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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
lundi 1 septembre 1958
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1958-09, Collections de BAnQ.

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LECTURES REVUE BIMENSUELLE CONSACRÉE À LA BI- .BLIOGRAPHIE CRITIQUE »•’ » nouvelle série, tome V SEPTEMBRE 1958 - JUIN 1959 FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal LECTURES Revue de bibliographie-conseil publiée tous les quinze jours par le Service de Bibliographie et de Documentation de Fides Direction: R.P.Paul-A.Martin, c.s.c.Rédaction: Rita Leclerc Principaux collaborateurs: le R.P.P.-E.Charbonneau, c.s.c., le R.P.R.-M.Charland, c.s.c., Mgr Emile Chartier, p.d., Mlle Marie-Claire Daveluy, le R.P.Y.Lafrance, c.s.c., M.Rodolphe Laplante, le R.P.Romain Légaré, o.f.m., le R.P.A.Legault, c.s.c., Mme Michelle Le Normand, le R.P.O.Melançon, c.s.c., le R.P.P.-E.Roy, c.s.c., M.Clément Saint-Germain.Notes 1.La revue Lectures parait tous les quinze jours.Toutes les livraisons, de septembre à août, constituent un tome.La dernière livraison con-tient une table méthodique des sujets traités, ainsi qu une tabu alphabétique des ouvrages recensés au cours de l’année.2.Les références bibliographiques sont rédigées d’après les règles de la catalographie.3.Les cotes morales en usage sont les suivantes.M Mauvais.D Dangereux B?Appelle des réserves p'-us ou moins graves, i.e à défendre d’une façon générale aux gens non formés (intellectuellement ou moralement'., ' •'/; B Pour adultes.TB Pour tous.TB-S Livre pour tous mais spécialisé A Livre pour adolescents.J Livre pour jeunes.F.Livre pour enfants.Publication approuvée par l’Ordinaire LECTURES Nouvelle série Vol.5 — No 1 Montréal, 1er sept.1958 Deux sons de cloche.En marge du Congrès de la Fédération internationale des femmes universitaires Les journaux nous apportaient, il y a quelques jours, l’écho des allocutions et conférences qui ont été prononcées au Congrès triennal de la Fédération internationale des femmes universitaires, Congrès qui s’est tenu cette année à l'Université de Montréal.Les compte-rendus des journaux, chacun le sait, rédigés à la hâte et dans l’appréhension du « dead line », ne sont pas toujours d’une scrupuleuse fidélité.En outre, le journaliste qui doit réduire à une demi-colonne de journal une conférence qui a duré une heure, peut difficilement rendre justice à toutes les nuances d’une pensée.Aussi est-ce sous toute réserve qu’il faut utiliser les compte-rendus de journaux.Ce préambule nous met plus à l’aise pour gloser sur les échos du Congrès, tels que les ont lus dans les journaux tous ceux qui n’ont pu y prendre part.Ces échos sont bien typiques des directives fort différentes que l’on entend parfois en matière de lectures.Elles ont dû résonner légèrement faux, dans l'enceinte d’une université catholique, les paroles de Mlle Jeanne Chaton, présidente de la Fédération internationale des femmes universitaires: « Pour être en santé intellectuelle, une nation doit tolérer toutes les œuvres littéraires, qu’elles soient chrétiennes, existentialistes ou communistes.» 1 Est-ce d’un appel à la tolérance que nos femmes universitaires ont besoin ?Et encore, s’il ne s'agissait que de tolérer, et à l’échelle de la nation encore ! Il faut surtout « tout lire », si l’on en croit Mlle Chaton: L'inspiration chrétienne, l'inspiration existentialiste, l'inspiration communiste semblent être les trois tendances dans les œuvres d’aujourd'hui [.] Ne portez pas de jugement après avoir lu les œuvres d'une seule école.» A ne juger les choses que du seul point de vue humain, ce conseil n’est sage qu’en apparence: il a toutes les lacunes d’une pure construction de l’esprit.Quand on sait les années qu’il faut parfois pour saisir pleinement la pensée d’un seul auteur, quand on sait le petit nombre d’œuvres que peuvent approfon- dir, même ceux dont, c’est la profession, quand on pense aux milliers d’ouvrages qui se publient chaque année, quand on réfléchit sur la brièveté de la vie humaine, un tel conseil ne peut qu’apparaître hautement chimérique.Quand on comprend par ailleurs l’influence durable et profonde que les livres peuvent exercer dans l’orientation d’une vie, ce conseil ne s’avère pas seulement chimérique, mais dangereux.On pourrait multiplier les exemples d’esprits supérieurs qui se sont fourvoyés, faute d’une saine hygiène de l’esprit.Nous ne citerons qu’un cas, choisi au hasard parmi ceux que des publications récentes ont mis devant nos yeux, celui de Virginia Woolf: cette femme écrivain, d’une intelligence peu commune, reçut sa formation dans la bibliothèque de son père où des auteurs de tout acabit avaient droit de cité; elle devait devenir athée et mettre fin à ses jours par un suicide.Non, on ne peut tout lire, pas plus qu’on ne peut faire son aliment de tout ce qu’on peut se mettre dans la bouche, nourriture ou poison.Et les conseils que donnait Son Eminence le cardinal P.-E.Léger à ce même Congrès qui entendit les propos de Mlle Chaton, nous paraissent autrement plus sages et plus sûrs: « Plusieurs écrivains du siècle remplacent les véritables valeurs par la sexualité et le cynisme, et le temps perdu à lire leurs œuvres ne peut revenir [.] Sous la plume exquise de Françoise Sagan, d’André Gide et d’Albert Camus, on trouve une philosophie de la vie dangereuse et puissante dont la doctrine peut réduire à l'esclavage ceux qui osent l’approcher.* 2 Dieu veuille que ces directives soient entendues de nos femmes universitaires ! Si l’on doit compatir à la détresse de l’homme contemporain telle qu’elle apparaît dans une certaine littérature, ce n’est pas en s’égarant avec lui qu’on le guidera vers la maison du Père.R.LECLERC 1.Les extraits de la conférence de Mlle Chaton sont tirés de La Presse, no du 13 août 1958.p.18.2.Tiré du communiqué de la Presse canadienne, tel que publié dans Le Droit, 13 août 1958.p.1. LECTURES REVUE BI-MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES Direction: R.P.Paul A.Martin, c.s.c.Rédaction: Rita Leclerc Principaux collaborateurs : Le R.P.P.*E.Charbonneau, c.s.c., le R.P.R.-M.Charland, c.s.c.Mgr Emile Chartier, p.d., Mlle Marie-Claire Daveluy, le R.P.Y.Lafrance, c.s.c., M.Rodolphe Laplante, le R.P.Romain Légaré, o.f.m., le R.P.André Legault, c.s.c., Mme Michelle Le Normand, le R.P.O.Melançon, c.s.c., le R.P.P.-E.Roy, c.s.c., M.Clément Saint-Germain.Abonnement annuel: $2.00 Etudiants: $1.00 Le numéro: $0.10 FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — UN.1-9621 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.Le roman canadien de l’année VOUS QUI PASSEZ.Roman de Léo-Paul Desrosiers « Je ne crois pas qu’on ait jamais poussé aussi loin, dans notre littérature, la recherche de la vérité psychologique sur les douloureux secrets de l'enfance.> t .un style imagé, suggestif, intensément méditatif, fait pour creuser l’âme des personnages, pour en expliquer les ramifications subtiles, pour en extérioriser les complexes inavouables et insoupçonnés.Mais c’est aussi un style fait pour peindre, pour chanter les saisons et les jours, pour concrétiser d’un trait ce qui est intraduisible.» Julia RICHER 268 pages.5Vi x 8V2 : $2.50 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 Index des auteurs recensés dans ce numéro BARINCOU (E.), p.11 BERISAL (F.), p.13 *** Cadieux, p.13 CESBRON (G.), p.7-8 DESROSIERS (L.-P.), p.3-5 FONTAINE (P.), p.13 HULLIGER (J.), p.6-7 LASSERRE (M.), p.11 MARIE-ANDRE, p.13 PLAMONDON (M.), p.13 ROY (M.-A.A.), p.9 *•* Sinbad le pêcheur, p.13 TRUDEL (P.