Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Lectures, 1953-11, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
I- NO 3 NOVCM! .V* FIDES LECTURES REVUE MENSUELLE Di ., „ BIBLIOGRAPHIE CRITIQll publiée par le Service de Bibliographie et de Documentation de FIDES organe du Service des Lecture's de I Action catholique du diocèse de Montréal Direction: Paul-A.MAR I IN, c.s.c., aumônier du Service des Lectures.Rédaction : Jean-Paul PINSONNLAULI, secrétaire du Service clés Lectures NOTES : 1.La revue est publiée mensuellement, de septembre à juin Les dix livrai sons de l'année constituent un tome.Le dernier numéro dt tome (soit celui de juin), compiend une table méthodique des sujets traités ainsi qu'une table alphabétique des ouvrages recensés pendant l'année.2.Les léiérences bibliographiques sont rédigées d'après les règles de la catalographie.Les cotes morales en usage sont les suivantes TB — Livre pour tous TB-S — Livre pour tous mais spécialisé TB-A— Livre pour tous, de nature à intéresser certains adolescents B — Livre pour adultes B.-' —Livre appelant des réserves plus ou moins graves, Le.à détendre d'une façon générale aux gens non formés (intellectuellement ou moralement) A — Livre pour adolescents ( 15 à 18 ans) J — Livre pour jeunes ( 10 à 14 ans) E — Livre pour enfants (6 à 9 ans) Publication tpprout it /’.h l'Ordinain CANADA le numéro $0.35 Abonnement annuel S3.50 Etranger $3.75 FIDES, 25 est, rue Saint Jacques, Montréal ! *PI.atcau 83 35 FRANCE Abonnement annuel .900 francs *C.C.P.PARIS 7262.50 Société FIDES, 120, boulevard Raspail.Paris (Vie) ^Littré 738^ Autorise comme en roi postal Je deuxième classe.Ministère des Postes, O ttau a.-SOMMAIRE- IDEAL ET PRINCIPES Germaine Guèvrcmont.peintre de l'âme paysanne et poète terrien jean-Paul Pinsonneault 97 Notes bibliographiques .105 DOCUMENTS Julien Green (2e partit J .lox FAITS ET COMMENTAIRES En quelques lignes .1 j 3 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Littérature canadienne .116 Littérature étrangère .123 BIBLIOTHECA Propos du dixième anniversaire .Raymond Tanghc 137 Nouvelles .140 Liste des fiches de catalogue publiées en septembre 1953.144 En couverture: Madame Guèvrcmont (cliché Annette et Basil Zarov). IDEAL ET PRINCIPES Germaine Gaèvremont, peintre de l’âme paysanne et poète terrien Par sa vérité, sa poésie et sa richesse verbale, l’œuvre de Mme Germaine Guèvremont nous apparaît comme l’une des œuvres romanesques de chez nous les plus difficiles à présenter dans une étude qui, de par ses cadres mêmes, ne saurait prétendre à l’intégrité et constituer un travail exhaustif.L’intention première qui a présidé à la rédaction de ces pages ne fut donc pas de tout dire sur une œuvre canadienne dont la perfection, hors de pair dans toute notre littérature vouée, semble-t-il, pour quelques décades encore aux balbutiements, constitue un heureux accident, mais bien plutôt de fixer en un dessin cursif ce qui fait l’originalité propre de la romancière et situe son œuvre au sommet de tout ce qu’une obsession chronique du régionalisme a pu inspirer d’églogues rustiques et de fadaises champêtres.Notre but n’étant donc ni d’élever sur le pavois un écrivain qui a fait sa marque ni d’imposer à l’admiration du public lecteur un talent d ores et déjà reconnu et accepté, nous nous abstiendrons ici de recourir au procédé primitif mais encore fort en usage dans notre critique : celui du nivellement.La décollation fanatique de tel auteur à l’avantage de telle idole personnelle ne sert jamais de très durable façon le prestige du personnage que la partialité et 1 injustice, à grand renfort d’épithètes sonores et par une débauche de style redonnant, tentent de hisser sur un piédestal.La marque d’une œuvre authentique et belle est de résister victorieusement à 1 analyse et cela, en dispensant le critique de tout recours intempestif à la surenchère, à la complaisance et à l’hyperbole.Mais de là à prétendre qu il soit du devoir de celui qui dissèque une œuvre de faire litière de certaines préférences fondées et d une ferveur loyale, il y a un fossé que nous ne saurions nous résigner à franchir.D’ailleurs, ce serait là promulguer une loi aux exigences de laquelle nous entendons dès maintenant nous soustraire.L’expérience quotidienne prouve que sans un fonds de sympathie il est impossible d’approcher certaines âmes et de sonder leur mystère.Il n’en va pas autrement dans cette périlleuse entreprise de sondage qu’est la critique, dès lors qu’elle se refuse à ne palper que l’écorce d’une œuvre.Les purs regimberont peut-être à la lecture des remarques qui précèdent et volontiers taxeront d’obséquiosité une conception de la critique à laquelle ces parfaits tenants de la sécheresse se garderont toujours de se rallier.Qu’ils abordent toutefois, l’esprit serein, la lecture d’une étude où nous nous sommes fait un devoir strict de tenir compte du mot de Paul Valéry : « La louange engendre une certaine force et organise une certaine faiblesse.Il en est de même de la critique.» NOVEMBRE 1953 97 Le peintre de l'âme paysanne L’œuvre de Mme Germaine Guèvremont apparaît, dans la galerie de nos romans inspirés du terroir, comme une peinture achevée et longtemps inespérée de cette réalité vivante, robuste et presque insaisissable à la fois qu'est l’âme paysanne.Comme l’écrivait naguère Louis Chaigne à propos de l’œuvre de Charles Du Bos, on éprouve en y pénétrant « la même délicieuse allégeance que celle procurée par de très rares jardins ».Tout \ est pur, généreux, paisible et frais.Les personnages y vivent d’un cœur naïf et simple une vie accordée au rythme inaltérable des saisons, au cycle généreux des moissons et des fruits.Les paysages y déroulent leur splendeur munificente entre des horizons qui confèrent à ce coin de la terre québécoise, sis en bordure du fleuve Saint-Laurent, quelque chose de l’invincible nostalgie de la mer prochaine.Située à mi-chemin entre le roman écrit à la défense de la glèbe ancestrale et le roman lyrico-pastoral, cette œuvre nous sollicite par ses raies qualités littéraires sans nous détourner cependant de la réalité paysanne qui lui prête une âme.Dans son ardent amour de la vie, la romancière au regard attentif et pénétrant se penche avec une si compréhensive sympathie sur le paysan qu’elle perçoit en lui jusqu'à cette mystérieuse harmonie née de l’accord profond de l’âme avec la terre.Sous les touches vibrantes d'une sensibilité féminine dominée, Mme Guèvremont nous livre une épure sans pareille dans nos lettres de l'âme paysanne, et je ne fais pas abstraction ici de la peinture matérialiste que nous en donna naguère Ringuet dans Trente arpents,.Par la force et la noblesse des types qu’elle crée, l’auteur de le Survenant évoque dans toute sa merveilleuse intégrité et son indiscutable grandeur la figure de cette phalange obscure, tenace, laborieuse et fidèle qui fit de notre peuple un peuple vigoureux, robuste et irréductible.Hile sait le cœur simple, la foi vécue, l’émouvante passion du sol, la sensibilité fruste, l’amitié franche, le sens de la justice, la gaieté bruyante de ces êtres qu’une existence rude rive à un labeur harrassant et enracine dans un terreau âpre et exigeant.Hile atteint l’âme, profonde sous des dehors grossiers et rébarbatifs, y découvre les stigmates cachés de la douleur humaine et y décèle des sources ignorées de tendresse, de bonté, de compassion et même de poésie.Le personnage de Mme Guèvremont ne ressemble aucunement à ce douloureux Sisyphe identifié à son rocher, et que rappelle souvent le personnage de Ringuet.I.e paysan, tel que peint par la romancière, tient plus du seigneur terrien que du manant : de ce dernier il n’a ni la servilité ni la résignation béate.Didace Beauchemin, Pierre-Côme Provençal et David Desmarais ne sont pas des gagne-petit, de ces fermiers qui, à l’instar d’Euchariste Moisan, se laissent vaincre par l’inclémence du sort.Us jouissent d’une certaine aisance, possèdent un tempérament de lutteurs, veillent jalousement à leurs intérêts, n’aliènent jamais leur autorité en des mains étrangères et montrent de la grandeur d’âme dans les traverses.98 LSCTUKU SfôHtt; ur.idir ni*** mfn MIM Mse 2s's; (Cliché Annette et Basil Zarov) Mme Germaine Guèvremont Ce sont des victorieux, rayonnant de santé morale, de courageux bâtisseurs de race, mais le cœur qu’ils cachent sous une enveloppe rude garde ses droits et sait s’émouvoir.Mme Guèvremont peint des hommes et non des fantoches à la merci de forces aveugles et hostiles.Ses héros, qui ont appris à l’école de la nature que l’épi doit être disputé au sillon, que la réussite ne s’obtient qu’au prix de l’effort, que le travail n’est pas un asservissement mais une libération, ses héros ont le respect des valeurs et leur vie unie et droite constitue l’un des plus émouvants témoignages de fidélité au réel qu’on puisse rendre.Pour eux, la mort est comme la fin d’un beau jour au Chenal du Moine, pleine de reflets, d’attente et de paix.Didace Beauchemin se présente chez Dieu, les pieds lourds de la bonne terre qu’il a remuée, ensemencée, retournée, et dont les voix innombrables ont déposé au fond de son âme comme un cantique de louange.