Lectures, 1 février 1955, samedi 19 février 1955
Nouvelle série Vol.1, B* IX 19 février 19M Mgr Savard à l’Académie L’événement important de la semaine est sans contredit l’entrée de Mgr Félix-Antoine Savard à l’Académie eanadienne-française.Le créateur de Menaud a démissionné de la Société Royale et sa réception à notre Académie aura lieu samedi, le 19 février.La présence de Mgr Savard ajoute au prestige de l’Académie ca-nadienne-française.Son oeuvre est l’une des plus marquantes de notre littérature.Son style, poétique et terrien, est unique au Canada français.Menaud, maitre-dra-veur et l’Abâtis sont des livres de toute première valeur.* • * Le mois de la presse catholique Février est le mois de la presse catholique.Depuis quelques années, la religion a pris, dans les jornaux, dans les revues, à la radio et à la télévision, une place qui lui revenait de droit.Aux Etats-Unis, des livres traitant de sujets religieux ont obtenu des succès retentissants, et on n’a qu’à penser à la chronique télévisée de Mgr Sheen pour se dire que les choses ont changé pour le mieux.Le Secrétariat international de la Presse catholique publiait, dans un bulletin récent, les résultats d’une enquête faite aux Etats-Unis.Des 541 publications catholiques américaines, concluait l’enquête, près de la moitié des catholiques n’en ont jamais vu une seule.En d’autres termes, 44% (10,428,000 catholiques sur 18 millions) “ne recevraient comme enseignement que les 5 ou 10 minutes de sermon du dimanche ou les articles religieux publiés dans les journaux neutres”.ittéraireJ Que révélerait une enquête semblable tenue au Canada?La logique des catholiques apparaîtrait-elle aussi fautive que celle de nos voisins d’outre-frontière?A constater le nombre de publications neutres, jaunes ou pornographiques qui entrent maintenant dans nos foyers, c’est à se demander si la moitié même des catholiques cana-diens-français lisent un journal spécifiquement écrit pour eux ?* * * La sagesse de nos écrivains Le couple le plus sage de nos écrivains paraît être Michelle Le-Normand et Léo-Paul Desrosiers qui, depuis quelques années, poursuivent leur carrière dans leur aimable et hospitalière retraite de Saint-Sauveur.Certes, il n’est pas offert à tous de jouir de la possibilité d’une vie paisible à l’écart de la grande ville.Mais combien de nos écrivains en auraient toutes les facilités s’ils la désiraient vraiment.Ils préfèrent, au silence et au recueillement, l’excitation, stimulante disent-ils, de la grande ville.Un confrère émettait un jour le regret du départ de Léo-Paul Desrosiers pour la campagne où il allait, supposait-il, enfouir définitivement son talent.C’était connaître mal un écrivain qui n’a jamais eu d’autre souci que la poursuite sincère d’une oeuvre originale.A sa table de travail, dès neuf heures du matin, Léo-Paul Desrosiers ne la quitte que pour le déjeuner, pour se remettre à l’étude deux heures encore dans l’après-midi.D’ailleurs, l’avenir nous apportera des preuves du labeur incessant de Léo-Paul Desrosiers, l'écrivain le plus authentique de notre groupe littéraire.Julia RICHES b marge du problème des revues obscènes Dans son numéro de février, la revue Relations publiait, sous la plume du R.P.Paul Gay, c.s.sp., directeur du Service de Presse et de Cinéma du diocèse d’Ottawa, un article fort à point sur le problème de la distribution et de la vente des revues obscènes.En voici la conclusion: “Secouer l’opinion publique en lui redonnant le sens de la pudeur si violentée par nos films, notre TV et nos revues, voilà un des moyens principaux de la lutte contre l’obscénité.Le citoyen n’est pas un “sujet” mais un “participant” à la chose commune.Quand ce citoyen est catholique, il comprend mieux que tout autre ses devoirs.Un décret du Saint-Office dn 2 avril redisait aux fidèles leur obligation grave de s’abstenir absolument de la lecture des ouvrages ou périodiques lascifs ou obscènes; il leur demandait surtout de préserver la jeunesse contre le poison de l’impudicité.Provoquer la réaction du public en faveur de l’application plus stricte du fameux article 150 du code criminel sera plus facile si un autre grand moyen d’assainissement est mis au jeu: je veux parler de la vente et de la distribution, sur une grande échelle, des bonnes revues, des bons comics, des bons magazines.On ne détruit bien que ce qu’on remplace, en fait de revues comme en fait de films.” 