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Titre :
L'ordre nouveau
Organe bimensuel de L'École sociale populaire qui y expose la doctrine sociale catholique et le Programme de restauration sociale prônés par l'organisation jésuite. Il fait place en 1941 à la revue Relations, qui vise un lectorat plus vaste. [...]

L'Ordre nouveau expose le Programme de restauration sociale de l'École sociale populaire et fait place, en 1941, à la revue Relations qui visera un lectorat plus vaste et diversifié. Ce programme incarne une forte critique du capitalisme et propose un cadre social corporatiste. Dès le début, la revue se montre particulièrement préoccupée par le communisme. L'objectif est de faire connaître non seulement les activités communistes au Canada, mais aussi la doctrine, les tactiques de ses partisans et ses progrès dans le monde.

Le tirage très bas du journal (de 2000 à 3000 exemplaires) n'indique pas nécessairement l'influence qu'il a pu exercer. L'Ordre nouveau ne vise pas un large lectorat; c'est sur une élite qu'il veut agir, sur ceux qui tiennent les leviers de commande, sur les autorités sociales. La publication régulière de plans d'étude, de bibliographies et de catéchismes sous forme de questions et réponses indique qu'il a été conçu pour le clergé québécois, les dirigeants d'oeuvres sociales et les membres des cercles d'étude.

Les rédacteurs font tous partie du clergé. Les pères Jacques Cousineau, Omer Genest, Joseph Ledit et J.-P. Archambault y contribuent régulièrement. Ils sont aidés plus tard par Jean d'Auteuil Richard, qui deviendra le membre le plus prolifique du groupe. Les abbés Philippe Perrier, Émile Cloutier et Jean Bertrand, de même que Gérard Picard et Alfred Charpentier, signent aussi quelques écrits de façon occasionnelle ou tiennent une rubrique de courte durée.

La publication de L'Ordre nouveau ne durera que quatre ans; le journal annonce, le 20 décembre 1940, la parution de la revue mensuelle Relations pour le mois suivant. Le contenu de cette revue s'ouvrira à des thèmes relégués au second plan dans L'Ordre nouveau, mais la question sociale restera au premier plan.

Voir aussi :

Relations, 1941- <http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2507176>

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 60-61.

SAINT-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique - 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, no 2, 1978, p. 203-228.

Richard, Jean et Louis O'Neill (dir.), La question sociale hier et aujourd'hui : colloque du centenaire de Rerum novarum : 12 au 17 mai 1991, Université Laval, Québec, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1993, p. 116.

Éditeur :
  • Montréal :Les semaines sociales :1936-1940
Contenu spécifique :
mardi 5 décembre 1939
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Relations
Lien :

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Références

L'ordre nouveau, 1939-12-05, Collections de BAnQ.

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E ORDRE NOUVEAU et il Un monde s'écroule, un ordre nouveau s'élabore.11 faut le ORGANE DES SEMAINES SOCIALES Prix: 5 sous; l’abonnement: $1.00 QUATRIÈME ANNÉE, N„ f, Montreal, à décembre 1939 que les catholiques laissent mourir ce qui doit passer et qu'ils aident à créer ce qui mérite de vivre.— LES ÉVÊQUES I)E FRANCE.ts sr POUR LA TEMPÉRANCE L education des adultes dans le Canada anglais Une forte pression se fait pour que le gouvernement provincial adoucisse les lois concernant la vente des boissons alcooliques et rende leur consommation plus facile.Nous espérons que nos nouveaux gouvernants résisteront à celte pression.A nous de leur aider.Nos chefs ecclésiastiques ont jeté le cri d'alarme.Le laïcat a-t-il compris la gravité de la situation et répondu, comme il le devait, à cet appel ?Mais son intervention est plus opportune que jamais.Toutes sociétés catholiques devraient présenter un front commun sur cette importante question.Quelles agissent au plus tôt avant qu'il ne soit trop tard ! le i :e it ie par le R.P.Gonzalve POULIN, O.F.M.nos it Lors d'un récent congrès de mineurs tenu à Truro (Nouvelle-Ecosse), en ;s août 1938, un travailleur posait cette question : « Pourquoi, en tant que classe, n nous trouvons-nous aujourd'hui dans cette situation précaire ?Simplement parce é que ceux d'entre nous qui approchent maintenant de la cinquantaine n'ont pas it eu d'instruction.Nos écoles ne nous enseignaient rien en matière d'économie e politique et de sociologie.On nous a appris à accepter le capitalisme, à jamais le mettre en question, quelle que fût la situation où la gestion pule de ce système pouvait nous mettre.» ,e Voilà posé en termes de subsistance le vrai problème de l'éducation des L adultes pour le peuple canadien.Son développement est tellement lié à celui fs du progrès social qu'on peut affirmer que l'éducation des adultes s'impose comme e un remède adéquat à l'injuste appropriation des biens de la culture et donc de la I.civilisation par une minorité.Le Dr M.M.Coady, dans un livre récent -, en a tiré L tout un plan de restauration sociale par le peuple.C'est la juste place du « fac-L teur » peuple dans notre prochain développement national qui est [s Trop de courants spirituels pénètrent notre pays pour ne l'avoir pas ouvert à L des solutions humaines de son difficile problème social.C'est ainsi que nos ins-1, titubons publiques telles que le gouvernement fédéral et les gouvernements pro-r vinciaux, les universités, les grandes associations de femmes et les institutions e religieuses se sont particulièrement intéressées à cette conversion spirituelle de nos adultes pour un conditionnement plus humain de notre milieu économico-s social.e Une Semaine corporative But et avantages tie la corporation professionnelle.Son établissement dans notre province.Conférences, assemblées publiques, concours.ne sans scru- t L'Ecole Sociale Populaire organise, comme les années précédentes, une semaine d'études et de propagande La Semaine corporati e mettra en oeuvre tous les moyens de propagande con- qui lui permettront d'atteindre le public: sacrée à l'organisation professionnelle, articles de revues et de journaux, prédi-En 1938, le sujet traité fut le syndica- cation dans les églises, causeries quoti-lisme ouvrier; en 1939, le syndicalisme diennes à la radio, conférences dans les patronal.Ce sera, en 1940, la corpora- milieux professionnels, journées d'é-tion professionnelle.fades, assemblées publiques, concours Cette Semaine a pour but de faire collégiaux, etc., etc.mieux connaître la véritable nature de en cause.L'Ecole Sociale Populaire a obtenu l'organisation corporative, telle qu'elle pour l'organisation de cette Semaine le est préconisée actuellement par un concours précieux de l’Action corpora-nombre croissant de sociologues et five.Elle compte aussi sur l'aide et la d'hommes d'Etat, à la suite du Souverain collaboration de toutes les