Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La revue trimestrielle canadienne
Revue universitaire qui a le mandat de stimuler et de diffuser la recherche scientifique et la recherche sociale réalisées à l'École polytechnique de Montréal et à l'Université de Montréal. [...]

La Revue trimestrielle canadienne est fondée en 1915 par un jeune professeur de l'Université Laval à Montréal et de l'École des hautes études commerciales, Édouard Montpetit, et les professeurs de l'École polytechnique Arthur Surveyer et Augustin Frigon. Ils en seront les principaux animateurs, durant quelques décennies. Le sulpicien Olivier Maurault se joindra à eux en sa qualité de recteur de l'Université de Montréal.

Publiée par l'Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, la revue remplit le vide laissé par Le Bulletin de l'École Polytechnique et La Revue économique canadienne. Elle vise à stimuler l'étude des sciences appliquées et des sciences sociales, en premier lieu le génie civil et l'économie, ainsi qu'à informer et à servir les ingénieurs francophones. La technologie, l'économie politique, la médecine, la philosophie, la psychologie, l'enseignement et l'humanisme trouveront une place dans ses pages au cours des années.

Parce qu'elle est un des principaux organes de diffusion de la recherche francophone, la Revue trimestrielle canadienne est une ressource importante pour la connaissance de l'histoire des sciences au Québec. On y trouve par exemple une présentation rédigée par le frère Marie-Victorin du lancement de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (mars 1924), ainsi que de nombreux articles témoignant du développement des recherches sur le génie civil, l'électricité et l'électronique, dont des articles sur la télévision à partir de 1933.

Le spectre de la diffusion de la recherche y est très large. On y traite fréquemment d'hygiène sociale dans les années 1920 et 1930, et de façon constante de l'enseignement général et professionnel. La psychanalyse y est abordée dans une série d'articles d'Antonio Barbeau publiés en 1930 et 1931. On peut aussi lire en 1938 un retour du géologue Gérard Gardner sur la question complexe de la frontière du Labrador.

La Revue trimestrielle canadienne permet de connaître davantage la vie de l'École polytechnique jusqu'en 1954, dernière année où la revue est publiée. L'Association des anciens élèves y donnera suite avec L'Ingénieur, une revue résolument tournée vers le génie.

Source :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. 5, p. 139-141.

Éditeurs :
  • Montréal :Association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique de l'Université de Montréal,1915-1954,
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique
Contenu spécifique :
Été
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'Ecole polytechnique de Montréal
  • Successeur :
  • Ingénieur
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

La revue trimestrielle canadienne, 1947, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
33ème année No 130 MONTRÉAL Été 1947 Revue Trimestrielle Canadienne Art du l'ingénieur — Mathématiques — Sciences — Architecture Industrie — Économie politique et sociale — Finances Histoire — Statistique — Hygiène — Législation U* .SOMMAIRE Nos Collaborateurs.,.:.*.Pascal OU le Feu.Georftes-Albert BOUTRY A Propos d’un Nouveau Livre.Arthur saint-pierre.L’Entretien Méthodique et Périodique des Ponts Métalliques.C.F.B LEMAIRE.Les Caractères de la Droite Euclidienne.Thomas greenwood.Le Corporatisme et le Coopératisme.p.-h.casselman.Australia — A Middle Power.Rt.Hon.F.M.forde.Le Plan Monnet.Henry mihjn.Revue des Livres.Vie de l’École et de l’Association.130 131 145 164 174 188 201 205 222 225 ASSOCIATION DES DIPLÔMÉS DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Publiée par les soins de l’École Polytechnique de Montréal, et avec le concours de l’Association des Diplômés de Polytechnique COMITÉ DE DIRECTION Président: Monseigneur Olivier Maurault, C.M.G., P.D., P.S.S., recteur de l’Université de Montréal._ Secrétaire: Ignace Brouillet, ingénieur, Directeur de l’École Polytechnique.Membres: Victor Doré, surintendant de l’Instruction publique de la province de Québec.Augustin Frigon, ingénieur, président de la Corporation de l’École Polytechnique.Henri Gaudefroy, ingénieur, secrétaire de l’Association des Diplômés de Polytechnique.Hon.Léon-Mercier Gouin, avocat, sénateur, professeur à l’Université de Montréal.Théo.-J.Lafrenière, ingénieur, professeur à Polytechnique.Édouard Montpetit, avocat, Secrétaire général de l’Université de Montréal._ _ Antonio Perrault, avocat, professeuràl'Université de Montréal.Arthur Surveyer, ingénieur, président de Surveyer & Cie.Ivan-E.Vallée, ingénieur, sous-ministre des Travaux publics de la Province de Québec.Camille-R.Godin, ingénieur, professeur à Polytechnique.COMITÉ DE RÉDACTION Rédacteur en chef: Édouard Montpetit, Secrétaire général de l’Université de Montréal.Secrétaire de la Rédaction: Camille-R.Godin, professeur à Polytechnique.Membres: Mgr Olivier Maurault, Hon.Léon-Mercier Gouin, Dr Ing’r Arthur Surveyer, Ing'r Arthur Dui-erron, Ing'r Maurice Gérin, et messieurs Louis Bourgoin, Henri Gaudefroy, Théo.-J.Lafrenière, Paul-Louis Pouliot, et Ludgcr Venne, professeurs à Polytechnique.Les auteurs des articles publias dans la Revue Trimestrielle Canadienne conservent l’entière responsabilité des théories ou des opinions émises par eux.La Revue publie des articles en français et en anglais.Les manuscrits doivent parvenir à la Rédaction au moins deux mois avant la date do publication.Ils ne sont pas retournés.La reproduction des gravures et du texte des articles pnrus dans la Revue est permise & la condition d’en indiquer la source et de faire tenir à la Rédaction un exemplaire de la publication les reproduisant.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra a la Rédaction.La Revue parait en mars, juin, septembre et décembre.Le prix de l’abonnement est $3.00 par année pour le Canada et les Ltats-Ums, $ 1.00 pour les autres pays.,., „ , .„ , .Toute communication pour abonnements, publicité, collaboration, etc., doit être adressée au siège de la Rédaction et administration: ÉCOLE POLYTECHNIQUE 1430, rue Saint-Denis, Montréal. REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I IMPRIMES ET SERVICE DE LIBRAIRIE GRATIS Si vous voulez vous renseigner au sujet du béton, nous tenons à votre disposition nos propres publications ainsi que celles que publie la Portland Cement Association.Ces publications contiennent toutes sortes de renseignements utiles sur l’emploi du béton dans la construction.Nous vous les enverrons sur demande.De plus, nous possédons une bibliothèque assez complète des principaux magazines et livres publiés au Canada, aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, et ayant trait au béton et au béton armé.Vous y trouverez toutes sortes de conseils techniques émanant d’ingénieurs, d'architectes, d’entrepreneurs généraux et de constructeurs.Cette bibliothèque est à votre entière disposition.Écrivez aujourd’hui à notre Service de Librairie CANADA CEMENT COMPANY LIMITED IMMEUBLE CANADA CEMENT COMPANY SQUARE PHILLIPS - MONTRÉAL Bureaux de vérité à Québec Montréal Toronto Winnipeg Calgary II REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Votre aââociêe La Banque Canadienne Nationale n’est pas seulement pour l’homme d’affaires un organisme d’escompte et de transfert de fonds.C’est une associée.Exposez avec confiance vos problèmes au gérant de votre succursale.Il a intérêt à collaborer avec vous, sous le sceau de la discrétion, puisque le succès de sa succursale est lié à celui de votre entreprise.BANQUE CANADIENNE Actif, environ §350,000,000 525 BUREAUX AU CANADA 61 SUCCURSALES A MONTRÉAL CHIMIE • PHYSIQUE • BACTÉRIOLOGIE Verrerie Pyrex.Outillage Précision.Étuves Freas et Thelco.Balances de précision Creusets et coupelles Battersea et D.F.C.Concasseurs, pulvérisateurs, fours Braun pour Laboratoires de Mines.Canadian Laboratory Supplies Ltd.403, RUE SAINT-PAUL OUEST, MONTRÉAL 0956 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Voyez FAIRBANKS-MORSE d’abord MOTEURS DIESEL Fairbanks-Morse: voilà le nom dont il faut sc souvenir quand on a besoin de moteurs Diesel.Les moteurs Diesel F-M, dont la capacité varie de 10 à 3500 c.-v., ont acquis une renommée mondiale dans la navigation, le service fixe et le service de locomotive.Si vous voulez un rendement sûr et économique par excellence, exigez les moteurs Diesels F-M.Consultez notre bureau le plus rapproché: nos services de ventes, de maintenance et génie Diesel sont toujours très volontiers à votre disposition.Les moteurs Diesel F-M sont fabriqués en trois types: Diesels à vitesse lente pour travaux lourds de 35 à 3500 c.-v.; Diesels à vitesse moyenne, 4 cycles, de 10 à 160 c.-v.et Diesels à poids léger pour travaux lourds à pistons juxtaposés.Fairbanks -Morse Le magasin à rayons de l’industrie QUINZE SUCCURSALES D’UN OCÉAN À L'AUTRE pou vos m'ËÆ O/ie CANADIAN CO MPAN Y JCirnited IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Téléphone: 3-6736 GEO.DEMERS INGENIEUR-CONSEIL « 126, rue ST-PIERRE, QUEBEC ON TROUVE TOUJOURS A LA LIBRAIRIE DEOM UN choix important de beaux livres anciens et modernes, des éditions originales, rares ou curieuses des meilleurs écrivains des XIXe et XXe siècles et les ouvrages nouveaux, en exemplaires ordinaire1; ou sur grand papier, d'une sélection d'auteurs contemporains.•• • 1247 RUE ST-DENIS TÉLÉPHONE i HA.2320 MONTRÉAL Le mouvement rapide et sûr de la circulation moderne dépend du contrôle électrique de la circulation mm EQUIPEMENT POUR LE GENERAL CONTROLE DE ELECTRIC LA CIRCULATION En voiture ou à pied, par affaire ou par plaisir.le travail des utilités publiques ou privées.tout le transport urbain moderne dépend du mouvement ordonné des véhicules et des piétons sur nos routes et à travers nos rues.Une circulation uniforme et constante procurée par le système de lumières automatiques profite à tous les membres de la localité.Le contrôle électrique de la circulation protège les piétons, diminue l’encombrement, prévient les accidents.Il facilite aussi la direction des foules dans les centres encombrés, apportant à chacun plus de confort et plus de sécurité.Les ingénieurs spécialistes C.G.E.sont en tête des découvertes apportées au contrôle électrique de la circulation.Ces expert® dans l'arrangement des systèmes de si gnaux pour la circulation possèdent une vaste expérience aussi bien dans les petites comme dans les grandes villes.Leurs services sont à la disposition de toutes les autorités qui s’intéressent à l’installation et l’application d’une méthode de circulation moderne.Quel que soit votre problème, les ingénieurs de la C.G.E.peuvent vous conseiller sur le choix du meilleur système pour votre cas afin que vous puissiez faire l'installation d’un système de signaux procurant à votre ville une meilleure méthode de circulation.CANADIAN GENERAL ELECTRIC S SIÈGE SOCIAL —TORONTO VI REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Outils à bois Outils de précision "STANLEY" ET "STARRETT" "MILLERS FALLS" ASSORTIMENT COMPLET tinter!) leterm 1406, RUE ST-DENIS 6793, RUE ST-HUBERT WALLACE&TIERNAN LTD FABRICANTS D’APPAREILS DE CHLORATION ET D'ALIMENTATION CHIMIQUE HALIFAX MONTRÉAL • TORONTO • WINNIPEG VANCOUVER PURIFICATION DES APPROVISIONNEMENTS D’EAU ASSAINISSEMENT DES EAUX D’ECOUT DESINFECTION DES PISCINES Gérant à Montréal : JACQUES BENOIT.I.C.Tél.FAIkirk 2848 Fondée en 1912 Wilfrid Pageau PLOMBIER-COUVREUR Poseur d'appareils à gaz et à eau chaude SPECIALITE: REPARATIONS Travail fait soigneusement et à prix modéré.Bureau et Atelier: 984 Rachel Est REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE VII U U \ Un jouxnal honnête ^ ^et bien fait.LE DEVOIR est un quotidien rédigé avec soin et honnêteté pour un public intelligent, respectable et instruit ^Achetez et liiez LE DEVOIR toui lei Jouri 31 eit intéreiâant, bien informé, impartial, propre.ADMISTRATION ET RÉDACTION; 430 est, rue NOTRE-DAME MONTRÉAL VIII REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ON PEUT RÉTABLIR UNE VILLE .Wr 1i THAMB SIS -TLUVIUS Sept 1666 Ijm 'sm* On ne peut pas rétablir une forêt LE GRAND FEU de Londres, 2-6 sept.1666 .commença dans une maison de bois de Pudding Lane.Dura trois jours.Ravagea les immeubles sur 436 acres, 400 rues.Détruisit 43,200 maisons, 4église St-Paul, 86 temples paroissiaux, 6 chapelles, Pim-meuble des douanes, des hôpitaux, des bibliothèques, les prisons de Newgale, trois des portes de la cité, etc.Les pertes immobilières ont été estimées à £40,430,300.?Quand le feu s’empare d’une forêt, il ne reste que pauvreté, dévastation, ruine et inondations.Les ressources du pays perdent pour des millions de dollars de vie sauvage, de bois, de réservoirs et de bassins d’entreposage pour les lacs et les rivières.Le développement industriel d’une région entière se voit paralysé, et ses habitants perdent des revenus nécessaires.C’est à l’homme de protéger ses forêts .car leur destruction par l’incendie entraîne sa propre destruction.Surveillez vos allumettes, vos mégots de cigarettes .éteignez votre feu de camp .écrassez-le .ar-rosez-le.Le feu est fatal à la forêt.liliales (I ssksiliiirct SHiWIHIGM CHEMICALS LIMITED OOEBEC POWER COMPRIT trf* ¦ e ( 1 > 11.f O ViTHI r TIO> TRANSPORT WJ^T I R I POWER CO.E L K r T R I HIMIQI EH PHODI ITH Cette annonce fait partie d une campaRne destinée à démontrer l’importance de la conservation forestière 33ème année No 130 MONTRÉAL Été 1947 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l'ingénieur — Mathématiques — Sciences — Architecture Industrie — Économie politique et sociale — Finances Histoire — Statistique — Hygiène — Législation SOMMAIRE Nos Collaborateurs .130 Pascal ou le Feu .Georges-Albert BOUTRY .131 A Propos d’un Nouveau Livre .Arthur SAINT-PIERRE 145 L’Entretien Méthodique et Périodique i Ponts Métalliques les C F B LEMAIRE 164 Les Caractères de la Droite Euclidienne .Thomas GREENWOOD 174 Le Corporatisme et le Coopératisme .P.-II.CASSELMAN .188 Australia A Middle Power Ri lion.F.M.FORDE 201 Le Plan Monnet .Henry M1IUN .205 Revue des I.ivres .222 Vie de l’École et de l’Association .225 ASSOCIATION DES DIPLÔMÉS DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL NOS COLLABORATEURS Georges-Albert BOUTRY, docteur es Sciences physiques.Directeur dos Laboratoires d’Essais du Conservatoire National fies Arts et Métiers de Paris.Professeur à l’Institut d’Optique de Paris.Arthur SAINT-PIERRE, D.S.P., membre de la Société Royale du Canada; professeur titulaire à la Faculté des Sciences Sociales, Économiques et Politiques, de l’Université de Montréal.Directeur de l'Institut de Sociologie, relevant de la même Faculté.Cnari.ks-F.-B.LEMAIRE, (A.I.Garni), ingénieur des Constructions Civiles de Belgique.Ancien Directeur Général Adjoint, présentement Directeur de la Voip de la Société Nationale des Chemins de Fer Belges.Thomas GREENWOOD, licencié ès lettres, (Paris), docteur es lettres.Ancien professeur à l’Université d’Ottawa.Professeur de Littérature anglaise à la Faculté des Lettres de l'Université de Montréal.P.-II.CASSEI.M A N, Directeur de la Section des Sciences Sociales, à I École des Sciences Politiques de l'Université d’Ottawa, et Directeur adjoint du Centre Social.Professeur de Coopération, (P Économie Polit ique et de Relations Indust rielles à cette même université.Le 1 rks Honorable F.M.FORDE, Haut Commissaire de l’Australie au Canada.Henry MIIl’N, journaliste; docteur en Droit de l'L'niversité de Paris.Ex-économistc-statiscien au Centre de Documentation Economique et Juridique du Ministère delà Production Indust rielle, à Paris.ERRATUM Dans la rubrique « Nos Collaborateurs » du numéro du printemps de cette revue, p.2, Sème ligne, il faudrait lire; Charlottcn-bnurg (Allemagne). Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL ÉTÉ 1947 PASCAL ou LE FEU AVANT-PROPOS L'Iiistoirc des Sciences est un genre ingrat, presque faux.L historien désireux d’y venir recule, car il se sent manquer de compétence technique.Le philosophe s’y jette connue en terre vassale: mais il juge d’après des critères qui ne sont pas ceux dont usèrent les penseurs qu’il rencontre.L'homme de science, diront le lent cheminement îles idées au long des siècles, devant cette promenade sinueuse au long de laquelle ou s’élève, en retrouvant de temps en temps le même paysage progressivement élargi; — l’homme de science, qui note les sommeils, les explosions et les courses soudaines de la Théorie Physique, s'amuse, se prend d'enthousiasme, veut parler: mais il manque de compétence humaine, et, le jilus souvent, il cent mal.LA REV HE TP IM ESTE I ELLE CANADIENNE a voulu recueillir les manuscrits de quelques conférences données, fin 1940, à l'Ecole Polytechnique de Montréal.L'auteur, à qui s’offrait une voie si dangereuse, n’a point voulu l’emprunter; il l'a côtoyée, par un sentier modeste et choisit d’étudier le caractère et la vie de quelques savants français d'autrefois et de naguère.Les mobiles qui dictèrent le choix de ces savants; la parenté spirituelle, partielle, mais profonde, qui les unit peut-être: c’est ce qu’il n’est pas utile d’exposer d'abord.Les romans à thèse prouvent moins que les belles histoires toutes nues; ce sont des contes qu’on a voulu conter et c’est ainsi qu'il faut d’abord les lire.A a demeurant, si une conclusion, si des idées d’ensemble émergent 132 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE de ccs causeries, clics sont d’un ordre philosophique et austère: c’est ailleurs qu’il conviendrait de les exprimer.L'occasion m’est offerte de remercier les dirigeants de l'Institut Scientifique Franco-Canadien et le Directeur de l’Ecole Polytechnique de Montréal de l’accueil chaleureux qu’ils m’ont si souvent fait: il m’est singulièrement agréable de la saisir.La Chcrpelais, 2 avril 1947.I Un beau jour d’été de 1937, j'ai cheminé en bicyclette le long de la route de Riom à Clermont-Ferrand.Nous avions quitté le matin la petite cité bâtie avec cette élégance sévère et probe qui préserve la mémoire de siècles aussi agités que le nôtre, mais plus soucieux de beauté journalière et de fermeté spirituelle.Sans deviner que le nom de la ville que nous venions de laisser retentirait bientôt aux quatre coins du monde, nous glissions le long de la belle route; elle conduisait, au milieu des vignes et des jardins pleins de sourires, vers les monts dont on devinait déjà, à droite comme à gauche, les contreforts avancés; elle menait vers une ville illustre pour avoir vu naître un des hommes les plus grands, une des âmes les plus lumineuses (pie notre monde ait connu: Biaise Pascal, qui vécut trente-neuf ans, deux mois et un jour.File s’annonçait, cette ville, après la plaine riche, par une sorte de tristesse grandiose.Montferrand, morte qui fut d'abord seule à croître dans cette cuvette volcanique où aboutit la Limagne, nous avait vus passer en silence entre les murs gris de ses maisons pareilles.Clermont, qui restait déjà seule vivante au temps des Pascal, nous ouvrait à quelques milles de là ses avenues pavées de lave et nous montrait ses églises rouges et noires, fouillées au ciseau, toutes ses richesses sourcilleuses et obscures autour desquelles avait joué Biaise enfant.Un peuple d’ouvriers et d'adolescents emplissait les rues: Clermont est aujourd’hui la ville du caoutchouc et les usines Michelin y effacent ce grand souvenir.