-E.), p.10 TURCOT (M.R.), p.13 WEIS (G.), p.12 Publication approuvée par l’Ordinaire 2 Etudes d’auteurs canadiens Léo-Paul Desrosiers Né le 11 avril 1896, à Berthier-en-Haut, du mariage de Louis Desrosiers et de Marie Olivier, M.Léo-Paul Desrosiers est l’un des plus jeunes d’une famille de cultivateurs qui comptait quatorze enfants.Il conservera son âme de paysan, malgré des années vécues dans des villes.Après des études primaires faites à l’école rurale puis au collège de Berthier, il entreprit, au séminaire de Joliette, son cours classique qu’il couronna par le baccalauréat ès arts.A la formation humaniste il voulut joindre la formation juridique, en faisant son droit, à TUniversité de Montréal.Une fois reçu avocat, il embrassa la carrière du journalisme, en premier lieu au Canada, puis au Devoir comme reporter d’abord et peu après comme courriériste parlementaire, à Ottawa.Son séjour au Devoir le fit connaître du grand public.Puis il commença une vie de bureaucrate qu’il devait poursuivre pendant une trentaine d’années, avec la conscience professionnelle qui l’a toujours caractérisé: d’abord au service civil fédéral, en tant que rédacteur du feuilleton et des procès-verbaux de la Chambre des Communes, et surtout à la Bibliothèque municipale de Montréal, dont il fut le conservateur de 1941 à 1953, en remplacement de M.Aegidius Fau-teux.Dans ce dernier labeur obscur et monotone, il a laissé sa marque.Sous sa direction, la Bibliothèque a connu un essor sans précédent: ouverture de deux succursales dans la métropole et la banlieue, conférences culturelles, acquisition de collections précieuses, augmentation considérable du nombre des abonnés du livre, etc.Le travail de bureaucrate, accompli avec une âme « fervente » et non une âme « habituée » comme eût dit Charles Péguy, a développé au maximum ses aptitudes de chercheur patient.Il a quitté, en 1953, le poste de conservateur de la Bibliothèque municipale de Montréal pour se retirer, avec son épouse, à Saint-Sau-veur-des-Monts, et s’y consacrer entièrement à la littérature.En juin 1922, il avait épousé Marie-Antoinette Tardif, bien connue sous son pseudonyme d’écrivain, Michelle Le Normand.Ce mariage lui a donné trois enfants.M.Desrosiers fait partie de plusieurs sociétés culturelles: Société des Ecrivains, Aca- démie canadienne-française, Société des Dix, Société historique de Montréal.Les mérites de quelques-uns de ses ouvrages ont été officiellement reconnus par des prix littéraires: en 1931, Médaille de l’Académie française pour Nord-Sud; en 1936, prix David pour les Engagés du Grand Portage; en 1951, prix Duvernay pour l’ensemble de son œuvre.M.Desrosiers a poursuivi une carrière littéraire jumelée: livres d’histoire et ouvrages de fiction alternent au rythme patient de l’arbre qui ne presse pas sa sève.Unissant à la fois l’esprit de géométrie et l’esprit de finesse, il sait s’appuyer sur le réel et aussi s’en évader.Dans ses livres d’histoire il sait joindre à la vérité de l’historien l’art du romancier, c’est-à-dire la reconstitution vivante du passé, le goût des âmes et le tracé net des caractères.Quelques-uns de ses romans empruntent à l’histoire leurs éléments fondamentaux.M.Desrosiers est certes l’un des écrivains qui réalisent le mieux cette opinion de Georges Duhamel, pourvu qu’on l’entende bien: « Je tiens que le romancier est un historien du présent, alors que l’historien est le romancier du passé ».Parmi les études historiques, signalons d’abord les articles que l’auteur fait paraître chaque année, depuis 1942, dans Les Cahiers des Dix, puis mentionnons brièvement trois ouvrages: L’Accalmie (1937) est l’histoire détaillée du gouvernement de Lord Durham, de sa mission, de sa personnalité; c’est une reconstitution d’une époque émouvante et dramatique, accalmie entre deux révolutions.Iroquoisie (1947) — dont un seul tome est paru à date — est une étude importante sur les guerres et les mœurs de ces fameux combattants que furent les Iroquois.Le livre Les dialogues de Marthe et de Marie (1957) est une biographie qui, par la magie de la plume, ressuscite l’époque contemporaine de Marguerite Bourgeoys et, par une analyse subtile, sait dégager les deux tendances spirituelles de l’éminente religieuse: celle de la contemplation, celle de Marie qui veut s’asseoir aux pieds du Sauveur et goûter la suavité de la parole divine; celle de la « voyagère », de la « religieuse séculière », nouvelle Marthe qui se dérobait derrière une Marie.3 Les ouvrages de fiction ont eu comme prélude des contes et des nouvelles: contes rustiques et idylliques des Ames et paysages (1922), nouvelles du Livre des mytères (1936) qui veut évoquer le mystère des attractions et des répulsions entre individus, le mystère de la dispersion des familles, de quelques âmes paysannes, d’une âme d’artiste, le mystère des incompatibilités de nature, le mystère de toute vie.Les premiers romans furent des romans historiques et M.Desrosiers s’est affirmé, chez nous, le maître incontesté de ce genre littéraire.Nord-Sud (1931), dans une reconstitution poussée à fond d'une période de la vie canadienne, raconte la fièvre qui, en 1849, emporta nos paysans du Nord québécois vers le Sud américain.Les Engagés du Grand Portage fut publié en France, en 1938, et y connut un destin un peu exceptionnel: neuf éditions au cours de la dernière guerre et maints éloges de la critique française, avant d’être réédité, en 1946, par la maison Fides de Montréal, dans la collection du Nénuphar réservée aux « meilleurs auteurs canadiens ».Ce roman est une vivarîe reconstitution des rivalités cruelles suscitées par la grande aventure de la traite des fourrures, dans le Nord-Ouest canadien, vers 1800.Oeuvre forte qui restera, modèle de roman historique dont les mérites sont nombreux: du point de vue historique, documentation soignée sur l’époque de 1800, sur la vie des anciens engagés des compagnies de fourrures, les tribus indiennes, la géographie physique et humaine du pays, etc.; du point de vue psychologique, étude de caractères extrêmement poussée; du point de vue littéraire, langue châtiée, poésie discrète, simple et personnelle, art de trouver des dialogues naturels et alertes, de conduire un récit sans fléchissement.Par Les opiniâtres (1941), c’est toute l’histoire quotidienne et psychologique des débuts de la colonie (1636-1665) qui revit sous nos yeux, intense et palpitante, avec le qui-vive perpétuel, la lutte incessante de héros inconnus contre la menace continuelle des Iroquois, avec les angoisses de colons privés d’une suffisante assistance militaire de la part de la France, etc.Les opiniâtres, c’est le point de départ, Sources (1942), roman qui fait suite au précédent, c’est le point d’arrivée, c’est-à-dire le récit des opiniâtres du XXe siècle, qui ont une attitude nouvelle vis-à-vis de la terre.Sources est une espèce de somme lyrique de la littérature paysanne.Ce dernier roman fait la transition entre les romans historiques et les romans psychologiques qui vont suivre.L'ampoule d'or (1951), dont le titre est tiré d'un texte biblique, c’est le journal d’une fille de la Gaspésie, le récit de la montée spirituelle d’une âme généreuse illuminée par la découverte des richesses de la Bible.L'orientation de M.Desrosiers vers le roman psychologique s’accentue davantage par le dernier livre qui vient de paraître et qui s’annonce comme le premier tome d’une trilogie.Vous qui passez (1958) raconte la libération psychologique d'un complexe d'infériorité que le héros, Romain Heurfils, avait contracté dans l'enfance.Ce roman essentiellement psychologique est l'un de ces rares ouvrages de fiction qui souffrent avantageusement, qui commandent mêm^ une seconde Jecture si l’on veut apprécier adéquatement la densité, la profondeur et la sûreté des analyses psychologiques, l'habile orchestration du thème romanesque progressant dans des cadres bien réels, ainsi que les qualités de la phrase, soignée, d’un déroulement harmonieux et d’un vocabulaire précis, constamment rafraîchi par les courants d’une discrète poésie.Ce dernier roman de M.Desrosiers condense les qualités caractéristiques de son œuvre romanesque.Du point de vue de la facture et du tempo en général, on peut diviser les romans en deux grandes catégories: ceux qui donnent la priorité à la vie des personnages, au mouvement du récit, au déroulement du scénario; ceux qui se soucient davantage de l’ordonnance artistique de l’œuvre, de la qualité du style.Les deux formules ont leurs avantages, et l’idéal est sans doute de les combiner.Les romans de Roger Lemelin entrent dans la première catégorie, ceux de M.Desrosiers et de Mgr F.