Lectures, 1 décembre 1950, décembre
SOMMAIRE IDÉAL ET PRINCIPES La lecture à l'école.Joseph-Antoine Brunet 191 ÉTUDES CRITIQUES Louise Geneot de Bertrand Vac.J.-B.Beausoleil 193 Isabelle de Frêneuoe de Charlotte Savary Théophile Bertrand 198 Uenjant noir de Donat Coste.Théophile Bertrand 199 Scandales de L’économie.Clément Saint-Germain 201 DOCUMENTS Message aux écrivains « engagés )).Raoul Villedieu 203 FAITS ET COMMENTAIRES Projet d'Union Internationale des revues bibliographiques catholiques.205 Un communiqué de l'Archevêché de Paris.206 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d'ouvrages.207 Ouvrages (Voir liste des auteurs, p.2 de la couverture) 208 Revues.230 BIBLIOTHECA Message du Président.Joseph-Antoine Brunet 231 Les activités de l'A.C.B.F.en 1949-50.Juliette Chabot 233 Vœux du Sixième Congrès de l'A.C.B.F.235 Le Biblio-Service de Québec.Lucien Ferland 238 LECTURES REVUE MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le Service de Bibliographie et de Documentation de FIDES organe du Service des Lectures de l'Action catholique du diocèse de Montréal Direction : Paul-A.MARI IN, c.s.c., aumônier du Service des lectures Rédaction : Théophile BERTRAND, président du Service des Lectures Conseillers : Mme Marie-Paule Vinay, Mlle Isabelle Pépin et M.Benoît Baril, respectivement présidente, secrétaire et trésorier du Service des Lectures.NOTES: 1.La revue est publiée mensuellement, de septembre à juin.Les dix livraisons de l'année constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui de juin), comprend une table méthodique des sujets traités ainsi qu’une table alphabétique des ouvrages recensés pendant l’année.2.Les références bibliographiques sont rédigées d'après les règles de la catalo-graphie.Les cotes morales en usage sont les suivantes : M Mauvais D Dangereux B?Appelle des réserves plus ou moins graves, c’est-à-dire à défendre d’une façon générale aux gens non formés (intellectuellement et moralement).B Pour adulte*.Un ouvrage dont le titre n'e*t suivi d'aucune de ces quatre mentions est irréprochable et peut être lu par tous.Publication autorisé* par l’Ordlnalr* CANADA: ÉTRANGER : le numéro.$0.35 Abonnement annuel.$3.75 abonnement annuel.$3.50 FIDES — 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — PLateau 8335 FRANCE: abonnement annuel.900 fr.C.C.P.PARIS 7262.50 Société FIDES, 120, Boulevard Raspail — Paris (Vie) — Odcon 4922 TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS D'AUTEURS DOLLKANS (K.) et A l'école du Christ, 228 AMBUIERES (J.-M.d ), * j.22* ARCHAMBAULT (J ), s.j .223 Archives (Les) de Folklore, 211 BAUDOIN (E.), 21».BE LIS LE (L.-A.), 213 BERN AG K (B).210 BERNARD (A ), c.s.v., 220 HERNTER (A ), s.j.213 BKRNOVILLE (G.).224 BET8CHART (L.).209 BLOND (G .217 BOUDREAU (E ).219 BOURRET (F.).201 BRASSARD (A.).220 BRAULT (L).220 BRUYERE (A.), 220 CHANSON (F.), 206 CHERY (Il -Ch ).213 CHEVROT (Mzr).228 CHOSALLAND (A.), 220 COLMONT (.M.).22* COUSIN (A ).217 COST H (DU 199 COÙLET (P ), M.j., 22S COURTEAU (G.), sj.et LANGUE (F.), ptre, 221 COURTOIS (Abbé G ).22* DANIEL-HOPS, 218 DAUBA N NA Y.218 DKLAQUY8 (G.).224 DELEPORTE (M ).228 DESROCIIES (H-O, 208 DOCTEUR (V.-A.).221 CROZIER (M.), 22S DR ION DU CH A POIS (F).222 DUBOIS (M.-M.), 225 DUCA8SE (Abbé), 228 DU JEU (S.).21* DUVERNE (K ).21N EQUIPIERS ( Les) J)E SAINT-MICHEL, 211 •••Frtjate (La).(Coll.), 218 GASMER (M ).o.p .228 CHEZ A (G).228 GOURDON (P.).218 GRAEF (R.), c.s.sp., 228 *** (îrnruls Lors.Revue iténé-rt»lc des MUnions d’Afrique, 228 GROUPE LYONNAIS D’ETUDES M EDI C’A LES, PHILOSOPHIQUES ET BIOLOGIQUES, 212 GUARDI NI (R.).209 HOURS (J.*.211 *** ItdrUerlutls (Les) dans la Chrétienté, 20* JAMMES (F.), 21.) JOLLY (P *.225 LACIIELIER (B.G.), 21* L’ARCIIIA EQUE-DUGUAY (J.).209 LE BEC (Dr II.), 228 LE BRUN (G.).218 LECONTE (J.-lt.i, 22* LE CORMIER d’I.22* LE N FA NT (M.), 22* *** Litre (Le) ih Susttte, 229 MARIE-HENRI DE LA CROIX (S Alllû lecture._ La tâche, auprès du plus grand nombre, est facile.L enfant bien doué est naturellement curieux ; il s'oriente d’instinct vers les livres, il les dévore avec délices.Il sera même parfois necessaire de l'arracher à une fréquentation qui, si elle devient excessive, pourrait nuire à ses études._ D'autres, plus lents, moins laborieux, ont besoin d etre stimulés, d'être guidés.Ils ne comprennent pas le profit cpi'ijs retireront d'un commerce fréquent avec les bons auteurs ; ils ignorent DÉCEMBRE 1950 191 les moments agréables qu'ils passeront en cette aimable compa- fçnie.Aussi, faudra-t-il parfois au début les obliger à prendre un ivre et s'assurer, par des questions adroites, qu'il 1 a lu.Si le choix des premiers contacts est judicieux, si l'on a soin de graduer avec tact les lectures subséquentes, il y a lieu d'espérer que l'enfant s'y laissera prendre et deviendra un lecteur assidu.Le succès, cependant, ne sera pas toujours aussi facile.Il faudra, souvent, revenir à la charge, varier ses travaux d'approche, modifier ses méthodes.Un genre de lecture ne semble pas plaire à l'élève : présentons-lui d'autres livres d'un caractère différent ou d'une facture plus attrayante.Avec de la patience, du doigté, on finira par trouver des récits qui s'harmoniseront avec la tournure de son esprit, avec ses centres d'intérêt, avec le développement de ses facultés.La formation, chez l'enfant, de l'habitude de la lecture devrait être un des soucis dominants de tout véritable éducateur.Par elle, l'enfant acquiert des idées nouvelles ; son imagination s'éveille, sa sensibilité s'affine, son horizon s'élargit, son esprit se meuble de connaissances utiles.Il y trouve pour exprimer ses pensées et ses sentiments, un vocabulaire varié et précis et des formules neuves et originales ; il y apprend la logique, l'ordre, la discipline.Mais a quoi bon continuer cette énumération 1 Nous reconnaissons tous la lecture comme un merveilleux instrument de culture.Nous sommes tous convaincus qu'elle constitue, pour les moments de loisir, un passe-temps agréable et utile ; que l'enfant y puisera des leçons et des directives précieuses pour la conduite de sa vie morale et chrétienne.Mettons-nous donc résolument à l'œuvre ; efforçons-nous par tous les moyens possibles — non pas seulement pendant la semaine du livre, mais durant toute l'année scolaire — d'exciter, chez les enfants de nos écoles, cette faim de la lecture qui contribuera, en même temps que l'enseignement que nous leur dispensons avec tant de zèle, a former des adultes complets et cultivés.Joseph BRUNET, Directeur des bibliothèques scolaires de la Commission des Ecoles catholiques de Montréal.LA VIE DE JÉSUS Cet album, dont la première édition s'est vendue avec une facilité extraordinaire, es» enfin remis sur le marché.Tout l'album est imprimé en 4 couleurs sous forme de bandes illustrées.Edition brochée, 100 pages : $0.35 Edition reliée, 100 pages : $0.75 192 LECTURES ETUDES CRITIQUES Louise Genest' « Le meilleur roman de l’année )) ?Ce serait a desesperer de notre bon sens.L'on ne saurait en tout cas trop regretter le tapage fait autour de cet ouvrage.Louioe Gened, c'est Te cri de la femelle en rut qui doit abandonner son petit pour suivre irrésistiblement son male majestueux et inassouvi.La Genest laisse son Genest après seize ans de vie commune.Elle attendit seize ans pour briser sa chaîne.Les années que j’ai passées avec Genest, ce n est pas par conviction ni par principes que je les ai vécues avec lui, c est par manque de courage.J'ai souffert, parce que j’ai été trop lâche pour partir, pour vivre comme je l'entendais.L'instinct est plus fort que tout, et Louise Genest deserte son habitat pour aller vivre dans le bouge du Ihomas, la brute magnanime au thorax puissant et aux regards infiniment ensorceleurs.Enfin, leurs jours s'écoulent dans leur vrai milieu, celui de la nature sauvage et des animaux de la forêt.Tout approuve leur union bien naturelle dans ce séjour merveilleux des nymphes et des sylvains.L'écureuil sur sa branche exulte de joie à la vue de ce couple de purs ; le faon et sa mere inquiète sont tout honorés de la compréhension bienveillante du roi et de la reine de leur domaine.Mais là-bas ?dans le village d Armand Genest ?Bah 1 A ceux qui s’esclaffaient du scandale Genest au village, il [le père André, l’ange tutélaire de la malheureuse] s’était contenté d'objecter sa philosophie simpliste : « Un millionnaire n'a pas de mérite à ne pas quêter, avait-il dit.Les athlètes ne vont pas frapper à la porte du médecin ; mais le rhumatisme, — il en savait quelque chose, — faisait oublier de se laver et de se raser.» Et si la douleur se moquait des conventions, les sens ne se faisaient pas moins tyranniques.Lt pourquoi nier leurs besoins à ceux-là?Philosophie juste et profonde, on ne peut plus ! Aussi, tous ceux qui rencontrent et fréquentent nos deux monstres de la forêt sont de l'avis du père André, du garde-feu jusqu'aux « gars de la ligne ».Les gens de Saint-Michel prennent bien des airs étudiés à la vue de la Louise, mais c'est tout simplement parce qu'ils sont jaloux.Le bon Dieu lui-même aurait compris leur cas à eux, la Genest et le Clarev ; mais « si Dieu pardonne, les hommes n'oublient pas ».Quelle belle foi à la Luther î 1 VAC (Bertrand), Louise Genest.Dessin de couverture de l’auteur.Montréal, Le Cercle du Livre de France, 1950.231p.20.5cm.Mauvais DÉCEMBRE 1950 193 « Louise aurait aimé quitter le bois un peu, ne fût-ce que pour aller à l'église », mais allez donc I avec toutes ces commeres aux aguets.Ineffable, cette dévotion boycottée de la femme Genest 1 La question n'est pas là du tout.Louise ne s'occupe pas dIus de Dieu que son chien Maillet ne se souvient de son grand-père ; c'est un fait patent dans le roman.Mais on serait presque porté à lui pardonner quand on voit comment Bertrand Vac nous présente et son église et son curé, qu'il appelle respectueusement « le vieux )).L'église ?Personne 1 L'air froid et humide y était vicié.Depuis tant d'années 3ue les paysans s'y entassaient, il y flottait une odeur de fumier et 'encens.