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Titre :
Le journal de la rue
Le Journal de la rue regroupe des textes d'information et des témoignages touchant des sujets souvent occultés par la société tels la toxicomanie, la prostitution, la violence et la criminalité, tout en proposant des ressources utiles.
Éditeur :
  • Montréal, Qç :[Le journal de la rue],1993-2003
Contenu spécifique :
Janvier - Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Lien :

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Références

Le journal de la rue, 2000, Collections de BAnQ.

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< y I Vf 3 -S37Î31E ’olume 7 fto.1 ianvier-fÉfeier F f.j| «ps VHH \ .7 rmc RAYMOND NIGER le gouvernement coupe.Ley professeurs répliquent, ley étudiants veulent leurs- activités' parascolaires.ley manifestations commencent.Certaines écoles sevident, lesétudianty se regroupent, marchentveryd/’autreyéco-ley et tentent de faire grossir ley rangy dey manifestants'.La police juge qu’il y a trop de risques pour les jeunes.Plusieurs ont voulu barrer des voies rapides.Il y a eu plusieurs plaintes, des commerçants se sont faits voler par des groupes de manifestants qui occupaient toute la place.A trois reprises, la police donne l’ordre aux manifestants de se disperser.Au plus fort de la manifestation, ils étaient plus de mille étudiants.Ils se retrouvent 270 dans la cour d’une école dans Hochelaga-Mai-sonneuve.L’ambiance est malgré tout relativement calme même si la police les empêche de sortir de la cour d’école.Un journaliste de TQS demande aux jeunes de crier pour avoir de meilleures images à présenter.Voyant que cela excite un peu trop la foule, un policier demande à ce journaliste de ne pas jeter de l’huile sur le feu et d’arrêter d’encourager les jeunes à s’exciter.Le journaliste s’est contenté de lui faire un drôle de sourire et de continuer son travail.Je suis stupéfait d’entendre, encore une fois, qu’un journaliste professionnel ne se limite pas à rapporter la nouvelle, mais qu’il essaie de tromper les téléspectateurs et de créer la nouvelle qu’il aimerait bien avoir et montrer.Dans un pareil cas, devrait-il inscrire au bas de l’écran : “reconstitution de ce que j’aurais aimé qu’il arrive”?Jusqu’à quel point un journaliste peut-il influencer la nouvelle afin d’avoir de meilleures images à nous présenter?Et ici, on ne parle plus Vol.7oN* 1 ?Jan-fév.de prises de vues, mais bel et bien de cinéma de fiction.La foule est calme et ça ne fait pas l’affaire du journaliste, car ça ne fait pas assez dramatique.Il demande aux jeunes de crier et de s’exciter! S’il est appelé sur la scène d’un viol qu’il vient tout juste de manquer, va-t-il demander à l’agresseur de recommencer pour prendre quelques images juteuses?Où est la limite entre un bon journaliste qui doit gagner sa vie, un voyeur aux prises avec des fantasmes journalistiques et un producteur de science-fic- et un producteur de science-fie tion?Les nouvelles sont un moyen de communication important pour toute société qui se dit libre, autonome et démocratique.Quand je commence à jouer avec la vérité et à la manipuler, je perds tout respect du public que je veux desservir.Et si à jeter un peu d’huile sur le feu, la foule se met à s’énerver et qu’une fillette se fait piétiner par les autres manifestants.Ce journaliste aurait-il retroussé ses manches pour aider la fillette ou bien aurait-il risqué sa propre sécurité et celle de son caméraman pour prendre les meilleures prises de vues d’un enfant qui se tord de douleur pendant qu’il nous livre un juteux commentaire?Dans certains pays, des journalistes sont morts au nom de notre liberté de presse.J’espère que dans notre pays, il n’y aura pas de jeunes qui mourront pour satisfaire les fantasmes de certains journalistes.En passant Les jeunes se sont faits étiqueter par les médias.Il en arrive de même pour le quartier Hochelaga-Maison-neuve qui en a assez de se faire maltraiter par les journalistes.Notre quartier n’est pas la poubelle de Montréal.Les intervenants sociaux d’Hochelaga-Maisonneuve ont décidé de créer une nouvelle chronique qui débutera dès le prochain numéro du Journal de la Rue: “Les bloopers des journalistes”.Nous y traiterons des mauvaises informations véhiculées sur les gens et sur le quartier Hochelaga-Maison-neuve.Nous en profitons pour lancer un appel à tous.Soyons vigilants envers les médias et si quelque chose vous choque ou vous scandalise: DITES-LE À HAUTE VOIX! Écrivez au journaliste concerné et à ses patrons et envoyez une copie de votre lettre au Journal de la Rue.‘Le dernier conseil de Bouddha à ses disciples : Faites de voire mieux*** Dan Millman, Le Guerrier pacifique, p.1 SX 2000 ?Le Journal de la Rue ?426$ Ste-Catherine Est, Montréal, Qc, H1V1X5 ?256*9000 ?Abonnement 24$ Sommaire Editorial Quand un journaliste devient cinéaste! Un «pusher» plein de dettes Visiteurs de «coffee shops» Un brin d’Sylvain Ça ne tourne pas rond dans les banques Je ne veux pas d'histoire: la vérité ou rien La sexualité et la grossesse Pourquoi est-ce ainsi?Peindre à devenir fou Assis devant son chevalet La patience.vertu ou défaut?Saviez-vous que.Le travail ça se paye, la créativité aussi Max et Burst-graffiteurs- La sagesse des vieux, moi j en Être vieux dans le Grand Nord Un rayon d’es Ça «spin» au < A feu et à sac Eaux secours Graffiti «raves» Abonnez-vous 6 numéros par an pour 24$ Nom: Adresse: Ville?Tode Postal : Téléphone: Fax: Nom de l’organisme: Chèque ou mandat à l’ordre du Journal de la Rue 4265 Ste-Catherine Est Montréal, Qc HIV 1X5 ‘Toute contriBution suppCémentaire pour soutenir notre travail est Bienvenue.NOUS SOMMESMEMBRES: AITQ Association des intervenants en toxicomanie du Québec AMECQ Association des médias écrits communautaires du Québec AQS Association québécoise en suicidologie FPJQ Fédération professionnelle des journalistes du Québec RPM Réseau de placement média AVDA Distribution assermentée Envoi de Poste-publication Enregistrement no 07638 Volume 7 numéro 1 Jan-Fév 2000 Tiré à 5000 exemplaires Publication bimestrielle Le Journal de la Rue Café-Graffiti 4265 Ste-Catherine Est Montréal HIV 1X5 Tél.: (514) 256-9000 Fax: (514)256-9444 Mission: Favoriser, supporter et développer des projets novateurs permettant au milieu de retrouver