personnalités, Pontife, comme le seul régime capable de tous les groupes qui reconnaissent de refaire une société chrétienne où l'acuité de la crise sociale que nous tra-régneront la justice sociale, l'aisance et versons et veulent lui apporter comme la paix.remède, non des réformes partielles, Cette Semaine veut aussi démontrer économiques ou autres, mais une rô-que la corporation professionnelle n'est forme de structure, « la réforme dos pas une chimère, qu'elle est déjà établie institutions par l'organisation corpora-et se développe dans plusieurs pays, tive, appuyée sur une réforme des qu'elle existe même au Canada et qu'il moeurs », ainsi que s'exprimait récem-est facile de lui donner dans notre pro- ment la Commission ecclésiastique char-vince un régime stable et complet, ajusté gèe d'étudier la doctrine du Crédit à notre constitution.C'est surtout dans les provinces anglaises du pays que cette éducation des adultes s'est organisée de façon vraiment systématique et coordonnée.Voilà plus de vingt ans, M.Albert Mansbridge, de Londres, fondait à Toronto une filiale de sa célèbre « Association pour l'éducation des travailleurs ».Dans Tune ou l'autre des provinces anglaises, l'éducation des adultes a été organisée pour des motifs différents.Dans l'Ontario, la plus évoluée des provinces canadiennes, les initiateurs du mouvement y ont vu un progrès nouveau et comme le moyen efficace de faire participer le peuple à une plus large vie de l'esprit.La Nouvelle-Ecosse y a surtout cherché un remède à la détresse de son peuple.t Toutes lee provinces anglaises se sont plus ou moins inspirées de l'éducation des adultes telle qu'elle se développe en Angleterre 3.Ce qui explique certains caractères communs à ces organisations éducatives pour adultes des provinces anglaises.Ainsi l'initiative privée y domine partout sur l'intervention des pouvoirs publics.Toutes les universités des provinces anglaises sont engagées dans ce mouvement.Plusieurs même en ont la direction.On observe encore un manque de conscience de classe parmi ces étudiants adultes, caractère sans doute anglais mais non moins canadien puisque le problème des classes est pratiquement inexistant chez nous, au sens social du terme, sinon au sens économique.Si les étudiants adultes cherchent dans cette éducation continuée, qu'on appelle parfois « postscolaire », un enrichissement de leur personnalité sociale et, par là même, une meilleure qualité de leur service au groupe national, ainsi qu'une plus active responsabilité dans la vie économique et civique, les dirigeants de ces divers mouvements d'adultes y voient encore des moyens très actifs à la solution de quelques-uns de nos grands problèmes canadiens.Le premier de ces problèmes est celui de l'assimilation des étrangers.Ce problème en est un de longue échéance si Ton admet que le point de saturation de la population canadienne serait de cent millions.Il faut dire aussi qu'une bonne part de ces immigrants actuels et futurs, particulièrement ceux de Test et du sud de l'Europe, chassés de leur pays par la persécution politique ou la misère économique, apportent avec eux des ferments de haine et de rancoeur contre tout ordre établi qui ne manqueront pas d'accentuer nos problèmes sociaux, à moins qu'une éducation des adultes n'arrive à les adapter à leur patrie d'adoption et à les accorder au style de la vie canadienne.Un autre problème qui inspire de nombreuses activités éducatives, c'est l'approfondissement de nos libertés démocratiques.Il faut avoir entendu sur ce sujet des étudiants ou des ouvriers de Toronto et de Winnipeg pour saisir jusqu'à quel point cet idéal démocratique condense toutes leurs aspirations vers la justice sociale.C'est dans Tordre de cette démocratie économique qu'il faut insérer la T = mierre Ho 1Q14 1Q1R avait Héià ré mystique de la coopération sous toutes ses formes qui soulève en ce moment les iJrôle de tout premier plan que le ' provmcesanglaisesduÿmimon., syndicalismepeutêtreappeléàjouer Signalons enkn un dernier problème, hres actue e qu on retrouve dans tous j^s l'organisation économique et soles programmes de cours d adultes, celui de la centralisation federate, ou, pour dale du tem de guerre.Un témoi-parler en termes constitutionnels, le mouvement vers 1 Etat unitaire.gnageprécisdecefaitestcontenudans Leducahon des adultes dans les provinces anglaises est donc intimement ^publications de la «dotation Carne-heeaavie delà nation Sonbutultimetendahumaniserlaciviisationenmul- ^ » consacrées à Thistoire économique hpliant les ponts entre le progrès mécanique et le progrès social.Sans douW, d sociale de la dernière guerre.Il res-bien des obstacles rendent particulièrement difficile le développement rapide de ^t, en effet, de ces études que le syn-cette orme d education dans ces provinces Les principaux de ces obstacles ^alisme s'est trouvé associé intime-consistent dans la faible densite de la population, dans 1 etendue du territoire ^ent, dans tous les pays en guerre, à e ans la longueur de 1 hiver., , , .toutes les activités de l'Etat : collabora- L un des moyens les plus direckd education des adultes dans les provinces tion aux oeuvres d'assistance et d'éco-anglaises consiste dans ces bibliothèques regiona es qu on appelle avec raison ^mie générale, collaboration à la modes « universités populaires ».La bibliothèque vien rompre 1 isolement de 1 adulte bilisation industrielle, collaboration à canadien en lui donnant des réponses a ses multiples problèmes journaliers.l'organisation du travail national, colla- La premiere grande experience de bibliothèque populaire a ete We, avec borationàlafixationdesconditionsde k concours de la CornegreCorporoLon, dans la Vallee Fraser delà Colombie- travail et des salaires, etc.Acedernier Britannique.La population Male decetteyallee se chiffre a 39,894 Durant les d convient de souligner que les cmqpremieresannees,de 1930al93S, laCornegreCorpora/ronpritasacharge bg publics se sont rendu compte ksfrais de cette experience qui seleveren a $100,000.Depuis cetteda^e, la _ da^ ^ ^ ^ d^ ja ^ bibhotheque régionale de Fraser se finance elle-meme,graceaune taxe de $0.35 , mièrefois-du parti exceptionnel qu'ils par tete imposée a toute la population.Cette experience a démontré qu il faut social.Problème de guerre ; La collaboration entre les pouvoirs publics et les organisations patronales et ouvrières Le Bureau International du Travail s'est empressé de publier, dans le numéro de novembre de sa revue mensuelle, une étude, particulièrement intéressante et utile pour les pays belligérants, sur les Problèmes de travail et de politique sociale et la guerre : emploi, chômage, formation professionnelle, contrat de travail, durée de travail, travail des femmes et des enfants, etc.Nous reproduisons le passage qui étudie, à la lumière de l'expérience de 1914-1918, ce que devrait être, dans la présente guerre, T indispensable collaboration entre l'Etat et les organisations