Lectures, 1 janvier 1958, mercredi 1 janvier 1958
PER LECTURES Nouvelle série Vol.4 - No 9 Montréal.1er janv.1958 “Arthur Buies, homme de lettres”"’ Dans cette thèse — car c'en est une —, M.Lamontagne eût-il entrepris d’abattre l’échafaudage des incompréhensions que le pamphlétaire Grignon dressa un jour contre Buies (Ombres et clameurs, 1933), il n’aurait pas mieux réussi.Son enquête et son exposé, qui attestent tous deux une haute conscience professionnelle, mettent enfin en relief le seul Buies qui soit authentique, « plus Canadien que Français dans son inspiration, mais plus Français que Canadien par sa formation et sa tournure d’esprit » (p.223-224).Ce n’est pas que, dans cette œuvre « faite de main d’ouvrier », n’apparaissent ça et là de légères taches.L’auteur nous semble s’être mépris sur le récit provoqué par le mot « passation » (p.35, 230).Le terme n'a pas « échappé » à Buies et il le donne bien comme une citation de Garneau; seulement, comme « passation » ne se lit chez notre historien national ni ailleurs ni surtout dans ce texte, il faut voir là un des trucs si souvent exploités par Buies pour enfoncer une idée.De même, M.Lamontagne serait sans doute assez en peine d’indiquer où se trouve, dans L’origine des espèces de Darwin, la théorie postérieure par laquelle « on essaie de faire descendre l'homme du singe » (p.46).Enfin, M.Lamontagne aperçoit, au lieu des aspects d’une question, ses « côtés » (p.101); il confond sans cesse « tout de même > ou « pareillement * avec « quand même » ou « cependant »; il abuse de « réaliser » pour exécuter, accomplir, achever, satisfaire; il écrit « véracité » au lieu de vérité d’une chose, « résidence » au lieu de domicile, « marier » pour épouser, etc.Ces vétilles écartées, on se croit autorisé à dire que le Buies ici portraituré est le vrai Buies que révèlent ses œuvres.Pour tracer son dessin, M.Lamontagne n’a eu qu’à appliquer la seule méthode plausible en pareil cas: suivre pas à pas la chronologie des écrits.Il y ajoute un autre procédé: celui de rapprocher Buies de tous ceux à qui on l’apparente, Montaigne, Voltaire, Chateaubriand, Hugo, Lamartine, Miche- let et tant d’autres.Mais, au lieu de le comparer à eux — ce serait de l’impudence —, M.Lamontagne se contente de rechercher dans quelle mesure Buies s’est inspiré de ces maîtres.L’auteur tire de là des tableaux à la fois riches d'idées et remarquables de pondération, comme celui qui occupe tout le chapitre III.Mais surtout, M.Lamontagne situe Buies dans le cadre de son époque et montre que ce perpétuel inconstant fut le produit de son tempérament, des influences qui s’exercèrent sur lui (sa famille, le curé Labelle), des idées alors prédominantes (révolution française de 1848, Institut canadien), de ses passions surtout (a-mour du sol natal, antipathie pour l’émigration).De cette accumulation de traits se dégage un Buies on ne peut plus trompeur: à la fois Cyrano et Figaro, mais plus Cyrano que Figaro (ch.XIV); un classique de goût et un romantique de forme; un être qui se drape dans toutes les antinomies, horreur du Jésuite et admiration de l'Oblat, haine du clergé et respect de la religion; un La Fontaine aussi « changeant et divers » que le fabuliste.Ajoutez à ce portrait l’écrivain aux fidélités successives (ch.XIII), mais soucieux de la phrase correcte et du mot propre; l’ami, prodigue aussi bien pour ceux qui exploitent son talent à leurs fins que pour le prêtre désintéressé dont il est à la fois l’ombre et la plume.Dans des genres mineurs, Buies apparaît enfin celui de nos prosateurs qui a porté le plus haut le souci de la pensée claire et de l’expression juste.Quelques additions à la bibliographie auraient-elles complété ces données ?On est surpris de n’y voir mentionnées ni l'Histoire du collège de Nicolet par Mgr Irénée Douville ni l’Histoire du collège de Ste-A nne-de-la-Pocatiè-re par Mgr Wilfrid Lebon, cette dernière si abondante en détails sur l'abbé Pierre Bouchy (p.17).L’essai du Père jésuite Théophile Hu-don sur L’Institut canadien (vers 1930) eût I Suite à la page 130) LECTURES REVUE BI-MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES Direction: R.P.Paul-A.Martin, c.s.c.Rédaction: Rita Leclerc Abonnement annuel: $2.00 Etudiants: $1.00 Le numéro: $0.10 FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — Plateau 8335 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.(Suite de la pape 129) fourni d'utiles précisions, en particulier sur l'affaire Guibord (p.107).Dans Les bibliothèques canadiennes (vers 1918), Aegidius Fauteux raconte tout au long l'aventure du fantasque M.de Wattemare (p.49), le bibliomane ventriloque.Cette biographie, si consciencieuse malgré cela, constitue une véritable anthologie de l’œuvre de Buies, en raison de ses multiples citations.Peut-être n'y manque-t-il que le tableau luxuriant des bords du Témiscamingue (Ou-tnouais supérieur).P.135, 1.20-21, il s'agit des « corps célestes * et non de corps célèbres.Emile CHARTIER, p.d.( 1 ) LAMONTAGNE (Léopold) ARTHUR BUIES HOMME DE LETTRES.1840-1901.Québec.Presses Universitaires Laval.1957.258p.22cm.$3.50 (frais de port en plus) Pour tous Rectification de cotes Dans le numéro du 15 décembre 1957 de Lectures, en page 127, il faut mettre la cote M (mauvais) au lieu de D (dangereux) au livre d’Alexandre Dumas intitulé Le Sphinx rouge.Dans le numéro du 15 novembre 1957, à la page 91, il faut mettre la cote B ?(appelle des réserves) au lieu de B (pour adultes) au livre de Kathryn Hulme: Au risque de se perdre.La lecture de ce livre peut donner, aux lecteurs non avertis, une idée tout à fait fausse de la vie religieuse.Dans le numéro du 15 avril 1957, à la page 171, il faut remplacer la cote TB (pour tous) par la cote B (pour adultes) dans la recension du livre de Daniéla Krein: Une femme en blanc.La Rédaction Indes des auteurs recensés dans ce numéro CREUSEN (J.), p.136 DEL MEDICO (H.E.), p.137-138 DE ROQUEBRUNE (R.), p.133-134 DOBRACZYNSKI (J.), p.140 DORGELES (R ), p.140-141 GUARDINI (R.), p.135 HUNERMANN (G.), p.136 KR1EKEMANS (A.), p.139 LAMONTAGNE (L.), p.129-130.LEVAUX (L.), p.138-139 MAURAULT (Mgr O.), p.131-132 MERTON (T.), p.139 VERCEL (R.), p.141 VICAIRE (M.H.), p.141 I 40 Publication approuvée par l’Ordinaire Littérature canadienne Etudes d'auteurs Mgr Olivier " 11 n’appartient pas à tout le monde d’être né à Sorel.Ceux qui ne jouissent pas de ce privilège y perdent une certaine rondeur d'attitude, une élégance de gestes, une prestesse d’allure, une délicatesse d'expression accentuée d'un sourire mi-ironique et mi-bienveillant.Mgr Olivier Maurault.lui, a vu le jour à Sorel, le 1er janvier 1886, d'une famille illustrée par son grand oncle l’abbé Pierre-Anselme Maurault, curé de Saint-Thomas de Pierreville et auteur de l'Histoire des Abénaquis (1866).S’il en est parti d'assez bonne heure, il en a gardé le besoin de mouvement, la facilité d’adaption, la tendance à la vie sociale, la curiosité presque universelle, la parole coulante et pittoresque.Membre de la Compagnie de Saint-Sulpice ou Société des Messieurs, ses maîtres, il fait partie de la génération qui fut la plus voisine de celle des derniers pionniers venus de France: MM.Colin, Lecoq, Urique, Vauban, Lelandais, Garroughteit, etc.11 a meme portraituré l'une et l’autre, en un diptyque savoureux que seuls connaissent les intimes.Attitudes, gestes, occupations: tout y oppose l’école du progrès à celle de la tradition.Les dessins s’inspirent tous du mot du loustic: « Une tradition est une si excellente chose qu’il faudrait en inventer une nouvelle tous les jours.» Quant à l'auteur, autant il respecte les coutumes vénérables de sa Compagnie, autant il boude peu, sinon