La presse, 15 décembre 1976, H. Informations nationales
[" ; INFORMATIONS nationales H $ MONTRÉAL, MERCREDI 15 DÉCEMBRE 1976 < Les \u201cespions français\u201d de CTV .v'.1 Paris se demande s'il faut pleurer ou rire par Louis-Bernard ROBITAILLE collaboration spéciale PARIS \u2014 Dans les milieux officiels à Paris, tout le monde est resté bouche bée à l\u2019annonce des \u201crévélations\u201d du réseau de télévision CTV.On hésitaitentre la consternation,.l\u2019amusement distingué et la franche rigolade.\u2022 Mettons les points sur les \u201ci\u201d: les milieux de l\u2019ambassade du Canada sont au moins aussi estomaqués que les Français ou les Québécois par l\u2019énormité de ce \u201croman d\u2019espionnage\u201d.C\u2019est peu de dire qu\u2019on n\u2019accorde aucune foi à ces accusations: les gens les mieux informés en sont plutôt à se demander comment et pourquoi on s\u2019est ingénié à construire une histoire aussi invraisemblable.Ignorance dramatique ou malveillance?\u201cC\u2019est pittoresque en tout cas\u201d, plaisante un haut fonctionnaire français.\u201cUn incroyable amalgame de vrai\u201d, dit-on du côté canadien.liste par tempérament.La petite poignée de gaullistes \u201cindépendantistes\u201d \u2014 entre autres les quatre personnalités des Affaires étrangères mentionnées précédemment \u2014 a été écartée de la direction des affaires depuis l'arrivée de Giscard.On ne voit plus personne, dans les milieux dirigeants à l\u2019heure actuelle, qui soit prêt à soutenir une politique interventionniste dans les affaires canadiennes.\u201cDepuis l\u2019arrivée de Giscard, estime-t-on un peu partout dans les milieux bien informés de Paris, l\u2019intérêt de la France pour le Québec s\u2019est singulièrement refroidi: on n\u2019attend rien des échanges économiques entre les deux pays, et on a bien d\u2019autres priorités.\u201cTout le monde sait que la France a des \u201cagents\u201d et pratique volontiers \u201cinterventionniste\u201d: les pays ((africains surtout) où \u201ccela vaut le coup\u201d, c\u2019est-à-dire où elle a des intérêts économiques.Certainement pas au Québec.dre preuve de ses activités clandestines au Canada.On sait que son comportement parmi les minorités francophones du Manitoba en 1968 avait été jugé \u201cindélicat\u201d cl peu diplomatique: c'est-à-dire qu'il parlait trop et \u201cse mêlait de ce qui ne le regardait pas\u201d.Mais déjà à le considérer comme un agent.il faudrait pour cela établir de façon certaine, par exemple, qu\u2019il aurait secrètement fourni des fonds substantiels à des mouvements indépendantistes ou même terroristes \u2014 ou alors pourquoi pas des armes! Quant à ses responsabilités dans les manifestations de 1964 contre la reine, on juge ici l\u2019accusation absolument invérifiable.A-t-il rencontré Michelle Duclos vers la même époque?Peut-être bien, mais cette rencontre a-t-elle vraiment eu des conséquences pratiques?A-t-il effectivement proposé quelques centaines de milliers de dollars au Parti québécois en 1972?Ce n'est pas impossible, puisque Foccart était encore en poste à cette époque; mais encore faudrait-il connaître le montant exact et savoir si Rossillon avait vraiment cette somme.Comme elle ne fut jamais versée \u2014 le PQ ayant refusé la proposition \u2014 on peut se demander s\u2019il s'agissait bien d'une proposition ferme et sérieuse.leur radio.\u201cCa n'a rien de mystérieux, disent les Français.Comme la BBC le fait un peu partout, nous voulons que la diffusion de Radio-France touche une partie du Canada et des Etats-Unis.