Le journal de la rue, 1 janvier 1995, Vol. 2, No 1
LE JOURNAL DE LA RUE Se sensibiliser pour mieux vivre! Vol.2, N° 1 - 1995 .The Weird Dawn of Dreams.- Jim Morrison ‘If my poetry aims to achieve anything, it’s to deliver people from the limited ways in which they see and feel." «Si ma poésie vise un accomplissement quelconque, c’est de libérer les gens de leurs façons limitées de voir et de ressentir.» (Tableau de Johanna Hébert) JIM MORRISON p.14 PROCHAIN NUMÉRO : LES SECTES, incluant une rencontre avec Gabrielle Lavallée SE DROGUER POUR ÊTRE PLUS CRÉATIF ET «SPIRITUEL»?p.6 LE SIDA COURT LES RUES.ET LES JEUNES COURENT LE SIDA! p.8 L’INCESTE p.16 LES CONDOMS INEFFICACES p.20 COUPLE ET VIOLENCE p.21 LES HELLS ANGELS FINANCENT LE JOURNAL p.23 LE JOURNAL DE LA RUE est un journal de sensibilisation pour les jeunes qui fuguent et qui sont touchés par la drogue, la prostitution et le suicide.Imprimé à 5 000 exemplaires, il est distribué aux jeunes de la rue et aux maisons d’intervention. LE JOURNAL DE LA RUE ÉDITORIAL Coordination et rédaction Raymond Viger Collaborations Johanna Hébert Anémone Rambo Distribution : Père André Durand Daniel Roy Raymond Viger Projets spéciaux : Père André Durand Monique Chenay Raymond Viger Merci à tous les bénévoles Financement : Sœur Annuncia Côté Filles Réparatrices du Divin Cœur LE JOURNAL DE LA RUE C.P.180 Suce.Beaubien Montréal (Québec) H2G 3C9 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada LE JOURNAL DE LARUE a maintenant pignon sur rue! De grands changements viennent secouer LE JOURNAL DE LA RUE.Les locaux de la rue Saint-Laurent ne sont plus accessibles à cause du déménagement de «Ciné-Clic, Vilain Garnement».Cette entreprise nous a généreusement hébergés pendant notre démarrage.Un gros merci à Robert Dubuc pour son aide.Nous retrouvant donc dans la rue pour un certain temps, nous avons eu la chance d’être accueillis par la Maison des Jeunes de l’Assomption.Cette maison est jeune elle aussi puisqu’elle n’existe que depuis février 1994.On y offre différentes activités pour les jeunes de l’Assomption et le dynamisme et le sérieux de l’équipe en place devrait nous permettre un séjour fort agréable.Merci à la Maison des Jeunes pour son accueil.Un autre changement majeur est venu nous bouleverser.La fondatrice et directrice du journal, Marie-Claire Beaucage, nous a quitté.Grâce à son dynamisme et à sa détermination, Marie-Claire a donné à ce journal son plein envol.En mon nom personnel et au nom des intervenants et des jeunes de la rue, nous te disons merci, Marie-Claire, pour ton engagement à la cause et au journal.Nous te souhaitons la meilleure des chances dans tes nouvelles entreprises.Enfin, un immense merci à Sœur Annuncia Côté, responsable de la communauté des Filles réparatrices du Divin Cœur, qui a financé l’impression du présent numéro.Raymond Viger Coordonnateur La reproduction totale ou partielle des articles est autorisée, à la condition d’en mentionner la source.Si vous désirez recevoir LE JOURNAL DE LA RUE, veuillez nous faire parvenir vos coordonnées avec votre chèque ou mandat (un an - 6 numéros) : 20 $ 50 $ 100 $ ou autre à l’ordre du JOURNAL DE LA RUE C.P.180, Suce.Beaubien Montréal Qc H2G 3C9 2 JOURNAL DE LA RUE Vol.2, N° 1 - Abonnement (20$) C.P.180 Mtl, Qc H2G 3C9 LE JOURNAL DE LA RUE est un journal de sensibilisation et d’information.Nous aimons y parler des jeunes qui ftiguent et de sujets quelque peu tabous comme la drogue, la prostitution et le suicide.Nous voulons faire connaître les diverses ressources disponibles qui peuvent aider et servir à intervenir, en créant un pont d’entraide entre les travailleurs de rue et les jeunes.Imprimé à 5 000 exemplaires, il est distribué aux jeunes sur la rue et aux maisons d’accueil ou d’intervention.Vous pouvez vous abonner au journal, ce geste nous aidera à financer les activités du journal et à étendre sa distribution.Nous aimons recevoir vos commentaires, votre vécu.Ne vous gênez pas pour nous écrire! RESSOURCES N’hésitez pas, demandez de l’aide, elle est disponible! La grande question demeure : où, quand et pourquoi appeler?Aussi étrange que cela puisse paraître, il y a tellement de ressources disponibles, toutes plus variées les unes que les autres, qu’il est impensable de toutes les énumérer en une seule fois.Il y a des milliers et des milliers de maisons d’intervention au Québec.Certaines possèdent des services sans frais, d’autres incluent des frais.Il vaut la peine de «magasiner» un peu avant de prendre une décision finale, car il est important d’avoir confiance en la maison choisie.Et puis, il faut s’assurer que les services offerts conviendront au budget, si budget il y a.À chaque parution, LE JOURNAL DE LA RUE se propose de vous faire découvrir les maisons ou les centres qui auront été visités.Voici également quelques numéros de téléphones utiles qui pourront vous aider à trouver des références ou l’endroit qui convient.Le centre de référence du grand Montréal : 527-1375 Du lundi au vendredi, de 8 à 16 h 30.Information sur toutes les ressources disponibles.Tél-jeune Montréal : 288-2266 Tous les jours, de midi à minuit.Ligne d’écoute.Renseignements sur toutes les ressources disponibles.Parents Anonymes: 288-5555 Sur semaine, de 9 à 21 h, les week-end, de 9 à 17 h.Un centre d’écoute où on organise des rencontres gratuites entre parents, partout au Québec, via une filiale de Parent-entraide.Tél-aide et Ami à l’écoute : 935-1101 Ligne d’écoute (24 hres).Âge max.: 20 ans Jeunesse j’écoute : 1 • 800 • 668-6868 SOS Violence Conjugale : SUICIDE INTERVENTION UN PAS VERS L’ESPOIR • CONFÉRENCES-ÉCHANGES • FORMATION SUR LA PRÉVENTION DU SUICIDE • POUR TOUS! 514.448-8311 I • 800 • 363-9010 Ligne d’écoute (24 heures) Suicide : II y a 35 centres de prévention du suicide au Québec.Le 411 peut vous référer le numéro de téléphone du centre le plus près de chez vous.Alcoolique Anonyme : 376-9230 De 9 à 23 h.On peut vous référer l’endroit le plus près de chez vous.Alcool et drogues Montréal : 527-2626 Région : 1 • 800 • 265-2626 7 jours semaine (24 heures) Centre d’agression sexuelle : 934-4504 3 JOURNAL DE LA RUE, Vol.2, N° 1 PLAISIR ET MISÈRE DE LA PROSTITUTION «J’ai treize ans.Je préfère taire mon identité.Appelez-moi comme cette fleur : Anémone.On a déjà dit de moi que j’étais une belle grande fille, belle à croquer.Je me plais à me prostituer.Je me sens aimée et en plus, ça paye.C’est ma façon à moi de me débrouiller et de m’amuser.Et j’ai vécu quelque temps Dans la prostitution.J’ai pensé y trouver la tendresse.Certains de mes clients ont de drôles de jeux.Je les laisse inventer leurs mises en scène.Quelques fois c’est drôle, parfois amusant et intéressant.C’est comme si je leur permettait