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Titre :
La revue trimestrielle canadienne
Revue universitaire qui a le mandat de stimuler et de diffuser la recherche scientifique et la recherche sociale réalisées à l'École polytechnique de Montréal et à l'Université de Montréal. [...]

La Revue trimestrielle canadienne est fondée en 1915 par un jeune professeur de l'Université Laval à Montréal et de l'École des hautes études commerciales, Édouard Montpetit, et les professeurs de l'École polytechnique Arthur Surveyer et Augustin Frigon. Ils en seront les principaux animateurs, durant quelques décennies. Le sulpicien Olivier Maurault se joindra à eux en sa qualité de recteur de l'Université de Montréal.

Publiée par l'Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, la revue remplit le vide laissé par Le Bulletin de l'École Polytechnique et La Revue économique canadienne. Elle vise à stimuler l'étude des sciences appliquées et des sciences sociales, en premier lieu le génie civil et l'économie, ainsi qu'à informer et à servir les ingénieurs francophones. La technologie, l'économie politique, la médecine, la philosophie, la psychologie, l'enseignement et l'humanisme trouveront une place dans ses pages au cours des années.

Parce qu'elle est un des principaux organes de diffusion de la recherche francophone, la Revue trimestrielle canadienne est une ressource importante pour la connaissance de l'histoire des sciences au Québec. On y trouve par exemple une présentation rédigée par le frère Marie-Victorin du lancement de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (mars 1924), ainsi que de nombreux articles témoignant du développement des recherches sur le génie civil, l'électricité et l'électronique, dont des articles sur la télévision à partir de 1933.

Le spectre de la diffusion de la recherche y est très large. On y traite fréquemment d'hygiène sociale dans les années 1920 et 1930, et de façon constante de l'enseignement général et professionnel. La psychanalyse y est abordée dans une série d'articles d'Antonio Barbeau publiés en 1930 et 1931. On peut aussi lire en 1938 un retour du géologue Gérard Gardner sur la question complexe de la frontière du Labrador.

La Revue trimestrielle canadienne permet de connaître davantage la vie de l'École polytechnique jusqu'en 1954, dernière année où la revue est publiée. L'Association des anciens élèves y donnera suite avec L'Ingénieur, une revue résolument tournée vers le génie.

Source :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. 5, p. 139-141.

Éditeurs :
  • Montréal :Association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique de l'Université de Montréal,1915-1954,
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'Ecole polytechnique de Montréal
  • Successeur :
  • Ingénieur
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Références

La revue trimestrielle canadienne, 1943, Collections de BAnQ.

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29ime année No 113 MONTRÉAL mars 1943 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l'ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.SOMMAIRE Pages 1 — I.Les Nappes aquifères souterraines et leur Utilisation.Joseph W.SIMARD 19 — II.Cent ans de Géologie au Canada.R.P.Léo-G.morin, c.s.c.37— III.Notre Géographie en Peinture.Marius barbeau 41— IV.Démocratie canadienne.Marcel CADIEUX PAUL TREMBLAY 57 — V.Étude analytique et graphique de la Poutre continue.René FORTIN, I.C.88 — VI.Revue des Livres.91 — VII.Vie de l’Association.ASSOCIATION DES DIPLÔMÉS DE POLYTECHNIQUE MONTREAL COMITÉ DE DIRECTION Président: Monseigneur Olivier Maurault, P.S.S., recteur de l’Université de Montréal.Membres: MM.Augustin Frigon, président de la Corporation de l’École Polytechnique.Armand Circé, directeur de l’École Polytechnique Victor Doré, surintendant de l’Instruction publique.L’hon.Léon-Mercier Gouin, professeur à l’Université de Montréal.Théo.-J.Lafrenière, professeur à l’École Polytechnique.Olivier Lefebvre, vice-président, Commission des Eaux courantes.Édouard Montpetit, secrétaire général de l’Université de Montréal.Antonio Perrault, professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, ingénieur conseil.Ivan-E.Vallée, sous-ministre, département des Travaux publics de la province de Québec.Lorenzo Brunotto, bibliothécaire de l’École Polytechnique.Henri Gaudefroy, secrétaire de l’Association des Diplômés de Polytechnique.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Surveyer Membres: Mgr Olivier Maurault, MM.Édouard Montpetit, Augustin Frigon, Théo.-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre, Hon.Léon-Mercier Gouin Rédacteur en chef: Édouard Montpetit Secrétaire: Armand Circé Trésorier.Lorenzo Brunotto PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne paraît quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession: mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura été envoyé un exemplaire à la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration, etc.directement à — La Revue Trimestrielle Canadienne LAncaster 9208 1430, rue Saint-Denis MONTRÉAL HK VU- TKIMESTKIKFFK an adik.wi: I LA Banque D’Epargne 1846 DF.I A cm.I l DU DISTRICT DF MONTRFAI, 1942 Quatre-vingt-seizième Rapport Annuel Montré u.t.r.s février.I M.l nnv'ffri' 1r* quatre-vingt-«i iy.i*'rno rapjiorf annuel des lu rail' l'année expirée le 31 dé-ambre.1912.Atrx Actionnaires.Messieurs, Vos administrateur* ont ].t ' -ir de * affaires de la Banque et y ré.!• - .péi I-*- I • ¦ • ' ' • ¦ * - L 7" j • • 7 uxquel'il faut a.muter le'-Me rejmrté du -mpte d»1* Profit** d- l'ai ru- < Mit re les dis-tril»Uti"n- t r; i: i.-~ r r i.-i !.- : •• un- la Banque a ver-'- ->ir cett.•«niiiiie $ 13,350.00 à diverse* oeuvres eliaritaLi* * • ’ ?•' la.i .-I •: ta i* de la -ueme -le «9 950.00 intérêt *ur le fond* de* pauvre* -11 ~ r r 11 • ».• .• > I I u > lm » - a r i » un »ulde de >'24:1.900.13 au crédit «les Profits non divi-és.I.a ha M n'a : - ép.«ieptiis la dernière assemblée.No're i»r«'*i lent, le • ré* • ur.tiid.qui fn* adn.uu-trat.ur d« pui* 1900 « t président «lu con-eil depuis 1920.Par -a i : i< • t !.la Haï.que |u I lin adinilii-t rat «air éel.tiré «lont le Um jugement et le t.- nvautau* u \ à l’ni't iiut i"u.J Jurant plu* d'un demi-*ièi le.notre regretté prési-l»ré< imuite publique du Canada.Il avait conquis l’estime tie tous par - u ii ! - • • J.U :• lullin' .• -a l'ei-uiuialité et d«->e* iiiaui*'r.*.M.Ilenrv .1 inBri-, u.ait été na mbie .d'a«lniiiu*t rat ion pour près «1.- v ingt ans et son .rt il a p: honorable Ha-ml Man est -1-Védé I,- I! mar* *«'ii' des affair-dent oeeiipa une p|a«.sa I m u, 11' et -a i ourt'ii-Triliev.lé.inié !.u .1.• Monsieur Trille;, le* adriiini'trateiir*.; une ««lime et u prive Banque ice partagée* r (îouin C.H., au vii e-pré'id« nt -I- |"p' le moi* d avril conseiller «le valeur, nui avait la haute e*ti par se.«•onfrèn - du Earn au -t par !•¦ put 1 Le* \ » t i « « .a 11.' i i réé.¦ ¦.:.•, • • me I |.Y» p ,r la nominal ion de I honoraMe I.éi nn-M et de M.John !’ Il ’ t.I ••un- a ¦.11.11.¦ - * rat «-« : r- : • I.¦ lé |.t i« >i.le M M Arthur Plut Jxiste «h- \ n ; i r é - j.| • • j i T • ' d m -i-niéiue 'lui de pré'iden' du -oii'iil.Suivant la .ont• 111.¦•.un,- m-i e.11>.n fréquente et .empiète ¦!••* livres et «ly l':u lif de la Banque été faite durant I année.tenant devant vous.Le président, Le rupjMirt des vérificateurs et le Bilan sont ma D A IMNCSTON BILAN (.LNLRAL AU SI DÉCEMBRE.1042 PASSIF Au l'ilhllC Dépôts portant intérêt .• .Dépôts ne portant pas intérêt .Fonds de charité.Comptes divers .t uz Artionuun> < Capital '(inscrit *2,000,000.001, versé .• .• • Fonds de Héservc .Solde dee Profits, reporté- .ACTIF Kspèces en caisse et dans les Banque' ., Obligations des gouvernements fédéral et provinciaux .Obligations de municipalité*- -atiiuliehnes .Obligations «le inunicipahti-''colairc'canadienne' .t )l'ligations de « or|*orat un- < .uiadn -nn- - d'utilité» punhque- .Valeurs diverses .- • Prêts à demande et à iourte échcajice garantis par de.* valeurs en nantissement .Fonds des pauvres, pla-'- *ur obligation» du Cu.uvernejneiit fédéral et de municipalité' canadiennes, approuvée* par le f.ouverne-raent Fédéral .Immeuhles de la Banque 'bureau principal et Miccur*ales) • ¦ Autres titres .sot.121.321 72 1 .ti20.fM9.no lS0.000.00 2 377.110 50 .*i>s,.V.Is,s2l.12 * 2.oiM),IMHl 00 3,300.000.00 213.900 Id * 7 11 s.002 'D 11,01 s.141.00 I5.in.545 tin ls3.930.70 .'>.'250.510 00 200,00000 3.100.020.95 13.900.13 74.112.727.25 I.IMMI (MMI IHI 37.370 (M) *7.3.10.*., 3.71'.I 037 370 IM) «74.142.727.25 Pour le conseil d'administration, l* l’rttulrrj D.A.HINOSTON Le dircctriir-j'ii’rtii T.-TAUUAUT SMYTH II REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ¦"^-U niversité de Montréal École POLYTECHNIQUE Ecole d'ingénieurs — Fondée en 1873 Le programme d'études prévoit la formation générale dans toutes les branches du Génie et l'orientation dans les quatre spécialités suivantes : / Mécanique-Electricité Travaux Publics-Bâtiments Mines-Métallurgie Chimie industrielle Les élèves reçoivent à la fin du cours les diplômes d'ingénieur et de Bachelier ès Sciences appliquées avec mention de l'option choisie.LABORATOIRES D’ANALYSES, DE RECHERCHES ET D’ESSAIS, LABORATOIRE PROVINCIAL DES MINES.Prospectus et Renseignements sur demande 1430, RUE SAINT-DENIS MONTREAL HE VU K TRIMESTRIELLE CAXA DIEXXE III SECRETARIAT DE LA PROVINCE Ecole des Hautes Etudes Commerciales Affiliée a l’Université de Montréal Décerne les diplômes de bachelier en sciences commerciales, licencié en sciences commerciales, de docteur en sciences commerciales et licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l'Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.), l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT Cours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR: comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux préparatoires à la licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur.535, avenue Viger, Montréal Préparant aux situations supérieures du commerce, de l’industrie et de la finance Bibliothèque économique.Musée commercial et industriel IV R K V l' I : Tit IM MSTIt 11:\AjF.C A X A I) I K X X K EMPLOYEZ Brisker Mono /e Clilohuhe de Calcium POUR • La consolidation de surface des routes de gravier • La stabilisation des bases des revêtements • Abattre la poussière 9 Contrôler la glace © Accélération de la prise du béton ® Contrôler la poussière du charbon © Le remplissage des penumatiques de tracteurs 9 Solution réfrigérante 9 Antigel dans les solutions pour barils de prévention d'incendies Le service technique de Brunner, Mond Canada Sales, Limited a à sa disposition un personnel d’ingénieurs qui peuvent être consultés sans obligation.Si des problèmes particuliers se présentent par rapport avec n’importe lequel des différents usages du chlorure de calcium, et que notre littérature ne couvre pas le sujet dans tous ses détails, nos ingénieurs se feront un plaisir de coopérer avec vous.Vous êtes donc cordialement invités à nous soumettre vos problèmes.Brunner, Mond Canada Sales, Limited MONTREAL Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL MARS 1943 LES NAPPES AQUIFÈRES SOUTERRAINES ET LEUR UTILISATION I.