Lectures, 1 janvier 1960, janvier
i.^***1**' 1^-, VM Nouvelle série — Vol.6 — No 5 Montréal II Livres et censure.p.130 * « Le Barachois » de F.-A.Savard .p.134 * « Vocation et discernement des esprits » de R.M.Gay .p.136 * M.de Saint-Pierre raconte la vie prodigieuse du Curé d'Ars .p.13S * Notices bibliographiques p.140 * Cote morale des nouveautés en librairie.p.130 * Le Festival du film français .p.131 * lui Voix des maîtres 132 * Le courrier des lecteurs .p.133 * Faits et commentaires .p.133 * Un poème de Joseph Fol-liet .p.160 JANVIER 1960 JOSEPH FOLL1ET T Un texte de S.[ni.le cardinal A.Ottaviani Livres et censure Les journaux nous rapportaient dernièrement le cas de cet individu qui, arrêté pour n’avoir pas respecté les signaux de la circulation, alléguait pour sa défense qu’il n’avait pas à se soumettre à une vulgaire mécanique.Les gens normaux, équilibrés et sains d’esprit se sont amuses de cette histoire d’un ridicule vraiment achevé.Et pourtant, n’a-t-on pas parfois une réaction aussi simpliste en face des lois qu’édicte l’Eglise dans le domaine des lectures ?N’est-on pas trop porté à tabler indûment sur sa formation, sa culture et sa maturité pour s’autoriser à lire Im censure des livres: une institution démodée ?Vltidex, un arbre chargé de rameaux secs ?Les condamnations de VÉglise: des mouvements de mauvaise humeur ?U Eglise ne doit-elle pas s1 en remettre uniquement au bon sens et à la maturité des lecteurs ?Comment se fait-il qu'un livre muni d’un « Imprimatur » puisse être condamné ?n’impojte quoi, n’importe où, n’importe quand et pour n’importe quel motif ?Et même, ne se trouve-t-il pas des gens pour affirmer que l’Index étant tombé en désuétude, on n’a plus à s’y soumettre.C’est en songeant sans doute à ces dangereuses attitudes que le secrétaire de la Sacré Congrégation du Saint-Office précisait, tout récemment, la pensée de l’Eglise sur la censure des livres.Au cours du Congrès des censeurs ecclésiastiques qui s’est tenu à Rome, vers la mi-novembre, Son E.le cardinal Alfredo Ottaviani prononçait un magistral discours sur la censure des livres.Il s’attrista d’abord devant les méfaits d’une certaine littérature actuelle: J 30 « Notre pensée se voile de tristesse quand nous imaginons combien d'âmes sont empoisonnées ou souillées par la boue qui déborde des pages de toute une littérature obscène; combien de lumières de foi sont obscurcies par les sombres nuages des livres des athées et combien d’âmes ébranlées par toute une littérature qui sans être obscène ou blasphématoire, insinue le doute, l'incertitude, le désarroi, amenant les esprits sur de nouvelles voies qui ne sont pas les voies du Seigneur.» Son Eminence n’a désigné personne, mais on peut penser que les ouvrages d’auteurs comme Françoise Sagan, Simone de Beauvoir ou Alberto Moravia — et combien d’autres ! — sont de cette catégorie de littérature nocive.Ensuite, Son Eminence établit brièvement que l’Eglise, en faisant acte d’autorité dans la censure des livres, ne faisait qu'accomplir son devoir.Et elle ajoutait: « Mais l’autorité de l’Eglise est un service et non un abus de pouvoir, une force, non une violence, Vaccomplissement d’un devoir et non une usurpation, un remède et non une blessure.Depuis quand devons-nous, précisément nous les catholiques, placer l'autorité sur le banc des coupables et, au lieu d'obéir avec affection, lui demander avec sévérité si ses papiers sont en règle ?» Après avoir rappelé que les interventions de l’Eglise étaient de tous les temps, Son Eminence faisait remarquer quelles sont de nos jours tout aussi nécessaires, même s’il en est pour prétendre que l’Eglise devrait « s’en remettre au bon sens, à la dignité, à la maturité acquise, surtout des personnes studieuses » : « N’assistons-nous pas tous les jours, je vous le demande, au spectacle désolant de foules qui se laissent prendre aux séductions d’une brillante éloquence, d'un style artistement revêtu ou d’un raisonnement spécieux, pour attirer vers des voies nouvelles ?« Le monde, spécialement de nos jours, est pris d'une fringale de nouveautés, pas toujours mesurées et inoffensives: on parle d'ordre nouveau, de nouvelle pensée, de vérité relative, de morale de notre époque, de nouvelle théologie (.) Et.c’est précisément au moment où l’œuvre préservatrice et régulatrice de l’Eglise semble plus urgente qu’on veut épointer ses armes de défense.» Le cas de l’Index L’éminent secrétaire de la Congrégation du Saint-Office abordait ensuite le délicat problème de l’actuaiité de l’Index: « Pour ce qui est des matières et des formes d'intervention de l’Eglise, surtout de nos jours, il ne faut pas juger trop vite, ne pas trop vite incriminer le système en vigueur.Ce vieux système a pour lui le jugement des siècles et l'expérience de près d’un demi-millénaire.Il peut présenter des inconvénients, on pourra se mettre d’accord sur d'utiles améliorations, mais on ne conviendra sûrement pas de celles qui exclueraient toute forme préventive ou répressive du mal. « VIndex représente ici un eus spécial qu'il convient d'examiner ici.« L'Index, à ce qu'on dit, est chargé de rameaux secs.Quatre-vingt-dix pour cent des noms qu'il retient sont passés d'actualité.On ne voit pas davantage pourquoi tels et tels noms y figurent.Mais il faudrait prouver que le rameau, sec aujourd'hui, ne l'était pas hier.Et puis, à supposer que demain on procède à une révision, il ne faudrait pas en conclure que l'Eglise n’avait pas raison dans le passé.Elle a encouru l'impopularité, mais le temps s’est chargé lui-même de justifier sa conduite pleine de sagesse.Ce que l’Eglise a condamné hier, c'est de quoi le monde d'hier était fait; et, en le condamnant.l'Eglise a fait preuve de courage magnanime.Le « Mythe du XXe siècle » de Rosenberg, devait se trouver dans toutes les écoles du Reich et des pays satellites.L’Eglise n’hésita pas à le condamner.« (.) L'indication des livres défendus ressemble à la signalisation routière.Personne ne s'inquiète des signaux qui règlent le trafic.Est-ce que l'on n'est pas assez intelligent pour comprendre tout seul les choses ?» L'Église intervient avec le mavimiim de clairvoyance Son Eminence expliquait ensuite dans quel esprit se faisaient les interventions l’Eglise: « Chaque fois que l'Eglise doit intervenir, elle le fait avec le maximum de clairvoyance et avec la plus haute conscience.Jamais elle ne se laisse entraîner par cette animosité que lui prêtent alors ses ennemis et ses fils transfuges.On ne voit pas vraiment quelle espèce de plaisir elle y trouverait ni quel avantage elle en retirerait.N’a-t-on pas plus à gagner en ajustant son jugement à celui du monde?Une nature corrompue n est-elle pas plus empressée de flatter l’erreur que de la condamner ?Affirmer la vérité, c’est toujours affronter un adversaire furieux et le réduire.De fait, l’Eglise eut presque toujours à souffrir, sur le coup, quand elle s'acquittait de ce devoir.Elle s’est rendue impopulaire, elle s’est attiré des injures, jusqu'aux hommes de bien qu’elle a vus embarrassés et quelque peu interdits.« Une application plus stricte des canons 1393, 1393 et 1399 ' ferait certes l'économie de pas mal d'humiliations tant aux censeurs qu'aux auteurs, sans parler des dommages inévitables dont sont victimes les éditeurs.Et elle permettrait de faire plus rares les interventions du Saint-Siège.« (.) Dans la Curie Romaine, il n’y a pas qu'un juge, mais plusieurs.Ils sont plusieurs à mettre en commun leurs lumières et à confronter leurs jugements.Jamais on n’agit à la hâte.On demeure insensible aux influences de l'extérieur ou à des raisons d’opportunisme.On ne condamne pas un livre en un moment de mauvaise humeur. « {.} Ces dernières années, plutôt que de condamner, l'Eglise a préféré corriger.Par exemple, elle a prescrit que l'on ne fasse pas de traductions d'un ouvrage malsain, ou qu'on ne réédite pas le livre sans y apporter des correctifs, si possible, ou encore que l'on retire du commerce les volumes non encore écoulés, un peu comme fait l'autorité civile lorsqu'elle interdit la vente des denrées avariées.« Mais il arrive qu'on ne puisse éviter la condamnation publique.Eh bien, je vais vous livrer ma pensée.Parcourez donc les condamnations des toutes dernières années: à propos d'aucune d'elles je n'hésiterais à vous parler avec la même sérénité, la même fermeté ni sur un autre ton que j'ai fait jusqu'ici.« Certaines interventions du Saint-Siège ont surpris quand il s'agissait de livres munis de /’Imprimatur.Dans ces cas, elles rappelent les Réviseurs et les Censeurs à plus de vigilance, même s'ils ont la compétence requise.Elles montrent que le devoir de Rome est de faire entendre, au moment voulu, les avertissements et le cri d'alarme qui, tout en lisant tel livre, dénonce des théories de personnes dont on ne conteste pas les bonnes intentions, mais que séduit la pensée de certaines voies aventureuses.« Que l'on se rappelle les interventions ayant trait aux ouvrages de sexologie ou d'initiation conjugale.C'est à croire vraiment, que depuis quelque temps, cette littérature soit devenue pour certains la préoccupation dominante et le fond même du ministère sacerdotal.« On dira qu'un Monitum, une Instructio, un Decretum seront plus agissants qu'une condamnation de livre, pour empêcher des idées fausses de se répandre.C'est vrai, en partie, mais pas concluant.L'effet d'une mesure marquée du caractère de sanction personnelle, est autrement fécond et instructif qu'une « admonition » d'ordre général.« Le Saint-Office n'a-t-il pas publié, par exemple, un Monitum pour mettre en garde contre la théorie dangereuse qui appuyait sans réserves la doctrine de « l'étreinte réservée » ?Pourtant combien écrivent encore sur ce sujet, sans mettre les justes réserves qu'exige une question comportant de si graves conséquences morales ?« Mes chers amis, il est très sérieux et urgent le problème de la révision des lectures, de la censure et des réserves qui ont pour objet le livre en général et particulièrement le livre qui touche la foi et les mœurs.L'Eglise, pieuse mère, et justement parce que pieuse, veut être aidée dans l'exécution de sa tâche.Mais justement parce quelle est mère, elle veut que soit comprise également sa juste sévérité, basée sur la responsabilité de ceux qui doivent veiller à éviter le scandale à ses enfants {.} » ( I ) Ce canon concerne les lois générales de l'Index.(2) Texte paru dans L’Osservatore Romano [éd.franc.] 27 nov.1959.pp.1 et 4. ¦ T\ ~ - jjB ï 1 J &;•&&& v .¦ yÿ- :-./v i'.i .'¦* Le Barachois W DIALOGUE AVEC de LES LIVRES D’HIER ET Félix-Antoine SAVARD D’AUJOURD’HUI * Romain LÉGARÉ, o.f.m Il y avait auparavant L'A bâtis, titre d'ouvrage qui évoque la terre de défrichement; il y aura maintenant Le Barachois, 1 autre vocable de couleur régionale qui nous transporte dans le voisinage de la mer.Le premier volume était consacré à la gloire des colons et des paysans; le second, à la gloire des pêcheurs de l'Acadie.Tous les deux célèbrent la vie humble et travailleuse des gens du peuple, et les traditions folkloriques dont ils entretiennent le riche dépôt.Tous les deux sont des fruits d’amour de la terre de chez nous; ils débordent, l’un et l'autre, de cette « poésie libre, autonome, autochtone, expressive des gens et des choses de notre pays > (p.198).Grâce à l’humanisme, ils harmonisent un sain et profond régionalisme littéraire et la poésie universelle.Ils forment, l'un et l'autre, un recueil d’articles, alternés de souvenirs et de poèmes.L'A bâtis était jusqu’à maintenant le livre préféré de la critique, Le Barachois partagera-t-il désormais, en robuste frère puîné, la prédilection des lecteurs ?Ce dernier ouvrage, comme les précédents de Mgr Savard, se distingue par le culte du mot juste, allant jusqu’au mot rare; par la phrase harmonieuse, grâce parfois à une coquette inversion; par une poésie de plein air, de climat salubie.On décèle à certains endroits le manque de spontanéité, une sorte de tension; quelques pages semblent écrites sur commande volontaire.Est-ce par contraste inconscient avec la vie austère des pauvres gens que l’auteur abuse du mot or pour exprimer la beauté, la splendeur, etc.Quandoque bonus dormitat Home rus.Le Barachois est né en marge d’enquêtes de folklore que fait Mgr Savard en Acadie depuis un bon nombre d’années.Il contient des poèmes, des évocations poétiques de la nature, de discrètes cueillettes folkloriques, quelques souvenirs personnels, des portraits de figures pittoresques, des observations sur les différents aspects de la vie des pê- cheurs acadiens, un plaidoyer à l’attention des éducateurs.Mgr Savard manifeste, une fois de plus, ses dons de conteur, d’artiste, son ardeur de patriote.Nourri de la culture des Anciens, il va d’instinct à l’humain ainsi qu’à une poésie robuste, originale et réaliste.Sa vision des êtres est celle d'un artiste, non d’un économiste.Toutefois, cet intellectuel qui ne craint pas de se mêler à la vie des petites gens demande, en un plaidoyer pressant et évangélique, aux sociologues, aux économistes, aux politiques de « se pencher avec amour » (p.148) sur l’existence pénible des pêcheurs et des paysans, surtout des jeunes qui désertent leur milieu parce qu’ils sont tentés par des conditions de vie plus alléchantes ailleurs.Mgr Savard est un chercheur des secrets de la nature (p.105); il se penche avec tendresse sur les petites merveilles de la création, notamment sur les plantes.En lui demeure toujours aux aguets un naturaliste exact, que sert un verbe étincelant et qui jadis avait provoqué l’éloge du Frère Marie-Victorin à propos de Menaud, maitre-draveur.On dirait qu’il se plaît à découvrir la mystérieuse humilité du travail de Dieu qui laisse dans l’ombre ses plus beaux chefs-d'œuvre.