Lectures, 1 juillet 1947, juillet
Revue mensuelle de bibliographie critique SOMMAIRE IDÉAL ET PRINCIPES Poètes et poésie A.-M.Lemoine, Docteur ès lettres ÉTUDES CRITIQUES L'actualité du Bonhomme.• • Jacques Tremblay, s.j.Collection Heures Joyeuses.Guy Boulizon Les Fiancés de Manzoni.P.Etienne, o.f.m.cap.Le Drame de l'humanisme athée .Guy Sylvestre La Rédemption par le sang de Jésus.Hyacinthe-Marie Robillard, o.p.DOCUMENTS Manifeste de l’Ecole de bibliothécaires .FAITS ET COMMENTAIRES La société des bienfaiteurs de Fides Paul-A.Martin, ptre.c.s.c.NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Volumes (Voir liste p.3 de la couverture) .286 Revues 306 INDEX Ouvrages critiqués dans Lectures de mars à août 1 947.classés par ordre d'auteurs et accompagnés de leur cote morale .308 Revues critiquées dans Lectures de septembre 1946 à août 1947, classées par ordre alphabétique .316 TABLE DES MATIÈRES Tome II (mars-août 1947) .318 PAGE 257 266 269 271 275 279 282 284 Tome II — n° 5-6 JUILLET-AOÛT 1947 Montréol - cdtxivageâ d Qu’tope ^—- Nos représemants à Paris et à Bruxelles nous ont fait parvenir plusieurs milliers de volumes édites pendant la guerre ou depuis.Un bon nombre, dont nous possédons des quantités limitées, ne seront peut-être plus jamai;.réédités.On ferait donc bien de passer au plus tôt à notre librairie si l'on ne veut pas manquer cette- occasion unique de se procurer des volumes de choix à des prix très raisonnables.— Nouveautés __ Cn Sciences Sociales LES DOCTRINES ÉCONOMIQUES Paul HUGON Professeur des Facultés de Droit de France « Une étude synthétique, largement conçue, qui englobe plus de vingt siècles d evolution doctrinale.Cette évolution n'est pas considérée dans des perspectives nationales ou continentales, mais mondiales.L'auteur analyse les doctrines dans leurs formes européennes, nord et sud-américaines.C’est une nouveauté qui répond à une réalité.» (preface) S.Excellence \I.Jean Desy, ambassadeur du Canada au Brésil.\ 413 pages.Format 5Yz x 8.Broché: $2.75 (fr.: $2.90) Relié: $3.75 (fr.: $3.90) LE GOUVERNEMENT DÉMOPHILE Fernando NOBRE Cet ouvrage prône la Démophilocratie.terme choisi pour désigner un gouvernement ami du peuple, créé pour servir le peuple, et dirigé par l’élite du peuple.Il a valu à l'auteur d'être proposé comme candidat au prix Nobel de la Paix (1948).178 pages: $1.50 (par la poste: $1.65) Cn (Religion LA L.O.C.CANADIENNE Ouvrage rédigé en collaboration Un volume fortement documenté sur la mystique et les méthodes de ce jeune organisme, la L.O.C., déjà puissant, dont l'apostolat vise à la construction d’un monde nouveau, fait de foyers chrétiens, dans un ordre social chrétien.L’ouvrage n.e?1 Pas seulement un code defini à l'usage des chefs pour coordonner leur action, ni à l’usage des membres pour s'inspirer des principes qui doivent guider leurs multiples activités familiales; c est toute une étude, très fouillée et très précise, sur les conditions actuelles de la classe ouvrière, conditions si pénibles, si tragiques parfois, qui risquent, parce que méconnues de l’élite, d'entrainer la masse aux pires exces d'une propagande révolutionnaire.LE PROBLEME DU CHRISTIANISME EN EXTREME-ORIENT André-J.KRZESINSKI.D.Ph.D.Th.Ayant cn vue la conversion à l'Eglise des immenses populations de l'Extrême-Orient, 1 auteur présente le problème missionnaire sous une lumière nouvelle.Il montre les causes du trop lent progrès fait cn ces contrées par l'Eglise et indique les mesures à prendre, quelles méthodes employer pour faciliter aux âmes orientales l'accès à l'idéal chrétien.145 pages: $1.00 (fr.: $1.10) JACQUES-ALBERT SEIGLET Marthe WOLFROM Autobiographie d'un jeune ingénieur français tué à Dunkerque au printemps dt 1940.« La vie de Jacques-Albert Seiglct vaut un vrai traité de vie spirituelle et missionnaire: après lecture, on se sent transformé, grandi et plus fort.» A.-M.Lemoine, D.ès L.343 pages: $1.50 (fr.: $1.65) FIDES 25 est, rue Saint-Jacques MONTRÉAL IDÉAL ET PRINCIPES lPoèteà et Poéâie LA réaction qui sc produit en France actuellement contre une certaine poésie moderne, siégeant à l’extrême gauche de l’école surréaliste, mérite une mise au point qui puisse éclairer le public sur les dangers que des réformateurs audacieux font courir à la bonne réputation du mouvement néo-symboliste, illustré par les Claudel, Jammes, Noailles et Valéry.Jean Calvet terminait, en 1934, son histoire de la littérature française par cette remarque inquiétante sur les poètes de notre temps dont il n’arrive, pas plus que d’autres, à discerner les visées: On a l'impression, ccrit-il.que parmi les jeunes poètes, désireux de sortir de l'imitation et d'être eux-mêmes, les uns développent les-tendances néo-classiques jusqu’au dépouillement absolu, les autres suivent le néo-symbolisme jusque dans ses conséquences extrêmes qui vont à l’anéantissement de l’expression intelligible.Et il y a, comme toujours, un certain nombre de fumistes du verbe.Beaucoup de talents, beaucoup de souplesse, des gentillesses d’expression, de brusques lueurs: tout cela ne fait pas un seul très grand poète.Quand ce poète aura paru, c'est autour de lui que, pour un temps, s'organisera le mouvement poétique.Or, pendant que nous attendons encore ce génie, des écrivains, au talent incontestable, continuent à exploiter notre crédulité au nom de la théorie du clair-obscur dont ce vers de Du Bellay annonçait déjà la primeur: « L’obscur m’est clair et la lumière obscure ».Fumistes ou esprits transcendants, farceurs ou « voyants » au mysticisme incommunicable, à qui avons-nous affaire?nous nous le demandons souvent, et la conclusion de nos efforts pour chercher à comprendre la subtilité d’une langue qui n’est plus la nôtre aboutit à ceci: ou bien nos facultés linguistiques marquent le pas dans l’impossibilité de suivre notre développement psychique, ou bien certains êtres privilégiés, perdant pied dans notre actuelle réalité, ont fait un tel bond dans l’évolution de notre espèce qu’ils sont en avance de plusieurs siècles sur l’ensemble de leur communauté linguistique.Nous nous essoufflons à les suivre, nous cherchons la vérité dans le sens de leur lumière, nous constatons notre impuissance, et nous nous arrêtons pour crier avec Julien Benda: « non pos-iumus » J.l Benda (J.).Non possumus — A propos, d'une certaine poésie moderne.Revue de Paris, février 1946; p.44.JUILLET-AOUT 1947 257 LA POÉSIE PURE Voilà trois cents ans que la poésie française subit les soubresauts des écoles diverses qui lui imposèrent des tendances dont la nature et le caractère correspondirent souvent aux événements politiques.aux bouleversements sociaux, au mouvement des idées philosophiques ou scientifiques, créant à chaque époque un nouveau « mal du siècle ».De la Pléiade au Parnasse, que de réformes! suivies de combien de déclins causés par l’abus des théories nouvelles et par l'extravagance de disciples décadents! La prise de Constantinople et les guerres d’Italie suscitent la Renaissance et rendent aux novateurs, en ouvrant la source antique, la liberté dont leur inspiration a besoin: puis, la monarchie absolue impose aux Classiques les règles intangibles d’un Art poétique auquel ils se plient plus ou moins: la Révolution et les Philosophes nous préparent ensuite la poésie libertaire des Romantiques, mais les découvertes scientifiques favorisent bientôt le Réalisme du Parnasse dont les excès provoquèrent, par réaction, la renaissance d’un idéalisme puisant son art à la source des symboles et créant ainsi la poésie pure.Or dans toute cette succession de réformes, souvent violentes, toujours radicales, pouvons-nous constater une évolution logique de la poésie, une progression vers un idéal de beauté vraie?ou assistons-nous au caprice d’écoles qui se démolissent les unes les autres, sous prétexte de perfectionnement, pour aboutir à la confusion totale, à la Babel moderne dont certains poètes surréalistes nous donnent l’exemple aujourd’hui?De suite nous répondons: oui, l'évolution est certaine, et la poésie symboliste, avec son réalisme mystique, a atteint les sommets d’une inspiration qui tend à faire chanter l’âme en union avec Dieu dans l’harmonie universelle de la Création.Comme cette vision poétique et spirituelle du monde est loin de la mélancolie et du désespoir des réalistes du Parnasse, des naturalistes surtout! Quand, au soir de sa vie, Musset exprimait ces regrets stériles: Le seul bien qui me reste au monde Est d’avoir quelquefois pleuré et qu’Auguste Barbier poussait ce cri d’animal vaincu par la mort: Va dans le champ voisin, prends une pierre aride, Pose-la sous ta tête, et sans penser a rien l ouine-toi sur le flanc et crève comme un chien, Claudel entrevoit, lui, une vision d’espoir qui nous enlève malgré nous, hors de cette terre aux « demeures charnelles »: Salut donc, O Monde nouveau à mes yeux.O Monde maintenant total.O Credo entier des choses visibles et invisibles.Où que je tourne la tête J’envisage l’immense octave de la Création: 258 LECTURES Le Monde s'ouvre et, si large qu'en soit l'empan.Mon regard le traverse d'un bout à l autre.Or, Claudel n'est pas un cas isolé dans ce mouvement littéraire dont la poussée spiritualiste coupa court aux visées purement intellectualistes des Philosophes, et acheva ainsi la déroute du scientisme parnassien.Malgré la conversion au Catholicisme de nombre d écrivains qui ont trouvé dans une foi renouvelée des sources fraîches de ooésie.tous ces poètes ne sont pas catholiques, mais tous ont contribué, sous l'influence d une mystique nouvelle, à spiritualiser 1 inspiration poétique, et rien que pour cela nous leur savons gré infiniment.Grâce à eux, la poésie s’épure en grandeur et en beauté, suivant une évolution normale, irrésistible, en dépit des apparentes solutions de continuité: car, dans chaque lutte entre deux écoles adverses, nous retrouvons toujours un génie, appartenant aux deux tendances, qui opéra la transition et servit de charnière à la porte qui se fermait pour s'ouvrir sur des horizons nouveaux.On les a qualifiés de transfuges, soit! dans ce cas, Chénier fut un transfuge du Classicisme, comme Gautier le fut du Romantisme et Verlaine du Parnasse.Ce qui importe pour nous, c’est de constater que chacun d’eux abandonna son groupe à cause des excès dans lesquels certains l'avaient fait dévier du rêve entrevu: ce faisant, et sous l’action mystérieuse d’une évolution inhérente au principe de toute vie, ils ont insensiblement élevé la poésie vers des sommets où l’on peut respirer de plus en plus la joie haute et pure que donne la Beauté.Or, que dirait aujourd’hui Verlaine, que pense actuellement Claudel, les deux grands chefs de file, quand l’abus de « l’imprécis », de « 1 informulable » chez quelques novateurs nous plonge dans une telle obscurité d'entendement, que nous finissons par douter de nous-mêmes.ou de ceux qui chantent leur inspiration sur un ton qui sonne faux aux oreilles les plus complaisantes?