Lectures, 1 mars 1963, mars
MONTRÉAL NOUVELLE SÉRIE — VOLUME 9 NUMÉRO 7 sommaire Mgr Emile Chartier n'est plus .p.170 Le Jardin et la ville de Pierre-Henri Simon.p.172 Paroles de Dieu et Sacerdoce .p.173 Entre chiens et loups de Gilbert Cesbron .p.176 Notices bibliographiques .p.178 Cote morale des nouveautés en librairie .p.187 Le courrier des lecteurs.p.189 La Voix des maîtres.p.190 Page d'anthologie : Extrait de Entre chiens et loups de G.Cesbron .p.196 MARS 1963 Mgr Emile CHARTIER (voir à la page 170) Mgr Émile Chartier n'est plus./ j E 27 février dernier, la revue LECTURES perdait, en la personne de Mgr Emile Chartier, l’un de ses collaborateurs les plus assidus et les plus distingués.Cette perte nous affecte douloureusement comme elle affectera sans doute tous nos abonnés qui, chaque mois depuis des années, avaient l'habitude de lire sa prose ferme et limpide, où s'exprimait un jugement demeuré très lucide.Son service a été célébré le 2 mars, dans la cathédrale de Sherbrooke où officiait Son Excellence Mgr Georges Cabana.A voir la foule très dense et très variée qui emplissait la cathédrale, on ne pouvait se défendre de réfléchir avec-admiration sur l'immense rayonnement spirituel de ce prêtre dont la dépouille mortelle tenait si peu de place dans une humble bière noire.Nous sommes sans doute des milliers, de par la province, à avoir eu Mgr Chartier comme professeur de grec ou de littérature.Jusqu’à ces tout derniers temps, alors qu’il était pourtant dans la quatre-vingt-sixième année de son âge, il enseignait ces disciplines dans un collège féminin de Sherbrooke.Moi-même, je le connaissais depuis les jours déjà lointains de ma rhétorique alors que, vice-recteur à l’Université de Montréal, il venait au collège Basile-Moreau, une fois par semaine, nous initier aux mystères et aux beautés de la langue de Démosthène.U nous en imposait tellement par son intelligence et son érudition que, de tous les professeurs que nous avions alors, il était le seul à demeurer à l’abri de nos sobriquets.A cet âge où l’on est volontiers désinvolte et sans pitié, nous aurions eu beau jeu d’inventer pour lui un de ces surnoms faits sur mesure à quoi excelle la gent collégienne.Il avait en effet — quel professeur n’en a pas ?— ses habitudes et ses manies, ne serait-ce que celle de ne jamais s’approcher du tableau noir sans avoir réclamé « sa chienne » — c’est ainsi qu’il désignait un ample couvre-tout qui protégeait sa soutane.Mais quand il avait, en un tour de main, résolu les difficultés d’une version grecque que nous estimions inextricable, ou quand, pour nous donner la clé d’une énigme, il nous renvoyait, d’une mémoire infaillible et précise, à telle note, au bas de telle page, qui contenait tel numéro de la grammaire Ragon, nous ne songions à rien d’autre qu’à admirer.Plus tard, à l’Université où j’ai suivi ses cours pendant deux ans, je devais mieux encore apprécier le prestigieux professeur à qui nous avions eu affaire.Dans cette Faculté des Lettres qu’il avait lui-même fondée et où il avait professé autrefois la littérature française, il enseignait également la littérature canadienne- française.Si ces derniers cours nous laissaient souvent sur notre faim, en revanche, nous n aurions pu rever plus brillant professeur de littérature grecque.Il était, avec cela, très simple et très paternel avec les étudiants, et nous accueillait avec une souriante bonhomie dans ce bureau enfumé où, entre deux cours, il aimait savourer une bonne pipe d’un lourd tabac canadien.Expert à cumuler les charges sans en négliger aucune, il occupait en même temps les fonctions de vice-recteur de l'Université de Montréal.A ce dernier titre, il avait vécu des moments cruciaux de l’histoire universitaire.Il eut, en effet, à participer aux nombreuses et parfois pénibles démarches qui ont amené l’indépendance de notre université montréalaise, autrefois filiale de l'Université Laval de Québec.Il eut aussi à s’occuper de tous les problèmes qui ont surgi lorsqu'il fut question d’aménager, sur la montagne, un local moderne et fonctionnel pour remplacer celui de la rue Saint-Denis, minable, désuet et trop exigu.Mgr Chartier devait prendre sa retraite peu de temps après le déménagement de l’Université sur le Mont-Royal.Il se retira à Sherbrooke, mais ce ne fut pas pour y goûter les charmes douteux d’une vieillesse oisive.S’il avait réduit ses activités extérieures, il continuait à lire, à écrire et à enseigner dans un collège classique situé à proximité de sa maison de retraite.Lorsque, en 1954, on me confia la rédaction de la revue LECTURES, je fis appel à sa collaboration.Il s’empressa d’acquiescer à ma demande.Tendant des années, la revue a publié des études d'auteur, des études critiques et des recensions où il prodiguait les trésors de sa culture qui était très vaste.On pouvait parfois différer d’opinion avec lui, mais on ne pouvait jamais contester qu'il rédigeait ses articles avec toute la science et la probité dont il était capable.Maintes et maintes fois nous avons eu la preuve du soin méticuleux avec lequel d lisait les ouvrages dont il devait rendre compte: il n'était pas de cette catégorie de critiques qui se spécialisent dans la lecture «.en diagonale ».Notre propos n'est pas ici d'écrire un article exhaustif sur la carrière et l'œuvre de Mgr Chartier.Ce travail a été fait — et brillamment ! — il y a quelques années, alors que M.Séraphin Marion signait dans notre revue une étude d’auteur qui lui était consacrée ‘.Nous tenions, seulement, à déposer, sur la tombe de notre cher et précieux collaborateur, une gerbe de souvenirs émus, en témoignage de reconnaissance.Rita LECLERC (1) 15 mars 1958, p.211-212 dialogue avec lee livnee D'HIER ET D’AUJOURD’HUI ** t Pierre-Henri Simon : LE JARDIN ET LA VILLE Bernard-M.MATHIEU, o.p.De tous les écrivains dont la France s'honore actuellement, Pierre-Henri Simon est un des plus grands.Je n'en veux comme preuve que son dernier livre: Le Jardin et la Ville 1.Quel beau titre et gorgé d'humanisme ! Un écrivain a-t-il le droit de s'enfermer dans sa tour d'ivoire et de se désintéresser de l’actualité ?Son jardin doit-il être à ce point fermé et éloigné qu’il ne puisse entendre l’appel de ses frères qui peinent dans la Cité ?Avec une belle sagesse, P.-H.Simon nous donne la réponse: « Les œuvres qui pèsent tout le poids de l'humain ont leurs fondations dans les conjonctures de l’histoire et leur faîte dans la lumière de l’esprit; elles sont les fleurs et le fruit du recueillement et de la liberté, mais elles offrent aux lutteurs et aux constructeurs, la connaissance et la sagesse.» (P.8) Il y a dans ce livre un chapitre, Moderniser l’humanisme, que certains pédagogues en chambre — au Canada français il y en a beaucoup — devraient lire et méditer.« Moderniser l'humanisme, oui: former des hommes conscients du monde d’aujourd'hui et capables d’agir sur lui par des compétences spéciales et des connaissances pratiques; et cependant, ne jamais perdre de vue l'impératif de culture, l'idéal et Yhonnêteté classique, l’exercice du jugement et du goût, l'importance de l'inactuel et de l'intemporel.* (P.128) On touche ici à l’épineuse question des langues grecque et latine qui ont été longtemps la base de tout l’humanisme.Il est vrai que" tous les élèves ne peuvent étudier le grec et le latin, mais d'autre part, l'humanisme ne doit pas être l'apanage de quelques-uns.« Il faut donc, écrit l’auteur, vouloir donner aux études, fussent-elles les plus pratiques et les plus courtes, un sens et un esprit tels quelles soient encore humanisantes alors qu’elles ne sont plus classiques.» (P.129) L’humanisme de l'auteur est vivant et sain.Lisons par exemple ce qu’il écrit sur le style, et s’il y a encore des tenants de l’écriture automatique, la leçon est pour eux: « Un style n’est pas fait seulement du mot dicté et reçu, mais du mot cherché et choisi, j’ose dire avec Valéry du mot refusé et barré.» (P.141) Tout l'ouvrage de Simon repose sur la défense des valeurs de l’intelligence.Mais il n'y a rien de dogmatique chez lui.Au contraire, tout est nuancé et dosé à sa juste mesure, et le chapitre qu’il écrit Sur le sens de l’anti-roman, nous le montre bien; tout en défendant le roman traditionnel.il admet que l’école prônant le « nouveau roman » puisse apporter quelque chose de neuf.J’ai eu un grand plaisir à lire les pages que Simon consacre à Joseph Malègue, auteur de ce grand roman Augustin où le maître est là, publié avant la guerre.On ne parle plus guère de ce livre, et je me demande même si parmi ceux qui se piquent de littérature au Canada français, il y en a beaucoup qui le connaissent.Malègue, qui mourut en 1940, avait laissé un roman inachevé.Pierres noires.Ce roman énorme — car même incomplet il a neuf cents pages —, est un très beau livre.J’avoue qu’il faut du courage pour passer au travers d'un volume de cette dimension.Mais nos contemporains qui 172 LECTURES perdent tellement de temps à lire des insignifiances, devraient faire un effort pour les remplacer par des œuvres qui nourrissent l'intelligence.P.-H.Simon, critique extrêmement lucide, pour qui la littérature n’est pas uniquement pure esthétique, était bien qualifié pour parler de ce roman, et il en parle avec pertinence.Le Jardin et la Ville est un livre à placer sur le nremicr rayon de la bibliothèque de tout honnête homme.Souhaitons aussi que les éduci leurs le lisent, car P.-H.Simon, professeur de carrière, est un excellent mentor.(I) SIMON (Pierre-Henri) LE JARDIN ET LA VILLE.Paris.Iditions du Seuil [19621.253p.20.5cm.(Coll.Pierres vives) $4.20 Pour tous PAROLES DE DIEU ET SACERDOCE Guy COUTURIER, c.s.c.Qu’une vingtaine de théologiens, exégètes et pasteurs réunissent des études sérieuses et approfondies pour fêter les noces d’or sacerdotales d’un évêque, voilà qui est rare ! Le fait même, indépendamment de la qualité des études groupées, prouve déjà que cet évêque a réalisé ce que l’apôtre Paul écrivait à Timothée: « Ce n’est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné, mais un Esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi * (II Tim, 1, 7).Mgr Weber mérite, certes, qu’on lui présente des travaux de première valeur.Il serait trop long de souligner chacune des études du Festchrift; aussi nous nous contenterons de faire valoir celles qui sont susceptibles d’intéresser le plus grand nombre.Tout d’abord, Mgr Flchinger, le vaillant coadjuteur du jubilaire, et connu comme grand catéchète, a ramassé certaines réflexions de Mgr Weber qui laissent nettement voir son caractère sacerdotal et épiscopal.L’Ecriture Sainte qu’il enseigna pendant de longues années a toujours nourri son apostolat: le prêtre est tout aussi bien au service de la Parole qu’au service du Sacrement.Ces deux services ne se séparent pas, mais s’appellent, indissolublement.Voici l’esprit qui l’anime dans ce service de la Parole: « On n’a pas besoin d’avoir peur de la vé- rité puisqu’elle repose sur Dieu.Comme disait Léon XIII: Dieu n’a pas besoin de nos mensonges.La foi doit reposer sur la vérité.L’amour de la vérité nous fait une obligation de dépasser le simplisme.Il faut avoir confiance en la vérité.La foi n’a rien à craindre de la recherche.La recherche doit être faite avec grande loyauté et humilité, mais aussi avec un profond respect religieux et en ayant le sens de l’Eglise.Dans ces conditions, la recherche ne conduit aucunement vers le naturalisme.» (P.13) Ces quelques lignes évoquent toute une période récente, dont l’influence n’a pas encore fini de se faire sentir, où il fallait parler de l’Ecriture Sainte à mots couverts, et