« Descendu dans le pêle-mêle inextricable de ce jardin désert, écrit-il à propos de la grève découverte au jusant, d'un rocher à l’autre boiteusement je vais, faisant craquer les varechs à cloques; et tantôt, vendangeur de cette vigne amère, je secoue et soupèse les grappes ruisselantes; tantôt, j’étudie les balanes dont cette pierre est incrustée comme de roses de corail, ou les sécrétions de la laminaire digitée, ou les cailloux chevelus, ou la triste méduse dont le pâle soleil s’éteint.Et cent jours de cette perquisition n’épuiseraient pas tant de merveilles: algues, guirlandes, dentelles, toutes parures laissées là, comme par quelque princesse absente, dans un brun désordre provisoire et varié » (p.94 et seq.).La description qui évoque Le huard, en des termes si précis et à la fois en une poésie si neuve.teure en J oeuvre j.n i littérature canadienne 134 rivalise avec Les oies sauvages de L’Abatis; nous vbilà, dès lors, dotés d’une nouvelle pièce d’anthologie.Les pages consacrées à Pocmouche sont parmi les meilleures du recueil: de différents tableautins éclate une poésie originale et robuste.Le dernier article, intitulé Le vieux John, est le plus long.L’auteur l’a dédié à ses collègues des Archives de Folklore de l’Université Laval, MM.Luc Lacourcière, Conrad Laforte et Roger Matton.Après avoir rappelé sa jeunesse passée à parcourir « la grande vie sauvage » (p.165) et les auteurs classiques, grecs, latins et français, et indiqué en même temps les sources d’inspiration de son œuvre personnelle, il se tourne vers les éducateurs pour qu’ils puissent intéresser les jeunes à l’avenir de la poésie, chez nous.Ce chapitre est le manifeste de l’auteur, c’est même un cri d’alerte; il développe tout un programme que l’introduction de L’A bâtis n’avait fait qu’ébaucher.Mgr Savard indique les véritables sources d’une poésie profonde et originale.S’il choisissait quelques jeunes gens bien doués, il les amènerait « tout doucement, tout naturellement, des grands livres dans les lieux de leur pays » (p.174), suivant en cela l’exemple des Anciens.Ces Anciens mieux compris, rajeunis, rendus plus agréables, plus abordables, pourraient attirer davantage les jeunes.Pour faire œuvre valable, la fermeté et le travail s’imposent.« On ne peut raisonnablement s’attendre à voir éclore une poésie et un art qui soient un signe authentique de notre pays, si on ne s’applique d’abord à former des jeunes qui soient authentiquement et pleinement canadiens » (p.180).La formation de « l’être canadien » exige la connaissance de notre histoire, la connaissance de la géographie, des sciences dites naturelles, le contact personnel avec la nature, autant d’éléments essentiels à la vie et à la bonne santé de l’intelligence.Cette formation sainement réaliste rejoint le mot d’ordre d’Edouard Montpetit: « connaître notre milieu », voilà la connaissance fondamentale et urgente que le maître ne cessait de recommander à ses élèves des sciences sociales, économiques et politiques.Instruit de la richesse des Archives de Folklore, Mgr Savard insiste tout particulièrement sur la vie des traditions populaires dont l’apport concourt au bien commun et à l’harmonie de l’ensemble.A vrai dire, en faisant disparaître le folklore de la réalité vivante, en le réduisant à une reconstruction historique, à des pièces bonnes pour archives et musées, l’humanité se coupe de ses racines, elle détruit le lien, encore visible, qui unissait entre elles les générations, depuis l’apparition sur terre d’un animal vertical, promis à une destinée incomparable.N’est-il pas à craindre que dans peu d’années les hommes deviennent, au sens absolu du mot, des « déracinés »?Ce que Paul Valéry disait des individus ne pourrait-il pas s’appliquer aux nations: « Enrichissons-nous de nos mutuelles différences » ?Que donnera l’éducation que prône Mgr Savard ?Il en sortira « toutes sortes d’expressions d’une vie forte, authentique, autonome, aussi soucieuse d’atteindre aux profondeurs de l’universel que jalouse de signifier les particularités Je notre patrie et de notre génie national » (p.196).Mais Mgr Savard est un apôtre réaliste.« Je ne me suis fait, écrit-il, aucune illusion sur l’accueil qu’on fera aux idées que je défends.Ce qui m’a soutenu dans mon travail, c’est l’espoir qu’un bon jour quelques jeunes compatriotes, quittant les vaines querelles, les disputes d’écoles, les grands mots pleins d’orgueil et de vent, les idéologies au visage rechigné, à la bouche raide et amère, voudront, enfin libres, et comme des enfants émerveillés au bord du champ paternel, s’ouvrir l’âme à la poésie inédite et qui les attend.» (P.9 et seq.) Dans cette attente merveilleuse, les jeunes ont déjà sous les yeux l’exemple de Mgr Savard, la grande leçon de sa vie de prêtre, d’homme du peuple, d’éducateur engagé dans le service du bien commun; de poète formé à l’école des Anciens, enraciné dans la nature canadienne.Toute l’œuvre de Mgr Savard est une défense et une illustration de notre peuple et de ses biens 135 canonise l'instant qui fuit.traditionnels.De cette œuvre se dégage la leçon de la fidelité: fidélité au patrimoine de chez nous, fidélité à la forêt (Menaud, maitre-draveur), fidélité à la terre (L’Abâtis), fidélité à la mer (Le Barachois), fidélité à la foi catholique des colons de jadis, des héros et des missionnaires de notre pays (La Minuit), fidélité aux traditions, à l'âme des ancêtres et de la race.Son art même est fidèle à la poésie puissante et réaliste des classiques grecs.La vertu de fidélité glorifie les principes d'unité et de continuité; elle vivifie dans le présent les forces de résistance du passé et les met en réserve pour l’avenir comme de vitales ressources d’inspiration.La fidélité est une victoire sur le temps; elle est de l’ordre de l’esprit; elle est le temps retrouvé par l’esprit.On comprend qu’elle soit peu prisée de notre époque qui divinise l'expérience personnelle, et DES ESPRITS " de ISnberl M.IIUU.p.b.Cette thèse de doctorat en théologie 1, présentée à l’Université Pontificale Grégorienne, est d’une opportunité indiscutable.D’abord, la psychologie expérimentale, à cause de son développement considérable, devait intégrer ses techniques aux moyens destinés à apprécier « l’élément humain engagé dans la motivation et les aptitudes qui constituent les signes de cette vocation de Dieu » (p.9).Il était alors inévitable que des conflits de frontières surgissent entre cette science et la théologie.En conséquence, tout en mettant à profit l’apport appréciable de la psychologie, il fallait démontrer et maintenir la prééminence de la théologie, à cause de l'élément surnaturel propre à toute vocation authentique.En effet, malgré l’aide réelle quelle peut appor- 136 Le Barachois est de la même veine que L’A bâtis, d'une valeur encore plus grande, semble-t-il, puisqu'il se distingue par un art plus souple, plus ferme, par un approfondissement de l’homme.Recevra-t-il des lecteurs l’accueil enthousiaste que L’A bâtis a naguère mérité ?Ce serait inquiétant si notre public cultivé ne croyait plus à cette forme de poésie qui est « quelque chose d’authentique, jailli du sol et des héros de notre pays » (p.167) ! (1) SAVARD (Félix-Antoine) LE BARACHOIS.Montréal, Fides [1959].206p.19cm.$2.00 (frais de port en plus) Pour tous Robert M.Gay, p.b.ter, la psychologie est radicalement incapable, à elle seule, d’établir la discrimination des vocations.Saint Thomas d’Aquin a clairement exposé la position de la théologie par rapport aux autres sciences, dont certains principes qui contredisent la doctrine certaine de l’Eglise doivent être rejetés comme faux (voir la, q.l, a.6, sol.2).Toutes les sciences profanes sont subalternées à la théologie, dont elles sont, avec quelques nuances, les servantes (voir la, q.l, a.5).Cependant cela doit s’entendre non pas d’une intrusion de la théologie qui porterait atteinte à l’autonomie des autres sciences, mais seulement d’un contrôle extérieur sur leurs conclusions par les conclusions théologiques certaines.En effet, lorsqu'il s’agit seulement d’opinions probables, tout homme de science comme 1 C95D tout autre membre de l'Eglise a le droit d'opter pour l’opinion probable qui a sa préférence.Mais la tâche la plus importante de l'A.était d'élucider le problème de la grâce interne de la vocation et de son discernement.En effet, comme le signalait S.S.Pic XII, dans la Constitution Apostolique Sedes Sapientiae, le fondement de toute vocation divine renferme deux éléments essentiels, c'est-à-dire l'un divin, l'autre ecclésiastique: celui-ci étant l'appel de l’évêque, et celui-là étant constitué de l’intention droite et de l'idonéité canonique.Or, certains théologiens, tout en admettant le rôle de la grâce interne dans une vocation sacerdotale, soutiennent qu'il est impossible de la vérifier, ou meme ils placent l'appel divin uniquement dans l’appel épiscopal.Dans sa thèse, l’A.veut donc « réagir contre cette attitude trop unilatérale, en rappelant que l'on peut vérifier la présence de la grâce interne, et en tâchant de déterminer la nature de ce discernement, et son rôle dans la discrimination des vocations sacerdotales » (p.10).L’A.entend limiter sa thèse à la vocation sacerdotale, mais les principes élaborés valent aussi, mutatis mutandis, pour la vocation religieuse et pour tout appel à un état de vie particulier.La première partie expose la tranche positive de la thèse, dans laquelle l’A.dégage les positions acquises en théologie concernant la grâce interne de la vocation sacerdotale et le discernement des esprits, et il justifie le rapprochement de ces deux éléments par le donné scripturaire.Il déduit ensuite les conclusions qui en découlent logiquement; cependant, vu que le donné théologique ne déborde pas le plan de la doctrine commune, les conclusions ne peuvent dépasser cette qualification théologique.Comme conclusion de cette première partie, l’A.affirme l'existence de la grâce interne de la vocation sacerdotale, de même que la possibilité de connaître de façon médiate et avec une certitude morale l'agir de l'Esprit-Saint par sa grâce interne.Incidemment, notons que l’A.insiste sur la nécessité de revaloriser la doctrine traditionnelle du discernement des esprits.Cette connaissance est nécessaire non seulement pour le discernement des vocations, mais aussi pour diagnostiquer les différents états de la vie intérieure, les nuits passives des sens et de l’esprit ainsi que les phénomènes mystiques.Sans cette connaissance, on est porté à juger les faits surnaturels d'après un certain impressionis-me théologique qui entraîne bien des erreurs.Dans la seconde partie, l'A.détermine avec précision en quoi consiste le discernement de la grâce interne de la vocation et le situe dans l’ensemble des autres facteurs qui concourent à la discrimination d'une vocation sacerdotale.Il démontre que ce discernement est un jugement prudentiel, terme d’une délibération poursuivie à la lumière de la raison et de la foi, dont l’objet est l’intention du sacerdoce, et dont la certitude est morale seulement.La valeur de ce jugement est conditionnée par les autrs signes de vocation divine et par leur permanence, de même que par l'appel définitif de l’évêque.Cet appel, comme le signale justement l’A., n’engage pas la conscience; de plus, il ne saurait créer la vocation et il n'est pas infaillible.Cetto thèse, excellente à tous égards, clarifie bien dés questions demeurées obscures jusqu'ici.De plus, 'elle montre que les prêtres et les parents n'embarrassent pas l'action de l’Esprit-Saint mais la favorisent, en préparant, avec la discrétion voulue.« les âmes de ceux qui sont appelés par Dieu à entrer dans le Sacerdoce, à recevoir l'impulsion et l’action invisible de l’Esprit-Saint », selon les termes mêmes de S.S.Pie XII.(I) GAY (Robert M.), p.b.VOCATION ET DISCERNEMENT DES ESPRITS.Thèse de doctorat en théologie présentée à l’Université Pontificale Grégorienne.Montréal.Fides [1959].254p.20.5cm.(Coll.Philosophie et problèmes contemporains) $3.00 (frais de port en plus) Pour tous, mais spécialisé À paraître___________________________________________ Mgr Olivier Maurault Confidences Sœur Esther Lefebvre Marie Morin Premier historien canadien de Ville-Marie Coll.Fleur de lys Chez FIDES 137 Michel de Saint-Pierre racontiila vie prodigieuse du curé d’Ars Une réponse presque gamine de M.Vianney (p.216) semble exprimer tout l’idéal de sa vie.Une malade envoie un messager lui demander des reliques; il rétorque: « Qu’elle en fasse ! » La gaminerie paysanne signifiait ceci: « Qu'elle vive et mesure en sainte; de sa cendre et de ses os la postérité se chargera de faire des reliques.» Vivre et mourir en saint: c’est le résumé complet de la vie du curé d’Ars (1786-1859).Pour raconter cette vie prodigieuse, M.Michel de Saint-Pierre 1 n’a eu qu’à synthétiser les multiples ouvrages consacrés, surtout en ce centenaire de la mort, à son héros.L’abbé Monnin, le prototype, Mgr Fourney, Mgr Trochu, les abbés Toccanier et Nodet, Jean de Fabrègues et Jean de la Varende, d’autres encore lui fournissaient tous les éléments de son enquête.Tous avaient raconté les faits et décrit le personnage en s’appuyant sur les témoignages les plus authentiques: paroissiens, serviteurs, vicaires, amis, évêques (NN.SS.Devie, Chalandon, de Langalerie) de M.Vianney; bienfaiteurs de son église, pèlerins ou correspondants de toutes les parties du monde (p.217), pénitents et pénitentes, i SM® 4.miraculés même; enfin dossier du procès apostolique.Tous ces témoignages, M.de Saint-Pierre n’a eu qu’à les ordonner à sa façon pour faire de son livre un récit aussi prodigieux que la vie même de ce curé unique en son genre.Ce qui confère à ce curé ce caractère unique, c'est qu’il fut avant tout et constamment le curé d’Ars.Sans refuser jamais de prêter main-forte aux voisins, ses confrères, il comprit dès sa nomination que son zèle devait s’appliquer essentiellement à ses paroissiens.Il échappa ainsi à la dure leçon que Mgr Freppel servit un jour à l’un de ses curés angevins.Celui-ci, dont la paroisse se distinguait par une tiédeur modelée sur celle de son curé, osa, dans une adresse, proposer à son évêque un « plan pour la régénération de la France » ni plus ni moins.La lecture achevée, l’évêque d’Angers asséna à l’infortuné ce coup de matraque: « Si vous le voulez bien, M.le curé, nous allons appliquer votre plan à la rénovation de votre paroisse; s’il y réussit, nous proposerons de l’étendre à toute la France » ! Un coup pareil ne pouvait atteindre M.Vianney; résolu à n’être que le curé d’Ars, il ne fut, malgré sa réputation nationale puis mondiale, que curé d’Ars.Pour faire, de cette paroisse indifférente et même religieusement perdue, le modèle de paroisse catholique universellement connu qu’elle est encore aujourd’hui, M.Vianney n’employa qu’un moyen: la confession.Il avait compris que seule la peur de ce remède souverain entretenait chez ses ouailles le mal de l’indifférence et les empêchait d’en guérir.Aussi voyez son horaire quotidien (p.264 et seq.): il dort deux heures, entre au confessionnal à 1 heure du matin et y demeure jusqu’à 7, temps de la messe et du déjeuner; il s’y replonge de 9 à 11, heure du catéchisme et du bréviaire; il continue de 1 heure après-midi à 5, heure du sermon, du chapelet et des neuvaines; après le frugal souper, il recommence de 7 à 9, parfois et le plus souvent 11.C’est donc une moyenne de 18 heures par jour qu’il consacre à écouter et pardonner les péchés des hommes ! Et cela se passe dans une boîte incommode, glacière en hiver, étuve en été, alors que les maux de tête et de dents, l’arthrite, les douleurs d’entrailles tenaillent le pauvre « cadavre » ! Et cela dure sans répit pendant 41 ans et 5 mois (1818-1859)! S’ctonne-t-on dès lors que l'Ars indifférente soit redevenue chrétienne et une fois pour toutes ?S etonnera-t-on même que l’humble paroisse soit un lieu de pèlerinage où l’on accourt du monde entier, un des hauts-lieux de la piété non seulement française, mais universelle ?L’étonnant plutôt, c’est que, quand à Lourdes, à La Salette, à Pontmain, à Paray-le-Monial, à N.