L'ordre nouveau, 20 décembre 1938, mardi 20 décembre 1938
LORDRE NOUVEAU Un monde s’écroule, un ordre nouveau s’élabore.11 faut que les catholiques laissent mourir ce qui doit passer et qu'ils aident à créer ce qui mérite de vivre.— LES ÉVÊQUES DE FRANCE.ORGANE DES SEMAINES SOCIALES Prix: 5 sous; l'abonnement : $1.00 Montréal, 20 décembre 1938 TROISIÈME ANNÉE, No (, «Soyez parfaits, vous autres, comme le Père du ciel.» Pour l’Action corporative La declaration de 1 Action corporative publiée le 3 décembre dernier a été bien accueillie.La plupart des quotidiens l'ont reproduite avec son préambule, quelques-uns 1 ont favorablement commentée.Des groupes régionaux ont déjà envoyé leur adhésion et demandé qu'on veuille bien les affilier.Ils suivront le programme qui leur a ete trace et travailleront de concert avec le groupe de Montréal à l'établissement graduel de l'organisation corporative.L'Ordre nouveau servira d organe a ces groupes.Il leur fournira les renseignements qui pourraient leur etre utiles et les tiendra au courant des progrès de l'organisation.Signalons aussitôt un article publié par M.Edmond Turcotte dans le Saturday Night du 10 décembre.L'auteur a peut-être pour excuse qu'il n'avait pas lu alors notre déclaration parue le 3 du même mois.Mais parler de l'Action porative comme opposée a la démocratie, comme orientée vers l'établissement d un Etat autoritaire, comme dénuee de tout programme déterminé, c'est tromper, sciemment ou non, ses lecteurs.« A la suite de telles malpropretés commises par les nôtres, écrit au sujet de cet article M.Eugène L'Heureux, il ne faut pas s'étonner de ce que la véritable bonne entente — celle qui repose sur l'estime et le respect mutuels soit aussi difficile en ce pays.Comment reprocher aux anglo-protestants de ne pas nous aimer, quand des hommes de notre race, gratuitement ou moyennant finance, vont chez eux nous peindre avec les couleurs les plus propres à les révolter contre nous, en même temps que les plus irréelles ?» Réflexions sur une crèche par le R.P.Robert Fortin, S.S.S.Au matin de l'ouverture du Congrès Eucharistique National de Québec, en juin dernier, — face au micro, face à la foule innombrable, face au ciel radieux, — S.Exc.Mgr Gauthier sculptait en paroles vibrantes et nettes les fortes idées suivantes : cor- II reste que le changement social promis au monde par tant de messies ne peut venir que de notre changement personnel.Notre tort est d'attendre tout des autres et rien de nous-mêmes.C'est sera parce que nous nous serons, avec la grâce de Dieu, transformés tout d'abord que le monde changé.C'était répéter à la suite du Pape, de l'Eglise, de la Tradition, du Christ lui-même que nous devons être des saints, des vrais dans toute la force du mot et de l'idée, si nous voulons sincèrement transformer, sauver, sanctifier le monde.Agir authentiquement sur lui, plutôt que d'être agis par lui.Créer un véritable « ordre nouveau » par le renouvellement des individus, en commençant par chacun de nous; re-nés par le baptême et la pratique vécue concrètement de exigences en tous les details, même les plus menus, de l'existence quotidienne : personnelle, familiale, sociale.Autrement, l'Action catholique ?Des cadres et un simoun de mots !.A la suite de tous ses prédécesseurs, les derniers papes en particulier, Pie XI, plus instamment et plus souvent qu'eux tous, a répété dans la plupart de grandes encycliques, sociales entre autres, le devoir inéluctable pour tous les catholiques d'etre des saints.Nous ne pouvons ici reproduire qu'un seul de ces textes de la plus haute autorité qui soit ici-bas.Il nous semble d'ailleurs le plus important, le plus fondamental, comme à la fois le plus clair.Lisez tranquillement : Tous ceux qui la (l'Eglise) reconnaissent pour guide et maîtresse, de par la volonté de Dieu, doivent s'efforcer de sanctifier leur vie.« La volonté de Dieu, dit saint Paul, est votre sanctification.» (/ 77m., IV, 5.) En quoi elle consiste, le Seigneur lui-même le déclare : « Soyez parfaits comme votre Père celeste est parfait.» (Matth., V, 48.) Que l'on ne s'imagine pas que seul un petit nombre de personnes très choisies est visé, comme si les autres pouvaient se contenter d'un degré de vertu inferieur.Cette loi oblige, c'est évident, absolument tout le monde, sans aucune exception, et d'ailleurs tous ceux qui ont atteint le faîte de la perfection chrétienne, — et ils sont presque innombrables, de tout age et de tout rang comme l'atteste l'histoire, — ont, comme les autres, été soumis à la même infirmité de la nature ou à affronter les mêmes dangers.C'est que, selon le mot remarquable de saint Augustin, Dieu ne commande pas l'impossible mais par son précepte avertit de faire ce que l'on peut et de demander ce que l'on ne peut pas *.» ses CROISADE DE PRIÈRES Le dernier mois a donné à notre croisade un élan des plus vigoureux.De presque toutes les communautés nous parviennent d'édifiants rapports.Une pieuse émulation s'est emparée des âmes.C'est à qui offrirait au bien-aimé Pontife les prières les plus nombreuses et les plus ferventes.Une seule maison de Montréal qui compte, il est vrai, un grand nombre de religieuses et plusieurs centaines d'hospitalisés, nous envoie une liste, — c'est la première, — où s'alignent ces beaux chiffres : 69,117 communions sacramentelles; 133,078 chapelets; 287,969 heures de travail; 1,373,121 prières diverses.Aussi quelle ses riche offrande le Canada déposera-f-il le jour de Noël, aux pieds de Jésus Enfant, pour que les désirs de Pie XI se réalisent et que la menace du communisme disparaisse à l'horizon du monde ! Voici le total des rapports reçus à date : Messes.Communions.Chapelets.Prières.Sacrifices.Heures de travail.Heures de souffrances Oeuvres diverses.465,425 .463,623 1,224,494 .5,899,637 .2,625,784 3,379,837 .699,951 .366,315 Pas d'échappatoires donc.Nul ne peut servir deux maîtres.Et voici par-dessus toutes les autres la parole souveraine, divine de Jésus : « Soyez parfaits, vous autres, comme le Père céleste est parfait.» (Matth., V, 18.) Les unions internationales et le communisme Le Maître suprême, Fils de Dieu fait homme pour nous enseigner, nous trer » comment des hommes peuvent et doivent vivre comme des dieux, parlait sur la montagne à toute la foule, aux deux sexes de toute condition, de tout âge — pour ceux et celles de tous les temps — donc pour nous aussi.Et II mandé : soyez parfaits.C'est-à-dire faits.Et faits complètement.Complets et réussis.Pas un peu.Pas beaucoup.Comme le Père du ciel.C'est un idéal ça.Le seul du chrétien.La seule mesure de sa taille.Il doit avoir cette ambition, cette fierté surhumaines, saintes, divines.Tout juste parce qu'entant de Dieu.Et