les entreprises nouvelles, au moins les façons nouvelles de les exécuter.Professeur, vicaire, économe, curé, directeur de collège, recteur d'Université (1934-1955), archiviste enfin, il a passé par tous les postes.Mais aucun ne l’a assez absorbé pour l'empêcher de se livrer à sa passion la plus profonde: le culte des choses du goût, la pratique des œuvres de goût.Son goût, aussi fin qu'étendu, il l'appliqua avant tout aux œuvres d'art, il se peut que ce soit sous l'influence de son ami Charles Gill, le peintre bohème et le poète ailé: le recueil pieusement colligé des vers de ce dernier le ferait croire.En tout cas, le premier volume des Marges d'histoire (1929) est tout entier consacré aux formes diverses de l'art national: architecture, peinture, sculpture.Puis, après avoir suggéré le sujets des vitraux de Notre-Dame, avec quelle ferveur il les explique et les commente dans ce bijou de typographie La Paroisse (1929 et 1957) ! L'art le passionne à ce point qu'il y revient dans presque tous ses livres, entre autres dans cette collection de bluettes que sont les Brièvetés (1928).Le goût artistique va rarement sans le goût littéraire.Ici, deux genres en particulier ont sollicité l'attention de Mgi Maurault.Ce n'est pas pour rien que, depuis vingt ans bientôt, il préside aux destinées de la Société historique de Montréal: il avait sacrifié tant d'heures aux recherches minutieuses de la petite histoire ! Ami de Pierre-Georges Roy.Aegidius Fauteux.Zotique Massicotte.Victor Morin et Mgr Albert Tessier, ces infatigables chercheurs, il s’était penché sur ses deux amours: Montréal (Moisson de Ville-Marie.1943, Marges d'histoire II, 1929) et sa propre Compagnie (* Nos Messieurs », 1937.Saint-Sulpice ou Marges d’histoire III, 1930 et Le Collège de Montréal, 1918).Ces travaux lui laissèrent toutefois le temps de s'adonner au plus difficile des genres: la critique littéraire.Mgr Maurault l'applique tantôt aux œuvres que l'on soumet à son appréciation tantôt dans ces allocutions que lui impose la remise de doctorats honorifiques.Si Propos et Ml 1749 portraits (1941) sont constitues pour une large part par ces dernières, on trouve beaucoup des premières dans Brièvetés (1928).La plus importante.la plus fouillée aussi, nous paraît bien être l’étude inspirée par le romancier Joseph Marmette (Marges d'histoire, I, 1929, p.207-244).Cest d'ailicurs la seule, croyons-nous, où la sûreté d'une vaste érudition puisse être prise en défaut.Mgr Maurault y attribue la vocation de Marmette à son voyage à Paris, de 1880 à 1884; or, comme on le voit par l'analyse qui suit dans l'article, tous les romans de l'écrivain sont antérieurs à ces dates.Partout ailleurs, les renseignements sont d'une parfaite précision, comme les jugements d’une exemplaire pondération.Tant de travaux n'ont pourtant pas retenu Mgr Maurault dans son Montréal préféré assez pour l'empêcher de «voir le monde ».Comme membre de missions culturelles, comme secrétaire de ses supérieurs majeurs en visite, comme recteur d'Université.il dut céder au besoin de mouvement du Sorelois et multiplier les voyages.Avec son œil très ouvert, sa facilité de Tiaison.sa faculté d'observation, il accumulait en cours de route les notes abondantes et précises.Cela nous a valu ces recueils, Aux Loui-sianais (1943), Le Mexique de mes souvenirs (1945), où l’évocation des paysages et l'exposé des mœurs et coutumes le disputent à l'abondance et au relief des tableaux historiques.De tous ses livres, Mgr Maurault nous en voudrait de ne pas dire que celui auquel il s'est attaqué avec le plus d'amour et de constance, c'est La Paroisse ou Notre-Dame de Montréal (1929 et 1957).Curé de cette église-mère de 1926 à 1929.il trouvait, en racontant ce sujet, l'occasion de satisfaire ses trois passions à la fois: son goût de l’art, son attrait pour la petite histoire, l'amour de sa ville.La vie du temple ayant été mêlée à celle de ses fidèles comme à celle de la colonie canadienne presque entière, l'exposé de son histoire particulière s'y élargissait jusqu'à s’identifier avec la vie religieuse de la nation.Les efforts successifs des artistes pour faire de Notre-Dame le temple le plus expressif d’Amérique se couronnaient en 1929, lors de la célébration du premier centenaire, par un suprême souci d'art: résumer dans des vitraux de maîtres l'histoire de ce monument national.On comprend que Mgr Maurault ait mis tout son cœur à faire de sa description et de son récit une œuvre d'art, que complètent et la luxueuse typographie de l’ouvrage et les soixante-dix-sept images qui le terminent.11 reste, de la physionomie de Mgr Maurault, un aspect qu’on n'a pas le droit d’oublier: l'homme de société.Par ses contacts continuels avec les groupes du dehors comme avec ceux de l'intérieur, Mgr Maurault a conquis à sa maison des fidélités multiples et précieuses.Ses allocutions, remarquables par leur jovialité et leur finesse autant que par leur brièveté, ont fait de lui le causeur recherché, tout comme sa vibrance faisait de M.Montpetit, l’orateur aimé.Peu d'universitaires ont appliqué aussi souvent que lui la sage politique dont l'Université s’était fait une loi dès ses débuts: « du moment qu’on est invité quelque part, il faut y être ».Il a été ainsi l'idéal agent de liaison, pour une institution comme la sienne destinée à rayonner dans le monde entier.Serait-ce qu’avec lui, selon le mot de Tacite, amicitia pares facit encore plus que pares invertit?Ce pourrait bien être tout le secret de la longue et bienfaisante influence exercée par Mgr Olivier Maurault.ÿ * * ŒUVRES — Nous omettons les innombrables plaquettes et tirés à part dont Mgr Maurault gratifie ses amis chaque année, à l'occasion par exemple du premier jour de l'an.Nous nous en tenons aux ouvrages d’une certaine haleine: Le Petit Séminaire de Montréal.Montréal, Derome, 1918.237p.ill.— Saint-Jacques de Montréal.L'église — La paroisse.Montréal [l’AuteurJ 1923.126p.21.5 cm.— Le Cap Eternité et autres poèmes de Charles Gill.1925.— Brièvetés.Montréal.Ed.du Mercure, 1928.272p.— La Paroisse.histoire de Notre-Dame de Montréal.Montréal, Carrier, 1929.334p.(2e éd.: 1957).—Marges d’histoire I: L’art au Canada.Montréal, Librairie d'Action canadienne-française, 1927.310p.— Marges d’histoire U: Montréal.Montréal, Librairie d'Action canadienne-française, 1929.302p.— Marges d’histoire III: S.-Sulpice.Montréal, Librairie d'Action canadienne-française, 1930.19cm.— « Nos Messieurs ».Montréal, les Editions du Zodiaque, 1937.328p.18cm.— Propos et portraits.Montréal, Ed.Bernard Valiquette [1940].299p.20 cm.— Moisson de Ville-Marie.Montréal, Ed.Fides [1942], 198p.20cm.— Aux Louisianais.Montréal, les Ed.des Dix, 1943.160p.21.5cm.