de vivre un conte de fée.Dernièrement, il y en a un qui a sorti des menottes.Après m’avoir attachée, il m’a frappée et bousculée.Il m’a injuriée, m’a payée et a disparu.Seule avec mes blessures, je ne comprends toujours pas.Ce n’est pas parce que j’accepte de l’argent pour coucher avec lui que cela lui donne le droit d’être aussi rude avec moi.Je ne veux pas retourner au centre d’accueil que j’ai fui.Je ne veux pas que la police me ramène non plus.J’ai besoin de cet argent.J’ai besoin d’être aimée.Je ne m’amuse plus comme avant, j’ai peur du prochain client.Je garde espoir malgré tout.Hier, j’ai rencontré un ami, un travailleur de rue.J’ai pu prendre un peu de temps et jaser avec lui.J’ai pu partager avec.lui ce que je vivais, ce que je subissais, sans qu’il me fasse la morale, sans qu’il tente de me ramener de force.Merci à toi travailleur de rue, j’ai hâte de te revoir.» Mon Dieu, Je te présente mon corps Avec sa souffrance.Mon corps et mon cœur Ne marchent plus ensemble.J’ai commencé à me faire aider.J’ai commencé à vivre avec mon cœur Et non pas avec mon corps.En même temps, mon Dieu, Je Te présente ces adultes malades.Je n’ai pas le goût de leur pardonner.J’ai seulement le goût de Te dire : «Aide-les».Anémone André Durand Prières pour trouver la paix du cœur 4 JOURNAL DE LA RUE, Vol.2, N° 1 mj,.Une adolescente qui se prostitue a en moyenne 1300 relations sexuelles par année.Distribution de condoms : «Je ne juge pas ce que tu fais, mais protège-toi.» Un adolescent qui se prostitue a en moyenne 700 relations sexuelles par années.PlaMP : 527-1267 (Projet d’intervention aux Mineurs Prostitués) Pour références (mixte).SPECTRE DE RUE : 528-9803 (mixte avec Drop in) Organismes à contacter PASSAGES : 875-8119 Jeunes prostituées (filles seulements) de 14 à 22 ans, sans ressources; hébergement à court et moyen termes. SE DROGUER POUR ÊTRE PLUS CRÉATIF ET «SPIRITUEL»?Dans le fond de mon être Se cache la réponse à mes questions.Dans le fond de mon être Se cache ma raison de vivre.La lumière est apparue.Sans avis, sans prévenir.Dans le fond de mon être.Dieu avait tout semé.Raymond Viger Après la Pluie.Le Beau temps Je me souviens durant mon adolescence, nous nous rencontrions pour discuter des effets de la drogue.Derrière ces questions que je posais, l’essence de ma recherche était très simple et se résumait ainsi : est-ce que j’essaie la drogue ou non?Une question simple, mais très importante, pour un adolescent.Le personnage de l’étudiant «parfait» que je m’étais créé ne pouvait évidemment pas poser une telle question à ses parents, ni à l’autorité religieuse du collège privé où il faisait ses études.Ce qui était tout de même curieux, car plus la question devenait importante pour moi, moins je pouvais en parler avec mon entourage, et plus je m’isolais.C’est probablement comme ça qu’on réussit à créer des tabous.Il est vrai que l’autorité qui m’entourait ressemblait davantage à une dictature.Simplement oser poser cette question me disposait à me faire laver la bouche avec du détergent.On m’avait déjà fait le coup une fois, et il n’était pas question d’y regoûter! J’ai donc dû trouver des réponses par moi-même.En voici quelques-unes recueillies à l’époque : • les camionneurs utilisaient la drogue pour augmenter leur performance de travail.Pour ne pas dormir, ils prenaient des «wake-up».• certaines drogues favorisaient le rendement scolaire, en stimulant la mémoire par exemple, d’autres, le rendement sportif.• des musiciens, grâce à la drogue, réussissaient à créer des musiques qui n’auraient peut-être jamais vu le jour autrement.Il n’y avait pas que les musiciens à qui les drogues pouvaient procurer une ouverture d’esprit, un lâcher prise et un état de créativité supérieur : peintres, écrivains, philosophes et autres, en profitaient également.Cette recherche clandestine me portait à croire que performance et créativité étaient des résultats possibles de la drogue : c’était une occasion de faire sauter les barrières qui nous limitaient et nous empêchaient d’aller plus loin.Il y avait pourtant un risque : la dépendance.Dernièrement, par un heureux hasard, j’ai mis la main sur un Guide Ressources qui traitait de ce sujet, toujours d’actualité.La journaliste Paule Lebrun y présentait des témoignages qui me permettent d’élargir l’évantail de mes réponses.Un homme d’affaires disait : «Le LSD m'a ouvert un monde beaucoup plus large.Le LSD a fait voler en éclats ma perception matérialiste de la réalité.Mais ce contact initial magique ne revient jamais, jamais.Si mon fils me demande pour prendre du LSD, je crois que je dirai oui.Pas un oui inconditionnel.Je regarderai s 'il est assez mûr et je veux être sûr de la qualité de ce qu'il prendra.Je ne voudrais pas qu 'il ait à passer par où j'ai passé.» Il est vrai que la qualité de la drogue constitue un réel problème parmi les réseaux de distribution.N’importe qui vend n’importe quoi, n’importe comment, sous n’importe quel nom.Tout le monde peut s’improviser «alchimiste».Selon une recherche faite en Ontario, les deux tiers des drogues vendues sur le marché noir ne correspondent pas à ce qu’on prétend vendre! Le contrôle de la qualité est souvent inexistant dans la fabrication artisanale.J’ai vu 6 JOURNAL DE LA RUE, Vol.2.N° 1 plusieurs de mes connaissances sortir de la fête de la Saint-Jean sur une civière sans trop savoir ce qu’ils avaient ingurgité.Un médecin affirmait : «Jeprends du LSD une fois par année.C’est important de sentir de temps en temps le principe divin.Mais tu ne peux pas vivre juste dans les hauteurs.Après l’illumination, l’homme sage balaie le plancher.Mais ça, c’est difficile.» Une psychologue : «J’en reprendrais simplement parce que c’est un Me piquer passe-temps exquis, qui me renouvelle ou m’impliquer?si je n ’en abuse pas.Ça veut dire deux C’est la question! fois par année au maximum.» Traduction «de Un pilote d’avion : «Je crois que la rue» de j’ai vécu une profonde expérience Shakespeare : mystique et que ça me prendra «Être ou ne plus probablement toute une vie de travail être.» spirituel si j’atteins à nouveau cet état.Jamais cette première expérience n’est revenue.Le& bénéfices sont moindres à chaque fois.même si c’est agréable.À mon avis, comme toute technique de travail intérieur mal utilisée, c’est dangereux.» Allan Watts (Joyeuse Cosmologie) dit que toutes les expériences de la drogue ne sont pas nécessairement religieuses : «.c’est une combinaison de la substance elle-même, du contexte et de l’état «où la personne est rendue» qui favorise ou non une expérience de ce type.» Laura Huxley (interview avec Magical Blend) : «.ces substances amplifient ce qu’est l’individu.Mais en dedans de nous, il y a une foule de «moi» et nous ne savons pas quel «moi» sera amplifié.» Paule Lebrun : «La drogue peut produire de l’amour, des «insights», des révélations incroyables.