syndicales.Les italiques sont de nous.Il est certain que dans les pays où existent des organisations véritablement représentatives des employeurs et des travailleurs, ces organisations seront appelées par les pouvoirs publics à donner leur pleine collaboration pour la solution des problèmes d'ordre économique et social posés par la guerre ou la mobilisation.En vertu des diverses lois nationales sur la mobilisation industrielle ou sur l'organisation de la nation en temps de guerre, les Etats disposent de vastes pouvoirs en matière de réquisition des personnes et des biens et en matière de contrôle et d'administration des industries intéressant à un titre quelconque la défense nationale.Dans certains pays, ce droit de réquisition et d'administration porte sur toutes les phases de la production et de la répartition des produits : recensement et contrôle des ressources en matières premières, fabrication et répartition des produits industriels finis, production, transformation et répartition des denrées alimentaires, contrôle des prix, etc.L'Etat assume de ce fait de nouvelles et vastes responsabilités auxquelles il tiendra, dans la mesure du possible, à associer les organisations professionnelles.Les organisations professionnelles seront particulièrement ao-pelées à donner leur collaboration pour l'adaptation de la réglementation des conditions du travail à la situation créée par la guerre ou la mobilisation : administration et contrôle des ressources en rnain-d'oeuvre, durée du travail et des repos, fixation des salaires, etc.Cette collaboration des organisations professionnelles a d'ailleurs été prévue dès le temps de paix dans certains pays.C'est ainsi qu'en France la loi du 11 (Suite à la page 3) pouvaient tirer d'institutions sociales ba- (Su.tc a ta page 4) .g£eg gur ja collaboration active des grou- L Un^second article du R.P.Poulin^ fera suite à celui-ci : « L'éducation des adultes au Canada français ».! pemeilts professionnels telles qu© les 3.Nous renvoyons le lecteur soucieux d'une plus ample information sur l'éducation des adultes en Angleterre à ; Conventions Collectives, ld COncilidtiOIl UI1bliV?e qUe ^'auteur a Publié récemment à la Librairie Canadienne-Française et qui s'intitule : « Le peuple est-il édu- j ^ ^ctlbitldge etc 0 ) VERS LE RÉGIME CORPORATIF 1 celui de l'Etat.Par conséquent, une assemblée ou un organe corporatif national risque d'être sans force ou tyrannique.Il fait sa loi à l'Etat, ou subit la loi de l'Etat, ou se confond avec l'Etat.Son rôle doit donc être purement consultatif si l'on veut qu'il soit logique et décent.Tous les intérêts doivent être reconnus et protégés, au sein d'une unité organique, reflet et expression de l'unité naturelle de l'agriculture nationale.Si nous recherchons les ordres de faits que doit contenir une organisation corporative unitaire (donc respectueuse de la diversité et de la hiérarchie des intérêts unis), nos analyses précédentes nous permettent d'en dégager quatre : Dans l'agriculture Un de nos lecteurs nous adresse la lettre suivante qu'il accompagne d'une page extraite d’un livre récent sur l’organisation corporative de l'agriculture.Nous les publions volontiers l'une et l’autre, assurés que tous ceux qui s’intéressent au corporatisme en tireront profit.Tandis qu'au stade régional, l'organe corporatif ne doit pas être seulement consultatif, il doit être également créateur des normes.Il doit se faire sa loi propre.Il doit régir les activités proies- 1 Le fait territorial Ce qui prime dans l'agriculture, c'est la terre.Le premier lien qui unit les agriculteurs est un lien spatial, territorial.Cela va de soi, mais il n'est pas inutile d'y insister, parce que l'évidence peut être perdue de vue quand on échafaude des systèmes.Dans la mesure même où l'Agriculture deviendra « corps », il faut qu'elle reste d'abord « pays ».La corporation paysanne ne sera ce qu'elle doit être qu'en se référant constitutionnellement à son origine.On voit la différence fondamentale que présente une telle organisation avec l'organisation fasciste qui se spécifie par « produits » et l'organisation marxiste qui se spécifie par « classes ».Monsieur le Directeur, J'ai lu avec un vil intérêt l'article du R.P.Léon Lebel sur le congrès sionnelles.de l'Union Catholique des Cultivateurs.Je me réjouis de voir ce groupe important dans la voie de la coopération.La corporation régionale est la pièce essentielle d'une organisation qui permettra la discipline professionnelle et accordera aux individus comme aux groupements le maximum de liberté.Il ne lui restera plus maintenant, pour parachever son oeuvre et l'amener à son plein épanouissement, qu'à s'engager résolument dans la voie corporative.„ , , ,, ., , De même que les départements, les Aucune classe professionnelle ne peut, aussi facilement que la classe conseils généraux et les communes ont agricole, s'organiser corporativement, disait à la Semaine sociale d'An- des lois statutaires qui déterminent leurs gers, en 1935, le président de l'Union nationale des Syndicats agricoles pouvoirs de police et de fiscalité de de France, M.Roger Grand, ancien sénateur.même les corporations régionales doi- On semble l'avoir compris dans les milieux français.La Confédéra- ven| ®*re instituées par une législation tion nationale des Associations agricoles de France avait soumis cette anal°gue.question à sa Commission d'études.Celle-ci, dans un rapport élaboré Notre droit administratif actuel per-qui fut approuvé par l'Assemblée générale, se prononça nettement en met le fonctionnement immédiat de cor-laveur du régime corporatif et élabora un projet de loi destiné à faire porations de cet ordre, toute la juris-passer ces voeux dans la réalité.prudence applicable aux services pu- blics et aux établissements publics étant transposable sans aucune difficulté à un régime corporatif.2 Le fait économique Après la terre, c'est le produit qui compte le plus.