« Il dut y avoir un enterrement ce matin », se dit-elle.Mais elle ne retrouvait pas la paix dont elle avait soif.Non 1 décidément, il était impossible de rester là-dedans.Nerveuse, elle se leva, fit une génuflexion machinale et sortit.Quant au curé, voici un bout de la sublime conversation qu'il tient avec Louise Genest rencontrée par hasard : i La vie est bien difficile à vivre.bien difficile.Il y a longtemps iège.Heureusement, le poupon meurt bientôt et Madeleine, qui anguissait, va recommencer sa vie à neuf avec son époux.L’arbitraire d’une telle intrigue saute aussitôt aux yeux.Et il y a plus.Madeleine sort à peine du couvent et elle est aussitôt éperdument éprise du Noir avec lequel elle entretient régulièrement des relations coupables.Le corps de bronze entrevu au bain l'a chavirée et elle n'en soufflera pas même un mot à son confesseur, car, malgré son inquiétude, elle doute même si elle est vraiment coupable.Enfin, c'est ce que nous croyons comprendre.Bref, la passion est ici souveraine, les exigences de la chair apparaissent fatales.Norée Pelquier et Gratien Pindus, comme Gilles Gélos, en sont également garants.Le résumé précédent et les remarques que nous venons de faire indiquent déjà qu’un tel roman n'est pas à conseiller.Il y a davantage.Certains passages débitent des sornettes sur l'éducation donnée au couvent, sur l'amour, sur la religion.Quel salmigondis 1 Quel moraliste que Gélos 1 Ce serait bien plus grave, si ces fantaisies pouvaient vraiment être prises au sérieux.Qui ne s’esclaffera devant cette réflexion entre autres : « Alais les législateurs en robe violette n’ont jamais su que, une fois marié, la routine, 200 LECTURES l'habitude, le devoir, rendent insipide en son refroidissement, le mets infiniment goûté, lorsqu'il est servi chaud sur la table de l'amour libre ».Vive donc fa passion ! Le style présente des défauts analogues.Coste a du vocabulaire, du souffle ; il se cultive sans doute avec ardeur.Mais quel désordre dans cette culture, quel vent ! Il lui faudrait négliger quelque temps les lettres, pour faire un minimum de philosophie.Et pourquoi pas ?Qu’il accorde du moins un grand soin au choix de ses lectures, qu’il s'attache à quelques livres de chevet indispensables ! Cependant, en dépit des nombreux passages où l'écrivain s'emballe et se fourvoie dans un style pompier ; en dépit des tournures amphigouriques et pompeuses, des irruptions soudaines de mots trop recherchés, des figures de forcerie, l'auteur montre une richesse verbale appréciable.Puisse-t-il comprendre qu'un roman authentique exige, outre l'imagination et le bagout, de la mesure et du goût.S'il sait pratiquer l’ascèse qui s’impose, il nous donnera sans doute un jour une œuvre plus qu'acceptable.Théophile BERTRAND Scandales de Véconomie1 Peu d’ouvrages font une impression aussi profonde sur le lecteur que les Scandales de l’économie de M.Bourret.Ce réquisitoire accablant contre l'organisation capitaliste laisse songeur, voire même déprimé.Certes les perspectives ne sont pas roses ; comment ne pas appréhender l’avenir à la suite des révélations fantastiques de l'auteur.Encore, s’il s'agissait d'hypothèses ; mais non, aucun avancé qui ne repose sur des statistiques, canadiennes, américaines, anglaises et autres.Le monde est arrivé à l'un des tournants les plus graves de son histoire.Une anarchie, comme il ne s’en est probablement jamais vue, règne dans tous les domaines.L’esprit humain, affolé, semble ne pas pouvoir reprendre son équilibre.L’organisation économique connaît une crise aiguë.La mécanisation de l'industrie a décuplé, voire centuplé la capacité de production.Certains §ays sont arrivés à produire, à eux seuls, une fraction très consi-érable de tous les biens nécessaires à l’humanité.Les Etats-Unis peuvent subvenir aux besoins du tiers de la population mondiale.Et combien de pays, à commencer par le nôtre, produisent beaucoup plus qu'ils ne consomment.Un grave problème de surproduction, réelle ou virtuelle, existe donc.Pendant 10 ans, de 1930 à 1940, il a tenu en chômage des millions et des millions 1 BOURRET (Fernand).Scandales de l’économie.Introduction à l’Economie de demain.Montréal, les Editions Ouvrières [cl950).238p.19.5cm.$1.50 ($1.60 par la poste).DÉCEMBRE 1950 201 d'ouvriers.Il a fallu la guerr*' avec l'enrégimentation de l'Europe et d'une partie de l'Amérique, pour faire disparaître le chômage.Depuis la paix, la reconstruction de l'Europe et de nouveaux préparatifs militaires ont empêché un retour aux jours sombres cfe la crise.Mais une ère de paix véritable et une industrialisation poussée des régions arriérées du globe verraient une surproduction sans précédent, et en conséquence un nombre effarant de sans-travail.Certains économistes bornés et sans âme ne voient d'autre remède à la situation que l'annihilation d'une partie notable de la population mondiale, par le recours régulier à la guerre.En d'autres termes, il s'agirait d'occuper une partie des travailleurs à détruire tandis que l'autre lui fournirait les vivres et l’équipement.Ma:s est-ce bien là le remède?Dieu a-t-il voulu l’homme aussi stupide ?Le forcerait-il à utiliser d'abord son intelligence à la destruction de ses œuvres ?Avec Daniel-Rops et certains économistes aux vues sociales plus généreuses, M.Bourret piéco-nise la mise en application d une économie dont la fin serait non plus le travail, la production, le profit, mais la satisfaction des besoins essentiels de tous les hommes.Au système égoïste du régime capitaliste, une pareille théorie substitue un régime à base de charité et d'amour fraternel.Le régime qui pourrait naître d'un tel réalisme se caractériserait par sa gratuité, la gratuité des biens primordiaux indispensables à tous les humains.Mais comment serait édifié ce nouveau régime ?quelle serait sa structure ?L'auteur ne le dit pas.Nous comprenons qu'un tel exposé ait facilement débordé les cadres du présent ouvrage, mais pourquoi n'avoir pas, ne serait-ce que de façon bien sommaire et schématique, laissé entrevoir l’organisation et le fonctionnement du système économique souhaite par l'auteur ?Celui-ci laisse le lecteur désemparé ; après lui avoir montré la plaie hideuse d’un monde capitaliste gangrené, le chaos vers lequel roule notre société, les insuffisances des palliatifs de l'Etat, il se contente d'indiquer d'un mot la voie salvatrice.Le lecteur n'est pas satisfait : il ferme le livre avec l'appréhension de se trouver très bientôt au beau milieu d'un déséquilibre économique inimaginable, sans savoir de façon précise comment il serait possible de prévenir à temps le désastre.Un diagnostic est porté, mais on ne recommande pas le remède qui amènerait la guérison.Cette lacune, si lacune il y a, n'enlève rien aux mérites des Scandales de /'économie de M.Bourret.Ce plaidoyer, par sa documentation et ses données statistiques, est un réquisitoire extrêmement accablant contre notre régime économique actuel.Il secoue aussi l'apathie du lecteur et l'incite à s'intéresser davantage aux problèmes économiques et à leur solution.Bref, nous avons là un livre révélateur, très documenté, que tous devraient livre, car tous y trouveraient profit et l'occasion de réflexions salutaires.Clément SAINT-GERMAIN 202 LECTURES DOCUMENTS Message aux écrivains "engagés” IMPORTANCE DU « SUJET » DANS LE ROMAN Nous ne saurions trop recommander la méditation du texte qui suit, tiré de Livret et Lecturet (avril 1949, p.145), revue biblio- §raçhique de l'Action catholique de France.D’ailleurs, il suffit e lire ce texte pour être convaincu, conquis.Nous profitons également de l'occasion pour rappeler à nos lecteurs l'intérêt particulier de cette publication, qui poursuit le même apostolat culturel que Lectured.On peut s’abonner à Livret et Lectured en s'adressant au Service général d'abonnements de Benoît Baril, 4234, rue de Laroche, Montréal.Le sous-titre : Importance du « tujet » dant le roman, est de nous- (N.D.L.R.) Mes frères les Ecrivains, c'est à vous que je m'adresse, dans le silence du soir.A vous, qui avez « engagé » dans la joie et dans la souffrance d'écrire les puissances les plus hautes de votre âme, on dit : « Engagez-vous aussi dans la politique.Engagez-vous dans la lutte.Prenez parti.Soyez à droite.Soyez à gauche.Battez-vous, pour un homme, pour une idée, pour un idéal.» Cela, on a raison de vous le dire.Et moi aussi, je vous le dis.L'heure n'est plus de rester hautain dans sa tour a ivoire, ou douillet dans sa tour de velours.L'humanité, qui est votre mère, se débat dans des convulsions terribles où elle saigne de toutes ses veines.Certains annoncent : c'est l'agonie.D’autres : c'est un enfantement 1 Et c’est votre devoir filial, c'est le devoir de tous les êtres, de souffrir avec elle, d’espérer avec elle, de lutter avec elle, contre la mort, pour la vie, pour la santé, pour le salut.Prenez parti, descendez dans la rue, battez-vous purement, chrétiennement, pour la noblesse de votre idéal.Mais ceci n'est pas tout, ceci n'est presque rien.La politique est chose éphémère.Les partis naissent le matin, se flétrissent le soir.Tandis que vous, vous êtes éternels.Vous, vous êtes les maillons d'une chaîne qui remonte jusqu'à Adam, qui va jusqu'à la fin des temps, de ces temps qui n'auront pas de nn.Les partis politiques pas- sent, les idées éternelles restent.Les idées de Platon, les idées de Dante, les idées de Pascal.Ils ont fait de la politique, Platon, Dante, Pascal.Mais ils ont fait plus que cela.Ils ont regardé d'abord a leurs pieds, le marécage, la bourbe.Puis ils sont montés vers les nuées ; plus haut, vers les étoiles ; et puis, plus haut que les étoiles.C'est u'ils ont compris le mot, la consigne, e saint Augustin : « Dieu s'est fait homme, pour que l'homme se fit Dieu ».Hélas 1 Cet homme qui est un reflet de Dieu, est-ce bien celui-là que vous représentez, Messieurs les Ecrivains, dans vos livres noirs?Quelle est donc la partie de l'humanité que vous étudiez, que vous décrivez : Quels sont donc les ferments humains que vous injectez dans notre sang, dans notre conscience ?Les ferments les plus horribles, les plus désespérés.Ah, nous ne les connaissons que trop, les déchéances mortelles de la vie, les fruits véreux du vice et de la honte.Des hommes, des femmes, qui marchent parmi nous comme des bagnards traînant leur boulet ; tels ces personnages de Dostoiewsky, dans ses Souvenirs de la maison des morts : dans les bagnes de Sibérie, ils jouent des comédies, déguisés en seigneurs et en dames, mais conservant aux pieds leurs lourdes chaînes de fer.Vos héros : des DÉCEMBRE 1950 203 hommes, des femmes, qui ne connaissent plus le sens de ce mot : la dignité humaine, et qui se vautrent, sous prétexte d'un snobisme élégant et morbide, au fond de sentiments déviés qui n'osent plus dire leur nom.Des hommes, des femmes, chez qui les mots d’honneur, de devoir, n'exciteraient que des rires hystériques, et qui titubent au vent de la folie, tels des pantins tragiques, entre les mains cruelles de Lucifer et de Moloch.Ou encore des hommes et des femmes qui défigurent l'ambition et la lâcheté, la jalousie et la cupidité, et qui descendent plus bas que les animaux les plus vils.Or, ce sont ces êtres-là, et ceux-là seuls, que vous étudiez, que vous disséquez, que vous racontez.Sur cette misère vous vous abattez comme corbeaux sur cadavres.Vous pataugez voluptueusement dans cette pourriture.Vous nous la jetez à la face, comme on jette à des chiens des viandes empoisonnées.De tous ces vices, de tous ces crimes, vous éclaboussez notre front, vous écrasez notre idéal, vous brûlez notre conscience.Et vous vous frottez les mains, et vous comptez votre argent, fiers de votre talent, de votre génie infernal.Vous vous