La revue trimestrielle canadienne, 1 janvier 1935, Décembre
21ème Année No 84 MONTRÉAL Décembre 1935 Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.SOMMAIRE ° Louis BOURGOIN 337— i.Étude des Charbons de Bols canadiens.Gérard lefebvre Charles TREMBLAY 356— II.Les Campagnes internationales actuelles d’Eugénisme.Dr Gaston LAPIERRE 373— III.L’Ozone atmosphérique.Georges DÊJARDIN 392— IV.Du Contrat de Travail.Léon-Merder GOUIN 417— V.Que devons-nous à la Confédération?.Fernand CHAUSSÉ 433— VI.Le Magasin indépendant est-il appelé à .disparaître?.Rodolphe laplante 439— VII.Revue des Livres.447—VIII.Vie de l’École et de l’Association.ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL COMITE DE DIRECTION Président: M.l’abbé Olivier Maubault, p.s.s., Recteur de l’Université de Montréal.Augustin Frigon, Principal de l’École Polytechnique.Membres: MM.Aurélien Boyer, Principal honoraire de l’Ecole Polytechnique Armand Circé, Assistant-Directeur de l’École Polytechnique, Secrétaire de l’Association des Anciens Elèves.Victor Doré, Président de la Commission des Écoles Catholiques de Montréal.Léon-Mercier Godin, Avocat.Théo-J.Lafrenière, Professeur à l’École Polytechnique.Olivier Lefebvre, Ingénieur en chef, Commission des Eaux courantes.Edouard Montpetit, Professeur à l’Université de Montréal.Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, Ingénieur Conseil.Ivan-E.Vallée, Sous-Ministre, Département des Travaux Publics de la Province de Québec.L.Brunotto, Bibliothécaire de l’École Polytechnique.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION Président: Arthur Surveyer Membres: MM.Édouard Montpetit, Augustin Frigon, Olivier Maurault, Théo-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre., Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire de la rédaction: Léon-Mercier Gouin.Secrétaire Général: Augustin Frigon.Trésorier: Aurélien Boyer.PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis $3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revus Trimestrielle Canadienne parait quatre fois l’an: en mars, juin, septembre décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent et de faire tenir un exemplaire à la Revue.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il aura été envoyé un exemplaire à la Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à: La Revue Trimestrielle Canadienne LAncaster 9208.1430, rue Saint-Denis.I MONTREAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE I TOUT LE MONDE A BESOIN D’ARGENT II y a des dépenses prévues: instruction, assurances, vacances, souscriptions, cadeaux.Mais il y a aussi des dépenses imprévues: maladie, accidents, revers, voyages, occasions diverses.Xe vous laissez pas prendre au dépourvu.Quoi que vous ayez, dépensez moins.Xe dissippez pas vos ressources.Le superflu d’aujourd’hui sera peut-être le nécessaire de demain.Mettez de l’argent de côté régulièrement.Ouvrez un compte d’épargne à la BANQUE CANADIENNE Actif, plus de $120,000.000 55.?BUREAUX AU CANADA INSTRUMENT DE PAIEMENT SUR ET MODERNE UN CHEQUE REMPLIT UNE FONCTION TRES ACTIVE AVANT D’ETRE ANNULE.Des statistiques attestent que pour chaque $1.000 de papier-monnaie émis.$5 est perdu ou détruit.Mais tout homme en affaires sait qu'un chèque se rend presque toujours à destination.C'est pour cette raison que la majeure partie des transactions commerciales ou financières s'effectuent de nos jours en recourant à ce mode de paiement.Réalise-t-on comme il convient les avantages qu’il y a de payer par chèques les sommes dues à un créancier?Songez aux inconvénients si ce mode de paiement n'existait pas.Pour édifier tous ces services d'ordre bancaire, des années d'expérience et de tâtonnement ont été nécessaires.Aujourd’hui, le système bancaire canadien fait l'admiration du monde entier.Profitez des services que notre banque vous offre.TRANSIGEZ AVEC LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA 0966 II REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE L’UNIVERSITÉ de MONTRÉAL Comprend les facultés et écoles suivantes : T4CIJLTÉS THEOLOGIE * DROIT MÉDECINE * PHILOSOPHIE - LETTRES SCIENCES CHIRURGIE DENTAIRE ÉCCLEI PHARMACIE ' SCIENCES SOCIALES POLYTECHNIQUE * INSTITUT AGRICOLE D’OKA ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES OPTOMÉTRIE * MÉDECINE VÉTÉRINAIRE HYGIÈNE SOCIALE APPLIQUÉE TOURISME T Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat général 1265, rue St-Denis Montréal REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III Ecole des Hautes Etudes Commerciales Affiliée à l’Université de.Préparant aux Situations Supérieures du Commerce, de l'Industrie et de la Finance.Bibliothèque Economique.Musée Commercial et Industriel.Décerne les diplômes de Bachelier en sciences commerciales, Licencié en sciences commerciales, de Docteur en sciences commerciales, et Licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l’Association des comptables agréés de la province de Québec (C.A.), l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT Cours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR : comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux, préparatoires à la Licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur: Coin avenue Viger et rue St-Hubert, MONTREAL 7049 [V UE VUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL FONDÉE EN 1873 TRAVAUX PUBLICS - INDUSTRIE Toutes les Branches du Génie PRINCIPAUX COURS: — Mathématiques Chimie Dessin Electricité Minéralogie Arpentage Mines Machines Thermiques Constructions Civiles Génie Sanitaire Hygiène Physique Descriptive Mécanique Hydraulique Géologie Géodésie Métallurgie Travaux Publics Chemins de fer Chimie Industrielle Economie Industrielle Laboratoires de Recherches et d’Essais, 1430 rue Saint-Denis, Montréal.TÉLÉPHONES:— Administration:— LAncaster 9207 Laboratoire Provincial des Mines:—- LAncaster 7880 PROSPECTUS SUR DEMANDE VOYEZ LA LISTE DE NOS ANNONCEURS A LA PAGE X Revue Trimestrielle Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.VOLUME XXI Mars—Juin—Septembre—Décembre 1935 ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL ^•vr^w^T' \ TABLE DES MATIERES VOLUME XXI Art de l’ingénieur.Lfl'lévation de température des câbles des lignes de transmission dans le vent, et sa relation avec l’enlèvement de la neige, par Henri Gaudefroy.1S7 L’Expérimentation sur des modèles réduits en hydraulique, par Raymond Boucher.202 Le Vent, producteur d’électricité, par Yvon Romn Tassé.278 Etude des cha bons de bois canadiens, par L.Bourgoin, G.Lefebvre et Chs Tremblay.337 “Bar savoir vient avoir”, par Albert Leduc.50 Economie politique et sociale.L’Inégalité des Races, par Wesley Frost.1 L'une des sources de l'apostolat canadicn-français, par le chanoine Emile Chartier.17 Du Contrat de travail, par Léon-Mercier Gouin.27 et 392 Gina I.ombroso-Ferrero, par Madeleine Barré.210 Ethique du Fascisme et son application pratique, par G.-A.Brigidi 225 (Jue devons-nous à la Confédération, par Fernand Chaussé.117 Les Campagnes internationales actuelles d’eugénisme, par Gaston Lapierre.350 Le Magasin indépendant est-il appelé disparaître, par Rodolphe Replante.133 Enseignement.“Bar savoir vient avoir”, par Albert Leduc.50 L’Fniversité, école de haut savoir, par le Cardinal Villeneuve.113 Nos Disciplines classiques, par Monseigneur Camille Roy.13S Climat de culture, par Edouard Montpetit.157 Trois années de travail à l’Université de Montréal, par Henri Frat 17-1 IV TABLE DES MATIÈRES Histoire.L’une des sources de l'apostolat Canadien-français, par le chanoine Emile Chartier.17 Contes canadiens et tradition française, par M.Tirol.55 "The Franciscan Père Marquette”, par P.Ilugolin Lenny, o.f.m.65 Les Français au Canada - Les Savoisiens et les Dauphinois, par Françoise Mournaud.71 Hygiène et Médecine.Le Vaccin antituberculeux B.C.G.— sa découverte — son innocuité par Armand Frappier.250 L'Ecole d'H.vgiène Sociale appliquée de l'Université de Montréal, par J.-A.Baudouin.307 Les Campagnes internationales actuelles d’eugénisme, par Gaston La pierre.356 Législation.Du Contrat de travail, par Léon-Mercier Gouin.27et i,392 Sciences.Etude des charbons de bois canadiens, par Louis Bourgoin, Gérard Lefebvre et Chs Tremblay.337 L’Ozone atmosphérique, par Georges Déjardin.373 Revue des Livres.Vie de l’École et de l’Association.Pages 97, 222, 147 Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL DÉCEMBRE J 935 ÉTUDE DES CHARBONS DE BOIS CANADIENS CHARBONS ACTIFS I L’objet de cette étude est de chercher à valoriser les charbons de bois que l’on peut fabriquer dans la province de Québec.L’emploi des charbons de bois comme combustible, particulièrement comme combustible gazéifié, sera traité dans un autre mémoire.Dans ce premier mémoire, qui sera suivi d’autres sur des points particuliers, nous nous occuperons seulement de la fabrication et des propriétés des charbons activés, préparés avec des bois récoltés sur le territoire.Si on consulte la littérature et les brevets relatifs à l’obtention des charbons actifs, on est frappé de trouver des discordances sur des points en apparence simples.Cela veut dire que la théorie vraie du mécanisme de formation des charbons actifs est encore hypothétique et que, jusqu’à ce qu’elle soit admise par tous, il faut multiplier les expériences pour comprendre l’action des différents facteurs qui contribuent à rendre plus ou moins actif le charbon obtenu avec un bois déterminé.Nous avions décidé et commencé cette étude lorsque nous est parvenu le compte rendu d’expériences faites sur le même sujet, par des chimistes chinois, sur des bois de leur pays.1 En continuant notre étude, nous obéissons donc au grand courant mondial qui veut que chaque pays pousse la connaissance de ses ressources au delà d’un simple inventaire.Définition — On peut donner actuellement la définition sui- 1 Sur les charbons actifs du sapin du pin et du bambou.Tchang-Han-Liang; Cheno-Fa-Ki ; Liou-Oui-Tao.Hull.Soc.Chimique de France.Mémoires.Septembre 1934. Hi: V V K TRIM EST RI E ILE < ' A X A UI E N X 1 : 338 vante des charbons actifs ou activés: matière carbonée aussi pure que possible, ayant subi avant ou après pyrogénation, un traitement qui lui confère la propriété de retenir par fixation apparemment superficielle, sans combinaison chimique stable, et à un degré beaucoup plus fort que la même matière simplement pyrogénéc à l'abri de l'air, des gaz, des vapeurs, des principes colorants, des agrégats moléculaires présents dans des véhicules.Les propriétés des charbons actifs sont dues à un phénomène de surface appelé autrefois adhésion par Gay-Lussac et connu aujourd'hui sous le nom d’adsorp-tion (Du Bois-Reymond).DtrtMj CCI4 ï;t\corçs SMZBoytyRs SrxTfrtAfc- 1 A.pi&oRTyiot^ Fia.1 Nous exposerons plus loin quelques-uns des facteurs qui influent sur le phénomène et qui sont importants à connaître pour les utilisations des charbons, qui se font de plus en plus nombreuses.La simple énumération des emplois actuels montrera bien que les propriétés des charbons actifs sont mises à profit dans un grand nombre de techniques industrielles.Adsorption des solides (colloïdaux ou non), des liquides, des vapeurs, des gaz.L'action est parfois sélective, catalytique, désinfectante; il s’ensuit qu’on peut décolorer les liquides ou les séparer des particules qui empêchent la cristallisation; en sucrerie, en vine-rie, vinaigrerie, distillerie, parfumerie.On peut clarifier, enlever les mauvais goûts, arrêter des envahissements microbiens.Les pétroles, huiles, graisses, glycérine, glycols sont purifiés, décolorés, désodorisés.L’air, l’eau, les eaux résiduaires sont épurés, désodorisés et même on peut récupérer les produits qui les souillent.Par fractionnement, on extrait les gaz de leur mélange et on purifie l’acide carbonique, l’hydrogène.On pratique aussi l’extraction du benzol, du gaz de houille; l’extraction des gazolines des gaz naturels; l’em- CHARBONS DM BOIS (AN A DI K N S KTC DK DES 0 magasinage des gaz sous pression; l'absorption de l'oxygène liquide pour explosif; l’adsorption sélective du platine des solutions; de l’or des boues colloïdales.Le charbon actif est un support de catalyseur et catalyseur lui-même dans la préparation du phosgène, la synthèse du mercaptan, etc.Enfin et hélas! c’est le seul agent connu efficace pour adsorber de grandes quantités de gaz toxiques et les germes pathogènes dans les masques de protection contre les gaz de combat ; la honte du siècle.Alors il apparaît qu’aucun pays ne peut se désintéresser de la fabrication des charbons actifs, puisqu’il faut être prêts à s’en servir.Historique: Avant 1770, l’absorbant le plus usuel fut la terre à foulon.Vers 1770, Fontana puis Scheele remarquèrent les propriétés du charbon de bois, et Lowitz en 1798, utilisa la poudre lavée de charbon comme décolorant des liqueurs de mélasse, par simple filtration.Cette poudre fut plus tard employée comme désodorisant.On nota aussi que le charbon de bois permettait de conserver l'eau douce sur les navires.Les Japonais avaient coutume d'ajouter du charbon de bois à l’eau de cuisson des champignons pour parer aux risques d’empoisonnement.En 1810, Pierre Figuer, indiquait le charbon animal (noir animal), comme un décolorant beaucoup plus puissant.Quelques années plus tard, ce noir était utilisé pour décolorer les jus sucrés.Cet absorbant devint d’usage classique en sucrerie tandis que la terre à foulon se maintenait dans le traitement des laines, des huiles végétales, et plus tard, était adoptée comme décolorant dans les premières raffineries de pétrole.Seule la thérapeutique restait fidèle au charbon de Fontana, quand l’essor de la chimie des gaz, vers 1900, ramena l’attention sur cet agent de captation et condensation des gaz et vapeurs.D’un autre côté, les hygiénistes insistaient sur le danger des atmosphères insalubres et recommandaient le port de masques filtrants dans certaines industries.Avant 1914, plusieurs procédés existaient pour activer les charbons de bois.C’est cependant durant la Grande Guerre que les nations belligérantes, éprouvant le besoin de se protéger contre les gaz toxiques, mirent au point diverses méthodes d'activation et commencèrent à étudier scientifiquement les phénomènes d’adsorption et d'absorption.Les Américains Chaney, Lamb et 340 revue trimestrielle canadienne Wilson développèrent les techniques d’activation et fabriquèrent un charbon de haute qualité à partir de la noix de coco, par act i-vation à la vapeur d'eau.Les Allemands employèrent surtout le chrlorure de zinc comme agent d’activation.La guerre finie, on ne fut pas lent à entrevoir une foule d applications industrielles pour les charbons activés tant comme décolorants que comme absorbants de gaz ou de vapeurs.Les Ltats-Unis développèrent le procédé Chaney; la Hollande lança la marque “Norit’; en France, le procédé Urbain fut mis au point; en Allemagne, la firme Bager fabrique des charbons activés industriels.Propriétés des charbons activés.Les charbons de bois activés ont à la fols la propriété de décolorer les solutions aqueuses et celle de s’emparer des gaz et des vapeurs.Ils ne diffèrent en cela des charbons de bois ordinaires que par leur activité, qui est une plus grande aptitude à décolorer les solutions et à capter les gaz.Dans cette première étude, nous considérerons les charbons activés au point de vue de leur aptitude à retenir les gaz et vapeurs.Adsorption, Absorption: L’adsorption est caractérisée par la fixation moléculaire de particules gazeuses sur la surface d’un adsorbant.C’est un phénomène purement superficiel.Par accumulation de 1 adsorbé, il y a pénétration par diffusion dans les porcs capillaires où se produit, semble-t-il, une condensation partielle.Cette dernière phase est alors une absorption.L’adsorption et l’absorption sont donc des phénomènes physiques et réversibles.Nous emploierons le mot absorption pour désigner l’ensemble des phénomènes conjoints d’adsorption et d absorption.Ainsi, nous dirons le pouvoir absorbant d'un charbon activé.Principaux facteurs qui agissent sur le pouvoir absorbant: Surface de contact: Pour une même masse de corps absorbant, le pouvoir absorbant est fonction de la surface de contact.Il est faible par unité de surface; il faut donc obtenir des surfaces très grandes sous de très faibles volumes.Ces conditions ne se rencontrent que dans les poudres très fines et les corps poreux.Ce sont ces derniers qui nous intéressent. CHARBONS DE BOIS CANADIENS ÉTUDE DES 41 Porosité, complicité et capillarité: La porosité consiste en un développement des surfaces.Il n’y a cependant pas proportionnalité rigoureuse entre la porosité et le pouvoir absorbant.Cela s’explique par le fait qu’il faut tenir compte des porcs clos qui existent même dans les charbons hautement activés.La compacité peut se définir comme suit: C: compacité ^ : volume réel V ^ : volume apparent.a La compacité, c’est-à-dire, la porosité unissant l’extrême finesse au fort volume global, accroît l’amplitude des surfaces actives et la capacité de chargement propre à l'adsorbant considéré.L’imbibition par capillarité est distincte de l’adsorption.Ce fut un des mérites de Chaney de distinguer expressément entre l’adsorption due au charbon activé (capacité spécifique), phénomène d’ordre électromoléculaire, et l’action d’ordre surtout mécanique résultant de la très fine structure de la matière (capacité capillaire).Température: Les gaz sont d’autant mieux absorbés que la température est plus basse.Dans cet ordre d’idées, Ilewar a réussi au moyen de charbons activés, à transformer un vide partiel en un vide presque parfait en opérant à la température de l’air liquide.Le phénomène étant exothermique, il est parfois nécessaire de prévoir des dispositifs de refroidissement, car la chaleur dégagée peut menacer l’adsorbé.Pression, tension île vapeur: Un accroissement de pression favorise le taux d’adsorption à divers degrés suivant la nature de l’adsorbé.La finesse de la porosité est essentielle, on sait que les capillaires abaissent la tension de vapeur d’autant plus que le rayon de courbure du ménisque est plus petit; la pression résultante peut atteindre 300 à 400 atmosphères.Nature de l’adsorbant: Le pouvoir absorbant d’un charbon varie suivant la nature de la matière première et aussi suivant la façon dont elle a été traitée.C’est pourquoi des études précises sont nécessaires sur les différents bois recevant des traitements d’activation différents.V C = —, ou V REVE K TRIM ESTRIE LEE «.