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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1952-11, Collections de BAnQ.

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‘ Revue mensuelle de BîbKog rapide critique Oi«en« «le Service des Lectures du diocèse de Montréal et de FA.C1JF.NOVEMBRE 1952 NO S MONTREAL FIDE5 LECTURES REVUE MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le Service de Bibliographie et de Documentation de FIDES organe du Service des Lectures de l'Action catholique du diocèse de Montréal.Direction : Paul-A.MARTIN, c.s.c.aumônier du Service des Lectures.Rédaction : Jean-Paul PINSONNEAULT.secrétaire du Service des Lectures.NOTES : 1 La revue est publiée mensuellement, de septembre à juin.Les dix livraisons de l’année constituent un tome.Le dernier numéro du tome fsoit celui de juin).comprend une table méthodique des sujets traités ainsi qu'une table alphabétique des ouvrages recensés pendant l’année.2.Les références bibliographiques sont rédigées d’après les règles de la catalographie.Les cotes morales en usage sont les suivantes: M Mauvais D Dangereux B?Appelle des réserves plus ou moins graves, c’est-à-dire à défendre d'une façon générale aux gens non formés (intellectuellement et moralement'.B Pour adultes.Un ouvrage dont le titre n'est suivi d'aucune de ces quatre mentions est irréprochable et peut être lu par tous._________________Publication approuvée par l'Ordinaire CANADA le numéro S0.35 Abonnement annuel $3.50 Etranger $3.75 FIDES.25 est.rue Saint-Jacques.Montréal-1 *PLateau 8335 FRANCE Abonnement annuel 900 francs ‘C.C.P.PARIS 7262.50 Société FIDES.120.boulevard Raspail.Paris (Vie) ‘Littré 7385 Autorisé comme envoi postal de deuxième classe.Ministère des Postes.Ottawa.SOMMAIRE IDEAL ET PRINCIPES L’Ecole littéraire de Montréal et Charles Gill Henri-Paul Sénécal.c.s.c.97 Charles Gill 3 NOVEMBRE 117 En dépit de son dénouement tragique, la Neige en deuil d’Henri Troyat reste une oeuvre saine, car une tendresse, une bonté et une pitié toute chrétiennes imprègnent ce récit et en font un plaidoyer fervent en faveur de l’amour fraternel.Le bonheur des frères Vau-dagne n'eut tenu qu'à une réponse du cadet à l'affection généreuse et tendrement offerte d'un être simple, dévoué et sans égoïsme.En nous rappelant que le bonheur n'est le plus souvent fait que d'une réponse prompte et fidèle au don d'un amour obscur dont la vie s’est plu à embellir notre existence quotidienne, l’auteur d'Etrangers sur la terre contribue à réapprendre à un monde déchiré de haines et de rancoeurs la loi suprême de la Charité.Et avec quel art merveilleux ne le fait-il pas?Son style allègre, nuancé, clair comme ces neiges de hautes altitudes, aux images d'une fraîcheur de printemps, irisé de notations finement observées et plein des résonnances d'une humanité fidèle au réel prête au récit je ne sais quel air de légende et de symbole.La nature omniprésente dans l'oeuvre de Troyat avec ses fastes inouïs et scs implacables servitudes chante encore ici la louange de son Créateur et contribue à hausser les hommes à la taille de leur destin qui en est un de fidélité et de contemplation.Jean-Paul Pinsonneault - Vient de paraître- POESIES COMPLETES d’EMILE NELLIGAN Une édition critique, préparée, préfacée et annotée par Luc Lacourcière comprenant 162 pages dont 20 ir édits.320 pages : $2.50 ($2.55 par la poste) FI DES # 25 est, rue Saint-Jacques # Montréal 118 LECTURES DOCUMENTS L'oeuvre (THenri Bosco1 (Suite) C’est avec le Mas Théotime, prix Renaudot 1945, qu’Hen-ri Bosco conquit la notoriété.On a fait remarquer alors que le Mas est ukne synthèse de l’oeuvre du romancier et développe tous ses thèmes familiers : amour de la terre, goût de la solitude, du voyage imaginaire, hantise des bêtes sauvages et M.Emile Hen-riot qui est un homme de goût écrivit : « Le Mas Théotime est un ouvrage remarquable.Sa vérité générale est de tous les temps comme les Hauts de Hurlevent ou Mireille.Je ne cite pas au hasard ces deux chefs-d’oeuvre différents : par son dramatique romanesque et par sa virgilienne poésie, le livre de M.Bosco fait penser à l'un et à l’autre.» On voit mieux aujourd’hui que si ces éloges sont mérités ils restent insuffisants.Le Mas Théotime a un sens, il marque dans l'oeuvre le moment où, sans renoncer à la Nuit et ses Ombres — le livre contient quelques Nocturnes admirables et Malicroix encore — notre romancier accepte comme un bien supérieur la paix du coeur et de l’âme, que cette paix est faite de simplicité, qu’il suffit pour être heureux de s’accorder aux lois les plus simples de la vie, de suivre les saisons « et l’on mène à bien son âme et ses semailles ».La mystique de la Terre est battue en brèche : l’homme peut et doit dominer la terre; s'il ne lui impose le joug agricole, il sera vaincu par elle.Il n’y réussit qu’en se donnant des raisons.Ces raisons et ce vouloir trébucheront encore devant Geneviève, d’abord si rassurante puis maléfique, devant le colporteur mystérieux qui s’est introduit au Mas, devant le spectacle d'une belle nuit, à l’appel furtif d’une bête.Mais le Mas est là, armé de « cette puissance et aussi cette qualité d’abri moral qui émane » de ces murs.« La douceur m’en était depuis long- 1.Cet article est paru dans la Revue Nouvelle du 15 février 1952.Henri Bosco NOVEMBRE 119 temps perceptible, mais je ne savais pas en définir la nature.Geneviève trouva le.sens de la maison dont le signe s’était perdu depuis tant d'années.Loin d'y apporter le désordre, elle y venait chercher l'apaisement.Car elle avait imaginé sans doute que nous ne bâtissons jamais pour nous abriter seulement des fureurs de l’hiver, mais aussi pour nous mettre à couvert des mauvaises saisons de l’âme.De là cette pitié quasiment filiale, chez elle, pour cette masse paternelle qui nous abritait tous les deux.» Il serait trop long de montrer comment, en filigrane des admirables tableaux qu'offre le Mas Théotime, se déroule la lutte du corps et de l’âme.« J’ai voulu m’échapper de moi et m’élever du corps à l’âme même, car ce puissant amour me rendait fou.Mais il n’est pas de corps sans âme, ni probablement d’âme sans corps, du moins sur cette terre; et je n'ai pu, quoique me déchirant avec sauvagerie, briser 1 unité de mon être tenace.» Ainsi, la chaleur et la bonté humaines, la leçon de sagesse qui émane du Mas gardé par les soins d’une lignée n auront servi à rien?Le roman, en tous cas s’achève sur une note apaisée : Pascal, légataire d’une chapelle, y fera célébrer la Noël; héritier des Théotime, il accepte leur enseignement: « Ils n’ont pas cédé aux attraits du Sauvage.Ils savaient simplement, de père en fils.que les saisons relèvent de Dieu.Et je sais qu’ils sont morts.ils sont retombés à un seul, moi, le dernier.C’est de moi qu’il faut repartir, car tout est à refaire.» Est-ce dans Malicroix que tout se refera?Malicroix est, dans le cadre de la Provence, le récit d'une aventure spirituelle où le narrateur se soumet à l’épreuve de la solitude.Les éléments externes du récit sont sans importance et peut-être conventionnels; ce testament chargé de conditions secrètes, cette vengeance imposée à l’héritier avant qu’il entre en possession des biens rappellent les procédés romantiques; leur seule justification serait de s’accorder au mystère qui plane sur la Camargue.Car c’est elle le personnage principal, comme la Provence est le personnage central de Mireille.Et Malicroix y gagne d’être parfois une épopée.Cette nature sauvage magistralement évoquée et qui façonne les hommes à son image — voyez comment les portraits d’hommes sont ici des portraits de la nature —, ce Rhône dont la puissance grandiose a fait chanter Mistral et Claudel, viendront-ils à bout de celui qui s’est soumis comme à une Catharsis à l’épreuve des trois mois de solitude?