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Titre :
La revue trimestrielle canadienne
Revue universitaire qui a le mandat de stimuler et de diffuser la recherche scientifique et la recherche sociale réalisées à l'École polytechnique de Montréal et à l'Université de Montréal. [...]

La Revue trimestrielle canadienne est fondée en 1915 par un jeune professeur de l'Université Laval à Montréal et de l'École des hautes études commerciales, Édouard Montpetit, et les professeurs de l'École polytechnique Arthur Surveyer et Augustin Frigon. Ils en seront les principaux animateurs, durant quelques décennies. Le sulpicien Olivier Maurault se joindra à eux en sa qualité de recteur de l'Université de Montréal.

Publiée par l'Association des anciens élèves de l'École Polytechnique, la revue remplit le vide laissé par Le Bulletin de l'École Polytechnique et La Revue économique canadienne. Elle vise à stimuler l'étude des sciences appliquées et des sciences sociales, en premier lieu le génie civil et l'économie, ainsi qu'à informer et à servir les ingénieurs francophones. La technologie, l'économie politique, la médecine, la philosophie, la psychologie, l'enseignement et l'humanisme trouveront une place dans ses pages au cours des années.

Parce qu'elle est un des principaux organes de diffusion de la recherche francophone, la Revue trimestrielle canadienne est une ressource importante pour la connaissance de l'histoire des sciences au Québec. On y trouve par exemple une présentation rédigée par le frère Marie-Victorin du lancement de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (mars 1924), ainsi que de nombreux articles témoignant du développement des recherches sur le génie civil, l'électricité et l'électronique, dont des articles sur la télévision à partir de 1933.

Le spectre de la diffusion de la recherche y est très large. On y traite fréquemment d'hygiène sociale dans les années 1920 et 1930, et de façon constante de l'enseignement général et professionnel. La psychanalyse y est abordée dans une série d'articles d'Antonio Barbeau publiés en 1930 et 1931. On peut aussi lire en 1938 un retour du géologue Gérard Gardner sur la question complexe de la frontière du Labrador.

La Revue trimestrielle canadienne permet de connaître davantage la vie de l'École polytechnique jusqu'en 1954, dernière année où la revue est publiée. L'Association des anciens élèves y donnera suite avec L'Ingénieur, une revue résolument tournée vers le génie.

Source :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. 5, p. 139-141.

Éditeurs :
  • Montréal :Association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique de l'Université de Montréal,1915-1954,
  • Montréal :Association des diplômés de polytechnique
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'Ecole polytechnique de Montréal
  • Successeur :
  • Ingénieur
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Références

La revue trimestrielle canadienne, 1915, Collections de BAnQ.

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Mai 1915 léro année.Vol.I- No 1 Art de l’Ingénieur—Économie politique et sociale — Mathématiques Législation industrielle — Statistique — Architecture — Sciences Hygiène — Industrie — Forêts —• Finances — Transports SOMMAIRE 1— 1.Avertissement.3— II.L’intérêt sociologique de notre histoire au lendemain de la conquêto.15— III, La responsabilité décennale des constructeurs .¦ 31— IV.La réglementation des services publics par les commissions .-s— V.La géographie-Ad service de l’histoire ., .54 — VI.Mines et torpilles.67— Vli.Evolutions des lois provinciales d’hygiène .75—VIII.AppUcation de la théorie des erreurs aux calculs do l'ingénieur.91— IX.Iïovue des livres.95 - X.Kevnc des périodiques.05— XI- Vie de l’Ecole et de l’Association.LA REDACTION LEON GEBIN EDOUARD MONTPETIT, ARTHUR SURVEYERi EMILE MILLER A.DOLLO, T.LAFRENIERE, AUGUSTIN FRIGON ASSOCIATION DES ANCIENS ELEVES École polyteciin MONTREAL.llSii: ésmrg : COMITE DE DIRECTION: Président : Mgr.G.DAUTH, .Vice-recteur de l’Université Laval de Montréal.Membres : MM.Ernest MARCEAU, Principal de l'Ecole Polytechnique.Auréiien BOYER, Membre de la Corporation de l'Ecole Polytechnique.A.FYEN, Directeur de l’Ecole Polytechnique.Édouard MONTPETIT, Professeur à l’Université Laval.Arthur AMOS, Chef du service hydraulique de lr.Province de Québec.Euclide MALO, Ingénieur civil.Arthur SURVEYEK, Ingénieur conseil.Conrad MANSEAU, Professeur à l’Université Laval.Augustin FRIGON, Professeur à l'Ecole Polytechnique.COMITE D’ADMINISTRATION ET DE REDACTION: Président : Arthur SURVEY’ER.Membres: MM.Edouard MONTPETIT, Arthur AMOS, Euclide MALO, Conrad MANSEAU, Augustin FRIGON.Rédacteur en chef: Edouard MONTPETIT.I.B PRIX DE L’ABONNEMENT EST FIXÉ À 1.00 DOLLARS POUR L« CANADA, ET À 3.00 DOLLARS POUR TOUS LES AUTRES PAYS.L* NUMÉRO 50 CENTS.Lr Revue Trimestrielle Canadienne paraît quatre fois l’an: en mni, août, novembre et février.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession.La Direction n’entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit à udc indemnité calculée par page de texte imprimé ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.„ La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d’où ces articles proviennent.Il sera rendn compte de tout ouvrage dont II aura été envoyé ua exemplaire à la Rédaction.Pour les abonnements, publicité, collaboration et autres renseignements s’adresser au : Secrétaire-Général: M.Augustin FRIGON, 66, Côte Beaver Hall, Montréal, Canada. Revue Trimestrielle Canadienne MAI, 1915 avertissement Lors des cérémonies qui ont marqué l affiliation officielle de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales à l’Université Laval, Monseigneur Dauth, Vice-Recteur, a insisté sur l’importance des études économiques qui permettront à nos concitoyens d’origine française d’occuper dans les affaires une place digne d’eux.Pour répandre dans notre public la connaissance raisonnée des principes technique$ et économiques et lui faciliter par là même l’intelligence des grands, problèmes actuels, il faut un organe sérieux qui mérite 'de recevoir l’appui et les encouragements d’une élite fidèle et instruite.Or iu n’est pas facile de créer une Revue qui ait quelque chance de vi-'7e sans s’appuyer sur un groupe réunissant déjà un faisceau de bonnes volontés.Voilà pourquoi la Corporation de l Ecole Polytechnique et l’Association des anciens Elèves de cette Ecole ont cru devoir prendre à leur char a 6 le fardeau assez lourd d’une pareille initiative.Cette Revue est donc l’oeuvre de ces deux institutions; elle continue, sur un plan plus vaste, le travail commencé déjà /’année dernière par le Bulletin de l Ecole / olytechnique.Cependant, la Revue Trimestrielle Canadienne ne se bornera pas a publier des articles d’ordre technique.Nous voudrions, au contraire, par la diversité de nos sommaires, essayer d’intéresser de nombreux lecteurs dont la curiosité a déjà été éveillée par le retentissement des découvertes modernes et les répercussions sociales de l’industrialisme. 2 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE A vrai dire, nous ne nous éloignons pas du champ d’action, si étendu, où s’exerce l’activité de l'ingénieur.Celui-ci ne doit rien négliger de ce gui vient aider ses énergies et faciliter sa tache.Il ne peut s’arrêter à la solution brève et sèche d’un problème sans en rechercher les conséquences, même les plus lointaines.D’ailleurs, il a gagné quelque chose et grandi son influence, si, par des études nouvelles, fussent-elles supplémentaires, il a su ajouter à ses connaissances professionnelles.Nous donnons à nos efforts ce double but : les sciences polytechniques, les sciences économiques.Les sous-titres de cette Revue en justifient suffisament.Notre Revue aura, de ces divers chefs, un double caractère, à la fois théorique et pratique.Elle apportera à l’ingénieur des articles de fond où il trouvera à completer les données générales qu’il possède sur certaines questions; elle donnera au public des notions claires sur l’histoire économique de notre pays, la géographie, la finance, l’industrie, le commerce, la législation industrielle, instruisant des enquêtes afin de révéler sous plusieurs jours les problèmes les plus intéressants que pose notre économie nationale.Nous terminons sur ce mot : notre objet serait réalisé et nos ambitions pleinement satisfaites si nous pouvions à la fois servir les intérêts pratiques des ingénieurs et faire connaître au public en général l’abondance de nos ressources et les moyens de les mettre en oeuvre pour assurer définitivement la survivance de notre race.LA REDACTION. L’INTÉRÊT SOCIOLOGIQUE DE NOTRE HISTOIRE AU LENDEMAIN DE LA CONQUÊTE Le siècle qui a suivi la cession du Canada à l’Angleterre forme la période la moins étudiée peut-être de notre histoire.C'est pourtant celle dont l’intérêt, sinon humain du moins sociologique, est de beaucoup le plus grand.Plus nettement qu'à aucune autre époque, on y observe l’action et la réaction les uns sur les autres de groupements sociaux très divers.Au sein de la Eace et de la Religion, grands groupements amorphes, du type le plus ancien et le moins spécialisé, et dont l’influence reste la moins changeante et toujours sourdement impérative, on voit poindre des groupements moins compréhensifs, mieux adaptés aux besoins actuels, et aussi plus dépendants de la volonté et de l’intelligence humaines, ceux, par exemple, qui se rattachent à l’organisation économique ou politique du pays.Trois éléments figurent invariablement dans la composition de toute société, de tout type social ; et suivant qu’il s’y combinent en telle ou telle proportion, ou s'y manifestent sous telle ou telle forme, permettent de les distinguer facilement: conditions physiques (ou géographiques, ou anthropologiques) ; traditions, contraintes, pratiques plus ou moins communautaires du groupe; action plus ou moins importantes, plus ou moins énergiques, des individus.Nous avons ainsi, dans l’ordre de complexité croissante, des sociétés procédant surtout de la Nature, des sociétés s’inspirant surtout de la Coutume, et des sociétés caractérisées surtout par l’initiative particulière.Les Indiens du Canada nous fournissent un bon exemple du premier de ces trois types de société.Ils n’ont qu’un petit nombre de groupements spécifiques : la Famille y est en même temps Atelier de travail et, avec le Clan et la Tribu, pourvoit à tous les besoins de 1a vie publique ou de la vie privée.Et ces groupements, dont l’origine se perd dans la nuit des temps, sont en correspondance étroite, d’une part avec la nature du lieu, d’autre part avec la cor-formation physique de la race.A la fois l’homme et l’organisation sociale y paraissent dominés par l’ordre naturel ambiant.La structu- 4 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE re anatomique tant de l’homme que des institutions n’est en quelque sorte qu’une simple transposition des caractères du milieu physique.Le Peau-Eouge ne réagit que faiblement contre les influences du Lieu; il se contente pour sa nourriture des productions que ce lieu lui offre spontanément; il ne se protège guère, par le vêtement et l’habitation, contre les agents atmosphériques.Il est lui-même comme une dernière production spontané du pays, et dès qu’on l’en déracine, ou qu on l isole de la grande nature, il dépérit et il meurt.Aussi bien, d’institution sociale il ne connaît que les groupements fondés sur la consanguinité, qu’elle soit réelle, ou qu’elle soit fictive.On observe, d’autre part, des sociétés dans lesquelles les impulsions de la Nature, pour n’être pas absentes, sont fortement encadrées par les croyances, les usages, les contraintes émanant de la vie sociale elle-même.Bégies par des coutumes fort anciennes et respectées, ces sociétés ne donnent pas, comme les groupes de primitifs, l'impression d’uue étroite communion avec la Nature, mais elles produisent l’illusion de la fixité, de l’immobilité, d’elles furent ces sociétés du Moyen-Age, formées par les progéniteurs directs des colons du Nouveau Monde; et même tels étaient au début, à beaucoup d’égards, les groupes de population rurale de la Nouvelle-France et de la Nouvelle-Angleterre, épris de tradition plutôt que de nouveauté.Il est un troisième type de sociétés où le facteur dominant n’est plus la Nature, n’est plus la tradition communautaire, mais bien plutôt la personnalité humaine, et c’est là un caractère qui distingue particulièrement les sociétés modernes.Il n’y a pas ici le mystère, la fatalité, qui se dégagent de l’étude des sociétés primitives antiques: des groupements nouveaux se constituent sous nos yeux.Il ny a plus l’imposante immobilité des sociétés fondées sur la coutume: les groupements s’adaptent avec célérité aux exigences nouvelles, et se modifient en vue de multiples besoins, au gré de multiples caprices.En revanche, si la société nouvelle a perdu l’attrait du mystérieux et le prestige de l’immuable, elle a l’intérêt dramatique qu’inspirent toujours le mouvement, la vie, l’action consciente et ordonnée de grands organismes.A la suite de son occupation par les Anglais, la Nouvelle-France présente le spectacle d’une société encore toute pénétrée de traditions et d’usages séculaires qui, presque à son insu, est entraînée dans la voie du changement et de l’imprévu ; de groupes de population qui, avant même d’avoir perdu le souvenir de leurs origines ethniques diverses, sont mis en concurrence sur le même sol, bien plus, sont appelés à coopérer en vue de la constitution l’intérêt sociologique de notre histoire 5 de groupements d’un ordre nouveau, que les ancêtres n'avaient pas connu, et n'avaient pu prévoir: les institutions d’une colonie à gouvernement libre et autonome.* * * Français et Franco-canadiens, d’une part, Anglais et Anglo-américains, de l’autre, avaient alors entre eux plus d’un point de ressemblance.Par exemple, chez les uns comme chez les autres, on observait, allié à certains caractères physiques définis et persistants, ainsi qu’à des survivances de traditions et de coutumes très anciennes, un notable développement de l’initiative privée, quoique pour des objets et clans des sens divers.Tous, au dire des historiens, avaient des orgines ethniques communes, les divergences à partir de la souche première étant de date assez récente.Tous résultaient de la rencontre et de la combinaison d’influences surtout celtiques, romaines, germaines et normandes.Le Breton des îles britanniques est le congénère du Gaulois, comme le Saxon est le congénère du Franc, et les uns comme les autres ont connu la domination romaine et subi le joug normand.Enfin, tous, classe pour classe, étaient à peu près au même degré de culture et de civilisation.Mais aussi chacun de ces quatre types avait acquis et retenait certains traits distinctifs.Dans l’Ancienne France, l’initiative se donnait carrière surtout dans l’ordre militaire et administratif.Déjà César, dès avant l'ère chrétienne, signalait l’existence dans les Gaules d’une régime bien tranché de classes et de factions.La paysannerie, qui formait la masse de la nation, n’y jouissait d’aucune considération, et n’avait point part à la.direction des affaires publiques, que se réservaient les chevaliers et les druides.La période suivante, celle du Franc et du Féodal, fut féconde en merveilleux progrès.Elle fixa au sol cette population jusque-là flottante; elle vit s’opérer le défrichement de la France, et le développement d’une vie locale intense.Mais dans une troisième période ce beau mouvement fut enrayé, et on assista à la constitution, aux envahissements graduels, puis à l’irrémédiable décadence de la grande monarchie militaire et centralisée des Capétiens, des Valois et des Bourbons.La France, grandie par les efforts persévérants de nombreuses générations de travailleurs est alors relativement populaire et riche, mais son organisation sociale est médiocre.Sa classe de paysans, repliée sur elle-même, ne cherche pas à s’élever, et dès (5 REVOIS TRIMESTRIELLE CANADIENNE lors n exerce aucun contrôle effectif sur sa classe dirigeante, et ne comble pas les vides qui se produisent dans ses rangs.Celle-ci d’autre part, s’est détachée de la vie rurale, a renoncé à la direction des arts usuels, applique et gaspille de plus en plus son énergie à l’accaparement, et parfois à l’exercice, des charges de l’Etat, comme à la recherche des plaisirs de la Cour.Les distinctions s’accentuent entre classes de dirigeants et classes de dirigés, et aussi les défiances.Il se produit une recrudescence du régime en vogue chez les Gallo-romains, sorte de régime de clans rivaux et très instables, parce qu'ils reposent entièrement sur des rapports de personne à personne, que le Féodal avait remplacés par des rapports de domaine à domaine.Or ce régime de classes et de factions, fâcheux pour la Gaule, l’est infiniment plus pour la France de Louis XTV et de Louis XV, à cause de l’agglomération des habitants, de la complexité et de l’importance des intérêts à régir.La Nouvelle-France était, à beaucoup d’égards, un duplicata de l’Ancienne.Comme celle-ci elle se composait essentiellement d’une population de paysans, gouvernée de haut par une noblesse et par un clergé.Dans la colonie, comme dans sa métropole, la classe dirigeante vivait en très grande partie des subventions, des faveurs, des privilèges accordés par l’Etat, au gré des factions qui assiègent le pouvoir.Sans doute, dans ce pays neuf, le paysan s’était quelque peu émancipé, il était devenu coureur de bois, et de son côté, le gentilhomme s était parfois frotté d’aventures, était devenu chef d’expéditions de traite ou de découvertes lointaines.Mais ni l’un ni 1 autre, sous le régime de réglementation administrative institué par Richelieu et Louis XTV.n'avait perdu sa formation ancienne.C’était souvent un paysan avisé et débrouillard que l’Habitant canadien, mais ce n’était que très exceptionnellement qu’il s’élevait au-dessus de cette condition, du moins sans sortir de la culture; et, dans l’administration des affaires du pays, son rôle était purement passif.C’était souvent un soldat et un navigateur admirable que le gentilhomme canadien, mais sans fortune, et sans les aptitudes pratiques pour s’en amasser.Toute la colonie vivait directement ou indirectement du commerce des fourrures, organisé administrativement.Dans ces conditions, le trait le plus marquant de l’ordre social, c’était l’enchevêtrement des intérêts et des attributions en matière politique, religieuse, économique.Le Conseil supérieur, où siégeaient, à côté du gouverneur, de l’intendant et de plusieurs conseillers laïques, l’évêque de Québec et le supérieur des Jésuites, se chargeait, — sauf le contrôle / l’intérêt sociologique de notre histoire 7 éloigné, l’intervention intermittente, de la métropole, — de tout régenter, de tor'j réglementer: la justice et la police, l’agriculture et l’industrie, et aussi la religion.On sait assez quelle place tiennent dans l’histoire de la colonie française les conflits d’autorité entre le gouverneur et l’intendant ou les conseillers, entre les fonctionnaires civils ou militaires et les dignitaires ecclésiastiques, et souvent à propos de puériles questions de préséance.