çj ZO il ii IXlgHr CjtP'fioïl L\H rW Fig.3 1° Méthode 'physico-chimique: f e procède a été employé atix États-Unis pour charger les masques à gaz pendant la guerre.Il est actuellement développé par I lie National Carbon Co.’, cuti exploite la méthode de Chaney.Applicable à beaucoup de matières premières, l'on emploie comme agent d’oxydation l’air, l’acide carbonique ou la vapeur d'eau.Avec l'air, on peut opérer à 350°C, mais l'action sélective est faible; une partie du carbone est perdue, et le contrôle de l’opération est difficile; avec l’anhydride carbonique ou la vapeur d'eau, on est obligé de monter la température jusqu’à 900°C, mais l’action est réellement sélective et, comme elle est endothermique, le contrôle de l’activation est facile.2° Méthode par action chimique: Cette méthode comprend l’ensemble des procédés dans lesquels, au moyen de composés minéraux, on empêche la formation ÉTUDE DES CHARBONS DE BOIS CANADIENS 345 de carbone primaire pendant la carbonisation.Ou bien on éliminera les hydrocarbures absorbés, par un chauffage ultérieur.Les composés minéraux peuvent préexister dans la matière première, mais ils lui sont généralement incorporés par une imprégnation.Le plus grand nombre de procédés préconisés ou employés appartiennent à ce groupe et les brevets pris sont très nombreux.Le produit minéral est constitué par des hydroxydes alcalins, des carbonates, sulfates et phosphates alcalino-terreux; du chlorure de zinc; des oxydes de manganèse; des acides phosphoriques et sulfuriques.La pyrogénation finale est faite vers 900°C.Il est parfois nécessaire d’enlever les sels introduits par lavage aux acides quand les charbons sont destinés à certains usages.Enfin, de bons résultats ont été obtenus en combinant les deux méthodes.I.es charbons obtenus au moyen de la seconde méthode sont soumis à l’action d’un courant de vapeur d’eau surchauffée.Nous donnerons à ce procédé le nom d'activation mixte.RÉSULTATS D’EXPÉRIEXCES Les expériences ont porté sur des bois typiquement canadiens : érable, épinette, merisier et tremble.1 Notre but était de déterminer les qualités respectives de ces bois pour fabriquer des charbons activés et aussi de rechercher les meilleures conditions d’activation Nous avons choisi la méthode par activation chimique.Plusieurs facteurs pouvaient être considérés: nature des bois, agents d'imprégnation, durée et pression d’imprégnation, température et durée de pyrogénation.Il n’était pas possible de faire varier tous ces facteurs.Nous avons donc décidé de maintenir la durée et la pression d’imprégnation constantes, d opérer tout d’abord sur un bois dur et un bois mou: l’érable et l’épinette, afin de déterminer les conditions les plus favorables de température et de durée de chauffage.Préparation des charbons activés.Imprégnation.Nous avons fait scier les bûches perpendiculairement au grain en tranches d’environ 5 mm.d'épaisseur.Ces tranches ont été 1 Nous remercions M.D’Aragon, marchand de bois, ainsi que la Pépinière de Berthier, qui ont bien voulu nous choisir des échantillons de bois. R K U K T R E\I E ST RIE L L E C A N A DIE X X E 340 taillées en morceaux de 2 a 3 cm2 afin de faciliter l'imprégnation.Les agents d’imprégnation ont été les suivants: 1) Solution de chlorure de zinc à 40% -) Solution d’acide phosphorique à 2(ff% Les morceaux de bois ont été placés dans un dessiccateur à vide et complètement immergés dans la solution.Au moyen d'une trompe à eau nous avons obtenu un vide variant de 7.3 à 75.5 cm.de mercure.L air aspire des pores du bois produit le bouillonnement de la solution.On maintient le vide pendant une heure, puis on enlève la succion et on laisse déposer 24 heures.Le vide, mesuré à la fin de 1 opération, marque entre 55 et 05 cm.de mercure.La solution résultante se colore jaune ou brunâtre suivant la nature du bois i't de 1 agent d imprégnation.La solution de chlorure de zinc étant plus foncée que celle d'acide phosphorique.Le bois a été mis a sécher a 1 air à une température moyenne de 38 ( .Le bois sec imprégné au chlorure de zinc présente une teinte plus pale que celui imprégné à l'acide phosphorique.Pyrogénation.Les divers auteurs ne sont pas d'accord sur la température de pyrogénation la plus propice; les uns préconisent une température inférieure a 700 ( ', d’autres recommandent de chauffer entre 1100 et 1200 ( .Nous avons alors décidé d’essayer les températures suivantes: 000°, 700°, S00°, 000° et 1000°C en faisant varier, dans chaque cas, la durée de chauffe à 3, 4 et 5 heures.J.e bois imprégné et dans certains cas, non imprégné, afin de servir de témoin, a été placé dans un creuset en porcelaine couvert, Puis porte au four électrique.La température est amenée entre "0 minutes et 1 heure a son point fixe.Nous considérons la moitié du temps requis pour atteindre la température choisie comme faisant partie de la durée de chauffe.La température a été mesurée au moyen fl un pyromètre et maintenue avec le rhéostat du four.La durée de calcination achevée, on coupe le courant et on laisse refroidir.Durant le chauffage, il se dégage des gaz; des chlorures pour le bois imprègne au chlorure de zinc et de l'acide métaphosphorique pour celui imprégné à l'acide phosphorique.Le bois a diminué considérablement de volume durant l'opération et le charbon de bois imprégné à l'acide phosphorique est ÉTUDE DES CHARBONS DE BOIS CANADIENS 347 très noir, tandis que celui imprégné au chlorure de zinc, présente en surface un dépôt jaune verdâtre.Le charbon de bois ainsi obtenu est broyé, puis tamisé et on conserve pour les essais à l'absorption ce qui reste sur les tamis de S et 10 mailles.Mesure du pouvoir absorbant: Divers fluides, gaz ou vapeurs, peuvent être utilisés pour mesurer le pouvoir absorbant des charbons activés.Plusieurs expérimentateurs ont utilisé la ehloropicrine pour leurs essais.Ce gaz est intéressant surtout pour mesurer le pouvoir absorbant des charbons activés, destinés aux masques de protection contre les gaz délétères.Nous avons préféré utiliser des vapeurs de tetra-chlorure de carbone.Le mode opératoire pour mesurer le pouvoir absorbant semble différer d'un laboratoire à l'autre.Nous ne connaissons pas de méthode standardisée.Nos résultats seront donc valables dans les conditions de nos expériences, mais ils demeureront comparables entre eux.Nous avons essayé aussi une marque commerciale de charbons activés, afin de comparer son pouvoir absorbant aux nôtres, mais nous ignorons la nature du bois et les conditions de fabrication.L'air provenant d'un compresseur est amené à passer dans un tube en U contenant du chlorure de calcium.Cet air sec va ensuite barboter dans du tétrachlorure de carbone liquide où il se charge de vapeurs.Il passe alors dans un tube en t contenant le charbon activé; réchauffement du tube indique qu’il y a condensation.Ce dégagement de chaleur ne saurait être attribué au frottement car, avec du charbon non activé soumis au même essai, dans les mêmes conditions, il ne se dégage pas de chaleur en quantité appréciable.La durée de passage des vapeurs mélangées à l'air a été fixée à 10 minutes (déterminée par un essai préliminaire sur un charbon commercial); le débit a varié de 1.03 à 1.04 litre minute, il a été régularisé par des flacons vides.La température du laboratoire a varié de 22° à 2">°('.Le charbon activé n’a pas absorbé toutes les vapeurs de tétrachlorure de carbone et n’a pas atteint sa saturation.Le tube en L taré a été repesé contenant le charbon, avant et après l'essai, de façon à obtenir le poids de charbon essayé et le poids de vapeurs absorbées.Le pouvoir absorbant s esprime ainsi: Poids de vapeurs absorbées x 100 348 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Interprétation des résultats.Le tableau Xo 1 indique clairement la supériorité du charbon imprégné sur celui non imprégné.locc'C C-MPiRBOlt AV ZnCy3, Fig.4 Le pouvoir absorbant croît avec la durée de calcination.Pour les températures de 800, 000 et 1000°C, l’accroissement pour une durée de chauffage de 5 heures, par rapport à une de 4, est en moven-ne d’environ 25%. % pA?>son-PTi' avec une durée de 5 heures, nous avons activé à nouveau de YcrahU et de Yvpinrlh ainsi que du tremblé et du mirisi’r.L’imprégnation a été maintenue telle que précédemment: 21 heures dans le vide.Les charbons activés ainsi obtenus ont été divisés en deux parties; l’une pour l’essai à l'absorption directement et l’autre pour l’activation mixte.Dans tous les cas, l'activation mixte accroît le pouvoir absorbant.Le charbon préparé à l'acide phosphorique est plus sensible à l'activation mixte que celui préparé au chlorure de zinc.Ainsi l’activation mixte donne, pour le charbon d'érable préparé à l'acide phosphorique, un accroissement du pouvoir absorbant de -170 > pour l’épinette de 3(>r,, pour le tremble de 320 et pour le merisier de Ti'i' i.I.'accroissement du pouvoir absorbant du charbon préparé 1753 R K V U ! ; TRIMESTRIELLE CAN A 1)1 EX N K 354 au chlorure de zinc est pour l'érable de 2Ie(, pour ! épinette de 2' r, pour le tremble de I0fr et pour le merisier de s',.Xous avons déterminé les densités apparentes de nos charbons activés.Les résultats sont dans le tableau Xo .3.d k x s i t r; s a i ’ r a R i : x t i : s Agents d'iinprégrntion LltABLK Iàcinette Tkkmmi.i'.Mkhisiek 7,n< i ! 0.3109 0.1341 0.1205 ( ).2()îMI P( Mil.) 0.3721 0.1012 0 11.71 0.2259 Maiioi i: < ' PO.JH.I 2.79 2.02 3.17 3.12 Non imprégné 0.49 0.53 0.39 0.21 TAIILKAU -XO .1 ÉTUDE DES CHARBONS DE BOIS CANADIENS 355 de nos charbons activés, ainsi que l'augmentation de celles-ci sur le charbon non imprégné.Nous n'avons pas cru devoir laver les Imis après l'imprégna!ion, les auteurs chinois ont montré que cette opération était inutile pour les propriétés absorbantes ordinaires.Nous ne visions pas non plus à la préparation de charbons actifs sans cendres.Conclusions — Le t mblr et Y {pi nette donnent des charbons activés tro n friables pour être employés avec avantage dans une tour d’absorption.Le passage de l'air les réduirait trop facilement en poussières.Malgré leur pouvoir absorbant relativement élevé, vu leur faible densité, il faudrait employer un plus grand volume de charbon pour absorber la même quantité de vapeur, par rapport à Vérable ou le merisier.L'épinolte et le tremble doivent donc être mis de côté pour la préparation des charbons actifs résistants.L'érable imprégné au chlorure de zinc a un pouvoir absorbant plus faible que le merisier.Le contraire se présente avec l’imprégnation à l’acide phosphorique.La densité de l’érable est plus grande que celle du merisier, avec les deux agents d’imprégnation.De ces considérations, nous pouvons dire maintenait que l'érable offre plus d’intérêt que le merisier pour la préparation des charbons act ivés.Pour ce qui est des agents d'imprégnation, l'acide phosphorique semble plus favorable que le chlorure de zinc dans nos conditions expérimentales.Lrs meilleures conditions d’activation seraient donc, avec le procédé mis en œuvre sur les bois canadiens envisagés: imprégnation de l'érable avec l'acide phosphorique en solution aqueuse à 20%; séchage à l’air libre, chauffage en vase clos, permettant le dégagement des vapeurs, 5 heures au moins entre 000 et 1000°C.La réactivation à la vapeur d’eau surchauffée à 200°C pouvant être faite sur le charbon chauffé à 700°C.Tel est un premier résultât acquis pour l’absorption des vapeurs.Louis Bourgoix Gérard Lefebvre Charles Tremblay (Travail du Laboratoire de Chimie Industrielle de ol> Polylcchn pic île Montreal — laid. LES CAMPAGNES INTERNATIONALES ACTUELLES D’EUGENISME Les problèmes que posent 1rs lois de stérilisât ion des inaptes, et ht limitation des naissances, nous encerclent déjà, et il semble bien que nous devons le- aborder avec courage et franchise, et cesser encore une fois et au plus tôt de leur opposer la fameuse politique qtie des braves gens appellent 1 injure du silent e .111 u en ces sort es de t juest ions fera fa il 1 i t e une fois de 1 d us.D’aucuns pensent peut-être encore que dans tout cela, il s'agit d’une colossale affaire allemande, et que l’on ne doit guère s'en préoccuper, peut-être plutôt s en réjouir.11 est vrai que les assauts sont toujours plus bruyants, plus tintûmarresqucs dans ce pays, sous l’œil furibond de Hitler; mais que 1 on ne se méprenne pas, il y a déjà des lois de stérilisation dans certaines provinces du Canada, et des centres de "lit rl h runt'ni a Mont real même.Kn étudiant ces questions, en lisant les travaux de- paitis.uis de cet otigénisme, on se rend compte (pie le seul argument économique est invoqué, et (pie 1 on ne se solicit1 guère des conséquence.-, néfastes pour la société, la famille et l'individu, que l'on ne se préoccupe pas davantage du point de vue moral du sujet, et encore moins des vues de 1*Eglise.Quant aux énoncés médicaux et scientifiques, n'y aurait-il que l'absolutisme, faussement invoque, des lois de l'hérédité, que la charpente en serait déjà moins solide.Xous devons déplorer l'absence d'un grand mouvement international, l'absence d'une campagne systématique, surtout dans les milieux laïques, contre ce mouvement d'eugénisme particulier, a une époque où tout se règle en public; et où le silence favorise 1 adversaire au lieu de le diminuer.Ht (pie dire de ces somptueux et étincelants bureaux internationaux dans ces grandioses bâtisses, (pii ne se préoccupent pas seulement de vouloir.maintenir la "paix universelle", mais qui transmettent des "vaux", (pii deviennent souvent des ‘lois , dans des pays importants, (pii sont liés pour d'autres fins.a cette vénérable “Société .Xous réalisons que nous ne pouvons en quelques pages exa- 11111 ¦ ni— ¦n LES CAMPAOXUS I XTKUX ATIONALES d'KUOKXISMK 357 minor toutes les parties do ee problème délicat et difficile, et encore moins pouvons-nous le résoudre de façon définitive.Xous n avons d’autre prétention au cours do notre travail, que celle d’apporter une modeste contribution à l'étude de cette forme d eugénisme, sans oser pénétrer sur le terrain do la théologie, où la loi catholique nous maintient dans les rangs des fidèles, et nous ne citerons que ces quelques mots de V Biici/cUipi'- de Pie XI sur le mariage chrétien: "Aucune raison, même grave, ne peut être apportée pour établir qu'une chose intrinsèquement contre nature peut devenir conforme à la nature et moralement bonne".