Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
mardi 1 janvier 1957
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Lectures, 1957-01, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LECTURES Nouvelle série Vol.3 —No 9 Montréal, 1er janvier 1957 “Le Sabre d’Arlequm”(,> de Jacqueline Dupuy Jacqueline Dupuy a-t-elle voulu faire retour en arrière, parmi les ombres du passé, pour évoquer, plus ou moins transposés et stylisés, les souvenirs heureux et malheureux de l’époque des Compagnons de St-Laurent ?A-t-elle voulu revivre des jours qui furent très beaux et fair® le procès d’une exaltante aventure qui n’a pas su durer ?Beaucoup se le demanderont.D’aucuns chercheront à identifier tel ou tel personnage du roman avec les acteurs d’une équipe qui eut son heure de célébrité.Cela pourrait donner lieu à de sérieuses polémiques.Polémiques vaines sans doute, où plusieurs auraient le droit de se lancer la balle.Nous préférons voir dans ce livre un roman, c’est-à-dire une œuvre de pure imagination, une œuvre qui ne s’inspire de la réalité que dans la mesure où l’auteur avait besoin de situer son intrigue et ses personnages pour en assurer les assises charnelles.Tel quel, roman et non récit ou recueil de souvenirs, le Sabre d’Arlequin est un livre extrêmement intéressant dont le message vaut d’être entendu.Dès le début du livre, nous sommes plongés au milieu d’une petite troupe de jeunes qui s’initient au beau métier du théâtre: la Nouvelle-Basoche.Edouard, à leur tête, les galvanise tous par son « inépuisable fantaisie > et l’extraordinaire talent qu’il manifeste pour faire revivre « l’homme de tous les temps, avec ses passions et ses ridicules > (p.11); il rêve d’éprouver sur les foules « la force éducative d’un art dramatique bien compris » (p.19).Autour d’Edouard évoluent, insouciants et gais, de jeunes étudiants qui concilient, tant bien que mal, les exigences de leurs études à TUniversité et celles des tréteaux.Dans cette première partie du livre, tout va très bien.L’atmosphère des répétitions, sous l’exigente férule d’Edouard, est fort bien décrite.Et que l’on aime cette équipe de jeunes, travaillant dur, dans l’oubli de soi et le renoncement, pour un idéal qui les dépasse.Après les premiers succès des représentations à Montréal, la Nouvelle-Basoche veut élargir son public et elle part pour une randonnée à travers la Province.Pendant de longs jours, parquée dans une vieille roulotte qui ne permet aucun vrai repos et autorise d’imprudentes promiscuités, la petite troupe ira ici et là dispenser au public des villages les joies de l’art dramatique.Déjà cependant l’esprit de l’équipe n’est plus tout à fait le même.Est-ce le triomphe de la saison précédente qui a rendu les jeunes acteurs trop sûrs d’eux-mêmes ?Seraient-ce les effets d’un voyage mal organisé sous la malhabile direction d’un chercheur d’étoiles trop dédaigneux des contingences matérielles?Les heurts et les dangers de la vie commune ont-ils surpris, à l’improviste, la vertu de jeunes insuffisamment formés et à qui manquait, au fond, l’appui d’un véritable chef ?Quoi qu’il en soi, l’égoïsme sous toutes ses formes se fait jour dans la petite troupe.La coquette Raymonde papillonne de l’un à l’autre garçon, allumant tour à tour la passion et la jalousie.Plusieurs fuient les corvées, et couvent, au détriment des autres, le peu d’aises qu’autorise une extravagante tournée.Max intrigue déjà pour devenir le chef de la troupe.Perdu dans ses rêves, Edouard ne semble s’apercevoir de rien et il n’a même pas l’idée d’intervenir.Après une pareille tournée, ce sont de bien piteux saltimbanques qui reviennent à Montréal.Max, cette fois, met cartes sur table.Il rencontre Edouard et lui propose un plan pour réorganiser la troupe: selon lui, une sage répartition des tâches réserverait à Edouard la mise en scène et tout ce qui, dans l’entreprise