui soit de l'éternelle énigme humaine.Qui donc possédait le véritable pouvoir de rédemption ?» ,N’ Le caractère énigmatique de l'existence apparaît à la conscience de tous les personnages importants de Gabrielle Roy.Jean Lévesque est torturé par le tourment de savoir et de comprendre, habité par une espèce de curiosité sauvage.Rose-Anna est scandalisée par le mystère de la souffrance et son interrogation s’apparente parfois à des mouvements de révolte.Même le capucin de La petite poule d’eau n’arrive pas à s’expliquer la présence du mal dans le monde et ce n'est que par une foi confiante qu’il arrive à se dire que « peut-être avec Dieu fallait-il se passer d'explication » ,I".Chez Novembre 1964 57 Alexandre Chenevert, le scandale de la souffrance est encore plus tragique et l'entraîne à des actes de révolte.L'univers romanesque s’est singulièrement rétréci depuis Bonheur d’occasion, comme si on avait voulu fixer toute l’attention sur un seul personnage et montrer combien est difficile l’intégration de l'homme à sa propre condition.Alexandre ne peut s’ajuster ni à sa femme, ni à ses compagnons de travail, ni à la ville, ni à la campagne, ni au monde moderne.C’est l’existence humaine qui est mise en cause, et le tourment du petit banquier est tellement intolérable qu’il finit par l'emporter.Gabrielle Roy n'était pas encore allée aussi loin dans l’approfondissement de l’inquiétude métaphysique.Rue Deschambault sera un retour dans un passé un peu plus ensoleillé de l’enfance, d'une enfance qui s’ouvre sur tous les grands problèmes de l’âge adulte.Montagne secrète Avec Lu Montagne secrète, nous quittons le monde des préoccupations quotidiennes, des problèmes sociaux contemporains pour ne plus nous intéresser qu’aux questions essentielles Pierre Cadorai « a le sentiment d’une incommensurable distance en lui-même à franchir»'1"1 pour arriver à la vérité.Tous ses déplacements géographiques ne sont que l’expression de sa démarche intérieure vers l’élucidation de l’énigme qu’il constitue.On comprend pleinement maintenant le sens de tous ces déplacements que l’on retrouve d’un bout à l’autre de l’œuvre de Gabrielle Roy.L’homme ne peut rester en place parce qu’il sent qu’il n’est pas en accord avec la réalité.Il se déplace pour tenter un ajustement qui s’avère toujours impossible.C’est à ce travail que s’est consacré Pierre Cadorai, n'assumant d’autre tâche terrestre que celle de la connaissance.Connaissance de l’univers d’abord, mais connaissance de lui-même surtout.Quand, parvenu à la fin de son existence, il essaie de projeter dans une peinture l’image de sa propre personnalité, il échoue.Il avait toujours cherché à exprimer l'énigme qu’il était à ses propres yeux * • ¦ ’, mais ce sont justement ces yeux qu’il ne peut exprimer parce qu'ils sont chargés d’inconnu.Au dernier instant de sa vie, sa montagne lui apparaît, tout imprégnée de sa personnalité.Il comprend que l’homme est en relations étroites et mystérieuses avec le secret de l’univers, mais l’œuvre parfaite dont il a la vision se refuse à l'expression, et Pierre meurt sans avoir réussi à réaliser cette vérité de son être à laquelle il setait consacré.Dans l'œuvre de Gabrielle Roy, la scène se rétrécit sans cesse.Avec La Montagne secrète, tout l’univers romanesque s’organise autour d’un personnage qui n’existe que par rapport aux questions métaphysiques.Ce roman est moins le récit d’une action que la poursuite d'une vérité intérieure.L'espace et le temps sont disposés de manière à écarter tout ce qui pourrait nous distraire des préoccupations essentielles.Il s’agit de mettre tout en œuvre pour essayer de débrouiller l’énigme que constitue l'existence humaine.Ce dessein n'est pas nouveau.11 hantait déjà les œuvres antérieures, 58 Photo prise dans le nord du Manitoba en 1958 mais il occupe maintenant toute la scène.II serait intéressant d’examiner comment la structure du roman a évolué à mesure que ce dessein s’est précisé.On verrait que l'espace et le temps se sont pliés à ces exigences d'investigation métaphysique, que la langue elle-même a subi les mêmes transformations.Mais ce serait sortir de notre sujet.Ce que nous avons dit jusqu ici nous permet de comprendre la signification de l’expérience religieuse dans l'œuvre de notre auteur.