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Titre :
Le journal de la rue
Le Journal de la rue regroupe des textes d'information et des témoignages touchant des sujets souvent occultés par la société tels la toxicomanie, la prostitution, la violence et la criminalité, tout en proposant des ressources utiles.
Éditeur :
  • Montréal, Qç :[Le journal de la rue],1993-2003
Contenu spécifique :
Vol. 3, No 2
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Références

Le journal de la rue, 1996, Collections de BAnQ.

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mmm J-151 ! JOURNAL DE LA RUE SIBILISER POUR MIEUX VIVRE! VOL.3, N" 2, 1996 BNQ MARIE CARMEN VISITE LES JEUNES DU JOURNAL P.11 PROCHAIN NUMÉRO: LE RACISME HISTOIRE D’UN VIOL p.4 MYTHES ET RÉALITÉS SUR LE VIOL p.6 VIOLENCE ET HARCÈLEMENT SEXUEL p.8 L’EDUCATION PREVENTION AUX ADULTES p.9 ET VOYEURISME P.19 L’AMOUR p.îo COURRIER p.14 THÉRAPIE DE PARTAGE p.16 HEROS DE PRISON p.20 L’ESCALADE DE LA VIOLENCE P.21 LETTRE A UN SUICIDÉ p.22 LE BON DIEU DANS LA RUE P.23 LE JOURNAL DE LA RUE est un journal de sensibilisation aux difficultés des jeunes touchés entre autres par la drogue, la prostitution et la tendance suicidaire.Il s’adresse aux jeunes aussi bien qu’aux adultes qui désirent être mieux informés et améliorer la qualité de vie de notre société, car en connaissant les différentes facettes de ces phénomènes sociaux il est plus facile de se faire une opinion objective. EDITORIAL LE JOURNAL DE LA RUE est un journal de sensibilisation et d’information.Nous aimons y parler des jeunes qui fuguent et de sujets quelque peu tabous comme la drogue, la prostitution et le suicide.Nous voulons faire connaître les diverses ressources disponibles qui peuvent aider et servir à intervenir, en créant un pont d’entraide entre intervenants et jeunes.Le journal est distribué aux jeunes sur la rue, aux maisons d’accueil ou d’intervention, et en atelier.LE JOURNAL DE LA RUE est un organisme sans but lucratif non subventionné.Toute contribution financière nous permettra de poursuivre notre but: être présent et soutenir ceux qui en ont besoin.Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada La reproduction totale ou partielle des articles est autorisée, à la condition d’en mentionner la source.Nous aimons recevoir vos commentaires, votre vécu.Ne vous gênez pas pour nous écrire: textes, dessins pour publication éventuelle.LA PRÉVENTION; AUGMENTER LA PRÉSENCE D’ADULTES RESPONSABLES ET SIGNIFICATIFS Nous sommes à l’aube d’une réforme scolaire et sociale importante.Plusieurs institutions, teilles que toujours connues, ne pourront pas traverser le cap de l’an 2000 sans faire peau neuve.Parmi ces changements à l’étude, nous retrouvons l’idée de garder les jeunes à l’école plus longtemps pour rencontrer les exigences d’une société où, souvent, les deux parents sont absents de la maison et ne peuvent y accueillir l’enfant lorsque celui-ci termine entre 15:00 et 15:30.En augmentant le nombre d’heures de présence du jeune à l’école, nous réussirons peut-être à diminuer le nombre de jeunes qui se promènent avec la clef de la maison attachée au cou.Reste à savoir maintenant quelles seront les activités auxquelles nous pourrions donner priorité durant ces heures supplémentaires.Les activités sportives et culturelles ont toujours leur place, une façon d’aider le jeune à se découvrir par le jeu et l’expérimentation, d’augmenter ses points d’intérêts.Nous aurions peut être la chance d’implanter une nouvelle approche dans l’ensemble de nos écoles.Si nous prenons une seule de ces nouvelles périodes hebdomadaires pour faire un groupe de dialogue pour les jeunes.Un temps où ils auraient le droit de parler, de s’exprimer, un temps qui leur appartient et où un adulte se rend disponible pour écouter ce groupe.Nous pourrions être surpris des sujets de conversation qui pourraient en ressortir: la guerre dans le monde, l’environnement, la violence qui nous entoure, les «gangs», la drogue, la mort, le suicide.Cela peut devenir un lieu privilégié pour accompagner les jeunes, leur offrir un temps de relation d’aide et d’écoute.Une prévention sur l’ensemble des problématiques sociales en suivant leur rythme, leur besoin.La dynamique de groupe est très efficace et peut permettre de créer de nouveaux liens dans le groupe de jeunes, favorisant une meilleure ambiance dans les écoles.En augmentant la capacité du milieu naturel à cerner leurs besoins et leurs problèmes on pourrait ainsi créer un réseau naturel pouvant supporter les jeunes qui traversent des périodes difficiles.Il est évident qu’un animateur spécialisé dans l’écoute de ces groupes deviendra rapidement un adulte responsable et significatif pour plusieurs de ces jeunes, un modèle pour d’autres.Vous vous imaginez cet adulte, étant à l’écoute de 20 classes de 30 jeunes par semaine, établissant ainsi des liens significatifs avec 600 jeunes dans la même école! Une bonne partie de la prévention de la toxicomanie, du suicide, des «gangs», des MTS-Sida, etc., pourrait y passer.Je rêve du jour où tous les jeunes de notre société auront un adulte responsable et significatif à leur portée.Une façon où, malgré tous les facteurs de risque qui pourront entourer un jeune, nous saurons offrir un renforcement de leur facteur de robustesse.Ces jeunes deviendront les moteurs d’un changement social profond et continu.Raymond Viger Si vous désirez recevoir LE JOURNAL DE LA RUE, veuillez nous faire parvenir vos coordonnées avec votre chèque ou mandat (20 $ pour 6 numéros).Toute autre contribution sera grandement appréciée: 25 $ 50 $ 100 $ ou autre:__________ Payable à l’ordre du JOURNAL DE LA RUE C.P.180, Suce.Beaubien Montréal, Qc H2G 3C9 2 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl.Qc H2G 3C9 Coordination et rédaction Raymond Viger Collaboration Marie Carmen Père André Durand Sonia Preston B.G.Raymond Audet Denis Marquette Isabelle Sauvage Daniel Roy Normand Gagné Ingrid Théberge Christian L’Archevesque Danielle Simard Serge Daigneault Patrice Cormier Père Emmett Johns Distribution Père André Durand: Montréal et région Raymond Viger: Montréal et région Christian L’Archevêque: Montréal Danielle Simard: Jonquière, Chicoutimi Raymond Audet: Drummondville Design et infographie Johanne Beaudoin Merci à tous nos bénévoles Membre Pour réserver un espace de commandite contactez-nous au: (514) 498-4230 Abonnement : 20 $ RESSOURCES Dndas îéçrts te luébec • CONFÉRENCES-ÉCHANGES • ATELIERS • FORMATION À LA PRÉVENTION DU SUICIDE • PHÉNOMÈNES SOCIAUX: • TOXICOMANIE • SEXUALITÉ • VIOLENCE ET AUTRES À MONTRÉAL OU EN PROVINCE CONTACTEZ: RAYMOND VIGER (514) 498-4230 Nos souffrances, nos difficultés sont comme un feu intérieur qui nous gruge tranquillement par l’intérieur.Je peux décider de rester seul et de m’isoler dans mon vécu ou je peux décider de faire un premier pas pour trouver une aide qui peut m’écouter, me supporter dans ma recherche de solutions.Il arrive parfois qu’on attende que le brasier ait tout brûlé avant d’appeler les pompiers.On peut aussi faire de la prévention et appeler dès que survient en nous la première question, le premier doute.Arrêtons de jouer au «Superman» et à la «Superwoman» et profitons d’une des plus grandes richesses que le Québec possède: un réseau d’entraide qui est sans doute un des mieux développés au monde.Des centaines de milliers de bénévoles et de gens sensibilisés à ta souffrance peuvent te répondre, et pour certains, 24 heures sur 24, 7 jours semaine.C’est gratuit et confidentiel.On y attend chaleureusement ton appel.SIDA • Info Sida: (514) 281-6629 et 282-9888 • Info M.T.S.Sida: 1-800-463-5656 • Coalition des organismes communautaires Québécois de lutte contre le Sida (C.O.C.Q.-Sida): (514) 844-2477 • Comité des personnes atteintes du VIH du Québec (CPAVIH): (514) 282-6673 VIOLENCE • Centre National d’information sur la violence dans la famille: 1-800-267-1291 • Association des ressources intervenant auprès des hommes violents: (514) 279-4602 • Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS): (514) 934-4504 • Centre d’aide aux victimes d’actes criminels: (514) 277-9860 • SOS Violence conjugale: 1-800-363-9010 • Centre d’agression sexuelle: (514) 934-4504 • Groupe d’aide et d’information sur le harcèlement sexuel au travail: (514) 526-0789 TOXICOMANIE ET URGENCE • Drogue aide et référence: (514) 527-2626 et 1-800-265-2626 • Centre antipoison: 1-800-463-5060 • Info-Santé (514) 275-7575 MOUVEMENT D’ENTRAIDE ET DE FRATERNITÉ Vous pouvez appeler pour connaître le lieu et l’horaire des prochains «meetings».Il y en a dans plusieurs villes à travers le Québec.