-D.de la Garde, on va prier la Vierge immaculée ou le Christ miséricordieux, à Ars on vient contempler, entendre et toucher, un curé en loques, maigre théologien, mais grand ascète et grand saint.Lacordaire lui-même n’ira-t-il pas humilier ses fusées oratoires devant la fruste éloquence de ce curé, qui ignore la grammaire non moins que la rhétorique (pp.158-159, 217-219) et qui cependant, au lieu de soulever un mince auditoire, fait accourir les foules ?S'il les attire, c'est qu’il est l'homme de Dieu, dont il a les deux traits fondamentaux: ceux d’être un prodige de pénitence et donc d’humilité, mais aussi, comme son Maître, un « objet de contradiction ».Il faut lire ici d'une part les critiques, les calomnies atroces, le traitement indigne de son vicaire pendant huit années, qu’eut à affronter l’humble curé.Mais il faut lire d’autre part les macérations presque inhumaines qu’il s’imposa pour résister aux assauts du Grappin, aux tentations d’évasion et de désespoir: coucher sur la dure, privation constante de nourriture et de repos, discipline quotidienne, ceinture à pointes de fer, bracelets cloutés.Ajoutez l’admirable désintéressement qui le fait se dépouiller de tout pour secourir les pauvres, le soin qu’il apporte à cacher ses générosités et ses bienfaits, la folie de la Croix qui inspire chacun de ses gestes comme chacune de ses paroles.Devant ces manifestations d’une vie aussi mortifiée, on n’est pas surpris que Dieu ait comblé son serviteur de grâces exceptionnelles.M.de Sain.1.-Pierre mentionne cette haute spiritualité intérieure et extérieure qui était le principal instrument de conversion de M.Vianney, ces guérisons extraordinaires à propos desquelles la foule criait au miracle (ch.XII), ce don de double vue au moyen duquel il voyait présents les événements futurs et les prophétisait discrètement (p.251-255).Or, toutes ces grâces sont attestées par des témoins oculaires, même par les bénéficiaires; aussi Rome en a-t-elle retenu un bon nombre quand elle a canonisé ce curé aussi cénial qu'ienorant.On désirerait peut-être que, pour raconter cette « vie prodigieuse », M.de Saint-Pierre n’eût pas entassé dans un même chapitre trois ou quatre objets disparates (v.g.ch.XIV) ou, au contraire, qu’il eût mis à la suite des faits analogues, v.g.les tentatives d’évasion.Ceux qui ne sont pas des experts en graphologie auront peine à saisir le langage cryptographique de Mme de Bissy (p.256-263).Malgré ces faiblesses, la lecture de ce livre étoffe permet de comprendre deux choses: que, après un siècle, M.Vianney soit encore, même pour Rome, le curé d’Ars, comme s’il n’y en avait jamais eu d'autre avant et après lui; qu’un scripteur italien, adressant une lettre à Lyon, ait commis ce délicieux impair: A Lyon, près d’Ars (p.217).Emile CHARTIER, p.d.(!) SAINT-PIERRE (Michel de) LA VIE PRODIGIEUSE DU CURE DARS.Paris, Bonne Presse [1959].316p.il!, (h.-t.) 20cm.Relié.$5.25 (frais de port en plus) Pour tous Notices bibliographiques Littérature canadienne Littérature GAGNON (Maurice) LES CHASSEURS D'OMBRES.Roman.Montréal, Le Cercle du livre de France (19591.279p.20.5cm.Appelle des réserves Les Français ont quelques grands auteurs qui ont décrit les choses de la mer; ils peuvent goûter, en particulier, Henri Queffélec.Notre Queffélcc canadien, c'est Maurice Gagnon.Avec une différence cependant.Queffélec unit, en un seul tout vibrant, les divers éléments de son récit.L’intérêt grandit toujours, en même temps que circule dans ses pages une intense chaleur humaine, signe infaillible de l'authentique oeuvre d’art.Les chasseurs d'ombres ne résonnent pas de la même harmonie.La symphonie est très divisée.Le livre de Gagnon est un long reportage, découpé en de nombreux petits tableaux qui se succèdent comme à la TV.Chacun d’eux, certes, est parfait; mais l’œuvre y perd en force.C’est un document, trop spécialisé pour ceux qui ne sont pas habitués à la manipulation du radar ou des asdics: il y a trop de termes techniques pour les lecteurs ordinaires.C’est cependant un livre remarquable: avec le souci de faire vrai, même dans les plus petits détails, l’auteur fait revivre ces marins auprès desquels les héros des antiques épopées ne sont que des enfants.Hommes qui côtoyent la mort presque à chaque instant, qui sont héroïquement fidèles à leur tâche, malgré « l’enfer des paquets de mer, du corps-à-corps avec la tempête », malgré l’ennemi qui vous attaque par en haut ou qui vous torpille par en bas.Car ces géants ont des ennemis dignes d’eux.L’allemand Ullman von Laskowitz dose savamment la danse des attaques, des escarmouches, des poursuites.Il a comme mission de détruire un immense convoi allié qui, comme un long ver aux anneaux distendus, se dirige lentement vers Mourmansk.Ces surhommes restent cependant des hommes.Entre deux combats, l’image de la femme bien-aimée fait oublier un instant la terrible réalité.Jérôme Gauvin lui-même, le personnage principal, Commandant du € Summerville », songe souvent à sa Sherry; il se surprend à la dessiner; il voudrait entrer avec elle dans ce « chemin de campagne qui coule entre des haies de mûriers comme un ruisseau ».Le style de Maurice Gagnon est facile et ferme.Surtout il est beau, parce qu’il sait rendre l’objet décrit avec précision et poésie.Le talent de l’auteur est incontestable et il marche d’un pied sûr vers un chef-d’œuvre.Les chasseurs d'ombres l'auront certainement préparé.Du point de vue moral, on peut sourciller devant l’amour et l’union de Jérôme et de Sherry.Ils ne semblent pas mariés et s'inquiètent peu ou prou de l’existence de lois divines et humaines sur le mariage.Cet amour est peut-être un « goût de la propreté » comme dit le livre, il reste « libre » quand même.Cependant l'auteur n’insiste pas et cet amour est noyé dans le ressac des tempêtes et des batailles.Paul GAY, c.s.sp.MARIE DE SAINT-LOUIS DE GONZAGUE (Sœur), p.m.LEON B LO Y FACE A LA CRITIQUE.Bibliographie critique.Nashua, Collège Rivier [1959].581p.photos (h.-t.) 20cm.$10.00 (frais de port en plus) Pour adultes L’œuvre abondante, et toujours discuté, qu’a laissée Léon Bloy continue de susciter un intérêt qui ne semble pas près de s’éteindre.Des 140 Léon H lay études surgissent de tous les côtés, se proposant d’élucider la pensée profonde de cet auteur.l’un des plus grands de notre siècle.L’un des plus controversés aussi.Cette fois, c'est une nouvelle thèse de doctorat ès lettres, soutenue à l’Université Laval, qui est proposée à notre attention.L’auteur, une religieuse de la Présentation de Marie, nous offre une étude sérieuse, menée de façon très systématique; elle est d’autant plus intéressante qu’elle s’attaque à un point jusqu’ici négligé: le problème de Léon Bloy, face à la critique.A la critique de son temps d’abord; ensuite à celle qui s'exerce, depuis, sur son œuvre.Se fondant évidemment sur les grandes études fondamentales déjà publiées, celle de Bollery, celle de Lory, celle de Martineau, recourant aussi à certaines sources moins connues, l’A.reconstitue la vie de Léon Bloy; l’originalité de son travail est que cette vie est toujours analysée dans la perspective de la critique.Le point de vue est neuf; le procédé aussi.L’A.s'applique en effet à mener son enquête de façon très analytique.Au lieu d’un tableau d’ensemble, d’une fresque rapidement esquissée, et recouvrant en gros plans des tranches de vie, on nous offre une très fine analyse, conduite à coups de détails révélateurs, d’indices souvent négligés, mais pourtant importants, et qui prennent ici une valeur neuve.C'ettc façon, d’ailleurs typiquement féminine, de s'attacher aux petites choses pour découvrir les grandes, donne à cette thèse une saveur particulière.Elle en fait un complément précieux des grandes synthèses déjà offertes par les principaux défenseurs de Bloy.Le premier tome de cette étude analyse en ses plus secrètes manifestations La conspiration du silence: silence agressif (1886-1896) ou silence dédaigneux (1897-1901); à cette conspiration du silence s'ajoute la revue de La conspiration de l'amitié, celle qui s’est tramée pour la consolation de Bloy dès le début de ce siècle, et qui se poursuit depuis.L’A.fait montre en ces pages d’une profonde connaissance de son sujet, d’une fine capacité d’analyse, d'une grande objectivité, et enfin d’un heureux jugement qui ne craint pas d'affronter sereinement les réputations établies ou les éclaboussantes prétentions de pseudo-critiques qui se nourrissent de vacarme plus que de sérieux.Le second tome offre une longue bibliographie (p.227-565) qui relève les Sources (œuvres, correspondance, préfaces, morceaux choisis, articles de revues et journaux), les Etudes faites sur Bloy, un Index chronologique des périodiques, et un Index onomastique.Cette seule énumération suffit à démontrer l’importance documentaire de cet ouvrage.Nul doute qu’un tel travail, œuvre de très longue patience, et irrécusable témoignage d'une amitié éclairée vouée par l’auteur au mendiant ingrat, ne soit d’un inappréciable profit pour tous les chercheurs qui s’attaqueront désormais au problème bloyen.Grâce à Sœur Marie de Saint-Louis de Gonzague, ils disposeront désormais d’un excellent instrument de travail.L’A.désirait « présenter aux futurs chercheurs une bibliographie classée, ordonnée, de maniement facile qui permette à quiconque voudra la consulter, de se retrouver dans l’immense foret bloyenne » (p.220-221).Le propos est atteint et réalisé de façon fort heureuse.Impossible.désormais, à quiconque désirera travailler sur Bloy, de ne pas s’aider constamment de ce récent Léon Bloy face à la critique.Paul-Eugène C’HARBONNEAU Histoire.MAURAULT (Mgr O.), p.s.s.L'ŒUVRE El FABRIQUE DE NOTRE-DAME DE MONTREAL.Montréal, s.éd.1959.86p.ill.25cm.Pour tous Voici une récente et bien intéressante étude historique de Mgr Maurault.Il l’a certainement préparée avec cette joie lucide que provoque le recouvrement d’une atmosphère aimée, peut-être entre toutes.Car ce Monsieur de Saint-Sulpice, profondément attaché à l'histoire et aux traditions de la Compagnie, a bel et bien repris ses travaux documentaires.Il franchit presque chaque jour le seuil du bureau d’archives de la Fabrique de Notre-Dame.A vrai dire, Monseigneur, hier encore, « recteur magnifique » de l’Université de Montréal, a-t-il jamais délaissé la recherche érudite ?Son œuvre principale, la Paroisse, publiée en 1929, a été mise à jour et rééditée en 1957, à l’occasion du troisième centenaire de l'arrivée des Sulpiciens à Montréal.Puis, de hclles et solides études paraissent chaque année dans les Cahiers des Dix, et combien d’autres ouvrages, assez brefs, mais d’une excellente information.Alors, si Mgr se montre de nouveau l'hôte assidu du bon gîte des Archives, comment voulez-vous qu’il n'ait pas songé à reprendre son dialogue avec le passé sulpi-cicn ?141 ("est par une brève vision d'ensemble du sujet traité que son ouvrage débute.Il en retrace les contours trois fois séculaires, car l’organisation de « la paroisse » date de l'automne 1657; il donne un nouveau relief aux événements et aux personnages qui en ont marqué les nombreuses étapes touchant parfois à la grande histoire.L’art du narrateur s'est employé sans peine à la tache, et nous devons louer son écriture précise, vivante, d’une belle correction.A l'occasion.il fait preuve d'humour ou d'ironie souriante, ce qui nous enchante.La deuxième partie de l'ouvrage manifeste davantage ses dons d evocation.Elle nous rappelle que Monseigneur Maurault fut jadis un habile dessinateur1.Il sait voir, cet artiste indulgent.Il nous le démontre en se faisant notre guide à travers la galerie de portraits que composent les vingt-neuf sulpiciens qui furent curés de Notre-Dame, de 1657 à 1948.Il devient ici fort agréable et profitable d’entendre Monseigneur.Sa parole est mesurée.son autorité est celle d'un historien.et certains traits d’une grâce amusante, ou simplement émue et admirative, caractérisent la physionomie de ces actifs Sulpiciens que l’on ne confondra plus à l’avenir.Les marguilliers qui apparaissent dans la troisième partie, sont certainement moins favorisés.Et pour cause.Comment recréer leur interminable défilé ?Depuis trois cents ans, depuis le 21 novembre 1657, c’est au rythme souvent de deux ou trois par année que nous les voyons se succéder.A quel chiffre un peu effarant ne parviendrions-nous pas ?Le sens de l’équilibre des parties a retenu la ferveur de l’érudit, et Monseigneur semble s’en excuser.Tout de même, nous regrettons qu’une liste complète des marguilliers de Notre-Dame n’ait pas été placée en appendice à cet ouvrage déjà bien précieux à nos yeux.M.Huguet-Latour, dans son Annuaire de Ville-Marie, en fait la nomenclature et l’arrête naturelle- c~i JB ment à l’année 1864.Que de noms de distingués canadiens-français s’y pressent ! De rares et trop courtes notes en rappellent les services.L’ouvrage de Mgr Maurault se termine par une description des nombreuses œuvres accomplies par la Fabrique de Notre-Dame.La bienfaisance sulpicienne a comblé combien de lacunes, culturelles, sociales et charitables.Sa prévoyance fut extrême.Nouveaux gestes des munificents seigneurs de Montréal de jadis.Puis-je exprimer un dernier regret.pouvant si bien se transformer en un vœu respectueux.L’Auteur ne nous présentera-t-il pas, maintenant, l’histoire des archives et les noms des archivistes de la Fabrique de Notre-Dame, accompagnant cette étude, naturellement, de pièces justificatives où des notes explicatives apparaîtraient.Il y a des pièces anciennes, à la Fabrique de Montréal, de grande valeur.Nous aimerions connaître ces trésors d’érudition montréalaise.Gardons l'espoir que Mgr Maurault, historien courtois et bien-disant, voudra bien, quelque jour, accéder à nos vœux.Marie-Claire DAVELUY 1.Nous nous souvenons d'un dessin exécuté durant sa jeunesse et que des amies ont conservé.Il s'intitule: t le prédicateur aux longues manches ».Il nous présente, s’il vous plaît, le célèbre orateur dominicain, le Père Plessis, revenu en., prêcher le carême à Notre-Dame de Montréal.UN NOUVEAU SERVICE FIDES pratique — simple — gratuit Voulez-vous être tenu régulièrement au courant des nouveautés canadiennes et européennes en vente dans les Librairies et les Dépôts Fides ?Le Service des Bibliothèques de Fides publie chaque mois une liste d’environ 250 nouveautés, avec cote morale, classées sous les rubriques suivantes: Généralités Ecriture Sainte Doctrine — Spiritualité — Eglise Education — Mariage — Famille Questions sociales — Sciences Arts — Cinéma — Loisirs Littérature Romans Géographie — Aventures — Voyages Biographies Histoire Livres et albums pour jeunes Pour recevoir régulièrement et gratuitement cette liste de nouveautés, il vous suffit d’en faire la demande à Service des Bibliothèques Editions Fides 25 est, rue Saint-Jacques MONTREAL UN.1-9621 14 2 Littérature étrangère Religion DAN1ELOU (Jean), s.j.LE CHRETIEN ET LE MONDE MODERNE.