Étienne Pascal, qui naquit là en 1588, y épousa Antoinette Bégon: il avait vingt-huit ans, elle vingt-deux.Us étaient tous deux de pure souche auvergnate.Étienne, sorti d’une famille déjà considérée, était receveur des tailles, métier de finance et de compta- ?PASCAL OU I.E FEU 133 bilitc qui n’emportait pas encore l’impopularité qui lui vint ensuite.Un peu plus tard, sa compétence juridique et administrative fut récompensée par une charge de Conseiller du Roi, qui l’annoblit: on était en 1G24.Biaise venait de naître, le 19 juin de l’année passée, précédé par une fille aînée, Cîilberte, de trois ans plus âgée que lui.f.e -1 octobre 1925 vint le dernier enfant tie cette famille, Jacquette Pascal.J.e père était alors Président de la Cour des Aides de Montferrand.11 menait la vie large d’un homme instruit et éclairé; ses amis se réunissaient souvent chez lui pour parler de Lettres et de Sciences.La vie des enfants coulait égale et douce entre un père aimable, sage et serein et une mère peut-être effacée, sûrement fragile puisqu’une courte maladie l’emporta un an après l’arrivée de Jacquette, en 1020.Gilbertc seule se souvint d’elle; les deux cadets, trop jeunes, ne la connurent pas.II La mort de sa femme changea la vie d’Étienne Pascal sans changer ses pensées ni son caractère.Les soucis domestiques parurent; l’éducation des enfants engendrait les plus grands d’entre eux.Loin de céder aux habitudes de son temps, Étienne Pascal était soucieux de former à ses filles un esprit exercé.Gilbertc grandissait et avec elle, les préoccupations de son père.Il songea à quitter une ville où sa charge et ses amis lui prenaient trop de temps: aussi bien jouissait-il d’une aisance très large.Au onzième anniversaire de sa fille aînée, il n’y tint plus, vendit sa charge et s’en fut à Paris, en homme de loisir, pour éduquer lui-même sa famille.L’attraction qu’exerçait de loin sur lui les cercles de beaux esprits et de savants dont les gazettes lui rapportaient les entretiens enviables n’était pas étrangère au choix de cette résidence.Biaise, à neuf ans, vit donc passer chez son père bien des esprits brillants, savants ou seulement célèbres dont certains allaient devenir ses amis ou scs admirateurs.On a tout dit sur sa précocité.Étienne tenait aux humanités, craignait qu’une étude prématurée des mathématiques ne leur nuise: malgré les questions continuelles de l’enfant, il évitait de lui parler des livres d’Euclide.Port-Royal a raconté comment Biaise en reconstruisit seul bon nombre de 134 K K V V E T HIM EST RI E I.I.E C A N ADI K X X K propositions pendant ses heures de jeu.L’orgueil du père quand il découvrit ce singulier divertissement se peut deviner; tout Paris le sut, bien des lettres racontèrent l’histoire de l’enfant prodige: l’émerveillement d’alors, son affabulation, se sont prolongés jusqu’à nous.Biaise avait douze ans: son père lui ouvrit sa bibliothèque scientifique.On sait moins (pie Jacqucttc montrait la même précocité de dons.A dix ans, elle commençait d’écrire des vers dont beaucoup valent bien ceux des beaux esprits d’alors: l’époque est peu glorieuse pour la poésie française.On nous a conservé presque tout ce qu'elle fit jusqu’à son entrée en religion: il y règne de la grâce, de l’aisance et de la souplesse; on y trouve aussi un peu de sécheresse qui n’est pas de la gaucherie, car ce poète enfant manie sa langue sans peine: j'y verrais un rctiet du caractère déjà formé de cette Jaequette, de cette rigueur presque impitoyable, si étrangère à l’âme du père, si commune à celle de ces deux enfants et dont les effets vont bientôt paraître.Gilberte grandissait sans heurts, fille raisonnable et saine.Mlle sera bientôt l’épouse estimée de Florin Périer; nous n’entendrons plus parler de cette femme qui nous ressemble.Certains jours de 1039, Biaise ayant seize ans, Jaequette quatorze, Étienne parut avec un front soucieux.Cette famille était déjà célèbre; on venait beaucoup chez elle et les conversations qui s’y tenaient, traitant avec hardiesse de toutes les questions du jour, n’étaient point sans intéresser la police du Cardinal.L’intérêt devint du soupçon et le soupçon de la disgrâce.Certes, Étienne n'avait pints de charge publique, mais, au milieu des complots qu’on tramait chaque jour contre le pouvoir d’Armand Duplessis Cardinal de Bichelicu il ne valait rien, même aux particuliers, d’être honoré de son inquiétude.Étienne n’osait paraître; Jaequette et Biaise sauvèrent la situation.Il y avait beau temps que l’éducation de ce dernier était achevée: c’était maintenant le fils qui enseignait son père ravi.Avec une fougue spirituelle dont rien ne paraissait dans son maintien, Biaise s’était lancé à l’assaut de la Géométrie.En quelques mois, il avait écrit un Traité des Coniques, perdu pour nous, mais dont les feuilles circulaient dans Paris; on y trouvait maintes propositions nouvelles dont Desargues, premier maître de Pascal avec son père, n’était pas le dernier à s’émerveiller.L’activité de ce jeune homme PASCAL OU LE FEU 135 débile avait quelque chose d’un peu effrayant; il la payait chèrement par des crises périodiques de iatigue intense.Ce fut alors (pie M.de Scudéry résolut de faire représenter sa dernière pièce, «l’Amour Tyranniqùc ».Le Cardinal honorait ce matamore bel esprit de quclqu’amitié: il voulut que ce fut au Palais-Cardinal.Jaequettc, enfant chérie de la grand-ville, jolie, disant les vers de charmante manière, y eut un rôle de choix.Le grand Cardinal fut séduit, voulut revoir la petite actrice, (pii l’avait bien prévu: après révérence, elle lui récita une douzaine de vers vite écrits pour implorer la grâce de son père: on sourit.Biaise était là, qui vint: on se souvint du traité des Coniques, on mesura qu'il y avait là quelque chose de grand; on sourit encore, plus profondément; on pardonna les hardiesses.Mais on n aimait point les talents inutiles: quelques jours après, un ordre du Roi envoyait Étienne Pascal à Rouen comme Commissaire extraordinaire pour redresser la situation confuse des finances de Normandie.Ill Voilà toute la famille Pascal dans cette ville fameuse (pii fut l’une des plus belles du monde et qui pleure aujourd’hui ses ruines.Gilbcrtc y épousera bientôt un assistant de son père et retournera à Clermont au bras de ce dernier.Biaise brûle toujours, travaille tout à la fois les choses de science, de lettres et de philosophie, fait preuve partout où il explore d’un élan qu’on ne peut dire hâtif, car il va toujours loin, mais d’une impitoyable hardiesse et d’une logique rigide qui demeure, pour le moment, sans mélange: ce n’est pourtant plus, déjà, celle de tout le monde.Il ne songe guère à se fixer, ni à vivre; la pensée seule l’intéresse, toutes les pensées, dans tous les domaines.Il explique, il réfute, il cherche.11 ne conserve pas ses écrits.Les finances normandes sont décidément bien embrouillées.Un peuple de commis se perd dans les comptes, Étienne se plaint.Biaise songe, peu de temps en 1(341 ses pensées l’ont conduit dans un atelier de serrurerie; en 1G42 la première machine à calculer fonctionne: le géomètre est devenu mécanicien.C’est alors qu’apparaît chez Biaise Pascal un curieux sens pratique qu’il sera presque seul à posséder parmi les savants de 13(3 REVl'E THI.MKSTHIKI.I.K CANA DIENXE son époque.Il veut qu’on connaisse sa machine, qu’on la construise et qu’on la vende.Il court à Paris, il voit Roberval, depuis longtemps familier de son père.Dès 1045 un atelier fonctionne et Roberval vend « la Pascaline » dans son logis de la rue du Foin.En 1049, Biaise protégera son invention par un privilège de vente.Plus tard encore, il en est toujours fier et quand Christine de Suède lui écrira, en 1052, c’est d’elle surtout (pie parlera sa réponse.Mais revenons à Rouen.I.a machine inventée, Pascal se tourne vers un autre monde.J'ai déjà dit l'espèce de fureur avec laquelle il explorait la pensée humaine.Maintenant, la question religieuse le retient; il va avoir vingt-trois ans; ce sera pour lui l’âge de la première crise spirituelle.L’histoire de cette première conversion est obscure et, d’abord-il ne faut pas abuser du mot.L’éducation de Biaise a été très chrétienne mais sa foi, comme celle de son père, est encore vague et tiède: il ne l’a point examinée de près.A la suite de quels mouvements d’âme Biaise se mue-t-il soudain en prédicateur?Nous n’avons aucun moyen de le savoir.Toujours est-il que.sous son influence, la famille se prend d’un intérêt nouveau pour les choses de la foi; le fils a entraîné le père et Jacquette, bien aimée des deux hommes, les a suivis.Une chose est sûre: après cette « première conversion », Biaise Pascal reste le logicien implacable d’antan, mais il admet désormais une autre qualité de la pensée humaine, d’un ordre (pii la transcende; comme à regret, il admet l’intuition et comme il en possède — et de quelle envergure - il va s’en servir consciemment.Le curé de Rouvillc, petit village voisin de Rouen, l’abbé Jean Guillebert parait avoir joué alors un rôle majeur auprès des Pascal, fils et père.Jean Guillebert était ami d’Arnaud.Arnaud de Port-Royal: c’est un nom (pii retentira longtemps dans ce siècle et dans l’âme de celui (pii ne le connaissait pas encore.La santé de Biaise était devenue franchement mauvaise: les passades d’effort intellectuel immodéré auxquelles il se livrait toujours se signaient désormais par des réactions alarmantes.A la fin des travaux sur la machine arithmétique avait ainsi succédé une période de fatigue intense, de troubles nerveux, de migraines avec spasmes de la gorge, de désarrois digestif.Peut importe: il a plus de fougue (pie jamais.A peine remis, il se lance à fond vers de nouvelles avenues de la pensée.L’une d’elles nous montre bien le jeune homme d’alors, versant tout le feu de son tempé- PASCAL OU LE FEU 137 rament dans les choses de l’esprit.Les sermons et les commentaires d’un pauvre moine, Forton, n’eurent point l’heur de lui plaire: sur le champ, il se lança dans une controverse des plus âpres avec le malheureux, qu’il ne tarda ni à dominer, ni à confondre.Ce fut une chose étrange que ces discussions publiques où un prêtre quinquagénaire perdait voix devant cet adolescent dont la logique passionnée et le talent de polémiste faisaient déjà pressentir les Provinciales.Sur la lin de cette année-là, l’Intendant des Fortifications Pierre Petit, qui fréquentait chez les Pascal fit part à Biaise de l'expérience exécutée à Florence par Torricelli, devant l’Académie del Cimento.On la répéta sur le champ.Kn octobre elle réussit: voilà Biaise faisant des réflexions nouvelles.IV fttienne Pascal avait cinquante-neuf ans, Biaise vingt-quatre, Jacqueline vingt-deux.Une amitié profonde unissait le frère et la sœur.Pour quels motifs Biaise Pascal décida-t-il de quitter son père et île s’établir à Paris?On le sait mal.Il est peu probable qu’un désir d’indépendance ait séparé le fils génial du père admi-ratif et tolérant.H est possible que la polémique avec Forton ait fait à Rouen quelque scandale.Quoiqu'il en soit, au milieu de l'été 10-17, Biaise et Jacquette, qu’on appelait Jacqueline depuis qu’elle était demoiselle, vinrent à Paris où ils logèrent désormais rue Brisemiche.Pascal menait de front ses méditations sur la foi et ses réflexions sur le vide.Les unes et les autres devaient aboutir bientôt: les premières allaient provoquer à la fin de l'hiver une rencontre avec les Solitaires de Port-Royal; les secondes le conduisirent à un opuscule intitulé: « Expériences nouvelles touchant le vide », dont le permis d’imprimer est du S octobre 10-17.L’opuscule fut bien reçu du moqde savant, où il provoqua la curiosité de tous et quelqu’incompréhension de la part de Descartes; l’accueil des Solitaires fut assez froid.On fut frappé de l’allure raisonnante de la foi de Biaise et de Jacqueline (l’âme de la sœur mirait celle du frère).Les entretiens se poursuivirent pourtant, sans hâte.La fréquentation de Port-Royal agissait plus vite sur Jacqueline que sur Biaise.Celui-ci raisonnait toujours que celle-là I3S REN LE TRIMESTRIELLE CANADIENNE s abandonnait déjà à un mouvement plus fort que toute logique loutel année 1648 se passa de cette façon; mais je vais trop vite et j oublie que Pascal travaillait toujours à perfectionner son explication de 1 expérience de Torricelli.l’eu a peu prenait figure dans sa pensée un corps de doctrine nouveau et cohérent, qui allait devenir la Statique des Fluides «'lie que nous la connaissons aujourd’hui.Le principe qui permet de définir la pression en tous les points d’une masse fluide, il l’avait déjà formulé: l’expérience fameuse où son beau-frère Florin Périer Purta un baromètre au sommet du Puy-de-Dôme ne se peut ima-gmer sans son secours.Or, c’est dans une lettre du 15 novembre JJ4' qU 11 lu c 6crit et; l;1 demande au Conseiller, lequel.reUm.à eimont par les devoirs de sa charge, ne put la faire que dix mois upres, le J septembre 1018.Les lettres échangées à cette époque, publiées depuis, sont un des documents fondamentaux de l’Histoire de la Physique.Pascal paya ses réflexions de leur prix ordinaire, chaque fois plus lourd; la fin de l’an 1047 fut marquée de nouvelles douleurs qu il surmonta pourtant en quelques mois.L’atmosphère s’alourdissait, rue Bnscmichc.Jacqueline voyait de plus en plus les religieuses de 1 ort-Poyal; bunion de pensée du frère et de la soeur était détruite et chacun le savait.La situation évoluait lentement mais implacablement entre ces deux âmes absolues; elle se dénoua en lu4!f, .C’est le tournant de la vie de Pascal.Traité sur 1’ II vient d’écrire le >re des Liqueurs, conclusion d’ensemble de son travail sur la statique des fluides.Il l’a jeté dans un tiroir; c’est chose finie, qu ,1 n’a point le temps de publier: il a trop en tête Il s est remis à la Géométrie: c’est le début des travaux sur la cycloide, qu, vont le mener loin.Tout ce qui a un nom dans les Sciences a J ans le connaît et apprend tout à coup qu’une crise plus gnu e 1 a jeté dans un épuisement complet, qu’il part à Clermont, couche dans une voiture, pour tenter d’y regagner un peu de force.Certes, le travail était encore cause de cette rechute.Mais ce brusque depart coïncide avec la vocation de sa sœur: Jacqueline vient de decider de prendre le voile et, sans écouter les religieuses de i ort-Poyal elles-memcs, qui tentent d’atermoyer, d’imposer retraite et réflexion, elle veut partir de suite, elle part, elle quitte cette maison comme on s’enfuit.De Port-Royal elle entamera bientôt PASCAL OU LK FEU 139 avec son frère une discussion où on l’entend mettre un je ne sais quoi de précis, de sec et de rigoureux qui fait mal.Pascal malade répond tristement et fermement; enfin on va conclure: la volonté do Jacqueline sera faite.Des actes notariés échangés entre Biaise et Jacqueline, entre Biaise et Port-Royal partagent la fortune BLAISE PASCAL paternelle: car Étienne est mort, le 24 septembre 1051.Aussitôt après, Biaise est définitivement seul.Sœur Euphémic, religieuse de Port-Royal, Sœur Euphémie du miracle de la Sainte-Épine a pris le voile trois mois et demi après la mort de son pèic • Elle savait ce qu’elle faisait, peut-être, et ne vivra plus qu’un an et demi: le 10 juin 1053 elle s’éteint et le mot doit être pris dans son sens propre.Le feu qui consuma Jacqueline au point de lui enlever toute pitié envers son frère génial et débile, Pascal isole le connaîtra bientôt. 