Le journal de la rue, 1 janvier 1995, Vol. 2, No 2
LE JOURNAL RUE Se sensibiliser pour mieux vivre! Vol.2, N° 2 - 1995 Après 12 années d’enfer dans la secte de Moïse, Gabrielle Lavallée réussit à se défaire de l’emprise de Rock Thériault.Malgré la perte d’un bras, des souffrances physiques et émotionnelles profondes, elle nous livre ici un message d’amour et d’espoir pour la jeunesse qui pousse.QUAND LE RÊVE D’UNE ADOLESCENTE DEVIENT UN ENFER P.12 et 14 GANGS ET SECTES RELIGIEUSES P.18 «Je trouve la jeunesse très belle et très lucide.Je ne peux que lui suggérer de s’écouter, de faire le voyage intérieur et de se découvrir.» - G.L.PROCHAIN NUMÉRO : Marie Carmen nous parle du suicide L’INCESTE P.4 VIOLENCE CONJUGALE P.5 LES HELLS NE FINANCENT PAS LE JOURNAL! p.il RETOUR DU PARADIS P.16 LA VIOLENCE CHEZ LES JEUNES, VUE PAR LES ADULTES ET LES MÉDIAS P.23 LE JOURNAL DE LA RUE est un journal de sensibilisation aux difficultés des jeunes qui sont touchés par la drogue, la prostitution et la tendance suicidaire.Il s’adresse aux jeunes aussi bien qu’aux adultes qui désirent être mieux informés et améliorer la qualité de vie de notre société. LE JOURNAL DE LA RUE ÉDITORIAL LE JOURNAL DE LA RUE est un journal de sensibilisation et d’information.Nous aimons y parler des jeunes qui fuguent et de sujets quelque peu tabous comme la drogue, la prostitution et le suicide.Nous voulons faire connaître les diverses ressources disponibles qui peuvent aider et servir à intervenir, en créant un pont d’entraide entre les travailleurs de rue et les jeunes.Le journal est distribué aux jeunes sur la rue et aux maisons d’accueil ou d’intervention.Vous pouvez vous abonner au journal, ce geste nous aidera à financer les activités du journal et à étendre sa distribution.Dépôt légal : rfÏMfothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada La reproduction totale ou partielle des articles est autorisée, à la condition d’en mentionner la source.Nous aimons recevoir vos commentaires, votre vécu.Ne vous gênez pas pour nous écrire! Gabrielle Lavallée.un nom qui m’était familier.Tout un tapage médiatique avait suivi sa fuite de la secte de Roch Thériault.Puis, il y a eu sa biographie qu’on pouvait voir dans toutes les vitrines des librairies.Si je veux être honnête, mon premier commentaire intérieur à cette époque fut fort simple : encore un livre qui profite de l’éclat des médias, un éditeur qui saute sur l’occasion de faire une belle affaire et qui, sans vraiment savoir si cette nouvelle vedette a vraiment quelque chose à dire ou à écrire, lui offre un cachet pour les droits d’un livre même pas écrit.Le jugement est une chose réelle, je ne peux prétendre être parfait et faire semblant que ce n’est pas cela que j’ai pensé.Ce qui est important c’est de ne pas se laisser manipuler par le jugement qui remonte.Quand j’ai décidé de faire un numéro sur les sectes, la première personne que j’ai eu le goût d’interviewer et de rencontrer fut Gabrielle Lavallée.Question de vérifier la valeur réelle du jugement que j’avais porté intérieurement, à partir de ce que je suis, je l’ai donc rencontrée.Avec cette confiance qu’elle a en elle, elle se lève pour rencontrer les jeunes dans nos écoles pour dire que oui, on peut faire confiance à la vie et que oui, elle a confiance en ces jeunes qui grandissent, qui sont beaux et lucides.C’est un message d’amour et d’espoir qu’elle nous livre.Un message d’amour de soi.Merci, Gabrielle, d’être avec nous aujourd’hui, et merci pour ce retour parmi nous que tu nous offres avec amour.L’équipe du journal, les milliers de jeunes que tu rencontres à chaque année, et nos nombreux lecteurs, te félicitent pour ce beau travail que tu accomplies.Raymond Viger Coordonnateur Si vous désirez recevoir LE JOURNAL DE LA RUE, veuillez nous faire parvenir vos coordonnées avec votre chèque ou mandat (un an - 6 numéros) : 20 $ 50 $ 100 $ ou autre à l’ordre du JOURNAL DE LA RUE C.P.180, Suce.Reaubien Montréal, Qc H2G 3C9 Coordinnation et rédaction Raymond Viger Collaboration Marie Carmen Père André Durand Gabrielle Lavallée Sylvain Masse Martin Sauvé Stéphane Pete Distribution Père André Durand Daniel Roy Raymond Viger Projets spéciaux Père André Durand Monique Cheney Raymond Viger Relations publiques Denis Marquette (financement) Gilles Carignan (communautaire) Équipement informatique Avenue Jeunesse (Repentigny) Design et infographie Johanne Beaudoin Merci à tous les bénévoles, plus particulièrement à Hélène Laroche Annie Patrick 2 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ RESSOURCES SUICIDE INTERVENTION UN PAS VERS L’ESPOIR CONFÉRENCES- ÉCHANGES FORMATION SUR LA PRÉVENTION DU SUICIDE Une vie sans problème pe ut-elle exister?Face aux différentes problématiques auxquelles nous sommes confrontés, nous pouvons nous isoler.Si nous décidons de briser l’isolement, d’autres choix s’offrent à nous.Tu peux commencer à regarder autour de toi, explorer ton environnement à la recherche d’un ami, d’un aidant qui peut t’écouter.Même si tu ne trouves pas, il y a toujours quelqu’un qui est prêt et disponible pour toi.Tu le mérites, ne te gêne pas pour venir nous voir ou pour nous appeler.Dans l’ensemble des ressources qui te sont offertes, tu as encore le choix.Tu peux même prendre le temps de magasiner.Tu as le droit de préférer un centre d’intervention à un autre.Pour t’aider dans tes choix, nous t’offrons cette page pour te présenter à chaque numéro quelques-unes des ressources disponibles.N’oublie pas qu’en tout temps tu peux faire le 411 et demander à la téléphoniste de te trouver les intervenants les plus près de chez toi.C’est ainsi que tu peux retracer l’un des 35 centres de prévention du suicide à travers le Québec.LIGNE D’ÉCOUTE 24 HEURES • Ami à l’écoute : (514) 935-1101 POUR TOUS! (514) 448-8311 • Jeunesse j’écoute : 1-800-668-6868 DÉSINTOXICATION • Centre Jean Lapointe pour adolescent(e)s Montréal : (514) 620-1218 Québec : (418) 523-1218 • Pavillon du Nouveau Point de Vue : (514) 887-2392 (Lanoraie) • Les centres «Le Patriarche» Montréal : (514) 528-5544 Une approche de désintoxication basée sur une dynamique de vie, d’espoir, d’amour, de respect et de fraternité.Le contact avec soi, la relation à autrui et le contact avec la nature se fait d’une façon complète et globale.Aucune ségrégation n’est faite, les sidéens et séro-positifs sont les bienvenus.Ils ont des centres de désintoxication à travers le monde.Tu peux donc demander de vivre cette expérience dans différents endroits.Aucune ségrégation n’est faite, les sidéens et séropositifs sont les bienvenus.Ils ont des centres de désintoxication à travers le monde.Tu peux donc demander de vivre cette expérience dans différents endroits.• BODAMA : (514) 528-5828 Nouveau pour adultes et jeunes adultes.Plein cœur de Montréal sur la rue Ste-Catherine.Centre complet de désintoxication.AGRESSION SEXUELLE • Centre d’agression sexuelle : (514) 934-4504 • Groupe d’aide et d’information sur le harcèlement sexuel au travail : (514) 526-0789 DIVERS • Hôpital Ste-Justine : (514) 345-4721 Spécialisé pour les jeunes.L’hôpital ne s’occupe pas seulement des maladies ou d’accidents.Il y a un département appelé «médecine de l’ado-lescence».On peut t’aider et te supporter dans les cas de viol, d’inceste, d’abus sexuel, etc.• Info-Sida : (514) 281-6629 HÉBERGEMENT ET NOURRITURE Pour les 17 à 24 ans : ¦ Le refuge des jeunes : (514) 849-4221 3767, rue Berri, Montréal De 18 h à 8 h avec souper, déjeuner et douche.Si tu te sens perdu ou essouflé, donne-toi une chance, un temps d’arrêt, un temps pour respirer.Pour les moins de 17 ans : • Le Bunker : (514) 524-0029 • En Marge 12-17 : (514) 849-7117 1270, rue St-Christophe, Montréal (de 22 h à 10 h) Pour tous : • Un foyer pour toi : (514) 625-7673 Une première au Québec! Un centre de désintoxication d’urgence.Au plus profond de ta crise, tu décides de demander de l’aide.Il existe un endroit qui peut te recevoir dans l’heure qui suit.Un hébergement gratuit pouvant aller jusqu’à 10 jours, le temps d’être mieux préparé à entrer en thérapie et à te choisir la ressource qui te convient.Soigné, nourri, logé, aimé et écouté.Si tu es seul face à ton désespoir, tu appelles et un bénévole vient te chercher.3 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N" 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ L’INCESTE, HIER ET DEMAIN Inceste Vaincre l’Inceste Ensemble V.I.E.: (514) 376-4141 Prévention des abus sexuels et de la violence faites aux enfants (514) 284-1212 Hôpital Sainte-Justine, Médecine de l’adolescence (514) 345-4721 Suicide Il y a 35 centres de prévention du suicide à travers le Québec, faites le 411 pour connaître le centre le plus près de chez vous.Au hasard d’une rencontre, je croise De tous ces deuils, lequel a le plus une femme.Aujourd’hui, elle est bouleversé sa vie?Lequel l’a poussé à alcoolique à tendance suicidaire très vouloir faire le deuil de sa propre exis-prononcée; hier elle était cocaïnomane, tence?Dans quelle mesure l’inceste vivant de la prostitution.Son histoire a demeure-t-il un sujet tabou, une bombe commencé peu de temps après sa nais- à retardement qu’on garde en soi?sance, quand elle a perdu ses parents.Selon l’organisme V.I.E.