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Titre :
Lectures
Grâce à ses critiques littéraires, Lectures souhaite faire connaître la valeur intellectuelle et morale des nouvelles parutions tout en créant un barrage efficace contre les « mauvaises lectures ».
Éditeur :
  • Montréal :Service de bibliographie et de documentation de Fides,1946-1966
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Lectures et bibliothèques
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Lectures, 1947-03, Collections de BAnQ.

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FI DES «1 A Tome II - no 1 MARS 1947 Montréal Revue mensuelle de bibliographie critique SOMMAIRE Page IDÉAL ET PRINCIPES Son Éminence le cardinal Villeneuve et les lectures.Paul-A.Martin, c.s.c.3 Dix années d action bibliographique La Rédaction 6 ÉTUDES CRITIQUES Shakespeare et Shakespeare (à suivre) A.-M.Lemoine, Docteur ès Lettres 9 Un mauvais livre : Madame Bovary Jacques Tremblay, s.j.16 La dame aux Camélia* Paul Gay, c.s.sp 19 Les aventures d'Arsène Lupin Guy Boulizon 24 Karl Marx ou Jltuj-Christ Rodolphe Laplante 27 L’héritage et autres contes Maurice Blain 30 FAITS ET ENQUÊTES Une enquête sur les lectures.33 Derrière le décor.34 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Volumes (Voir liste p.3 de la couver* ture).36 Revues.64 LECTURES REVUE MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le Service de Bibliographie et de Documentation de FIDES Direction : Paul-A.MARTIN, c.s.c.Rédaction : Théophile BERTRAND Technique bibliographique : Cécile MARTIN COMITÉS CONSULTATIFS Doctrine et Droit canonique l ^profeiwur de Philotôphie au Collige Jean-de- Valirien BÉLANGER, ptre, D.D.C., Brcbcuf.proies>«ur è la Faculté de Droit canonique de Technique bibliographique rUniecnité Levai.iM_ p- afRUîÊ a aj» L.Pb.Roméo BOILEAU.c.a.c.* .^ professeur de Philoêopbù au Scolaaticat dea professeur de Cleuifee/io» irt tf me tique » Pères du T.-S.-Sacrement, à Montréal.l'École de Bibliothécaires de 1 Unieersiii d« Guy-M.BR1SEBOIS, o.t.m.D.D.C.' nAVPflrY professeur de Droit canonique au Grand Sé- Uaric-Clasre .s.-j.mi ni ira de Montréal.bUoU^'rs»* Dr^fVi'séur*^e^Ptiosopbie au Collige de Saint* Lauretta TOUPIN et G.LARCH, professeur de Phslosopnse au ue.lus, Emma est de ces femmes dont toute la religion est affaire d émoi.Toujours attentives aux langueurs parasexuelles, c'est là ce qu'elles demandent aux églises comme aux alcôves.Question à ne pas faire tirer au clair par le premier ou la première venue 1 Ajoutons à cela que la bêtise est le climat fixe de tous les héros du roman.Nul n'échappe.Le prix de sottise va sans conteste au type du primaire ignare et anticlérical, M.Ilomais.Le curé d'Yonville lui-même, Bournisicn, en tient plus que sa part.Un univers aussi inepte donne au lecteur le sentiment trop facile de sa supériorité.De tels milieux existent ; mais ils ne sont jamais aussi universellement stupides.Une époque a vécu et est jugée qui compte Madame Bovary pour son c nef-d 'œuvre, — à bon droit, hélas 1 De cet âge, Claudel mentionne l'apogée aux « tristes années quatre-vingt, l'époque du plein épanouissement de la littérature naturaliste.Jamais le joug de la matière ne parut mieux affermi.Tout ce qui avait un nom dans l'art, dans la science et dans la littérature était irréligieux.Tous les (soi-disant) grands hommes s'étaient surtout distingués par leur hostilité à l'Eglise».Grâces à Dieu, on a fait infiniment mieux depuis.On nous a montré à l'œuvre l'intelligente charité chrétienne devant l'humaine faiblesse.Nous savons, désormais, qu'il y a mieux à faire avec les imbéciles que de les peindre, tout en faisant auprès d'eux bonne vente du portrait ; c'est de les apprivoiser, de les instruire, de les humaniser.Flaubert fut la victime svmpathique d'un siècle révolu, mais 3ui pour