-A.Savard appartiennent à la seconde.Mme Gabrielle Roy essaie de combiner les qualités des deux tendances.M.Desrosiers est un observateur délicat et profond des âmes et des paysages de chez nous.11 s’intéresse moins à l’aventure romanesque, regardée comme un élément secondaire, qu'à l’âme de ses personnages.Dans ses œuvres circule un élément humain, comportant des tracés de caractères, des jeux d’âme et des crises morales.Pour intéresser davantage le lecteur au goût des âmes, il a recours au procédé constant des vrais écrivains: le contraste.Dans Nord-Sud, le jeune Vincent Douaire, le gars hardi que séduisent toutes les aventures, s’oppose à Josephte Auray, la fille douce, attachée au sol.Dès le début des Engagés du Grand Portage s’amorce une lutte sourde, qui ira en grandissant, entre Louis Turenne, le type de la bonté, de l’honnêteté et du dévouement, et Nicolas Montour, le type de l’ambition, de l’astuce et de l’égoïsme.« Le goût de l’aventure et des grands espaces entraîne, dans Les opi- 4 niâtres, le fils François de Rencontre tout autant que la passion du défrichement retient à la terre son père Pierre.Nicole, la descendante de celui-ci, trouve, dans Sources, sa contre-partie exacte dans Pauline, la fille des Hérisson » (Mgr Emile Chartier).Dans Les dialogues de Marthe et de Marie, l’auteur a réussi une synthèse subtile du dualisme d’âme de Marguerite Bourgeoys, en dégageant les deux tendances spirituelles fondamentales.Enfin, à travers le canevas de Vous qui passez court en filigrane le dessin du couple principal, celui de la sœur et du frère: Darie, caractère exubérant, sûr de soi, plein d’aisance, en continuel contraste avec le caractère artificiel de son frère, et image idéale de l’enfant primitif que Romain Heurfils voudrait bien retrouver en lui-même.Ces personnages vivants réagissent entre eux, au contact avec les faits et avec leur milieu géographique.Il est donc naturel que la description prenne, dans l’œuvre romanesque de Desrosiers, une place importante, puisque la description est la psychologie des choses inanimées.Le principal mérite de M.Desrosiers est d’avoir amélioré la qualité de notre roman, en donnant l'exemple d'un très grand souci du « bel ouvrage », notamment de la perfection de la langue.Bref, M.Desrosiers rappelle certains romanciers réalistes du type Flaubert par le culte du travail, le souci de la documentation et le soin de la forme.Comme l’a dit Louis Dantin.« M.Desrosiers, s’il n’est pas un conteur fortement inventif, triomphant au chassé-croisé des passions et des intrigues, est un observateur exact, un chercheur érudit, un subtil analyste et un délicat écrivain ».* * * OEUVRES.— Ames et paysages.Montréal, Le Devoir, 1922.192p.(Prix d’Action intellectuelle.— Nord-Sud.Montréal, Le Devoir, 1931.217p.(Prix de l’Académie française).— Le Livre des mystères.Montréal, Le Devoir, 1936.175p.—L’Accalmie.[Montréal] Le Devoir, 1937.148p.— Les Engagés du Grand Portage.Paris, Gallimard, 1938.209p.; 2e édition: Montréal, Fides, 1946.207p.(Coll, du Nénuphar).(Prix de la Province de Québec).— Commencements.Montréal, Ed.de l’Action canadienne-française, 1939.158p.— Les Opiniâtres.Montréal, Le Devoir [1941].224p.— Sources.Montréal, Le Devoir [1942].227p.— Iroquoisie.T.1 [Montréal] Les Etudes de l’Institut d’Histoire de l’Amérique française [1947].351p.— L'Ampoule d’or.[Paris] Gallimard [1951].254p.— Les Dialogues de Marthe et de Marie.Montréal, Fides [1957].204p.— Vous qui passez.Montréal, Fides [1958].264p.— En collaboration: L’Evangile d’amour et d’amitié, dans Ville, ô ma Ville.Montréal, 1942.— Collaboration à différents périodiques.Dans Les Cahiers des Dix (Montréal): 1942 (no 7): 1942, p.283-313.— 1943 (no 8): Montréal soulève la province, p.75-107.— 1944 (no 9): Correspondance de M.Magnien, p.199-225.— 1945 (no 10): Dollard des Ormeaux dans les textes, p.41-85.— 1946 (no 11): Les Trois-Rivières (1535-1634), p.63-95.— 1947 (no 12): Mes tablettes, p.75-92.— 1948 (no 13): Vers notre premier parlement, p.85-108.— 1949 (no 14): En relisant les mandements, p.65-86.— 1950 (no 15): Sir George Arthur, p.145-161.— 1951 (no 16): Le Quebec Herald, p.83-94.— 1952 (no 17): La rupture de la paix de 1645, p.169-181.— 1953 (no 18): Les Onnontagués, p.45-66.— 1954 (no 19): Préliminaires du massacre de Lachine, p.47-66.— 1955 (no 20): Iroquoisie, terre française, p.33-59.— 1956 (no 21): Négociations de paix (1693-1696), p.55-87.— 1957 (no 22): L’Expédition de M.de la Barre, p.105-135.* * * SOURCES A CONSULTER.— Baillar-geon (S.), c.ss.r., Littérature canadienne-française.Montréal, Fides [1957].P.359-365.— Chartier (Mgr Emile), Léo-Paul Desrosiers.Le roman historique et psychologique.Dans Lectures [P.C.] février 1953, p.242-248.(Ibid.: Notes biographiques, p.248-249 et Notes bibliographiques, p.249-251.) — Dantin (Louis), Nord-Sud de Léo-Paul Desrosiers.Dans Gloses critiques.Montréal, 1931.P.113-126.— Légaré (Romain), o.f.m.Le roman canadien-francais d’aujourd’hui.Dans Culture [P.C.] 1945, no 6, p.67 et ss.— Léo-Paul Desrosiers.Dans Mes Fiches [P.C.] nos 201-202, 5 et 20 mars 1957, p.27-28.— M.-Madeleine du Bon-Pasteur (Sœur), Biographie et bibliographie de M.Léo-Paul Desrosiers.Montréal, Ecole de bibliothécaires de l’Université de Montréal, 1939.85p.(Cette bibliographie donne les titres de tous les articles que M.Desrosiers a publiés dans les revues et journaux, de 1920 à 1939).—O’Leary (Dostaler), Le roman canadien-français.Etude historique et critique.Montréal, le Cercle du Livre de France, 1954.P.56-59.— Répertoire bio-bibliographique de la Société des écrivains canadiens.Montréal, 1954.P.70 et ss.