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Titre :
La revue trimestrielle canadienne
Revue universitaire qui a le mandat de stimuler et de diffuser la recherche scientifique et la recherche sociale réalisées à l'École polytechnique de Montréal et à l'Université de Montréal. [...]

La Revue trimestrielle canadienne est fondée en 1915 par un jeune professeur de l'Université Laval à Montréal et de l'École des hautes études commerciales, Édouard Montpetit, et les professeurs de l'École polytechnique Arthur Surveyer et Augustin Frigon. Ils en seront les principaux animateurs, durant quelques décennies. Le sulpicien Olivier Maurault se joindra à eux en sa qualité de recteur de l'Université de Montréal.

Publiée par l'Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, la revue remplit le vide laissé par Le Bulletin de l'École Polytechnique et La Revue économique canadienne. Elle vise à stimuler l'étude des sciences appliquées et des sciences sociales, en premier lieu le génie civil et l'économie, ainsi qu'à informer et à servir les ingénieurs francophones. La technologie, l'économie politique, la médecine, la philosophie, la psychologie, l'enseignement et l'humanisme trouveront une place dans ses pages au cours des années.

Parce qu'elle est un des principaux organes de diffusion de la recherche francophone, la Revue trimestrielle canadienne est une ressource importante pour la connaissance de l'histoire des sciences au Québec. On y trouve par exemple une présentation rédigée par le frère Marie-Victorin du lancement de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (mars 1924), ainsi que de nombreux articles témoignant du développement des recherches sur le génie civil, l'électricité et l'électronique, dont des articles sur la télévision à partir de 1933.

Le spectre de la diffusion de la recherche y est très large. On y traite fréquemment d'hygiène sociale dans les années 1920 et 1930, et de façon constante de l'enseignement général et professionnel. La psychanalyse y est abordée dans une série d'articles d'Antonio Barbeau publiés en 1930 et 1931. On peut aussi lire en 1938 un retour du géologue Gérard Gardner sur la question complexe de la frontière du Labrador.

La Revue trimestrielle canadienne permet de connaître davantage la vie de l'École polytechnique jusqu'en 1954, dernière année où la revue est publiée. L'Association des anciens élèves y donnera suite avec L'Ingénieur, une revue résolument tournée vers le génie.

Source :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. 5, p. 139-141.

Éditeurs :
  • Montréal :Association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique de l'Université de Montréal,1915-1954,
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'Ecole polytechnique de Montréal
  • Successeur :
  • Ingénieur
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Références

La revue trimestrielle canadienne, 1940, Collections de BAnQ.

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•r • Ai ie année fo 102 PROPERTY ; 3R \R ; Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.Pages SOMMAIRE 117 — I.L’Enseignement secondaire a-t-il subi l’influence américaine?Edouard MONTPETIT 132 — II.La Carrière d’ingénieur Armand CIRCÊ 146 — III.La Guerre et la Mobilisation des Minéraux Maurice ARCHAMBAULT 162 — IV.Théorie de la Représentation des Groupes Abel GAUTHIER 184 — V.La Téléphonie Alfred COSSETTE 195 — VI.Le Quotient intellectuel Frère CHRYSOSTOME 205 — VII.Revue des Livres 222 — VIII.Vie de l’Association ASSOCIATION DES ANCIENS ÊLfiVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL COMITÉ DE DIRECTION Président: Monseigneur Olivier Maurault, p.s.s., Recteur de l’Université de Montréal.Membres: MM.Augustin Frigon, Président de la Corporation de l’École Polytechnique.Armand Circé, Directeur de l’École Polytechnique de Montréal.Victor Doré, Surintendant de l’Instruction Publique Léon-Mercier Gouin, Professeur à l’Université de Montréal.Théo-J.Lafrenière, Professeur à l’École Polytechnique.Olivier Lefebvre, Régisseur, Régie Provinciale de l’électricité.Édouard Montpetit, Secrétaire général de l’Université de Montréal.Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, Ingénieur Conseil.Ivan-E.Vallée, Sous-Ministre, Département des Travaux Publics de la Province de Québec.L.Brunotto, Bibliothécaire de l’École Polytechnique.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Surveyer Membres: Mgr Olivier Maurault, MM.Édouard Montpetit, Augustin Frigon, Théo-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre., Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire: Armand Circé Trésorier: Lorenzo Brunotto PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .79 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura été envoyé un exemplaire à la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement h: La Revue Trimestrielle Canadienne LAncaster 9208 1430, rue Saint-Denis.MONTREAL RK VU K TRIMESTRIELLE CANADIENNE I MARTINEAU FILS LIMITEE OPÉRANT MORRISON QUARRY CO.reg d PIERRE DE TAILLE PIERRE CONCASSEE Bureau chef : 517 EST, RUE MARIE-ANNE FRONTENAC 8181 Bureau des ventes: LANCASTER 3144 II REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE L’UNIVERSITE de MONTREAL Comprend les facultés et écoles suivantes : fACILTÉi THÉOLOGIE ' DROIT MÉDECINE ' PHILOSOPHIE ' LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE ECOLES PHARMACIE ' SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE - INSTITUT AGRICOLE D'OKA ECOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES OPTOMÉTRIE ' MÉDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME ?Pout tous renseignements, s’adresser au Secrétariat général 1265, rue St.Denis Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III SECRÉTARIAT DE LA PROVINCE École des Hautes Études Commerciales Affiliée à l’Université de Montréal I réparant aux situations supérieures du commerce, de l’industrie et de la finance Bibliothèque économique.Musée commercial et industriel Décerne les diplômes de bachelier en sciences commerciales, licencié en sciences commerciales, de docteur en sciences commerciales et licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l’Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.), l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT ( ours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COI RS LIBRES DU SOIR: comptabilité théorique et pratique, opérations tie banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux préparatoires à la licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE: comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial.algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur.535, avenue Viger, Montréal IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Appareils #> -^de_- = Laboratoire PRIX MODÉRÉS et LIVRAISON PROMPTE Nous avons toujours en magasin un assortiment complet d’appareils de laboratoire pour Fensen gnement des sciences.Une commande initiale vous convaincra de la haute qualité de notre marchandise.Fisher Scientific Company Limited 904-910, rue Saint-Jacques MONTRÉAL n i : v t • K T h i m i :.sth 11 : u.i; c a N a ij 11: ,\ x i: Les travaux d électricité de la nouvelle aile de * l’Ecole Polytechnique ont été exécutés par WILLIAM ROCHON ENTREPRENEUR ÉLECTRICIEN Spécialités: CHAMBRES DE TRANSFORMATEURS SYSTÈMES DE HAUT-PARLEURS OUVRAGE GÉNÉRAL 1031, Parc LaFontaine :: î: MONTRÉAL FAlkirk 2121 William Rochon Pointe-aux-Trembles D.-W.ROCHON 100 - sonnez 6 LAncaster 5559 J VI REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE “.et avec ce 5c des bonbons** Qu’il s’agisse de jouets, do dactylotypes, d’ampoules électriques ou do baignoires — si le coût de l'objet diminue à la suite de la réduction des frais de production, les personnes qui peuvent l'acheter deviennent plus nombreuses.Par exemple, le coût des réfrigérateurs a diminué de â0% au cours des 10 années qui se sont écoulées depuis 1920.I.e prix des radios aussi a diminué de 50%.Depuis 1921, le coût moyen des ampoules électriques a baissé de plus de (i.1%.Et ceci peut, s'appliquer à des centaines d'autres articles manufacturés, parce que les savants, les ingénieurs et les artisans de ces industries ont découvert des centaines de nouveaux produits, les ont améliorés constamment.ont appris à les rendre de moins en moins coûteux, et parce que des millions de gens peuvent se les procurer.C’est de cette façon que l'industrie procure aux Canadiens l’un des modes de vie les plus appréciés dans le monde entier.La Canadian General Electric, en concevant de nouveaux procédés pour accélérer électriquement le.- rouages de l’industrie, a contribué pour une large part à ce progrès.En continuant de suivre cette ligne de conduite, elle participe à la fabrication au Canada de PLUS DE PRODUITS, A MOINS CHER, POUR PLUS DE MONDE.Les expériences G-E épargnent annuellement des centaines de milliers de dollars au public canadien.CANADIAN GENERAL ELECTRIC Sydney • Hilif» .St.John .Quebec .Sherbrooke .Montreal .Ottawa • Norinda .Toronto .New Litheard e Hamilton e Sudbury • London Wind.or e Fort William e Winnipeg • Regina e Saskatoon e Lethbridge • idmonton ¦ Calgary • Trail • Kelowna e Vancouver • Victoria REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE VII ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL) École d’ingénieurs — Fondée en 1873 TRAVAUX PUBLICS • BATIMENTS • MINES ÉLECTRICITÉ • CHIMIE INDUSTRIELLE PRINCIPAUX COURS: # Mathématiques, Physique, Chimie, Dessin industriel, Géométrie descriptive, Arpentage.# Mécanique, I ésistance des Matériaux, Minéralogie, Géologie, Mines, Métallurgie.# Thermodynamique, Machines thermiques, Hydraulique, Electrotechnique, Constructions civiles, Béton.0 Ponts, Constructions mécaniques, Voirie rurale et urbaine, Chimie industrielle,Législation industrielle, Finances.Laboratoires d’analyses, de recherches et d’essais.Laboratoire Provincial des Mines.1430, rue ST-DENIS, MONTREAL TÉLÉPHONES:— Administration:— LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines:— LAncaster 7SS0 PROSPECTUS ET RENSEIGNEMENTS SUR DEMANDE VIII REVUE TRIMESTRIELLE CANA DIEXXE MONTREAL DUAL MIXED CONCRETE LIMITED BÉTON PRÉPARÉ Contrôle technique garanti Dosage scientifique des matériaux TÉLÉPHONES : Bureau : DOlIard 3515 Centrale rue Beaubien: CRescent 23S4 Centrale rue Ottawa: FItzroy 5132 NATIONAL QUARRIES LIMITED LIVRAISON RAPIDE Pierre Calcaire de Qualité Supérieure TÉLÉPHONES : Bureau: DOlIard 3515 Carrière, Côte St-Michel : DL'pont 5731-2 Grosse Production Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL JUIN 1940 L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE A-T-IL SUBI L’INFLUENCE AMÉRICAINE ?: La fondation d’écoles d’enseignement secondaire au Canada français, sous le nom de «collèges classiques»— comine on les désigne encore—-témoigne aussi de l’intérêt du peuple pour l’instruction.Après la cession du pays, des collèges ont été installés, sous la conduite du clergé, dans les villes et dans les centres importants de la province.Aucune loi organique ne les concerne; ils ne relèvent pas du Conseil de l'Instruction publique ni d’aucune autorité, si ce n’est, dans le domaine religieux, de l’autorité épiscopale.Administrés par des corporations privées, ils comptent, pour assurer leur fonctionnement, sur les droits d’inscription, les revenus de leurs capitaux, le concours de leurs anciens élèves et une subvention annuelle que leur verse depuis quelques années le Gouvernement tie la Province.Ce sont donc des institutions libres et indépendantes.Ils n’ont eu, ils n’ont encore qu’une aspiration: former une élite par la culture générale, tout en préparant la jeunesse à l’étude des professions.Ils sont profondément attachés aux traditions nationales et enrichissent sous cet aspect l’influence déjà rigide de l’école primaire.Au moment rie définir leur caractère et leur attitude, de rechercher en particulier s’ils subissent les idées ou les méthodes améri- 1 Cette étude, entreprise sous les auspices de l’Institut Carnegie, a un caractère nettement objectif,—¦ comme d’ailleurs celle que j’ai consacrée à l’école primaire et celle qui suivra sur l’enseignement supérieur.E.M. Kt'.VUK TRIM KSI KIELLr CAN ADIENNIÎ 1 IS caines, on se défend mal contre une impression fâcheuse: l’opinion des éducateurs américains ne paraît pas admettre, si même elle ne la diminue pas, la formule à laquelle se plient les établissements de culture classique au Canada français.La valeur du diplôme qu'ils délivrent est, sinon discutée, au moins mise en doute à toute fin pratique parce que le système d’enseignement secondaire du Canada français, fidèle à l'ancienne ratio studiorum du s vue siècle dont il est issu, s'écarte du procédé américain et néglige l’intérêt immédiat pour la formation désintéressée de l’esprit.Le Canada français connaît, dans ce domaine comme dans bien d’autres, l’isolement que lui vaut sa tradition.Parfois, son attitude a fini par triompher de toute l’Amérique: est-ce le sort qui attend son attachement au classicisme?Des voix sérieuses s'élèvent aux Etats-Unis contre les préoccupations utilitaires et contre la tendance réaliste de l'école secondaire, et réclament avec force le retour aux disciplines imprégnées du génie grec ou latin.Peut-être l'avenir imposera-t-il à tous une formule où se combineront le souci de l’intelligence et l’amorce du succès dans la vie.* * * La conception canadienne-française de l'enseignement secondaire, au moins dans la province de Québec, diffère de la conception américaine.Le «cours classique» comprend huit années d’étude et l’élève fait toutes ses humanités dans la même institution sans que l’on y distingue les années qui correspondent au High school et celles qui se comparent au College course.De là vient toute la difficulté: on a beau représenter que les mêmes matières sont enseignées quoiqu’elles soient réparties différemment; que les disciplines sont, somme toute, les mêmes quoique l’on insiste ici sur les langues anciennes et là -ur les sciences; cpie l’âge des étudiants se compare puisque le Canadien français entre au collège à treize ans et en sort à vingt-et-un ans, rien n’y fait.Un Américain a du mal à apprécier, à comprendre même ce régime où un Français se reconnaît tout de suite: en France comme au Canada français, on accède au lycée en sortant de l’école primaire; et le lycée est l’intermédiaire entre l’école primaire et les études professionnelles, ou de haute culture qui se poursuivent à l’université, dans les grandes écoles ou dans les facultés, mot qui revêt un sens très différent aux !.’ KXSEIUN KM K XT S K ( 'ON I) AI K K KT f.'lXFLUENCB AMÉRICAINE I Kl Etats-Unis où il dé.-igné plutôt h* corps professoral d’une institution.Les programmes su ressemblent bien en principe, je veux dire les matières inscrites aux programmes — et les heures ou units se comparent; mais au collège classique, l’élève aborde d’abord les langues mortes et reçoit une formation plus pénétrée de lettres et d'idées générales que celle que dispensent les High schools.11 étudie petulant ~ix ans le latin, le grec, [’histoire, la géographie, les mathématiques, et peu les sciences, celles-ci étant reportées aux deux dernières années du cours, consacrées aussi à la philosophie.Les avis, chez nous même, diffèrent à propos de ce curriculum.Certains éducateurs voudraient que, comme en France d’ailleurs et aux Etats-Unis, on étudiât les sciences plus tôt.Les collèges classiques ne s'y refusent plus absolument puisque, depuis 1936, ils enseignent au moins les éléments des sciences naturelles ou physiques dans la première partie du cours; mais ils hésitent à s’engager à fond dans une aventure où les disciplines littéraires et les disciplines scientifiques concorderaient, ce qui leur parait dangereux pour la formation française de leurs élèves.Fn somme, si on les dose différemment, on enseigne, dans les collèges américains et dans les collèges canadiens-français, les matières qui composent les humanités, mais elles ne sont pas disposées de la même façon le long du cours et on ne leur donne pas la même valeur éducative —- je fais allusion au grec, par exemple, et au latin qui sont plus poussés dans nos collèges classiques — et ces différences modifient les disciplines, mais le Canada français se refuse à croire qu'elles les diminuent et, je le répète, il subit avec humeur la morgue de ceux qui lui reprochent sa fidélité à des procédés vieux de plusieurs siècles et dont l’ensemble meuble et assouplit l'esprit au point de lui permettre toutes les adaptations à la pratique.Retenons surtout que le cours classique vise à la culture générale et qu’il constitue un centre de recueillement où s’attarde le jeune homme avant de s’élancer vers une profession et de prendre place dans l’élite de la nation.Il se rapproche plutôt d’Oxford fine des institutions américaines.Sans préparer à la vie prochaine, comme le High school, ni rechercher les connaissances essentielles, comme le College course, il semble se complaire à l’inutile, c’est-à-dire au plus précieux, à la «pierre blanche», plutôt qu'au chemin. ItKVt'K T RIM F.ST R ! K U.F ('AN'ADIK X N F 120 Il y a donc, sinon une opposition, au moins une différence profonde entre les, deux systèmes d’enseignement secondaire.Dira-t-on que le système canadien-français se dresse contre le système anglo-saxon ou américain ?Je crois (pie chacun répond à un besoin, simplement.Chaque système a ses origines: l’un vient de France et demeure fidèle à la France même si celle-ci a modifié le sien; l’autre d’Angleterre.L’un et l'autre obéissent à des méthodes ou à des modes (pie le temps a consacrés et qui s’adaptent à la nation.Aussi les résultats recherchés et obtenus sont-ils divergents; et c’est ce qui intéresse le sociologue.Des collèges classiques du Canada français s’élève une élite pénétrée d’idées générales rpii devrait réagir contre les influences du milieu anglo-saxon ou américain; mais qui, sur plus d'un point, est contrainte de s'y pilier lorsqu'il s'agit pour elle d’exercer une profession, ou un métier.Si la règle qu'elle a subie, dont elle est animée, n'a rien de pratique mais prépare à la longue à toutes les pratiques, le problème est de savoir ce qu’elle en gardera dans les complexités 'le la vie.Sur cela, l’enseignement supérieur nous apportera des éclaircissements.