Le Courrier de St-Hyacinthe, 4 décembre 1909, samedi 4 décembre 1909
[" 57e Année No 70^5 SERIEt TFLETE Décembre 09 No 43 SAMEDI, 4 Nos Institutions,\u2014Notre Langue,\u2014Nos Lois.Lu Com li Samt-Hyacinttse ST-HYAOINTUE, 4 DÉOEÏIBttE 1909 IN MEMORIAM Un ami de notre journal, qni ne néglige pas le onlte des disparus, visitait dernièrement le cimetière de la ville.Passant auprès de la Croix Centrale il jeta un pieux regard sur l\u2019humble monument érigé à la mémoire de l'abbé L.N.St-Onge, particulièrement célèbre parses travaux apostoliques en Orégon.Dans son désir de mieux se rappeler la carrière de ce dévoué missionnaire, il voulut trouver sa biographie et s\u2019adressa à noos pour consulter la collection du Courrier.Malheureusement ce travail, s\u2019il existe, n\u2019a pas paru dans nos colonnes à l\u2019époque du décès do l\u2019&bbé St-Onge, survenu en novembre 1901.Pour être agréable, dans la mesure de notre possible, à cet admirateur d\u2019un prêtre vénérable et plein de mérites, nous en avons réféié à l\u2019un de nos collaborateurs, qui nous communiqua les notes suivantes.Elles seront peut être lues avec intérêt, en atteudant que quelqu\u2019un fasse paraître une monographie plus complète sur la vie du regretté défunt.Louis-Napoléou St-Ouga naquit à Saint Oésaire, lo 14 avril 18(2.\t11 était le fils de Jean-Baptiste St Onge et de Maric-Euphémie Chiooyu*, Après un brillant oours classique terminé an Séminaire de Saiut-Qya-ointhe en 1861, il prit l\u2019hibit ecclésiastique et se destina à l\u2019évangélisation des tribus sauvages dans rOuest.Il fut ordonné prêtre à Vancouver, eu 1866.Il ne taida pas à se livrer, avec toute l\u2019énergie et l\u2019activité dont il était doué, aux missions que son évêque lui assigna.Les territoires de l\u2019Orégou et de Washington furent le théâtre de ses prédications pendant plus de sept ans.Il y fit un bleu immense, o\u2019épargnaut ni peiues ni saorifioes de toutes sortes pour annoncer l\u2019Evangile avec succès.Mais ses labeurs furent disproportionnés à ses force»- u%\t\u2019 état dv la santé loi\t., à» ou grand regret, un peu de repos.Il devint onrô à Battleboro, Vt., en 1873, mais vint bientôt à Montréal se préparant, sur les conseils d\u2019amis, à passer eu Eu* rope.Uo voyage dans les vieux pays lui souriait à plus d\u2019un titre.L\u2019admirable dictionnaire de l\u2019abbé Cyprien Tangouy venait d\u2019être terminé.Sa publication avait pour effet de développer chez les Canadiens le goût des études généalogiques et de faire naître, oh»z plusieurs, la belle idée de rechercher en ;Frano« les représentants des familles qui avaient fourni les premiers colons de ce pays.M.St Onge de Tint l\u2019adepte de oette idée et il souhaitait d\u2019avoir l\u2019occasion de la réaliser.Il eut le bonheur de faire plusieurs constatations d\u2019une grande valeur pour lui et uoe, entre autres, se rapportant à la famille de sa mère.Il s\u2019embarquait à Québec, le 30 mai 1874.Il revenait au mois de décembre de la même année, après avoir parcouru les plus belles régions de la France, tout eu ponssant une pointe josqu\u2019en Italie.Les observations et (es incidents qni marquèrent ses diverses visites ne sauraient être consignés dans cette courte esquisse.Bornons noos à signaler île résultat qni couronna l\u2019one de ses ^perquisitions généalogiques et à laquelle il est fait allusion pins haut.Traversant la riche et riante Toa-xaine,' il, ont la bonne inspiration d\u2019aller saluer le Docteur Pierre-Alexandre Ohicoyne, médecin dis-;;Upgeé et catholique fervent, demeurant à La Chapelle snr Loire.Il y «fut- reço à bras-onverts.La plus oordiale hospitalité fat accordée à ee eouiin du Canada, Le Doetenr Ohicoyne desoendait en ligne directe, et d\u2019après une filiation bien établie, de Gilles Ohicoyne et de Perrine Boisanbert qni, dès avant le 16 novembre 1636, étaient jutriés et vivaient à Ohannsy, dans l\u2019anoien Anjou.Ils eurent plusieurs enfants.Un fils oadet, baptisé le 7 février 1639 sous le nom de Pierre, quitta le foyer paterne! en 1662 poor venir s\u2019établir dans la colonie de Ville-Marie, où U fonda une branche oanadienne de sa famille.Le Docteur Ohicoyne était né à Meigné, commune voisine de Chan-nay, de pareots chrétiens et fermement attachés aux traditions des ancêtres.Son frère, l\u2019abbé Jean-Lanrent Ohicoyne était onré & Vil\u2014 laines, diocèse de Tours.Il desservait cette paroisse depuis plus de 30 aus, aveo zèle et dévouemeot.Les œuvres de mutualité, qu\u2019il avait fondées parmi ses paroissiens, faisaient l\u2019admiration des économistes les plus marquants.Sa sœur, Anna Chi-ooyue, était entrée dans la communauté des Filles de la Charité St-Viuoeut de Paul et, & la deuiaude de ses supérieurs, elle était allée demeurer à Rome où elle fut ugrégée au Conservatorio Torlonia.L\u2019abbé StOugo conserva toujours le plus heureux souvenir de son passage en Touraiue.A son retour d\u2019Europe, le courageux missionnaire crut qu\u2019il pouvait repren Ire l\u2019exercice du saiut rniuis-tôre.Après une courte résidence à Rutland, il fat curé de Glens Fall pendant dix huit ans.De 1893 à 1897 il se retira chez sou frère à Troy.En 1897, il prit sa retraite définitive et vint passer le reste do ses jours & St-Hyacinth»», non loin des murs bénits de son Alma Mater pour laqoelle il n\u2019avait jamais cessé d\u2019éprouver une profonde vénération.LE CHOIXJDES JUGES Il est temps de crier