croyez de grands artistes : vous n'êtes que des vidangeurs et des fossoyeurs.A cause de vos livres, de vos journaux, les peuples tombent toujours (dus bas dans l'abjection.Et les civi-isations s'écroulent, dans un fracas de meurtres et de scandales, dans un déchaînement de sanglots et de folie.Et Satan conduit le bal.Et pourtant, l’homme est une œuvre si sainte, la vie, un royaume si divin 1.Vous avez regardé autour de vous.Laissez-moi donc regarder autour de moi.Par milliers et par millions, dans mon foyer, dans ma rue, dans ma ville, je les vois, ces êtres sacrés que j'ai toujours envie de serrer à pleins bras : celui-ci, dans son laboratoire, qui travaille jusqu'à l’épuisement de ses forces ; celle-là, dans son hôpital où elle est le soleil des lépreux ; cette autre, dans son école où sa parole fait naître des fleurs de joie ; cet autre encore, dans sa citadelle de héros, et qui offre sa vie de soldat, de moine, d'explorateur, de chercheur, pour que soient magnifiés l'effort et l’honneur de l'homme.La vie est belle et sainte.Dites-le-nous, criez-te-nous.On n'épouse pas la vie avec « les mains sales », « les bouches inutiles », « les baisers qui tuent ».Mais seulement avec les mains rayonnantes, les bouches qui chantent, les baisers qui consolent et qui fortifient.Mermoz, l'aviateur, apprend qu'un pilote argentin est tombé parmi les pics redoutables des Andes.Sur son petit appareil, il part, cherche longtemps, retrouve le corps, fait un cercueil, le met dans sa carlingue étroite, debout auprès de lui, repart.Il rencontre un orage effrayant.L'appareil déséquilibré est secoué comme une feuille, plonge, roule, craque, dans le cyclone.Le cercueil, sans arrêt, os-cdle, frappe, cogne Mermoz.Lui, de son épaule meurtrie, seul avec le mort, maintient dans l'orage ce cercueil brutal qui le frappe.Le radiologue Lenormand a les deux mains à moitié brûlées.S’il continue ses recherches, ses mains, ses yeux, seront entièrement perdus.Il le sait.Il continue.Il est au seuil de sa découverte.Sa découverte qui va sauver tant d’existences.Il continue.Certains d'entre vous le connaissent.Il n'a plus aujourd'hui ni ses mains ni ses yeux.A Buchenwald, les femmes-squelettes sont rangées devant la baraque.Les bourreaux qui alimentent les fours crématoires font le tri, choisissent.Ils rennent celle-ci, qui a trois enfants, a voisine n'a pas d'enfants.Elle dit : Prenez-moi à sa place.Et elle se met en marche.Cette femme de Buchenwald, ce Lenormand et ce Mermoz, il y en a des millions dans la vie.Parlez-nous d’eux, et vous multiplierez parmi nous leur nombre.Et vous ferez avancer, à grands coups d'héroïsme, notre humanité tout entière vers son destin, si lointain encore, de noblesse et de joie de vivre.Le monde repose sur le Livre.Un livre pourri : et le monde s’écroule.Un livre radieux : et le monde rayonne d’allégresse.La voilà, la Croisade merveilleuse où vous devez vous engager.Vous, qui devez nous aider à relever l’homme de ses ruines, à le reconstruire, à continuer chaque jour l'œuvre divine.Pour reconstruire l'homme, ne nous donnez 204 LECTURES plus pour modèle votre peuple lamentable de détraqués et de drogués, avec leur teint de boîtes de nuit, ces regards que donnent les stupéfiants, cette voix sans timbre de ceux qui recherchent les amours honteuses.Donnez-nous un peuple neuf, celui de Saint-Exupéry, de Psichari, de Ghéon.Non plus des livres boueux, livres de nausée et de désespoir.Al ai s des livres qui grimpent, qui montent, qui s’élancent, des livres de lumière et de joie, des livres qui nous fassent les yeux émerveillés et l'âme bondissante.Ne soyez plus ceux qui, dans les chambres à gaz, ouvrent les robinets de la mort hideuse.Soyez ces hommes ui marchent dans la plaine inondée e soleil, et qui lancent, d'un geste large, au milieu des sillons fertiles, les semences de la grandeur humaine.Raoul VILLEDIEU Secrét.gén.de l'Acad.de France, « Villa Médicis », à Rome (Emis, de Radio-Vat., 24 fév.1949).FAITS ET COMMENTAIRES Projet d’Union Internationale des revues bibliographiques catholiques Tous ceux qui s’intéressent aux œuvres bibliographiques catholiques, à la critique catholique des nombreux ouvrages publiés de nos jours, prendront connaissance avec plaisir des souhaits formulés lors d une réunion des représentants des revues suivantes : Lellure de Milan, Livreo et lectured de Paris et Lectured de Montréal.Puissent ces souhaits se réaliser aussitôt que possible, pour un rayonnement toujours plus efficace, sur le plan international lui-même, d'un apostolat intellectuel.N.D.L.R.Récemment se sont réunis à l’Imprimerie Saint-Paul, siège de la revue Livreo et Lectured : — Les pères VALENTINI et FILIPETTO, directeur et rédacteur de la revue Lelture à Milan ; — Messieurs Pierre CRIBIER et R.GEFFROY, directeur et secrétaire de la revue Livred et Lectured ; — Mr le Docteur Georges DURAND, administrateur pour la France des Editions Fides (de Montréal, Canada), représentant la revue Lectured ; — Le R.P.de PARVILLEZ ; pour examiner un projet d'Union Internationale entre les revues bibliographiques catholiques.Ils ont été unanimes à souhaiter : 1) Un développement de l'information, permettant aux revues de chaque pays d'être renseignées rapidement sur les ouvrages catholiques parus dans les autres pays, et méritant d'être traduits ou répandus dans leur propre langue.2) Un échange de fiches sur les ouvrages importants, catholiques ou non, anciens ou récents, qui se répandent dans leur pays d’origine et dans les autres.DÉCEMBRE 1950 205 3) Que dans les pays où Ton annonce la prochaine traduction d'un livre étranger, les revues bibliographiques catholiques puissent obtenir sans délai des renseignements, demandés aux revues du pays d'où vient ce livre.4) Que soient instituées des rencontres périodiques (par exemple, annuelles) entre catholiques chargés de ces revues bibliogra- f)hiques.Il semble que la France soit le pays le plus central et e plus indiqué pour ces rencontres.La date serait vers Pâques ou en juillet?5) Que le groupement des revues bibliographiques catholiques prenne contact avec l'Unesco, et étudie le projet d’une Encyclopédie renseignant sur tous les écrivains actuels, dans un esprit catholique, c'est-à-dire en exposant objectivement leur pensée philosophique, morale et religieuse.L'ouvrage serait édite en français, mais les notices seraient composées, en chaque pays, par les catholiques de ce pays, sur leurs compatriotes.6) Que tous ces travaux soient menés en liaison avec Pax Romana.7) Que soit établie en chaque pays la liste des librairies et des périodiques auxquels les catholiques des autres nations feraient utilement le service de presse de leurs productions.Un communiqué de V Archevêché de Paris La Semaine religieuse de ParisMu 30 septembre 1950 a publié le communiqué suivant de S.Exc.Mgr Feltin, archevêque de Paris : Par lettre datée du 12 août 1950, la S.C.du Saint-Office nous a informés que les ouvrages de M.Paul Chanson : L’art d’aimer (Paris, 1950) et Art d’aimer et continence conjugale, avec postface du P.H.-M.Feret, Art d’aimer et vie spirituelle chrétienne (Paris, 1950), devaient être retirés du commerce et qu’aucune nouvelle édition ou traduction ne devait être autorisée en raison de « l'orientation générale et des conseils particuliers » que donnent ces ouvrages.Nous en avons avisé les auteurs et, à la demande de la S.Congrégation, nous en informons, par ce communiqué, les fideles.Maurice Feltin, archevêque de Paris.La documentation catholique, No 1079 — 8 octobre 1950.206 LECTURES NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d'ouvrages Des ouvrages critiquée dû.ns le present numéro, noué mentionnons sous celle rubrique, quelques-uns de ceux qui sont le plus susceptibles de distraire sainement, d'instruire ou d’élever les lecteurs auxquels ils conviennent.Le J ait de signaler ici ces livres ne veut pas dire qu ils peuvent élre conseillés à tous indistinctement, comme on peut le constater en se réjèranl à la critique et à la cote morale.RELIGION Mariologie * * * Noire-Dame de Banneux.SCIENCES SOCIALES Questions économiques BouRRET (Fernand), Scandales de l économie.Folklore * * * Les archives de folklore.SCIENCES APPLIQUÉES Groupe lyonnais [.], Médecine sociale et médecine indii iduelle.BEAUX-ARTS Bernier (Alfred), Un cardinal humaniste, saint Robert Bellarmin et la musique liturgique.< Marie-Henri de la Croix (Sœur) La mission spiri- tuelle de la musique.LITTÉRATURE Bernage (Berthe), Espérance.BlOND (Georges), LMe de la déesse.Daniel-Rops, La Courtinaire.Jammes (Francis), Le patriarche et son troupeau.HISTOIRE < .COURTEAU (Guy) et Lanoue (François), Une nouvelle Acadie: Saint-Jacques de i Acbigan.Drion DU Chapois (François), A la recherche de l Europe sur les routes du passé.Morin (Victor), La légende dorée de Montreal.BIOGRAPHIES Archambault (Joseph-Papin), Ligures catholiques.Bernoville (Gaétan), I nous est donné d'une plume primesautière, ingénue, limpide, sans complication, à telle enseigne qu’il semble bien, comme il le dit,.que « quelques fleurs et le sifflet d'un oiseau ont suffi à lui tenir lieu d’archives ».Quant à ses Propos sur la poésie, ils offrent l'allure pas du tout désobli- giante d'un petit essai sur la poésie.'est une rapide esquisse du sens de l'art et de la poésie à travers les âges, de la caverne enchantée d'Homère à l’énorme cathédrale de La Divine Comédie de Dante.Toutefois Jammes s’attarde avec quelque paisible attendrissement à expliquer certaines préférences, envers saint Jean de la Croix et saint François d'Assise par exemple.II révère le Poverello, « la Poésie faite Homme », il voit en lui celui qu'il a désiré être : le poète du Bon Dieu, qui sur chaque chose et sur chaque être épelle l'Evangile, t l'homme magnifiquement dépouillé comme cette eau où se réfléchissent les cieux ».Sans doute, les étudiants-poètes (c'est d'ailleurs pour eux qu'il écrivit cela) goûteront la saveur de ces pages tant pour l'attrait de leur contenu que pour celui de leur présentation.Dans les Airs du mois, nous retrouvons Jammes tout entier avec sa superbe simplicité de vie, d’art et de cœur, cette « simplicité même de Dieu » qu'il a souvent refusée à ses vers et que sa prose nous ramène toujours.Son mérite, parmi les écrivains contemporains, aura été d’avoir su remettre toute chose au milieu des jardins, des près, des bois, avec une âme tout enfantine et cet art direct, élémentaire, immédiat, qui juxtapose les sensations les plus vives.Nous le reconnaissons à ses fidèles constantes : le sens fraternel de la nature, l'esprit, l'ironie, l’amour des humbles et des petits.Bien que nous ne retrouvions pas ici une œuvre unique suivie et de quelque envergu.’e, il reste que nous avons là une triple gerbe littéraire de l'un des plus remarquables représentants du Renouveau catholique en France.M.