[ expérience religieuse dans I oeuvre de Gabrielle Rny Une œuvre comme Bonheur d’occasion n accorde au premier abord oue bien peu d importance à 1 expérience religieuse.Les pratiques extérieures sont presque passées sous silence et pourtant, on s’attarde longuement à différents aspects de la vie du quartier.Serait-ce que la vie religieuse ne tenait aucune place dans les activités multiples de ces petites gens ?Serait-ce que Gabrielle Roy se sentait incapable d'aborder ce problème dès sa première œuvre ?On serait porté à le penser quand on considère que dans La Petite poule d eau elle aborde le problème de front en accordant au capucin de Toutes-Aides une bonne moitié des pages dont elle dispose.Pourtant, dans Bonheur d'occasion, la dimension religieuse est loin d’être absente, mais si elle est presque-privée de son côté rituel ou extérieur, c’est que ce qui préoccupe surtout l’auteur, malgré toute l’attention qu’elle accorde à la vie sociale du quartier, ce sont les questions d'ordre métaphysique et c'est par rapport à elles que la religion se situe d’abord.C’est surtout, et cela semble très important, que l’harmonie, l'accord entre le donné humain existentiel et la démarche religieuse est extrêmement difficile à réaliser.Ccst la raison, il me semble, de la structure pour le moins surprenante de Li Petite poule d'eau.Ce roman est divisé LECTURES en trois parties.La première, qui est très brève, constitue une espèce d’introduction.Les deux autres sont beaucoup plus développées et on peut affirmer que le roman est en fait constitué de deux fresques juxtaposées qui se complètent et s’imbriquent l’une dans l’autre, mais au-delà du développement traditionnel du récit.La première fresque est remplie par la famille de Luzina.On nous fait voir ses préoccupations, ses activités, son déploiement humain dans le temps et l'espace, à l’exclusion presque complète de sa dimension religieuse.Pourtant la dimension religieuse de cette famille existait très intensément, et on le voit dans la deuxième fresque.Mais l’auteur a tenu à traiter cet aspect à part.Cette deuxième fresque n’est que religieuse.La première est dominée par Luzina, celle-ci par le capucin.La perspective, le point d’observation sont différents.Sans rien ajouter à Bonheur d'occasion, on pourrait imaginer un autre roman qui serait à celui-ci, ce qu’est la deuxième fresque à la première dans La Petite poule d'eau.Ainsi, dans Bonheur d’occasion, la dimension religieuse est extrêmement discrète, presque imperceptible.Dans La Petite poule d'eau elle crève les yeux, mais elle est parallèle au monde des préoccupations humaines naturelles.Cette observation nous invite à penser que chez Gabrielle Roy, un fossé sépare la grâce de la nature.11 y a discontinuité entre l'humain et le divin, entre les activités profanes et les activités spirituelles.Pourtant cette dualité dans la disposition de la matière romanesque n’apparaît plus dans les romans subséquents.Si on y regarde de près cependant, on s’aperçoit que si elle n’est pas affichée aussi explicitement, elle existe de façon aussi criante, mais sur le plan de la conscience.Alexandre Chenevert est un petit employé de banque.Il est écrasé par les