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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Perspectives
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1977-03-12, Collections de BAnQ.

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Sous une housse fleurie, dans le vestibule, j'ai découvert une machine à laver et une sécheuse électrique jumelées puis, dans la salle de bains, un lave-vaisselle vert avocat.Avec ses carreaux jaunes, roses et noirs et la baignoire-bleue, ça faisait un drôle d'effet! Il ne manquait plus que le piano dans la cuisine! Eh bien, croyez-le ou non, il y était! Un vieux piano droit d'acajou sombre, sur lequel on avait disposé avec art un plateau de fruits en cire, une jarre à biscuits et une quinzaine de Erocaux remplis d'épices et de fines herbes.Lorsqu'on s'aventurait à y jouer un morceau, les vibrations de la musique, secouant les épices, faisaient s'exhaler du piano une odeur de galantine, étrange association des sens! Devant mon désarroi, mon hôte m'expliqua avec bienveillance que, si sa maison était ainsi aménagée, ce n'était pas que sa femme eût coulé ses examens d'art ménager, mais plutôt que ladite maison était construite à cheval sur la frontière qui sépare le Québec de l'Etat du Vermont.Ilya ainsi une trentaine de propriétaires qui, le long des 3 986 milles de notre frontière avec les Etats-Unis, vivent de la sorte un pied dans chaque pays.Ils sont, qui plus est, à peu près tous voisins, rassemblés pour la plupart dans l'agglomération que forment les villages québécois de Rock Island et de Beebe Plain, et de Derby Line ainsi que de Beebe au Vermont Regardez attentivement une carte du Canada.Si la frontière nous séparant des Etats-Unis présente dans l'ouest l'aspect d'une ligne régulière qui suit sans s'écarter le 49e parallèle, cette même ligne devient, à l'endroit où elle sépare le Québec de la Nouvelle-Angletçrre, de plus en plus sinueuse.Les quelque 825 milles de son extrémité orientale, depuis l'endroit où elle émerge du Saint-Laurent en face de Saint-Régis jusqu'à celui où elle se jette dans l'Atlantique, au Nouveau-Brunswick, dans la baie de Passamaquoddy, ressemblent davantage, avec leur multitude de segments orientés en tous sens, à un serpent qui vient d'avaler une bouteille de tequilla qu'à la respectable limite territoriale quelle est censée représenter.Notre auguste frontière naquit en 1763.Avant cette année-là, les Français, c'est bien connu, habitaient la Nouvelle-France, les Anglais, cela va de soi, la Nouvelle-Angleterre, et sentait le besoin de clôturer sa cour.Du reste, au rythme où se succédaient entre ces charmants voisins incursions, excursions, expéditions et réexpéditions, la frontière aurait alors sans doute eu l'aspect d'une corde à linge mal tendue par un jour de grand vent.En 1763 toutefois, le traité de Paris étant venu authentifier ce qui s'était décidé par les armes quatre ans plus tôt sur les Plaines d'Abraham, les Anglais, gens ordonnés, éprouvèrent le besoin d'établir une frontière entre les deux colonies.Ce geste devenait d'autant plus facile que l'on retrouvait maintenant des Anglais de part et d'autre de ladite frontière.Deux délégations se rendirent donc en grande pompe, l'une du nord, l'autre du sud, à la rencontre l'une de l'autre afin de déterminer l'emplacement de la première borne.Elles se rencontrèrent sur les bords du Richelieu, en un lieu dit de la Pointe du Moulin, prirent un verre à leur santé réciproque, décidèrent d un commun accord qu'en cet endroit passerait le 45e parallèle et que le long de ce parallèle se situerait la frontière entre la colonie de New York et la province du Canada.Des arpenteurs-géomètres qui accompagnaient les délégations se chargeraient de tracer, de part et d'autre de cette première borne, la ligne en question.Le malheur voulut que les arpenteurs, afin de combattre les moustiques, l'ennui et la fraîcheur des longues nuits, apportassent une copieuse réserve d alcool,.dépensant à cette fin près du cinquième du budget qui leur était accordé.Ainsi fortifiés, ils se mirent en route le long de ce qu'ils croyaient être le 45e parallèle.Leurs instruments de mesure étaient sans doute d'un modèle assez primitif, mais les cartes montrent aujourd'hui qu'ils les avaient souvent lus de travers, semant les bornes le long d'un vrai cheminement d'ivrogne.Cette région n'était pas encore habitée à l'époque et la végétation ne demandait pas mieux que d'avaler tes fragiles repères.Les premiers colons qui, cinquante ans plus tard, s\u2019établirent dans les parages savaient sans doute qu'une frontière passait par là \"Une bière?\" Je regardais sans intérêt un épisode banal de quelque émission idiote de la télévision américaine, m'amusant secrètement de la laideur des couleurs que mon hôte s'évertuait, au prix d'incessants va-et-vient, à ramener vers des teintes moins agressives.\"Veux-tu une bière?\" J'acquiesçai d'un geste de la tête: il se leva, fit deux pas, se faufila derrière une espèce de paravent et fouilla en écartant une tenture.