« Tout à coup, par une trouée, je vis le fleuve.Noir, rapide, profond, presque sous mes pieds.Je reculai avec horreur et je m’enfuis au jugé, en tournant le dos au rivage.C’était une fascination.Oh ! me disais-je, il faut arriver au refuge avant que le flot de ce fleuve ne me touche et ne m’emporte à travers les abîmes du ciel.» Et ce n’est pas seulement cette nature envoûtante que Martial doit combattre, mais lui-même.Il se sent divisé.Henri Bosco a souvent insisté sur cette idée du dédoublement de la personnalité jusqu’à en 120 LECTURES faire toute la trame d'Un rameau de la nuit.Donc Martial est Mé-gremut par son père, c’est-à-dire doux et patient, Malicroix par sa mère, c’est-à-dire assez sauvage.« Resté seul, je redevenais Mali-croix, avec une sorte d’ivresse clandestine et une étrange appréhension.» Seul au milieu de son île, tour à tour attiré et repoussé par le fleuve, enclin au sommeil dispensateur des rêves — « si je parle si souvent de mon sommeil, c’est que j'attache une grande importance aux événements intérieurs » — Martial a tenu bon.Ici encore les puissances spirituelles triomphent : dominant la nature, le prêtre élève calmement le Calice pendant la Messe (et c’est un tableau grandiose) tandis qu’à ses côtés et sans qu’il le soupçonne s’accomplit la vengeance exigée par le testament.Ne nous étonnons donc pas que, trois ans plus tard, les derniers poèmes de le Roseau et la source, facilement reconnaissables aux dires de Bosco lui-même, soient franchement religieux : Les anges ténébreux qui chuchotent le nombre S’abîment dans le ciel, une lampe à la main, Et, du vieil Orient où leurs figures sombrent, J’attends le Roi du Monde au milieu du chemin.Et accueillons comme un enseignement la signification profonde de son nouveau roman chargé de mystère Un rameau de la nuit.Dans un commentaire intitulé Ombre et lumière Henri Bosco a élucidé le sens de son roman.C’est un récit de la découverte de l’âme, de son âme que l’on ignore et que l’on découvre un jour avec un tel étonnement que l’on se croit en présence d’un autre contre lequel on entre en lutte.Mais nous et cet autre, ce sont deux faces accolées, dont l’une est tournée vers la lumière et l’autre vers l’ombre.Pourtant, cet autre, nous sentons qu’il n’est pas notre âme véritable, il nous révèle seulement l’existence possible en nous d’un autre nous-même.Nous ne l’atteignons qu’en sortant de nous « par l’oubli de nous-même, oubli total, poussé au point que nos ombres et nos lumières s’abolissent.» Cet oubli n'est possible que sous l’impulsion d’un amour extrême qui est Dieu.Alors l'âme, jusque-là invisible, manifeste sa présence, « le rameau de la nuit a produit un fruit de lumière.De ce fruit, dans cette aventure, on ne voit encore que le faible bourgeon.Mais il y est.» Cette évolution d’Henri Bosco a exercé sur son style une influence déterminante.La gymnastique mentale dont parlent les Surréalistes et que Bosco pratiqua sans cesse, ces descentes au gouffre, ce goût pour le demi-sommeil ou le rêve éveillé, en même temps que cet effort de lucidité jusque dans le délire, ont donné au style de l’écrivain une richesse, une variété, une souplesse extraordinaires.Henri Bosco fait penser à l’organiste disposant d’une série de claviers; il use de chacun d’eux en virtuose.Ce qui frappe ici, c’est l’inépuisable prodigalité d’un style qui évoque les plus grands noms : on sent passer dans Malicroix un souffle épique qui révèle un disciple NOVEMBRE 121 d'Homère, de Virgile et de Mistral.Mais telles bucoliques évoquent aussi Virgile ou Théocrite, tels sonnets ont des cadences de Ronsard.Les nocturnes ou les pastorales de Bosco sont comme un Songe d'une nuit d’été, les nuits neigeuses de Noël pourraient être d'un grand romantique allemand.Voulez-vous du Barrés?« Mais l’oiseau chanteur de la nuit n’a pas moins de désir dans sa petite poitrine chaude.Qu’il emplisse de sa plainte nuptiale une ravine où descend quelque colonne de clarté et soudain l’étendue des bois entre dans le silence.Tout murmure s’éteint; on attend, on écoute.Les forêts fument doucement sous la lumière de la lune et l'essence des arbres embaume l'air.» Et ceci, n'cst-cc pas du meilleur Cocteau?« C'était un monde.Tout un monde!.Par milliers d'entrelacs, de treillis lumineux, de fils de lune, il s’élevait très légèrement dans l'air argenté pour créer des voûtes fragiles aux nervures éblouissantes qui retombaient ensuite sur la crête du vieux mur.Par ces impalpables grillages divisés en mille réseaux, la clarté lunaire tremblait à travers l'édifice impondérable.Il ne semblait tenir au sol que par quelques pointes sensibles, d'où le moindre souffle pouvait, à tous moments, l’enlever dans les airs, avec une merveilleuse facilité.A travers cette construction miraculeuse on voyait se lever des arbres qui semblaient de cristal ou de neige, et ils étincelaient dans la fluide lumière de la lune.» Tous ces grands noms évoqués sont des noms de poètes.Bosco est d'abord un poète, c’est en poète qu'il a choisi et développé ses thèmes de romancier et qu’il a pu dire que ses poèmes sont les notes marginales de ses romans.Pourquoi donc n'a-t-il pas écrit plus de poèmes, lui dont la métrique est d'une agilité parfaite?On peut croire que la forme plus concise du poème ne convenait pas à la prodigalité de son talent, encore qu’il sache faire bref et définitif : Les boeufs rentrent.La nuit est claire.Et la terre, bleu dense, endort Ma colline, où jaillit encor L’élan d’un cyprès linéaire.La mer a tendu son cordeau Contre le bloc de son eau sombre: Silencieusement sur l’eau Un voilier s’enfonce dans l’ombre.Epique, lyrique ou descriptif, on ne sait où Bosco l’emporte.Ses descriptions sont minutieuses comme du Flaubert ou du Teniers, hautes en couleur comme du Gautier, fluide comme du Gide.Bosco sait écrire un style fluide jusqu’à l’évanescence et l’irréalité, il sait donner du contour à ce qui n’en a pas, l’enlever à ce qui en a, sans que nous puissions saisir le moment où il passe du précis au flou.Lisons cette phrase des Sites et mirages : 122 LECTURES r « D’où je regarde, assis au flanc d'une colline ronde, rien ne tient au sol, c’est-à-dire à la terre grasse, au roc calciné de ce paysage * réel mais qui semble suspendu.C’est un paysage en suspens : il hésite avant de glisser à la matière.11 atteint à ce point précaire d’équilibre où il ne pèse plus sur l’âme qui le soutient.Elle le propose à la plus discrète lumière, celle qui convient aux impondérables.» 11 y aurait tout un chapitre à écrire pour comparer Gide et Bosco, paysagistes africains.On y verrait que si le second vaut le i premier comme styliste, leur attitude devant un paysage est différente.André Gide n’y cherchant que l’occasion d'une jouissance voluptueuse.Henri Bosco demandant au-delà du plaisir des sens une purification de l’âme et de la pensée.Mais cette comparaison nous entraînerait trop loin.Esquissons-la par une citation qui est, au surplus, très belle et qui resume assez bien les principes littéraires du romancier-poète de Malicroix : « Rien n’est plus démoralisant que de décrire, ni plus vain.Le pittoresque nous égare, fausse le jugement et sous l’oripeau cache l’âme.11 faut, en pays exotique, fuir l’exotisme, et ne prendre de la couleur que sa vibration invisible, du décor fastueux et insolite que la féerie intérieure dont il provoque le rayonnement.Four nous qui n'avons que des mots pour transférer ces songes, nous nous en tiendrons au jeu des pensées.Toute ville est une pensée, et celle-ci, (Alger), comme les autres, quoique plus faiblement.Mais que nous importe?Un beau mur, un mur immaculé, peint à la chaux, est un prétexte suffisant à la méditation ou à la rêverie.Et ici les beaux murs ne manquent pas.J’en admire l’exacte nudité ».Ne craignons pas de dire qu'Henri Bosco est un grand écrivain, un des plus grands parmi nos contemporains.Jacques Romane J 00e mille L’HEURE EST VENUE La plus belle brochure sur les événements de FATIMA 32 pages d’illustrations, 7!A x 10V4, 4 couleurs : $0.15 (par la poste $0.18) NOVEMBRE 123 FAITS ET COMMENTAIRES Les ouvrages de Paul Chanson [: c 30 décembre 1950, S.Em.le Cardinal Feltin faisait paraître dans la Semaine Religieuse de Paris le communiqué suivant : « Par lettre datée du 12 août 1950, la S.C.du Saint-Office nous a informés que les ouvrages de M.Paul Chanson : l'Art d’aimer (Paris 1950) et Art d aimer et continence conjugale avec post-face du P.H.