(Tournai] Desclée et C'ie [1959].78p.18cm.(Coll.Le monde et la foi, no 274) $0.90 (frais de port en plus) Pour tous Voici un tout petit livre (80 pages), où l’on trouvera, sur des problèmes chrétiens actuels et vitaux, des mises au point et des solutions éclairantes, grâce à une pensée théologique très riche et très sûre.Ceux qui connaissent par ailleurs les écrits du Père Daniélou sauront ce que je veux dire.Ces problèmes, qu’il s’agisse de la foi dans notre monde actuel, de la pratique religieuse, de la pauvreté chrétienne ou enfin de l'espérance chrétienne, se posent inévitablement à tout catholique d’aujourd’hui.Tous cependant n'y voient pas toujours clair et c’est pourquoi un livre comme celui-ci pourra aider à faire le point.Il pourra encore enrichir ceux-là même qui croient déjà posséder les justes solutions.qui s’élabore, quelle doit être l’attitude du chrétien ?Entre bouder le progrès et croire à l’avènement prochain d’un paradis terrestre, y a-t-il une espérance chrétienne du monde présent ?Tout cela et bien d’autres choses encore, en quatre chapitres.Il s’agit peut-être de quatre conférences détachées — du moins la quatrième est donnée comme telle — mais on retrouve en chacune un lien en profondeur avec les autres.On y voit que l'opposition constante de tous les problèmes chrétiens semble être d’une part, la tentation pour l’homme moderne de vouloir se suffire à lui-même et de poursuivre une justification idéologique ou pratique de cette attitude de suffisance, et d’autre part, l'humilité de la solution chrétienne qui oblige l’homme à sortir de lui-même pour se « perdre » en acceptant Dieu et pour s’engager au service des « pauvres *.Ce qui n’a jamais été et moins encore aujourd’hui une solution de facilité.Il faut lire cet ouvrage.Et encore une fois, tout chrétien y trouvera son profit.On aimera même relire et relire ce petit livre jusqu’à ce qu’on en ait épuise toute la substance.Jacques GRISE De multiples questions sont soulevées au passage et replacées dans une problématique d'ensemble.Par exemple, pourquoi l’athéisme a-t-il un certain succès ?Comment des athées apparaissent-ils comme plus « charitables » que des chrétiens ?Face à la foi, la mentalité scientifique moderne n’éprouve-t-elle pas une certaine gêne ?Que penser de ceux qui disent que le refus ou la révolte sont des attitudes plus courageuses que l'attente d’un monde meilleur ?Le vrai christianisme n’cst-il pas intérieur ?Alors pourquoi ces observances et ces pratiques religieuses ?Quels sont ceux que le Christ a béatifiés quand il a dit: Bienheureux les pauvres.?Enfin, dans la civilisation nouvelle WINOSWKA (Maria) LES VOLEURS DE DIEU.Paris, Editions Saint-Paul 11958].168p.19cm.$2.30 (frais de port en plus) Pour tous Ce livre nous apporte un certain nombre de témoignages venus de l'autre côté du Rideau de Fer.On y trouve des récits qui, pour frôler l’invraisemblable, n’en constituent pas moins des indices de l’infinie puissance de Dieu.Nous sommes aujourd'hui dans un monde où le miracle exige de plus en plus des études approfondies pour en démontrer la véracité; n’est-il pas permis cependant de croire que les charismes se multiplient en des milieux où seule la grâce permet d'affronter les épreuves.Comme dit l’auteur, il ne s'agit pas ici d’une thèse, mais uniquement de faits vérifiés dans la mesure du possible.Que certains lecteurs haussent les épaules ne peut surprendre: la foi en effet ne nous oblige à croire que ce qui est officiellement reconnu par l’Eglise.D'autre part, les âmes qui ont conservé l'esprit d’enfance en s'élevant à la maturité de l'adulte trouveront dans ce volume des événements surprenants, écrits d’une façon alerte et racontés avec toute la saveur inhérente à la vérité.Roland GERMAIN ?MI EST (Paul) LES 54 MIRACLES DE LOURDES AU JUGEMENT DU DROIT CANON.(1858-1958).Paris, Editions Universitaires [1958].267p.24.5cm.Pour tous, mais spécialisé Cet ouvrage est principalement (et non exclusivement) destiné aux médecins et aux infirmières, aux hommes de science et aux grandes bibliothèques.C'est ce qu'indique un feuillet de propagande qui accompagne le volume.Il s’agit en effet d'un recueil documentaire portant sur 54 miracles de Lourdes officiellement reconnus par l’Eglise.Cinquante-quatre miracles pour cent années, choisis entre plusieurs milliers d’autres guérisons, c’est peu, dira-t-on, mais c’est bien la meilleure illustration des exigences que l’Eglise peut avoir avant de reconnaître un fait comme miraculeux.La documentation provient du Bureau des Constatations médicales 143 do Lourdes.Elle avait etc récemment reclassée et mise à jour: la publication paraissait donc s’imposer.Le livre contient presque exclusivement les récits des 54 cas d’après les documents historiques: témoignages des médecins, des malades guéris eux-mêmes.enfin de l'enquête et de l’approbation ecclésiastique.Deux courts chapitres au début ont aussi une portée documentaire.On y donne d’abord les règles édictées par l'Eglise pour juger des faits miraculeux, puis une liste des guérisons dont on va traiter avec des statistiques générales: répartition selon le sexe, l’àgc, la maladie, la provenance du miraculé, etc.Quelques brèves réflexions — moins de trois pages — terminent le volume tout en donnant l'essentiel des conclusions qui s’imposent.On trouvera naturellement beaucoup de mots techniques médicaux mais le profane réussit facilement à se faire une idée assez précise de la maladie décrite grâce au recoupement des témoignages.Il n’y a pas ici de littérature; le style des introductions et commentaires est presque télégraphique.On a voulu simplement mettre à la portée de ceux qui peuvent y être intéressés les documents qui ont appuyé les constatations de la médecine et les miracles de l.ourdes officiellement reconnus.Jacques GRISÉ Mariage BERTHET (H.) FOYERS CHRETIENS ET RELEVE SACERDOTALE.Préface de Son Exc.Mgr de Bazelaire.Paris, Editions Bonne Presse 11959].149p.19cm.$2.10 (frais de port en plus) Pour tous D'un peu partout nous entendons l’appel pressant de Icpisco-pat pour un recrutement sacerdotal plus grand; en même temps un mouvement se dessine pour une meilleure compréhension de la valeur de la famille comme noyau central d’où sortiront les chefs de file de la prochaine génération.Comment alors ne pas conclure qu’il s'avère d’une suprême importance de montrer les liens étroits entre les foyers chrétiens et la relève sacerdotale ?C’est là la solution que nous propose M.l’abbé Berthet comme remède à un angoissant problème de notre époque.Parmi les chapitres qui éclairent davantage les parents en ce domaine, signalons celui qui fait connaître la véritable notion de la vocation en regard de la famille et qui indique les conditions indispensables au candidat: intention, aptitudes physiques, intellectuelles et morales.Les pages consacrées aux consignes de l’Eglise revêtent aussi un cachet de première importance.Les textes explicitant la formation Nouveauté 1 Collection Les Maîtres de la spiritualité Une présentation moderne.Volumes reliés, titrés or.Couverture vinyle en couleur.LA DOCTRINE SPIRITUELLE du Père Louis Lallemant Edition complète, revue et préparée par le R.P.Guy-M.Bertrand, c.s.c.« Un des plus remarquables écrits spirituels du Grand Siècle.» • Le livre de chevet par excellence du chrétien soucieux de puiser dans la contemplation, la force d'agir.» 384p.Couv.noire, verte ou bleue $2.00 (par la poste $2.10) Dans la même collection MEDITATIONS SUR LEVANCILE par Bossuet « Peut-être Bossuet n'a-t-il rien écrit qui soit au-dessus des Méditations » (Brunetière) 2 tomes.1054p.Couv.noire, verte ou rouge.$4.00 (par la poste $4.20) LE COMBAT SPIRITUEL par Laurent Scupoli, c.c.r.LE CHEMIN DE LA PERFECTION par sainte Thérèse d'Avila Troduit de l'espagnol par les Carmélites du premier monastère de Paris.268p.Prêt, du RF.Dominique de Saint-Joseph, o.c.d.Couv.noire, verte, rouge ou brune.$2.00 (par la poste $2.10) INTRODUCTION A LA VIE DEVOTE par saint François de Sales « Un traité destiné à nous montrer que la religion peut et doit inspirer tous les actes de notre vie.» 324p.Couv.noire, verte, rouge ou bleue $2.00 (par la poste $2.10) « A lui seul, il suffit pour éclairer toutes les âmes sur la voie de la vie parfaite, de la vraie sainteté » (Saint François de Sales) 314p.Prêt, de A.Riche, p.ss.Cou»', noire, verte ou rouge.$2.00 (par la poste $2.10) IMITATION DE JESUS-CHRIST Troduction et préfoce de F.de La-mennois, avec réflexions à lo fin de chaque chapitre.3b3p.Couv.noire, verte, rouge ou bleue $2.00 (par la poste $2.10) _________Aux Editions FIDES 144 nécessaire aux enfants pour l'acquisition de la pieté, de l’énergie, de la chasteté, du dévouement et de quelques autres vertus font réfléchir les pères et mères de famille et les obligent à chercher les moyens appropriés pour créer au foyer un climat favorable sans y apporter une insistance de mauvais aloi.Qu'il nous soit permis de ne pas être totalement d’accord avec l’auteur dans son chapitre Faire penser au sacerdoce.Ici, on nous parle d'influence indirecte ou directe; déjà le mot « influence » nous incite a être prudents: qu’il faille créer un climat au foyer, nous sommes d’accord; mais le recours à des procédés tels que images, histoires, leçons de choses, enseignement proprement dit doit être fait avec prudence et discernement, sans quoi on éloigne du but poursuivi plutôt qu'on en approche.Quant a « l’influence directe » par des questions, nous nous posons ici un point d’interrogation: il est possible que des parents intelligents sachent quand et comment parler, mais la sourdine de l’auteur qui insiste sur la discrétion sera-t-elle toujours interprétée comme il le faudrait ?Malgré ces légères réserves, il reste que ce livre peut aider efficacement les éducateurs chrétiens et les parents réellement conscients de leurs responsabilités.Roland GERMAIN Sciences sociales BARDET (Gaston) DEMAIN, C'EST LAN 2000.4e éd.Paris, Jacques Petit et ses Fils, 1958.305p.$2.50 (frais de port en plus) Pour tous Ouvrage étrange que vient de rééditer pour la quatrième fois Gaston Bardet.Ouvrage étrange parce que paradoxal par plus d’une de ses faces.On y retrouve simultanément les lumières et les ombres de la science et de la mystique, les pointes effilées d'un esprit critique impitoyable qui juge sans fard la civilisation occidentale dont il rappelle l’échec, et les élans d’un cœur qui annonce pourtant, à grands cris, l’Espérance.Ce livre est envoûtant et révoltant, réconfortant et désespérant.Il nous donne tantôt l’impression de nous plonger dans les utopies d'un futur élucubré par l’esprit d’un visionnaire intelligent mais détaché du réel, puis l’instant d’après, on se trouve rivé aux réalités économico-sociales les plus fortes de notre monde, par l’impitoyable logique d’une analyse dont aucun terme important n’est contestable.Disons simplement de ce livre qu’il est un précieux trouble-fête qui vient percer à jour, presque toujours avec violence, rarement sans exactitude, la pseudo-sécurité dans laquelle nous sommes enveloppés; fils d’une civilisation qui semble avoir atteint un degré fantastique de raffinement, nous sommes surpris d’entendre nommer dégradation ce à l’adoration de quoi on nous convie quotidiennement.Cette critique hallucinante des systèmes et des courants idéologiques qui ont bâti notre vingtième siècle est profondément troublante.Cependant elle est heureuse en son ensemble, parce que véridique, quelque mal que nous ayons à l’admettre; peut-être est-il permis de contester telle ou telle affirmation, au passage, mais on ne peut, en somme, qu’être d’accord sur le jugement général On notera entre autres idées infiniment riches de perspective, la conception mise en lumière par l’auteur, à propos de l’évolution, dont il souligne l'étrange retour; celle-ci, en effet, partant d'une infinité de possibles, détermine dans l'espèce animale une spécialisation fonctionnelle, pour ensuite retrouver en l’homme l’infinité de possibles attachés à la liberté.A la lumière de cette « polyvalence » de l’univers et de l’homme, on comprend facilement la révolte profonde de l’Auteur devant les phénomènes d’une spécialisation outran-cière qui constitue l’âme damnée de notre civilisation machiniste.Reposant fondamentalement sur une aberration d’envergure, celle-ci nous a construit un univers monstrueux de type concentrationnaire, dont les cheminées d’usine — bien plus que les barbelés des camps — sont le signe sensible.La vie de cet univers repose sur une économie viciée dès le départ par l'organisation bancaire dont l’auteur nous montre l’inanité mensongère en même temps que la puissance destructrice.Certes, tout n'est pas parfait dans ce livre.On pourrait souhaiter, par exemple, que l’auteur s’abstienne de certains traits inutiles (qu’ils soient décochés à Lecomte de Nouy, à Teilhard de Chardin ou à Jean Guitton) qui ne peuvent que nuire à la sincérité du développement et lui conférer un ton désagréable.Certaines formules hermétiques gagneraient aussi à être élucidées davantage, comme d’ailleurs gagneraient à être nuancées certaines affirmations à portée doctrinale d'importance particulière.Mais ce ne sont là qu’ombres légères sur une grande œuvre, une œuvre d'une valeur réelle, profonde et vitale.Vitale vraiment, particulièrement pour tous ceux à qui il revient de lutter pour humaniser et christianiser le monde du travail.Ceux-là ne sauraient passer outre à cet ouvrage sans priver leur intelligence d’une nourriture vigoureuse et pour ainsi dire indispensable.Paul-Eugène CHARBONNEAU ?SCHKOVSKOY (Zinaida) MA RUSSIE HABILLEE EN U.R.S.S.Retour au pays natal.Paris, Bernard Grasset [1958].267p.19cm.