Lectures, 1 février 1949, février
ares Revue mensuelle de bibliographie critique SOMMAIRE IDEAL ET PRINCIPES page « Le Devoir » et la littérature Théophile Bertrand 321 Réflexions d’actualité .Théophile Bertrand 322 ETUDES CRITIQUE8 Partage de Midi de Paul Claudel Jean-Marie Gaboury, c.s.c.323 La Collection du Nénuphar A l’ombre de l’Orford d’Alfred Desrochers Le rêve de Kamalmouk de Marius Barbeau Né à Québec d’Alain Grandbois Jacques Tremblay, s.j.329 Chronique de M.-A.Couturier P.Etienne, o.f.m.cap.333 Histoire de la littérature française d’Henri Clouard .Théophile Bertrand 335 DOCUMENTS De l’art abstrait à la Renaissance humaniste .L.D.H.de La Libre Belgique 341 FAITS ET COMMENTAIRES A travers les diocèses.Montréal — Sherbrooke .342 Revue de l’année 1948 .344 Ecrits de Paris et le Canada français .347 Glanes .348 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d’ouvrages .350 Ouvrages (Voir liste p.2 de la couverture) 350 Revues.375 BIBLIOTHECA Les cours de bibliothécaires à Manchester et à Londres .Juliette Chabot 377 Essai d’un code de classement en langue française (à suivre) Marie-Claire Daveluy 381 L’enseignement de la bibliothéconomie au Canada .384 Nouveautés pour bibliothèques .384 Tome V, no 6 FÉVRIER 1949 Montréal LECTURES REVUE MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le Service de Bibliographie et de Documentation de FIDES Direction: Paul-A.MARTIN, c.s.c.Rédaction: Théophile BERTRAND Technique bibliographique: Cécile MARTIN Publication autorisée par l’Ordinaire.NOTES: 1.La revue est publiée mensuellement, de septembre à juin.Les dix livraisons de l’année constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui de juin), comprend une table méthodique des sujets traités ainsi qu’une table alphabétique des ouvrages recensés pendant l’année.2.Les références bibliographiques sont rédigées d’après les règles de la catalog»-phie.Les cotes morales en usage sont les suivantes: M Mauvais D Dangereux B?Appelle des réserves plus ou moins graves, c’est-à-dire à défendre d’une façon générale aux gens non formés (intellectuellement et moralement) .B Pour adultes.Un ouvrage dont le titre n’est suivi d’aucune de ces quatre mentions est irréprochable et peut être lu par tous.CANADA: ETRANGER: le numéro .$0.35 abonnement annuel .3.50 abonnement annuel .$3.75 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottauta.TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS D'AUTEURS ADHEMAR (J.), 373.ANTOINE (P.), 373.ARTHUS (Dr A.), 356.*** Arts graphiques du Canada au Brésil [1946], 357.ATHANASE (S.).367.AUDET (L.-P.), 373.AUTIN (A.).374.BARBEAU (M.), 329.BARCLAY (V.), 371.BAY (A.), 358.BEAUDUIN (L.), 352.BELANGER (P.), 374.BENOIT XV (S.S.), 374.BERGERON (H.-P.), 367.BERTRAND (A.), 371.BERTRAND (C.), 370.BIBAUD (A.).372.*** Biquette l’extravagante, 370.BIRON (H.).355.BOMMART (J.), 368.BURGESSE (J.A.).374.CHAIGNE (L.).364.CHAIGNEAU (V.-L.), 374.CHAMPRIS (G.de), 367.CHAPOUILLY (M.-A.), 374.CHARPENTIER (J.), 358.CHERY (H.-C.), 352.CHOMETON (A.).350.CLAUDEL (P.), 323.CLOUARD (H.), 335.COUTURIER (M.-A.), 333.DESCARRIES (A.), 372.DESILETS (M.), 365.DESROCHERS (A.), 329.DOMINIQUE, 374.DUGRE (A.).374.DUHAMELET (G.), 859.EDO (J.).359.ELISEE (P.).352.FALARDEAU (E.), 370.FAYOL (A.), 354.FLAHAUT (J.), 372.GARRONE (Mgr), 374.GEORIS (M.), 374.GHYSSAERT (P.), 374.GIRAUDOUX (J.), 363.GOURDON (P.), 376.GRANDBOIS (A.).329.GROUPE LYONNAIS D’ETUDES MEDICALES, PHILOS.ET BIOLOGIQUES, 355.HARPE (C.-E.), 366.HERICOURT (P.), 372.HEROUVILLE (R.P.d’), 362.HOOG (A.), 360.*** Jour de congé, 375.JULIA (E.), 375.LACHAPELLE D’APCHIER (A.de), 360.LAPEROUSE (L.de), 368.LECOMTE DU NOUY (P.), 322 LEGÂUT (M.), 351.LEVASSEUR (Y.) et DOS-TIE (E.).366.MAC CRACKEN (H.), 370.MAILLET (A.), 366.Médecine et éducation, 855.MORISSETTE (J.-F.), 372.*** On s’amuse, 376.PAQUIN (U.), 373.*** Paul et Ninette à la ferme, 375.PESQUIDOUX (J.de), 378.PETIT (A.).375.PION (J.-W.), 373.PLUS (R.P.), 375.POULIN (A.), 375.QUEINNEC (A.), 375.REUZE (A.), 369.SANDY (L).351.SAINT-MAURICE (R.), 373.SALIEGE (Card.), 362.SEVIGNE (Mme de), 862.STILL (D.S.).371.THEORET (P.), 353.THEROL (J.), 360.***Titi et Toto.375.TYRER (A.H.), 357.VEUTHEY (L.), 375.WEYD (P.-M.), 361.WILBOIS (J.).369.FIDES 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 ?PLateau 8335 IDÉAL ET PRINCIPES “Jk 3ievoir et la littêratuxe En annonçant que la Chartreuse de Parme devait prendre l’affiche au théâtre Saint-Denis, le Devoir du 29 décembre dernier serinait après tant d’autres: « l’immortel chef-d’œuvre de la littérature française ».Pourquoi un journal d’esprit catholique accepte-t-il comme communiqués de tels clichés, de semblables bobards, qui puent la publicité dans ce qu’elle a de plus méprisable?Ne sont-ce pas de ces inadvertances ou de ces légèretés qui, lorsqu’elles sont généralisées, infusent peu à peu à une population le poison d’un libéralisme intellectuel néfaste?N’est-ce pas cet état d’esprit déliquescent, cette complaisance, cette fausse largeur de vues, ces « mondanités » de bon ton qui, par le truchement fleuri des arts et des lettres, réussissent le mieux à énerver une pensée, à la corroder?Comment ne pas s’étonner de ce qu’un journal comme le Devoir, qui d’une part se montre râblé, costaud dans tous les ordres de la pensée, qui y défend crânement des principes, une doctrine, louvoie d’autre part aussi facilement sur le plan de la littérature?Le seul quotidien montréalais sérieux auquel l’élite véritable puisse accorder sans remords ses suffrages, souffrirait-il de dilettantisme, d’un dilettantisme mâtiné de snobisme, en ce qui regarde la chose littéraire?En tout cas, on ne peut expliquer que par une carence flagrante de principes fermes, d’une doctrine acceptable, la tenue habituelle de la page littéraire du Devoir depuis quelques années.Nous le constatons avec d’autant plus de regrets que nous gardons par ailleurs, même si nous pouvons quelquefois différer d’opinion avec lui, toute notre estime à l’unique quotidien indépendant, de pensée vraiment libre, de la métropole.Le journalisme n’aurait guère d’attraits s’il n’était que le royaume de la partisannerie, du mercantilisme, du jaunisme, ou même la simple collection pseudo-objective des nouvelles.Nous exigeons d’autant plus du Devoir qu’il peut donner davantage, et il n’y a pas de raison pour qu’il suive le courant, la mode en littérature, alors qu’il sait s’opposer, résister, se tenir debout devant d’autres embardées de l’universelle sottise.Théophile BERTRAND FEVRIER 1949 321 (Reflexion* d’actualité La Revue des Cercles d'études d'Angers publiait, dans son numéro de décembre 1948 (feuillet 2), une très pertinente étude de louvrage de Lecomte du Noùy: l’Homme et sa destinée1 (Human Destiny).En signalant à nos lecteurs cette analyse sympathique de la pensée du célèbre savant, mais qui démasque ses erreurs avec clairvoyance et vigueur, nous profitons de l’occasion pour souligner la valeur exceptionnelle des critiques de la Revue des Cercles d’études d'Angers.Fidélité à la pensée catholique intégrale, prudence devant des nouveautés prétentieuses et en même temps un grand sens de l’actualité, courage à fustiger les aventures doctrinales comme le laxisme moral, telles sont les qualités de cette publication, messagère de la plus pure pensée catholique et française.Quant à Lecomte du Noüy, il est mort à New York le 22 septembre 1947.La revue America du 18 octobre de la même année rapportait qu’« après avoir affirmé qu’il avait écrit Human Destiny dans l’unique désir de sauver l’humanité d’une science vide de Dieu et de la loi morale, il fit une complète profession de foi dans les enseignements de l’Eglise et de soumission à son jugement dans tout ce qui concernait ses écrits et sa vie personnelle.» Quoi qu’il en soit, c’est l’œuvre qui est ici jugée et non l’homme, et cette œuvre, malgré sa générosité, est lourde de nombreuses et graves erreurs.La Revue termine son étude par ces lignes des plus opportunes même au Canada: C sst notre erreur, à nous, et en dépit de la joie que procure leur retour, que cette tendance à faire de ces tard-venus au bercail des maîtres de notre pensée de croyants.Un article de la Documentation catholique posait récemment l’émouvante question: «Nos jeunes ont-ils encore la foi?» Aux considérations de l'enquête, il manquait un chapitre.On ne perd pas la foi d’un seul coup, on glisse; et la première étape pourrait parfois avoir été posée bien inconsidérément par le3 publicistes catholiques, fussent-ils prêtres, qui, avec ou sans de négligentes « réserves », recommandent des ouvrages qui sont en marge de la vérité.Combien de responsables de la formation intellectuelle des jeunes, de leur orientation idéologique et littéraire, devraient méditer ces réflexions! Il est fort à propos également, à notre époque de fièvre évolutionniste, de monter en épingle certains des avertissements du savant biologiste français «aux chercheurs de tibias et de mandibules ».1 La Colombe, Editions du Vieux Colombier, Paris, 1948.222p.322 LECTURES Ainsi : Nous n’arriverons probablement jamais à découvrir l’être original, ou son descendant légèrement modifié, parmi les organismes élémentaires, qui ont persisté pendant des millions de siècles (l’Homme et sa destinée, p.60).Gardons-nous [.] d’interpréter superficiellement les documents, si nombreux soient-ils, de la paléontologie (p.66).En résumé, chaque groupe, chaque ordre ou chaque famille semble avoir pris naissance soudainement.[.] Non seulement nous ne rencontrons en fait aucune forme de transition, mais, en général, il est impossible de relier à coup sûr un groupe nouveau à un ancien (p.74).Il n’existe pas un seul fait [.] qui propose une explication de l’apparition de la vie ou de l’évolution naturelle (p.115).La seule ressource, de l’aveu de Lecomte du Noüy (p.198), est de recourir au postulat.L’évolution est le «postulat» qui « seul semble donner à l’homme sa raison d’être ».En conclusion, d’après ce savant, l’évolutionnisme serait un système commode, une théorie harmonieuse, il n’aurait que valeur d’hypothèse féconde.De telles remarques ne sont pas sans intérêt à une époque où certains prétendent même repenser la théologie en fonction des canons évolutionnistes; elles incitent à la prudence, à la mesure.Théophile BERTRAND ÉTUDES CRITIQUES Pa\tag.e de -Midi En 1906, Partage de Midi a été publié pour la première fois, à la Bibliothèque de l’Occident, à Paris.Cent cinquante exemplaires hors commerce.Pendant quarante ans, voilà tout ce que le monde littéraire put posséder d’une œuvre sur laquelle la rareté de l’offre centrait une attention et une demande extraordinaires.i Claudel (Paul), Partage de Midi.Paris, Mercure de France, 1948.162p.21.5cm.84-2 Dangereux Causerie donnée au programme de Radio-Collège, le Revue des lectures.FEVRIER 1949 323 D’autres facteurs contribuaient à intensifier les curiosités: la gourmandise du scandale ne se laisse pas facilement mater.Malgré toute la discrétion du poète et de ses amis, des histoires circulaient.On savait brûlant, — torride, diraient les Américains, — le sujet de la pièce mystérieuse; on savait que Claudel tirait de sa propre expérience le fond de ses drames.D’autres poèmes contemporains contenaient des passages où l’on ne se gênait pas de lire des aveux partiels.Ainsi dans les Muses: O mon amie sur le navire !.O mon amie! car le monde n’était plus là Pour nous assigner notre place dans la combinaison de son mouvement multiplié, Mais décollés de la terre, nous étions seuls l’un avec l’autre, Habitants de cette noire miette mouvante, noyés, Perdus dans le pur Espace, là où le sol même est lumière.Dans l’Esprit et l’Eau: Et moi aussi, je l’ai trouvée à la fin, la mort qu’il me fallait! J’ai connu cette femme.J'ai connu la mort de la femme.J’ai possédé l’interdiction .Et encore dans Ténèbres: Je suis ici, l’autre est ailleurs, et le silence est terrible: Nous sommes des malheureux et Satan nous vanne dans son crible.Je souffre, et l’autre souffre, et il n’y a point de chemin Entre elle et moi, de l’autre à moi point de parole ni de main.Rien que la mort qui est commune et incommunicable, La nuit où l’on ne fait point d’oeuvre et l’affreux amour impraticable.Il faut reconnaître cependant que tout n’était pas morbide dans ce grand désir que l’on ressentait de connaître P art age de Midi.« Le chef-d’œuvre de C.’audel ! » affirmaient quelques-uns d’un air entendu.Le ton nettement élogieux de la longue étude de Jacques Madaule, maître-exégète de Claudel, sans confirmer la signification exclusive de l’article, maintenait toutefois la majeure partie de ce jugement.A cette sombre tragédie de l’amour humain, Madaule accordait une excellence comparable à celle des plus belles réussites claudéliennes; et il appuyait sa thèse sur de nombreuses et opulentes citations constituant à la fois un régal et un tourment.Les familiers de l’Echange, de l’Annonce, de l’Otage, du Soulier de Satin souhaitaient avec ardeur la confrontation de cette inconnue avec leur pièce de prédilection.Toutes ces raisons conjuguées, on le comprendra sans peine, ont fait des récentes éditions de Partage de Midi un des plus importants événements littéraires de ces dernières années.324 LECTURES Avant d’esquisser l’action du drame, il ne messied pas de nous rappeler ce que Claudel lui-même a dit de son héros: Je suppose un homme que sa vie errante et des préoccupations probablement pour lui plus intéressantes ont jusqu’à midi, jusqu’à la fin de sa jeunesse, séparé du sentiment et même de la pensée de tout amour humain.Quand le rideau se lève, il est sur un bateau en pleine mer qui le ramène vers la Chine.Après tant d’aventures, il vient de courir la plus haute, celle de la vocation religieuse, la Conquête du Soleil, le coup de main sur Dieu.Il a été repoussé.Son orgueil, sa dureté, son incapacité à se dépouiller de lui-même, l’ont éloigné du Bien suprême.Il est là désormais sans aucune force, épuisé par ce grand effort, ayant pour la première fois pri3 la mesure de sa faiblesse, sans autre perspective devant lui qu’une vie désormais insipide et sans but à mener à l’autre bout du monde au milieu d’une solitude ininterrompue.Or sur ce même bateau se trouve une femme, Ysé, mariée à un de ces hommes faibles et insouciants qui sont le type même de l’aventurier, c’est-à-dire de l’homme incapable de résister à son imagination, de l’homme qui manque de force pour s’attacher solidement à quoi que ce soit.Elle est donc privée de cet élément qui est le besoin essentiel de la femme, de la mère qu’elle est, la sécurité! (Introduction à quelques œuvres.) Mesa et Ysé, deux êtres désorbités, se rencontrent donc au midi de leur existence.Autour de la femme rôde déjà Amalric, un aventurier comme De Ciz, le mari d’Ysé, mais d’une autre trempe.Elle a jadis refusé de l’épouser, mais aujourd’hui, il ose lui affirmer qu’il la prendra quand il voudra.Ne sait-elle pas très bien qu’elle ne trouvera pas ailleurs la force qu’il lui faut?C’est pourtant Amalric qui attirera l’attention de Mesa sur cette fausse coquette.Mesa méconnaît d’abord, méprise la belle Madame De Ciz, mais bientôt, parce qu’elle est Ysé, tout simplement, parce que c’est elle et quoiqu’elle lui soit doublement l’impossible, il lui déclare son amour dont il s’émeut de ne pas comprendre tous les pourquoi.Elle, de son côté, subit une étrange attraction pour ce Mesa lourd et timide: elle le sait malheureux, elle devine surtout chez lui supériorité inexplicable, un mystère, une présence occulte dont elle redoute cependant le pouvoir.Elle pressent qu’une passion partagée sera une rencontre avec la mort et des deux, à ce moment, c’est elle la plus sage, qui exige de Mesa le renoncement et la promesse qu’il ne l’aimera pas.Quelques semaines plus tard, à Hong-Kong, scène du deuxième acte, l’arbre tombe enfin du côté où il penchait.Dans un dernier recours contre sa propre faiblesse, Ysé supplie son mari de se dispenser d’un voyage d’affaires et de rester avec elle; elle lui demande ce qu’une femme est en droit d’attendre de son époux: sa protection.Obsédé par sa cupidité, De Ciz refuse et jette ainsi définitivement Ysé dans les bras de Mesa.Dans un lugubre décor de cimetière où l’or ne respire que mort et pourriture, les amants s’étreignent en disant: «Tout est fini».Récusant sa vocation spi- FEVRIER 1949 325 ritualiste, avec la parfaite compréhension de son forfait, l’homme prononce la terrible parole: «Je te préfère, Ysé! » D’un côté, Ysé, et de l’autre, tout, moins qu’elle n’y est pas; l’aventurier de l’idéal choisit contre l’esprit le désordre charnel.Ysé s’enchevêtre dans cet amour qu’elle sait être la mort, quitte pour lui ses enfants, trahit son mari: Et qu’il meure s’il veut! Tant mieux s’il meurt! Jo no connais plus cet homme.Troisième acte.Deux ans ont passé.Une plantation dans le Sud de la Chine, au moment d’une insurrection.Ysé a quitté Mesa toujours incapable de se livrer totalement; elle a rencontré Amal-ric qui a réalisé sa prédiction et s’est approprié la femme désemparée, avide de sécurité.L’enfant de Mesa est né sous le toit d’A-malric.Ce soir doit marquer leur terme, car la mort leur a fixé le suprême rendez-vous: les indigènes en révolte assiègent la plantation et Amalric doit faire sauter leur dernier refuge avec ses habitants.Tandis qu’Ysé reste seule, occupée à sa dernière toilette, paraît Mesa qui a traversé la cohue des insurgés, grâce à un signe sur lui que tous respectent.L’amant délaissé s’émeut, adjure, cajole, insulte, menace; Ysé reste obstinément silencieuse.Une lutte courte mais brutale avec Amalric laisse Mesa brisé et inconscient.Le couple s’enfuit avec le laissez-passer du blessé, sans l’enfant, car Ysé.après un long moment dans la pièce voisine, est réapparue avec la nouvelle que son dernier lien avec Mesa venait de disparaître.Tout semble bien perdu pour l’homme qui avait pourtant manifesté des signes de prédestination: l’amour de la femme lui a échappé, comme autrefois l’amour de Dieu.Dans une incomparable méditation, un ineffable cantique, Mesa sort des profondeurs de l’abîme et se rétablit dans sa condition de créature rachetée et bénie.Puis à son tour Ysé rentre en scène: son grand amour jamais éteint pour Mesa triomphe à cette heure tardive, et par-dessus tout, elle vient aveuglément chercher en lui la Présence secrète, le Mur quelque part que l’on ne voit point mais dont la résonance du pas dans la nuit décèle l’existence.Libérés enfin par la mort de Ciz, par l’intelligence supérieure de leur destinée, ils s’épousent dans le consentement réciproque et la confession commune, ils attendent avec allégresse le partage de minuit qui aboutira, après les longues, les pénibles routes qu’ont encore à franchir leurs âmes en travail, à la suprême transfiguration de Midi.L’heure nous presse: nous n’avons pas loisir de nous arrêter sur l’hallucinante intensité du sentiment dramatique, l’économie de cette distribution à quatre personnages, la saveur «Tristan et Yseult » de cet amour qui est la mort, la splendeur du style où contrastent cependant nombre de vers expressifs qui « rasent la prose » selon la formule de l’abbé Bremond : Jacques Madaule a d’ailleurs traité tous ces points, avec une autorité encore iné- 326 LECTURES galée.Permettons-nous toutefois de discuter à nouveau le contenu moral de l’œuvre.Dans l’ensemble de ses péripéties, Partage de Midi se présente comme une histoire atroce.Schématisée, la pièce n’est qu’une variante d’un thème bien connu : le thème du Démon de Midi.Mesa, Ysé, Amalric se traînent dans l’adultère.De Ciz seul y échappe, mais sa cupidité, sa suffisance et sa générale faiblesse de caractère le marquent d’un signe peut-être plus infâmant encore.Mesa, il est vrai, reste torturé par les aspirations d’une âme qu’il ne peut accorder à autrui, car elle ne lui a jamais appartenu; Amalric est un oiseau de proie vigoureux que son ignorance du spirituel et sa limitation dans le temps rendent compréhensible; Ysé quitte ses enfants, elle trahit successivement son époux et son amant, tout semble indiquer qu’elle est directement responsable de la mort de son dernier-né, et malgré tous ces crimes, on perçoit chez elle la capacité de ce total don de soi d’où s’élancent les grandes destinées.Il y a d’ailleurs comme l’indique le texte en quelques endroits, d'autres circonstances susceptibles d’alléger en partie ses responsabilités.Mais le plus coupable est encore Mesa.Il n’a pas voulu reconnaître sa mission, qui était d’apporter à cette femme inquiète mais généreuse, ignorante mais intacte encore moralement, la révélation de ce Dieu qu’il portait en lui et qu’elle cherchait inconsciemment dans ses ténèbres.C’est le sauveur désigné qui devient la tentation, le pasteur qui se transforme en loup ravisseur.Dans l’esprit du lecteur comme sur les lèvres de Mesa surgit la question capitale: Pourquoi?.Pourquoi faut-il que je vous rencontre Sur ce bateau, à cet instant que ma force a décru, à cause de mon sang qui a coulé?Pourquoi cette femme?pourquoi la femme tout