La musique, 1 janvier 1922, novembre
4c Année — No 47 Novembre 1922 La Musique mmm mmm Revue mensuelle SOMMAIRE : F.de la Tombelle.L.BOYER Musique et musiciens à Québec : Arthur Lavigne.N.LeVASSEUR Musique d’église : Deux manuels à recommander L’Art du chant, ALBERT VALMOND (2e article) J.A.Defoy.N.LeVASSEUR Glanes musicales : Comment Gounod écrivit “Mireille” Echos et Nouvelles.— Concerts.Variétés.Abonnement : $2.00 par année Le numéro 15 sous Parait le 15 de chaque mois LA MUSIQUE Revue mensuelle Publiée sous la direction de Orner Létourneau et Hector Fabcr Secrétaire de la rédaction: Jos F.de Belleval Administration : 20, Côte de la Montagne, Québec Téléphone 6349 Adresser toute correspondance à l’administration.ABONNEMENTS : Un an .$2.00 (Canada, Etats-Unis et Union Postale) abonnement part de janvier et est payable d’avance, es numéros parus sont envoyés aussitôt inscription.La collection des années 1919 à 1921 se vend $1.50 (par la poste, $1.60) chacune.èrière de faire remise par mandat-poste ou chque payable au pair à Québec.Y ,/ mm Mmœ 1-1v.VW'gr SONT CÉLÈBRES _ .# ._ = Au delà de 900 ont été construites par la MAISON CASAVANT FRÈRES, Liée dont 65 à quatre claviers, 197 à trois claviers, 538 à deux claviers, etc.V Y Y ~ “ “ # .CASAVANT FRÈRLS, Liée FACTEURS D’ORGUES SAINT-HYACINTHE, Qué.(©roues dlasaiiaut QUEBEC FRUIT & FISH EXCHANGE ltée IMPORTATION — EXPORTATION Vente en gros: Fruits, Légumes, Poissons frais, gelé, salé, fumé, Huîtres, Tabac, Amandes, etc.Fabrique de Limonades gazeuses HS, rue Dalhousie Québec COURS EX LEÇONS INSTITUT DE L ART XAVIER MERCIER do l’Opéra-Comiquc de Paris et du Covent Gardon de Londres.13, RUE STE-URSULE - Tél 4341 VOCAL DE QUÉBEC Mme ISA JEYNEVALD 1er prix de Chant et d’Opéra du Conservatoire de Lyon, France, des grands théâtres.Lyon, Toulouse, et des Concerts Colonne de Pans.J.- A.GILBERT PROFESSEUR DE VIOLON 34, rue St-Jean Tél.3156 LOUIS GRAVEL Ex-Élève du Conservatoire de New-York “ Institute of Musical Art ” CHANT Studio : 320, rue St-Joseph Tél.6608 (Rés 5302-j) J.-ARTHUR BERNIER Ex-élève de Alexandre Guilmant et F.Fourdrain Membre de la Société des Auteurs et Compositeurs de Paris.PIANO - ORGUE - HARMONIE IL rue de Salabcrry Tél 2134 HENRI GAGNON Organiste de la Basilique Studio : 8, rue St-Flavicn Tél.1035 GEORGES E.CHOUINARD Organiste et Professeur de Musique Enseignement théorique, méthode Danhauser 17L rue Sto-Famille Tél.814 A.PARADIS LEÇONS DE VIOLON Studio : 165, rue d’Aiguillon Tél.6205-J J.-M.SOULARD Brevet d’enseignement de l’Académie de Musique PIANO, ORGUE.THÉORIE Studio ; 312, rue St-François Tél.5091w Germaine Lavigne Élève de Mme Berthe Roy.Lauréat de l’Académie de Musique prendra un nombre limité d‘élèves à son domicile et en dehors, pour renseignement du piano et de la théorie musicale.Tél.1241 Résidence : 272, rue St-Cyrille.J.- ANDRÉ JACQUES Organiste à l‘église St-Patrice PROFESSEUR DE PIANO, CHANT, ORGUE 83, rue St-Luc Tél.1298 J.-Edouard OUELLET Lauréat de Piano et d’Orgue à UAcadémie de Musique de Québec.LORETTEVILLE, J.-ROBERT TALBOT, Violoniste-Compositeur Brevet d'enseignement de l’Académie de Musique.Ex-élève du Conservatoire de New-York : Institute of Musical Art VIOLON, SOFÈGE.HARMONIE et COMPOSITION Studio: 81, rue d’Artigny.Tél.1834 L’Harmonie de Québec ««c Capt.Chs.O Neil, Directeur Accepte engagements pour concerts, réceptions, parades, etc.S’adresser à : Edmond Pouliot, 21, rue St-Patrice.Tél.6739j Musique en feuilles Instruments de musique Assortiment des plus complet BEAUDRY FRERES 263, rue St-Jean Tél.833 Photographie d’art Photographie commerciale.ENR. 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les dons naturels étaient manifestes.Il eut pour premier maître sa mère, brillante élève de Thalberg et de Liszt.Elle jugea que si, pour la musique, les gammes et les exercices sont nécessaires, ils ne suffi-seut pas à faire de cette musique un art.Elle voulut que son lils possédât.une culture générale.La nature docile du jeune élève se plie a toutes les disciplines : rien ne 1 arrête.Le bagage littéraire, scientifique et juridique est sanctionné par toute la série des diplômes officiels.Mais la vraie vocation est là, et le maître n’a-t-il pas dit plaisamment que «pour conserver intactes ses facultés cérébrales il avait allègrement abandonné Lycurgue pour Euterpe et préféré le contre-point de Bach à celui de Cujas » ?A dix-huit.ans, il est libre, excellent pianiste et.musicien d’instinct.Des influences heureuses vont s’exercer sur son tempérament.Alexandre Guilmant devient son professeur d’orgue et d’harmonie : il apprend auprès de lui à devenir à son tour un maître de l'orgue, puis il entre à la classe de Théodore Dubois, auquel il reste toujours fidèle, et il continue avec lui ses études de contre-point, de fugue et de composition.Entre temps, il compose peu: il poursuit le métier d'écriture.Une fois en possession d’une riche technique, il s’échappe hors