commune, relève du point de vue artistique; quant à lui, Max, il se chargerait de l’organisation technique.Malheureusement, l’esprit de lucre est à l’origine d’un plan que la sagesse aurait pu applaudir.Max n’en fait pas mystère: « Pas la peine de fignoler sans fin sur des nuances que le public ne saisit pas, jouons souvent, beaucoup de pièces, et vendons nos salles à l’aide d’une publicité retentissante » (p.183).Edouard s’oppose d’abord énergiquement au projet.Mais Max joue d’astuce, et en tablant sur la vanité de son aîné, il touche Achille au talon.Désormais, la petite équipe porte en ses flancs le virus qui finira par la désagréger.Fondée sur le renoncement, l’humilité et l’esprit de sacrifice, elle pouvait brûler du beau feu sacré qui anime les fervents de l’art.La vie luxueuse et facile, la recherche des plaisirs et le souci de la gloriole ne peuvent qu’en (Suite à la page 82) LECTURES REVUE BI-MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES Direction: R.P.Paul-A.Martin, c.s.c.Rédaction: Rita Leclerc Abonnement annuel: $2.00 Etudiants: $1.00 Le numéro: $0.10 FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 PLateau 8335 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.“Le Sabre d'Arlequin” (Suite de la page 81) saper les forces vives.Les quelques membres de l’équipe qui sont restés sains se désespèrent et essaient d’intervenir auprès d’Edouard.Mais ce dernier, tout occupé par son rêve de monter lui aussi sur la scène et d’incarner Hamlet, ferme l’oreille aux propos de ceux qui voudraient l’alarmer.Il ne fait même pas un geste pour retenir, sur la voie du suicide, le pauvre petit Bob, en proie au désespoir.A la fin du livre, conscient de l’échec de la Nouvelle-Basoche, Edouard s’opposera aux exigences de plus en plus envahissantes de Max, et ce sera la mort de l’équipe.Tout au long de ce roman, narré avec talent par un auteur que l’on devine fort cultivé, bien des réflexions se font jour dans l’esprit du lecteur.Cette expérience de la Nouvelle-Basoche n’est-elle pas celle, toutes proportions gardées, de tous ces mouvements et œuvres qui ont en vue un idéal très élevé.Ceux-là seuls peuvent durer qui s’efforcent, par une lucidité sans cesse en éveil et un incessant dépassement de soi-même, de garder l’esprit qui a présidé à la pose des premiers jalons.Ceux-là seuls dureront qui trouvent, dans leur idéal, une ligne de conduite plutôt qu’un alibi pour camoufler leur lâcheté.Cela n’est pas facile; c’est impossible à qui ne veut compter que sur les seules forces de la nature: « Est-ce que tu pries ?> demande Jean-Marie à Bob, dans la dernière phase de la Nouvelle-Basoche, et il ajoute: « Dieu supplée à ma faiblesse.J’ai compris que c’était la seule force.la seule façon de s’en tirer.Mais c’est bien la dernière à laquelle on songe, tant qu’on se joue des comédies pour s’étourdir » (p.284).Hélas ! c’est souvent aussi la dernière chose à laquelle on songe lorsqu’on se grise d’activité, et c’est ce qui explique la stérilité de tant d’aventures qui semblaient, au départ, inspirées du souffle de l’Esprit.R.LECLERC (I) DÜPUY Jacqueline) LE SABRE D’ARLEQUIN.Roman.Montréal.Editions Paul Péladeau [1956].311p.19.5cm.$3.00 (frais de port en plus) Pour tous -Index des auteurs recensés dans ce numéro BIRON (E.), p.83 DABLON (C.), p.83 D’HARCOURT (R.), p.90 DUPUY (J.), p.81-82 FUMET (S.), p.88 GREENE (G.), p.87 Publication approuvée par l’Ordinaire GRISEL (R.), p.90 GUILLAIN (R.), p.89 KEMP (R.), p.88 LE NORMAND (M.), p.84 PHABREY (G.), p.84 STEENBERGHEN (F.van), KOTHEN (R.), et autres, p.85-86 82 Notices bibliographiques CANADIENNE Littérature» [H] BIRON (Edouard) BILLETS DU SOIR.Impressions personnelles, scènes vécues, essais mystiques, philosophiques, psychologiques, humoristes, études de mœurs, fantaisies, glanures éparses, esquisses.Montréal, Editions de l’Atelier [s.d.] 223p.20cm.Pour tous Bien