hélas, où il fallait livrer la Parole de Dieu aux futurs prêtres et aux fidèles en des formules de demi-vérités.Seul le courage pouvait corriger pareille attitude, et Mgr Weber y a excellé, pour le bien de ses auditeurs comme pour le bien de l’Eglise.C’est pourquoi il n’a pas hésité à couvrir de son autorité un ouvrage récent d’introduction à l’Ecriture Sainte, qui risquait de choquer une foi qui avait oublié de mûrir.Toutefois, ce zèle si louable sait reconnaître ses limites; il n’est pas toujours bon de trop dire à la fois; il faut laisser au temps la chance d’accomplir son œuvre.C’est la charité surtout qui dicte à un ministre de la Parole les attitudes pratiques à adopter.Il a su reconnaître cette charité Mars 1963 17 3 dans les travaux de ses collègues, et c'est pourquoi il a toujours dénoncé si fortement les dénigrements simplistes des hommes de moindre compétence en cette matière, s'aventurant dans des directives qui ne relèvent pas d'eux.Il était appuyé, en ceci, par Pic XII lui-même dans son encyclique sur les études bibliques.Pareil exemple mérite d'être suivi.Le Père Congar étudie Jean 6 pour y retrouver les deux formes du Pain de Vie: la Parole et l'Eucharistie (p.21-58).Il commence par donner un bon résumé des positions de l'exégèse ancienne et moderne du chapitre, pour montrer ensuite que le salut apporté par le contact corporel avec Jésus est prolongé par l'action sacramentelle, qui est un réel contact physique du corps du Christ avec celui des hommes.Par contre, ce n’est pas là l'unique moyen de communication de la vie divine: la foi en la Parole proclamée est tout aussi bien un Pain de Vie, qui fait grandir dans le Christ Jésus.L’Auteur insiste, et avec raison, sur le fait que ce dernier trait a été trop longtemps négligé dans notre théologie du sacerdoce et qu'il est urgent de le revaloriser.D'ailleurs toute la tradition ancienne associait, de façon très étroite, le double ministère du sacrement et de h Parole pour le prêtre.Comme cette préoccupation est sous-jacente à nombre d'articles du présent recueil, il faut croire que le problème de la prédication est, à l'heure actuelle, celui qui tracasse le plus pasteurs et théologiens.Nous aurons l'occasion d’y revenir.H.Urs von Balthasar consacre quelques pages (59-77) à la « personne et fonction » dans l’Eglise.A première vue, il semble qu'il y ait opposition entre « suivre le Christ » (fonction), tout impersonnel, et « imiter le Christ » (personne), tout tendu vers l'épanouissement de la vie du Seigneur en nous.L'Auteur voit dans cette double ligne de pensée la distinction si fortement défendue entre le clerc (suivre le Christ) et le laïc (imiter le Christ).De fait, c’est là un mauvais point de départ, car toute personne dans l'Eglise doit répondre à ces deux appels: service et vie chrétienne, bien que le service soit plus prononcé chez le clerc On tirera grand profit de ces réflexions qui se développent en plein dans la perspective d’une théologie du laïcat.Suivent trois études proprement exégétiques: H.Cazellcs explique le Psaume 8, qui se situerait entre Gen 2 et Gen 1, dans le développement theo-logique de l'ancien Israël.J.Schmitt essaie de retracer la genèse littéraire du cycle de la Résurrection en partant du kérygme primitif.Enfin A.Feuillet croit expliquer la citation de Jean 7, 39 (de son ventre couleront des fleuves d'eau vive) par une combinaison d'Ez, 47, 1 et Zach 14, 8, en passant par Apoc 22, 17.C’est un phénomène fréquent de l'Apocalypse que de combiner deux textes de l’Ecriture, et ceci prouverait de plus que l’Evangile de Jean et l’Apocalypse sortent bien d'un même milieu.C.Vogel aborde le problème du sacrement de pénitence au sixième siècle.Les théologiens savent combien l'historique de la pénitence est embrouillé.La présente étude leur rendra d’immenses services; l'Auteur a réuni nombre de textes et de faits qu’il soumet à une analyse sévère.Enfin M.Nedoncelle met excellemment en valeur la pensée de Newman sur la suprématie papale, dans son Essai sur le Développement.La deuxième partie du volume comporte des études plus strictement pastorales, et c'est la prédication qui retient davantage les esprits.Nous ne pouvons les signaler toutes; nous ne nous arrêterons qu’à celles qui paraissent les plus significatives.Les réflexions de J.Wagner (La fonction de la prédication dans la liturgie, p.179-194) ne sauraient être trop soulignées.Si le ministère sacramentel est de l'ordre du sacré et qu’il ne supporte pas d'improvisations profanes et légères, le ministère de la Parole est aussi du même ordre, et ne saurait s'accommoder de n’importe quel palabre.Tout d’abord, remarque notre Auteur, la prédication dans la liturgie est liturgie.« Elle forme la transition entre les lectures et la prière de ceux qui sont assemblés, et entre cette prière et l’eucharistie, c’est-à-dire l’action de grâces de celui qui préside.» (P.186) Par conséquent, l’objet de la prédication à l’intérieur d’une célébration liturgique, qui comporte d’ordinaire une action sacramentelle, est strictement limité au sens de cette action qui est de continuer, par des signes, l’histoire du Salut.Tout ce qui ne tendrait pas à mieux faire comprendre et par suite à mieux faire vivre cette histoire du Salut, est une distraction grave dont le Christ et son Eglise font les frais.Une prédication qui interrompt la célébration au lieu de la continuer pour former un tout organique, devrait absolument disparaître de la chaire de vérité.En second lieu, la prédication dans la liturgie est parole de la Parole, qui suscite une réponse.Son point de départ ne peut être autre que les lectures de la Parole de Dieu qui vient d’être proclamée cultuellement.A partir de là, on doit aviver la conscience d’action de grâces du président et des fidèles.Puis comme le sacrement est une nouvelle manifestation de la volonté salvifique de Dieu, il faut que la prédication suscite dans le cœur des auditeurs une soif plus grande du salut, qui engage chaque instant de la vie du croyant, et qui doit se caractériser par une obéissance toujours plus grande au Fils de Dieu.Enfin, cette fonction de la 174 LECTURES prédication est hiérarchique.De soi, ce devoir revient à l’évêque ou à son délégué pour telle communauté donnée, c’est-à-dire au curé.Toutefois, en dernier lieu, c’est le président de l’assemblée, le célébrant, qui est chargé de cette fonction.Peu importe les discussions sur le choix du ministre, ce qu'il faut surtout retenir ici, c’est le sens et la qualité de la prédication liturgique, parce que c’est là où elle souffre le plus à l’heure actuelle.Nous souhaitons que les prêtres méditent ces pages et aient la force d'y répondre.La fidélité à leur sacerdoce en est le prix.H.Oster poursuit les mêmes recherches pastorales sur la prédication homélitique.L’homélie véritable doit faire comprendre aux chrétiens que le passage de l’Ecriture qu’on vient de lire s’accomplit aujourd'hui dans le mystère eucharistique.En somme, c’est revenir à ce que nous disions plus haut: l’histoire du Salut, qui n’est pas du passé mais reste toujours actuelle, demeure le cœur de la prédication.P.Brockel fournit un excellent complément aux idées émises jusqu’ici autour de la prédication.Il montre comment le ministère de la Parole doit se poursuivre, en dehors de l’homélie eucharistique, dans l’action liturgique des autres sacrements, surtout la pénitence, dans la direction spirituelle et dans les cercles d’étude.On y trouvera en outre de précieuses mises au point et de lumineuses directives.B.Fischer rappelle une coutume ancienne qui, semble-t-il, s’est prolongée jusqu’à une date assez récente.De retour au foyer, après une prédication, le père de famille dirige un entretien entre parents et enfants sur ce qui a été dit.Saint Jean Chrysos-tomc revenait souvent sur ce devoir paternel; le père fait ainsi de sa maison une église.On ne peut douter des avantages d’une telle pratique; ainsi l’instruction religieuse des enfants retrouve son milieu normal: la famille.C’est pourquoi le problème mériterait d’être reconsidéré; les pages de M.Fischer fourniront un bon point de départ.Je n’attirerai l’attention que sur un autre article: Le rôle du laie dans la réflexion doctrinale touchant les problèmes de morale concrète par E.Baas.Les développements de l’Auteur éclaireront beaucoup les débats actuels entre clercs et laïcs de notre milieu.Il est de première importance que les deux groupes engagent le dialogue sur les questions familiales et sociales de notre temps.La fonction ecclésiale du prêtre ne peut pas lui permettre de vivre concrètement les situations où se meuvent les fidèles.Il faut donc que ces fidèles informent leurs prêtres de tous les problèmes créés par une société en évolution constante.Si les principes ne changent guère, leur application peut beaucoup varier.C’est pour avoir ignoré toutes ces contingences humaines, mais réelles, que l’enseignement moral de l'Eglise est souvent en dehors du contexte présent de son histoire.L’Auteur remarque que les Papes ont déjà depuis longtemps donné le pas en ce sens; les grandes encycliques sociales sont le résultat de cercles d’étude issus de mouvements entièrement laïcs.I) regrette toutefois que les évêques n'aient pas su suivre l’exemple donné.S’ils consultaient leurs fidèles sur tel ou tel problème, peut-être que leurs lettres pastorales risqueraient moins de tomber dans le vide.Même ne serait-il pas souhaitable que chaque évêque soit entouré d'un conseil de laïcs bien informés des nouveaux problèmes qui se posent sans cesse dans le diocèse.Quant aux curés, enfin, l’Auteur se demande si leur prédication ne gagnerait pas en efficacité s’ils consultaient davantage leurs paroissiens.En un mot, il faut que clercs et laïcs se rendent compte qu’ils forment une seule communauté chrétienne, en marche vers Dieu.Or cette marche exige une rénovation constante des forces, par une foi toujours plus approfondie.Le laïc ne doit pas seulement recevoir cet approfondissement, mais il lui faut aussi travailler effectivement à son élaboration.Cette recension déjà longue prouve assez l’intérêt et l'importance de cette publication.Elle mériterait, à coup sûr, d’entrer dans toute bibliothèque cléricale.EN COLLABORATION PAROLES DE DIEU ET SACERDOCE.Etudes présentées à S.Exc.Mgr Weber, Archevêque-Evêque de Strasbourg, pour le cinquantenaire de son ordination sacerdotale.réunies par Mgr E.Fischer et le R.P.L.Bouyer avec une introduction de S.Exc.Mgr L.A.Elchinger.Tournai.Desclée & Cie [1962].306p.photo.22.5cm.Pour tous Une institution, nouvellement abonnée à la revue LECTURES, aimerait se procurer l'ancienne série, c'est-à-dire, les numéros qui datent de 1946 j: squ'à 1954.Si quelqu'un était prêt à vendre la sienne, prière de communiquer avec nous.Mars 1963 175 Gilbert CESBRON : Â tend Rita LECLERC « Pourquoi ne pas admettre, à l'inverse des partisans, que la vérité est une mais quelle n’est jamais simple; et que notre honneur même demande souvent que nous soyons partagés.» Par ces lignes de son avant-propos, Gilbert Cesbron se justifie par avance de laisser dans l'ambiguïté les lecteurs de Entre chiens et loups.1 Car ce roman laisse en effet une curieuse impression d'ambiguïté, assez difficile- à définir par ailleurs.Après l’avoir lu, le lecteur étranger qui, de loin, assiste aux interminables déchirements de la France depuis plusieurs années, comprend que le problème algérien ait été si aigu, si complexe, et qu'on ait mis tant de temps à le résoudre — si tant est qu'il soit résolu.Il comprend aussi que, si l’auteur semble avoir réussi dans son propos d'écrire un « livre équitable », départageant les torts et les responsabilités de tous les adversaires, il n'a pas indiqué d'issue véritable à "»t imbroglio de passions exacerbées qui déchire la France depuis tant d années et dont elle semble ne jamais devoir sortir.S'il nous laisse dans l’ambiguïté, ce roman ne nous laisse guère indifférents.On lit, d'un trait, cette histoire peu banale racontée avec une verve brillante et passionnée.F.levé par sa mère, veuve, Roland Guérin a gardé, de son enfance, la phobie de ces jeux violents et de ces bagarres spectaculaires où triomphe trop souvent une cruauté aveugle et brutale.Dans ces sortes de jeux, d’ailleurs, il était toujours le faible qu’on protège ou qui fuit.Cette faiblesse, de quelques nobles motifs qu'il tente de la justifier, fait la honte secrète de Roland: n’est-elle pas une déchéance et une tare chez le fils du commandant Guérin, ce héros qui a fait l'honneur de la France et la fierté de sa mère ?Par quel cheminement, ce timide, ce faible, ce peureux, en arrive-t-il à quitter un poste tranquille de professeur où il excelle, pour s’engager dans l’armée algérienne qu’il déteste, comment ensuite, dégoûté d’une guerre où les torts sont des deux côtés, il reviendra en France se constituer prisonnier volontaire, puis apôtre de la non-violence organisée: c'est tout le sujet de ce dense roman.Gilbert Cesbron l’a écrit en romancier qui sait où il veut mener son lecteur.C’est là ce qui fait à la fois la force et la faiblesse de ce roman.Pendant les trois quarts du livre, tant que le romancier s’efface devant la réalité, se contentant d’en choisir les éléments les plus significatifs et de les évoquer avec art, il emporte notre totale adhésion.Mais, dans toute la dernière partie, celle qui va de la conversion de Roland à son incarcération et à sa mort, on a l’impression assez désagréable que le romancier prend la tangente et que, pressé d’arriver au but, il n'accepte plus de se plier à la lenteur de la vie: il escamote le réel pour accumuler les arguments.176 LECTURES En dépit de cette faiblesse qu’on relève dans la conclusion, le dernier roman de Cesbron demeure une œuvre de grande classe.On y retrouve toutes ces qualités qui nous ont fait aimer l’auteur si attachant de romans comme Les Saints vont en enfer, Chiens perdus sans collier, Vous verrez le ciel ouvert et II est plus tard que tu ne penses.Fraternel et bienveillant pour toute l’humanité, Cesbron a une préférence marquée pour les petits, les humbles, les souffrants.Dans l'immense et complexe engrenage du monde moderne, il est toujours du côté de ceux qui sont là où la roue blesse ou broie; c’est le cri de ceux-là que Cesbron perçoit et veut faire entendre.Romancier des écorchés vifs, Cesbron l’est peut-être encore davantage de ces aventuriers du cœur et de l’esprit, capables de dominer leurs peurs et les préjugés de leur milieu, pour améliorer, si peu que ce soit, la dure condition humaine.Les personnages de Mme Guérin et de Roland, dans Entre chiens et loups, sont tout à fait représentatifs des deux types de personnages chers à Cesbron.Ces personnages qu’il aime, Cesbron excelle à nous en faire sentir les contours de chair et d’os, dans un style nerveux, plein d’images, d’esprit et d’humour —• humour noir ou rose.Commen* ne pas goûter, au passage, telle ou telle description du professeur Guérin en proie à ses peurs, à ses hésitations et à ses scrupules, tel portrait de la fragile et forte Mme Guérin, tel croquis du pittoresque M.Lecteur.tel tableau du bled algérien, tel savoureux dialogue du professeur Guérin — alias Fabrice — et de Simone Ardant sur la Légion d’honneur, etc.Entre chiens et loups est un de ces romans, somme toute assez rares, qu’on lit avec plaisir, dont on discute volontiers et qu’on voudra relire.(I) CESBRON (Gilbert) ENTRE CHIENS ET LOUPS.Roman.Paris, Editions Robert Laffont [19621.381p.19.5cm.Pour adultes Quand Cesbron écrit sa notice biographique En guise de postface à son roman Entre chiens et loups, Gilbert Cesbron nous donne, sur lui-même, une notice biographique qui ne manque ni d'intérêt ni d'humour.En voici le texte: Gilbert Cesbron est né en janvier 1913, un vendredi 13 — mais les chrétiens ne sont pas superstitieux — dans cette Plaine Monceau Idécor des Innocents de Paris) qui, à l’époque, était davantage une province qu'un quartier de la capitale.Fils, petit-fils arrière-petit-fils de médecin.Etudes enchantées au Lycée Condorcet (Notre prison est un royaume); ses maitres notaient déjà en marge de ses rédactions: • Consciencieux mais trop d'images.» Sciences Po.(La tradition Font-quernie), licence de Droit, préparation au concours du Conseil d’Etat: puis, pour obliger un ami, il bifurque * provisoirement » vers la Radio.Vingt-sept ans plus tard, il s’y trouve encore.39-40: officier d’artillerie, Dunkerque.Heureux de ne pas y laisser sa vie ou sa liberté, il y perd seulement le manuscrit du début des Innocents de Paris, écrit durant la « drôle de guerre ».Il le réécrit sous l’Occupation, le fait passer en Suisse où l’ouvrage est édité et reçoit le Grand Prix de la Guilde du Livre sans que son auteur le sache.Depuis.Gilbert Cesbron a publié un livre par an — les pommiers donnent bien leur fruit chaque année ! — neuf romans, trois essais, un récit, deux recueils de contes, deux tomes de théâtre, et reçu cinq prix littéraires.Bon élève, toujours.Huit heures par jour et cinq jours par semaine, il travaille comme chef de service dans une société de Radio.Il se rend à pied à son bureau: cela fait quatre fois vingt minutes de marche quotidienne durant lesquelles il compose et prend des notes qu’il recopiera cette nuit, et samedi prochain, et dimanche.Si vous rencontrez, entre le carrefour de l'Odéon et le Palais-Royal, un passant aux cheveux gris qui écrit en marchant.Si la publication des Saints vont en enfer (1932) semble marquer un tournant dans ses écrits, c’est que sa vie elle-même avait déjà pris ce virage: après la guerre, l’Occupation, la Libération, comment vivre sans « prendre sa part de la douleur du monde » ?Gilbert Cesbron a toujours cinq ou six livres en train: cinq ou six citernes qu’il remplit patiemment.Quand l’une d'elles déborde, il ne reste plus qu'à rédiger le livre.Il a pensé, huit ans durant, Il est minuit, docteur Schweitzer avant de l’écrire en quelques semaines; Les Saints vont en enfer cinq ans avant d’aller à la rencontre d’un prêtre-ouvrier.Ou encore, un matin, il se réveille « en état de contes »; alors, il en écrit un par jour (Traduit du vent et Tout dort et je veille en contiennent chacun quarante.).Tous ses livres se terminent par la formule • Adieu donc, enfants de mon cœur » — et il est vrai qu'il ne les relit jamais; et il est vrai aussi qu'il porte ses personnages comme des enfants, persuadé que les lecteurs ne s'attacheront à eux que dans la mesure où lui-même les aura longtemps aimés le premier.Marié: quatre enfants: Ludovique.Catherine, Arnaud, Tristan, de 21 à 14 ans.Aucun ne veut être écrit ain.Mars 1963 177 yiüiioLSu bibtwcpiapLhiqusLâu Littérature canadienne Religion LAFORTUNE (Ambroise), ptre LE MOT DU PERE AMBROISE.Vol.I: « Prêchez dessus les toits ».Montréal, Les Editions du Jour [ 1963].125p.19.5cm.$1.50 Pour tous Le Père Ambroise dans son message quotidien au programme radiophonique « Chez Miville » exerce une influence considérable.En Ambroise lâFORTUNf pretre quelques phrases, dans des mots de tous les jours, il parvient à faire passer une Vérité, absente parfois de la vie courante.Rares sont les foyers qui ne l'écoutent pas, dans une émission qui tient la vedette matinale à Radio-Canada depuis des années.C’est à M.Paul Legendre, le réalisateur de « Chez Miville » que nous devons probablement ce mot du Père Ambroise, Paul Legendre « qui a si bien compris la nécessité d’intégrer le spirituel au quotidien ».« Intégrer le spirituel au quotidien • : formule magique d’un apostolat que le Père Ambroise exerce dans les milieux les plus divers.Formule nécessaire dans un monde comme le nôtre, essentiellement matérialiste.Si nos journées ne contiennent que le travail, de courtes détentes, une passivité morose aux événements de chaque jour, quel désenchantement nous réserve le soir de la vie, qui vient tôt et dans lequel l’homme moderne, uniquement préoccupé du matériel, ne retrouvera que du vent ! Mais si dans les heures de l’affolante actualité, dans nos préoccupations diverses, nous réfléchissons fugitivement à Dieu présent en nous, alors tout est changé et peu à peu, sans nous en rendre trop compte, nous accumulons une richesse que nul ne pourra nous enlever ! Ce sont de petites réflexions sans prétention comme celles’du Père Ambroise qui touchent — l’espace d’un instant — le cœur de l’homme pressé d’aujourd’hui.Elles cadrent d'ailleurs dans l’optimisme de l equipe de « Chez Miville » et permettent — comme le dit bien le Père Ambroise — « de passer le Message ».Ce message nous est maintenant offert dans un livre que publient les Editions du Jour, et il garde, malgré son ton radiophonique, une émouvante efficacité.Des petites phrases comme cel-lt-ci: suggèrent la réflexion, élèvent et fortifient l’esprit: « Ce n'est pas une blague.On peut parfois ne pas s'en souvenir, on peut vivre comme si on l'ignorait, ou comme si la vérité n'existait pas, mais pour chacun de nous il n'y a pas d’autre alternative que la sainteté ou le re-fut total.On peut discuter pour ou contre l'école laïque, on peut opter pour le fédéralisme ou l’indépendantisme.mais quelle que soit la voie il n’y a point pour l'homme d’autre choix final que Dieu, il n’y a point d'autre vie que l’Amour.Il faut se le répéter parfois.Puisque c’est la chose essentielle ».Après les avoir entendus chaque matin, les mots du Père Ambroise sont à consulter.Procurez-vous ce petit livre et, de temps à autre, feuilletez-le.Il vous fera du bien.Julia RICHER Sciences Sociales LANDRY (Thomas-M.), o.p.MISSION CA THOLIQ UE ET FRANÇAISE EN NOUVELLE-ANGLETERRE.Québec, Les Editions Ferland, 1962.296p.22.5cm.Pour tous Cet ouvrage contient des discours et des sermons de circonstance qui ont été prononcés par le président du Conseil de la vie française en Amérique, le R.P.T.-M.Landry, o.p.Ces textes ne sont pas tous d’égale valeur, et peut-être aurait-on bien fait d’en laisser tomber quelques-uns, très faibles et d’un intérêt tout à fait local et transitoire, surtout dans la dernière partie.La meilleure partie de cet ouvrage, celle qui est davantage susceptible d'intéresser un large public, est celle qui expose les problèmes de la minorité française en terre américaine, celle aussi qui propose des éléments de solution.Nos minorités disséminées à travers toutes les provinces du Canada pourraient certes en tirer profit.A.C.178 LECTURES CHAMBERLAND (Paul) GENESES.Poèmes.Montréal, A.G.E.U.M., 1962.96p.22cm.Pour tous Voici un jeune écrivain qui est en train de se forger une poétique sévère et originale.On peut aimer ou ne pas aimer ses textes un peu déroutants et apparemment discontinus, on doit admettre que la poésie y fuse de toutes parts, pleine de jeunesse et de vitalité.Paul CHAMBERLAND Paul Chamberland est doué d'une sensibilité très fine.11 crée des images d’une fraîcheur inédite qui s’accommodent très bien d’un lyrisme sans cesse contenu.La primauté du langage sur le sentiment me semble caractériser son univers poétique, sans pour cela étouffer une sourde nostalgie qui transparaît un peu partout.Ce recueil traduit un effort de saisir le monde dans ses bras, d'en savourer toutes les beautés, de s’y enraciner pleinement.Cette soif est satisfaite momentanément, mais revient le souvenir d'un passé amer dont il n'est pas facile de se libérer.Apparaît aussi l'image d une réalité interdite qui ne se dévoilé pas.Le poète n'est pas parfaitement réconcilié avec l’univers qui ne livre pas tous ses secrets, d'où parfois un ton d'amertume et de révolte.Mais Paul Chamberland est jeune encore.Genèses représente plus qu’une promesse.C’est déjà une des meilleures réussites de notre jeune poésie.Paul-Emile ROY MAILLET (Antonine) ON A MANGE LA DUNE.Montréal, Beauchemin.1962.182p.19.5cm.