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Titre :
L'ordre
Éditeur :
  • Montréal :[L'ordre],1934-1935
Contenu spécifique :
mardi 22 janvier 1935
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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L'ordre, 1935-01-22, Collections de BAnQ.

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I ! # RÉDACTION ET ADMINISTRATION 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal Téléphone s PLateau 8511* - PIERRE ASSELIN • • PIERRE BOUCHER ; TARIF DES ABONNEMENTS : 1 an 6 moil 3 mois l IS % Em rOlt, par la poste.Canada (bora de Montréal), 1 Royautoe-Uni, France et | $6.6® $3.25 *1.75 Espagne .J Etats-Unis et Amérique du Sud 86.50 83.50 $1.85 Autres pay.$4.25 $2.25 *9.00 *4.75 *2.50 Administrateur , Secrétaire de la Rédaction .On mat prit d’envoyer toute correspondance à ta case 4018 de PHAtel des Postes en mentionnent sur 1 enveloppe le serrées (Rédaction ou Administration) auquel on reut s’adresser.Quotidien de culture française et de renaissance nationale Directeur-fondateur * OLIVAR ASSELIN L’abonnement est payable d’avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.Un ordre imparfait vaut mieux que le désordre.Va % Première année — No 262 K.Le numéro : 5 sous Montréal, mardi 22 janvier 1935 1 messieurs de l’Hôtel de Ville se demanderaient pourquoi les industries se hâtent de fuir notre ville.Le point de vue de M.Dupéré vaqué la réunion.— A l’arriére-plan, de gauche à droite, le sénateur John-H.Bank-head, le représentant John-E.Rankin, le sénateur Burton-K.IVheeler et le sénateur IVilliam-E.Borah.« Jeter par-dessus bord la philosophie monétaire du passé.» : paroles d’homme d’Eglise, n’est-ce pas ?Ce n’est pas la première fois que l'abbé Coughlin agite devant le Congrès l’épouvantail révolutionnaire.Il s’est servi de ce procédé au cours de sa campagne fructueuse pour l’adjonction de l’argent à l’or comme métal de couverture.N’est-ce pas un groupe d’argentistes qui, par gratitude, ont bâti à l’abbé Coughlin une tribune de 500,000 dollars ?Il revient à la charge, cet homme d’Eglise, en appuyant de sa rhétorique gommeuse le principe du faux-monnayage d’Etat.Qu’en pense I'Action catholique qui, pour nous narguer et nous abaisser dans l’esprit de ses bedeaux de lecteurs, a reproduit récemment des Etudes l’apologie de ce bateleur ?« Oignez vilain, il vous poindra.» LÉGISTE JUSQU’AU BOUT DES DOIGTS m Il ny a d’ailleurs pas que les industries qui émigrent.Les capitaux, pris de peur, vont aussi se réfugier ailleurs.Comme il arrive dans les cas d’une ville qui meurt lentement, les individus suivront l’exemple des industries et des capitaux.Les causes du désastre qui plane la métropole, voilà sans aucun doute ce qui devrait être l'objet des recherches de M.Houde et des nombreux esprits distingués qui l’entourent.Il est toujours intéressant de faire l’étude des causes d'un état de choses.Pour le cas qui occupe maintenant, nous voyons tout de suite à 1 origine de tous nos maux le chancre de la politicaillerie, l’esprit de publicité électorale, la démagogie et enfin une ignorance souvent doublée de malhonnêteté.i Avec les excuses du dessinateur indiscret.Le conseiller Leon Trépanier «Irait faire interdire par le Conseil nicipal l’établissement de raffineries de pétrole dans les limites de la ville: M.Dupéré voudrait faire soustraire à cette interdiction le quartier Mercier, où il y a, paraît-il, sur le port, des emplacements qui sc prêtent admirablement établissements de cette sorte.Le profane que nous sommes en l’espèce n’est pas en état de dire si l’installation de vcllcs raffineries dans l’Est montréalais, à part celles qui existent déjà, serait dangereuse pour la sécurité de la propriété et de la population voisines: il semble bien cependant que l’incendie de réservoirs de pétrole soit un risque sur lequel une municipalité prévoyante nu saurait fermer les yeux.Ce qui frappe, en tout cas, dans la discussion soulevée par la proposition de M.Trépanier et dans l’ajournement indéfini dont elle a fait l’objet, c’est la conception qu’on sc fait, au Conseil municipal, des droits des représentants de quartiers en matière de, sécurité ou même d’esthétique urbaine.Que l’érection de raffineries dans certaines zones du quartier Mercier ne présente pas d’inconvénients, cela est possible, et que M.Dupéré serve l’intérêt de ce quartier en s’opposant à la proposition de M.Trépanier, cela non plus n’est pas impossible.Mais tout le monde admettra l’abus qu’il y a à laisser les conseillers municipaux régler entre eux, au mieux des intérêts électoraux de chacun, ces questions qui intéressent toute la population.C’est dans un plan régulateur ou plan d’ensemble, et non dans les calculs de réélection de M.\Dupérc ou de tel autre de ses collègues, que doivent être indiqués, si toutefois il y a lieu, les emplacements propices à l’établissement de raffineries.II y a vingt ans que l’Hôtel de Ville concède les emplacements de distribution d’essence non pas en vertu d’un programme ou d’un règlement quelconque, mais suivant les indications de tel ou .tel poussah qui touche de la compagnie ou du débitant intéressé la forte somme.Veut-on faire consacrer au profit de chaque représentant de quartier (à l’exception de M.Dupéré, bien entendu) ce régime essentiellement alimentaire de la carotte à l’huile ?M.Trépanier constatait ces jours-ci que le sabotage des ordonnances du bâtiment, à Montréal, était devenu presque universel.Cela n’est que trop vrai.Ce sabotage a presque toujours des causes d’ordre pécuniaire, et l’on peut être sûr que dans une ville d’un si faible civisme et d’un instinct de conservation si contestable, il n’est pas près de prendre fin.Quand le plan régulateur de M.Terreault verra le jour, chacun de nos trente-cinq faquins aura tiré du sabotage actuel tout ce qu’il peut rendre, et Montréal ne sera plus bon qu’à faire visiter aux touristes comme exemple de ce qu’il peut advenir d’une grande ville favorisée par la nature, mais dominée par la politicaillerie et la gabegie.vou- (/Jmw*- mu- La S.D.N.et les nations de l'Europe occidentale doivent avoir perdu, à l'heure actuelle, leurs dernières illusions sur la possibilité de conclure une entente durable avec l’Allemagne de M.Hitler, et à plus forte raison sur les chances de réussite d'un désarmement général.Berlin, à la suite de sa victoire écrasante dans la Sarre, lance des ballons d’essai en vue d’obtenir le retour des territoires que lui a enlevés le Traité de Versailles, et prend même des mesures qui font craindre un coup de force du côté de la.frontière de l'Est.m/ & sur U i & m m aux nous m no u- f J i Si nous avions deux fois moins de conseillers municipaux et de députés, nos difficultés disparaîtraient dans la même proportion.Ces causes inhérentes aux régimes démocratiques ne sont pas les seules d’ailleurs qui expliquent les embarras économiques et financiers de la ville de Montreal.Il y a aussi l’absurde régime fiscal qui paralyse, en temps de cfisc surtout, tout esprit d’entreprise.Tout le monde sait qu’un des points névralgiques de notre régime economique est dans le prix de revient.Nous avons, à plusieurs reprises déjà, essayé de montrer les avantages indéniables d’une intelligente politique du prix