son pouvoir d’action et son autonomie.Aider et favoriser le développement et l’autonomie des jeunes souvent marginalisés en leur offrant des activités créatrices et formatrices.Défendre et promouvoir les intérêts des jeunes en sensibilisant, informant et éduquant la population sur les besoins de nos jeunes et sur la façon d’être un adulte responsable et significatif.Promouvoir le développement d’une société plus humaine, sensibiliser aux différents phénomènes sociaux et faciliter les relations entre les différents acteurs et partenaires.Coordination et rédaction Raymond Viger Design et infographie Francis Ennis tha 13th Danielle Simard Journaliste et correction Julie Gagnon Collaboration Danielle Carrier Christian St-Onge Diane Carter Danielle Froment Mireille Payette Gosselin Sylvain Masse Fernand Bélisle Dj Harvey Nicole-Sophie Viau Luc Dalpé Jean-Sébastien Fallu Jean-Robert Primeau Rémi Seers Jacque Goldstyn La reproduction totale ou partielle pour un usage non pécuniaire des articles est autorisée, à la condition d’en mentionner la source.Les textes et les dessins apparaissant dans le Journal de a Rue sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Nous aimerions recevoir vos commentaires.Ne vous gênez pas pour nous écrire: textes, dessins pour une publication éventuelle.Vol.7«N° 1 ?Jan-fév.2000 ?Le Journal de la Rue e4265 Ste-Catherine Est, Montréal, Qc, H1V1X5 ?256-0000 ?Abonnement 24$ Raymond Viner i/iv -Pü» piti* pc penes Pourquoi un «pusher», qui a une bonne «run», demeure-t-il souvent cassé et sans un sou?Pourquoi j'entends toujours dire que «ce sera la dernière fois, le temps de faire un coup d'argent, je vais arrêter après»?Pourquoi ce dernier coup d'argent ne vient jamais et que le «dealer» est aussi endetté qu'il ne l'était avant?Une des façons de vendre de la ’’dope” c’est d’emprunter le stock à ton boss.Tu lui rembourses ce que tu lui dois et tu gardes la menue monnaie.Mais il y a un hic.Il arrive parfois qu’il ne reste plus rien.Pire, il en manque.Si tu penses que ton boss va te laisser aller quand tu lui dois de l’argent.Avec quelques claques sur le nez et des menaces grosses comme le bras, il te fait comprendre qu’il a été ’ ’COOL’ ’ avec toi en te prêtant du stock pour t’aider à mettre sur pied ton petit commerce.Il t’a fait confiance.Il s’attend à ce que tu le rembourses.Il va te prêter de nouveau du stock pour que tu puisses continuer encore un peu, le temps de lui rembourser ta dette.Si tu es un homme d’affaires bien structuré, que tu n’as pas de problème de consommation, que tu ne piges pas dans le stock et que tu es assez bien organisé pour bien cacher ton stock sans le perdre, tu as peut-être une chance de te rendre un peu plus loin.Mais encore là, tu peux avoir des petits pépins.Ça ne t’arrivera pas c’est sûr, mais si un policier par hasard te fouille pour une raison quelconque et tu te fais saisir ton stock, tu devras un peu plus d’argent à ton boss.Parce que tu ne prends pas de risques, tu ne t’attends pas à te faire saisir ton stock.Pourtant, tu te promènes en auto avec ton copain qui, par hasard, n’avait plus de licence ou encore avait une lumière de brûlée sur son véhicule.Tu reçois une contravention pour avoir flâné.Quand tu vois la police, tu as peur et tu jettes le stock que tu avais sur toi.Il y a bien des façons pour que ta dette envers ton boss ne soit pas réglée trop rapidement.Ne t’en fais pas, ça fait l’affaire de celui-ci.Il n’est pas vraiment intéressé à ce que tu fasses de l’argent.Lui aussi le sait bien que si tu faisais un coup d’argent, ça serait ton dernier weekend à travailler pour lui.Ça ne l’intéresse pas vraiment de te voir partir.Il veut te garder longtemps parce que, lui, il fait beaucoup d’argent sur ton dos.Et si jamais tu vas en prison, ne t’inquiète pas, il va t’attendre.Il est patient et il ne t’oubliera pas.Quand tu sortiras, il aura un cadeau pour toi.Il va te prêter encore du stock pour que tu lui rembourses ta dette.Si jamais ça t’amuse de travailler bénévolement, tu pourrais investir ton temps dans un organisme communautaire.Au moins là, on va te remercier pour ton bon travail et tu ne recevras pas de claques sur le nez.C’est peut-être moins payant, mais c’est un peu plus revalorisant.3441, Ontario Est pubu Montréal, H1W 1R1 Rüffen tél.: (514) 521-3362 Ultimo ‘Le bonheur est un réservoir plein.” Dan Milbnaa Le Guerrier Pacifique, p.190, Vol.7oN° 1 ?Jan-fév.2000 #U Journal de la Rue ?42$5 Ste-Catherir* Est, Montréal, Qe, H1V1X5 ?256-9000 + Cette information est destinée aux visiteurs des coffee shops (Pays-Bas) et une initiative de Leidsepleinbeheer BV.Le cannabis se prend depuis des siècles dans de nombreuses cultures.Le cannabis provient de la plante du chanvre.Son effet se fait sentir de deux à quatre heures.Le hasch rend heureux et détendu.Mais comme les autres stupéfiants, on le consomme parfois mal.Voici douze trucs pour une consommation adéquate : 1 - Consomme le cannabis pour ton plaisir.Tu ne résoudras pas tes problèmes avec un joint.2- Si tu fumes un joint tous les jours, essaie de rester quelques jours par semaine sans joint.3- Le cannabis peut affecter le pouvoir de concentration.Évite de le prendre à l’école, au travail ou dans le trafic.4- Certaines sortes de cannabis sont plus fortes que d’autres, car elles ont une teneur supérieure en THC.Un fumeur expérimenté sait exactement quand il en a assez absorbé.Il peut s’arrêter tout de suite.Si tu fumes pour la première fois, tu ne sais pas exactement la quantité que tu peux supporter.Renseigne-toi sur la sorte de cannabis que tu ferais le mieux d’acheter.5- Si tu n’as pas encore beaucoup d’expérience avec le cannabis, il vaut mieux ne pas prendre d’alcool en même temps.6- Quand tu prends un gâteau au hasch (spacecake), la quantité prise est difficile à connaître.Tu en auras trop avant même de t’en apercevoir.Commence par prendre un petit morceau.Avec le «spacecake», il faudra peut-être trois quarts d’heure à une heure et demie avant qu’il commence à agir.Attends que l’effet se fasse sentir et n’absorbe pas tout de suite un autre morceau.Tu auras certainement trop de hasch (cannabis) dans ton corps.7- Parfois on supporte mal le cannabis.On se sent malade ou on est anxieux.Cherche un endroit calme, mange ou boit quelque chose de sucré.Ne panique pas.Une heure après, le pire est généralement passé.8- Ne fume pas du hasch ou de l’herbe si tu prends des médicaments ou si tu es enceinte.9- Lorsqu’on fume du cannabis, cela libère des matières (goudron et oxyde de carbone) qui sont nocives pour la santé.10- Pense que si tu mélanges du cannabis à du tabac, tu fumes aussi du tabac.La nicotine entraîne une accoutumance.11- N’achète pas de cannabis dans la rue et cherche plutôt un coffee shop fiable.12- N’emmène pas de cannabis quand tu vas à l’étranger.CH-' Ce texte a été offert par Jean-Robert Primeau, organisateur communautaire du CLSC Hochelaga-Maisonneuve, aux intervenants communautaires dans le but de susciter une réflexion sur la réduction des méfaits.H c http://ffa.drugtext.org/ 3 H3C THC=TetraHydroCaimafctnd 7*N* 1 ?Jan-fev.2000 ?Le Journal de la Rue ?4265 Ste-Catherine Est, Montréal, Qc, H1V1X5 ?256-9000 • ,y 'pj/ij i.;!' 