Ila\u2019to-là ! M.Rodolphe Roy avait & peine revêtn l\u2019hermine que la Gazette annonçait la prochaine retraite de M.Weir et son entrée dans la magistrature.Cela a paru tellement énorme que l\u2019opinion s\u2019est émue.A Montréal, l\u2019on connaît peu M.Rodolphe Roy, mai» l\u2019on commit M.W.A.Weir, et I .je que l\u2019ou eu pourrait faire un uagistrat a révoillé un brave \u201c K og\u2019s Counsel \u201d qui, aveo toutes sortes de précautions oratoir s, M\u2019est empressé de déclarer qu\u2019il serait temps de choisir les juge-* parmi 1cm avocats qui connaissent lenr droit, et non point parmi les politiciens.M.Weir, de son côté a affirmé qn\u2019il entendait parler «le la chose pour la première fois.Boit, mais cela ne veut point dire qn\u2019il ne s\u2019éveillera pas demain drapé dans l\u2019hermine judiciaire, si cela fait les petites affaires du parti ou s\u2019il a réussi à faire mouvoir d\u2019assez puissantes inflaences.Certaines des nominations faites depuis dix ans.constituent, il ne faut point hésiter à le dire, de réels scandales.Elles créent un véritable péril social ; elles tendent à ruiner le respect que nous devons à la magistrature et qui \u2014 on nous l\u2019a assez répété \u2014 est une des garanties de l\u2019ordre public.Nous ne sommes, en éorivant cela, qne l\u2019écho des sentiments »ntimes d\u2019un très grand nombre d\u2019avocats, et parmi les pins haut cotés 1 Le gouvernement ne s\u2019est pas oorite n té de traiter en parias toute uno catégorie de légistes, d\u2019exolnre des honneurs et des responsabilités judiciaires tous ceux qui ne partagent point son avis sur les qoestions de tarif ou de chemin de fer ; dans son propre parti, il a donné l\u2019avantage aux politiciens sur les travailleurs, aux incompétents sur des hommes dont tout le monde reconnaît la haute valeur professionnelle.Prenez, par exemple, sa dernière nomination.Noos n\u2019avons poiat d\u2019animosité personnelle contre M.Rodolphe Roy \u2014 on ne voit pas de fait, qui pourrait entretenir contre ce brave homme nn sentiment quelconque d\u2019hostilité ; par contre, noas n\u2019avons non plus ancuue obligation particulière envers M.Ohs.-Edouard Dorion, que Ha Majesté Lomer 1er chargeait l\u2019été dernier de plaider contre Fournier et qui de fait, a largement contribué à envoy-ir en prisoo notre ancien directeur.Mais nous n\u2019hésitons point à dire qn\u2019en écartant M.Dorion et dc9 hommes de sa trempe poor ohois r M.Roy le gouvernement a commis l\u2019une des plus lourdes fautes qu\u2019on puisse lui imputer» M.Dorion est uu juriste distingué, qui a fait toute sa carrière an Barreau, qui jouit dn respect et de l\u2019estime de tous ses confrères.M.Ro dolphe Roy est un politicien dont la compétence professionnelle n\u2019a jamais commandé l\u2019admiration de personne, dont la médiocrité tranchait aveo un déplorable éclat,même sur le milieu terne, gris, essentiellement médiocre qu\u2019est l\u2019Assemblée législative.Nous ne reprochons point à M.Roy de )n\u2019ôtre pas uu aigle, mais il est certaines portes devant lesquelles .on doit s\u2019arrêter, lorsqu\u2019on ne peu «justifier d\u2019une certaine stature.Qu\u2019un homme ne dépasse point la moyenne Intellectuelle, oela u\u2019a en soi qu\u2019une importance médiocre et le publio n\u2019a guère à s\u2019en occuper.Mais si l\u2019on fait de cet homme l\u2019arbitre des biens, de la fortuue, de l\u2019bonnenr de ses semblables, n\u2019est antre chose.Ses défauts, ses faiblesses.son incompétence sont grandis, multipliés et presque indéfiniment perpétués parla haute situation qu\u2019ou lui donne.Ils risquent d\u2019engendrer des injustices directes, ils diminuent, d*un« façon certaine, le prestige de la fonction.Mais uous répétons là des vérités de La Palisso 1 Tout le monde sait* bien qn\u2019on ne devrait élever itux dignités judiciaires que les avocats les plus compétents et les plus honorables, tout le monde sait aussi que le gouvernement écarte systématiquement les avocats conservateurs ou d\u2019allure indépendante, se privant ainsi d\u2019une partie au moins des sujets compétents, et que, dans son propre parti, il donuo la préférence aux politiciens.(Je sont là des faits qui crèvent les yeux ! Mais ce sont des faits contre lesquels il importe de réagir, si l\u2019ou ne veut poiut que le prestigo do la mngistmtuie eu soit douloureusement affrété.Il faut dénoncer les nomiuaSms injustifiées ; il faudra peut-être réclamer uu mode de nomiuatic i oui pro\u2018èg-3 le gouvernement lui même contre les pires excès du 14 palro- EHg 1 *\u2019.Nous avons M.Roy, bravo homme dont le tort priucipal est d\u2019avoir accepté, oomrne juge ot comme ministre, des fonctions qui lo dépassent infiniment ; uous avoue eu M.Choquette, dont le manque de jugement es* chose légou taire ; nous sommes menacés d\u2019avoir M.Weir, politicien de dixième ordre.Vrai nent, c\u2019est trop ! Il est temps de crie-* : Holà ! ot li*lte-!