140 REVUE TRIMESTRIEL!.K CANADIENNE Y Il n’en a pourtant jamais été aussi loin?C'ettc crise, cet éloignement, ces discussions d’homme de loi l’ont blessé, replié sur lui-même, aigri et attiédi.11 exécute languissamment quelques expériences (la vessie de carpe portée sur la montagne), se remet lentement, quitte enfin Florin Périer et sa sœur aînée, rentre à Paris et tout à coup se venge sur l'univers sensible de l’univers qu’il a perdu: Pascal, Pascal le Géomètre, Pascal le raisonneur, va dans le monde et fait des visites.Personne ne l’ignorait à Paris; mais enfin, le frère et la sœur avaient fréquenté peu de gens: Roberval, autrefois Desargues, aujourd’hui le Père Mersenne, quelques beaux esprits épris de science.C’est par ces derniers (pie Pascal entre dans les salons, au grand désarroi de Port-Royal qui, recevant la sœur, pense avoir ainsi perdu le frère.L’émoi des solitaires en apprenant (pie celui (pii discutait avec eux des choses de la foi dans les jardins de Port-Royal s’entretient aujourd’hui des hasards du jeu en compagnie du Chevalier de Méré a été si grand qu'il a traversé les siècles et probablement déformé cette époque de la vie de Pascal.Je sens qu’ils ont eu beaucoup trop peur.C’est le jour où il connaît .Méré que Pascal se dépeint l’esprit de finesse; c’est le jour où il l’accompagne au jeu qu’il invente le calcul des probabilités, la géométrie du hasard comme d’aucuns l'ont joliment appelée: un de ses travaux qui paraît le plus mince et qui va le plus haut; il y prélude à tout un aspect moderne de la pensée mathématique et physique.Il me semble que l’homme qui ne voit dans une partie de lansquenet que l’occasion d’inventer le triangle arithmétique et la théorie qu’il en fait découler court assez peu de risques de s’attacher au monde et d’y perdre son âme.N’êtes-vous pas frappés de voir (pie la vie de cet homme de vingt-neuf ans reste toute intellectuelle et morale?Longtemps l’amitié d’un être pur a écarté de lui lis femmes.Il en fréquente aujourd’hui : je ne vois pas qu'il en aime.Une pourtant va se rapprocher de lui, parce qu’elle brûle: c’est Charlotte, sœur du Duc de Roannez, cet esprit sérieux que l’amitié commence de lier à Biaise.Mais l’influence de Pascal sur cette curieuse fille parait toute morale; c’est un contact d’âmes, et qui ne dure que peu.Biaise Pascal est incapable de s’aggréger au milieu nouveau PASCAL OU LE FEU 141 qu’il fréquente.Si son amitié avec Roannez ne se dément point jusqu’à la fin, c’est qu’il entraîne celui-ci dans son refus du monde inutile.Un an et demi à peine a passé que Biaise se prend de fatigue et de dégoût pour la vie qu’il mène.Il ne sort plus, travaille davantage, échange des lettres avec Fermât.A nouveau il tombe malade.L’automne de 1(154 le trouve sombre et convalescent; la méditation morale et divine l'attire de nouveau: c’est au mois d’octobre 1(154 qu’il rédige la Prière à Dieu pour le bon usage des maladies, que je n'ai pu lire sans l’associer à eet andante du X\ ème quatuor que Beethoven a intitulé, je crois, Chant de reconnaissance d’un malade convalescent.J’ai fini.Pascal vivra dix ans encore, mais qui peut le suivre?Où le mène la méditation qui commence alors?Elle s’achèvera dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 novembre par eet incendie spirituel dont il avait fixé le déchaînement subit de quelques phrases hachées, tracées sur un parchemin qu’il porta depuis sans cesse sur lui.Vous connaissez ce texte, son mélange de mysticisme et de précision, le mot FEU par lequel il débute, placé seul au milieu d’une ligne, après mention minutieuse du moment mémorable.Vous avez été frappés de l'abdication soudaine qui se lit dans le passage « Dieu d’Abraham, d'Isaac et de Jacob, non des philosophes et des savants ».Quelque chose qui résistait depuis longtemps vient d’être surmonté; des adieux définitifs se devinent; oublié, Méré et scs amis; oubliée, la Science; oubliée Jacqueline elle-même, vers le tombeau de laquelle il ne regardera plus.Il y aura pourtant des rechutes.Pascal peut bien entrer en cellule à Port-Royal en janvier 1G55 et y rester deux mois pour y passer quelques uns des moments les plus parfaits de sa vie spirituelle (il y a lieu de croire (pie c’est alors qu’il écrivit le « Mystère de Jésus » où certains mots rendent un son si parfaitement évangélique): le raisonneur Pascal n’est pas tout à fait mort.Voici Port-Royal en danger: aussitôt Pascal vole au combat.En un an et demi, devant les solitaires émerveillés d’abord, puis inquiets d’avoir un tel champion, il accumule sur la tête des Jésuites l’avalanche des Provinciales: c’est un dernier éclat, un souvenir de la querelle avec le Franciscain de Rouen.Quand Port-Royal, en face du danger se querelle et tergiverse, Pascal prend d’abord part aux controverses, s’en dégoûte, les abandonne, s’écarte et reste seul.Dès lors, le Jansénisme même cesse de l’attirer: il marchera 142 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE désormais vers la simplicité au long d’un sentier dont les étapes diurnes sont marquées par les Pensées et les nuits blanches par des travaux sur la cycloïde, sur la détermination des centres de gravité: pour tromper le sommeil il inventait alors le calcul intégral.on ne devait s’en apercevoir qu’au dix-neuvième siècle.En ces derniers moments, le dégoût de Pascal pour le monde atteint tout ce qui n’est pas l’idée de Dieu: vous connaissez la fin de la dernière lettre à Fermat (16(30): « la Géométrie est le plus beau métier du monde, mais enfin ce n’est qu'un métier ».Vous avez tous lu ce passage célèbre des Pensées: « J’avais passé longtemps dans l’étude des Sciences abstraites et le peu de communication qu’on cm peut avoir m'en avait dégoûté»; vous en avez savouré le détachement, l'indifférence avec laquelle il parle maintenant de ce qui l’a tant retenu.Tout est dit, il peut partir; rien ne compte plus que l’Apologie pour laquelle il prépare ces matériaux que sont les Pensées.F.h ! bien, ce n’est pas si simple, cette image n’est qu'un schéma.Jusqu’à la fin, quelque chose du jeune homme subsistera chez Pascal: l'étude (avec Roannez) des horloges à ressort est de KitiOet l'extraordinaire entreprise des « Carrosses à cinq sous », la première compagnie de transports urbains du monde, il l’organise en 1(101, le privilège d’exploitation lui en est délivré en mars 1002 ! ("est une pensée de bien public qui l’a fait agir et le sens pratique dont il a donné déjà des preuves a dicté la forme de cette intervention.l.e 2 juin 1042 Biaise Pascal s’émeut lui-même du «dégoût étrange » qui le pénètre.J.e 2 juillet, il est pris de douleurs telles qu'il se croit perdu: il l’est en effet et s'en réjouit car ce n’est pas ce mot qu’il emploie.Le S août, son état est tel que ses amis, accoutumés de le voir souffrir, s’émeuvent: grand remue-ménage de médecins; le 17 août, la douleur dure sans rémission depuis neuf jours; la Faculté, optimiste, juge son état sans gravité.Cela est bien vrai, il n’est plus cpie d’attendre.Biaise réclame, toutes les heures, les .Sacrements de façon déchirante.Après bien des atermoiements, au lever du jour, le curé de St-Etienne du Mont arrive avec l’Hostie et les Saintes Huiles.la douleur s’arrête un moment, Pascal communie dans une paix totale.Une heure après, des convulsions commencent; la dernière s’acheva dans un cri, à une heure du matin, la nuit suivante.Aucun des hommes de Port-Royal n'avait veillé cette agonie. PASCAL or LE FEl 143 VI Tous ceux qui lisent notre langue connaissent Pascal écrivain et moraliste.Ils ont été confondus par la densité de sa pensée, la concision fulgurante de sa phrase.On connaît beaucoup moins Pascal savant, qu’on entoure de respect, d’incompréhension, d’ignorance même.Mathématicien, il a été desservi par son horreur du symbole et des « mathématiques à tout faire » dont l’Analyse de Descartes est le modèle.Pour établir des méthodes générales, il a traités des exemples presque toujours numériques et dont la portée n a été comprise que très tard.Il est pourtant le premier qui ait bien vu la définition des infinis des divers ordres et le passage célèbre où il suspend l’homme entre deux infinis n’est que la traduction en langue vulgaire d'une notion qu’on lui doit et qui forme le point de départ de toutes les théories d’aujourd’hui.Mesurez cette prophétie: «.(l’homme).pensera peut-être que c’est là l’extrême petitesse de la nature.Je veux lui faire voir là dedans un abîme nouveau, l’immensité qui se peut concevoir de la nature dans ce raccourci d'atome.Qu’il y voie des univers dont chacun a son firmament, ses planètes, sa terre.» (Pensées, Xo 72) 1 On a présenté souvent Pascal comme un logicien implacable et féroce.Cela est vrai d’abord, et de Pascal polémiste.Cela est étrangement faux de Pascal physicien, qui montre très vite une véritable aversion pour la logique de Descartes.Ce dernier fait de l’algèbre, cherche à tout ramener à des opérations intcllectuellse quasi-mécaniques; Pascal fait de la Géométrie et de l'Arithmétique, où l'intuition est nécessaire.Il découvre le raisonnement par récurrence (raisonnement par induction complète) le plus éloigne qui soit de la déduction formelle, longtemps si mal compris des philosophes qu’il faudra attendre deux siècles et demi avant qu un Henri Poincaré l'explique.Pascal pose l’expérience en maîtresse et, à ce titre, rejette en bloc toute la Cosmologie de Descartes, toute à priori et toute formelle.Il a pressenti en lui le père du matérialisme: « Descartes, inutile et incertain » (Pensées, Xo 7) n'a besoin de Dieu que pour donner au monde la chiquenaude qui le met en marche.Cela fait.1.I.os Xos sont ceux do l’édition Brunschwig des Pensées 144 REVVK TRIMESTRIELLE CANADIENNE il s’cn passe.11 pressent le principe moderne d’indétermination et énonce un de ses aspects dans une formule saisissante où il embrasse l’Univers mental et l’Univers physique: « La justice et la vérité sont deux pointes si subtiles que nos instruments sont trop mousses pour y tomber exactement « (Pensées.No S2).Enfin, il marque envers les « démonstrations » une hauteur dédaigneuse qui est la meilleure preuve île ee que j’ose avancer ici: « Il se peut qu’il y ait de vraies démonstrations; mais cela n’est pas certain: à la gloire du Pyrrhonisme ! » (Pensées, No 387).Il ne manque aucune occasion de combattre le cartésianisme et trouve ridicule le dessein de réduire le monde à un mécanisme (Pensées, No 79).Le logicien, incessamment monte et démonte son univers: Pascal a surtout l’esprit de synthèse, il veut des principes et des lois, non des théorèmes; il cherche, en un mot, un sens au monde.Notez enfin qu'il ne peut souffrir l'intolérance technique et qu'il la pressent dans le matérialisme futur, avec l'aspect religieux qu’il prendra (lui aussi) un jour: « Pvrrhonien pour opiniâtre » (Pensées, No 52).C’est pourtant le même homme, l'intuitif, qui se méfiera à tout instant de son imagination; je n’ai pas besoin de vous rappeler le morceau célèbre sur la « maîtresse d’erreur et de fausseté » : tous ceux que l’attitude anticartésienne de Pascal a offusqués au cours des âges n’ont pas manqué de le citer.Peignez, si vous l’osez, cet absolu teinté de nuances pareilles.Descartes est entré dans l’immortalité accompagné d'un cortège qui devint bientôt une foule: c’est aujourd’hui une populace, elle grossit toujours.Pascal est seul.Descartes est serein.Pascal est tourmenté.Descartes se fait comprendre de tous.Pascal est le maître des isolés.Quel fut le plus grand de ces deux hommes?Je me garderai de le dire; mais je sais bien que Descartes est mort en pensant qu’après lui la Science était faite et que Pascal agonisant savait qu’elle commencera toujours.En face de l'orgueil du premier, mettez l'anéantissement du second: « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.non des philosophes et des savants » et souvenez-vous que l’homme qui a écrit cela fut, en littérature comme en physique le premier des modernes, que sa parole rend un son éternel et qu’il n’accepta aucune règle dictée par le seul monde matériel qui nous entoure.„ Georges-Albert Boctrv.Montréal, 18 septembre 1946. A PROPOS D'UN NOUVEAU LIVRE1 I.E PROBLÈME DE LA PROTECTION DE L’ENFANCE DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC M.l’abbé Charlcs-E.Bourgeois, directeur de « l’Assistance à l’Enfant sans Soutien », des Trois-Rivières, vient de publier en volume sa thèse sur la protection de l'enfance que l'Université d’Ottawa a couronnée d’un doctorat bien mérité.C’est une précieuse addition à notre littérature sociale canadienne-française encore peu volumineuse; c’est, plus spécifiquement, la première étude d’ensemble sur les problèmes qui se posent dans notre province à l’égard de l’enfance malheureuse.L’auteur était bien préparé pour aborder ce sujet.Outre d'assez longues études poursuivies en France et aux Etats-Unis, il possède une douzaine d’années d’expérience pratique au service de l’enfance dans le diocèse des Trois-Rivières.En fait, et sans vouloir déprécier le reste, on peut dire que les meilleures et les plus instructives pages de son livre sont celles du chapitre V,— pp.190211 —où il expose l’organisation et le fonctionnement des œuvres dont il est le directeur.On se surprend même à regretter qu’il n’y ait pas consacré plus d’espace.Son ouvrage se recommande par une documentation assez abondante, une bonne ordonnance de ses matériaux et une belle clarté d’exposition.Il est appelé à rendre de grands services à tous ceux qui s’intéressent vraiment à l’enfance malheureuse en leur faisant pour ainsi dire toucher l’extrême complexité du problème qu’elle présente et le danger des solutions trop simplistes qu’on voudrait lui apporter.Le volume se divise en trois parties d'inégale importance,fplus quelques tableaux statistiques placés en appendice.tf* La première partie expose, en quelque vingt-cinq pages, la nature et l’importance de notre problème de la protection de l’enfance.La deuxième consacre plus de 115 pages à l’étude des lois et des œuvres qui, dans notre province, protègent et secourent les enfants dépendants.La troisième élabore en soixante-dix pages les opinions de l’auteur sur les développements et les améliorations qu’il y aurait lieu d’apporter à cette organisation déjà imposante.I.« Une richesse à sauver: l’Enfant sans Soutien », volume de 2(10 pages, Éditions du Bien Public, les Trois-Rivières, P.Qué. 146 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Importance du problème De la première partie, il y a peu de choses à dire.On y définit avec précision les diverses catégories d'enfants qui entrent sous la désignation générale d’enfants sans soutien.En tout premier lieu, les illégitimes, puis les orphelins complets et les semi-orphelins.Viennent ensuite les enfants de ménages désunis, de parents indignes, ou encore de parents qui, pour une cause ou pour une autre, se trouvent dans l’impossibilité provisoire ou permanente de pourvoir à leurs besoins.L’énumération se termine par les infirmes, les délinquants et les anormaux.Elle paraît complète.11 serait assez difficile, sinon impossible d’imaginer un enfant dépendant, dont le cas ne pourrait entrer dans l’une ou dans l’autre de ces subdivisions.L’auteur accompagne son énumération de commentaires appropriés et tente une évaluation statistique de chacune des catégories d’enfants qu’il a définies.Sans se montrer optimiste, bien au contraire, il ramène tout de même à des proportions plus justes que celles qu’on leur attribue trop souvent, les problèmes que l’enfance malheureuse pose devant nous.C’est ainsi qu’il écrit: p.24.« Bien que le taux de ces naissances (illégitimes) soit faible chez nous en comparaison avec celui des autres provinces du Canada, il n’en indique pas moins un état de chose qu’il faut déplorer ».C’est bien ainsi, me semble-t-il, que nos problèmes doivent être posés.La situation est suffisamment sérieuse pour qu’il soit non seulement inutile, mais positivement dommageable d’en exagérer à plaisir l’ampleur et les difficultés ! Il faut bien admettre que cette section et les tableaux statistiques que l’auteur a eu l’excellente idée d’annexer à son étude, même rapprochés, ne donnent qu’une idée approximative de notre situation réelle.D'abord, parce que certains chiffres comportent eux-mêmes une part de supposition ou d’évaluation, par exemple, ceux qui se rapportent aux anormaux en page 43; et ensuite, parce qu’il y a inévitablement des omissions et des chevauchements.C’est que, nous sommes ici dans un domaine où la précision mathématique n’existe pas.Chercher à l’atteindre, c’est poursuivre une pure chimère et c’est gaspiller des ressources et des énergies qui pourraient, beaucoup plus utilement, être employées ailleurs.Se basant sur des statistiques officielles, les unes imprimées, A PROPOS d’un NOUVEAU LIVRE 147 les autres encore manuscrites mais qu’il a pu consulter, l’auteur fixe à 15,323 le nombre des enfants qui, clans des institutions ou au-dehors, ont dû recevoir des secours de la charité publique ou privée.« C’est, nous dit-il, 1.4% des 1,0(12,813 enfants de 0 à 14 ans que nous avions dans la province en 1941.» (p.22).Ce chiffre ne comprend pas, bien entendu, les bénéficiaires des allocations familiales, qui n’existaient pas encore en 1941, ni même les enfants des mères nécessiteuses, subventionnées à ce titre par nos pouvoirs publics.Même en tenant compte, comme il le faut, qu’un certain nombre d’enfants, peut-être parmi les plus misérables, n'ont pas, pour une raison ou pour une autre, bénéficié des secours dont ils auraient eu grand besoin 1 et ne figurent donc pas dans le total des enfants protégés, il n’en reste pas moins vrai que ce pourcentage est très faible, qu’il est même remarquablement satisfaisant.Quelques centaines d’enfants en plus ou en moins ne changeraient pas la nature et ne modifieraient guère l'importance du problème.Celui-ci reste de proportions maniables.11 ne justifie en rien les agitations alarmistes et témoigne en faveur d'une organisation sociale, qui a réussi à le contenir dans des limites relativement étroites, en dépit des bouleversements universels de ces derniers trente-cinq ans, dont l’enfance a été partout la première victime.* * * L’auteur traite de nombreuses questions, complexes, difficiles, très discutées, auxquelles je m’intéresse depuis plus de vingt-cinq ans.Ces questions ne sauraient être épuisées dans un seul ouvrage, fut-il aussi dense que la thèse de M.l'abbé Bourgeois.Forcément, les unes sont traitées plus superficiellement que d’autres.Les opinions à leur sujet peuvent varier, se contredire même.Des points laissés dans l'ombre par l’auteur peuvent mériter aux yeux du lecteur un traitement plus approfondi, alors (pie d’autres, au contraire, reçoivent peut-être aux yeux de ce même lecteur, une importance exagérée ou des solutions discutables.Affaires de tempérament, de tournure d’esprit, de point de vue et de but poursuivi.Mais ayant dit l’ampleur des problèmes abordés par M.l’abbé 1.Comme il arrive dans tous les pays et sous tous les régimes d’assistance . 