un rien pourrait revivre.Il faut être prudent, attentif ; faut se garer 1 Qu'on nous débarrasse définitivement de cette triste époque et de ses lugubres images qui, malheureusement, ne sont pas toutes d'encre et de papier î Abandonnons Madame Bovary aux romanciers, aux psychiatres et aux historiens de la littérature.Seuls ils sont préparés à tirer parti du « cas 9 pour opérer et mener à bien la prophylaxie.Jacques TRExMBLAY, s.j.Il est clair que les quatre prix littéraires distribués chaque année en décembre, et qui font vendre un nombre imposant d'exemplaires de chacun des romans primés, — cent mille, dit-on, pour le Goncourt, — sont choisis sans le moindre égard aux exigences élémentaires de la morale catholique.Il est bien certain par ailleurs que la décision des juges ne signifie pas du tout que les ouvrages désignés l'emportent par la qualité littéraire sur tous les concurrents.L'un de ces juges, M.Descaves, avouait avec bonhomie, dans le Journal du 7 décembre 1933, le rôle prépondérant joué par le hasard, et nous confiait que, • au dernier tour, par lassitude, on se met d’accord au petit bonheur sur l'outsider auquel nul ne pensait ».(Alphonse de Parvillez, s.j., Le Livre au service du Christ [Paris] Spcs [1940], p.134.) 18 LECTURES La Dame aux camélias LE célèbre roman de Dumas fils, la Dame aux caméliao, vise plus ou moins directement la réhabilitation de la courtisane.C'est donc une manière de thèse.Marguerite Gautier, l'héroïne ( ?), a réellement existé sous son vrai nom de Marie Duplessis.« Cependant )), comme l'auteur le fait remarquer, avec une pointe d'humour, « Marie Duplessis n'a pas eu toutes les aventures pathétiques de Marguerite Gautier ; mais elle ne demandait qu'à les avoir.»* * C'était une femme remarquable par sa beauté, née, comme dirait Saint-Simon, pour créer autour d'elle « les plus grands désordres d'amour ».Et Dumas ne se fait pas faute de la présenter avec complaisance, dans un portrait qu'il termine ainsi : (( Comment sa vie ardente laissait-elle au visage de Marguerite l'expression virginale, enfantine même qui le caractérisait, c'est ce que nous sommes forcé de constater sans le comprendre.»1 La thèse commence déjà.Quoique « fille entretenue », Ïuoiquc « courtisane », Marguerite Gautier est restée ,s.On ne peut pas mieux dire, même de la Dame aux camêliao et c'est pourquoi je me suis permis cette longue citation.II faut donc regretter la réimpression de ces ouvrages d'un genre depuis longtemps démodé et souhaiter que cette littérature rance et malsaine n'ait aucun succès chez nous.Puisse-t-elle continuer, tout comme le théâtre de même veine enseveli dans les cartons poussiéreux de la Comédie française, à connaître partout l'indifférence ou l'oubli.________ Paul GA Y, c.s.sp.17 La Dame aux camélias, p.16.u Petit de Julleville ; Histoire du théâtre en France, cité par Dubech, Histoire générale du théâtre illustré, t.V, p.105.MARS 1947 23 Les aventures d'Arsène Lupin LE roman policier est devenu de nos jours un véritable (( genre littéraire )).Depuis que, il y a un siècle, Balzac a écrit Une ténébreuse affaire, cette sorte de littérature possède ses lois, aussi sévères que les trois unités du théâtre classique, même sa technique : (( un point de départ.un point d'arrivée bien net.et, tout autour, une histoire aussi excitante que possible », son public enfin, public de plus en plus large, exigeant et divers.Qu'on le veuille ou non, que l'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore, il faut admettre ce fait et la politique de l'autruche qui cache sa tête dans le sable pour échapper à ses poursuivants, ne servirait de rien : le roman policier satisfait cnez beaucoup un désir d'évasion, un besoin de fuite loin des réalités.