d’un coup sur ce bateau?En effet, pourquoi, dans la vie des hommes, cette tentation subite et pratiquement souveraine de l’amour envahisseur qui ne se contente plus de la communion des âmes mais qui avec obstination exige son prolongement dans l’union chamelle?Pourquoi cette effroyable lame de fond qui emporte dans son attaque foudroyante jusqu’à des vertus éprouvées?Il y a parmi les lecteurs actuels de ce drame, des cœurs jadis généreux — et nobles encore — qui se reconnaissent les frères de Mesa dans ce cruel partage de midi.Rien de plus douloureux que d’entendre, de ces âmes conscientes de l’infructueuse substitution, scurdre la plainte désespérée : Pourquoi, Seigneur, avez-vous permis cette iniquité?Pourquoi avez-vous permis ces épousailles tronquées, dans un amour impie avec une chère chose qui n’est cependant pas le bonheur?FEVRIEP.1919 327 Car telle est la profondeur du mystère: Dieu ne peut vouloir le mal moral, mais tout ce qui arrive n’arrive que par sa permission, mais « tout est grâce » comme disait le petit curé de Bernanos.Il est sans doute facile d’alléguer que ces déchéances se rattachent en leur principe à une restriction capitale, à la mise en réserve d’une certaine part de son âme que l’on tient à jalousement garder pour soi.Déjà, sur le bateau, Ysé faisait remarquer à Mesa qu’il ne savait pas s’occuper des autres, qu’il ne pensait qu’à lui-même, qu’il était plus facile de s’offrir que de se donner.Parce qu’elle ne le possédait pas, avouera-t-elle plus tard à son deuxième amant, parce que Mesa ne s’était pas donné, elle aussi s’était retirée.A son tour, dans son cantique funèbre, Mesa confessera à son Dieu ne pas l’avoir aimé comme il faut, mais pour l’augmentation de sa science et de son plaisir.Tel était le vice radical de Mesa; un vice analogue doit se trouver sans doute au cœur de ceux que terrasse le démon de midi.Leur problème n’en perd pas pour cela sa cruauté ni son pathétique; la disproportion apparente entre la faute et le châtiment n’en reste pas moins le secret de la Providence.C’est à Dieu que revient le dernier mot, la solution illumina-trice.Le drame de Claudel se termine sur la rédemption de la passion coupable.Mais ici encore le théologien orthodoxe trouvera matière à censure.Ysé revient à Mesa pour affronter une mort certaine, ce qui équivaut à un suicide; et elle laisse une fois de plus à l’abandon ses deux jeunes enfants, à qui la devait consacrer la plus élémentaire charité.On pourra répondre à la rigueur que les voies de Dieu sont insondables, qu’il est Maître et Seigneur de toute destinée et libre de sauver qui II lui plaît.On ne peut cependant oublier que le véritable « dieu » du drame, c’est le poète lui-même; il n’est impertinent de trouver pour le moins assez curieuse sa conception, en l’occurrence, des conduites providentielles.Tout compte fait, Partage de Midi est un drame puissant, mais un peu à la façon de Tristan.Lecture finie, on songe à la remarque de Mauriac sortant d’une audition du chef-d’œuvre wagnérien: «Nous avons avalé une fameuse gorgée de poison».Avouons toutefois que l’application en est un peu forcée, voire méchante.L’itinéraire spirituel de Mesa comporte deux pôles bien supérieurs aux termes du voyage de Tristan.Il lui manque cependant la sérénité triomphante de l’Annonce et du Soulier de Satin, la conquête de la sainteté dans le renoncement libérateur.J.-M.GABOURY, c.s.c.328 LECTURES Jji “Collection du .Nénuphar” (i) Si différents l’un de l’autre que paraissent les trois ouvrages suivants: A l'ombre de l’Or ford2 par Alfred Desrochers, le Rêve de Kamalmouk3 par Marius Barbeau, et Né à Québec4 par Alain Grandbois, il convient quand même de les présenter ensemble puisque c’est ensemble qu’ils viennent de nous être donnés dans une même collection.Sur leur toute semblable couverture “album” de papier vergé couleur crème, s’allument le rouge vif et le noir d’un guillochis joliment décoratif et des titres.Au centre, miniature d’un bois gravé où s’épanouit la fleur blanche de nos lacs, que surmontent puis soutiennent les lignes suivantes: Collection du Nénuphar, les meilleurs auteurs canadiens.Fides.Cette collection est publiée sous la direction de M.Luc La-courcière, professeur à l’Université Laval.C’est dire qu’au jugement de M.Lacourcière ces trois ouvrages que nous venons de nommer méritent à leurs auteurs d’être comptés parmi les écrivains canadiens les plus représentatifs.Cherchons donc ensemble qu’est-ce qui a valu à ces oeuvres d’être l’objet d’un tel jugement d’excellence.* * * A fombre de l'Orford d’Alfred Desrochers est un recueil de poèmes sylvestres et virgiliens à la gloire de la vie champêtre, du travail forestier et du village des Cantons de l’Est.Treize nouveaux poèmes que ne contenait pas la première édition de 1930 trouvent place dans l’édition de la Collection du Nénuphar sous le titre général de Cycle du Village.Une première lecture des seuls titres évoque en l’âme les tableaux idylliques du Labour, de la Sieste du midi, de VAbatis, de la Traite des vaches, de la Cueillette des pommes de terre’, mais 1 Causerie donnée au programme de Radio-Collège, la Revue des lectures.~ Desrochers (Alfred), A l’ombre de l’Orford, suivi du Cycle du village.Montréal, Fides, 1948.llGp.21.5cm.(Collection du Nénuphar, no 6) $1.25 ($1.35 par la poste).C84-1 3 Barbeau (Marius), Le Rêve de Kamalmouk.Montréal, Fides, 1948.231p.ill.21.5cm.(Collection du Nénuphar, no 8) $1.50 ($1.65 par la poste).C84-3 4 Grandbois (Alain), Né à Québec.Louis Jolliet.Récit.Montréal, Fides, 1948.207p.21.5cm.(Collection du Nénuphar, no 7) $1.50 ($1.65 par la poste).92:9 FEVRIER 1949 329 dès que vous entrez dans les poèmes eux-mêmes, vous êtes étrangement surpris par l’allure sombre, dure, revêche du ton, par la présence latente d’une sorte de hargne romantique sans objet précis.Et dès le sonnet liminaire l’auteur vous avertit que Le livre que voici n’est pas œuvre d’artiste: C’est tout au plus un humble ouvrage d’artisan, A qui mieux eût valu de rester paysan, Comme furent tous ceux-là par qui j’existe.Le rythme de ces vers est si lourd qu’il m’attriste Et j’ai eu le frisson du doute en les faisant; Tels quels, pourtant, je vous les offre, en m’excusant Que si peu de la force ancestrale y subsiste.N’importe! J’eus l’espoir dont vécurent les miens, De laisser en mourant, moi-même quelque bien Et l’honneur de garder vaillante la lignée: Trop faible pour ouvrer comme eux un sol nouveau, J’ai mis leur conscience et leur âme acharnée A modeler le rêve obscur de mon cerveau.Que M.Desrochers nous permette de ne point nous ranger entièrement à son avis ; car le moins qu’on en puisse dire, c’est qu’il se montre bien sévère dans ce jugement, à l’endroit de son œuvre où abondent les vers qui ne sont pas sans beauté, comme ceux-ci par exemple : Des ombres que le soir allonge sur le sol.Plus loin : La rosée étincelle à l’aurore, et confère Aux toiles d’araignée un lacis de brocarts .Pour ces vers vraiment artistiques, et pour beaucoup d’autres, lui seront pardonnés cette sorte de désespoir sombre et cette dureté de trempe qu’il revendique comme siens: Mon trisaïeul, coureur des bois, Vit une sauvagesse un soir.Tous deux étaient d’un sang qui n’aime qu’une fois; Et ceux qui sont nés d’elle ont jusqu’au désespoir L'horreur de la consigne et le mépris des lois.Si c’était vrai, M.Desrochers ne nous donnerait pas si souvent des vers parfaitement réguliers et d’une frappe toute classique.Quoi qu’il en soit, M.Lacourcière a jugé bon de faire entrer dans la Collection du Nénuphar, A Tombre de l’Orford, « comme un moment, écrit-il, important de l’évolution de notre poésie ».Il est incontestable que cette œuvre méritait réédition, à tout le moins comme document historique.* * * Dans son roman le Rêve de Kamalmouk, Marius Barbeau nous initie à une mentalité et à une culture absolument inouïes, celles des Tsimsyans, peuplade indigène de la côte du Nord-Ouest 330 LECTURES canadien.Il nous fait assister à la tragédie du conservatisme ethnique des Peaux-Rouges aux prises avec l’agressivité envahissante des Blancs.Dans ce récit trouve place l’érudition du folkloriste, de l’ethnographe et de l’anthropologiste éminent qu’est M.Barbeau.Déjà, toute cette science remarquable avait été consignée dans des publications techniques ; mais le roman qui donne vie à toutes ces données scientifiques, bien que déjà paru en anglais en 1928 sous le titre de The Downfall of Temlaham, est vraiment une primeur en français, car cette version, comme nous en avertit M.Lacour-cière, s’est enrichie d’une abondance considérable de documents nouveaux sur le folklore et la poésie lyrique de cette peuplade indienne.Au cours du roman, d’innombrables tableaux étranges et neufs nous introduisent dans un univers sacral de symboles poétiques qui se transforment souvent en féeries, comme en témoigne cette page entre beaucoup d’autres : Pendant que (la femme) Rayon-de-Soleil, tacitement provocante, restait debout en arrière de son fils, un silence se fit soudain.Un personnage chevelu paraissait sur le seuil; c’était Ni-touh, qui fit une pause, suivant l’usage.Les hérauts s’écrièrent: — Voici Nitouh de Ségyukla, dont le nom signifie Image-au-Miroir-du-Lac.A Nitouh hommage et bienvenue de la part de tous! Afin d’atténuer le désappointement qui l’attendait de la part de sa nièce, les neveux de l’hôte Mali battirent le sol et, se hâtant de dramatiser son nom tel qu’il arrive parfois, ils entonnèrent le chant rituel qui lui était propre.En chantant, ils feignaient de tremper dans l’eau de petits miroirs de la grandeur de la main pour les lever aussitôt et se mirer dedans avec complaisance: — Je contemple mes propres traits duyis le lac, en contournant le pied des falaises.Pour la première fois en ce jour, le chœur des Alisettes, formé de jeunes filles et d’adolescents en costume, debout sur les gradins à l’arrière de la maison, prit part au symbole en chantant d’une voix aussi aérienne que les pins chevelus dans le vent d’ouest.Leurs chants descendent des temps anciens qui s’enveloppent dans uno nuit poétique: — Et VArc-cn-Ciel me soulèvera du lac où je me mire jusqu’à l’étoile du crépuscule.A la lecture de tels tableaux, on sent que M.Barbeau est parvenu au point où l’érudition est si intimement, si largement et si profondément possédée qu’elle s’organise en lui en inspiration d’ordre poétique.Et, dans le Rêve de Kamalmouk, d’un ordre poétique qui touche parfois à l’épopée.* * * Si toutefois ce qu’il vous plaît de demander à un auteur c’est le plaisir que donne la lecture d’une écriture de texture fine, où toutes les ressources de sonorité de la langue sont mises à profit, où tout le pouvoir évocateur des vocables est maîtrisé avec une souplesse et une rigueur qui sont les signes d’un art complet, c’est FEVRIER 1949 331 à Alain Grandbois qu’il vous faut vous adresser.Il semble bien que parmi tant d’auteurs canadiens renommés, et à juste titre, ce soit pourtant le privilège d’Alain Grandbois d’être parvenu à cet accord extrêmement rare entre les valeurs musicales de la langue et une sensibilité racée de toute la personne qui dévoile le sens intime des êtres.Ce sont en effet ces plus hautes qualités littéraires qui font du récit intitulé Né à Québec un ouvrage infiniment plus remarquable qu’il ne paraît avoir été remarqué depuis sa parution à Paris en 1933.Cette vie romancée de Louis Jolliet, déjà très prenante comme reconstitution historique d’un milieu et d’une époque, témoigne non seulement d’un sens inné de la grandeur par la beauté intense et discrète de ses tableaux ; mais elle compte de nombreuses pages qui feraient honneur aux plus purs stylistes de France par ces mêmes qualités d’écriture qui font considérer Pascal comme l’un des plus puissants lyriques.Ainsi, pour peu que vous ayez le goût de l’analyse, vous percevrez que très peu de pages dans nos lettres atteignent à la qualité de celle-ci : Au coin du feu, Simone filait.Le chant du rouet berçait l’heure.La lueur d’une flamme plus haute avivait sa joue.La laine glissait doucement entre ses doigts minces, blancs.Plus loin, au fond de la pièce, dans l’ombre tiède, le berceau.Un cri s'en élevait parfois.Cri d’oiseau, d’ange.Et Adrien s’approchait de la fileuse, parlait.Il lui disait, à voix basse, ces peuplades é-tranges et rusées, ces forêts baignées de rivières, ces torrents chavirant les pépites de cuivre, cette vie large, forte, pleine de prodiges, cette renommée qui collait au torse des découvreurs comme un pourpoint rouge.Il invoquait des fins d’été qui mûrissaient de lourds raisins violets, les hivers féeriques, les fastueux printemps.Ce domaine pouvait contenir trois Europes! Confinait-il aux mers chaudes de la Chine?Quelque passage le reliait-il aux froides extrémités de l’empire moscovite?Ses flancs renfermaient-ils l’or, le cuivre, le rubis, l’émeraude, le jade, le diamant?On affin .ait que ses forêts grouillaient d’un gibier multiple, que ses eaux foisonnaient des plus succulents poissons; on assurait que la sève de certains arbres, au printemps, fournissait une liqueur plus délectable que miel.On racontait.Que ne racontait-on pas?Il parlait auLsi de Dieu, du Roy.Il y avait de longs silences.Le rouet ne chantait plus.Simone, immobile, inquiète, songeait.De ces pages sont peut-être parmi les plus fortes et les mieux venues de nos lettres.Grâce à M.Lacourcière, l’édition canadienne leur donne, pour la première fois chez nous, publicité.A l'ombre de l'Orford par Alfred Desrochers, recueil de poèmes; le Rêve de Kamalmouk par Marius Barbeau, roman de folklore ; Né à Québec par Alain Grandbois, biographie romancée de Louis Jolliet ; trois livres que nous présente simultanément la Collection du Nénuphar comme des meilleurs auteurs canadiens.Jacques TREMBLAY, s.j.332 LECTURES Chronique 0> La tâche n’est pas facile pour qui veut rendre justice à un livre de cette nature.Chronique est composé de textes écrits au jour le jour, nés « des émotions ou des inquiétudes du moment » (p.7).Ces émotions et ces inquiétudes sont celles d’un Français « en exil » en Amérique durant la guerre, d’un grand ami de la liberté et d’un artiste profondément sensible.Ce livre n’est pas de tout repos.C’est bien ainsi sans doute que le voulait le R.P.Couturier, ennemi des demi-mesures, du conformisme de tout acabit.L’auteur est-il toujours sérieux cependant ?Ne s’amuse-t-il pas parfois au paradoxe ?Ce lui est égal d’avoir des catholiques dans le gouvernement de la France.« Nous aimons mieux un juif qui sache son métier d’homme politique qu’un catholique qui ne le sait pas.» Nous aussi.Mais à compétence égale nous choisissons le catholique.Car la politique, surtout celle du 20e siècle, ne se borne plus à un ordre purement administratif.Trop de questions touchent à la conscience du chrétien, qui ressortissent à la chose publique.Le R.P.est-il donc satisfait de la solution apportée à la question scolaire en France ?La séparation de l’Eglise et de l’Etat ne fut pas un mal pour l’Eglise de France, elle fut une « libération ».Elle a libéré les « mentalités ecclésiastiques du danger de servilité et du danger du cléricalisme » (p.18) ; servilité qui est soumission au Pouvoir, cléricalisme qui est « corruption de l’autorité spirituelle par son extension abusive à des domaines qui ne relèvent pas d’elle» (p.20).Cette affirmation est sérieuse.Et les preuves n’existent à peu près pas.Oui, l’Eglise gagne toujours à se libérer des entraves de l’Etat.On ne conçoit plus la souveraineté du Pape de la même façon qu’au 13e siècle.Pourtant, le prêtre ne doit pas « rester dans la sacristie ».Il doit au plus tôt gagner le terrain social avant qu'une politique socialiste ou communiste ne s’en empare.Le terrain social, voilà un autre domaine touché par l’auteur.Pourquoi faire croire que les catholiques ont été très généralement du côté des riches?Pourquoi ignorer les tentatives d’Ozanam et de son groupe, celles de de Mun et de tous ceux qui l’ont suivi à la fin du 19e siècle?Il est une pensée chère à l’auteur et qui éclaire tout le volume: l’amour de la liberté.Or cette liberté serait l’apport de la Révolution de 1789.Encore un peu et nous verrions une auréole sur le front de Robespierre.Sans doute les Canadiens ne comprendront jamais la France, qui estiment 1789 un mal.Mais les révolutions sanglantes ont toujours fait plus de mal que de bien, « plus d’apos- 1 Couturier (M.-A.), Chronique.Montréal, l’Arbre [cl947l.191p.19.5cm.$1.25 ($1.35 par la poste).84-94 Appelle des réserves.FEVRIER 1949 333 tats que de martyrs », comme dit l’auteur.Je ne vois pas qu’il y ait tellement de différence entre les exécutions à la Robespierre et les purges de Staline ou d’Hitler, toutes faites au nom de la liberté du peuple.Quand le R.P.parle de l’art, il est chez lui.Ce nous vaut de belles pages.L’art est un don, voilà pourquoi il exige la jeunesse, la liberté.C’est l’expression de la dignité et de la grandeur humaine.Libre au P.Couturier de penser que la peinture moderne, l’école de Paris est la seule vraie peinture qui existe.Mais est-il vrai que « les forces spirituelles sont dans chaque homme [à ce point] limitées [que] généralement il ne lui en reste plus assez [après les avoir dépensées à son art] pour être encore avec cela un homme de bien, honnête, sage, désintéressé »?Je préfère la position d'Art et catholicisme.« Comme les autres hommes, les artistes sont, le plus souvent, à la merci de leur tempérament.Si l’art de soi ne mène pas à Dieu, on n’a pas non plus le droit de laisser entendre que de soi il en détourne.» Mais dans le P.Couturier, ce n’est pas le politique ou l’artiste qui donne sa mesure, c’est le prêtre, celui qui s’est penché sur les âmes, qui a vu leurs misères et leurs grandeurs.Dans ces pages, quel respect des âmes, des consciences, de leur liberté ! Quel désir de compréhension ! Bien des passages sont un écho de l’Evangile, de la charité du Christ.Qu’on lise, par exemple, la Onzième heure (p.53).Le monde ne se sépare pas en bons et en méchants.Tous les hommes, malgré l’ignorance, l’erreur ou l’intérêt, tendent vers la lumière du Christ, et seule la charité peut les en rapprocher.C’est cette charité, cette sympathie qui aura valu au R.P.Couturier bien des amitiés dans les milieux même indifférents ou hostiles.C’est ce respect d’autrui que nous aurions désiré voir s’exprimer non seulement envers les Juifs, les artistes, la Troisième République, de Gaulle, les morts de la guerre, mais aussi envers les catholiques du 19e siècle et ceux d’aujourd hui.P.ETIENNE, o.f.m.cap.Simplifiez vos affaires, économisez votre temps et votre argent! Confiez TOUS vos abonnements à TOUTES publications périodiques du CANADA et de l'ÉTRANGER au ternit So/iil service général d'abonnement 777, avenue Stuart, Outremont, MONTRÉAL-8, Canada Listes adressées gratuitement sur demande.334 LECTURES Jfiâtone de la lit têtu ture Itançaiâe DU SYMBOLISME A NOS JOURS1 Histoires de la littérature française sont nombreuses.Nous avom déjà présenté dans Lectures celles de Kléber Haedens-, de René Jasinski-, de Parvillez et Montcarey4.L’ouvrage d’Henri Clouard, dont je dois vous parler à l’instant, ne couvre pas, malgré ses dimensions, tout le champ de cette littérature : il s’étend, comme le montre le titre, du symbolisme à nos jours.Cette indication souligne déjà 1 intérêt possible d’une œuvre qui nous entretient d auteurs contemporains dont un grand nombre nous sont familiers.Cette possibilité devient réalité : Henri Clouard nous offre une analyse serieuse, clairvoyante et aussi complète que faire se peut de la vie littéraire française de la fin du 19e siècle et des quatre premières décennies du 20e.L’ouvrage comprend deux tomes.Je n’ai pu encore me procurer le second, mais je n ai pas cependant hésité à vous présenter aussitôt le premier, en raison de son ampleur et de sa réussite, et avec 1 intention de clc.