148 BEVUE TRIMESTBIEI.EE CANADIENNE Bourgeois duns sa thèse et l'impossibilité de les traiter :\ fond dans un seul volume, on comprendra sans peine que je n'ai pas l'ambition, ni la prétention de compléter son travail dans les cadres d’un article.Je voudrais tout simplement souligner, d’un trait plus ou moins longuement appuyé, certains points de son exposé sur lesquels il me parait particulièrement désirable d'alerter l’opinion publique.Nos INSTITUTIONS DE PROTECTION DE L’ENFANCE M.l’abbé Bourgeois signale avec raison et illustre de faits probants et de statistiques concluantes le rôle prépondérant et bienfaisant joué par lu charité congréganiste dans le vaste champ de la protection de l’enfance chez nous Beu de gens parmi nous apprécient à sa juste valeur l’importance du service qui nous est ainsi rendu.Et je ne veux pas parler surtout ici du point de vue financier; je l’ai déjà traité ailleurs1 2 et la situation n'a pas beaucoup changé depuis.Les rajustements de subventions consentis de temps à autres par les pouvoirs publies ont, à peu près toujours, été absorbés longtemps à l’avance par l’augmentation du coût de la vie et l’amélioration des conditions d’hospitalisation, de sorte que, toutes choses égales, il reste vrai que la contribution strictement matérielle des communautés charitables à l’entretien des indigents allège considérablement le fardeau du contribuable québécois.Mais cette question a d'autres aspects sur lesquels il importe, me semble-t-il, d’attirer l’attention.Pendant près de trois siècles, la charité congréganiste, seule ou presque seule, s’est exercée chez nous en faveur de toutes les formes de misères et particulièrement de l’enfance malheureuse, sans rien demander à et sans rien recevoir de l’Ëtat, sauf dans certains cas où l’internement des indigents apparaissait comme une mesure de sécurité publique, les aliénés et les délinquants par exemple.N’oublions pas que notre budget d’assistance publique ne date que de 1921.Durant tout ce temps donc, les communautés charitables ont procuré à nos indigents, et particulièrement aux enfants dépendants, la protection d’un ensemble d’institutions dont le parfait équi- 1.Deuxième partie, chapitre III, pp.107-133.2.L’Oeuvre des Congrégations Religieuses de Charité dans la Province de Québec en 1930, pp.84-91. A PROPOS D’UN NOUVEAU LIVRE 149 valent ne se retrouve nulle part ailleurs et, dans ces institutions, des soins comparables et très souvent supérieurs à ceux que les budgets et les services publics d’assistance mesuraient aux indigents d’ailleurs.Ce prodige, car c’en fut un, et de première grandeur—-peut-être serait-il plus exact de dire ce véritable miracle — n’a été rendu possible et n’a pu durer que grâce au dévouement exceptionnel sans doute, mais aussi au savoir-faire étonnant, à la compétence professionnelle indiscutable des têtes dirigeantes de ces communautés aidées, soutenues par la confiance et la générosité de notre population.l'n jour vint où les pouvoirs publics ont cru de leur devoir d’assumer une part du fardeau très lourd que constitue l’assistance aux indigents.Ils avaient le choix entre deux méthodes: se substituer à la charité privée dans un secteur de l’assistance, qu’il aurait ensuite été facile d’agrandir jusqu’au remplacement complet de celle-ci par leurs propres fonctionnaires, ou bien, s’entendre avec elle et lui venir en aide, pour lui permettre de développer et de perfectionner sa merveilleuse organisation au niveau des besoins réels sans cesse croissants des assistés et dans la mesure du possible et du raisonnable à la hauteur des exigences trop souvent chimériques et extravagantes de certaines théories modernes en matière d’assistance.Très sagement, ils ont adopté la collaboration de préférence à la concurrence ou à la domination.Encore à l’heure actuelle, notre loi de l’assistance publique et nos diverses lois de protection de l'enfance font confiance à notre organisation charitable traditionnelle et utilisent au maximum ses services.Mais une telle coopération n’est devenue possible que par le sacrifice d’une part de leur autonomie, par les institutions et les œuvres subventionnées.L'excellent esprit dont nos gouvernements successifs ont été animés en ces derniers vingt-cinq ans et qu’ils ont insufllé à leurs fonctionnaires, a réduit au minimum cet inévitable sacrifice, mais il est bien évident qu’eu système représentatif la distribution de subvention comporte fatalement le droit, le devoir même pour les élus du peuple, de sélectionner les bénéficiaires de ces dons et de surveiller l’emploi qu’ils en font.Ce qui a jusqu’ici conservé à nos communautés charitables leur liberté d’action, c’est, outre les dispositions bienveillantes des gouvernants que je viens de signaler, la part très lourde du fardeau 150 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE de l'assistance qu’elles continuent de porter: la moitié et plus peut-être dans certains cas, en dépit de la fiction légale en vertu de laquelle les subventions publiques doivent couvrir les % des frais d’entretien des indigents.Il n’y a absolument aucun doute que.si jamais l’assistance publique assume le coût entier de la pension des hospitalisés pauvres, ce jour-là, l’indépendance des institutions d’hospitalisation aura cessé d’exister.Elles seront devenues des rouages de la bureaucratie officielle et leurs membres ne seront plus que des fonctionnaires comme les autres.Or ce serait là, à mon avis, une déchéance lamentable, où la dignité et l'efficacité même de ce personnel d'élite seraient amoindries.J.e danger peut paraître loin.I’our le moment, c’est l’impossibilité de concilier le train de vie qu’on veut leur imposer avec les ressources dont elles disposent qui est.pour nos communautés charitables et nos institutions de protection de l'enfance en particulier, le problème véritable et angoissant.Aussi, .M.l’abbé Bourgeois a-t-il eu bien raison de le signaler avec une particulière insistance.Mais si éloigné qu’il apparaisse, ce danger n’est pas moins réel et il est important de le bien discerner pour prendre en temps utile les mesures qui s’imposent pour le conjurer b .Divers facteurs d’origine récente et presque simultanée viennent compliquer singulièrement le problème.Nous savons (pic la contribution matérielle que les communautés peuvent apporter au soulagement de la misère et à la protection de l’enfance malheureuse est conditionnée, limitée forcément par les ressources propres dont elles diposent.Et j'ai déjà dit pourquoi cette contribution est indispensable à l’indépendance de leur action et, dans une large mesure, à la qualité même de leurs activités charitables.Ces ressources propres leur viennent de certains placements (pie quelques- 1.Ceux qui suivent ces questions d’un peu de près savent que nos concitoyens anglo-protestants sont, depuis quelque temps déjà, dans une impasse tragique en matière de protection de l'enfanee.Après avoir réduit au minimum sous la direction d’experts entre les experts, le rôle de leurs institutions, pour développer à l’extrême celui du placement familial, ils se trouvent depuis des mois avec un nombre considérable d’enfants dépendants sur les bras, dont ils ne savent que faire, car le placement familial ne peut en prendre soin'convenu-blement et ils n ont plus d institution.Si nous laissons so développer parmi nous 1 absurde préjugé anti-institutionnel, qu a la suite des américains, ils nous ont communiqué comme une contagion, nous aboutirons inévitablement à la même situation lamentable.Ce serait sans doute une excellente idée d’organiser les amis des institutions, comme le sont déjà les amis du service social et du placement familial. A PROPOS d’un NOUVEAU LIVRE 151 unes d’entre elles au moins ont pu faire en des temps prospères, de l’apport de leurs sujets, des services rémunérés qu’elles peuvent rendre et de la générosité de leurs bienfaiteurs.Or, la dépréciation et les impôts viennent rogner le rendement des placements, alors que le revenu des services rémunérés est forcément limité par le manque de personnel et d'espace, tout en étant au surplus l’objet de critiques acerbes en certains milieux, (pii refusent de tenir compte de l’emploi (pii en est fait.Mais c’est surtout les dons des bienfaiteurs (pii, depuis plusieurs années, ont subi une courbe constamment descendante et cela, pour deux causes principales.La première est précisément cette loi de l'assistance publique qui a rendu par ailleurs aux institutions de si grands services.Nombreuses sont les personnes charitables qui sont sous la fausse impression que tous les irais d hospitalisation des indigents étant payés par l’État et donc par 1 impôt, il n’y a plus aucune raison de doter les institutions de charité.Les campagnes annuelles de souscription en faveur des œuvres extra-institutionnelles de charité sont une deuxième cause qui vient détourner des institutions une large part des dons (pic, naguère encore, elles auraient reçus et, par voie de conséquence, amoindrir leur puissance d’action bienfaisante.Après qu’une intense et savante campagne de publicité et de sollicitation a quasi épuisé toutes les bonnes volontés et vidé bien des bourses, la discrète charité des bonnes sœurs a bien peu de chance d’attirer l’attention et les largesses des âmes généreuses.LE PLACEMENT FAMILIAL A côté du travail des institutions de protection de l’enfance, l'auteur nous signale sommairement certaines œuvres relativement ou apparemment nouvelles et leurs activités charitables.Parmi ees œuvres, il mentionne le placement familial auquel je voudrais m’arrêter un instant.Contrairement à l’opinion courante, le placement familial n’est pas même ici une innovation dans le domaine de la protection de l’enfance.Les institutions de charité l’ont de tous temps pratiqué d’une façon plus ou moins constante et plus ou moins rudimentaire en faveur de leurs protégés qui, au moment de les quitter, n'avaient aucun foyer pour les accueillir.Les Sœurs Grises, pour 152 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE lour part, ont inauguré il y a longtemps, et maintenu peu prés sans aide durant de longues années, à la rue Saint-Mathieu, un très efficace bureau d’adoption pour le bénéfice des petits abandonnés de leur crèche.Ce qui est nouveau, c’est l’importance sans cesse grandissante que prend le placement familial depuis quelques années, c’est la variété îles œuvres qui s’y livrent, c'est le développement remarquable et l’amélioration certaine de ses méthodes de travail, c’est l’accroissement prodigieux des ressources que la charité privée et les pouvoirs publics mettent à sa disposition, et c est aussi le caractère de plus en plus commercialisé qu’il est forcément amené à prendre.>on organisation systématique et son perfectionnement continu marquent incontestablement un très heureux progrès dans le domaine de la protection de l’enfant.Pourvu qu'on le réserve, en thèse générale, aux enfants dépourvus de toute protection familiale convenable; à la condition d être placé entre des mains compétentes et vraiment dévouées, s’il exerce ses activités dans les seules limites que lui offre le nombre restreint des bons foyers disponibles, la bienfaisance de son action ne saurait être exagérée: il n’est pas d œuvre plus belle que celle de reconstituer à l'enfant délaissé le milieu familial dont il est privé.Mais ce sont là précisément des exigences, minimums pourtant, que le placement familial peut rarement remplir et c est pourquoi son champ d’action reste forcément limité.be placement familial et l’institution, chacun dans sa sphère et travaillant dans une harmonieuse collaboration, sont pour l’enfance malheureuse, un bienfait du ciel.C est un bien grand malheur que, sous l’empire île causes diverses et d’inégale importance dont l’étude nous entraînerait trop loin, le placement familial se pose trop souvent en rival méprisant de l’institution et cherche à se grandir en la dépréciant.Vouloir, comme il en affiche ouvertement la prétention, faire deux classes des enfants dépendants, se réservant pour lui-même les mieux doués et rejetant dédaigneusement à l’institution les anormaux et les faibles d esprit, c.est afficher une ignorance impardonnable et une incompréhension totale du rôle joué par l'institution au service de l’enfance dépendante; c’est se tailler une tâche dont l’ampleur le dépasse; c’est s’attribuer des mérites nombreux et exclusifs dont une étude tant soit peu attentive du travail des A PROPOS D’UN NOUVEAU LIVRE 153 société de placement familial montrerait qu’ils sont largement imaginaires.Un peu plus de modestie et d’esprit de justice chez un plus grand nombre îles porte-paroles du placement familial faciliterait sa collaboration avec les institutions, pour le plus grand bien de l’enfance dépendante en cette province.La PROTECTION LÉGALE DES ENFANTS DANS LA PROVINCE DE QUKIIËC Certaines personnes bien intentionnées ont cru un jour faire cette effarante découverte que l’enfance malheureuse n’était pas légalement protégée dans la province de Quebec et qu il en résultait pour elles les plus effroyables conséquences.M.l’abbé Bourgeois n’a jamais été victime de cette singulière illusion, même si, à mon avis, il s’exagère le besoin où nous serions d’une loi nouvelle, de même que la nature et l'importance ries services qu'elle pourrait nous rendre.La vérité est que notre législation protectrice de l’enfance est touffue et gagnerait à être simplifiée.Certaines lois font double emploi et pourraient avantageusement être fusionnées, comme par exemple, les lois du travail dans les Écoles d’industrie et les Écoles de réforme, avec les lois fondamentales de ces deux genres d'institutions.ht d’autres améliorations pourraient sans aucun doute leur être apportées.Le fait est que rien n’est difficile à faire que de bonnes lois sociales, ainsi que le démontrent avec évidence les retouches continuelles, les refontes périodiques et même les chambardements radicaux qu’on leur fait subir constamment un peu partout, au grand ahurissement de ceux qui doivent les appliquer ou les subir.Pour un bon nombre, et dans leurs principes généraux, sinon dans le détail, certaines de nos lois sont très anciennes.Si nous n’avons pas toujours innové dans ce domaine où nos problèmes étaient généralement beaucoup moins graves que ceux qui, à l’étranger, provoquaient l’intervention des législateurs, nous n’avons pas non plus tiré en arrière.Notre loi des écoles de réforme et celle des écoles d’industrie sont presque exactement centenaires, notre province les a héritées du Canada-Uni.A l’époque où elles ont été votées, c’était des lois d’avant-garde, si bien que les autorités 154 REVUE TRIMESTRIE1.I.E CANADIENNE responsables de leur adoption et de leur fonctionnement n’en paraissaient pas comprendre la portée et ont été très lentes à nous doter d’institutions en harmonie avec leur esprit1 2.De date beaucoup plus récente, notre loi d’adoption — dont M.l'abbé Bourgeois dit avec raison beaucoup de bien est une législation progressive, guère plus jeune que les lois de même nature votées à l’étranger-.Nos législateurs provinciaux nous ont donné des tribunaux d’enfants dès qu’une loi fédérale indispensable est venue leur en fournir les moyens (1908-1910).Toutes ces lois et nombre d’autres, une quinzaine en tout, ont des mérites et des faiblesses et devraient donc être revues avec soin.Elles sont incontestablement trop nombreuses, je le répète, et il y aurait lieu d’en éliminer plusieurs en incorporant leurs dispositions essentielles, dans les législations voisines dont on ne saurait se passer.Sans doute découvrirait-on en même temps qu'il leur faudrait faire et des additions et des soustractions.Dans l'ensemble, ces lois ne laissent aucune catégorie d’enfants sans protection3; elles prévoient tous les cas possibles do misère ou d'infortune et prescrivent, pour autant que la loi peut y pourvoir, les secours appropriés.C’est dans leur application que résident surtout, à mon avis, les faiblesses et les lacunes.Le personnel chargé de leur administration n’est, d’une façon générale, ni par son nombre, ni par sa formation, à la hauteur de ses responsabilités.Les œuvres et les institutions sur lesquelles ces lois reposent ne se sont pas toujours développées au rythme des maux à combattre ou des jeunes vies à protéger.Des institutions nouvelles se révèlent nécessaires, des améliorations et des développements paraissent désirables dans certaines institutions anciennes.De plus, la protection extra- 1.A preuve, lu façon dont étaient traités les enfants délinquants nombre d’années après l’adoption de la loi des Meules de Réforme.Voir l’excellent « Petit ( 'ourrier du Mont Saint-Antoine », mai et juillet 19-1(1.2.En fait, notre loi est de 1925, celle de l’Angleterre n'a été votée que l'année suivante, en I92ri, et nombre d'Etats de la république américaine, même certaines provinces canadiennes, paraissent n’avoir encore que des législations et des méthodes d’administration plutôt rudimentaires (Grate Abbott, < The Child and the State,»vol.2, p.104 et s.) Voir aussi Harry M.Cassidy « Public Health and Welfare Organization in Canada ».3.On peut s'en rendre compte en lisant dans nos principales lois de protection de l’enfance, les articles où sont énumérées les multiples catégories d’enfants placés sous leur protection. A PROPOS D OS NOUVEAU LIVRE 155 institutionnelle de l’enfance, comme service autonome, entièrement détaché des institutions, ne fait que commencer à s’organiser et comporte, c’est inévitable, bien des lacunes.Mais ces progrès nécessaires doivent se poursuivre avec calme et réflexion, dans un profond respect de notre tradition charitable et une saine méfiance des lubies courantes.11 est peu de domaine où l’esprit de système se soit autant donné libre cours, où les faux experts existent en si grand nombre, où les mirages viennent si souvent troubler les regards insuffisamment avertis b Dans notre désir légitime île perfectionnement, il nous faut donc nous garder d’un double danger.Il nous faut tout d’abord éviter de surestimer ce qui se fait ailleurs et les résultats qu’on en obtient.Nous devons nous défendre ensuite de sousestimer ce que nous avons, la valeur des services que notre organisation de protection de l’enfance nous rend déjà; les mérites qu’elle possède donc et le danger que nous courrons d’en diminuer l’efficacité en y apportant des modifications trop radicales et insuffisamment mûries.Après tout, pour nous en tenir à un domaine où existent des statistiques officielles permettant d’établir des comparaisons d’une certaine valeur et d’en tirer des conclusions consistantes, après tout, nous avons tout de même le chiffre de criminalité juvénile le plus bas de toutes les provinces canadiennes2, un chiffre incomparablement plus bas que celui des Etats-Unis.Voilà des résultats dont il faudrait tout de même que l'on s’habitue à tenir compte.Il semble bien un peu bebête de béer d’admiration devant l’organisation sociale scientifique et merveilleuse de nos voisins qui produit ou 1.Parmi les nombreux exemples qu'il serait possible d’apporter, je note seulement le véritable emballement que l’on manifeste ici pour les méthodes anglaises de traitement de la délinquence juvénile et les résultats quasi miraculeux qu’on leur attribue.Vue de près, la situation n’apparaît pas, tant s’en faut, aussi rose.« Disturbing figures were given by Lord Templewood in the remarkable address which he delivered to the newly formed Department ef Criminal Science at Cambridge.During the 30 years before the war cases of juvenile delinquency more than doubled in number, and the war years themselves, with their exceptional difficulties and temptations, brought a further increase of one-half as many again.Half of the young offenders sent to prison are back within three years ».(The Times, London - Article reproduit par la Gazette de Montréal, le 13 mars, 1913).Dans le même ordre d'idées, on peut citer des dépêches récentes de Londres, nous apprenant la condamnation de huit jeunes internés d’une école de réforme, vraisemblablement modèle, pour le meurtre d'un gardien.2.Sauf la Saskatchewan, essentiellement rurale, dont le pourcentage est presque exactement le nôtre. 15G REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE laisse produire les jeunes criminels en série; puis de se montrer d’une sévérité excessive envers la nôtre, qui protège beaucoup mieux nos enfants contre les graves écarts de conduite.C’est une erreur où M.1 abbé Bourgeois n’est jamais tombé, comme le montrent, entre plusieurs autres, certains passages de son étude que j’ai notés ci-dessus, et c est pourquoi, il est à peine utile de le dire, les réflexions qui précèdent ne le concernent en rien.Changements à redouter — fl volution désirable .1 aborde enfin la troisième partie de l'étude de M.l'abbé Bourgeois qu il a intitulée: « L’Organisation de l’avenir)).C’est probablement celle que l’auteur trouve la plus importante; les deux autres lui servent pour ainsi dire d'introduction.Tout en rendant hommage au louable effort accompli par l’auteur pour jalonner la voie ou notre évolution doit, suivant lui.s’engager, je dois exprimer ici quelques réserves et noter certains points où je ne suis pas tout-à-fait d’accord avec lui.lout d’abord, sur la gravité réelle et l'urgence véritable des mesures a prendre.Il me semble qu’à ce point de son étude, l'auteur est devenu d un pessimisme (pii détonne un peu avec le reste de son ouvrage et qui, en toute sincérité, ne me paraît pas fondé.Bien par exemple de tout ce que l’auteur nous a appris, rien très certainement dans la situation de nos œuvres, de nos institutions ou de nos lois ne justifie une affirmation alarmiste comme celle-ci: « Si tout ceci ne peut se résoudre à l’avantage de la société et des enfants, on sera bientôt voué à l’échec le plus lamentable dans un avenir relativement rapproché ».