La revue trimestrielle canadienne, 1 janvier 1939, Septembre
PAr\ i ie année 1BRARY MONTRÉAL Septembre 1939 ue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.SOMMAIRE Pages 231— I.Nos premiers Inventeurs.Hon.E.FABRE-SURVEYER 251— II.L’Organisation de la Recherche scientifique en France.G.-A.BOE'l'RY 263 — III.Quelques Aspects psychologiques de l’Organisation scientifique du Travail.L.-P.ALVIN 280— IV.Le Climat et la Végétation de la Provence, h.prat 307 — V.Qui manufacturait les machines agricoles Marius barbeau 317— VI.Les Problèmes de la Route ont-ils une envergure professionnelle?.c.-E.Lamarche 326— VII.Le Béton armé.A.MERCIOT 334— VIII.Revue des Livres.- - - ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL COMITÉ DE DIRECTION Président: Monseigneur Olivier Maubault, p.s.s., Recteur de l’Université de Montréal.Membre»: MM.Augustin Frigon, Président de la Corporation de l’École Polytechnique., ., Armand Cibcé, Directeur de l’Ecole Polytechnique de Montréal., , „ ., ^ .Victor Dobé, Secrétaire de la Commission des Ecoles Catholiques de Montréal.Léon-Mercier Gouin, Avocat.Théo-J.Lafbenièbe, Professeur à l’Ecole Polytechnique.Olivier Lefebvbe, Régisseur, Régie Provinciale de l’Elec- Êdouârd Montpetit, Professeur à l’Université de Mont-réûl* Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Subveteb, Ingénieur Conseil.Ivan-E.Vallée, Sous-Ministre, Département des Travaux Publics de la Province de Québec.L.Brunotto, Bibliothécaire de l’Ecole Polytechnique.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Subveteb Membres: MM.Édouard Montpetit, Augustin Fbigon, Olivier Maubault, Théo-J.Lafbenièbe, Antonio Perrault, Olivier Lefebvbe., Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire: Armand Circé Trésorier: Lorenzo Brunotto PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et lea Étate-Unta $3.0* — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1410 La Revue Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, Juin, septembre décembre., , La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et nommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent^ droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura été envoyé un exemplaire à la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à: La Revue Trimestrielle Canadienne LAncaster 9208 1430, rue Saint-Denis.MONTREAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I TOUT LE MONDE A BESOIN D’ARGENT Il y a des dépenses prévues: instruction, assurances, vacances, souscriptions, cadeaux.Mais il y a aussi des dépenses imprévues: maladie, accidents, revers, voyages, occasions diverses.Ne vous laissez pas prendre au dépourvu.Quoi que vous ayez, dépensez moins.Ne dissippez pas vos ressources.Le superflu d’aujourd’hui sera peut-être le nécessaire de demain.Mettez de l’argent de côté régulièrement.Ouvrez un compte d’épargne à la BANQUE CANADIENNE NATIONALE Actif, plus de §146,000,000 537 BUREAUX AU CANADA CHIMIE • PHYSIQUE • BACTERIOLOGIE Verrerie Pyrex.Outillage Précision.Étuves Freas et Thelco.Balances de précision.Creusets et coupelles Battersea et D.F.C.Concasseurs, pulvérisateurs, fours Braun pour Laboratoires de Mines.Canadian Laboratory Supplies Ltd.296, RUE SAINT-PAUL OUEST, MONTRÉAL II revue trimestrielle canadienne L’UNIVERSITÉ de MONTREAL Comprend les facultés et écoles suivantes : FACULTÉS THEOLOGIE DROIT MÉDECINE PHILOSOPHIE LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE ÉCCLES PHARMACIE ' SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE * INSTITUT AGRICOLE D OKA ECOLE DES HAUTES ETUDES COMMERCIALES OPTOMETRIE - MEDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat général 1265, rue St.Denis Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III SECRÉTARIAT DE LA PROVINCE École des Hautes Études Commerciales Affiliée à l'Université de Montréal Préparant aux situations supérieures du commerce, de l’industrie et de la finance Bibliothèque économique.Musée commercial et industriel Décerne le- diplômes de bachelier en sciences commerciales, licencié en sciences commerciales, de docteur en sciences commerciales et licencié en sciences comptables.< e dernier diplôme donne droit d'admission dans I Association des comptables agréés ,|(.|a province de (Québec (O.A.).l'Institut des comptables et auditeurs de la province de Quebec (L.I.t .) et la ( orpuration des comptables publies de la province de Québec (( .P.A.) MOI’USES DI' ( iOl'VEliX KM EXT ( 'ours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DT SOI R: comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations d assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux préparatoires à la licence en sciences comptables.('OTPS PAR CORRESPONDANTE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur.535, avenue Yiger, Montréal IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Notre Département de Service peut vous aider Le béton est un matériau moderne dont les applications sont multiples dans le domaine de la construction.Nous pouvons vous aider à résoudre tout problème impliquant son usage.Nous mettons à votre disposition en tout temps et sans aucuns frais de nombreux ouvrages de référence et l’expérience de notre département de Service.Vous n’avez qu’à écrire à nos bureaux les plus proches.CANADA CEMENT COMPANY LIMITED Immeuble Canada Cernent Company Square Phillips Montreal Bureaux de ventes à MONTREAL, TORONTO, WINNIPEC, CALCARY Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL SEPTEMBRE 1939 NOS PREMIERS INVENTEURS A Québec, à droite de l’entrée du parc