* * * Y a-t-il entre les deux systèmes dos cloisons à ce point étanches rpi’ils ne se pénètrent pas?L’opinion unanime des éducateurs qui ont répondu à mon enquête est que l’enseignement secondaire, sans perdre de vue l’ensemble du Canada, se préoccupe d’abord du Canada français auquel se rallie son zèle.Réponse étrange pour ceux qui ignorent la position prise par les Canadiens français dans la Confédération.La Constitution de 1867 leur garantit des droits et des privilèges qui protègent leur caractère, à quoi ils tiennent par-dessus tout.Historiquement, le Canada est un pays de double culture.Los Canadiens français estiment servir, en définitive, leur pays en demeurant fidèles à leur civilisation.Voilà pourquoi l’enseignement secondaire ne s'inspire pas des méthodes américaines, sauf pour les sciences et les mathématiques, emprunts trop rares au dire de quelques professeurs.Quant aux manuels et aux ouvrages de consultation ou de référence, ils ne sont le véhicule que de faibles infiltrations, toujours à l'exception des sciences et des mathématiques, exception qui tient aux manuels «mieux faits», aux procédés, parfois aux instruments, quand les i.'enseignement SECONDAIRE ET i/INFEUENCE américaine 121 sciences et les mathématiques, se trouveraient fort bien d’emprunts faits à la France où ces enseignements sont remarquables.En dehors de ces quelques concessions, les collèges classiques ne croient pas qu'il y ait lieu de recourir aux méthodes américaines ou, s'ils y consentent, c’est à la condition d’y apporter de la modération.l.a part même qu'ils font aux Etats-Unis est restreinte, pauvre, quoiqu'un certain intérêt s'éveille depuis quelque temps à leur endroit.Si les uns n'accordent qu’une place «très minime» à ce pays, les autres y mettent plus d’attention.Le «parallélisme des deux histoires», selon l’expression d’un professeur, devrait inciter davantage le Canadien à suivre l’évolution du peuple américain.On m’a même répondu que l’on concède aux Etats-Unis une sorte de portion congrue, ce qui est regrettable.A la concordance des deux histoires s'ajoute, selon ce correspondant, «l'intérêt que doit susciter le groupe important des nôtres fixés aux États-Unis» et le fait que «nous habitons le même continent».Personne n'invoque le facteur géographique.Pourtant, une orientation se dessine vers un changement d’attitude: un collège a placé sur le même plan, en philosophie, c’est-à-dire dans les deux dernières années du cours secondaire, l’étude rie l’histoire rie France, d’Angleterre, des États-Unis et du Canada parce que les autorités tenaient pour «dangereuse l'ignorance où nous sommes rie l'histoire de nos trop puissants voisins».Par ailleurs, un collège éloigné, presque à la périphérie de la vaste province de Québec, jugeant «insignifiante» cette partie du programme secondaire, «souhaite un remaniement qui donne plus de place à un enseignement nécessaire».Quoi qu'il arrive dans l’avenir, il sied d'ajouter (pie les dirigeants de l’enseignement secondaire n’invoquent pas de raison particulière pour réduire ainsi la connaissance du problème américain.Us n'y mettent ni excessive prudence, ni mauvaise volonté, ni même une réserve qui ne s'avouerait pas.On y suit la même ligne de conduite envers les provinces anglaises du Dominion, qui intéressent surtout par le sort qu’elles réservent à l’élément francophone de leur population.Le programme des études a été ainsi tracé il y a des années.On considère les États-Unis comme un simple pays étranger et on se préoccupe surtout de l’histoire de France, de l’histoire d’Angleterre et de l’histoire du Canada, où l’on insiste sur l’Ancien Régime, ce qui dégage une influence fran- RK VCK TRIM KSTKI K 1.1 1 ( A N A DI i: N Ml 122 çaise, et sur le Régime anglais ramené à son action sur le groupe canadien.Il est remarquable que le cours classique no comporte pas l’enseignement du civisme, au moins de façon arrêtée, et que l'on estime, non sans quelque raison, que la formation classique est propre à diriger le citoyen dans sa vie sociale sans qu'il soit nécessaire d’attirer son attention sur les institutions politiques, administratives, voire religieuses, du pays.Si l’on se prêtait davantage à cet enseignement, on attrait sans doute l’occasion .r avec plus de soin et de netteté les grands moyens de résistance dont disposent, sans qu’ils le sachent parfois, les Canadiens français, en dehors de la politique courante, où ils mettent trop de complaisance et, par ricochet, de faire naître le souci du fait américain, de son rayonnement et peut-être de ses dangers.Est-ce dire que l’enseignement secondaire n’est pas touché, fût-ce de l’extérieur, par l’américanisme envahissant?On y est impressionné par le culte dont les Américains entourent l'instruction, et le soin qu'ils apportent à l’installation des laboratoires et des bibliothèques.Si les Américains exagèrent en ce sens, les Canadiens français pêcheraient par excès contraire.C’est vite dit: qui possède l’argent peut se payer bien des luxes, quoiqu’il soit méritoire de vouloir se les payer.Le directeur d’un collège classique souhaite que l'on imite les Américains dans leur générosité à l'endroit de l'école, dans la piété qu’ils entretiennent autour de l'idée de patrie, et même dans leur sens pratique.Il ajoute que les cours de vacances destinés aux professeurs devraient être répandus au Canada.Est-ce là, essentiellement, une initiative américaine?Les institutions d’enseignement secondaire déplorent les goûts américanisés de leurs élèves, leur tendance à copier les Américains dans leur engouement, jugé sans doute excessif, pour les sports, le jazz et le cinéma.Les idées, puis les mœurs américaines, pénètrent par les journaux, les revues, les magazines ou les funny papers, dont la plus tendre enfance connaît déjà les personnages et leurs aventures, bien mieux que les contes de Perrault, ou même par la vie des villes qui rayonne jusque dans les campagnes.Le contact, autrefois plus nombreux, des Américains inscrits dans les; collèges classiques de la province de Québec n’est pas sans exercer une influence sur l’esprit ou les manières des jeunes Canadiens français.Mais cette action, si die est sensible, ne touche pas à l’enseignement: elle jaillit de l’ambiance.5849 [-/ENSEIGNEMENT SECONDAIRE ET l/lNELÜENCn AMÉRICAINE 123 * * * Le caractère résolument traditionnel du cours classique le darde donc des pénétrations américaines.La place qu’il accorde aux Ptats-F nis est très mesurée.Il n’est pas atteint.S’il n'échappe pas aux contagions du dehors, cela ne dépend pas de la doctrine qu'il dispense comme on accomplit une mission.Fidèle au classicisme, il n’a même pas évolué dans le sens où s’est engagé son prototype français.Il croit résister mieux en s’appuyant sur le passé, en fait sur le passé de la France et du Canada.Il reste sur ses positions, rebelle aux changements qui s’accomplissent ailleurs et dont il redoute la nouveauté.Sur la terre américaine, qu'il semble ignorer, il fait figure de château fort; il en garde l’aspect volontaire, il se replie sur ses conquêtes, satisfait de résister au mouvement qui l’entoure et qui n’altère pas ses traits.Cette résistance ne manque pas de beauté, surtout si on en considère la raison, qui est la survivance du groupe français en Amérique, sa survivance par le culte d’une pensée nourrie d’humanisme; mais peut-elle durer?Est-il même sûr qu'on ne puisse la modifier sans risquer de l'amoindrir?Ira-t-on jusqu’à sacrifier les exigences de la vie qui assaillent la jeunesse à la formation d'une élite dépaysée qui, quelle que soit sa valeur, résistera peut-être difficilement aux courants qui l’emportent vers les réalisations matérielles dans un monde élargi jusqu’aux limites d’un continent, au sein de populations disparates qu’une même préoccupation cimente: la réussite immédiate.Ces populations auront vite triomphé par leurs qualités de race qui ne sont pas entravées par une culture dangereusement acquise, à base d’idées générales plutôt que de résultats pratiques.Plusieurs pays se sont posé ces questions car le problème est général et presque tous y ont répondu par des réformes.Les Canadien.- français se sont interrogés à leur tour.Si l’enseignement secondaire provoque, parmi eux, des discussions assez âpres, jusqu’ici les tenants du classicisme intégral l’ont emporté, et les institutions.sans se refuser à la discussion, n'ont guère modifié leur programme.Files invoquent volontiers la consécration par le temps de l’excellence de leurs méthodes, et blâment au fond la France d’y avoir renoncé en les assouplissant.Ainsi conçues, les études classiques peuvent constituer une supériorité, si elles sont bien suivies; mais on leur reproche d'être 124 RK Vf K T HIMI : STR 11 LL K C A N A DI K N N K longues et.surtout, de ne pas comporter d’alternative.Le jeune Anglais, s’il décide de ne pas poursuivre ses études après le High school, possède un diplôme reconnu qui lui ouvre certains emplois.Comme le cours classique forme un ensemble que l’on parcourt sans arrêt jusqu’au baccalauréat, suivant un programme établi et sans options, le jeune Canadien français qui abandonne ses études n’a rien à quoi se raccrocher, ni diplôme de High school ni, à plus forte raison, de College course.Si on l’interroge sur ses connaissances, il répond qu'il possède des rudiments de latin et de grec, fort peu de sciences, et peut-être l’art de faire tant bien que mal un vers latin.De diplôme, point; sauf une attestation, sans titre, un certificat à l’effet que les quatre premières années du collège classique correspondent aux quatre années du High school.S’il aspire à une profession qui exige le baccalauréat, il lui reste deux ressources; obtenir ce baccalauréat de l’université au titre «extra collégial», ou subir un examen devant un jury constitué par cette profession, ce cpii tend à disparaître.* * * L’enseignement secondaire reste donc fidèle aux plus vieilles traditions classiques.Cependant, aux formules (pii s'essaient, on reconnaît des réactions contre cette rigidité, et même une adaptation au milieu anglo-américain.Pour assimiler, au moins dans ses cadres, le cours classique à l'enseignement secondaire américain, il faudrait le diviser en deux parties correspondant, l’une au High school et l’autre au Colhge course; distribuer les disciplines scientifiques tout le long du cours; réduire l’importance des langues mortes, permettre aux élèves d'additionner à leur gré pendant leurs études, les matières exigées pour l’obtention du diplôme final conférant le grade de bachelier.Les autorités refusent de se plier à ces exigences, Mlles estiment qu’une étude assez poussée du latin, et même du grec, est essentielle à la connaissance du français et constitue une irremplaçable formation, en quoi plusieurs pédagogues américains leur donneraient raison.Accepteraient-elles de scinder le cours en deux parties et d’y répartir autrement l’enseignement des sciences?Jusqu’ici, elles sont restées réfractaires à la première de ces propositions: le cours classique forme toujours un bloc et les examens (pii le couronnent restent les mêmes; mais les sciences naturelles et la l’enseignement secondaire et l'influence américaine 125 chimie ont été ramenées des classes avancées vers les premières classes.Le problème de la scission du cours classique a préoccupé l’Université de Montréal, et deux propositions ont été mises tie l'avant dans l’intention, non pas de rapprocher l’enseignement du type anglo-américain, mais de l’organiser de telle sorte qu’il fût comparable à ce type et permît aux diplômés des collèges classiques de profiter des avantages que le régime anglo-américain assure aux étudiants.En 1921, le premier Annuaire de l’Université de Montréal contenait un projet «d’organisation générale de l’enseignement secondaire» qui introduisait dans le cours classique un double examen consécutif au cours collégial et au cours universitaire.Les études auraient donc compris un cours collégial et un cours universitaire de quatre années chacun, le premier faisant le pendant du High school et le second du College course.A la fin du premier cours, les élèves auraient obtenu, selon la pratique anglo-américaine, le diplôme du cours collégial qui aurait servi de Certificat d'immatriculation au cours universitaire; à la fin du deuxième, le diplôme de bachelier conduisant aux études professionnelles, dans les facultés ou les écoles de l'Université.Enfin, le baccalauréat, que l’État eût reconnu à la demande des Chambres professionnelles, aurait été l’équivalent de l’examen d'admission à l'étude des professions.Ce projet est resté lettre morte.La seconde proposition, plus récente, plus vaste aussi, est particulièrement intéressante par les raisons qu’elle apporte à l'appui d’une réforme jugée nécessaire.Elle portait aussi sur la division du cours classique et la répartition des matières.L’enseignement pré-universitaire comprenait trois degrés distribués entre l’école primaire, l’école primaire supérieure et le collège.A la fin de chaque cours, on prévoyait un examen et un diplôme.Chaque diplôme permettait d'accéder au degré suivant: le dernier était le baccalauréat.L’enseignement des sciences était distribué sur l’étendue des trois cours.Il n'y avait plus de baccalauréat ès lettres ou ès sciences; mais un baccalauréat unique et uniforme, comme dans toute l’Amérique.Il ne saurait être question, disaient les auteurs du projet, d'abandonner l'enseignement traditionnel pour adopter l’enseignement du voisin, Anglais ou Américain; mais tie le diviser de I 126 nr.vi;e thiuesthi k.i a.k c a n a o tenn n façon à résoudre les questions d'équivalence, à faire reconnaître les titres professionnels, et à établir un contact plus étroit avec les universités du nouveau monde.Ce projet ne dépassa pas le cercle de quelques initiés; rnai.s le double baccalauréat fut aboli et l’enseignement primaire supérieur organisé dans les cadres de l’enseignement primaire et sans relations avec le cours classique.Cependant, tout un mouvement se dessinait qui devait amorcer l’adaptation de l’enseignement secondaire aux procédés américains et si ces deux propositions n’ont pas abouti en ce qui concerne le cours classique régulier destiné aux jeunes gens, elles ont été réalisées dans d’autres domaines.Il y a des lézardes sur le mur ancien.Parmi les aspirants au baccalauréat, les diplômés de l’Institut d’enseignement moderne n’ont plus à subir, parmi les matières du baccalauréat, que les examens sur les langues mortes; et les membres du corps enseignant, religieux ou laïques, hommes ou femmes, ont le droit de sectionner leurs examens universitaires, ce (qui rappelle le système des units; mais c’est dans les institutions d’un caractère classique destinées aux jeunes filles que l’on trouve, sinon une modification des disciplines scolaires, au moins une division du cours correspondant à celle qui caractérise l’enseignement anglo-américain.I.es couvents affiliés à l’Université de Montréal —on en compte plus de soixante-dix — ont scindé en deux leur cours classique selon le procédé courant chez les Anglo-Saxons.Les jeunes filles qui suivent dans un couvent accrédité le cours de «Lettres-Sciences» reçoivent, après les quatre dernières années, hi certificat du cours do lettres-sciences, ou le High school haring certificate, si elles ont suivi le cours de la section anglaise.Ce certificat leur permet de s’inscrire dans un des cinq collèges do jeunes filles affiliés à l’Université et d’y obtenir le baccalauréat après quatre autres années d’études, de College cours' en somme.Quelques universités américaines accordent aujourd’hui l’équivalence au certificat de lettres-sciences.La nécessité a imposé cette façon de faire, la nécessité plus forte que l’immuable coutume.I.e premier collège de jeunes filles venait d’être fondé par les Dames de la Congrégation qui avaient obtenu un privilège d’exclusivité pour vingt-cinq ans.Mlles se devaient d’accueillir les élèves des autres congrégations enseignantes.Or le collège nouveau ne comportant que la deuxième partie du cours classique, il fallait que les candidates à l’admission I.T.N 3 KIG X K M H X T S E C O XI > AIK K HT I.'lXFI.UKXCB AMKRICA 1 XE 127 eussent fait tins études équivalant, ù celles dos quatre premières années dos collèges de garçons et qu'un certificat en lîr foi, L université détermina le programme de ci- cours de préparation, géra les examens et délivra le certificat.Depuis 191(5, des couvents de plus eu plus nombreux adoptèrent ce cours, dit do lettres-sciences.Chacune des grandes congrégations religieuses a aujourd hui son collège.Mais le système est reste le meme, et les couvents, continuent assurer la première partie du cours.Au fond, rien dans le système adopté pour renseignement des jeunes filles rte diffère de celui des collèges de jeunes gens: les matières sont les mêmes, leur ordre aussi — ou presque ,les disciplines ne \aticnt pas et l’esprit s’imprègne de principes identiques; mais le cours classique, pour les jeunes filles s accomplit en une double étape dont la première correspond au High -school anglais ou américain; et la seconde, au College course.* * * Ces couvents qui distribuent les premiers éléments du cours classique et remplissent, au moins on théorie, la fonction des High .schools américains ou anglo-canadiens ont-ils sur les méthodes américaines des idées particulières Kn général, fidèles au nationalisme scolaire, il- réclament un enseignement «canadicn-français» qui ne s alimenterait même l'as directement aux sources françaises.Sur ce point, le sentiment est presque unanime.Une institution voit un emprunt aux procédés américains dans le fait de liquider une matière en un an au lieu de la répartir en plusieurs années; dans la coutume de poser aux examens plusieurs questions exigeant chacune une réponse succincte plutôt que de proposer des sujets à développer où le jugement et le raisonnement sont engagés plus à fond.Ce sont la des aspects secondaires de cette question principale: Y a-t-il lieu d’installer la pédagogie américaine dans l’école canadien ne-française ?Les avis se partagent tout en restant sur la défensive.Les uns s’y opposent absolument; les autres, s ils y consentent, réclament de la prudence.1 ne seule maison affirme qu il y a lieu d empruntai aux pédagogues dos États-Unis leurs convictions patriotiques, leurs méthodes d’enseignement par les sens; manuels bien illustrés, projections cinématographiques; leur souci de 1 hygiène scolaire.De fait, il y a peu d’infiltrations américaines dans les écoles: ici, 12s REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE on utilise un manuel américain à l’enseignement de l'anglais; ailleurs, les services de professeurs d'anglais originaires de la Nouvelle-Angleterre, ou formés aux EtaC-Unis.Quant à la part réservée à la République américaine dans les programmes, elle demeure «très petite».L’attitude semble donc très nette et révèle, non un manque d'intérêt, mais de la réticence.Cela donne plus de relief à l'initiative prise il y a quelques années par une institution religieuse qui se consacre à l’enseignement des jeunes filles et qui a obtenu l'affiliation de sa section anglaise à l’Université catholique de Washington.«par considération pour les élèves américaines et pour servir leurs intérêts».Cette congrégation estime que «les méthodes américaines et les expressions techniques en usage aux Ëtats-Unis doivent être connues des élèves qui suivent le cours commercial, quoiqu’on puisse donner en français un excellent enseignement commercial.Le cours des universités françaises de la province rie Québec n’est pas praticpie pour les jeunes filles des Etats-Unis: trop d’histoire, trop de littérature, trop de latin.Pourquoi n’y pas introduire les mêmes libertés qu’à Washington ?Par exemple, celle de remplacer une, doux années rie latin ou de toute autre matière par un sujet plus convenable, selon le cas?«Mais voici qui est plus grave et qui pose la question fondamentale.Les universités du Canada français ne faisant pas partie rie l’Association des grandes universités de l'Amérique du Nord, leurs diplômes ne sont d'aucune utilité pour les jeunes filles qui ont à gagner leur vie dans les magasins, les bureaux ou les institutions de la République: on n'en reconnaît point la valeur.«\oilà l'objection la plus sérieuse, et qui nous paralyse, ajoute-t-on: les autres tomberont sans peine lorsque celle-ci aura été renversée.La reconnaissance par les Américains des certificats et des diplômes des universités canadiennes-françaises nous causerait une vive joie.Un attendant, nous sommes dans une alternative assez troublant'-: ou conserver le programme de l'Université de Washington, en soi visiblement opposé à l'esprit que nous devons entretenir et développer chez nos élèves du Canada: ou voir beaucoup de nos Franco-Américaine- s’éloigner de nous et, chez elles, être attirées peut-être vers h-s institutions protestantes.N'y a-t-il pas là matière à réflexion ?» * * * I.'kXSKIGXKMKXT SKCONDAIIti; KT i.’l XKU'KXCK AMKIIICAlXli 129 I fans le~ provinces anglaises.(Ians |’(fntario ou la .Saskatchewan et l'Alberta, les collèges canadiens-français ont nettement rompu avec la tradition et adopté le High school et le Colby cours» des Anglais, tout en conservant l’esprit français.A Ottawa, par exemple, le bilinguisme et le caractère ethnique de la ville, et des élèves par conséquent, jouent un grand rôle dans l'organisme universitaire.La Faculté des arts, en particulier, a dû se plier au milieu.Elle est précédée d'un cours il'immatriculation de quatre années, classique ou commercial.La Faculté proprement dite dispense ensuite un enseignement secondaire de quatre ans qui prépare au grade de bachelier.Cette évolution de l'enseignement secondaire, l'attribucrons-nous à une influence exclusivement américaine?—-Je ne crois pas.Toutes les réformes proposées ou réalisées le sont dans le respect, sinon tout à fait des habitudes scolaires, au moins des principes essentiels d’un enseignement national.Elles constituent une sorte d’assouplissement qui encastre le collège canadien-français dans l'ambiance anglo-américaine et lui donne un droit de cité qui comporte la pleine reconnaissance de sa valeur, et.pour les diplômés, les facilités dont jouissent leurs concurrents d'autre nationalité.Reste à savoir si le collège classique cédera devant les faits et s'il abandonnera, pour cette tendance d'ordre pratique, la mission à laquelle, jusqu'ici, il est resté fidèle.