« Didace ne sentait plus son mal.D'ahord ramassé sur lui-même, il écouta.Peu à peu un baume purificateur se répandit en lui, l'allégeant du poids de ses fautes.Puis il devint semblable à un tout petit enfant dont la main repose dans la main d'un plus grand que lui et qui se laisse conduire en toute tranquillité, sans s'inquiéter de la route.Soudain, il NOVBMBRE 1953 99 m redressa.Le front haut, il semblait humer I cm île uni, en contemplation devant une volée d'oiseaux voyageant sers le nord.Dulait Beau-chemin voyait le bon Dieu, Dieu le Père, des saintes images dans le livre de prières et, à sa droite, la Sainte Vierge, drapée dans un pan de ciel elair, avec des étoiles d’or piquées en auréole l !n peu à l’écart, c'était Mathilde qui lui souriait ! Sûrement ! Non plus une Mathilde couleur île terre et toujours soucieuse de dérober aux regards ses vieilles mains, mais une belle jeune femme entre Amablc et Ephrem, le fils noyé dans une )onchaie, un midi de juillet, réunis comme sur la petite Sainte-Famille de faïence qui ornait le chiffonnier.Soudain, Dieu prit la figure d'un divin garde-chasse à qui Didace aurait joué quelc]ucs vilains tours dans ce bas monde, mais qui fermait les yeux sur les fredaines des humbles gens, l it divin garde-chasse qui lui permettait bien de tirer un ou deux coups de fusil et de donner quelque rafale aux oiseaux dans les mares célestes.» (Marie-Didacc, p.233-234) Maintenant qu’un certain recul nous a permis de saisir le relief avec lequel s’accusent les types de Mme Guèvremont, approchons-nous de ce dyptique digne du pinceau d’un Louis Le Nain ou d’un Jean-François Millet, afin d’y déceler quelques-uns des détails qui font l’originalité, la richesse et la vérité de l’ensemble.A l’acuité de l’observation s’ajoutent, chez le peintre subtil et pénétré du souci de faire vrai qu’est la romancière, une puissance de pénétration incisive et une sûreté magistrale du trait qui prêtent au tableau les proportions et les qualités d’une véritable fresque paysanne.Mais certaines notations caractéristiques de l’art de Mme Guèvremont interdisent au critique toute velléité d’identification de l’œuvre de l’écrivain avec un genre où triomphe l'emploi des masses, car le peintre de l’univers romanesque de Marie-Didace affectionne détailler un portrait, ciseler un profil, donner aux objets cette vibration lumineuse qu’un Vincent Van Gogh prête à ses blés verts, à ses arbres en fleurs et à ses frondaisons.Dans sa peinture de l’âme paysanne, Mme Guèvremont ne révèle pas seulement ses incomparables dons d’artiste, mais surtout sa connaissance profonde du paysan et du milieu terrien.Il n’est pour s’en rendre compte que de relever au hasard quelques-unes des touches heureuses multipliées par le peintre et destinées à faire saillir tel ou tel trait de la physionomie morale du personnage.Amateur de bonne chère, vantard, curieux, susceptible et rancunier, le paysan de Mme Guèvremont sait aussi être sensible, courageux, serviable et généreux.Le passage d’un dernier volier de canards sauvages déchirant la nuit d’un long sifflement d'ailes et la beauté d’un vol d’outardes «claironnant leur fuite des glaces arctiques et leur course à des eaux chaleureuses» émeuvent Didace jusqu’aux larmes.Pétri de durs souvenirs, le cœur de Marie-Amanda se gonfle de chagrin à la pensée que la joie insouciante d’autrefois l’a quitté.Une forte émotion étreint les invités du réveillon de Noël devant la place laissée vide par la mort de Mathilde.Qu’une implacable réalité vienne briser leur rêve de bonheur, ces êtres simples, à l’exemple de la douloureuse Angélina, accueillent l’épreuve comme ils accueillent le temps quotidien : comme une force, supérieure à la volonté, contre 100 I ECTURHS laquelle ils n’ont pas le choix.Aucun d’eux ne se laisse dominer par son chagrin et le temps seul vient alléger sa peine.Une passion robuste pour le bien amassé au prix de lourds sacrifices brûle au cœur de ces paysans.Au moment de le céder, le bien des Beauchemin se rattache à Didace par des fibres tenaces, innombrables, et le dernier conseil du chef de famille mourant à sa fille aînée est : « Tâche que le bien dure.» (/est même cet amour jaloux du patrimoine qui dicte à l’habitant du Chenal du Moine une méfiance mesquine de l’étranger.De son regard de chasseur, Didace, au lendemain même de 1 arrivée de Venant, pénètre au plus profond du cœur de ce dernier « comme pour en arracher le secret ».A ce « grand dieu des routes » que les Beauchemin ont hébergé, Pierre-Côme Provençal trouve un regard d’ingrat.Et le simple fait que Blanche Varieur, l’Acayenne, ne soit pas du pays suffit à la rendre suspecte aux yeux de tous.On épie chacun de ses gestes, on pèse chacune de ses paroles.Il y a des choses, pense Didace, auxquelles un étranger ne saurait rien comprendre.Si les gens du Chenal ont tout droit de se battre et de se quereller à leur aise, à l’heure de la naissance comme à l’heure de la mort, ils n’en ont plus souvenance.Alors ils ne font plus qu’un et la paroisse parle plus fort que leur personne.C’est avant tout ce fort sentiment de solidarité qui rend ces braves paysans si pitoyables et compatissants au malheur d’autrui et laisse sur leur passage un parfum d’amitié franche et dévouée.Si Didace et Pierre-Côme n’ont pas toujours marché la main dans la main, l’adversité les trouve appuyés l’un sur l’autre et convaincus que les gros mots et les chicanes ne sont rien « quand les coups portent franc et que le poing va plus de l’avant que la rancune au cœur».L’un et l’autre possèdent un fonds de bonté qui nous les rend sympathiques.Mais il semble cependant que Mme Guèvremont se soit appliquée avec un soin particulier à parer le personage de Marie-Amanda de cette bonté pleine de tendresse et toujours offerte qui caractérise l’âme paysanne.C’est elle qui vient au Chenal pour alléger à son père le chagrin d’un premier jour de l’an sans Mathilde Beauchemin ; c’est elle qui, «semblable à un phare, haute, lumineuse et fidèle, toute blanche de clarté, £.} se dresse au milieu de la nuit et de la tempête des êtres pour indiquer à chacun la bonne route ».Elle n’est vraiment heureuse que lorsqu’elle donne de sa pauvreté et prend sur elle la douleur de ceux qui souffrent.A l’exemple de cet « ange de charité », Angélina et Alp! nnsine ne peuvent réprimer un mouvement instinctif de pitié à la vue de Venant, l’étranger solitaire, qui se croit fort, mais demeure à la merci de la première tentation.A qui voudrait détailler comme il conviendrait de le faire, le magistral portrait que M ne Guèvremont brosse de l’âme paysanne dans ses romans, la tâche s imposerait de souligner des particularités que la présente étude n nous permet tout au plus que de noter.A côté des lignes maîtres.