Montmorency-Laval, situé sur l’emplacement de l'ancien Parlement, on peut lire maintenant une inscription bilingue dont voici le texte français: PRKMIKR BREVET D’IXYEXTIOX Ici, le S juin 1824, en l'Hôtel du Gouvernement de la Province du Bas-Canada, fut émis le premier brevet d’invention canadien, en faveur de Xoah Cushing, de Québec, inventeur d’unjunoulin à foulon.A.D.1935 En lisant l'inscription ci-dessus, on se pose tout naturellement deux questions: 1.Un brevet d’invention mérite-t-il d’être commémoré?2.Qui était Xoah Cushing?Cherchons à répondre à ces deux questions: On peut définir un brevet d’invention: un titre accordé par le Gouvernement à l'inventeur en vue de lui assurer le droit exclusif d’exploiter à son profit une découverte industrielle, moyennant certaines conditions imposées par la loi.Le but de la loi des brevets d’invention est de récompenser ceux qui ont contribué dans une certaine mesure au bien-être de la société. 232 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Feu W.-J.Lynch, commissaire des Brevets, faisait à ce sujet les commentaires suivants: “L’émission d'un brevet d'invention constitue un contrat entre le Gouvernement et l’inventeur, le premier accordant au second l’usufruit exclusif de son invention, pendant un nombre d'années déterminé, en considération des avantages qu'en retire le public.Bien que l'expression soit familière à tous, bon nombre de gens continuent d’ignorer la relation intime qui existe entre les brevets d'invention et le bien-être et le confort modernes, combien nous devons à ces inventions dans le passé et tout ce que nous pouvons en espérer dans 1 avenir, malgré les merveilleuses découvertes des dernières années, et comme elles sont intimement liées à tout notre système social.\ ous entendez souvent les mots: brevets d’invention, dans la bouche de l'industriel, de l’ouvrier, du marchand de gros ou de détail, du fermier, et toujours par rapport à quelque chose de nouveau qui diminue le travail, ou qui est de qualité supérieure, ou encore qu’on peut se procurer à plus bas prix qu’à l'ordinaire.Nous ne serons donc jamais trop reconnaissants pour les avantages et l'encouragement qu'offre aux inventeurs la Commission des Brevets.” Kn Grande-Bretagne, le droit d'accorder des brevets aux inventions utiles figurait à titre conditionnel dans la loi des monopoles, vers 1024.Cependant, avant l’adoption de cette loi, un brevet d’invention avait été accordé, le 11 mars 1017, à Aron Rathburne et Roger Burgess, pour un “procédé de graver et d’imprimer des cartes, des [dans, etc.La durée de ce monopole était de vingt et un ans.En France, sous l'ancien régime, les inventeurs ne pouvaient obtenir de brevets, saut par de> privilèges spéciaux, lesquels n’étaient soumis à aucune condition déterminée.Les droits de l'inventeur aux créations de l'esprit ont été pour la première fois officiellement reconnus par une loi de l’Assemblée Nationale, en date du 7 janvier 1791.Cette loi, qui conciliait l’intérêt de l'inventeur avec celui de la société, déclarait que les découvertes industrielles appartiennent à leurs auteurs et que le privilège de les exploiter, durant une période déterminée, leur est par conséquent accordé, à condition que les inventeurs remettent ces découvertes dans le NOS PREMIERS INVENTEURS 2.33 domaine publie à l'expiration de leur monopole et qu’elles deviennent alors propriété publique.Le 27 juillet 1791, la France accordait son premier brevet d’invention à Louis-François Olivier, pour “Articles de Poterie", durant quinze années.Les lois françaises ont été amendées et refondues en 1844, formant ainsi le code de l'inventeur; les privilèges des inventeurs ont été étendus aux étrangers en 1856.Depuis, la loi n'a pratiquement pas été modifiée.Le premier brevet d'invention émis sur notre continent l'a été en 1641, en faveur de Samuel W inslow, par la Cour Générale du Massachusetts, pour une “nouvelle manière de fabriquer le sel .Ceci se passait avant que les États-Fnis ne fussent devenus une nation indépendante et.par conséquent avant l'établissement d’une commission nationale des brevets d’invention.Des doutes se sont élevés sur la question de savoir si une nouvelle manière de fabriquer du sel pouvait être considérée une invention.Peut-être ne s’agissait-il que de l'importation d’un procédé, puisque dans bien des cas on accordait des privilèges spéciaux afin d'assurer l’établissement de nouvelles industries dans les colonies.Cependant, le brevet de Winslow lui avait été concédé pour une durée de dix ans et.en 1656, un autre brevet pour la fabrication du sel fut accordé, pour une période de vingt ans, à John Winthrop.Ce brevet était le quatrième émis dans le Massachusetts.Les deux autres étaient: l’un datant de 1646 en faveur de Joseph Jcnks, pour l’invention d’une faul.x.l'autre en 1652.à John Clark, pour une nouvelle manière d’économiser le bois et de chauffer les maisons à un prix minime.Le Massachusetts a devancé de beaucoup les autres États américains dans l’émission des brevets d'invention.La Pennsylvanie en accorda un en 1717, et semble s’en être tenue là.Le Connecticut est l'État qui émet le plus de brevets entre les années 1717 et 17S7.Le Maryland a commencé à le faire seulement en 1785, le Xew-Hampshire en 1786, et l'État de New-York, si l’on en croit le texte rédigé à ce sujet par un auteur, Walker, figure pour un seul brevet d’invention qui est d’ailleurs d'une importance capitale, celui concédé à John Fitch pour un bateau à vapeur.Deux années plus tôt, James Rumsey avait obtenu du Maryland un brevet d’invention identique, de sorte qu’il contesta les droits de Fitch.Parmi 234 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE les documents classés dans le dossier de cette affaire se trouve une lettre de George Washington qui se lit comme suit: J ai vu le modèle du bateau de M.Rumscy, lequel bateau est construit de manière à pouvoir lutter contre le courant.