L'ordre nouveau, 5 mars 1937, vendredi 5 mars 1937
LORDRE NOUVEAU Un monde s’écroule, un ordre nouveau s’élabore.Il faut que les catholiques laissent mourir ce qui doit passer et qu’ils aident à créer ce qui mérite de vivre.— LES ÉVÊQUES DE FRANCE.ORGANE DES SEMAINES SOCIALES PREMIÈRE ANNÉE, No 11 Montréal, 5 mars 1937 Prix: 5 sous; l’abonnement: $1.00 L’ORDRE CORPORATIF Les syndicats patronaux aux prises avec la réalité Journées d'études sociales catholiques tenues à Paris V.— Conclusions Les conclusions de ces travaux sur le cur-oratisrne furent tirées par le vice-président de la Fédération Nationale, M.Le Cour Grandmaison, député de la Loire-Inférieure.pirer: pas de recettes toutes faites, des principes communs.Quels principes ?Ici, il faut revenir à La Tour du Pin: « Le principe du régime corporatif, écrit-il, nous paraît consister dans la reconnaissance d’un droit propre, tant à chaque membre de l’association qu’à celle-ci dans l’État et à l’État envers celle-ci.» Quels sont ces droits pour l’individu ?C'est le droit de vivre, lui et sa famille, de son travail.Le droit de l’association, quel est-il ?C’est le droit de défendre les intérêts communs contre les attaques qui peuvent lui venir, soit de l'extérieur, soit de l’intérieur; de s’imposer une discipline stricte, protéger ses membres, etc.Voilà les grands principes qui, je crois, doivent nous guider en toutes circonstances.Second point: la corporation est une institution autonome.L’Etat doit permettre ou, éventuellement, faciliter sa création et son existence.Il ne doit pas l’imposer, il doit respecter son autonomie.Nous posons ici la question qui a été effleurée ce malin: corporation libre ou obligatoire.Je crois qu’on doit se rallier à la solution de La Tout du Pin.La corporation ne saurait être ni entièrement libre, car elle ne peut vivre si on la suppose libre, ni entièrement asservie, car alors elle ne pourrait remplir son rôle essentiel de protectrice des libertés.Liberté pour les individus de se grouper ou non en syndicats, obligation d'obéir à l’autorité de la corporation et de se soumettre à sa juridiction de manière à rendre inopérante la mauvaise volonté.Tels sont les deux pôles de l’institution.Notre action, maintenant.Elle doit tout d’abord répondre à la vraie doctrine.Nous avons à collaborer avec des forces de reconstruct ion.Nous avons à le faire, chacun dans sa sphère professionnelle, collectivement dans les cadres de la F.N.C., à contribuer par tous les moyens possibles aux efforts lucides, à créer une atmosphère favorable à un régime corporatif.Je crois devoir faire une mention spéciale pour les syndicats chrétiens.M.Coque!le-Viance a rappelé comment le syndicat n’est pas toute la corporation, mais un élément essentiel de la corporation, sans lequel la corporation ne peut pas suivre.Si nous voulons instituer demain un ordre corporatif conforme aux principes du christianisme, il est essentiel que nous ne nous trouvions pas en face de syndicats animés de l’esprit marxiste, de l'esprit de lutte des classes.Il ne peut pas y avoir ici de divergences d’opinion, nous devons seconder la tâche des syndicats chrétiens, y appuyer un effort constructif vers l’ordre corporatif.Un vigoureux élan a été donné dans notre province, depuis quelques années, à l’organisation ouvrière.En face des syndicats neutres, qui se sont répandus des Etats-Unis au Canada et placent nos travailleurs sous la direction d’hommes étrangers à notre nationalité et à nos croyances, s’est dressé peu à peu, lentement mais sûrement, le syndicalisme catholique.L’œuvre s’est heurtée à bien des obstacles.J’ai raconté ailleurs ce travail héroïque et l’admirable ténacité de ses principaux artisans '.Aujourd’hui, la Confédération catholique des Travailleurs du Canada — la C.T.C.C., comme on dit couramment — comprend 43,000 adhérents répartis dans près de deux cents sections.C’est une force.Son influence s’étend dans tous les milieux.Elle agit comme le levain au sein de la classe ouvrière.Les patrons ne peuvent plus l’ignorer.Même auprès des gouvernants, ses opinions ont leur poids.Mais pour que le programme tracé par les Souverains Pontifes se réalise, pour que les deux classes travaillent ensemble à établir l’ordre et la paix, il faut qu’à l’organisation ouvrière catholique corresponde une organisation patronale catholique._ Ce sont les deux piliers d’une même voûte.L’édifice reste inachevé si l’un ou l’autre fait défaut.Et l’accord qui devrait exister entre employeurs et employés manque de cohésion et de stabilité.Faibles, les ouvriers comprennent de plus en plus les avantages de l’union.Ils se groupent assez facilement.Il n’en est pas ainsi des patrons.La plupart sont d’esprit indépendant.Ils entendent mener leur entreprise à leur guise, sans que leurs employés ou d’autres patrons viennent s’en mêler.D’où la difficulté en tout pays d’établir des associations patronales.Pie XI le constatait dans son encyclique Quadragesima anno.« Nous regrettons beaucoup, écrit-il, quelles soient si rares.» Aux obstacles ordinaires s’ajoutent, dans un pays comme le Canada, ceux qui naissent des différences de langue et de religion.En ce qui concerne le régime, l’ordre corporatif, il me semble que deux leçons se dégagent.D’abord, comme le disait tout à l’heure M.Coquclle-Viancc, « l’ordre corporatif n’est pas une simple conception d’avenir, il existe, la reconstruction en est commencée ».Elle est commencée sur divers chantiers législatifs, par ces Chambres de métiers, d’agriculture, dont on vous signalait aujourd’hui l'institution au cours des récentes années; elle est commencée, dans le domaine de l’initiative privée, par des efforts corporatifs comme celui dont M.Martial Buisson nous donnait à l’instant le tableau si suggestif.Ces chantiers de reconstruction nous imposent une obligation: celle d'y jouer le rôle qui nous incombe et, par conséquent, non pas simplement de nous cantonner dans des éludes théoriques, mais de passer le plus tôt possible à l’action.Seconde leçon: des quatre exposés instructifs, agriculture, industrie, artisanat, publicité, qui nous ont été faits, il se dégage une très grande diversité dans les formes des diverses professions ou des diverses branches de l’activité économique.En face de celle diversité inhérente à l’ordre des Le Souverain Pontife insiste cependant sur les bienfaits qu’apporteraient à la société les groupements