*, > que nous nous sommes appliqué à faire ressortir dans les pages qui précèdent, l’auteur d’un travail plus NOVEMBRE 1953 101 Mme Germaine GuèvremonÎ’ et son mari, M.Hyacinthe Guêvremont, à la Société Saint-Jean-Baptiste de Sorel.exhaustif devrait s’employer à mettre en lumière certaines touches dont le but est moins d’accuser le relief des types que de leur rendre une espèce de tonalité propre.Dans cette peinture où rien n’a été abandonné aux hasards de l’improvisation et dont aucun élément ne paraît superflu, Mme Guèvremont a noté avec une exemplaire fidélité au modèle la fierté du paysan, son sens vigilant de l’économie, sa parole lente mais pesante de sagesse, sa verve gouailleuse, son amour de la vie simple et des bêtes, sa mystique du travail, son respect du pain et sa maîtrise de soi.Idle l’a fait parfois avec un humour discret et une douce ironie, mais toujours avec cette émotion et cet art simple et profond qui la signalent à l’admiration du public comme un poète terrien authentique.l.t poète terrien On a multiplié à l’en' i les définitions du poète, mais peu de ces formules ont réussi à donner une idée adéquate de la mission quasi sacerdotale de cet homme mandaté par les dieux pour sublimiser la plainte désespérée de l’humaine détresse, pour psalmodier à la face de la divinité le cantique, sans lui obscur et déficient, de la joie retrouvée.I.e poète, croyons-nous, n’a de véritable raison d’être que par cette métamorphose, qu’il est de son devoir d’opérer à chaque instant de l’extase, des ténèbres en clartés, des cendres en reflets, de la solitude en avent.Dès qu’il se dérobe à cet inexorable devoir ou transmue en cri 102 LECTURES tic révolte le chant de cette voix intérieure qui l’ennoblit, le poète, qu’il se nomme Mallarmé, de Nerval, Rilke ou Rimbaud, trahit l’ange de lumière qu il porte en lui, sacrifie aux instincts tyranniques d’un monde dont il assume dans le mystère de son être l’accablant fardeau de déchéances et de grandeurs.La poète est d’abord et éminemment témoin, intermédiaire et ministre de l’offrande.L’univers où il vit n est que le chandelier sur lequel doit briller la lumière généreuse que le temple dont les pierres vives amorcent sa louange et nourrissent de contemplation sa solitude.Le poète n’existe pas en fonction du monde, mais le monde en fonction du poète.Le cosmos est la sève nourricière de son chant, l’offrande que, d'un cœur dépouillé, il élève vers la Beauté incréée.Détaché du monde, le chant du poète n'est qu’un vagissement informe, une éructation de pontife goulu.Si le poète, ainsi que 1 a défini AI.André Rousseaux, est « celui qui s’efforce de retenir dans ses mains jointes les minutes de diamant où le temps vaincu laisse entrevoir la perfection merveilleuse que le monde a perdue », on peut affirmer que Mme Guèvremont est l’un des plus puissants et des plus purs que notre jeune littérature ait produits.Elle n’a certes ni l’éclatante luxuriance d’un Alain Grand-bois ni la pureté cruelle à nos esprits prostitués du regard étoilé d un Saint-Denys-Garneau.Plus humble et plus obscure que celle de ces hérauts fulgurants d’une inquiétude métaphysique, la mission de la romancière semble être de capter ces ondes secrètes et mystérieuses, émanées de lame des choses et que seul le poète, dans une allégeance de tous les instants à la beauté merveilleuse de l’univers, peut déceler.Toute de tendresse émerveillée, d’attention éblouie à l’âme universelle, de communion intime à la pureté initiale du monde et de ferveur chaleureuse, la poésie de Mme Guèvremont est un chant ému qui éclate dans la fraîcheur sonore du matin et exhale un subtil parfum de verger en fleurs.Au sein de cet univers que hantent ses pas et dont chaque harmonie et chaque rythme s’imposent à elle comme au promeneur d'octobre les effluves âcres et lourds de la forêt ravagée, Mme Guèvremont fait figure de glaneuse d’ombres et de reflets ou mieux de lieuse de gerbe.Rien n’est oublié de la parure royale de la terre, rien de ce que notre regard habitué considère comme oripeau suranné n’est exclu par le poète de cette offrande qu’il apprête d’une âme respectueuse, fraternelle et reconnaissante.Si le chant de Mme Guèvremont parvient à émouvoir même les plus réfractaires, c’est qu’il vibre de la voix des hommes tintant comme un glas dans l'air matinal d’automne, de la patience et de l’attente des liards géants, de sons de cloche butant sur les labours gelés, de la plainte des arbres par les grands froids d’hiver, du soyeux battement d’ailes des migrations et de la musique qui, au printemps, monte du cœur de la terre sonore.LJne espèce d’euphorie vitale imprime à ce chant son caractère de contemplation.Le poète, que grise l’odeur de miel qui s’élève des champs en été et la lumière faite du vert tendre des feuilles, de la clarté bleue du ciel et de la transparence de l’eau, évoque avec une ferveur NOVEMBRE 1953 103 d orante la vision des champs gris, uniformes, striés seulement de frais labours, le jeu des ombres crépusculaires prêtant aux maisons éparses parmi les champs nus l’allure d’austères paysannes attardées à l’ouvrage, les brouillards morts sournoisement entremêlés aux brûlés et aux chaumes, le chevrotement d’une brebis, stupide de détresse, franchissant la rivière et butant contre les berges.Avec un art consommé et plein de résonnances humaines, Mme Guèvre-mont décrit en ces termes le vent d’octobre : « Le vent, un vent cl octobre, félin et sournois, qui tantôt faisait le mort, comme muet, l'œil clos, griffes rentrées, allongé mollement au ras des joncs secs, et insoucieux de rider même d'un pli la surface de l'eau, maintenant grimpé au faîte îles branches, secouait les arbres à les déraciner.En deux bonds il fonça sur la route, souleva la poussière à pleine rafale, entraîna les feuilles sèches dans une danse folle et poussa même, hors de son chemin, un passant.Puis il harcela la rivière qui écumait, moutonneuse, et colla les embarcations à la grève, ébranla les toits des \ieux bâtiments, ouvrit les portes à deux battants et couru* aux champs coucher un dernier regain : un vent du diable, hurlant à la mort.» (le Sur tenant, p.18-19) ht, pour illustrer d’une dernière citation l’art pictural et poétique de l’écrivain, regardons avec les yeux d’Angélina la main du Survenant.« Celle-ci regardait, sans pouvoir en détacher ses yeux, cette grande main d'homme, déliée et puissante, tout à la fois souple et forte, une main qui semblait douce au toucher et en même temps ferme et blonde comme le cœur du chêne, une main adroite à façonner de fins ouvrages, Angélina en était sûre.Sous l.t peau détendue les veines saillaient ; elles couraient en tous sens ainsi que de vigoureux rameaux échappés de la branche.L'infirme pensa : une telle main est un bienfait à qui la possède et une protection pour la femme qui y enfermera sa main.Quelqu’un passa la porte et la lumière de la lampe vacilla.Devant l’or roux que la lumière •‘Huma un instant au duvet des cinq doigts large ouverts, elle trouva que la main du Survenant ressemblait à une étoile.» (le Survenant, p.50-51) Attentive aux ondes harmoniques qui, en avril, enveloppent les baies, les rivières et les plaines, au scintillement des eaux redevenues claires et vertes, au chant suave et végétal qui s’élève des marais, à l’odeur terreuse et douceâtre de la glèbe délivrée, l’œuvre de Mme Guèvremont constitue un hymne à la vie.Par sa vérité savoureuse, vivante et attachante, elle exalte l’âme paysanne jusqu’à la situer dans une espèce de lumière qui, en la baignant de rayons, lui prête une grâce ineffable et l’auréole de grandeur.Si un retour cyclique aux sources du régionalisme demeure pour une bonne part à l’origine de l’indigence du roman canadien-français et a pu, en certains cas, autoriser la critique à pester contre les défenseurs importuns d’un genre soi-disant désuet, il importe de noter ici que l’œuvre romanesque dont nous venons de vanter les mérites représente le fruit magnifique de cet arbre que notre vanité blessée jugea stérile.Au risque de soulever l’indignation des tenants attardés de l’absurde théorie de la génération spontanée, nous devons reconnaître que le roman de Mme Guèvremont n’atteint à une telle perfection que parce qu’il s’alimente de l’apport successif d’œuvres plus riches que 104 LECTURES brillantes, dont le rôle fut de créer un fonds nourricier.A ce titre, une telle œuvre constitue un nouveau motif de prendre en patience un mal qui, sommes-nous fortement tenté de croire, risque de ruiner un avenir littéraire menacé.Une littérature nationale est toujours un terrain alluvial et de la richesse des dépôts dépend la beauté du fruit futur.Si tous les écrivains ne peuvent aspirer à signer, à l’instar de Mme Guèvremont, le chef-d’œuvre tant attendu, qu’iis sachent au moins se convaincre de leur devoir d’un effort loyal et du sens élevé de leur mission de précurseurs.Les jardins n’ont d’âme que celle du jardinier.Jean-Paul Pinsonneault Notes bibliographiques1 1942 — EN PLEINE TERRE.a) Paysanneries.Trois contes.Montréal, Editions Paysana Ltée {1942}.159p.20cm.111.de la couverture par Cécile Chabot.Edition originale, tirée à 3,000 exemplaires.SOMMAIRE : a) Chauffe le poêle ! p.7-29- b) Im glace marche.p.21-29.N.B.