(Il compte même davantage en lui-même, mais il n'intervient qu'en second lieu.Le fait premier est la terre.Pas de produit sans la terre fécondée par le travail de l'homme.) L'organisation corporative doit comprendre la représentation des intérêts exprimés par les produits.Seulement, nous voyons bien ici pourquoi le fait territorial doit primer le fait économique, pourquoi la terre doit primer le produit, c'est que les « grands » produits risquent d'écraser les « petits ».On a fait beaucoup de lois pour le blé et le vin.On n'en a pas fait pour les céréales secondaires, ni pour les produits maraîchers et potagers, ni pour la basse-cour.L'organisation corporative ne doit pas répéter l'erreur parlementaire.Elle ne doit pas connaître les seuls produits « électoraux ».Tout ce que la terre donne ou nourrit doit l'intéresser.J'avais pensé résumer ce projet de loi, mais dans un livre récent : Un régime corporatif pour l'agriculture, par Jjouis Salleron, que je viens de lire, les dernières pages, qui en sont la conclusion, contiennent l'essentiel de ce projet de loi.Je ne saurais mieux le présenter qu'en transcrivant ces pages à l'usage de vos lecteurs, si vous voulez bien les leur offrir.A considérer l'histoire de la France, soit ancienne, soit récente, on discerne deux tendances divergentes et également fortes de sa structure sociale : une tendance de centralisation administrative et une tendance de liberté locale, lement de la personne, se termine à Peut-être chacune de ces deux ten-1 acte.dances est-elle entretenue par l'autre.La corporation moderne doit éviter En tout cas, il semble qu'on puisse sa-l'erreur de la corporation d'ancien ré- tisfaire également à l'une et à l'autre, gime (du moins à son déclin), qui était tout en corrigeant les excès de chacune, trop fermée aux personnes.Elle doit en axant l'Agriculture française sur la être ouverte.Mais elle doit éviter Ter- corporation régionale de manière que reur du libéralisme qui laisse toute lati- ce soit à ce plan que se fasse la ren-tude à chacun d'exercer n'importe corn- contre de l'Etat et de l'association ment, n'importe quelle activité.Elle fessionnelle.doit être close.corporation générale, unitaire, qui serait, pour l'ensemble de la France, la corporation agricole.Comme nous refusons un système corporatif par produits ou par classes, comme nous proclamons l'unité organique de l'agriculture, le problème est, en effet, posé de savoir s'il doit y avoir une seule corporation agricole.A la vérité, ce n'est qu'une question de convention.On peut, si Ton y tient, appeler « corporation agricole » l'organe national qui exprimerait la représentation de tous les intérêts agricoles.On peut également, — et dans l'alternative ce serait préférable, — étendre le nom de « corporation » à tout groupement, quel qu'il soit; mais la corporation, dans notre esprit, c'est une certaine catégorie de personne morale propre au régime corporatif, au sens où nous avons précisé, plus haut, ce qu'il faut entendre par « régime corporatif ».En quoi, demandera-t-on, la corporation se distinguera-t-elle donc du groupement professionnel actuel ?Elle s'en distinguera conformément à la nature du régime corporatif par le fait que la volonté d'association de ses membres sera confirmée par la reconnaissance de l'Etat quant à sa compétence; tout le pouvoir qu'elle tiendra de la délégation de ses membres ou de ses électeurs sera multiplié par le pouvoir qu'elle de la délégation d'un Etat qui se veut souverain mais non pas omnipotent.Juridiquement, la corporation épuise toute la notion de la personnalité morale, telle que l'ont construite la doctrine et la jurisprudence; mais tandis que la personne morale, dès l'instant qu'elle origine dans le contrat, ne peut obliger que les contractants, la corporation, née du contrat, a vocation à régler toute activité analogue à celle qu'exercent propres membres.La loi contractuelle, née de la personne, se termine à la personne.La loi corporative, née éga- f pro- La corporation régionale serait ainsi Un droit ouvert quant aux per- à la fois le soutien et la limitation de sonnes, un droit clos quant aux la liberté d'association au-dessous et au-actes, tel doit être le droit corpo- dessus d'elle.Rempart contre la ty-ratif.rannie étatique et rempart contre l'anar- chie libérale, elle favoriserait l'initiative et la concurrence privée tout en y fixant un terme; elle soulagerait aussi l'Etat de tâches qui ne sont pas siennes et EmüsipHü ciales actuellement en vigueur.Ces „ associations demeurent ce qu'elles sont ,, (")n nous “ira peut-être qu'en fixant aujourd'hui,—quitte à perfectionner la essentiel d'une organisation corpora-législation, ce qui est urgent dans beau- îiv?au p^an régional nous négligeons coup de cas.Le contrat fait la loi des e.*¦ 9ue ^es grands problèmes écono-parties et ne fait la loi que des parties, uniques son*: aujourd'hui des problèmes A un certain stade régional (à déter- nationfux' Nous ne l'ignorons pas, mais prédominance de représentation terri- j° S régionales possibles.Le jour ou est îSdœrrss! mm que ce un office interprofessionnel du blé, alors qui importe au premier chef, ce n'est pourraient être conclues des pas le stade national, c'est le stade ré- , V,* 3° Le lait social La terre et l'homme ne font qu'un.Mais le travail de l'homme est plus ou moins étroitement impliqué dans la fécondation de la terre.L'organisation corporative doit comprendre tous ceux qui sont intéressés à la richesse du sol : propriétaires exploitants, propriétaires fonciers donnant leur terre à bail, fermiers, métayers et salariés.Chacune de ces catégories sociales doit songer à ses intérêts propres.Mais les unes et les autres doivent songer à l'intérêt commun.Cet intérêt commun est évident.Les fermiers, par exemple, ont avantage à la diminution générale des baux.Mais celle-ci tend à provoquer un mauvais entretien des bâtiments et une diminution de la valeur de la terre, dont le contre-coup est finalement une diminution de la valeur des produits.De même les salariés ont avantage à l'augmentation générale des salaires, mais celle-ci tend à provoquer l'équipement industriel des fermes ou le travail purement familial, ce qui rend l'accession de l'ouvrier à la ferme ou à la propriété d'autant plus difficile et accroît la désertion des campagnes.Donc, au delà des intérêts nécessairement opposés, il y a l'intérêt supérieur de la terre, dont la prospérité générale fait la prospérité de chacune des classes considérées, si tant est qu'on puisse parler de classes.La structure de l'organisation corporative se dessine ainsi exactement.r v na- recevra / Y a son Mais il faut bien considérer ses 1 conven- • i v - — ¦ ‘ions collectives entre l'agriculture et gional.En effet, le stade national est 1 industrie.Dans l'état actuel des choses, on conçoit que de telles réalisations sont impossibles ou conduisent au pur étatisme.Le communisme hors la loi Il va de soi, d'autre part, que les pouvoirs dont disposeraient les 4° Le fait collectif corporations auraient pour contre-partie des charges économiques et sociales.Tout l'enseignement professionnel, toute l'éducation des cultivateurs au point de de l'hygiène, de l'entretien des fermes, etc., serait de leur compétence au même titre que l'assurance, la prévoyance, la répression des fraudes, la réglementation économique, etc.Toute la discipline professionnelle est, au premier chef, une fonction corporative.Par les droits qui lui sont accordés aujour-d hui, le syndicalisme annonce les obligations de la corporation de demain.Tous les groupements professionnels du syndicalisme, de la coopération, de la mutualité, ont leur place naturelle dans une organisation corporative.Ne constituent-ils pas, dès aujourd'hui, les cadres précorporatifs de l'agriculture française ?Il est inutile d'insister ce point.Le Parti communiste est anticanadien.Le Parti communiste relève d’ étrangère.Le Parti communiste répand des idées subversives et défaitistes.Il faut le dissoudre comme a fait la France dans un geste sauveur.