$1.75 Pour tous Le pittoresque, les émerveillements, les naïvetés de la jeunesse, ses prétentions, sont exprimés d une façon très vivante dans le récent ouvrage d'Antoninc Maillet, On a mangé la dune.La petite Radi, sept à huit ans.qui apparaît à chaque page, n’est pas « une petite fille bien sage ».genre comtesse de Ségur, mais un diablotin, espiègle et agité genre 1962 digne du siècle du bruit et du mouvement.Radi est une petite Acadienne, entourée de nombreux frères, sœurs et amis.Toute cette Antonine MAILLET marmaille s’agite, sc remue, invente aventure sur aventure avec une prodigieuse facilité, se passionne pour des actions que les adultes, du haut de leur dédain, appellent niaiseries.Auprès de ces chérubins ébouriffés, qu’on est loin des intrigues noires et désespérées des grandes personnes ! Chez eux, tout est joie, tout est nouveau, tout est grand ! Que Radi construise une immense ville dans le sable avec remparts invisibles ou qu’elle fonde une Congrégation avec assistantes et nonnettes, tout est sérieux, du sérieux d’un instant, puisque l’enfance est toute dans le changement, dans l'intérêt du moment.moment aussi fluide que le rêve.L’auteur ne nous fait pas assister au passage de Radi dans l’adolescence.On soupçonne qu’il sera pénible.D’ailleurs la petite semble pressentir déjà qu'il lui faudra venir du-côté-de-chez-l'homme, de l’adulte.En distribuant des journaux aux grandes personnes, Radi a pu en apprendre des choses ! Déjà un grand lui a dit: « Viens m’embrasser ! » et Radi a eu peur.Déjà trois grandes filles écervelées ont eu devant elle des remarques obscènes, et Radi.demain, sera désenchantée.La dune disparaîtra bientôt.Si, dans son fond.On a mangé la dune est un livre d'une grande fraîcheur, on y trouve un style très vivant, un style bien nord-américain.elliptique, cassé, alerte, heurté comme le jazz.On y trouve aussi, nombreux, des passages aussi poétiques que celui-ci: « Toute la nuit, on rêvait qu'il pleuvait et qu’on n’allait pas au Fond de la Baie.Mais au petit jour, le soleil sautait tout rouge dans le ciel en criant: Fond de la Baie ! Et toutes les têtes lui répondaient par toutes les fenêtres de la maison: On y va ! » (P.100) Les grandes personnes qui ne savent plus perdre leur temps ne liront pas On a mangé la dune, mais celles qui aiment l’enfance la retrouveront dans ces pages qu’on dirait par moments électrisées.Paul GA Y, c.s.sp.179 Mars 1963 Littérature étrangère Philosophie BLONDEL (Maurice) et LABERTHONNIERE (Lucien) CORRESPONDANCE PHILOSOPHIQUE.Publiée et présentée par Claude Tresmontant.Paris, Editions du Seuil [1961].386p.photo.20.5cm.$5.80 Appelle des réserves Tous ceux que l'histoire de la philosophie intéresse liront avec grand profit cet ouvrage.Blondel et Laberthonnière, c'est indéniable, ont joué un grand rôle dans le monde philosophique au début du siècle.Les deux aussi ont soulevé par leurs écrits de violentes polémiques.Les tenants de la philosophie et de la théologie thomistes qui s’opposèrent aux deux philosophes avaient en grande partie raison.Blondel et surtout Laberthonnière, n'ont pas compris le thomisme.Le dernier l'a combattu toute sa vie avec une « haine tenace », le mot est d’Etienne Gilson dans un compte rendu d’un ouvrage posthume de Laberthonnière.Blondel, plus conciliant, était quand même injuste envers saint Thomas.L’auteur de L’Action s’est plaint bien souvent qu’on dénaturait sa pensée.A son tour ne tombait-il pas dans le même travers en écrivant cette phrase sur la vision béatifique selon la doctrine du Docteur Angélique: « Oh ! cette vision béatifique qui est glaciale, au froid absolu, une lumière immobile, une transparence sans amour, une union sans cœur, ce bel idéal.» (P.215-216) Cette correspondance philosophique nous montre deux hommes animés d’un amour ardent pour le Christ et son Eglise.Laberthonnière, dont plusieurs œuvres furent mises à l’Index, se soumit humblement et accepta sans un mot de révolte cette dure épreuve.Ce livre est un document capital, et Claude Tresmontant a droit à nos remerciements pour la publication de ces lettres.Bernard-M.MATHIEU, o.p.Religion FRAINE (J.de), s.j.PRIER AVEC LA BIBLE.Les antécédents bibliques de grandes prières chrétiennes.Bruges, Beyaert [1961].246p.19.5 cm.Pour tous L’Auteur de ces pages est bien connu.Ii a déjà publié d’importants travaux d’exégèse de l’Ancien Testament, qui ont manifesté sa profonde intelligence des problèmes doctrinaux et littéraires du Proche-Orient ancien, dont fait partie Israël.Ici, il a voulu montrer les antécédents vétérotestamentaires de deux prières chrétiennes, si souvent utilisées tant en liturgie que dans la dévotion privée: le Pater et le Magnificat.La méthode suivie est très simple: chacune des demandes ou versets de ces prières constitue un chapitre, où les principaux textes bibliques viennent se joindre les uns aux autres pour donner une sorte de mosaïque scripturaire autour d’un thème donné.Les notes proprement exégétiques sont brèves et claires.C'est surtout le développement du thème qui est mis à l'avant-plan.Nous avons ainsi un point de départ précieux pour de plus amples réflexions.Le prédicateur devra remercier le Père de Fraine pour lui avoir livré ainsi un dossier biblique bien char- penté.Les cercles bibliques devront aussi s’en servir, avec grand profit.C’est une matière première qui demande de nouvelles élaborations.La marche à suivre est ici bien tracée.En dernier lieu, l’Auteur étudie, de la même façon, les Béatitudes, qui sont autant de nouveaux thèmes.Nous ne saurions trop recommander l’utilisation de l’ouvrage comme instrument d'études bibliques.Nous lui souhaitons plein succès.G.COUTURIER, c.s.c.LECLERCQ (Chan.Jacques) LA RENCONTRE DES EGLISES.[Tournai] Casterman, 1962.168p.21.5cm.Pour tous S’il est un sujet qui doit actuellement préoccuper tous les chrétiens, c'est bien celui de leur unité.Depuis des siècles que le scandale de la division dure ! Heureusement, le vingtième siècle assiste à des transformations profondes, et du côté des protestants, et du côté des catholiques.Le livre du chanoine Leclercq se fait justement l'écho de cette transformation qui s'accomplit un peu partout dans la chrétienté.De part et d’autre la sympathie apparaît, les préjugés perdent de leur ténacité, le dialogue est rendu possible, et tout laisse croire que l’œcuménisme franchit un tournant remarquable, bien qu’il ne faille pas se cacher tous les obstacles qu'il reste encore à surmonter.L'auteur ne se présente pas comme un spécialiste de ces grandes questions, mais comme un 180 LECTURES témoin des efforts qui sont tentés des deux côtés.Tout en affirmant ses convictions de façon claire, il essaie de comprendre le point de vue des non-catholiques et projette des lumières sur les problèmes les plus complexes.Le principal mérite de ce volume est.il me semble, de montrer l’évolution qui s’est produite des deux côtés depuis le XVIe siècle et de décrire ensuite lucidement la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement.Du côté des protestants, l’antipapis-me est dépassé.De même, du côté des catholiques, l’antiréforme.Les débats ont perdu beaucoup de leurs passions initiales, et un climat de charité a succédé à celui de l’hostilité.De grandes difficultés ne résistent pas moins à la bonne volonté, et les protestants ne sont pas encore disposés à accepter l’infaillibilité pontificale et la théologie catholique du sacrifice eucharistique.Toutefois, le rapprochement n’est pas impensable, même s’il n’est pas pour demain, et l’auteur propose quelques-unes des conditions qui, selon lui, pourraient le rendre possible.Paul-Emile ROY Mariage EN COLLABORATION FAMILLES ANCIENNES.FAMILLES NOUVELLES.Rapports et compte rendu de la XXXe semaine de missiolo-gie, Louvain 1960.[Bruges] Desclée de Brouwer [1961].272p.23.5cm.(Coll.Museum Lessianum, section missiologi-que, no 41) Pour tous Le mariage et la famille sont des institutions naturelles, sacrées, mais les modalités de leur accomplissement varient énormément d’une culture à l'autre, d’une religion à l’autre.Ainsi chez les peuples chrétiens, le jeune couple tend à s’isoler, il édifie son propre foyer dont il veillera à garder la stricte intimité; au contraire, dans les civilisations traditionnelles non occidentales, lepoux vit avec sa femme au sein du clan, de la grande famille, avec scs parents et ses frères mariés.En ce qui concerne le choix du conjoint, les coutumes aussi diffèrent.Ici, une jeune fille épouse celui qu'elle aime.Là-bas, elle aime celui qu'on lui aura fait épouser.Le choix du futur conjoint est souvent établi par les parents pour de tout jeunes enfants.Le missionnaire doit tenir compte de toutes ces données dans son œuvre de christianisation, et sa tâche n’en sera pas facilitée.II doit chercher à comprendre, à s’adapter.et surtout s’armer de patience, car modifier une civilisation est un travail séculaire.Le statut inférieur de la femme, la polygamie légalisée, le problème de la surpopulation, autant de questions importantes qui appellent son attention.On s’explique que devant la difficulté de leur tâche, les missionnaires sentent le besoin de se réunir en semaines d’étude pour discuter ensemble de ces problèmes complexes et établir l’orientation à donner à leur action.Cet ouvrage, qui est loin d'être sans intérêt pour le grand public, sera apprécié particulièrement par les spécialistes des questions familiales et missionnaires.Ils y trouveront des études assez élaborées sur les mœurs familiales d'Afrique.d'Asie et même d'une petite partie de l’Amérique, l’Amazonie.Un tel rapport, fruit d'un consciencieux travail d’équipe, doit faire partie de leur bagage documentaire.C.MARTIN-POTVIN Éducation VIEUJEAN (Jean) JEUNESSE AUX MILLIONS DE VISAGES.Essai sur la jeunesse de 18 à 25 ans.|Tournai| Castcrman, 1961, 190p.20cm.Pour tous Ceux qui ont fait de l’Action catholique il y a une vingtaine d’années, se souviennent particulièrement bien de deux ouvrages de Jean Vieujean qui jouissaient alors d’un grand prestige: Au large et Toi qui deviens homme.Déjà, Jean Vieujean s'intéressait à la jeunesse et savait lui parler.Après tant d’années, sa sympathie et son expérience n'ont fait que s’accroître.C’est donc avec une maîtrise incontestable qu’il présente aujourd'hui un essai sur la jeunesse de 18 à 25 ans.Quand on pense qu'à 25 ans.la réussite ou l’échec d'une vie est déjà prévisible, on comprend l’importance de cette période préparatoire aux grandes réalisations.L’ouvrage est aussi complet que possible.Après avoir étudié la jeunesse en général avec scs privilèges et ses dangers, ses complexes et ses dons précieux, l'Auteur aborde le monde concret des jeunes.Faut-il désespérer de la jeunesse d’aujourd'hui ?Non.bien sur ! Comme à toute autre époque et dans tout milieu sociologique.les jeunes sont constitués d’éléments divers.Il y a les inadaptés (les blousons noirs par exemple, qui font du tapage mais sont l’infime minorité), il y a la classe moyenne, qui forme le noyau principal, et enfin l’élite à laquelle plusieurs se rattachent par certains aspects de leur personnalité et s’en excluent par d'autres.Les critères donnés pour répartir les jeunes entre ces trois catégories aideront aussi à porter un jugement de valeur sur le monde des adultes.Les jeunes ont bien souvent de la difficulté à se comprendre eux-mêmes.