grands problèmes de son époque.Il croit en Dieu, mais au lieu que sa foi le libère, elle ne contribue qu'à l’angoisser davantage.Dieu est pour lui un « tourment ».Comment Dieu peut-il être lui-même et nous aimer puisqu’il permet au mal d’exercer ses ravages dans le monde ?Alexandre est affecté par cette contradiction au point d'en développer un complexe de culpabilité.Chez lui, comme chez le père de Christine dans Rue Deschambault, la foi et la raison entrent presque en contradiction, ou du moins n’arrivent pas à s’accorder.Le monde porte en quelque sorte un scandale que la foi n’arrive pas à évacuer.Il en était de même d’ailleurs pour le capucin de La Petite poule d'eau.qui croyait aveuglément, sans comprendre, s’en remettant spontanément à Dieu à qui il ne faut pas demander d’explications.Le bon capucin se bute continuellement à la présence de la souffrance dans le monde.Il ne comprend pas.Il ne peut réconcilier la misère à laquelle l’expérience quotidienne le confronte avec l'idée de la bonté de Dieu, mais sa foi est tellement profonde qu’elle désamorce en quelque sorte les interrogations métaphysiques.Elle les empêche en tout cas de saper les bases du psychisme et sauve l'homme du désespoir.Ces considérations nous permettent de préciser un aspect de l’expérience religieuse dans Gabrielle Roy.Gabrielle Roy vue par Jean-Paul Lemieux C’est que la foi laisse l’intelligence à ses propres ressources.Elle laisse la condition humaine à ce qu elle est.L’interrogation métaphysique demeure entière.Le fossé qui sépare l’homme de Dieu est en quelque sorte infranchissable.L'existence est absurde et c'est par un bond dans le noir que l'homme lui échappe par la confiance aveugle qu il a en Dieu.Il ne lui échappe que partiellement car la lucidité continue de s’exercer et elle n’en demeure pas moins crucifiante.Mais il faut se hâter d ajouter que ce n’est que le premier aspect de l’expérience religieuse et qu’il en introduit un second, la confiance, qui rend possible la charité.Cette fois la continuité existe de l’humain au divin, de 1 homme à Dieu, et l’existence devient supportable.Far la charité l'homme peut sajuster à sa condition, il échappe à l'absurde et redonne un sens à sa vie.C'est ce qui explique que même si les sermons du capucin de Toutes-Aides sont assez excentriques et ne convainquent pas, le témoignage qu’il porte reste valable et ne trompe pas.On trouve auprès de lui une sécurité, une confiance que la raison n’explique pas mais que l'amour reconnaît.Le saint religieux est tout rayonnant d'amour et les hommes savent que là est la vérité.Par contre, le Jean Lévesque de Bonheur d'occasion, qui est aussi lucide que le capucin, nest d aucune utilité pour Florentine parce qu’il n’accède pas à 1 amour.Il ne peut dépasser le plan tout naturel de la pitié humanitaire, et on comprend qu’il s’éloigne de Florentine car il ne pourrait que lui nuire.Emmanuel nest pas moins démuni en face de 1' « énigme humaine ».On ne nous montre-pas ce que sera la vie qu’il recommence avec Florentine puisqu'il la quitte aussitôt après son mariage, mais ce qui est explicite, c'est que la guerre est pour lui un scandale que l’intelligence ne peut effacer, et qu’il faudrait beaucoup d’amour pour quelle ait un sens.On constate chez Alexandre Chenevert le même échec de la lucidité et le dépassement partiel de l’absurde dans l'amour.Alexandre éprouve tous les jours l’impossibilité 'VV Novembre 1964 59 d'aimer.11 souffre de cette incapacité mais ne peut y remédier.Lorsqu'il s’en va se reposer au Lac Vert, il est délivré de l'accablement du travail quotidien.11 peut alors recommencer momentanément sa vie.11 a la surprise de rencontrer des gens heureux, ses propriétaires.11 s'aperçoit aussi qu'ils l'aiment.Son attitude en face de l'existence en est transformée.