('ne atmosphère saturée par l'égoïsme, par toute sorte de doctrines osées, par une vie facile, par un désir de jouissances de plus eu plus nombreuses, par le cinéma et le theatre* sugge-til-, pat derevues spéciales, par dos livres nombreux publiés en toutes les langues, par une propagande internationale bien organisée et constante, véritable torrent qui s’avance avec rapidité: voilà le berceau du “Birth control et des lois de stérilisation.Que voyions-nous en regard, jusqu'à ces dernières années?le mépris, arme insuffisante et enfantine, s il est allie au silence, puis la dangereuse tradition, pleine de faiblesse, d'un grand nombre de familles, d'abandonner l'initiation des adolescents aux explications des problèmes de la vie et particulièrement des choses sexuelles, au hasard d’un dangereux compagnonnage, ou de livres empoisonnés lus en cachette, qui portent le trouble au paroxysme au lieu de l’éviter ou de le diminuer à un minimum, minimum que la confiance des parents et une saine atmosphère familiale peuvent effacer graduellement.i.es deux propagandistes les plus actives, depuis un quart de siècle, des théories du “Birth control", ont été Mme Slopes en Angle-torn* et Mme Sanger en Amérique.1.1 les ont écrit beaucoup et ont fait une ardente propagande.l'n ministre protestant d’Angleterre, Robert Maltlnis, publiait en ITU's un ouvrage, hirsni/ on the Brmciplc of Population, qui fit beaucoup de bruit.I.es économistes de la premicie moitié du xtxe siècle s'accordaient avec lui sur “les dangers d'une natalité excessive", mais ils ne s'entendaient pas très bien sur les moyens d'y remédier.Malthus réclamait la contrainte morale, entre autres la chasteté dans le célibat et les mariages tardifs.Il eut beaucoup de disciples.Certains d entre eux furent plus osés, et ils devinrent les néo-malthusiens.Le docteur G.Drysdale H i: V r K TR IM KSTR1 K LL K CAN A DIR NX R 358 publia le premier traité doctrinal de la nouvelle secte qui demandait d’écarter la contrainte morale et de populariser les moyens anticonceptionnels, pour satisfaire “le besoin d'amour” au même titre que le besoin de sommeil et le besoin de nourriture.Le mouvement international fut créé pour ainsi dire par le docteur ( '.-H.Drysdale, frère de l'autre, et il fonda la première ligue néo-malthusienne en Angleterre, à Londres même.D'autres ligues furent bientôt fondées en Hollande, en France, en Allemagne, aux Etats-Unis.La doctrine du “Birth control”, appelée “la troisième édition du malthusianisme” par De Guchteneere, et dont les mots qui la désignent n'ont pas de traduction littérale en français représentant exactement la signification anglaise, est en effet d’essence anglo-saxonne.Certaines théories néo-malthusiennes, l'amour libre par exemple, étaient trop ouvertement choquantes pour des consciences anglo-saxonnes, dans lesquelles "le respect de la tradition et le souci de l'honorabilité extérieure sont si profondément ancrés".(De Guchteneere.) Avec le “liirth control'', on ne supprime plus le mariage, et on propose au contraire de le solider, d'augmenter le bonheur conjugal, l'indépendance de la femme, qui déterminera le nombre de ses grossesses, de résoudre les difficultés économiques, d'améliorer la santé et la vigueur.La théorie de Maltlnis part de ce raisonnement qui lui est.propre: la population est doublée tous les vingt-cinq ans et les moyens de subsistance ne le sont guère.11 argue que l'équilibre est maintenu par une série d'obstacles: la mauvaise hygiène, l'avortement, l’infanticide, les épidémies, la famine, la guerre.11 conclut que la reproduction illimitée attire ces maux terribles, et il propose la limitation des naissances par la contrainte morale: chasteté dans le célibat, mariage volontairement retardé.L’accroissement mentionné, au dire des économistes, ne s'est pas rencontré, si on excepte de très rares cas, comme par exemple l'histoire de notre peuple à ses débuts, dans un immense pays, aux abondantes ressources, et avec dans le cœur de ses habitants la volonté ferme de survivre et de se multiplier.La valeur de certains arguments basiques à l'appui de cette théorie malthusienne ne semble iras avoir été établie, et il n'y a pas de rapport direct entre le chiffre d’une population et le vice, I.K S (' AM!’AO.X K S ! XT KItX ATIOX ALE.S D KC(!K.VI.n a là un exemple typique de la cause du malaise économique dans cet immense pays des Ltats-l'nis, que nous avons choisi, pour le besoin de la démonstration, parce que nous étions davantage habitués à y accoler dans notre esprit le synonyme de prospérité étincelante et constante, t e ne serait donc pas la surpopulation mais l'inégale distribution des ressources qui serait la cause du malaise.Comme le dit un rapport de la "National Birth-Rate ( onunis-sion”: "Il est de meilleure politique d'adapter les conditions de milieu aux besoins de la famille, plutôt que de diminuer le nombre des enfants pour s’ajuster à une organisation sociale défectueuse et immorale".Il semble intéressant de citer ici quelques phrases de Chesterton (revue America) au sujet de ce qui se passe dans les cerveaux modernes.‘‘Voilà, dit-il, dix petits garçons à qui vous voulez four- 1 La limitation îles naissances.Dr Raoul de Guchteneere, Bruxelles.84 s LES CAMPAGNES INTERNATIONALES D’EUGÉNISME 361 nir dix chapeaux et vous constatez qu'il n'y a que huit chapeaux disponibles.Un esprit simpliste ne trouverait pas impossible d'en faire deux de plus; de s'enquérir au sujet de celui qui fait les chapeaux et le persuader d’en faire davantage: de protester contre un retard injustifié dans la livraison des chapeaux; de punir quiconque a promis des chapeaux et s'abtient de les fournir.L’esprit moderne est celui qui dit que si nous coupons la tête de deux petits garçons il ne leur faudra plus de chapeaux, et le nombre disponible sera suffisant’'.Ut Chesterton, de conclure que l’esprit moderne a une logique implacable, que c'est le bourreau qui doit remédier aux omissions du chapelier.Les progrès de la civilisation sont indiscutables et rapides, mais il est certes vrai que les exigences ont augmenté parallèlement, et que la société doit courageusement faire face à la situation, et nous n'avons pas le droit de ne pas ajouter, en s'imprégnant de charité chrétienne.Pour mieux entraîner le public les agents du Birth control enveloppent d'hygiène, de médecine et d'un vernis scientifique leurs théories.Par exemple ils prétendent qu'une grande fécondité et une mortalité infantile élevée sont synonymes, et que le Birth control en diminuant la fécondité des peuples et en supprimant les familles nombreuses, diminuera sûrement la mortalité infantile.Voilà l’attrape-nigaud! Il est évident que le nombre des morts est plus considérable dans une ville dont la population est de 10,000, que dans celle où elle n'est que de û,0lj0.Il est lacile de démontrer qu'il n’y a pas un rapport de cause à effet entre la fécondité d'un peuple et sa mortalité infantile.Il est consolant de rappeler et d’offrir à votre réflexion l'exemple de la diminution notable et constante de la mortalité infantile à Montréal, avec une fécondité à peu près la même, et cette mortalité diminuée est due à l’éducation constante des familles par les cliniques infantiles, par des médecins mieux avertis en plus grand nombre, puis à l'action énergique et sage des pouvoirs publics, et enfin à la multiplication des œuvres sociales.Si nous examinons ce qui se passe en France, par exemple, nous constatons que les dix départements à natalité la plus basse présentent une mortalité infantile plus élevée que les dix départements à natalité la plus élevée.Si nous nous transportons en Chine et en Russie, nous y trouvons une natalité élevée et une mortalité infantile élevée.Il est iï K v r i : th i m kstk 11 : i.l e i ¦ a x a d i h \ x i: 302 facile de reconnaître dans ce taux de mortalité l’influence de la pauvreté et de l’ignorance; taudis surpeuplés, mauvaise hygiène, nourriture insuffisante, absence tie soins médicaux, etc.Que la justice sociale répartisse les ressources et les salaires convenablement, que les missions chrétiennes, que les œuvres sociales y naissent ou s'y multiplient, et la fécondité ne fera plus face qu'à une mortalité infantile fortement diminuée.Toujours sous le vernis scientifique.les partisans du Birth control offrent à leurs adeptes une série de procédés anticonceptionnels.< )r nous savons ou ils sont tous de nature a léser la santé de ceux qui en usent régulièrement.Femmes névropathes de plus en plus nombreuses, vieillissement précoce, fibrome utérin,certaines scléroses organiques, neurasthénie complète, morbidité, déséquilibre nerveux, cancer utérin causé par plus d’une substance chimique irritante habituellement utilisée: voilà le bilan féminin.Chez l’homme, une névrose cardiaque s'installe rapidement.11 est inconcevable de constater cpie les propagandistes du Birth control assimilent de façon puérile les anticonceptionnels à des fausses dents ou à des lunettes.Le sujet qui porte des lunettes améliore sa vue, celui qui ut iiise des finisses dents améliore sa mast i-eation, deux fonctions naturelles: celui qui se sert de mesures anticonceptionnelles pervertit une fonction, la fonction reproductrice.En voulant appliquer leurs théories les partisans du Birth control avancent un argument destiné sans doute dans leur tor intérieur, à vainer;1 la dernière résistance des âmes timorées."La dignité de la mère de famille sera augmentée," disent-ils; nous voyons mal comment elle pourrait 1 être, puisque par 1 application des t héories du Birlh ( .S.( .IL 811 Noter cependant qu'il s’agit d'une cause ontarienne).Knfin, en France, on a jugé que l'armateur ne doit pasMc dommages-intérêts aux marins payés par une portion des bénéfices pour avoir commencé tardivement la campagne de pêche, si une force majeure l'a empêché de la commencer plus tôt.(Trib.Com.Nantes 23 1898, Roc.Nantes 99.1.72).9 )° Autorité que comporte l’emploi.Le patron ne doit pas diminuer l’autorité que comporte la charge que remplit le salarié.Ce principe a été affirme par le Conseil Prive quand il a con- 4 40G Ii K V U K IK IM KSTRI ELL E I ' A \ ADI E X X E firme la décision suivante rendue par notre Cour Supérieure, dans la cause do Montreal Publie Service Corporation v.Champagne (23 R.L.n.s.p.379); (33 D.L.U.p.49): “1.iii gérant de compagnie a droit de refuser de servir dans une position autre et moindre que celle pour laquelle il a été engagé par un contrat écrit; et dans le cas où la compagnie lui enlève ses pouvoirs d'administration, sans motifs raisonnables, il y a violation du contrat d'engagement, et cet employé peut obtenir la résiliation du contrat et îles dommage—intérêts, même dans le cas où la compagnie lui offre de continuer à lui payer le même salaire." De même, en France, on a jugé que le patron ne peut décider (pie le directeur n’aura pas d’autorité sur un employé inférieur.(Lyon 9 nov.1898, Mon.lud.Lyon 25 avril 1MH1).Enfin, le patron ne doit pas faire surveiller le travail de ses employés d'une manière blessante.(Lyon 1 1 mai 19 '2.Cuiz.Coin.Lyon, 30 oct.19o3).91° 11.Le PATRON' DOIT METTRE A I.A DISPOSITION DU SALARIÉ LES OUTILS, LES MATÉRIAUX OU LES COLLABORATEURS NÉCESSAIRES POUR ACCOMPLIR SON TRAVAIL.Baudry-I.acantinerie (Droit Civil, 3èinc éd.Vol.XXI, Xo 1729, p.59).formule ainsi ce principe: “Le patron doit également mettre à la disposition du salarié les outils, les matériaux ou les collaborateurs nécessaires pour qu'il puisse accomplir le travail pour lequel il a été engagé." (Trib.Civ.Mous.31 juillet 1931, Rev.lég.mines 19 :3, 119; il s’agit en cette cause d’ouvriers mineurs).Ajoutons que l'employé a droit à son salaire, malgré les défauts du travail qui résultent de l'outillage ou des matériaux défectueux fournis par le patron (Voir Leduc v.Lalonde, 24 C.S, 423).92° 111.Le patron ne peut faire faire au salarié un service AUTRE QUE CELUI POUR LEQUEL IL A ÉTÉ ENGAGÉ.( e principe a été reconnu ici dans la décision déjà citée de Charbonncau v.Publishers Press Ltd (42 C.S.à p.1( 3).Dans cette cause, l'honorable Juge Pruneau a décidé que la compagnie d’imprimerie en question ne pouvait pas donner au demandeur Charbonncau “d’autre travail à faire que celui que fait ordinairement un contremaître clieheur, car le demandeur s’était engagé pour accomplir ce travail spécial et nul autre, à moins d’un usage local contraire”.(Trib.Com.Sainte-Etienne, 19 avril 1897.La Loi, 5 nov.1S97).Jurisprudence française.Voir pour le cas de l’apprenti; Hard Rev.dr.franc, et étrang.IV, p.313, il 38. nr CONTRAT D1-: TRAVAIL -107 Voir pour les commis-voyageurs: Trib.Com.Marseille, - juin 1S9(), Hec.Marseille, 90.1.233; Trib.Corn.Marseille, 20 nov.ISOS.Rec.Marseille 00.1.01; Trib.Com.Marseille, 7 déc.1898, Hec.Marseille OO.l.sl.Voir aussi: Paris, 20 mai 1 s94, D.0.1.2.ISO; Aubry et Rail v.Xo 072, note -12: Cf.Heq.ls déc.101S, D.1020.1.198.Ajoutons enfin pu on a déeide en franco qu un ouvri(ir lithographe ne peut pas se plaindre qu’on ne lui donne à faire que des travaux communs, si son salaire ne change pas: 1 rib.( oui.Lyon 12 fév.1001, Gaz.Coin.Lyon 7 mars 1901.93° Autres services.Kn certains cas, l'usage admet que le patron puisse faire faire au salarié un service autre que celui pour lequel il a été engagé.Ainsi, notre Cour d'Appel a jugé qu’un patron pouvait occuper à un autre emploi un commis-voyageur chargé de le représenter en Kuropc pourvu que cet emploi ne déroge pas a la position sociale du salarié.(Prévost v.Gauthier, 1 L.X’.2s9).Il a aussi été jugé en France que “le patron peut occuper le connnis-vovageur dans ses magasins entre deux voyages.( 1 rib.Coin.Saint-litieniK', 10 avril 1897.La Loi, 5 nov.1897).lin fin, notre Cour d’Appel a posé le principe que si l’employé accepte un poste inférieur, il perd ses recours pour obtenir le poste plus élevé qu’il devait remplir.(Nelson v.Stewart, IL lî.15 It.J.188).94° Artistes dramatiques.C’est dans le domaine du théâtre que les cours de France se sont le plus souvent prononcées sur la question de savoir quel travail le patron peut imposer à ses employés.Ici, nous pouvons citer la décision rendue par notre Cour de Revision dans la cause de Lasallc v.Cie des Théâtres de Montréal, (( .R.81 ( .S.19.,).Dans cotte cause, il a été jugé que: “Dans un traité d’engagement d’un acteur pari la direction d’un théâtre, pour prendre tous les rôles désignés dans toutes les pieces Quelle jugera convenable, la stipulation qu’il sera prêt à jouer sans délai les rôles de son répertoire, et tous les autres, sous quinze jours de délai pour les apprendre, ne s'entend pas, pour la première alternative, de tous les rôles do toutes les pièces de son répertoire, mais de ceux-là qu il connaît et est accoutumé de jouer." Passons maintenant à la jurisprudence française sur ce sujet.Baudry-Lacantinerie (Droit Civil, 3ème éd.Vol.XXI, No 1723 note 1, p.54) cite les décisions suivantes: 40S RE VI'K TRIM E STRIELLE C A X A D11 : N X1 : L’acteur ( mployé pour jouer les chefs d’emploi ne peut être contraint de remplir les seconds rôles : Nancy, 19 lev.1M1, S.71.‘2.269, I).75.2.45 - Rouen, 14 mars lsss, D.92.2.225 (en note)-Paris, 25 fév.1S92, D.92.2.255 - Trih.Coin.Seine, s juillet 1897, Droit, 12 août 1897, Loi, 17 août 1897 - Trib.Coin.Bruxelles, 19 janv.1901 Loi, 15 avril 19.41.