$2.55 (frais de port en plus) Pour tous Depuis quelques années, des gens de tous les milieux se sont rendus en U.R.S.S.dans le but de participer à des congrès ou de représenter leur pays lors de missions 145 officielles; des journalistes ont même entrepris le voyage afin de pouvoir renseigner leurs lecteurs.De tous les récits publiés dans les journaux et revues, des conclusions ont été tirées mais il a presque toujours été normal de considérer ces textes comme s’inspirant plus ou moins consciemment d’une propagande soviétique bien organisée.Dans ce livre, il est difficile d’accuser l'auteur d'avoir subi une telle influence des milieux gouvernementaux: la princesse Zinaïda Schkovskoy est une russe, née à Moscou et obligée de fuir sa patrie; réfugiée dans un pays de l’Occident, elle a épousé un diplomate étranger.Afin de remplir les devoirs de sa charge, ce dernier a pu amener son épouse en U.R.S.S.et c’est ainsi quelle a observé sur place les faits dont son livre est rempli.Soumise à la surveillance du gouvernement par une femme attachée à son service, elle s’y est soustraite à certains moments et a recueilli un grand nombre d’observations qu’elle nous fait connaître.Ses enquêtes, menées avec discrétion, nous mettent aussi bien en contact avec l'ancien universitaire qui a gardé la nostalgie du passé qu’avec l’homme de la rue qui.assuré de n'être pas inquiété, a sorti les rancœurs qu’il cachait avec une prudence extrême.Ses investigations dans le monde des arts, des lettres, du théâtre et du cinéma stigmatisent les contrastes entre la réalité d'aujourd’hui et l'idéal d’hier.Bien que l’auteur soit de religion orthodoxe, ses opinions sur la vie de l’Eglise en ce vaste pays nous éclairent sur les difficultés que suscite le problème religieux.Ses rencontres avec les personnalités officielles laissent deviner l’inquiétude qu'elles nourrissent de voir se lever les rideaux qui trompent les visiteurs éventuels.Ses difficultés pour rencontrer des membres de sa famille ou simplement des amis soulignent la tension des gens déterminés à ne pas déplaire au régime établi.Les lecteurs désireux de connaître ce qui se passe en cet immense pays de l’U.R.S.S.ne peuvent négliger de consulter cet ouvrage qui soulève quelque peu le voile dont les mailles serrées cachent une réalité que d’autres témoignages viendront un jour mettre à découvert.Tout en parcourant ces pages avec avidité, ils seront heureux de constater que le style et la présentation du volume permettent de le lire comme un roman.Roland GERMAIN Education CHARLIER (Henri) CULTURE, ECOLE, METIER.Paris, Nouvelles Editions Latines [1959].206p.22.5cm.(Coll.Itinéraires) $3.50 (frais de port en plus) Pour tous Sur les milliers de livres français que nous avons lus, celui-ci l'emporte en un point au moins: sa tendance à répéter sans cesse les mêmes choses presque dans les mêmes termes.L’auteur, un fervent des métiers, sait que c’est à force de taper sur la tête du clou que le marteau finit par l’enfoncer.Seulement le procédé, excellent en technique, peut devenir en littérature un agacement.L’ouvrage institue le procès de 1’enseignement public en France.Organisme d’Etat, administré par des fonctionnaires de l’Etat, il n’a qu’une préoccupation: répandre dans le peuple une métaphysique d’Etat.Les professeurs d’université, nommés par l’Etat, sont d'autres fonctionnaires soucieux seulement d’être promus ou du moins de ne pas perdre leur place.L'enseignement secondaire, donné par des maîtres issus d’un concours aléatoire sur des idées générales, souffre de psittacisme et réclame une réforme.Quant à l'instruction primaire, elle n’a qu’un but: former non pas des esprits, mais des citoyens respectueux du pouvoir établi.En somme, du haut en bas de l’échelle, l’enseignement public en France serait dominé par la politique, une politique fondée non sur la poursuite du bien commun, mais sur la satisfaction de l’intérêt particulier des partisans.Là où le gâchis est le pire, c’est le domaine des beaux-arts (musique, peinture, sculpture, architecture) et dans celui des arts et métiers (ébénisterie, agriculture, art maritime, tuilerie, avionnerie, automobilisme, etc.).Au temps des corporations, les élèves se formaient à ces disciplines en collaborant aux travaux de maîtres d’oeuvres; avec les secrets appris à ce contact, ils produisaient ensuite des chefs-d’œuvre personnels; l’Etat français, issu de cette Révolution qui a supprimé les corporations, commet une double bévue.11 remplace d’abord l’atelier par des écoles, dont les professeurs ânonnent ce qu'ils ont lu et non ce qu’ils ont appris de la nature des choses.Puis, il a bien soin de ne pas appeler à y enseigner des chefs d’atelier, seuls artistes compétents, qu’il remplace par des maîtres livresques ignorants de toute pratique.« La Tour du Pin, Le Play, Hello, Bainville, Maurras, Georges Sorel, Péguy, Claudel (ajoutons Brunetière), et aussi Puvis (de Cha-vannes), Cézanne, Gauguin, Satié (p.172-173) * n'ont jamais ou presque jamais enseigné.Quels remèdes guériraient ce gâchis ?Dans l’enseignement supérieur, il faudrait que les universités fussent libres de choisir leurs professeurs, qui éliraient leur recteur et établiraient leur propre programme.L’enseignement secondaire, qui compte deux catégories d’élèves, devrait être décongestionné: on garderait dans les lycées ou collèges, mais réformés, ceux qui se destinent à l’enseignement des lettres, des sciences ou de la philosophie; on ouvrirait des écoles techniques à ceux — c’est la masse — qui aspirent à devenir des techniciens.On pourrait même substituer, à une Ecole des Beaux-Arts inefface et à un Institut désuet, les ateliers ou studios des « maîtres de l’heure », en les autorisant à attester par un diplôme la compétence de leurs élèves méritants.Une réforme s’impose enfin dans l’enseignement secondaire: éliminer la lecture de notices ou de critiques peu formatrices.mettre les élèves en contact 146 direct avec quelques œuvres des auteurs les plus réputés.En notre qualité d etranger, il ne nous appartient pas d'intervenir dans ce procès; nous avions seulement pour tâche de résumer de notre mieux un plaidoyer tout nourri de Platon et de Pline, de Pascal et de Molière, de Péguy aussi.Nous devons cependant un merci à M.C'harlier pour le témoignage qu’il rend ça et là à notre Canada français.S'il estime que nos collèges ont besoin d’une réforme dans le domaine des sciences comme dans celui des lettres (explication des auteurs à substituer aux manuels de préceptes), il propose à son pays de porter à deux années, comme la chose se pratique chez nous, l’enseignement de la philosophie, philosophie thomiste et non historique ou positive naturellement.Il ne nous déplaît pas de voir M.Charlier reconnaître que, dans l’appréciation des valeurs éducatives, nous avons mis l’accent sur la première.On lira avec plaisir les pages où l'auteur établit la base de ses prétentions (pp.82-83, 126), celles où avec Pascal il distingue entre l’esprit de géométrie et l'esprit de finesse (pp.28, 84), le résumé du théâtre de Corneille (p.105), la distinction entre atelier et école (p.131), l'application du rescrit de Trajan (p.181-186).L’auteur de la Métaphysique des causes, le jésuite de Regnon, eût fort goûté l'appendice sur les quatre causes et les commentaires auxquels elles donnent lieu.Notons enfin qu’un esprit vraiment surnaturel et des convictions catholiques percent à travers tout le volume.Emile CHARTIER, p.d.PRUDENCE (Claude) J'AI QUATORZE ANS.L’adolescent chrétien.Paris, Editions du Levain.126p.19.5cm.$1.60 (frais de port en plus) Pour adultes L'ouvrage est un plaidoyer pour la pureté.Il s'adresse aux jeunes adolescents français.L’auteur y fait appel à l’ardeur, à l'enthousiasme, à la soif d’idéal, toutes caractéristiques bien nettes des débuts de l’adolescence.Il donne de la vie une image belle et noble.Pouvons-nous mettre l’ouvrage entre les mains de nos adolescents ?Les allusions à la vie française y sont nombreuses: vin aux repas, apostasie après la communion solennelle, camping, etc.On voudrait plus de pages sur les fréquentations précoces et sur les « parties ».Une édition canadienne du volume serait bienvenue.Dans son état actuel, il peut être passé, comme d’autres volumes européens, à des étudiants assez évolués mentalement, et capables de laisser de côté les exemples typiquement français pour ne prendre que l’essentiel de la doctrine.Viateur LEMIRE, ptre Au Club Canadien du Livre Vous payez 4 ouvrages brochés Vous en recevez 6 dont 4 reliés Chaque mois un livre relie pour le prix du même livre broché.Sélection de février 1960 GRATUIT DIEU SEUL M'ARRÊTERA Un livre-prime à four nouvel abonné.GRATUIT Un livre-prime après achat de 4 sélections.par Hervé Le Boterf L'auteur du Défroqué nous présente, sous une forme un peu romancée, la merveilleuse, mais authentique aventure de Don Salvator, cet humble prêtre italien qui, au lendemain de la guerre, recueillit de pauvres orphelins errant sur les routes de Campanie, bâtit avec eux leur maison et fonda le modèle des "républiques d'enfants".UNE SEULE CONDITION Un roman débordant d'amour et d'espoir.300p.20cm.Relié.14 photos pleine page tirées du film Dieu seul m'arrêtera.S'engager à acheter 4 sélections en 12 mois.Prix aux membres du Club: $2.65 Bulletin d’inscription (à découper ou d recopier) CLUB CANADIEN DU LIVRE 25 est, rue Saint-Jacques MONTREAL UN.1-9621 Veuillez m'inscrire au Club Canadien du Livre et me faire parvenir la sélection de février I960 (Dieu seul m'arrêtera, par Hervé Le Boterf, au prix de $2.65 franco), ainsi que votre livre-prime d'inscription.Je m'engage à acheter au moins 3 autres sélections au cours des 12 prochains mois.Vous vous engagez, pour votre part à m'adresser votre circulaire mensuelle et à me donner un livre-prime chaque fois aue j'aurai acheté 4 sélections.Nom Adresse 147 Littérature PERRET (Jacques) VIRGILE.Paris, Editions du Seuil {1959].186p.ill.18cm.(Coll.Ecrivains de toujours, no 47).$1.60 (frais de port en plus) Pour adultes Une idée de fond court tout au long de ce livre mince, mais dense: l'œuvre entier de Virgile est la préfiguration symbolique, éclairée par l’histoire, de l’âge d’or qu'Auguste devait instaurer, à Rome et dans l’Empire, après sa victoire d’Ac-tium en l’année 31.Pour préparer cette ère de bonheur, les Romains doivent se soumettre à trois conditions: scs lettrés déguisés en bergers, se plier au travail de poésie — ce sont les Bucoliques; les paysans, forcer la terre à leur livrer scs produits — ce sont les Géorgi-ques; tous, ne jamais perdre de vue le destin que leur assigne le vieil Anchise « parcere subject is et debellare superhos » — c’est L’Enéide.Au sujet des Bucoliques, M.Perret fait assez grand état des correspondances proposées par M.Paul Maury: rayonnant autour de la 5e (résurrection) pour aboutir à la 10e (mort) comme à un sommet, 1 et 9 diraient les épreuves de la vie.2 et 8 celles de l’amour, 3 et 7 chanteraient les musiques humaines, 4 et 6 les musiques divines (p.32).D’autres correspondances découlent du nombre des vers dans chacune.Il se peut que d’autres études ramènent ces considérations à l’état d’hypothèses assez précaires.Mais certaines assertions des commentateurs demeurent sûres: l’accommodation, si intelligemment expliquée par le maître Jérôme Carcopino, de la 4e Eglogue à la naissance du Christ: le fait que les interlocuteurs, loin d’être de vrais pâtres, sont les membres du club littéraire qui groupait à Rome les meilleurs écrivains de l’époque.Parmi les quatre livres des Géor-giques, M.Perret considère, avec tous les interprètes, le 3e (abeilles) comme le sommet de l’œuvre.Il serait le tableau métaphorique de toute l’histoire de Rome: une ruche bourdonnante, où la reine prêche par son exemple l’activité à ses sujettes, où le roi domine de haut et régente tout ce travail, où les frelons massés à la porte écartent le péril des invasions ennemies.C’est le symbole de ce que sera la Rome impériale.Dans l’interprétation de L'Enéide, l'auteur s’inspire de celle du Dante.Le destin d'Auguste est annoncé d’avance par le vieil Anchise (livre VI, sommet de l’ouvrage): préparé par « les traverses » des Troyens partis à la recherche d’une patrie nouvelle ( I-V), complété par les luttes sanglantes des Trojano-Latins (VII-XII), il s’achèvera, après la main-mise sur le territoire italique et le bassin méditerranéen, par la conquête du monde.Alors se clôt la rivalité Vénus-Junon, alors se ferme le temple de Janus.C’est le règne de Yaurea aetas et d’une divinité unique, le Dieu César ou César Dieu, € l’apothéose des empereurs (Boisseau) »; elle est le nœud qui arrête le dévidoir de la trilogie virgilienne.Deux excursus complètent cette étude critique.L’un, Le tombeau de Virgile (p.153-159), décrit les hauts et les bas qu’a subis l’influence du poète au cours des siècles.L'autre, L’art de traduire les poètes (p.163-176), à cause peut-être de son langage éthéré et parfois sibyllin, réclame du lecteur une attention réfléchie.On voit assez bien en quoi le vers alexandrin des premiers traducteurs et même la prose rythmée de Victor Bérard ou de Marcel Pagnol ne rendent pas justice à la musicalité de Virgile; on voit moins comment « la distribution alternée des accents métriques », le procédé de Paul Valéry, ou même « la consécution régulière des accents et l’élimination des membres métriques », les procédés de M.Perret, rendent mieux le rythme du vers virgilien.Il y faudrait sans doute des explications plus amples ou plus détaillées.Dans la bibliographie enfin, on s'étonne de ne pas voir figurer, de Sainte-Beuve, les Etudes sur Virgile.Pourtant, dans ces pages lumineuses et si pleines de goût, Joseph Delorme critique oublie toutes les gaillardises de Volupté! De la lecture de ce volume, l’homme moyen rapportera une idée parfaite du dessein fondamental de Virgile: décrire Le long enfantement de la grandeur romaine, le dessein qu’il exprime en ces termes: Tantae molis erat Romanam condere gentem ! Emile C HARTIER, p.d.Rappel- Désir naturel et béatitude chez Saint Thomas par Venant Gauchy Docteur en philosophie de l’Université de Montréal "L'objectivité se déclare à travers une analyse serrée des textes.L'esprit philosophique s'y déploie dans son activité critique, sa finesse intuitive et sa force diolectique".