corporatifs, c’est-à-dire les organisations qui réuniraient « les hommes non pas d’après la position qu’ils occupent sur le marché du travail, mais d’après les différentes branches de l’activité sociale auxquelles ils se rattachent ».Employeurs et employés d'une même industrie formeraient ainsi un seul corps professionnel; mais —c’est une autre remarque du Souverain Pontife — chaque groupe aurait quand même son organisme distinct, son syndicat, qui s’occuperait de ses intérêts particuliers.Là est le salut.Et il faudrait bien que nos patrons canadiens-français se décident à le comprendre.Plusieurs autres pays nous donnent l’exemple: la Hollande, la Belgique, la France.Des organisations d’industriels catholiques y existent.Leur rôle est de plus en plus important et bienfaisant.Quelques syndicats patronaux, il est vrai, se sont formés chez nous, entre autres à Québec et dans le diocèse de Chicoutimi.On ne saurait trop les louer.Mais leur nombre restreint les empêche d’opérer le travail de collaboration qui s’impose avec les syndicats ouvriers.Nombreux cependant sont nos industriels catholiques.Quelle belle ils pourraient accomplir s’ils voulaient suivre en ce domaine les directives de l’Eglise! Pourquoi ceux d’un même centre ne commenceraient-ils pas par se grouper entre eux pour étudier la situation et mieux connaître la doctrine sociale des encycliques ?Une fois renseignés, unis les uns aux autres, ils agiront.Ils bâtiront le pilier qui manque à la voûte de l’édifice.Ils s’achemineront vers la corporation bienfaisante.choses, trois genres de solution viennent à l’esprit.— Premièrement, certains vont encore disant qu’il n’y a rien à faire, qu’on ne peut pas trouver une formule générale qui s’applique à tous ces cas, qu’il faut donc laisser la liberté à chacun de se débrouiller La deuxième formule le mieux possible, est celle du marxisme, formule d’autorité et de force, qui coule dans un moule unique tous les cas divers, sacrifie entièrement la liberté, sacrifie aussi la personne humaine.Nous la rejetons tous.Reste une troisième formule, la nôtre.C’est, cette fois, une solution vivante et souple qui s’adapte à des cadres divers, selon des principes stables et communs: lu solution corporative catholique et française, que La Tour du Pin a eu le mérite génial d’exprimer dans son livre.Sa pensée est un peu difficile à pénétrer, très condensée, mais elle nous apporte une profonde leçon : il n’est pas question, pour nous, d’établir une formule corporative unique, une recette omnibus qui puisse s’appliquer à tous les cas, et ici je puis en appeler à l’homme du métier, à M.Peter, le président du Comité d’entente et d’action artisanales.Guidé par son expérience corporative, le représentant de l'artisanat formule celte règle dont nous devons nous ins- œuvre Joscph-Papin Archambault, s.j.I Le Syndicalisme catholique au Camilla.École Sociale Populaire, No 207.Élever des enfants coûte cher ! Aide-t-on la famille ?Une campagne d’éducation Là où il faut à un citoyen sans charges de famille des ressources égales à.100 IL FAUT: A celui qui est MARIÉ et dont la femme tient le foyer, des ressources égales à 150 A celui qui a UN ENFANT, des ressources égales à.A celui qui a DEUX ENFANTS, des ressources égales à etc., etc.En rappelant ces calculs, constatons l’iniquité de notre système fiscal, qui opprime la famille.Il nous faut un système fondé sur la justice: la famille paie jusqu’à 300% de plus qu’elle ne devrait! NOTRE PAYS N'A PAS DE POLITIQUE FAMILIALE SUFFISANTE Ni dans l’attribution des traitements et salaires publics ou privés, des indemnités ou allocations diverses, ni dans le régime fiscal, l'égalité et la justice ne sont observées.ON S'ÉTONNE ENSUITE QUE LA NATALITÉ BAISSE! Plus peut-être que toute autre entreprise, le succès de la corporation dépend de ses membres.Elle vaudra ce que valent ceux-ci.L’esprit corporatif leur est absolument nécessaire.C’est-à-dire qu’ils doivent d’abord bien connaître l’organisme dont ils font partie, puis lui être attaché et apporter à son bon fonctionnement des qualités de compétence, de discipline, de dévouement.C’est pour faire connaître cet organisme que l’École Sociale Populaire, non contente de publier plusieurs brochures, a entrepris une série de conférences sur le corporatisme.Elle les a données d’abord, du 14 au 18 fé- vrier, à Lévis.Le 27 février dernier, elle les inaugurait à l’Ecole Normale Jacques-Cartier pour les instituteurs de Montréal.11 y en aura une par semaine, suivie d’un échange de vues.L’E.S.P.consent, en outre, à la demande de plusieurs associations, à répéter ces conférences, à partir de demain, tous les samedis après-midi, à la Palestre Nationale, sous les auspices de l’Association catholique des Voyageurs de Commerce.L’entrée sera libre.Si d’autres groupes désiraient bénéficier de ces conférences, ils n’auraient qu’à s’adresser au secrétariat de l’École Sociale Populaire.200 250 Pour déjouer les manoeuvres communistes au sein de la classe ouvrière, exigeons l’« incorporation » de toute union VOIR ARTICLE EN PAGE 3 La faillite du communisme en U.R.S.S.Si je dois dire en détail, et en public, ce que fut mon voyage en Russie, je veux avant tout informer l’organisation sous le contrôle de qui je suis, et le faire en accord avec elle.Dès avant notre départ de Paris, les dirigeants des groupes des Amis de l’U.R.S.S.de cette ville m'ont dit: Vous allez en Russie pour enquêter, soyez persuadé à l’avance que vous n’y trouverez pas un paradis.Ceux qui ont dit que c’en était un n’ont pas dit la vérité.Nous vous demandons, dirent-ils, de poser toutes les questions qu’il vous plaira, même si elles doivent, dans votre pensée, blesser l’amour-propre de nos camarades russes.Si on ne vous répond pas, insistez tant que l’on vous réponde.J’avoue pour ma part que je n’ai pas manqué de le faire; ce qui m'a permis de recueillir une moisson de renseignements, de m’informer sur certaines questions qui, en tant que mineur et militant, m’intéressaient au plus haut degré.Témoignages d'intellectuels et d'ouvriers au moins pour la masse et chez les militants de base; nous en avons eu de multiples preuves par la suite, dans toutes nos conversations.J’ai tenu, sans attendre les comptes rendus que je ferai en détail aux militants de mon Syndicat, sur ce que j’ai vu en Russie, à faire connaître cela, car cette situation faite aux femmes existe