de revient.La question se pose de nouveau aujourd’hui, mais dans l’ordre des faits.4f [% 1 On annonçait jeudi dernier que la France et l'Allemagne avaient signe un accord pour inclure la Sarre dans la zone démilitarisée du Rhin, et que cet accord serait immédiatement enregistré par la S.D.N.Les commentaires de la presse étrangère à ce sujet ne laissaient aucun doute sur le sentiment de malaise qui s’est emparé des chancelleries à la suite de la victoire des nazis.Le Foreign Office s’est décidé à exiger la démilitarisation de la Sarre, ce qui en dit long sur l’évolution des esprits en Angleterre, du moins dans les milieux officiels et responsables.On a parfaitement compris à Londres, comme à Paris, à Vienne et à Rome, que le plébiscite de la Sarre en entraînerait d’autres, et que l’Allemagne avait des chances de rentrer en possession d’un certain nombre des territoires qu’elle avait perdus.D’autre part, les diplomates se sont activement occupés à préparer un accord de nature à empêcher les Allemands d’engloutir la Ville libre de Dantzig au lendemain de la victoire de la Sarre.Mais toutes ces mesures se révéleront probablement inefficaces devant la volonté bien arrêtée de Berlin de rentrer en possession de régions qu’il s’obstine à considérer comme faisant toujours partie de l’Empire allemand.Enhardis par l’attitude des grandes puissances, l’Allemagne va maintenant tenter de mettre la main sur Mcmel, ville libre accordée à la Lithuanie pour lui permettre d’avoir un débouché sur la mer.La menace doit certainement être sérieuse, car le gouvernement de Kaunas a cru bon de mobiliser partiellement et de concentrer des troupes du côté de la frontière allemande.Le procès des autonomistes de Memel a déjà montré les intrigues auxquelles se livraient les agents de Berlin dans cette région.J’en ai parlé le 9 janvier.La concentration actuelle de troupes allemandes à la frontière de Lithuanie indique bien les intentions des dirigeants du Reich.Si Berlin a pu faire tourner à son avantage le plébiscite de la Sarre (je reviendrai là-dessus), ce ne sera pour lui qu’un jeu d’enfant de truquer celui de Memel, le cas échéant.Et si l’on refuse à l’Allemagne le droit de demander un plébiscite dans cette région, il faudra s’attendre à un coup de force.Le gouvernement hitlérien estime à leur juste valeur les protestations de pure forme' que feraient entendre les grandes puissances s’il faisait occuper Memel: aussi est-il à peu près certain du succès.La situation est devenue suffisamment sérieuse pour que de son côté la Belgique ait envoyé dans les cantons d’Eupen et de Malmédy (détaches de l’Allemagne) des renforts de troupes et de gendarmerie.On prévoit à Bruxelles que les Allemands vont exiger un de ces jours le retour de ces cantons.Il est bien évident que Berlin ne s’arrêtera pas en si beau chemin.Ensuite, il n’y aura plus qu’à exiger le Sleswick danois pour l’obtenir.Tout le reste suivra sans difficulté, puisque les grandes puissances ont renoncé à toute résistance.Le vieux dicton reste toujours vrai: « Oignez vilain, il vous poindra; poigne: vilain, il vous oindra.» Il est infiniment regrettable de constater que les puissances occidentales n’ont pas le courage de poigner les Allemands.V Lucien PARIZEAU mi Les dangers du ciné T> 4 i A la suite de l’incendie qui a causé la mort de cinq personnes, rue Iberville, lorsque des pellicules cinématographiques se sont subitement enflammées, un groupe de maisons faisant le commerce de ce produit ont annoncé dans les journaux qu’elles sont dépositaires de pellicules incombustibles pouvant être utilisées à domicile sans aucun danger.Vu le règlement municipal à ce sujet, il est intéressant de savoir qu’on peut se procurer et» ville des produits offrant une sécurité parfaite.0 m i ¦i.Un conseiller municipal au moins, M.Max Scigler, a compris qu’un problème aussi délicat que celui du prix de revient ne peut être résolu qu’avec la plus extrême prudence.Ne croyons pas qu’il faille uniformiser les conditions de travail dans la province de Québec.Nous sommes déjà suffisamment engagés, plus que de raison même, dans la voie de la réglementation des prix du travail pour qu’il soit temps d’user de prudence avant de rendre uniforme, partout, la rémunération du travail.Comment croire raisonnablement tt/tftb M.LEONCE PLANTE.— Voici pour vous.Mais vous mendiez sans autorisation.Sachez que c’est contraire à la loi.i 1 i LES IDÉES ET LES FAITS Néanmoins, ce n’est pas à domicile qu’on fait le plus de ciné.Il est bien plus important de voir à ce que le public qui remplit quotidiennement les salles de cinéma soit à l’abri de tout malheur.Or le photographe de la Compagnie de navigation Cunard-White Star., témoignant à l'enquête préliminaire instituée à l’occasion dé la tragédie ci-dessus mentionnée, a formellement déclaré que, bien qu’on fabriquât des pellicules n’offrant aucun danger d’incendie, on en employait encore d’inflammables dans les salles de cinéma.Toutefois, a-t-il dit, ce genre de pellicules n’est utilisé que dans les salles pourvues de portes de secours.Ce n’est pas- une excuse.En cas de panique, ces portes n’assurent pas toujours la sortie rapide et sans encombre des spectateurs et n'empêchent nullement les écrasements où nombre de personnes perdent la vie.Les accidents sont autrement dangereux dans les endroits publics que dans les maisons privées et les gens qui s’y rendent en comptant sur la sécurité des lieux ont le droit d’être protégés.L’usage de pellicules incombustibles devrait être de rigueur dans toutes les salles de cinéma.que les conditions du travail sont les mêmes à Sherbrooke qu’à Montréal ?Vouloir 'lest rendre, identiques, au- moyen de législations arbitraires, relève proprement de la chimère.Le marché du travail est intimement lié à celui des matières premières et des capitaux et au coût de la vie, toutes choses qui diffèrent d’une région à l’autre et qui dépendent de la nature, de la situation des marchés, des môyens de transport, des habitudes des populations, etc.Ce n’est pas certainement notre manie de tout légiférer sur terre d’aujourd’hui.Sa philosophie est fon-tout et à tour de bras qui changera la cièrement organisée pour la polémique, nature des choses.Crimes de l’Angleterre, passe de beaucoup les invectives de Nietzsche ou les avertissements de Heine aux Français, pour la lucidité des aperçus, l’ampleur du coup d’œil, la rigueur de la dialectique ; elle est pourtant au-dessous de ces morceaux de bravoure quant à l’audace polémique.C’est dans le même ouvrage que Chesterton compare l’Allemand à une paire de bottes vides auxquelles une discipline imaginaire a enseigné le pas de l’oie.Ironie coupante, mais froide, comme un éclat de verre.Le pamphlet des Hérétiques est écrit tout entier dans ce ton.Comme apologiste catholique, Chesterton a agrandi le rayonnement de Rome dans son pays.Dans la Revue apologétique de novembre 1934 (article reproduit par la Documentation catholique), M.Jean-Louis de La Ycrdonie en écrit : La vigueur de la pensée chez Chesterton s’allie à une forme toujours concrete et vivante jusque dans les plus abstraites questions, et se meut avec aisance comme dans son élément habituel, dans l’atmosphère, /naturelle polir lui, de la contradiction qu'il