— Vedettes 1958 (Who*s Who en français).2e éd.Montréal, Société nouvelle de publicité incorporée, 1958.P.89.Romain LEGARE, o.f.m.5 Études critiques “L'Enseignement social des évêques canadiens (U de 1891 à I9S0 Dans la lettre-préface dont il a voulu honorer cet ouvrage de M.l’abbé Jean Hulliger, Son Excellence Monseigneur Arthur Douville remarque: « Le principal mérite de l’abbé Hulliger est d’avoir voulu s’imposer une étude objective et de n’avoir point eu en vue de porter un jugement sur des directives que seuls le bien des âmes et les circonstances du passé ont pu commander.» Ce sont ces caractéristiques d’objectivité et de respect de la pensée épiscopale qui rendent encore plus captivant un exposé que son ordonnance « claire et logique », pour employer des épithètes qui sont encore de Mgr l’Evêque de Saint-Hyacinthe, revêtait [ déjà d’un intérêt tout spécial.C’est dire l’opportunité de ces pages à une époque où le ra- ¦ tionalisme et le scientisme, tou- ¦ jours vigoureux ou renaissants, incitent même certains de nos catholiques cultivés à regarder avec dédain un tel enseignement.Même sur le terrain social, les interventions des autorités religieuses sont d'abord motivées par le souci du salut des âmes: c’est ce qui leur assure toujours une praticité suréminente et les gratifie, par surcroît, d’une valeur scientifique bien supérieure aux richesses relatives de la science profane.Sans préjudice d’ailleurs de l’importance de cette dernière dans son domaine propre, importance que sait reconnaître et utiliser l’Eglise.formément à l’évolution sociologique de l'époque.D’autre part, l’auteur restreint ses recherches aux lettres pastorales et aux circulaires au clergé, en souhaitant que des monographies, qui embrasseraient toute l’activité sociale des évêques: sermons, articles de presse, etc., viennent compléter pour chacun le labeur de pionnier que représentent ses propres recherches.Tout en disposant organiquement sa matière et en procédant à un exposé systématique de l’enseignement épiscopal, l’auteur suit l’ordre historique jusque vers 1930.C’est ce qui explique l’ordre des premiers chapitres: L’agriculture, La colonisation, Le mouvement ouvrier.Depuis lors, la question sociale a pris plus d’ampleur, les problèmes sociaux se sont multipliés et compliqués; en conséquence, les interventions épiscopales ont été plus fréquentes et n’ont négligé aucune des grandes ____________ questions du jour: capitalisme matérialiste, socialisme, communisme, droit d’intervention de l’Eglise, capital, salaire, rôle de l’Etat, profession, corporation, coopération, etc.Ce souci, chez l’Episcopat canadien, de satisfaire aux besoins doctrinaux et pratiques de leurs ouailles, nous vaut les chapitres suivants: La dépression de 1930, Réactions socialisantes, Le communisme, L’ordre social chrétien, La coopération et La lettre collective des évêques du Québec.Une vue d’ensemble judicieuse couronne le tout, suivie des sources ecclésiastiques, des autres sources et d’un index analytique toujours si appréciable dans un travail de cette nature.Dans l’introduction, l’auteur détermine les limites et l’objet précis de son travail.Il s’agit de l’enseignement des évêques canadiens sur les problèmes de « la vie sociale économique » de 1891 à 1950, soit de la publication de l’encyclique Rerum Novarum (mai 1891) à celle de la Lettre pastorale collective des archevêques et évêques de la province civile de Québec, sur le problème ouvrier (février 1950).La question ouvrière y tient donc une place capitale, con- L'importance des principes et des idées d’un tel ouvrage, de même que l’équilibre à la fois logique et dynamique de sa structure, nous dispense, nous semble-t-il, d’en signaler des faiblesses de style qu’il aurait été bien facile de corriger.Une pareille analyse est on ne peut plus actuelle: tous les aspects de nos problèmes sociaux y sont traités dans des perspectives qui éclairent toujours la situation présente.Pour 6 la joie du lecteur qui tient à garder mesure et raison dans l’étude de questions si souvent abordées avec passion, y domine toujours une objectivité intégrale qui échappe à la superficialité des fièvres du jour.Pour n’en donner qu’un exemple, ces pages présentent sur la colonisation et l’agriculture, tant de la part des évêques de langue anglaise que de la part de ceux de langue française, des exposés de principes et des directives marqués au coin de la plus haute sagesse.Et cela, sans minimisation de l’importance de l’évolution industrielle et même, si l’on veut, de la vocation industrielle du Canada.Ce n’est pas là qu’on viendrait moquer ce qu’on appelle depuis quelque temps notre « agriculturisme ».Il ne reste plus qu’à nous étonner qu’un tel enseignement n'ait pas été ainsi plus tôt systématiquement inventorié, et à souhaiter, avec l’auteur, voir de nombreux chercheurs s’engager à sa suite dans cette voie féconde.Le souci de l’enseignement social de l’Eglise et de son application aux différents milieux par la hiérarchie de chaque pays est un des grands besoins de l’heure chez nous comme ailleurs.Il n’est pas d’autre moyen de salut social et de salut tout court.Théophile BERTRAND (I) HULLIGER (Jean), pire L’ENSEIGNEMENT SOCIAL DES EVEQUES CANADIENS DE 1891 A 1950.Thèse présentée à la Faculté de Théologie de l’Universite d’Ottawa.Lettre-préface de S.Exc.Mgr Arthur Douville.Montréal.Fides [1958].373p.20.5cm.(Coll.Bibliothèque économique et sociale) $4.50 (frais de port en plus) Pour tous, mais spécialisé “Il est plus tard que tu ne penses” " de Gilbert Cesbron Il est plus tard que tu ne penses: ce titre désolé évoque bien l’insistant leitmotiv que l’on entendra, tel un glas fatal, tout au long du dernier roman de Cesbron.N’est-ce pas ce leitmotiv qui confère aux différentes phases du récit leur intensité dramatique ?Mais ce titre rend-il vraiment justice à la densité spirituelle de ce roman qui n'en est pas un de désespérante fatalité mais de courageuse et confiante espérance ?Dans la perspective limitée de l’homme livré à lui-même, en lutte contre les mille et une puissances du mal qui, tel un hydre irréductible, s’acharne contre lui, il est presque toujours trop tard, ou, tout au moins, il est souvent plus tard que l’on ne pense.Mais, vue dans la perspective divine, la course contre le temps dans le corps à corps avec le mal ne présente pas le même caractère d’inexorable fatalité: grâce à cette mystérieuse alchimie dont les enfants de Dieu tiennent de leur Père le secret, il n'est jamais trop tard ici-bas, parce qu’il est toujours possible de tirer du mal un bien qui le transcende.Et c’est ce que tend à prouver le roman de Cesbron.Point n’est besoin, par conséquent, de préciser qu’il s’agit d’un roman à thèse.L’auteur pourrait-il nous donner un autre genre de ro- man, lui que l’on sent si pleinement conscient des problèmes qui tourmentent la génération actuelle, lui qui se montre si douloureusement solidaire de tous les malheureux de notre époque ?Ici, c’est sur le sort affreux des victimes du cancer que le romancier s’apitoie, par le truchement d’une histoire où ce terrible mal menace le bonheur d’un couple très uni.Mariés depuis dix ans, Jean et Jeanne s’aiment avec une ferveur que les années n’ont fait qu’accroître.Amour aussi exclusif que fervent, amour dont la stérilité inquiète et désole l’épouse mais dont s’accommode aisément l’égoïsme de l’époux.Des démarches ont été tentées pour l'adoption d’un enfant — le petit Yves — mais à la dern;ère minute une volte-face de Jean a fait échouer l’affaire.Il est bon de le préciser, car cela aide à l’intelligence du drame: Jean a perdu la foi de son enfance, tandis que Jeanne, si elle prie en cachette de son mari, n’est guère très fervente ni très stable dans sa foi.Un mal inconnu mine la santé de Jeanne.Serait-ce le cancer qui déjà s’attaque à son sein ?Angoissée, elle consulte secrètement un 7 guérisseur.Devant l'évidence qui peu à peu s'impose à elle, elle est atterrée et retarde indéfiniment le moment d'aviser son mari, sachant bien quel prix il attache à l’intégrité physique de son épouse.Mais Jean soupçonne quelque chose, et il finit par découvrir la vérité.Devant le silence de Jeanne, il se tait lui aussi.Le mal profite de ce speudo-sursis que s’accordent les époux, et un jour, une intervention chirurgicale s’impose de toute urgence.C'est une épouse mutilée, en proie au désespoir, que Jean ramène de la clinique.Il lui témoigne un amour aussi fervent que naguère, et la malade retrouve le goût de vivre.Les époux connaissent de nouveau le bonheur.Bientôt