Lectures, 1 décembre 1959, décembre
LECTURES Nouvelle série — Vol.6 — No 4 Montréal SOMMAIRE Courage et lucidité .p.98 * Claude-Henri Grignon .p.100 * « Retour au meilleur des mondes > de A.Huxley p.103 * « Correspondance » de Thérèse d’Avila .p.105 * « Arthur Buies * .p.107 * Notices bibliographiques .p.109 * Cotes morales des nouveautés en librairie .p.117 * « Celui qui doit mourir > p.119 * La Voix des maîtres .p.121 Le courrier des lecteurs .p.122 * L'affaire Simone de Beauvoir .p.123 * Un texte de Mgr Savard p.124 Mauriac médite devant la crèche .p.128 Décembre 1959 Mgr F.-A.SAVARD témoigne en faveur de Técrivain « engagé » (Voir à la pape 124) W?VT«J Lucidité et courage A vie humaine a pris les dimensions de la planète.C’est une constatation courante.Nous ne pouvons plus vivre isolés les uns des autres.Nous ne pouvons plus manger et boire à satiété sans penser que quelque part dans le monde, des hommes meurent de faim ou s’entretuent.Nous ne pouvons plus nous contenter de vivre un christianisme satisfait en oubliant qu’un peu partout dans le monde, des forces grandioses militent contre l’idéal chrétien.S’il nous prenait un bon jour la fantaisie de descendre un peu dans notre conscience, d’explorer notre univers intérieur, nous serions obligés d’admettre la présence au sein de nos préoccupations multiples, d’une certaine angoisse, d’un sentiment d’insécurité plus ou moins précis qui ronge notre enthousiasme et ébranle l’édifice de nos convictions.Un sentiment d’insécurité plus ou moins précis que nous essayons de nous cacher à nous-même, que nous tentons d’évacuer mais en vain.Les misères de la planète refluent en nous et pénètrent notre monde psychologique.Ce déferlement ne peut pas ne pas nous influencer et ne pas déposer en nous un relent de découragement ou d’inquiétude.Notre culpabilité, si culpabilité il y a, ne tient pas à ce sentiment qui ne dépend pas de nous, mais au réflexe pharisaïque qui nous porte à le nier ou à l’ignorer.Que l’homme soit inquiet dans un monde où tout craque, dans un monde où tout est remis en question, dans un monde où les valeurs d’hier sont rejetées ou oubliées ou remplacées par d’autres, dans un monde qui doit faire face à des situations tout à fait inédites, cela n’a rien de répréhensible.Mais si, au lieu de rechercher l’équilibre, la stabilité relative dont nous avons besoin en tenant compte de cette faille qui s’est introduite dans notre domaine intérieur, nous construisons sur un précipice que nous tentons d’ignorer, nous risquons de nous projeter à corps perdu dans le désastre, dans la ruine spirituelle.L’existence se construit alors sur une équivoque, un malentendu, elle ne peut s’épanouir ni se dépasser.Elle reste liée à ses tergiversations, à ses hésitations.Victime de cette angoisse informe qu’il ne peut assumer, l’homme titube, il perd le sens du réel, il se détache de tout et finit par sombrer dans une résignation morne, stérilisante, avilissante.Ou bien il se débat de toutes ses forces comme le malade qui se croit persécuté, projetant son malaise sur tous ceux qui l’entourent et les abreuvant d’outrages, d’invectives, d’insultes de toutes sortes.Ce serait une réaction très malsaine que de se retirer dans une tour, de se couper de l’extérieur pour l’empêcher de mettre notre quiétude en question.Cette séquestration porterait le poids de sa propre condamnation et ne pourrait qu engendrer le remords et la stérilité.Par ailleurs, l’incertitude et l’accablement ne sont pas moins nocifs.On ne gagne rien à laisser les portes ouvertes dans la tempête et les meubles ne manquent