\"Drôle d'idée! pensai-je en l'observant; pourquoi diable garde-t-il donc sa bière dans un placard du salon?\" Pendant qu'il avait ainsi le dos tourné, mon hôte ne vit pas son appareil de télévision se mettre soudain à changer tout seul de canal, à s'éteindre et se rallumer; le volume du son montait, puis redescendait sans raison et, à un Walter Cronkite violet succédait un Lucien Lajoie vert jade ou je ne sais quel cow-boy cerise.\"Quelle marque veux-tu?\" Moi, la bière, pour ce que j'en bois, ça ne fait aucune différence mais, par curiosité, je mis le nez derrière le paravent, soulevai un coin de la tenture et découvris, ô surprise, un réfrigérateur dans un coin du salon! Un énorme réfrigérateur dont le moteur, qui venait de démarrer, détraquait joyeusement la télécommande du téléviseur.Il me vint presque l'idée de m'étonner tout haut mais, réflexion faite, il est sage, lorsque l'on est en visite, de ne jamais passer de remarques sur les personne ne 2 - 12 mars /977 1 *1 *» P-:.-.1 Vi s ¦ *1 * II .r ¦âà 1 ?TTi w- 11' \u2022y N tes deux appareil s téléphonique', placés sur le comptoir de l\u2019épicerie des demoiselles Nelson portent des numéros différents Celui de gauche est situé au Vermont, l\u2019autre au Québec Adélaïde Prangley Ipage de gauchcl a déjà habité a cheval sur la frontière.La bibliothèque publique de Rock Island fau centreJ dont elle est responsable, est traversée par la frontière, ce qui cause parfois des embarras.' ; j SS23S r,,ij > .i# j _ mais la chose semble n'avoir eu pour eux qu'un intérêt restreint.Défrichant à qui mieux mieux, ils étendirent leurs champs d'un pays à l'autre, clôturèrent des enclaves pour faire paître des cochons qui ne se savaient même pas internationaux et poussèrent l'affront jusqu'à construire leur maison à cheval sur la frontière, appuyant à l'occasion leur perron sur ce qu'ils ignoraient être une borne de nos joyeux arpenteurs.Il fallut attendre jusqu'en 1908 pour que les deux pays, désireux sans doute d'appliquer avec plus de rigueur les lois de douane et d'immigration, décident que la frontière, pour être vraiment efficace, devait exister ailleurs que dans les traités et sous les vérandas.Une loi interdit donc cette année-là de construire quoi que ce soit, sauf, bien sûr, des structures essentielles telles des ponts ou des canaux, à moins d'une certaine distance \u2014 de 60 à 90 pieds selon le lieu \u2014 de la frontière.Ainsi, croyait-on, l'on pourrait dégager les abords de la ligne afin de mieux voir ce qui s'y passait.En 1908, toutefois, le travail des premiers colons avait déjà depuis belle lurette porté ses fruits et des villages prospéraient en plusieurs endroits le long de la frontière.Certains d'entre eux, d'ailleurs, devaient leur existence même à cette fameuse frontière.Ainsi Rock Island, comme son voisin Derby Line, constituaient de part et d'autre de la ligne de démarcation un important relais sur la route des diligences entre Boston et Montréal.C'est ici que se rencontraient alors les avantages de l'un et de l'autre pays et, comme personne ne savait trop exactement où finissait l'un et où commençait l'autre, il s'y était constitué une espèce de \"no man's land\" où personne ne se posait de question.Le passage de la frontière, jusqu\u2019à cette époque, avait été une simple question de mettre un pied devant l'autre.C es ici que des esclaves avaient trouvé la liberté, mais aussi que le coton passait sans qu'aucun douanier ne s'en inquiète.1908 allait changer bien des choses, en principe du moins, mais les législateurs, eux, habitaient à des centaines de milles de part et d'autre de la frontière.En promulgant des lois de douane, s'ils avaient en tête le citoyen moyen de leur pays respectif, ils ne pensaient pas toujours à ceux qui, habitant tout près de la frontière, vivaient par le fait même au contact constant de ces mêmes règlements.Il se créa donc, dans l'esprit des douaniers, deux classes de citoyens: les frontaliers.et les autres.Et comme les douaniers se recrutaient toujours parmi les frontaliers, devinez qui avait le meilleur traitement! Il y eut bien quelques abus, surtout durant les années folles de la prohibition où n'importe quel gamin pouvait se faire 25 dollars en quelques minutes à déplacer, pour rendre service à son propriétaire, un camion malencontreusement stationné du mauvais côté de la frontière.L'alcool coulait à flots, l'on prétend même qu'un temps, une partie de l'aqueduc municipal aurait été détourné de ses fonctions premières.le, dont personne ne doutait qu elle fût au Vermont, se trouvait en vérité au Québec: \"La bibliothèque a été l'année dernière la cible d'un incendiaire \u2014 probablement des enfants qui fumaient en cachette maîtrisé, n'en a pas moins causé assez de dommages pour motiver une enquête.Or nous savions bien que la frontière passait au beau milieu de l'édifice, mais où exactement?Nous le savions à quelques pieds près, ce qui est facile à déterminer en s'alignant sur la borne qui décore la pelouse, mais le foyer de l'incendie se trouvait si près de la ligne qu'il nous était impossible d'affirmer de quel côté, donc dans quel pays, il avait commencé.