(Vaincre Après un certain temps à l’orphelinat, l’Inceste Ensemble), 92 % de la clientèle elle a été adoptée par une nouvelle arrive au bureau avec des idées famille.suicidaires.Dans quelle mesure étouffer Son nouveau frère, d’une dizaine un sujet comme l’inceste risque-t-il d’années plus âgé, lui fait vivre l’inceste d’étouffer la personne qui l’a vécu?en bas âge.Lorsque celui-ci se marie, Qui est responsable, et à quel niveau?elle se sent abandonnée par ce grand La personne qui a fait vivre l’inceste, la frère qu’elle avait appris à aimer à travers famille qui s’est fermé les yeux depuis le l’inceste.Elle tente de dévoiler la rela- début, ou encore la famille qui bannit la tion incestueuse.On étouffe l’affaire, on victime, en ne voulant pas, ou en n’osant la rejette et on l’humilie.pas la croire?Deux mariages, deux maris décédés, Si l’inceste se passe en famille, quelle dont l’un par suicide.Ceci n’est qu’un est la responsabilité de chacun des bref aperçu de sa vie.Je vous laisse membres de cette famille?méditer sur ces faits.Sa relation incestueuse avec son frère aura duré Raymond Viger 4 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ plus longtemps que ses deux mariages mis bout à bout.Sa relation incestueuse aura été son premier amour, sa première relation amoureuse.Toute une série de deuils à faire. MIROIR, MIROIR, DIS-MOI QUI EST LE PLUS VIOLENT?/ S.O.S.Violence conjugale 1-800-363-9010 Tél-jeune Montréal (514) 288-2266 Tél-aide et ami à l’écoute (514) 935-1101 Jeunesse J’écoute 1-800-668-6868 Centre d’agression sexuelle (514) 934-4504 La société qui s’offre à moi, dans toutes ses couleurs et ses différences est mon miroir.Je regarde, je me cherche, je cherche à mieux me découvrir.J’ai beau tenter de nettoyer la glace, ce que j’y vois ne semble pas me réfléter pourtant.Toute cette violence, toute cette souffrance, toute cette tristesse.Elle est bel et bien là.Je la vois dans le miroir, mais ça ne peut-être mon reflet.Il doit y avoir une erreur de réflexion, une illusion, une attrape.Cette réalité qui se déroule devant moi ne peut être mienne.Je ne comprends toujours pas, je ne veux et ne peux accepter.Àtous les matins, inlassablement, les mêmes images me reviennent sans arrêt.Je prends ce miroir et l’installe sur un autre mur.Rien n’y change, les visions demeurent les même.J’essaie tous les murs : encore et toujours le même résultat.Toute cette violence que je ne vis pas, pourquoi est-elle là?Jamais je ne me permettrais de vivre cela.Toute cette souffrance je ne l’accepte pas non plus.Je retourne le miroir face contre le mur.Je n’y vois plus rien.L’endos d’un miroir ne me reflète rien de mieux.Quelque chose de terne, non fini.Rien de vraiment vivant.Ce que je n’ose regarder en face n’a plus de vie.Ce que je n’ose voir et accepter en moi se retourne contre moi.La personne la plus violente dans ma vie est mon propre reflet que j’ai laissé se créer.La réflexion de cette violence n’est pas celle que je fais aux autres, c’est la violence que je m’impose, que je me laisse imposer autour de moi, qui se réfléchit contre moi.Je suis le seul responsable de cette violence que je me crée.Dès que j’aurai le courage et la force de l’affronter, de me regarder dans ce miroir, de dire non, de définir ce territoire qui est mien et de le faire respecter, je pourrai continuer mon chemin.Je n’ai pas à rester seul dans cette souffrance.Je peux demander de l’aide.En parler, c’est déjà la première étape pour sortir de mon isolement devant mon miroir.Comme si celui-ci réussissait à m’hypnotiser.Je fige devant lui.Ce n’est pas lui qui me retient, c’est moi qui reste devant.Pourquoi ai-je tant de difficulté^ voir cette violence?Je ne saurais le dire.Comme s’il était plus facile de fermer les yeux que d’affronter cette réalité, ma réalité.J'ai beau passer l’éponge, elle revient encore.29 % des femmes adultes ont été violées ou agressées sexuellement par leur conjoint.20 % des adolescentes se retrouvent déjà dans une relation amoureuse violente.Raymond Viger 5 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien MB, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ REFUSÉ PARTOUT, MÊME EN DÉSINTOXICATION Alcool et drogues Montréal : (514) 527-2626 En région : 1-800-265-2626 Alcoolique anonyme (514) 376-9230 J’ai un problème.A vrai dire, j’en ai plus d’un.Je suis alcoolique et toxicomane.Je suis violent aussi, mais jamais envers les femmes.Quand j’ai l’impression qu’un homme me pile sur un pied, j’ai besoin qu’on me respecte et je prends les moyens pour que ça se sache.Pour payer la dope que je consomme, c’est pas mon chèque de B.S.qui suffit, ça m’arrive de tremper dans toutes sortes d’affaires pas trop correctes.Les jours qui suivent, je reprends mes esprits et je ne suis pas toujours très fier de ce que j’ai fait.Narcotique anonyme (514) 525-0333 Le CLIP (Lanaudière) (514) 582-2983 Le Tremplin (514) 966-9705 Pavillon du Nouveau Point de Vue (Lanoraie) (514) 887-2392 Centre Jean Lapointe pour adolescent(e)s Montréal : (514) 620-1218 Québec : (418)523-1218 J’ai pris une décision, j’ai décidé d’aller suivre une cure de désintoxication.Mon père qui était au courant de mon problème d’alcool était content de ma décision.Il m’a supporté dans ce choix.À une entrevue ils m’ont posé différentes questions sur mes problèmes, sur ce qui me motivait à entrer en désintoxication.Mon père, voulant me supporter, était près de moi pendant l’entrevue.Je n’ai pas parlé de mon problème de toxicomanie et des coups que je faisais pour payer ma dope.Je n’ai parlé que de l’alcool, je ne voulais pas faire plus de peine à mon père qu’il en avait déjà.J’ai été refusé en désintoxication parce que l’alcool n’était pas un problème suffisant en soi pour justifier ma cure.J’ai voulu ménager mon père parce que je l’aimais et que je ne voulais pas le décevoir.Aujourd’hui j’ai encore mes problèmes et mon père est au courant.Je n’ai pas encore trouvé le courage de retourner faire une demande en désintoxication.Si j’avais pris le temps de dire toute la vérité la première fois, mon enfer serait peut-être déjà tout réglé.En voulant ménager mon père, je ne lui ai fait que plus de peine, et ma souffrance est de plus en plus intense.Si je me montre tel que je suis, avec toutes mes imperfections, je pourrai peut-être espérer un changement.Pete, 23 ans Moi aussij’ai été refusé, mais pour une autre raison.A l’entrevue ils m’ont dit que j’avais déjà en main tous les outils de travail pour m’en sortir.C’est vrai que, parfois, j’aime ça quand on me prend en charge et que je me laisse guider.Aujourd’hui j’ai à me prendre en main.C’est pas facile et c’est pas évident.J’ai demandé de l’aide pour me faire supporter et en parler.J’ai à apprendre à me faire confiance dans le résultat.J’ai à accepter que le système n’est pas obligé de tout faire à ma place.J’ai ma part de responsabilité à prendre.Sylvain, 17 ans 6 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ LE PRIX D’UN SECRET BIEN GARDÉ Les adultes ont souvent plusieurs techniques pour éviter une question : «On en reparlera une autre fois.» «Tu verras quand tu seras grand.» «Je suis occupé, ne me dérange pas.» « Tu ne trouves pas que tu exagères, avec ce que tu me racontes?» «Si c’est arrivé, c’est peut-être parce que tu l’as cherché?» «Tu es encore en train de raconter des mensonges.» «Tu n’as pas honte de dire des choses pareilles.» Toutes ces répliques peuvent signifier qu’il y a une peur et une difficulté, chez ces personnes, d’entendre ce que nous vivons.C’est une réalité et il nous appartient d’en être conscients.J’ai rencontré plusieurs personnes qui ont été approchées par des mouvements sectaires.Après avoir adhéré à ces groupes, en sortir a été difficile, physiquement et émotionnellement.Plusieurs ont parlé d’une période de deux ans avant de se sentir libérés.Les premiers trois à six mois subséquents ont été une période de profonde réhabilitation avec eux-mêmes.Seul, face à soi-même, il a fallu réapprendre à respirer, à regarder, à entendre et à voir, réapprendre à parler et à s’exprimer.Le temps de réhabilitation nécessaire pour reprendre le pouvoir sur sa vie semble être assez constant d’une personne à une autre.Qu’on parle de sectes, de tentatives de suicide, de dépendance à une drogue, le temps est une denrée qu’on doit se donner et s’offrir afin de se découvrir sous un nouveau jour.J’ai souvent vu les gens de l’entourage de ces personnes aux prises avec l’une de ces problématiques, vouloir oublier les incidents, tourner la page pour passer à autre chose, essayer de faire comme s’il ne s’était rien passé et tenter de revenir comme dans le bon vieux temps, «avant que tu ne.» Si nous tournons la page avant le temps, nous ne faisons qu’étouffer des émotions qui sont pourtant encore bien vivantes.La problématique et les évènements sont bien réels, nous ne pouvons pas fermer les yeux ou jouer à l’autruche devant cette réalité bien concrète.En évitant d’en parler, nous créons un tabou.Un tabou est un sujet que nous avons peur d’aborder.Cette peur est réelle et nous ne pouvons pas la banaliser.Nous avons peur de vivre trop d’émotions, d’intensité, peur d’entendre des faits que nous ne voulons pas entendre, ou peut-être voulons-nous ménager l’autre en évitant de rebrasser les vieilles affaires que nous essayons tous d’enterrer.Une émotion enterrée devient une semence dans mon jardin intérieur.Tôt ou tard, elle refleurira pour me donner de l’herbe à poux ou toute autre plante à laquelle je suis allergique.Une allergie est une hypersensibilité par rapport à un évènement parfois enfoui depuis longtemps.Malgré toute ma volonté d’oublier les évènements, mon allergie reviendra me manipuler sans cesse.Une des façons de créer un tabou, ou de ne pas l’aborder, c’est de toujours remettre à plus tard les réponses aux questions posées.C’est une technique utilisée par plusieurs groupements sectaires.Que dire d’un parent ou d’un professeur qui, face à la question d’un adolescent, lui dit qu’il comprendra plus tard?