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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
samedi 14 mai 1955
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1955-05, Collections de BAnQ.

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Nouvelle férié Vol.1, no 1S 14 mal 1955 A PROPOS DE “CE SIÈCEE APPELIE AO SECOURS” Ce " moral qui s'insinue dans nos moeurs.S’il est une forme particulièrement perverse de “l’exploitation de l’homme par l’homme", c’est bien cette rage d’introspection, d’autophagie intellectuelle qui consiste à chercher, dans la seule connaissance de l’homme, la solution de tous les problèmes humains, cette débauche d’esprit reflexe qui dénude l’âme jusqu’aux racines et la place, telle une plante arrachée, dans une lumière qui éclaire sans nourrir, cette vivisection psychologique qui, sous couleur de sincérité et de “témoignage”, s’étale dans toutes les branches de la littérature, depuis l’étude scientifique objective jusqu’à la confession personnelle.Le nudisme physique n’est qu’un innocent jeu d’enfant auprès des multiples formes de ce nudisme moral qui s’insinue peu à peu dans les moeurs.La mode est aux confidence publiques (on ne s’aperçoit même plus combien ces deux mots hurlent d’être accouplés); on fouille.jusque dans ses derniers recoins, la vie privée des personnages célèbres; des gamines faussement candides écrivent des livres pour nous raconter les péripéties de leur initiation sexuelle, et comment elles ont perdu une virginité qu’elles n’ont sans doute jamais possédée ailleurs que dans leur corps; toutes les intimités, normales ou anormales, sont dévoilées, divulguées, mesurées, mises en é-quations et en diagrammes, et le vice lui-même devient, suivant le mot de Proust, une science exacte.Le pire, dans tout cela, ce n’est pas le mauvais goût de l’immoralité, c’est le danger d’épuisement et de stérilité.Ce “psychologisme", en effet, se dévore lui-même et aboutit à une impasse, car l’homme ainsi exploré jusqu’à ses entrailles, et jusqu’au contenu de ses entrailles, n’offrira bientôt plus de pâture aux démons de la curiosité et de l’exhibitionnisme."Ah ! tout est bu, tout est mangé; plus rien à dire.’’ Nous arrivons au point où l’homme n’aura plus rien à apprendre sur l’homme.Des choses, peut-être banales en elles-mêmes, mais voilées et imprégnées jusqu'ici d’un mystère fécondant et que chacun (1) Cet Intéressant article de Gustave Thlbon est paru dans la France catholique du 11 février 1955.redécouvrait pour son propre compte avec l’éblouissement du voyageur qui foule une terre vierge, perdent en même temps leurs ténèbres et leur magie : la terra incognita, l’ultima Thule du désir et du rêve se change en jardin public ! Ce rassasiement entraîne l’inappétence et, par contre-coup, le besoin de piments plus énergiques, de révélations plus sensationnelles.Mais le piment même s’affadit, le sensationnel s’émousse, et ce qu’on dégustait hier comme un alcool rugueux s’avale aujourd’hui comme une tisane insipide.Et l’homme tourne en rond dans sa cage éclairée jusqu’aux derniers recoins par les projecteurs de l'introspection.Quel chapitre pourrait-on écrire sur la psychologie, parasite de l’âme ! Il est vrai aussi, en vertu de cette polarité mystérieuse, qui lie le mal au remède, que ce climat d’ennui et de désespoir appelle irrésistiblement le rayon d'une nouvelle espérance.Le voyage autour de soi-même ayant épuisé toutes ses réserves d’imprévu invite l’homme à fuir au-delà de lui-même : notre esprit saturé de tant de mystères violés n’a plus de refuge et d’issue que dans le seul mystère inviolable : celui de sa relation avec Dieu.J’entends sa relation vécue et non exprimée, car l’expression la ramène à son terme humain, trop humain.De ce point de vue, il y aurait beaucoup à dire sur une certaine littérature qui fait de l’âme et de la vie intérieure du prêtre l’objet d’une curiosité trouble, et de je ne sais quelle