\" Même si le fait porte un peu à rire, il était très important de déterminer avec certitude l'origine des flammes.Chaque moitié de la bibliothèque est en effet assurée distinctement dans le pays où elle se trouve.Quelle police couvrait donc les dommages?Qui plus est, l'incendie ayant peut-être une origine criminelle, qui donc ferait enquête?Il n'y avait qu'un moyen d'en avoir le coeur net: l'on releva au théodolite la frontière, que l'on dessina, afin de ne plus avoir à recommencer l'opération, d'un fin trait noir sur le plancher de la bibliothèque, de même que, pour faire d'une pierre deux coups, sur le plancher de la salle d'opéra qui occupe l'étage de l'immeuble.Cette salle de concert, tout comme la bibliothèque quelle surmonte, obéit aux caprices de la géographie: la scène et une partie des fauteuils de la salle se trouvent en territoire canadien alors d'autres disent que ce furent les égouts! Ce qui est sûr, dans la mémoire de ceux qui ont vécu à cette joyeuse époque, c'est qu'un certain hôtel, dont la Providence avait permis qu'il fût construit au bon endroit, proposait à ses clients un bar \u2014 comment dire?\u2014 international.Au Line House, l'on buvait sec, et toujours du bon côté de la barrière.Si une patrouille de la \"Dry Brigade\" paraissait à l'horizon \u2014 c'est ainsi que l'on surnommait les douaniers américains chargés de faire respecter la loi Volstead de prohibition clients changeaient tout simplement de table.et ainsi de pays; le bar, monté sur roulettes, les suivait aussitôt dans leur \"immigration \".L'hôtel fit des affaires d'or jusqu'à ce que les douaniers des deux pays s'entendissent un jour pour opérer une descente des deux côtés à la fois.Le Line House a brûlé, il y a quelques années, et lentement, s'éteignent les souvenirs de cette joyeuse époque.N'allez surtout pas croire que Rock Island n'est célèbre que par son ancien hôtel! Outre une quinzaine de maisons, la frontière y coupe une usine et la bibliothèque municipale.Cette dernière, nommée \"Haskell Free Library\", est en fait la bibliothèque publique du village voisin de Derby Line, mais, en bons voisins, les deux villages partagent ses services.Drôle de bibliothèque dont l'entrée est aux Etats-Unis, les rayons de livres au Canada et le comptoir à cheval sur la frontière.Adelaide Prangley, maîtresse des lieux depuis sept ans, raconte comment, l'été dernier, elle a découvert que la pendu- et le feu, bientôt les Suite page 4 12 mars 1977 - 3 La frontière Canada Etats Unis [;'$§?'CI i plaisir de fournir à ceux qui traversent souvent un collant qui permet douaniers d identifier ces véhicules et d'abréger les formalités.Revenons à nos gens qui habitent à cheval sur la frontière Ils ont le choix d acheter leur électricité dans revenir, entre enfreindre un règlement municipal et faire clans la rue un virage en U ou passer deux fois en fraude la trontière internationale.La seule rue qui revient au Canada est à sens unique et passe par le Vermont, le tout sur une distance de quelques centaines de pieds à peine.Une autre rue, A Beebe, s'appelle Canusa (comme dans Canada et U S A ) I e nom est approprié car la rue en question chevauche sur mille et quelques pieds la frontière II était amusant d'y voir face à face, il y a quelques mois, deux affiches électorales, I une de Jimmy Carter et l'autre de René Lévesque Imaginez seulement la tête de l'agent de réclamation de la c ompagme d assurances du pauvre automobiliste qui aurait eu le malheur, en circulant dans celte rue, de frôler l\u2019aile de son semblable venant en sens inverse.\"Comment?dirait il.;e crois ne pas avoir très bien saisi Vous rouliez au Québec, n est-ce pas?Lt l'autre automobiliste se promenait au Vermont?Mais comment diable avez-vous fait pour lui entrer dedans?\" Si la proximité de la frontière présente quelque désagrément, imaginez un peu la vie de ceux qui vivent perchés dessus.Adelaide l\u2019rangley a déjà habité un logement dont une moitié se trouvait au Québec et l'autre au Vermont Profitant de prix avantageux, elle avait acheté la plupart de ses gros appareils électroménagers aux Etats-Unis mais devait, comme mes hôtes au début de ce texte, les ranger au salon, c'est-à-dire en territoire américain, sous peine de payer la douane Le mari d Adélaide est douanier, nous l'avons vu, mais n'allez pas croire que ce poste lui valait quelque passe-droit que ce soit Un jour qu elle venait d'acheter une poussette pour promener ses enfants, Adelaide Pranglcy reçut une lettre polie du contrôleur des douanes où elle lut, les yeux écarquillés, à peu près ceci: \"Chère madame, nos services de renseignement nous ont appris que vous avez récemment acheté aux Etats-Unis une voiturette d'enfant.Il vous est, bien entendu, tout à fait permis de promener votre petite famille en territoire américain mais, s'il vous prend l'envie de le faire au Canada, vous devrez d'abord acquiter les frais de douane afférents.Veuillez agréer, chère madame.