-M.Féret, Art d’aimer et vie spirituelle chrétienne (Paris 1950) devraient être retirés du commerce et qu’aucune nouvelle édition ou traduction ne devrait être autorisée en raison de « l’orientation générale et des conseils particuliers » que donnent ces ouvrages.Nous en avons avisé les auteurs et, à la demande de la S.Congrégation, nous en informons les fidèles.» A la suite de ces ouvrages, le même auteur a encore publié l'Accord charnel, qui reprend les thèmes des livres précédents, et / Etreinte réservée, qui comporte une série de témoignages clamant les bienfaits de la méthode Chanson.Des prêtres et des laïques qui possédaient ces volumes « retirés du commerce », se sont demandés s’ils pouvaient conserver ces ouvrages et même les utiliser à l’occasion ou encore les prêter, par exemple, à des jeunes gens sur le point de se marier, quand ils considéraient qu’une telle lecture pouvait leur être profitable.La proscription du Saint-Office marquait déjà d’une façon assez nette la voie aux prêtres dans la direction des âmes.La doctrine morale contenue dans ces volumes n’était pas assez sûre pour être propagée.Il en était de même au point de vue physiologique et psychologique, comme le démontrait en juin dernier, dans la Revue de Droit Canonique (1952, n.2, p.240-248), le Dr Th.Kammerer, chef de Clinique neurologique et psychiatrique, à Strasbourg.Mais un deuxième avertissement du Saint-Office, paru dans les Acta Apostolicae du 4 août 1952, devrait faire tomber les dernières hésitations sur 1 attitude à prendre au sujet des volumes sus-dits de Paul Chanson et des autres semblables.Ces ouvrages ne peuvent pas être présentés comme exempts de tout reproche et il faut les tenir comme suspects.Qu’on lise la traduction de ce texte, pour s’en convaincre.Avertissement du Saint-Office à propos de certains écrits sur la vie conjugale1 Avec beaucoup d’inquiétude le Siège Apostolique constate qu’en ces derniers temps bon nombre d’auteurs, traitant de la vie conju- 1.Cet avertissement porte la signature du notaire de la Supr.S.Congr.du S.Office, Mgr Marinus Marani.124 LECTURES gale, étalent au grand jour, sans pudeur, jusqu’aux moindres détails de cette vie, et que même certains d’entre eux décrivent, prônent et commandent cet acte qu’on appelle l'étreinte réservée.Pour ne pas faillir à son devoir en une chose d’une telle importance, qui touche à la sainteté du mariage et au salut des âmes, la Suprême Congrégation du Saint-Office, à la demande expresse de Sa Sainteté Pie XII, Pape par la Providence divine, avertit sévèrement tous ces écrivains et les engage à modifier leur façon d’écrire.Elle exhorte également avec énergie les Pasteurs Sacrés à exercer une grande vigilance sur ces matières et à y appliquer avec tout le soin nécessaire les remèdes opportuns.Quant aux prêtres, chargés du soin des âmes et de la direction des consciences, qu’ils n’osent jamais, soit spontanément, soit en réponse à des questions, parler de façon à laisser entendre qu’il n’y a rien dans la loi chrétienne qui s’oppose à l’« étreinte réservée ».Donné à Rome, du Palais du S.Office, le 30 juin 1952.» M.R., s.s.s.F ides a fêté son 15e anniversaire Le 16 octobre dernier marquait le quinzième anniversaire de la fondation des Editions Fides.C’est en 1937, en effet, que paraissait le premier numéro de Mes Fiches, revue documentaire qui fut à l’origine de l’Oeuvre.Afin de célébrer l’événement avec tout l’éclat convenable une messe basse fut célébrée le matin, en la chapelle du Sacré-Cœur de l’église Notre-Dame, par S.Exc.Mgr Albert Cousineau, c.s.c., évêque coadjuteur de Cap Haïtien qui, dans une brève allocution, rappela à l’assistance les humbles débuts de Fides.Désireux de donner au public une idée du travail accompli pendant ces quinze années, les directeurs de Fides organisèrent aussi à cette occasion une exposition de livres, brochures et revues édités par la Maison.Inaugurée sous la haute présidence de S.Exc.Mgr Paul-Emile Léger, archevêque de Montréal, et en présence de plusieurs évêques, de nombreux auteurs et amis de l’oeuvre, cette exposition présentait un exemplaire de chacun des 510 volumes et des 135 brochures édités par Fides, ainsi que des numéros de revues publiées à l’heure actuelle : Lectures, Mes Fiches, Hérauts, le Maître et Y Elève.Faisant suite à l’inauguration de cette exposition, un brillant dîner réunissait au Cercle Universitaire quelques-uns des membres les plus représentatifs de l’élite religieuse et intellectuelle de la Métropole, quelques évêques de la province et de l’étranger, plusieurs écrivains renommés, le personnel et de nombreux amis de 1 Oeuvre.Pour clore ces agapes, Mgr l’Archevêque de Montréal, M.Esdras NOVEMBRE 125 Minvillc, M.Raymond Tanghc et le Directeur général de Fides, le P.Paul-Aimé Martin, c.s.c., présentés par M.Jean-Marie Laurence, portèrent la parole.Avec la chaude éloquence qui lui est familière, Mgr Paul-Emile Léger analysa la mission complexe et ardue du critique littéraire, après avoir énuméré les raisons qui expliquent la vogue sans cesse grandissante du livre.Quant au P.Martin, il remercia les convives et les collaborateurs de l’Oeuvre, esquissa brièvement le rôle de l’éditeur, puis évoqua le développement providentiel de Fides.De cette allocution nous extrayons le passage suivant.« Le travail de l'éditeur, dit le Directeur général, est avant tout un travail de pensée et d’apostolat.Pour une part, c’est à lui que revient la tâche de voir les besoins de son temps et d’engager les auteurs à y répondre par des ouvrages adaptés.Sans doute il n’a pas de secret magique pour faire naître le génie, ni même le talent, mais souvent il contribuera à ce que des aptitudes précieuses soient consacrées à des travaux de première urgence pour le bien de l'Eglise ou de la Cité.L’éditeur doit donc être un chef.Dans les questions de culture tout autant que dans les problèmes d'administration, il devra pouvoir s'imposer et inspirer confiance.C'est à ce prix seulement qu'il réalisera l'idéal que son rôle implique.» Parlant ensuite des fins élevées assignées à l'oeuvre de Fides par ses fondateurs, l’orateur affirmait : « Dès le début, nous avons voulu adapter nos efforts au grand idéal poursuivi.Pour nous, l’essentiel n'est pas de répandre des publications qui puissent contribuer à la formation artistique ou à la formation littéraire ou même à la formation religieuse seule.L’essentiel est de viser, en éditant, la formation de l’homme tout entier.En d’autres termes, c’est à promouvoir l’humanisme intégral que nous voulons avant tout travailler.» Puisse Fides poursuivre encore longtemps, avec ce zèle désintéressé qui la caractérise, son oeuvre éminemment féconde et continuer de semer à tous vents le grain précieux de la doctrine sociale chrétienne et de l'humanisme chrétien.Jean Champagne -Nouveauté- Principes de vie sacerdotale et religieuse par Mgr Albert-F.Cousineau, c.s.c.262 pages: $2.00 (par la poste: $2.15) FIDES • 25 est, rue Saint-Jacques • Montréal 126 LECTURES NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Ouvrages LITTÉRATURE CANADIENNE SCIENCES SOCIALES GINGRAS (Jules-Bernard).Figures de sociologie catholique.Préface d'Edouard Montpe-tit.Montréal.Paris, Fides, 1951.128p.19cm.