-— L’ORDRE NOUVEAU - une puissance vue if- sur On peut nous demander, cependant, si nous concevons ces groupements comme des « corporations » ou s'ils doivent eux-mêmes s'intégrer dans r une ¦ 2 (18) 5 décembre 1939 La famille menacée dans notre jeunesse en chômage Décret de dissolution des organisations communistes en France UNE PÉTITION EN FAVEUR DES JEUNES La parole du Pape On sait avec quelle maîtrise apostolique S.S.Pie XI, de regrettée mémoire, a traité le problème de la famille dans ses deux immortelles encycliques Casti Connubii sur le mariage chrétien et Divini illius Magistri sur l'éducation chrétienne de la jeunesse.Sa Sainteté Pie XII, dès sa première encyclique donnée récemment au monde catholique (Summi Pontilicatus), rappelle, dans un émouvant paragraphe, les droits inaliénables de la famille chrétienne et la grande détresse dans laquelle de nos jours elle menace trop souvent de sombrer.« Nous avons devant les yeux, en douloureuse évidence, les périls qui, Nous en avons peur, pourront dériver pour cette génération et pour les générations futures de la méconnaissance, de la diminution et de l'abolition progressive des droits propres de la famille.Aussi Nous dressons-Nous comme le ferme défenseur de ces droits, en pleine conscience du devoir que Nous impose Notre ministère apostolique.Les difficultés de Notre époque, aussi bien extérieures qu'intérieures, matérielles ou spirituelles, les multiples erreurs avec leurs innombrables répercussions, nul ne les ressent plus amèrement que la noble petite cellule familiale.Un véritable courage, et, dans sa simplicité, un héroïsme digne d'admiration et de respect sont souvent nécessaires pour supporter les duretés de la vie, le poids quotidien des misères, les indigences croissantes et les restrictions dans une mesure jamais core expérimentée et dont souvent ne voit ni la raison ni la réelle nécessité.« Ceux qui ont charge d'âmes, qui peuvent sonder les coeurs, connaissent les larmes cachées des mères, A l'honorable Adélard Godbout, Premier Ministre et ministre de l'Agriculture et de la Colonisation, Hôtel du Gouvernement, Québec.Article premier.— Est interdite, sous quelque forme qu'elle se présente, toute activité ayant directement ou indirectement pour objet de propager les mots d'ordre émanant ou relevant de la III' Internationale communiste ou d'organismes contrôlés en fait par la III' Internationale.Art.2.— Sont dissous de plein droit le parti communiste (S.F.I.C.), toute association, toute organisation ou tout groupement de fait qui s'y rattache et tous ceux qui, affiliés ou non à ce parti, se conforment, dans l'exercice de leur activité, à des mots d'ordre relevant de la III" Internationale communiste d'organismes contrôlés en fait par cette III" Internationale.Des arrêtés du ministre de l'intérieur feront connaître, en tant que de besoin, les conditions de liquidation des biens des organismes dissous.Art.3.— Sont interdites la publication, la distribution, l'offre, la mise vente, l'exposition aux regards du public et la détention, en vue de la distribution, de l'offre, de la vente ou de l'exposition, des écrits, périodiques non, des dessins et, d'une façon générale, de tout matériel de diffusion tendant à propager les mots d'ordre de la III' Internationale ou des organismes qui s'y rattachent.Les peines Art.4.— Sans préjudice de l'application des dispositions du décret du 29 juillet 1939 relatif à la sûreté extérieure de 1 Etat, les infractions au présent décret sont punies d'un emprisonnement d un an à cinq ans et d'une amende de 100 a 5,000 francs.Les peines prévues a l'article 42 du Code pénal pourront être prononcées par le tribunal.Art.5.— Le présent décret est applicable à l'Algérie et aux colonies.Art.6.— Le présent décret, qui trera immédiatement en vigueur, sera soumis a la ratification des Chambres dans les conditions fixées par la loi du 19 mars 1939.Art.7.— Le président du Conseil, les ministres de la Défense nationale, de la Guerre, des Affaires étrangères, le vice-président du Conseil, les ministres des Finances, de l'intérieur, de la Marine militaire, de l'Air, des Travaux publics, du Travail, de l'Agriculture, le garde des Sceaux ministre de la Justice, les ministres de l'Education nationale, du Blocus, des Anciens combattants et Pensionnés, de l'Armement, de la Marine marchande, du Commerce, des Colonies, des Postes, Télégraphes et Téléphones, de la Santé publique, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.la douleur résignée de tant de pères, les innombrables amertumes, dont statistique ne parle ni ne peut parler, ils voient d'un oeil soucieux y accroître sans cesse cette masse de souffrances, et ils savent comment les puissances de bouleversement et de destruction sont aux aguets, prêtes à s'en servir leurs ténébreux desseins.» Et le Saint-Père, parce qu'il n'y a plus guère que l'Etat pour faire face à un problème d'une telle ampleur, n'hésite pas, tout en marquant les limites nécessaires de son intervention, à reconnaître aux pouvoirs publics des ponsabilités accrues.« Nul homme doué de bonne volonté et ayant des yeux pour voir ne pourra refuser à l'autorité de l'Etat, dans les conditions extraordinaires où se trouve le monde, un droit plus ample aussi qu'à l'ordinaire et proportionné aux circonstances pour subvenir aux besoins du peuple.» encourues aucune pour en- res- ou en Un écho canadien Un écho à la parole du Pape a retenti au Canada français sous la forme d'une « pétition en faveur des jeunes ».Des centaines de Ligues du Sacré-Coeur l'enverront au nouveau premier ministre de la province de Québec afin de lui faire savoir que dans l'opinion de dizaines de milliers de citoyens, le problème de notre jeunesse en chômage est le plus angoissant de tous et celui qui réclame la solution la plus immédiate.ou La collaboration entre les pouvoirs publics.(Suite do la première page) C'est un document d'une plénitude remarquable qu'il faut lire, relire, méditer : reflet fidèle d'une situation si grave qu'elle menace d'hypothéquer d'une façon irrémédiable l'avenir chrétien et français de notre groupe ethnique, du Canada entier.juillet 1938 en- sur l'organisation générale de la nation en temps de guerre stipule que les représentants des organisations professionnelles sont requis de seconder les autorités de l'Etat chargées de la direction et du contrôle de l'économie nationale.forcés, ils subiront sans doute des modifications pour être adaptés aux nécessités de la guerre.C'est ainsi par exemple que les Etats, en vue d'assurer la régularité et la stabilité du travail, feront très probablement de sérieux efforts pour généraliser l'établissement de conventions collectives.La conclusion de ces accords ne pourra sans doute plus être laissée entièrement à la seule initiative des intéressés, mais sera rendue obligatoire, au moins dans les entreprises intéressant la défense nationale.De plus, les