\" La loi n'est pourtant pas aussi sévère pour les automobilistes qui, eux, peuvent conduire leur véhicule indéfiniment dans l\u2019autre pays s'il est immatriculé à moins de dix milles de la frontière.Les autorités se font même que le reste de l'auditoire, qui regarde un spectacle se déroulant au Canada, est assis aux Etats-Unis.Durant la guerre, alors que les contrôles d immigration étaient plus sévères qu'au jour-d hui, il fallait un passeport en règle pour passer d'un pays à l\u2019autre.Un conférencier canadien, invité à parler A l'opéra, dut, parce qu'il avait oublié son passeport, entrer en scène par I escalier de secours, seul chemin d\u2019accès ne I obligeant pas à traverser la frontière! Adélaide Pranglcy, notre bibliothécaire, est canadienne, travaille de part et d'autre de la frontière pour un employeur américain et habite au Canada.Son mari est douanier, canadien lui aussi, et tous ses enfants ont déjà été américains.Avant l'instauration au Québec de l'assurance-maladie, la population de Rock Island, au moindre bobo, se précipitait à I hôpital de Newport, au Vermont, à la fois le plus rapproché et le moins cher.Une jeune mère devait-elle accoucher?C'est à Newport que naissait le bébé A Newport, donc citoyen américain, automatiquement ! Depuis plusieurs générations, les habitants de Rock Island, tout comme ceux de Stanstead et de Beebe Plain, naissaient donc, techniquement du moins, Américains.Une loi canadienne précise que, dans un cas pareil, la citoyenneté canadienne n'est accordée que sur inscription aux registres du pays dans un délai de deux ans, inscription que négligeaient souvent de faire les jeunes parents distraits ou mal informés.L'on naissait donc Américain, l'on grandissait Américain sans le savoir, et l'on se retrouvait Américain en jurant que l'on était Canadien.L'affaire a joué de mauvais tours à quelques habitants de la région.Ainsi, durant les années de la guerre du Viêt-nam, être à la fois jeune et Américain se traduisait \"conscrit\", et plus d'un jouvenceau n'osait plus traverser la rue pour acheter une pinte de lait au Vermont, de peur de voir fondre sur lui la police militaire en quête de recrues.ou, pire, de déserteurs.La vie, à Rock Island, n'est pas faite que de poursuites entre méchants soldats et gentils villageois qui ne veulent pas aller à la guerre.Elle se compose surtout, du moins pour les gens qui vivent au voisinage immédiat de la frontière, d'une collection de petits incidents cocasses que l'on oublie volontiers mais avec lesquels il faut compter.Si vous allez en voiture au journal de Stanstead, vous avec le choix, pour I aux 65 un pays ou dans l'autre, et beaucoup d'entre eux, depuis quelques mois, déplacent le compteur pour se brancher au Québec le village de Derby Line achète en effet son électricité de I Hydro Québec et la revend à ses contribuables, après avoir acquitté tous les droits, pour à peu pré-, le double du tarif en vigueur au Québec.Quant au téléphone, ils peuvent se le procurer d'un côté ou de l'autre de la frontière, selon le pays pour lequel ils ont le plus d affinité et surtout dans lequel ils ont le plus d'amis avec qui potiner L'épicerie de Stanhope, village situé à quelques milles à l est de Rock Island, a dû, pour satisfaire son interna tionale clientèle, en faire installer deux Sur demi comptoirs parallèles situés de part et d'autre de la frontière en plein centre de ce magasin peu commun, deux appareils téléphoniques identiques se font face Celui de gauche est branché au standard américain de diSSSgie, Magnifique collection de timbres.olympiques peintures, animaux, etc du monde entier Une selection de timbres en approbation vous sera soumise pour examen QUEBEC STAMP CO.LTD.C P 7300 \u2014 Québec 7.Quô Canada MAL DE DENTS SOULAGEMENT INSTANTANÉ Appliquez Ora-Jel.et la douleur s'en va! 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Pour m'apprivoiser, j'ai d'abord beaucoup lu sur Albee, l'auteur de la pièce, puis lentement je laisse monter les idées du metteur en scène et les miennes.Le rôle me fait peur tant au point de vue humain qu'au point de vue de la comédienne.Martha est tellement énorme! Extravertie, déchaînée intérieurement et extérieurement, elle met ses entrailles à nu.Il faut laisser toute pudeur de côté pour jouer ça et c'est rôle qui demande également beaucoup de force physique.Elle crie, elle danse, elle chante, elle fait tout.Il faut être en excellente condition physique pour jouer ce personnage.Puis je dois dire que je n'avais jamais vu jouer cette pièce ni au théâtre ni au cinéma.Ni par Taylor donc, ni par Madeleine Robinson, ni par Monique Lepage.Je n'ai pas de ces références, toujours encombrantes mais aussi rassurantes.\" \u2014 A jouer Martha pendant un an, craignez-vous d'être bouffée par le personnage?