# Henri Bremond - nous avait initié au mystère de la poésie pure.>.Perpétua, sa servante, qui répond si bien à l'idée qu’on se fait de JUILLET-AOUT 1947 273 wi « commère ».Le P.Cristoforo, dont la jeunesse fut pour le moins violente, qui malgré les trente années de pénitence et d’hu milite n a pas eu -raison tout à fait de la fougue de son caractère et dont « les yeux quelquefois brillaient d’une vivacité subite et inattendue».(1,3.) Ce religieux, présent ou absent, domine tout le récit, il est l’ange conducteur des fiancés.L’art de Manzoni se manifeste aussi dans ses peintures sociales.L’émeute de Milan fait agir, parler, vivre d'une vie intense la foule en délire.Son réalisme est puissant et ne le cède en rien à celui des grands romanciers français du XIX° siècle.Il ne craint pas la précision.Voici, durant la peste de Milan, un chariot chargé de morts: « Ces cadavres étaient la plupart nus, quelques-uns mal couverts de chétives enveloppes, toutes amoncelés et enlacés les uns avec les autres, comme des couleuvres pelotonnées ensemble qui déroulent lentement leurs plis aux premières chaleurs du printemps: (.) à chaque cahot, on voyait ces tristes masses trembler et varier le repoussant aspect de leur désordre, on voyait des têtes pendre, des chevelures virginales se -renverser, des bras se dégager et battre les roues.» (11,170.) Mais ce réalisme nous respecte, il vibre de sentiments et il sait nous réserver à temps un oasis de fraîcheur et d’émotion, telle cette maman qui vient déposer précieusement dans ce chariot le corps de son enfant, parée comme aux plus beaux jours.(11,175.) D’ailleurs la poésie remplit ses descriptions.Qu’on lise, à cet effet, la peinture du paysage aux environs de l’Adda lorsque Renzo y arrive fuyant vers Bergame.(I, 167 et suiv.) La nature pour lui n’est jamais insensible.Elle nous introduit soit directement soit par contraste dans le monde des âmes.Le style des Fiancés est limpide.Sa phrase, quand elle est longue, se déroule avec facilité.On s’étonne qu’avec parfois tant de subordonnées, d’incidentes, elle réussisse à laisser une telle impression de calme.Manzoni ne recherche pas l’effet de l’image rare.Il ne dédaigne pas pour autart les comparaisons.Il verra dans les yeux du P.Cristoforo « deux chevaux fringants» qui osent parfois quelques sauts.(1,30.) Les bravi de retour d’une randonnée infructueuse évoqueront 1 image de « limiers en meute, revenant piteusement vers leur maître, l’oreille basse et la queue entre les jambes ».(1,89.) Le nom de la Vierge, oublié depuis nombre d’années, produira sur l’esprit de la vieille servante de 1 Innomé une impression lente « comme serait le souvenir de la lumière chez un vieillard devenu aveugle dès son enfance ».(1,217.) Mais le style tire sa beauté et sa simplicité, de la précision du détail, de l’adaptation parfaite à ce qu’il veut évoquer.La traduction du marquis de Montgrand ne diminue pas la valeur littéraire du texte.Manzoni lui-même avouait au traducteur jlvo*r ct relu le texte français « avec ce plaisir qui fait qu’on s arrête devant une glace quand on se trouve bien mis.» Le travail que s’est imposé M.Clément Saint-Germain ne 274 LECTURES laissait pas de présenter des difficultés.Peut-être a-t-on trop cède au désir de supprimer les longueurs.Le roman n a pas conservé ainsi toute sa valeur de témoignage historique.On a voulu resserrer l’action autour des personnages principaux.Certains détails de la vie de don Abbondio et de la Signora 'auraient gagné à paraître dans la nouvelle édition: ils expliquent leur manière d'agir.Peut-on expliquer par le souci de la brièveté la suppression de telle ou telle partie du dialogue?On a oublié par ailleurs des indices du ^exte primitif, par exemple ces rappels à l’auteur dont se serait inspiré Manzoni.(Cf.1,54.96: 11,63.) J avoue cependant que le récit y a gagné en simplicité, qu’il est plus accessible au lecteur moyen et que tel qu’il est, on échappe difficilement au charme d’une œuvre si fraîche.Les Fiancés sont une œuvre à laquelle on revient volontiers.On ne se lasse pas de découvrir des joyaux dans un livre qui en contient tant et dont l’art est d’abord dans le détail.Mais ce qui attire aussi, c’est l ame de Manzoni qui se montre si discrètement.Le roman n’est pas une imitation servile de la nature, il est une création.Toute œuvre est à la mesure de son auteur.Nous savons par les Fiancés que Manzoni avait retrouvé son âme.Son expérience de la vie n’avait pas réussi à éteindre son optimisme.Quand se termine l’histoire des deux jeunes gens, n’est-ce pas 1 auteur qui nous dit par eux que s’il n’est pas toujours possible d ecarter es maux, « la confiance en Dieu les adoucit et les rend profitables pour une meilleure vie »._ ._ P.Etienne, O.F.M.Cap.Jje drame de l Jéumaniâme cdthee Ceux qui, avant la guerre, ont lu 1 intéressant Essai d une Somme catholique contre les Sans-Dieu, publié aux éditions Spes sous la direction d’Ivan Kologrivov, se souviennent sans doute des pages pénétrantes que le Père Henri de Lubac, s.j., y donnait sur l'origine de la religion.Depuis, ce distingué religieux a rapidement conquis une place de premier plan parmi les penseurs chrétiens de notre temps et s’est imposé à l’attention non seulement des croyants mais encore de ceux qui cherchent dans la nuit.Apres avoir publié un traité sur le Fondement théologique des missions -, un témoignage sur la Lumière du Christ !, et achevé un ouvrage de première importance sur l’Eucharistie et l’Eglise au moyen age.1 Lubac (Henri de), s.j.Le Drame de l'humanisme athée: 3° éd.revue et ¦ugmentk P,r" Sp* 1945.412p.22.5cm.$2.50 ($2.65 pa, la poste).Lubac'(Henri de), s.j.Proudhon el le christianisme.Paris.Editions du Seuil [cl945].315 p.23cm.(Les Collections Espnt.La condition humaine) $2.35 ($2.50 par la poste).1P 2 Paris, Editions de l’Union missionnaire du clergé.1941.3 Paris.Editions Màppus.1942.JUILLET-AOÛT 1947 275 Corpus mysticum \ le Père de Lubac a tourne de plus en plus les yeux vers les misères de notre temps et.voulant, sous l'occupation allemande, proposer à ses compatriotes des directives spirituelles et des motifs d espoir, il a publié successivement Vocation de la r rance et.ce qui ne manquait pas de courage à l'époque des grandes persecutions antisémitiques.Israël et la foi chrétienne Au lendemain de la libération, au moment où sa patrie sentait le besoin de reconstruire son édifice politique, social et économique, il publiait coup sur coup deux grands livres qui remuèrent l’opinion publique et connurent plusieurs éditions malgré la gravité des problèmes qui y étaient abordés et l’élévation de l’esprit dans lequel 1 auteur posait certaines questions essentielles.Ces deux ouvrages, parus à la suite d un petit traité De la connaissance de Dieu , étaient Proudhon et le christianisme 1 et le Drame de fhumanisme athée Alors que des traités comme le Fondement théoloqique des missions ou Corpus mysticum restent dans une certaine tradition theologique ou inactuelle— ce qui ne leur enlève pas leur mérite___ le Drame de l humanisme athée et Proudhon et le christianisme nous plongent au cœur même des plus brûlants problèmes de notre temps et, mettant en lumière la pensée de quelques-uns des pré-curseurs des idéologies athées qui ébranlent aujourd’hui l’humanité civilisée, nous aident à mieux comprendre le drame spirituel de notre epoque.Le chrétien, dont le Dieu a voulu s’incarner et partager les travaux et les loisirs, les souffrances et les joies des hommes, ne saurait se désintéresser du sort de ses frères, croyants ou non; et, surgissant dans le monde au moment voulu par la Providence divine, il a le devoir de s'y engager pleinement pour travailler comme un levain à en faire lever la pâte.L’amour de Dieu et amour du prochain ne sont qu un seul et même commandement IVhante c^r^‘cn s’étendre à l’humanité entière comme ^ Christ est venu pour sauver chacun de nous.Aussi est-ce avec le plus grand respect des personnes, la plus absolue objectivité et le plus grand sens de la justice et de la vérité, que le Père de Lubac a voulu pénétrer la pensée et revivre le drame d’un Proudhon, d’un Feuerbach, d un Comte, d un Nietzsche et d un Dostoïewski.Sans doute ne cherche-t-il pas à réhabiliter des pensées contraires à la sienne, mais avant d en faire la critique, il a voulu d’abord « les comprendre, et dans leur teneur, et dans leur genèse », ce qui l a empêché de tomber dans ces généralisations hâtives et ces condamnations globales dont un trop grand nombre se contentent, sans voir ce que ces procédés ont d’injuste et de dangereux.Veritas liberavit vos; le Père de Lubac a compris que c’est la vérité qui nous rend libres, et il n a pas voulu combattre les précurseurs de 1 athéisme contemporain avec des armes autres que de lumière.1 4 Paris.Editions Aubier.1944.r‘ Paris.Editions Mappus.1942.