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Titre :
Reflet de société /
En 2004, Le Journal de la rue adopte le nom Reflet de société, nom qui convient mieux à un magazine. Il poursuit sa mission de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes marginalisés.
Éditeur :
  • Montréal :Journal de la rue :2004-
Contenu spécifique :
Novembre - Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal de la rue
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Reflet de société /, 2014, Collections de BAnQ.

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lef let d -Société BAnQ ard différent sur notre société Vol.23 n° 2 Novembre / Décembre 2014 Montréal - Kuujjuaq Rapprocher les parallèles Entre douleur et beauté, extase et désarroi, c’est toute cette complexité qui est reflétée dans les œuvres de Toxic.À travers les rues de Montréal, son métro et la culture hip-hop, un moyen d’expression propre à l’artiste est né.Elle fusionne classique (acrylique) et évolution (graffiti et stencil); une forme d’art sans règle, diversifiée et brute.Des images réduites à l’essentiel de l’émotion qui trouvent un chemin en chacun vers leur propre imaginaire.L’art n’est pas la vision de l’artiste, mais bien celle de celui qui regarde l’œuvre.Toxic art présente sa collection d'images.Elles sont disponibles en cartes de voeux avec enveloppe pour 4$, affiche 8 par 11 pour 5$, sur T-Shirt blanc pour 20$ ou encore sur Sweat-shirt gris pour 40$.Les vêtements sont disponibles dans les grandeurs petit, médium, large et extra-large.goo.gl/PI9LV8 www.editionstnt.com/artistes/graffiteurs/toxicart Une façon originale de soutenir l'artiste et de personnaliser vos cadeaux et souvenirs.Merci pour votre visite et votre présence.http://www.editionstnt.com/artistes/graffiteurs/toxicart tlcj Arpi T Artiste ibond ass°ciattc ya*'ne d jJrrregardjch t fer en t sur, noire*societe- arm ISSN 1615-4 tilde: L l I Le citoyen au cœur de notre mission Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société.Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expériences et faire progresser les débats.Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec.Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Le Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.Merci de vous abonner à Reflet de Société et de soutenir notre mission.4233 Ste-Catherine Est, Montréal, Qc H1V 1X4 Tél: (514) 256-9000 fax: (514) 256-9444 Sans frais: 1-877-256-9009 info@refletdesociete.com www.refletdesociete.com http://www.refletdesociete.com/abonnement.html Editorial_______ 40 ans de journalisme www.raymondviger.wordpress.com MSM 2014.Ça aurait pu être une année spéciale pour moi.Mais semblerait que j’y suis encore passé tout droit.En 2005, un an après avoir changé le nom du magazine passant de Journal de la Rue à Reflet de Société, j’ai réalisé que j’avais peut-être un anniversaire à souligner.Mes 25 ans en journalisme.Après avoir fait le décompte, je me suis vite rendu compte que j’avais dépassé le quart de siècle depuis longtemps: j’en étais déjà à 31 ans dans le milieu! Zut de zut.Je me reprendrai à 40 ans me dis-je.Et voilà que l’année va bientôt s’achever.Ayant débuté à l’âge de 16 ans, mes 40 années de service auraient dû être fêtées il y a 6 mois.Je regarde l’agenda avec la promotion à faire du Bistro le Ste-Cath, l’intervention auprès des jeunes, les événements culturels à produire et à participer, le Salon du livre qui approche à grands pas, la version anglophone du magazine.Je ne vais pas faire la description de tout ce qui se trouve sur ma planche de travail, mais la petite note pour fêter mes 40 ans en journalisme est passée à côté.J’ai débu- té en juin 1974, à une époque où un diplôme en journalisme n’existait même pas.Bon, je vais essayer de me souvenir en 2023 que j’aurai 49 ans de service et qu’il faut que je me prépare pour mon 50e.Il ne faudrait pas que je le manque.Parce que je sais que je ne me rendrai pas à 75 ans en journalisme.J’ai prévu une semi-retraite à l’âge de 86 ans.Je vais donc me limiter à 70 ans de travail journalistique.J’aimerais bien en 2044 me limiter à écrire des livres et faire des conférences.Ou peut-être quelques spectacles d’humour.Je n’ai pas encore fait mon coming-out, mais je devrais pouvoir le faire d’ici là.Dans mes derniers échanges avec Julie (journaliste à Radio-Canada et ancienne stagiaire chez nous), elle me disait que d’avoir des références est essentiel dans la vie.J’ai terminé notre conversation par cette constatation: J’aimerais bien avoir des références.Mais tous ceux qui auraient pu m’en donner sont décédés ou disparus.Je me sens comme un orphelin professionnel.Nouveaux projets Question nouveaux projets, l’organisme a le vent dans les voiles.Des projets qui permettront à davantage de jeunes de trouver une place d’expression en plus d’augmenter le financement d’autres organismes communautaires.Chacun de ces nouveaux projets est similaire à la création d’un nouvel organisme.Cela demande beaucoup d’énergie, de temps et aussi de financement.C’est parfois essoufflant de devoir assumer tout cela.Mais le résultat vaut le coup.NE ME JETTE PAS passe-moi à un ami Et ce à plusieurs niveaux.La version anglophone du magazine, son site Internet ainsi que la publication de livres en anglais va permettre à l’organisme de s’ouvrir un peu plus aux anglophones.Sur le terrain, nous sommes multiculturels, mais dans les outils, nous étions essentiellement francophones.Le Bistro le Ste-Cath va permettre un rayonnement et une implication culturelle plus importante dans le soutien de nos artistes et ceux de la relève.Ce projet permet aussi de nous rapprocher davantage de notre communauté et de pouvoir nous y impliquer.De plus, d’autres organismes communautaires pourront utiliser nos équipements et notre expertise pour soutenir leurs propres projets.Continuité Et dans tout ce brouhaha, je ne rêve que d’une chose.Prendre quelques semaines de vacances pour.écrire et éditer quelques livres qui sont sur mon bureau et que je n’ai pas eu le temps de terminer.Certains se passionnent par la lecture.Moi c’est l’écriture.Mais une écriture qu’on ne partage pas et qui demeure dans le fond du tiroir est comme ce peintre qui crée dans le fond de son placard sans jamais pouvoir exposer ses œuvres.Notre créativité trouve tout son sens au moment où on lui donne sa liberté et qu’on la laisse trouver son propre chemin.C’est pourquoi, dans tous mes livres, ainsi que pour nos magazines, nous autorisons les photocopies gratuites de nos textes.Parce qu’ils ne sont pas fait pour être possédés égoïstement mais pour être partagés.goo.gl/2wLSsR (www refletdesociete.com j| 4 http://raymondviger.wordpress.com/ OABRIELLE CARO IM Jiptfl H26H Rue sTe-c.a.THeRine £st Clay and friends T -1-|- Visitez notre site Internet pour connaître les dates des spectacles www.le-ste-cath.com goo.gl/AHuJBT Bistro SteCath Puh ente Une programmation régulière et variée pour des soirées mémorables Gregnry Fitzgerald Trie Angélique et ses musiciens Jeunes musiciens formant le groupe de jazz Gregory Fitsgerald Trio, ces artistes avides de scène seront présents une fois par mois pour les jeudis jazz.Ambiance lounge garantie.Artiste issu de la diversité culturelle de Montréal, B.U.est un mélange de hip-hop, reggae, soul, RnB et tant d’autres choses.Il définit sa musique comme étant le son de la liberté.En français, anglais ou créole, l’artiste a performé et collaboré au Canada comme à l’étranger durant les 20 dernières années.B.U.(alias Patrick Joseph), est né d’une mère Canadienne et d’un père Haïtien.Angélique enflamme avec Band.Duruisseau les soirées son INandOUT Un ensemble polymorphe et éclaté de musiciens d’horizons divers, qui font de chaque concert un moment unique.Au menu: des revisites singulières des classiques d’Édith Piaf, Nina Simone, du jazz et des grandes chansons d’Amérique latine, et bien plus encore! Clay and friends a été créé suite à une séance de freestyle dans les coulisses d’une salle de spectacle.Ce collectif bilingue propose un amalgame de hip-hop, funk, jazz et reggae.En spectacle, les échantillonnages électroniques et les envolées musicales de Clay and friends sont nourris par l’énergie de la foule.Aucun spectacle du groupe n’est identique.Les Soirées marrantes I Organisées, produites et animées par Gabrielle Caron.Les Soirées marrantes sont un show I d’humour tordant, devant une salle remplie 1 et un public conquit par le charme des humoristes qui s’en donnent à coeur joie.Des soirées présentées les premiers samedi du mois.Catherine Dagenais ; Chansonnière de talent ciui a ia music!ue dans la peau, Catherine s'ins-^ r • talle une fois par mois au Bistro pour charmer le public avec un ar-tiste invité.Ses paroles vibrantes et sa voix touchante sauront ravir tous les cœurs.7465 http://www.le-ste-cath.com/index.php/evenements RefletdeSociété SERVICE AUX ABONNÉS Changement d’adresse 514 256-9000 abonnes@refletdesociete.com goo.gl/dE51DH Éditeur/ Rédacteur en chef Raymond Viger.514 256-4467 raymondviger@hotmail.com Journalistes Delphine Caubet, Marie-Ève Cloutier, Colin McGregor.C Courrier ^ du lecteur ) Limites de l’information C’est dur de tracer la ligne entre journalisme et sensationnalisme.Je trouve cette question très pertinente.J’aspire à faire du journalisme à caractère social.C’est une question que je me pose souvent.Directrice administrative Danielle Simard.514 256-9000 journal@journaldelarue.ca PUBLICITÉ ET COMMANDITE Infographie Juan Carlos Sanchez Lopez.Illustrations Burn-o, Cyril, JuanCa.Collaborateurs Normand Charest, Louise Gagné, Number Juan, Jean-Claude Leclerc, François Léger-Savard, Alice Mihàly, Nicole Viau.Corrections et pupitre Delphine Caubet.Café-Graffiti 514 259-6900 4233 Ste-Catherine Est, Montréal, Qc H1V 1X4 Tél: (514) 256-9000 Fax: (514) 256-9444 Sans frais: 1-877-256-9009 info@refletdesociete.com www.refletdesociete.com ISSN: 1615-4774 Notre mission: le Journal de la Rue est un organisme à but non-lucratif qui a comme principale mission d’aider les jeunes marginalisés à se réinsérer dans la vie socioéconomique en favorisant leur autonomie.La reproduction totale ou partielle des articles pour un usage non pécuniaire est au torisée à condition d'en mentionner la source.Les textes et les dessins qui apparaissent dans Reflet de Société sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Reflet de Société est un magazine édité par le Journal de la Rue qui traite de multiples thématiques: drogue, prostitution, suicide,violence et santé.On propose des solutions et des ressources.Reflet de Société dispose d’un fond de réserve provenant des abonnements.Au fur et à mesure que les magazines vous sont livrés, l’organisme récupère les frais dans ce fond.C’est une façon de protéger votre investissement dans la cause des jeunes Membres de: •Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) •Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM) •Magazine Canada (CMPA) •Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) •Regroupement des organismes communautaires jeunesse du Québec (ROCAJQ) Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d’édition.Canada 6,95 $ l’unité Centres d’appel Sorel - Joliette - Montréal Lorsque je serai journaliste, je veux avoir le plus grand respect possible envers les gens que je vais rencontrer.Ce sont de grands principes sans doute difficiles à appliquer.Je remarque que vous avez un respect pour les personnes que vous rencontrez et c’est tout à votre honneur.Kharoll-Ann Souffrant Vivre avec l’anorexie J’ai vu VeronikaH en entrevue avec Denis Lévesque.J’ai été bénévole pour ANEB Québec, organisme québécois venant en aide aux personnes atteintes de troubles alimentaires et leurs proches.Je m’inquiète d’entendre son discours disant qu’on est une personne épanouie en étant anorexique et qu’on peut être plus fort avec la maladie.De tels propos peuvent-ils renforcer l’obsession d’autres personnes atteintes et ainsi leur donner des munitions pour continuer à entretenir leurs troubles alimentaires, notamment les jeunes?Kharol-Ann Souffrant ( WWW.refletdesociete.com J 6 http://www.refletdesociete.com/abonnement.html Changement de société Il ne faut pas attendre après le bonheur, il faut se l’approprier.Comment pouvons-nous bâtir quelque chose si nous pensons constamment que nous n’avons pas la capacité de le faire?Mettons-nous à chercher des solutions.La richesse est à l’intérieur de nous.Parait-il qu’il faut 300 ans à une société pour changer de mentalité! Peut-être que cette affirmation donne le goût de baisser les bras, mais peut-être aussi que c’est à ce moment précis que nous en sommes: à notre 300e année! Reflet de Société a su se démarquer et faire une différence dans notre société.Bravo à toute l’équipe pour votre travail qui à chaque jour est fait avec passion et conviction.Bravo à Danielle Simard et à Raymond Viger! Sylvain Masse, Terrebonne Longévité et croyance Les croyants stimulent une zone du cerveau qui retarderait grandement la maladie d’Alzheimer selon le docteur Gernez.Slipenfer Bistro le Ste-Cath Félicitations à Raymond et à sa gang pour tout votre beau travail et votre implication! Richard P.Trafic de femmes Des millions de femmes tous les ans sont touchées.Comme ce sont des asiatiques ou des filles de l’Est c’est moins grave et on en parle beaucoup moins.Pourtant ce sont les greniers à filles pour l’approvisionnement des bordels du monde entier.On récupère des victimes vietnamiennes dans le monde entier.La plus jeune n’avait pas 6 ans.Et comment croyez vous que ces jeunes femmes pour la plupart leurrées parviennent à traver- WWW.refletdesociete.com f - ser les frontières avec des papiers en règle?Marc Blanchard Reflet de Société Des témoignages poignants et des articles à faire lire par ceux qui souffrent sans savoir pourquoi et ceux qui participent à dégrader notre société par leur lâcheté, leur complicité tacite et leur indifférence navrante.Lis a Sion Arabe et LGBT Les tabous ont la vie dure.Heureusement qu’il existe des organismes comme Helem.Carolle Anne Dessureault Ecole au Burkina Faso Je voudrais par ces lignes reconnaître l’utilité exemplaire de votre engagement en faveur de la scolarisation en Afrique.Hermann Kyemtarboum, Burkina Faso Survie du français Les élites mondialistes ne veulent pas du français parce que c’est à peu près la seule langue capable de concurrencer l’hégémonie de la langue anglaise.Langue de culture, autrefois langue de la diplomatie, langue de la science et notamment des mathématiques, langue olympique.Le français est susceptible d’être pratiqué par 750 millions de personnes voire un milliard à l’horizon 2050 avec le développement de l’Afrique.Mais nos hommes politiques préfèrent regarder ailleurs et aller se vendre aux anglo-saxons.Les sommets de la francophonies devraient être autant médiatisés que ceux du G8 ou les JO; mais il n’en n’est rien dans les faits.Bravo aux québécois qui tentent de résister et qui y parviennent pas si mal sur un continent où ils sont tant isolés.Mac, France L’Église et les LGBT Certains ont peur des homos.Je suis d’accord qu’il existe un lobby homo très influent sur les décisions du gouvernement quant à l’orientation de notre société.Je suis d’accord pour dire que ce n’est pas aux lobbies de faire leur loi.Nous sommes en démocratie et c’est au Peuple souverain de prendre les décisions à travers les députés.Bartneski Penser qu’on devient homo est une erreur.On ne le devient pas, on nait ainsi.Beaucoup d’homos se cachent derrière l’hétérosexualité par peur.Bartneski Les Eglises sont victimes de leurs freins qui les figent dans des postures archaïques.Elles s’appuient sur des textes censés être complets et infaillibles, impossible donc à remettre en cause malgré les évolutions de la société civile et scientifique.Marvin Bear Je n’imagine pas un seul instant que le Christ ait pu condamner un homosexuel.Il ne défend pas une cause, il aime et défend tous les hommes avec leurs particularités et différences et nous invite à faire de même.Pascal L.C’est bizarre.Dans l’Eglise l’homosexualité est vilipendée.Mais dans la société on lui fait une loi pour l’implanter à tous les coins de rues.Qui a raison?Claude-Michel L’Eglise étant liée à des textes comportant une condamnation nette de l’homosexualité ne peut pas se prononcer pour.Jean The Social Eyes DELPHINE CAUBET En 2015, Reflet de Société aura un petit frère.Âgé de 23 ans, notre magazine voit maintenant apparaître son pendant anglophone: The Social Eyes.Vécu, témoignages et espoir seront toujours au rendez-vous.En tant que fidèles lecteurs de Reflet de Société, vous le connaissez et vous l’avez lu: Colin McGregor, notre chroniqueur anglophone incarcéré à la prison de Cowansville.Depuis plusieurs années, il nous livre des témoignages poignants, comiques et philosophiques sur l’univers carcéral.Il est devenu le traducteur des livres d’intervention et de prévention de Raymond Viger, puis un auteur que nous avons publié aux Editions TNT.Maintenant, vous allez apprendre à le connaitre en tant que rédacteur en chef du magazine de prévention et de sensibilisation The Social Eyes.Contenu La question était dans l’esprit des hautes instances de l’organisme depuis des années: pourquoi ne pas rejoindre le lectorat anglophone?Après tout, les problèmes sociaux n’ont pas de barrières linguistiques.L’hémisphère gauche a rencontré l’hémisphère droit de l’organisme et ils sont arrivés à une conclusion: personne n’écrivait en anglais.Colin en tant que journaliste et chroniqueur à Reflet de Société apparut comme le candidat le plus r Colin McGregor, rédacteur en chef.Mm apte à prendre le poste de rédacteur en chef.Pour ce nouveau magazine, et comme à travers ses chroniques, Mot de l’éditeur Raymond Viger Vous le savez sûrement, Colin est incarcéré à la prison de Cowansville depuis plusieurs années.Il est maintenant rédacteur en chef d’un magazine d’information et de sensibilisation, The Social Eyes.J’accompagne Colin depuis plus de 5 ans.J’ai été son rédacteur en chef.Il est devenu le traducteur de 2 de mes livres d’intervention.Nous avons publié un de ses romans.Nous avons un long cheminement ensemble et je suis fier du travail qu’il accomplit, autant dans sa vie qu’auprès des autres détenus.Il est vrai que Colin McGregor est le rédacteur en chef du magazine, mais je suis son éditeur et superviseur et je demeure présent dans sa vie, autant personnelle que professionnelle.La nomination de Colin à ce poste est exceptionnelle.Notre revue a à cœur de représenter tous les aspects sociaux: dont le milieu carcéral bien souvent ignoré par les autres médias.Ces mêmes médias qui pourtant doivent représenter cette société qu’ils reflètent.Nous sommes fiers d’avoir dans nos rangs Colin McGregor qui maintenant occupera le poste de rédacteur en chef de The Social Eyes.S’il débute ce nouvel emploi depuis la prison de Cowansville, sachez que dans quelques années il sera libéré et prendra pleinement sa place parmi nous.Notre organisme intervient dans différents milieux depuis près de 23 ans.Je vous remercie pour la confiance que vous nous portez.Je vous remercie d’accueillir et d’accepter nos membres tels qu’ils sont.8 ( WWW.refIetdesodete.com - ) Photo: Gracieuseté Colin McGregor. il veut transmettre un sentiment d’accueil, «car on est tous le produit de notre vécu.» Tels les aumôniers qu’il rencontre à Cowansville, il veut donner un message de tolérance et de compréhension des autres.Toujours avec une touche de philosophie et d’humour.Ligne éditoriale «Be the best person you can be.» Si tu es un concierge, prend ton travail à cœur et soit le meilleur des concierges.Et n’aie jamais honte de qui tu es.Telle sera la ligne éditoriale de ce futur magazine.Parmi les sujets qui tiennent à cœur et qui seront abordés: la violence conjugale, l’exclusion sociale, la maladie mentale, les dépendances, la pauvreté.mais toujours avec une touche d’espoir, précise le nouveau rédacteur en chef.Ecriture Reflet de Société a acquis ses lettres de noblesse en matière de contenu journalistique.En tant que lecteur, vous étiez peut-être là lorsque nous avons gagné nos prix.Notamment avec Jean-Pierre Bel-lemare, autre chroniqueur (et ancien détenu) qui décrivait l’univers carcéral avec une réalité criante et bouleversante.Des chroniques saluées par la communauté journalistique elle-même, notamment lors du grand prix des éditeurs de magazines en 2008.Ce nouveau magazine offrira cette même qualité au lectorat anglophone.Même s’il est difficile de généraliser, Colin McGregor explique que la population anglophone à une vision plus sarcastique et plus dure des choses.Il veut apporter au milieu anglophone l’émotivité de la partie francophone.Toujours dans l’optique de s’ouvrir aux autres et d’aider son prochain.The Social Eyes sera disponible par abonnement à partir de 2015.QUI EST COLIN MCGREGOR?Colin a travaillé comme journaliste dans divers médias à travers le pays.Il a notamment collaboré avec le Halifax Daily News, Montreal Daily News, le Financial Post et a été rédacteur en chef du Montreal Downtowner.Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Ecosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière.Ou encore en Nouvelle-Ecosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.Aujourd’hui, il est chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Editions TNT.Comme il le dit, l’écriture est dans son sang et il le prouve quotidiennement.sScial Eyes O 1 year - 6 issues $37.95 O 2 years - 12 issues - $65.99 Name___________________________ Address________________________ City___________________________ Province/Country_______________ Postal Code_________________Tel E-mail_________________________ O 3 years - 18 issues - $89.95 CHEQUE OR MONEY ORDER TO: REFLET DE SOCIÉTÉ, 4233 STE.CATHERINE STREET EAST, MONTREAL, QUEBEC, H1V 1X4 PHONE: (514) 256-9000 TOLL FREE: 1-877-256-9009 Card n° I I I I I I l l I l l.1.1.1.J LULU Expiration date Mill Ov|SA Omastercard Oamex SIGNATURE: ALL SUPPLEMENTAL CONTRIBUTIONS TO SUPPORT OUR EFFORTS ARE WELCOME refletdesociete.com * 9 http://www.thesocialeyes.ca Au pays des Inuits Voyage dans le désert blanc Famille inuite en ski doo.mm :-^asr DELPHINE CAUBET Les Inuits.Une culture que beaucoup pensent connaître.Certains les appelant plus ou moins péjorativement «Esquimaux», d’autres imaginant des Indiens dans la neige.Pour lutter contre ces préjugés et ces erreurs, des jeunes de 4e et 5e années de l’école Sophie-Barat sont partis 11 jours dans le Nunavik.Pendant 1 an, ces jeunes ont été éduqués sur l’Histoire des Inuits et des Premières Nations.Aidés et accompagnés de Lyne St-Louis, directrice de Taïga Vision (organisme d’aide et conseils auprès des autochtones), les jeunes ont maintenant une mission: parler des Inuits et de leur Histoire pour ne pas oublier.Mission Partir à Kangiqsualujjuaq n’était pas le fruit du hasard.L’organisatrice, Lyne St-Louis, connaît bien la région et ce petit village de 800 habitants possède une riche vie culturelle.Pour cette expédition, Élodie, Noé et leurs acolytes y sont allés en journaliste.Enregistreuse en main, ils ont vécu au rythme de la vie locale pour s’intégrer et poser des questions.Car le plus gros du travail est à leur retour.Au travers de conférences et d’événements, les jeunes partageront leur expérience et leurs connaissances pour sensibiliser la population québécoise aux enjeux des Inuits.«Car il n’y aura jamais assez d’efforts pour sensibiliser», précise Lyne St-Louis, et il faut comprendre comment ils en sont arrivés là.Comme dans toutes expéditions, certaines craintes peuvent se présenter au départ.Noé, élève en se- condaire IV, se posait une question importante: les Inuits sont-ils toujours fâchés après les Blancs?Durant les mois de préparation, les jeunes ont vu des films tels que We were children ou Echo of the last howl, suivis de discussions pour appréhender la réalité de ces peuples.Ils ont appris l’histoire des pensionnats et du traumatisme collectif, mais aussi de l’abattage des chiens, qui en plus d’être un crime envers ces animaux, a bouleversé le mode de vie de ces peuples.Mais Noé est vite rassuré.A leur arrivée, leur premier contact sur place est Charlie.Un Inuit qui a marqué autant Noé que son professeur par le calme et la sérénité que dégageait cet homme.Survie «Les 3 mots d’ordre de ce peuple sont force, beauté et résilience», annonce Elodie.Les jeunes ont pu observer comment les habitants, avec résilience, travaillent à la survie de leur culture.Noé donne l’exemple de festins communau- taires pour illustrer ce phénomène.Plusieurs fois par an, les habitants se réunissent autour d’un festin composé de nourriture traditionnelle et contemporaine.Dès leur arrivée, les jeunes ont pu assister à celui organisé en l’honneur de la fin de la formation des femmes.Pendant cette soirée, des spectacles ont accompagné le souper, et les jeunes ont eu l’opportunité d’échanger avec les aînés.Un souvenir agréable pour les apprentis journalistes, bien qu’ils aient gardé une gêne à poser des questions sur les pensionnats et les traumatismes du passé.Autre exemple de force et de résilience: les cultural classes.Dans ces cours, les garçons apprennent à réparer les motoneiges et à chasser, tandis que les filles apprennent (entre autres) la couture.Toujours dans le but de conserver leur patrimoine.Alimentation Pendant leurs 3 jours au parc national Kuururjuaq, les jeunes ont appris à pêcher comme la tradi- 10 ( www, refletdesociete.com Photos couverture et article: François Léger-Savard tion inuite l’exige, à chasser et à monter une tente.«Comme le répète Eric, notre professeur, il faut garder l’esprit ouvert», précisent les étudiants.Alors, après la pêche vient le repas.Au menu: du poisson cru.Et ils ont adoré ça! A part le cœur qui a laissé un souvenir plus partagé chez les apprentis pêcheurs.Dans le Nunavik, les Inuits se nourrissent de viande et de poisson crus, tout en intégrant des aliments plus «occidentalisés».«Mais c’est extrêmement cher», précise Élodie.A quoi Noé ajoute que les prix sont parfois 3 fois plus chers et qu’un sac de chips peut coûter 9,95$.Pendant ces 10 jours dans le nord, les jeunes n’ont pas fait que regarder.Ils ont aussi participé.A travers du bénévolat, notamment dans les cuisines pour participer à une meilleure éducation alimentaire ou dans les écoles pour aider les jeunes avec le français.Perte culturelle Malgré la beauté de ce peuple et leur volonté de conserver leur culture, comme bien d’autres jeunes dans une situation analogue, les jeunes Inuits se trouvent pris entre deux feux.D’un côté, ils vivent dans un village isolé qui ne possède qu’une route pour se rendre à l’aéroport.Ce qui aurait tendance à conserver leur culture.D’un autre côté, les jeunes Inuits sont eux aussi influencés par la culture américaine.Car bien qu’ils n’aient pas le réseau téléphonique, Internet et le wifi fonctionnent et ils voyagent en métropole.«Ils ont tous un iPod et écoutent Justin Bieber», conclut Élodie.Étudier?Comme dans beaucoup de lieux isolés, les étudiants font face à un choix difficile.Dans le village de Kangiqsualu-jjuaq, jusqu’au secondaire, les jeunes peuvent rester dans leur famille pour étudier.Quant à ceux qui souhaitent continuer, ils doivent quitter leur village pour se rendre au Cégep.Elodie et Noé expliquent alors que pour beaucoup d’entre eux, ils doivent faire une année de préCégep pour se mettre à niveau.Jusqu’en 3e année, les Inuits étudient dans leur langue: l’Inukti-tut.Un moyen de faire vivre leur culture.Mais à partir de la 4e année, il bascule vers le français.Et forcément, «tu ne peux pas arriver au même résultat», explique Lyne.Les jeunes doivent apprendre simultanément une langue et une matière.Alors, forcément, les élèves ont du retard dans leurs cours.En plus de ces difficultés linguistiques, le mode d’apprentissage des Inuits n’est pas le même que celui des autres Québécois.D’après Lyne: «Les Inuit ont le même programme, mais il n’est pas adapté à eux, ce n’est pas assez concret.Déjà qu’en général au Québec c’est difficile.Eux apprennent selon le mode watch and learn.Le programme est trop abstrait pour eux.» Retour Depuis leur retour à Montréal, les jeunes ont donné quelques conférences dans les écoles pour sensibiliser la population et lutter contre les préjugés.«Car ce n’est pas vrai que tous les Inuits sont des alcooliques, s’insurge Elodie.Pour ceux qui le sont, il faut comprendre leur Histoire et pourquoi.» A l’avenir, nul ne peut prévoir les effets de cette expédition sur les jeunes et la communauté du Nunavik.Une relation s’est créée et les villageois demandent des nouvelles des adolescents.Parmi les apprentis journalistes, Elodie a été particulièrement influencée par ce voyage et elle souhaite désormais devenir infirmière ou ambulancière dans le Grand Nord.Impact auprès des jeunes Sur les 18 jeunes faisant partie de l’expédition, environ 5 sont toujours très engagés dans leur mission de sensibilisation.Une réalité, mais aussi une grande déception pour Lyne, «car les jeunes ne réalisent pas toujours le travail qu’ils ont au retour.» «Mais c’est l’expérience d’une vie, et pour 50% d’entre eux, ce vécu aura un impact.» Si l’engagement sur le long terme de ces jeunes est difficile à évaluer, Lyne St-Louis n’oublie pas de préciser «que c’était un bon groupe», qui s’est bien adapté et a tout essayé.Sur le court terme, Eric Laforest, professeur d’Education physique et de plein air à l’école Sophie-Barat, constate une réduction du bruit de la part de ses étudiants.«On se faisait souvent dire que l’on parlait trop fort», plaisante Élodie.Si Éric constate ce 1er changement, il veut surtout que ses jeunes prennent conscience d’être des privilégiés.( WWW.refletdesociete.com ) 11 Changer sa communauté Portraits de jeunes Inuits DELPHINE CAUBET ifgjfjff Par une belle journée d’automne, ça rentre et ça sort dans tous les sens au Cégep Marie-Victo-rin à Montréal.Dans l’un des bâtiments, des jeunes femmes sortent en trombe des salles de classe tout en plaisantant et discutant.Je tends l’oreille pour comprendre ce qu’il se dit, mais la langue m’échappe complètement.À tel point que je suis incapable d’en reconnaître l’origine.Je me dirige vers mon lieu de rendez-vous, et l’un d’entre eux est là à m’attendre.Daniel et Igulik devant la fontaine avec l’inukshuk (statut) au Cégep Marie-Victorin.Un peu mal à l’aise, il me serre la main et échange quelques mots en inuktitut avec un ami.Lui, c’est Daniel et on va passer l’après-midi ensemble avec 3 de ses collègues pour comprendre la réalité d’un jeune du Nunavik qui a quitté sa communauté pour étudier.On m’avait prévenue: la culture inuite est une culture de taiseux, et qui plus est mon accent français n’aide pas à la communication.indécis sur le cursus qu’il choisira, il est bien décidé à terminer le Cégep.Avec un léger rire, il m’explique que d’après lui, «on n’est pas tout seul dans l’univers».S’il ne finira pas nécessairement explorateur de l’espace, le jeune homme a un clair penchant pour les sciences.Dans un mélange de mère étant directrice de garderie à Kangiqsualujjuaq, Igulik a déjà travaillé auprès de ce jeune public et sait qu’elle aime ça.L’éducation, la famille a ça dans le sang! C’est à ce moment qu’arrivent en trombe Anita et Jeannie.Micro tempête à langue bien pendue, Anita et Jeannie se refusent dans un premier temps à faire l’entrevue.Une pause de 10 minutes et une cigarette plus tard, elles reviennent d’elles-mêmes auprès de Daniel et Igulik.La jeune femme originaire de Salluit s’est retrouvée dans la chaleur d’une zone de guerre à dater des os en laboratoire.Mais Daniel et Igulik, l’une de ses acolytes, sont bien entourés par 3 membres de la commission scolaire Kativik (commission scolaire du Nunavik administrée pour et par les Inuits).Profil Daniel est au Cégep Marie-Victo-rin depuis août 2013 où il a terminé son année d’intégration-adaptation.Âgé de 22 ans, s’il est encore français et d’anglais, il me raconte avec humour comment il travaille sa troisième langue, le français, grâce à des séries télévisées telles que Les parents, qu’il adore.À côté de lui se trouve Igulik.Jeune femme de 23 ans plutôt timide, elle a un objectif clair: terminer sa technique d’éducation à l’enfance et peut-être rester à Montréal.Il faut dire qu’elle a été à bonne école; sa Contrairement à leurs camarades, Anita et Jeannie sont très bavardes: «On doit même les faire taire en classe», plaisante Marie-Hélène, conseillère aux élèves.Si l’un de ces jeunes devait incarner la volonté, ce serait Jeannie.À seulement 17 ans, elle dit être venue à Marie-Victorin pour accomplir des choses et être différente.Il faut dire que malgré son jeune âge, Jeannie en met plein les yeux.