\u2014 J'espère que je ne me laisserai pas manger par Martha, mais c'est difficile Tout est d'une cruauté épouvantable dans cette pièce-là.Chacun de nous porte en soi la cruauté, mais on la maîtrise, dans la vie.Tandis que là, il va falloir que je me laisse aller à la cruauté.Et ça fait peur, vous savez, de ressentir qu'on va être capable de faire très mal.Dans la pièce, il est question de tuer l'enfant, c'est-à-dire les forces du mal et Albee dit lui-même que les comédiens doivent arriver à se détester1 Alors Gérard Poirier et moi, d'avance on \u2022 se dit: \"On s'aime beaucoup, hein?Il ne faut pas qu'on se détruise.\" \u2014 Est-ce que le personnage de Martha a vraiment quelque chose à voir avec la romancière Virginia Woolf?\u2014 Aucun rapport.Albee a pris ce titre par hasard sur un graffiti qu'il a vu quelque part.Puis il a choisi pour ses personnages les prénoms de George et Martha Washington.Non seulement j ai lu sur Albee, je suis même allée à Nesv York pour trouver des essais, des interviews qui parlaient de Virginia Woolf, mais ça ne m'a rien appris sur le personnage de Martha.Tout ça fait dire 6 - 12 mars 1977 PAR RAYMONDE BERGERON A seize ans, pour obéir à sa mère qui trouve le langage des gens du quartier extrêmement rude et incorrect, elle doit s'inscrire en classe de diction chez Mme Jean-Louis Audet.Les dés venaient de parler: avec du talent dans son baluchon on ne passait pas par le studio de la rue Saint-Hubert, en ce temps-là, sans recevoir l'injection radiophonique.Et Marjolaine Hébert, sans trop se rendre compte de ce qui lui arrivait, devint rapidement une jeune interprète remarquée du roman-feuilleton à succès Madeleine et Pierre que signait alors André Audet.\"De toute façon, je n'ai jamais rien voulu de ma vie! reconnaît-elle aujourd'hui avec une lueur d'étonnement.En trente-cinq ans de carrière, tout s'est enchaîné naturellement sans que j'aie le temps d'analyser quoi que ce soit.\" Sa carrière s'est déroulée un peu à la façon d'une chatte qui, sans faire d'histoires, met au monde la plus ahurissante portée du canton.Comme par ironie, les deux seuls rêves qui ont pu à un certain moment chatouiller son désir n'ont jamais été réalisés: Il s'agit de Maison de poupée d'Ibsen et d'Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams.\"Maintenant, il est trop tard\", un ! ._______.ppspni g Ü Ci-contre, Marjolaine Hébert aujourd'hui; ci-dessous, avec Dorothée Berryman, dans la Ménagerie de verre, de T.Williams, à la Nouvelle Compagnie théâtrale, en 1974; plus bas, avec Cilles Pelletier, dans la Danse de mort, d'August Strindberg, présenté en tèléthéâtre par Radio-Canada, en 7962.U I IB11Ê1I : à .j B m mm m$r- > \u2019 B|É 'wm i.j E < I'M .-tmscalnfiFe WL' i ; K.\u2019V?; » ' 7* v 7 \u2022 > $ v M.: :S 3 MirvE%P^ ¦« ./ 'dv\" >\u2022 .1*-.\\ rk' sons ceinture : ¦'¦I.-à $.r-'.v tard, l'arnaqueur revenait seul sur les lieux et récoltait aisément $2 000! Gauthier se passionne maintenant, dans ses loisirs, pour le yoga et le K *» cé, il y a six ou sept ans, à l'arnaquage.Un bon arnaqueur fait exprès de \"Pour en tirer sa subsistance, dit-il, il X V \"Aujourd'hui, poursuit-il, ce sont si la soirée ne se termine.permettre de parier.Je connais tous i Il règne ici une atmosphère aussi mm- «fl B, \u2022- m3 tes- & m Le champion de la soirée vient de champion aux échecs.Le succès au\tsoulever le cadre et se prépare à Gauthier est lui-même propriétaire\tbillard repose tout entier sur la con-\tfrapper la première boule.Il a gagné la de deux salles de billard dans les\tcentration.Comme aussi sur la con-\tpartie précédente et un vague sourire environs, dans ce quartier de l'est de\tfiance en soi.Peu importe son talent,\ta glissé furtivement sur son visage.Montréal.Ce soir, il est venu voir\ton ne peut jamais être sûr du coup\tMais il a vite repris la pose car il tient comment vont les affaires chez son\tsuivant.Il faut s'autohypnotiser et\tà demeurer en scène jusqu'à minuit, concurrent.\"Un gîte de durs à cuire,\" garder son sang-froid.Le champion de heure de fermeture de la salle» se plaît-il à dire.Il peut en parler en ce soir est imperturbable.Il semble connaisseur car il a passé dans les magnétiser les boules et les diriger à salles de \"pool\" la moitié de ses volonté vers les blouses, sans rien de vingt-huit années d'existence.Il con- plus qu'un demi-sourire, naît aussi de première main la part du comédien qu'il y a en tout joueur car,\tsoir, mais un bon arnaqueur ne peut se adolescent, il a gagné son argent de\tpermettre d'être trop vorace, car il poche dans ce rôle difficile entre tous,\trisque d'être forcé de quitter la salle \u2014 ou même la ville \u2014 à jamais.L'arnaqueur est un joueur consom- Gauthier se souvient d'un arnaqueur mé; mais son principal talent consiste qui s'était rendu dans une petite ville à dissimuler cette habileté, afin d'induire les autres à parier contre lui.Dans ses bons jours, Gauthier empochait parfois ainsi de $200 à $300 en v un soir.Il a même dépouillé de $3 000 en deux mois un risque-tout du milieu, qu'obsédait le désir de vaincre ce gamin au visage faussement candide.Il est rare aujourd'hui, toutefois, d'en empocher autant.\"Ni avocats ni juges ne fréquentent nos salles, dit Gauthier.Les gens fortunés ont leurs propres tables de billard à domicile.