Le journal de la rue, 1 janvier 1999, Août - Septembre
JOURNAL'S] La rue •J»?lit- Journals de/las'Rue' S& î&v\&üyiliteY pour mCewo vivre/ au/ Québreo À l’intérieur: Volume 6 no 2 2.00 $ Août - septembre 1999 L’apoccdyp&es cuv Cafés-Graffitis 5.(9.5 Virufr Les jeunes qui/ plantait de& orcUsl Les bogues des Vcwv 2000 •, CARI.UNE ÉCOLE DE HRUÏ PRESTI ¦ Raymond Uiger Pour aider les jeunes dans leur formation, nous auons décidé d'enuoger un de nos internants dans une école spécialisée en infographie.L'accueil que nous a réserué l'école priuée Icari a été des plus surprenants.Ils nous ont répondu: “Vous ne pourrez pas leur montrer, car les logiciels utilisés sont trop durs.Le cours est trop avancé.C’est un cours qui sert à aller sur le marché du travail après, ça ne peut correspondre à leurs besoins.Vous n’avez pas l'équipement requis pour faire ce que vous voulez faire et vous n’aurez jamais l’argent pour le faire”.iQ cette école privée, mais nous n’avons pas de temps à perdre à essayer de les faire changer d’idée.Cette école ne fait que se priver d’une dynamique sociale importante.N J \ £ m £ Sans vérifier quel équipement nous avions, ils n’ont jamais pris le temps de rencontrer ni l’intervenant en question, ni les jeunes.Même si cette école vise l’élite de nos jeunes et ne veut pas se compromettre avec ceux qui représentent un risque d’échec, pouvons-nous espérer qu’un jour il y ait au moins une ouverture d’esprit pour un partenariat entre l’élite et le restant du monde?Notre travail se situe à deux niveaux face à une telle intolérance.D’une part, nous nous devons de dénoncer la fermeture d’esprit de cette école; d’autre part, nous nous devons de continuer d’encourager les jeunes à prendre leur place et à trouver d’autres solutions pour leur continuité.Il serait facile d’en faire un débat qui pourrait durer longtemps et de rester traumatisé par cet événement.Nous ne pouvons endosser la position de Dessii P La vie est trop courte pour s’arrêter, nous préférons rester dans l’action et avancer différemment.Nous n’avons pas le temps de jouer aux victimes.Nous privilégions la tolérance, même devant l’intolérance de certains.Leur support aurait été grandement apprécié, mais s’ils sont trop snobs et s’ils sont incapables de nous regarder droit dans les yeux, ce sont eux qui ont un problème, pas nous.Nous allons continuer à former les jeunes, sans leur aide ni leur support évidemment.Je me souviens qu’Albert Einstein a été refusé à l’université.Tout comme nos jeunes, il ne cadrait pas avec les normes.L’histoire nous dira bien ce qui nous arrivera plus tard.Pour l’instant, nous sommes différents, mais nous avons une qualité féroce: nous sommes persévérants.Est. Le Journal de la Rue Café-Graffiti 4265 Ste-Catherine Est Montréal, HIV 1X5 Tél.: (514) 256-9000 Fax (514)256-9444 Mission: Favoriser, supporter et développer des projets novateurs permettant au milieu de retrouver son pouvoir d’action et son autonomie.Aider et favoriser le développement et l’autonomie des jeunes souvent marginalisés en leur offrant des activités créatrices et formatrices.Défendre et promouvoir les intérêts des jeunes en sensibilisant, informant et éduquant la population sur les besoins de nos jeunes et sur la façon d’être un adulte responsable et significatif.Promouvoir le développement d’une société plus humaine, sensibiliser aux différents phénomènes sociaux et faciliter les relations entre les différents acteurs et partenaires.MEMBRES: A TT fl Association des intervenants **3- '“t en toxicomanie du Québec Volume 6 numéro 2 Août - septembre 1999 Tiré à 5000 exemplaires Publication bimestrielle Coordination et rédaction Raymond Viger Design et infographie Danielle Simard Journaliste et correction Julie Gagnon Collaboration Luc Dalpé Sylvain Masse 13th Prophet Duy Tran Shanne Lefebvre Danièle Carrier Éryk Demers D.J.Harvey Pierre Céus Jr.Danielle Froment Nicole Sophie Viau Geoffrey De Campos Pereira Mireille Bélisle Geneviève Bourbonnais Annie Viger Steve Fortin Rémi Seers Victor Panin Madame Tout-le-monde Merci à tous nos bénévoles! La reproduction totale ou partielle pour un usage non pécunier des articles est autorisée, à la condition d’en mentionner la source.AMECQ ASSOCIATION DES MÉDIAS ÉCRITS COMMUNAUTAIRES DU QUÉBEC AQS AVDA Association québécoise en suicidologie Distribution assermentée FPJQ Fédération professionnelle des journalistes du Québec RPM Réseau placement média Les textes et les dessins apparaissant dans Le Journal de la Rue sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Nous aimerions recevoir vos commentaires, votre vécu.Ne vous gênez pas pour nous écrire: textes, dessins pour une publication éventuelle.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada Envoi de Poste-publication-Enregistrement n°07638 SOMMAIRE Editorial 2 La colère et la non-violence 4 La détresse n’a pas de prix 5 Pourquoi, Pourquoi?5 La toile et la brique 6 La vie est une salope 8 Underground ou rebelle?9 Alcoolique non-anonyme 10 La chute la plus mortelle 11 Sortir de l’ombre 11 Madame Tout-le-monde,.et un punk 12 Petits trucs et antidote contre les virus .13 Investir dans sa sexualité 14 Mes pensées 14 L’apocalypse du Café-Graffiti 15 La fierté d’avoir un travail vue par.16 Une vie nouvelle dans un pays nouveau 17 S.O.S.Virus 18 Le jeune qui plantait des ordi! 19 Énergie naturelle, énergie artificielle 20 La persévérance récompensée 20 Entre l’arbre et l’écorce 21 Point de vue suivi de qui suis-je 21 Saviez-vous que 21 Le bogue de l’an 2000.22 Les ressources 23 SE SENSIBILISER POUR MIEUX VIVRE ÊTRE JEUNE, ORIGINAL ET DYNAMIQUE CEST APPUYER LE JOURNAL hPONNGZ-JoUS' G NUMÉROS PAR A N POUR W* Nom;- Adresse ;- Ville:-Code Postal:- Téléphone:-Fax:- Nom de l’organisme;- Chèque ou mandat à l’ordre du Journal de la rue 4265 Ste-Catherine Est Montréal, (Québec) HIV 1X5 Tél: (514) 256-9000 Fax: (514) 256-9444 Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre travail est bienvenue Le Journal Mireille Belisle.mere de Melanie Cabay, Présidente de la fondation 21 juin, date commémoratiue de l'enlèuement de cette jeune étudiante de 19 ans près du parc Rhuntsic en 1594.Son cadaure fut retrouué le S juillet suiuant et l'assassin court toujours.Suite à ce drame, la fondation Hélanie-Cabay a été mise sur pied pour soutenir les familles et les proches des uictimes de disparitions et de meurtres.Elle est le seul organisme au Québec à offrir ce type de seruice.Elle a aussi pour objectif de sensibiliser les citoyens aux ualeurs de non-uiolence.d'entraide, de solidarité et aux gestes de préuention.Témoigner d'une cruelle réalité, se recueillir en souuenir d'un être aimé, s'impliquer pour préuenir la uiolence.La réaction la plus normale -et aussi la plus saine-quand quelqu’un qu’on aime du plus profond de soi-même se fait enlever, violer et tuer est la colère.Colère contre le meurtrier, colère contre ceux qui auraient pu faire quelque chose pour empêcher ce drame, colère contre la société, colère contre la vie, contre Dieu Une colère immense, incontournable et ravageante.Une colère qui nous fait peur à nous-mêmes, qui détruit notre santé et bien souvent aussi, malheureusement, nos rapports avec ceux qui nous entourent.Comment vivre avec cette colère qui, malgré nos efforts pour la faire taire ou pour l’enfouir, résiste et persiste?D’abord en osant se l’avouer à soi-même, puis la dire à des personnes qui peuvent la comprendre et l’accueillir.Ensuite, en la canalisant d’une manière constructive plutôt que destructive.J’ai choisi la NON-VIOLENCE.Contradictoire?Je ne crois pas.Je suis en colère contre la violence, c’est elle que je veux détruire et non moi-même.Ce ne sont ni les personnes que je côtoie, ni la beauté et la bonté qui existent encore dans ce monde, malgré tout.NON-VIOLENCE ne veut pas dire tout accepter, mais bien devenir le témoin vivant d’une façon pacifique de régler les conflits externes ou internes, de surmonter les obstacles et supporter les souffrances.C’est une pratique quotidienne, un réajustement constant face à la réalité des injustices et des embûches de toutes sortes.La NON-VIOLENCE, c’est un choix.Par amour de la vie, par fidélité à cette enfant née dans l’amour, ayant vécu dans l’amour et ayant distribué autour d’elle tant d’amour et de compréhension.Oui, on peut être intensément en colère et décider de continuer à poser des gestes d’amour, de respect, de nonviolence, comme une contrepartie à ce qui nous a si profondément blessé et pour éviter de devenir à notre tour des générateurs de haine et de violence.La NON-VIOLENCE se révèle être un engagement personnel qui suscite des réactions en chaîne, l’exemple -nous le savons tous- valant mille mots.Pour transformer ce monde, il nous faut plus que des paroles truffées de bonnes intentions autour d’une table; il faut commencer par devenir soi-même ce que l’on souhaite que soient les autres.Décider de mettre son pouvoir personnel au service de la NON-VIOLENCE! NON-VIOLENCE ne veut pas dire tout accepter, mais bien devenir le témoin vivant d’une façon pacifique de régler les conflits externes ou internes, de surmonter les obstacles et supporter les souffrances.Décider de mettre son pouvoir personnel au service de la NON-VIOLENCE! Raymond Uiger N'fl PUS D J'en ai ras le bol d’entendre dire que la pauureté est le bouc émissaire de toutes nos difficultés sociales! On crée des emplois et on pense effacer du reuers de la main la souffrance accumulée.Si je me réfère à la petite ville de Fermont, située au nord de Sept-îles, le salaire moyen est de 62 000$ par année, tout le monde travaille et chaque famille possède deux skidoos.De quoi faire rêver et supposer que la détresse ne passe pas à Fermont.Dans cette petite ville nordique du Québec, il y a une travailleur de rue qui travaille fort et il y a eu deux suicides dernièrement! La détresse d’un individu n’a aucun lien avec sa position sociale ou la grosseur de son portefeuille.J’ai vu des gens pauvres et heureux qui se serraient les coudes.J’ai vu des gens riches et malheureux qui se sentaient seuls et abandonnés.Ce n’est pas l’état de nos finances qui fait le bonheur, mais ce que nous faisons avec notre vie et notre environnement.Parlons des vraies affaires, parlons de pauvreté de l’âme et de pauvreté relationnelle! On ne peut trouver un bouc émissaire à la détresse sociale et il est trop facile de mettre cela sur le dos de la pauvreté.Définition de la santé selon l’Ordre mondial de la santé: “La mesure dans laquelle un groupe ou un individu peut d’une part, réaliser ses ambitions et satisfaire ses besoins et d’autre part, évoluer avec le milieu”.'ourauoi?I3"1 Prophet Wat’z’up,Wud’up! Je suis back, de retour sur la feuille blanche, stylo à tains tuent, volent et trahissent pour l’argent, un la main c’est l’extase.Le psychostimuloneuronal est peu primaire, non?Est-ce une autre façon de con-en rage et noircit la feuille pour votre plaisir cervi- trôler le monde?Est-ce bien, est-ce mal?Alors pour-cal.Je suis jeune, je pose les questions, je suppose, quoi l’argent?Je ne suis pas Superman alors je n’ai pas de ré- ponse certaine.Je veux juste chatouiller votre es- Pourquoi les modes?Coup de marketing pour en-prit, que vous y pensiez pour faire bouillir votre richir les riches?Syndrome d’appartenance à un cerveau.groupe par l’homme commercialisé?Occasion de plus pour augmenter les différences entre les gens?D’abord et avant tout “POURQUOI”, pourquoi Alors pourquoi les modes?quoi?Pourquoi le ciel est bleu?Pourquoi vit-on?Ce n’est pas de cela que je veux parler, mes interro- Pourquoi l’amour?J’aime et nous aimons tous gâtions sont plus subtiles.aimer et être aimé.Est-ce une invention de Phomme à l’âge de pierre pour ajouter un sentiment au pro-Pourquoi les religions?Parce que l’homme ne peut cessus d’accouplement?Alors pourquoi l’amour?vivre sans croire?Preuve faite, l’anarchie c’est de croire en rien, mais certains croient en l’anarchie.Pourquoi la guerre, la haine et la vengeance?Est-Est-ce une façon de contrôler la population en se ce à cause des religions, de l’argent, des modes et/ servant du besoin de croire de l’homme?Alors pourquoi les religions?