Bulletin /, 1 juin 1900, Juin
[" CHAMBRE I)E COMMERCE DU DISTRICT DK MONTRE AI B LT Hj J1j Ilî T 11ST DE LA C H A M B R H DE C OMM E R C E du District de Montreal.MONTRÉAL, 1er JUIN 1900.soiviiviaire: CoKKEiPOXDANCE :\tPaQEH 1.\tLo Commerce du Sud-Africain.25 2.\tRésumé des procès-verbaux pour le mois de mai.20 3.\tLa question du mono-métallisme et du bi métallisme.\t33 4.\tQuarantième rapport annuel de la Banque Nationale.\t35 (Correspondance LE COMMERCE DU SUD-AFRICAIN Lu reprise des affaires dans le sud africain aussitôt après la guerre sera des plus actives.De fait les Etats-Unis, F Allemagne,et la France s\u2019apprêtent déjà à tirer le meilleur parti possible des conditions extrêmement favorables dans lesquelles il sera possible d\u2019opérer avec ces pays où tous les besoins demanderont à être satisfaits à la fois.Le Canadian Manufacturer se demande avec raison qu\u2019est-ce que le commerce canadien entend faire pour obtenir sa part de bénéfice d\u2019une situation que ses lourds sacrifices de sang et- d\u2019argent, auront contribué à créer : \u201c Qu\u2019est ce que fait en ce moment le Canada ?\u201d se demande-t-il ; \u201c Quelle mesure adopte-t-il?où sont ses agents commerciaux ?quelles informations notre gouvernement fournit-il à nos manufacturiers, de la nature de celles (pie le consul général Stowe à Cape Town envoie à son gouvernement et au peuple qu'il représente ?u Si le Canada doit recevoir sa part du commerce sud-africaiu il faut que le gouveruement envoie dans ces pays des hommes d\u2019affaires actifs pour y surveiller nos iu té rôts.Il y a de tels hommes en Canada dont les services pourraient être utilisés et dès mainte liant.\u201d Commentant ces remarques le British and South African Export Gazette écrit : \u201c Cette question est très juste et pourrait être même u posée au gouvernement anglais où le besoin d\u2019agents u commerciaux dans nos colonies et nos dépendances u est complètement ignoré malgré les affirmations ré-u pétées\u2014qu\u2019il faut l aide du gouvernement pour sup-\u201c plémeuter l\u2019initiative privée dans la recherche et \u201c l\u2019exploitation du trafic qu\u2019il est possible de faire \u201c avec les possessions d\u2019outremer.\u201c Il est à espérer que le Canada persistera dans sa \u201c demande jusqu\u2019à ce qu\u2019il obtienne la nominat ion de \u201c tels agents dans ces pays.S\u2019il le fait, ce sera un \u201c point sur lequel il aura fait la leçon à la métropole \u201c comme il lui en a fait sur plusieurs autres depuis 11 quelque temps.\u201d Espérons que cette suggestion de notre estimé confrère de la South African Gazette sera relevée à Ottawa et que notre commerce sera bientôt mis à même de tirer quelque compensation des sacrifices que le pays a fait pour ouvrir les portes de la moitié d\u2019un continent au commerce du monde.A ce propos, la même Gazette ne peut s\u2019empêcher d\u2019élever sa protestation au sujet de l\u2019absence d\u2019une politique préférentielle réciproque entre l\u2019Empire et.les colonies.L\u2019occasion est bien opportune ; car, pendant que ces derniers s\u2019occupent à déblayer le terrain, les nations les plus hostiles à l\u2019Angleterre dans la présente guerre vont précisément, à cause de l\u2019absence de toute mesure de protection entre l\u2019empire et scs colonies, arriver les premières pour recueillir gratuitement ce qui aura été semé par l\u2019Empire.A.I).On sait que les constructions métalliques qui do\" minent certains chemins de fer sont rapidement détruites par leur exposition continuelle aux nuages de vapeur et de gaz, produits de la combustion qui s\u2019échappent des cheminées de locomotives.Les Cies.de chemins de fer se sont livrées à dos essais en vue de soustraire à l\u2019oxydation les parties métalliques des ponts, viaducs, etc., (celui de la rue Notre-Dame est dans ce cas), qui y sont, exposées.Nous attirons tout particulièrement l\u2019attention des autori-tées municipales sur cette importante question et nous croyons qu\u2019il y a urgence.Déjà, indice significatif, les Cies.de téléphone et de télégraphe ont enveloppé leurs conducteurs, cables, etc.Nous le répétons, il y a des précautions à prendre et dès maintenant.Calks sèches.\u2014 Nous empruntons à une revue amécaine les renseignements qui suivent sur ce sujet (wooden and masonry dry-docks).La Grande-Bretagne possède t>2 cales-sèches (graving-docks) dont une en charpente (timber; ; La France en possède 3fi, toutes en maçonnerie ; L\u2019Allemagne en a (11) onze toutes en maçonnerie ; L\u2019Italie en possède douze également en maçonnerie.Nous attirons tout spécialement l\u2019attention de nos LECTEURS sur un travail intitulé Mono métallisme et bimétallisme que le Bulletin Commercial Suisse, auquel nous faisons l\u2019emprunt, a tiré lui-même de l\u2019ouvrage do l\u2019économiste Gide, intitulé Principes d} Economie politique.Cette monographie, que nous regrettons de ne pouvoir publier en entier dans le présent numéro, est un merveilleux exposé de la question.Réd. 26 CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTRÉAL.BUL L BTIIST DE LA CHAM B R E DE CO M M E R C E du District de Montréal.P U B LIC A T IO N M E N S U E L L E.COMITE DE RÉDACTION.MM.L.E.GEOFFRION, I).MASSON,\t) H.A.A.BRAULT, f L.E.MORIN, Père.J.X.PERRAULT.Hon.A.DESJARDINS, JOS.HAYNES, :\t:\t:\t:\t:\tPresident.Vice-Presidents.JOS CONTANT.A.V.ROY.Secretaire.Publié pur les stuns et sous le contrôle du \u201c Comité de Rédaction La Chambre de Commett e du District de Monhéul, ni son Comité de Rédaction ne.stud responsables des opinions exprimées pur les auteurs des articles publiés datis le \u201c Bulletin.\u201d Pour les articles non signés : \u2014 Joh.//agues.Adresser toutes lettres et communications à la Chambre de Commerce du District de Montréal.N.IL-Les \u201ccotisations\" courent du 1er janvier au 31 décembre et sont ducs pour Vannée entière, si ce n'est, pour les présentations faites dans le dernier semestre de Vannée, au-quel cas, la somme à verser sera proportionnelle au temps d courir.Une fois V adhésion accordée, on fait partie de notre \u201c Chambre \u201d tant qu'on ne donne pas sa démission par écrit et d la condition qu'on ait soldé les arrérages.Le Secrétaire.Résumé des procès verbaux des séances de la Chambre et du Conseil pour le mois de Mai.Séance du Conseil, Mercredi, le 25 Avril 1900.Sous lu présidence de M.L.E.Geoffrion, président.Etaient présents : MM.H.A.A.Brault, Jos.Contant, A.S.Hamelin, Jos.Lambert, fils, L.E.Morin, père, lion.Al pli.Desjardins, Guil.Boivin, C.H.Catelli, S.Lachance, Arm.Lalonde, L.J.A.Surveyer, Et le Secrétaire.Immédiatement après la lecture du procès-verbal, le Secrétaire fait le dépouillement du courrier de la semaine qui comporte : Une lettre du General Freight Agent du Canadian Pacific Railway, en réponse à la résolution adoptée par le Conseil (et dont copies ont été transmises aux compagnies de chemins de fer) au sujet des remaniements apportés aux tarifs de transport et tout particulièrement au sujet de la clause qui a trait à la responsabilité du destinataire (Owner\u2019s risks).Cet officier nous annonce la réception prochaine d\u2019une circulaire de sa compagnie dans laquelle on expliquera, à la satisfaction des expéditeurs et du public en général, les raisons qui ont motivé ces remaniements.Le rapport annuel de la Commission du Port de Trois-Rivières.Une lettre de l\u2019Hon.R.R.Dobell au sujet de certaines résolutions adoptées par le Congrès de Philadelphie au début de ses séances à l\u2019instigation des délégués canadiens à ce Congrès, puis omises du compte-rendu des séances du Congrès sur une recou-sidération qui en aurait été faite à la fin du Congrès et en l\u2019absence des délégués canadiens.Deux rapports de comités de la Chambre de Commerce de Tourcoing, arrondissement de Lille, département du