\" s WA Y y U il m :Æ BÜ 0 I \u2019J* Il y a pas mal d'argent à gagner ce celui d'arnaqueur.r MM ii ¦ '\u2022 - p*s?w.I._v ¦ * V- I rt! (5 # m T ( pfif y \\ > il v / ¦I.! 1 / ft l 4 ( .V ImF- ' \\ /vü ' i ! ,'1 / v ¦ s.a - a ¦ / - W *5 h i ! François Gauthier est propriétaire de deux salles de billard dans l'est de Moniréal.i i PHOTOS STANLEY ADAMS I A table! 1 k ?I J 32 ans\", quand elle ne fait que le murmurer.\"Ma pauvre enfant, gémit le père Meloche, pensez au Souverain luge qui tient compte de toutes choses.\" Les bruits reprennent en sourdine à l'extérieur: deux prêtres traînent tant bien que mal une loque ayant nom Samuel Parslow; il geint et Cordélia ne peut pas ne pas l'entendre, mais n'en fait rien paraître.\"Les murs de I enceinte de la prison ont quatorze pieds de hauteur.Afin que seuls les spectateurs de la cour voient le spectacle qui leur est offert, contre rémunération ou autrement, le bourreau Radcliffe a fait creuser un trou de trois pieds sous le gibet; ainsi, les pieds des suppliciés ne toucheront pas le sol.Les deux câbles sont sépares par une i ouverture de flanelle grise et les condamnés sont dos à dos.Tout autour de la plate-forme, il a fait placer un voile noir très clair afin que, de leurs fauteuils, les spectateurs des premières rangées puissent continuer à voir les condamnés.\"Radcliffe s'impatiente; pour la première fois de sa vie, il a peur de la populace.Le shérif ne peut lui être d'aucun secours, ne paraissant plus en état de réaliser quoi que ce soit.Les cercueils viennent d'arriver par la petite porte, à peine franchie par Samuel.Radcliffe, ayant terminé l'ajustement de la ceinture aux hanches de Cordélia, se hâte vers Samuel, craignant qu'il ne meure avant d'être attaché.Il lui passe la cagoule et le câble autour du cou, puis lui attache les bras à la hauteur des hanches.Grâce à Pauline Cadieux, justice est enfin rendue = r- - K .¦ x m ¦4à r# v :> > F||| \u201d8 s *' « * ¥ 5 o Elle a mis 15 ans à prouver l\u2019innocence de Cordélia Vian \"Il était convenu que la trappe serait déclenchée quelques secondes après ces préparatifs.Le père Meloche fit donc rapidement quelques pas de côté et un bruit mat indiqua à tous que la société était vengée.Un silence profond s'étendit sur les spectateurs tout autant que sur les curieux placés à l'extérieur.A l'église, on fit sonner le PAR ANDRE BASTIEN A un âge où d'autres, par désoeuvrement, choisissent de vivre en retrait dans l\u2019attente de l\u2019inévitable, Pauline Cadieux s\u2019est prise d\u2019intérêt pour une sombre affaire judiciaire vieille de trois quarts de siècle: l'histoire de Cordélia Viau, pendue en compagnie de Samuel Parslow le 10 mars 1899, dans la cour de la prison commune de Sainte-Scholastique, pour le meurtre de son mari Isidore Poirier.Les confidences d\u2019un témoin à charge et la lecture d'un compte rendu du procès ont convaincu Pauline Cast dieux de l\u2019innocence du couple, mais -\tencore fallait-il en faire la preuve.Elle y aura mis 15 ans, 15 ans de patientes recherches dont elle publie le dénouement dans là Lampe dans la fenêtre, 5 ouvrage paru aux Editions libre expression.Les premières apparitions de u Pauline Cadieux à la tTélévision et à la > radio alertent l\u2019opiniion; bientôt, le grand public se passionne pour cette S, affaire et le livre se hisse au rang des ouvrages à succès.Pourtant, les édi- \u2014\tteurs n\u2019avaient pas cru à la Lampe dans la fenêtre, pas plus qu'ils n'avaient ° pris au sérieux les propos de cette vieille dame indignée.ces quelques phrases rédigées à la hâte.glas.Pauline Cadieux revit ces instants; Chacun des mots, chacune des courtes phrases de la lettre d'adieu de Cordélia Viau à son défenseur sont à jamais gravés dans la mémoire de Pauline Cadieux.A peine ses .yeux parcourent-ils le texte qu elle lit à voix basse par crainte de laisser deviner ses propres sentiments.\"Sainte-Scholastique, le 9 mars 1899.de ma prison.Monsieur J.D.Leduc.Je vous remercie du plus profond de mon coeur pour tout ce que vous avez fait pour moi.Priez pour moi.Adieu.Votre reconnaissante, dame Cordélia Viau.\" \"Quelques heures plus tard, elle montait à l'échafaud\", dit Pauline Cadieux en brandissant un fac-similé du document, l'une des nombreuses pièces d'archive qu elle a recueillies pendant 15 longues années de recherches dans des salles obscures où l'on conserve le souvenir des drames de jadis.L'écriture de Cordélia est maladroite comme celle d'une enfant encore inhabile à former ses mots; la peur, la certitude de sa fin prochaine, l'abattement qui succède à la révolte au seuil de la mort se lisent dans le tracé hésitant des lettres, dans la sobriété du verbe et le laconisme de \"Après quelques secondes de stu-elle ressuscite le décor de la prison peur, les occupants des dernières ran-commune du district de Terrebonne, à gées se ruent vers l'avant pour voir les Sainte-Scholastique, où le public était derniers soubresauts des corps.Les admis à fréquenter les couloirs et à deux jeunes prêtres ont quitté la place regarder vivre les prisonniers; l'enceinte en titubant, le père Meloche, penché de la prison où s'étaient entassés dans l'ouverture de la trappe, pleurant plusieurs centaines de visiteurs venus sans fausse honte, crie à tue-tête, sans de tous les coins du Canada, des aucun succès d'ailleurs: Messieurs, de Etats-Unis et même de France pour grâce, respectez ces pauvres enfants, assister à la double pendaison.Avec respectez la mort.