- Constant, Code des Théâtres, ]i.110; Dubose et Goujon, L’Engag.théâtral, p.89 - Ruben de Couder, v.Théâtre, n.144 - Guichard, Législ.des théâtres n.121, s.et 143.Si un acteur, engagé connue jeune premier, s’est engagé à jouer tous les rôles qui lui sont confiés, cela ne s'entend que des rôles de son emploi; il ne peut donc être tenu de figurer dans les chœurs d’une féerie: Rouen, 14 mars 1888, S.88.2.174 - V.aussi Douai, 7 déc.1855, S.57.2.2^9.Un acteur ne peut être tenu de rester dans le théâtre, si le genre exploité est modifié et devient d’un ordre moins relevé (théâtre transformé en concert promenade): Paris, 25 fév.1892, précité.L'actrice engagée pour jouer les rôles de “chanteuse d’opérette" ne peut exiger qu’on lui donne les premiers rôles: Paris, 13 déc.199(1, I).1900.2.253.Pour les musiciens, citons les décisions suivantes: Un chef d’orchestre ne peut être employé comme sous-ordre: Trib.Com.Seine, 20 janvier 1896, Gaz.Pal.96.1.272.Un premier violon ne peut être forcé de jouer le rôle de second violon: Trib.paix Lille, 11 nov.1895, Mon.Jud.95.348.95° Dr tu ami; em ent d'établissement.Planiol et Ripert (Droit C ivil Vol.XI, No 840 p.75) enseignent que “l’employé qui entre dans une entreprise comportant plusieurs lieux d’exécution peut se voir imposer un changement de résidence": (Alger 6 fév.1894 I).97.2.4 14).Il en serait autrement si le salarié avait été engagé par un établissement déterminé.(Paris, 29 juin 1897, Loi, 20 juillet 1897).Ici, on a jugé qu’un père avait le droit de retirer son enfant engagé comme ; si le patron veut l’amener au loin.(Gravel v.Malo, M.L R.I G.S.48; 33 L.C.J.115).Sur cette question du changement d'établissement, Baudry-Lacantinerie (Droit Civil, 3èine éd.Vol.XXI, no.1085 note 5, p.31) cite les décisions suivantes: Trib.Civ.Seine, 17 juin 1897, Droit, 5 août 1897; Toulouse, 12 déc.19 5, Gaz.Trib.Midi, 24 déc.1905; Trib.Coin.Marseille, 27 avril 1899, Rec.Marseille, 99.1.285 (cas 2557 DU CONTRAT DK TRAVAIL •109 île deux commerces identiques exercés dans la même ville); 1 rib.Com.Bordeaux, 2S nov.1901, Mém.Bordeaux, 1901,395 (employés de chemins de fer).96° Responsabilité du patron sur la personne du salarie.IV.Le patron (Lut répondre des accidents du travail dans les cas déterminés par la loi.Les cadres de cette étude ne nous permettent pas d’analyser la Loi des Accidents du Travail (Statuts de Québec 1931, e.L’O; 1933, c.9N; 1935, e.8 Nous ne pouvons qu'indiquer le principe de notre législation: dans les cas couverts par la Loi des Accidents du 1 ravail, 1 employé a droit à l'indemnité prévue ' 'animent ch1 toute faute de la part du patron.Sauf les cas prévus par la Loi des Accidents du Travail, Baudry-Lacantinerie (Droit Civil, Sème éd.Vol.XXI, Xo 1732, p.58), enseigne que “le maître en principe ne contracte aucune obligation vis-à-vis de la personne du salarié et qu il ne répond que de sa faute.Ajoutons que le patron est aussi responsable envers ses employés, comme envers autrui, des dommages causés par la faute de ceux dont il a le contrôle: le patron répond aussi des dommages causés par scs domestiques et ouvriers dans 1 exécution des fonctions auxquelles ces derniers sont employés.(( .C .1054).Les dommages causés par un employé à un co-employé dans l'exercice de ses fonctions entraînent donc la responsabilité du patron.Voir sur ce sujet la décision de notre ( our Supreme dans la cause du Roi v.Desrosiers (41 C.S.('.IL p.il).De même, en vertu de l'Article 1954 du ( ode ( ivil, le patron répond des dommages causés à ses employés par les choses que le patron a sous sa garde, par exemple, l'outillage il une fabrique.Pour échapper à cette responsabilité, le patron devra prouver qu il n’a pu empêcher le fait qui a causé le dommage.Voir sur ce sujet les décisions suivantes: Conseil Privé 192'): Quebec Railway !.X Power ( 'o.v.Vandry et al., 2(i ILL.n.s.2 1 1 -L.IL App.Cas.P.C.1920, p.(1(12; 24 B.IL 214 - 53 ILC.Supr.72 -V.C.S.1913, Van Felson v.Quebec Railway, L.IL & Powers Co.43 C.S.42U-C.IL 1917, Scnécal v.Montreal Public Service Corp.51 C.S.S ) - C.IL 1918, Fortin v.Montreal Tramways Co.54C.S.42S-B.R.1919, Thomas Davidson Mnnuf.C'o.v.lalarico, 30 B.R.157 - C.IL 1919 Xante] v.Clayton et al., 25 1L.L 397; 57 C.S.1S5 - B.IL 1920, Curtis’s éc Harvey v.Appendaile, 30 B.IL 87.A3^C 410 HEVUK TRIMESTRIELLE CANADIENNE 07° Des soins médicaux.Certains montants sont payables pour soins médicaux en vertu de la Loi des Accidents du Travail.A part ces cas, à moins d'une convention expresse, le maître n'est pas tenu de faire soigner le salarié, ni de lui fournir des médicaments, (Bauclry-Lacantine.rie, Droit Civil, dème éd.Vol.XXI, no.1742).11 a cependant été jugé en France que “le maître ne peut se faire rembourser par sa domestique le prix modique de pilules ferrugineuses (Trib.paix Lyon, 1 1 janv.11) 3, .Mon.Jud.Lyon 2 mai 1903).Si le maître fait travailler un domestique malgré sa maladie, il a été décidé qu'il n'était pas responsable, le domestique étant en droit vu sa maladie de refuser de travailler.( 1 ri b.Lille, 31 juill.19dû.Droit 7 déc.1905).98° Effort raisonnable.Ajoutons que d'après Planiol et Ripert 1 Droit ( ivil \ol.XI Xo MO, 3° p.75), “le patron ne doit exiger de son employé qu'un effort raisonnable.De même que le travail ne doit pas être assimilé à une machine ou a uni* bête de somme, le travailleur doit être traité humainement, et le patron doit veiller a lui éviter tout .surmenage; sa responsabilité serait gravement engagée par les accidents qui pourraient résulter île ce surmenage''.(Trib.Seine, 28 oct.19JS, D.19 .7-.').13).99° Obligations légales du patron.Outre la responsabilité que lui impose la Loi des Accidents du Travail, le patron est aussi assujetti à diverses mesures d'hygiène et de sécurité dans le cas de certains etablissements.Lnfin, la durée du travail des femmes et des enfants est aussi réglementée.Le cadre de cette étude ne nous permet que de signaler ces dispositions (pie l'on trouve1 dans les Statuts Refondus de Quebec 192ü, tels qu'amendés.(Loi des Etablissements Industriels, c.1S2; amendée: 1929, c.14; 1928, c.97; 193 >, c.S ); 1930-31, c.19; 1933, c.71; 1931, c.55; 1935, ce.11.93:-Loi de l’Hygiène Publique, c.189; amendée: 1929, ce.1 1, 54; 192S, c.98; 1929, c.59; 1934, cc.44, 45: 1934-31, c.78; 1933, c.73; 1934, c.58;- Loi de l'Inspection des Echafaudages, c.177; amendée: 193 ), c.77; 1934-31, c.19;-Loi des Mines, c.89; amendée: 1929, cc.1 1, 27; 1927, c.28; 1928, c.32; 1929, c.29; 1939, c.41; 1930-31, cc.45,49; 1931-32, c.42; 1933, c.30; 1934, c.29; 1935, c.41).: DI' CONTRAT DE TRAVAIL -111 100° Surveillance.Planiol et Ripert (Loc.cit.no SH), -1°) enseignent aussi fine “le patron est tenu à exercer sur son personnel- une certaine surveillance au point de vue moral.11 doit veiller à ce que les rapports de service entre les divers employés qu’il occupe ne soient pas l'occasion de fautes contre la morale.Cette, obligation est particulièrement stricte lorsque le travailleur est mineur, (drib.Civ.Avignon, 29 avril 1904, La Loi, 12 oct.19.) 1).101° Nourriture et logement.Planiol et Ripert enseignent (Loc.cit.p.75, note 3) que si ‘'l’exécution du contrat suppose le logement de l’ouvrier, le patron doit fournir à cet ouvrier un logement convenable".C’est le cas pour un domestique.Dans la cause de Gauthier v.Gauthier (2 Revues de Jurisprudence ]>.-I7S), il a été jugé qu’"à défaut de.conventions contraires, rengagement d'un domestique, à tant par mois, comprend sa pension, sa nourriture et son logement en outre de ses gages '.102° V.Lni.Malgré cette decision, il semble que les dommages n’étaient pas liquidés et ne pouvaient par conséquent faire l'objet de la compensation légale.La désertion entraînè-t-ello la perte du salaire gagné à date?•le crois que le principe est correctement formulé de la façon suivante: ’ 1P'4 fat désertion n entraîne la porte des salaires gagnés que si le patron prouve avoir-ainsi subi des dommages ou s'il y a une convention à cet effet”.(Bélanger v.free ( \M.1 f L.X.92).(Voir aussi .Jewett v.C.P.R.(('.(’.) 1 R.P.Q.544).La désertion entraînera la perte du salaire gagné à date s’il y a un règlement d'atelier à cet effet, f Voir Xo GO.) tfi 1 employé quitte pour cause de maladie, il ne perd pas son-salaire gagné a date.Augé v.Dominion Wadding Co.11 Legal News IBS) - fortin v.Tremblay 10 Legal News 230).Dans une cause antérieure à notre Code Civil, il a été jugé-qu “un serviteur qui a laissé le service de son maître, avant l’expiration de son terme d'engagement, ne perd pas pour cela le salaire-qui lui est dû pour le temps qu’il a fait”.(C.C.1S53 Bilodeau v.Sylvain 4 D.T.B.C.20, 4, K.J.R.Q.57.) Je crois que cette règle est encore exacte.lb'° ( itons maintenant-les décisions suivantes qui sont à l’effet ' que là désertion entraîne la perte du salaire: Dans une action pour son salaire par un domestique payé au mois ou a la semaine qui laisse le service de son maître sans lui • donner 1 avis voulu par la loi et sans raison suffisante perd ses gages.dus au moment de son départ.Si, d un autre côté, il ne quitte son service que du consentement de son maître, ce dernier doit lui payer ce qui est dû et échu.Prévosté, 1758, Québec, Clcsse v.Gatel, Prév.7s, 1 K.J.1LQ.2s - ( ]S71, Montreal, Xadon v.Ollivon A: AL, 2S9; 22 R.J.R.Q. DU CONTRAT DE TRAVAIL 415 111, 517 - 1872, Montreal, Berlinguette v.Judah, 17 J., 18; 22 K .J R.Q.495, 547.-C.C.1 s72, Montréal, Mondor a-.Pesant, 4 p p 382.- C.C'.1S73, Quebec, Bernier v.Hoy, 1 ll.J.Q.389.-C.M.1889, Montréal, Belle McPherson v.Stevens, 12 L.X.203".Voir aussi clans le même sens pour les commis-voyageurs Nixon v.Darling, 27 .1.7v 0 L.X.100.1110 Malgré ees décisions, je ne pense pas (pie la désertion entraîne en soi la perte du salaire.Il faudrait qu'il y ait dans nos lois une disposition spéciale à cet effet.Or, nous ne trouvons que le texte (le l'article 12 de la loi des Maîtres et Serviteurs (S.K.Q.Ch.271).Comme nous le verrons (No 112), ce texte ne s’applicpte que dans les cas exceptionnels prévus par la loi des Maîtres et Serviteurs.La portée ne peut être érigée en principe général.("est donc à tort, à mon sens, (pie dans une cause de la ( our de Circuit (Mondor v.Pesant, 4 ILL.3S2) le .luge Johnson a posé en principes: “Qu’un employé au mois qui quitte le service avant la fin de son mois, sans cause légitime, n'a pas droit à ses gages de partie du mois commencé .“Qu’un maître peut plaider compensation du salaire d'un mois terminé par son employé, sans qu il soit nécessaire de faire une demande incidente, pour les dommages causés par son dit employé en quittant subitement h' service, parce que ces dommages découlent d'une même-source par laquelle, il demande le paiement de son salaire”.Qu'un juge peut accorder des dommages, quoique le montant n'en soit pas prouvé, quand d'après la preuve, il voit qu il y en a eu réellement de soufferts, ce qui est laisse a sa discretion .112° Loi des Maîtres et Serviteurs (S.R.Q.ch.271).Notons tout d’abord que cette loi ne s’applique pas en principe aux cités de Québec et de Montréal, ni aux cités, villes et villages qui ont passé des règlements concernant les maîtres et serviteurs.Par exception, cette loi s’applique “aux artistes lyriques et dramatiques, daiis la cité de Montreal, engagés a la journée, a la semaine, au mois ou a la saison (article 11).La loi des Maîtres et Serviteurs prévoit une pénalité de vingt dollars pour certains cas de desertion (art.(i).De plus, elle ajout* à la fin de l'article 12: “Sur action par un serviteur pour gages, le défendeur peut plaider les faits de desertion, d inconduite et de désobéissance et autres ci-dessus mentionnés, et, sur preuve de ces faits et des dommages encourus en conséquence par le défendeur, 41G lî K V r K TR IM IC STR I IC LL K C AX ADI IC X X I : il peut être déclaré (pie le demandeur a perdu tout recours à scs ''n *ou* 011 011 partie, a la discrétion du tribunal suivant les circonstances".I bi: Ce dernier paragraphe de l'article 12 ne s’applique à .Mont- réal (piaux artistes lyriques et dramatiques.Signalons en passant le chapitre XX des règlements municipaux de Montréal ci ncernant les Maîtres et serviteurs.Nous étu-di( '°‘is règlement ci se> pénalités quand nous examinerons la question du préavis.' Ajoutons, en terminant, que si le patron ne s'objecte pas à 1 avis que le salarié lui donne qu’il le quitte avant terme et si le patron ne subit aucune perte (h- ce fait, il ne peut réclamer de dommages.Davis v.Bûchaiî S CAS.277).l-nfin, il a été jugé ‘•qu'un ouvrier, travaillant à l'heure, qui quitte, sans raison sufhsante le service de son patron, n’a pas droit de réclamer le paiement de ce qui lui est dû immédiatement en partant, mais il doit attendre le jour ordinaire de la paie".t'.M.C-M1, Montréal, Iîeid v.Tremblay, 12 L.N.2 Jü.lit t ICItTIFKAT DE niXDITri:, I'*i 1 lance, a 1 expiration du contrat de louage de service» le patron est obligé de délivrer à l'ouvrier ou à l'employé un eerti-licat constatant “la date de son entrée, celle de sa sortie, etc, l'es-P^e fi° travail auquel il a été employé”.( Voir Dupin et Desvaux -Précis de Législation ouvrière et industrielle - 2ème éd.p.PS).( etic obligation n existe pas ici et nous pouvons citer sur cette question le jugement suivant: I n patron n est pas obligé en loi de donner un certificat de compétence et de bonne conduite à son employé lorsque ce dernier laisse son ouvrage.P.11.190b, Montréal, Poirier vs Wencr 12 1! .1 ü29.” Il ne nous reste plus maintenant qu'à-étudier comment le louage de services se termine, ("est ce que nous verrons dans notre prochain article.• Léon-Mercier ( loin.v, avocat et docteur en dont. QUE DEVONS-NOUS À LA CONFÉDÉRATION?Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Les cadres de la constitution canadienne, devenus trop exigus, semblent craquer de toutes parts.Aux besoins modernes, aux idées nouvelles, l'acte de la Confédération ne semble plus vouloir s’adapter; les conférences interprovinciales, inaugurées, il y a à peine quelques années, essaient en vain de trouver un palliatif à la crise constitutionnelle; enfin, une commission parlementaire étudie déjà les amendements à apporter à ce que l’on est obligé d’appeler l’Acte de l’Amérique Britannique du Xord.L’idée elle-même d’une revision constitutionnelle ne semble plus discutée: il ne s’agit que de s'entendre sur les moyens à prendre et les amendements à proposer.Avant qu’il ne soit trop tard, avant que ne soit fait le pas décisif dans la voie de la revision, n'y a-t-il pas lieu pour nous, de la minorité française du Canada qui, non seulement, devrons garder et affermir nos positions, mais en acquérir de nouvelles et de plus importantes, sous peine de recul grave, n'y a-t-il pas lieu de bien établir préalablement quelles sont nos positions actuelles et de voir bien nettement ce que nous a donné le pacte fédéral.Sans doute nous savons tous, plus ou moins bien, ce que décrète l’Acte de l’Amérique Britannique du Xord par rapport aux droits des minorités; mais nous sommes-nous souvent arrêtés à en étudier les textes mêmes ?Je sais à l’avance ce que cette étude peut contenir de sévère, d’aride; aussi suis-je obligé de vous demander toute votre indulgence.Avant cependant d’en venir à l’étude même des textes constitutionnels, ne serait-il pas opportun, afin de bien situer la question, de voir ensemble, succinctement, quelles ont été les causes immédiates de la Confédération?L’Union des deux Canadas, née du trop fameux rapport de lord Durham, devait infailliblement, dans la pensée de son auteur, être fatale aux Canadiens français.Le Bas-Canada en effet, perdait son autonomie provinciale, le contrôle de ses finances et de sa législation particulière et assumait la dette très lourde du Haut-Canada.De plus, l’anglais devenait seule langue officielle et la représentation parlementaire française, tant au Conseil législatif qu’à l’Assemblée législative, devait être noyée dans une majorité 41S H K V U K TR IM KSTRI K RL K C A N ADI K \ X K anglo-saxonne.En fait le Conseil législatif du premier parlement sous l'Union ne comptait que huit membres canadiens-français sur vingt-quatre et grâce à des délimitations arbitraires des comtés du Bas-Canada et à des tactiques électorales déloyales, l’élément français ne put faire élire que vingt-trois représentants sur les quarante-deux députés de cette province.Bientôt cependant l'arme astucieuse imaginée par les Anglais pour détruire