Nord.Un de ces rapports a trait à \u201c La révision de l\u2019évaluation décennale de la valeur de la propriété bâtie industrielle \u201d et dont le président du comité de Législation lit des extraits.Cette question présente un intérêt considérable pour la Chambre, vu qu\u2019un comité (celui «le l\u2019Industrie manufacturière) a déjà été saisi d\u2019une question identique lorsqu\u2019il s\u2019est agi d\u2019imposer uue taxe municipale sur l\u2019outillage des usines.Cette quest\u2019ou est référée au comité de l\u2019Industrie manufacturière.A l\u2019article : u Rapports de comités,\u201d le président du comité de l\u2019Industrie des transports présente un rapport préparé par son comité, ayant trait à la question des \u2018 Owner\u2019s risks,\u201d et dont voici la teneur : Rapport du comité de l\u2019industrie des TRANSPORTS.Réunion de Vendredi, le 20 avril 1900, à laquelle étaient présents : Messrs D.Masson, président du comité, L.E.Geoffrion, L.E Morin, père, Jos.Contant, C.H.Catelli, A.Poindron et le Secrétaire.Ce comité ayant été convoqué pour prendre en considération la question des \u201c Owner\u2019s risks,\u201d rapporte qu\u2019il a adopté la résolution suivante : \u201c Résolu : Que le Conseil de cotte Chambre proteste contre les amendements apportés récemment aux tarifs de fret des chemins de fer, amendements qui auraient pour effet de diminuer la responsabilité des compagnies au détriment de l\u2019expéditeur ou du consignataire.\u201d Ce rapport est adopté.Le Secrétaire reçoit instructions d\u2019en faire tenir des copies au ministre des chemins de fer et canaux ainsi qu\u2019aux compagnies de transport : Le Grand Tronc, le Canadian Pacific Railway et l\u2019Intercolonial.Le comité spécial du Congrès de Londres présente son rapport sur le retrait de certaines résolutions CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTRÉAL.27 auxquelles nous avous fait allusion plus haut et dont voici le texte : Réunion du comité, lundi, le 23 avril.Le comité nommé pour prendre eu considération la lettre de l\u2019hon.R.R.Do\u2019oell au président de cette Chambre, relativement à la résolution adoptée au Congrès de Philadelphie, ayant trait au développe ment des relations entre les Etats-Unis d\u2019Amérique et le Canada, laquelle résolution, bien qu\u2019adoptée, a subséquemment été reconsidérée négativement par le Congrès et a été définitivement élaguée du rapport officiel des délibérations de ce Congrès, et après avoir pris connaissance de la correspondance échangée entre l\u2019Hon.R.R.Dobell et M.W.P.Wilson, l\u2019un des officiers du Cougrès, 11 Estime que nos différents gouvernements ont fait tous les efforts, compatibles avec les intérêts de la nation pour promouvoir le développement du commerce eutre le Canada et les Etats Unis ; et que dans la circonstance, et en présence du fait accompli, le silence pur et simple s\u2019impose sur la décision du Congrès ; que toute protestation, quelque légitime qu\u2019elle serait, ne corrigera rien à l\u2019action du Cougrès, et que la poursuite de la discussion sur la valeur des raisons qui sont présentées pour expliquer le rejet de cette résolution ne produira aucun bon résultat.\u201d M.H.A.A.Brault, président du comité de Légis.latiou, présente son rapport sur la résolution adoptée par la Chambre Syndicale de la construction à sa séance du 16 avril, laquelle avait été référée par le Conseil à ce comité.Eu voici la teneur : La Chambre Syndicale de la Cousti uctiou, ayant par sa résolution, manifesté le désir queson président fasse partie du Conseil de cette Chambre\u2014et la question ayant été référée,au comité de législation, celui-ci, dûment convoqué, s\u2019est réuni mardi, le 24 avril courant.Etaient présents : M.H.A.A.Brault, président du comité, MM.Guil.Boiviu, C.H.Catelli, Jos Lambert, fils et Jos.Haynes, secrétaire.Ce comité fait maintenant rapport : u Que la loi qui régit la Chambre de Commerce du District de Montréal détermine le mode des élections de ses officiers, lesquels sont élus par les suffrages de ses membres (Vict.49, chap.30 1886) ; (i Que cette disposition est impérieuse et ne peut être modifiée par un règlement de la Chambre.Tout au pius, cette dernière peut-elle compléter le cadre de ses officiers, si, lors d\u2019une élection, les membres ont négligé d\u2019élire leurs officiers et peut-elle en cas de décès, de démission de l\u2019un de ses officiers, au cours de l\u2019année, pourvoir à son remplacement ; \u201c Que les membres de cette Chambre, lors des dernières élections, ont pourvu à la nomination de tous leurs officiers et que présentement, il n\u2019y a aucune vacance dans le Conseil ; \u201c Que la nomination d\u2019un nouvel officier ne saurait donc être faite légalement par un règlement, mais seulement par un amendement à la loi.\u201d D\u2019autre part, la Chambre peut s\u2019adjoindre des membres honoraires, (Art.5 des règlements, paragraphe (b).\u201d \u201c Aussi, cette Chambre regrette d\u2019être empêchée par la loi d\u2019obtempérer au désir exprimé, tant que le statut qui la régit n\u2019aura pas été amendé; mais se reportant au pouvoir discrétionnaire qu\u2019elle possède de marquer son appréciation des précieux services qu\u2019elle reçoit de la Chambre Syndicale de la Construction.ce comité suggère que le Président de cette dernière soit ipso facto durant sou terme d\u2019office, considéré comme membre honoraire de cette Chambre avec les attributions que les règlements confèrent; et que la Chambre Syndicale de la Construction soit priée de trouver ainsi l\u2019expression du bon vouloir de cette Chambre à son endroit.\u2019\u2019 Cette résolution étant adoptée, Le Secrétaire reçoit instructions d\u2019en faire parvenir une copie au Président de la Chambre Syndicale de la Construction, et M.Jos.Lambert, fils, membre du comité de législation, est invité à vouloir bien en expliquer les clauses ainsi que les motifs qui ont conduit le comité à adopter cette solution.Comme conséquence de ce dernier rapport, et à la suggestion du Président, le comité de Législation est convoqué pour samedi, le 28 avril, pour s\u2019occuper d\u2019un projet de refonte des règlements.A l\u2019article : \u201d Matières nouvelles.\u201d\u2014M.H.A.A.Brault invite M.Jos.Contant, représentant de la Chambre à la Commission du Port, à vouloir bien donner quelques explications sur les raisons de Vin-suffisance de capacité d\u2019emmagasinage du projet d\u2019élévateurs soumis à la Commission par le Syndicat Conners.Au cours des explications données par M.Contant, M.C.H.Catelli soulève la question déjà débattue des modifications qui auraient été apportées à certaines clauses du contrat intervenu entre la Commission du Port et le Syndicat Conners.M.G.Boiviu, qui prend également part aux débats, demande qu\u2019on lui signale ces modifications.xVprès un débat assez long, M.Contant déclare que, pour ce qui est de l\u2019insuffisance des élévateurs, la Commission a décidé de s\u2019en tenir jusqu\u2019à nouvel ordre à la lettre stricte du contrat tel que signé.Et l\u2019ordre du jour étaut épuisé, la séance est levée. 28 CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTRÉ AI.Assemblée générale.Séance de mercredi 2 Mai 1900.Sous la présidence de M.Damase Masson, 1er Vice-Président.Immédiatement après la lecture du procès-verbal, le Secrétaire fait le dépouillement qui courrier qui comporte : Une lettre de la Chambre de Commerce de Berlin annonçant à cette Chambre Penvoi du projet de loi, qui sera soumis au parlement de l\u2019Empire allemand, pour la réglementation des grands magasins dits u Departmental stores.\u201d Une lettre de la Chambre de Commerce de Londres annonçant la réception de la version anglaise du rapport du comité spécial du Congrès de Londres et invitant la Chambre à vouloir bien préparer une ou plusieurs résolutions pour ce congrès.Cette lettre est référée au comité spécial du Congrès de Londres.Une lettre du General Freight Agent du Grand Tronc ; une autre de l\u2019Tntercolonial au sujet des \u201c Owner\u2019s risks.