(Yvon Lafrance.Lectures) 126p.20.5cm.Coll.Philosophie et problèmes contemporains.$2.50 (par la poste $2.60) Chez FIDES 148 Littérature de jeunesse KINGSTON (W.H.G.) MANCO, LE CHEF PERUVIEN.Traduit et adapté de l’anglais par Agnès Derbaix-Mison-ne.Illustrations de Liliane et Fred Funken.Tournai, Caster-man, 1959.133p.ill.(h.-t.) 24.5cm.(Coll.Grand Large) Relié.$1.90 (frais de port en plus) Pour jeunes Une famille anglaise dont le père est chargé d’une mission commerciale au Pérou, réside depuis quelques années dans une vaste propriété au pied de la Cordillère des Andes.Les villages voisins sont peuplés d’indiens, race brave et infortunée conquise par les Espagnols.David, le jeune fils anglais, sauvera la vie de Manco, le « fils du Soleil » et descendant des nobles Incas.David assistera à de sauvages combats entre ces Indiens et leurs ennemis mortels les Espagnols.Au cours d’une de ces tueries épouvantables, David sera séparé de sa famille.Armé d’un courage invincible et aidé de Manco, il entreprend un voyage périlleux dans le but de retrouver ses parents.Son intrépidité sera récompensée.Les adolescents prendront un réel intérêt à suivre ces aventures palpitantes.Les scènes de combats furieux y sont décrites avec un réalisme saisissant.On croirait voir se dérouler un film.Le sens de l'honneur et de la reconnaissance témoignés par ce jeune chef Inca, nous laisse deviner tout le bien que pourrait apporter l’Evangélisation à ces peuples obligés de vivre sous un joug détesté.Pour garçons de 12 à 15 ans.C.LALANDE QUINE (Caroline) ALICE ET LE CORSAIRE.Texte français d’Hélène Com-niin.Illustrations d’Albert Cha-zelle.Paris, Hachette [1958].252p.ill.17cm.(Coll.Bibliothèque verte, no 100) Relié.$1.00 (frais de port en plus) Pour jeunes Quels sont ces mystérieux personnages qui hantent 1’ « Arc-en-Ciel », un navire magnifique amarré au port de Boston ?Cherchent-ils un secret, un trésor caché ?Voilà l’énigme qu’une jeune fille aidée de deux amies, tente de découvrir.Malgré les tactiques sournoises de ses redoutables adversaires et les situations périlleuses, la jeune détective réussit à résoudre l’énigme à la grande joie de tous.La multiplicité des allées et venues de tous ces personnages empêchera les lectrices de s’intéresser jusqu’au bout à cette histoire.Pour fillette de 9 à 14 ans.C.LALANDE Vous aussi, vous adopterez Mon Missel dominical 1 B E9 expliqué par le R.P.Joseph Stedman Nouvelle édition revue et augmentée.Gros caractères.Calendrier liturgique 1959-1966.Ce missel contient le texte latin-français de l'Ordinaire de la Messe, les messes des dimanches et fêtes avec explications du Propre de chaque Messe, la Messe des défunts, la Messe de mariage, les Vêpres des dimanches, des antiennes et des motets à la Sainte Vierge, les prières usuelles et le Chemin de la Croix.LE MISSEL DOMINICAL LE PLUS COMPLET, AU PLUS BAS PRIX 512p.Nombreuses illustrations.Impression en 2 couleurs.$0.50 l'exemplaire (par la poste $0.60) Édité par FIDES J 49 Nouveautés Librairie a 8?, ¦ ••• W.¦ 'W**’! • ' 4 ' » i - L Beaucoup d éducateurs, de libraires, et même de bibliothécaires n’ont pas en mains les instruments nécessaires pour se rendre compte, très rapidement, de la valeur morale des ouvrages qui viennent de paraître sur le marché.Aussi avons-nous pensé leur rendre service en publiant, chaque mois, une liste des plus récents ouvrages avec leur cote morale.Cette cote a été établie après consultation attentive des diverses revues catholiques de bibliographie-conseil, telles que Livres et Lectures, les Notes bibliographiques, la Revue des Cercles d'étude d'Angers, etc.Il se peut cependant que quelques-unes de ces cotes soient, un jour ou l’autre, sujettes à rectification, si, après une étude des ouvrages en question, nous nous rendons compte que la cote donnée par les revues européennes n’est pas adaptée au milieu canadien.Quoi qu’il en soit, nous croyons que les cotes données ci-dessous sont suffisamment sérieuses pour être publiées, sous bénéfice d’inventaire.ASTRE (G.A.), Hemingway par lui-même B?BELLAIRS (G.), La mort de l’oncle Fred TB BELLOW (S.), Les aventures d’Augie March .D BENOIT (P.), Flamarens .TB BERGER (Y.), Boris Pasternak .B BERNARD-DEROSE (S.), Les Fiancés d’Al-tavira .TB BESSON (A.), La Dame du Val d’Amour.B?BOILEAU-NARCEJAC, L'ingénieur aimait trop les chiffres .B?CASTELOT (A.), Le drame de Sainte-Hélène TB CHABRIER (A.), Le tour du monde d’une femme seule .TB CLANCIER (C.E.), Les drapeaux de la ville D DA VET (M.), Le Chevalier de la lune .B?DELPERRIER (M.), Les enfants crucifiés B ECKERT-ROTHOLZ (A), Le temps du dragon .B?EX BR A Y AT (C), Ne vous fâchez pas, Imo-gène .TB FORD (L.), Testament pour un massacre .B GALLICO (P.), Des fleurs pour Mrs.Harris TB HALLIDAY (M.), H faut que cet homme s’en aille TB HATANO (Isoko et Ichiro), L’enfant d’Hiroshima .TB HOCKING (A.), Epitaphe pour une infirmière B JONG (D.de), La Roulotte hollandaise B J UNGER (E.), Abeilles de verre TB LEGER (F.), Le Mas des solitudes TB LINARES (L.-M.), Mon fiancé l’empereur .B MARTIN DESCALZO (J.L.), La Frontière de Dieu .B?MAURICE (R.), Beau cœur trouveras-tu ta joie .B MONNIER (T.), Les cinq doigts de la main D NORD (P.), Bombe à l'O.T.A.N.B?NORD (P.), Vrai secret d'Etat B?PERRUCHOT (H.), Montherlant .B?PRIVADIERE (M.), Le Miroir à trois faces B REY (M.-E.), Aimer fait peur.M RINSER (L.), Le vol de la colombe .B ROGNONI (L.), L’abominable neige des hommes .B RUTLEDGE (N.), Je ne serai pendu qu’une fois B?SAINT-LO (M.), Le poids du bonheur D SENNEP (J.), et MACAIGNE (P.), Le Tour du monde en quatre-vingt visas.B SHUTE (Nevil), L’arc-en-ciel et la rose B?VERY (P.), La révolte des pères Noël .B?Signification des cotes M — mauvais B — pour adultes D — dangereux TB — pour tous B?— appelle des réserves TB-S — pour tous mais spécialisé 150 Le Festival du Film français Le Festival du Film français qui doit avoir lieu ces jours-ci, à Montréal, nous présente un certain nombre de films qui feront ensuite le tour des cinémas de la Province.Nous publions ici un résumé de l’appréciation qu’a fait paraître, en France, la Centrale catholique du Cinéma, sur un certain nombre de ces films."Le Clochard '* Comédie satirique réalisée par Gilles Grangier, interprétée par Jean Gabin, Darry Cowl, Bernard Blier, etc.« Fondé sur un caractère — celui du clochard incarné par Gabin — le scénario manque de continuité dramatique.C’est une suite de petites scènes sans liens entre elles, d’intérêt très inégal.Le caractère exceptionnel de ce clochard en fait un personnage qui n’est en rien représentatif du monde des clochards, un personnage sans autre intérêt que de permettre à Jean Gabin de faire ses numéros personnels.Mais c’est malheureusement dans la mesure où il « fait ses numéros » que Jean Gabin est mauvais [.] Mais à côté de lui, tous les autres interprètes sont bons.Des crudités de langage.Le caractère anti-social du personnage central ne peut être admis sans réserves, au moins pour les enfants.» "La Nuit des espions ** Drame psychologique réalisé par Robert Flossein, interprété par Robert Hossein, Marina Vlady, etc.Histoire d’espionnage où « la volonté arrêtée de brouiller toutes les pistes égare mieux encore le spectateur que les personnages, et fait du débat entre eux un pur jeu d'intellectuels, un peu irritant à la longue.Hossein s’est défendu d’avoir voulu sous-tendre à son film la thèse de l’incommunicabilité de l’homme et de la femme: c’est à cela qu’on ésM 1^x7 BEAUX-ARTS aboutit plutôt qu’à l’impossibilité de l’amour et de la sécurité en temps de guerre.Il n’empêche que le réalisateur montre d’indéniables qualités: il sait mener son récit, composer ses images, parfois avec un brin de recherche.Le rythme est soutenu mais l’œuvre, solidement, intelligemment construite, manque de ce petit quelque chose, peut-être une plus rigoureuse appropriation du langage cinématographique au fond recherché, qui fait les très grands films.— Le caractère passionné et sensuel de toute une partie du tête-à-tête entre les deux héros, bien que traité avec une relative discrétion, appelle des réserves.» “Le Bossu ” Aventures de cape et d’épée.Film réalisé par André Hunebelle, d’après l’ouvrage de Paul Féval.1 Interprètes: Jean Marais, Sabina Selman, Bourvil, etc.« Les auteurs ont taillé à grands coups dans l'œuvre de Féval et la simplification n’est pas toujours heureuse: la suppression du personnage de Passepoil, la modification de celui de Cocardasse, décevront ceux qui ont lu le roman.Il semble que les producteurs aient été trop économes de leurs deniers, ce qui aboutit à un mélodrame de petite cape et de courte épée.Tout l’élément romantique spectaculaire qui faisait l’agrément du premier Bossu (1924) a été ici évacué.Mais il reste une performance très réussie de Jean Marais, un « numéro * de Bourvil, rappelant un peu trop parfois son délicat « Vive la mariée >, une couleur très agréable.Si on est trop jeune pour avoir vu Le Bossu de l’époque muette et si on n’a pas lu Paul Féval, il y a là un spectacle distrayant, comme Hunebelle sait en donner.Film visible par tous, mais peu indiqué pour les enfants.> ( I ) Ce livre est coté B'.’ 151 La rua des prairies "Celte nu il-là Drame familial réalisé par Denys de la Patellière, interprété par Jean Gabin, Marie-José Nat, Claude Brasseur, etc.« Film montrant l'abnégation et les difficultés d'un homme avec ses propres enfants qui le renient pour réussir, et son fils adoptif qui le réclame comme son vrai père.Un peu « mélo », un peu forcé, un peu systématique, un peu lourd aussi.peut-être est-ce à cause de tout cela que le film est émouvant ?On regrette cependant que Denys de la Patellière ait cru devoir forcer la note et nous présenter tous les représentants de l’ordre, de la « société » et de la magistrature comme « mauvais » et bornés par surcroît.Ceci nuit un peu à l'excellence des personnages sains et bons.— Jean Gabin est magnifique: il réussit une fois de plus une création étonnante de sincérité et de profondeur.Si dans l'ensemble les valeurs affectives et morales triomphent de celles de l’argent, le film doit être réservé aux adultes avertis.» mm j g:;:#::;: mmM Comme son titre l'indique, ce disque est destiné u commémorer la « grande mission » qui sera l’événement marquant dans la vie religieuse du diocèse de Montréal, en 1960.Il comporte une brève allocution de M.l’abbé Gérard Lalonde, allocution précisant le sens de la grande mission.La pièce maîtresse du disque est le cantique sur la paternité de Dieu et sur les implications de cette paternité Film policier réalisé par Maurice Cazeneuve et interprété par Mylène Demongeot, Maurice Ronet, Jean Servais, etc.« Deux thèmes s’entrecroisent dans ce film: celui de la découverte de l’amour dans un ménage menacé par l’intervention d’un tiers: ménage qui sortira de l’épreuve plus uni, plus fort.Le second thème, sous une forme policière, met en scène un personnage (le tiers) débauché, maître-chanteur, dont l’importance dans le film, le rôle qu'il y joue, le dialogue qu'on lui prête, appelle de nettes réserves au point de vue moral.Un suicide.L'histoire policière est bourrée d’invraisemblance et le film ne vaut que par des qualités formelles, qui ne recouvrent malheureusement qu'une grande partie de vide.L’interprétation de Jean Servais est absolument remarquable de justesse mais, par ses qualités mêmes, donne plus de relief à celui des trois personnages qui justifie les réserves sur le plan moral.» Un disque SELECT: "Cantique de la grande mission de I960 aans notre vie quotidienne.Ce cantique dont les paroles et la musique sont dues à M.Eugène La-pierre, est interprété par M.Germain Lefebvre et le Chœur Pie X sous la direction de M.Clément Morin, p.s.s.Ce disque peut aider à populariser le message de la « grande mission » et nous le conseillons à tous les groupements de quelque nature qu’ils soient: foyers ou institutions.(Ce disque est en vente chez tous les disquaires, et spécialement chez Ed.Archambault Inc.) 152 Mmmmm .;!vXv! « Raymond de Saint-Laurent a public deux séries d'ouvrages traitant de psychologie, l’une destinée aux catholiques et l'autre aux non-catlwliques.Croyez-vous qu'une adolescente peut lire celle destinée aux non-catholiques ?» S.U.— Oui.Ce qui fuit la différence entre les deux séries c'est que l’une fait appel aux ressources de la vie surnaturelle pour favoriser l’épanouissement de la personnalité humaine, tandis que l’autre se base uniquement sur les possibilités de la nature.Mais l’une et l’autre séries sont très bonnes et peuvent convenir aux adolescentes.* » * « On dit que la collection « Marabout » est excellente et que je pourrais sans crainte en commander tous les titres pour la bibliothèque paroissiale.Est-ce exact ?» P.M.