qu’il ait été imprimé ailleurs, ce recueil sort des mêmes bureaux qui nous ont déjà fourni les Billets du soir du délicat Albert Lozeau, de la fine et sage Fadette, du truculent Tessier-Lafor-tune, et les Portraits de l'incisif Paul Dulac (Georges Pelletier).Si le titre laisse prévoir des récits légers, il ne faudrait pas s’y méprendre: des bouquins peu lourds contiennent parfois plus de sagesse que de pesants in-octavo.C’est le cas pour la collection Biron.On y perçoit l’écho d’une âme de père, pour qui rien ne dépasse les joies pures et saines de la famille et la noblesse de ses traditions.Ce père au cœur d’or est en plus un artiste: maître de chapelle pendant 40 ans, il se délecte des cérémonies liturgiques, des joies de Noël aux gloires de Pâques.Par profession, il corrige les sottises imprimées des autres: alors qu’il leur a épargné cent non-sens, il leur pardonne de s’emporter contre lui pour l'oubli d’une coquille.Cette sévérité tempérée est celle d’une âme d’enfant, qui se pâme devant les spectacles de la nature, qui pleure de reconnaissance au souvenir des bienfaits, qui s’émeut jusqu’au tréfonds en évoquant la figure des intimes (p.86, chanoine Bourassa; p.144, Frédéric Pelletier).Que si parfois la voix hausse le ton et paraît grogneuse, le sujet la justifie: ainsi en est-il du port des bas de nylon en hiver (p.83.93), de l’incurie qui transforme, au printemps, la métropole en véritable cloaque (p.106).Là où la colère se comprend encore mieux, c’est quand il s’agit de l’indifférence réservée au correcteur dépreuves (p.92-98, 102-105, 155-158).Comme écrivain, M.Biron a le sens de l’humour, qui ne dédaigne pas le jeu des mots: « Je ne croirais pas faire preuve d’esprit en analysant son esprit de preuve » (il s’agit du rhum, p.187).Sa phrase acquiert parfois une véritable plénitude, comme dans ces vœux du nouvel an: « Comme il serait édifiant d’entendre souhaiter: aux mécréants, qu’ils s’amendent; aux déséquilibrés, qu’ils retrouvent leur aplomb; aux grognons, qu’ils rentrent leur hargne; aux blasés, qu’ils rapprennent à sourire;.aux chicaniers, qu’ils réussissent à trouver le terrain d’entente ! > (p.140-141).Quant à sa puissance d’émotion, on en aura une preuve suffisante en lisant les réflexions qu’inspirent à ce chrétien la Semaine sainte (p.165-166), à ce terrien la vie de la campagne (p.172).Certain dyptique (p.182-183) exprime une comparaison ingénieuse entre les étoiles filantes verticales et les horizontales.Du point de vue de la langue, l’auteur n’abuse-t-il pas de tout de même pris, à cent endroits, au sens de quand même ?Il paraît aussi confondre (p.98, 106, 118) rien moins que et rien de moins que.Il formule des vœux, au lieu de les former; il parle d’organisation plutôt que d'organismes; un tableau figure une situation (p.158) au lieu de la représenter; un vœu se réalise! Ces distractions n’enlèvent rien de sa valeur à un livre édifiant et d’ordinaire prestement écrit.Emile CHARTIER, p.d.DABLON (Claude) LE VERGER.Roman.2e édition.Dessins de M.Petitdidier.147p.ill.22cm.$1.50 (frais de port en plus) Pour tous Ce délicieux roman échappe à la mièvrerie qui se mêle parfois à certains romans de vocation.On le lira avec un intérêt soutenu, heureux d’être mêlé à la passionnante aventure d’un cœur de jeune que l’appel du Maître est venu chercher au milieu de tous ces bonheurs humains qui s’offraient à lui.On ne peut que se réjouir de voir réapparaître sur le marché un roman qui avait été très favorablement accueilli par la critique, il y a quelques années.A.C.83 9533 PHABREY (Gille) LE COLLIER DE NOTRE-DAME DE CHARTRES.Légende picarde.Illustrations de Nicole Lapointe.Montréal, Fides [1956].16p.ill.21.5cm.(Coll.Belles légendes) $0.25 (frais de port en plus) L’ENFANT DE NEIGE.Illustrations de Nicole Lapointe.Montréal, Fides [1956].16p.ill.21.5cm.