\u201d Ces lettres sont référées au comité de l\u2019Indus trie des transports.A l\u2019article: \u201c Kapports des comités.\u201d M.H.A.A.Brault, président du comité de Législation, présente un projet de rapport sur la refonte de certains articles du règlement.Le comité est continué dans sou travail.A l\u2019article: \u201c Matières nouvelles.\u201d M.H.A.A.Brault présente une résolution à l\u2019effet de sanctionner la tradition suivie jusqu\u2019à présent à l\u2019kôtel-de-ville, de remplir les charges vacante*} dans les départements, eu partant de la promotion comme base.En voici le texte : \u201c La nomination du Surintendant de l\u2019aqueduc de la ville fournit à cette Chambre l\u2019occasion de rappeler au Conseil de ville qu\u2019il a toujours préconisé le système des promotions dans les départements municipaux.\u201d Cette proposition est adoptée à l\u2019unanimité et le Secrétaire est invité à vouloir bien en transmettre des copies à qui de droit.Ou procède ensuite à la réception des nouveaux sociétaires.Sur la proposition de M.Arm.Lalonde, MM.Alcide E.Beauvais et Emile Demers sont admis membres de la Chambre de Commerce du district de Montréal.Et l\u2019ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.G.Boivin, C.H.Catelli, U.Garand, Arm.Lalonde, L.E.Morin, père, L.J A.Surveyer, Et le Secrétaire.Séance du Conseil, Mercredi, le 9 Mai 1900.Sous la présidence de M.Damase Masson, 1er Vice-Président.Etaient présents : MM.H.A.A.Brault, 2ème V.P., Jos.Contant, C.P.Chagnon, A.S.Hamelin, Jos.Lambert, tils, Alex.Prud\u2019homme, Hon.Alph.Desjardins, Immédiatement après la lecture du procès verbal, le Secrétaire fait le dépouillement du courrier de la semaine qui comporte : Une lettre du Consul-Général de France dans laquelle il prévient la Chambre qu\u2019un congrès de l\u2019épicerie sera teuu à Paris les 13, 14 et 15 juin prochain.Par la même occasion, M.le Consul-Général nous fait tenir une circulaire ainsi qu\u2019un blanc de bulletin d\u2019adhésion à ce congrès.Le Secrétaire est invité à communiquer cette lettre à M.H.Laporte avant de l\u2019expédier à M.L.E.\u2019 Geoffrion, le destinataire.Une invitation du Greffier de la ville d\u2019assister à une séance du comité chargé d\u2019étudier la question de l\u2019agraudissement du marché Bonsecours.Une réponse du Ministre des chemins de fer au sujet de la question des u Owner\u2019s risks.\u201d Un projet de loi, pour la règlementation des grands magasins en vue de l\u2019impôt fiscal, qui nous est adressé par la Chambre de Commerce de Berlin ; eu outre, un document contenant le débat parlementaire sur ce projet de loi.Ces deux documents sont en allemand.A l\u2019article: u Rapports de comités.\u201d Le président du comité des finances présente son rapport qui est adopté.Ce document, que nous tenons à la disposition des sociétaires, ne comporte que des recommandations d\u2019ordre intérieur.KAPrORT DU COMITÉ SPÉCIAL DU CONGRÈS de Londres.M.H.A.A.Brault, membre de ce comité, lit une réponse à une invitatiou qui avait été faite à la Chambre par le Secrétaire de la Chambre de Commerce de Londres, M.Kenric B.Murray, de préparer une ou plusieurs résolutions sur les sujets contenus dans la liste de questions qui nous a été fournie antérieurement.Voici la teneur de cette lettre : M.Kenric B.Murray, Secrétaire, Chamber of Commerce, Londres.Monsieur,\u2014La Chambre de Commerce du District de .Montréal a l\u2019honneur de vous informer en réponse à votre estimée du 20 avril dernier, qu\u2019elle a cru pré- CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE 3IONERÉAL \u201829 férable de formuler un ensemble de vues sur les pro positions que vous lui faisiez l\u2019honneur de lui adresser, d\u2019autant qu\u2019il lui était difficile de rédiger, par anticipation, des résolutions résumant non seulement la théorie d\u2019une pensée commune, mais les termes précis qui réuniraient l\u2019approbation du congrès.Aussi, les délégués de notre Chambre, s\u2019inspirant de ses vues et de la disposition des esprits, pourront-ils plus facilement se mouvoir au sein de l\u2019assemblée et pourront-ils, soit proposer des résolutions en rapport avec notre pensée, soit se rallier aux opinions en sympathie avec les sentiments tracés dans notre document du 14 mars dernier.Espérant que ces explications vous paraîtront satisfaisantes, et vous renouvelant l\u2019expression de nos souhaits de voir ce congrès rendre tous les services qu\u2019on en attend.Je me souscris, avec la plus parfaite considération.Votre très respectueux serviteur, Jos.Haynes, Secrétaire.Le Secrétaire reçoit instructions de transmettre cette lettre au destinataire le plus tôt possible.M.Jos.Contant présente, pour le comité de l\u2019In dustrie des transports, un rapport verbal en réponse à la pétition eu 12 considérants, présentée à Son Excellence le Gouverneur-Général du Canada et dont voici la teneur : u Vu la pétition du Board of Trade, de Kingston, en date du 28 mars dernier, qui réclame l\u2019adhésion de cette Chambre à un projet d\u2019amélioration de la voie d\u2019eau du haut St-Laurent depuis Port Colborne, à la tête du canal Welland, sur le lac Erié, jusqu\u2019à Kiugstou, en aval du lac Ontario, soit une distance de 175 milles en droiture ; le comité rapporte que : Considérant que les principales demandes formulées dans la pétition du Board of Trade de Kingston au Gouverneur-Général du Canada, en Conseil, ont obtenu, pour la plupart, la sanction du gouvernement et que certaines de ces demandes ont reçu leur complète réalisation tandis que d\u2019autres sont en voie d\u2019exécution ; \u201c Considérant d\u2019un autre côté, que l\u2019élargissement et surtout l\u2019approfondissement du canal Welland réclameraient pour leur exécution des dépenses considérables et dont il est difficile d\u2019établir le chiffre ; \u201c Considérant en outre que l\u2019acquisition de voies ferrées déjà existantes ou encore la construction d\u2019une voie ferrée parallèle au canal Welland ne semble pas motivée dans l\u2019opinion de cette Chambre, et que, dans tous les cas, le transport par une telle voie ferrée aurait pour conséquence une double rupture de charge qui ne manquerait pas d\u2019accroître dans une forte mesure, le coût résultant du transport.\u201d Le comité est d\u2019opinion que la construction d\u2019élévateurs ou de magasins à grains à Kiugstou n\u2019est pas-dans l\u2019état actuel de ce commerce, motivée, attendu que cet emmagasinage pourrait se faire très convenablement et dans un avenir très rapproché dans le nouveau port de Montréal, sans compter qu\u2019on supprimera de ce fait le double transbordement qu\u2019on a toujours intérêt à écarter ; Résolu :\u2014Que pour toutes ces raisous, et à défaut de données plus complètes sur cette question, la Chambre ne croit pas devoir recommander les améliorations énumérées dans la pétition eu dehors des travaux actuellement en cours ou déjà faits par le gouvernement à Port Colborne.