délectation morose.Cette exploitation méthodique de la veine sacerdotale a remplacé les grosses calomnies anticléricales du siècle dernier.C’est une nouvelle façon de “manger du curé”, plus Intime et plus raffinée que l’ancienne, mais infiniment plus perverse.Naguère, on taillait en pièce et on dévorait une image du mauvais prêtre aussi artificielle dans sa bassesse que le chromo du bon prêtre dans sa pseudo-pureté; aujourd’hui, on déguste à petits coups les secrets de l’âme sacerdotale.A la mâchoire qui déchire, s’est substituée la langue qui savoure, mais c’est toujours le prêtre qu’on mange et Dieu est absent du festin.On répondra qu’on ne peut pas explorer l’âme du prêtre sans rencontrer le Dieu qui l’habite.Oui, mais sous quel angle et mêlé à quoi ?La curiosité psychologique s’accorde mal avec le sens du divin.Ce qu’il y a d'essentiel dans le prêtre, c’est précisément ce qui dépasse toute psychologie : son effacement, sa transparence, l'oubli de sa personne et de ses limites au profit du mystère qu’il transmet.Le prêtre rayonne non par lui-même, mais, à la façon des corps diaphanes, par la lumière qui le traverse — et l’analyse psychologique oublie presque fatalement cette lumière trop simple pour étudier dans ses mille détails la structure du corps diaphane.Gustave THIBON Signification de nos cotes TB — Livre pour tous.lectuellement ou mora- TB-S — Livre pour tous mais lement).spécialisé.D — Dangereux.TB-A — Livre pour tous, de nature à intéresser certains adolescents.M — Mauvais.— Livre pour adolescents A B — Livre pour adultes.(15 à 18).B?— Livre appelant des ré- J — Livre pour jeunes (10 à serves plus ou moins graves, i.e.à défendre 14 ans).d’une façon générale aux E — Livre pour enfants (6 à 9 gens non formés (Intel- ans).138 7742 T LITTÉRATURE CANADIENNE Généralités [0] RICOUR (Pierre) COMMENT REUSSIR MES ETUDES?Montréal, Fides [19541.108p.ill.photos (h.-t.) 19.5cm.$1.25 (par la poste $1.40) TB-A Il ne manque pas, sur le marché, d’ouvrages qui initient à la vie de l’esprit.Les milieux étudiants connaissent bien les livres tels que Simples conseils peur étudier (Flory), l’Art de penser (Dimnet).Conseils pour le travail intellectuel (Riboulet), la Teste bien faite et l'Art de réussir au baccalauréat (Charmot), ou encore le magnifique ouvrage de Sertillanges, la Vie intellectuelle.Mais ces livres, doctes et denses, ne conviennent, pour la plupart, qu'aux élèves des dernières années du cours classique ou aux universitaires.L'ouvrage de Pierre Ricour a le mérite d’être à la portée d’un plus grand nombre d’étudiants.Les écoliers de douze ou de quatorze ans y puiseront, avec agrément et profit, un grand nombre de données nouvelles.Quant aux aînés, il ne leur sera pas inutile de revenir sur des vérités toujours bonnes à méditer.PIERRE RICOUR L’auteur a groupé, sous quatre chefs d’idées, les conseils judicieux qu’il entend servir à la gent étudiante : Sois logique, Sois pratique, Sois ambitieux, Sois confiant.Dans le cadre de cette division d’ensemble, il expose la nécessité de l’enseignement scolaire; il énumère, avec force détails pratiques, les mille et une petites “adresses” qui permettront à l’étudiant d’en tirer le maximum de profit; il stimule les forces motrices internes qui lui donneront l’élan nécessaire pour "accrocher son char à une étoile”; et enfin, il définit le climat où doit s’épanouir la vie d’étude d’une personnalité en gestation.Tout cela n’est pas servi d’une façon abstraite.C’est un dialogue que Pierre Ricour engage et poursuit avec l’étudiant.Tout au long des pages, on sent que ce sont les exigences d’un auditoire estudiantin bien connu qui motivent et le ton et les arguments du professeur expérimenté.Le style est bref, limpide, volontiers coloré et assaisonné d'humour.