qu'un enfant se doit de ressembler à son père, de le continuer.En même temps parce que frère de Jésus, « premier né d'une multitude de frères », selon la manière de parler de saint Paul.Ou encore, d'après le même, parce que membre d'un grand corps moral, mystique et réel, d'une grande société ou famille surnaturelle, — à la fois visible et invisible, — l'Eglise dont le Christ est le chef, la tête.dont les moindres membres doivent être dignes, recevoir l'influence, la direction, la vie, l'activité.Pour la transmettre ensuite aux autres membres qui leur sont subordonnés.En un mot, puisque, chrétiens, nous avons par le baptême une vie surnaturelle, celle de Dieu qui nous a été communiquée par le Verbe incarné, nous devons la vivre.Il serait aussi illogique et monstrueux pour un chrétien de vivre en homme seulement, même en humaniste parfait, que pour un être humain de vivre comme un animal.Et pourtant, hélas !.Le Fils de Dieu s'est fait l'enfant de Marie, l'Enfant Jésus, précisément pour nous « montrer » comment ça se vit une vie de Dieu dans un corps et avec une âme d'homme.Et nous l'avons vu de la crèche — par la boutique de Nazareth et les routes brûlantes de Palestine — jusqu'à l'agonie et la croix.« La folie (pas tout court mais celle de) la Croix.» Plus et mieux que tous, les saints ont compris cela.L'ont admis, accepté.En toute loyauté.Avec la grâce du Christ qui ne manque jamais, ils l'ont vécu en leur pauvre chair pantelante.C'est pour cela, pour ces exagérations (?) héroïques, que l'Eglise nous les donne en modèles.Que ceux qui savent un peu de théologie ou beaucoup de catéchisme méditent l'argument suivant.L'infaillibilité du Pape est engagée quand il canonise quelqu'un.Or il canonise ceux qui ont pratiqué, vécu jusqu'à l'héroïsme — en beauté et perfection — l'esprit et la lettre de l'Evangile interprété par l'Eglise, le discours sur la montagne, les Béatitudes.Donc.tout cela est canonisé concrètement toutes les fois que le Pape infaillible canonise quelqu'un.Les cadres restreints de cet article — que nous avons déjà fait éclater du reste — ne nous permettent pas de développer davantage ces idées essentielles.Cependant, nous avons là de quoi méditer, en ce temps de Noël, au pied de la crèche, au pied du Maître du monde, qui pour sauver ce dernier, — ce qui est une oeuvre d'Action catholique, — s'est fait homme, bébé d'un jour, petit pauvre, sur la paille, dans une étable.Avant d'expirer sur une croix.C'est toujours ainsi, d'après cette méthode, dans ce style, qu'on renouvellera les âmes, la société.Jamais, vous lisez bien, jamais autrement.« mon- a com- Dans un de ses derniers numéros, le Monde ouvrier rapporte que deux accusations furent portées contre les Unions internationales du Canada au récent congrès de la Fédération américaine du Travail dont elles relèvent et il s'efforce d'en montrer l'inanité.Au fait, il y eut trois accusations, d'après le correspondant de la Gazette.La troisième, celle dont ne parle pas le Monde ouvrier, c'est de se laisser noyauter par le communisme.Pourquoi la passe-t-on sous silence ?Et pourquoi aussi, puisque nous sommes sur ce sujet, le mémoire présenté le 15 décembre dernier au premier ministre du Canada et à ses collègues par les chefs de nos Unions internationales leur demande-t-il de s'opposer au fascisme et au nazisme mais ne dit pas un mot du communisme ?Le cinéma et les enfants L'excellent rapport du Conseil pédagogique de la Commission des Ecoles catholiques de Montréal, sur l'admission des enfants au cinéma public avant l'âge de seize ans, devrait mettre fin aux discussions qui se poursuivent sur ce sujet.Il exprime l'opinion d'hommes compétents, désintéressés et réalistes.En voici les conclusions : « Il ressort de cette étude que la loi doit rester ce qu'elle est et que le gouvernement doit prendre des mesures plus sévères pour en assurer l'observance.Que le cinéma pour les enfants doit se donner à l'école.Elle seule réunit les conditions très spéciales qu'il faut exiger : surveillance, choix judicieux des films, présentation moralement et intellectuellement fructueuse par la mise en activité de l'esprit des enfants, séances limitées dans leur durée et dans leur fréquence.Ainsi donné, le cinéma peut rendre de grands services.« Nous demandons donc à qui de droit de prendre en considération : « a) Que le bien général des enfants exige qu'on les tienne éloignés des salles publiques de cinéma; « b) Que les éducateurs doivent conserver le contrôle de l'enseignement par le cinéma sans que personne vienne compliquer leur travail en s'ingérant dans leur domaine; « c) Que la Commission des Ecoles catholiques de Montréal, connaissant bien le profit qu'il y a à tirer du cinéma au point de vue éducatif, s'est déjà, depuis quelques années, engagée dans cette voie, et qu'elle étudie actuellement les moyens de donner à cet enseignement tout le développement désirable; « d) Qu'en conséquence, l'admission des enfants au cinéma public, avant l'âge de seize ans, ne comblerait pas une lacune, mais créerait des complications dans le monde de l'éducation.« Il appartiendrait, semble-t-il, au Conseil de l'Instruction publique de prévoir l'organisation d'une cinémathèque à l'usage des Commissions scolaires.» Mais déjà une manoeuvre se dessine.La Gazette du 16 décembre annonçait qu'on taxerait le cinéma dans les écoles et surtout que l'opérateur devrait posséder un certificat spécial.Nous espérons que les autorités ne feront pas le jeu des étrangers qui contrôlent ici l'industrie cinématographique et veulent en rester les maîtres.(Suite à la paRe 4) 1.Encyclique sur saint François de Sales, 26 janvier 1923; voir • Documentation catholique », t.IX, col.323-334. Vers le corporatisme par la coopération Pareils résultats ne méritent-ils pas un effort de la part de nos éducateurs ?L y a quelques années, les dirigeants de l'Université Saint-François-Xavier ont pensé que, dans les conditions difficiles et complexes de la vie moderne, une université ne doit pas se contenter de travailler à la formation d'une élite de jeunes gens qui viennent chercher dans ses murs l'éducation et la science nécessaire pour assurer le succès d'une carrière; elle doit encore étendre les bienfaits de son enseignement à la masse des adultes qui sont déjà aux prises avec les luttes de la vie et qui sont travaillés par les fauteurs de doctrines subversives.Comme il est impossible à cette masse laborieuse d'aller suivre des cours dans les murs d'une institution, les autorités d'Antigonish ont conclu que c'est l'université qui doit elle-même aller au dehors porter l'instruction nécessaire à la libération et au relèvement des classes populaires.Voilà pourquoi, depuis 