\u201d \u2022 Ce rapport est adopté et le Secrétaire reçoit instructions d\u2019en transmettre une copie au Board of Trade de Kingston.Le président du comité de législation présente uu avant rapport sur certains amendements suggérés aux règlements ayant trait à l\u2019élection des candidats au Conseil.MM.Arm.Lalonde, G.Boivin et Jos.Contant prennent part aux débats sur cette question et comme conséquence de cette discussion, le comité est continué dans ses fonctions.A l\u2019article \u201c Matières nouvelles,\u201d M.Jos.Contant, représentant de la Chambre à la Commission du Port, donne à la Chambre les raisons pour lesquelles les travaux n\u2019ont pas été repris et poussés avec la vigueur qu\u2019on aurait pu attendre de la Commission.Il résulte des explications données que ces retards sont dûs à des circonstances qui échappent eu contrôle de la commission.Par la même occasion, il est question des élévateurs à grains et de l\u2019interprétation que la Commission du Port doit donner aux clauses du contrat Conners qui ont trait à cette partie.31.C.H.Catelli présente ensuite un projet de résolution à l\u2019effet «le prier le gouvernement de vouloir bien faire reconstruire incessamment le phare de la Poiute-aux-Treinbles détruit l\u2019automne dernier par un incendie.Eu voici la teneur : \u201c Attendu qu\u2019au mois d\u2019octobre dernier (1899), un incendie a détruit le phare à la Pointe aux-Trembles et que le feu de ce phare a été remplacé par un simple fanal assujetti sur uu poteau.\u201c Attendu que cette installation provisoire et des plus rudimentaire ne peut tenir lieu d\u2019un phare surtout eu cas de mauvais temps, et, afin d\u2019écarter tout prétexte de nature à donner raison aux compagnies d\u2019assurance maritime qui prétendent que la route du Saiut-Laurent est négligée. CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTRÉAL.30 C**tte Chambre prie le gouvernement de vouloir bien faire reconstruire ce phare le plus tôt possible, pour donner à la navigation toute la sécurité et la protection que le commerce en général et le port de Montréal en particulier sont en droit d\u2019exiger.\u201d Cette résolution est adoptée à l\u2019unanimité et le Secrétaire reçoit instructions d\u2019en transmettre des copies à l\u2019Hon.Ministre de la Marine et des Pêcheries ainsi qu\u2019au député du comté, M.Thos.Fortin.M.G.Boivin soulève la question pleine d'actualité de la protection de la propriété industrielle pendant la durée de l\u2019Exposttion de Paris.Une circulaire émanant du Consulat général de France est produite par le Secrétaire et celui-ci reçoit instructions de vouloir bien se procurer le texte de la loi adoptée par les Chambres françaises lors du Parlement de février-mars 1899.Il est suggéré au Secrétaire de s\u2019adresser à M.J.X.Perrault, Commissaire du Canada à l\u2019Exposition de Paris, pour le prier de vouloir bien nous faire parvenir cette loi.Et l\u2019ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.Séance du Conseil, Mercredi, le 16 Mai 1900.Sous la présidence de M.Damase Masson, 1er Vice-Président.Etaient présents : MM.G.Boivin,\tC.H.Catelli, C.P.Chaguon, Jos.Lambert, fils, L.E.Morin, père, Hou.Alph.Desjardins, Et le Secrétaire.Immédiatement après la lecture du procès-verbal, le Secrétaire fait le dépouillement du courrier de la semaine qui comporte : Un projet de loi sur l\u2019emballage, etc., des fruits frais (pommes et poires) destinés à l\u2019exportation, et qui nous est adressé par M.le député du comté de Jacques Cartier, M.F.D.Monk.Le Secrétaire, sur l\u2019invitation qui lui eu a été faite par le président, a répondu à ce document dans les termes suivants : F.D.Monk, Ecr., Député à Ottawa.Monsieur,\u2014J\u2019ai l\u2019honneur d\u2019accuser réception d\u2019un projet de loi annottê, sur la règlementation du commerce d\u2019exportation des fruits frais, pommes et poires.Ce projet, qui a été soumis à plusieurs spécialistes, rencontre leur entière approbation, seulement, on se demande pourquoi ce projet de loi ne dispose que pour les fruits frais destinés à l\u2019exportation, alors que la fraude se pratique également sur les fruits destinés au marché ainsi qu\u2019à la consommation locale ?Ce sont là les seules observations qui ont été faites en atten- dant- que le Conseil qui se réunira mercredi prochain, fasse une étude plus complète de ce document.Veuillez agréer, Monsieur le Député, avec nos remerciements, l\u2019assurance de la considération distinguée «lu Secrétaire.Le Conseil décide «le s\u2019en tenir à cette réponse.Une lettre «lu Ministère du Commerce annonçant l\u2019envoi d\u2019un exemplaire «lu livre bleu de son département- pour l\u2019année 1899.Un accusé de réception du Ministre de la Marine et Pêcheries, d\u2019uue résolution adoptée par le Conseil de cette Chambre au sujet de la reconstruction du phare incendié de la Pointeaux-Trembles.Le Ministre nous apprend que le gouvernement va procéder incessamment à la construction d\u2019un x>hare en charpente d\u2019acier.Une invitation du Président de la Chambre de Commerce française, aux deux vice-présidents ainsi qu\u2019au Secrétaire de cette Chambre de prendre part à un déjeûner qui sera servi mardi, à 1 heure du soir, à bord du steamer \u201c Le Mont-Blanc,\u201d qui inaugure la nouvelle ligne franco-canadienne de navigation à vapeur entre le Canada et la France.Le Conseil est d\u2019avis que ces invitations doivent être acceptées.A l\u2019article \u201c Rapports de comités,\u201d les comités de Législation et de l\u2019Instruction technique rapportent progrès.A l\u2019article \u201c Matières nouvelles,\u201d M.J.B.A.Lauctôt, présent à la séance du Conseil, attire l\u2019attention de cette Chambre sur des documents venant d\u2019Allemagne qui ont trait à la règlementation des magasins à rayons et que le Secrétaire a tait venir à sa demande.Il prie le Conseil de vouloir bien en donner communication à l\u2019Association des Marchands-Détailleurs de Nouveautés.Le Conseil s\u2019ern presse de se rendre a ce désir.L\u2019Hon.Alph.Desjardins, présent à la séance, attire l\u2019attention du Conseil sur une déclaration qui aurait été faite par un des membres de la Commission du Port, M.Crathern qui revient des Etats de l\u2019Ouest où il était allé avec d\u2019autres membres de la Commission, faire une étude de l\u2019installation des magasins à graius élévateurs, etc., en vue de l\u2019installation que le syndicat Conners se propose de faire dans le port de Montréal.11 résulterait de cette déclaration que, pour nous servir de l\u2019expression textuelle u nous serions endormis depuis dix ans.etc.,\u201d ce qui semblerait donner raison à l\u2019Hon.Alpü.Desjardins qui n\u2019a cessé de réclamer contre les retards apportés par la Commission du Port à la mise à exécution des projets d\u2019agrandissements longtemps promis dans l\u2019ensemble du port en général et dans la partie Est en particulier. CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTREAL 31 Le président cite alors les conclusions d\u2019une correspondance du Consul français à Liverpool, M.Rodier, parue dans le Journal de cette ville ou il est dit que la ville de Liverpool est en train de reculer ses barrières de 7 milles, atiu de donner plus de facilités au commerce de bois qui va toujours augmentant.Cette question en reste là.A l\u2019article \u201cProposition de nouveaux membres,''\u2019 M.L.E.Morin, père, propose M.Daniel Héreile, de Longueuil, fabricant de chocolat.Et l\u2019ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.Séance du Conseil, Mercredi, le 23 Mai 1000.Sous la présidence de M.Damase Masson, 1er Vice-Président.Etaient présents : MM.G.Boivin,\tJos.Coutaut, Armand Laloude,\tS.Lachance, L.E.Morin, père,\tHon.Alph.Desjardins, et le Secrétaire.Immédiatement après la lecture du procès verbal, le Secrétaire fait le dépouillement du courrier de la semaine qui comporte : Une lettre de MM.Laprès & Lavergne annonçant à la Chambre que le tableau.contenant les photographies delà plupart des sociétaires, a été expédié à M.J.X.Perrault, l\u2019un des Commissaires Canadiens à l\u2019Exposition de Paris.Ces messieurs nous font savoir par la même occasion qu\u2019ils ont préparé un exemplaire (petit format 22\u201dx26\u201d) de ce tableau qu\u2019ils offrent à MM.les Membres à raison de $3.00.Le Secrétaire est invité à prier MM.les photographes de vouloir bi*pn déposer à la Chambre un exemplaire à titre de spécimen.Une lettre de M.le député Fortin au sujet de la construction du phare de la Pointe aux