Ça peut être une excellente occasion de se promener en visitant une salle de meeting.De plus certaines fraternités organisent des rencontres régionales et provinciales.Pour les occasions spéciales, au lieu d’une occasion de rechute, il y a des possibilité de participer à des événements sportifs et socioculturels.L’abstinence ne veut pas dire qu’on doit s’attacher à une chaise et mourir d’ennui.L’abstinence c’est aussi un rétablissement pour redécouvrir la vie sous un nouveau jour, un nouveau sens.On peut «triper» sans drogue, sans alcool, sans dépendance.Tu peux venir voir, juste par curiosité.C’est gratuit et évidemment anonyme.• Gamblers Anonyme: (514) 484-6666 • Pharmacomane Anonyme: (514) 852-9329 • Alanon et Alateen: (514) 866-9803 • Héroïnomane Anonyme: (514) 385-1433 • Narcotique Anonyme: (514) 525-0333 • Cocaïnomane Anonyme: (514) 932-5555 • Alcoolique Anonyme: (514) 376-9230 CENTRE DE L’ÉCOUTE: (418) 695-7287 (Région du Saguenay) Le Centre de l’écoute accueille les personnes ayant ou ayant eu dans leur entourage une personne alcoolique ou toxicomane active, abstinente ou en voie de réhabilitation; ainsi que l’alcoolique ou le toxicomane abstinent, désireux d’approfondir sa démarche.Intensif et retraite disponibles.Contacter Lyne Tremblay.Les dons permettent d’accueillir plus de gens.3 JOURNAL DE IA RUE Vol.3, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mil, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ HISTOIRE DE VIOL Le choix est entre nos mains et notre futur dépend en grande partie des choix que nous faisons dans le présent.Même si nous n’avons pas toujours le contrôle sur les circonstances de notre vie, nous avons la capacité de choisir nos réactions face aux événements qui se présentent.Dan Millman (Les Lois de l’Esprit, Éditions du Roseau) Une journée de travail comme tant d’autres.Je suis tannée de travailler dans un bureau, j’ai besoin de prendre l’air, de faire autre chose que de me retrouver devant mon dactylo.Je travaille maintenant comme aide sur un camion de déménagement.Ce qui fait la particularité de mon nouveau poste, c’est que je suis une femme.Les gars se moquent de moi plus souvent qu’à mon tour, mais je vais leur montrer que je suis capable d’en prendre et de faire l’ouvrage.Le chauffeur de notre camion me connaît bien.Il m’a même aidée à avoir ce travail.C’est un copain que je connais depuis plusieurs années.Tout en travaillant, on parle de nos petits problèmes, de ce qui ne tourne pas rond.Depuis un certain temps, j’ai de la difficulté à m’entendre avec ma colocataire.Il arrive que celui-ci me reconduise à mon appartement.Question de le remercier de sa gentillesse et d’être moins seule avec ma colocataire, je l’invite à monter pour souper et passer une partie de la soirée avec moi.Je remarque maintenant que les farces et les commentaires de ce chauffeur ne font que détériorer encore plus ma relation avec ma colocataire.J’ai su qu’il lui arrive de lui téléphoner.À chacun de ces appels, sans trop savoir ce qu’il dit de moi, ma relation devient de plus en plus difficile avec ma colocataire.Cette journée-là, à l’entrepôt, les autres gars se moquent encore plus de moi.Je travaille plus fort que les autres jours.Dans le genre de travail qu’on fait, un chauffeur d’expérience sait comment, discrètement, faire travailler plus fort son aide.Comme par hasard, la journée est très chaude et très humide.Pour le dîner, comme un copain compatissant, il est très généreux sur la bière qu’il m’offre.«Ça va te faire du bien avec cette chaleur là et ça va tefaire oublier ta colocataire.» Je remarque qu’il ne cesse, toute la journée, de me parler d’elle.Malgré sa compassion il ne fait que m’irriter tout au long de la journée.Je suis à fleur de peau; je pleure dans le camion.Il en profite pour me serrer dans ses bras et me réconforter.Le soir venu, face à mon appartement et devant mon hésitation à entrer voir ma colocataire, comme un grand sauveur, un vrai copain, il m’offre de venir coucher à son appartement, le temps de me refaire des forces avant d’affronter ma colocataire.Arrivé à son appartement, pendant qu’il me prépare un copieux repas fortement arrosé, je prends une douche bien méritée.Il me prête une robe de chambre pour éviter que je remette les mêmes vêtements.Comme par hasard, c’est la soirée où il fait son lavage; il m’offre de laver mes vêtements.Dans le courant de la soirée, ces remarques sont un peu plus osées.Il s’avance vers moi une première fois; je lui dis que je ne suis pas intéressée.La deuxième fois, je le repousse.La troisième fois, en le repoussant, je lui dis que, s’il recommence, j’appelle la police; il rit aux éclats.La quatrième fois je fige et il me fait l’amour.4 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ > I Nourrir ceux qui ont faim, pardonner à ceux qui m’insultent et aimer mon ennemi, voilà de nobles vertus.Mais que se passerait-il si je découvrais que le plus démuni des mendiants et que le plus impudent des offenseurs vivent en moi, et que j’ai grand besoin de faire preuve de bonté à mon égard, que je suis moi-même l’ennemi qui a besoin d’être aimé?Que se passerait-il alors?Cari Jung Face à ma confusion devant ces événements, l’expérience se reproduit au point où tous pensent que nous sortons ensemble.Je me suis toujours pensée très forte physiquement et psychologiquement, mais dans cette période-ci, j’ai l’impression d’être si fragile et vulnérable.J’ai mis une année pour m’en remettre.C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que je n’étais pas consentante aux événements.C’est encore confus à savoir si je peux parler de viol ou non.Chose certaine, je reste avec un profond sentiment d’avoir été manipulée et abusée.D.L.Ce chauffeur pense vraiment qu’il a eu une relation amoureuse avec D.L., comme le confirme son témoignage.«C’était pour lui rendre service bien plus qu’autre chose; elle était si déprimée.Il fallait bien que quelqu’un s’en occupe; j’ai toujours été de service pour aider les autres.C’est une vraie nymphomane, tout le monde le sait; je lui ai fait l’amour pour la consoler, pour la sortir de son isolement.Elle n ’était vraiment pas mon genre et ça aussi, tout le monde le sait.» Dans la confrontation il partait en riant aux éclats.Des histoires similaires se sont reproduites avec d’autres femmes.Il avait réponse à tout pour prouver qu’il est un grand sauveur.Jusqu’à présent, aucune prise de conscience n’a été faite.J’ai l’impression qu’il croit réellement qu’il fait l’amour aux femmes qu’il connaît pour leur rendre service.Dans tous les cas, c’est tout l’environnement de la victime qui est préparé.Celle-ci se retrouve isolée et confuse.L’intervenant du chauffeur Changer le contenu de certaines boissons alcoolisées, faire consommer des médicaments, du hachisch, trafiquer l’alimentation pour profiter de l’hypoglycémie d’une connaissance, profiter d’un faiblesse physique ou psychologique, d’un instant de vulnérabilité, préparer un peu trop le terrain.Quand tout cela se fait à l’insu et sans le consentement de la personne concernée, c’est cela qu’on appelle le viol par un ami.Le viol par un ami représente 80 % des agressions sexuelles.Raymond Viger «Vous ne pouvez pas être “moitié-moitié”.Vous êtes soit coupable ou non-coupable.» 5 JOURNAL DE LA RUE Vol.3.N" 2 .C.P.180, Suce.Beaubien MÜ.Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ MYTHES ET RÉALITÉS SUR LE VIOL Comme tout phénomène social, le viol voit sa réalité déformée par une série de préjugés que nous nous créons pour mieux le cacher ou l’étouffer.Nous reprenons ici quelques-uns de ces mythes suivis, en caractères gras, de la réalité que nous avons encore de la difficulté à regarder en face.Ce texte est publié grâce à la participation financière de la ministre d’État de l’Emploi et de la Solidarité, ministre responsable de la Condition féminine, ministre de la Sécurité du revenu, de la Jeunesse, de la Famille et de l’Action communautaire autonome: Mme Louise Harel Gouvernement du Québec • Quand une femme dit non, elle veut dire oui.