Ça et là.de fines caricatures sont bien propres à corriger tel ou tel petit travers d'élève : castigat ridendo mores.Des vérités profondes sont souvent servies dans un style souriant et concret qui fera la joie du jeune lecteur.La présentation matérielle du volume, fort attrayante avec ses photos bien choisies, ne laisse pas d’engager à la lecture.Le large public auquel il est destiné ainsi que la valeur de l’ouvrage expliquent le succès du livre de Pierre Ricour.Une première édition s’est épuisée en quelques semaines.Un second tirage vient de sortir des presses.Souhaitons à ce livre la large diffusion que mérite sa haute valeur éducative.R.LECLERC J^appei le’’.’ psychologique par Thérèse Gouin-Décorie 173 pages — $1.75 CHEZ FIDES A méditer “Quant aux livres qui prônent le divorce et l’amour libre, ceux qui rabaissent la famille, tournent en dérision la vertu, combattent la foi ou s’efforcent de discréditer l’Eglise, leur lecture est interdite aux catholiques, à moins d’une permission expresse, justifiée par un motif sérieux.Ni la qualité littéraire d’une oeuvre, ni la notoriété de son auteur, ni même le désir de connaître un livre dont on entend parler, ne sauraient constituer un motif suffisant pour s’en permettre la lecture." Les cardinaux et archevêques de France Uienl de paraître De l’adolescence à la maturité par Thérèse Gouin-Décarie 173 pages - $1.75 CHEZ FIDES 139 15112246 5646 IITÏÉRATUHE CANADIENNE Histoire |ît| HUMILLY (Robert) HISTOIRE DES ACADIENS.2 vol.Montréal (s.e., 19551.548 p.carte front.20.5cm.$6.75 (par la poste $7.45) TB On a versé tellement d’encre à propos du “Grand Dérangement” — le délicieux euphémisme ! — que, pour bon nombre de gens, leur connaissance de l’histoire acadienne se borne à cet épisode de sept années.Ce n’est pourtant pas la faute de Rameau de Saint-Père ni celle d’Emile Lauvrière ni celle du Frère Antoine Bernard.C’est à ces pionniers entre autres que fait écho Robert Rumilly en récrivant sinon l’histoire définitive de l’Acadie, du moins la chronique exhaustive de ce peuple martyr.A l'occasion du second centenaire de sa déportation, on ne pouvait rendre à ce dernier un plus juste hommage que celui de le “replacer sur la carte”.Pour y réussir plus sûrement, M.Rumilly n’a négligé à peu près aucune source de renseignements.Il a refait en personne et presque en entier le long et douloureux pèlerinage accompli par ses héros.Il en a profité pour consulter toutes les archives susceptibles d’éclairer sa matière.Il a pu vérifier et compléter ainsi les dires de ses devanciers.Que s’il ne mentionne pas ceux du Frère Bernard non plus que l’Histoire de Belle-Isle-en-mer du Père Le Galien ni la thèse du poète Paul Morin sur Evangéline, c’est sans doute qu’il a trouvé ailleurs, v.g.chez l’érudit Ernest Martin, lui-même un Acadien, l’équivalent de leur documentation.De ces richesses M.Rumilly dégage d’abord le récit du brutal écartèlement où les Acadiens se débattirent pendant un siècle et demi.En 1749, ils ne se reconnaissent pas d'autre patrie que l’Acadie (p.365).Or, depuis 1603, ils y ont vécu dans une oscillation perpétuelle entre deux pouvoirs qui se disputent et leur patrie et leurs terres.S’ils prêtent le serment d’allégeance à la France, celle-ci excite la rapacité des colons anglais; s’ils le prêtent à l’Angleterre, les voilà victimes des Micmacs et des Abénaquis.En somme, leur histoire d’alors se résume dans un dépouillement et un déplacement perpétuels.Ils ont beau se terrer au fond des bois, la sensation de leur présence est encore de trop.L’Angleterre a beau ne pas avoir ordonné leur exclusion, elle l’a approuvée, applaudie et récompensée 'p.932) chez Lawrence, Winslow, Boscawen, Belcher.Elle leur avait dit : “Sauvez les apparences de la justice, mais emparez-vous des meilleures terres”.C’est alors la déportation, avec ses quatre phases : 1755, 1756, 1758, 1762.On s’étonne seulement qu’après avoir raconté ces phases en 8 chapitres élaborés (p.448-587), M.Rumilly ait rejeté si loin son jugement (p.928-933) sur “ce crime de guerre’’ (Frégault) dont le début fut même un “crime de paix’’.Ce fut alors la diaspora, la dispersion.En une phrase, l’auteur en a marqué toute l’horreur : "Imaginons l’odyssée des Hébert, déportés en Caroline, remontés en Nouvelle-Angleterre, passés à S.