«Un jour tu comprendras mon jeune», mais en attendant ta question dépasse peut-être mes compétences ou ma capacité d’en parler.Mais si je ne suis pas capable de parler d’un sujet donné à mes enfants, qui va le faire?Un chef de gang, un pimp, n’importe quel professeur déprimé ou un homme comme Roch Thériault de la secte de Moïse?Face à des sujets comme le viol ou l’inceste, 70 % des adultes en poste d’autorité (parents, professeurs, etc.) autour d’un jeune, n’ont pas la capacité de l’accueillir et de lui proposer des solutions concrètes.Un sujet devient tabou à partir du moment où des adultes ont peur d’en parler.Je ne veux pas mettre le blâme et la responsabilité sur les seules épaules de ces autorités, cependant je veux lancer un message clair à tout jeune qui a besoin de parler d’un sujet donné : c’est ta responsabilité de te trouver quelqu’un de confiance pour pouvoir en parler.Si en parlant de ce sujet à tes parents ou à un de tes profs tu n’es pas satisfait de la réponse reçue, tu n’es pas obligé d’en rester là, tu peux demander à quelqu’un d’autre.Si tu te poses une question, si tu ressens le besoin d’en parler, c’est que cette question, ce sujet est important pour toi.Ne laisse pas un adulte étouffer ta question, elle est trop importante pour cela et n’oublie pas que tu es la personne la plus importante de ta vie.Si tu ne trouves pérsonne, ça pourrait être une bonne question à discuter sur une ligne d’écoute comme Jeunesse J’écoute : 1-800-668-6868.Raymond Viger 7 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien MÜ, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ SYLVAIN AU «NOUVEAU POINT DE VUE» SD Pavillon du Nouveau Point de Vue: (514) 887-2392 Comme dans toute place inconnue où j’ai pu entrer, la peur m’a envahi dès le premier pas que j’ai posé sur le seuil de la porte.Tout ce que j’avais le goût de faire était de retourner chez moi.J’ai commencé à bien me sentir et à prendre ma place seulement après quelques jours.C’est dans cette thérapie que j’ai connu les meetings des Narcotiques Anonymes, une fraternité d’hommes et de femmes qui partagent sur leur souffrance, leur vécu, pour mieux se supporter dans leur rétablissement.Le Pavillon du Nouveau Point de Vue m’a donné la chance d’apprendre à me connaître tout en me laissant du temps pour respirer librement.J’ai bien aimé l’approche qu’ils ont utilisée avec moi pour m’aider à exprimer la colère qui me dévorait.Mon vécu était quelque chose de très délicat.C’est ce genre d’approche qu’il me fallait.C’est la meilleure que j’ai eu la chance d’essayer.Il y avait également du sport et des activités, toujours en relation avec la thérapie, pour m’aider à faire des liens avec mon vécu, et me responsabiliser.Une façon de se divertir tout en apprenant à mieux se connaître, à sortir de son isolement par rapport au groupe.Une thérapie basée sur la confiance en soi.Il n’y a pas de remède miracle.En cas de rechute à la sortie, tout dépend de nous.Sylvain Masse, 17 ans Au Pavillon du Nouveau Point, de Vue, la moitié de la thérapie pour les adolescents est constituée d’activités sportives de plein air (canot, vélo, escalade, camping, marche).C’est la méthode utilisée pour aider les jeunes à faire des liens avec leur vécu.À partir de l’été 95 le Pavillon organisera annuellement une marche de sensibilisation de 42 jours (durée d’une thérapie) à travers le Québec.Cette année, le départ se fait aux «blocs» de la rue Ste-Catherine et se termine au Mont Jacques-Cartier (le sommet le plus élevé du Québec), en Gaspésie.Tout au long de ce trajet, des rencontres auront lieu dans différentes maisons de jeunes dans le but de sensibiliser l’opinion publique et favoriser la prévention.Vous pouvez aider le financement des thérapies pour les adolescents économiquement défavorisés en appelant au Pavillon du Nouveau Point de Vue ou en envoyant un chèque à son attention à l'adresse du Journal de la rue.Nous reproduirons des photos prises durant la marche dans notre prochain numéro.La direction du journal 8 JOURNAL DE LA 1UJE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 SYLVAIN AU «TRAIT D’UNION» N’imposez jamais votre volonté à l’enfant, renforcez au contraire, ce qu’il a de meilleur en lui.La tendresse trace un chemin de confiance entre les cœurs, qui s’inscrit dans la mémoire.Il est un réconfort, une direction tout au long de la vie.C’est pourquoi un Ami, celui qui reste fidèle dans le malheur comme dans la joie, est le bien le plus précieux sur cette terre.Élisabeth Warnon Je pensais savoir ce que c’était une thérapie en entrant au Trait d’union, puisque j’avais déjà fait celle du Pavillon du Nouveau Point de Vue.Mais celle-là a été très différente.Il y avait des activités, du sport et des groupes de thérapie où tout le monde pouvait parler à son tour.Mais c’est une thérapie basée sur la confrontation, et les intervenants devaient nous mettre au pied du mur.Une façon de nous humilier.Lorsque j’ai parlé de mes difficultés avec mon intervenant, j’ai eu l’impression qu’il se foutait de moi.Tant que j’étais là, c’était lui qui voulait contrôler ma vie.Une thérapie qui est très longue, certains étaient là depuis 14 mois.Les lettres, les téléphones et les visites étaient défendus pendant un mois et demi.Après, si j’écrivais ou recevais une lettre, elle était lue, et si elle ne faisait pas leur affaire, la lettre était détruite.Je me sentais incompris et isolé de tout.Je me suis tu, je ne parlais plus à personne.Ma seule idée était de retourner chez moi.On me regardait de travers et me répétait que je ne réussirais pas à sortir.J’ai cependant réussi à passer en cour et à retourner chez moi.Quelques jours plus tard, j’ai appelé pour prendre rendez-vous pour ramasser mes effets personnels qui m’avaient été confisqués à mon arrivée.En m’y rendant, personne n’était au courant de rien et je n’ai jamais pu récupérer mon linge.Sylvain Masse, 17 ans À noter que les intervenants du Journal de la Rue ont accompagné à trois reprises des jeunes ayant passé par le centre «Trait d’Union».Nous n’avons jamais pu récupérer les effets personnels du premier jeune.Pour ce qui est du deuxième, nous nous sommes déplacés à quatre reprises pour récupérer une partie seulement de ses vêtements.Quant au troisième, après trois déplacements nous n’avons pas encore réussi à récupérer quoi que ce soit.Nous ne vous laisserons pas le numéro de téléphone de ce centre de désintoxication, car notre intégrité ne nous permet pas de le référer.Nous nous posons de sérieuses questions sur leur méthode «thérapeutique».La direction du journal 9 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 LETTRE À UNE MÈRE TOXICOMANE J’ai rencontré Sylvain dans le cadre de ses travaux communautaires.Il venait d’apprendre qu’il devait se reloger ailleurs, puisque le centre d’hébergement où il vivait, avait dû le mettre à la porte à cause de ses fréquentes rechutes.Malgré toute l’insécurité d’avoir à se trouver un nouveau pied-à-terre, durant cette rencontre, il m’a parlé régulièrement de la fierté qu’il éprouvait envers sa mère.