1930, l'Université d'Antigonish possède un département spécial qui s'occupe, d'une manière scientifique, à l'éducation adulte dans les provinces maritimes; c'est ce qu'on est convenu d'appeler la « Section d'enseignement extra-muros » (Extension Department).Depuis à peine sept ans qu'elle opère, cette section d'enseignement extérieur a fait des merveilles : elle a créé plus de douze cents cercles d'études et organisé plus de cent vingt-cinq Caisses populaires; elle a mis sur pied des coopératives de production, de transformation des produits, des magasins coopératifs, etc., etc.Toutes ces organisations marchent avec un entrain admirable; c'est une véritable résurrection.Tout cela est dû au fait que l'Université d'Antigonish a réussi à former de vrais coopérateurs.Et elle les a formés, non en donnant des conférences sur la coopération, mais en amenant les adultes à étudier eux-mêmes la coopération.Il serait fastidieux de décrire les méthodes grâce auxquelles l'Université d'Antigonish a produit de pareils résultats en si peu de temps.Sur ce sujet, on pourra lire avec intérêt la brochure de M.l'abbé Chiasson, intitulée l'Expérience d'Antigonish (Oeuvre des Tracts, No 220).Qu'il me suffise de dire qu'avant la création de la « Section d'enseignement extra-muros » d'Antigonish, le communisme était en train de rallier à sa cause les populations découragées de l'Est de la Nouvelle-Ecosse.Dans un rassemblement populaire, on vit, un jour, plus de onze mille hommes manifester en faveur du communisme et applaudir les doctrines de Moscou.Aujourd'hui, le mouvement est complètement enrayé.Le communisme a été réduit à l'impuissance dans trois provinces, par l'initiative intelligente d'une petite université catholique dont le personnel compte moins de vingt-cinq membres.I LE MOUVEMENT D’ANTIGONISH SES AVANTAGES ET SES LEÇONS Réponse à une objection On nous objectera peut-être qu'entreprendre un mouvement de cette envergure, ce serait compromettre l'oeuvre éducatrice de nos collèges.Il ne semble pas que le fait se soit produit pour le Collège d'Antigonish : les études y sont plus florissantes que jamais, et les succès, dans les examens universitaires, n'en ont aucunement souffert ! Au contraire, l'éducation des élèves y a évidemment gagné.Ceux-ci ne sont pas sans constater ce que leur institution fait pour le relèvement des classes laborieuses; ils sont témoins de la résurrection opérée par l'étude et la pratique de la coopération.L'atmosphère dans laquelle ils vivent est de nature à développer en eux l'esprit social.Au lieu de sortir de l'université avec l'idée que la science qu'ils y ont puisée doit leur servir à eux seuls, pour se créer une carrière lucrative aux dépens des autres, ils en partent avec l'ambition de faire leur part dans l'oeuvre du relèvement social des classes populaires, par la coopération.Non, ni l'Université d'Antigonish ni ses élèves n'ont rien perdu à cette expérience.Le petit collège de Saint-François-Xavier, qui, il y a dix ans, n'était à peu près pas connu en dehors des frontières de la Nouvelle-Ecosse, s'est conquis une renommée mondiale : son prestige auprès de la population des provinces maritimes est monté au zénith.Nos collèges classiques sont aujourd'hui en butte à des attaques et à des critiques injustifiées ou, pour le moins, fort exagérées.On dit qu'ils sont démodés, qu'ils ne sont pas adaptés aux nécessités actuelles, que c'est ce manque d'adaptation qui est la cause du glissement des nôtres dans le domaine économique et financier, etc.Quelle réponse victorieuse nos collèges n'apporteraient-ils pas à leurs dénigreurs, si, en quelques années, ils couvraient nos villes et nos campagnes d'un réseau de coopératives vivantes, et s'ils préparaient une élite de jeunes gens armés d'une mentalité vraiment sociale ! par le R.P.Léon LEBEL, S.J.aumônier de l'Union catholique des Cultivateurs vertes de coopératives de tous genres, améliorées d'une façon notable; le pronos paroisses de ville posséderaient cha- blême de l'établissement de nos jeunes cune sa coopérative de consommation serait aux trois quarts résolu et le danger et son magasin coopératif, nos familles du communisme chez nous serait prati-nombreuses verraient leurs conditions quement supprimé.r Lettre de S.Em.le cardinal Pacelli à S.Exc.Mgr Morrison, évêque d’Antigonish Le monde actuel, qui est opposé sans mesure aux principes de la saine conception de la vie, offre au Saint-Père plusieurs sources d'affliction.Cependant, l'oeuvre qui s'accomplit actuellement dans votre pays est venue dernièrement à sa connaissance et lui a causé une grande joie, car il y entrevoit l'aube d'une ère meilleure pour l'humanité.Je veux parler de cette campagne d'efforts entreprise par vous dans le domaine social, campagne que l'on connaît déjà un peu partout sous l'appellation habituelle de « Mouvement d'Antigonish ».Ce mouvement vous fait grandement honneur, à vous, ainsi qu'aux maîtres de l'Université Saint-François-Xavier, et le Saint-Père est heureux de joindre son propre tribut de louanges à l'admiration et aux félicitations qui vous sont adressées de partout.Il y a des gens qui essaient d'échapper ou de mettre fin à la crise tragique à laquelle la race humaine doit aujourd'hui faire face, sans tenir compte de l'Evangile et même au mépris de l'Evangile.Mais la droite raison, éclairée par l'examen attentif des faits et de leurs conséquences, peut prédire avec certitude où vont aboutir ces guides mal avisés.Car, si les choses qui sont éternelles sont mises au rancart dans le but d'obtenir celles de la vie présente, il arrive, par un juste retour, qu'on perd les deux à la fois.En effet, l'observation de la loi morale a pour effet naturel de procurer le bonheur et le progrès de l'humanité.Or, si on dénie à Dieu, qui en est le gardien, le juste respect qu'impose la religion, la loi est dépouillée de son autorité et les esprits sont ballottés çà et là dans le tourbillon des passions mauvaises et de l'esclavage.Les professeurs de votre Université suivent un programme tout différent.Ils sont mus par une profonde sympathie envers les classes déshéritées qui doivent peiner pour tirer leur pain quotidien du sein de la terre et de la mer.Ils s'efforcent de leur aider à améliorer leur sort d'une façon telle que l'enseignement des encycliques Rerum novarum et Quadragesimo anno puisse être intégralement appliqué dans la pratique.Dans ce but, poussés par la charité fraternelle, ils ont mis en oeuvre à la fois leur zèle, la lumière de leur savoir, le poids de leurs conseils, leur habileté au travail et une direction sage pour apporter un juste adoucissement aux conditions misérables des travailleurs dans le domaine éducationnel, social