— Le Mexique de mes souvenirs.Montréal, les Ed.des Dix, 1945.160p.21.5cm.Nous omettons pareillement les multiples articles que Mgr Maurault a publiés dans des revues ou collections comme Le Semeur, L'Action canadienne-française devenue L’Action nationale, La Mission Cavelier de la Salle, les Cahiers des Dix, la Revue de numismatique, les Mémoires de la Société royale, la Revue canadienne, etc.Emile CHARTIER, p.d. I Robert de " .Il naquit le 28 juillet 1889, au manoir de Saint-Ours, à l’Assomption, dans la province de Québec.Son arbre généalogique se ramifie sur un vieux tronc d’authentique noblesse française; au XVIe siècle, les La-Roque et Roquebrune avaient girouette sur la tour de leur manoir en Gascogne.Parmi ses ancêtres plus immédiats, on rencontre des ligures historiques hautes en couleurs, tels les Saint-Ours, Irumberry de Salaberry et Hertel de Rouville.Il a sept ans lorsque son père, Louis-René Hertel de la Roque de Roquebrune, appelé à d'importantes fonctions administratives, se résout à monnayer terres et manoir pour établir sa famille à Montréal dans le quartier Saint-Louis-de-France.Le jeune Robert acquiert les rudiments du savoir auprès de professeurs privés, poursuit ses études au Mont-Saint-Louis et va les parachever outre-mer à la Sorbonne et au Collège de France.En 1911, il épouse Josée Angers, nièce de Sir Auguste-Réal Angers, lieutenant-gouverneur de la Province.Les jeunes époux font un bref séjour en France, puis s'installent à Belœil où de Roquebrune possède une petite propriété.Ils y passent la guerre.Robert de Roquebrune s'intéresse aux lettres; il collabore à des revues, donne des conférences et adhère à divers mouvements de jeunes.Conscrit en 191 S, il est démobilisé lors de l'armistice, et il se voit offrir une situation au Bureau des Archives canadiennes à Paris.Il rejoint son poste l’année suivante et se spécialise dans la recherche et le déchiffrement paléographique des documents relatifs à l’histoire du Canada.L’invasion allemande de 1940 I oblige a rentrer précipitamment au Canada.11 obtient une place aux Archives nationales a Ottawa où il a rang d’archiviste.Les hostilités terminées, il retourne à Paris en qualité de Directeur du Service des Archives canadiennes.Malgré son âge relativement avancé.Robert de Roquebrune occupe toujours ces mêmes fonctions.Il a sa demeure à Paris, il passe ses vacances dans sa villa de la Côte d’Azur et il voyage à travers l’Europe.* $ * Robert de Roquebrune a été fortement marqué par un anachronisme qu’on a peine a concevoir de nos jours en Amérique: une enfance vécue dans un milieu aristocratique tout à fait « ancien régime », dans un manoir où les maîtres de céans avaient a leur service des domestiques, des « engagés » et même un noir autrefois esclave sur une plantation en Virginie.Tous les ouvrages de l’Auteur évoquent le milieu aristocratique qui lut le sien.Un manoir se profile à l’arrière-scène, on a des serviteurs, des meubles de style, de l’argenterie armoriée, etc.Toujours quelques personnages sont empruntés à la généalogie de l'Auteur; ils se nomment Salaberry, Hertel, Irumberry.Les alliances se contractent entre grandes familles, créant un cousinage aux ramifications multiples et compliquées.Archiviste de profession, De Roquebrune se plaît à faire de la lumière dans les broussailles des généalogies.Une partie notable de Testament de mon enfance est consacrée à la lignée de Roquebrune et aux rameaux venus se ureffer sur les branches maîtresses.Dans Les Dames Le Marchand, l’antiquaire apprend à la seigneuresse qu elle vient de perdre à Londres un lointain cousin en la personne de Sir Frédéric Fortescue.Bel héritage en perspective.Et l’antiquaire véreux étale devant la vieille dame, avide de refaire fortune, une généalogie où les Ailleboust de Périgny.dont elle est elle-même, s’introduisent dans la famille Fortescue.Ces alliances anglo-canadiennes étaient fréquentes autrefois dans la noblesse.Enfin D’un océan à l’autre débute dans le cabinet d'un ethnologue passionné de recherches sur les nations indiennes d'Amérique.Culte des dieux lares et fréquentation des documents d'archives auraient pu desservi^ le romancier chez Robert de Roquebrune.Il n en est rien.L’Auteur sait éviter l'écueil et ses romans sont d'une facture très vingtième siècle.On a même écrit que ses oeuvres d'imagination font penser à des * Westerns » à cause de la succession rapide des séquences, du coloris des scènes et de l’élan du dialogue.L analogie est indéniable.Mais comme tous les auteurs de scénarios, De Roquebrune se soucie peu d'exposer suffisamment l’événement historique qui sert de cadre à l’affabulation du roman.Il ne s'embarrasse guère que cet événement se déroule conformément à la réalité.Il lui arrive même de soutenir des avancés depuis longtemps réfutés.Autre sujet d’étonnement: le peu de compréhension que l'Auteur manifeste envers l'Eglise et ses ministres.Certains de ses personnages ont des allures de « Jean-Jacques » d'un goût plutôt rance aujourd’hui.133 793451 Lorsque parut Les Habits Rouges, en 1923, la critique eut une heure d'enthousiasme.Le roman de Roquebrune recevait les honneurs du Prix David, décerne pour la première fois.On parlait d’un renouveau plein de promesses pour le roman canadien.Avec sa phrase dis-tiguée, ses images pittoresques et colorées, l'allure dégagée et vive de son récit.De Roque-brune faisait oublier certaines faiblesses et négligences de son roman.D'un Océan à l'autre, paru l'année suivante, exploitait également notre trésor historique avec l'insurrection des métis et la bataille du rail.De Roquebrune accentue davantage le genre » western ».le sujet l'y contraignant en quelque sorte.Roman superficiel fait d'incidents, de mésaventures, de péripéties, entrecoupé de quelques bonnes descriptions, de quelques scènes épiques réussies.Aucun progrès sensible en somme sur l’œuvre précédente.Le style lui-même est moins châtié et des négligences apparaissent ici et là.Avec Les Dames Le Marchand (1927).De Roquebrune fente un essai dans le roman social et psychologique.Mme Le Marchand de L.igneris a eu des déboires à la Bourse et elle désire redorer le blason de la famille en mariant son petii-lils à une riche héritière américaine.Malheureusement, le jeune homme rentre d'Europe revêtu de la soutane.La grand' mère est terrassée; quelques jours plus tard on la conduit au cimetière.L'Auteur fait preuve dans cet ouvrage d'une plus grande maturité et d une meilleure possession de ses moyens.La trame offre une consistance mieux étoffée, même si le roman tourne un peu court à l'épilogue, et les silhouettes des personnages ont des contours nets et bien accusés.Certains personnages: 1 ambitieuse Mme Le Marchand et l'antiquaire astucieux sont des types humains très réussis.Le style marque un progrès sensible et la phrase n'a pas de ces faiblesses qui déparaient les œuvres antérieures.En 1942, à son retour au pays.Robert de Roquebrune fournit à un éditeur montréalais la matière d'un recueil de nouvelles.Le volume révèle chez l'Auteur de réels talents de conteur et un écrivain assez doué pour le genre policier.Entin.à soixante et deux ans, De Roquebrune publie un récit autobiographique sous le titre de Testament de mon enfance.C'est, sans contredit, l'œuvre la meilleure de Robert de Roquebrune, celle qui le sauvera probablement de l'oubli.Elle présente une valeur documentaire, comme tableau de mœurs d'un seigneur canadien au déclin du siècle dernier.Mais là n'est pas son principal mérite.Il y a, dans ces souvenirs d'enfance, des pages qui sont des modèles du genre, des morceaux dignes de figurer dans une anthologie de la littérature cana- dienne.Ces pages sont pleines de fraîcheur et de poésie.On y évoque, avec une discrète note de nostalgie, un foyer uni, vivifié par la douce chaleur de l’amour maternel et égayé par les saillies d'un père au cœur d'or, un peu indolent, espiègle à ses heures.Certains personnages, auréolés de poésie, se détachent en un relief aux tons chauds: le vieil esclave noir Sambo, la grosse Sophronie, madame de Roquebrune, et surtout René, le compagnon de jeux de Robert, un enfant rêveur un peu étrange et qui s'adonnera au mysticisme.L'œuvre de Robert de Roquebrune.si elle n'est pas considérable, reste assez variée.De valeur inégale, elle ne saurait prétendre à une longue survie.Elle aura contribué cependant à revaloriser notre littérature à une époque où on doutait de ses possibilités.En France, où l'Auteur a publié scs ouvrages, elle aura réveillé la curiosité et l'intérêt pour ce rameau détaché de la famille française oublié en terre d’Amérique.* * * ŒUVRES.— Les Habits rouges.Roman.Paris.Ed.du Monde Nouveau, 1923.280p.