\u201d * \u2014La fameuse rencontre entre Déniait et René Lévesque: une visite tout à fait banale et officielle, puisque Deniau s'occupe de relations franco-québécoises.L\u2019ancien ministre n'était évidemment chargé d\u2019aucune mission, ni d\u2019aucun message du gouvernement, et agissait strictement en tant que parlementaire.Dans les milieux canadiens, on attache d\u2019autant moins d\u2019importance à cette rencontre que Xavier Deniau n\u2019est pas du tout considéré comme une personnalité \"influente\u201d de la majorité gouvernementale.I g m n m i ¦ : I m une politique mais dans 1 Pas de preuves \u2014Philippe Rossillon est-il un \u201cagent\u201d?Peut-être bien.out dépend de la signification qu'on donne à ce terme.Certains le considèrent en effet \u2014 quoique sans preuves \u2014 comme lié à Jacques Foccart, grand patron des services spéciaux français à l'étranger de 1958 à 1971.Mais le fait que Foccart ait justement été écarté par Giscard il y a deux ans et demi enlève déjà une bonne partie de son actualité au cas Rossillon.Et puis, on n'a jamais eu la moin- ifp mm Les détails Voilà pour le fond de l'affaire.Que reste-t-il des détails?\u2014L\u2019affaire de Saint-Pierre-et-Miquelon est \u201cloufoque\u201d, dit-on à l\u2019ambassade comme dans les milieux français.Pour des raisons de prestige, on a effectivement augmenté la puissance de l\u2019émet- Conclusions absurdes En fait, estime-t-on de façon générale, il y a de tout dans ce dossier: beaucoup de petits faits authentiques, souvent insignifiants, mais interprétés de façon fantaisiste, beaucoup d\u2019éléments vérifiables; tout cela pour arriver à des conclusions complètement absurdes.Ce qui cloche dans cette histoire, c\u2019est la thèse centrale, à savoir: le gouvernement français mènerait à l\u2019heure actuelle une politique active et enverrait ses agents pour faciliter l\u2019accession du Québec à l\u2019indépendance.\u201cCa ne tient pas debout\u201d, dit-on à l'ambassade canadienne.Même à l\u2019époque de De Gaulle, le soutien actif des milieux officiels au mouvement indépendantiste était resté assez limité.On soutenait le Québec dans ses querelles de drapeau, on recevait Jean-Guy Cardinal et autres ministres avec beaucoup de faste mais, dit-on à l\u2019ambassade, \u201ctoute cette histoire d\u2019agents secrets a toujours été plutôt folklorique\u201d.Les \u201cagents proquébécois\u201d, ils se trouvaient en fait plutôt au Quai d'Orsay (on cite les noms de l\u2019ancien secrétaire d\u2019Etat et de trois hauts fonctionnaires), et se contentaient pour l\u2019essentiel d\u2019empêcher toute réconciliation entre Paris et Ottawa, L'idée que la France \u2014 gouvernement ou \u201cmilieux officiels\u201d \u2014 pourrait avoir un plan précis concernant le Québec, et qu\u2019elle serait en train de le mettre à exécution tient plutôt du délire.Giscard s'est opposé à de Gaulle en 1967 sur l\u2019affaire du \u201cQuébec libre!\u201d, et il n\u2019a rien d\u2019un grand nationa- m n En somme, dit-on dans les milieux officiels à Paris, on n'a toujours pas la moindre preuve d'une quelconque ingérance française dans les affaires intérieures canadiennes \u2014 à moins bien sûr de remonter à 1967! Les activités de Rossillori ont peut-être été un peu \u201cobscures\u201d, mais elles n\u2019ont peut-être jamais abouti à rien de concret; même à supposer qu\u2019il ait déjà disposé d\u2019appuis dans les milieux dirigeants français, il n\u2019en a certainement plus depuis 1974.Deniau est peut-être bien indépendantiste: cela ne veut pas dire qu\u2019il ait vraiment de l\u2019influence.Et enfin, des ministres (exemple: Mme Scrivener, secrétaire d\u2019Etat à la Consommation) peuvent bien avoir eu des contacts avec les dirigeants du PQ, lors de séjours au Québec, il n\u2019v a rien là de surprenant ou de \u201csubversif\u201d.Philippe ROSSILLON Le seul à prendre l\u2019affaire au sérieux par Louis-Bernard ROBITAILLE collaboration spéciale PARIS \u2014 Apparemment, la seule personne à Paris qui prenne au sérieux la nouvelle \u201caffaire Rossilion\u2019\u2019.c\u2019est Xavier 0e-niau, le député qui, selon le réseau CTV, serait l\u2019un des \u201cagents français\u201d voués depuis de longues années à la \u201cdestruction dej\u2019unité canadienne\u201d.Hier après-midi, quand je l\u2019ai joint au téléphone, M.Deniau, président fondateur de l\u2019Association France-Québec, président à l\u2019Assemblée nationale des Amitiés franco-canadiennes et franco-québécoises, n\u2019avait décidément pas le ton léger.Il avait lu le long article que le correspondant montréalais du \u201cMonde\u201d venait de consacrer à cette affaire.je n'ai pas vue.Quant à ma réponse à ce très mauvais article, elle est contenue dans la lettre.C\u2019est un procédé extrêmement douteux, etc.etc.Vous vous rendez compte! On me traite d'espion! Etc.