$ Pourquoi l’argent?Une évolution du temps?C’est ce qu’on appelle être civilisé, alors pourquoi cer- ou de l’amour?Je vous laisse y penser, à la prochaine! See-ya-soonü! Le Journal * la flue 4265 Ste-Catberine Est.MtT QC H1U185 • abonnement 20$ août 9? LU TOILE ET LH BRIQUE Julie Gagnon Luc DalpÊ, 38 ans.artiste peintre jonglant auec le pastel et l'acrylique.KasEko.U ans.uétëran du graffiti ayant expérimenté différents médiums.Une rencontre au sommet auec deux artistes de leur temps, même si l'un refuse de se décrire comme tel.gui ont bien uoulu nous faire partager leur uision de l'art et du graffiti.Une conuersation fort intéressante qu'ils ont dirigée de main de maître et que je uous rapporte ici.Luc: Il y a quelques années, pour gagner des sous ou tout simplement pour aller voir ailleurs, je partais peindre et faire du portrait en Beauce ou bien dans les autres régions du Québec.Je me demande comment un graffiteur pourrait faire la même chose?KasEko.Les graffiteurs sont les enfants du béton et ils sont influencés par les villes.Un graffiteur voyage davantage de ville en ville qu’en région.En voyage, son principal intérêt sera de sortir de sa bulle montréalaise, de constater la différence des cultures, c’est-à-dire de voir les sources d’inspiration et les styles des autres graffiteurs.Luc: Si je comprend bien, le trip baluchon, comme moi je le faisais à l’époque, sera plus facile pour toi dans les grosses villes qu’en région?Dessin de Duy Tran Luc: Selon toi, est-ce que les graffiteurs sont les artistes de l’an 2000?KasEko: Dans un sens, oui.Avec le temps, les graffiteurs ont su développer entre eux un grand réseau international dans les métropoles.Un “writer” connaît un autre “writer” qui connaît tel “writer”.et d’une certaine façon, les trains nous permettent eux aussi de voyager.Grâce à eux, l’art se dirige vers la personne au lieu que celle-ci ne se déplace et paie pour voir notre exposition.Il est donc primordial pour nous de sauvegarder le numéro de série puisque c’est la seule chance que l’on a de préserver nos graffitis en entier.Aujourd’hui, les graffiteurs d’expérience savent qu’ils ne faut pas dessiner sur le numéro de série et ils font le tour.De cette façon, les trains ne seront repeints seulement lorsqu’ils changeront de propriétaire.Luc: Intéressant.il y a un certain respect qui s’installe.D’après toi, est-ce que les graffiteurs vont faire la même chose, avec des événements comme “Under Pressure”, que les impressionnistes ont fait il y a 100 ans?KasEko.Jusqu’à un certain point, “Under Pressure” c’est un peu le salon des graffiteurs parce que c’est un événement organisé par des graffiteurs et rassemblant des graffiteurs.KasEko: Premièrement, ce ne sont pas tous les graffiteurs qui se considèrent comme des artistes.C’est la société et le Conseil des arts qui décident si tu es ou non un artiste.Avec le graffiti, tu as un code d’éthique et des lois qui doivent être respectés.Luc: Je sais que les puristes croient que le graffiti sur toiles n’est pas du vrai graffiti.Ça reste à prouver.J’ai l’impression que le graffiti sur toiles va être reconnu dans cinq ou six ans et que les jeunes du Café-Graffiti sont aux premières lignes.Comme toutes les disciplines, maîtriser le graffiti doit prendre plusieurs années.KasEko: Effectivement.Les graffiteurs détruisent quelque chose pour créer d’autre chose.Ils se cachent et se défoncent pour réaliser la plus belle affaire de leur vie.C’est un geste négatif pour la personne à qui appartient l’édifice, mais c’est positif pour le graffiteur qui, inconsciemment ou non, canalise une certaine frustration.Je trouve qu’il y a un beau côté dans le graffiti, même si ça demeure une forme de délinquance.• Le Journal de la Rue 4265 Ste-Catherine Est Mtr JC H 111 1H5 • Abonnement 20$ ?tlol 6, H82 • Août §§ • On abonnement au Journal de la Rue, te donne droit aune carte à puce Bell, çraffifée par dei jeunes du Café-Graffiti.On abonnement au Café-Graffiti te donne droit à un porte-clés du Café-Graffiti, un journal Hip-Hop qui parle des jeunes, fait par des jeunes et pour des jeunes.m Gratuite avec l'achat d'un livre Opération Graffiti ou d'un abonnement au Journal de la Rue Opération graffiti donne le droit de rêver, de rendre le rêve vivant et de le réaliser.L'école de la vie où le qoût d'apprendre transforme le rêve en un avenir rempli de couleurs et d'intensité.i | j* fl 5s 11* 1 « h .¦ i I i *¦ ^ W ‘ ” >• A ] Journal de la Rue 20$ (6 numéros/an) ] Livre Opération Graffiti 20$ Carte à puce gratuite «a—i Q Café-Graffiti S10 ( 4 numéros / an) ] Porte-clés gratuit Ncnru.réu.Adrewe/.VlVie/.Code/ Pouted/.NE ME JETTE PAS PASSE-MOI À UN AMI LE JOURNAL DE LA RUE 4265, Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 Tél.:(514) 256-9000 Fax:(514) 256-9444 Shanne Lefebure Lfl UIE EST UNE SHLOPI J'écris juste pour me défouler.Je me sens mieux comprise que si j'en parle.Dans la société dans laquelle on vit aujourd’hui, j’ai l’impression que personne n’écoute.Tout le monde se fout de tout le monde.Les gens mentent, volent, abusent et s’amusent à faire chier le peuple.On est dans un monde sans respect, on vit sur une terre asséchée du bien et de la joie.Bientôt l’apocalypse, bientôt ce noir absolu parce que le monde n’en peut plus.Un jour tu manges suffisamment et même très bien et après tu es deux semaines sans manger, tu souffres et il n’y a personne pour t’aider.Un