— D'un Océan à l'autre.Roman.Paris, Ed.du Monde Nouveau, 1924.254p.— Les Dames Le Marchand.Roman.Paris, Ed.du Monde Nouveau, 1927.198p.— Contes du soir et de la nuit.Nouvelles.Montréal.Ed.Bernard Valiquette, 1942.154p.— Testament de mon enfance.Récit.Paris, Ed.Librairie Plon, 1951.248p.* * * SOURCES À CONSULTER.— Baillar-geon (Samuel), c.ss.r.Littérature canadienne-française.Montréal, Fides [1957J.460p.23cm.P.240-244.— Bernard (Harry), Essais critiques.Montréal.Action canadienne-française.1929.196p.18cm.P.135-147.— Harvey (Jean-Charles), Pages de critique sur quelques aspects de la littérature française au Canada.Québec, Le Soleil, 1926.187p.18cm.P.114-121.— Hébert (Maurice), De livres en livres, essais de critique littéraire.Montréal, Ed.du Mercure, 1929.251p.18cm.P.121-133.— Roy (Mgr Camille), Manuel d'histoire de la littérature canadienne de langue française.Montréal, Beauchemin, 1939.191p.18.5cm.P.154 et 175.— Roy (Mgr Camille), Regards sur les lettres.Québec, Action Sociale, 1931.240p.18cm.P.192-208.— Marchand (Louise), Bio-bibliographie de Robert la Roque de Roquebrune.Montréal.Ecole de Bibliothécaires de l'Université de Montréal, 1941.60p.Clément SAINT-GERMAIN Littérature étrangère Philosophie (1) GUARDINi (Romano) LA MORT DE SOCRATE.Interprétation des dialogues philosophiques Eu-thyphron, Apologie, Criton, Phédon.Traduit de l’allemand par Paul Ricœur.Paris, Editions du Seuil.268p.19cm.S2.70 (Frais de port en plus) Pour tous, niais spécialisé Faut-il voir quelque relation entre la récente publication aux Editions du Seuil du livre de M.Guardini et le malhabile persiflage sur le « mythe de Socrate * que vient de nous servir M.Gusdorf dans son Traité de Métaphysique ?Nous l'ignorons.Il semble cependant que l’esprit français s’indigne courageusement lorsque quelqu'un ose porter la main sur cette haute figure.Ne domine-t-elle pas tout le panorama de l'humanisme occidental ?Rien de plus naturel que M.Paul Ricœur.celui que l'on a surnommé le « philosophe de la volonté », ait relevé le défi à sa manière en nous donnant, à la suite de Socrate et la conscience de l'homme, de Micheline et Marie Sauvage, une traduction du beau livre de Guardini: Der tod des Sokrates, déjà publié depuis 1947.Il y eut donc un procès de Socrate comme il y eut un procès de Jésus.L’écho de ce procès célèbre nous est transmis surtout dans les quatre dialogues de Platon, dits socratiques: l'Eu-thyphron, l’Apologie, le Criton et le Phédon.L'auteur laisse beau jeu aux textes mêmes, les accompagnant, comme en sourdine, de ses réflexions personnelles.Son intention est explicite: édifier un champ de forces spirituelles dans un tête-à-tête vital avec l’illustre maître de Platon.Cependant, l'étude de M.Guardini.nous ne le cachons pas, pose un problème méthodologique et peut-être le résout-elle en même temps.Un commentateur sérieux de Platon ne saurait écarter sans péril les méthodes philologiques et historiques mises en honneur par la science allemande.Or.M.Guardini qui voue, par ailleurs, un grand respect à ces méthodes scientifiques, comme il l’affirme lui-même dans sa préface, a cru meilleur de ne pas les utiliser, du moins visiblement.Ainsi l'étude méthodique des mots et de leur contexte historique a dû céder le pas à la réflexion proprement philosophique.Nous avouons que l’auteur a joué avec une arme à double tranchant.Ajoutons immédiatement qu’il a été bon joueur.Les méthodes positives appliquées minutieusement à la compréhension d'un texte philosophique donnent une assiette ferme à une pensée qui, par ailleurs, peut devenir sèche et aride.La réflexion philosophique permet un certain courant vital, mais parfois conduit à des erreurs magistrales d’interprétation, surtout lorsque le commentateur manque de maîtrise et d’expérience.Entre ces deux méthodes que nous ne croyons pas exclusives, mais complémentaires, M.Guardini a donc délibérément choisi la voie de la réflexion philosophique.Sa maîtrise le lui permettait.Et nous ne croyons pas qu'il ait donné dans la divagation maladroite.Ce qui nous autorise à croire que cette rencontre personnelle avec Socrate devait jouir de solides bases philosophiques et historiques.Il y a ici pour le lecteur une belle leçon d’humilité.L’auteur a cru préférable, cachant tout l’arsenal critique de ses études, de nous en livrer seulement la pure substance spirituelle.Nous ne saurions trop I en remercier à une époque où chaque spécialiste tente d’épater son lecteur et de l'écraser sous l’amas des références.Des quatre dialogues, l’on retiendra surtout les commentaires sur le Phédon.Clarté, intelligence, profondeur font de ceux-ci un bijou d interprétation philosophique.On pourrait facilement les utiliser en guise d'initiation à la pensée de Platon.Ils révèlent chez l’auteur une maîtrise parfaite de l’intuition fondamentale du grand penseur grec, de sa « vision du monde » pour employer les mots de M.Gouhier.On ne rencontrera nulle part dans nos manuels de philosophie autant de hardiesse et de sûreté.Cependant, ici encore, se pose un problème sérieux.M.Guardini situe visiblement Socrate et Platon (on sait que le Phédon est un dialogue de la maturité) dans un éclairage existentialiste.Peut-on dire de Socrate et de Platon qu’ils furent des philosophes de l'existence ?En quel sens?Doit-on, au contraire, tenir qu’ils turent des philosophes de l'essence ?Comment ?Il est difficile de dirimer la controverse.Mais nous retenons la leçon de M.Gouhier selon lequel il est impossible à un esprit moderne de comprendre totalement Platon, comme un Grec pouvait le comprendre.Les catégories de l’esprit sont modifiées, leur arrière-plan existentiel étant différent. Et alors que pouvons-nous au juste reprocher à M.Guardini ?Terminons plutôt par la phrase finale de l’auteur lui-même qui nous livre tout son esprit: « Ainsi s'achève le Phédon de Platon, — un de ces livres en petit nombre qui n'ont jamais fini d’appeler les humains à examiner s'ils sont dignes de ce nom d'homme.» Yvon LAFRANCE Religion (2) CREUSEN (J.), s.j.RELIGIEUX ET RELIGIEUSES D'APRES LE DROIT ECCLESIASTIQUE.Septième édition corrigée et augmentée.{Bruges (Belgique)} Des-clée de Brouwer, 1957.337p.23cm.Pour tous, niais spécialisé Cet ouvrage en est à sa 7e édition, la dernière remontant à l’année 1950.La présente réédition revêt une singulière importance, car l'activité législative concernant la vie religieuse a connu un essor très fécond en ces dernières années, par la publication de documents importants, notamment au sujet des moniales et de la formation des religieux clercs.L'A.a disposé toute la législation nouvelle depuis la promulgation du Code, selon l'ordre des canons qui traitent des Religieux.Un premier appendice fournit un résumé succinct, mais substantiel, des renseignements relatifs aux Instituts séculiers (p.289-291).Ces derniers ne présentent pas toutes les propriétés canoniques requises pour constituer l’état juridique de perfection au sens strict, comme par exemple les vœux publics (can.488, I) et la vie commune (can.673), mais ils sont considérés comme appartenant à la substance de la vie de perfection, comme l’indiquent la Constitution apostolique Provida Mater et le Motu pro-prio Primo féliciter.De plus, l'A.reproduit le questionnaire qui fait l'objet du rapport quinquennal que doivent adresser à la S.Congrégation des Religieux les Congrégations et les Sociétés de droit diocésain (p.292-323).Nous retrouvons ensuite quelques formules usuelles de suppliques qui peuvent éventuellement être envoyées au Saint-Siège (p.324), l'explication de quelques termes juridiques (p.325-327), un résumé du droit spécial qui régit les Congrégations diocésaines (p.327-331), une table alphabétique des matières (p.332-337).Ce livre s’adresse plus spécialement aux membres des Ordres et des Congrégations laïques.Néanmoins, il contient aussi la législation qui régit les religieux clercs, en tout ce qui est susceptible d'un intérêt général; pour plus de détails sur des problèmes particulièrement complexes, le lecteur pourra recourir à des ouvrages plus élaborés.L'A.est professeur de Droit canonique à l'Université Grégorienne, consulteur du Saint-Office et de la S.Congrégation des Religieux; ces fonctions suffisent à établir sa réputation dans l'Eglise.Ovila MELANÇON HUNERMANN (G.) DALLIANCE DU SINAI.Récits de l’Ancien Testament.Mulhouse, Editions Salvator, 1957.421p.pl.