$1.25 (par la poste $1.35).Dans quelque 130 pages, M.l’abbé Gingras présente au lecteur les principales figures qui ont été au début du catholicisme social dans les différents pays, et esquisse, dans une courte étude, l'oeuvre qu'elles ont accomplie.Il ne faut pas chercher ici une étude approfondie des différents mouvements.Mais il est important de souligner que l’abbé Gingras a su fixer en quelques lignes le caractère dominant de l'homme ainsi que l'idée maîtresse de son oeuvre; ce n’est pas un mince mérite.Et si l’on ajoute à cela un style vif et alerte, on peut dire que ce volume, en plus d’être instructif, ne laisse pas d’être intéressant.Nous le recommandons d'une façon toute particulière aux jeu- Jules-Bemard Gingras, pire nés.Cette lecture affinera chez eux le sens de la synthèse, leur proposera des modèles à imiter et agrandira le champ de leur information.J.-G.Richer, c.s.c.NOVEMBRE 127 L’ARCHEVEQUE-DUGUAY (Jeanne).Comment j'éduque Paul et Marie.Propos sur l’éducation.Montréal, Paris, Fides, 1952.173p.20cm.$1.25 (par la poste $1.35).Tous les jeunes parents gagneront à se mettre à l’école de Madame Duguay.Elle appuie sa science de l’enfant sur une longue expérience et sur un sens chrétien de tous les instants et de toutes les circonstances.Elle n’est pas catholique le dimanche seulement, elle l’est du matin au soir et du soir au matin.Bien des parents qui ont à déplorer des gestes qu’ils jugent inexplicables chez leurs enfants devenus adultes, n’auraient à chercher que dans le manque de formation morale et religieuse, la raison des faiblesses désastreuses ou des erreurs répétées qu’ils condamnent.Madame Duguay tire son enseignement de son expérience, de sa réflexion, de son observation et de sa piété, et elle l’étaie de concret, de vécu.On suit les progrès dans l’éducation de Paul et de Marie, à mesure que père et mère observent et commentent ensemble les résultats de leur manière d’agir, de corriger ou d’encourager l’enfant, de défendre ou de permettre.Ce livre est d’abord écrit pour aider, pour servir.Madame Duguay y sacrifie son amour de la littérature.pure.Elle n’est pas ici poète, elle n’est qu’éducatrice et tout occupée de l’importance de son sujet, non de la beauté plastique de la phrase, du style.Certains le lui reproche- ront.Il y a en effet dans ce petit livre d'abord composé pour l’éphémère publication dans un quotidien, des négligences de forme.Il n’y en a aucune dans la pensée, et c’est le principal.Ce que l’auteur désire avant tout, c’est convaincre des parents soucieux d’assurer une parfaite éducation à leurs enfants que le secret du futur bonheur de ceux-ci réside dans le véritable sens de la vie.Il faut leur apprendre à être de bons chrétiens, en faire des êtres capables de comprendre le pourquoi du sacrifice, la beauté morale, etc., et de juger où est ainsi leur profit même en ce monde ! il Michelle Le Normand LEGER (Mgr Paul-Emile).La mission de l'université.Montréal, l’Oeuvre des tracts, février 1952, no 386.16p.19cm.$0.15 (par la poste $0.20).Voici le texte de l’allocution prononcée par l’Archevêque de Montréal à l’Université Laval, lors du doctorat en théologie que lui conféra cette institution.Dans ces pages d’une grande richesse Je pensée et d’une rare utilité pratique, le prélat s’est appliqué à préciser la notion d’université, à revendiquer pour l’Eglise le droit fondé sur la nature même de la science et, en définitive, de l’homme d’organiser des écoles d’enseignement supérieur, et à définir le rôle de l’université dans le monde.Sur ce dernier point, Mgr Léger écrit : « Le rôle propre de toute université est donc de réaliser la synthèse du 128 LECTURES savoir et dans une université catholique cette tâche ne sera accomplie qu’au moment où l’esprit posera la clé de voûte de tout l'édifice, le Christ Jésus, centre de toute la création ».De cette mission découle donc pour l'université catholique le devoir impérieux de refaire l'unité du monde en élevant son enseignement à ce niveau cii « toutes choses seront instaurées dans le Christ », d’engager le combat sous les étendards du Roi.A la lumière de cette fin, il importe donc, ainsi que le souligne l'Archevêque, de considérer les diverses disciplines du savoir humain comme autre chose que des moyens mis à la disposition de l'homme pour l’édification d'une Cité athée, car elles doivent concourir à l’instauration du royaume divin dims un monde déliquescent.Tous les chrétiens, et particulièrement l’élite intellectuelle, trouveront profit à méditer cet enseignement clair et précis.Ils y puiseront un nouveau respect pour les valeurs spirituelles du sort desquelles dépend aujourd'hui plus que jamais peut-être l’équilibre moral de la société moderne.Jean-Paul Pinsonneault SCIENCES APPLIQUEES TRUDELLE (J.-A ).Psychologie et vente.Edition revue et augmentée.Montréal, Paris, Fides, 1952.280p.20.5cm.(Coll.Bibliothèque économique et sociale).$2.25 (par la poste $2.35).J.-Armand Trudelle Les ouvrages tels que celui que nous présente aujourd'hui monsieur Armand Trudelle sont à peu près inconnus au Canada français.Ils n’en sont pas moins d’une haute importance.II faut cependant signaler dans ce domaine les efforts accomplis dans la ville de Québec par monsieur Louis-A.Belisle qui a édité toute une série d’ouvrages se rapportant à la vente, à ses techniques et à ses exigences.Monsieur Trudelle ne prétend pas avoir fait entièrement neuf.Il s’inspire, comme maints auteurs abordant ce sujet, de certains écrivains connus, tel que Chambonneaud, pour n’en citer qu'un.II se réfère par exception à Stuart Mill de la vieille école libérale anglaise et cite Leroy-Beaulieu de l’école française.Il mentionne en note des volumes NOVEMBRE 129 plus récents, par exemple : Comment obtenir un emploi de O.A.Lefebvre.Les Canadiens français vivent dans le milieu continental américain.En conséquence, ils doivent, tout en gardant leurs traits distinctifs catholiques et français, s’intégrer dans le mouvement nord-américain.Or, dans notre milieu, ce sont les méthodes dites américaines qui prévalent.Il faut donc les connaître pour s’en assurer la maîtrise.11 faut aussi savoir ce qu'implique la vente de nos jours et ce que requiert la présentation du produit, être renseigné sur les facteurs qui déclenchent la vente et connaître les auxiliaires de cette dernière.II faut être informé des caractéristiques du voyageur de commerce.Voilà les lignes maîtresses du volume de J.-Armand Trudellc Psychologie et vente.L’auteur a su énoncer des principes pertinents relatifs à la vente, colliger des exemples probants, étayer son travail d'anecdotes, de récits, de citations habilement choisis.Les Canadiens français se désintéressent trop de ce genre d’ouvrages.Que ceux qui s’adonnent au commerce, à la finance, à la vente sous toutes ses formes, se procurent ce volume qui leur revient aujourd'hui dans une édition revue et augmentée.Rodolphe Laplante LITTERATURE Ecrits divers LA TOUR FONDUE (Geneviève de).Geneviève de la Tour Fondue Interviews canadiennes.Montréal, Ed.Chantecler, 1952.261p.19.5cm.