< :i 11 est 1111 element (‘>>(*111 ici 11 1:1 \'ic; ;|I1SM bien ;i |;i vie végétale qu'à la vio animale.Tant que les populations de la ferre ne se sont pas trop multipliées, et qu elles se sont contentées de vivre le long des cours d'eau, le problème de leur alimentation ne s'est pas posé.I.es premiers humains de l'antiquité, ainsi que leurs troupeaux, s abreuvaient aux rivieres ou aux ruisseaux qui coulaient aux portes du paradis perdu.('ependant l’homme était né avec l’esprit d'aventure, et avec la curiosité de découvrir de nouveaux pays.Aussi les descendants de * hum prirent-ils bientôt le chemin de contrées inconnues, et pour eux commença alors la lutte pour la subsistance.I"ne des premières difficultés qu'ils rencontrèrent dans leur odyssée fut celle de boire.I.es textes les plus anciens font souvent allusion à la rareté des eaux de surlace, et a la nécessité d’avoir recours aux eaux souterraine-, Plus tard, les récits bibliques des sept années de sécheresse (pii sévirent en F.gypte sous le Pharaon, et de la traversée du désert par Moïse et son peuple, alors qu'il dut frapper le rocher pour sauver sa tribu de la mort par la soif, prouvent que la question de I eau s'est posée plusieurs fois de façon aiguë.Lorsque lean de surlace manquait, l’homme s'ingéniait à en 1 rotiver sous terre, et ainsi s’est développé peu à peu Part de creuser des puits.On peut donc affirmer qu'on a eu recours aux nappes aquilères souterraines depuis les temps les plus reculés.Les puits anciens donnaient de petits débits et, à quelques exceptions près, alors que de grosses nappes jaillissantes furent rencontrées accidentellement et utilisées pour l’irrigation, on peut O Hi: v i !•; thiMk.nThi i;m.i; ( • a \ a di i;\ \ i; dire que les eaux souterraines ont été exploitées au ralenti avant noire époque de grande industrie.Depuis quelques decades, a cause de la densité des habitants dans certaines regions, les eaux de surface sont parfois dangereuses a la consommation.Dans certains cas la quantité disponible n’est pas suffisante aux besoins d'une agglomération sans cesse croissante.D autre part, le développement industriel demande souvent un débit d'eau considérable, nécessaire en tout temps, aussi bien durant la période de sécheresse que durant la saison des pluies.Aussi s efforce-t-on de plus en plus à découvrir de nouvelles sources qui peuvent donner de l'eau supplémentaire, sans tarir les eaux de surface: ainsi, on a été amené à la recherche scientifique des nappes souterraines, et au développement de la technique de leur exploitation.Nous tenterons d exposer ici sommairement comment d'abord on doit procéder pour déterminer l'existence de ces nappes et, par la suite, comment on peut les utiliser dans les meilleures conditions.ORJUIm; 1)!-;s KAt X SOI'T K tut AI\ Its A a ant (1 aller plus loin, éclaircissons une question qu'on nous pose souvent ?\ a-t-il de l'eau souterraine partout dans le sous-sol et, en allant en profondeur, est-on certain de la rencontrer.Répondons tout de mite par la négative.Kn eff'ct, à moins rpi elle ne soit de provenance magmatique, volcanique ou cosmique, 1 eau ne peut avoir etc amenée dans le sol (pie par son infiltration dans une nappe perméable, ou dans un roc fissuré.S'il n'v a pas de perméabilité ou de fissure permettant su venue, il n’y aura pas d eau, à quelque profondeur que l'on aille.J.e principal agent des eaux souterraines, c'est ht pluie.Les eaux de pluie, après leur chute, sont soumises à des régimes divers, hiles ruissellent sur les sols imperméables tels que les tocs ou les argiles, et suivant alors les pentes, sen vont grossir les ruisseaux se déversant dans les rivières, les lacs ou les mers, hn cours de route, suivant les < "" .s de l'atmosphère, ces eaux cèdent une partie de leur volume à l'évaporation, et la nature en absorbe aussi la quantité nécessaire à ht vie des plantes et des arbres.hes eaux de pluie tombant sur les sols perméables sont absorbées par ceux-ci dans une proportion variant avec leur perméa- 2789 -VAIM’KS AQl'IFKHKs sol | |;|{l! W \ l.~ i:r r.Km i tii.isvrtox bilito; oos infiltrations aliino$|eiit les nappes aquifères souterraines.:ij)i (•> a\ oir fourni mux lois Y.V PC ITS Avant d'aller plus loin, disons pour ceux qui lie sont pas familiers avec la construction d’un puits moderne, que celui-ci comporte généralement trois parties essentielles: l’avant,-tullage, le tubage et la crépine 1 lig.2 .I.‘avant-tubage est la conduite d'acier à grand diamètre, installée en profondeur depuis la surface du sol, jusqu'à la nappe aquière.I,a base de Lava Ht-t Itbage se trouve ainsi à quelques pieds au-dessus du bord supérieur de la crépine.( 'ertains puits comportent plusieurs avant-tubage- de dinnièt res divers.A l'intérieur de l'avant-tubage, et concentriquemont à celui-ci, se trouve le tubage, d'un diamètre naturellement plus petit, lequel descend jusqu'à la nappe aquifère: le tubage est relié directement à la crépine tig.¦.La crépine dig.2! habit udlenient de même diamèt re que le t.u-bage, et en prolongement direct de celui-ci, est installée à la hauteur de ht nappe aquifère, à l'endroit paraissant le plus favorable pour capter les eaux de la nappe.Idle peut être fabriquée de métaux / * I'h.i ki: 1 )?-.?• 1 tfc «l'un 1111 ta ift * «If l»« pml'UiLTr «rune en* pim* I.îiyin* « 1 » * iihmim» diainù t !i un déséquilibre devait se produire, soit parce que la nappe ait été surpompée, ou le puits mal développé, on observerait à brève échéance un abaissement anormal et continu du niveau de pompage ou une diminution du débit de la pompe, ou le- deux à la luis; l'eau serait troublée par une nouvelle venue de sable et d'argile.Il faudrait alors aviser sans délai, et voir à remettre l'ictivre en état.Mai-, ,-i, pendant les quelques semaines suivant la mise en service, le pompage se fait sans anomalie, c'est l(Uo le puits a été bien stabilisé, et que la nappe peut fournir le débit pompé.La garantie de debit ne peut être exigée pour les puits faits dan- les rocs, pour les raisons exposées plu> haut.Kn effet, nous savons déjà qtt il est difficile de recouper une veine souterraine contenue dans une fissure.|)e plus, il n y a pas de développement possible contre les parois du rocher, et il faut donc se contenter de la quantité d'eau qui s'y trouve.l’t'JTs i:\ si”:nik Nous avons dit que plusieurs nappes très puissantes alimentaient d'importantes agglomérations qui comptent exclusive- D8B Hi KKVI'K THIMKSTlMKI.I.t: < A VA DIKW'i.ment sur (1rs puits pour leur eau domestique, ainsi que pour les eaux industrielles.Monsieur < ).K.Meinzer.Céologue du gouvernement américain en charge des eaux souterraines, estimait, il v a quelques années déjà, qu aux Ltats-I nis plus de cinquante millions d’habitants étaient alimentés par des puits, et que sur ce nombre plus de vingt millions étaient desservis par des services publics exploitant les eaux souterraines.I.a moitié des villes ayant des populations variant de 5,01)0 à 25,000 aines, utilisent les eaux de surface, l'autre moitié a recours aux puits; plus de N,000 petites villes et villages (h1 moins de 5.000 habitants dependent aussi dos puits.Parmi les grandes agglomérat ions puisant les eaux souterraines, se rompt eut les populat ions de l'ouest de bong I si a nd, taisant part ic de ( Ireater New York, les villes de Houston, de Memphis, de >alt bake ( 'itv, etc.Si les puits venaient à manquer dans ces régions, il s’en suivrait des conditions difficiles pour les populations (pii les habitent.Lorsque l'on sait (pie.pour Long Island seulement, plus de deux cent millions de gallons d'eau souterraine sont pompés chaque .jour, on se rend compte alors combien il est nécessaire d étudier et de surveiller sérieusement les fluctuations des courants souterrains.Nous essaierons donc d'expliquer sueeintement ce qu'il est sage de faire lorsqu'on veut exploiter une nappe puissante devant fournir aux besoins d'une population nombreuse, et qu il y a lieu en conséquence de faire une série de puits.Nous aurons au préalable calculé la puissance de lu nappe, en étudiant les contours géologiques, ainsi que les r " ' s atmosphériques locales; nous aurons aussi fait dos essais qui auront déterminé la qualité des eaux et la composition du sous-sol de la région, et nous serons alors en mesure d'évaluer le débit minimum (pie l'on pourra obtenir dans un puits, en un point donné.Mais si le projet est important, et qu'il nécessite plusieurs puits pour le réaliser, il faudra de plus établir à quelle distance ils devront être espacés pour en obtenir le meilleur rendement.Voyons ce (pii se passe dans un puits non jaillissant, d'abord lorsque l’eau est au repos, puis lorsqu'elle est pompée.Lien qu'elles soient soumises aux mêmes lois naturelles (pie les eaux de surface, il semble à première vue (pie les eaux souterraines