* • * La société anglaise, séparée de la société française par un simple bras de mer, composée d’éléments ethniques assez semblables, ayant subi à peu près les mêmes influences, n’en a pas moins de très bonne heure évolué dans un tout autre sens.Tandis qu'en France la masse gallo-romaine, sous l’impulsion du dominateur franc et du seigneur féodal, ne s'est transformée qu’à demi, et a conservé beaucoup de traits de communautaire et d’instable, en Angleterre, le particula-riste saxon a refoulé ou asservi le communautaire breton, premier occupant du sol, a supplanté le communautaire germain (angle ou mercien), et finalement a évincé l'envahisseur danois.Déjà au temps d’Alfred le Grand et d’Edouard le Confesseur s’affirme la supériorité du Saxon et se dessinent les grandes lignes de la constitution sociale du peuple anglais, fondée sur le libre jeu de l’initiative particulière dans la vie privée comme dans la vie publique, et que plusieurs siècles de domination normande ne parviendront pas à déformer.Le beau livre d’Henri de Tourville, l’Histoire de la formation parti-culariste, jette une vive lumière sur toutes les phases de cette épopée sociale.Ce double souci de la liberté individuelle et de la liberté politique, de l'indépendance de la vie privée et du contrôle effectif des pouvoirs publics, se manifeste à toutes les époques de l’histoire d’Angleterre, mais jamais plus énergiquement qu’au sortir du Moyen Age, à la suite de l’émancipation des serfs, de l’éclosion de l’industrie, de la navigation et du commerce international, des grandes découvertes d’outre-mer, de l’invention de 1 imprimerie, du mouvement de la îtéforme.On vit alors apparaître en Angleterre (il n’est, ici question ni du pays de Galles, ni de l’Ecosse, ni de 1 Irlande) une société où les liens fondés sur la nature ou la tradition étaient faibles, relâchés en comparaison de ceux noués de date récente par l’initiative particulière, en vue de nécessités actuelles et pratiques.Tandis que le clergé catholique et le clergé anglican, son spoliateur, se voient désertés par leurs ouailles, qui multiplient les 8 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE sectes comme à plaisir, les grands propriétaires accapareurs de champs, destructeurs de villages, ne trouvent plus pour cultiver leurs réserves, pour tirer parti de leurs domaines, que des journaliers de passage, que des fermiers qu aucun lien durable ne rattache à eux.Le bordier, le petit paysan, ont émigré pour la plupart: les uns vont recruter la population industrielle des villes, les autres sont allés fonder des domaines indépendants en Amérique ou ailleurs.Entre temps, le commerce, la fabrication, les transports s’organisent de toute part, donnent naissance à de grandes villes, accumulent dénormes richesses.Toute l’ancienne société s’est effondrée, remplacée par une efflorescence de groupements nouveaux.C’est partout une sourde mais intense fermentation sociale.Lans tous les ordres de la vie publique ou de la vie privée, les dirigeants, dès qu ils faiblissent ou dégénèrent, sont dépossédés au profit des sujets d’élite de la classe sous-jacente.A la Cour, au Parlement, à l’armée, aux affaires, mais aussi dans l’agriculture, l’industrie et le commerce, c’est une lutte constante, une active concurrence, entre particuliers, où de nouvelles couches se font jour périodiquement, pendant qu'au sommet de l'échelle, la classe politique dominante s’applique sans relâche à restreindre les prérogatives de la Couronne et de la Chambre haute, au profit des attributions de la Chambre des communes.Or, même dans ces conditions, l’Angleterre reste une société de type aristocratique, où 1 indépendance de la vie privée et la liberté de la vie publique existent et sont maintenues surtout par l’entremise et au profit d une classe privilégiée.Par contre, les colonies anglaises de l’Amérique, peuplées au début en forte proportion de groupes d’émigrants qui avaient quitté la métropole en révolte contre la situation de faveur et l'autorité reconnues au souverain et aux grands, appliquèrent sous une forme nettement démocratique les principes du self-help et du self-government.Les colonies esclavagistes du Sud.il est vrai, s’organisèrent suivant un type rappelant celui de l’Angleterre, avec le grand propriétaire rural comme agent directeur de l’activité économique, et le comté comme maîtresse pièce de l’organisme public local.Mais dans le Xord.dans la Xouvelle-Angleterre surtout, la clé de tout le système fut le ‘‘farmer”, petit propriétaire exploitant de ses mains, mais en général plus entreprenant et mieux renseigné que le paysan : de plus, très apte à l’administration du township, circonscription en général moins étendue que le comté, mais plus vaste que la paroisse.Et n’a-t-on pas prétendu que c’est grâce à l’activité administrative des townships de la Nouvelle-Angleterre que le Yankee a pu triom- 9 l’intérêt sociologique de notre histoire pher de la bureaucratie anglaise?Mais il ne faudrait pas perdre de vue le caractère urbain de beaucoup de ces townships, et le rôle prépondérant joué dès le début par l’élément commerçant et industriel.En somme, nous avons trois types en présence.La société française (dont la société franco-canadienne n’est qu’un décalque, avec en plus les rivalités entre Français et Canadiens), est saine, excellente sous bien des rapports; mais la liberté individuelle y est plus ou moins gênée, et la liberté politique n’y existe pas.La s'» iété anglaise est encore quelque peu férue des traditions du régime autocratique des Tudors et des Stuarts; elle se complaît dans le faste du souverain et des grands; elle souffre de distinctions et de rivalités de classes.Mais de longue date déjà l’initiative individuelle s’y donne librement carrière dans l’agriculture, le commerce et l’industrie, et on y jouit d’une large mesure de liberté politique, en dépit des privilèges que les moeurs, plutôt que les lois, reconnaissent aux nobles et aux bourgeois.Quant au type américain ou yankee, il est précisément très occupé, au point où nous sommes rendus, à préparer les voies pour une transformation radicale dans le sens de ses propres habitudes et de sa propre mentalité, de la constitution politique et sociale importée de sa métropole.* * * Bien n'est intéressant comme de noter, dans les documents contemporains, comment s’est opéré le premier contact de nos trois types en pays canadien.Les deux forts volumes de pièces, de mémoires et de lettres sur l’histoire constitutionnelle du Canada, publiés ces années dernières par le bureau des archives du Dominion, grâce à l’initiative de MM.Short et Doughty, nous renseignent abondamment sur les faits de cette période.Ce qui frappe de prime abord chez les officiers anglais que la capitulation de Québec (1759), la capitulation de Montréal (1760) et le traité de Paris (1763) laissent maîtres de la Nouvelle-France, c’est leur ferme volonté de se concilier les nouveaux sujets du roi d’Angleterre, en leur témoignant une entière confiance, en les invitant à coopérer à l’administration de la colonie et en se garant des fautes commises et des gênes imposées inutilement par leurs prédécesseurs.Le placart d’Amherst, oublié quinze jours après la capitulation de Montréal, est particulièrement instructif à cet égard.Il autorise les gouverneurs des trois villes principales à nommer aux emplois vacants dans la milice, entre tous autres, ceux qui jouis- 10 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE saient de tels honneurs sous Sa Majesté Très Chrétienne.Il charge l’officier de milice commandant dans chaque paroisse de connaître les différends et d’en juger en première instance.Il est ordonné aux troupes “de payer tout ce qu’elles achètent de l’Habitant argent comptant et espèces sonnantes”.Le commerce est déclaré “libre et sans impôt à un chacun”.Pareille proclamation devait avoir un prodigieux effet sur le colon de la Nouvelle-France, qui n’avait pas été habitué à tant d’égards et de considération de la part de ses propres gouvernants.Le rapport de Murray, gouverneur de Québec, en date du 5 juin 1763, est aussi très éclairant.Sans doute, il faut faire la part de ses préventions d’Anglais et de protestant: mais à côté de cela, comme les intentions sont bienveillantes, comme les vues sont larges et s’inspirent .en général d’une juste et saine appréciation des conditions de la prospérité sociale ! S’il se méfie de la classe seigneuriale, et du haut clergé, s’il se montre assez mal disposé envers les Jésuites et les Récollets, comme il sait reconnaître les qualités de l’Habitant, la vigueur physique de la race, sa moralité, sa sobriété.C’est dans cette classe de paisibles campagnards que les gouvernants anglais, suivant lui, devront chercher leur principal appui.Qu’ils se l’attachent au moyen d'un traitement équitable et généreux, qu’ils encouragent le séminaire de Québec, parce qu’il dotera le pays d’un clergé canadien.Qu’ils habituent cette population à se suffire à elle-même et en toutes choses à se passer des Français et des Américains.Il n’y a pas lieu de trop s’étonner si les militaires anglais, chargés d’organiser le pays immédiatement après la conquête, font preuve de préoccupations d’intérêt public et d’un réel souci du bien-être des classes populaires.On sait que les règnes des deux premiers souverains de la maison de Hanovre, Georges 1er (1714 1727) et Georges TT (1727-1760), furent une époque de grand relâchement de l’autoTité royale et d’accroissement des attributions de la Chambre des communes et de l’influence des masses.On sait que William Pitt, devenu premier ministre en 1757, et qui, en 1759, chargeait Wolfe de la conduite des opérations contre Québec, s’était en quelque sorte imposé à Georges II en exploitant les défiances du populaire anglais à l’endroit de cette dynastie étrangère.Il avait désigné Wolfe pour commander l'expédition, au mépris des droits de l’ancienneté et des préjugés aristocratiques.De même pour obtenir que Guy Carleton fît partie de l’état-major de Wolfe, il dut forcer la main au souverain, auprès de qui Carleton n’était pas en faveur, pour avoir dénigré les troupes hanovriennes. L1 INTÉRÊT SOCIOLOGIQUE DE NOTRE HISTOIRE 11 Si les chefs militaires anglais dépêchés vers les bords du Saint-Laurent dans les dernières années du règne de Georges II, surent, grace surtout à la justesse et à la libéralité de leur conception politique, — puisée dans le milieu social anglais de leurs jeunes années, et quelque peu aussi au contact du milieu américain, — s’imposer au respect et même gagner les coeurs de beaucoup de Canadiens, il en fut tout autrement, au début, d’une autre classe de gens de langue anglaise, qui vinrent à leur suite s’abattre sur la colonie.Sortis, pour la plupart, des villes de la Nouvelle-Angleterre et de la Nouvelle-York, se recrutant presque tous dan?les classes commerciales et ouvrières, ils représentaient assez bien le type anglo-américain d’alors, avec ses qualités et ses défauts, excellent au fond, mais qui, à ce moment particulier de son histoire, violemment tendu vers la conquête de la liberté politique complète, était d'un abord rude, désagréable, et se montrait intolérant pour tout ce qui pouvait l'empêcher d’atteindre son but.Bien qu’ils ne fussent qu’une poignée au Canada, ces Yankees avaient la prétention d’v tout mener.Ils manifestaient en toute occasion leur antipathie pour les croyances des catholiques, pour les coutumes françaises, pour le régime seigneurial des terres et le mode de transmission des biens.Avec la courte vue de petites gens qui n’ont l’habitude de la conduite que de leurs intérêts particuliers, sans avoir à tenir compte des autres, ils auraient voulu supprimer tout cela du jour au lendemain, et réclamaient hautement pour eux seuls, à l’exclusion de la population française et catholique et même des fonctionnaires anglais, l’administration de la chose publique.Leur action allait avant longtemps se faire sentir de plus énergique manière.* * * Avançons de dix ou douze ans la période d’observation.La situation est un peu changée, mais n’en met que plus fortement en relief les faits et les lois d’ordre sociologique.Nous avons ici pour éclairer notre étude, outre la précieuse collection indiquée ci-dessus, la série des mémoires réunis par les soins de l’abbé Yerreau, tous de caractère intime et monographique et qui nous remettent vivement et sans déguisement sous les yeux l’état d’âme de nos compatriotes à ce moment.Les colonies anglaises de l’Amérique du Nord, le Canada excepté, ont résolu de se séparer de l’Angleterre, et, en 1775, dirigent une armée contre Montréal et une autre contre Québec.L’aléa de cette 12 BEVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE invasion agit à la façon d’un dernier dissolvant sur cette société canadienne dont les pièces, en l’absence de tout lien et de tout pouvoir social fort, ne tiennent que très lâchement l’une et l’autre.Elle se résout en ses groupements originels: les diverses classes se groupent à nouveau suivant les tendances sociales et les intérêts collectifs de chacune d’elles.On distingue facilement huit groupes au sein de cette masse indécise.Deux de ces groupes ont une attitude plutôt passive, bien que le résultat en définitive dépende d’eux.C’est, au premier chef, le groupe des anciens colons canadiens-français formant le fond de la population rurale; et, en second lieu, ce sont les Indiens, ceux de l’Ouest, pourvoyeurs de la traite clés fourrures, et ceux domiciliés parmi les blancs, entre autres les Iroquois du Sault-Saint-Louis.Or Canadiens français et Indiens étaient fortement sollicités du côté des Américains par les émissaires du Congrès : soldats français restés après la conquête, Bostonnais que les Iroquois du Sault-Saint-Louis avaient adoptés, et surtout marchands anglais fixés au Canada, en relations suivies avec leurs correspondants de la Nouvelle-Angleterre et de la Nouvelle-York.Pour défendre un immense pays contre les foreos supérieures du Congrès américain, le gouverneur Carleton, assisté d’un petit nombre de fonctionnaires civils et militaires, ne dispose que de deux régiments et de quelques canonniers.Mais il espère que la population canadienne lui restera fidèle, et même lui prêtera main forte pour repousser les envahisseurs.Murray, au moment de la cession, mettait sa confiance plutôt dans l’Habitant et le clergé des campagnes.Carleton, douze ans plus tard, paraît vouloir s’appuyer avant tout sur la noblesse, que, par une loi constitutive de l’année précédente, dite Acte de Québec (1774), il a rétabli ou confirmé, ainsi que le clergé, dans la jouissance de la plupart des privilèges anciens.N’oublions pas que depuis 1760 Georges III occupe le trône d’Angleterre.A la différence de Georges 1er, qui ne parlait que l’Allemand, et de Georges II, qui pariait fort mal l’anglais, Georges III est franchement anglais de langue et d’éducation, sauf qu’il est bien résolu à reprendre, au profit du souverain, les attributions que lui ont dérobées sous les règnes précédents la Chambre dee communes et la bourgeoisie anglaise.La haute aristocratie tory et le clergé anglican, ravis des égards dont ils sont l’objet auprès du nouveau roi, à la suite de l’effacement subi sous les deux règnes précédente, lui donnent un cordial appui.De là un regain de prestige et d’influence pour le pouvoir monarchique et les classes privilégiées. l’intérêt sociologique de notre histoire 13 Et puis, dans l'intervalle, la gentilhommerie coloniale française s’est aperçue qu’elle n’avait plus guère à faire fond sur la cour de France, et de bonne grâce elle s’est retournée vers les nouveaux gouvernants.11 s’est découvert de grandes affinités entre la classe des militaires et fonctionnaires français et celle des militaires et fonctionnaires anglais.Il se contracte même des alliances matrimoniales entre les deux classes.Dans ces conditions, la tendance de la gentilhommerie canadienne est de se confondre avec la classe des gouvernants anglais.Mais au fur et à mesure qu'elle cède à cette tendance, elle voit la masse de la population canadienne s’éloigner d’elle, et son action utile au cours de cette période critique en sera grandement entravée.Le zèle outré et malavisé de quelques-uns des jeunes gentilshommes chargés de recruter des soldats ou d’organiser la défense aboutit à des soulèvements que les autorités anglaises doivent s’interposer pour réprimer.Le clergé canadien, lui aussi, soutient fermement le gouvernement anglais, mais en y mettant plus de tact et de