[.JMais ces états sont si fascinants qu’on peut s’y accrocher et s’y perdre.[On a tendance à s’attacher à ces états passagers et à les prendre comme des signes qu’on a atteint notre but.] Ce que vous touchez avec une session d’hallucinogènes, c’est éphémère.Ça ne dure pas.Ça ne vous conduit pas nécessairement à cette chose si admirable qu’est l’attention inconditionnelle.» Et dans tout cela, je revois l’image de certaines tribus indigènes.Le sorcier du village qui utilisait ces substances comme un cadeau des dieux, avec prudence et respect.Ces drogues servaient à inaugurer les rites de passage du monde de l’adolescence au monde de l’adulte.Ces sorciers de tous les temps avaient compris que l’expérience initiatique qui se révélait en cette occasion ne se répétait pas.À la lumière des témoignages ci-avant, on peut aisément en conclure que les effets créatifs ou initiatiques n’augmentent pas nécessairement avec l’usage.ce n’est pas sorcier! Raymond Viger Réf.citations : Guide Ressources, Vol.9, Nos 9 et 10 - 1994 7 JOURNAL DE LA RUE.\'A.2.N° 1 LE SIDA COURT LES RUES Avez-vous déjà pensé réutiliser un condom?Alors pourquoi réutiliser une seringue?Après une longue expérience de l’accueil des toxicomanes, Lucien Engelmajer déclare que «les drogues ajoutées au mode de vie des toxicomanes dégradent les anticorps physiologiques et psychologiques>>.(Antitox, N° 39, p.41)' En bon français cela signifie qu’être toxicomane affaiblit et prédispose le système immunitaire au sida.Ajoutons à cela le risque que représentent les aiguilles souillées.La sexualité mérite bien d’être protégée du mieux qu’on peut, lorsqu’on se réfère au nombre de relations sexuelles que les prostitué(e)s peuvent avoir pendant une année (voir p.5).8 JOURNAL DE IA RUE.Vol.2.N° 1 ;: :1 /: ¦ If ' v.i : ¦ ;< ' v rm&m.On y disait que certains jeunes se prostituent sans protection, espérant attraper ce fameux virus.Même qu’il existe un réseau de vente d’aiguilles contaminées par le virus du sida.Durant un atelier organisé par l’Association Québécoise de Suici-dologie, on a traité des jeunes qui se prostituaient jusqu’à la morgue.Une nouvelle forme de suicide.Référez- vous encore une fois aux chiffres de la page 5, et évaluez le nombre de jeunes qui jouent à la roulette russe.Vous pouvez imaginer maintenant la vitesse de propagation de cette maladie! CERTAINS JEUNES COURENT LE SIDA EMPORTÉS PAR UNE PASSION ARDENTE, ILS SE RENDIRENT SOUDAIN COMPTE QU’UN VIRUS DANGEREUX S’APPROCHAIT D’EUX.ILS AVAIENT JUSTE LE TEMPS DE METTRE LE CAPUCHON! 9 JOURNAL DE LA RUE, Vol.2, N° 1 LE CENTRE JEAN LAPOINTE Tu as tracé ton chemin.Il est devant toi et tu en es fier.Ce chemin, c’est ta vérité.Ce chemin, c’est ta raison de vivre.Raymond Viger Après la pluie.Le beau temps Je me proposais, ici, de vous faire connaître un jeune qui était passé par le Centre Jean Lapointe, afin qu’il nous décrive son expérience de désintoxication, telle qu’il l’a vécue.À vrai dire, c’est justement une de ses anciennes stagiaires qui m’a fait découvrir le Centre Jean Lapointe pour adolescentes.Pendant qu’un ami «zappait» son téléviseur devant moi, j’ai capté la fin d’une entrevue avec cette adolescente.Je n’ai pas été autorisé à divulguer son nom.Je vais donc la baptiser Saphyr.Je me souviens qu’elle était belle, qu’elle se présentait très bien à la télévision.Sûre d’elle, Saphyr parlait en bien du Centre Jean Lapointe.C’est ce qui m’a motivé à appeler au centre, afin de mieux le connaître et vous le faire découvrir.J’ai pu rencontrer le directeur, ce qui m’a permis de bâtir le petit reportage de la page suivante.C’est à ce moment qu’il m’a appris la mauvaise nouvelle, c’est-à-dire que je ne pourrais pas avoir d’entrevue avec Saphyr.Bénévolement, elle avait accordé plusieurs entrevues à divers médias.Son implication sur le plan de la prévention avait été quelque peu épuisante, mais elle lui avait surtout causé de graves préjudices.Lorsqu’elle se présentait chez un employeur, elle était aussitôt reconnue à cause de sa présence dans les médias.Il devint difficile pour elle de se trouver un emploi.Les employeurs avaient-ils peur d’une rechute, ou encore de blesser leur honorable clientèle?Chose certaine, c’est que, ayant reconnu ta problématique, ayant fait les premiers pas pour te reprendre en main, ayant fait une cure de désintoxication de douze mois, ayant travaillé bénévolement auprès des médias pour promouvoir la prévention auprès des autres jeunes, moi, ça me donne le goût de te dire : bravo ma chère Saphyr et merci pour le bel exemple de courage et de ténacité que tu nous montres! J’ai le goût de te dire aussi que d’avoir pris conscience de ta problématique et de l’avoir assumée de la sorte, c’est-à-dire de reprendre le pouvoir sur ta vie, fait de toi une adulte responsable qui connaît ses forces et ses faiblesses.Ce n’est pas donné à tous les adultes d’y parvenir, et ceci inclut un certain nombre d’individus qui sont en poste d’autorité.10 JOURNAL DE LA RUE, Vol.2, N° 1 Commençons d’abord par identifier les trois aspects qui se rattachent au nom de Jean Lapointe.Il y a d’abord la Maison Jean Lapointe, réservée aux adultes et qui coûte des sous.Puis, il y a la Fondation Jean Lapointe, celle-ci ramasse des sous et les distribue.Celui qui nous intéresse, c’est le Centre Jean Lapointe pour adolescentes.Il s’adresse aux jeunes de 12 à 17 ans et c’est gratuit.Il existe deux centres de désintoxications, un à Montréal et un à Québec.Le seul montant à débourser, c’est 25 ç pour leur téléphoner si tu es dans une cabine téléphonique.Tes parents, le foyer d’accueil ou la D.P.J.ne peuvent pas t’«envoyer» de force au Centre Jean Lapointe.C’est toi qui doit décider d’appeler pour y «aller».Après avoir appelé, tu rencontreras un agent du Centre.Cette rencontre sert à évaluer si le Centre Jean Lapointe est la meilleure alternative pour toi.Cela leur permet d’être plus efficace et ainsi la liste d’attente est moins longue.Le Centre agit comme agent de transfert.Si on considère que tu sera mieux servi dans un autre centre, on t’aidera à trouver une autre ressource et on te dirigera vers celle-ci, tout en accompagnant.Le Centre n’est pas isolé des autres ressources et les intervenants travaillent de concert avec plusieurs groupes d’entraide.Le programme dure un an : deux mois à l’interne et dix mois à l’externe.La thérapie est une approche globale et complète, et elle inclut la famille.Pendant la période à l’interne, en plus des sorties ou des visites, il y a du temps réservé au travail scolaire, adapté à chacun.La mission du Centre est de t’aider et de