aient, un régime différent.Ceci est dû à la difficulté de circulation qu’elles rencontrent à travers les éléments plus ou moins fins de la nappe.2759 •V APRES AQUIFERES SOUTERHALVES ET LEUR UTILISATION' 17 Lorsque le puits est au repos, le plan d’eau s’établit à une profondeur représentant le niveau statique de la nappe souterraine.Si ce niveau est au-dessus du sol, le puits est jaillissant.Mais en cours de pompage, il se crée autour de la crépine un appel qui produit une dénivellation de la nappe, et l’eau s’abaisse graduellement au niveau de pompage.Au bout de quelque temps, >i le puits a etc tait suivant les regies de I art, et si la nappe n’est pus aurpompée, ce niveau de pompage se stabilisera.Si alors au moyen de puits témoins, disposés de proche en proche, on observe les allures de la nappe, on verra que le plan d'eau aura subi une dépression en forme de cône renversé, dont la pointe se trouve dans le puits, au niveau de pompage, et les bords irréguliers dans un rayon plus ou moins étendu autour du puits, suivant la perméabilité du sol (fig.1 i.Le rapport de la hauteur du coné de dénivellation, ainsi crée, au diamètre moyen de la base renversée est en raison directe de la perte de charge encourue par les eaux circulant dans la nappe; plus les terrains seront fins et argileux, plus haut sera le cône, moins étendue la base.Inversement, pour le même débit de gros sables et des graviers propres ne produiront qu'une légère dépression, se faisant sentir plus loin.La zone de dépression ainsi produite se nomme cône d'influence du puits.Dans certains cas, cette influence s’étend à une grande distance, et il est important d’en déterminer les limites, lorsqu’il s'agit de faire plusieurs puits dans la même région.Lu elfet, >i les puits sont exéeutes dans leurs xénies de dépression réciproques, ils s influencent, et les niveaux en cours de pompage sont abaissés; on pourrait même atteindre le cas extrême ou le débit totalise de deux puits trop rapprochés ne serait pas supérieur au débit unique de l'un des deux puits.Il faut donc autant que possible localiser les puits pour qu’ils ne s'influencent pas.Cependant pour des raisons d’économie, il peut être avantageux de faire des puits dans leurs zones d’influences mutuelles; mais auparavant, il faudra bien s assurer qu'au pompage simultané les niveaux se stabilisent pour des débits accrus.Donc il est possible, et si on doit exploiter un vaste champ de forages il est nécessaire de surveiller la nappe et de voir l'influence respective des puits les uns sur les autres.< )n y arrive en arrêtant alternativement le pompage d'un ou d’une série de puits, et en IS hi:vn; tuimkstrn:i.i.i: ra\adii:\\k observant 1 influence de ] arrêt et de la reprise de pompage sur des puits témoins.On est aussi quelquefois appelé à exécuter des travaux nouveaux dans une nappe fournissant déjà des débits importants.11 faudra alors surveiller les effets de cette nouvelle saignée, et si on constatait un abaissement continu et prolongé du plan d’eau, on devra redoubler de vigilance, et prendre des dispositions pour ne pas surpomper et ainsi épuiser la nappe.Kn prenant certaines précautions, qu'il serait trop long d'énumérer ici, on a déjà restauré des nappes (pii s'abaissaient de façon alarmante, et on a évité ainsi une disette d’eau à des habitants qui dépendaient exclusivement de cette source d’alimentation.Nous nous sommes efforcés de dévoiler les problèmes que rencontre l’ingénieur lorsqu’il est chargé d'une alimentation en eau par forages; nous avons essayé de signaler les difficultés qui l’attendent, s'il ne s’adresse pas à des organisations compétentes et expérimentées; nous avons indiqué brièvement certaines méthodes que l’expérience et la pratique enseignent.L'exploitation des nappes aquifères souterraines faite de façon rationnelle a déjà rendu, et peut encore rendre, des services signalés, mais il importe que les techniciens chargés de l'étude et de l'exécution soient au courant, et qu’ils comprennent que l'époque est, passée du creusement des puits « au petit bonheur la chance ».La réalisation d'un puits à grand débit, ou d'un système de puits comporte aujourd'hui une étude sérieuse ' ' vra être suivie d’une mise au point et d’une réalisation scientifique et technique, et ainsi l’utilisation des eaux souterraines pourra servir à développer encore plus l'essor économique et industriel de notre pays.Joseph-W.Simard, i.c.0 “CENT ANS DE GÉOLOGIE AU CANADA”1 I/année 1942 marque le troisième centenaire de la fondation de Montréal.Nous tous, enfants de Ville-Marie, nous eussions voulu célébrer cet événement par des fêtes grandioses.I.e malheur des temps ne se prête guère à la joie exubérante des masses.Seuls, les patriotes ardents, les fervents de l’Histoire, trouvent la force de rassembler leurs esprits troublés et de goûter, dans des réunions plutôt intimes, toute la saveur qui s’exhale à l’évocation d'un beau passé.Mil neuf cent quarante-deux marque également un autre centenaire: celui de la fondation de la Commission Géologique du < anada.La géologie canadienne fête cette année ses cent ans.Pour important qu'il soit, l’événement n’a pas de quoi déclencher les délires de la foule, ni mettre en branle la presse à sensation.11 marque cependant une date importante dans l'histoire canadienne; j’entends l'histoire vraie, l’histoire intégrale, celle qui ne se borne pas à affiler des dates, mais qui relève tous les mouvements de l’esprit d’un peuple jeune, en train de chercher sa carrure dans un monde nouveau.Pour grande qu'elle mérite d’être, la célébration de ce centenaire reste — presque naturellement dirais-je une fête intime: la fête des amis de la science.Il lui faut, en conséquence, une atmosphère spéciale, faite de l'union des esprits et des âmes qui vibrent ensemble à la recherche des énigmes que nous pose la création.Gette atmosphère, il me semble quelle est toute créée, toute prête, au sein de notre Société canadienne d'Histoire naturelle, où, depuis de nombreuses années, tous les fervents de la science, quelle qu’elle soit, trouvent réconfort et appui.Ici en effet, l’on s’est habitué à entendre chaque année les pensers vigoureux, les évocations inspiratrices, les mots d’ordre dynamiques, de celui rpii fut longtemps notre infatiguable président, qui est resté grand animateur et qui ajoute à son renom de botaniste, le mérite d’avoir été la voix qui crie dans le désert, quelque 1 Discours présidentiel, prononcé à la réunion annuelle de lu Société Canadienne d’Histoire Naturelle, au mois de janvier 1012. 20 Ri;vri: TinmK.STKiKr.m: (• a\adiE\\K chose comme 1c saint .Jean-Baptiste de renseignement de la géologie au Canada français en ce xxe siècle: le frère Marie-Yictorin.* * * Aux status de la huitième année de la reine Victoria, l'article SI, adopté le 10 se 1S41, à la première session du (iouver- nement d t nion réuni à Kingston, se lit comme suit: « Il est résolu qu'une somme, n’excédant pas 1,500 livres sterling, soit octroyée a Sa Majesté, pour défrayer li s dépenses probables d'une exploration géologique de la province du Canada ».* )n a voulu \ oir dans ce texte, I acte de naissance officiel de la Commission (biologique.Il conviendrait, peut-être de noter que \ enfant n est pas apporté ce jour-là aux fonts baptismaux; on 1 annonce seulement comme « probable ».lit le ton désintéressé du texte, qui prend presque l'allure d'un fait divers, ne réflète rien de la joie qui ne manque jamais d'éclater lorsqu'une vie nouvelle apparaît en ce monde.( et article SI est beaucoup plus significatif si on le considère simplement comme l'aboutissement des longs et fastidieux pourparlers avec les politiciens, qui détenaient, les cordons de la Bourse et n étaient guère enclins a admettre que des préoccupations scientifiques puissent entrer en ligne de compte dans la gouverne d’un jiays.Mais harcèles, depuis Bientôt neuf ans, par des demandes réitérées; ne sachant pas trop Bien ce dont il s'agit : et fascinés sans doute par le mot bien sonnant et pour lors quelque peu mystificateur d’« exploration géologique », ils cédèrent, enfin.Ifs se contentèrent de marquer le Bill de leur préoccupation maîtresse; éviter le gaspillage des deniers publics, si utiles aux autres œuvres de la polit ique.ha seule c: , en effet, que porte le statut, c'est que la dépense ne derm pan dépanner 0,000 dollars.Ht quelques années plus tard, 1 un de ces messieurs dira expressément à Logan que, si 1 on avait su que 6,000 dollars n eussent pas été suffisants, jamais le Parlement ne se serait lancé dans l’affaire .Mais d ou venaient ces demandes réitérées, auxquelles je viens de faire allusion?9573 2753 CKXT ANS DE fiÉOLOUIE AU CANADA 21 On assigne généralement au Dr Rea l’honneur d'avoir été le parrain de la Commission et d’en avoir réclamé la réalisation dès 1S32.Sur la foi de ces témoignages, je me suis longtemps représenté ce Dr Rea comme une espèce de surhomme, quelquechose .disons comme le ]3e des Petits Prophètes, se levant seul au milieu des ténèbres où dormaient ses contemporains et proclamant d'une voix inspirée, l’évangile nouveau de l’exploration géologique.f.a vérité est quelque peu moins fantaisiste.En science, il n’y a pas de génération spontanée, pas plus pour les idées que pour les organismes.Si telle idée paraît au jour, c’est que depuis un certain temps, « elle était dans l'air ».Ainsi, dans d'autres domaines scientifiques, Lavoisier découvre 1 oxygène, parce qu'à cette époque, un peu tout le monde parlait de « phlogistique » et que grand nombre de chercheurs étaient orientés vers les combustions.ri orrieelli établit la pression atmosphérique, parce qu’alors, on philosophait beaucoup sur «le vide»—-les temps ont-ils tellement changé?Le problème des fontainiers de Florence, auquel son maître (lalilée, pour l'honneur de sa réputation avait répondu de façon un peu leste, vint lui donner le fil conducteur et stimuler ses énergies.De même, le bon Dr Rea ne trouva pas cette idée de Commission Céologique dans son bas, un beau matin de Xoël.La géologie était alors