« Alexandre éprouva que lui-méme, ce soir, en faveur d Edmond inc heureuse, en faveur d'un seul être heureux, pouvait enfin pardonner à Dieu la souffrance jetée si littéralement aux quatre coins du monde.» 1 ,:l’ On voit comment l’inquiétude métaphysique demeure profonde, mais un certain ajustement au réel semble devenir possible par l'amour.Cette victoire sur l'angoisse demeure extrêmement précaire pour Alexandre et elle sera sans cesse à conquérir.Mais sur son lit d'hôpital il comprendra encore, entre deux tentations de désespoir, que « cette bienveillance des autres, c'était ce qui le portait enfin à imaginer Dieu aussi bienveillant» ,N'.Pour Alexandre, il est difficile de concilier l'amour de Dieu pour l'homme et la permanence du mal dans le monde.Comme beaucoup de personnages de Gabrielle Roy, il voudrait, pour croire, que le royaume de Dieu se manifeste tout de suite et que le mal soit extirpé de l’existence.Il existe chez lui une impatience qui ne supporte que difficilement les lenteurs de l'espérance.Il faut ajouter aussi que sa générosité est paralysée par une inquiétude qui touche à la névrose.La dislocation de sa pensée pendant ses insomnies exprime bien cette dispersion de la personnalité qui n’est plus capable de se projeter en dehors d'elle-même.Nous avons vu qu’avec Pierre Cadorai l'inquiétude métaphysique éclipse en quelque sorte toutes les autres préoccupations.Pierre est un peintre, un professionnel de la lucidité.Il s'est voué à l'élucidation de l'énigme humaine.Il n’a gardé, avec les autres hommes, que les liens absolument nécessaires.Il poursuit son aventure dans la solitude, abandonnant un compagnon dès que l'exige son enquête intérieure.Parvenu devant la montagne mystérieuse qu'il cherchait, il la quitte pour des raisons assez mystérieuses et va poursuivre ses recherches au pays de la lumière.Arrivé à Paris, il examine les grands chefs-d'œuvre de l'art et est surtout frappé par une peinture de Ghirlandajo, qui lui apprend une chose importante, c’est que le monde devient beau par l'amour.« Pierre voyait un vieillard au visage affligé d'un nez monstrueux, triste de se savoir laid devant le regard d'un petit enfant adoré qu'il tenait dans les bras.Mais, à cause de ce tendre amour dans les yeux du vieillard, l'enfant le trouvait beau et lui souriait dans le ravissement.Et le vieillard devenait beau, en effet, par les yeux de l'enfant.» Pierre alors se rappelle le Père Le Bonniec qu’il avait rencontré dans le Grand Nord canadien et qu'il avait aimé.Le missionnaire l'avait aimé, Pierre s’était senti ébranlé dans ses convictions devant cet homme qui allait dire à ses frères que Dieu est vie, lumière et charité, et qui avait les yeux « d’une douceur surprenante qui, soudain, poignait l'âme » ,":>.Pierre avait conscience d'avoir été compris par lui.Quand il sera parvenu aux derniers moments de son existence, il se rappellera cet homme dont « le cœur était un printemps perpétuel » Ce qui frappe dans La Montagne secrète, c’est que l'expérience religieuse et l'expérience artistique sont incarnées dans deux personnes différentes mais quelles sympathisent profondément, s'enrichissent l'une l'autre.Le Père Le Bonniec semble bien avoir accès à une sorte de perfection dans la charité.Celle-ci lui permet d'accéder au bonheur dans la communion intime à l'être dans toutes ses manifestations.Pierre, lui, poursuit une expérience artistique, donc de l'ordre de l'intelligence.Arrive-t-il à une expression adéquate qui le comble- H 0OU plus viras- — Gabrielle Ray ait née da parants québécois, è Saint-Bon ifoce au Manitoba.Son pèra était agent colonisateur pour la compta du ment canadien.Gabrialla