-M.CHARLAND, c.s.c.Romans BAUDOUIN (Eve).Le Voyage énigmatique.Paris, Editions Familiales de France [1947].189p.19cm.(Coll.Cœur et Vie.) Même si la question du divorce ne se pose généralement pas au Canada français, on y lira avec profit cette très simple histoire, qui suggère le c traitement » à prescrire dans ies malentendus entre epoux.L'A., chrétienne convaincue, nous livre un récit Ëropre à faire réfléchir sur un pro-lème capital.R.L.BERNAGE (Berthe).Espérance.Paris, Editions des Loisirs [cl948].190p.19cm.Berthe Bernage est infatigable dans son apostolat par la plume, qui défend le mode chrétien de vivre et fa sainteté du mariage.Elle n'a pourtant rien de l'écrivain censeur.Elle sait rire et veut de la joie partout.Espérance est un petit roman tout simple, mais vivant et correctement écrit.Il s'agit d'un récit de la fin de la dernière guerre, et tous les personnages crient leur souffrance du drame qui les enserre.Les hommes sont aux armées, exposés à mille dangers.Le principal héros, Jean-Luc, en reviendra manchot.Léger et inconstant, il trouvera, grâce à cette épreuve, le bonheur paisible qui l’attend tout près de Denise.Elizabeth, la sage, se mariera selon son cœur et ses grands mérites.Une autre épousera un vieillard artiste.Que de mariages et.de bonheur pour tous 1 Solange, qui porta l'uniforme des services militaires français, revêtira celui de la religieuse missionnaire.C'est Bernage, toute Bernage en ces pages saines, raf-aîchissantes, fortement éducatrices.Le thème central : il y a du bonheur pour tous si on sait le cueillir quand il passe.L'auteur défend le foyer, chante l'amour chrétien, exalte les vertus d'ordre et de travail.Avec des données aussi simples mais éternelles, elle s'est assuré des lecteurs qui la lisent toujours avec ferveur.Rodolphe LAPLANTE 216 LECTURES BLOND (Georges).L’tle de la déesse.Paris, Fayard (cl950).325p.20.5cm.{Le Cercle du Livre de France).Pour adultes Aimez-vous la mer, les croisières?Aimez-vous les phoaues, ces mammifères amphibies dont l’instinct confine à l'intelligence?Aimez-vous la grande histoire de la decouverte et la petite des premiers explorateurs ?Aimez-vous un cicerone discret, dont les antennes sensibles capteront spectacles et bruits, ceux du dehors et ceux du dedans, un cicerone au cœur profondément humain, incarnant vos propres sentiments de crainte, de joie, d'admiration, de douleur?Embarquez avec Georges Blond.Le voyage qui vous attend est un voyage ae pur agrément.Le don génial du romancier, n'est-ce pas ce pouvoir occulte de la fée Cara bosse de vous séduire, de vous prendre par la main, de vous isoler de votre monde pour dérouler sous vos yeux une tranche d'humanité, ses moindres pas dans l'histoire, ses émotions, le cortège de toutes les passions étalées au grand jour, avec des doigts de fée ?Si les passions sont nobles ou si le héros s’y débat pour conquérir sa dignité d’homme, la beauté touche au grandiose.L'auteur, selon le mot de Rimbaud, est alors un « voleur du feu du ciel » : il nous offre la vérité dans sa crudité présente et sa réalité originelle, en toute sa plénitude d'être.Et quand il ignore lui-même son propre don, l'art est consommé.La phrase est au service de la pensée, tantôt froide comme une nomenclature géographique — et les détails géographiques sont maroués du signe de la véracité, — tantôt légère comme un vol de mouettes, tantôt houleuse comme une vague de fond, tantôt sereine comme une conversation amicale, tantôt brutale comme une flèche, tantôt lourde comme un brouillard, tantôt douce et tantôt martiale, tantôt mate et tantôt lyrique, toujours plaisante.Une beauté sans fard.Alphonse GILBERT, c.s.sp.CORSIN (André).Le retour d’Adam.[Montréal] Le Cercle du Livre de France [cl950j.200p.19cm.Le titre, attisé de couleurs rouge et noire, aura exercé sur beaucoup de lecteurs moyens une fascination d apocalypse.Toujours en quête d'un avenir meilleur, la chimère d'un bonheur futur nous séduit, et quand, auréolé de l'estampille du Cercle du Livre de France, un auteur soulève sur l’au-delà quelque voile nébuleux, nous nous agrippons volontiers à ce prophète.Théophile Mr>sicot est un paléontologue imbu de darwinisme ; il est envoyé par l’Académie des Sciences en Palestine pour y étudier quelques ossements mystérieux récemment découverts ou plutôt pour y découvrir résolument quelque intermédiaire si-miesque dans la série des premiers hommes.Une parure.Un brouillard.Du brouillard émergent une forêt d'arbres gigantesques et des fleurs aue les fruits remplacent aussitôt.Adam apparaît, haut de six mètres et polyglotte.I! doit convertir les hommes qui viendront à lui et avec eux régénérer le monde, physiquement et moralement.Théophile se convertit après discussion, puis une tribu bédouine, un Anglais, un Américain, un Juif.La presse mondiale est alarmée.On campe en Eden.La conquête pacifique s’étend malgré les ennemis ; le monde entier est soumis ; c'est le bonheur et la prospérité promis.Nous sommes en l’an deux mille.Théophile se réveille.C’est un rêve, un rêve de vieux paléontologiste vaniteux, aux idées assurément aussi maigres qu'incohérentes, et que le rêve même n'a pas réussi à rendre vraisemblables.L'auteur nous sert tous les ragoûts faisandés : lieux communs des fixistes qui coulent de la bouche du premier homme en arguments péremptoires, niaiserie de la bureaucratie française, sens pratique des voisins d’Outre-Manche, félonie russe (en l’an 2000 encore 1), nocivité du pétrole pour le bien-être des peuples.avec les sauces courantes des pine-line anglais, de la cuisine française opposée au Worcester, la cupidité des fils d’Israël, la crasse des Orientaux, voire les modes modernes.Notre prophète, en mal de parturition, a cousu son récit de fil blanc : son imagination est aussi sèche que l’oued palestinien.Nous lui en voulons de nous avoir déçu.Mais c’est un livre honnête, pour lecteurs honnêtes.Nos collégiens s’en régaleront.Certainement inoffensif.Alphonse GILBERT, c.s.sp.DÉCEMBRE 1950 217 DANIEL-ROPS.Le Courtinaire.Paris, Ed.des Loisirs [cl9381.123p.h.-t.19cm.$1.75 ($1.85 par la poste).Pour adultes Bien mal venu serait celui qui entreprendrait de vouloir ébranler l'oeuvre gigantesque et solide de Daniel-Rops ; si la renommée de l'écrivain augmente sans cesse, grâce surtout à ses remarquables travaux relatifs à l’Histoire sainte et à l'Histoire de l'Eglise, son activité littéraire ne s'arrête pas là et ses romans, tel Le Courtinaire, sont une occasion de prendre contact avec un véritable créateur, qui est également un artiste du style.Le Courtinaire, c'est le nom du domaine où évoluent les principaux personnages du roman, loute la trame du récit nous met en contact avec un couple qui semble mal assorti ; on éprouve douloureusement l’incompatibilité de l'époux et de l'épouse, qui ne peuvent pas jouer l'un envers l'autre le rôle complémentaire qu'assure le véritable amour conjugal.Daniel-Rops nous offre ici une analyse psychologique bien fouillée, sans se croire obligé d'y insérer les lamentables déchéances que beaucoup de romanciers auraient exploitées avec une infinité de détails ; au contraire, il s’en tient à scruter l’intérieur des âmes, à frôler le drame.Regrettons cependant que, une fois le livre terminé, l'impression qui reste soit plutôt sombre, car rien ne nous laisse espérer un règlement possible du malentendu.Roland GERMAIN La Frigate (Collection).DAUBANNAY.Ils ne savaient pas.Paris, Bonne Presse (1947J.127p.18cm.(Coll.La Frigate.) $0.25 DU JEU (Sabine).Une divorcie de vingt ans.[Parisl Bonne Presse [19501.$0.25 DU VERNE (René).Drôle de fille.Paris, Bonne Presse [1949].$0.25 GOURDON (Pierre).Impossible a-mour.[Paris] Bonne Presse [1950].$0.25 LE BRUN (Geneviève).Les entraves du souvenir.[Paris] Bonne Presse [1950].$0.25 MAUCLERE (Jean).Pierre, mon ami.[Paris] Bonne Presse [1950].$0.25 NERANVAL (Geneviève).Le mensonge de Gilberte.[Paris] Bonne Presse [1950].$0.25 VALETTE (Robert).Le Bouddha K mer.Paris, Bonne Presse [1949].$0.25 ($0.35 par la poste).Ces huit brochures de la Collection La Frigate peuvent être mises entre toutes les mains.Elles sont cependant, au point de vue littéraire, de valeur inégale ; mais elles sont toutes de lecture facile et agréable, et constituent un excellent contre-poids à la littérature faisandée qui monde les kiosques et les débits de journaux.Ces ouvrages font partie d’une Collection qui a sa place dans toutes les bibliothèques paroissiales ou familiales, mais dont il faut savoir ne pas abuser dans les maisons d'éducation.R.L.LACHELIER (Barthélemy G.).L’âge ingrat (Vissouville II).Illustré de dessins originaux de Robert La- f>alme.Le Cercle du Livre de France cl950].336p.ill.19cm.Pour adultes On peut dire de ce second livre de mémoires de l’enfance de Gabriel Bart ce que Lectures de janvier 1950 rapportait du premier.L esprit du petit Bart a cependant évolué : il a, depuis déjà quelque temps, l'âge de raison.L’époque des sensations agréables à la vue de la « plantureuse fraîcheur » de Mme Pline est révolue ; c'est maintenant l'heure des conquêtes.Gabriel est à l'affût de tout ce cjui fait rêver un adolescent aux frontières de la puberté : Bernardine, les deux petites marchandes du médaillon, la fuite éperdue d'Emilienne Poirot et de Jules Ronchon, les vers à Céline qui a perdu une jambe, mais gagné autres choses.Cette nouvelle ère du jeune héros lui donne du caractère, de l'audace ; il ira même derrière les barreaux pour ses idées politiques, et, comme tout jeune intellectuel français qui se respecte, il revisera ses principes religieux, sera porté à les juger.Pour toutes ces raisons, Vissouville Il se lit très agréablement, malgré un français moins bien soigné que dans le Premier tome ; on a, assez souvent, impression que l'auteur a rédigé un peu vite ces mémoires de jeunesse.Six dessins fort originaux de Robert La Palme attisent singulièrement la curiosité du lecteur et achève de donner à ce livre amusant, marqué au sceau de l'esprit français, un cachet savoureux.J.-P.BEAUSOLEIL 218 LECTURES MAUGER (Gilles).Chemins sur la lande.111.de R.Perret te.Paris, Bonne Presse [1948].171p.ill.20cm.(Coll.Le Ruban bleu, no 46.) $0.90 ($1.00 par la poste).Les romans de la collection dite du Ruban Bleu sont ordinairement alertes, vivants et gais.Celui-ci est un peu lourd, non par le style qui est agréable, mais par la trame, qui est tissée de bien des malheurs.Jacques, le héros, a un frère et deux sœurs jumelles.Pendant son stage d'études il a connu Anne-Marie, jeune étudiante dont il a gardé un souvenir tenace.Le frère de Jacques est tué à la guerre.Jacques s'adonne à une vie d’apostolat, se consacre aux œuvres.Il a songé à épouser l’une de ses amies d'enfance, Monique ; mais il s’en éloigne ensuite, la jugeant trop futile.Il cherche Dieu sans Le trouver.Puis, les malheurs se succèdent ; l'une de scs sœurs perd la foi et se suicide, l'autre divorce et se remarie.La mère meurt.Jacques retrouve Anne-Marie ; mais tous deux conviennent de respecter, l'un et l'autre, leur vocation d'apostolat.La jeune fille se dévouera à son père, savant aveugle, et le jeune homme retrouvera la sérénité et la paix de l’âme.Ce récit est bien enlevé, aux personnages bien campés, nous rappelle que, dans certaines circonstances, le renoncement total est la seule solution libératrice.R.L.ORIEUX (Jean).Cinq filles et un Jusit.Paris, Ernest Flammarion [cl 950].267p.20.5cm.