l’influence française devait se tourner contre ses auteurs.En 1S10, alors que l’excédent tie la population du Bas-Canada sur celle du Haut-Canada dépassait 280,000 âmes, Durham avait imposé à chaque province un nombre égal de députés.Fortifiée par une immigration britannique intense, la population du Haut-Canada devait cependant s’accroître avec une étonnante rapidité.Dès 1849, elle dépasse la population du Bas-Canada, en 1858 elle excède déjà de plus de 50,000 habitants, et en 1801 de 285,000.Mais cet accroissement de la population du Haut-Canada n’avait pas modifié la représentation parlementaire de cette province, qui, par l'acte d’Union, avait d'abord été fixée à 42 députés comme pour le Bas-Canada, pour être ensuite augmentée à 05 députés pour chacune des deux provinces vers 1855.Par contre dans le Québec d’aujourd'hui, la population française avait peu à peu mais irrésistiblement envahi les comtés réputés anglais en 1840 et le nombre des députés canadiens-français, de vingt-trois qu’il était en cette année, s'était progressivement élevé à 31 sur 42 députés en 1854 et à 51 sur 05 députés en 1865.Se sentant étouffés par les chaînons d’une constitution qu'ils avaient eux-mêmes forgée, les Anglais réclament bientôt à cor et à cris un changement de régime.Si, à cette cause démographique, l’on ajoute le péril américain toujours menaçant en face de petites colonies autonomes, l’absence de débouchés vers la mer durant la saison hivernale, l’inhabilité des huit ministères qui se succédèrent avec une égale impuissance de 1857 à 1804, l’on ne peut être surpris de constater que l'idée d’une réforme constitutionnelle réclamée originairement par les Anglais mais reprise et proposée de façon pratique par Cartier, sous forme de confédération ou plus exactement de fédération, ne comptait, ou presque dès 1804 que des adeptes tant dans les deux Canadas que dans les provinces maritimes.L’Union ne fut donc, suivant le mot de l’abbé Groulx, “qu’un QUE DEVOXS-XOUS A LA COXFEDERATION 419 magnifique avortement.Et le spectacle, continue cet historien, ne manquait ni d’intérêt ni de saveur de voir la majorité anglaise, prise à son propre piège, réclamer à grands cris la rupture d’une alliance qu’elle avait si ardemment sollicitée”.1 Élus en juin 1S64 par une éclatante majorité dans le but bien défini “de présenter, dès la prochaine session, une mesure pour résoudre les difficultés actuelles par l'introduction du principe fédéral dans le système du Canada”, Cartier et son ministère se mirent résolument à l'œuvre.Dès septembre 1804, eut lieu la conférence de Charlottetown, suivie en octobre de la même année de la conférence de Québec, la vraie constituante de la Confédération canadienne, et en 1805 de la conférence de Londres où devaient définitivement se fixer le sort et l’avenir du Canada.A toutes ces conférences, la lutte fut souvent très vive mais toujours courtoise.Le rôle de Cartier, à travers tous ces débats, fut vraiment prédominant.Tant à Charlottetown qu'à Québec et à Londres, il eut sans cesse à lutter contre l’élément anglo-saxon, qui aurait préféré une union législative au système fédératif.Des historiens très sérieux affirment qu'on voulut, à Londres encore, alors que le principe d’une fédération avait été accepté à Québec, surprendre la bonne foi de Cartier, même en l’enivrant, pour lui arracher un acquiescement à cette forme de gouvernement.La rédaction d’une constitution politique, nous dit l’abbé Groulx dans son volume sur les origines de la Confédération, est une “œuvre laborieuse quand il s’agit de coordonner les activités d'un même peuple, mais que sera-ce lorsqu'une confédération se propose de faire évoluer vers les mêmes fins plusieurs états indépendants ?Si à la vaste étendue du territoire, à l'incohésion géographique et à la complexité des races et des croyances, viennent s’ajouter, entre les parties à réunir, l’habitude de l’isolement, l’insuffisance des voies de communication, la pauvreté de l’échange intellectuel, vous apercevez de là l’œuvre gigantesque des constructeurs de fédérations.Xe voyez-vous pas alors tout le péril que pouvaient courir la justice, le règlement des accords, l’équilibre des forces, l'autonomie des minorités?Et ce péril, mesdames, messieurs, il ' La Confederation canadienne.Se.i oriffines.— Abbé Lionel Groulx, page 37. 420 R i : v r !•: t r i m i : str i k le i: c a name n n i : n’est pas sûr que les “pères” aient eu la clairvoyance d’y échapper.” 1 Mais, continue toujours cet historien, “la large coopération du chef de Québec, du Canadien français à l’intransigeant patriotisme, et à la devise ‘franc et sans dol’, nous est aussi une assurance, qu'au moins dans la pensée des “pères” d’origine française, l’alliance de 1SG7 devait être un pacte d’honneur”.- Mais puisque pour les peuples comme pour les individus un pacte d’honneur ne vaut entre les parties contractantes que par ce qu’il contient spécifiquement, puisque, suivant l'adage malheureusement troj) vrai, les écrits seuls valent quelque chose, examinons ensemble, si vous le voulez bien, mesdames et messieurs, ce (pie l'acte de l'Amérique britannique du Nord — puisque c’est là le nom officiel de notre constitution —-a donné à la minorité française du Canada.A tout seigneur, tout honneur: Sa Majesté la Langue française, suivant la belle expression d’Armand Lavergne, a droit de préséance, sinon malheureusement dans l'acte fédéral, du moins devant eet auditoire.L’article 133 de la constitution canadienne qui délimite les droits du français a été traduit de l’anglais dans le style que voici: “Dans les chambres (lu Parlement du Canada et les chambres de la Législature de Québec, l’usage de la langue française ou de la langue anglaise, dans les débats, sera facultatif; mais dans la rédaction des archives, proces-verbaux et journaux respectifs de ces chambres, l'usage de ces deux langues sera obligatoire; et, dans toute plaidoierie ou pièce de procédure par devant les tribunaux ou émanant des tribunaux du Canada gui seront établis sous l'autorité du présent acte, et par devant tous les tribunaux ou émanant des tribunaux de Québec, il pourra être fait églalement usage, à faculté, de l’une ou de l’autre de ces langues.Les actes du Parlement du Canada et de la Législature de Québec devront être imprimés et publiés dans ces deux langues.” 1 La Confédération canadienne.,XVs origines.— Abbé Lionel Groulx, p.13S.a Idem, page 90. 7.* * * Une deuxième question devait prouver de façon encore plus péremptoire ce manque de clairvoyance de nos chefs d’alors.C’est la question des droits scolaires dont le status est déterminé par le QU K DK VON."-NOUS A LA .CONFEDERATION 423 fameux article 93.L’imprécision décevante de cet article devait être la source continue dans chacune des provinces du Canada où se trouvent des minorités françaises et catholiques, de controverses et de débats violents d’où les nôtres malheureusement ne devaient pas sortir victorieux.En fait seule la province de Québec avec son fair play bien “français”, n’a pas eu sa question des écoles.Le premier paragraphe de l’article 93 en français se lit comme suit : "Dam chaque province, la législature pourra exclusivement décréter des lois relatives à l'éducation, sujettes et conformes aux dispositions suicides: I.Rien dans ces lois ne devra préjudicier à aucun droit ou privilège conféré, lews de l'union, par la loi, à aucune classe particulière de personnes dans la province relativement aux écoles séparées (denominational).Cette première partie de l'article 93 décrète donc trois choses: 1.La législation scolaire est dévolue exclusivement aux provinces; 2.Cette juridiction provinciale exclusive est restreinte cependant et doit s’exercer seulement de façon à ne pas porter atteinte aux droits et privilèges des écoles confessionnelles ; 3.Ces écoles confessionnelles ne sont que celles qui peuvent justifier d’une existence légale antérieure à la Confédération et qui sont sous l’administration d’une classe particulière de personnes.L’on voit à l’avance le vaste champ ouvert, par l’imprécision et l’inconsistance de ce seul paragraphe, aux interprétations de mauvaise foi et aux finasseries légales ou parlementaires! Line loi provinciale, en matière scolaire, ne doit s’exercer que de façon à ne jais porter atteinte aux droits et privilèges des écoles confessionnelles; “denominational schools’’ dit le texte anglais que l'on a d'ailleurs traduit injustement par écoles séparées, ce qui n’est pas du tout la même chose, comme nous le verrons plus loin.Mais quelles sont ces écoles confessionnelles ayant des droits et privilèges auxquels une législation provinciale ne peut porter atteinte ?Deux conditions semblent ici requises pour permettre à une école confessionnelle de se réclamer du texte de la constitution: 1.Il faut que ces écoles appartiennent à une classe particulière de personnes ou soient administrées par une classe de personnes.Que signifie ccttc expression?Faut-il que cette classe corn- sBSSBfi 424 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE prenne 10 ou 10,000 individus?Que sa religion soit orthodoxe et sociale ou subversive ?L’article 93 ne le dit pas.Autant de questions, pourtant d’une importance capitale, laissées sans réponse à l’interprétation fantaisiste des législateurs et des tribunaux.2.Il faut que ces écoles puissent justifier d’une existence légale antérieure à la Confédération.Par la loi, by law, tels sont les mots, que, paraît-il, hors la connaissance des évêques, l’on ajouta au texte originaire à la dernière minute.Toutes les questions scolaires au Canada devaient naître de l’addition de ces deux mots.En effet, ce n’est plus la coutume, ce n'est plus l'usage, qui pourtant en droit anglais coutumier, sont sources de droits qui confèrent une existence légale aux écoles confessionnelles, c’est la loi et la loi seule.Ici se place un fait historique assez intéressant.Soucieux de sauvegarder dans le Québec oppressif les droits scolaires de la minorité anglaise et protestante et désirant conférer à cette protection une forme pratique et légale, les pèrels anglophones de la Confédération, dès 1 SGG, c'est-à-dire un an avant le Statut impérial créant la Confédération, avaient exigé qu’une législation scolaire appropriée fût votée par le parlement de l’Union.Avec une magnanimité qui lui fait honneur, sir Hector Langevin lui-même proposa cette législation qui en principe contenait déjà le système scolaire actuel protestant de notre province.Il semble qu’en retour il n’eût été que légitime qu’une loi analogue fut votée pour protéger la minorité catholique du Haut-Canada.Cette mesure Semblait d’autant plus logique qu’il s’agissait d’accorder à 257,000 catholiques ce que l’on avait octroyé à 165,000 protestants.Un député anglais de Montréal, Bell, proposa cette législation, mais devant le chahut et les éclats de haine qu’elle souleva, lâchement, le projet de loi fut retiré.De ce retrait, devaient naître plus tard le règlement xvu et toute la question scolaire ontarienne.Non contents cependant de la garantie constitutionnelle qui était accordée par la loi suivant les termes du premier paragraphe de l’article 93, à la minorité protestante de Québec, celle-ci toujours pratique et méfiante exigea que fût inséré dans la Constitution le paragraphe deuxième de l’article 93 qui se lit comme suit: (2) Tous les pouvoirs, privilèges et devoirs conférés et imposés par la loi dons le llaul-Canada, lors de l'union, aux écoles séparées et aux syndics d'écoles des sujets catholiques romains QUE DEVONS-NOUS A LA CONFÉDÉRATION 425 de Sa Majesté seront et sont par le présent étendus aux écoles dissidentes des sujets protestants et catholiques romains de la Reine dans la province de Québec.Chose assez extraordinaire, des quatre paragraphes qui composent l'obscur article 93, il semble que celui-ci soit le seul dans lequel il y ait quelque clarté.Est-ce hasard ou préméditation ?Ici encore, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer combien il eût été logique et légitime de faire insérer un texte analogue pour garantir les droits de la minorité catholique et française du Haut-Canada.Le but de la Confédération, qui était l’union entre toutes les races formant la puissance du Canada, n’aurait-il pas été mieux atteint, si, par l'adjonction d'un texte analogue à ce paragraphe 2e, nous avions pu prévenir les conflits des races entre Ontario et Québec, qui survinrent quelque cinquante ans plus tard?Mais passons, en retenant seulement une fois de plus l’imprévoyance des chefs français de 1867.Les deux paragraphes suivants de l’article 93 énumèrent les remèdes au cas d'atteinte par les provinces aux droits et privilèges des écoles séparées ou dissidentes.Ces paragraphes se lisent en français dans le jargon que voici: (S) Dans toute province où un système d’écoles séparées ou dissidentes existera par la lui, lors de l'union, ou sera subséquemment établi par la législature de la province, — il pourra être interjeté appel au gounrncur général en conseil de tout act?ou décision d'aucune autorité provinciale affectant aucun dcg droits ou privilèges de la minorité protestante ou calholique romaine des sujets de Sa Majesté relativement à l'éducation.(4) Dans le eas où il ne serait pas décrété telle loi provinciale que, de temps à autre, le gouverneur-général en conseil jugera nécessaire pour donner suite et exécution aux dispositions du présent article, — ou dans le cas où.quelque décision du gouverneur-général en conseil, sur appel interjeté en vertu du présent article, ne serait pas mise à exécution par l'autorité provinciale compétente, ¦— alors et en tout tel cas, et en tant seulement que les circonstances de chaque cas l'exigeront, le parlement du Canada pourra décréter des lois propres à y remédier pour donner suite et exécution aux dispositions du présent article, ainsi qu'à toute décision rendue par le gouverneur général en conseil sous l'autorité de ce même article. 426 RK VU K T RIM K S T RIK LI, K CANADIENNE S'il était possible de rendre clair un texte qui l'est si peu, celui-ci semblerait vouloir dire: 1.Au cas d'atteinte aux droits des écoles séparées ou dissidentes, il y a appel au gouverneur général en conseil.2.Si aucun compromis n'intervient entre le gouverneur général en conseil et la province intéressée, alors, mais alors seulement, le parlement fédéral a le droit de voter une loi remédiatrice.C omme vous l'avez sans doute déjà remarqué, Mesdames et Messieurs, afin de rendre cet article encore plus incompréhensible, les termes mêmes sont ici changés.Alors qu'au premier paragraphe, on parlait d écoles confessionnelles (denominational schools), il est ici question d'écoles séparées et dissidentes (separate schools and school trustees of catholic subjects).La distinction est extrêmement importante et, en fait, elle devait être une source nouvelle de conflits.En effet, les écoles séparées, qui étaient les écoles de la minorité catholique d’Ontario, et les écoles dissidentes, celles de la minorité catholique anglaise du Québec, correspondaient alors à des réalités bien vivantes, bien connues des législateurs.Ce terme nouveau et nullement défini d’écoles confessionnelles ne correspondait par contre à rien de bien précis.Etait-ce un genre nouveau d’écoles que l’on entendait créer par cette expression nouvelle?Si oui, elle n’avait donc pas droit aux recours prévus par la constitution, puisqu’elle n’est pas mentionnée dans les textes que nous venons de lire?Si non, pourquoi alors avoir changé les termes et créer ainsi une facile confusion?Encore une question qu’à son habitude ne résout pas l'acte fédéral.Et maintenant, quand y a-t-il atteinte aux droits des écoles séparées et dissidentes ?Quand une loi provinciale est-elle ultra vires; ou quand, même si elle est infra vires, porte-t-elle atteinte aux droits scolaires des minorités ?S’il faut, en vertu du texte que nous avons déjà vu, que ce soit une législation antérieure à 1867 qui régisse le status provincial des écoles minoritaires, une province a-t-elle le droit, et dans quelle mesure, de modifier cette loi antérieure ?