1, ¦ ___________________________________,, ^4 Raymond Viger Un brin d’Sylvain Le Journal de la Rue est fier de vous présenter un de ces jeunes qui a su profiter de son passage chez nous.Nous vous offrons son témoignage.Février 1994, je m’appelle Sylvain Masse.Sans endroit pour dormir, je me retrouve dans un centre d’hébergement en région de Montréal.Je n’ai qu’un petit baluchon, mais un vécu qui pourrait en surprendre plus d’un malgré mon jeune âge.Il me reste encore quelques dossiers à régler avec la justice.Mon agent de probation vient de me rencontrer.Je suis curieux.Pour mes heures de travaux communautaires, elle vient de me proposer de m’impliquer au Journal de la Rue pour écrire un peu sur ce que j’ai vécu.Je suis content de l’opportunité qu’elle vient de m’offrir.La chance de me défouler un peu et de m’exprimer.Je me sens un peu perdu face à ce monde d’adultes duquel j’ai décroché.Je ne sais pas où je m’en vais.Je suis gêné, mais intéressé par l’offre qu’on vient de me faire.L’écriture me fascine, ça touche mes talents, mes cordes sensibles.Le Journal de la Rue “fitte” avec ce que je suis.Cette opportunité ravive le peu d’espoir qu’il me restait.L’intervenant du Journal de la Rue, Raymond Viger, est venu me rencontrer régulièrement pendant quelques années.Nous avons joué de la guitare ensemble et au basket-ball.Il est même venu me rencontrer avec son garçon.J’étais gêné, ce jour là ça sentait le «pot» à plein nez chez moi.J’ai écrit trois articles pour le Journal de la Rue et une de mes toiles a été publiée.J’ai participé à différentes rencontres avec d’autres jeunes.On a même fait une émission de télévision avec Marie Carmen! Pour m’aider dans mon cheminement et me préparer à arrêter éventuellement de consommer, Raymond m’a présenté le père André Durand, un autre bénévole du Journal de la Rue.Avec lui, je suis allé dans plusieurs écoles pour rencontrer d’autres jeunes et parler de ce que j’avais pu vivre en tant que consommateur de drogue.J’ai été surpris et flatté de constater l’intérêt des jeunes avec qui j’ai échangé.André m’a acheté une guitare.Raymond est venu assister au baptême de ma fille et j’ai perdu contact avec lui.Je sentais moins le besoin de le revoir, ma vie s’était stabilisée, ma consommation était sous contrôle.Du moins je le croyais.Peu de temps après, j’ai laissé le diable revenir dans ma vie.Ma consommation de drogue a vite pris des propor- tions incontrôlables.Ma blonde me voyait dans les toilettes, les mains tremblantes, me préparant quelques lignes.J’avais juste à me relever un peu la tête et dans le miroir, j’aurais peut-être compris où j’en étais rendu.Ma blonde m’a quitté et j’ai perdu le droit de garde de ma fille.Je ne mangeais plus.Enterré sous les dettes, je me suis débrouillé pour survivre.Je me suis fait arrêter à plusieurs reprises.À 21 ans, j’étais «tanné» de la routine dans laquelle je tournais en rond.J’essayais de travailler et avec le peu d’argent qui entrait, je n’arrivais même pas à faire les paiements minimums pour régler mes dettes.J’avais besoin de changement et de partir.Je décide de changer d’air et de partir sur le pouce pour Vancouver.Après un périple d’un mois et demi, à Vol.7^H° 1 ?Jan-fév.2000 *le Journal de la Rue ?4265 Ste-Catherlne Est, Montréal, Qc, H1V1X5 ?256-9000 ?Abonnement 20$ Sudbury je finis par voler une auto pour aller plus vite.À Sault-Ste-Marie, je me fais arrêter et je me retrouve en prison.Je décide, du fond de ma cellule, de rappeler Raymond.Lui parler était une façon de me remonter le moral.Je ne me sentais pas jugé par lui.Il était resté une personne très significative pour moi.Ça a pris cette claque en pleine face pour ressentir le besoin de le rappeler.J’avais besoin de faire le point, de trouver et de voir mes possibilités.Je ne voulais pas qu’on fasse les choses à ma place.J’avais surtout besoin qu’on m’aide à m’orienter.J’avais hâte de sortir de cette prison, de retrouver mon équilibre.Après avoir eu plusieurs conversations avec Raymond, à ma sortie de prison je l’ai retrouvé au Café-Graffiti.J’ai compris le sens des projets qu’il bâtissait.Je ne m’identifiais pas à la culture Hip-Hop, mais plus au vécu des jeunes qui s’y retrouvaient.Au-delà de la culture et du style que l’on se donne, au-delà des apparences, il y a un être humain.Au café, on m’a donné la chance de trouver ma place, de découvrir une nouvelle vision de ce que je suis.J’avais l’impression d’être le pire des pires dans mes relations humaines.Je mettais les autres sur un pied d’estale.Je consommais encore quand je suis arrivé en janvier 1999 au Café-Graffiti.J’étais «tanné», je me suis donné des coups de pieds dans le c.Je ne ferai jamais rien de bon si je continue à fumer.J’ai commencé à penser à moi, à me prendre en main.En m’impliquant au café, j’ai pu commencer à retrouver de plus en plus mon naturel.Une autre opportunité de rebâtir ma vie.J’essaie maintenant d’apprécier ce que j’ai et non plus ce que je n’ai pas.Au moment d’écrire ces lignes, ça fait maintenant neuf mois que j’ai pris mon jeton au Café-Graffiti.J’en ai épaté plus d’un, mais je l’ai fait pour moi.J’ai travaillé mon plan d’action et restructuré mes finances.Depuis que j’ai arrêté de consommer, je me rends compte qu’il y a encore des difficultés à surmonter.Je sens cependant que je suis à mes affaires et que je peux voir la vie sous son vrai jour.J’ai analysé mes comportements.Avant, je me