à saisir le sens de la vie, à juger sainement leurs aînés.Cet ouvrage les aidera à approfondir toutes ces questions fondamentales, à orienter vers le haut leurs immenses possibilités.Quant aux parents que décontenancent les agissements effarants des jeunes « nouvelle vague », cet ouvrage est fait Mars 1963 181 pour les éclairer et les rassurer.Livre réaliste, il ne minimise pas l'influence dangereuse d’un milieu chargé en facteurs avilissants; livre optimiste malgré tout, il mise sur les valeurs éternelles de la jeunesse qui permettent tous les espoirs.C.MARTIN-POTVIN Sciences COMBALUZIER (Charles) INTRODUCTION A LA GEOLOGIE.[Paris] Editions du Seuil (1961).191p.ill.18cm.(Coll.Le Rayon de la Science, no 12) Pour tous Si la géologie a contribué à changer notre civilisation dans plusieurs domaines, elle est quand même demeurée une science inconnue du public.11 faut donc féliciter l'abbé Combaluzier de l'avoir non seulement tirée de l’oubli mais de l'avoir rendue attirante.En quelques pages il a ouvert les grands chapitres de la géologie.Dans une formulation simple, qui ne dessert en rien la qualité scientifique, il aborde les grands phénomènes de la genèse terrestre et les principales hypothèses, dans une introduction qui est un modèle du genre.De plus, pour faciliter la tâche du non initié, il a ajouté des tableaux et un lexique qui aident beaucoup à la compréhension.Et le lecteur qui succombera à l'enthousiasme communicatif de l'auteur trouvera au bas des pages et à la fin une bibliographie qui lui ouvrira le monde de la géologie.Cependant le chapitre qui voudrait résumer l’histoire de la géologie semble fait à la hâte.Je ne crois pas qu’il y ait eu seulement des Français pour illustrer cette science.Et Buffon peut difficilement être l'initiateur de la géologie quand, un siècle avant lui, un Anglais, Hooke, et un Danois, Steesen, avait déjà dit ce qu'il n'aura qu'à répéter.Le dernier chapitre déçoit un peu.J'admets bien que l'auteur se laisse emporter par le lyrisme.Mais il me semble qu’il laisse trop l’impression que la géologie est la clé de tous les mystères et la source de la signification de l'homme.On peut se réclamer de Teilhard de Chardin mais il faudrait au moins nous livrer une vision aussi chrétienne que la sienne.Ce livre est idéal pour les jeunes naturalistes qui voudraient faire leurs premiers pas en géologie.Gabriel SAMSON, c.s.c.Littérature KEMP (Robert) LA VIE DES LIVRES.T.2.Paris, Albin Michel (1962].331p.18.5cm.A ppelle des réserves J'ai lu bien souvent les feuilletons littéraires de Robert Kemp dans Les Nouvelles Littéraires.J'étais chaque fois ébloui par la culture encyclopédique de l’auteur; un style à l’emporte-pièce et un enthousiasme juvénile que l'âge n’altéra pas, m’enchantaient.Mais je le dis crûment: Robert Kemp était trop dilettante pour mon goût.La lecture de ces articles réunis en volume a renforcé cette opinion.Voici un exemple.Dans un article sur Stendhal, Kemp fait l’éloge des maîtres - de la littérature française capables de guérir la jeunesse française atteinte par « la maladie du désespoir » (p.115).Notre auteur nomme, pour appuyer ses dires, Montaigne, Rabelais, Descartes, Molière et, tenons-nous bien, Voltaire et tout le XVIIIe siècle, Courier, Benjamin Constant, enfin terminant sa nomenclature, « Anatole France et vingt autres » (p.115).Mon objet ici n’est pas d’étudier les maîtres de la littérature française.Mais classer Voltaire et les autres écri- vains du XVIIIe siècle et, j’ose à peine l’écrire, Anatole France, parmi « les plus sûrs maîtres » (p.115), c’est un peu fort.On ne guérira certainement pas la jeunesse en lui faisant lire Voltaire et Anatole France.Au contraire, c’est le meilleur moyen de la faire mourir rapidement.Mais je comprends cet attachement pour ces deux écrivains, après l’aveu que Kemp nous fait de son rationalisme,.« le pur rationalisme, je l’aime toujours » (p.204).Il y a plus: « Robert Kemp professait un libéralisme opiniâtre » (p.209).« Je veux, écrit-il.admirer les athées comme les dévots, Le Cimetière marin comme Eve et adorer les jeux d’esprit de Renan autant que ceux de Bergson » (p.209).Cet éclectisme me paraît un peu inquiétant.Si le dogmatisme en art est déplaisant, un abus de libéralisme ne l’est pas moins, et est dangereux en plus.Je ne pense pas tomber dans le premier excès en disant que le rictus de Voltaire m’a toujours fait peur.Pour Anatole France, son ironie m’est toujours apparue desséchante pour le cœur et l’esprit.André Maurois dans l’introduction à La Vie des Livres, écrit: « Les chroniques de Robert Kemp, écrites en un style ardent et allègre constituent la meilleure histoire de la littérature contemporaine ».Je me permets de différer d’opinion.Que Robert Kemp ait été un grand critique littéraire, je veux bien: le chapitre entre autres, sur Alfred de Vigny — « ce vieux roc pensif » — est très beau.Mais j’y reviens, son éclectisme et son libéralisme exagéré diminuaient son œuvre.En fermant le livre de Robert Kemp, on pense à la phrase charmante de Valéry Larbaud: « Ce vice impuni, la lecture ».Robert Kemp, jusqu’à la fin de sa vie, fut un liseur acharné, intelligent et perspicace.On lira avec profit La Vie des Livres ne serait-ce que pour apprendre l’art de lire.Bernard-M.MATHIEU, o.p.182 LECTURES ALBERES (R.-M.) HISTOIRE DU ROMAN MODERNE.Paris, Editions Albin Michel [1962].460p.21cm.Pour tous Dans Bilan littéraire du XXe siècle, M.R.-M.Albérès nous a donné une pertinente initiation à l’évolution littéraire en France de 1900 à 1962, à l’histoire des thèmes littéraires aussi bien dans la prose que dans l’aventure poétique.Dans L'aventure intellectuelle du XXe siècle, il a repris le même objet et la même méthode, jusqu’à l’année 1959, mais, cette fois, à l'échelle de la littérature comparée, par la présentation du panorama des littératures européennes.Le même vaste angle de vision, s’étendant à l’homme occidental, se retrouve dans la solide et exhaustive Histoire du roman moderne, où l’A.s’attache surtout au problème de la création romanesque.Cette vivante somme expose l’évolution concernant les différentes formes artistiques et la matière du roman, qui fait figure de Protée.Nanti d’une immense érudition et d’une admirable maîtrise de pensée, l’A.guide le lecteur de création littéraire en création littéraire, depuis le XVIIe siècle au XXe.Il donne vie aux romanciers par l’évocation rapide d’une œuvre, par une citation.Zola, Nathaniel Hawthorne, Lawrence Durrell y sont définis par leur sensibilité et par leur propos.Par son étude remarquable il a bien mérité le Prix de la Critique Marcel Thiébault.A sa suite, le lecteur entreprend un voyage agréable à travers la grande aventure romanesque; il voit défiler, comme dans un montage cinématographique, les ressources, les idées, les intentions, l’histoire, la vie fourmillante de la création romanesque, jusqu’aux problèmes les plus actuels.Il se rend vraiment compte que pour la première fois un « genre » littéraire « s’ouvre à toutes les expres- sions de l’homme et à tous ses besoins : assouvissement de l’imagination la plus vulgaire, satisfaction de la curiosité, documentation, méditation, exploration.» (p.285).« Dans les cadres de l’histoire littéraire, mais aussi dans une évocation où sont gommés et effacés ces cadres et ces lignes, on peut, à travers la diversité d’un genre qui se nourrit de tout ce qui lui est étranger, revivre l’aventure du roman occidental.Né avec avec l’homme moderne, il a évolué avec lui.L’histoire d’un genre littéraire se confond presque avec notre histoire, et du moins avec notre destin.» (P.12) Romain LEGARE, o.f.m.ALBERES (R.-M.) BILAN LITTERAIRE DU XXe SIECLE.Edition revue et augmentée.[Paris] Editions Montaigne [1962].245p.18.5 cm.(Coll.Les • Essais » chez Montaigne) Pour tous Avec un étonnant brio, un art tout universitaire des développements et une adresse rare dans l’élucidation, la mise en valeur d'une ample matière.l’A.nous offre une suggestive histoire des grands thèmes littéraires de la littérature française, au XXe siècle.Ce Bilan littéraire est une étude de l’évolution de la sensibilité littéraire, en France, une étude fondée sur une philosophie de la vie, une interprétation de l’évolution historique de la société contemporaine, ainsi que des formes d’art, de la profonde révolution survenue.depuis le début du siècle, dans la conception de la littérature et dans la fonction que les meilleurs esprits lui assignent.Après avoir indiqué, dans le premier chapitre, « les tendances générales du monde littéraire nouveau », l’A.montre, dans les cha- pitres suivants, comment la littérature « de qualité » s’est définie elle-même, comment se sont imposés des thèmes nouveaux dans le roman (« l’aventure morale *) et la poésie (« l’aventure poétique »), comment ont évolué l’essai et la critique.« La fonction littéraire ne peut être précisée que pour chaque époque; dans la nôtre, le besoin d’évasion, le goût d’idéaliser, le talent de décrire.de peindre et d’informer, se sont effacés devant l’exigence de remâcher et de méditer les problèmes fondamentaux du sens de la vie.» (P.232s.) Dans cette « édition revue et augmentée », l’étude est poussée jusqu’à l’année 1962; les changements notables sont surtout les deux nouveaux chapitres consacrés au « tournant de 1948 : l’anecdote, la verve et la désinvolture» (p.125-134), ainsi qu’au « nouveau roman * et à « l’antithéâtre * (p.135-146).Romain LEGARE, o.f.m.ONIMUS (Jean) LA ROUTE DE CHARLES PEGUY.[Paris] Plon [1962].205p.19cm.(Coll.La Recherche de l’Absolu, no 3) Pour tous L’influence de Charles Péguy n’est pas près de finir, et c’est heureux.On n’épuise pas l’œuvre de l'auteur d’Eve; chaque lecture nouvelle nous fait découvrir un aspect nouveau de sa pensée.Le livre de Jean Onimus m’a poussé à relire certaines pages de Péguy.N’y aurait-il que cela, l’auteur aurait droit à ma gratitude.Mais il y a plus.Peu d’écrivains ont décrit l’aventure spirituelle de Péguy avec une telle clairvoyance.Une biographie chronologique et une bibliographie analytique complètent cet ouvrage et en font un guide précieux pour la connaissance de Péguy.Bernard-M.MATHIEU, o.p.183 Mars 1963 flÜg 1 .SH VERITE (Marcelle) T!LINE et autres contes.Imagés par Elisabeth Ivanovsky.[Tournai] Casterman [1962].58 p.ill.23.5cm.(Coll.Plaisir des contes) Relié.Pour enfants Sept contes pleins de fantaisie et racontés avec art.contes qui feront sûrement la joie des fillettes.Caractères assez gros, faciles à lire.Typographie aérée.Illustrations de bon goût.A.C.JEANDET (Yette) UNE CHANSON DANS LA NEIGE.Illustrations d’Albert Chazelle.