( ,’e ne sont là que quelques aspects de ce problème si complexe, si épineux et surtout si difficile à résoudre à cause de l'incertitude et de l’imprécision des textes à interpréter. QU K DEVOXS-XOl'S A LA CONFÉDÉRATION' 427 Avec le recul de l’histoire et nos soixante-cinq ans de vie fédérative, il nous est maintenant possible de juger à leur valeur réelle, ce (pie nous ont donné nos garanties constitutionnelles en ce domaine.Ce recours des minorités lésées au pouvoir central n'aura-t-il été qu’un mythe?C’est ce qu’un exposé très succinct de l’histoire des minorités au Canada nous prouvera mieux que toute dissertation stérile.Cinq fois depuis 1807, des minorités, françaises et catholiques toujours, voulurent se prévaloir de cet appel au pouvoir central auquel leur donnaient droit les deux derniers paragraphes de l’article 98.Cinq fois, des groupes minoritaires venant du Nouveau-Brunswick, du Manitoba, du Keewatin, des territoires du Nord-< )uest et d’Ontario, lésés par des lois abusives locales, vinrent porter leurs griefs à Ottawa pour en demander le redressement.Quatre fois, leurs demandes, sous un prétexte ou un autre, et quelques fois même à la demande des chefs canadiens-français d’alors, furent rejetées sans considération sérieuse.Une seule fois, lors de la question des écoles du Manitoba — car vous savez que les textes mêmes des articles 133 et 93 que nous venons de lire furent incorporés dans l’acte constituant le gouvernement du Manitoba en 1870 — le gouvernement fédéral, alors présidé par sir Charles Tupper, voulut prendre une position nette et franche sur cette question.Deux jugements contradictoires du Conseil privé, tribunal mi-judiciaire, mi-politique, ayant apporté peu de lumière sur ce problème, et les négociations entamées par le gouvernement fédéral avec le gouvernement manitobain ayant échoué lamentablement, Tupper propose alors au parlement canadien un projet de loi remédiateur.Retardé par une obstruction concertée de l’Opposition d’alors, qui désirait qu’une élection générale se fît sur cette question, le projet de loi ne fut pas voté par le parlement dont le terme d’office expirait.L’élection générale de 1899 se fit donc et la question fut soumise au peuple souverain.Appuyée par tous les évêques du Canada, moins deux, la loi réparatrice de Tupper ne servit cependant qu’à faire battre son gouvernement par.Laurier et la province de Québec qui en bloc vota contre Tupper.Laurier devenu alors premier ministre proposa un compromis, le règlement Laurier-C îreemvay, qui ne donna satisfaction à personne 428 RK V V K TR IM ES TR I ELLE C A X A DI K X X I : et qui fut condamné en ces termes par la plus haute autorité au monde, le pape Léon XIII lui-même: “La loi que l'on a faite dans un but de réparation est défectueuse, imparfaite et insuffisante.” Mais ici, il ne faudrait peut-être pas pester trop fort contre l’insuffisance de l'article 93, mais faire plutôt un douloureux mea culpa sur la conscience du Québec de 1S9G.Xous ne pouvons cependant nous empêcher d’admettre que les garanties conférées aux minorités sont bien faibles et que l’appel au fédéral, difficile sinon impossible d’application, est un remède qui jusqu’ici ne s’est pas révélé bien efficace.Somme toute, ici encore, manque de clairvoyance de la part de nos représentants.* * * Et cette imprévoyance étonne encore davantage quand nous voyons, à chaque instant dans l’acte impérial, les précautions prises par les anglophones pour protéger la minorité anglaise et protestante du Bas-Canada.Dans l’organisation constitutionnelle elle-même, c’est-à-dire dans la composition des organismes parlementaires, nous voyons encore la même inégalité et toujours agissant contre nous.L'article 22 de la constitution, en effet, fixe le nombre des sénateurs pour chaque province, sans délimiter cependant les divisions sénatoriales: “En ce qui concerne la province de Québec cependant, chacun des vinijt-quatre sénateurs la représentant sera nommé pour l’un des rinqt-quutre colleges électoraux du lias-( anada énumérés dans la cédult .1, annexée au chapitre premier dis statuts ri fondus du Canada.” Plus loin, l’article 23 énumère les qualifications requises pour être sénateur.En plus des conditions demandées pour tous les sénateurs du Canada, le sénateur de la province de Québec, et de la province do Québec seulement, doit être domicilié ou posséder sa qualification foncière dans le collège électoral dont la représentation lui est assignée.Encore une fois, pourquoi ces distinctions?La raison en est toujours la même.Soucieux d’avoir une representation considérable parmi les sénateurs du Québec, les Anglo-Saxons fixèrent deux conditions: uvi: m:vo\s-Nous a i.a co.vi'Kokkatiox 12D 1.Les sénateurs doivent avoir leur domicile ou leurs qualifications foncières dans le collège électoral qu’ils représentent, car l’on savait qu'il serait alors difficile tic nommer un représentant français dans plusieurs circonscriptions sénatoriales exclusivement anglaises alors, comme celles des Cantons cle l’Est par exemple.En fait, sur les vingt-quatre sénateurs que la Reine nomma en 1SG7 pour représenter la province de Québec, 15 seulement étaient canadiens-français.2.Ces divisions sénatoriales sont les mêmes que celles du Conseil législatif de l’Union et elles ne pourront être changées que par un acte du parlement impérial.D’où, semblait-il, garantie de pérennité pour la représentation des sénateurs anglais.En face de tant d’exigence, pourquoi nos représentants n’ont-ils pas réclamé une représentation équivalente des groupes minoritaires des autres provinces?C’est sans doute, si surprenant que «•fia puisse paraître, que nos chefs d’alors, Cartier et Langevin en tête, ignoraient jusqu'à l’existence même d’une minorité française dans les autres provinces.Cartier, en effet, ne déclarait-il pas à la session de 1S6G: “Le Haut-Canada n’est habité que par une seule race" et, fidèle écho de son chef, sir Hector Langevin ajoutait: “Cette province (le Haut-Canada) a une population homogène mais professant différentes religions.” fît pourtant, à ce moment déjà, 75,000 des nôtres habitaient le Haut-Canada et leur nombre allait sans cesse s’accroissant.A la lumière de cette ignorance, s’il m’est permis de m'exprimer ainsi, l’on peut expliquer bien des lacunes à l’acte fédéral.Mais ce n'est pas tout.Dans le territoire même qui nous était spécialement désigné, dans la “réserve du Québec”, nos compatriotes anglo-saxons voulurent encore avoir des garanties de représentation parlementaire suffisante.Et l’article St), qui régit la constitution de l’Assemblée législative de Québec, décrète (pie les limites de 12 comtés provinciaux ne pourront être modifiées par le gouvernement provincial qu’à la suite de procédures rigoureuses et difficiles.Ces douze comtés, évidemment, étaient en 18G7 exclusivement anglais.Ce sont: Pontiac, Ottawa, Argenteuil, Huntingdon, Missisquoi, Brome, Shcfford, Stanstead, Compton, Wolfe et Richmond, Mégantic et Sherbrooke.Là cependant, les législateurs anglo-saxons devaient faire fausse 430 K K Vl'K TRIMESTRIE LL K < ' A X A DIEX.X K route.Ils avaient compté sans la prodigieuse et légendaire natalité canadien ne-française et cette lente mais sûre infiltration des nôtres dans les milieux anglo-saxons du Québec.Par un curieux mais inattendu retour des choses, ces comtés réservés peu à peu devinrent français, et aujourd’hui, de ces 12 divisions électorales, 0 sont représentées par des Canadiens français.Mais l’on ne peut tout de même pas dire (pie c’est dû à la prévoyance des “pères" français de la < ’onfédération ! * * * L'article 92 de la constitution, qui délimite les sujets soumis au contrôle exclusif de la législature provinciale, devait cependant nous apporter, non pas seulement quelques fiches de consolation, mais des compensations de réelle valeur.Le paragraphe 13 de cet article, en donnant aux provinces juridiction exclusive sur la propriété privée et les droits civils, fait entrer dans notre patrimoine national, au lieu du maquis des lois anglaises, la belle ordonnance, la logique, la clarté du droit civil français.Une question cependant, assez complexe, devait se présenter à l'attention des législateurs: la question du mariage.Avec la collaboration des évêques et l’esprit do conciliation des constituants, elle fut résolue à la satisfaction générale.Le pouvoir fédéral a juridiction sur le mariage et le divorce, mais seul le pouvoir provincial peut déterminer les conditions de la célébration et donc de la validité du mariage.En principe, nous avons donc juridiction exclusive sur notre droit civil, mais malheureusement, comme tous les principes, celui-ci devait subir de graves et fréquentes atteintes.Trop souvent le pouvoir central a eu tendance — et de nos jours plus (pie jamais — à proposer des mesures venant en conflit avec notre droit particulier.Pour ne citer que la dernière en date, la loi des concordats agricoles, traitant des hypothèques, de la propriété privée et des droits civils entre créanciers et débiteurs, est-elle bien constitutionnelle?X’est-elle pas une ingérence dans le domaine provincial ?Il ne faudrait pas que fût ébranlée trop souvent la base de nos institutions civiles françaises.Déjà, l’Association du Barreau canadien a proposé, par la voix de représentants anglais, l’uniformité des lois de toutes les provinces du Canada.Quand il s’agira QUE DEVONS-NOUS A LA CONPEDERATION 431 de réformes constitutionnelles, c’est un point sur lequel il faudra particulièrement veiller.L’article 92 nous réserve encore: l’administration exclusive de nos deniers, de nos impôts, de nos pouvoirs d’eau, de nos forêts, de nos institutions de charité, et l’administration de notre justice.L’autonomie des provinces fut la grande œuvre personnelle de Cartier et, sur ce point, sa clairvoyance ne devait pas être prise en défaut, car l’article 92 est encore aujourd'hui notre plus puissant contrefort national, et c’est en nous serrant sous l'égide de notre autonomie provinciale que nous pourrons subsister et progresser comme peuple, tant dans le domaine politique que dans le domaine économique.* * * Et je termine, Mesdames et Messieurs, par où j’ai commencé.En somme que devons-nous à la Confédération?ou plus exactement que nous a donné, à nous de la minorité française, la constitution de 1867 ?Elle nous a donné beaucoup et peu.Beaucoup, si nous la comparons à la constitution antérieure, à l’acte d’Union des deux Canadas.Car maintenant que le recul du temps et une expérience de 65 années de vie fédérale nous donnent une perspicacité assez facile, nous sommes enclins à juger sévèrement les auteurs du pacte fédéral, mais il nous faut prendre garde d’être injustes à leur égard.L’acte de l’Amérique britannique du Nord nous donne en effet tout ce que nous avait enlevé l’acte d’Union.Nous reprenons le contrôle absolu de notre législation et de nos finances; le français redevient langue officielle;1 notre législation scolaire nous est rendue, en un mot, le Canada n’est plus, comme sous l’Union, le pays d’une seule race et d’un seul régime oppressif; il devient une unité politique composée de deux races et de deux nationalités consentant librement à s'unir dans un destin commun.Peu cependant, si nous comparons ce que nous avons avec ce que nous aurions dû avoir.Les droits du français ne sont pas suffisamment définis, les privilèges scolaires sont noyés dans des textes d’une déconcertante imprécision, et surtout “et c’est là, et pas ailleurs, nous dit encore l’abbé Groulx, que se trouvent le vice fondamental de notre constitution et la grande faute des hommes d'Etat bas-canadiens: en laissant aller les privilèges et 1 En fait cependant, un usage restreint du français avait été autorisé sous l'Enion, dès 1846. 432 H1 : V V K TH IM K STR I K U.K ( A \ ADI K X X K les exceptions trop exclusivement d'un côté, en laissant créer une situation de privilège en faveur du plus fort, ils ont admis en principe qu’il y aurait en ce pays deux poids et deux mesures”.1 Si Cartier revenait aujourd’hui et pouvait toucher du doigt les vices de la constitution dont il fut l'un des principaux auteurs, sa surprise et ses regrets nous feraient sûrement pitié.Car il fut certainement ‘‘l’homme à l’intransigeant patriotisme” qui croyait sincèrement avoir, en tous points, serti ses compatriotes.La lecture de ses éloquents discours et la fierté de certains de ses actes — quand ce ne serait que son refus d'accepter un titre royal inférieur à celui offert à Macdonald—-ne nous permettent pas d’en douter un seul instant.Mais la grandeur du rêve de Cartier, en regard des lacunes et des faiblesses de sa réalisation, devrait être pour nous un utile exemple et une salutaire leçon.Nous sommes ou nous serons demain à la croisée des chemins.Plusieurs voies s'ouvriront devant nous: statu quo, rupture du lien impérial, démembrement de la Confédération, annexion aux États-Unis, ou plus tard quand 1 Amérique surpeuplée se morcellera d'elle-même en nombreux États autonomes, indépendance absolue du Québec français.Quelle route choisirons-nous?Nul ne peut à l’avance savoir où nous conduiront les destins d’un univers sans cesse en ébullition.“Mais quel que soit pour nous le mot de l’avenir canadien-français, disait Henri Bourassa dès 1901, nous avons un devoir manifeste à remplir envers nous-mêmes, envers notre nationalité: c’est de nous préparer à tout, afin de ne pas être surpris par l’heure décisive.” 2 l ne heure décisive va sonner bientôt dans notre vie nationale.Que dis-je?Je l’entends sonner.Déjà une commission parlementaire nous avertit que l'on veut amender le pacte fédéral.Comme nous ne sommes ni des philosophes, ni des fondateurs d’empire pour pouvoir en un instant définir notre nouvelle constitution politique, dès maintenant préparons-nous, prémunissons-nous et sachons quelles garanties et quels droits nouveaux la revision constitutionnelle peut et doit nous apporter.Demain, il sera trop tard.1 La ( tnifc Irr'nfioh canadienne.Abbé Lionel (îroulx, [juge ls>s 2 Grand'-Iirclmjiti rt Canada (1901 .—Henri Bourassa.Fernand ( 'haussé, .Ivocatf L< "‘a 'fa Sci nnrs .sociales. LE MAGASIN INDÉPENDANT EST-IL APPELÉ À DISPARAÎTRE?' On a beaucoup écrit, en ces récentes années, sur le commerce de détail, sur l'évolution dont il est l’objet et à laquelle il participe lui-même sciemment, délibérément, à cause de la concurrence qui l’agite.On sait le rôle social du marchand indépendant.Membre d’une "communauté”, comme disent les Anglais, d une région bien déterminée, il participait à la vie religieuse do la population de son district, sympathisait avec (“lie; se constituait, aux jours de chômage, le dispensateur d’un crédit raisonnable et tout pénétré do charité.11 réussissait, par son talent d'ordre, parce qu il pratiquait la vertu féconde de l'épargne, à se créer un capital.11 était généreux envers les (ouvres paroissiales, il s'identifiait à sa vie religieuse, devenait le marguillier, l'homme de confiance de son curé.La vie moderne a changé tout cela.Le crédit est devenu moins sûr en ces dernières années, et le détaillant a ressenti la crise bien avant la dépression actuelle.11 y avait, dès lors, plusieurs années que les magasins en série tentaient de s’emparer du marché.Il n'y a pas seulement ici que ce problème de la survivance du magasin de détail se pose.Des économistes ont fait de ce commerce 1 objet de leurs préoccupations.M.Gilles Normand en a traité longuement dans son volume Les Entreprises modernes - Le gmint ( omtnerce de Détail.Nous ne pouvons voir du même œil les magasins en série qui existent en France, aux Jvtats-L nis et en ( anada.La puissance économique, depuis la Conquête, parce qu’étrangère a notre idéal, a toujours été contraire à nos plus hauts intérêts.La question ne se présente pas sous le même angle, en Franco, où prévaut 1 unite ethnique.L’auteur français dont nous parlons se réjouissait de l'amélioration que les magasins en série pouvaient apporter au commerce de son pays.Citons Normand: Ce qui fait la faiblesse du petit commerçant, c’est qu’il est toujours forcé de passer par l’intermédiaire d’un grossiste, qui doit prélever, sur le prix de revente de ses marchandises, un pourcentage pour les frais généraux et un autre pour le bénéfice net.On est moderne, en commerce, non pas quand on a une grande façade et beaucoup de capitaux à utiliser, on est moderne quand on 1 jVom.s croyons in'ccssain (lindicjHCT ici cjiu ci U le, préfiari en août 1034, ihlit i !i.tiné à mil' le jwir lu a arm \> /fl is t:,t./.'