(B.172) L auteur lui-même a souligné à diverses reprises, d’une part, 1 importance numérique relativement faible de certaines catégories d’enfants dépendants chez-nous, les illégitimes, les délinquants, et il autre part, 1 excellente qualité des soins que reçoivent d’autres groupes, les enfants dans les orphelinats, par exemple.Les faiblesses qu’il signale ensuite: encombrement dans certaines maisons, présence d’arriérés mentaux parmi les enfants normaux, besoins de certaines œuvres ou institutions complémentaires (p.171) ne sont certes pas de celles qu il est impossible de corriger sans une régimentation à la prussienne, que M.l’abbé Bourgeois ne veut A PROPOS d’un nouveau livre 157 sans doute pas, mais à laquelle la logique de son système conduirait infailliblement tôt ou tard.Ce que M.l’abbé Bourgeois propose, c’est un double et rigide contrôle de toutes les œuvres et de toutes les institutions de protection de l’enfance dans la province: 1°) celui de l’État s’exerçant en vertu d’une loi nouvelle de protection et par l’intermédiaire d’un surintendant ou directeur jouissant d’une très grande autorité, (p.213, recommandation no 3).Ce surintendant serait aidé dans sa tâche par un personnel nécessairement considérable et par des sociétés de protection de î enfance dans la constitution desquelles — pour celles s’occupant des enfants catholiques seulement, cela va sans dire 1 Evêque du diocèse aurait voix prépondérante, mais dont il n est pas quand même très clair si elles devraient être officielles ou privées (recommandation no 5).On prévoit seulement que leurs pouvoirs seraient limités (P.217, no 10) et qu’elles relèveraient, semble-t-il, du Conseil de l’Instruction publique 2°; Celui d’une Centrale provinciale de la protection de l’enfance modelée sur la centrale diocésaine des Irois-Riv ièies, mais dont l’organisation, les fonctions et le degré d autorité ne sauraient être déterminés avec précision avant la tenue d une vaste enquête sur la situation de l’enfance dépendante dans notre province (pp.90 et suivantes).On nous dit seulement que « toute institution catholique du Québec devra subir la loi inévitable des réformes, des changements et des modifications-.sous 1 œil bienfaisant de l’Église ou Conseil de l’Instruction publique et du ministère de la Jeunesse ».La Centrale provinciale n'est pas mentionnée ici, mais il me paraît logique de supposer que ce serait elle qui parlerait au nom de l’Église ou du Conseil de l’Instruction publique.On lui réserve dans tous les cas sur le plan provincial, un rôle analogue à celui que joue la Centrale des Trois-Rivières sur le plan régional, ainsi que je l’ai fait remarquer ci-dessus.1 Ce sont lit deux des propositions les plus judicieuses de 1 ouvrage, qui en compte plusieurs.Le « record » île ce genre de société ailleurs est loin d etre irréprochable et leur tendance m inopoliser toute 1 autorité sur l enfance dépendante est bien connue., .2 Rapprochés des pouvoirs et moyens d’action que le plan prévoit plus loin pour ia Centrale, les n réformes, changements et modifications que toutes les institutions devraient subir » font un [>eu songer. 15S REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Je soumets respectueusement à M.l'abbé Bourgeois que nos services publics, et particulièrement le ministère (le la Jeunesse, possèdent déjà tous les pouvoirs qu’il leur faut pour remplir convenablement leur rôle légitime dans la protection de l’enfance.Rien ne les empêche de mettre sur pied tous les services auxiliaires utiles et de s’assurer tous les concours compétents qui pourraient leur être nécessaires dans l’accomplissement de leur tâche.Je ne vois pas en quoi une loi nouvelle,—sauf si elle avait pour but de coordonner, d’émonder, de rendre plus simple et plus pratique notre législation touffue — pourrait être de quelque utilité.Déjà, ces services publics exercent sur nos œuvres et nos institutions de protection de l’enfance une très grande autorité.Ils font la sélection de celles qui sont admises aux subventions et ils en surveillent l’organisation et le fonctionnement, pour bien juger de l’emploi des fonds publics qui leur sont attribués.Cette autorité et cette surveillance sont évidemment inévitables et il n’y a rien à dire contre elles tant qu’elles ne deviennent pas abusives et encombrantes.Mais leur ajouter une direction et une surveillance nouvelles, comme celle de la Centrale préconisée par M.l’abbé Bourgeois me paraîtrait compliquer inutilement les choses et pourrait rendre extrêmement difficile le bon fonctionnement des œuvres et des institutions ainsi sursurveillées et surcontrôlées.C’est une vérité (pii, tout évidente qu’elle m’apparaisse, ne saurait pourtant être trop souvent répétée, (pie la valeur exceptionnelle du travail de nos institutions d’assistance dépend très largement de l’entière liberté dont elles ont toujours joui dans leur fondation, dans l’établissement et l’organisation de leurs œuvres, dans l’utilisation de leurs ressources, dans la formation à base surnaturelle de leurs membres, dans la fidélité de ceux-ci à méditer et à suivre les leçons des géants de la charité catholique, leurs maîtres et leurs modèles.Placer ces apôtres de la charité, pour (pii le service du prochain est une vocation et non pas une profession, sous s officiels ou semi-officiels, si diplômés qu’on les suppose, serait à peu près aussi sage (pie de constituer un comité d’amateurs pour diriger un Wilfrid Pelletier dans son rôle de directeur d’un orchestre symphonique.Sans doute l’auteur nous dit bien que la Centrale ne vise aucunement à supplanter ou amoindrir l’action des œuvres existantes 5524671 A PROPOS d’un nouveau eiVUE 1.59 (p.192), seulement :\ les compléter en les dirigeant et les coordonnant ».Mais outre que ce rôle de direction que l'auteur lui assigne dans ce passage paraît déjà inquiétant, nous sommes encore avertis par M.l’abbé Bourgeois que « la Centrale devra avoir des pouvoirs définis et dos moyens d’action suffisants », ce qui n’est pas du tout de nature à rassurer sur la préservation de leur autonomie, les institutions menacées de cette direction supplémentaire et.superflue.J.a formule est d’autant moins rassurante (pie l’auteur, sans y mettre la moindre malice, j'en suis sûr, reprend à son compte une phrase qui est un truisme évident mais dont beaucoup de gens, pour un bon nombre moins bien intentionnés que lui, veulent faire un reproche immérité à l’adresse des institutions.« Celles-ci, nous dit-on.existent pour les assistés et non pas ceux-ci pour celles-là ».Comme si les institutions l’avaient jamais oublié l1 Ce que cette vérité de La Palice veut dire trop souvent dans la bouche de ceux qui l’emploient, c’est que les institutions, si elles refusent de tourner à tous les vents de la mode et de se soumettre entièrement aux intrus qui se mêlent de leurs affaires, n’agissent que par égoïsme et sacrifient à leurs propres intérêts, les intérêts des enfants dont elles ont la protection.M.l’abbé Bourgeois ayant lui-même souligné l’importance et la qualité des services rendus par les institutions ne peut évidemment p#s être soupçonné de vouloir leur faire cette injure.Mais reprise par d’autres moins renseignés ou moins équitables et moins désintéressés que notre auteur, et disposant au surplus des pouvoirs que l’on se propose de donner à la Centrale, la proposition pourrait servir à justifier toutes les injustices et tous les abus d’autorité.L’exemple de la centrale diocésaine des Trois-Rivières, dont les rapports de M.l’abbé Bourgeois nous font connaître les activités bienfaisantes, ne prouve pas du tout, à mon avis, la nécessité et ne garantit pas la bienfaisance d’une centrale provinciale.Il me paraît bien établi, au contraire, (pie les problèmes de protection de l’enfance peuvent et doivent être étudiés et réglés dans les cadres régionaux.Les preuves ne manquent pas du reste — au moins à Montréal 1.Sauf errements temporaires toujours possibles, mais contre lesquels elles sont protégées par leur nature même plus que toute autre organisation que l’on voudrait leur substituer ou leur superposer. 100 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE — que même dépourvue de toute autorité, une organisation centralisée des activités charitables, fut-elle même régionale, peut facilement sortir de son rôle pour devenir singulièrement envahissante et dominatrice dans les institutions où, de toute évidence, elle n'a rien à faire; et s’arroger un droit de vie ou de mort sur les œuvres affiliées dont elle s’est engagée solennellement à respecter l’autonomie.Les gouttes de lait paroissiales en savent quelque chose.C’est la démonstration par les faits qu’on ne saurait jamais prendre trop de précaution contre les tendances centralisatrices et l'ambition de dominer qui sont les pires plaies sociales de notre époque.* * * Pour terminer ces remarques forcément un peu incohérentes, parce que j’ai voulu y faire entrer trop de choses qu’il m’a bien fallu traiter trop superficiellement, voici comment j’entrcvoirais, pour ma part, cette organisation de l'avenir pour la protection des enfants dépendants de notre province, qui préoccupe tant d’excellents esprits à l’heure actuelle.¦1 la banc, nos institutions continuant et développant dans la mesure des besoins et de leurs moyens le magnifique travail qu’elles accomplissent depuis les origines de notre pays.Ces institution doivent rester autonomes, maîtresses chez elles: leur dignité, la justice, l’intérêt des enfants l’exigent.Pour cela, il est indispensable qu’elles continuent à contribuer leur large part au soutien financier de leurs œuvres, grâce à leur avoir propre si elles en ont un, et au concours de la charité privée qu’il faudra trouver le moyen de leur assurer, aussi large (pie possible.La mesure de leur liberté morale dépendra toujours du degré d’indépendance matérielle qu’elle sauront conserver.Comme service auxiliaire principal — il en faudra sans aucun doute nombre d’autres — une bonne organisation de placement familial s’occupant surtout des enfants sans famille ou de familles incompétentes dans le sens le plus large du mot.C'e service devrait orienter tous ses efforts vers l’adoption de tous les enfants adoptables.Il faudrait lui interdire d’exercer, ou de tenter d’exercer, sur les institutions une autorité (pie rien ne justifie.Pour tous les cas exigeant l’intervention de l’autorité publique, A PROPOS D’UN NOUVEAU LIVRE lfil les cours juvéniles.Il devrait y en avoir une dans tous les centres importants et leurs juridictions territoriales devraient se toucher de façon à couvrir toute la province.I.e Président de chacun de ces tribunaux devrait, comme la loi lui en donne le droit et lui en impose le devoir, jouer le rôle de tuteur à l’égard de tous les enfants sans protection normale.Il devrait pouvoir compter sur le concours d’officiers compétents en nombre suffisant et de comités de citoyens constitués moins au petit bonheur que ceux que les cours juvéniles ici et ailleurs connaissent généralement.Cette organisation rendrait inutile la nomination d'un surintendant de la protection de l’enfance, dont elle remplirait beaucoup plus efficacement toutes les fonctions.Des sociétés de protection île l’enfance, où les institutions et les œuvres extra-institutionnelles devraient être représentées, pourraient se constituer dans chaque diocèse.C’c devraient être exclusivement des centres d’étude, d’enquêtes, d’enseignement, sans autorité sur les institutions et sur les œuvres.Des délégués de ces centres régionaux pourraient constituer un Conseil supérieur de la protection de l’enfance, n’ayant comme eux que des fonctions d’étude et d’enseignement, et comme eux dépourvu d’autorité.Couronnant le tout, le Ministère de la Jeunesse, représentant l'autorité publique, exercerait les fonctions que la loi, amendée de temps à autres, suivant les besoins, pourrait lui assigner.En principe, son rôle serait de sélectionner les œuvres et les institutions à subventionner, d'en stimuler et d’en harmoniser le fonctionnement, d’en surveiller les activités, de voir à faire corriger les lacunes et t\ combler les vides que l’exéricnce pourrait révéler.Pour maintenir des contacts utiles autrement que par ses seuls inspecteurs, il pourrait être représenté, avec voix consultative seulement, dans les organismes régionaux et le Conseil supérieur que l’on a rencontrés plus haut.Sans compter que ces groupements ù leur tour ne manqueraient pas de le tenir au courant du résultat de leurs recherches et de lui faire leurs recommandations.On se demandera peut-être pourquoi je n’ai pas indiqué quelle-part il conviendrait de réserver à l’autorité religieuse, aux divers paliers de cette organisation.C’est que.ù mon avis, la protection de l'enfance étant essentiellement une question d’éducation, il serait imprudent de limiter l’influence que l'Eglise pourrait être invitée à y exercer.Cette influence devrait pouvoir se manifester dans 162 K K VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE toute lu mesure que l’autorité religieuse elle-même jugerait indispensable.11 ne faut pas oublier que nous nous occupons ici d'enfants dénués, pour un bon nombre, de toute protection familiale.La défaillance de la famille rend donc plus désirable, plus nécessaire même, l’intervention de l’autorité religieuse pour la protection des intérêts supérieurs de ces petit s abandonnés.Kn les comparant et en y réfléchissant, on se rendrait compte sans peine que le plan d'organisation de M- 1 abbé Bourgeois et celui, plus simple, plus facile à mettre en œuvre, me semble-t-il.que je viens d’exposer pourraient fort bien se concilier dans les grandes lignes et même dans nombre de détails de leur application.Ce qui les distingue, au point presque de les opposer, c’est que « l’organisation de l'avenir » préconisée par le directeur de « 1 ( *eu\ i e de l’Enfant sans Soutien », me parait conduire inévitablement à l’asservissement des institutions et des œuvres, même si 1 auteur cherche à y introduire un certain équilibre entre le principe de contrainte et celui de liberté, alors que, à la base du mien, comme condition essentielle de sa réalisation et de sa durée, je pose résolument le respect absolu de l'autonomie des organismes divers qui accepteraient d’y entrer.Qu’il soit donc bien compris que ce n'est pas contre le principe d’un groupement général et volontaire, d’une Centrale si l'on veut, des organisations de protection de l’enfance que je m’élève.B interdisant d’exercer une autorité quelconque sur les œuvres et les institutions adhérentes, limitant ses activités a 1 étude, 1 enquête, la recherche et l’enseignement, un pareil groupement pourrait incontestablement rendre de grands services.Les Juifs en ont établi un aux États-Unis dont l’organisation est remarquable et les catholiques américains ont fait de même.Ce que je défends ici, comme je le ferais dans bien d’autres domaines, c’est la fécondité prodigieuse de l’initiative privée incarnée tout particulièrement dans nos institutions charitables, c’est la supériorité d’action des autonomies locales, c’est le mérite supérieur et les droits sacrés d'un ensemble d’institutions vraiment admirables que le courant centralisateur menace d'asservir et de rendre largement ou entièrement stériles, c’est, en définitive, le droit de nos enfants malheureux à un certain genre et à une certaine qualité de services que 1 on ne pourra jamais remplacer convenablement si on venait à les en priver. A PROPOS D’UN NOUVEAU LIVRE 163 Ce sont là, je le sais, des idées C|ui sont aussi chères à M.l’abbé Bourgeois qu’à moi-même.J’ai confiance qu'il ne m'en voudra pas d’avoir indiqué, dans son projet de Centrale provinciale si intéressant à bien des égards, ce qui, à mon avis, pourrait être utilisé pour les compromettre et les desservir.Arthur Saint-Pierre. L’ENTRETIEN MÉTHODIQUE ET PERIODIQUE DES PONTS MÉTALLIQUES I.— Généralités Pour la première fois, en 193/, 1 Association internationale du Congrès des Chemins de fer (session de Paris) a mis a 1 ordre du jour de ses travaux l’intéressante question de « L hntretien méthodique et périodique des ponts métalliques » Trois rapports ont été déposés, rédigés successivement par MM.W.A.Fraser (Grande Bretagne, Dominions et Colonies, Amérique, Chine et Japon), De Grcef (Bulgarie, Lgypte, Lspagne, France et Colonies, Grèce, Italie, Portugal et Colonies, Roumanie, Tchécoslovaquie, Turquie et Yougoslavie) et 2h.II.Minuit (Allemagne, Autriche, Belgique et Colonie, Danemark, I inlande, Hongrie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Colonies, Pologne, Suède, Suisse).La guerre de 1940-1945 a laissé dans 1 ombre 1 intérêt que comporte l’examen de la question posée au Congrès prérappelé.Nous pensons qu’il y a lieu d’y revenir en reprenant d’abord les conclusions adoptées à l’époque.Nous commenterons ensuite les points saillants des trois rapports précités et nous finirons par quelques enseignements pour l'avenir.Conclusions du Congrès de Paris.1.— Il est recommandé de faire intervenir le service chargé de l’étude et de la construction des ponts métalliques, directement ou indirectement dans l’entretien de ces ouvrages d art.2.— Suivant les dimensions du pont, 1 emploi d appareils de dérouillage actionnés à l’air comprimé ou à 1 électricité peut permettre, dans certains cas, une diminution des frais d entretien.3.— Au cours de repeinturages périodiques, il est quelquefois inutile d’appliquer à de grandes surfaces, encore en bon état de conservation, le même traitement que celui qui est nécessaire aux autres surfaces, à moins que des considérations d ordre esthétique l’exigent, auquel cas l’application de la couche extérieure doit suflire.1.Bulletin de l’Association internationale du Congrès des chemins de fer. l’entretien des ponts métalliques 165 4.— I! paraît recommandable, en vue d’éviter le déplacement éventuel d’échafaudage, de mettre en œuvre une peinture de composition permettant de réduire au minimum l’intervalle de temps compris entre l’application de deux couches successives.5.— L’emploi du pistolet peut, dans certains cas, permettre une économie dans le peinturage des ponts.(i.