t’accompagner dans ton cheminement vers l’autonomie et la responsabilité personnelle, tout en gardant cette couleur qui te différencie des autres^ Tu es unique et c’est comme ça que nous t’aimons.Raymond Viger Il JOURNAL DE LA RUE, Vol.2, N° 1 Pour rejoindre le Centre Jean Lapointe pour adolescent(e)s à Montréal : 514 • 620-1218 à Québec : 418 • 523-1218 LA MAISON MAUVE La Maison Mauve : 514 • 598-9477 *> - ** s» i Une maison de thérapie chaleureuse, à la campagne.Un décor calme, paisible et serein.Un programme de développement personnel pour accroître la confiance et la connaissance de soi.La liberté de parler ou de tout simplement écouter.Un milieu propice à l’expression de tous et ce, sans jugement, pour favoriser l’accueil de soi et des autres.Sans crainte d’être critiqué, tu peux échanger sur tes expériences personnelles, tes idées et tes sentiments, dans une atmosphère d’acceptation et de respect mutuel.Des sessions de fin de semaine ou d’une semaine sont disponibles.Les repas et le gîte sont inclus.Donne-toi une chance, les tarifs sont évalués en fonction de tes moyens, si moyens tu as.Appelle Marjolaine Cadotte et Donald Latouche au 598-9477.12 JOURNAL DE LA RUE, Vol.2, N° 1 LE PÈRE ANDRÉ DURAND CAHIERS No 1 : J’apprends à maîtriser ma vie -8$ No 2 : Trouve ta place dans le monde d’aujourd’hui -5 $ No 3 : Retourne à la source de la vie et de ta vie -7$ No 4 : Amour Amitié Sexualité -7$ No 5 : Re-découvrir et re-construire avec les yeux du cœur -10$ No 6 : Les twits et les pourris ont droit au bonheur et à la lumière -10$ No 7 : Chants de lumière -10$ No 8 : Lamentations et jérémiades d’espérance -10$ Quand j’ai eu à décider si je laissais mourir LE JOURNAL DE LA RUE ou si je m’impliquais encore davantage pour lui donner un second souffle, une question a fait irruption : ce travail vaut-il la peine d’être poursuivi?Est-ce que ce journal répond à un besoin pour les jeunes?J’ai pris le téléphone et j’ai questionné le Père Durand.Le Père Durand est d’une grandeur d’âme inouïe.Il a rencontré 8200 jeunes l’an dernier.À chaque parution du journal, il distribue en main propre près de 2500 exemplaires du journal aux jeunes, soit la moitié du lot.C’est lui qu’on rencontre dans les écoles, les centres d’accueil, les prisons, les hôpitaux ou les rues de notre grande ville.Celui-là même qui n’a jamais compter ses heures, que les jeunes appellent chez lui à toute heure du jour ou de la nuit, pour lui demander aide, conseil, support et réconfort.Celui qui a toujours un peu de temps disponible pour être à l’écoute d’un jeune.Le Père Durand a été à mon écoute dans toute son honnêteté, sa sincérité et son authenticité.À la suite de notre conversation, non seulement m’a-t-il répondu que, oui, LE JOURNAL DE LA RUE avait sa place et sa raison d’être, mais encore, c’est lui qui a réussi à trouver les fonds pour les coûts d’impression, en contactant Sœur Annuncia Côté.Mille fois merci André, en mon nom et au nom de tous les bénévoles du journal, des jeunes et des ami(e)s qui motivent notre travail.Le Père André Durand est aussi écrivain.À partir des partages et du vécu de tous ces jeunes qu’il a rencontrés, il a écrit des cahiers de travail et de méditation, des pensées et des prières.Ces livres servent à la réflexion personnelle et à l’animation de groupes-échange avec les jeunes.Vous pouvez commander ces cahiers par la poste et aider le financement du journal du même coup.Les prix indiqués sur la liste ci-jointe incluent la taxe, vous n’avez qu’à ajouter les frais de poste et de manutention, soit 2,50 $ et à adresser le tout à : LE JOURNAL DE LA RUE C.P.180, Suce.Beaubien Montréal, Qc H2G 3C9 Commandes téléphoniques : 514 • 640-0545 13 JOURNAL DE LA RUE, Vol.2, N° 1 LIVRETS DE PRIÈRES Prière pour retrouver la paix du cœur -2 $ Prières pour les adultes qui ont le goût de vivre -3 $ Adolescents et adolescentes -3 $ JIM MORRISON VU PAR JOHANNA HEBERT La vie de Johanna est tissée d’expériences .autant de petits points qui l’ont menée vers ce travail qui exige une concentration inouïe.Au travers de son vécu, elle a découvert l’essence de son être et une voie de créativité exaltante.Vous pouvez écrire à Johanna, sur le pointillisme ou sur Jim Morrison, en adressant votre lettre au JOURNAL DE LA RUE." .The weird dawn of dreams." - Jim Morrison Je suis d’une génération qui l’a bien connu, ou du moins, c’est ce qu’on croyait.Son influence était partout, mais moi, je gardais mes distances et je masquais mes craintes en me disant qu’il n’était qu’un produit de la «Machine commerciale».Je me mentais.J’eus cette vision un soir, me demandant pourquoi j’éprouvais soudainement un si grand intérêt pour Jim Morrison.Sombrant dans le sommeil, je rêvai que j’avais la peau d’un reptile.«Wow! Je suis un lézard.» Et je m’éveillai.Essentiellement, les rêves sont ma source d’inspiration.Évocation des images qui pénètrent le subconscient, plongée dans la profondeur du monde de la nuit.Fantaisies obscures, sans passé ni futur, baignant l’âme dans l’éternité du moment présent.Les poèmes de Jim sont comme ces rêves oubliés, qui laissent dans la mémoire une impression vague et qui nous hantent sans relâche tout au long du jour."If my poetry aims to achieve anything, it's to deliver people from the limited ways in which they see and feel." (Si ma poésie vise un accomplissement quelconque, c’est de libérer les gens de leurs façons limitées de voir et de ressentir.) - Jim Morrison, Los Angeles, 1971 Surtout connu dans le milieu de la musique, Jim Morrison a laissé derrière lui un héritage incroyable, riche de poésie et d’énergie.Il souhaitait avant tout qu’on le reconnaisse pour le poète qu’il était, qu’il sera toujours.Ses paroles sont une aventure extraordinaire au cœur du silence, un voyage au pays de moi-même.".The weird dawn of dreams." fut réalisé sur un carton de 22 " X 30 ", sur une période d’un an, soit environ 2000 heures.Le pointillisme est la technique utilisée.L’encre est un médium qui me plaît énormément, considérant l’élément de risque impliqué.L’esprit est continuellement en alerte, car l’erreur ne pardonne pas! C’est comme un coup de dés, réparti sur un espace temps de plusieurs mois, voire plusieurs années, selon l’ampleur du travail.Johanna Hébert 14 JOURNAL DE LA RUE.Vol.2.N° 1 JIM MORRISON PAR LA POSTE! Votre abonnement constitue une des façons de nous aider dans notre travail, mais il y en a d’autres.Le Beau temps LWîJïïÿ Pour un montant minimum de 26 $ (taxes et frais postaux inclus) vous pouvez vous procurer une lithographie (25" X 34" - noir et blanc) de Jim Morrison, d’après le tableau de Johanna Hébert (page couverture).Faites parvenir votre chèque ou mandat à l’ordre du JOURNAL DE LA RUE.N’oubliez pas de clairement indiquer vos noms et adresses! Il y a encore d’autres façons de nous aider à financer le journal.Par exemple, en achetant le recueil de poésies Après la pluie.Le beau temps ou le roman humoristique Quand un homme accouche.