—Paru antérieurement sous le titer : Le départ, dans Paysana, vol.1, no 2, avril 1938, p.12 et 32.c) Un bon quêteux, p.29-34.N.B.—Paru antérieurement dans Paysana, vol.5, no 7, sept.1942, p.4.d) Prière, p.35-41.N.B.—Paru antérieurement sous le titre : Sa prière, dans Paysana, vol.1, no 3, mai 1938, p.22.e) Une grosse noce.p.41-53.N.B.—Paru antérieurement sous le titre : La noce, dans Paysana, vol.1, no 4, juin 1938, p.32 ; dans le Courrier de Sorel, s.d.f) Accord, p.53-57.N.B.—Paru antérieurement sous le titre : Ode à son cheval, dans Paysana, vol.2 no 1, mars 1939, p.25.g) Un malheur, p.57-65.N.B.—Paru antérieurement dans Paysana, vol.1 no 5, juillet 1938, p.13 ; dans le Canada, 13 août 1938, p.2, 3e col.1.Ces notes bibliographiques ne tiennent compte que des ouvrages les plus rmportants de Mme Germaine Guèvremont.NOVBMBRE 1953 105 h) Deux voisins plaident, p.65-71.i) Vers l'automne, p.71-81.N.B.—Paru antérieurement sous le titre : Quand l’été s’en va, dans Paysana, vol.1, no 6, août 1938; p.11; dans le Courrier de Sorel, s.d.j) L’ange à Defroi.p.81-89.N.B.—Paru antérieurement sous le titre : La plie à De-f roi, dans Paysana, vol.1, no 11, janv.1939, p.10-12.k) La visite du garde-chasse, p.89-91.1) Le coup d'eau, p.91-105.m) Une nouvelle connaissance.p.105-109.n) Un petit Noël.p.109-117.N.B.—Paru antérieurement dans Paysana, vol.2, no 10, déc.1939, p.3 ; dans le Courrier de Sorel, s.d.o) Un vrai taupin.p.119-134.N.B.—Paru antérieurement dans Paysatta, vol.4, no 1, mars 1941, p.7 et 20 ; dans le Courrier de Sorel, s.*i-parler et du harpon explosif r enté par le norvégien Svend Foyle en 1870.lin dépit des quelques réserves que nous contraignent à formuler en terminant la phrase souvent invertébrée de l’auteur et un souci parfois excessif de vulgarisation, nous reconnaissons volontiers à M.Blond le mérite d’avoir écrit un livre fascinant et instructif.Quelques pages de son dernier ouvrage tendent à pénétrer d’adoration l’esprit du lecteur en face des merveilles de la Création.11 a n - Fa u i Pi nsonn fault LUPP1: (Rober.de).Albert Camus.Paris, Editions Universitaires [c 1952}.122p.h.-t.17.5cm.(Coll.Classiques du XXe siècle, no 1).S0.95 (par la poste S 1.05).B Dans ces pages didactiques où il décrit l’œuvre d’Albert Camus et s’interroge sur sa cohérence, M.Robert de Lunpc n'a pas voulu faire œuvre de critique, mais d'initiateur à la pensée essentielle d’un écrivain dont le nom s’impose d'ores et déjà dans la littérature contemporaine comme l’un des plus brillants.Rares sont les auteurs qui, jusqu’à présent, é-taient parvenus à démêler avec une telle maîtrise l’écheveau de la pensée camusienne et à la ren tire intelligible au profane.Le mérite de M.de Luppé n’est donc pas mince et le lecteur lui saura gré d’avoir su expliciter les no tions essentielles fondamentale-', d’une œuvre touffue et marquer les deux moments de la recherche métaphysique de son auteur.Parmi les notions fondamentales de l’œuvre de Camus, il importe de relever celles du suicide, de l’absurde, de la révolte, de la liberté et de la passion.Selon NOVEMBRE 1953 129 Albert Camus l'auteur du Mythe de Sisyphe, le suicide pose le problème du caractère dérisoire de la vie et procède du sentiment de l’inutilité de la vie quotidienne.Mais Camus rejette le suicide comme réponse possible à l’expérience absurde qu’il définit comme une prise de conscience du rapport de confrontation qui lie le monde à moi-même.A l’origine de la pensée et de l’action, Camus place le sentiment de l’absurde, émotion confuse et indéterminée dont le rôle est de livrer à l’individu une vision du mécanique, du temps, de l’étrangeté du monde et de la mort.A cette prise de conscience de l’absurde par la conscience, une seule réponse, selon le philosophe, demeure possible : la révolte qui est, par définition, « un confrontement per- pétuel de l’homme et de sa propre obscurité».11 est dommage que cette révolte, principe de l’héroïsme camusien, soit sans espoir puisque née d une vision de la mort absolue.Mais alors que devient la liberté dans ce système dont la cohérence révèle les dons de dialectéticien de son auteur ?— Rien d’autre qu’une arme de la conscience chez l’homme libéré par l’expérience absurde.Désireux d’illustrer le mouvement d’évolution de la pensée camusienne, M.de Luppé compare deux des œuvres les plus représentatives de l’écrivain, écrites à huit ans d’intervalle : le Mythe de Sisyphe (1943) et l'Homme révolté (1951).Il note d abord dans ces pages le passage de l’absurde à la révolte et ensuite le changement d’accent à l’intérieur de cette dernière.Dans un cas, l’expérience absurde aboutit au jaillissement des sensations, dans l’autre, au contraire, il s’agit de découvrir une structure, un ordre, une règle.L’absurde, au dire du théoricien, n’est valable que comme point de départ ; il est moteur parce qu’il pose dans le même temps deux termes qui doivent être surmontés par une création.Mais, alors que l’auteur du Mythe, dans sa notion de révolte, mettait l’accent sur l’élément irrationnel, celui de l’Homme révolté la met sur la conscience, sur le désir de clarté qui s’oppose à l’obscurité.Remarquons que cette fidélité à la conscience, chez Camus, n’est jamais étouffée par l’affirmation triomphante de la sensation ni par la glorification intellectuelle de la révolte.Pour faire suite à l’exposé schématique de ces notions maîtresses, 130 LECTURES T M.de Luppé aborde sommairc-inent l'esthétique de C.amus, inspirée par la révolte.Ces pages présentent quelques réflexions originales de l’écrivain sur la mission de l’art, les caractères de l’œuvre d'art, la création révoltée, le roman et le style.En terminant l’auteur cherche dans l’œuvre romanesque et dramatique de Camus une illustration dcc données ésotériques de l'écri 'ain sur la conscience, l’absurde et la révolte.Ecrit par un esprit féru d’idées claires et précises sur une philosophie quasi inextricable, le premier fascicule de la collection Classiques du XXe siècle parvient à disséquer un système où le lecteur non initié risque à tout instant de se perdre.L’absence de tout point de vue critique dans ces pages en réserve cependant la lecture aux adultes cultivés.Jacques Lacroix STAROBINSKI (Jean).Montesquieu par lui - même.Images et textes présentés par.Paris, Editions du Seuil {1953}.190p.ill.lHcin.(Coll.Ecrivains de toujours).TB Voltaire a dit emphatiquement : « Le genre humain avait perdu ses titres, M.de Montesquieu les a retrouvés.» Il y a beaucoup de vérité dans ce mot du célèbre é-crivain.L’auteur de l'Esprit des lois fut, de fait, le premier à débrouiller l’histoire du droit et à montrer la gravité de ces réalités qui sont la garantie de la dignité humaine.Et non seulement Montesquieu a déftni de façon extraordinairement précise et forte les valeurs de la vie civique (justice, vertu, frugalité), mais il a, ce faisant, annoncé l’histoire héroï- NOVFMBRE 1953 que de la fin du X\ II le siècle et inauguré une manière d’écrire I histoire qui se passera désormais des « grands hommes » et ne vou dra connaître que les causes générales.Né au château de La Brède, le 1H janvier 1689, Charles-Louis de Secondât, baron de Montesquieu, mourut a Paris, le 10 février 1755.Il fut, note M.Jean Staro-binski, avec son compatriote Montaigne, l’un des rares qui sachent occuper les mi-distances, sans se laisser gagner par la médiocrité.D’une nature saine et généreuse, Montesquieu fut avant tout un homme heureux.Pour lui, le bonheur réside dans la stabilité vitale et consiste moins dans le plaisir que dans « une capacité aisée de recevoir le plaisir ».Aussi, cet homme qui en mainte occasion sut attribuer la primauté absolue à la sensation, à la disposition corporelle, à la structure de la « machine », se contenta-t-il toujours d’un bonheur qui voue l’homme à l’humain.On ne saurait, en conséquence, s’étonner des limitations, aujourd’hui unanimement admises, d’une morale que caractérise le refus simultané de l’ambition de gloire et de l’ambition d’argent : Montesquieu opte pour l’humain, s'emprisonne dans «un bonheur de sécheresse » en se refusant à l’engagement du sacrifice.Il condamne l’ascétisme comme la débauche, et renonce à l’idéal héroïque sous prétexte que cet idéal ne peut plus être vécu authentiquement.Traitant des idées sociales et politiques de l’auteur des Lettres persanes, M.Starobinski souligne les lacunes de la pensée de Montesquieu, cerne la notion de loi 131 a Montesquieu sm mm.mise de l’avant par l’écrivain et fait ressortir l’antithèse à laquelle aboutissent les données successives du penseur sur la liberté.