— L’exécution du dérouillage et l’application du minium et de la peinture par les propres moyens de l’Administration peuvent présenter des avantages par rapport à l’exécution de ces travaux par entreprise.7.— Lu égard à l’augmentation de la vitesse des trains, il est recommandé, en vue d’assurer une meilleure conservation des ponts, d'employer des rails réunis par soudure pour supprimer les joints.8.— 11 est désirable de réaliser aux extrémités des ponts mobiles des dispositifs réduisant les chocs au passage des circulations.9.— Dans de nombreux cas, l’application de la soudure électrique aux travaux de réparation et de renforcement des ponts, permet de réaliser des économies et de troubler le moins possible l’exploitation de la ligne.10.— Les membrures des poutres soumises au souffle des cheminées de locomotives peuvent, dans certains cas, être protégées au moyen de ciment armé.Observations et commentaires.A la clonclusion 2, le délégué des Chemins de fer Néerlandais a estimé que l’usage d’appareils de dérouillage exige beaucoup de prudence étant donné qu’il y a des cas où leur emploi dispersé n’est pas économique.C’est pourquoi on a ajouté: «dans certains cas ».Conclusion 5.— Le texte primitif portait: « L’emploi du pistolet peut, dans de nombreux cas.» Les chemins de fer de l’Est ont obtenu de substituer « dans certains cas » à « dans de nombreux cas ».Conclusion ü.— Celle-ci a fait l’objet d’un assez long débat fort intéressant.Le texte primitif proposé par le rapport spécial de la question, M.Th.\V.Mundt, portait: « L’exécution du dérouillage et l’application du minium et de la peinture par les propres REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 160 moyens de l’Administration doivent être préférés à l’exécution de ces travaux par entreprise ».Les Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée ont estimé, avec raison, qu’il y a certains cas où il est plus avantageux de confier le travail à l’entreprise.Nous avons constater aux Chemins de fer belges, que c’est surtout le dérouillage (pii constitue l’opération intéressante.11 est toujours difficile d’obtenir des entrepreneurs que les parties peu accessibles, les croisements de pièces, les abouts, les angles soient parfaitement dérouillés et nettoyés.Nous préférerions donc dire: l’exécution du dérouillage et l’application de la couche de fond au minium par les propres moyens de P Administration sont à préférer surtout en ce qui concerne le dérouillage.Les délégués sont tous d’accord sur l’intérêt que présente pour l’Administration ces travaux qui sont très délicats.Ces travaux peuvent évidemment être soumis à un contrôle sévère dans le cas d'une exécution par entreprise.Il est il ailleurs difficile pour un entrepreneur d’estimer le coût d’un travail à faire en vue d’un bon dérouillage.On peut aussi envisager l’heure comme unité de mesure et adopter un système de régie intéressée.11 peut aussi être fâcheux que le dérouillage et le peinturage des charpentes métalliques soient exécutés 1 un en régie, 1 autre par entreprise parce qu’un certain temps peut s'écouler entre les deux opérations au détriment des qualités du premier travail exécuté.Si le travail en régie est généralement plus coûteux que celu par entreprise, il faut tenir compte de l’efficacité du premier système.L’intervalle, dan- ce cas, entre deux repeinturages est plus long et finalement plus économique.Nous avons constaté en Belgique, que la périodicité de revision des tabliers métalliques est allongée dans les cas où nous avons procédé à l’entretien en régie.Il est intéressant aussi de faire acheter les matières premieres, par grosses quantités, par les Chemins de fer eux-mêmes.Non seulement, on peut ainsi obtenir des prix de gros à des taux sensiblement inférieurs à ceux que paieraient des tiers, mais le maître de l’ouvrage peut organiser des essais systématiques tic reception, lcurcoût étant peu important compte tenu des quantités sur lesquelles ils portent.Le cas des grands ponts est un peu différent: ici il faut disposer l’entretien des ponts métalliques 167 d'ouvriers spécialisés, particulièrement habiles à circuler dans les charpentes, même à grande hauteur et de travailler dans des conditions d’équilibre plus ou moins précaire.Pour les ouvrages ordinaires, de dispositions normales, nous préférons la régie.La plupart des réseaux n’adoptent-ils pas d’ailleurs cette solution pour l’entretien périodique des wagons et des voitures?Les méthodes employées pour la peinture des ponts présentent une grande analogie dans la plupart ties pays.Les rapports déposés et les discussions montrent que les procédés mécaniques ne sont pas encore suffisamment répandus pour la réalisation de ces travaux.En Grande-Bretagne, pur exemple, le.- ponts métalliques sont généralement décapés et nettoyés à la main, bien que 1 emploi d’outils à l’air comprimé se répande de plus en plus; s'il s’agit de repeindre des surfaces isolées, la peinture est ordinairement appliquée à la brosse, mais la méthode du pistolet est souvent employée pour la couche de finissage.Aux États-l nis et au Canada, la peinture au pistolet est employée si l’importance de l'ouvrage le justifie.L’ancien ré eau de l'État français tolérait la peinture au pistolet pour les dernières couches.Les avis sont partagés quant à la valeur comparative, économique et efficace du procédé au pistolet.Le réseau de 1 Est français a signalé que la peinture au pistolet s'est mal comportée dans les endroits particulièrement humides.Le réseau de l’État français estime le travail bien moins satisfaisant en premières couches et signale une perte élevée due au vent et aux vides des ponts en treillis, ce qui, en général, fait rejeter le procédé.De plus, aucune économie notable n’est apparue lors des adjudications.Différentes Compagnies de chemins de fer prescrivent l’emploi du pistolet ou en admettent l'usage, toutefois, seulement dans le cas d’application de peintures non à base tie sels de plomb.La peinture au pistolet mais avec finis.-age à la brosse trouve aussi ses applications.La peinture au pistolet est utilisée dans une large proportion en Grande-Bretagne, aux États-Unis et au Canada.On parait y être généralement d'avis que ce procédé est plus économique et au moins aussi satisfaisant que le peinturage à la main.L'air comprimé est ordinairement fourni par un compresseur d’un type qui convient en même temps pour alimenter d'autres outils et qui n’est pas spécialement étudié pour la peinture au pistolet. 1GS REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Au pont du Forth, des expériences ont été faites avec le peinturage au pistolet, mais il s’est produit des difficultés pour la manipulation des grandes longueurs des conduites d'air nécessaires et pour la manœuvre de l’appareil, ce qui, joint à la forte consommation de peinture due aux pertes par le vent, réduisait les avantages du procédé à néant.Le « Canadian Pacific Railway » est d’avis que le résultat dépend pour une large part de l’opérateur du pistolet et que les ouvriers habiles peuvent ordinairement regagner pu l’économie réalisée la perte de peinture qui se produit.Périodicité de l’entretien.Le rapport spécial de M.Th.W.Mundt signale (pie l’entretien périodique, tel (pie le dérouillage et le peinturage, s'effectue, suivant les circonstances, selon une périodicité de 2 à li ans; sous certaines conditions climatologiques ou amosphériques particulièrement favorables, cette périodicité peut aller jusque 10 ans.En Belgique l’organisation systématique de l'entretien a pu porter la périodicité de 4 à S ans.Couches de peinture.Pour ce ipii concerne la couche de fond, on utilise des compositions très diverses à base de minium de plomb ou de minium de fer.La composition de la peinture pour les couches extérieures, généralement au nombre de 2, varie tellement qu’il n’est pas possible de formuler une recommandation à ce sujet.La pellicule de laminage.La conclusion suivante avait été proposée au sujet de ce point (rapport spécial de M.Mundt): « L’enlèvement complet de la pellicule de laminage suivi immédiatement de l’application de la première couche de fond, dans le cas de constructions nouvelles, diminue d’après plusieurs administrations le danger de corrosion sous la peinture et conduit à une diminution des dépenses de peinturage d’entretien ».(Suivant des renseignements de source anglaise et américaine, il n’est pas, en général, économique de dérouiller l’acier neuf par un jet de sable ou par des produits chimiques en vue d'allonger la période entre deux repeinturages.Suivant la même source, la l’entretien des ponts métalliques 169 métallisation par jet pulvérulent ne paraît pas s’être répandue comme moyen de combattre la corrosion.Les chemins de fer autrichiens et allemands estiment également que le dérouillage de l’acier neuf, soit au sable, soit par un traitement chimique, ne permet pas un allongement de 1 intervalle entre repeinturages.Au contraire les chemins de fers hollandais, danois et suisses donnent une réponse affirmative à la même question.Les chemins de fer allemands préfèrent même maintenir avec soin la pellicule de laminage.Cette question est loin d être résolue.Le texte proposé pour la conclusion y relative a été finalement abandonné.()n peut exprimer le vœu de voir reprendre cette question a un prochain Congres international de Chemins de 1er ou de 1 onts à charpentes métalliques.En effet, c’est le repeinturage qui absorbe la grande partie des dépenses d entretien des tabliers métalliques.Si l’attaque par la rouille sous les couches de peinture pouvait être pratiquement supprimée, même au prix élevé de 1 emploi de matières imperméables, l’intervalle entre deux campagnes successives d’entretien serait fortement élargi et les dépenses finalement diminuées.Le maintien de la destruction systématique de la croûte de laminage reste donc à étudier à fond.Dans les pays producteurs d’acier, la mise en œuvre des profilés, des plats et des tôles suit en général, d’assez près le laminage et le parachèvement.La croûte de laminage pourrait donc rester intacte, en grande partie, si des précautions suffisantes sont prises lors de l’assemblage et du montage des pièces constitutives de la charpente.Le dérouillage ¦ par exposition à l’air libre, par sablage serait, en tout état de cause, réduit de beaucoup.Dans son rapport au Congrès de Paris, de 1937, M.1 h.\\ .Mundt.signale à ce propos, 1 enlevement de* la croûte de; laminage par un traitement à l'acide phosphorique.Ce procède consiste en une application de cire chaude contenant de 1 acide phosphorique suivie d'un bain d’une durée minimum de 5 minutes dans une solution chaude contenant de 0.5 à 2.5% d’acide phosphorique libre et 3% de fer.Il se forme alors sur l'acier, en étroite liaison, une couche très mince de phosphate de fer.La première couche de fond de minium est alors appliquée sur le métal encore chaud. 170 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Décapage, au moyen de la flamme oxyacétylénigue, des surfaces métalliques neuves.Ce procédé a également pour luit do provoquer le décollement et la chute de la « croûte de laminage » (ou couche d’oxyde fie battiture) aux endroits où elle n est plus parfaitement adhérente.Cette couche dure d'oxyde, formée au cours du laminage, constitue une protection des fers et aciers lorsqu elle est intacte, c est-a-dire, exempte de fissuration et d’écaillage.l'.n ce (‘as.elle peut donc subsister et servir de fond à la peinture.Par contre, on doit chercher à décaper, a enlever les oxydes de laminage, (pii se seraient déjà plus ou moins désagrégés au cours du refroidissement et des opérations de planage ou de dressage.Il va de soi, en effet, qu'ils se détacheraient d eux-mêmes dans la suite sous l’action de la rouille sous-jacente, des gelées, vibrations, etc., rompant ainsi la continuité de la couche de peinture et mettant le métal à nu, par places.Mais l'expérience prouve que le décapage à la main, au moyen du grattoir et de la brosse métallique, est tout à fait insuffisant.C est pourquoi Ion a imaginé le décapage au chalumeau, procédé déjà assez répandu en Amérique, parait-il, et appliqué avec succès au pont de San-Franciseo.I.e brûleur oxy-acétylénique a une forme allongée, de 0m, 10 à 0m,25 de longueur.La flamme, sortant par de nombreux orifices minuscules, forme une sorte de peigne lumineux que l’ouvrier fait glisser assez rapidement (vitesse de 4 à / m.à la minute) sur la surface à décaper.Les particules d’oxyde non parfaitement adhérentes, instantanément portées au rouge vif, éclatent, se détachant et sont projetées au loin par le souffle violent de la flamme.Un second ouvrier suit, lequel a pour mission de faire tonifier, par un brossage énergique à la brosse métallique dure, les particules (pii, bien que soulevées, ont résisté au souffle de la flamme.Il est recommandé, quand les pièces sont fortement rouillées, d’effectuer un brossage avant le passage du chalumeau.Il faut aussi enlever préalablement les taches de couleur.Signalons l’essai que la S.N.des chemins de fer belges a fait faire à l'intervention de la Société Anonyme « L'Air Liquide i) aux Ateliers de la Basse-Sambre à Moustier, sur un tablier de l’entretien deb ponts métalliques 171 19m,500 de portée avec poutres à âme pleine, destiné au pont de Landelies (en 1941).Les surfaces décapées au chalumeau apparaissent bien nettes quoique les plages d’oxyde adhérent subsistent.On a pris soin d’appliquer la couche de peinture au minium avant refroidissement complet des pièces, afin d’éviter toute condensation d’humidité.Tout l’ouvrage, qui était entièrement assemblé et rivé à l’atelier, a été ainsi décapé, sauf la passerelle de service, les tôles striées et les panneaux centraux des 2 poutres, lesquels lurent nettoyés à la façon ordinaire.On pourra ainsi faire, dans la suite, une comparaison îles résultats obtenus dans les deux cas.Le traitement a été fait en une passe, au moyen de brûleurs spéciaux de 150 mm de longueur.A titre d’expérience, le décapage fut poussé plus loin, en effectuant 2 passes croisées sur les panneaux d’extrémité vers Charleroi.Dans certains endroits mal dégagés, les têtes de rivets et les arêtes ont été traitées au moyen d’un petit brûleur circulaire à 5 dards.Le chalumeau était alimenté par une bonbonne d'oxygène et une ou 2 bonbonnes d’acétylène dissous.Le réglage de la flamme était légèrement oxydant.Le coût du décapage, y compris les frais généraux (200rf) et le bénéfice de l’entrepreneur (10%), se monte à 2.500 hr.environ pour un tonnage traité de 31 T.3, soit hr.0.08 au Kilog.ou 8 Fr,33 au M (300 M :.en tout).Ce prix est sensiblement équivalent à celui d’une couche de peinture à l’huile; au cas où l'acétylène serait produit par un générateur ordinaire, il serait diminué d’environ Fr.0,02 au kg.L’efficacité d'une peinture est en raison directe de la propreté des surfaces à peindre, qui ne doivent présenter aucune trace de rouille, oxyde, ancienne peinture, etc.Le chalumeau fait non seulement sauter les oxydes non adhérents, mais brûle également les anciennes couleurs.Le décapage au jet de sable revient beaucoup plus cher (Fr.0,15 au kg.); de plus, il exige des installations spéciales que les constructeurs ne possèdent pas toujours.A noter également que le décapage au jet de sable donne toujours des surfaces plus ou moins rugueuses qui, par le fait, 172 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE s’oxydent donc en un très court délai et qui exigent l’application de la couleur de fond immédiatement après décapage.S'il est également avantageux de peindre immédiatement après le décapage au chalumeau pour bénéficier de la sécheresse des surfaces, on peut cependant postposer cette opération un certain temps sans crainte d’oxydation.Nous estimons qu’à l'avenir on pourrait imposer dans les cahiers îles charges le décapage préalable au chalumeau, en remplacement d’une couche de minium.Conclusion S.— Signalons à ce propos, (pie l'ancien Réseau des Chemins de fer de l’État français utilise depuis quelque dix ans des semelles de caoutchouc pour diminuer les frais d’entretien dos ouvrages métalliques et de leur maçonnerie, en remplacement de plaques d appui en plomb (ce procédé a d'ailleurs été appliqué, aux rails, à la 6.X.C.F.B.).La première application faite au Réseau de l’État français a eu lieu en vue d’éviter la reconstruction d'un pont (pii manifestait des traces de désorganisation, alors que les circonstances empêchaient absolument d’interrompre le service pour procéder à des réparations.•Suivant les renseignements qu’a bien voulu nous donner M.R.Lévi, de l’ancien Réseau de l’État français, les bons résultats obtenus l’ont conduit à généraliser l'application du système consistant à remplacer les plaques de plomb, qui généralement s’écrasent, se déchirent et finalement disparaissent, par des semelles en caoutchouc de 25 à 40 mm.d’épaisseur.Le caoutchouc doit naturellement présenter certaines conditions de résistance et d’élasticité.Au point de vue de la bonne conservation des ponts métalliques et, par conséquence, de la réduction de leurs frais d’entretien, ajoutons que des semelles en caoutchouc ont été disposées aussi sous les longrincs pour amortir les chocs au droit des longerons.R en résulte, en effet, une réduction des trépidations, du bruit et une meilleure conservation des assemblages h Conclusion 10.