89 LITTÉRATURE CANADIENNE Histoire (»] ¦ FREGAULT (Guy) s’éloigne jamais beaucoup de l’économique.Il semble sans illusion sur la plupart des motifs qui font agir les humains.Il croit au dévouement, certes, mais le juge rarissime.Ce qui après tout reste difficile à nier et accroît d'autant la beauté des cas où resplendit le pur héroïsme.Ces quelques réflexions entourent dans mon esprit l’intéressante vue d'ensemble que nous offre M.Frégault sur la Société canadienne sous le régime français.Seize pages d’une synthèse solidement construite, d’un style bien frappé, sobre, sans ombre de lyrisme, c’est-à-dire tendant à prouver non à émouvoir, et insistant sur la vérité matérielle des faits.Certaines assertions m’ont étonnée, certains mots faisant image ont renversé des jugements pourtant bien ancrés dans l’esprit de tous.Voici un seul exemple une toute petite phrase, où inconsciemment, j’ai opéré une substitution de vocables.M.Frégault écrit (page 6): “En 1641, la colonie peut compter 300 âmes qui vivent autour de deux comptoirs: Québec et les Trois-Rivières”.Au lieu du terme comptoirs, j'entendais résonner celui de clochers.Oui, nonobstant, les longs mois de traite, je songeais aux ardents missionnaires de l’époque, aux vieux colons chrétiens, assidus aux offices religieux, devenant de merveilleux apôtres à l’occasion, tels le “bon M.Gaud”, un haut fonctionnaire, Nicolet, A-myot, Godefroy, Couture, ces extraordinaires interprètes des traitants, un Guillaume Couillard, attaché à la terre, d’autres encore.Si M.Frégault, ce bel historien penché sur nos annales, a raison dans le choix motivé, certes, de ses expressions, il me semble que je n'ai pas tout à fait tort d'en juxtaposer d’autres.mentalement.En admettant bien entendu que je lis ‘Thistoire à reculons” selon le mot très spirituel de M.Frégault.Marie-Claire DAVELUY LA SOCIETE CANADIENNE SOUS LE REGIME FRANÇAIS.Ottawa, Les Brochures de la Société historique du Canada, 1954.17p.21cm.(Brochure historique no 3) TB Qui n’admet pas la valeur de l’effort historique du jeune maître, M.Guy Frégault?Il honore le milieu universitaire où s’affirme son talent et se diffuse son enseignement.Son autorité auprès du public cultivé est déjà incontestable.Aucun jury ne se constitue sans lui, si ce jury exerce son mandat dans le domaine que l’historien a conquis par sa culture personnelle et la publication d’ouvrages qui attestent sa vision lucide des faits.Sa conception de l’histoire se dégage assez facilement des travaux qu'il nous a jusqu’ici présentés.Il y entre plus de concret que d’abstrait, de froide raison, que de propos fulgurants.C'est un réaliste qui ne Le choix des établissements modernes en ACIER extra-fort AVEC TABLETTES AJUSTABLES Recouvert d'émail cuit au foui HHI Un meuble permanent pratique, tolfde et élégant PRIX SUR DEMANDE Prompte livraison MODELES SPECIAUX SUR COMMANDE Cbsude Rousseau, pris.Montmagny, P.Q.