à ! L\u2019intérôt public, i\u2019iutérêt même de la magistrature l\u2019exige ! MAIRE Les protestations contre le projet de défense navale Malgré l\u2019attitude de la pin part des grands journaux, liés au gouvernement par l\u2019esprit de parti ou l\u2019intérêt, le sentiment antiimpéria iste se fait jour d\u2019au bout à l\u2019autre du la Province.Deux cris se répercutent à travers U * » maux ruraux et les journaux :ns qui ne sont pas à la dévotion '* inistère : Appel au peuple oiirveillance des députés I Nous choisissons presque a a hasard, parmi les coupures qui uous sont récemment parvenus, deux extraits typiques, l\u2019un de Qtiébeo et l\u2019autre de Fraserville.CONSULTONS LB PEUPLE ! L'Evénement, qui a mené snr cette question (le la défense navale et (le l\u2019impérialisme militaire nue remarquable campagne, revient à la charge aveo une nouvelle énergie et s\u2019écrie : Cousu'tons le peuple ! Aorès avoir constaté qne les journaux qui avaient annoncé uno dépense initiale de 20 million % s\u2019efforcent aujourd\u2019hui de prouver que le coût premier de l\u2019entreprise ne sera que de sept ou huit millions, l'Evènement déolare : \u201c Quoiqu\u2019il eu paisse être du coût premier, \u2014 que M.Laurier une fois dans sa vie, par acoident on par distraction, dise la vérité, snr ce point, \u2014ce qu\u2019il importe (le counaltr»*,c est l\u2019opinion du peuple.\u2022* Et cotte opinion nous no pouvons la connaître véritab \u2022\u2022meut que par nne consultation populaire, procédure en tont oouforme au système de gouvernement qni est oeosé uous régir.11 Puisque l\u2019on dit le peuple souverain, qu\u2019on en appelle done au souverain peuple sur lo rôle qu\u2019il entend jouer à l\u2019avenir daus l\u2019empire.11 NI M.Laurier, ni M.Borden, ni le parti libéral, ni le parti conservateur,\u2014tous (leux sans mandat ,»«- 3Un à oet < ffat,\u2014n\u2019out lo droit d\u2019ei ^agor aussi gravement l'avenir du pays.\u201d SURVEILLEZ VOS REPRÉSENTANTS î Le Saint-Laurent le Fraserville, se demande pourquoi créer une flotte le guerre et réc\u2019ame, lai aussi, une consultation populaire, tour en donnant anx électeurs le sage conseil de bien surveiller leurs représentants.11 Pourquoi créer une flotte de guerre 1 s'éorie-t il.Sommes-uous menacés sur notre territoire î Par qui ! Si les E^ats-Unis veulent envahir notre pays, ce nVst pas avec one flotte de vingt millions que sur le Pacifique, qne sur l\u2019Atlantique, nous pouvons défendre nos côtes.Irons-nous porter la guerre ailleurs ! pont être l\u2019Angleterre pourrait bien le demander, et notre flotte canadienne servira alors mieux les intérêts de la Grande Bretagne que ceux du Dominion.Uo pays jeune connu* le nôtre, o\u2019a rien à gagner à faim la guerre aux autres.Et si lagu-rre uous était déclarée, nos volsiua «-uls seraient à craindre, les Aduérioiuis semblent plus enclins à envahir notre pay* hv*o leur capital qu'avec uiie flotte, ils achètent pirtout nos meilleurs termina, ot viennent fiiro concurrence dangereuse aux nôtres.La défense que nous devons org>*ni- ' ser contre eux est celle de nos industries, do nos richesses nationales.Avec vingt millions, que ne ferions-nous pas au Canada pour assurer le progrès industriel et ugricoto.Que l\u2019ou jetto disque année cinq millions eu plus dans nos forêt?, nos cours d\u2019euu, uo» régions de colonisations, nos mines, etc., et dans dix ans nous aurons peut 6 ro lo moyen de nous payor uno flotte qui pourra servir, eu attendant la guerre, à promener nos ministres et les consuls étrangers, ruais aujmirri\u2019hui, à quoi bon t Nous avons plusieurs beaux bateaux suffisants à tous nos besoins, même à lu proiuouade de ces messieurs et iis ne s'en servent héhis ! pas assez, puisqu'ils rêvent encore de guerre, de carnages î Ami lecteur, surveillez bien nos représentants pendant cette session, et exlgtz qu\u2019ils vous consultent avant de voter une loi ruineuse pour notre pays.MONSIEUR MONK Du Manitoba : Dms un retentissant banquet quo lui ont offert ses électeurs, M.F.I).Monk s\u2019est nettement prononcé contre la création d'une marine canadienne.Le député do Jacques-(Jartier no croit pas à l\u2019utilité de ce déploiement militaire ; il craint pour lo développement économique du pays le déboursé énorme que nous devrons faire si nous nous engageons dans la politique »gi-tuteur n la façon de AI.Sifton I Et commo si les Canadiens Français étaient inst nativement portés à se dresser contre toute aspiration nationale anglaise ! Ü- »\u2019*» st pas par manque de dé» vou me *.à l\u2019Angleterre et à l\u2019empire que M.Monk s\u2019est prononcé contre le projet Laurier.C\u2019est au contraire parce qu'il voit daus cotte politique uu obstacle au dévouement normal du Cauuda.On peut différer d\u2019opinion ^vee lui, mais lo free Press a tort de discerner do l\u2019exclusivisme de race là où il y a que lo désir (le bien servir son pays.Les journaux anglais no doivent, pas oublier que des députés et dos journalistes anglais so sont prononcés contre la politique des armements sous tontes ses formes.Et cependant person uo ne les a accusés de manquer d\u2019amour pour la mère-patrie.Répétons le toujours : les Canadiens-français sont loyaux à l\u2019Angleterre, et on devrait cesser d\u2019interpréter tous les actes comme uuo affirmation d\u2019antipathie eu vers le sentiment britauuique.Que l\u2019élément anglais corumonco par s\u2019accorder, puis 11 pourra ensuite passer uu prisme les multiples et divergentes opinions qni s\u2019affirment dans la province de Québec.TAS l)K l\u2019IlRASKI'RS ! ! L'an dernier, le parlement, dans tonte sa sagassc, u décidé d\u2019élever un monument à la mémoire de Merci t.Nous ne portons pas de jugement sur c»tte décision ; Mercier a commis des fautes bien graves, mais il ont certainement un idéal noble et un talent hors ligue, et, comme disait un jour nu de nos plus illustres Missionnaires : 44 Dms uu pay3 jeune connue h* nôtre, les grands hommes sont relativement trop rares pour ne pas les honorer tous.