* * * Sous des noms divers — juniorat, juvénat, collège, école ou séminaire — des 's religieuses assurent à leurs sujets l’enseignement classique.Distribuées un peu partout dans la province de Québec, ou même ailleurs, ces institutions sont indépendantes.Elles ne sont pas subventionnées.Toutes ne sont pas affiliées aux universités: celles qui n’ont aucune affiliation envoient leurs élèves passer le baccalauréat dans une université, au titre «extra collégial».Le cours y est imprégné de l’idée canadienne, sinon canailienne-française, même si l’on admet —c’est l’exception — que l'on ait besoin d’utiliser les méthodes françaises.Les procédés américains, les manuels américains, ne semblent pas recherchés, sauf, et encore, pour l'enseignement des mathématiques.Bref, aucune infiltration, au moins au dire de la plupart, mais il reste à savoir si l'on se rend compte de ce qu'est une «pénétration atnéri- 53930^ HI Vl’E 'I KIMKMIUIHI.K CAN A OIKNN'R 130 caine».On ne désire pas emprunter aux États-Unis en ce qui concerne l’enseignement, excepté pour les sciences et si «les instruments de travail nécessaires n’existent pas au Canada».Si l’on se résout à un emprunt, c'est à condition «qu’il y ait sélection», lue seule voix répond catégoriquement: «Les méthodes françaises valent mieux».Somme toute, la résistance comme l'insouciance, est la même partout.D'ailleurs, la part réservée aux États-Unis dans le programme des études est minime.Les prospectus qui viennent de chez nos voisins n'intéressent pas non plus: il arrive même qu’«i!s aillent au panier».* * * Des collèges scientifiques ou commerciaux s'intéressent moins aux langues mortes et davantage aux disciplines d’ordre pratique.Us seraient prêts à instituer une sorte de baccalauréat moderne si on les y autorisait; mais, jusqu'ici, leurs efforts en ce sens n'ont pas abouti.Très fréquentés par la bourgeoisie, ils préparent surtout au commerce et à l'enseignement commercial supérieur où leurs élèves sont accueillis.Il- ne sont pas affiliés à l’Université mais ils jouissent de la considération du public et des autorités religieuses.Chose assez curieuse, la réponse la plus raisonnée, la plus motivée, que j'aie reçue au cours de mon enquête m’est venue d’une de ces institutions.Peut-être cet interlocuteur se sentait-il plus libre n'étant pas, somme toute, de la partie.Peut-être, n’ayant pas à ménager des cadres, pouvait-il donner plus de vigueur et de précision à ses propos, fondés sur une longue expérience solitaire.L’enseignement, me disait-il.doit être chez nous fondamentalement français et catholique, dans la mesure que comporte la nécessité de conserver notre caractère national de peuple latin dans un continent anglo-saxon; il doit aussi être largement canadien.pour obtenir l’unité et la force des groupements ethniques du Canada, l'union des esprits fondée sur des concessions réciproques.«Mais dans le domaine scientifique ou économique, notre enseignement s’inspirera des méthodes américaines surtout pour les applications concrètes.Nous voulons demeurer ce que nous sommes, c'est-à-dire un peuple à idéal français et catholique et, comme tel, tout en étant traditionalistes, nous ne devons pas, I.KN'SKIG N KM KNT SK CON [) AIRE ET L INFLUE N CF.AMÉRICAINE 131 je omis, mériter le reproche de 1 être absolument, mais évoluer avec les peuples qui nous entourent.Pour cela, nous tendrons à nous mettre à la hauteur de tout progrès légitime.Je pense donc que nous trouverons avantage à emprunter, sinon à l'esprit, du moins aux méthodes américaines, surtout dans le domaine des sciences naturelles, de la biologie et de la psychologie expérimentale.Les manuels américains s’infiltrent au Canada.Faut-il s'en plaindre si la pédagogie est mieux servie aux États-Unis, en ce qui concerne l’enseignement scientifique, qu’elle ne l’est en certains pays d’Europe ?«Vous me demandez si nous avons eu recour- à l’échange de professeurs américains ou formés aux Etats-Unis.Très peu.Nous avons utilisé quelques spécialistes, discrètement choisis, mais je n’étendrais pas ce mouvement sur une grande échelle.Quant aux Américains, ils ont profité de nous, car ce sont les Canadiens français qui ont été les pionniers-fondateurs de notre congrégation chez eux; de plus, plusieurs élèves viennent apprendre ici le français et recevoir une formation morale catholique.«Sur les Etats-Unis, il n’y a guère (jue la géographie que nous enseignions; pour l'histoire, nous donnons les faits indispensables qui ont des rapports avec notre propre histoire.Nous faisons de même pour leurs institutions.«Mais la question est-elle posée ?I)e l’avis de certains de nos professeurs, il n’existe pas encore de méthode propre au pays, ni même un programme dirigé en vue de former une entité nationale indépendante.Nous serions prêts à adapter nos programmes à un idéal canadien-français.dont les parties seraient de nature à ancrer dans les âmes des enfants une mentalité bien déterminée de religion, de patriotisme et d’humanisation.La rédaction des manuels devrait obéir à cet idéal et être contrôlée par une élite qui voudrait sincèrement cette fin.» Edouard Montpetit LA CARRIÈRE D’INGÉNIEUR Pré am nui.k A une époque où l'ingénieur exerce indirectement sur l'ordre social et sur le régime de notre existence quotidienne une influence peut-être plus considéra!île qu’à toute autre période de l'histoire humaine, on rencontre un très grand nombre de personnes qui n’ont encore qu’une idée extrêmement vague de 1 importance du rôle dévolu à celui qui en somme est à la base de la civilisation moderne.Pareille anomalie trouve peut-être son explication dans la nature même de fonctions qui retiennent leurs desservants loin tie la foule afin de leur procurer le calme nécessaire à la concentration d'esprit et de pensée qu’elles exigent.I, ingénieur travaille sans bruit et sans phrases.Dans les laboratoires de recherches ou d'essais, le public pénètre peu; dans les usines, l'ouvrier répète des gestes et des opérations concourant à une œuvre d'ensemble conçue, élaborée et calculée dans des bureaux d études où il ne s aventure pas; en des régions éloignées, sur le parcours des rivières et des fleuves, à l’écart des centres de peuplement, sont édifiés de grands ouvrages d’art que voient rarement les populations qui en bénéficient.Bien peu des travaux de l'ingénieur et du savant intéressent la publicité tapageuse, qui veut une action sensationnelle et propre à frapper l'esprit populaire.Des activités de certaines classes de professionnels, le peuple se fait une idée tangible, souvent vécue, et (pii le satisfait.Ainsi, il est rare que le citoyen ordinaire, ou l’un de ses parents ou amis, n’ait pa> été partie à quelque litige le mettant en présence des hommes de loi et lui faisant voir d’assez près le fonctionnement du rouage judiciaire pour qu’il en puisse apprécier 1 efficacité et la valeur.Ses rapports avec les praticiens de la science médicale sont • le telle nature qu’il lui est impossible de ne pas garder une impression bien nette et quelquefois douloureuse de cette fréquentation.L'idée qu'il se fait du champ d’action de ces professionnels n'est peut-être pas toujours très complète, mais il est quand même assez renseigné sur la nature de leurs attributions pour se libérer des doutes et des imprécisions qui embarrassent son jugement lorsqu il veut évaluer le rôle de l'ingénieur. LA CARRIÈRE d'iNGKNIEÜR 133 Dans l'exercice de sa profession, ce dernier touche peu l'imagination populaire.Il travaille généralement avec des collègues parlant comme lui un langage technique inconnu du profane.Son art est strictement utilitaire, fait appel au raisonnement mathématique et bannit toute réaction émotive.Aussi, le monde journalistique ne lui accorde-t-il qu'une attention médiocre; il ne reçoit pas d’éclairement publicitaire, et le compte rendu de ses travaux scientifiques ou de ses réalisations techniques occupe dans les journaux à grand tirage une place inférieure à celle de la femme à barbe ou du dernier attentat aux mœurs.Lorsqu’on veut bien lui consacrer quelques lignes, c’est généralement pour ajouter à la confusion habituelle en l’assimilant au mécanicien de locomotive ou au chauffeur de fournaise.Il n’est donc pas étonnant que dans ces conditions le public éprouve parfois le besoin d'une appréciation plus juste des fonctions de ce professionnel dont il entrevoit tout de même confusément et instinctivement l'action dans tout ce qui l’entoure, dans son habitation, dans ses établissements industriels, dans son confort matériel, et qu'il cherche de plus en plus à savoir «ce que c'est que l'ingénieur».C'est pour répondre à ce besoin que les lignes qui suivent ont été écrites.Les élèves de l’enseignement secondaire qui en prendront connaissance y trouveront peut-être quelque assistance dans le choix de leur vocation et.s’ils ont déjà des préférences pour la carrière d’ingénieur, jugeront plus facilement s'ils possèdent les qualifications et la mentalité nécessaires au succès dans cette profession.Les indications sur le caractère spécial du travail de l'ingénieur, les qualités désirables chez lui.la formation scientifique requise et les opportunités offertes pourront les guider vers un choix raisonné et raisonnable plutôt qu’impulsif et sentimental.Les conséquences d’une décision hâtive dans l’orientation de toute une vie peuvent être irréparables, et, s'il contribue à renforcer l'idée que l’attention la plus minutieuse doit être portée au besoin de direction du jeune homme à la fin de ses études secondaires, cet article sera mille fois justifié.Ce qu’est l'ingénieur Pour obtenir une conception concrète et simplement physique du rôle de l'ingénieur et de la place qu'il occupe dans le dévelop- ¦ «WH*" RM J 3-1 Krrni Tunîi-.si îtiKLi.i' can a diknnt peinent industriel, éeonnmique et social d'un pays, il sufTit de regarder autour de soi et de considérer ce qu'il resterait des signes extérieurs de notre civilisation actuelle si l’on en supprimait ce qui est attribuable à l'ingénieur.Sa contribution la plus évidente au progrès tuun'ain apparaît à l'énumération de tout ce qui au cours des âges a amélioré le confort matériel de l'homme, Du seul point de vue scientifique, technique et statistique, on peut affirmer que l'humanité en serait encore à l'âge de pierre s'il ne s'était trouvé des individus capables d’utiliser les forces de la nature au profit de la collectivité.Le progrès social est lui aussi intimement lié au développement de cette action matérielle et en est 1 inévitable conséquence, mais il y a lieu de se limiter ici aux seules manifestations physiques de l'action de l'ingénieur, son influence sur l’évolution des sociétés exigeant de> considérations et des déductions étrangères au but de cet article.Nul ne fient nier que le développement des moyens de communications ait contribué considérablement au progrès social un supprimant les distances et les frontières et en rapprochant les individu.' et les nations.Kn les canalisant et les rendant navigable?sur de longs parcours, l’ingénieur fait servir les voies d'eaux aux rapports entre les hommes et au développement de leur commerce.C'est lui qui bâtit les embarcations et la machinerie permettant la navigation des cours d'eau ainsi améliorés par ses ouvrages.C’est l’ingénieur qui construit les voies ferrées et le matériel roulant nécessaire à leur exploitation.11 a eu la part la plus grande dans le développement et la mise au point du véhicule moteur.Les gigantesques travaux de voirie constituant les systèmes routiers actuels, si importants dans l'économie moderne, sont aussi son œuvre.Il est également l'auteur des grands travaux publics résultant de l'exploitation des artères de communications: ponts, tunnels, barrages, écluses, entrepôts, havres.Ce sont les travaux de l’ingénieur qui ont permis l'essor prodigieux de la téléphonie et de la télégraphie sans fil.C’est l’ingénieur qui a su tirer la force motrice de nos houillères et de nos cours d’eau en de telles quantités que tout le schéma et le rythme de notre production industrielle en sont complètement changés.Ces exemples nous montrent que l'art de l'ingénieur consiste à mettre les forces de la nature au service de ses semblables, à les maîtriser et à les domestiquer pour en obtenir le meilleur rendement. 1.35 I.A CAKRIfORF.d'i.MIKM Krn Tout comme ses confrères des autres professions, et en dépit des répercussions lointaines de son action, qui peuvent avoir un caractère de grandi* généralité, l'ingénieur est un spécialiste en ce sens qu’il emhras.se un domaine défini dans lequel cette action est prépondérante, et en dehors duquel elle n’est plus qu’indirecte ou devient secondaire.Il est le spécialiste des réalisations matérielle'.l.c savant l'ait une découverte; c'est le rôle de l'ingénieur d'en assun-r la «mise en production».Dans tous scs travaux, études d'avant-projets, préparation de plans, contrôle et direction technique, etc., il applique la méthode scientifique à l'utilisation et à la mise en valeur de forces naturelles.Sa profession est aussi un art et une science, puisqu'on même temps qu’il fait appel aux calculs et aux disciplines scientifiques, il doit recourir aux règles de pratique établies et à l'expérimentation, et posséder les connaissances générales et les facultés de l'esprit le préparant à prendre les initiatives qui feront de lui un dirigeant et un chef, faute de quoi il ne sera jamais qu'un homme de métier, quelle que soit l’étendue de ses connaissances techniques.Ainsi, l'exercice de la profession d’ingénieur s'appuyant en grande partie sur les sciences exactes et expérimentales, il est important que le jeune homme qui envisage cette carrière ait des aptitudes pour les mathématiques et les sciences physiques.S il n'a pas un goût prononcé pour ce genre d'études, il vaut mieux pour lui se diriger ailleurs.Pas plus que celle de la médecine ou du droit, l'étude du génie ne doit être entreprise pour des raisons d'opportunisme, extérieures ou étrangères à des qualités naturelles.Les opportunités prometteuses ou les succès d’un parent ou d'un ami dans l'exercice d'une profession ne sont pas une garantie de réussite pour soi-même.Il y a des dispositions premières et personnelles qu'il ne faut pas négliger d’évaluer dans le choix d’une carrière, et il faut en premier lieu savoir si on les possède, en même temps qu’un minimum d’entrainement mathématique et scientifique.avant de prendre une décision.L’esprit de méthode et le goût de la précision sont deux vertus indispensables à l’ingénieur, car il doit être un homme d’action, une sorte d’agent de liaison entre la science et l’industrie.Il participe à la fois au rôle du savant et de l’industriel, et quelque spécialité que soit la sienne, il doit avant tout avoir l'esprit pratique, le don d’observation, le sens critique, le goût de la réalisation. H ! : V ( • E T HIM KSTK11:1.LK C A N A 1)1 K N N I.1.36 Sa formation Si l’ingénieur doit être un professionnel au même titre que l'avocat ou le médecin, il lui faut recevoir d’abord une formation lui permettant de s'élever au-dessus des contingences immédiates et d’avoir des vues d'ensemble sur les grandes questions qui se posent à l’attention publique; il doit être capable de regarder au delà de son horizon journalier et prendre une part intelligente aux activités sociales, économiques, littéraires et artistiques de la société dont il fait partie.S'il n’est qu'un spécialiste de son travail immédiat et rien d’autre, il s(.rapproche beaucoup plus de l'homme de métier que du véritable professionnel.Avant d’aborder les études professionnelles dans une école d'ingénieurs, l'étudiant doit donc acquérir dans les institutions d'enseitrnement secondaire une préparation comportant sans doute beaucoup de mathématiques et de sciences physiques, mais aussi des connaissances sérieuses des humanités: la littérature, les arts, l'histoire, la philosophie sont nécessaires à l'homme complet qui désire exercer une action de quelque valeur sur les événements et les hommes.Trop souvent, ou a dit de l'ingénieur qu’il n'est qu'un technicien ignorant tout des arts, de l'histoire, des sciences sociales ou politiques, incapable de s'intéresser à autre chose qu’à ce qui se rapporte immédiatement à son domaine particulier.Ce n est pas là évidemment le signe de l’homme cultivé, et il est grandement temps que cette opinion peu flatteuse disparaisse des esprits.Si elle n’est plus justifiée de nos jours, nous devons admettre (pie beaucoup d'ingénieurs dans le passé, en refusant de prendre leur part des activités sociales de leur milieu, ont contribué à l’accréditer.Si l'ingénieur veut monter au-dessus du plan d un subalterne, s’il veut être un dirigeant et un chef, -'il veut sa part des postes de commande et de responsabilité, il faut qu'il soit capable de vues générales, d'appréciations d’ensemble, d'imagination créatrice, de qualités administratives.Pour cela, une formation secondaire à base d'humanisme est une magnifique préparation, ("est une voie cpii mène au patrimoine professionnel : éducation doit précéder technique, et la formation académique aidera toujours la formation professionnelle.A cette préparation préliminaire, le futur ingénieur doit ajouter une solide instruction scientifique d'ordre général, qui développera 137 LA CARRIÈRE D'INGENIEUR sa puissance intellectuelle et sa capacité d'analyse.Quoique la connaissance approfondie des sciences mathématiques et physiques ne soit pas toujours d'usage constant et immédiat à tous les ingénieurs.elle assure une formation de l'esprit et témoigne d’aptitudes intellectuelles nécessaires au succès dans le domaine des sciences appliquées.On s’efforcera également de développer chez le futur ingénieur les qualités d'imaginat ion.d’initiative et de jugement ; l'imagination qui lui permettra de voir plus loin que la routine quotidienne et pourra l'orienter vers des inventions ou des mises au point extrêmement fructueuses; l'initiative qui le conduira à des postes de commande et de chef d'industrie; le jugement qu’auront affermi en lui l’observation et la discussion de faits concrets, et qui lui sera si précieux dans toutes les décisions qu'il devra prendre.La personnalité propre de l’ingénieur sera un facteur considérablement important dans sa réussite ou son insuccès.Il faut s'attacher à la développer vers l'idée d'association et de coopération.La nature des études de l'ingénieur le porte souvent à s’isoler et à se replier sur lui-même.Il doit réagir contre cette tendance; il doit s'entraîner à rencontrer ses collègues et à discuter ses problèmes avec eux, soit privément.soit en assemblée; il doit pouvoir parler en public avec une certaine facilité, prendre l'habitude de la précision dans l’expression, découlant de la précision dans la pensée, se sentir à l'aise devant un auditoire; il doit surtout bannir rigoureusement tout complexe d’infériorité.Les hommes sont ainsi faits qti ils portent souvent plus d’attention et d’intérêt à ceux qui parlent haut et avec assurance qu'aux t imifles qui craignent toujours d'affirmer et de défendre leur point de vue.Ne l’oublions pas, la compétence technique seule n'assure pas inévitablement l'avancement.Les relations sociales, les amitiés, le contact avec la vie et les hommes sont importants.Le jeune homme doué d'un caractère et d’un tempérament qui lui créent des amis facilement possède un immense avantage sur celui qui est enclin à s'isoler.h.n ce qui regarde la formation jirofisaionnclh elle-même, c'est un fait d'expérience constaté par un grand nombre tie ceux qui se sont intéressé.