et économique, aussi bien que dans le domaine religieux.En vérité, la tâche n'est pas légère, mais la gloire en est grande, d'autant plus que, grâce aux succès remportés, beaucoup d'autres pourront être amenés à imiter votre exemple.Puisse l'oeuvre entreprise croître et prospérer; puisse-t-elle, grâce à une inlassable ténacité d'esprit et de volonté, être menée à une fin parfaite.Pour que vous puissiez toujours poursuivre votre entreprise avec la prudence et le sérieux qu'une telle oeuvre exige, Sa Sainteté considère qu'il est d'une extrême importance que vous ayez constamment à l'esprit les enseignements pratiques du christianisme dont on devrait s'inspirer dans la conduite de la vie publique.Acheminement vers le corporatisme Alors, on pourra songer avec chance de succès à l'établissement chez du corporatisme, que Pie XI ne cesse de préconiser comme le remède principal aux maux dont souffre la société.Le corporatisme nous permettra, en même temps, de reprendre la place que nous avons perdue, depuis quarante ans, dans le domaine économique.Car c'est bien à tort que des gens à courte vue attribuent à la formation donnée par nos collèges classiques le glissement que nous avons subi dans ce domaine.Lucien Romier et d'autres économistes, français et belges, qui ont étudié notre situation, s'accordent à dire que ce glissement est dû au fait que, depuis près d'un demi-siècle, notre province est tombée progressivement l'emprise du capitalisme et de la finance internationale : régime dur, impitoyable, ou la valeur humaine est reléguée au dixième rang; où le fort écrase impitoyablement le faible.Et comme le capital et la finance internationale n'étaient pas entre les mains des nôtres, nous devions être vaincus.Ce n'est pas l'établissement d'un lycée qui pourra changer quelque chose à cette situation.De l'avis des économistes mentionnés plus haut, seul l'établissement du ratisme pourra rétablir la hiérarchie des valeurs et rendre à la valeur humaine la place qu'elle a le droit d'occuper : au-dessus du capital.C est alors que la formation classique pourra, de nouveau, donner toute sa mesure et faire la preuve de son efficacité.Ce sera la revanche de nos collèges ! nous Parmi ces enseignements, l'un des plus importants est celui qui affirme que Dieu, créateur et maître de toutes choses, accorde le droit de propriété aux individus seulement à la condition que celle-ci, après avoir servi à subvenir besoins d'une vie honorable et décente, contribue en plus au bien commun.Conséquemment, celui-là mène une vie vraiment indigne de ce nom qui ne vit que pour soi et qui, enflé de ses richesses mal acquises, méprise l'humble dition de ses concitoyens.C'est pourquoi « celui qui a du talent doit prendre soin de ne pas refuser d'en faire bénéficier les autres; celui qui vit dans l'abondance doit prendre garde de devenir sourd aux appels de la misère; celui qui possède la science et le talent de réussir doit veiller avec soin à faire partager à son prochain les avantages que procure l'exercice de ces qualités » (S.Grégoire de Nazianze).Ensuite, si l'on considère que tous les biens n'ont pas aux yeux de la raison la même valeur, leur inégalité requiert absolument que les biens qui appartiennent à l'ordre inférieur, — les richesses sont de cette catégorie, — soient mis au service des biens supérieurs, c'est-à-dire : la santé, l'influence élevante des arts libéraux, la justice, la charité, l'éclat de la vertu, la science, la grâce divine et la gloire éternelle.Si la hiérarchie des biens dans l'ordre social est renversée, si ce qui doit occuper le bas est mis au haut de l'échelle, et si, au contraire, ce qui est le plus digne d'honneur est voué au mépris, il en résulte une révoltante accumulation de maux.Il faut surtout bien garder présent à l'esprit que la vie sociale elle-même revêt un caractère sacré lorsqu'elle est basée sur la justice et la charité.Quel spectacle magnifique et digne de louanges que de voir des hommes et des femmes, doués de la force du corps et de l'esprit, se vouer eux-mêmes tout entiers au perfectionnement du peuple chrétien qui, comme corps, constitue un « sacerdoce royal » et possède une dignité incomparable ! Ayant fait ces exhortations, le Saint-Père, les yeux levés vers le ciel, prie Dieu avec ferveur de faire prospérer votre entreprise sans cesse.Mû par sa sollicitude paternelle, il accorde la bénédiction apostolique au digne évêque d'Antigonish, aux maîtres de l'université et aux travailleurs bien-aimés dont occupez avec tant de zèle.Pour chacun de vous il demande le bonheur éternel et le véritable bien-être qui, même en cette vie, est promis aux observateurs de la loi évangélique.C'est un grand plaisir pour moi de vous transmettre cette communication.Très respectueusement je formule le voeu que votre santé soit toujours excellente et j'ai l'honneur de me dire très religieusement vôtre.aux con- Appel à nos universités et à nos collèges Les dirigeants d'Antigonish invitent les universités et les collèges catholiques à lutter efficacement contre le communisme, en travaillant au relèvement des classes laborieuses.« It is a challenge to other Colleges and Universities.» D'ailleurs, le succès phénoménal obtenu par l'Université d'Antigonish dans les provinces maritimes, succès qui attire l'attention des sociologues de l'Amérique et du monde entier, est par lui-même un appel aux institutions catholiques de notre province ; celles-ci devraient emboîter le pas immédiatement, et ne pas attendre que d'autres les devancent et leur enlèvent le mérite.sous Et quels résultats nous pourrions obtenir avec l'organisation dont nous disposons ! Nous avons deux grandes universités et plus de deux douzaines de collèges classiques dont le personnel dépasse celui de l'Université d'Antigonish.corpo- vous vous Si toutes ces institutions voulaient se mettre à l'oeuvre et créer chacune sa section d'enseignement extérieur, en moins de dix ans toutes nos paroisses seraient dotées de Caisses populaires et scolaires, nos campagnes seraient cou- E.Cardinal PACELLI 2 (22) TT- L’ORDRE NOUVEAU 20 décembre 1938 Peut-on séparer l’athéisme du communisme?C^F°S™F,F A PROPOS D’UN RÉCENT ARTICLE et juste du communisme.Il y a dix ans, la doctrine se présentait encore simple et rigide; mais depuis, sur plusieurs questions importantes, la pensée bolchevique est devenue hésitante : elle se voile et se dérobe.Rien d'étonnant alors qu'elle trouble et désoriente certains écrivains déjà trop portés à s'en laisser imposer par le brillant des réussites matérielles, écran qui masque l'immense vide intellectuel, religieux et moral du régime soviétique.Il y a quelque temps paraissait dans une revue montréalaise