recherche cl qu’il crée, afin d’y faire épanouir sa « verve furibonde » et son inimitable ton d'ironie.D'un bout à Vautre de son oeuvre, c'est là vraiment la caractéristique originale et nouvelle de ce talent qui met l’humour au service de la foi.On comprend, dès lors, le secret de son influence sur les esprits et les effets, dans les consciences, de cette baguette magique.Cette polémique à base d’ironie est en effet « inimitable ».La langue même de Chesterton, d’une ligne nette comme un ouvrage sculpté, concrète comme un monument, ne trouverait pas d’équivalence en français ; elle convient en plein à la littérature de propagande, car l’idée la plus abstraite y revêt un corps.Pour ces qualités exceptionnelles, G.K.Chesterton est assurément le premier publiciste de son temps.IL — Le nomme Coughlin La Presse de samedi publiait en première page une vignette représentant l’abbé Coughlin entouré de divers hommes politiques, tous partisans, de l’inflation fiduciaire, avec la légende que voici : M.l’abbé Charles Coughlin, de Détroit, que l'on voit ici debout, s’est fait vivement applaudir en déclarant aux délégués des diverses organisations réunies pour préconiser une nouvelle dévaluation du dollar, que le temps est venu de « jeter par-dessus bord la philosophie monétaire du passé », et en ajoutant que le Congrès pousserait à une révolution à moins qu'il n’exerce un contrôle complet sur les valeurs monétaires de la nation.— A côté de l’abbé Coughlin, on voit assis à la table le sénateur Elmer, Thomas, qui avait con- IS I.— Chesterton polémiste et apologiste calholitpiçj e i L’Eglise catholique vient d’honorer de l’Ordre de Saint-Grégoire-lc-Grand l'historien anglais Hilaire Bellbc, né dans une famille française, et l’essayiste G.K.Chesterton.Moins connu au Canada que Rudyard Kipling, Chesterton est sans aucun doute l'écrivain le plus lucide de l’Angle- m 1» /; 8 , , une polémique froide et directe comme un Jusqu ia, la province de Quebec bene- de rarement réchauffée par le ficiait, sur toutes les autres provinces, du .bon marché de sa main-d’œuvre.Nous nre latln- ma,s d un caractère solide et achevé.La tendance de son esprit à l’expression architecturale se note au choix même de ses métaphores ; l’ogive pour symboliser l’union des contraires, la cheville et la mortaise pour imager le dogme évangélique qui s’accorde précisément avec : sommes en train de perdre ce dernier avantage par suite de l’application intempestive de législations sociales sinon socialistes.La loi des conventions collectives de travail est une bonne chose, à condition toutefois que le prix de revient des produits ouvrés n’en soit pas exagérément augmenté et que l’esprit d’entreprise ne s’en trouve pas paralysé.Quel est l’entrepreneur, en effet, qui risquerait des capitaux dans une entreprise sans être assuré d’avance d’une rémunération raisonnable de son capital et de son travail ?Avec de telles lois, il est à craindre que, les salaires étant sans doute plus élevés, le marché du travail ne sc restreigne dans une proportion plus considérable que la hausse des salaires.Si l’ouvrier gagne d’un côté, que du moins il ne perde pas de l’autre! Est-ce à dire qu’il faille se croiser les bras et attendre que l’équilibre entre le capital et le travail se rétablisse de lui-même ?L’Etat doit sans doute intervenir remédier à des situations de fait Jean-Claude MARTIN l’expérience.L’attique ne se prête pas au rythme polémique, et, par certains côtés, Chesterton est un attique.Léon Daudet écrit dans ses Souvenirs que l’ironie de cet humoriste est glacée.N’est-ce pas aussi la note dominante de la dialectique pasca-lienne ?* M i Bcbos i Confidence • Un certain T., fabricant de vins, sc sentant mourir, fit appeler son fils : — Je dois, dit-il, te faire une confidence.On fait aussi du vin.parfois.avec du raisin.Imprudence.• Récemment, en France, un ancien notaire qui a doublé allègrement le cap des soixante-dix ans, épousait une charmante jeune fille qui, elle, n’a que dix-huit printemps à son actif.On dit que pris par un dernier scrupule, la veille du mariage, l’heureux époux alla consulter un ami d’enfance, médecin très connu : — Eh bien, demanda-t-il, crois-tu que je puisse espérer encore devenir père ?— Ne l’espère pas, répondit le sage praticien, mais crains-le ! 1® I La polémique de Shakespeare, tout en conflits passionnels, s’élève de la terre, comme la spire, jusque dans l’orage; celle de Rabelais semble sortir de l’auberge, avec un chapeau énorme emprunté dans l’ivresse, du vin sur sa bavette et du rire plein le ventre : elle crée et renouvelle ses caricatures comme l’océan ses marées; la polémique de Pascal, quand elle sc déprend d’Arnaud, se détend, trouve du ressort et de l’allure; celle de Victor Hugo n’est qu’acharnement de métaphores dont aucune ne perce, ne frappe, ne brûle : elle pétille,” éclate, étonne le ciel, puis retombe en se décomposant comme les baguettes d’une fusée.La polémique de Chesterton ne ressemble à aucune de celles-là, sinon par quelques aspects secondaires.La réplique au professeur Tourbillon, symbole de l’universitaire allemand, dans les 1 H m il pour extrêmement désavantageuses et souvent injustes.Il importe, en tout cas, de ne pas oublier que le malaise économique et social grandit souvent dans la mesure où des lois interviennent qui compliquent à l'extrême le jeu naturel des forces économiques.Le chômage, par exemple, grandit, la démonstration en est faite, dans la même proportion que les indemnités distribuées par l’Etat.V Oliver ASSELIN ¦ Montréal est-il condamné à une mort lente ?i ient un moment, çn effet, où le chômeur n’a plus intérêt à travailler.m Errata Si le marché du travail a de l’importance dans la question de la suprématie industrielle de Montréal, le problème fiscal n'en a pas moins.M.Houdc a paru, à un moment donné, comprendre l’urgence de réformer du tout au tout notre régime fiscal.Mais ses efforts sont restés impuissants devant ses propres contradictions.Ce qui n’empêche pas qu’un jour ou l’autre on devra résoudre la question fiscale.L’importance qu’elle a dans l’établissement du prix de revient n’échappe à personne.Nos impôts municipaux et les taxes de toute sorte sont trop lourds pour que maintenions longtemps notre supré- comme De beaux jours attendent Montreal devant l’exode d’un grand nombre de ses industries vers la campagne ! Faut-il s’étonner si notre ville perd peu a peu son ancienne suprématie économique ?Comme bien d’autrés avant et après nous, avons, pour notre part, prévu ce qui devait arriver : la décadence aussi lente que sûre de Montréal.M.Houde et son entourage ne savent plus que faire, c’est bien évident, devant la catastrophe imminente.On a conçu, dans les milieux qui décident de notre sort, l'idée originale de créer une « Commission industrielle » pour prévenir cet exode des industries vers la campagne.Les membres de cette Commission seraient chargés d’amener de nouvelles entreprises à Montréal.Ne vaudrait-il pas mieux commencer par le commencement et voir à trouver des moyens de garder celles que nous avons déjà ?Si le bon sens avait encore droit de cité, ccs Dans la note qui suivait une lettre de M.G.