{Le Cercle du Livre de France).Appelle des réserves Le titre est bizarre : il s'agit de cinq filles et d'une sixième fille surnommé Fusil.L'auteur montre les tribulations d'une famille noble française vers la fin du XIXe siècle.Avec une finesse qui brille d'éclairs très francs à chaque page, il décrit d’abord l’enfance de ces six jeunes filles.L'enfance?N’est-ce pas la plus belle des réalités ?Les cœurs sont réellement pleins lorsqu'ils débordent de « bons » sentiments.Mais Orieux est un réaliste.La vie d’ici-bas — meme celle des nobles — est toujours tissée de souffrances.C'est donc le malheur qui s'est jeté sur l'illustrissime famille des Montramé.Les vignobles ont été brûlés par le phylloxéra : c'est la ruine.Or, pour faire face au désastre, le chef, Abel de Montramé, n'est qu'une espèce de Don Quichotte, un fou sublime, qui vit dans le passé en composant l'histoire de sa race, mais à qui le présent ne dit absolument rien.Abel se voit obligé de marier ses filles aux meilleurs partis ou de les envoyer au couvent.Et nous assistons à l'excès de certaines coutumes périmées : le père décidant de haut, sans tenir compte des réclamations de ses enfants, de 1 avenir de chacun d’eux.Mœurs abusives certes.Elles s'expliquent par le souci de garder pur le sang noble.D’ailleurs, on est bien obligé de s'incliner devant ces gens qu'on appellerait de nos jours d'un mot douteux : « racés ».Ils avaient un sens de l'honneur, du courage et de la grandeur qui, hélas 1 a disparu.La noblesse, c'était cette hardiesse dans le refus de composer.Pas de mélange de valeurs, pas d alliage, pas de souplesse.Qu'on le veuille ou non, une telle conception de la vie en impose.La vieille douairière de Saint-Sulpice ; Sabine, la mère des six enfants ; Elia, la benjamine, sont d’authentiques spécimens d'une race qui a fait la France.Le style?Orieux, c'est Daudet par moments, avec un brin d'émotion bien contenu ; c'est Maupassant, avec la même inclination à l’ironie douloureuse.L'esprit de ce roman est sain.Les uelques passages délicats sont noyés ans le rire ou bien sont d'un réalisme direct qui ne troubleront pas un adulte averti.Paul GA Y, c.s.sp.LITTÉRATURE CANADIENNE-FRANÇAISE BOUDREAU (Eddy).Vers le triomphe.(Prose et Poèmes).Préf.de Alphonse Désilets.Québec [s.éd.|, 1950.97p.19.5cm.$1.00 ($1.10 par la poste).Dans un mot de présentation, l'A.qualifie lui-même 6on ouvrage de « recueil de méditations sans prétentions littéraires ».Par ailleurs, le préfacier, M.Alphonse Désilets, nous apprend que M.Boudreau, Acadien de naissance, a réuni là des notes accumulées au cours de sa patiente vie de malade DÉCEMBRE 1950 219 et destinées d’abord à ses seuls intimes, ëubliées plus tard sur leurs conseils.'n ne peut que concevoir une grande admiration pour l’énergie manifestée par l'A.qui, en dépit de ses souffrances, a eu le courage d'écrire et de publier.Cette constatation ne doit pas nous empêcher de souhaiter qu'il s'applique, dans ses futurs ouvrages, à clarifier consciencieusement sa pensée, à l’exprimer avec clarté et à écarter impitoyablement les digressions importunes.M.Boudreau manifeste une personnalité assez puissante pour qu'on puisse attendre de lui, malgré son épreuve, ce nouvel effort.Germaine LAPLANTE Romans BRASSARD (Adolphe).L’horrible héritage.Adolphe Brassard, 1950.141p.19.5cm.$0.75 ($0.85 par la poste).Si l’A.manifeste beaucoup de bonne volonté, la valeur littéraire de son livre est de faible qualité.C'est là, cependant, un plaidoyer susceptible de renforcer les convictions et les efforts de ceux qui déplorent et combattent les ravages de 1 alcoolisme chez nous.Le récit est assez vivant, mais il présente quelques pages invraisemblables par le manque de naturel de la conversation et par certaines attitudes des personnages.L’A.est un artisan modeste de maintes œuvres, un ardent apôtre des mouvements antialcooliques.Il a voulu aider ses coéquipiers.On lui saura sûrement gré d'un effort littéraire qui ne sera pas sans fruits.R.L.PELOQUIN (Hector).Sois toujours bonne pour ta mère.Roman canadien.[L’Auteur] 1950.184p.18cm.$1.25 ($1.35 par la poste).Le principal personnage de ce roman étant un cultivateur de l’Abitibi, on aurait pu s'attendre à une œuvre originale, nous informant des mœurs de cette région.Mais nos espoirs sont vite déçus.A vrai dire, ce roman n’a de caractéristique que son mauvais français, son simplisme.Tout ce qu’on peut mettre au crédit de l'auteur, ce sont ses bonnes intentions, et gneore I C.M.HISTOIRE BERNARD (Antoine), c.s.v.Nos Pionniers de l’Ouest.Québec, le Comité de la survivance française, Université Laval [19491- 143p.ill.carte, 25cm.Il y a plus de deux siècles et demi cpie les Canadiens français occupent 1 Ouest canadien.Nos vaillants missionnaires ont ouvert à peu près toutes les voies et ont jeté la semence catho* lique dans les plaines occupées par les Sauvages.La tâche fut longue, ardue et méritoire, car il fallut commencer par apprendre les différents dialectes afin de se faire comprendre des indigènes, pour ensuite conquérir peu à peu leur confiance.Les réussites turent lentes mais certaines.Nos missionnaires possédaient la foi merveilleuse des êtres marqués du sceau de la sainteté.La bonté du cœur est un fameux passeport, elle parle à l’instinct, elle se devine et on l’admet sans explication.Mais les soldats, les traiteurs et les coureurs de bois contribuèrent aussi, pour leur part, à l'édification de ce nouveau pays.L'amour, un amour auquel se mêleront souvent, sans doute, le goût de l'aventure et la soif du çain, est néanmoins le sentiment habituel qui guida les nôtres et les porta à s'exiler : l'amour de la France, du Roi, de ses faveurs, de la richesse, de la liberté.La belle épopée de ces pionniers a déjà été racontée par Joseph Tassé dans son remarquable ouvr deux tomes : Les Canadiens de Cet ouvrage copieux, rempli de détails, est surtout consulté par les chercheurs à l’affût d’une date perdue.C’est pourquoi nous devons être reconnaissants au R.Fr.Bernard, Licencié en Histoire, Docteur ès Lettres, d’avoir repris le thème et de nous offrir un ouvrage de vulgarisation qui donne une idée assez juste des mérites, des difficultés et de la vie de nos Pionniers de l’Ouest.Les historiens reprocheront peut-être à ce condensé l’absence de références ou d’index ; mais l'auteur n'a certainement pas voulu faire œuvre scientifique et il est visible qu'il n’a eu pour out que d’esquisser un abrégé utile de l’histoire de l’Ouest canadien.age en i Ouest.Reine MALOUIN BRAULT (Lucien).Hull {1800-1950).Ottawa, Ed.de 220 LECTURES l'Université, 1950.262p.h.-t.carte, 23.5cm.L'auteur s'est employé à retracer les origines de Hull.Il évoque, à traits cursifs, l'histoire de la ville depuis 1800, souligne le cent cinquantième anniversaire de sa fondation et le soixante-quinzième de son érection civile.Ces pages sont écrites avec objectivité, mais les origines de la ville restent obscures et l'on v discerne mal le rôle qu'y a joué l’élement français, sinon dès la fondation, du moins dans les années qui ont suivi.Ces réserves de détail n empêche pas que l’ouvrage soit consciencieusement élaboré et vaut d'être lu.Cent cinquante ans après sa fondation, Hull, dont on a tant médit et à tort souvent, est devenue une ville en immense majorité catholique et française, et dont les progrès actuels sont remarquables dans tous les ordres.R.L.COURTEAU (Guy), s.j.et LANOUE (François), ptre.Une nouvelle Acadie : Saint-Jacques de iAchigan, 1772-1947.[Montréal, Imprimerie Populaire, 1949) 398p.ill.23cm.$2.50 ($2.65 par la poste).Ces monographies de paroisses qui, si elles sont objectives et oien rédigées, Eeuvent être le vestibule de la grande istoire, sont souvent écrites avec plus de piété filiale que de compétence.Celle que nous présentent le R.P.Gujy Courteau, s.j.et M.l'abbé François Lanoue échappe à ce jugement absolu.Les auteurs font partie, l’un de la Société Historique du Nouvel Ontario, l'autre de la Société Historique de Joliette.Ils ont conjugué leurs efforts et leurs informations pour nous présenter l'histoire de la paroisse de Saint-Jacques de l’Achigan, dans le comté de Montcalm.La paroisse de Saint-Jacques date de 1772.Elle offre cette caractéristique d'avoir été fondée par des Acadiens, fils de la Dispersion.Après avoir résumé avec à propos le drame de la Dispersion, les auteurs évoquent le retour des déportés par unités ou petits groupes, leur établissement sur le sol actuel de Saint-Jacques.Pendant assez longtemps, ces Acadiens, établis chez nous par un mode de peuplement bien paiticulier gardèrent leur homogénéité.Peu à peu cependant, beau- coup se marièrent avec des Canadiens.Le fond de la paroisse a cependant gardé ses caractéristiques premières : ténacité, ardeur au travail, frugalité.Les vocations religieuses furent là nombreuses et cette petite Cadie fut chère au cœur de Mgr Bourget.Cette vie paroissiale féconde n'engendre pas que des œuvres religieuses, mais des organismes économico-sociaux adaptés et progressifs ; elle rayonne de façon typiquement catholique et française.Dans cet ouvrage bien imprimé et qui contient de nombreuses photos, les auteurs ne tombent jamais dans la banalité qui déprécie si souvent ces monographies.Ils ont réussi à nous présenter un volume qui sera lu avec intérêt non seulement par les fils de Saint-Jacques de l'Achigan mais par le grand public.Leur étude fera aimer davantage Saint-Jacques de l’Achigan par ses fils ; elle fera apprécier par tous ce petit pays d’authentique souche acadienne.« La Providence », disait en substance un jour M.Orner Héroux, « garde à certains peuples d’inéluctables revanches : une nouvelle Acadie l’atteste à l'évidence ».Rodolphe LAPLANTE DOCTEUR (Vice-Amiral).La vérité sur les Amiraux.Paris, Editions de la Couronne [cl949j.257p.19.5cm.