la d'une famille da Hait enfant — Elle a fait ses études è S< er , lx)iTvm€^miAje4 M.Real Benoit a obtenu le deuxième prix de littérature de la Province pour son roman Quelqu'un pour m'écouter (Cercle du Livre de France).Le troisième prix de littérature de la Province est allé à Mme Eva Kush-ner auteur de Rina Lasnier dans la collection des Ecrivains canadiens d'aujourd'hui (Fides).M.Paul Chamberland s'est mérité le premier prix de littérature de la Province de Québec pour son recueil de poèmes intitulé Terre Québec (Déom).Monique Corriveau, auteur du Wopiti, est gagnante du prix de littérature de jeunesse./„ £,/, L \IPP.& H, .Lit Il y a quelques semaines, un deuil inattendu venait frapper, en France, les Editions du Cerf.Le 16 septembre dernier, en effet, mourait à Paris, après une courte maladie, le R.P.Pierre Boisselot qui en avait été le directeur général pendant plus de trente ans.Nous ne saurions passer sous silence ce deuil qui affecte le monde de l’édition catholique tout entier.L’apostolat multiforme des éditions du Cerf connaît, au Canada comme en France, un rayonnement considérable, comme en font foi des publications aussi populaires que La Vie spirituelle et Fêtes et Saisons, et des succès de librairie comme la Bible de Jérusalem, les collections Unam Sanctam et 7e art, etc., etc.Or la carrière apostolique du Père Boisselot fut tout entière liée au travail des Editions du Cerf.Il y était venu à l’âge de trente-cinq ans.Le Père Bernardot qui présidait alors aux destinées de la maison, était en pleine force de l’âge et s’apprêtait à fonder le fameux hebdomadaire Sept.Le jeune Père Boisselot qui avait été avocat avant d’entrer dans l’Ordre, et qui se signalait par son intelligence rapide et un sens aigu de l’actualité, devint tout de suite le bras droit du Père Bernardot.Et quand ce dernier prit sa retraite, en 1939, c’est le Père Boisselot qui le remplaça à la tête de cette nombreuse équipe de Dominicains et de laïcs qui œuvrent aux Editions du Cerf.Il devait y demeurer jusqu’à sa mort.Cette mort qui fut, pour tout le monde, une surprise, ne prit sans doute pas au dépourvu le Père Boisselot.Dans un des derniers billets qu’il a signés dans le Bulletin des Editions du Cerf, il écrivait: « Nous faisons tous, libraires, éditeurs, chrétiens militants, un travail obscur, dont nous voyons rarement les résultats.Et puis, voici qu’un beau jour, le voile se déchire et l’on contemple avec émerveillement que l’œuvre de Dieu s’est accomplie, que le printemps de l’Eglise a jailli.Et c’est pour tous l’heure de l’action de grâce.» Cette phrase qu’il a écrite en obéissant peut-être à une obscure prémonition, c’est celle-là que nous retenons en guise de magnifique épilogue à la vie de cet apôtre que fut le Père Boisselot.Paul-A.MARTIN, c.s.c.80 LECTURES Dr («rorjirs Durand ,HI rc de ! i , v||:j IB mmf La rentrer est plus tardive en France qu'au Canada; nos Universités n'ouvriront leurs portes que le /5 octobre.Pour les étudiants que nous sommes plus ou moins demeurés, cette période jouit toujours d'un prestige particulier; elle marque le temps des reprises de conscience, des mises au point, et c'est dans cet état d'esprit que le dernier dimanche de septembre, je m’étais installé devant une pape blanche pour écrire cette lettre, soucieux d’y exposer notre programme d’activités franco-canadiennes pour la nouvelle année universitaire.Une visite inopinée, celle du R.P.Le Grelle, s.j., accompagné de deux prêtres acadiens, est venue donner à mon propos une orientation différente.Le R.P.Maxime Le Grelle, délégué pour la France du « Comité des Fondateurs de l’Eglise du Canada », est aussi l’animateur du Comité « France-Canada » de Dijon.Il consacre tout le temps que lui