\u201d Je réussis finalement à placer une phrase complète: \u201cEtiez-vous à Montréal pendant les dernières élections?\u201d \u2014 J\u2019ai été à Montréal pendant quatre jours environ, peu avant et peu après les élections.Depuis de longues années, je vais trois ou quatre fuis par année à Ottawa, Québec et Montréal.Presque à chaque fois, j\u2019ai ren-, contré le premier ministre de l\u2019époque.A chaque fois, il s\u2019est agi de visites tout à fait officielles, organisées en accord avec les autorités compétentes.\u2014 En qualité de parlementaire?De chargé de mission du gouvernement?\u2014 (Il hausse le ton) C'était des ' visites officielles! Je ne vais certainement pas détailler mes ordres de mission pour chaque voyage.Cher monsieur, je dois vous quitter maintenant.Je m\u2019accroche.\u201cNon, répète-t-il.Je ne dirai plus rien! \u201d J\u2019insiste.En vain: il finit par me couper la ligne au nez.Du côté de Philippe Rossilion, j\u2019ai eu encore moins de chance: il venait de quitter Paris pour une ou deux semaines.Comme s\u2019il s\u2019amusait à soigner son image de \"chargé de mission un peu particulier\u201d dans les anciennes colonies et à travers la francophonie, M.Rossilion avait d\u2019ailleurs fait savoir qu\u2019il se trouvait \u201cquelque part au Congo\u201d.\u201cC\u2019est honteux! C\u2019est du très mauvais journalisme, ce sont là des procédés extrêmement douteux\u201d, déclare d\u2019emblée M.Deniau, sur un ton outragé.Et sans me laisser le temps de placer un mot, il me lit la lettre ouverte qu\u2019il vient d\u2019adresser au directeur du \u201cMonde\u201d.Un texte court, qui n\u2019apporte aucun élément inédit au dossier, et constitue pour l\u2019essentiel une protestation indignée contre \u201cl\u2019odieux procédé\u201d dont il est l\u2019objet.Par des méthodes condamnables, dit la lettre en substance, \u201ccertains\u201d essaient de ruiner.la coopération franco-québécoise et franco-canadienne.Fin de la lettre.Je hasarde une question, mais M.Deniau me coupe aussitôt avec véhémence.\u201cJe ne répondrai à aucune question sur une émission que Paternalisme \"Ce qui me frappe dans cette affaire, dit un haut fonctionnaire canadien, c\u2019est le paternalisme qui s\u2019en dégage.En somme, pour les Canadiens anglais, les Québécois seraient incapables de prendre des décisions tout seuls, et seraient manipulés de l\u2019étranger.C\u2019est une thèse invraisemblable, mais elle ne dépluit peut-être pas à certains hommes politiques français: même si ce n'est pas le cas, certains aimeraient bien faire croire qu\u2019ils ont joué un rôle majeur dans les événements politiques au Québec.\u201d Une certaine vision du rayonnement de la France H \u2022 00 Rossilion n\u2019est pas partisan de l\u2019indépendance gique de Philippe Rossilion au\taujourd\u2019hui disparue.\tambassadeur en Haïti et au- Parti québécois.\tLui-même ancien élève de PE- jourd\u2019hui en poste au ministère Un admirateur de Napoléon\tcole nationale d\u2019Administration\tdes Affaires extérieures, Martial C\u2019est dans sa profonde admira-\t(ENA), Philippe Rossilion a d\u2019ail-\tde la Fournière, alors chef de cation pour l\u2019empèreur Napoléon\tleurs été Partisan principal de cet\tbinet de Pierre Mesmer, ministre qu\u2019on peut trouver un fil conduc-\taccord très spécial entre la Fran-\tdes Armées, et plusieurs autres teur expliquant le sens de son ac-\tce et le Québec aux termes duquel\thauts fonctionnaires placés à des tien dans le monde francophone\tun groupe de fonctionnaires qué-\tpostes stratégiques dans l\u2019admi- depuis vingt ans.Et celui de son\tbécois pouvaient s\u2019inscrire à cette\tnistration française, adhésion à l\u2019activité Internationa- école.Il s\u2019agissait alors d\u2019un pri- Avec aussi, dans certains cas, le du général De Gaulle.