(h.-t.) 21.5cm.Pour tous Le présent ouvrage a voulu renouveler un genre littéraire déjà ancien, mais qui, trop souvent, est tombé dans l'infantilisme: l’Histoire Sainte.L’auteur a suivi scrupuleusement les données bibliques, en les replaçant dans leurs cadres historiques à l'aide de documents extrabibliques, et d'études sur les civilisations anciennes.Son propos mérite d'être loué.Mais — ne faudra-t-il pas le regretter?— trop souvent encore, l’auteur a laissé courir librement son imagination, au point de voiler A paraître CLAUDEL POÈTE MYSTIQUE DE LA BIBLE par P.-E.Roy, c.s.c.i^hhCHEZ FIDES 136 le message religieux des récits de l'Ancien Testament sous des descriptions fantaisistes, qui ne trouvent certes pas leur justification dans les sources utilisées.Ses récits vifs et colorés, qui ne manquent pas de charme, risquent de captiver outre mesure l’imagination du lecteur, et de lui faire oublier l’intention de Dieu en inspirant son Histoire Sainte.Cet écueil inhérent à pareil genre littéraire a été évité, par endroits, quand l’auteur a tout juste suggéré le cadre humain du passage biblique, pour souligner ensuite exactement le message religieux de l'auteur inspiré.Nous ne demanderons pas la rigueur exé-gétique et scientifique à un ouvrage qui se destine, avant tout, à un public qui n'est pas informé des méthodes historiques et théologiques.Ce sont surtout les enfants des écoles primaires, et aussi ceux des premières années des écoles secondaires, qui mireront le plus d'intérêt à sa lecture.Nous croyons, d’ailleurs, que le livre leur est adressé.Il appartiendra donc aux maîtres de leur faire distinguer l'accessoire de l'essentiel.Ainsi, nous ne doutons pas que le but de l’auteur sera atteint: rendre l’Ancien Testament accessible à tous, même aux enfants.Guy COUTURIER DEL MEDICO (H.E.) L'ENIGME DES MANUSCRITS DE LA MER MORTE.Etude sur la date, la provenance et le contenu des manuscrits découverts dans la grotte 1 de Qumràn, suivie de la traduction commentée des principaux textes.Paris, Librairie Plon fl957}.592p.20cm.Pour tous, mais spécialise Un nouveau bouquin qui tente de résoudre l’« énigme des Manuscrits de la Mer Morte ».Plusieurs l’ont précédé, qui apportaient de nouvelles opinions ou de nouvelles tentatives de solutions qui, en définitive, convergaient toutes vers une même conception foncière de ces découvertes.Cette fois, le lecteur se butte à un refus absolu et catégorique de toute solution présentée jusqu’à date.Il faut avouer qu'on est choqué de voir avec quelle désinvolture l’auteur traite tout un monde de savants, qui ont déjà, depuis des années, étudié les problèmes archéologiques et scripturaires du Moyen-Orient, sans avoir erré en tout et partout.Quand il va jusqu'à identifier leurs méthodes à celles « employées au moyen âge.pour exploiter la crédulité des pèlerins » (p.100), nous pouvons douter de son sérieux.L'archéologie n'est plus cette course aux trésors d’« objets de musées ».Depuis plus d'un siècle déjà, elle est devenue une science, avec ses méthodes propres et spécialisées.Elle a fait ses preuves et a réussi à nous révéler, en toute certitude, des civilisations enfouies sous la poussière des millénaires.Il est donc renversant de lire, dès la première page de ce bouquin, « qu’en définitive, ce sont les textes et les textes seuls, qui peuvent nous conter leur Une offre exceptionnelle HISTOIRE DU CANADA par M.le chanoine Lionel GROULX Tome I.Naissance laborieuse (1534-1660) Période de l'essor ( 1660-1672) Le cheminement (1672-1755) 220 pages.Cartes.Index.Tome II.Le cheminement dans la paix (1713-1754) Vers la catastrophe (1755-1760) 302 pages.Cartes.Index.PRIX SPÉCIAL DE FIN D’ÉDITION Chaque volume: $1.25 (par la poste $1.35) FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, — MONTREAL — PL.8335* 137 histoire », c’est-à-dire, celle des Manuscrits de la Mer Morte.L'auteur fait profession de négliger tout à fait les données certaines de l’archéologie, qui dénouent souvent l'énigme des textes.Et de fait, ce vœu n’a pu être religieusement observé: plus d'une fois, il fait appel aux données archéologiques, mais avec un esprit déjà engagé, par parti pris.Si une note des fouilleurs semble appuyer une de ses thèses, alors seulement il y fait appel, en lui donnant forcément la tournure même de cette thèse.Il traite d’une même main la paléographie, la science des écritures anciennes.Nous ne pouvons plus affirmer en toute tranquillité que « le critère paléographique est peu sûr * (p.192).11 est un fait manifeste qu'il y a une évolution dans l'écriture, que les caractères hébreux du temps du roi Mésha sont bien différents, en leurs formes, de ceux du temps de l'exil, ou de l’ère chrétienne.Par suite, la calligraphie des Manuscrits du temps de la Mer Morte peut contribuer, et avec raison, à situer dans le temps la date approximative de leur composition.A ce rejet de méthodes, s’ajoute évidemment le rejet pur et simple des conclusions élaborées par elles, jusqu'à la mise en doute des faits historiques, indépendants de Qumrân et de ses manuscrits.Il serait vraiment trop long de réfuter toutes les erreurs historiques qu’on rencontre dans ce livre et de faire toutes les mises au point de première importance.Il ne me paraît pas exagéré d’avancer que chaque page, ou à peu près, réclamerait ainsi une mise au point.Je ne relèverai qu'une erreur et la plus grave.Selon Del Medico, les Esséniens, que la quasi totalité des savants ont reconnus comme étant les possesseurs de ces manuscrits et les habitants de l'établissement de Qumrân, seraient une pure fiction historique, et n'auraient donc jamais existé.Il croit prouver cette thèse en annulant tout à fait l'autorité d’historiens anciens.Pour lui, Philon « semble avoir inventé de toutes pièces ces vertueux Esséniens.habitant des villages dans une Palestine idéaliste » (p.79).Quant à Pline l’Ancien, nous ne pouvons guère compter sur son témoignage, car il n'alla jamais en Palestine, et par suite, n'eut jamais le bonheur de rencontrer un de ces bons Esséniens; i! ne fait donc que copier Philon.Et le témoignage si précis de l’historien Josèphc se voit éclipsé si l'on admet là la touche d'un interpolateur grec du troisième siècle de notre ère, en Italie, lui-même victime des récits de Philon et de Pline l’Ancien.Il faut avouer que notre auteur arrive très mal à prouver ses nouvelles théories.Il doit tabler sur des conjectures dont le nombre dépasse de beaucoup celui des tenants de l'historicité des Esséniens.Une fois l'existence de ces moines éliminée, il ne faut donc plus parler de monastère, ni de bibliothèque, ni de « Manuel de Discipline ».etc.Ces ruines de bâtiments ne valent guère la peine qu'on s'en occupe, et l'auteur les néglige d'office.Ces grottes ne peuvent donc être autre chose que des « génizoth », c'est-à-dire des lieux de rebut pour les livres « saints » des Juifs: les livres inspirés, et tout écrit qui mentionne le nom sacré de Yahweh.Sans doute, cet