de la pédagogie, sous la direction affectueuse et critique de Saint-Saëns.Dès lors, la plume du jeune compositeur ne chôme pas.Les mélodies succèdent aux symphonies, aux quatuors, aux trios, sonates et fantaisies.Le prix Pleyel et le prix de l’Institut viennent couronner les premiers travaux.Fernand de la Tombelle entre dans une atmosphère de célébrité : on se dispute sa présence pour des inaugurations d'orgue, des récitals de pianos, des orchestres à diriger, des concours à présider.Il répond à toutes les demandes avec une inlassable bienveillance, aujourd’hui à Lyon, demain à Lille, un autre jour à Séez, de là à Bordeaux, il parcourt toutes nos régions et s’il faut ajouter une conférence au programme.M.de la Tombelle n’est, nullement embarrassé.A la recherche de la documentation, il joint l’art très rare de savoir dire.Le succès ne l.urète jamais, il ne s’endort à l’ombre des lauriers : s’il fait bon accueil, il n’en est pas grisé.11 l’accepte comme quelqu’un qu’on espère sans 1 attendre avec angoisse. 170 LA MUSIQUE Il continue son ouvre en dépit des modes, des partis, loin de toute servitude, ne consentant jamais à acheter un auditoire.Au contact des réalités, l’ouvrier enlève à la forme de ses compositions ce qu’elle peut avoir de sévère ; il ajoute du charme et il estime que le public ayant le droit de juger droit être servi noblement.L’oeuvre d’orgue devien immense , elle garnit les pupitre des tribunes.La musique de scène voit naître.Le rêve au pays bleu, 1 anniclc, La Magdaléenne, L'apothéose de la cité.Pour le concert, il écrit des oratorios : Crux, l’Abbaye, les Sept paroles.Entre temps, ce sont des morceaux de piano, violon, hautbois, cor anglais, clarinette, cor, des suites d’orchestre : Livres d'images, Tableaux musicaux, Suite féodale ; des ballets, des diversements, des trios pour violoncelle.En 1878, il fonde avec Gu il niant les concerts d’orgue du Trocadéro.En 1895, il jette avec C.Bordes les premières bases de la Schola, où il professe l’harmonie pendant une dizaine d’années.De ce temps date une énorme production de musique religieuse, motets, messes, cantates, dont (enumeration comprendrait plusieurs pages.L'oeuvre de prédilection de Fernand de la Tombelle est celle qu il écrit pour les sociétés chorales.Elle compte plus de cent numéros à voix égales ou mixtes.Nous devons une mention spéciale à cette séries de douze choeurs qui, sous le titre général de Légende de la glèbe, est gardée et exécutée par la plupart des sociétés françaises et étrangères.-J> *"* L’oeuvre de Fernand de la Tombelle se rattache par son procédé et sa forme à l’école classique française.Elle tient compte de l’évolution moderne.Les audaces harmoniques s’associent fort heureusement à la tradition sonore la plus parfaite.N’y cherchez jamais le désordre qui, sous prétexte de nouveauté, cache l’ignorance des plus élémentaires règles.Vous trouverez à la place 1 l’équilibre des tonalités logiques, dé- ! licates, ingénieusement conduites et ] présentées à travers des rythmes I clairs qui n’excluent jamais une | originalité de haute distinction, i L’inspiration est toujours noble et ! si certains procédés îeviennent parfois, c’est qu’ils sont une caractéris- ! tique du compositeur.Arriver à 1 créer sa formule, à imposer sa per- | sonnalité.se dégager ainsi de tout j procédé d’imitation, n’est-ce pas la j marque du talent véritable V Parlant de ses compositions, Fernand de la Tombelle disait : « Tenterai-je d’apprécier l’ensemble de mes oeuvres ?C’est bien difficile, quand il s’agit de soi, d’évoluer entre la complaisance présomptueuse et la modestie simulée ! Néanmoins, je puis, en connaissance de cause, y affirmer mon respect absolu de la pureté de de l’écriture et lebon souci persistant de la forme.Cela est le métier ; quand aux idées, si j’en ai, je sortirais de mon rôle en en parlant.Sitôt échappées, elle appartiennent an public qui les juge.» On n’est pas plus modeste.Editeurs, auditeurs, compositeurs, exécutants, sociétés chorales, maîtrises et conservatoires savent ce que la plume «lu compositeuraécritet à travers l’architecture dessous, ils ont découvert, dès longtemps, le charme et la puissance d’un grand coeur.Si le maître est né à Paris, il a vécu en province oii des attaches familiales l’ont, conduit et fixé.Le château de Fayrac est une des (paître baronnies du Sarladais, célèbres par l’éclat de leur nom, la gloire de leur passé et le site enchanteur dont elles sont l’ornement.Fernand MÊÊÊSHÊÊfi LA MUSIQUE 171 de la Tombelle vit au sein de la belle nature.Nul ne frappe en vain à Fayrac : le maître est un gentilhomme parfait.Durant la guerre, il revendiqua hautement, pour sa race et pour l’art français, les titres à une considération que d'autres donnèrent trop aveuglément aux oeuvres étrangères.Il veut « que nous res- tions sur le terrain qui fit notre race et développa notre génie » et il ajoute que nous n’avons rien à gagner, nous, cigales, à