Trembles laquelle est une confirmation de celle du Ministre.Une réponse du Ministère de la Marine et des Pêcheries aux questions qui lui avaient été posées par la Chambre au sujet de l\u2019état de navigabilité des ports de Gaspéet de Paspébiac.Cette lettre est référée au comité de l\u2019Industrie des transports.Une lettre d\u2019un marchand de High River, territoire d\u2019Alberta, demandant de vouloir bien lui indiquer les adresses des maisons faisant le commerce de l\u2019épicerie gros et détail, quincaillerie, ronces métalliques (bar\u2022 bed wire), etc.Le Secrétaire est iuvité à lui fournir ces renseignements.Une lettre de M.Galibert, président de la Chambre de Commerce française et administrateur de la Compagnie Franco-Canadienne de navigation à vapeur, au sujet de l\u2019absence de hangars, etc., pour recevoir et abriter les marchandises.M.Jos.Coutaut, invité à vouloir bien s\u2019occuper de cette importante question et à bien vouloir être l\u2019interprète de la Chambre auprès de la Commission du Port, rappelle que la Chambre a déjà étudié cette question, et qu\u2019après en avoir fait une étude très attentive, en est arrivée à la conclusion que, pour assurer l\u2019uniformité de ces constructions et aussi pour éviter les monopoles ou l\u2019accaparement des quais par les grandes compagnies la Commission devrait prendre cette installation à ses charges ; seulement, il est possible, comme l\u2019a fait observer du reste, M.Contant, que ce projet ne reçoive son entier accomplissement que lorsque les quais auront été complètement terminés.L\u2019Hon.Alph.Desjardins dit quelques mots sur cette question dans lesquels il fait ressortir les inconvénients présentés par cette état de choses pour les compagnies qui débutent et dont les vaisseaux se trouvent quelquefois amarrés à proximité d\u2019un hangar inoccupé auquel ils ne peuvent avoir accès et dont la cargaison est exposée aux intempéries, et par suite, à des dégâts par le seul fait que cet abri appartient à une compagnie étrangère et trop souvent rivale.Une communication du Secrétaire de la Commission du Port nous annonçant l\u2019envoi du rapport de la commission chargée d\u2019étudier sur place l\u2019installation des élévateurs, magasins à grains, etc., à Duluth aiusi qu\u2019à Minneapolis, en vue des modifications suggérées par le Syndicat ( \u2019onners à l\u2019installation prévue par le cortrat intervenu entre la Commission du Port et le dit Syndicat.Dans cette même lettre, on nous annonce également l\u2019envoi d\u2019une copie du rapport de l\u2019ingénieur en chef de la Commission du Port sur le projet Conners.Aucune décision n\u2019est prise sur ces rapports.A l\u2019article \u201c Rapports de Comité,\u201d le président rapporte qu\u2019il s\u2019est rendu en compagnie du 2ême Vice-Président et du Secrétaire, à l\u2019invitation qui lui avait été faite officiellement par la Chambre de Commerce française de prendre part à un déjeuner servi à bord du Mont-Blanc, le premier steamer de la ligne Franco Canadienne de navigation à vapeur.Sur l\u2019invitation du Président, M.D.Masson a prononcé le discours suivant qui reflète bien le sentiment de la Chambre à l\u2019endroit de cette Compagnie.u Monsieur le Président,\u2014 u L\u2019absence du Président de la Chambre de Commerce du District de Montréal, tout eu me procurant l\u2019avantage de prendre part à cette fête d\u2019inauguration, ne me fait pas de perdre de vue l\u2019importance de l\u2019auditoire et de ma tâche, ni la responsabilité que comporl/e un tel honneur.Comme interprète de la Chambre, permettez moi d\u2019abord de saluer de tout cœur l\u2019arrivée dans notre 32 CHAMBER DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTRÉAL port du premier vapeur de la Compagnie Franco-Canadien ne.u Je le fais avec (Fautant plus de satisfaction et d\u2019enthousiasme que je vois les couleurs nationales de notre belle France, dont le souvenir reste toujours vivace dans tout cœur Canadien-Français.u Des orateurs distingués tu autorisés sauront énumérer tous les avantages que pourra vous offrir le commerce canadien, tant pour l\u2019exportation de nos produits que pour l\u2019importation des vôtres, chacun touchant spécialement aux articles qui l\u2019intéresseront et vous expliquant sans doute les moyens par lesquels il vous sera loisible d\u2019assurer à votre Compagnie sa juste part des affaires, \u201c Quant à notre Chambre, son rôle me semble tout indiqué et son passé doit être pour vous, Messieurs, une garantie suflisante de son fidèle appui pour'l\u2019avenir.Bien plus, elle se croit en droit de pouvoir vous offrir non seulement son concours moral, mais surtout celui, de ses membres qu\u2019elle est fière de savoir à la hauteur de la situation et capables de contribuer au succès de votre grande entreprise, placés comme ils le sont à la tête des principales maisons du haut commerce de notre métropole.\u201c Inutile d\u2019ajouter que notre Chambre désire voir se resserrer de plus en plus les liens d\u2019affaires et d\u2019amitiés, qui peuvent uous^unir plus étroitement à notre ancienne mère-patrie, car tout Canadien français doit être heureux de voir se renouer des relations suivies avec elle, comme il est si justement fier d\u2019avoir su garder son souvenir, sa langue et sesjsaines traditions.u Pour notre Chambre, M.le Président, votre réputation de haute intégrité et votre connaissance appro fondie des exigences du commerce^canadien autant que les rapports que vous avez toujours su conserver avec la France vous désignaient comme l\u2019un des administrateurs de cette Compagnie.Aussi, sommes-nous convaincus d\u2019avance que vos efforts, aidés du concours de votre gérant, M.A.Poindron, que notre Chambre compte également (parmi ses membres les plus utiles et les plus sympathiques, vous assureront dans un avenir très prochain tout ce que vous êtes en droit d\u2019espérer d'une aussi importante entreprise.\u201c Puisse l\u2019heureux hasard qui a permis au Mont-Blanc, le premier, de remonter notre beau Saint-Laurent, être de bon augure pour le succès de votre Compagnie et permettre à nos frères d\u2019outre mer de comprendre enfin qu\u2019ils ne peuvent nous envoyer rien de trop grand ni de trop élevé, s\u2019ils veulent satisfaire les cœurs et les ambitions de leurs frères Canadiens-français.\u201c Puissent-ils ne plus ignorer que l\u2019amour que nous portons à la France nous semble éternel comme les neiges du grand mont et aussi solidement ancré dans nos cœurs que l\u2019est aujourd\u2019hui à nos rives le Mont-Blanc.A l\u2019article u Matières nouvelles,\u201d l\u2019Hou.Alph.Desjardins,\" reprenant la question de renouer des relations commerciales avec l\u2019étranger, parle de l\u2019utilité et de l\u2019urgence qu\u2019il y aurait pour le Canada (l\u2019être représenté à l\u2019étranger par des agents consulaires.Il parle notamment de la représentation du Canada à^Paris qui n\u2019a qu\u2019un caractère diplomatique tandis^qu\u2019elle devrait avoir à la fois un caractère diplomatique, commercial et de colonisation.MM.L.E.Morin, père et G.Boivin sont de l\u2019avis de l\u2019Hon.Desjardins et déclarent qu\u2019on ne saurait trop insister sur cette aspect de notre représentation i\\ Paris.M.G.Boivin désirerait être fixé sur les facilités que la Compagnie serait en mesure de donner sous forme de réduction de prix de passage aux agents ou voyageurs de commerce désireux de se renseigner (le visu sur les exigences du commerce français.Le Secrétaire reçoit instructions de voir M.A.Poindron, l\u2019agent général de la Compagnie Française à ce sujet.Et l\u2019ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.La question du mono-metallisme et du bi-metallisme i De la nécessité de prendre plusieurs métaux et des difficultés qui en résultent La discussion qui s\u2019est engagée depuis lo