modération que la noblesse.Si, du fait de su formation française, et encore imprégné des traditions absolutistes du grand règne, le clergé canadien, comme la noblesse, est parfois porté à user largement de procédés autoritaires, le peuple suspecte beaucoup moins les motifs de pasteurs dont les , moyens d’existence ne sont pas directement à la merci du pouvoir, et accepte dans un meilleur esprit les injonctions de prêtres respectés dont* l’autorité toute morale est dépourvue de la sanction de peines infligées par le pouvoir public.Aussi bien, ce sont les curés, beaucoup mieux que les seigneurs, qui ont retenu le peuple canadien dans les bornes de la neutralité, et même finalement font fait se ranger du côté des gouvernants anglais.Deux autres classes de la société canadienne ont joué, au cours de cette invasion, un rôle plus effacé, mais qui ne mérite pas moins de nous arrêter, à cause de l’importance que ces classes ont acquise depuis: c’est la classe des marchands canadiens, représentée dans les documents de la collection Verreau par les Guy et les Baby, et ce sont les membres des professions libérales, dont Simon Sanguinet, à Montréal, et Jean-Baptiste Badeaux, à Trois-Rivières, sont d’excellents tvpes.Ils sont franchement du côté des gouvernants anglais et des dirigeants canadiens, et détestent cordialement le parti anglo-américain.Mais ils réservent leur droit de critiquer les gens en place au Canada.Sanguinet, par exemple, avocat de Montréal, ne manque pas une occasion de critiquer le conduite du gouverneur Carleton, de son lieutenant Cramahé, de son brigadier Prescott, comme de la 14 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE plupart des fonctionnaires, gentilshommes et seigneurs.11 n'"épargne guère que le clergé et la classe des marchands canadiens; il a même des éloges pour celle-ci, qui est aussi un peu la sienne * * * A la suite de cette guerre, et un peu à cause d’elle, il se produit au Canada une sensible modification du régime des classes.Les Américains n’ont pas réussi à s’emparer du Canada, mais du moins ils ont assuré d’indépendance des Etats-Unis, et ils sont à l’abri des entreprises de Georges III et de ses fonctionnaires.Us ont porté un rude coup aux tenants de l'ancien régime autocratique dans le monde entier.Huit ans après le traité de Versailles, qui consacre la victoire des Américains, l’organisation politique du Canada est remaniée dans le sens populaire.Aux termes de la loi constitutionnelle de 1791, l’ancienne province de Québec est divisée: on aura désormais le Haut et le Bas-Canada, chacun avec sa chambre élective.Par suite de l’établissement du gouvernement représentatif, la situation des fonctionnaires et seigneurs canadiens se trouve diminuée (quelques-uns des gentilshommes s’étaient même ouvertement déclarés hostiles au projet) ; la situation de l’Habitant et de son conseiller, le curé, se trouve grandie dans la mesure correspondante; et aussi celle des négociants et des membres des profession libérales.Cette dernière classe notamment sera désormais sur le pavois.C’est en se rattachant à elle, et par elle à la politique et au pouvoir, que les derniers descendants de la gentilhommerie conserveront quelque prestige.C’est une ère nouvelle qui s’ouvre.Les anciens détenteurs irresponsables du pouvoir vont être graduellement dépouillés de leur prérogatives au profit de la chambre élective et de son groupe directeur, le cabinet.Mais avant que ce résultat ait été pleinement atteint-, près de soixante ans se seront passés.Léon GÉRIN de la Société royale. LA RESPONSABILITÉ DECENNALE DES CONSTRUCTEURS O) Règle générale l’exécution d’une obligation libère l’exécutant.C’est un principe de droit commun que sanctionne le code civil au chapitre de l’extinction des obligations, lesquelles prennent fin “par l’exécution de toute chose à laquelle les parties sont respectivement obligées”.(1139.c.c.) La réception de l’ouvrage et son acceptation par le propriétaire devraient mettre un terme aux engagements assumés par les constructeurs.Le contrat parait terminé.L une des parties s’était engagée à construire un edifice.Les travaux ont été achevés.Le propriétaire s’en est déclaré satisfait et il en a pavé le coût; il est en possession de l’objet même du contrat et il s’est acquitté de la considération qui en était 1 enjeu : le prix de 1 ouvrage fait.Tl en est bien ainsi lorsqu’il s’agit de meubles.L’ouvrier est libéré par l’exécution de son travail, la remise de la chose et son acceptation par le maître.Celui-ci ne pourrait plus réclamer, sauf si l’ouvrage était tel qu'il n’a pas été possible, quand la livraison en a été faite, de se rendre compte de ses défauts cachés.(2) Peu importe que ce meuble soit incorporé par la suite à un immeuble et devienne ce que le code appelle un immeuble par destination.(3) (1) Notre but est d'exposer aussi clairement que possible la responsabilité décennale sans entrer dans des discussion théoriques que le cadre même de cet article ne nous permet pas de soutenir.INous avons cependant groupé quelques-unes des objections que l’on fait valoir contre le principe de cette garantie.Nous renvoyons a 1 excellent Traité théorique et pratique r 50 BEVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE fleuve sans sécurité et par conséquent peu propice à la colonisation.Annihilant et distrayant des énergies, elle n'interrompt pas la distribution des fiefs, mais elle en retarde singulièrement la mise en valeur.Ln certain nombre de seigneuries se placent entre les Trois-Rivières et Ville-Marie, c’est-à-dire sur le champ d'irruption des barbares.Aussi longtemps que les farouches guerriers des Cinq Nations pourront pénétrer jusque-là il restera impossible d’y rien entreprendre de durable.C’est plutôt autour de Québce, dans une zone où les Iroquois n’osent pénétrer ou, du moins, n’y font que de courtes incursions, que se poursuit l’oeuvre de colonisation.Les fiefs qui se développent aux environs de Montréal, dans la plaine qui rattache le pays des Cinq Nations au fleuve, ne le devront qu’à la présence, au milieu d’eux, de nombreuses places fortifiées.Le château de Longueuil avait une physionomie franchement médiévale.Cette vaste et solide construction, rendue nécessaire par sa situation géographique, permit à la seigneurie de Longueuil de permuter en baronnie — la seule que la Nouvelle-France ait jamais comptée.Le manoir de Verchères et ceux du voisinage étaient munis d'une enceinte et de bastions faits de lourdes pièces de bois.Le souvenir de massacres et de martyres anonymes survenus aux défrichements sans défense de la rive nord, comme dans la région de Lanoraie, s’efface, tandis que les traits d’héroïsme dont les places fortifiées de la rive sud ont été les témoins ne s’oublieront jamais.Ce n est qu’à la suite de la pacification de C’allières (1100) que la hache de guerre ne sera plus déterrée.Mais l’hostilité iroquoise aura été si désastreuse que le peuplement continuera de se poursuivre de préférence sur la rive nord, toujours moins éprouvée.Longtemps encore, le fleuve, comparé à une longue rue.comptera plus de clairières sur cette même rive.Et pourtant, à ne considérer que les avantages naturels de ces bords, c’est l’inverse qu'on aurait dû y voir.T)’un côté, des bois où prédominent les essences dures, tapissant une plaine de riches alluvions qui se développe sur des espaces illimités, où la descendance des pionniers trouvera pour longtemps de quoi se répandre selon les traditions de la race, par l’essaimage de proche en proche.Mais ce véritable pays ouvert manque vraiment de sécurité.Pour cela on lui préfère la lisière qui se déroule en contre-bas des Laurentides, à une distance relativement faible du fleuve et qui compte des sols lourds, espacés de traînées sablonneuses — résultat île la désagrégation de la vétuste chaîne de .granit qui barre l’horizon vers le nord.Lorsqu’en 1722 un arrêté du Conseil Supérieur accorde les mm LA GÉOGRAPHIE AO SERVICE DE L’HISTOIRE 51 droits civils aux paroisses de la Nouvelle-France il s'en trouve en tout 82; 48 appartiennent à la rive nord, et 34 seulement à la rive sud.Aussi faut-il compter parmi ce dernier nombre les paroisses qui venaient de se créer dans la vallée de la Richelieu.Ce déséquilibre resterait inexplicable si on ne se rappelait quels périls ont couru, pendant le premier siècle colonial, les défricheurs de la rive méridionale.Et ce simple fait de géographie s’est traduit par des effets que l'on éprouve encore de nos jours.S'étant développées les premières et dans une sécurité relative, les paroisses de la rive nord sont bientôt parvenues à l’aisance, à une aisance qui, pour n’avoir rien de fastueux, plonge ses racines dans un passé relativement long.C est ce qui a permis à leurs populations rurales de compter plus tôt qu’ailleurs des intelligences remarquables, rivalisant avec l’apport des villes.C’est encore de ces mêmes vieilles paroisses, bientôt remplies, que sortiront beaucoup de coureurs de bois, de bateliers, de bûcherons de la forêt trans-laurentide et de ce qui s appellera les cantons de l’Est.Observons encore combien le sort de cette région eût été différent si le défrichement se fût répandu de bonne heure et sans entrave sur la rive sud.IV Par le choix qu’elle a fait de la vallée du Saint-Laurent, la colonisation française trouvera un avantage considérable.Car cette vallée ne se confine pas au bassin du fleuve proprement dit; elle embrasse tout l’Ontario et s’ouvre sur la vaste plaine du centre continental.Le seul Saint-Laurent n’explique pas la marche accélérée qui caractérise l’expansion coloniale française en Amérique.Des Grands Lacs — de l’Erié, du Michigan — on passe facilement à quelque tributaire du Mississipi.Avant que s’achève le dix-septième siècle, ce fleuve mettra Québec en communication avec la Louisiane.C’est grâce au relief du continent que de vastes espaces doivent d’en avoir été de si bonne heure reconnus et soignusement carto-graphiés dans leurs grandes lignes par les Français.D’un coup, Champlain a ouvert les trois incomparables voies de pénétration qui commandent la moitié orientale de l’Amérique: l’Outaouais qui conduit en raccourci au plus lointain des Grands Lacs et à la mer d’Hudson ; le chapelet des Grands Lacs que sillonneront bientôt les découvreurs du Mississipi et du plateau central, puis la Richelieu, issue vraiment trop commode du pays des Iroquois et REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 52 des colonies anglo-américaines du littoral atlantique, bientôt menaçantes.Missionnaires et trappeurs qui cheminent souvent ensemble, portés par le même canot, ne tardent pas à relier toutes ces routes entre elles, à reculer en tous sens les bornes de l’inconnu.Dès 1628 on trouve le frère récollet Gabriel Sagard au rivage occidental du lac Supérieur.Ce n’est que dans les portions extrêmes de leurs reconnaissances sur le haut et moyen Mississipi que le P.jésuite Marquette et le Canadien Jolliet sont, à proprement parler, des découvreurs (1673).La route que Cavelier de la Salle emprunte pour aller rejoindre le cours du “Père des eaux ’, qu’il descend jusqu’à ses bouches (1698), c’est la Belle-Rivière, l’Ohio, déjà fréquentée par les voyageurs laurentins.Les hommes de la prière et les coureurs de hoi^s — robes noires et robes de castor — sont partout, devançant d’ordinaire l’exploration officielle.Enfin, La Vérendrye, allant à la recherche de la mer de l’Ouest, c’est-à-dire du Pacifique (1731-1743), ne cessera de naviguer sur des eaux connues que lorsqu’il aura touché le sol manitobain.Et si l’on devait rechercher ici chacun des faits géographiques qui ont favorisé l’exploration française, il faudrait noter que le succès final de ce voyage de la famille La Vérendrye fut redevable à la présence de chevaux dans le steppe nord-américain.Ces nobles bêtes, redevenues libres sur les plateaux du Mexique, s’étaient avancées, à la recherche de meilleurs pâturages, jusqu’à la Missouri, jusqu’aux bras de la Saskatchewan, où les Peaux-Bouges les avaient redomestiquées.Ce sont ces chevaux eapagnols qui portèrent certains membres de l’expédition La Vérendrye en vue des Rocheuses, peut-être à la base de ce pic auquel, un siècle plus tard, un Français encore, donnera son nom: Frémont.On le voit, c’est beaucoup à la faveur du relief général du continent que l’instinct aventurier des Français dut d’explorer une aire excédant le tiers de l’Amérique, d’en prendre possession et d’y tracer les cadres d’un empire colonial tout d’une pièce, à coup sûr le plus vaste et le plus propice à l’expansion humaine, qu’ait possédé une nation d’Europe au dix-huitième siècle.Quelle avance formidable la France n’avait-elle pas prise sur sa rivale ! Quel contraste cette expansion — hâtive et dépourvue de sécurité, il est vrai — ne présente-t-elle pas à l'égard du développement territorial des colonies que l’Angleterre alimente abondamment d’hommes au rivage de l’Atlantique ?Resserrés entre la mer et la chaîne des Apalaches, les Anglo-Américains sont restés tout à fait ignorants de la nature de leur LA GÉOGRAPHIE AU SERVICE DE L’HISTOIRE 53 vaste arrière pays.C’est par la relation de voyage du P.Hennepin, traduite à Londres, qu’ils apprennent l’existence de la chute du N iagara ; et ce n’est que vers 1720 qu’un parti d'explorateurs s’en va voir les plus proches des Grands Lacs, — ces mers fermées que les Français du Canada sillonnent depuis un bon siècle.Du jour où les planteurs de la Virginie s’inquiètent de la présence de colons canadiens derrière les montagnes ils réclament le pays comme le leur, et veulent briser cette chaîne de défrichements encore très espacés, protégés par quelques postes de traite, mais destinés à souder la Louisiane à la Nouvelle-France.L’épisode du fort Nécessité, premier acte d’hostilité, fut le signal de la guerre de Sept Ans qui devait effacer, au profit de l’Angleterre, le si vaste empire français d’Amérique.Le rôle très considérable et non moins manifeste que le relief général de notre continent a exercé sur la politique coloniale française ne pouvait manquer de ruiner son oeuvre.Cette abondance de voies navigables avait favorisé l’éparpillement des énergies qu accentuait une incroyable parcimonie dans le peuplement.Aussi cette prise de possession n’était-elle que peu effective.Et l’on peut dire que ce qui avait permis à la domination française d’en embrasser si grand lui rendit impossible de le bien étreindre.Emile MILLER.Professeur à l’Ecole des Arts et Manufactures. les mîmes LtS 1 UKrlLLfcb Historique.Les guerres fluviales et maritimes ont, dans les temps passés, différé complètement de ce qu elles sont aujourd'hui.Anciennement, 1 abordage était le seul mode de combat possible entre deux embarcations.Le résultat de cette opération était presque toujours l’extermination complète des vaincus ou leur vente comme esclaves.I>e vainqueur lui-même avait son effectif réduit par le massacre dans des proportions énormes.Aussi ir'est-il pas étonnant de voir faire des recherches dans le but de pouvoir détruire le navire ennemi à distance et sans trop s’exposer.Mous nous contenterons de citer: Dans l’antiquité, le “feu grégeois” lancé bientôt par le “Syphon en une proposition de Porta.Puis quelques expériences de Bushnel) en Amérique; la torpille de Fulton (américain) (Voir figure) : les travaux de Gassendi (1815), de Firzon (1813 à 18191, de Lebrun (1819-1820), de de Montgéry (1891), de Cotty (18221 ; les expériences de Samuel Colt (1842-1843) en Amérique.H.Effets d’un fourneau submergé.l.ors de la mise à feu d’une charge submergée, il se produit une déflagration brusque des poudres et par suite une grande quantité de vapeurs et de gaz à la température moyenne de 4350° F.Si le fourneau est à une profondeur suffisante, ces gaz refoulent les molécules liquides de manière à former une volume capable de les contenir.Cette chambre, au moment de l’explosion affecte la forme sphérique, mais s’allonge dès l’ascension de la bulle vers la surface des eaux: ces dernières se bombent, et c’est au sommet de ce segment sphérique liquide, que vient crever la bulle.Tx's gaz s’échappent rapidement d ois 1 atmosphere, produisant un violent appel d’air qui provoque la gerbe d’eau que 1 on aperçoit à chaque explosion de torpille ou de mine.Ces effets extérieurs sont pour beaucoup dans la destruction dos navires, surtout lorsqu’ils se font sentir par en-dessous.Le navire perdant alors tout équilibre se brise par le milieu.Dans d’au! res cas, il prend une inclination telle que son métacentre ayant dépassé là1 position limité, il continue à chavirer.- l . LES MINES ET LES TORPILLES 55 Concurremment à ces effets extérieurs, se produisent des effets intérieurs dûs aux chocs du gaz contre les molécules liquides, lesquelles transmettant ces vibrations avec une vitesse de 4,600 pieds par «e-W coude environ, font brèche dans les navires jusqu’à une distance va- riable avec l’embarcation, le milieu, la distance et la nature de l’explosif.La portée limite, à partir de laquelle il n’y a plus de brèche a reçu le nom de “rayon de rupture”.Au delà, il y a écrasement simple des corps immergés, pouvant produire un enfoncement partiel de la coque d’un navire, mais sans voie d’eau.1.Levier servant il la détente, 2.Allumeur (Détonnateur>, 3.Caisse servant de flotteur.W 4.Enveloppe cylindrique (200 li- vres de poudre), 5.Chaîne ou cable de mouillage, Poids de 120 livres (Cra'paud), 7.Ancre, FIG.1 III.Mines.On distingue trois genres de mines: les mines mouillées, le» mines dormantes, et les mines de fonds.1.Les mines mouillées sont du type de la torpille Fulton.Elles ont subi des modifications de forme, de mises de feu, mais sont ancrées sur le fond de la riviere ou a cote comme son ancetre.2.Les mines mouillées ne sont plus utilisables, lorsque la mise à feu dépend du choc du navire et qu’il y a de trop grandes différences de niveau produites par les marées. 