*1 Fribourg.Editions de l'Université.1942.' Paris.Editions du Témoignage chrétien, 1945.276 LECTURES Au moment où une partie de plus en plus considérable de l’humanité civilisée s’éloigne de Dieu et cherche à établir un humanisme anthropocentrique, un grand philosophe chrétien, Gabriel Marcel, nous rappelle qu’il importe « que le chrétien non seulement mesure exactement le chemin parcouru par une partie considérante de l’humanité civilisée sur une route qui mène à la négation la plus radicale du divin qui ait encore été proférée, mais encore, et plus profondément, qu’il se forme une idée distincte des motifs pour lesquels est rejeté d’une façon massive le message que lui-même prétend apporter au monde, et, par delà ces motifs explicites.des puissances obscures qui leur confèrent leur vitalité ».Car il faut bien reconnaître, en toute objectivité, que si certaines doctrines révolutionnaires trouvent des adeptes nombreux et agissants, ] cela ne saurait être dû ni au hasard ni au fait que beaucoup suivent leur pente, car ces doctrines révolutionnaires, rompant avec un ordre établi de valeurs, exigent souvent de leurs tenants une dose de courage et d’esprit de sacrifice.Il ne suffit donc pas de rappeler Ià des marxistes, des positivistes ou des nietzschéens, les preuves classiques de l’existence de Dieu et le respect des institutions et des idées établies; il faut d’abord chercher à comprendre pourquoi les uns et les autres rejettent Dieu et proposent de nouvelles valeurs, sans quoi il n’est possible ni d'engager avec eux le dialogue, ni par conséquent de les approcher, de les toucher et, avec la grâce de Dieu, de les retourner comme un gant.Avant de juger une doctrine à la lumière de la nôtre, il faut au préalable en pénétrer le sens, en découvrir les valeurs et les faiblesses, afin que le jugement porté ne soit pas réduit à une simple opposition.Les principes auxquels nous adhérons, il ne nous suffit pas de les répéter à satiété, il faut encore que nous sachions les adapter aux besoins de notre temps, les faire descendre dans le contexte de la vie; c’est pourquoi, exposant objectivement et avec respect la doctrine de quelques-uns des précurseurs de la pensée contemporaine, le Père de Lubac a accompli une oeuvre opportune à laquelle devraient I recourir tous ceux qui veulent opposer à l’athéisme contemporain ¦ le message évangélique dont ils sont porteurs.L’humanisme marxiste, l’humanisme positiviste et 1 huma- S* nisme nietzschéen apparaissent au Père de Lubac beaucoup moins comme un athéisme proprement dit que comme un antithéisme et, plus précisément, un antichristianisme.« Si opposés qu ils soient entre eux.leurs implications, souterraines ou manifestes, sont nombreuses, et de même qu’ils ont un fondement commun dans le rejet de Dieu, ils trouvent aussi des aboutissements analogues, ¦ dont le principal est l’écrasement de la personne humaine.» C est S pourquoi, en tant que chrétien convaincu de l’éminente dignité i de la personne humaine rachetée par le sang de Dieu même, le i Père de Lubac s’inscrit en faux contre ces doctrines qui veulent I proclamer la mort de Dieu et nier toute transcendance.Mais ce I qui ajoute au témoignage du Père de Lubac, c est ce souci constant JUILLET-AOUT 1947 277 qu’iJ a de séparer dans ces doctrines le bon grain de l’ivraie et de ne pas condamner globalement des pensées complexes où, auprès des erreurs et des blasphèmes, se rencontrent des critiques justes et des idées fécondes.Toute pensée qui réussit à s’imposer à un nombre considérable d’adeptes et à trouver des apôtres capables de la défendre jusqu’à verser leur sang, renferme évidemment des valeurs réelles et il n’est pas possible, ni même légitime, de tout rejeter de ce que nous apportent Comte, Feuerbach ou Nietzsche.Rappelant que « l’oeuvre d’assimilation ne cesse jamais dans l'Eglise », le Père de Lubac, en toute honnêteté intellectuelle, nous invite à reconnaître la justesse de certaines critiques que ces penseurs athées ont proférées contre le christianisme, non pas contre le christianisme comme tel certes mais contre le christianisme affaibli et dévié que, dans notre misère, nous proposons trop souvent à l’observation des incroyants.Toute doctrine nouvelle se propose de corriger des injustices ou des erreurs réelles et les chrétiens ont toujours, consciemment ou non, leur part de responsabilité dans la naissance d’une doctrine révolutionnaire, et cela dans la mesure même où ils n’incarnent pas l’idéal évangélique et sont objets de scandale pour l’incrédule.Ces considérations n’ont pas pour but de justifier Marx, Proudhon, Nietzsche ou Comte — dont le Père de Lubac dénombre les lacunes — mais de nous rappeler que toutes leurs critiques de l’ordre chrétien tel qu’on peut le voir dans le monde moderne, ne sont pas dépourvues de fondements.S’il ne doit jamais perdre de vue sa fin surnaturelle et éternelle, le chrétien doit également s'engager dans ce grand combat temporel que tout homme doit livrer pour assurer le plus grand rayonnement possible de la justice et de la liberté.Telles sont quelques-unes des observations que peut inspirer la lecture de Proudhon et le christianisme et du Drame de l'humanisme athée, dont l’importance et la complexité dépassent les proportions d’une simple chronique.Ce qu’il faut rappeler encore une fois ici, c’est que le chrétien doit simultanément rejeter les doctrines marxiste, proudhonienne, positiviste et nietzschéenne et ne pas manquer au précepte de la charité à l’endroit de Marx, Proudhon, Comte et Nietzsche; le chrétien doit encore, en esprit de vérité, reconnaître les valeurs que ces doctrines nous proposent et les intégrer dans une synthèse supérieure, ainsi que les critiques bien fondées quelles dirigent contre lui.C’est ce qu’a compris le Père de Lubac et ses oeuvres ont été accueillies avec respect par ceux-là mêmes qui se réclament des penseurs dont il a exposé et critiqué les doctrines.Dans un dernier essai sur Dostoïewski, il a clairement montré comment scs personnages, en proie à eux-mêmes, sont incapables de transcender leurs contradictions et de trouver cet équilibre humain auquel ils aspirent.En traitant de Dostoïewski à la suite de Feuerbach, Comte et Nietzsche, le Père de Lubac a sans doute voulu montrer qu’il n’est pas possible de réduire à un système cet être complexe et mystérieux qu’est l’homme.Le plus 278 LECTURES grand enseignement qui se dégage des essais du Pcre de Lubac, c'est la nécessité de ne pas diviser l'amour de Dieu de celui du prochain et de ne pas renier la condition humaine, qui est à la fois naturelle et surnaturelle et nous impose des devoirs spirituels et temporels, aussi inaliénables les uns que les autres.Guy Sylvestre jÇa rédemption du éang de jfeJu* 1 La dévotion au Précieux-Sang, en même temps qu elle est une des plus expressives de notre croyance en la Rédemption, est cependant de celles qui ont le plus besoin d’être étudiées en profondeur, pour que de fausses représentations n’en diminuent ni la portée ni le bien-fondé dans l’esprit des fidèles.Rien de plus à propos ni de plus attachant donc que ces deux œuvres de Dom Gaspar Lefebvre, o.s.b., dont la première met en lumière les principes fondamentaux de cette dévotion, pendant que la seconde en favorise la pratique en la mettant en accord journalier avec la liturgie, 1 histoire et la grande littérature chré- tienne.#% .Qu’on nous permette de résumer brièvement ici la substance du premier de ces volumes: la Rédemption par le sang de Jésus, non certes pour dispenser le lecteur de le parcourir en entier, mais pour en faciliter peut-être l’accès aux non-initiés.Le premier objet qui retient l’esprit de quiconque a la dévotion au Précieux-Sang est le caractère rédemptif de ce Sang.Ce Sang est le prix versé par le Fils de l’Homme en rançon (du vieux français: rédempçon, reençon, rançon) pour la libération de notre humanité esclave de la mort et du péché.Et parce que cette délivrance n’a pas été sans un rétablissement, une restauration, de notre humanité dans une vie nouvelle, il est encore le prix qui nous a garanti l’accès aux prérogatives de la divine filiation.Le dévot du Précieux-Sang est un chrétien qui a la hantise de cette vérité.«Ce n’est pas par des choses corruptibles, comme l’argent ou l’or, que vous avez été rachetés.mais par le sang précieux, comme d’un agneau pur et sans tache, du Christ » (I Pierre, 1,18).Mais encore un croyant soucieux et pratique voudra-t-il savoir exactement d’où il vient que ce Sang a pu être le prix de sa i Lefebvre (Dom Gaspar), o.s.b.La Rédemption par le sanq de Jésus.(Bruges] Dcsdee de Brouwer 1 1944].220 p.front.19.5cm.SI.25 ($1.35 par la poste).232 3 Les Magnificences du Précieux-Sang.Toute l'année Hturgiquc sous l’angle rédempteur.Mont-Laurier.Monastère du Prccicux-Sang [1946].560 p.19.5cm.$2.25 ($2.40 par la poste).248.159.2 JUILLET-AOUT 1947 279 r„z Lr,r'trSof cwadQ?1uproc^nt r *«• et amoureusement ce volume de Dorn Lefebvre! fiP°nd S°hdement .a pu servir pour notre universelle délivrant qu il est celui d un être spécialement choisi par Dieu pourrépareî LTT/'-' JU,StlCC à !?place de ' humanité coupable le désord .rôle cpiejèur notr^Tp le^cVTpWLV:tvtXntnd“Sce Corps doîTno™ Mais ce Sang-rançon à qui devait-il être offert?Par le néché nous étions devenus esclaves de la mort et de Satan.Le Christ allait-,1 payer tnout a la mort?allait-il offrir son Sang à Satan pour que celui-ci acceptât de relâcher l’humanité captive?Non pas' Ce Sang, cette rançon généreuse n’ont été payés qu à Dieu seul F arce que seul il avait ete offensé.Cependant, lorsqu’il a versé J™?’ e Chns.t s est soumis pour un moment à notre place à celles deVlfemorVC avaiï préparé: 11 a -Dris nos chaînes: celles de la mort, celles de la persecution que Satan n’avait cessé naUre àCSanCnnHre Îî* ' US d*,Dieu.: et ce,a' non -Das °°ur rccon- ?r1buta?rpSdp dCS dm,tS qU * aVa,t USUrpéSt ni P°ur se montfer île K *i d mort' ™ais P°ur satisfaire une fois pour toutes à vnuhT-13 10nS et chatiments Pue le Père, justement irrité, avait \oulu laisser peser sur nous.Ainsi, par son innocence, en se faisant esclave a notre place, le Christ a délivré ceux que leur faute f°il£U,t?a, u.n iuste et si rigoureux esclavage: par sa mort ‘nl *Aa d^hvçres de la mort: en acceptant d’être la victime dont les suppôts de Satan ont abominablement abusé, il leur a enlevé le pouvoir, a eux et à leur diabolique instigateur, d’étendre désormais leur empire sur les rachetés.1-, , ,Et mamtenant venons-en de manière immédiate au culte et à et vénérable?dSurPauè?lUX^qUoi ce Sang est_il adorable Nonc d S q j CS fea ,teS saPPuie notre piété envers lui?Nous devons admettre, en premier lieu, que ce Sang est ado- par^e maté™'k™"' P™- Non pas évfdcmmt mais L sina H d n °g' n * S32g d Un hommc si aimé soit-il: mais le sang d un Dieu.Et en effet, le culte que nous rendons à quelqu un s adresse d abord à sa personne, avant que de s’arrêter renZ Zr^l°ruU attribut de cette ^onne.Ainsi du culte rendu au Sang du Christ, qui est d’abord et en rigueur de justice un eu te rendu au Christ.Mais il y a ceci de particulier dins le Christ, que meme séparé de son corps, même ayant échappé à 1 emprise vivificatnce de son âme.le sang répandu du Christ n échappé pas pour autant a l’emprise de sa divinité: il reste le sang qu un Dieu s est uni en s’unissant notre humanité, et séparé 280 LECTURES de son âme humaine il reste inséparablement uni à sa divinité.Aussi ce sang, versé, répandu, reste adorable parce que propriété d'un Dieu: et le même respect et la même vénération lui sont dus que nous voudrions avoir pour la main ou les pieds du Christ, si.présent devant nous en personne, il nous les donnait à baiser.Mais, en second lieu, ce Sang nous est cher aussi et principalement à titre de symbole, comme il a été précédemment exposé: car il est la vivante expression de ce sacrifice infiniment charitable et douloureux que le Christ a offert au Père en expiation de nos péchés.Le sang est le symbole de la vie corporelle, qu'il entretient physiquement et rend possible: par là.le sang répandu du Christ est le symbole de cette vie qu'il a librement déposée pour nous et notre salut, alors qu'il avait le pouvoir de la garder contre l’effort des bourreaux aussi bien que de la reprendre.Plus encore, ce sang est donc finalement le symbole de cet amour qui a été au principe de son effusion, et sans lequel il n’aurait pas été versé, ni méritoire-ment versé.Ainsi, la dévotion au Précieux-Sang conduit à la dévotion au Sacré-Cœur, comme la dévotion au Cœur de Jésus — centre et foyer de l’amour que le Christ a porté à ceux qu’il a bien voulu considérer comme ses frères — conduit à l’adoration finale de cette bonté, de cette miséricorde, de cette sagesse, de cette justice, de cette puissance qui, toutes ensemble et chacune pour soi, ont joué et se sont manifestées à l’envi dans l ceuvre de la Rédemption.Tels sont donc, en somme, les thèmes de fond qui traversent ces deux volumes: ici, de façon théorique: là.de façon pratique: et la riche documentation liturgique et patristique dont ils se parent offrira à tous les amis du Christ qui y puiseront un moyen sûr et délectable de parvenir à « cet amour du Christ qui surpasse toute connaissance » (Eph.III, 19) et qui procède d’une compréhension de la « sublimité et de la profondeur » du mystère de la Rédemption.Nous sommes heureux de souligner, en terminant, que l’un et l’autre volume sont « dédiés à l’Institut des religieuses adoratrices du Très-Précieux-Sang, fondé en 1861 au Canada par la Mère Catherine-Aurélie du Précieux-Sang, née Aurélie Caouette et en hommage spécial de religieux dévouement au « Mont-de-la-Rédemption », monastère du Précieux-Sang de Mont-Laurier » A n'en pas douter, cette dédicace canadienne éveillera, dans la mémoire des plus anciens que nous, le souvenir de cette merveilleuse semaine liturgique tenue au Canada, en mai 1931, par ce même Dom Lefebvre, à la demande et sous la direction du R.P.Raymond Voyer, o.p.Ceux donc qui, à cette occasion, ont rencontré Dom Lefebvre, n’ont pas besoin d’en entendre davantage pour reconnaître à quel maître théologien, liturgiste et artiste est ici commis le soin de mettre en valeur les richesses de la dévotion au Précieux-Sang.Hyacinthe-Marie ROBILLARD, o.p.JUILLET-AOUT 1947 281 DOCUMENTS Alanifeàte le de biblioth êcaireâ La formule des progrès futurs, d’après l’Ecole de Bibliothécaires de l’Universjté de Montréal.LE Conseil de l’Ecole de Bibliothécaires a étudie récemment la question du développement des bibliothèques dans la province de Québec.11 a examiné l'état existant, les améliorations à apporter, le régime à instaurer pour demain.Il a abouti à la conclusion qu'avant de susciter un mouvement général de renovation et de réorganisation, et surtout pour iaciliter ce mouvement, il faut en venir à une entente sur la formule des progrès futurs.Et cette formule, il a tenté de l’établir et de la rédiger d'une façon précise.Les bibliothèques appartiennent aujourd'hui.du consentement unanime, au domaine éducationnel.En tant que rouages administratifs, elles ressortissent aux différents ministères de l'éducation des provinces ou des Etats.C’est une place qui leur est naturelle et qui leur convient.Elle leur est accordée d’un commun accord.Dans notre province, ce sont les Comités de l'Instruction publique, catholique et protestant, qui surveillent et dirigent l’éducation.Le Conseil oe l'Ecole de Bibliothécaires en est venu à la conclusion que ces Comités de l’Instruction publique devraient créer aujourd'hui des services spéciaux de bibliothèques.A ces services incomberait, d'une façon générale, la fonction de promouvoir la croissance des bibliothèques dans notre province, de préparer des plans généraux et de surveiller leur exécution.Ils élaboreraient la législation générale destinée à toute la province et poseraient de cette façon, certains principes fondamentaux, qui s'appliqueraient ensuite partout.Si jamais le Gouvernement fédéral accorde des subventions aux provinces pour les bibliothèques, il les verserait aux Comités de l'Instruction publique, qui chargeraient leurs services de bibliothèques de les distribuer ou de les répartir selon les besoins ou selon d’autres principes qu’ils pourraient poser.A ces deux organismes provinciaux dont la juridiction s’étendrait à toute la province, pourraient s’ajouter dans les grandes municipalités des commissions de bibliothèques formées d'après les principes qui réglementent chez nous les questions d’éducation.C’est dire qu'il y aurait une commission catholique et une commission protestante.Les commissions catholiques pourraient être composées d'un représentant de l'évcque.d’un représentant de l'université ou de l’une des principales institutions d'enseignement de l’endroit, d’un représentant de la commission scolaire, du maire, de deux ou trois conseillers et du bibliothécaire de cette municipalité.Sous la direction de ces mêmes organismes provinciaux pourraient se former dans les campagnes des unités régionales, embrassant un ou plusieurs comtés.Ce système se développe rapidement au Canada, surtout dans la Colombie anglaise, dans l'Ilc du Prince Edouard et dans l’Ontario.Dans chaque unité, il y aurait deux bibliothèques centrales, l'une catholique, l'autre protestante, situées dans la ville la plus importante ou la plus centrale de la 282 LECTURES region, deux ou trois dépôts intermédiaires plus ou moins importants, et des succursales dans chaque village.Deux conseils régionaux, l'un catholique, l’autre protestant, dont la constitution serait calquée sur celle des commissions municipales, dirigeraient le fonctionnement de ces bibliothèques régionales, et établiraient un système de distribution appropriée: bibliobus, messageries, postes, ou autre.L’achat, la classification, la rédaction des catalogues et la réparation des volumes relèveraient des centrales.Un pareil système sauvegarderait les droits des bibliothèques existantes, qui pourraient s'y intégrer, à un stage ou i l'autre, comme centrales, dépôts ou succursales.Il permettrait l'utilisation des collections plus ou moins importantes qui s’y trouvent actuellement, mais qui ne suffisent pas à la demande, ou qui ne sont pas mises assez libéralement à la disposition du public.Il réduirait d'autant le coût initial de l'organisation.Le Conseil de l’Ecole de Bibliothécaires croit qu’un tel organisme obtiendrait la confiance de la population.Les divers éléments religieux dont notre province est composée auraient lieu d'être satisfaits, car ils n’auraient pas à appréhender l'ingérence des autres dans leurs propres affaires.Ceux qui, actuellement, dirigent ou possèdent des bibliothèques pourraient se rallieT au nouveau régime sans craindre de manquer aux fins qu’ils se sont fixées.Il serait ensuite plus facile d'obtenir des gouvernements municipaux et provinciaux les sommes suffisantes pour construire graduellement des édifices, utiliser les locaux existants, acheter des volumes.organiser