un article traitant de la propriété privée.L'auteur, — un nom bien connu du monde littéraire, — après avoir formulé d'utiles distinctions dans ce domaine plutôt délicat, en arrive à la question du communisme.A son avis, « il n'y a nulle part, à cette heure, de réel communisme, il n'y en a jamais eu, et personne n'en veut ».La conséquence : « Le communisme, à l'heure présente, est un mot et un mythe; on en trouve des traces dans des livres, mais aucune dans les institutions et dans les programmes.» Alors, à quoi bon « toutes les réfutations du communisme théorique qu'on nous sert si abondamment., ces dissertations sur les instincts fondamentaux, sur les lois éternelles, sur les droits inaliénables, etc.! Ce qu'on nomme, à tort, communisme, retient, dans une large mesure, ces droits, ces lois et ces instincts ».Il faut s'entendre sur les mots.Qu'il n'existe pas de communisme intégral où tout, absolument tout, soit mis en commun et que, par conséquent, certains auteurs soient à blâmer de combattre un tel mythe, nous l'admettons volontiers.Que, d'un autre côté, ce soit à tort que l'on désigne sous le nom de communisme le régime qui, depuis vingt ans, martyrise la Russie, nous l'accorderions aussi à notre auteur en lui conseillant toutefois de s'en prendre à Lénine lui-même, lequel, dès 1918, en décida ainsi.Mais que ce régime retienne, comme on dit, dans une large mesure, les droits inaliénables de la personne humaine et les lois éternelles et que, par suite, ce soit « pourfendre des chimères » que de l'attaquer sur ces points, voilà une affirmation plutôt inquiétante, surtout pour qui a en mémoire les déclarations contraires et catégoriques des retours d'U.R.S.S., tels que Gide, Dorgelès, Citrine, Legay, etc.Est-ce donc contre un communisme abstrait et nuageux, livresque et inoffensif, que le Pape Pie XI vient de lancer sa dernière encyclique ?Sa prétention pourtant était bien d'atteindre le communisme bolcheviste tel qu'il est enseigné et pratiqué en Russie.Et c'est de ce système qu'il dit : « Le communisme dépouille l'homme de sa liberté, principe spirituel de la conduite morale; il enlève à la personne humaine tout ce qui constitue sa dignité, tout ce qui s'oppose moralement à l'assaut des instincts aveugles.On ne reconnaît à l'individu, en face de la collectivité, aucun des droits naturels à la personne humaine; celle-ci, dans le communisme, n'est plus qu'un rouage du système.» Ira-t-on jusqu'à prétendre que Di-vini Redemptoris ne fut, de la part du Souverain Pontife, qu'un « coup d'épée dans l'eau»?Le communisme, système économique ?Mais passons.Venons-en immédiatement à cette opinion de l'auteur qui voudrait que le communisme bolcheviste ne fût qu'un système économique auquel, par maladresse, on aurait adjoint une doctrine athée.On devrait alors, à son avis, dissocier le système de la doctrine, admettre le premier et rejeter la seconde.Ecoutons : « Le système qu'on pare de ce nom, outre ces théories sociales, en a d'autres qu'il s'est unies et qu'il poursuit de pair avec ses buts économiques.Ce sont ces doctrines adventices, nullement liées à son être, nullement intégrales à sa définition et à sa nature, mais qu'il a adoptées par une insigne maladresse, qui lui attirent tant de réprobation.Il pourrait respecter système économique quelconque, alors qu'en fait et dans sa nature même il est une doctrine totale, dont le fondement, pas toujours perceptible, repose sur une philosophie de l'être humain et sur une Mais est-il impossible à un esprit sérieux métaphysique du monde; dont la strnode faire une distinction entre sa thèse ^urf intérieure, facilement observable économique et ses prétentions doctri- ma*s souvent incomprise, se développe nales ?de rejeter celles-ci en réservant en sociologie comportant sa morale, sur l'autre un jugement définitif?» Pédagogie, son statut nouveau de la Nous le regrettons, mais le commu- jamille; dont la façade, visible à crever nisme bolcheviste ne saurait, sous peine .yeux, présente un système écono-de n'être plus du tout lui-même, se ré- mique et politique; et dont 1 âme enfin, duire en un pur système économique, incompréhensible pour la plupart mais Qu'est-ce donc que le communisme Lien reelle cependant, est une foi mys-dans toute son intégrité ?C'est une %que el enthousiaste qui fond tout le conception totale de l'univers, une saisie système et 1 organise en une religion et une détermination de l'individu tout intransigeante avec ses dogmes et sa entier; c'est la présentation d'un idéal et doctrine de salut, sa révélation cf ses d'une civilisation renouvelant l'homme prophètes, son sacerdoce et son culte, dans sa nature même; c'est, comme le sfs aPPe*s au sacrifice el à lenthou-disait Mgr Sheen, une philosophie de siasme, son contrôle de la conscience la vie qui mobilise les âmes pour des esPri* humain, sa prétention à fins économiques et temporelles.donner une explication et même une Vue simpliste et superficielle, myopie réponse a tous les problèmes de la vie, dangereuse, que celle donc qui se borne son aùeute messianique enfin d une rédemption el régénération du monde qui l'établirait, lui, le communisme, unique et définitive religion de la cité nouvelle.par le P.Richard ARÈS, S.J.les croyances séculaires, il les raille et il les combat.On le concevrait aisément inaugurant ses subways, ses digues, par des Te Deum, implorant la rosée céleste sur ses fermes d'Etat, ouvrant ses classes par la prière, faisant bénir par des lévites ses plans de cinq ans.Il pourrait être une réplique plus vaste du tableau que nous tracent les Actes des Apôtres, placé, comme ces partageurs pionniers, sous l'égide du Christ.Il s'est posé, au lieu de cela, en négateur des dogmes, en ennemi de tous les cultes, en champion d'un matérialisme pur qu'en cent façons il ne pratique même pas.Cette attitude non seulement était étrangère à sa cause, mais l'abaissait, le dégradait, et devait lui valoir de justes représailles.On ne peut blâmer les croyants de voir en ce système, accouplé comme il l'est à l'athéisme, un adversaire dangereux, et de le combattre comme tel.