$1.95 (par la poste $2.05).Des esprits prévenus ou superficiels semblent parfois prendre un tel plaisir à dauber le Canada français et à minimiser avec une outrageante partialité son respect des valeurs spirituelles que le dernier livre de Mme Geneviève de La Tour Fondue vient à son heure.La saine objectivité dont fait preuve l’auteur des Interviews canadiennes et l’optimisme serein qu’elle a su insuffler dans ces pages font que leur lecture ne saurait que contribuer à raviver chez nos compatriotes un enthousiasme menacé par les calomnies chroniques de certains censeurs patentés.130 LECTURES Les personnalités les plus représentatives de l’élite canadien-ne-française auxquelles s’adresse l’écrivain ne sont pas de ces esprits brouillons et défaitistes, convaincus de l’imminence de l’extinction de la culture dont notre groupe ethnique s’est vu confier le précieux dépôt.Si ces gens se rendent parfaitement compte de l’apathie et de la jobarderie générales, de la lenteur d’une prise de conscience tardive des réalités supérieures et de la menace que fait peser sur notre destin un américanisme épidémique, ils ne mésestiment pas les progrès accomplis depuis une décade et demeurent encore capables d’enthousiasme.Un des grands mérites de cet intéressant ouvrage est de sauvegarder dans l’esprit du lecteur un certain climat de confiance en l’avenir, en dépit de la sincérité et de la franchise d’esprits dont le premier souci est, à n’en pas douter, de rendre à leurs compatriotes le service de la vérité.On ne saurait aussi trop savoir gré à Mme de La Tour Fondue d’avoir poussé ses investigations auprès de personnalités dont l’affiliation aux milieux les plus divers lui a permis de découvrir la vie de notre société et son évolution sous des angles très variés mais toujours complémentaires.Le danger inhérent au genre d’ouvrages que nous présente ici l’auteur de Retour à la vigie est de demeurer incomplet et d’inciter à des conclusions hâtives et erronnées.L’écrivain a su éviter tous les pièges que lui tendaient une matière impersonnelle, un sujet aux contours un peu vagues, un propos qui pour demeurer vrai doit porter la marque de la spontanéité.Quant à la langue vivante, alerte, nuancée et fonctionnelle que manie Mme de La Tour Fondue, elle entre pour beaucoup dans le succès d’un livre où affleurent à chaque page d'une écriture prodigue et féminine une sensibilité retenue et une facilité rare.Tous liront avec intérêt et profit cet essai optimiste sans excès sur la civilisation canadienne.Louis Morin Roman DANTIN (Louis).Les enfances de Fanny.[A-vant-propos de R.Dion-Lévesque] Montréal, Ed.Chantecler Ltée, 1951.286p.19.5cm.Dangereux Les enfances de Fanny est une de ces oeuvres posthumes qui rendent un son triste parce qu’elles pétrifient dans la solitude et la déchéance le masque de certaines âmes dont le destin tragique nous fait mal.Louis Dantin, on le sait, connut une adolescence tourmentée, l’abandon, la lutte acharnée avec le gagne-pain et aussi, malheureusement, le « lent et douloureux écartement de ses premières croyances ».Tout cela nous l’avait rendu cher et digne de pitié.Si son dernier roman, publié par les soins de M.Rosaire Dion-Lévesque, nous laisse apitoyés et inquiets, c’est qu’il porte la marque des options définitives et qu’il répond, dans la pensée de son auteur, à un besoin de se dépouiller et de se met- NOVEMBRE 131 Louis Dantin urrrrnrp trc le coeur à nu.A M.le Dr Gabriel Nadeau, son ami intime, Louis Dantin confiait un jour : [.] Fanny est une tranche de ma vie; c'est le souvenir d’une époque où j’étais complètement désemparé, où je quêtais l’affection comme un pauvre demande du pain.J’ai bravé alors les conventions du monde, et aujourd'hui je ne rougis pas de cet attachement : un sentiment humain appartient à l'humanité.Fanny c'est une dette de reconnaissance.» A la lumière de cette confidence où perce le regret de l'amante morte, comment ne pas deviner l'homme blasé, avide de sympathie et désespérément inassouvi?Et d’ailleurs, qu’est le roman posthume de Dantin, sinon le long cri d’une âme frustrée vers l'assouvissement?Fanny est un être primitif dans les veines duquel coule la sève exhubérante des jungles.Sa nature vive, alerte, débordante de mouvement, poussée d'instincts hardis et sauvages, n'a pas trouve dans une union désassortie le terrain favorable à l’épanouissement d'un équilibre intérieur.Supplantée dans l'affection de son mari par une rivale à qui elle cède avec une bienveillance par trop indulgente sa place au loyer, l’héroïne porte en elle la blessure d’une jeunesse manquée, bouillante de forces comprimées.Peu à peu son amour toujours dédaigné se refroidit et se mue en une pitié affectueuse.Vaincue par une fatalité acharnée à la frustrer de la tendresse dont elle a soif, Fanny rejoint ses fils à Boston.Au coeur du Roxbury noir, elle retrouve momentanément ses anciens rêves de bonheur.Mais elle n’en est pas encore au terme de l'épreuve.Un jour, après une âpre lutte avec elle-même, Fanny décide de donner à son mari abandonné par une maîtresse déçue et impotente la preuve d'un amour fidèle et généreux : elle revient vers lui.Hélas ! la jeune femme ne connaît pour prix de son sacrifice que la douleur de se voir rejetée par l’époux qu’elle aime toujours et par une soeur puritaine.La mort dans l’âme, Fanny rentre à Boston.C’est là qu'elle goûte enfin, avec un Blanc, le bonheur si éperduement désiré d’un amour partagé.Jaloux de cette liaison, un ami d’enfance de l’héroïne veut attenter à la vie du séducteur étranger.Dans un effort désespéré pour sauver son amant, Fanny est blessée mortellement.132 LECTURES Les enfances de Fanny, on a vite fait de s’en rendre compte, est un roman noir : la fatalité y sème à chaque épisode ses pièges sous les pas de la jeune femme traquée par la méchanceté, le mépris et l’ingratitude.Le malheur veut aussi que la lecture de ces pages écrites dans une langue sobre, fonctionnelle et châtiée incline le jugement à se prononcer en faveur de l’amour libre, le seul qui dans Fanny ne déçoive pas l'héroïne.Lorsque l’auteur nous présente implicitement, comme un modèle d’abnégation et de désintéressement, l’épouse légitime désertant le foyer pour céder la place à une rivale, il oublie que la véritable grandeur n’est possible que dans la fidélité.Que Fanny est loin de posséder la noblesse d’âme de la Marthe de l’Echange de Claudel, si grande et si belle dans sa lutte pour arracher son mari à l'intruse ! Dans les Enfances de Fanny, le romancier semble ne s’être pas assez départi d’une certaine sympathie aveugle pour pouvoir projeter, sur un récit qui fût demeuré substantiellement le même, les lumières d’une conscience authentiquement chrétienne.La complaisance avouée qui l'incite à ne contempler son personnage qu’avec les yeux d'un coeur endolori, le contraint, peut-être à soi' insu, à une indulgence lamentable dont l'effet est de fausser en lui les perspectives morales d'une vie ou l’héroïsme demeure assez suspect.Jean-Paul Pinsonmault PALLASCIO-MORIN (Ernest).La louve.Roman.| Québec, Institut Littéraire du Québec [cl9521.206p.19cm.$150 (par la poste $1.60).Pour adultes La louve est un roman qui accuse un certain relief sur l'ensemble de la production courante, grâce à son thème très riche et à un souci évident de la forme.Oh ! il y a loin encore du dernier roman de Pallascio-Mo-rin au chef-d’oeuvre, mais que le romancier s’applique à fuir la médiocrité où stagne notre littérature de fiction suffit déjà à révéler chez lui un certain sens des valeurs et à lui concilier la critique.Ernest Pallascio-Morin NOVEMBRE 133 Le premier reproche qu’on puisse adresser à l’auteur de la Louve est d’avoir présumé de ses forces en s’attaquant à l’étude d’un personnage dont les abîmes demeurent tellement profonds qu'il eut fallu le talent et la psychologie incisive d’un Mauriac pour y diriger quelques-uns de ces jets de lumière ardents qui mettent le coeur à nu.D’une âme tourmentée par un égoïsme forcé-né, victime d’une solitude effroyable, le romancier s’avère impuissant à retenir autre chose que les excès et les tics.S’il tente par instants d’éclairer le drame intérieur qui déchire son héroïne, d’en mettre à jour les composantes et d’en expliquer la logique interne, les moyens auxquels il recourt trahissent une telle indigence que le personnage ne parvient jamais à se dépouiller complètement de tout le conventionnel dont l’affuble involontairement son créateur.Et de là vient, sans doute, cette froideur et cette indifférence qui, chez le lecteur, stérilisent à chaque page un effort de communion à l’état d’âme d’Antonia.Rien chez cette femme ne contribue à déclencher dans l’âme du lecteur les mobiles de la pitié.Thérèse Desqueyroux, à l’instar de l’héritière de la Louve, est un être taré, dénaturé, mais combien plus touchant et pitoyable.L’héroïne de Mauriac vit d’une vie intense alors que celle de Pallascio-Mo-rin s’agite, éclate et tonne comme une furie de mélodrame.Et ceci nous amène à formuler contre l’oeuvre un second grief.Les héros de la Louve sont des personnages de mélo égarés dans le roman.Le manipulateur qu’est Pallascio-Morin régit tous les satellites de ce petit univers en fonction de l’effet qu’il prétend tirer de leurs gestes, de leurs silences ou de leurs vitupérations.Je pense à ces scènes par trop délibérément théâtrales que constituent la promenade de Solange et Pierre-Yves sur le fleuve, l’entrevue avec le ministre de la santé, le retour de la vieille Marie et du frère cadet métamorphosé en évêque, la mort d’Antonia.Le lecteur croit nager en plein feuilleton.On ne saurait taire cependant le mérite habituel d’un dialogue vrai et nourri, dont le naturel fait aisément oublier les longueurs et les redites.Il nous vaut les pages les mieux écrites, les plus vivantes et les plus senties du roman.Quant au style de l’oeuvre en général, il porte d’évidentes traces de polissage qui ne parviennent malheureusement pas à voiler une certaine gaucherie dans l’emploi des termes de même qu’une certaine naïveté dans la recherche du tour élégant.Claude Richard LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE LITTERATURE Roman MAURIAC (François).Galiga'i.Roman.Paris, Flammarion f c 1952 ].177p.19cm.