56 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE On emploie alors la mine dormante qui flotte entre deux eaux a une certaine profondeur de la surface, dont l’immersion est réglée par un piston hydrostatique.(Voir torpille Whitehead).Elles sont reliées aux rives du fleuve ou à la côte et entre elles à l aide de chaînes qui reposent sur le fonds.On rattache à ce genre, lés mines à la dérive qui n’ont aucun lien entre elles ou avec la terre ferme et qui s’en vont au gré des eaux.3.Les mines de fonds sont utilisées lorsque la profondeur d’eau est faible, lorsque l’on dispose de la mise de feu électrique et lorsqu’on peut ainsi réaliser les conditions énoncées dans l’organisation d’un fourneau submergé.A titre de renseignement curieux, le rendement des matières explosives dans un fourneau submergé n’est que la moitié de ce qu’il serait dans une bouche à feu.IV.Constitution d’un fourneau submergé.Un fourneau submergé comprend trois éléments principaux et parfois quatre: la charge, le moyen de mise de feu, et le support, et dans les torpilles automobiles le moteur.I.La charge était primitivement constituée de poudre de guerre (poudre noire ou poudre sans fumée).Le volume considérable qu’il fallait donner à ces chargse pour atteindre un résultat donné (au contact) et leur peu d’effets latéraux sous eau les ont fai: abandonner.On ne les conserve plus que pour les mines de fonds, dont on n’exige que des effets verticaux et qui n’ont pas besoin de supports leur permettant de flotter.Les explosifs brisants tels que le coton-poudre, la tonite, la cordite, etc.sont d’un usage exclusif pour les autres types.Si ces explosifs n’ont pas autant d’effets éloignés, les dispositifs employés permettent de les faire agir au contact des corps.II.Les moyens de mise de feu peuvent être pyrotechniques ou électriques.A.Les premiers donnent naissance aux mines automatiques.Us présentent quelques défauts importants.1°.Us comptent sur le choc du navire ennemi; il faut donc que l’organe déflagrateur soit le point de contact prévu.Le choc n’a pas toujours lieu.Parfois c’est un mouvement d’horlogerie délicat qui produira l’explosion et le temps de réglage peut ne pas correspondre à celui nécessaire pour la rencontre des deux corp.s 2°.Dans le cas des mines, ces engins sont aussi dangereux pour les navires amis que pour les navires ennemis. LES MINES ET LES TORPILLES 57 3°.Lorsque ces mines doivent être relevées, il s’est produit parfois des mises de feu accidentelles causant des catastrophes regrettables.B.Les procédés électriques ont été introduits pour la première fois par Gillot en France (1805).Us n’ont pas les inconvénients que nous venons de citer.Aussi les utilisera-t-on chaque fois que les circonstances le permettront.Ces procédés n’ont pu être mis en pratique dans les torpilles.Ils sont à l’étude dans les torpilles dirigeables.Les mises de feu électriques comprennent les mises de feu simples et les mises de feu électro-automatiques.1°.Les premières sont à la volonté de l’opérateur qui peut interrompre le courant pour laisser passer les navires amis.Mais elles ont pour inconvénient de pouvoir détonner par des temps orageux.3°.Les secondes possèdent deux interruptions de circuit.L’une d’elles est à la disposition de l’opérateur, l’autre se fermera au contact du navire à couler.Elles ne présentent aucun des inconvénients des autres systèmes.III L’enveloppe doit être assez résistante pour laisser à l’explosif le temps de développer intégralement sa puissance, sinon il y aurait des combustions incomplètes.Pour la poudre ordinaire, les enveloppes seront relativement épaisses; ce qui ne présente aucun inconvénient puisqu’il ne s’agira que de mines de fonds.Etant donnée la rapidité d’inflammation des explosifs brisants, l’enveloppe sera la plus légère possible pour réduire le poids mort.Quant à la nature ou à la forme de l’enveloppe, elles n ont pas jusqu’à l’heure actuelle semblé devoir affecter les résultats.V.Classification des fourneaux aquatiques.1.Les mines: 1.Les charges fixes comprenant les mines mouillées et les mines dormantes et les mines de fonds.2.Les charges mobiles se subdivisant en petites mines de surface (sous une faible profondeur d’eau) et en charges mobiles proprement dites ou mines roulantes et à la dérive abandonnées au gré des flots.3.Les charges portées, mines employées surtout contre les navires au mouillage et transportées par de légères embarcations.II.Les torpilles: 1.Les torpilles remorquées ou à la traîne Ces engins sont reliés à un canot à vapeur par un câble; un gouvernail 58 BEVUE TBIMESTEIELLE CANADIENNE le maintient en arrière et sur le côté.L’embarcation passe rapidement, à côté du navire ennemi qui se trouve être frappé par la torpille.2.Les torpilles automobiles ayant leur propre moteur.3.Les torpilles dirigeables restent en relation avec l’opérateur.4.Les torpilles projetées, véritables projectiles éclatant au contact du but et laissant tomber à l’eau une charge qui n’éclate que sous une certaine immersion, utilisant ainsi le coefficient de bourage de l'eau.VI.Torpilles automobiles.Les torpilles automobiles ont complètement modifié la tactique navale moderne par les résultats qu’elles ont donnés.Leur vitesse peut aller jusqu’à 30 milles à l’heure.Leur portée varie de 600 à 6,000 pieds.Toutefois au delà de 1,200 pieds, le nombre d atteintes diminue considérablement.C’est après quatre années de recherches que la torpille Whitehead TORPILLE WHITEHEAD VERTICALE COUPE FJO.- apparut (1868).Depuis, elle a subi de nombreuses modifications.Nous examinerons un des types les plus récents adoptes par toutes les grandes puissances.VII.Torpille Whitehead.Elle comprend six compartiments distincts (Fig.2).Le cône de charge (3), la chambre du régulateur d’inversion, le réservoir à air comprimé (7), la chambre des machines, (14), le compartiment des engrenages (15), et enfin les héliese, les gouvernails, et leurs supports (17).1.Le cône de charge, placé en tête de la torpille, a une forme ogivale.Tl est en tôle d’acier et est fermé vers l’arrière par une tôle d’acier avec cornière permettant de le relier au corps de la torpille, ave^ interpositions d’une rondelle de caoutchouc. LES MIXES ET LES TORPILLES 59 La charge, qui varie de 65 à 130 lbs.de coton-poudre, est enfermée dans une enveloppe de cuivre rouge épousant la forme intérieure du cône de charge.Un logement cylindre est ménagé dans la charge pour recevoir le tube porte-amorce ou détonateur (Fig.2, Fig.3).U1 amorce est formée de coton-poudre sec (4), la mise à feu se fait à l’aide d’une capsule au fulminate de mercure (3) avec percuteur (2).Au départ le percuteur n’est pas armé; il porte à l’avant un écrou avec hélice (1), qui, lorsque la torpille est arrivée dans l’eau se mlet à tourner par suite de la résistance du liquide, dégageant ainsi le percuteur.2.La chambre du régulateur d’inversion (26) fait suite au cône do charge et comprend deux organes distincts: le piston hydrostatique (4) et le pendule (6).(a) .Le piston hydrostatique (4) sert à maintenir constante la profondeur d’inversion de la torpille.Sa face avant est mise en communication avec l’eau par différentes ouvertures.Il est maintenu dans une position moyenne par deux ressorts (5) réglables pour teille ou telle profondeur.Si la torpille s’enfonce, la pression augmentant sur le piston, celui-ci recule, il repousse la barre A C tournant autour du point C et transmet par conséquent ce mouvement de recul à la tige qui par l’intermédiaire de leviers (représentés schématiquement Fig.2) donne au gouvernail horizontal 22 l’inclinaison nécessaire pour faire remonter la torpille.Celle-ci après une série d’ondulations revient dans son plan d’immersion.La vitesse de la torpille et la résistance de l’eau s’opposerait peut-être au déplacement du gouvernail (22), c’est pourquoi, on intercale sur la tige un servo-moteur (12) dont le rôle est de faciliter l’action du piston hydrostatique.11 se compose (Fig.4-12) d'un tiroir équilibré (3) porté par la tige.Cette tige se prolonge par une tige creuse 2 qui commande le gouvernail et joue le rôle de piston dans un cylindre fixe (4) dans lequel l’air comprimé peut pénétrer par l’orifice (5).(b) Le pendule (Fig.2-6), a pour but de réduire les ondulations de la torpille lorsqu’elle tend à revenir à son plan d’inversion.U a son axe de rotation en O et comporte une lourde masse (6).Son rôle consiste à déplacer l’axe de rotation C du levier S C de manière à réduire l’amplitude du mouvement transmis par le piston hysdros-tatique à la tige T.Enfin comme les chocs au départ pourraient fausser ou même casser les organes de transmission du régulateur d’immersion, il existe 60 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE un système d’immobilisation, calant le servo-moteur pendant le commencement de la course de la torpille dans l’eau.3.Le réservoir à air comprimé (Fig.2-7) est formé d’un cylindre en acier fondu.Il est essaye à 105 atmosphères.I/'air y est comprimé à (0 atmosphères par un tuyau de chargement à soupape (8) qui AMORCE (î) donne sur l’extérieur de la torpille et qui peut être fermé à l’aide d’un bouchon métallique.Pour le fonctionnement de la machine, l’air passe par un réservoir intermédiaire (11) où sa pression se trouve abaissée à 28 atmosphères.4.La chambre des machines (Fig.2-14) comprend la soupape 5 SERVO-MOTEUR ( 12) FI'k = l m.p.de même une série d'erreurs résiduelles prises dans leur ensemble peut être néligée si l + rl + S *t" .rn-l m.p.L’expérience prouve que toute erreur variable plus petite que 4 d.m.peut être négligée.De même dans une série d’observations, une valeur peut différer des autres d’une quantité telle que l’on doute de son exactitude.Dans ce cas, l’on détermine la d.m.sans tenir compte de la valeur douteuse, et si la déviation de cette valeur > 4 d.m.on peut la rejeter sans crainte, car la probabilité qu’une erreur quatre fois plus grande que l’erreur moyenne se produise, est approximativement un millième seulement.Toutes les évaluations de la précision d’une mesure ne se font qu’à deux chiffres significatifs près.Par exemple, on dira la m.p.d’une mesure est 7.5 e.m., .075 pieds ou bien encore .45% ou 4.5%.On ne dirait pas m.p.= 7.543 e.m.ou 4.521 %.11 est bon de faire remarquer ici que, dans la pratique, une grande partie du temps employé à faire des calculs est dépensée inutilement du fait qu’on retient plus de chiffres que la précision des valeurs employées ne le requiert, et du fait qu’on s engage dans de longues multiplications et divisions arithmétiques au lieu de faire usage des logarithmes et de la règle à calculer.Il est très important de prendre l’habitude de rejeter les chiffres inutiles à mesure que les calculs avancent.Yoici cmelques règles utiles établies en s’imposant la condition que les erreurs accumulées ne doivent pas affecter, par plus d’une unité, le deuxième rang des chiffres incertains.1° Lorsqu’on rejette des chiffres inutiles, il faut augmenter d’une unité le dernier chiffre retenu, si le chiffre suivant rejeté est 5 ou plus.2° Dans toute mesure de déviation ou de m.p., on ne doit retenir que deux chiffres significatifs.3° Dans une moyenne et dans les calculs en général, on doit retenir jusqu’au deuxième rang des chiffres significatifs correspondant à d.m.ou m.p. APPLICATION DE LA THÉORIE DES ERREURS 85 L’on retient par conséquent deux rangs de chiffres incertains dans les calculs.4° Lorsqu'on additionne ou qu’on soustrait un certain nombre de quantités, on trouve d’abord la d.m.de ces quantités.L’on retient ensuite dans chacune d’elle tous les chiffres jusqu’au deuxième rang de chiffres incertains correspondant à la plus grande d.m.5° Lorsqu’on a des divisions on multiplications ,on détermine d’abord le pourcentage de précision de la quantité la moins précise.Si cette précision est de 1% ou plus grande on retient 4 chiffres significatifs dans les résultats finals et dans les calculs, si elle est .1 ou plus grande, on retient 5 chiffres significatifs, etc.6° Lorsqu’on fait usage de logarithmes, on retient dans la mantisse de chaque facteur autant de chiffres qu'il en est retenu dans les facteurs eux-mêmes.MESURES INDIRECTES Passons maintenant au cas des mesures indirectes.Tl s’agit ici d’établir la relation entre le degré de précision de chaque composante entrant dans le calcul de la mesure et la valeur de cette mesure.En plus des erreurs systématiques déjà mentionnées, les mesures indirectes sont sujettes à ce que l’on appelle les erreurs de méthodes.En effet, quelque soit la précision avec laquelle ont été déterminées les différentes composantes entrant dans la détermination d’une valeur, les résultats calculés seront entachés d’erreurs si la loi régissant l’équation qui donne la relation entre les différentes composantes est inexacte.Ceci peut se produire par l’acceptation dune hypothèse fausse, par l’emploi de formules approximatives ou par toute autre cause affectant l’équation de l’établissement de la quantité à déterminer.Il est évident que, comme pour les mesures directes, la répétition d’une mesure par différentes méthodes, différents expérimentateurs et sous différentes conditions, offre le meilleur moyen de diminuer l’influence des erreurs systématiques et par conséquent des erreurs de méthodes.Les erreurs de méthodes peuvent généralement être considérées négligeables.Dans le cas contraire, l’on peut quelquefois les évaluer et en tenir compte en faisant : M.P.'= R.2 M.P.étant la précision de mesure telle que nous la déterminerons plus loin, R l’erreur de méthode évaluée, M.P.T la précision de mesure du résultat final. REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Deux problèmes fondamentaux se présentent dans l’étude des erreurs affectant une mesure indirecte : 1° Les mesures de précision m.p.des différentes composantes entrant dans le calcul de la quantité à mesurer sont connues et T on cherche la mesure de précision M.P.de la valeur adoptée de la mesure.2° La mesure de précision M.P.du résultat de la mesure i ~t donnée et l’on cherche la mesure de précision m.p.qu’il convient d’attribuer aux composantes.Soit P une quantité à déterminer fonction f des valeur m, ni,, m.m mesurées indépendamment les unes des autres, l’on 1 2 b H x aura comme équation typique : P —/( m i m 2 m 3.m „ ) P est ce que l’on appelle une quantité mesurée indirectement ou un' quantité dérivée.Voyons d'abord quel accroissement Ak produira sur P un accroissement Sdans m k, les autres composantes ne variant pas.On a dans ces conditions, c’est-à-dire en considérant toutes les autres composantes de l’équation constante et en différenciant par rapport à mk.(1) d P ___(1 f ( ) d m k dm k en appliquant cette formule aux accroissements finis A k, 8 v- ou h d m A k — d / ( ) d m k Inversement, quel accroissement 8k dans la composante correspondrait à un accroissement A k dans P.Par le même raisonnement, on a: 81- = - d f ( ) d m k Supposons maintenant que les accroissements A,, A2, A3.A„ se produisent simultanément, quel va être l’acroissement résultant A dans P.Si pour une raison quelconque, ces accroissements sont d’une grandeur déterminée, l’on aura: + A 2 -f- A 3 -f- (l)/(m,m2mj.mn)=/( ). APPLICATION DE LA THÉORIE DES ERREURS 87 mais ce cas est plutôt rare et nous n’en tiendrons pas compte.Si les accroissements A!____A n sont des déviations, A suivra les lois géné- rales des déviations, et on prouve par la méthode des moindres carrés que la valeur la plus probable de A2, égale: Cette expression n’est pas absolument exacte, mais elle nous donne la déviation A la plus probable de la valeur P sous l’effet des dévia- produirait un accroissement déterminé 8 sur P.Il est évident qu’il peut se présenter une foule de cas, suivant on prouve, toujours en admettant que 8 suit les lois générales des déviations, que : .n étant le nombre de composantes m dans la fonction.En substituant on obtient : Dans ce qui précède, nous avons parlé d’accroissements infinitésimaux et finis qui suivent les lois des probabilités.Il est évident que les mesures de précision m.p.suivant elles-mêmes les lois des les équations qui précèdent.C’est ce qu’on fait dans le calcul de la valeur M.P.d’une mesure indirecte.Evidemment les valeurs A et 8 doivent toutes être évaluées soit en valeur absolue, soit en pourcentage.En pratique un accroissement A k est considéré négligeable lorsque : A k g J , .Si l’on considère une série de n accroissements produisant un effet résultant Ak, la série prise comme ensemble est négligée si: A2 = A* + A*+A’ +.+ A» Comme S,,S.j,S3.Sn suivent aussi la loi des déviations, on peut 1>°2’ °3.°n dire en substituant : (àlJJsY+(UnsY \ d m x / \dra2 / fions simultanées 8x8283.8 n des composantes.Voyons maintenant quels accroissements simultanés 8,8283.8n les valeurs données à S x 8 2 8 3.8n> Etudions le cas où : A x = A .1 — A 3 = 1 0 2 0 3 probabilités, on peut les substituer aux valeurs Sx 82 83.8n dans A|t=-^Ax-{-Aj-|-A5 A ; g t A 1 88 HEVÜE TEIMESTBIELLE CANADIENNE Ou bien encore si : A i — A 2 = A 3 —.— A» ces quantités sont négligeables si : A i — A 2 =.=A n = 3 .— yj n Les mêmes raisonnements peuvent s'appliquer aux valeurs m.Cette dernière considération a son importance lorsqu’il s’agit de déterminer si l'on peut négliger ou non de faire une correction donnée, comme par exemple, une correction pour la température, qui en réalité devient une des composantes de la formule d établissement de la valeur.Lorsque P est fonction d’un produit P—m, Xm2XmsX.m n on évaluera en valeur relative, car nous avons alors : (ir) =(m,-) +(m;) +".; «-s:) Si P est fonction d’une somme ou d’une différence P = ±m, ± m 2 ± m 3 ±.m „ on évaluera en valeur absolue, car alors: A 1 = 8 ï -j- 8 H -(- 8 3 -p-.S n Ces équations ne sont que des cas particuliers de la règle générale établie.Quelquefois, lorsqu’il s’agit de déterminer l’erreur maximum à craindre sur un résultat, on fera: A ___ S 1 _|_ 8 2 ^__8j__|_ ^ n P nii m2 m s 1 m„ On se met par conséquent dans la plus mauvaise condition.C’est en particulier ce qu’il faudra faire lorsqu'une seule lecture des composantes est possible.On peut dire qu’en pratique, l’erreur maximum à craindre égal.