(Coll.Belles légendes) $0.25 (frais de port en plus) L’HYMNE A LA JOIE.Illustrations de Nicole Lapointe.Montréal, Fides [1956].15p.ill.21.5cm.(Coll.Belles légendes) $0.25 (frais de port en plus) L’IMAGE DE NOTRE-DAME DE LIESSE.Illustrations de Nicole Lapointe.Montréal, Fides [1956].15p.ill.21.5cm.(Coll.Belles légendes) $0.25 (frais de port en plus) LA LEGENDE DE TOINOT.Illustrations de Nicole Lapointe.Montréal, Fides [1956].16p.ill.21.5cm.(Coll.Belles légendes) $0.25 (frais de port en plus) LE MIRACLE DE LA SAINTE CHANDELLE.Légende gasconne.Illustrations de Nicole Lapointe.Montréal, Fides [1956].15p.ill.21.5 cm.(Coll.Belles légendes) $0.25 (frais de port en plus) LE PLUS BEL ENFANT DU MONDE.Illustrations de Maurice Petitdidier.Montréal, Fides [1956].14p.ill.21.5cm.(Coll.Belles légendes) $0.25 (frais de port en plus) LE POIRIER DE MISERE.Légende flamande.Illustrations de Nicole Lapointe.Montréal, Fides [1956].15p.ill.21.5cm.(Coll.Belles légendes) $0.25 (frais de port en plus) Pour enfants Une charmante petite collection destinée aux enfants de six à huit ans.Dans chacune de ces brochurettes, illustrées avec goût, on trouvera un intéressant petit conte, narré d’un style alerte et imagé.Une lecture de choix pour captiver les bambins les jours de pluie, ou pour les reposer du jeu et les préparer aux songes de la nuit.A.C.LE NORMAND (Michelle) DANS LA TOILE D'ARAIGNEE.2e édition.Montréal, Fides [1956].141p.22cm.$1.25 (frais de port en plus) Pour adolescents Les fervents de cyclotourisme — et les jeunes ne le sont-ils pas tous?— se délecteront à lire cette œuvre de Michelle Le Normand qu’on vient de rééditer.L’auteur, on le sait, aime passionnément la nature, et cet amour n’a rien de livresque et de platonique.Les jeunes naturalistes y retrouveront des notions familières et en acquerront d’autres.C’est ce qui fait la valeur de ce bouquin, qui s’ins- pire de la nature et y attire.C’est à bicyclette qu’on peut le mieux explorer son pays.?Les automobilistes vont toujours trop vite.Ils ne peuvent rien connaître.Seuls les cyclistes peuvent étudier à loisir tous ces rubans roses ou bleus qui sillonnent la carte: Montréal et sa banlieue, toile d’araignée de grands et petits chemins d’asphalte et d’eau, deux et terre remplis de la gloire de Dieu » (p.19).Cette toile d’araignée, Michelle Le Normand nous la fait parcourir avec sa bécane.Excursions enthousiastes et joyeuses, animées de cet optimisme chrétien qui fait toujours corps avec les œuvres de l’auteur.Lecture tonifiante pour la jeunesse.Elle peut même, pour les moins jeunes, être une invitation à reprendre la route.A.COTE 84 Etrangère Étude critique “Responsabilités internationales des .m Cet ouvrage aura pour beaucoup le sens d’une révélation.Notre charité, en effet, ne/s’est pas étendue aux dimensions du monde.Combien, dans ce domaine, pratiquent encore l’esprit de clocher! Les plus généreux se coifferaient volontiers de l’auréole de la sainteté pour avoir souscrit un vingt dollars à la Fédération.Si, d’aventure, ils ont remis dans l’année un billet bleu à quelque missionnaire en vacances au pays, ils s’en vantent presque dans leur action de grâces! Oui s’inquiète du milliard d’êtres humains sous-alimentés?Notre confort ne nous pèse-t-il pas sur la conscience à l’énoncé des statistiques suivantes: 85% du revenu mondial sont perçus dans le monde occidental qui représente à peine le tiers de l’humanité.En 1939, 38% des hommes étaient sous-alimentés; aujourd’hui, le pourcentage atteint 59.5% ! Et cette situation empire: « Les pays sous-développés se trouvent dans un cercle vicieux: leur épargne est faible parce que leurs revenus sont peu élevés et leurs revenus n'augmenteront pas tant qu’ils n’auront pas une épargne plus importante à investir dans l’appareil de production.Dès lors, sans un apport suffisant de capitaux étrangers, les pays sous-développés ne sont pas en mesure d’accroître d’eux-mêmes, sensiblement, leurs revenus, et l’écart que l’on constate actuellement entre les niveaux de vie des pays riches et ceux des pays pauvres continuera d’augmenter » (p.38).Sans doute, le problème excède les possibilités de l’individu et même des sociétés de bienfaisance.Il est à l’échelle mondiale et une solution satisfaisante, adéquate, ne peut émaner que des Nations Unies.Certains organismes ont déjà consenti des prêts, trop souvent destinés à l’exploitation de ressources stratégiques ou à « des entreprises financièrement rentables » (p.45).