gelais pour éviter de les affronter.Aujourd’hui, c’est moi qui suis le maître de ma vie.Je ne suis pas obligé de faire souffrir les autres si je souffre.Je dois faire les efforts pour faire ma place.Je sais bien que je ne suis pas parfait, mais je suis plus vigilant et moins renfermé.Je continue de me questionner, mais je fais face à la vie avec un sourire.Je suis retourné à l’école.J’étudie présentement à l’université en intervention auprès des jeunes.Dans mes cours, une partie de mon passé continue de remonter.Je le prends comme une thérapie.Le changement ça fait peur, mais c’est avec du nouveau dans ta vie que tu te renouvelles.J’ai une nouvelle blonde et je joue de la guitare dans un groupe de musique avec elle et son père.J’ai mon appartement et j’ai la garde de ma fille une semaine sur deux.C’est une famille reconstituée, mais pour moi, c’est une vraie belle famille: la mienne.Tous ces changements sont importants, mais gros en même temps.Je suis en train de passer à travers.À 17 ans, j’avais décroché sans terminer mon secondaire.Je suis content de me rappeler où j’étais il y a cinq ans.On oublie facilement tout le cheminement et tout le travail que j’ai faits pour en arriver où je suis.“Voir au-delà des peurs et des esprits troublés, derrière leurs masques sociaux pour voir la lumière en eux.” Dan Millman, Le Guerrier pacifique, p.183.W Vol.74N°1 ?Jan-fév.2000 ?Le Journal delà Ru» ?4265 Ste-Catherlne Est, Montré»), Qc, HIV 1X5 ?256*9000 ?Abonnement 20$, fi Raymond Viuci besoins Depuis sept ans, nous travaillons fort pour amener des jeunes marginalisés à récupérer leur identité (carte d’assurance-maladie) et à ouvrir un compte de banque.Tout ne se fait pas rapidement et nous devons leur accorder une certaine période de transition avant d’en arriver à cette finalité.Il nous arrive régulièrement d’avoir à changer des chèques déjeunes que nous accompagnons: soit parce qu’ils n’ont pas encore leur compte de banque; soit parce qu’ils se font geler leurs chèques pendant cinq jours ouvrables, ce qui est, pour plusieurs, beaucoup trop long pour répondre à leurs à court terme.La caisse du coin, une des dernières institutions financières dans Hochelaga-Maisonneuve, annonce en gros une nouvelle procédure: “Plus aucun double encaissement ne sera accepté”.Chaque caisse a la possibilité d’émettre de nouvelles directives tion.à son assemblée générale et à son conseil d’administra- Puisque la caisse, qui s’occupe des dépôts de l’organisme, ne nous permet plus d’accommoder les jeunes que nous accompagnons, nous nous sommes retournés vers notre institution financière personnelle: la Banque de Montréal.Après quelque mois et sans nous aviser, la Banque de Montréal gèle nos fonds et nous enlève tous nos privilèges (transit autorisé).En prétextant qu’auparavant le dépôt des chèques à double endossement était toléré mais illégal, cette institution décide sans prévenir d’appliquer leurs règlements et de ne plus accepter de double endossement.Nous ne savons pas encore si cette pratique va se généraliser à toutes les institutions financières, mais une chose est certaine, l’application de telles normes va à l’encontre du travail de réinsertion que notre organisme fait auprès des jeunes marginalisés.La journée où un jeune commence sa réinsertion et qu’il obtient son premier contrat, si je ne peux pas lui changer son chèque et que les institutions financières ne lui font pas encore confiance, que fera-t-il avec ce premier chèque?En maintenant les jeunes dans la marginalité, le fossé, qui les sépare des institutions, ne cesse de s’élargir.Si à changer le chèque d’un jeune que j’accompagne je deviens un criminel, eh bien! Soit! Je m’appellerai.ROBIN DES BOIS! À suivre dans le prochain numéro.Je ne veux pas d’histoire: la vérité ou rien Christian St-Onge Le vrai, le bon, ça vient du fond.Pauvres, traumatisés, délaissés de la société, c’est dans le fond des gens que l’on retrouve le chemin vers la lumière.Comment s’en rendre compte?Ça ne se fait pas à coups de millions, ça sort de nos émotions.Gardez ça vrai et faites face au sort.Je ne sais pas si le paradis existe, mais juste d’avoir la paix, c’est déjà un bon bout de chemin de fait.Menterie par-dessus menterie, devant le miroir de la vie, personne ne peut s’en raconter.Je ne veux pas d’histoire : la vérité ou rien.Le mensonge, c’est le handicap d’une société qui n’arrive plus à ressentir le mal de ses semblables.Gardez ça vrai, faites face au sort et la peur de la mort s’évanouit.Fini d’entendre les complaintes de ceux qui ont baissé les bras.Posez-vous plus de questions et passez à l’action.a Vol.7*N»1 ?Jan-fév.2000 ?Le Journal de la Rue *4260Ste-Catherine Est Montrai.Qc, H1V1X5* 256-9000 ?Abonnement 24$ La sexualité et la grossesse Danielle ( amer Après avoir décidé d’avoir un enfant ou non, de prendre ou non la pilule du lendemain ou de vous faire avorter, après avoir remis en question votre mode de vie et déterminé si votre consommation pouvait affecter la venue de votre enfant, qu’en est-il de notre sexualité pendant la grossesse?Lorsque naît le premier enfant, il y a tout un bouleversement dans la vie du couple.Déjà, dans les neuf mois de grossesse, les relations se modifient.Au début, ce sont les maux de cœur et vers la fin, c'est le ventre qui a pris des proportions dérangeantes ne permettant plus de ébats amoureux Olé, Olé! Il y a des hommes qui s'inquiètent parce qu'ils ont peur de faire mal à leur partenaire ou bien à l'enfant à cause de leur poids.Pour d'autres, voir leur partenaire prendre du poids les dérange.Souvent ces réactions sont inconscientes et les hommes les mani- testent en se comportant différem- ment.Certains deviendront plus distants et moins af- fectueux.Ces cir- LS JBI constances et d'autres encore peuvent perturber la relation avant l'accouchement.Le bébé venu au monde, le couple devra maintenant s'ajuster à sa nouvelle vie.La mère donnant souvent plus d'attention au petit, les premières nuits étant plus courtes et mouvementées, le nouveau papa devra donc en prendre son parti et être plus patient.Il devra même, pour ceux qui ont une grande libido sexuelle, se remettre à l'autostimulation, du 'C&04*l64/< ?Pendant que je mange la vie et savoure tous les instants, ma petite sœur souffre.A cause de sa maladie, elle ne se sent