igtem^s sur cette célèbre question ne porte pas, comme on pourrait le croire, sur le point \u2018de savoir si un pays doit employer plusieurs métaux pour constituer son appareil monétaire ou s\u2019il doit se contenter d\u2019un seul.Cette question ne se pose pas, parce qu\u2019il est bien évident que tout pays civilisé est dans l\u2019obligation d\u2019avoir à la fois des pièces d\u2019or, des pièces d\u2019argent et des pièces de cuivre ou d\u2019un métal similaire.Comment pourrait-on songer, par exemple, à n\u2019employer que Fort La pièce d\u2019or de 5 francs est déjà incommode par sa petitesse : que serait une pièce d\u2019or de 1 sou î un grain impalpable.Bien moins encore pourrait-on songer, à moins de nous ramener au temps de Lycurge (\u2019), à n\u2019employer que le cuivre, puisqu\u2019une (l) Lycurgue, célèbre législateur des Lacédémoniens.Dans le but de donner une bonne législation a sa patrie, il parcourut la Grèce, l\u2019Asie et l\u2019Egypte, étudiant avec soin les institutions de ces divers peuples.De retour à Lacédémone, il donna à ses concitoyens des lois d\u2019une grande sagesse, dont l\u2019effet était d\u2019exciter au dernier point l\u2019amour de la patrie, d\u2019épurer les mœurs, et de former des guerriers indomptables.On le fait vivre au IXe s.av.J.-C. CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTREAL 33 pièce de 20 francs en enivre pèserait une dizaine de kilogrammes.Même l\u2019argent seul, quoique moins incommode à raison de sa valeur intermédiaire, ne pourrait suffire, la pièce de 5 francs étant déjà trop grosse et la pièce de 20 centimes trop petite pour l\u2019usage courant.Il faut donc de tonte nécessité employer les trois métaux à la fois.Mais ce n\u2019est pas une nécessité que de les employer tous les trois en qualité de monnaie létjale ; de fait, nous savons que l\u2019un des trois, le cuivre, n\u2019a jamais cette qualité : il est toujours monnaie de billon et monnaie d\u2019appoint.Restent les deux autres : convient il de reconnaître le caractère et les attributs de monnaie légale à tous les deux ou à un seul seulement ?Voilà la question qu\u2019on désignait autrefois sous le nom de question du simple et du double étalon et qu\u2019ou désigne plus correctement aujourd\u2019hui sous le nom de mono-métallisme ou bi m était is me.Si l\u2019on ne reconnaît le titre de monnaie légale qu\u2019à un seul des deux métaux, l\u2019or par exemple, en ce cas il n\u2019y a point de difficultés.La monnaie d\u2019argent est reléguée, comme la monnaie de cuivre, au rang de monnaie de billon : on lui attribue une valeur purement conventionnelle, mais aussi ne force-t on per sonne à la recevoir dans les paiements.La monnaie d\u2019or est la seul qui ait cours légal : c\u2019est la seule aussi pour laquelle ou ait à se préoccuper de maintenir une parfaite équivalence entre sa valeur légale et sa valeur intrinsèque.Si ou veut reconnaître aux deux monnaies à la foin le caractère de monnaie légale, en ce cas la situatiou devient beaucoup plus compliquée.Prenons, pour nous rendre mieux compte de ces difficultés, le système français, qui peut être considéré comme le type du système bi métalliste, et reportons nous au moment où le législateur l\u2019organisait de toutes pièces (Loi du 7 germinal an XI, 28 mars, 1803).L\u2019unité monétaire était l\u2019ancienne livre transformée eu franc.C\u2019était une pièce d\u2019argent : l\u2019argent fut donc pris comme monnaie légale ; du reste, à cette époque, nul n\u2019aurait songé à lui contester ce titre.Mais on ne pouvait faire moins que de l\u2019accorder aussi à l\u2019or.Prenons, pour plus de clarté, les deux pièces similaires qui existent l\u2019uue et l\u2019autre dans notre système monétaire, la pièce de 5 fr.d\u2019argent et la pièce de 5 fr.d\u2019or.Nous voulons que l\u2019une et l\u2019autre soient monnaie légale ; il faut donc que l\u2019une et l\u2019autre aient une valeur intrinsèque rigoureusement égale à leur valeur légale ; c\u2019est une condition sine qua won, nous le savons.D\u2019abord pour la pièce d\u2019argent, il n\u2019est pas difficile de satisfaire à cette condition.L\u2019argent vaut, ou du moins vallait à l\u2019époque où nous nous sommes placés, 200 fr.le kilogramme : donc un lingot de 25 grammes vallait juste 5 fr.; nous devons donc donner à notre pièce de 5 fr.d\u2019argent un poids de 25 grammes, et, en ce qui la concerne, la condition voulue sera remplie.Mais pour la pièce d\u2019or de 5 fr quel poids devons-nous lui donner t Le kilogramme d\u2019or vaut 3,100 fr.(au même titre que l\u2019argent, 9/10) : si donc, avec un kil.d\u2019or, on frappe 620 pièces, chacune d\u2019elles vaudra exactement 5 fr.(car 620* 5=3,100) et chacune pèsera 1 gr.613 : la condition voulue sera remplie aussi pour celle-ci.Prenons ces deux pièces et mettons les dans les deux plateaux d\u2019une balance : nous verrons que pour faire équilibre à la pièce d\u2019irgent de 6 /r., il faut mettre dans Vautre plateau 15 pièces d'or de 5/r.plus une démit, on si l\u2019on aime mieux, que pour faire équilibre à 2 écus de 5 fr., il faut mettre dans l\u2019autre plateau 31 pièces d\u2019or de 5 fr.Cela nous prouve que l\u2019opération a été bien faite.En effet, le kil.or valait à cette époque tout juste 15 fois et demie le kil.argent (3,100 fr.le kil.or contre 200 fr.le kil.argent).Retenons ce rapport de 15.5 : c\u2019est le rapport légal entre la valeur des deux métaux, il est aussi célèbre en économie politique que le fameux rapport n = 3,1416 en géométrie.Jusqu\u2019à présent donc tout marche à souhait, mais attendons la fin.En 1847, on découvre les mines d\u2019or de la Californie ; en 1851, celle d\u2019Australie.La quantité d\u2019or produite annuellement se trouve quadruplée (\u2018).Par contre, l\u2019argent se rarifie par suite du développement du commerce dans l\u2019Iude qui en absorbe des quantités considérables.Il en résulte que la valeur respective des deux métaux change : sur le marché des métaux précieux, pour se procurer 1 kil.or, il n\u2019est pas nécessaire de donner comme autrefois 154 kil.argent, il suffit d\u2019en donner 15 ; ce qui revient à dire que l\u2019or a perdu plus de 3 p.c.de sa valeur.Dès lors, il est clair que ces petits lingots d\u2019or qui constituent les pièces d\u2019or ont subi une dépréciation proportionnelle : la pièce de 5 fr.d\u2019or ne vaut plus en réalité que 4 fr.85.Que faut il faire pour rétablir l\u2019équilibre T Evidemment ajouter un peu plus d\u2019or à chaque pièce d\u2019or\u2014 3 p.c.de plus environ.Il aurait fallu, pour rétablir l\u2019équivalence entre la valeur intrinsèque et la valeur legale, que la pièce de 5 fr.d\u2019argent fit équilibre à 15 pièces de 5 fr.d\u2019or (et non plus 15|) Alors c\u2019est toute la monnaie d\u2019or qui est à refondre !.Attendons encore.Vingt ans plus tard, en 1871, changement à vue.Les mines d\u2019argent découvertes dans les Etats del\u2019Ouest américain jette sur le marché des quantités d\u2019argent énormes ; eu même temps l\u2019Allemagne, adoptant l\u2019étalou d\u2019or, démonétise sa monnaie d\u2019argent et fait (l) La production de l\u2019or de 1841 a 1850 était évaluée coiuiue moyenne annuelle à 188 millions.De 1850 à I8t>0 elle fut «le 700 millions.Elle a presque doublé depuis. 