« Actuellement, les investissements de capitaux étrangers sont estimés à 2 milliards de dollars.A vrai dire, ces apports intéressent essentiellement le secteur pétrolier, dans le Proche-Orient et au Vénézuela ».« C’est une somme de 6 à 7 milliards de dollars qui devrait être « découverte » et la moitié au moins de cette somme devrait être acquise sous forme de dons » (p.39).On a tenté, aux Nations Unies, de constituer un fonds spécial pour le financement de l’infrastructure économico-sociale des pays sous-développés.Comme mise de fonds initiale, on a suggéré 250 millions de dollars — les dépenses militaires occidentales se chiffrent actuellement à 85 milliards par an — qui devraient être fournis par les pays riches.Les Etats-Unis ont invité les pays européens à faire connaître l’importance de leur souscription.La réticence de Londres et de Bonn, puis de Bruxelles, a fait avorter le projet.« Ici, notre responsabilité est directement engagée.En soutenant un projet comme celui qui consiste à contribuer au financement du Fonds spécial des Nations Unies, le chrétien participe effectivement à la lutte contre un facteur permanent de tension entre les hommes.Il œuvre pour la justice et pour la paix » (p.46).Malheureusement, les catholiques comme tels n’exercent pas l’influence qu’ils devraient sur la scène mondiale.« Aujourd’hui toute l’activité humaine se place sur un plan international, et il doit en être de même pour l’apostolat des laies » (Mgr Montini) : d’où la nécessité de créer des organisations internationales catholiques dont l’activité vise à un rayonnement universel.Actuellement, ces organisations sont au nombre de 35.Elles s’efforcent de « créer un esprit de charité universelle qui réponde à l’aspiration du monde vers une solidarité de destin au plan mondial et à l’universalisme chrétien ».Elles ont pour mission principale « l’étude de l’actualité internationale pour en rechercher les solutions chrétiennes » (p.71), solutions qu’elles portent à l’attention des Nations Unies, soit directement par les commissions dont elles font partie, soit indirectement par l’entremise de la délégation de leur pays qu’elles intéressent à leurs projets.On déplore cependant qu’elles soient trop européennes dans leur esprit et dans la constitution de leurs comités internationaux; on déplore également l’insuffisance de leurs effectifs et une certaine carence de personnel compétent, spécialisé, à la direction des sections nationales.Du domaine économico-social, nous passons au problème de l’expansion du christianisme dans le monde; la dernière moitié du volume lui est consacrée.La question est étudiée de façon 85 2696 061 exhaustive: deux chapitres démontrent les fondements scripturaires et théologiques de la mission, chez le judaïsme d’abord, puis dans l’Eglise chrétienne.Suit un bref historique de la « politique missionnaire », sorte de bilan de trois siècles d’apostolat en pays de mission.Ce rapport ne suscite aucun enthousiasme.De plus, la situation actuelle serait assez peu reluisante.Les effectifs catholiques demeurent, toute proportion gardée, plutôt réduits et « .les têtes de pont du monde catholique en pays non-chrétiens ne se sentent pas équipées pour entreprendre une authentique politique de présence à leurs peuples » (p.115).Un malaise sérieux existerait actuellement dans les communautés chrétiennes: elles commenceraient « à découvrir qu’elles ont, en fait, opté pour l’étranger en en même temps qu’elles ont accepté la foi.Ces hommes découvrent en eux quelque chose de « déraciné » qui ne leur permet pas de s’intégrer pleinement au dynamisme spirituel de leur peuple en marche ».Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces déboires.Il semble d’abord qu’on se soit assez peu préoccupé de la formation théologique du futur missionnaire; on a misé davantage sur sa bonne volonté et sa formation religieuse.En outre il débarquait en terre étrangère bien conscient de sa supériorité d’Européen: toute culture non européenne constituait d’ailleurs à ses yeux « l empire de satan ».« Sur le plan religieux, le missionnaire traîne tout un arsenal de structures liées à la civilisation occidentale: la plupart du temps, il ne s en rend pas compte et, quand il s’en rend compte, il trouve cela normal.Il apportera la « Parole de Dieu » et la civilisation européenne, qui sera bientôt dans son esprit la civilisation mondiale » (p.118).A tort ou à raison, l’autochtone identifie christianisme et puissances occidentales.Un évêque chinois ne déclarait-il pas un jour: « Derrière le missionnaire, le Chinois voit une canonnière occidentale.» En fait, il est arrivé parfois au missionnaire d’appeler la canonnière occidentale pour protéger ses nouveaux chrétiens en difficulté avec leurs frères païens.est grave et l’envahissement de l’Asie par l’idéologie communiste compromet gravement l’expansion du christianisme.Une étude sur la mission dans l’Eglise eût été incomplète sans un aperçu sur cette forme nouvelle d’apostolat exercé par les laïcs missionnaires », sorte de prolongement de notre Action catholique en pays de mission.Son rôle véritable est bien mis en lumière.On insiste sur ses possibilités et ses promesses, son apport précieux dans l’élaboration d’une spiritualité laïque et l’organisation de l’Action catholique en pays infidèles.Le volume se termine avec une étude sur le problème de la justice et de la paix dans le monde.L’aspiration des peuples à une paix permanente et équitable restera la caractéristique de notre siècle.Disciples du Christ venu apporter au monde la paix, les catholiques se doivent de travailler à l’instauration d’une paix véritable basée sur la justice et la charité universelle.Mais n’allons pas, à l’instar de certains illuminés, endosser l’attitude des objecteurs de conscience.« Sans doute, on devra arriver, plus vite que d’aucuns ne le pensent, à mettre la guerre hors la loi et à organiser sérieusement le désarmement.Mais cette évolution suppose un ensemble de garanties sérieuses de paix et la solution pacifique de problèmes difficiles sous la responsabilité concertée des autorités nationales et internationales.» (p.203) On ne saurait trop insister sur la lecture de cet ouvrage.Il est l’œuvre de spécialistes éminents, tels Mgr Suenens et l’abbé Robert Kothen.Les membres du clergé — séculier et régulier — les religieux et les religieuses ne peuvent s’en désintéresser.Il y a dans ces conférences un exposé de doctrines fondamentales et de faits qu’on ne saurait trouver réunis ailleurs dans la même perspective.Les laïcs aussi, surtout ceux qui militent dans l’Action catholique, devraient se faire un devoir de lire et de relire cet ouvrage.Il ouvre à notre charité et à notre esprit apostolique des horizons nouveaux, immenses comme le monde, des horizons qu’il n’est pas permis d’ignorer.Clément SAINT-GERMAIN Heureusement, depuis une couple de décades, l’apostolat missionnaire a été remis en question.Des théologiens éminents se sont penchés sur le problème et ont tenté de le résoudre.Des expériences fort intéressantes ont été tentées — celles du Père Lebbe en particulier — et ont donné des résultats concluants.De toute façon la constitution d’un clergé et d’une hiérarchie indigènes demeurent la préoccupation première de l’Eglise.L’heure (1) STEENBERGHEN (F.Van), KOTHEN (R.) et autres.RESPONSABILITES INTERNATIONALES DES CHRETIENS.Tournai, Casterman, 1956.226p.21cm.