monde de souffrance, de violence, de cruauté, de jalousie et d’hypocrisie.Un monde mal fait, soit que tu as vingt “Rolls Royce” dans ton garage, soit que ça fait vingt jours que tu n’as pas d’eau.Je me demande pourquoi c’est comme ça.Pourquoi sommes-nous telle personne dans tel siècle?Pourquoi Dieu n’est plus sur terre?Pourquoi ça nous ar- rive à nous?Pourquoi à moi?Pourquoi le ciel est bleu?Toute une série de questions que tu ne dois pas te poser, mais qui surgissent une à la suite de l’autre lors d’un échec.Ce qui t’entraîne dans un dernier “bad trip”.Des fois on pense trop, des fois pas assez.Des fois on s’en fait trop, des fois on se fout de tout.On se défoule au lieu de se renfermer parce qu’on est révolté.On se fait niaiser, on perd des personnes et des choses de grande valeur.Tout va mal, la vie est une salope.J’aurais le goût de faire un attentat, je tuerais toutes les personnes qui me font chier ou qui l’ont déjà fait, à coup de machette ou de mitraillette.Je ferais couler le sang que la société a besoin pour vivre dans ce monde d’enfer ou encore mettre fin à mes propres jours puisque j’ai aussi fait chier plusieurs personnes.Mais ce n’est que folie furieuse.Pour l’instant, je vais me contenter de rester dans mon coin muette, attristée, sans larme à pleurer et vous écrire ce papier.Je sais que demain est un autre jour et que tout ira pour le mieux puisque ce n’est qu’une phase de la vie.Dessin de Rémi Seers Un monde mal fait, soil que tu as \ ingt "Rolls Royce" dans ton garage, soit que ça lait \ ingl jours que tu n'as pas d'eau.• Le Journal de la Ite 4265 Ste-Catlierine Est.HtT K 611) 185 • Abonnement 214 • llol.6.8'2 • loût « • UNDERGROUND OU RE Eryk Demers Parce que tu me dis de ne pas le faire, j'uais le faire.Parce que t'as profité de ta taille, de ta uoiu plus qraue.de la largeur de ta main, j'uais me souuenir.j’uais me reprendre.Une éducation pincée et poussée au vif.Ce n'est pas une question d’argent ou de bonne situation familiale.C’est un questionnement resté trop longtemps sans réponse.Vint le temps de grandir et de pousser sur l’autre génération.Arrivé à terme, j’suis grand, j’ai la voix grave, j’ai la main large.Te souviens-tu?Aujourd’hui, ce n’est plus important, j’ai juste mal grandi.Peut-être que ça a eu son importance et comme un arbre sans tuteur, j’ai bûché sur mes chaînes.Je me suis débarrassé du piquet qui me retenait à la terre.J’ai connu mes douleurs, une montagne d’accumulations.Quelque chose s’est passé, j’ai arrêté de tout envoyer promener à peu près en même temps.Ce n’était pas conscient, mais prendre la décision et faire le pas qu’il faut.Surtout qu’à force de trop planer, on finit par perdre le nord avec une conscience trop gelée.Et le seul qui a été là pour te ramasser, c’est celui-là que tu ne veux plus qui fasse partie de ta vie.Même après cinq années de disparition, il était là.à bonne distance de ma mire.Pendant ce temps-là, j’ai vécu une pancarte dans une main le jour, une brique dans l’autre la nuit.J’avais trouvé comment m’exprimer.Je venais de comprendre ma voie, le chemin à suivre, celui de la revendica- tion, de l’expression, de la contestation surtout.C’était gratuit pour toi, t’avais qu’à porter ton titre d’autorité et je m’arrangeais pour te déranger.Il n’y a pas de plus belle bombe à retardement que celui à qui tout le monde se confie, qui est le “peace” et le bouffon en même temps, mais qui a une dent contre toi le veston-cravate.Je me suis rendu compte avec le temps que je cherchais cette place au soleil.Qu’à force de bûcher dans la vie, de tout faire pour être différent de tous, je suis parvenu à être à l’image de celui que je voulais être.Il n’y en a pas gros qui te suivent là-dedans parce que t’es le seul ou presque à être aussi fou que ça.Et pour être sûr d’être bien à part, très peu ont connu mes nuits.L’underground ça se vit, ça ne se dit pas.Dire tout haut que t’es dans l’underground équivaut à dire que tu es à la mode et que ta mode c’est de jouer à l’underground.Parce que l’underground n’a pas le temps de se justifier.Parce que l’underground est une coche plus loin que toi.Je ne sais pas dans quoi je suis, mais j’ai en mémoire les choses bonnes et mauvaises que j’ai faites, puis j’en ai assez de ça.Je connais d’autres histoires de personnes qui ont foncé, défoncé même leurs limites.Ce sont des leaders aujourd’hui qui sont respectés.Ce sont parfois même des vestons-cravate.J’aime parfois mè déguiser aussi, mais mon underground à moi maintenant, c’est de pardonner.Je n’ai pas relevé encore ce défi, mais je vais aller au restaurant avec mon père.Ton underground, c’est le piquant de ta vie.pas ton vêtement.Pendant ce temps-là, j’ai vécu une pancarte dans une main le jour, une brique dans l’autre la nuit J’avais trouvé comment m’exprimer.le Journal de la Rue 42S5 Ste-Calherine Est.HIT RC lamelle froment ALCOOLIQUE HOH-flHOHYME Un simple récit peut parfois faire en sorte que l'on se remette en question.Des questions qui ne sont pas sans souleuer beaucoup de poussière au passage.J’ai fait la découverte dernièrement d’une femme encore blessée.