¦L 90 ^52127 LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Religion |2] * * * LE MEMORIAL SPIRITUEL DE SAINTE GERTRUDE.Livre deuxième du Héraut de l’Amour divin.Préf.et trad, de Dom Pierre Doyère.Paris, Plon [19541.129p.19.5cm.TB L’élite catholique de langue française agréera certainement avec faveur cette partie importante de l’oeuvre bien connue de sainte Gertrude que Dom Pierre Doyère vient d’éditer chez Plon dans la collection Tradition monastique.C’est au monastère de Helfta, comme on le sait, dans un vallon paisible de Saxe, que vécut et mourut Gertrude, au XlIIe siècle.C'est là qu’elle eut le privilège des faveurs mystiques; visions de grâces qui illuminèrent sa vie intérieure, qu’elle fixa dans ses écrits, et qui lui servirent à aider nombre d’âmes autour d'elle.L’activité intellectuelle de sainte Gertrude fut considérable.Le journal de ses révélations, ou Héraut de l’Amour divin, est le plus important et le mieux connu de son oeuvre, et le livre second de cette oeuvre en est la partie essentielle; c’est ce livre II, contenant surtout le récit des faveurs spirituelles reçues par sainte Gertrude et formant en quelque sorte son mémorial spirituel que Dom Pierre Doyère a eu la bonne idée d’éditer séparément avec une excellente introduction et des notes substantielles.Comme l’introduction a une portée plus large que celle du livre second du Héraut de l’Amour divin, nous en donnerons ici les divisions principales : vie de sainte Gertrude; ses écrits; son caractère; sa “conversion”; sa spiritualité; sa vie mystique: son style; le "mémorial spirituel”.Dans cette introduction, Dom Doyère fait d’abord justice d’une confusion qui a duré trop longtemps dans l'hagiographie catholi-aue : celle des deux Gertrudes de Helfta.Voici en quels termes il résume l’état actuel de nos connaissances à ce sujet : “La vie de sainte Gertrude se déroula pour la plus grande partie sous le gouvernement de Gertrude de Hackeborn, deuxième abbesse du Monastère de Helfta, élue en 1251 et morte en 1291, La sainte lui survécut dix ans ; elle connut le gouvernement d’une autre abbesse, Sophie de Mansfeld et mourut pendant l’interrègne suivant."La similitude de prénoms entre l’abbesse et sa moniale amena, en 1595, un historien bénédictin, Dom Arnold Wion à les confondre et à attribuer à la sainte mystique l’état et la crosse de Gertrude de Hackeborn, née de parents nobles à Eisleben, vers 1220.Malheureusement, cette erreur a fait loi pendant près de trois siècles; elle a notamment faussé le caractère de l’office liturgique, non seulement dans la légende du deuxième nocturne, mais dans maintes autres pièces.” Confiée dès l’âge de cinq ans au monastère de Helfta comme oblate, procédé qui n’était pas rare au moyen-âge, Gertrude fut sans doute élevée avec d’autres petites compagnes par une soeur même de l’abbesse: Mechtilde de Hackeborn.Elle reçut une haute culture littéraire et théologique, et s’adonna aux études avec passion.Ce n’est qu’à l’âge de vingt-cinq ans que se produisit chez elle la “conversion” c’est-à-dire l’union passive à Dieu, par la découverte d^s réalités mystiques.Ce sont ces grâces et celles oui suivirent qui sont surtout consignées au livre second du Héraut de l’Amour divin.Dom Doyère.le traducteur, s’explique un peu plus loin, dans la même introduction sur les caractéristiques de cette traduction nouvelle.“Sainte Gertrude n’est pas un très grand écrivain., la phrase, qui se ressent du génie allemand, est tourmentée, sinueuse, surchargée d’épithètes et de superlatifs Par besoin de clarté française, le traducteur est tenté souvent de simplifier ou de construire: mais il vaut mieux respecter les efforts du stvle* au prix même de quelques inélégantes, car Us sont eux-mêmes une des conditions de l’expression.” Il nous semble pourtant, que certaines phrases enchevêtrées et confuses, auraient dû être clarifiées et coupées en tronçons par le traducteur.Les spécialistes, s’ils désirent atteindre la pensée de la Sainte dans sa genèse phraséologi-que elle-même, pourraient toujours avoir recours au texte latin.Les lecteurs contemporains ont tellement besoin de clarté et de concision qu’on doit leur concéder quelque chose.Mais cet inconvénient demeure léger en face des grandes qualités de l’oeuvre et de la traduction qui nous sont présentées.Comme l’écrit