$1.90 (par la poste $2.00).Appelle des réserves Les fauves de la ménagerie mauriacienne connaissent déjà une assez grande notoriété pour qu’il nous suffise d’écrire ici que l'héroïne du dernier roman de l'académicien est un autre de ces « montres sacrés » dont M.Mauriac s'est toujours plu à peupler son oeuvre.Inutile donc d’évoquer cette meute hurlante à laquelle s'apparente Agathe de Camblanes et de projeter d'inutiles clartés dans un repaire déjà trop souvent exploré par le lecteur.Bornons-nous à noter que Galigdi rassemble — pour notre plus grande édification, il va sans dire — les types les plus représentatifs d’une oeuvre dont on serait parfois tenté d’affirmer quelle illustre l’échec apparent de la Rédemption.De l’expression même du romancier, ces pages exposent « le drame sexuel du désir qui se heurte au dégoût », chez des êtres dominés par « une amazone persuadée de la toute-puissance de la volonté, même en amour ».On imagine facilement les ressources qu’offre pareil sujet au peintre du Désert de l’amour et du Mal.Le malheur a voulu qu’au sein de cet univers clos, livré à la corruption, M.Mauriac François Mauriac se soit révélé impuissant à capter et à traduire le cheminement souterrain d’une grâce qui eût peut-être vaincue, au terme de l’aventure, la hantise de la boue en ces âmes de péché.Même si à la dernière page de l’oeuvre, un mystérieux rendez-vous semble convoquer Nicolas Plassac à une hypothétique rencontre avec Dieu, même si achèvement de mourir en ce jeune coeur les voix de l’idole, il faut se garder de conclure naïvement à la portée chrétienne du roman.Plus que la vague allusion à un éventuel triomphe de la grâce dans l’âme veule de Nicolas s’imposent à nous la grimaçante férocité d’une femme possédée par une puissance monstrueuse de volonté qui la « précipite contre l’obstacle avec NOVEMBRE 135 un entêtement aveugle, presque animal », la soif charnelle de Gilles et de Marie, l’écoeurante vénalité de Mme Plassac.A l’instar de tous les romans qui l’ont précédé, Galigaï plonge le lecteur dans un abîme si profond de déchéance que, même offerte, la lumière ne saurait éclairer et transfigurer les monstres qui y rampent.Quant à l’envoûtement qu'opère infailliblement le charme de l’art incisif, aigu, corrosif et brûlant de Mauriac, il nimbe d'une telle vérité ce récit qu’il devient presque impossible d’échapper à la fascination de ces âmes troubles et de rompre les liens de leur inéluctable solitude spirituelle.Jfan-Paul Pinsonneault GOUDGE (Elizabeth).La soeur des anges et le Petit cheval blanc.Traduit de l’anglais par Yvonne Girault.Paris, Plon [1951].256p.19cm.Deux délicieux contes, bien liés à la réalité.C’est le bon des êtres même méchants, qui finit par ressortir.Mais l’atmosphère ici, a un caractère spirituel.Dans chaque histoire, il y a un pasteur, qui par sa piété ou ses actes, influence la marche du récit.« Dans son sommeil même, il travaillait encore à illuminer les âmes attristées, à réparer les vies brisées, à planter des fleurs et à composer son prochain sermon.» Ce sont des histoires honnêtes et féériques à la fois, pour distraire, oui, mais qui en même temps enseignent à vivre.Elizabeth Goudge est Anglicane, je suppose, car elle croit à la Sainte Vierge et elle en parle souvent.Son style est charmant, ses comparaisons toujours neuves et souvent accrochées à des détails de nature.C’est un grand écrivain qui n’a pas peur d'essayer de faire du bien tout en s’appliquant à bien écrire.On croit à la Résurrection et à la Vie, dans ces récits.Ce qui m'émerveille, à chaque livre d’Elizabeth Goudge, c’est la fertilité, l'imprévu et la fantaisie de sa riche imagination.Tout ce qu’elle invente coule comme si c’était possible et vrai.L’observation exacte de la nature, de la flore, donne aux livres de cet écrivain une valeur de premier ordre.Elizabeth Goudge aide à aimer le monde; elle nous promène dans le bois, nous montre la mer, le ciel, et nous indique tout ce qui peut rendre gratuitement la plus pauvre vie merveilleuse ! Au fond, c’est l’amour, qui préside ici, mais non uniquement l’amour physique, plutôt l’amour des hommes entre eux, alimenté par l’amour de Dieu, nourri de sagesse, de piété et de tendance vers le mieux, de contrainte de soi pour tuer l’égoïsme et le mal.Michelle Le Normand 136 LECTURES BIBLIOTHECA Le congrès des bibliothécaires à Sherbrooke Le Congrès de l’Association des Bibliothécaires de Langue française tenu à Sherbrooke les 11, 12 et 13 octobre derniers, a obtenu un plein succès.Le thème du Congrès, Bibliothèque et Education, avait attiré dans la Reine des Cantons de l’Est, des bibliothécaires de tous les coins de la province.Les autorités religieuses et civiles ont apporté à ces assises culturelles leur collaboration la plus bienveillante et la plus compréhensive; leur accueil, de même que le dynamisme des bibliothécaires de Sherbrooke, ont été pour beaucoup dans leur réussite.Comme d’ordinaire, l’Association a procédé à l’élection de son nouveau conseil, qui se compose comme suit : Président, M.Raymond Tanghe; vice-président, R.P.Edmond Desrochers, s.j.; trésorier, M.l’abbé Irénée Sauvé, p.s.s.; secrétaires conjointes, Mlles Claire Audet et Alvine Bélisle; conseillers : R.P.Paul-A.Martin, c.s.c., Mlles Juliette Chabot et Claire Godbout, M.Joseph Brunet.Des résolutions importantes furent adoptées au cours du Congrès, qui marque une nouvelle étape dans le progrès continue de nos bibliothèques.Voeux du huitième congrès de l’A.C.B.F.A l’adresse de la rédaction de la revue Lectures CONSIDERANT que la revue Lectures publie, à des dates fixes, ses numéros mensuels et que par ailleurs les nouvelles recueillies par le Comité de Bibliotheca de l’A.C.B.F.lui arrivent à des époques variables : L’A.C.B.F.réunie en son huitième congrès, émet le voeu qu’une plus étroite collaboration entre les deux assure aux membres une connaissance toujours à date des événements importants concernant l’Association et ses membres.* * * A l’adresse du Conseil de l’A.C.B.F.L’A.C.B.F.réunie en son huitième congrès prie son Conseil de former un Comité chargé d’étudier un projet de législation concernant les bibliothèques de la Province de Québec et de faire rapport au Conseil et ultérieurement à l’assemblée générale.NOVEMBRE 137 A l’adresse du Conseil de l’A.C.B.F.CONSIDERANT la nécessité d’études des problèmes concernant les bibliothèques paroissiales; CONSIDERANT le besoin de faire publier, par le service de Statistique de la Province de Québec et par le Bureau Fédéral de la Statistique, les statistiques des bibliothèques de notre Province; L’A.C.B.F.réunie en son huitième Congrès émet un voeu priant le Conseil de l’Association d’étudier l’opportunité de créer un Comité des bibliothèques paroissiales qui répondrait à ces divers besoins.