\" une rare émotion, Pauline Cadieux livre - les ultimes pensées, les derniers gestes de Cordélia Viau.% ¦8 \"Soutenue par le père Meloche, elle donne l'impression de marcher sans faiblesse.Au fur et à mesure de sa lente montée vers l'échafaud, les yeux baissés pour ne pas voir, elle perçoit les visages tendus vers elle; elle reconnaît des Sainte-Scholastique qui entonnent, sur figures connues, celles d'hommes qui, le passage des deux cercueils, une hier encore, se disaient ses amis.Sur complainte irrévérencieuse dédiée à la certains visages, elle discerne un rictus, belle suppliciée, la culpabilité de Cor-Elle voudrait crier son innocence, mais délia Viau ne fait aucun doute, elle a promis à son évêque de ne faire aucun scandale et le père Meloche est là qui le lui rappelle.Elle croit crier de sur l'air d'Un Canadien errant, aux tous ses poumons: \"Grâce, je n'ai que accents d'un harmonium.Suite page 14 Une ténébreuse affaire ¦8 Pour tous les hôtes de l'auberge de \" i § a Que Dieu dans sa clémence pardonne à Cordélia, chantent-ils en choeur, ¦8 O 12 - 12 mars 1977 U P : A A y s fl t, /J Vi '\u2022 ¦\u2022«.\u2022 - jHf m*g Jr* JE'J ! Hi lüfiÿfj :.Ma v ci\u2014i.¦à ¦ > Y jf li à tu i a Vi Bfl \\ L .) * vL.ifrf m&z ù&à m.1 J & 4 H-Ibiii,\tI =?)}».L- ~ 5 wjjT \u2022te S-» $2» - ^ .¦ \u201c'«S-tt :< iv % / :*vxvg jpf renaez-vous àvec-le gout % XV \" Z^z % il jw»e > / \"\"-N Z 3 V % vV ZM ,Z' Avis: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croît avec l'usage\u2014éviter d'inhaler.Moyenne par cigarette\u2014Format régulier: \"goudron\" 14 mg, nicotine 1.0 mg.King Size: \"goudron\" 19 mg, nicotine 1.3 mg.< N.SE: Cordelia Vian parlaient entre eux ou avec des amis, qu'une femme avait été pendue à Sainte-Scholastique pour le meurtre de son mari, mais les détails de l\u2019affaire m'étaient inconnus, dit Pauline Cadieux pour expliquer le peu d'intérêt qu elle porta à l'époque aux confidences de ce témoin tant parmi les heureux élus, j'aurais pu avoir les pires ennuis si j'avais rendu visite à Cordélia la nuit du meurtre, a-t-il conclu; la disposition de la lampe indiquait aux initiés que la voie était libre.\" Cette conversation, menée à batons rompus dans une voiture qui les con- Plaignons sa pauvre mère Et tous ses bons parents Car pour la meurtrière Ils soullrent énormément Ainsi finit l'histoire D'un amour coupable Qui lira ce mémoire D'horreur sera glacé.Pourtant, comme l'avoue même un éditorialiste du Monde illustré qui partage l'opinion populaire, la Justice ne possédait pas de preuve absolue de la culpabilité de Cordélia Viau.Les témoignages entendus au cours de l\u2019enquête ont permis d'établir que l\u2019accusée quitta son domicile vers 3 h 30, le 21 novembre 1897, en compagnie de Samuel Parslow, journalier au domicile de son père où elle passa la nuit.A 5 h 30, Samuel Parslow était de retour chez son frère où il troqua ses vêtements du dimanche pour un bleu de travail afin de prendre soin des bêtes.Selon les membres de sa famille, il ne devait plus quitter la maison jusqu'au matin.Cordélia Viau frappa vainement à la porte de sa maison à l'aube du 22 novembre.Croyant en l'absence de son époux, elle se rendit à l'église pour tenir l'orgue à l'occasion de la célébration d'un mariage.A la fin du service religieux, elle pénétra enfin chez elle avec l'aide d'un voisin qui découvrit, dans la chambre des époux, le corps affreusement mutilé d'Isidore Poirier.Le témoignage du charretier Joseph Legault pouvait encore sauver Cordélia et Samuel que la rumeur publique désigna rapidement comme les auteurs de la boucherie.Il affirma sous serment qu'il avait vu de la lumière à la fenêtre des Poirier, vers 1 heure, dans la nuit du 21 au 22 novembre, ce qui permettait de croire que la victime vivait encore à cette heure.Mais les propos de Legault furent contredits par son passager, Joseph Fortier, protonotaire de la Cour supérieure du district de Terrebonne.Dans son allocution aux jurés, le juge Henri-Thomas Taschereau trancha en faveur de l'officier de justice.