>1 ai examiné la force motrice qui l’actionne, j'ai été témoin d une démonstration assez rapide faite en eau courante et c est mon opinion (bien qti au début j’aie manqué de confiance) qu il a découvert l’art de manœuvrer les bateaux contre les courants rapides, avec le concours de la.mécanique et d’un effort manuel minime; cette decouverte est d une importance capitale et peut devenir de la plus grande utilité à notre navigation de I intérieur; si elle réussit, ce dont je n ai aucun doute, la valeur en sera de beaucoup décuplée par la simplicité du mécanisme lequel, quand il a été examiné et expliqué, peut être manœuvré par le plus ordinaire des mécaniciens.1 -crit de ma main dans la ville de Hath, comté de Berkeley.dans l’Ftat de Virginie, ce 7 septembre 17X4.George Washington.” Washington avait plus de foi en la navigation à vapeur que Napoléon.1 endant ce temps, Pitch s était procuré des brevets d'invention dans le New-Jersey, la Pennsylvanie et le Delaware.Cependant, le 27 mars 1798, le brevet accordé à Fitch le 19 mars 1787, pour une duree de quatorze ans, par 1 P.tat de New-\ ork, pour les uniques et exclusifs droits et privilèges de construire et d’employer des bateaux actionnés par le feu ou la vapeur, sur les cours d'eaux de I f.tat de New-\ork, était révoqué (avant l'expiration des quatorze ans) et accordé a Robert-R.Livingston pour les vingt années suivantes.Les efforts de Livingston, dit Walker, ne donnèrent aucun résultat, mais Robert Pulton ayant finalement réussi à mettre en mouvement le Clermont grâce à l’action de la vapeur, le 5 avril 1803, la durée du brevet de Livingston fut prolongée de vingt ans a partir de cette date, au bénéfice de Livingston et tie 1 ulton.Dans 1 intervalle, un nommé James \ an Ingen avait inaugure un service de navigation sur les rivières de l'Pltat de New-^ork.de sorte qu’en 1811, Livingston et Fulton prenaient des procedures contre lui.Julies échouèrent en première instance, mais réussirent en Cour d’Appel. NOS PREMIERS INVENTEURS 235 Je me suis étendu un peu longuement sur ce sujet, d'abord à cause de l’importance de cette découverte, ensuite pour montrer que si, de nos jours.Robert Fulton est universellement reconnu comme l’inventeur du bateau à vapeur, il n’a pas nécessairement été le premier à en concevoir 1 idee, et pour eu conclure' que la Commission des Monuments a eu raison de reconnaître une invention brevetée de préférence à celles qui pouvaient susciter des réclamations contradictoires.La Constitution des Etats-Unis contient une clause (Art.1, par.s, cl.s ) par laquelle le ( .'migres est autorisé à assurer aux inventeur.-.pour un temps limité, un droit exclusif sur leurs decou\cites.Conformément à ce droit, le f ongrès a.de temps en temps, fait voter une loi établissant et réglant l’organisation des brevets d'invention d'une manière différente de celle établie par la loi anglaise.Attorney General V.Rumford Chemical Works.32 l ed.Hop., 60S.) .La première loi concernant les b evets d invention aux Etat-Unis fut votée en 1790.Elle a servi de modèle à nos législateurs dans ce domaine.Elle a été refondue en 1793.Le premier brevet d’invention octroyé par les Etats-I nis, le 31 juillet 1790, l'a été en faveur de Samuel Hopkins de Philadelphie.pour “la fabrication de potasse et de perlasse.Mais les Etats-Unis n’étaient pas un champ assez vaste pour les ambitions de Hopkins.11 se rend donc au Canada et, le 2U avril 1791.il se procurait un acte lui garantissant, pendant six ans.1 usufruit de son invention, les contrefacteurs devant être passibles d amendes et de dommages, a moins d’être sauvegardes par des lettres patentes.Le même décret accordait à Angus Macaonell.Alexander .Macdonell, ancien lieutenant dans le corps des Gardes-forestiers, James Macdonell.autrefois porte-drapeau dans le vingt-quatrième régiment et à Christopher Carter, assistant-chirurgien de l’Hôpital Général, le privilège exclusif de la fabrication de la potasse, en les mettant sur le même pied que Hopkins.Je u ai pas réussi jusqu a présent a identifier les trois premiers de ces quatre hommes qui sont, de droit, les premiers inventeurs canadiens légalement reconnus.Les trois Macdonell appui tiennent sans doute à ce clan de soldats jacobites des Highlands qui \ intent combattre ici afin de conquérir et de conserver le ( anada a la < ou-ronne, pour me servir des termes employés par A.-McLean Macdonell, C.R.de Toronto, qui a publié une liste de ses homonymes. 23 G RK VUE TRIMKSTRIMLLE CANADIENNE J rois Macdonell dont les prénoms sont mentionnés ci-dessus ont combattu dans la guerre de l'Indépendance de 1776-1783 et aussi dan.