\u201d Mais voici que pour faire cette œuvre d\u2019art, ou dédaigne de se servir du talent de nos grands artistes lois que Hébert et L (liberté, et l\u2019ou va on chercher un do l\u2019autre côté de l\u2019océau.Pourquoi, quand il s'agit d\u2019honorer la mémoire d\u2019un homme (lin fut exclusivement de chez nous, va t-on chon-her uu artiste ailleurs et méprise-ton les talents de nos compatriotes t Presque tous les journaux out protesté contre cette injuste préférence,nous offrons à nos lenteurs une partie de l\u2019nrtiolo de Maduloim, qui, daus la Patrie, a protesté aven son énergie hab.tuelle contre nette uouvello bêtise do nos gouvernants.44 Vous les entendrez clamer sur tous les tons : 44II faut encourager nos arts et nos industries !\u201d \u201cL*s nôtres avant tour.\u201d ;lLo Canada aux Canadiens\u201d, et mille autres de o»s phrases rou-tlmt.es qui font toute l\u2019éloquct)OQ de nos politiciens, et cette éloquence là, ils la jettent magnifiquement aux quatro coins du piys, sûrs de donner ainsi la pleine mesure du patriotisme.Tas de phraseurs, va I Il y a peut-être encore dos ba-dun Is qui croient à ces exclamations-là, ni iis consolons-nous, bientôt les plus naïfs seront fixés sur la sincérité de tels discours, et il faudra pour les éclairer parfaitement que d\u2019incidents dans le g «lira de celui que vient de soulever le concours pour le monument Morofrr.Lorsque la décision fut* prise ü\u2019ériger une statue à la mémoiro du grand patriote, tout lu monde eut raison de croire que ce beau travail serait confié au ciseau d\u2019un Hébert ou d\u2019un Laliberté, les deux vrais artistes qui liouorout la sculpture canadienne ; ot ce uo fut pas sans étonnement que Pou outeu-dit parler d\u2019uu concours entre uo3 sculpteurs et M.Chevré.Pourquoi, puisque Pou voulait faire appel au talent étranger, n\u2019a-t on pas convoqué régu ièt ornent un concours par les moyens qui so pratiquent gôné-ralcin-iit et coiiiniout so fiit-il que M.Chevré, parmi les sculpteurs français, seul ait été invité à concourir î Certes nous n\u2019allons pas jusqu'à demander qu\u2019ou exclue de chez nous lo génie français, mais nous pouvons bien réclamer lorsque Pou fait à M.Hébert ot M.Laliberiô, l\u2019injure de leur préférer uu Frnnç iis qui ne les dépasse certainement pas eu talent.Ii appartenait certes à uu artiste do chez nous, à celui qui sait notre histoire dans ses plus .intimes détails, à celui qui porte en sou cœur toute l'ardeur do sou admiration, il appartenait à celui là, qu\u2019il s\u2019appelle Ldtborté ou Hébert,de fixer dans le marbre ou le granit, les traits de Mercier.Comment no l\u2019a t-ou pas compris t fît que signifie cette ad- 7m \u2022m * A mission d\u2019uu étranger, alors qu\u2019il s\u2019agissait de remplir un devoir euvers nos artistes, envers la race, en un mot t fît l\u2019ou fonde des écoles techniques et des écoles de hautes études, l'on fait, avec tout cela, grand bruit-, et quand il faut par un geste tout simple et tout naturel rocou\u2014 uaîtro le vrai mérite des nôtres, on leur confiant un \u2022 œuvre osMoutiolle-io''iit nu a-dessus de toutes les cliqu\u2019s et de toutes les coteries et qu\u2019il ue restera étranger à rien de co qui peut promouvoir les intérêts et le bien être de nos corn patriotes.Il aura à faire f *oe à des ad ver «aires puissants.C\u2019est à nos amis, c\u2019est à tous les amis de la libre discussion, à tous les fervents de l'idée natiouulo qu\u2019il appartient de lui frayer chemin.Il u\u2019est person ue qui ne puisse lui apporter uno aide effi \u2022 c*ce.Aucun obstacle ue résistera à l'effort- coinbi 116 do tous les amis de la presse libre.Aboutiez vous, faites abonner vos ami*.Si vous avez des annonces, faites en bénéficier le journal qui sera lu par uue clientèle dont la hmte valeur vous assurera un exceptionnel bénéfice.Le prix de l'abonnement sera, comme pour les autres jooruaux quotidiens, de £3,00 par anuée.TRIOMPHE CONSERVATEUR Le gouvernement conservateur de la Colombie Anglaise vient de balayer les libéraux qui u'out pu se faire élire que dans deux comtés.C\u2019est uu désastre pour le parti libéral do la Colombie.M.McBride est un jeune homme de 38 ans.C\u2019est uu énergique, on travailleur, un meneur d\u2019hommes» Il a déjà plus que gagné ses épaulettes.C'est un grand politique, un administrateur habile.Il a une profonde connaissance des affaires publiques et du peuple.11 est appelé, c\u2019est évldeilt, à jouer un rôle encore plus grand sur un théâtre plus vaste.Lu victoire décisive remportée par le gouvernement McBride dans la Colombie Auglaiso a attiré l\u2019attention du Dominion sur la proviuoe de l'extrême ouest.Et beaucoup de gens s\u2019iuténsseut à la politique qui u valu au jouue premier ministre un si éclatant triumph»*.C\u2019était une politique de chemin do fer, et dans un pays neuf comme lu Colombie Anglaise c\u2019est buv celle «111 i s\u2019impose, puisqu'elle r-'g iff* le développement du pays.Deux corn pagines puissantes s\u2019étaient engagées à sillonner lo pays de cheinius Je fer : le Canadieu Nord et la \u201cK ittle Hiver Valley Co.