\t\u2019 vliège sans précédent, cette insti- la complicité tacite ou au moins la Une admiration qui l\u2019a même\ttution séculaire étant traditionnel-\tbienveillante neutralité de Michel conduit à donner comme prénom à\tlement réservée à la très haute\tDebré, Georges Pompidou, et ses deux fils le nom des célèbres\tfonction publique française.\tmême de Chartes Lussier, le pre- maréchaux de l\u2019empire, Kléber et La réussite de cette \"opération\u201d mier délégué général du Québec à Marceau.:.! Ce qui n\u2019atténue en\tillustre assez bien d\u2019ailleurs l\u2019ha-\tParis.rien les accusations portées par bileté du personnage: travaillant C\u2019est aussi à cette époque que ses détracteurs de vouloir prati-\tsimultanément sui les plans qué-\tremonte la réalisation de certai- quer une forme d\u2019impérialisme\tbécois et français, il réussit à fai-\tnés \u201copérations\u201d visant à faire culturel aux dépens des \u201ccolo-\tre croire à chacun des deux gou-\tconnaître en Europe la cause de nies\u201d qu\u2019il prétend aider.\tvèrnements que l\u2019autre souhaitait\tl\u2019indépendantisme québécois: C\u2019est vers 1956 que Philippe\tardemment la conclusion d\u2019un\t\u201ccouverture\u201d élaborée par Rossilion a pu mesurer sur place,\taccord en ce sens, ce qui était\tl\u2019ORTF de la visite de la Reine à pour la première fois, la vivacité\talors pour le moins exagéré!\tQuébec en 1964, publication de de la présence française en Amé-\tLa \"francophonie\ttextes dans plusieurs journaux et rique.Ce n\u2019est pourtant qu\u2019au\tconquérante\u201d\trevues, surtout dans le quotidien début des années soixante que ses D\u2019abord spécialiste de l\u2019écono- Combat, aujourd\u2019hui disparu et talents d\u2019organisateur et de \u201cti-\t-mie de l\u2019URSS, Philippe Rossilion\tdans lequel Philippe Rossilion reur de ficelles\u201d ont trouvé à\tétait à ses débuts rattaché au\tsignait une chronique hebdoma- s\u2019employer au profit des premiers\tministère français des Finances,\tdaire, conférences publiques, col- indépendantistes.\tJusque vers '1965, c\u2019est donc à ti-\tloques etc; participation 'officiel- A la fois éminence grise, protec-\ttre strictement per- nr.ci qca ce-\tle, à titre de confère - d\u2019un teur et même souvent soutien fi-\tlui-ci menait ses d .rentes cam-\tf 'épendantiste rr ' nancier des \u201cambassadeurs\" du\tpagnes en faveur de la \u201cfrar.- -\tscmblement er.RIN à Paris, à compter de 1962, \u2019.phonie conquérante\u201d! Avec la col- phones au moi:\t' Philippe Rossilion a vite fait de\tlaboration plus ou moins officielle\tblessé, à Water.,\t, mettre ces derniers en relation\tde Xavier Deniau, alors nouveau\ten 1964; publicaLoj a Pav.j ce avec un efficace réseau de hauts\tdéputé du LoireUÙ l\u2019Assemblée\tQuébec Libre, un bulletin mimée- \u2022 fonctionnaires gaullistes, regrou-\tnationale, Bernard Dorin, ancien\tgraphie distribué à plusieurs cen- pés dans Patrie et Progrès, une\tattaché à l\u2019ambassade française\tfaines d\u2019exemplaires, création du association plus ou moins secrète\tau Canada devenu par la suite > Comité international pour l\u2019indé- par Pierre GRAVEL Philippe Rossilion n\u2019a jamais été partisan de l\u2019indépendance du Québec.Ce qui ne l\u2019a pas empêché de manifester sa sympathie pour le Parti québécois et, antérieurement, pour le Rassemblement pour l\u2019indépendance nationale.Comme du reste pour tous les autres mouvements, partout dans le, monde, qui sont, à ses yeux, susceptibles de promouvoir la cause de la francophonie.Que ce soit en Belgique, avec les Wallons, en Suisse, avec les Jurassiens, en Italie, avec les Valdo-tains, en