cependant, le mal renaît avec une nouvelle violence, et Jeanne se mure dans une souffrance désespérée.Les efforts de son frère, Bruno — un prêtre —, réussissent malaisément à lui faire accepter l’épreuve, et lorsqu'elle suspectera la fidélité de son mari, la mesure sera comble, et Jeanne tentera de se suicider.Une intervention de Jean la sauve de la mort.L’époux redouble alors de tendresse, et Bruno, de sollicitude, mais tous deux sont impuissants à franchir la géhenne d’atroces souffrances où s’enlise la jeune femme.Une nuit quelle se tord de douleur sous les yeux de son mari, Jean croit comprendre qu’elle le supplie de l’achever; la mort dans l’âme, ne pouvant supporter plus longtemps pareil spectacle, il augmente la dose du calmant.Jeanne s’endort à jamais, non sans avoir tracé sur elle un grand signe de croix.que Jean vient échouer.En accordant l'absolution à son beau-frère, le jeune prêtre tente de l'éclairer sur la valeur de la souffrance dans le plan rédempteur, et il l'oriente dans la voie de l'oubli de soi-même et du service à autrui.Jean trouvera le secret de la paix et de la joie à soigner bénévolement les malades qui défient la science des médecins.Cette histoire, très belle, très plausible malgré quelques invraisemblances, Gilbert Ces-bron la narre avec talent.Sa plume possède une puissance évocatrice qui, par moment, est proprement hallucinante.La montée lente, sourde et impitoyable de la maladie dans un organisme, les imprévisibles sursauts du cœur en proie à l’angoisse, au doute et au remords, les quiproquos que peuvent entraîner, dans la vie conjugale, les différentes psychologies masculine et féminine, les aberrations d’un amour humain trop centré sur lui-même et pas assez spiritualisé, les spasmes du corps et de l’âme livrés au paroxysme de la souffrance, Gilbert Cesbron excelle à nous les faire saisir.Il faut signaler que l’auteur n’a pas toujours évité d'achopper aux écueils inhérents à tout roman à thèse.Le pamphlétaire apparaît ici et là pour gloser inutilement sur le déroulement de l’intrigue.De plus, il y a du fabriqué et de l’arbitraire dans telle ou telle situation où l’on sent trop le coup de pouce du romancier.Mais ces faiblesses ne nuisent qu’au fini d’une œuvre de qualité.Séparé de sa femme, Jean connaît un autre genre de supplice: le remords.Dans l’espérance de retrouver la paix, il va se livrer à la justice, et il est acquitté après un retentissant procès où tout le débat a porté sur la légitimité de l’euthanasie.En règle avec la justice des hommes, le malheureux ne se sent pas pour autant justifié.Dans un souci de réparation, il tente de retrouver l’enfant que Jeanne désirait adopter, mais il est trop tard: le petit Yves a déjà été confié à un autre couple.Après avoir touché le fond de la détresse humaine, un soir, c’est auprès de Bruno Du point de vue moral, l’œuvre est saine et bienfaisante dans l’ensemble.Mais la délicatesse du thème choisi, de même que l'argumentation sur l’euthanasie — pas suffisamment réfutée, nous semble-t-il, — font réserver ce livre aux lecteurs formés.R.LECLERC (I) CESBRON (Gilbert) IL EST PLUS TARD QUE TU NE PENSES.Roman.Paris, Robert Laffont [1958].344p.13.5cm.Appelle des réserves 8 Notices bibliographiques Littérature canadienne Littérature (8) ROY (Marie-Anne A.) VALCOVRT ou LA DERNIERE ETAPE.Roman du grand nord canadien, (s.l.n.é.— 1958} 414p.19.5cm.Appelle des réserves Il y a longtemps que notre Grand Nord sollicite la faveur des romanciers.Sans remonter trop loin, rappelons Les arpents de neige (d'abord Le sang des Bois-Brûlés, 1906) de Joseph L'Hôpital et Le grand silence blanc de Frédéric Rouquette: plus près de nous, les romans de Roquebrune (Les habits rouges) et d'Harry Bernard (Juana mon aimée), les études de Gaston de Poncin, VInuk du Père Bu-liard, les récits de Mgr Grouard et de Mgr Breynat.Valcourt apporte au sujet un aspect nouveau: il décrit la dure vie des colons dans un hameau peuplé de Français, de Polonais.d'Irlandais et de Canadiens français.Nous craignons seulement que l'œuvre ne donne pas une haute idée de la civilisation quelle décrit.Fatiguée de s’étioler en ville dans des travaux de bureau (p.372-382).Antoinette Bernier décide de se faire institutrice à la campagne.Elle pose, à Valcourt en Alberta, une candidature que l’on agrée.Dès lors sa vie se partage en deux segments.Pendant quelques années, elle se consacre à l'éducation d’enfants turbulents, bornés et vicieux: c'est la première partie (p.9-250).Dans la deuxième (p.251 -392), congédiée par une Commission acariâtre, elle se fait fermière et cultive la terre tout comme un homme.Une tempête ayant enfin dilapidé son bien, elle reprend à Ecart, dans le voisinage de Valcourt, son rôle d'institutrice, mais meurt dans l’incendie de la cabane qui lui sert à la fois d’école et de logement: c'est l'épilogue (p.393-414).Le récit de cette existence obscure et mouvementée fournit à l’auteur l’occasion de peindre des paysages, de dessiner des portraits de personnages, surtout de décrire des mœurs rurales.Les tableaux de nature, écrits en une langue d'ordinaire pittoresque, sont sobrement esquissés (v.g.155); ils donnent l’idée d’un terroir âpre à défricher et peu productif.A part le père Cavana (Cavanagh), les figurants habituels, marchands, industriels, hommes à gages, sont, eux, presque tous lamentables.A l'école, les plus grands enseignent aux petits des habitudes morbides et laides (I, ch.16), outre que tous sont indisciplinés et paresseux.,Les quatre principaux curés qui se succèdent à la tête de la paroisse constituent une triste catégorie.Le premier, un brutal, se cache derrière son évêque pour appliquer à toutes les danses, sans distinction, une doctrine qui n'a rien de théologique (p.25); le deuxième marche sur ses brisées.Le troisième prononce des sermons qui ne conviennent ni à la chaire ni au sacerdoce (p.241) et le quatrième ne songe qu’à son intérêt personnel (épilogue).N était l'apparition temporaire de l'aimable famille Bernier (II, ch.9, 10, 14) on se croirait en pleine ménagerie.Les colons, eux, offrent un assemblage complet d'êtres bornés, têtus, âpres au gain, voleurs, canailles et imbéciles.Les habitants du lac Saint-Jean et du Saguenay ne goûteront guère le portrait de leurs anciens camarades, les « beluets » de Valcourt (p.72).Parmi tous ces ratés trône l'horrible Lanzo Chicoine (p.277 et seq.), un bagoulard, un fainéant, un mal engueulé, incapable de retenir une parole, une histoire ou un geste grivois (p.313).Sur ce fond peu reluisant l’auteur a broché une aventure amoureuse.Harcelée par le Basque Pierre Bacquet et d’autres, Antoinette a jeté son dévolu sur Marcel Dupuis.Mais celui-ci.écartelé entre l’amour maternel et l’amour conjugal, finit par briser l’idylle commencée, en épousant Suzanne Duperron, une fille de bureau (p.377).Dans ce roman, même l’amour se tourne en malheur.Nous craignons encore une fois que ce livre où la phraséologie manque souvent de correction.fournisse une piètre idée du roman au Canada français et ne fasse honneur ni à la littérature ni aux mœurs canadiennes-françaises.P.245, il faut lire « rédigea * au lieu de * dirigea », une confusion trop fréquente chez nous.Emile CHARTIER, p.d.9 Biographie (92) TRUDEL (Paul-Eugène), o.f.m.MONSEIGNEUR ANGE MARIE Hl-RAL, o.f.m.Deuxième partie.Dix années à Montréal.Montréal, Editions franciscaines, 1958.154p.ill.23.5cm.