• NON c’est NON! Sans son consentement, c’est un viol.• Les plus dangereux sont les étrangers.• La plupart des viols (80 %) sont commis par quelqu’un qui connaît la victime et qui est connu d’elle.• À cause de quelques incidents violents qui ont été montés en épingle, le problème du viol a été grandement exagéré.• Chaque année en Amérique du Nord, des hommes violent des femmes, des hommes, des filles et des garçons par millions.• Le viol est le résultat d’un désir sexuel incontrôlable.• Le viol est un acte de violence criminelle où le sexe devient une arme.Les hommes violent pour exprimer leur haine et/ou pour dominer.• Les femmes mentent souvent lorsqu’elles prétendent avoir été violées.• On ne compte que 2 à 4 % de faux cas de viol, soit le même taux que pour les autres crimes.• Le caractère unique du mariage fait qu’un mari ne peut violer «sa» femme.• La relation sexuelle sans consentement constitue un viol.Un contrat de mariage n’est pas un permis de viol; il n’enlève pas l’obligation de communiquer et de s’assurer du consentement.• Seuls les cols-bleus, les pauvres et les hommes peu scolarisés commettent des viols.• Le viol est le fait d’hommes de toutes les classes économiques, qu’ils soient médecins, avocats, professeurs, thérapeutes, juges, religieux, policiers, comptables ou gérants.• Les hommes qui violent d’autres hommes (y compris des garçons) sont des homosexuels.• La plupart des hommes qui violent d’autres hommes sont hétérosexuels.Certains hommes qui doutent de leur propre masculinité s’attaquent ensuite à des «gais».Leur agression est motivée par la haine et la recherche du sentiment de domination sur les autres.\ • Les hommes ne sont pas violés.• Un garçon sur cinq sera agressé sexuellement avant l’âge de 18 ans.Des individus de sexe masculin sont violés chez eux, dans les prisons ou sur la rue.6 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ J’ai demandé à des hommes: «Pourquoi avez-vous peur des femmes?» Ils ont répondu: «Nous avons peur qu’elles rient de nous.» J’ai demandé à des femmes: «Pourquoi avez-vous peur des hommes?» Elles m’ont répondu: «Nous avons peur qu’ils nous tuent.» Margaret Atwood • La plupart des viols sont commis par une race sur une autre, par des hommes de race noire qui violent des femmes de race blanche.• Ce préjugé encourage le racisme dans notre société.Seulement 13 % des viols sont commis par une race sur une autre.De ce nombre, davantage sont perpétrés par des hommes blancs contre des femmes noires.• L’homme «normal» moyen ne viole pas.• La plupart des viols sont commis par des maris, des pères, des membres de la parenté, des amis, des «chums», des compagnons de classe ou de travail.• Un homme ne peut rien faire contre le viol.• Chaque jour offre une occasion de transformer et de désamorcer les attitudes qui encouragent le viol.Parce que ce sont les hommes qui violent, la responsabilité nous incombe de mettre un terme à nos comportements sexistes et à ceux des hommes de notre entourage.• Deux personnes ont une relation sexuelle: lui, il n’a pas demande, elle, elle n’a pas dit non.Il ne s’agit sûrement pas d’un viol.• L’absence de réponse à une question qui n’a pas été posée ne constitue pas un consentement.La soumission n’est pas un consentement.Une relation sexuelle sans consentement peut devenir un viol.• Un homme peut deviner au langage corporel d’une femme si celle-ci désire une relation sexuelle.• Interpréter la signification d’un mouvement corporel risque de n’être qu’un transfert de ses propres désirs.De telles suppositions conduisent souvent au viol.Ces quelques mythes et réalités concernant le viol ont été adaptés par Philippe Duhamel, d’après un modèle original de Gardner Grady, «Collectif masculin contre le sexisme».Merci à Isabelle Sauvage, de Tandem Montréal Ville-Marie, de nous les avoir si gentiment fournis.7 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien MÜ, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ RELATION AMOUREUSE: VIOLENCE ET HARCÈLEMENT SEXUEL Des hommes ont l’air de ne s’être mariés que pour empêcher leur femme de se marier avec d’autres.Jules Renard J’ai toujours pensé que les actions des hommes étaient les meilleures interprètes de leurs pensées.John Locke «On ne peut pas porter plainte, c’est leur anniversaire de mariage!» La violence conjugale, le harcèlement sexuel, l’inceste peuvent être plus présents dans notre entourage que nous oserions le croire.Ces réalités ne sont pas le seul fait des premières pages des journaux à sensation et ce n’est pas toujours loin de nous que se passent ces réalités quotidiennes.Quand on pense que 20 % des jeunes se retrouvent dans une relation amoureuse violente, on pourrait croire que la génération qui pousse a des problèmes à régler.Mais quand on s’aperçoit que 29 % des adultes font de même, on peut dire que les jeunes sont le reflet de leurs aînés, le miroir d’une éducation reçue.La situation précaire des jeunes sur le marché de l’emploi et leurs stages de travail les rendent plus vulnérables au harcèlement sexuel et au chantage.Certains jeunes bien motivés ont parfois des choix difficiles à faire.Déposer une plainte pour harcèlement sexuel ou terminer le stage en essayant de s’accommoder des pressions reçues par l’employeur.Un rapport de force, de crédibilité, de gêne, de honte.peut rendre la situation encore plus confuse.pgHH mm Il existe un groupe d’aide et d’information sur le harcèlement sexuel au travail (514) 526-0789.Ce groupe peut vous aider dans vos démarches, vos choix et vos décisions.Il est important d’en parler à quelqu’un.Que vous décidiez de porter plainte ou non, B commencez par appeler pour être entendu dans ce que vous vivez.I On peut aussi se référer au centre d’agression sexuelle (514) 934-4504 ou à toute autre ligne d’écoute.Les services d’accompagnement sont disponibles et à votre service.L’hôpital Ste-Justine, (514) 345-4721, a un département appelé «médecine de l’adolescence».Ils peuvent vous aider et vous supporter dans le cas de viol, d’inceste, d’abus sexuel.On retrouve la prévention des abus ( sexuels et de la violence faites aux enfants r au (514) 284-1212, et une ligne d’écoute: S.O.S.Violence conjugale au 1-800-363-9010.Que vous soyez victime ou témoin, que vous ayez des doutes ou des ques- j fions ou encore si vous vous retrouvez | j dans une situation qui vous amène à ( douter et ne plus savoir quoi faire ou quoi ( croire, n’hésitez pas et appelez.S’il existe tant de ressources à notre ] disposition, il est possible que cela < confirme que les statistiques ne sont pas ! exagérées et que ce malaise social est bien présent dans notre entourage.Peut ( importe le type de violence qu’on a subi, | c’est une agression qu’on a déposé en soi, et il est important d’en parler, de s’en libérer.N’hésitez pas à appeler, l’accueil est chaleureux et anonyme.Raymond Viger J ' 8 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ L’ÉDUCATION AUX ADULTES Ce texte est publié grâce à la participation financière de M.Robert Kieffer, Député de Groulx Gouvernement du Québec 3, rue Turgeon Bureau 101 Ste-Thérèse, Qc J7E 3H2 Téléphone: (514) 437-7216 ^ H fj* $ Au départ, nous devons dire que l’éducation des adultes ici, s’adresse en majorité, à des gens de 16 à 25 ans.Un peu comme l’itinérance qui a tendance a rajeunir de plus en plus, l’éducation des adultes est, depuis un certain nombre d’année déjà, un objectif de cheminement visé et prémédité par des «adultes» de plus en plus jeunes.Un des étudiants décide de créer une nouvelle dynamique pendant les périodes de dîner.