Acadie, dans l\u2019Ouest canadien, chez les Franco-Ontariens, en Louisiane ou au Québec, toute l\u2019action de Philippe Rossilion depuis vingt ans s\u2019est articulée à partir d\u2019une certaine vision de la France et de son rayonnement extérieur.C\u2019est dans cette perspective d\u2019ailleurs que, pour lui, l\u2019indépendance politique du Québec ne constitue nullement un objectif prioritaire.Ce qui lut importe le plus, ainsi qu\u2019il l\u2019a déclaré plusieurs fois à ses amis québécois les plus intimes c\u2019est que s\u2019établisse un nouveau rapport de forces entre Canadiens anglophones et francophones qui favorise l\u2019épanouissement de tous les foyers de vie française au Canada., C'est justement dans cette recherche d\u2019un nouvel équilibre canadien que se situe cet appui strictement straté- en le priant de quitter le Canada.Peu de temps après, d\u2019ailleurs, devant un grand nombre d\u2019invités à l\u2019Elysée, le président De Gaulle ne s\u2019était guère gêné pour le féliciter publiquement en lui déclarant: \u201cBravo, Rossilion, c\u2019est bien ce que vous avez fait au Canada! \u201d Une \u201ctablette confortable\" Avec les différents changements de gouvernement survenus en France depuis la mort de De Gaulle, le mandat officiel de Philippe Rossilion s\u2019est passablement dilué.Celui-ci reconnaît d\u2019ailleurs volontiers avoir été placé sur une \u2022 \u201ctablette confortable\u201d à partir de laquelle il peut continuer son action.\u201cà condition de ne pas trop compromettre le gouvernement français\u201d.Très à l\u2019aise financièrement et disposant de toute la liberté nécessaire, celui-ci partage maintenant son temps entre sa commune de Beynac-Cazenac, en Périgord, dont il est maire et ses nombreux voyages dans le monde francophone.S\u2019il admet facilement qu\u2019il s\u2019y livre à une certaine forme d\u2019\u201cagitation\u201d d\u2019e: >re culturel, il rigole par contre eaucoup lorsqu\u2019on l\u2019accuse d\u2019é.e un espion ou un agent secret.Un espion qui était au Québec le celui de 1968 qui s\u2019est terminé de 15 novembre, et qui a fini la soirée façon abrupte lorsque le premier ministre Trudeau l\u2019a dénoncé comme un \u201cagitateur clandestin\u201d pendance du Québec(CIIQ), du groupe parlementaire d\u2019étude sur le Québec moderne, présidé par Xavier Deniau, etc.Un agent.pas tellement secret C\u2019est après 1965 que Philippe Rossilion s\u2019est vu confier par le général DeGaulle un poste correspondant exactement à la nature de ses préoccupations personnelles.A titre de rapporteur du Haut comité pour la défense et l'expansion de la langue française, celui-ci recevait à toutes fins pratiques le mandat de travailler \u201cà découvert\u201d, avec l'appui officiel du gouvernement français, à des activités menées jusque-là à titre privé.Ce fut le point de départ de l'intensification de la coopération entre la France et le Québec: échange de professeurs, stages pour journalistes, création de l\u2019Office franco-québécois pour la jeunesse, Agence de coopération culturelle et technique des pays francophones, missions culturelles ou commerciales etc.Et dans la plupart des cas, à l\u2019arrière-scène, la silhouette de Philippe Rossilion.ou ti'ri r.v.tre ancien de l\u2019ENA en rc\u2019 C\u2019est d'E\" que Philip; la plupart lj c.j voyages au Canada depuis dix nrs.Entre autres, : lui! : \"tre officiel .'.î a effectué au Centre Paul-Sauvé en célébrant avec ses nombreux amis péquistes devenus députés.! i \\ y r* * H 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 15 DÉCEMBRE 1976 Une recommandation du groupe scientifique Gamma : : |g: consommation en ecmservcrêioinj ef remplacer Sa propriété par la location pour éliminer les heures de pointe?