-E.Marquis que nous avons publiée hier dans la Tribune du lecteur, on lisait : « Au point de üuc de survivance, un peuple ne peut compter que sur ses forces vives.» M.Asselin avait écrit: c Au point de vue de SA survivance.» Dans la note de M.Parizeau sur « l’envers du problème », sous la rubrique des Idées et des Faits, il fallait lire à la fin du premier paragraphe : « Rien ne semble PLUS raisonnable.» les autres municipalités de la province et ’du pays.Pour en arriver là, il n'est certes pas d’autres moyens qu’une politique courageuse et intelligente de dégrèvement.Mais, dans l’état actuel des esprits, autant vaut demander la lune! Quoi qu’il en soit de toutes ces questions, MM.les conseillers municipaux peuvent être sûrs que Montréal continuera à sc vider lentement de ses industries, de ses capitaux et de ses travailleurs tant que les trois problèmes conjugués du travail, du capital et de la cote ne seront pas réglés de manière à créer, ici, un «climat» favorable à l'industrie, au marché du travail et à l’esprit d’entreprise.nous I I nous marie économique.Faudra-t-il, pour le marché du travail, demander que les autres municipalités de la province augmentent le poids des impôts et taxes qu’elles prélèvent, pour que Montréal ne subisse pas leur funeste concurrence ?Que notre métropole ait de bonnes finances et die luttera à armes égales avec Intéressant et instructif : André BOWMAN X X X, 17 février 1936-•To suis toujours content de l’« Ordre ».C’est intéressant et instructif.Cadeau utile et agréable : un abonnement à V « Ordre *.Dr D.Jeu-Marie NADEAU m (1- » Ù , ; ¦ m BHP—® L'ORDRE — Montreal, mardi 22 janvier 1935 2 - L’énigme d’« Hamlet » éclaircie?OPINIONS (1) REVUE DE LA PRESSE Une once de conviction vaut mieux que infirmières dont se compose leur personnel ont compris leurs responsabilités, s'en sont acquittés avec une grande conscience et un dévouement admirable.On a encore fols Ici la preuve qu’une entreprise, M.Abel Lefranc découvre dans la pièce de Shakespeare la vie de Marie Stuart A quand ?A quand la corporation des journalistes ?On se le demande souvent.Cette fois c’est le PETIT JOURNAL qui se pose la question après avoir fait remarquer que le travail est réglementé dans presque tous les métiers et professions, mais pas dans le journalisme.De tous les métiers qui con-à la fabrication d'un journal, du télégraphiste au pressier et de l’ouvrier papetier au distributeur, seul celui du journaliste reste livré à l’anarchie tant pour son recrutement et sa discipline professionnelle que pour sa défense.Aussi ses conditions de travail inspirent-elles, du moins dans beaucoup de cas, une grande pitié que décrit ainsi notre confrère du dimanche : • • • uno quelque louable que soit son but, ne vaut que par le zèle éclairé des personnes qui s’y consacrent.Et c’est particulièrement le cas des Initiatives sociales.(Dm Figaro) La réunion politique du marché At- braves Canadiens-Français, suçant béatement Water, le 15 janvier, aura eu de nombreuses leur < pipe ».conséquences, dont la moins importante est cet article qui voudrait éclairer un aspect de l'affaire.Parlons faits et gestes.Trois jours plus tôt paraissait dans I'Ordre un appel aussi « vibrant » que fier.Cette intelligente prose pouvait se ramener à un parfait petit syllogisme (digne d’un manuel) qui disait : Les hommes politiques supérieurs parlent français.(Suivait un parallèle flatteur à l'endroit d'un de nos ministres provinciaux, indubitablement placé au poste qu’il occupe par les soins de la Providence.) Or, M.Bennett ne sait pas ou ne veut pas parler français.Donc.M.Bennett a-t-il tiré lui-même la conclusion, craint le chahut, voulu s’assurer des voix, plaire véritablement, par son geste méritoire, aux Canadiens-Français ?C'est là son secret ; mais officiellement il a voulu nous être agréable, et ce fait est à noter.père d’Hamlet, de même que celui de Darn-ley, fut découvert dans un jardin, couvert de pustules, etc.Quand à l’heure de l’apparition du spectre d’Hamlet dans la pièce, elle se rencontre absolument avec l’heure de l’assassinat de DarnJey.Le Figaro a publié en fin décembre cet intéressant article de M.Gaëtan San-voisin: M.Nadeau rappelle dans son rapport que, l’année dernière, les officiera et les auxiliaires des unités ont donné des conférences publiques ou spéciales qui ont atteint 248,000 personnes; qu'on a distribué dans les foyers et dans les écoles près de 230,000 pièces do littérature sur l’hygiène; qu'on a donné 38,000 entrevues et envoyé 86,445 lettres; qu’on a fait 44,660 Inspections au point de vue salubrité des logis ou des édifices, des boucheries, laiteries, etc.; qu’on a examiné plus de 25,000 personnes aux cliniques stationnaires ou ambulantes.Il s’agit maintenant de faire urçe propagande intense et rapide.Notre peuple est bien latin quand son coeur est touché.D’abord notre ami s’adresse, au.hasard, à un ancien combattant qui présentement crève de faim.Peu à peu, sous l’influence d’une parole chaude, convaincante et sans prétention, cet hemme oublie sa propre souffrance pour ne songer qu’à la cause française qu’il faudra faire triompher : plein de cran, il promet un beau chahut.Puis c’est le tour d’un petit matelot du Tadoussac, en vacances d’hiver : il s’anime bientôt et son œil resplendit.C’est un plaisir émouvant de voir échanger entre ces deux personnes, presque diamétralement et socialement opposées, une carte de visite vraiment patricienne contre l’obscure adresse d’un taudis.Bien plus, le petit matelot promet pour le printemps prochain « une Donne djobbe » au diplôme de l’Université de Bruxelles, qui, chose inconcevable, reçoit cet offre sans même sourire.Et nous qui croyions connaître le peuple.Si on savait lui parler.' avec le cœur.Mais le temps passe.C’est l’instant des calculs précis.Il y a là, à gauche, un placide policeman, tout sanglé, dont l’œil reposé ne reflète aucune malice.Il sera bientôt notre bourreau, celui qui nous « sortira ».A nos cris, quels gestes fera-t-il ?Ses réflexes probablement lents et mesurés nous donneront-ils le temps de pousser nos cla-, i , meurs de protestation ?Enfin le moment I union sacrée dans la parfaite abstention.^ arrive.Le grand pontife s’avance.Nous Quel sentiment de jalousie dut éprouver saint Jean-Baptiste, notre patron, quand il apprit le succès.désespérant de notre compatriote O’Leary.Sur les 700,000 appelés, 699,997 se sont abstenus.