\" La première de vait construire sur la terre forme, de l'Alberta à Vancouver uu cheuilu de fer d\u2019une longueur d\u2019environ 500 milles, devant passer par New Westminster, et, sur l\u2019îlo de Vaucouver, uu tronçon d\u2019une centaine de milles Eu retour, lo gouvernement garantissait à la compagnie, capital et iutéiêts à 4 pourcent,; un emprunt équivalent ii £35,000 du mille, se rendant ainsi responsable pour une somme d'euvirou £21,000,000.Le Canadien Nord était en outre gratifié d\u2019une exemption de taxes pour dix ans à partir de l\u2019achèvement de son réseau provincial, et du droit de passage sur les terres de la oouroouo à même lesquelles il pourrait prendre le bois requis pour la confection de la voie ferrée.Le principe étant que le chemin do fer devait se cons truire sans qu\u2019il en coûtât un sou à la Colombio Anglaise, la compagnie s\u2019engageait â indemniser le goQvor-ueuieut pour toates dépenses se rapportant à cotte coustruotiou.Uno clause, qui a reçu l\u2019onthou siato approbation des électeurs, excluait les Asiatiques du persounel affecté à la couâtruotiou de la voie, et pourvoyait à 00 que les salaires payés fussent égaux à cenx que commande les travaux similaire dans la province.Ces clauses chères à l'électorat se retrouvent encore dans l'arrangement conclo avec la \u201c Kettle River Valley Co \u201d, qui s\u2019engage à relier les districts de la frontière américaine à la côte par one voie plus directe, que celle do Pacifique.La compagnie entreprend seule la cous truotion de ce réseau pourvu que le gouvernement gratifie d\u2019nn subside de £5,000 par mille le tronçon qoi, de Peuticton racoord*ra la nouvelle ligne an rézean de la 41 Nicola, Kamloops and Simi kameen Railway \", soit une distance de 150 mille».44 II semble pateot, dit le Witness, que l'opposition à one telle politique était vouée à la faillite, Les conditions obtenues semblent favoriser raisonnablement la province, si on les rapproche des arrangements oonclns entre les divers gouvernements, uu Canada, et des compagnies de chemins de fer.\" Donat Fobtin.DE PARTOJT Boston, 29.\u2014Le Dr Cook n\u2019a pas été vu du publio depuis samedi et cela intrigue beaucoup h-h amis qui se demandent oû il est.Un journaliste ami du docteur, déclare que ce dernier doit être dans quelques retraite, occupé à préparer les documents à l'aide desquels il croit pouvoir démontrer qu\u2019il a bien atteint le Pôle Nord : 44 La dernière fols que j\u2019ai vu Cook, dit-il, je l\u2019ai trouvé en proie à une lép enHion jerveu*9 très forte et, répoi daut aux q ics lions que je lu» po?iis, il m'a dit : \u201c 81 cela continue jncore quelques mois de plus, j serai dans une maison de sauté.\" J'ai examiné les papiers du docteur et j\u2019ai la plus entière cou fiance en sou intégrité et je suis convaincu que la décision de l\u2019Université de Copeuhiguo lui sera favorable.Je déclare de plus que je ne sais pas où se trouvent actuellement le Dr Cook, que l\u2019on n\u2019a pas revu depuis samedi après midi.Tous les amis du dooteur, interrogés au sujet de cette disparition rnysté-rériouse du célèbre explorateur, dé-olareut ne rleu savoir.Comme bleu ou le pense, oette affaire a oréô uue sensation.Doux candidats ont été mis en nomination à Kamouraska.Ce sont M.le notaire L.D ipuis, et M.Néré Morin, de Ste-Hélôoe, libéral-indépendant.La votation aura lieu lundi prochain, le G décembre.Montréal, 29.\u2014M.Aegidius Fau-teux qui depuis plusieurs années, faisait la rédaction politique à la Patrie, quittera ce journal dan9 uno couple de semaines, pour accepter la position de\u2019rédacteur en chef à U Ivresse.M.Faateax est l\u2019ane de nos meilleures plumes.On m'apprend aussi que M.J.B.Lagaoé, conférencier d\u2019art et d\u2019esthétisme à l\u2019Université Laval, entrera également à la Presse.sbu/oled Nous ne connaissons aucune autre médecine qui ait eu autant de succès pour faire disparaître les souffrances de la femme, ou reçu autant de témoignages viridiques que le Composé Véeétal de Lydia E.Pinkham.Dans presque toutes les localités vous trouverez des femmes qui ont recouvré leur santé par le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham.Presque toutes les femmes que vous rencontrez en ont profité, ou commissent quelqu\u2019une qui ont fait de même.Il y a dans le Laboratoire Pinkham, à Lynu, Mass, des files, contenant plus d\u2019un milion cent mille lettres, de femmes, cherchant la santé, et dans lesquelles plusieurs disent ouvertement, sous leur propre signature, qu\u2019elles ont retrouvé leur sauté, en prenant le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham.Le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham, a sauvé un grand nombre de femmes d\u2019opérations chirurgicales.Le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham est fait exclusivement de racines et d\u2019herbes et est absolument sans danger.La raison pour laquelle il a tant de succès, est qu\u2019il contient des ingrédients qui agissent directement sur l'organisme féminin, lui rendent la santé et son activité normale.- Des milliers de témoignages véridiques et non-sollidtés, tel que le suivant prouve l\u2019efficacité de ce remède si simple.Bcllcrlve* Qué.-\"Sans le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham |c ne vivrais plu.Pendant cinq mole Pel en dee douleurs et des périodes Irrégnllères* et Inflammation de Pulcrus.J'el soullert comme ue martyre et pensai souvent à la mort.Je consultai deux médéetns qui ne purent rien pour mol.J'allai dans u hôpital et les meilleurs médecins durent qn'll me fallait subir une opération car |*avals une tumeur.Je reviens chez mol très découragée.Une de mes couines ma conseilla de prendre votre Composé qal Pavait elle-même guérie.Je le Ils et bientôt |e commençai d me sentir mieux et mon appétit revint avec lu première bouteille.Je n\u2019éproave plus aucune douleur et |e ants guérie.Votre 1\t\u2018 \u2018 d'être loué.