À partir de son vécu et de la relation de confiance qu’il a avec d’autres étudiants il amorce, d’une façon informelle, à la cafétéria, des discussions, des échanges autour de certains sujets qui, pour plusieurs, pourraient être considérés tabous.La communication se change vite en un groupe d’entraide par les pairs.Chacun amène son vécu, sa sensibilité, et la compassion du groupe favorise dans certains cas la guérison de souffrances du passé, dans d’autres cas elle permet de briser l’isolement sur un événement qu’on croyait être le seul à avoir vécu.L’ouverture d’esprit de l’administration face aux étudiants qui se prennent en main, qui prennent leur place, a permis de continuer l’entraide pendant les heures de classe dans certaines occasions où le vécu déterré prenait trop de place.L’absentéisme a diminué en fonction de l’implication des gens.On a remarqué que l’intérêt de se présenter à l’école avait augmenté pour les étudiants s’impliquant dans ce groupe.Voici quelques commentaires recueillis: «Je passe moins de temps à m’apitoyer sur des détails», «Je me sens privilégié», «Ça m’aide tout en aidant les autres», «Quand je ne fais rien, je pense trop, je capote», «La relation me dynamise et c’est contagieux».Et c’est vrai que la communication est contagieuse.Les gens se parlent plus depuis ce temps, et plusieurs parlent à d’autres qu’ils considéraient comme des étrangers auparavant.Les étudiants appréciaient le respect du rythme de chacun.Autour du premier cercle se greffe un deuxième cercle qui écoute, qui n’est pas prêt encore à prendre la parole.On suit son impulsion du moment.Le plus important pour ce groupe c’est qu’on ne s’y prend pas au sérieux et que personne ne se proclame thérapeute.Les rencontres se déroulent dans l’improvisation du moment et le rire, les parties d’échecs sont aussi incluses dans l’agenda de ce groupe d’entraide informel.Tel que le mentionnait le docteur Bellemare, psychiatre: «Nous possédons le potentiel et la capacité de régler par nous mêmes plus de 95 % de ce qui nous affecte émotionnellement.La dernière chose dont nous avons besoin dans notre vie c'est un psychiatre.» Il ne nous reste qu’à nous faire confiance dans ce potentiel et oser nous créer cet environnement naturel qui favorisera notre épanouissement personnel.Raymond Viger 9 JOURNAL DE LA RUE Vol.3.N" 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ De temps à autre, prends bien le temps de regarder quelque chose qui n’est pas fait de main d’homme: une montagne, une étoile, le méandre d’une rivière.Alors, surviendront en toi la sagesse, la patience et surtout la certitude que tu n’es pas seul en ce monde.Sydney Lovett L’AMOUR, SEULE ET UNIQUE FORCE CRÉATRICE Un professeur d’université demanda aux étudiants de sa classe de sociologie de réaliser une enquête auprès de 200 jeunes garçons vivant dans les quartiers pauvres de Baltimore.Appelés à émettre une opinion concernant le sort qui attendait ces enfants, les étudiants écrivirent dans chaque cas: «Il n’a aucun avenir.» Vingt ans plus tard, un autre professeur de sociologie prit connaissance de la première étude.Il décida d’en faire le suivi et demanda à ses étudiants d’aller voir sur place ce qui était arrivé à ces enfants.Si l’on excepte 20 garçons qui avaient déménagé ou étaient décédés, les étudiants découvrirent que 176 des 180 cas restants avaient eu beaucoup de succès en tant qu’avocats, médecins ou hommes d’affaires.Étonné, le professeur décida de pousser l’enquête plus loin.Il demanda à chacun d’eux: «Comment expliquez-vous votre succès?», et tous répondirent avec chaleur: «C’est une institutrice.» Cette institutrice était toujours vivante et bien alerte, alors le professeur retrouva la vieille dame et lui demanda quelle formule magique elle avait employée pour sortir ces jeunes garçons des bas-fonds et les mettre sur la voie de la réussite.Les yeux de l’institutrice s’illuminèrent et ses lèvres s’entrouvrirent en un doux sourire: «C’est très simple, dit-elle, j’aimais ces garçons.» Éric Butterworth, tiré du livre Histoires d’amour et de courage, compilé par Canfield aux éditions du Roseau.Un livre intéressant à lire et qui réchauffe le coeur.y PACTE D’AMOUR V Je suis convaincu que je mérite d’être aimé.Je suis convaincu que la vie, malgré certaines difficultés réelles, mérite que je l’aime et que j’en prenne soin.Je suis convaincu que j’aime la vie et même si personne ne me le dit, la personne la plus importante de ma vie en est convaincue.Cette personne, je la croise tous les matins devant un miroir, c’est moi.Je m’engage à aimer la vie.Je m’engage à me le dire tous les matins.Je m’engage à le dire à mes amis.Et j’ai signé: Maintenant tu peux faire signer tes amis pour qu’ils se joignent au pacte d’amour.10 JOURNAL DE IA RUE Vol.3, N" 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ MARIE CARMEN: DÉMYSTIFIER L’ARTISTE On ne peut traverser la mer en se contentant de fixer l’eau.Rabindranath Tagore S’il y a quelque chose qui élève l’âme, c’est d’avoir un ami et ce qui l’élève davantage, c’est d’être un ami.Richard Wagner Dans le cadre de l’émission Flash, Marie Carmen est venue visiter les jeunes amis du Journal de la rue.Voici quelques commentaires de ceux qui l’ont rencontrée.Cédrick: «Elle est spirituelle et bien branchée.J’apprécie quelle soit venue nous voir, elle est sympathique.Elle est un modèle d’espoir et de richesse, elle a une ouverture d’esprit incroyable envers les jeunes.» Martin: «Elle est généreuse.On devrait avoir des rencontres comme ça plus souvent.J’ai besoin de m’exprimer, d’échanger, c’est important pour moi.» Merci Marie Carmen de ta visite Tu es une source d’inspiration et d’espoir pour plusieurs jeunes et aussi un modèle à suivre pour le monde des adultes qui, trop souvent, oublient de laisser une place à la jeunesse.• • • Marie Carmen, qu’est-ce qui te motive, te passionne dans la chanson?La chanson est pour moi une sorte de thérapie qui exorcise mes peurs.C’est mon instinct de survie, mon besoin de ventiler quand je traverse une période dure.«Dans la peau» a été une chanson importante pour moi en ce sens.L’espoir se retrouve à la fin de la chanson.C’est important et ça me fait du bien de revenir toucher au côté positif, à l’espoir.Y a-t-il un lien entre tes chansons et le courrier que tu reçois?Au début, je prenais le temps de répondre personnellement à tous les jeunes qui m’écrivaient.J’ai perdu le contrôle car il y en a trop maintenant.Quand je chante, je le fais pour tous ces jeunes qui m’écrivent.C’est ma façon de rester en contact avec eux.Le succès, c’est comme un cadeau qu’on me fait.Est-ce que c’est facile de t’assumer par rapport à ton succès?Je n’ai jamais eu tout cuit dans le bec et j’avais peur que le succès ne dure pas.C’est pour cela que je n’étais pas prête à y toucher.J’ai le goût de dire aux jeunes: lorsque vous arrivez au but, vous pouvez prendre le temps de l’apprécier, vous le méritez bien; mais en même temps, il ne faut pas vous asseoir dessus.Comment te sens-tu en tant qu’idole pour plusieurs jeunes?Je n’aime pas être un modèle: il n’y a personnes de parfait.La perfection, ce n’est qu’une image qu’on se crée, reliée au paraître.Je veux être plus qu’une image pour tous ces jeunes.J’ai appris à ouvrir la porte de mon coeur.Je suis beaucoup plus en paix maintenant.C’est par mon implication que j’ai pu changer et apprendre à m’apprécier.—?Il JOURNAL DE LA RUE Vol.3, Nu 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ Nous inspirons les autres non pas par des paroles, mais par l’exemple.Nous sommes nombreux à comprendre intellectuellement des concepts comme l’engagement, le courage et l’amour, mais nous ne les connaissons véritablement que lorsque nous les actualisons.L’action nous amène à la compréhension et transforme la connaissance en sagesse.Dan Millman Quel est ton engagement, en tant qu *artiste, face à ton public?Les mots que je chante, que j’écris ont un poids, une responsabilité et j’en suis consciente.C’est important qu’ils vibrent d’un message d’amour et d’espoir.Ca fait partie de notre implication.Notre jeunesse a beaucoup de talent, je l’encourage à l’explorer, à lever le voile sur son potentiel.Je ne suis pas un modèle à suivre, à imiter.Vous les jeunes, faites-vous confiance, concentrez-vous sur ce que vous êtes et non sur ce que je suis.Quel sens donnes-tu à ton cheminement?Ce n’est pas nécessaire d’être missionnaire pour aider, pour briser l’isolement d’un ami, d’un voisin.Aider une personne, c’est déjà beaucoup.Si tous et chacun de nous prenions cet engagement, d’aider un autre à l’occasion, de lui dire qu’on l’aime et qu’il y a une raison pour lui d’être là, nous serions dans un monde de rêve.Je travaille sur