- la guerre de 1812-1N14.I.un de ces Maodonell, qui faisait partie des Glengarry l eneibles.fut récompensé de préférence à de Salai 1eri \ pour ht valeur don! il avait fait preuve sur le champ de bataille de ( hâteauguay.Est-il l'un de nos inventeurs?Je l’ignore.X * » u-nmme- mieux renseignés sur l'associé des Macdoncll, le docteur Christopher Carter.11 était né dans le Yorkshire, en Angleterre, en 1743 ou D46 (en 1815, il affirmait avoir atteint sa soixante-dixième année, et en 1820, sa soixante-dix-septième).Antérieurement au début de la rébellion américaine, il habitait 1 hiladelphie où, selon lui, il aurait établi une maison d'affaires considerables et lucratives, En Dst\ement touches pai cette réorganisation.K n général une des conséquences de la réorganisation sera la création de nouveaux postes occupés par des agents qualifies et une diminution relativement plus importante de la main-d'œuvre commune.Il se produira donc de nouvelles catégories il agents, des changements d’attribution dans le personnel existant, de nouvelles conditions de rémunération, quelquefois de nouveaux horaires de travail, etc.Il est donc nécessaire que les modifications à apporter au fonctionnement de I entreprise fassent elles-mêmes 1 objet d un phi n de réalisation qui tienne compte non seulement des nouvelles dispositions techniques (machines, matières, etc.) mais aussi des changements opérés dans la situation personnelle de chaque agent intéressé.Si un chef d’entreprise est sensible aux modifications techniques, il l'est bien davantage aux modifications qui intéressent la situation de ses agents et surtout des cadres, car c'est dans ce personnel choisi souvent après mûre réflexion que se sont exprimées de la façon la plus vivante ses conceptions sur la gestion de son entreprise.Il faut donc qu'à aucun moment la collaboration préexistante entre le chef et ses collaborateurs ne soit troublée ou diminuée par la réorganisation.Ceci implique nécessairement, de la part de I organisateur, une connaissance psychologique aussi sûre que possible de chacun de ces collaborateurs et la mise en œuvre d'un plan de réorganisation assez souple pour s'adapter à toutes les réactions du milieu humain auquel il s'adresse.Il doit constamment se rappeler qu'une erreur de jugement faite sur un élément matériel de l’organisation sera beaucoup plus facilement oubliée par le chef d entreprise qu tine erreur de jugement faite sur le compte d’un collaborateur. Tsssm ASPECTS PSYCHOLOGIQUES DE lé ORGANISATION SCIENTIFIQUE 269 J’aborde maintenant un autre aspect de la réorganisation qui réclame presque autant d’attention de la part de l’organisateur.Une réorganisation n’entraîne pas obligatoirement l'emploi de nouveaux moyens mécaniques.Surtout dans les entreprises petites ou moyennes où la mécanisation ne peut pas être aussi poussée que dans les grandes, des progrès considérables sont quelquefois enregistrés même en l’absence de toute mécanisation.Toutefois une réorganisation sera en général accompagnée d’un certain développement de la mécanisation, plus ou moins important suivant les cas.Une question extrêmement importante se pose alors à l'esprit de l'organisateur: à quel moment et dans quelle proportion doit être introduite cette mécanisation?Pour bien vous faire comprendre cet aspect de la question, j'aurai recours à une anecdote.- 11 y a quelque temps j’avais procédé à une étude sur la meilleure façon d’établir la paye d’un personnel ouvrier et ayant jugé indispensable de connaître au préalable les méthodes utilisées par d’autres entreprises, je m’étais livré à une enquête approfondie auprès de différentes entreprises tant françaises qu’étrangères.Les méthodes que j'avais découvertes au cours de cette enquête étaient en général assez diverses et de qualité très variable, les unes excellentes, les autres médiocres, mais j’eus mon attention particulièrement attirée par l'une d’elles qui présentait des caractéristiques extraordinaires.Le chef d’entreprise m’expliqua qu'il utilisait déjà une certaine méthode depuis plusieurs années lorsqu’on lui avait offert de réorganiser ses services en les mécanisant suivant les formules les plus modernes.Il avait accepté les services d’un conseil en organisation, sur la foi qu'une économie certaine de personnel devant compenser et au delà les dépenses de la mécanisation.Après plusieurs mois de fonctionnement, la nouvelle organisation s’était montrée entièrement inadéquate, n’apportant aucune économie de personnel et ne lui permettant pas de suivre la marche de son entreprise aussi bien que précédemment.— Devant ces résultats désastreux, il était purement et simplement retourné à son ancienne méthode et, inutile de vous le dire, cet homme avait perdu toute confiance dans ce qu’on lui avait présenté comme étant de l’organisation scientifique. < 270 REVIT TRIMESTRIELLE CANADIENNE Je n'ai pas cherché à connaître le nom et les qualités de l'organisateur-conseil, mais je me suis fait expliquer dans le détail les caractéristiques des deux méthodes successivement utilisées et je suis arrivé aux conclusions suivantes: La méthode primitive était de qualité médiocre en ce sens qu'elle contenait toutes sortes de complexités inutiles telles que des reports, copies et doubles emplois et absorbait ainsi une grande quantité de personnel et une non moins grande quantité de documents.De plus tout le travail était effectué à la main.Or, qu'avait fait l’organisateur devant cette situation?Il avait purement et simplement conservé ces procédés sans y apporter aucune modification sensible et il avait mécanisé toutes les opérations où le travail à la main pouvait être effectué par < 1 5*—» .U CRAB J l< i .A' Hl't df J // / /7 A/ f/7/ TEK KK MÉE ,tK i ^ aile montrant le relief < 1*• la région I*roven«;al«* et «1rs régions voisinas.Les terrains cristallins r[ primai tes sont indique'-: 1 1 .n noir pour les massifs «les Maures et île L’KstércI ((’haine Herevmenne) ; 2.Kn •s polir les ( even nés ( B< »rdure sud-est «lu Massit rent ral français) : d.lin haehures pour les grands massifs