(2) Or, malgré cette perspective peu réjouissante, notre ami O’Leary n’entendait pas en demeurer aux projets seulement.Il sentait son honneur en jeu si.Froidement déterminé (froidement, ça se comprend), il se rendit « sur le terrain ».Chemin faisant il put obtenir une carte d’entrée, grâce à un ardent partisan benneltiste qui, en retour, exigea de lui un appui effectif à la cause conservatrice.Les « convictions politiques » ne l’étouffant pas, il promit : l'essentiel était d'entrer.A la porte, bousculade générale.Y a-t-il de la poudre dans l’air ?On le dirait.M.Bennett arrive et, avec l’énigmatique sourire qui cache son secret, subit la bousculade.Là-haut, la salle, on l'a dit, ressemble à la nef d’une immense cathédrale.Une atmosphère saturée d’une fumée qui n’est pas d’encens tisse un voile entre le public et les vagues pontifs qui s’agitent sur un balcon.Des orateurs qui voudraient intéresser la foule gesticulent pendant que de temps à autre brillent de fulgurants éclairs de magnésium.Plus la moindre trace de poudre.A l’arrière, et ce fait est à noter, sont assis, selon la loi habituelle du moindre effort, les courent M.Abel Lefranc vient d’apporter, dans sa chaire du Collège de France, des révélations sensationnelles sur les origines, le sens et l’argumentation secrète de Y Hamlet de Shakespeare.Une bibliographie abondante, à laquelle il faut joindre un article relativement récent de la Revue Bleue et une communication à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, témoignaient déjà de l'immense culture shakespearienne de M.Abel Lefranc et de sa documentation particulière sur Hamlet.Mais les recherches dont fl a bien voulu exposer au FlGARO — qui en a ainsi la primeur — la genèse, la marche et la conclusion dépassent, par leur contribution à la politique et à l’histoire, le cadre de l'érudition et de l’exégcse.CLAUDIUS-BOTHWELL On pourrait énumérer maintes autres concordances décisives (entre autres les imprécations de la reine, acte III, scène 2).Celles que nous venons d’indiquer brièvement suffisent pour justifier ce jugement de M.Abel Lefranc: « Il apparaît que le sens général de l’œuvre doit être demandé à deux ordres de faits qui sont les plus considérables et les plus significatifs de l’époque: d’une part, le drame de la mort de Damley et.de l’autre, la grande question de la succession d’Elisabeth, qui domine toute l’histoire des dernières années de cette souveraine.» La conjuration Glaudius-Bothwell s’inscrit, au reste, dans un rapport en date de 1571, rédigé par Thomas Wilson pour Burghley, premier ministre d’Elisabeth: « .La reine Marie Stuart n’est pas propre à un nouveau mariage, d’abord parce qu’elle empoisonna son premier mari, le roi de France; en second lieu, parce qu’ellle consentit au meurtre de son précédent époux, lord Darn-ley; en troisième lieu, parce qu’elle se maria ensuite avec le meurtrier de celui-ci, après avoir amené Darnley, par un véritable guet-apens, au lieu champêtre où il fut assassiné.» Certes, M.Lefranc ne prend pas à son compte, il est superflu de le préciser, les imputations lancées contre Marie Stuart.Il s’est borné — et sa tâche comme son mérite sont immenses — à montrer combien la trame d'Hamlet est calquée sur une période de la vie de celle qui fut femme de François II, puis de Darnley.Une étude de James Plumptre, parue en 1796 à Cambridge, introuvable et oubliée jusqu’aux « prospections » de M.Abel Lefranc, un ouvrage de Lilian Wistaoley, édité en 1921, un article de 1874, retrouvé, et dû à l’historien anglais Richard Simpson, ont permis au prince de la science rabelaisienne et des travaux sur notre Renaissance de développer, avec un scrupule et une patience méthodiques, avec une rigueur sans défaut, une fresque étonnante.Comme Cuvier reconstituant un animal préhistorique avec deux ou 8* Mata salt-on qu’il est une classe de modestes travailleurs, à qui l’on no pense pas, et qui pourtant subissent encore, sans défense, cet esclavage de la tâche pénible, des longues journées et des bas salaires?11 s’agit des journalistes, des reporters, non pas des journaux hebdomadaires, ni mémo de tous les quotidiens, mais d’un certain nombre d’entre eux.Ils sont à la peine à sept heures du matin, comme des ouvriers d'usine, mais 11 leur faut toute la journée courir et produire, faire prebve d’activité, d’originalité, de dévouement, do culture, et leur journée finit' bien après celle des ouvriers d'usine.Heureux quand leur service ne les tient pas debout une partie de la nuit pour assister à des réunions politiques, sportives, littéraires, mondaines ou autres! Ces pauvres gens qui vous renseignent, qui vouj amusent parfois, vous Intéressent souvent, qui accomplissent pour cela un travail de production Intellectuelle toujours épuisant (quelle qu'en soit la valeur dans la hiérarchie des talents), reçoivent encore des salaires qu’on est bien tenté d’appeler «de famine».Ils n’ont point d’organisation corporative, car les magnats do la grande presse, leurs patrons si puissants, ne 'l’ont pas permis, et c'est ainsi qu'ils se trouvent sans déifense.Jeunes gens qui enviez la situation des reporters des grands journaux, songez à cet aboutissement lamentable de vos études, et regardez-y à deux fols avant de vous embarquer dans ces galères modernes.Le Petit Journal précise : il ne s’agit pas des hebdomadaires, écrit-il, mais des quotidiens, et de pas tous les quotidiens encore.On dirait qu’il vise certains journaux en particulier.On croit deviner, mais.Passons là-dessus, ce n’est point notre affaire à nous et ne retenons que l’essentiel : pourquoi l’union professionnelle des journalistes ne serait-elle pas pour cette armée ?N'insistons pas sur les « pièces de littérature sur l’hygiène », genre de « littérature » qui, chez nous du moins, en vaut sans doute bien d’autres.Rappelons-nous plutôt que la mortalité infantile et les maladies contagieuses ont diminué sensiblement dans les régions desservies par les Unités sanitaires.et beaucoup moins dans les autres.Cela seul justifie l’existence de cette institution et la propagande qu’on fait pour en étendre le champ d’action.Du même rapport et dans le même journal, Turc retient le passage où le docteur Lessard affirme que faute de bien manger nous mourons jeunes.Il en dégage des considérations sur l’art de vivre.Hamlet serait le récit, à peine transposé, de la période de la vie de Marie Stuart où se situe la mort de Darnley.Etant donné la date à laquelle fut jouée la pièce, au début, dans les Universités de Cambridge et d’Ox-ford (vers 1601-02) et la date encore proche du trépas de Darnley (1567), on conçoit l'intérêt exceptionnel que représente l’interprétation de faits qui précédaient l’avènement du roi d’Angleterre, Jacques 1er, et pouvaient, par l'allusion scénique, modifier le cours du destin.Mais la place nous manque pour insister davantage sur ces considérations pourtant essentielilcs.Voyons les rapprochements d'épisodes et les concordances de détails.M.Abel Lefranc était parvenu, dans son ctude sur Hélène de Tournon, fille de la dame d'honneur de Marguerite de Navarre, à établir des similitudes parfaites entre Hélène et Ophélic.Ce « succès » de grand chartiste date de 1926.Les travaux généraux sur Hamlet étaient en germe dans cette identification.L’appel « aux 700,000 » lancé, il fallait, en bonne logique, organiser le chahut.Ce furent alors de nombreux appels téléphoniques à nos principales sociétés d’ cellents patriotes » qui refusèrent leur concours avec une spontanéité irréprochable.Donc, tous les défenseurs de notre belle langue et de nos « droits les plus sacrés ».nos dictateurs sur papier, nos gueule de toute sorte ainsi que les si-j’avais-dix-ans-dc-moins connurent encore une fois « ex- Si j’étais du Consiel de l’Instruction publique, où l’on ne saurait évidemment que faire de mes théories, je ramènerais l'enseignement à-ses trois principaux éléments, & savoir: nos devoirs envers Dieu, nos devoirs envers notre prochain et nos devoirs envers nous-mêmes.Autrement dit, je ferais Immédiatement suivre les commandements de Dieu et de l’Eglise du décalogue de la santé.Cela donnerait sans aucun doute moins d'avocats, de