*e par une œuvre de mérite les émissions de la Revue des lectures pour l’année 1948.Comme le marque la page-titre, ce tome s’étend de 1885 à 1914.Nous entrons donc dans le grand fleuve de la littérature française au moment de la réaction symboliste contre le naturalisme et nous en descendons le cours jusqu’à la première Grande Guerre.Ce fleuve, on s en doute, est immense et aux méandres capricieux ; il roule les flots tourmentés de courants idéologiques multiples qui brassent des théories littéraires souvent des plus abracadabrantes : symbolisme, décadentisme, vers-librisme, naturisme neo-symbolisme, realisme psychologique, lyrique et mystique, mé-diterraneisme, humanisme, surhumanisme, romanisme, modernisme total, paroxysme, unanimisme, simultanéisme, synoptisme poly-plans, xntégralisme, cubisme, futurisme, et autres.Un telle pléthore de doctrines, de recettes ou de fumisteries témoignent bien plus du desordre d’une époque que de sa richesse.Décomposition d’une pensee et de son expression qui prolifère sauvagement en végéta- 1 Clouard (Henri), Histoire de la littérature française Du svmbo-fc6 21 5cmJOUr3' T* 1: De 1885 à 1914‘ Paris’ Albin Michel [01947?: r-*4'" • j , Appelle des réserves tures aUSene donne€ au Programme de Radio-Collège, la Revue des Lee- * Haedens (Kleber), Une Histoire de la littérature française Cf Lectures, oct.1946, p.94.v sept31948 nS^9 ^ ’ Histoire de littérature française.Cf.Lectures, ne r4 Parvillez (A.de) et Moncarey (M.), La Littérature française.Cf.Lectures, mai 1948, p.236.FEVRIER 1949 335 tion bizarre et redondante comme les broussailles d’un champ en friche! Luxuriance de cimetière abandonné dont les plantes, les fleurs et les herbes sont d’autant plus diverses, folles et drues qu’elles se nourrissent de cadavres ! Ces études des écrivains, des penseurs, des doctrines, des chapelles et des écoles s’ordonnent dans une synthèse magistrale.Il ne s’agit pas, en effet, d’un simple Manuel mais d’un vrai Cours de littérature et même d’une Histoire des idées.Cette Histoire présente encore à l’occasion des raccourcis philosophiques remarquables et c’est ce qui ajoute à sa valeur car, qu’on le veuille ou non, toute littérature est fonction d’une sagesse.Même le Manuel ne doit pas négliger de telles perspectives : en désencombrant l'histoire littéraire du fatras pédantesque de l’érudition, il doit savoir ordonner sa matière autour d’idées-clefs, d’idées-repères, la placer dans le courant de l’histoire générale, ne pas être une simple collection de dates, d’auteurs et de livres, ne pas se contenter d’être un « vain exercice de mots et de formes », l’Histoire de Clouard est un modèle du genre, pour le grand public.Elle se divise en deux parties : le Temps du symbolisme et D’un siècle à l’autre.La première présente d’abord les chefs de file du symbolisme: Verlaine, Villiers de L’Isle-Adam, Mallarmé, Corbière, Rimbaud, Laforgue, Lautréamont; viennent ensuite J.-K.Huysmans, les décadents Laurent Tailhade et Alfred Jarry.Après nous avoir parlé de l’influence étrangère, du programme symboliste, du vers libre et d’autres sujets connexes, on nous présente les poètes de moindre importance, le théâtre symboliste, les romanciers, les conteurs et les moralistes du mouvement.On constate assez tôt que les mêmes noms reviennent dans plusieurs divisions différentes : c’est que l’auteur, tout en se soumettant à la classification par genres, suit aussi fidèlement que possible le tourbillon de l’évolution littéraire, respecte l’ordre chronologique dans ses grandes lignes, un ordre chronologique ample qui ne nuit en rien au déroulement primordial des théories, qui lelir assure simplement un cadre matériel convenable.Cette méthode me semble avantageuse pour une œuvre de cette envergure : elle permet une intégration plus adéquate du développement logique des idées dans la trame même de la vie.Face au symbolisme, parallèlement à lui, surgissent et rayonnent d’autres écrivains, d’autres groupes.Défilent alors devant nous Anatole France, Pierre Loti, Paul Bourget, Elémir Bourges, les démoniaques Rachilde et Jean Lorrain Maurice Barrés, Jules Renard, Boylesve et Rebell, Pierre Louvs, Aloert Samain, Francis Jammes, Henry Bataille, Jean Moréas, Paul Fort, Henri de Régnier, Abel Hermant, Marcel Prévost, Léon Daudet, Paul Marguerite, Porto-Riche, Jules Lemaître, Courteline.Citation b’en incomplète et souvent arbitraire des étoiles de première grande JT, des écrivains du terroir, des vedettes de 1 evolution poétique, des romanciers analystes, psychologues sociaux et psychologues de 336 LECTURES l’individu, des grands noms du théâtre; elle peut cependant donner quelque idée de l’abondance de la matière.La seconde partie comprend deux vastes chapitres: la Pensée et les Lettres, qui se ramifient en de nombreuses subdivisions.Les œuvres les plus importantes sont analysées de façon assez élaborée.Pour la Pensée, ce sont Bergson, de nouveau Anatole France et Maurice Barrés, Charles Maurras, Romain Rolland, Charles Péguy, Rémy de Gourmont et nombre d’autres; dans les Lettres, reviennent des noms déjà cités, et c’est ensuite Léon Bloy, surtout Paul Claudel; on y voit encore André Gide à ses débuts, Lucie Delarue-Mardrus, Renée Vivien, la Comtesse de Noailles, Charles-Louis Philippe, Louis Le Cardonnel, Jules Romains, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Edmond Jaloux, Paul Adam, Henry Bataille, Henry Bernstein, Tristan Bernard, parmi des dizaines d’autres.La mention des étiquettes et des groupes n’est pas moins éloquente: réalisme lyrique, Ecole d’Alix, naturisme, les Amazones, littérature de sympathie populaire, traditionnalisme, néo-symbolistes, drolatiques, fantaisistes, l’Abbaye, romanciers de multiples obédiences.Malgré leur monotonie, de telles nomenclatures ne sont pas superflues: elles suggèrent l’étendue d’une étude qui nous touche de si près, dont la plupart des sujets et des noms sont l’objet de nos préoccupations habituelles; le lecteur brûle alors d’ouvrir le deuxième tome, qui le conduira jusqu’en 1940, où il rencontrera des écrivains d’aujourd’hui et qui achèvera de l’aider à s’orienter dans le maquis, ou le labyrinthe, des œuvres, des systèmes et des aventures.* * * Les qualités maîtresses de cette Somme de la littérature française contemporaine me semblent être sa conception intégrale de la critique, son réalisme spiritualiste, sa lucidité et sa franchise.Ce sont là des qualités complémentaires et les quelques défaillance» que je dénombrerai par la suite ne suffisent pas à les infirmer.Comme l’a écrit Mgr Calvet, il faut « sortir de ce formalisme gris et neutre où s’enferment la plupart des Manuels » et, ajoutons-le, trop d’ouvrages critiques, trop de critiques littéraires.Henri Clouard ne néglige pas la forme, ni le style, ni la technique; mais il n’oublie pas d’ordinaire le fond, ni la pensée, ni les sentiments: il fait de la critique intégrale.Ses connaissances théologiques et philosophiques, sa maîtrise des idées générales lui permettent de repérer les centres ordonnateurs, de détecter les zones fondamentales d’influence, de suivre les courants idéologiques souterrains dont les lettres ne font qu’amener à la surface, sous le ciel du beau, le potentiel esthétique.En littérature, comme dans les autres aires de l’art et de la pensée, les théories et les œuvres naissent, se développent et s’or- FEVRIER 1949 337 ganisent autour de trois thèmes fondamentaux, en fonction de trois attitudes devant le réel et la vie: deux positions antithétiques également erronées, l’idéalisme et le matérialisme; un centre transcendant qui assume dans son intégrité la vérité partielle de ces extrêmes, le réalisme spiritualiste.Les deux erreurs idéaliste et matérialiste s’appellent et s’engendrent mutuellement tour à tour par le jeu d’une dialectique rigoureuse à la fois sur le plan logique et sur le plan existentiel.L’équilibre réaliste spiritualiste accompagne les temps de repos, les grandes heures de réussite humaine, l’euphorie de l’ordre.Les lettres n’échappent pas au champ magnétique de ces pôles et le symbolisme littéraire est un satellite de l’univers idéaliste.Henri Clouard, sans se cantonner dans ce vocabulaire spécialisé, sans abuser du vocabulaire technique, sait nous suggérer ces perspectives intégrales.Ses allusions fréquentes aux grandes catégories de la pensée moderne, sa chasse persévérante à l’individualisme, dont le romantisme et le symbolisme sont surtout des excroissances idéalistes, témoignent du réalisme sain auquel il doit son sens critique, sa perspicacité.On ne s’étonne pas alors que dans l’organisation de son ouvrage, l’idée religieuse apparaisse en fin de compte comme « le fil qu’il faut tenir pour ne pas s’égarer dans l’histoire de notre littérature », selon une réflexion fort pertinente de Mgr Calvet.Dans ces perspectives, les études sur Maurice Barrés, Charles Maurras, Romain Rolland, Charles Péguy, Léon Bloy et Paul Claudel, se détachent en relief de l’ensemble.Ce sont des pièces presque sans faille, où l’objectivité du critique resplendit: la valeur littéraire y trouve son compte tout comme les qualités de la pensée, et les tendances regrettables, les carences, les erreurs ne sont pas pour autant négligées.Voyons quelques exemples, alignons quelques jugements.Voici Charles Maurras.Venu des colonies grecques de Gaule, parmi tant de promenades, de mails et de jardins que compte notre littérature, voici un constructeur de temples.Si les matériaux des constructions lui ont été fournis presque tous, il s'est fait l’architecte, le sculpteur et le peintre.Il a réalisé le triomphe du plan.Viennent de lui encore l’application des emprunts, l’art du polémiste, toutes les ressources de l’artiste et du poète, qu’il a mises entièrement au service de la passion de l’ordre, son démon.Ce démon a soufflé le bien et le mal sur l’oeuvre de Charles Maurras.Le style de l’écrivain est célébré avec magnificence: Maurras se devait peut-être d’écrire comme ces Grecs qui ont mis dans l’expression quelque chose de ce que les mathématiciens appellent l’élégance d’une solution; mais cela est rare chez lui.On dirait plus justement qu’il écrit comme les Romains construisaient, en faisant toutefois plus de place à la volupté de l’ornement Il élève des voûtes solides, sous lesquelles son style fait fumer des 338 LECTURES parfums, froisse de riches tissus.En même temps, il nourrit, distribuant un miel dense et fluide; quelquefois aussi ce plat de son pays qui s’appelle bouillabaisse, quand il se laisse aller à une redondance précipitée, à trop de complaisance pour des cascades de verbe, à un gros débit ennuyeux, à une rhétorique.C’est un écrivain puissant, somptueux, plus souvent qu’attique.Les analyses des œuvres de Péguy, de Bloy et de Claudel méritent aussi d’être spécialement mentionnées.Tout en relevant avec éclat leurs qualités, l’auteur n’est pas dupe des outrances de la mode, des exagérations du snobisme.Qui a mieux parlé que Clouard de la forme péguyste, de sa prosodie grandiose, de sa prose incantatoire?Mais le poète s’adjoint l’orateur chez Péguy.D’où ces rebondissements d’une même phrase sur des mots plantés de distance en distance; cette phrase qui reste la même en se répétant sur un mot qui est différent et généralement appelé par consonance ou rime intérieure, donne une ampleur presque physique à l’idée; c’est le vol d’un grand oiseau qui plane en élargissant ses cercles concentriques.La merveille est que dans ces demi-redites et ces lents progrès, dans cette valse qui prend au mouvement précédent un élan qu’elle donne au suivant, jamais ne se glisse la moindre impropriété, le moindre à-peu-près involontaire.Tout est rigoureusement emboîté, encoché, il n’y a absolument pas de jeu.Avec cela, une familiarité de causerie, un négligé de tous les jours, voire une bonhomie à la veste tombée, mais la plus grande aisance à remonter de là en deux lignes jusqu’au ton le plus élevé.A ce point de vue, le plus magistral clavier du style contemporain.Ces louanges ne lui empêchent pas d’ajouter: T.] on a le droit de chicaner un tel art.Ses originalités, lorsqu’elles durcissent en procédé, font arêtes à travers le gosier.Autre motif de blâme: l’incontinence verbale aggravée par la répétition.Enfin Péguy donne souvent dans ce mélange de farce et de conte de fée qui réservait à l’ultime descendance d’Hugo la surprise d’un Ddteil et qui a le tort de permettre des effets aussi faciles que voyants, vraiment trop coloriés.Il y a des « Marseillaises » chez Péguy, mais aussi des « Madelons ».Et que d’objections motivées à l’endroit de cette pensée passionnée et héroïque! Ces objections se résument admirablement dans ces quelques lignes: Est-ce que la pensée de Péguy n’aurait pas pour essentiel défaut d’être une pensée sentimentale, dont la part d’impuissance ferait la preuve que le problème du rationalisme reste non résolu et que cet antirationalisme va trop loin?Comment ensuite ne pas savourer ce raccourci comparatif des œuvres de Bloy et de Claudel?Le même amour évangélique est capable d’inspirer deux pensées et deux oeuvres littéraires aussi opposées que possible.Dans la pensée d’un Léon Bloy se croisent l’ardeur de 1 à»no croyante, l’orgueil individualiste, la fureur antibourgeoise du moine mendiant.Les dogmes, la mythologie, l’Etat catholique endiguent la croyance de Claudel en la magnifiant, jl y a en lui de l’Aristote FEVRIER 1949 339 et du saint Thomas.En art, Bloy a rempli de son verbo des chroniques qui sont désordonnées même quand elles prennent forme de romans; Claudel a soumis son lyrisme au génie constructeur du dramaturge.Le premier a battu de son fouet l’air du temple, le second a élevé les voûtes d’une cathédrale.Qui ne louerait Henri Clouard de s’en prendre à l’orgueil, aux illogismes, à l’anticléricalisme, à l’emphase, à l’illuminisme de Bloy, dont une grande partie de l’œuvre, au jugement d’un Rémy de Gourmont, « semble écrite par saint Thomas d’Aquin en collaboration avec Gargantua »?De même il loue Claudel comme il convient; il n’est pas cependant de ces admirateurs qui n’osent rien contester à ce « satrape », à « ce despote du langage ».Devant le sérieux des analyses et des jugements de cette Histoire de la littérature française, analyse et jugements qui par ailleurs revêtent une forme si élégante, je regrette davantage d’avoir à formuler certaines réserves.Henri Clouard n’échappe pas aux défauts de ses qualités.Sa bienveillance est souvent telle, ses jugements si mesurés, sa louange du style d’un auteur — par ailleurs condamnable — si ordinairement enthousiaste, qu’on se demande quelquefois s’il n’a pas été touché par le byzantinisme stérile d’une certaine effervescence littéraire, s’il n’est pas travaillé de scepticisme au sortir de ce carrousel des contraires et des contradictoires, de ce kaléidoscope tourbillonnant.Son souci de comprendre et de sympathiser semble devenir, par intermittences, de la neutralité et on le remarque notamment dans les études de Jean Moréas, de Marcel Prévost, de France, de Maurras, en particulier de Bergson, dont le cas est capital puisque ce génial penseur a donné aux théories littéraires du symbolisme leur base philosophique.En résumé, devant certains passages, on s’interroge, on perçoit de l’équivoque; à lire certains éloges, le lecteur ne peut vraiment pas voir que telle oeuvre est surtout mauvaise, ou du moins que tel ouvrage est condamnable.Je ne cite qu’une couple d’exemples: Clouard écrit de Louis Codet, l’auteur de la Petite Chiquette, qu’il « reluit de santé parfaite, légère, joyeuse et bon-enfant » p.(585), alors que les ouvrages de Codet sont à rejeter; il traite Paul Adam avec beaucoup trop d’indulgence (p.602-606).Concluons.Le premier tome de l'Histoire de la littérature française d’Henri Clouard est une œuvre de premier ordre; elle jette une lumière pénétrante sur une des périodes les plus troubles de l’histoire littéraire, celle qui a pu engendrer des systèmes comme le totalisme, Yintrégralisme, la métaphysique émue, le floralisme, Veffrénéisme, le druidisme et Yimpulsionisme; tous les lecteurs formés tireront un immense profit de sa lecture.Théophile BERTRAND 340 LECTURES DOCUMENTS 3)e l’axt abattait à la J^enaiââance humaniète (1> Pablo Picasso et Paul Eluard sont donc rentrés du très « intellectuel » congrès de Wroclaw avec chacun la cravate de commandeur de l’ordre Polonia Restituta.La communiste république polonaise ne donne cependant pas cette croix à tout le monde, on s’en doute.Mais nos « martyrs » de l’art moderne l’ont bien méritée, les malheureux! Derrière le paravent de l’art et de la poésie, ils sont ainsi quelques-uns, en France et dans le monde, à faire du bon travail, depuis pas ma! d’années, pour la sacro-sainte Russie soviétique.Picasso est de ceux-là que les naïfs disent pourtant le pur entre les sincères, question d’art.Il est assez surprenant qu’à peu près tous les chefs de file de l’art moderne, qu’il s’agisse de peinture, sculpture, poésie ou littérature, soient justement communistes.Le hasard n’a pas de ces merveilleux coups à répétition! On s’étonne seulement que de très hauts esprits, dont on n’a aucune raison de suspecter la bonne foi, croient encore gue cet art désincarné, déshumanisé, morbide, et fol.ne soit qu’une simple phase dans l’histoire de l’art, une question purement et simplement d’esthétique, un reflet, dans l’art, phénomène éternel, de notre société malade d’aujourd’hui.Malade à en mourir! Héîas! oui, mais pas de mort naturelle! Moscou n’avoue-t-il pas, sans fard, que l’art, autant que les sciences, doit avoir rang de vedettes dans le vaste mouvement synchronisé d’offensive soviétique du monde ?Et l’on sait avec quel génie de l’organi3ation et du camouflage, là-bas, on baptise art, littérature, besoins culturels, enseignement, des mouvements de démonie politique.En juin dernier, il y eut, à Paris, un vaste congrès mondial de la critique.Il y eut peu d’écho_s de ces joutes pacifiques, dans la presse quotidienne.Les procès-verbaux des commtmications qui y ont été faites paraissent en ce moment dans les journaux spécialisés.Elles émanent des représentants de tous les pays de l’Univers.On y relève que les formules d’art abstrait y furent, il fallait s’y attendre, presque les seules jugées viables aujourd’hui, l’art dit « figuratif » étant dépassé, épuisé, mort.C’est le ton général de ces assises.Un peu comme à Venise, devenue pour quatre mois et jusque fin septembre, la Mecque, non de l’art contemporain, mais de l’art dit « moderne », et tout le monde sait ce que cela veut dire, malgré la salle des Impressionnistes français, accordée comme pierre de transition entre l'art « mort » et le « v vant ».Ici comme là, se pose donc, de manière cruciale, et plus que jamais, le grand et tragique problème, pour les artistes d’aujourd’hui: réalisme plus ou moins affiné ou abstraction plus ou moins pure.Du cubisme à l’abstrait et au surréalisme, quel délire mène cette démence universelle greffée aussi bien sur l’horreur concentrationnaire d’une humanité abjecte que sur la mascarade carnavalesque ou la géométrie pure?On ne le sait qua trop! Mais comment ce « délire sacrilège », ainsi que le baptise Lhote lui-même, cet ancien ultra-moderne, effrayé sans doute maintenant, des monstres qu’il a couvés de son aile protectrice, comment ce délire sacrilège ne provoque-t-il pas une véritable croisade, plutôt que cet age- 1 Texte tiré de La Libre Belgique du 18 septembre 1948, p.5.FEVRIER 1949 341 nouillement universel auquel on assiste avec tristesse?Peut-être s’est-elle levé© en Italie, cette croisade?C’est un paragraphe d’une communication faite à ce congrès dont nous parlions plus haut, qui pourrait faire lever cet espoir.Oh! une toute petite et timide parenthèse ouverte presque en s’excusant et avec les réserves d’usage.«Je ne crois pas que cette formule soit viable, parce qu’il n'y a pas de retour en art », dit-elle.Comme si l’art, au contraire, n’était pas un perpétuel flux et reflux.Il y aurait donc, selon Palma Bucarelli, directeur de la Galerie nationale italienne d’art moderne: « un mouvement de réaction à toutes les formes d’abstraction et d’expressionnisme ».Ce sont « les peintres de la réalité ».Chirico, en personne, le patronne, qui s’est lancé dans une violente polémique à ce sujet, se réservant à lui-même un mea culpa retentissant.Ce mouvement prêcherait un retour à l’art ancien, et aux disciplines classiques.Il y a, par ailleurs, également en Italie, une nouvelle statuaire « fondée sur une étude fervente et passionnée de la réalité».La réalité humaine avant toute autre, si nous en croyons une reproduction d'un groupe de sculpture que nous avons sous les yeux, signé Arturo Martini.Cet artiste vient de mourir, hélas! Mais il y aurait autour de son oeuvre, toute une pléiade de statuaires qui comme lui, au lieu de déshumaniser l'art complètement, ainsi qu’y travaillent depuis bientôt un demi-siècle les nihilistes de tout poil, remettraient l’homme au centre de l’univers artistique.Sera-t-il dit que la Renaissance partira d’Italie comme elle en partait au XlIIe siècle, quand toute l’Europe regardait les maîtres de Venise et de Sienne, de Rome, de Florence et de Padoue comme de véritables foyers d’art et de civilisation chrétienne, qui rayonnaient sur le monde.Chrétienne! On peut insister sur le mot.Car pourrait-on parler de l’art italien sans y mêler l’histoire de l’Eglise de Rome pour qui elle était à la fois climat naturel et message enseignant?En accepter l’augure est déjà acte de foi.Ce credo qu’on souhaiterait, avec d’autres signes déjà visibles de ralliement, voir partager par tous les hommes de bonne volonté.L.D.H.FAITS ET COMMENTAIRES c?/ ttavetâ leâ diocese à MONTREAL A la suite de l’article publié dans le numéro de Lectures de décembre, il intéressera sûrement nos lecteurs de connaître la campagne entreprise en 1943 par le Comité des Oeuvres catholiques de Montréal contre les publications malsaines.A cette époque, en effet, le Comité diocésain d'Action catholique n’avait pas encore lancé sa grande offensive contre l’immoralité.Le 13 avril 1943, le R.P.J.