Élevée dans l’alcoolisme par un père tantôt agressif, tantôt beaucoup trop affectueux, cette femme est venue vers moi m’exposer un récit dur, duquel elle apprendra beaucoup.L’alcool a brisé sa famille et lui a volé une partie de sa vie.Elle se souvient encore de ces nuits où les pas feutrés tant redoutés avançaient vers sa petite chambre bleue.Elle se souvient des terribles colères et de la fessée haineuse qui s’en suivait.Elle se souvient qu’elle mettait tout en oeuvre pour se faire toute petite, pour qu’on l’oublie.Elle se souvient de ses silences, de ses larmes ravalées et de l’odeur de l’alcool qui flottait en permanence dans cette petite maison de campagne.Son père adultère et cruel, c’est le divorce.Une fin de semaine sur deux, l’enfant qu’elle est doit affronter ce père qu’elle ne dénonce toujours pas.Un jour tout éclate! Son père, qui nie tout, ne déjoue pas Monsieur le juge qui décide que cet homme alcoolique ne peut assumer cette garde partagée.La jeune fille demeure donc avec sa mère, une femme trahie, mais forte.Durant plus de deux ans, l’enfant qui a grandi, n’eut aucun contact avec son père.Cet homme qu’elle méprisait au plus haut point.Cet homme dont elle souhaitait parfois la mort parce que de toute façon pour elle il était déjà mort.Il fuit la vie toutes les fois qu’il ouvre une bière et s’éteint de plus en plus chaque fois qu’il en termine une.Elle nia longtemps que cette ab- sence lui faisait mal.Elle préférait oublier que cet homme avait déjà été un bon père que l’alcool avait noyé avec succès.Elle n’eut donc aucun contact pendant plus de deux ans avec son père, années durant lesquelles sa mère sombra dans une profonde dépression.L’adolecente ne savait plus vers qui se tourner pour ouvrir son coeur, pour crier sa détresse.Elle se créa donc une solide carapace, une véritable armure à l’épreuve de tout et garantie à vie si on veut! La jeune femme devint alors un espèce d’automate sans sentiment, ni émotion.Puis un jour, sorti de nulle part, son père réapparaît.Confusion, frustration, dégoût, mais aussi espérance et joie.Ce paradoxe contenu dans une tempête de questions: Comment vais-je vivre maintenant?Vais-je pouvoir lui parler?Boit-il toujours?M’aime-t-il encore?Ai-je envie qu’il m’aime?Tant d’inquiétude pour se retrouver devant un père imbibé d’alcool et complètement indifférent.Cette jeune fille devint une femme.N’en pouvant plus de cette rancune qui la rongeait comme la rouille, elle prit la difficile décision d’aimer son père malgré tout.Malgré son alcoolisme et son détachement, malgré son incapacité d’aimer en retour.Elle décida de lui pardonner pour se donner une chance d’être heureuse.Pardonner sans demande de pardon, aimer sans retour est encore difficile, mais ça lui permet de guérir, de régler des choses dans sa vie, d’avancer et d’évoluer.Bien que de voir son père se détruire ainsi la rend triste, elle doit apprendre la compassion et toujours se rappeler qu’elle a pris la décision de l’aimer.f \ Elle se créa donc une solide carapace, une véritable armure à l’épreuve de tout et garantie à vie si on veut! La jeune femme devint alors un espèce d’automate sans sentiment, ni émotion.y J • li Jm4 de b liai «H Mitai» isi.Il' le mil» • (Humai » • H f.R • UII • SORTIR OE L'OMBRE Genauièue Bourbonnais Lfi CHUTE Lfl PLUS MORTELLE Ceneuièue Bourbonnais Quand tu as commencé à te droguer Ça te faisait triper La vie devenait belle Comme si tu étais une coccinelle Au commencement, c’est de temps en temps Mais tu as été plus loin Tu as été dans le pétrin Sale vie d’enfer Qui te renvoie par terre Je n’en peux plus Des maudits vendus Maudite vie de misère Ne me laisse pas faire Je n’ai plus le goût de rien Je veux seulement me sentir bien Tu t’es senti libéré, mais en réalité Tu étais emprisonné parce que tu as voulu changer Tu n’as pas dit non parce que tu as trouvé ça bon Mais quand tu es dans le monde réel, Tu as de la misère à te servir de ta cervelle Tu ne sais plus où tu en es rendu Parce que tu te sens perdu Mettre fin à mon stupide passé Débuter ma destinée J’ai peur de demain Je souhaite m’évader au loin Autour de moi tout s’effondre Je ne reste pas dans la pénombre Je veux me confier Mais je suis incapable de parler Et tu en reprends, si tu veux lâcher Tu as de la difficulté Parce que tu es tellement rabaissé Que tu ne peux plus te relever Maintenant, tu es parti dans une autre vie Ct tu as des repords jusqu’à ta mort es choses sans fin Les erreurs que j’ai faites Ont laissé une plaie ouverte Je dois la refermer Avant de tout recommencer Je rêve d’une vie meilleure *» * ^ Je souhaite la fin de mes malheurs Pour cela, il faudrait Que je chasse mes pensées noires à tout jamais Lorsqu’avec moi-même je serai en paix Et gue j’aurai chassé le mauvais Mra vie prendra enfin un sens Dans un monde rempli d’espoir.J’ai pourtant tout tenté Je ne fais que désespérer Mais ça ferait encore plus mal Si c’était le vide total Et pour finir, je vais te dire Que si tu es “accroc” C’est loin d’être beau La chute la plus mortelle Est loin d’être belle.HA?Jj'J Galeries Rive-Nord 100, boul.Brien Repentigny, (Québec) 581-9892 Plaza St-Hubert 6722, St-Hubert Montréal, (Québec) 274-2870 Tours Triomphe 2512, Daniel-Johnson Laval, (Québec) 682-0636 Nouvel Age 1707, St-Denis Montréal, (Québec) 844-1779 ?: 'OMNI ¦ ¦ : ' '!'£ • le Journal de la Rue 4265 Ste-Catherine Est.Httll HIV185 • Éonnement 204 • Vol.6.H*2 • Août 00 • : «mu h/mtHïi* 11»» www» s ~s > MADAME TOUT-LE-MONDE.LE CflFÉ-GHRFFITI ET UH PUHK La peur et Les préjugés sont de fausses ualeurs gui élèuent des barrières chacun de nous.Je suis une Madame Tout-le-monde qui, par bonheur, a mis les pieds dans votre Café-Graffiti.Dieu merci, j’y ai découvert tout un monde qui s’améliore.Il suffit d’un minimum de confiance en eux et d’encadrement et l’évolution va bon train.Je suis très touchée par les articles de cette revue, par le travail des jeunes et par celui des intervenants auprès de ces derniers.Si par crainte ou à cause de certains préjugés, vous n’avez pas encore franchi le seuil de ce café, je vous dis: faites-le et observez bien toutes ces merveilles.