Dom Doyère, “c’est un très grand caractère qui se révèle à nous.La femme a tenu les promesses de la brillante fillette qui séduisait tous ceux qui l’approchaient.La formation littéraire et théologique a épanoui son intelligence profonde et vive; son éloquence persuasive, toujours prête à répandre les richesses de son esprit et de sa prière, lui donne un ascendant qu’elle aime à exercer; elle le fait d’ailleurs avec une bonté attentive qui sait pénétrer jusqu’au fond des coeurs.” Nous sommes en face d’une âme naturellement profonde et riche, sainement équilibrée, qui manifeste dans les voies spirituelles avancées une humilité très authentique jointe à une grande audace et à une confiance inébranlable.C’est souvent une grâce de prendre contact avec ses écrits.Et il faut espérer que le savant et soigneux traducteur du mémorial spirituel pourra continuer son entreprise et nous offrir au moins le texte français du livre IV du Héraut, où se trouvent de si belles et de si riches expériences spirituelles centrées sur les fêtes de l’année liturgique.Guy BERTRAND Signification de nos cotes TB TB-S — Livre pour tous.— Livre pour tous mais lectuellement ou moralement).spécialisé.D — Dangereux.TB-A — Livre pour tous, de nature à intéresser certains M — Mauvais.adolescents.A — Livre pour adolescents B — Livre pour adultes.(15 à 18).B?— Livre appelant des réserves plus ou moins graves, i.e.à défendre J — Livre pour jeunes (10 à 14 ans).d’une façon générale aux gens non formés (Intel- E — Livre pour enfants (6 à 9 ans).91 UTMTURE (TRAN6ÈKI PIEPER (J.) et RASKOP (H.) JE CROIS EN DIEU.Texte français d’Armel Guerne.[Paris] Desclée de Brouwer [19531.165p.18.5cm.(Coll.Présence chrétienne).$1.90 (par la poste $2.10' TB La Collection Présence chrétienne a été lancée par Desclée de Brouwer en 1953.Elle compte maintenant cinq ou six livres.Elle semble avoir pour but de fournir un effort de réflexion chrétienne sur différents sujets.On y trouve un souci évident de se mettre à la portée du lecteur cultivé ordinaire.Ce ne sont pas des livres de spécialisation ni ce qu’on pourrait appeler péjorativement de la vulgarisation.Ce sont tout simplement des livres dans lesquels des auteurs chrétiens traitent de certains aspects de la doctrine et de la vie chrétiennes et les expriment dans un langage quotidien qui les rend abordables à tous les lecteurs sérieux.Ajoutons à cela que cette collection nous est offerte dans une reliure verte solide qui fait de ces petits livres l’ornement d’une bibliothèque.Ce petit livre, le premier de la collection, est un catéchisme pour adultes.Dans sa première partie, il pose le problème de la foi et de la vie chrétienne.Les données générales de la foi y sont exposées, sous forme d’explication du Credo.On montre ensuite comment se réalise la vie de la foi par les sacrements et les vertus chrétiennes.La deuxième partie traite de l’Ecriture et de l’Eglise.Cette deuxième partie, tout en étant succincte, replace les problèmes dans leur vraie perspective.Paul-Emile ROY DONCOEUR (Paul) LA VIERGE MARIE DANS NOTRE VIE D’HOMMES.[Bruges] Desclée de Brouwer [19541.57 p.18.5cm.(Coll.Présence chrétienne).$1.15 (par la poste $1.30) TB Les livres sur la Vierge foisonnent au vii.gtième siècle.Celui que le Père Doncoeur vient de nous donner se lit d’un seul trait, comme une gorgée d’eau limpide.Aucune complication, aucune contorsion intellectuelle.Sur la route de notre vie d’hommes, Marie est intervenue.Elle est descendue sur la place publique.Elle est partout parmi nous.Toujours et pour tous elle est la médiatrice de notre rachat.Le Père Doncoeur rapporte une parole de Péguy qui pourrait résumer son petit livre.“Toutes les questions, spirituelles, éternelles et charnelles, disait un jour Péguy à Stanislas Fumet, gravitent autour d’un point central auquel je ne cesse de penser et qui est la clé de voûte de toute religion.Ce point, c’est l’Immaculée-Concep-tion.” Le Père Doncoeur montre éloquemment comment Marie vient s’insérer dans nos problèmes, dans nos préoccupations.