«Tom».Tous les bénéfices iront au journal.Le recueil a été écrit à la suite d’une deuxième tentative de suicide.J’ai réussi à entrevoir une étincelle autour de laquelle j’ai rebâti ma vie.On peut l’ouvrir au hasard.Chaque texte représente une émotion que j’avais oublié de vivre, que j’avais refoulée.Dans mon roman, j’accouche de mon enfant intérieur! Face à mes difficultés, mes écueils, il devient rapidement mon thérapeute et il me ramène à ma réalité, tout en s’amusant à mes dépens.12,50 $ pour un livre (ou les deux pour 24 $), taxes et frais postaux inclus.Je sais, vous allez me dire que ça fait mercantile.mais un organisme qui n’a pas de subventions et qui ne vend aucune publicité doit trouver des fonds quelque part, non?Donc, un grand merci à vous tous qui contribuerez d’une manière ou d’une autre! Amitiés et Amour, Raymond Viger 15 JOURNAL DE LA RUE.Vol.2.N° 1 LE JOURNAL DE LA RUE C.P.180 Suce.Beaubien Montréal, Qc H2G 3C9 UN SECRET LOURD A GARDER : L’INCESTE Vaincre l’Inceste Ensemble (V.I.E.) : 376-4141 Jeunesse j’écoute : 1*800*668-6868 Centre d’agression sexuelle : 934-4504 Voilà un sujet tabou qui m’ébranle tout particulièrement.Lorsque j’entends parler de harcèlement sexuel et de viol, c’est comme si on me pointait un couteau vis-à-vis de l’estomac.Quand il s’agit de viol ou de harcèlement dirigé contre un enfant, c’est comme si ce couteau me transperçait.Et quand c’est un adulte, un membre de la famille qui est l’agresseur, tout mon être se révolte.Voilà ce que je ressens quand on me parle de viol et d’inceste.La majorité de ceux ou celles qui ont subi l’inceste, hésitent à en parler.Une enquête menée par des sociologues aux États-Unis révèle que seulement 2 % des abus sexuels perpétrés par des membres de la famille sont signalés aux autorités.À cause de la peur de faire éclater la famille, de la honte d’avoir à décrire ce qui s’est passé, d’avoir à le justifier, à cause de la culpabilité, de la peur d’être accusé d’avoir provoqué l’événement, surtout si un certain plaisir a été éprouvé, à cause de tout cela, chacun vit sa peine et son dégoût intérieurement.La cellule de base de notre société, la cellule de vie, c’est la famille.Quand c’est cette cellule essentielle qui nous blesse, à qui nous confier pour accéder à une vie meilleure?L’inceste est un secret lourd à porter.92 % de la clientèle de Vaincre l’Inceste Ensemble se présente avec des idées suicidaires.Selon le journal XaPresse, 80 % des filles qui se retrouvent dans la rue, ont été victimes d’inceste.Le meilleur moyen de se libérer de l’emprise d’un tel secret, et il faudra bien le faire un jour, cest d’en parler à des amis ou à une personne spécialisée.Il existe des regroupements qui accueillent les victimes d’inceste.Dans un groupe d’échange, où tous se retrouvent avec un vécu similaire, il est parfois plus facile de se sentir supporté et compris.L’inceste est un sujet tabou.Au point où plusieurs membres de la famille sont parfois au courant des agissements, mais préfèrent garder les yeux fermés pour se protéger des conséquences de la dénonciation.C’est plus facile.La personne qui pose un acte incestueux ignorera que nous ne sommes pas d’accord avec son geste, tant et aussi longtemps que nous fermerons les yeux.Et l’inceste se poursuivra, lourd de conséquences pour celui ou celle qui le subit.Raymond Viger 16 JOURNAL DE LA RUE.Vol.2.N° 1 UNE COMMUNICATION QUI PART EN FUMÉE Je viens de terminer une conférence-échange avec des parents et des grands-parents.Le thème de la conférence : La communication parents-enfants.Nous parlions plus spécifiquement, des adolescents.La communication implique deux choses importantes.Premièrement être capable d'écouter l’autre, sans juger ni rejeter, de l’accepter tel qu’il est.Deuxièmement, être capable de dire re que je vis et ressens, également sans juger, tout en m’acceptant tel que je suis, avec mes limites, mes faiblesses et mes forces.Cela suppose que je suis capable de rester neutre, sans être en réaction, de m'exprimer sans vouloir changer l’autre, ni imposer mes idées, ni prouver que «ma» vérité est meilleure que la «sienne».Cela demeure ma première préoccupation, même si je suis dans un rôle d’autorité, comme c’est le cas dans une relation parent/enfant.Tout de suite après la conférence, je sors mon paquet de cigarettes.Une fois de plus j'observe les messages qui me sont imposés en gros caractères et qui couvrent le tiers de la surface.Des messages sinistres : la cigarette cause des maladies pulmonaires mortelles, des maladies cardiaques.La cigarette me tue, me rend malade et rend tout mon entourage malade.Ces messages proviennent de mon «parent/ gouvernement», dont je suis le fils rebelle.Savez-vous combien de fois par jour mon regard croise ces messages morbides?Des centaines de fois, si je laisse tramer mon paquet sur ma table de travail ou de chevet.C’est un véritable lavage de cerveau! Une programmation psychique de maladie et de mort.Même le regard des non-fumeurs croise régulièrement ces messages destinés aux fumeurs.Sans le savoir, tout le monde est touché par cette publicité subconsciente.Un bel exercice de communication.ou un exercice de ségrégation?Une race à éliminer peut-être, que celle des fumeurs.Peu de temps après, c’est le téléviseur qui nous présente une publicité anti-tabagisme pour les récalcitrants : un homme, assis seul h un bar qui, en écrasant des cigarettes dans sa main, en fait sortir un mélange de substances liquides dégoûtantes qui tombent dans son verre.Il boit ce mélange et expire le tout en fumée.Ce qui équivaut à dire : fumer, c’est prendre sa dose fatale, se suicider.On peut faire différentes équations par rapport à ce genre de message : en fumant, vous allez vous retrouver seul dans un bar, vous serez abandonné de tous, vous resterez isolé dans votre souffrance (quelle qu’en soit la cause), etc.Il ne vous reste plus qu’une solution : le suicide, la mort.C’est vraiment le sentiment qui me reste après avoir vu cette publicité.C’est peut-être parce que le suicide touche une corde sensible en moi, mais il reste qu’annuellement, au Québec, il y a plus de 18 000 tentatives de suicide et 2 000 suicides.J’imagine que je ne suis pas le seul à être dérangé par ce genre de publicité axée sur la peur.Lorsque je vois dans les foyers, les personnes retraitées dont le seul plaisir est de passer leurs journées à regarder la télévision tout en fumant leurs cigarettes, je me demande quelle sera l’incidence de ces publicités sur elles?Mais qui