de la zone axiale des Alpes: IVlvoux et Mercantour.Les plis provençaux, direction pyrénéenne Kst-Ouest, sont indiqués en traits noirs épais.Les plis Alpins, a direction généralement Nord-Sud sont indiqués en traits interrompus.On voit nettement le conflit des deux directions dans la partie droite tie la carte.Dans la mer, la courbe bathymétrique indiquant une profondeur de KH) mètres est marquée en pointillés.to oo VKGKTATIOX DK LA PROVKM'K 9139 2S2 RK VI ' K TRIM KSTRI KKI.K ( ' A X A IM K N X E mesure les réactions et les transformations dns hommes qui l’habitent.Nous verrons comment l'homme est intervenu, d'une façon parfois malheureuse, dans le fragile et précieux équilibré de la végétation avec le climat et le sol.I Traits généraux ni: la région provençale 1.Les montagnes.Sauf les vallées du Rhône, de ses affluents et de quelques fleuves côtiers: l'Arc, 1 Huvoaune, 1 Argens, le Yar, le territoire provençal est entièrement constitué par des montagnes.Celles-ci appartiennent à trois systèmes nettement différents (carte, figure 1): 1 lin bordure de la mer, entre Toulon et Cannes s'élèvent les vieux massifs cristallins des Maures et de 1 Kstérel (figurés en noir sur la carte 1), formés de granits, de gneiss, de porphyres et, sur leur pourtour, de terrains primaires (schistes, grés, etc.).Ces montagnes, assez peu élevées, atteignant seulement de 300 à 800 mètres, sont cependant très belles, par les teintes vives de leurs rochers, souvent d’un pourpre intense, qui plongent à pie dans la mer en une série de caps, de pointes, d'aiguilles aux formes tourmentées.La “corniche” des Maures et de ! Estérel, d Ilyères au Trayas, est l’un des plus beaux parcours que l’on puisse imaginer.Ces montagnes sont contemporaines des monts Notre-Dame en Gaspésie.Comme eux et comme les monts de Bretagne en l'rance, elles représentent des débris de la vieille chaîne hercynienne, qui se forma en Europe et en Amérique à la fin des temps primaires, alors cpte se constituaient les couches de houille que nous exploitons aujourd'hui.C’était alors la période “carbonifère’ .Ensuite, pendant toute l'ère secondaire, des sédiments, principalement calcaires, s'accumulèrent dans les flots de la Méditerranée, au pourtour des vieux massifs.C'est seulement à l'ère tertiaire que tous ces sédiments furent plissés, écrasés, arrachés aux profondeurs marines pour former les jeunes montagnes au relief abrupt que nous voyons aujourd hui.Le grand géologue Pierre Terrifier a su exprimer avec une poésie intense la surroot ion de ces vagues de pierre, surgies des profondeurs de la "Thétys", la grande Méditerranée il autrefois, et déferlant sur les antiques môles dos Maures et de 1 Estérel.- • P.fermier: .1 In glaire 'le lu terre, 1924, |>.sa.Les problèmes de la géologie t ectonique dans la Méditerranée occidentale. LE CLIMAT ET LA VEGETATION DE LA PROVENCE 283 Ces plissements se sont effectués en deux étapes très différentes, qui correspondent aux deux autres systèmes montagneux que nous observons aujourd’hui dans le territoire.2 Dans toute la partie occidentale de la Provence, jusqu’à la vallée du Rhône, les montagnes constituent de nombreux chaînons parallèles, tous orientés sensiblement de l'est à l’ouest (traits noirs épais).(Fig.1.) Ces plissements ont été formés au milieu de Père tertiaire, en même temps que la chaîne des Pyrénées, et présentent la même direction que cette dernière.Ils font donc partie du système pyrénéen.’ Ces montagnes, principalement calcaires, présentent des formes abruptes et atteignent des altitudes variant de 600 à 2,000 mètres.Elles constituent une série de barrières cloisonnant le pays et exercent une grande influence sur le climat et la végétation.Ce sont :1e Mont Yentoux qui domine de sa masse, haute de J,912 m., la vallée du Rhône au niveau d’Orangc; la Montagne de Lure; le Luberon, centres de sports d’hiver.Au sud de la Durance: les Alpilles, théâtre des exploits de Tartarin et du club alpin de Tarascon, et surtout admirable site qui nous présente le nid d’aigle féodal des Baux, avec ses rochers fortifiés, et les cités grecques et romaines de St-Rémy de Provence, aux monuments antiques parfaitement conservés.Plus au sud-est, la Ste-Victoirc, l'Étoile, la Ste-Baume, qui, toute proche de Marseille et de la mer, s’élève à plus de 1,100 mètres d’altitude (3,300 pieds).La direction pyrénéenne (est-ouest) et tous ces chaînons se continue au loin vers l’est de la Provence et apparaît encore nettement dans la montagne du Cheiron, au nord de Grasse et de Xice.3° Longtemps après le plissement pyrénéen, à la fin de Père tertiaire un nouveau plissement se produisit, encore plus important et plus violent: le plissement alpin qui, s’étendant à tous les continents, produisit à travers l’Europe la chaîne des Alpes; en Amérique, pour partie, les montagnes Rocheuses; en Asie, l’Himalaya et le Caucase.Dans la région provençale la direction des plis alpins est orientée nettement du nord au sud, c’est-à-dire qu’elle recoupe à angle droit les plis pyrénéens précédemment constitués.Corroy & Denizot: (luide géologique de la Provence occidentale.193.”). 