¦¦¦' rireon.t'i nrrs ni ont l'rtardr tel pahf ¦ ratijiti j'isy.i à mm rt' i'in.t.( ' tti 11mlc fin dait l rnipdtr suc l < curt (Us prix présidée par lllaiinrahlc 11.II.Status, Cette pniisian s imposait. H K VT K TI!! M KSTKI KLI.K C AN A 1)1 K N NK fout est là.n’est pas routinier et qu'on applique, en affaires, des principes que ne connaissaient pas nos arrière-grands-pères, l a base de tout, c'est la coopération.Quiconque coopère est moderne." ai “School of Commerce and Administration" affiliée à l'I'ni-versité de Chicago, a chargé de traiter cette question messieurs F.inar Bjorklund et James-L.Palmer (A Study of the Prices of Chain and Independent Grocers in Chicago).L’enquête américaine, à cause de la similitude des conditions économiques qui prévalent dans les villes des Ktats-l’nis et Toronto, Montréal et Winnipeg, nous incite à nous arrêter aux conclusions obtenues.Le professeur Palmer avait déjà compilé des chiffres en mars 1930, attestant que le consommateur de Lexington pouvait épargner plus de quatorze sous par dollar en achetant des magasins en série.Pour en arriver à cette conclusion, il s’était borné à établir des comparaisons entre des produits "non standardisés’’.D’autre part, le professeur Alexander a prouvé que le consommateur ne pouvait effectuer d’économies en s’approvisionnant aux magasins en série.Mais celui-ci basa son enquête exclusivement sur les produits “standard”.Arrivons-en tout de suite à la conclusion de MM.Bjorklund et Palmer: "La conclusion principale que nous devons tirer de cette enquête (faite sur les prix des magasins indépendants et des magasins en série) c’est que les épiceries en série, en ce qui concerne les produits “standard”, donnent un meilleur service aux consommateurs de Chicago que la moyenne des marchands indépendants.” Nous poursuivons: “Il est toutefois possible que plusieurs magasins ’ ’’ants qui se font concurrencer désavantageusement par les magasins en série sur les produits “standard” compensent ces désavantages par un service supérieur ou par de meilleurs valeurs sur des articles qui n’ont pas servi de base à l’enquête, il est également possible que les bas prix des magasins en série soient dus en partie à la pratique de la concurrence déloyale, ainsi que l’ont allégué à plusieurs reprises leurs adversaires.Il y a plusieurs points sur lesquels les magasins en série peuvent être attaqués comme étant nuisibles à l’intérêt public.Le fait qu’ils font réaliser au consommateur dans l’achat de produits “standard” certaines économies n’est pas une preuve patente de leur utilité à la société.Nous devons concéder toutefois que les résultats de cette enquête, du moins dans les limites que nous lui I A3^C I.K macasiv indépendant est-il appelé a dispakaitke 43o avons assignees, accordent l'avantage aux chaînes et devraient inciter leurs concurrents à fournir d'autres raisons à l'eftet d’en limiter l’expansion.Maints marchands indépendants, comme les magasins en série d'ailleurs, reçoivent à la suite de cette enquête un hommage mérité (a clean hill of health), t'es marchands indépendants font victorieusement face à la concurrence en série et ne souffrent pas de manière sensible de la comparaison.* * * Les auteurs terminent en disant qu’il faut de toute nécessité induire les magasins indépendants a améliorer continuellement leurs méthodes d achat et de vente.Voilà mie enquête objective, désintéressée, impartiale, qui tire une conclusion comportant un aspect lavorable et un aspei t défavorable aux magasins indépendants.Somme toute, ces magasins bien organisés dans la République américaine, groupant leurs achats lorsqu'ils sont suffisamment importants, réussissent à vendre même à meilleur marché que les magasins en série.Nous qui avons vu l'évolution qui s'est poursuivie dans notre province de Québec, pouvons dire que les magasins en série ont eu ceci d’heureux: ils ont incité beaucoup de nos épiciers, puisque c'est surtout do l’épicerie que nous parlons, a sortir de leur routine, un meilleur service s'en est suivi: les boutiques ont été nettoyées: certains magasins indépendants ont compris ce principe essentiel de pratiquer l'achat en commun, _ _ ,|'ai devant moi un extrait du Financial Post du 23 juin 1934 intitulé '‘Chain Stores in Relation to Community Life .< >n sait le traditionalisme de cet hebdomadaire financier de Toronto.Dans un éditorial, on y commente une entrevue de M.Ilenn Ford, publiée par ce journal, la semaine précédente, l ord avait dit: “Le fondement d’une vie nationale agréable, c est la paroisse.Nos chefs industriels et commerciaux devront reconnaître ce fait.“The Community, c’est-à-dire, au sens où l’entendent les Américains, le district, la petite ville régionale, le patelin, c’est 1 endroit où la ville et la campagne, l’usine et la ferme se rejoignent et a ce point de rencontre vous trouverez la sécurité en face de 1 avenir .Je continue la citation du Post: "L'énigme sociale de l’écoulement des produits par l'intermédiaire des magasins en série se résume à ceci: "comment le magasin en série deviendra-t-il partie intégrante de chacune des régions où il opère ’ 11 doit appoitei KE VIT TRIMESTRIELLE CA.VA DIKVVK 43G son appoint à l’expansion de son district local, parce que le bien-ctre économique et social de la nation exige le maintien de paroisses ou petites cités (communities) partout.l.t d un point de vue purement égoïste, les magasins en série devront deviser d un moyen de participer plus intensément à la vie de la collectivité, parce qu'ils ne peuvent continuer d’être considérés comme des étrangers ou des intrus et en même temps bénéficier de l'encouragement des citoyens locaux.Le remède peut résider dans une latitude plus grande accordée aux gérants locaux afin de leur permettre d'acheter localement, la où ils vendent, et d y contribuer aux œuvres de charité et autres, de participer, en un mot, à la vie du district.Un autre type de géiant sera cependant alors requis pour remplir efficacement ce P08te.Le gérant à s2ô par semaine ne peut être un dirigeant (huiler) du patelin qu'il habite, tandis que la formule suggérée pci mettrait aux gerants locaux de devenir co-associés des magasins qu'ils dirigent.t ette opinion \aut doublement parce qu elle provient non pas t< un journal canadien-français; elle n est pas 1 écho d'un dirigeant de la Ligue de 1 Achat de ( liez Nous, ou de quelque ligue de défense, elle provient du plus grand journal financier du pays.fl est indéniable que, dans le domaine du commerce, commerce de détail ou autre, nos compatriotes ont cédé trop longtemps à une routine fatale, qu'ils ont attendu le client au lieu d’aller vers lui, qu ils ne se sont pas souciés de présentation, (pie les montres de leurs magasins ont souvent affiché un négligé pitoyable.La raison de la faveur des magasins en série et de certains autres magasins s'explique parce que la marchandise y est bien présentée, bien étiquetée.Le magasin en série était a prévoir, mais on ne l’a pas prévu.>a concurrence est bienfaisante si elle enseigne aux nôtres à remoderniser leur commerce, à lui donner de l'allure, si elle excite les propriétaires de nos magasins et leurs employés à la tenue, au service, à l'initiative.Les magasins en série existent chez nous à demeure, mais ce serait un malheur lamentable s'ils devaient ébranler la structure même de notre vie paroissiale.Si nos amis de langue anglaise qui possèdent des capitaux importants s'inquiètent des tentacules qu’étend ce nouveau système de vente, eux dont 1 existence nationale n'est pas en danger, qu’est-ce à dire pour nous, ( 'anadiens français, minorité dont la survivance nationale est liée dans une forte mesure au maintien de nos positions écono- LE MAGASIN' INDEPENDANT EST-IL APPELE A DISPARAITRE 437 iniques ?Ce n'est pas seulement un devoir qui s'impose, mais un double devoir: celui du consommateur qui doit comparer, qui doit chercher, avant de porter ses dollars à des organisations qui affaiblissent notre armature économique; l'autre incombe aux marchands qui nous restent.L’individualisme farouche de nos gens peut être une cause de faiblesse ou même de défaite.Regardons comment s y prennent les races qui nous entourent, nouvelles-venues sur le sol que nous habitons depuis plus de trois cents ans.Elles pratiquent la coopération dans l'achat.11 faudra donc, si nos magasins de détail doivent survivre, pratiquer le groupement par affinités, grouper nos achats de quincaillerie, d’épicerie, enfin tous nos achats, afin d’obtenir des manufacturiers et des fabricants des prix de vente plus avantageux.Cessons de parler de nos méthodes commerciales; nous n’en avons pas; nous n’en avons jamais eu.Tout y est improvisé.Jusqu'à ces dernières années, le commerce de détail a pu nous être accessible, mais il le deviendra de moins en moins, si nous ne comprenons pas qu'il faut de l'instruction en affaires, que les principes ne sont pas bons exclusivement pour les autres, mais pour nous également.Le commerce de détail a été 1 artisan de notre émancipation, le point de départ des quelques grandes fortunes qui ont été édifiées chez nous.Ses misères sont celles de tout notre peuple.Nous ne pouvons nous désintéresser de son sort.Certains ont dit, constatant une concurrence nouvelle, que le magasin isolé est chose du passé, qu'on rétrograde en essayant de le maintenir.La formule que mentionne le Financial Post : propriétaires unis avec une organisation centrale d'achat, de distribution et de publicité, voilà un principe qui nous convient.Il permet aux nôtres, en affaires, de subir victorieusement le coup de la concurrence; il respecte l'individualisme de bon aloi de nos compatriotes en affaires; il tient compte de l'autonomie paroissiale.Le marchand indépendant s'organisant avec huit ou dix mille confrères également libres, voilà une force d'achat, voilà un élément de stabilité économique, un facteur prépondérant de reconquête.Vu le caractère biethnique de notre population, certains mouvements, certaines initiatives sont difficiles à lancer et à activer, en raison des conflits de race toujours possibles.La question que nous abordons aujourd'hui est de celles-là.Nous constatons avec une vive satisfaction que nos compatriotes anglais dans les affaires H K v r II TH 1M K.-TU 11:1.I.K ( ' A X A DI 1 : \ \ i : 438 corroborent notre point de vue: s'ils ont l’esprit paroissial moins développé que chez nous, ils n'en ont pas moins un esprit communautaire “a community spirit" admirable.Or, nos compatriotes anglais s'alarment de cette centralisation poussée à 1 excès, s inquiètent do sa portée économique, voire de sa portée sociale; voilà qui doit faire réfléchir et confirmer les ( 'anadiens français hésitants, dans une politique d'appui et d’encouragement à leurs magasins à < u.r.Si les Canadiens de langue anglaise jugent opportun d'énoncer certains principes de saine économie politique, d'économie nationale, inspirée de bon sens, à plus forte raison, les Canadiens français à qui échappent la grande industrie et la haute finance, doivent-ils mettre tout en œuvre pour infuser à leurs magasins de détail une vie nouvelle, inspirée de méthodes modernes, mais qui tiennent compte du caractère particulier de notre peuple.A ceux qui disent que tout est perdu, on me permettra de signaler en passant les magnifiques efforts que certaines organisations nôtres poursuivent.Le publie leur doit sympathie et encouragement.A ces pessimistes outrés il convient peut-être de dire qu’il est possible d'affaiblir le commerce indépendant, d'amoindrir son rôle et son importance, mais le faire disparaître, jamais.Le commerce de détail indépendant doit vivre avec force et puissance.Il ne faut pas en faire un débit où l'on ira, faute de mieux.Il doit être bien aménagé, attrayant, assurant à la clientèle service cordial et prix égaux.Il faut dire ces vérités.Le commerce au détail subit une évolution; aux nôtres de la suivre! Mais, croire qu’il a rempli ses dernières fonctions, qu'il doit être rangé parmi les antiquités, c'est une utopie, c’est une erreur.Partie intégrante de notre vie nationale, de notre vie sociale, appui et complément de notre vie religieuse, il répond à nos plus hautes aspirations, s'il est exploité selon le sens de nos traditions.Il faut répéter l'impérieuse nécessité de grouper nos efforts et nos énergies, dire à nos gens que les associations existent pour s’en servir, qu'ils doivent conjuguer leurs initiatives.Leur prospérité est à ce prix, mais à ce prix seulement.Rodolphe Laplaxte, Licencié de l Ecole des Sed uces sociales, Economiques et Politiques, Diplômé en Journalisme. REVUE DES LIVRES MVR1I' DL LTX'CARXATIOX, ursuline '! ligieuse.par Paul Keimudiu.In s, 340 pug.s.Librairie Uloud et Clay, I :: Roui.Saint-Michel, Paris 'i ¦ ( )n trouvera dans ce livre — non pas une simple biographie nui.- < xu< te ment une étude de psychologit r.ligicuse, dans e cadre d’une vie historique.Marie de l'Incarnation a écrit une belle page dans 1 Inqtoir^ de 1 rance et du Canada.X(V Marie Cuvait, mariée à clix-sept ans, veuve a dix-neu , Pul> M 1 trieuse insuline, elle fut une femme d'action, une grande missionnaire et 1 une drs pierres d'angle de l'établissement religieux au < anada.Mais, eu même temps, elle fut une hi//- insigne, qui doit ‘ prendre rang parmi les plus grands spirituels de race française .ni vio exteiieun n « st < ai leurs que le prolongement, l'épanouissement de sa destinée intérieure: on ne saurait les séparer l'une de l'autre.l u racontant cette existence, Paul Renan,lin se propose d etudier, sur un exemple merveilleusement clair et typique, ce qu'est le mysticisme, cette forme de mysticisme qu'on pourrait qualifier de mysticisme aitit.(Vite étude offre ceci de très particulier que l'auteur a essaye de s y tenir a l'écart du domaine proprement théologique sur /< soul plan de I’,s P^- Frix: lia francs.Chez Ileuri-Poinearé ctTh* FacultéT'"^^profCî*'',s I,ar l'auteur à l'Institut réalisés -Ur les deu n , , d,> Armont-Ferrand.I.es progrès or les deux questions qu, font l'objet de ce nouveau volume Se sont ï 5192 UKVUK DES U VUES 445 tuollement influencés.L'auteur nous fait ici une mise au point dans laquelle il a tenu compte des tout derniers résultats obtenus.11 a d'ailleurs eu soin de faire précéder l'exposé des questions principales par une étude des séries trigonométri-ques.LIMESTONES OF CANADA — PART III —QUEBEC, par F.Goudge.In-S° de 274 pages avec EJ figures, 30 planches et deux cartes hors texte.Publication No 7Ü.1 de la Division des Mines, Ministère des Mines, Ottawa.Prix 50 cents chez l'Imprimeur du Roi, Ottawa.Ce nouveau rapport présente un grand intérêt pour les ingénieurs, les architectes et les constructeurs de la province de Québec.Il contient d’abord une introduction consacrée aux généralités sur les pierres calcaires.I ne deuxième partie traite de la distribution des calcaires dans la province de Québec, tout en donnant des indications sur leurs caractères généraux.La troisième section, la plus importante, est une description détaillée des différents gisements de calcaires de la province.Dans chaque cas on donne des renseignements sur la composition chimique et la pétrographie ainsi que des chiffres sur la production.Deux cartes hors texte résument et complètent ce document.LES GRAVIERS DE YulRIE DANS LA PROVINCE DE Ql'ÉBEC, par R.IL Richer.In-'3, de 242 pages.Publication No 752 de la Division des Mines.Prix, cartonné: .V) cents.Chez l'Imprimeur du Roi, Ottawa.1935.Les statistiques de notre Ministère de la Voirie montrent que le pourcentage des routes gravelées augmente constamment dans la province de Québec.Il a passé de pour cent en 1 TJ î à n"> pour cent en 1932.Le nouveau document, que vient < 111AI ’ 1111 l ' NI Il H SKI.I.K, publiée sous lu direction de I'.Vidal de la Blache, membre de l’Institut, et 1.