-Pierre-et-Miquelon, envoyés en France, revenus à S.-Pierre-et-Miquelon, réévacués sur les ports de France 0766-1783), rentrés à S.-Pierre-et-Miquelon (1783), émigrés enfin aux îles de la Madeleine, le tout de 1755 à 1793.dans la même génération !” (p.667 — cf.797-798).Appliquez cette phrase à près de 6,000 exilés; vous saurez l’étendue du désastre.Mais Dieu n’éprouve les nations fidèles que pour mieux les récompenser.Les chapitres 39 à 64 racontent le regroupement de la race pulvérisée, sa graduelle renaissance.Au milieu de quelles misères encore elle se débat! Rentrée dans l’ancienne Acadie française, elle y retrouve ses vieux adversaires, les colons américains devenus des loyalistes.Mais elle s’y trouve aussi aux prises avec un groupe de catholiques à mentalité tout opposée, avec sa défiance du Canadien français son voisin, avec ce chancre intérieur, l’esprit de parti politique (p.991).Malgré toutes ses faiblesses, l’Acadien reconquiert par étapes son droit à sa vie indépendante, religieuse, intellectuelle, économique et politique.Parvenu au terme de ce récit, chronique détaillée plutôt qu’his-toire ramassée, on se dit qu’il en est de l’Acadien un peu comme du juif : à moins d’être noyé dans le torrent ambiant, il est inassimilable parce qu’il est “indigestible” (p.1016).Ce mot de Mgr M.-An-toine Roy justifie amplement le cri d’espérance qui termine l’ouvrage : le jour où, écartant leurs divergences politiques, les Acadiens se rallieront autour de leur idéal religieux et national, ce jour-là ils offriront le spectacle d’une race qui, après avoir été l’une des plus éprouvées de l’histoire, vit pleinement pour s’être réimplantée dans la terre de ses pères.Tout au long de son récit, M.Rumilly porte, quand il y a lieu, des jugements; il le fait avec la même objectivité qui caractérise son oeuvre-maîtresse, Mgr Laflè-che.Edouard Richard voulait que Lawrence fût seul responsable de la déportation.Henri Beaudé en accusait le Colonial Office.Pour M.Rumilly, le crime doit être imputé à l’Angleterre et à ses agents coloniaux (p.928-933).Il serait bien étonnant que l'histoire à venir ne ratifiât pas ce partage des responsabilités.Si M.Rumilly décoche ça et là quelques flèches aux persécuteurs des Acadiens, il ne peut taire son admiration pour la ténacité des victimes.Il a raison de voir, dans leur incessante persistance à réparer leurs continuels désastres, l’une des plus énergiques leçons que l’humanité puisse recevoir.Posons une question : l’épisode Washington-Coulon de Villiers, traité en deux lignes (p.419), ne réclamerait-il pas une note explicative ?Un descendant d'Acadien, Emile CHARTIER, p.d.140 Généralités [0] TRAVERSE (Marcelin) ENCYCLOPEDIE POUR LES ENFANTS DE FRANCE.Illustrations de Marianne Clouzot et autres.(Paris! Hachette [1954].108 p.ill.33.5cm.Relié $7.00 (par la poste 37.70) E Ce livre magnifique mérite d’être classé parmi les plus beaux livres d’enfants.Les images aux riches coloris et le texte intelligent s’unissent pour éveiller la curiosité de l’enfant.Epris du désir de connaître, ce dernier y découvrira des notions précises sur l’histoire, la géographie, la botanique, la zoologie, les grandes industries, les transports, les sports, etc.Tout le long de ce luxueux volume on déploie, sous les yeux émerveillés du petit lecteur, les mille aspects de la beauté et de la richesse de notre immense univers.Dommage que l’on ne trouve nulle part la trace d’un sentiment d’admiration et de reconnaissance envers le divin Créateur ! Une quarantaine de pages, illustrant l’histoire de la France susciteront peut-être moins d’intérêt chez nos petits Canadiens.Ce livre n’en reste pas moins un ouvrage digne de mention.C.LALANDE ¦ ¦ * 9, * LE BIENHEUREUX JEAN D’A-VILA.Audi, filia.Trad., introduction et notes par Jacques Cherpre-net.