dans toutes les professions et me semble être en dehors d’un socialisme véritablement humain et de l’égalité des droits de la femme et de l’homme.Quel homme de bonne foi peut maintenant, à moins qu’il ne soit un parfait ignorant, parler de la Russie comme d’un pays où régnent le bonheur, la prospérité, la paix ?Qui surtout peut y vanter le sort de l’ouvrier ?Les témoignages les plus défavorables ont paru en ces derniers mois.Et ils émanent d’hommes sympathiques au régime soviétique et qui sont allés le juger sur place.C’est André Gide qui écrit dans sa plaquette Retour d’U.R.S.S.: « Je doute qu’en aucun autre pays, aujourd’hui, l’esprit soit moins libre, plus courbé, plus craintif (terrorisé), plus vassalisé.» C’est Roland Dorgelès, membre de l’Académie Concourt, qui déclare qu’à son avis « aucun peuple au monde n’est aussi malheureux que le peuple russe.Aucun pays, aucun régime ne m’a déçu autant.C’est le règne de la misère, de la saleté et de l’oppression.» C’est Louis-Ferdinand Celine qui, dans un volume intitulé Mea Culpa, tout récemment paru aux Éditions Denoël et Steele, dit dans un style brutal la déconvenue violente que lui laisse l’expérience soviétique, dont il avait espéré un renouveau pour l’homme, et crie son indignation pour la façon dont les maîtres actuels de l’U, R.S.S.traitent leur peuple.Des choses que nous n’accepterions jamais Quant au reste, mon opinion est faite: nos camarades russes vont vers la construction du socialisme, un socialisme à eux, « socialisme manière russe ».Pour y aboutir, on leur impose ou ils s’imposent (comme l’on voudra) des choses que nous n’accepterions jamais, mais qui pour eux semblent nécessaires et seules susceptibles d’un avenir meilleur.Le prolétariat russe, je peux dire le pays tout entier, se croit le plus avancé du monde en tous points, le seul pays où le bonheur est réel, et cela malgré les nombreuses misères et difficultés par rapport à la classe ouvrière de notre pays.Je pense sincèrement qu’ils construisent le socialisme, leur manière de le faire peut ne pas être acceptable par nous mais le fait est là, il faut compter non seulement avec eux, mais les encourager à persévérer.Je me suis fait prendre à partie à plusieurs reprises pour avoir dit que nous ne concevions pas la construction du socialisme de la même manière qu’eux-mêmes, que les ouvriers de notre pays étaient sur eux, pour ce qui concerne les conditions de vie, de travail et culturel, nettement en forte avance.Ils ne veulent pas y croire parce que, depuis près de vingt ans, on leur a dit, par une presse officielle, la seule permise, qu'ayant fait la révolution ils étaient les hommes les plus heureux du monde, les plus cultivés, les plus émancipés même, et devaient servir de guides aux travailleurs des autres pays.Que jamais notre classe ouvrière ne connaisse un tel niveau A toutes leurs dénégations, je me permets de formuler un modeste vœu, le suivant: que jamais notre classe ouvrière ne connaisse un niveau social aussi bas que le leur actuel.Il y a, en Russie, un effort vrai de construction socialiste, d’un socialisme qui ne correspond pas à ce que désirent les travailleurs français; c’est tout ce que je veux dire de mon voyage en Russie, pour l’instant.C’est déjà, il me semble, beaucoup dit, trop dit pour ceux à qui on a vanté et qui ont cru de bonne foi à l’inexistant « paradis soviétique ».C’est sir Walter Citrine, secrétaire général des Trade-Unions anglaises et président de la Fédération internationale des Syndicats ouvriers: « J’ai le sentiment inconfortable, écrit-il dans son livre I Search for Truth in Russia, que les ouvriers sont de simples rouages dans la machine soviétique.Je ne pourrais peut-être pas le prouver devant un juge d’une façon péremptoire.Mais je n’ai pas le moindre doute qu’il règne ici un régime d’oppression.Je n’ai pas trouvé qu’ils (les ouvriers) aient la même liberté de parole qu’en Angleterre.L’ouvrier est en principe le maître.Mais, en pratique, il fait exactement ce qu’on lui dit de faire.Il ne peut pas lutter contre l’État, contre le syndicat ou le comité de l’usine ou contre le noyau communiste.Depuis sa tendre enfance, il est contrôlé, et cela à un degré que le capitalisme n’a jamais cherché à atteindre.Le contrôle commence à la crèche enfantine et dure toute la vie.» On a caché jusqu’ici la vérité J’ai été étonné, surpris des choses que j’ai apprises et très souvent, je me suis posé la question suivante: Pourquoi, depuis si longtemps, ceux qui sont venus en Russie ont-ils caché la situa- Nous ne parlerons pas de Trotsky, l’auteur de la Révolution trahie.En raison de son hostilité violente contre Staline qui l’a exilé d’U.R.S.S., on peut accuser Trotsky de partialité.Cependant il ne raconte que ce qu'il connaît bien et avec quelle véhémence il dénonce les tares du régime stalinien! Mais à ces témoignages, qu’on peut qualifier de « bourgeois », il faut joindre des confessions « ouvrières » : celle d’Andrew Smith, slovaque-américain, dont la Revue Universelle publie actuellement les mémoires et celle de Kleber Legay.Kléber Legay, est un ouvrier mineur, ancien président du syndicat des mineurs du Nord et secrétaire général de la Fédération du Sous-sol.Il écrivait, en décembre dans la Bataille, hebdomadaire de la Fédération du Nord du parti socialiste, un article intitulé « Retour de Russie » dans lequel il annonçait sa profonde déception.Tous ces auteurs, intellectuels ou ouvriers, sont entièrement d’accord pour proclamer la faillite du communisme en U.R.S.S.Il y a là une « somme » impressionnante, car tous ces désillusionnés étaient « sympathisants » au régime.On trouvera ci-contre l’article de Kléber Legay tion exacte faite aux travailleurs de ce grand pays ?Non pas que je veuille dire que la Révolution ne leur a rien apporté, que les dirigeants de la Russie ne se préoccupent pas d’améliorer, dans la mesure où ils le peuvent, les conditions ouvrières sous toutes ses formes, bien au contraire, car ils font des efforts méritoires.Mais j’ai été surpris de constater que nos camarades russes étaient loin, très loin même, de la situation que l’on nous a dépeinte et qu’en un mot rarement on nous a dit la vérité sur leurs conditions de travail, de vie, de sécurité dans le travail et sur les libertés qu'ils possèdent.Peut-être ceux qui sont allés en Russie n’avaient-ils pas les mêmes raisons que nous à connaître, à