Ça vaut la peine de laisser tomber vos vieux préjugés inutiles dans ce monde.Il me reste quand même une peur, celle d’être moi-même jugée.J’aimerais abandonner cette peur d’être jugée pour être capable de capter toute la sensibilité des êtres qui m’entourent et me permette une meilleure communication.Je trouve que ce n’est pas normal de rester si isolés les uns des autres.Alors que le progrès avance à un rythme fou dans la (soi-disant) communication, ça ne reste qu’au point de vue technologique, car que savons-nous des jeunes qui prennent la relève?La peur et les préjugés sont de fausses valeurs qui élèvent des barrières vraiment indésirables pour chacun de nous.Je crois maintenant aux valeurs sûres comme le respect et l’amour qui font de nous des êtres meilleurs.Les jeunes nous dépassent en ce domaine: “La beauté est dans l’oeil qui regarde”.Ce matin, la Madame Tout-le-monde s’en allait travailler.Juste à côté d’elle dans le métro, il y avait un jeune homme avec de très grands pics rouges sur la tête.Pour la première fois, la madame en question le regarde comme il faut et elle a même trouvé ça beau.Quel art cette coiffure, quelle originalité! Elle s’est mise à penser que tout était comme ça.Lorsqu’on voit les qualités plutôt que les défauts, tout prend un autre sens et on arrive à voir d’une façon différente.Cependant la madame s’avoue très maladroite dans la manière d’engager une conversation avec lui.Elle aimerait bien connaître des trucs.Quand un homme accouche.Torn l ti roman humoristique, iino façon do dédramatiser los éxène-ments do la \ io.loin devient un ami.mais aussi un thérapeute qui me ramène constamment à la réalité.I ne communication authentique traitant de la relation Une Madame Tout-le-monde qui vous aime! [près la pluie., le beau temps iVT!:' \'S il* lis .Textes à méditer seul a /i />»• lu pluie.OU .1 (I i SCI! tel ell /c henn h-nipi oroupc.Derrière chacun (les textes se re-Irons eut des an lions que j'axais 1 oubliées de \ i\ re.que 1 refoulées.Si un jour de pluie, une seule de ees petites phrases remonte en toi.elle aura mérité d'être lue.Le Journal de ta Rue 4265 Ste-Catherlne Est.Ntl' QC H1U1K5 - Abonnement 20?40 :ms TRUCS ET ANTIDOTE CDHTRE LES UIRUS "COMMUNICATIONNELS Ceci est un guide ultrasecret qui ne doit être diuulgué à personne.Imaginez-uous si les gens commençaient à se parler! Ça serait l'anarchie totale.Nf USH PUS Cl QUI SMI.Ce message ua s'autodétruire dans la prochaine minute.< • De façon à éviter que les gens se parlent, se comprennent et vivent heureux, des extra-terrestres venus d’une autre galaxie ont brouillé nos communications.Ils ont créé toutes sortes de virus “communicationnels”.Le premier, les préjugés sociaux, nous empêche de connaître les gens par ce qu’ils ont à dire et montre les gens par ce que l’on a entendu dire d’eux.Une façon de nous faire réagir avant même qu’ils commencent à parler.L’antidote: être vigilant et ne pas se fier uniquement à leurs vêtements ou à leurs cheveux.Prenons le temps de les entendre avant de commencer à les juger.Ce virus peut aussi se propager aux handicaps et aux différences physiques.L’antidote: commencer par écouter ce que l’autre veut nous dire et nous apprendre de lui.Le deuxième virus à être créé: la peur.Peur de déranger, de faire rire de soi, peur de sa réaction.Ce virus nous fige sur place, nous paralyse.L’antidote: osons prendre le risque de commencer la conversation.Pour réussir une expérience de communication avec le voisin, il faut passer à l’action, oser prendre un risque.Le risque qu’il ne veuille pas nous parler, de lui faire peur, de se faire juger, de faire rire de soi et j’en passe, mais le risque en vaut la chandelle.Dites-vous que la vie n’est qu’un grand jeu et qu’il faut expérimenter.Apprenez à dédramatiser les événements de la vie.Au pis aller, ça vous fera une expérience cocasse à raconter à vos amis.Le troisième virus est l’idée que notre interlocuteur est un deux de pique, qu’il ne peut pas nous répondre intelligem- ment, qu’ il ne communique que par la violence.L’antidote: faisons confiance à l’autre pour prendre sa place et faire le reste.La communication se fait à deux.Faites votre bout de chemin et l’autre s’arrangera pour faire le sien.Yt» Dessin de Duy Tran Le quatrième virus a été injecté à celui à qui l’on veut parler.Si nous avons été infecté par le peur de lui parler, lui il a été contaminé par la peur qu’on lui parle.Ce virus engendre toutes sortes de questions, d’affirmations et de paranoïas qui brouillent la communication.Pourquoi veut-elle me parler?Je suis sûr qu’elle veut rire de moi ou qu’elle veut appeler la police.C’est impossible qu’on veuille me parler pour ce que je suis, elle a sûrement une idée derrière la tête.Pour brouiller encore plus nos communications, les extra-terrestres ont codé le langage de nos universitaires spécialisés en communication.Ils traduisent ce qui vient d’être dit en un discours incompréhensible tel que: “Une bonne communication exige de posséder un certain nombre de qualités essentielles: rester soi-même, être honnête et naturel, ne pas juger l’autre et être à son écoute, parler des vraies affaires qui nous tiennent à coeur.”.La minute s’est écoulée, le message est détruit.Note de l’auteur: Je suis content que l’on se rapproche de l’an 2000 et que certains “capotent” sur la fin du monde.Ça me permet de m’amuser avec des textes comme celui-ci.Je n’aurais jamais pu développer ce style littéraire si la peur de l’apocalypse n’avait pas existée.A chacun de vivre sa fin du monde à sa façon.tal de ta Rue 4265 Ste-Catherine Est.MU' QC H1U1R5 • Abonnement 204 Août 00 „823-9467 Députée de Bourget, ministre d1 État au Travail et à l'Emploi, ministre du Travail et ministre responsable de l'Emploi 5878, rue Sherbrooke Est, bur.203 Montréal (Québec) H1N 1B5 Téléphone : (514) 251-8126 Télécopieur : (514) 251-1064 Courriel: comte@travail.gouv.qc.ca Doris Morris Attachée politique L'RPOCHLYPSE DU CHFÉ-GRHFFIT Si uous pensez que le bogue de l'on 2000 est une préoccupation au Café-Graffiti oubliez ça.la peur de l’apocalypse et de toutes sortes de "beubittes extra-terrestres” sont encore pires que le petit dérapage électronique préuu pour la fin de l’année.Pendant que Fred n’arrête plus de nous casser les oreilles pour nous convaincre que la fin du monde est