notaires, de médecins, de fonctionnaires mais, en revanche, cela ferait de notre peuple de braves gens, de bonnes gens, des gens heureux et bien portants.Ainsi outillés, nous n’aurions aucune difficulté à faire notre chemin.J’ai même la présomption de croire que nous réussirions mieux que nous n'avons réussi jusqu’à, ce jour.En attendant d’atteindre à cet Idéal (en est-il do plus beau?), Incorporons à nos programmes au moins la substance de l'art de vivre.forts en I sommes prêts.Malgré la distance nous entendons : joie et d’enthousiasme, nous crions.C’est une victoire.Le principe est sauf : il a parlé en un français cahoteux ; c’est satisfaisant quant à l’intention.Il était temps d’ailleurs : jouer au héros est assez fatiguant.Et c'est tout.J’ai voulu montrer de près le geste d’un homme qui ne se paye pas uniquement de mots.Les résultats ?Mais ils sont appréciables : M.Bennett, le seul de nos grands hommes à nous ignorer, nous dédaignait encore.Quels que soient ses motifs, un fait reste acquis : il sait que nous existons, que notre dignité est ombrageuse et nos goûts personnels.Revienne l’affaire de la monnaie bilingue, il se souviendra de tout cela.s'il est encore au pouvoir.Il y a cependant des mécontents.A les entendre, il faudrait que M.Bennett retourne à l’école apprendre le français, afin de leur faire un discours qu'ils n’apprécieraient pas davantage.Pourquoi répondre à un geste courtois par de hargneuses paroles?Ah.s’il était question d’une chose vitale de demi-mesures alors, et Monsieur le Président.» De l 1- !¦> “ii: François de Belleforest, qui fit connaître l'histoire d’Hamlct vers 1570 et au récit duquel le poète a emprunté le sujet de son drame, dit très nettement, dans le préambule de son récit, qu'il a fait revivre la narration en raison « des tragédies qui ont été jouées pour ce môme cas de la mémoire de son père en Ecosse et en Angleterre ».Il n est pas question du Danemark, et d'ailleurs le paysage d’Elsencur n’évoque en rien celui de la mise en scène shakespearienne qui, au contraire, s’apparente minutieusement aux lieux qui voient expirer le mari de Marie Stuart.Belleforest ajoute: « Si vous n’aurez les histoires en main, si la mémoire n’en était toute fraîche, si un roi n’était mort ces lignes sont Parfait.Enseigner l’art de vivre, j’en suis.Mais s’il en est si peu qui connaissent le difficile art de vivre, où trouver les professeurs compétents qui l’enseigneront avec autorité ?Il y avait bien Franc-Nohain, mais, hélas I il est mort.J’avoue trouver fort juste le premier précepte que Turc donne de cet art, la première leçon qu’il attend de son professeur : dissipons tout d’abord le « préjugé que la santé résulte de soins médicamenteux ».Nous mangeons mal, c’est entendu, mais ceux qui se nourrissent le plus mal sont ceux qui « se bourrent » de pilules à tout propos et surtout hors de propos.Rapporta C'est l’époque des rapports, c’est-à-dire , des documents officiels que les ministres dé-trois ossements, M.Abel Lefranc, guidé par I posent devant les parlementaires au début son érudition et aigus Ile par un texte, recons- jg, sessions pour leur communiquer les ré-tituc — et nous restitue — Shakespeare.sultats obtenus durant l’année précédente par les divers services administratifs qui relèvent de leur ministère.Ces rapports sont bien plus intéressants que les discours de la plupart de nos députés et les querelles soi-disant homériques dont les Chambres sont le théâtre.Malheureusement le public s’intéresse plus à celles-ci qu’à ceux-là.Tâchons de nous y intéresser au moins un peu en passant.Ouvrons le rapport du directeur ; des Services d’hy giène publique après avoir .j feuilleté l’autre jour celui du surintendant T T 1 • , de l’Instruction publique (quel titre, mon Un dernier mot Dieu o De ce rapport, la PRESSE retient surtout les passages relatifs aux Unités sanitaires.Il y a moins de dix ans qu elles existent et déjà elles se sont répandues rapidement dans la province qui en compte maintenant une trentaine dont le travail s’étend à près de quarante comtés et atteint environ un million de personnes.Si les résultats sont encourageants, écrit en substance notre confrère, c’est que l’institution vaut autant par elle-même que par le dévouement des personnes qui y sont attachées.y.¦i Gaëtan SANV0IS1N pour nous : pas bien fol celui qui x$e contenterait de ce mince laurier pour litière.D’autre part, désirons-nous un premier-ministre intégralement canadien-français ?C’est à nous de le fournir.Il faut qu’il soit la résultante de notre force de caractère, encore à créer, hélas ! et qu’une, ambiance française, non pas seulement de lettre mais d’esprit, l’ait nourri.Le fait c’est presque présenté il n’y a pas si longtemps.Et le moyen ?Une critique constructive, bienveillante au mérite, au travail, à la tolérance, à la largeur d'esprit, mais inflexible à la médiocrité.La tribune du lecteur comme hors de sa saison, etc,.» Or écrites trois ans après la tragédie de Kirk-of-Field, où périt Darnley.Il est piquant de remarquer que tout ce qui vise l’Ecosse et l’Angleterre et les événements récents a été soigneusement omis dans la traduction anglaise de l’histoire d’Hamlet de Belleforest, qui parut en 1 608, comme si l’on avait redouté une corrélation, qui se serait imposée trop facilement à l’esprit, entre la mort de Darnley — et de ses circonstances — et la pièce de Shakespeare.L’histoire du crime est exposée à trois reprises dans Hamlet.D’abord au cours de la cinquième scène de l'acte I, notamment quand le fantôme, ayant déclaré à Hamlet (Jacques VI d'Ecosse, Jacques 1er, selon la thèse de M.Lefranc) : « Je suis l'âme de ton père », demande vengeance « d’un meurtrier.au suprême degré odieux, étrange ci dénaturé ».Ces épithètes prennent une force pathétique quand on se rappelle que Marie Stuart fut accusée d’avoir fait assassiner sen époux par le comte de Bothwell, auquel elle s’unit ensuite.On retrouve l’histoire du crime au cours de la deuxième scène de l’acte III, et par deux fois : I ° dans le jeu de scène de l'entrée des comédiens, dans les réflexions d’Hamlet (« On joue ce soir une pièce devant le roi; une des scènes se rapproche de ces circonstances de la mort de mon père dont je t’ai parlé»), et 2° plus loin, même scène, après le départ de la reine, avec la venue de Lucianus.Toutes les caractéristiques de la fin du père d’Hamlet se retrouvent dans l’assassinat de Darnley, sauf une: celle du poison par l’oreille, mais qui se retrouve dans l'histoire de la mort de François II, roi de France, premier mari de Marie Stuart, emporté par une maladie de l’oreille qui fut attribuée à un injection vénéneuse et que les ennemis de Marie Stuart en Angleterre l’accusèrent d’avoir provoquée.