34 CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTRÉAL.refluer sur le marché ses thalers dont elle ne veut plus.Encore une fois la valeur respective des deux métaux change, mais cette fois en sens inverse : sur le marché des métaux précieux, avec un kil.d\u2019or on peut se procurer non plus seulement 15i kil.argent, mais 16, 17, 18 et jusqu\u2019à 20 kil.d\u2019argent! Ce qui revient à dire que l\u2019argent a perdu plus d\u2019un quart de sa valeur relativement à l\u2019or.Dès lors il est clair que chaque lingot d\u2019argent qui constitue une pièce d\u2019argent a subi une dépréciation proportionnelle : la pièce de 5 fr.d\u2019argent ne vaut plus en réalité que 3 fr.50.Qu\u2019aurait il fallu faire pour rétablir l\u2019équilibre?Evidemment mettre beaucoup plus d\u2019argent dans chaque pièce, augmenter d\u2019un quart leur poids, faire que la pièce d\u2019argent de 5 fr.pesât autant que 20 pièces d\u2019or de 5 fr.: alors l\u2019équivalence entre la valeur intrinsèque et la valeur légale aurait été rétablie : mais c\u2019est toute notre monnaie d\u2019argent qui était à refondre ! Mais quoi ! si nous voulons conserver à nos deux monnaies leur caractère de monnaie droite, c\u2019est-à dire l\u2019équivalence rigoureuse entre leur valeur intrinsèque et leur valeur légale, faudra t-il donc refondre perpétuellement tantôt l\u2019une, tautôt l\u2019autre des deux monnaies pour accomoder leurs poids aux variations de valeur des deux métaux î C\u2019est, semble t-il, la conclusion qui s\u2019impose.Mais c\u2019est impraticable et absurde (l ).II.Comment les pays bi-métallistes se trouventlen fait n\u2019avuir qu\u2019une seule monnaie.'Pout, système hi métal liste présente, comme nous venons de le voir, cet inconvénient grave qu\u2019il ne peut réussir à maintenir, pour chacune des deux monnaies à la fois, cette équivalence entre la valeur inl rinsèque et légale qui doit être le caractère de toute bonne monnaie.Sans cesse, suivant les variations de (l)l\u2019our peu qu\u2019on y réfléchisse, on voit bien qu\u2019il nu (H mit de faire varier le poids d'une seule des deux monnaies, en prenant l\u2019autre, toujours la même, pour unité :\u2014par exemple, en prenant pour unité le franc d'argent de 5 grammes, faire varier le poids des pièces d\u2019or, tantôt au-dessus, tantôt au-dessous du poids légal, suivant les variations de valeur du métal or.Mais, malgré cette simplification, ce ne serait guère plus pratique.( )n pourrait aussi, dans la même hypothèse, laissant le poids des pièces d\u2019or invariable, effacer l\u2019indication de la valeur légale qui y est gravée et laisser leur valeur osciller librement suivant les lois de l\u2019offre et de la demande, comme varient dans certains pays, en Oochinchine par exemple, la valeur de la piastre, ou comme variait en Autriche, jusqu\u2019à ces dernières années, la pièce d\u2019or de 8 florins (20 francs).Mais alors les pièces d\u2019or ne seront plus, à vrai dire, des pièces de monnaie ; elles ne seront plus que des^lingots qui circuleront comme une marchandise quelconque.U y aura un cours coté pour les pièces de 20 fr.comme pour les cotons ou le blé, et qui variera de même.(Quelle complication dans les affaires, quels pièges tendus aux simples ! Les législateurs de germinal an XI, en organisant notre système monétaire, avaient parfaitement prévu les difficultés qui pourraient en résulter et ils avaient justement proposé l\u2019un et l\u2019autre des deux remèdes que je viens d\u2019indiquer.valeur des deux métaux, l\u2019uue des deux se trouvera trop forte ou trop faible.On pourrait penser peut-être que cet inconvénient est plus théorique que pratique : \u201c Qu\u2019importe dira-t-on, que nos pièces d\u2019or ou d\u2019argent aient une valeur réelle ?Personne n\u2019y fait attention et en tout cas personne n\u2019en souffre.\u201d C\u2019est une erreur : il y a dans cette situation un inconvénient pratique, plus que cela, un véritable péril, et voici lequel : la monnaie qui est la plus faible des deux expulsera peu à peu de la circulation la monnaie forte, en sorte que tout pays qui est soi disant au régime du double étalon, se trouve en fait dans cette singulière situation qu\u2019il ne conserve jamais dans sa circulation qu'une seule des deux monnaies et justement la plus mauvaise.Un mouvement de flux et de reflux périodique emporte le métal qui est en hausse et ramène le métal qui est en baisse.C\u2019est l\u2019application pure et simple de la loi de Gresham que nous avons déjà étudiée, mais l\u2019histoire de notre système monétaire depuis quarante ans eu offre une merveilleuse démonstration.Quand, sous le second Empire, l\u2019or se trouva en baisse pa** suite dec circonstances que nous avons indiquées dans le chapitre précédent, notre monnaie d\u2019argent commença à disparaître et à être remplacée par la monnaie d\u2019or, par ces beaux \u201c napoléous \u201d, monnaie à laquelle on était encore peu habitué, que l\u2019on admirait fort et dans laquelle les courtisans saluaient la richesse et l\u2019éclat du nouveau règne, mais qui, en réalité, n\u2019était si abondante que parce qu\u2019elle était faite avec un métal déprécié.Et ce phénomène de la transmutation des métaux s\u2019explique très aisément.Le banquier de Londres qui voulait se procurer de l\u2019argent pour l\u2019envoyer aux Indes, cherchait naturellement à l\u2019acheter là où il pouvait le trouver à meilleur compte.A Londres, avec un kil.or, il n\u2019aurait guère pu se procurer que 15 kil.argeut Mais en envoyant sou kil.or à la Monnaie de Paris, il pouvait faire frapper 3,100|francs or, et échanger ensuite ces 3,100 fr.or contre 3,100 d\u2019argent qui pèse tout juste 3,100 x 5 gr.= 15£ kil.Avec sou kil.or, il avait donc réussi en définitive à se procurer 15£ kil.argent (\u2019).Il est facile de voir que, grâce à ce commerce, une certaine quantité de monnaie d\u2019argent était sortie de (*) L\u2019opération pouvait so faire encore d\u2019une façon inverse.Un banquier de Paris réunissait 3,000 pièces de 1 franc argent qui pè- .sent tout juste 15 kil.(3000, x 0,005-15).Il envoyait ces 15 kil.argent à Londres et obtenait en échange * kil.or puisque telle était la valeur marchande de ces deux métaux.Il se faisait renvoyer de Londres son kil.or, et le faisait frapper à la Monnaie de Paris sous la forme de 3,100 francs or.Il gagnait donc 100 francs brut sur cette opération, soit un peu plus de 3 % et déduction faite du prix de monnayage et de transport, l\u2019opération était encore très lucrative. CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT 1)E MONTRÉAL France et qu\u2019elle avait été remplacée par une quantité égale de monnaie d\u2019or.C\u2019est justement le jeu de la loi de Gresham : la monnaie forte est remplacée par la monnaie faible.C\u2019est par pleines cargaisons que l\u2019on emportait aux Indes les pièces d\u2019argent de France.On les achetait à leur poids d\u2019argent pour les vendre aux hôtels des monnaies de Bombay et de Madras et les convertir en roupies.Durant cette période, ces hôtels transformèrent en monnaie indienne plus de deux milliards de nos pièces françaises.On ne tarda pas à souffrir d\u2019une véritable disette de monnaie d\u2019argent.Pour arrêter sa fuite, on n\u2019aurait pas manqué au temps jadis, de recourir à des mesures prohibitives et peut être à des pénalités contre les gens qui exportaient la monnaie d\u2019argent.La science économique, en indiquant la cause du mal, permettait d\u2019apporter un remède bien plus efficace.La monnaie d\u2019argent disparaissait parce qu\u2019elle était trop forte ; il suffisait donc de l\u2019affaiblir eu diminuant son poids ou simplement sa proportion de métal fin, et on pouvait être certain qu\u2019on lui aurait coupé les ailes : elle ne bougerait plus.C\u2019est ce que firent d\u2019un commun accord la France, l\u2019Italie, la Belgique, la Suisse, par la convention du 23 décembre 1865.Le titre de toutes les pièces d\u2019argent, hormis des pièces de 5 francs, fut abaissé de 900/1000 à 835/1000, ce qui leur enlevait un peu plus de 7 0/0 de la valeur.Toutes ces pièces devinrent donc, et sont restées depuis, de la monnaie de billon et, suivant les principes invariables en cette matière, elles ont perdu depuis ce jour leur caractère de monnaie légale et n\u2019ont plus été reçues que comme monnaie d\u2019appoint (2).Pourquoi fit-on exception pour la pièce de 