-4 d.m.Ajoutons de plus que si l’on a plusieurs mesures b, b2b3-‘-bu d’une même quantité, n’ayant pas la même m.p., l’on prouve que la meilleure valeur représentative de la série de mesure est: Pl b ] -f- b 2 ~l~ P;; b ;1 -f-.P|| b TI Pf + P2 + P3 + .P» P P.P.P étant ce que l'on appelle le pouls des valeurs.Les poids sont liés entre eux par la relation : „ 1 1 1 p .p .p .P___ .-.:-—~2 1 ' 2 ' 3.11 m.p.j m.p.o m.p.,, P P P • 11 •r a •1 3 • APPLICATION DE LA THÉORIE DES ERREURS 89 Résumé Avant de terminer, résumons ce que nous venons de voir.Nous avons des mesures directes et des mesures indirectes.L’on considère d’abord une mesure directe.Nous distinguons des erreurs grossières, des erreurs fortuites, des erreurs systématiques.Les erreurs grossières ne peuvent entrer dans les calculs et elles doivent être naturellement rejetées lorsqu’elles sont connues.Les erreurs systématiques peuvent être généralement évaluées et une correction appropriée faite au résultat.On les élimine en partie on multipliant les méthodes de détermination, les observations et les expérimentateurs.Les erreurs résiduelles dues à l’imperfection des corrections entrent en ligne de compte dans la détermination de la mesure de la précision.Les erreurs fortuites sont en partie éliminées par l’adoption de la moyenne arithmétique d’une série d'observations toutes également probables.Cette moyenne arithmétique est la meilleure valeur représentative de toutes les observations, car elle a une plus grande probabilité que toute autre valeur.On mesure l’effet des erreurs fortuites sur la moyenne par ce qu’on appelle la mesure de deviation, M.D.La théorie des moindres carrés prouve que probable de la précision de la moyenne est: la mesure la plus m.p.2 -f- r ï + ri + ri .r n Pour les mesures indirectes maintenant, nous disons : P=/(mi m3in3.m„) L’efeft d’un accroissement 8 dans une composante m.produit sur P un accroissement : A d/( 1 d m.i 1 et comme : = .An on a : > .CÆd Quelquefois : Dans les formules qui précèdent, P.M.peut être substitué à A et pmi, p m 3, pmi.pm„ à S, , S2, S3.8, 90 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Application: Prenons comme exemple la détermination de g au moyen d’un pendule battant les deux secondes., l 9 —ir L — 6 f1 (a) Quel sera la précision ou m.p.du résultat si l est connu à 0.1% près et t à 0.1% près ?A' HUM4)' = 0.000001 + 0.000004 = 0.000005 y = 0.0022, soit.22% (b) Quelle devrait être la valeur de 8, et 8, en supposant A( = A, pour établir g à 0.1% près ?l ' t S, S, 1 2 —— == -7= X .001 = 0.00071 V “ ( = 0.0071 = .071% - =1 X .00077 = 0.00036 = .036% Si t: 2 sec.g =980 °' sec.1 4.0 m.8 t = 0.00036 x 2.0 = 0.00071 sec.8 ; = 0.00071 x 4.0= 0.0028 m.Rappelons encore une fois que, lorsque nous disons que la précision d’une mesure est m.p., qu’il s’agisse d’une mesure directe ou indirecte, nous ne prétendons pas que l’erreur réelle de cette mesure ait cette valeur.Xous disons simplement que l’effet moyen le plus probable de toutes les erreurs sur la mesure, après corrections faites, est représenté par cette quantité m.p.qui peut se produire soit en plus soit en moins.Comme on le voit, les calculs numériques nécessaires à la détermination de la précision d’une mesure sont relativement simples.C’est dans l’étude des causes d’erreurs et dans le choix des meilleures méthodes de prévention ou d’élimination à adopter que l’expérimentateur rencontre le plus de difficultés.Ces difficultés sont d’autant plus grandes qu’un certain nombre de considérations secondaires mais importantes viennent se greffer sur les lois fondamentales que nous avons exposées.Augustin FRIGON.Professeur à l’Ecole Polytechnique. REVUE DES LIVRES MATERIALS OF CONSTRUCTION; Their Manufacture, Properties and Uses.— Par Adelbert P.Mills, M.S.(I.C.), professeur adjoint du cours de “Matériaux de Construction” au collège de Génie Civil de l’Université de Cornell.Ouvrage publié en mars 1915 — 682 pages et 246 gravures dans le texte.Cartonné en toile; 6" x 9"; prix $4.50.Editeurs: John Wiley & Sons, Inc., New-York et Londres.Représentants pour le Canada et Terre-neuve, Renouf Publishing Co., 25 McGill College Avenue, Montréal, P.Q.Comme l’auteur l’indique dans sa préface, cet ouvrage est le développement des notes et des renseignements compilés par lui pour son cours de “Matériaux de construction”, professé au collège de Génie Civil de l’Université de Cornell.Le but de M.Mills, en publiant ce livre, était de fournir aux étudiants comme aux ingénieurs un traité exposant d’une manière concise la fabrication, les propriétés et l’emploi des matériaux ordinaires qui entrent dans la construction.La première partie de l’ouvrage se rapporte aux matériaux employés dans les constructions en maçonnerie: elle est divisée en dix chapitres comprenant les plâtres gypseux, les chaux vives, hydratées et hydrauliques, les pouzzolanes, les ciments naturels de scories et de Portland, le béton, les pierres de construction et les maçonneries en pierre, les briques et autres produits argileux, tels que briques réfractaires, tuiles, poteries de drainage et d’égout.L’auteur décrit les appareils les plus modernes servant à la fabrication de ces produits, et un bon nombre de gravures, soigneusement exécutées, complètent le texte.Nombre de statistiques, de comptes rendus, d’essais divers, et de comparaisons sont résumés sous forme de graphiques qui ont l’avantage de présenter les résultats aux lecteurs d’une façon plus instructive et plus rapide que ne pourraient le faire des tableaux.A noter le chapitre sur le béton, où l’auteur a condensé des renseignements précieux que l’on ne trouve ordinairement que dans des traités spéciaux.Nous trouvons les précautions à 92 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE prendre pour l’exécution des travaux dans des conditions particulières comme la pose du béton à de basses températures, le gâchage à l'eau salée, la confection d’un béton imperméable, et îa liaison entre du béton qui a fait prise et du béton nouveau, etc.Dans la seconde partie, l’auteur analyse en cinq chapitres les métaux ferreux tels que la fonte en gueuse (pig iron), la fonte coulée, la fonte malléable, le fer doux, l’acier et les aciers à alliages spéciaux.A cause de l’importance de ces métaux, les procédés de réduction du minerai de fer sont exposés d’une manière très détaillée.Il en est de même de la fabrication de l’acier suivant les procédés au creuset, Bessemer et Martin-Siemens (open hearth).Il est montré que ce dernier est en voie de supplanter le procédé Bessemer comme importance, et que, dans un avenir qui n’est pas bien éloigné, la méthode Bessemer ne servira que de complément aux grandes aciéries.Il est intéressant de constater qu’aucune installation employant exclusivement les convertisseurs Bessemer n’a été construite depuis 1904.Le chapitre sur les aciers à alliages spéciaux comprend 1 acier, et l’acier au nickel employé dans les ponts métalliques de grande portée, les chassis d’automobiles, etc., qui réclament une haute limite d’élasticité, une grande ductibilité et de la résistance à la corrosion.Puis vient l’acier au manganèse qui entre dans la fabrication des parties de machines soumises à des chocs violents, telles que concasseurs et broyeurs.Enfin l’acier chromé qui sert dans les projectiles, les plaques de blindage, les outils, les engrenages, etc.Quelques autres aciers spéciaux, comme l’acier au tungstène, au vanadium, au silicium complètent ce chapitre; on y trouve également la description de leurs propriétés et de leurs usages qui sont relativement récents.La troisième et dernière partie de l’ouvrage comprend deux chapitres .sur les métaux et alliages, non ferreux, tels que le cuivre, le zinc, le plomb, l’étain, l’aluminium, le nickel, les bronzes, les laitons, les alliages de zinc, de plomb, d’étain, et enfin replacés dans une classe à part, les bois de charpente.Les plus importants de ces métaux, le cuivre, le plomb et le zinc, sont l’objet d’une étude plus détaillée.Après avoir énuméré les minérais sous lesquels ces métaux se rencontrent dans la nature, l’auteur décrit les procédés d’extraction, de réduction et de raffinage, d’après les méthodes les plus modernes et indique leurs applications variées dans l’industrie.A noter aussi l’étude sur l’aluminium dont REVUE DES LIVRES 93 F importance grandit de jour en jour, et le chapitre sur les bronzes, le laiton, les alliages pour soudure, etc.L’étude sur les bois de charpente analyse les différentes espèces de bois, leur croissance et leur résistance.Comme l’explique l’auteur, quoique l'acier et le béton aient remplacé le bois dans certaines constructions, l’importance de ce dernier augmente néanmoins d’année en année.Il est donc tout à fait nécessaire de se tenir au courant des recherches scientifiques qui se poursuivent depuis quelques annôti, sur ce sujet.La plupart des renseignements sont tirés des rapports du “United States Forest Services” et indiquent les résultats obtenus par ce Département dans ses recherches sur la protection et l’utilisation rationnelles des bois.Le chapitre se termine par une description des différents procédés employés pour la conservation du bois; des procédés comportant le traitement par l’application de substances antiseptiques à la surface et dans le tissu même du bois.L’auteur, tout en n’avant pas, comme il le dit dans sa préface, la prétention d’avoir fait une encyclopédie complète des matériaux de construction, peut être satisfait d’avoir produit un traité qui est un heureux développement de l’enseignement donné dans les écoles techniques.Ce livre, writ dans un style facile, renferme de précieuses informations et.constitue un ouvrage que tout ingénieur voudra avoir dans sa bibliothèque pour le consulter fréquemment.Joseph LABELLE.TRAITE DE GEOGRAPHIE PHYSIQUE.— MARTOXXE (Emm.de).Professeur à l’Université de Lyon, chargé de cours de Géographie à la Sorbonne.Trailc de Géographie Physique.2è édition revue et augmentée, — 1 vol.gr.in-S° de XII-924 pages, avec 400 figures, 52 planches de reproduction photographiques hors-texte et deux grandes cartes en couleurs.(Prix 22 francs.) Librairie Armand Colin, Paris.Le succès de la première édition de ce traité a conduit l’auteur à nous en donner une nouvelle après moins de quatre ans, c’est là une recommandation qui vaut plus que toute autre.L’ouvrage en effet, tout en étant classique reste cependant à la portée de tous ceux qui s’occupent de sciences naturelles à quelque titre que ce soit.Le style est clair et attrayant: les figures très nombreuses sont d’une merveilleuse netteté.C’est encore le seul ouvrage en langue française 94 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE du genre, où l’on trouve réunies sous une même couverture toutes les connaissances nécessaires à l’étude géographique d’un pays.La nomenclature des en-têtes de chapitre de la première édition fera comprendre l’étendue du sujet traité.Première partie.Notions générales.—Chap.I.Evolution de la Géographie.La Géographie des Anciens.Le Moyen-Age et la Renaissance.Les Temps modernes jusqu'à Humboldt et Ritter.La Géographie moderne après Humboldt et Ritter.Définition et Avenir de la Géographie.—Chap.IL Eomie et Situation cosmique de la terre.Chap.III.La Représentation de la Sphère terrestre.Le Problème du point.Le Problème des Projections.Chap.IV.Les Eléments de la Géographie physique.Deuxième partie.Le Climat.—Chap.I.Les Facteurs du t limât.—Chap.II.La Température.—Chap.III.Iæs Mouvements de l’atmosphère.—Chap.IV.L’Eau dans l’atmosphère.—-C hap.V lve.i Types de Temps.—Chap.VI.Les Principaux Types de climats.Chap.VII.Le Climat de Montagne.Troisième partie.L’Hydrographie.—Chap.T.Les Océans.( hap.II.Mouvement des Océans.—Chap.III.Les Mers.—Chap.là.Ives Lacs.—Chap.V.Les Rivières.Quatrième partie.Le Relief du Sol.—Chap.T.Principes de Topographie.—Chap.II.Les Enseignements de Topographie.Lois générales du Modelé.—Chap.III.Le Cycle d’érosion fluviale.C hap.1V.Influence des Roches sur le Modelé.—Chap.V.Influences tectoniques sur le Relief.—Chap.VI.Relief volcaniques—Chap.VII Evolution du Relief et du Réseau hydrographique.—< hap.A TTT.La Paléographie.Notions sur l’Evolution géologique.—Chap.TX.Glaciers.Topographie glacière.—Chap.X.Actions eoliennes et RelieL.désertiques.—Chap.XI.La Topographie littorale.Cinquième partie.Biogéographie.—Chap.I.Principes généraux de la Biogéographie.—Chap.IL Les Facteurs de la repartition des plantes.—Chap.III.La Répartition des plantes.Les Associations végétales.—Chap.IV.Principes de la Zoogéographie.La Faune aquatique.—Chap.V.Zoogéographie.Les Faunes terrestres. 95 REVUE DES PÉRIODIQUES.Danger de contamination des eaux par les cadavres.La Technique Sanitaire Municipale donne, dans son numéro du 15 décembre 1914, le compte-rendu de la réunion de l’Association Générale des Hygiénistes et Techniciens municipaux, section parisienne, tenue à Paris, le 1er octobre 1914.Au cours de cette réunion, M.G.-F.Dollfus, collaborateur au service de la Carte géographique de France, communiqua un travail sur la possibilité de la contamination des eaux souterraines par les inhumations, sujet de bien pénible actualité.L’auteur écarte dès le début les dangers pouvant résulter de la décomposition des cadavres laissés sur les champs de bataille, et à qui il a été impossible de donner l'inhumation voulue.Ces morts laissés sans sépulture se décomposent rapidement, et s’il s’en dégage des odeurs épouvantables, ces émanations ne peuvent causer aucune maladie épidémique; les vidangeurs, les équarrisseurs, les fossoyeurs font des métiers aussi sains que les autres.Il reste le danger dû à la contamination de la nappe phréatique, par les eaux d’infiltration qui auraient touché les cadavres.Les alimentations tirées de cette nappe d’eau pourraient devenir la cause d’épidémies, soit de fièvre typhoïde ou de choléra; or, pour qu'il y ait transmission possible, il faut que ces maladies existent chez les décédés, et fort heureusement, remarque l’auteur, il n’a régné jusqu ici aucune maladie épidémique dans les armées belligérantes (13 octobre 1914).M.Dollfus conclut en disant que dans l’ensemble: “Les maladies causées par les eaux sont peu nombreuses et nous effraient plutôt par l’inconnu que par le danger réel qu’elles présentent.” A la séance du 10 novembre 1914 (Technique Sanitaire Municipale, numéro du 15 janvier 1915), on revient sur la communication de M.Dollfus, et M.J.Bergeron, vice-président de l’Association, ne peut pas partager l'optimisme de M.Dollfus au point de vue des dangers que les inhumations peuvent faire courir aux sources, en ce qui concerne les maladies transmissibles par l’eau.De plus, M.Bergeron signale les dangers qui peuvent résulter de l’emploi d’eaux ayant circulé au contact de cadavres, à cause des toxines qu elles peuvent entraîner. 90 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Les empoisonnements dus aux ptomaines ne sont pas considérés comme épidémiques en temps ordinaires, mais la guerre actuelle crée des conditions exceptionnelles, et il y a lieu de se préoccuper des dangers d’empoisonnements résultant, soit des toxines ou des nombreux germes et micro-organismes, agents de la décomposition.M.Martel est d’opinion que les toxines peuvent déterminer chez l’homme et les animaux un état de réceptivité très dangereux, et M.Richou mentionne le fait qu’au cours de la bataille de 1 Aisne, dans la région de Berry-au-Bac, une escouade composée de douze hommes a été empoisonnée, pour avoir bu de l’eau d’un puits qui avait été contaminé par les Allemands, en y jetant des cadavres d'hommes.Tous furent pris de vomissements extrêmement violents et deux sont morts.M.Dollfus reconnaît que dans certaines régions, par exemple, du côté d’Ypres, les problèmes d’hygiène sont difficiles à résoudre, parce que les eaux d’infiltration s’écoulent très lentement et il signale le fait qu’il existe de trois à quatre mille typhoïdiques allemands en traitement à Roubaix et Turcoing (10 novembre 1915).L’approvisionnement en eau de la ville de Paris a été affecté au début de la guerre, dans son aqueduc de la T)huis.La ville de Paris est alimentée en eau de boisson par quatre grands aqueducs dont le plus ancien est celui de la Dhuis.Cette conduite de dérivation prend son eau dans une nappe localisée dans des lits de calcaire fissuré, et, elle est mise en décharge à la période des grandes pluies, parce que l’eau devient alors fortement louche.Les eaux de la Dhuis sont captées dans une région où l’on s’est battu, et la nature de ces eaux les rendait très susceptibles d’être contaminées.Dans le but d’assoiffer Paris, les Allemands se sont empressés de mettre ces eaux en décharge dans la Marne, protégeant ainsi la ville contre tout danger d’infection.Paris peut se passer facilement de l’apport de cet aqueduc et les trois autres aqueducs sont situés entièrement en dehors du territoire investi.Théo.L. RE VT K TTS PÉRIODIQUES 97 La situation économique de l’Allemagne.La Reforme sociale, organe de la Société d’Economie sociale de Paris, publie un intéressant discours de M.Georges Blondel, professeur à l’Ecole Libre de Sciences politiques (1) M.Georges Blondel est parmi les auteurs français qui ont écrit ces temps derniers sur l’Allemagne, un de ceux qui l’ont étudiée avec le plus d’attention, de persévérance et d’autorité.Il est l’auteur de l’Essor industriel et commercial du Peuple allemand et des Embarras économiques de l’Allemagne; il a publié de nombreux articles où il s’est efforcé de faire connaître au public français les méthodes et la politique économique de l’Empire germanique.Or, M.Blondel répond indirectement à cette question que nous nous posons avec anxiété: jusqu’où l’Allemagne pourra-t-elle résister?Quelles sont ses ressources et jusqu’à quel point est-elle menacée de la famine?On croyait généralement que le grand conflit européen serait violent et bref.Le militarisme allemand comptait d’ailleurs sur la rapidité des opérations, élément essentiel de la victoire définitive sur les forces alliées.Ce fut la première raison de la violation de la Belgique.Les évènements ont pris une autre tournure et la guerre, après les premiers coups portés, est devenue une guerre d’usure lente et décidée.U Allemagne s’y était préparée.Elle a trouvé chez elle et dans le monde les ressources suffisantes pour résister pendant un certain temps.Les Allemands résidant à l’étranger, — ils sont plus le sept millions, — ont été “mobilisés sur place”.Les succursales allemandes, dont il est bien difficile d’arrêter l’action, ont organisé de loin la défense de l’Empire.Les exportations de certains pays, dirigées sur l’Allemagne par voie indirecte, ont augmenté prodigieusement: Millions de francs.Novembre 1913 Novembre 191< Exportation des Etats-Unis à destination du Danemark .10 65 Exportations en Norvvège .3.5 80.7 Exportations en Suède , .fi 37.5 Exportations en Italie .37.7 65 57.5 368.2 (1) La Réforme sociale livraison de, janvier 1915.