«Moi, je mets sur mon CV qu’elle a 12 WWW.refletdesociete.com %- Photo: Delphine Caubet. Photo: Commission scolaire Kativik.Jeannie, gagnante à l’expo-sciences.Ill n été mon élève», s’amuse Jacques, conseiller aux élèves.Il faut dire que la jeune femme a remporté 2 prix pendant l’expo-sciences pancanadienne 2014 pour la construction d’un système de luminothérapie.Rien que ça.Lorsque je lui demande comment lui est venue l’idée, sa réponse est simple: «J’ai demandé à mon professeur ce qui me ferait gagner, et il m’a dit un système de luminothérapie.» C’est dit, c’est fait.Grâce à quoi, elle est partie un mois en Israël faire un stage d’archéologie supervisé par des scientifiques.La jeune femme originaire de Salluit s’est retrouvée dans la chaleur d’une zone de guerre à dater des os en laboratoire.Les clichés sur les Inuits en prennent un coup.A sa gauche se trouve Anita.Du haut de ses 19 ans, elle semble la plus mature du groupe.Et pour cause, j’apprends quelques minutes plus tard qu’elle a un enfant de 2 ans et qu’elle étudie pour être éducatrice spécialisée en protection de la jeunesse.Anita, jeune femme au caractère bien trempé, a établi un plan pour son avenir: prochainement son conjoint ramènera son enfant à Kangiqsualujjuaq pour qu’il soit élevé par sa mère le temps qu’elle termine ses études.Après quoi, elle les rejoindra et fera changer les choses dans sa communauté.Tout un plan.Vie étudiante Etudier à Montréal n’est pas nouveau pour Anita.La jeune mère avait déjà fait une première tentative, mais avait arrêté.«C’était trop dur», explique-t-elle.Si le retard scolaire n’aide pas, l’éloignement de leur communauté finit par en décourager certains.Mais une fois sur place, dans les résidences du Cégep, chacun doit trouver son équilibre.Daniel est monsieur sociabilité, et depuis plus d’un an à Montréal, il s’est fait des amis de différentes cultures.En tant que jeune homme d’une ving- taine d’années, il plaisante sur les soirées qu’il a passées au centre -ville avec ses amis, où après avoir manqué la fermeture du métro, ils ont dû attendre jusque 6h du matin pour pouvoir rentrer.Raconté sur le ton plaisanterie, le jeune homme apprécie cette liberté, même si elle entraîne des difficultés.Pendant cet après-midi, Daniel répète plusieurs fois avec humour et fatalisme que le plus dur pour lui est de se lever le matin.A Ma-rie-Victorin, on doit être à l’heure en cours, et il n’y a plus de parents pour aider avec les petites choses du quotidien.Igulik, qui a essentiellement des amis Inuits, mise sur la solidarité entre membres.Et pour cuisiner, rien de mieux que de le faire entre copines! Les repas sont généralement basiques (les spaghettis en sont un élément clé), et il faut gérer le porte-monnaie.Lorsque je leur demande ce qu’ils souhaiteraient voir améliorer, ils convergent tous vers un point: la nourriture traditionnelle! Trois de nos quatres jeunes acolytes souhaitent rester à Montréal après leurs études, mais le country food leur manque cruellement.Mais point positif qui leur remonte le Le retard scolaire au Nunavik Michel Pruneau est conseiller pédagogique responsable du programme d’exploration et d’intégration pour la commission scolaire Kativik au Cégep Marie-Victorin.Selon lui, le retard scolaire des Inuits s’expliquerait par la culture et la tradition orale de ces peuples.La réalité scolaire est un phénomène nouveau pour eux, et elle n’occupe pas la même place dans leur esprit.L’école n’est simplement pas en haut des priorités.S’ajoute à cela une culture qui donne à l’enfant sa propre sagesse et qui lui impose peu de choses.Généralement, les jeunes Inuits ont d’excellentes capacités en anglais (voire meilleures que dans le reste du Québec), mais le français est la discipline qu’ils leur fait le plus défaut.Avant d’entrer au Cégep, la plupart d’entre eux font une année de précollégial (ou préCégep) pour se mettre à niveau.Ceux allant au Cégep Marie-Victorin font une année d’exploration et d’intégration avant de commencer le programme de leur choix.Marie-Victorin accueille entre 10 et 15 nouveaux Inuits chaque année.WWW.refletdesociete.com -^- 13 Carte: Commission scolaire Kativik.moral: les prix! C’est leur réponse spontanée quant aux avantages de la métropole.Espoir Daniel, Igulik, Jeannie et Anita sont l’avenir de leur communauté, chacun dans la voie qu’ils choisiront.Leurs conseillers au Cégep, Marie-Hélène et Jacques, parlent de cette quinzaine de jeunes chaque année comme la crème de la crème.Leur retard scolaire et les difficultés linguistiques sont parmi les plus gros handicaps qu’ils doivent surmonter, mais certains d’entre eux s’accrochent.Et pour ceux qui décrochent, ils bénéficient de cette expérience sur le plan personnel et professionnel pour trouver du travail dans leur communauté.D’après leurs intervenants, environ 80% d’entre eux repartiraient dans leur village, et seule une faible minorité resterait à Montréal.Marie-Hélène ponctue cet après-midi en m’expliquant que la plupart de ces jeunes sont là pour aider leur communauté.A noter que ces pionniers sont bien souvent des pionnières avec une large majorité féminine.Une chose est certaine, ce n’est pas la volonté et la résilience qui manque à ces jeunes gens.D’ici quelques années, peut-être pourra-t-on retrouver Daniel Adams tête dirigeante en recherche de vie extraterrestre, Igulik Emudluk reprendre la garderie de sa mère à Kangiqsualujjuaq au côté de sa petite sœur qui lui manque tant.Non loin de là se trouverait Anita Annanack qui élèverait son fils tout en aidant les jeunes les plus récalcitrants à accepter une main tendue.La jeune femme s’est d’ailleurs taillée une bonne réputation dans ce domaine.Enfin, Jeannie Kakayuk après l’archéologie en Israël poursuivrait ses aventures scientifiques.Et qui sait, peut-être sera-t-elle la complice de Daniel dans ses recherches spatiales.Vous noterez que je laisse mon imagination s’emballer quant à l’avenir de ces 4 jeunes Inuits, mais après tout, ils ont réussi le plus difficile en venant étudier à Marie-Victorin.Alors pourquoi ne pas leur donner le temps de ces quelques lignes un avenir extraordinaire à l’image du parcours qu’ils ont déjà effectué.2.UMIUJAQ Le Nunavîk: 507 000 km2 accessible seulement en avion b y [n ¦Là -J*:, 3.INUKJUAK 1825 H»P*I 4.PUVIRNITUQ I I 5.AKULIVIK ¦>¦ - 6.IVUJIvIK 386 7.SALLUIT 1391 8.KANGIQSUJUAQ 9.QUAQTAQ 739 39" 537 10.KANGIRSUK 11.AUPALUK 205 12.TASIUJAQ 13.KUUJJUAQ________H*P-I 14.KANGIQSUALUJJUAQ P*l 2552 Kl" H=HOP!TAL • P=POSTE DE POLICE • MNFIRMERIE CHIBOUGAMAU 14 C WWW.refletdesociete.com ) -^ — Une façon originale de soutenir le et son intervention.net + 4,95$ taxes et transport Disponible en petit, medium, large et extra-large.T-shirt disponible en: rouge, bleau, blanc et noir.Motif disponible en: blanc, bleu, jaune, mauve, noir, rouge, rose, vert.Aidez-nous à encourager nos jeunes, 4237 Ste-Catherine Est, Montréal, Qc.H1V1X4 • 514-256-9000 • vwwv.cafegraffiti.net goo.gl/3lhSpk http://www.editionstnt.com/produits/t-shirts-impression-personnalisee-vinyl/cafegraffiti-32-14-detail Sortir les autochtones de prison Sanctions substitutives DELPHINE CAUBET Iw Ta m*: « Les chiffres sont effarants.Au Canada, les autochtones représentent 4% de la population.Une minorité que l’on ne remarque pas au quotidien.Mais en prison, la tendance est tout autre: les Amérindiens représentent 23% des hommes et un tiers des femmes.Une surreprésentation qui ne cesse d’inquiéter et d’augmenter.Preuve étant, en 10 ans, la présence de femmes autochtones en prison à augmenter de 90%.Pour lutter contre ce phénomène, le Canada et plus lentement le Québec se dotent d’une politique de discrimination positive envers les peuples autochtones.Cette discrimination est le principe Gladue: elle demande aux juges de modifier leurs sentences et de trouver des sanctions substitutives pour lutter contre cette surreprésentation carcérale.Explication Lyne St-Louis est consultante auprès des Premières nations, et des autochtones ayant des démêlés avec la justice, elle en a vu.Son travail est d’accompagner le contrevenant et le système judiciaire pour comprendre le comportement de la personne.Et si possible, de trouver des sentences substitutives pour éviter la prison au contrevenant.Dans ce plan de réhabilitation, le contrevenant y prend part intégrante en proposant des alternatives.Il y a peu, Lyne suivait une personne ayant des problèmes de drogue: elle avait des démêlés avec la justice et elle risquait la prison.Pendant ses visites, Lyne discute avec elle, et d’elle-même, la contrevenante proposa un plan pour faire 16 des ateliers de sensibilisation dans les écoles.L’objectif était d’éveiller les jeunes à l’impact de la drogue sur l’individu et leur culture.Lyne prend les choses en main, s’adresse à l’école de la communauté, et le directeur est enchanté.Dans ce type de réhabilitation, le contrevenant n’est pas laissé à l’abandon, il est suivi et aidé.Dans le cas présent, la personne a fait des ateliers en partenariat avec la police et les aînés.Succès Lyne St-Louis a constaté que ces sanctions sont plus efficaces que les travaux communautaires.Ces derniers, souvent non effectués, ne prennent pas en considération le contrevenant, ses intérêts et son passé.Les sanctions substitutives sont plus efficaces, car elles prennent en compte le contrevenant en tant que personne.Il est consulté et il propose une sanction adaptée pour lui permettre d’évoluer.Lyne donne l’exemple d’un bon chasseur autochtone condamné à être guide en forêt.L’homme, enjoué par la sentence, va jusqu’à proposer son véhicule personnel et son carburant pour effectuer sa sanction.D’après l’expérience de la consultante, dans de nombreux cas de sanctions substitutives, il n’y a pas de récidive.La sanction n’est pas le principal moteur de cette réussite, c’est essentiellement l’aide qui se trouve autour.Car certains ne connaissent pas la cause de leur mal-être, et la famille n’est pas toujours présente pour expliquer la situation.Mylène Jaccoud, professeure au département de criminologie de l’Université de Montréal, explique que bien souvent derrière chaque contrevenant, il y a une victime.Il est donc important de regarder le passé, et de comprendre comment la personne en est arrivée là.Les rapports Gladue, que peuvent demander les juges, contiennent ces infor- WWW.ref1etdesociete.com ) -23|2-i Illustration: lan Fortin mations sur le passé de la personne, ainsi que l’impact qu’ont eu sur elle les pensionnats, les politiques d’assimilation.Les jeunes générations n’ont pas vécu ces traumatismes, en revanche, elles peuvent avoir été élevées par des victimes de ce passé toujours présent.sanctions substitutives.En Abitibi, elle a constaté une certaine réticence au commencement, mais face à l’inefficacité de la détention, les hommes de loi se sont ouverts à ces possibilités.Mais comme elle dit, «le Québec est grand», et ce n’est pas vrai que le traitement est leur présence en prison a augmenté de 90%! Dans son article, la professeure Jaccoud explique que les femmes autochtones représentent 45% des femmes purgeant une sentence à sécurité maximale.Ce qui d’emblée Les sanctions substitutives sont plus efficaces, car elles prennent en compte le contrevenant en tant que personne.Juges Selon le lieu où se trouve l’autochtone, les juges n’ont pas toujours la même réceptivité envers le principe Gladue et les traumatismes du passé.Maurice Bowen, animateur au Centre d’amitié autochtone de Montréal, constate que non seulement les contrevenants ne connaissent pas les services à leur disposition, mais surtout, si le contrevenant est jeune, les juges ne tiennent pas vraiment compte des traumatismes du passé.