pas de se détériorer.Mais même dans la tempête, il faut bien respirer.C’est dire que même si l’homme ne peut pas et ne doit pas rechercher le repos dans la fuite, il doit, en même temps qu’il reste présent aux vicissitudes de son siècle, trouver un moyen de les assumer, de donner un sens acceptable à sa vie.L’homme ne peut se passer d’un minimum de certitude, de lumière, sans quoi il finit par sombrer dans le découragement.Les tempéraments optimistes ne se torturent pas et croient que tout finira par s’arranger.L’histoire en a déjà vu de pires ! Les hommes ont toujours été soumis aux mêmes difficultés et le temps finit par dissiper les nuages les plus sombres ! Cette résignation n’échappe pas à une certaine mesquinerie et il va de soi qu’elle ne peut satisfaire les consciences qui ont le sens de la solidarité et de la responsabilité humaines.98 Il y a les aveugles aussi qui ont renoncé à toute lucidité.Ils berceraient leur satisfaction sur un volcan qui menace de faire éruption à tout instant.Mais qui oserait défendre une telle attitude ?Aucun homme vraiment intelligent ne se contenterait d un tel désistement.Aucun penseur, aucun intellectuel, c’est-à-dire aucun homme dont la vocation est de jeter un peu de lumière sur la condition humaine ne saurait accepter une telle démission.Mais alors comment garder à la fus la lucidité et le courage?Comment conserver une certaine confiance dans l’avenir quand déjà le présent nous déborde, nous écrase, s’impose à nous avec une force insurmontable?Que d’hommes, que d écrivains actuels ont pu maintenir leur devoir de lucidité mais se sont vus peu a peu perdre courage! La littérature romanesque surtout témoigne de cet échec héroïque.Les romanciers auscultent la conscience de l’homme moderne, la crise de civilisation que nous traversons.Ils l’analysent profondément, en tous sens.Ils déballent sous nos yeux le paquet hétéro:liie de nos craintes, de nos douleurs, de nos joies, de nos espérances souvent déçues, de nos révoltes et de nos trahisons.Mais cet inventaire ne nous réconforte pas car s’il nous aide à jeter sur nous-mêmes un regard plus lucide, il ne nous aide pas à trouver un remède à nos dé-rélictions.Ce n’est tout de même pas vrai ce qu’on nous dit ! Ce n’est pas que cela la condition humaine ! Ce n’est pas que ce paquet de linge sale, de guenilles fripées et déchirées.Un homme, une femme, ce n’est pas que cela ! Vivre, ce n est pas cette souillure ! Ces éclaireurs ont perdu courage.Ils n’ont pas voulu pousser plus loin leur effort d’élucidation.Certes, une dimension de l’existence leur a échappé ! D où nous vient donc cette espèce de pessimisme fatal qu’on retrouve dans tant et tant de livres ! Cette aigreur qui non seulement s’oppose à la joie mais s'en moque et la méprise et l’avilit.Dans combien de livres les valeurs se sont-elles décantées et ont-elles pris une forme caricaturale ! La jalousie, la brutalité, l’infidélité, la débauche semblent tisser à elles seules l’étoffe de la vie humaine.On n’entrevoit pas dans cette perspective la possibilité de la vertu, de la générosité, de l’amour-don, de l’oblation qui grandit l’homme et lui permet de se dépasser.C’est un pessimisme agréé, accepté, vécu, non codifié, peut-être inconscient, comme si tout cela allait de soi et qu’il ne pouvait en être autrement.Certes, nous ne demandons pas à la poésie ou au roman de nous donner des leçons de philosophie mais pourquoi la littérature nous plonge-t-elle si souvent dans un tel désarroi ?On a l’impression que le courage a soudain abandonné la lucidité et que celle-ci a fini par