“Ce oui nous touche, ce qui nous est précieux, à nous hommes plongés dans l’épaisseur de notre aventure, le voici : elle est la sainte Vierge, mais elle est une femme ; de notre chair, et non pas un ange, engagée comme nous dans un monde de péchés, et cependant intacte.Tendre, aimante, douloureuse comme toute femme.Et cependant admirablement juste ; alors même qu’elle ne sait pas, qu’elle ne comprend pas, qu’elle tremble, qu’elle est déchirée d’angoisse, n’inclinant jamais si peu que ce soit hors de la ligne impeccable.’’ (p.53) Paul-Emile ROY Grain de sagesse “Que le lecteur ne se croie pas un intellectuel de seconde zone parce qu’il se tient à l’é-! cart de la pourriture littéraire.;même si elle se présente toute dorée, même si elle a son heure de célébrité.Les mauvais livres, si bien écrits qu’ils soient, manqueront toujours des qualités qui font les “grands livres’’.! Comme Gide, Colette est un; grand écrivain.N’empêche que; ses amis, la jugeant uniquement! du point de vue littéraire, ont! signalé les lacunes cruelles ré- J sultant dans son oeuvre de la méconnaissance des nobles réalités humaines.C’est le mot si profond de Claudel : “Le mal ne compose pas.” E.DUPUIS, s.j.CLUNY (Roland) FRANCE, PAYS MISSIONNAIRE.[Paris! le Centurion [1954].143p.ill.19cm.(Coll, le Poids du jour).$1.10 (par la poste $1.25) TB Incontestablement un beau petit volume qui affirme et qui plus est, prouve que la France fut et demeure un grand pays missionnaire.L’auteur (après bien d’autres depuis quelques années) pricise ce qu’est une mission ou un pays de mission.Comme beaucoup, il veut démontrer que la France est encore un grand pays chrétien.Pays d’origine, d’essence et de texture chrétiennes, soit, mais où les indifférents sont trop nombreux, même si les anticléricaux n’y ont plus la cote d’amour.La France fut le grand héraut de l’apostolat missionnaire.Elle a subi maintes affres, de multiples souffrances dans sa chair, dans ses biens.Elle a surmonté guerres, révolutions, encyclopédistes, et elle tient encore, dans le champ missionnaire, un rang important après avoir longtemps occupé le premier, tant par le nombre d’unités missionnaires que par les sommes fournies aux missions.L’auteur aurait bien pu relater ce que la France fît pour le Canada par ses Récollets, ses Jésuites, ses Oblats, ses religieux de tous ordres, ses prêtres qui vinrent en Canada ou aux Etats-Unis, chassés par la Révolution, ses religieux qui fuyaient les lois de monsieur Combes.Cette semence jetée en terre canadienne ou américaine par la meilleure France a germé et rend cent pour un.Aujourd’hui le Canada français surtout présente une magnifique relève mais honneur et gratitude doivent en être rendus à la France.La France reste nation missionnaire et elle a un singulier mérite à fournir encore 20% de l’effectif apostolique en pays étrangers.Elle fournissait autrefois une proportion de 35% des envoyés du Christ.Si la France doit faire face à un amoindrissement de l’esprit religieux, ce pays offre cependant le spectacle de prêtres héroïques, qui s’attachent à reconquérir le milieu ouvrier et rural.Et cela il faut le dire, “la France n’est pas pays de mission, elle est encore pays de chrétienté”.La France, terre de saints, d’apôtres, de missionnaires, continue de vivre, malgré Gide, Sartre et les sceptiques ou Indifférents de toutes nuances.En vo'là assez pour vous mettre en appétit pour ce petit volume qui est tout apostolat.Rodolphe LAPLANTE 92 T Sciences societies |3] MENDES-FRANCE (Pierre) et ARDANT (Gabriel) LA SCIENCE ECONOMIQUE ET L’ACTION.IS.1.1 Unesco-Jul-liard [19541.230 p.22cm.