(( La plupart des gens, dit Louis Lonay, s'ennuient dans leur propre compagnie et cherchent un refuge dans les aventures d'autrui.» De nos jours, plusieurs collections d'aventures, de mystère, d'intrigues policières, se partagent la faveur du public.Une de ces séries est particulièrement connue au Canada : la collection du Point d’Interrogation1.L'œu\fre de MAURICE LEBLANC a, en effet, été rééditée en entier à Montréal, par les soins de Variétés.Cette collection, plus connue sous le nom d'Arsène Lupin, raconte les célèbres aventures du (( fameux et élégant cambrioleur » qui, après avoir envoûté nos cousins de France, est en train de faire la conquête de nos jeunes Canadiens.Il n'est donc pas inopportun de nous y arrêter quelques instants.* * * Nous partirons de cette constatation : les jeunes, de quatorze à dix-sept ans (dans les milieux urbains surtout) se passionnent pour les histoires d'Arsène Lupin.Quelques enquêtes discrètes faites auprès d'eux nous ont apporté leur point de vue sur la question.C'est dans leurs réponses que nous puiserons l'essentiel de cet article, en cherchant les raisons de leur avidité pour les prouesses du gentleman-cambrioleur.Tout d'abord, Arsène Lupin est doué d'une force physique étonnante et l'on sait combien les performances athlétiques enchantent les jeunes.Cette force physique doublée de souplesse musculaire et de puissance acrobatique lui permet non seulement d'échapper à la police, de sortir d’une cave par le soupirail, ou de se lancer dans de formidables voltiges à la manière de Tarzan, mais encore de mettre sa puissance au service des faibles.D'ailleurs, Lupin n'est pas doué que de qualités physiques.Les adolescents admirent aussi son don prodigieux d'observation, la justesse de son raisonnement, la rapidité de ses réflexes devant des situations imprévues et parfois désespérées, la valeur de ses déductions qui font de lui le prince des détectives e: .ême temps 1 Voir Aies Fiches, no 139, p.5 ; no 149-150, p.77 ; no 156, p.133 ; no 162, p.14.Aussi le numéro de février de Lectures, p.331.24 LECTURES que le roi des bandits ; les garçons sont prodigieusement intéressés par l'abondance de ses « trucs », par l'astuce de ses « recettes » qui si souvent réapparaissent spontanément dans les grands jeux des endant quelques années : on se tromperait grandement.C’est e reporter qui note des tranches de vie à Paris, au camp de concentration, dans les trains, en banlieue, et le tout est d’une grande éloquence et d'un extrême intérêt.On lira ces pages avec profit.Elles complètent ce que d’autres récits écrits par des Anglais, des Américains ou des Français pourront nous apporter.Rodolphe Laplante SÉVIGNY (Major Pierre).Face à l’ennemi.Introduction du Major gén.T.-L.Tremblay.Montréal, Beauchemin [cl946].176 p.front.20.5 cm.$1.25 ($1.35 par la poste).C84-94 Un autre récit de la guerre.Un autre coin du rideau levé sur le drame angoissant.Le journal d'un homme qui a connu le feu, la peur, les blessures et qui a senti la mort, littéralement, dans la décomposition des cadavres de ses frères ou de ses ennemis.Il faut l'avouer, après avoir lu, pendant six ans, tant de récits horrifiants, après s'être tant saturé l'esprit et les veux d'images de guerre, on a besoin de ne plus penser à tout cela.Et ce livre nous ramène des souvenirs qu'on voudrait loin.L'auteur s'impose par là « la tâche de servir encore )) (p.10).Un ami avec qui je causais de Face à l’ennemi, lui reprochait son « manque de couleur ».Le major Sévigny, j'en suis sûr, n'a pas voulu nous livrer une description dantesque, mais bien ses impressions personnelles, et, à travers lui, celles de tous ses compagnons d'armes pour que nous gardions d'eux un souvenir reconnaissant et fier.Roger Chevalier 54 LECTURES Selvinski, Fich [et autres] Filled du peuple ruddc.Quinze récits de guerre.[Alger] Chariot [1944].138 p.21 cm.