la circulation des livres.Le Conseil de l’Ecole de Bibliothé- caires croit que, jusqu’à ce jour, c’est plutôt le manque de base soiide et d une formule acceptable à tous qui a entravé le développement chez nous d'institutions aussi nécessaires et utiles que les bibliothèques.Les discussions, les luttes de groupe à groupe, les appréhensions de plusieurs, ont toujours empêché la croissance et le développement de nos salles de lecture.Par voie de conséquence, le public n'a pas eu a sa disposition les lectures dont il avait besoin et qu'il recherchait.L’époque présente a des exigences bien précises.Chacun, dans son domaine, doit être compétent, chacun doit être bien informé, chacun doit se tenir au courant de tout développement et de tout perfectionnement dans sa sphère d'activité.Le cultivateur, l’artisan.aussi bien que le professionnel et le commerçant, ont besoin à cet effet de livres et de revues.Sans bibliothèques.ils ne peuvent continuer à se perfectionner et à s’instruire pendant toute leur vie.La question est d'une importance capitale, et il convient de la régler à la satisfaction de la grande majorité de notre population.Léo-Paul DESROSIERS, directeur de l'Ecole de Bibliothécaires.Emile DEGUIRE, ptre c.s.c., et Marie-Claire DAVELUY, directeurs-adjoints.Paul-A.MARTIN, ptre c.s.c., secrétaire.Joseph BRUNET, directeur des cours.Montréal, 4 novembre 1944.Pourquoi faut-il que les ouvrage» qui causent 200,000 exemplaires?In démence juvénile se tirent à Maria-Thérèse LATZARUS.Que celui qui n’étudie pas se taise.Un clergé qui n’étudie pas ne peut être qu'un clergé médiocre, inférieur à sa tâche.Le démon est habile.Il connaît 1 importance de l’étude et de l’oraison, pour le prêtre.Oeuvres sur oeuvres, activités sur activités.il joue de tout pour que le prêtre néglige ou omette le» devoirs essentiel» de sa charge: étudier et prier.Cardinal g^LIECE.Le pire danger, pour un prêtre, c’est peut-être celui de s’habituer au péché environnant, de le trouver normal et de no plus en être troublé.Cardinal SALIEGE JUILLET-AOUT 1947 283 T FAITS ET COMMENTAIRES r(a Société de A bienfait eut à de 3idei MALGRE les progrès continus de Fides, il y a encore bien des choses qu’il conviendrait d'entreprendre en fait de propagande des idées saines et d’orientation des lectures.De nombreuses publications s imposent; il faudrait pouvoir les éditer au plus tôt.quitte à ne récupérer que longtemps après les sommes investies.De plus, les développements de 1 édition en ces dernières années et le regain de popularité de la lecture sous toutes ses formes exigent que nous soyons à même de censurer rapidement ce qui s’imprime et de communiquer au public le fruit de nos études.Pour mettre à exécution tous nos projets, nous avons bien souvent constaté qu il nous faudrait une organisation dIus adéquate et un personnel plus nombreux.Afin de trouver 1 argent nécessaire à ces améliorations, nous avons résolu, il y a déjà un an, de constituer une société des bienfaiteurs de Fides.Cette société se divise en trois classes: les bienfaiteurs insignes souscrivent à l’oeuvre une somme de $500.00 et plus; les bienfaiteurs de la classe A.une somme de $100.00 et plus; les bienfaiteurs de la classe B.une somme de $50.00 et plus.Voici la liste des personnes et des institutions qui sont actuellement inscrites dans cette société: Classe A S.E.Mgr Albini Lafortune.Evcquc de Nicolet 1946 5 juillet $200.00 S.E.Mgr Alexandre Vachon, Archevêque d'Ottawa 5 juillet 100.00 RR.PP.Trappistes.La Trappe.Oka 15 juillet 100.00 Rév.Père Armand Grou.c.s.c.curé.Ville Saint-Laurent 15 juillet 100.00 S.E.Mgr Arthur Douville.Evêque de Saint-Hyacinthe 24 juillet 100.00 RR.SS.de Sainte-Anne.a/s Rév.Mère Marie-Léopoldine.Sup.gén.10 septembre 100.00 RR.SS.de la Congrégation Notre-Dame, a/s Supérieure générale 1 6 septembre 100.00 284 LECTURES RR.PP.Rédemptoristcs, Sainte-Anne de Beaupré 1 7 septembre 200.00 M.l'abbé Maurice Patry sup.Séminaire de Trois-Rivières 1 7 septembre 100.00 M.le curé Georges Côté.Saint-Charles de 3ellcchassc .30 septembre 100.00 M.Ernest Martin, président."La Photogravure Nationale Ltée" I 1 octobre 100.00 Classe B Rév.Père Emile Deguirc.c.s.c.sup.Collège Saint-Laurent 5 juillet 50.00 Mgr Olivier Maurault.p.s.s.recteur Université de Montréal 6 juillet 50.00 S.E.Mgr Georges Cabana.Archevêque-coadjuteur, Saint-Boniface 8 juillet 50.00 Mgr Georges Chartier 24 juillet 50.00 M.l'abbé Jules-Bernard Gingras 24 juillet 50.00 M.le Chan.Philippe Auger, sup.Séminaire de Saint-Hyacinthe 3 septembre 50.00 RR.SS.de L'Assomption de la S.V., a/s Soeur Sainte-Irène, sup.gén 9 septembre 50.00 RR.SS.de la Charité de l'Hôtel-Dieu.Saint-Hyacinthe 1 1 septembre 50.00 Rév.Père Roméo Boileau, c.s.c 20 septembre 50.00 M.le Chanoine H.Lussier, Collège de l'Assomption 1 5 novembre 50.00 M.Charlcs-A.Martin 31 décembre 50.00 M.l'abbé J.-E.Bernier, curé.Paroisse Saint-Jean-Baptistc Vianncy .21 mai 1947 50.00 Cette liste est éloquente: elle témoigne hautement du fait que les autorités religieuses de notre pays tiennent à appuyer Fides et que nos diverses communautés religieuses veulent coopérer à son action.Elle montre que Fides compte des amis dans tous les milieux et que de partout on s’intéresse au développement de l’oeuvre.Nous avons déjà eu l’occasion de remercier personnellement, de vive voix ou par écrit, tous les membres bienfaiteurs actuellement inscrits.Nous tenons par la publication de ces lignes dans Lectures, à les remercier de nouveau publiquement.Et nous leur disons du fond du cœur que nous les considérons comme des auxiliaires très précieux et des collaborateurs puissants de notre action apostolique.Paul-A.MARTIN, pire c.s.c., directeur général de Fides.JUILLET-AOUT 1947 285 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Volume3 GÉNÉRALITÉS Perrot (Daniel).Style d'homme, fParis 1 Bloud et Gay [19461.251 p.18.5cm.H 008:26 Il s’agit du problème religieux, d’un style de vie.Ces pages constituent un rare ensemble de pondération et d'équilibre et contiennent une substance éminemment nourrissante, rendue assimilable par un style simple et riche qui n’est pas du premier venu.A.J.Sagehomme (G.), s.j.Répertoire alphabétique de 13,000 auteurs avec 46,000 de leurs ouvrages (romans et pièces de théâtre) qualifiés quant à leur valeur morale.6e édition revue et complétée, par E.Dupuis, s.j.Paris et Tournai, Casterman, 1944.608 p.20.5cm.011 Inutile d’insister sur la valeur unique de cette publication, qui en est à sa sixième édition, et que tous ceux qui s’intéressent aux questions de lecture doivent posséder.Le R.P.E.Dupuis, s.j., directeur de la Revue des auteurs et des livres, poursuit avec le même zèle apostolique et la même compétence intellectuelle l’œuvre du P.Sagehomme.On imagine facilement l'importance et l'utilité d’un guide qui donne la valeur morale de 46,000 ouvrages de 13,000 auteurs, et qui augmente sans cesse sa documentation, au rythme des progrès de l’édition, grâce au magnifique travail de la Revue des auteurs et des livres.— T.B.RELIGION * * * Destinés au malheur3 .ou Est-ce le bon Dieu qui l'a voulu?.Québec, les Editions du Forum, 1946.66 p.17.5cm.(Coll.Au service de la famille) $0.50 ($0.55 par la poste).214 L’auteur de cette brochure a voulu garder l’anonymat.C’est dommage.Nous aurions voulu connaître le nom de celui qui nous 286 LECTURES 1j expose si lumineusement le problème du destin et du malheur, et y apporte une solution hardie et heureuse, dans une langue toute classique.— E.G.LECLERC (Jacques), o.f.m., et POIRIER (Léandre), o.f.m.La Bible, votre livre.Montréal, l’Oeuvre des Tracts, septembre 1946.16 p.19cm.(Tract no 327) $0.10 ($0.13 par la poste).22.08 Cote de la coll.: 3(05) Tract fort à propos à opposer aux fadaises des Témoins de Jéhovah.VANDEUR (Dom Eugène).Je meurs de faim, j'irai à mon Père.Editions de Maredsous [1946].165p.19cm.$1.00 ($1.10 par la poste).226.8.07 En une langue limpide, pure, qui coule comme une source claire, Dom Eugène Vandeur dégage toute la beauté de la page de l’Evangile qui nous raconte l’histoire de l’Enfant prodigue.E.G.Aubry (Désiré).Le Maître obéi.Paris, Bonne Presse f 19411.198 p.19cm.$0.60 ($0.65 par la poste).248.145.13 Ce Maître, c’est le Christ, et l’auteur entend démontrer que de tout temps on a obéi à son précepte de la charité, de nos jours aussi bien que dans les époques qu’il est convenu d’appeler « les âges de foi ».Si l’on songe que tous les faits rapportés sont puisés en France seulement et que Désiré Aubry n’a certes pas épuisé tout ce que son pays pouvait lui fournir à ce point de vue, l’on ne pourra douter de la valeur apologétique de cet ouvrage.RAVONNEAUX (Alfred).Reflets eucharistiques.L’auréole des miracles.Paris, Lethiel-leux [19461.108 p.19cm.248.159.22 Il s’agit des miracles qui se sont réalisés « dans le rayonnement de l’hostie ».Berthet (H.).Chemin de croix du séminariste.Paris, Lethielleux [1946], 30 p.11cm.*254.4 Evocation à la fois forte et sobre des quatorze tableaux de la voie douloureuse.JUILLET-AOUT 1947 287 Chauvin (Alexandre).Les Voix qui appellent.III.de F.-S.Willems.Paris Procure generale du Clergé | 1 945 |.39 p.ill.]5 5cm *254.41 Ces voix.Voix du Pays.Voix de la Terre.Voix de l'Intelligence, de l F.gltse et du Christ, disent la grande difficulté du recrutement sacerdotal en France et sont un pressant appel à y remédier.Compte tenu de la partie purement statistique et* des adaptations necessaires, ces « voix » s adressent à la jeunesse de tous les pays.* * * L Appel de la vie.(Paris, Secrétariat national de la J.E.C F 1946.| 111p.ill.18cm.