- à l'enseignement des futurs ingénieurs que la grande majorité d’entre eux ne savent pas encore à la fin de leur cours vers quelle spécialité du génie ils désirent plus particulièrement s’orienter.C’est qu'ils n'ont généralement qu’une idée tris 13S UK V CK TRIM F.riTKI K I.I.I : CAN' A DIlt.N N H imprécise de la nature exacte du travail que représentent les différentes branches du génie.Dans ces conditions, il est évident que le cours de l’ingénieur doit être plutôt de caractère général.Le développement continuel des sciences appliquées rendant de plus en plus difficile le cours encyclopédique, la solution la plus avantageuse nous paraît résider dans l’application d’un programme A options, comportant un cours commun de formation générale suffisante pour tous les élèves, suivi de cours leur offrant une orientation et des connaissances plus avancées dans certaines branches du génie, sans les priver des avantages, plus marqués pour les ingénieurs canadiens-français, d'un cours de base leur permettant de faire face aux imprévus qui peuvent modifier leur orientation définitive lorsqu'ils entreront dans la pratique professionnelle.Depuis déjà quelques années se manifeste dans les écoles d’ingénieurs anglaises et américaines une réaction contre la spécialisation telle qu’elle s’v est toujours pratiquée.On commence à se rendre compte que le système à forte spécialisation, s'il a donné des techniciens compétents, a aussi rétréci le champ des intérêts de l’ingénieur au point d’en faire souvent un homme de métier plutôt qu’un professionnel.Le retour graduel vers une formation plus générale, ainsi qu’un élargissement des programmes d’études pour y inclure des sujets d’intérêt économique ou social, sont des indications de la nouvelle tendance encouragée par les industriels et les organisations dont les activités font appel aux services d’un grand nombre de techniciens, et qui estiment maintenant que dans le cycle normal d’enseignement supérieur pour un ingénieur, les deux premières étapes, l’étape scientifique et l’étape technique généralisée, sont du ressort des institutions d’enseignement proprement dites, mais que la troisième et finale, l'étape technique spécialisée, doit être franchie à l’usine et dans la pratique.C’est la formule en honneur à l’École Polytechnique.Hile a donné de bons résultats et nous ne voyons encore aucune raison de recourir t\ une spécialisation excessive que les autres écoles d'ingénieurs manifestent l'intention d'abandonner.So.v champ d’action Les trois éléments caractérisant les activités des ingénieurs serviront de point de départ pour un premier classement les ramenant à trois groupes principaux, selon qu'ils seront orientés vers les LA CARRIÈRE d’i.VOK.VIETXK 138 grands travaux publics, vers la production industrielle ou vers les questions de direction administrative, de coût de production, do slat i.'iiques de rendement : 1.L< ingénieurs dt s traraur publics rt bâtiments, qui eux-mêmes peuvent être divisés en plusieurs groupes: a) les ingénieurs constructeurs ou exploitants, comprenant tous ceux qui s’occupent de l'édification des grands immeubles, ponts, tunnels, routes, constructions métalliques et en ciment armé, silos, élévateurs à grain, etc.; b) les ingénieurs hydraulieiens, qui s’occuperont surtout de développements hydro-électriques, de travaux de digues et de barrage-, de questions d'irrigation, de régularisation des cours d'eau, d'aménagement de port- et de havres; r) les ingénieurs sanitaires, plus particulièrement intéressés aux adductions d'eaux, à l'aménagement d’aqueducs et de systèmes de distribution, au traitement des eaux d'alimentation, à la construction des systèmes d’égout et autres dispositions des eaux résiduaires, aux usines de pompage; d) les ingénieurs des transports, qui trouvent aussi un vaste champ d'opérations dans les questions de construction et d’exploitation des chemins de fer, des canaux, des systèmes routiers, des cours de classification (sorting yards), des termini, etc.Tous font appel en partie aux calculs mathématiques et beaucoup aux leçons de l'expérience, à la méthode expérimentale et à quelques connaissances administratives.Us doivent posséder beaucoup de sens pratique et des aptitudes pour la direction d'entreprises.i )n pourrait peut-être ainsi les appeler des ingénieurs ès arts.Ce sont les «Civil Engineers» de la classification anglaise et américaine.2.Les ingénieurs d'industries.Us s'occupent de toutes les questions de mécanique industrielle et incluent tous les ingénieurs des spécialités usuelles: a) les ingénieurs mécaniciens, pour les industries de l’automobile, de matériel de chemins de fer, de l'aéronautique, les aciéries, la construction de machinerie de toute sorte; b) les ingénieurs électriciens, pour les problèmes d’appareillage et de machines électriques, de transmission d’énergie, d’éclairage, de téléphonie, de radiophonie, etc.; c) les ingénieurs des mines et métallurgie, dont l’action peut embrasser toute la série des opérations rencontrées dans la mise en valeur d'un gisement minier, depuis les phases initiales de la prospection jusqu’à la production du lingot de métal; d) les ingénieurs chimistes, qui trouvent leur champ d’action dans toute une série d’industries de trans- 3! 140 REVUE TRIMESTRIELLE CANA 1)1 EN NE formation, papeteries, verreries, soieries, raffineries, dans la fabrication des peintures, dans la production des gaz comprimés et île l'air liquide, etc.Pour les ingénieurs de ce deuxième groupe, les connaissances théoriques et l'expérimentation scientifique auront une importance beaucoup plus considérable que pour ceux de la première catégorie.Ce seront les ingénieurs ès sciences, dont le rôle consiste surtout dans des applications immédiates des sciences.3.Les ingénieurs d'administration (appelés diversement dans les écoles américaines «administrative, business, efficiency, management, industrial engineers»).Ce sont surtout des ingénieurs qui tout en ayant des notions scientifiques et techniques d'ordre général leur permettant de s'adapter aux questions industrielles, possèdent principalement des connaissances sur les problèmes d’organisation et de gestion des usines, de législation, finance et comptabilité industrielles, d'économie politique et industrielle, de méthodes de production et de ventes, etc.Au fur et à mesure qu’ils montent en grade, les ingénieurs s’occupent de plus en plus de problèmes d’administration au détriment des questions techniques, abandonnées à des ingénieurs subalternes.Mais ils doivent commencer par être des techniciens, car seuls ceux qui ont fait des étude.- scientifiques et qui ont pris l'habitude de la précision mathématique, de la méthode des sciences expérimentales, peuvent remplir avec succès le rôle d'ingénieur administratif.Cette classification générale et simplificatrice donnera une première idée de l'envergure du champ d’action dans lequel l’ingénieur pt ut exercer son activité.Pour illustrer davantage quelques aspects de son travail, prenons deux ou trois exemples.Dans la construction d’une route, aussitôt les formalités légales remplies et le plan financier établi, l’ingénieur commence les travaux préliminaires de levé topographique et île localisation.11 choisit le tracé et le type de route le plus approprié à la région desservie.Pour y réussir, il doit examiner tous les projets possibles fournis par les relevés topographiques, étudier la densité et la répartition de la population, les statistiques sur le trafic, le coût probable et comparatif de construction.Lorsque le tracé est définitivement choisi, il faut faire des arpentages plus précis, tracer des courbes de raccordement, établir les pentes en tenant compte LA CARRIERE I) INGENIEUR 141 du volume des déblais et remblais, préparer les plans et devis de construction et, une fois commencé les travaux de l’entreprise, en assurer l'exécution conformément aux indications et le plus économiquement possible.Supposons maintenant qu'il s’agisse de l’installation d’une nouvelle unité de production dans une centrale hydro-électrique.L’ingénieur doit ici, par une étude des conditions de la demande à la centrale, déterminer la courbe probable d’augmentation afin de fixer la puissance de la nouvelle unité.Connaissant les conditions d’opération, les types d’alternateurs et de turbines, le rendement obtenu avec les unités déjà en service et leur coût comparatif d’opération, il écrit les spécifications pour l'unité qu’il juge la plus appropriée aux conditions existantes.L'installation exigera également son attention, sa surveillance et ses directives.11 conduira les épreuves nécessaires pour contrôler les spécifications et les garanties de rendement.La construction de l’alternateur et de la turbine aux usines a par ailleurs exigé les services d’autres ingénieurs spécialisés dans le domaine de l’électromécanique.L’électrification rurale prend chaque année plus de développement.Avant d’entreprendre la construction ou la continuation d’une liane pour desservir une localité, il faut établir et étudier les graphiques d'accroissement ou de variation de population et prévoir le nombre et la répartition des abonnés pour plusieurs années à venir.Ainsi en sera-t-il pour le développement de lignes téléphoniques dans les centres urbains.Avec ces données, l'ingénieur étudie le système de câbles et de raccordements qui donnera aux abonnés le service désiré aux conditions les plus satisfaisantes.Depuis quelques années, le développement de nos mines a pris une importance grandissante.Le travail de l'ingénieur de mines commence avec la détermination de l’importance, de la richesse, de l’étendue* de la veine de minerai, la possibilité de son exploitai ion commerciale, continué par l’élaboration d’une méthode économique d’extraction et de traitement.Par les exemples donnés, il est facile de discerner, qu'indé-pendamment de la nature particulière de ses travaux ou de sa spécialité, l’ingénieur doit être en mesure de faire calculs et analyses, conduire inspections et épreuves, diriger la construction, l’opération et l’entretien d’établissements industriels, promouvoir la production et la vente, et qu'ainsi il n'existe généralement pas de ligne de démarcation très définie entre les fonctions des trois 142 HEVl'E TIUUKSTIUI'.U.K CANADIEV.VK groupes d'ingénieurs choisis pour In elarté dos définit ions.Leurs attributions su croisent constamment.On en conclura qu ils devront suivre [tendant la plus grande partie de leurs études une discipline uniforme les préparant à remplir convenablement leurs devoirs variés, et qu'on fin de cours seulement apparaîtront le» études accentuées vers le domaine particulier qu'ils ont en vue.Si:s OI’J’OKTUN'JTl'.S Le jeune homme qui envisage la carrière d'ingénieur ne se contentera pas d’en connaître les différents aspects et les exigences; il voudra également savoir sur quelles chances de succès il peut raisonnablement compter, une fois ses études universitaires terminées.C'est ce que nous allons indiquer maintenant.A supposer que la formation reçue par celui qui veut être ingénieur sera celle qui a été indiquée comme la [dus desirable et qu'ainsi il sera convenablement préparé pour remplir les fonctions variées (pii pourront lui être assignées plus tard, quelles occasions trouvera-t-il dans la province de Québec d'appliquer son savoir professionnel?Il paraît justifié d'examiner la question en restant dans les limites de la Province, puisque la très grande majorité des jeunes professionnels canadiens-français n en sortent pas.Il y aurait san- doute des domaines intéressants à explorer dans les autres partie s du Dominion et au pays voisin, mais pour diverses causes que nous n'avons paa à juger, nos diplômés restent dans la province* de Québec.Nous constatons le fait sans 1 expliquer et nous y trouvons une autre raison de continuer â 1 lxcole Polytechnique notre cours de formation générale, pttisqu en restreignant ainsi volontairement leur rayon d'action, nos ingénieurs sont exposés plus que leurs confrères des autres universités a se trouver en face de circonstances qui les contraignent parfois à varier l'orientation prévue.Dans la province de Québec, les ingénieurs exercent leur art dans deux directions principales différentes: les grands travaux publics et l'industrie.Dans les travaux publics, ils ont une réputation bien établie et ils occupent la grande majorité des postes tic choix.Les services civils, municipaux ou provincial, leur font un appel constant.Les travaux de bâtiments en attirent également plusieurs. LA C ARH I KH K I) I .VG KM K UK 143 Du cAté de l’industrie?, les apports sont plus faillies.Le Canadien français est fils du sol dans ses origines et ses traditions, et il n’a commencé que bien tard à porter quelque attention au développement industriel moderne.Depuis quelques années, nos techniciens y prennent pied, et il ne fait aucun doute que s’ils veulent s'v intéresser sérieusement et s’adapter aux méthodes modernes des grandes industries, ils y trouveront des avantages matériels importants.(Quelques-uns d’entre eux sont maintenant dans l’industrie minière, d’autres sont orientés vers l’électricité, d’autres encore s’appliquent i\ des questions de mécanique.Tous occupent avantageusement ces diverses fonctions, et les succès qu’ils y obtiennent invitent leurs plus jeunes confrères à s’engager dans la même voie.Il y a dans la province de Québec beaucoup d’industries qui ne peuvent ni fonctionner ni se développer sans avoir recours à un grand nombre d’ingénieurs, les plus considérables, par les capitaux engagés et la production, étant les suivantes: fer et ses dérivés, métaux non ferreux, électricité et pouvoirs d’eau, mines, chemins de fer, téléphones, textiles, pulpe et papier.Les capitaux engagés dans chacune d’elles se chiffrent par centaines de millions de dollars et la production nette annuelle, par dizaines de millions.Tout porte à croire qu’après le ralentissement imposé à quelques-unes par les circonstances actuelles, ces industries continueront de se développer et de grandir.Mlles offrent aujourd'hui des situations intéressantes et lucratives, en grande partie occupées par des techniciens de langue anglaise, mais lorsque les nôtres comprendront qu’un enseignement complémentaire d’atelier ou d’usine s’impose pour tous les ingénieurs à l'entrée dans la vie industrielle, lorsqu’ils seront disposés à accepter l’apprentissage des débuts demandé maintenant par les grandes firmes à leur personnel technique, des postes enviables leur seront accessibles et ils auront une part plus importante à l’activité industrielle de la Province.Présentement le nombre des ingénieurs canadiens-français dans les industries est très restreint.Au fur et A mesure que les lois de pratique professionnelle et d'immigration exerceront leur action éliminatoire sur les techniciens insuffisamment qualifiés ou étrangers au pays, nos ingénieurs canadiens devront les remplacer.Mais les lois ne peuvent tenir lieu de compétence, et si les industriels ne la trouvent pas ici, ils iront la chercher ailleurs en dépit de toute règlementation.11 nous appartient de nous préparer à remplacer ceux qui par - 144 HE V U E TRI M EST RI EEL E C A X ADI E V X E tiront et à remplir les cadres élargis par l'es.sor naturel des industries existantes et par les besoins de celles qui apparaîtront au fur et mesure du développement industriel.Ceux de Polytechnique Pour donner une idée de l’orientation des ingénieurs de l'flcole Polytechnique, nous avons établi une statistique des dix promotions de 1930 à 1939 inclusivement.Pour ces dix dernières années, on compte actuellement 27S ingénieurs diplômés dont: 55 ingénieurs d'industries 144 “ en travaux publics 17 “ en bâtiments 14 “ d’administration 21 " municipaux 5 11 conseils s “ dans l’enseignement 5 " en service militaire actif 6 " faisant des études post universitaires 3 “ en disponibilité.Une analyse plus détaillée renseignera mieux sur la variété des emplois occupés ou des travaux exécutés par les ingénieurs de Polytechnique: Ingénieurs d'industries— (55) Mine-.16 Métallurgie.3 Géologie.2 Klectrieité .13 Kelairnge Appareillage Téléphonie, etc.Mécanique .6 Matériaux de construction.5 Aéronautique.3 Chimie .7 Alimentation I >istillerie Kxplosifs Air liquide Pulperie, etc.Ingénieurs en travaux publics — (144) Ponts 12 Barrages .7 Cours d'eau 9 Génie sanitaire.-1 Drainage.5 Voirie.S6 Transports .4 Divers.17 Quais, digues Canalisations LA CAIUUKRK D IN'UKXIKUK 145 INGÉNIEURS EN R.VITMENTS (17) Structures métalliques.5 Béton.i) Fondations .1 Constructions civiles.5 Général (entrepreneur).1 Ingénieurs d’administration — (14) Production.ti Vente .3 Prévention d’incendies et d’accidents .3 Kconomie industrielle.2 Ingénieurs municipaux' — (21) Canalisations.4 Génie sanitaire.2 Arpentage.4 Kelairage.1 Chauffage.1 Services techniques divers.5 Ingénieurs en chef.4 Ingénieurs conseils — (5) Construction générale.3 Klectricité et chauffage .1 Béton armé.1 1À11 comparant ces chiffras avec une statistique semblable établie par l'ancien directeur et principal actuel de l’École Polytechnique, monsieur Augustin Frigon, quelque temps avant la période de dépression, on constate que l’orientation de nos diplômés vers l’industrie est à peu près dans les mêmes proportions qu’en 1929.La majorité d'entre eux se dirigent encore vers les travaux publics, malgré notre désir d'en voir un plus grand nombre dans l’industrie.Cet état de choses n’a rien qui doive arrêter notre effort, puisque de 1930 à 1937 le ralenti do la production industrielle a eu pour effet de réduire à des proportions absolument négligeables le développement des services techniques dans la plupart des industries.Retenons cependant des chiffres donnés qu’ils témoignent d'une grande variété dans la nature des travaux confiés à nos diplômés et on se rendra compte facilement qu’il est important de donner tout d’abord une bonne formation générale aux élèves de l'École Polytechnique.Armand Circé, Directeur 'les Études à l'Ecole Polytechnique. E ¦ LA GUERRE ET LA MOBILISATION DES MINÉRAUX Je n'ai point ici l'intention de parler de l'armurier.Plus modestement, je n'ai que le dé.-ir de rappeler à chacun l'importance caj>itale des minéraux en temps de guerre.La thèse que je veux démontrer, c'est que notre civilisation moderne impose, aux nations qui ne veulent pas mourir, le besoin et le devoir de trouver et d’accu-muier surtout des ressources minérales.Je tenterai de prouver que dans une chaîne d'industries interdépendantes, l'industrie minérale est sans contredit la plus importante de toutes, et ce en temps de guerre comme en temps de paix.1.PRIMAUTÉ DK [.'INDUSTRIE MI NIER K Je crois pouvoir affirmer que les produits agricoles ne sont plus les commodités stratégiques de la guerre.Les minéraux le sont.Tous les armements modernes sont en un sens miniers, en ce qu'ils sont fabriqués à partir de substances minérales ou par leur intermédiaire.J,'agriculture qui jadis fut l’épine dorsale de la vie civilisée a.de fait, perdu sa suprématie et est maintenant forcée de prendre place à l'arrière des industries minières et manufacturières.1.Civilisation vCjitab I Dans l'histoire militaire du monde, deux types de civilisation se sont affrontés et se font encore face: «l'un côté la civilisation végétale et, de l'autre, la civilisation minérale.Lit première s’est surtout développée au moyen d'énergies animées et c'est principalement un produit de la force musculaire.Pour cette raison, presque toutes les grandes civilisations de l’antiquité, à un stage ou à un autre, durent compter largement sur la force musculaire des esclaves pour faire la guerre ou pour prospérer en temps de paix.Les esclaves étaient d’ailleurs le prix convoité de la guerre, et les plus fortes indemnités que le vaincu devait payerait vainqueur étaient souvent constituées d’esclaves, ou de «bétail humain», comme on le disait alors de façon si cynique.S LA fil'KKRK ET r.A MOMI.IHATION DES MINERAUX 147 2.Civilisation minéral Contrairement à cette civiiis;.