une science naissante et commençait à soulever de l’intérêt à travers tout le monde civilisé.Le xvine siècle venait de se terminer sur la querelle retentissante des Xeptunistes, conduits à la bataille par Werner, en Allemagne, contre les Plutonistes, embrigadés autour de Hutton, en Angleterre.Ce xviiic siècle venait aussi de donner au monde ce que l’on regarde comme la première carte géologique, de Guettard.En Amérique, dès 1787, les travaux de l’Allemand Schopf sont reconnus comme étant la première littérature géologique.Durant plusieurs années d’ailleurs, les précurseurs de la géologie américaine vont s’escrimer sur la question des tremblements de terre.En 1798, on possède déjà une géologie de l'état de New-York, publiée dans le Medical Repository de .Mitehill.Et dès 179S, on assiste à la fondation de F American Mineralogical Society. - H K VUE TlîIMKSTlil ELLE CAXADIEXXK Le xixe siècle s'ouvre donc en pleine efflorescence géologique.En Angleterre, ce sont les études stratigraphiques de William Smith, celui (pie l'on appelle «le père de la géologie anglaise».Aux Etats-t'nis, dès 1S02, Silliman occupe une chaire de ‘Sciences naturelles’ à Yale.En France, en 1 SOI), .Jean-Baptiste de Monet, chevalier de Lamarck publie sa Philosophie zoologiquc.En 1812, Georges Cuvier fait paraître ses Recherches sur les ossements fossiles des quadrupèdes, ouvrage fondamental de paléontologie des vertébrés, «pii, de 1S15 à 1S22, trouvera son pendant dans Histoire des animaux sans vertèbres de Lamarck.La Société < géologique de France voit le jour en 1S30.En Angleterre toujours, nous sommes sûrs rpie dès 1824, Sedgwick donnait des leçons de géologie.Et, malgré le mauvais caractère du professeur, ses cours eurent le don d'éveiller l'enthousiasme du jeune Murchison, l’une des gloires de la géologie anglaise et qui deviendra bientôt le rival de son ancien maître.Dès cette époque également, la Commission Géologique anglaise fonctionne normalement.Au Canada, la liste des publications géologiques s'ouvre en 1823 avec Bigsby.De 1826 à 1831, s’échelonneront une bonne quinzaine de publications portant les noms de Bayfield, Bonnycastle, Baddelcn, Inejall, tirer», Sewell, et parues, pour la plupart dans les Transactions de la Société Littéraire et Historique de Québec.Entre temps, le Dr Holmes avait réuni à Montréal, une importante collection de minéraux.Tous ces efforts étaient le résultat de l'initiative privée.Ils avaient suffi à éveiller l’attention et à faire désirer des études plus générales et plus méthodiques.Mais ceux qui se seraient appliqués à pareille ouvre de recherche n’en pouvaient pas espérer de bénéfice immédiat.Et, malheureusement, les scientistes, tout comme le commun des mortels, ne peuvent vivre indéfiniment de l’air du temps et d’eau claire .Pour les déplacements que comporte la recherche sur le terrain, ils ne jouissent pas encore du privilège de l'« agilité ».Et les compagnies de chemin de fer et de bateau,— aujourd’hui, il conviendrait d’ajouter les ponts de péage!-—n’ont pas encore pris la bonne habitude de leur octroyer des passages gratuits.Les expéditions en forêt nécessitent un matériel et des approvisionnements coûteux, même si on les réduit au strict minimum. CENT ANS DE GEOLOGIE AU CANADA 23 Logan rappellera un jour fort plaisamment, que l’on a beau être géologue, on trouve, pour son sommeil, un lit de plume plus mrel-leux que les cailloux de la grève.Il était donc temps que l’État vienne financer des deniers publics une entreprise dont le profit d’ailleurs serait en définitive pour le public.L'exemple était donné en Angleterre.Lu Amérique, les États-rnis venaient d’entrer brillamment dans cette voie et d’inaugurer toute une série d’explorations géologiques aux frais de chacun des États qui composaient alors l’Union.Ln Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, Abraham Gesner était déjà à l’œuvre.("est dans cette atmosphère, dans ce « climat des idées » qu’il faut situer la pétition du Dr Rea, pour en comprendre le vrai sens.Quels étaient d’ailleurs au juste les plans du Dr Rea?Je ne saurais le préciser.Nous savons seulement qu’il demande un octroi pour faire un « Relevé géologique et statistique de la Province ».Qui eût bénéficié de cet octroi; lui-même ou un autre ?Peu importe en l’occurrence, car la pétition, bien que munie des recommandations de sir John Colborne, alors lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, fut écartée par le Comité des Subsides.( ’cci se passait en janvier 1832.Kn décembre de la même année, la York Literary and Philosophical Society revenait à la charge et demandait des subsides pour entreprendre des recherches sur la géologie, la minéralogie et l’histoire naturelle.Cette docte société n’obtint pas plus de succès que le Dr Rca.Tout de même, l'idée gagnait des adeptes.Quatre ans plus tard, au début du 1836, sur proposition d’un certain \V.L.Mackenzie, un comité de trois membres fut nommé par la ( 'hambre, pour établir un projet d’exploration géologique.Ce comité rédigea un savant rapport, que l’on fit même imprimer, mais auquel on se garda bien de donner d’autres suites.AI.Dunlop, qui avait fait partie dudit comité fit inscrire au feuilleton de la Chambre un projet de bill, pourvoyant à l'exploration géologique.Le bill ne fut même pas introduit devant les ( ,'hambres.Un mois à peine après l’échec de son bill, le même AI.Dunlop obtenait que la Chambre se réunit en comité plénier pour étudier l'opportunité d’une exploration géologique.On décida solennellement de présenter une pétition à Son excellence le Lieutenant- — — 24 H K \ 1 ' K TH 1M KSTRI K U.K ( A N ADI K X N K Gouverneur, alors sir 1 .B.Head.Mais, pour une raison ou pour une autre, la pétition ne fut jamais présentée à Son Excellence.En décembre, l'indomptable M.Dunlop, pour la quatrième fois durant la même année, revenait à la charge et annonça qu’une pétition serait présentée directement à Sa Majesté pour lui demander des concessions à même les terres de la ( ouronne, afin de créer des fonds pour défrayer les dépenses qu’entraînerait ladite exploration.( ette fois encore, la pétition n'atteignit jamais le Boi.Et .durant cinq ans, messieurs les politiciens eurent la paix totale.* * * Mais rien de plus vivace qu'une idée, lorsque, une fois lancée, elle trouve son écho dans l’ambiance du siècle.Au moment précis où on croit l'avoir tuée, elle rebondit, plus vibrante que jamais; surtout si elle trouve pour la propager des hommes de volonté tenace qui la vivifient de leur souffle puissant.Nous en avons chaque jour sous les yeux deux exemples magnifiques: le .Jardin botanique du frère Marie-Victorin et les Cercles de Jeunes naturalistes du frère Adrien.Et si, mesdames et messieurs, je me suis attardé à ce qui peut paraître un luxe de détails sur les difficultés que rencontra la création de la ( 'ommission Géologique canadienne, ce n’est pas par esprit tie critique morbide, ni par pessimisme stérilisateur.J'ai voulu montrer que la lutte est ici-bas le lot de toute bonne cause, (pic le succès, immédiat, éclatant, qui auréole un nom devant les générations à venir, n'est à chaque sièclw, l'apanage que d'un petit nombre de privilégiés.Aux autres, à moi, à vous peut-être, il reste un rôle tout de même enviable, celui des Rigsby, des Bayfield, des Rca, des Dunlop et de tous les autres qui ont été les artisans moins glorieux peut-être, mais nécessaire à l'éclosion d'une grande œuvre, qui ont maintenu le flambeau, ce flambeau qui sans eux se serait éteint à jamais, mais qui, grâce à eux, brillera bientôt dans toute sa splendeur.Toutes les tentatives infructueuses que nous venons de rapporter, datent d’avant 1840, sous le gouvernement représentatif.; ~ -_________Ç" CENT AXS DE UKOLOOIE AL' CANADA 25 I.n 1840 apparaît l'Acte clTnion sous lequel le Clouvernement deviendra bientôt, responsable au peuple, alors qu’auparavant, il ne relevait (pie de Sa .Majesté.11 conviendrait peut-être d’ajouter ce facteur à la liste de ceux que nous avons mentionnés, relativement à la maturation de l'idée géologique qui va bientôt éclore.l'.n effet, à la première réunion du Parlement d’Union, en 1841, l'article S], (pie nous avons cité il y a quelques instants, est adopté.La pétition venait, conjointement cette fois, de la Natural History Society de Montréal et de la Literary and Historical Society, de Québec.- Quand Montréal et Québec, au lieu de s’entre-détruire, collaborent, on peut tout espérer.Pestait à trouver quelqu'un à qui confier la tâche.Plusieurs noms durent être mis de l'avant, pour ce poste nouveau.Nous savons qu’un groupe de Montréalais proposèrent un de leurs amis, \\ illiam Logan, alors en Angleterre.Le gouverneur du temps, sir Charles Pagot, se dit, fort pertinemment que, pour avoir des recommandations valables au sujet, d'un ruiifliihit géologue, le mieux était peut-être de s'adresser à des géologues.Lt par Pent remise du Secrétaire d’Ktat pour les ( 'olonies, il s’adressa à la Commission (iéologique de Londres, alors en pleine gloire.Kl il se trouva que les quatre plus marquants personnages de la Commission Géologique de < 1 rande-Hretagne: De la Pèche, Sedgwick, Murchison et Puckland, furent unanimes pour désigner justement le même William Logan comme étant l’homme le plus apte à conduire l’entreprise à bonne fin.A l’honneur de ces messieurs, les événements ont prouvé qu’ils s’y connaissaient en hommes.Mais n’anticipons pas.Sur la foi de quatre lettres élogicuses des personnages susmentionnés, sir Charles Pagot offrit le poste à Logan.Ceci se passait au printemps de 1812 et, au mois d'août, de la même année, Logan arrivait au < anada et se rapportait à Kingston, alors le siège du gouvernement, pour prendre charge de sa nouvelle fonction de Géologue provincial.La géologie canadienne était née.Qui était ce Logan, que nous voyons ici entrer en scène pour y soutenir, pendant plus de 8U ans, le rôle principal, avec un tel brio et un tel succès, qu’il incarne à lui seul et personnifie la géologie canadienne ? H K V V K T HI M K ST I {IK 1.1.K (AXA IlIKWi: 