(Coll.Eglise vivante).$2.25 Pour tous 86 WÊBmm r Notices bibliographiques Littérature: [H] GREENE (Graham) UN AMERICAIN BIEN TRANQUILLE (The Quiet American).Roman.Traduit de l’anglais par Marcelle Sibon.Paris, Robert Laffont [1956].347p.18.5cm.(Coll.Pavillons).Dangereux « Ce roman est un de mes préférés.Je lui donne le deuxième rang, après La Puissance et la Gloire », confiait récemment Graham Greene à Annie Brière.Peut-être préfèrerions-nous le cataloguer en troisième place après Le Fond du Problème.N’importe, nous a-vons là un roman certes de très grande valeur.Entre trois personnages progressivement décrits, avec la guerre in-do - chinoise en guise d’arrière-plan, se joue le drame de l’amour et de la mort.Fowler, dont l’épouse se trouve à Londres, est un correspondant de guerre désabusé de tout et cynique dans ses propos.Il découvre dans un camarade, le journaliste boston-nais, Pyle, un type qui lui sert de repoussoir vraiment, cet Américain idéaliste et naïf jusqu’à la bêtise.Entre eux deux, Phuong, une Vietnamienne au rôle assez terne, qui devient tour à tour la maîtresse de Fowler et de Pyle.Mais c’est après une longue lutte coupée de scrupules naïfs, de loyauté vis-à-vis Fowler, que le jeune journaliste américain réussit à s’accaparer la belle, et pour un temps bien court.Cependant le drame ne réside pas entièrement là.Fowler découvre peu à peu, au hasard des conversations, que l’Américain est chargé d’une « certaine » mission par le Congrès, que pour le compte de l’Office of Strategie Service il tente de faire triompher au Viêt-nam une « Troisième Force ».En vain Fowler tente-t-il de le dissuader de cette entreprise; à la fin, sur le point de se voir ravir la jeune indo-chinoise, il fait disparaître mystérieusement son camarade.« Tôt ou tard, il faut prendre parti, dit-il, si l’on veut demeurer humain.» Le fanatisme de Pyle avait déjà causé trop de morts.« L’innocence politique, a-joute Fowler, est une sorte de démence », en pensant à son jeune camarade, frais sorti de l’Université d’Harvard et qui croit tout savoir après quelques mois seulement de séjour en Indo-Chine.A travers tout le roman, c’est ce problème d’ordre politique que l’on retrace: c’est une critique ouverte portée contre toute ingérence dans les affaires d’un pays étranger, peu importe la dénomination: Cinquième Colonne, Troisième Force ou Septième Jour.Le présent roman prend donc de ce coup une actualité cuisante et donne à réfléchir au moment même où le dieu de la guerre ranime ses volcans ici et là sur la planète.A travers toutes ces pages dont quelques-unes sont dignes de figurer dans une anthologie de scènes de guerre, notamment la nuit passée dans une tour de guet (p.166ss) et la description très réaliste d’un lendemain de bataille (p.9Iss), on découvre cette conception dangereuse que Graham Greene possède du roman.C’est celle des Bernanos, des Mauriac.Un vision du monde croulé dans l’abject, disons-le, dans le péché, bien que tout ce monde reste secrètement et très profondément hanté d’un besoin absolu de Dieu.« Là où tout a l’air mal, résume Joseph Follict critiquant cette méthode romanesque, il se cache un bien supérieur.» Jeu prestigieux, en effet, mais combien hasardeux pour les lecteurs! L’âge, en cette matière comme en tant d’autres, ne confère pas d'emblée de brevets de capacité.Cette inquiétude religieuse, ce besoin d'absolu à travers les pires déchéances, ne les découvrent que ceux qui ont la lucidité et la prudence voulues.Ce livre ne peut donc convenir qu'à des gens avertis et intellectuellement et moralement.Rol.-M.CHARLAND 87 KEMP (Robert) LA VIE DES LIVRES.Paris, Albin Michel.314p.18.5cm.