conventions collectives tendront à acquérir une portée aussi générale que possible et seront souvent appliquées d'office à tous les employeurs et à tous les travailleurs de l'industrie ou de la profession visée par la convention.Les procédures de conciliation et d'arbitrage subiront des transformations du même ordre.En effet, il est à présumer que les parties renonceront volontairement aux moyens de pression syndicale tels que la grève et le lockout, et que des procédures de conciliation et d'arbitrage devront être instituées, du moins dans les industries intéressant la défense nationale.La procédure elle-même sera simplifiée à l'extrême, et tant l'obligation de recourir à la conciliation et à l'arbitrage que l'obligation d'accepter les arrêts rendus seront sans doute pénalement sanctionnées.Nul doute, d'ailleurs, que la réglementation des conditions de travail sera d'autant plus stable — et par là même la résistance économique de la nation d'autant plus forte — qu'elle sera le résultat d'une collaboration librement consentie de tous les éléments concourant à la production nationale.on f ceux i En Grande-Bretagne, une loi toute récente du 21 septembre 1939, qui donne au ministre du Travail le pouvoir de contrôler la répartition de la main-d'oeuvre disponible entre les diverses industries et les diverses entreprises, en tenant compte des besoins de la situation, fait au ministre une obligation, avant de prendre un arrêté, d'en soumettre le projet à une commission désignée par lui et comprenant un président et des représentants en nombres égaux des organisations de travailleurs et d'employeurs.Au cours de la discussion de cette loi, à la Chambre des Communes, le ministre du Travail a déclaré que le gouvernement avait le désir « de jouir de la pleine confiance des employeurs et des travailleurs pour tout ce qui touche aux questions industrielles » et qu'il entendait d'une manière générale consulter les organisations patronales et les organisations ouvrières pour toutes les affaires intéressant les relations industrielles en temps de guerre.C'est d'ailleurs un fait que les pays en état de guerre ou de mobilisation ont maintenu les diverses procédures de négociations collectives des conditions de travail et que, lorsque l'Etat intervient par voie de règlement d'autorité pour fixer des salaires et des conditions de travail, il se réfère très fréquemment au contenu des conventions collectives existantes ainsi qu'aux procédures de conciliation et d'arbitrage.Mais si les systèmes des conventions collectives et de la conciliation et de l'arbitrage sont maintenus et parfois ren- v;?; t t Monsieur le Premier Ministre, i Le Conseil de la Ligue du Sacré-Coeur de la paroisse de X.a ïhonneur de solliciter de votre gouvernement une politique familiale et sociale adaptée a nos familles nombreuses et à notre province relativement peu peuplée.Au nom de nos (100 ou 1,000) Ligueurs, pères de famille ou jeunes gens désireux de fonder un foyer, nous prenons la liberté de vous demander les mesures nécessaires à la décentralisation des centres peuplés au profit des nouveaux centres à créer par la transplantation des hommes sans ouvrage aux territoires qui donneront de l'ouvrage et de la richesse.Notre province compte 900,000 garçons et filles de 15 à 38 richesse humaine que l'inaction tourne en pauvreté, mais qu'une heureuse canalisation vers les possibilités de terres, de mines et de domaines que le Créateur met à notre portée tournerait en conquérants au profit de notre peuple et de notre Eglise.Dieu qui donne la famille nombreuse nous donne aussi un territoire magnifique où l'établir, où créer des centaines de paroisses et plusieurs diocèses, dans un splendide effort d'Action catholique et sociale.Ce sera la manière constructive de lutter contre la démoralisation et le mécontentement favorables au communisme.Nos 75,000 jeunes gens qui sortent chaque année des écoles, et qui ne voient aucun avenir pour eux dans leurs vieilles paroisses, cherchent en vain des positions du gouvernement ou de ï industrie.Ils se démoralisent, perdent leur temps et ces qualités de race qui pourraient donner des résultats si on les utilisait à une entreprise conquérante.Au simple point de vue argent, il se perd dans Québec 200,000 journées de travail par jour, un demi-million, plus de cent milliards par année, qu'on laisse là à côté des forêts qui empêchent les fermes de naître, des mines qui dorment sous terre et de la houille blanche qui coule à rien dans nos chutes inexploitées.On blâmerait un particulier de ne pas utiliser toute sa terre, de ne pas sortir l'or de sa mine, de perdre des milliers de tonnes de charbon : n'est-ce pas ce que la province néglige depuis toujours en n'utilisant pas ses richesses à elle, qui donneraient de l'aisance à ses chômeurs ?t f sur- ans : Y 7 Y I ( I Nous demandons instamment que votre administration consacre au Notre Ligue du Sacré-Coeur a confiance qu'on ne regardera pas à la plus tôt un immense effort de mise en valeur de notre race par notre sol, question de budget, aux millions placés sur la richesse à venir, puisqu'il et de notre sol par notre race.Les Sociétés diocésaines pourraient re- s'agit du salut de notre peuple, dans tous les domaines, et que « le salut cruter des milliers de colons; le budget pourrait placer sur l'avenir, et les du peuple est la loi suprême ».inventions modernes devraient motoriser cette conquête aussi, d'après une méthode imitée de Mussolini.Nos familles des villes elles-mêmes en tireront profit, car d'autres villes surgiront, et des industries, du commerce, des habitations de familles.Agréez, Monsieur le Premier Ministre.X La réalisation canadienne ! Tâche gigantesque ?Sans doute.Voilà précisément pourquoi la pétition, faisant à nos chefs politiques l'honneur de les croire des hommes d'Etat, ne de- La parole du Pape, cet appel émouvant des aînés en faveur de leurs frères En résumé, donc, Monsieur le Premier Ministre, nous vous deman- plus jeunes que la vie traite plus dure- dons une grande et haute politique, chrétienne et sociale, qui sauve notre ment qu'eux-mêmes, réclament, en guise jeunesse en ï utilisant; qui accroisse notre domaine national et catho- de réponse, autre chose que des paroles mande rien moins qu une « grande et lique; qui prévienne les mauvais ferments et les mauvais coups; qui con- et des promesses, autre chose que du haute politique, chrétienne et so- tinue nos qualités anciennes et notre mission de précurseurs, et qui prévoie papier, mais des faits, des réalisations, dale » qui soit à la mesure de l'en- l'après-guerre.comme Ton dit.r treprise.' 