\"Entre les deux témoignages, vous pouvez choisir, mais, pour ma part, je n'aurais pas d'hésitation à adopter le témoignage le coupon-commande ci-indus.Si vous n étes pas entièrement satisfait, retournez le livre et vous serez remboursé.Conservez la Table même si vous décidez de nous retourner le livre.Utilisez le bulletin de commande d-dessous.0 certain Il CHEUF: C'est un complexe que le psychiatre Fraude a expliqué dans ses livres, ça, les gars: quand les enfants veulent voler de leurs propres ailes, les maires les traitent d'ingrats.CHOEUR DES POLICES: Menute là, cheuf, ça va plus loin Y'a même un maire qu'a dit qu'on avait transgressé la loi pour obtenir le tonds de pension le plus luxueux en Amérique.On peut pas transgresser la loi, cheuf, on est la loil V a rie la libelle là-dedans ben certain Il CHEUF: Voyons, les gars, les maires sont touttes pareils: y voudraient qu'on leur obéisse comme si on était encore des enfants.C'thumain.CHOEUR DES POLICES: On appelle pas ça humain nous autres, cheuf, quand un maire déclare que ç a été la bataille du pot de terre contre le pot de fer.On fume pas de pot, nous autres, jamais en uniforme en tout cas Y'a du mépris de cour là-dedans, ben certain.Il CHEUF: Voyons, les gars, faut comprendre que les maires pensent rien qu'à se faire aimer, alors y'ont toujours les nerfs à fleurs de peau.CHOEUR DES POLICES: Ah! bon c\u2019était pas du pot qu'y parlait mais du peau 1 C'est mieux de même parce qu'on y'aurait arrangé le portrait.Rien n\u2019empêche que les maires ont dit en public que l'Etat policier est maintenant installe chez nous.Y'a de la fausse représentation là-dedans, ben certain.LL CHEUF: Voyons, les gars, vous I savez que les maires, quand ça parle, ça dépasse toujours leur pensée.CHOI UR DES POLICES: Ouais, mais là on l'piend pu! Y'a un boutte à parler de chantage, d'abus de pouvoir et de force parallèle.Notre force est pas parallèle, cheuf, est verticale.On s'tient deboutte, nous autres! Quossé qu'on va faire m y continussent à nous baver de même?U CHEUF: On peut recommencer à faire du zèle.CHOEUR DES POLICES: Le zèle, cheuf, n'importe quand! Y'a rien qu'on aime mieux que pas mettre detickets.pas courir après les bandits, pas répondre aux appels d accident, de meurtres et pis de suicides.Si le monde ordinaire veut se taper her, qu'y s'tapoche et pis qu'y se tusent! On va tu être assez ben quand y restera pu rien que des polices.La Fraternité avec un grand \"F\" va régner.hein, cheiii?U CHEUF: Vous 'savez.les gars,que j'ai jamais eu de sympathie pour les Civils distinguer de la masse.Cl ICI UR DES POLICES: Aïe! cheuf, parlez pas de masse quand on est dans ce mood-là, ça nous donne ben trop le goût de fesser.Hé! qu'on voudrait donc leur montrer qui c'est qui a le gros boutte du batte! 11 CHEUF: Voyons, les gars, le batte, c'est passé de mode.Astheur, c'est le f GRATIS TABLE DES COUPES de Margo Oliver kç.i Eliminez là-peu-prôs quand vous achetez et cuisez les viandes.Avec chaque exemplaire de Cuisine pour tous les jours, nous vous enverrons l'attrayante et pratique Table des coupes.Cette affiche décorative rehaussera l'apparence de votre cuisine tout en apportant une information détaillée sur les coupes de viande les plus usuelles: boeuf, veau.: agneau, et porc.Des instructions sur les différents modes de cuisson vous i -feront économiser.17*x 22\".\tI y, US $ :L : %: % ' - Postez ce bulletin aujourd\u2019hui: n\u2019envoyez pas d'argent maintenant r TO20371 I A: Uvret de recette* de Marge Oliver ¦\tLe» Éditions Optimum Liée | B.P.4C50, place d\u2019Armes ¦\tMontréal, Québec H2Y1M6 Je désire essayer Cuisine pour tous I tes jours dans ma propre cuisine.Je 1 pourrai examiner ce livre \u2014 et B môme l'utiliser \u2014 pendant 10 jours ¦\tet vous te retourner si je n'en suis pas entièrement satisfait.Veuillez m\u2019envoyer également, GRATIS, la - Table des coupes \u2014 une par exem-I plaire commandé, tant qu'il y en aura \u2014 que je garderai môme si je | décidais de retourner te livre de recettes dans un délai de 10 jours I contre remboursement.Envoyez- 1 moi dès maintenant___________exem- | plairas de Cuisine pour tous les jours i ô $7.95 l'exemplaire.Nom Adresse I Moé, le monde pas de costume, ça m'énerve, ça essaye rien qu'à se APP .Ville Prov.Code I Signature ________________________________ Cochez vis-à-vis 10 mode de paiement cnoisi i\u2014i Facturez-moi après (légers frais I\u2014I dexpèdlKXi) \u2022\u2014i Chèque ou mandat o-nclus payable à Editons I__I Optimum (l èdteur assume les frais d expédition) I\u2014i Portez â mon compte Charge* ou Master Charge No l\u2014J (Légersfraisdexpedton ) zèle CHOEUR DES POLICES: Maudit que vous connaissez ça la stratégie, cheuf.On peut dire qu'un cheuf, ç a ce qu'y faut pour tenir son képi, ç a pas besoin d'oieilles! Quand c'est qu'on commence à zéler, cheuf?Il ( HEUF: Voyons, les gars, faut que vous zéliez de vos propres z'ailes, moé.chu cheuf, faut que {'reste neutre.CHOEUR DES POLICES: On s'est rien dit, cheuf, on s'est jamais parlé, on s'est Mm,us vu, mais on s'comprend.Pareil comme à la CECO, hein cheuf?J ' >2 mars 1977 - 19 m r v ¦ .m /< \u2022T HpP1 V i qp ' ; r i J r: i \\ \u2022 m \\ -A n PMJÏI ».wmF Eg ' *\\cxv \u201e\t'\\>n |P^\u201c %.uJ m < \t ?II H Y Vy y .YaVV A Am BS m wS :: A': ¦¦rm .\u2022 m X ¦Si Y- ÿ - wi s '^î imm ¦ : Ui-.\u2018 ¦ Vs fc\"* \\ V ^ c \u2022a'o 1 \\ Quand t\u2019as le goût ; p Avis: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croît avec l'usage-éviter d\u2019inhaler.Moy.par cigarette.Régulier: goudrons 16mg, nicotine 1.2mg.King: goudrons 18mg, nicotine 1.4mg."]
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