savoir.Je suis un de ceux qui tenaient à voir et savoir et pour y parvenir j'ai très souvent incommodé, contrarié nos interprètes officiels.Cet ensemble de constatations, de renseignements que j’ai pu obtenir, m’ont fait comprendre et apprécier les difficultés de la Russie, Je veux dire combien a droit à notre sympathie ce peuple si misérable avant la Révolution, en voie, selon sa manière, de construire le socialisme avec une foi sincère et une volonté pour laquelle rien n’est insurmontable.Je souligne ces trois mots: selon leur manière, car il est certain que ce qui est accepté, ou imposé, je ne puis pas être trop affirmatif là-dessus, par les travailleurs russes, ne le serait pas par les ouvriers de notre pays qui, sous toutes les formes, hormis la hideuse exploitation capitaliste, sont de beaucoup en avance, tant du point de vue culturel, professionnel et social, sur les travailleurs russes.bâtiment, servant les maçons, piochant et pelletant à la construction de routes, occupées à la réfection des voies de chemins de fer, portant des rails et sous le commandement des hommes.Nous en avons vu travaillant aux travaux de voirie à Moscou même.Cela nous a profondément étonné et nous l'avons dit aux responsables.On nous a dit que la femme était en Russie l'égale de l’homme.Un camarade du nom de Schmit, président local du Syndicat de Gorlowska, m’a dit que c’était quand même mieux de les voir là que comme chez nous, livrées à la prostitution, réponse qui nous a indigné et fait comprendre que là-bas on ignore tout de ce qui se passe chez nous, tout Les travaux imposés aux femmes.Quelque chose nous a profondément choqué là-bas, que je veux faire connaître tout de suite, ce sont les travaux imposés aux femmes.Nous en avons trouvé de très nombreuses travaillant au fond des mines, à des travaux très légers, nous avait-on dit, mais nous en avons trouvé dans les chantiers de production en taille.Nous en avons trouvé de nuit, de jour et partout, même dans les usines, travailla^ près des fours Martin, à la terrasse, dans j A LA SOCIÉTÉ DES NATIONS La diplomatie soviétique à l'oeuvre Pour comprendre l'importance de celte mainmise bolcheviste sur la S.D.N., il faut savoir que les services permanents, à Genève, influencent le Conseil, de manière souvent décisive, par les rapports et les enquêtes politiques des diverses commissions.C’est le Secrétariat général qui est chargé, par exemple, d’établir longtemps à l’avance les ordres du jour des assemblées.Or, au Secrétariat général on trouve M.Rosenberg (actuellement ambassadeur des Soviets à Madrid) ; à la tête de la section de l’hygiène, le Dr Rajchman, sovié-lophile notoire; aux Transports, le bolche-visant Haas, etc.La Commission pour la Protection de l’Enfance a même dû s'adjoindre comme conseillère la camarade Kollontaï, créatrice de la « nouvelle morale sexuelle » dans les écoles en Russie.Voilà avec quels collaborateurs on travaille à Genève.Au B.I.T., c’est pire encore: les douze sections sont aux mains de marxistes et, sur les 357 employés, il n’y a, en dehors des cinq Italiens fascistes, que quinze autres opposants au marxisme.» L’auteur conclut: « La S.D.N.est aujourd’hui un instrument de guerre, non de paix; elle freine le progrès social, elle retarde l’avènement de l’ordre nouveau.On doit donc choisir entre la paix et la S.D.N., entre le progrès et le bolchevisme.» Souhaitons que ces conclusions soient pessimistes.Les faits rapportés montrent cependant dans quelle voie dangereuse — comme le lui disait le président Motta — la Société s’est engagée en admettant l’U.R.S.S.dans son sein.La mainmise bolcheviste Les meilleurs amis de la S.D.N.ont vu avec regret ses portes s’ouvrir à l’U.R.S.S.C'était, disaient-ils, introduire l’ennemi dans la place.On allait empêcher l’institution de faire son œuvre; on pouvait même redouter qu’elle ne s’orientât vers un but tout contraire à sa destination première.Une brochure publiée récemment et que commente le Bulletin de l'Entente internationale de Genève justifie ces alarmes.Les bolcheviks, y lit-on, dirigent maintenant ou inspirent tous les services, depuis le Secrétariat jusqu’au Bureau International du Travail, en passant par les importants services auxiliaires de la presse ou de la propagande.Ils y manœuvrent, à leur avantage, la politique internationale, soit par pression sur le Conseil, soit en répandant de fausses nouvelles dans la presse, soit en faisant échouer, par leur intransigeance aux assemblées, toutes les initiatives utiles à l’humanité ou à la paix mais nuisibles à leurs visées révolutionnaires.Les faits ont confirmé nos exposés antérieurs quant à l’origine de la guerre civile en Espagne: le général Franco n’a fait que déjouer le complot rouge tramé contre ce pays par Moscou qui en avait établi le programme et avait donné les ordres précis quant à son exécution.Ce premier complot ayant échoué, les soviets ont dû changer de tactique et se sont efforcés: 1° d’organiser en Espagne une centrale communiste pour diriger les opérations, centrale de diplomates expérimentés, de militaires spécialistes de la guerre civile, et d’agents de propagande de premier ordre; 2° de renforcer l’armée rouge par des combattants étrangers; 3° de fournir en abondance le matériel de guerre indispensable.Le camarade Rosenberg, alors sous-secrétaire adjoint du Secrétariat de la Société des Nations, fut dépêché à Madrid pour y diriger la diplomatie « gouvernementale ».Antonofï-Avsienko, le « général » Kléber et plusieurs autres instructeurs militaires assumèrent la tâche de réorganiser l’armée rouge espagnole.Une légion d’agitateurs s’abattit sur le front et l’arrière pour y mettre au point la propagande soviétique.Enfin, une équipe de tchékistcs y enseigne le terrorisme d’après la méthode de Djerjinsky.De nombreux Espagnols furent aussi envoyés à Moscou pour y suivre un enseigne- ment spécial et pour rapporter dans leur pays le souffle authentiquement révolutionnaire.Le séjour de ces agents en U.R.S.S.a été mentionné dans la presse soviétique qui a publié leurs photos et a utilisé leur présence pour exalter le concours fourni par les communistes russes à leurs camarades d’Espagne.Une organisation spéciale s’occupe du recrutement pour l’armée rouge espagnole de volontaires étrangers.Depuis des semaines on expédie de nouveaux volontaires venant de France, de Belgique, de Tchécoslovaquie, d’Angleterre, de