— Elle a été d’abord libellée comme suit: « Les membrures inférieures des poutres soumises au souffle des cheminées des locomotives, peuvent être efficacement protégées au moyen de ciment armé ».1.Noir, sur ce sujet, les « Annales des Ponts et Chaussées * de France, •Sept. l’entretien des ponts métalliques 173 L’épaisseur du béton armé de protection doit être fie 5 cm.au minimum dont 3 de protection inférieure ties armatures (en supposant 2 armatures de 0,5 cm.chacune).L’exécution doit être particulièrement soignée au point de vue de la compacité du lin béton à utiliser, de la rigidité des coffrages et du maintien rigoureux des armatures à l’emplacement voulu.Certains ingénieurs se sont même demandé si cette protection dos membrures inférieures des tabliers métalliques des ponts supérieurs était vraiment sortie de la période d’essai et permettait d’adopter nettement pareille conclusion.Des résultats contradictoires ont été obtenus au « London Midland and Scottish Railway ».Suivant son délégué, M.Wallace, on y a essayé, il y a des années, sur une grande échelle, cette protection au moyen de béton coulé sur place.Celui-ci s’est détaché en grande partie.Aujourd’hui, ce réseau emploie de préférence, comme beaucoup d’autres, des plaques de béton armé, coulées d’avance, bien accrochées aux membrures métalliques à protéger, le tout étant complété par un coulis de mortier ou de béton lin.Des solutions analogues sont utilisées aux chemins de fer belges, notamment.C.F.B.Lemaire. LES CARACTÈRES DE LA DROITE EUCLIDIENNE Les progrès simultanés de la méthodologie scientifique et des mathématiques pures ont considérablement enrichi la théorie des fondements de la géométrie.Mais si les philosophes et les mathématiciens étudiaient ces questions avec beaucoup de passion vers la fin du dix-neuvième siècle, de nos jours cet intérêt a pris des directions nouvelles.Dans la science comme partout ailleurs, la mode est un facteur puissant de l’évolution des idées.Et d'autre part, le savant veut marcher toujours vers de nouveaux horizons, sans s'attarder sur une route devenue familière aux chercheurs.Cependant les problèmes soulevés par l’invention des géométries non-euclidiennes ne sont pas complètement résolus.On n'a pas encore répondu au défi qu'Henri Poincaré lançait en écrivant Sur Ica fondements de la'géomêtric (ap.Revue de Métaphysique et de Morale, 1SSÜ p.27U, para.2Üj, lorsqu’il demandait une définition de la distance et de la ligne droite, indépendante du postulat des parallèles et exempte d’ambiguité et de cercle vicieux.La réduction des axiomes fondamentaux de la géométrie reste encore une question ouverte.Il est vrai que les résultats déjà obtenus dans cet ordre d’idées sont considérables; et d’autre part il semble que ce domaine soit plutôt limité.En effet, lorsqu’on s’efforce d’énumérer les postulats plus ou moins dissimulés qui servent de fondement aux divers systèmes de géométrie, on ne saurait tarder à terminer cet inventaire.Mais alors faut-il encore poser sans ambiguité le problème de la réduction de ces postulats une fois énumérés, et arriver à une solution définitive, sans se laisser influencer par des conclusions prématurées qui ne cadreraient pas avec la nouvelle ligne de recherches.Comme le disait si bien Tannery, la solution d’un problème n’est pas la difficulté principale; il s’agit de poser le problème, d’en distinguer l’établissement premier de la multitude de gloses tant contemporaines qu’antérieures; d’y séparer ce qui est parasite, secondaire, pour ne regarder que l'essentiel.Ainsi, énoncé sous la forme la plus générale, le problème laissera voir clairement les relations qu’il faut trouver entre les données et les inconnues; et il réclamera avant tout, la résolution des contradictions apparentes qui peuvent exister avant son établissement définitif.La LES CARACTÈRES DE LA DROITE EUCLIDIENNE 175 route étant de cette façon déblayée des difficultés présentes, la solution dernière du problème deviendra plus aisée et aussi plus féconde.Ajoutons tout de suite qu’il n’y a pas de règles précises pour réaliser cette difficile besogne d’abstraction, de généralisation, de distinctions et d’invention.Sur ce plan, la fonction créatrice de l’esprit est souveraine; et l’expression qu’on peut en donner, n’est pas un de ses modes, mais son expression tout court.Qr, en géométrie, comme dans d’autres sciences, il y a des problèmes mal posés, faute d’une juste interprétation des données sur lesquelles on opère.Par conséquent, ils sont mal résolus; et l’on aboutit ainsi a des résultats insuffisants et incomplets, malgré la valeur des instruments mis en œuvre pour les résoudre.Ainsi en est-il de Y exposé logique des fondements de la géométrie, et en particulier de l’axiomatique euclidienne, où l’on peut relever de graves imperfections.Dans ce domaine, la logique a dû suivre plu - ou moins péniblement les merveilleuses découvertes de la science pure; sans avoir même protesté contre les méthodes adoptées pour rendre compte de la structure intime des résultats obtenus.Nous ne voulons pas dire que la logique doive montrer la route à suivre à la création géométrique; mais elle a le devoir de présider à l’egencement des concepts impliqués dans ces découvertes.La méthode hypothético-déductive a été établie pour justifier et pour mettre de l’ordre dans les systèmes géométriques, apparemment contradictoires, qu'on a inventés.Mais elle ne donne aucun moyen d'atteindre l’essence complète des concepts qui leur servent d'infrastructure.L’alliance de la méthodologie scientifique et de la géométrie pure s'est faite presque sans tenir compte des nécessités du Jait géométrique qui, telle une monade lcibnizienne, oppose souvent la richesse de son être aux règles mécaniques où veut l’enfermer la méthode hypothético-déductive.Celle-ci érige en système son ignorance des objets mêmes qui lui servent d’hypothèses, pour se consacrer au développement des relations qu'ils peuvent impliquer.Mais si l’exactitude et la cohérence de la géométrie peuvent servir de caution à l'utilité de la méthode hypothético-déductive, elles ne s’opposent guère d’autre part à la logique analytique, à la recherche ontologique des faits géométriques qui les conditionnent.Il se peut que l’attitude agressive pri.se à l’origine par la logique tradi- 176 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE tionnelle à l'égard des nouvelles géométries, ait été la cause de sa disgrâce partielle.Mais aujourd’hui une méfiance réciproque n'est lias de mise; et l’on peut envisager une collaboration étroite et fructueuse entre la logique analytique et la géométrie synthétique.Dans cette perspective, nous soumettons à une analyse critique les fondements de la géométrie, et en particulier la théorie de la droite euclidienne.Cette analyse nous montrera qu’on a trop négligé le caractère intime du fait géométrique en faveur de son expression avec laquelle on a pris l'habitude de le confondre.( ette confusion qui n’a nullement influencé le développement et les progrès de la géométrie a été cependant la cause de certaines équivoques, dont 1’interprétation peut donner les éléments d’une nouvelle théorie de la droite euclidienne.Mais par contre, elle a contribué à maintenir dans la plupart des esprits simplement intéressés à ces questions, une sorte de déception quant à la vraie nature de la droite euclidienne, (pie les théories nouvelles n'ont pas pu faire disparaître encore, il s’agirait donc de préciser aussi les limites de l’intuition courante qu'on croit avoir de la droite euclidienne.Pour justifier plus complètement notre argumentation, nous ferons appel à quelques considération historiques qui permettront de voir comment ces problèmes se sont posés à l’origine, avec les limitations et les difficultés de leur traitement, et quelle voie nous avons suivie dans leur solution.En voulant codifier les données intuitives de l’expérience générale que nous avons de l’étendue et de ses déterminations, Euclide fut amené à poser au commencement de ses Eléments les définitions, les axiomes et les postulats qui constituent la base de sa géométrie.Mais parmi ces principes, tout n'est pas aussi clair qu’on pourrait d’abord le supposer: ainsi Euclide donne une définition plutôt obscure de la ligne droite qui avait même intrigué ses commentateurs et qui ne détermine nullement l’essence de cette figure.En caractérisant la droite comme une ligne égale à elle-même dans toutes ses parties, Euclide a simplement obéi à cette nécessité de décrire au moins chaque notion première qui se présentait à lui.Il faut admettre, par ailleurs, que cette définition n'a fait aucun progrès par la suite.D’Alembert la considérait I.KS CAKACTKRKS DE LA DROITE EUCLIDIENNE comme l'écueil et le scandale de la géométrie; et Legendre affirmait que la ligne ne peut être définie rigoureusement, et que c’est sans doute à cette difficulté qu’il faut attribuer le peu de succès pour établir une théorie des parallèles vraiment rigoureuse.Euclide avait donc bien raison de suppléer au manque tic précision de sa définition de la droite, et de justifier l'intuition que nous en avions, en caractérisant cette notion au moyeu de deux postulats, véritables définitions déguisées, hors des atteintes d'une démonstration : le postulat de la droite unique et le postulat des parallèles.Or, le postulat tic in (truite inuptc, qui affirme qu,’< aire chus pointa on ne peut ntener gu'une seule dru.te, est assez simple pour satisfaire notre intuition.Tandis que le postulat îles parallèles est si peu constructif et si complexe, qu’il laisse voir la possibilité d'être ramené à des propositions plus simples; et d’autant plus que sa réciproque est prouvée par la dix-septième proposition du premier livre des Eléments.Voici l’énoncé de ce postulat: .Si deux dru,tes s.tuées thins un même plan, sont coupées par une troisième de telle sorte que la somme des angles intérieurs d’un même côté de la sécant' soit moindre ou plus grande que deux angles droits, ces deux droites se rencontrent du côté oii la somme des angles intérieurs d’un même côté est moindre que deux angles droits.En rapprochant cet énoncé de la définition euclidienne des parallèles considérées comme des droites situées dans un même plan et qui ne se rencontreront jamais si loin qu'on les prolonge, on peut établir un postulat équivalent à celui des parallèles mais avec un énoncé plus simple.Ci* postulat affirme que par un point hors d’ une droite on ne peut mener qu’une seule parallèle à cette droite.Cet énoncé était connu d’E> vide, quoiqu'on l'attribue ordinairement au géomètre (îergonne.Cette différence de complexité entre les deux postulais de la droite vient s'aggraver d'un procédé méthodologique regrettable dans l'exposition de la géométrie.Ainsi on sait que le postulat de la droite unique est nécessaire à l'établissement îles promitles propositions de la géométrie, tandis que celui des parallèles, qui doit pourtant compléter la notion de ligne droite, n'intervient effectivement qu'à partir rie la vingt-neuvième proposition îles Eléments.En effet, le postulat de la droite unique est efficace surtout pour l'étude des segments on mieux des droites ayant des points communs ou sécantes, tandis qu’il est insuffisant pour 178 a K V I ' K T HIM KST1U KI.L K CA N A DI K N N E caractériser dos droites indépendantes ou non-sécantes.Il faut pour cela l’intervention d’un second postulat capable de préciser cette position vague de deux droites indépendantes, en servant d’agent île liaison entre elles.Or, l’étude des relations entre les droites non-sécantes constitue justement la théorie des parallèles.("est pourquoi tout en prenant Euelide pour modèle, les géomètres venus après lui ne citaient au début de leurs traités, que les postulats nécessaires aux premières propositions relative-' aux angles et aux triangles, et réservaient pour le moment opportun les postulats nécessaires aux théorèmes plus avancés de la géométrie.Si cette façon de procéder a été l’occasion de la découverte des géomét ries non euclidiennes, elle a été aussi le point de départ d’équivoques malheureuses sur le fondement de la géométrie, ainsi que la raison des tentatives infructueuses de plusieurs générations de mat hé mat i rie ns pour démontrer le postulat des parallèles.En effet, ceux qui avaient l'idée de prouver ce postulat, essayaient tout naturellement de le déduire de celui de la droite unique.( )r, il est impossible, après avoir adopté le postulat de la droite unique, de caractériser dans un nouveau postulat, les relations qui peuvent exister entre des droites non sécantes.Car le postulat de la droite unique ne suffisant pas pour distinguer les diverses espèces de droites, on ne peut en tirer des propriétés qu’il ne contient pas: et d’autant plus que le postulat des parallèles vient compléter ce qui lui manque pour caractériser la droite euclidienne.< es difficultés méthodologiques ont été interprétées comme une tare dans l'œuvre si harmonieuse il Euelide, et dont il fallait débarasser la géométrie.11 s'agissait de considérer le postulat des parallèles comme un théorème ordinaire et de le démontrer soit en le déduisant de propositions antérieurement admises qui ne l'impliquent pas, soit en le réduisant par l'absurde.La plupart des géomètres, depuis les commentateurs d'Euclide et les géomètre-arabes, jusqu'à Legendre, ont essayé leur génie sur ce problème ingrat.Mais quelle que fut la manière dont on s’y prenait, quelles que fussent les considérations sur lesquelles on voulut édifier une théorie des parallèles indépendantes du postulat en question, aucune de ces tentatives n'a porté les fruits attendus; et toutes portent ce cachet d'impuissance qui a f.ni à la longue par décourager les plu- opiniâtres.En entamant le problème d'après la méthode directe, les I.ES CARACTERES DE I.A DROITE EUCLIDIENNE 179 plus heureux ne réussirent qu'à éviter une difficulté pour tomber dans une autre.Car toutes propositions relatives aux parallèles sont liées entre elles de telle façon, que de l’une on peut déduire toutes les autres; et de plus, quelle que soit celle par laquelle on commence, il y a toujours impossibilité à la démontrer sans faire appel, implicitement ou explicitement, à un postulat équivalent à celui d'Euclide.Ces tentatives n’ont donc donné d'autre résulta, que de t ransformer le postulat d'Euclide en des axiomes équivalents, parfois plus simplement énoncés et agissant cependant d’une façon efficace dans les raisonnements et conduisant au but poursuivit Or, il ne s'agit pas ici d'obtenir do nouveaux postulats qui peuvent être préférables à l'ancien; il n’en faut aucun.Do même ceux qui essayèrent la méthode indirecte ne furent lias plus heureux.Ils s’embourbèrent dans des raisonnements obscurs et peu convaincants, où ils faisaient intervenir de considérations étrangères à la géométrie, mais ils parvinrent néanmoins, quoique ce ne fût pas là leur but, à démontrer divers théorèmes non-euclidiens, tels que ceux de §acc fieri, de Lambert, de Taurinus et de Legendre.On semblait craindre de déclarer l’indépendance du postulat des parallèles par rapport à celui de la droite unique.Ainsi Saccfieri n'osait pas démontrer la possibilité des hypothèses contraires à celles d'Euclide, et il s'embrouillait dans des raisonnements obscurs.Plus tard Lobatchevski, après s-’etre débarassé du postulat d'Euclide, était inquiet de savoir si sa géométrie ne rencontrerait de contradictions soit dans ses déductions logiques, soit dans ses applications à la nature.Beltrami devait faire disparaître ce malaise en donnant une courbure aux plans où doivent évoluer les droites non-euclidiennes.* * * L’échec des innombrables tentatives pour démontrer les postulats des parallèles pouvait faire croire à 1 ^impossibilité de cette entreprise.Et pourtant cet argument impressionant a pu créer tout au plus une certaine présomption contre la possibilité de résoudre cette question.Car aucune règle de logique ne permet de conclure de la vérité d'une proposition particulière affirmative à une proposition universelle affirmative, à moins qu'il n'y ait comptabilité nécessaire entre l’essence de sujet et celle de l’attribut ISO REVUE T RIM ESTRIEEEE C A X A I)] EXX E dans cotte proposition particulière.C'est pourquoi l'impossibilité logique de réduire le postulat des parallèles à celui de la droite unique, no devint manifeste qu’avec la découverte de la géométrie non-euclidienne.Ne parvenant pas à résoudre la difficulté, on pensait l’éviter en supprimant le postulat des parallèles.Aussi Gauss fut l'un des premiers à vouloir construire une géométrie qui fut indépendante du postulat des parallèles; mais ses méditations sur ce sujet restent notées vaguement dans sa correspondance.Ce furent Lobatclicvski et Rolyai qui construisirent le premier système logique de propositions démontrées à la manière d l.uclide, et indépendantes de son postulat des parallèles.Leur raisonnement est bien simple: si le postulat des parallèles n'est pas une conséquence nécessaire de celui de la droite unique, alors en adoptant une hypothèse contraire à celle d'Kuclide tout en conservant les autres axiomes, on pourrait construire une géométrie cohérente, dont les théorèmes se dérouleraient indéfiniment, sans jamais se heurter à une contradiction, ("est en dirigeant leurs recherches dans ce sens (pic Lobatclicvski et Rolyai ont inventé les géométries non-euclidiennes.Les nouveaux systèmes avaient à peine vu le jour, qu ils eurent à résister à de nombreuses attaques.Tout d'abord le fait même de leur existence n'était pas une preuve suffisante que la contradiction (pii avait été évitée jusque là n’apparaîtrait pas à tin moment donné, en déroulant la chaîne des propositions non-euclidiennes.1 )e plus, on pouvait penser (pie ces géométries n’étaient que des constructions logicpies artificielles, des fantaisies analytiques incapables de s'accompagner d'intuitions, la géométrie euclidienne s'imposant seule comme forme de notre sensibilité.Pour réfuter ces objections, il fallait établir la cohérence logique et la nécessité des métriques nouvelles, et leur trouver des interprétations intuitives.Déjà Lobatclicvski et Rolyai avaient montré que les formules analytiques de la trigonométrie non-euclidienne, convenablement interprétées, formaient un système coherent analogue à la trigonométrie euclidienne hyperbolique: d’ou la validité des nouvelles découvertes et le nom de géométrie hyperbolique donné à la géométrie métrique de Lobatclicvski.Mais il fallait aussi une preuve géométrique de leur légitimité.C'est alors que Beltrami eut l'idée d’interpréter les planimétries I.ES CARACTÈRES DE LA DROITE EUCLIDIENNE 1SI non-euclidiennes comme une géométrie générale des surfaces euclidiennes à courbure constante, positive dans le cas de Ricmann, négative dans le cas de Lobatchevski.Aussi le postulat des parallèles multiples de Lobatchevski, est recpii' par la nature dune géodé-sique évoluant dans un plan à courbure constante négative; de même l’impossibilité de parallèles au sens euclidien dans la géométrie de liiemann, résulte de la nature d une géodésiquo évoluant dans un plan à courbure constante positive; et enfin le postulat des parallèles d'buclide, découle des propriétés d une géodésque évoluant dans un plan à courbure constante nulle, limite commune des deux autres espèces de plans.Chacun île ces postulats est vrai et nécessaire dans sa géométrie particulière et quelques transpositions de termes permettent de considérer les propriétés des droites non-euclidiennes comme celles de courbes d un certain type: les géodésiques tracées sur les surfarv.