«Le Québec est à la traîne, ex-plique-t-il, on ne parle que de défense, mais il faut regarder le crime, pourquoi et faire de la médiation.» Alors, lorsqu’il accompagne un autochtone devant la justice, il travaille pour que la cour tienne compte de sa spécificité.Quant à Lyne St-Louis, elle sillonne la province au gré des besoins des communautés.Et elle constate que les juges immergés dans les communautés sont plus réceptifs à ces le même pour tous.Preuve étant, avec le ressenti de Maurice Bowen en milieu urbain.Prison Dans son rapport destiné à Sécurité publique Canada, Mandy Wesley est pessimiste quant à l’avenir des autochtones en milieu carcéral, et plus particulièrement celui des femmes.Elle dit: «Le plan actuel du gouvernement fédéral ne fera qu’augmenter le nombre de détenus et aggraver les injustices criantes que subissent déjà les peuples autochtones en général.» Si les sanctions substitutives sont un bon départ pour sortir les autochtones de prison, les femmes autochtones se trouvent dans une situation inquiétante.En 10 ans, les écarte des sanctions substitutives pour éviter l’incarcération.En théorie, le principe Gladue demande au système carcéral de tenir compte de la spécificité des autochtones.Des programmes tels que le Sentier de la guérison ont été mis en place pour aider les détenus autochtones grâce à des thérapies spirituelles et leur culture.Quelques programmes ont été trouvés au Québec pour les hommes, en revanche, on constate un manque flagrant d’aide pour les femmes détenues.Les statistiques montrent que 75% des détenus autochtones restent incarcérés jusqu’à la fin de leur sentence, soit 10% de plus que le reste de la population.D) ; refletdesociete.com ) 19,95$ + 4.95$ taxes et transport &\ /A IM, La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes.goo.gl/Yg204a Le documentaire explore différents aspects du jeu compulsif: tentation, perte de jugement, perte de ses moyens financiers, relations détruites par le mensonge.4233 Sainte-Catherine Est Mtl Qc, H1V 1X4 www.editionstnt.com (514) 256-9000 OU 1-877-256-9009 info@edititionstnt.com http://editionstnt.com/produits/dvd Sortir les autochtones de prison Comités de justice DELPHINE CAUBET Notre système judiciaire classe les personnes par catégorie: victimes et agresseurs.Mais bien souvent, la réalité n’est pas aussi simple.Si l’on observe le passé des contrevenants, des troubles peuvent s’ajouter.Les agresseurs ont pu être des victimes, et la victime d’aujourd’hui peut être l’agresseur de demain.Autant de mélange et de marasme dans une société qui aime l’ordre et le rangement.Mais pour les autochtones, la justice prend un autre sens.Alors doucement, certaines communautés tentent de travailler avec les instances officielles pour adapter la justice à leur réalité.La conception de la justice entre autochtones et allochtones est différente, comme l’explique Mylène Jaccoud, professeure au département de criminologie de l’Université de Montréal.Au Québec, on a une justice punitive, avec une approche contradictoire, basée sur le modèle défense/ accusation, et «ça n’a pas de sens», ajoute la professeure.d’autres.Mais un point commun émerge: nombre d’entre elles émettent le souhait d’assister le système judiciaire.Vision de la justice Les comités de justice sont conçus en complément du système judiciaire traditionnel.Ils ne le remplacent pas.Car punir un crime n’est pas suffisant, il faut observer le contrevenant comme une per- naux pour agression.Sa famille n’était pas présente, et lui-même n’avait pas conscience du pourquoi de ses actes.Grâce au rapport Gladue (rapport destiné à éclairer la cour sur l’individu et son passé), il a été dévoilé que le contrevenant fut victime d’agressions sexuelles par le passé.Une simple détention ne résoudrait donc pas son problème.Philosophie Les comités de justice ont une approche réparatrice, et la discussion avec la victime et le prévenu y est très importante.Le contrevenant doit accepter la responsabilité de ses actes et réparer ses méfaits.U a été dévoilé que le contrevenant fut victime d’agressions sexuelles par le passé.Une simple détention ne résoudrait donc pas son problème Au contraire, les autochtones mettent l’accent sur la responsabilisation et la guérison.Il est difficile de généraliser pour l’ensemble des communautés, certaines ayant une conception de la justice plus intransigeante que sonne, et comprendre comment il a pu en arriver là.Maurice Bowen, animateur au Centre d’amitié autochtone de Montréal, donne l’exemple d’un homme passant devant les tribu- Pendant les séances, la victime et le contrevenant émettent des solutions et besoins pour résoudre ce conflit.Le comité de justice fait par la suite des recommandations au juge quant à la sanction à donner.18 Ç WWW.refletdesociete.com L’idée est de déjudiciariser les autochtones pour les infractions mineures ou d’accompagner le système judiciaire et le prévenu lorsque l’incarcération est inévitable.Les sanctions substitutives font partie des mesures que peuvent recommander les comités de justice.Les comités de justice veillent à ce que la cour tienne compte de l’Histoire des autochtones.Par le passé, les Cris ont connu des problèmes de violence domestique.Mais d’après Donald Nicholls, grâce aux comités de justice et le panel de services qu’ils offrent, ils arrivent à résoudre eux-mêmes ces problèmes.En plus de candidats, les comités de justice ont besoin de fonds.Comme l’explique Lyne St-Louis, directrice de Taïga Vision (organisme d’aide et de soutien aux communautés autochtones), le fédéral n’a pas augmenté le financement depuis plusieurs années.Donc, même si de nouveaux comités voudraient se Infractions Mais tous les contrevenants ne peuvent pas éviter la détention.Pour les infractions mineures (moins de 5 000$, vol.) l’autochtone est guidé vers la déjudiciarisation.Le juge abandonne les accusations contre des mesures de rechange.L’idée est de déjudiciariser les autochtones pour les infractions mineures ou d’accompagner le système judiciaire et le prévenu lorsque l’incarcération est inévitable.Mais lors de crimes sévères, les comités de justice font des recommandations, tandis que l’avocat du contrevenant peut demander un rapport Gladue pour éclairer la situation de son client, particulièrement s’il a de lourds antécédents.Cris Chez les Cris, les comités de justice sont répandus.Actuellement, 9 communautés ont des comités.Donald Nicholls, directeur du Département des services juridique et correctionnel du Grand conseil Cri, explique que la communauté choisit les membres qui représentent le mieux ses valeurs et ses normes pour siéger au conseil, où des formations leur sont offertes.Après quoi, ils peuvent travailler sur des cas de leur communauté.Travail d’équipe D’après Jacques Prégent, du Bureau des affaires autochtones du Québec au Ministère de la Justice, toutes les communautés pourraient développer des comités de justice.Mais en pratique moins de la moitié l’ont fait.Environ 20 communautés sur 54, sans représentation homogène selon les peuples.Les Innus, par exemple, n’ont pas mis en place de tels comités.Car il faut une volonté de la communauté, explique Jacques Prégent.Peu de ressources sont disponibles, et il faut de bons candidats sur place pour les mettre sur pied.Si tout le monde peut faire partie de ces comités, ils ne doivent en aucun cas devenir politiques.former, ils n’obtiendraient que peu ou pas de financement du gouvernement fédéral.Dernier point pouvant expliquer que moins de la moitié des communautés aient des comités de justice: l’ordre des priorités.Pour les Innus qui n’ont pas de comité, «ils ont d’autres préoccupations, explique Lyne St-Louis, ils ont des inquiétudes par rapport à leur territoire.Et peut-être qu’à l’époque, ils avaient mal compris de quoi il s’agissait.» Sur les 2 dernières années, Jacques Prégent fait un constat positif des comités de justice.A quoi il conclut que «c’est un défi pour tout le monde.» 4,95$ + 2.50 taxe et transport goo.gl/F90PpT L’intervention de crise auprès d’une personne suicidaire Pour apprendre à: •Détecter les signes avant-coureurs • Survivre au suicide d’un proche.4233 Sainte-Catherine Est Mtl Qc, H1V 1X4 www.editionstnt.com info@edititionstnt.com (514) 256-9000 OU 1-877-256-9009 DISPONIBLE EN ANGLAIS 7,95$ + 3.00 taxe et transpogjg » ^ WWW.ref1etdesociete.com 19 http://editionstnt.com/produits/livres/formation-intervention-et-croissance-personnelle Sortir les autochtones de prison Principe et rapport Gladue DELPHINE CAUBET Un homme passe devant le juge, ce n’est pas sa Ire comparution.En réalité, il est dans le système judiciaire depuis ses 13 ans, mais ce n’est que maintenant qu’une information importante émerge: il est à demi autochtone.Un rapport Gladue est demandé.Le principe Gladue fait référence à l’alinéa 718.2e) du Code criminel.Selon la loi, les autochtones doivent être confrontés à une discrimination systémique de la part du système judiciaire.Il s’agit d’une disposition réparatrice vis-à-vis des préjudices qu’ont connus les Premières nations par le passé.Principe Gladue Concrètement, cela signifie que pour diminuer la surreprésentation des autochtones en prison, les juges sont invités à modifier leur mode de détermination de sentences.D’après le jugement Ipeelee de la Cour suprême du Canada, «la détermination de la peine est un processus individualisé», et le principe Gladue doit «encourager le juge à aborder la détermination de la peine dans une perceptive corrective.» L’objectif est de protéger la société, tout en réadaptant le contrevenant et en l’aidant à se réinsérer dans la collectivité.Les juges doivent changer leur pratique de détermination de la peine pour répondre aux besoins des délinquants autochtones et de leur collectivité.Ils doivent porter une attention particulière aux circonstances dans lesquelles se trouve le contrevenant.Les tribunaux doivent également prendre connaissance des valeurs 20 du délinquant, de sa communauté, de l’Histoire de cette dernière et des traumatismes qu’elle a connus.Car si ces évènements sont anciens, les conséquences sont actuelles avec un faible de taux de scolarisation, de graves problèmes d’alcool, de chômage et de violence.Dans l’arrêt Ipeelee, les juges de la Cour suprême précisent que «ne pas tenir compte de ces