plus utile et souffre de solitude, ce qui l’amène à un besoin d’amour extrême.Chaque membre de son corps et tout son intérieur se détériorent.La mort rode autour d’elle.Elle abandonne et ne trouve plus la force de se battre.Elle laisse tomber les armes.moins, à l'occasion.Et puis vous vous y ferez, vous reprendrez tranquillement le contrôle sur votre vie sexuelle et vous vous ajusterez.Je pense que premier enfant, vous réserver pour garder une votre couple, tements à faire devrez, dès le l'important avec un c'est de continuer à des moments intimes bonne harmonie dans Vous aurez des ajus-avec l'enfant et vous départ, délimiter vos besoins.L'enfant s'adaptera probablement facilement puisqu'il n'aura jamais connu d'autres alternatives que celles que vous aurez déterminées dès le premier.La suite ne sera qu'un déroulement normal de vos attentes.La sexualité, que ce soit pendant la grossesse ou pendant d'autres périodes de transition dans notre vie, mérite qu'on s'en parle pour mieux comprendre les changements qui se passent et pouvoir vivre avec notre partenaire les changements que nous subissons.La vie n'est qu'une série de changements et de transformations.Apprenons à jouer avec ces changements et à avoir du plaisir ensemble.Par Diane Carter Je reste impuissante face à cette maladieque j’appelle le cancer de l’amour.Alors je l’aime encore plus fort, l’écoute et la réconforte.Nous savons toutes les deux que nous allons souffrir.Elle, parce qu’elle va me quitter.Et moi, parce que je ne la reverrai plus.Nous devrons ensemble faire la paix avant ce départ qui se rapproche de plus en plus.Nous en sommes très conscientes.Nous irons jusqu’au bout avec tout l’amour que nous éprouvons l’une pour l’autre.Pour avoir aimé une nuit, pourquoi y laisser sa vie?C’est le drame, la fin d’une vie.Tendre et fragile comme une fleur, peu à peu ses pétales tombent.C’est comme un compte à rebours.?LeJoumahtelMto«^426&$MattwttfteËsUten^^ Peindre à devenir fou Je m’installe devant ma toile.Elle fait trois pieds de large par quatre pieds de haut.Luc Dalpé Une toile encore vierge sur laquelle je veux faire apparaître une meute de loups, un loup solitaire qui hurle à la lune à travers les montagnes et un gros plan de ce loup! Sur cette gigantesque toile, je ne veux utiliser que des plus petits pinceaux pour en faire ressortir le moindre détail.Un travail de plusieurs mois se dresse majestueusement devant moi.Une toile encore blanche comme l’Hi-malaya, mais que j’apprendrai à appri- voiser et à maîtriser au fil de mes nuits blanches.Quelques traits de crayons pour positionner le concept et voilà que je commence mon ascension.Les premières couches de peinture se superposent.Le décor et les personnages sortent de cette nuit blanche.Je m’attaque aux dernières couches, celles qui demandent le plus de minutie, la finition.Je ne sais plus par où commencer.Je suis envahi par la toile et par tous ces loups qui courent partout.A ce stade, un concept aussi gros me fait peur et me paralyse.Quand le problème est trop gros, il faut le diviser, le couper en petites bouchées que je peux digérer et assimiler, le ramener à une taille que je peux affronter.Je prends un carton et je coupe son centre.Je recouvre le restant de la toile.Je m’attaque ainsi à chacune des parties de la toile, une section à la fois, un jour à la fois.Sans m’en rendre compte, un jour j’ai pu finir par tirer le voile complet sur cette toile.Le chef-d’oeuvre final est en exposition au Café-Graffiti, au milieu de quelques unes des autres toiles qui composent ma collection de l’an 2000.Assis devant son chevalet Diane Carter Quelle merveille de voir une toile blanche devenir une symphonie de couleurs.J’ai eu le privilège de voir cela se faire sous mes yeux.Un peintre m’a fait découvrir la peinture et tout ce qui l’entourait.Des moments magiques, euphoriques, mêlés de peur et de fatigue, que j’ai vécus avec lui.Pour l’aider, je faisais des recherches pour trouver de nouvelles idées de décors, de couleurs.C’était ma façon de participer.J’écrivais, me berçais, veillais à ce qu’il ne manque de rien pour qu’il puisse avoir tout sous sa main.tre merveilleux.J’espère pouvoir revivre cela de nouveau.Il m’a donné goût à la peinture.J’ai fait une toile supervisée par lui.Ce fut une expérience extraordinaire, j’ai eu l’impression de toucher au personnage que je dessinais.Est,Montréal,Qc, H1V1X5?256-9000 ?Abonnement 24$ L* W.Lorsqu’il s’assoyait devant son chevalet, toute l’atmos phère de la pièce changeait.Je voyais comme une lumière l’envelopper, comme si les dieux lui parlaient.Il y mettait toute son âme.Il ne peignait pas seulement des corps ou des animaux, mais la vie qui se trouvait en eux.Les toiles respiraient.Les couleurs, les teintes, les ombres et la lumière devenaient un chef-d’oeuvre de couleurs.C’est pour moi un privilège d’avoir connu ce pein- Vol.7#N* 1 ?Jan-fév.2000 *Le Journal de la Rue ?4265 Ste-Cather Par la suite, sur sa demande, je l’ai exposée au Café-Graffiti et dans un temps record, elle s’est vendue à ma grande surprise.J’avais vendu ma collection.Ha! Ha! Je croyais que je n’avais aucun talent pour la peinture.Certes, cela m’intéressait, mais je manquais de courage et de confiance.Maintenant, lorsque je passe devant une toile, je prends le temps de la regarder et d’admirer le travail qui s’est fait.Et vous, prenez-vous le temps? La patience.vertu ou défaut! Je me suis toujours dit que la patience était une vertu, une grande qualité importante à acquérir.Mais la patience, que je croyais acquérir, était plutôt un bon moyen de fuir certaines occasions de m’affirmer, de prendre ma place.Je confondais patience et passivité.Daniel le Froment Pour moi, la patience était un bon moyen d’éviter de contredire quelqu’un ou d’exiger quelque chose.Avec le temps, j’ai compris qu’il est dangereux de justifier la patience et de laisser les autres nous rentrer dedans, un après l’autre, jusqu’à ce qu’on craque! Il est important de savoir que c’en est assez et de fixer son seuil de tolérance.Je suis toujours patiente, mais je ne veux plus fuir rien ni personne.Je veux foncer et me faire entendre! Saviez-vous que Saviez-vous que Le bogue de l’an 2000 est dû à une puce RTC qui est posée dans différents équipements.Cette puce a un problème de configuration face au passage à l’an 2000.Pour des raisons d’inventaire et parce que ça coûterait trop cher de refaire la configuration avec une autre puce, les industries à travers le monde installeront sept milliards de puces RTC en 1999! Lorsque vous achetez un bateau, vous n’êtes propriétaire que de 64% de ce bateau.La reine se garde un droit de 36% sur tous les bateaux pour en faire une armada (flotte de guerre).Si j’ai 1 000$ de réparations à faire sur mon bateau, est-ce que je peux envoyer à la reine une facture de 360$?Plusieurs paniquent en pensant au bogue de l’an 2000.Pourtant, il existe 22 autres dates problématiques qui peuvent créer les mêmes bogues.Tout cela, à cause d’une mauvaise configuration.