(Coll.Documents politiques.) C’est un grand marin qui se porte à la défense de la marine française.Il nous offre un livre qui venge la réputation des amiraux et de tous les officiers de la marine.Il écrit, comme le dit Jean Pleyber dans Ecrits de Paris (janv.1950, no 63), en un « style allègre et coloré ».Nous ajouterons qu’il pose, par ces pages, un acte de courage.Il s'agit bien d’un vieux marin de carrière, qui n’a pas voulu que le renom de la marine française fût injustement sali.On se doute bien qu’il est question de l’amiral Darlan, de d'Argenlieu, de Muselier et de toutes ces étoiles filantes de la marine française durant la période 1940-44.C'est une immense pitié qui étreint le cœur de constater les conflits de juridiction qui ont surgi tant en France occupée qu'outre-mer, après la défaite française.Le gouvernement, prisonnier de l’occupant, avait déclaré en signant l'armistice que la marine française ne serait pas livrée à l'enne- DÉCEMBRE 1950 221 mi ; elle ne le fut pas puisqu'elle se saborda.Ce résumé est trop simple.Avant d'arriver à cette conclusion tragique, les amiraux et les vice-amiraux, comme les généraux d'ailleurs, vécurent une longue crise de conscience.C’est le récit douloureux, tragique, poignant de cette période troublée que nous raconte le vice-amiral Docteur.C'est un plaidoyer favorable au commandement de la marine au temps de la guerre ; c'est un récit vivant, courageux, tout d’une pièce, précis, marqué au coin de la véracité.On pourra discuter de l'opportunité de tel ou tel mouvement de la flotte ; mais il demeure que la belle marine française de 1939 avait su perpétuer les traditions d’honneur et de loyauté, et que ce ne sont pas quelques brouillons, quelques arrivistes qui changeront la vérité.L'histoire de cette période douloureuse pour la France s écrit ; les véritables héros grandissent ; les intri- fants retombent graduellement dans ombre d'où ils n auraient jamais dû sortir.Rodolphe LAPLANTE DRION du CHAPOIS (François).A la recherche de l’Europe sur les routes du passé.Préf.de M.Luc Hommel.Huy, Editions Mosa [1949].306p.22.5cm.Le baron Drion de Chapois n'est pas tout à fait inconnu des lecteurs de notre revue.Il est l'auteur de la préface de l'ouvrage : L’Europe médiane, de Lucien Jottrand.Nos lecteurs se rappelleront (Lectures, déc.1949, p.213) tout le bien que nous avons écrit de cet ouvrage.Il s'agit aujourd’hui d’un recueil des articles du baron Drion du Chapois, articles publiés dans l'hebdomaaaire Septembre de 1945 à 1948 et signés du pseudonyme Eugène Roc.Ils sont ici colligés et réunis en volume.Drion du Chapois reprend la grande idée belge, les vocables de Lucien Jottrand, d'Emile Banning et autres, et il est souvent question de l'Europe médiane.Evidemment, Drion du Chapois, écrivant avec prédilection sur les ouvrages belges, comme c'est son droit, n'a pu s'empêcher d'analyser un ouvrage du grand écrivain suisse Gonzague de Reynold, de faire allusion à l’écrivain hollandais Huitzinga et à l’auteur italien Ferrero.Il nous présente de brèves mais fortes critiques, pertinentes par les remarques qu elles contiennent, par les jugements qu'elles impliquent, par l’érudition qu'elles recèlent.Le lecteur sera enchanté de ces textes qui couvrent à peine chacune deux ou trois pages.Qu'il soit question de Giuglieno Ferrero, d'Auguste Bailly, des ouvrages de Jacques-Ilenri Pirenne ou de Stefan Sweig, on est toujours intéressé à connaître le point de vue d’un grand Belge, d’un Belge dont le préfacier a dit qu'il rejoint par la vigueur de pensée Pierre Nothomb ou de Gonzague de Reynold.Quiconque désire être quelque peu informé de l'histoire de la Belgique, du passé de ce grand peuple, doit connaître, et nous l'avons précédemment écrit, Nothomb, Jottrand, Banning et.Drion du Chapois.Les recueils d'articles sont généralement fastidieux.Il n’en est pourtant pas ainsi de ce recueil, qui conserve une grande unité d'abord, parce que les critiques portent toutes ou presque toutes sur des ouvrages d'histoire, et qui ensuite traite d’écrivains remarquables.De plus, l’auteur affiche tout nu long de ses études la fierté qu'il a de son pays, de son passé, alors que les ancêtres des Belges actuels jetaient les bases inébranlables d'institutions, de traditions et de mœurs qui se sont transmis de génération en génération, pour former une nation distincte, fière et d’esprit réaliste.A plusieurs reprises, l'A.s'en prend aux écrivains, français surtout, qui méconnaissent les mérites de l'Europe médiane ou de la Belgique tout court.Ces griefs sont formules avec discrétion et mesure.Nous recommandons donc fortement la lecture de cet ouvrage à ceux qui veulent être quelque peu renseignés sur les auteurs qui écrivent aujoure hui l’histoire de la Belgique ou de l’Europe médiane.Combien n'ont pas le temps ou le goût de lire de savants ouvrages d'histoire 1 Ceux-là feraient bien de lire ces pages du baron Drion du Chapois, érudit, franc, objectif, écrit d'une belle langue.Nous garantissons au lecteur éventuel de Drion du Chapois un agrément pour l'esprit, une source d'information 222 LECTURES incomparable concernant l'Europe médiane, cette grande et noble Belgique au passé si glorieux, au présent si rempli de réalisations fécondes et à l'avenir si prometteur.Rodolphe LAPLANTE MORIN (Victor).La Légende, dorée de Montréal.Montréal, les Editions des Dix, 1949, 211p.Carte, 27cm.$1.50 ($1.60 par la poste).Sous le titre poétique de La Légende dorée de Montréal, notre érudit compatriote, M.Victor Morin, nous piopose un fructueux et intéressant pèlerinage à travers le vieux quartier de Montréal, « territoire autrefois circonscrit par k mur de ses fortifications ».Avec quel guide plus éclairé pourrions-nous parcourir ce pieux trajet, relever les endroits glorieux, chers à la mémoire de tout vrai Canadien, et déposer sur ces anciens tombeaux nos couronnes de coquelicots ?Les plaques commémoratives fixent dans le bronze de grands et beaux noms dont s’honore justement notre histoiie, mais elles éveillent surtout notre gratitude envers ces pionniers qui tracèrent péniblement les premiers sillons, semèrent le premier froment et travaillèrent si noblement à implanter les belles traditions françaises, à asseoir une civilisation dont notre égoïsme profite largement, sans trop se préoccuper de tout ce qu'elle a coûte.Ces plaques, qui rappellent les héroïques étapes de l’histoire de Ville-Marie, sont dues à l'initiative de trois organismes différents : la Société d'Archéologie et de Numismatique de Montréal, fondée en 1890 ; la Commission des Sites et des Monuments historiques du Canada (1919) ; la Commission des Monuments historiques de Québec (1922) ; enfin, à l’initiative privée de quelques citoyens.L'ouvrage de M.Morin est divisé en trois parties : Intra Muros, Extra Muros et le Circuit de l'Ile.Première étape.Nous partons de la Place Royale, face au Port de Montréal, où se trouve l’obélisque qui commémore la fondation même de Ville-Marie et qui perpétue le nom du fondateur, Paul Cho-mede^ de Maisonneuve qui « érigea les premières habitations, le fort, la chapelle, le cimetière qu'il renferma dans une enceinte de pieux ».Puis nous parcourons d'étroites rues du premier quartier des affaires, aux noms évocateurs.Aux encoignures, sous les porches, sur les murs s’accrochent des noms, des dates, des souvenirs, et ce n'est pas sans émotion que nous reconstituons peu à peu l’histoire des premiers colons, si bouleversante, parce que imprégnée d'une noblesse, d’une grandeur d'âme, d’une vertu ui disparaissent de plus en plus.La euxième étape « se rapporte aux événements qui se sont déroulés dans la périphérie des anciennes fortifications » et « s'étend aux limites de la ville et même aux municipalités autonomes qui ne forment qu'un tout avec elle, sans solution de continuité ».Enfin, la troisième étape nous amène aux portes de Verdun et nous achemine vers Ville L i Salle, Lachine, de glorieuse mémoire, et dont la lecture du massacre nous fait encore frémir.L'itinéraire de ces pèlerinages est judicieusement conçu, et plus d’un Montréalais gagnerait à refaire ce trajet, non en simple touriste, mais livre en main, en vrai pèlerin de l'histoire.Il en reviendrait avec un sens patriotique raffermi, avec le sentiment qu’être Canadien est un titre de noblesse dont nous devrions être beaucoup plus fiers que nous le sommes habituellement ; avec la certitude aussi que le passé de notre race, passé de courage, d’héroïsme, de piété et d'amour, est un marbre immortel que le temps n'effritera jamais.Reine MALOUIN BIOGRAPHIES ARCHAMBAULT (Joseph-Papin), s.j.Figures catholiques.Préface du juge Thomas Tremblay.Montréal, Institut Social Populaire (1950).192p.h.-t.19.5cm.$1.00 ($1.10 par la poste).Ces « figures catholiques » sont de chez nous.Il s'agit de six grands chefs catholiques du Canada français, aujourd’hui disparus : Charles Bourgeois, le juge Albert Constantineau, Edouard Gohier, Joseph-Alfred Bernier, Charles-Joseph Magnan, Gau-diose Hébert.Tous furent de grands militants de l’Action catholique ; tous furent les adeptes des Exercices spirituels ; tous moins un peut-être (Charles Bourgeois) furent d’ardents hommes d'action en DÉCEMBRE 1950 223 dix champs d'apostolat, sans oublier la Saint-Vincent-ile-Paul.Nous les avons tous connus et le témoignage que leur rend l’A.est fondé.Il n'y a rien en ces Eages du vain et stérile dithyrambe.In hommage discret, émouvant, leur est rendu par quelqu’un qui les a bien connus au cours de son long apostolat, tant aux retraites fermées qu'auprès des syndiqués catholiques.Le choix du préfacier est heureux.Le juge Thomas Tremblay est de la frande lignée des figures catholiques voquées par le R.P.Archambault, mais il est encore heureusement vivant et en pleine action.Qui mieux que lui pouvait présenter un tel ouvrage?Ce livre compte parmi les meilleurs du Révérend Père.Il doit connaître une large diffusion.Il est vivant, alerte de pensée et de style.Aussi doit-il non seulement pénétrer dans les milieux de retraitants, mais partout où l'on ne connaît pas la bonne odeur des Exercices spirituels.Figures catholiques feront connaître à tous de beaux types de croyants de chez nous, auxquels la discipline catholique a permis de donner toute leur mesure.Rodolphe LAPLANTE BERNOVILLE (Gaétan).Le Père Gaillard.Un apôtre rural de l'enfance abandonnée.[Paris] Bonne Presse [1949].246p.20.5cm.