« Nous sommes libres partout où il y a des institutions, écrit-il, partout où un organisme social se développe selon ses lois ; mais nous cessons d’être libres sitôt que le pouvoir devient violence, — et tout pouvoir, par définition, tend à devenir abusif.» Que Montesquieu ait tenté de faire de la religion l’associée complaisante du droit est un fait indiscutable ; qu'il ait adopté à l’endroit de la religion chrétienne une attitude double demeure évident.Les lecteurs de Montesquieu par lui-même sauront gré à son auteur d’avoir poussé le souci de l’impartialité jusqu’à relever les attaques que le glorieux baron, par des voies détournées, mena contre le christianisme en confrontant scs dogmes avec ceux de la foi musulmane, en prouvant qu’on peut expliquer l'histoire sans recourir un seul instant au Dieu des chrétiens comme principe d’interprétation, en démontrant la malfaisance politique du monachisme, en protestant contre les injustices monstrueuses et en voulant se passer du Christ.Grâce à cette petite brochure, rédigée par un maître-analyste de la pensée de Montesquieu, le lecteur sera admis à pénétrer plus avant dans une doctrine dont l'épreuve de l’histoire a depuis longtemps révélé les failles, mais dont l'originalité et l’importance ne sauraient laisser croire à un futile jeu d’esprit.Jean-Paul Pinsonneault Fiction ANGEL ANNE (Reynaud d’).L’autre bonheur.Paris, Ed.Gautier-Languereau, 1953.253p.18.5cm.(Coll.Bibliothèque de ma fille).Si.00 (par la poste SI.10).TB Dans VAutre bonheur, Reynaud d’Angelanne reprend un thème presqu’entièrement dénué d’originalité et réussit malgré tout à offrir au lecteur un récit vivant, alerte et plein d’intérêt.Deux amies inséparables, Line et Moony, aiment Ludo, mais pour des motifs bien différents.Alors que la première, douce et raisonnable, porte au jeune homme une affection sincère et désintéressée, son amie, jeune fille légère et inconstante, ne voit dans cette amitié qu’un sentiment passager.Line n’est pas sans s’inquiéter un peu de voir le charmant mais insouciant Ludo aussi > i > 132 LBCTURBS empressé auprès de Moony.A la suite d'un accident où, par courtoisie, Ludo endosse toutes les responsabilités, celle-ci comprend le caractère déloyal de son attitude à l’endroit d’un jeune homme qui, d’ailleurs, ne l’aime pas vraiment lui non plus.Ht l’éternel jeu de l’amour et du hasard gardant ainsi tous ses droits, la pétulante Moony accepte enfin l’amour du frère de Line, Didier, qu elle a toujours considéré comme un personnage assommant, cependant que Ludo revient vers Line.Voici un roman de nature à faire mieux aimer la vie familiale.Le romancier ne craint pas de souligner au début les inconvénients pour la formation des enfants d’une maison « courant d’air », d’un foyer où les parents, souvent absents, s’occupent plus de leurs affaires et de leurs plaisirs que de leur devoir d’éducateurs.Des événements qui auraient pu être tragiques provoqueront chez les parents de Moony une réaction salutaire.Quant à l’évolution de cette dernière, elle fera comprendre à tous les jeunes que la jeunesse est autre chose qu’une aventure sans lendemain et une joyeuse farandole.Pierre Mercure BKROUX (Louis).Le bon Dieu et ses égarés ! Paris, F.d.du Conquistador, 1953.262 p.19cm.B?Nous avons tous rêvé, au moins une fois dans notre vie, d’un monde meilleur que le nôtre, d’un monde où il y aurait plus de justice et de charité.M.Béroux, non seulement a fait ce rêve, mais il a pris la plume pour nous le dé- crire.Il fait descendre le bon Dieu sur la terre et lui prête des paroles qui ne sont pas du tout conformes aux enseignements de l’Eglise ! Le Tout-Puissant envoie les âmes de ses interlocuteurs visiter les planètes où sont réincarnées les âmes des défunts et où elles reçoivent des récompenses ou des punitions proportionnées à leurs actions passées.M.Béroux applique le principe : On est puni par là où on a péché.Le livre de M.Béroux fait réfléchir, tout en distrayant.Les lecteurs formés en feront leur profit ; quant aux autres, ce livre pourrait leur faire tort sur le plan rhéologique, social et moral.L.-M.Baron, c.s.c.HISTOIRE MARCELEY (Jean de).Le meurtre de Scboeubrunn.[Paris] Corrêa [c 1953}.273p.20.5cm.(le (.ercle du Livre de France).TB S’il faut en croire M.Jean de Marcelev, les mémoires du comte de Prokesch-Osten, du comte de Montbel et du maréchal Marmont n'auraient contribué à nous donner qu’une fausse idée de la personnalité du Duc de Reichstadt, et l’œuvre des poètes n’aurait servi qu’à créer autour du prince captif une légende qui, petit à petit, aurait pris la place de l’histoire.Selon ces témoins, le fils de l’Aigle fut un caractère faible, paresseux et pusillanime, un jeune homme malingre, emporté à vingt-et-un ans par la phtisie.Le but que se propose l’auteur de le Meurtre de Scboeubrunn est de rétablir le vrai caractère du duc, d’effacer les images erron-nées qu’on traça de lui, bref d’é- nove.mrre 1953 133 cablir sa réelle personnalité et de démontrer à l’aide de preuves matérielles scientifiques pourquoi et comment il est mort.L’Aiglon est mort assassiné ! Voilà la bouleversante conclusion à laquelle en arrive M.de Marceley après avoir scruté méticuleusement et avoir analysé impartialement les textes constitués, d’une part, par la relation des symptômes observés par les membres de l’entourage de la victime et, d’autre part, par la relation des divers symptômes de l’empoisonnement par l’anhydride arsénieux, magistralement exposés par le professeur René Fabre dans son traité de Toxicologie.Le jeune roi de Rome, on s’en souvient, fut arraché dès l’âge de trois ans à cette France dont il devait garder fidèlement le souvenir et amené prisonnier à Vienne.C’est là que, sous la surveillance de l'impitoyable prince chancelier Metter-nich, l’impérial enfant eut à subir les pires vexations et à gravir un calvaire quotidien qui devait enfin le conduire à une mort prématurée.Doué d’un esprit positif, d’une mémoire prodigieuse et d’une perspicacité naturelle, le prisonnier de Schoenbrunn sut, en dépit de la vigilance sans cesse en éveil de ses gardiens, percer le mystère dont on entourait, pour garder l’héritier de toute velléité de puissance, la mémoire de l’Empereur.Or, cet échec de la politique de l’infernal chancelier, échec rendu plus périlleux encore du fait de l’agitation de l’Europe vers 1830 et des complots bonapartistes qui se multipliaient en France, menaçait d’entraîner la ruine de la politique menée par Metternich depuis 1809 et la ruine du trône des Habsbourg.11 n’y a donc pas à s’étonner outre mesure que le sinistre chancelier ait cru devoir recourir au poison pour conjurer le péril et faire disparaître le prince dont le seul nom risquait à tout instant d’allumer la guerre en Europe.Dans le violent réquisitoire que constitue le Meurtre de Schoenbrunn, M.de Marceley étaye son accusation sur des preuves tirées des récits de Prokesch, ami fidèle du jeune prince, et sur le rapport du docteur Malfatti.Faisant allusion aux bruits répandus à la mort de l’Aiglon et aux accusations qui ne tardèrent pas à courir de par le monde et plus particulièrement en Autriche, l’historien montre avec quelle habileté le meurtrier sut les étouffer en confiant l’autopsie du cadavre aux chirurgiens et médecins de la cour, praticiens à la solde du gouvernement.Dans cette monographie historique d’un intérêt passionnant, M.Jean de Marceley fait preuve d’un sens très averti de l’Histoire et d’un esprit critique remarquable.Aussi, cet ouvrage, tout en portant la marque de la plus rigoureuse information, demeure-t-il un essai à la portée de tous en même temps qu’une mise au point lumineuse sur un des drames les plus émouvants et les plus pathétiques de l’histoire du XIXe siècle.Et le témoignage de l’auteur nous émeut d’autant plus qu’il porte la marque d’une ferveur et d’une fidélité qui, par delà les frontières de cette vie, ne doivent pas manquer de réjouir une âme que le destin sevra de bonne heure de toute affection humaine.Richard Varin 134 LECTURES BIOGRAPHIES KYKLANDT (Dom I.).Saint Benoit.Sa physionomie morale.2e édition.Maredsous, éditions de Maredsous {1953}.127p.18cm.TB Le caractère est ce qui distingue au