fume?Est-il vrai que la majorité des fumeurs est constituée par les assistés sociaux, les démunis, les personnes âgées» les individus en état de crise, les rebelles dérangeants - jeunes ou vieux?Est-il vrai qu’il y a une recrudescence de fumeurs chez les jeunes?Les sentences au to-destructrices, aideront-elles le «parentfgouvernement» à réduire ses frais d’assurance-maladie, d’assurance chômage, de sécurité du revenu, et ainsi combler son déficit?Ne dit-on pas tout bonnement au fumeur : si tu ne cesses pas de fumer, crèves-en ou suicide-toi?N’est-ce pas là une façon directe et draconienne d’imposer des changements?La publicité subliminale est défendue car on dit qu’elle brime notre liberté de choix.Faire de la prévention, de ||| sensibilisation et véhiculer de l’information est une responsabilité sociale.Imposer un contrôle par de la programmation psychique légalisée ou un conditionnement sur nos choix, constitue une aliénation de la liberté, La peur engendre la haine it la haine engendre la mort.On condamne les Power Rangers à cause de la violence qu'ils véhiculent.Devrons-nous condamner les messages du gouvernement pour la même raison?Je dois dire que je préfère le message humoristique non directif qui ne crée pas de blocage ou de refoulement.Ou encore les affirmations positives comme : «j’aime la vie, je cesse de fumer» ou «je m’aime, je cesse de fumer».Au lieu d’induire à la mort, ils suggèrent à la fois l’amour de soi et de la vie.Si vous n'avez pas fintention de cesser de fumer, collez au moins une étiquette blanche sur le message.Si vous désirez cesser de fumer, vous pouvez y inscrire une affirmation positive, tel que suggéré ci-dessus.€’est par l'amour, et non la peur, que nous pouvons nous aider les uns et les autres à devenir autonomes et responsables, qu'il s’agisse d’un rapport entre parents et enfants ou entre gouvernement et citoyens.Raymond Viger NOTA: En Angleterre, des scientifiques viennent de prouver qu’un enfant qui est aimé secrète plus d’hormones et grandit mieux et davantage.En France, d’autres scientifiques ont déjà prouvé qu’un enfant mal aimé a tendance à moins grandir, à être plus chétif et sujet aux troubles psychiques.Il est donc évident que le développement de soi passe par l’amour.17 JOURNAL DE LA RUE, Vol.2, N° 1 LA SOUFFRANCE QUI MÈNE AU SUICIDE En moi sommeille un petit enfant.Face à la souffrance, face au désespoir, je ne réussis pas à ressentir l’amour autour de moi.Au fil des jours, je me culpabilise de ce que je fais vivre aux autres.Je garde toute cette tristesse à l’intérieur de moi.Dans toute cette peine, je ne réussis plus à m’aimer moi-même.Inconsciemment, je pense que je serais plus utile à la société, mort que vivant.Une idée tranquillement grandit en moi, pour mettre fin à cette souffrance qui me ronge.D’une façon directe ou indirecte, l’idée du suicide germe.Je sens un manque, un grand vide : celui d’être incapable d’aimer et d’être aimé.Malgré toute ma souffrance et toute mon impuissance, je veux m’accrocher à quelque chose.Consciemment ou inconsciemment, je laisse des messages, je laisse des traces de mon acheminement vers le suicide.Je fais du ménage, je donne des objets qui me sont précieux, je jette des souvenirs, je fais mon testament, comme si je me préparais à un grand voyage.J’en perds le sommeil et l’appétit.Je me sens nerveux, je manque d’énergie, je suis instable.Je m’installe dans ma souffrance.J’ai le goût de m’effacer de la planète.Je me sens inutile.Vous seriez mieux sans moi.je serais mieux mort, je veux en finir! Toutes ces choses que je fais, que je pense ou même que je dis, que j’écris, tules as peut-être vues ou entendues.Je te fais peur, tu me vois comme une bombe à retardement.Tu ne sais plus quoi me dire, ni que faire.Tu fermes les yeux, tu ne m’entends plus, en espérant que le temps va tout arranger.En te fermant à moi, je perds le seul contact que j’avais avec le monde.J’ai l’impression d’être dérangeant, d’être un fardeau.J’ai le goût de t’entendre.Que tu me parles de toi, de ce que je te fais vivre dans tout cela.J’ai le goût que tu m’accueilles dans ma souffrance, sans méjuger, sans me brusquer, sans me conseiller.Que tu m’accueilles avec les paroles de ton cœur.J’ai le goût que tu m’offres ton aide, ta compréhension, que tu me parles ouvertement.Il y a beaucoup d’émotions qui bouillonent en moi et j’ose demander ton aide.Si ça te fait vivre beaucoup d’émotions, toi aussi, tu peux demander de l’aide professionnelle, tu peux appeler un centre de prévention du suicide.J’ai besoin de me confier à toi, parce que j’ai confiance en toi.18 JOURNAL DE LA RUE.Vol.2, N° 1 Seigneur, Je veux Te parler très sérieusement.Tu le sais; ma tentative de suicide, Tu étais là près de moi.Tu avais allumé une lumière En mon cœur.Je n’ai pas voulu la regarder.J’étais foutu.C’était la nuit très noire Devant moi et en moi.J’ai perdu les pédales.J’ai sauté en bas du pont.Quelqu’un m’a trouvé Et m’a ramassé, Je suis là toujours vivant.Et je veux Te dire merci.J’ai encore des choses à vivre.J’ai des gens à aimer.J’ai des paroles à dire.Il y a des gens qui m’aiment.Je voudrais Te demander Une seule chose, mon Dieu : Aide-moi à aimer la vie, aide-moi à aimer ma vie, celle que tu m’as donnée.André Durand Prières pour trouver la paix du cœur LA SOUFFRANCE QUI PROVIENT D’UN SUICIDE Cesse de remuer ton passé.Comme un enfant qui joue dans un carré de sable.Ne retourne pas en arrière, ne vis pas dans le passé.Ne te justifie pas, ne te juge pas.Accepte ta réalité d’hier.Maintenant prends conscience Que ta réalité d’hier Au contact de ta réalité d’aujourd’hui Forgeront ta réalité de demain.Raymond Viger Après la pluie.Le beau temps Hier, un être cher est parti.Malgré l’amour que j’aurais voulu lui communiquer, il a préféré mettre fin à sa souffrance, il a choisi le suicide.Le père : «Aujourd’hui, je n’ose pas me remémorer les événements.J’ai peur de me culpabiliser, peur d’être incapable d’accepter ce qu’il a fait.Je suis plus fort que cela.Je ne veux pas me laisser écraser par mes émotions.J’ai une responsabilité.Je dois penser à ma femme et à ma fille.Si je me montre faible, je ne pourrai pas les aider.Que vont-elles penser de moi, si je ne les aide pas?Ce suicide les a tellement ébranlées.» La mère : «Je suis tellement triste de tout ce qui est arrivé.Je n ’ose pas montrer ma peine.J’ai peur que mon mari réagisse mal.Cela a été dur pour lui.Je ne veux pas l’ébranler.Je ne veux pas qu’il pense que je ne fais que me plaindre.Je dois être un exemple pour ma fille.Si sa mère ne peut pas accepter le suicide de son fils, comment lui demander d’accepter le départ de son frère?» La fille : «Je suis tellement révoltée.Mon frère n’avait pas le droit de faire