—Voir également VRconomistc français du 30 janvier 1915, où l’étud ede M.Georges Blondel a été résumé (compte rendu des discussions de la Société d’Economie Politique de Paris). ys REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Il est évident qu’une forte partie de ces marchandises sont passées en Allemagne, qui d’un autre côté a profité d’un pillage organisé dans les régions momentanément occupées par ses armées.Il serait donc “impossible de soutenir que l’Allemagne est à la veille d’une famine”.Cependant la prolongation de la guerre n’est pas sans exercer d’influence sur elle : le temps la dépouille lentement de ses réserves et il est certain qu’elle connaît déjà “les signes d’un grand malaise” qui sera un des causes de sa défaite prochaine.M.Georges Blondel parle d’une “triple usure, usure eu hommes, usure en denrées alimentaires, usure en matières premières et spécialement en métaux”.Il y a dix-huit ans, l’Allemagne avait 58 millions d’habitants.Si l’on accepte les calculs d’un américain, elle pourrait mettre sur pied 10 pour cent de sa population.Elle aurait de ce diet une armée de G millions.IA dessus deux millions sont morts, prisonnier.-ou hors de combat; deux millions se battent sur la ligne de feu de l’Ouest et un million du côté russe.Il reste à l’Allemagne un million d’hommes.Admettons toutefois que, en tenant compte des blessés qui reviennent sous les drapeaux, cette réserve puisse atteindre un million et demi, peut-être deux millions d’hommes, y compris ceux qui sont retenus dans les usines où se fabrique sans cesse le matériel de guerre.Mais nombre de soldats allemands sont fatigués déjà par de longs mois de guerre.La Russie au contraire et l’Angleterre peuvent encore lancer sur les champs de bataille, contre l’Allemagne affaiblie, des forces nombreuses et fraîches; et 1 héroïsme français et belge continuera sa vaillante et magnifique résistance, avec également de nouvelles troupes tenues jusqu’ici à la disposition de 1 état-major.Les journaux nous ont déjà fait connaître les mesures prises par l’Etat allemand pour réglementer le commerce et la distribution des céréales et rationner le peuple.Ici, la gène est visible.Le blé surtout, le seigle et l’orge font défaut.On a organisé des services spéciaux de ravitaillement civil, fixé un prix maximum, décrété la fabrication du pain de guerre, édicté des dispositions rigoureuses ordonnant à tous la plus stricte économie, multiplié les cultures propres à l’alimentation et plus spécialement celle de la pomme de terre, jusque dans les “terrains urbains non bâtis”.La Yossisclie Zeitung formulait récemment le conseil suivant: “Actuellement la dure obligation de chacun est de ne pas manger plus que ses forces corporelles ne l’c.xigent.Celui qui mange trop, celui qui se remplit le ventre trahit sa patrie.On ne naît pas goinfre, on le devient”.Il a fallu également abattic REVUE DES PERIODIQUES 99 un certain nombre d’animaux pour ne plus avoir à les nourrir: "92.012 boeufs et 487.47G porcs en octobre 1914, au lieu de 69.922 et 394.551 en octobre 1913.” Et ces faits prennent plus d’importance encore si l’on considère que l’Allemagne, en temps ordinaire, a besoin de l’étranger pour assurer sa subsistance.Il lui faut donc de l’argent pour permettre le sendee des munitions de guerre, pour parer à la misère qui grandit et pour nourrir toute sa population.Cependant l’or diminue, quoique l’Allemagne ait accumulé une forte réserve de guerre.Le mark est déprécié.L’emprunt national a été couvert; mais l’effort de la nation parait être épuisé.D’autres métaux vont manquer, manquent déjà : non pas peut-être le fer, mais le cuivre, le plomb, le nickel, l’aluminium.Le nitrate, le salpêtre, le pétrole, le caoutchouc, l’huile de ricin font défaut.Et ce sont là autant de matières premières dont l’épuisement atteint l’industrie nationale, laquelle est loin de donner son plein rendement.La métallurgie “travaille activement pour la guerre”, mais l’industrie minière, les textiles, l’industrie sucrière ressentent profondément les effets de la tourmente.Il en est ainsi du commerce, orgueil de l’Allemagne d’hier, dont près des quatre cinquièmes se faisaient par mer et qui se voit aujourd’hui cerné de partout et réduit à la Baltique.Voici les conclusions de JL Blondel: “Je crois cependant que nous ne devons pas nous faire trop d’illusions.L’Allemagne n’est pas encore à bout de forces.Le publiciste américain dont j’ai mentionné l’intéressante enquête estime que le gouvernement impérial avait fait l’été dernier des provision pour une guerre d’une durée maximum de huit à dix mois.L’occupation de la Belgique et de nos riches départements du IXord prolongera de deux mois au moins ces possibilités.C’est donc en juin ou juillet seulement que l’Allemagne, si les neutres se montrent fermes, et leurs sympathies pour les alliés s’accentuent chaque jour, sera vraiment réduite aux abois.L’établissement du monopole des céréales justifie la saisie comme contrebande de guerre des cargaisons de denrées alimentaires, quelle que soit la nationalité des navires qui les transportent.En dépit des efforts que font les Américains allemands pour sauver de la famine leurs frères d’Europe, ceux-ci ne pourront parvenir à se ravitailler.” Si l’on rapproche de cet état de crise et de malaise la puissance économique, encore libre et agissante, de la France, de l’Angleterre et de la Russie ; leurs ressources abondantes en hommes, en capitaux et en munitions de toutes sortes; leur accord, leur force de résistance 100 revue trimestrielle canadienne et leur volonté de vaincre; on peut croire, avec M.Blondel, "que la victoire est désormais certaine.Elle sera le triomphe de la civilisation chrétienne sur des doctrines odieuses et d’inacceptables prétentions.Ed.MONTPETIT.La houille blanche et les industries métallurgiques et chimiques, Par M.Q.Olphe-Galliard.Revue d’Economie Politique, novembre-décembre, 1911 Cet article est extrait d’un ouvrage sur La force motrice dans l’industrie au point de vue économique et social, récemment paru à la librairie M.Giard et E.Brière.L’auteur cherche à démontrer que l’utilisation des chutes d eau n’enlèvera pas le monopole industriel des régions houillères pour le transporter aux pays de forces hydrauliques.Il admet que des régions restées jusqu'ici en dehors du mouvement industriel pourront y participer dans une certaine mesure sans qu il soit toutefois question pour elles de concurrencer les pays où la grande industrie est alimentée par la houille.M.Olphe-Galliard considère l’électro-chimie et 1 électro-métallurgie comme la plus importante utilisation de la bouille blanche et susceptible de donner un plus grand essor a 1 industrie des torces hydrauliques que l’utilisation pour l’éclairage et la traction.Dans les industries métallurgiques et chimiques, 1 électricité agit soit comme agent thermogène, soit comme agent électrolytique.Dans le premier cas, l’électricité est en concurrence avec tous les autres combustibles, excepté lorsqu’il s agit d'atteindre de très hautes temperatures.L’électrolyte et les opérations qui demandent des températures très élevées sont donc le domaine propre de 1 énergie électrique.On serait porté à croire que, dans un domaine ainsi délimité, la houille blanche, source par excellence de la production de l’électricité, n’ait à craindre aucune concurrence de la houille noire.Cependant, dit M.Olphe-Galliard, il n’en est pas ainsi.Electro métallurgie.Domaine exclusif de Vélectricité.Le procédé de l’éleetrolyse, bien qu’applicable à tous les métaux, est surtout employé au raffinage du cuivre, et à la production de l'aluminium.Dans le cas du raffinage du cuivre, la quantité d’ener gie électrique est si faible et son prix de revient tellement peu nu-portant, comparé aux frai- de transport et de manutention, que la REVUE DES PERIODIQUES 101 source de production d'énergie électrique importe très peu.Los grandes usines des Etats-Unis se servent de la vapeur pour engendrer l’électricité.Il y a eu une surproduction de l’aluminum, d’où crises en 1900 et en 1907, et l’auteur en conclut que les procédés avantageux de fabrication ne suffisent pas à la prospérité d’une industrie si l’extension correspondante de3 débouchés ne permet pas l’absorption de sa production.Domaine partagé avec la houille noire.La fonte de fer produite au four électrique ne peut concurrencer la fonte fabriquée au haut fourneau que dans les pays où le charbon est très cher et l’énergie et le minerai à très bas prix.Toutefois dans la fabrication des ferros et des aciers fins ou demi-fins, le four électrique présente de grands avantages sur les autres fours.La supériorité du four électrique est encore plus marquée dans les fabrications au creuset: acier au creuset, zinc et cuivre.Les industries métallurgiques du zinc et du cuivre, autrefois cantonnées dans les pays de houille noire, pourront prospérer dans les pays de houille blanche producteurs d’énergie électrique à bon marché, Electro-Chimie.L’électro-chimie est le domaine exclusif de l’électricité et ses industries constituent, pour la houille blanche, un débouché plus large que celui offert par l’électro-métallurgie.Les quantités d’énergie dépensées dans les différentes fabrications sont trop grandes pour que la vapeur-électricité puisse concurrencer l’hydro-électricité.Afin d'éviter le transport de l’énergie à distance, les usines sont obligées de venir s’établir à proximité des chutes.Le carbure de calcium est un produit très important qui est fabriqué au four électrique depuis 1895: vers 1900 “il se passa un “fait inouï, inconnu dans les annales industrielles; et comme autrefois “l’on eut la fièvre de l’or, nous vîmes la folie du carbure: les capitaux “affluèrent par millions.En trois ou quatre ans, plus de cinquante “usines furent montées, dont la moitié en France; personne n’osait “prévoir la surproduction fatale.” (1) Cette surproduction arriva, puis la crise du carbure qui eut une répercussion profonde sur l’industrie de l’aménagement des forces hydrauliques.En partant de matières peu coûteuses, comme les chlorures de sodium et de potassium, on obtient par l’électrolyse des produits d’une grande valeur ou d’une consommation assez étendue, tels que (1) Dusanqey, Etude économique d’un transport d’énergie, pp.XI-XII. 102 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE le chlore, la potasse, la soude, le chlorate de potasse : on obtient également d'autres composés d’une plus grande valeur encore, comme le chloroforme, le bromoforme,l’iodofonne, les cyanures, la vaniline et toute la série des matières colorantes.Toutefois, comme ces produits sont, (à l’exception des cholrates), d’un usage restreint, et que la quantité d’énergie électrique consommée par l’életrolyse est très faible, le coût de l’énergie a peu d’influence sur le prix de revient total des produits.M.Olphe-Galliard dit que la fabrication des nitrates de chaux par les procédés électro-synthétiques parait devoir constituer un débouché considérable de la force électrique; étant donné l’épuisement de gisements de nitrates du Chili, on se trouve en présence d’une disponibilité presque illimitée pour les engrais susceptibles de les remplacer.Ici l’auteur confond, sous le nom de nitrates, plusieurs produits azotés, comme la cyanamide, les azotures d'aluminium et de sodium, et l’ammoniaque.La fabrication de la cyanamide utilise l’électricité principalement pour la production du carbure de calcium qui sert de matière première.M.Olphe-Galliard semble prendre pour acquis l’emploi des nitrures en agriculture et considérer la cyanamide comme un engrais inférieur aux azotures.Le procédé de fixation de l’azote de l’air, au moyen de l’arc électrique qui est A la base de la fabrication des nitrates artificiels a pris dernièrement beaucoup d’extension.En Norvège, des usines d’une puissance de 96,78(1 kilowatts sont consacrés à l'électro-chimic et principalement à la fabrication des nitrates.Le succès de l’industrie des nitrates en Norvège n’est pas uniquement dû au bon marché de l’électricité, car le coût du transport a une grande influence sur le prix de vente de ces produits souvent destinés à une consommation éloignée des lieux de production.C’est pour cette raison que nous préconisons, pour le Canada, l’aménagement des chutes des rivières navigables et la répartition des frais entre l’industrie et l’Etat.(1) M.Olphe-Galliard redoute pour les pays de houille blanche la concurrence du procédé Hausser dont la généralisation pourrait avoir pour effet de transporter l'industrie des nitrates dans les centres houillers.Les régions des hautes chutes ne peuvent prétendre monopoliser les industries électro-chimiques; s’il en est ainsi lorsqu’il s’agit, d'in- (1) La misa en valeur de uns chutes (Veau, dans la Revue Economique Canadienne, par Arthur Snrveyer, juillet et août, 1914. T* « REVUE DES PERIODIQUES dustries qui ont besoin d’électricité, à plus forte raison en sera-t-il ainsi des industries n’exigeant pas nécessairement l’emploi de l’électricité.“Ici encore, la question de la force motrice, “envisagée comme élément déterminant de l’essor de l’industrie, se “trouve primée par celles d’ordre commercial, des débouchés et des “moyens de transport.C’est la mesure où ces derniers éléments per-“mettront l'emploi avantageux de la force hydro-électrique qui déterminera le degré d’utilisation de la puissance disponible des chutes “d’eau.” En résumé, excellent article de généralisation touchant tous les côtés importants de l’utilisation des forces hydrauliques.Considérées du point de vue canadien, les conclusions de cet essai peuvent paraître pessimistes et peu encourageantes, mais nous les croyons très justes, et si elles ont pour effet de nous enlever quelques illusions, elles ne diminueront pas la valeur réelle de nos chutes d’eau, lia lecture de cette étude nous a fait désirer de lire un jour, en entier, l’ouvrage qui la contient.Arthur SURVEYED.La production de l’or dans le monde Par M.Frederick Hobart.(Engineering and Mining Journal, 0 janvier, 1915.) La production mondiale de l’or diminue depuis 1912.A la vérité, la régression a été moins grande l’an passé qu’elle ne l’a été en 1913, puisque la valeur de la production en 1914 a été de $455,305,385., qui représente une diminution de $7,364,173.sur celle de 1913, qui marquait, elle, un fléchissement de $11.773,710, sur la production de 1912.L’année 1912 marque donc jusqu’ici le maximum de la production mondiale de l’or.EXTRACTION DE L’OR DANS LE MONDE DE 1895 A 1914 1S95 .$198,995,711.1905 $378,411,054.1890 211,242,081.1906 403.551,022.1897 237.833,984.1907 411,294,458.1898 287,327.833.1908 443.434.527.1899 i311,505.947.1909 .459,927,482.1900 258.829.703.1910 454.213,649.1901 360.877,429.1911 459.377,300.1902 298,812,493.1912 .474.333,268.1903 1913 462.660,658.1901 349.088,293.1914 454,305,385- 104 BEVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE PRODUCTION D'OR PAR PAYS: 1912 1913 191+ Transvaal llhodésie Afrique Occidentale Madagascar $188,599,260.13,166,230.7,386,028.2,925,000.$181,889,012.13,935,681.7,846,560.2,044,600.$173,275,610.17,748,275.8.805.000.1.980.000.Total pour l’Afrique .$212.076.518.$205,715,653.$201,808,885.Etats-Unis Mexique Canada Amérique Centrale $ 93,451,500.22,500,000.12,559,288.3,632,500.$ 88,384,400.20,500,000.16,216,131.3,030,400.$ 92,823,500.17.500.000.16.550.000.3,500,000.Total pour l’Amérique .$132,143,288.$128,630,931.$130,373,500.Russie et Sibérie France Autres pavs d’Europe $ 27,635,500.1.847.000.3.615.000.$ 29,500,000.1,812,100.2,950,000.$ 26,500,000.1.450.000.2.600.000.Total pour l’Europe .$ 33.097,500.$ 34,262,100.$ 30,550,000.Indes Anglaises Indes Anglaises et Hollandaises Japon Chine et autres $ 12,115,162.4.925.000.7.165.000.3.750.000.$ 12,176,783.4,739,100.7,394,300.3,658,900.$ 12,258,000.4.690.000.7.500.000.3.625.000.Total pour l’Asie $ 27,955,162.$ 27,969,083.$ 28,073,000.Amérique du Sud Australasie $ 12,425,000.56,635,800.$ 13,058,400.53,033,391.$ 13,250,000.51,250,000.Total pour l’univers .$474.333,268.$462,669,558.