*:-o de la première humanité, la civilisation moderne, mécanique on minérale, se développe principalement au moyen d'énergies inanimées, dérivées largement de combustible.' minéraux tels qui le charbon, le pétrole, le gaz naturel et la houille I lanehe dont l’énergie ne pi ut être captée et utilisée que grâce aux métaux.Si nous avions le temps de comparer ces 2 types de civilisation, je crois qu'il serait facile d'établir, de façon assez orthodoxe, que la civilisation agricole est un produit surtout musculaire, tandis que la civilisation minérale est un produit surtout cérébral.Parce qu'une tonne de charbon peut produire, en douceur et en silence, plus d'énergie mécanique qu’un millier d'hommes geignant sous l'effort, et parce que ce millier d’hommes ne peut régénérer son énergie physique qu’au moyin de nourriture dont la production requiert infiniment plus d’effort humain que l'abattage et le transport mécanique d’une tonne de charbon, L’Esclavage, qui constituait l'énergie animée des peuples agricoles de l'antiquité, fut aboli davantage par l’entrée en scène de la civilisation minérale ciue par la prépondérante influence des doctrines humanitaires.3.Vues du Créateur •Se servir de l'homme comme producteur d'énergies physiques au lieu de s'en servir comme directeur des forces naturelles est la violation la plus flagrante imaginable des vues généreuses du Créateur, bien qu’il ait dit: «Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front».L'esclavage, que certains sociologues considèrent comme l’enfant de la civilisation végétale, restera dans l’histoire une marque infamante au front de l’Agriculture.Quand Dieu créa le monde, la création de l’homme eut lieu le dernier jour de son travail, c’est-à-dire après que les minéraux, les plantes et les animaux eurent reçu son souffle divin.Xe vous semble-t-il pas que l’homme fut, de ce fait, consacré maître de toutes les forces de la nature, roi de la création ?Pour dominer les autres animaux et pour vivre une vie plus pleine, plus complète que celle de ses subordonnés, le premier homme Adam fut la seule créature à qui fut donnée la faculté exclusive de découvrir et d’utiliser tous les minéraux à leur plein rendement.Ces derniers étaient des trésors enfouis dans la terre sous forme de US H K V V ! : T HIM K-T Hü.i.!.' CANADIK N \ I ; charbon, de for, de nickel, de cuivre, d'or, d'étain, d'amiante, etc., etc., et ils constituaient des forces cachées qui avaient besoin d'être découvertes et harnachées avant que l'homme pût s’appeler «un être civilisé».Carlisle a dit avec beaucoup de justesse: «Man is a tool-using animal» (l'homme est un animal qui emploie des outils).I.'homme est en effet le seul animal qui ne puisse se satisfaire de nourriture corporelle.Nulle part, pouvons-nous dire, trouvons-nous l’homme sans instrument.Sans instrument il n’est rien, avec des instruments il peut tout; et les instruments qui lui sont le plus nécessaire sont toujours élaborés à partir de substances minérales ou par leur entremise.4.Ifistnirr militaire ancienne I.'histoire militaire de l'industrie minérale est celle des exploits de l'homme à travers les âges.L’Egypte ancienne devint une puissance mondiale, quand, au temps des Pharaons, elle eut en sa poses-sion les mines de cuivre de Nubie et d'Ethiopie.Avec ce cuivre, elle put faire des chariots métalliques, des flèches, des lances et des épées.Dans son «Histoire de la Bible», Van boom attribue la supériorité des Philistins en temps «le guerre, à l’utilisation qu'ils faisaient de certains métaux inconnus des Juifs.L’empire romain de l’antiquité a atteint sa suprématie le jour où il prit le contrôle industriel et politique des ressources minérales de l’Espagne.Mussolini semble sole rappeler comme nous le verrons tout â l’heure.5.Définition des guerres modernes Aujourd’hui, si nous regardons les choses de haut, ne nous semble-t-il pas que l’histoire se répète?Voyons du côté de la Chine par exemple.Cet immense et populeux pays a une civilisation surtout végétale.Le petit Japon, son actuel conquérant, dispose, lui, au contraire, d’une civilisation minérale ou mécanicienne.Est-ce à croire que la civilisation agricole, est destinée à devenir la servante de la civilisation industrielle?Si, avec raison, on a pu dire que l’agriculture peut de nos jours produire plus qu’on ne peut consommer, si on a pu dire qu'on mange moins en temps de guerre qu’en temps de paix, on LA GUERRE ET LA MOBILISATION' DES MINERAUX 140 peut assurer, avec encore plus d'à-propos, que letat de guerre moderne est, au contraire, l'intensification poussée à l’extrême des activités de l'industrie minérale.Partant de ce principe et pour nous permettre de mieux apprécier l’orientation et l’ampleur de l’effort minier que nous aurons à faire pour gagner la guerre, examinons un peu ensemble quelques chiffres d'une éloquence extraordinaire concernant la production industrielle des minéraux: Durant les cent dernières années, la production mondiale de la fonte, du cuivre et des combustibles minéraux a augmenté d'au moins cent fois par rapport aux cent années précédentes.En Amérique seule, il y a plus de ressources minérales qui ont été minées et consommées depuis le début du XXe siècle, c’est-à-dire dans l’espace d’à peu près 40 ans, que dans toute l’histoire du monde jusqu’en 1900.Aux États-Unis, la consommation per capita de minéraux s’est multipliée de 15 fois dans l’espace de 40 ans, et la production mondiale de certains minéraux essentiels a doublé périodiquement tous les dix ans depuis 50 ans.Nous avons tous entendu parler des pyramides d’Égypte, dont la plus grosse représente un volume considérable de matériaux de construction! Et bien aujourd’hui sur les bords du lac Supérieur, une seule mine de fer américaine peut produire, toutes les deux semaines, un volume de minerai équivalent à la plus grosse de ces pyramides dont la construction nécessita, au temps de la civilisation musculaire, le travail de 50 mille esclaves attelés sans répit pendant 20 ans.II.Hiérarchie des Ressources Il est de première importance que l’on comprenne bien cette situation nouvelle, car les guerres actuelles ne seront qu’une série île combats industriels et l'industrie la plus puissante ou plutôt les consortiums d'industries les plus forts auront la victoire, toute autre chose étant égale d’ailleurs.Je lisais dernièrement, dans une revue scientifique, que les effectifs indispensables aux industries de guerre exigeraient 12 ouvriers à l’arrière, pour un soldat au front.1.Denrées alimentaires Laissons notre ère industrielle et retournons en arrière si vous le voulez bien! Au temps des guerres de l'antiquité, quand on faisait 150 REVUE TRIMESTRIELLE C ANADIENNE le siège d’une ville, on pouvait aisément l’affamer car l’entrée des vivres était facile à bloquer et les provisions de bouche étaient forcément restreintes.Tel n'est plus le cas de nos jours! Grâce au procédé de réfrigération, grâce à l'industrie des conserves alimentaires.grâce à la métallurgie en somme aidée de la bactériologie et de la chimie, on peut entasser aujourd’hui des vivres pour des années de réserve.Au surplus, grâce aux moyens modernes de transport, l’entrée des provisions de bouche est quasi impossible de blocus, de sorte qu’on ne peut plus, à vrai dire, aujourd’hui affamer une nation jusqu'au point de la forcer à se rendre.L’expérience des pays, européens durant la dernière guerre montra jusqu’à quel point il est possible de rationner l'alimentation d’un peuple, soit en substituant des aliments bon marché aux chers, en utilisant des sources possibles de nourriture qui auparavant était considérée comme déchet, soit encore en créant des gras et des protéines synthétiques, comme le fît l’Allemagne en 1914.L'expérience était alors nouvelle et unique en son genre.A la suite de l’emploi de ces aliments nouveau type, certaines déficiences furent constatées, certaines maladies se répandirent, mais il fut vite découvert que cela était dû au fait que les formules scientifiques trouvées ne tenaient pas compte de la nécessité d’un certain nombre de vitamines et d’hormones.Les maladies qui résultèrent de ces erreurs déclanchèrent heureusement de nouvelles études et, aujourd’hui, les aliments synthétiques employés en Allemagne contiennent suffisamment de vitamines et d’hormones pour assurer le bien-être des civils à l'arrière et l’énergie supplémentaire indispensable aux efforts des combattants.2.Denrées minérales En d'autres mots, pour la plupart des pays, la difficulté fondamentale à laquelle il faut faire face aujourd’hui en temps de guerre, c'est l’approvisionnement en ceux des minéraux ou de leurs dérivés industriels qui sont devenus des commodités militaires essentielles.Dans l'économie mondiale moderne, la hiérarchie des ressources naturelles met indubitablement en relief aux yeux des techniciens et même des profanes la dynastie régnante du charbon et du fer.En temps de paix comme en temps de guerre, ces deux substances sont les plus puissantes qui soient.L’histoire, d’ailleurs toute récente encore, nous répète et nous confirme cette vérité. [.A < If KKRK HT I.A MOHII.ISATION DES MINERAUX 151 Quand un 1871, grâce au traité de Francfort, le fer de la Lorraine française fut ajouté au charbon de la Ruhr allemande, on posa là les fondations du plus puissant empire industriel jamais connu.Une fois de plus, la coalition du charbon et du fer écrivit une histoire que l'humanité n’oubliera jamais, aussi longtemps que vivra le souvenir de l’hécatombe de lit 14.a) /¦ > r, font' au nrii r Non seulement, il n'y a pas de nos jours de commodités plus essentielles aux industries de paix que le fer; mais il est aussi l’essence véritable de l'industrie des armements, projectiles de toutes dimensions, canons de tous calibres, navires de combat de toutes sortes, (diars d'assaut, armature du béton des lignes fortifiées, fil de fer barbelé, moteurs, etc.1! a aussi une importance vitale au point de vue défense nationale des populations civiles à cause des facilités de transport qu’il assure et des abri- contre les bombardements qu'on peut économiquement fabriquer avec lui.D’après Kdmond Delâge, l'un des plus éminents critiques militaires européens, la présente guerre, si elle devient totale, coûtera annuellement en fer, fonte ou acier, environ 25 millions de tonnes pour les munitions, 3 millions de tonnes pour la fabrication des différentes armes et de S à 9 millions pour la construction de fortifications temporaires dont les emplacements varieront selon les modifications du front; bref, une dépense de près de 40 millions de tonnes de fonte, de fer et d’acier pour faire la guerre pendant un an.De plus, si on prend le cas du fer seulement, il faudra passer au haut fourneau environ 96 millions de tonnes de minerai de fer calciné, 40 millions de tonnes de coke qui agira comme réducteur ou comme producteur de chaleur, et aussi 24 millions de tonnes de calcaire qui agira comme fondant.Cette production fantastique qu'il nous faudra demander à nos mines nous donne une petite idée seulement des services qu'elles peuvent rendre en temps de guerre.Si nous considérons maintenant que le fer, à lui seul, ne suffit pas, et qu’il faut élaborer de ces métaux durs et résistants dénommés «aciers spéciaux') absolument indispensables pour la construction du matériel de guerre, il nous faudrait introduire dans la fonte des alliages tels que les ferro-chromes, les ferro-molybdenes, les ferro-tungstènes les ferro-manganèses et les ferro-niekels.Ces derniers REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE D- sont peut-être les plus utilisés et les plus indispensables car les alliages militaires les plus courants contiennent du nickel à la dose de 5, 10, 15, 20 et même 25%.L'équipée du sous-marin de commerce Deutschland allant, sous les flots, chercher aux Etats-Unis, au cours de la dernière grande guerre, une cargaison de 750,000 livres de ce métal canadien prouve combien le nickel était alors indispensable à l'Allemagne pour faire la guerre.b) Cuivre Néanmoins, c'est la pénurie de cuivre qui causa le plus d'embarras à l'Allemagne lors du blocus qu’on lui fit subir durant la guerre de 1014.Ce métal est un des plus employés dans les armements, balles de fusils, gargousses et étuis de cartouches, ceintures d’obus, fusées, construction de chaudières marines, etc.C"est dire les stocks énormes de cuivre exigés pour faire la guerre.Un calcul approximatif effectué par un général allemand en a fixé à environ 500,000 tonnes, soit la moitié de la production mondiale d'alors, la quantité annuellement dépensée pour ces usages, lors de la dernière grande guerre.C’est ainsi que l’Allemagne fut forcée de tenter de substituer d’autres métaux au cuivre.Soit à dessein, soit autrement, l’Allemagne avait, à la veille de la guerre de 1914, des réserves de cuivre formidables.Néanmoins, parce qu’elle dut utiliser dans la seule fabrication des munitions au moins 50% de ce qu'elle employait pour d’autres usages avant la guerre, ces stocks accumulés s’épuisèrent rapidement; et, quand elle fut dans l'incapacité de se procurer à l’étranger d’autres approvisionnements, elle fut forcée de réquisitionner les toitures île cuivre, les cloches de bronze, les fils de transmission électrique ou télégraphique, les boutons de portes, les chaudrons, etc.Même les objets d’art, les statues de bronze, furent transformés en munitions.Aujourd’hui, à 20 ans de distance, d’analyses et d'observations.la plupart des grands experts militaires sont d'avis que cette famine de cuivre aurait seule suffi à empêcher l'Allemagne de faire la guerre une année de plus.Actuellement, d’après George Kidd de la «United Press», le Reich ne produit qu’un huitième de ses besoins normaux en cuivre.La guerre a réduit le gros de ses importations qui venaient principalement de l'Afrique, du Chili et des Etats-Unis.Ses deux I.A Cil’ EUR K ET LA MOBILISATION DES MINERAUX 153 principales sources d’approvisionnement demeurent la Finlande et la Suède qui ne peuvent, d’ailleurs, rencontrer présentement qu’un dixième de ses besoins.Le bilan naziste du cuivre est donc un de ceux qui représentent le plus lourd déficit.c) Aluminium Après le cuivre, l’aluminium est devenu le métal le plus utile à notre civilisation moderne.Métal à la fois pratique, élégant, léger, résistant et économique, il ne fait d’ailleurs que commencer à transformer notre vie.Aussi, ses qualités exceptionnelles lui donnent-elles une importance extraordinaire pour faire la guerre.On l'utilise dans la fabrication des avions, des bateaux-torpilleurs, de même que dans la construction des sous-marins et dans la préparation de la thermite.Voilà un produit très important! La thermite, vous le savez, est une poudre consistant en un mélange d'aluminium métallique et d’oxyde de fer qui, une fois allumée, brûle en développant une chaleur extrême, soit au delà de 5,400° F.Cette poudre est utilisée comme matière de remplissage des bombes incendiaires qu’on jette du haut des avions boches.Quant à sa puissance de destruction, les rapports des journaux, les films de nouvelles des cinémas nous ont montré ce qu’elles peuvent faire lorsqu’elles tombent sur des villes densément peuplées.L'aluminium a une multitude d’autres emplois.Qu'il me suffise de dire qu'il est le métal de l’avenir, au point de vue militaire.C’est ainsi que l'Allemagne l’a compris en tous cas! En effet, avant le 3 septembre dernier, jour de la déclaration de guerre, elle était la plus importante nation manufacturière d’aluminium au monde.Ceci explique peut-être la puissance de l’aviation allemande.L'aluminium et la métallurgie permettent aujourd’hui à l’avion d’aller toujours plus vite, de monter toujours plus haut et de transporter des charges toujours plus lourdes.d) Pétrole Mais ces avions, pour voler, ont besoin d'énergie inanimée ou de combustible, et les guerres d’Espagne, de Chine et de Pologne ont mis spécialement en lumière l’importance des pétroles en temps de guerre.Par ailleurs, tout comme les avions, les chars de combats modernes, les unités motorisées, les navires de tous genres ne peuvent pratiquement plus se passer de pétrole. R ! ; V r 1.T RIMI : S T RIK R L K CAN A DIKX N K 154 D'après Udmond Delâge, si la guerre actuelle se généralise, il faudra aux belligérants environ 60 millions de tonnes de carburants par année car, même si on met de côté l'aviation et la marine, il nous faut compter, pour les seules armées terrestres, un moteur par chaque douzaine d'hommes (qu’il s’agisse de motocyclettes, d'autos-mitrailleuses, d'artillerie tractée, de camions, etc.).I.e pétrole est aujourd’hui, sans conteste, le minéral liquide le plus important après l'eau.C’est le fameux Georges Clemenceau, surnommé «Le Tigre», qui disait vers la fin de la guerre de 1914 à une des périodes les plus tragiques de l’histoire: «Une goutte de pétrole, c'est une goutte de sang.» Hitler pourrait reprendre, avant longtemps, ce mot historique, si saisissant.Sans pétrole, il est impossible à une nation moderne de se battre! Supprimez le pétrole et, au front, les puissances d'offensive et de défensive sont réduites à leur plus simple expression.Le pétrole est si bien devenu l'une des matières les plus importantes qu'on a pu dire de lui qu'il est le «liquide-roi».Tout le monde sait, d’ailleurs, qu'immédiatemcnt après la déclaration de la guerre actuelle on fit presque dans tous les pays belligérants, le rationnement de l’essence et du pétrole.e) .1 utres minéraux Je vous ai parlé des cinq minéraux les plus importants en temps de guerre, à savoir: le charbon, le fer, l’aluminium, le cuivre et le pétrole.Il est dommage que le temps me manque pour vous parler longuement d’autres substances très utiles, je dirais même nécessaires, comme le plomb qui sert à garnir l'intérieur des balles; le zinc qui entre dans la composition du laiton des douilles, du mailleehort des enveloppes de balles; l’antimoine qui sert à durcir le plomb employé dans les balles; l’étain utilisé dans l'étamage des obus et la préparation du fer étamé si nécessaire aux fabriques de conserves alimentaires; le mercure qui tantôt sert comme agent guérisseur dans les hôpitaux militaires et tantôt comme agent destructeur à l’état de fulminate détonateur.Je pourrais aussi vous parler du métal-argent qu’on utilise en quantités énormes aujourd'hui pour sensibiliser les plaques photographiques de plus en plus employées dans les envolées de reconnaissance au-dessus du territoire ennemi; de l’or qui est le nerf économique de la guerre, c’est-à-dire le métal permettant I.A Cf U E R II K ET I.A MOBILISATION DES MINERAUX 155 l'obtention des crédits nécessaires auprès des pays neutres pour les fournitures de guerre.Dois-je vous rappeler que la fabrication des gaz de combats, asphyxiants ou autres, nécessite l'une ou l'autre, ou encore plusieurs dos substances minérales suivantes: arsenic, soufre, étain, aluminium, brome, etc.?Dois-je vous remémorer que les fumées de camouflage sont produites à partir de soufre, de nitre, de chaux, de titane, de silicium, de zinc et de magnésium?La plupart d'entre vous savez que les bombes incendiaires sont à base d'aluminium, de barium, de magnésium et de phosphore, et, ici, vous me permettrez de mettre en relief l'utilité que présente l'amiante québécois, dans la protection contre les incendies militaires et autres dangers.Que démontre cette énumération très longue bien qu'incomplète?Que la guerre mobilise les minéraux en proportion plus considérable qu’elle mobilise les soldats; qu’elle produit une migration massive des minéraux, des pays producteurs vers les champs de bataille.Et ainsi, il devient clair qu’une autre guerre mondiale de 4 ans coûterait de prohibitives quantités de matériel minéral et causerait une immense hécatombe de minéraux sur les champs de bataille, qui constitueront après la guerre, de véritables mines de cuivre, de fer, de zinc, d’étain, etc.D’après une estimation émise en 1924 par «The Banker's Trust Company» de New-York, la dernière grande guerre aurait coûté aux nations belligérantes la somme globale de 280 milliards de dollars.Xe serais-je pas justifiable de dire, pour les raisons déjà mentionnées, que cette somme astronomique de dollars a été en majeure partie dépensée en métaux ou minéraux, transformés par l'industrie en matériaux de combat, avions, bateaux et autres constructions ?D’après «Whitetaker’s Almanach», 1928, cette même guerre mondiale aurait coûté la vie de 8,163,000 personnes.Est-ce à dire que nous pourrions conclure que la vie d’un homme aurait, en moyenne, coûté la somme de 834,000 et, en suivant le fil de notre interprétation, cpie la vie d'un homme (évaluée en acier) serait d’environ 1000 tonnes d'acier brut ou de 34 tonnes d’acier spécial transformé en outillage de guerre?Je pose cette question parce que, jadis, on disait que, pour tuer un homme à la guerre, il en coûtait, en moyenne, le prix d’une quantité de plomb égale à son 150 H K V u h; TRI M ! : S TRI e l l e c A \ A DI II N N i : poids.Si, aujourd’hui, il nous faut compter en tonnes, c'est dû à la formidable quantité de mitraille ou de gaz de combat forcément gaspillés pour obtenir un résultat de plus en plus précaire à cause du prodigieux perfectionnement des moyens de défense.