à considérer le communisme comme un Communisme et athéisme Voilà vraiment ce qu'est le communisme dans toute son ampleur, voilà vraiment le bolchevisme tel qu'on a voulu, tel qu'on veut encore, en dépit d'énormes difficultés, l'établir eu Russie soviétique.Et dans ce système complet, la doctrine de l'athéisme, loin d'être, comme on l'a dit, « adventice est, au contraire, « liée à son être, intégrale à sa définition et à sa nature ».Pourquoi ?Parce que sa base philosophique, sa source d'inspiration, son principe premier d'opération, si l'on peut dire, c'est essentiellement le matérialisme, el un matérialisme total, exclusif, absolu, dont l'affirmation en se posant exige nécessairement et immédiatement la négation de tout divin, de tout spirituel et de tout surnaturel.Ce n'est pas n'importe quel communisme que Divini Redemptoris a condamné, mais « le communisme athée », — c'est l'objet même de l'encyclique.Et ce communisme, il est, affirme Pie XI, « par sa nature antireligieux., intrinsèquement pervers ».Voilà pourquoi il nous semble absurde de le concevoir « inaugurant ses digues par des Te Deum, ouvrant ses classes par la prière., ou comme une réplique plus vaste du tableau des Actes, placé sous l'égide du Christ ».Notre auteur en appelle au jugement des esprits sérieux.Voici, sur ce sujet, le témoignage d'un homme qu'on s'accorde généralement à ranger dans celte catégorie : « On se demande parfois, dit Jacques Maritain, pourquoi les solutions sociales communistes, qui concernent l'organisation du travail ici-bas, et de la communauté temporelle, ne peuvent pas être disjointes de l'athéisme, qui est une position religieuse et métaphysique?« La réponse, croyons-nous, est que, considéré dans son esprit et dans ses principes, le communisme, tel qu'il existe, — avant tout le communisme des républiques soviétiques,—est un système complet de doctrine et de vie qui prétend dévoiler à l'homme le sens de son existence, répond à toutes les questions fondamentales que la vie pose, et manifeste une puissance inégalée d'enveloppement totalitaire.C'est une religion, et des plus impérieuses, et sûre d'être appelée à remplacer toutes les autres religions; une religion athée dont le matérialisme dialectique constitue la dogmatique, et dont le communisme comme régime de vie est l'expression éthique et sociale.Ainsi l'athéisme n'est pas exigé (ce qui serait incompréhensible) comme une conséquence nécessaire du système social; mais il est présupposé au contraire comme le principe de celui-ci.Il est au point de départ.Et c'est pourquoi la pensée communiste y tient si ardemment, comme au principe qui stabilise ses conclusions pratiques, et sans lequel celles-ci perdraient leur nécessité et leur valeur.» [LHumanisme intégral, p.44 1.) f/l suivre ù lu fume.•/) 1.Noua nous permettons do conseiller À ceux qu'un tel témoignage ne satisferait pas complètement la lecture do l'ouvrage suivant : • Le bolchevisme », de Waldemar Gurian, on particulier les pages 205 à 216.Ceux qui reviennent d'Espagne Deux cents Canadiens s’apprêtent à revenir de l’Espagne rouge.Lisons, en les attendant, cet article que vient de publier « Le Populaire » de Bruxelles et tâchons d'en profiter.», Le jour est proche où l'on connaîtra dans les détails ce que fut l'action réelle des Brigades internationales dans la guerre civile espagnole; ce que furent aussi les causes de leur déchéance et de leur liquidation annoncées à grands cris comme une mesure d'apaisement et comme une concession dans le domaine international.On sait déjà que la réalité est tout autre et que les Brigades n'avaient plus, au moment de quitter l'Espagne, les sympathies populaires.Il est certain aussi que le moral et la valeur militaire de ces troupes étaient, au moment de la liquidation, au plus bas.On ne saurait assez insister sur le fait que c'est le communisme international qui porte l'entière responsabilité de cette liquidation : l'appareil de répression créé par André Marty, « la lutte sans merci des commissaires politiques » communistes pour les postes de commande, l'atmosphère de terreur créée par cette lutte, menée sans souci de l'intérêt réel du commandement.Des crimes mystérieux, voilà ce qui a eu petit à petit raison de l'enthousiasme du début.formulaire demandait les opinions de chacun sur les treize points de M.Ne-grin.Tout ceci, à l'effet de lier ces hommes et de pouvoir leur fermer la bouche si l'envie les prenait, en Belgique, de raconter leurs mésaventures.Le parti communiste ne restant, comme de juste, pas inactif, fit signer en Espagne la déclaration dont nous avons déjà fait état, et par laquelle les hommes durent renier tous leurs droits.Il est significatif que malgré la pression effectuée une dernière fois par les « commissaires politiques » communistes, une partie seulement des Belges revenus a signé cette abdication.170 hommes environ sur 283.Signalons encore que parmi ces deux cent quatre-vingt-trois volontaires un grand nombre sortait des prisons communistes et particulièrement de la prison Copie ! Les futures troupes de choc communistes La manière dont chez nous, comme partout, les communistes tentent de mettre le grapin sur les combattants des Brigades internationales est significative.Le plan de Moscou est de former avec ces hommes les futures troupes de choc de la révolution mondiale.Faut-il dire que ce sont surtout les sinistres tortionnaires, les ex-commissaires politiques des Brigades, qui servent à ce joli travail pour lequel ils sont largement payés ?Les dernières grèves françaises ont déjà permis de constater combien ces éléments étaient dangereux et on a pu lire dans la presse de nos voisins cet écho des bagarres aux usines Renault à Paris : « Il y eut une violente friction entre les adversaires.Dans un vacarme indescriptible, fait des cris des blessés et des bris de vitres, partaient les clameurs des grévistes, dont beaucoup entonnaient Y Internationale et d'autres des airs espagnols appris sur le front de l'Ebre.» Il s'agira donc d'être vigilant dans notre pays où déjà leurs manoeuvres se dessinent.Consigne a été donnée par le parti communiste de se servir des Combattants d'Espagne qui voudraient bien s'y prêter pour organiser dans les usines une agitation à l'instar de la France.Il a même été question d'organiser une grève de protestation dans une usine anversoise qui n'avait pas voulu embaucher un ex-combattant des Brigades pour la simple raison que le personnel était au complet.Cela ne prendra pas chez nous.Plusieurs parmi les combattants revenus ces jours derniers nous ont décrit cet état de découragement, de révolte presque où étaient tombés les combattants des Brigades les semaines qui précédèrent leur dispersion.Ce que les Belges durent signer avant de quitter l’Espagne La plupart des chefs communistes des Brigades avaient d'ailleurs, sentant que leur position devenait dangereuse, quitté l'Espagne.Il y eut de la part du gouvernement espagnol une enquête sur leur activité dans les Brigades.Il faut croire que les faits révélés par cette enquête furent particulièrement graves.Signalons en effet que le tristement célèbre Copie, créateur de la sinistre prison qui porte son nom, après avoir été envoyé en première ligne, déserta lâchement et s'en tira avec quinze ans de travaux forcés, ce qui