$1.50 (frais de port en plus) Pour tous Le R.P.Trudel a entrepris d’écrire la vie de Mgr Ange-Marie Hiral, o.f.m., d'origine française, membre de la première équipe des restaurateurs de l'Ordre franciscain au Canada en 1890, promu vicaire apostolique du Canal de Suez en Egypte, en 1929.Elle méritait d'être écrite, la vie de cet homme qui fut un grand religieux autant par ses vertus que par ses œuvres, qui fut appelé « l'évêque de la royauté de Marie », puisqu’il édifia, à Port-Saïd, malgré de nombreuses difficultés, sa magnifique cathédrale, la première église du monde dédiée à Marie Reine de l'univers et destinée, au moins dans ses désirs, à être le trône international de la royauté de Marie.Revenu au Canada en 1950, Mgr Hiral décédait à Québec en 1952 et était enseveli, selon ses vœux, au couvent franciscain de cette ville qu’il avait fondé cinquante ans auparavant.S'appuyant sur une abondante documentation, le Père Trudel publie cette vie en plusieurs tranches.Dans un premier fascicule de 112 pages qui parut en mars 1957, il en a raconté la première phase: L’enfance et la jeunesse.Dans ce deuxième fascicule qui vient de paraître, il relate les dix années que son héros a passées à Montréal, de 1890 à 1900.Il en profite pour écrire « une histoire vraie, détaillée et documentaire * de la deuxième restauration de l’Ordre franciscain au Canada (mai 1890).Par cette partie plus générale, il apporte une notable contribution à l’histoire de l’Eglise canadienne.Il établit le climat historique de cette fondation: vie édifiante et austère, « épreuves et contradictions » des débuts.Puis il montre la formation appliquée du premier clerc franciscain, Ange-Marie Hiral, au début du siècle, les prémices fécondes du ministère de celui qui fut le premier prêtre de la restauration franciscaine et le principal organisateur du Collège Séraphique de Montréal destiné à favoriser le recrutement des fils de François chez les Canadiens; il montre aussi ses mérites: son savoir-faire, son dévouement inlassable, les manifestations de son talent littéraire.Cet ouvrage est bien documenté, marqué par le souci de l’exactitude historique du détail.Il est rédigé en un style simple et clair.Romain LEGARE, o.f.m.On devrait se faire un devoir de lire L'enseignement social des évêgues canadiens de 1891 à 1950 par JEAN HULUGER, ptre « Une étude objective qui constitue une mine précieuse pour ceux qui voudront se renseigner sur le travail apostolique des évêques canadiens ou qui auront à faire des recherches dans le domaine de la pensée épiscopale canadienne.» Lettre-préface de S.Exc.Mgr Arthur Douville 373 pages.Bibliographie et index analytique $4.50 (par la poste $4.65) MONTRÉAL 25 est, rue Saint-Jacques UN.1-9621* SAINT-BONIFACE, Man.135, ave Provencher CH.7-1735 10 Littérature étrangère Littérature (8) BARINCOU (Edmond) MACHIAVEL PAR LUI-MEME [Paris] Editions du Seuil [1957].191p.ill.18cm.(Coll.Ecrivains de toujours) S 1.75 (frais de port en plus) Pour adultes Voici un petit livre qui nous transporte dans l'Italie effervescente du seizième siècle et nous y montre un grand homme à l'œuvre.Plusieurs illustrations rendent la lecture de ces pages très agréable et contribuent à reconstituer l'atmosphère de l'époque.L’auteur nous raconte d’abord la vie de son personnage et nous offre ensuite des extraits de ses œuvres.Cela nous permet de nous faire de Machiavel une idée plus nuancée que celle que nous entretenons ordinairement.Le but de la collection est de faire parler et agir devant nous les écrivains qu’elle présente.Elle ne comporte donc pas de jugement critique.Elle s’efforce avant tout d'être objective.Au lecteur de réfléchir sur ces pages et de se faire une opinion.Si cette rencontre avec Machiavel ne permet pas d’élaborer un jugement définitif sur son œuvre, parce qu’elle est trop brève, trop incomplète, elle permet au moins de se poser le problème et d’aborder ensuite la lecture des livres de Machiavel avec plus de lucidité.Il reste à souhaiter que des hommes comme saint Augustin, saint Jérôme, saint Thomas d’Aquin, Newman, etc., figurent un jour dans cette collection.Eux aussi ils ont contribué à construire l'Occident.Ils eurent des personnalités fortes, ils ont édifié une œuvre qui devrait leur valoir une place de choix parmi les penseurs que tout homme du vingtième siècle aime à fréquenter.P.-E.ROY, c.s.c.LASSERRE (Maurice) ESSAI SUR LES POESIES DE LOUIS VEUILLOT.Paris, P.Lethielleux [1957].150p.20.5cm.Pour tous En 1906 encore, près de 25 ans après sa mort (1883), pour certains catholiques français Louis Veuillot ne comptait ni comme prosateur ni comme poète.Nous nous rappelons l'air indigné d'un de nos camarades d'études nous coupant la parole, un jour que nous avions prononcé devant lui le nom du maître: « Vous oubliez, l'abbé, qu’il est mort en 1883 ! » C’était dire qu’il y avait impertinence à évoquer même son nom.Heureusement, depuis lors, on est revenu de cette outrecuidance bête.La critique définitive de Jules Lemaître (Contemporains, VI) a classé Louis Veuillot parmi « les cinq ou six plus grands prosateurs de la langue française ».Dans »la Revue latine de 1907, Emile Faguet reprochait aux Pages choisies colligées par Albalat de ne pas faire plus de place aux poésies du journaliste.Après les jésuites Cerceau et Longhaye, le Père Fernessole faisait entrer Louis Veuillot en Sorbonne en 1922, au moyen de deux thèses solidement étoffées.Chez nous même, la Revue canadienne, entre autres, ne perdit aucune occasion d'exalter le génial polémiste.Ainsi, en 1913, à l'occasion du centenaire de la naissance (1813), elle donnait asile aux deux remarquables conférences prononcées à l’Université Laval de Montréal, par le jésuite Louis Lalande et le professeur Edouard Montpetit.Vers 1918 ou 1919, elle reproduisait aussi l'entretien sur Cara donné à la même Université par le neveu François Veuillot.Par ce moyen et d’autres, au Canada français du moins, l’oncle Louis n’était traité en étranger ni pour sa prose ni pour sa poésie.C'est de celle-ci que s’occupe ici M.Lasserre.Et — avec une modestie extrême — il entend lui consacrer « non pas un travail de critique formelle, mais une simple analyse », parce que « le meilleur moyen d’apprécier les grandes qualités poétiques de Veuillot est encore de lire ses vers > (p.79).De fait, à qui aura lu ce volume, bien peu des poésies du maître auront échappé.Mais en même temps les commentaires de l'auteur lui auront fourni les raisons les plus décisives pour admirer les essais les plus marquants du poète.Qu’il s'agisse du satirique ou du lyrique, M.Lasserre n’escamote nullement les déficiences de l'œuvre; on ne peut qu’applaudir à cette honnêteté.Cela le met à l’aise pour exalter la précision des termes, la variété des sujets, des formes et des styles, la nouveauté et l’originalité de l’image toujours juste, l’adaptation exacte de cette image à la pensée ou au sentiment.Il note surtout" le double esprit dont s’inspire l'écrivain: l’horreur pour la cacographie plutôt que la haine des cacographes, le sens chrétien qui fait, de la poésie veuillotiste, une prolongation de l’âpre lutte du polémiste pour la reconnaissance des droits de Dieu, de l’Eglise et de la vérité.11 A suivre l'exposé de M.Lasserre, on se trouve à lire quelques unes des élévations les plus pieuses qu’ait provoquées la foi catholique: Les filles de Babylone, Sur un vers d'André (Chénier), Le Cyprès et surtout ce que Sainte-Beuve a désigné comme la « sublime épitaphe ».Si quelques autres pièces procèdent du romantisme à la Musset, la première de celles-ci atteint la vigueur de pensée et la noblesse de style qui caractérisent le Discours de Bossuet (p.85).M.Lasserre paraît bien avoir résolu le problème que soulevait jusqu'ici l’énigmatique poème de Cara, sur lequel François Veuillot