«On a eu du fun à triper ensemble, et maintenant dans quelquesjours elle sort d’une thérapie pour renforcer ses 7 mois d’abstinence».J’ai, par la suite, rencontré sa mère qui me disait : «La cure n’est pas un miracle, le miracle, on le fait soi-même.C’est pas facile, mais il y a toute une fierté, après coup».Pour ses travaux communautaires, Sylvain a préparé pour le journal les textes des pages 8 et 9, où il nous parle de ses visites en centre de thérapie.En couverture arrière, on trouve une de ses peintures et un extrait d’un de ses poèmes.Voici une lettre qu’il a écrite à sa mère, à l’occasion de son retour de thérapie.Je vous l’offre intégralement.Mes yeux plongés dans le ciel profond et noir Où s’étalent mes voeux les plus chers à mon cœur Et mon corps encore soit-il sur ce sable de lueur Qui savoure la beauté de ce grand soir C’était dans cette nuit grande comme mes 17 années entières Où dans le ciel nocturne et étoilé Je pensais à ma mère et à nos moments cruciaux et passés Ces moments de folie qui nous détruisaient graduellement vers de la cendre de pierre.Et comme je voulais tant te voir belle et saine, Dans mes yeux si épuisés de fatigue Une étoile me projeta dans l’intrigue Mais si signifiante dans cette histoire où j’avais de la peine Aujourd’hui, je te verrai sortir de thérapie, et te diriger vers une nouvelle vie pour moi, l’étoile filante réalise un vœu que j’ai toujours tenu à coeur de recevoir de ton amour, de ta pure chaleur Je suis très fier de toi et ne lâche surtout pas, Sylvain Masse, 17 ans Merci Sylvain pour ton aide au Journal de la rue.Bonne continuité dans ton écriture, ta peinture, et je te fais confiance dans ta capacité à te montrer honnêtement sous ton vrai jour.Amitiés, Raymond Viger 10 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N" 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ LES HELLS NE FINANCENT PAS LE JOURNAL DE LA RUE! Dans le dernier numéro, j’ai signé un article qui avait comme titre juste le contraire.À partir de ce titre, j’en profitais pour ventiler un peu mes rapports difficiles avec Y autorité.J’ai abordé une réalité concernant certains policiers, politiciens et autres représentants de l’autorité dans notre société.Je terminais l’article en posant cette question : «Pourrions-nous acccepter que les Hells Angels financent le Journal de la rue?» et je répondais de la façon suivante : «C’est pourquoi nous vous demandons à nouveau de nous aider à financer nos activités et à diffuser de l’information sur la drogue, la prostitution et le suicide.Votre abonnement peut aider à améliorer la qualité de vie des jeunes.» Je croyais que le message lancé par cet article était clair et précis.Pourtant, quelques personnes m’ont rejoint pour vérifier si les Hells Angels finançaient effectivement le j our-nal.De façon à ne pas créer d’équivoque, je prends cet espace pour vous dire officiellement que non, les Hells Angels ne financent pas notre journal.Ma première erreur a été de mettre un point d’exclamation au lieu d’un point d’interrogation à la fin de mon titre.La deuxième erreur a été d’oublier que certaines personnes ne lisent souvent que les titres.Pour ces personnes, il est certain que le titre peut porter à équivoque.Ma troisième erreur a été de tomber dans le sensationnalisme, en voulant attirer l’attention sur notre besoin vital de financement.Conséquence de plusieurs années de travail acharné et frustrant, consacrées à la quête de financement.Ma quatrième erreur a été de pointer du doigt les Hells Angels alors que j’ai respecté l’anonymat des autres groupements dont il était question (corps policiers, politiciens, hommes d’église).J’aurais dû faire de même avec les Hells Angels.Ma cinquième erreur a été de mêler financement et autorité, ce qui portait à confusion et manquait de simplicité et de clarté.Je veux remercier les personnes qui ont pris le temps de vérifier le sens de ce texte.Je ne suis pas parfait, et j’apprécie que les gens prennent le temps de faire une vérification avant de méjuger ou de me condamner.C’est en recevant vos commentaires que je peux continuer à me remettre en question.C’est avec ces commentaires que je peux sentir une dynamique et un échange, si importants entre écrivains et lecteurs.Ce qui importe, ce n’est pas de rechercher la perfection, mais de garder une ouverture d’esprit qui me permet d’accepter mes erreurs et d’en tirer des conclusions positives.Cela me fait réaliser que je n’ai pas été au fond de ma pensée dans cet article.D’un côté, il y a ceux qui représentent l’autorité et la justice formelles de notre société, soit les policiers, politiciens, hommes d’église et autres.De l’autre côté, il y a les rebelles au système, qui représentent l’autorité informelle.De part et d’autre, je désapprouve certains de leurs gestes, que je considère injustes, violents et contraires au bien-être de notre société.Mais, en même temps, derrière ces masques d’autorité formelle et informelle, se retrouvent des êtres humains, qui ne demandent, à la source, qu’à aimer et être aimés.Des êtres humains qui, malgré des faits et gestes qui ne sont peut-être pas parfaits, ont agi au meilleur de leur connaissance.Des êtres humains qui sont aussi des parents.Des parents qui regardent leurs enfants grandir et qui espèrent pour ces jeunes un monde et une société qui seront moins souffrants et moins difficiles que ceux qu’ils ont connus.Beaucoup d’amour à tous ces parents, à ces jeunes et à ces enfants, Raymond Viger Il JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mti, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ QUAND LE RÊVE D’UNE ADOLESCENTE DEVIENT UN ENFER.Ne détruisez aucun rêve d’enfant! Ce serait peut-être lui enlever la vision de sa juste direction dans la vie.Ce serait anéantir ses possibilités.La vie que l’enfant rêve et crée dans ses yeux avec une persévérance innocente, se réalisera et constituera sa propre vie, celle pour laquelle il est venu au monde.Permettez à l’enfant de réaliser ses rêves et ses espoirs, rien n’est trop beau, ni trop grand, ni trop noble pour lui, pourvu que vous lui inculquiez le respect des êtres et des choses.L’enfant a le droit de choisir et de créer sa destinée, fut-elle chimère pour les yeux des adultes.Élisabeth Warnon Je rêvais d’un monde parfait.Un monde où l’on pouvait aimer et être aimé pour ce qu’on est, sans attente, sans arrière-pensée.Un monde où l’on pouvait être entendu, sans avoir à se battre.J’ai cherché ce monde parfait et j’en ai fait mon idéal, mon rêve de jeunesse.J’ai suivi une formation d’infirmière pour soigner tous ces gens, pour ne plus entendre leur souffrance.Mais il y, avait tant d’injustices dans ce monde, si loin de mon rêve d’enfant.Dans ma rébellion face aux normes, aux procédures et à une réalité qui ne semblait pas approcher mon rêve, j’ai cherché une solution du côté de la médecine douce et de l’homéopathie.J’ai rencontré des personnes intéressées à bâtir un centre, pour soigner et aider les gens.Je sentais qu’enfin, je pourrais travailler à atteindre mon idéal.J’étais prête à travailler dur pour y arriver et aucune souffrance ne m’aurait fait reculer.L’argent était rare et nous vivions en commune.Bâtir un centre d’entraide à partir de rien, sans vraiment être équipé, cela demande beaucoup de travail, du courage et de la détermination.Nous nous sommes disciplinés autour du chef de notre groupe : Roch Thériault.Roch Thériault imposait des jeûnes très fréquents et les heures de sommeil étaient réduites de façon à pouvoir compléter une liste de travaux bien remplie.C’est une technique de manipulation pour affaiblir le corps et la résistance psychique.Briser l’individualité de la personne, par le manque de sommeil et la sous-alimentation.Cette technique, utilisée par Roch Thériault, s’inspire de celles qu’on utilisait au Vietnam.Quand je posais une question, il remettait la réponse à plus tard, il nous ramenait toujours à l’urgence de compléter les travaux.Ça prends 48 heures de ce régime draconien pour dire qu’un individu commence à perdre son identité.A partir de là, Roch Thériault ou n’importe quel communicateur de groupe pouvait commencer à m’imposer ses idées, sa programmation.Une sorte de lavage de cerveau, fait à partir de ma volonté d’aider et de servir.Roch Thériault a réussi à isoler notre groupe autour d’un idéal.Sans m’en rendre compte, la recherche de mon idéal s’est transformé en l’accomplissement de l’idéal de Roch Thériault.Celui-ci, intelligent et possédant beaucoup de charisme, pouvait séduire le cœur de beaucoup de femmes.Très cultivé et possédant des connaissances très diversifiées, il pouvait discuter de n’importe quoi avec tout le monde et avait une réponse plausible à tout argument.Il montrait un esprit missionnaire, une façade de mère Térésa.Nous avions commencé à offrir de l’aide et des techniques aux gens qui voulaient arrêter de fumer et nous étions heureux de nous impliquer autant.Quand, pour la première fois de ta vie, tu as l’impression d’être aimé et écouté, ça vibre dans le fond de tes tripes.La personne qui te fait vibrer en avant, c’est peut-être Roch Thériault, ou encore un chef de gang.Pour continuer à ce que ça vibre, pour rester dans cet amour que tu ressens pour la première fois, tu es prête à faire n’importe quoi.Même des gestes que tu ne te serais jamais crue capable de faire, qui sont contraires à tes valeurs personnelles et à tes rêves d’enfant.Dans le groupe que nous formions autour de Roch Thériault, nous devenions dépendants de cet amour que nous recevions, de cet idéal qui n’était plus nôtre, nous étions pris en charge par Roch Thériault.J’avais perdu mon identité, je ne vivais que pour les autres, à la recherche de cette identité perdue.Roch Thériault centralisait tout le pouvoir, distribuait les récompenses au compte-goutte, juste assez pour me permettre d’espérer encore un peu.Ce pouvoir sur ma vie a déjà été mien et je l’ai remis à cet étranger.Le