5 francs.Il n\u2019y avait aucune bonne raison pour cela, mais ce fut la France qui l\u2019exigea.Billon-ner toute les pièces d\u2019argont, c\u2019eût été abandonner complètement la monnaie d\u2019argent comme monnaie légale, c\u2019eût été devenir franchement mono-métal liste or, comme l\u2019Angleterre, et cette révolution dans notre système monétaire effraya le gouvernement français.On maintint donc la pièce de cinq francs avec son poids et son titre et sou caractère de monnaie légale.Naturellement elle continua à fuir, mais ou pouvait plus aisément se passer d\u2019elle que de la monnaie divisionnaire : au besoiu, on pouvait la remplacer par la pièce de cinq francs d\u2019or.A partir de 1870, nous avons vu qu\u2019une révolution inverse s\u2019était accomplie dans la valeur respective des deux métaux, et que l\u2019appareil monétaire français s\u2019était trouvé de nouveau désaccordé, mais cette fois eu sens inverse.Ce fut la monnaie d\u2019or qui se trouva (2) Jusqu\u2019à concurrence de 50 fr.entre particuliers et sans limitation dans les caisses publiques.11 est juste en effet que l\u2019Etat qui a émis une monnaie ue puisse la refuser.trop forte et qui, par conséquent, commença û émigrer.Ce fut la monnaie d\u2019argent qui se trouva trop faible et qui commença à pulluler.Les mêmes opérations que nous avons expliquées tout à l\u2019heure, recommencèrent, mais eu sens inverse.Recommençons l\u2019explication, pour éviter toute obscurité sur ce point essentiel.Un banquier à Paris se procurait 3,100 francs d\u2019or, eu pièces de vingt francs ou de dix francs, il n\u2019im porte.Cela fait tout juste un kil.d\u2019or.Il les mettait dans un sac et les expédiait à Londres.Sur le marché des métaux précieux, à Londres, avec un kil.or, on pouvait avoir jusqu\u2019à 20 kil.argent.Il achetait donc 20 kil.argent, se les faisait réexpédier à Paris et les faisait monnayer à l\u2019Hôtel des Monnaies.Comme avec 1 kil.argent, la Monnaie doit frapper 10 pièces de 5 francs (c\u2019est-à-dire 200 francs), on délivrait à notre banquier 20 * 200 = 4,000 francs, en pièces de cinq francs.Bénéfice brut 900 francs.Déduisez les frais de transport, de monnayage, etc., et aussi la prime nécessaire pour se procurer les pièces d\u2019or, à mesure qu\u2019elles devenaient rares, l\u2019opération n\u2019eu était pas moins très lucrative.Et il est clair que pour la France l\u2019opération se traduisait par une diminution de la monnaie d\u2019or et une augmentation de la monnaie d'argent.Répétée indéfiniment, cette simple opération devait avoir pour résultat, au bout d\u2019un certain temps, de substituer, complètement dans la circulation la monnaie d\u2019argent à la monnaie d\u2019or.( A suivre) LA BANQUE NATIONALE Quarantième Rapport Annuel des Directeurs aux Actionnaires de la Banque Nationale Messie uns, Vos directeurs ont l\u2019honneur de vous soumettre le quarantième rapport annuel des opérations de la Banque Nationale, pour l\u2019année écoulée le 30 avril 1900, avec l\u2019état ordinaire de l\u2019actif et du passif.Etaient présents : L\u2019hon.juge Alexandre Chauveau, MM.Rodolphe Audette, Victor Châteauvert, A.B.Dupuis, Naz.Fortier, J.B.Laliberté, Narcisse Rioux, Révd Paul N.Thivierge, Thomas Breen, Joseph Huard, Joseph Chapleau, J.E.L\u2019Arrivée, N.P.,C.E.Léonidas Dionne, M.J.Pettigrew, H.Oct.Roy, J.Léger Hardy, G.E.Réné Fortier, Jas.McCone, Doc.Arcaud, E.T.Couillard,0.Léon Hardy, Geo.Demers, Elz.Fiset, Ulric Tessier, Et.Paradis, Cyr.Tessier, N.P., Cyr.F.Délâge, N.P., J.I.Lavery, C.A.Chauveau, Wm.Simons, J.A.Delisle, etc., etc.M.R.Audette fut appelé à présider Rassemblée et M.P.Lafrance fut prié d\u2019agir comme secrétaire. CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTRÉAL 36 Avant de procéder à la lecture du rapport annuel, les messieurs dont les noms suivent furent élus scrutateur, savoir : MM.C.E.L.Dionne, N.Oct.Roy, N.P.et Geo.Demers.Le Président donna lecture du rapport suivant : Le compte des Profits et Pertes se résume comme suit : Par balance au crédit de Profits et Perte» au 29 avril 1899.$ 41,425 22 Les profits de l\u2019année, après avoir pourvu pour les intérêt» uccrûs sur dépôt et pour dettes mauvaises et douteuses ont été de.109,583 20 Formant la somme de.8161,#08 48 Qui a été appropriée comme suit : Dividende No 70, de 3 % payable le 2 novembre 1899.$30,000 Dividende No 71, de 3 / payable le 1er mai 1900 .30,000 Porté à Fonds de Réserve.\t60,000 -122,(KM) 00 Laissant au crédit de Prolits et Pertes une balance de.$ 29,008 45 Nos succursales ont été inspectées minutieusement durant l\u2019année et dans chacune d\u2019elles nous constatons progrès.Durant l\u2019année vos Directeurs out ouvert des succursales à Montmaguy, Fraserville et Malbaie.Nous reconnaissons avec plaisir les bons services rendus durant l\u2019année par les employés de cette institution ; leur fidélité et leur assiduité ont largement contribué au succès de nos opérations Le tout humblement soumis, R.Ali DETTE, Président.BILAN LK 30 AVRIL 1900 Passif Billets en circulation.Dépôts portant intérêt.$3,150,041 05 Dépôts ne portant pas intérêt.\t775,295 70 Dividendes non réclamés.578\t90 Dividende No 71, payable le 1er mai 1900 .36,000\t00 Dû à d\u2019autres banques en Canada.\t4,842\t52 Dû îi des agences de la Banque dan» le Royaume-Uni.\t40,812\t72 $1,181,007 00 3,931,330 81 36,578 90 45,055 24 Total du passif envers le public.Fond» Capital.Fonds de Réserve.Fonds de Contingents.Intérêts accrus et change.Compte de Profits et Pertes.$5,194,037 95 1,200,000 (HJ 200,000 00 30,000 (X) 14,500 00 29,008 48 - 1,473,508 48 $6,668,146 43 Actif Espèces.$48,211 47 Billets de la Puissance.314,009 (H) Billets d\u2019autres banques et chèques sur d\u2019autres Banques.\t251,331 24 Dû par d\u2019autre» banques en Canada\t39,071 45 Dû par d\u2019autres banques dans les pays étrangers.74,703 88 Dépôt au Gouvernement de la Puissance en garantie des billets en circulation.58,5(H)\t00 Débentures de la Puissance.\t35,000\t(H) Prêts à demande sur actions et débentures.37,355\t(HJ $302,820 47 305,700 57 130,355 00 Total des ressources immédiates Prêts courants, escomptes et avance» au public.Billets et effets de commerce escomptés, en souffrance (pertes pourvues) .Immeubles appartenant à la Banque (autres que les édifices de la Banque).Hypothèques sur Immeubles vendus par la Banque.Edifices de la Banque, ameublement et papeterie.27,481 32 5,937 15 13,420 19 $858,882 04 5,618,374 51 190,889 88 $(>,608,146 43 N.LAVOIE,\tP.LAFRANCE, Inspecteur,\tGérant.Proposé par M.R.Audetfce, appuyé par M.N.Rioux : u Que le rapport du bureau de direction, ainsi que les états y aunexés qui viennent d\u2019être lus, soient approuvés, publiés et imprimés pour l\u2019usage des actionnaires.\u201d\u2014Adopté.On procéda ensuite à l\u2019élection des directeurs et les messieurs dont les noms suivent ayant obtenu le plus grand nombre de votes furent déclarés élus, savoir : M.\tR.Audette, l\u2019hon.juge A.Chauveau, MM.Victor Châteauvert, A.B.Dupuis, Naz.Portier, J.B.Lali-berté et Narcisse Rioux.Le Président laisse le'fauteuil et M.Cyr.Tessier, N.\tP., ayant été appelé à le remplacer, il est proposé par M.Wm.Simons, appuyé par M.Thos.Breen : \u201c Que les remerciements des actionnaires ici présents sont dûs et offerts à M.R.Audette, pour les services qu\u2019il a rendus à la présidence de cette assemblée, ainsi qu\u2019à messieurs les scrutateurs et monsieur le Secrétaire dans l\u2019exercice de leurs devoirs respectifs.\u201d Cette motion a été approuvée et l\u2019assemblée s\u2019ajourne.R.Audette, Président.P.Lafrance, Secrétaire.Québec, le 6 mai 1900.A une assemblée des Directeurs tenue le même jour M.R.Audette a été réélu président et M.A.B.Dupuis, vice-présideut de la Banque pour l\u2019année courante.P.Lafrance, Gérant."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.