Suisse, du Mexique et d’autres pays.Ce recrutement international est une innovation, qui n’a que trop bien réussi, et sera certainement utilisé à nouveau dans des circonstances analogues.Il est dirigé par des fonctionnaires soviétiques et par les divers partis communistes.Ceux qui tombent dans le piège, attirés par des promesses alléchantes, sont exploités honteusement, puis envoyés en première ligne comme chair à canon socialo-commu-niste, cependant que les fonctionnaires du recrutement, à l’abri de tout danger de guerre, s’enrichissent aux dépens de leurs maîtres de Moscou et des recrues.Le nombre des victimes augmente sans cesse.Ces faits sont confirmés par les témoignages des combattants et par des rapports de police qui découvrent constamment des centres de recrutement nouveaux.L’ORDRE NOUVEAU Bulletin tii-mensucl de doctrine et d’action sociale public par Les Semaines Sociales et 1’École Sociale Populaire Direction: 1961, rue Rachel Est Administration: 4260, rue de Bordeaux MONTRÉAL Le numéro: 5 sous; l’abonnement: $1.00 5 mars 1937 NOUVEAU - L’ORDRE 2 - Les menées communistes dans notre pays The Spirit of 1837 Marches Onward ! By AVROM Autour des unions Le front uni de la jeunesse « X ouvrières Les communistes s’opposent à la reconnaissance des droits de la classe ouvrière afin de la mieux dominer Les internationaux font leur jeu Les communistes essaient de le former contre la guerre et le fascisme $ ih V.Î w ¦ Grouper tous les jeunes du Canada, sans distinction de politique, de race, de religion, contre la guerre, c’est le rêve qu’avaient fait les communistes.Ils croyaient, servis par les circonstances, avoir enfin trouvé le nœud coulant qu'ils allaient passer au cou de la jeunesse canadienne-françaisc.Et une fois leur manœuvre réussie, ils en feraient ce qu’ils voudraient! On comprend leur déception et leur rage en voyant leur rêve en partie écroulé.Ils comptaient prendre les devants dans le Québec, lancer un manifeste qui indiquerait la voie à suivre et rallierait tous les jeunes peu soucieux d’aller donner leur vie dans quelque conflit européen.En fait, leur manifeste vient de paraître.Ils l’ont semé dans les rues de Montréal.Mais d’autres jeunes, avant eux, avaient parlé.Ils s’étaient élevés eux aussi en termes énergiques contre toute participation à la guerre, contre toute dépense préparatoire.Et celte intervention déjouait les plans communistes et leur enlevait toute efficacité.Aussi le manifeste dirigé d’abord contre la guerre et ses partisans se termine par une sortie contre les « Jeunes Réformistes » dont l’attitude n’est pas guidée par le désir de la paix mais par des buts purement politiques et réactionnaires.Vaincus dans une première manche, les communistes n’abandonnent pas cependant la partie.La Ligue de la Jeunesse communiste canadienne vient de tenir A Toronto son congrès annuel.Philippe Richer y représentait les Canadiens français.Le principal discours fut prononcé par le secrétaire général, William Kashlan.Il lit un chaleureux plaidoyer pour le front unique des jeunes « contre la guerre et le fascisme » à travers tout le Canada et insista sur les circonstances qui le favorisaient actuellement.Nous ne laisserons aucune pierre en place, conclut-il, tant que nous n’aurons pas formé ce front.On peut s’attendre à de nouvelles manœuvres aussi habiles qu’insidieuses.Ainsi de gros efforts se font actuellement pour obtenir la collaboration de l’élément canadicn-français au congrès de la Jeunesse canadienne qui aura lieu à Montréal en mai prochain.Que notre jeunesse ait l’œil ouvert! T Il se joue actuellement une rude partie dans notre province.De son résultat peut dépendre le sort de notre classe ouvrière.Tout groupe professionnel qui veut défendre ses intérêts s’efforce de posséder le plus d’influence et de pouvoirs possible.Un des meilleurs moyens, dans le Québec, est sa constitution en corporation qui en fait une personne morale.En cette qualité, il possède une existence juridique qui lui permet de poser validement beaucoup d’actes de la vie civile, notamment ester en justice, acquérir des biens meubles et immeubles nécessaires à la réalisation de sa fin, conclure des contrats, etc.Ainsi les avocats, les médecins, les architectes, pour ne donner que quelques exemples, se sont empressés d’obtenir cette constitution en corporation; ainsi nos principales associations d’affaires; ainsi nos sociétés patriotiques, sportives, etc.Désireuse, elle aussi, de veiller à ses intérêts, la classe ouvrière s’est d’abord organisée en unions, soit internationales, soit nationales.C’était le premier pas.Il lui restait, pour être sur le même pied que les autres groupements professionnels et jouir d’une réelle influence, à faire reconnaître ses unions par l’autorité publique.Cette reconnaissance leur conférait les pouvoirs indiqués plus haut et d’autres encore, par exemple créer des caisses de secours et de retraite, des coopératives, des bureaux de placement, des laboratoires, instituer des cours, publier des revues, favoriser la construction d’habitations à bon marché.Mais en retour, la constitution leur imposait des obligations et des responsabilités.Les unions reconnues devaient avoir un nom, un domicile ou siège social, tenir une comptabilité.Force leur était de se choisir comme chefs des hommes d’autorité et de bonne réputation; leurs règlements, obligatoirement approuvés par le gouvernement, tout en ayant pour but le bien de la classe ouvrière, ne pouvaient contenir aucune clause subversive; si quelque conflit surgissait avec les patrons, le moyen ordinairement employé de le régler ne devait être ni la violence ni le désordre, mais l’arbitrage, le recours aux tribunaux, etc.Rien en cela qui pût nuire à la classe ouvrière.Au contraire! Elle se plaçait sur le même rang que les autres classes professionnelles et obtenait le droit aux mêmes privilèges.Elle écartait de ses organismes les éléments révolutionnaires.Elle garantissait leurs membres contre tout excès possible.LdS Ba Sr" X, Le Parti communiste se couvre des patriotes de 37 Dessin paru dans le « Daily Clarion », quotidien communiste de Toronto, le 17 février 1937.L'homme qui arbore le drapeau est Tim Buck.L’Action Catholique Féminine d’Ottawa se ligue contre le communisme L’Action Catholique Féminine d’Ottawa a décidé d’orienter ses énergies cette année contre le communisme et l’athéisme.Une