2l) William Edmund Logan naquit à Montréal, le 20 avril 1798, d'ascendants écossais.Son grand-père, son père et plus tard l'un de ses frères furent à la tête de florissantes maisons de commerce de Montréal.La famille Logan posséda même un important lopin de terre sur l’emplacement actuel du parc Lafontaine, autrefois connu sous le nom de Ferme Logan.La maison familiale, ‘‘Roekfield" s’élevait quelque part sur le site actuellement occupé par les serres du parc.La prime jeunesse de William s’écoula paisiblement à Montréal, où nous savons qu'il fréquenta l’école tenue par Alexander Skakel, auquel il manifestera souvent par la suite, un attachement respectueux et touchant.On le voit, la belle ligure de Logan est une gloire authentiquement montréalaise.11 conviendrait peut-être (pie notre ville s’en souvînt, quelque beau jour, et qu’elle rappelât ce fait par un monument commémoratif digne du grand nom qu’il évoquerait.Jusqu’à date, le seul honneur que Montréal ait fait à Logan, c’est de lui dédier une rue sans importance, perdue dans un pâté de maisons, aux abords du pont Jacques-Cartier.A IG ans, William Logan gagna l’Europe, afin d'y trouver l’enseignement supérieur encore inorganisé au pays.Son père le dirigea vers le High School d'Edinburg, alors très réputé.Il n'est pas sans intérêt de nous arrêter quelques instants pour juger, d’après les lettres de Logan au sujet de cette célèbre école, de ce (prêtait l’enseignement à cette époque.Le personnel de l’école se composait seulement de 4 maîtres et d’un recteur.Chacun des quatre maîtres, à tour de rôle, recevait les nouveaux élèves et les gardait quatre années sous sa direction.Après quoi, ces élèves devaient passer encore deux autres années dans la classe du recteur.Le nombre des élèves, dans chacune de ces six classes atteignait et dépassait souvent le chiffre de 200.Les matières au programme étaient: la littérature anglaise, y compris la poésie, la calligraphie, le latin et le grec, la géographie, un peu d’astronomie et de sciences naturelles.Nous savons également que l’enseignement donné à Montréal, à l'école de monsieur Skakel, était de qualité telle (pie Logan fut dispensé des quatre années du High School et entra directement dans la classe du recteur, où il se maintint au tout premier rang.Après ces deux années de High School, Logan passe à l’université, d’Edinburg, toujours.Là, on lui enseigne la logique et la chimie — qui devait cependant être alors considérée comme une (EXT AXS DE GÉOLOGIE AU C AXA DA « petite science », puisque on ne décernait pas de prix en cette matière.Les mathématiques, surtout la géométrie, occupaient une place importante, si l'on en juge par la correspondance du jeune William.De la géologie, aucune mention.Pauvres professeurs d géologie, comme vous êtes peu nécessaires à la formation d'un grand géologue! Il y avait bien en ce temps là à l’université d’Edinburg deux professeurs dont l’un était ardent partisan de Hutton et de ses plutonistes, et l'autre, un non moins ardent défenseur de Werner et de ses neptunistes.Mais l'influence de ces messieurs semble n’avoir laissé aucune trace dans l'esprit du jeune homme.Et c'est fort heureux en l'occurrence; Logan entrera dans sa carrière avec un esprit neuf et n'aura à se débarrasser plus tard d’aucun préjugé.Logan ne fréquenta l’université qu’une seule année.A 19 ans il s’en va à Londres, et entre au service de son oncle, important commerçant de la métropole.Mais il ne se laisse pas abrutir par la besogne matérielle et garde constamment le souci de cultiver ses grandes qualités natives.De fait, ce sont les lettres de cette période de sa vie qui nous révèlent le mieux toute les ressources de cette riche nature.Il s’éprend de poésie et considère un grand honneur d'être reçu chez les poètes.En voyage, il cultive les langues: l’italien, l’espagnol et le français lui sont bientôt familiers.Il fait de la musique et joue de la flûte, sa chère flûte, qu'il se fera plus tard envoyer dans ses expéditions, pour égayer les échos de sa solitude.Il dessine passablement et promène partout son crayon; grâce à ce talent, ses carnets de géologues s’enrichiront plus tard, d’esquisses fort bien réussies et souvent savoureuses.Mais tout cela n’est pour lui que passe-temps d’homme cultivé.Il ne perd pas de vue que, pour le moment, il est commerçant.Et son inlluence dans le bureau de Londres, grandit rapidement.Son oncle lui confie la surveillance de ses mines de cuivre, dans le pays de Galles.Il lui offre même d'associer son nom au sien.William refuse: « Parce que, dit-il, n’ayant rien à risquer dans l’entreprise, il n’est pas juste que je partage le succès à parts égales ».Ce petit trait souligne bien la rectitude et l’honnêteté parfaite que l’on devra, toute sa vie, lui reconnaître. 2 S HKVI'K TKIMKSTHIKI.I.I-: CAN NI)11:VK Mais co hasard qui l'amène aux mines do cuivre, est le coup providentiel qui orientera définitivement sa vie.Désireux de connaître à fond l'entreprise qu’il doit diriger, il veut tâter lui-même de toutes les besognes, en connaître, d'expérience, tous les problèmes.Il ne demeure pas confiné au bureau.Il fait dans la mine des incursions aussi fréquentes que possible, ("est là que l’attendait sa vocation de géologue.Il avouera bientôt: « L'étude des minerais de cuivre m’a conduit graduellement à la minéralogie et à la géologie ».I-t, à partir de cette date, dans presque toutes ses lettres, il presse son frère .lames, demeuré à Mont réal, de lui envoyer quelques spécimens de ces pierres que son pied d'enfant foulait naguère si dédaigneusement et au sujet desquelles il se sentait, devenir fort curieux.Pour extraire le cuivre du minerai, il faut du charbon.L’oncle Logan, en homme pratique, possédait donc une mine de charbon, concurremment à sa mine de cuivre.lût.cela encore est très significatif, si l'on veut comprendre la mentalité avec laquelle Logan reviendra bientôt au pays entreprendre ses immortels travaux.( )n discutait alors beaucoup, pour savoir si les plantes que l’on retrouve entassées aujourd’hui en couches charbonneuses, avaient poussé sur place, ou avaient, été transportées et accumulées sous l'elïet des courants marins.Logan, avec cet esprit dénudé de toute fausse -cola-tique, et qui, avec sa rectitude native sentait d’instinct qu'en sciences naturelles, il faut d’abord débuter par l’observation de la nature, se mit en devoir de regarder.Il remarqua bientôt-, à la base de chacun des lits de charbon, une couch1 argileuse, dans laquelle se trouvaient en abondance de petites plantes fossiles se présentant toujours de façon telle que l’on devait les considérer comme ayant poussé sur place.Toujours prudent dans ses déductions, Logan n’eut de cesse1 qu’il n’eût multiplié à satiété ses observations, afin d'être sûr qu’il n'avait pas conclu du particulier au général.Kn 1N4(), tout en satisfaisant le grand désir qu'il avait de revoir le pays de son enfance, il fit en Amérique un voyage, durant lequel il visita les champs carbonifères de la Nouvelle-Ecosse et se rendit même aux mines de charbon de la Pennsylvanie.lût partout, en Amérique comme en lûurope, les stigmaria étaient en place, à la base des lits de charbon.La théorie des accumulations par transport avait vécu. CENT AXS DE (IKOLOOIE AT' CANADA 29 Ces travaux commencent à attirer quelque attention sur le jeune homme.Dès 1837, il entre à la Société ( léologique de Londres.11 commence même à ressentir quelques aspirations à la célébrité.« Tu me verras peut-être même imprimé, quelqu’un de ces jours », écrit-il à son frère.Maintenant qu’avec le recul du temps, nous pouvons mieux apprécier l’œuvre colossale qu'il a laissée, cet aveu naïf se révèle d’une simplicité charmante.Parmi ses travaux, un surtout attirera définitivement sur lui l'attention et suffira, à lui seul, à justifier les quatre lettres laudatives qui amèneront sa nomination au < 'anada: sa carte géologique du pays de ( îalles.Pour l'exploitation des mines de charbon, qu'il conduisait en même temps que ses études sur les xligmnria, il avait senti le besoin d’opérer des levers et de les reporter sur un plan.Pour que ses mesures fussent aussi exactes que possible, il lui fallait des instruments: il les paya de ses économies.Kn écrivant à son frère de lui acheter un théodolite et une boussole il ajoutait plaisamment: « Si l'addition de quelques livres sterling peuvent me procurer un instrument meilleur, vas-y; j'en serai quitte pour faire la diète lactée durant quelques semaines .».Plus tard, nous le retrouverons au < 'anada, avançant de sa poche plus de >3,000.pour assurer le succès de l’entreprise à laquelle il s'était donné de tout cœur et (pie l’incompréhension et la ladrerie de quelques politiciens étaient, en train de compromettre.Les résultats de ces relevés d'arpentage se concrétisèrent graduellement en une carte géologique qui fut présentée pour la première fois en IN37 à Liverpool, au meeting de la British Association.Cette carte attira l’attention générale, pour la minutie et la précision de ses détails.Rien de mieux n'avait encore été produit, même par les hommes du métier de la Commission Géologique.A tel point, nous apprend De la Pèche, alors directeur de la commission, (pie cette carte fut acceptée comme officielle pour la partie du pays qu’elle couvrait.Le crédit en étant d'ailleurs laissé à Logan.Murchison dira (pie cette carte révélait chez son auteur une habilité remarquable.Scdwick, l'homme terrible, écrira à sir Charles Bagot : « .le ne connais que très peu M.Logan, mais son admirable carte démontre qu’il est excellent géologue».Kt Buekland d’ajouter: « M.Logan s’est révélé le plus habile géologue-arpenteur que je connaisse ». hi:vi:k trimi:sthiki.i.i: < •anaimi:\\k 30 Les débuts des travaux de Logan au Canada datent de la fin d’août J842.Nous savons qu’il se rendit à Kingston, pour y recevoir les instructions du gouvernement.Mais la tempête politique soufflait alors sur la capitale: le ministère Lafontaine-Baldwin était en train de bouter dehors le ministère Draper-Ogden.Et les gouvernants