Évidemment, cette dépense extraordinaire de minéraux ne peut pas se faire sans qu'il y ait une hausse correspondante des prix.C’est d'ailleurs ce qui s’est produit lors de la dernière guerre quand le prix de la plupart des minéraux a doublé, triplé et.flans certains cas, décuplé.Ill Enjeu politique des Guerres Au mois d’août de cette année, trois grandes nations menaçaient la paix du monde! L'une en Orient, les deux autres en Occident.Toutes trois se disaient non satisfaites parce (pie leur pays est surpeuplé et qu’elles ont besoin, pour me servir d’une expression cpii leur est chère: «d’espace vital».Est-ce là la vraie raison de leur attitude agressive?Jugeons plutôt! 1.lapon A l'heure actuelle, la poussée d'imasion des Japonais vers l’intérieur de la Chine a pour motif principal, mais évidemment inavoué, la mainmise sur des dépôts de fer qu’on évalue à plus de .50 millions de tonnes et sur des réserves de houille qu’on dit être au moins aussi considérables que toutes celles du monde entier réunies, si on excepte toutefois celles du continent nord-américain.Il n’y a pas à en douter; si la Chine excite la convoitise du Japon, c’est principalement parce qu'elle est l’un des pays les plus riches en toutes sortes de minerais non encore exploités.2.Italie Signor Mussolini n’était pas satisfait! Avait-il surtout besoin de plus de blé?Non! A cor et à cri, il demandait plus d’«espace vital».On est porté à se demander s’il en a réellement besoin quand on sait cpie la Sardaigne, cette île italienne voisine de la Corse, a une population de moins d’un million d’hommes, en dépit de son étendue qui équivaut au dixième de la surface entière de l’Italie.Ce que veut réellement l'Italie, c’est la possession de minéraux industriels et de métaux, parce qu’elle est notoirement déficiente en pétrole, en cuivre, en zinc, en étain, en potasse, en LA GUERRE ET LA MOBILISATION’ DES MINERAUX 157 charbon et en fer.Actuellement, elle dépend dans une large mesure du vieux fer comme matière brute de base de son industrie du fer et de l’acier.Quand l’Italie a participé à la guerre d’Espagne, l’a-t-elle fait uniquement par haine du bolchevisme?Non! Elle voulait sans aucun doute obtenir de Franco une participation dans l'exploitation des énormes mines espagnoles de fer et de cuivre du district de Rio Tinto dont l’exploitation remonte au temps des Phéniciens et qui étaient contrôlées, au moment de la déclaration de la guerre civile, par du capital anglais et français.Quand on sait que l’Italie ne peut fournir à ses industries les matières minérales dont elles ont besoin, on n’est pas surpris que Mussolini, qui connaît bien sa géographie économique, se soit rappelé que la Tunisie et le Maroc français sont spécialement riches en minerai de fer et en phosphate, et que le sous-sol de l’Ethiopie contenait de merveilleuses ressources minérales inexploitées, dont des mines d’or, de lignite, de houille et aussi de riches gisements de platine.Le platine est, vous le savez, l'un des plus importants catalyseurs utilisés pour produire les acides nitriques et sulfuriques indispensables à la fabrication des explosifs modernes et des gaz de combat.Mussolini, qui dit chercher du pain et de vastes espaces, s’attendait-il à en trouver quand il envahissait dernièrement l’Albanie?Non! Il voulait mettre la main sur les champs pétrolifères du district de Devoli dont il attend une production annuelle d’un demi-million de barils et accaparer un riche gisement de minerai de fer récemment trouvé.En effet, l’Associated Press nous annonçait le 11 courant que Mussolini avait ordonné à Zenone Benini, sous-secrétaire aux affaires albanaises, de mettre cette mine en état île produire, d’ici deux ans, entre un million et un million et demi de tonnes, ce qui serait à peu près la quantité importée actuellement par l'Italie.3.Allemagne Et enfin, Herr Hitler qui proclame le droit de son pays à îles colonies, veut-il coloniser réellement les territoires qu’il demande?Non! En réalité, Hitler veut plus de minéraux, ces substances qu’il sait être les adjuvants les plus précieux ou les formes les plus puissantes de l'énergie, en temps de paix comme en temps de guerre. RK Vf K TRI MKST1U ELLE CANADIENNE 1 58 Ce qui constitue aujourd’hui la richesse la plus convoitée et la plus convoitable d’un pays ce sont ses mines et non pas ses ressources agricoles ou forestières, comme on le dit généralement et comme il n'est plus à propos de le dire.Vous connaissez l'histoire des gisements de sel de l’Alsace.N ous vous rappelez les incidents auxquels donnèrent lieu les mines de fer du bassin de La Sarre?Ce que le traité de Versailles a fait de la structure de l'économique allemande est trop bien connu pour demander une analyse détaillée.Qu’il me suffise de dire que l’Allemagne a dû retourner à la France, en 191S, ses plus riches dépôts de fer.Je veux parler des gisements de la Lorraine qui, avant la guerre de 1914.lui avaient fourni 70 à 80% de ses besoins industriels de ce métal.Lors du coup de force qui mettait l'Allemagne en possession de l’Autriche, la propagande allemande a voulu laisser croire au monde qu'il s'agissait de protéger l'idéologie naziste.Mais ce que voulait Hitler, c'était les mines de zinc, de charbon, de mercure, de fer, de cuivre et de cobalt qui, en 1914, faisaient de l'Autriche la nation la mieux partagée d'Lurope au point de vue minéral.Quand en 1938, Hitler envahissait la Tchéeo-Slovaquie en alléguant qu’il ne pouvait souffrir que des millions d’Allemands fussent molestés, il défigurait la vérité.La vraie raison, c’est que, depuis le traité de Saint-Germain, les grandes réserves de charbon de l'ancien empire austro-hongrois se trouvaient surtout dans le nouvel État tchéco-slovaque.Venons-en maintenant à la Pologne, et revivons les mensonges de l'incident de Dantzig et du corridor polonais.Depuis 1918, la Haute-Silésie n'appartenait plus à l'Allemagne, elle avait été transportée partie à la Pologne et partie à la Tchéeo-Slovaquie.Or, la Haute-Silésie contenait des riches mines de zinc, de plomb, de charbon et de puissantes organisations métallurgiques.Le Reich s’en est emparé en envahissant la Pologne.Il a ainsi pris possession d’une région (pii produit annuellement 36 ;\ 38 millions de tonnes de charbon, 870 mille tonnes de minerai de fer, près de 200 mille tonnes de zinc, 642 mille tonnes de sel.19 mille tonnes de plomb et 1 million 720 mille tonnes de ciment.Il a de plus fait main basse sur des aciéries (pii peuvent produire annuellement 2,000,000 de tonnes d’acier.Sans doute que le Führer avait l’intention de s’emparer des puits de pétrole polonais (pii sont capables d'une production LA GUERRE KT LA MOBILISATION DK' MINERAUX 159 d’environ \A million de tonnes par année, mais son «Kamarad» Staline lui a joué le tour en les prenant pour lui.Je n’ai pas l'intention de m’ériger en prophète, mais je suis porté à croire que, sous peu, l’Allemagne trouvera des prétextes pour attaquer la Roumanie, et le motif véritable de son agression sera que la Roumanie est une grande productrice de ce pétrole dont ne peut se passer un pays aussi industriel que l’Allemagne.Maintenant, la Pologne pouvait-elle représenter pour l'Allemagne un terrain d’espace vital pour ses nationaux?Ceci est difficile à admettre quand on sait que la Pologne est un des centres européens les plus densément peuplés.Hitler a-t-il vraiment besoin de plus d’espace vital quand il force les Allemands de la Lettonie et de l’Estonie et même ceux du Tyrol italien à se rapatrier bon gré mal gré dans les limites de l'Allemagne?Non! et vous avez là la preuve que lies idéologies dont il se fait le champion sont des idéologies de camouflage.IV.La victoire et l’alignement des minéraux Dans le conflit qui ensanglante actuellement l'Europe et qui menace d’envahir le monde, la question se pose lancinante et angoissante: qui aura la victoire?A ceci, je réponds sans hésitation: «Auront la victoire les peuples capables d'aligner le plus aisément le plus grand nombre de minéraux indispensables aux œuvres de guerre, toute autre chose étant égale d’ailleurs».Nous aurons la victoire, parce qu'avant les hostilités, les alliés actuels détenaient la plus forte production des principaux minéraux de guerre, à savoir: le fer, le cuivre, l’aluminium, le zinc, le nickel, le charbon et le pétrole.Rappelons de plus que les mines de manganèse importantes sont en France, aux Indes et au Brésil; que toutes les substances rares employées dans la fabrication des aciers spéciaux viennent de pays accessibles aux seuls alliés.Le nickel du Canada et de la Nouvelle-Calédonie, le molybdène de l’Australie et du Canada, le tungstène d’Espagne, de France, d’Australie et d'Angleterre, le vanadium du Pérou, etc.Dois-je ajouter qu’aujourd’hui, avec la pratique américaine actuelle du «cash and carry», les alliés sont ainsi fortement avantagés, parce qu’ils auront à leur disposition les immenses richesses minérales et industrielles des Etats-Unis. 160 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Quelle sera la contribution la plus effective du Canada?D’après ce que nous avons dit précédemment, il devient évident que c’est par le secours de son industrie minérale.En effet, le Canada n'est pas seulement un vaste pâturage ou un immense champ de blé, comme on le dit en certains milieux, mais il est aussi une des nations les mieux pourvues du monde en ressources minières.Il a du charbon et du pétrole.Il est très riche en houille blanche; il est un des rares pays qui peuvent exporter du cuivre: plus des trois quarts de la production mondiale du nickel proviennent du Canada.Il se place au second rang parmi les producteurs de zinc et de radium, au troisième comme producteur d’or, d'argent et de cobalt, et au quatrième comme producteur de plomb.Quant à la province de Québec, elle produit plus d'amiante que le reste du monde réuni, et elle manufacture une des plus larges parts d’aluminium de l’univers.Et, si on a déjà pu dire du Canada que c’était le grenier de l’Empire, on peut dire aujourd’hui, non sans autorité, qu’il est devenu son Arsenal! Grâce à la liberté ties mers que les alliés ont su conserver, et grâce à l'isolement dans lequel ils ont réussi à maintenir leur adversaire, il est ,-ûr que nous affamerons l'Allemagne en ces denrées minérales qui lui sont indispensables pour continuer la guerre.V.La Victoire et l'Ingénieur Napoléon Bonaparte a dit : «C’est dans les ateliers de la Patrie qu'on fait bonne et sûre guerre à l'ennemi; au moins, n’en coûte-t-il pas une seule goutte fie sang au peuple».En effet, sur les champs de bataille comme dans les usines, on cherche à remplacer l'homme, le plus souvent possible, par une machine qui travaille automatiquement pour lui, suivant les dictées du progrès ou de la civilisation minérale.«L'impossibilité d’aujourd’hui, dit le général Niessel, peut devenir demain un succès de laboratoire, et après-demain un résultat pratique.» Que nos savants veillent donc!.L’heure de l'ingénieur est venue!.La guerre actuelle en est une d’ingéniosité mécanique!.Ingénieurs qui m’écoutez, grâce à votre talent d’animateurs de la matière, vous pouvez non seulement nous donner la victoire, mais, bien plus, nous l’obtenir tout en ménageant la vie de vos compatriotes. LA fît* K HH K K T LA MOBILISATION DK.S MIN K H A U X IG l Nous avons chez nous toutes les matières minérales et toute la houille blanche qu’il faut pour façonner facilement de puissants engins de guerre.Pour éviter le ruineux rachat à l’étranger de nos propres minéraux sous forme de matériaux de guerre, le Canada se doit de développer de plus en plus chez nous la fabrication de ces derniers.Ingénieurs, mes confrères, voilà votre tâche! Il vous incombe d’«ingénieuriser», passez-moi le mot, d'ingénieuriser nos produits miniers.Faites-les ainsi servir à la Victoire dans toute leur puissance, et vous aurez bien mérité de la Patrie.A vous tous, et pour rester dans l’ambiance de cette causerie, je dirai en terminant: «Minéralisez» vos concepts des besoins de la nation.«métallisez» vos moyens d’action et vos énergies de guerre.Maurice Archambault, Chef de la section de Minéralogie et ,i = ,i.r‘ = i L'élément .4~' est l’inverse de .1.Ces quatre postulats ne particularisent en rien la nature des éléments considérés.Ils définissent un groupe abstrait dont les éléments demeurent abstraits aussi longtemps qu’on le désire.De là vient la grande généralité de la théorie des groupes.On peut cependant préciser les éléments, et reconnaître des groupes en algèbre, en géométrie, etc.Lxe.miu.es de groupes 1.L'ensemble des nombres entiers forme un groupe par rapport à l'addition.Lu effet, un entier plus un entier donne un entier.Le second postulat se vérifie évidemment.L’identité est le nombre 0 et l'inverse de tout nombre n, son opposé — n.2.L'ensemble de toutes les translations du plan forme un groupe, si l'on prend pour opération, la composition des vecteurs représentant ces translations.C’est la translation (pii laisse inchangés tous les points du plan qui donne l'identité, et la translation représentée par un vecteur opposé qui fournit l’inverse d'une translation donnée.Définit ions : Nous ne considérons ici que les groupes finis i.e: ceux qui ne contiennent qu’un nombre fini d'éléments.Lorsque le nombre de ces éléments est g, on dit que l’ordre du groupe est g.l'n groupe est abélien si ses éléments sont permutables par rapport à l’opération du groupe, i.e: si, pour toute paire d’éléments .4 et B, on a: AB = B A L’ensemble de tous les nombres entiers, par exemple, forme un groupe abélien par rapport à l’addition, car: a + 6 = b + a 164 RE VL'K TRIMESTRIELLE CANADIENNE Le produit .4.4 est évidemment un élément du groupe qui contient A.On désigne .4.4 par .4 2; de la même manière, on a: .13, A 4, etc.L’élément .1 possède la période n si n est le plus petit entier tel que: .4 n = /, l’identité.SOL’S-GROUPES Quand, parmi les éléments d’un groupe G, on peut trouver un sous-ensemble d'éléments qui constitue un groupe par rapport à l'opération de G, ce sous-ensemble forme un sous-groupe de G.Si ce sous-groupe ne s'identifie pas avec G, il est un sous-groupe propre.Théorème : Les puissances .4, .4 -, .4 3,., .4" = / d'un élément A d'un groupe fini G forment un sous-groupe de G.Preuve ; Le postulat fondamental se vérifie car tout produit de puissances de .4 est une puissance de .4.Quant au second postulat, on a toujours: A ' (.4 m .4") = (.4 * .4 m) .4", car: .4* (4m .4”) = ,4\4m + n = .4,+ m + n | m j 1 n _ ^*4-"» ^ n _ 11 4- "» 4” n On peut établir maintenant l’existence d’une identité .4”.En effet, le groupe G est fini par hypothèse; on est donc assuré que les puissances: A, A 2, -4 3,.sont en nombre fini.Il faut pour cela que certaines d'entre elles soient la répétition de puissances précédentes.Supposons que ,4n + 1 est la plus petite puissance telle.Soit: An + 1 = .4m , On devra avoir: ou: THÉORIE ni: LA REPRÉSENTATION DES GROUPES 165 Si m est > 1, la rc-ième puissance de A est égale à une puissance précédente, ce qui contredit notre supposition; m ne peut prendre que la valeur 1.On a donc: d'où: et : A"+ 1 = Am = A An A = A A" = I, l’identité.Le quatrième postulat se vérifie aussi car pour tout élément Ar, on trouve un élément Ar*~r comme inverse.On obtient en effet: Ar A"'r = / Groupes cycliques Le théorème précédent permet de définir une classe très importante de groupes, les groupes cycliques.Ce sont ceux que l’on peut obtenir en prenant toutes les puissances d'un de leurs éléments.Dans ce cas, le sous-groupe du théorème précédent s’identifie avec le groupe entier, et l'ordre du groupe est égal à la période de l’élément générateur.Un groupe cyclique est toujours abélien, car: Ar A* = A* Ar = A' + r Par exemple, les transformations du plan obtenues par des rotations de 60 degrés autour de l'origine fournissent un groupe cyclique comprenant 6 éléments.Transformées: Si A et B sont deux éléments d'un groupe, l'élément B A B"’ est appelé transformée de A par B.Quand on a: B A BT 1 = A, on dit que A est invariant par B.La notion d’invariance est capitale pour les applications géométriques.I somorphisme: Deux groupes G et // sont isomorphes quand on peut établir entre leurs éléments une correspondance biunivoque telle que si G'i —*¦ Hi et Gi —> //;, on ait: Gi G} //l //,. 166 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Les deux groupes sont alors identiques si l’on considère leurs éléments comme abstraits.Leur construction interne est exactement la même.Isomorphisme des transformées-théorcme: Les transformées des éléments d’un groupe fini G par un de ses éléments X forment un groupe isomorphe de G.Preuve: Soient 1, A, B., M, les éléments de G.Les transformées seront : /.AVI .Y’1, X B X~ XMX~ '.Il existe d’abord autant de transformées distinctes que d’éléments distincts de G, car l’égalité: X BX~ 1 = ATA" 1 fl) entraîne: B = C.En effet (1) donne: X BX~ 1 A’ = ATA" 1 A’ puis XB = AT et: A" 1 XB = A" 1 AT et enfin: B = C.Le postulat fondamental se vérifie pour les transformées car: (AM A" ’) (ABA" ') = AM A"1 XBX~1 = XA1BX'1 = A (AB) A" 1 l'n produit de transformées d’éléments de G est donc la transformée d'un élément de G.Le second postulat est évidemment vérifié.L’identité est: A/A"1 = I L’inverse de tout événement AM A"1 est: AM"1 A" car: (AM A" ’) (A A’ 1 A" ') = AA A" 1 AM*1 A" 1 = AM.r 1 A" 1 = AIX- 1 = I THÉORIE DE LA REPRÉSENTATION DES GROUPES 167 Il est facile de voir que le groupe des transformées est isomorphe de G, car pour: A —X A X~1 et B —»¦ A7LV \ on obtient : AB —> A'.4A” 1 XBX~ —> A (AB) X' '.Propriétés des groupes cycliques : Étant donné les éléments .1,, .42,., A, d’un groupe fini G, la notation | .4,, .42, .4 j,., Arj désigne le sous-groupe de G composé de tous les produits possibles obtenus à partir de .41, .42,., .4r.Les éléments .4,, .12,., .4, sont les générateurs du sous-groupe.Un groupe cyclique dont l'élément générateur est .4 peut être désigné par J /I }.On prouve rigoureusement que si la période n de l’élément générateur .4 est décomposable en nombres premiers de la manière suivante: a t a •> „ a.n = Pl 1 p, Pr r où les p sont des nombres premiers, le groupe cyclique est aussi défini par r éléments générateurs de périodes p U1, p pra' ¦ Ces éléments sont des puissances de .4.Propriétés des groupes abéliens Quand deux groupes G et II n’ont aucun élément en commun sauf l'identité et que les éléments de G sont permutables avec ceux de II, le symbole {G, II} désigne le produit direct de G et //.Ce groupe est formé de tous les éléments obtenus en prenant le produit d’un élément de (I avec un élément de //.On montre encore que tout groupe abélien est en dernière analyse le produit direct de groupes cycliques dont les éléments générateurs ont comme période des puissances de nombres premiers.Ces éléments sont appelés les bases (basis) du groupe.On peut s’attendre d’après ces propriétés, à une parenté étroite entre les groupes cycliques et les groupes abéliens. 16S RK VUE TRIMESTRIELLE CANADIEN N' K Groupe symétrique On appelle permutation sur n lettres (symboles) l’opération qui consiste à remplacer chaque lettre d’un ensemble par une lettre de l’ensemble.Par exemple: est l’opération qui remplace a par a', b par b'., etc., où a’, b'.V sont les lettres a, b,., I dans un nouvel ordre.Cette opération fournit un groupe défini dans le prochain théorème.Théorème: L’ensemble de toutes les permutations sur n symboles forme un groupe appelé le groupe symétrique.Preuve: Le postulat fondamental se vérifie car une permutation suivi d’une permutation donne une permutation.Les opérations sont évidemment associatives.On reconnaît une identité en la permutation qui remplace chaque lettre par elle-même: L’inverse de toute permutation sera celle qui détruit l’effet de la première.