$2.70 (par la poste $3.00) TB-S Cet ouvrage est sorti des presses en octobre 1954.Travail tout à fait récent où on trouve la pensée de l’ex-président du Conseil de la République française, dans une oeuvre de collaboration avec Gabriel Ardant, commissaire général à la productivité.La présence de M.Mendès-Fran-ce lors de la réunion relative aux problèmes monétaires à Bretton V’oods, pendant la guerre, explique que l’auteur n’est pas un inconnu dans les milieux où se prépare la politique internationale.Il était depuis longtemps l’homme de l’alchimie moderne qu’est la finance de nos jours.Dès 1928, M.Mendès-France publiait à la Librairie de droit et de jurisprudence, un bouquin intitulé : L’oeuvre financière du Gouvernement.En 1930, il publiait chez Valois, une étude sur la Banque internationale et on sait quelle importance a accordée Georges Valois, autrefois de l’Action française, aux questions monétaires et financières.Ces simples notes situent déjà les préoccupations d’esprit de M.Mendès-France.Quant à Gabriel Ardant, il a publié : Problèmes financiers contemporains en 1948, et Technique de l’Etat, en 1952.Cet ouvrage comporte tout d’abord une introduction.Il est difficile d’établir si le texte est surtout de M.Mendès-France ou de Gabriel Ardant.Quoi qu’il en soit, la préface fait litière de la doctrine économique libérale et tout de suite, on s’aperçoit que l’auteur est un disciple de Keynes, l’économiste anglais.On voit aussi qu’il a pris connaissance de la fameuse doctrine du Dr Schacht, économiste allemand.L’exposé est serein, calme, se veut objectif.Quelques têtes de chapitres situeront le volume.L’ouvrage est divisé en deux parties.Dans la première partie, on traite du problème de l’équilibre, et dans la deuxième partie, du problème du choix.Dans la première partie comportant neuf chapitres, il expose les débuts de la science économique, la théorie classique de l’équilibre, les lacunes de la théorie classique, et il termine par un chapitre sur l’avenir de la politique du plein emploi.Dans la deuxième partie, il expose tout d’abord la redécouverte des mécanismes naturels, les obstacles au fonctionnement des mécanismes naturels, les lacunes qui existent; il traite longuement de l’intervention de l’Etat et il termine par une analyse technique du budget de l’Etat.La lecture de ces pages nous convaincra que le monde occidental, surtout le monde anglo-saxon, devient de plus en plus assujetti à la technique, à la théorie ou à l’idéologie de l’économiste Keynes.La thèse de l’étalon - or n’est pas abandonnée, la théorie de la balance des comptes favorables non plus, mais tout cela devient sujet à des compléments, à des interventions de l’Etat, à des contrôles.Nous a-t-on assez seriné la thèse de l’or pour l’or, de l’or pour soutenir les prix, en garantir la fixité.On sait ce que cette théorie rigide a apporté en Angleterre après la première guerre.On se rappelle que le chômage était d’une intensité douloureuse et cependant, on rétablissait la convertibilité de la Livre au pair.On dut déchanter et tous les pays reliés à la Livre sterling en subirent les effets.Au même moment, l'Allemagne était aux prises avec le chômage.Sa monnaie était avilie comme celle de la France, et celui qu’on a appelé un charlatan, le Dr.Schacht conçut et mit en oeuvre un nouveau moyen d’échange, et le chômage diminua.Evidemment, la cause n’en est pas exclusivement imputable à la dictature financière du Dr.Schacht, car ultérieurement, il y eut une politique intense d’armement.Tout cela fait cependant réfléchir le monde occidental, notamment les Etats-Unis où un chômage inouï secoua la nation jusqu’en 1938.On modifia le prix de l’or.L’Etat intervint au- près des Banques, des producteurs, tout en affirmant que l’on restait fidèle au libéralisme économique.En face de la crise de 1929, la plupart des pays voulurent s’en tenir à la politique économique et financière conforme aux conclusions de la théorie classique.On sait que par la suite, on modifia ce point de