(Coll, led Ecriraind dovièliqucd, publiée sous la dir.d'Albert L.Cymboliste).891.7-94 Nous n'éprouvons aucun enthousiasme à lire ces récits de guerre uniquement consacrés à des exploits féminins, exploits qui s'intégrent malheureusement dans un contexte social — même si cet ouvrage n'en laisse rien soupçonner — dressé contre les lois les plus fondamentales de la nature.Il n'est pas incroyable que des jeunes filles aux mâles énergies, puissent accomplir des faits d'armes dignes des plus grands génies militaires.Témoins les Jeanne d'Arc et les Madeleine de Verchères.Nous savons que la femme possède, dans l'épreuve, une puissance morale qui la rend capable de subir les plus atroces privations, de surmonter les pires obstacles et de vaincre les plus fermes résistances.Mais nous déplorons son émancipation au sens communiste du mot.Jacques Nolet HISTOIRE.GÉOGRAPHIE.BIOGRAPHIES Bernoville (Gaétan).U Epopée dcd Lucd et led Saintd Innoccntd 3e la Vendée.111.de R.Moritz.[Paris] Lanore [1945].238 p.ill.19 cm.$1.35 ($1.45 par la poste).9(44) Voici un livre magnifique qui ne manquera pas d'intéresser tout le monde.L'histoire de la Vendée, en ces tristes années de la Terreur, n'est-ce pas l'histoire de toute la France ?(( Je vous nomme donc )), écrivait Louis XVIII à Charette, (( Général de mon armée catholique et royale ; en vous obéissant, c'est à moi qu'elle obéira.)) Lorsque les Vendéens virent leurs églises fermées, leurs prêtres emprisonnés, ils jurèrent de conquérir leur liberté.La révolte vendéenne fut avant tout une guerre religieuse, qui eut son retentissement dans la France entière.Charette et le curé Barbedette furent assez longtemps la terreur des Républicains et, chose merveilleuse, avec toute la cruauté dont étaient capables ces Bleus sanguinaires, ils ne sont jamais parvenus à vaincre la résistance de ces deux héros dont les aventures nous semblent légendaires.Les paces les plus impressionnantes du volume sont sans contredit celles où l'auteur nous décrit le massacre des habitants du Petit-Luc.Le 28 février 1794, quatre cent cinquante-huit paisibles paroissiens et leur curé, M.Voyneau, sont traîtreusement 55 MARS 1947 assassines par les Républicains.La plupart se sont réunis dans l'église où ils mourront le chapelet à la main et l'image du Sacré-Cœur sur la poitrine.« Ainsi le plus pur sang chrétien a ruisselé aux pieds même de Notre-Dame, fécondant à jamais la terre qui lui est dédiée.» L'auteur nous montre comment, tout le long de l'histoire, ces paysans sont restés fidèles aux traditions de leurs ancêtres.Pour eux, le curé de la paroisse c'est le Père incontesté, le représentant vivant de Dieu, à qui l'on confère une quasi-infaillibilité, autour duquel on se presse dans le danger et que l'on défend contre tout ennemi.Le Ciel leur a toujours départi des pasteurs dignes de leur foi et de leur patriotisme.Tel qu'il est, le livre de Gaétan Bernoville nous apparaît comme le vibrant témoignage d’une âme sincèrement catholique, qui, tout en racontant l'admirable épopée des Lues, se fait le postulateur de la cause des Saints Innocents de la Vendée.Il nous semble légitime d’espérer que les cent petits anges qui ont subi le martyre près de leurs parents, dans l'église du Petit-Luc, jouiront bientôt de la gloire qui auréole leurs compagnons de la Judée.Jacques Nolet Lissagaray.Hiéloire de la Commune de 1871.Buenos-Aires, Editions du Trident [cl944].517 p.21 cm.