importante réunion, qui groupait sept à huit cents personnes, vient de se tenir dans la capitale, sous la présidence de S.Exc.Mgr Forbes, archevêque d’Ottawa.D’intéressants rapports furent présentés, suivis de fructueux échanges de vues.Voici les principales résolutions adoptées: Considérant que la présente conférence de l’Action catholique du diocèse d’Ottawa, tenue ce 14" jour de février 1937, a établi qu’il se poursuit au Canada une intense, insidieuse et trop efficace propagande des doctrines et des pratiques communistes, qui, même chez les Canadiens français, gagne un inquiétant nombre d’adeptes; Considérant que les femmes catholiques, en tant que fondatrices et gardiennes des foyers, éducatrices de l’enfance et protectrices de la foi de la jeunesse, sont les premières intéressées à la lutte contre le bolchevisme et ses efforts subversifs contre la famille, la religion et la société; En conséquence, qu’il soit résolu que les dirigeantes et les militantes de l’Action catholique féminine du diocèse d’Ottawa: 1.— se déclarent profondément attachées aux enseignements du Saint-Siège et de l’Épiscopat en tout ce qui concerne les doctrines et les pratiques d’origine et de profession bolcheviques; 2.— s’engagent, touchant ces questions, 1) à augmenter en leur particulier et dans leurs cercles d’étude, leurs connaissances des principes catholiques tels qu’exposés dans les encycliques et les commentaires autorisés, dans le but de raffermir leur foi et leur adhésion à ces principes et, dans cet important domaine, de mieux se préparer à remplir leurs devoirs d’apostolat laïc; 2) à répandre, dans leur milieu et surtout chez les jeunes, ces connaissances de la vraie doctrine sociale catholique; 3) à unir leurs sacrifices et leurs prières à ceux du Très Saint-Père et de l’Église afin que le Seigneur enraye la propagation dans le monde de ces doctrines malsaines et en particulier protège contre elles l’Église canadienne et les foyers canadicns-français.Chez les internationaux Pour les routes d'Espagne L’Union amalgamée de la confection (The Amalgamated Clothing Workers of America), une des unions internationales les plus puissantes au pays, a tenu son congrès annuel à Montréal le 20 février dernier.Le président du Conseil local des Métiers et du Travail, M.Raoul Trépanier, souhaita la bienvenue aux délégués.Il fut suivi par l’échcvin Smith de Toronto, un des principaux chefs du Parti communiste canadien — on a dit qu’il en était le cerveau, — qui préconisa le groupement unique de toutes les forces ouvrières afin de combattre la menace croissante du fascisme — entendez: tout ce qui est contre le communisme — au Canada.Le congrès décida d’accorder son appui moral cl financier aux rouges d’Espagne et il vota un appel au gouvernement canadien pour qu’il vint en aide au gouvernement de Caballero.Il serait intéressant de savoir combien il y avait de Canadiens français à ce congrès, outre M.Raoul Trépanier, et quelle fut leur attitude.Pour préserver notre jeunesse du bolchevisme « PETIT CATÉCHISME ANTICOMMUNISTE » Mettre en garde la jeunesse, dès les bancs de l’école, contre le communisme, devient un devoir de plus en plus urgent.Citons deux témoignages récents.L’archevêque de Baltimore, S.Exc.Mgr Curley, déclarait cet été que dans tous les high schools et les classes supérieures des écoles primaires de son diocèse on devrait désormais enseigner aux élèves sur quelles théories erronées repose le communisme.« Ces jeunes catholiques, ajoutait Son Excellence, doivent connaître en quoi consiste exactement ce mouvement subversif, afin de pouvoir non seulement s’en préserver eux-mêmes mais aussi mettre en garde contre ses dangers ceux avec les- quels ils auront à en causer.» Et l’archevêque chargea immédiatement un de ses prêtres de préparer un petit manuel pour cet enseignement.C’est la même directive que vient de donner S.Em.le cardinal MacRory, archevêque de Dublin: « I! faut se préoccuper tout spécialement dans nos écoles secondaires, disait-il à une cérémonie religieuse, de fournir à nos garçons et nos filles un enseignement qui les armera contre les erreurs fondamentales du communisme.» Cet enseignement, quelques catéchistes clairvoyants ont entrepris de le donner dans nos écoles de Montréal et de la banlieue, en particulier au Sault-au-Récollet, depuis trois ou quatre ans.Leur expérience leur a prouvé qu'une telle initiative répondait à un réel besoin.Leur tâche, et celle de tous ceux qui voudront les imiter, sera grandement facilitée par la publication d’un petit catéchisme, qui répond au désir exprimé par l'archevêque de Baltimore.L’auteur, le P.Richard Arès, scolastique jésuite, catéchiste lui-même, expose en une première partie les théories communistes, puis en une deuxième leur oppose la doctrine catholique.Questions et réponses sont brèves, claires, à la portée de l’écolier.Ce Petit catéchisme anticommuniste vient de paraître dans la collection des brochures de l’École Sociale Populaire.Les syndicats catholiques l’ont compris.Et ils ont obtenu leur constitution en corporation.Mais les communistes ne l’entendaient pas ainsi.Les unions reconnues par le pouvoir public, c’était, du coup, les postes importants qui leur échappaient, la diffusion de leurs idées qui se trouvait entravée, et surtout l’abandon forcé de leurs méthodes d’agitation et de violence, à cause des responsabilités qu’elles entraînaient et dont les unions, en tant que personnes juridiques, auraient dû répondre devant les tribunaux.C’était enfin courir le gros risque de voir l’autorité dissoudre ces unions jugées dangereuses pour l’ordre social.Aussi la lutte contre la reconnaissance obligatoire est-elle devenue pour eux l’affaire capitale.Au dernier congrès du Parti travailliste, le secrétaire du Parti communiste de Québec, Stanley Ryerson, présentait cette lutte comme une de leurs tâches principales, et son acolyte, Sydney Sarkin, déclarait qu’il fallait, avant tout, concentrer sur ce point tous les efforts.Les internationaux durent prendre parti.Ont-ils adopté l’attitude que demandaient les intérêts de la classe ouvrière ?Nullement.Ils s’en sont laissé imposer par les communistes dont ils subissent, consciemment ou non, l’influence.Ils se sont déclarés contre la constitution en corporation.Et ils es- saient actuellement de gagner de puissants adeptes à cette politique.La question est d’une réelle importance.Les