[S.I.] Ed.Montaigne [1954].358 p.18.5cm.(Coll.Les maîtres de la spiritualité chrétienne).$3.90 (par la poste $4.30) TB Les auteurs spirituels du XVIe siècle qui n'appartiennent pas à un Ordre religieux sont rares.L’un des plus méritants est le bienheureux Jean d’Avila, l’apôtre de l’Andalousie.Il naquit le 6 janvier 1500, à Almodovar del Campo.Il fit des études à Salamanque et à Alcala.Après son ordination sacerdotale, il se consacra à la prédication dans l’Andalousie.Comme directeur spirituel et comme théologien, son autorité était reconnue de tous.Il a écrit beaucoup de lettres de direction, à des personnes de toutes les conditions; on compare ses lettres à celles de saint François de Sales.Il possédait à un haut degré le don du discernement des esprits.Il fut en relation avec la plupart des saints personnages espagnols de son temps, en particulier avec sainte Thérèse d’Avila qu’il rassura sur les voies particulières où Dieu la conduisait.Comme théologien, il a contribué par ses écrits au concile de Trente, où les théologiens espagnols ont exposé plusieurs de ses idées.Parmi ses ouvrages, le plus important est le commentaire qu’il fit du verset 11, du psaume 45: “Audi filia et vide”.Publié d’abord en 1556.sans le consentement ni la correction de l’A., cet ouvrage fut révisé par ce dernier à la demande de l’Inquisition; cette nouvelle version reçut, en 1565, l’approbation de l’évêque de Cordoue, mais non encore celle de l’Inquisition.Ce n’est qu’en 1574, que fut publiée une édition posthume de cette oeuvre.Il s’agit d’un véritable traité de spiritualité, dont le but est de conduire les âmes aux sommets de la perfection.L’A.considère d’abord les trois langages que l’âme chrétienne doit mépriser: celui du monde, celui de la chair, celui du démon.En plus de ces difficultés communes à toutes les âmes, l’A.signale les pièges particuliers à son époque : l’hérésie de Luther et le faux mysticisme.Après la lutte contre les obstacles, l’A.recommande d’acquérir la connaissance de soi-même et de s’adonner à l’oraison.La méthode d’oraison qu’il préconise ressemble à celle de Louis de Grenade; elle consiste à regarder très peu ses propres misères, sources de découragement, et à contempler surtout Jésus, la suprême beauté.Jean d'Avila mourut à Montilla, en 1569.Il fut enterré dans l’église des Jésuites qu'il a défendus courageusement et pour lesquels il a toujours éprouvé une profonde sympathie.S.S.Léon XIII l’a béatifié.le 6 avril 1894.Au début de la présente édition, se trouve une substantielle introduction de Jacques Cherprenet, sur la vie et l’oeuvre du Bienheureux, sur son rôle dans la réforme catholique espagnole et sur sa doctrine spirituelle.Ovila MELANÇON HASSEVELDT (Abbé R.) LE MYSTERE DE L’EGLISE.2e éd.Paris, Ed.de l’Ecole, 1953.347 p.TB Aux IVe et Ve siècles, dans les discussions de saint Augustin et des Donatistes, les fidèles se demandaient : “Où est la véritable Eglise ?” Au moment de la Réforme protestante, au XVIe siècle, les iidè-les se demandaient : "Qu’est-ce que l'Eglise ?” Mais aujourd’hui les fidèles se demandent : “Pourquoi l’Eglise ?” C’est le fait même de l’Eglise qui est remis en cause, parfois par nos catholiques eux-mêmes qui en viennent à penser qu’après tout "toutes les églises se valent” ! Le mal est symptomatique de l’individualisme contemporain dédaigneux des institutions sacrées, et manifeste l’ignorance de trop de chrétiens sur la vraie nature de l’Eglise et de son lien avec le Christ.C’est pour y remédier que M.l’Abbé Hasseveldt, directeur au Grand Séminaire de Lille, vient de publier son livre, sur "Le Mystère de l’Eglise” qui est une reprise et une adaptation de son suggestif ouvrage hors commerce, paru sur le même thème en 1947-1948 et destiné aux élèves des Grands Séminaires.Le présent ouvrage reprend en effet les matériaux les meilleurs de l’édition