ça.Comme si je ne comptais pas pour lui.C’est injuste ce qu’il nous a fait.J’aurais le goût de le crier sur tous les toits.Mais je ne le ferai pas.Mes parents ne pourraient pas comprendre toute cette colère qui m’habite.Cela a déjà été assez dur pour eux.Je ne veux pas leur faire encore plus de peine.» Ce fut l’histoire de cette petite famille.Chacun retenait son émotion pour ne pas ébranler l’autre, chacun pensait que c’était plus dur à vivre pour l’autre que pour lui-même.Plus personne n’osait pleurer, plus personne n’osait rire, plus personne n’osait se souvenir.Si vous avez besoin de parler de ce que vous vivez, appeliez au 411 pour connaître le numéro de téléphone du centre de prévention du suicide le plus près de chez vous.Raymond Viger Prévention du suicide : Conférences-échange ou formation.Accessible à tous.SUICIDE INTERVENTION 514 • 448-8311 19 JOURNAL DE LA RUE, Vol.2, N° 1 Il y a 35 centres de prévention du suicide au Québec: Suicide Action Montréal : 514 • 723-4000 Saguenay : 418 • 545-1919 Québec : 418 • 525-4588 Sherbrooke : 819 • 564-1664 DES CONDOMS INEFFICACES.N’hésitez pas à nous faire parvenir vos commentaires ou des informations pertinentes sur le sujet, nous pourrons en traiter dans les prochains numéros.Il existe plusieurs sortes de condoms inefficaces.En voici une brève description.Premièrement, il y a le condom qu’on a oublié d’amener avec soi ou d’acheter.Ensuite, il y a le condom passé date, juste la journée où on voudrait l’utiliser.Et puis, il y a les condoms qui ont chauffé près d’une fenêtre au soleil, sur le dash de votre auto, celui qui est tombé sur le calorifère (c’est toujours ce dernier qu’on trouve, lorsqu’on est en panne).Sans oublier ceux, bien serrés dans le porte-feuille de Monsieur ou qui ont été malmenés dans la sacoche de Madame, celui qui a reçu un coup de lime à ongles.Mais les plus inquiétants sont ceux qui risquent de se rompre avant la fin de l’exercice! En 1992, une étude américaine de M.Steiner et associés, menée pour la revue «Contraception» a testé vingt lots de condoms.Le pourcentage de rupture varie entre 3,5 % et 18,6 %! Pour envenimer la situation, il existe des condoms non lubrifiés, laissant à votre imagination le choix des lubrifiants.Il y a cependant des normes à respecter.Les condoms ne doivent jamais entrer en contact avec des antiseptiques à base d’huile, de phénol ou d’un de ses dérivés, ou de graisses dérivées du pétrole (Vaseline, huile minérale).Des chercheurs de Los Angeles ont démontré qu’un condom exposé moins d’une minute à des lubrifiants comme l’huile pour bébé, la Vaseline ou l’huile minérale perdait 90 % de sa résistance.Or une autre étude stipule que ce sont les lubrifiants les plus utilisés.Selon Christian de Thuîn, ingénieur de la qualité de l’Institut national de la consommation en France, les lubrifiants vendus par correspondance, dans les sex-shop et même certaines grandes surfaces fragilisent les préservatifs.Selon les pharmaciens que nous avons rencontrés, le lubrifiant K-Y serait adéquat.Si vous êtes trop gêné pour demander des renseignements directement au pharmacien, téléphonez-lui, ça reste anonyme.Ne vous gênez pas pour poser des questions.Comme dessert, le docteur Daniel Beytout et son équipe de la faculté de médecine de Clermont-Ferrand, en France, nous dit que 35 % des condoms ont des trous suffisamment gros pour laisser passer les virus de l’hépatite A, B et C.Ces trous sont nécessaires à l’élasticité du condom.Avec les condoms dits «naturels» (intestins de moutons), le pourcentage de ceux qui laissent passer ces virus grimpe à 70 %.Pour ce qui est des contrôles de la qualité, c’est la France qui est le pays le plus sévère.Les moins rigoureux sont : le Portugal, la Grèce, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Italie (l’étude ne couvrait pas le marché nord-américain).Malgré des règlements stricts, même la France n’est pas à l’abri des importations directes qui ne subissent pas les contrôles, et qui visent des clientèles diverses.Enfin, il semble qu’aux États-Unis, 56 millions d’hommes et de femmes sont victimes d’une maladie sexuellement transmissible, soit un américain sur cinq! 20 JOURNAL DE LA RUE, Vol.2, N° 1 LA VIOLENCE DANS LE COUPLE Toi qui défonces un mur.Toi qui brises la vaisselle.Toi qui as battu une femme, un enfant.Toi qui as tout démoli autour de toi.Ferme les yeux un instant.Regarde la profondeur de ta colère.Comme une tornade qui ramasse tout sur son chemin.Vois la profondeur de ses racines.Prends le temps de désamorcer cette tornade.Quand tu auras déraciné toutes tes tornades.Quand tu auras fait refleurir ton jardin.Avec tes nouvelles semences d’aujourd’hui.Avec tes nouvelles valeurs.Accepte que tu auras d’autres colères qui viendront à toi.Accepte d’exprimer à tous les jours ces petites colères.Sinon elles deviendront tornades.Raymond Viger Après la pluie.Le beau temps Avec un titre comme celui-là, la première image qui monte, c’est un enfant qui regarde son père battre sa mère.C’est une image stéréotypée que nous avons à modifier un peu.Selon Madame Lavoie, initiatrice du programme VIRAJ (violence dans les relations amoureuses chez les jeunes), 20 % des adolescentes se retrouvent dans une relation violente.Voilà que de nos jours, c’est peut-être le père qui regarde son fils donner une volée à sa blonde.Et encore là, l’image n’est pas juste.Notre vision des choses est sexiste.Il existe des hommes qui sont violentés et violés par des femmes! Ne riez pas, c’est très sérieux, ce sont des faits.S.O.S.Violence Conjugale est une ligne téléphonique sans frais, en fonction 24 heures sur 24.Il ne s’agit pas de fermer les yeux devant la violence de couple et de faire semblant qu’on n’a rien vu.Si vous êtes témoin d’actes de violence de couple, directement ou indirectement, il n’y a malheureusement qu’une seule chose à faire : c’est de refiler discrètement le numéro de téléphone de S.O.S.Violence Conjugale à la personne en cause.Sans intervenir directement, offrez-lui ce numéro.Elle seule peut décider d’en finir de se faire battre et de changer sa vie.Cette décision lui appartient, et quand elle sera prête, elle appellera.Si vous êtes vous-même victime et que vous avez peur de téléphoner de chez vous, vous pouvez le faire au poste de police, c’est une autre façon d’obtenir un peu de support.Terminons par un message de Madame Lavoie, concernant son programme VIRAJ, implanté dans les écoles : «Exercer un contrôle sur son ou sa partenaire est incompatible avec Vamout.Dans une relation de couple égalitaire, les partenaires ont les mêmes droits et disposent de la même liberté d'agir et de penser.» Une dernière image remonte.Nous nous sommes souvent battu pour obtenir une société libre