manquer de consistance et par sombrer dans l’anarchie.Elle ne promène plus qu’une lumière bien faible sur des objets qu’elle ne peut plus éclairer complètement.Un chrétien ne peut pas rester à l’aise dans cet univers en déliquescence.Il ne peut se contenter de ce clair-obscur sans se renier lui-même.Et quand il y regarde de près, il constate que ces ouvrages ont mis en veilleuse la Lumière du monde.Ils ont essayé d’organiser l’existence en dehors de tout contexte de Révélation.Si la condition humaine apparaît comme à jamais perdue, c’est qu’on a oublié le fait que Dieu a repris en main son œuvre et l’a élevée au-delà de toute espérance.Ce fait central de l’histoire par lequel Dieu s’est emparé de notre misère et l’a rendue capable d’enfanter le salut.Et c’est dans cette perspective que, chaque fois qu’il réfléchit sur la condition de l’homme, le chrétien doit poursuivre sa tâche de lucidité avec courage.Il sait alors qu’il ne s’appuie pas sur ses seules forces et que l’histoire est dans les mains de Celui qui seul peut la juger équitablement.Certes, ses convictions n’évacuent pas toute trace de souffrance mais à travers l’angoisse une espérance ferme peut filtrer.Il retrouve la solidité et la stabilité sur lesquelles il peut construire sa vie et affronter la tempête.Les valeurs humaines sont rachetées, elles sont sauvées du naufrage La vie retrouve un sens.« Le dernier mot sur cette énigme qu’est l’homme vient de la Révélation », nous dit Pascal.Et saint Paul: « C’est notre foi qui nous donne de triompher du monde ».Lucidité et courage, double tâche qui ne peut s’accomplir que dans la Lumière du Christ.Paul-Emile ROY, c.s.c.99 -€«c«*»*»**» *»*i*,**'*l*,*,*, J*****1 *,*,*,*,*,***,***,**,*,*,**,*,*,*,*,*,*l*,*,*,*,*,>,*,*,*1 *1*,i,*,*,^ 126 ‘Une carrière exceptionnelle Mgr (mile CHARTIER On vient de fêter, à Sherbrooke, les soixante ans de sacerdoce de Mgr Emile Chartier.A cette occasion, on s’est plu à rappeler la carrière vraiment exceptionnelle de l'illustre prélat au service de l’Eglise, tout spécialement dans le domaine de l’enseignement.Mgr Chartier passa en effet dans l’enseignement quelque soixante-cinq années de sa vie, dont trente à l’Université de Montréal où il fut, pendant plus de vingt ans, vice-recteur et doyen de la Faculté des Lettres.Chargé d'ans, de mérites et d’honneurs, Mgr Chartier ne se repose pas pour autant sur des lauriers bien gagnés, et notre revue s'honore de bénéficier des fruits de son âge avancé.Mgr Chartier apporte en effet, à LECTURES, une collaboration éclairée et fidèle, collaboration qui s’avère extrêmement précieuse pour nos abonnés.Aussi sommes-nous heureux de lui offrir nos remerciements et nos bons vœux.Dans son numéro du 15 mars 1958, notre revue publiait, sous la plume de Séraphin Marion, une étude bio-bibliographique sur Mgr Chartier.Nos lecteurs pourront se référer à cette étude pour mieux connaître cet éducateur de grande classe et cet écrivain lettré dont s'honore notre pays.LA REDACTION - INDEX DES AVERLANT (M.), p.117 AVILA (Thérèse d ), p.105 BALDWIN (M.), p.117 BAX (B.), p.117 BELI.OTTI (F.), p.117 BENOIT (R.), p.117 BERNAGE (B ), p.117 BLAIS (M.-C), p.117 BLANCHET (A.), p.115 BOUYER (L.), p.112 BRONTE (E.), p.117 BRUCE (R.), p.117 BUIES (A.), p.107 BUSSON (A.M.), p.116 CASTELOT (A.), p.117 CHARLAND (T.-M.), p.110 CLEMENCE (P.), p.116 DASSONVILLE (M.), p.109 DERMOUT (M.), p.117 DESTOUCHES (C), p.117 FITZGERALD (P.), p.117 GALOT (J.), p.112 GERVY.p.116 GOVY (G.), p.117 GRIGNON (C.