ÉM : : ¦ S want par et Solidarité sociale Québec iJtlE Vol.7eN* t ?Jan-fév.2000 ?Le Journal de la Rue e4265 Ste^Catherfne Est, Montréal, Ce, H1 Vf X5 ?256-9000 ?Abonnement !M$ Danielle Froment Toile Rémi Seers Le travail ça se paye, la créativité aussi! «Tant que t;as pas vu le chèque/ tu donnes pas le dessin».Rémi Seers Au Café-Graffiti, on permet énormément aux jeunes de s'exprimer par toutes sortes de médiums tels que la peinture.Certains de nos peintres comme Goeffrey de Campos Pereira, Olga Panina, Rémi Seers et quelques autres, qui ont l'art dans le sang, sont régulièrement approchés pour se faire offrir des contrats.Même si de temps à autre, la reconnaissance est une forme de salaire, ils s'attendent à vivre de leur art.L'expérience qu'a vécue Rémi Seers nous met tous en garde, peintre ou pas, contre l'exploitation.Rémi est un jeune peintre de 1 8 ans absolument talentueux.Ses tableaux, qui tapissent les murs tout comme les tableaux de ses confrères, sont étonnants et transforment le 4265 Ste-Catherine Est en une véritable galerie d'art urbain.Le Café-Graffiti a demandé à Rémi de faire un dessin représentatif de la culture Hip-Hop pour le magazine "Café-Graffiti Spécial Hip-Hop".Ce qui fut fait avec brillo! Quelques jours plus tard, un collègue propose à Rémi de le mettre en contact avec les organisateurs d'un certain événement qui cherchent des artistes pour illustrer leur publicité.Lorsque ces gens voient ce dessin, ils sont emballés, mais demandent certaines modifications.Rémi les effectue tout en s'assurant au préalable d'être rémunéré sous forme monétaire ou, à tout le moins, d'obtenir des échantillons pour son porte-folio.Il est convenu que cette publicité mentionnerait sa participation.Quand Rémi voit les prospectus qui viennent de paraître, il est vraiment choqué! Non seulement son dessin a été "mixé" avec quelques autres, mais en plus, il a été modifié à l'ordinateur et le nom des artistes n'apparait nulle part.Impossible de rejoindre les organisateurs de cet événement.Rien en retour de son travail.Cet artiste au futur plus que prometteur apprend de ses erreurs.Quand un dessin est retenu pour une publicité, c'est important de prendre les précautions nécessaires pour se protéger et obtenir une forme de salaire en compensation.Au Café-Graffiti, Rémi a appris de nouvelles techniques et pris connaissance du milieu dans lequel il se lance.Ce qui est certain pour le moment, c'est qu'il ne se fera plus jamais jouer de sales tours de la sorte! En attendant que Rémi soit vraiment reconnu dans le milieu artistique, vous avez la chance de voir gratuitement ses oeuvres exposées en permanence au Café-Graffiti et entourées de plusieurs autres toiles réalisées par des peintres de grand talent.CorwAltattoYiy médübocdjex py&cholûtyCqLte* et bOvLcdefr Services confidentiels et gratuits pour les 12-20 ans Sans rendez-vous les mardis de 16 h à 20 h HOCHELAGA-MAISONNEUVE 1620, av.de LaSalle Montréal, (Québec) HIV 2J8 Tél: 253-2181 %¦$ /MX& WW «* | Vm&J nr I.Hs.fflg.-J jfcm(umBmiÊii&tH0M xmxMtm IHttttWttfW# WllM® 0||/i*WSWA«l MWWWfcl iwwwww*^ ^jfcMffewr sm®l; fltttWW At* MUMtUJl WtfZ “> A ¦ 1 ^ilïlillMllfWnKp^' ' HKWiii MAK pMtWTMfMt» »»uii nttwniiuM Aw*Sp waw.-v—««i 4M *wp, emmv j Mi ïèetH*}jà^sS ft* utf* Mfrfc/ >-1 Mt|Vt UÜÇ/ * m a>«** m #•*» #tf«wr, ftnwwus f*W epbkS HMBPMMMBMMMMMMM Montreal «fflitt» «¦ «w»**» tkN*m ;kS:%r M ¦ ’-, : & WP** 1.74 N° 1 ?Jan-fév.?Le Journal de la Rue ^4265 Ste-Catherine Est, Montréal, Qc, H1V1X5 ?256-9000 ?Abonnement 20$ Æ Libre.depuis bientôt neuf ans.Et pourtant, les images pénibles d’hier, telles des cicatrices, restent toujours présentes.Je ne peux et je ne veux les oublier.Ces images me permettent de mieux savourer le bonheur de mon quotidien, libre de la honte, de la violence, de la peur.trôle: téléphone, sorties, etc.Je ne vois pas comment je pourrais m’en sortir.Les années passent.Je persiste à croire qu’un jour, avec toute l’affection que je lui témoigne, il arrêtera de boire et que j’aurai enfin droit à une vie normale.Dans le fond, c’est moi qui espère et attends de tout mon cœur un changement, mais lui, centré sur ses besoins, devient complètement «dysfonctionnel».Alors, je décide de donner suite à la recommandation du médecin et d’aller chercher de l’aide.Ça prend tout mon courage de peur qu’il l’apprenne.Et même si j’ai honte d’avouer mon misérable échec, je n’en peux plus, ça fait tellement mal en dedans.Je me présente au centre.JL Là, on me reçoit avec tellement de gentillesse que j’ose ouvrir un peu mon cœur.On m’écoute sans me juger.On m’accueille avec toute ma vulnérabilité.Je fais confiance, je partage mon terrible secret.Lors d’une thérapie de groupe, je découvre que je ne suis pas seule à vivre un tel enfer.Peu à peu, je me confie.) fièrement à cette formidable intervenante et au rôle qu’elle a joué dans ma vie.Elle m’a permis de regagner ma dignité, de retrouver l’être que je suis, de redécouvrir le goût de vivre et d’être aimée.Toute ma gratitude au Centre Dollard-Cormier.