2S4 UK VI I.TRIMKSTRI KI.I.I < A.VADIKNXK Dans la partie occidentale du pays, le mouvement alpin modifia assez peu le relief.Là, les montagnes conservèrent la direction pyrénéenne que nous leur voyons encore et qui caractérise la "Basse Provence".Par contre, dans la partie orientale, c’est-à-dire dans les Alpes maritimes, les plis pyrénéens furent entièrement disloqués et recoupés par le plissement alpin (partie droite de la carte, figure 1).Il en résulte un prodigieux enchevêtrement de montagnes dont les cimes s'élèvent à plus de 3,000 mètres (10,000 pieds) avec les massifs du Pelvoux, du Yiso, du Mercantour, de l’Argentière, formant entre la France et l’Italie une énorme barrière, qui plonge enfin dans la mer d’une façon abrupte, en formant l'extraordinaire corniche rocheuse de la côte entre Nice et Menton.Cette région est d'une complication tectonique inouïe.Ce ne sont que nappes, failles, chevauchements, dislocations, barrières montagneuses intriquées et entaillées S.Pie XI. NORD VayonS SOlairpi a.SUD G.L.HL/BAC CRETE l'icritK A (’oup«‘ schémntique d’un des chaînons montagneux tic Provence à direction pyrénéenne (r.st-Oucst) montrant la répartition îles /ones de végétation.“IB II ubac” est la face exposée au Nord, recevant h* “Mistral’ vent sec et froid venant du Nord ou du Nord-Ouest.“L'Adret” est la face exposée au sud, recevant le soleil.La direction des rayons solaires :\ midi aux diverses saisons est indiquée :\ droite.Altitudes données «*n métrés.Ln pointillé: (,>.I.Association à chêne vert {Quercus Ilex), à feuilles persistantes.Lu hachures: (.).I\ Association a cheiie blanc {Quercus Fubescens) (feuilles caduques).Kn noir: !•’.S.Forêt de hêtres {Fagus Sylva!ica).La coupe est supposée ici, s’appliquer la montagne de la Saint«*-Baume (direction des couches de terrain interprétée d après les travaux de Corroy).(i.L.Association des crêtes Genêt de Lobel {Genista Lohelii) Les crêtes donnent lieu à une condensation de nuages figurée sur le schéma.(.,)• G.maquis A, chênes Kermès {Quercus coccifera), forme dégradée delà forêt de chênes verts.Le pin d’Alep se développe largement dans les zones I.et Q.( .; O.L.ternisses de pierres scelles avec plantations d’oliviers (olivettes) et cultures.1 .Jardins en terrasses avec cyprès.IL Halophytes: plantes des terrains salés du bord de mer.A.Algues submergées.T.'Frottoir de Méditerranée: bordure calcaire formée sur les rochers A.fleur «l’eau par des algues encroûtantes.i & LIMAT ET LA VEGETATION' DE LA PRO VENTE REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 292 du pays subit de* grands écarts de température.Kn effet, la Méditerranée, mer intérieure située tout entière dans la zone tempérée-chaude, entre 30" et 45" de latitude, représente un immense réservoir d’eau tiède, qui confère à toutes les terres qui la bordent un climat hivernal particulièrement clément.Ainsi tous les rivages de la Provence sont-ils favorisés par des hivers très doux, où les gelées et la neige sont rares, ce qui permet l'acclimatation de beaucoup d’espèces tropicales.Il faut noter d’ailleurs que cette influence adoucissante de la mer ne se fait sentir que sur une mince bande de terre à partir du rivage et que dès que l’on s'enfonce vers l’intérieur le climat devient rapidement plus rude.Ce contraste, déjà sensible en plaine, est généralement accentué par l'intervention d'un autre facteur: l'altitude, intervention fréquente en raison de la structure montagneuse du pays.I ne des impressions de contraste les plus saisissantes que l’on puisse obtenir est réalisée en quittant, un jour d'hiver, Menton ou Villefranehe pour une excursion en montagne.Au départ c’est le climat subtropical.La température est celle du mois de juin à Montréal: les jardins sont remplis de fleurs; des nageurs évoluent dans la mer bleue.L’auto s'élève par de superbes routes serpentant dans la montagne et offrant à chaque tournant des vues admirables et de plus en plus étendues sur le littoral et sa frange d'écume.Kt peu à peu le décor change: nous arrivons aux champs de neige immaculés.sillonnés de skieurs, au milieu de bosquets de sapins recouverts de leur parure de Noël.Kn deux heures nous avons opéré un changement de décor équivalent à celui que l'on obtient, en janvier, en voyageant depuis les Bermudes ou la Floride jusqu'aux Lauren-tides.3.Traits généraux de la végétation.Cette variété extraordinaire du climat ou plutôt des climats de la Provence explique la variété équivalente de sa végétation.Nulle région de l'rance ne peut se vanter de présenter une telle richesse eu espèces végétales, une telle variété de flore.Kxaetement elle non- présente la gamme de tous les types de végétation: depuis la flore tropicale, introduite dans les jardins de la Côte d'Azur où les bananiers, en pleine terre, mûrissent leurs fruits, jusqu’à la flore de type polaire des liants sommets et du pourtour des glaciers.Kt entre ces deux extrêmes nous trouvons échelonnés (figure 3): le maquis à lentis-ques et à arbustes épineux, les forêts de chênes-vert s, les forêts de chêne- à feuilles caduques, les forêts de hêtres, les forêts de sapins mm SB LE CLIMAT ET LA VEGETATION' DE LA PROVENCE 293 d’épicéa et de mélèzes; enfin, les prairies de montagnes au-dessus de la limite supérieure des forêts.Ainsi nous trouvons inscrite dans la végétation la succession même que nous avons remarquée dans le climat: nous faisons en raccourci le voyage botanique que nous accomplirions en quittant les jardins tropicaux de Floride pour traverser les forêts de Virginie, les forêts à feuilles caduques de la Nouvelle-Angleterre et du Canada méridional, les forêts canadiennes de conifères et enfin la zone sans arbres du Labrador septentrional.La Provence nous offre, sur un trajet de quelques kilomètres, un résumé de toutes les flores du monde.Ceci nous le devons à la chute abrupte dans la Méditerranée de la chaîne des Alpes, qui dresse ses derniers sommets à des milliers de mètres à pic au-dessus de la mer.La