provisoire et les organise dans un ensemble plus dépouillé et plus complet, destiné aux élèves de l'enseignement secondaire, parvenus au niveau de rhétorique ou de philosophie.Toutefois, ce manuel n’a rien de scolaire et est susceptible d’intéresser les fidèles soucieux d’acquérir une culture doctrinale génératrice de lumière et inspiratrice d’action apostolique.Richesse doctrinale, beau choix de textes scripturaires et patristiques, ouverture aux exigences religieuses contemporaines, choix judicieux des illustrations, tout concourt à faire de ce livre un instrument de choix entre les mains de tous les vrais enfants de l’Eglise.André LEGAULT 141 LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Religion [2] NEUBERT (E.) LA VIE D’UNION A MARIE.Lettre-préf.de S.E.Mgr Louis Joseph Kerkhofs, évêque de Liège.Paris, Alsatia [19541.327 p.20cm.$3.35 (par la poste $3.70) TB L’A.est un mariologue bien connu.Le but prédominant de ses oeuvres est d’éclairer et de nourrir la piété, bien que nous sentions facilement, comme sous-jacente à cet aspect plutôt pratique, une doctrine spéculative très sûre.Dans l’oeuvre que nous présentons aujourd’hui, le caractère pratique est manifeste; l’A.fournit en effet un nombre très considérable d’indications propres à favoriser l'union de l’âme avec la Vierge Marie.Le lecteur pourrait même se sentir littéralement encombré par tant de suggestions, si l’A.ne rappelait très clairement que les âmes ne doivent pas brûler les étapes et ne doivent prendre que ce qui leur convient.L’A.qui puise sa doctrine mariale non seulement dans la théologie mais aussi dans “l’expérience d’âmes qui ont vécu dans 1 intimité de la Vierge" (p.9), est trop avisé pour vouloir faire réaliser d’un coup tant de pratiques, si bonnes soient-elles en elles-mêmes.Dans la première partie de l’ouvrage, l’A.analyse l'union ordinaire à Marie, c’est-à-dire l’union acquise, que l’on peut atteindre par ses propres efforts soutenus de la grâce.Il expose comment le fidèle peut parvenir avec Marie à l’union de pensée, de volonté, de sentiments, à l’union dans les exercices de piété, dans la dévotion à la sainte Eucharistie, dans le travail, dans la pratique des vertus théologales et apostoliques.Dans la seconde partie, il est question de l’union mystique à Marie.L’A.exclut l’union mystique extraordinaire, qui consiste en une présence mystique extérieure de Marie et qui se manifeste en des phénomènes exceptionnels pouvant affecter les sens extérieurs et intérieurs ainsi que la partie la plus élevée de l'intelligence, comme les apparitions, les révélations, etc.Il s'agit ici plutôt de l’union mystique ordinaire, qui semble consister essentiellement **.dans la conscience d’une activité intérieure attribuée à Marie qui perfectionne les dispositions de l’âme, en y ajoutant les dispositions de Marie, et dirige son activité selon les intentions de sa Mère en vue d’une union plus étroite avec Dieu” (p.244).Toute piété mariale vraiment éclairée reconnaît que la dévotion à Notre-Seigneur est en soi, beaucoup plus importante que la dévotion à Marie; c’est pourquoi l’A.affirme très justement que “les saints l.J remarquables par leur intimité avec la Vierge sont plus remarquables encore par leur union à Jésus” (p.23).Voilà le fil conducteur qui s’insinue dans tout l’ouvrage.Et l’A.a soin de nous rappeler que "tout ce que nous faisons pour la Vierge nous rapproche de Jésus, au moins par voie indirecte I.1 Mais, ajoute-t-il, cela ne suffit pas à Marie.Elle désire nous conduire à son Fils, non seulement, pour ainsi dire, à notre insu, mais par une détermination pleinement consciente, réfléchie et consentie de notre part” (p.119-120).En conséquence, l’A.signale la nécessité du caractère christocen-trique de toute véritable spiritualité.dans un excellent chapitre in- titulé : "Notre grand but et notre grand moyen: Jésus, fils de Marie"
de

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