(Coll.Documenta, vol.1).9(44) Mauvais « \JHialoire de la Commune de 1871 a été écrite par un communard.Elle n'est donc pas l'œuvre d'un froid historien.» (Note des éditeurs.) Nous n'avons pas à retracer les péripéties de cette révolte parisienne, ni même à la juger.Les éditeurs voudraient y voir une image de la Libération de Paris de 1944.Un tel rapprochement nous paraît étrange.Il n'est venu à l'esprit de personne.La Commune de 1871 fut la révolte d'une clique au service d'une mystique révolutionnaire du type (( drapeau rouge )), contre un gouvernement républicain légal qui venait de renaître sur les ruines du Second Empire.Elle n'a rien de commun avec les grandes journées de la Libération de 1944, où tout Paris, d'entente avec les chefs des Armées alliées, se souleva pour chasser l'étranger qui, depuis quatre ans, s'était acharné contre l'âme même de la Patrie.Il ne faut pas chercher dans ce livre l'histoire pure et simple, impartiale et vraie, de la Commune de 1871.L'auteur écrit dans un but apologétique, pour justifier la Commune et, par elle, son propre idéal communiste, radicalement anti-catholique.Il a composé son ouvrage en Angleterre, où il s'était réfugié pour échapper a « la justice des Versaillais ».56 LECTURES Justifier la Commune de 1871, parce nu'elle voulait réaliser la démocratie ouvrière, universelle et révolutionnaire — ce qui, depuis, a pris le nom plus simple de « communisme » — tel est l'objet direct de l’ouvrage de Lissagaray.Son raisonnement n'est pas compliqué.C'est celui des (( camarades » de toujours.L'Internationale de Paris voit dans la Constituante, régulièrement élue, une menace du rétablissement de la monarchie, c'est-à-dire un instrument pour le règne de l'or et l'oppression de l'ouvrier ; donc il faut la détruire.Il est curieux que l'auteur n'ait pas songé qu'une telle révolte, sous le nez du vainqueur, n'avait aucune cnance d'aboutir.De plus, n'était-il pas criminel, dabs de telles circonstances, d'exposer et de sacrifier la vie de plusieurs milliers de citoyens ?Mais, « au-dessus de toutes ces foules, l'idée d'humanité planait, tant cette révolution populaire était foncièrement saine )) (p.222) 1 î 1 Communiste, Lissagaray est évidemment anticlérical.Il ne manque pas une occasion de rendre le clergé responsable ou au moins complice de tous les maux de l’époque.Ses sentences sont à l'emporte-pièce et feraient bonne figure à côté de celles de Marcel Fourrier ou de Georges Altman, dans l'anarchiste Franc-Tireur.Les premiers honneurs reviennent évidemment aux Jésuites, (( maîtres du clergé », « les seuls tacticiens de quelque suite » (p.81).L'archevêque de Paris est simplement « Darboy évêque » (p.17).« Do ut des », est la devise du clergé (p.24).Mais voici un parterre plus garni : « [.] les chefs du clergé virent plus nettement que personne le danger d'un avènement des travailleurs.Leurs menées furent très souples.Une sorte d'évêque à la Turpin, botté, barbu, jovial, grand videur de bouteilles et retrousseur de cotillons, mais large et langue hâbleuse, Bauer, ne quittait jamais Trochu, activant son antipathie de la garde nationale.Pourtant ils surent mettre le grain de sable à l'endroit vital, pénétrant les Etats-Majors, les ambulances, les mairies » (p.64).On peut lire des passages de même genre aux pages 39, 81, 85, 94, 183 (« La répression jésuitique fut atroce »), 221, 222.Citons enfin la réflexion de l'auteur à propos du massacre du deuxième groupe d'otages : (( Mais ces gendarmes, ces policiers, ces prêtres, qui, vingt années durant, avaient piétiné Paris, représentaient l'Empire, la haute bourgeoisie, les massacreurs, sous la forme la plus naïe » (p.353).Notons que les jugements portés sur l'Empire et certains hommes politiques, comme Thiers (p.81), Trochu, Gambetta lui-même, appellent des réserves.La haine partisane fausse le jugement.En résumé, Y Histoire de la Commune de 1R71 est une justification de la révolution par la violence.Elle fut écrite par un communiste ayant le nom.Les jugements portés sur les événements et les personnes sont souvent simplistes et sommaires, presque toujours inspirés par la haine.MARS 1947 57 — — -1 Témoin des événements comme journaliste, l'auteur note cependant quelques détails intéressants (p.e.le rôle de la franc-maçonnerie durant la Commune, p.235).Mais l'ensemble ressemble trop à un journal surchargé de faits divers et de noms propres qui n'ont aucun intérêt pour le lecteur ordinaire.La lecture en est pour cela plutôt fastidieuse.Enfin, cet ouvrage détestable est à rejeter sans hésitation.Eugène Ivittler, c.s.sp.Soubrier (Jacques).Savane*) et Forth.111.de 50 héliographies d'après les clichés de l'auteur.Couv.de Ch.Boré.Paris, Susse [1945].185 p.hors-texte 21.5 cm.