$2.60 (frais de port en plus) Pour tous 11 faudrait avoir autant de talent et de goût que le tout récent académicien, Robert Kemp, pour apprécier adéquatement les études littéraires que lui-même a publiées aux éditions Albin Michel sous le titre de La Vie des Livres.Depuis des années, c’est sous cette même rubrique que le lecteur assidu des Nouvelles Littéraires retrouve en deuxième page les recensions lumineuses de l’Auteur.Inépuisablement, Robert Kemp y prodigue sa vaste culture littéraire et un style irréprochable de clarté, de vivacité.Le meilleur critique n’est rien de plus, dit-on, qu’un lecteur meilleur que les autres.C’est l’impression que nous donne R.Kemp chaque fois qu’on parcourt ses articles.Il sait lire, dans le sens profond du mot, les ouvrages littéraires qu’ils soient anciens ou modernes, et, de plus, nous communiquer de la façon la plus spontanée ses réactions.« Je ne m’ennuie jamais, un livre en mains, note-t-il dans son avant-propos.J’aime l’aimer; ou m’expliquer pourquoi je ne l’aime pas.Et j’aime persuader.» J’estime que l’ensemble de ces quarante études constitue une anthologie précieuse à plus d’un titre.L’analyse porte, en général, sur les raisons essentielles qui ont établi la valeur et la renommée des grands de la littérature à travers les siècles: Homère, Marivaux, Ste-Beuve, Proust, Gide, Rolland, Claudel, Kafka.Tout a été dit déjà, il est vrai, mais que d’aspects nouveaux peuvent nous être révélés.Du point de vue histoire littéraire, La Vie des Livres nous permet de reviser, surtout pour la première partie de notre siècle, le verdict des principaux coryphées de la littérature française.Cela ne va pas sans quelques griffades: Anatole France et Léon Bloy y sont bellement châtiés.Qu’il serait à souhaiter que Robert Kemp nous livre ainsi périodiquement la meilleure part de sa moisson: les moissonneurs de son espèce sont si peu nombreux.Robert-M.CHARLAND LA POESIE A TR A VERS LES ARTS.Paris, Alsatia.302p.22cm.(Coll.Sagesse et culture) Pour tous Ce volume qui comprend trente années de critique de tous les arts est une mine de renseignements, d’indications; il offre une lecture de choix à tous les esprits quelque peu raffinés que les plus marquantes manifestations artistiques ne laissent pas indifférents.Ainsi, les plus notables figures de l’empyrée apollinien depuis l’entre-deux-guerres sont passées en revue et soumises à la question.Des noms célèbres comme ceux de Picasso, Braque, Chabrier, Debussy, Satie, Bloy, Claudel, Ra-muz, Valéry, Chesterton, G.Greene, pour n’énumérer que les principaux.Mais ce qu’on y trouve d'infiniment plus précieux, c’est cette profondeur de vue avec laquelle s’exerce le talent de Stanislas Fumet chaque fois qu’il tente de déceler les secrets sortilèges d’un artiste ou mieux lorsqu’il étudie un problème abscons comme le sens du sacré ou les correspondances baudelairiennes.Incessamment l’esprit du lecteur est provoqué à la réflexion: la vraie critique ne touche-t-elle pas à chaque instant à la métaphysique?Ajoutez à cette qualité de l’esprit ce bonheur d’un style à facettes pures, rigoureuses et rutilantes à la fois.Sans aller jusqu’à penser comme Baudelaire que « le meilleur compte rendu d’un tableau pourrait être un sonnet ou une élégie », je dirais, comme l’affirmait récemment G.Charensol, que le poète seul est capable de donner un équivalent littéraire d’une création plastique, de l’expliquer de l’intérieur.Pour Stanislas Fumet donc, la critique est tout cela, un acte d’artiste et de métaphysicien.Roland-M.CHARLAND FUMET (Stanislas) ^Uient de paraître - LECTURES 1955-1956 Une précieuse source de références pour connaître la valeur doctrinale, littéraire et morale des livres récents.Volume relié en toile bleue et titré or $3.50 I'm.(frais de port en plus) ^Jideô, 25 eity rue Saint-daC(lue5^ Ifflontréaf 88 ¦¦¦¦¦¦ (jf'*o
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.