imiter le cri des cigognes.C’est bien le langage autorisé d’un artiste et d’un maître indépendant auquel il convient de rendre hommage.Louis BOYER.Le premier concert de Beethvoen Ce concert eu lieu à Vienne, le 2 avril 1800.Le programme portait le fait à la connaissance des amateurs à peu près dans les termes suivants : Aujourd’hui, mercredi 2 avril 1800, M.Louis Van Beethoven aura l’honneur de donner au Théâtre Impérial et Roval et à son bénéfice une glande Académie de nnisi-sique.Les morceaux exécutés seront : 1.Une grande symphonie du feu Kapellmeister Mozart ; 2.Lin air de fa Création du Kapellmeister impérial Haydn chanté par Mlle Suai ; 3 Un grand concerto pour le piano-foi te, composé et exécuté par M.Louis Van Beethoven; 1.Un septuor pour quatre instruments à cordes et trois instruments à vent, humblement dédié à S.M.l’Impératrice, par M.Louis Van Beethoven, et exécuté pai MM.Sc' zich-Schreiber, Sehindiecker, Baer, Nickel, Matauschek et l)iefzel ; 5 Un duo de la Création de Haydn, chanté par M.et Mlle Suai ; 6.Improvisation sur le piano forte par M.Louis Van Beethoven ; 7.Une nouvelle symphonie à grand orchestre, composée par M.Louis Van Beethoven Billets pour loges et places réservées,chez M.Van Beethoven au Tiefen-Graben, n° 241, 3e étage, et au bureau du local du Théâtre.Le prix des places est un tarif ordinaire.Le concert commencera à 6 heures et demie.* * * De ce concert on ne connaît qu’une courte appréciation de la Gazette générale de la Musigue qui se publiait à Leipzig.Il y est dit que « le concerto renfermait de nombreuses beautés, que le septuor était écrit avec beaucoup de goût et de sentiment, que l’improvisation de Beethoven sur le piano avait été magistrale, et que dans la symphonique on avait remarqué beaucoup d’art, de nouveauté et une grande richesse d'idées.Seulement de l'emploi trop fréquent des instruments à vent, il résultait que la symphonie était plutôt un morceau d’harmonie qu'une oeuvre véritablement orchestrale ».8587 172 LA MUSIQUE MUSIQUE D’ÉOLISE Deux Manuels à recommander Cf» Henri Potiron.METHODE D’HARMONIE, appliquée à l’necompagement du chant grégorien.Paris, IIér elle, 16, rue de l'Odéon.P.Chassang.MANUEL DE L’ACCOMPAGNATEUR de chant grégorien et de cantiques populaires.Procure générale, Arras, ou Paris, Hérelle.% Se sont-ils escrimés, depuis vingt ans et au de là, les accompagnateurs et les haimo-nistes, à trouver au chant grégorien une harmonie qui lui convienne !.Depuis les lourds placages jusqu’aux excessives pédales, tout a été essayé.Il semble bien cependant que ce travail n’ait pas été inutile et si le dernier mot n’est pas dit sur la matière, il ne serait peut-être pas téméraire d’avancer qu’on soit sur la voie véritable.Les deux ouvrages que nous présentons aujourd’hui peuvent être considérés comme le résumé de l’expérience acquise.Tous deux regardent les mélodies grégoriennes comme le dessus d’un contrepoint fleuri, ayant, sons leur contexture, une harmonie latente propre à leurs tonalités respectives, harmonie qui devra être résolue de façon à “ se déroulei largement, mettant en relief, par son mouvement, les accents et le rythme du texte mélodique”.M.Potiron traite d’abord du contrepoint en général ; et donne même quelques exercices de réalisation.La deuxième partie de l’ouvrage applique à l’accompagnement du chant grégoiien les notions donnéesdans la première, ce qui forme la partie spéciale du traité.Enfin, dans un appendice tiès substantiel l’auteur résume toutes les règles de l’haimo-nie moderne.Entre les mains d’un élève studieux possédant déjà les éléments de la musique et de la lecture grégorienne, cet ouviage ne peut qu’être d’une grande utilité.Le Manuel de M.Chassang est plus étendu.Il prend l’élève à son début ; il le suppose ignorant les choses les plus élémentaires et cherche à lui apprendre brièvement et en ses parties essentielles tout ce qui est de son ressort : lo la théorie musicale ; 2o la théorie grégorienne ; 3o l’harmonie (en résumé) ; 4o l’accompagnement du plain-chant ; 5o l’accompagnement du cantique populaire.A signaler surtout les leçons sur les huit modes, avec les formules propres à chacun, et la partie qui traite du cantique populaire.Nous ne saurions trop recommander ces deux ouvrages.Us rendraient d’éminents services aux organistes qui n’ont pas eu l’avantage ou le moyen de suivre un cours complet d’harmonie.Dans les collèges, les couvents et les communautés religieuses, ce sont des livres qui s’imposent.Gammes et tonalités Notre musique moderne possède une gamme majeure et trois gammes mineures Léchant grégorien, lui, offre une variété de huit tons différents, apparentés deux à deux.On conçoit aussitôt quel champ inexploré il ouvre aux compositeurs en quête de nouveau, qui se familiariseront avec lui. LA MUSIQUE 180 Musique et Musiciens à Québec Souvenirs d’un amateur - PAR- N.LcVASSEUR Collige fragmenta ne pereant ! Dans l’ordre chronologique, que je suis