(: a, b, c,., l n.b, c,., I ) Exemple: .1 car: A 1 A fa, b,., l\ fl, 2,., r\ = fa, b,., l\ \1, 2,., r) \a, b,., l) \a, b,., l) II — LES MATRICES Les transformations géométriques, comme nous l’avons vu par quelques exemples, peuvent servir d’éléments des groupes.La meilleure forme à donner à ces transformations est la forme THÉORIE DE LA REPRESENTATION DES GROUPES 169 matricielle parce qu’elle permet une notation aisément maniable.Un en fait d’ailleurs un usage courant dans la théorie quantique.Une transformation linéaire homogène est définie par les n équations: X, = a,, x i + an x, + .• I fl in*** n X2 = a,, x , + a2 2 x 2 + .+ « inx, x„ = an i x i + .+ annx, (le premier indice du coefficient indique la ligne; le second, la colonne.) Définition: On voit bien que la transformation est connue si l'on se donne le tableau rectangulaire fou carré) îles coefficients des variables à transformer: a 11 a 12.a i„ = U 2 1 « 2» fl TJ 1 C’est ce tableau, cette configuration, cette opération indiquée qu'on appelle la matrice de la transformation.Le déterminant qui lui correspond sera désigné par: n 1 n a 2n U n ri La matrice précédente est une matrice de dimension n (matrice carrée de n lignes et n colonnes).Produit de transformations: La transformation fl) peut s’écrire brièvement: ïi = X x, (t = 1, 2,., n) (2) 1 = 1 Soit une seconde transformation: _ n Xk = X bki x, (k = 1, 2, ., n) 1“ 1 D(A) = a 21.(3) 170 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE On a: n = Z Z &ti at) i, (k = 1, 2,., n) (4) .-i i-i La matrice de (2) est A: celle de (3) est B.L'équation (4) définit une troisième transformation que l'on obtient en transformant les i par la matrice .1, puis les i résultants par la matrice B.Soit C, la matrice de la troisième transformation, on écrit: C = B A, et l’on dit que cette matrice est le produit de la matrice .1 par la matrice B.Cette définition pourrait s’étendre à un nombre quelconque de matrices.Produit de matrices: L’équation (4) montre que l’élément situé à l’endroit kj de la matrice C est le suivant: n O; = Z bk, a,; (règle: ligne par colonne) i- î Exemple: Soient deux matrices: La matrice produit de .4 par B sera: /3 l\ A 2\ = /3X 1 + 1 X3 \2 3/ \3 4/ \2X 1 + 3X3 = ( ° W) Vil 16/ 100 .0' 010 0 E = 0010 0 oo .01 3 X 2 + 1 X 4\ 2X2 + 3X4/ Matrice identique: La matrice: THEORIE DE LA REPRESENTATION' DES GROUPES 171 s'appelle matrice identique; tous ses éléments sont nuis sauf ceux de la diagonale principale qui valent l’unité.Cette matrice correspond à l'opération qui transforme chaque variable en elle-même: x i = X i Xi —Xi X n X n On vérifie aisément que pour toute matrice .4, on a: AE = EA = A Inverse d'une matrice: Si l’on a la transformation: n t, ^ 1 aXJ Xj (i 1, 2,., n) i-i de matrice A, l’inverse de A sera A~l, matrice de la transformation qui donne les x en fonction des x.On montre que .4“1 a la forme: •4 l l An i 1 DTÂ).DÛ) | Di A).D(A)J où AjX est le cofacteur (voir théorie des déterminants) de l’élément à l’endroit ji de A.Pour que A-1 existe il faut que le déterminant D(A) soit t 0; c’est ce qu’on exprime en disant que la matrice A doit être non singulière.On vérifie que: A A ~ 1 = .4“ 1 A = / Associativité: Soient A, B, C, trois matrices.On a: A(BC) = (.AB)C Cherchons en effet l’élément mu de la matrice .Vf = A (SC): n mhk = £ ahl (ibc)u i-1 172 Iî L VUE TKIMESTHIELLE CANADIENNE __n n = Z Z ahi bit c,k l - 1 : = 1 n = Z (aè)*i c,t i-1 = rf,k , l'élément correspondant de la matrice R = (.‘15)C.Les matrices, éléments des groupes: On sait maintenant que l’ensemble de toutes les matrices non singulières de dimension n définit un groupe par rapport à l’opération de multiplication des matrices.Ce groupe est connu sous le nom de groupe linéaire.En effet, un produit de matrice est une matrice, 1’ ' ' est associative, il existe une matrice identique, et toute matrice non singulière possède une matrice inverse.Matrices diagonales: Une matrice diagonale est une matrice dont tous les éléments sont nuis sauf ceux de la diagonale principale.Par exemple: [n„ 0.0) OflnO.(I | lo.Ütlr.rJ où Oii 7^ 0.Ces matrices sont d’une grande importance parce qu’elles forment un sous-groupe du groupe linéaire, qui possède le précieux avantage d’être abélien.Cette propriété peut s’établir sans difficulté.Matrices équivalentes: Soit la transformation linéaire homogène: n Xi = Z Si; X, (i = 1, 2,., n) j “ i où, par hypothèse, la matrice S est non-singulière.Quand on transforme les x par .S’, on obtient les x.Supposons maintenant que l’on change les x initiaux par une autre transformation de matrice A.Les x seront changés.Cherchons à trouver la matrice de la transformation qui opère sur les x.VV THÉORIE DE LA REPRÉSENTATION DES GROUPES 173 En fait, on doit transformer les x par .4, puis le résultat par 5, de sorte que c’est la matrice 5.1 qui change les x.Mais, on obtient les x en fonction des x par l’inverse de 5, c’est-à-dire la matrice 5~ b On voit donc que s'il existe la relation: n x 1 = 23 Si J Xj , 1 la transformation des x par .4, produit la transformation des x par 5.45“ '.Mais 5.4S- 1 est la transformée de .4 par 5.Ces deux matrices sont dites équivalentes.Elles sont en effet les éléments correspondants de deux groupes isomorphes; elles sont identiques si on les considère comme éléments abstraits.Th éorv nu.fonda me n tal: Toute matrice de période finie, est équivalente à une matrice diagonale dont les éléments non nuis sont des racines primitives de l’unité du même ordre que la période de la matrice.Preuve: Nous ne donnons ici cpie les grandes lignes de la démonstration, que l’on trouvera d’ailleurs dans Speiser — Théorie der Gruppen von endlicher Ordnung.Soit la transformation: X, = 23 rl>] Xj (i = 1, 2,., n) Supposons que la période de la matrice .4 est k.Transformons maintenant la variable x , par les ‘ ' s: .4* = E, -4, .4 .4*“» Nous obtenons autant de fonctions linéaires des x que nous désignerons par: t l = X l, t 2, l tk ¦ Les fonctions /1, < a,.sont évidemment transformées cireulai-rement en elles-mêmes par .4 : 11 *" li ; 11 t s ;.; tk ^ 11.Considérons maintenant les fonctions: : o, z i, z s,.• i -4-1 VV 174 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE définies par les équations suivantes, où e représente une racine primitive de l’unité d'ordre k: Si l’on applique aux x l'opération .4, les t seront changés, et par suite aussi les z.Mais l'effet de .4 sur les t n’est qu’une permutation circulaire; son effet sur les z sera donc le suivant: Nous avons 1;\ un ensemble de k variables qui sont changées par .4 en un produit d’elles-mêmes par une racine de l’unité.On peut montrer que ce nombre k peut s’étendre de manière que l’on obtienne finalement n fonctions des x linéairement indépendantes possédant la même propriété.Désignons ces n fonctions des x par: Nous savons que l'opération .4 sur les x produit l'opération équivalente S/15-1 sur les u.Mais nous venons de prouver que ces u subissent alors la transformation: w 0 11 4- t j -f- + tk + e-1 t, + .+ e 1 ’ U 11 + e 211 + .+ e ¦’ ' * 11 t (t — n U-l) (fc —I) 11 + e c Ui = SmZi + U| = «!I X 1 + + s |„ X, S !„ X un = s„r,4 p‘ u I^a matrice S transforme donc A en la matrice équivalente: 1 0 0 e 0.S/l S-1 = 0 0 e2 0 0.0 .0 THKOIUE DK LA REPRESENTATION DES GROUPES 175 une matrice diagonale dont les éléments non nuis sont des racines de l’unité d’ordre k.Caractère d'une matrice: On appelle équation caractéristique d’une matrice A, l’équation obtenue en égalant à a le déterminant: (-i)r + (-ir,ri(o,, + a„+ +0+ =o Les racines de cette équation sont les racines caractéristiques de la matrice, et leur somme, le caractère de la matrice.La théorie des équations donne: Le caractère d’une matrice .1 est donc égal à la somme des éléments de sa diagonale principale.Pour une matrice diagonale, chacun de ces éléments est une racine caractéristique.On montre que deux matrices équivalentes ont les mêmes racines caractéristiques et le même caractère.Définition: Les éléments d’un groupe abstrait ne sont liés à aucune interprétation précise.Lorsque l’on trouve une application d’un groupe sur des éléments concrets, on parle d’une représentation du groupe abstrait.On peut donner de la représentation la définition formelle suivante.|o 11 — t a 11 a .s - a„ i où t est une variable.Cela mène :\ l’équation: coefficient de tn somme des racines = coefficient de tn c'est-à-dire: a i i 4- a .4- 4-flr* III — REPRÉSENTATION DES GROUPES PAR LES MATRICES 176 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE H Quand on connaît un ensemble C d’éléments a,b,.s,l.formant un groupe et que l’on peut faire correspondre à chaque élément s une matrice de dimension n, M(s), de telle sorte que Mis) Mit) = M(st), on possède une représentation du groupe C par les matrices de dimension n.Il convient de noter que la définition n’exige pas Mis) ^ Mit) quand .s ^ t.Il existe une représentation de grande importance où l’on fait correspondre à chaque élément du groupe la matrice identique de dimension n.C’est elle qu’on nomme la représentation identique.Quand le groupe initial n'est pas un groupe abstrait, par exemple, le groupe linéaire, on voit que le groupe est une représentation de lui-même.Représentation du groupe symétrique: Soit s = 1.2, .Si.Sj, 1 l’élément général du groupe symétrique sur n symboles.Soit Mis), la matrice de dimension n dont les éléments de la j-ième colonne sont 0, sauf celui qui appartient à la Sj-ième ligne, lequel est égal à 1.c’est-à-dire: fooo M(s) = : ooo 0 .o' 0 .0 .1 .0 j-ième .0 sj-ième L'élément de M(s) situé dans la fc-ième ligne et la j-ième colonne peut être désigné par s',:J: Sa valeur sera 0 ou 1 selon ce que l’on vient de dire.Désignons par t\le même élément de la matrice Mit), et cherchons l’élément correspondant de M(t) M(s).É t’klS' h > On a: THÉORIE DE LA REPRESENTATION DES GROUPES 177 expression qui donnera toujours o, sauf pour le cas où en même temps: l = Sj et k = t\ c’est-à-dire: k = t^.Ceci nous assure que la matrice M(t) M(s) correspond à la permutation : c’est-à-dire tS La correspondance s—*¦ M(s) t M(t) donne donc: M(t) M(s) = Mils).Les matrices Mis) sont a[)pelées matrices de substitutions et elles fournissent une représentation du groupe symétrique.Elles traduisent la transformation suivante: Tl = T, j l! = T,s T„ = X3n où Si, Si, , sn est une simple permutation des indices t, : , ., »¦ Représentations des grimpes cycliques: Il se présente deux problèmes fondamentaux dans l'étude de la représentation: a) Un groupe étant donné, en fournir toutes les représentations non équivalentes par les matrices.b) Un ensemble de matrices de dimension n étant donné, trouver tous les groupes finis représentables par elles.Nous allons essayer de résoudre le premier de ces problèmes pour les groupes cycliques.Soient .1, A-, .1' = /, les éléments d’un groupe abstrait d’ordre a.Commençons par en trouver les représentations par les matrices de dimension 1.Remarquons que si le) est la matrice correspondant à l’élément A flu groupe, on doit avoir: 178 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE car c’est la matrice identique qui doit correspondre à l’identité du groupe.Il faut donc que e soit une a-icme racine de l’unité; c peut alors être choisi de a façons.L’on obtient les représentations: -•1—> (1) .•1 -> (c) ¦‘1-^(0 ,1 —> (ca_)) Ce résultat peut paraître plus clair dans le tableau suivant, où l’on donne la matrice correspondant à chaque élément du groupe.1 .t .1 : Aa~ 1 /?c (1) (i) (1) ( 1 ) /f, (1) (C) fc =) (ea~') /?, 0) (e'-') (e-(a~°) fffl- 1 (i) (ca_1) (e s'-'1 (c fl 1 — •I ¦ • 'I ¦ + 4- r ' - 1 fl:- ¦ 4- , - - ù fh I- \ ' 1i On obtient, en additionnant membre à membre: "g o 4- n obtient : ( >n a donc finalement : R = R + IR, équation qui donne toute.- le- ropré— entations non e(|iiivalentes que nous cherchions.Ri prisi iilation-s representations des groupes cyclique- sont réductible- a fie- représentât ions de dimension 1.On pourrait par une longue suite de théorèmes prouver que les groupes abéliens jouissent de la meme propriété. THÉORIE DK LA REI’RÉS K STATION DES CROUPES 183 Parce r| ii* • il- ü roil pi" abéiicns sont dus produits directs de groupes cycliques, nous pourrons nous servir encore des résultats précédents.Soient .1 .1 .1,., les éléments générateurs d'un groupe abélien C.et il ;, n j, . .un moment donné, turns pouvions voir lis molécule < d'air d'une omit sonore, r'tst dt cftt< Juron quelles nous apparaîtra ont.1 noter les raréfaction • t Us condensations. KHI RKVl I.TRI.MI'.'TK1KI.!,K CAN ADIIAXI ce jeune homme à la moustache noire qu’était alors Bell.Cette indifférence toutefois se transforma bientôt en respect, lorsque l'empereur du Brésil, invité d’honneur à l'Exposition, et qui avait visité les classes du jeune homme à Boston, se précipita vers Bell le.» liras tendus en lui disant : « Professor Bell, comme je suis heureux de vous revoir».Il insista pour voir son exhibit et Bell, après lui avoir expliqué le fonctionnement de son appareil, lui donne le récepteur et s’en va dans une autre chambre, afin de parler dan.' le transmetteur.Soudain, l'empereur échappe le récepteur sur le parquet.«Mon Dieu, dit-il ça parle réellement, c’est, dit-il, la chose la plus merveilleuse que j’aie vue».Sir William Thompson, plus tard lord Kelvin, qui l'accompagnait, dit que c’était la plus grande invention du siècle, et durant le- essais que lady Thompson et lui-même firent avec Bell, les jours qui suivirent, ils couraient tous deux du transmetteur au récepteur, c’est-à-dire d’une chambre à l’autre comme des enfants d'école ébahis.Six semaines plus tard, le Hi août 1N7Ü.eut lieu entre Brantford et Paris, Ontario, ht première conversation longue distance.De-curieux remplissaient le magasin de Paris où Bell s'était installé et plusieurs avaient dû rester au dehors.11 avait toutes les peines du monde à faire taire cette foule, quand tout à coup il se produisit un moment de silence complet, ("était Bell «qui venait d'annoncer qu'il avait entendu la voix de nouveau; elle récitait un poème qui lui était familier elle semblait être celle de son père.Pourtant ce ne pouvait être lui, puisqu'il ne devait pas aller à Brantford ce jour-là.I.'opérateur du télégraphe communique avec Brantford afin de savoir qui avait parlé, mais ht réponse revint pur téléphone oui.Alee.c'est ton père (pii parle.Bell en avait entendu suffisamment.Alors tout le monde voulait écouter et la ligne télégraphique «qu'il avait louée pour une heure ne fut pas libérée avant quatre heures du matin.D'ailleurs le loyer n'en fut jamais payé, mais plutôt les compagnies de télégraphe firent immédiatement à Bell des propositions afin de se servir de se- patentes pour les adjoindre à leur service télégraphique.A partir de ce moment, le développement de la téléphonie prit un e-sor considérable.Mai- Bell, comme la plupart des génie-inventeur.-, manquait totalement du sens des affaires.Il avait conçu le principe de la transmission du son et avait établi ses possibilités de réalisation; d'autres allaient assumer I l l'es poil- I.A TKl.KI'IIOMK HH * (itrtntii wt»r »—wwmta mcTtict.ni iéï* sabiiité «le >nii développement, la construction d’un réseau transcontinental (pii serait mis au service de millions d'êtres humains.l.e premier type de téléphone était un appareil très rudimentaire.l.e meme instrument servait en même temp- à la transmission et à la réception, on parlait dans l'embouchure pue l’on se hâtait ensuite de porter à l'oreille j.( ur (Voûter.Les modèles se perfectionnèrent graduellement et plus de cent différents genre- furent standàtfdisés à différentes épi h pies pour être ensuite remplacés par d'autres plus modernes.1 Hautre part.il n'existait pas de tableau de distribution pour relier un abonné à un autre et le téléphone ne -eni-I>l:iit être, aux yeux du publie, d'aucune utilité pratique.Ce manque de confiance, comme on peut bien se I imaginer.ht qu il était presque impossible pour les pionniers du telephone de se trouver des bailleurs de tonds.I outdois, peu à peu, son utilité et sa commodité sont reconnues, ce qui lui gagne* de nombreux parti- r_ sans et provoqua une grande demande de service , qui amène de-problèmes techniques des ]ihis difficile-.( )n s’y at-tnqtte hardiment Transmetteur d»nt Hell .-e .rr,t pour faire le premier appel Inmjue distance du morhle, entre Purin * t Brantford, (tnlario, le I ' ‘ août Premier ap/nreil d'abonné.Il fut installé à Hamilton, Ont., en l'I' .1 noter i]u'il 'il'1, il* trari'mi tteu' el de récepteur. Ki:vri: tiumi:sthii:i.u: cana diknni: I! 12 i t aujourd'hui.en Amérique seulement, plus de 5,000 ingénieurs et techniciens avant à leur disposition un outillage des plus perfectionné.travaillent dans des laboratoires à extorquer de la nature quelques-uns de ses secrets, afin de les adapter à la téléphonie et à ses services auxiliaires.Si l’on tient compte qu'un seul poste à cadran se compose de plus de 270 pièces dont la fabrication nécessite l'emploi de vingt variétés différentes de matériaux importés des cinq parties du monde, on aura une petite idée de l’importance de l’industrie téléphonique.Dès son origine, le Canada a occupé le premier rang quant à l’expansion du téléphone.Avec une population estimée à 10.d77.000 en 1030.on comptait dans notre pays 1.323.000 postes, soit 11.9 téléphones par cent de population, tandis que dans le monde entier il y en a environ 40,000,000.Seuls les Ktats-I’nis nous dépassent légèrement pour le nombre de postes par cent de population.Le téléphone, naguère considéré comme une curiosité scientifique, a vite pris sa revanche et nous a appris à compter sur lui.Seul dans notre pays, il se fait 7.0(10.000 d'appels par jour dont 1 .SOI),1)0(1 à .Montréal seulement.Quelle confusion dans notre vie économique et sociale s’il venait à manquer, même pendant une .journée.Vasco de Clama, navigateur portugais qui découvrit la route de- Indes, arriva à Calicut, stir la côte du Malabar, le 20 mai 14!)s.11 commandait quatre navires qui avaient mis à la voile sur le Tage le 0 juillet 1407.Ce voyage, qui ouvrit le commerce entre l'est et l’ouest, dura donc 11 mois.Durant tout ce temps on ne reipit aucune nouvelle de ces marins, et ee n'est qu'après leur retour en septembre 1400.qu'on apprit le succès de leur expédition.Quel contraste entre ce voyage de de Clama au X\e siècle et celui qu’y fit l’an dernier, en quelques minutes, l'écrivain et commentateur de nouvelles, Lowell Thomas, qui eut le sensationnel avantage d’inaugurer le service téléphonique entre New-York et Bagdad, ville du caliphe Maroun Kl Ha-eLid, située sur le Tigre en Asie, et qui le lendemain recevait un autre appel venant d’un ami demeurant encore quelques mille milles plus loin.I.aissons-le plutôt relater -es propres impressions.« Londres vous appelle.Londres vous appelle.j'ai pour vous sur la ligne un appel venant des Indes.Voulez-vous répondre à cet appel?Si je veux y répondre,.je vous croi-.et alors saisissant l'appareil, j'entendis la voix de mon ami qui me parlait d'un des coins les TERRE-NEUVE i ?CIRCUIT RADIO - TELEPHONIQUE YAMACHiCHE; MONTREAL A ST JOHNS, RUMMONDVILLE TERRE - NEUVE H \ T K T RIM I : STK : K U.r: ( ' A \ A I) IK N \ K 194 plus dramatique et des plus romantique du monde — Agra la ville du Taj Mahal, hupielle était, il y a des centaines d'années, la capitale du splendide Mogol».C.• /J E C Oli 11 ' ^ \ pacific oc CA * A Tl 4 4 ne IX'A» 'wUMftto t Ç/'ûUf Nt’MtBO * » i * àvoe i ' Le* circuit' téléphoniqu > relient maintenant tntre • ui, l< s continents tt un grand nombre d paquebot-, fl -irait possible, pour qui (ii a trait la Junta’-te, d> fain un appel téléphonique chez son voisin, e/i faisant d'abord faire h tour du monde à son appel.l.a conversation voyagea aller et retour, entre New York et Londres, à travers les airs, sur ondes courtes.Là.elle était relayée et de nouveau sur ondes courtes, elle continuait sa route à travers l’I.urope en passant par l'Asie après avoir effleuré l’hgyptc des Pharaons et la ruer Rouge, traversant l'Arabie, ht Perse et la moitié «les Indes jusqu'à Puna, situé sur le plateau de Dekkan en haut de Bombay.A eet endroit, les ondes portât rices de la voix étaient captées et ht conversation voyagea sur fil à travers ht moitié des Indes jusqu'à Agra, la ville du Taj Mahal, merveille d'architecture du vieux monde, tandis que de l'autre côté de la terre, à plus de 10,000 milles de distance, à l'autre bout de la ligne, et métallique et hertzienne, se trouvait Lowell Thomas, à Radio City, dans le «Centre Rockefeller», merveille d'architecture du nouveau monde, ht tout ce trajet ne prenait qu'une fraction de seconde.X'est-ee pas simplement féerique?Alfred Cossette, LC.Smti au prochain numéro) LE PROCES DU QUOTIENT INTELLECTUEL /.INTRODUCTION Il revient à Binet et à son collaborateur Simon l'honneur et le mérite d'avoir répondu à une question restée longtemps en suspens.