vue et cette politique.L’auteur ou plutôt les auteurs complètent la définition jusqu’ici donnée par les économistes libéraux sur la nature des dépôts bancaires.Ils conviennent avec raison que la monnaie scripturale crée de la monnaie ou crée des disponibilités.Point n’est besoin d’être grand économiste pour comprendre l’exactitude de cette assertion.Cet ouvrage consacré à la science économique et à l’action qui en découle, s’écarte de la doctrine libérale avec beaucoup de prudence, mais les auteurs s’en éloignent tout de même.Les auteurs exposent les politiques suivies par divers pays pour lutter contre l’inflation et en illustrent les résultats heureux ou pas.Les auteurs, notamment M.Mendès-France, ont eu accès de par leurs fonctions passées, par le rôle qu’ils ont joué dans certaines Commissions internationales, à une documentation qui utilisée dans le présent bouquin, lui donne une valeur démonstrative pertinente.Il s’agit en somme de savoir si la politique du plein emploi peut être réussie, si le chômage chronique peut être résorbé ou amenuisé.En bref, nous ne pouvons pas, en ces lignes, exposer toutes les considérations de M.Mendès-France et de M.Ardant, démontrer à quel point ils servent la doctrine de Keynes.Ils se dégagent du vieux concept de l’économie classique, de l’éta-lon-or comme critère absolu, etc.Encore une fois, la politique de M.Mendès-France est toute en audace, en innovation, et le présent ouvrage auquel il a participé nous démontre qu il veut s'écarter des sentiers battus.A-t-il tort ?A-t-il raison ?L’avenir démontrera s’il a agi pour le bien de la France, si certaines de ses initiatives ont été couronnées de succès, comme nous saurons un peu plus tard, ce que valent les principes économiques qu'il expose dans le présent ouvrage.r * Rodolphe LAPLANTE 93 m Philologie [4] THERIVE (André) LIBRE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE.Paris, Stock, 1954.315p.18.5cm.$2.45 (par la poste $2.70) ' TB-S Du cadre de son livre l’auteur a lui-même dressé , p.83 ESTANG (L.), p.84-85 J FREGAULT (G.), p.90 I KREMPEL (A.), p.84 < LANHAM (P.), p.87 MARTIN (G.), p.87 MAXWELL (G.), p.87 I *** Le mémorial spirituel de \ j! sainte Gertrude, p.91 j MENDES-FRANCE (P.), p.92 < PIEPER (J.), p.92 RASKOP (H.), p.92 THERIVE (A.), p.94 WEYERGANS (F.), p.84 95 BUtlTO Le cardinal LÉGER au Centre du cinéma Tout récemment, le Centre Catholique du Cinéma de Montréal tenait une réunion-récollection en vue de repenser chrétiennement le problème du Cinéma.M.l’abbé Poitevin, directeur du Centre, célébra la sainte Messe, après quoi le Rév.P.Jules Godin, s.j., directeur adjoint, s’adressa aux équipes de prêtres et de laïques pour leur rappeler le sens de la mission que l’Eglise leur a confiée et les responsabilités qui en découlent.Son Eminence le cardinal Paul-Emile Léger, venu à cette occasion pour rencontrer les quelque quarante membres des équipes et des commissions du Centre, prononça une allocution substantielle dont voici quelques extraits.Il est un réel danger pour ceux qui s’occupent de Cinéma de s’en tenir uniquement à l’aspect technique des problèmes qu’il pose.Certains même exagéreront l’importance de cette technique jusqu’à croire un pasteur incompétent s’il n’en est pas imbu.Certes, la technique tient place et valeur dans 1* question du cinéma.“Mais, d’ajouter Son Eminence, toute activité humaine a un autre aspect qui est celui de l’attitude de l’âme, de la volonté, du coeur, de l'intelligence vis-à-vis du Créateur.Seuls les pasteurs sont juges en ce qui regarde l’aspect doctrinal et moral à cause de leur mandat reçu de Dieu.*» 1 La tâche essentielle dans une organisation comme celle du Centre Catholique du Cinéma est de coor- donner les activités de tous ceux qu’intéresse ce problème et de faire pénétrer la pensée de l’Eglise dans cette sphère de l’activité humaine.Cela suppose de la part des collaborateurs, en plus de cette connaissance technique, une réelle compréhension de ce travail essentiellement apostolique.Travail imbu de prudence, de charité, de souplesse entre les diverses équipes qui le réalisent et de celles-ci face au public.