\u201d se demandent encore les chercheurs.Les autres moyens de conservation proposés concernent le développement d\u2019une technologie anti-gaspillage, la réforme des habitudes des consommateurs, tel le sur emballage des biens de consommation, la fixation des prix pour tenir compte des coûts cachés, comme ceux de la dépollution, et la coordination des secteurs public et privé.Les porte-parole du groupe Gamma ont expliqué enfin, que leur étude, pour laquelle le guvernement fédéral a consacré $200,000, n\u2019a pas encore dépassé le stade de la recherche théorique et que le programme devra être reconduit si l\u2019on veut que les tactiques conservatrices soient maintenant établies.\u201cDans notre société actuelle\u201d, disent les auteurs, \u201cnous avons la propriété d'une multitude de biens que nous n\u2019utilisons que rarement.Au fur et à mesure qu\u2019on accumule des biens de consommation, le temps d\u2019utiliser de chacun diminue.Ainsi le téléviseur couleur nous empêche de jouir du stéréo qui nous empêche de jouir en même temps de la nouvelle voiture.Pourquoi ne pas louer les biens que nous n\u2019utilisons que rarement?se demandent les auteurs.Par ailleurs, la mise en application d\u2019un concept de \u201cflexi-temps\", suffisamment généralisé, pourrait, selon les rédacteurs, \u201céconomiser une quantité immense de ressources\u201d.\u201cAu lieu de construire des autoroutes pour faire face aux heures de pointe, pourquoi ne pas aménager le temps d\u2019une façon plus rationnelle xés.Ils soulignent d\u2019autre part que, \u201cmême du point de vue des valeurs l\u2019éventuelle société de conservation est une option valable tandis que la société de consommation est loin d\u2019être satisfaisante\u201d.La société d\u2019économie renforcerait et élargirait ainsi le cadre des dans un esprit \u201cboudhis-te\u201d (\u201cfaire moins avec moins\u201d).En termes concrets la société de conservation, a souligné M.Valaska-kis, est fondée sur l\u2019adoption de cinq politiques dont les deux plus novatrices paraissent être la création d\u2019une \u201csociété de location\u201d et mesures préventives et des législations actuelles contre la pollution.Les auteurs préfèrent cette option à deux autres possibilités, ou scénarios, en vertu desquels la société pourrait soit limiter sa croissance (\u201cfaire la même chose qu'aujourd\u2019hui moins\u201d), soit la réduire par Jean-Pierre BON HOMME Un important groupe de scientifiques des deux plus importantes institutions universitaires de Montréal, l\u2019Université de Montréal et l\u2019université McGill, a proposé hier la modification radicale des habitudes de consommation de la population par la création d\u2019une \u201csociété de .conservation\u201d.Les chercheurs, réunis l\u2019appellation Gamma, et oeuvrant pour le compte du gouvernement fédéral depuis 1974, ont publié hier leur premier rapport dont l'une des recommandations les plus concrètes concerne l\u2019élimination du gaspillage parla \u201csubstitution de la notion de location à la notion de propriété pour un ensemble de biens de consommation\u201d.Une option satisfoisan- expliqué hier, au cours d'une conférence de presse, que la quinzaine de chercheurs \u201csénior\u201d des deux institutions, et leurs associés des universités Concordia et d\u2019Ottawa, en sont venus collectivement à la conclusion qu\u2019il est souhaitable d'adopter une stratégie permettant la croissance, mais dans un espritconservation-niste afin de transformer notre cadre de vie en \u201csociété de conservation sélective\u2019\u2019.Somme toute, ils souhaitent un changement des valeurs.Le professeur et les deux autres principaux dirigeants du groupe de Recherches, MM.John Graham Smith, et Peter S.Sindell, tous deux de McGill, ont fait valoir que la conservation, comme \u201climite au cycla-ge de la production par opposition à la notion confuse de limites à la croissance\u201d, est souhaitable pour des raisons purement empiriques qui sont exposées dans\u2022 quatre volumes anne- l\u2019établissement de meilleurs \u201caménagements du temps\u201d.Le concept de \u201cplein-temps\" La substitution de la location à la propriété, elle, qui s\u2019étendrait jusqu\u2019au logement, est fondée sur la nécessité \u201cd\u2019égaliser la charge d\u2019utilisation\" des objets.projetée avec L\u2019énergie solaire est de toutes la plus prometteuse sous Soulignant qu\u2019il existe des désaccords profonds chez les scientifiques à l\u2019égard de l\u2019usage des diverses sources d\u2019énergie, le groupe universitaire Gamma exprime l\u2019avis dans son rapport sur l\u2019avenir que c\u2019est la force des rayons du soleil, l\u2019énergie solaire qui est la plus prometteuse.