(« Noires pensées, mains toutes prêtes, poison convenable, heure propice, etc.», s’écrie Lucianus avant « de verser le poison dans l’oreille du dormeur ».) Une ballade qui circula dès 1567, en Ecosse, et spécialement à Edimbourg (dont Kirk-of-Field était voisin) mettait déjà en scène le spectre du roi assassiné, revenant sur la terre et se lamentant, exactement comme le fait le ispectre du père d’Hamlet.Ce spectre demeura dès lors dans la tradition folklorique du pays.Un curieux et probant témoignage de la fin du dix-huitième siècle représente encore le spectre (ghost) de Darnley comme hantant une chambre sombre de Kirk-of-Field dans laquelle il avait été assassiné pendant son sommeil.Son corps fut retrouvé, on le sait, dans le jardin voisin, couvert de pustules, comme celui du père d’Haïqlet.Et voici d’autres traits communs frappants: quand le fantôme du père d’Hamlet revient, à la quatrième scène de l’acte III, durant l’entretien de la reine avec son fils, il est présenté, dans l’édition dé 1 603, vêtu, non plus d’une armure, mais de sa robe de nuit (night gown).Cette indication disparut lors de l’édition de 1604.Or, Darnley fut retrouvé mort dans un jardin voisin de sa résidence («Il l’emprisonne dans le jardin La rédaction de l'Ordre n’est responsable ni des Idées ni de la forme de ce qui paraît sous cette rubrique.,! Georges LANGLOIS f V ' Loisirs forcés ( i ) Pour les Opinions comme pour les communications de la Tribune du Lecteur, nous laissons aux collaborateurs toute la responsabilité de la forme.— TV.de la Direction.(2) Pour dire que nous étions trois ! i Deux amis qui ne s'étaient pas vus depuis longtemps, se rencontrent, et la conversation suivante s’engage entre eux: — Bonjour, cher ami, comment ça va?— Merci, pas mal.Et toi?— Je te remercie.J'ai une situation épatante dans une fabrique de dominos.— Qu’est-ce que tu y fais ?— Je peins les points sur les dominos.— Et alors, tu te promènes par ici?L’usine est fermée aujourd'hui?— Non.Mais aujourd’hui on fait des double-blancs.Ste-Anne de Bellevue, 20 janvier.A Monsieur Asselin, Directeur de I’OrdrE.Monsieur, Ah! cher Monsieur, quelle trahison! Ma lettre du 16 n'était pas du tout destinée à la publicité.Elle s’est croisée avec I’Ordre du 17 qui m'apportait toute satisfaction.Jusqu’au type qui m’a fait écrire « je rompt » avec un « t » et « les lances » au lieu « des lances » ! — Finasseries grammaticales, dirait encore Mgr Roy.— C’est le français, Monseigneur ! Enfin, je ne sais si le ridicule tue au Canada comme en France.Si oui, je ne m’en relèverai plus.Moi, chétive pécore, oser parler avec si peu de respect de la Bonne Presse, de l’Université Laval et de l’Académie française!.Et c’est d’un seul coup, d’un seul!.Sans compter Grignon, qui finira par me prendre en grippe ! On ne m’y reprendra plus à écrire aux i, ii Paul DUBREUIL ¦[ lü V The Nickel Bulletin.Canadian Journal of Research, publication du « National Research of Canada ».Le Bulletin périodique de la « Société Belge d'Etudes et d’Expansion », oeuvre de collaboration internationale, de documentation et de vulgarisation économique et coloniale.The Times — Trade & Engineering, a monthly review of industrial progress.La bibliothèque, située au no 530 est, Lagauchetière, est ouverte tous les jours de 9 h.du matin à 10 h.du soir.Elle ferme à 5 h.le samedi.Entrée libre.La bibliothèque de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales Ces quelques chiffres démontrent que l’Idée des unités sanitaires, lancée avec une certaine Inquiétude 11 y a moins d'une dizaine d’années, a fait son chemin et que les craintes que l'on entretenait au début étaient mal fondées.Ces organismes de protection ont prouvé leur utilité, et aujourd'hui les comités qui ont accepté l’offre du gouvernement ne doivent certes pas le regretter.Hâtons-nous de dire que si les unités sont devenues si populaires, c’est que les médecins et Les hommes d’affaires, les commerçants et les industriels, de même que le public en général, trouveront à la bibliothèque de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales une documentation complète sur tout sujet économique.Les quelque 30,000 volumes qu’elle met à la disposition du public se rapportent tous à la finance, à l’industrie, à la statistique, à la géographie économique, à l’histoire, etc.La bibliothèque reçoit tous les jours de nouveaux ouvrages que le public trouvera au rayon des « nouveautés ».Signalons entre autres les volumes suivants : _ .Le Fascisme, doctrines et institutions, Voici une petite histoire qui rappelle-par Benito Mussolini.The Maritimes and , rail, par les procédés mis en jeu, les fa-Ganada before Confederation, par \V.M.meux « racketeers », ces bandits de Chicago Whitelaw.Deux volumes sur Mustapha qu interviewa London.Nous écrivons « rap-Kemal, l’un du Général Sherrill : Mus- pellerait », car ici, tout se termine le plus tapha Kemal, l'homme, l'œuvre, le pays; galamment du monde, l’autre d’Antonio Alliante : Mustapha Qn lut, un jour, dans plusieurs grands Kemal, le loup d Angora.Science for a journaux new-yorkais, imprimé en gros ca-Neiv World, the scientific outlook on ictère, cette annonce: world problems explained by leading exponents of modern scientific thought; plan- « Apportez-moi un dollar! ned and arranged by Sir J.A.Thomson.X., rue Y, no 12.» La collectivisation des campagnes sovié- , .tiques, par Guido Miglioli.A Primer for Le lendemain, on lisait a la même place; Tomorrow, une introduction à la civilisa- .j 11 tion moderne, par Christian Gauss.«Vous pouvezapporter votre dollar Supply and Control of Money in the )usqu a demaln’ » United States, par L.Currie.Syrie et Et ’ le surlendemain: .Liban, réussite française, par Louis Jala- , bert.Signalons encore un ouvrage sur un « Sj vous n apportez pas votre dollar sujet d’actualité à Montréal : The Sales aujourd hui, gardez-le; demain Tax in the American States, par R, M.^ sera ^roP *arc^ • * E Rachincl y trouva unc dactylographe qui se déclara ' A^la bibliothèque de l’Ecole des Hautes autorisée a ,re.c.ev°ir tous les d°llar\ T T Etudes tous les articles de revues sont ca- apportera,t a M.X.ma,s se refusa a toute talogués.Les quelque 800 périodiques qui «pheabon concernan la destination de ces parviennent mensuellement à la biblio- dollars.De plus en plus cur,eux.le journa-thèque constituent ainsi une abondante liste fit une enquete et fm.t par apprendre source de documentation très utile.Voici que v T" • eUlt {Un ?ros n.egociant de quelques-unes des revues en lecture ; La New-York qu: avait fait le par, avec que -VIE ÉCONOMIQUE et sociale, revue men- qu«.am,s qu ,1 trouverait dans la ville mille sucllc de Belgique.Le Mois, synthèse de «P°ires_» qu, lu, apporteraient un dollar l’activité mondiale.The Iron Age, pro- sans qu 1,5 sussent P°urquo,.duction, management, processes, news.Il a gagné son pari haut la main, car, pour s’emparer de son Etat », dit Hamlet) Canadian Mining Journal, The au bout de trois jours, il avait encaissé ayant auprès de lui ou tenant en main sa robe Geographical Journal, publié par la plus de 1200 dollars — qu’il s’empressa de nuit (night gown).On retrouve des deux Société Royale de Géographie de Londres, d’ailleurs de restituer.côtés l’expression, identique.Le cadavre du •: i IV • lia rue UNE SESSION DE LA COU» DU BANC DU ROI ayant juridiction criminelle dans et pour le district de Montréal se tiendra au Palais de Justice en la Cité de Montréal, le VENDREDI, PREMIER JOUR DE FEVRIER PROCHAIN, A DIX HEURES DU MATIN.En conséquence, je donne avis public à tous ceux qui auront à poursuivre toute personne maintenant détenue dans la prison commune de ce district et A toutes les autres personnes quelles y soient présentes.Je donne avis aussi à tous les Juges de paix, coroners et agents de la paix pour le district susdi1, qu’ils aient à s’y trouver avec tous leurs documents.Unc reüue soignée, pour les gens instruits et désireux de parfaire leur instruction.Un pari à l’américaine ¦¦ n -O,.journaux.Battue, .mais sans rancune, sinon contente.L’ACTUALITÉ ÉCONOMIQUE B S.