hommes d'ordre ne sauraient s’en désintéresser.Ils doivent se ranger effectivement, dans ce conflit, du côté des syndicats catholiques.Quant au gouvernement, s’il veut combattre efficacement le communisme au sein de la classe ouvrière, il a là, entre les mains, une arme des plus efficaces.Qu’il décrète sans tarder la constitution en corporation de toutes les unions, nationales ou internationales! Il brisera ainsi l’influence des agents de Moscou en même temps qu’il servira les meilleurs intérêts des ouvriers.Propagande à Québec L’Action catholique du 2 mars dévoile le plan adopté au congrès du Parti communiste tenu à Toronto en janvier pour exercer une propagande active dans Québec.La ville aurait été divisée en quatre sections.Et une attention spéciale sera accordée à l’élément féminin.Tim Buck doit aller lui-même mettre en branle le mouvement.L’ORDRE NOUVEAU 5 mars 1937 3 CERCLES E ETCEES La question civique PETIT CATÉCHISME L’encyclique « Quadragcsimo anno)) No 10 V.— Organisation corporative 4.Quels sont les éléments essentiels île toute société/ Toute société suppose trois choses: V Plusieurs individus qui, ne pouvant individuellement ou par leurs seules familles se donner tout ce qui leur est nécessaire pour le développement normal de leur vie, s’unissent en un groupe distinct et indépendant.2° Ce groupe se donne pour but un meilleur être de tous et de chacun par la communauté, et ce meilleur être est appelé le bien commun, parce qu’il atteint les individus par la communauté.3° Pour obtenir ce meilleur être, ils doivent unir leurs forces et les orienter vers ce bien commun.Mais il est évident que pour obtenir cette union et cette orientation, il faut de toute nécessité une autorité, qui pourra déterminer à chacun sa part d’activité et son orientation vers le bien commun.5.Que nous enseigne l’Eglise sur l’autorité?Elle enseigne que l’autorité dans la société civile, comme en toutes choses, vient de Dieu, comme disent les Écritures.a) Aucun homme n’a de lui-même le droit de commander à un autre car tous les hommes sont égaux; b) L’obcissance à l’autorité est affaire de conscience.Or, « nul n’a le droit d’en-chainer par un lien de conscience le libre vouloir de ses semblables »; c) La sûreté de l’État et les intérêts des citoyens demandent pour la souveraineté politique une force, une dignité, une stabilité que les conventions humaines ne sauraient à elles seules donner.Seule la volonté divine exprimée par l'ordre naturel dont Dieu est le Créateur, et par l’ordre surnaturel dont l’Église est la gardienne, peut conférer à l’autorité ces privilèges.De là nous concluons: 1° S’il appartient parfois aux hommes, sous des formes d’ailleurs variées, de désigner les dépositaires du pouvoir, ils ne confèrent pas par cet acte l’autorité.Elle vient de Dieu seul.2° Que le pacte, prétendu ou réel, par lequel les hommes se seraient mis sous la dépendance de l’autorité pour constituer une vraie société, reste un acte purement humain, et dès lors impuissant, comme nous venons de le dire, à donner à l’autorité le droit de commander à la conscience des générations présentes et futures.Il ne peut pas non plus lui assurer les caractères qui lui sont essentiels.— A TROISIÈME PLAN B) La corporation : 2.- cadres et rôle Introduction L’encyclique ne trace aucun cadre d’organisation corporative.Rien d’étonnant, surtout si l'on songe que la sociologie catholique — en tant que catholique — n’a pas la mission de présenter des solutions concrètes mais de répandre les principes moraux qui doivent diriger la vie économique et sociale.Pourtant, les sociologues catholiques doivent élaborer et offrir des plans plus précis, réalisables.Sans cela, la portée de leurs efforts serait étroitement bornée.L’idée corporative se prête à des applications diverses.Chaque pays l’adapte à son esprit, à ses conditions, aux éléments préexistants qu’il possède.En outre, l’organisation de chaque profession revêtira des modalités particulières scion ses besoins plus ou moins étendus et complexes.PLAN D'ÉTUDE nomique.Diverses sections pourront être formées dans et par le Conseil; leur composition variera avec l’objet qu’elles auront la mission d’étudier; les décisions prises par elles seront ensuite approuvées par le Conseil.Ainsi, pour une question de production, fixation de prix, des chefs d’entreprise constitueront une section spéciale; pour régler des conditions saines de travail, un juste salaire, des représentants des employeurs et des employés collaboreront dans une autre section; ceux-ci s’adjoindront des ingénieurs, des techniciens s’il s’agit de meilleure organisation scientifique du travail.@ Sur le plan régional Ie' cas.— Certaines branches de l’activité économique se déploient dans une région déterminée; il n’y aura pas lieu d’avoir une Commission paritaire nationale; un Conseil régional suffira, avec ramifications locales.2“ cas.— Une industrie ne s’exerce pas dans des conditions égales pour toutes les régions d’un pays; une province se divise en régions naturelles, reliées ordinairement à un centre (région de Québec, Montréal, Trois-Rivières, Sherbrooke, Chicoutimi), Pour étudier les besoins du district, demander à la Commission nationale certaines adaptations des décisions générales, surveiller l’application des règlements dans la région, un Conseil régional s’impose, dont la formation se fera de la manière décrite plus haut.@ Sur le plan local 1.— Un centre possède plusieurs industries de même espèce?un Conseil local pourra s’y établir.2.— Mais nous voulons insister ici sur le Conseil paritaire constitué dans chaque entreprise ou usine de quelque importance.Le but de ce Conseil est d’opérer un « contact permanent » entre le personnel et la direction, employés et employeurs.Dans sa formation, on aura soin d’avoir des représentants des diverses catégories pour créer une belle coopération entre tous les membres d’une famille industrielle ou commerciale.I.Organisation d’une profession @ Sur le plan national Des personnes qui exercent à un titre quelconque leur activité dans une même branche de l’ordre économique s’unissent dans la corporation; employés et employeurs veulent collaborer et non plus lutter entre eux.L’essentiel, c’est que la corporation soit gouvernée par une autorité professionnelle, reconnue par l’État.Qui détiendra cette autorité ?La Commission paritaire ou Conseil corporatif S Formation suivre Ce Conseil est constitué par les représentants des diverses catégories importantes qui participent à une profession.Paritaire: patrons et ouvriers y jouissent d’une égale influence.Ainsi, pour organiser la construction en groupement corporatif, les entrepreneurs, les maçons, les menuisiers, les électriciens, etc., unis dans des syndicats distincts, éliront des délégués pour représenter leur groupe respectif dans la commission paritaire.Comment élire ces délégués ?