(Coll.Voyage*) et Aventure*)).91(66) Pour adultes Volume palpitant d'intérêt de la première page à la dernière ; il procurera une lecture agréable et instructive au lecteur en quête d'aventures.L’auteur, souvent'au risque de sa vie, a visité plusieurs peuplades d’Afrique à peine civilisées et parfois décidément barbares.Son itinéraire comprend surtout le Sénégal, le Soudan, la Côte d’ivoire et le Libéria.Soubrier raconte son téméraire voyage dans un style alerte et imagé.Son livre, farci de renseignements historiques, renferme une foule de faits étranges de la brousse africaine ; notons à ce propos le dramatique enterrement fétichiste au pays Bolo, l'excitante chasse à l'élephant et l’acrobatie des jongleurs au Libéria.On trouve, dans ce texte, un don rare du portrait et de la description.En quelques mots imagés, l'auteur sait silhouetter le danseur bassari ou le chasseur coniaguis à l'affublemcnt hétéroclite ; il décrit aussi bien « la physionomie tourmentée )) de l’anthropophage que (( le faciès énigmatique et sournois )) du sorcier à la barbe nattée.Les villages de la brousse et la forêt tropicale ont trouvé en lui un artiste de la plume.Certaines pages sont de véritables petits chefs-d’œuvre.Dans la dernière partie de son volume, Soubrier esquisse la vie étrange de Dickner, avec qui il lie une amitié passagère.Cè dernier est un misanthrope qui a fui la société ; il est le seul blanc à habiter le Libéria où il subjugue, depuis dix ans, des milliers de nègres à la façon d’un dictateur.Enfin, ce captivant récit de voyages est une remarquable étude de mœurs du noir contemporain.Quelques photographies osées et certains passages assez crus nous ont obligés aux restrictions qu’indique la cote morale.R.Legault Coolen (Georges).Le Père Gérard Guilbert des Pères Blancs, lieutenant au 99e R.I.A., mort pour la France.’ Paris, Bloud et Gay [1945].226 p.hors-texte 19 cm.(Belle*) Vie*) aacerdolalet).92:2 58 LECTURES Très belle biographie d'un prêtre-soldat.L'auteur présente ce héros authentique à travers sa correspondance au cours de ses années d'étude et de formation.Le procédé, loin de distiller l’ennui, nous assure ici un livre d'une lecture très intéressante.Glorieux (Chan.).Paul, apôtre du Chrij/ Jéeuo.Paris, les Editions Ouvrières [1946].165 p.11 x 14 cm.$0.50 ($0.55 par la poste).92:2 L'auteur nous présente la vie de Paul, apôtre du Christ, dans cette ambiance surnaturelle qui était le climat ordinaire des premières églises chrétiennes.Il attire l'attention sur le titre d'ouvrier dont s’enorgueillissait l’Apôtre : saint Paul est ainsi le patron des mouvements de la Jeunesse Ouvrière Catholique.La Prédestination a joué un rôle essentiel dans l'existence de l'Apôtre des Gentils.Chacun des événements de sa vie est oriente vers la glorification du Christ.Pharisien selon la secte la f>lus stricte de cette religion, il étudie la Bible à l’école du maître e plus renommé de la Judée : Gamaliel.Cela devait le servir après sa conversion : (( Passé maître dans la Loi, il leur fermait la bouche et ne leur laissait souffler mot.Ils avaient cru s'être délivrés de pareilles discussions en se débarrassant d’Etienne, et voilà qu’ils trouvaient un autre adversaire, plus redoutable encore qu'Etienne.)) Le voici sur la route de Damas face à face avec le Christ.Le voile du temple de Jérusalem se déchire pour Paul.Des écailles tombent de