circonstances contreviendrait au principe fondamental de la détermination de la peine.» A noter que d’après ce jugement, rien n’empêche de tenir compte de ces mêmes facteurs historiques et systémiques pour les délinquants non autochtones.Rapport Gladue Toutes ces informations concernant le contrevenant sont la responsabilité de son avocat.Elles doivent être dans un rapport, appelé rapport Gladue.Ce document est préparé par l’agent de probation, le conseiller parajudiciaire ou l’avocat de service.Les informations nécessaires au processus de détermination de la peine sont: l’histoire et les circonstances du prévenu, et des mesures pénales de rechange à l’incarcération.Toutes ces recherches et alternatives autour de la spécificité des autochtones ne réduisent pas nécessairement leur peine.Lors du jugement de la Cour suprême dans l’affaire Gladue, les juges précisent que «l’alinéa 718.2e) ne doit pas être considéré comme un moyen de réduire automatiquement la peine d’emprisonnement des délinquants autochtones.Il ne faut pas présumer non plus que le délinquant reçoit une peine plus légère pour la simple raison que l’in- carcération n’est pas imposée.» Les juges de la Cour suprême stipulent également dans l’arrêt Ipeelee que la «sanction pénale est le dernier recours.» Malgré cette théorie, sur le terrain, seul le juge est à même d’utiliser adéquatement le rapport Gladue.D’après Lyne St-Louis, directrice de Taïga Vision (organisme de soutien aux communautés autochtones), «il est parfois frustrant de constater l’utilisation du rapport par les juges.» Ces derniers, de même que les avocats, peuvent être mal informés sur la réalité autochtone et mal comprendre les problématiques.Les sanctions peuvent en conséquence être mal adaptées au contrevenant.Contexte global Malgré que la Cour suprême du Canada ait réitéré en 2012 sa volonté de diminuer la surreprésentation carcérale des autochtones, le contexte politique empêche de voir la réalisation de ses volontés.Le magazine National constate que «le gouvernement fédéral a incorporé dans la loi des peines minimales obligatoires et limité le pouvoir discrétionnaire des juges à imposer des peines d’emprisonnement avec sursis qui permettent aux délinquants de purger leur peine dans la collectivité.» Concrètement, même si le taux de criminalité est à son plus bas en 40 ans, la population carcérale, elle, augmente.Le jugement Gladue de la Cour suprême du Canada date de 1999, pourtant en 10 ans, le taux de femmes autochtones en prison a augmenté de 90%.C WWW.refletdesociete.comJ -H?- > RaDio-canaDa présente SALON DU LIVRE DE MONTREAL ^ Montréal, francosphère du livre.Qc '»*« t ©V PLACE BONAVENTURE salondulivredemontreal.com CONSULDES I SODEC Québec Conseil des Arts Canada Council du Canada for the Arts Canada ARCHAMBAULT Cartes de crédit Être inconnu des banques DELPHINE CAUBET Il existe une multitude de raisons d’être inconnu des institutions bancaires.Une femme au foyer ayant utilisé le compte de son conjoint, une personne sortant de prison, un nouvel immigrant.tous ont un point commun: leur absence de dossier de crédit fait craindre le pire aux institutions financières.Quotidiennement, les cartes de crédit sont utilisées.Pour avancer un fonds, louer une voiture, payer par Internet.Son usage est aussi multiple qu’indispensable.Mais pour y avoir accès, pas de solution miracle: il faut gagner la confiance du banquier.Prépayée Pour offrir un service similaire au client, la solution de facilité de la banque est la carte de crédit prépayée.En pratique, elle porte mal son nom de carte de crédit, car le client verse ses propres fonds, et il ne s’agit en aucun cas d’une avance de la banque.Mais attention, si cette solution est la plus simple pour la banque, Philippe Viel, d’Union des consommateurs, met en garde les clients.Les frais inhérents à ces cartes sont extrêmement élevés, parfois jusqu’à 60$ de frais d’activation.Mais l’avantage est qu’elles permettent au banquier d’évaluer son client, pour ensuite lui proposer d’autres options.Avant de s’engager dans une carte prépayée, Sophie Sylvain, planificatrice financière et gestion du patrimoine au Mouvement Desjardins, rappelle que ces cartes ne servent pas à bâtir un dossier de crédit.Lorsque les fonds sont épuisés, il faut les recharger, et elles ne se transforment pas en carte de crédit.Si vous recherchez un mode de paiement via Internet, Philippe Viel conseille vivement de choisir un service en ligne tel que Paypal, qui est généralement sans frais pour l’utilisateur.Bâtir son crédit Les étudiants ont un meilleur accès aux cartes de crédit, car ce sont de futurs travailleurs.Mais qu’en est-il des nouveaux immigrants ou d’une personne sortant de prison?A 30, 40 ou 50 ans, difficile de représenter l’icône de l’employé qui gravira les échelons et fera fortune.Pour prouver sa stabilité au banquier, Roger Lafrance de l’ACEF Montérégie-Est conseille de débuter avec un petit crédit de 300 ou 500$.Une somme risible pour une banque, mais capitale pour un individu sans dossier de crédit.Le montant n’est pas l’important, c’est une occasion de prouver sa fiabilité à la banque, tout en pouvant régler par Internet.Cartes de magasins Dans un dossier de crédit, beaucoup de factures ont leur importance.Le paiement du téléphone, du loyer.et les cartes de crédit des Les magasins sont moins regardants et ces cartes sont plus accessibles.Mais là encore, attention aux pièges.Fonctionnement du dossier de crédit Les dossiers de crédit sont tenus par 2 agences: Equifax et TransUnion.Chaque dossier a une notation composée de lettre (indiquant le type de crédit), suivie d’un chiffre de 0 à 9.Un bon payeur obtenant 1 et un mauvais 9.Ces sociétés évaluent votre dossier en fonction du nombre de comptes, de leur solde, des paiements.Très important, chaque consultation du dossier (excepté la vôtre) diminue sa notation.Chaque événement qui influe sur votre cote apparaît sur le dossier pendant 6 ans.En théorie, pour consulter un dossier, les prêteurs doivent demander l’autorisation au titulaire, qu’il est en droit de refuser.Mais ce refus risque fortement de porter atteinte à la demande.Roger LaFrance de l’ACEF Montérégie-Est note toutefois des abus de la part de prêteurs qui consulteraient des dossiers sans autorisation.Un acte qui en diminue la cote.22 ( www.refletdesociete.com magasins.Et ces dernières peuvent vous aider à bâtir votre dossier.D’après Martine Marleau, consultante budgétaire à l’ACEF de l’Est de Montréal, les cartes de crédit qui ne sont pas d’institutions bancaires peuvent être un outil.Les magasins sont moins regardants et ces cartes sont plus accessibles.Mais là encore, attention aux pièges: les taux sont extrêmement prêt à débuter avec de petits crédits pour prouver sa fiabilité.Point positif, les professionnels consultés ont reconnu qu’une fois cette confiance acquise, «cela peut aller très vite.» En attendant, il faut prendre son temps et passer au travers de ces mois ou années pour se bâtir un bon dossier.Il est difficile de donner une durée pour avoir la confiance Philosophie en question «Le système n’accorde pas de crédit, à ceux qui n’ont pas de crédit», explique le porte-parole d’Union des consommateurs, Philippe Viel.La philosophie derrière les dossiers de crédit est pour le moins étrange et inquiétante.Il n’existe pas de solution miracle pour bâtir un dossier de crédit.Le temps et la rigueur sont les seuls maîtres mots.élevés.«Il faut faire attention à son utilisation et bien la payer chaque mois», conclut-elle.Car, autant ces cartes peuvent vous aider à bâtir un dossier, autant elles peuvent vous pénaliser dès sa création en cas de mauvaises utilisations.Simone Bilodeau, de l’ACEF Rive Sud de Québec, conseille de ne pas les multiplier.Il faut connaître sa capacité à rembourser, base d’une saine gestion budgétaire.Patience et rigueur Il n’existe pas de solution miracle pour bâtir un dossier de crédit.Le temps et la rigueur sont les seuls maîtres mots.Il faut être de la banque, chaque histoire étant unique.Mais d’après nos observateurs, on parle davantage de 1 ou 2 ans en l’absence de dossier.Autre point important pour apaiser la banque: faire un.budget et épargner.Comme l’explique Simone Bilodeau, même sans dossier de crédit, une épargne peut donner confiance à la banque, «mais cela ne fonctionne que pour l’institution financière où sont les fonds», précise-t-elle.Le Mouvement Desjardins acquiesce: il est conseillé d’épargner, même des petites sommes, mais régulièrement.Car, une personne n’ayant jamais eu de crédit et payant ses factures convenablement, aura beaucoup de difficulté à en obtenir un, «alors que c’est elle qui a un bon comportement», explique Philippe Viel.La notation des dossiers de crédit est un point épineux sur lequel milite Union des consommateurs: ils veulent l’instauration du principe bonus/malus (coefficient qui diminue les tarifs en cas de bons comportements ou augmente en cas de mauvais).Actuellement, des épreuves de la vie peuvent influencer ce dossier.Que ce soit la perte d’un emploi, la maladie, un divorce.autant de raisons qui peuvent pousser un individu à avoir un retard de paiement.«Et c’est malheureux, car seul le négatif compte actuellement», précise le porte-parole.Pendant des années, une banque peut faire des profits sur un individu grâce à sa stabilité, mais lors de difficulté, son dossier en pâtit.Union des consommateurs milite pour un délai de la part des banques lors de circonstances exceptionnelles.