n'est pas trop payer pour les infamies dont il fut responsable.En ce qui concerne le contingent de deux cent quatre-vingt-trois Belges revenus récemment au pays, nous savons à présent qu'avant leur départ d'Espagne il leur fallut signer différentes déclarations pour le moins singulières.Chaque rapatrié devait signer un formulaire en six exemplaires où il donnait son impression sur le rôle et l'influence des Bridages internationales sur la guerre civile d'Espagne du point de vue politique et militaire.Un second L’ORDRE NOUVEAU — — (27,) 20 décembre 1938 - 3 CERCLES D’ÉTUDES “ Soyez parfaits, vous autres.” Peut-on séparer l’athéisme.ISuile Je la liane 3) (Suite Je la page 1) Sur la parole des anges, —pour nous le Pape, les saints, — allons l'adorer et le recevoir dans l'Eucharistie : signe sensible de sa présense réelle.Apparences réelles du pain changé en Lui., vraie crèche qui le contient.jusqu'au moment où c'est dans le berceau de notre coeur qu'il reposera.bien au chaud, dans l'amour.ou dans le froid de nos lâchetés, négligences, tiédeurs.Si nous l'allons voir et recevoir avec la simplicité des bergers et la foi des mages, Il nous donnera la force, la grâce d'être saints comme nous le devons pour Lui, les âmes, nous-mêmes.Avec la joie.La joie, la seule, celle d'être saints — pour renverser une phrase de Léon Bloy.Alors aussi il y aura des chances sûres pour des renouvellements sociaux chrétiens de grande envergure.Alors, enfin, parmi des frémissements d'ailes et des frissonnements de lumières, dans les hauteurs, comme il y a deux mille ans, des régiments d'anges, armés de « musiques » supra-terrestres, chanteront la paix promise et donnée aux hommes de vraie bonne volonté parce que ceux-ci auront donné de la gloire à Dieu, ce qui est leur vocation essentielle.C'est peut-être un rêve qu'à la suite du Pape et du Christ lui-même nous faisons au pied de sa crèche.Ce qui nous rassure, c'est que, d'après la merveilleuse formule burinée par l'abbé Groulx dans la préface de la récente et deuxième édition d'Une Croisade d'Adolescents, le plus savoureux ouvrage qu'il ait écrit peut-être, « le rêve est la préface de l'action Rêvons.Au pied de la crèche.Et par la force de l'Hostie.Réalisons.Au pied de la Croix.Ce témoignage est clair et il vaut non pas tant parce que c'est Maritain qui le porte, que parce qu'il est l'expression de la vérité même.Voilà pourquoi il nous semble difficile d'admettre la conclusion de notre auteur dans l'article en question : « Il a fallu, déclare ce dernier, cent ans, et un pape inspiré, pour imposer le distinguo entre la démocratie, système politique, et ses représentants et ses fautes.En faudra-t-il autant pour qu'on démêle l'écheveau des institutions sociales; qu'on mette de côté l'essence des théories, de l'autre leurs excroissances parasitaires; d'un côté les systèmes, de l'autre les hommes qui les appliquent ?On saurait alors qu'en combattant, par exemple, le soviétisme, on s'attaque non au canal de la Volga, g Pour l’individu au métro de Moscou, aux fermes collée- La discorde au foyer, tives ou aux usines de Magnitogorsk, '¦ Rui“c du corl’s Le cas du père : il devient une mais a la negation de Dieu, a lostra- %.C/n poison brute, sa femme une martyre, ses en- demain, so& d'autres chl, être aban- : ^^nhem'd’aZIr^dl'déy^^ sommé fréquemment.— 160 grammes — Scandale des enfants.— Mépris pour d'alcool éthylique (le moins toxique de le père.— Montrer comment l'éduca- tous) suffit pour tuer un chien; 480 tion des enfants exige une autorité vi- Encore ici nous regrettons : mais, au grammes pour ôter la vie à un homme, gliante, exemplaire et respectée, et commets de mars de l'an de grâce 1937, un Une petite goutte d'alcool suffit pour nient un père alcoolique ne saurait la Pape vraiment inspiré, pour défendre la tuer une cellule humaine.—Décrire les posséder.— Enquête auprès d'une fa- civilisation chrétienne contre le pire troubles produits par l'alcool sur les di- mille où règne l'alcoolisme, ennemi qu'elle ait jamais rencontré, vers systèmes : digestif, respiratoire, cir- Le cas de la mère : effets plus lançait par le monde une encyclique culatoire, nerveux, locomoteur, etc.tristes et plus pitoyables encore.Pour- dans laquelle il posait tous les distinguo Effets généraux : affaiblissement de la quoi ?Rôle sublime de l'épouse, de la nécessaires.Il proclamait son affection résistance organique.mère.— Résultat désastreux sur les en- paternelle pour « les peuples de l'Union Effets particuliers : maladies qui me- fants.— Les anormaux, les arriérés men-soviétique »; il distinguait même le sys- nacent plus généralement l'alcoolique : taux et l'alcoolisme des mères : les cock- tème de ses auteurs, et dans le système, tuberculose, cyrrhose du foie, gastrite tails, les cigarettes.— Le cas des jeunes le côté simplement économique, mais alcoolique, ulcères, sclérose artificielle, filles, futures épouses et mères, c'était finalement pour les réunir dans épilepsie, hémorragie cérébrale, malaune même réprobation totale : « Ce que dies stomacales, etc.— Action néfaste Nous accusons, affirmait-il, c'est le sys- sur le sang, le coeur, le rein, le pou-tème, ses auteurs et ses fauteurs.Le mon, etc.—Etudier spécialement les recommunisme n'a pu et ne pourra réa- lations de l'alcoolisme et de la tuber-liser son but, pas même sur le plan culose.purement économique.On vante son pseudo-idéal, comme s'il avait été le principe d'un certain progrès économique : quand il est réel, ce progrès s'explique par bien d'autres causes, comme l'intensification de la production industrielle dans des pays qui en étaient presque privés, la mise en valeur d'énormes richesses naturelles, l'emploi de méthodes brutales pour faire d'immenses travaux à peu de frais.» (Divini Re-demptoris.) Et voilà ! Vingt ans ont suffi pour que fût posée la distinction nécessaire.A l'encontre de la démocratie, qui, elle, en tant que système, a été absoute, le communisme, lui, a été radicalement condamné comme «intrinsèquement pervers ».Qu'on cesse donc de nous soutenir qu'il y a lieu, dans son cas, de distinguer entre le système et les hommes qui l'appliquent; que ce n'est qu'une question de chefs, et qu'alors il faut considérer l'athéisme comme une « excroissance parasitaire ».Sans doute que le régime soviétique peut se modifier ! Mais en perdant son athéisme, il cessera par le fait même d'être le communisme esclave.— Durcissement du coeur : bolcheviste, tout comme cesserait d'être égoïsme, brutalité, colère et insensibi- II.