ouvrage ne changera en rien l'opinion d’une multitude d'orientalistes et d'exégètes.11 n'ajoute aucune lumière à la compréhension de 1*« énigme »; il pourrait tout au plus l'obscurcir, si l'étude des manuscrits n'était déjà si avancée.Le simple lecteur risque fort de s'embrouiller dans tout cet échafaudage intellectuel.Qu'il se reporte au volume de Millar Burrows.Guy COUTURIER LEVAUX (Léopold) REGARDS SUR LA VIE.Paris, Editions Universitaires {1957}.24 lp.18cm.Pour tous La fréquentation d'un esprit tel que celui de M.Léopold Levaux n'est jamais une perte de temps.On se trouve alors en face d'une intelligence extrêmement lucide, d’une sensibilité ouverte aux moindres nuances de la vie, d’une foi vive teintée d'angoisse sous la pesanteur du mal, d'un père de famille dévoué et conscient de ses responsabilités, bref, l'on retrouve un homme.Il n'est pas sûr que notre époque technique en produise encore plusieurs de ce calibre.Regards sur la vie sont les dernières pages écrites de la main de l'illustre professeur de l'Université de Liège, mort à la Pentecôte de 1956.Ce sont des pensées recueillies au jour le jour comme aiment à le faire ceux qui pensent et qui trouvent encore dans le luxe de la pensée quelque valeur humaine.Ces réflexions se répartissent sur l'ensemble de la vie religieuse et familiale.Léopold Levaux est un qonverti.On pense immédiatement à Bloy, Maritain, Claudel, Charles du Bos, cette grande lignée de convertis qui ont apporté au catholicisme français un peu de leur inquiétude, de leur pureté et de leurs exigences au service de l'Absolu.Les pages sur la vie religieuse se font donc l'écho de cette faim spirituelle que l’auteur n'a 138 jamais pu satisfaire et qu'il a maintenue intacte par delà les obstacles et les paradoxes quotidiens.J’entends encore sa phrase lapidaire: « Si l’on ne devient pas un saint, on a manqué sa vie, dans une mesure que Dieu seul connaît.» La deuxième partie du livre présente une conception chrétienne et réaliste de la paternité et de la maternité, de profondes réflexions sur l’éducation des enfants.Le lecteur attentif découvrira sous des pages frémissantes d’inquiétude un homme conscient des valeurs du passé et angoissé par le problème que pose leur adaptation au monde technique.On ne lit pas sans émotion, à une époque où l'esprit de l'homme est absorbé non plus par l'esprit scientifique mais par la concurrence technique, cette pensée de Levaux: « Le problème de l’homme n'est ni scientifique, ni technique essentiellement: il est moral et spirituel.* Mais on doute qu’il y ait encore aujourd’hui, même dans les milieux voués à la pensée, beaucoup d'hommes capables de la comprendre.Diogène y brûlerait sa chandelle plusieurs fois.Il vaudrait mieux lui conseiller la lanterne de poche.Yvon LAFRANCE MERTON (Thomas) LE SIGNE DE JONAS (The .Sign of Jonas).Traduit de l’américain par Marie Tadié.Paris, Albin Michel.380p.20cm.$3.35 (frais de port en plus) Pour tous I homas Merton est l'un des plus connus et des plus aimés d'entre les auteurs contemporains.Il s'est imposé à l’attention universelle par sa célèbre autobiographie publiée sous le titre de La nuit privée d’étoile (The Seven Storey Mountain).L'œuvre présente, pour n'ê-tre pas de même caractère, n’en est pas moins intéressante.Ce sont les pages de son journal de trappiste qu'il nous offre en cette œuvre.Jour après jour, on peut ainsi franchir les étapes qui l'ont conduit jusqu'au sacerdoce.Sous une forme indirecte, c'est un petit traité de spiritualité pratique; on y côtoie une âme vigoureuse et fervente qui est aux prises avec différentes difficultés et qui, bien que stabilisée déjà, cherche encore son orientation, sans recul jamais, mais à travers certaines hésitations ou inquiétudes.On voit aussi se nouer et se dénouer certaines crises spirituelles plus aiguës.Ce livre simple, sans aucune prétention littéraire, a donc une valeur certaine du point de vue spiritualité; il ne peut être que très profitable à ceux qui s’intéressent à l'expérience spirituelle.Faul-E.CHARBONNEAU Mariage (265) KRIEKEMANS (A.) PREPARATION AU MARIAGE ET A LA FAMILLE.Traduit du néerlandais par Cécile Seresia.Tournai, Cas-terman, 1957.217p.20cm.Pour adultes Un nouvel ouvrage sur un sujet qui semble particulièrement en vogue à notre époque: la préparation au mariage et à la famille.L’auteur est un père de famille nombreuse, professeur de psychologie à l'Université de Louvain.Son ouvrage comprend — comme son titre l'indique — une première partie sur la préparation au mariage et une seconde sur l’évolution de la société familiale.Ce sont des pages judicieuses qui — sans apporter un nouvel éclat à la matière — n'en sont pas moins précieuses tant par leur simplicité d’expression que par l'équilibre des propos qu’elles présentent.Les principaux problèmes pratiques qui s’offrent à des fiancés y sont exposés et les solutions proposées tiennent compte des données fondamentales de la psychologie humaine; et, qui plus est, elles sont formulées à la lumière d'un sens chrétien qui n'accepte aucune compromission.C'est un livre d'excellente santé qui, en un exposé succinct, donne l’essentiel des données psychologiques et des exigences idéales de l’amour.La traduction laisse parfois l’impression d’être un peu boiteuse et, à mon avis, ne semble malheureusement pas rendre justice à Fauteur.Paul-E.CHARBONNEAU Rappel HISTOIRE DES ACADIENS par Robert Rumilly de I Académie canodienne-française.2 tomes (1038 pages) $6.75 (par lo poste $7.001 ___________________CHEZ FIDES 139 Histoire (9) Littérature (8) DOBRACZYNSKl (Jan) LES MONTAGNES DE LA NUIT.La rude mission de Jérémie.Roman.Traduit du polonais par François Hubert.Mulhouse, Editions Salvator.286p.carte.21.5cm.$3.60 (frais de port en plus) Pour adultes Cet auteur polonais populaire est connu par ses nombreux romans bibliques.Il évoque en celui-ci toute l'histoire du prophète Jérémie qui court du règne de Josias à la captivité de Baby-lone.Ces années, qui sont parmi les plus tragiques vécues par les Hébreux, offraient un matériel de premier choix au romancier.Celui-ci l'a exploité avec beaucoup d’habileté.La fougueuse figure du grand prophète, avec tout le cortège de celles qui l’accompagnent à travers cette époque, nous apparaît très vivante et pleine d’une extraordinaire chaleur humaine.Les livres bibliques nous apparaissent donc en ces pages — dont il faut se souvenir qu'elles sont un roman — dans une perspective fascinante.Ceux qui liront cette œuvre y trouveront un roman très intéressant, présenté dans une bonne traduction.Paul-E.CHARBONNEAU Rappel LE CARILLON D'ESPÉRANCE par M.-A.GREGOIRE-COUPAL "Une grande fresque mariale réalisée o l'occasion du centenaire des apparitions de Lourdes et du vingt-cinquième anniversaire des apparitions de Beauraing et de Banneux, en Belgique".Prcf.de P.-H.Barabé, o.m.i 216 p Format 5V2 x 8’/2.29 photos $2.50 (par la poste $2.60) AUX ÉDITIONS FIDES DORGELES (Roland) LA DROLE DE GUERRE 1939-1940.Paris, Editions Albin Michel fcl957].324p.21cm.S3.15 (frais de port en plus) Pour tous «Soudainement, voici la guerre (10 niai 1940), la guerre en rase campagne, faite d’attente inquiète et de brusques surprises, la guerre mouvante et acharnée que ceux de mon âge ont connue (1914-18) et qui devait fatalement venir, parce qu’il n’est pas de guerre sans batailles ni de victoire sans combats.