\u201cEn dépit des difficultés techniques, soutiennent-ils en effet, la plu- part des experts en énergie semblent s\u2019accorder sur le fait qu\u2019en dernière analyse l\u2019énergie solaire porte la meilleure promesse.\u201d \u201cL\u2019énergie solaire constitue le plus grand espoir pour l\u2019humanité sur une longue échéance\u201d, affirment-ils.Ils expliquent par contre que son utilisation est limitée parles difficultés techniques non réso- lues de captation et par les limites dans la radiation solaire au Canada.Quant à l\u2019énergie nucléaire, qu\u2019ils estiment avantageuse à cause de son \u201cextrême abondance unie à ses multiples usages, ils estiment que son utilisation se voit freinée par l\u2019importance des investissements initiaux, la question problématique des déchets, la possibilité des accidents et la possibilité du sabotage.Quant à l\u2019hydro-élec-tricité, les scientifiques expriment l\u2019avis qu\u2019en dépit de sa relative \u201cpropreté\u201d, elle n\u2019en provoque pas moins \u201cune transformation du paysage naturel en un environnement quasi industriel\u201d et elle \u201cmenace l'environnement et la viabilité des modes de vie autochtones\u201d.quelque te Le directeur de ce programme de recherche portant sur l\u2019avenir de notre société, M.Kimon Valaskakis, a Une corporation pour informer les citoyens Mme;y ?QT DE 14 OZ f^3 '*\u2022 v:.g w Dm iV 7 ¦Mb'\u201d æl tnai H65F8 ™JS§gï & A f A B |m tr VV-?> A' : / H ### \\ m* A ¦ Bikinis pour dames En-nylon \"Antron III\", fourche en coton, taille et jambes élastiques, motifs brodés.Blanc, bleu, rose, chair, tailles P-M-G.Paquet «PA Soutien sans couture Tabliers de cuisine t Fermoir devant, bretelles modifiables.Blanc ou beige, 32-36.36?En coton éponge de couleur, se nouent à la taille.Choix de motifs.S*'.I K'- ¦' de 3 J 3J9 MS 1.59 : A.V \u2022 ' A GARANTIE HORIZON: satisfaction garantie ou HORIZON Cadeaux de Choix.Aubaines pour Noël, argent remis si la marchandise ne satisfait pas.\tPrix en vigueur jusqu\u2019au samedi 18 décembre 1976.Jusqu\u2019à épuisement du stock.Nous nous réservons le Utilisez votre carte-comptable EATON.\tdroit de limiter les quantités.Vous pouvez payer maintenant votre COMPTE EATON dans tout magasin Horizon si cela vous m\tconvient.\t^ le magasin minimarge pense pour vous .'',, .-maB8SSg:~: ¦¦ - ., Ki Horizon > L LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 15 DÉCEMBRE 1976 H 8 Le Canada continuera d'importer du boeuf des USA Etats-Unis, on prévoit que notre pays sera un importateur net de boeuf ce, mise à part une baisse de 10 p.cent prévue pour 1978.Le nombre de vaches de boucherie dans les fermes canadiennes a commence à baisser à la fin de 1975 et cette diminution devrait se poursuivre jusqu\u2019au milieu de 1978, puisqu\u2019il est peu probable que les producteurs réagissent aux bas prix des veaux d\u2019engrais avant l\u2019automne 1977.On peut prévoir un accroissement des effectifs en 1979-1981 par suite de l\u2019amélioration spectaculaire des prix à la production des veaux d\u2019engrais, des Etats-Unis en 1977, 1980 et 1981.liée au marché américain par des courants d\u2019échanges bilatéraux, et comme le Canada ne constitue qu\u2019une faible part de l\u2019ensemble du marché nord-américain, scs prix sont largement déterminés par le marché américain, compte tenu des frais de transport et autres coûts entre les deux pays.D\u2019un autre côté, la