-H), p.100 HARPOLE (J.), p.117 HELENA (A.), p.117 HUXLEY (A.), p.103 et 117 AUTEURS - LAMONTAGNE (L.), p.107 LEGARE (R ), p.111 MAIZIERE (M.).p.116 MONT (E.du), p.113 MONTESSORI (M ), p.114 MORTON (A.), p.117 NOETINGER (J.), p.117 NORMAN (Dr), p.113 PIERRE (Abbé), p.109 QUASIMODO (S.), p.122 QUERLIN (M.).p.117 RAT (M.), p.117 ROMAINS (J.), p.122 ROSTAND (J.), p.117 ROY (J.), p.117 SAINT-PAULIN, p.117 SAVARD (F.-X.).p.117 SCHWARZ-BART (A.), p.117 S1H (P.), p.115 STAC.GE (J.), p.117 STEINBECK (J.), p.122 SULIVAN (J.), p.117 TOWNSEND (P), p.117 VAILLAND (R.), p.117 VEXIN (N.), p.117 VIDOCQ, p.117 W\LDER (F.), p.117 ZELLER (R.), p.117 LECTURES REVUE MENSUELLE DE CULTURE ET DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — Un.1-9621 Direction: R.P.Paul-A.MARTIN, c.s.c.Rédaction: Rita LECLERC Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.Abonnement annuel: $2.00 Le numéro: $0.20 - Publication approuvée par l'Ordinaire - 127 Le texte que nous publions ci-dessous est extrait de l’ouvrage intitulé: Le Fils Je l'homme que Mauriac a fait paraître, en 1958, aux Editions Bernard Grasset.Nous avons choisi les passages les plus significatifs du premier chapitre de ce livre: Le Mystère du Dieu-Enfant (p.7-41).flfeaurtac ntébtte hevant la crèche me à l’âge du déclin, nous nous reconnaissons élans l'enfant de la crèche, nous sommes ce petit enfant.Une part de notre être, la plus enfouie, c’est cet enfant qui ignorait le mal et qui par là était semblable à Dieu; car Dieu n’est pas seulement le Père, il est aussi l'enfant éternel.Non que nous adorions la faiblesse, c’est au contraire la force de l'enfant qui nous ravit, sa toute-puissance: sur les cadavres des héros nietzschéens et sur les charniers qu’ils ont comblés de martyrs avant d’y ajouter leur propre pourriture, la pureté de l'enfant demeure et triomphe, — et même en nous, quelle qu'ait été notre vie, il est possible de la rejoindre.Après la communion, le chrétien descend en lui-même, traverse la couche épaisse des actes irréparables, le lourd amas des crimes pardonnés et découvre l’enfant qui revient à sa place sur le banc à gauche, le 12 mai 1896.dans cette chapelle du collège qui n'existe plus.Il est cet enfant; rien de changé que ce corps à demi détruit déjà.Mais Tu es là toujours, tendresse, Tu es là, amour dont j’ai su discerner le reflet sur les visages des saints qui ont traversé ma vie, amour à qui si souvent j’ai crié: « Eloigne-toi ! » Aujourd’hui, nous savons ce que l’Ecriture entend par « homme de sang *.Nous connaissons les hommes de sang.Nous ne feindrons pas d’avoir honte devant eux de notre enfance.Nous sommes du côté de l’enfant Abel assassiné, mais aussi du côté de l’enfant David victorieux et de l’enfant Joseph qui règne sur l’Egypte et des enfants hébreux qui chantaient de joie dans la fournaise et à qui étaient soumis les lions et les flammes.Nous sommes du côté de notre Dieu enfant qui a promis aux doux la béatitude.L’homme fort selon le monde, c’est la brute traînée par la meute de ses instincts jusqu’à ces extrémités que notre génération a vues en Espagne, en Allemagne, en Russie, chez nous aussi hélas! et dont la vision est à elle seule une souillure.L’humanité, après qu’elle eut par la bouche de Nietzsche proclamé la mort de Dieu, s’enfonça dans une infamie, dans une lâcheté immonde, elle aboutit à cet acharnement des bourreaux, des polices, contre des créatures désarmées et livrées.Toute-puissance du Dieu enfant nu sur la paille, qui assume, qui concentre en son être fragile le double torrent des deux natures: « Le Verbe s’est fait chair.s> Par analogie, et à une distance infinie de ce mystère des mystères, l’homme charnel et souillé