* (P.221) Or, cette guerre, la vraie, fut précédée d’une autre, une guerre sans batailles, sans victoires et sans combats, celle-là (1939-40), une guerre de « sous-lieutenants.où les effectifs engagés dépassent rarement une section.Ce qui compte ici,.c’est l’audace d’un officier à deux galons, le sang-froid d’un sergent, le cran d’un simple soldat.On en revient, en somme, au combat singulier.» (P.195) C’est cette sorte de guerre, qui n’en est pas une, que l’auteur des Croix de bois appelle « drôle., non dans le sens d’amusant, mais dans celui de bizarre, de surprenant, surtout aux yeux de ceux qui avaient fait la précédente » (p.9).Et c’est elle qu’il raconte, en reprenant son Retour au front et en complétant ses notes de correspondant militaire.La fonction doit imposer un style, le style essoufflé, martelé, percutant, pour tout dire le style télégraphique.Citons cet exemple entre cent: « Sans armes, citoyens ! Atroce parodie que je ne pourrai plus chasser.Sans armes.Sans chars.Sans avions.Sans rien.Que du courage, comme toujours.Et du sang-froid.* (P.289) Quand une fois on s’est habitué à ces hoquets, à ces hachures ou à ces bavures, on s'attache d'un cœur pantelant au diptyque, avec ses deux panneaux antithétiques, où se ramènent ces vingt-trois chroniques tracées à la cantonade.L'un de ces tableaux offre un spectacle lamentable.On y voit le politique paralysant le militaire, le civil coïncé entre les deux et se dépitant de rage.La débandade est générale (p.248 et seq.): des généraux s'éloignent plutôt que de servir à leur poste, des médecins-majors se défilent au lieu de soigner les blessés.Pour toute défense contre l’agression, la France, nullement préparée à la lutte, ne possède qu'un matériel déclassé et la ligne Maginot (p.178 et seq.) qui sautera comme un château de cartes.Sur toutes les routes se profile 140 la procession encombrée des évacués, les riches cherchant en Espagne une cachette pour leurs bijoux et leurs aises, les pauvres courant ils ne savent vers quelle destination, à la suite de haridelles efflanquées traînant d’invraisemblables baluchons.On sortirait de cette lecture le cœur brisé si l'autre panneau n'étalait des scènes où l'héroïsme le dispute au courage et au sang-froid.Ce sont les correspondants militaires, tels Percy Philip l'Américain (p.237), qui s’acharnent à rejoindre un front inaccessible pour découvrir et dire la vérité, mais qui trouvent partout la route barrée.A défaut des officiers supérieurs, c’est une jeunesse presque imberbe qui monte la garde autour de la France et met son ardeur à se faire hacher sans merci: le pioupiou Père Clévient, ancien général en Afrique (p.61 et seq.); l’abbé Duthoit.aumônier du bataillon africain (p.73 et seq.); les lieutenants Agnély et Durnaud (p.147 et seq.); le maître d’école Fosse (p.137 et seq.).Cette « drôle de guerre » fut en somme celle d'une jeunesse incapable de se résigner a la défaite, celle aussi des prêtres et religieux dont 4,258 furent tués et 13,000, décorés (p.81 ).Cette mention donne lieu à une défense qui honore M.Dorgelès et à laquelle il manque seulement la célèbre lettre du jésuite Doncœur au président Herriot (Le Devoir, Montréal, jeudi le 11 septembre 1930).La vue de certaines grandes figures.Mangin (p.99), Loustaunau (p.118), Pétain (p.286-7), achève ce tableau consolant, dont le chapitre IV, sur la gaieté des recrues, constitue comme le pivot.Un appel à la concorde intérieure (p.293-295), aussi émouvant qu’il est ému, achève en beauté cet examen sincère de conscience nationale.Emile CHARTIER, p.d.Géographie (91) VERCEL (Roger) LES ILES ANGLO NORMANDES.Photographies de Jean Vercel.Paris, Albin Michel.251p.pi.(h.-r.) 19cm.S3.80 (frais de port en plus) Pour tous Intéressante présentation des Iles de Jersey, Guernesey, et Serk que se sont disputées, pendant de si longues années, la France et l’Angleterre.En un style aisé, l’auteur nous fournit un intéressant documentaire tenant simultanément de l’histoire, de la géographie et de l’étude de mœurs.Le tout agrémenté d’une touche d’humour qui rend l’ouvrage plus agréable et lui confère une saveur tout humaine.Paul-E.CHARBONNEAU Biographie (92) VICAIRE (M.H.), o.p.SAINT DOMINIQUE DE CALE-RIJEGA d’après les documents du XlIIe siècle.Paris, Les Editions du Cerf.314p.pl.(h.-t.) 22.5cm.$3.90 (frais de port en plus) Pour tous Les deux auteurs de ce livre ont conjugué leurs efforts respectifs de spécialistes, pour a-jouter une autre œuvre admirable à la collection publiée par les éditeurs Desclée De Brouwer.Le Père Vicaire est considéré comme le meilleur historien de saint Dominique et de son Ordre.Il a préparé des textes simples, mais substantiels, sur les différentes phases de la vie du Saint; leur perfection reflète bien la compétence de l’auteur.L.von Matt, ce photographe exceptionnellement maître de son art, a illustré par 159 photos les textes du Père Vicaire, ce qui constitue un véritable monument iconographique à la mémoire de saint Dominique.Les légendes de ces illustrations sont dues à la plume du Père Vicaire.Cet album réalisé avec une telle perfection historique, littéraire, artistique et technique, rend bien proche de nous la vie de saint Dominique.Ovila MELANÇON Vient de paraître NOTRE-DAME DE T0UTE-J0IE par Emile LEG AU LT, c.s.c.Une magnifique plaquette de 90 pages, sur papier Zéphir.8 photos hors texte.$1.00 (par la poste $1.05) Rappel Violaine, ma soeur.$0.75 J'ai 5 enfants.et mon mari .$0.75 Eaux Vives.$2.00 Confidences .$2.00 (frais de port en sus) ^^^^CHEZ FIDES 141 Valeur morale des pocket books distribués par le Cercle du roman policier AVERLANT (M.) AVERLANT (M.) BAX (B.) DECREST (J.) FISCHER (B.) GARDSNER (D.) IRISH (W.) MAC GERR (P.) MORTON (A.) NORD CP.) NORD (P.) SHERRY (E.) WALSH CT.) Baroud à Barcelone Chambard au Cap H et le Hollandais volant Dieu mesure le vent Un drôle de policier Un patelin nommé Rexton Ange Bonnes ù tuer Vous me faites bien rire Confession d’un agent double Un cadavre de trop dans le film Le masque arraché Midi, gare centrale appelle des réserves dangereux pour adultes pour adultes pour adultes pour adultes appelle des réserves pour adultes pour adultes appelle des réserves appelle des réserves pour adultes pour tous ••• — Documents l'épiscopat des États-Unis et le problème de la censure WASHINGTON (CCC) — A la suite de leur récente conférence plénière tenue ri Washington, les évêques des Etats-Unis ont publié une déclaration concernant le problème de la < ensure, dont nous publions des extraits et un substantiel résumé: Le terme de censure est une notion qui, de nos jours, suscite de la répulsion; il est par conséquent d'autant plus nécessaire de l’étudier sans idée préconçue.11 est clair que l’Etat possède un certain droit de censure, notamment en cas de guerre.Ce droit est cependant limité.L'Eglise, elle aussi, en sa qualité de maîtresse de la vie chrétienne, possède un droit de censure.Les décisions de l’Eglise obligent ceux qui sont sous son autorité, mais les sanctions quelle prend sont de nature exclusivement spirituelles.En parlant de « censure », on songe immédiatement à une mise en péril de la liberté de la presse, ainsi que de toute liberté d'expression dans le domaine littéraire.L’homme a cependant un besoin « naturel * de savoir, une aspiration à la vérité; c'est un droit pour lui, ainsi qu'une vocation.Mais, en revanche, a-t-on le droit de tout dire ?11 s'ajoute pourtant encore un autre élément: tout ce qui est communiqué s'adresse au prochain et a des conséquences sociales.C’est pourquoi le droit à l'information libre doit être exercé avec un sens profond des responsabilités.La liberté de parole et d’expression a une très grande valeur, elle est la base d'un Etat démocratique, la condition indispensable à l’expansion de l’Eglise.Et cependant, cette liberté est limitée par le bien commun de la société.La communication d’idées ou de faits doit contribuer à ce bien commun, sinon la liberté agit contre la raison et perd ainsi son caractère moral.Les