moi, pas sur mes peurs mais sur la confiance que je peux acquérir, question de m’orienter dans la bonne direction.Je partage mes démarches pour encourager, pour aider, sans dire exactement ce que je fais.Ce n’est pas le chemin que je prends pour y arriver qui est important en soi, c’est le bonheur qu’on y trouve qui l’est.Cette histoire d’amour de soi, on peut la découvrir par de multiples chemins.Pour être convaincu, pour être bien dans sa peau, il n’est pas nécessaire de convaincre les autres.Le but ultime de la vie, c’est d’apprendre à s’accueillir soi-même, d’être en paix, une paix qui vient de soi-même.On avance dans la vie à son propre rythme et ce n’est pas une course.On peut prendre le temps de regarder la lune, les étoiles, tout ce qui brille sur notre passage.Les jeunes sont importants pour toi?J’aime la vie de plus en plus et ma source d’épanouissement c’est le contact avec les jeunes.On passe tous par des crises existentielles.C’est correct de se poser des questions, de fouiller, d’avancer là-dedans.C’est sain de ne pas tout prendre pour acquis.Tes réponses deviennent ta vérité pour lajournée.Se questionner, c’est une façon d’ouvrir une fenêtre sur le monde et sa splendeur.Et ton côté rebelle, lui?J’aime les échanges, les partages d’opinions.Je suis toujours prête à changer mes réponses.Je me donne le temps d’accepter le changement même si j’y suis rebelle.Je ne fais pas à ma tête : j e fais ce que mon coeur me dicte.C’est ma façon de lâcher prise pour éviter de me battre contre des moulins à vent ou de voguer à contre-courant de ce que je süis.12 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ Ce texte est publié grâce à la participation financière de M.Camille Laurin, Député de Bourget Gouvernement du Québec 5878, Sherbrooke Est, Bureau 203 Montréal (Québec) H1N 1B5 Téléphone: (514) 251-8126 Je prends le temps de me parler et de négocier avec moi-même, d’écouter mes idées, les rêves qui me viennent à l’esprit, même les plus farfelus.La lune est pour moi une évasion de quelques instants, vers des jardins secrets.Quand je la vois au loin, je la pointe du doigt et je veux être dans ses bras.Et si tu ne vois pas de lune devant toi, tu peux t’en dessiner une.Ainsi se termine cette série de trois reportages avec Marie Carmen.Un beau voyage sous les étoiles, rempli d’amour et d’affection.Merci Marie Carmen pour tous ces cadeaux que tu nous offres, pour ton amour envers la jeunesse et la confiance que tu lui témoignes.Raymond Viger Es-tu fière du travail que tu as accompli?Je suis contente du succès professionnel que j’ai obtenu et c’est gratifiant.J’ai besoin de l’affection du public, de son amour, mais pas à n’importe quel prix.Si mon bonheur dépendait du succès, je serais dépendante de mon public.La dépendance, quelle qu’elle soit, mène à la perte de contrôle et de maîtrise de sa vie.C’est quand je me présente telle que je suis que le monde commence à m’aimer.Pour terminer, je voudrais ajouter que j’aime les jeunes tels qu’ils sont, pour ce qu’ils sont.Je prends le temps de les regarder dans leur globalité, sans les juger.Je vous envoie une belle étoile à tous.Marie Carmen Pour tous ceux qui ont besoin d’être écoutés, d’être aidés, d’être aimés, si vous avez de la difficulté à ressentir cet amour que vous méritez, il y a Jeunesse-J’écoute qui attend vos appels.Une ligne qui fonctionne 7 jours semaine, 24 heures par jour: 1-800-668-6868.C’est gratuit et confidentiel.«Tu vois j’ai un “A” en Appréciation du Rock.» 13 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N" 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ LETTRES ET COMMENTAIRES Certains pensent que, en s’accrochant, on devient fort.Quelquefois, c’est en lâchant prise.Sylvia Robinson On ne peut rien apprendre aux gens.On peut seulement les aider à découvrir qu’ils possèdent déjà en eux tout ce qui est à apprendre.Dan Millman Mon père est décédé lorsque j’avais 6 ans.Ma mère partait souvent sur la «Rumba» et des histoires d’overdose étaient plus que fréquentes.L’oncle qui me gardait m’a abusée pendant de longues années.Je me sentais différente des àutres à l’école primaire.Je m’isolais, je me tenais à part.J’aurais aimé qu’un ami vienne me chercher et puisse m’écouter.Parce que j’étais différente et que je me retrouvais seule dans mon coin, mes compagnons de classe se moquaient de moi et me battaient.Je crois que c’est cela qui m’a fait le plus souffrir.Anonyme Lentement en déambulant sur ce trottoir, Une pensée me ramène à la mémoire, Que chaque jour nous offre l’espoir, D’un grand partage d’amour, Qu’on se doit de donner et de recevoir.Denis Vivre dans cette cage, Vivre comme un sage, Hier, était l’hiver, Mais comme je suis fier, De voir enfin la lumière.Comme il est surprenant, De reprendre conscience et confiance, De tout notre être, Lequel parfois nous échappe Et nous bouscule dans le temps.Les jeunes qui décrochent de la société ne font pas que s’enfuir, ils fuient.vers plus de fraternité, de reconnaissance, vers un statut que la société leur refuse, un sentiment d’appartenance.C’est à nous, les adultes, qu’il revient de leur faire une place.Il faut faire en sorte que les jeunes se sentent concernés par le monde des adultes.Et ce n’est pas tout de travailler auprès des jeunes, on doit aussi outiller les adultes pour qu’ils soient plus en mesure de les comprendre et de les aider.Claire Blais Consultante en programmes pour la stratégie canadienne anti drogue de Santé Canada Au commentaire suivant de Claire Blais: «Les jeunes manquent de modèles réalistes auxquels ils pourraient s’identifier», je me pose les questions suivantes: devons-nous comprendre qu’il manque d’adultes responsables et significatifs dans notre société?qui sont les vrais responsables des problèmes des jeunes?Raymond Viger Pour trouver l’aspect positif et créateur qui peut être exploité et renforcé, c’est sur le milieu naturel qu’il faut miser.M.D.Catherine Martin Conseillère en promotion de la santé à la direction du RRSSSMC 14 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N" 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ Ce texte est publié grâce à la participation financière et au support technique de M.André Boisclair Député de Gouin et ministre délégué aux Relations avec les citoyens et à l’Immigration, «au service de Rosemont et de la Petite Patrie» Gouvernement du Québec «Merci d’avoir fait mon devoir hier soir.Le professeur pense que je suis un retardé!» Commentaires des professeurs de ces jeunes: - Je suis surpris de l’éveil des enfants.- En 50 minutes, les enfants se connaissent plus qu’après 4 mois de classe ensemble.- Les jeunes ont une capacité surprenante d’accueillir un de leurs amis.- Ils réalisent qu’ils ne sont pas seul à vivre des problèmes, qu’ils peuvent en parler, qu’il existe des ressources.André Durand Selon une étude récente sur les attentes des jeunes, on note qu’ils veulent des contacts plus réguliers avec des adultes qui se préoccupent d’eux et les respectent, des occasions de contribuer à la vie de leur communauté, une protection contre les risques liés à la drogue, la violence et les gangs et un meilleur accès à des activités constructives et attrayantes pour combler la solitude à laquelle plusieurs sont confrontés.Commentaires de jeunes de 10 ans lors d’ateliers sur la violence: - Mes parents me prennent pour un bébé, ils me «gueulent» après pour rien.- Je rêve d’un monde sans guerre avec des parents qui ne boivent plus.- J’aimerais que mes parents arrêtent de se chicaner tout le temps.- Un père moins violent et qui ne vend plus de drogue.«Excuse-moi d’être venu au monde.» 