groupe que nous formions s’est appelé «La secte de Moïse».J’ai essayé de me sauver.Malgré plusieurs fugues, je sentais toujours le besoin de revenir à la secte.Un peu comme une femme battue par son mari, les patterns de dépendance affective sont tout aussi difficiles à briser que l’habitude-de consommer certaines drogues.J’ai dû souffrir pour apprendre.J’ai eu à m’enliser jusqu’au fond du gouffre.Au moment où je n’ai pu me fier qu’à moi-même pour m’en sortir, c’est là que j’ai trouvé la force de croire en moi.Aujourd’hui, après 12 années d’enfer et l’amputation de mon bras, je suis heureuse.J’ai retrouvé le plus important, la confiance en moi, le contact avec ma vérité, ma spiritualité.Le plus beau cadeau que je me suis fait a été de pardonner à mes agresseurs.C’est par le pardon honnête et sincère qu’on peut briser les liens qui nous attachent.C’est en étant bien dans ma peau que je ne sens pas le besoin de juger et que je n’ai pas le goût de me venger.Merci, Gabrielle Lavallée, pour ton partage et ton amour envers les jeunes.Raymond Viger 12 JOURNAL DE LA RUL Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ MARIE CARMEN, L’AMOUR ET LES SECTES Jeunesse J’écoute : une ligne d’écoute pour toi.Ne laisse plus cette souffrance, cette peine te brûler le cœur.Donne-toi quelques instants d’amour en brisant ton isolement, signale : 1-800-668-6868.C’est gratuit et confidentiel.Tu mérites d’être entendu.Dans le prochain numéro du Journal de la rue, j’aurai le privilège de vous présenter une entrevue sur la prévention du suicide avec Marie Carmen.Aussi étrange que cela puisse paraître, cette entrevue a un lien avec ce numéro qui met en relief le problème des sectes.Gabrielle Lavallée nous raconte comment, à partir de sa passion d’aider les gens et son côté missionnaire, elle a été approchée par Roch Thériault pour créer un centre d’entraide; comment ce centre a fini par devenir une secte, et comment Roch Thériault s’est grisé du pouvoir que les gens lui avaient remis.J’ai eu la chance d’expérimenter cette sensation pendant l’entrevue passée avec Marie Carmen.Marie Carmen est une femme de coeur, passionnée pour ce qu’elle fait.Elle aime les jeunes, les trouvent beaux, et son implication à Jeunesse J’écoute est une passion.Je n’ai pu rester indifférent à tant de passion et d’amour pour notre jeunesse.Elle a réussi à me toucher et à rejoindre ma propre passion.Marie Carmen est une personne adorable qui insiste sur le fait qu’elle n’est pas parfaite, mais qu’elle travaille beaucoup sur elle-même.Elle ne veut pas être idolâtrée et mise sur un piédestal.Elle est honnête et authentique dans ce qu’elle est et ce qu’elle dégage.Elle veut rester près des jeunes qu’elle rencontre et près de ce qu’elle est, près de son coeur.Après l’entrevue, j’ai pris un moment de réflexion.Marie Carmen avait dégagé beaucoup d’amour et d’intensité pendant notre rencontre.J’étais bouleversé et j’avais une certaine difficulté à définir toutes les émotions qui remontaient en moi.Toute l’énergie et l’intensité de Marie Carmen m’avaient enflammé et pouvaient me transporter à l’infini.Devant ma difficulté d’accoler des mots à cette expérience, si, au lieu de Marie Carmen, je m’étais retrouvé devant Roch Thériault, il aurait été facile pour lui d’utiliser cet échange à son avantage.Dans un environnement et un contexte qui s’y prêtent, à partir de ma propre passion pour les jeunes, j’aurais facilement pu me laisser envoûter par le charme de cette belle’ énergie.J’aurais facilement pu devenir un fervent chevalier au service de la cause et tranquillement abandonner le pouvoir de ma vie aux mains de Roch Thériault.D’où l’importance de réaliser que tous mes j ugements de valeur partent de moi et non pas des autres.Et c’est ce qui fait la beauté de Marie Carmen.Elle est consciente du poids des mots et elle ne veut pas utiliser le pouvoir que certains lui offrent.Comme elle le dit si bien : «il faut démystifier l’artiste».Comme à l’intérieur de plusieurs autres phénomènes, l’expérience de la secte débute toujours par une quête d’amour.Nous avons tous besoin d’aimer et d’être aimés.Quel prix aurons-nous à payer pour cet amour, si nous oublions de le vivre avec authenticité, intégrité et respect de soi?L’amour n’est-il pas un état d’âme, un état d’être, difficile à cerner?Il se retrouve dans la relation d’amitié, dans la relation amoureuse, dans la relation tout simplement.À partir du moment où deux personnes se parlent avec authenticité, l’amour est déjà au rendez-vous.Il ne me reste plus qu’à accepter ces instants d’amour et à les accueillir en me faisant confiance.Merci, Marie Carmen, pour ta présence auprès des jeunes et pour le support que tu nous apportes au journal.Raymond Viger 13 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien MÜ, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ RENCONTRE AVEC GABRIELLE LAVALLÉE Gabrielle reçoit déjà beaucoup de courrier.Elle a besoin de vos commentaires et de vos questions.Tu peux écrire à Gabrielle à l’adresse suivante: Gabrielle Lavallée a/s Éditions J.C.L.930, Jacques-Cartier Est Bureau D-314 Chicoutimi, Qc G7H 2A9 Gabrielle ne pourra cependant pas vous répondre personnellement par retour du courrier.Elle prépare un deuxième livre qui répondra à l’ensemble des questions qu’elle aura reçu.Son premier livre «L’ALLIANCE DE LA BREBIS» est toujours disponible en librairie.Caractéristiques fréquentes des personnes susceptibles d’adhérer à une secte : 1.Provenance d’une famille dysfonctionnelle, agressions sexuelles, manque d’amour el/ou de communication familiale.2.Désabusement, marginalité et rébellion face à la société.3.Attrait pour une une démarche spirituelle authentique; difficulté à rester en contact avec sa voix intérieure, à se faire confiance dans la recherche d’une spiritualité à soi, vulnérabilité aux faux maîtres, gourous ou chefs de gang.Au départ, la majorité des professionnels de la santé mentale ont peu de formation pour répondre au viol de l’esprit causé par les sectes.Ils sont dépassés par la situation et ils ont une grande difficulté à accueillir adéquatement les séquelles que laissent la secte auprès des individus qui y ont adhéré.Le problème de base pour les personnes qui souffrent, est le besoin d’être aimé et d’être écouté.Avec un système de santé débordé et dépassé pensez-vous que ces professionnels ont le temps d’écouter?Quand ces professionnels se limitent à ouvrir et à refermer des dossiers, pensez-vous qu’ils ont l’opportunité d’aimer?Nous avons besoin qu’on nous offre du temps pour être écoutés, non pas d’une prescription pour nous geler.Si une de vos connaissances adhère à ce que vous croyez être une secte, vous pouvez l’aider.Soyez indulgent et respectez la personne.Ne soyez pas intransigeant.Ne la jugez pas et ne soyez pas radical.Les leaders des sectes mettent en garde les nouveaux adeptes des réactions possibles de l’entourage.Si vous jugez le comportement de la personne impliquée, vous ne faites que lui confirmer que le monde est méchant et que la solution est de s’isoler dans la secte.Mentionnez-lui que vous êtes prêt à l’écouter, à l’héberger en tout temps et à l’accueillir.Gardez contact et cherchez à briser l’isolement.Suscitez des questions, des interrogations : «Il me semble que tu as changé, non?» «Tu n’as pas l’air aussi heureuse qu’avant?» Montrez des vieilles photos où elle était plus joyeuse pour qu’elle se voit et puisse se comparer.Pour vous aider, il existe un regroupement indépendant qui s’occupe de recenser toutes les informations sur les sectes existantes: INFO-SECTE (514) 274-2333.Au Québec il existe plus de 1200 religions et sectes, plus de 450 cours de croissance personnelle.Certaines sont à tendances sectaires.C’est un marché en pleine expansion qui laisse présager un mal de vivre de plus en plus important dans notre société.C’est en écoutant sa voix intérieure (ses tripes) qu’on peut rester en contact avec son discernement.J’ai le goût de vous dire que le plus grand gourou du monde, vous le croisez tous les matins dans votre miroir.Si vous n’êtes pas prêt à vous faire confiance, vous êtes encore moins prêt à donner cette confiance à n’importe qui.Il s’agit de rester fidèle et intègre à soi-même.Tu peux croire en toi, tu peux t’aimer sans avoir à attendre que cet amour vienne de l’extérieur.Il est souvent difficile d’accepter certaines périodes de notre passé.Les sectes travaillent beaucoup à nous culpabiliser vis-à-vis de notre vécu.Du harcèlement pour nous garder sous leur contrôle.Quand on refuse d’écouter ce que notre voix intérieure nous dit, c’est souvent parce que c’est vrai.Les sectes tentent de nous couper de cette voix, de cette intuition, c’est leur façon de nous couper de notre vérité pour nous imposer la leur.Ce qu’on n’accepte pas de soi, on va le revivre jusqu’à l’acceptation (non pas une résignation).Les professionnels s’attardent peu à la spiritualité, sur le vécu.On a besoin de remédier à la cause, pas de l’endormir avec des pilules.Nous sommes tous différents.Comment appliquer une panacée miracle