d’aussi près que possible dans cet historique, j’ai l’honneur de présenter au lecteur une autre des pei-scnnalités les plus remarquables de notre monde musical.Jean-Moïse-Arthur Tessier dit La-vigne, tels sont ses noms et prénoms.Virtuose du violon, comme soliste au début de sa prise de domicile à Québec, il renonça trop tôt à ce rôle pour se consacrer à l’orchestre.C’est comme premier violon d orchestre qu’il s’est distingué et a rendu des services aussi éminents que multiples.Imperturbable dé-chiffreur de musique à première vue, quelles que soient les difficultés de la partition, érudit en musique tout comme en littérature, il exerçait une influence prépondérante sur un orchestre, jusqu’au dernier instrumentiste, par la puissance, 1 entrain et la précision rythmique de son archet, et par sa fidèle interprétation des diverses nuances d’une oeuvre.Aussi les chefs d’orchestre trouvaient-ils en lui un magistral appui, et prenaient-ils avec assurance le baton classique de direction d une pièce lorsqu ils le voyaient aux premiers rangs d’un groupe d’instrumentistes.Il y a cinquante-quatre mis aujourd’hui (1922) qu’Arthur Lavigne a élu domicile à Québec et s est fait citoyen de la vieille capitale ; et durant cotte période de plus d un demi-siècle, il n’est pas de fête religieuse, nationale, d’oeuvres de bienfaisance auxquelles Arthur Lavigne n’ai pas cordialement prêté son concours, à l’église, au théâtre,à des associations et au salon, à Québec, Trois-Iîivières, Ottawa, Montréal, Stanfold, Lévis, Sainte-Marie-de-Beauce, Saint-Thomas de Montma-gny, à la Mabaie, Chicoutimi, Ro-berval, etc., etc., et tout cela, sans exception, gratuitement, pro bono publico.Bien rares sont aujourd’hui ceux qui peuvent se vanter de pareil désintéressement, d un aussi long stage de générosité à jets continus.Ces réfexions n’ont d’autre motif que de rendre justice à qui justice est réellement due et, en particulier, de rappeler aux jeunes générations ce que Québec et 1 art musical sont redevables au sujet de cette esquisse historique.Ce musicien distingué est né à Montréal le 8 février 1845.Il était âgé d’environ sept ans lorsqu’il entra à l’école des Frères de la doctrine chrétienne ; l’année suivante il prenait ses premières leçons de violon sous la direction du Rév.Frère Tertullien.A 10 ans et demi il devenait élève des Jésuites dans le cours élémentaire latin dirigé par le Rév.P.Michel, et il étudiait le violon avec un vieux professeur laïque du nom de Folinus.Un an après, son père l’envoyait comme pensionnaire au collège de Sainte-Thérèse, comté de Terrebonne, où déjà se trouvait l’un de ses oncles et un jeune frère, Emile, décédé en septembre 1914.Il y fit un cours classique complet, et y apprit le français, l’anglais, le grec, le latin, etc, tout en poursuivant l’étude du violon.Octave Hardy dit Cbâtillon était son professeur.De Chatillon, 174 LA MUSIQUE qui le regardait et l’estimait comme son meilleur élève, l’utilisait fréquemment en le faisant jouer une piece a 1 offertoire de la messe, à l'église du village, dont de Châtillon lui-même était l’organiste.Le professeur était tellement content de son élève que, après l’année de ce que l’on est convenu d’appeler “ La méthode ”, il l’amenait avec lui chez le curé Pominville à la Pointe-Claire,où tous deux passèrent quinze jours.Lavigne avait alors 13 ans et demie.Le dimanche, comme il n’y avait ni orgue ni harmonium dans l’église, le curé faisait installer son piano en bas dans la nef, et à l’offertoire, Lavigne exécutait sur le violon avec accompagnement de Châtillon, un morceau extrait d’un opéra quelconque, mais ayant un caractère de circonstance, au grand ravissement des fidèles.Autre petit incident de sa carrière d alors.C était lors de la distribution des prix à la clôture des “Belles-Lettres” en seconde, je crois.Lavigne avait 15 ans et demie.Son professeur lui avait fait apprendre une fantaisie Vraiment fort difficile, intitulée “Ma Céline”, de Haumann, dans laquelle il se rencontrait force traits, arpèges, pizzicati, notes harmoniques, enfin tout le temblement kilos ! Non, ce systèneest absurde et ne lé-site pas au rai onnement.( à suivre) ALBERT VALMONT. LA MUSIQUE 179 Glanes Musicales Comment Gounod écrivit “ Mireille ” hredéric Mistral a raconté comment il était entré en relation avec Gounod et dans quelles circonstances celui ci écrivit la musique de Mireille.Ces détails intéresseront sûrement nos lecteurs.Les voici : Charles Gounod avait lu mon poème de «Mireille».Il m’écrivait le 17 février 1863 une longue lettre, toute débordante d’enthousiasme pour ce qu il ne craignait pas d’appeler mon «adorable chef-d’oeuvre».Il me demandait, lui qui était déjà célèbre, la permission d’en.tirer une œuvre lyrique.Cette lettre m'avait profondément ému.Je me devais de payer à Gounod une dette de reconnaissance : je voulus lui faire aimer ma Provence, et je lui dépêchai le court billet que Voici : Cher monsieur, Je