\" Mrs.Emma Chatel, Bcllcrlve, Qaé.L\u2019AGE CRITIQUE «m Portas da\" ' \"Lorsque j\u2019eus atteint l\u2019âge critique, ma santé fut fort compromise.En quelques semaines, j\u2019eus raison de m\u2019alarmer sur ma situation qui empirait rapidement.Je fus alors quelques temps sous le J soins de mon médecin de famille, mais, malgré tout c ^ en dépit i \u201cJ\u2019eus les fièvres qui me clouèrent 6ur nu lit de souffrances durant plusieurs semaines, et malgré tous les bous soius dont j\u2019étais entourée, je 11e pouvais plus relever de cette terrible maladie qui dé toutes 8CS ordoui r ' -a et ses m\u2019avait mise aux portes du tom-remèdes variés, je p :i a consi- bc&u.dérablement du terra 0\t*éciali.stes comme ceux de la Compagnie Médicale Moro, par exemple.Cette Institution scientifique, qui tient scs bureaux sur la rue Saint-Denis, ft Montréal, et qui lance son appel ft tous les malades du Canada et des Etats-Unis, a fait une spécialité du traitement des maladies des hommes.Le rhumatisme, en particulier, fait l'objet d'éttules qui ont abouti ft la découvert* d'un traitement approprié.Peut-on bonnement préférer ks le travail bien pénible.Sons consulter auctiu médecin, je prenais tous les remèdes qu'on m\u2019enseignait et j'essayais tout ce qui pouvait me soulager.Mais rien n\u2019y faisait et je souffrais toujours horriblement.Je passais une partie de mes nuits sans sommeil et, de plus, une constipation devenue chronique, me conseils d\u2019un empirique, d'un re- donnait souvent les hémorroïdes, bouteur quelconque, aux prescript ion&d* hommes de l\u2019art ayant étudié le rhumatisme sous toutes ses formes, ayant wtM les expériences, contrôlé les traltements, écouté les grands maîtres de la science ft Washington, il Londres, Paris et Berlin.y v J ' étais alors ft Québec.Arocdtôt arrivé ft Montreal, ie me rendis ce qui constituait encore une nouvelle souffrance.Québec real, je auprès des Médecins de la Compagnie Médicale Moro pour le* consulter.Ils me donnèrent noc foule de bons avis et me prescrivirent de prendre quelques boîtes de Pilules Moro.Je commeuçai aussitôt le traitement et je ne le regrette pas, car, après six mais de leur usage, j'étais guéri de ma maladie de rognons et de mes hémorroïdes.Il m'arrive rarement de me ressentir de mes douleurs de rhumatisme et si je m\u2019en aperçois, je prends aussitôt quelques boîtes de ces bonnes Pilules Moro qui me soulagent Immédiatement.J\u2019en ai toujours ft lu maison et je n\u2019en manquerai jamais.Je me plais à les recommander ft tous mes omis comme étant le remède le plus .\u201c ¥ efficace pour toutes les maladies.Je suis très reconnaissant envers les Médecins de la Compagnie Médicale Moro et je suis heureux de leur rendre uujourd'hni ce témoignage.Votre tout dévoué, JOSEPH TURGEON, 213 rue Piuiet, Montréal.CONSULTATIONS SRATUlTtië \u2014Par les Médecins de la Compagnie Médicale Moro tous les jours, excepté les dimanches, de 9 heures du matin ft 6 heures du soir, au No.272 rue Saint-Denis, Montréal.Les hommes malades qui ne peuvent venir voir nos médecins sont invités à leur écrire.Les Pilules Moro sont en venta chez tous les marchands de remèdes.Nous les envoyons aussi, par la poste, nu Canada et aux Etats-Unis, sur réception du prix, 50c une boîte, $2.50 six boîtes.Tontes les lettres doivent être adressées: COMPAGNIE MEDICALE MORO, 272 rue Sain*-Denis, Montréal.M.JOB.TUROBON, 215 rue l*iuict, M01U161I.Ie jtatmtfU\u2019* : ij Pai «on chic Suptême.I] Par U Ixauté de »*¦» lipne» qui permettent l'ajua-tement parfait de la toilette.t] Par «ri pioportiom 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LTD.**T.UTAOINTUK.\tH 1< U K NT K -II K I.K N K.MONTÜKiZr La messe des revenants (Suite et fin) \u2014Deo gratins ! répondit le servant.Il n\u2019y avait plus que l\u2019abbé qui avait ordonné au moine vivant de célébrer ; il s'approcha majestueusement, orné de la mitre blanche et de la crosse noire, béni le célébrant et se tournant vers Maclou : \u2014 Mon fils, vous nous avez assistés pour servir la sainte messe dans laquelle la miséricorde de Dieu a résumé les grâces de toutes les fondations supprimées par l\u2019enfer ; le Seigneur nous permet pour vous récompenser de vous emmener avec nous au ciel.Et île sa main glacée, plus froide que l\u2019hiver, l'abbé lui touchait le front.\u2014 Et moi, ne voulez-vous point m'emmener, demandait le célébrant.\u2014 Non, tu dois encore ouvrir le ciel à d\u2019autres qui n\u2019ont pu nous suivre, et tu dois accroître le nombre de ceux qui te recevront là-haut.Le lendemain les habitants appelés par leur saints curé venaient cherché le vieux Maclon qui était mort en sonnant le glas dans la nuit des tre passés.On chanta l\u2019office des morts, et sous ce catafalque vide qu\u2019il avait si bien orné la veille, son corps seul reposait en paix car ton âme avait suivi les Bienheureux, Mais à l\u2019endroit où était mort Maclou, le vieux prêtre parvint en que tant, à relever une modeste chapelle dédiée au* âmes du purgatoire.Et chaque jour il y venait dire la \" messe des trépassés \u201d, afin de compléter dans le ciel le peuple de ses rères qui attendaient encore au cimetière voisin.Puis, ayant longtemps rempli ce pieux ministère et excité le zèle de tout le pays pour les âmes, il se coucha pour sa dernière maladie, et le soir de la Toussaint suivante il fut au plu3 mal ; on commença la prière des agonisants et vers minuit on crut qu'il rendait le dernier soupir Aussitôt les fidèles commencèrent la prière de la sortie de lame.Subvenite, sancti Dei ; occurite an-geli.Accourez, saints de Dieu ; venez au devant de cette âme, anges du Seigneur.