- à courbures constantes.Sans altérer leur enchaînement par cette opération, on peut donc conclure que les théorèmes non-euclidiens expr.ment des relations connues, quoique dans un langage nouveau; et que les déductions des géométries non-euclidiennes n’aboutiront jamais à des contradictions, sans entraîner la ruine de la géométrie d Luclide elle-même.C’est a nsi que l’argument de Beltrami, prouve la validité des planimétries non-euclidiennes uniquement.Mais cette validité subsiste-t-elle aussi pour des constructions dans l’espace?On répondit affirmativement à cette question, en interprétant les géométries non-euclidiennes au moyen de la théorie des groupes de transformation.Poincaré se rendit célèbre à ce point de vue par son « Dictionnaire ».bn faisant îles recherches sur les fonctions fuschiennes, il fut amené à un nouveau mode de traduction des théorèmes non-euclidiens, en propriétés de figures euclidiennes.Ainsi, grâce à une correspondance biunivoquc établie entre deux catégories de termes et exprimée par un vocabulaire approprié à la question, il est parvenu à traduire les énoncés des géométrie- non-euclidic unes par certains développements d’analyse ne sortant en rien du cadre habituel des recherches mathématiques.Pour être plus précis, nous dirons que ces termes désignent certains éléments de figures et certaines opérations auxquelles les éléments sont soumis; on les avait définis euclicliennemcnt, on n’avait qu’à les traduire à l’aide du vocabulaire pour passer d’un système à l’autre.Par exemple, eu faisant correspondre au simple 1S2 REM K TRIMESTRIELLE CANADIENNE déplacement d’une ligure dans la géométrie euclidienne, des transformations par rayons vecteurs réciproques avec une sphère d’inversion à rayon réel, pour la géométrie de Lobatchevski, à rayon imaginaire pour la géométrie de Riemann, cette sphère absolue étant coupée orthogonalement par d’autres sphères ou d’autres cercles, on aboutit à des énoncés équivalents pour le fond, à la série des théorèmes non-euclidiens.Il ne faut pas croire cependant, que Poincaré fait peu de cas du s, ns des vocables mis en regard des termes de la géométrie euclidienne; il ne les a pas choisis arbitrairement.Et quoique ces vocables aient un caractère conventionel, ils ont entre eux une compatibilité de nature qui fait toute la valeur de l'invention de Poincaré.Ainsi la droite Rieman-nienne est en réalité un arc de grand cercle d’une sphère; et la droite lobatclu-v.-kienne un cercle qui coupe octhogonalement un cercle fondamental.Analysons à titre d’exi mple, l'indentité de la droite rieman-nieune et d’un grand ceicle de sphère: ci s deux ligures ^ont illimitées sans être infinies, car on peut en faire le tour et revenir à .-on point de dépait .-ans rencontrer de limites.Toutes deux sont déterminées pur deux points suffisamment .approchés.De plus elles peuvent enfermer un espace lorsqu'elles sont considérées dans leur totalité.Elles sont incompatibles avec la définition euclidienne des parallèles: donc si deux de ces figures forment avec une même troisième de part et d’autre de celle-ci de.- angles intérieurs d'un même côté de la sécance, d’une part supérieure et de l'autre inférieure à deux droits, ces figuies -e reneontn nt des deux côtés de la sécante.Ainsi donc, autant les éléments de la définition de la droite euclidienne et rie la droite riemannienne sont contradictoires, autant les éléments de la droite riemanienne et rie la circonférence du grand cercle d'une sphère sont identiques.Toutes les différences qu’on pourrait établir entre ces deux dernières figures seront par conséquent des différences de méthode rie point de vue, et nullement des différences réelles et objectives affectant leur nature et leur identité.Les vocables que Poincaré fait correspondre à des concepts non-euclidiens, ont donc une valeur par eux-mêmes, à cause de l'unité intrinsèque des faits géométriques qu'ils représentent.On voit par là que les concepts fondamentaux de la géométrie sont des êtres de raison jouissant de propriétés univoques et dont I.ES CARACTERES DE I.A DROITE EC CI.ISIEN NE 183 l’individualité nécessite certains rapports que nous pouvons exprimer diversement, mais que nous ne pouvons détruire ou changer à notre guise.On voit aussi que la portée des recherches de Poincaré est immense: non seulement elles ont consacré définitivement la ligitimité des géométries non-euclidiennes, mais encore elles en ont facilité l'étude, en permettant de les déduire du système euclidien par de simples transpositions.Mlles sont même d'autant plus suggestives, qu’elles renversent parfois les rôles joués par les trois géométries; au lieu de se servir de la géométrie d’Euclide pour donner un sens aux théorèmes non-euclidiens, ce sont ces derniers (pii permettent souvent de triompher des difficultés rencontrées dans un problème de géométrie ordinaire.Ainsi la géométrie d'Muclide s’est t ouvée réduite à un simple groupe mathématique, plus commode que les autres parce qu'il rend plus facilement compte des propriétés des solides naturels, mais aussi évident et légitime que les autres groupes.Le vaste champ ouvert ainsi aux esprits, permet de construire des systèmes géométriques hypothético-déductifs d’étrange allure, dans lesquels les droites et les plans jouissent de propriétés toutes autres (pie celles qu’on leur connaissait jusqu’alors.Cependant les droites et les plans ne sont pas identiques à ceux d’Muclide, les mêmes mots désignent des objets de nature différente, quoique destinés à remplir des rôles analogues dans les systèmes particuliers auxquels ils appartiennent.Mais en appliquant ainsi des termes connus à des idées différentes de celles auxquelles on était habitué à les associer, on aboutit à de malheureuses équivoques.* * >;: Le fait de caractériser la ligne droite par deux postulats inégalement complexes, permet, d’après les règles de la méthode hypo-thétieo-déductivc, d’établir une série de postulats et de démontrer une série de propositions entre ces deux postulats.Or, ni ces propositions, ni ces postulats, ni les définitions qu’ils conditionnent ne sont différenciés jusqu’à la théorie des parallèles.Il est vrai qu’ils est impossible de tirer uniquement de la notion générique de la droite des conséquences qui permettraient de caractériser l'une quelconque des trois espèces de droites; car l’unité de la définition ne saurait résumer les données propres à chacun des concepts K K \ T K T KIMK ST HIK1.1.11 C ' A \ A DIK N NK IM iuissi incompatibles que ceux des trois espèces de droites.Mais il n’est pas moins vrai qu'avec ce procédé on arrive à la théorie des parallèles avec une notion unique du plan en part cuber, où devraient sc vérifier les trois postulats contraires sur les parallèles.< )r, de deux choses l'une: ou bien la notion de plan est vraiment une.et alors i! est absurde de supposer qu'en même t mps la somme des angles intérieurs d'un triangle est égale, supérieure et inté '.'lettré à deux angles droits; ou bien la notion de p'an doit être équivoque, et alo s i.faudrait caractériser chaque espece de plan ben avant d arr.ver à la théorie des parallèles, puisqu'on en a besom dès : etablissement des premiers théorèmes île la géomètre1.Il est év.dent que c'est la seconde hypothèse qui est la vrai; mais alors pourquoi n’avoii pas caractérisé .e p.an dès l’origine ?Kt si l'on veut dire que la caractérisation du pian dépend de celle de la droite, ta .-on de plus pour qu • celle-ci ne -o.t pas définie de façon équivoque.l.n somme il tant éviter d'employer un même mot dans plusieurs sens; car si i application d’un terme à un concept géométrique est conventionnelle, la signification du terme, une t'ois déterminée, ne saurait êtr.appliquée à d'autres concepts -ans aboutir à une ( on fusion ou à une contradiction.Pour éliminer des erreurs toujours possibles, on pourrait par exemple réserver le mot droite pour signifier des lignes de moindre distance quelle que suit leur géométrie, dan- un sens génénqu ¦; et employer .es mots euclidienne, lobalchcvxkU une ou rinnnnnicnnt.pour sign.tier les droites spécifiques de chacune de ces géométries.I les distinct ions analogues pourraient être appliquées à d’autres concepts.-Mais ces premières distinctions n\ nièvent pus toutes les équivoques dont souffrent le.- débuts de la géométrie du tait de la multiplicité de postulats équivoques eux-mêmes qui servent à définir ses concepts de base.Insistons sur ce point.Le Postulat de la Droite Pnique ne convient qu'à l’euclidienne et à la lobatchev-skienne: donc - il sépare celles-ci de la droite riemannienne dès le début, par contre il permet de donner deux représentations différentes a tous les théoivmes et propositions qu'on peut établir depuis le point de départ de la géométrie jusqu’à la théorie des parallèles.Or.nous venons de dire que cette équivoque est regrettable en fait.l .n » fl et, pour que la géométrie euclid'enne prenne .-a liberté, LES C’A HA ( TURKS DE LA DROITE EL' C'EISI E.\X K 1SÔ pour qu'elle puisse atteindre ce corps de théorème! qui lui appartiennent exclusivement en propre, il lui faut tout d’abord passer au traver- de toute une série de propositions équivoques, qui ne devraient pourtant pas l’être.En d'autres termes, la droite qui réalise tous les théorème.- compris avant la théorie des parallèles, n'a pas de spécificité propre, elle n’aurait même pas une forme p.opre, et plus encore, elle ne serait même pas suffisamment générale pour prétendre à une certaine universalité.Pourtant, c’est bien à cause de son individualité qu’elle rend possible non seulement cette série de théorèmes, mais encore ceux qui relèvent de la théorie des parallèles.Mais alors, cette individualité devrait pouvoir s’exprimer clairement dès le début.D’autre part, aucun des deux postulats de l’euclidienne n'est assez général ou assez individuel pour être satisfaisant.Les équivalents qu'on en a donnés à travers l’histoire, mettent à jour les interprétations diverses qu’ils permettent.Ainsi, le Postulat ties Parallèles convient à la riemannienne sous l’énoncé d’Euclide, mais il ne lui convient pas sous celui tie Gergonne.De même, certaines propriétés des parallèles, telle la double perpendicularité, conviennent à la riemannienne, alors qu’d n'y aurait pas de parallèles dans ce système.Toutes ces considérations mènent à poser deux thèses importantes.La première est que la découverte des géométries non-cudi-diennes, résultant de l'insuccès des tentatives faites pour démontrer directement le postulat des parallèles, et l'établisse me ni de leur correspondance avec la géométrie euclidienne, confirment Vindividualité univoque des faits géométriques qui soulendcnt la définition des concepts particuliers à chaque système.La seconde, qui est d’ordre historique et pratique, montre qu’on n’a pas tiré jusqu’ici toutes les conséquences méthodologiques tie la première.Ainsi, nous dirions que / habitude de considérer les propositions initiales de la géométrie comme communes aux trois métriques, et de donner le postulat des parallel/s comme le point île trifurcation de ces systèmes, laisse un caractère équivoque tant à la droite qu'au plan, et par conséquent à toutes les propositions qu’on peut démontrer avant la théorie des parallèles.Pour harmoniser ees deux thèses, il faudrait donc spécifier les trois systèmes dès le début, au moyen de systèmes d’axiomes qui précisent tout de suite l’individualité de chacune ties droites. ru:vui; rdimestkiele canadiexxe I S! > Kn ce qui nous concerne, nous avons essayé de réaliser ce projet pour la droite euclidienne i Y.Reviu Trimestrielle Canadienne au mois de Sept.1Ü43), non seulement pour montrer qu’il est possible, mais encore pour améliorer la méthodologie et la pédagogie des principes de la géométrie.Notre idée fondamentale était de rechercher si la caractérisation de l'euclidienne peut se faire par une axiomatique plus fondamentale (pie celle d'Kuclide lui-même.Nous sommes ainsi parvenus à montrer que h s deux postulats d'Kuclide peuvent être ramenés déductivement à un axiome plus simple, que nous avons nommé le Postulat de Courbure Xullc, et qui n'exige lui-même comme assises qu’un système d'axiomes génériques convenant aux trois métriques.Dans cette réorganisation des fondements de la géométrie, nous nous sommes servis de l'idée purement métrique de distance (pie nous séparons conceptuellement de celle de droite, quitte à la réaliser en fait ensuite par chacune des droites que nous pouvons spécifier.Nous avons ainsi fait des tables des résultats de l’analyse logique de tous les concepts et axiomes relatifs à la métrique euclidienne, et utilisé ensuite ces résultats pour les fondre dans un système d'axiomes progressifs convenant aux trois métriques et tout à fait indépendant naturellement en son temps, sans avoir tout à fait indépendant de toute idée de parallèles.La théorie des parallèles est amenée naturellement en son temps, sans avoir besoin de postulats nouveaux, et au moyen d’une définition constructive de cette relation spéciale entre droites.L’organisation de cette théorie s'est faite par l’utilisation de tables analogues comprenant les résultats de l'analyse logique des diverses définitions, propositions et postulats relatifs aux parallèles.Cette analyse a montré, en effet, que le parallélisme n'est pas une notion primitive, mais bien une relation de construction et de dérivation qui n’exige pas de postulat particulier pour se voir caractériser.Avec ces précisions et ces distinctions, nous avons pu enfin organiser toute l’axiomatique euclidienne, en introduisant les notions de plan, d’angie, de perpendiculaire et d’ordre après la fixation définitive de la notion d’euclidienne.La constitution de ce cadre, dont on pourrait établir des analogues pour les autres systèmes métriques, permet d’apprécier la valeur de l'idée métrique de distance, la généralité de la notion de droite, et la spécificité de l’euclidienne.Mlle donne ainsi un EES (A HA C'TKHKS DE I.A DROITE Et'CEISIE.VN E 1S7 sons univoque à toutes les propositions qu’on peut démontrer dans le système euclidien, et dissipe les équivoques existant jusqu’à ce jour dans l'interprétation îles fondements et des débuts de la géométrie, sans taire violence à l'enchaînement et à l’exposé de cette science.l.n terminant, nous signalerons cpie les avantages méthodologiques et l'organisation même de notre théorie de l’euclidienne ont été conditionnés par notre idée de l’originalité propre et univoque des concepts spécifiques de chaque système de géométrie.Le fuit gêumétriqui qui soutend chacun de ces concepts, n'est pas entièrement créé par 1 esprit: il contient un fond analogique de réalité qui lui permet, telle une monade, d'opposer la richesse et la netteté de son être aux règles mécaniques où veut l’enfermer la méthode hypothotico-déductive appliquée pragmatiquement, sans une analyse exhaustive de ses éléments et de leurs organisations possibles.( est notre intention de saisir le propre de l'euclidienne dans toute sa pureté, qui nous a mené aux considérations dans 1 ordre de l’invention, qui nous ont permis en fin de compte de systématiser définitivement, croyons-nous, les cadres familiers de la métrique euclidienne.Thomas Greenwood. LE CORPORATISME ET LE COOPERATISME La doctrine sociale de l'Église est féconde en remèdes pour soulager la société malade.Parmi ses nombreuses directives, nous trouvons deux recommandations principales ou deux systèmes fondamentaux, le corporatisme et le coopératisme.Depuis longtemps les sociologues catholiques prêchent les vertus de ces doux formules; les uns.favorisant le coopératisme, d'autres, penchant vers le corporatisme, et les derniers, s'inclinant vers leur fusion pour leur collaboration dans la même société.Corporatisme, coopératisme, les deux mots sont presque identiques.Mais peut-on en dire autant des systèmes eux-mêmes?l'.n quoi le corporatisme et le coopératisme se ressemblent-ils ?Quelles sont leurs différences?S'ils sont appliqués dans un même pays s'adaptent-ils bien?Quelles difficultés aurons-nous à rencontrer dans une telle alliance?Cet article loin de tenter de résoudre tous les problèmes possibles donnera au moins quelques éclaircissements et opinions (pii pourraient être utiles aux sociologues intéressés.Avant d'entreprendre la comparaison de ces deux formules, il nous profiterait de défini]- leurs termes, de donner leurs critère-s et d’établir leurs fonctions.I Dkkimtions A.Le corporatisme est.un système économico-social organisé à base de corporations, bugène 1 )utboit définit la corporation comme suit: « Institution d'un corps officiel et public intermédiaire entre les entreprises particulières et l'État, chargé de la gérance du bien commun au sein d'une profession déterminée » '.JL Le coopératisme est le régime socio-économique organisé a base de coopératives.La coopérative est une association de personnes gérant à leurs propres risques une entreprise pour satisfaire des besoins économiques ou obtenir des bienfaits d’ordre matériel.Cette entreprise ne donne qu'un vote à chaque sociétaire nonobstant I.«I.Organisât ion ( "orporative », L'f.cnlc Modale Populaire, X.2n(i, p.2. I.K COKPORATISME ET I.E COOPÉRATISME 189 le nombre d'actions détenues, ne paye qu’un intérêt limité sur le capital et remet les revenus réalisés aux clients-sociétaires d’après la somme d’affaires transitées avec la société.Critères A.Lu corporation:— n) Corps officiel et public: J.a corporation doit être un organisme officiel et publie possédant l’autorité de légiférer et d’exécuter des lois concernant les professions, de vider des conflits entre patrons et ouvriers et d’administrer un patrimoine.b) Intermédiaire mtn l Hat ème anniversaire ont été convoquées et ont permis aux membres du conseil de se rencontrer et de discuter nombre de questions en aparté.\dniissions et Réadmissions: - Au cours des deux assemblées susmentionnées, les diplômés suivants ont été admis membres de l'Association.( e sont : MM.Lucien ïsarra-Bournet 18.Lionel Lavallée, 18.Emile \cnno, 18, Roland Simard ’21 et Maurice Cormier ’14, tous architectes et, 57 étudiants finissants de 1947, qui ont maintenant reçu leurs diplômes.Ont été réadmis membres de 1 Association, a ces deux mêmes assemblées, messieurs D’Avignon Delfosse '22, Joseph Mayer 24, Jean Morencv, '32 et René Martin '3b.Suspensions de membres en arrérage depuis plus de trois ans: — Le conseil s’est vu dans l’obligation de retirer des listes officielles les noms des diplômés suivants, qui n ont pas payé leur cotisation depuis plus de trois ans.Il s'agit de MM.A.-O.Barette ’08 J.-U.Beauchemin ’12 Gustave St-Jacques ’3(3 Paul Pelletier ’38 Romain Baril ’40 Gérard Malo ’40 Jules Mercier ’40 P.-E.Campeau ’41 J.-D.Noël ’41 Banquet annuel 1947 : — Il a déjà été question des résultats du banquet annuel dans la livraison du printemps de la Revue Trimestrielle Canadienne vie de l’écoi.e et de l’association 235 Nous voulons simplement annoncer que le banquet, au point de vue financier, laisse un léger déficit de S50.00; comparé aux années précédentes, ce résultat semble assez normal.Abonnement* à la Revue Trimestrielle Canadienne : ¦— Le conseil a, comme les années passées, décidé d’abonner à notre revue les diplômés qui sont membres de l'Association et ceux dont les arrérages ne dépassent pas un an.Nous avons payé à la Revue Trimestrielle Canadienne la somme de S147G.OO pour 733 diplômés et 5 membres adhérents.Nominations de délégués
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.