-P.Archambault, s.j., directeur du Comité, réunissait dans la salle paroissiale de l’Immaculée-Con-ception des délégués de différentes paroisses de la ville.Il y avait là des représentants des comités paroissiaux, grâce à la collaboration du Comité diocésain d’Action catholique; il y en avait aussi des mouvements spécialisés, des sections paroissiales, des Ligues du Sacré-Cœur et de la Société Saint-Jean-Baptiste.342 LECTURES Le R.P.Archambault expliqua les grandes lignes du projet à l’étude, montra sa nécessité et laissa les trois directives suivantes: 1.établir une liste des magasins des paroisses où se vendent des revues; 2.se rendre compte si, parmi ces revues, il en est de cotées mauvaises ; 3.aviser aux moyens à prendre pour combattre la vente de ces dernières.Sur les deux premiers points, cette campagne donna de bons résultats et la Semaine religieuse de Montréal publiait le 1er septembre suivant des chiffres bien révélateurs : « 82 revues cotées mauvaises aux Etats-Unis (N.O.D.L.) ont été repérées, une à 12 endroits (kiosques, restaurants, librairies, etc.), une à 11, 2 à 9, 3 à 8, 2 à 7, 5 à 6, 2 à 5, 7 à 4, 11 à 3, 16 à 2 et 32 à un seul endroit ».Devant ces statistiques, on se demanda comment procéder pour proscrire de telles publications.Des démarches personnelles furent entreprises afin de convaincre les marchands en cause de ne pas vendre les périodiques condamnés.Quelques-uns acceptèrent volontiers ces directives, mais on comprend les difficultés d’une pareille tentative, en raison du grand nombre de coramtx-çants étrangers.Peu à peu cette campagne prit fin et, à l’automne 1945, le Comité diocésain d’Action catholique inaugura l’action concertée dont il a été question dans notre numéro de décembre.* * * En marge du travail accompli par le Comité diocésain d’Action catholique en regard de la moralité publique, un effort considérable a été tenté depuis quelques années dans le domaine du cinéma.Les enquêtes ont permis de constater qu’une réaction énergique s’imposait le plus tôt possible.Aussi est-ce avec satisfaction que nous pouvions lire, dans le Devoir du 23 décembre dernier, les lignes suivantes: Les représentants de plus de trente-cinq associations différentes — mouvements d’Action catholique, Congrégations mariales, Société St-Jean-Baptiste, Chambre do commerce des jeunes, etc.— se sont réunis hier soir, à l’archevêché, pour poser les bases d’un « Conseil du film » qui aura pour fonction de choisir et de cataloguer les films pour public catholique, et d’en faire la diffusion.La réunion avait été convoquée par le Comité diocésain de l’Action catholique, qui s’intéresse de façon toute spéciale, depuis deux ans, au problème du cinéma, et particulièrement du cinéma pour enfants.Les fonctions de ce Conseil du film, telles qu’énoncées hier par Me Eugène Simard, président du Comité diocésain d'A.C., seront les suivantes: a) Dans la production actuelle (surtout la production en 16 mm.), faire le choix des films qui peuvent être présentés à des catholiques; et les cataloguer selon l'âge, les conditions de vie et la mentalité des auditoires; b) Influencer la production; le Conseil du film, contrôlant le marché des salles paroissiales, pourra exiger des compagnies productrices qu’elles tournent des FEVRIER 1949 343 films conformes aux exigences catholiques.D’autant plus que le Conseil pourra, en retour, leur assurer la diffusion des films qui lui conviennent.C’est le troisième point: c) Le Conseil fera la diffusion du film dans tous les milieux où pénètre le 16 mm.Enfin le Conseil du film aura à s’occuper éventuellement des problèmes de la télévision, qui seront beaucoup plus aigus encore que ceux du cinéma, vu qu’elle pénétrera dans les foyers.Le cinéma pour enfants Après M Simard, Mme Willie Major, présidente conjointe du Comité diocésain d’Action catholique, a donné quelques précisions sur le travail qu’aura à faire l’organisme projeté.Elle a particulièrement insisté sur l’importance d’un cinéma pour enfants.Il n’existe actuellement — et les quelques éducateurs présents ont confirmé son dire — aucun film pour enfants en Amérique.Seules l’Angleterre et l’U.R.S.S.ont fait quelques expériences là-dessus, et encore les résultats ne sont-ils pas jusqu’ici satisfaisants.Il importe de créer ce cinéma au plus tôt, pour délivrer les enfants des films de « bandits » et de « cowboys » : ce sera l’une des tâches du Conseil du film que de le susciter.Pour ce qui est de la composition même du futur Conseil du film, les principaux dignitaires seront nommés par Mgr Albert Valois, v.g., directeur diocésain de l’Action catholique — car cet organisme sera un service de l’Action catholique.Et les autres seront élus par l’assemblée des représentants des associations.* * * SHERBROOKE On sait que depuis quelque temps les autorités municipales de Sherbrooke ont entrepris de débarrasser tous les comptoirs des publications malsaines qu’on y installait constamment.Le Jeune Commerce de la ville, à ce que rapportaient des journaux de décembre, convaincu de l’importance de cette campagne, a adopté à l’unanimité une proposition de M.Antonin Bégin « en faveur de la formation d’un comité composé de laïcs, de prêtres, de directeurs d’institutions religieuses, de juges et de présidents de diverses associations [.], pour décider quelles revues ou publications doivent être bannies des comptoirs de Sherbrooke » (La Presse, 16 décembre 1948).(Revue de l’année 1948 Quelques faits de la vie littéraire canadienne 16 janvier Une dépêche de Paris annonce la nomination de M.Robert Chouette comme membre de l’Aca-émie Ronsard.Cette institution qui groupe les plus grands poètes de langue française, considère M.344 Choquette comme une des figures les plus représentatives de la poésie canadienne.15 février La Société Royale admet deux nouveaux membres: M.Clément Marchand, poète et journaliste LECTURES i des Trois-Rivières, et M.Maurice Lebel, helléniste réputé, professeur à l’Université Laval de Québec.La réception a lieu au Séminaire St-Joseph des Trois-Rivières, sous la présidence de M.Arthur Saint-Pierre.19 février La Société des Editeurs canadiens tient sa cinquième assemblée annuelle à Québec.Un nouveau conseil est élu, composé comme suit: Président, M.P.Pé-ladeau; vice-président, M.Ed.Gariépy; secrétaire-trésorier, M.A.Rivest; conseillers, le R.P.A.Cordeau et M.J.-E.Dion.28 février M.Raymond Douville, journaliste trifluvien, directeur du Bien ptiblic, est reçu à la Société des Dix comme successeur du regretté E.-Z.Massicotte.M.Douville a déjà publié plusieurs ouvrages dont un sur Arthur Buies et un autre sur Aaron Hart.3 mars M.l’abbé Léonce Boivin, auteur de l’ouvrage intitulé le Combat social, reçoit de l’Académie Française un prix de langue française, sous la forme d’une médaille frappée à l'effigie du Cardinal Richelieu.27 mars Le Droit, quotidien français d’Ottawa, célèbre son 35e anniversaire de fondation et publie à cette occasion un intéressant numéro spécial.2 avril On annonce que la Société historique de Montréal a décerné sa médaille d’histoire à M.Léo-Paul Desrosiers, écrivain bien connu, auteur d’un ouvrage historique remarquable: Iroquoisie, dont le premier tome seulement est paru.14 avril Le prix Raymond-Casgrain, une somme de $100.00, est attribué à la Rév.Sr Joseph-Mary Cousins, professeur de français dans un collège de Pennsylvanie, pour sa thèse de doctorat en français, intitulée: le Sentiment chrétien dans l’oeuvre de Louis Ber- trand, Le prix Raymond-Casgrain est attribué chaque année au professeur ou à l’étudiant de l’Université Laval ou de ses collèges affiliés, qui a publié le meilleur travail historique ou littéraire au cours de l’année précédente.12 mai La Société des Poètes du Québec annonce la nomination d’un nouveau conseil, constitué comme suit: Président, M.Francis Desroches; vice-présidents, Mlle Cécile Chabot et M.Charles-E.Harpe ; secrétaire, M.Charles-M.Boissonnault; bibliothécaire, M.Georges Boiteau.Les nouveaux directeurs de la société sont: MM.Alfred Desrochers, Maurice Hébert, Emile Coderre, l’abbé Armand Dumont, Robert Choquette, Clément Marchand et Gérard Martin.10-12 juin Des personnalités du monde littéraire canadien prennent part à la 27e réunion annuelle de l’Association des Auteurs canadiens.Des récompenses sont offertes par le gouverneur général aux écrivains canadiens qui se sont le p.us distingués en 1947 par leurs écrits dans le domaine de la fiction, de l’essai et de la poésie.Au nombre des gagnants, mentionnons Mme Gabrielle Roy qui a été choisie à cause de son roman The Tin Flute (Bonheur d’occasion).14-16 juin La Société Royale tient son 67e congrès annuel à Vancouver.Trois importantes décorations sont remises le 14 juin au soir.La médaille Tyrrell, réservée aux historiens, est décernée à M.le Chan.Lionel Groulx; la médaille Lome Pierce, réservée aux littérateurs, est accordée à Mme Gabrielle Roy; la médaille Flavelle, réservée aux savants, a été méritée par Mlle Margaret Newton, de Victoria (Colombie canadienne).• Vingt-cinq nouveaux membres dont cinq Canadiens français sont FEVRIER 1949 345 admis dans la Société.Voici les noms des nôtres qui ont été choisis: le docteur Adrien Plouffe, journaliste et écrivain, savant hygiéniste ; Mlle Cécile Chabot, peintre et femme de lettres; M.René Carneau, journaliste et critique littéraire; M.Antoine Roy, archiviste de la province.A l’issue du congrès, M.Gustave Lanctôt, archiviste du Canada, historien distingué, est élu à la présidence générale de la Société Royale, succédant à M.W.P.Thompson, doyen do l’Université de Saskatchewan.M.Léopold Houlé devient président de la section française.19 juin La Société des Ecrivains canadiens tient son assemblée annuelle à Montréal.M.Jean Bruchési est réélu président.26-28 septembre L’Institut Canadien de Quebec célèbre de façon giandiose Je centenaire de sa fondation, Déminents écrivains étrangers, tels M.Etienne Gilson, Mgr Bruno de Solages, assistent aux fetes et se joignent aux Canadiens P?ul louer cette institution qui fidèlement, depuis un siècle, sert la cause de la pensée française.2 octobre Une manifestation en 1 honneur de deux nouveaux membres de la Société Royale a lieu à l’Université de Montréal.Il s’agit de Mlle Cécile Chabot et du docteur Adrien Plouffe qui sont présentes respectivement par M.Jean Chauvin, journaliste et homme de lettres, et par M.Jean-M.Gau-vreau, directeur de l’Ecole du Meuble.29 octobre L’Association des Ecrivains pour enfants fondée en juin tient sa première assemblée.^ Cette nouvelle association, due à l’initiative de Mlle Béatrice Clément, a pour but de faire mieux connaître les auteurs canadiens de livres pour enfants et d’élever le niveau de production de la littérature enfantine.29 octobre La Semaine du Livre, organisée conjointement par la Société des Editeurs canadiens et par la Canadian Authors Association, est inaugurée par un cocktail à l’hôtel Ritz-Carlton.31 octobre Le diocèse d’Ottawa tient sa journée de presse et de cinéma.M.Félix Desrochers, bibliothécaire au Parlement, est invité à parler au Capitol d’Ottawa sur « l’attitude du chrétien moderne devant la radio, la presse et le cinéma ».16 novembre Au cours de sa séance publique annuelle, l’Académie Française décerne quatre médailles à une institution et à des personnalités canadiennes, pour souligner les services rendus à la langue française en dehors de la France.Les récipiendaires sont: Mgr Oliviev Maurault, M.Adrien Pouliot, M.Joseph Carrière et l’Institut Canadien de Québec.24 novembre M.l’abbé F.-A.Savard reçoit de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal le grand prix littéraire Duvemay ($500) pour son dernier roman la Minuit.C’est la cinquième fois que le prix Du-vernay est attribué.26 novembre Un cocktail réunit dans l’immeuble Fides un nombre imposant de gens de lettres.Cette réception était organisée à l’occasion du lancement de trois nouveaux ouvrages dans la collection du Nénuphar: A l'ombre de l’Or~ ford, d’Alfred Desrochers; Né à Québec, d’Alain Grandbois; le Rêve de Kamalmouk de Marius Barbeau.6 décembre L’Académie Canadienne-Française tient sa deuxième séance plénière de l’année sous la présidence du docteur Philippe Panneton.Deux nouveaux membres sont élus: Mme Germaine Guè-vremont et M.Roger Duhamel.Cécile MARTIN ici 346 LECTURES Ccritâ de (Paliâ et le Canada /tançai à En novembre dernier, Ecrits de Paris publiait le texte de la conférence donnée dans la capitale française en juin 1948 par le doyen de la Faculté des Sciences de Laval, M.Adrien Pouliot.La présentation que fait la revue parisienne de cette conférence mérite d’être citée en entier.LA VOCATION DE LA RACE FRANÇAISE EN AMERIQUE DU NORD Tel est le titre de la conférence qu’a faite à Paris, en juin dernier, M.Adrien Pouliot, doyen de la Faculté des Sciences de Laval, à Québec.Il l’a faite devant un public restreint.Il aurait fallu que la France entière fût.là pour l’écouter.Les plus sceptiques et les plus froids auraient tressailli d’émotion, de fierté et d’espoir.Pour rester fidèles à leurs origines et à leurs traditions, pour se conserver Français, nos frères du Canada ont eu, ils ont encore à vaincre tous les jours, des difficultés, des obstacles, des hostilités de toute nature.Non seulement ils ne se sont pas laissé étouffer, mais ils se développent, ils s’élargissent, ils rayonnent.Us sont, dit M.Pouliot, la preuve vivante que la race française a conservé toute sa vigueur, tout son allant, et que sa place reste à la tête du monde.Que M.Pouliot soit remercié pour nous avoir rappelé, avec l’autorité qui s’attache à son nom et à sa mission, que nous sommes deux à porter et à défendre la civilisation française.Peut-être n’en avons-nous pas une conscience assez nette de ce côté-ci de l’océan.Mais peut-être aussi conviendra-t-il de nous demander comment il se fait que, restés si jeunes au Canada, nous nous sentions parfois en France si vieux et si las: qu’en plein essor au Canada, nous donnions en France des signes d’usure et de déclin.On n’aura pas tout expliqué lorsqu’on aura dit que nous sommes soumis, en France, à l’invasion chronique, et que nous sommes épuisés par les guerres et les après-guerres.Au Canada, il y a 200 ans, n’avons-nous pas aussi été envahis, battus, ruinés, annexés, déportés?Et le Canada, lui, n’a jamais été évacué.Alors il faut chercher ailleurs.Peut-être dans l’organisation interne, dans le régime?Peut-être du côté des grands principes, dont nous tirons tant de vanité, qui sont selon nous la condition de tout progrès, et hors desquels nous avons réussi à persuader les bonnes gens qu’il n’y a ni bonheur ni salut?Ces réflexions permettent déjà aux lecteurs de se faire une opinion sur ces Ecrits de Paris dont nous les entretiendrons plus longuement dans la section des revues, en mars.FEVRIER 1949 347 Qlaneâ La Vie intellectuelle présentait, en novembre dernier, un éloge mérité de la Faculté des Sciences sociales, politiques et économiques de l’Université Laval, qui célébrait, en 1948, son dixième anniversaire de fondation.Il s’agit d’un article de M.Marcel Clément, déjà avantageusement connu du grand public canadien par son splendide ouvrage: Esquisses pour l’homme.Cet article qui s’intitule: Promotion des sciences sociales, intéressera au plus haut point tous ceux qui s’intéressent à ces sciences.M.Clément remarque que le Canada français fait œuvre de pionnier dans un registre du savoir et de l’action « promu » à une actualité brûlante dans la crise de civilisation présente, alors qu’il a su utiliser « la formule américaine de la formation de spécialistes sociaux et la formule prétendument marxiste de l’éducation sociale et économique des couches populaires, combinant les deux efforts et les intégrant dans une synthèse d’inspiration catholique et d’expression française ».Comme le dit si bien M.Clément, « nous assistons vraiment à la promotion des sciences sociales ».* * * L’Institut Pie XI, Ecole officielle d’Action catholique de notre diocèse et annexe de la Faculté de Théologie de l’Université de Montréal, célébrait également son dixième anniversaire de fondation en 1948.L’Institut est une Ecole unique en son genre.Sa formule, d’une souplesse merveilleuse, comprend un ensemble de cours de sciences religieuses, dont l’Action catholique (théorie et pratique) et la Doctrine sociale de l’Eglise (principes et applications) forment comme les deux pôles.Il faut lire l’historique de M.Jean-Baptiste Desrosiers, p.s.s., directeur-fondateur, dans le numéro spécial de Nos Cours (vol.X, no 12, 18 déc.1948) publié à l’occasion du dixième anniversaire de l’Institut.Nous profitons de l’occasion pour recommander chaudement à nos lecteurs cette revue de grande valeur, qui édifie peu à peu une véritable Somme de sciences religieuses et sociales.* * * Encore trop de catholiques, dans leur ignorance de l’existence des lois générales de l’Index, et de leur signification, s’imaginent qu’un livre doit être inscrit au Catalogue des livres prohibés pour être condamné par l’Eglise.Une note de l’Osservafore Romano du 30 octobre 1948 rappelle l’importance de ces lois générales: Un journal du soir annonce que, « d’après des sources d’ordi- 348 LECTURES naire bien informées, le Saint-Office aurait pris la décision de mettre à l'Index toutes les oeuvres de Staline.Des raisons d'opportunité politique auraient conseillé à la Congrégation du Saint-Office de ne pas encore rendro publique cette décision».Cette nouvelle provient évidemment de milieux qui ne connaissent pas la discipline canonique en la matière.En fait, la lecture de telles oeuvres est prohibée ex jure en vertu du canon 1399; une nouvelle condamnation spécifique n’est donc pas nécessaire.N’était-ce pas d’ailleurs le cas de l’œuvre de Sartre avant sa condamnation expresse?* * * Au cours de 1947, 9,182 nouveaux ouvrages furent publiés aux Etats-Unis, alors qu’il y eut 1,939 rééditions.Durant la même année, l’Angleterre comptait 13,046 nouveaux livres et 2,411 rééditions.* * * Les protestations contre l’immoralité « artistique » commercialisée, continuent de s’élever un peu partout.Lors du premier congrès national de la Médecine légale à Bogota, à la fin de novembre, une résolution demandait une campagne contre les films immoraux, et une autre priait la presse et la radio de s’abstenir des récits passionnels et de la publicité du crime.Devant les désastres présents et les conséquences futures, trop facilement imaginables, d’un mercantilisme éhonté en ces domaines, ce sont là des préoccupations qui devraient susciter une croisade universelle de la part de tous ceux qui réfléchissent encore un peu.* * * De rAction Catholique du 13 décembre: • Life» interdit Lynn, Mass, 13.(BUP).— Pour la deuxième fois, en un an, le magazine « Life » a été interdit dans les kiosques de Lynn, parce qu’il reproduit une photo qui a été jugée obscène par les censeurs municipaux.Cependant, ils n’ont eu vent de cette photo indécente qu’après que presque tous les exemplaires du magazine eussent été vendus.Les marchands de journaux qui ont encore des exemplaires à vendre, ont reçu l’ordre de déchirer la page sur laquelle est imprimée la photo avant de vendre le magazine.* * * Il convient de signaler le magnifique calendrier ’49 de La Survivance française, qui a pour thème: le visage français de l’Amérique du Nord.Le temps n’est plus aux calendriers, mais on peut toujours constater que celui de La Survivance française mérite tous les suffrages.FEVRIER 1949 349 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Choix d’ouvtacfei Des otivrages critiqués dans le présent numéro, nous mentionnons, sous cette rubrique, quelques-uns de ceux qui sont les plus susceptibles de distraire sainement, d’instruire ou d’élever les lecteurs auxquels ils conviennent.Le fait de signaler ainsi ces livres ne veut pas dire qu’ils peuvent être conseillés à tous indistinctement, comme on peut le constater en se référant à la critique et à la cote morale.RELIGION Eiron (Hervé), Grandeurs et misères de fEglise tritluvienne.Sandy (Isabelle), Les Grandioses visions de Anne-Catherine Emmerich.SCIENCES SOCIALES Arthus (Br André), Un monde inconnu, nos enfants.Groupe lyonnais., Médecine et éducation.LITTÉRATURE Barbeau (Marius), Le Rêve de Kamalmouk.Chaigne (Louis), Notre Littérature d’aujourd’hui.Clouard (Henri), Histoire de la littérature française.DesRochers (Alfred), A l’ombre de l’Ortord.Duhamelet (Geneviève), Rue du Chien-qui-pêche.Grandbois (Alain), Né à Québec.Harpe (Charles-E.), Les Oiseaux dans la brume.Thérol (Joseph), Le Vitrail de la Résurrection.Weyd (Paule-Marie), Lettres à ma fille fermière.BIOGRAPHIES Bergeron (Henri-Paul), c.s.c., Le Frère André, c.s.c.Lapérouse (Léon de), La Vie de sainte Catherine de Gênes.Wilbois (Joseph), Sainte Catherine de Sienne.RELIGION Ouviageâ Chometon (Augustin), s.j.Le Christ, vie et lumière.Commentaire spirituel de l’Evangile selon saint Jean.Paris, Lethielleux.(Réimpr.par Granger, Montréal.) 556p.23.5cm.