$454,305,385.Le Transvaal est le pays le plus producteur de tous.Tl a accusé l’an dernier une diminution de $8,594,000., qui est environ la même que celle qui s’était produite en 1913 par rapport è 1912.Les Etats-Unis sont, après le Transvaal, les plus grands producteurs.Le Canada, qui de 1907 à 1911, ne produisait que 8 à 10 millions de piastres d’or est entré dans une période plus active et sa production s’est élevée à $16,550.000.l’an passé, soit environ le double de ce qu’elle était il y a sept ans. Vie de l’Ecole et de l’Association Assemblée aunuelle de l’Association tenue le 23 janvier 1915 Allocution du Président sortant de charge.Messieurs, Notre Association est encore dans l’enfance, elle date de 2 ans à peine et il ne serait pas juste de lui demander d’avoir déjà accompli des prodiges.11 faut dire pourtant que ses membres, au moins un grand nombre d’entre eux, ont témoigné un intérêt fort louable à l’idée qui a présidé à sa fondation.Sous l’habile direction de son premier Président, M.Emile Yanier, elle a complété son organisation, et son fonctionnement régulier est aujourd’hui assuré, à condition qu’elle ne perde pas de vue son objet et qu’elle s’y applique avec persévérance.Durant l’année qui vient de s’écouler, elle n’a pu faire que peu de chose, les occasions n’ayant pas été très nombreuses.Néanmoins, les quelques conférences auxquelles nous avons été convoqués, outre la valeur réelle qu’elles avaient, doivent en plus avoir eu pour effet d’inspirer à plusieurs le dessein de ne pas rester en arrière et il nous est permis d’espérer que l’année qui commence sera fructueuse sous ce rapport.Il n’v a pas, en effet, de meilleur exercice, surtout pour un jeune ingénieur, que de s’astreindre à écrire une conférence, sur un sujet technique, ou un mémoire sur un travail dont il a été chargé.Il se trouve ainsi forcé d’étudier à fond une question à laquelle, autrement, il n’aurait donné qu’une attention passagère et dans le cas d’un mémoire, il s’habitue à mettre (le l’ordre dans ses idées et à les exprimer clairement.En outre le travail de l’un profite à tous, et c’est le but principal de notre Association. REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Nous instruire des choses de notre profession, voilà l’important si nous voulons faire bonne figure parmi nos concurrents d’origine différente.Nous avons en effet, dans notre propre pays, une situation particulière.L’industrie, les chemins de fer, la richesse en général, presque tout ce qui requiert, pour se développer, le secours de l’art de l’ingénieur, est entre les mains des Anglo-Saxons, et il est naturel que ceux qui détiennent tout cela s’adressent de préférence aux ingénieurs de leur race.Pour lutter avec avantage contre ceux-ci, il nous faut donc faire preuve d’une certaine supériorité, et c’est cette supériorité qu’il s’agit pour nous d’acquérir coûte que coûte.Nous l’avons déjà dans une certaine mesure grâce à la connaissance des deux langues.Montaigne l’a dit: “Autant de langues on parle, autant de fois on est homme.” Cela pourtant n’est pas sufisant, il nous faut également être supérieur sous le raport technique.Et je ne crains pas d’affirmer que les élèves diplômés de l’Ecole Polytechnique, j’entends ceux qui ont travaillé sérieusement durant les quatre ou cinq années du cours, n’ont pas à redouter la comparaison avec les ingénieurs formés par les autres écoles de génie du Canada, aujourd’hui surtout que la nôtre est bien pourvue de laboratoires et que l’enseignement qu’on y donne a pris une tournure beaucoup plus pratique qu’autrefois.•Te sais bien que plusieurs des élèves actuels et des diplômé.-trouvent qu’on ne va pas encore assez loin dans cette voie et qu’on donne trop de place à la théorie, s’imaginant que c’est là pour eux une cause d’infériorité.L’un de ceux-ci me disait, il n’y a pas longtemps, que l’opinion courante parmi les ingénieurs et les administrateurs des chemins de fer, par exemple, est qu’on ne peut presque rien tirer de nos élèves diplômés dans les deux premières années de leur sortie de l’Ecole, et il ajoutait, “Il y a une foule de choses que nous savons sans nous en “rendre compte.Sur le terrain, nous nous trouvons constamment en “face de problème, dont, an premier abord, nous ne savons pas trouver “la solution, puis, tout-à-coup, en appliquant l’enseignement de nos “maîtres, la lumière se fait et telle difficulté, qui paraissait insur-“montable, disparait comme par enchantement.Il me semble, “continuait-il, qu’an aurait pu nous signaler ces difficultés à l’Ecole.’ Avant de répondre à la critique de notre enseignement contenue dans cette dernière phrase, je veux faire remarquer que cet enseignement, qui met un jeune ingénieur d’une expérience encore très courte en mesure de se tirer d’affaire avec un peu de réflexion, n’est pas déjà si mauvais.Et pour ce qui est de signaler aux étudiants les ÉCOLE ET ASSOCIATION 3 problèmes qu’ils auront à résoudre dans l’exercice de leur profession, c’est-à-dire de leur donner des exemples concrets de ces problèmes, ou d’un très grand nombre d’entre eux, on conviendra bien que la chose est impraticable, si l’on admet que l’important dans la formation d’un ingénieur c’est de lui enseigner d’abord solidement la théorie de sa profession, et si l’on songe que, pour se bien pénétrer de cette théorie, quatre ou cinq années ne sont pas de trop.Au reste, il importe assez peu que durant quelques mois, nous paraissions inférieurs à certains ingénieurs sortis d’autres écoles.On leur a donné d’avance la solution des problèmes les plus usuels, mais il y a d’autres problèmes, d’autres difficultés, (et on les rencontre à chaque pas) que ni les livres, ni les professeurs ne se chargent de résoudre ou de surmonter pour l’élève.Ils ne le pourraient pas, du reste, car, dans la pratique de notre profession, on ne rencontre pas deux problèmes identiques.De l’un à l’autre il y a mille différences de lieu, de température, de sol, de dépense permise, etc, qui, sous des données en apparence les mêmes, appellent un traitement différent, et ce n’est pas avec des formules apprises par coeur qu’on les résoudra jamais.C’est, au contraire, par l’application raisonnée des principes généraux enseignés par les maîtres; et on y arrivera d’autant plus facilement qu’on aura une plus forte instruction théoriquqe, un jugement mieux formé, mieux discipliné et, j’ajoute, un peu d’imagination.De l’imagination chez une ingénieur, chez l’homme qui par destination, ne doit s’occuper que de faits physiques et positifs.On va se récrier peut-être.Et pourtant, c’est l’imagination qui permet d’envisager un fait, un objet fut-il matériel, sous tous ses aspects, c’est elle qui suggère le détour à prendre pour tourner une difficulté, c’est elle encore qui invente toi dispositif ingénieux dans une machine, tel arrangement dans l’établissement d’un chantier qui épargnera beaucoup de travail et quelquefois des frais considérables.Au surplus, la question de savoir si l’on doit, dans la formation de l’ingénieur, donner la préférence à la théorie sur la pratique et vice versa, a été maintes fois discutée par des savants, des professeurs, des ingénieurs d’expérience et, si je ne me trompe, l’opinion la plus généralement admise est bien celle qui veut qu’un école de génie donne un enseignement surtout théorique, laissant aux écoles d’application le soin de pousser beaucoup plus loin l’enseignement des méthodes pratiques de telle ou telle branche de la profession.Et, d’ailleurs, les programmes et les méthodes d’enseignement de l’Ecole Polytechnique de Montréal étant calqués sur ceux de l’Ecole Centrale de Paris, modifiés suivant les exigences de notre pays, ne 4 K K VU K TH 1MKSTIÏI ELLE CANADIENNE sauraient être trop mauvais.On admet généralement que les ingénieurs français sont pour le moins les égaux des ingénieurs des autres pays.Les grands travaux publies et privés de France font le plus grand honneur à leurs auteurs, nulle part on 11e trouve de routes mieux construites, de ponts plus solides et plus élégants, de chemins de fer mieux établis et mieux administrés.Faisons aussi bien qu’eux dans la pratique et nous aurons raison d’être satisfaits.Ce n’est pas à dire qu’il faille mépriser l’enseignement et la pratique des autres ingénieurs, loin de là; mais, à mon avis, un esprit français ne peut se développer normalement que par un enseignement à la française.Une fois ce développement normal acquis, il lui sera très facile de s’assimiler les méthodes pratiques en usage chez les autres nations et même de les améliorer, s’il s’est rendu maître des principes sur lesquels toute pratique doit être fondée.11 ne faudrait pas croire toutefois que, parce qu’on a obtenu un diplôme dans une école quelconque, y donnant une instruction beaucoup plug pratique que chez nous, on est en état d’entreprendre n’importe quel travail relevant de notre profession.S’y risquer serait courir au devant de l’insuccès, se causer un tort personnel peut-être irrémédiable et jeter du discrédit sur l’institution où l’on s’est formé.Ici, comme ailleurs et peut-être plus qu’ailleurs, il faut avoir de la patience et, à mon avis, on ne devrait jamais commencer à exercer pour son propre compte avant cinq ans de la sortie de l’Ecole et il convient d’employer ces cinq années à se familiariser avec les méthodes professionnelles et administratives.Comme conclusion à ces quelques remarques, je répète que les jeunes ingénieurs polytechniciens ont de fortes raisons de ne pas s’estimer inférieurs aux jeunes ingénieurs des autres écoles, lo:—parce que, règle générale, leur baggage théorique est plus considérable que celui de leurs concurrents, 2o:— parce qu’ils ont plus d’idées générales et qu’ils sont tout aussi intelligents que qui que ce soit.Il ne faut pas de présomption, sans doute, mais il ne faut pas.non plus, manquer de confiance en soi-même et il est bon de se rappeler ce mot du vieux Montaigne: “Autant vaus l’homme comme il s’estime.” ( Signé) Ernest Marceau, Président sortant.Montréal, le 33 janvier, 1915. ÉCOLE ET ASSOCIATION O Rapport du Conseil A Messieurs les membres de Y Association des anciens élèves de l’Ecole Polytechnique.•' Messieurs, Votre Conseil a l’honneur de vous présenter le rapport suivant sur le travail qu’il a fait depuis que vous avez bien voulu lui confier la direction de notre Association, lors de l’assemlblée annuelle du 24 janvier 1914.Dans le but d’augmenter l’efficacité du travail que le Conseil était appelé à accomplir, un certain nombre de comités composés comme suit furent formés : Comité de Recrutement:—Bélanger, Ernest; Papineau, L.G.; Ames, Arthur; Côté, Louis; Mercier, P.E.Comité d’offres de situation :—M>alo, E.; Hurtubise, Louis; Amos, Arthur; St-Laurent, Arthur; Mercier, P.E.Comité de VAnnuaire'.—Langlais, Z.; Laurin, J.; Mercier, P.E.Comité du Tarif D'honoraires:—Vanier, J.Emile; Surveyer, Arthur; Boyer, Aurélien.Comité de Législation:—Surveyer, Arthur; Beullac, Marcel; Duchastel, Jules; Dubue, Arthur; Boyer, Aurélien; Vanier, J.Emile.Ces différents comités seront appelés tout à l’heure à rendre compte du travail qu’ils ont accompli.Pendant son terme d’office, le Conseli a tenu sept assemblées régulières.L’assiduité des Membres à ces assemblées a été comme suit : Président: Marceau, Ernest, 6.1er Vice-Président : Gameau, Sir Georges, 0.2ème Vice-Président: Papineau, L.G., 7.Secrétaire : Mercier.P.E., .3.Directeurs: Amos, Arthur, 0; Boyer Aurélien, 7; Bélanger, Ernest, 1 : Côté, Louis, 0 : Fortin, S., 0; Hurtubise, Louis, 5; Langlais, Z., ô : Laurin, J., 4 : Malo.E., (5 ; Surveyer, Arthur, 5; Vanier, J.Emile, -1 ; Methé, 3.Les directeurs suivants demeurent en dehors de Montréal: Gameau, Sir Georges; Amos, Arthur; Côté, Louis; Fortin, S. I!EVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Le rapport du trésorier indique une balance de $1,323.1 S au premier janvier 1915, soit un surplus de $427.54 sur la balance au premier janvier 1914.Nous sommes convaincus que le Conseil de 1915 saura utiliser ce surplus avec perspicacité, au grand avantage de notre Association.L'Association compte actuellement 168 membres titulaires, et 102 membres étudiants.Si l’on considère que le nombre d’anciens de l’Ecole est de 318, l’on voit que beaucoup ont, jusqu’à présent, négligé de se joindre à nous.Nous espérons que tous les Membres se feront un devoir d’aider au recrutement, et que l’année 1915 verra tous les anciens élèves de l’Ecole réunie en une seule et florissante association.(Signé) Ernest Marceau, Président.Augustin Frigon, Pour le Secrétaire.Montréal 23 janvier 1915.Rapport du Trésorier.Balance au 1er janvier 1914.$ 994.04 Recettes : Cotisations pour 1914 : Membres titulaires.$294.00 Cotisations pour 1915 : Membres titulaires.1S7.00 Membres étudiants.102.00 Fonds Patriotiques : Familles canadiennes-françaises .,45.00 Fonds National de Secours .50.00 Abonnement au Bulletin.4.00 Intérêts.32.24 $ 065.24 $1,659.88 Dépenses : Impressions, diverses.106.00 Impressions, Annuaire.T03.15 Timbres.20.00 Abonnement au Bulletin.4.00 Divers.78.80 Escompte.30 Dépenses non contrôlées.15.45 $ 327.80 En Caisse au 1er janvier 1915 .1,332.18 $1,659.88 $1,659.88 Montréal, 23 janvier 1915. ÉCOLE ET ASSOCIATION I Rapport des Auditeurs des Comptes A Messieurs les Membres de l’Association des Anciens Elèves de l’Ecole Polytechnique de Montréal Messieurs, En vertu de la résolution passée à la dernière assemblée annuelle au mois de janvier 1911; nous, soussignés, ayant été chargés de faire l’examen des livres pour les années 1913 et 1914; avons l’honneur de vous faire rapport comme suit:— lo.— Pour l’année 1913, nous avons pris le rapport du trésorier contenu dans l’annuaire pour cette année.Nous avons admis comme exacte la balance en caisse le 3 m'ai 1913, de six cent quatre-vingts dollars et onze centins ($680.11).En vérifiant le livre de banque, nous avons constaté qu’il y avait ce montant en banque au 3 mai 1913.Après avoir vérifié les recettes et les dépenses à partir du 3 mai au 31 décembre 1913.nous avons constaté que la balance en caisse, le 1er janvier 1914, de neuf cent quatre-vingt quatorze dollars et soixante-quatre centins ($994.64) était exacte.En vérifiant le compte de banque, nous avons constaté qu’au 1er janvier 1914, la balance en banque était de mi lie-vingt-et-un dollars et trente-neuf centins ($1021.39).2o.— Vu les circonstances, nous avons divisé les recettes et les dépenses pour l’année 1914 en deux parties:— 1ère partie: du 1er janvie rau 1er octobre.* 2ème partie: du 1er octobre au 31 décembre, ‘ Nous donnons ci-dessous le tableau des recettes et des dépenses pour chaque période:— Balance en caisse au 1er janvier .$994.64 Recettes du 1er jan.au 1er oct.237.00 Recettes du 1er oct.au 31 déc.396.00 Intérêt sur dépôt.32.24 TOTAL .$1,659,88 Dépenses : Du 1er jan.au 1er oct.$133.46 Du 1er oct.au 31 déc.178.79 TOTAL.$ 312.25 BALANCE.$1,347.63 8 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Après avoir vérifié le livre de banque, nous constatons qu’il y avait en banque, au 31 décembre 1914, une balance de mille trois cent trente-deux dollars et dix-huit eentins ($1332.18).Ceci donnerait une différence de quinze dollars et quarante-cinq eentins ($15.45) entre la balance apparaissant dans les livres et la balance en banque: Balance des livres.$1,347.63 Balance en banque.1,332.18 -$15.45 Nous devons cependant mentionner qu’il pourrait bien y avoir des dépenses que nous n’avons pu contrôler; vu que pour nous, le travail était assez difficle.En l’absence de livre de caisse, nous avons du feuilleter le journal pour les années 1913 et 1914, afin de contrôler les recettes et les dépenses.Le tout humblement soumis à votre approbation.(Signé) Onésipbore H.Côté.Montréal 23 janvier 1915.Rapport du Comité d’offres de situation.Messieurs, Votre Comité a l’honneur de vous faire rapport sur le travail accompli depuis la dernière assemblée générale.Lorsqu’un offre était adressée à l’Association, votre Comité faisait distribuer à tous les membres des cartes postales donnant les qualifications requises, ainsi que le salaire attaché à chaque situation.Malheureusement, nous n’avons pu savoir si ces situations ont été remplies par des membres de l’Association, n’ayant reçu à ce sujet aucune communication.Nous demandons donc à ceux qui dans l’avenir pourraient profiter de ces offres, de vouloir bien en avertir le secrétaire.Nous demandons aussi la coopération de tous les membres de l’Association en les priant de notifier le secrétaire de toute situation vacante qui pourrait venir à leur connaissance, de façon .à ce que l’on puisse, autant que possible, en faire bénéficier les membres de notre Association.Respectuesement soumis.LE COMITE D’OFFRE DE SITUATION.(Signé) E.Malo, Louis Hurtubise.Le 14 janvier 1915. ECOLE ET ASSOCIATION 9 Rapport du Comité de Recrutement Messieurs, Les membres du Comité de Eecrutement ont l’honneur de faire rapport au Conseil de l’Association que pendant le cours de l’année écoulée, 1914, aidés du Secrétaire, M.Paul Mercier, et de l’assistant Secrétaire, M.Augustin Frigon, ils ont employé les moyens suivants pour activer l’entrée des anvciens élèves dans l’Association: Circulaires expédiées à tous les anciens dont on avait les adresses, aide-mémoire sous forme de buvards illustrés et enfin conférences données dans les salles de l’Ecole.Messieurs Lafrenière, Flahaut, Dulieux, Baboulène, Dollo et Surveyer ont droit à nos plus sincères remerciements pour leurs travaux.Outre leur valeur intrinsèque qui engage le Conseil à en autoriser l’impression, ces conférences ont été une occasion de réunir les anciens élèves de même que les élèves actuels et les amis de l’Ecole en général.Malgré quelques démissions, l’Association se maintient à peu près au même nombre pour les membres titulaires.Nous nous permettons de suggérer la continuation des mêmes moyens tout en étant certains que le Comité de 1915 accueillera aussi avec faveur toute proposition qui pourra tendre au même résultat.