suis ravi que ma fillette vous ait plu, et vous ne l’avez vue que dans mes vers.Mais venez à Arles, à Avignon, à Saint-Rémy; venez la voir, le dimanche, quand elle sort des vêpres, et, devant cette beauté, devant cette lumière,cette grâce, vous comprendrez combien il est facile et charmant de cueillir Par ici des pages poétiques.Cela veut dire, maître, que la Provence et moi vous attendons au mois d’avril prochain.Eta la fin de mai de cette même année, le musicien répondait à l’invitation du poète.Il s’installait à Saint-Rémy, distant de quelques kilomètres de Maillane.Tout de suite, il fut ensorcelé ; Tardent soleil, le chant des cigales avaient exercé leur enchantement.Toujours il a gardé la vision de ces Alpilles, de ces champs aux amandiers en fleurs et de ces blondes «Mireille» qui, avec un doux re- gard, lui souriaient et lui jetaient un timide «bonjour, monsieur».Levé avec le soleil, Gounod aimait à se promener de grand matin dans les champs, notant au passage quelque cantilène de Provence.Pendant ses huit semaines de séjour, il s’était imprégné de tant de parfums, de tant de musique, de tant de soleil qu'il a, on peut le dire, mis toute la Provence dans «Mireille».Il y a sur la route des Antiques un banc où le musicien s’asseyait pour écouter, le soir, les belles Ar-lésiennes chanter la vieille mélodie : Chantez, chantez, magnarel/es.Et il n’a fait en somme que tranposer — mais avec quel génie ! la chanson du petit Andreloun : Le jour se lève et fait pâlir la sombre nuit.Et c’est ici encore qu’il a noté ce gracieux duo qu'un soir, alors que 1 ombre étendait déjà ses voiles sur la plaine, il me détailla, et qui aujourd'hui chante dans tontes les mémoires : 0 May al i, ma bien-aimée ! Gounod s’était beaucoup promené; il avait aussi beaucoup travaillé.Un soir, il m’annonça, tout triomphant, que l’œuvre était terminée.Le 26 mai, un banquet nous fut offert par nos amis et nos admirateurs.Nous nous trouvâmes ensuite réunis dans une salle d'orphéon, à Saint-Rémy.Là, dans ce décor sobre et rustique, eut lieu, en quelque sorte, la répétion générale de « Mireille.» Oh ! ce fut une répétition sans apparat, mais cette soirée aux chan- 180 LA MUSIQUE déliés fut, dans sa simplicité, singulièrement émouvante.Dans un coin de la salle, on avait disposé le méchant piano qui accompagnait le maître dans ses déplacements.A force de talent, Gounod sut faire vibrer les vieilles touches jaunes.Il chanta : sa voix de ténor était belle et chaude ; dès les premières mesures nous étions conquis par cette musique si harmonieuse qu elle semblait presque divine.Pour ma part j etais transporté : afin de ne pas rompre le charme qui m'enveloppait, je n osais pour ainsi dire pas remuer ; quelquefois une grosse larme venait perler sur ma joue.Et je me disais « Que c’est beau »! A la fin de l’audition, je tombai dans les bras de Gounod.Cependant, le musicien avait dû rentrer à Paris.Le 19 mars 1864, « Mireille» était représentée au Théâtre-Lyrique.Gounod avait tenu à ce que j assistasse à cette première.J étais descendu chez lui, et dès lors je ne cessai d’être considéré comme un membre de sa famille.Je me rendis au Théâtre-Lyrique en compagnie de Georges Bizet ; nous prîmes place dans la salle, il me fut donné d’applaudir Mme Miolan-Carvalho, une admirable Mireille.Elle sut, avec un art infini, incarner notre blonde héroïne.LA PREMIÈRE D’UN CHEF-D’ŒUVRE Ce fut le 12 avril 1826 qu’a été joué pour la première fois, au Théâtre Covent-Garden, de Londres, Obéron, opéra en trois actes, paroles anglaises de J.-B.Planché, in usique de C.-M.von Weber.Le maître dirigeait lui-même l’orchestre.Les artistes les plus notables de cette importante création furent : Braham, Fawcet, Mmes Paton.Vestris, Cawse et Go-war.Le rôle principal (Tluon) fut écrit pour le célèbre ténor Braham : il le chan ta avec une verve extraordinaire, ce qui n’empêcha pas l’oeuvre nouvelle d’éprouver devant le public britannique un échec à peu près complet.L’éducation musicale des dilettantes d’Outre-Manche laissait beaucoup à désirer à cette époque.L’auditoire resta froid, sérieux, morne, very grave.Obéron ne fit pas d’argent, et l’entrepreneur ne put couvrir ses frais j il avait obtenu la belle partition et fais une mauvaise affaire.Weber, exténué par la fatigue et la maladie, ressentit profondément le contre coup de ce lamentable échec.Afin, dit Berlioz, dele ranimer par un succès qu’ils croyaient facile de lui faire obtenir, ses amis lui conseillèrent de donner un concert, pour lequel Weber composa une grande cantate intitulée le Triomphe de la paix.Le concert eut lieu, la cantate fut exécutée devant une salle presque vide, et la recette n’égala pas les dépenses de la soirée.Obéron a été la dernière oeuvre de Weber ; moins de deux mois après, le 5 juin 1826, il s’éteignit à Londres, et son corps fut déposé dans la Moorfields-Capelle aux accents du Requiem de Mozart.Il avait un peu moins de quarante ans.En 18+4, ses restes fuient transportés à Dresde : ce fut Wagner qui organisa la pompe musicale pour1 la nouvelle inhumation. LA MUSIQUE 181 J.