$2.50 ($2.65 par la poste).226.5.07 Chapitre par chapitre, verset par verset (la traduction est em- 350 LECTURES pruntée à Crampon et à Fillion), l’auteur, avec clarté et abondance, distribue soleil et aliment pour l’âme, les puisant dans les profondeurs du Nouveau Testament et dans d’autres textes scripturaires.Il estime, dans l’avant-propos, et son livre en fait preuve, que l’Evangile ne nous livre qu’un abrégé de la parole divine, mais que celle-ci renferme des « applications indéfinies pour tous les besoins de l’âme,.[qu’]il n’est pas une faim de notre esprit ou de notre cœur que l’Evangile ne puisse rassasier ».L’ouvrage, composé entre les deux guerres mondiales et destiné de préférence aux jeunes, est une mine pour tous directeurs d’œuvres spécialisés, de séminaire et de maison religieuse de formation, de même que pour toutes les âmes désireuses de tirer tout le profit possible de la lecture de l’Evangile de saint Jean.Eugène ANDLAUER, c^.sp.Légaut (Marcel).Prières d’un croyant.Préf.de S.E.le card.Verdier.Paris, Grasset [cl947].390p.19cm.(Coll, la Vie chrétienne, 10).242 « Je suis heureux qu’une telle oeuvre nous vienne de cette illustre Université de France qui compte parmi ses membres tant de chrétiens fervents », nous dit S.Em.le cardinal Verdier dans la préface de cet ouvrage.Sous la plume d’un prince de l’Eglise, c’est là un témoignage d’une particulière éloquence.Marcel Légaut est un laïc qui, au milieu d’un monde aux prises avec le matérialisme, s’inspire des valeurs éternelles de l’Evangile.Ses méditations, puisées à cette source d’eau vive, ne s’arrêtent pas à de platoniques considérations spéculatives, mais savent pénétrer les réalités de la vie et les éclairer de la lumière des principes surnaturels.Prières d'un croyant constitue donc un guide sûr pour les âmes désireuses de progresser dans la vie intérieure.Regrettons cependant que le style en soit quelquefois lourd, ce qui oblige le lecteur à s'arrêter afin de bien comprendre le sens de certains passages.Roland GERMAIN Sandy (Isabelle).Les Grandioses Visions de Anne-Catherine Emmerich.Tournai, Casterman, 1948.144p.18.5cm.(Coll, les Grands Témoi-énaées).248.21 Parcourir ce livre d’Isabelle Sandy, c’est entrer en plein domaine surnaturel, au contact d’une sainte visiblement favorisée de connaissances extraordinaires en dépit de son peu d’instruction.Anne-Catherine Emmerich est une voyante, une véritable prophé-tesse; ne s’est-elle pas écriée en 1823: «Environ soixante ans avant la fin du XXe siècle le démon sera déchaîné ».Dans sa FEVRIER 1919 351 T préface d’environ vingt-cinq pages, Isabelle Sandy nous donne quelque idée de ces hautes faveurs.Elle nous livre des détails sur la vie de la sainte, tire au clair le problème que pose la collaboration de son secrétaire, Clément Brentano, nous fournit des explications sur ses écrits.L’ouvrage se divise en trois parties qui contiennent les plus belles pages de Soeur Anne-Catherine Emmerich sur la Vierge, la naissance et l’enfance du Christ, ses miracles et sa passion.Il ne peut que combler le lecteur désireux de connaître davantage le Sauveur; comme le dit l’auteur, il permet de « rapprocher le Christ de nous ».Roland GERMAIN Elisée (P.), o.f.m.cap.Un coup de clairon.Aux prêtres amis des jeunes.Montréal, le Centre familial [1946].185p.19.5cm.$1.00 ($1.10 par la poste).*254.3 Voici un petit livre écrit sans prétention afin d’aider les prêtres dans leur apostolat auprès des enfants, cette portion préférée de la vigne du Seigneur.Les conseils pratiques que l’on y trouve seront d’un précieux secours pour les jeunes prêtres qui ont la noble ambition de réussir dans ce ministère difficile autant que nécessaire.Avec le R.P.Elisée, ils apprendront à mieux connaître les petits, pour ensuite les mieux confesser et les diriger plus efficacement .Henri LEVESQUE Beauduin (Dom Lambert), o.s.b.La Piété liturgique.Préf.de Mgr Vincent de Moor.Montréal, Fides [1947].149p.19.5cm.$0.75 ($0.80 par la poste).*264-4 Le but de ce livre est nettement indiqué dès le début de l’Introduction: « Redire avec précision, à l’intention du clergé et des catholiques, la véritable portée et l’organisation du mouvement liturgique, et lui conquérir par là de nouvelles et précieuses sympathies, gage de progrès toujours plus grands ».L’ouvrage comprend deux parties: la Restauration liturgique et Missions secondaires de la liturgie.Les développements sont brefs, réduits à l’essentiel, mais d’une grande précision et d’une grande sûreté doctrinales.Un livre qui plaira aux amants de la liturgie et qui convaincra les autres.A.J.Chéry (H.-Ch.), o.p.Qu’est-ce que la messe?Plans d’étude suivis d’une enquête: Pourquoi les baptisés n’assistent-ils pas à la messe?Paris, Editions de la Revue des Jeunes, 1947.304p.16.5cm.(Coll.Initiations, no 4).*265.32 352 LECTURES C’est une double initiation qui nous est ici présentée.Initiation à la sainte messe d’abord.Ce sont des plans d’études sur les aspects doctrinaux, historiques, liturgiques et pratiques du Saint Sacrifice.Rien de neuf dans cette première partie et l’auteur ne prétend pas d’ailleurs nous livrer autre chose que la doctrine la plus obvie.Mais il reste que ceux qui pratiqueront cet ouvrage y trouveront un point de départ vers des études et des méditations plus approfondies.Parce que spécialement dédié à des militants d’Action catholique et à des Séminaristes, le volume, dans sa seconde partie, apporte une initiation « au milieu ».Le peuple fidèle aime-t-il la messe, y assiste-t-il fréquemment, de façon pieuse?Pourquoi délaisse-t-il l’église et ses offices?Quelles sont les causes de l’indifférence devant l’acte si grandiose, divin, qui se déroule à l’autel?Dans ses réponses à ces questions, l’auteur cite le témoignage vivant d’une enquête menée par la Revue des Jeunes.Il faut ajouter que cette seconde partie est bien la plus importante, celle qui consacre l’indiscutable valeur de ces pages, que les prêtres trouveraient également profit à méditer: ce leur serait une occasion de se retremper dans la foi et la ferveur en face de la fonction sacrée qu’ils exercent tous les matins, d’en saisir plus profondément la mystérieuse grandeur et les exigences totales, de renouveler leur prédication sur le Saint Sacrifice.Jean MALO, s.s.s.Théorêt (Pierre), ptre.Je fai donné mon cœur.Introduction du R.P.Mateo.Préf.de Roger Brien.Montréal, Editions de la Vallée, 1948.285p.h.-t.19.5cm.$2.00 ($2.15 par la poste).*265.32 Je t’ai donné mon cœur, pour un essai dogmatique d’une explication en profondeur du saint sacrifice de la messe, se présente curieusement.M.l’abbé Pierre Théorêt, en plus d’être docteur en théologie, possède certainement le sens de la réclame.Non seulement son livre est remarquable au point de vue édition, par ses seize hors-texte très appropriés au sujet et représentant des chefs-d’œuvre des grands maîtres, ainsi que par ses caractères de choix et ses capitales semées avec goût, mais il tire encore l’attention par son titre romanesque et sa table de matière énigmatique et suggestive: Drame de l’amour; la Splendeur du miroir; l’Artiste et la toile; Donne-moi ton petit doigt; la Pomme d’Adam; la Vi& qui coule; De la chair et du sang.Qui ne serait tenté de lire Je t’ai donné mon cœur?Rien dans la présentation ne laisse voir que l’auteur nous offre un catéchisme expliqué très sérieux, surtout un historique de la messe.Heureusement, une belle introduction du R.P.Matéo et une longue préface de M.Roger Brien le signalent largement.Sur deux cent quatre-vingt-cinq pages, une quart ntaine seulement, FEVRIER 1949 353 soit les chapitres onzième et douzième, sont consacrées à Implication directe du saint sacrifice.Les dix premiers chapitres portent sur les origines, l’historique; le treizième et dernier chapitre disserte sur 1 amour et l’amitié divinement compris.M.l'abbé Théorêt aime à commencer ses chapitres par un fait, une allégorie.Au point de vue attraction, c’est bien dans la ligne de l’ouvrage; mais au point de vue didactique, on peut douter de l’opportunité apostolique de quelques-unes de ces entrées en matière.Le chapitre cinquième, par exemple, intitulé Donne-moi ton petit doigt, est typique à ce sujet.On y glose sur les mots d’une chanson de Botrel et sur un extrait du Pays du sourire.L’auteur tisonne la curiosité en se servant de Par le petit doigt lon-la-lon-laire.Deux pages durant il déplore bien naïvement la perte d un petit doigt et cette digression a pour but d’insister sur la grandeur du don de la volonté.Ensuite, il loue avec chaleur les jolis vers de Je t’ai donné mon cos ut.Il les adresserait même à Dieu.On peut douter de l’à-propos de l’emploi d’une poésie aussi profane dans une œuvre de ce genre.Voilà pour ce qu’il y a de trop original peut-être dans Je fai donné mon cœur.Par ailleurs, l’œuvre se lit bien, malgré quelques répétitions des mêmes idées par les mêmes mots.Citons comme exemples: «Jésus se fait présent sur l’autel sous les apparences de mort »; « 1 offrande de la volonté doit être également définitive et irrévocable ».Cela n’empêche pas néanmoins que la tenue littéraire du volume soit remarquable et pousse à poursuivre allègrement la lecture.On chopera peut-être aussi sur certains passages plus difficiles a comprendre.Ces difficultés s’expliquent: vulgariser brièvement en quelque trois cents pages, les mystères de la Trinité, du libre arbitre, du péché originel, des anges et du Christ de l’Apocalypse n’est pas une mince entreprise.^ L’auteur s’en tire cependant à son honneur, en raison de sa maîtrise théologique évidente.Je fai donné mon cœur n’est pas uniquement un livre de méditation, mais une étude, une somme de la religion chrétienne, de sa source en Dieu le Père jusqu’à son épanouissement en Jésus-Christ, prêtre et victime du saint sacrifice de la messe.M.l’abbé Théorêt a fait œuvre apostolique féconde en nous livrant cette synthèse à la fois instructive et attrayante et Je fai donné mon cœur ne peut que connaître, en fin de compte, un succès mérité.J.-P.BEAUSOLEIL Fayol (André).Notes sur l’amour humain.Nouvelle édition.Editions de la Revue des Jeunes [1945].61p.16.5cm.$0.35 ($0.40 par la poste).265.5 Pour adultes C’est un tout petit livre dédié «aux nombreux adolescents que tourmente l’absence de l’être aimé qui les doit compléter ».Et 354 LECTURES le R.P.Forestier ajoute un peu plus loin, dans la préface: «On sent qu’il s’agit d’une expérience et qu’elle est à la fois toute proche et toute désirable ».Cet ensemble de notes, notes brèves et précises, étudie les doutes, les tourments sentimentaux du jeune homme.Certaines pourraient même augmenter une vague et trouble nostalgie d’affection.En tout cas, elles serviront plus avantageusement ceux qui ont à guider la jeunesse dans ses premières incursions dans le domaine de l’amour.J.-P.BEAUSOLEIL Biron (Hervé).Grandeurs et misères de VE élise trifluvienne (1615-1947).Les Trois-Rivières, les Editions Trifluviennes, 1947.242p.ill.22.5cm.$1.25 ($1.35 par la poste).27(71) Deux siècles et demi durant, l'Eglise trifluvienne ne sera qu’un trait dans le visage de l’Eglise du Canada, trait révélateur cependant, trait qui donne à sa physionomie cet aspect héroïque du don total, du dévouement inlassable, de l’activité démesurée; trait qui révèle la volonté de vivre, et de vivre « grand ».Parmi « ceux qui firent notre Pays », les prêtres occupent une place d’honneur: c’est à leur dévouement que la région mauricienne doit surtout ses plus authentiques grandeurs, ses attraits^ les plus captivants.Aussi faut-il remercier M.Biron d’avoir élevé ce monument à la mémoire des Jésuites, des Récollets, des Ursulines, des Religieuses de Notre-Dame, des Saint-Vallier, des Didace Pelletier et de nombre d’autres héros.Depuis que l’Eglise trifluvienne est autonome, elle n’a rien perdu de ces qualités qui lui ont fait jouer « un rôle prépondérant dans les combats sacrés de la foi ».Elle ne renie pas son passé; au contraire, elle l’enrichit sans cesse et rien n’éclaire mieux la gloire d’antan, la fidélité d’aujourd hui, que les « misères » qu’elle a dû affronter pour Dieu et la patrie, pour la foi et la langue.Ces pages d’histoire sont donc une éloquente confirmation de la parole de P.Gaxotte: «Quand on fait l’Histoire de ces pionniers, le mot d’héroïsme est celui qui vient de lui-même sous la plume, et jamais, il ne pourra être employe avec plus de raison » (Le Siècle de Louis XV, p.204).Sachons gré à M.Biron d’avoir consacré sa plume alerte au service de la pensée religieuse et nationale, à la gloire du sacerdoce.Jean MALO, s.s.s.SCIENCES SOCIALES Groupe lyonnais d’Etudes médicales, philosophiques et biologiques.Médecine et Education.Principes directeurs.Paris, Spes [1947].229p.20.5cm.(Coll.Convergences) $1.75 ($1.85 par la poste).37:61 Pour adultes FEVRIER 1949 355 Essentiel, urgent et complexe, tel nous apparaît le problème de l’éducation.Il appartenait au Groupe lyonnais d’études médicales, philosophiques et biologiques de nous communiquer le fruit d’une riche expérience dans ce domaine.Déjà paru en 1936, cet ouvrage a conservé toute son actualité; les additions à l’œuvre originale témoignent du reste d’un souci évident, chez les promoteurs de la collection Convergences, de puiser aux données les plus récentes de la psychologie.En manière d’introduction, le R.P.Charmot définit les termes d’une collaboration entre l’éducateur et le médecin ; suit une étude poussée de l’enfant, par des maîtres tels que Mouriquand, Bertoye et autres.L’ouvrage se termine par cette considération de l’abbé Monchanin : « La grandeur de l’éducation, c’est d’établir la beauté croissante d’un corps harmonieux, d’un esprit a qui rien d’humain n’est étranger, d’une âme qui entend l’appel du CHRIST et qui croit à l’Amour ».Médecine et Education est un livre de chevet, que liront avec profit tous ceux qui assument la charge, éminemment délicate, de surveiller l’épanouissement psychosomatique de l’enfance.Nous devons au docteur René Biot d’avoir retrouvé ces pages, auxquelles feront suite, dans la même collection, des textes d’un intérêt non moindre.Guy TROTIER Arthus (Dr André).Un Monde inconnu, nos enfants.Le livre des parents.Paris, Susse [cl946].216p.22.5cm.37.01 En présentant ce livre au public, le Dr Arthus écrit en avant-propos : « J’ai toujours remarqué que les explications théoriques étaient de faible portée, tandis que les exemples concrets ont une plus grande éloquence ».L’ouvrage du Docteur tire magnifiquement profit de la vérité de cette observation.Le Dr Arthus possède une vaste expérience du monde des enfants : il les a reçus nombreux à son bureau, il a confronté les diagnostics des parents et les aveux de ses petits patients et, de toute cette expérience, il a composé une gerbe des plus variées.Ses jugements sur les menteurs, les désobéissants, les jaloux, les kleptomanes, font réfléchir sérieusement au grave problème de l’éducation; ceux qu’il porte sur l’inhibition, l’énurésie, les peurs infantiles, le sentiment d’infériorité, permettent d’éviter des inconvénients dus à des manières d’agir peu pédagogiques ; ses remarques relatives à la puberté, à l’information sexuelle, aux amitiés amoureuses, sont d’un précieux secours pour tous ceux qui désirent prévenir de réels dangers.L’ouvrage répond donc à un véritable besoin.Les parents le liront d’abord avec avidité et le consulteront ensuite avec profit, dès que se présenteront les problèmes soulevés par les attitudes de 356 LECTURES leurs enfants.Tous les éducateurs d’ailleurs y trouveront ample matière à réflexion, des lumières qui leur seront fort utiles pour aider les jeunes à traverser les difficiles moments de l’enfance et de l’adolescence.Roland GERMAIN SCIENCES APPLIQUÉES Tyrer (Alfred H.).D’où venons-nous chère maman?Trad, de Where Did We Come From, Mother Dear?Montréal, les Editions de la Houle [cl947], 90p.ill.20.5cm.$1.00 ($1.10 par la poste).612.6 .Pour adultes Voilà, semble-t-il, un livre courageux, qui ne craint ni les mots ni les gravures réalistes.Traduit de l’anglais, il est appelé à aider les parents dans l’explication des phénomènes de la vie.En regard des autres ouvrages traitant le même sujet, celui-ci présente plusieurs aspects nouveaux, entre autres un glossaire assez complet sur l’emploi des mots relatifs à la sexualité.Toutefois, à l’encontre des autres auteurs, Alfred H.Tyrer néglige un peu le rôle de la Providence dans la nature, et les parents vraiment chrétiens voudront bien le remarquer et compléter chaque explication en attirant l’attention des enfants sur la présence de Dieu dans ses créatures.Il convient aussi d’avertir que l’emploi continuel des mots scientifiques risque de décevoir un grand nombre de parents, de les paralyser dans leur tâche d’éducateurs et même de les inciter à négliger un rôle qu’ils imagineront peut-être au-dessus de leur capacité.C’est dire que cette brochure ne peut être sûrement utile qu’à ceux qui ont déjà puisé ailleurs, par exemple dans l’Initiation des enfants à la vie de Pierre Dufoyer.Rappelons aussi que, en dépit des prétentions de l’auteur, ce livre ne doit pas être mis entre les mains des enfants, soit en raison de son caractère de condensé didactique, soit à cause de ses gravures.Ajoutons qu’il est impossible d’approuver la recommandation de baigner ensemble garçons et filles jusqu’à l’âge de huit ans.Simone GERMAIN BEAUX-ARTS * * * Arts graphiques du Canada au Brésil [1946].Revue de la presse.[Rio de Janeiro.] 154p.19cm.7(064) (81) Ces pages présentent, en français et en anglais, des articles d’appréciation d’écrivains brésiliens sur l’Exposition canadienne d’Arts graphiques tenue à Sao Paulo et à Rio de Janeiro en 1946.Les artistes seront intéressés à ces pages d’analyse des œuvres d’Alfred Pellan, de Jacques de Tonnancour, de Stanley Cosgrove et d’autres.R.L.FEVRIER 1949 357 LITTÉRATURE Charpentier (Jacques).Remarques sur la parole.Montréal, Variétés [cl944].103p.19.5cm.8.085 Jacques Charpentier plaide très bien la cause de la parole.Son ouvrage expose d’une façon claire et vivante les différentes circonstances où peuvent se trouver ceux qui ont à parler en public, les conditions du succès, de l’efficacité dans l’art oratoire.Evidemment, le distingué disciple de Thémis écrit surtout pour les membres et les futurs membres du Barreau.Toutefois, son petit livre peut être d’une grande utilité aux prédicateurs, aux conférenciers et aux orateurs de toute catégorie.Remarques sur la parole vaut la peine d’être lu et 1 on regrette davantage trois lignes malheureuses où l’auteur cite cavalièrement le Christ comme exemple de perte de mémoire dans un exposé.« Ce n’est pas un beau spectacle.Quel est ce Christ à Gethsémani, avec la sueur de sang sur son visage?Un pauvre diable qui croyait savoir sa leçon sans faute, et que sa mémoire trahit » (p.59).Voilà qui est irrespectueux et de la plus haute fantaisie.L’Homme-Dieu n’avait aucune leçon à débiter.« La misère et le dégoût, dont parle l’Ecriture, qui montaient en Jésus comme une nausée, ce sont ceux que le pécheur connaît bien, par expérience.[.] C est toute 1 angoisse du monde qu’il magnifie et à laquelle il donne son sens » (Jésus en son temps, par Daniel-Rops, p.485).On est loin du trac d’« un pauvre diable » et l’on demeure sidéré d une telle inconvenance._____ _____ ___ J.-P.BEAUSOLEIL Bay (André).Intimité ou bonheur d’un jour.[ Préf.de René Chicoine.] Montréal, Société des Editions Pascal [1946].195p.h.-t front.19.5cm.84-3 André Bay aurait-il voulu dans ce roman, par goût du risque, observer la règle des trois unites?Peut-etre.En tout cas, sa tentative est une faillite.L’ouvrage raconte la journée de deux jeunes époux, et de leur bébé de quelques mois.D’autres personnages, voisins et parents, entrent aussi en scène.Seule l’épouse est digne d’un peu d estime.Elle est réservée, polie et possède une certaine maîtrise d’elle-même.Les autres sont des automates dont la compagnie ne peut qu’en- nuyer.Léonard-A.TURCOTTE Bommart (Jean).Feux de la nuit.Roman.Paris, les Deux Sirènes [cl947].363p.19.5cm.84-3 Appelle des reserves t 358 LECTURES « Les feux de la nuit » symbolisent l’espérance, le désir de vivre, de se sacrifier, de croire en Dieu, en sa providence mystérieuse.L’ouvrage doit être cependant réservé aux lecteurs avertis, en raison de son réalisme.Pendant plus de trois cents pages d’un texte serré, l’auteur nous fait vivre les heures difficiles des derniers jours de l’occupation allemande en France.Louise Vasseur, scrupuleuse vieille fille, le maire Tavernier, caméléon, Albert Laurent, opportuniste, Bouboule, maquisard, tout un petit monde devient nôtre sous le style extrêmement vivant de Jean Bommart.Jean Vasseur, Georgette et l’abbé Demouzon émergent parmi les personnages de Feux de ta nuit : l’amour de Jean et de Georgette n’est couronné qu’après de dures épreuves qu’ils subissent avec courage; André Demouzon campe le vrai type d’un vicaire tout à son ministère, sévère pour lui-même, bon pour les autres, grand conciliateur.C’est l’humain qui fait incontestablement l’intérêt de l’œuvre ; chacun discute ici tout haut avec lui-même, avouant ses faiblesses, reconnaissant ses torts et se repentant en toute franchise.Feux de la nuit renferme cependant beaucoup d’action.On passe très vite du calme plat de Soubran aux guérillas farouches des maquisards, de l’intimité tendue du couple Catherine et Jacques aux soirées mondaines de Madame Bradley.Ces contrastes ne choquent pas le moins du monde ; au contraire, on se croirait au cinéma.J.