et juste.Cette liberté et cette justice se doivent de commencer dans la cellule de base de notre société : le couple.Nosjeunes ne sont que le reflet de notre société : 29 % des femmes adultes ont été violées ou agressées sexuellement par leur conjoint! S.O.S Violence Conjugale 1-800-363-9010 21 JOURNAL DE LA RUE, Vol.2, N° 1 L’AUTORITE Quand ce titra est apparu sous ma plume, j’ai eu une première réaction : essayer de l’oublier, de le camoufler* def enterrer.Comme ç\ est un de mes thèmes de prédilection* je risquais de radoter.» J’aurais peut-être préféré écrire «le besoin d’être aimé»* Comme si en essayant d’oublier un peu cet écueil que représente l’autorité ppur moi, je pouvais toucher aubesoind’être aimé.Imaginez-vous ce maquisard,mitraillette à la main, grenade à la hanche et couteaux aux mollets* prêt à mourir en tout temps pour sauver la société des affres de T autorité.Tapi dans les champs* aux aguets, je contrôle mon corps, mes émotions, mon système nerveux et respiratoire.Seule la vitesse de pousse de mes cheveux échappe encore à mon contrôle.Rapide comme l’éclair, je bondis hors de ma cachette» N*écoutant que mon courage* je me retrouve devant la caravannede l’autorité.Mes doigts commencent à se crisper sur la gâchette* Mon regard se glace.Avec une voix rauque et imposante, je crie vers l’autorité : «j’ai besoin que tu m’aimes!» Tout un Rambo, nouvelle version! Dans ma programmation de jlf combat, ce petit incident de parcours n’était pas prévu.J’ai besoin que tu m'aimes, mais si je sens que tu ris de j§pioi,je te tranche la gorge.J’ai besoin que m’aimes, mais si je sens que tu ne ” ^ veux pas m’écouter, je fais tout sauter! J’ai besoin que tu m’aimes, mais si je sens que tu veux me contrôler, me manipuler, je rue dans les brancarts et je te mitraille.Plus je serai puissant, fort, rebelle, tortionnaire, plus je te ferai peur et plus mon besoin d’être aimé sera grand.Je sais que je te fais sûrement peur et que je suis possiblement déç|figeant.J’ai besoin que tu me réilarques un peu.Je me suis tel-létient entraîné au combat, je me suis tellement endurci* que j e ne peux ressentir que la peur que je t’inspire.Plus tu montreras les dents en tant qu’autorité et plus je te montrerai mes muscles, Et, ne t’inquiètes pas pour moi, tu n’auras jamais les dents assez longuespour traverser ma carapace.Il existe cependant une arme que je ne peux pas contrer.Mou talon d’Achille, c’est quand tu me parles avectoncœur,sausmejugem vouloir me changer, je fonds comme un cube de glace dans un fourneau.Je n’ai pas été entraîné pour résister à la voix du cœur* mais ça ne m’inquiète guère, tu n’as possiblement pas été formé à trouver cette voix.Signé Rambo Alias Al Capone, G J Joe* Ronnie & Clyde, la tête forte du groupe, le mouton noir.22 JOURNAL DE LA RUE.Vol.2.N° 1 LES HELLS ANGELS FINANCENT LE JOURNAL DE LA RUE! Avant même d’écrire le titre, j’entendais déjà une pléiade de protestations.Je pouvais imaginer la stupeur et la consternation dans le regard des lecteurs.En tant que citoyen du Québec, ma prise de position est très claire : en toute personne, il y a du bon et du mauvais, de la lumière et de l’ombre.C’est dans l’équilibre de ces deux paradoxes que je peux aspirer à vivre comme un être conscient.Je ne peux bannir certains aspects de ma personnalité, sous prétexte qu’ils ne représentent pas un idéal de perfection.J’ai à m’accepter et à m’assumer, avec mes forces et mes faiblesses, mes qualités et mes défauts.La société ne peut bannir certaines catégories de gens à cause de leur orientation sexuelle, de leur couleur de peau, de leur langue ou de leur travail.Les politiciens font en général leur possible pour diriger notre pays, mais en même temps, certains politiciens ont fait des détournements de fonds, reçu des pots-de-vin, avantagé leurs proches au détriment de l’équité sociale, ont payé des mineur(e)s pour des débauches sexuelles, en ont battu et menacé d’autres pour qu’ils gardent le silence.Je n’ai pas à bannir les politiciens de notre société, même si je désapprouve fortement les gestes de certains d’entre eux.Les policiers font en général leur possible pour faire respecter l’ordre, mais en même temps, certains policiers ont reçu des pots-de-vin, volé des saisies de drogues pour les revendre, falsifié des dossiers, se sont servi de leur poste d’autorité pour obtenir des faveurs sexuelles, de l’argent et autres.Je n’ai pas à bannir les policiers de notre société, même si je désapprouve fortement les gestes de certains d’entre eux.Les hommes d’Église font en général leur possible pour aider les gens à vivre leur spiritualité, mais en même temps, certains hommes d’Église ont battu et violé des enfants, usé de leur pouvoir pour obtenir plus de contrôle sur notre société, satisfaire des besoins sexuels pervertis et autres.Je n’ai pas à bannir les hommes d’Église de notre société, même si je désapprouve fortement les gestes de certains d’entre eux.Les hommes d’affaires font en général leur possible pour nous offrir des produits et des services essentiels, mais en même temps, certains hommes d’affaires ont détourné des fonds publics, volé et désabusé des consommateurs, utilisé leur establishment pour financer la prostitution et la drogue.Je n’ai pas à bannir les hommes d’affaires de notre société, même sije désapprouve fortement les gestes de certains d’entre eux.Je n’ai pas à changer tous ces gens, mais je ne peux pas fermer les yeux sur ce qu’ils font non plus.Je ne veux pas jouer au justicier ni juger.Il en va de même avec les Hells Angels.Je désapprouve fortement plusieurs des faits et gestes de certains de leurs membres, mais je n’ai pas à les bannir de notre société.Pourrions-nous accepter que les Hells Angels financent LE JOURNAL DE LA RUE?Étant donné que cet argent proviendrait possiblement de la vente de drogues et de la prostitution, et que ce journal a pour but de faire de la prévention en ce domaine, vous voyez le paradoxe?On dit pourtant que l’argent n’a pas d’odeur, mais.C’est pourquoi nous vous demandons à nouveau de nous aider à financer nos activités et à diffuser de l’information sur la drogue, la prostitution et le suicide.Votre abonnement peut aider à améliorer la qualité de vie des jeunes, car celui qui sait, peut choisir.Raymond Viger 23 JOURNAL DE LA RUE, Vol.2.N" 1 MÊME LES HELLS LE DISENT.Mars 1985 - Cinq membres des Hells Angels de Laval sont exécutés à Lennoxville, éliminés pour avoir dérogé au code d’éthique des Hells : IL EST STRICTEMENT DÉFENDU AUX MEMBRES DE DÉVELOPPER DES DÉPENDANCES AUX DROGUES.La dépendance aux drogues, d’une façon ou d’une autre, il y a des conséquences! NE ME JETTE PAS, PASSE-MOI À UN AMI!
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.