* * * A l’adresse du Conseil de l’A.C.B.F.CONSIDERANT que les religieuses ne peuvent pas sortir le soir; L’A.C.B.F.demande à son conseil que les Carrefours aient lieu de préférence le samedi après-midi.* * * A l’adresse du conseil de l’A.C.B.F.CONSIDERANT l’absence de normes de salaires des bibliothécaires de la Province de Québec; L‘A.C.B.F.prie son Conseil de former un Comité pour l’étude d’une échelle rationnelle des salaires pour les bibliothécaires, en rapport avec leurs qualifications et leur expérience.* * * A l’adresse de la Société Saint-Jean-Baptiste.CONSIDERANT l’intérêt et l’appui de la Société Saint-Jean-Baptiste pour les bibliothèques à travers notre Province; L’A.C.B.F.réunie en son huitième congrès annuel prie son Conseil de formuler des remerciements à la Société Saint-Jean-Baptiste.* * * A l’adresse des autorités civiles et religieuses.CONSIDERANT les nombreuses marques d’estime et d’encouragement reçues à l’occasion de son huitième congrès annuel; L’A.C.B.F.prie son Conseil de formuler des remerciements à Son Excellence l’Archevêque de Sherbrooke, aux MM.du Conseil municipal de la cité de Sherbrooke, à M.le Ministre John S.Bourque, à M.le Député Gingue, à M.le Président de la Commission Scolaire de Sherbrooke, à la Cité de Montréal, aux religieuses du Mont Notre-Dame et aux Frères du Sacré-Cœur.138 LECTURES Place à un rayon d'orientation dans nos bibliothèques scolaires !l (Suite) IV Nous supposons pour un instant que nous adoptions les sections proposées.Notre rayon est prêt à recevoir ces nouveaux venus, les livres et les brochures qui influenceront profondément la conduite et l'orientation de nos adolescents et de nos adolescentes, parce qu’ils trouveront dans ces entretiens intimes, silencieux et personnels — avec les auteurs, ces conseillers discrets — une source de joie; un élément de culture et de formation; et sans doute, des éclaircissements, des renseignements, des conseils et suggestions, qui, un peu comme ces lumières phosphorescentes qui indiquent l'heure dans la nuit et avertissent que bientôt il sera temps de se lever pour saluer et bénir un jour nouveau, ces suggestions, dis-je, leur permettront lorsqu'ils seront plongés dans la noirceur du doute et de l’incertitude, de faire le point, de voir où ils en sont, de percevoir le moment des grandes décisions et des orientations nouvelles.A.Section-Style de vie Il convient, semble-t-il, pour des raisons psychologiques, d’introduire tout d’abord les nouveaux venus de la Section-Style de vie.Entendons-nous auparavant sur les termes.Par style de vie, il s’agit, à mon sens, d’une conception de la vie; d’une façon de voir les choses, de traiter avec ses semblables, d’aborder les problèmes, de résoudre les difficultés, de réaliser l’équilibre et l’harmonie de sa personnalité, d’effectuer la synthèse de sa destinée.Pour nos adolescents, pour nos adolescentes, les enfants chéris « de toutes les mystiques », il va sans dire qu’il s’agit d’un style de 1.Conférence prononcée devant les membres de l’A.C.B.F., le 15 mars 1951.Fr.Biaise Laurier, c.s.v.s*.‘ "v: NOVEMBRE 139 vie humain, chrétien, catholique, et pourquoi pas apostolique.Années décisives que les années d’adolescences ! Toute la vie de nos grands garçons et de nos grandes filles va dépendre des choix qu’ils auront faits au cours de cette période d’effervescence.Il y a plus.Au dire des auteurs de Toi qui deviens homme ! (A5)1 et de Toi qui deviens femme, déjà ! (A9)1 il s’agit pour eux d’un choix fondamental qui précède et implique tous les autres.Que feront nos jeunes gens de leur vie?Une oeuvre grande et courageuse, digne d’être offerte à Dieu, bienfaisante pour les hommes, un don magnifique, une force de joie et d’amour dans le monde?Ou bien une réalisation médiocre, une vaine agitation, une perpétuelle défaite, une pauvreté sans nom, une médiocrité navrante, ou pis encore, une « méditation » pour le mal, une lâcheté, une honte?Il s’agit vraiment d’un choix fondamental.C’est pourquoi, je n’hésite pas à inclure dans notre section-style de vie : 1.Des livres d’orientation chrétienne et spirituelle.Pour nos grands garçons, des livres de méditation comme Aux jeunes gens, face à la vie du Père Plus.(Al) Adolescent qui es-tu?du Père Claude.(A2) Pour nos grandes filles, le recueil de méditation pour étudiantes : En avant sur la route claire de Jean Le Presbytre et Fabienne Van Roy.(A3) Peut-être l’habitude de la méditation quotidienne leur fera-t-elle éprouver dans le creux de l’âme, cette expérience tout spirituelle de Guy de Larigaudie : « Je suis tellement accoutumé à la présence de Dieu .que j’ai toujours au fond du coeur une prière montant à fleur de lèvres .C’est, au fond de soi-même, une eau infiniment calme et transparente que ne peuvent atteindre ni les ombres ni les remous de la surface.» J’hésite un peu à inclure Va, fille de Dieu, va ! du Père Baeteman.(A4) un beau traité de vie spirituelle, écrit en 1925, et que l’Evêque de Strasbourg considérait comme un « précieux bréviaire ».C’est que pour plaire à nos grandes filles, de cette seconde moitié du 20e siècle, cet ouvrage aurait besoin d’être rajeuni, d’être adapté.2.Des livres d’orientation d’un style de vie montante et réaliste.Tels sont, par exemple, pour nos adolescents, Toi qui deviens homme de Jean Le Presbytre.(A5) un livre de vision, d’élan, d’idéal, de réalisme, « à la psychologie déliée, au style chaud et poétique », qui aidera nos grands garçons à faire le choix fondamental d’un style de vie à la mesure de leur 1.La lettre A réfère à l’APPENDICE; les chiffres, à l’ouvrage mentionné.140 LECTURES taille, et à résoudre sainement les conflits qui s’agitent en eux, et où le meilleur et le pire se disputent trop souvent leur âme en fermentation.Pour des jeunes étudiants de 15 à 18 ans, « une introduction à la vie du meilleur aloi ».Les adultes qui le liront y apprendront l’art de parler à des adolescents.Billets à Jean-Claude de Jacques Vivant.(A6) une série de trente-trois billets à un jeune étudiant de 15 ans, et portant sur sa vie, sa foi, son coeur et ses joies.C’est une mise en garde contre les jeunes désabusés qui trouvent la vie amère, regrettent le passé, appréhendent l’avenir; c’est aussi l'apologie des types de cran qui déclarent .que la vie est belle, archibelle dans ses épreuves comme dans ses joies.L’école des chefs de G.Courtois.(A7) quelque chose de bien.Une école d’énergie et de discipline personnelle ! Quinze leçons pratiques sur les traits de caractère que doit développer le jeune chef en puissance pour traiter avec ses supérieurs, ses égaux, ses subordonnés.Toi, l’homme nouveau ! du Père Frederic.(A8) une formule classique qui fait appel à la volonté, aux sources profondes de la vie, et qui exalte dans le surnaturel des puissances humaines.Un langage plus idéaliste que réaliste.Une foi « inentamée en la jeunesse ».Et pour nos adolescentes, le plus beau que je connaisse : Toi qui deviens femme, déjà ! de Fabienne Van Roy.