- A.DE FO Y Le 18 août dernier, le monde musical de Québec, la société québécoise, éprouvaient une perte sensible dans la personne de M.J.-A.Defoy qui passait de vie à trépas à l’âge de 91 ans et 10 mois.Né à Montréal en 1830, à l’âge de 37 ans il était appelé à Quebec, lors de l’inauguration du régime fédéral en 1867, où il occupa dans l’administration provinciale le poste de sous-piocureur général.Musicien de talent, il consacrait la plupart de ses loisirs à la musique.Le fait est que depuis son arrivée à Québec, il n est pas de solennité musicale à laquelle, depuis cinquante ans, il n’ait pas pris paî t soit au violon, soit au piano, soit à l’orgue.Il occupa l’orgue de l’église Saint-Jean-Baptiste pendant bien des mois en remplacement de l’organiste absent.Il fut l'un des fondateurs du Septuor Haydn et l’un des premiers membres de l’Académie de Musique de Québec dont il fut le secrétaire pendant nombre d’années.Il écrivit et publia même un jour un quadrille intitulé Imogène, c’était le nom d’un yacht de l’époque.Ses connaissances légales fort étendues lui valurent d’avoir eu la tâche de rédiger la constitution de plusieurs sociétés musicales.Il eut pour première femme, Mlle Henriette Valade, d’Ottawa.L>e ce mariage sont issus sept enfants : Alexandre, prêtre, mort à Manitoba ; Henri, prêtre qui fut vicaire à la Basilique, mort aux Etats-Unis; Gonzague ; Eugène, qui demeure à Minneapolis ; François, à Montréal ; Antonia, (madame Edgar Dérome) et Benjamin Defoy, demeurant dans l’Ontario.Il a laissé à sa famille et à ses nombreux amis, la mémoire d’un citoyen honorable et intègre.H.LeVasseur.VARIÉTÉS La publicité d'autrefois Le 16 juin 1825, Liszt donna un concert à Manchester.Le programme de ce concert ressemble à un boniment de parade foraine.Il porte ce qui suit : Théâtre royal.—Manchester.— Jeudi 16 juin 1825.MM.Ward et Andrews ont le grand plaisir de vous annoncer qu’ils ont réussi à engager (à grand frais) le Jeune Liszt, âgé seulement de douze ans, proclamé le plus grand pianiste moderne, par tous ceux qui ont eu l’occasion d’entendre ses talents étonnants.Le concert commencera par la très célè-bi e ouverture du Freischutz composée par C.-M.Yeber.Cette oeuvre a été reçue lundi au concert de M.Hughe, avec les marques les plus vives d’une grande admiration.Le Jeune Liszt exécutera sur le nouveau piano-forte Erard à sept octaves : lo un air avec grandes variations, avec accompagnement d’orchestre, composées par Czerny ; 2, le grand concerto en la mineur, avec accompagnement d’orchestre, composé par Hummel; 3oune fantaisie improvisée sur un un thème écrit que le Jeune Liszt demandera respectueusement à l’auditoire.* * * Il n’est pas inutile de remarquer qu’en juin 1825, Liszt avait non pas douze ans, mais quatorze à quelques mois près.Il était né en effet le 22 octobre 1811. 182 LA MUSIQUE ÉCHOS ET NOUVELLES -5- La saison musicale Grâce à l’initiative de notre impresario M.J.A.Gauvin, à qui nous devons la magnifique semaine de comédie que viennent de nous donner M.de Féraudy, Madame Sorel, M.Lambert et leurs camarades de la Comédie-Française, nous avons eu la visite de Madame Galli-Curci, le soprano “au gosier de rossignol’’, comme disent les américains, et nous aurons le plaisir d’entendre le 3 décembre le violoniste Jascha ' Heifetz, qui revient d’une tournée triomphale à travers l’Europe.Les journaux parisiens parlent de ce jeune artiste en termes très élogieux.L’impresario Bernard Laberge nous fit entendre Marcel Dupré, le maître de l’orgue, et, sous les auspices du « Ladies’ Musical Club » nous entendîmes Mme Marguerite Sylva, mezzo-soprano à la voix ample et cultivée.En Autriche — L’Autriche, malgré ses malheurs, n’ou-bl e pas la musique.Le gouvernement de la république autrichienne vient d'émettre une série de timbres-poste, dont la vignette est à l’effigie des compositeurs du pays.Les musiciens qui servirent ainsi à affranchir les correspondance sont : Haydn, Mozart, Schubert, Bruckner, Johann Strauss, Hugo Wolff, tous nés dans les anciennes provinces impériales, et Beethoven, qui a vu le jour sur les bords du Rhin.Détail curieux : la valeur de ces timbres est invers.ment proportionnelle au génie dont ils représentent les traits.I.s timbres les meilleur marché sont à l’effigie de Mozart, Beethoven, Haydn et Schub; rt.Les timbres les plus coûteux sont : Anton Bru.kker et Hugo Wolff.A Paris La Société des Concerts du Conservatoire adonné son premier concert le 2.octobre.Les Concerts-Colonne fêteront cette année le cinquantième anniversaire de leur Association.M Gabriel Pierné, à cette occasion, a projeté l’organisation deplusi urs festivals, avec le concours d’artistes renommés.