pour tous?On a besoin d’être écouté, non pas d’être endormi avec du chimique.On a déjà dit que la religion était l’opium du peuple québécois, j’ai l’impression qu’on a changé le curé de la paroisse pour le pharmacien du coin.Les médications ne peuvent être bonnes que sur une base ponctuelle et temporaire.Au départ, certaines sectes avaient peut-être une vocation noble.Cependant, rares sont les humains qui peuvent recevoir le pouvoir des autres sans s’en griser.Et cela ne s’applique pas qu’aux sectes on peut extrapoler à tout groupement qui centralise certains pouvoirs et contrôles, incluant aussi certains groupes politiques.Gabrielle a mis deux ans avant de rebâtir son esprit critique et de pouvoir se sentir en confiance.Il faut accepter de se donner le temps que l’on a besoin.L’écriture est un moyen thérapeutique extraordinaire.On devient son propre thérapeute, pour se regarder.On écrit pour 14 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ À noter que Gabrielle Lavallée donne des conférences dans un but de prévention et d’information sur les sectes.Les écoles et les groupements intéressés peuvent demander la présence de Gabrielle en contactant les Editions J.C.L.soi.C est une façon d’aller au-delà du négatif pour découvrir le positif, pour se découvrir, une façon de garder contact avec cette voix intérieure qui est nôtre.Gabrielle nous offre le cadeau de se lever et de nous exposer son vécu.Elle fait la tournée des écoles et offre des conférences.Elle trouve notre jeunesse lucide et très belle.Après avoir tout essayé, elle nous suggère le plus beau «trip» qui puisse exister : un voyage intérieur pour se découvrir.Les plus belles merveilles du monde se retrouvent cachées en nous.«Connais-toi toi-même» disait le philosophe grec, Socrate; il avait déjà tout compris.Je sème une graine; le résultat ne m’appartient pas.Je n’ai pas à savoir quand cela va fleurir.Je fais au meilleur de ma connaissance et je me fais confiance.Je n’ai pas à changer les gens, je peux les éclairer, leur fournir des outils d’information et de prévention; c’est à eux de s’appliquer à se changer eux-même.Je te remercie Gabrielle pour le message d’amour et d’espoir que tu as accepté de nous livrer.Un message d’amour de soi, un message d’espoir pour la jeunesse qui pousse.Cette jeunesse peut se faire confiance, faire confiance à ses tripes et découvrir cette perle rare, cette beauté intérieure que nous possédons tous au fond de nous, que nous découvrons en allant au bout de nos souffrances.Je crois que cette jeunesse aura peut-être la chance de découvrir sa propre beauté sans avoir à passer par les mêmes difficultés.Grâce à des personnes comme toi Gabrielle, qui exposent leur vécu, je pense que bientôt il ne sera plus nécessaire de souffrir pour apprendre à se découvrir.C’est un bel enseignement que tu nous offres, de beaucoup supérieur à tous ces stéréotypes que la société nous propose et nous inculque, dès notre enfance.Raymond Viger 15 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ RETOUR DU PARADIS Quelqu’un décide de faire un grand pas dans sa vie.Il décide de faire une cure de désintoxication.La cure fonctionne à merveille.Il se découvre de nouvelles valeurs.Il apprend à se regarder et à regarder autour de lui, avec des yeux neufs.Après sa cure, il a l’impression de flotter dans les nuages, de marcher sur les eaux.Tout est beau autour de lui, plus rien ne peut l’arrêter.Cette sensation d’euphorie est communément appelée «pink cloud».On redécouvre nos sens et toutes les contradictions que cela comporte.Quelque chose peut être laid à regarder, mais agréable à toucher.En toute chose, on trouve du bon et du mauvais, de l’agréable et du désagréable.Si on juge tout, si on étiquette «correct», «pas correct», ça peut faire étrange comme sensation que découvrir que les extrêmes cohabitent si facilement.Il frappe vite un nœud à son retour de désintoxication.Le milieu dans lequel il évoluait n’a pas changé, ses déclencheurs réapparaissent rapidement.Le taux de rechute est élevé et rapide.Sortir d’une cure de désintoxication demande de la préparation, de la restructuration, une canalisation de ses énergies aux bons endroits, la création d’un nouvel environnement, d’un V nouveau réseau d’amis et d’entraide.Une rechute, ça fait mal! La culpabilisation peut mener loin psychologiquement.Après une période de sevrage, physiquement, lors d’une rechute, on ne peut pas reprendre le même rythme de consommation sans risquer de sévères complications.Le retour d’une cure de désintoxication n’est pas une occasion d’oublier le plus rapidement possible ce qui s’est passé.C’est le début d’un nouveau travail de communication, avec soi-même et son environnement.C’est le début d’une nouvelle façon de vivre.Si, dans une famille, l’adolescent qui consomme peut être dérangeant, les suites d’une désintoxication peuvent être tout aussi dérangeantes.On ne peut pas banaliser la situation en se disant que tout va revenir «comme avant».Nous ne sommes pas aujourd’hui ce que nous étions hier, ni ce que nous serons demain.Nos expériences nous font constamment changer.La période «pink cloud» est une occasion de réconciliation, de pardon, envers son entourage, son environnement, mais surtout envers soi-même.Raymond Viger a ]// 2225 16 JOURNAL DE LA RUE Vol.!.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ PARADIS À VENDRE La période «pink cloud» après la désintoxication me rappelle les retours d’ateliers intensifs de lin de semaine.Vous n’avez jamais touché à vos émotions de votre vie, mais on vous vend l’idée qu’il est très important de les contacter pendant cet atelier.Et vous voilà parti pour la gloire.Il y a plus de 400 types d’atelier du genre au Québec.Pendant une fin de semaine, on vous fait sortir vos émotions de différentes façons par des exercices appropriés.Vous vous sentez aimé, écouté, le petit nuage se forme.Le lundi matin, vous vous retrouvez dans votre bon vieux monde habituel, souvent très vulnérable et sensible, sans support ni suivi.Le retour à «la normale» peut créer certains traumatismes ou un état de choc chez certains individus.J’ai vu des gens entrer en psychiatrie, faire des tentatives de suicide, et réagir fortement à quelques-uns de ces week-ends.Comme en toute chose, le discernement est important et je sais qu’en ce qui me concerne, suivre et respecter mon rythme a été plus que capital.Certains de ces ateliers peuvent être bons pour vous, d’autres pas du tout recommandables.Ce qui est bon pour vous ne l’est pas nécessairement pour votre voisin ni pour moi.Nous avons chacun notre vécu et notre propre sensibilité.Pour certains, le retour est tellement beau qu’ils veulent convaincre tout le monde d’y aller.Pour d’autres, c’est l’enfer qui commence.En général, les animateurs possèdent une bonne formation.Par contre, la formation de certains autres peut être très discutable.Le prix de la thérapie n’est pas un critère de qualité.L’important, ici comme ailleurs, c’est de faire confiance à son intuition, à sa petite voix intérieure.Si vous ne vous sentez pas à l’aise de faire un exercice quelconque, si vous ressentez que cela ne respecte pas votre rythme, votre capacité d’acceptation ou vos limites, donnez-vous le droit de refuser.Vous n’avez pas à vous imposer l’exécution de tous les exercices proposés par les animateurs d’atelier s’ils ne vous conviennent pas.Si les choses semblent parfois paradoxales à l’intérieur de nos notions de bien et de mal, une chose est certaine : nous sommes tous maîtres de notre destinée.Raymond Viger 17 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ LES SECTES RELIGIEUSES ET LES GANGS Quand on entend le mot gang, on pense vite aux gdngè de jeunes ou d’ados qui sont violents.On a de Iadifflculté à associerle ntot gang et le mot paix' \ Quapd on parle de seçtesTteljgieuées, on a aussi de M difficulté à mettre ensemble les mots secte rpligiedse :ei libertéide:croire./ \\ Dans üne vraie secte religieuse : r tu perds1 le droit de penser librement.Tu donnés ta libiîrté aux responsables qui pensent à ta place; • on te fait facilement un lavage de cerveau : textes religieux appris par couir ét que tu répètes sans en savoir le seiis; • il y a mépris des autres groupes religieux; • ori t’interdit de fréquenter les mpmbres des autres groupes et surtout les églises structurées, I" ¦:VV" PâtexertipleV les Témoins de Jéhovah interdisent là fréqdentation des èatholiques; • contrôlent ton portefeuille; • contrôlent tps émotions.Une petite analyse des gangs de rue Quand je m'assois avec un ado qui lait partie d’une gang et s’il est seul; je constate la plupart du temps des similitudes avec les Sectes : f il è.s t p eut - être se u le t; il a b e so in du support de la gang; • sa gang le rend fort; • il doit respécter les secrets de sa gang, autrement, il est renvoyé et souvent battu; Ta gang de rue, Corinne la seç.te : • peut te détruire et t’empêcher d’être toi- niêrno; .,-,- •: tu dois te sçUmettre aux lois qui te Sont imposées; • tu peux té laisser : exploi ter par les àutrqs par la violence physique et verbale; • le bonheur, dans ces groupes, est-il le vrai .bonheur que tu recherches?