[Paris] Hachette [1962].190p.ill.20.5 cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 224) Relié.Pour jeunes C'est la veille de Noël.Mary, en vacances dans une auberge de montagne, n’arrive plus à retrouver son chemin dans la forêt, où la neige joue à cache-cache avec les arbres.L’adolescente, après avoir tourné en rond pendant quelques heures, tombe à genoux au pied d’un arbre.Vaincue par la fatigue et le froid, la gamine, rêvant à ses blancs Noëls canadiens d’autrefois, chante et re-chantc un air de ce temps-là.Cette chanson dans la neige sauvera la petite Canadienne de la mort et lui fera rencontrer Gabriel Vernay.jeune peintre de talent.Ce sauvetage vaudra au jeune homme la célébrité, en attendant de valoir aux deux héros « quelque chose » de plus merveilleux encore.Ce conte, où l’on découvre tout de suite l’intention de l’auteur, n’en est pas moins captivant avec ses personnages sains et dynamiques.On parle tellement aujourd'hui d’une jeunesse-problème qu’il appartient aux auteurs de romans pour jeunes d’écrire des histoires toniques, de créer des personnages équilibrés afin de détruire ce mythe d'une jeunesse « sans vertèbres », d'une jeunesse tristement célèbre à cause de certains romans d'auteurs jeunes-vieux dont on a déjà trop parlé.Les jolis dessins d’Albert Chazelle ajoutent à l’élégance habituelle de cette magnifique collection.Denise HOULE BURGBACHER (Kurt) RAMANDRAH SAHIB.Traduit de l'allemand par Yvonne Rosso.Illustrations de Pierre Forget.Paris, Spes [1962].190p.ill.19cm.(Coll.Jamboree) Pour jeunes Au cours d’une de ces désastreuses inondations, fréquentes en Inde au temps de la mousson, un jeune Indou.Ramandrah Sahib, a perdu ses parents et a été sauvé de la mort par Hamed, jeune paria.Ce sont les aventures de ce dernier et de son petit protégé qui nous sont racontées dans cet ouvrage qui est, en même temps qu’un captivant récit, un documentaire extrêmement vivant et fort riche sur les us et coutumes de l’Inde, Il est malheureux qu'un livre d'une telle qualité soit quelque peu déparé, au chapitre VI (Rao le vo- leur), par une étrange absolution donnée au mensonge et au vol.A.C.SECHAN (Olivier) LUC ET MARTINE A LA TOUR BLANCHE.Illustrations de François Batet.[Paris] Hachette [1961].190p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque, no 216) Relié.Pour jeunes Vivent les vacar.ces ! C’est un avant-goût que l’auteur offre aux jeunes.Des plaisirs sains: natation, jeux de ballons, marches au grand air.et enfin, excursions assaisonnées de mystère.Luc et Martine, nos deux héros, visitent une caverne dans la région où ils passent l’été.Beaucoup de rumeurs se transmettent de bouche en bouche à l’effet que des choses étranges s’y sont passées au cours des années.Entre autres: un jeune homme y serait disparu peu de temps auparavant.Nos amis profitent du reste de leurs vacances pour éclaircir le mystère.Quelles péripéties les attendent ! Ils passent par toute la gamme des émotions.De lecture agréable, ce livre qui nourrit le goût de l’aventure des jeunes, leur plaira sûrement.Tout en signalant les aspects excitants du risque, il en montre aussi les dangers qui peuvent surgir au moment où on s’y attend le moins.Un grain de sagesse pour ramener sur la terre les deux pieds des téméraires.Les illustrations fournissent à l’imagination un supplément de détails, ce qui rend le récit encore plus captivant.M.D’AMOUR 184 LECTURES HONOUR (Alan) PICCARD CONQUERANT DE L'ESPACE.|Bruges] Des-clcc de Brouwer [1962].156p.ill.(h.-t.) 18.5cm.(Coll.Belle humeur, no 97) Relié.Pour jeunes Les jeunes lecteurs friands d'histoires vécues se laisseront sans doute captiver par ce récit des aventures du professeur Piccard, pionnier des voyages dans la strastosphère et des expéditions sous-marines.Ouvrant la voie à nos célèbres astronautes contemporains, le professeur Piccard a le premier réussi une ascension strastosphérique de !6,0()()m.Dans la mer.avec le fameux bathyscaphe de son invention, il est descendu jusqu’à 3,000 m.de profondeur.Illustré de photos très révélatrices et écrit dans une langue limpide et simple, ce récit est de nature à intéresser les jeunes de douze ans et au-delà, que ne rebutent pas les récits un peu sérieux.A.C.SAWYERS (Martha) et REUSSWIG (William) L'EXTREME-ORIENT.Ecrit et illustré par Martha Sawyers et William Reusswig.[Paris, Hachette, 1962.] 100p.ill.32cm.(Coll.Encyclopédie en couleurs Hachette) Relié.Pour jeunes Le plus récent album de la collection Encyclopédie en couleur Hachette est consacré aux pays de (Extrême-Orient: la Chine, le Tibet.la Mongolie, la Mandchourie, la Sibérie, les Philippines.Les grandes lignes de l’histoire de chacun de ces pays, quelques détails caractéristiques de leur géographie humaine et physique: voilà ce qu’on trouve dans cet album.De magnifiques illustrations complètent à merveille un texte simple, clair et agréable à lire.Avec des albums de ce genre, la géographie s’apprend sans larmes.A.C.JEANDET (Yvette) MAISONS DE PAPIER.(Bruges] Desclée de Brouwer [1962].154p.ill.18.5cm.(Coll.Belle humeur, no 98) Relié.Pour jeunes C'est une bien charmante histoire que celle de Viane, petite fille dc dix ans qu'un médecin psychologue envoie à la campagne pour se guérir d’une nature trop timide et sensible.La fillette y découvrira un monde nouveau pour elle, monde où vivent des garçons et des grandes personnes quelle redoute, d’abord, monde où croissent les vignes et fleurissent les roses.Etude psychologique finement menée.Style plein de fraîcheur et de poésie.Illustrations assez ternes.Une lecture à conseiller aux jeunes lectrices d’une douzaine d’années.A.C.TH1EBOLD (Marguerite) DEUX GARÇONS DE NULLE PART.Illustrations d’Albert Chazelle.[Paris] Hachette 11962].189p.ill.20.5cm.(Coll.Idéal-Bibliothèque no 233) Relié.Pour jeunes A l'âge où l’on va à l'école.Sébastien et Stew, deux garçons que la guerre a rendus orphelins, errent à l’aventure et subissent toutes sortes de tribulations jusqu’au jour où ils seront adoptés par un vieil homme compatissant.Récit captivant qui montre les conséquences de la guerre pour la jeunesse.Style alerte.Illustrations nombreuses et fort jolies.Une lecture de choix pour lecteurs ou lectrices de dix ou douze ans.A.C.* * * LE PETIT CHAPERON ROUGE.Illustré par Federico Santin.Paris, Editions graphiques internationales, 1962.[27p.].ill.32cm.Relié.Pour enfants L’histoire bien connue du Petit Chaperon rouge est ici renouvelée par une imagerie neuve et de bon goût.Un beau cadeau pour les tout petits.A.C.ffMf?igyfgggiwifji»»» w VERMEULEN (Marcel) TROIS CARAVELLES POUR UN NOUVEAU MONDE.Namur, Les Editions du Soleil levant [1961], 273p.ill.18cm.(Coll.Les grands moments de l'aventure) Relié.Pour adolescents Il fallait vraiment une vocation pour avoir le courage d’entreprendre, dans des conditions aussi précaires, un voyage vers un continent inconnu.Non seulement Colomb disposait de navires peu confortables et peu sûrs; mais l’équipage qui l’accompagnait n’était pas des plus choisis.Néanmoins, avec ces moyens de fortune, il s’aventure sur une mer inconnue, et seules ses qualités exceptionnelles de navigateur lui ont permis de mener à bien l’expédition.Il est édifiant de lire combien il était humble envers Dieu et à la fois ferme et indulgent envers ses hommes.Sa principale préoccupation, arrivé sur la terre ferme, au Nouveau Monde, fut d’en prendre possession au nom de Dieu et des souverains d’Espagne: Ferdinand et Isabelle.Il croyait avoir découvert les Indes, mais ne rapporta pas l’or que beaucoup convoitaient.Délaissé de tous, en 1504 « dans une humble maison de Valladolid, l’Amiral de la mer des Indes sctei-gnait sans bruit ».C’est avec plaisir et enthousiasme que le lecteur suit le voyage et découvre avec Colomb ces nouvelles terres et leurs habitants si pittoresques.C'est avec regret et émotion que nous revenons vers l’Espagne, prêts à repartir nous aussi vers de nouvelles découvertes.Quel exemple de courage et de beaux sentiments religieux ce livre nous inspire ! Ainsi que nous avertit l’auteur au début, c’est un roman et non un livre d'histoire.Il intéresse tout en instruisant.Relié et imprimé sur papier glacé, cet ouvrage offre, en outre, des illustrations qui agrémentent et complètent la lecture.M.DAMOUR Mars 1963 185 iBlllsii N ^ !¦ v- s ’ »i Biographie GORCE (Denys) Ce martyre de Neuwman.A la lumière par la croix.2e édition revue et augmentée.Paris, Alsatia [1961].262p.photo 19cm.• • • J'ai connu madame sainte Claire.Le procès de canonisation de sainte Claire d'Assise.Traduit de l’ombro-italien.Préface de S.E.Mgr Garrone.[Paris, Editions du Cèdre] 1961.176p.19.5cm.KERDREUX (Michel de) Sainte Thérèse de LJsieux.Perspectives pour le temps présent.Réponses aux jeunes.[Paris, Editions Lethielleux, 1961].165p.19cm.SCHAFER (P.Bruno), o.f.m.cap.Les pourchassés de la Grâce.Témoignage de convertis de nos jours.Traduit par le P.Joel Jean, o.f.m.cap.Montréal, Apostolat de la Presse [1962].196p.20cm.$1.50 Littérature de Jeunesse MALOUIN (Reine) Ce matin, le soleil.Roman.Montréal, Fides [1962].95p.22cm.(Coll.Rêve et vie) $1.25 MARIEMY (Elisabeth) Petite étoile.Illustrations d’Edith Follet.Toulouse, Apostolat de la Prière [1962].79p.ill.19.5cm.VALLERAND (Claudine) Contes de maman Fonfon.Texte Claudine Vallerand.Illustrations Hubert Blais.Montréal, Fides [s.d.].94p.ill.26cm.(Coll.Contes de maman Fonfon) $2.00 • • • A l’ombre du Tamarinier.(Contes africains) Couverture de Tall Papa Ibla.Illustrations de Jean-Pierre Serenne.Fleurus [1961].92p.ill.15.5cm.(Coll.Pour toi.conteur) AUBRY (Claude) Les lies du roi Maha Maha 11.« Conte fantaisiste canadien ».Illustré par Edouard Perret.Prix « Littérature-Jeunesse de l’ACELF-1959 ».Québec, Editions du Pélican [I960].60p.ill.22cm.Relié.BOURLIAGUET (Léonce) La longue eau verte.[Bruges] Desclée de Brouwer [1961].159p.ill.18.5cm.(Coll.Belle humeur, no 96) Relié.BOURNET (Suzie) et DARDENNES (Rose) Petites histoires de grandes choses.Couverture d'Alain Le Gué.Illustrations de Jeanne Pêcheur.Paris, Fleurus [1961].94p.ill.15.5cm.(Coll.Pour toi, conteur) CASTLE (Douglas) Mission secrète.Texte français d'Alain Valière.Illustrations de Liliane et Fred Funcken.[Tournai] Casterman, 1961.145p.ill.22cm.(Coll.Relais-espionnage) Relié.CAZARDES (E.) L’Inconnu du 5 septembre.Illustrations d’Alain d’Orange.Paris, Fleurus, 1961.125p.ill.18cm.(Coll.Jean-François) Relié.CERBELAUD-SALAGNAC (Georges) L’année de Carillon.Roman.Montréal, Fides [1961].143p.16cm.(Coll.Alouette des jeunes, no 8) $0.50 CHAULET (Georges) Mlle Etincelle et l’Alchimiste.Illustrations de François Craenhals.[Tournai] Casterman, 1961.127p.ill.22cm.(Coll.Relais-Etincelle) Relié.Les quatre as au collège.Illustrations de François Craenhals.[Tournai] Casterman, 1961.130p.ill.22cm.(Coll.Relais-les-4-as) Relié.CHAULET (Georges) Les quatre as au collège.Illustrations de François Craenhals.[Tournai] Casterman, 1961.130p.ill.22cm.(Coll.Relais-les-4-as) Relié.CLAIR (Andrée) Rejoignons Moudaïna! Illustrations de Pierre Belvès.Paris, Editions Bourrelier [1961].139p.ill.20cm.(Coll.Marjolaine) Relié.CRISENOY (Maria de) Une mystérieuse petite cousine.Illustrations de Jean Reschofsky.[Paris] Hachette [1961], 188p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Nouvelle bibliothèque rose, no 91) Relié.DICKENS (Charles) Nouvelles aventures de Monsieur Pickwick choisies par Isabelle Jan.Traduction de Paul Dottin.Illustrations de Françoise Estachy.Paris, Editions Bourrelier [1961].173p.ill.20cm.(Coll.Marjolaine) Relié.DIEKMANN (Miep) L'énigme de la Langue Creuse ou Les bateaux de Brakke-puits.Traduit du hollandais par Caroline Couwenberg.Version française de Georges Borgeaud.Paris, Editions Bourrelier [1961].130p.ill.20cm.(Coll.Marjolaine) Relié.G.-TOUDOUZE (Georges) Cinq jeunes filles sur la Tamise.Illustrations de Henri Faivre.[Paris] Hachette [1961], 252p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Bibliothèque verte, no 197) Relié.LE SAUVAGE Aventures aux Caraïbes.Illustrations d’Alain d’Orange Paris, Fleurus, I960.123p.ill.18cm.(Coll.Jean-François) Relié.MURAY (Jean) La course en fiacre.Illustrations de Paul Durand [Paris] Hachette [1961].188p.ill.(h.-t.) 17cm.(Coll.Nouvelle bibliothèque rose, no 92) Relié.PAGLIO (François) Les chevaliers de la vérité.Illustrations de J.-L.Breton Paris, Spes, [1961], 192p.ill.19cm.