-P.BEAUSOLEIL Duhamelet (Geneviève).Rue du Chien-qui-pêche.[ Paris ] Librairie Bloud et Gay [1947].218p.19cm.8^-3 Pour adultes L’auteur nous peint les traits d’une école communale de l’entre-deux-guerres.Elle nous livre ses expériences de professeur d’une classe d’enfants pauvres et souffreteux.Le récit est simple, réaliste, souvent émouvant.Même si quelques-uns des moyens pédagogiques qu’il illustre peuvent paraître désuets, l’ensemble de l’ouvrage est captivant et utile pour qui veut entrer en contact plus intime avec les enfants du peuple.Rue du chien-qui-pêche a été couronné par l’Académie française et par l’Académie de l’Humour.Simone GERMAIN Edo (Jean).Simon, sa mère et le mariage.Roman.Paris, Bonne Presse [1948].124p.18.5cm.(Coll, la Frégate, 23).84-3 Cet ouvrage, comme les autres de la collection, présente un récit bien conduit, captivant.Ces petits livres d’un format pochable FEVRIER 1949 359 devraient être répandus à profusion : ils sont le moyen tout désigné pour combattre la camelote sentimentale, même souvent vulgaire, qui inonde kiosques et restaurants.R.L.Hoog (Armand).L’Accident.Roman.Paris, Grasset [cl947].300p.19cm.84-3 Mauvais Georges Quost, fondateur d’un Institut de psychanalyse, a été chloroformé et emprisonné dans une île.Là, un vieux serviteur lui apporte chaque jour sa nourriture.Quost emploie son temps à écrire son journal.Au jour le jour, il entasse réflexions sur réflexions ; son passé immédiat, ses aventures plus reculées, ses fonctions de psychanalyste, ses impressions du moment, tout est fidèlement consigné.Quost en vient à se demander s’il n’a pas fait de victimes en voulant pénétrer trop profondément dans l’âme inviolable de ses patients.Enfin, on lui annonce qu’il y a erreur de personne, accident, et on lui redonne sa liberté.Quost préfère rester dans Hle et y mourir.Cet ouvrage puissamment lyrique, n’est pas assez composé et dressé ; il offre trop de heurts et de longueurs.D’autre part, il voudrait suggérer avec force la réalité de la notion de culpabilité, mais cet objectif louable est gâché par des passages d’un sensualisme trop brutal, trop païen et corrigé d’aucune façon par la morale naturelle ou chrétienne, pour pouvoir convenir à qui que ce soit.Paul GA Y, c.s.sp.Lachapelle d’Apchier (Alix de).Un Vent sauvage souffle sur la montagne.111.de Pierre Collot.Paris, Editions de l’Amitié [cl947].253p.ill.18cm.(Coll.Heures joyeuses, no 38).84-3 Ecrit dans une langue archaïque et savoureuse à souhait, cet ouvrage contient treize contes qui brodent autour des coutumes auvergnates, des légendes montagnardes, en frôlant souvent le fantastique et le merveilleux.Un lien ingénieux entrelace ces contes : ils sont apportés par Vent-Sauvage, un vieux colporteur, à l’hôtel de montagne qu’il rallie entre ses courses.Le conte, quand il est réussi comme dans le volume qui nous occupe, est une satisfaction de choix pour l’esprit de l’enfant, une excellente leçon de composition pour l’élève en lettres et, pour les adultes, un heureux rappel des émerveillements d’autrefois.Germaine LAPLANTE Thérol (Joseph).Le Vitrail de la Résurrection.Préf.du R.P.de Parvillez, s.j.Paris, Editions Saint-Germain [cl948].219p.17.5cm.84-3 360 LECTURES La préface de ce maître en littérature qu’est le R.P.de Par-villez, n’est pas une simple introduction au roman de Joseph Thé-roi, mais une instructive en même temps que captivante leçon sur l’utilité du roman historique, sa justification.Le roman n’est qu’une application, une illustration de cette leçon.Se basant sur les conclusions scientifiques de savants tels que les RR.PP.Prat, de Grandmaison, Lagrange, pour ne nommer qu’eux, l’auteur nous fait revivre, avec une liberté heureuse et respectueuse à la fois de la vérité historique, l’épopée du Christ ; nous revoyons saint Pierre, qui conserve toujours sa fougue, saint Jean qui devient de plus en plus « intérieur » ; nous pénétrons dans l’intimité des autres apôtres et des premiers disciples au lendemain de la Résurrection.Ouvrage splendide, de bon goût et qui peut faire beaucoup de bien.J.M.Weyd (Paule-Marie).Lettres à ma fille fermière.Roman.Paris, les Editions des Loisirs [cl939].190p.19cm.(Coll, la Vie paysanne).84-3 L’on comprend que ce recueil de lettres d’une grand-mère à sa fille fermière ait été couronné par l’Académie française : il rayonne la santé, il est écrit dans une langue claire, savoureuse, fleurant le terroir français.L’auteur prend prétexte de lettres familières qu’elle adresse à sa fille, pour lui donner de judicieux conseils sur le comportement des époux entre eux, sur les relations de la bru avec la belle-mère qui habite sous le toit du jeune couple, sur l’entretien du poulailler, l’aménagement de la maison, etc.Cette correspondance s’échelonne sur une période de treize ans.Les différents personnages vieillissent.Les plus âgés descendent le versant de la vie allègrement, avec sérénité, et les plus jeunes se préparent à succéder à leurs devanciers dans la voie droite du courage, du labeur et de l’honneur.La forme épistolaire n’enlève rien ici à l’intérêt et à la vie du récit, qui devient même très émouvant lorsqu’il s’agit de marier une nièce à un garçon méritant, cultivateur racé, diplômé, mais né de père inconnu.Nous le clamons hautement, ce petit livre, qui plaira également aux citadins, devrait circuler dans toutes les campagnes.Il y ferait beaucoup de bien, stimulerait les courages, élèverait les cœurs, aiderait à savourer davantage le devoir quotidien, simplement parce qu’il est de franche venue, droit et sain.Au moment où tant d’auteurs prennent un sadique plaisir à étaler les maux de l’humanité, Paule-Marie Weyd nous offre des pages nettes, ;nstruc-tives et dont la lecture sera pour tous une distraction, une leçon et un réconfort.Rodolphe LAPLANTE FEVRIER 1949 361 Sévigné (Mme de).Madame de Sévigné.Lettres choisies.Avant-propos de Vallery Radot.Montréal, Fides, 1947.94p.17cm.(Coll.Selecta) $0.35 ($0.40 par la poste).84-6 Cote de la coll.: 84-8 Ces Lettres choisies de Madame de Sévigné font connaître avantageusement la grande épistolière du 17e siècle.Les étudiants et même l’adulte bousculé par la vie, qui n’a pas le temps de se plonger dans les œuvres complètes, de lire les gros ouvrages, doivent apprécier cette collection Selecta, aux publications soignées, de format commode, aux textes si judicieusement choisis et présentés.Hérouville (R.P.d’).Bourdaloue.[Paris] la Bonne Presse [1947].177p.19cm.(Coll, la Noble France).84-8 Le Prédicateur du 17e siècle soutient son rang dans cette galerie de noblesse.C’est une figure dominante.Le R.P.d’Hérouville nous sert, dans l’introduction, l’essentiel d’une vie qui n’eut rien de mouvementée.Il a l’occasion d’utiliser les dernières précisions historiques.Suit un choix de textes plutôt courts et rangés sous les titres : Prédication, Dogme, Dévotions, Morale, Vie et Histoire religieuses.L’auteur réussit à circonscrire les grands thèmes, mais il lui était bien difficile de nous donner le « sens » de Bourdaloue, de sa « continuité ».Aussi, est-ce une invitation à consulter les Feu-gère, les Griselle.Surtout, pourquoi, après cette solide invitation, n’irions-nous pas « en Bourdaloue » ?Louis-Philippe LÉPINE Saliège (Card.).Les « Menus Propos » du Cardinal Saliège.[Toulouse, Editions «l'Equipe», 1947.] 7v.16cm.84-8 Les « menus propos » du cardinal Saliège comprennent sept fascicules de soixante-quatre pages chacun : le chrétien, le Français, l’éducateur, l’homme social, l’homme intérieur, l’équipe paroissiale, Féquipe d’action ; « alertes et brefs », ils paraissaient depuis juin 1937 dans la Semaine Catholique de Toulouse.Réactions spontanées d’une âme ardente, ces « menus propos » jouent un peu le rôle de corps francs à côté du gros des troupes.Ils ne suppriment pas les lettres doctrinales.D’un trait ils les annoncent ou les défendent ou les complètent.Ils touchent à tous les problèmes.Ils sont volontairement incomplets.Ils veulent faire choc; affirmation, négation, interrogation, exclamation, suspension, tout est utilisé avec une étonnante économie de mots, pour 362 LECTURES livrer la pensée à l’état pur.On a comparé finement les menus propos à des bombes atomiques.[.] Groupés, ils constituent un véritable livre de pensée pour les hommes de notre temps.(Avant-propos.) En effet, cette collection, bien courte à lire, peut faire longuement réfléchir.Le cardinal Saliège, jeune et vif d’allure, surprend par ses audaces de style lapidaire.Ses comprimés, pas toujours faciles à prendre, produisent cependant de bons effets ; ils font du bien une fois assimilés.En voici quelques-uns à titre d’exemples.Si l’on ne veut pas étudier, qu’on se taise.Le bagout ne remplace pas le savoir.Monsieur, vous êtes un installé et l’univers est en marche.Vous serez écrasé par bêtise.On a peur du changement de vie qu’impose le christianisme authentiquement vécu.On est en rogne contre tout et tous.Méthode de l’égalité par en bas.Ce n’est pas seulement la France qui en a souffert, mais l’Eglise encore.L’archevêque de Toulouse stimule énergiquement dans le sens de l’étude et de l’action.L’étude du dogme, des Ecritures, — les évangiles surtout, — des Pères, doit être poursuivie non pour combattre, mais pour mieux vivre.«Pourquoi borner, limiter ses horizons ?» Le catholique doit être actif, avancer à tous les points de vue, comme la vie elle-même.Rien ne doit le laisser indifférent.Ceux qui veulent entraîner les autres dans l’erreur qu’ils professent s’y attachent toujours davantage ; que ceux qui sont dans la vérité s’y incorporent de plus en plus, en comprenant bien les responsabilités de membres du corps mystique dont le Christ est la tête.Ces pages s’imposent par leurs conseils pertinents sur tout ce qui concerne la vie du chrétien dans les différentes sphères de son action individuelle, familiale, paroissiale, nationale, sociale et catholique.On peut leur appliquer ce que le cardinal Saliège dit de F Imitation : « C’est du condensé.A notre époque de fièvre, le condensé a du bon.Il ne faut pas le dédaigner ».Chacun de cm sept petits volumes est rehaussé de quatre hors-texte de bon goût, surtout le troisième et le sixième ; ils illustrent bien certaines pensées de l’auteur.C’est dommage que les « menus propos » soient sur papier commun.Ils sont pourtant susceptibles d’être lus et relus bien des fois, car la jeunesse de leur style et l’actualité toujours nouvelle de leurs sujets résisteront certainement à l’usure du temps.J.-P.BEAUSOLEIL Giraudoux (Jean).Arnica America.Paris, Grasset [cl938].216p.19cm.84-94 Giraudoux était un poète, un poète actif; c’éfait inéluctable, il devait écrire Fn 1917, Giraudoux vint aux Etats-Unis ; résultat : un livre sur l’A .érique.Il aimait beaucoup cette terre qui lui inspirait des « sentiments filiaux », et il se félicitait, vingt ans après FEVRIER 1949 363 Arnica America, d’avoir inscrit cette « plaque de marbre volant ».Arnica America est pour le moins très original.Entre un prologue éthéré et un épilogue printanier, car Giraudoux sans ses printemps ne serait plus Giraudoux, l’auteur, en cinq chapitres, nous introduit dans le domaine de sa prose poétique.Cela produit quelques pages magnifiques, beaucoup de mots, d’étranges phrases, au petit bonheur, sans but défini.On peut tout de même conclure d’Arnica America que la France est très honorée aux Etats-Unis, nue la guerre 1914-18 a fait connaître un nouveau sport à nos voisins, qu’il y a d’étranges folies dans le monde et que la nature est bien belle et reposante en Amérique.J.-P.BEAUSOLEIL Chaigne (Louis).Notre Littérature d’aujourd’hui.Paris, J.de Gigord [1946].167p.ill.18cm.(Coll.Tout pour tous).84.09“ 19” Ses volumes d’anthologie sur la poésie et la prose catholique ont fait connaître la culture littéraire de Louis Chaigne, son sens critique et la sympathie dont il entoure ses amis les écrivains.Il nous a aussi offert Notre Littérature d’aujourd’hui, dont les quelque 150 pages valent bien d’autres ouvrages plus volumineux.Notre Littérature d’aujourd’hui se donne pour but de nous faire voir la « mission spirituelle » des lettres françaises actuelles.C’est dire les limites, le sens et les risques de l’œuvre.L’auteur a divisé les écrivains en trois grandes catégories : les spirituels, ceux qui pourraient l’être et ceux qui ne le seront normalement jamais.Au seuil du temple, le nom de quelques grands maîtres : Bergson, Barrés, Péguy, Claudel, Gide, et autres.Us ne sont pas tous bons, quelques-uns même sont « mauvais ».Louis Chaigne décèle cependant chez le plus athée, chez le plus sensualiste, quelque trace de spirituel, une nostalgie irrépressible.Même si c’est là un louable effort de sympathie, on peut quelquefois trouver la générosité du critique excessive.Les noms des grands seigneurs de la plume et de la pensée moderne ne doivent pas nous en imposer, lorsqu’ils ont prostitué leur art à des facilités méprisables.On constate d’ailleurs aussitôt que l’auteur sait leur dire leur fait, et qu’il se sent infiniment plus à l’aise avec les témoins véritables du spirituel authentique, auxquels il fait large la place d’honneur.A la suite des chefs, d’autres grands noms suivent, et d’autres encore, moins célèbres.Ils se rangent tous dans le genre littéraire auquel ils appartiennent, et selon leurs tendances sociales et religieuses.Us viennent s’inscrire à leur moment dans l’évolution des idées et des sentiments, et cela donne l’impression d’un groupe de témoins providentiels.Louis Chaigne n’a pas voulu nous offrir une anthologie : à peine quelques textes pour illustrer un jugement; pas davantage une histoire littéraire : rien de l’appareil scolaire et de la plénitude 364 LECTURES sèche du manuel.C’est plutôt à une promenade qu’il nous appelle, à un pèlerinage au sanctuaire des lettres françaises.Un guide averti et d une discrétion dont nous lui savons gré nous indique les chapelles, les dévotions principales.Une prostration devant les grands titulaires, un respect pour cette niche là-bas dans l’ombre.Au bout, il vous laisse une impression de force et de clarté, de maîtrise absolue du sujet : vous avez retenu les principales tendances, les grands auteurs, les œuvres solides.Et tout cela s’enjolive de formules heureuses, de raccourcis charmants, d’expressions puisées parfois chez les écrivains eux-mêmes ou consacrées par la tradition littéraire., A son style alerte et châtoyant, aux prélèvements judicieux qu’il opère dans les œuvres des écrivains, à ses délicatesses de joaillier, Louis Chaigne joint surtout un autre mérite : il a du courage, un courage que l’on a plaisir à trouver chez un critique littéraire.Malgré sa très parfaite courtoisie — et cette politesse de langue peut donner le change et jouer un vilain tour au lecteur pressé et non averti — Louis Chaigne sait dire son fait à l’écrivain trop content d’une simple « opposition au spirituel ».Il n’est que de lire le jugement qu’il porte sur certains bonzes des lettres actuelles.Notre littérature d’aujourd'hui est une magnifique initiation pour le débutant en littérature.L’introduction est large, intuitive, sure.La photo des écrivains éclaire le texte, des tables diverses le complètent.Une nouvelle édition pourrait ajouter à cet actif une table alphabétique des auteurs.Nous serions évidemment heureux d’y trouver un appendice pour les écrivains canadiens.Tel qu’il est, l’ouvrage de Chaigne devrait se trouver entre les mains de tous les étudiants.Ils y trouveraient deux qualités essentielles au littérateur : un goût littéraire sûr allié au culte de l’honnêteté, de la morale.Louis-Philippe LEPINE Desilets (Maurice).Fugues lyriques.Dessins exécutés par Armand Gingras.Montréal, Librairie des Clercs de Saint-Viateur, 1947.221p.ill.21cm.$1.50 ($1.60 par la poste).C84-1 L’auteur donne libre cours à sa muse et mêle le conte au poème, maniant avec une égale dextérité le vers régulier et le vers libre.Obéissant à sa voix intérieure, il décrit l’appréhension et la douloureuse nuit de l’âme qui a perdu toute confiance, l’épreuve finale, le recours à la prière et enfin l’épanouissement par le don total à Dieu.Les Variations sur un thème nous enchantent par le souffle puissant de leur inspiration religieuse ; elles rappellent les exigences divines vis-à-vis l’âme appelée au renoncement toujours plus complet, le vide et l’amertume qu’elle éprouve lorsqu’elle recherche le bonheur ailleurs qu’en Dieu.FEVRIER 1949 365 Fuéues lyriques est un ouvrage riche de promesses qui, il faut l’espérer, seront tenues.R.SAMSON Harpe (Charles-E.).Les Oiseaux dans la brume.Poèmes.Préf.de M.l’abbe Arthur Laçasse.Montmagny, les Editions Marquis [cl948].165p.20cm.c84-i La lecture de ces poèmes est un vrai régal.L’auteur y distille le charme d’une poésie saine et vivifiante.Certaines strophes atteignent au plus haut lyrisme; on y voit poindre l’ombre de la souffrance, la souffrance profonde d’une âme délicate et chantante.Bien que le poète nous dise : « Mes vers sont des oiseaux égarés dans la brume », il n’en demeure pas moins limpide, meme lumineux.Le souci de la forme ne le cède en rien à la mission consciente qu’il a de son rôle de voyant.Enfin, disons-le sans ambages, Charles-E Harpe nous apparaît comme l’une des plus belles promesses v de la poésie canadienne et la discrétion des cymbales de la critique officielle vis-à-vis ses premières œuvres nous prouve une fois de plus la légitimité de certaines méfiances devant les engouements d’une publicité intempérante.Léonard.A.TURCOTTE Levasseur (Yvonne) et Dostie (Emilienne).En quête d’espace et d’oubli.Québec, les Editions du Forum, 1947.194p.19.5cm.(Coll.Romans) $1.25 ($1.35 par la poste).C84-3 Histoire saine d’un grand amour qui sort triomphant et purifié d’une terrible épreuve.Le récit nous promène dans les centres canadiens-français, nous permet d’admirer l’incomparable nature canadienne, respire l’optimisme, donne goût à la vie.Maillet (Adrienne).De gré ou de force.Roman.Montréal, l’Arbre, 1948.259p.19.5cm.$1.25 ($1.35 par la poste).C84-3 L’action de ce roman se passe pendant la dernière guerre.Monique Delval, après avoir appris la mort de son mari à la guerre, se remarie avec Luc Manciny.Un an après, alors que le nouveau foyer se prépare à saluer l’arrivée d’un enfant, réapparaît soudain le premier époux, François Delval.Le ménage Delval renaît donc, tandis que Luc s’en va dans l’ouest où il se marie.La seconde partie du roman raconte la vie du fils de Monique Delval et de Luc Manciny : Yves.A l’âge de vingt ans, Yvex, lors d’une tournée en Gaspésie, s’éprend d’une belle jeune fille, Gaetane, qu’il ne peut épouser parce qu’elle est l’enfant de Luc Manciny et, par conséquent, sa sœur.366 LECTURES Livre quelquefois un peu fade, mais de tout repos.L’auteur, au lieu d invoquer uniquement l’autorité de l’Eglise au sujet des empêchements de mariage pour raison de parenté, aurait pu cependant en montrer aussi le bien-fondé raisonnable pour le bonheur des individus et de la société.Paul CHATELAIN GÉOGRAPHIE.BIOGRAPHIES Champris (Gaillard de).Images du Canada français.Préf.de Firmin Roz.Paris, Editions de Flore [cl947].283p.h.-t.19.5cm.91(71) M.Gaillard de Champris est présentement professeur à l’Institut Catholique de Paris, mais il a été pendant douze ans titulaire de la chaire de français à l’Université Laval de Québec et connaît donc bien notre pays.Fervent admirateur du Canada français, il en parle avec beaucoup d’amitié et d’à-propos dans son livre Ses « images » sont vivantes et tous ceux qui s’intéressent à nous s’y arrêteront avec plaisir.C’est là sans contredit un ouvrage qui offre a nos « cousins » de France les vrais traits de notre visage.Je me plais a signaler les trois derniers chapitres, qui contiennent des réflexions très justes sur l’état d’esprit des Canadiens français en face de leur avenir et vis-à-vis de la France.A .v Léonard-A.TURCOTTE Athanase (Saint).(TrS!?(,* notre.b‘enheureux père saint Antoine.V?Arnaud dAnd,Hy, annotée par P.Tremblay, o.p.) Montreal, Ed.du Levrier, 1947.158p.19.5cm ' 92:2 L auteur évoque d’abord le haut degré d’union divine à laquelle est parvenu saint Antoine; il nous enseigne alors comment celui-ci peut entraîner les autres à la poursuite du même idéal-erflin par le truchement d’un discours fictif, il groupe les enseigné ments du célébré anachorète sur la perfection.L’intérêt de ce livre s’augmente du fait qu’il a été traduit du Port RoyafrnaU d dAndllly’ l un des Plus célèbres solitaires de Il faut féliciter le R.P.Tremblay, o.p., d’avoir repris avec un rare bonheur la traduction de certains passages ; ses annotations et ses commentaires sont riches de doctrine et d’érudition.Bergeron (Henri-Paul), c.s.c.f*®Frère André, c.s.c.2e édition.Montréal, Fides, 1947.265p.h.