arrangée par quelques familles de gros bonnets, Mac a sorti sa bible pour vérifier les passages sur l’apocalypse.D’autres pensent que c’est une gang d’extra-terrestres qui tire les ficelles.Christian se bouche les oreilles: il en a assez entendu.La religion pour lui c’est personnel et il ne veut plus rien entendre de tout cela.Les sociologues appellent cela le millénisme, ce malaise d’une société qui doit affronter un changement de cap comme un centenaire ou un millénaire.Faut dire qu’on est pas choyé pour ce passage à l’an 2000.Si les informaticiens n’avaient pas fait cette petite erreur avec leur puce “je-ne-sais-plus-quel-numéro”, possible que le monde aurait moins “capoté” avec la venue de l’an 2000.Les informaticiens veulent nous vendre une révision pour nos ordinateurs, les nouvelles n’arrêtent pas d’en parler, les banques tentent de nous rassurer en disant que leur institution bancaire est sécuritaire (ils veulent éviter que tout le monde retire leur argent en même temps, ce qui risquerait d’entraîner un krach boursier comme en 1929).Même la Croix-Rouge en profite pour nous faire parvenir ses consignes de prévention pour le passage à l’an 2000 (voir page 22).Moi, je n’ai qu’un message à vous faire part pour l’arrivée de l’an 2000.Continuez de vivre comme vous le faisiez le jour avant et comme vous le ferez le jour après.Comme on dit dans les “meetings” des Alcooliques Anonymes, vis ta vie un jour à la fois, tu en as assez comme ça pour te tenir bien occupé.Mis à part cette frénésie quelque peu dérangeante, les artistes du Café-Graffiti se préparent pour une autre saison plus que remplie.C’est le temps de faire vos provisions de toiles de ces artistes.Avec ce qu’ils nous préparent pour la deuxième moitié de l’année 99, je vous garantis que les prix de leurs toiles vont monter en flèche pour le passage à Plusieurs de ces artistes seront reconnus officiellement comme artiste professionnel et semi-professionnel.Une dizaine d’artistes vont obtenir leur lettre de noblesse en 1999! Une quarantaine de toiles sont déjà vendues et certains artistes vendent leurs toiles avant même de les terminer! En ce qui concerne le break-dancing, ça continue de danser sur la tête et sur les mains au Café-Graffiti, question de se garder en forme pour les prochains événements.Johnny Walker, un membre du Montréal Tactical Crew, a commencé à donner des cours de break.Vous pouvez l’appeler au Café-Graffiti pour plus d’informations.Steve a obtenu quelques contrats de chandails (La Garnie, la Table métropolitaine de graffiti et d’affichage sauvage) et il nous prépare de grandes nouveautés pour cet été.Pendant que Francis fait de la peinture en cachette chez lui, Mice a trouvé un emploi.Après une période d’absence, Martin a repris ses responsabilités et a récupéré sa clef du local (félicitations!).Pendant que Sylvain panique à l’idée de retourner à l’école en septembre, Éryk veut se faire reconnaître comme journaliste du Journal de la Rue et il cherche à comprendre pourquoi ça lui coûte de l’argent à chaque fois qu’il parle à Raymond.Paul est en train d’installer la page WEB du Journal de la rue et du Café-Graffiti.Ça s’en vient.Mac nous prépare un spectacle de Rap pour le Grand Show du 18 août à la place Hydro-Québec pendant que Shanne organise un défilé de mode Hip-Hop-graffiti-break-dancing-peinture.Du j amais vu évidemment.Pour plus de scoops sur ce qui s’en vient, restez en contact avec DJ Harvey, un espion qui a sa chronique dans le “Journal de la Rue” et dans le “Spécial Café-Graffiti”.Continue/ de \ i\ re comme \ous le faisiez le jour axant et comme \ ous le ferez le jour après.l’an 2000. LU FIERTÉ D’RUOIR UN TRRURIL UU Raymond Uiger Une marche contre la pauureté se met en branle sur Sîe-Eatherine dans Hochelaga-Maisonneuve.Trois cents manifestants reuendiquent.Dans la foule, un homme qui approche la cinquantaine regarde curieusement.Victor, un immigrant arrivé du Kazakhstan depuis quelques années, est un artiste professionnel avec près de 30 années de métier.Il questionne Luc, le directeur artistique du Café-Graffiti, sur le sens de cette marche.Dès qu’il comprend ce qui se passe, il se tourne vers sa fille Olga qui vient d’arriver au Québec.Il lui parle en russe et termine comme suit: “Eux pas travail, pauvreté.Toi tu as travail, alors va travailler très fort.” J’ai vu ces immigrants travailler sur des programmes d’employabilité.Victor devait faire 20 heures par semaine pour recevoir 30$.Toujours souriant, il se présentait au travail 40 heures par semaine pour ce même 30$ ! S’il avait à s’absenter pour aller à un rendez-vous, il nous demandait timidement la permission! Jamais il n’a critiqué son travail.Un artiste professionnel avec près de 30 ans de métier.Tous les matins, il commençait par passer le balai et nettoyer le local.Malgré le bruit, la cohue et les conditions de travail, jamais il n’a cessé de dessiner et de s’impliquer.Aujourd’hui, il travaille au salaire minimum avec sa fille.Il est fier d’avoir un emploi et de pouvoir s’impliquer.Cette fierté, il l’enseigne à sa fille.Son poste, nous l’avions déjà offert à d’autres.Des gens qui ne veulent pas travailler dans n’importe quelle condition, des gens qui ne sont pas prêts à faire n’importe quoi ou de travailler au salaire minimum.L’échelle de valeur est différente selon le vécu de chacun.Aujourd’hui, nous décrochons d’intéressants contrats.