ses yeux et son âme perçoit le Corps mystique de l'Eglise, dont le Christ est la tête et dont nous sommes les membres.Dès lors, il est littéralement consumé par l’inquiétude du salut des âmes.Il travaillera inlassablement toute sa vie, bravant les périls les plus inimaginables pour réaliser le Corps mystique.Son apostolat ne se terminera qu'après sa quatrième mission, alors qu'il offre son sang pour le Christ qu’il a tant prêché, et pour tous ses frères, pour (( ses petits enfants )) qu il a engendres dans le Christ Jésus.Elie Goulet Robberechts (M.).l Charted Bouchard, fleur de pavé.fleur du ciel.Préf.de M.le chan.Cardijn.Paris, les Editions Ouvrières.95 p.19.5 cm.92:2 Il est des vies de jeunes si rayonnantes et si dynamiques qu'elles sont une prédication vivante, un appel irrésistible au dévouement et à la vertu.La vie de Charles Bouchard est de celles-là.Charles Bouchard est un spécimen authentique de ces adolescents dévoyés, de ces épaves vouées a la delinquence et au crime que l'Action "catholique a transformées en militants héroïques.59 A R.947 Tous les jeunes aimeront ce petit volume bien plus passion* nant qu'un roman, où les réflexions du chrétien convaincu se mêlent aux réparties désinvoltes du gavroche parisien.Denis Montboisé Marigny (Alfred de).Ai-je lui ?Le monde est ma prison.Autobiographie.Montréal, Serge Brousseau, 1946.437 p.ill.21 cm.$2.00 ($2.25 par la poste).92:3 Appelle des réserves Film policier ?Roman d'aventures ?Un peu de cela mais d'abord autobiographie d'un épicurien, alimentée pendant 297 pages par le récit de ses conquêtes féminines, ses exploits sportifs, ses tentatives de business-man et ses voyages à travers les continents.Les 140 dernières pages sont consacrées à l'affaire proprement dite : l'assassinat au beau-père de l'auteur et le procès de celui-ci.• Cette lecture doit être déconseillée aux jeunes, que le récit de telles aventures pourrait griser et amener à se départir d'une saine raison, d'une claire et chrétienne vision du monde et de ses embûches.Pour les adultes avertis, il y aura un moment de franche sympathie à l'égard de cet homme, à l'occasion de son acquittement par la Justice anglaise.L'intérêt redoublera à la nouvelle de son étrange bannissement de plusieurs territoires britanniques, et enfin de son arrivée à Montréal où l'auteur a trouvé auprès d'amis dévoués un havre sûr.Pol Hamoir Quinel (Ch.) et Montgon (A.de).Un Prince charmant, Henri de Guide.Paris, Nathan, 1934.(Réimpr.par Variétés.) 191 p.ill.19 cm.$1.25 ($1.35 par la poste).92:3 Voilà une belle histoire 1 Ceux qui aiment les récits de combats, de complots, d'espionnage auront beaucoup de plaisir à lire cette biographie d'Henri ^ et les intrigues de cour sous servent d'arrière-plan.Comme pour les autres volumes parus aux Editions Variétés, dans la Collection Hidlorique, la présentation de l’ouvrage est attrayante et les nombreuses illustrations en rendent la lecture encore plus intéressante.Denis Montboisé Zamanski (Joseph).Henri Bazire.Paris, Lethiclleux [1945].32 p.18.5 cm.(Coll.Publicidted cbriliend).$0.20 ($0.25 par la poste).92:8 de Uuise.l^es guerres de religion Catherine de Médicis et Henri III 60 LECTURES Autin (Albert).Ferdinand Brunetière.Paris, Lethiclleux, 1945.38 p.18cm.(Coll.PublicidUt cbrtlUnS).$0.20 ($0.25 par la poste).92:8 La collection des Publicidlcd chrétiens présente deux grandes figures qui méritent de survivre : Henri Bazire et Ferdinand Brunetière, celui-là peut-être moins connu que celui-ci, mais non moins digne de l’être.Ces tracts, à la fois intéressants et instructifs, offrent l'essentiel de la vie de ces énergiques soldats de la plume et de la parole.André Janoël LIVRES POUR LES JEUNES Ecker (J.).Petite Bible illustrée de C enfance ; nouv.éd.par le Père J.Griesbach, s.j., Bruges, Beyært [1941].62 p.ill.19.5 cm.