croissance démographique et l\u2019accroissement du revenu disponible au Canada ont favorisé une augmentation graduelle de la demande de boeuf, qui a fini par dépass'èr l\u2019accroissement de l\u2019of- par Paul POULIOT envoyé spécial à Ottawa D\u2019après le taux de croissance démographique du Canada et des fre, de sorte que les prix ont maintenu leur tendance à la hausse au cours des années 1960.line quantité considérable de boeuf américain depuis X969.De plus, la forte baisse des abatta-Le secteur américain ' ges de vaches, associée au processus de reconstitution du troupeau, a rendu nécessaires certaines importations de boeuf des pays de l\u2019Océanie (Australie et Outre cette projection à long terme faite, hier, à la Conférence des perspectives de l\u2019agriculture, par M.BinB Buff, économiste d\u2019Agri-eulture Canada, il est prévu que la consommation de boeuf par Canadien devrait accuser une forte baisse en 1978 et 1979\tpar rapport à celle de j977, une légère hausse étant prévue pour 1980\tet une autre en X981.Il ne faut pas perdre de vue le fait que l\u2019économie canadienne du boeuf est directement Le prix du porc est beaucoup moins stable que celui du boeuf du boeuf est passé, au début des années 1970, par une période de croissance similaire, encorb que'moins spectaculaire en partie grâce à un programmé de soutien Nouvelle-Zélande), des prix permettant de Tout indique que les stabiliser davantage le\timportations de boeuf marché intérieur des\td\u2019outre-mer demeure- céréales fourragères.\tront inchangées l\u2019an Etant donné que les\tprochain et qu\u2019elles stocks de boeuf- avaient\taugmenteront de 5 p.diminué moins aux cent par année, par la Etats-Unis qu\u2019au Cana- suite.Les exportations da, à la fin des années outre-mer 60, nous avons importé suivre la même tendan- Au cours de la dernière décennie (1967 à 1976) , les prix des porcs ont été beaucoup plus instables que ceux du foeuf.avec des fluctuations moyennes annuelles à 33 et 20 p.cent respectivement.En revanche, les fluctuations de l\u2019offre ont été sensiblement analogues dans les deux cas, soit 10 p.cent.La production de porcs réagit plus vite aux changements de prix et aux variations du marché des grains, à cause de leurs taux de reproduction et d'engraissement plus rapides.En outre, les prix fluctuent davantages puisque la demande à la consommation est moins sensible au prix du porc qu'à celui du boeuf.Il en résulte que les cycles observés pour le porc sont beaucoup plus courts que pour le boeuf.prix du porc et du marché des céréales.Du premier trimestre de 1968 au premier trimestre de 1970, les prix des porcs sont montés d\u2019environ 40 p.cent, créant ainsi une forte incitation à accroître la production.Mais, le secteur des grains passait alors par une de ses périodes les plus difficiles et les prix hors commission dégringolaient d'environ 50 p.cent: Les stocks détenus à la ferme atteignaient des niveaux sans précédent nt l\u2019engraissement des porcs représentait une solution de rechange intéressante à la vente directe des céréales.Il en est résulté, que du premier trimestre 1969 au premier trimestre 1970,\tles mises en marché de porcs ont enregistré une hausse de 71 p.cent dans l\u2019Ouest et de 17 p.cent dans l'Est.Par ailleurs, aux Etats-Unis, la production augmentait de 28 p.cent entre le troisième trimestre de 1969 et le quatrième trimestre 1971.La baisse des prix qui a résulté de l\u2019accroissement de la production nord-américaine et de l'amélioration du marché des céréales a obligé les producteurs à réduire considérablement leur production en 1973- 1974.Toutefois, celle-ci a enregistré une nouvelle reprise du quatrième trimestre 1973 au troisième trimestre 1974, par suite de la situation intéressante des prix des porcs, mais la hausse très rapide des prix des grains durant ces deux années a rapidement étouffé ce progrès.devraient ; ¦§§ I ¦ ,r, .
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