(Coll.Jamboree-ainé) QUINE (Caroline) Alice et le talisman d’ivoire.Texte français d'Hélène Commin.Illustrations d'Albert Chazelle.[Paris] Hachette [1961].251p.ill.(h.-t.) l7cm.(Coll.Bibliothèque verte, no 196) Relié.SEAMAN (Augusta Huiell) Les clés de Fenwick.Illustrations de J.Poirier.Paris Gautier-Languereau, 1961.123p.ill.(h.-t.) 18cm.(Coll.Nouvelle Bibliothèque de Suzette, no 26) Relié.VERT (Marie-Louise) Chocoline et le Printemps.Illustrations de Jacqueline Guyot.Paris, Magnard [I960].188p.ill.(h.-t.) 21.5cm.WINOWSKA (Maria) Notre-Dame de Pont-Main.Illustrations de l’Abbaye de Jouarrc.Paris, Editions Guy Victor [1961], 63p.ill.24cm.(Coll.Plein ciel) Relié.186 LECTURES — 1 .' i Beaucoup d’éducateurs, de libraires, et même de bibliothécaires n’ont pas en mains les instruments nécessaires pour se rendre compte, très rapidement, de la valeur morale des ouvrages qui viennent de paraître sur le marché.Aussi avons-nous pensé leur rendre service en publiant, chaque mois, une liste des plus récents ouvrages avec leur cote morale.Pour les ouvrages étrangers, cette cote a été établie après consultation attentive des diverses revues catholiques de bibliographie-conseil, telles que Livres et Lectures, les Notes bibliographiques, la Revue des Cercles d'étude d'Angers, etc.Il se peut cependant que quelques-unes de ces cotes soient, un jour ou l’autre, sujettes à rectification, si, après une étude des ouvrages en question, nous nous rendons compte que la cote donnée par les revues européennes n’est pas adaptée au milieu canadien.Quoi qu’il en soit, nous croyons que les cotes données ci-dessous sont suffisamment sérieuses pour être publiées, sous bénéfice d’inventaire.ADOUR (P.)f Le rachat.TB Roman qui relate l’histoire assez conventionnelle de l’opposition entre une belle-mère et une belle-fille.Des invraisemblances et des négligences de style.AUDRY (O, Derrière la baignoire.B?Roman.Histoire d’un berger allemand dont sa maîtresse voudrait bien se débarrasser, parce qu’il est insupportable.L’animal meurt de sa belle mort et, chose curieuse, il est plus regretté qu’un proche parent.Ouvrage dont l’intérêt principal réside dans la finesse de l’analyse.BERNAGE (B.), Brigitte choisit l'espérance .TB Roman qui s’inscrit dans la série des Brigitte.Marie-Agnès occupe le premier plan de ce nouvel épisode.Face à tous les problèmes que lui pose tour à tour chacun de ses enfants, Brigitte sait rester sereine et confiante.Les fidèles lectrices de Berthe Bernage apprécieront ce nouveau roman.BESSETTE (G.), Anthologie d'Albert Laberge M CAILLET (P.), Cette morte tant désirée.B Roman policier.Intrigue originale et bien menée.Le déroulement de l’enquête est passionnant.Pour amateurs de romans policiers.CASSARD (C), Une cigarette pour un ingénu B?Roman policier.Histoire assez compliquée et invraisemblable.Racontée avec humour, elle est divertissante, mais devra être réservée aux lecteurs avertis.DUPONT (L), Le Cheroub.M Roman sensuel qui raconte les expériences diverses d’une femme vicieuse.A rejeter.GENDRON (L.), Qu'est-ce qu'une femme ?.B?GHISONI (P.), Eschatologie infernale.M Essai qui contient un panoramique des religions vivantes et mortes er un exposé sur l'eschatologie infernale à travers les religions et les différentes époques de l'histoire.Ouvrage confus qui fourmille d'erreurs.GRASS (G.), Le chat et la souris.D Roman qui se situe à Dantzig, pendant la guerre, et qui raconte les exploits d'un jeune homme.Joachim Mahlke en impose à ses camarades par ses outrances et son obstination, et il les surpasse tous par ses exploits sportifs, militaires et.sexuels.11 connaîtra une fin tragique dans une souricière.Ouvrage écrit avec un talent incontestable.Mais le héros manifeste une étrange dévotion alliée à une obscénité choquante.GROUSSARD (S.), Une espionne doit mourir TB Roman d'espionnage.Avant sa mort, Hitler a enfermé, dans une cassette en argent, des secrets qui peuvent mettre l’Europe à feu et à sang.Une bataille s'engage entre les espions de l'Est et de l'Ouest pour obtenir la fameuse cassette détenue par une Autrichienne.Roman plein de rebondissements imprévus où l’on retrouve toutes les ficelles traditionnelles.Pour lecteurs peu exigeants.HUNT (M.V.), Etre ou ne pas être.B Roman policier.Une jeune fille, fuyant des tuteurs qui la retenaient prisonnière, tombe entre les mains d'un homme étrange qui veut la persuader quelle est une autre personne.Histoire pleine de « suspense » et d’intérêt.IKOR (R.), La pluie sur la mer.M Roman.Deux familles passent leurs vacances dans une villa bretonne.Chacun des deux ménages a son conflit intérieur et aura bientôt son drame causé par ce séjour au bord de la mer.Roman sensuel où les problèmes de l'amour et de la famille sont posés à faux.Quelques allusions à la religion témoignent d’une rare ignorance.A déconseiller.Mars 1963 187 JAFFE (R.), Loin de New York.D Roman qui relate la vie de trois couples américains installés au Brésil.Le milieu brésilien — paysage et mœurs — est bien décrit.Mais les personnages sont sans religion et sans morale.Divorce, adultère et homosexualité sont pratiques courantes **t non blâmées.Pour lecteurs très avertis.JAUNIERE (C.), Piège pour deux coeurs .TB Roman.Histoire assez invraisemblable d’un jeune couple qui doit affronter les pires machinations pour obtenir un bonheur tranquille et simple.Roman feuilleton assez insignifiant.LABORDE (J.), Un homme à part entière .D Roman.Accusé d'un crime qu'il n'a pas commis malgré toutes les apparences, et acquitté au bénéfice du doute apres quatorze mois de prison, un jeune avocat entend reprendre sa place dans la société et prouver son innocence en recherchant le meurtrier.Au terme de son enquête, il découvre qu’il a une certaine part de responsabilité dans le crime commis et décide de laisser tomber l'affaire.Histoire assez peu vraisemblable.Adultère non condamné.Descriptions très crues.LA VARENDE, Le non de Monsieur Rudel .B Roman.Un ancien zouave pontifical se barricade dans l'église pour empêcher les fonctionnaires de l’Etat de dresser l'inventaire des objets sacrés.Son geste sème l'émoi dans tout le pays.Histoire un peu invraisemblable sauf si l'on se reporte aux mœurs de l'époque.Le héros ne manque pas de panache.Le style, plein de verve, n’est cependant pas de La Varende à son meilleur.MARTIN-VIGIL (J.-L.), Scandale à Bilbao .B Roman.Situant son récit dans le cadre de son pays, l'Espagne, l'auteur traduit l’inquiétude d'une jeune élite laïque et sacerdotale devant les formes vieillies d’une charité trop conformiste.Ouvrage attachant écrit dans un style un peu trop haché.MOHRT (M.), La prison maritime.B?Roman.Un vieil homme qui a passé sa vie dans un petit port breton raconte une aventure de sa jeunesse, alors qu’il était mousse à bord d'un voilier dont l'équipage complotait pour l’autonomie de l'Irlande.Ouvrage plein d’humour et de fantaisie, mais qui ne plaira qu'aux adultes cultivés.PONCE DE LEON (G.), Les enfants du Seigneur .D M C'est-à-dire mauvais: livres à proscrire.Les livres qui tombent sous les lois générales de l’Index sont cotés mauvais.Tous les livres à proscrire ne sont pas mis nommément à l’Index; il .suffit qu’un livre tombe sous les lois générales de l’Index pour qu'on soit tenu, en conscience, de s'en interdire la lecture.D c'est-à-dire dangereux: livres qui peuvent être dommageables à la majorité des lecteurs, soit à cause des implications doctrinales plus ou moins fausses qu'on y trouve, soit à cause de la licence morale qui s'y étale, soit à cause d’une grave indécence dans les descriptions.B?c'est-à-dire appelle des réserves: ces réserves peu- Roman.Dans un petit village péruvien.le hasard réunit trois personnages d'une moralité douteuse: une petite prostituée, un ingénieur qui a tué sa femme et une milliardaire qui s’achète de jeunes amants.La sexualité la plus débridée apparaît à tous moments dans ce récit où l'on dénote par ailleurs un certain talent.POTTS (J.), Un condamné règle ses comptes B Roman policier.Un condamné revient chez lui après un long séjour en prison.Accueilli avec haine et suspicion par sa famille, il s’emploie à écarter les injustes soupçons qui pèsent sur lui.Intrigue bien menée.Histoire captivante.RASMUSSEN (G.), // est minuit ati bar de Peter .g Roman psycho'ogique centré sur des personnages en proie au remords pour des crimes dont ils sont indirectement la cause.Roman quelque peu obscur mais puissant.Pour lecteurs cultivés.RE Y (H.-F.), Les pianos mécaniques.D Roman.Dans une petite ville de Catalogne, sorte de carrefour pour gens riches et désœuvrés, des personnages sans idéal essaient de tromper leur ennui en de petites et passagères amours.On décèle, dans cet ouvrage, une certaine puissance de l'analyse.Mais érotisme, crudité de langage et grossièreté y sont à l'honneur, et la philosophie qui s'en dégage est désespérée.ROBERTSON (C.), Quel jeu jouez-vous, Mr Scott ?.g Roman policier.Injustement condamné, Mr Scott se met à la poursuite de ceux qui l'ont fait mettre en prison.Récit mené avec beaucoup d'adresse et d'astuce.Ouvrage passionnant.SEIGNOLLE (C.), Un corbeau de toutes couleurs .B?Recueil de nouvelles qui racontent des histoires de possession, d'hallucination et de dédoublement.Une atmosphère pesante imprègne cet ouvrage par ailleurs remarquablement écrit.La première nouvelle est d'une sensualité appuyée.VOLKOFF (V.), L’agent triple.M Roman qui raconte les aventures d’un professeui de français soucieux d'enseigner à ses élèves la liberté des mœurs.Lourde satire, d’une totale amoralité.DES COTES- vent être plus ou moins graves.Cette cote s’ap-lique à des volumes qui sont sains dans l’ensem-le, mais dont quelques pages sont discutables, soit à cause des idées cmises, soit à cause d'une certaine indécence dans les descriptions.B c’est-à-dire pour adultes: les livres de cette catégorie n'appellent aucune réserve, mais ne conviennent qu’aux adultes.Quoique irréprochable, un livre coté B pourrait présenter certains dangers pour les jeunes qui n'ont pas l’expérience de la vie.TB c’est-à-dire pour tous: livres qui peuvent être mis entre toutes les mains.SIGNIFICATION 788 LECTURES « J'aimerais beaucoup avoir iap-piéciation morale du livre Multiple splendeur de Han Suyin, vendu par la librairie Stock de Paris.Je vous remercie d’avance.» B.C.(Québec) — Ce roman qui raconte l'amour d’une jeune Chinoise pour un correspondant de guerre anglais appelle des réserves.Han Suyin qui ne manque ni d’idéal ni de noblesse de coeur, se déclare résolument indépendante de toute religion : sa seule religion c’est l’homme.Son amoralité s’explique par cet athéisme tranquille.C’est pourquoi ce roman, très attachant par ailleurs, ne convient qu’à des lecteurs formés.Vous trouverez, dans le numéro de novembre 1960 de LECTURES, une étude exhaustive sur l'oeuvre de cet auteur.* * * A l’étudiante de Saint-Jean qui nous demande de lui envoyer, par retour du courrier, la biographie de sept auteurs, nous rappelons qu'il nous est impossible d’envoyer une documentation personnelle aux étudiants : qu’on imagine le nombre de nègres dont nous aurions besoin pour ravitailler intellectuellement tous les jeunes qui, de par la province, ont besoin de documentation pour leurs travaux de rédaction ! Tout ce que nous pouvons faire pour eux, c’est de leur indiquer, par ce courrier — et non pas par lettre personnelle — les sources où ils pourront puiser.Dans le cas présent, comme il s’agit, pour la plupart, d’auteurs pour jeunes (Alistair Maclean, André Devigny, etc.), nous n’avons aucun renseignement à fournir parce que les revues bibliographiques où nous nous documentons sont très silencieuses sur ce genre d’auteurs.Quant à Cavie-zel, on trouvera des indications sur cet auteur dans Je numéro de jan- vier dernier de LECTURES, à la page 135.