lui-même, semble-t-il, s’était partiellement trompé (p.96-110).En s’appuyant sur la correspondance de la comtesse Juliette de Rober-sart avec le poète — une correspondance d'où est sorti Le Roman de Louis Veuillot par Henri Davignon (Lethielleux, 1936) —, M.Lasserre en arrive à ceci: s'il y a là des allusions au premier mariage du poète, le poème serait surtout l’histoire du mariage manqué entre Louis Veuillot et la comtesse.En somme, Cara serait une autobiographie où figurent deux personnages.mais différents de ceux que l'on croyait y reconnaître (Paulus Boitard alias Landry Sevart et Adèle Murcier).Le poète qui a martelé des vers comme ceux-ci: Le beau, rest le bon sens qui parte bon français O prose ! mâle outil et bon aux fortes mains Des chansons dans le cœur, des larmes dans fles yeux Prends garde, en les aimant, d'aimer l'amour [des hommes De la douleur qui baille a la douleur qui chante De son fléau frappant Le batteur fait le bruit du cheval galopant Chez des amis vivants je me suis vu mourir Le glaive ivre de sang dort sous les épis mûrs cet homme-là avait le sens de la poésie et méritait la consécration judicieuse que lui décerne M.Lasserre.Emile CHARTIER, p.d.WEIS (Guillaume) LE VICAIRE ET SON CURE.Roman.Paris, Editions Alsatia £ 1957}.220p.ill.20cm.$2.10 (frais de port en plus) Pour tous Par son titre, cet ouvrage laisse soupçonner quelque aventure humoristique à la Don Camillo.Il s’agit plutôt ici de la vie en commun d'un jeune vicaire frais émoulu du séminaire, féru des plus nobles ambitions, et d’un vieux curé « lutteur intraitable, invincible soldat du Très-Haut, sévère pour lui-même, inexorable quand il défendait les droits de son église » (p.9).Hubertus Férigné, Maître de Céli-val, ne manifeste pas plus le cran d'un Don Camillo, que Gaspard Desforest (le vicaire) n’a la trempe d'un Peppone.Guillaume Weis a voulu, et cela avec une évidence indiscutable, raconter la vie cachée de deux prélats dont les idées diffèrent mais qui travaillent pour la même cause.Peut-être les a-t-il connus, ces deux prélats ?Car le lecteur est impressionné par le réalisme fortement marqué des deux caractères.Le Vicaire et son Curé est avant tout un drame humain, nuancé, ici et là, par des à-cô-tés humoristiques.Cet ouvrage mérite sûrement l'attention de nos lecteurs.|ean-Marie BARRETTE Une révélation L'APPRENTISSAGE Principes et réalisations dans le Québec par Théophile BERTRAND et Edmond CARON Ce bouquin de MM.Bertrand et Caron devrait être lu non seulement par ceux qui ont à s’occuper de l’orientation des jeunes gens, mais par tous ceux qui s’intéressent à leur formation.Ils apprendront que s’il reste encore, au pays de Québec, beaucoup de réalisations ' * et devraient être mises en lumière pour appuyer à espérer, nombreuses sont celles qui existent nos raisons de croire et d’espcrer.Rodolphe LAPLANTE 162 pages, 4 hors-texte, 5*4 x 8l/2, S2.50 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 12 Littérature * * * CADIEUX.Illustré par Gabriel de Beney [Montréal] Fides [s.d.].16p.ill.25cm.(Coll.Albums du gai lutin) $0.15 FONTAINE (Pierre) LE BONHOMME LA FONTAINE RACONTE.Paraphrase de Pierre Fontaine.[Montréal] Fides [s.d.].16p.ill.25cm.(Coll.Albums du gai lutin) $0.15 FONTAINE (Pierre) LA CLEF MAGIQUE.Illustré par Maurice Petitdidier [Montréal] Fides [s.d.].15p.ill.25cm.(Coll.Albums du gai lutin) $0.15 PLAMONDON (Marcel) LE VOLTIGEUR DE NOTRE-DAME, Le Père Patrick Peyton, c.s.c.[Montréal] Fides [1957].15p.ill.25cm.(Coll.Albums du gai lutin) $0.15 ** * SINBAD LE PECHEUR.Adaptation d’un conte des Mille et une nuits.[Montréal] Fides [s.d.] 16p.ill.25cm.(Coll.Albums du gai lutin) $0.15 TURCOT (Marie-Rose) LE CHEVREUIL MERVEILLEUX.Illustré par Maurice Petitdidier [Montréal] Fides [s.d.] 16p.ill.25cm.(Coll.Albums du gai lutin) $0.15 Pour enfants Plutôt que de laisser les jeunes enfants acheter au kiosque du coin des comics d’une qualité douteuse, plutôt que de leur laisser lire n'importe quelle bande illustrée qui paraît dans le premier journal venu, on serait sage de leur mettre entre les mains les Albums du gai lutin.Les thèmes, choisis avec soin, ont une valeur éducative; ils s’inspirent soit des annales de l’histoire profane (v.g.Cadieux) ou religieuse (v.g.Le Voltigeur de Notre-Dame, le Père Patrick Peyton), soit des trésors de la littérature classique (v.g.Le Bonhomme La Fontaine raconte), soit des contes assez peu connus du folklore canadien (v.g.Le Chevreuil merveilleux), etc.Préparés au Canada et par des Canadiens, ces brochures sont tout indiquées pour les petits Canadiens.Les dessins sont de bon goût, dans l’ensemble, les couleurs sont vives et bien choisies.Un album aussi délicieux que Le Bonhomme La Fontaine raconte mériterait d’être mis entre les mains de tous les petits écoliers.A.G de jeunesse \ BERISAL (François) A U ASSAUT DE LA FACE NORD [Bruges] Desclée de Brouwer [1958].154p.ill.18.5cm.(Coll.Belle Humeur) Relié.$1.60 (frais de port en plus) Pour jeunes et adolescents Une passionnante histoire d’alpinisme qui fera la joie des jeunes de douze à seize ans.Ce roman de montagne raconte l’aventure de deux adolescents qui ont voulu tenter la difficile ascension du mont Moro.La victoire sur la montagne deviendra aussi, pour Jean-Pierre et pour Yves, une victoire sur la lâcheté, l'angoisse et la panique, face aux éléments déchaînés, car mille et une péripéties marqueront la montée à la suite de l’incomparable guide qu’est l’oncle Togno.Lecture d’une haute valeur éducative qui donne un aliment à la soif d’aventures de nos jeunes, et en même temps les stimule à l’effort.A.C.MARIE-ANDRE MARGUERITE-MARIE.La voyante de Paray-le-Monial.Illustrations de Mme Cadet-Fillerin.Montréal, Fides [1958].61 p.ill.24cm.(Coll.La grande aventure) $0.65 (frais de port en plus) Pour jeunes et adolescents Marguerite-Marie, c’est l’histoire de la voyante de Paray-le-Monial, mise à la portée des jeunes.Il n’est pas facile de raconter aux petits la vie d’une Sainte dont la vie sort tellement de l’ordinaire: on risque de la leur faire paraître plus admirable qu’imitable.L’auteur de la présente biographie se tire avec bonheur d’une difficile entreprise; avec un sens pédagogique très sûr, elle dégage, dans la vie de sainte Marguerite-Marie, tout ce qui peut servir de matière à leçons, et, à l'occasion, elle sait dépouiller la phraséologie mystique de tout ce qui peut sembler incompréhensible aux jeunes lecteurs (v.g.« les flammes du Cœur de Jésus »).La mission de sainte Marguerite-Marie étant de propager la dévotion au Sacré-Cœur, ce livre peut aider à faire naître celle-ci dans le cœur des jeunes.A.C.13 Documents Trois ouvrages d Henry Duméry à I Index Dans la réunion plénière du mercredi 4 juin de la Suprême S.Congrégation du Saint-Office, les Eminentissimes et Révéréndissimes Cardinaux préposés à la défense de la foi et des mœurs, sur avis des consulteurs, ont condamné et prescrit de placer à l’Index des livres prohibés, les livres suivants d’Henry Duméry: 1) Philosophie de la religion, Presses Universitaires de France, Paris, 1957, 2 vol.: 2) Critique et Religion, Sedes, Paris, 1957; 3) Le problème de Dieu en philosophie de la religion, Desclée de Brouwer, Bruges, 1957; 4) La Foi n’est pas un cri, Casterman, Tournai, 1957.Et le jeudi 12 juin, Notre Saint Père le Pape Pie XII a approuvé la resolution des Eminentissimes Pères, qui lui avait été soumise par VEminentissime et Révérendis-sime Cardinal Pro-Secrétaire du Saint-Office; il l'a confirmée et a ordonné de la publier.Donné à Rome, Palais du Saint-Office, le 17 juin 1958.ARTHUR DE JORIO, Notaire.le sens d’une condamnation On se