— Vous pourriez avoir de fâcheuses surprises si vous négligiez de vous informer de la valeur des livres de cette collection avant de les commander.S’il est vrai que, dans l'ensemble, la collection Marabout est convenable, il reste qu’elle présente un bon nombre de livres qui appellent des réserves, quelques uns qui sont dangereux et même un ou deux titres mauvais.* * * « J’aimerais avoir quelques renseignements sur Gilbert Cesbron.Est-il catholique ?» L.D.— Oui, Gilbert Cesbron est catholique.Il est né à Paris le 13 janvier 1913.Il est docteur en Droit et diplômé des Sciences Politiques.Il a écrit plusieurs romans à thèse, quelques ouvrages visant à la réforme d’une société qui a perdu le sens des vraies valeurs, et des pièces de théâtre qui ont obtenu un grand succès (Briser la statue, Il est minuit Docteur Schweitzer).Les plus connus des ouvrages de Cesbron sont sans doute: Les Saints vont en enfer (B?), Chiens perdus sans collier (B?), Vous verrez le ciel ouvert (B), Il est plus tard que tu ne penses (B?).Ces ouvrages s’inspirent d’une intention on ne peut plus généreuse.Mais, à cause de la délicatesse des thèmes choisis, ils ne conviennent qu’à des adultes formés.* 4 * « On me dit que Pierre Dufoyer, l'auteur de tant de livres sur le tnariage et l'éducation, n’est pas un laie mais un religieux.Est-ce la vérité ?» N.B.En effet, Pierre Dufoyer est le pseudonyme d’un jésuite qui vient malheureusement de mourir il y a quelques semaines: le R.P.Rémi Boigelot.Il avait publié de nombreuses et importantes études sur la psychologie du mariage et sur les problèmes de l'éducation.* * * « Je suis abonné à un Club de livres, et on y offre comme sélection l’ouvrage de Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses.Je suis sous l’impression que cet ouvrage n’est pas ce qu’il y a de mieux au point de vue moral.Pourriez-vous m’éclairer à ce sujet ?» F.O.— Vous avez raison, il s’agit d'un ouvrage mauvais.L’auteur Pierre Choderlos de Laclos est un officier français né à Amiens en 1741 et mort à Tarente en 1803.Son nom reste attaché aux Liaisons dangereuses, œuvre qui fut d’abord publiée anonymement.C’est un roman épistolaire où s’étale la corruption mondaine du XVIIIe siècle.On y trouve deux personnages sataniques: la marquise de Verneuil, qui s’ingénie à corrompre autrui, et son ancien amant, Valmont.Bien que cette analyse de sentiments dépravés soit faite de main de maître, la lecture d’un tel livre non seulement ne s’impose pas mais elle serait corruptrice.* * * « Il paraît que le grand prix de la critique littéraire vient d’être attribué en France.Pourriez-vous me dire quel ouvrage se l’est mérité ?» P.L.— C’est l’ouvrage du R.P.André Blanchet, s.j.intitulé La littérature et le spirituel.Le Père Blanchet est critique littéraire à la revue Etudes.153 L.Colin, c.ss.r.Noviciat Essai de formation religieuse Ecole de formation.Agents de formation.Programme de formation.« Tous ceux qui doivent connaître les obligations, la nature, l'esprit de l’état de religieux, liront avec le plus grand profit ce manuel ou ils trouveront les enseignements les plus nets et les pous pratiques • (A.de Panillez.Livres et Lectures) 380p.22.5cm S3.85 (par la poste $3.95) P.Florent Schnee A.A.Docete omnes gentes Sermons pour tous les dimanches de l'année.Instructions sur la vie chrétienne étudiées en fonction du dogme et de la morale et présentées sous une forme neuve et dans un style entraînant.« Un recueil de sermons modernes, pour le monde moderne.» 240 p.19cm.Coll.La prédication nouvelle $2.75 (par la poste $2.85) Sainte Thérèse d’Avila Correspondance Texte français de Marcelle Auclair Cette nouvelle version fait admirablement ressortir dans sa vivacité, sa familiarité, sa verdeur, le style de letonnante épistolière qu'était la Sainte Espagnole.903p.18cm.Hors-texte.Coll.Bibliothèque européenne $11.55 (par lo poste $11.70 Dr Paul Chauchard Biologie et morale Le savant peut-il rester neutre devant le problème moral ?L'auteur n’a pas voulu faire oeuvre de théologien ou de philosophe, mais simplement apporter une expérience personnelle.250p.18cm.Postfoce de Lucien Jerphagnon.$3.00 (par la poste $3.10) Nouveautés Jacques Mersenne On nous prend pour des enfants Enfin, un roman pour adolescents ! Un roman qui saisit un adolescent en chair et en os à travers son aventure intérieure et cela dans son milieu naturel.Mais ce n'est pas seulement un roman.184p.19cm.4 hors-texte.Coll.Adolescent, qui cs-tu?$1.90 (par la poste $2.00) Georges Pernoud et Sabine Flaissier La Révolution La Révolution française racontée par des hommes et des femmes qui tous ont pu dire « J’y étais.» « Ce ne sont pas là les à-côtés de l'Histoire, c’est l’Histoire elle-même, humaine et palpitante.» (André Maurois, préface).446p.20cm.Coll.Il y a toujours un reporter $5.25 (por lo poste $5.40) Jean Laloup La science et l’humain Esquisse d'une histoire des sciences.Eléments d'une philosophie des sciences.Ce volume veut montrer les valeurs et les limites de la connaissance scientifique, l’extension de l’humanisme scientifique et la manière de l’intégrer dans l’ensemble d’une formation humaniste.287p.19cm.Bibliographie $2.95 (par la poste $3.05) Sven Stolpe La nuit de Lofhammar Roman traduit du suédois par Jean Poulain Un drame psychologique doublé d’un drame religieux.Bien des passages amèneront le lecteur à réfléchir à ce qui manque au protestantisme.244p.20cm.$2.95 (par la poste $3.05) En rente à Michel Horatczuk, s.j.Un grain d’ironie Sel de la vertu Traduit par l’abbé R.Virrion du clergé de Paris.Un livre qui est beaucoup plus qu’un simple tableau de mœurs.Il veut faire émerger l’homme de sa propre nature pour qu’il trouve sa joie en Dieu.122p.19cm.$1.90 (par la poste $2.00! Jeui P.-A.Liège ine homme, lève-toi ! Un iivre vraiment adapté pour les jeunes de 18 à 25 ans.« Mieux qu’une apologétique défensive, c’est un ensemble d’enseignements hautement spirituels qui envisagent les multiples aspects de la vie chrétienne des jeunes gens dans le monde actuel.» (X.Pattyn, Livres et Lectures) 288p.19cm.Coll.L'Evonqile au XXe siècle $3.05 (par la poste $3.15) Ch.J.-L.Beaumier Marie Guyart de l’Incarnation Fondatrice des Ursulines au Canada Cet essai biographique fait largement connaître la noble et attachante figure de cette femme qui, avant de devenir la fondatrice des Ursulines au Canada, connut les divers états de la vie dans le monde.272p.24p.de photos hors-texte $2.50 (par la poste $2.60) Pierre-François Lacôme Le futur sans fiction Notre vie dans 25 ans En partant uniquement des inventions les plus récentes, l’auteur révèle ce que sera notre vie dans 25 ans.128p.18cm.Photos et ill.Coll.Eurêka.$1.25 (par la poste $1.35) MONTREAL — 25 est, rue Saint-Jacquet UN.1-9621 AMQUI, P.Q.— Boulevard Saint-Benoît Tel.: 285 RIMOUSKI, P.Q.— 62c, rue de l'Evêché RA.3-852] RIVIERE-DU-LOUP, P.Q.— 456, rue Lafontaine UN.2-3561 SAINT-BONIFACE, Mon.— 135, avenue Provencher CH.7-1735 THETFORD, P.Q.— 21 est, rue Saint-Joseph FE.5-2084 154 FAITS et7 COMMENTAIRES Dans sa causerie intitulée « Refus du réel », M.Barbeau a déclare que comme collectivité, « nous ne vivons pas à l’échelle de nos problèmes », tant au point de vue intellectuel qu’au point de vue économique.Nous ne devons pas sacrifier les valeurs culturelles, spirituelles, au progrès matériel.C’est l’humanisme bien compris qui nous sauvera.Puis le lauréat a illustré sa pensée par des souvenirs sur lui-même et son œuvre, en indiquant comment il est arrivé, peut-être par hasard, à entreprendre certaines œuvres, à propager certaines idées, pour l'avantage de ses compatriotes.Le Prix Duvernay Le 6 décembre 1959, la société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a décerné, pour la seizième fois, son prix littéraire, connu sous le nom de Prix Duvernay.Le titulaire fut M.Victor Barbeau, professeur à à M.Victor Barbeau l’Ecole des Hautes Etudes commerciales, président fondateur de l’Académie canadienne-française, principal artisan du coopératisme dans la province de Québec et auteur d'œuvres marquantes."MA PAROISSE'’ devient “ACTUALITÉ ” À L’INDEX Un ouvrage sur la vie de Jésus CITE DU VATICAN (CCC) — La Suprême Congrégation du Saint-Office vient de publier un décret d’inscription à l’Index des livres interdits d’un ouvrage anonyme en quatre volumes sur la vie de Jésus.Le titre du premier volume est « Le poème de Jésus » et celui des trois autres \olumes: « Le poème de l’Homme-Dieu ».L'ouvrage c t publié par les Editions Pisani, Isola dei Liri.Dans un article commentant cette condamnation.l’OSSERVATORE ROMANO du 6 janvier explique les motifs pour lesquels les fidèles sont mis en garde contre la lecture de cette œuvre, dont le jugement se trouve en quelque sorte résumé dans la définition de « vie mal romancée », ces motifs peuvent être faci- lement reconnus « par ceux qui ont eu la patience bénédictine de lire les quatre mille pages serrées de cette œuvre ».Le courrier nous apportait, ces jours-ci, une heureuse surprise: la revue Ma Paroisse nous arrivait sous un titre nouveau — Actualité — et considérablement transformée.Avec la variété de ses chroniques, l’abondance de ses illustrations, et sa mise en page soignée, Actualité a tout ce qu'il faut pour être un excellent magazine populaire, et nous lui souhaitons une très large diffusion.Nous avons cependant deux reproches à formuler au premier numéro, celui de janvier.D’abord, on pourra à bon droit s’étonner que, dans les pages féminines, l’on ait donné la vedette à Marie-Claire Blais, l'auteur de La belle bête, un ouvrage qui n’est certes pas à conseiller.Ensuite, dans l’article sur les Taupes, on parle de Monique qui « s’est donnée à Michel — son amant — parce qu’elle aime très sincèrement *: une telle expression, dans un magazine populaire, ne peut-elle pas justifier de dangereuses ambiguïtés ?155 Coup de boutoir de Valdombre.Dans sa dernière livraison, la revue LECTURES publiait une étude sur M.Claude-Henri Grignon.Cet article mérita t) son auteur, M.Clément Saint-Germain, des lettres élogieuses, mais il n'eut pas l'heur de plaire à M.Grignon.Ce dernier envoya à notre collaborateur une lettre si furibonde que, par respect pour M.Grignon lui-même, nous aurions souhaité ne pas lu publier.Si notre revue ne craint pas la polémique faite d'échange d’opinions, elle ne tient pas à servir de tribune pour les grossières injures.Mais puisque M.Grignon veut absolument que sa lettre circule partout — il en a lui-même envoyé une copie à plusieurs personnes! — et puisqu'il nous ferait grief de notre silence, nous n’hésitons pas à publier son papier.Nos lecteurs verront qu'une telle lettre déshonore bien plus celui qui l'écrit que son destinataire.M.Clément Saint-Germain de la revue LECTURES Monsieur, Je n'ai pas l'honneur de vous connaître et du reste cet honneur je le repousse immédiatement du pied car j’ai bien envie de vous cracher à la face cette réponse que faisait mon cher et grand Léon Bloy à l’écœurant qui avait nom Paul Bourget: « Je n’ai pour vous que mépris et dédain ».C'est dire que vous n'existez pas pour moi ni pour les lettres canadiennes mais parce que vous avez écrit un article malhonnête dans la revue LECTURES sous le signe protecteur des Pères de Sainte-Croix de la rue Saint-Jacques, papier infect qui veut être une démolition de ma modeste personne je m'adresse à vous.Plus tard, publiquement, je frapperai à la tête.D'ordinaire je ne relève pas toutes les sottises, les erreurs, les calomnies qu'on débite sur ma personne et dans des feuilles pourries tout juste bonnes à s'essuyer les pieds mais je vous prie de croire que l'article que vous venez de signer vous ne l’emporterez pas en tombe.Il contient autant de fautes que de mots et d'erreurs que de propositions.J’ignore où vous avez fait vos études mais à vous lire on devine sans peine que vous êtes destiné depuis toujours à vider les crachoirs d’une salle de rédaction.Il est clair que vous vous êtes inspiré de quelques notes biographiques.Vous les avez mal lues ou vous les avez tronquées, ce qui est franchement CRIMINEL.Si vous eussiez agi de la sorte dans un journal d’Olivar Asselin.mon admirable maître vous aurait giflé sur la Place d'Armes, face à Notre-Dame.Je ne vous ferai pas cet honneur mais je ne manquerai pas de botter qui de droit.« Dans le temps comme dans le temps » pour rappeler une formule chère à Séraphin qui vivra encore dans 300 ans lorsque le dernier de votre progéniture littéraire n'aura pas même existé.Depuis quarante ans que je tiens une plume il m’aura été accordé de lire des énormités, des bêtises, des mauvaises actions mais jamais comparables à la FAUTE que vous commettez dans le numéro de décembre 1959 de LECTURES qui se pique d’être une revue mensuelle de culture.Avec de pareils slogans on peut bien vivre les temps pourris et abominables que nous vivons et ce n’est certainement pas votre Maison de la Rue Saint-Jacques qui va sauver la situation.Il est clair, Monsieur (excusez-moi si je dis « monsieur ») que vous n’avez jamais lu un seul des PAMPHLETS de Valdombre, que vous n’avez jamais écouté pendant une semaine UN HOMME ET SON PECHE à la radio et que vous n’avez jamais regardé un seul épisode des BELLES HISTOIRES DES PAYS D’EN HAUT.Autrement vous seriez obligé de reconnaître que JE SUIS l’écrivain qui garde le courage actuellement de faire agir et parler des personnages authentiquement catholiques.C’est du moins l’opinion de Son Eminence le cardinal Léger, de plusieurs évêques et de tout le clergé de la province de Québec.Abstraction faite de toutes considérations artistiques ou littéraires vous pouviez toujours signaler le FAIT ! Vous n’avez pas voulu ou vous ne l’avez pas vu.Dans les deux cas vous êtes indigne de tenir une plume et Dieu (si vous y croyez !) vous demandera des comptes terribles.Je ne voudrais pas être dans vos bottes, prenez ma parole.Vous qui vivez de la RELIGION, qui travaillez pour la RELIGION, entouré de RELIGIEUX, vous l’ascète (!) vous n’avez pas compris que Valdombre ou Claude-Henri Grignon se bat depuis 40 ans pour maintenir l’ordre dans cette province, pour défendre l’Autorité, pour glorifier le Christ et Son Eglise.Vous n’avez pas vu ça qui est la lumière même.Je vous plains.Vous êtes un ignorant ou un malfaiteur.Choisissez ! Autre chose.Dans ce même numéro de décembre 1959 vous vantez Mgr Savard.Or j’ai été le PREMIER ET LE SEUL en 1937 à reconnaître son talent.A l'époque >1 était totalement ignoré.Je l'ai lancé.Le propre du critique, la qualité essentielle d’un critique c'est de découvrir, de fonder, d’établir et d’imposer un auteur.C’est ce que j’ai fait au sujet de MENAUD, MAITRE-DRAVEUR.Je ne sais pas si je manquais de mesure ni si j'étais rendu à ma maturité mais c'est un fait.S’il restait un semblant d'honnêteté dans votre Maison on le signalerait.C'est moi qui ai mis au monde l'abbé Savard, aujourd'hui Monseigneur et je publierai ses lettres « dans le temps comme dans le temps ».Je ne vous demande pas de publier celle-ci.Vous n’en aurez jamais le courage.Du reste je suis capable de régler mes comptes moi-même.Au seuil de la nouvelle année je supplie la Communauté de prier pour vous.Vous en avez grandement besoin.D'ici là croyez-moi avec mon plus profond mépris, Claude-Henri GRIGNON Ste-Adèle.11 janvier I960 S.E.Mgr C.