*256.63 L Appel de la vie est un magnifique ouvrage de cent onze pages en deux couleurs, orné de seize hors-texte en héliogravure.Des commentaires vivants, d'heureuses citations, des textes soigneusement choisis chez les plus grands auteurs, des questionnaires sur la conscience, la loyauté, la joie dans le travail, l’amitié du Christ en nous, voilà au point de vue pratique.La dernière partie de l’ouvrage dégage pour nos vies les profondes leçons des principales rencontres du Christ: Rencontre sentimentale avec les femmes de Jérusalem: Rencontre intellectuelle avec Nicodcme; Rencontre inattendue avec la Samaritaine: 8 Rencontre humble et confiante av?c Marie-Madeleine: Rencontre l intime avec Marie à 1 Annonciation.Beaucoup de routes modernes croisent la voie étroite du Christ: nous allons trop vite pour apercevoir son visage douloureux, ou bien nous sommes éblouis par le paysage, ou tout simplement, nous détournons la tête.Claudette FRANCE Glorieux (Chanoine).Le Chrrst et sa religion.A ceux qui cherchent.simple exposé.Paris, les Editions Ouvrières ( 1 946 |.181 o 19cm $0 65 ($0.70 par la poste).260.1 Les ouvrages du chanoine Glorieux sont renommés à juste titre.Celui-ci nous présente successivement : la personne du Christ, 1 oeuvre du Christ, la vie chrétienne, l’Eglise et les sacrements: en guise de conclusion, Pour résumer avec le Christ, qui comprend quelques pages sur la Messe.M.-Saint-LÉANDRE (Sceur).Gerbe eucharistique.L Eucharistie.Epis glanés dans les écrits de deux cents auteurs.Montréal, Granger, 1946.363 p.19.5cm.$1.25 ($1.35 par la poste).265.3 288 LECTURES Collection des plus beaux textes d’inspiration eucharistique, puisés chez les Docteurs de l’Eglise, les Saints, les prédicateurs et les écrivains catholiques.Recueil précieux, fruit de nombreuses heures de lecture.La belle ordonnance de l’œuvre est remarquable et une bibliographie soignée, suivie d’une table des auteurs cités, facilitent la consultation.— E.G.LIAGRE (Mgr).La Messe; 3° édition.Paris, les Editions Ouvrières [1946], 74 p.18cm.*265.325 Quelques notions sur l’autel, les vases sacrés, les vêtements liturgiques.Explication des prières de la Messe par questions et réponses.Gilbert (Edouard), p.m.e.Entr Quatr Murailles.Quatre ans d’internement en Mandchourie.Pont-Viau, Editions Missions-Etrangères, 1946, 188 p.h.-t.21cm.$1.00 ($1.10 par la poste).266(518) Voici le récit palpitant de la vie des missionnaires du Mand-choukouo pendant leurs quatre années d’internement au camp de concentration de Szepingkai.Une chose nous frappe à la lecture de ce beau livre: c’est la charité ardente qui unissait toutes ces âmes et qui nous rappelle la primitive Eglise.On y perçoit intensément la vie du Corps mystique: le trésor commun des prières, de la paix des âmes, des joies surnaturelles trempait les énergies et décuplait la foi en un avenir meilleur.— E.G.HÉNIN (Abbé).Dismas ou le Bon Larron.Essai de psychologie d une conversion.Paris, Procure générale du Clergé [1945].32 p.15.5cm.269 L’auteur s’efforce d'expliquer en des pages puissantes la troublante économie divine dans la distribution des dons et des grâces.Laurent (Laval), o.f.m.Québec et l’Eglise aux Etats-Unis sous M*r Briand et M?r Plessis.Préf.de S.E.le card.J.-M.-R.Villeneuve, o.m.i.Montréal, Librairie St-François, 1945.258 p.25cm.$1.50 ($1.60 par la poste).27(7) Le Père Laval Laurent terminait l’avant-propos de son livre le 22 février 1944.Quelques mois plus tard, le 29 juin, il se noyait accidentellement à Saint-Liguori de Montcalm.JUILLET-AOUT 1947 289 La disparition de ce religieux fut une perte sensible pour la jeune école historique canadienne, qu’illustrent les Bruchési et les Frégault pour n’en nommer que deux.Il était de cette classe d’historiens qui croient que pour édifier une œuvre durable dans le domaine de l’histoire il ne suffit pas de posséder l’esprit de géométrie, l’esprit de finesse et cette intuition merveilleusement développée que j’appellerais le sixième sens de l’historien.Le Père Laurent avait compris qu’il lui fallait enrichir ses qualités naturelles par des études sérieuses et un travail acharné.Aussi est-ce à la fin de ses deux années d’études supérieures à la Catholic University of America qu’il présentait cette thèse de doctorat.Il s’y révèle un historien de première valeur.Il ressort de la première partie de cet ouvrage que Mlîr Briand ( 1 766-1 786Ï, en exigeant avec fermeté la loyale collaboration des Canadiens français à la cause de l’Angleterre, ne faisait que suivre l’enseignement de saint Paul dans son épître aux Romains sur la soumission à l’autorité légitime.La Révolution Américaine posait pour nous la question de fidélité à la foi jurée.L’auteur raconte ensuite les efforts de MKr Briand pour donner tous les secours possibles aux missions du Mississipi et des Grands Lacs.La deuxième partie du livre met en lumière le zèle apostolique de MKr Plessis (1808-1825) et son rôle d’arbitre et de conseiller dans l’organisation de l’Eglise des Etats-Unis.Dans l’intérêt de l’Eglise, il se rend à New York, Boston et Détroit, il règle la question des trustees (marguillers) américains qui outrepassaient leurs droits.MKr Plessis fut aussi un bienfaiteur des Trappistes du Kentucky.Le Père Laurent a posé les fondements de l'histoire de l’Eglise en Amérique et il a mérité les éloges de son Eminence le Cardinal Villeneuve.— Elie GOULET Baron (Abbé Pierre).Ce que sont les religieux.Paris, J.de Gigord [ 19461.142 p.18cm.(Coll.Tout pour Tous).271 C’est dans une collection traitant des sujets les plus divers, littérature, histoire, musique, marine, aviation, que vient de paraître une étude très complète, bien que de volume restreint, sur les grands Ordres monastiques et les Congrégations modernes.L’auteur, qui appartient au clergé séculier de Paris, a conçu et composé son travail dans un camp de prisonniers où il se trouvait en contact avec des religieux de tous ordres.Son but est non seulement de montrer l’origine et l’évolution historique des cinq grandes familles religieuses, mais aussi d’en présenter les activités spécialisées, d’en découvrir la richesse de vie surnaturelle et humaine qui fait de ces centres de prière et de charité des foyers de rayonnement 290 LECTURES spirituel dans le champ missionnaire de l’Eglise militante.Le style, à la fois simple et expressif, rend charmante la lecture de ce chef-d’œuvre de documentation et de bon goût.Cet ouvrage sera très utile aux directeurs de conscience qui ont à guider les âmes vers le choix d’une vocation religieuse, et aux gens du monde qui découvriront à leur grande surprise toute la beauté de la vie monastique.— A.LEMOINE LORSON (Pierre), s.j.Les Sœurs de Ribeauvillé.Paris, Alsatia [1946].195 p.19.5cm.(Coll, les Grands Fondateurs et leur Congrégation).271(S) Voici une œuvre forte et courageuse dont le sujet dépasse de beaucoup l’histoire des Sœurs de Ribeauvillé.Malgré tout ce qu’elles ont fait pour la culture française en Alsace, et que l’auteur nous rapporte dans un récit plein d intérêt, les Sœurs de Ribeauvillé sont menacées dans leur existence.On soulève à nouveau des attaques passionnées et des débats véhéments contre l’enseignement libre en général, et l'enseignement confessionnel public dans les provinces recouvrées.Il ne faut pas aligner l’Alsace sur l’Intérieur, mais l'Intérieur sur l'Alsace.Si 1 on veut que la France survive, pourquoi n'accorderait-on pas à tout le pays cette liberté de l'enseignement religieux qui a si bien réussi dans l'éducation des jeunes Alsaciennes?Plaidoyer vigoureux qui devrait ouvrir les yeux encore susceptibles de lumière.— Elie GOULET SCIENCES SOCIALES * ?* La Victoria Cross.[S.l.n.éd.] 71 p.ill.23cm.(Distr.par le Bureau d’information du Royaume-Uni).355.134 La Victoria Cross a été accordée, durant la dernière guerre, à 18 marins, à 65 soldats et à 21 aviateurs, originaires de tous les coins de l’Empire: Angleterre, Ecosse, Irlande, Canada, Australie, Indes, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud.On a compilé le récit de leurs hauts faits.— E.G.* * * Sur le front de mer.[S.l.n.éd.] 45 p.ill.18x23.5cm.(Distr.par le Service d’information du Royaume-Uni).355.49(41/42)« 1939/1945 » « Nous sommes une race de marins et nous comprenons l’appel de la mer » (Winston Churchill).Cet appel de mer, ce goût du risque a sauvé la Grande-Bretagne.JUILLET-AOUT 1947 291 Cet album, magnifiquement illustré, nous raconte la participation de la marine britannique à la dernière guerre.Cunningham lut le digne successeur des Drake, des Nelson, des Jellicoe.— E.G.SCIENCES APPLIQUÉES Drouin (Dr Henri) Hommes hantés.Essai sur 1 obsession sexuelle.Paris la Vulgarisation scientifique [cl9451.92 p.15cm.(Coll.Etudes et Documents).616-69 Mauvais Tout comme Femmes damnées, ce petit ouvrage sur l’obsession sexuelle me paraît d'esprit naturiste, voire matérialiste.Tous les développements qu’on trouve dans ces pages ne devraient pas être objet de «vulgarisation scientifique», et c'est là une erreur initiale aux conséquences imprévisibles.Aussi, malgré son actif authentique, surtout son sain réalisme vis-à-vis de la fin première de 1 amour entre 1 homme et la femme, de la tendance naturelle inéluctable de cet amour au bien de l’espèce; malgré son respect des exigences physiologiques de l’amour, exigences qu’on ne contourne pas sans châtiment, — Hommes hantés est tout à fait’ condamnable.L erreur commune à bien des essais de ce genre, c’est de vouloir faire de I amour surtout un art, d être pessimistes — en raison même de leur ignorance pratique du surnaturel_____vis-à-vis des possibilités concrètes des tendresses fortes et pures, d'affecter vis-a-vis la sagesse religieuse la supériorité de « savants » qui savent à quoi s'en tenir sur « les raisons véritables » de la valeur libératrice d’une vie de foi et de l’ascèse chrétienne.Il ne faut pas etre dupes d’une certaine générosité, d’une bonhomie engageante.Il y aurait beaucoup à écrire en marge de tels écrits.Le* peu que j en ai dit suffit à fixer le lecteur.