(lallois, professeur à la .Sorbonne.Tomk X111 Amt'nqui m jitciih iiotoU, par Henri faillit', piofisstur a lTniversité de Strasbourg.1T< mière partie: Ci to'inlilt'.-.< m,mut.I n vol.In-8°grand jésus -’l! x '.’H , ait» pugs, tel figures dans le texte, !t(l jtWoffro/i/.ù* hors Irxtt 11 I crtrU tu rouit or h ors Uxti.I ibrairie Atmand ( olin, lt H, Boni.¦Saint-Michel, bâtis Ve.Broché, (Kl fr.Avec reliure tie travail, pleine toile, fers spéciaux, tète dorée, Ils fr.Avec reliure de bibliothèque, th mi-chagrin poli avec coins, tète dorée, 1 là fr.1,es directeurs de cette publication se sont associé, comme collaborateurs, les géographes les plus éminents tie la France.La plupart d'entre eux occupent une chaire importante dans une université française.L'auteur du présent volume, professeur à lTniversité de Strasbourg, s'est consacré depuis plus de 30 ans a l’étude de l'Amérique du Nord et il a enseigné pendant ! ans dans les 1 Diversités Américaines, ("est donc l'expérience de toute une vie et la vision directe dt s faits qu'il nous apporte et nous expose avec netteté et précision.Béservant le second volume du X 11 le tome pour les Ktats-1 'nis, il donne dans le premier les Ct iit riilüts sur h1 continent nord-américain et une description détaillée du CtuuttUi, de Tt rn -A tint et de l'Alaska.Après avoir indiqué les grandes lignes du relief et de la structuro, il étudie les mers, le climat, les fleuves, les lacs, la végétation et la faune, avant de passer à l'étude de l'homme et de son adaptation au milieu naturel: d'abord l'indien, puis le Blanc.Ainsi l'auteur se trouve amené à ret racer l'histoire des découvertes maritimes, de.- explorations, des fondations coloniales français! s, anglaises, espagnoles, de l'occupation et de la mise en valeur progressives d'un demi-continent.Il termine ces ( t'iicnilili'- en exposant et en expliquant la formation territoriale et le peuplement des Ktats-l nis et du Canada.Buis vient la partie régionale: dans ces chapitres sur les diverses régions du Canada, sur Tcrre-Ni uvc, sur l'Alaska, point de cadre rigide et uniforme.Le plan est souple, chaque fois adapté à l'importance relative ct à la dépendance mutuelle des faits étudiés, de manière à bien dégager l'intérêt essentiel.Le chapitre sur l’économie canadienne, avant et pendant la crise actuelle, constitue la synthèse d'ensemble et en quelque sorte la conclusion.(il figures dans le texte: cartes, profils et coupes, etc., pour la plupart établies pat l'auteur lui-même au cours de sa rédaction, en sont l'expression graphique et lui confèrent une clarté singulière: l'exécution matérielle des dessins est il une qualité rare.Les fit) photographies hors texte, dont 2ô pleines pages, ont été choisies de préférence parmi h-s vui s aériennes, non pas seulement pour leur beauté et leur perfection technique, mais aussi comme représentant tous le- aspects caractéristiques du pays.I n commentaire initie le lecteur a l'art attrayant et délicat de l'analyse de- paysage.- Lnfin, une carte en couleur hors texte, particulièrement réussie, donne les aspects essentiels de la végétation de toute l'Amérique du Nord, LA l'OL'DUE HT SA l'i fil.ME ( '.L< tBl'LAI UK, par M.K.Mathias.In -l°de ")S pan»'.-' avec 12 figures.Publication no 21 du Manorial dt l'Offio .\ntinnal Mclcoroloyif/uc de l'reittn, 1(.M» rue de 1 l niversité, Paris.P.Cette étude critique* comprend: une .série de préliminaire- constituant un historique de la classification de- éclairs; une étude quantitative de la théorie actuelle de l’éclair fulgurant : une étude particulière détaillée de l’éclair sphérique. VIE DE L’ÉCOLE ET DE L’ASSOCIATION CONFERENCES Avec la reprise des cours à l'École Polytechnique en octobre dernier ont recommencé les dîners-causeries et conférences de l’Association.Dès le 2 octobre.M.Lionel Télémaque, diplômé de Polytechnique, résidant à Haïti, profitait d'un voyage à Montréal pour faire un exposé devant les membres de 1 Association îeunis au Cercle Universitaire du ‘‘Développement des Travaux Publics en Haïti pendant la période de la convention haïto-américane 1915193 Le li novembre, M.Raymond Doucher, M.Sc., professeur à l’École Polytechnique, continuait la série de ses conférences se rapportant à l'expérimentation sur modèles réduits en hxdiauli-que, traitant particulièrement des principes de similitude et de la loi tie Fronde.Un autre diner-causerie de 1 Association a eu lieu au ( eide Universitaire, le 4 décembre.M.René I.aplante, promotion tic 1929, y présentait aux membres de 1 Association un travail intitulé “Le Commerce des kilowatts-heures .NOMINATIONS La Corporation de l’École Polytechnique a décidé au cours du mois de novembre dernier que le personnel administratif de 1 École sera composé comme suit : Principal honoraire: M.Aurélien Royer Président de la Corporation et Principal : M.Augustin Frigon Directeur des Études: -M.Adhémar Mailhiot Assistant-Directeur des Études: M.Armand C ircé.Les noms des membres de la Commission d Électricité do Québec créée par Acte du parlement provincial à sa dernière session ont été récemment annoncés.Ce sont MM.Augustin Irigon, D.Sc., principal de l'École Polytechnique, president de la ( ommission, ( Hivier Lefebvre, D.Sc., ingénieur en chef de la < 'ommission des Faux Courantes, et .1.W.McCammon, ingénieur-conseil, commissaires.Le Colonel A.-IL Dubue, promotion de 19:11, ingénicur-on-chef du Ministère des Chemins de Fer et Canaux, a été nommé commissaire de la Commission Centrale d’Administration des Ports du Canada, instituée par le nouveau gouvernement fédéral. 4-1S R K V U K TRI M K STR IK LL K CANARI K N \ K INGENIEURS A LA DEPUTATION Depuis les dernières élections provinciales, les diplômés de Polytechnique comptent deux des leurs parmi les membres du nouveau parlement provincial.Ce sont MM.\Y.E.Lauriault, promotion de 11122, représentant la division St-IIenri, de Montréal, et Leduc, promotion de 1924, représentant le comté de Laval.NOUVELLE SECTION DE L'ASSOCIATION Un groupe de membres de l'Association résidant à Ottawa ayant soumis une requête au Conseil < îénéral en vue de se constituer en section, celui-ci a autorisé la formation d’une nouvelle section de l’Association, dont feront partie tous les membres de l'Association résidant dans le territoire compris dans un rayon de cinquante milles du bureau de poste principal de la ville d’Ottawa.La nouvelle section sera désignée comme suit: Association des Anciens Elèves de l'Ecole Polytechnique de Montréal, Section du district d'Ottawa et de Hull.Le dîner inaugural de la Section, auquel assistaient tous les diplômés de Polytechnique résidant à Ottawa et à Hull, eut lieu au Château Laurier le 16 décembre dernier.MM.A.Frigon, A.Mailhiot, O.Lefebvre, G.llurtubise et A.Circé étaient présents à cettefêteet, dans les paroles qu’ils prononcèrent à l’issue du dîner, encouragèrent fortement les membres présents dans le développement de la nouvelle Section.NECROLOGIE AI.James Laurin, promotion de 1SS4, ancien président de l'Association, est décédé à Montréal le 34 octobre dernier.AL Georges Rolland, promotion de 1922, est décédé à Québec le 9 mars dernier.ASSEMBLEE ANNUELLE L’assemblée annuelle de l’Association sera tenue le S février 1936, à deux heures et trente minutes de l’après-midi, dans la salle des conférences de l’École Polytechnique.Le banquet des Anciens de Polytechnique aura lieu le soir du même jour au Cercle Universitaire, à sept heures et trente minutes. REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE INDUSTRIELS ! L’ingénieur est votre collaborateur tout indiqué pour: La Réorganisation et la Surveillance générale de votre Usine ; La Solution de vos nombreux Problèmes techniques; La Recherche des Procédés économiques de Fabrication.LES INGÉNIEURS DIPLÔMÉS DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE PEUVENT S'A I JAPTEIt FACILEMENT ET RAPIDEMENT AUX FONCTIONS TECHNIQUES SPÉCIALES DE L'INDUSTRIE, GRÂCE A LEUR FORMATION GÉNÉRALE BASÉE SUR UNE ÉTUDE APPROFONDIE DES SCIENCES ET UNE CONNAISSANCE PRATIQUE ET THÉORIQUE DE TOUTES LES BRANCHES IMPORTANTES DU GÉNIE.Consultez-nous pour le recrutement de votre personnel technique Le Comité de Placement de l’Association des Anciens Elèves de l’Ecole Polytechnique 1430, rue Saint-Denis Montréal LA 9207 VI RE VU K TRIMESTRIELLE CANADIENNE Successeur de Leclerc cfc T'aribi Edifice Versailles, No ‘>0 rue St-Jacques, MONTREAL.Le NOTAIRE FARIBAULT Té!.Falkirk 1252 S.A.BAULNE INGENIEUR CIVIL Professeur à l’Ecole Polytechnique 750 Boulevard St-Joseph Est FISHER SCIENTIFIC CO., Limited " 898, RUE ST-JACQUES : : MONTREAL H • FISHER.’ LORSQU’IL S’AGIT D’APPAREILS DE LABORATOIRE I PHYSIQUE ^ METALLURGIE E ON TROUVE TOUJOURS A LA LIBRAIRIE DEOM UN choix important de beaux livres anciens et modernes, des éditions originales, rares ou curieuses des meilleurs écrivains des XIXe et XXe siècles et les ouvrages nouveaux, en exemplaires ordinaires ou sur grand papier, d'une sélection d'auteurs contemporains.:: :: :: 1247 RUE ST-DENIS TELEPHONE HA.2.120 MONTRÉAL REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE VII Un journal honnête et bien fait.Le DEVOIR est un quotidien rédigé avec soin et honnêteté pour un public intelligent, respectable et instruit.ACHETEZ ET LISEZ LE DEVOIR TOUS LES JOURS Il est intéressant, bien informé, impartial, propre.Administration et rédaction, 430 Notre-Dame est, Montréal. VIII REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE RENOUF PUBLISHING CO.1433 McGILL COLLEGE AVE MONTREAL SCHOOL, COLLEGE AND UNIVERSITY TENT BOOKS Nu- Way fuel oil service Limited MONTREAL THE HUGHES'OWENS CO., Limited 0 McGill College — MONTREAL OTTAWA, TORONTO Cr WINNIPEG Telephone: LAncastcr 4236 430, RUE ST-CABRIEL Libraires-Editeurs, Imprimeurs, Relieurs, Papetiers en gros et Importateurs LIBRAIRIE BEAUCHEMIN, Limitée MAISON FONDEE EN 1842 MONTREAL, Canada. .1— REVUE TRIMESTRIELLE CAXADIEXXE IX Revue des Questions Scientifiques publiée par la Société Scientifique de Bruxelles (19e année) Revue belge de haute vulgarisation scientifique Far ses “Articles originaux”, ses “Revues des Publications périodiques”, sa “Bibliographie scientifique”, elle lient ses lecteurs au courant des principales questions scientifiques d'actualité.Paraît G fois par an, en fascicules de 160 à 180 pages.Prix de l’abonnement : Belgique et Luxembourg : S0 francs belges.Prance : 7ô francs français.Autres pays : 20 belgas.LE NUMERO 12 FRANCS.Numéros spécimens sur demande.ADMINISTRATION: 11, RUE DES RECOLLETS, 11, LOUVAIN.Tel.FAIkirk 2848 Fondée en 1912 Wilfrid Pageau PLOMBIER-COUVREUR Poseur d'appareils à gaz et à eau chaude SPECIALITE: REPARATIONS Travail fait soigneusement et à prix modéré.Bureau et Atelier: 984 Rachel Est « ir" afggiËBaw: X REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE liuBav «le lies amieii«:eiir$ Association dos Anciens Elevés de l’École Polytechnique.V LSaulne, S.-A.Al Banque Canadienne Nationale.1 Banque Provinciale du Canada.1 Canadian Laboratory Supplies.NI Devoir — Le.VII Dupuis Frères (J,c page de la couverture) Ecole Polytechnique.IA’ et XII École des Hautes Etudes Commère.Ill Faribault — Le notaire.VI Fisher Scientific Co.VI Ilughes-Owens Co.AID Librairie Beauchemin.A III Librairie Doom.VI Ministère des Mines (.Sc page de la Couverture) Montreal Steam Toilet Supply.XI Pageau, AA'.IX Polybiblion.X Henouf Publishing Co.ATII Revue des Questions Scientifiques XI Université de Montréal.II PCLYBIBLICN REVUE BIBLIOGRAPHIQUE UNIVERSELLE 5, rue de Saint-Simon, 5,.Le "Polybiblion".qui est entré dans sa 63e année, parait chaque mois, en deux parties distinctes.X.__Une "Partie littéraire” (2 vol.par an), comprend: lo des "Articles d’ensemble” sur les différentes branches de la science et de la littérature; 2o des "Comptes rendus" des principaux ouvrages publiés en France et à l'Etranger; 3o une “Chronique”, résumant tous les faits se rattachant à la spécialité du Recueil.— Depuis la fin de 1914, le "Polybiblion” donne des comptes rendus en nombre considérable relatifs à la guerre européenne.II,__Une "Partie technique” (1 vol.par an), contient: lo une "Bibliogra- phie méthodique" des ouvrages publiés en France et à l'Etranger, "avec Indication des prix"; 2o les "Sommaires" de nombreuses Revues françaises et étrangères; les "Sommaires” des grands journaux de Paris (articles littéraires, historiques.scientifiques et artistiques, et articles se rapportant de près ou de loin à la guerre européenne).Envol de spécimen : 1 franc 50.PRIX DE L’ABONNEMENT Partie littéraire F'rance, 36 fr.Etranger.Partie technique — 31 “ Les 2 parties réunies — 48 — ________ REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE XI CANADIAN LABORATORY SUPPLIES , Limited ?APPAREILS ET PRODUITS CHIMIQUES DE LABORATOIRES Physique Chimie Minéralogie Bactériologie Essais de Matériaux ?296 RUE SAINT-PAUL OUEST MONTREAL Téléphone: DQIIard 2900 Montreal Steam Toilet Supply D.ROBB, Prop.SERVICE COMPLET ET EFFICACE POUR BUREAU OU USINE 2214 BOULEVARD ROSEMONT MONTREAL XII REVUE trimestrielle canadienne ECOLE POLYTECHNIQUE I) E M O N T R É A L FONDÉE EN 187.1 TRAVAUX PUBLICS - INDUSTRIE Toutes les Branches du Génie PRINCIPAUX COURS: -Mat hématiques ( 'liimie Dessin Electricité Minéralogie Arpentage Mines Machines Thermiques ( '(instructions ( 'ivilcs < îénic^Sanitaire Résistance des Matériaux Physique I )eseriptive Mécanique I Iydraulique < iéologie ( îéodésie Métallurgie Voirie Ponts < liimie Industrielh* Laboratoires de Recherches et d’Essais, 1430 rue Saint-Denis, Montréal.TELEPHONES: Administration:— LAncaster !)2(»7 LaboratoirejProvincial des Mines: LAncaster 7.SND PROSPECTUS SUR DE M AN D E CANADA MINISTERE DES MINES Honorable T.-A.Crerar, Ministre* Charles Camsell, Sous-Ministre PUBLICATIONS RÉCENTES EN FRANÇAIS MINISTÈRE DES MINES N° 2408 Rapport du ministère des Mines pour l’année se terminant le 31 mars 1935.COMMISSION GÉOLOGIQUE ET MUSÉE NATIONAL DU CANADA 2340 Série de la Géologie appliquée, n ° 7 : La Prospection au Canada — par le Personnel technique de la Commission géologique (314 pages, 23 planches et 25 figures).Prix: S0.50.2352 Rapport sommaire 1933, partie D, comprenant des comptes rendus sur la mine Amulet, district de Noranda, par M.-E.Wilson; sir les quadrilatères de Thetford et de Disraeli, par H.-C.Cooke; et sur les sondages dans l’Est du Canada, par W.-A.Johnston.Mémoire 183.Géologie de la région de la Baie de Chaleur — F.-J.Alcock.DIVISION DES MINES 708 Amiante chrysotile au Canada — J.-G.Ross (deuxième édition).750 Les industries minérales du Canada, 1933 — A.-H.-A.Robinson (édition abrégée).752 Graviers de voirie dans la province de Québec — R.-H.Picher.758 Les calcaires du Canada, partie III: Québec — M.-F.Goudge.COMMISSION FÉDÉRALE DU COMBUSTIBLE Avantages qu’offrirait l’isolation thermique de votre maison — G.-D.Mallory.L’humidité dans les maisons chauffées — E.-S.Martindale.L’isolation calorifuge des nouvelles et des vieilles maisons — G.-D.Mallory.DIVISION DES EXPLOSIFS 38 Rapport annuel de la division des Explosifs, 1934.12 Le maniement des explosifs (deuxième édition).EN PRÉPARATION L’or au Canada — A.-H.-A.Robinson.Les sables de moulage au Canada — C.-II.Freeman.Étendues de la carte du Lac Chibougamau — J.-B.Mawdsley.Avis: On peut se procurer les publications ci-dessus en s’adressant à l’Éditeur en chef, Ministère des Mines, Ottawa, Canada. DUPUIS! v~L IMPRIMERIE POPULAIRE, Limitée.430, rue Notre-Dame Eet, Montréal -4' __________________________ _^d«e3eg&Li^^attj éftiHMiI&Spères • ¦ an i —I ALBERT DUPUIS, prlndmt, A.-J.DUGAL, t.-p.et dir.-ftr.ARMAND DUPUIS, uc.-trèt.• ROYAL • UNDERWOOD • REMINGTON Il n’y a rien de plus pratique pour l’homme d’affaires, le professionnel ou le voyageur qu’un tel dactylographe portatif.Les modèles sont des plus nouveaux, et les marques des mieux connues.Venez vous en choisir un en profitant de nos CONDITIONS FACILES DE PAIEMENTS Rayon des dactylographes ret-de-chaussêe (Ste*Catherine) 4.50 Comptant solde payable en 9 paiements mensuels de 4.79 chacun Dactylographes portatifs A2B
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