— Lesconcerts dirigés par M.Koussevizky, qui entrent dans leur troisième saison à Paris, ont lieu dans la salle de l’Opéra le jeudi en soirée.Programmes des plus attrayants,comprenant des oeuvres de Beethoven, Borodine, Glinka, Albéric Magnard, Ravel, Prokofieff.etc, — L'Ecole normale de Musique a eu sa rentrée le 2 octobre.On sait'que cette Ecole qui chaque année, organise des cours d’interprétation confiés à Alfred Cortot, W.Landowska, B.Selva, Jacques Thibaud, Pablo Casais, Croiza Reynaldo Hahn, Marcel Dupré, etc., a pris une place des plus importantes avec un corps enseignant qui compte I.Philipp, Lazare Lévy, Max d Ollone, Nadia Boulanger, Maurice Emmanuel, Henry Expert, Raoul Laparra, Maurice Hayot, etc.En Italie Les journaux italiens reprochent amicalement à Toscanini, l’illustre chef d’orchestre, son projet d’aller conduire à Berlin les Maîtres Chanteur» dans la version allemande.Quel avantage y auront les Italiens ?qui y perdent, une occasion de faire apprécier leurs propres oeuvres.— La «Scala» de Milan reprendra sts représentations en décembre.Au pro ramme : Faistaÿ Lohengrin; puis, le nouvel opéra de Pixzetti Debora e Iaele ; une version revue du Colombo ce Franchetti ; les Maestri Contorie ; Manon Lescaut (Puccini) ; il Barbiers ; Madame Sans-Gêne, de G ordana , Louise et Boris Godonnoff.Desartistes de premier ordre interpréteront ces différentes oeuvres.Notes brèves — En dehors de la trinité fameuse, Bach, Beethoven et Brahms, les musiciens sont nombreux dont le nom commence par un B.Ceux dont le nom commence par un S sont, paraît-il.plus nombreux encore.Par un X, il n’en est guère qu’un, Xanrof.Aussi bien ce nom n’t st- 1 qu'un pseudonyme.C’est l’anagramme du trot latin fornax, lequel n’est lui-même que la traduction du nom p.opre et pourtant impropre, dans l’espèce, que portait le spirituel humoriste et qu’il a justement répudié. LA MUSIQUE 183 Mme Cosima Wagner — Les journaux ont annoncé la mort de Mme Cosima Wagner, viuve du grand musicien.Cette nouvelle a été ensuite controuvée.Fille de Franz Liszt et de la comtesse d’Açoult, cette femme supérieure exerça une influence remarquable.Baptisée Cosima en l’honneur du lac de Côme, aux bords duquel elle était née, elle a été élevée à Paris avec sa soeur Blandine première femme d’Emile Olivier.Elle avait épousé en 1857 le pianiste et coef d’orchestre HansdeBulow.Après une séparation qui, en 1868, avait fait quelque bruit, elle éta t devenue la femme de Richard Wagner.A la mort de celui-ci, elle assuma la direction du théâtre de Bayreuth, faisant en outre de «Wahnfried» un centre intellectuel et artistique ou l’on peut dire pue l’Europe entière a passé Mme Cosima Wagner est aujourd’hui âgée de 85 ans.Mort de Pedrell Parla mort de Philippe Pedrell, l’Espagne perd un de ses plus grands muciciens.Il naquit à ïortoea (Catalogne) le 19 février de 1841.Enfant de chœur de la cathédrale de cette ville, il n’eût d’autre maître de musique que J.-A.Nise.Après avoir vécu quelque temps à Rome et à Paris, puis à Madrid, où il fur professeur au Conservatoire, Pedrell s’était tixé à Barcelone depuis de longues années.11 fut un grand musicien et un grand musicologue.Amoureux du folklore et des vieux maîtres d’Espagne, Pedrell était, par dessus tout, un musicien nationaliste.Grand ami de César Cui, il subit l'influence des musiciens l usses.Ses principales œuvres sont écrites pour le théâtre et l'orchestre, mais Pedrell écrivit aussi de la musique religieuse,des liedtr, de la musique pour le piano, etc.Son travail d’historien et de critique est énorme.L'Harmonie de Québec JjIJarmonie.de Québec vient de terminer une brillante sai on sous l’habile direction de son thef, le capitaine Chs.O’Neil.Dimanche d rn:er a eu lieu l’assemblée annuelle pour la reddition des comptes et l’élection d'un nouveau bureau c'.e direction.Le résultat financier de l’année dépasse de beaucoup ceux des années précédentes, ce qui a p rnvs au Comité de régie de donner des gratifications qui ont soulevé l’enthousiasme des membres.Le Comité sortant de charge a été réélu au complet.Ce sont : Edmond Pouliot, président ; Lucien Paradis, vice-président ; Jules Febvet, secrétaire-correspondant ; Léonard Tremblay, secrétaire-archiviste : PaulJPatiy, b blothécaire : Thomas Tremblay, trésorier; Alb rt Bédard, quartier-maître ; Chs.O’Neil directeur musical.L'Harmonie vient de terminer sa lOème saison et il a été déc dé de fêter cet heureux anniversaire par une fête mémorable.Cette société profite de la circonstance pour fa're un appel sympathique aux musiciens sérieux qui désirent devenir membres d’une société prospère, composée de jeunes gens distingués qui s’efforc.nt de travailler et de mettre à exécution les meilleures oeuvres des grands auteurs anciens et modernes.Des recrues pour toutes les classes d’instruments seront les bienvenues.La société tient aussi à faire savoir aux jeunes gens ne connaissant pas la musique, mais désireux de l’apprendre et d'appartenir à une fanfare, qu’elle la leur ense gna gratuitement.Ces cours commenceront sous peu.Tous seront les bienvenus en s’adressant les vendredis soirs aux numéros 1S5-187, boulevard Langelier. 