« 19,95$ + 3.95 taxe et transport RAYMOND VIGER Parce roman, l'auteur nous présente différentes facettes de l'amour.Chaque événement qui nous bouscule apporte un petit cadeau qu'il nous faut découvrir.Tantôt humoristique, tantôt teinté d'émotions, ce roman nous enseigne quelque chose de magique.4233 Sainte-Catherine Est Mti Qc, H1V1X4 www.editionstntcom (514) 256-9000 OU 1-677-256-9009 info@editrtionstnt.com 19,95$ + 3.95 taxe et transport f WWW.ref1etdesociete.com ) —— 23 Dossier de crédit Accès abusif aux dossiers DELPHINE CAUBET En faisant des recherches sur les dossiers de crédit, une information m’a interpellée: des prêteurs consulteraient sans autorisation des dossiers! Un acte qui diminue la cote des titulaires.Les dossiers de crédit sont tenus par 2 agences d’évaluation: Equifax et TransUnion.Théoriquement, pour consulter un dossier, un prêteur ou employeur doit avoir l’autorisation de son titulaire.Idéalement par écrit, même si l’accord verbal est de plus en plus répandu.Constat Roger LaFrance, coordonnateur à l’ACEF Montérégie-Est, rapporte un triste constat: des personnes découvrent que leur dossier a été consulté sans leur consentement.S’il ne s’agit pas d’une pratique courante, elle n’en est pas moins inquiétante.Cette information révèle que l’accès à un dossier de crédit est aisé, et que les agences d’évaluation ne vérifient pas s’il y a assentiment du titulaire.Agences Sur son site Internet, TansUnion stipule: «TransUnion ne permet aux organisations d’accéder à votre dossier que pour un motif admissible en vertu des législations provinciale et fédérale sur les rapports de renseignements de crédit.En règle générale, ces motifs admissibles ont trait à une demande de crédit, au recouvrement d’une dette, à l’emploi, à la location, aux assurances et à l’établissement de relations d’affaires entre l’organisation et vous.» Quant à Equifax: «Une entreprise ou un particulier ne peut obtenir une copie de votre dossier de crédit qu’avec votre consentement ou après vous avoir informé qu’ils vont consulter votre dossier.De plus, un particulier ou une entreprise doit avoir une raison d’affaires légitime et une raison licite tel que prévu dans les règlements du gouvernement pour obtenir votre dossier de crédit.» Consentement Le fait qu’il faille une raison pour accéder à un dossier de crédit n’est pas remis en cause.Néanmoins, le titulaire devrait garder le contrôle sur ses informations et donner son autorisation.Si TransUnion ne fait aucune mention du consentement, Equifax stipule que celui qui le consulte doit informer son titulaire.Ce qui parait un minimum au vu de l’historique des informations qui y sont.Face à ce dilemme, il est important de garder à l’esprit que refuser l’accès à son dossier de crédit peut entraîner le refus de la demande.Protection La Commission d’accès à l’information du Québec est l’instance de référence en cas de plainte contre un accès illégal à un dossier de crédit.D’après Isabelle Saint-Pierre, porte-parole de la Commission, l’institution entendrait fréquemment des commentaires quant à cette pratique.Les victimes peuvent déposer plainte auprès de la Commission et celle-ci fera enquête pour vérifier les faits.À noter que l’illégalité est de transmettre des informations sans autorisation, donc la plainte se fera contre l’agence.En pratique, malgré le nombre fréquent de commentaires, la Commission d’accès à l’information a reçu seulement 3 plaintes en 2 ans.Aucun des cas n’est encore résolu.Si Équifax ou TransUnion est reconnue coupable, la Commission lui ordonnera de cesser cette pratique.Pour une peine plus coercitive (une amende), il doit être prouvé que l’agence a sciemment communiqué des informations sans le consentement du titulaire du dossier.Ce qui à ce jour n’est jamais arrivé.24 Ç WWW.refletdesociete.com ^.ift’s ' SL NOUVEAU! Le calendrier devient bilingue Calendrier culturel 2015 12 mois d’œuvres d’art, 12 mois de culture.Découvrez de jeunes artistes, un mois à la fois.goo.gl/A3Zyns + 4$ de taxes et transport http://www.editionstnt.com/produits/calendrier-calendar/calendrier-2015-detail Les chanceux COLIN MCGREGOR - PRISON DE COWANSVILLE, QC Lorsque j’étais étudiant au cégep et à McGill, je passais les weekends de Pâques à New York.Je faisais partie d’une équipe de rugby amateur, les Montreal Wanderers, les Vagabonds de Montréal.Sur le terrain, j’étais facile à reconnaître.J’étais le jeune homme maigre et blond, nerveux et transpirant, qui se tenait au bout d’une file d’hommes plus costauds que lui.J’étais le plus rapide coureur de la ligue et de l’avis de tous, le plus mauvais plaqueur.Je courais très vite chaque fois que j’avais le ballon.La peur et la vitesse m’avaient fait accepter dans l’équipe.Chaque année à Pâques, mon équipe descendait vers le sud, le long de l’autoroute Interstate 89 pour aller jouer au Manhattan Rugby Club, une institution historique de New York et le plus vieux club de rugby des Etats-Unis.Ce club possédait un bout de terrain sur l’île de Rikers dans l’East River.Nous jouions à l’ombre d’une prison géante, doublée d’un établissement psychiatrique, qui ressemblait plus à un long, étroit et haut édifice de logements sociaux, perdu quelque part dans un quartier en ruine, qu’à un pénitencier.Entourés de clôtures barbelées, nous jouions à deux pas de 10 000 détenus.Pas une fois nous ne pensions à la souffrance qui devait régner là, à côté de nos jeux; nous ne faisions que des blagues à propos de bagnards fous et de l’horrible nourriture des prisons.Chaque personne de notre équipe logeait chez un membre du Manhattan Rugby Club, une étrange collection de travailleurs de la 26 construction, d’écrivains, d’enseignants et de vendeurs d’assurances qui s’étaient tous épris de ce sport brutal joué surtout dans des lieux fort éloignés de New York.Un de mes hôtes était un trente-naire aux cheveux sombres et bouclés et à la moustache en poignée de bicyclette qui avait un emploi, disait-il, que seulement deux douzaines de personnes possédaient, en ce temps-là, en Amérique.C’était en 1980.Armé d’un doctorat en psychologie de l’Université de Pennsylvanie, une école de l’Ivy League des élites, une des meilleures du pays: il était consultant en jury.«La paye est fantastique», s’exclamait-il devant une bière et un spaghetti.«Je travaille autant du côté de la poursuite que de la défense.» Les avocats le payaient une fortune pour évaluer si un juré risquait de condamner ou d’acquitter un accusé.Ses riches clients imaginaient qu’il disposait d’un système mathématique sophistiqué pour déterminer si un juré potentiel pouvait avoir de l’empathie pour un accusé.Mais son système aux résultats si formidable était beaucoup plus simple.«Supposons que je travaille pour la défense», disait-il.«Je cherche alors des jurés qui ont eu la vie dure.Des gens qui ont divorcé ou qui ont perdu un parent lorsqu’ils étaient jeunes.Des petits entrepreneurs qui peinent à payer leur hypothèque.Des gens qui travaillent à leur compte.Des célibataires.Des artistes.N’importe qui avec des tragédies dans son passé.Des gens qui ont connu des faillites ou des ma- ladies.Ceux-là ont plus de chance de sympathiser avec une personne accusée d’un crime.Ils savent que la société fait des erreurs, et que les gens sont humains, en fin de compte.» Et lorsqu’il travaillait du côté de la poursuite?«Si je veux condamner quelqu’un, expliquait-il, je cherche les jurés ceux qui travaillent pour de grandes institutions ou entreprises.Ceux qui n’ont jamais perdu de parent, qui n’ont jamais souffert d’un divorce.Ces gens croient que la vie est juste.Us n’ont pas besoin d’être riches.Seulement d’avoir été chanceux dans la vie.Ils font confiance aux institutions.La société a fonctionné pour eux.» Ils font partie des chanceux, de ceux qui ressentent moins de compassion pour les malheureux.Mon hôte travaille rarement pour la poursuite.Travailler pour la défense rapporte beaucoup plus.Cette perspicacité a valu à mon hôte un grand appartement dans la plus importante ville de la Terre.Depuis cette nuit à New York, je ne me suis plus jamais demandé pourquoi beaucoup se soucient des pauvres, des malades, des sans-abri, des malades mentaux et même des prisonniers.Et pourquoi d’autres ne s’en soucient pas.Avec leurs doctorats.Le lendemain, au cours du jeu, un coéquipier me passe le ballon.Je le reçois en plein visage.«Sors la tête de ton derrière!» me crie mon capitaine.«Désolé!» que je lui réponds.J’avais le regard fixé sur la prison de Rikers Island.( W W W, refletdesociete.co^) Vue au-delà des barreaux Liberté religieuse en milieu carcéral DELPHINE CAUBET Je dois le reconnaître: avant de travailler à Reflet de Société, je ne m’étais jamais posée de questions sur le milieu carcéral.La vie ne m’avait pas mis en contact avec ce monde et je ne l’avais pas cherché.En discutant avec nos chroniqueurs, j’ai découvert qu’en tant que citoyenne j’étais bien ignorante sur ce sujet.Pour pallier ces manques, je me suis mise en quête de réponses.Celle d’aujourd’hui: à quoi ressemble la liberté religieuse en prison?C’est la chronique de Jean-Pierre Bellemare en 2013 qui m’a mis la puce à l’oreille, il y parlait des accommodements raisonnables en milieu carcéral.Mais très honnêtement, j’avais du mal à saisir en quoi une assiette casher ou halal pouvait générer des tensions.Après tout, saupoudrer des aliments d’une prière n’a jamais rien enlevé ou ajouté au goût.Contrôle de qualité Pour tenter de comprendre «ces frictions quotidiennes» dont il fait référence, je suis allée à la rencontre de Jean-Pierre.Et ses explications m’ont laissée pantoise.«Ces régimes alimentaires entraînent un genre de contrôle de qualité», m’explique-t-il.Les détenus cuisinent eux-mêmes les repas et le cœur n’est pas toujours à l’ouvrage.Pour les diètes suivies et validées par un chef religieux, il y a une vérification des aliments et de leur qualité.Alors de suite, une différence peut se faire sentir.Autre point que je n’avais pas envisagé: la propagation des maladies.Pour chaque diète, il y a des ustensiles de cuisine différents, avec des f WWW.refletdesociete.com J[ aliments dans des frigos différents.«Alors si une cuillère est mal lavée et qu’elle est réutilisée dans un chaudron, ça peut être toute la prison qui attrape la gastro.Sauf ceux avec une diète spéciale puisque leur repas est préparé séparément.» Jean-Pierre n’est pas avare d’exemples de tensions résultant des accommodements raisonnables en prison.Il parle du marchandage des tapis de prière des musulmans ou du tabac réservé aux autochtones pour leurs cérémonies.Autant de matériel propice aux tractations diverses.Mais pour en apprendre davantage sur la religion en milieu carcéral, je suis allée voir l’un des hommes en 1ère ligne: l’aumônier.Lentement mais sûrement Si la pratique de la religion peut entraîner des tensions, elle n’en reste pas moins utile et nécessaire pour bien des détenus.Tim officie en milieu carcéral depuis plusieurs années et comme il le dit: «Travailler dans un pénitencier est un défi personnel.Les concepts d’amour et de pardon y sont plus vrais.Il y a un cœur sous cette peau de macho.» A quoi il ajoute sur le ton de la plaisanterie que ce n’est pas sa «gang» habituelle.Je veux bien croire.Durant ses visites, la religion n’est pas toujours impliquée.«Les détenus se font presser par les gardiens.par tout le monde.Moi je ne suis pas psy, j’attends l’autre.Ils doivent respirer.Cela peut être prendre une marche ou autre chose.» Lui a l’avantage de pouvoir se déplacer à sa guise dans le pénitencier, et va à la rencontre de ses ouailles là où elles se trouvent.Mais Tim, les détenus viennent-ils vraiment parler versets et chapitres bibliques avec vous?«Mon rôle est surtout d’écouter.Des détenus peuvent être frustrés; ils sont de bons gars et pourtant ils sont toujours là.Je vois le désespoir et la frustration; je suis là pour faire diminuer la pression.» Soupape de sécurité Après ces entrevues, force est de constater que la religion en milieu carcéral n’implique pas nécessairement la religion.Mais son utilité n’en est pas moins importante.Les chefs spirituels même s’ils ne sont pas toujours bien accueillis (à part les bouddhistes, précise Jean-Pierre, qui sont encore les seuls à avoir bonne presse) ont un rôle important: diminuer la pression.Pour Jean-Pierre (libéré depuis 2 ans), la religion et la spiritualité en général ont une place importante dans sa vie.Et si vous aviez vu comme moi les retrouvailles entre l’aumônier et l’homme libre, vous auriez aussi envie de dire au Premier ministre Harper que finalement ces hommes et ces femmes font la différence.En tout cas, Jean-Pierre tient à ce que ce soit son aumônier qui célèbre son mariage l’été prochain.27 Rap sur sa grand-mère rs ?Number Juan ,%4rS Une rose qui fut aimee Allô mémeil c'est Juan ton p’tit fils te souviens-tu?