avaient bien autre chose à faire que de s’occuper du nouveau géologue.On lui avait voté des crédits, avec injonction formelle de ne pas les dépasser.N'était-ce pas suffisant.?Qu’il se débrouille maintenant! C’est ce que fit Logan.Avec la prudence et la sagacité qui le caractérisent, il commence par étudier la situation et par toiser les personnages à qui il aura désormais affaire.Puis, sans s’attarder, — Logan ne s'est jamais attardé inutilement — il tâche de ramasser tous les faits, tous les renseignements susceptibles de le diriger dans l’attaque de ses explorations.Il cherche s'il n’existe pas de cartes au pays; il ne trouve rien.Tout est à faire de ce côté.Il visite les mines de fer alors ouvertes dans la région.Il va causer avec les collectionneurs de minéraux et tous ceux qui ont la réputation de « connaître le terrain ».Tout l’automne, il parcourt les différents coins du pays, et prend un premier coup d’œil d’ensemble.En décembre, il retourne en Angleterre liquider ses affaires personnelles: sa terre canadienne l'avait définitivement reconquis.De ce que l’on pourrait appeler les préliminaires de ses travaux, notons un détail, très significatif du désintéressement de Logan: pour tous ses voyages et ses randonnées, il ne présenta jamais de note de remboursement.Le printemps suivant, dès le 30 mai, nous le retrouvons à Halifax.Se rapporter à Kingston, serait une porte de temps.Et Logan n'a jamais perdu de temps.I ne lettre au gouverneur suffira à annoncer son arrivée.Et le voilà à l'œuvre.En traversant la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, il muse un peu dans les dépôts de charbon.11 s'y retrouve tellement dans son élément et il a toujours un faible pour les stigmaria.D'ailleurs, l'une des grandes raisons qui ont enfin décidé le gouvernement à lui voter îles crédits, n'est-ce pas l’espoir d’amener la découverte de mines de charbon dont les industries do la province eussent été bien aises?En se documentant sur l’occurrence du charbon, en cette partie du pays, il pensait probablement préluder aux découvertes qui l’attendaient. ( 'EXT AXS DE GEOLOGIE AU CAXADA 31 Le premier jour de juillet, il arrive enfin à Gaspé et se met à examiner la côte, du Cap-des-Rosiers à Paspébiac, soit une distance d’environ cent milles, qu’il parcourt en marchant sur la grève, son marteau à la main, comptant tous ses pas et notant chaque particularité des roches qu’il rencontre.Compter ses pas, voilà le grand instrument de Logan pour la mesure des distances.Kt c’est avec des moyens aussi rudimentaires qu’il établira des cartes d’une précision remarquable.Il avouera cependant, un jour, que la fatigue causée par cette préoccupation constante ne peut être même imaginée de ceux qui n’en ont pas tâté.Pendant ce temps, deux aides, racolés au hasard d’une rencontre, le suivent en canot, transportant les bagages, dressant la tente et préparant les repas.Logan, lui, marche et scrute les roches, depuis la prime aube, jusqu’au coucher du soleil.A la veillée, pendant que ses aides dorment, il reporte ses observations sur son carnet de notes.Ce carnet, si merveilleusement tenu, enrichi de si ravissants croquis, où l'on retrouve, à côté de détails techniques d'une rare précision, toutes sortes de réflexions personnelles sur les hommes et les choses, i.a belle âme de Logan vibre à tout.L'hiver venu, il rentre à Montréal.Il lui faut maintenant rédiger son rapport et réétudier certains problèmes particuliers, à l’aide des spécimens qu’il a rapportés — 60 grosses caisses.— Pas de local où loger tout cela.Pas d’assistants.Et les 1,500 livres d’allocations sont épuisées.Son frère .James lui prête le grenier de l’un de ses entrepôts, sur la rue Saint-Gabriel.Mais Logan qui ne manque pas de psychologie, sent bien que, quelle que soit la valeur scientifique de tout cela, il faut la présenter au public, et encore sous le bon angle de vision.Et voilà pourquoi il se décide de louer de ses propres deniers — $3,200.y passèrent — un local sur ce que l'on appelait alors la « grande rue Saint-Jacques » pour exposer son matériel aux yeux du public.Le musée, dans l’esprit de Logan, demeurera toujours le grand moyen de réclame.On le verra aussi fréquenter les grandes expositions universelles de Londres et de Paris.Le petit musée de la rue Saint-Jacques, malgré d'importantes saignées, au profit des diverses expositions, ira toujours de progrès en progrès.Il déménagera bientôt sur la « petite » rue Saint-Jacques, plus tard sur la rue Saint-Gabriel.Et quand, vingt-cinq ans après la mort de Logan, on le transportera à Ottawa, pour y devenir 32 H K V V11 T HIM I08T RIE1.1.K CA X A DIK \ \ K le musée Victoria, on aura à transporter 1,729 boîtes, 101 barils, 1(12 colis divers, le tout pesant 282,580 livres.Rien n'étonnant si le poids y est, car Logan avait vite remarqué en conduisant les visiteurs à travers son petit musée, que ceux-ci étaient toujours plus frappes par la grosseur des spécimens que par leur valeur réelle.Aussi écrivait-il un jour à l'un de ses assistants, de lui expédier des spécimens de gypse et de pierre lithographique et il ajoutait : « Surtout que le gypse soit d'un blanc éclatant et que le morceau soit d'une grosseur formidable .)).Restait la question des assistants.Plusieurs années durant, Logan, en plus de ses t nivaux sur le terrain et de son t ravail d’hiver, devait voir lui-même à sa correspondance, tenir ses livres, faire visiter le mttsee et, par-dessus le marché, écrire de sa main quatre copies de tous ses rapports.Les services d'Alexander Murray avaient été retenus dès 1 s 12.11 fallait un chimiste 'il n’en pleuvait pas alors.De Rotermond fut d’abord choisi, m- is ne tint pus à la besogne.11 fut bientôt remplacé par Storry Hunt, le dynamique et ubiquiste Sterry Hunt.Richardson viendra à la rescousse.Lu 1856, l’avocat Killings deviendra le premier paléontologiste canadien.Ainsi vovons-nous se constituer, autour de Logan, la pléiade de géologues dont nous pouvons être fiers.Le trio: Logan-1 Iunt-Rillings est de tout point remarquable.Murray, Richardson et plus tard Bell feront aussi de la grande besogne.Il est remarquable que, à l'exception de Hunt, tous ces hommes sont des autodidactes.Leur valeur, ils l’ont acquise à la tâche, sur le terrain, aux côtés de Logan.Ce seul fait nous laisse deviner ses talents de chef.1! sait utiliser chacun selon ses aptitudes, les encourager, les aider au besoin.Ainsi, Murray est bon travailleur sur le terrain, mais il est incapable de rédiger convenablement un rapport : Logan fera pour lui cette rédaction.De plus, il rayonne d’enthousiasme communicatif.Personne n’échappe à l’emballement; tous travaillent de l’aube au couchant avec une ardeur et un ont rain qui seuls peuvent expliquer l ’ampleur de la tâche abattue et l’immense superficie de terrain parcourue, en dépit des moyens de communications alors fort rudimentaires.Lu 1844, c’est l’intérieur de la (laspésie.Kn 1845, la rivière Ottawa jusqu'au Témiscamingue.Puis, le lac Supérieur et ses gisements de cuivre.Kn 1847, la rive sud du Saint-Laurent, du lac ("K.VT ans mo ckolooif.ai: canada 33 Champlain à la Chaudière.Kn 1848, les Cantons de l’Est et.le lac Huron.Kn 1849, de la Chaudière au Témiscouata, sans compter la région de la Baie-Saint-Paul.Kn 1852, le nord du Saint-Laurent.Kn 1853, la région de fîrenville.Kn 1854, la Pointe-Lé vis.de vous fais grâce du reste.( "est un programme formidable, auquel ne voudrait s’atteler aucun géologue moderne.Mais Logan, malgré des veux pourtant très pauvres, quand il s'agissait de roche, voyait vite, voyait tout et surtout, voyait juste.Kn 1863, la géologie du Canada, depuis l'embouchure du Saint-Laurent, jusqu'à l'ouest des grands Lacs, était arrêtée dans ses grandes lignes.Le résumé de ce travail colossal fut publié en un volume de plus de 900 pages, connu sous le nom de Géologie du Cnnfida, 1 SOS.Les terrains paléozoïques sont retracés et mis en corrélations d’âge avec leurs correspondants aussi bien des États-Unis que de i'Kuropo.Une ire nouvelle est ajoutée à la chronologie du monde.Le problème du pré-cambrien pour la première fois est élucidé et définitivement fixé dans scs traits essentiels.Tout cela, nettement dégagé de l’influence des vieilles écoles mourantes.L'œuvre entière est fraîche et neuve et, après 80 ans bientôt écoulés, encore parfaitement à la page.Depuis Logan, des armées de géologues ont parcouru le pays et continué son œuvre.Ils ont pu ajouter des détails à ceux qu’il nous avait appris.Ils ont complété Logan, jamais ils ne l'ont corrigé.Logan demeurera à la tête de la Commission Géologique jusqu’en 1869.Il n'abandonne pas tout de même le travail, mais délivré des soucis de l'administration, il se livre tout entier à la solution du problème qui l’avait depuis très longtemps préoccupé: celui des Cantons de LK.st.Enfin, usé de travaux, il meurt en Angleterre en 1875, durant un voyage qu’il y faisait auprès de sa sœur.* :jc sic Selwyn, qui lui succéda, ne valait pas Logan.Même, on peut dire sans trop d’exagération que si quelqu’un avait assez de défauts pour détruire l’œuvre de son prédécesseur, c’était bien Sehvin.Mais « l’Kxploration géologique », comme on disait alors, était solidement établie.Kn 1877, elle deviendra institution permanente. 34 H K VUE THIMESTIU ELLE CANADIENNE Les nouveaux territoires de l'ouest et du nord-ouest, que la Confédération canadienne venait de faire entrer dans le champ de ses activités, retinrent l'attention pendant plusieurs années.Dawson, Bell et Low poursuivirent l'œuvre jusqu’en 1906.En 1900, fut créé le ministère des Mines.Les grandes explorations sont maintenant terminées; on s’attachera désormais à fouiller des détails des champs miniers (pii s’ouvrent les uns après les autres.Les grandes universités anglaises: de McGill, à Montréal, de Toronto, de Kingston, d'Edmonton et de Vancouver nous ont donné tout un bataillon de géologues et de techniciens de bonne valeur.La venue de b Ecole Polytechnique de Montréal et, depuis quatre ans, de l'Ecole des Mines de Québec — qui fut réclamée ici même dans un brillant discours du frère Marie-Victorin— ouvre maintenant aux Canadiens français les portes de ces carrières.I.a littérature émanée des travaux de tous ces chercheurs forme maintenant une imposante bibliothèque comprenant au-delà de 1,400 volumes et environ 2,000 cartes.