15 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N" 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ UNE JOURNÉE DE THÉRAPIE À PORTAGE Un administrateur administre, trois administrateurs cherchent les moyens d’administrer, cinq administrateurs discutent sur les programmes, sept administrateurs bavardent.P.Laffitte Juste entendre le nom de Portage réussit à en faire trembler plusieurs.Dans un monde rempli de rumeurs, la vérité peut parfois devenir difficilement accessible.La meilleure façon que j’ai trouvée de percer le secret de Portage a été d’y passer une journée complète avec les adolescents.La confrontation a permis d’assister à de belles prises de conscience individuelles.Ces instants de réflexion peuvent parfois être intenses à vivre pour les jeunes, mais ils font parti d’un processus de changement.Malgré ma recherche de neutralité, je m’attendais à devoir faire face à une inquisition digne de tout roman policier, dès mon arrivée là-bas.Surprise totale ! Au lieu de deux agents de sécurité, j’y retrouve un jeune en thérapie qui s’occupe de l’accueil des visiteurs.Sans autre forme de vérification, il m’indique bien gentiment le chemin pour me rendre à la section adolescent.Certains intervenants préfèrent une méthode d’écoute qui n’est pas basée sur la confrontation.Ils existe différentes techniques de désintoxication et de rétablissement.Chaque méthode a sa place et trouve preneur, selon le caractère et la personnalité de la personne concernée.Il faut être vigilant et bien définir la confrontation qui n’est pas un affrontement.De plus, la confrontation n’exclut pas d’aimer la personne avec qui on travaille.Les intervenants rencontrés à Portage confronte les adolescents dans ce qu’ils sont avec cette notion d’amour et de respect.Deuxième surprise! La fin de semaine, il n’y a qu’un seul membre du personnel présent pour 46 adolescents en thérapie.Vous vous imaginez, ces adolescents qui ont la réputation d’être des rebelles, des délinquants, des marginaux non sociables, les durs à cuir de notre système.Les voilà tout bonnement en train de s’auto-disci-pliner et de faire l’entretien des lieuk tout en appliquant la thérapie entre eux.Ce sont ces mêmes jeunes que nous retrouvons dans les différents endroits de consommation reconnus dans les nombreuses villes de la province, ceux qui font peur à tant d’adultes.Ces jeunes que nous retrouvons avec un vécu personnel digne d’une télé-série sur les scandales sociaux.Ces jeunes qui, pour certains, ont fait la tournée des familles et des centres d’accueil, ouverts et fermés.Les voilà réunis ensemble afin de travailler leur capacité de toucher à leurs émotions, la discipline, leur rapport à l’autorité.Un travail qu’ils font sur une base volontaire et qui mériteraient, à mon avis, d’être imité par certains adultes en poste d’autorité.Portage travaille avec une méthode qu’on appelle la communauté thérapeutique.Ce programme de traitement a été suffisamment évalué aux États-Unis depuis 20 ans pour permettre de dire que les résultats sont satisfaisants pour les toxicomanes qui persistent dans le traitement.Ils ont leur école, l’Académie Portage, qui leur permet de raccrocher, à leur rythme, et de terminer leurs études secondaires.L’encadrement ressemble à celui d’une école standard de façon à faciliter et préparer une éventuelle réinsertion scolaire à la fin de leur stage.Après chaque cours, ils donnent un «feed-back» à leur professeur.L’historique de la communauté thérapeutique pour toxicomane a débuté en 1958 en Californie.Chuck Dedrich avait constaté que le seul mouvement des Alcooliques Anonymes ne répondait pas aux besoins spécifiques des héroïnomanes.Devant leur incapacité de maintenir leur sobriété dans leur milieu naturel, Dedrich conclut qu’un traitement en résidence était nécessaire.Le fondateur croit que les anciens usagers de drogues illicites sont les meilleurs intervenants auprès des toxicomanes.D fi A d C G L! C( fu P* s’: re Fi Portage constituent une famille pour ces adolescents.Pour certains, c’est peut-être la seule qu’ils auront.Ils ont un suivi à l’externe après leur 16 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N" 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ Délibérer est le fait de plusieurs.Agir est le fait d’un seul.Charles de Gaulle L’argent est comme le fumier: il n’a pas de valeur s’il n’est pas répandu.Francis Bacon stage.Ils ont aussi la chance de pouvoir revenir se ressourcer au besoin pour quelques jours ou pour un séjour plus long.Pour eux, ils gagnent une famille qui ne les abandonne pas après le stage mais qui croit en leur potentiel et qui continue de les aimer.«LA PHILOSOPHIE DE PORTAGE» Je suis ici, à la recherche de moi-même.Confus et effrayé, j’ai vécu dans les ténèbres de la drogue, repoussant tous ceux qui se souciaient .de moi et m’aimaient.J’étais devenu un étrangerpour ma famille.Les sentiments de culpabilité, les mensonges, la souffrance étaient devenus mes partenaires très intimes; la drogue et l’alcool, les amis que je chérissais le plus.Je n’avais plus ma place nulle part, je n’appartenais à aucun groupe.Je me sentais terriblement seul.Ici enfin, j’ai rencontré des amis sincères.Je n’ai plus à être le géant de mes rêves ni le nain de mes peurs.Je peux être vrai et donner libre cours à mes émotions.Mes amis me renvoient le reflet de moi-même; notre démarche commune me guérit.La force morale, l’amour et l’espoir qui m’habitent éclaireront désormais ma vie.Je partirai d’ici pour reprendre la route, délivré de la dépendance, ayant acquis la connaissance de moi-même, l’assurance et la sagesse qui permettront de ne plus jamais vivre dans les ténèbres.Ils sont heureux de se retrouver à Portage et s’attendaient à pire.Le programme de réinsertion est intéressant.Quand le groupe décide qu’un des leurs est prêt, celui-ci a le droit à certaines sorties à l’extérieur.Au début il est accompagné par un autre jeune du groupe et, éventuellement, il pourra sortir seul pour une ou deux journées.Ces petites sorties dans son milieu de vie lui permettent de se confronter à la réalité.Les difficultés rencontrées permettent de revenir en thérapie pour en discuter et trouver les outils de travail nécessaires pour se sentir bien dans sa peau, et ce, sans drogue.L’objectif de la communauté thérapeutique est d’aider les toxicomanes à changer leur style de vie par une intégration de comportements, de sentiments, de valeurs et d’attitudes associés à un style de vie socialement constructif.Cette thérapie est basée sur la responsabilisation du jeune et la confrontation de ses valeurs et de ses principes, une confrontation thérapeutique par les pairs, saine et bien équilibrée.Je recommande l’approche de Portage qui a une notoriété qui dépasse nos frontières.Cependant, je garde une réserve importante sur certaines maisons de désintoxication qui ont essayé de copier le principe de Portage mais qui ont une improvisation thérapeutique basée sur l’affrontement.Pourquoi travailler avec une copie quand on peut le faire avec un original?La plus grande menace qui pèse sur les programmes des communautés thérapeutiques, c’est d’agir comme une secte.Il faut donc s’assurer que le centre où Ton s’adresse offre des garanties qui permettent au toxicomane de régler ses problèmes, de se développer et de quitter le programme si tel est son désir.L’esprit d’équipe développé pour et par les jeunes, et le sentiment d’appartenance, conduisent à un taux de réussite très élevé avec ceux qui complètent leur stage à Portage.Ils réapprennent à apprécier les petites gâteries de la vie et la beauté de la nature.Ils sont très respectueux de l’environnement.Le seul temps où vous verrez des mégots de cigarettes un peu partout sur le terrain, c’est pendant les journées portes ouvertes.Parents et amis se font un plaisir de polluer les lieux.Ne vous inquiétez pas! Les jeunes sont très responsables, ils ramassent les dégâts des visiteurs.17 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N" 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ Il ne faut jamais juger les gens sur leurs fréquentations.Judas, par exemple, avait des amis irréprochables.Paul Verlaine «Tu veux dire 10 h ce soir ou 10 h demain matin?» À Portage, la discipline et le mode de vie sont à l’honneur.Ils comprennent qu’il ne faut pas rester dans ce seul extrême.Ils y trouvent un équilibre avec des récompenses, comme une bon match de soccer ou une bonne baignade, lors d’une journée chaude.Je remarque un détail qui semble revenir fréquemment dans la vie des adolescents toxicomanes: la majorité des parents sont au courant de la consommation de leurs enfants.Sous prétexte que ceux-ci leur racontent tout, pour garder une bonne relation avec eux et aussi pour les protéger, ils ne s’affirment pas dans leur responsabilité de parents.Pour d’autres, leurs parents ont encore plus de problèmes avec l’alcool, la drogue, la sexualité ou d’autres dépendances qu’eux-mêmes.On retrouve aussi à Portage une section pour les adultes.Pour les parents qui ne savent plus quoi faire, comment et quand le faire.Avant de décrocher de votre responsabilité de parents, vous pouvez demander de l’aide et consulter.On peut jouer à l’autruche et espérer que jeunesse se passe ou encore.