À vous toutes qui vous reconnaissez dans cette histoire, j’ai envie de vous dire: “Ne restez pas seules avec votre problème.Prenez soin de vous et n’hésitez pas à demander de l’aide pour reconstruire votre vie”.Ce témoignage a été rédigé par une femme qui a fait appel au Centre Dollard-Cormier et qui a bien voulu nous faire part de son expérience.Ce centre offre différents services, notamment un service d’écoute aux personnes aux prises avec des problèmes de consommation ou encore à des membres de leur entourage qui n’y sont pas nécessairement inscrits.Pour rejoindre le Centre Dollard-Cormier: 110, rue Prince-Arthur Ouest Montréal, (Québec) H2X 1S7 Centre de désintoxication interne: (514) 982-4533 Tout a commencé pourtant par une belle histoire d’amour.Comment résister à un être aussi éperdument amoureux de moi?Je croyais avoir enfin rencontré le Prince charmant.Je décide de partager ma vie avec lui.Mais après quelques mois, son comportement change.Insidieusement, la violence s’infiltre.Ce ne sont au début que des petits mots offensants qu’il ne pensait sûrement pas.Ce fut ensuite une toute petite gifle, si petite que c’était peut-être involontaire; que dans le fond, j’aurais peut-être dû être moins insistante.Pour éviter des affrontements, je diminue mes sorties, je m’isole.Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour le rendre heureux, mais il me blâme pour tout et pour rien.Je m’aperçois que mes provisions d’alcool diminuent.Ça me prend un peu de temps pour réaliser qu’il consomme de plus en plus chaque jour.La violence s’accentue.Je n’en peux plus d’entendre des mots si blessants.Évidemment, les lendemains sont comblés d’excuses, de fleurs, de belles promesses.Puis le scénario se répète, cette fois-ci, sans les fleurs ni les excuses.Dieu que j’ai honte! Les voisins ont sûrement tout entendu.Dieu que j’ai peur! Peur de rentrer chez moi, peur de la prochaine scène, du prochain coup, peur que mes proches découvrent la vérité.Que penserait-on de fcnoi?Je voudrais mourir.Je subis quotidiennement sa violehce, je me tais, je me cache.Tout est sous son con- Par la suite, je poursuis ma démarche.Tout doucement, avec l’accompagnement de la thérapeute, j’arrive à prendre la grande décision: je ME choisis.Je le quitte et cette fois, pour toujours.Je n’avais pu imaginer à quel point cette période de ma vie m’avait réduite à moins que rien.Encore aujourd’hui, je pense régu- Urgence toxicomanie: (514)288-1515 7 jours/7 Fax: (514) 982-0061 24 hres/24 SOS violence conjugale: 1-800-363-9010 Vol.7#NM ?Jart-fév.2000 «U Journal de la Rue *i|65 Ste-Catherine Est, Montréal, Qc, H1V1X5 ?256-9000 Illumination Mireille Payette Gosselin Ce soir, j'ai compris.Dans la perte de mes sens, j'ai saisi l'essence de la vie.Ce n'est pas si mal.En fait, c'est beaucoup mieux que tout ce que j'avais imaginé, j'ai entamé ma cure de désintoxication.Je ne me suis jamais sentie aussi mal auparavant.Je me blesse volontairement sur cette douleur.Il *** Mon âme, à 22h53, comprend.Peu importe.Ceux qui liront cette prose devront se garder de tout commentaire.Je dévoilerai mes névroses au grand jour.Mes consommations de jadis sont sans importance.Seule celle de ce soir compte.Elle compte, car elle fut ma dernière, ma chère illumination.J'ai franchi une étape importante ce soir.Cela peut paraître étrange, mais en vain.Mon corps, dans un sommeil semblant, a défié la mort.Je n'ai point sangloté visiblement, mais mon intérieur tremblait d'effroi.Mes entrailles se sont tordues, je le jure.Mais j'ai eu droit à une seconde chance.cause d'une surdose de "substances interdites", je réalise! Mes larmes versent la sincérité de mon affection pour la vie.C'est dans l'abîme le plus profond et infernal jamais imaginé que la vie se révèle à moi radieuse.Je n'ai pas honte.Je me sens naïve, mais purifiée.Je me blesserai à des riens, mais j'apprécierai chacun des doux instants qu'il m'aura été donné de vivre.Maintenant écrire aura une autre signification pour moi.Puisque ce soir les mots auront été ma délivrance, écrire sera désormais le remède à mes fièvres.En fait, ce ne sont pas les mots pour décrire mon illumination.C'est plutôt une renaissance, un éveil fabuleux.La substance ne m'affecte plus.Oui! J'ai peur.J'ai terriblement peur.Il me semble que ma vie meurt ce soir.Je vaincrai cet effroi.Je me réveillerai demain à l'aube pour apprécier la vie sous toutes ses formes.Riront de moi ceux qui n'auront pas compris le secret parfait de la Vie.Jamais je n'aurais cru le découvrir par un doux soir de mars sur ma terre natale.Respirant à peine à “En utilisant correctement la colère, tu pourras transmuter la peur et la tristesse en colère, et la colère en action.C’est le secret de l’alchimie intérieure.” Ban Millman Le Guerrier pacifique, p.143.Je ne regrette rien de mon passé, je l'oublie simplement.Je serai peut-être trop sensible, mais j'aurai découvert la source exquise de mon bonheur.Ce fut d'interminables années d'attente, mais j'ai enfin compris.Le sommeil me gagne.Quelque chose d'exquis m'attend à mon réveil.Je dois dormir pour me réveiller à l'aube et en profiter pleinement.24h01 A.M.Mars 21, l’an 1999 1er jour du printemps.“Mieux vaut commettre une erreur avec toute la force de ton être que d’éviter soigneusement les erreurs avec un esprit tremblant; ” Dan Millman Le Guerrier pacifique, p.169.! Jli ii *\ J il J ^ J **a*er*es R*ve_Nord rJ J Repentigny,(Québec) Piazza St-Hubert 6722, St-Hubert Montréal, (Québec) 274-2870 Tours Triomphe 2512, Daniel-Johnson Laval, (Québec) 682-0636 A«Wflfr «ta UfMM $6 -'SS^ , x Nouvel Age 1707, St-Denis Montréal, (Québec) 844-1779 Vol.7# N* 1 ?Jan-fàv, 2000 ^Le Journal de la Rue ?4265 Ste-Catherine Est, Montréal, Qc, H1V1X5 ?256-0000 ?Abonnement 24$ il Las relations humaines et l’apocalypse Faut que ça sorte, parce que si ça ne sort pas, ça va faire BOUM! pas en dedans ce qui est fait pour sortir.T’as des idées qui remontent et qui meurent d’envie de parler.Lorsqu’elles meurent au fond de toi, elles créent de la confusion et te font sentir inutile.Faut que ça sorte, peu importe vers qui ou vers quoi, mais laisse-les remonter au lieu de les refouler.Il y a des moments comme ça où on voudrait tout lâcher.On se sent inutile.On ne l’a pas dit au moment propice pendant que le bouillon était à point, prêt à être goûté et à être partagé.