“Car le sort de la génération qui monte est lié au cinéma à cause de l’intérêt croissant qu’il suscite chez les jeunes.’’ Il y a donc pour le Centre matière à exercer une influence bienfaisante en vue d’assainir le milieu cinématographique et de préparer un monde plus équilibré et tenant compte de la hiérarchie des valeurs.Son Eminence souligna cette idée importante : "Jamais l’art ne peut réhabiliter ce qui est immoral.Si le Cinéma glorifie le matérialisme, l’adultère, l’indécence et les philosophies boiteuses sans que nous réagissions, alors nous sommes en train de perdre la partie”.Bien que le Centre de Montréal n’ait qu’une année d’existence il y a lieu de souligner qu’il travaille sérieusement dans la ligne qui lui a été tracée.Son Eminence s’est dite heureuse de profiter de l’occasion pour remercier chaleureusement tous ceux qui se dévouent au Centre du Cinéma.c.c.c.Cote des films récemment projetés sur nos écrans Films de langue française voleurs pour odultes Le bandit (Il bondlto) adultes, sérieuses réserves La belle Andalouse Chefs d'ilôts (Air Raid Wardens) Courrier diplomatique pour odultes pour tous pour adultes (Diplomatie Courier) Le défroqué oour adultes L'éniqme du Chicago Express (The Narrow Margin) pour adultes La flibustlère des Antilles (Anne of the Indies) pour adultes Le guérisseur L'ile au trésor .pour odultes (Treasure Island) pour tous Lettre ouverte pour adultes Ma petite folie pour tous Maternité pour adultes Michel Strogoff pour tous Les orgueilleux pour adultes, avec réserves Porls-Exoress (Mon Who Watched the Trains Go By) pour odultes.avec reserves Trent* secondes sur Tokyo (Thirty Seconds over Tokyo) oour adultes La via d'un honnête homme à déconseiller Films de langue anglaise Adventures of Ha||i-Boba pour adultes Ths Beochcumber pour tous Cinerama pour tous Cleopatra pour adultes Cry Vengeance pour adultes Devil's Harbor pour tous Down Three Dark Streets pour adultes Drum Beat pour tous Green Fire pour adultes The Last Time 1 Saw Paris pour adultes Tha Other Woman pour adultes.avec réserves Port of Hell pour adultes Reap the Wild Wind (Les naufrageurs des mars tous du Sud) pour Rear Window pour adultes Romeo and Juliet pour odultes Sign of the Pagan .pour odultes There Is No Business Like odultes.Show Business pour avec réserves Undercover Girl pour adultes Vanishing Prairie pour tous Ces cotes sont établies par le CENTRE CATHOLIQUE DU CINEMA DE MONTREAL sur les films tels que censurés par le Gouvernement de la province de Québec.Signification des cotes de cinéma TOUS: Films qui, en général, peuvent être vus sans dcnger oar tous las spectateurs ordinaires des salles de cinéma (16 ans et plus).ADULTES : Films qui ne conviennent qu'aux gens bien formés, soit qu'ils présentent des problèmes moraux d'adultes, soit qu'ils traitent d'un sujet trop sérieux pour les |cu-nes.Les adultes n'en tireront pas d impression malsaine, à condition de vouloir réfléchir et réagir.Ces films ne conviennent généralement pas oux adolescents.ADULTES AVEC RESERVES : Films qui présentent des dongers, soit à cause de scènes suggestives, de la thèse qu'ils développent, de certaines idées qu'ils émettent, soit encore en raison de l'atmosphère qui s'en dégaoe.C**s films s'adressent donc à un public d'odultes particulièrement avertis et ne conviennent jamais aux adolescents.A DECONSEILLER: Films dangereux pour tous, ne pouvant que nuire à la majorité des adultes et porter préjudice à la santé spirituelle et morale de la société.A PROSCRIRE : Films franchement condamnables au point de vue religieux et moral.96
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