— Ruine du capital-argent lui-même le fascisme en abandonnant lité de l'ivrogne, sa théorie de l'Etat totalitaire et le nazisme en rejetant sa doctrine de la race.Que nous importe, à nous, le canal de la Volga, le métro de Moscou et même les femes collectives, ou les usines de Magnitogorsk ?Réalisations communistes ! Faudrait voir : n'est-ce pas plutôt, comme l'affirment beaucoup d'auteurs, les entreprises d'un gigantesque capitalisme d'Etat ?Ce que nous croyons et ce que nous persistons à proclamer, c'est que, tant qu'il restera Etudier les méfaits de l'alcoolisme dans fidèle à ses doctrines de base, tant qu'il notre province; les péchés auxquels il sera lui-même, le communisme bolche- donne naissance.Quelles menaces viste, dans son essence et sa nature, 1 l'Ecriture sainte a-t-elle portées contre s'oppose et s'opposera « aux lois éter- les ivrognes et les alcooliques ?Retenir, nelles, aux instincts fondamentaux et en particulier, les paroles du prophète aux droits inaliénables » de la personne \ Isaïe et de l'apôtre saint Paul, humaine, quoi qu'on puisse en penser, dire et écrire.No 2 LA TEMPÉRANCE Deuxième plan d'étude LES RAVAGES DE L’ALCOOLISME Introduction Comparer entre eux l'alcool et les trois fléaux historiques : la famine, la peste et la guerre, et dire s'il est vrai d'affirmer que l'alcool est le plus néfaste de tous et pourquoi.— Quel élément intervient dans le cas de l'alcool ?II.— Effets moraux données, remplacées, comme s'est passée en France la fureur anticléricale.» Réprobation totale III.— Effets hygiéniques La famille devient une pépinière de dégénérés.— L'hérédité alcoolique.— Punition du buveur.— Le buveur peut transmettre à ses enfants toutes les maladies, tous les troubles que l'alcool a pu produire sur lui, en particulier l'impulsion à boire.— Justification par des exemples, des faits connus autour de soi.».2.Un poison toujours Cas de la bière, du brandy, du gin, du rhum, du whisky, du vin, etc.— Cas des sirops calmants.3.Les préjugés Comment réfuter les préjugés suivants : l'alcool est un aliment, un apéritif, un digestif;—l'alcool nourrit, soutient, fortifie; — l'alcool réchauffe; l'alcool désaltère; — l'alcool stimule, etc.¦ Pour la société BIBLIOGRAPHIE I.— Ruine du capital-hommes Les buveurs sont de mauvais citoyens.Pourquoi ?— Importance du capital humain pour une nation.— Exemple des dictatures de l'Europe.— Importance spéciale pour nous, pour assurer notre survivance.— L'alcool tue les citoyens, diminue leur rendement, en fait des déchets.— Etudier la responsabilité sociale des individus sui-Diminution ou perte du jugement, de vants qui s'adonneraient à l'alcoolisme : la mémoire, de l'imagination.— Etudier le père de famille, le libertin, l'épouse ces effets de l'alcoolisme sur la capacité et la mère, le médecin, l'avocat, le bour-professionnelle, sur le rendement du geois qui vit à crédit, l'employé qui vole travailleur.—Accroissement du nombre son patron pour boire, le chauffeur d'accidents de travail, de l'invalidité d'automobile, le mécanicien de locomotive, etc.— Comment un alcoolique pourra-t-il remplir ses devoirs civiques.—Le cas des élections à l'alcool.— Que Dissolution de la volonté.—L'alcoo- penser de cette affirmation: « Un peuple lique et la passion.— L'homme devenu alcoolisé est un peuple en voie de disparaître » ?Application à notre peuple.R.P.Ovila Meunier, O.M.I.— Le Curé dans la hiérarchie de l'Action catholique, 114 pages.Le zélé directeur des retraites fermées des Trois-Rivières a voulu faire bénéficier tous les membres du clergé des causeries qu'il avait données aux prêtres et aux séminaristes de son diocèse.Les voix autorisées de S.Em.le cardinal Villeneuve et de S.Exc.Mgr Comtois l'en ont félicité.A cet excellent exposé du curé dans l'Action catholique s'ajoutent deux chapitres, de moindre valeur, sur le comité paroissial et la retraite fermée.II.— Ruine des facultés 1.L'intelligence prématurée.Procurez-vous les deux nouvelles brochures 2.La volonté et le coeur Pour l’Action corporative par le P.Orner Genest, S.I.L’Ame de la corporation L'alcoolique et le souci de l'économie, — de payer ses dettes, — et la justice, — et les crimes, — et la folie, — et le nombre de pensionnaires des asiles et des prisons.Objection : l'alcool rapporte de jolis bénéfices à l'Etat.Mirage trompeur : ces revenus n'indiquent pas une richesse, mais un appauvrissement plus marqué du pays, une expansion de l'alcoolisme.Coût réel de l'alcool : pour le connaître, il faudrait additionner les facteurs suivants : les frais de perception de taxes, — de répression des importations illégales, — de la fabrication et de la vente clandestines; — les ruines commerciales et industrielles, — les maladies, les accidents et les crimes, — les refuges, les hôpitaux, les asiles, les prisons, — les familles dispersées, les enfants abandonnés, — l'amoindrissement delà santé et de la moralité publiques, Bulletin bi-mensucl Dépenses inutiles en vins, liqueurs, —la diminution des activités commerce doctrine et d'action sociale tabac, etc., d'où les chagrins, les mi- dales et industrielles, intellectuelles so- L,:s SemÆTsociales | et VEcole Sociale POPULAIRE ouvrières.— Enfants sales, sans vie ni Si assurée, si enviable que nous puissions couleur mères neurasthéniques, mai- nous livrer à un tel gaspillage d'hommes Montréal sons insalubres, dettes, insuccès en ai- e{ d'argent ?Le numéro: 5 sous; l’abonnement : $1.00 faires, etc.par le P.Richard Arès, S.J.10 sous l'exemplaire, $1.00 la douzaine, $7.00 le cent A lire, à répandre 111.— Ruine de l’âme L'alcoolisme est une source de péchés : luxure, blasphème, rixes, appesantissement de l'âme, dégoût des choses spirituelles, mépris des lois de l'Eglise, en particulier du jeûne et de l'abstinence.— Que nous apprend le catéchisme au sujet de l'ivresse ?Péché véniel ou mortel.— L'alcoolique pèche-t-il à chaque fois qu'il s'enivre ?— Une nouveauté intéressante The Bogey of Fascism in Quebec par H.F.Quinn The Quebec “ Padlock Law ” par G.A.Coughlin, K.C.Ces deux études, réunies en une seule brochure, apportent la réponse des faits et du bon sens aux nombreuses questions qui nous viennent des provinces anglaises ou des Etats-Unis sur deux sujets brûlants.Il faut répandre cette brochure surtout dans les milieux de langue anglaise.10 sous l'exemplaire, $1.00 la douzaine ¦ Pour la famille I.Effets matériels L’ORDRE NOUVEAU Plans d’étude sur la tempérance Le deuxième plan vient de paraître 10 sous la douzaine, 70 sous le cent, $6.00 le mille ' ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE (Reproduction interdite) Lisez les déclarations de Jean Péron, ancien directeur de “ Clarté ”, dans “ La Patrie ” du 1er janvier prochain : “ Pourquoi je ne suis plus communiste ” L’ORDRE NOUVEAU (24) 4 20 décembre 1938 IMPRIMERIE DU MESSAGER, MONTREAL HüSjNii
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