5 décembre 1939 L’ORDRE NOUVEAU - (19) - 3 Service bibliographique — Les causes profondes -de la guerre L’éducation des adultes.Livres anglais sur le corporatisme (Suite de la première page) au moins 40,000 personnes pour faire vivre une bibliothèque régionale avec un coût annuel de $25,000.Ces bibliothèques régionales, maintenant répandues dans la Nouvelle-Ecosse et dans d'autres provinces anglaises, contrôlent de nombreux centres locaux qui constituent comme autant de petites bibliothèques de 1,000 volumes chacune.Radio-Canada a rendu de signalés services pour rompre cet isolement de notre population canadienne, grâce à des séries de cours d'adultes émis chaque année avec la collaboration des grandes organisations d'éducation des adultes.C'est surtout dans la province d'On- Mais, cela posé, de même que la tario que ces organisations sont les plus cause fondamentale de l'Empire fran-nombreuses et les plus prospères.gais n'a pas été Napoléon, mais la révo- Signalons particulièrement les col- lution française, la cause fondamentale lèges de frontières fondés à Toronto par de la présente guerre, c'est bien plus le révérend Alfred Fitzpatrick.Cette qu'Hitler, bien plus que l'Allemagne : organisation, qui s'est développée dans l'immense révolution économique qui a les camps forestiers mais qui pousse commencé à submerger le monde il y aussi ses activités parmi les mineurs, les pêcheurs et les travailleurs des chemins de fer des huit provinces, tente de résoudre le difficile problème de l'assimilation des étrangers.Plus de 30,000 ouvriers immigrants ont déjà profité, depuis 1900, des cours de cette organisation, qu'on surnomme parfois « l'université en salopettes ».Une autre organisation, originaire de Toronto mais qui se ramifie présente- S'il n'y avait pas eu, en Allemagne, ment dans les milieux anglais de la pro- g millions de chômeurs en 1934, Hitler vince de Québec et des autres provinces n'aurait pas pris le pouvoir, et il n'au-anglaises : « 1 Association Canadienne rait pas pu en faire 6 millions de sol-pour l'éducation ouvrière », tend de plus dats et de munitionnaires.en plus à atteindre les travailleurs organisés.En 1932, plus de 80 pour cent des 12,000 étudiants adultes qui en suivaient les cours étaient syndiqués.L'Association canadienne pour l'éducation des adultes, qui a son siège central à Toronto, tente plutôt de résoudre le problème de la coordination des différentes formes d'éducation des adultes en cours dans tout le Canada.A l'heure actuelle, plus de trente sociétés se sont affiliées à cette association, ce qui porte à 125,000 le nombre des adultes qui dépendent de cette association pour l'organisation de leurs cours.1 RÉFLEXIONS D’UN INDUSTRIEL On nous demande de signaler des publications anglaises sur la doctrine corporative que l'on pourrait recommander à des amis de langue anglaise.Le corporatisme dont nous souhaitons l'avènement dans notre province est, il ne faut pas l'oublier, un aménagement économico-social de la société, et comme tel il s'adresse indistinctement aux Anglo et aux Franco-Canadiens, aux protestants et aux catholiques.L'élément anglais de la province, par sa collaboration ou son opposition, peut beaucoup pour hâter ou retarder l'essor du mouvement corporatif chez nous.C'est donc un apostolat social des plus utiles, pour ceux que la vie met en contact avec la minorité anglaise, d'y diffuser les idées corporatives.Signalons aujourd'hui deux livres.Le premier est un remarquable commentaire de toute l'encyclique Quadragesima anno.Vingt-neuf courts chapitres, qui, sous une forme alerte et moderne, traitent chacun d'un point particulier de la doctrine sociale de la grande encyclique.Les dix derniers chapitres (plus de 100 pages) exposent la doctrine corporative et abordent de front les problèmes qu'elle soulève : démocratie, législation, réglementation de la production, etc.Le volume s'intitule The Pooe's Plan for Social Reconstruction, par Charles Bruehl (Devin-Adair, New-York, 1939, 350 pages, $3.00).Ce livre, écrit par un catholique, se présente pour ce qu'il est : un commentaire de la parole du Pape.Le titre n'en fait pas mystère.Les protestants, facilement en défiance à l'égard de ce qui est Popish surtout en ce domaine, s'accommoderont sans doute mieux des trois lumineuses conférences de Sir Arthur Salter, qui tiennent en un petit volume de 60 pages (The Framework of an Ordered Society, MacMillan, New-York, 1933, $0.75).Il n'y est question ni du Pape, ni des encycliques, ni de corporatisme.Mais l'éminent sociologue anglais, en dessinant les grandes lignes de l'ordre nouveau qu'il faut de toute nécessité édifier sur les ruines d'un libéralisme périmé si l'on veut sauver les essentielles valeurs et libertés humaines, rejoint à peu près la pensée de Pie XI., Le secret du salut ?Un ordre « institu- France, c est presque partout dans le , tionnel » qui se discipline lui-même à monde, que se manifeste ce desarme- 6 j Pour amener le monde à l'état de guerre, il suffit aujourd'hui qu'un peuple — ou simplement son chef, — se sentant très fort, un jour de colère, ait envie de frapper et croie pouvoir le faire sans grand risque pour lui.L'humanité civilisée est actuellement forte de milliards de chevaux de force inutilisés.Elle n'a pas su les organiser, les employer pour le bonheur des hommes : elle les emploie pour leur malheur.Un industriel parisien donnait récemment au Petit Démocrate une intéressante communication en marge de la guerre.Après avoir signalé comme la cause n° 1 de la guerre : Hitler, et comme la cause n° 2 : T Allemagne, il continue : .L’absence de la loi morale 4 Mais il y a, à la guerre, une autre raison de fond.L'homme est véritablement désemparé.Il est en train de perdre toute foi et toute loi.La civilisation mécanicienne, en donnant à l'homme une vie artificielle, l'a comme retranché de la vérité.Il n'a plus, pour vivre, à lutter, à vaincre, à faire effort.Sa vie de tous les jours est devenue tellement arbitraire que le besoin d'une loi morale, momentanément, ne s'impose plus à lui.Dernièrement, nous avons demandé à une de nos assistantes sociales, qui s'occupe particulièrement des enfants, d'essayer de se rendre compte de ce qu'étaient, dans la banlieue de Paris, les enfants de 8, 10, 15 ans : la plupart n'ont même pas idée de ce que le mot « Dieu » signifie, mais ils n'ont pas davantage l'idée de « Patrie », ni du bien, ni du mal.Certains savent pas mal de choses : compter, écrire, et même penser d'une certaine manière, mais personne ne leur a donné l'idée d'une obligation envers soi-même.Leur papa et leur maman travaillent, partent très tôt le matin, rentrent tard, et, chaque jour, de 4 à 6 heures, les enfants jouent dans la rue, livrés à eux-mêmes, et comme abandonnés.Ils parlent de manger, de dormir, de sport, bicyclette, foot-ball, tour de France.Tout idéal disparaît.On voit à peine les parents; on ne parle pas de morale à l'école, ou, si Ton en parle, c'est trop souvent avec une tendance qui la nie.a dix ans, qui a débuté par le krach américain de 1929, s'est continuée par la révolution sociale française de 1936, et s'est poursuivie par la mainmise d'Hitler sur l'Europe centrale en 1938.Hitler lui-même n'est qu'une conséquence.Le monde a toujours eu de grands aventuriers en réserve : l'Allemagne a toujours été une caserne pleine et prête.