instances gouvernementales ont, par exemple, le droit d'interdire la littérature immorale, et ceci correspond parfaitement à la conception traditionnelle que l’on se fait de la liberté, qui se sait limitée par certaines lois.Certes, ce serait beaucoup mieux si l’on pouvait se passer de telles limitations légales, mais la société doit se protéger contre le manque de conscience et de responsabilité de certains.C'est dans ce sens également que s’est exprimé Sa Sainteté Pie XII dans son Encyclique du 8 septembre 1957 quant au devoir de la surveillance morale que doivent exercer les sociétés responsables dans les questions des moyens modernes de diffusion, tels que la radio et la télévision.Le but de la loi est de fixer les cas limites, pour empêcher de grands maux.La liberté est un bien trop grand, si bien qu’à cet égard il vaut mieux que la loi prévoit trop peu que trop.Mais, il importe de relever qu’entre ce qui est légalement permis et ce qui est moralement bon, il existe une grande distance.C’est pourquoi, les instances ecclésiastiques ont créé, pour venir en aide aux catholiques dans ce domaine, des organisations chargées de présenter le point de vue de l’Eglise: la « National League of Decency » et la « National League for Decent Literature ».Ce s organisations n’exercent pas de censure au sens strict du mot.Elles s’efforcent d’entretenir la collaboration de tous les milieux qui peuvent avoir une influence dans la lutte contre le mal, et ces efforts demeurent sur le plan légitime et légal; elles invitent tous les citoyens à participer à leur action en vue d’atteindre le but qu’elles se sont proposé.Elles veulent enfin éduquer toute la population à un idéal moral et artistique, afin qu’elle sache vraiment apprécier ce qui est bien.< Ces deux organisations représentent le point de vue catholique, ce qui est tout à fait conforme à la tradition démocratique de notre pays.Ce n’est pas une censure.Par ce moyen nous aidons tout le peuple; nous contribuons à ce que les droits des parents soient sauvegardés, à ce que les enfants soient éduqués dans une atmosphère spirituellement propre, en les préservant des séductions.Par ces deux organisations, l’Eglise expose son point de vue relativement à ces questions.Les jugements portés par ces deux organisations sont des indications pour les catholiques.Il y a, en outre, de nombreux adhérents à d’autres confessions qui s’en tiennent à ces décisions et cherchent en commun avec nous une solution au problème de l’immoralité.S'il faut, d’une part, regretter que de telles « Ligues » soient nécessaires, il faut reconnaître, d’autre part, qu’un certain nombre d’écrivains et de producteurs de films ne possèdent pas toujours le sens des responsabilités indispensable.Ce n’est qu’en protégeant nos libertés que nous pourrons les conserver, et placer notre démocratie sur des bases solides.« Par la Légion nationale de décence et l'Office national des publications morales, nous, catholiques, exprimons notre point de vue.Par l'intermédiaire de ces organismes, nous pouvons faire part de notre inquiétude au sujet de conditions qui doivent être l’objet de l’indignation populaire.Mais, nous affirmons que notre activité par le truchement de ces organismes ne peut pas être justement considéré comme une façon d'établir une censure.» La déclaration de l’Episcopat américain se conclut ainsi: « Comme nation, nous sommes intensément jaloux de nos libertés.Nous tirons orgueil de l’assurance de leur libre exercice, apanage de notre démocratie.Le grand respect que nous avons pour notre Constitution se fonde en grande partie sur le souci qu’elle apporte à octroyer à tous des libertés humaines fondamentales inviolables.Cette vérité nous est enseignée dès notre tendre enfance; elle est l’appui de notre vie adulte.Une liberté sentie dans son contexte de responsabilité, dans sa véritable essence, ses limites exactes, est une liberté doublement assurée; une liberté qui donne lieu à des malentendus risque d’être une liberté perdue.» la revue "L’heure d’être” Question: Me diriez-vous ce qu’il faut penser des publications faites par Les Editions Amour et Vie, sous le titre L’heure d’être ?Réponse: Cette revue mensuelle L’heure d’être n’est pas du tout recommendable.Elle paraît être l’organe d'un mouvement international en faveur du spiritisme.A côté de certains conseils judicieux concernant l’hygiène physique et mentale, on trouve l’expression d’un naturalisme en révolte contre la Providence.Le spiritisme est insidieux, parce qu’il se dit chrétien et religieux.Son opposition au matérialisme contribue aussi à le rendre séduisant.Cette revue n’offre, de plus, qu’une psychologie et une pédagogie qui se tiennent au ni- 1 m ,,ft| * * 4 >«v I veau de la vulgarisation.Le procédé de traitement utilisé par la méthode Amour et Vie pour se guérir soi-même, comporte deux techniques principales: l’auto-suggestion et la communication par la pensée avec une personne de ce mouvement spirite qui s’est montrée compréhensive devant les problèmes qu’on lui a soumis oralement ou par correspondance.Il ne faudrait pas non plus, croyons-nous, se fier imprudemment aux ouvrages écrits en collaboration et publiés par Les Editions Amour et Vie, dans Collection pour la santé, car il est légitime de supposer que la même mentalité spirite se manifeste dans ces divers ouvrages dont la revue fait la publicité.J.-M.LACHANCE, ptre.(Publié dans la Semaine religieuse de Québec, 26 décembre 1957, p.276-277.) 14^ 572 1/ , 4 / QUEBEC, QUE.Vous commandez 4 volumes.____________ SF.CHEIAHIA LE LA PrfûVrNCE, ARCHIVES DE LA PROVINCE, PARC LES , CHAMPS DE BATAIUEy 6-58 VOUS EN RECEVREZ 7 en vous inscrivant au CLUB CANADIEN DU LIVRE Fonctionnement du Club Chaque mois, nous proposons à nos membres un volume relié, pour le prix de ce même volume broché.Nos membres doivent passer leur commande 30 jours avant le 1er du mois de la sélection; ainsi, pour la sélection de mars, les commandes doivent nous parvenir avant le 1er février.Conditions Une seule condition est exigée de nos adhérents: prendre au moins 4 sélections au cours des 12 mois qui suivent l'inscription au CLUB CANADIEN DU LIVRE.Avantages.Primes Nos membres ont la possibilité de se constituer une bibliothèque de choix avec des ouvrages reliés, et cela à des conditions exceptionnelles.Ils bénéficient en outre des avantages suivants: — tout nouveau membre recevra, en même temps que sa première sélection, un livre-prime d'une grande valeur.— de plus, chaque fois qu'un membre du CLUB CANADIEN DU LIVRE aura pris 4 sélections il recevra gratuitement un autre livre-prime.NÔTRE SÉLECTION DE MARS LA RIVIERE Un ouvrage qui célèbre un moment de notre histoire et cons- ÇOI IT Al RF titue un v®ritQb|e document sur l'aventure héroïque de la colo- “A/Lll AlKfc nisation autour des années 30.par Préface de Léo-Paul Desrosiers Marie Le Fronc 194 p Coll.Le Nénuphar.Relié.Prix de ce volume relié aux membres du Club: $2.00 franco.Prime d'inscription En vous inscrivant pour cette première sélection, vous recevrez gratuitement les OEUVRES POETIQUES, de Robert Choquette.(2 volumes de la collection Le Nénuphar, d'une valeur de $6.50).CLUB CANADIEN DU LIVRE 25 est, rue Saint-Jacques MONTREAL PL 8335 Veuillez m'inscrire au CLUB CANADIEN DU LIVRE et me faire parvenir votre sélection de mars (La Rivière Solitaire, de Marie Le Franc) ainsi que les ouvrages-prime annoncés (Oeuvres poétiques de Robert Choquette).Mode de paiement: $2.00 avec ma commande ou, au plus tard, dans les 10 jours suivant la réception du volume.Nom .Adresse .¦• • • RKÇU.LE 2 9 MH 1976 Bibliothèque nathvalf OU nuEBEC
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