(A9) est une adaptation de Toi qui deviens homme.Il s’adresse aux jeunes filles de 14 à 18 ans.L’éclosion de l’amitié, l’éveil à l’amour, la découverte de la beauté, l’exercice à la pensée personnelle, la rencontre de Dieu et de la Vierge, voilà les thèmes qui remueront leur âme, pleine d’espoir et de jeunesse, éprise d’idéal, sensible aux « appels du grand large », du dévouement, du don de soi.Pages dynamiques, pleines de psychologie pénétrante, qui les éclaireront aussi sur les conditions réelles de leur vie présente et future, et qui favoriseront leur adaptation à un style de vie bien féminin, en accord avec leur mission.Ajoutons les ouvrages de Paula Hoesl — aux idées sérieuses et profondes, à la doctrine sûre et pleine de noblesse, aux incidents dialogués, aux répliques vives et enjouées, aux inspirations lyriques de l’enthousiasme : Ton coeur devant Dieu (A10) Le beau visage de la vie (Ail) L’âme ardente des jeunes (A 12) .Si tu veux regarder la vie en face (A 13) Jeune fille.si tu veux être moderne (A 14) NOVEMBRE 141 Dans ces entretiens intimes avec cette grande amie, si débordante de compréhension et de sympathie, l’adolescente appréciera un style de vie montante, parsemée de joies et de difficultés; elle se découvrira dans ses grandeurs et ses petites misères; elle saisira mieux les réalités de la vie et leur puissance d’attraction vers le mieux ou le pire.La collection Ta mission aujourd’hui de l’abbé Llewellyn : Ta personne (A 15) — Ton milieu (A 16) — Ton futur (A 17) — Ton foyer (A 18).s’adresse à la jeune fille au sortir de l’adolescence.Nos grands garçons au sortir de cette même période pourront lire ces ouvrages avec profit, car il est souvent question d’eux.Au début de chaque volume, l’auteur adresse une prière à l’une ou à l’autre de nos grandes Dames de la Nouvelle-France, pour qu’elles puissent continuer leur mission auprès des jeunes canadiennes.A Marie de l’Incarnation, il demande de les préparer à leur tâche de demain — Ta personne; à Jeanne Mance, de les aider à rayonner autour d’elles, à travailler à la grandeur de leur milieu et de leur pays, à la gloire de Dieu — Ton milieu; à Marguerite Bourgeois, de les aider à mieux préparer pour demain leur foyer canadien — Ton futur.Prières significatives qui éclairent et précisent le but de chaque volume ! Le style, à la manière de l'abbé, du Père, comme on l’appelait.Le parler, aussi délicat que franc.3.Des livres sur l’éducation de la pureté.Quelques-uns seulement.Mais les meilleurs.Naturellement, ici, comme dans la plupart des ouvrages cités, il s’agit d'éducation, de formation.D’autre part, on comprendra que dans ce domaine il s’agit d’un choix radical ! Les bons livres qui traitent la question comme il convient sont rares.Les mauvais sont nombreux.Nos adolescents et adolescentes profiteront certainement de la lecture des quelques bons livres qui emploient un langage à leur portée; donnent des renseignements francs, propres, sains; présentent une direction sûre, sympathique, ferme.A ce sujet, il convient de signaler : Tu n’es plus un enfant du Chanoine Jean Violet.(A 19) Ce sont des confidences à un garçon de 13 à 16 ans.Un parler franc et simple : l’auteur nomme coq, ce qui s’appelle coq ! Une brochure nette, claire et franche, comme les jeunes adolescents les aiment.Jeunesse moderne et chasteté du Père Kelly.(A20) Il s’agit, selon le Père Jean Laramée, d’un traité de psychologie, de morale et d’ascèse catholique portant sur la chasteté extra-conjugale et les problèmes qui s’y rattachent : fréquentation, choix d’un époux ou d’une épouse, etc.L’ouvrage est dû à la collaboration de 142 LECTURES plusieurs Pères Jésuites américains, sous la direction du Père Kelly.Il s’adresse aux parents, aux éducateurs, aux religieux ou laïques, hommes ou femmes; aux jeunes, garçons et filles, d’âge universitaire.Quant aux adolescents et adolescentes, ils pourront le lire après avoir consulté leurs parents et leurs maîtres.La haute inspiration de cet ouvrage marquera pour toujours leur conception du sexe et de l’amour.La brochure ne se contente pas d’indiquer les frontières du péché, mais en exaltant la splendeur de la chasteté, elle invite les jeunes à consentir joyeusement les sacrifices qui assurent en même temps que le pur amour de Dieu, la parfaite maîtrise de soi.(Préface p.9) Jeunesse moderne et ses luttes du Père Jean Laramée (A21) est un ouvrage qui s’adresse d’abord aux parents.Je l’inclus dans cette catégorie à cause du chapitre sur l’âge d’aimer, « de nature, selon l’auteur, à aider de grands jeunes hommes et de grandes jeunes filles, à condition qu’ils en abordent la lecture avec une disposition d’âme qui n’est guère prisée du jeune homme et de la jeune fille modernes : l’humilité d’esprit, (p.2) 4.Des livres sur les relations inter-personnelles.Mentionnons ici trois ouvrages sur les relations entre jeunes gens et jeunes filles : Elle et.toi, jeune homme du Père Honoré, s.j.(A22) De cet ouvrage, les éditeurs ont raison de nous dire qu’il est un guide sûr et un conseiller discret.Son but est non seulement d’éclairer les jeunes gens sur la manière de concevoir leur vie au sortir de l’adolescence, mais aussi d’aider les parents et les éducateurs dans leur mission d’initiateurs et de guides (Couverture).Lui et.toi, jeune fille du Père Honoré, s.j.(A23) La revue Educateurs en donne l’appréciation suivante : « Le sujet est traité dans toute son ampleur avec délicatesse et d’une manière adaptée à nos moeurs contemporaines.La psychologie de la jeune fille comparée à celle du jeune homme y est étudiée de façon remarquable; tous les écueils sont signalés, stigmatisés.» Relations entre jeunes gens et jeunes filles de Jean Violet (A24) Un ouvrage qui s’adresse aux adolescents et adolescentes et à leurs parents; une brochure qui « n’a pas tant pour but de délimiter avec précision ce qui est permis ou défendu.que de montrer les dangers, et crier « casse-cou » quand il est nécessaire (p.5).Un langage didactique, bref, impératif, un peu sec, en ligne directe.Un ouvrage qui manque d’onction, mais solide et substantiel pour nos gars et nos fils de 16 à 20 ans.Quelqu’un m’attend de Frieda Stadler.(A25) Pour la jeune fille, il s’agit du compagnon de sa vie, de son prochain, de Dieu.Un beau livre qui révélera à l’adolescente ce que Dieu 143' NOVEMBRE a « rêvé d’elle »; ce que le compagnon de sa vie attend d’elle; ce que la société désire d’elle; ce qu’elle est réellement; ce qu’elle voudrait être au fond de son coeur.(A suivre) Fr.Blaise Laurier, c.s.v.Date : Lieu : RETRAITE FERMEE A L'INTENTION DES BIBLIOTHECAIRES Du vendredi soir, 5 décembre à 8 heures p.m.au lundi, 8 décembre vers 4 heures.Monastère des Religieuses Dominicaines, Salaberry-de-Valleyfield, Qué.Le R.P.Marie-Joseph D’Anjou, s.j.Pension des trois jours $8.00 Offrande au prédicateur $2.00 Autobus (aller-retour) $1.90 Toute personne désireuse de s’inscrire à cette retraite est priée de s’adresser à Mlle Alvine Bélisle, 4288.avenue Henri-Julien, avant le 25 novembre.Prédicateur Conditions : Armateur de musique OEUVRES ET DISQUES DE BEETHOVEN par RENÉ GIRARD PRÉFACE DE PAUL LOYONNET M.René Girard fait ici l’inventaire de toute l’oeuvre beethove-nienne, et des disques qui lui sont consacrés.L’auteur accorde à chaque genre touché par Beethoven une étude sommaire mais significative, puis il analyse chacune des oeuvres dans ce genre et donne une appréciation sur les différentes interprétations offertes sur disques.Volume très utile à l’amateur de disques pour l’inspirer dans ses achats.224 pages : $2.50 (par la poste : $2.65) Du même auteur: Les neuf symphonies de Beethoven (2e édition) 178 pages, 190 exemplaires musicaux: $1.50 (par la poste: $1.65) F I D E S 25 est, rue Saint-Jacques ____________________M O N T R E A L___________ 144 LECTURES 'nie l tore.¦ 4 *¦ ".'C': - BIBLIOTHÈQUES EN ACIER Permanentes.Faites d'acier extra fort recouvert d'émail cuit au four.Demandez nos prix.Evitez tout désappointement: commandez maintenant.Prompte livraison.ci c/~rn i/- a .MANUFACTURING ELECTRICAL co„ limited Claude Rousseau, prés.MONTMAGNY.Qué.ÉPOUSE ET MÈRE AVEC MARIE par J.L’Archevêque-Duguay • Ce petit volume marque un sommet.Cela n'est plus de la simple poésie familiale, mais de la pure et claire mystique.L'auteur évolue dans ce genre nouveau avec une aisance parfaite, parce que, là encore, elle n'a qu'à transposer ses propres expériences, qu'à traduire des impressions ressenties.• 90 pages : $0.75 (par la poste: $0.85) -FIDES- 25 est.rue Saint-Jacques MONTRÉAL TABLE A Ll> H ETIQUE DES NOMS D'AUTEURS BOSCO (H.).119.CHANSON (P.».124 DANTIN (L.).131 GILL (Ch.).97 GINGRAS (J.-BA 127 GOUDGE (E.t, 136 L'ARCHEVEQUE-DUGUAY (J.).128 LA TOUR FONDUE (G.de).130 LEGER (Mgr P.-E.), 128 MAURIAC (F.), 135 MORTON ROBINSON (H.), 111 PALLASCIO MORIN
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