— par le suffrage universel, c'est-à-dire que tous les membres d’une catégorie votent pour choisir le délégué; — ou les comités des syndicats désignent leur représentant—et c’est le mode qui paraît préférable pour assurer aux syndicats leur place dans l’organisation corporative.Appel à nos amis A travers les revues Il ne se passe pas de semaine que nous ne recevions, soit au secrétariat de l’École Sociale Populaire, soit à celui des Semaines sociales, diverses demandes de plans d’étude, de références bibliographiques, etc., pour lesquelles nous n'avons presque toujours qu'à renvoyer à l’Ordre nouveau.Cela prouve d’abord que notre journal contient des choses utiles, ensuite qu’il n’est pas assez connu.Nous demandons donc de nouveau à nos abonnés le service d’une intelligente et tenace publicité.Hommes publics, professionnels, instituteurs, prêtres, religieux et religieuses, membres d’associations ou de cercles, que d’occasions vous avez de signaler notre journal, de dire son utilité, de solliciter même un abonnement, vous offrant, s’il le faut, de l’adresser vous-même pour être sûr de ne pas manquer¦ votre homme.C’est ce qu'a fait dernièrement le vicaire d’une modeste paroisse qui nous envoya spontanément cinq abonnements: ceux de son curé, du couvent et de trois notables de l’endroit.Bel exemple à imiter et qui, s’il était suivi par plusieurs, nous permettrait les développements que nous rêvons.ARTICLES À LIRE La Genèse de la guerre civile en Espagne, par X**’.Revue des Deux Mondes, 1" janvier 1937.Communisme et Catholicisme, par J.Bivort DE LA Saudée.Ibid.Enquête sur le communisme en France: essai de synthèse.Dossiers de l'Action Populaire, 10 janvier 1937.Arbitrage et contrats collectifs, par le P.Geo.Jarlot, s.J.Études, 5 février 1937.L'État des Soviets ou Moscou défiant l’univers, par M.Léo Pell and.Revue du Droit, février 1937.Étude de trente-six pages, des plus fouillées sur l’œuvre accomplie par les Soviets depuis qu’ils sont les maîtres de la Russie.Remarque.— Les membres de la profession pourront appartenir ou non à un syndicat; ou à tel syndicat de préférence à tel autre.Nous ne prétendons pas qu'il faille un syndical obligatoire ou unique pour chaque catégorie ou métier.Mais tous, syndiqués ou non, sont tenus à observer les prescriptions édictées par le Conseil.Seuls, pourtant, les syndiqués contribuent à établir les règles ordonnatrices de la profession.La profession organisée, qui se discipline elle-même, ne sera pas un vain mot.Vous criez au « trust du travail » ?La coopération organisée doit tuer l’individualisme anarchique, source de tant de misères, et nous préserver des ingérences étatistes, guère plus rassurantes.J’ai été ouvrier en U.R.S.S., par Andrew Smith.La Revue universelle, 15 janvier, 1er et 15 février 1937.NOUVELLES PUBLICATIONS L’ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE qui s’efforce, dans la diffusion de la doctrine sociale, de tenir compte de l’actualité, est heureuse d’offrir les nouvelles publications suivantes II.Organisation interprofessionnelle • 1.—Entre les Conseils corporatifs représentant une même branche de production (par exemple, le blé: culture, minoterie, pâtes alimentaires, commerce de grains, boulangerie), n’y aurait-il pas lieu d’établir des relations pour coordonner des intérêts économiques connexes ?• Pouvoirs oit fonctions 1° réglementaires: déterminer les conditions d’apprentissage et de travail, une juste échelle de salaire, organiser scientifiquement le travail, équilibrer la production et les échanges, trouver des débouchés commerciaux et des moyens d’exportation, fixer des prix convenables; 2° administratifs: organiser les divers services de la profession: bureau de placement, enseignement professionnel, assurances sociales, et gérer le patrimoine corporatif; 3° disciplinaires: surveiller l’observation des règlements, appliquer des sanctions au besoin; 4° juridictionnels: instituer une magistrature du travail pour régler les conflits toujours possibles; 5° représenter la profession auprès des autres corporations et du pouvoir public.• Mode d'action Les problèmes que résoud le Conseil paritaire touchent à l’ordre social cl à l’éco- PETIT CATECHISME ANTICOMMUNISTE par le P.Richard Arès, s.j.32 pages, 15 sous L’auteur met à la portée des jeunes, en quelques formules claires, la doctrine communiste et lui oppose la doctrine catholique.• 2.— Sur le plan national (et même régional), un Office intercorporatif, un Conseil économique est nécessaire où se rencontreront les meilleures compétences do toutes les professions avec des spécialistes, des économistes et des sociologues Le rôle de ce Conseil économique sera: — de dicter à la politique les solutions les plus appropriées aux problèmes qui touchent à la vie économique et sociale; — de régler les litiges entre professions ou Conseils régionaux; — d’instituer une magistrature du travail chargée de régler les conflits collectifs pour prévenir les grèves, lock-out.LA VÉRITÉ SUR L’ESPAGNE par le cardinal Coma Tomas et le capitaine Francis McCullagh 32 pages, 15 sous Cette brochure comprend l’importante lettre adressée à tous les chrétiens de l’univers par le primat d'Espagne et un article lumineux sur le conflit espagnol par le grand journaliste européen, Francis McCullagh.L'ORDRE SOCIAL CHRETIEN (Collection de l'Œuvre des Tracts) par le cardinal Liénart 16 pages, 10 sous L’éminent prince de l’Église expose dans cette étude le danger communiste, puis ses causes économiques et morales et enfin les remèdes qui s’imposent.Vigoureuse synthèse de la situation actuelle.Reproduction interdite CES PLANS D’ÉTUDE (Nos 1, 8, 9, 10) se vendent 10 sous la douzaine, 70 sous le cent.L’ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE, 1961, rue Rachel Est, Montréal L'ORDRE NOUVEAU ¦ 5 mars 1937 4 H5SB-6 h IMPRIMERIE DU MESSAGER, MONTRÉAL
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