— Théophile Bertrand Drouin (Dr Henri).Femmes damnees.Essai sur les carences sexuelles féminines dans^ la littérature et dans la vie.Nouvelle édition, revue.Paris, la Vulgarisation scientifique [cl 945).94 p.h.-t.14cm.(Coll! Etudes et Documents).618.17 Mauvais Il s agit d un « essai sur les carences sexuelles féminines dans la littérature et dans la vie ».Dans son avant-propos, l’auteur remarque que « jadis, en France, la sexualité s appelant pour les uns luxure, pour les autres gaudriole, on ne pouvait parler des « choses de la chair » qu’en moraliste ou en pornographe ».Il veut nous en parler ici en médecin, en psychiatre.292 LECTURES Une première partie définit la question et en présente les ispects physiologiques et psychiques; une deuxième partie analyse les cas de Phèdre, de Bette et de Mme Bovary; une troisième nous entretient de la sublimation, des «refuges» de l’instinct sexuel; une quatrième partie enfin nous fournit des « exemples modernes » de carence féminine, nous entretient de thérapeutique et tire des conclusions.A ce simple exposé, on comprend aussitôt que même écrit dans l’esprit qui convient, un tel ouvrage appelle des réserves, en raison même du sujet qu’il aborde.Malheureusement, un tel esprit me semble faire absolument défaut ici.Sans doute, l’auteur respecte des lois naturelles fondamentales qu’un monde en perdition a même trop souvent oubliées! Il a de la culture, des lettres et du talent.Mais son ouvrage est nettement naturiste, il rend un son matérialiste incontestable.Je lui reproche en particulier d'accorder au sexuel une importance trop absolue, une causalité trop radicale et trop universelle.Je lui reproche de citer trop complaisamment à la barre des aventuriers de l'amour, les anormaux d’une littérature d’alcôve.Quant à son excursion dans le mysticisme, malgré la prudence qu’elle voudrait montrer, elle achève de me convaincre que pour bien parler de ces questions délicates, il ne suffit pas d’être médecin, psychologue ou psychiatre.Ces atouts peuvent même se changer en handicaps, s’ils ne sont pas assumés dans un humanisme chrétien intensément vécu, respectueux de tous les registres du savoir mais aussi de ses hiérarchies.En un mot, j’estime que cette littérature « scientifique », que cette vulgarisation est d’un réalisme incomplet; qu’elle peut être souverainement pernicieuse et doit être combattue avec énergie à une époque où déjà l’amour se ramène trop exclusivement au commerce des sens.— Théophile BERTRAND DIVERTISSEMENTS * * * Mots croisés à base de connaissances religieuses.Joliette, les Clercs de Saint-Viateur, 1946.[48 J p.ill.20.5cm.(Instruisons-nous joyeusement) S0.35 ($0.40 par la poste).793.7:2 Vingt-trois Mots croisés qui redonneront un intérêt nouveau aux études religieuses des jeunes.Les difficultés sont soigneusement graduées et de fines illustrations viennent aussi à la rescousse de ’esprit.L’on a réussi à concilier parfaitement jeu et instruction.E.G.ÎOELL (Jacques).Oisans.Préf.de François Mauriac.Paris, Susse [1945].178 p.h.-t.21cm.796.52(234.3) Pour adultes JUILLET-AOUT 1947 293 Tout ce livre est un beau chant à la gloire de l'alpinisme.L auteur nous y fait le récit de ses excursions en montagne.Récit fidèle et coloré, en une langue touffue, non sans quelques aspérités, le tout parsemé de splendides descriptions et d’images neuves.A.J.LITTÉRATURE Bates (H.E.) A travers l’enfer.Recueil de contes.Londres, Jonathan Cane 11944].88 p.18.5cm.* 82-3 Pour adultes Recueil de nouvelles qui racontent les exploits de chasse de la LAY (Col.Beirne), jr.Merci, paysans de France.(I’ve Had It.) Récit d’un aviateur américain.T rad.de 1 anglais par Gaudefroy Demombynes New York, Maison française, cl946.214 p.19cm.$1.50 ($1.60 par la poste).82-^4 Pour adultes Récit captivant.CHLIQUE (Daniel).Mon Dieu.Paris, Revue Moderne [1943].29 p.18.5cm.84-1 L’auteur a coulé en des vers solidement vertébrés et à la rime métallique l’or pur de la foi retrouvée.Il élève vers Dieu sa prière simple et honnête, sans vains artifices.Pour le poète, une union symbolique existe entre la nature et la liturgie chrétienne; il nous dit le don gratuit de sa foi et termine son poème sur une aspiration vers la pureté.Oeuvre saine et forte, qui célèbre un Dieu infiniment bon et miséricordieux, immuable et éternel.— E.G.LERGON (Albert).Ée Loup de Gubbio.Miracle dramatique en deux parties, précédées d un prologue.(Un épisode de la vie de S.François, d après 1 extrait des Fioretti, trad, de Frédéric Ozanam.) Bruxelles, Editions Durendal, 1946.87 p.19cm.(Coll.Roitelet).84-2 Le meneur de jeu nous introduit auprès du grand conseil de Lucifer le Cornu.Sont présents Asmodée, Tervagant, Mammon.Léviathan.François d’Assise, cet ascète qui s’est fiancé à Dame Pauvreté, est la raison de ce conciliabule.Gn élabore un plan où rien n’est laissé au hasard.Les démons espèrent attirer François dans leurs filets à la faveur de l’énervement des habitants de Gubbio terrorisés par un loup.294 LECTURES Puis, nous assistons au soulèvement que fomentent les démons.François d’Assise perce chacun des mobiles, plus ou moins avouables, qui poussent les habitants à vouloir tuer le loup.Il réussit à convaincre ces gens de le laisser sortir de la ville pour rencontrer l’animal.Il part avec Frcre Léon.Il ramène le loup qui consent à ne plus attaquer aucune créature à la condition que la population se charge de sa subsistance.— E.G.LACHAPELLE D'APCHIER (Alix de).Entre deux Saint-Jean.Au fil des mois.Illustrations de Henriette de Costier.Paris, Editions de l’Amitié [cl 946 J.276 p.ill.22cm.84-3 L’auteur fait revivre à nos yeux les vieilles coutumes et les traditions de l’Auvergne, où la monotonie des jours est éclairée par la religion et rythmée par la messe dominicale et les grandes fêtes de l’Eglise.Livre remarquable, qui plaira à tous.Il est écrit en un langage savoureux « tout à la fois chargé des parfums d autrefois et gardant les odeurs des campagnes qui sont de petit lait et de suint de brebis.D’herbe brûlée.De feuilles qui jaunissent près des vieilles fontaines ».— E.G.Moreau-Bei.lecroix (M.).„ ^ La Bête du Gévaudan.Paris, Alsatia.1943.203 p.19cm.(Coll, /es Nouveaux Romans) $0.80 ($0.85 par la poste).84-3 Roman d’aventures et roman policier à Ha fois^ L’intrigue est simple et même simpliste.Ouvrage d’un réel intérêt pourtant, parce qu’il fait revivre à nos yeux tout un coin perdu de France.R.L.Stendhal.CLX Petits Faits vrais, choisis et présentés par Jean-Louis Vaudoyer.Paris.La Colombe, Ed.du Vieux Colombier [19461-270 p.18.5cm.g4_3 Mauvais L’éditeur nous dit que « ces faits vrais présentent une extrême variété de tous thèmes et sujets ».Notre impression a été tout autre: il est difficile de choisir un ensemble aussi platement uniforme de saletés.Le thème est, à peu près dans toutes les anecdotes, celui de l’amour libre, de la jalousie et du désespoir.La phrase est vive, claire, le récit soutient l’intérêt: c est du Stendhal.Si on ne trouve pas les brutalités de notre littérature contemporaine (l'époque ne le permettait pas aux littérateurs de la première moitié du XIXe s.), le thème est cependant profondément immoral.L’éditeur pouvait-il trouver autre chose dans les JUILLET-AOUT 1947 295 ottros et les voyages de Stendhal?Nous l’ignorons.Mais il s’est complu a rassembler dans ce volume la crème du libertinage.« ^ cst .un ouvrage pornographique à proscrire sans restriction meme au risque de déplaire aux adorateurs du dieu Stendhal._ „ Paul CHATELAIN ALOST (Aymon d’).Mémoires d'un Onagre.Mélanges autobiographiques et fan-ç6 1 huiin80c1^’ de 1 hurnanism^» de l’humain.Paris, Spes 84-7 P' Cm' Comme l'indique la page-couverture, nous trouvons dans ce livre de 1 humour, de 1 humanisme, de l’humain.L’auteur se présente d abord aux lecteurs dans l’avant-propos, puis il nous fait parcourir son « curriculum vitæ » en émailla.nt son récit de mots humoristiques et de considérations sur la valeur des actes humains.Il s agit en somme d une plaquette et plusieurs croiront qu’il ne vaut guère la peine de la lire : mais ceux qui auront la curiosité de la feuilleter en tireront profit.Le chapitre qui contient des apophtegmes sur le comportement humain révèle en particulier une connaissance profonde de la nature de I homme._ , Koland GERMAIN Peyré (Joseph)., J*™* ^o^j-es Genève-Paris-Montréal, Editions du Milieu du Monde [cl943].246 p.19.5cm.84-94 # Pour adultes , .*,?rnV *es bienfaits apportés à l’humanité par les progrès de la civilisation, il convient de signaler le chemin de fer transsaha rien.Il ne faut cependant pas croire que les premiers essais ont eu des résultats immédiats et le présent volume nous donne une idée des difficultés sans nombre rencontrées par les pionniers.L auteur raconte les péripéties de toutes sortes que dut traverser la deuxième mission Flatters, chargée de préparer le tracé de .-luture voie ferroviaire.Dans la première partie, nous assistons a la lutte affrontée par les explorateurs contre les forces conjugées de la nature et des humains: tortures de la faim et de la soif, jeu imponderable des forces invisibles qui faisaient d’eux la « proie des ombres ».A 1 étape finale, c est l’attaque des Touareg et la fuite des survivants.Au retour, les mêmes tourments assiègent la petite colonne des rescapés., Récit bien vivant qui tient sans cesse le lecteur en haleine : il est malheureux cependant que le secours de Dieu ne soit pas imploré : nous sommes au pays du fatalisme et l’auteur semble tout attribuer, dans la marche de cette caravane pacifique, à la main inexorable du destin.Roland GERMAIN Salles (Jean).Notes et souvenirs.