À vous de jouer.Raymond Viger EXTRAIT D’UN DOCUMENT MAISON • Laissons le passé être le passé.• Si l’on veut se rapprocher des enfants, il faut parfois être enfant soi-même! • Nulle raison ne pourrait justifier le mensonge.• J’aime celui qui rêve à l’impossible.• La bouche du sage est dans son coeur.• L’horizon est dans les yeux et non dans la réalité.• Tu as du courage quand.• le chemin devient trop ardu; tu tends la main tout en gardant espoir que les choses se régleront • le ciel te paraît gris et que tu souris à ton voisin pour ensoleiller sa journée • tu acceptes tes imperfections et tu tentes d’y trouver le meilleur de tes forces • quelqu’un te tend la main et que tu ne la repousses pas • finalement, tu crois en toi! Marie-Jeanne Lévesque 18 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, Nu 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ PRÉVENTION ET VOYEURISME Un journaliste demanda un jour à Bette Davis si elle pensait qu’elle était aimable.Elle répondit: «Non, je ne suis pas aimable parce que je suis sincère, mais je suis gentille.» «Ça le rend vraiment mal à l’aise de rencontrer des journalistes.» Un petit détail me tracasse souvent lorsque je me présente devant les médias pour faire de la prévention ou quand j’observe les présentations faites par d’autres intervenants.Il est fréquent de rencontrer des intervenants qui s’impliquent dans le communautaire parce qu’ils ont vécu personnellement la même problématique d’une façon ou d’une autre.Quand j’ai pris conscience de cet état de fait, je suis devenu plus vigilant avec les journalistes.Tandis que j’évitais une question dépourvue de pertinence quant à la prévention du suicide, revenant à mon objectif premier, ce journaliste essaya malgré tout à trois reprises de ramener sa question, que je qualifierais de voyeuriste.Je considère que, lorsque je travaille en atelier, en conférence ou en formation, il est très pertinent de présenter mon vécu personnel.Bien présenté, c’est un outil de travail supplémentaire que je possède, et je ne me gêne pas pour l’utiliser.Il fait partie de l’intimité que je développe avec le groupe rencontré et sert d’élément déclencheur pour aider d’autres personnes à s’ouvrir sur leur vécu.J’ai eu à faire plusieurs représentations publiques pour la promotion de la santé et la prévention du suicide.Je me suis rendu compte que certains journalistes sont de vrais obsédés du sensationnalisme.Ils peuvent oublier la raison principale de ma présence devant eux et se contenter de tourner autour de mon vécu.a Si l’entrevue est suffisamment longue et intimiste pour faire le tour de la question et qu’il est pertinent de le faire pour la promotion de la santé, le mieux-être général de la population, je me permets à l’occasion d’amener mon vécu personnel devant les médias.Sans ces balises de sécurité, je préfère me présenter comme un formateur et un intervenant de crise.Je me questionne à savoir si, lorsque les médias nous présentent en faisant le rappel de notre vécu personnel, nous subissons une forme de voyeurisme de leur part.Ce simple rappel, sans autre préambule, est-il pertinent en matière de prévention?Face à la vulnérabilité médiatique des adolescents, cette façon de procéder des médias est-elle désirable et convenable?Est-ce une façon d’enseigner aux jeunes que nous devons être des victimes pour pouvoir avancer dans la vie et avoir un droit de parole devant les médias?Si nous ne sommes pas d’accord et consentants sur la présentation que certains journalistes font de nous, de quelle façon pouvons-nous les sensibiliser à éviter cet automatisme de leur part?Raymond Viger ff 19 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ HÉROS DE PRISON jÆprès la pluie.Le beau temps Après la pluie.Le beau temps (Raymond Viger): textes à méditer seul ou à travailler en groupe.Derrière chacun des textes se retrouvent des émotions que j’avais oublié de vivre, que j’avais refoulées.Si un jour de pluie, une seule de ces petites phrases remonte en toi, elle aura mérité d’être lue.Je suis détenu au pénitencier de Drummondville.Apparemment, certains d’entre vous voient les détenus comme des héros.Eh bien oui, on est des héros.Du moins, j’imagine qu’on doit l’être puisqu’on a eu notre photo dans les journaux.Bon, c’est vrai, on n’était peut-être pas toujours à notre mieux sur ces photos-là.La barbe pas faite, le regard vide, les cernes autour des yeux.Ils auraient dû nous prévenir avant notre arrestation, on se serait passé un coup de peigne et on aurait changé de chemise.Mais, au moins, on a eu notre photo dans les journaux, comme des héros: deux pages plus loin que la photo de Slash, trois pages avant celle de Patrick Roy.Il y a certains d’entre nous qui sont encore de plus grands héros.Ceux-là sont passés à la télé.Imaginez! Et on ne remarquait presque pas les menottes dans leur dos.Faut dire qu’avec un gros policier de chaque côté, les héros faisaient un peu dur.Mais qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour passer à la télé.Le vrai fun commence quand on est en prison.On vous donne une belle grande cellule de 7 pieds par 12 que vous devez partager avec un autre héros.Oui, oui, deux héros dans la même cellule, deux fois plus de fun.Bien sûr, l’autre héros ronfle une partie de la nuit et passe l’autre partie à faire ses besoins à quelques pieds de vous.Mais, au moins, vous êtes un héros.Tiens! Je vais téléphoner à mon «chum» pour lui dire comment ma vie de héros est passionnante.Pardon, monsieur le gardien.Je ne peux pas téléphoner l’après-midi?O.K., je vais attendre à ce soir.Il faut bien faire des concessions si on veut rester un héros.Mon «chum» est venu me voir à la visite.Il avait l’air pas mal jaloux de ma vie de héros.Mais c’est drôle, au moment de partir, il avait l’air plus heureux de s’en aller que moi de rester.Pourtant, c’est le fun d’être un héros.Qu’est-ce que vous dites, monsieur le gardien?Il faut que je me mette à poil devant vous pour une fouille?Écoutez, je suis un héros, on ne fait pas ça aux héros.Vraiment?Même moi?Très bien, monsieur le gardien.Bon, il est onze heures du soir, je vais aller prendre une marche dehors.Tiens, c’est drôle, la porte est barrée.Qu’est-ce qui se passe?Quoi?Je ne peux pas sortir?Allons donc, un héros a besoin d’air frais.Comment?Demain matin, huit heures?D’accord, mais j’espère que c’est la dernière fois.Pardon?C’est toujours comme ça?Ah, c’est pas grave, de toute façon j e suis seulement en dedans pour encore quinze ans.Je suis incapable de dormir.Je pense à vous autres, les jeunes de la rue.Ça ne doit pas toujours être facile.J’aimerais ça vous dire quoi faire pour vous en sortir, mais je ne le sais pas moi-même.Mais j’ai juste un petit conseil: arrangez-vous pour ne pas dèvenir des héros de prison.Parce que ce n’est pas aussi drôle ici que ce que je viens de vous décrire.Il y a même des jours où j’aimerais mieux être un zéro dehors qu’un héros en-dedans.B.G.Texte fourni par le Journal «Ex-pion» de Drummondville 20 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, Nu 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl.Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ OPRESSEUR OPPRIMÉ, OPPRIMÉ OPPRESSANT.rwiFï Quand un homme accouche.Tom (Raymond Viger): un roman humoristique, une façon de dédramatiser les événements de la vie.Tom devient un ami, mais aussi un thérapeute qui me ramène constamment à la réalité.Une communication authentique traitant de la relation à soi et à autrui.La vente des livres de Raymond Viger (Éditions T.N.T.) sert au financement du journal.Le coût est de 9,95$ chacun plus 1,50$ de frais postaux.Vous pouvez vous abonner au Journal de la rue par la même occasion.