Ça ne veut pas dire de regretter de ne pas avoir osé.Prenons nos expériences passées comme des outils de travail pour améliorer nos instants présents.Il ne faut pas avoir peur de suivre cette petite voix intérieure.Combien de fois avons-nous hésité avant d’agir, pensant trop et analysant ce qui se passerait si l’acte avait lieu?Si l’idée était dite?Tout ce qui se passe dans les rêves mérite d’être actionné pour qu’enfin notre bonheur d’individu s’élève.Il est important de communiquer ce que l’on vit afin que les autres nous comprennent mieux.Parfois, c’est très difficile à dire, mais c’est très utile et ça libère! A l’extrême des cas, se renfermer peut nous mener au suicide, à la consommation excessive de drogue ou d’alcool, à la perte d’un ami ou d’un amoureux.Parce que nous n’avons pas le temps, parce que c’est trop compliqué, trop dur et que les événements nous dépassent, nous nous excusons, nous mettons de côté nos malaises et refusons de voir la réalité.L’aveugle voit plus que les êtres entêtés.Est-ce que nous manquons d’ouverture d’esprit ou bien sommes-nous trop bornés et pris avec de vieux principes?Couche-Tard EM PU Couche-Tard on tire La vie, c’est le cycle de l’évolution, de l’expérimentation et il n’y a rien de mal ou de honteux à changer nos idées ou notre façon d’être.Il s’agit de saisir toute l’importance de nos actes afin de faire croître l’harmonie et la paix.Nous sommes là pour apprendre de nos expériences et apprivoiser ce que nous sommes.Ne jamais lutter contre qui ou quoi soit.Lorsqu’on pousse tire, lorsqu’ pousse.Laisser les mouvements se plutôt que d’essayer de les Dan Le Guerrier pacifique, p.Un service de la CDEST HOCHELAGA- MAISONNEUVE 3958, me Ontario Est Montréal (Ouétwc) HIW 1S8 Tèt.; (514) 523-2400 ~ téléc.: (SI4) 523-2466 Courrier électronique : cdestcjeOtotal.net Vol.7#NC1 ?Jan-fév.2000 ?le Journal de la Rue ?4265 $te-Catherine Est, Montréal, III ¦11V1X5 « > 256*9000 ?Abonnement 2> a C hristian St-Onize Je manque de vieux dans ma vie.Je n’ai plus de temps à consacrer aux aînés, comme si leur expérience de vie était démodée, périmée.Je néglige cette banque de données.Est-ce par manque de temps ou d’écoute?Un temps privilégié pour s’éduquer et pour mieux comprendre.Est-ce que notre société est devenue trop rapide et sans valeurs profondes?Sommes-nous en train de nuire à l’apprentissage des jeunes?Est-ce qu’on peut vraiment se permettre de les négliger?•tre vieux dans le Grand Nord Être vieux dans une société inuite c’est devenir un sage (elder) et participer à la réflexion sociale portant sur la culture inuite.À voir grandir en sagesse les aînés inuits, ils donnent l’exemple aux plus jeunes et aux parents.Cela donne un sens et une direction à la vie dans une communauté inuite.Ces doyens, ces sages, sont des arrière-grands-parents qui peuvent aider les plus jeunes à garder contact avec leurs racines.Malgré les nouvelles technologies pour les armes de chasse et de survie dans le Grand Nord, les sages des communautés inuites se rapprochent des jeunes pour leur enseigner les méthodes traditionnelles de chasse et de pêche.Des camps sont organisés Raymond Viser pour apprendre aux jeunes comment construire un igloo.Les femmes enseignent le tricot et les arts propres à leur culture.Ces grands sages (elders) font partie intégrante de la communauté.Dans toutes les formations et interventions auxquelles je participe dans le Grand Nord, les elders sont invités, non seulement à participer à la formation, mais à s’impliquer et à nous partager leur expérience et leur vision de l’avenir.Aucune intervention dans le Grand Nord ne serait appropriée sans leur aide et leur support.Ces aînés font partie intégrante d’un réseau d’entraide naturelle.LES LAURÉATS DES PRIX QUEBECOIS DE LA CITOYENNETE FÉLICITATIONS AUX LAURÉATS 1999 Le ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration, monsieur Robert Perreault, est heureux de présenter les lauréats des Prix québécois de la citoyenneté.Ces prix visent à récompenser des personnes, des entreprises ou des organismes pour leur contribution exceptionnelle au renforcement de la vie démocratique et à l'exercice de la citoyenneté au Québec.Les Prix ont été remis lors d'une cérémonie tenue le 8 novembre 1999 au Musée d'art contemporain de Montréal.LE PRIX JACQUES-COUTURE POUR LE RAPPROCHEMENT INTERCULTUREL Catégorie personnes Monsieur Gérard Pierre Ti-I-Taming, Sherbrooke Catégorie entreprises et organismes L'Hirondelle, services d'accueil et d'intégration des immigrants, Montréal LE PRIX CLAIRE-BONENFANT POUR LES VALEURS DÉMOCRATIQUES Catégorie personnes Monsieur Hubert De Ravinel, Montréal Catégorie entreprises et organismes Maison des jeunes Action Jeunesse, Trois-Rivières Québec a « Ministère des Relations avec les citoyens et de l'Immigration LE PRIX ANNE-GREENUP POUR LA SOLIDARITE Catégorie personnes Sœur Madeleine Gagnon, Montréal Catégorie entreprises et organismes (ex aequo) Accueil Bonneau, Montréal Le Chic Resto Pop, Montréal W»l.7eNM ?Jan-fév.2000 +Le Journal delà Rue ,Oc, H1V1X5 ?256-9000 ?Abonnement 24$j Un rayon d’espoir 111111 mà wm Fernand Bélisle L’an 2000 est à notre porte avec son lot de tribulations.L’inconnu nous heurte et nous fait mal.L’insécurité nous guette.La valeur monétaire est en déroute partout.Mais l’an 2000 c’est aussi tous les progrès scientifiques, technologiques, spirituels, “sans modération ni barrières” dans une ère de mondialisation chaotique, où l’incohérence règne en maître absolu.L’an 2000 est à ma porte et je souffre.J’aimerais comprendre tout ce qui se passe autour de moi, saisir ce mal de vivre et en tirer des avantages pour moi, pour les miens, pour ceux que j’aime dans mon coin de pays.Chaque jour qui passera d’ici l’an 2000, je serai conscient d’être l’auteur du succès de ma vie et conscient aussi de notre société.Je vois une lutte intense entre la cohérence et l’incohérence qui habitent ma vie.Je suis conscient du devoir d’agir sans détour et fièrement pour bâtir un avenir meilleur et un monde nouveau.Mais pour cela, il me faut une recette qui me donnera une vitalité nouvelle.Pour moi, la cohérence sera une vraie bataille à gagner à tous les points de vue: physique, moral, spirituel et politique.J’améliorerai ma vie en analysant, avec papier et crayon en main, le pour et le contre de mes actes, de mes choix de dépenses, de mes revenus des jours, des semaines, des mois, des années.Je veux que cela balance en mieux pour une meilleure santé physique et morale.Les générations à venir verront disparaître des milliers de choses, d’actions futiles ou néfastes dans notre société, pour s’en tenir à ce qui peut donner le vrai bonheur, le vrai plaisir de vivre et de créer autour de soi des œuvres utiles, des projets foncièrement bons pour le bien et le mieux de tous.al h
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