* • * Un merci chaleureux au Frère Léopold Laberge, f.m., pour les renseignements qu'il a pris la peine de nous donner sur Caviezel dans une longue lettre que nous ne publierons pas, malheureusement, parce qu'elle fait double emploi avec les renseignements donnés sur cet auteur dans notre courrier de janvier.* * * «duriez-vous l’obligeance de donner dans « Le courrier des lecteurs » une notice biographique de Michèle Aumont.Sincères remerciements.» A.B.(Trois-Rivières) — Nous connaissons bien Michèle Aumont par les excellents ouvrages qu’elle a publiés sur la condition de la femme, mais malheureusement nous n’avons sur elle aucune note biographique.Xa réédition de d^ciijeh \onime Un récent voyage du R.Père P.-A.Martin, c.s.c., en Europe nous a permis d'obtenir quelques renseignements sur la réédition actuellement en cours de Sagehomme, réédition qu'appellent de tous leurs voeux de nombreux bibliothécaires.C'est M.le chanoine Amédée Donot qui est à reviser et à mettre à jour le guide bibliographique de Sagehomme.Collaborateur de l'abbé Bethléem de 1928 à 1939, M.le chanoine Donot a hérité de tous ses dossiers.Il a déjà terminé et remis à l'éditeur la moitié du nouveau Sage-homme, soit jusqu'à la lettre "K" inclusivement.Toutes les cotes sont revues et corrigées s'il y a lieu.Annoncée pour 1964, la prochaine édition comportera quelques modifications : — Tous les volumes parus avant 1930 et qui n'ont pas été réédités depuis seront omis du guide.— Tous les ouvrages pour enfants seront aussi enlevés.— Tous les ouvrages qui ne sont pas des romans seront également omis.Il semble cependant qu'on trouvera dans ce guide quelques pièces de théâtre.— La cote B ?sera remplacée par la cote B1 dont la signification est équivalente.— La cote M sera suivie d'un petit "i" quand il s'agira de livres nommément à l'Index.— Les livres de la collection Marabout seront inclus dans le guide, mais non ceux de Marabout junior ni Marabout mademoiselle.Mars 1963 189 Parmi les disques récents, il faut signaler: Un disque RADIO-MARIE: Les premières heures du Concile Qu’on ne s’attende pas à trouver, sur ce disque, un reportage complet et méthodique des cérémonies d'ouverture du Concile.Nous avons à la fois moins, et plus que cela.En fait, la partie qui évoque et commente les cérémonies d'ouverture du Concile n'occupe pas la moitié du disque.Réalisé à partir d'un montage des émissions de Radio-Vatican, ce reportage ne retient que l’essentiel des cérémonies romaines.Mais nous avons, en plus, sur ce disque, le récit du Pèlerinage du Saint-Père à Lorette et à Assise, pèlerinage entrepris pour préparer le Concile.Nous avons aussi trois allocutions de Jean XXIII prononcées aux premières heures .du Concile: l’allocution aux délégués officiels des différentes nations, l'allocution aux journalistes (la reproduction de celle-ci est incomplète), le message radiophonique en faveur de la paix.A ceux qui, au cours de ces heures si graves de l'ouverture du Concile Vatican II, ont participé très intimement à la vie romaine, ce disque n’apprendra rien de nouveau.Il reste cependant que nous avons là un document de premier ordre dont la valeur ne fera que s’accroître avec les années.(Microsillon, 33 tours 1/3 — 12 pouces — RADIO-MARIE, édition spéciale — NDC 336218) — Marie Noël.Contes et poemes de Noël dits par Alain Cuny.(UNIDISC — 30, 125 M) ?Manrèse.Le Silence.Vingt minutes de textes empruntés à Claudel, Bernanos, Guardini et Bérulle, et trente-six minutes de musique (extraits de Mozart, Bach, Vivaldi, etc.), (LUMEN) ?ramson.Extraits bibliques choisis et présentés par le Père Chifflot.(JERICHO) ?Moi l Ecclèsiaste.Quatre chansons sur les proverbes de l’Ecclésiaste, interprétées par Michel Pro-phette et John Littleton.(Studio SM) ?— Témoins de Dieu, témoins de l’Eglise.Deux disques.Le premier contient la Lettre aux Romains d’Ignace d’Antioche lue par J.-M.Ferley et le Martyre de Poly carpe lu par D.Ajoret.Le second offre la Passion de Perpétue et Félicité.(UNI ?La mission de don Bosco.Quelques aspects de la vie de don Bosco.(ETOILE) ?— Phèdre de Racine.Extraits interprétés par Silvia Montfort.(Les chants du monde LDX 6,020-33) ?— La Fontaine — Le Chêne et le Roseau, Le Renard et le Bouc, Le Lion et le Rat, La Colombe et la Fourmi, La Cigale et la Fourmi.(Pergola PAF 250,004-45) ?— La Fontaine — Le Lièvre et la Tortue, La Laitière et le Pot au lait, le Pot de terre et le Pot de fer, Le Laboureur et ses enfants.(Pergola PAF 250,006-45) 190 LECTURES TAwm V Pi On lit toujours avec grand intérêt / çtfQ ÜCLUûii » : les livraisons de la revue Presse-Actualité, publiée par la Bonne Presse.Dans son édition de mars, elle publie un interview de M.Pierre Brisson, directeur du Figaro, ainsi qu'un reportage sur un journal français particulièrement frondeur Le canard enchaîné.Gilles Marcotte vient de recevoir le Prix du Gouverneur Général pour son ouvrage : Une littérature gui se fait.Ont aussi été récompensés par le Prix du Gouverneur Général, Jacques Ferron (Contes du pays incertain) et Jacques Languirand (Les Insolites et Les Violons de l'automne).Dans la collection Poètes d'aujourd'hui, les éditions Seghers publient un choix de textes de Marie Noël présentés par le R.P.André Blanchet, s.j.On annonce, chez Julliard, la parution d'un ouvrage du regretté Louis Massignon, grand spécialiste des questions orientales et attachante figure du catholicisme français.Cet ouvrage a pour titre : Parole donnée.Des pourparlers sont en cours pour la reproduction, sur disque, de certains extraits de l'oeuvre de Germaine Guèvremont.Jean Renoir, fils du célèbre peintre, vient de publier, sur son père, un recueil de souvenirs intitulés : Renoir (Hachette).M.Cerbelaud-Salagnac vient de se mériter le Prix des Gens de France pour son livre Les Français au Canada.La Gaspésie a inspiré à Marie Le Franc un magnifique ouvrage qui vient de paraître chez Fides: Pêcheurs de Gaspésie.Le Salon du Livre se tiendra cette année au Palais du commerce, du 5 au 9 avril.L'exposition de 125 stands en sera une d'envergure.On prévoit en outre pour ce Salon des attractions spéciales: la reconstitution du cabinet de travail de Paul Claudel, la projection en primeur de plusieurs films de l'ONF (v.g.sur le Frère Marie-Victorin, Paul-Emile Borduas), etc.La Semaine des bibliothèques coïncidera cette année avec la tenue du Salon du Livre puisqu'elle aura lieu du 6 au 13 avril.Le thème choisi pour cette semaine est: la lecture, clé du succès.Mars 1963 191 auiâuion DIEGO FABBRI mi' Le téléthéâtre de Radio-Canada nous offrait, le 24 février dernier, un drame d'une haute portée spirituelle magnifiquement interprété par nos artistes.Cette pièce qu'on a dit fondée sur un faux drame exploite en réalité un problème de conscience qui se pose à de nombreux croyants, quoique avec d'infinies variantes dans les données.Des téléthéâtres de cette qualité, on en souhaiterait beaucoup sur le petit écran.Parlant du théâtre de Fabbri, il y a quelques années, Thierry Maulnier l'avait caractérisé ainsi: "Le théâtre de Fabbri est un théâtre "engagé", non de façon démonstrative, mais par la communication de l'émotion.Il doit amener à une action posi-five.Si sa technique est pirandélienne, son esprit diffère du théâtre de Pirandello.Alors que celui-ci veut maintenir les spectateurs en éveil pour qu'ils ne soient pas dupes, Diégo Fabbri, avec les mêmes moyens, veut engager les spectateurs dans la pièce.Il veut en quelque sorte les associer à une sorte d'enquête, pas toujours au sens judiciaire du mot d'ailleurs, pour les amener à voir les conditions de la vie et du triomphe de la foi dans le monde contemporain." Geneviève Massignon, fille de Louis Massignon, a publié à Paris, sous le titre Les Parlers français d'Acadie, les résultats d'une vaste enquête menée en terre acadienne.Cet ouvrage s'est mérité récemment une médaille de l'Académie cana-dienne-française.Dans un livre émouvant intitulé Lettre à moi-même, la romancière française, Mme Françoise Mallet-Joris, raconte le cheminement spirituel qui l'a menée au baptême en 1954.Dans sa livraison de mars 1963, la revue Relations publie, sous la plume du R.P.Jacques Cousineau, s.j., un article fort significatif sur la valeur des films présentés au Québec en 1962.La Société Historique de la Gaspésie commence la publication d'une revue trimestrielle intitulée Revue d'Histoire de la Gaspésie.Louable initiative qui mérite notre encouragement.(Adresse: C.P.680, Gaspé.) Certains insectes doivent à leur saveur répugnante d’être défendus contre la voracité des oiseaux.Iout à rinverse, l écrivain se rend nauséabond pour se faire consommer.Jean ROSTAND 192 LECTURES (Suite de la patte 196) dicte le printemps, cependant que quarante têtes trop bien faite* fabriquent du faux Musset et du faux Lamartine.— Je ramasse, annonce Roland qui passe dans les sillons moissonner ses copies.— Monsieur, est-ce que ça comptera ?demande une voix piteuse.— Qu'est-ce qui « compte ¦ ?répond Roland en souriant.L'heure sonnant, au lieu de sortir avec ses élèves.Roland demeure dans la classe désertée.Les bancs et les tables métalliques sont l’humble squelette de ce grand corps et Roland le considère en silence.U aime jusqu'à l'dcre odeur de la craie, jusqu’au relent acide des garçons pas très bien lavés.Le jeudi, il lui arrive de venir trainer dans le lycée presque désert — comme les t rais Parisiens aiment leur ville au mois d’août.On y lave les carrelages à pleins seaux et le concierge fume des petits cigares.« Bonjour M.Guérin ! » Fantôme du jeudi.Roland rompt enfin la routine de ses itinéraires quotidiens; ils traverse des corridors inconnus, la cour des petits, le gymnase.Il savoure encore la réponse définitive qu'apportent ces paisibles bâtiments à son angoisse d'adolescent: « Comment gagnerai-je ma vie » Où trou-icrai-je ma place dans un monde si plein ?.» Le flux et le reflux quotidien des élèves sous l’horloge lunaire, ces alternances de silence captif et de libre tumuhe sont devenus sa respiration même.Les cours de récréation se vident et se remplissent à la manière des écluses: le grand mécanisme fonctionne sans heurt, et Roland en ressent une sorte de paix comme s’il s’agissait de son propre organisme.Ce matin, par les fenêtres restées ouvertes, .*/ peut, dans la cour, reconnaître parmi tous les autres ses élèves si semblables, si différents: un berger ne se trompe pas.« Comment parviendrai-je à retenir leurs noms ?» se demandait-il.trois ans plus tôt à Orléans, avant d'affronter sa première classe.Il sait à présent que c'est un regard, une voix et une écriture qu’il faut marier et retenir, quarante fois; le nom alors n’est plus rien: un cachet sur une enveloppe close.« Le sentiment de la Nature.• Roland itale les copies devant lui et voici sa classe reconstituée sur cette table: une constellation de faces ouvertes ou réticentes, de regards avides, absents, hostiles, d’esprits vulgaires ou ingénieux.Chaque écriture crie son nom.Certaines, dès le premier jour, ont rebuté Roland: elles lui sautent aux yeux, ce matin encore: Lambert.Rivier.Taffin.La barre sur les T de Taffin.Les D « modern style » de Rivier.Et combien de lignes, la copie de Lambert ?— Trois.Car M.Lambert fils, Forges et Aciéries de Moselle, se place bien au-dessus de Chateaubriand ! Al.Lambert fils se fout du sentiment de la Nature: c’est un sentiment de pauvre, comprenez-vous?Quant à Rivier.
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