moral une personne d’une autre et constitue le fond intime de sa personnalité.Compte tenu de cette définition sommaire, est-il possible, après quatorze siècles, de se faire une idée objective de la physionomie morale d’un homme, c’est-à-dire de reconstituer avec certitude les traits saillants de sa personnalité intime ?C’est à cette tâche ardue qu’un fils spirituel de saint Benoît a voulu s’appliquer dans le livre que nous présentons aujourd'hui à nos lecteurs.Conscient de la rareté des documents mis à sa disposition pour cette recherche de nature plutôt psychologique, Dom Ryelandt s’est efforcé de serrer de près les deux seuls textes capables de lui dévoiler l’âme du saint : la Règle bénédictine et le récit des miracles de saint Benoît rédigé par saint Grégoire le Grand.A la lumière de ces sources, les deux-seules vraiment authentiques, l’auteur s’est appliqué à discerner quels sont les points sur lesquels le saint Législateur insiste ou aime à revenir, à analyser sa manière personnelle de traiter certains sujets, à remarquer en quel sens il modifie et adapte les citations de Cassien, enfin à relever certaines expressions révélatrices de Saint Benoît « N par dom André Bouton l’état d’âme profond du Père du monachisme occidental.A la lecture de ces pages ot: la physionomie morale de saint Benoît se détache en un relief qui la rapproche de nous, notre époque comprendra que la spiritualité bénédictine demeure pour elle « une source de vie forte, vécue pour Dieu, dans l’acceptation des devoirs d’état, dans la charité et dans la paix ».Avec saint François de Sales dont la spiritualité offre plus d’une analogie avec celle du grand moine du Vie siècle, saint Benoît est un des maîtres de la spiritualité dont la doctrine tend le plus à procurer à l’âme chrétienne une certaine aisance dans sa marche, une facilité dans ses rapports avec Dieu.Jean Lebrun NOVEMBRE 1953 135 -DEVENEZ MEMBRE DE NOI RE CLUB- LES DEUX LIVRES DU MOIS SELECTION DE NOVEMBRE "TEMPETE SUR LA CHINE" R.de Jaegher et I.Corbally Kuhn Après un séjour de 19 années en Chine pour y exercer son ministère, I auteur nous livre ses expé-tienres personnelles Son témoignage d'une rare lucidité, tout illuminé «le tendresse pour un peuple «aie nous découvrons, non sans surprise, très proche «le nous, rend un son grave et prolond.Nous sommes mis en contact direct avec la Chine et les millions d'êtres humains «pii souillent, luttent et meurent tandis que s'y déroule une des plus grandes révolutions «les temps modernes.Format 8 x 5'/j — 300 pages JEAN-FRANÇOIS BITTNER par l'abbé P.Giloteaux l’n jeune canadien-fran«;ais, entre au Noviciat des Pères Blancs en vue d’un apostolat futur en Afri-«|uc.Mais à la 2e guerre mondiale il est appelé à s'enrôler dans la "Royal Canadian Air Force’' pour servir son pays.A la fois méditatif, artiste, pcte, gai et enthousiaste Jean-F'ran«;ois se donne entièrement à I)ieu et au prochain, comme le prouvent les extraits de son journal dans cette prenante biographie.Format 7'/* x 5'/j — 138 pages En DECEMBRE : NOUVELLE AVENTURE EN AFRIQUE Jacques Hébert Tome I—Au pays de la soif et de la peur Tome II — Hommes noirs et bêtes sauvages jÜ0 îj, îêmpètë 1 Veuille/ m’inscrire dans votre club “Les deux livres du mois” et me faire ' parvenir les «leux livres vedettes de I novembre.Je m’engage à acheter, au | cours des prochains douze mois, au moins | quatre des sélections mensuelles, offertes .pendant cette même période.Veuillez 1 m’envoyer gratuitement, votre lettre I mensuelle aux membres du Club.! NOM ADRESSE VILLE .PROV.[ t t [ 1 ] J ] -! ci-joint $2.50 pour les vedettes de novembre.ci-joint $10.00 pour les vedettes des 4 mois à venir.I je paierai après réception de cha- I que envoi.1 ci-joint $28.00 pour les 12 mois I à venir.I I I FIOES I Les deux livres du mois I 25 est, rue Saint-Jacques M’Lateau 8335 MONTREAL | 136 LECTURES blBLlOTHKCA Propos da dixième anniversaire1 Le dixième anniversaire de L’ACBF nous fournit l’occasion de faire le point.Les statistiques révèlent l’essor numérique de notre association et les programmes de nos congrès témoignent l’intérêt grandissant des membres de notre profession à l’égard des travaux qui leur sont présentés.Toutefois, en cet anniversaire, nous ne devons pas nous borner à réciter avec complaisance les résultats acquis ; le moment est venu de prendre conscience des responsabilités qui incombent à notre groupe, de définir nos positions, de nous tracer un programme d’action.C’est ce que je voudrais essayer de faire de concert avec vous.Formée de catholiques, notre association peut et doit affirmer, soutenir et représenter les thèses catholiques en matière de lectures.Nous devons le faire avec fermeté, mais avec tact, en nous rappelant que le bon Samaritain a d’abord exercé la charité et pansé des blessures et que le père de famille a réservé à l’Enfant prodigue un accueil plein de tendresse et d’amour.Plus que l’intransigeance, l’exemple est à l’origine de bien des conversions.Formée de bibliothécaires de langue française notre association a pour mission évidente de promouvoir la culture française.Ici encore, l’intransigeance serait funeste.La culture française, constituée par les très larges apports de l’antiquité gréco-romaine, accueillante aux influences italiennes, germaniques, Scandinaves, saxonnes, cette culture s’étiolerait en vase clos.Les bibliothèques doivent donc garder leurs fenêtres largement ouvertes sur l’horizon intellectuel du monde contemporain.Et cependant ! nos bibliothèques doivent garder une physionomie française et ne pas verser dans un cosmopolisme informe.C’est pourquoi je pense qu’il existe, en Canada, des problèmes bien particuliers aux bibliothécaires de langue française : le choix des livres est au premier plan, la rédaction des catalogues au second, mais à part ces données techniques, il y a celles, non moins importantes, qui portent sur la psychologie des relations entre les bibliothécaires et le public, et entre les bibliothécaires et les administrateurs ; copier nos voisins nous entraînerait à des déboires et des malentendus.Enfin, sans fausse honte, mais avec une volonté ferme d’y remédier au plus tôt, reconnaisons que nous ne sommes pas, en matière de bibliothèques, au diapason du monde anglo-saxon qui nous entoure ; nous avons du terrain à regagner et nous y arriverons d’autant mieux que nous resterons groupés entre nous et viserons un but commun.Voilà pourquoi il était et il reste nécessaire de former un groupement distinct de bibliothécaires de langue française.Est-ce à dire que nous devions renoncer à toute collaboration avec nos collè- 1.Extraits du discours prononcé au banquet du Xi anniversaire par le président de l’ACBF.M.Raymond Tan,the.137 NOVEMBRE 1953 gués de langue anglaise ?Certes non ! Nous pouvons dès maintenant, chercher à établir un modus vivendi avec les autres groupements de bibliothécaires.Eux aussi ont connu l’âge héroïque et fait du travail de pionniers ; eux aussi ont longtemps sollicité en vain l’appai des pouvoirs publics et des mécènes ; leur réussite nous sert d'exemple et de stimulant et nous avons intérêt à profiter de leur expérience.Et surtout, il v a tout un champ d’activités où la similitude des intérêts, leur identité même, suggère une action commune.Pour cela il faut un minimum de bonne volonté et de compréhension mutuelle.Pour être plus explicite, permettez-moi d’exposer comment je conçois les relations de l’ACBF avec la Quebec Library Association et avec la Canadian Library Association.11 s’agit, bien entendu, de vues personnelles qui n'engagent ni le Conseil actuel, ni celui qui lui succédera.Plus ancienne que l’ACBF, la QLA a pris des initiatives fort louables et, grâce à l’influence et au dévouement de personnes très actives, a fait naître un esprit de corps parmi les bibliothécaires ; je me plais à en rendre publiquement témoignage.Lors de la fondation de l’ACBF, ou plus précisément de F ABC, certains y ont vu un geste hostile et se sont employés à creuser entre les deux associations un fossé que nous essayons patiemment de combler.Aux raisons que j’exposais plus haut qui motivent l’existence d'un groupe distinct des bibliothécaires de langue française, il faut bien ajouter les difficultés inhérentes à l’absence de bilinguisme intégral.Si chaque Canadien, outre sa langue maternelle, connaissait parfaitement l’autre langue nationale, il