\u201d Et les saints obéirent sans doute, à cette invocation, car le mourant ouvrit à nouveau les yeux pour un spectacle qui excita sur ses traits décomposés par la mort une joie indicible.\u2014Qu'y a-t-il que voyez vous ?Et le saint pèie, en une extase qui suspendait la mort, dit : \u2014C\u2019est la \u201d messe des revenants l\u201d Oh que c'est beau dans les ruines du couvent ! j'étais venu prier pour mes frères.Et alors, d\u2019une voix distincte il raconta mieux que nous n'avons hit précédemment l'histoire de *'la messe des revenants.*' \u2014Et le servant, dit-il, c\u2019était Maclou, le sonneur qui sonnait le glas des morts et qui mourut pour suivre les bienheureux.A mon tour ! Et il expira.Son âme suivait sans doute le cortège des saints du Ciel, grossi par ses prières, et voici qu'une main invisible, au milieu de la nuit, agita la cloche des ruines du couvent.C\u2019était à la fois un glas et un son joyeux, et chacun disait : \" La cloche sonne d\u2019une façon étrange, comme Maclou seul savait sonner.i> LE l'OIS FLEURI En 1795, le jour de Pâques, l\u2019abbé Sigournais, après avoir chanté la messe et les vêpres, se reposait dans son jardin, sous un prunier, dont une vigne vierge, deux lierres et cinq clématites variées, grimpant les uns sur les autre, avaient fait la plus épaisse tonnelle, la cloche de feuilles la plus fournie qu'on pût imaginer.Il comptait sur ses doigts les malades auxquels les jours précédents, il avait porté la communion, accompagné d\u2019un petit gars de quatorze ans, son servant de messe, appelé Lambinet.Et il lui semblait bien que le nombre n\u2019y était pas, lorsqu\u2019une femme parut et dit : \u2014 Monsieur le curé, celui de chez nous n'a pas mangé depuis ce matin, parce qu\u2019il vous attend pour faire ses Pâques.L\u2019abbé, à cause de l'ombre de sa tonnelle, ne reconnut pas sa paroissienne.Il demanda : \u2014Quel âge a-t-il, et quel est-il ?\u2014Quatre-vingts ans, et c'est le grand-père de Lambinet votre servant.\u2014J'irai, répondit le curé.\u2014C\u2019est que, riposta la vieille femme, la route est longue, et voici la lumière qui décroit.Vous savez qu\u2019il demeure à l'autre bout du marais.\u2014Peu importe, dit simplement l\u2019abbé, je l\u2019avais oublié, ton oncle ; je vais réparer, je pars tout de suite.La femme reprit, ne voulant pas être cause d\u2019un malheur : \u2014Ecoutez il y a une patrouille de Bleus qui garde la route de S lint-Jean-de-Monts : s'ils vous découvrent, ils vous tueront.\u2014Ca n\u2019empêche pas de partir, fit le curé.Et puis Dieu sera du chemin.Il sortit alors de dessous l'abri de son prunier.C\u2019était un grand vieil homme bâti comme ses rudes métayers, pour la fatigue de la vie, et dont la figure toute ratatinée, toute jaunie, n\u2019avait qu'une seule expression, qui ne changeait jamais, celle d'une bonté triste et que rien n'a lassée.Il passa devant la femme sans plus s\u2019occuper d\u2019elle, et regarda le soleil d\u2019un air de dire : 11 Pourvu que tu ne me laisse pas au milieu du marais !\u201d Une demi heure il se mit en mar che, portant une hostie consacrée qu'il avait renfermée dans un médaillon d\u2019argent et pendue à son cou.Devant, à dix pis, s'en allait, roulant d'une jambe sur l'autre et content d\u2019être en danger de mort, le servant de messe qui avait seulement quatorze ans, mais toute la taille, toute la vaillance d'un homme et des cheveux* roux frisés, et des yeux bleus de marin, qui luisaient parmi les taches de rousseur.Les deux précautions qu'il avait prises, c\u2019était de ne pas allumer la lanterne que Lambinet tenait comme une canne de confrérie, par le haut de la hampe, et de prendre à travers champs les sen-sentiers à tout moment coupés de canaux et de fossés.Quel tranquille soir de Pâques I Les pousses des roseaux commençaient à crever les graines épuisées et mortes de l\u2019an passé, les moissons étaient hautes d\u2019un pied, 1a lumière jaune du couchant se répétait dans les eaux.Personne ne se montrait.La peur semblait avoir rcartu déserte i la campagne.L\u2019abbé s'avançait bien droit, la tête seulement un peu inclinée sur la poitrine, cher hant le som met des mauvais &et» tiers en dos d\u2019âne qui endiguaient les fossés.Il ne faisait nulle attention à nulle autre chose du chemin, pas même aux plantes semées de sa main et qui pouvaient, en cette soirée, êtres épanouies.Toute sa pensée était concentrée en une muette prière d\u2019adoration.Et ils allaient suels dans le pays marécageux, leurs silhouettes grandies par l\u2019ombre qui tombait.Cependant comme le soleil allait se coucher, l\u2019abbé Sigournais leva les yeux et il aperçut devant lui un champ où le sentier finissait, et qui était à moitié vert et à moitié blanc.La partie verte portait une moisson assez basse ; l\u2019autre au contraire, était recouverte d'une végétation haute, fleurie, mouvante au vent léger qui venait de la mer.