demeure uni selon la Grâce qu’il a reçue dès sa venue au monde, à l’Amour incarné dans ce petit enfant.Mon enfance éternelle et ma chair souillée, je les assume aussi mais sans les accorder: l'une surgit sur le cadavre de l’autre et chacune à son tour fait la morte.Cette marée de la chair et du sang, ô Dieu, ce flux et ce reflux qui recouvre et découvre mon enfance, cette écume qui l’ensevelit à jamais semble-t-il (et tout à coup la voici de nouveau intacte et je suis pareil au petit garçon qui pleurait à son banc, le 12 mai 1896) ces flots sont donc les seuls qui ne Vous obéissent pas ?Enfant, je deviendrai enfant pour m’approcher de Toi.Pas plus qu’il n’est de mort, il n'est de vieillesse pour ceux qui T’aiment: sinon comment seraient-ils sauvés ?Car s’il est vrai que le Seigneur exige de ceux qui Le suivent qu’ils portent leur croix, Il ne leur enjoint pas d’être comme Lui crucifiés (sinon au petit nombre de ses saints.); en revanche, Il nous déclare à tous tant que nous sommes qu’il faut être semblable à un petit enfant pour entrer dans le Royaume et que nous devons accueillir le Royaume de Dieu avec un cœur d'enfant.« Si vous n’êtes semblables à l’un de ces petits.> Donc aucune autre chance de salut que de redevenir enfant.Le vieil auteur amer et moqueur, comme il a peu de peine à accueillir cette condition qui lui est imposée ! Personne que Vous, mon Dieu, ne pourrait le croire.Mais Vous, Vous le savez.O genoux maternels que notre front ravagé cherche encore ! Refuge, blottisse-ment loin de la vie atroce ! Tu y as joué des coudes tout comme un autre, et ceux qui me paraissent féroces, dissimulent sans doute en eux ce même enfant.La férocité humaine est une écorce formée par les alluvions de la vie; mais le mystère de l’enfance demeure au centre de l’être, enfance blessée par le péché originel, il est vrai (ce qui donne en partie raison à Freud).Mais je crois tout de même à cette sainteté de l’enfance, à cette bonne foi, à cette confiance, à cette faiblesse sacrée que nous dissimulerons jusqu’à notre dernier jour et qui est la part angélique de nous-mêmes, appelée à la résurrection, à la contemplation éternelle de votre Face.O Vous que le monde accuse de calomnier la vie et de créer une race d’inadaptés, d’infirmes, Vous appelez en nous, Vous suscitez hors de notre médiocre infamie quotidienne, un Lazare enfant, un enfant éternel.[.] Ce doux être frémissant de froid au bord d’un monde criminel, tandis que des anges promettent aux hommes de bonne volonté, une paix qui ne se découvre qu’au-delà d’un comble d’angoisse (et les soldats d’Hérode aiguisent dans les ténèbres leurs couteaux pour un massacre d’innocents qui ne finira jamais) c’est l’énigme chrétienne, ce sont les chiffres du rébus indéchiffrable dont le petit enfant a le mot mais qu’il ne nous a pas livré lorsqu'il fut devenu homme.Et pourtant, nous savons qu’il existe, ce mot, et lui-même nous l’a laissé entendre lorsqu'aux disciples murmurant: « Personne donc ne sera sauvé ?» il répondit: « Rien n’est possible à l’homme, tout est possible à Dieu.» Ce dernier mot inconnu, il ne nous sera livré que quand notre malice ne pourra plus s'en armer pour servir d'excuse à notre assouvissement.Le petit enfant garde jusqu’à la consommation des siècles ce secret dont l’homme abuserait pour s'en donner à cœur joie.Il n'existe pas de nature de Dieu ni de définition de Dieu, mais un amour qui se connaît lui-même et qui se reflète dans des créatures mystérieusement blessées dès leur naissance.(Suite à la page 126)
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