• est-ce qu’on,.essaie de contrôler tes émotions?' • as-tti le droit de vivre tes émotmns?• es-tu obligé d’être violent?• es-tu obligé d’agir contre tes principeset tes valeurs?Certaines personnes ont plus tendance à la dépendance et à l’irresponsabilité par rapport à leur vie personnelle; aussi rechéùehent-elles souvent le fUpport de la secte pu de la gang.Il peut aussi y a voir un besoin d’identification.Questionne-toi sur ta propre itlentité.Jf Il arrive,souvent que les membres d’une secte vivent Une grande anxiété religieuse.lié recherchent une forme de spiritualité; Interroge les groupes religieux,; pose des; questions, Si tu te sens attiré: par un groupe; queleénque; spirituel ou autre, sois sélectif et; gardé toujours ta liberté dopant les; responsables de ces groupes.Certaines : sectes réfèrent à certaines; citations de la Bible, mais lés interprètent à leur façon.iSopne-TOi lé droit dé revenir au texte intégral et di; le vivre toi-même, au fond de tes tripes, sans passer par lès interprétations des autres, qui peuvent être biaisées et manipiilatrices.Fais confiance à ta capacité de découvrir ta spiritualité et lion pas celle des autres./ Quelques sectes : L’Église de séientologie fff Mouvement de Raël Témoins de Jéhovah Groüpp satanique ¦' iCrishnaN,, |! I |Ç Note bien ceci : • il y a dés groupes religieux qui s’inspirent de la Bible.Ces groupés sofit des mouvements issus de l’Fglise catholique; • des exemples : Église; BaptÉIte, Église Adventiste, Église Pentéeôliste,;;etc.; • ces groupes respectent Beaucoup plus ta personne et te présentent la \fîn et l’Ensei-gnéménlde Jésüs-Chn$t.Un petit" livre : Le Labyrinthe.Éditions Noéaiis, (fun catholique s-interroge sur les nouvelles religions); tu le téouvéras\dans les Mbrairiés religieuses;.\ S| tu as besoin de: plus d|information, téléphone, à Montréal, au CENTfiE D’INFORMATION SÜR LES NOUVELLES RELIGIONS ; (514) 38£-9641 ou au ;t; CFNTR E II’AIDE AUX ANCIENS I ÉMOINS DÉ JËHQVÀH : (ol4)i?7- i fi49 Bonne icharrce! Andéé Dufànd 18 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180.Suce.Beaubien Mil, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ CAMPS DE VACANCES SECTAIRES Il existe une vaste panoplie de courants racistes.Des symboles, des tenues vestimentaires et des comportements particuliers peuvent nous mettre la puce à l’oreille.Il se peut aussi que le déguisement ne soit pas évident ou qu’on retrouve un même déguisement de chaque côté de la barrière.Comme en toute chose, nous devons user de vigilance et de discernement.Une nouvelle mode fait surface.Certains organisateurs ont approché des autorités locales et ont proposé une solution miracle à tous nos problèmes sociaux.«Vos jeunes ont un problème de discipline, on va vous arranger ça.» Avec l’appui de ces autorités locales, ces organisateurs mettent sur pied une colonie de vacances dans les Laurentides.Selon une approche militaire, leur objectif de façade est d’inculquer une discipline aux jeunes, dans le but de les rendre plus «performants» et de les empêcher d’exprimer leur rébellion et leur révolte par rapport à notre système social.La discipline est une chose valable en soi, mais doit-on l’acquérir à tout prix?À ce camp de vacance, les jeunes en uniformes noirs, sont l’objet d’une propagande du genre : «ne posez plus de questions et apprenez à obéir en fonction de nos enseignements».Une formation qui pourrait être bénéfique peut facilement devenir comme une secte parce qu’elle dévie et embrigade les jeunes.Il peut être attirant d’envoyer nos jeunes les plus révoltés pour leur «casser» le caractère et ne plus se faire rabâcher les oreilles avec leur rébellion.En supposant qu’on réussisse à leur «casser» le caractère, une fois que le jeune aura perdu sa couleur et son identité, avec quelles valeurs et quels principes allons-nous le nourrir?Avec le respect des différences ou avec les principes discriminateurs que ces administrateurs peuvent lui inculquer?Si les promoteurs d’un camp de vacances quelconque se proposent de raviver une forme de nazisme, quels risques courons-nous?Il y a plus de cinquante ans, nous avons déjà eu affaire à un de ces grands manipulateurs.Il se nommait Adolf Hitler et on en parle encore de nos jours.Il a été appuyé et supporté par plusieurs autorités locales.Une discipline, soit, mais dans le respect de soi et de son prochain! Une discipline responsable, pour donner à nos jeunes le plein pouvoir de leur autonomie et de leur liberté, non pas pour leur enlever ce qui leur revient de plein droit! Vous croyez que je fabule, que je joue au catastrophiste?Moi-même, en lisant cela, j’aurais pensé exactement comme vous.Vous avez raison de douter de moi.Ne prenez pas pour acquis ce qu’un autre peut dire ou écrire.Mais, si vous êtes un parent ou un éducateur qui pensez envoyer un jeune dans un camp de vacances, prenez donc le temps de vérifier les antécédents des administrateurs et le genre de camp de vacances dans lequel vous vous apprêtez à envoyer votre jeune.Prenez le temps de vous renseigner, de visiter et de poser des questions.Et, pour rendre la situation plus confuse, ils ont l’appui de certaines autorités locales.Un peu comme la MIUF, ils nous avaient dit : «Il n’y a pas de problème, faites-nous confiance, on va vous arranger ça.» Raymond Viger 19 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien MÜ, Qc H2G 3C9 Quelques noms à retenir : ARM, Aryan Resistance Movement (Mouvement aryen de résistance) WAR, idem NA ou AN, groupe néonazis américain KU KLUX KLAN (KKK), (nom du groupe francophone à Montréal : Longitude 74) fait la chasse aux noirs, aux juifs, aux homosexuels, etc.BONEHEADS, nouvelle appellation des Skinheads racistes Abonnement : 20 $ LE PRIX DE LA LIBERTE J’ai eu l’occasion de croiser un certain nombre de chefs de gangs : les leaders d’une société qui fonctionne en marge du système.Des jeunes, souvent violents, qui sont en réaction à tout ce qui bouge et qui pourrait constituer une menace à leurs acquis, leur sécurité, leurs territoires et leurs limites.Des jeunes qui, lorsqu’ils sont identifiés par les autorités, se font parfois harceler, fouiller, embarquer et étiquetter par les gens.Des jeunes qui, au premier abord, font peur à bien du monde.Le témoignage qui suit est l’histoire de l’un d’eux, Stéphane, un jeune classé «irrécupérable» par la société.A son entrée dans une prison adulte, avec l’épaisseur du dossier qu’il possédait déjà, il s’est fait dire par le directeur «On prendra pas de chance avec toé, tu feras pas le con avec moé je te le garantis.» On lui a collé deux armoires à glace pour le suivre dans tous ses déplacements, pieds nus, pas le droit de sortir dans la cour extérieure, plus souvent au trou qu’ailleurs.Après quelques temps, il rencontre la direction : «Je fais mon possible pour être correct, mais j’étouffe là-dedans; il faudrait qu’on trouve une solution pour que je puisse respirer un peu.Si ça continue, j’aurai pas d’autre choix que de m’évader.» On rit de lui et on continue à serrer la vis.L’inévitable est arrivé, il s’est évadé.Plus la vis est serrée, plus la violence nécessaire pour sortir est grande.Stéphane, ce jeune, après 14 ans dans le système, n’a jamais été «réformé».Mais avec quelques mois d’amour et d’attention, parce que quelqu’un a appris à le connaître et à l’aimer, il est maintenant devenu conférencier, à l’âge de 19 ans, et il rencontre d’autres jeunes dans les écoles pour leur parler de la violence.Je regarde son vécu (le texte initial de Stéphane a plus de 30 pages), je regarde l’ensemble des injustices et des expériences au travers desquelles il est passé, et je me demande comment j’aurais réagi si j’avais été à sa place.La seule réponse qui me vient, c’est que j’aurais été encore plus violent que lui.Comment aurais-je pu vivre ça sans faire tout sauter?La seule réponse : en rencontrant un adulte responsable, capable de prendre le temps de me connaître, de m’apprécier et de m’aimer honnêtement pour ce que je suis.Merci à André Durand qui a accueilli Stéphane.Merci Stéphane de m’avoir permis de te connaître sous ton vrai jour.Raymond Viger 7 7 9 9 9 20 JOURNAL DE IA RUE Vol.2.N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl, Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ STÉPHANE : 19 ANS, ENFIN LIBRE Grâce à André, j’ai réappris à vivre en société.Cela a été très difficile.J’ai réappris à manger, à dormir.J’avais peur d’aller seul dans le métro.Peu à peu, j’ai retrouvé le goût de vivre.Printemps 95, je m’appelle Stéphane et j’ai 19 ans.Je suis libre depuis le 13 novembre 1994, après quatorze ans dans le système des familles et des centres d’accueil.Quatorze ans de souffrance.Je suis né d’un père criminel inconnu et d’une mère prostituée et alcoolique.J’ai été agressé sexuellement par un homme à 5 ans et par une femme à 12 ans.J’ai tenté de poignarder ma mère pendant qu’elle dormait à l’âge de 6 ans.On me pense fou.Je passe par un centre psychiatrique pour enfants et commence les familles d’accueil et l’école.Je suis malheureux, je mange mal, je me révolte à ma façon : je vole et je m’isole.Ail ans je vide les fonds de bouteille dans les bars et je commence à me doper.Ceux que j’appele «mes oncles» font partie de groupes de motards criminalisés.De 12 à 19 ans, je vis dans les centres d’accueil à sécurité maximum.En une seule année, j’ai fait jusqu’à sept prisons provinciales.J’ai un gros dossier : évasions et fugues, drogues, fréquentation de groupes de motards, vols, bagarres.On me considère comme un criminel irrécupérable.