n’y aurait aucune difficulté à tenir des réunions où chacun, s’exprimant dans la langue de son choix, serait assuré d’être compris de tous.Or, ce n’est pas ce qui se produit ; la minorité, avec beaucoup de gêne souvent, doit parler dans la langue de la majorité, ou recourir au système laborieux et onéreux des traductions.Très, très rares sont les personnes qui, avec une égale assurance, une égale facilité, une égale correction peuvent s’exprimer spontanément dans l’une ou l’autre langue.Même s’il ne s’agit que de comprendre ! On voit dans les assemblées où se parle la langue commune à tous, combien nombreux sont les malentendus qui surgissent dans l’interprétation ; que serait-ce si on parlait indifféremment l’anglais et le français au cours de débats ?Tant que le bilinguisme n’aura pas atteint un plus haut degré de perfection et d’expansion dans le pays, je crois que les séances d’études, les assemblées générales et la lecture des rapports devront se borner à la langue de la majorité dans chaque association.Mais je crois aussi que dans des groupes plus restreints, où il est plus aisé de surmonter la barrière linguistique, les membres des diverses associations pourraient se rencontrer, échanger des vues, étudier ensemble les questions d’intérêt général pour la profession, pouvant requérir de présenter un front commun.Cherchons un moyen pra- 138 LECTURES ckjue de coopérer loyalement avec ceux cjni poursuivent les mêmes buts que nous.(.est dans cet esprit que la (.LA, depuis plusieurs années, in-\ite le président de 1 ACBF à la réunion annuelle du comité de liaison des associations de bibliothécaires.C est dans cet esprit que la QI.A, lors de la célébration du 20e anniversaire de sa fondation, a invité votre président à prendre part à son banquet ; c’est dans cet esprit que nous avons nous-mêmes inivté ici la CLA et la QLA à envoyer des représentants auxquels nous souhaitons la plus cordiale bienvenue.Programme d’action enfin envers nos membres.I)és que vous faites partie d une association, vous êtes en droit de vous demander ce que cela vous rapportera individuellement.Beaucoup d’entre vous, certes, ont adhéré à 1 ACBF sans même penser à en retirer des avantages matériels, mais un certain nombre de nos membres espèrent, et c est leur droit, que I association leur procurera une amélioration de leur situation.Sur ce point, notre bilan de dixième anniversaire est pauvre parce que nous ne pouvons pas dire que tel ou tel progrès, relèvement de salaires, amélioration des conditions de travail, reconnaissance professionnelle, soit directement dû à l’ACBF.Il ne faudrait cependant pas sous-estimer les cheminements souterrains par lesquels son influence a pu agir, en particulier à l’égard de la fondation ou de l’expansion de bibliothèques.Quoi qu’il en soit, nous devons faire davantage.Si l’union fait la force, veillons à ce que ce ne soit pas la force d’inertie.D’autres associations ont étudié, proposé et, dans certains cas, fait adopter des échelles de salaires, des normes de classification du personnel, des textes de législation en matière de bibliothèque ; on y a pour suivi, auprès des administrateurs qui tiennent les cordons de la bourse, une campagne d’éducation sur l’opportunité de relâcher ces cordons en faveur des bibliothèques.Tout cela est affaire de longue haleine, mais il faut un commencement, un départ et nous n’avons que balbutiements et que trébuchements.F.t pourtant nous sommes en cause ! Nous sommes en cause au chapitre des demandes, des revendications, mais combien plus encore au chapitre de la compétence et de la conscience professionnelle.On prétend qu’il y a un cercle vicieux ; que des personnes qualifiées entreraient en plus grand nombre dans la profession si les salaires y étaient plus élevés et d’autre part on prétend que les salaires restent bas parce que les bibliothécaires ne possèdent pas les qualifications qui justifieraient des traitements plus élevés.Il appartient à une association comme la nôtre de rompre ce cercle vicieux et peut-être devrions-nous commencer par établir des standards d’admission dans la profession : nous pourrions offrir aux universités de qui relèvent les programmes d’études dans les écoles de bibliothéconomie, de collaborer avec elles pour le redresse- 139 NOVEMBRE 1953 ment des programmes et la classification des diplômes.Nous pourrions, et c’est peut-être plus difficile, faire connaître aux employeurs notre appréciation de la valeur de l’expérience acquise comparée aux parchemins décernés.Nous pourrions examiner si certains travaux de bibliothèque ne devraient pas être confiés à des non-bibliothécaires, afin de laisser les tâches qui requièrent une réelle compétence à un petit nombre de bibliothécaires que l’on pourrait mieux rémunérer.Ce ne sont là que jalons d’une route que vous voudrez sans doute parcourir.J’ai tenu à vous communiquer ces pensées, un peu austères pour la fin d’un banquet, mais l’occasion m’a paru propice, en ce dixième anniversaire, de faire à la fois un retour en arrière et une projection dans l’avenir.Raymond Tanghe Nouvelles L'A.C.B.V.et Radio-Canada Le 4 août dernier avait lieu une réunion convoquée par la Société canadienne d’Education des Adultes au sujet du programme de RADIO-CANADA les Idées eu marche.M.Romain Desbois, propagandiste national de la Société canadienne d’Education des Adultes, inivta l’A.C.B.F.à cette réunion.Le vice-président, le R.P.Edmond Desrochers, s.j.et la secrétaire, Mlle Alvine Bélisle, se rendirent à la Société RADIO-CANADA, rue Dorchester, où une quarantaine d’invités, représentants de différents mouvements d’Education des Adultes, exposèrent longuement les problèmes susceptibles d’intéresser les auditeurs du programme les Idées en marche.Par la suite, M.Desbois demanda à l’A.C.B.F.le schéma d’un programme qui serait réservé aux problèmes de la lecture et des bibliothèques françaises au Canada.Nous prions les membres de notre Association de coopérer au succès de ce programme.D’abord en écrivant à M.Edmond Labclle, directeur du programme les Idées eu marche, Société RADIO-CANADA, 1425 ouest, rue Dorchester, Montréal, P.Q., en vue d’obtenir un horaire de la série de programmes.Nous suggérons que vous mettiez au courant du programme les membres influents des différents mouvements d’Education des Adultes de la localité où vous vous trouvez.Enfin, une lettre d’approbation et de félicitation à la Société RADIO-CANADA donnerait un appui très utile aux organisateurs qui nous auront rendu service.Notre programme passera probablement dans les premiers mois de l’année prochaine.Ne manquons pas cette excellente occasion de promouvoir la cause des bibliothèques françaises au Canada.Edmond Desrochers, s.j.140 LECTURES Lu bibliothèque et l'exposition des Trois-Rivières Pour la cinquième année consécutive, la Bibliothèque des Trois-Rivières a eu son kiosque dans le Palais de l’Industrie pendant l’exposition régionale des Trois-Rivières, du 23 au 28 août.Kn même temps qu’il tournait les pages de son histoire, ce kiosque allait de progrès en progrès.Après avoir débuté dans le plus humble des recoins ayant pour tout ornement une planche formant barrière, il fêta son premier lustre au milieu d’un coquet boudoir, gracieusement agencé par u.décorateur de notre ville.L’an dernier, il inaugurait l’illustration d’un thème.Inspiré par ses voisins immédiats : le Club 4-H et la Société d’horticulture, il mettait en vedette notre rayon d’histoire naturelle.Cette année, les besoins urgents de la bibliothèque suggérèrent le thème : la Bibliothèque des Trois-Rivières au service de la famille.Ce thème permettait un étalage de volumes susceptible d’attirer le plus grand nombre de personnes.Nous avons distribué en très grande quantité un dépliant illustré, contenant divers renseignements sur la bibliothèque, tels que : statistiques des livres et des films prêtés : parallèle entre ce qui se dépense aux Trois-Rivières en jeux et boissons, et pour la culture ; horaire des bibliothèques ; enfin, titres de volumes, revues et journaux sur les sujets suivants : Couture et cuisine, Décoration intérieure, Education des enfants.Hygiène.Loisirs et travaux d’amateur.D’anciens ou de nouveaux abonnés se sont présentés au comptoir avec le dépliant en mains et le doigt sur le livre désiré.Cette publicité-là est peut-être la plus efficace que puisse se faire une