laissent ses activités apostoliques à faire mieux connaître de leurs compatriotes, qui bien souvent les ignorent, ces pionniers que furent François de Montmorency-Laval, Marguerite Bourgeoys, Marie de l’Incarnation, Jeanne Mance, Catherine de Saint Augustin.Montigny sur Avre, Troyes, Tours, Lan-gres, Saint-Sauveur-le-Vicomte, etc., dans tous ces villages et villes d’où sont partis les « fondateurs » il s’efforce de constituer des comités locaux qui collaboreront avec celui de Montréal dont le secrétaire, le R.P.Emile Gervais, arrive en France.Le R.P.Le Grelle vient me parler de ses projets.« Les objectifs à proposer, me dit-il, se situent sur différents plans: 1" Plan proprement religieux: invocation et célébration dans le cadre de la vie paroissiale; rôle à jouer par les revues diocésaines et les bulletins paroissiaux dans l’information au sujet des « fondateurs », leurs œuvres et réalisations.Diffusion d’images et brochures parmi les malades et dans les hôpitaux; centralisation des grâces obtenues.Information à donner aux multiples revues de spiritualité et adaptation à ces revues.2° Centre d’intérêt à créer autour de chacun des « fondateurs » dans le lieu d'origine et dans d’autres lieux qu’ils auraient illustrés par leur présence.Plaques commémoratives, exposition permanente d'objets et de panneaux: photos évocatrices des lieux et villes intéressés et des œuvres créées par les « fondateurs ».Ces centres seront facilement accessibles au public.Du matériel de propagande s’y trouvera en permanence.3” Manifestations franco-canadiennes à prévoir et à organiser autour du souvenir des fondateurs en relation avec les villes et établissements qu’ils ont fondés.» Le R.P.Le Grelle donne des conférences et circule avec une petite exposition qu'il a montée de toutes pièces: une soixantaine de panneaux sur lesquels il a collé des photographies, des gravures, des titres de journaux, des couvertures de livres, des cartes géographiques, des textes brefs et incisifs.Tout cela n’est pas uniquement consacré au passé; de nombreuses images évoquent le Canada d’aujourd’hui et de demain; place est faite aux travaux préparatoires de l'Exposition Universelle, au barrage de Manicouagan et aux grands immeubles du boulevard Dorchester.Le R.P.Le Grelle s'efforce d'intéresser les jeunes, prend des contacts avec leurs différentes organisations, désire introduire ses informations canadiennes dans les « Maisons de Culture » qui voient le jour un peu partout en France.Il me rappelle cette citation de Jean Toulat: « Tous nos manuels, sans exception, ne parlent du Canada que lorsque nous le perdons et sont muets à propos de l'épopée de la Nouvelle France.Les jeunes Français ont le droit de connaître l’histoire du Canada.Dans les rapports franco-canadiens, la tâche fondamentale est d’apprendre aux Français l'histoire de la Nouvelle France et le miracle de la vie française au Canada.Le chemin de l’amitié franco-canadienne passe par l’école.» Les conférences du R.P.Le Grelle sont suivies de conversations, d'échanges de vues, de petits concours dotés comme récompense de livres canadiens.Tout cela n’est-il pas de l’excellent travail ?J’ai quelquefois, naguère, très amicalement « chicané » le R.P.Le Grelle pour son culte de l’histoire qui me semblait trop exclusif; devant le développement de son œuvre, je dois reconnaître qu’il sait parfaitement relier le passé à l’avenir et démontrer que celui-là explique et justifie celui-ci.