# fi ¦ : ?fl \ S'il n'y avait pas eu, en Allemagne, des milliards de chevaux de force tout installés et inemployés, Hitler n'aurait pas pu, en quatre ans, construire l'aviation la plus forte du monde et une armée mécanisée faisant de lui un véritable loup au milieu de moutons.Imaginez, du reste, ce que serait aujourd'hui le monde si, même sans croire à la guerre, la France — comme par atavisme — n'avait pas gardé son armée.L'Allemagne régnerait de Gibraltar à la Finlande, d'Anvers à Salonique.L'Amérique commencerait peut-être à comprendre que sa frontière, à elle aussi, est sur le Rhin.X Les universités anglaises et surtout les universités de l'Ontario participent très activement à l'organisation de l'éducation des adultes.Voici quelques sujets de cours donnés aux adultes de l'Extension Universitaire de Toronto : 1° psychologie; 2° situation internationale; 3° problèmes économiques du jour; 4° comment nous sommes gouvernés; 5° l'air liquide; 6° le chômage; 7° la musique, 8 la monnaie; 9 1 art; 10 1 hy- En 1900, mon père, Français moyen, giene de la machine humaine; 11 les petit artisan, n'avait dans son atelier fondateurs de 1 Ontario; 12 1 horticul- encore aucun outillage mécanique, au-*ljre- , es* dans 1 Ontario que les cours cune machine.Il n'avait à sa disposi-d adultes ont atteint la plus haute valeur tion que ses forces corporelles, ses scientifique, a cause sans doute du ma- muscles.Il n'était pas plus fort que gnifique développement de l'instruction l'homme des cavernes et, au maximum de cette province.^ de son effort, toute sa force représentait Mais la Nouvelle-Ecosse peut a juste un dixième de cheval.titre se glorifier de posséder le plus dynamique mouvement d'éducation des adultes du Canada, grâce au magnifique esprit social de l'Université Saint-François-Xavier d'Antigonish.Le livre du P.Coady sur le Mouvement d1 Antigonish démontre le magnifique effort d'adaptation qu'il a su développer, en même temps que ce réveil des forces populaires qu'il est à organiser en vue d'une démocratie vraiment économique et politique.L'intérêt du mouvement d'Antigonish ne consiste pas surtout dans ses réalisations, qui sont d'ailleurs remarquables ! Mais ces forces, nous ne savons pas étant donné l'état moral et économique employer, nous ne savons pas les de cette population; il est dans l'esprit distribuer.Plus nous produisons, moins nettement social et canadien qui l'anime, j:ous distribuons de salaires, plus nous dans cette mystique de coopération entre faisons de sans-travail, c est-à-dire de l'université et le peuple pour une éco- pauvres, c est-à-dire aussi de soldats nomie plus juste et mieux distribuée.P°ur les aventuriers.Cette conversion de l'université qui L'Angleterre est en guerre.Si, le abandonne son isolement bourgeois soir, les villes n'étaient pas si sombres, pour aider le peuple à sortir de sa personne ne s'en apercevrait.Que misère et à vivre plus intensément de comptent pour l'Angleterre les 158,000 l'esprit est sans doute le plus grand fait hommes envoyés en France, le million social canadien du XX siècle.de mobilisés ?Elle avait, il y a quelques En fin de compte, l'éducation des années, 4 ou 5 millions de chômeurs, et adultes qui s'attache de préférence au elle a peut-être encore, malgré groupe s'avère une technique capable bilisation, plusieurs centaines de milliers de faire triompher le progrès humain de chômeurs.sur l'individualisme moderne.Peut- L'Amérique elle-même, avec ses 10 etre reste-t-elle la meilleure solution au millions de chômeurs, ses usines au ra-chomage qui peut être vaincu par un lenti, sera bien obligée, d'une manière nouvel esprit de coopération.: ou d'une autre, d'entrer dans la Le double désordre, matériel et moral, qui règne dans le monde La vraie cause de la guerre, c'est le double désordre matériel et moral qui, depuis dix ans, règne dans le monde, et qui, même bien avant, avait déjà commencé ses ravages.% Mais ce n'est pas seulement en , tous les plans de la société, sous la ment moral general.G est en Angle- haute direction d'un pouvoir politique terre, c est aux Etats-Unis.Partout l'homme peut vivre sans ressort, sans renforcé, libéré de charges qui dé-TM i passent de plus en plus sa compétence fatigue, sans peine.L homme des villes ej- désormais confiées à des organismes a coupe tout lien avec la nature; il ne ge coordination économique, sait meme plus quand le soleil se lève j ou se couche.Il vit dans le monde comme en dehors du monde, et sans subir sa loi.L'univers se résume pour chacun à soi-même.L'égoïsme fait plus que de régner, il est tout.Où donc est le temps des croisades, où un simple frère prêcheur trouvait, parmi les manants, assez de coeur pour les emmener en guerre où rien d'eux n'était en question ?Où est le temps des cathédrales construites par des communautés d'hommes sans salaire, où le maçon apportait son auge et sa truelle et maçonnait, le tailleur de pierres son burin et burinait?Les femmes et les enfants eux-mêmes, depuis la carrière jusqu'au chantier, traînaient les lourdes pierres ! : i 1 I Pour alimenter vos lectures Pour réunir une documentation utile Pour vous renseigner sur les questions actuelles Or, Fortune, le grand illustré américain, dans un de ses récents numéros, affirme qu'à New-York, pour 7 millions d'habitants, il y a 1 milliard 200 millions de chevaux de force installés, soit près de 200 chevaux par individu (homme, femme, enfant).En trente ans, l'humanité a fait un bond de puissance qui n'avait jamais été fait, qui représente en réalité des milliers d'années.Mécaniquement, il y a plus de différence entre mon père et moi qu'entre l'homme des cavernes et lui.\ Abonnez-vous aux brochures mensuelles de A L’ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE i i 32 pages $1.50 l'abonnement Avez-vous payé votre réabonnement à (( l’Ordre nouveau )) ?Avez-vous recruté un nouvel abonné ?i Aucun peuple ne peut vivre sans foi.Il n'y a pas de foi sans Dieu.La cause profonde de la guerre, c'est ' ' cela.La civilisation mécanicienne, en ramollissant les muscles, a ramolli les coeurs, et l'homme sans foi ne sait pas à quoi se rattacher.Les forces im- 1 menses sont là.L'homme n'a pas su vaincre ses préjugés pour les utiliser, il n'a pas su garder une loi morale.Un aventurier a trouvé à sa disposition des forces presque sans limites, et devant lui un monde sans foi, Dieu, qui n'a même pas cherché à se défendre.La leçon est dure.Sachons en profiter.Puisque la faute est en nous, le remède y est aussi.I ! L’ORDRE NOUVEAU ?Bulletin bimensuel île doctrine et d’action sociale public par sa mo- sans Les Semaines Sociales et 1’Ecole Sociale Populaire \ Direction: 1961, rue Rachel Est Administration : 4260, rue de Bordeaux * MONTRÉAL guerre.Le numéro: 5 sous; l’abonnement: $1.00 (20) - L’ORDRE NOUVEAU 5 décembre 1939 11 IMPRIMERIE OU MESSAGER, MONTREAL
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