\u2014Qu\u2019est cela ?demanda l'abbé, dont les yeux n\u2019étaient plus guère bons.\u2014A droite, répondit le gars, c\u2019est un champ de lin, et à gauche, c'est un champs de haricots en fleurs.Il faudra passer à travers l'un ou l\u2019autre, Monsieur le curé I L'abbé ne répondit pas par respect ; mais quand il arriva à l\u2019endroit où le chemin se perdait et où\u2019commençait le labour, il vit deux paysans qui étaient venus inspecter leur bien et juger des récoltes futures.Il les reconnut, et il passa : 11 Quel est celui qui sera béni pour avoir ouvert son champ au passage de son Dieu ?\" Et il avait à peine formulé en lui*même cette pensée, que les deux hommes le tirèrent de doute.Le propriétaire du champs de haricots s\u2019avança comme un furieux, et cria : \u2014Ne traverse pas ma récolte, curé, ou il t'arrivera malheur.L'abbé Sigournais, réprima la grande indignation qui se levait en son cœur ; il étendit seulement trois doigts, et béni l\u2019homme qui venait de parler.Aussitôt le second, qui possédait le champ de lin et qui avait enlevc soi.grand chapeau, dit de sa place : \u2014 Mon lin va fleurir tout à l'heure, mais vous pouvez passer, le boi Dieu, vus et votre servant.Le grand abbé Sigournais a tête toute droite cette fois, dans 1\u2019 >mbre presque entièrement noire, s\u2019avança dans le creux d\u2019un sillon que pâlissaient un peu des milliers de tiges légères ; et il trouva bientôt un autre sentier, et il arriva, annoncé par l\u2019aboi d\u2019un chien, dans la petite ferme au toit de roseaux, où habitait celui qui attendait ses pâques.La lune à moitié pleine, multipliée à l\u2019infini par les flaques d\u2018eau.les fos sés et les étrangs du pays plat, éclairait assez bien la campagne, lorsque le curé, vers io heure:, se remit en route pour regagner le presbytère.Le servant de mes«e * tarchait à côté de lui, ne lui venant qu\u2019à l\u2019épaule, malgré sa crue rapide, et, plu* fier encore qu'à l'aller, portant sa lanterne allumée qui dansait sur les digues comme les follets de nuit.Il sifflait de temps en temps un petit air de chanson pour chasser son sommeil.Us parvinrent ainsi, peut-être une heure après le départ, à l'endroit où étaient le champ de lin et le champ de haricots Dans le premier, il n\u2019y avait plus personne ; mais à l'entrée du second, devant la muraille de plantes folles montées en buisson et couronnées d'une lueur qui paraissait de la neige, ils virent un homme à genoux, les bras en croix, le front tourné vers eux.Au moment où ils quittaient le sentier pour traverser de nouveau la pièce de lin, l\u2019homme qui n'était qu\u2019à quelques pas d'eux dit d\u2019une voix coupée de sanglots : \u2014Monsieur le curé I Mousieur le curé ! Le grand abbé Sigournais connut, au son de la voix, que c\u2019était celui de ses paroissiens qui l\u2019avait menacé quelques heures avant.\u2014Pauvre chrétien, dit le curé, que fais-tu là ?\u2014Je pleure depuis que vous avez passé dans le champ de mon voisin.J'ai eu peur pour ma Técolte, j\u2019ai été un misérable.Il sanglotait si fort en disant cela, que l'abbé Sigournais ne put s\u2019empêcher d'aller jusqu'à lui, et de se baisser et de l\u2019embrasser ; et comme il le tenait encore tout près de sa poitrine, H entendit cette prière : \u2014Monsieur le curé, je vous en supplie, passez ce soir à travers mon champ, afin que je fasse pénitence 1 L'abbé et son servant traversèrent donc les hautes rames fleuries, qui se brisaient à leur passage, et en cet instant une bouffée de parfums s'éleva des b tissons blancs comme si vingt mille fleurs de pois de senteur s\u2019étaient ouvert ensemble.D'où l\u2019abbé comprit bien qu\u2019un événement extraordinaire s\u2019accomplissait En effet, plusieurs chose merveilleuses furent observées par ceux qui, en cette triste année, purent f.* ire la moisson.Le lin qui avait donné passage à Dieu devint par la suite si fourni et si haut, que de mémoire d'homme on n'en avait vu de pireil.Et ainsi la foi fut récompensée.Mais le repentir, mes enfants, le fut plus t encore» Non seule- ment les haricots réoarèrent en deux jours »e tort qu'avait fait à leurs Quilles, à leurs tiges, à leurs fku -, la troué du servant et du prêtre, mais encore, quand on voulut récolter et b.iser les cosses mures, on remarqua que le pois avait été changé.Au lieu d'un petit haricots blanc maigre et sans tache, les filles et les femmes recueillaient, en nombre inusité, des pois d\u2019une forme plus arrondie, à l\u2019endroit du germe, la figure parfaitement nette d\u2019une hostie entourée de rayons violets, comme un grand ostensoir.\t^ L\u2019abbé Sîgoutnais ne fut pas tout de suite avisé de ce prodige.Il avait été, quelques jours après Pâques, déporté, avec beaucoup d\u2019autres, jusqu\u2019en pay9 d\u2019Espagne ; mais, au retour, quand il reprit possession de son presbytère, il put admirer, .ans un coin que des mains amies avaient cultivé pour lui, des haricots de l\u2019espèce nouvelle marqués d\u2019un ostensoir violet.Il se réjouit de ce que son rêve avait été réalisé.Et depuis lors, mes enfants, le pois s\u2019est multiplié ; j\u2019en ai tenu dans mes mains, du temps que je voyageais en Vendée, et que je n\u2019étais pas à votre ser\\;ce, mon petit Réné, mci; petit Ami roise.René Bazin.de VAcadémie française.M.V * h- \u2022'.Il i nmu v i j\u2014*.\\Ct : Y : > ï 1 l ! bi\tf Æt 1UJ f*i*e S iiut Mo.ilr A.' 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