«l’eut-on déterminer h* niveau mental d'un individu donné, Pierre, autrement que par les qualificatifs d'intelligent, de très intilligent, de peu intelligent.qui laissent la voie ouverte à îles interprétations extrêmement vagues et floues?» Leur concept d’âge mental, entendu dans le sens tout expérimental d'un instrument de mesure Lien déterminé, est leur réponse géniale.La notion d'âge mental a rendu, et elle rend encore, de très grands services.Mlle a cependant un petit inconvénient.Chez un individu en croissance, surtout dans les premières années de la vie.l'âge mental n'est pas fixe.Il croît avec l'âge chronologique.En conséquence, pour caractériser l'intelligence d'un individu, il faut fournir à la fois l'âge mental et l’âge chronologique, quitte à l'interlocuteur de juger lui-même du rapport entre ces deux variables.On a donc cherché une mesure qui serait d’application universelle et qui désignerait le degré d’intelligence d'un individu indépendamment de son âge.C'est Stern, de Berlin, qui suggéra le Quotient Intellectuel en 1012.Auparavant, des psychologues, comme Bobertag, Kramer et Ohotzen, avaient démontré que le retard intellectuel, tel qu'il est estimé par Binet, croît avec l'âge, de telle sorte qu'un degré d’arriération est moins sérieux chez un enfant âgé que chez un tout jeune enfant.Quelques années plus tard, 'Lerman adopta et répandit l'usage courant du quotient intellectuel.Cet indice s'obtient en multipliant par 100 le quotient de l’âge mental d'un individu par son âge chronologique.Il suffit de comparer ce résultat à la norme, c’est-à-dire 100, pour connaître de combien l'individu est mentalement mieux doué ou, le cas échéant, moins bien doué.Le quotient intellectuel est donc une mesure qui parle d'elle-même.Mais son adoption en psychologie postule, comme hypothèse fondamentale, que le chiffre obtenu par un enfant à S ans, par exemple, soit le même que celui qu’il obtiendra plus tard à 10 ans, à 12 ans, à 14 ans.Si, en effet, le quotient intellectuel KKvn: itumk-tkiku.h i awdikwi: 1 '.Hi n’était pa.- stable dans une certaine mesure, .'’il fallait chaque fui' lui annexer l’indication de l’âne chronologique de l’individu, il n’y aurait rien de gagné sur la notion plus -impie d âge mental.Kt donc, le véritable problème critique (pii se pose par rapport au quotient intellectuel est le suivant: «Reste-t-il O >.\ ST.\\'I avec l'âge?» Comme bien l’on pense, depuis son origine, le quotient intellectuel n’a cessé de subir l’épreuve expérimentale dans tous les pays.C”est une petite vue d’ensemble, fort succincte, de cette question qui sera offerte ici.I.'étude se limitera au quotient intellectuel qui provient de- tests Stanford-Binet.Il DE .H'RE.LE (jroTIEXT / AT EU.EJ T r El.DOIT-IL VARIER ?Des considérations a priori révèlent que la constance du quotient intellectuel est exposée à bien de'écueils.\ oiei les principales causes de variation; il y en a d’autres.A.Dr point ni: vrt: ni: la XATl’KK DBS TKSTS 1.L< ihiiih sur lu rab ur des traductions (h s t>.A> Stiinford-Rnnt.Tant que l'on n’a pas fait l’étude sévèrement critique (les tests traduits que l’on emploie, on ne sait jm' si les perturbations obtenue- expérimentalement tiennent au quotient intellectuel comme tel ou bien à une standardisation insuffisante de- tests eux-mêmes.2.La II m Ration d( Téclnlh an niait dan* son l’h inlur.Avec l’échelle Stanford-Binet de lUlti, I age mental maximum était de 111 ans (i mois.Or, il est.possible qu’un individu donné atteigne ce plalond dès 1 age de 13 ou de 14 ans.Ln.suite, son quotient intellectuel devra néce'-aircment diminuer puisque la fraction qui sert à le calculer conserve un numérateur constant pendant que le dénominateur augmente avec l’âge.[.a révision de 11137 a remédié quelque peu a cette imperfection.L'âge mental maximum est maintenant de 22 ans 10 mois.De plus, dans le calcul du quotient intellectuel, l’âge chronologique est diminué systématiquement entre le- ages 13 et Iti ans.Le dénominateur de ht fraction ne peut dépasser le. LE Q TOT IE N'T INTEL LECTL'EI, 197 3.Les grandeurs de l'unité de l'échelle.Pour qu’un quotient intellectuel de 90.par exemple, restât constant, il faudrait que l’âge mental de l’individu grandît régulièrement au rythme de 10.S mois par année.Or, de 6 à 12 ans, l’échelle ne progresse que par unités de 2 mois.La synchronisation parfaite des deux allures est donc rendue impossible de ce seul fait.L’influence de ce facteur est peut-être négligeable dans le cas des individus eux-mêmes.Mais lorsque les recherches se font sur de grands nombres d'individus, son influence devient plus manifeste, surtout, on le conçoit bien, aux limites supérieures du test, où l’unité varie par à-coups de 3 à !) mois.4.Les échecs et les succès marginaux.Un échec marginal est une réponse qui est à peine inférieure au barème de passage.Mlle est cotée fausse au même titre qu’un échec complet.Il y a, au contraire, succès marginal quand la réponse renferme tout juste ce qui est exigé.Mlle est cotée bonne au même titre qu’une réponse parfaite.Par exemple, à 10 ans, il faut savoir 30 mots du test du vocabulaire.Un premier enfant ne sait que 29 mots; l’item est coté 0.Un second enfant connaît tout juste 30 mots; l’item est coté bon.Voici maintenant le cas d'un enfant qui est examiné deux fois à un mois d’intervalle.Deux échecs marginaux du premier examen sont remplacés par deux succès marginaux au deuxième examen.Alors, pour une augmentation d’un mois en âge chronologique, il enregistre une avance de 4 mois en âge mental.Ces résultats marginaux, distribués tout le long de l’échelle, peuvent rendre compte de bien des fluctuations du quotient intellectuel.5.La validité absolue du test.Le test employé pourrait bien mesurer et l’intelligence et d’autres facteurs variables avec le temps.Les tests Stanford-Binet sont de bons instruments de mesure psychique.Mais ils ne sont pas encore parfaits. 19S KKVVK TKIMESTIilEEI.E CANADIENNE La revision de 1937 est Lien supérieure à celle de 1916.Cependant, des psychologues comme Grace Kent suggèrent déjà une troisième révision où l'on corrigerait quelques déficiences de fond ignorées dans la récente enquête.6.Les fondions psychiques atteintes par h test aux différents âges.Slocombe a fortement attiré l'attention sur le fait que les tests Stanford-Binet mesurent île- capacités mentales différentes aux différents âges.Dans ces conditions, le quotient intellectuel ne peut prétendre à une stabilité parfaite.B.Dr point DE VIE DES CONDITIONS K NI’fi B IM KNTALKS DC T MST 1.La personnalité (le Vexaminateur.L’attitude de l'examinateur peut jouer un certain rôle.Il faut tenir compte de l'équation personnelle de l’examinateur, surtout lorsque celui-ci n’a eu qu’une préparation psychologique sommaire.I! est évident que la valeur probante de certaines recherches est nulle, quand les examens ont été mal faits.2.Les intervalles de temps entre les examens répétés de l'individu.Il semblerait que plus grand est l'intervalle qui sépare les deux examens d'un individu, plus grand aussi sera le changement apporté au quotient intellectuel.Kn fait, l'intervalle de temps n’a pas une influence considérable sur la constance du quotient intellectuel.3.Les erreurs dans l'emploi de l’échelle.Il peut y avoir des erreurs de toutes sortes soit dans l'administration des tests soit dans la cotation des réponses.Koran, de l’université catholique de Washington, prétend que plusieurs examinateurs qui se croient adroits dans l'emploi de la révision Stanford font un nombre surprenant de ces erreurs.Voici quelques facteurs plus ou moins contrôlés au cours des examens: la familiarité plus ou moins grande avec les tests; les LE QUOTIENT INTELLECTUEL 199 difficultés do langage chez les enfants, difficultés qui peuvent varier avec l'assistance à l’école; la coopération du sujet, qui peut faire des efforts à un examen et rester indifférent à l'autre; des conditions mentales ou physiques anormales à l’un ou à l’autre examens.C.Du point de vue du NIVEAU MENTAL I.es enfants d'intelligence supérieure, plus que d’autres, sont affectés par la limitation de l’échelle à son niveau supérieur.Quant aux déhiles mentaux, le fait cpie leur croissance mentale cesse plus tôt que celle des normaux est de nature à faire décroître leur quotient intellectuel.Dans sa récente révision.Terman a observé que l'erreur probable d'un quotient intellectuel est directement proportionnelle à la grandeur de ce quotient intellectuel.D.Du point de vue du Sl'.lET LUI-MEME 1.I.Au-dessous de fi ans.l’instabilité nerveuse et musculaire empêche l’enfant de plus l'âge mental; et.pour dénominateur, un certain «y» plus l'âge chronologique.Cela provient de ce qu'on ne connaît pas l’origine absolue de ces deux variables.Or, chacun des termes de cette nouvelle fraction n'a que la deuxième partie qui soit variable avec l'âge.Le fait qu'on ne connaît d’une façon précise ni «x» ni «y» empêche de rajuster les deux échelles de façon à rendre le quotient intellectuel parfaitement constant.3.Le phénomène de la régression.Admettons que l'indice i se rapporte au quotient intellectuel au premier examen, que l’indice 2 se rapporte au quotient intellectuel au deuxième examen et qui* l'indice g désigne le gain en LE QUOTIENT INTELLECTUEL 2111 quotient intellectuel au deuxième examen.Alors, il est facile d’établir, par un calcul algébrique assez simple, que: r 12 "i Cette formule montre clairement qu'à moins que la variabilité, r.n’augmente du premier test au second, la correlation entre le premier quotient intellectuel et le gain doit être négati\e, puisque r,: ne sera jamais l'unité.En d’autres termes, en raison même de la nature des mensurations psychiques, des quotients intellectuels, distants de la moyenne au premier examen, doivent deux-mêmes se rapprocher de la moyenne lors d’un deuxième examen.Résumé Il résulte de toutes ces considérations que, d'un point de vue a prioriste, le quotient intellectuel doit être de caractère variable.Mais, procédons maintenant à l'examen de l'éloquent témoignage des FAITS.111.DE FACTO, LE QUOTIENT INTELLECTUEL VARIE-T-IL ?A.Les méthodes d’étude 1.Le coefficient de corrélation.On calcule la corrélation entre deux séries de quotients intellectuels obtenus à la suite de deux applications de tests.La corrélation sera d’autant plus élevée que le quotient intellectuel se sera maintenu constant d un examen à 1 autre.2.L'erreur probable d’estimation.Cet indice nous dit dans quelle mesure les deux séries de résultats s'écartent de la corrélation parfaite.Par exemple, si l'erreur probable d estimation était de 5 points, 50 c cle.- lesultats au deuxième test seraient à 5 points près leurs résultats correspondants au premier test. ¦ 202 REVU K TRIMESTRIELLE CANADIENNE 3.La différence moyenne.Les doux applications du test ont fourni doux quotients intellectuels pour chaque individu.On calcule la différence entre ces deux quotients intellectuels, différence qui peut être positive, négative ou nulle.Il est possible ensuite de chercher la moyenne de ces différences.On conseille de produire trois mesures: la différence moyenne sans égard aux signes, le gain moyen et la perte moyenne.Cette méthode est tacitement intelligible par tout le monde.B.Les principales conclusions des verifications EXPÉRIMENTALES La variabilité du quotient intellectuel se trouve donc en puissance dans les multiples facteurs que nous venons d’envisager rapidement.Cela étant, la surprise, c'est la COXS1 AXC'L que l’on constate malgré tout.Cette constance n'est pas parfaite.Mais le fait que l’on retrouve à peu près le même quotient intellectuel après un certain laps de temps a frappé les psychologues et il laisse croire qu’il y a une réalité psychique atteinte par cette mesure.L’influence des facteurs de variation peut être cumulative en bien des cas et cependant le pourcentage des fluctuations importantes est relativement petit.Dans la grande majorité des cas, par conséquent, le quotient intellectuel se réclame d'un bon degré de constance.Le lecteur est ici renvoyé à l'article de logical Hull lin, 30, 1033, pp.143 ItjX.I tableau, la synthèse des résultats de près de cette question dans le réel.Ce tableau lui pc constatations.Kn voici quelques-unes.Xemzek.dans Psycho-11 verra là.en un seul 75 efforts pour résoudre irmettra de ' ‘uses a) Ln général, c'est-à-dire dans la moitié des cas, le quotient intel- lectuel varie de 0 à 5 points.b) Quand les quotients intellectuels sont mis en corrélation, les coefficients oscillent entre .80 et .05.c) Il y a un peu moins de variation pour les faibles d’esprit que pour les normaux.Cette variation est dans le sens d'une décroissance.19 LK QUOTIENT INTELLECTUEL 203 d) Pour les enfants supérieurs, le quotient intellectuel est pratiquement constant, si l’on tient compte des limitations imposées par le test.c) En dessous de 6 ans, les fluctuations sont plus grandes.1 IV.QUEL EXPÉDIES!' VEUT-ON SUBSTITUER AU QUOTIENT INTELLECTUEL ?Un îles substituts du quotient intellectuel qui ont été le plus mis de Pavant, c’est bien la «Constante Personnelle».Cette nouvelle mesure est née d'un effort pour améliorer l'une des déficiences du quotient intellectuel: «Les unités de l’échelle mentale ne sont pas d’égale valeur aux divers niveaux de l’échelle».Par exemple, une année d'âge mental à là ans n'a pas l'importance d’une année d’âge mental à 6 ans.La nouvelle technique veut traduire l’âge mental en termes (VUnités de croissance mentale.Pour cela, il a fallu tracer la courbe de la croissance mentale à la suite de multiples examens d’enfants.En second lieu, on a dû chercher l'équation mathématique de cette courbe.A ce point de la procédure, le problème était pratiquement résolu: les “x" correspondaient à l’âge chronologique les “y" à l'âge mental.Il ne restait plus qu’à dresser une table des Unités de croissance mentale pour chaque mois d'âge chronologique.C'est à Hugo Heinis que revient le mérite de cette découverte.Hildcn, de Minneapolis, a fourni une table fort commode qui permet de lire directement le résultat en connaissant l’âge mental et l’âge chronologique de l’individu.L’idée du quotient intellectuel reste la même: on fait le quotient d’une mesure du développement mental par une mesure du développement physique.Il n’y a de changement que dans les unités des échelles de mesure.Le meilleur argument en faveur de ce nouvel indice, c’est que dans plusieurs recherches expérimentales (Kuhlmann — Baldwin et Steelier—-Riley - - Hildcn), il a manifesté une constance frappante là où le quotient intellectuel présentait des fluctuations assez notables.1 Le lecteur qui désirerait plus de renseignements sur cette question pourra consulter les travaux de Foran et de Xemzcck, qui ont fourni une bonne partie de la documentation ide cet article.Four un résumé succinct des travaux parus depuis 1930, il pourra lire l’article de K.-L.Thorndike: Constancy of the I.Q., dans Psychological Bulletin, 1940.37, 107-180. 204 RK VU K TRIMKftTRIKLLK (AN A DI KW K r.DAX S QUEL É TA T LE QIÔÈIEXT IX TELLEC TU EL SE T III E-T-IL DE CETTE ORDALIE ?La plupart de.» lois et des outils scientifiques n'ont, on le sait, qu'un degré relatif de perfection.Bien naïf serait celui qui y chercherait la perfection absolue.Les considérations précédentes montrent que le quotient intellectuel ne mérite ni le panégyrique ni l'abattage, mais un degré tissez sérieux d'estime.La fluctuation moyenne de 5 points qui a été constatée maintient un normal dans la catégorie des normaux, un déhile mental dans la catégorie des débiles mentaux, un mieux-doué dans la catégorie des mieux-doués.Le problème n'existe au fond que pour les cas frontières.Or tout psychologue, qui a tant soit peu d'habitude des tests, porte toujours un soin particulier à ces cas.Les nombreux services que le quotient intellectuel a rendus à la psychologie plaident en faveur ou bien d'un perfectionnement plus poussé de ce bon index psychologique ou bien de la substitution d'un meilleur index.Mais de toutes façons, il serait mal à propos de décréter simplement sa suppression sans remplacement.Ce serait une régression vers les notions vagues et partant inutile' Bien des recherches scientifiques de comportement psychique seraient paralysées.Ce serait le retour à l'attitude d'agnosticisme, qui ne mène à rien.Il faut rendre jugement sur le point en litige.Le voici.JL DÉCLARE LE QUOTIENT INTELLECTUEL HONORABLEMENT ACQMTTÉ.Frère Chrysostomk.F.E.C., Prnft sscur à l'In.st.pédagogique Sl-Gcorgcs. LA REVUE DES LIVRES [.a cri i;î:i: pans i.a it:.\sl:i; lconumiqit: Dr \vie sikcll, par Kdmonil Sdbernor, Dm teur •.- Science.- économiques, diplômé de I Institut l’iiu< r-jt;urt- de Hautes Ktüücs 1111iTiiîitii>11:11 ft Privat-Docent à I I ni- versité de ( Icnèvc.In-,s dt 302 pages.Publii par la Librairie du lieciuil Sirey à Paris.(.V volume est le septième de la série intitulé: ulitude* *nr VUmloire tic* Thé; ' - • ci'iti"! ’'!¦¦' ¦ I '"iir rédiger sa t liè.-e l'auteur a n insulté tout (s les grandes bibliothèques dT.urope.Le long de son exposé il inclut de nombreuses citations extraites des ouvrage' les plus significatifs, surtout lorsqu'il s'agit îles livres rares.L'auteur étudie d’abord les mercantalismes français, anglais, italien et allemand.I Via le conduit à tiaiter ensuite du nationalisme économique des mercantilistes.l ue deuxé nu partie de l’ouvrage est consacrée au pacifisme des libéraux (économistes éclectîques.les phy.-iocrati - et leurs précurseurs, les libéraux anglais).Dans -a conclusion, l'auteur nous montre le parallélisme des événements actuels et des fair.- historiques.I V dorumi ut e.-t complété' par une bibliographie i ouvrant plus de vingt pages.A.( '( d ;( ).\ A TA 1'.Mat t haeils, O.M.t'.Il / n.-i d ni I"hi .- ./ are Cannnici ».N ol.I S»rmm iii to 'ih -, hi f'lerict*, Ih lttltgt"'i -, Dt Ijitn*.(Grand in-s, 2e édition revue et corrigée 1939, '.'7'.' pages .Vol.11.Dt Jiebus.(520 pages).Les 2 vol.9(1 lire Manctti.Turin, Home.la remari|uable juriste qu i .-t le P.( 'oronata est un de ceux qui ont le plus contribué' a illustrer le iode de 1 doit canonique.Son ouvrage qui révèle, avec la -cience appropriée, un sens juridique exquis, sera d'une grande utilité non seulement aux étudiants, mais encore à tous ceux qui s’adonnent à ce genre d'étude.Si le droit e-t une science plutôt aride, l'exposé est si i lair qu'il n'engendre aucune difficulté et ,-e révèle d'une lecture fort agréable.L'auteur suit le ('ode pas à pas; il explique clairement, mais sans longueurs, les ' anon- et les arguments.Il ne laisse aucune question .-ans la résoudre.S'il est possible de différer d’avis avec lui, chacun peut aussi le suivre en toute sûreté.II faut louer la qualité de cette seconde édition Les caractères nets et bien imprimés ne fatiguent pas le- yeux.T LH HALL! (IL Iranci-eus, (SS,IL), «h, Occa*,ttMn ,/ létculiri* », juxta ilhctnimrn ,S.\lphon-i ahorutitf/ut firnbtitnnini tinctonj ut.(Grand in-\ seconde éd.revue et augmentée, xv— 455 p.35 lire).Muriétti, 1939.lurin.( V livre -'adresse évidemment aux confesseurs.La matière est traitée selon une méthode a la fois scientifique et pratique.L’auteur condense la doctrine sous forme de Thèses.Chaque tliè.-e est d’abord expliquée, puis prouvée à l’aide d'argument.- internes (philosophiques, théologiques) et externes; puis vient la réponse aux objection- et difficulté.-.L’auteur suit principalement S.Alphonse, que R K V U K T RIM K.STR IK L L K C A N A DIK \ N' K 206 Léon XIII a appelé «le plus éminent et le plus doux des théologiens moralistes»; mais il ne néglige pas d'appuyer ses arguments sur les prim-ipt.- de S.Thomas.Cet ouvrage sera très utile non seulement aux théologiens, mais eneore aux pasteurs et aux eonfesseurs.OPPKXHLI.M (Dr.Philippas.O S H.) «Institutionr.* >ustunatico I < tnricne in sacrum liturgiam >•.Vol.II.Tractatus tl< jure liturgie».I'm I tln-So, 1030, xii-233 jj.).Vol.Ill Traclatu»
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