* * * Nous venons de revivre ensemble, en un exposé forcement incomplet, les premiers cent ans de géologie au ( anada.Il aurait fallu appuyer davantage sur 1 histoire de 1 ère précambrienne, (pii est surtout spécifiquement canadienne, puisqu elle a été élaborée par un Canadien, sur nos terrains canadiens.En ébauchant devant vous ce tableau trop rapidement brossé, j'ai tenu à faire ressortir dans quelles conditions tout a fait humaine.s ont travaillé nos premiers géologues.Pour excuser notre indolence, parfois même notre paresse, nous sommes trop portés à croire que ceux qui ont fait quelque chose dans le passé, le doivent aux conditions de vie idéale, telles qu’on se les figure d’habitude dans « l'bon vieux temps ».Mais quand Logan, aux prises avec la terre canadienne nouveau sphynx, dont il devait déchiffrer l'énigme — avait, en même temps, à surveiller sans cesse les politiciens, ses inéluctables mais versatiles pourvoyeurs, à se défendre des chevaliers d industrie toujours aux aguets pour tirer les conclusions dans le sens de leurs intérêts plutôt que dans celui de la vérité, ce n était pas encore pour lui « l'bon vieux temps ». CENT ANS DE 0K0L001E AU CANADA 35 ("était tout simplement le terrible quotidien, tout, aussi ingrat, tout aussi décevant (pie celui qui est départi à chaque mortel.Nous savons un peu ce qu’il en a su tirer.11 a travaillé ferme, il a regardé autour de lui, il a pensé, il a aimé sa tâche, jusqu’à lui sacrifier des avancements pécuniaires et même les joies tie son foyer.Aussi, quels riches domaines n'a-t-il pas ouverts à l'intelligence.Au lieu de rester béatement indifférent devant nos paysages ou d’en chercher, comme trop de nos littérateurs, une description superficielle, à l’aide d'un vocabulaire exotique, le penseur d’aujourd’hui peut, s’il le veut, puiser à l’histoire si riche, non seulement des hommes, mais du sol même de son pays.Il peut revoir, en un raccourci saisissant, la lente ascension du Bouclier canadien, sur lequel règne d’abord le clapotis des vagues de l’énigmatique mer Grenville, mais où bientôt se succéderont la poussée des mouvements tangentiels, le fracas des failles (pii s’ouvrent, la clameur des volcans qui surgissent de partout.L’or, l’argent, tous les métaux précieux que nous livre aujourd'hui notre Bouclier, sont le prix de ses tortures.Puis, tandis que s’usaient les sommets de la chaîne Lauren-tienne, dans la mer ( 'ambrienne, (pii gîi paisiblement à ses pieds, s'annonce une autre poussée, qui graduellement, par pulsations successives, va bâtir une autre chaîne de montagnes, les Apalaches, barrière titanesque, qui arrachera tout l’est de l’Amérique du domaine de l’Atlantique et derrière laquelle, patiemment, s édifieront, aux dépens de tous les sommets, les étages paléozoïques qui forment le sous-sol de la partie habitée de notre province.Puis, après des millénaires et encore des millénaires, terrible comme une invasion de hordes nordiques, belle comme une épopée, voici l'avancée glaciaire, qui sculpte et cisèle le visage de ce pays que la Providence nous destinait.Kt les vies, qui ont précédé nos vies .Mais, diront certaines gens qui se croient seuls sensés: A cpioi rime toute cette poésie ?Qu’y a-t-il de pratique en tout cela?Ce qu’il y a de praticpie, messieurs?Mais c'est, la majeure partie de tout ce qui fait votre orgueil et votre fortune, ("est toute l’industrie minière, base et fondement de toutes les autres indust ries. !avage, Sarah Robertson, Prudence Howard, le.-l’alardy, les Lemieux, Adrien Hébert, Gordon Pfeiffer, de Montréal et de Québec, et Henri Masson, d’Ottawa, dont le talent ne cesse de grandir en se mesurant à la nature; et plusieurs autres encore Les tableaux et les croquis de ces peintres constituent le plus souvent un répertoire où Pon peut ol.'server des traits variés s'ajoutant ainsi aux données géographiques déjà acquises sur notre pays.Marins Butin w DÉMOCRATIE CANADIENNE l-A démocratie au ( auada repose sur deux assises: le principe représentatif et la responsabilité ministérielle.Quelque cinquante année- -e sont ecoulees entre 1 élection de notre premier député constitutionnel et b’ jour où s'est constitué un cabinet vraiment responsable vis-à-vis de I Assemblée.( e sont les deux jurandes étapes de l’établissement de la démocratie.b Acte ( onstitutionnel de I 7!)1 reconnut aux Canadiens, pour la première loi-, le droit d’élire des représentants qui puissent participer au gouvernement du pays.Ce principe de l'élection a etc reaffirmé, par la suite, dans les constitutions de 1841 et de 1*67.En sorte que le régime démoeratique au Canada, quant à 1 un de .-es rouages essentiels, est établi en vertu de dispositions de droit écrit.1 l.a presence de deputes a la Chambre ne garantit pas nécessairement 1 existence d un régime démocratique.Cela dépend plutôt de la part qu ils prennent dans la gouverne du pays.Ht justement de 1702 à 1X54, les représentants canadiens étaient loin de déterminer les décisions du gouvernement, f,'exécutif était hors de leur contrôle.Il fallait donc faire un pas de plus et s’assurer que le point de vue de la majorité des députés (et donc de la majorité tout court) prévale dans les décisions du gouvernement.C’est l’idée même du gouvernement responsable.Au contraire du principe de la représentation, celui de la responsabilité ministérielle n’est pas reconnu explicitement dans des lois écrites mais résulte plutôt d’usages et de convention-constitutionnelle-.Le principe en a été formulé, pour la première lois, dan-une dépêche de lord Ku.-sell adressée à Poulett Thomson et il devait être reconnu par lord Elgin sous l’Union sur les instructions du Secretaire d’f.tat pour les colonies, mais à titre d’usage1 seulement.C eci est vrai de l’état fédéral comme des législatures provinciales.Quand les diverses colonies de l'Amérique du Nord 1 Art.37 à 53 de l'Acte A.H.N.! f K.( .\\ heure.7 /e statute of 11 estmluster and Dominion Status 1938 P- ‘*7. 12 UK VI" K TRIMESTRIELLE f A \" A I) IE N" N K se fédérèrent en 1SG7 et que plus tard le gouvernement fédéral o ré a de nouvelles provinces, le principe de la responsabilité ministérielle ne fut nulle part consigné dans les constitutions provinciales.1 On préféra s’en rapporter encore une fois à l’usage établi.En sorte que si l'on veut rechercher les luises de la démocratie au Canada, on trouve qu’elle n’existe pas seulement en vertu de la loi écrite mais tout aussi bien en vertu de conventions et d’usages, selon la tradition constitutionnelle britannique.Sox appaheii.Lorsqu’ils ont édifié l’État canadien, les Pères de la Confédération ont été préoccupés de ne pas faire trop démocratique.3 4 * Ils s’en sont tenus à l’essentiel et n’ont jamais manqué une occasion d'atténuer les caractéristiques d'un régime qu'ils semblaient vaguement redouter.Cette tendance apparaît clairement dans la ligne de conduite adoptée au sujet de la franchise.Le pouvoir de déterminer les qualifications requises pour jouir du droit de vote fut donné au gouvernement fédéral par l’Acte de l'Amérique Britannique du Nord, mais celui-ci ne l’exerça pas avant 1SS5.Cette année-là, sir J.A.Macdonald réussit à faire adopter en Chambre une loi qui subordonnait le droit de vote à la qualification foncière.C'était là une imitation maladroite du régime semi-démocratique anglais qui illustre bien la timidité des tendances démocratiques.Par la suite, cependant, la franchise fut accordée à tous les sujets britanniques ayant au moins un an de résidence au Canada et deux mois de résidence dans la circonscription où ils désiraient voter.On remarquera toutefois que le suffrage universel n’existe vraiment au Canada que depuis 1920,6 ce qui, là encore, est assez révélateur." Donc, tous ont le droit de vote au Canada.Mais le vote est unique: un citoyen, un vote.Il importe peu (pie le citoyen soit riche ou pauvre, (comme le fait remarquer l'crguson dans son pamphlet How wc govern ourselves), qu'il soit instruit ou non.Dans le choix du gouvernement, chacun a une importance égale.3 D.G.Greighton, App.27 du Rapport Sirois, p.84.1 Cf.Le discours de G.-E.Cartier lors des Débats sur la Confédération.6 10 et 11 G.V, Chap.40.6 Cf.Keith, Resp.Gov.Tome 1 p .391; Kennedy, Constitution of Canada.2nd edition, p.387. DÉMOCRATIE CA N' ADI E N' N E 43 I.a loi au Canada no reconnaît pas le principe du vote multiple, ce qui est une façon de marquer l'égalité des citoyens.Au surplus, le vote unique par lequel le citoyen choisit une certaine équipe de gouvernants, est exercé périodiquement.La constitution pose à l'article 50 que des élections devront étie tenues au moins tous les cinq ans.Sans doute, il est arrivé que le Parlement, par une loi, ait prolongé sa propre existence, mais il a fallu pour cela amender la constitution.C est qu on réalité, la periodic itt des élections constitue un contrôle démocratique additionnel.Elle empêche une oligarchie qui aurait pris le pouvoir, de s y retrancher et de différer indéfiniment la reddition des comptes.De cette façon, nous sommes assurés, non pas que le gouvernement rencontre la volonté populaire à tous les instants de son terme, mais qu'un gouvernement qui ne satisfait pas aux désirs généraux de la nation ne peut rester arbitrairement au pouvoir.Le procédé n'est peut-être pas aussi rapide qu'on pourrait le souhaiter, mais il est inéluctable._ Une autre caractéristique du vote, c est qu il ne contribue pas directement à l’élection d’un parti ou d'un représentant de tel ou tel intérêt professionnel.C’est-à-dire que nous n’avons pas chez-nous le vote proportionnel ou corporatif.Les votes sont groupés par unités territoriales, les comtés, qui sont prévus à 1 article 40 de l'Acte de l'Amérique Britannique du Nord.Il y aurait beaucoup à dire sur cette question de la représentation des intérêts canadiens par comtés et il n'est pas du tout certain, comme on pourrait le croire, que ce principe soit démodé.Dans un pays vaste et complexe comme le nôtre, la représentation par unité territoriale a une extrême importance: elle favorise probablement plus 1 unité nationale que la représentation corporative, par exemple, ne pourrait le faire., , Par ailleurs, notre élection se décide a majorité absolue, a la fois dans le comté et pour tous les comtés.Ainsi le candidat qui remporte le plus de votes dans un comté est élu député de ce comté et le parti dont les candidats ont été élus dans la majorité des comtés prend le pouvoir.Les votes accordés a chacun des partis dans tout le pays n’ont pas nécessairement d’influence sur leur représentation au Parlement.Chaque comté est, pour ce qui est des votes, un compartiment étanche.Et ceci est une autre particularité du système.U y a déjà eu des demandes au sujet de la représentation proportionnelle, mais quoique la constitution ne .