méprendrait étrangement sur le sens et la portée de la présente condamnation si l'on voulait en inférer que, du point de vue de la foi catholique, l’application d’une méthode phénoménologique au donné religieux doit être a priori sinon écartée, du moins considérée comme suspecte.Il n’en est rien.C’est a posteriori qu'il convient d’en juger.Sont ici visées les erreurs de M.Duméry contenues de manière positive, mais non exclusive, dans les ouvrages mentionnés dans le Décret du Saint-Office.D’autres écrits du même auteur ne sont pas indemnes, en effet, des mêmes déviations doctrinales.Il faut en tenir compte.Bien qu’il pense se maintenir lui-même au-dessus de l’athéisme, dans une position de juste milieu, contre le modernisme d’une part et contre l’intégrisme d’autré part, sous le signe d’une saine critique philosophique de la foi catholique (voir Philosophie de la religion, vol.II, page 272, note 4), la vérité nous oblige à dire que l’auteur est intégralement moderniste au sens où l’Encyclique Pascendi entendait ce terme (Denzinger, 2105).Il est parfaitement exact d’affirmer qu’en un certain sens psychologique et pratique l’auteur ne nie aucune des vérités de la foi, qu’il les admet toutes, qu’il les sauve toutes: pour lui le christianisme demeure unique, transcendant, infiniment respectable.Mais d’un autre point de vue, il faut, hélas ! ajouter que la foi et les dogmes sont totalement vidés par lui de leur substance vive et profonde.Aussi bien ne présentent-ils plus ni ne peuvent-ils plus présenter les caractères de certitude et de précision objectifs et immuables que leur reconnaissent notamment, dans la ligne même de la Tradition catholique, l’Encyclique Pascendi, le serment antimodemiste et l’Encyclique Humani Generis de 1950.Pour l'auteur, la conscience religieuse, qui embrasse l’homme tout entier, est, en effet, de nature projective.Bien que le christianisme soit d’une spécificité irréductible parce que son fondement historique est unique, la conscience chrétienne ne peut pas ne pas être, elle aussi, de nature projective.Avoir la foi, c’est admettre la légitimité du fait Jésus tel qu’il a été interprété par les Apôtres, puis par la Tradition.Une question fondamentale se pose donc: que vaut cette interprétation de type projectif ?Dès lors il est capital, non pas pour le théologien qui, lui, demeure, comme tel, solidaire de la mentalité projective, mais pour le philosophe critique qui, lui, est à meme de pouvoir s’en dégager, de chercher à distinguer dans la foi, autant que faire se pourra, ce qui est donné primitif de ce qui est projection phénoménale de la croyance sur ce donné primitif.« La majorité des fidèles, écrit l’auteur, reste évidemment incapable de critiquer les 14 schèmes dogmatiques.Bien plus, nous répétons que la religion, voire la théologie comme telle, n’ont pas à le faire, si ce n’est dans les limites du sens commun et pour pallier des excès imaginatifs trop criants » (ouvrage cité, vol.I, page 128).Mais, poursuit l’auteur, le philosophe qui est, certes, historien et phénoménologue, « va plus loin encore; il dépasse le plan purement phénoménologique; il finit par prendre parti absolument; il proclame ce qui au regard de la raison judicatrice vaut ou ne vaut pas » (ouvrage cité, vol.I, page 148).En bonne logique, donc, conclurons-nous, le Magistère Suprême auquel il revient de se prononcer en dernière instance sur la valeur intrinsèque du dogme et de la morale, n’est pas celui du Souverain Pontife tel qu’il a joué à travers les siècles, car ce magistère était inféodé, lui aussi, à la mentalité projective, mais c’est celui de la raison, c’est celui du philosophe critique, tel que le conçoit l’auteur.Le modernisme intégral de M.Duméry ne pouvait pas ne pas être condamné.Le principe de la déviation foncière .est, là, d’ordre philosophique, plus précisément même d’ordre métaphysique.Nous le situerions volontiers dans une méconnaissance totale de l’analogie de l’être.Saint Pie X ne l’a pas dit en vain dans l’Encyclique Pascendi: « Magistros autem mo-nemus ut rite hoc teneant, Aquinatem deserere praesertim in re metaphysica, non sine magno detrimento esse » (A.A.S., 1907, p.640).Puissent ceux auxquels incombe la lourde et grave responsabilité de la formation philosophique des futurs prêtres dans les Facultés, les Séminaires et les Scolasticats, ne jamais mécon-paître dans la pratique ce que le Siège Apostolique a maintes et maintes fois répété avec instance et clarté, depuis notamment le pontificat de S.S.le Pape Léon XIII, au sujet de l'enseignement de la philosophie scolastique en général et de celle de saint Thomas d’Aquin en particulier.Une mauvaise philosophie ne peut conduire qu’à une mauvaise théologie.Nous en avons, là encore, un exemple douloureux.MISE EN GARDE DE LA CONGRÉGATION DES SÉMINAIRES ET UNIVERSITÉS ROME (CCC) — Un Monitum de la Congrégation des séminaires et des universités, met en garde les évêques et les recteurs des facultés d’Etudes ecclésiastiques contre un ouvrage intitulé: Introduction à la Bible.T.I.— Introduction Générale, Ancien Testament, édité en 1957 (Desclée), parce que regardé comme « inadapté, suivant les normes d’une saine pédagogie ».Le Monitum déclare que cet ouvrage ne doit être utilisé en aucune façon, ni comme livre de texte, ni comme texte supplémentaire.Dans un commentaire qu’il consacre à cette mise en garde, L’Osservatore Romano écrit qu’il faut constater, avec regret, que l’ouvrage visé est « corrosif », sans que l’on doive mettre en cause pour cela « la bonne volonté et la rectitude » des onze auteurs qui ont collaboré à sa composition.Voici le texte de ce Monitum: « Quel prix l’Eglise attache à ce que les aspirants au sacerdoce soient instruits d’arguments solides et sûrs dans leurs études de la Sainte Ecriture et des choses bibliques, le fait est connu de tous.Après avoir examiné avec soin le volume intitulé: Introduction à la Bible.T.I.— Introduction Générale, Ancien Testament (éd.Desclée et Cie, 1957), cette Sacrée Congrégation l’a jugé inadapté parce qu’il ne semble pas répondre aux préceptes d’une saine pédagogie et d’une méthode exacte et aussi pour d’autres causes.Que tous ceux que concerne le présent avis soient donc avertis de ne pas permettre que cet ouvrage soit utilisé comme livre d’études ou comme auxilaire des cours.Donné à Rome au Palais de Saint-Callixte le 21 avril 1958.» J.Card.Pizzardo, préfet C.Confalonieri, Archev.Nicopolit., secret.15 ,3 oeuvres de grande classe Un classique INITIATION À L'ECONOMIE POLITIQUE PAR FR.-ALBERT ANGERS, L.SC.C, D.SC.P.(PARIS) (professeur à l'Ecole îles Hautes Etudes Commerciales) 3e édition, mise à jour, considérablement augmentée 400 pages, reliure toile, nombreux graphiques $5.00 (par la poste $5.20) Une étude exhaustive LITTÉRATURE CANADIENNE-FRANÇAISE par Samuel BAILLARGEON, c.ss.r."Littérature canadienne-française est un guide éclairé, un inventaire opportun, un manuel de grande classe." Préface de M.le chanoine Lionel GROULX 460 p.Format 6Vi x 9.Relié.79 photos d'auteurs.Sous chemise en couleurs.$6.00 (par la poste $6.20) Une fresque unique HISTOIRE DU CANADA Tome par M.le chanoine Lionel GROULX I__ Naissance laborieuse (1534-1660) Période de l'essor (1660-1672) Le cheminement (1672-1755) Tome II — 220 p.Cartes.Index Le cheminement dans la paix (1713-1754) Vers la catastrophe (1755-1760) 302 p.Caries Index Chaque volume $2.00 net Prix spécial.Chaque volume: $1.25 net (par la poste $1.35) MONTRÉAL 25 est, rue Saint-Jacques .UN.1-9621* SAINT-BONIFACE, Man.135 ave Provencher CH.7-1735
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