région provençale est donc la terre d'élection (pii doit être recommandée aux néophytes pour l'initiation aux études de géographie botanique* et, plus généralement, de biogéographie.Dans un rayon de 200 kilomètres autour de la Faculté de Marseille, les étudiants ont accès à 9 secteurs floristiques sur les 14 représentés au total en France, tandis que dans le même rayon autour de Paris ou de Rennes on demeure dans un ou deux secteurs.Ajoutons à cela (pie, grâce aux contrastes très accusés que nous avons signalés et à l’âpreté des facteurs physiques, les types de végétation s'y présentent sous des aspects très tranchés, presque schématiques, beaucoup plus faciles à distinguer et à séparer que dans les régions du nord de la France où h* climat est plus uniforme et les différences moins nettes.Il n’est donc pas surprenant que ce soit la région méditerranéenne: Languedoc et Provence, qui ait servi de théâtre à l’éclosion des méthodes modernes d’étude des groupements végétaux Les créateurs de ces méthodes furent Charles Flahault, fondateur de l'Institut botanique de Montpellier, disparu il y a quelques années après une longue et admirable carrière; Braun-Blanquet, fondateur de la Station internationale de Géobotanique méditerranéenne et alpine (Sigma) de Montpellier; Pavilîàrd5; Gaussen, professeur à 1 1 Diversité de Toulouse, auteur des principaux travaux de cartographie botanique en France; Kmberger, actuellement directeur de l'Institut de Montpellier et à qui nous devons les jilus importantes études sur la flore du Maroc.Les botanistes 1 Braun-Blanquet et Puvillard: 1 ocabulaire de Sociologie végétale, 1928. 294 H K Vf K T HIM I ST H1 K LL E C A N A DIK X N K de Marseille: Deerock, Laurent, Molinier, ont largement contribué à ce travail de description de la végétation méditerranéenne.Cette énumération, forcément incomplète, car il faudrait y faire entrer aussi la longue liste de leurs élèves, suffit a donner une idée de l'activité des recherches qui se sont poursuivies et se poursuivent plus que jamais, car le sujet est bien loin d être épuisé.C omme dans tous les domaines scientifiques véritablement animés et vivants, cela n’a pas été sans controverses et sans discussions qui, de temps à autre, prirent un tour violent et passionné.Constatons seulement que ces combats pacifiques sont indispensables au progrès de nos connaissances.Les arguments apportés par les divers champions ont tous leur valeur et au total, c'est grâce à leurs efforts additionnés que nous commençons à comprendre réellement la structure du tapis végétal qui recouvre notre région.Récemment vient d’être publié un ouvrage posthume de Charles Flahault,6 que son auteur, avec une modestie et une réserve admirables -mais regrettables pour ses lecteurs -avait refusé de livrer à l'impression, bien qu'il fût rédigé depuis 1897.C’est cependant le premier ouvrage d’ensemble sur la région méditerranéenne française.On y trouve une esquisse de sa flore, caractérisée par la présence de 600 à 700 espèces dites “espèces méditerranéennes”, que l'on ne retrouve pas, ou rarement dans les régions plus septentrionales.La flore provençale est ainsi d’une grande richesse, car elle ne comprend pas seulement ces espèces localisées dans les plaines et sur le littoral.Elle comporte encore, superposées aux autres ou bien réfugiées en montagne, la plupart des autres plantes existant dans la flore française.C'est donc là que 1 on trouve, de beaucoup, le maximum de richesse botanique possible en France.Remarquons d’ailleurs qu’il existe des degrés dans le caractère “méditerranéen” des espèces.Les unes possèdent ce caractère a un très haut degré: elles ne quittent pas la région la plus chaude de la côte de Provence, dont Flahault fait sa première zone: tel est le myrte, célébré par les poètes latins.2ô4 espèces rentrent dans cette catégorie.7 * Flahault: La distribution géographique des végétaux dans la région méditerranéenne française, 1938." Remarquons que dans le seul département du \ ar, ainsi quelle précise E.Jahandiez dans un travail plus récent (Bulletin du Chêne, 1937,tp.30) 58 espèces atteignent la limite de leur aire de dispersion, ce qui mnstitueiun record parmi les territoires français de même étendue. EgggWffgS-J,.-.I—.- ^ m I.K ("MMAT KT LA VÉGÉTATION I)K LA PR0V|-;Nur les sources, les documents, les travaux, la bibliographie, etc.du sujet traité dans le chapitre précédent.Excellent instrument de travail.LE CANADA D'Al'.IÜl’RD’Hl'I, traduction de la seconde édition anglaise du livre de M.1-1,' .Scott, “Canada Today".Editions du Devoir, Montréal, 1939.En vol.de 321 liages.SI.Nous avons analysé ici, en mars dernier, l'édition originale du livre de M.Scott.Nous n'avons rien il ajouter à ce (pie nous en avons dit.Le volume, bien présenté, a reçu le meilleur accueil de la presse et des diverses revues canadiennes-françaises.Et nous croyons que cette traduction - imposait: le nombre des lecteurs s'en trouvera certainement accru.Nous regrettons seulement que l'auteur de la traduction n'ait pas donné -on nom; nous saurions à qui adresser nos félicitations.HISTOIRE DE LA I.ANGLE FHANÇAISE, des origines il 1900, par Ferdinand Brunot.Tome N l.a langue du- gin dan- la tournante, 1ère partie: ( < intact anr la langue populaire il la langue rurale.Paris, Librairie Armand ( olin, 1 vol.in-S, 5S0 pages.Broché, 100 fr.La préface du tome N a été écrite en 1937 L'éditeur nous avertit que le présent volume était prêt à paraître, au moment où la mort frappa M Hrunot.C’est M.Charles BruncaU, ancien élève, puis successeur de I.Brunot a la Sorbonne, qui a révisé les appendices, restés incomplets pour quelques détails.