$1.75 ($1.85 par la poste).Gaétan Bernoville continue son magnifique apostolat par la plume.Il a, depuis 1921, multiplié ses biographies édifiantes.Aujourd'hui, il nous présente un apôtre rural de l’enfance abandonnée.Monsieur l'abbé Adolphe-Henri Gaillard, homme de vaste culture, qui fonda, presque malgré lui, une communauté de religieuses.Tout désignait ce jeune prêtre au {>rofessorat.Monseigneur de Bouillé e nomma aumônier de l'Hôpital Général, et c'est de là que sortira cette petite communauté de femmes, destinée à s'occuper des garçons et des filles abandonnées.Malheureusement, la communauté, en dépit de sa valeur, ne prit pas une grande expansion ; elle eut même son heure de régression, mais depuis 1942 elle connaît un renouveau remarquable.Que voulait le Père Gaillard ?C'était un nomme d'apostolat, tout angoissé à la pensée de ces jeunes gens des deux sexes laissés à la dérive.Il voulut tout d'abord en faire des chrétiens fervents puis les mettre en état de gagner honnêtement leur vie.Est-il besoin de rappeler qu'un ouvrage de Gaétan Bernoville est écrit en une langue claire, précise, vivante et qu'il est en même temps un régal our l'esprit ?Celui-ci ne manque pas la règle.Rodolphe LAPLANTE BERNOVILLE (Gaétan).Un précurseur de saint Jean-Baptiste de La Salle, Nicolas Roland, fondateur de la Congrégation du St-Enfant-Jésus de Reims.Paris, Alsatia [cl950].246p.front.19cm.M.de Bernoville n'en est pas à sa remière biographie religieuse ; il suf-t de jeter un coup d'œil sur le contenu de la collection Itinéraire spirituel de la France pour s'en convaincre.De toute façon, ici encore, l'auteur s'est montré égal à sa renommée.Les pages 204-210 du chapitre 9, qui font ressortir l'influence de Nicolas Roland sur saint Jean-Baptiste de La Salle, sont un modèle de critique historique.Après toute une série de preuves faisant appel à la critique interne aussi bien qu'externe, M.de Bernoville en arrive à la conclusion suivante : « (.) une comparaison d’ensemble du Recueil de M.de La Salle et des différents écrits spirituels de M.Roland, y compris la correspondance.révèle la similitude, sinon l'identité, des doctrines spirituelles ».C'est un fait dont il faut tenir compte dans la vocation de saint Jean-Baptiste de La Salle.Mais cet ouvrage est plus qu'une biographie et ses 246 pages ne concernent pas seulement la vie de M.Roland ; l'on pourrait tout aussi bien l'intituler : Aperçu sur le 17e siècle catholique¦ C'est pourquoi il est une source merveilleuse d’informations pour tous ceux qu'intéressent les Olier, les Tronson, les Bourdoise, les Monsieur Vincent et évidemment les Nicolas Roland.M.-A.QUÉRIN DELAQUYS (Georges).Jean Bart, homme du peuple et chevalier.Illustrations de P.Vielfauré.Uzès, Ed.La Capitelle (cl947).322p.ill.19.5cm.224 LECTURES Récit historique vivant qui a pour protagoniste l'héroïque marin que fut Jean Bart.On y trouve une peinture animée des mœurs du temps et aussi un aperçu de la carte géographique et politique d'alors.Figure d airain, comme il sied à un honnête corsaire de ce siècle pittoresque.Jean Bart est sans contredit un modèle de droiture et de courage.La truculence de langage et de gestes n'est guère plus que le reflet de l’atmosphère que l’A.veut créer.La formule employée met cette péiiode de l’histoire et le personnage principal à la portée d’un grand nombre de gens qui ne songeraient nullement à les rencontrer dans des ouvrages savants.Le style, correct, souvent relevé d’humour, est émaillé de termes nautiques et d’expressions du grand siècle.Germaine LAPLANTE DUBOIS (Marguerite-Marie).Un pionnier de la civilisation occidentale, saint Colomban (c.540-615.) Préface de Mgr J.Calvet.Paris, Ed.Alsatia [cl950J.238p.h.-t.19cm.Marguerite-Marie Dubois, chargée de conférences à la Sorbonne, vient de consacrer à l’un des grands saints irlandais des pages d’une appréciable valeur.Mgr Calvet, préfacier, ne va-t-il pas jusqu’à comparer son œuvre à celle de Louis Bertrand, auteur de la vie de saint Augustin?Saint Colomban a évangélisé la Gaule, l'Helvétie, l'Italie du Nord.Ce saint, comme beaucoup d'autres de son époque, était taillé dans le granit, tant au point de vue physique que moral.Apôtre infatigable, il a multiplié les fondations de monastère.Il faut retenir les noms de Luxeuil, Bregenz et Bobbio.Comme l'a dit Sa Sainteté le Pape Pie XI, saint Colomban fut l’un des grands pionniers de la civilisation chrétienne en Occident.Le style est d’une rare qualité et l’œuvre tout entière atteste une docte érudition.Elle est de plus présentée avec goût et contient de belles gravures.R.L.JOLLY (Pierre).Colonne, 1734-1802.Paris, Plon [cl949J.337p.h.-t.20.5cm.« Les ministres qui auraient le goût des expédients n'ont plus besoin de rien inventer.Ils trouveront chez M.de Calonne tous les modèles.» Cette pointe de malice vient de l'un des plus célèbres économistes et hommes politiques de la France au XIXe siecle, Leon Say.Tous les contemporains de Say ont opiné sévèrement à l'endroit de ce Charles-Alexandre Calonne qui, nommé très jeune encore procureur au parlement de Douai, puis intendant de Lille, devint, grâce à sa brillante réputation, ministre des finances sous Louis XVI.Peut-être n'y eut-il jamais dans l’histoire politique de France personnage plus discrédité que lui.La plume de Mme de Staël, nous n'en doutons pas, n'y a été pour peu dans l’affaire : elle était la fille de l’ex-ministre des finances Necker, son père.Que n’a-t-on pas raconté sur ce pauvrehomme : * ministre dévoyé », « galant d’une fatuité déplaisante », « arriviste », « prévaricateur taré », et encore.Fait certain, c'est que ses indéniables qualités intellectuelles, son don prodigieux d’assimilation, son coup d’œil rapide d'une question, et surtout ses bons mots, 1 ont vite signalé à l'attention des chefs de l'Etat, mais en même temps lui ont suscité de toutes parts les traits d'une foule d’envieux.Dans le monde de l’histoire, jusqu’à ces dernières années, Calonne demeurait célèbre parce qu’on le regardait comme le fossoyeur de l'ancien régime de la France, l'organisateur complaisant des derniers bals de Marie-Antoinette.A son avènement dans l’administration, « il fallait un calculateur, s'écrit l'auteur de Figaro.Beaumarchais, ce fut un danseur qui l'obtint ».En toute vérité, les contemporains, par une inconcevable inintelligence des événements, ont remarqué le détail, négligé l’essentiel, grossi ou rapetissé les faits suivant leur humeur ou, encore, authentifié les potins de l'époque.Et jusque dans 1 enseignement, le chapitre de Calonne au pouvoir a été exploité par des éducateurs souvent plus passionnés que nuancés.« Victime des plus atroces calomnies, écrivait naguère au roi Calonne exilé à Londres, ;e sais qu'on est parvenu à vous rendre suspect tout ce qui viendrait de ma part.La postérité jugera.» Alais il a fallu attendre des historiens rompus au métier de la critique comme Jacaues Bainville, G.Susane et Gabriel Marion, pour nous rendre compte que, s'il y a une appré- DÉCEMBRE 1950 225 dation qui mérite d'être nuancée, c'est bien celle qu’il convient de porter sur Calonne.Ces historiens admettent d’emblée, dans le cas présent, la réalité d'une calomnie persistante.A leur dire se range Pierre Jolly, qui depuis nombre d'années a approfondi cette époque des différents ministères de Louis XVI, ayant déjà publié des études historiques sur Neckor et Turgot, deux prédécesseurs au poste qu'occupait Calonne.Jolly réhabilite donc Calonne et ex-lique très bien comment il arriva qu’il evint le bouc émissaire dans l'histoire de la ruine du Trésor public.Bien que l'A.ne possède pas l'élégance et la pureté de style d’un Goyau ou d'un Calmette — visiblement quelques pages sont pâteuses ou ennuyeuses à cause de leur caractère par trop technique — son ouvrage est cependant nourri d'une excellente documentation.Détail intéressant pour nous au Canada : le contrôleur général de Louis XVI avait un frère pour partager sa tâche et ses difficultés, l’abbé Jacques-Ladislas Calonne.Emigré avec son frère en Grande-Bretagne, ce prêtre songea à gagner le Canada et vint s'établir successivement à l'Isle de Saint-Jean en 1799, puis chez les Ursulines des Trois-Rivières en 1807.Les chroniques de Religieuses racontent que « bien des pleurs furent versés dans la ville quand on apprit la triste nouvelle de la mort de 1 abbé de Calonne ».On parlait beaucoup de ce « saint abbé ».Sur son tombeau, situé sous la chapelle du monastère, se lit cette inscription : Ici repose le corps de J.Jacques-Ladislas de Calonne, Français de naissance, autrefois riche dans son pays, où il avait rempli différentes charges et avait été honoré de plusieurs dignités ecclésiastiques.Ayant été contraint de s'exiler de sa patrie, à cause des discordes civiles excitées en haine de l’autel et du trône, après avoir parcouru diverses contrées et ayant eu le bonheur d’aborder dans ce pays hospitalier, où il fut favorablement accueilli, il mourut dans ce monastère, dont il dirigeait parfaitement les religieuses, plein de jours et sans aucun titre que la réputation d'une piété éminente, le 16 octobre de l'an 1822, a^ant presque atteint sa quatre-vingtième année.R.I.P.Ce travail sérieux sur Calonne et sur les premiers faux pas de Louis XVI prépare on ne peut mieux à une étude approfondie de la Révolution française, «ui a été un événement capital dans îistoire universelle.R.-M.CHARLAND, c.s.c.LIVRES POUR LES JEUNES BRUYERE (A ), Autour d'un collier.111.de Maurice Berty.Paris, Gautier-Languereau, 1947.125p.ill.22cm.(Bibliothèque de Suzette.) Récit simple où il est question d'un collier transmis dans une famille russe de génération en génération.Cette famille d’exilés tente de s’intégrer dans la vie paroissiale française.La petite Sonia, Russe mais catholique, vit avec un vieillard et une vieille servante dans un château délabré.Elle est accueillie à bras ouverts par de bons petits enfants qui habitent à quelques pas de la masure seigneuriale.Une petite intrigue enjolive ce récit pour retenir l'intérêt de nos petits de sept à douze ans.R.L.CHOSALLAND (André).Le trésor des Lusignan.Illustrations de A.Pécoud.Paris, Ed.Gautier-Languereau, 1950.126p.ill.21.5cm.(Coll.Bibliothèque de onze lie.) « En voulant réparer un Livre d’Heures du 16e siècle, le professeur Martin, de l’Ecole des Chartres, aurait découvert un parchemin du plus haut intérêt.11 ne s'agirait de rien moins que du trésor des Lusignan, ces princes français qui régnèrent au moyen âge sur r île de Chypre.» Et voilà la famille Martin — père, fils et fille — qui se met en route vers le pays des Cypriotes et s'embarque, par le fait même, dans une série d’aventures et de difficultés que lui suscite un escroc grec inlassable.Les ouvrages de la Bibliothèque de Suzette ont tout pour plaire.La présentation matérielle est, en effet, bien adaptée aux goûts des enfants et le contenu n’en est pas moins remarquable.La couverture, brillamment illustrée et coloriée, contient à elle seule toute une histoire, tant l'ensemble est judicieusement présenté.Mouvement, vie, action, variété, voilà des qualités 3ui ont prise sur les jeunes et Le trésor es Lusignan en déborde.226 LECTURES Cependant, si les aventures inattendues fourmillent et réussissent à nous captiver, les considérations historiques, archéologiques et géographiques — bien que très instructives — finiront peut-être par lasser le jeune lecteur par leur abondance.Puis, le zézaiement continuel du fripon grec amoindrit quelque peu la valeur littéraire du volume.Ces déformations phonétiques se ravent inconsciemment dans l'esprit u lecteur et peuvent ainsi être la source de fautes futures.De plus, il est évident que le jargon caractéristique de ce cher Papadikéopoulos n'est pas très orthographique.M.-A.GUERIN • * * La Semaine de Suzette.41e année, janvier à juin 1950.Paris, Ed.Gautier- Languereau [1950].312p.ill.40cm.