-L.CUISINIER Organe officiel de l'Ecole des Hautes Eludes Commerciales et de VAssociation des Licenciés La seule revue du genre publiée en langue française en Amérique $2 par année Supposition • m Le shérif, OMER LAPIERRE.Montréal, 10 janvier 1035, Bureau du Shérif.M Un petit mendiant professionnel dévide sa litanie : — Donnez-moi quelque chose.NJa mère est aveugle, mon père est paralytique, grande soeur vient d’entrer à l’hôpital.— Allons, laisse-moi tranquille.— Et pourtant, si tout ce que je viens de vous dire était vrai ?.F ".for Y CARTES D’AFFAIRES ma Tous les grands hebdomadaires parisiens CANDIDE — JE SUIS PARTOUT MARIANNE — GRINGOIRB Touted les dernière* nouveautés en librairie 5 librairie J.-A.PONY Liée L'Ecole des Hautes Etudes Commerciales, 535, avenue Vigor, MONTREAL.Ci-inclus mon chèque do deux dollars ($2) pour abonnement A l'« Actualité Economique », à partir du mois Nom: .¦ j HA 2877 054 est.rne Sainte-Catherine L’acier au manganèse, marque « Sorel », d'un alliage spécial, pour mâchoires de concasseurs, revêtement intérieur de malaxeurs d’asphalte, semelles de chenilles pour pelles mécaniques et tracteurs, outillages miniers, etc.est reconnu de qualité supérieure ; il est employé par la majorité des entrepreneurs de pavage.En général, l’industrie minière du Québec fait aussi grand usage de ce matériau.FAITES DE I METHOT 103.VOTRE LIBRAIRE LANCASTER 4708 325 est, rue Sainte-Catherine , Adresse: ; I Y l\ GRADS Aucun Canadien ne doit oublier qu’en achetant des marchandises ou des produits fabriqués par nos manufacturiers il accomplit un devoir social et collabore à l’expansion de nos propres industries.C’est là du patriotisme bien compris.CONSERVEZ LEZ “.MAINS DE BRIDGE Nous acceptons maintenant comme série complète 52 cartes en série ou non L.O (jRQtHÉ .LIMITEE.MAISON CANADIENNE ET INDEPENDANTE (r) '1 n .f -• -;•- fi.-• .- - '"r.v.- — tiiS C'.: m L'ORDRE — Montreal, mardi 22 janvier 1935 3 LA PENSÉE ÉTRANGÈRE * L’Europe pourra-t-elle stabiliser ses armements ?La pudeur des mots Regard sur l’année 1934 Des illusions s’en vont et d’autres demeurent ou renaissent C'esl M.Paul Valéry qui a prononcé en décembre dernier, à l'Académie française, le discours d'usage à l’occasion de l’allribu-lion des prix Montyon, dits prix de vertu.« Ce mot vertu, a-t-il déclaré, est mort, ou du moins, il se meurt.(.) Je ne l'ai jamais entendu.Ou plutôt (ce qui est bien plus grave) je ne l’ai jamais entendu que remarquablement rare et toujours ironiquement dit, dans les propos du monde; ce qui pourrait signifier que je ne hante qu'un monde assez mauvais, si je n'ajoutais qu’il ne me souvient pas non plus de l’avoir lu dans les livres de notre temps les plus généralement lus, et même, dans les plus estimés.» El M.Valéry s'est demandé si ce délaissement du mot vertu ne serait pas propre à caractériser une époque.Son discours a inspiré à M.Abel H armant les réflexions suivantes, parues dans le Figaro: d'articuler ce nom.» N’en doit-il pas être de même, toutes proportions gardées, pour celui de la vertu ?J’ai eu l’occasion dernièrement de feuilleter le Cid, pour vérifier une citation.Je ne mets pas en doute la naïveté de Corneille ni la sincérité de ses héros; mais, franchement, leur insistance à parler de leur honneur m’a donné, sur les nerfs.Ils en parlent autant que Bonny à la cour d’assises, quand il soutient contre un journal bien informé une plainte en diffamation.Aujourd’hui, les hommes d’honneur — car il y en a encore, Bonny n'est pas le seul — gardent cela pour eux.L’honneur leur est si naturel que l'idée ne leur viendrait pas de s’en flatter publiquement.Ils ne se doutent même pas qu’ils font peut-être exception.Ils ne sentent pas leur honneur, comme on ne sent pas ses organes quand ils fonctionnent normalement.Ils n’y pensent pas toujours, et ils n’en parlent jamais.On les reconnaît à cette réserve de bon goût.Jamais on n’a tant parlé de vertu et de sensibilité qu’au temps de la Terreur.Rappellerai-je le titre du roman qui rendit ignoblement fameux le marquis de Sade: Justine ou les malheurs de la vertu?C’est dès que les moeurs redevinrent un peu plus propres que la vertu cessa d’être « à l’ordre du jour » et le cliché des entretiens du monde.J’ai connu, bien plus tard, des familles de moeurs irréprochables, où l’éducation des enfants s’achevait sans qu'ils pussent se souvenir d’avoir entendu jamais ni un prêche de morale ni un lieu commun sur la vertu ; mais ils la respiraient dans l'air de la maison.La pudeur des mots n’est pas la peur des mots.Abel HERMANT, de l’Académie française.La NATION BELGE a publié au début de janvier cette lettre de son correspondant particulier à Paris: La fin de l’année appelle les bilans comme les examens de conscience.Pouvons-nous résumer en peu de mots le doit et avoir de ce sombre 1934, semé de dates funèbres ou sanglantes, et qui s’achève dans la détente et l’optimisme, le rouge sang étant, par une étrange métamorphose, devenu un rose tendre ?Il y a encore peu de semaines, de son observatoire de Prague, M.Bénès, le seul ministre des Affaires étrangères qui soit resté à son poste depuis 1918, annonçait la tempête.C’était celle que la tragédie de Marseille, venant après d’autres tragédies, laissait prévoir selon le vers passé en proverbe: « quelques crimes toujours précèdent les grands crimes ».M.Bénès estime aujourd’hui que l’orage s’est dissipé.Acceptons-en l’augure.Ce qui s’est dissipé le plus sûrement, c’est la défiance et la réprobation qui entouraient Hitler.Du 30 juin jusqu’à ce jour, il peut mesurer avec satisfaction le chemin qu'il a parcouru.Il a fallu des années avant que les gouvernements démocratiques et libéraux revinssent des préventions qu’ils avaient à l’égard de Mussolini.En six mois Hitler a effacé l'indignation qu'avaient excitée ses massacres.Le gouvernement britannique ne renonce pas à l’idée de conclure avec lui un accord sur les armements en partant du fait que l’Allemagne s’est armée.Il ne renonce pas à l'espoir d’entraîner la France dans cette combinaison.Cependant le Führer, virtuose de la propagande, fait dire que la politique de Stresemann offre des garanties inconnues quand elle est pratiquée par Hitler, et il rencontre plus d’une oreille complaisante.En d’autres termes, on tend déjà à oublier tout ce qu’on avait dit.Non seulement les péchés du Führer lui sont remis, mais on reprend avec lui l’entente à laquelle on donnait pour raison ou pour excuse que l’Allemagne républicaine était digne de foi.Nous assistons à la renaissance des pactes à l’abri de cette palinodie.Et à quel moment?Lorsque l’année a été une cruelle épreuve pour toutes les clümères.La conférence de Genève, après avoir langui, n’a plus osé reprendre ses séances.Le seul résultat qu’elle ait produit, c’est que l’Allemagne, ayant obtenu le principe de l’égalité des droits, en à fait une réalité tandis que la France doit s’occuper de maintenir son
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