[Intx.par M.D.] [Paris] Bonne Presse [1946|.187 p.hors-texte 17.5cm.84-94 296 LECTURES Malgré sa mort prématurée, Jean Salles a laissé plusieurs œuvres littéraires : roman, pièces, poésies, nouvelles et un journal.Révélation d’une grande âme qui a su s’élever vers la lumière et la paix par le chemin de la souffrance.— E.G.VlALLET (François-Albert).Nos Chaînes.Expérience d’une captivité.Paris, Editions Ouvrières [1946].142 p.19cm.(Coll, les Chrétiens dans la guerre.).84-94 Nos Chaînes présente, dans ses grandes lignes, 1 expérience d un prisonnier français en Allemagne.Les circonstances terribles de cette expérience plongent le captif dans une méditation passionne*, des grandes questions de la vie.Il les étudie sous trois grands chefs : l’homme et l’Etat ; l’homme et le Christ ; 1 homme et l'amour.L ouvrage contient de belles et profondes pensées, et surtout un bel exemple de volonté et d amour de la justice.R.B.BASTIN (R.), o.m.i.La Chanson sur la colline.Lettrines et culs-de-lampe de P.Bastin.Paris, Lethielleux ; Bruxelles, R.Lebrun [1945].127 p.16.5cm.84-97 Tout concourt à faire de ce petit livre un bijou.Lefebvre (Justin).Jean Rhobin.Montréal, Serge Brousseau, 1946.137 p.19cm.$1.25 ($1.35 par la poste).C84-3 Dans la personne de Jean Rhobin, l’auteur a tenté d'incarner un type: celui du Canadien qui se taille fortune et gloire au fromage politique.La jeunesse du héros, étudiant talentueux au verbe facile, nous le fait espérer de taille à réformer l’ordre politique de son temps, à purger son pays des futiles chicanes de partis et de couleurs.Mais de mesquins intérêts entrent en jeu, et Jean Rhobin devient vulgaire politicien ou mieux « politicailleur ».Le style, plutôt à l’avenant, réserve au lecteur quelques surprenantes comparaisons, d’un goût plutôt douteux.Des vilipendes inattendues contre certains professionnels, de virulentes sorties sur les péchés de notre race — « peuple volage d’hier » — nous étonnent.et par la brusquerie de leur intrusion et par l'étrangete de leurs épithètes.Gabrielle BADEAU JUILLET-AOUT 1947 297 Les Ecoles du 244 p.20cm.SlENKIEWICZ (Hcnryk).n9,U° k fd'S ?Nouvelle adaptation par E.-L.Michel.Paris les Belles Editions.158 p.19cm.’ ^ ^ Appelle des réserves oagehomme cote dangereux une édition »• ¦> conserve egalement des passages qu’il aurait JZ valu %% HISTOIRE.BIOGRAPHIES RUMILLY (Robert).Histoire de la province de Québec.T.XVII « f*?11/*'i Montréal, -Montréal-Editions (1946].$1.25 ($1.35 par la poste).9(714) RUMILLY (Robert).H!sJol[e.de la province de Québec.T.XVIII • Le Rèele $'.25 ($135° plr ïa £"-Ed,tiens l»«l.2«2 p.20cm.9(714) Les deux présents volumes — les derniers en date de la dé- SR0uSfnv^i:iimenta|ie HÎSt0ire de la d* M.de « bonne-emente K qU' S°n‘ P3S préc,sément d“ J3'0"* On ne saurait prétendre, en un bref compte rendu, dégager et nufdf d ŒU-re 3USSi riche’ mCnée de main de ™îtK lor?,üii ?.US Cn p,us s lrîlP°sc« g^ce aux lignes de force selon lesquelles elle est construite, malgré un manque de cohésion plus apparent que reel.Il n y a pas lieu non plus de vouloir résumer la matière de ces deux volumes, vu son abondance.D’ailleurs les titres sont suffi-samment c oquents.Qu il suffise d indiquer le cadre chronologique: début de 1912 jusqu a la fin de l’été 1914, juste à la veille de la Grande Guerre.Les « bleus » régnent à Ottawa, et c’est Borden et son projet de contribution de 35 millions de dollars (déjà!).Quebec est sous un régime « rouge » avec Sir Lomer Gouin comme premier ministre A travers toute cette agitation politique domine la figure de M.Bcurassa.Qu’on me pardonne, mais à plus d’un endroit le lecteur est porté à se demander s’il s’agit de l’histoire de la Province de Québec ou de celle d’Henri Bourassa, ce qui s’explique d ailleurs, en raison de la stature intellectuelle et morale du ondateur du Devoir.Entre autres questions intéressantes, mentionnons 1 affaire de Sainte-Marie de Monnoir et le premier Congres de la langue française à Québec.A retenir le dernier chapitre du volume XVIII intitulé : les Cadres du Canada français, magnifique et puissante synthèse, splendide tableau de l’époque.298 LECTURES Les procédés de composition de ces deux livres ne diffèrent pas de ceux des précédents ouvrages de la collection, et si d'utiles leçons se dégagent de cette histoire, 1 auteur ne les impose pas .tout au plus, de temps à autre, les souligne-t-il.L’impression qui reste c’est que rien n’a changé ; il n y aurait, à certains endroits, qu’à substituer un nom, une date, et nous aurions de 1 histoire contemporaine.Retenons que la députation du temps n avait guère plus d’échine que celle de nos jours.A cet égard, il convient de citer ici deux réflexions de l’auteur, l’une sur le compte de deux puissants financiers : « C’étaient les multimillionnaires — en démocratie, les rojs ))f — l’autre à propos de l’esprit de parti : « Louis-Philippe Pelletier mit cette fois la défense de sa race avant la solidarité de parti.— Honneur à lui, le fait est rare ! — » Signalons un danger possible de cette histoire trop récente.Beaucoup de gens mentionnés sont encore vivants, et 1 on préféré toujours que personne ne touche à ses héros avant qu ils ne soient entrés dans l’inviolable sécurité de la mort.André JANOEL * * * Cinquante Ans de journalisme catholique, 1896-1946.Montréal, l’Oeuvre des Tracts, août 1946.16 p.19cm.(Tract no 32 ) $0.10 ($0.13 par la poste).92:0 Cote de la coll.: 3 (05) Témoignages de journalistes qui tous reconnaissent eji M.Héroux un grand écrivain catholique, profondément dévoué aux intérêts de l’Eglise et de la Patrie.APOLLONIA (Luigi d'), s.j.La Première Sainte américaine.Montréal, l’Oeuvre des Tracts, juillet 1946.16 p.19cm.(Tract no 325) $0.10 ($0.13 par la poste).92:2 Cote de la coll.: 3 (05) Vie merveilleuse d’une sainte qui traverse vingt-sept fois l’Atlantique en trente ans, qui se montre une femme d affaire géniale, fonde une communauté religieuse et sème ses maisons sur trois continents.CHINIQUY (Charles).Mes Combats.Autobiographie de Charles Chiniquy, apôtre de la tempérance du Canada.Montréal, l'Aurore Publishing Co.[19461.691 p.h.-t.18cm.1 Q2-2 Mauvais Il s’agit là de la réunion en un seul livre des deux principaux JUILLET-AOUT 1947 299 uvrages de Charles Chmiquy : Cinquante Ans dans l’Eglise de Rome et Quarante Ans dans l’Eglise du Christ.Il suffit de feteT un c°up d œil sur la table des matières pour constater que ce sont ià des pages foncièrement anticatholiques.Les plus grossiers blasnhè W yvtalCnVrre i'Eglise’ ''E«haristiePIa p/nkcnce.la Très Sainte \ îerge, le Sacerdoce, la vie monastique.Ce que le disciple ardent1'm, aU C?mPte de la sincérité et d’un zèle apostolique d’nnp ^ n11 cathollcî“e convaincu un froid cynisme mâtiné d une astuce mielleuse, ou bien un aveuglement qui échappe aux prises du jugement humain.1 ^ 1399°//!U/vg/e,tombe sou?ks afticles 2, 3, 4, 5 etc.du canon 99.(La législation canonique sur la prohibition des livres, Lee- *j- ’ no.?’ P’ 2^5.) Il est donc «prohibé de plein droit», c est-a-dire qu il tombe sous « les lois générales de l’Index »._, _ Théophile Bertrand HÉDIC (Françoise).(r U™*?Hubert Paris, Bonne Presse [1946].46 p.ill I8cm (CoM.Mon saint Patron) $0.25 ($0.30 par la poste).' rt„w^PreS/VOir dépouillé sa passion de la chasse qui lui faisait oubhe ses devoirs de chrétien, Hubert devint un saint rehgieux et et dès* chasseurs* aP°‘rC ** Ardenncs- 11 est k P«ron des Ardennes tiens ^"mémêur'toûf^E.G* P'a" infinimt’n‘ par SeS La Gorce (Agnès de).Saint Benoît Labre, le pèlerin de la joie.Paris Editions Francrscames [19461.100 p.ill.18cm.(PrMs francLins) .to Ag"ès,d B.\ 298.STENDHAL.CLX petits faits vrais.M.295.STIENON (R.).Boule d'Or et Cie.J.302.*** Sur le front de mer, 291.VANDEUR (Dom E.).Je meurs de faim, j'irai à mon Père.287.VIALLET (F.-A.).Nos Chaînes.297.*** La Victoria Cross.291.*** Viens bricoler! J.301.TJloià ouvlageâ txèâ recommandé â DANS LE RAYONNEMENT DE LA SAINTE HOSTIE Bienheureux Père Eymard Nul plus que le Bienheureux Etre Pierre-Julien Eymard.merveilleusement suscité par Dieu pour promouvoir le culte du Très Saint-Sacrement, n’est qualifié pour être le guide des âmes vers l'Hostie, pour leur apprendre à vivre et à agir dans le rayonnement de la sainte Hostie.On a donc, dans ce volume, fait une sorte de synthèse de toute la doctrine spirituelle eucharistique du Bienheureux.C'est lui-même qui parle, l'éditeur n'ayant fait qu'agencer des textes puisés aux œuvres du Bienheureux.208 pages — $1.00; par la poste: $1.10 LE MARIAGE Joseph Carrier, D.Th.La doctrine catholique sur le mariage, mise en relief sous forme de tableaux synoptiques, très facile à comprendre.Un ouvrage magistral contenant sur le mariage tout ce qu'il y a de plus solide et de plus pratique aux points de vue théologique, éducatif et même médical.Indispensable aux responsables et aux participants des cours de préparation au mariage, cet exposé rendra d'inappréciables services à toutes nos familles catholiques par un enseignement clair et pratique sur le mariage.154 pages — $1.50; par la poste: $1.60.DERRIÈRE LE RIDEAU DE FER Gustave Gautherot « L'ouvrage de M.Gautherot est une mine inépuisable de documents historiques.Félicitons-le de sa courageuse analyse historique qui démontre le cynisme de la diplomatie soviétique à la poursuite de son objectif: la conquête du monde au moyen des cinquièmes colonnes communistes, instruments de la dictature slavo-marxiste ».200 pages — $2.00; par la poste: $2.20 FIDES - 25 est.rue Saint-Jacques, MONTRÉAL-1 - PL.*8335 Imprimé au Canada.
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