bibliothèque.Les bibliothécaires, qui se sont constamment tenues au kiosque, oit eu l’impression d’avoir vivement intéressé le public.II est curieux de constater la popularité dont jouit le coin de la bibliothèque auprès de la gent enfantine formant actuellement le plus fort contingent d’abonnés de nos bibliothèques.Chez de nombreux adultes, nous avons senti une sympathie croissante, un plus profond intérêt, une plus grande curiosité.Nous avons la conviction que notre kiosque annuel et devenu familier aidera grandement à l’infiltration de la bibliothèque dans la vie trifluvienne.Rita Rov Al.l'abbé \Y'.Côté aux études à Rome M.l’abbé Wilfrid Côté de Sherbrooke s’est embarqué tout récemment à bord de YEmpress of Australia à destination de Rome où il poursuivra ses études durant trois années.M.l’abbé W.Côté s’est toujours dévoué sans compter tant pour l’A.C.B.F.que pour l’Ecole de Bibliothécaires de l’Université de Montréal, spécialement à l’occasion des cours et du Congrès de Sherbrooke.Nos vœux de succès l’accompagnent.NOVEMHKF 1953 14! Nomination de Àf.Claude Aubry Le 18 septembre dernier, M.Claude Aubry, autrefois bibliothécaire à la Bibliothèque municipale de Montréal où il était chef du personnel, fut nommé conservateur de la Bibliothèque publique d’Ottawa, l’une des plus grandes du pays.M.Aubry est le premier Canadien français à occuper ce poste.A la fin d’août, lors du congrès de l'Association canadienne des Bibliothèques à Ottawa, il accueillit de la façon la plus aimable un groupe de bibliothécaires de langue française et leur fit faire une visite complète de la Bibliothèque.Non seulement la collection est bilingue, mais aussi les services.Nos plus sincères félicitations à M.C.Aubry.Condoléances Le Conseil de l’A.C.B.F.prie M.Théophile Bertrand, membre du Conseil de l’A.C.B.F.de bien vouloir agréer nos profondes sympathies à l’occasion du décès de son père.Nous apprenons aussi avec le plus vif regret le décès de Madame Godbout, mère de Mlle Claire Godbout, membre du Conseil de l’A.C.B.F.Nous offrons à notre collègue nos plus sincères condoléances.Nécrologie Nous apprenons avec regret, le décès de M.l’abbé Hermini Dubuc, décédé, le 22 juillet 1953 à l’âge de 54 ans.Ce dernier était conservateur de la Bibliothèque au Séminaire Saint-Charles de Sherbrooke.Ordonné prêtre en 1925, M.l’abbé Dubuc a été successivement professeur, régent, directeur des études et bibliothécaire.Par ses soins, la bibliothèque du Grand Séminaire s’était enrichie très considérablement.Diplômé de l’Ecole de Bibliothécaires de l’Université de Montréal, il s’était ensuite donné sans compter auprès de ses élèves et collègues du Séminaire de Sherbrooke.A ses nombreux amis et parents (spécialement M.et Mme L.-P.Robidoux de Sherbrooke), l’A.C.B.F.offre ses plus sincères condoléances.Vient de paraître La Société Canadienne d’Education des Adultes présente l’ouvrage suivant : Symposium National sur les organismes privés et les organismes publics dans l’Education populaire, publié à Québec en 1953.La première partie de cet ouvrage porte sur l’actualité, les organismes privés, les tendances et l’éducation des adultes.La seconde partie relate les enquêtes et commissions préparées à ces assises.142 LBCTURES « La Société Canadienne d'Fducation des Adultes est un organisme de coordination, de représentation et de recherche dans le domaine de 1 éducation des adultes.L’une des plus grandes préoccupations est de fournir à ses membres, qui sont des organisations bénévoles, l'occasion de se rencontrer pour discuter des problèmes qui leur sont communs.Lors de sa dernière assemblée annuelle, en mai dernier, elle a tenu un symposium sur la contribution apportée a 1 éducation des adultes par les organismes privés d’une part et les organismes publics d’autre part ».Mlle Claire Godbout du Conseil de l’A.C.B.F.représentait notre Association à ces journées d’études.Communique Le R.P.Adélard Dugré, s.j., Résidence des Pères Jésuites, 14, rue Dauphine, Québec, met en vente un certain nombre d’ouvrages reliés au prix uniforme de S 1.00 le volume.II s agit plutôt d’ouvj ages pour les bibliothèques populaires ou scolaires, genre Jules Verne, Comtesse de Ségur, Raoul de Naverv, et autres ouvrages plus sérieux.On pourra communiquer directement avec le R.P.bibliothécaire.Classification des livres La Bibliothèque de Montréal annonce la publication d’un ou-% rage récent intitulé : Classification des livres.Plan systématique en usage à la Bibliothèque de Montréal, par Aegidius Fauteux.Edition préliminaire par Juliette Chabot.Préface de Léo-Paul Desrosiers.Montréal 1952.Aegidius Fauteux, un édurit canadien d’une compétence reconnue dans le domaine des bibliothèques, ayant pour mission d’organiser une grande bibliothèque d’inspiration catholique, fut heurté par certaines classes de la Classification Internationale Dewey.II jugea donc à propos de préparer certaines modifications dans les classes Philosophie, Religion, Droit et Histoire Canadienne.Ce travail vient d’être édité à Montréal.On peut s’en procurer un exemplaire en s’adressant à la Division des Permis et Privilèges.Suite 16, Hôtel de Ville, Montréal au prix de Si.50, plus 15 sous pour frais de port.Education sentimentale CONFIDENCE A UNE JEUNE ADOLESCENTE par P.Le Cormier — 63 p.0.35 (par la poste 0.40) CONFIDENCES A UN JEUNE GARÇON par Jean Viollet — 60 p.0.35 (par la poste 0.40) FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal — PL.8335 NOVEMBRE 1953 143 Les fiches de catalogue Liste des fiches publiées en septembre 1953 Edition de septembre 1953 53-385 Barbeau, Marius 53-386 Barbier, Elisabeth 5 3-387 Bernage, Berthe 5 3-388 Bernier, R.s.j.5 3-389 Brouillette, Benoit 53-390** Brown, G.W.53-391** Butler, Ewan 53-392* Caryl, J.53-393 Conan, Laure 53-394 Dannemarie, Jeanne 53-395 Daniel-Rops 53-396** Danieisson, B.E.5 3-397 Daveluy, Marie-Claire 53-398 Delépierre, J., s.j.53-399 Desforêts, Benoit 53-400 Dfsrosiers.Léo-Paul 53-401 DuMaurier, Daphné 53-402 Dutil, Gaston, ptre 53-403 Fagniez, René 53-404 Faucher de St-M., N.53-405 Filiatrault, Jean 53-406 Franco, Victor 53-407* Frassati, Pier Giorgio 53-408 Frison-Roche, Roger 53-409 Gagnon, Auguste-E.53-410 Hébert, Anne 53-411 ** Jaegher, Raymond de 53-412* Laserre.Henri 53-413 I.emonnier, Léon 53-414 L'Ermite, Paul 53-415 .53-416 Longfellow, H.W.5 3-417* Massicotte, E.-Z.53-418 Mavig, Henry 53-419 Pie XII 53-420 Pie XII 53-421 Plante, A., s.j.53-422 .5 3-423* * * Render, H.W.53-424 Rivière, Isabelle 53*425 Rumilly, Robert 53-426 Saint-Bray 53-427 Smet, Françoise 53-428 Speaight, Robert 53-429 Trise, Léo 53-430* Van Gaver, A., p.m.é.53-431* ViNAY, Marie-Paule 53-432 Villepelet, Jean, év.Le rêve des chasseurs.J Julia I ’cruet de Mogador.B ?Sagesse au fil ‘les jours.TB-A* Paradoxes de la lie quotidienne.TB Le Canada par l'image.TB-J Sotre histoire.TB* Goering tel qu'il fut.B* Li mission des laies dans l'Eglise.TB* L'oublié.TB-A* Lit ciré de bit nfaisance.TB* Le porche du Dieu fait homme.TB** L'ilc du "Kon-Tiki".TB-A Perrine et Chariot à I 'ille-Marie.J.Homme, où i as-tu ?TB-S* Le p’tit gars du colon.J Nord-Sud.TB Ma cousine Rachel.B?Votre religion dans totn tie.TB-A* Le calvaire de Jean.J Le Jeu des roussi.J Terres stériles.B* Mon lélo, l'Amérique et moi.TB-A Lettres de Pier Giorgio Frassati.TB-A* L: grande crevasse.TB* Petite histoire sainte en images.J Le tombeau des rois.B Tempête sur la Chine.B** Les apparitions de N.-D.de Lourdes.TB** Un résistant catholique, Thomas More.TB* l~i ditine Providence.TB-A Limites de l'humain.TB-S* Evangeline.TB-A* Cent fleurs de mon herbier.TB-A* Introduction à la culture personnelle.TB-A Documents pontificaux, TB-S* Prières de Sa Sainteté Pie XII.TB* Les écoles séparées d'Ontario.TB-S* Quinze ans d'apostolat par le livre.TB Les relations infirmière-malade en psychiatrie.TB-S * A chaque jour suffit sa joie.TB* Lt plus riche aumône.TB* Le miroir vénitien.TB* M’en allant promener.TB* Thomas Becket, le saint assassiné.TB* lai journée d’un curé.TB* J'ai été condamné à la liberté.TB* Tempéraments et personnalités.TB-S* Les plus beaux textes sur s.Jean l’Evangéliste.TB* * après le numéro d'ordre, indique une série de 6 fiches ** après le numéro d'ordre, indiquent une série de 7 fiches.*** après le numéro d’ordre, indiquent une série de 7 fiches.144 LECTURES BIBLIOTHEQUES EN ACIER tore z '
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.