(Court illv.dtréd d’Hio to ire dainte).J22.09 Tous les faits importants de l'Ancien et du Nouveau Testament condensés en soixante-deux pa^es.Chaque récit forme un paragraphe écrit en un langage adapte à la simplicité de l'enfance et le tout est agrémenté ae nombreuses illustrations.Espérons que les enfants jouiront des charmes de publications semblables de plus en plus nombreuses.Denis MONTBOISÉ Schmid (Chanoine).Geneviève de Brabant.Adaptation de Madame Pierre Dupuy.111.de Jaque.Montréal, Variétés [cl944].170 p.ill.19.5 cm.$0.75 ($0.85 par la poste).J83-4 Les jeunes lecteurs de 9 à 13 ans, et même plus âgés, seront touchés jusqu'aux larmes en lisant cette magnifique légende du Ve siècle.Genevièvç, enfant du duc et de la duchesse de Brabant, fut une charmante fillette cjui reçut de sa maman une solide formation religieuse.C'est ce qui la sauva du désespoir lorsque, devenue jeune fille, ayant épousé le comte Siegfried, de terribles épreuves l'accablèrent après le départ de ce dernier pour la guerre contre les Mahométans.Les moyens dont Dieu se servit pour venir en aide à son humble servante portent à l'émerveillement.De nombreuses illustrations du meilleur goût, un siyle simple et vivant, une présentation très soignée aident à faire encore mieux aimer cet émouvant récit.Denis Montboisé MARS 1947 61 Davis (Robert).Saïd et Grain-de-Poivre.Récit marocain.111.de Cyrus Le Roy Boldridge.Montréal, Variétés [1944].160 p.ill.19.5 cm.$0.75 ($0.80 par la poste).J 84-3 Les garçons s’intéresseront certainement beaucoup à cette histoire qui s’offre à eux dans une présentation soignée, avec de nombreuses illustrations.Le style est limpide et à la portée des jeunes.En lisant les aventures de Saïd et de son âne, ils s’instruiront sur les mœurs des nomades du Nord africain et, tout en se récréant, ils en tireront d'utiles leçons.Denis Montboisé Goll (Claire).Conleô et légendes ruaaee.111.de Jean Simard.Montréal, Variétés [cI945].55 p.ill.26 cm.$0.75 ($0.85 par la poste).J84-3 Chaque fois qu'un éditeur présente un recueil de contes, si mince soit-il, et plus proche, par sa facture et son illustration, de l'enfance que de nous, je me demande sincèrement si l’auteur n’a pas voulu d'abord nous obliger à un retour vers une ingénuité toujours plus difficile à mesure que nous nous éloignons du monde des impressions immédiates.Et c’est exactement la première pensée qui nous retient à la lecture du livre de Claire Goll.J’oserais même dire qu'on ne peut goûter qu’à certains moments où l’imagination attend une nourriture rajeunie, la savoureuse simplicité des légendes russes.D’un choix très sûr, elles illustrent encore trop laconiquement l'esprit des « traditions )) russes.Contes issus de la plèbe et fantaisies fantastiques sont habilement tissés sous un climat mi-oriental, mi-nordique : éternel balancement entre deux civilisations.A lui seul, le prologue, qui est une manière d'introduction au mystère du merveilleux, vaut bien en finesse le plus délicieux des contes.On ne peut s'empêcher de retrouver, à certains reflets de la couleur locale, à je ne sais quelle rude psychologie des personnages, une affinité frappante avec nos légendes canadiennes.Le volume nous offre trop peu de matière pour déterminer l'apport de la légende russe à la légende canadienne.Mais peut-être sommes-nous encore les plus aptes à comprendre cette humble et forte poésie.Maurice Blain Trilby (T.).Une eainte, det dêmorié et Kiki.111.de Manon Iessel.Flammarion [cl938].(Réimpr.par Variétés.) 170 p.ill.19 cm.$1.25 ($1.35 par la poste).J84-3 M.Aranda, ingénieur au service d'un sultan des Indes, envoie ses trois enfants parfaire leur éducation en France.Leur mère, une princesse hindoue, est morte.Par un concours de cir- 62 LECTURES constances étranges, Mlle Mancel, la
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