À 18 ans, je passe devant la juge Andrée Ruffo.La couronne demande sept ans de pénitencier.La juge me donne deux ans en désintoxication : un an fermé et un an ouvert.Je me retrouve au «Trait d’union» : un enfer.Il y a conflit avec la personne responsable.Sans terminer mon année, on me met directement à la rue.Je me retrouve rapidement à la prison de Joliette.Je suis libéré cinq jours plus tard grâce à André Durand qui a signé pour moi et qui m’a accueilli.André était la seule personne qui me visitait dans les différentes prisons où j’étais.Avec l’aide d’André, j’ai réappris à vivre en société.Cela a été très difficile.J’ai réappris à manger, à dormir.J’avais peur d’aller seul dans le métro.Peu à peu, j’ai retrouvé le goût de vivre.Je n’ai pas terminé mes études primaires, et je garde de très mauvais souvenirs de ces quatorzes années dans les institutions.Aujourd’hui, j’ai 19 ans, et je vais dans les écoles avec André Durand pour parler aux jeunes.Je suis moins violent et j’ai établi une nouvelle relation avec ma mère.Ça va bien.Merci à la juge Andrée Ruffo qui m’a donné cette chance.Merci à André Durand, qui a été le premier adulte à qui j’ai pu faire confiance.Je sais que j’ai le droit d’être heureux et j’en ai aussi le goût.Mais je sais aussi que la victoire est très difficile.Stéphane, 19 ans 21 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 2 C.P.180, Suce.Beaubien Mtl.Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 LA SECTE DE RAMBO ;?V Seul dans la forêt, spécialiste du camouflage, je veille au respect de la justice dans ce monde.Je m’infiltre un peu partout et dès que l’autorité en place fait une gaffe, je rugis comme un lion, je sors de ma cachette et je ne fais qu’une bouchée du grand méchant loup qui tente de séduire les brebis.Dans tout regroupement (ou association), qu’il soit religieux, politique, professionnel ou autre, il y a du bon et du mauvais.J’ai toujours espéré être capable de séparer r< é* ï'V le loup de la brebis, et avec mes muscles d’acier et mon arsenal, de faire disparaître le côté négatif de la vie.Aucun groupement (ou association) ne peut garantir l’intégrité de tous ses membres.C’est pourquoi je ne peux référer ou faire confiance intégralement à aucune de ces associations, puisque l’application des règles dépend de l’interprétation personnelle de chacun de ses membres.Le grand méchant loup n’existe peut-être pas.Seulement un regroupement de brebis aux différentes teintes de gris pâle et de gris foncé où je suis incapable d’en discerner une qui serait totalement blanche ou totalement noire.Face à ce dilemme, Rambo a pris sa retraite.J’ai serré tout mon attirail de guerre.En me regardant dans un miroir, j’y ai vu quelque chose d’étrange.Une petite brebis, sensible et vulnérable, celle qui avait peur et que je voulais protéger du méchant loup.J’apprends à faire confiance à son discernement.Cette brebis ne peut vivre que lorsque je mets Rambo au placard.Quand il s’insurge, il ne fait que tout détruire autour de lui, le reste du temps, il se cache, seul, dans sa forêt, à l’affût d’un loup qui n’existe pas, sauf en lui-même.Toutes ces associations ne sont que des outils de travail pour m’aider à construire ma vérité, mes croyances, mes principes, mes valeurs.Ma vérité ne peut être la possession d’autrui.Rambo n’a existé que pour masquer ma peur de me laisser engloutir par ces groupements.Pour reprendre les paroles de Sonia Benezra; «je fais confiance à la vie, personne n’est le bon dieu sur terre.Même si on vous dit non, même si on vous dit que c’est impossible, faites-vous confiance.» Rambo S Wfy W 22 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N" 2 C.P.180.Suce.Beaubien Mtl.Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ LA VIOLENCE, VUE PAR LES ADULTES ET LES MÉDIAS Selon M.Pierre Mérineau, de l’agence de publicité BCP Stratégie, «par définition, une publicité se doit de choquer.» Et moi, je répondrais : «Je suis choqué que la publicité tente de nous définir.» Un quotidien titrait : «De plus en plus de jeunes en prison.» Le texte spécifiait que l’augmentation au Canada, était due à l’accroissement démographique au Québec, par contre, le nombre de jeunes incarcérés avait diminué.J’aurais proposé un autre titre : «De moins en moins de jeunes en prison au Québec.» Raymond Viger Dans une école, les étudiants avaient commencé à s’armer.«Pourquoi?» leur a-t-on demandé.«Parce qu’il y a des gangs armés et de la violence dans les écoles.» La réponse des jeunes s’appuyait sur une crainte générée par la publicité tapageuse des médias concernant la violence dans les écoles.En réalité «Il n’y avait pas de violence dans cette école.» André Durand Depuis plus d’un an, je m’amuse à ramasser les articles de certains journaux qui parlent de violence chez les jeunes, surtout de la violence dans les écoles secondaires et dans les gangs de rue.J’écoute certaines émissions de radio et je regarde quelques programmes de télé : sur toutes les lignes ouvertes.ET JE ME DIS : QUEL RÉSEAU DE MENTERIES, DE VENDEURS DE VIOLENCE ET DE JOURNALISTES QUI GROSSISSENT OU DÉFORMENT LES FAITS.En fait, ils sont souvent dés v^pdëürs de violence.On exploi|q^rtajitë;^énen^ts violents et on ne regarde que le vécu de.nos jeunes et de nos ados.ON A BESOIN DE BOUCS ÉMISSAIRES M al heùreu se m pii t auQdébec, les jeunes et les ados! deviennent tés boucs émissaires ! d’adultes qui ont raté la construction de lai société.On accuse les jeunes de tous les?maux.On veut augmenter les sentences desj jeunes contrevenants.Ôn se sert de quelques actes de violence isolés, perpétrés dans les écoles, pour vendre la violence.Car la violence se vend bien au Canada eï au Québec! PÔ U R LES MASS-MÉDIAS, LA VIOLENCE jSST PAYANTE, Qu’on pense à l’événement de Poly-Jeunesse à Laval où une jeune fille a f té battue par des étudiants.Qu’on pense au procès de Martin Labelle, en novembre 94.pes adultes vendent la violence sous le prétexte du droit à l’information.Durant l’année scolaire 93-94, j’ai rencontré 8 200jeunes, dans près de quarante écoles secondaires.J’en ai fait autant durant l’année 94-95.Il s’agit de rencontres qui exposent les problèmes des jeunes et des ados du Québec.Ces rencontres sont également centrées autour du témoignage d’un ado ou d’un adulte qui a eu un vécu difficile et qui a repris sa vie en main (drogue, suicide, relation avec les parents, décrochage scolaire).Les jeunes du secondaire se sentent souvent mai vus par les adultes qui sont en autorité : policiers, travailleurs sociaux et éducateurs.Certains jourriaiistes sont comme des rapaces et sautent sur dës;événements vécus dans les écoles secondaires ou par des jeunes à l’extérieur des écoles.Ils grossissent ces événements.J Is sont souvent mal informés ou déforment l’information reçue.\ La réorganisation des radios AM en est la preuve.On a gardé comme animateurs de lignes ouvertes, ceux qui gueulent lu plus fort, non pas pour informer, mais pour sauver lè: poste de radio et les salaires.En fait, là, où on trouve le plus de violence verbale et d’hypocrisie, c’est à la chambre des députés, aux débats des campagnes électorales, au syndicat, etc.Qui sont les vrais vendeurs de violence?; Les ad ultes avec leurs films sinistres pour les jeunes, leurs émissions de radio, leurs journaux et leur harcèlement à là; cou s om m a t i o n ab usive.Jeunes et ados : vous avez le choix.Vous avez le droitdodire NON à ces adultes.Même si les adultes vous offrent de^a violence, vous pouvez refuser de l’acheter! André Durand X 23 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N" 2 C.P.180.Suce.Beaubien Mtl.Qc H2G 3C9 Abonnement : 20 $ Vous pouvez nous écrire pour obtenir la liste des livres du Père André Durand et de Raymond Viger.La vente de ces livres sert au financement du journal.En même temps, vous pouvez nous envoyer vos commentaires et vous abonner au Journal de la Rue - 20 $, 6 numéros.C.P.180, Suce.Beaubien, Mtl, Qc H2G 3C9 Parfois, le soleil éclaire devant l’horizon, Comme un coucher de soleil en plein soir d’été.¦Æ 'H-: '"y* : ¦ [i/ ' : Lorsque vient le temps de mes soucis, Le soleil se cache de ma vue.Et voilà qu’au dernier moment de sueurs et de peurs, Un rayon de soleil me touche l’âme.C’est ce soleil que je croyais enfoui.Il se cachait dans mon cœur.Lorsque le temps viendra des soucis, Je penserai à cette lumière éternelle.Sylvain Masse, 17 ans NE ME JETTE PAS, PASSE-MOI À UN AMI!
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