-t.19.5cm.(Coll, les Grands Serviteurs de Dieu) $100 f$l 10 par la poste).92:2 FEVRIER 1949 367 Il convient de féliciter l’auteur de cette biographie du Frère André : il a su nous présenter avec objectivité et élégance, la physionomie si originale de ce grand serviteur de saint Joseph.Chesterton donne à François d’Assise le qualificatif original de Jongleur de Dieu ; la Légende dorée raconte l’histoire du Jongleur de Notre-Dame; le XXe siècle aura connu le Jongleur de saint Joseph : le Frère André.Le secret de ce dernier résidait dans sa facilité à percevoir le surnaturel, à vivre en communication avec tout ce réseau de spiritualité qui nous environne et que notre esprit trop préoccupé des choses matérielles oublie si facilement.La sainte Trinité, la Vierge Marie, les anges, saint Joseph, tous les saints existent, mais notre manque de foi nous empêche de vivre intégralement de ces vérités.L’humble Frère, au contraire, avait une âme si attentive à toutes les manifestations de l’au-delà que le miracle était son pain quotidien.Si nous trouvons plutôt rarement des thaumaturges de sa qualité, c’est qu’une foi aussi intens^ une charité aussi parfaite, une espérance aussi forte,, une purete aussi grande ne se rencontrent pas souvent chez le même homme.Le Frère André du R.P.Bergeron est un ouvrage bien construit et bien écrit, qui répandra au loin la juste renommee de l’humble Frère convers.Lapérouse (Léon de).La Vie de sainte Catherine de Gênes et le Traité du Purgatoire.Tournai, Casterman, 1948.131p.18.5cm.(Coll, les Grands T émoignages ).92:2 La vie de sainte Catherine de Gênes n’est pas très connue ; il y a lieu de le regretter car elle fourmille de pieux enseignements.Née dans une des plus illustres familles de Gènes, mariée à l’âge de seize ans, vite délaissée par son mari, Catherine se dévoue à toutes les bonnes causes et obtient enfin la conversion de son époux.C’est véritablement une existence en Dieu dans la mêlée du monde.Mais l’auteur ne s’en tient pas à la biographie; il nous fait aussi connaître les écrits de la sainte et traite de sa doctrine sur le purgatoire.Il nous présente enfin les héritières de son esprit : Mère Marie de la Providence et les « Auxiliatrices des Ames du Purgatoire ».Le volume se termine par le texte intégral du Traité du purgatoire de sainte Catherine de Gênes.L’ouvrage mérite de grands éloges.On est particulièrement intéressé par le Traité du purgatoire, qui ne peut manquer de faire beaucoup de bien.C’est Julien Green qui, dans son recent Journal, disait: «ce livre répondait à beaucoup de questions que je me posais et renversait des opinions que je croyais fortement ancrées en moi ; il détermina dans mon esprit un nouveau courant d’idées sur la destinée spirituelle de l’homme».___ Roland GERMAIN 868 LECTURES Wilbois (Joseph).Sainte Catherine de Sienne et l’actualité de son message.Tournai, Casterman, 1948.278p.18.5cm.(Coll, les Grands Témoigna-ges).92:2 Au moment où « la chrétienté a besoin d’un message de paix, de pureté et d’amour », la lecture de la vie de cette sainte est on ne peut plus opportune.Dans un monde déchiré par des troubles de toutes sortes, elle a continuellement prêché la paix ; à une époque où l’Eglise se trouvait en butte à des vexations renouvelées, elle a hardiment demandé la croisade contre les ennemis de la vérité.Dans une première partie, l’auteur fait connaître la vie cachée de la sainte et les débuts de sa vie publique ; c’est avec admiration que l’on constate combien sont mystérieuses les voies de la Providence qui, de la fille d’un humble artisan, a fait une championne des droits de l’Eglise.Les pages concernant sa doctrine étonnent par leur profondeur, surtout lorsque l’on sait que Catherine de Sienne n’était jamais allée à l’école et ne savait même pas lire.On ne peut alors s’empêcher de reconnaître la main de Dieu, d’autant plus que Joseph Wilbois réfute péremptoirement toutes les tentatives d’expliquer son cas en faisant appel à des états maladifs.Enfin sa vie publique remplit les lecteurs d’admiration non seulement par la direction des consciences qu’elle a exercée avec une si grande clairvoyance et par ses lettres spirituelles à des gens de tous les milieux, mais aussi par son action politique au sein même de la Papauté, action qui peut paraître surprenante mais qui n’est qu’une forme de sa vocation bien particulière.Voilà donc un livre bien documenté, écrit avec un grand souci de probité, et en même temps révélateur de la toute-puissance de la miséricorde divine.Roland GERMAIN Reuze (André).Le Véritable Robinson Crusoé, ou la vie étonnante d’Alexandre Selkirk.Paris, Grasset [cl937].224p.h.-t.19.5cm.92:3 Les manuels de littérature anglaise, lorsqu’ils étudient Daniel de Foe, nous apprennent que l’auteur n’a pas fait oeuvre d’imagination seulement, puisque Robinson n’est autre qu’Alexandre Selkirk.marin anglais du 17e siècle.Les aventures du véritable Robinson dans son île de Juan-Fernandez sont cependant beaucoup plus prosaïques que les enchantements du héros du roman.André Reuze nous présente ici la vie de Selkirk.Si la biographie, en elle-même, est déjà pleine d’intérêt, l’introduction que l’auteur consacre à raconter le double succès de l’œuvre de Daniel de Foe et de 111e de Juan-Fernandez, en même temps que les renseignements qu’il nous livre sur les flibustiers de l’époque, intéresse- FEVRIER 1949 369 ront encore davantage ceux qui sont friands de détails exotiques, d’anecdotes curieuses.j Falardeau (Emile).Artistes et Artisanes du Canada.Cinquième Série : Filiau-Dubois.Montréal, Ducharme, 1946.77p.19cm.$0.75 ($0.80 par la poste).92:7 Cette plaquette très documentée consacrée au premier horloger de la région de Montréal, Jean-Baptiste Filiau dit Dubois, est une nouvelle et précieuse contribution à la petite histoire de notre pays.Bertrand (Camille).Monsieur de la Dauversière, fondateur de Montréal et des Religieuses Hospitalières de S.-Joseph, 1597-1659.Montréal, les Frères des Ecoles chrétiennes, 1947.280p.h.-t.19.5cm.92:9 Cette biographie de Jérôme Le Royer de La Dauversière est bien un peu aussi, comme il se devait, l’histoire de la fondation de Montréal et des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.La figure du héros, présentée à travers ses multiples activités, semble trop rejetée dans l’ombre par l’analyse détaillée et circonstanciée de chacun des principaux documents dont l’auteur s’est inspiré.Cette analyse laisse une impression de lourdeur et de massivité accentuée encore par une présentation typographique qui manque d’aération.Ce livre demeure cependant l’œuvre d’un artisan probe et consciencieux et fournit une contribution importante à l’histoire des origines de notre pays.André JANOËL LIVRES POUR LES JEUNES * * * Biquette Vextravagante.111.de Dorothea Snow.Montréal, Variétés [cl946].32p.ill.20x25.5cm.$0.25 ($0.30 par la poste).J096 Cet album, illustré de dessins aux couleurs pimpantes, raconte la délicieuse histoire d’une chèvre qui se corrige de ses défauts à la suite d’une série de mésaventures.MacCracken (Harold).Le Roi de F Arctique.Trad, de l’anglais par Edith Vincent.111.de L.Bogue Hunt.Paris, Editions de l’Amitié [1948].196p.ill 18cm.(Coll.Heures joyeuses — Nature.No 60).J82-3 Tous les adolescents s’intéresseront à la vie et aux aventures du morse Aivik dans l’Arctique sauvage.L’auteur nous parle d’ex- 370 LECTURES périence : c’est un hardi voyageur qui a parcouru le Grand Nord en tous sens.Son récit est alerte, direct, imagé.Nous assistons à de furieuses batailles entre les mastodontes de l’Arctique : morses et ours blancs, sans oublier les épaulards, ces requins des mers boréales.La collection Heures Joyeuses mérite tous les suffrages.Still (Dorris Shelton).Dans les montagnes bleues du Thibet.Trad, de l’anglais par E.Vincent.111.de W.Arthur Smith.Paris, Editions de l’Amitié [cl947].209p.ill.18.5cm.(Coll.Heures Joyeuses, no 48).J82-3 Cet ouvrage fait partie de la magnifique collection Heures Joyeuses, qui contient notamment le beau texte de A.de Lachapelle d’Apchier : Un Vent sauvage souffle sur la montagne.Il s’agit ici du récit d’une jeune fille qui a vécu au Thibet, où son père, médecin américain, avait su s’attirer la confiance et l’admiration des indigènes.Le père est chargé d’une mission de paix auprès de la Chine.C’est alors que commence l’aventure de Sue.L’intrigue est prétexte, évidemment, à des études de moeurs peu banales.L’auteur, à traits cursifs, sait nous faire voir les rivalités raciales qui existent entre les groupes orientaux.Après diverses péripéties, la mission du père est conduite à bon terme et Sue y a joué un rôle important.Ouvrage charmant et instructif.R.L.OUVRAGES DIVERS Il arrive fréquemment que des bibliothécaires nous demandent des renseignements sur l’aspect moral d’ouvrages dont nous ne trouvons l’appréciation nulle part.Quelle que soit la valeur littéraire de ces œuvres, nous nous faisons un devoir de les étudier lorsqu’on nous les envoie, pour rendre service à nos abonnés.(NJDJ.R.) Barclay (Vera).Vie de Florence L.Barclay, par sa fille.Tr.de l’anglais par E.de Saint-Segond.Plon [1923].233p.18.5cm.Tous ceux qui ont été charmés par les livres de Florence L.Barclay, en particulier le Rosaire, seront heureux de prendre connaissance de sa vie racontée par sa fille.Ils seront particulièrement conquis par les anecdotes savoureuses qui parsèment le récit et leur sympathie augmentera envers un auteur qui a vraiment compris ses devoirs d’écrivain.Bertrand (Adrien).L’Appel du sol.Paris, Calmann-Lévy [1919].302p.19cm.Pour adultes Il ne faut pas se laisser tromper par le titre: « l’appel du sol », FEVRIER 1949 371 c est le sentiment éprouvé par tous ceux qui ont généreusement donné leur vie au cours de la guerre 1914-1918.Ces pages, présentées sous forme de roman, transportent sur les champs de bataille, font assister à de durs combats et permettent d’imaginer l’état d’esprit de militaires de diverses croyances.Un chapitre consacré aux amours d’un officier blessé avec une femme mariée oblige à réserver ce livre aux adultes.Bibaud (Adèle).Les Fiancés de St-Eustache.[Montréal, 1910.] 162p.19cm.Roman canadien dont les principaux événements ont eu lieu lors de l’Insurrection des Patriotes en 1837.Descarries (Alfred).Séphora (Récit romanesque et humoristique).La famille Beauiretin (Comédie en trois actes).[Montréal, Editions Edouard Garand, 1926.] 156p.17cm.Récit et comédie qui ne comportent aucun intérêt.Flahaut (Jean).Par mon hublot.Reflets du temps héroïque 1914-1918.Préf.par Olivar Asselin.Montréal, Beauchemin, 1931.185p.21cm.Après avoir parcouru plusieurs volumes relatifs à la dernière guerre mondiale, il est intéressant de lire un témoignage de ce qui s’est passé durant la période 1914-1918.M.Jean Flahaut est un Français qui, dès l’ouverture des hostilités, s’est porté à la défense de sa patrie; ses aventures comme combattant de première ligne et comme prisonnier de guerre ont comme premier résultat d’illustrer son ardent patriotisme et sa bravoure exemplaire.Ses deux derniers chapitres prouvent que des gens des plus sympathiques, doublés de catholiques sincères, nous viennent toujours du pays de nos ancêtres.Héricourt (Pierre).La Dernière des Guerres.Paris, Nouvelle Librairie Nationale [1918].227p.19cm.L’auteur nous transporte aux enfers et, sous forme de dialogues entre des camarades morts durant la guerre 1914-18, présente un réquisitoire très chargé contre ceux qu’il accuse d’être responsables du conflit.Tout le volume clame la condamnation de la démocratie et le retour à la royauté; il se résume dans cette formule péremptoire: « Si tu désires la paix, fais la guerre à la république ».Morissette (J.-Ferd.).Le Fratricide.Roman canadien, suivi de Albertine et Frédéric- — Douleurs et larmes.— Un revenant.Montréal, Eusèbe Se-nécal et Fils, 1884.189p.18.5cm.372 LECTURES Ce roman et les récits qui suivent sont dépourvus d’originalité; le style est on ne peut plus banal.Paquin (Ubald).Jules Faubert, le roi du papier.Roman.Montréal, Pierre R.Bisaillon, 1923.165p.18.5cm.Récit des difficultés que dut surmonter un industriel pour devenir « le roi du papier », de même que de ses amours.Le style est sans valeur et les fautes typographiques abondent Pesquidoux (Joseph de).Sur la glèbe.Paris, Plon [1922].264p.19cm.Livre de premier ordre, chef-d’œuvre authentique.Pion (J.-Wilfrid).La m Championne ».Roman de mœurs canadiennes.Montréal, Editions Modèles.271p.18cm.Histoire d’une orpheline qui, toute sa vie, a visé à la perfection dans toutes ses actions, accomplies en vue de la plus grande gloire de Dieu.Titre surprenant, récit intéressant, écrit avec clarté mais dans un style sans relief.Saint-Maurice (Rémy).Les Derniers Jours de Saint-Pierre.Montréal, C.-E.Beauchesne et Cie, 1905.296p.h.-t.18.5cm.Pour adultes L’auteur raconte les amours d’un blanc et d’une jeune fille de couleur ; il en profite pour relater les événements qui ont marqué les derniers jours de la ville de Saint-Pierre de la Martinique, ensevelie sous les cendres d’un volcan.c4ccuâéâ de réception Les publications mentionnées sous cette rubrique sont irréprochables au point de vue moral.Adhémar (Jean).Frère André Thevet [grand voyageur et cosmographe des rois de France].[Préf.du Fr.Christian Eugène, o.f.m.] Paris, Editions Franciscaines [1947].94p.h.-t.18.5cm.Antoine (Paule).La Flûte Berbère.Roman, Paris, Bonne Presse [1948].174p.19cm.(Coll.Etoiles).Audet (Louis-Philippe).Où mène le cours primaire de la province de Québec?Québec, l’Ecole de Pédagogie et d’Orientation de l’Université Laval, février FEVRIER 1949 873 1948.47p.22cm.(Document no 2 de Pédagogie et d’Orientation) $0.25 ($0.30 par la poste).Autin (Albert).Léon Ollé-Laprune.Paris, Lethielleux [1947].31p.18cm.(Coll.Publicistes chrétiens, no 19).Bélanger (Paul), s.j.Déviations eucharistiques et rectifications.Montréal, le Messager canadien [1948].45p.ill.16cm.(Coll.Vivre, no 24) $0.15 ($0.18 par la poste).Benoit XV (S.S.).Saint Jérôme et les Saintes Ecritures.Lettre encyclique « Spi-ritus Paraclitus» (15 septembre 1920).Montréal, Société catholique de la Bible.64p.16.5cm.(Coll.Textes bibliques') $0.15 ($0.18 par la poste).Burgesse (J.Allan).La Plus Ancienne Famille du Saguenay.Chicoutimi, 1948.40p.22.5cm.(Publications de la Société Historique du Saguenay, no 12).Chaigneau (V.-L.).Notes et élévations spirituelles.III : L’Intimité avec Dieu.Paris, Editions Franciscaines [1947].127p.19cm.Chapouilly (M.-A.).Saint Vincent de Paul.Paris, Bonne Presse [1948].47p.ill.18cm.Dominique.L’Alouette du Bois dormant [Poèmes].Lyon, aux Editions Voix et Visions [cl948].58p.19cm.Dugré (Adélard), s.j.La Bienheureuse Maria Goretti, martyre de la chasteté.[Montréal, Secrétariat de la Croisade eucharistique, 1948.] 32p.ill.18.5cm.(Coll.Cœurs joyeux, no 11) $0.10 ($0.12 par la poste).Garrone (Mgr).Invitation à la prière.Toulouse, Apostolat de la Prière [1948].161p.16cm.Georis (Michel).Ermesinde de Luxembourg.Paris, Lethielleux, 1947.93p.ill.18.5cm.(Coll.Roitelet).Ghyssaert (P.).Sources de grâce, t.1.Bruges, Beyaert [cl947].122p.14.5cm.(Coll.Forces vives - Rencontres avec Dieu).374 LECTURES Gourdon (Pierre).Privée d’amour.Roman.Paris, la Bonne Presse [1948].127p.18cm.(Coll, la Frégate, no 20).# * * Jour de congé.Album de contes et d’images.Montréal, Variétés [cl947].[32]p.ill.35cm.$0.15 ($0.20 par la poste).Pour les jeunes Julia (Elizabeth).Sainte Françoise Romaine.Paris, Bonne Presse [1948].46p.ill.18cm.* * * On s’amuse.Album de contes et d’images.Montréal, Variétés [cl947].[32]p.ill.35cm.$0.15 ($0.20 par la poste).Pour les jeunes * ?* Paul et Ninette à la ferme.Album d’images et d’histoires.Montréal, Variétés [cl947].[32]p.ill.28cm.$0.15 ($0.20 par la poste).Pour les jeunes Petit ( Aîcxândrc ).Paul Déroulède (1846-1914).Paris, Lethielleux [1947].32p.18cm.(Coll.Publicistes chrétiens, no 20).Plus (R.P.), s.j.La Fidélité à la grâce.Bloud et Gay [1947].157p.17cm.(Coll, la Vie intérieure pour notre temps).Poulin (Antonio), s.j.Des réponses, s’il vous plaît! Cas de conscience.Montréal, Secrétariat de la Croisade eucharistique, 1947.71p.18.5cm.(Coll.Cœurs joyeux, no 9) $0.15 ($0.18 par la poste).Pour les jeunes Queinnec (Anne).Saint André, apôtre.Paris, Bonne Presse [cl948].47p.ill.18cm.* * * Titi et Toto.Album d’images et d’histoires.Montréal, Variétés.[32]p.ill.28cm.$0.15 ($0.20 par la poste).Pour les jeunes Veuthey (Père Léon), o.f.m.Le Notre Père des âmes intérieures.Paris, Editions Franciscaines [1947].90p.19cm.N JB.— Seuls les livres dont le prix est indiqué dans les références sont en vente à notre librairie.FEVRIER 1949 375 REVUES FRANÇAISES * + * Culture humaine.Revue mensuelle d’éducation générale.Paris, Editions J.Oliven (65, avenue de La Bourdonnais).64p.24cm.Directeur : Marc Augeard.10e année, no 10 ; octobre 1948.Numéro spécial sur l’organisation de la vie familiale.Nous vous avons déjà présenté en novembre dernier, Culture humaine.Nous faisions alors des restrictions qui ne permettent évidemment pas de conclure à un jugement définitif sur la revue, puisqu’un tel jugement exige l’examen de plus d’un numéro.C’est pourquoi nous avons profité du numéro spécial sur l’Organisation de la vie familiale pour poursuivre une étude qui confirme nos positions premières vis-à-vis cette publication.Nous ne pouvons donc que répéter notre jugement de novembre : « l’allure générale de ce périodique dénote une neutralité qu’il nous semble impossible d’approuver ».A côté de collaborateurs qui nous offrent des articles de tout repos, tels Vérine, André Fayol et d’autres, il en est dont les propos attestent des carences religieuses et philosophiques qui risquent d’entraîner tôt ou tard dans des ornières d’où il est toujours difficile de se dégager.Le problème du « choc des générations » est certes bien étudié par Renée Lebel, mais des passages de cette étude confirment les soupçons de neutralité à laquelle nous faisions allusion plus haut.Henri Joubrel traite de rEducation sexuelle et sentimentale des jeunes.Voilà certainement un sujet de première importance et qui exige des connaissances solides et des convictions religieuses profondes.L’auteur possède sûrement les premières ; quant aux autres, il nous est permis d’en douter.Nous nous gardons de rejeter entièrement le freudisme, dans la mesure où il comporte un véritable actif scientifique ; mais il est sûrement inadmissible de baser principalement une théorie de l’éducation sur la psychanalyse.On nous offre enfin une Bibliographie sommaire sur l’éducaiion et la famille.Plusieurs des ouvrages suggérés sont de première valeur; cependant, comme un grand nombre d’autres nous sont inconnus, nous ne pouvons porter un jugement objectif sur l’ensemble de cette liste.En conclusion, malgré ses mérites évidents, Culture humaine est une publication qui ne doit pas être conseillée sans restrictions : la neutralité évidente de certains de ses collaborateurs et le manque de formation philosophique sérieuse d’autres exposent à bien des écarts occasionnels.La générosité et les bonnes intentions ne peuvent suffire à tout.Roland GERMAIN 376 LECTURES BIBLIOTHECA Section de l'Association Canadienne des Bibliothécaires de langue française Siège social: Université de Montréal, Bibliothèque, 2900, boul.Mont-Royal, Montréal 1.Membres du Conseil: Président: M.Raymond Tanghe; vice-président: M.Joseph Brunet; secrétaire: le R.P.Fernand Guilbault, c.s.v.; trésorier: M.Irénée Sauvé, p.s s.; conseillers: le R.P.Paul-A.Martin, c.s.c., Me Damien Jasmin, le R.P.Auguste Morisset, o.m.i., M.William Mi-lette et Me Lucien Lortie.A titre de membres fondateurs, ont aussi voix consultative au Conseil: les RR.PP.Paul-A.Martin, c.s.c., P.-A.Trudeau, c.s.v., G.Houle, s.j., Mlle Marie-Claire Daveluy et M.Benoit Baril.JÇeA Coûté de J&ibliothêcaireé à Mancheétex et à aQondxeâ (Septembre 1948) On m’a fait l’honneur de me demander mes impressions de bibliothécaire, sur la série des cours qui viennent d’être donnés par l’Ecole de l’UNESCO, en collaboration avec la FEDERATION INTERNATIONALE des Associations de Bibliothécaires.« Ce que j’ai vu dans mon voyage », a-t-on dit, et le tout.raconté en quelques pages très brèves.J’ai donc résolu de faire dérouler rapidement devant vous une pièce en trois actes, dont le premier eut lieu à MANCHESTER, le deuxième à LONDRES et le troisième à PARIS.Le prélude se passe entre ciel et terre, plus souvent entre ciel et mer, où l’avion file à une vitesse de 350 milles, à une altitude moyenne de 19,000 pieds.Cette course vertigineuse s’effectue de Montréal à Londres en moins de douze heures.Nos compagnons de route sont surtout des Anglo-Saxons, au flegme imperturbable ; il y a en outre deux religieuses de Jésus-Marie qui se rendent dans leurs missions d’Afrique, et trois représentants de l’Action catholique en route vers Rome.Cet entourage est vraiment réconfortant, et c’est avec admiration que l’on voit la nuit si tôt disparaître et le jour se lever dans toute sa splendeur.A 7 heures du soir, le 31 août, c’est-à-dire le lendemain de mon départ de Montréal, j’arrivais au Consulat britannique à Londres, le rendez-vous des délégués.