-E.PARENT C n \>sl pas un magasin ordinain c ast un arsenal.rm wmm Itim 1 '-W A l'occasion de la bénédiction du nouveau local de la librairie FIDES, à Rimouski, le 9 décembre dernier, Son Exc.Mgr Charles-Eugène Parent prononçait une très belle allocution sur le problème des lectures.Nous en reproduisons ici le texte.La photo ci-dessus a été prise à l'occasion de cette bénédiction.C est avec une bien vive satisfaction que je participe à l’inauguration officielle de cette nouvelle succursale de Fides.En mon nom personnel comme en celui de l’assistance et de toute la population de notre ville, je suis heureux d’offrir au Père Martin, directeur général de Fides, ainsi qu’à scs dévoués collaborateurs, de sincères félicitations pour cette initiative et des vœux de succès.C’est pour obtenir la réalisation de ces vœux de succès que nous venons de prier Dieu, en récitant les prières liturgiques de la bénédiction de ce local, de répandre à profusion ses grâces sur cette œuvre de première importance.J’ai dit « œuvre » d'importance.Car vous saisissez bien qu’il ne s’agit pas d’un magasin ordinaire, mais plutôt d’un arsenal d’armes très efficaces pour la diffusion de la vérité par le bon livre et toutes sortes de bonnes publications et partant aussi pour la répression de la mauvaise littérature.Un professeur des Beaux-Arts de Montréal prononçait l’autre jour une causerie sur les lectures.Pour justifier son point de vue, il citait une sentence d’un auteur qu’il s’est bien gardé d'identifier: « Il n'y a pas de mauvais livres, disait-il, il n'y a que des mauvais lecteurs ».C’est une boutade, dira-t-on.Malheureusement le conférencier tirait de cette boutade des conclusions qui laissent pensif et pour ce qui est de leur contenu et pour ce principe d'où elles émanent.Si le mauvais livre n’existe pas, pourquoi le mauvais lecteur existerait-il ?Il suffit de répondre sincèrement à cette question pour démasquer l’erreur de ce prétendu raisonnement.Or, c’est indiscutable, le mauvais livre existe.Et indépendamment des mauvaises dispositions du lecteur.Dans un numéro spécial de LECTURES, publié par Fides à l’occasion de la semaine du livre 1958, on pouvait lire toute une série de directives de Pie XII sur les lectures.En maintes et maintes occasions, soit au cours d'audiences accordées à des groupes de pèlerins, soit dans des lettres ou des radio-messages, Pie XII a souligné la valeur formatrice de bons livres, de saines revues, et il a stigmatisé la mauvaise littérature.Combien de fois n’a-t-il pas mis en garde les pèlerins contre l’influence délétère d’une littérature corruptrice.Avec quelle vigueur n’a-t-il pas dénoncé une certaine presse, ces éditions à bon marché, et ces photographies qui propagent les appâts du mal, les publications criminelles qui, sous couvert d’art ou d'humanisme, travaillent à saper les bases de la morale traditionnelle, cette misérable littérature qui, sous le couvert de la science, pousse les ignorants à éprouver des plaisirs malsains, l’effronterie d’une certaine littérature d’initiation sexuelle.Et comme pour résumer sa pensée, il disait: « Que de péchés provoqués par des lectures dangereuses ! » Cette littérature pornographique et ordurière, ces journaux, revues, livres, qui propagent « l’odeur sulfureuse de l’enfer », selon l’expression du Cardinal Léger, envahissaient même les milieux les plus lointains, préservés il y a quelques années.La lutte s’est organisée, il y a deux ans, pour opérer une épuration que tous les meilleurs éléments de notre population désiraient ardemment.Les résultats ont été et demeurent fort encourageants.Mais on doit admettre qu’il reste encore beaucoup à faire.L’ennemi veille toujours.Il faut que les membres de toutes nos associations catholiques et que les autorités civiles continuent de monter la garde — et M.le Maire, j’en suis très heureux, vient de nous en donner l’assurance.Autrement nous reviendrons à la triste situation des années passées.11 importe surtout que cette campagne contre les publications obscènes s’accompagne d’une action concertée en faveur de la bonne lecture.« Il faut à tout prix, ce sont les paroles de Pie XII, opposer aux écrits d’autres écrits afin que le même art qui peut beaucoup pour la ruine soit plutôt ordonné à promouvoir la probité, l’intégrité, le salut et le bienfait des individus, des familles et des cités.» Et c’est ici qu’intervient certes la Librairie Fides avec cette succursale que nous venons de bénir comme agent de diffusion de bonne littérature et de bons livres en particulier.Et l’apostolat qui s’exerçait déjà au Centre des Loisirs Saint-Germain — et qui va s’y continuer comme 157 on en donne l’assurance — va prendre désormais une ampleur dont nous nous plaisons à saluer les effets bienfaisants pour toute la population de notre ville tout comme à la Rivière-du-Loup, à Matane et à Amqui.Aux mérites que s’est acquis Fides par la vente et la diffusion de la bonne littérature on se doit d’ajouter ceux non moins importants qu’il est agréable de lui reconnaître dans l’apostolat intellectuel qu’implique l’orientation des lectures.C’est le but que poursuit la revue mensuelle LECTURES, éditée par Fides, revue d’une importance que personne ne niera.Est-il besoin de démontrer que nos gens doivent plus que jamais être guidés dans le choix de leurs lectures.« C’est à peine si on connaît un écrivain, on ne sait rien de son œuvre mais parce que la presse, la radio ou la T.V.mentionnent son nom à un moment donné, sans mesurer la portée de son geste, sans prendre la peine de se renseigner sur la valeur de l’œuvre en question, on se précipite sur elle.Il y a, il faut bien l’avouer, il y a dans cet empressement un manque de jugement et de prudence » trop souvent beaucoup de snobisme, qu’il s’agisse des œuvres d’André Gide ou de Jean-Paul Sartre ou de Françoise Sagan.« Il n’en est pas d’un livre comme d’un détersif ou d’une céréale.On peut très bien changer de détersif sur la foi d’une annonce publicitaire — et on sait si la publicité nous savonne ! On peut aussi, sans de graves inconvénients, faire l’essai d’une nouvelle céréale pour procurer à un bambin un jouet-prime qui l’amuse un instant.Mais il n’en est pas ainsi de l’achat d’un livre qui doit se faire avec plus de prudence et de réflexion.» Nous touchons ici à l'ordre non seulement intellectuel mais à l’ordre moral.« On n’achète pas un livre uniquement pour sa reliure ou pour l’autographe qui le décore, car le livre est tout autre chose qu’un inoffensif bibelot.Un livre c’est quelqu’un qui demande à vous adresser la parole.C’est un visiteur qui sollicite non seulement votre hospitalité mais aussi votre audience et votre amitié.Et par conséquent n’cst-il pas capital de se demander ce que vaut cet ami qu’on accueille dans l’intimité de son esprit et de son cœur ?» Et parce que Fides nous donne toute sécurité à ce sujet et veut continuer ici son œuvre bienfaisante, véritable apostolat non seulement sur le plan moral mais encore sur le plan intellectuel, nous l'assurons à nouveau de toute notre collaboration et nous lui offrons des vœux sincères de prospérité et de succès.REFRAIN.• (Suite de la page 160) Je vous ai donné ma ration de gloire temporelle Et cette auréole qui dorait mes songes du dortoir, au collège.Je vous ai remis les gros tirages et les droits d'auteur, Avec l'estime des raffinés et le suffrage du dilettante.Je ne serai point le monsieur qu'on salue dans le métro, Oue les dames s'arrachent autour d'une tasse de thé Et qui, par ses décorations, fait l'orgueil de sa portière, Mais ce dur forgeron de prose utile, Auquel on décernera, si les Philistins ne le mangent pas en route, Le ruban des vieux ouvriers et la médaille des vieux chantres.Et l'on a un peu honte de lui, Parce qu'il traîne de grosses godasses sur les parquets cirés, Parce qu'il a les pieds lourds, les mains noires et un langage vert, Parce qu’il ne plaisante pas avec grâce, Mais parle fort, tape dur et siffle au boulot.Je ne chante que des chansons de travail pour la forge ou le labour, Que des chansons d’amour pour les midinettes, Et des chansons de marche pour les pousse-cailloux.Je vous ai donné tout ce vers quoi je tends, secrètement et malgré moi.Ce n’est pas rien, mon Dieu, ce que je vous ai donné.Je sais, mon Dieu, en quoi j’ai triché, quels derniers j'ai comptés à l'écart, Et tout ce que j'ai gardé par devers moi, comme Ananie et Saphire.Je pourrais dénombrer mes regards en arrière Et mes larmes sur les oignons d'Egypte.Je comprends trop que je n’ai pas tout donné Et que mes dons furent souvent de mauvaise grâce.Tout de même, Seigneur, tout de même, Ce n'est pas rien, Seigneur, ce que je vous ai donné.Joseph FOLLIET | ?Y Y y 158 MES FICHES Revue documentaire mensuelle En février Numéro spécial sur Le symbolisme Baudelaire-Verlaine Rimbaud-Mallarmé L'exemplaire: $0.15 L'abonnement: $1.50 par an MES FICHES 25 est, rue Saint-Jacques Montréal 1 UN.1-9621 INDEX DES AUTEURS ASTRE (G.A.), p.150 BARDET (G.), p.145 BELLAIRS (G.), p.150 BELLOW (S.), p.150 BENOIT (P.), p.150 BERGER (Y.), p.150 BERNARD-DEROSME (S.), p.150 BERTHET (H.), p.144 BESSON (A.), p.150 BOILEAU-NARCEJAC, p.150 CASTELOT (A.), p.150 CHABRIER (A.), p.150 CHARLIER (H.), p.146 CLANCIER (C.-E.), p.150 DANIELOU (J.), p.143 DA VET (M.), p.150 DELPERRIER (M.), p.150 ECKERT-ROTHOLZ (A.), p.150 EXBRAYAT (C.), p.150 FORD (L.), p.150 GAGNON (M.), p.140 GALL1CO (P.), p.150 GAY (R.M.), p.136 HALL1DAY (M.), p.150 HATANO (I.et L), p.150 HOCKING (A.), p.150 JONG (D.de), p.150 JUNGER (E.), p.150 KINGSTON (W.H.G.), p.149 LEGER (F.), p.160 LINARES (L.-M.), p.160 MACAIGNE (P.), p.150 MARIE DE ST-LOUIS DE GONZAGUE (Soeur), p.140 MARTIN DESCALZO (J.L.), p.150 MAURAULT (Mgr O.), p.141 MAURICE (R.), p.150 MIEST (P.), p.143 MONNIER (T.), p.150 NORD (P.), p.150 PERRET (J.), p.148 PERRUCHOT (H.), p.150 PRIVADIERE (M.), p.150 PRUDENCE (C.), p.147 QUINE (C.), p.149 REY (M.-E.), p.150 RINSER (L.), p.150 ROGNONI (L.), p.150 RUTLEDGE (N.), p.150 SAINT-LO (M.), p.150 SAINT-PIERRE (M.de), p.138 SAVARD (F.A.), p.134 SCHKOVSKOY (Z.), p.145 SENNEP (J.), p.150 SHUTE (N.), p.150 VERY (P.), p.150 WINOWSKA (M.), p.143 LECTURES REVUE MENSUELLE DE CULTURE ET DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — Un.1-9621 Direction: R.P.Paul-A.MARTIN, c.s.c.Rédaction: Rita LECLERC Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.Abonnement annuel: $2.00 Le numéro: $0.20 Publication approuvée par l’Ordinaire 159 JXlfiP d ANTHOLOGIE Joseph Folliet — dont on connaît bien le nom au Canada — vient de publier, aux Editions de la Chronique Sociale de France, un recueil de poèmes.Celui que nous reproduisons ci-dessous donne une idée du ton et de la qualité de ce recueil.IRefram bu bon fait à IDtcu N’EST PAS RIEN, mon Dieu, ce que je tous ai donné.Ce jeu, sous la lave, qui vivait en moi, Avec sa profusion de flammes comme des feuilles automnales ou des baies; Cette sève qui passait en moi comme dans les branches printanières Et les promesses blanches quelle entraînait dans son cours; Cette eau vive qui roulait en moi des galets brillants et des paillettes d’or; Tout cela je l’ai jeté en Vous, ainsi que le roi son anneau à la mer.Et le feu s’est fondu au Feu de votre amour, Et la sève s’est confotidue avec l’immensité de votre Vie, Et l’eau vive perdue en votre infinité.Ce que je vous ai donné, Seigneur, ce n’est pas rien.Je vous ai donné mes rêves; Je les ai plaqués sur l’asphalte des rues Et j’ai marché sur eux pour courir à la bataille.Je vous ai sacrifié mes ambitions jeunes.Chœur de chasseresses blondes, à l’aube, Qui chantaient en dansant, dans leurs tuniques d'or.Je les ai tirées, je les ai enfermées dans le cabinet des souvenirs Avec les femmes de la Barbe-Bleue.Je vous ai abandonné mes penchants et mes goûts, Que j’ai traînés par la main, gosses rétifs, Dans la ville, dans la foule, duns la fumée bruyante des bistrots.Mes rêves, mes ambitions, mes profonds désirs, Ce n’est pas rien, mon Dieu, ce que je vous ai donné.Je vous ai donné mes poèmes, Ceux que je mûrissais avec dilection Comme la mère l’enfant dans la chaleur de sa vie, Ceux dont je scandais les cadences, sur la route, au mouvement de mes pas Et dont je lançais des miettes au vent qui passe.Je vous ai donné ces œuvres Que je voulais brillantes comme des laques de Chine, Lumineuses comme les vitraux de la cathédrale.Je les ai jetés darts la gueule de l’action, Et l’action famélique les a dévorées.« Les plus beaux vers sont ceux qu’on n’a jamais écrits.» Sûr, que pour Vous, mon Dieu, j’ai composé les plus beaux vers du monde.Les anges, m’assure-t-on, les liront au Paradis.Mais, sur cette terre qui passe, mes frères les hommes ne les auront point lus De leurs yeux mortels et de leurs voix mortelles.Je voulais frapper la lyre, Sous l’olivier, en face de la mer, dans le parfum des lentisques, Et j’ai dû monter sur un tertre pour y sonner du clairon Tandis que sifflaient autour de moi les balles Et les paroles plus meurtrières.Mes poèmes, et mon soleil, et la mer, et les parfums, et les regards des hommes, Ce n’est pas rien, mon Dieu, ce que je vous ai donné.(Suite à la page 158)
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