À tes yeux j’suis un intrus, mais j'y ai si bien cru À 102 ans c'est normal que tu ne t'en rappelles plus! J'aimerais t’emmener dehors profiter de la belle vue J'me souviens à la fête de ton 80e Une journée remplie d'amour avec tous ceux que t'aimes Je n’oublierai jamais tes fameux sucres à la crème Et si j'suis perdu, c'est toi mon étoile de Bethléem J'me fous que les connections soient brisées dans ton cerveau Je sais que tu chantais pour m'endormir dans mon berceau J't'ai toujours appelé mémeil froid, mais ton coeur était chaud Grâce à toi et avec toi, le bonheur était beau J'aimerais aussi te dire que je t'aime de tout mon coeur Et si tu m'oublies dans tes pensées, ça ne me fait pas peur T'avoir écrit ce verset c'est pour moi un honneur Ton amour reste éternel même.si c'est ton heure Perdre une si belle fleur, c’est dur de tourner la page Une rose qui fût aimée, ça résume bien ton passage Avec tout ce bagage, tu as su aimer et être sage , — Un siècle de vie, c’est certain que t’en a fait du millage T’as vécu si longtemps qu’on n’aurait pas assez d’un roman T’as tout donné pour tes enfants et attendu patiemment Tu ne veux pas qu’on cherche à savoir le pourquoi du comment Grand-maman, je n’oublierai jamais ces grands moments Où tu faisais semblant et s’ensuivait des rires chroniques Tu avais cent ans et la richesse d’une pièce antique Tu étais une dame de coeur qui aimait la dame de pique Et même si ta flamme se meurt, tu restes une femme authentique Ta mémoire restera à tout jamais dans nos coeurs Sans savoir que grâce à toi, nous avons connu le bonheur Ta joie de vivre saura nous faire oublier notre peine Irène, on se souviendra de toi comme d'une Reine.Poème disponible sur le prochain album de Number Juan Pour plus d’informations: facebook.com/NumberJuanQc A l’heure des pertes de mémoire MARIE-ÈVE CLOUTIER On estime que le tiers des personnes de 65 ans et plus seront atteintes d’une maladie de la mémoire, par exemple la maladie d’Alzheimer, selon une étude pan-canadienne sur le vieillissement.Considérant également que d’ici 2025, un Canadien sur cinq aura plus de 65 ans et que dans 30 ans, le Québec sera l’une des sociétés les plus vieilles en occident, le vieillissement de la population sera l’un des enjeux de santé publique majeurs des prochaines décennies.«Le facteur de risque le plus important associé aux pertes de mémoire, c’est l’âge.En plus, ce facteur est non modifiable», explique le Dr Fadi Massoud, gériatre au CHUM (Centre hospitalier de l’Université de Montréal) et à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, à l’occasion du premier Café Alzheimer organisé par la So- Garder une bonne mémoire Delphine Caubet Une fois la retraite atteinte, il est important de conserver des activités cérébrales pour garder nos neurones actifs.Même si le quotidien est bien rempli entre les activités, les sorties et la famille, cela ne veut pas dire que vous faites travailler votre cerveau.A l’image des muscles, il faut l’entraîner régulièrement.Voici quelques conseils pour aider votre mémoire: •Favorisez les jeux qui suscitent la réflexion, tels que les mots croisés ou fléchés; •Si vous regardez la télévision, privilégiez les émissions culturelles ou de culture générale; •Faites de l’exercice pour oxygéner votre cerveau; •Ayez une alimentation équilibrée et saine; •Dormez suffisamment; •Débattez avec vos proches pour activer votre cerveau et mettre en pratique vos connaissances! Une étude de l’Université de Californie à Los Angeles et l’organisation Gallup aux Etats-Unis a prouvé qu’avoir plus de 3 saines habitudes de vie (alimentation, sport, diminution du stress, de la cigarette.) peut réduire jusqu’à 75% les risques de problèmes de mémoire.Alors pour nous et nos proches, prenons soin de notre mémoire et de nos souvenirs! ciété Alzheimer de Montréal, le 19 septembre 2014.Mais, n’est-ce pas normal de perdre la mémoire en vieillissant?Oui et non.D’après le Dr Massoud, on ne considère plus cela «normal» d’avoir des pertes de mémoire «significatives» lorsque l’on avance en âge.Lorsqu’une personne vieillie normalement, on observera chez elle un ralentissement de son temps de réaction, une diminution de sa concentration, une diminution de son attention divisée (capacité à gérer plusieurs informations en même temps): il est plus facile de lire en regardant la télévision d’un œil et en écoutant la radio d’une oreille lorsque nous sommes plus jeunes qu’en vieillissant.Il est aussi normal d’oublier parfois des noms propres, d’égarer ses clés ou de ne plus se souvenir où nous avons garé la voiture dans un stationnement.«Ces oublis sont bénins, mais il faut quand même surveiller leur évolution dans le temps», indique le Dr Fadi Massoud.il existe aussi d’autres facteurs qui peuvent causer des pertes de mémoire en vieillissant qui, eux, sont considérés comme «anormaux».La prise de certains médicaments (antidouleur, antidépresseur, somnifère pour ne citer qu’eux) et souffrir de certaines maladies chroniques graves (insuffisance cardiaque, démence) en sont des exemples.Aux Etats-Unis, le top trois des facteurs de risque associés aux pertes de mémoire est la dépression, la cigarette et l’inactivité physique.«Tous des facteurs sur lesquels il est possible d’avoir une incidence grâce à la prévention et en adoptant de saines habitudes de vie», souligne le docteur.WWW.refletdesociete.com 29 efletdeSociété C 1 an - 6 nos 37,95$ ?2 ans -12 nos 65,99$ ?3 ans-18 nos 89,95$ Taxes incluses International 45$ CAD 1 an.Chèque ou mandat à l’ordre de Reflet de Société 4233, Ste Catherine Est Montréal, QC H1V1X4 Téléphone: (514) 256-9000 Sans frais: 1-877-256-9009 Prénom: Adresse: Ville: Nom: Code Postal: Courriel: Province.Tél.: Carte n°: |_ J-J |.|.],.Il I.I.Il I I 1.1.1.J Date expiration:! I I I I DIVISA ?MASTER CARD DAMEX Signature: TOUTE CONTRIBUTION SUPPLEMENTAIRE POUR SOUTENIR NOTRE TRAVAIL EST LA BIENVENUE RESSOURCES »> S’abonner à GENERAL RefletdeSociété VIOLENCE VIH-SIDA Aide juridique Hochelaga (514) 864-7313 Protection de la jeunesse (DPJ) 1-800 665-1414 Info-Santé 811 Centre antipoison 1-800-463-5060 Centre de référence du grand MTL (514) 527-1375 CALACS Montréal (514)934-4504 C.O.C Q Sida Chaudière-Appalaches(418) 227-6866 La Maison du Parc Lévis 1-800-835-8342 NoPa MTSA/IH (514)844-2477 (514)523-6467 (514)528-2464 CENTRE DE CRISE DE MONTREAL Tracom (centre-ouest) Iris (nord) L’Entremise (est-centre-est) L’Autre-maison (sud-ouest) Centre de crise Québec L'Ouest de l’île L’Accès Archipel d’Entraide Prévention du suicide (514)483-3033 (514)388-9233 (514)351-9592 (514)768-7225 (418)688-4240 (514)684-6160 (450)468-8080 (418)649-9145 (418)683-4588 CAVAC Montréal (514)277-9860 Québec (418)648-2190 Groupe d’aide et d’info sur le Harcèlement sexuel au travail (514) 526-0789 DECROCHAGE SOS violence conjugale Trêve pour elles Centre pour les victimes D’agression sexuelle (24h) Armée du salut (514) 363-9010 (514) 251-0323 Éducation coup de fil Revdec Carrefour Jeunesse (514)525-2573 (514)259-0634 (514)253-3828 (514) 934-4504 (514)934-5615 Le Chic Resto-Pop Jeunesse au Soleil Café Rencontre (514)521-4089 (514) 842-6822 (418)640-0915 DROGUE ET DESINTOXICATION LIGNE D’AIDE ET D’ECOUTE HÉBERGEMENT DE DÉPANNAGE ET D’URGENCE Toxic-Action (Dolbeau-Mistassini) (418) 276-2090 Centre Jean-Lapointe Mtl adulte (514) 288-2611 Le grand chemin Québec Jeunesse (418) 523-1218 Pavillon du Nouveau point de vue (450) 887-2392 Urgence 24 h res Portage Centre Dollard-Cormier Jeunesse Centre Dollard-Cormier Adulte Le Pharillon Drogue aide et référence Un foyer pour toi L’Anonyme Cactus Dopamine et Préfix Intervenants en toxicomanie Escale Notre-Dame FOBAST Dianova Centre Casa Centre UBALD Villeneuve Au seuil de L’Harmonie Gai Écoute Tei-Jeunes (514)288-1515 (450) 224-2944 (514)982-4531 (514) 3854)046 (514)254-8560 1-800-265-2626 (450) 663-0111 (514)236-6700 (514)847-0067 (514)251-8872 (450) 646-3271 (514)251-0805 (418) 682-5515 (514)875-7013 (418)871-8380 (418)663-5008 (418)660-7900 Tel-aide et ami à l’écoute Jeunesse-j’écoute Suicide action Montréal Prévention du suicide «Accueil-Amitié» Partout au Québec Secours-Amitié Estrie Cocaïnomanes anonymes Déprimés anonymes Gamblers anonymes 1-888-505-1010 (514)288-2266 1-800-263-2266 (514)935-1101 1-800-668-6868 (514)723-4000 Gam-anon (proches du joueur) Narcotiques anonymes FAMILLE Grands frères/grandes sœurs (418) 275-0483 Familles monoparentales (514)729-6666 Regroupement maisons de Jeunes (514)725-2686 Grossesse Secours Chantiers Jeunesses Réseau Hommes Québec Patro Roc-Amadour Pignon Bleu YMCAMtl centre-ville YMCAHochelaga-Maisonneuve Armée du Salut La Marie Debout (514)271-0554 (514)252-3015 (514)276-4545 (418)529-4996 (418)648-0598 (514)849-8393 (514)255-4651 (514)932-2214 (514)597-2311 Outremangeurs anonymes Parents anonymes Jeu: aide et référence Alanon & Alateen Ligne Oéan (santé mentale) Sexoliques anonymes Primes-Québec (soutien masculin) Émotifs anonymes Alanon & Alateen Alcooliques Anonymes Québec Montréal Laval Rive-Sud Mauricie-Saguenay-Lac Saint-Jean NAR-ANON Montréal Saguenay abus aux ainés (418)228-0001 1-866-APPELLE 1-800-667-3841 (514)527-9999 (514)278-2130 (514)484-6666 1-800-484-6664 (514)484-6666 1-800-484-6664 (514)249-0555 1-800-463-0162 1-800-879-0333 (514)490-1939 1-800-361-5085 1-800-461-0140 (514)866-9803 (418)522-3283 (514)254-8181 (418)649-1232 (514)990-5886 (418)990-2666 (418)529-0015 (514)376-9230 (450)629-6635 (450)670-9480 (866)376-6279 (514)725-9284 (514)542-1758 (514)489-2287 Auberge de l’amitié pour femmes (418)275-4574 Bunker (514)524-0029 Le refuge des jeunes (514)849-4221 Chaînon (514)845-0151 En Marge (514)849-7117 Passages (514)875-8119 Regroupement maisons d’hébergement jeunesse du Québec (514) 523-8559 Foyer des jeunes travailleurs (514)522-3198 Auberge communautaire du Sud-Ouest (514)768-4774 Maison le parcours Oxygène L’Avenue L’Escalier Maison St-Dominique (514)270-7793 Auberge de Montréal (514)843-3317 Le Tournant (514)523-2157 LaCasa (Longueuil) (450)442-4777 Armée Salut pour hommes (418)692-3956 Mission Old Brewery (514) 866-6591 Mission Bon Accueil (514)523-5288 La Maison du Père (514)845-0168 AubergeducœurEstrie (819)563-1387 LamaisonTangente (514)252-8771 HébergementSt-Denis (514) 374-6673 L’Abris de la Rive-Sud, homme (450)646-7809 Maison Élisabeth Bergeron,femme (450)651-3591 (514)276-6299 (514)523-9283 (514)254-2244 (514)252-9886 affective mdividi 3-95$ TAXES ZTTRANSPORT 50STAXES NIB'^^NGU, L95STW
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