(Voir coupon en page 2) L’ESCALADE DE LA VIOLENCE Un jeune se fait arrêter, un policier lui met un cartable noir sur la tête et le frappe avec sa matraque.C’est une façon de faire mal, d’intimider quelqu’un, sans laisser de trace.Pendant qu’il est rudoyé par la police, on le questionne et on essaye de lui soutirer des noms de complices, une confession pour d’autres délits qui restent encore à éclaircir.Un autre jeune se promène sur la rue.Il se fait harceler par un policier.À chaque fois qu’il se balade, il est questionné et fouillé.À la moindre impolitesse, on le ramène chez lui.De toute façon, il a déjà un dossier; sa crédibilité n’existe plus.Un jeune sort d’un club et voit un policier qui arrête un de ses amis.Le policier reçoit une bouteille derrière la tête.Un autre pendant sa ronde se fait crier d’aller chez Dunkin.Il est vrai qu’un certain nombre de policiers agissent avec des méthodes que je désapprouve.Cette minorité de policiers fait mal à beaucoup de jeunes qu’on retrouve dans les parcs et dans les rues.En contrepartie, il est vrai que certains jeunes agissent avec des méthodes pas plus dignes que celles utilisées par certains policiers.Cette minorité de jeunes fait mal paraître la majorité des autres qui ne demandent qu’à faire leur place, qu’à crier leur rébellion et qu’à vouloir changer ce qu’ils peuvent dans notre société qui est aussi la leur.Qui a commencé ce cercle de violence?Les jeunes d’aujourd’hui ou les jeunes d’hier?Les jeunes d’hier ne sont-ils pas les policiers d’aujourd’hui?Faire preuve de compassion, c’est reconnaître que nous faisons du mieux que nous pouvons dans le cadre limité de nos croyances et de nos capacités du moment.Dan Millman 21 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ LETTRE À MON FRÈRE DÉCÉDÉ PAR SUICIDE Cherchez une histoire d’amour qui s’améliore avec le temps, une admiration qui grandisse, une confiance qui croisse à travers les orages.Richard Bach (Un pont sur l’infini) Que de souffrances existent en ce monde, ne trouves-tu pas?Un petit être est né et déjà il a souffert.Pourtant, il grandira avec la vie! Dans ses yeux dansent follement des étoiles.Quand il rit, ce n’est que cascades.Si seulement son âme ne saignait pas déjà.Dedans son corps, son être, la vie cruelle prend son droit.Avec lui, en lui, ne résonne que la peine.Pourtant, il continue de grandir avec la vie! Tout autour de lui, les gens se pressent et se bousculent.La vie l’entraîne vers un chemin beaucoup trop long pour lui.Il entend le rythme battre trop vite à ses oreilles.Il voudrait s’échapper, tout terminer.«Arrêter, arrêter la terre de tourner» crie-t-il en son âme.Pourtant, il continue de grandir avec la vie! Tandis que tout lui échappe, tout glisse autour de lui, Son coeur se ferme plus fort, sa tête bourdonne plus fort.Les mains se tendent vers lui pour le reprendre, Mais il n’est plus assez grand maintenant pour les atteindre.Pourtant, la vie continue de vivre autour de lui.La peur, la non-raison de ce monde, Sont devenues plus grandes que ses souffrances.Il ne peut que regarder le soleil, Il ne voit, ni n’en ressent ses rayons, Il n’ose plus regarder en lui, même en surface, Car tout ne lui semble que laideur, noirceur, inconnu.Si seul avec le monde, si seul avec lui-même, Même la vie lui devient si insupportable.«Que me reste-t-il d’autre à vivre que la mort?, pense-t-il.Elle, elle voudra de moi, Car elle est aussi noire que moi, Aussi inconnue que l’est mon être.» Aujourd’hui, il s’est échappé de moi, de vous, de nous, de la vie.Souvenez-vous de ses yeux rieurs d’enfant.Souvenez-vous que vous l’aimez.Souvenez-vous de vous aimer.Sonia Preston Perdre un être cher est une expérience pénible.Le perdre par suicide peut être horrible.N’hésitez pas à en parler, à sortir de votre isolement.Si vous ne pouvez trouver un ami de confiance pour en parler, il existe les lignes d’écoute, et les centres de prévention du suicide organisent des activités pour vous aider.Faites le 411 pour connaître la ressource la plus près de chez vous.22 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N" 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ LE BON DIEU DANS LA RUE Comme plusieurs intervenants de nuit dans les rues de Montréal, j’avais déjà eu l’occasion de croiser les gens de la roulotte du père Emmett Johns.On fournit de l’écoute et du réconfort à plusieurs, tout en procurant un hot-dog, un café ou un peu de chaleur, et de lumière dans la nuit.préfère travailler avec des dons du grand public et d’entreprises privées.Encore une spécificité intéressante à remarquer: leur conseil d’administration est en majorité composé d’hommes d’affaires.C’est peut-être ce qui leur donne cette dynamique d’entrepreneurship et de performance.Il n’y a pas qu’une seule solution miracle pour régler la crise financière des organismes communautaires à Montréal.Dans le fond, ce qui se passe, c’est que l’État a créé une dépendance aux subventions.Les organismes se sont fait «fronter» pendant 20 ans et maintenant le stock est rare et coûte plus cher.Patrice Cormier J’ai déjà utilisé aussi la ressource du «Bunker», un abri pour les jeunes de la rue.Un endroit où ils peuvent dormir, prendre un repas, se réchauffer quelques instants avant de continuer leur route.Deux ressources qui permettent d’être présent dans la vie des jeunes.Rester présent à leurs côtés à des moments où plusieurs les ont déjà abandonnés, jugés et condamnés.J’ai pris le temps de rencontrer celui qui a créé le concept du BON DIEU DANS LA RUE en 1988, celui que tous les jeunes appellent Pops.Ce qui est intéressant de savoir c’est que cet organisme ne s’intéresse pas aux subventions du gouvernement, question de rester autonome et intègre dans leurs interventions, d’assurer un suivi et une permanence dans les projets, de garder une liberté de philosophie d’intervention et de laisser la place aux autres organismes.«Une seulefois nous avons dérogé à ce principe et le projet ne s’est pas avéré concluant.En acceptant une subvention, nous avons à subir le contrôle des instances gouvernementales, leur ingérence et certaines incohérences entre leur théorie et la réalité du terrain.» L’organisme «Un intervenant qui est bon sur le terrain n’est pas nécessairement bon dans la gestion et l’administration.Nous avons une directrice, Mme Marina Boulos, qui est une professionnelle en ce domaine.» Cet organisme a su mettre la bonne personne au bon poste pour atteindre une harmonie organisationnelle et un équilibre dans les forces de chaque personne impliquée.En ce sens, LE BON DIEU DANS LA RUE est une équipe innovatrice et un exemple dans la gestion d’un organisme communautaire.À l’heure des coupures et du désengagement du gouvernement dans les différents programmes sociaux, les organismes communautaires de l’an 2000 auront de plus en plus à imiter ce mode de fonctionnement.• Le Père Emmett Johns prépare la 3° phase de son projet qui est la création d’un centre de jour et de réinsertion sociale pour les jeunes.Toute personne voulant participer financièrement à cette oeuvre exemplaire peut envoyer un don à: BON DIEU DANS LA RUE 543 Sherbrooke est, bureau 200 Montréal, Qc.H2L 1K2 Téléphone: (514) 284-5480 23 JOURNAL DE LA RUE Vol.3, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien MÜ.Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ t Vous pouvez nous écrire pour obtenir la liste des livres du Père André Durand et de Raymond Viger.La vente de ces livres sert au financement du journal.En même temps, vous pouvez nous envoyer vos commentaires et vous abonner au Journal de la Rue - 20 $, 6 numéros.C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 9GBËB- **%* î _— ÛRADCHê Logo et concept créés et dessinés par les jeunes de Laval Bravo! COMMUNICATION EST BASÉE SUR CT MUTUEL ET L'ESTIME DE SOI POUR BIEN S’ENTENDRE lilllfli IIIIBr ::::: LA 7e NUIT DES JEUNES SANS ABRIS Place aux jeunes! MARCHE DE SOLIDARITÉ Le 29 octobre 1996 À 18:00 - Montréal y y* Information: S -.V REGROUPEMENT DES MAISONS N D’HÉBERGEMENT JEUNESSE il \ I LES AUBERGES DU COEUR IV )/ DU QUÉBEC 1 Vrfl (514)523-8559 «S’épanouir avec le loisir»: impact et bien-être du loisir dans nos vies.EMISSION DE SERGE DAIGNEAULT Un rendez-vous à ne pas manquer! à Radio Ville-Marie - 91,3 FM Le samedi matin à 11:00 durant tout l’automne.NE ME JETTE PAS, PASSE-MOI À UN AMI!
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