* * * Le jour suivant, le rideau se lève sur la ville de Manchester.Les décors sont magnifiques : Ashburn Hall, résidence des étu- FEVRIER 1949 377 diantes de l’Université de Manchester, est mise à la disposition des nouveaux arrivants, professeurs et élèves, qui vivront dans une atmosphère quasi familiale.Les membres de la Faculté occupent le premier plan sur cette scène où va se jouer un spectacle original et inoubliable.Ce sont des professeurs, choisis parmi les personnalités marquantes du monde bibliothécaire, notamment, M.A.Kildal, doyen de la Faculté et directeur des bibliothèques publiques de la Norvège; le professeur Léon Carnovsky, de l’Université de Chicago et directeur de la savante revue THE LIBRARY QUARTERLY; M.Charles Dépassé, inspecteur général des bibliothèques de la Belgique; le Professeur S.R.Ranganathan de l’Université de Madras (ce dernier porte le costume hindou et nous rappelle l’Inde des rajahs); Mr.Charles Nowell, l’enthousiaste directeur des bibliothèques publiques de la Ville de Manchester.Il y a en outre plusieurs conférenciers fort intéressants, dont M.A.Bouvier de la Bibliothèque universitaire de Genève; M.Robert L.Hansen, inspecteur des Bibliothèques publiques du Danemark; Mr.Irwin, directeur de l’Ecole de bibliothécaires de l’Université de Londres; Mr.Carl Milan, ancien secretaire général de l’A.L.A.et directeur actuel des Bibliothèques de l’UNO, et quelques autres.Ceux qui vont jouer le second rôle sont encore les plus actifs.Ce sont les participants, qui représentent 50 bibliothèques publiques et viennent de 21 pays divers, à savoir: l’Afrique du Sud, l’Angleterre, l’Australie, la Belgique, le Brésil, le Canada, la Chine, le Danemark, l’Ecosse, les Etats-Unis, la France, Haiti, la Hollande, la Hongrie, l’Inde, l’Italie, la Norvège, la Pologne, la Suède, la Suisse, la Turquie.Ces participants devaient, selon le désir de IONESCO, présenter chacun des communications sur le travail des bibliothèques dans leurs pays respectifs.L’intérêt et la sympathie se portèrent particulièrement sur les pays dévastés, et en tout premier lieu sur la Grèce, la Hollande et surtout la Pologne.Ce dernier pays a perdu outre 9 millions d’hommes, environ 90% de ses collections de manuscrits, incunables et livres rares.Mes collègues du Canada, sans aucune consultation préalable, avaient préparé des travaux très divers.Miss Donalson, de la Bibliothèque publique de Saskatoon, présenta un tableau «l’ensemble sur les bibliothèques canadiennes, au point de vue législatif et administratif.Mrs.Musto, de la Bibliothèque publique de Vancouver, fit connaître l’organisation des bibliothèques circulantes de la Vallée du Fraser.Miss Hughes présenta un tableau d’ensemble de la direction des Bibliothèques publiques de l’Ontario.Mon travail s’intitulait: Essai sur les bibliothèques du Canada français.378 LECTURES Le thème essentiel de cette réunion portait sur la bibliothèque publique, les services qu’elle peut rendre à l’éducation populaire et le rôle qu’elle peut jouer pour promouvoir la compréhension et la bonne entente internationale.Voici un exposé de l’organisation des cours.D’abord, en raison de la diversité des langues, le résumé de conférences était préparé en anglais et en français et distribué à l’avance aux participants, afin que tous fussent à même de suivre des exposés nécessairement assez chargés.En second lieu, on organisa quatre groupes de discussion comprenant chacun 10 à 15 membres et préposés à l’examen de certaines questions préparées par la Faculté, en collaboration avec les participants, à la suite de chacun des cours.L’un des groupes était d’expression française : j’eus l’honneur d’en faire partie avec les représentants officiels de la France, de la Belgique, de la Suisse, de la Pologne et de l’Italie.Les discussions qui ont suivi les cours sur le choix des livres, la bibliographie nationale, l’administration et l’extension des bibliothèques publiques, les procédés techniques de classification et de catalographie, etc., ont prouvé qu’un grand nombre de problèmes sont communs à toutes les bibliothèques et ne dépendent pas des frontières nationales.Une plus grande collaboration internationale est de nature à éclairer certains problèmes qui s’avèrent plus ou moins identiques.Un peu partout, on déplore que les adolescents fréquentent si peu les bibliothèques ; on réclame aussi de plus larges subventions de l’Etat et une législation plus efficace.Remarquons, en passant, que la censure morale des livres est acceptée dans tous les pays civilisés.On insiste sur la formation générale et la culture à la base de la formation technique des bibliothécaires.Durant ce séjour à Manchester, nos collègues britanniques surent organiser, avec compétence et courtoisie, des visites extrêmement intéressantes.Outre la magnifique Bibliothèque centrale de Manchester et ses 32 filiales, nous avons observé le fonctionnement de certains réseaux de bibliothèques.Il y a dix centres d’où partent les bibliobus qui distribuent les livres à la population rurale : si bien que 92% des habitants bénéficient de la lecture publique à domicile.Nous avons visité les régions de Derby et de Chester au pays de Galles, l’Université d’Oxford où se trouve la célèbre BODLEIAN LIBRARY.Nous admirons en passant le Château de Windsor, le collège d’Eton, et les splendeurs de la campagne anglaise.Alors que la pluie tombe sans cesse sur Manchester et que le vent souffle très fort, le rideau tombe.* * * Nous voici au second acte dans l’immense ville de Londres, FEVRIER 1949 379 où l’on aperçoit la Tamise, le Parlement britannique, la Cathédrale de Westminster, celle de Saint-Paul aux environs dévastés.Après la traditionnelle réception de M.le Ministre de l’Instruction publique, les cours reprennent avec plus d’entrain; professeurs et élèves sont devenus des amis et les échanges de vues sont plus faciles.Avant notre départ, la Faculté demande à chaque pays un rapport sur les applications que l’on pourrait faire des idées et suggestions faites durant les cours.Comme déléguées du Canada, nous préparons un rapport conjoint qu’il serait trop long de présenter ici; j’en cite cependant quelques points ou résolutions : nous souhaitons l’établissement dans notre pays d’une Commission permanente de l’UNESCO, dont 1 un des membres serait un bibliothécaire; nous préconisons la rédaction d’une bibliographie canadienne et l’établissement d’un centre bibliographique qui doit nécessairement précéder l’ouverture d’une Bibliothèque nationale; nous insistons sur l’importance d’une législation provinciale plus efficace, permettant la distribution des livres aux populations rurales ; nous espérons obtenir aussi une coopération plus intense de la bibliothèque publique vis-à-vis les écoles, les hôpi- taux, les prisons et les divers centres de lecture.La visite se poursuit à travers le BRITISH MUSEUM, ÎTINI-VERSITE DE LONDRES et le magnifique centre bibliographique de l’Angleterre, le NATIONAL CENTER LIBRARY, qui pourrait servir de modèle à notre pays.L’heure du départ sonne trop tôt.Cette réunion de l’UNESCO a permis à des bibliothécaires venus de tous les points du monde d’étudier leurs problèmes d’intérêt universel, et surtout d’échanger des idées extrêmement fructueuses et de créer de solides liens amicaux et professionnels.* * * Le rideau se lève sur le dernier acte et c’est Paris que je revois dans toute sa splendeur et son incomparable prestige intellectuel.La Bibliothèque nationale de Paris, la Sorbonne, l’Institut catholique, où il fait si bon retrouver ses professeurs après dix ans d’absence.» Puis, ce sont les librairies du Quartier Latin, les Galeries de l’Odéon et du Boul’ Mich’.enfin les pittoresques éventaires des bouquinistes, tout le long de la Seine.En dehors de Paris, j’ai pu étudier de près, dans 17 départements, l’organisation de la lecture publique qui existe en France, depuis l’ORDONNANCE du 2 novembre 1945.Sous la conduite de nos collègues français, qui ont rivalisé de courtoisie et d’esprit à l’égard des bibliothécaires d’Amérique, nous avons pu visiter l’organisation de Seine-et-Oise, dont le centre est à Versailles.296 communes y sont desservies: 93% des bibliothèques sont dans des écoles, 5% dans des mairies et 2% dans des centres divers.Avec une collection de 25,000 volumes, les 4/5 sont en circulation.Il y a 1/3 de romans; 1/3 de livres classés et 1/3 de livres pour enfants.Le bibliobus dépose en général 1 volume par 40 habitants.380 LECTURES Le temps me manque pour expliquer en détail le fonctionnement complet de ce service, où il se fait du bon travail avec des moyens très limités ; on espère cependant que le Plan Marshall aidera cette œuvre si bien commencée en dépit de circonstances particulièrement difficiles.* * * Après un dernier regard sur les jardins fleuris du Luxembourg et des Tuileries, il me faut retraverser la Manche.Peu à peu, les côtes de France s’estompent dans le lointain.C’est le retour à travers les airs avec escales en Islande, à Terreneuve et à New York.Il ne me reste plus que le souvenir de ces heures de travail intense, de collaboration amicale avec des collègues des différentes parties du globe.Nous avons l’impression que ces semaines ont été un enrichissement au point de vue professionnel et plus encore au point de vue humain.Nous songeons que « l’union avec tous pour le bien est à proprement parler un problème de charité et d’amour du prochain ».Sur le plan international, l’esprit de solidarité, ou pour mieux dire d’apostolat chrétien des bibliothécaires peut faire beaucoup pour la diffusion de la vérité, la compréhension mutuelle, et le rapprochement spirituel de tous les peuples.Juliette CHABOT Cââai cl ’un code de classement en langue française Du classement des vedettes dans un catalogue, un index, etc.DEUXIÈME PARTIE Le classement alphabétique des vedettes (suite) Surnoms.— Voir Epithètes.— Prénoms avec surnoms (ordre de classement, no 4).uThe” et ses formes archaïques et dialectiques.Règle.— a) Article initial “de”, dialecte de “the”.A ignorer dans le classement, b) Article initial “ye”, forme archaïque anglo-saxonne et moyenâgeuse (’thorn) de l’article “the”.A ignorer dans le classement.Exemple (tiré des Filing Rules de la Public Library of Cincinnati).FEVRIER 1949 381 - Night The Night Before Christmas De Night in the Front from Chreesmas Night in the Valley.Titres d’honneur, de bienséance, Old Wive’s Tales Ye Olde English Game of Solitaire Olden (Rudolf) Ye Olden Blue Laws Older People.militaires et autres.Règle.Ignorer dans le classement alphabétique des titres tels que Sir, Lady, R.P-, R.S., Rev., M., Mme, Mlle, Mr., Mrs., Adm., Amiral, Général (en abrégé Gén.), (tous les autres grades militaires egalement) etc., à moins que, dans les noms de personnes, les prénoms et les noms de famille soient semblables et qu’aucune date ne soit donnée pour établir une différence.Si tel est le cas, utiliser ces titres, ces grades, etc., pour distinguer une personne d une autre.Exemple.Beauchamp (Emile) Beauchamp (Georges) Beauchamp (Mme Georges) Beauchamp (R.P.Georges), o.m.i.Beauchamp (Lady Katleen) Beauchamp (Maurice) Beauchamp (Capitaine Maurice) Beauchamp (Lieut.-Col.Maurice).Beauchamp (Georges) 1874-1938 Titres d’honneur, de bienséance, etc.— Voir aussi Noms de personnes ayant le même nom de famille (règle no 1).Titres (Vedettes de).L’arrangement général des titres s’opère en premier lieu par les mots mis en vedette ; s’ils sont semblables, les mots venant en second lieu, et ainsi de suite.Chacun des mots d une vedette de titre, même les articles (sauf au commencement des titres) et les prépositions ne doivent pas être ignorés.Exemple.Appel (L’) de la race Appel (U) divin Appel (L’) du sol Une vocation Vendetta corse Vengeance (La) de Ralph Titres (Vedettes de).— Règles particulières.1.Titres avec articles dans les références d’analytiques, dans les titres d’anonymes et dans toute autre fiche établie au nom du titre.Règle.— Ignorer l’article dans ces divers cas.Voir pour les exemples aux mots suivants dans ce Code : Analytiques.— Anonymes.— Articles.— Périodiques, etc.2.Titres avec mots d’une épellation différente, mais dont le sens est le même.382 LECTURES Règle.— Classer les mots dans leur ordre alphabétique respectif en suivant en tous points la page de titre.Etablir des fiches de renvoi, renvoyant, dans chaque cas, d’une forme Variée à une autre.Exemple.Labor Voir aussi les titres commençant par ce mot, mais épelé différemment: labour.Labor and Administration Laborer Laboulaye (Edouard-René Lefebvre de) Labour Voir aussi les titres commençant par ce mot, mais épelé différemment : labor.Labour in the Commonwealth.3.Titres avec mots en abrégé.— Voir Abréviations.4.Titres avec numéros d’ordre.Règle.— Les titres de livres et les livres de lecture (Readers en anglais), qui sont publiés avec des numéros d’ordre, tels que première série, deuxième série, etc., seront classés par ordre numérique.Exemple.Lefebvre (Frédéric) Une heure avec.Pn mière série.Lefebvre (Frédéric) Une heure avec.Deuxième série.Lefebvre (Frédéric) Une heure avec.Troisième série.More (Paul Elmer) Religion of Plate More (Paul Elmer) Shelburne’s Essays: 1st series More (Paul Elmer) Shelburne’s Essays: Second series 5.Titres avec signes de ponctuation.— Voir Ponctuation.6.Titres avec sous-titres explicatifs.— Voir Périodiques.7.Titres débutant par des initiales.— Voir Initiales.8.Titres débutant par New, Nova, etc.— Voir Noms de lieux composés (règle no 2, b).9.Titres débutant par un nom de lieu.Ordre de classement.Voir Noms de lieux, de personnes, de sujets, de titres, ayant le même nom.— Noms de lieux (pays, provinces, villes).1ère méthode, no 3 ; 2e méthode, no 2 ; 3e méthode.(à suivre) Marie-Claire DAVELUY FEVRIER 1949 383 L’ENSEIGNEMENT DE LA BIBLIOTHECONOMIE AU CANADA Dans les notes publiées sous ce titre dans Bibliotheca de novembre (p.191), nous n’avons pas mentionné les cours qui se donnent à Québec, à l’Université Laval.Cette erreur est due au fait que les Cahiers de la Documentation de Belgique ne mentionnaient pas Laval.11 se donne à la Faculté des Lettres de l’Université Laval, un cours de bibliothéconomie de deux heures par semaine.Le cours, et les tra- vaux pratiques, la rédaction d’un mémoire et d’une bibliographie de sujet ou d’auteur, s’ils ont été jugés satisfaisants, donnent droit à un certificat en bibliothéconomie décerné par Laval.Le cours est donné par Me Lucien Lortie, C.R., bibliothécaire du Barreau de Québec et de la Faculté de Droit, diplômé de l’Ecole de Bibliothécaires de l’Université de Montréal.^Nouveauté à poux bibliothèque J ?* * Guide de la France chrétienne et missionnaire 1948, publié sous la direction de Paul Lesourd.Paris, Centre Catholique International de Documentation et de Statistiques [1948].1850p.24cm.$10.00 chez Fides.Ce guide, qui paraît pour la première fois, s’est efforcé de donner un tableau du catholicisme français dans tous les domaines.Chaque chapitre est le résultat d'enquêtes personnelles effectuées dans les diocèses.A signaler les chapitres consacrés au Cinéma, à la Radio, à l’Edition, aux Libraires, à la Presse, à l’Action catholique.• • • Livre et Document.Etudes sur le livre, les bibliothèques et la documentation, publiées sous la direction de Georgette de Grolier.Saint-Cloud, Editions de la « Revue du Livre et des bibliothécaires », 1948.94p.ill.23cm.Voici quelques titres d’articles qui intéresseront spécialement les bibliothécaires : Les Bibliothèques municipales de Paris, par E.Co- yecque.— Notes sur les expositions dans les bibliothèques publiques, par G.de Grolier.— Les Bibliothèques et la guerre, par B.M.Headi-car.— Comment vous documenter?Mémento et enquête préparés par le Bureau bibliographique de France.Bach (Charles-Henri).Petit Guide du Bibliothécaire.3e édition, revue, augmentée et mise à jour par Yvonne Oddon.111.par Michèle Oddon.Paris, Editions « Je Sers» [cl948].178p.ill.23cm.$2.00 ($2.10 par la poste).Cet ouvrage est avant tout destiné à ceux qui, sans préparation professionnelle, sont chargés de l’organisation ou du fonctionnement d’une bibliothèque (non spécialisée) de moins de 10,000 volumes.Après avoir précisé le but et le rôle de la bibliothèque publique moderne, il fournit des indications succinctes sur son aménagement, le choix des livres, la classification, le catalogue, le prêt aux lecteurs, etc.A la fin du volume, on trouve un abrégé assez substantiel des tables de la classification décimale de Dewey.384 LECTURES Collection « Bibliothèque économique et sociale » Vient de paraître un ouvrage de FRANÇOIS-ALBERT ANGERS, L.Sc.C.INITIATION A L’ POLITIQUE (avec applications au Canada) Comme son titre l’indique, il s’agit d’un ouvrage de portée générale où sont exposés, de la façon la plus claire possible et la plus sommaire, les éléments de la science économique.Il va droit à l’essentiel et laisse de coté toutes les complications qui embrouillent le paysage pour celui qui n’est pas initié aux disciplines scientifiques, sans verser pourtant dans une vulgarisation outrancière.Il possède sur les manuels et ouvrages étrangers d’économie politique, l’avantage d’appliquer les données de la science économique à des situations canadiennes.308 pages: $2.00 (par la poste: $2.10) relié: $3.00 (par la poste: $3.10) Dans la même collection: 1.Invitation à l’étude (3e édition) Prix David 1945, Esdras Minville, 176 $1.00 2.L’homme d’affaires (3e édition) Prix David 1945, Esdras Minville, 184 p.: $1.00 3.Le mouvement ouvrier canadien, Jean-Pierre Després, 208 p.: $1.50 4.Les doctrines économiques, Paul Hugon, 413 p.:.••••— $2.75 5.Le citoyen canadien-français, Prix Duvernay 1947, Esdras Minville, 628 p.: (2 vol.) .$3.25 6.Géographie économique du Canada, (2e éd., 4e mille) Raymond Tanghe, 280 p.:.$1.50 7.Le type économique et social des Canadiens, Léon Gérin, 224 p.: .-.$1.60 La collection complète (8 titres) : $14.50 (par la poste: $15.00) Demandez notre catalogue 1949 FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal (1 ) — 'PLateau 83S5 A-9B Mon Missel du Carême.commenté par Mgr J.F.Stedman — La messe de chaque jour depuis le Mercredi des Cendres jusqu’à Pâques inclusivement, précédée d’une courte méditation appropriée; — Les offices de la Semaine Sainte au complet; — L’Ordinaire de la Messe dialoguée en latin et en français; — La Messe des défunts; — La méthode simplifiée pour suivre la messe, avec renvois mis en évidence et numérotés; — Les prières usuelles du matin et du soir; exercices de la confession, de la communion, du chemin de la croix, etc.— De nombreuses illustrations de l’excellente artiste Adé.de Béthune.LES PLUS BAS PRIX POUR UN SI BEAU MISSEL ! gros caractère, 544 pages, format 3 Va x 5 Va édition cartonnée .$1.00 cuirette de luxe .$1.90 cuirette .$1.25 cuir de phoque.$3.60 Une remise de 20% est accordée aux membres du clergé et aux communautés religieuses.REPERTOIRE GENERAL ILLUSTRE DES FILMS Publié en France par la Centrale catholique du Cinéma et de la Radio.Distribué en Amérique par F IDES.Un travail minutieux, chargé de détails, enrichi d’une critique compétente, intelligente et d’appréciations morales sûres à propos de tous les films français qui circulent actuellement sur nos écrans, des hors-texte en héliogravure de haute qualité sur les meilleures oeuvres de l’année, tel est le Répertoire Général Illustré des Films.« Quand le grand public, au moins celui qui pense et qui juge, connaîtra le Répertoire, nous croyons ne pas nous tromper en disant qu’il fera à cette initiative un magnifique succès.» Abbé Georges Chassagne.448 pages: $3.50 (par la poste: $3.65) PHILOSOPHIE ET PROBLEMES CONTEMPORAINS JULIEN PEGHAIRE, C.S.SP.Docteur en théologie — Docteur en philosophie Professeur à l’Université de Montréal REGARDS SUR LE CONNAITRE L’auteur présente des recherches plus approfondies qu'elles ne le sont d’ordinaire dans les cours même universitaires, sur des points touchant soit la valeur de la vérité, soit le mécanisme psychologique du Connaître.480 pages: $3.00 (par la poste: $3.25) ! relié: $4.00 (par la poste: $4.25) Dans la même collection: 1.L’homme contemporain et le problème social, Gérard Petit .(épuisé) 2.Nos droits minoritaires, W.Morin, ptre .431 p.: $1.50 3.L’homme contemporain et le problème moral (Prix David 1945), Gérard Petit, c.s.c.636 p.: $2.00 4.La culture moderne est-elle en péril?, A.j.Krzesinski .212 p.: $1.25 ! 5.La réforme de l’enseignement de la philosophie en France, Jacques Larivière .134 p.: $1.25 6.L’art vivant et nous, Gérard Petit, c.s.c.410 p.: $2.50 7.La science et le scepticisme religieux, André Giret .144 p.: $1.00 Prix de la collection (7 titres disponibles): $11.50 1 fioese- f 25 est, rue Saint-Jacques — MONTRÉAL Imprimé au Canada.?ton 1975 bibliothèque nationale _______DU QUÉBEC
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