(Signé) L.G.Papineau, Arthur Amos, Ernest Bélanger.Montréal 23 janvier 1915.Rapport du Comité des Tarifs d’Honoraires Messieurs, Les Membres du Comité des Tarifs d’honoraires n’ont pas eu d’assemblée au cours de l’année 1914.Les Membres de l’Association ont approuvé, en janvier 1914, la clause suivante : “Le Conseil fixera, pour les services des membres de l’Association, "un tarif qui une fois approuvé par le lieutenant-gouverneur en “conseil et publié dans la gazette officielle, sera accepté, devant toutes 10 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE “les cours de justice, comme preuve de la valeur de tels seruces, a “morns de convention contraire par écrit.” Le, membres de votre Comité ont en, qu’il état preferable d’attendre que cette clause ait été acceptée par la Legislature avant de se mettre à l’étude d’un tarif d’honoraires.Il appert maintenant que la charte des Anciens Eleves ne peut contenir une telle clause, et qu’il faudrait faire amender la charte de l’Ecole Polytechnique qui confère a see diplômes le droi pratiquer le Génie Civil dans la province de Québec.Le Comité devrait persuader en premier lieu le Corporation de l’Ecole de l’utilité d’u ntarif d’honoraires, et dans ce but.nous croyons qu’il serait judicieux de l’établir d’abord afin de permettre une discussion complète avec les membres de la Corporation.Le tout, Messieurs, vous est respectueusement soumis.(Signé) Aurélien Boyer, Arthur Surveyer, J.Emile Vanier.Montréal 23 janvier 1915.Rapport du Comité de Législation Messieurs, Les Membres du Comité de Législation ont l’honneur de faire rapport comme suit: Ce comité fut formé le 9 février, 1914, avec la mission de s’occuper de faire ratifier par la Législature l’amendement à la Charte qui avait été approuvé par le vote des membres < e d l’Association en janvier, 1914.I M.Edouard-Fabre Surveyer, avocat de Montréal, fut consulte ^ à ce sujet, et exprima l’opinion que la clause du tarif des honoraires ne devrait pas faire partie de la Charte de l’Association des Anciens Elèves, qui est une Association amicale, mais devrait constituer un amendement à la Charte de l’Ecole Polytechnique, par laquelle les diplômés de cette Ecole ont le droit d’exercer leur profession dans les limites de la province de Québec.M.Ernest Marceau, notre président, parlant au Conseil au nom de quelques uns des membres de la Corporation de l’Ecole Polytechnique, a déclaré que ces messieurs n’avaient pas l’intention d’inclure cette année la clause en question dans les amendements a la Charte de l’Ecole, parce qu’ils n’étaient pas convaincus de l’opportunité de cette mesure. ECOLE ET ASSOCIATION 11 Nous croyons donc que le Comité de Législation, conjointement avec le Comité de l’établissement d’un tarif d’honoraires, devra s’employer dans le cours de l’année 1915 à démontrer aux membres de la Corporation l’utilité de cette mesure.Il serait peut-être aussi opportun d’aborder avec ces messieurs d’autres questions légales, comme celles de la responsabilité décennale, l’obligation de servir comme jurés, et la nécessité de faire la preuve écrite des engagements, l.e tout est respectueusement soumis.( Signé) Aurélien Boyer, Arthur Surveyer, Jules Duehastel, J.Emile Vanier.Montréal 23 janvier 1915.Conseil pour 1915 Président: Papineau, L.G.(1877) 1er Vice-Président: Gameau, Sir Georges, (1884) 2ème Vice-Président'.Laurin, James, (1884) Secrétaire-Trésorier'.Frigon, Augustin, (1909) Directeurs: Amos, Arthur, (1895); BARIBATTLT, Donat R„ (1909); Bélanger, Ernest, (1885); Boyer, Aurélien, (1896); DTT-CHASTEL, Jules, (1901); Hurtubise, Louis, (1903); Langlais, Z., (1911); Malo, E., (1901); MARGE ALT; Ernest, (1877, PAIN-CHAUD, R.L., (1911) ; ST-LAURENT, Arthur, (1885) ; Surveyer, Arthur, (1902); Vanier, J.Emile, (1877); Le Président de l’Association des Elèves.Les Directeurs sont nommés pour deux ans.Les noms de ceux qui entrent en fonction cette année sont imprimés en caractères gras. REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE f On annonce pour vers le milieu du mois de juin le mariage de notre camarade, monsieur Henri Labrecque, ingénieur civil, professeur à l’Ecole Polytechnique, à mademoiselle M.Poissant, fille ainée du docteur J.C.Poissant, ex-échevin de la Ville de Montréal.AVIS Nous avons l’intention de publier dans les prochains numéros de la Revue la liste complète des diplômés de l’Ecole Polytechnique.On voudra bien nous signaler toute erreur qui aurait pu se glisser dans l’annuaire de 1913 de l’Association des Anciens Elèves, et nous avertir au plus tôt de tout changement que l’on voudrait y faire apporter.On nous obligerait aussi beaucoup en nous faisant parvenir les adresses exactes des camarades dont les noms suivent: Beauchamp, J.A.T.Z., (18881 Carmes, W., (1906) Chevalier, P., (1905) Demers, J.L., (1888) Jetté, H., (1912) Leclaire, P.J., (1902) Lefebvre, H., (1890) Lepage, D., (1907) Maillet, P.E., (1910) Paquet, G.E., (1911) Porlier, R., (1908) Rousseau, T., (1908) Membres de l’Association des Anciens Elèves.Bourbeau, Roméo, (1911) Laflèche, Alphonse, (1909) Malchelosse, Armand, (1907) Mathieu, A., (1911) Milo, J.Adélard, (1908) Pinet, A.J., (1893) St-Laurent, J.E., (1909) Grandmont, N., (1913) Rappelons aux Anciens Elèves de l’Ecole Polytechnique que l'Association des Anciens Elèves fait distribuer gratuitement la Revue à tous ses membres.1 ¦.¦ - - - BEVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE 1 LE NOTAIRE FARIBAULT Successeur de Leclerc & Faribault f Edifice Versailles, No 90, rue ST-JACQUES, Tél.Main G78 MONTREAL Tél.Main 7739 Cables "FABSURVEY” EDOUARD FABRE-SURVEYER Avocnt-Consefl de In Chambre do Commerce, de l’étude do SUR VEYE R, OGDEN & COONAN, Avocats et Commissaires.EDIFICE DOMINION EXPRESS, 145, rue ST-JACQUES, MONTREAL HURTUBISE & HURTUBISE INGENIEURS CIVILS ARPENTEURS-GEOMETRES EDIFICE BANQUE NATIONALE 99 rue Salnt-Jacqueo.TELEPHONES : Bureau: Main 7018.Résidence: St-Louis 2143 OUIMET & LESAGE INGENIEURS CIVILS ITT ARPENTEURS GEOMETRES 76, ru© St-Gabrlel MONTREAL.SURVEYER & FRIGON INGENIEURS-CONSEILS Projets, Plans, Devis, Estimations.Rapports techniques et financiers.HYDRAULIQUE ELECTRICITE 50 COTE BEAVER HALL.Tél.Uptown 3808.MONTREAL.DESLAURIERS & FOREST INGENIEURS-CONSEILS Arpentages et Travaux Municipaux 129, RUE BLEURY Tél.Main 982.MONTREAL.F.C.LABERGE INGÉNIEUR 30, RUE ST-JACQUES Tél.St-Louls 8025.S.A.BAULNE INGENIEUR CIVIL Professeur il l’Ecole Polytechnique.1294, rue ST-IIUBERT, MONTREAL UmtenÏes^rohpte^m^ En tous pays.Demandez le GUIDE DE D’INVENTEUR qui sera envoyé- gratis.MARION & MARION 364 rue Université, Montréal.Iz McConviile, Gill & Painchaud INGENIEURS-CONSEILS ET ARPENTEURS Tél.Mnln 5511.Clininbern 811-833 Montréal Edifice Power ARSENEAULT & PLAMONDON INGÉNIEURS-CONSTRUCTEURS 70, RUE ST-JACQUES TEL.MAIN 755 MONTREAL 11 I1EVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE La Province de Québec (CANADA) Terres à Vendre—Brillant avenir pour les Colons et les Industriels Superficie de la Province : 560,000 kilometres carres (,piFsran«) Population totale: 1,64 1,730 âmes ( Canadiens-Français .1,322,115 Nationalités i Anglais.174,773 [ Irlandais.114,842 11 y a plus de SIX MILLIONS d’acres (40 ares) de terre — arpentées et divisées en lots de fer ni os — à vendre dans la Province de Québec.Le prix de ces terres varie de vingt à cinquante sous l’acre.Des colons qui désirent se créer un établissement peuvent acheter un lot de cent acres dans l’une des fertiles régions suivantes: Région (lu Lac St-Jean et du Saguenay “ de l'Outaouaia et du Tèmiscamingue “ de la Chaudière La Vallée de la Matapédia La Gaupâsic Quelques-unes de ces régions offrent, des avantages exceptionnels.Concessions Forestières Les concessions forestières — ou les permis de couper le bois sur les terres de la Couronne — se vendent à l’enchère publique.Avis de ces ventes est donné dans les journaux du pays.t’es concessions forestières comprennent, selon les régions, toute espèce de bois: pin, épinette blanche, épinetto noire, cèdre, érable, merisier, hêtre, sapin, tremble, etc.Flics sont sujettes à une rente foncière de quatre piastres par mille, payable avant le premier septembre de chaque année.Pouvoirs Hydrauliques Pour faciliter le développement industriel dans la Province, le Departement des Terres et des Forêts cède ou loue les cascades ou chutes formées par les rivières ou les lacs.Le prix de ces concessions varie suivant l’importance et la puissance des pouvoirs hydrauliques.P°ur renseignements plus précis sur la valeur des terres et des bois, s’adresser au Ministère des Terres et des Forêts, à Québec. REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III L’Hon.N.GARNEAU, Président.J.E.A.DUBUC, Directeur Gérant et Secrétaire.LA COMPAGNIE DE PULPE DE CNICOUTIMI CHICOUTIMI CANADA Adresse télégraphique: “Saguenay-Chicoutimi.” Codes: A.B.C., 1, et A.B.C., 5ième édition.Bureau a Quebec: Bâtisse Banque d’Hochelaga IV REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE PROVINCE DE QUEBEC (CANADA) Ministère de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries CHASSE ET PECHE HA province de Québec est l’Eldorado de tous les amateurs de la pêche et de la chasse.Elle possède en effet les plus grandes richesses ichtyologiques et cynégétiques du monde entier, l’on pourrait dire.Il faut jeter un coup d’oeil sur les chiffres qui suivent pour se faire une idée de l’immensité de son territoire encore en disponibilité.Ainsi, sa superficie totale est de 446,000,000 d’acres approximativement.Or, si l’on déduit 26,000,000 d’acres concédés soit pour la culture ou autrement, il reste une balance de 420,000,000 d’acres, dont 25% ou 106,000,000 d’étendue sont recouverts par les eaux des lacs, fleuves et rivières, et 315,000,000 sont boisés.Des steamers conduisent aux plus belles rivières à saumon du Saguenay et de la Baie des Chaleurs, en même temps que des trains de chemin de fer mènent chaque jour aux lacs et aux rivières des réglons du Lac St-Jean, du St-Maurice, du Nord de Montréal, d’Ottawa et des Cantons de l’Est.Le Département de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries, qui régit tout ce qui relève de la chasse et de la pêche dans la province de Québec, émet des baux et des permis de chasse et de pêche à des taux avantageux pour les étrangers.On est prié de communiquer avec le Ministère de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries si l’on désire des renseignements plus précis.BUREAU DES MINES GISEMENTS MINERAUX.—La Province de Québec possède des gisements d’AMIANTE, de CUIVRE, de FER CHROME, de MINERAIS DE FER, de GRAPHITE, de MICA, de PHOSPHATE, de MOLYBDENITE, d’OR, etc.LOI DES MINES.— La loi des Mines de la Province offre une sécurité absolue au découvreur de dépôts minéraux qui s’y conforme.Les dispositions de cette loi sont faciles à comprendre et à suivre.Un certificat de mineur, que l’on peut se procurer au Bureau des Mines au coût de $10.00, permet au porteur de piqueter et de se réserver 200 acres de terrains miniers, n’importe où dans la province, sur les terres dont les droits de mines sont disponibles.LABORATOIRE MUNICIPAL.— Le laboratoire d’analyses de la province est à l’Ecole Polytechnique, 228, rue ST-DENIS, MONTREAL.On peut y faire faire des analyses do minerais à des taux très réduits.Pour tous renseignements concernant les Richesses minières de la Province, s’adresser à L'HONORABLE HONORÉ MERCIER, Ministre de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries, QUEBEC. KEVUE TlilMESTIÎIELLE CANADIENNE V 141 RUE WOLFE jt le Tel.Bell Est 2390 jC, « cele Canadian Inspection and Testing Laboratories LIMITED Bureau-Chef et Laboratoires Principaux: - - Montreal Seccursales et Laboratoires à, TORONTO, WINNIPEG, VANCOUVER et EDMONTON Laboratoire rte Chimie: Analyses des Métaux, Alliages, Minéral, Ciment, Matériaux, Huiles, Peintures, Charbon, Coke, Eau, etc.Laboratoire rte Physique : Essais de tension, de compression et de flexion des matières suivantes: fer, acier, cuivre, pierre, brique, bois, etc.Laboratoire d’Essai des Ciments: Outillage complet permettant tous les essais.Inspection aux Usines: Pour Ponts, Bâtisses, Voitures de chemin de fer et Outillage Général, Pompes, Tuyauteries de Fonte et d’Acier riveté, Machines. 4 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE flC OUTILS SARRE1TS STANLEY Ces Outils sont garantis justes et précis.STARRETTS OUTILS de Plombiers, Peintres, Mécaniciens, etc.Ruban c/’arpenteurs en tissu métallique ou en acier; divises en pouces ou en dixièmes de pied, depuis_ $ .75 Boîtes à dessin.1.25 CQUTELLER/E ANGLAISE ET FRANÇAISE Couteaux de table ; manches en ivoirine, en ébène, en bois de rose : prix la douzaine, depuis.$1.50 Services a découper “silver steel.” à manches rivés et indislocables, prix la douzaine depuis.1.00 Rasoirs de sûreté “Gillette”.5.00 Autres Rasoirs depuis.2.00 Canifs en acier fin, les domicis modèles, en nacre de perle, ivoire, corne, etc., depuis.Ciseaux perfectionnés pour mus genres d’ouvrages, pour tailleurs, modiste.-, manicures, depuis.Articles de cuisine, choix complet, en aluminium, émaillés ou en fer.IMPORTATEUR-QUINCAILLIER 21 Boulevard St-Laur.nt, 2ème porte de la rue Craig.Montréal. REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE vii BANQUE D’HOCHELAGA FONDEE EN 1874 CAPITAL AUTORISE.9 4,000,000.00 CA PIT AU PAYE.1,000,000.00 FONDS DE RESERVE.3,700,000.00 T OTAI, DE L’ACTIF: nu-delA (le .31,000,000.00 DIRECTEURS: 31.J.A.Vailluiicourt.Préaldont lion.F.L.Unique.Vice-Président 31.A.Turcotte, 31.E.II.Lenmy, Hon.J.31.Wilson, 31.A.A.Larocque, 31.A.W.Donner.OFFICIERS: Beaudry Léman, Gérant Général, Yvon Lamarre, Inspecteur, J.C.Thivierge, Contrôleur, F.G.Leduc, Gérant du Bureau de Montréal.P.A.Lavallée, Asst.-Gérant.BUREAU CHEF : 112 RUE ST-JACQUES, - - • MONTREAL 135 Succursales et Agences en Canada.SUCCURSALES DANS LE DISTRICT DE 310 NT R UAL : BUREAU PRINCIPAL.95 rue St-Jacques.Atwater.1G30 rue St-Jacques.Aylwin.2214 rue Ontario Est.Centre.272 rue Ste-Catherlne Eât.DeLanaudlère.737 Mont-Royal Est.DeLorimier.1126 Mont-Royal Est.Emard.73 Blvd.Monk.Est.711 riLG Ste-Catlierlne Est.Fullum.1298 rue Ontario Est.Ilochelaga.1671 rue Ste-Catherlne Est.Mont-Royal .1184 rue St-Denis.Notre-Dame de Grftces.289 Blvd.Décarie.Ouest.629 rue Notre-Dame Ouest.Papineau.2267 Ave.Papineau.Pointe St-Charles.316 rue Centre.Rachel.Coin Rachel et Cadleux.St-Denis.Coin St-Denis et Roy.St-Edouard.2490 rue St-Hubort.St-Henrl.1835 Notre-Dame Ouest.Quartier Laurier.1800 Blvd.St-Lauront.St-Vlateur.191 rue St-VIateur.St-Zotique.IMS Blvd.St-Laurent.Longue-Pointe.4023 rue Notre-Dame Est.Maisonneuve.64 5 rue Ontario.Outromont.1134 Ave Laurier Ouest.Verdun .125 Ave Church.Viauville.67 rue Notre-Danu*.Vllleray .3323 rue St-Hubert.Cartlervllle, Côte des Neiges, Lachine, l’ointe aux Trembles, Pointe Claire, Ste-Genevlève, St Laurent, Tétraultville.La Banque émet des Lettres de Crédit Circulaires et .Mandats pour Voyageurs, payables dans toutes les parties du monde: ouvre des Crédits Commerciaux, achète des traites sur les pays étrangers; vend des chèques et fait des Paiements Télégraphiques sur les principales villes du monde.MAN U FACT UP I RUS de TRADE MARH Harnais, Selles, Malles, Sacs de Voyage, Sacoches, Portes-Monnaie, Articles en Cuir, Etc., Etc.~ 7 -7 - * ' BLOC BALMORAL Rue Notre Dame Ouest.Montreal.can Vlll REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE - ' "r IxroU l$olQtnl)n\i\M DE MONTRÉAL L’Ecole Polytechnique comprend : A.Ecole de Préparation.—Une ou deux années d’études.Les Bacheliers ès-Sciences et ès-Arts y sont admis sans examens.B.Division des Ingénieurs.—ingénieurs Civils : quatre années d'études.Ingénieurs spécialistes : une année complémentaire.C- Division des Architectes,—Quatre années d’études.ECOLE DES ARTS DECORATIFS ET INDUSTRIELS Sous le contrôle et la direction de l'Ecole Polytechnique.Certificat de capacité après 3 années d’études.ATELIER DES ARTS DECORATIFS ET INDUSTRIELS Sous le contrôle de l'Ecole Polytechnique.L’atelier des Arts Décoratifs et Industriels est composé unique' ment des élèves ayant reçu le certificat de capacité de l’Ecole des Arts Décoratifs et Industriels et travaillant sous la direction du Professeur de cette Ecole et sous le contrôle de l’Ecole Polytechnique.Entreprise de décoration d’intérieurs Ameublements-Tentures Tapisseries et Peintures décoratives—Projets— Applications modernes et originales—Fresques, etc. Les prochains numéros contiendront: Les répercussions de la guerre sur le commerce canadien h.laureys L’utilisation des sciences pures dnns l’industrie.l.bourgouin.Obligations municipales et scolaires.a.p.frigon.La clause pénale en matière do construction.ed.fabre-surveyer- Etude sur les vibrations produites par le passage des trains dans les tunnels.paul seurot.Le compas scolaire.conrad manseau.Les idées économiques au Canada en 1840 .p.riou.L’industrie électrique.augustin frigon.Les logements onvriers et notre loi provinciale.leon lorrain.Les sciences économiques et la formation de l’ingénieur .a.j.de bray.L’enseignement technique et l’avenir de nos industries .Edouard montpetit.Les usines hydrauliques nu Canada.arthur surveyer.L’industrie minière.adhemar mailhot.La Rédaction continuera de publier des articles ayant trait aux questions légales et susceptibles d'intéresser les ingénieurs, architectes et constructeurs.Ces études seront signées par des spécialistes.Notre intention n est pas d inciter nos lecteurs à trancher eux-mêmes les difficultés d’ordre légal, mais bien de les mettre en garde lorsqu’ils encourent des responsabilités.C’est également l’intention de la Rédaction'd’instruire une enquête sur les principales industries canadiennes, ainsi que sur plusieurs autres questions d’intérêt général. mmm iSwi iiSfi 00$êêèêÊ 1181111 ffSf La Cie d’Imp.GODIN-MENARD Ltée, ¦ •; -, * IgpgpS WæfB® ' V ¦ iss .p'Vf-,?.Tf i:C-'^î âïfefe pgp /:¦ ¦ ¦ ;:x;'S •• I1 p®p:?:k:§§: ¦¦'¦PP:'-' ‘s.-j.'.- ,J : ' > - ¦ 'âMMWÊ: ¦ ' • - ¦ ¦ & ¥e£*/$K ^ v.vJ,'" V;' •.- .¦ ift; %¦ :;Pr ¦ .aaa ¦ mm ÊÊmm mm fSfiiSM :r-~ ï 3 V3.-.>.*vm.1 I llillii SI» || '¦: & | liÇÎJ .••r.'3j»v.->.-i'.Kî.î! , „ sssisi h .¦ « r ;
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