( 'est aussi lui qui, désigné par l’auteur, a accepté de mettre au point les manuscrits déjà rédigés et qui assurera la suite de cette importante publication.M.Brunot étudie, dans ce volume, “le- troubles que la secousse révolutionnaire causa dans la langue traditionnelle'’.Jusqu’à la Révolution, la langue classique était parisienne.L’unité nationale groupant les "départements lerait-elle aussi admettre les parler- provinciaux?De plus, les nouvelles couches populaires, qui passaient tout à coup au premier plan, allaient-elles élever leur langage avec elle et le faire reconnaître avec .-es vulgarités et ses incorrections?En d’autres termes, “la majorité allait-elle faire la loi dans le langage comme dans l’État?” Sans doute, il y eut pénétration, mai- non substitution, et il ne .-e trouva personne pour déclarer qu’il fallait “abandonner la tradition classique et proclamer la souveraineté de la langue du peuple".Et c’est un fait curieux et digne de méditation qu’une langue atts-i délicate ne courut à aucun moment de risque sérieux.Voici le contenu de l’ouvrage: la 1ère section, “Vices anciens et vices nouveaux”, se divise (*n 12 chapitre- (p.1 -St’,).La 2c section, “Le contact avec la langue populaire”, comprend deux livres: “Phonétique” et “Vocabulaire” ip.87-1Ô8).La 3e section: "Langue noble et langue basse , a 7 chapitres (p.11> 1 -237).La 4e section, “Contact avec la langue paysanne”, comprend 3 livres: “les sources”.“le poissard dans la politique,” "en dehors des inventions littéraires 1 adieu- UF.vrK des u vui.341 rement clf - patois < t des parle rs régii naux” (p.241-301 La sect >i 5e “Formes et -yntaxe" (p.305-405) comprend 3 livres: "la phrase simple", “la phrase composée'’, et "traits principaux de cette syntaxe’ .I.e reste du volume (p.114-504) est consacré à deux appendices: 1) “.'V,ei-mens de français écorché"; ’J) “la langue de la région rémoise en 1789, étudiée dans Je de < lolt’ s » lu ImilhiKc de Heinis .SEMAINES SOCIALES DE FRANCE Rouen, XXXe Session, 1938): “LA LIBERTÉ ET LES LIBERTÉS DANS LA VIE SOCIALE” (compte rendu in-exteiiso des Cours et Conférences).I n fort vol.in-S, 010 pages.Prix 35 fr~.Chronique Sociale de Irance, 10 rue du Plat, Lyon.I.e- Semaines Sociales, qui se consacrent à l'étude des “problèmes les plus inquiétants de l'heure", ne pouvaient guère choisir une question plus angoissante que celle du sort de la liberté dans le monde contemporain: celle-ci, en effet, a causé tant de déceptions dans le domaine économique comme dans le politique et le social, (pie non seulement elle est emportée aujourd'hui par les impérialismes naissants ou périclitants, mais le goût, le désir même de la liberté a disparu en bien des milieux devant les désordres et les démissions qu’elle autorise et même commande.< >n revient peu à peu à l'idée classique, humaniste de Goethe, on aime mieux une injustice, une contrainte qu un désordre.Ce- nouvelles tendances s'appliquent surtout à la notion de liberté répandue par la Révolution, i.e: la liberté politique et civile, ou encore la liberté en soi, "entité abstraite, considérée aveuglément comme une panacée", selon l’heureuse expression de ,!.-R.Palanque.("est le fanatisme de cette libt rté-là qui est aujourd'hui tombé dans le discrédit, pour ne pas dire dans le ridicule.M Eugène Duthoit, dans son cours d'ouverture, montre combien la véritable, la première liberté est tout autre; elle est, non pas la liberté de voter, dénommer un maire, un député ou un président.mais la liberté d'atteindre sa fin, fin dernière et fin prochaine, fin surnaturelle et fin naturelle, et la liberté de rechercher et de prendre les moyens à cette fin.Ce que l’on reproche à l'Allemagne, ce n'est |ias d'avoir violé les principes démocratiques importés sans discernement et sans intelligence de la Grande-Bretagne mais de porter atteinte à la liberté primordiale de l'homme, la liberté de pensée, la liberté des consciences, la liberté-intérieure, atteinte d’autant plus dangereuse qu’elle est souvent indirecte et dissimulée, et dirigée souvent contre des libertés extérieures qui sont le fondement et la condition d'existence de l’autre.M.Duthoit souligne encore le fait que la liberté comme l'État n’est pas une fin en soi mais un moyen, que "les" libertés ne sont qu’un moyen de procurer “la” liberté; or le bien commun a aussi pour fin la liberté, et l'expérience montre que "les libertés d un homme sont limitées, non pas par les libertés de ses voisins (comme le disait, par exemple, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen), mais par le bien commun lui-même., M .1 -H Palanque fait ensuite* l’histoire des libertés.Il montre que ce n est guère qu à l'époque moderne qu'elles apparaissent, non seulement en principe mais en fait, dans les institutions, et que malgré des baisses inévitables, la courbe r(.ate ascendante et autorise par conséquent un optimisme raisonnable.Qui songerait sérieusement à restaurer l’esclavage et le servage .’ \ oila un des points définitivement acquis à la cause des libertés. 342 BE VU K TRIMESTRIELLE CANADIENNE Signalons les excellentes leçons du H.P.Desquovrat sur "La part d'immuable et de variable dans le regime des libertés”; de M.l'abbé Maurics, ,-ur "La crise actuelle des libertés "; de M.Louis Le Fur.de lTniversité de Paris, sur “La liberté de l’iEtat et le bien commun international"; de M.Kené Pinon, de “la Revue
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