184 LA MUSIQUE Variétés La musique à Vienne Le correspondant viennois du «Ménestrel », de Paris, fournis d’intéressants détails sur la vie musicale de la capitale de l’Autriche : Vienne, la ville de Beethoven, Mozart, Schubert et Mahler, a’passé par de terribles épreuves ; mais, malgré la misère, elle reste encore à la tête du mouvement musical en Europe centrale.Si les manifestations artistiques sont moins nombreuses, elles sont plus choisies, et l’on a gagné en qualité ce qu’on a perdu en quantité.Le centre de la communauté musicale en Autriche est formé par Richard Strauss.Bien que son activité s’exerce surtout sur le « Staatsoper » (opéra d'Etat), il'ne néglige point de stimuler la vie des concerts symphoniques.A côté de lui, il faut placer Felix Wein-gartner, directeur du « Volksoper » auquel nous devons beaucoup et, enfin, William Furtwangler qui se manifeste comme un des plus grands chefs que nous ayons entendus depuis longtemps et qui est destiné à remplacer Arthur Nikisch récemment décédé.Autour de ces trois chefs se massent une véritable garde d’artistes indigènes,parmi lesquels je citerai seulement Selma Kurz, Marie Jeritza.Richard Mayr, Léo Slezak, Moriz Rosenrhol, et le Quatuor Rcse dont la renommée est mondiale.Pendant l’année dernière, le goût de la musique s’est beaucoup développé à Vienne et les manifestations pub’iques en furent nombreuses On utilisa pour les concerts trois salles de l'ancien Château impérial : la grande salle des Fêtes, la salie des Redoutes et la salle des Cérémonies.Ces grands appartements des Habsbourg, quoique revêtue d’innombrables ornements en stuc, ont une acoustique excellente et peuvent être parfaitement utilisés pour des auditions musicales.La salle des Fêtes contient à peu près 1.500 places, la salle des Cérémonies 600 La salle des Redoutes est installée comme salle d’opéra de chambre, elle contient également 600 places.Les vedettes de notre Staatsoper y viennent donner des représentations.Le Congrès grégorien de Paris Le Congrès de chant grégorien et de musique d’église, qui se tiendra à Paris les 6, 7 et 8 décembre, sous la présidence de S.E.le Cardinal Dubois, comprendra des conférences de M.Vincent d’Indy, avec audition, sur le Motet et le cantique grégoriens ; du R.Père Dom Mocquereau, sur la tradition ry h-mique dans les manuscrits ; de M.Joseph Bonnet, sur l’organiste liturgique, de M M.Amédée Gastoué, Paul Berthier, etc.Le discours d’ouverture sera prononcé par le Père Dom Cabrol, directeur du Congrès.Des auditions de grand orgue seront données pai Ch.M.Widor, à St-Sulpice, et J.Bonnet à St-Eusta-che.Les offices grégoriens seront dirigés par le R.P.Dom Maur Sablayrol-les.Les saluts et auditions de musique d’église auront lieu sous la direction de MM.Vincent d’Indy (groupe de la ScholaCantorum) Saint-Requier (chanteurs de St-Gervais), l’abbé Renault (Notre-Dame de Paris), l’3bbé F.Brun (Saint-Sulplice).Félix Raugel (Saint-Eustache).l’abbé Rebuffat (Petit chanteurs à la Croix de bois), Mlle A.Lefèvre (chanteurs de la Ste-Cécilej. O» AftfiiVi**AAAAA**X*AAAAAAi‘nWii*i* » 11±J 1 * ?**^^*AAAAAAàA*A*AAAAAAAAAAAAAAAAAAAO Jlatsmt Jïh.Archambault La maison ARCHAMBAULj, sise au centre de la métropole, est l’endroit tout indiqué pour vos achats de musique vocale et instrumentale.Vous y trouverez un choix complet des œuvres des maîtres classiques et des compositeurs modernes.Cette maison fait en outre un commerce considérable de pianos et de phonographes les plus recherchés des artistes et des amateurs de musique.C’est également dans cette maison qu’est établi le comptoir de musique religieuse du BUREAU D’ÉDITION de la SCOHLA CANTORUM de Montréal, rendez-vous habi tue! des organistes et des maîtres de chapelle.312 a 316~e0t, rue jS»ie-Cathertne ^Mnutréal.¦JEi'Iéptjime ÿst 3239 et 1842 qVVYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYY Y YYVYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYG Mermamt dourcljeatte 3l.-(Albert (Sauftin (fanfrttt Sc (llomrcljestte Pianos — Orgues — Violons — Musique en Feuilles — Victor-Victrolas Disques “Victor” —Musique Classique et Populaire — Musique Religieuse Editions Européennes et Américaines 252, rue Jli-Joseph 142, rue Jli-Jeau QUEBEC.Tkl.4626 TltL, 4345 Lavigueur & Hutchison SEULS REPRÉSENTANTS DES CÉLÈBRES PIANOS HEINTZMAN & CO.(E FAVORI DES ARTISTES) » Distributeurs des Grafonolas COLUMBIA et des merveilleux BRUNSWICK, reproduisan à la perfection tous les disques de n’importe quelle marque CONDITIONS DE PAIEMENT DES PLUS FACILES 81, RUE ST-JEAN Succursale : 54, rue St-Joseph Téléphone 1163j Maison fondée en 1822 ROCH LYONNAIS Fils LUTHIER Réparation d'instruments de musique en bois et en cuivre OUVRAGE GARANTI 11, rue des Fossés, St-Roch, Québec. r'xr-v "¦" l To] | lfc= ;-/.:_:;ioi =-.=i=uJ!c =ioc=-
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