À qui croyez-vous que nous allons les offrir?Autoportrait de Victor Panin Guide d’intervention de crise auprès d’une personne suicidaire Pour les aidants naturels, parents et intervenants.Un guide simple et pratique pour démystifier le suicide, les deuils, les signes précurseurs, la crise et le processus suicidaire, notre rôle et notre responsabilité dans l’intervention et les limites de celle-ci.Au coût de § $ plus 1,25 $ pour les frais d’envoi.Communiquez avec Le Journal de la Rue 4265 Ste-Catherine Est Montréal, Québec HIV 1X5 Tél.: (514) 256-9000 Fax: (514) 256-9444 uS©11© Internet Service Provider Weather , sports, horoscopes, chat and olassi lieds • • .Now all within TotallTet * s web site.lata mot uou fax aa law u n.tS/uMk S«k kKk »»••* aoaaaa a* no a4d.lt 1 anal out m*s41jr, bllinwual «iMt«a>r W»ort MU sw.lt» ai oomio aortaar* ,/¦ a»»ltant1©»» saay ta 1natal1 •aftwmx» VY W Y Y total .net Journal de la Rue 428 5 Ste-Catherine Roi.6.W Pendant trois longues années, cette famille a été séparée Eryk Demers et Raymond Uiger Séparée de son père Victor et de son frère Yvan, Olga Panina vient d’arriver du Kazakhstan (ancienne république soviétique) avec sa mère.Pendant trois longues années, cette famille a été séparée.C’est le prix à payer lorsque des difficultés économiques surviennent dans notre pays et que l’on envisage d’immigrer.Parfois les sacrifices à faire sont nombreux.Olga croyait qu’un an serait suffisamment long pour faire le point sur ce nouveau rythme de vie.La nostalgie de tout ce qu’elle a laissé derrière elle est encore présente.“Les conseils n’aident pas dans ce genre de situation.C’est de l’accepter et de trouver le bon côté à cela.” Lorsque Victor et son fils ont quitté Almaty, la capitale du Kazakhstan, pour venir s’installer au Québec, Yvan n’avait qu’onze ans.Olga reste seule avec sa mère, ayant à vivre le deuil de cette séparation familiale.Trois ans plus tard, pour retrouver sa famille rendue au Québec, elle doit quitter tous ses amis et son milieu natal.“Tu n’aimes pas dire adieu quand tu sais que c’est pour beaucoup de temps”.A son arrivée, Olga ne reconnaît même plus son frère.Il a tellement changé.Yvan parle maintenant une nouvelle langue, le français, tandis qu’Olga ne parle que le russe.Pendant les premiers mois de son arrivée, elle laisse le pain sorti pour le faire sécher.Elle ne s’est pas encore habituée à manger du pain frais.Le pain sec que nous jetons, c’est le pain qu’elle était habituée de manger au Kazakhstan.Olga n’est pas au bout de ses peines.Elle qui est une artiste doit abandonner son art pour se consacrer rapidement à l’apprentissage du français.C’est la seule façon de faire pour travailler et s’impliquer dans une nouvelle société qu’elle ne connaît pas encore.Son père pratique une forme de vitrail qui n’existe pas au Québec; Olga pratique une sorte de tissage de tapis qui lui non plus n’existe pas au Québec! Ses habitudes de vie sont complètement bouleversées et sa mère demeure la seule référence qu’elle a pu conserver à travers tous ces changements.Depuis, Olga s’est faite une amie, Maria.Celle-ci, née en Russie, est arrivée au Québec avec ses parents il y a moins de deux ans.Maria et Olga ont développé une grande amitié dans le soutien et la compréhension.Ces expériences de vie les ont fait grandir énormément.Olga et son père Victor travaillent maintenant pour le Café-Graffiti.Ils pratiquent différentes formes d’art, telles que la peinture, le airbrush et le feutre, dans lesquelles ils excellent.Ils apprécient la chance qu’ils ont de pratiquer leur art, même s’il est différent de ce qu’ils faisaient avant.Bien qu’Olga reste humble, son témoignage démontre de sa maturité et de sa volonté à prendre sa place au soleil.Bienvenue au Québec Olga et Victor.Bonne chance dans votre nouvelle vie auprès de votre famille qui est aujourd’hui à nouveau réunie.Le pain sec que nous je* tons, c’est le pain qu’elle était habituée de manger au Kazakhstan. Que c'est beau d'auoir un ordinateur chez soi.De .faire ses trauaun.jouer à des jeun et faire des recherches sur Internet, mais quand uient le temps de se débarrasser de ses uirus.c'est loin d'être drôle! Avec Internet, on peut faire n’importe quoi et on peut attraper n’importe quoi.On peut télécharger des jeux, des photos de vos acteurs ou de vos actrices préférés et même des virus.J’en ai attrapé un dernièrement et ça m’a apporté beaucoup de problèmes.Je vous raconte.Quand j’ai acheté mon ordinateur, je ne faisais pas très attention à ce que je faisais.J’empruntais et j’achetais des jeux “crackers” à mes amis.Ces jeux étaient bourrés de virus dont des plus dangereux: le Win95CIH et le PeCIH de la famille des “Spacefilled”.Le CIH, qui^p^ a été créé pour commémo-^^ rer Tchernobyl, sommeille dans votre ordinateur et se réveille le 26 de chaque mois.J’ai appris que je l’avais cinq jours avant le 26, ce qui m’a permis de sauver mon ordi.Qu’a-t-il de si spécial?Le CIH efface vos dossiers, ralentit votre système et diminue la capacité de votre disque dur.Tôt ou tard, il s’attaque à votre BIOS, la carte maîtresse, et s’il n’est pas protégé en écriture, vous ne pouvez plus accéder à votre ordinateur! J’ai eu ce virus dans mon ordinateur pendant un bon bout de temps avant qu’il ne se manifeste et, sans le savoir, j’ai prêté mes jeux et mes disquettes infectés à mes amis.Ces derniers n’avaient pas de bon antivirus et ont pu dire adieu à leur ordinateur.Si vous n’avez toujours pas d’antivirus, il est grand temps de vous en procurer un, car le bogue de l’an 2000 sera peut-être également causé par une épidémie de virus sur Internet.Un petit conseil en terminant, débranchez-vous de l’Internet entre le 31 décembre prochain et le 2 janvier 2000, car mieux vaut prévenir que guérir.Comment savoir si votre ordinateur a attrapé un virus?*.Des signes comme ceux-ci peuvent apparaître: Dessin de Duy Tran cgb Problème de démarrage; “Erreur fatale” est inscrit lors du lancement de Windows; Vos périphériques (imprimante, scanner, etc.) mettent du temps à répondre; Vous n’avez plus accès à vos logiciels de travail ou à vos jeux; Votre souris ne fonctionne plus, etc.Comment faire pour l’éliminer?Procurez-vous au moins un bon antivirus; Télécharger le tueur de CIH au site de Norton
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