-, f KK\Î I.riil.MKSTIUKIJ.K C A .V A I) I K\ X [; paraisse pas s’y oppose, il ne semble pas que le système actuel f|UI p,‘rmpt d,'s majontds considérables et des gouvernements v ipouroux.soit prosd (*t ro ahmiclonno.Hre!, au Canada, le suffrage universel est unique, périodique et distribué par comtés.s il est admis que le peuple est souverain au Canada il n’ex-eree cependant son pouvoir que par le truchement de h représentation.Le système représentât if canadien, comme on va le voir, est tissez complexe.> d y avait au Canada une population hoiïîogène répartie Un t, ,'nt0,re restreint.les Pères de la Confédération auraient Ti Mn!P f,“nK'nt ,'l,l°l,té u" s.vs,cni'' de représentation basé sur le ' " , rlf; ,'V,0p"'a,'°n- Kn Pas jl eût suffi de déterminer le nombre de députés devant siéger en Chambre et les a-igner en- ,'.u'1 °' ,a méthode américaine, aux diverses provinces selon I importance de leur population.Au lieu de cela, nous avons un système qui satisfait .Passez loin aux exigences d'une démocratie théorique.I.e nombre de deputes auquel a droit la province de Québec a été fixé à 05.L’adop- ,U"'.' '' Y\ FOYER DE GAUCHE CONNU Nous avons établi la relation analytique entre les fovors de gauche de deux travées consécutives d’une poutre continue comme suit : U_________ .h— ~ » , / —f \ entre/, ci ba construction graphique correspondante est la suivante: Soient l'horizontale des travées U et ainsi (pie les verticales des appuis.Supposons le foyer de gauche de la travée de gauche connu, et soit .1, ce foyer.Soit chacune des travées de section constante mais différentes d une travée a 1 autre, soient /_ et /.t, les moments d’inertie correspondants à cvs sections. ÉTUDE ANALYTIQUE ET GRAPHIQUE DE LA POUTRE CONTINUE ~'-i Directrice Lût.droite Dir.Lai.fauche Directrice lût.cjauch» , Di i Dir.Lût.droite a) Partageons chacune des travées en trois et traçons des verticales en ces points.On appelle ces verticales aux tiers des portées, les trissectrices de gauche ou de droite ou encore les directrices latérales des tiers.(B< et.///); b) Partager la distance entre la directrice latérale de droite de la travée de gauche et la directrice latérale de gauche de la travée de droite dans le rapport direct des moments d'inertie et inverse des portées, c’est-à-dire O /,.à /.(/•.La verticale passant par ce point sera la directrice d'appui {DE): c) Du foyer .1 de gauche de la travée de gauche, mener une droite AUD avec une direction quelconque, rencontrant la directrice latérale de droite en H et la directrice d'appui en 1)\ il) Du point I! de la directrice latérale de droite, mener la droite BEI, passant par l'appui E et rencontrant la directrice latérale de gauche de la deuxième travée en I : c) Joindre les points D de la directrice d’appui et / de la directrice latérale de gauche de la travée de droite.L'intersection Ci avec l’horizontale de référence donne le foyer de gauche de la travée de droite, partant du foyer de gauche de la travée de gauche. 74 RKVCK TRIM K STIUKI.I.K C A \ ADI K \ X K Preuve de cette construction graphique: La figure nous donne les triangles ABC et ADP, FBC et FUI, GDF et GIII, semblables deux à deux.Nous avons les rapports: DP _ AP f III _ PII f DP = PG BC AC ’ PC CF ’ 777 7777 DE DE III n" A P _ PG PII AC + ( 'P _ PII—GH FU BC HI ’ PC °U TP GH ' ~CF 011 AC GH T F h ( ( h ~1~ h Il h “b / 3 / ¦.Ii h + I3 fc (I,h + 7/,) + h~ h) Remarque I: Pour une section constante dans toutes les travées, I est constant et la directrice d’appui s’obtient en partageant la distance entre les deux directrices latérales voisines de l’appui en raison inverse des portées.Il faut porter une distance égale au tiers de la travée de droite à partir de la directrice de droite de la travée de gauche.Remarque II: Pour les foyers de droite, on peut de même déterminer un foyer de droite d'une travée en partant du foyer de droite de la poutre a droite de celle qu’on étudie. X?\ ! Appui CncoW Fie, 2> Exemple de construction graphique des foyers de gauche et de droite pour six travées continues.l'rouitK t).¦ — HK\ CK TM M KSTM EEEE CAVADIK.WK 7 ti 11.- ( ONSTRUCTION DES FOYERS D’FXE POUTRE CONTINUE A MOMENT I) INERTIE V A RI A RE E I) UNE TRAVÉE A L AUTRE •MAIS CONSTANT DANS LA TRAVÉE .(/'Vr/.9) Soit une poutre continue horizontale appuyée librement sur ses supports.1 t tracer une ligne horizontale tie référence de la longueur de la poutre considérée et la partager suivant les diverses travées dans l'ordre des travées.H) Diviser chacune des travées en trois parties égales et tracer les verticales des tiers ou les directrices latérales ou trissec-t rices.(- ) Mener les verticales des directrices d'appui en partageant l'espace compris entre deux directrices latérales voisines de 1 appui en raison inverse des deux travées intéressées et en raison directe des moments d'inertie ou dans le rapport h ; D) Commencer par l'extrémité de gauche de la travée extrême de gauche pour déterminer les foyers.Dans cette travée de bout, le foyer de gauche sera sur l'appui si l'appui est libre, sur la directrice latérale de gauche, si la poutre est parfaitement encastrée et entre ces deux positions pour toute restreinte intermediaire.< )n verra plus loin comment trouver cette position du loyer en fonction de la rigidité de la poutre par rapport au support./-1 be foyer de gauche de la poutre extrême de gauche étant connu, Ion procède successivement d'une poutre à l'autre vers la droite jusqu a la dernière à droite avec la construction indiquée au paragraphe précédent.(Fig.9.) a) Du foyer mener une droite quelconque FiAli, rencontrant la directrice latérale de droite en .1 et la directrice d appui (ni H.De .1, par I appui I) mener .-lf qui rencontre la directrice de gauche de la seconde travée en ('.Joindre HC.( ette droite coupe l'horizontale en un point qui est le fover /¦'., de la seconde travée; b) Du foyer / ., recommencer et mener une autre droite quelconque FJ)E rencontrant les directrices en I) et K.Mener par D et l'appui (2) la droite DF coupant la directrice ÉTUDE ANALYTIQUE ET GRAPHIQUE DE LA POUTRE CONTINUE t 1 do gaucho on F.Joindre EF.Cette droite rencontre 1 horizontale de référence on /'.i, troisième foyer de gauche; c) On continue la construction ainsi pour F4, h 5, Fs dans la dernière travée.Quand tous les foyers do gaucho sont connus, on fait do mémo pour les foyers de droite, on commençant pai l’appui extrême do droite.Même remarque pour le premier foyer de droite que pour le foyer de gaucho.F) Le premier foyer do droite étant connu, l’on procède vers les poutres à gauche.Pour éviter la confusion des lignes de rappel, on se sert on partie des constructions déjà employées pour les foyers de gauche.( est ainsi que la première ligne' sera dirigée du foyer connu C0 vers le point F de la construction précédente.La droite XP sera commune.Le point 0 dans le prolongement de GsP sera joint au point X et l’intersection avec l'horizontale de référence nous donne le deuxième foyer de droite G's.Il suffit de faire de même de travée en travée et nous obtenons ainsi le système des foyers de droite de la poutre continue.12.Construction graphique des moments au droit des FOYERS ET SUR APPUIS DE LA POUTRE CONTINUE Nous supposons au préalable que les foyers de gauche et de droite ont été établis par la méthode décrite au paragraphe précédent.Nous avons trouvé au paragraphe 8 la relation du moment au droit des foyers rie gauche et de droite d une travée d une poutre eon tinue: _ f ^,Pa.b.il + b) _ f_ j- 7- !-f • , / ’ h , _ q 22P.a.b.(I + a) _ JJ y - v / • , fa Nous allons examiner certaines conditions particulières de chargement.a) Cne charge concentrée P3 repérée par ses distances a, et b des appuis de gauche et de droite.L’équation nous donne (Fig.10)' f Pi.aJh (h + b J , _ {h P< ¦ q3- h* (l* + Vs j • — 1 l ‘ /j k KJ-.\ t'K TRIM KSTIUKU.K I'AXA DIK.WK 7S r ( onstnurc d'abord le diagramme du moment ABB' en portée libre pour la même charge et la même portée.Mener des distance de part et d'autre de la charge concentrée, sur l’horizontale de référencé de la poutre.Joindre les deux points ainsi construits avec le sommet B du diagramme des moments et prolonger au-delà de ce sommet jusqu’aux verticales des appuis en D et K.Joindre 1 appui .1 à l'intersection D sur la verticale de B, rencontrant la verticale du foyer de gauche en /'.De même, joindre l'appui B avec 1 intersection B sur la verticale de l'appui .1.la ligne rencontrant la verticale du loyer de droite en G.Nous avons les deux moments au droit des foyers de gauche et de droite.lin prolongeant la droite K, en // et /, nous avons les moments d'appuis A1‘ ot I,J' d»s !1 ,;l ('harRf‘ concentrée, les autres travées de la poutre continue n'étant pas chargées.lin analysant cette construction graphique, nous constatons: ha hauteur du triangle du moment en portée libre égale B's.u.i.h ,i ~~Ü~ ha verticale U B, au droit de l'appui de droite a pour valeur Bg.da.ba (l3 “h b3) _ T “ ' / “ ~ B b
de

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