* * * Malgré moi je pense à ces deux informations que j'ai lues la semaine dernière, presque côte à côte, dans mon journal.Novembre 1964 81 Ici, une relui ion du Concile: « L'archevêque de Québec, Mgr Roy, présente le 8e chapitre du schéma consacré à Marie considérée dans la lumière du Christ et par rapport à l'Eglise.Le cardinal Léger, archevêque de Montréal, demande surtout que l’on évite les hyperboles en parlant de la Vierge et souhaite que l'on écarte toute inflation verbale sur ce point.» Deux interventions remarquables de prélats canadiens dont la voix semble répondre à nos interrogations, en harmonie avec notre langage.Là, une information d'Afrique du Nord: « Un neu partout en Algérie le gouvernement continue à transformer les églises en mosquées.Le croissant succède à la croix! » — Oh ! terre de saint Augustin qui nous fut un moment confiée ! * * * Ce dimanche soir, 27 septembre — saints Côme et Damien, patrons des médecins — deux prêtres acadiens, ai-je dit, accompagnaient le Père Le Grelle.Nous avons parlé de leur pays et comme il y avait beaucoup à dire nous avons poursuivi devant un souper improvisé.Il me faudrait ici écrire une nouvelle lettre, cela viendra.Qu'il fait bon rompre le pain avec ces gens venus de si loin nous montrer qu’ils ont conservé les mêmes mots pour chanter la même espérance.Docteur Georges DURAND (Suite de la page 71) (Coll.Mon beau pays).— Sur les bords du grand fleuve.3c album.Berthierville, 1961.48p.28.5cm.(Coll.Mon beau pays).— Election au terrain de jeu.Quebec, Editions Jeunesse, 1962.123p.18cm.(Coll.Brin d'herbe).— La terre est ronde.Québec, Editions Jeunesse, 1962.16p.20cm.(Coll.Panache).— Cartier.Québec, Editions Jeunesse, 1962.16p.20cm.(Coll.Panache).— Champlain.Québec, Editions Jeunesse, 1964.16p.20cm.(Coll.Panache).— Malmenoir le Mauvais.Québec, Editions Jeunesse, 1964.139p.18cm.(Coll.Brin d’herbe).— Légende de Notre-Dame-de- Liesse.Montréal, Editions Bellarmin, 1964.32p., 14.5cm.— Marie de la Ferre.Montréal, 1964.102p.17cm.Béatrice Clément a aussi collaboré à de nombreuses revues (v.g.Actualité, Annales de Saint-Joseph, Collège et Famille, Hérauts, La Famille, La Revue franciscaine, La Revue populaire, L’Ecole des Parents, L’Oeil, Le Samedi, Messager canadien du Sacré-Cœur, Nos cours, Relations, Voix nationale, etc.) et journaux (v.g.L’Action catholique, La Terre de chez nous, Le Canada, Le Devoir, Montréal-Matin, The Ensign, The Gazette, etc.).Thérèse PERRAULT f» Docte .i lin rich, president de t'Alleina^nt de l'Ouest.regardant les publications des Fdilion.s l'ides au stand du Canada à ta Foire de Francfort.On reinarqi ses côté?• MM.3.-7.Léon Pate.i de et Jean Bode.82 LECTURES liriii dû sagesse Cet aliment qu'est la lecture, ne sert à quelque chose qu'une fois convenablement digéré.Nous pourrions à la fois être chargée de science et nullement cultivée si cette science reste extérieure.Observons au contraire les gens de grande culture.Nous découvrirons que leur secret c'est d’être des « ruminants intellectuels ».Ils mettent en pratique le mot de Schiller: « Mieux vaut regarder une chose qu'en voir cent, méditer une ligne que lire un volume.» Ils savent relire, comprenant que le mot fameux d'Ariel sur les paysages s'applique aussi aux livres: « Jamais on ne voit deux fois le même avec les mêmes yeux, la vie étant passée entre les deux fois.» Ces gens cultivés évitent le néfaste papillotement du regard de l’esprit.Ils ne se contentent point d'effleurer les textes, mais les creusent pour en extraire tout le suc.Ils savent surtout s'ajouter ce qu’ils lisent.Cela devient comme une part d’eux-mêmes.Pratiquement, interrompre de temps en temps sa lecture (c’est de surcroît, la recommandation des oculistes).Puis, les yeux plus ou moins clos, ou bien « accommodés à l’infini ».(autre conseil des mêmes) méditer sur ce qu’on vient de lire.A.ROURÇOIS-MACÉ LECTURES Index des ailleurs BENOIT (F.), p.65 BLINZER (J.), p.66 BLOOMFIELD (A ), p.74 Bl.YTON
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