$2.50 ($2.65 par la poste).Les Albums de Suzette offrent aux jeunes quantité d’histoires fort captivantes et parfaitement adaptées à leur âge.Les adultes eux-mêmes aimeront à parcourir ces merveilleux récits, qui se déroulent le plus souvent dans quelque décor champêtre.Les personnages de ces passionnantes aventures sont parfois en présence de situations extrêmement périlleuses, mais ils savent s'en tirer avec honneur, comme il convient.Dans ces Albums se trouve également une foule d’autres sujets qui intéressent la clientèle : devinettes, charades, couture, tricot, etc.Le tout est magnifiquement illustré, et les jolies couvertures ont tout ce qu'il faut pour piquer la curiosité des jeunes.A.KÉROACK J GUIDE DES LECTURES ET DES BIBLIOTHÈQUES — 1950 C’est un catalogue méthodique contenant plus de 4,000 titres d’ouvrages et de brochures actuellement à notre librairie.Ce catalogue a été rédigé en collaboration par notre Service de bibliographie et par notre Service des bibliothèques.Dans ce guide, Fides a tenu à coter moralement les oeuvres des sections suivantes : Mariage, Education sexuelle, Littérature.Volume de 96 pages : $0.50 (par la poste : $0.55) DÉCEMBRE 1950 227 Accusés de réception Les publications mentionnées sous cette rubrique sont irréprochables au point de vue moral.*** A l’école du Christ.2e édition.Paris, Cœurs Vaillants — Ames vaillantes de France, s.d.159p.18cm.AMBRIERES (J.-M.d'), s.j.Sur le mont des béatitudes.Retraite spirituelle de huit jours.[Paris] Bonne Presse [1950].310p.20.5cm.CHEVROT (Mgr).L'Evangile en plein air.10 minutes au micro de Radio-Luxembourg.1ère série : En regardant les animaux.[Paris] Bonne Presse [1950].126p.18cm.COLMONT (Marie).Rossignol des neiges.Préface de Paul Hazard.Paris, Ed.Bourrelier et Cie [1949].203p.ill.17.5cm.(Coll.Primevère.) COULET (Paul), s.j.Le problème de l’avenir.Paris, Spes [1950].206p.18.5cm.COURTOIS (Abbé G.).Le sens de l’Eglise.Paris, Ed.Fleurus [1950].75p.15.5cm.(Coll.Feuillets de vie spirituelle, no 13.) DELEPORTE (Michel).Aiourir sur place.Préface de Henri Desmet.[Paris] Bloud et Gay, 1950.159p.h.-t.18.5cm.DOLLEANS (Edouard) et CROZIER (Michel).Afouocments ouvrier et so-cialiste.Chronologie et bibliographie.Angleterre, France, Allemagne, E-tats-Unis (1750-1918).Paris, Ed.Ouvrières [cl950].361p.22.5cm.$6.00 ($6.25 par la poste).DUCASSE (Abbé).Le combat pour la vie.Fiches pour le maître, Classe de Troisième.[Paris] Ed.de l'Ecole [1950].s.p.16cm.(Coll.Enseignement Religieux du Secondaire, no 13a.) DUCASSE (Abbé).Le drame de la vie.Fiches pour le maître.Classe de Cinquième.[Paris], Ed.de l'Ecole [1950].s.p.16cm.(Coll.Enseignement Religieux du Secondaire, no 15a.) DUCASSE (Abbé).IjO vie liturgique et sacramentelle.Fiches pour le maître.Classe de Quatrième.[Paris], Ed.de l'Ecole [1950].s.p.16cm.(Coll.Enseignement Religieux du Secondaire, no 14a.) GASNIER (Michel), o.p.Les Dominicains de Saint-Honoré.Histoire et préhistoire du club des Jacobins.Paris, Ed.du Cerf [1950].342p.h.-t.19.5cm.GASNIER (Michel), o.p.La Grâce de mon Baptême.[Paris] Bonne Presse [1950].158p.19cm.GHEZA (G.).Les Chroniques de Madame la Vierge.Paris, Bonne Presse [1950].178p.20cm.GRAEF (R.), c.s.sp.Bienheureux ceux qui ont Jaim.Adaptation par le P.E.Keller, c.s.sp.Paris, Ed.Alsatia [1950].165p.18.5cm.GRAEF (R.), c.s.sp.Mon programme.Adaptation par le P.E.Keller, c.s.sp.Paris, Ed.Alsatia [1950].127p.18.5cm.GRAEF (R.), c.s.sp.Le sacrement de la divine miséricorde.Adaptation par le P.E.Keller, c.s.sp.Paris, Ed.Alsatia [1950].117p.18.5cm.*** Grands Lacs.Revue générale des Missions d'Afrique.Grands Lacs (8, rue Grandgagnage).120p.ill.24cm.65e année, nos 4-5-6, 1er févr.1950.No spécial : Uganda.LE BEC (Dr R.).Raisons médicales de croire au miracle.8e édition.Paris, Bonne Presse [1949].208p.20cm.LECONTE (Jacques-Robert).La Jor-mation historique de l’armée belge.Les officiers étrangers au service de ia Belgique (1830-1853).Préf.de Léon Van der Essen.Bruxelles, Editions Universitaires [1949].277p.h.-t.25.5cm.(Coll.Evénements et personnages.).LE CORMIER (Pauline).Confidences à une jeune adolescente.Paris, Ed.Familiales de France [1950].63p.ill.15cm.(Coll.Pour toi ma grande fille.) $0.45 ($0.50 par la poste).LENFANT (Marius).Recherche de l’homme.Paris, Edition « A l'Humanisme » [1948].146p.25.5cm.228 LECTURES •** Le livre de Suzetle.Paris» Ed.Gautier-Languereau, 1950.156p.ill.22cm.$0.95 ($1.00 par la poste) MARQUIS (G.-E.).Trois générations d'éducateurs.Québec, 1950.132p.24cm.MAURY (Jean) et PERCHERON (René).Itinéraires romains.Présentés par S.Exc.Mgr Martin.Paris, Ec.P.Lethielleux [1950].664p.cartes, 18cm.MONFET (M.A.).Avec joie et d’un grand cœur.Mère Duchemin et l'Institut de l’Education Chrétienne.Paris, Ed.Alsatia [1950].156p.h.-t.19cm.*** Nouvelles devinettes.Paris, Ed.Fleuras, s.d.38p.ill» 15.5cm.(Coll.Jeu et joie, no 102.) PERRAUDIN (Jean).Le beau métier de missionnaire.Nouvelle édition revue et augmentée.Namur, Grands Lacs.167p.ill.18.5cm.(Coll.Lavi-gerie.no 32.) PIACENTINI (R), c.s.sp.L’Ave Maria avec Bernadette.Issaudun (Indre), Dillen & Cie.Dépôt à Paris : Librairie du Carmel.73p.17.5cm.*** Répertoire de 3000 revues, journaux, encyclopédies du monde entier.Québec, « Abonnements pour tous », 1950.132p.21.5cm.SERVAN (Michel).Le cas des chiropraticiens.Chroniques extraites de YInjormation médicale et paramédicale et publiée sous les auspices du collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec.[Montréal, 1950].325p.18.5cm.TOTH (Mgr Tihamer).Le Symbole des Apôtres.3e partie : Le Rédempteur, les souffrances du Christ, la Passion de Jésus.Sermons traduits par l'abbé Marcel Grandclaudon.5e édition.Mulhouse, Editions Salvator, 1950.412p.20cm.$1.35 ($1.45 par la poste) TOTH (Mgr Tihamer).Le Symbole des Apôtres.4e partie : La Résurrection, T Ascension, la Vlerge Marie.Sermons traduits par l’abbé Marcel Grandclaudon.4e édition.Mulhouse, Editions Salvator, 1950.285p.20cm.$1.25 ($1.35 par la poste).WAST (Hugo).Alègre.Traduit de l'espaçnol par Henry Gross.Préface de Philéas Lebesgue.Paris, Ed.Bourrelier et Cie [1947].222p.17.5 cm.(Coll.Primevère.) $0.90 ($1.00 par la poste).N.B.—Seuls les livres dont le prix est indiqué dans les références sont en vente à notre librairie.SERVICE GENERAL D'ABONNEMENT BON PREMIER foujour» ! ^ iWuiW *0 JV CoiiriMi#?JvtUl prit T KT Voilà le record du PRE- MIER ol du plui ifopor.| lent servie* du 9*nr* l «u C«n*d* frençeis I * Conmtln noire rolalogur REVUES do MONDE ENTIER testait ^oalC Tel FR.7383 4234, de la Roche, Montréal-34 LE DROIT D'AUTEUR par Léon-Mercier GOUIN, C.R., Sénateur, avocat et Docteur en Droit Cet ouvrage sera d'un grand intérêt pratique, non seulement pour nos écrivains et artistes, mais aussi pour tous ceux qui dirigent des journaux et des périodiques, ainsi que pour nos maisons d'éditions.Enseignant sur le sujet depuis trente ans, le Sénateur Léon-Mercier Gouin a réussi à condenser dans le Droit d'Autour ce qu'il faut connaître relativement à la protection des oeuvres littéraires et artistiques et à l’usage que l’on peut en faire.108 pages: $1.25 (par la poste: $1.35) DÉCEMBRE 1950 229 Revues REVUES AMÉRICAINES LISTE DES PUBLICATIONS INTERDITES DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC à la date du 2 décembre 1950.Puissent ces périodiques ne pas trouver le moyen de pénétrer che nous tous d’autres noms 1 Art Photography Beauties Beautijul Girls Between Us Carnaval oj Beauty Cover Girls Models Eve Eye Eyejul Famous Models Final Flirt Focus Foto Parade Gala Glamorous Models Hit La Je Male Night and Day Pace Pack O’ Fun Picture Picture Show See Sir Sunbathing Jor Health Magazine Taboo Vue -Nouveauté* HÉRAUTS — album no 15 Comme les précédents, cet album se vend $1.00.On peut se procurer les 15 albums de cette collection, sauf les numéros 2 et 8 qui sont épuisés.Placez tout de suite votre commande pour l’album Hérauts no 16 qui paraîtra le 15 décembre.FRANCELINE par M.-A.GRÉGOIRE-COUPAL Ce livre pour les jeunes en est à son dixième mille.Il a été réimprimé dans une belle collection à $1.00.Les autres titres parus dans cette collection sont dis* ponibles ; mentionnons : Le Cheval d'or, par Odette Oliany, $1.00 Coeurs.d'enfants, par frère E.Goyette, $1.00 Catherine Tebakwstha, par Juliette Lavergne, $1.00 La Sorcière de l’Ilot noir, par M.-A.Grégoire-Coupal, $1.00 Prisonniers des Cavernes, par Guy Boulizon, $1.00 230 LECTURES BIBLIOTHECA Section de l'Association Canadienne des Bibliothécaires de Langue française Siège social t Université de Montréal, Bibliothèque, 2900, boul.Mont-Royal, Montréal Membres du Conseil: Président: M.loseph Brunet/ vice-président: M.Raymond Tanghe;secrétaire: Mlle Juliette Chabot / trésorier: M.Irénée Sauvé, p.s.s.; conseillers : le R.P.Paul-A.Martin, c.s.c., le R.P.Fernand Guilbault, c.s.v., le R.P.Adrien Bergeron, s.s.s., M.J.-C.Bonenfant, Mlle Claire Audet.Ont aussi voix consultative au Conseil : M.Benoît Baril, Mlle Marie-Claire Daveluy, le R.P.G.Houle, s.j., le R.P.P.Trudeau, c.s.v.Message du Président Le début d'une année nouvelle marque un temps d'arrêt dans la vie active des individus et des associations.C'est le moment de faire Je point, d'examiner la route parcourue, de tracer la course future.On repasse dans son cœur les œuvres accomplies au cours des douze mois écoulés, pour y découvrir la part du bien, déceler les écarts et les déficiences : et, à la lumière de ces découvertes, on prend des résolutions énergiques, on choisit les moyens efficaces, en vue d'assurer un progrès continu.L'A.C.B.F.a raison d'éprouver de la joie, quand elle considère la bonne besogne abattue au cours de 1950.Le recrutement a accusé une hausse considérable : le nombre de nos membres étant passé de 247 au 31 décembre 1949 à 405 au 31 décembre 1950.Le travail d'entr'aide s'est manifesté dans l'œuvre des carrefours.Dans les quatre réunions tenues du 15 février au 13 mai, on a discuté les sujets les plus variés : problèmes du catalogue, critères moraux dans l'appréciation des œuvres littéraires, la psychologie et les dangers des livres freudiens, les ouvrages de reference.Nous sommes heureux de profiter de l'occasion pour exprimer notre vive reconnaissance aux membres et aux amis de l'A.C.B.F., qui se sont donné la main pour assurer le succès de ces groupes de discussion.Le projet d'édition de fiches de catalogue est en voie de réalisation.Le congrès de Québec cjui,^ pendant trois jours, du 7 au 9 octobre, a réuni plus de 150 délégués, a contribue a manifester la vitalité de l'association et a fourni 1 occasion a des échanges de vues et à des travaux d'une haute valeur documen-taire.# >a Les membres de l'A.C.B.F.ont donc bien raison d'être fiers : DÉCEMBRE 1950 231 l'année 1950 a été remplie et fructueuse.Ils ne doivent pas, toutefois, oublier le proverbe : « Qui n'avance pas recule ».Nous comptons sur leur prosélytisme pour grossir nos rangs.N'oublions pas qu'une association est forte et respectée,
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